La petite revue de philosophie, 1 janvier 1981, Printemps
[" LA PETITE REVUE DE PHILOSOPHIE SOMMAIRE Printemps 1981 Vol.2, no 2 Liminaire .120202000 00104 Lea a Lane p.|ll Énergie cosmique et sexualité chez Wilhem Reich Jean-Pierre Boutin .p.1 Sade ou le langage terroriste Jacques Brochu .p.25 Roland Giguère: les textes de l'oeil Claude Beausoleil .p.37 Jean Piaget: déconversion philosophique et domination sociale Philippe Thiriart .p.41 La sagesse, une dimension de notre être Gisele Laberge .p.61 Tableau d'époque Jean-Paul Daoust .p.75 Manifeste d'un philosophe jovialiste { André Moreau .LL.p.83 Pourquoi le virage à droite\u201d?Pierre Bertrand .J p.107 Le cégépien face a la méthode audio-tutorale Bojidar Sokoloff .p.115 Note sur le vol.2, no 1 de La petite revue de Philosophie Daniel Bergeron .p.139 Colloque de Philosophie au CÉGEP Édouard Montpetit le 24 avril .p.145 Collège Édouard-Montpetit, Longueuil, Québec. Ce quatrième numéro de La petite revue de Philosophie ke est subventionné par les services de l'Edition du Collège Edouard-Montpetit.Comité de rédaction: Pierre Aubry i Claude Gagnon | Claude Giasson Louise B.Guérin Réal Rodrigue Administrateur délégué: 4 Robert Spickler jie: i Dactylographie des manuscrits: 3 Agathe Larose if % Maquette: J Philippe Côté 43 Composition et montage: i Typo Graphica 2000 Inc.pu .ja 1411 Fort.Suite 401 i Montréal (Québec) i H3H 2N6 4 Impression: ig Imprimerie Rive-Sud i 345 rue Guillaume A Longueuil, Québec LA Correspondance: i Secrétariat général a College Edouard-Montpetit 4 945, Chemin de Chambly i Longueuil (Québec) i J4H 3M6 Dépôt légal Bibliothèque Nationale.premier trimestre de 1981 Bibliothèque Nationale du Canada: ISSN 0709-4469 ba Périodique semestriel: prix du numéro $2.50 ($2.00 étudiants) abonnement institutionnel annuel $10.00 pi Vol.2, no 2, printemps 1981.pom Se FA TCT\" FRET I a Ee rage \u2014\u2014\" mp\" parti - us > a) Los a Bb, Pr LA vs cy -, bn ve -.pm Rill pty.go.he, ae a Cad Kd LS Cr Pas Ye.[oy - Pr = os 52 Por re La 2 i Bosca vi apte Lau x me ans 3 + a pi} Dr [art ETI Spin) Rp Stuy -~ i or [Sy Ra i UN Pat, ur matt a ro dE Pa 208 La intent tb LY \u2014_\u2014\u2014 PAPER, a a ee pe - bg ET Pend var cu Le 1 Cae Le Ca \u2026.ART poe, ru pa re - A A par \u2026\u2026 ._ Ea PRE a DF [RENN os Pat ES A pay fa \u2014 ET [Sora LR pété Phat EX RE RE - Pres CaO LRM D Py + =\" a 3 *: à 4 % [3 a a or \u20ac Kf Irs Py ee, ed PE H4 = A a Ly + a pa Pr Ey LES \u20ac aa de - PR Ea >.Pr \u2026 Philosophie La petite revue A Le A 4 * KB ty 3 PY R b x, A d = Lu nN PN oa en we : = ~~\" nt ~ -\u2014 - a ave \u2014 lr es - A ve -\u2014 \u201c- z > 2 Lu = = : _, x Rn _- we.ame a AA Te a dE _ wa - = - el wa A ~~ Sg = - ace a we He -_\u2014 \u2014 LE mt me 1 ee en ~~, Pan > .- EE - a ~~ : - Coy a cape hy PLA Es pe 3 Aion CAT rr rir gn ps rs Copel per ro) pe Leur nes prey rd = thn [PO Chive es ER rage) oy = prie tarte Les pe rom cac pri agriairy ou Py ATC eer ha pe pn ps > cr ESR Norpry = =e - rod Cel pa Pa PY Praia mers sgieprhl Pr rte = Fame (e ry pry ade > = > a CRP FRA E ry pr = v rH se - = RL re [acy = 2 = ca =.= prin ToL - Sut Dairy ppt Poti \u2014 pa SS Hpac, Pa Lp Raha K 1 per Pree ; 5 ry J + os ry La 3 7 Xi = I ; pe.Ï } x A H - 234 3?= à J i) EI) 2 eis ta?Pi a iy ty mlelalaiete y i a+ J i CRI 14 4 \u2018 h 3 08 a x s \u20ac NV +2 : ED bee ah Co TE \u2014\u2014 - \u2014 er JO eo po ee oe SUR.SU, SN LIMINAIRE Est-ce déjà l'ère du surnomme?Nous aimons provoquer, nous aimons rire, nous aimons chercher.Époque mutante où s'accomplissent toutes sortes de métamorphoses de la pensée?Qu'on en juge par ces queiques tableaux.Wilhelm Reich, contrairement a Freud, rehabilite notre sentiment d'appartenance à l'univers.|| veut même le fonder en raison, c'est pourquoi il expérimente et observe de nouveiles «particules» nommées orgones.Le monde est-il composé d'atomes ou d'orgones?Reich, un Empédocle qui subtilise à la science ses moyens d'investigation et prouve ses intuitions?«Reich observe le ciel la nuit: même scintillement que dans son appareil; il observe ie contour d'une chaîne de montagnes: même aura que sur lui-même.I! remarque même qu'à la surface d\u2019un lac, l\u2019orgone bleu se déplace d'ouest en est.» Science-fiction, ou est-ce l'univers qui se laisse lire comme un roman?Reich, Sade, Nietzsche, autant d'individus qui triomphent des préjugés de leur époque?Outre un texte qui présente à sa manière l'oeuvre si belle de Roland Giguère, on trouvera un «tableau d'époque» de J.-P.Daoust, un hommage à Jean Piaget que Philippe Thiriart a bien voulu accepter d'écrire à la demande du comité.Et aussi un manifeste d'André Moreau, bien connu des «jovialistes», que la revue publie malgré les reproches sévères que l'auteur adresse aux gens en place et aux institutions.* 2e PR US ré ?{ +R sn Bd IL ere 18 3 \u201ca l hs I Rk ost an \u201cJe * RAE Doi Ry.sa à! SIR 1°.es a} .RES, by» Later ir ame RN [ie] Vial 1H \"AR qe Wg Th Ë vu Li ie ) In di Oh 3H Mb\" sh OÙ au \"ss fl, 2! 4 j i ! : UE K su \"5 : : iH ti s ff .! Ly 2.) oi sh HR 4) ai HE Lean i].nel it DO : : Lu i £0 pi | EN (A 4 8; Ha 5 a Ihe 4 De 23 x] va Pis Pal a} À * vi 0 [1 q ; Ju & dy vy nd \u2018 oy ol À ) t pi IX rt A bi 1%} ; $ Hi ou 4 sa I i roa I] hf fl A : - Ci - - = = ~ ae peli +o) * Ts pa + 2 To oo - \u201cor - $ - BET oy ard es >, EN IH pt ve 1! ve UN 14:40 ad 0 } [14 iY oh 5 aly IT pli oi il vif Wy 4 i REN IN 1 0 4 i VE Ri ah ie YY if, LI ty ow Ts Ln \"a Ridge Pb ce na pe ve ee Bi APY Jee CE - a ah Pig, iar Rye IES, PET paies ar Hones = an om _ rs M a Ete pan aL - x TN a de.a E> Pets, 2e ns gg Lx 2 35 a a Et AA pa TR = 155 eas Pn ERE, eee pese [Sar [ae CE _ ta us < au TS i A Ret Pi yell CL Pr POR, Pa ca - hos ES aa Ly Py ul fn Lo AR fo a Pd [Sa SSN = Pare [A Aft) > cu po ae a aT i NEE dE NC -.Bars EIR Boh a Cid ER Lr rd > 4 am of AEE tr Len ss a Le Eo ; o 7 3 ou : = * \"x ® ique 4 a rte a et sexual Jean-Pierre Boutin vy Energie cosm chez Wilheim Reich Professeur au département de philosophie _\u2014 = «+ ~ = - - -~~ = - - ee pare rp YT cs pry pia ~ or - ~ Corey > ic-Apray - So ~~ PR AA ry Sheen ry ow 2m 0 a ry o ~~, gery 2 oN ayy - ces - frst ~~ ver\u201d gp 3 rw ~~ ~~ Se 2 a or pom ar ror ~~ 02 ww 4 2 \u201col ar \u2014æ Soe CPCS Pr or Be or hr PRC ca Ceca tv ES er] LA Tr EEN ee xs = pe a =- a [rp ae RA Papt apte\u201d apte rey =a pomp ota oT er décor re ana due A TN VO EE mére bre ge \u201caf \"mure a WL PO puis\u201d mp Coby Tp Agee eS SRY Jager re vie pape \u2014gr\u2014ap ii CS Sr pape ps Pa re oa ya ions rer ag iC er pre gl tA TX Ole fa Yoo ppd ro Proprio pp pe py Sy SE a ppp ee a rene ln eH A aR \"Sem Be Cpe pie pho purr rar ie par sat ports Congr pb ar Sy gay Cay pr pi pre fry \u2014 vs TO y= b= ret Tr Fab acier rp el ae wie i Sp I cape ep\u201d prio gulag oo Sp ae Pani tt M ror _ rare se os = Qh - Fiches it, Dec pack = parc ST \u20ac Te pris pt pnt cg 2 oie 7 For pe 2 pr pastis rans preg Pregl ya RE EE Siu Drurcptir ae un are abs Pa pp pal SA STE a ib ye yey pri Per PE [rn \u201cca pease PR Pa PE Pose Pa ze a z 5 - bt PA Pt Pa Ys Bo 2 Pap yy Pa Pa x EI pI PR Rha aby = por] ot a Pap Py ba 5 Ca Py Pré) z 3 Pad gi ; ni E Ee c LE = 2 PE PP = 2 >.- pe Py es ps 2 pes 2s = É 2: : Z ig 2 «a.= a æ_ ; ee LR : \\ nd bY I av AJ \\ bh JIA .) AN] .[ fi [BURA I) D f + od oo _ _ em me T_T VE ee mmr \u2014 ra cian I Oo J \u2014 JR wer £ ass er Dans cette conférence\u2019, jai l'intention de vous faire part d'une aventure intellectuelle unique au XXe siècle, celle d'un chercheur tellement amoureux du cosmos dont il se sentait partie intégrante, que tout son travail a été dirigé, insconsciemment d'abord, puis consciemment par la suite, par cette préoccupation de connaître rationnellement ce qu'il sentait profondément, à savoir la nature exacte de l'appartenance de l'homme à l'Univers.Qu'y a-t-il de commun à la nature en l'homme et à la nature en dehors de l'homme qui fait que je puisse me sentir de connivence avec la nature, vivante et non 1.Conférence donnée dans le cadre de la série d'automne des l\u2019Éducation des adultes, Collège Édouard-Montpetit, le 12 novembre 1980.irs ae BEES A PARA TR oR EE pv Th 3 whe = SILLY PRGA wii Fryer FoR I PO A A aly ES EEE A Pe - Ly.gr bd re.» \u2014 La.Free Ba Tar A TM Sn Shite Ary crie me ar) UR PRIE + vivante?Quel est le principe de mon enracinement?Quel est même le fondement de ce «sentiment océanique» que l\u2019on voit souvent à l'oeuvre dans les mystiques de toutes sortes?Au fait, ce fondement est-il objectivement démontrable?Est-il expérimentable?S'il s'agit d'une énergie spécifique à l'oeuvre dans le cosmos tout entier, est-elle accessible à l'observation et à l'expérimentation scientifiques selon des méthodes éprouvées, ou ne peut- elle être que vague principe général, «métaphysique», non vérifiable?Une chose est sûre, du moins pour toute personne qui admet l\u2019évolution: la vie existe, là où, auparavant, il y a quelques milliards d'années, nous dit-on, il n'y avait que de la non-vie.Y a-t-ii moyen de décrire le passage de la non-vie à la vie?Y a-t-il moyen de saisir ce processus sur le vif?Y a-t-il moyen d'observer ce qui fait que la vie est la vie, c'est-à-dire le fonctionnement spécifique de tout ce qui vit, c'est-à-dire encore la «fonction vitale»?Peut-on donner une formule fonctionnelle de la vie?Une fois parti, c'est-à-dire une fois que je me suis confié à la technique du raisonnement fonctionnel, je puis aller jusqu'à me demander s'il y a un principe de fonctionnement commun au vivant et au non-vivant.Après tout, ne sommes-nous pas UN univers?Voilà le genre de questions que nous considérerons.| Vous aurez sans doute remarqué que le mot «sexualité» n'est pas encore apparu sur mes lèvres, malgré le titre prometteur qui vous a attirés à cette conférence! Comme je n'ai pas l'habitude de la fausse représentation, j'en viens maintenant à cette question du plus haut intérêt.Wilhelm Reich, puisqu'il s'agit de lui, notre cher- cheur né en 1897 et mort en 1957, écrivait, le 26 août 1950: «C'est la fonction de l'orgasme qui, jusqu'ici, a fourni le fi/ rouge à toutes nos recherches?» Il s'agit, précise-t-il, du «fil rouge qui traverse toute la nature».Nous nous intéresserons donc dans un premier temps, à la recherche dite d'«économie sexuelle» de Reich, après quoi, dans un deuxième temps, nous concentrerons notre attention sur la biogenèse, pour aboutir enfin, troisième temps, sur l'océan d'énergie cosmique où baigne tout ce qui est, vivant Ou pas.L'économie sexuelle Freud, le père de la psychanalyse, dont Reich fut le collaborateur de 1920 à 1934, avait été conduit à affirmer l'existence d'une énergie psychique spécifique.Sa «métapsychologie», qui est en quelque sorte la théorie de la psychanalyse, précisait que l\u2019on peut parler du psychisme humain non seulement en termes topiques et dynamiques, mais que l\u2019on doit encore en parler en termes «économiques»*, disait-il, si l\u2019on veut rendre compte des phénomènes psychosomatiques observables en clinique.Précisons ces notions.L'approche topique (du grec topos, qui veut dire «lieu») établit en quelque sorte un réglement de zonage dans le psychisme humain.Si, par 2.La superposition cosmique, chapitre Il, Regard sur les racines de l'homme dans !a nature, p.27.3.Ibid., p.27.| 4.À ce sujet voir, J.Laplanche et J.B.Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse, 2e ed., Paris, P.U.F., 1968.[3S SEAR [EY NOT SE \u2014 ~~ 3 - merde MERE, 2 era rip - - prom 7e COI pe A ee pue area ACs ~~.pen us oe IY OTE er] co?Le > > = ew .- - - - - _- - ~~ AI Sa a Te es _ Pre ; .+ oe >a - ; - ve _ PE aies ab ac QUE TRIE Rare es te ES arr gd de de SE SE ee eee mar ae) DEF Kaan a = a ESS 2.a ve = dE q mice A SUR ES tr ra EE A ER br aa a OO atl Le ES AE EE ee gr Sar SUE ASS SE ETES = TE aan Sl PE RR rf A Pt Su pr bee y= = - = rE so Ea RR RE - CSS TE STE = Rr ee a ERS i of DE PE Ep Cr SEP Ry = aS ie - AA oT hake es A r T PP BN - JOR 240 me A2 13 810 B i a RE Per EE EE - Pa a I) Lu\u201d - ry pL Chi pet POINT ETA br EAPO Pr - 22e __ \u2014 es ~~ rye = a= - c= pra pcs art ur APT re ae ere Sarr sr Coe ac SP PE Re EE TT ee pe Ferg RARE AA CAS MMA TA APM ARE SO AM PA LL RI EL NRA ERA RAR exemple, dans le cas célèbre d'Anna O., dont Freud fait mention dans ses Cinq leçons sur la psychanalyse, la demoiselle en question se trouve incapable de boire malgré une soif intense, et que cette inhibition «hydro- phobique» s'explique en dernière analyse par une constellation d'images et de sentiments, un «complexe», qui ont été refoulés hors de la conscience mais qui, néanmoins, continuent à «être là» puisqu'ils sont efficaces dans leur travail d\u2019inhibition, Freud sera obligé d'affirmer que tous les contenus psychiques (par exemple colère, dégoût) ne sont pas nécessairement conscients.Donc il y a un psychisme conscient, et un inconscient, le système conscient se subdivisant à son tour en «conscient» proprement dit (dans le présent) et en «pré-conscient», à savoir l\u2019ensemble des contenus qui peuvent redevenir conscients sur demande (comme la liste des numéros de \u2018téléphone que vous connaissez).Mais une fois établie la distinction entre trois «lieux» psychiques: conscient, pré-conscient, inconscient (et le terme de lieux, ici, n'est qu\u2019une métaphore), tout n'a pas été dit.Ça bouge là-dedans! I! y a un conflit de forces.Il y a des choses qui refoulent et d\u2019autres qui sont refoulées.Il y a, de plus, résistance au retour du refoulé tel quel.Comme «force», en grec, se dit dunamis, il faudra introduire aussi, en métapsychologie, un point de vue «dynamique».Mais ce n\u2019est pas tout, et c'est ce troisième filon que Reich va systématiquement exploiter, un psychanalyste ne peut pas se passer de parler d'énergie.Car le refoulé, par exemple un ensemble d\u2019affects de dégoût et de colère, fait retour sous une autre forme, par exemple une inhibition.En principe, une colère n'est pas une incapacité de boire.Mais en fait, l'incapacité de boire est la forme (une formation de compromis, dira Freud) que prend le complexe d'affects refoulés pour être plus acceptable aux yeux du sujet.De même qu'un tube néon n'est pas un barrage.de la Manic, mais qu'il me faut bien affirmer qu'il y a un rapport entre les deux, sans quoi je ne construirais pas de barrages, de même, dis-je, qu'il me faut postuler l'existence d'un «ie ne sais quoi» que j'appelle énergie qui, à la Manic, revêt la forme d'énergie potentielle, puis cinétique, puis mécanique, puis électromagnétique, puis, ici, lumineuse, là, calorifique, ou frigorifique, etc., de même je dois, simplement pour rendre compte des phénomènes, postuler l'existence d'une énergie psychique qui, à défaut de s'investir dans l'expression directe d'un sentiment, ira en partie se contre- investir dans la défense contre ce sentiment et en partie se sur-investir dans cette formation substitutive qu'est le symptôme névrotique.Comme on parle ici d'investissement, de contre-investissement et de sur-investisse- ment, il ne faudrait peut-être pas trop se surprendre que cette approche ait été baptisée «économique».L'«économie» psychique s'intéresse donc au destin de /'énergie psychique.À ce point de notre développement, nous allons prendre congé de monsieur Freud, pour serrer de plus près la démarche de son disciple dissident Wilhelm Reich.|! y aurait beaucoup à dire sur les rapports Freud-Reich?, mais le temps nous manque ici.Nous concentrerons notre attention sur l'économie» dite «sexuelle» de Reich, 5.A ce sujet, voir Wilhelm Reich, Reich parle de Freud, Paris, P.U.F., 1972.biens .Ce - N we den YQ 3 EE tt Steam wn MER Be A x «Maw = Re SALE SEES AS Sa A de PE AT ne er ER\" £1} oY - ham.NS NN 23 [a RARE MA A NN car, pour lui, il ne faisait plus de doute que l'énergie bio-psychique en question était de nature sexuelle.Expliquons-nous.Reich, dans son cabinet de psychanalyste, a dû faire face a un certain nombre de réalités, c'est-à-dire de faits cliniques.1} Un patient peut se souvenir d'absolument tous les détails de sa petite enfance, mais il ne guérit pas.DONC, la prise de conscience de ce qui avait été refoulé dans l'inconscient ne suffit pas.li faut autre chose.Quoi?2) L'angoisse cardiaque d\u2019une patiente disparaît lorsqu'elle se masturbe.Si l\u2019excitation génitale revient mais qu'elle se refuse à la satisfaire, l'angoisse revient.Question: ne serait-ce pas la même énergie qui tantôt peut être sentie sous forme de plaisir lorsqu'elle s'investit dans la région génitale, et tantôt, sous forme d'angoisse lorsqu'elle va s'investir dans la région cardiaque?3) Il y a des gens qui n\u2019ont ni vie sexuelle ni angoisse.Où va donc l\u2019énergie, si elle ne s'investit ni dans la région génitale ni dans la poitrine?(En passant, notez le genre de questionnement «eco- nomique» de Reich.«Qu\u2019'est-ce qui arrive à l\u2019énergie?» «Comment fonctionne I'énergie?» Il a appelé sa méthode de raisonnement le «fonctionnalisme énergétique».) 4) Les différents symptômes névrotiques, de même que les pulsions anti-sociales (haine, guerre, viol, etc.), disparaissent lorsqu'est rétablie la puissance orgastique.Question: ne serait-ce pas l'absence de décharge de ce trop plein d'énergie, cette stagnation, cette «stase» de l'énergie, qui fait qu\u2019elle va renforcer les conflits de la petite enfance?Au fait, comment se fait-il que les névroses à contenu psychique infantile (psycho-névroses) ressortent surtout apres la puberté, période où commence à simposer un énergique élan vers l\u2019autre sexe?Ne serait-ce pas que le passé fournit le contenu mais que le présent fournit l'énergie de la névrose?S'il n\u2019y avait plus ce trop plein d'énergie circulant à l'état libre et se cherchant une place-à investir, fût-ce un conflit passé, il n'y aurait plus d'impact du passé sur le présent.(Principe thérapeutique du retrait d'énergie).5) Reich prétend que si on rétablit la puissance orgastique, les maladies psychiques et psychosomatiques disparaissent.Mais ses collègues lui objectent qu'ils ont des malades qui ont une vie sexuelle saine.Cela n'invalide-t-il pas sa théorie?Au lieu de se laisser abattre, Reich se demande: «Au fait, c'est quoi la santé sexuelle?» 6) Tous les patients mâles questionnés s'avèrent avoir des fantaisies sadiques (percer la femme, la dominer, se vanter du nombre de fois qu'ils performent, etc.).Les femmes ont des fantaisies de castrer l'homme, etc.Dans aucun cas de névrosé, on n'observe cet abandon, cette «perte de vigilance» où l'on sabandonnerait au flux de l'énergie neuro- végétative.D'où nécessité de distinguer nettement entre puissance orgastique, d'une part, et puissances érec- tive, éjaculatoire, clitoridienne et vaginale, d'autre part.La première, la puissance orgastique, se caractérise par la «perte de vigilance».On perd la tête, on perd les pédales, on «embarque sur le pilote automatique».Dans son volume La fonction de l'orgasme, Reich prend bien soin de distinguer deux phases dans l'acte sexuel «complétement satisfaisant».|! y a tout d'abord une phase de contrôle volontaire, mais bientôt le processus devient irréversible, c'est plus fort que toi, tu te sens emporté par un processus qui, semble-t-il, fonctionne de façon autonome, sans te consulter.Les organes des deux partenaires une fois gonflés (tension mécanique) se chargent Re + Lon s.OR, xd id d\u2019énergie bio-électrique en surface, puis, lors de I'acmé, déchargent cette énergie pour enfin tomber dans un état de relaxation.Il faut noter que, dans l'orgasme, ce ne sont pas seulement les organes génitaux, mais tout le corps qui est secoué de convulsions, c'est-à-dire que c'est tout le corps qui vit cette formule à quatre temps: tension\u2014 charge \u2014 décharge \u2014relaxation, comme si mon corps n\u2019était qu'une seule cellule, qu'une amibe possédée par une convulsion globale et unitaire.Question: cette convulsion se produisant malgré moi, indépendamment de mon contrôle rationnel (même qu'elle fonctionne mieux quand je suis moins sur mes gardes) ne se produirait-elle pas chez moi tout simplement en tant que je suis un être vivant?Et si tel était le cas, il me faudrait aller voir si cette «formule de l'orgasme» ne se retrouve pas aussi chez tout vivant.Au fait, peut-on savoir si la formule de l'orgasme est la formule de la vie?Le moment ou je ressemble le plus a tout ce qui vit, le moment ou je fonctionne le plus comme tout ce qui vit, ne serait-il pas celui ou je suis en convulsion orgastique?Il semble bien, a premiére vue, que la pulsation, formée de contraction et d'expansion alternées, soit caractéristique du vivant: c'est évident pour nos différents organes, comme le coeur, les poumons, nos cellules individuelles, etc.De plus, ce qui fait la différence entre un protozoaire (ou une amibe) vivant ou mort, c'est cette pulsation.Reich a donc décidé de se confier à son microscope, toujours avec cette intuition que ce que je vis à l'échelle unitaire de mon corps global, comme convulsion totale, comme si j'était un vivant unicellulaire, devrait s'observer au microscope chez les vivants unicellulaires 10 réels.Or, c'est là que la Vie l'attendait au tournant.Etl\u2019on verra qu\u2019en disant cela, je ne verse pas là l'emphase rhétorique, mais qu'il s'agit bel et bien de science expérimentale.Passons donc à notre deuxième partie.La biogenèse Reich a eu la surprise de sa vie lorsque, sous le microscope, il a vu apparaître la pulsation si caracteristi- que de la vie dans des vésicules (petits sacs, petites vessies) dont la provenance n\u2019était pas du tout vivante.Un morceau de charbon n'est pas vivant.L'eau ou le chlorure de potassium n\u2019est pas vivant.Si l'on fait gonfler un peu de charbon dans du liquide, des vésicules grouillantes finissent par se former et sont observables sous le microscope.Stérilisons chacun des composants pour éliminer toute possibilité d\u2019infection par d'hypothétiques «germes aériens».Nouvelle surprise.Plus tu chauffes, donc plus, en principe, tu tues énergiquement toute «bibitte» (bactérie, etc.) qui aurait pu se trouver là, plus l'intensité des mouvements observés est grande! «Mouvement brownien»?Simple agitation moléculaire dans une suspension colloïdale?Que non! Les mouvements bioniques (car désormais nous appellerons «bions» ces vésicules d'énergie dotées de pulsation) les mouvements bioniques, dis-je, «se produisent parfois, parfois ils ne se produisent pas.!ls se déclenchent et s'arrêtent» (B.C.45), alors que le mouvement brownien se produit sans arrêt.6.Les abréviations renvoient à des oeuvres de Reich citées dans la bibliographie en fin d'article.11 eB VE [ TES 508 TAA ATI HCE Avons-nous donc créé |a vie en laboratoire?Non pas! Nous avons simplement reproduit ses conditions d'émergence telles qu'elles se trouvent dans la nature, en laissant fonctionner un processus autonome.Après tout, la vie n'a-t-elle pas surgi «naturellement», il y a quelques milliards d'années, de /a non-vie?Question: ce processus autonome est le processus autonome de quoi?Et s\u2019il y avait à l'oeuvre, en permanence, dans le cosmos une énergie dont l\u2019un des effets serait précisément de faire émerger la pulsation vitale identique à la formule à quatre temps de l'orgasme, et ce de nos jours tout autant qu'il y a quelques milliards d'années?Mais n'allons pas trop vite! Confions-nous aux données d'expériences que, soit dit en passant, Reich a pris soin de faire vérifier par d\u2019autres savants, notamment par le professeur Roger du Teil du Centre Universitaire Méditerranéen de Nice en 1937.Jusqu'ici nous avons les résultats suivants: 1) à partir de substances non vivantes, stérilisées et même, dans certains cas, portées à incandescence, il se forme des petites vésicules capables de mouvements caractéristiques de la vie: expansion, contraction, manducation et assimilation, multiplication par division, auxquels s'ajoute la capacité d\u2019être cultivées dans un «bouillon de culture».Le fait que les bions soient cultivables montre incontestablement leur caractère biologique: leur mouvement pulsatoire n\u2019était donc pas que simple mouvement brownien mécanique.2) Pour éliminer l'objection de la production des bions par contamination de germes aériens, Reich a fait l'expérience de contrôle radicale suivante: il a retiré de la poussière du sac d'un aspirateur et l\u2019a cultivée: les formations bactériennes qu'il a pu trouver là-dedans n'avaient rien de commun, et sous le microscope et a l'oeil nu, avec les 12 cultures des bions.3) Les bions sont de couleur bleue.La question qui se posera est la suivante: Avons-nous affaire à un type particulier de rayonnement, ou s'agit-il là d'un bon vieux phénomène électromagnétique ordinaire?Et la sexualité dans tout cela?L'avons-nous oubliée ?Oh non! Avant de poursuivre nos observations sur les bions, rendons-lui une petite visite.Aux dernières pages de son volume La fonction de l'orgasme, Reich rend compte des expériences bio-étectriques suivantes: 1) le potentiel (ou voltage) de la périphérie du corps, (la peau et les muqueuses de la bouche et des organes sexuels) est plus élevé chez une même personne lorsqu'elle est en état d'excitation sexuelle que lorsqu'elle ne l\u2019est pas.2) Par exemple, il est plus élevé au niveau des doigts lors d'un baiser passionné: comme il n'y a pas nécessairement de circuit nerveux des lèvres aux doigts, le courant bio-énergétique ne suit pas nécessairement les canalisations nerveuses; il semble s'agir là d'une émotion du plasma en tant que tel.3) Cette bio-énergie est de la bio-électricité, parce qu'elle affecte des appareils conçus pour mesurer le potentiel électrique.4) Elle n'est cependant pas identique à l'électricité ordinaire conduite par les métaux, car sa vitesse est très lente (la courbe d'augmentation du potentiel de surface à travers le temps lors d'une excitation montre que cet investissement de l'êner- gie à ia surface prend du temps, plusieurs secondes, comparativement à la fulgurante vitesse de l'électricité ordinaire qui est celle de la lumière).De plus, cette lenteur n'est pas due à la résistance électrique du corps, car lorsqu'il y passe de l'électricité ordinaire, le système musculaire réagit très rapidement.En outre, cette élec- 13 EP Pic alr durs , di TENOR NE La = = = _ yw So vw ~ x) x= > - zn ci ca : - 2 \u2019y poy CC - = >, \u2014~ = ~ - Cara - Ix ~ at 2 Par wh 3 dr eat go a Raia Se area a a | Hef tn v nu SL UE Ce SE = - ee - oak oid.SM BB Tom Cus am.mF, ne eet Me CEM + sm.Mea.> PP PE AE EP EC EE PE z {0A dent étre et que les unions méme les plus libres peuvent contenir les germes de la plus sordide exploitation8.» L'apparente liberté du libertin est une liberté piégée.Sade n'en est pas dupe car c'est une liberté d'opposition, de dissidence face au pouvoir moral, au pouvoir politique et au pouvoir culturel.Ses oeuvres sont terroristes car elles font sauter les barricades.Elles créent le désordre.En opposant «l\u2019univers libertin» à celui de «l\u2019'honnête citoyen», Sade ne tente pas de substituer un nouvel ordre des choses, ce qui serait en fait un nouveau pouvoir.Mais par contre Il veut nous montrer que l'exercice véritable de la liberté suppose l'abolition totale de toute forme de pouvoir.Utopie sans doute, mais le sort qui lui fut réservé ainsi qu'à son oeuvre le confirme dans son opinion, que la liberté individuelle ou collective est loin d'être acquise et loin d'être atteinte.La licence de ses écrits s'inscrit dans le prolongement de cet effort pour briser les barrières qui empêchent l'individu d'être soi-même.«Cette sexualité éruptive du corps libertin se désigne du même mot que la transe politique et le désordre économique: celui de crise®.» sade provoque une crise, un état d'alerte, une mobilisation des forces de l\u2019ordre.Son but est atteint.Et le lecteur de Sade est aussi atteint de plein fouet.Le langage de Sade nous oblige à un face-a-face avec nous-mêmes, à nous remettre en question.8.Ibid., p.42.9.Philippe Roger, op.cit., p.163.34 Le ace a ae ce ot rt EE © 7 [= 7 rT ce a Co nm a\u2014\u2014\u2014\u2014L Il le fait par le biais de la sexualité parce que chaque individu est sexué.C'est inscrit dans son être, dans sa façon d'agir, de vivre et de penser.Et chaque individu va s'exprimer toute sa vie selon son univers sexuel, tout en traînant avec lui toutes les scories que son milieu culturel impose à son sexe et à sa vie sexuelle.Et cela entraîne tout le reste.Une radicale remise en question de tout.Sade en conclusion Sade inaugure et instaure une mutilation dans notre façon de vivre et de concevoir la sexualité, le sexe.Déjà condamnés à assumer notre réalité sexuelle (Nomme ou femme), nous sommes de plus condamnés à assumer la sexualité que le cadre socio-culturel nous impose.Et cette insistance qu'il met aux descriptions sexuelles fantaisistes, aux orgies, aux mises en scène sophistiquées d'«ébats amoureux», ne sont là que pour montrer la réalité humaine toute nue.«ll est bien dommage que l'on puisse interdire ces effusions de sang dans la production artistique mais point dans la vie reelle'®.» Alors que c'est celle-ci qui importe.Sade pose comme condition essentielle à toute liberté, c\u2019est là son choix et son canal critique, la possibilité de vivre pleinement le paramètre fondamental de notre existence: notre sexualité, telle qu'elle est.En ce sens «Sade invoque la chair comme preuve existentielle -en-soi parodiant ainsi le cogito cartésien: Je pense, donc je suis.Je fous, donc je suis*!.» 10.Angela Carter, op.cit., p.45.11./bid., p.50.35 Fh, 4 LUN ho \u20ac - - a ~~ = 4 4 2 4 G pp A ar a A a a a ep rc RENE Si Hermann Goering a pu dire: «Lorsque j'entends le mot culture, je sors mon revolver», Sade (et le rapprochement n\u2019est pas flatteur) aurait dit: «Quand j'entends le mot culture, je brandis mon sexe.» Références bibliographiques D.A.F.Sade, Oeuvres complètes, 8 vol., Paris, Le Cercle du livre précieux, 1967.C'est l'édition définitive des oeuvres de Sade.De plus, c'est une édition critique où l\u2019on retrouve des analyses de J.Lacan, S.de Beauvoir, etc.Jos Van Ussel, Histoire de la répression sexuelle, Paris, Laffont, 1972.La thèse de cet ouvrage est que le syndrome sexuel provient beaucoup plus de l\u2019embourgeoisement de la société que des dogmes religieux.Un ouvrage capital.Gilbert Lely, Sade, coll.Idées, Paris, Gallimard, 1967.Pour une première approche du personnage et de l'époque.C\u2019est bien fait.Philippe Roger, Sade ou la philosophie dans le pressoir, coll.Théoriciens, Paris, Grasset, 1976.Cet ouvrage met l'accent sur le combat que mène Sade face au pouvoir politique.Angela Carter, La femme sadienne, coll.Off, Paris, Henri Veyrier, 1979.Cet ouvrage insiste sur la condition de la femme dans l'univers de Sade.029205 36 mes pr un Er tA an Px = x 2 \u201c\u20ac PE) JA.pre me 2 1208 pre \u2014 be : 7 [RY + es LPS 24 ca EATS: Rp = ve rr] - banal 552 Yo a A VOY od cru À EN Ka harry = Tr 220 A ov LOH ak 54 wk ¢ Hai 2 LSA NA PE Eo CR EC pou La i ie a AE, RIL Yaiadnrie Fed Lp NE hy pre eg a crea x Pet A (a Pad od = Pres PE PER Pata SES pa I er, Lar Pas ha ce ps na Ce Lt te wt Rat ay ae eu or Pre Ne ou ras: % : ; 3 Pas 4 opt 4 \"4, mn les textes de l'oeil a 2 .Claude Beausoleil a.iguère Professeur au département de français Roland G \u2014 es Le ee _ Ce oo urge 2b pee pie\u2019 4 POMPE - er TL ERE = ~ DE Arie ior age eile SR ee EL ia NARA tl Entre l'image et le mot.Entre l'inscription et la forme.Entre lalecture etle symbole.On peut ainsi situer le travail littéraire et pictural de Roland Giguère.Ses textes poétiques tracent un espace de lecture où foisonne le sens pluriel.On peut y détecter des origines surréalistes, origines qu'il avoue lui-même et dont il nous indique clairement l'apport dans son dernier livre Forêt vierge folle (éditions de l'Hexagone, 1979).Cet ouvrage couvre toute une période de travail imbriquant intimement le visuel et le textuel.Collages, dessins, calligraphies, thématique, hommages à des peintres viennent montrer les jalons du parcours.L'oeuvre de Roland Giguère est du côté du noir, c\u2019est là dans le sombre de sa sémantique et de sa structuration qu\u2019elle donne le plus d'émerveillement.Ce qui frappe quand on lit Giguère ou encore quand on regarde ses oeuvres picturales c'est 38 3 JOR, RT CS CIE TOR 7 DE l'homogénéité de l'ensemble.Ici pas de fracture, pas de ruptures voyantes, mais bien plutôt un déploiement à partir d'un sens central.Le dépaysement refait ses allures de paysage et en ce sens l'univers de Giguère propose un espace atopique et spécifique.Les mots sont la sur la page se donnant comme un réel et un imaginaire.De la même manière les formes ailées souvent semblant échappées du cercle terrestre sont là comme objets concrets présentant des facettes du rêve et du palpable.Giguère intègre fréquemment le texte à ses productions visuelles et c'est dans le va-et-vient des deux biais que se lit le sens et que parle un «âge de la parole» autonome et bicéphale.Entre les images et les mots le sens circule et se montre.Le dernier texte publié de Roland Giguère intitulé «le Chevalet de Redon» (La nouvelle Barre du Jour, no.95, p.7 à 16) précise davantage le fontionne- ment.En exergue on peut lire une phrase d'Odilon Redon qui détermine l'ambiance du travail: Toute mon originalité consiste à faire vivre humainement des êtres invraisemblables selon les lois du vraisemblable, en mettant, autant que possible, la logique du visible au service de l'invisible.» L'ombre guette qui veut envahir et le texte et la toile.Celle tragique de la réflexion et de la lucidité.Celle définitive du silence inversé.Celle pesante de la signification qui marque le travail de la quotidienneté et de l'angoisse.Aux allusions directes aux lithographies d'Odilon Redon se greffe un texte qui s'interroge lui- même dans l'analogie et le déplacement: «A peine sortie de l'ombre, cette tête, dirait-on, veut y rentrer.Le regard s'estompe et fuit dans l'épaisseur du fusain.Le front s'obscurcit et se fond dans les rides.La chevelure se dénoue et coule sur l\u2019oreilier fleurie de noires pensées.|| n'est pas facile d'arracher quoi que ce soit à cette nuit 39 tag D A ee.Sr - a % um gh: Der ir Son ee es Ver.Xf Bagels = Ed al Ty le AR.A Bs Bus basen he Aa or Val x ms 5 fermée sur elle-méme comme une noix.» Alors commence j le processus de la lecture et nous voilà devant la page à qui s'interroge sur sa fragilité.On peut revenir au poème.3 On peut regarder la lithographie.On ne peut fuir leurs 9 questions.C'est le passage de l'obscur quand les formes 4 le repoussent et le relativisent.C\u2019est le texte de l'oeil qui i nous envisage comme fissure.«Rien à l'horizon qui pour- Ÿ rait permettre la halte, le repos en lieu connu.On est 4 obligé d'errer à l'intérieur de ce cadre, de coin en coin.» 4 Et cet exercice est sobre et prenant.A Notes diverses: et sur l\u2019ensemble de l'oeuvre, voir a comme un jeu de séduction qui s'opère entre le langage i et le sens vu.On ne séjourne jamais trop longtemps dans 4 les zones du silence toujours les mots reviennent et 0 visent juste.C'est l'effort de Giguère.On n'échappe que i des lambeaux de textes, il président à la fête.Je ne 9 réinvente que les états de la chose.Ici dans ce texte je dérive pour parler dans car à travers les mots et les images je perçois ce qui fait que le travail est un éclat.Si le défaut des ruines est d'avoir des habitants, c'est que germe encore le saut de la poursuite.Par des allusions entre le noir et l'encre, entre le profil du rêve et la décomposition langagière je tente de rendre des comptes, de ceux qui sont chargés de silhouettes, de transformations et de bousculades.40 [EA i FN ge L031 ht bis : 8 Je wi #13 [3 Jean Piaget: 83 HN déconversion philosophique et domination sociale à 5 M1 Philippe Thiriart Professeur au département de psychologie H +* + Mo | * EURE aw békcu : AERA Le nom de Jean Piaget est familier au lecteur qui s'intéresse de loin à la pédagogie et à la psychologie.Nous savons que Piaget a étudié le développement intellectuel de l'enfant et de l'adolescent.Nous savons moins qu'il se considérait principalement comme un épistémo- logue.|| se demandait: Que pouvons-nous connaître?Comment connaissons-nous?Pourquoi connaissons- nous?C'est pour répondre à ces questions qu'il effectua ses recherches sur la pensée de l'enfant et de l\u2019adolescent.Au sommet de sa carrière, il fonda le Centre international d'épistémologie génétique.L'épistémologie est définie classiquement comme l'étude philosophique de l'origine, de la nature et des limites du savoir.Cette définition considère que l\u2019épistémologie est une branche de la philosophie.Piaget partageait cette conception au début de sa carrière.Par la 42 suite, il a remis en question cette appartenance.Il considère que l'épistérnologie doit échapper à la philosophie, comme les sciences expérimentales (physique, chimie, biologie) et les sciences formelles (mathématique, logique) l'ont déjà fait.Du même élan, Piaget affirme que la philosophie ne permet pas d'acquérir des connaissances sur le réel.Elle peut commenter les connaisances acquises par les sciences, mais elle n'établit pas de nouvelles connaissances au niveau des faits et des phénomènes.La philosophie permet-elle du moins d'établir des connaissances au niveau des essences, des noumènes ou des sens vrais?Piaget refuse cette possibilité à la philosophie en adoptant la position d'Emmanuel Kant: le noumène est inconnaissable.Nous ne pouvons pas connaître l'essence des choses à supposer que les choses aient une essence.Nous ne pouvons pas connaître le sens profond des choses, parce que nous créons les sens.Que reste-t-il à la philosophie?La sagesse ou plutôt les sagesses, dont nous ne pouvons guère nous passer.Les sciences ne nous disent pas quel but poursuivre dans la vie.Elles ne nous indiquent pas les valeurs humaines, sociales ou politiques à poursuivre.Ces valeurs sont créées par les hommes.Ces valeurs sont variées et contradictoires.La philosophie peut nous les présenter pour que nous en tirions une sagesse personnelle.Néanmoins, cette sagesse n'est pas une connaissance des faits; elle est une vision des faits.À un même ensemble de faits correspondent plusieurs visions ou sagesses possibles.Aucune vision ne peut «falsifiem les autres visions.Autrement dit, aucune vision ne peut démontrer par les 43 i faits que les autres visions sont fausses.Par exemple, il i est impossible de démontrer par les faits que les hom- 3 mes doivent devenir égaux (ou rester inégaux).Nous | pouvons seulement nous persuader que les hommes | 4 doivent devenir égaux (ou rester inégaux).i La première moitié du présent texte retrace I'his- 9 toire de la déconversion philosophique de Piaget à partir 4 de son recit autobiographique dans Sagesse et illusion i de la philosophie'.Ensuite, j'insisterai sur la notion a d'irréfutabilité ou d'infalsifiabilité.Piaget reproche prin- I cipalement aux systèmes philosophiques d'être irréfu- | tables.Pour ma part, je montrerai que l'infalsifiabilité est i répandue dans d\u2019autres domaines et qu'elle est même R recherchée pour répondre à des besoins de dominance i sociale et de sécurisation personnelle.Dans cette inten- 4 tion, j'invoquerai quelques études récentes.| Ri | L'itinéraire philosophique de Piaget | «Du fait que tout l\u2019enseignement, à bien peu de 0 choses près hélas, est fondé sur la transmission verbale | et sur la réflexion, l'adolescent trouve donc tout naturel i qu'il existe un mode de connaissance philosophique 0 fondé sur cette seule réflexion, et ii ne peut que s\u2019en- a thousiasmer de découvrir ainsi simultanément une voie 13 d'accès à des vérités supérieures, bien plus centrales 1 que les petites vérités fournies par l\u2019enseignement quo- 0 tidien, et une réponse aux questions vitales qu'il se pose i quant aux valeurs suprêmes auxquelles il croit®.» a 1.Jean Piaget, Sagesse et illusion de la philosophie, Paris, P.U.F., Hi 3e éd., 1972.1 2.Ibid., p.10.4 4 44 4 En tant que professeurs, nous savons que ce ne sont pas tous les adolescents qui s'enthousiasment ainsi pour la réflexion.Nous apprécions ceux qui le font.Jean Piaget eut le coup de foudre vers seize ans pour L'évolution créatrice de Henri Bergson.Pour Bergson, l'intuition nous permet de coïncider avec le mouvement libre et créateur de la vie et de l'esprit.I! s'agit d'une philosophie de la compréhension, attentive à l'expérience immédiate.«.\u2026 en un moment d'enthousiasme voisin de la joie extatique, je fus saisi de la certitude que Dieu était la Vie, sous la forme de cet élan vital\u2026 L'unité intérieure était ainsi trouvées.» Piaget avait été élevé dans le protestantisme par une mère croyante.La lecture de L'évolution des dogmes d\u2019Auguste Sabatier l'avait convaincu du caractère symbolique des expressions dogmatiques, mais il croyait toujours en une réalité spirituelle.En outre, Piaget reconnaît qu'il ne comprenait rien aux mathématiques, à la physique, ni aux raisonnements logiques qu'elles supposent\u201c.Après avoir lu Henri Bergson, la décision de Piaget était prise.Il consacrerait sa vie à la philosophie avec pour but central de concilier la science et les valeurs religieuses.De fait, Piaget entreprit une carrière de philosophe.1! écrivit une Esquisse d'un néopragmatisme, puis Réalisme et nominalisme dans les sciences de la vie.Le logicien Arnold Reymond l'encouragea à poursuivre une carrière essentiellement philosophique.En 1925, Piaget obtient la chaire de philosophie de l'Uni- 3.Ibid, p.11.4.Ibid., p.12.45 i Lr SU SL J] \u20ac HP + versité de Neuchâtel.En 1952, Piaget est nommé professeur à la Sorbonne succédant au philosophe Maurice Merleau-Ponty.Piaget se réfère souvent dans ses écrits à Emmanuel Kant.Nous voyons que nous pourrions simplement le considérer comme un philosophe kantien ou néo-kantien.Dès lors, qu'est-ce qui a amené Piaget à rejeter cette appartenance à la philosophie?L'itinéraire scientifique de Piaget Un événement de son enfance eut une profonde influence sur son évolution ultérieure.Préoccupé par l'histoire naturelle, Piaget eut la chance à onze ans d'\u2019assister un vieux zoologiste, Paul Godet, qui dirigeait le Musée de Neuchâtel.En échange de ses services, Godet l'initia à la malacologie et lui donna quantité de mollusques terrestres et d'eau douce pour qu'il fasse une collection en règle.A l\u2019âge de quinze ans, Piaget publiait des articles en malacologie.En raison de son jeune âge, il dut décliner des invitations de spécialistes étrangers qui voulaient le rencontrer (Elisabeth Hall, «Un entretien avec Jean Piaget», Psychologie, no 14, mars 1971).Son second maître fut le logicien Arnold Reymond.L'orientation de celui-ci était essentiellement mathématique.Piaget, féru de Bergson, résista d\u2019abord à l'influence de Reymond.Il chercha à montrer qu\u2019il existe une logique de l'action distincte de la logique mathématique.Il supportait ainsi le dualisme du vital et du mathématique, auquel il croyait toujours*.Mais Reymond lui montra que sa logique de la vie s'insérait aisément dans la logique mathématisante d'Aristote et dans le problème des clas- 5.Ibid., p.13.46 ses en logique moderne.Piaget étudia la théorie des ensembles de La Vallée-Poussin et effectua, par la suite, quelques recherches de biométrie sur la variabilité des mollusques alpins.Ainsi, Paul Godet donna à Piaget le goût des longues vérifications dans le domaine des faits, et Arnold Reymond le libéra de son blocage en mathématique.Même si Reymond encourageait Piaget à poursuivre une carrière essentiellement philosophique, il fut entendu que Piaget ferait une licence et un doctorat en biologie, tout en suivant les cours de philosophie de Reymond.Par la suite, après des examens compiémentaires en philosophie, Piaget était censé présenter une thèse de philosophie pour se spécialiser en philosophie bioiogi- que.Ainsi, Piaget choisit de devenir d'abord un biologiste, puis de continuer en philosophie.Cette démarche est à l'inverse de la plupart des philosophes qui étudient d\u2019abord la philosophie, puis se documentent dans un autre domaine.Piaget voulait entreprendre une étude de longue haleine sur la théorie de la connaissance en général, mais envisagée sous l'angle biologique.Zoologiste, travaillant sur le terrain ou en laboratoire, Piaget commençait à sentir qu\u2019une idée n'est qu'une idée et qu'un fait seul est un fait.Pour analyser les relations entre la connaissance (phénomène psychologique) et la vie organique, il apparut utile à Piaget d'entreprendre un peu de psychologie expérimentale.Pour savoir comment l'homme.organisme biologique, acquiert des connaissances, ne serait-il pas utile de l'étudier de manière expérimentale comme on étudie les autres organismes vivants?Arnold Reymond fut réticent à cette intention ex- 47 BEER KR an MR a races s.r: périmentale.|| considérait que l'approche expéri- i mentale entraînait les chercheurs à perdre de plus ue en plus de temps sur des problèmes de plus en plus 4 restreints, tandis qu'une réflexion bien conduite NS permettait l'accès à des vérités de portée plus vas- ne te.hi Apres son doctorat en biologie, Piaget se déga- I gea de l'influence restrictive de Reymond.|! partit pour A Paris, décidé à combiner des recherches en psycholo- i gie avec les enseignements des philosophes Léon Bruns- i chvicg et André Lalande.Il eut la chance de pouvoir travailler à peu près seul au laboratoire fondé par Alfred A Binet.Piaget étudia la façon dont les enfants se trom- 4 paient dans leurs réponses au test.Il s'intéressa aux i processus de raisonnement qui amenaient les enfants a E se tromper.Cette démarche aboutit a la publication de A son premier ouvrage important sur la psychologie de l'enfant: Le langage et la pensée chez l'enfant (1923).Piaget commençait à construire sa théorie de la connais- pl sance pour laquelle il devint célébre.Quelles sont donc A les caractéristiques principales de la théorie de Piaget i sur la connaissance?i selon Piaget, la connaissance découle d\u2019une adap- hi tation de l'organisme pensant à son environnement, d\u2019une i interaction entre le sujet et l\u2019objet.La connaissance de i l'objet n'arrive pas telle quelle au cerveau du sujet: Ce cerveau est déjà programmé par les expériences antérieures.Ce cerveau assimile les données extérieures à 1 ses structures préexistantes.Les données extérieures | sont transformées pour pouvoir s'assimiier aux program- | mes existants.Si le sujet est immobile sans action sur le réel et sans expérimentation, il va habituellement conti- TR + .La - - - + ve ¥ : - 4er ae gL va +, 0e = - nuer à réduire (assimiler) les données extérieures a ses façons de penser établies.En agissant, en expérimentant, en vérifiant, l\u2019organisme peut se rendre compte de l'inadéquation relative de ses préconceptions.Il est dans un état de déséquilibre cognitif.Pour sortir de ce déséquilibre, il remet en question ses schèmes cognitifs.II accommode ses façons de penser pour pouvoir tenir compte des résultats de ses actions.Le cerveau modifie sa programmation pour atteindre un nouvel état d'équilibre cognitif.L'organisme s'adapte à son environnement.Dans le film Mon oncle d'Amérique, Alain Resnais fait dire au biologiste Henri Laborit: «Le cerveau n'est pas fait pour penser, il est fait pour agir.» Cette boutade est compatible avec la position de Piaget.La pensée devrait être l\u2019intériorisation de l'action sur le réel.Un système de pensée qui se développe en dehors de la prévision et de l'action sur le réel, risque fort d'être trés assimilateur au sens péjoratif du terme.I! neutralisera puis assimilera toute donnée cherchant à le contredire.Nous avons ici la principale critique de Piaget à l'égard des systèmes philosophiques.«Le privilège irremplaçable d\u2019un système de philosophie est qu'il est irréfutable et que, si nombreuses que soient les objections qu'il soulève, son auteur a toujours de quoi répondre à tout®.» L'irréfutabilité des systèmes philosophiques Ainsi pour Piaget, les systèmes philosophiques n'établissent pas de connaissance sur le réel et ils sont irréfutables.Ces prises de position n'empêchent pas 6.Ibid., p.vi.49 - y .7 A ro gr WNT RES ea 125 HN 2 - a Cr Ls 2 xg = 5 3 ; a rete GP aa i TE rat a eat ps t D EE EE SR El = Sor ro SE See EE EE a od a gn Leo ges eB Pare PE Pr pat.Dab eu RAA Piaget d'invoquer à l'appui de sa thèse certains philosophes comme Emmanuel Kant, Léon Brunschvicg, André Lalande et Karl Jaspers contre d\u2019autres philosophes.Piaget s'attaque principalement à la phénoménologie et à l'existentialisme.«On peut donc espérer, lorsque les modes phénoménologiques et existentialistes seront en voie d'affaiblissement, un renouveau des contacts entre la philosophie et la science7\u201d.» D'après Piaget, la plupart des grands philosophes d'autrefois étaient également des scientifiques ou du Moins possédaient de forts intérêts pour la science.Piaget reproche à plusieurs philosophies modernes d'être devenues soit un succédané, soit un support nécessaire de la religionS.Par exemple, Heidegger ne va-t-il pas jusqu'à déclarer: «La pensée ne commence que lorsque nous aurons appris que cette chose tant magnifiée depuis des siècles, la Raison, est l'ennemie la plus acharnée de la pensée?» Pour Piaget, chercher un commencement absolu de connaissance dans l'intuition ou dans une prise de conscience élémentaire est une illusion psychologique fondamentaie!©.Comme les systèmes philosophiques sont infalsifiables, Piaget n'a guère convaincu les philosophes irra- tionalistes de la justesse de ses positions.Il le reconnaît dans la préface à la troisième édition de Sagesse et illusion de la philosophie.Cette notion d'\u2019irréfutabilité ou d'infalsifiabilité devient le centre du problème.Mais 7.Ibid., p.304.8.Ibid., p.4.9.Ibid., p.291.10./bid., p.121.0 I'infalsifiabilité n'est pas réservée à la philosophie.On la recherche même dans divers domaines.Nous allons prendre des exemples en parapsychologie, en éducation et en administration.La parapsychologie En parapsychologie, des médiums comme Uri Geller peuvent lire les pensées de certaines personnes, reconnaître ce qu'une enveloppe scellée contient et déformer des objets par la force de leur pensée.|ls réussissent ces exploits avec facilité et devant un grand nombre de témoins.Lorsque des illusionnistes renommés mais sceptiques peuvent observer la démonstration de près, vérifier le matériel utilisé et empêcher le médium de se déplacer d'un bord à l'autre, les exploits ont rarement lieu.Ces échecs sont dûs aux ondes mentales négatives émises par les illusionnistes sceptiques.Ces ondes mentales négatives empêchent le don du médicum d'agir normalement.Depuis cent cinquante ans, a peu pres tous les médiums ont été pris au moins une fois en train de tricher et plusieurs médiums ont reconnu avoir triché**.Nous savons déjà que les ondes mentales de certains individus inhibent les pouvoirs du médium.Mais celui-ci est responsable devant son public; il doit le satisfaire.Il est bien excusable que le médium triche parfois pour ne pas décevoir les spectateurs qui se sont déplacés pour venir le voir.Après tout, le médium est aussi un être humain avec ses faiblesses.11.Michel Rouzé, La parapsychologie en question, Paris, Hachette, 1979.01 A CE Ret] ns np Hat PL étre 2 ER x \u2018 58 \u2018 \" EK, + Ch me sa PO.ew, Cea ie Pe Le ti 7 wr \" = ja - + vw Tedd y Ch \u2018 à 2 Le = .3 a > 5 + ip gE : 2 25 = Ee ) A: a > py ; Poy Pep or vd SE \u201ces EE Th PE ~~ =.FE, 4 Th FARE FL RAC A A AN ANA La position du médium est donc infalsifiable.Il est impossible de démontrer par les faits que le médium ne possède pas un don métapsychique.Cette infaisiabilité même permet au médium d'obtenir une position de domination sociale.Les témoins éduqués croient au moins aussi souvent à ia réalité des dons métapsychiques que les témoins peu éduqués.Jargonner est rentable Prenons comme deuxième exemple le principe du docteur Goupil: «Une communication confondante, provenant d'une source considérée légitime par le destinataire et appartenant au domaine de connaissance du destinataire, va accroître l'évaluation favorable de la compétence de l\u2019auteur de la communication par le destinataire.» D'après ce principe, la mystification se fait dans le domaine de connaissance de la victime.En 1973, le Dr.Myron L.Fox présenta une conférence remarquée, durant une heure, et suivie d\u2019une demi-heure de discussions.I! parla de «la théorie mathématique des jeux appliquée à la formation des médecins».Des groupes professionnels variés constituaient ses auditoires: des psychologues, des psychiatres, des travailleurs sociaux et des éducateurs.Par ia suite, ils évaluèrent la conférence en répondant à des questionnaires anonymes.Les réactions furent très favorables.La conférence fut jugée claire et stimulante*?.En somme, Fox obtint un franc succès auprès de ces universitaires en leur parlant de questions éducati- 12.«The Phony Doctor Fox», Psychology Today, Octobre 1973, p.19 et 20.52 ves pour lesquelles ils disposaient déjà d'un certain savoir.Fox était aussi un imposteur: un comédien professionnel engagé par trois professeurs en médecine.Ceux-ci avaient élaboré un texte de conférence en s'inspirant d\u2019un article du Scientific American.Mais ce texte débordait totalement l\u2019article de base.Ce texte était rempli de propos abusifs, d'illogismes, d'affirmations contradictoires et de néologismes.Le tout était assaisonné de plaisanteries et de références dénuées de sens à des sujets non pertinents.Le comédien avait été entrainé à répondre aux questions de l'auditoire de la même façon.Plus récernment J.Scott Armstrong, professeur de marketing, voulait vérifier si une telie duperie était possible par écrit'®.Armstrong demanda d'abord à vingt professeurs en administration d'évaluer le prestige académique de dix revues d'administration.Ces revues possédaient différents degrés de lisibilité d'après le bien connu Flesch Reading Ease Test.Comme vous vous en doutez, la revue la plus valorisée était la plus difficile à lire; la revue la moins valorisée était la plus facile à lire.|! est possible néanmoins que les revues les plus prestigieuses traitent de sujets plus complexes et requié- rent par conséquent un langage plus élaboré.Armstrong testa cette possibilité en choisissant des extraits dans des revues d'administration, puis en les récrivant pour les rendre plus lisibles sans en changer le contenu.Armstrong élimina les mots superflus, il remplaça les mots difficiles par des mots faciles et il sectionna les longues phrases en plusieurs phrases courtes.13.J.Scott Armstrong, «Bafflegab pays», Psychology Today, Mai 1980, p.12.53 LL NP Sw 8 A qe LA A - Ty î se «À mat 0 .ve tak RN al Cidade el, 3 [13454 a gs Fr - > ee \" 3H 1 XE ne pe em +P CNET PA Une phrase se lisait originellement: «Ce document conclut que pour accroitre la probabilité de garder un client en file, le fournisseur de service devrait entreprendre d'altérer l\u2019estimé subjectif intial du client au sujet du temps de service moyen, afin de lui donner l'impression qu'il est restreint, ou entreprendre de convaincre le client que la valeur temporelle du service à obtenir est importante.» Le nouveau texte était: «Vous pouvez plus facilement garder un client dans une file si vous pouvez le persuader qu'il n'aura pas à attendre longtemps.Il acceptera aussi d'attendre, si vous pouvez le persuader qu'il obtiendra suffisamment d\u2019avantages.» Armstrong traita ainsi quatre extraits de plusieurs pages.Pour chaque extrait, il disposait d\u2019une version facile et d\u2019une version difficile à lire.Il demanda à un autre groupe de trente-deux professeurs en administration d'évaluer sur une échelle allant de un à sept «la compétence de la recherche qui est présentée».Les professeurs ne connaissaient pas les noms des revues ou des auteurs.À nouveau, les professeurs valorisèrent les versions difficiles par rapport aux versions faciles.En complexifiant une communication, nous la rendons plus difficilement falsifiable et nous augmentons son pouvoir de mystification.Les trois exemples que nous venons de voir, impliquent les sciences humaines dans leur ensemble.Les victimes de la mystification peuvent être autant éduquées que le mystificateur et la mystification peut avoir lieu dans le champ de compétence des victimes.4 Environnement physique et environnement social D'après Piaget, l'intelligence doit nous permettre de nous adapter à notre environnement.Mais à quel environnement s'agit-il de s'adapter?Le modèle épistémologique de Piaget, s'applique bien aux sciences naturelles ou empirico-formelles.Pour Piaget, la science est la recherche de «la vérification par un ensemble de faits établis expérimentalement ou par une déduction réglée selon un algorithme précis (comme en logique)\u2026 li intervient une sorte de malhonnêteté intellectuelie à affirmer quoi que ce soit dans un domaine relevant des faits, sans un contrôle méthodique vérifiable par chacun, ou dans les domaines formels sans un contrôle logistique**.») «Le sens courant du mot vérité se réfère à ce qui est vérifiable par chacun.Peu importe le procédé de vérification pourvu qu'il soit accessible et qu'il donne la garantie au sujet qu'il n'est pas centré sur son MOI OU sur l'autorité d\u2019un maître, mais que ce qu'il! avance est contrôlable par tous ceux qui doutent\u2018°.» Toutes ces affirmations sont bien belles, mais le modèle épistémologique de Piaget est-il adéquat pour rendre compte des sciences dites critiques (sociologie critique, psychanalyse, critique philosophique des idéologies).Si nous considérons l'histoire des civilisations, quels sont les hommes qui ont en général obtenu le plus 14.Jean Piaget, op.cit., p.21.15.Ibid., p.iii.55 LRN 1e I a IE Ty I A SE passe I Le .x Lee .> Towed y | ER pags ï STI SP FR Te A APE AE AE PAD RR TE TR ONE _ - Lo H ; po Tay oC o * I F.LE) : Ca ue ?bi : 1% ed ov LE Po ts .cop .- ä ; 4G.rb rm - c © a Cd ANA Si.SE - .\u201c3 Aa \u2018a c Led EE ah à Le UN - fp ad PRIE (FAN i] t ve : Teh Oh 4 , DE de privilèges socio-économiques: ceux qui possédaient un pouvoir d'action sur le matériel ou ceux qui possédaient un pouvoir d'influence sur les autres hommes?D'un coté, nous avons les cultivateurs, les artisans, les techniciens et les scientifiques de la nature; de l\u2019autre, nous avons les guerriers, les marchands, les administrateurs et les prêtres.Dans l'ensemble, les humains qui possédaient une simple compétence matérielle étaient défavorisés par rapport à ceux qui pouvaient prendre de l'ascendant sur leurs congénères.La domination du prochain peut s'effectuer de diverses manières.Le guerrier fait appel à la force.Le marchand à la ruse.L'administrateur à la persuasion et le prêtre à la mystification.Cependant, chaque corporation sociale utilise une idéologie légitimatrice de son pouvoir et de ses privilèges.Chaque groupe privilégié invente un système idéologique qui légitimise son existence et ses actes.Chaque idéologie explique la signification de la société et la place que chacun est censé y tenir.Chaque idéologie donne un sens à l'histoire et un sens à la vie de chacun.Ces idéologies pourraient-elles être scientifiques?Autrement dit, leurs explications sur le monde et l\u2019homme sont-elles élaborées pour pouvoir être infirmées ou confirmées par les faits?Justement non, elles ne doivent pas pouvoir être infirmées par les faits.Pour être efficace, une idéologie ne doit pas être falsifiable pour atteindre ses objectifs, qui sont la valorisation du groupe privilégié, la légitimation de son existence et de ses privilèges.Le modèle épistémologique de Piaget ne s'applique guère à l'environnement social, dans lequel il importe 56 de présenter des théories infalsifiables et séduisantes pour obtenir ia considération de nos congénères et divers privilèges socic-économiques.Plus encore, une théorie infalsifiable confère à son adhérent un sentiment d'estime ou de confiance en soi.Il est équipé pour traverser les échecs de la vie tout en préservant son estime de soi.Par exemple, UN psychanalyste peut ne «guérir» que dix pour cent de ses clients.Sa théorie autovalidante lui permettra d'expliquer l\u2019échec ou l'abandon des autres clients, de sorte qu'il continuera à se percevoir comme adéquat.L'adaptation à notre environnement social nous force presque à croire à des théories autovalidantes.Si nous ne le faisons pas, nous devenons vulnérables au cynisme et à la dépression.Nous avons besoin de mythes pour vivre.Les sciences dites critiques Suffit-il de démystifier les idéologies des autres pour échapper à la mystification de notre propre idéologie?La psychanalyse a démystifié la religion, mais ne constitue-t-elle pas une nouvelle mystification?Le marxisme démystifie l'idéologie bourgeoise et nous offre de nouveaux mythes.Ce n\u2019est pas parce qu'une philosophie entreprend la critique des idéologies, qu'elle n'est pas idéologie elle-même.Les philosophes constituent aussi un groupe social privilégié, ayant à légitimer ieur existence et à préserver leur estime de soi.Pour Piaget, les philosophies ne peuvent pas être scientifiques: «La philosophie n'atteint point une connaissance, faute d'instruments de vérification.elle peut conduire par contre à une sagesse par coordination des valeurs de connaissance avec les autres valeurs humaines, mais une sagesse S57 ISERE PT I TEE I pe Thiele LI NU REN ST INR TH i RH .ow shes IRA oie BR Jee \u2018 I FRI RENTE ES PTT OU biceteca re suppose un engagement et il peut donc coexister plusieurs sagesses, non réductibles les unes aux autres, tandis qu'une seule vérité est acceptable sur le terrain d'un problème de connaissance au sens strict'8.») Nous ne pouvons pas nous passer des philosophies.Les connaissances scientifiques ne suffisent pas à nous guider dans toutes nos actions.Nous devons faire appel à des connaissances simplement plausibles.L'éthique demeure le champ privilégié des philosophies, mais la coordination des valeurs n\u2019a pas de statut ontologique.Il nous faut une morale pour agir, mais cette morale ne nous apporte pas de connaissance au sens strict.Cette morale ne peut être qu\u2019une vision parmi d'autres possibles.Juger que la recherche du profit est un mobile condamnable ne constitue pas une connaissance au sens strict.Un jugement sur les choses ne constitue pas en soi une connaissance des choses.Les morales et les philosophies sont infalsifiables.Chacun a besoin de ses mythes pour vivre, mais selon Piaget, nous ne devrions donc pas prétendre que nos mythes constituent une connaissance réelle.La position de Piaget est dangereuse pour nous les humanistes.Ce ne sont pas seulement les systèmes philosophiques qui sont infalsifiables.Dans les sciences humaines en général, nous disposons de peu de connaissances réelles et de peu de moyens d'action efficace.L'auteur d'un manuel largement utilisé de psychologie déclare joliment qu'une démarche scientifique consiste 16./bid., p.289.98 RL IPS Le a CPE à trouver une signification aux choses que nous ne comprenons pas'\u201d.Lorsque nous ne comprenons pas comment des phénomènes s'agencent, trouvons leur une signification.Ainsi, nous pourrons conserver la place à laquelle nous avons droit dans la société! 17.David Krech, Psychologie, Montréal, Éditions du renouveau pédagogique, 1979, p.ix.=P 59 cies 2 2 PS ~~ 4 0e re 0 ee 2 - we cu [nie .mr ~~ Cn es qe Tes pren peur ier) - .cr > wy Jn - uv PCA SES cw rr vr ww.TT 0 ppd Tg Sp se yop Rr oy pegs pre LJ rar ry rr ny - \u20144 rey es = pra gy re ow ces ORCI [pers pvt ve pe pat pez ~~ a.PT roc) ~ Lexy Ty pps pe ne - ce Dd wv ocd i corse Faged atlas om TEA Ta SSN a pars C3 Les Fe - Ye fv rio pe mé Pere PIS Apna apte) rN Primate heyy 72 pce PAR > pan = vee SIPC a a, or PSA vay Fr hag pai amor mad Sg Ser kh Arg Cr hw JL Ea Subaru ra WY SUS Sal A ag aig pri 1 Plgprins permis] ry oy be pue Pri a Oa paper Pu pe yen) pa Ad mt rh tlm Torn s 1 mh all = Bn BB peli p= abc par [ab pit wi Pardo = \u201col og Aen SE és 7 Ppa py ESS a Rate EEE 8 Br = 5 * = A 3 or D ERR .A Den ER ict \u201c 0 A) y t \\ \u201c L fl AY « \u201c PCR IIE 5e [CYA ARR 5 A AY DS [R21 CARE 7 ; [SY D su.A COA) [BAY [IR + RAC £ Hi IS NAN \\ x Li A A 4 (SLT) \u2018 A > pe ON we == Po ns \u201c4 AOR] \u2014 MEET == 2 ___ - oe EE pe \u2014 RSS pe « x +4 #3 i #4 be hg tH A o La sagesse, une dimension de notre étre ap Giséle Laberge : 445 Professeur au département de philosophie TE rp * Rat RE SE TN MAN OR AAS NIE TH AL RM SEAL CA ARN CAE i SER cont \u2019 FARRER] Re { NH hy +} 5.\" * eu hE Rue ) {A | = «Les hommes endormis vivent dans des mondes différents, ceux qui sont éveillés vivent dans le même monde.» L Héraclite ih Tout le monde sait qu'un être humain n'utilise i qu'une infime partie de son potentiel.Le chiffre de cinq SA pour cent est parfois utilisé.Ce chiffre fait image\u2026 Nous À commençons à soupçonner qu'à notre mort sera ense- \"à velie avec nous toute une richesse que nous n\u2019'aurons peut-être pas su, dans notre vie quotidienne, tirer du sommeil.Dans cette vie léthargique, nous n\u2019aurons pas CR vraiment existe et, n'existant pas vraiment, le contact .établi avec le monde extérieur n'aura pu être qu\u2019à notre ;À mesure: absent, illusoire!.Peut-être aurons-nous poussé 2 | 1.L'illusion est une réalité mal perçue où le relatif est confondu avec À l\u2019absolu.UE ov \" 6 vo U4 ris\" D la bêtise jusqu'à affirmer sur tous les tons de l'orgueil blessé que la vie est banale et absurde.Ces affirmations, soupçonnons-le, en voulant désigner la vie, dévoilaient en fait /es caractéristiques de notre relation à la vie.Facilement nous aurons sans doute été polarisés, obnubilés par les bonheurs en vogue: avoir du pouvoir sur les autres, accumuler de l'argent, nous identifier à nos propriétés, être spectateur de la vie des autres, accumuler le savoir sans l'intégrer à notre vie, c'est-à-dire sans en faire une connaissance.Et nous aurons probablement oublié les questions essentielles de la connaissance de soi, du sens de la vie et de la mort, du sens de «tout cela» dans lequel nous existons.Un conte hindou dit ceci: La plupart des hommes ressemblent à un pauvre homme qui pleure et gémit sur son infortune alors qu'il est assis sur un coffre qui lui appartient et dans lequel se trouve un trésor.Observons un peu ce qui se passe dans la vie.Personne ne doute que de la naissance à la mort, tous les individus n'expérimentent pas de la même façon leur espace-temps.Et si nous observons notre propre vie avec le moindrement d'attention, nous pouvons identifier des moments qui ne ressemblent aucunement à ce que nous connaissons habituellement.Travaillons à tirer de l'oubli des moments de clarté, de contemplation et d'extase que nous atteignons parfois dans la vie.Que pouvons-nous apprendre si nous concentrons notre regard sur ces états?Voici deux exemples fort simples.D'abord celui rapporté par un étudiant.Celui-ci nous raconte qu'un soir, dans l'impatience de rencontrer 63 PT AI CEP FOS WLP BRT VC CRE vases vt a = so = Pe = SS ang i sat pl pe pg 5 A ey ma ART SES ROM TRES TOURS Le = PE TES Laon are ra EE ES boride parity RE Se ES ER EEA B aa at a ve Se a er AR MA DEN RAR NA ALA I BL RL PAL UE ses amis, il emprunte un raccourci sur sa route.|! était à pieds.C'était un soir d'hiver et il pleuvait sur une croûte de neige dure.Imprudemment, il s'engage sur une pente raide qui donne juste au-dessus d\u2019une autoroute.I! tombe et se met à glisser sans pouvoir trouver aucun appui.«Cet instant, dit-il, m'a paru très long et je me suis vite vu rendu à la fin de ma vie.» Par chance, une partie de son corps a rencontré une résistance et il s'est remis sur pieds.Lorsqu'il s'est relevé, en s'essuyant, il examina tout autour de lui.«Tout, dit-il, m'est apparu d'une beauté extraordinaire! |! pleuvait.C'était gris sale, une température qui dans une autre situation m'aurait fait sacrer.Et je ne pouvais rien imaginer de plus beau que ce que je voyais ia! J'ai pris conscience avec force que je vivais, que j'avais vingt ans, que toute ma vie était devant moi, et puis que ça, autour de moi, c'était la viel» Cette expérience de la fragilité de sa vie a fourni à cette personne l'occasion de réaliser une perception claire de son existence, de constater l'immense potentiel d'énergie qui est en lui, en même temps qu'il a perçu d'une façon nouvelle son intime unité avec tout ce qui l'entoure.Le deuxième exemple est apporté par une jeune femme.L'expérience a eu lieu lors de la naissance de son premier enfant.Cette personne était assez angoissée par la mort.Cette réalité la rendait malheureuse et l'empéchait de vivre aisément.Elle considérait sa vie en termes de perte constante.Au moment de l\u2019accouchement, lorsqu'elle vit apparaître la tête de son bébé, elle vécut un état de conscience claire, d\u2019intense lumière où elle a clairement compris, en dehors de tout doute, que la naissance et la mort sont simplement des aspects 64 différents d'une même réalité et qu'en fait, il n'y a pas de mort mais simplement des étapes différentes dans le processus.Souvent, ce seront des expériences de ce niveau d'intensité qui aiguiseront notre conscience de la vie.Si nous oublions ces moments de lucidité extrême, il y a de forts risques que nous continuions à vivre en état de léthargie, en passant à côté de notre vie.Quel rapport, demandons-nous, pouvons-nous établir entre ces moments de contact, d'intimité avec ce qui est, et l'expérience du sage?L'expérience du sage, dans le contexte de la spiritualité orientale, est souvent désignée comme état d'éveil.Cet état, devenu stable chez de rares êtres (Jivan Mukti), advient dans un contact d'un tout autre ordre avec l'univers et ce qui peut sembler être le «banal quotidien».C'est un état de présence à l\u2019ici-maintenant relié à l\u2019'infiniment grand et à l'infiniment petit qui y participent.Au sens fort de cette expérience, l\u2019état de sagesse implique une relation au manifesté (c'est-à-dire, à tout ce qui peut être perçu par les sens et par la compréhension habituelle) et une unité avec le non-manifesté (qu\u2019on appelle l'Énergie, l'Un, le Tout, Brahma ou Dieu.).Le principal obstacle Le probléme pour la plupart des individus (et souvent le problème pour nous), c'est qu'on vit un moment d'intensité et puis on l\u2019oublie, on passe à d'autres activités.On vit une expérience, joyeuse ou douloureuse, qui nous amène à adhérer à la vie et puis à la première Occasion, on tourne la page et on tombe dans le banal quotidien, c'est-à-dire qu'on établit une relation banale avec ie quotidien.65 INT TIT TE CU DA x en SEA bips + à VU A ere it mn ee Te a TT Cm Le aT wl wr rie re pp RY eT a ln a i BT EE ee a PARR op .; 3 - > \" 5 Y \u201d \" - 2 EE a \u2018 \u2026 a f * , x pl _- ame = TT me a - a.- _.TIVES .-~ - ES - ~ a prague OT is 2 Tee SLT - Ca.wae TE NE RATER -r - Y= ~ ~~ Cow - 2V yw pt ge Faas can sabe has a of a) vo CRAN, , Notre premier obstacle sur la voie de la sagesse c'est l'oubli des moments de clarté dans notre vie.Notre conscience ressemble un peu à l'image produite dans un kaléïidoscope.À un moment donné de notre vie, une prise de conscience se fait, une image apparaît et puis se produit un autre moment.On s'est couché, on se relève, la journée change, cela fait un petit choc sur le kaléidoscope et l'image change complètement.On perd la mémoire de ce qu'on était, de l'état d\u2019être qui s'est manifesté en nous et puis on repart un peu comme à zéro, sans qu'il y ait eu engendrement, fécondité par ce qui vient de se passer.On ne bénéficie pas de nos expériences.On coupe le contact.Certaines caractéristiques de l'état d'éveil Ces états de sagesse, de conscience très claire de ce qui nous arrive, sont toujours accompagnés de certaines caractéristiques physiques qu'on peut observer en nous.Ces caractéristiques sont toujours liées à un réel calme intérieur, un état où tous nos plans vibrent en harmonie, où toutes nos forces trouvent à s'intégrer.Cela s'appelle être en unité.Une autre caractéristique qui accompagne ces états de lucidité, c'est une grande oxygénation du corps.Si un individu ne respire presque pas, s'il ne respire qu'au dixième de ses capacités, comme nous le faisons habituellement, il n\u2019est pas vraiment en état de se comprendre et de comprendre le monde autour de lui.Dans les deux cas racontés précédemment, les individus respiraient profondément et avaient «accidentellement» créé les conditions nécessaires pour ouvrir leur conscience.66 \" rer Re AE 9 aimes re et a ES ES C'est à cause de cette importance primordiale de la respiration que, depuis des millénaires en Orient, on fait tellement de travail à partir de la respiration yogique complète et de différentes pratiques basées sur cette technique.Un travail d'ouverture de la conscience est toujours accompagné d'une maîtrise du souffle.L'état de sagesse est aussi toujours lié à une grande disponibilité à l\u2019ici et maintenant.On n'est pas sage en s'imaginant vivre dans une grotte ou un monastère, ou dans toute situation autre.Pour nous, le seul sentier où nous pouvons réaliser l'état de sagesse, c'est toujours l'instant présent où se produit notre vie.C'est là que la pleine conscience est possible.Voici une petite histoire qui illustre bien cette nécessité: || était une fois un chercheur de vérité qui s'était promené de pays en pays pour trouver la sagesse.|| ne trouvait pas et se demandait isolé: «Mais dans quel endroit du monde vais-je trouver réponse à mes questions?» Cet homme avait tout essayé: la fréquentation des églises, la vie dans les monastères, dans les grottes, les jeûnes de toute sorte\u2026 Rien, semblait-il, ne pouvait le combler.A un moment donné, il arrive dans sa marche devant un vieux moine qui était assis en prière à «la croisée des chemins».Ce vieil homme dégageait une profonde satisfaction et une grande sérénité malgré son âge visiblement très avancé.|| semblait même être à ses dernières journées dans l'existence.Notre chercheur se dit: «Voilà peut-être ma chance.» Alors, il ose déranger le vieil homme dans sa méditation et il lui demande: «Écoute, toi qui sembles habité d\u2019une grande paix et d'un profond contentement, veux-tu livrer ta clé, veux- 67 2 = EEL Eg.a Ae) a = A ct > \"2 38 AN PA ga ol af CAA a Et is - Re Rohe dala EC BEES TE ae Zar Toa PE ani\u201d tag raie it tale Snap de pale penpals ii opp at aie A ~~ ear a ar Ste I rt A Br AR a a) Ou pe re pra Lau OT CTS Ee oun = 3 > a me ete = 3 AEN] => >>) ~ - - Ww .- \u2014\u2014 pm ~~ is A wu AN WAP rw - ER RACERS, fan tu me dire ou tu as trouvé la sagesse?» Et le moine de répondre: «Ô passant, on ne change pas de route, on change de regard.» La sagesse, comme nous l'indique cette histoire, ce n'est pas tant changer de vie, qu'interroger l'attitude que l\u2019on a par rapport à ce que l\u2019on vit et travailler le type de présence que l\u2019on produit à chaque instant.L'expérience de sagesse, ce n'est pas dans une heure, ce n'est pas dans dix ans qu'elle est possible mais dans l'instant où nous sommes: l'instant où nous marchons., l\u2019instant où nous étudions., l'instant où nous rencontrons un ami.C\u2019est toujours là où nous sommes.Mettre un délai.dire que nous ne sommes pas dans la bonne situation, que plus tard dans un entourage plus favorable, nous nous éveillerons, c\u2019est la première erreur.DANS L'INSTANT.DANS LA PROFONDEUR DE L'INSTANT, L'INFINI Y EST Le seul problème, c'est que nous nous identifions à notre aveuglement.Nous ne nous voyons pas aller et nous ne voyons pas ce qui se passe autour de nous et nous pensons, à notre insu souvent, qu'il n\u2019y a rien d'autre à voir que ce que nous voyons.«C\u2019est une question de regard.» Et si nous sommes en état de rupture à l'intérieur de nous, en état de bataille et de conflit, ce que nous percevons de la vie, c'est la bataille et le conflit (conflits vie/mort, esprit/matière, moi/les autres, moi/l'univers.).Si nous sommes en harmonie à tous les niveaux, si nous réalisons l'unité en nous et l\u2019unité avec l'extérieur, nous pouvons percevoir l'harmonie et l'unité.Cette perception ne peut se réaliser autrement.C'est a partir de ce que nous réalisons en nous que nous percevons tout.68 Cette compréhension ne peut surtout pas se réaliser qu'intellectuellement.Notre voie: l'acceptation Ce point, très souvent mal compris, est peut-être le plus difficile à réaliser.L'acceptation signifie d'abord être fidèle à ce que nous sommes, à ce que nous sentons que nous avons à faire, et réaliser cela à notre rythme.Par exemple, si je suis croyant, ou si je suis athée, c'est d'aller au fond de cette expérience.Si j'ai le goût de vivre uniquement dans l'action, au jour le jour, c'est de vivre ainsi.L'important est d'assumer ce que nous sentons être le plus important et puis de respecter que,pour quelqu'un d'autre, le plus important puisse être autrement.L'univers étant ce qu'il est et l'humain étant ce qu'il est, nous allons aboutir au même.Nous vivons des expériences semblables dans un contexte qui est le même.Nous allons découvrir les mêmes lois que nous exprimerons de façons différentes.Quelquefois nous entendons parler de la sagesse et nous voyons ce mot associé à quelque chose de lourd, à un carcan.Nous pensons alors à une démarche où nous aurions à éliminer une part de notre réalité.Cette démarche apparaît comme un dépouillement ou plutôt comme une négation.On peut alors penser à l'image fort connue de la chenille qui se transforme.Tristement, s'identifiant à la chenille, on peut entendre des phrases comme: «ll faut bien que la chenille disparaisse pour qu'advienne le papillon.» Ce type de pensée est un piège.Ce qu'il faut remarquer, c'est que, pour que la chenille passe à l\u2019état de papillon, elle ne doit pas être écrasée, et le chrysalide ne doit pas être déployé avec 69 : : Hy a POPE pe a SLUR \u2018 PE 4 .on aa A 24 eR 3 =i TORY) RN PTR IR + QE Su Ne sw 0 Wal SO ST ES AE RRA i: 3 ONIN TEE TL MT RS ) wwe , = RI 70 : i! - rN ET - 5 VS SN Li pir pon rb yop rare gun-patpy pobre ES MOST AS a A 2 - _ ~~ - We dle \u2014 Tv pr SS rrr ael-sar-paieguie yale aa Tr gy Prien ugi= agg Rp ptf ap py EN THY by + E des pinces.En se laissant aller au bout de lui-même, a chaque étape, le dynamisme interne de l'individu se déploie et ce qui a à advenir, advient.Ce n'est ni en nous écrasant, ni en nous refoulant, ni en nous bousculant que nous nous réaliserons.Notre voie passe par l'acceptation de ce qui surgit en nous et par son harmonisation avec l'ensemble de ce que nous sommes.Une telle démarche exige d'accepter de passer d'équilibre en déséquilibre, de déséquilibre en équilibre, comme dans la marche.Si je suis debout ici, je suis en équilibre, si je suis debout là-bas, je suis aussi en équilibre, mais pour me rendre là-bas, il a fallu que j'accepte de rompre cet équilibre-ci afin d'installer quelque chose de nouveau pour faire un pas.Ainsi, il arrive dans notre vie qu'une nouvelle force surgisse alors que nous avions atteint une certaine sérénité.|| peut nous arriver de refuser cette force.Cependant, elle fait partie de nous-même, elle a donc sa place dans notre vie.Si quelque chose surgit en nous et que nous le piétinions, que nous le refoulions, nous pourrons découvrir que cela se tourne contre nous tant que nous ne lui aurons pas fait place, tant que nous n'aurons pas produit en nous un équilibre beaucoup plus puissant qui intègre cette nouvelle dimension de notre réalité.Beaucoup d'êtres humains refusent cette prouesse.Ils vivent en jouant le mort, en respirant très peu, en étant distraits d'eux-mêmes, en éveillant le minimum de leurs facultés.Ils trouvent la vie monotone et plate, et leur art consiste à s'en distraire.C\u2019est une tendance qu'a actuellement l'humanité.Là est rendue la marche.Cependant rien n'est empêché.Rien ne nous empêche de franchir les pas qui se présentent maintenant à nous 70 SE: PR STR AT ORME pr ae Q) MII MRI SERN SERA Mg Sr SEE comme individu.La situation privilégiée, c'est la situation où nous sommes, avec tout ce qui s'y présente.L'acceptation concerne aussi la réalité extérieure, et cette attitude n\u2019a rien à voir avec la résignation ou le conformisme.Dans la pratique, nous pouvons constater que lorsque nous parvenons à reconnaître une réalité telle qu\u2019elle est, c'est là que l'issue, le geste juste, surgit.Prenons un exemple caricatural d'incompréhension de l'acceptation.On peut simaginer qu'accepter une situation veut dire que si je traverse la rue et qu'une auto se dirige sur moi, je devrais me laisser frapper.Une telle interprétation de l'acceptation, qui dans cette situation est presque grossière, est étonnamment fréquente dans des situations un peu plus subtiles.Elle s'appuie symboliquement sur une méconnaissance de l'homme.Elle révèle une vision statique de la réalité humaine.S'accepter complètement dans l'ici-maintenant, loin d'amener une sclérose, met en contact avec un dynamisme extrêmement puissant qui est en nous.Dans cet exemple, rester sur place serait une fuite, car il faudrait que l'individu nie une impulsion de son instinct de conservation, aiors que la reconnaissance de cette situation dangereuse déclenche instantanément beaucoup d'énergie pour courir.Dans chaque situation acceptée, nous rencontrons l\u2019occasion pour éveiller et développer le potentiel qui est en nous afin de l\u2019exprimer dans une action efficace.Voici un autre type de situation: l'expérience de !a douleur et de /\u2019angoisse.|| peut nous sembler que, face à l\u2019angoisse, les seules attitudes possibles sont le refus ou l\u2019affaissement.L'angoisse peut-elle être acceptée et uti- 71 EEA spre ter EN] SEG SEER JERI NON eS I ESI EP SID AT Lo PU CTR NE RTE S00 14 ~ td cu ot JT LR } Res] lisée créativement?L'angoisse, c'est une énergie bloquée.Quelqu'un qui fait beaucoup d'angoisse est une personne qui a beaucoup d'énergie, souvent plus que l\u2019ensemble de son entourage.Dire que l'on se sent angoissé, c\u2019est une façon de manifester que l\u2019on sent en nous un pouvoir d'énergie, mais qui n'a pas encore trouvé ses canaux de distribution, ses moyens d'expression dans la vie.L'angoisse vient d'une résistance, d'un refus de la vie en nous.Si les personnes qui sont en avance sur leur époque, n'acceptent pas de sortir du conformisme, elles vont vivre beaucoup d'angoisse parce qu'elles s'obligent à vivre une situation où leur être ne peut pas prendre son essor.La seule issue pour une personne qui vit beaucoup d'angoisse, c'est d'abord d'accueillir cette angoisse, de la reconnaître comme faisant partie de sa vie et d'utiliser cette énergie pour s'éveiller et agir créative- ment.Par créer, nous entendons d'abord nous libérer de l\u2019image de l'être humain qui nous a été transmise historiquement et socialement (ce modèle a eu sa fonction à un moment donné, mais si on s'y limite, il devient la prison qui confine l'homme à vivre à «cinq pour cent» de ce qu'il est) et d'explorer, d'épanouir notre réalité profonde.Cela demande que nous acceptions de nous transformer, et aussi que nous acceptions d\u2019être un élément de transformation pour notre milieu.Pour nous libérer de la douleur de l'angoisse, nous devons nous respecter, nous accepter dans tout notre potentiel, nous permettre de «venir au monde» et être des explorateurs et des créateurs.Chacun de nous a son rythme, son processus à vivre.Nous pouvons voir auprès de nous quelqu'un s'épanouir, mais notre solution ne 72 consiste pas à copier qui que ce soit.Nous pouvons utiliser un modèle comme stimulant, mais nous ne pou- VOns croître qu'en nous tournant vers notre profondeur et qu'en composant avec ce qui y surgit.Chaque vie est unique.Et nous ne devons pas oublier que tout ce qui surgit en nous fait partie de l'expérience de l'univers.L'univers vit en nous une expérience, une situation.Nous ne Nous sommes pas mis au monde.Nous sommes apparus tout à coup dans une expérience qui nous dépasse.Une partie de l'univers prend forme de «je», de «moi», une partie de l'univers se reconnaît dans mon nom.Il ne faut pas perdre de vue que ce qui se passe sur la scène de ce «je», sur la scène de chaque vie, est relié à ce qui l'engendre constamment seconde par seconde dans les parties les plus secrètes et mystérieuses de notre être.Seuls notre orgueil, notre oubli ou notre désespoir, peuvent nous amener à penser le contraire.Tous nous participons actuellement à un moment infiniment court dans le temps de l'univers.C'est souvent face à la mort que plusieurs découvrent ce qu'est cette existence-ci.Beaucoup de vieillards, rendus à la fin de leur vie, prennent tout à coup conscience qu'ils achèvent une expérience et qu'ils ont oublié le plus important.Ils ont vécu en perdant le contact avec eux- mêmes, en perdant contact avec la vie.Ainsi un travail n'a pas pu se faire en eux et ils se sentent extrêmement démunis.Des matériaux s'offrent à nous, venant du monde extérieur et de notre réalité profonde, à chacun de nous de trouver l'art de composer avec tout cela de /a façon la plus ouverte possible.ppp 73 po ee POR AAA = res Es _ yr ga TS EE oo pores PET sm oo = pry ps CNTY bY : : = bs à =, : + a.: A à a Re - ERT es PIN wr a RRR EE \u201ca ae ae ve CR Pet Le LS rea PR 0 Le ret vend [RR PR Aa o- a ad ki 2 2 EP vl Jp - CT \u201c = ve or nt I PR Poe PRTC at ENR oy Ly ex x Pe STIG SrA ae at ary Pn ed Ptit Eee [OEIC Te SA vi te PRS Is AES CAA GY mp wr pI - PRE PE ROVER TRE APE ATEN ar où fe ony PL Le OA EEE OA Pa bd res LA, ES PS el : La ee Ig Sa be - Sa are = ae = Ce == + EE = re - \u2014 a A - TES Joc fob.oy ar, rés di ardt pes ces.ge ad 22% re 23 o 1% ss ts pa 3 = 2265 Fac >= a Re é' Lea api Ju B A a te SEA ce al a, co SA op ALAS Fp care ea ne cop poppe we ee ae a CE para Paie pin rt PES PE PY [ati pa ~~ ba Let pates por pagionts = oy EEE eee crue (es GE Sl cto Fh RE Pa.a x3 ~ (a ati Ea RE a PA fs = = ote._.fey [IR Rr Rae Xk.p an YEAR TO em ke Ee pare pa a.SPP a a en -\u2014 \u2014 a Fey pors a OR \u201cwo a er PR oe A LE TPR SR FA PLB fp aN pre part ae mes CRE [Sut _- 2 FIR RA mers sm vont as >.EAS.~ 1 Pages [= Ri 2 das = Pa mors pacs LE \" a an EEE FP Aah Sty PO [EPA RE, a EEO, _ PO pei Eo A Pr ER \u201cte $ etd ; [2] A EY pr.A x re a fa 3.PA = hd -r Sd é = oe k- ds $4 Poy | e .Es EY Jean-Paul Daoust Tableau d'époque 3 Professeur au département de français L'homme nietzschéen s'habillera de noir et de rose, de bijoux d'argent, et un verre à la main (champagne si possible) contemplera en contre-plongée les perspectives de l'imaginaire.Comme seul témoin de sa folie au coeur un miroir, ou une peinture à la Dorian Gray.Sa démarche sera rock n'roll, et ses yeux pleins de tango, maquillés à l'égyptienne pour percevoir de profil les hiérogiyphes du réel.Tous les soirs, il devra sortir pour s aventurer comme un fauve (la chasse à l'autre est obligatoire).Le rire sera solide, bruyant.Les dents incisives jusqu'aux gencives.Et si le sourire tremble, ce sera par mécontentement.Nietzsche publie Ainsi parlait Zarathoustra en quatre parties: 1882, 1883, 1884.En 1885, il publie la quatrième partie à compte d'auteur, en 40 exemplaires.Oscar Wilde publie Le portrait de Dorian Gray en 1891.Those 76 + - vue Bee) y m ravi 8 VY peut IY Si i 9 BE vet NIC RRR AE ONS variantes tree: AREAL ANS CFA LEA IAEA SIRE ESE SEIN SE 3 M de cn été ES ARE EEE A a EE EE TEE HES EA NE RE TE 5 i J VAT were the swinging eighties.Nietzsche s'exila mentalement, Wilde physiquement: à chacun son Paris.Dorian Gray (monsieur) contemple les rides qui surgissent au coin des yeux.L'huile de la peinture craque-t-elle?|| enlève ses gants de daim jaune.Remet le sourire à sa place: cruel.Les dents bien à l'abri derriere les lèvres minces, amères, et dédaigneuses (snob?).La soirée fut normale et le beau jeune homme qui l\u2019attend dans sa chambre peut attendre encore: Dorian est beaucoup plus beau que lui.Et beaucoup plus beau que la fille qu'il a ramenée hier soir.Seule la toile qu'il a prestement cachée dans le grenier de son hôtel particulier ricane.Les lèvres se sont redressées dans un élan d'ennui.«Voyez quelle abondance autour de nous! Et qu'y a-t-il de plus beau que de regarder au loin vers les mers lointaines, lorsqu'on est dans le superfiu!?» Le surnomme est arrivé.|| vit à New-York eta une villa à Capri.ll va souvent a Venise s'entretenir avec les vampires.Le Thibet n'est qu'une image colossale.Aux Beaux Esprits il sirote un Campari Soda.|! pense souvent à sa Mère mais il ne lui en veut plus: il a compris que le destin n'avait rien à faire avec elle.|| relit Barthes (pour rire d'André Gide et de son fameux: «Famille, je vous hais»).|| est très généreux, et déviant à l'extrême.Le surnomme a un visage de plastique refait et ne pense plus à Dieu.Ni au Diable.Par-delà le bien et le mal.Sur son stool américain, habillé à l'italienne, il attend, en écoutant une chanteuse jazz, son ami Dorian Gray.lls 1.Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, coll.Le Livre de poche classique, nos 987-988, p.100.77 RR dE a pee as PASE pen dr gp Le a) , 7 RTA 4 J > ee 1 LAAT p Ted Tat.By nai > Br ES A Tt Atm a Tr.à rn.: SO A ATTA DR [RY Gali adhe?IGk YX IPG LR LF IY Sg SL PP TT Joe py Sion gr ay Lyre pe 600 0 Er er ESS Sa af yy ur arr aN = us \u2014 ra - por a Ea play arte [ECA Apter von PT go \"2008 elt arc car tr abc er dre de re COM ne PT a A OUR MoN PA ES ea RNA TE SE RSS Pi = pe\u201d \u2014 pre\u201d era vive 7 G - - Cty Arp al pr dupe ua JE Sy Ss ee pt acer re TNR ANS Te = CN Ay J y 3 der A puces pee =.A ETATS AO [NE A PET n H LU TACACIEM ELA PA FATTO EEN PC SERA RANA | (Ah AR TITER POCA Narahong MES CAO BERANE RATAN SMAI IANA SCE RUA JR HANA MERCIAN 4 RARE i IRAN RICAN AREA see ORR EE RE RF ARTA RATE FN EE TL SU ba CA ERA da Are ca A CACOCACEL AE n'ont même pas dix ans de différence et Dorian est d\u2019une beauté fastueuse.Le surnomme est mélancolique et tourmenté (le mal du siècle, ce désabusement à ia Châ- teaubriand, est un lourd héritage, et l\u2019'ectoplasme de René le hante souvent).Le surnomme aime laisser de généreux pourboires.Et si «la vie privée est politique?», il est alors un révolutionnaire convulsif, permanent.Dorian baise la main de Sarah Bernhardt, et laisse derrière lui un immense bouquet d\u2019orchidées.Sarah est contente.Mais elle le veut.Elle ne l'aura pas.«Il se contenterait de l'observer avec un intense plaisir.ll pourrait ainsi pénétrer jusqu'aux derniers replis de son âme.Ce portrait serait pour lui le plus magique des miroirs.C'est à lui qu'il avait dû la révélation de son corps, il lui devrait de même la révélation de son âme.Et quand l'hiver atteindrait le portrait, lui, il en serait encore à cette heure des saisons où le printemps tressaille aux approches de l'été.Quand le sang déserterait ce visage, ne laissant sur la toile qu'un masque de craie blafarde, aux yeux plombés, lui il garderait encore la magie de sa fraîche jeunesse.Pas une fleur de sa grâce ne se fanerait.Pas une pulsation de sa vie ne se ralentirait.Comme les dieux de la Grèce, il serait fort, et léger, et joyeux.Que lui importait la destinée de l'image peinte sur la toile?Lui, il serait épargné.Tout était 143.» Madame Sarah restait là, songeuse.Dorian venait de lui dire: «Vous savez, madame, vous, vous mourez tous les soirs dans La Dame Aux Camélias, moi, c'est dans un miroir que je vois la mort», et il partit à rire, férocement.Madame Sarah restait là, songeuse, sans s'apercevoir qu'un roi venait d'entrer dans sa loge, son nom: DRACULA.2.Nicole Brossard, La nef des sorcières, Montréal, éd.Quinze, 1976.3.Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray, Livre de poche, no 569, p.136.78 EEE TER rr): EE PRR RE RC WT JRE So sree, Dracula réapparaît à Londres, dans les années 90, (exactement, ou officiellement en 1897, lors de la parution du livre de Bram Stoker).L'éternité du sang.«Tu ne mangeras pas le sang.Je tournerai ma face contre celui qui mange le sang et je le retrancherai du milieu de son peuple.CAR L'ÂME DE LA CHAIR EST DANS LE SANG.CAR L'ÂME DE TOUTE CHAIR C'EST SON SANG: SON SANG EST SON ÂME.*» Dracula connaît très bien Zarathoustra et Mr Gray.lls sont amis.Seulement Dracula n'a plus peur de son miroir: il l\u2019a détruit.!! voudrait montrer à Mr Gray comment se débarrasser de son auto-portrait, mais comme ce dernier collectionne les oeuvres d'art, à quoi bon lui expliquer que c'est dans la vie sur le point de mourir que l\u2019art est le plus beau.Jack l\u2019Éventreur confia ce même secret à Bram Stoker, un soir qu\u2019il se rendait à son meeting habituel de La Golden Dawn (société secrète rosicrucienne très florissante en Angleterre à la fin du XIXème siècle).Le Surhomme, accoudé au bar des Beaux Esprits, médite la phrase du philosophe Auguste Comte: «L'humanité se compose de plus de morts que de vivants.» Comment faire pour inverser le processus?À moins qu'il parte à la recherche de Frankenstein, perdu dans le pôle Nord, ou est-ce au Thibet?La rue St-Denis crépite comme un néon brisé.Que faire?(Etl'étudiant au cégep qui me lit se dit: puis-je faire des travaux de même) (et le prof répond-il?.).A.La Bible, Le Deutéronome, XIHI-XVIII.79 BEL A 3 Rif ae Dei TH A 2 pr BN ay STITT IETS AR Ried PRT cat ar pe - een) mme a - te an thr sory Mpa yy ry Rotate reine ra .~ - - - CDR ue ~~ wo pg Sheet Wer Spur Ja -etv™ -o- vAt SRTOCAETA RAs ge DiRet td pr a [owt er ya.TY TL = san pn a YAN Rs lhe oy \u2018 das: Le à À h h .ip AR AMN MEN Ce OS A RS ON CA SE OBEN A RU Apec AR Sh AN RRS Zarathoustra sur la Via Veneto se promène.ll arrive du Vatican où il a ri un bon coup.Le pape était toujours aussi hystérique.À Piccadilly Circus Dorian frappe un passant de sa canne d'or.Le cirque est perpétuel.Après tout, est-ce sa faute s'il est beau.Et tout le Commonwealth coule dans ses veines: des vitrines de luxe pour Dracula.Mais Dorian est la seule personne que Dracula regarde avec tendresse: entre immortels, pourquoi se haïr! Dracula sirote un bloody drink en regardant les nouvelles de 11:00 hres: que de sang pérdu pour rien! Mais ça a toujours été comme ça.Le plaisir est une cure de rose.Un malentendu, un reflet.La conscience s'aiguise dans l'euphorie de /'/ drink to that.Dracula sur Broadway aime Edward Gorey et ses toiles grises, blanches, et noires comme ses cheveux, (il se passe la main dans les cheveux et une couette, blanche, retombe très new wave).Et pendant que la philosophie est terrorisée par son désir, Zarathoustra fulmine: trop de temps perdu.Dracula a le sommeil aride.Il se lève (ne voit-il plus sa tombe, sa crypte) et se fait un verre plein de sang (la superbe invention du réfrigérateur) frais.S'il s'ennuie, c'est par dégoût d'être seul.Aurait-il dû casser le miroir?Il a hâte de rencontrer Zarathoustra.Dorian, très nonchalant, ne sait pas que sa route va croiser la leur.Et il danse le rock n'roll, la danse la plus confortable.Mais il est fatigué de marcher, de se promener du chic au cheap sans se soucier des deux.Et la peinture dans le grenier, avec les experiences, devient de plus en plus défaite, de plus en plus cubiste (se reconstruit-elle?).Dracula sait que Zarathoustra sait que Pollock va lui régler son cas, a la lumière.Enfin libre! Zarathoustra sait que l'éducation 80 Sc coupes pentes re ee CS Lo rm est un nouveau fascisme.«We don't need no education.We dont want no thought controls.» «Education is a very serious thingB.» Qui n'étouffe pas dans le discours des autres et de l\u2019autre.Comme on comprend que les ruines ont leur raison d'être: langage désarticulé, charcuté, éclaté où enfin le temps est possible.Les voix des ruines sont toujours magiques.Chez Roche-Bobois, Dorian achète.|| faut bien meubler l\u2019environnement des palmiers.Le régal de la tendresse pour l'oeil connaisseur, moderne («il faut être absolument moderne\u201d»).Puis il va déjeuner au jardin du Ritz.Dracula regarde le sang gicler comme des fontaines de satin.|| sait que Zarathoustra annonce son règne: l\u2019'Apocalypse tant attendue.Que le soleil s'éteigne, et tout recommencera, enfin! Pour lui, l'heure n'est jamais au désespoir, ni au désarroi.Sa canine pailpite dans l'élan du sang fatidique.Love at first bite.Dorian songe à tuer Madame Sarah Bernhardt.L'aime-t-elle?Quel trophée! Au digestif, il s'empresse d'oublier ce projet stupide, Zarathoustra et Dracula l'attendent.Un chasseur vient de lui remettre.ce télégramme.«On t'attend».signé: Zarathoustra, Dracula.5.Pink Floyd, The Wall, CBS, 1980.6.Mae West.| 7.Rimbaud.81 I. cor ry CS a) sv C= 177 oo - B | a rb ee a Em a PLS le wo - Tore = ~~ - ~~.ae a RS 2 Te a re ec JL Yor RS Me They Pe Pp.ag app\u201d ght Tb pa, gir Tou Si ay Sar Ail che hv APT \u2014 ue ~~ \" mm nd tr om pa pr VA Te prepa ns Dire vante pb py Pe pr Arg a Yh SN ee apy v (RTP Sih At jad AUS Ji Phi PET iy Ep Ap EAI pe-Sia-pargd Coe > CRUE DCR ATARI 3 BTR FA SRL RL FOO BL RETA AE IA SWNT SY a RNa BE a a We L'éternité, comme disait Rimbaud, n\u2019est-ce pas la mer qui s'en est allée avec le soleil.Dracula reste, plus présent et éternel que jamais.Dorian prend peur, déchire son portrait (se tue).Dracula hausse les épaules: tant pis si cette beauté n'était qu\u2019'imbécile.(La belle bête de Marie-Claire Blais).Zarathoustra disparaît dans le ciel pendant que Dracula rabat sur lui le couvercle du cercueil.C\u2019est terminé.Pour l'instant.82 ie D ds [dg aa # > pop Ty rs ~, 4 ed pe id Np a x\u201d vg _ _ al ph oa \u201coa, 2228 bo 1s.eo pan Ah rut; __ 1 [PS whe a ot CR res 7% A Sc BL PCS veut a arth n 2 on = on Cr id PRA to ORIN End La \"we PER el Paradis oe posait Et pee key pera prise LEP Lt ES LPS PA Er JP - PR rt = Pry pp pap boty pa tm a AE ER agri N 7 tp RE EE Di EN ~ es Lea Ca de a cd LE IEEE gy PPR AP a x KX «7 i : a it : N : wa A A ; k ; ; : PE (PU } 2 jo ps FSR T IN a 4 N Lee 9 DE 23 3 a RTE: , A « iy LA A WN té de Paris J .OWI .IVErsi André Moreau PY pA Docteur en philosophie de l'Un or Fondateur du Mouvement Jovialiste Manifeste d\u2019un philosophe jovialiste EIT I IT APE BEET Je refuse les étiquettes traditionnelles C'est toujours une source d'étonnement pour moi que d'entendre parler mes anciens collègues qui continuent d'enseigner !a philosophie dans les universités ou de lire leurs réflexions sur l'esprit de la philosophie qu'ils consignent dans des revues ou de minces publications.Pour certains, la philosophie moderne se distingue en deux grands courants: le courant cartésien et le courant kantien.Pour d'autres, i! faut définir cette époque de l'histoire comme avant Hegel et après Hegel ou avant Marx et après Marx.Quelques-uns s'acharnent à considérer la pensée du XXe siècle comme une psychologie semi-réaliste incapable de considérations métaphysiques authentiques.Mais de façon générale, presque à l'unanimité, les philosophes dignes de ce nom s'entendent pour encenser les Anciens et leur reconnaître une pro- 84 REMERON 4 8 >: vin MR 7 15 Mpe + #0 TRIN - IS pdt 7 à SEINE EE ALY ERA ERA wr ols # ÿ ars \u2018 dan R cr EE EE POESIE MER AT PERRET RENE AE PE SEPT ION 43 EEE CSO) - Vi A J Sal b Au DEES fondeur qu'on ne peut plus atteindre aujourd'hui.C'est un peu comme si nous en étions à commenter éternellement Platon, Aristote, Plotin, Augustin, Thomas d'Aquin ou Descartes sans rien imaginer de nouveau ou créer de plus profond.On comprend que je ne sois pas d'accord avec de semblables assertions.La place qu'on accorde au passé est démesurée par rapport à l'importance de la pensée philosophique actuelle.J'entends des intellectuels s'interroger avec le plus grand sérieux du monde Sur les possibilités d'existence de la philosophie québécoise.Mais ne savent-ils donc pas que j'existe, que j'ai publié une oeuvre considérable, que je développe une vision du monde très personnelle et qu'on m'interdit l'accès aux universités parce qu'on ne saurait tolérer dans un contexte traditionaliste qu'un auteur enseigne sa pensée propre?Attend-on que je sois mort avant de reconnaître que je fais école et que j'apporte queique chose de nouveau dans l'histoire de la pensée?|l est heureux que je puisse me tirer d'affaire avec le sourire sans céder à l\u2019amertume.En fait, cela ne me serait pas possible si je n'étais intimement persuadé que ma pensée est un ensemble doctrinal qui fera époque.Le Jovia- lisme est nécessaire à l\u2019esprit moderne.Vouloir le confondre avec l\u2019ancien épicurisme ou voir en lui une restructuration de la philosophie de Fourier est puéril.Je pense par moi-même des choses que je veux propres à ma vie et à l\u2019existence de mes semblables.Je ne reconnais aucune autorité au-dessus de moi, sans quoi comment pourrais-je vraiment penser librement?Certes, je reconnais qu\u2019un homme puisse être inspiré, se sentir en affinité comme je le suis avec Berkeley, Vico et Nietzsche, mais cela ne justifie pas qu'il s'accroche au passé dans l'espoir de le ressusciter comme Martial Guéroult a pu le 85 at QE BH apprit pra ati eee yyy .~ ror a ak AR AR i - CEE 8 Np the \u20ac 4 b i [3 y CALE ee À Dane PCR BORA NRE I RECUR TAKARA AE i LIRA Vv .A Passe DRY .faire avec Descartes.Plutôt que d\u2019être un petit Descartes, je préfère être un grand Moreau.Je crois à la clarté qui touche les gens Je n'ai pas tellement le goût d'écrire des traités, \u2014 bien que je prépare un assez vaste ouvrage sur l\u2019immanence de l'Absolu dans le relatif \u2014 car je ne voudrais jamais que les étudiants de l\u2019avenir me trouvent aussi aride qu'Aristote, Jean Duns Scot ou Heidegger.Méme Sartre qui a su s\u2019exprimer si simplement dans ses essais et ses pièces de théâtre s'est égaré dans sa Critique de la raison dialectique au point de nous faire regretter d'aimer la philosophie à cause de son caractère indigeste et inintelligible.Je sais qu\u2019on ne peut pas toujours échapper à cette tentation.On a le goût de prouver aux lecteurs qu'on peut être aussi obscur et incompréhensible que Hegel, ce qui nous vaut une certaine vogue, car les gens n'aiment rien tant que ce qui les dépasse.Et pourtant, ils finissent par exécrer ceux qui les tourmentent de la sorte, car sans vraiment les oublier, ils se contentent de les laisser pourrir sur les rayons des bibliothèques.Ce n'est pas dans cette voie que je veux m'engager.En acceptant de parler aux gens à la télévision, à la radio, dans des salles publiques ou dans des réunions privées qui se tiennent en dehors des milieux d'enseignement officiels dont je suis bannkpar quelque secret ostracisme, je suis obligé, en tant que philosophe authentique, de rester moi-même profondément philosophe, tout en relevant le défi de me faire comprendre clairement ou tout au moins de communiquer à ce public non formé le goût d'entreprendre une réflexion personnelle.C\u2019est là une expérience à nulle autre comparable.I! n\u2019est pas facile de se maintenir à un niveau élevé de conscience sans 86 NII I les objections lucides des jeunes intellectuels de l'université qui obligent leur professeur a se dépasser chaque fois qu'il paraît devant eux.Mais, j'y parviens en me ressourçant, en me renouvelant, en me maintenant dans un état de colère créateur face a I'exclusion dont je suis l\u2019objet.Et puis, il y a aussi tous ces Jovialistes convaincus qui me soutiennent de leur appui inconditionnel.Les professeurs ignorent ce que cela représente de faire école, de sentir un noyau se former autour d'eux année après année, non selon les normes académiques, mais selon les qualités du coeur.Je crois à la clarté qui touche les gens.Je crois à cet émoi philosophique qui leur communique l'éveil.Je suis un des rares philosophes qui font faire de la gymnastique physique et mentale à leurs adeptes pour ouvrir leurs facultés supérieures de compréhension.La pensée isolée devient sèche.Elle se détourne de la vie.«Quand la philosophie peint gris sur gris, note Hegel, une forme de la vie a vieilli et elle ne se laisse pas rajeunir.» La pensée libre, totale et créatrice Examinons à la lumière de ces quelques réflexions comment je pourrais définir ma position par rapport à l'ensemble de la philosophie.D'abord, ce que je fais n\u2019est à mettre au compte d'aucun naturalisme comme d'aucun surnaturalisme.Je ne me cantonne pas dans un genre qui s'exclut des autres genres.Je ne me laisse .pas isoler dans une attitude pour satisfaire aux définitions des autres systèmes Je parle de l'être total et j'essaie de faire vivre dans mes écrits, ma parole et ma pensée une science exhaustive et admirable qui se veut récapitulatrice de toutes les attitudes sans cesser d'être unique.Cela m'amène parfois à sortir de la rectitude 87 Es ES ES + t RSI LR PF 4 XL FA A I A Perret RER) DR DR A AN MAN rationaliste de la pensée philosophique classique qui fonctionne selon certains principes démontrés.Par exemple, il y a certains aspects de mon épistémologie (anti- critique, adialectique, immatérialiste et situationnelle) qui m'apparenteraient davantage à l'esprit scientifique qu'à l'esprit philosophique.Par contre, certaines de mes réflexions métaphysiques à caractère irrationaliste, escha- tologique et mystique m'apparenteraient davantage aux doctrines initiatiques comme celles de Gurdjieff, Casta- néda ou Aurobindo.En vérité, c'est que je ne vois qu'un seul et unique champ de prospection et d'invention là où l'ensemble des penseurs philosophiques en voient plusieurs.Il est ridicule de diversifier les démarches au point d'en arriver à l'incommunicabilité qui existe actuellement entre l\u2019épistémologie logicienne et la métaphysique.Je pense de façon globale et non spécialisée, ce qui ne m'empêche pas de me livrer à des analyses fines à l'intérieur d'un tout puissamment structuré.J'ai horreur de la thèse thomiste des degrés du savoir.Je ne pense pas que la politique, la religion ou la règle juridique doivent contrôler la pensée.La pensée par définition est libre.Ou bien elle s'ajuste au réel ou bien elle ajuste le réel à ce qu'elle est.Elle ne doit tolérer aucune ingérence dans son développement.Elle ne peut se satisfaire de rien non plus.Elle réve de tout comprendre et de tout expliquer.Si elle brode indéfiniment sur les prototypes anciens offerts à la réflexion, elle n\u2019a aucune chance de se renouveler.|| faut qu\u2019elle soit créatrice.Elle ne l'est jamais quand elle sombre dans l\u2019académisme.Dés le moment où Wolf se met en frais de mettre la métaphysique de Leibniz à la portée de tous, il dilue son génie dans la platitude des schèmes scolaires.Combien de grandes philosophies se sont-elles trouvées ainsi 88 ra HMEMSE AIR OST: fe Bia - RRM Er + 29 2-1 I; Co y ; RIASEE RAMI EVES ESC SES TIGE HAIER WT SPRY ES Le po or '.A A ad et v SAARI tk adh réduites a un galimatias ennuyeux par les bons soins de nos thomistes cléricaux et benoits du Québec?Je me rappelle du sort subi par Blondel et Bergson aux mains de ces iconoclastes devots.La religion, une expérience à intégrer et non une loi à subir En tant que philosophe, j'ai été amené à m'intéresser à diverses religions comme le Christianisme, l\u2019Islam, l'Hindouisme.Jamais je n\u2019ai voulu adopter le point de vue de l'observateur extérieur.Je me suis plongé en chacune d'elles, cherchant par l'expérience à comprendre ieur démarche.Ainsi, j'ai beaucoup appris à leur contact.Mais, chaque fois que je me suis heurté à leur structure institutionnelle, à cette espèce d'intransigeance sectaire qui vise à protéger le dépôt de la foi et à soumettre à une tutelle toute pensée qui prend ses distances par rapport à cette hystérie contrôlée, j'ai éprouvé la plus cuisante désillusion qui soit.Et c'est sans doute face à l'attitude de la religion catholique romaine à l'égard de toute pensée qui n'admet pas ses «saints» dogmes que j'ai ressenti le pius de répugnance.Il ne me semble pas que l'attitude religieuse ainsi définie soit créatrice: elle est conservatrice, moralisatrice, autoritariste.En se situant au-delà de la pensée, elle oblige l'homme à se définir en fonction de ce qui le dépasse et n'admet pas comme évident, faisant de lui un être fragile face au mystère, encore que protégé par son allégeance impuissante à un appareil qui le contrôle jusque dans la mort, ou bien devant son incrédulité, elle le stérilise, le repousse dans le domaine de la raison naturelle privée des secours de la foi, donc appauvrie, misérable et bâtarde.Tout cela c'est de la bouillie pour les chats.Quand on pense de 89 \\ A n° A .NA A Dr.EY RIL 7 LE RER Eo [EY DERE BE TE Sf AE rat SE el bed pT Te PAPA pi er PA 1 ded TRG ree BX HR at 26 LX Lh 09 ALAN v -.\u2018 \u2014~ 22 pr ue - ew ww 7e PE BR - \u2014 wm ew.rw = 0 = - - - = - Fr og \u2014~ ~ .- agen : x aah ul Frege 2 = peo: sor po\u201d gu rg a ~~ a Se ee ooo = ye _ A EI TI TIERRA Tu Sp Erg a a od Su ey A an ag pg ry ogo Ee Gear for a A Seo ea Ee CE a aS oe Ce rp dro eee a rp Cp 2 COTÉES EE DR SERA a RE A SE A ST ee Re ST RE SR A ER NÉS ER RSC IS MOST RE SE AR RE EEE A ITS TS ee Se TES or ern So - + - = me MIE \u2014 _ Em me p= Fr Py Se agar pa sar A rs - wn ~ 1 oo od ea gw ov ~~ me emo eo w= ws = ee Tee EAR pn gta iC rere wires go tot Cries ee a al pip Powe peg rt mers Er ea NE ee a ST LU dae er fc fi lg SC RE AO AE Fe PS \u201c -_- we - EE - - = Py ou \u20ac a A rE a a -\u2014 TIONS re 7 = Bo £ 4 façon ouverte, on ne s'encombre pas de dogmes, de préjugés, de menaces et d'interdits.On ne va surtout pas se soumettre à quelque régulation occulte faisant office de police de la pensée et se donner le mal, une fois qu'on en est devenu l\u2019esclave, de jeter sur elle un voile pudique en l'interprétant comme une conscience morale ou un libre-arbitre incolore.On se penche sur soi-méme.On regarde.On pense, on réfléchit, on considère et on crée sans s'accrocher a quelque loi qui oblige.On aime penser et on n'accepte pas la tutelle d'une croyance qui ne vient pas de notre for intérieur.Ce que j'écris dans mes livres ou exprime dans mes causeries, c'est cet appel à la liberté et au bonheur qui se veut total, tantôt rationnel et logique, tantôt irrationnel et alogique, mais toujours soucieux de s'accroître de toutes les autres dimensions du savoir au lieu de chercher à les exclure.J'ai autant d'affinité avec Jésus qu'avec Socrate, avec Descartes qu'avec Aleister Crowley, avec Marx qu'avec Gurdjieff.Je n'arrive pas à me limiter à une perspective étroite.Chacune de mes pensées en appelle d'autres.Malgré moi, en suivant l'appel du dedans, je m'ouvre à la totalité qui m'inspire une attitude totale.À mon avis, c'est en cela que consiste le nouvel esprit philosophique.Il refuse de n'être que philosophique dans le sens étroit que lui donnent les professeurs.Partialité et obscurité des philosophes Trouvez-vous ça normal que les philosophes n'aient presque jamais parlé de la sexualité, du jeu, de la fête, de la folie, du rire, des femmes, de l'argent, du sport, de la drogue?Ils ont toujours considéré ces sujets comme indignes d'eux.C'est juste s'ils ont consenti à parler de politique \u2014 et dans quel jargon! \u2014 ou même à en faire, et 90 == là, croyez-moi, ils se sont trompés magistralement, parce qu'ils sont naïfs comme des enfants qui viennent de naître en cette matière.Je crois qu'on m'a définitivement exclu de la sphère d'influence des universités le jour où j'ai commencé à faire de la télévision, de la radio, de l'animation populaire, des conférences publiques.On m'a même chassé des cégeps pour avoir tenté de parler du Marquis de Sade aux étudiants en 1968.Imaginez! Un penseur qui se commet avec le peuple! Et puis, j'étais jeune, souriant, vif, intelligible.Bref, j'avais tout contre moi.Si j'avais été une vieille barbe comme ces penseurs érudits qu'on invite à certaines émissions de Radio-Canada et qui nous endorment profondément après quelques minutes de vaticinations creuses, j'aurais sans doute eu pius de crédibilité.Mais, je me faisais comprendre de façon alerte et je blaguais sur le sens de la vie.Il n\u2019en fallait pas plus pour qu'on me juge superti- ciel et léger.Je crois que mon plus grand défaut était d'être clair.Ce point me tracasse.Pourquoi les philosophes n'ont-ils presque jamais parlé clairement?Pourquoi s'adressent-ils les uns aux autres au lieu de s'adresser à ceux qui pourraient tirer profit de leurs réflexions?La majorité des gens qui n\u2019ont pas une formation intellectuelle sont capables de comprendre les questions métaphysiques, mais on préfère les abreuver de quizz télévisés et de ragots populaires.Je crois sincérement que la majorité des philosophes \u2014 attention: je n'ai pas dit tous! \u2014 qui sont soit dit en passant des individus de sexe masculin \u2014 sont des impuissants incapables de se sentir en sécurité devant une femme, des inquiets toujours en train de s'interroger inutilement sur eux-mêmes, et surtout, des handicapés inaptes à communiquer totalement avec leurs semblables.Ce sont ces gens qu'on 91 a pa pp ety CE Tae = peu ca Sur\u201d ve 0 ps Judy - tee drain pag Cv he TE Crug ns Tube J ~~ ~~ Le > tO = a PE + cond vent re rés pe de yf\u201d Sh rh ar op ar sa ep ger - = 2 ~ > a - er eue Am ar A ca charge d'enseigner à nos jeunes les lois de la pensée.Ils ne savent pas discuter si on leur demande d'abandonner leur jargon.Ils sont démunis face au réel parce que l'usage incorrect de la pensée les a rendus gauches et bizarres.Ils suppléent à leur absence de confiance en eux-mêmes et en la vie par des théories qui les sécurisent et les consolent.Au fond, ce sont des faibles qui, ayant renoncé à vivre intégralement, cherchent refuge dans des chapelles, des salles de cours où ils sont tout- puissants ou dans des tête-à-tête familiers avec des élèves écrasés par leur ton professoral.Je n\u2019appartiens pas à cette race.Je crois encore assez à la philosophie pour éviter de la caricaturer en adoptant un esprit de troupeau en somme fort peu propice au déploiement de la pensée.Une attitude dictée par le souci d'être soi-même Je ne suis pas au service de la politique que je considère comme un moyen d'abuser des consciences en faisant croire aux citoyens qu'ils participent à l\u2019administration de l'état alors même qu'ils sont privés de leurs droits et exploités, ni au service de la religion qui se conduit trop souvent comme une sorte de mafia spirituelle tentant de faire de la frustration le tremplin de l'accomplissement de soi, ni au service de l\u2019entreprise qui régente les universités pour que celles-ci orientent les étudiants vers des débouchés prédéterminés au mépris de leurs qualifications réelles, ni en fait au service d\u2019aucune secte, école, institution propre à dénaturer la vie telle que je la conçois.N'étant pas un enseignant- fonctionnaire obligé de suivre un programme, n'étant pas un salarié de l'état vulnérable face aux manipula- 92 tions dont il peut être l\u2019objet, je peux mieux orienter ma philosophie dans la direction qui me plaît, enseigner ma pensée, parler de ma personne, adopter un langage conforme à mes aspirations.Ce dernier point contribue passablement à me distinguer des autres philosophes.Mon verbe inhabituel, chaud, coloré, provoquant bouscule le rythme du discours classique, d'autant plus que je prétends développer mon propre système, le Jovia- lisme.Ça, c'est intolérable! Allez donc! Si ce que vous faites n\u2019est pas du structuralisme, de la phénoménologie, du néo-kantisme, de l'analyse logique ou de la métaphysique post-soixante-huitarde (allusion subtile à mai 68 en France), alors c'est une sorte de galimatias inacceptable même si c'est une tentative authentique de pensée personnelle.Que voulez-vous, je n'appartiens pas à un courant absolu qui me dicte ma pensée.Certes, je reconnais avoir subi des influences, avoir été marqué par des livres, m'être senti en opposition à certaines pensées comme celle d\u2019Aristote, mais cela ne fait pas de moi un scolastique comme le sont presque tous les Marxistes contemporains.Même si des hommes comme Épi- cure, Plotin, Pic, Berkeley, Vico, Hegel m'ont impressionné, il est normal que je les dépasse ou que je les complète, que je les critique ou que j'en fasse mes lointains précurseurs.Pourquoi devrais-je me faire tout petit devant eux?J'enseigne aux gens à être fiers d'eux, à penser par eux-mêmes, à créer leur propre système de valeurs.Je ne vais tout de même pas me subordonner aux impératifs de la tradition.Je remercie mes ancêtres, mais ça s'arrête là.Je n'aime pas me sentir esclave du sombre devoir de la reconnaissance.Quand le Pape ou le Chef du Parti Communiste font une déclaration, pour moi c\u2019est une déclaration assez semblable à celle de 93 \u201c > cm VA - Pl Fra LE Prk Rat lS) iy Aaa \"Ha na HR A KEIR RAS ARE Le RENE VERS M RE ROLAND RM du di NE SE A I EE EU EA AOI {SAMA SEN PETER TE EN ST NT AR n'importe quel autre homme.Si on leur emboite le pas parce qu'on craint pour son salut ou son avenir politique, je trouve ça idiot.C\u2019est très différent de l'attitude que je note autour de moi: certaines personnes adoptent mes pensées parce qu\u2019elles m'aiment, parfois parce qu'elles n'en ont pas trouvé de meilleures.Là, j'accepte! Mes pensées deviennent alors leurs pensées et elles suivent un autre cours.Je ne les ai pas obligées à me croire; je ne les ai pas menacées de quelque fléau pour me faire obéir.Je leur répète constamment: ne croyez pas en moi, croyez en vous! Ce n\u2019est pas la religion qui encouragera une telle liberté.Imaginez ce qui se passerait si elle se mettait à dire aux Chrétiens: oubliez Jésus-Christ, faites mieux que lui, prenez-vous pour des dieux, la divinité est à votre portée, cessez de prier et commencez a bénir! Ce serait un beau charivari.Il ne faut surtout pas leur dire cela.Et puis, ça risquerait d\u2019influencer les philosophes «à l'écoute du monde».Du jour au lendemain, peut-être décideraient-ils d'élaborer leur propre système, peut-être se mettraient-ils à parler d'eux-mêmes au lieu de se recouvrir du manteau pudique des citations.Le Christianisme dont toute la philosophie est imprégnée jusqu'à l\u2019os n\u2019est pas une pensée universelle parce qu'il ne permet pas aux autres d\u2019avoir raison contre elle.Le Jovialisme est très différent.Il dit: même si tu es un anti-jovialiste, sois toi-même! Je ne me sens pas attaqué quand quelqu'un ne pense pas comme moi.Au contraire, je cherche à m'en faire un ami pour qu'on puisse discuter.Certains Jovialistes croient à la réincarnation; personnellement, je n'y crois pas.J'ai une vision du destin cosmique de l'homme profondément différente.Mais, comme je persiste à croire que tout homme devient ce qu'il pense, je prête à chaque être la capacité de 94 pouvoir se lier ou se délier face à la mort et face à la vie.IT est temps qu'on renonce à la ruineuse idée de tolérance \u2014 dites donc à un homosexuel ou à Un voisin que vous le tolérez et essayez de vous imaginer s'il va penser que vous avez l'esprit ouvert en lui parlant ainsi?\u2014 au profit d\u2019une compréhension sans réserves morales des choses, des événements et des gens.Développer une éthique de l'excès Je refuse la médiocrité dorée des salons, la nullité satisfaite et la banalité magistrale qui sont trop souvent le fait des enseignants de la philosophie, la petitesse intellectuelle qui fait qu'on s'accroche à des vérités si étroites qu'on leur préfèrerait plutôt des erreurs de poids.En tant que penseur libre, organisé, indépendant, constituant par lui-même un pouvoir, j'ai une certaine idée de l'opinion que ceux qui font partie de l'establishment philosophique ont de moi.On me dit marginal.En fait, je n'ai de marginal que le nom.Je me connais bien.Je crée, je publie, j'enseigne aux foules, j'anime régulièrement des émissions télévisées, je fais des marathons philosophiques nocturnes à la radio, je sais que je prends de la place, que j\u2019occupe-l\u2019avant de la scène.Je dérange, dit-on! Eh bien! le dérangement que je provoque ira en s'accentuant, j'en ai bien peur! Je vais semer la zizanie parmi les rangs des bien-pensants.J'irai porter le germe de révolte jusqu'au coeur des universités, sans en être, bien entendu.Je ne me sens pas marginal, moi! Je n'attends pas après un salaire pour décider de quel côté je serai.Je suis indépendant.Les marginaux sont ceux qui sont embrigadés dans une croisade sans issue.Ils ne sont pas dans le coup.Ils se tiennent tous, mais ils tombent ensemble.Imaginez la stabilité.vers le bas! 95 RE: RESIN ya ere A arr tr Seti EEE ; \u2018 Eh 64 40: v0 MR 3 LA, SIE ha); SRR Mec IY we AN ESE RS AA COCA AMI HÉML IN RELIC SVAN Vo ref] RL ANNE SRE ST NS NA A A NRRL HNN Récemment, on a voulu me décrire.|| est vaste et excessif, a-t-on dit! Bravo! M'imaginez-vous autrement?Je suis contre toute prudence parce que je suis fort.Je crois que la modération est un gage de médiocrité.Il vaut mieux être hardi que prudent, écrit Machiavel, parce que la sagesse est femme.Je sens en moi cet élan de tout mon être, cette grande exigence de totalité, de puissance et d'imprévu.J'ai vu trop de penseurs inquiets, auto-critiques, rampants.Il nous faut des maîtres qui parlent haut, qui laissent s'exprimer le poids d'un savoir fatal et beau.Il faut être malade pour se contrôler, pour chercher à se protéger des coups de l'arbitraire, quand On sait que toute la pensée est fondée sur un risque chaleureux.Quand je fais mes conférences, je sens qu'on me comprend.Certains me comprennent à 10%, à 30%, à 70%; d'autres me comprennent intégralement.Mais, il ne suffit pas de comprendre.Qui est-on?Si vous êtes petit, microscopique, lilliputien, vous ne comprenez les choses qu'en tout petit.Non, la compréhension ne suffit pas; il faut être grand.C'est cela qui dépasse la philosophie.Elle veut voir clair et faire voir.Mais qui est là pour voir et qui fait voir?C'est l'être qui manque le plus, ce fonds prodigieux de force, de réalité et d'absolu.Nous passons notre temps à étudier l'être, mais nous n'avons pas d'être.On comprend que je déconseille la connaissance de soi aux beaux esprits.S'il fallait qu'ils s'aperçoivent tels qu'ils sont, ils feraient une dépression.À quoi sert-il donc de se connaître soi-même quand il n\u2019y a rien à connaître?|! faut plutôt s'inventer en même temps qu'on invente sa propre possibilité de dépassement.Le véritable exces n'est pas une exagération commune, un superlativisme verbal ou le débalancement d'un équilibre; c'est une gageure confiante sur l'inconnu.Atten- 96 tion! N\u2018allez pas confondre cette belle expérience avec le saut dans la foi dont on nous a si longtemps abreuvés.C'est à cause de cette foi anti-philosophique qu'on a fini par vouloir trouver un sens à tout ce qui existe.Mais, pourquoi ne pas tout simplement accepter l'inconnu en tant que tel sans lui trouver un sens afin qu'il nous renouvelle de façon radicale?Cela semble intolérable à la plupart des penseurs contemporains parce que ce qu'ils ressentent au plus profond d'eux-mêmes à travers leur quête du sens c\u2019est cette insécurité qui ne peut venir que d\u2019un manque d\u2019être.Or, sans être, l'excès qui sauve est impossible, il n'y a pas cette folle audace si nêces- saire au maintien du sentiment de l'aventure.Toute attitude de prudence est fondée sur la peur, la peur de se perdre, la peur de perdre son identité, la peur d'avoir a se révéler son néant.La vraie métaphysique doit cesser de se gargariser avec ses beaux concepts sur l'être de la connaissance ou la connaissance de l'être pour se consacrer au super-être que nous avons à devenir tout en sachant que cela nous ouvrira à tous les êtres.Devenir vaste au lieu de fuir vers l'intérieur La connaissance de soi est périlleuse, je l'ai dit.Elle ne convient pas à tous.Le contrôle de soi ne convient pas mieux, puisqu'il attise le feu qu'il prétend éteindre, au point que plusieurs après l'avoir expérimenté courent vers le dérèglement systématique afin d'en atténuer les conséquences fâcheuses.Pourquoi alors ne pas s'ouvrir les yeux et reconnaître que seule l'intégration fondée dans l'harmonie êtrique permet d'assumer la force des pulsions?Mais qu'est-ce que l'harmonie?demanderont les sceptiques.Est-ce une tentative de concorde entre des pulsions contraires?Non, c'est l\u2019état de celui qui se 97 ila ry MR ies fat ANR TS pps 0e LR H AR H D RAN LEBER A î A A ct N WI VV TIER WEY ah 3] aN A HRIRY RN ASN, Ale SASH Rl RE A SAM NEA Eh RANA EI AT RAD A A AS AO RR sentant être pleinement, consent à soi, s'ouvre à de vastes espaces, cesse de jouer à la vierge outragée et comprend le monde dans ses grandes manifestations comme dans ses petites contingences.L'harmonie ne peut naître que de la réconciliation avec soi.Cela demande de la générosité envers soi-même, beaucoup d'humour, le sens du paradoxe, car || n\u2019y a rien de plus paradoxal qu\u2019un être qui s'ouvre aux autres en se détournant d'eux.On ne peut atteindre à une telle compréhension de sa propre humanité qu'en cessant de fuir vers l\u2019intérieur.Bâtir son être, ce n\u2019est pas s'intérioriser: c\u2019est se laisser être par en dedans, par en dehors, de tous les côtés.Ce que j'appelle le «Je suis» immanent n\u2019est pas un acte Introspectif, mais un défoncement du Moi vers ses sources à venir.Le Moi est naturellement étroit; il est irrémédiablement subjectif, mais quand il veut s'ouvrir il aspire à l'objectivité.C'est là un comportement naïf qui doit être confronté à lui-même au fur et à mesure où le Moi qui se veut conscient doit reconnaître qu'il se refuse tout en refusant d'aller à l\u2019être, c'est-à-dire en refusant de se débloquer, de se sortir de sa contingence par la prétention absolue qui se chargera de l\u2019ouvrir à l'infini qu\u2019il porte en lui.Dés que l'être apparaît, il décompresse le Moi, il le rend vaste, beau, lumineux, opulent.Mais, comment se fait-il qu'il y a soudainement de l\u2019être alors que l'instant d'avant il n'y en avait pas?Tout simplement parce que l'être se suscite, s'appelle, s\u2019invente à partir de rien.Comment pouvez-vous devenir être si vous n'avez pas atteint le niveau zéro, si vous n'avez pas compris que vous n'avez rien accompli malgré toute cette dépense d'énergie qui a marqué votre vie et qu\u2019il vous reste à devenir cause de vous-même?Cela, m'objecterez-vous, équivaut à se faire Dieu.Bien sûr! Vous ne vous atten- 98 diez tout de même pas que cette créativité audacieuse allait aboutir à un acte d'humilité?|| appartient à l'homme de se faire divin et il peut commencer à agir en ce sens le jour où il cesse d'attendre le Messie.Sans doute Sartre a-t-il pu dire que l'homme est une passion inutile.Mais tout ce qui est utile est secondaire.|| me semble évident que l'être est fondamentalement inutile.I! ne sert à rien, il se sert.|! ose, il comprend, il improvise.Il est, dans la nature, le signe de contradiction, l'élément imprévisible, ce qui met la loi en défaut.À supposer que Dieu ait créé les hommes \u2014 ce qui n'est nullement démontré! \u2014 eh bien! l\u2019être échappe à sa puissance.Autant de dieux naîtront qu\u2019il y aura d'aspirations à l'être! C'est cela qui est grand dans la métaphysique du «Je suis».Rien n'est possible tant que subsiste la peur d'être vaste.Nous sommes bien loin ici des préoccupations académiques et bureaucratiques de la philosophie.Le défi de la pensée face au conservatisme social Il me semble urgent que les philosophes apprennent à diriger au lieu de se borner à constater.De façon générale, le philosophe arrive toujours trop tard.Comme l\u2019histoire de l'humanité se fait sans lui, il ne peut que constater les dégats de la politique et étendre un linceul sur les espoirs détruits de ses concitoyens.Il pourrait en être autrement si le philosophe acceptait de considérer la philosophie comme un savoir-pouvoir susceptible d'orienter la marche des affaires humaines au lieu de voir en elle une réflexion désabusée et idéaliste.Pour en arriver à consolider cette opinion dans le psychisme des penseurs de notre époque, il faudrait discréditer la mémoire et réhabiliter l'imagination, tuer l'esprit linéaire 99 BER IE AU Rage) ST A RR Aha FTE lo ee 0 rr a 2 RH ~ su a de l'histoire au profit du mouvement circulaire de la prospection créatrice.La philosophie n'est pas la connaissance rationnelle des causes mais une vision intégrale de l'homme et de l'univers orientée à l'organisation de la vie individuelle et sociale au nom de la pensée.Il faut que la philosophie devienne une Praxis de l'idée.On dit que la Praxis n'est rien d'autre que la pensée qui renonce à ses privilèges spéculatifs pour se consacrer à un travail.Eh bien! c'est au nom de l\u2019idée réformatrice du monde que ce travail doit être entrepris.Dans cent ans, si nos prévisions sont exactes et elles le seront s'il n'y a pas de changement dans l'administration de la planète, notre terre sera encore plus polluée, les humains seront encore plus pauvres, les guerres encore plus nombreuses.Seule une solide direction créatrice de l'humanité saurait la sauver des cauchemars qu'elle se prépare.C'est pourquoi les philosophes doivent se sortir le nez de leurs fiches, de leurs bibliothèques, de leurs salles de cours pour apporter leurs idées à l'univers qui pâtit de leur incurie.Nous devons nous détourner de la tradition et élaborer des conceptions neuves.Quand on songe que la majeure partie des écoles philosophiques passent leur temps à parler du passé au lieu de se préoccuper du présent, quand on songe surtout qu\u2019elles appliquent leur énergie souvent gigantesque à régler des problèmes fictifs au lieu de s'attaquer à l\u2019état de mort qui menace la planête, on ne peut que s'insurger contre la folie des programmes académiques qui préparent si mal les jeunes penseurs à prendre la relève des politiciens incompétents, bavards et outrecuidants, et cela non pas dans le but d'en faire de nouveaux politiciens, non, mais plutôt afin de former une élite de créateurs capable de constituer des conseils de génies pour diriger ceux qui 100 exécuteront leurs ordres.Ils nous faut abandonner notre vieux modèle de démocratie dont la seule contrepartie est celui de la dictature et commencer à former les intelligences pures qui, vastement au-dessus des petites mesquineries du pouvoir factice de la politique, sauront orienter la vie de la planète vers un destin meilleur.Pour qu'un tel changement se produise, il va falloir que les philosophes sortent de leurs bureaux empuantis de fumée de cigarette et acceptent de parler au «vrai monde» au lieu de se complaire dans la masturbation intellectuelle en vase clos.J'envoie mes écrits et mes enregistrements aux ministres, aux consulats, aux universitaires des pays étrangers avec l'idée bien arrêtée de mobiliser tout ce petit monde d\u2019anti-chambres et de cabinets pour qu'ils comprennent qu'ils sont vastement dépassés et que le seul remède à leur embarras actuel est de se tourner vers ceux qui ont des idées.Comme le mentionne de façon si opportune |.M.Bochenski, «voilà pourquoi ceux qui aiment savoir où mène la route font bien de prêter attention non aux politiciens mais aux philosophes: ce que les philosophes annoncent aujourd'hui sera la croyance de demain».Mais encore faut-il qu'ils annoncent quetque chose! Ce n\u2019est pas en nous interrogeant sur les conditions de possibilité de la philosophie québécoise que nous allons marquer le pas, mais en nous ouvrant au monde par notre pensée industrieuse pour y faire germer de nouvelles idées au lieu de nous contenter de récolter celles qui ont été semées au cours des siècles passés.Une idée, un système, une oeuvre Il est impossible d'accomplir quoi que ce soit en philosophie sans une grande idée, un systeme et une 101 PIII isthe iy bahar Ts LA el mT A i rR i hes et Fagor EE EDS BA I hokey BL RS poy) AE Ey SRT n TV Ir ad > CTs pon P Lgl ee vr AY Ra BR Ae Alin SPN EM 2e 0.a re ve AREER Ans AL COVERT a ah ee br oeuvre.J'aimerais examiner ici comment l'exigence impli- a quée par ces trois points peut être remplie.D'abord, $ savez-vous ce qu'est une grande idée?Ce n'est pas une 3 théorie comme I'hylémorphisme, le parallélisme ou I'har- i monie preétablie.Ce n'est pas une lubie mystique comme iu certaines illuminations sans lendemain d'Auguste Comte.i C\u2019est un état de réceptivité extraordinaire qui vous rend M apte à tout entreprendre.Une grande idée, c'est ce qui A vous meut lorsqu\u2019après avoir longtemps attendu un motif LA de dépassement vous vous sentez soudainement pro- i jeté en avant non sans avoir le goût de vous retirer pour à penser à votre grande idée.Alors commence une période y d'incubation étrange, troublante, suggestive, qui vous io | met dans une sorte d\u2019appréhension positive face a tout nd ce qui existe.Vous pensez à votre grande idée, vous wa l'aimez, vous la développez.Cela peut prendre deux b ans, vingt ans, une vie.Elle constitue l'horizon absolu de UE votre vie.Elle vous stimule, vous pousse à exister plus id intensément, vous oblige a oser, a créer, a inventer.cd Sans une grande idée de ce genre, comment pourriez- vous étre un philosophe?Le pluralisme est I'expression a d'une faiblesse de conception, d\u2019une lacune dans l\u2019éla- i i boration de votre pensée.Tout être humain tend à l\u2019unité i et si sa réflexion est triste, inquiète ou dispersée, c\u2019est vi qu'il ne se sent pas à l'aise dans sa peau et manque d\u2019être i réconcilié avec son être profond.Savez-vous ce qu'une \"A seule idée peut apporter à votre vie?C\u2019est le gage d'un i miracle permanent, d\u2019un bonheur sans cesse renouvelé, \u2019 i\" d\u2019une élévation magnifique vers l'infini que vous portez i en vous.Et que dire d\u2019un système?Le système, écrit A Condillac, est la forme inéluctable que prend tout savoir Li acheve.Cette formule fait peur aux philosophes parce a qu'ils croient que le savoir achevé est immobile.Quelle * A 4 102 y \"À profonde erreur! Le savoir achevé est celui qui se suffit et abandonne tout esprit de recherche au profit de l'esprit de prospection de l\u2019ici et maintenant.Il est en perpétuel mouvement.Il a sans cesse à se conquérir lui-même dans son achèvement.Le système constitue un moyen d'éliminer les trous dans la conscience de soi, la culture et l'information d'un individu.Tout en étant une disposition d\u2019armature obéissant aux lois d\u2019une supra-logique qui n'exclut pas une forme d'alogisme fondamental comme la mienne, il constitue une grille de références sans laquelle il risque d\u2019être démuni face à l'inconnu.Bref, le système est l\u2019organisation nerveuse intégrée de la philosophie.Sans cet apport architectonique, la pensée est insituable, désarçonnée et sans finalité propre.Elle végéte, elle se cherche, elle hésite devant les terres interdites de la métaphysique.Une oeuvre pourrait l'aider à se constituer en système, mais souvent l\u2019oeuvre a besoin pour naître de ce système, si bien qu'il faut que les deux surgissent au même moment en profitant de l'apport inspirateur de la grande idée initiale.Mais alors, qu'est-ce qu\u2019une oeuvre?C'est le paradoxe extérieur d\u2019une personnalité consciente qui sent le besoin de s'apparaître à elle-même à travers un travail pour devenir pleinement consciente de soi.C\u2019est pourquoi tout être humain est dit fils de ses oeuvres.il faut qu'il sorte de soi, qu'il s'abandonne à ce qui est autre, qu'il s'arrache à sa subjectivité pour pouvoir conquérir son être intérieur ni subjectif ni objectif.L'oeuvre est évaluatrice de ce qu'est l\u2019homme qui la fait.On dirait qu'il ne peut se comprendre sans se perdre dans le monde.Alors, il rêve de se reprendre et, par l\u2019'introjection de l\u2019acquis extérieur, il se découvre, s'apparaît, s'évalue.L'oeuvre n'est jamais aussi importante que l'homme, car c'est lui qui est la force 103 El\u2019 A5 ~~ rd NI J a To a INP ITIL vive.Pourtant, il persiste à s'y consacrer, il veut se dépasser à travers elle.Les véritables résultats de ce travail sont invisibles.Ils n'en sont que plus fondamentalement insaisissables.On souhaiterait parfois que l'oeuvre soit l'homme.J'ai déjà dit que l'homme est le seul être dont la vie soit une oeuvre.Mais qu'y a-t-il de vrai dans tout cela en dehors de ce qu'un homme se dit à lui-même dans le secret de sa conscience?Il nous faudrait être plus vrais dans l'exercice de la pensée, comprendre que la réflexion se dépasse dans l'action et que ce qui est précongu dans l'intimité de l'être est amené à trouver dans le monde une carrière inopinée.Peut-être faudrait-il être femme pour réaliser cela et saisir que le véritable travail d\u2019harmonie sur soi est un travail d\u2019enfantement! Sans doute y aura-t-il un jour des femmes qui redresseront la pensée malade de trop de masculinité et redonneront à la réflexion ses lettres de noblesse en un temps où l'inspiration manque si profondément à la philosophie.Je ne peux que souhaiter à la pensée mondiale une crise basée sur I'irruption opportune et massive des femmes dans la vie de l'esprit.104 rm ie = \u2014\u2014 ie tm =m - mn cour Ps À vr su > \u201cde a a ATI oF - ar C2 Cn - = < Prone, A \u201c2 ESSER, = ae Pas pie YAP ts - a JE RE Esp an Pa byy ASS Co ppt ca \u2014 24 Yop _ aang fr Cry LES ce es LL [a = ie Co © du 9 2e ps LT Pas FE Les » \u201cXa POSER PVR oh rd cid (PRT PN AR Say RN pes SA Fe Par ht ed CE PV fmt Rh PP au Pah SEENON nk aly Pg EIR pei tel a \u2014 PO ~ Lee AE {ITAA Le de 2 Le ai PIC \u2014\u2026 Eee AN Ce rt DO date tr Large EL PVO Sl ets Late pers a cast CZ ï oat PL see fall _.RIT 2, x PRS Pa épi Le Para Pin ERE Sr Che Sethe a a [a RE a.Cu CCE Le 18 Ses A EP M SEPA rs \u201cae J Fas.a a wa By te f -d .le + | 5 Le : aE > ba = - tement de philosoph Pierre Bertrand Pourquoi le virage à droite?Professeur au dépar pro Je ewe remeron fo EN RR Cp ag me Emr Ee ete ee ee = Que VE PEUT E La victoire de Ronald Reagan aux élections présidentielles marque un virage à droite sur la scène politique américaine.On peut d'ailleurs constater dans plusieurs autres pays un tel virage à droite.De plus, les résultats du dernier Synode qui vient de se terminer vont dans le même sens d'un renforcement de l'autorité ou d'une certaine morale dans un monde apeuré par son propre chaos.Comment expliquer un tel virage à droite, un tel besoin pour des valeurs fortes et musclées, pour une autorité solide?Nous vivons dans un monde où les certitudes, les évidences ont les unes après les autres été battues en breche, questionnées, réfutées par l'apparition de nouvelles sciences, de nouvelles recherches ainsi que par le développement des moeurs.Une à une, les croyances de la religion ont été détruites par les sciences.Et ce 106 = i n\u2019est pas fini.La pratique de la sexualité a été transformée par les découvertes scientifiques.Et à chaque fois, ce sont les valeurs mêmes auxquelles l'homme était attaché depuis des millénaires qui ont été mises en question.|! était sécurisant de vivre sur des croyances, sur des évidences jamais questionnées, sur une obéissance plus ou moins aveugle à l'autorité.La vie avait alors un sens et les gens savaient quoi faire, ce qui était le Bien et ce qui était le Mal, on pouvait se reconnaître dans un monde devenu familier à force d'avoir été domestiqué.Les habitudes de vie appuyées sur des croyances, des directives provenant d'une autorité incontestée procuraient une grande sécurité quand il s'agissait d'effectuer les inévitables choix qui se présentent aux détours de toute vie.L'autorité religieuse était solide, de même que l'autorité morale, politique, militaire.On savait ou on s\u2019en allait, on savait quel monde on habitait.Et voilà que tout cela s'est transformé.ll y a eu déchristianisation, les valeurs sur lesquelles on s'appuyait et qui conféraient un sens à la vie ont été attaquées et on a senti qu'elles nous échappaient, que la belle pseudo- unanimité d\u2019antan était brisée, ce qui enlevait autant de force aux valeurs, car celles-ci tirent sûrement autant leur force du grand nombre qui les pratique ou qui y croit que de leur origine divine.Il y a eu perte de la suprématie américaine, due au changement de la conjoncture mondiale.La société a été envahie par des idées provenant de tous les horizons, de toutes les couleurs, ne cessant de venir bousculer tout ce qui prétendait à quelque solidité et pérennité.Il y a donc eu un malaise croissant et même, dans 107 LA EE I LEE EE SN A TC) LE LE aa a ee SSSI + 3 4 rr err Care sv EE Tarr tt RR Tra a ne a it % hi 4H 1 \u2026 4 1) A 43 A JIBS J He i > .ni fn Hat WP le for intérieur de plusieurs, une réelle panique.Comment enrayer le flot, comment faire cesser ce bouleversement, comment arrêter cette destruction de tout ce à quoi on croit, de tous ces cadres de vie sur lesquels on s'appuie?Car il est bien certain que ce processus de démolition des valeurs de la culture, aussi bien morale, religieuse, politique qu\u2019idéologique n\u2019est pas prêt de s'\u2019arrêter.I ne peut même que s'accélérer, et c'est contre une telle perspective que les nombreux tournages à droite auxquels nous assistons, autant sur la scène religieuse, politique que militaire, tentent de réagir.Dans un monde Où tout fuit, où tout bouge, où tout éclate dans une totale diversité, on tente l'impossible pour arrêter l'hémorragie, pour s'accrocher à une fixité, pour recoller les morceaux cassés.Mais j'ai bien peur qu\u2019une teile tentative soit d'arrière-garde et qu\u2019elle ne puisse pas faire grand-chose pour enrayer un mouvement devenu irréversible.Depuis la découverte du mouvement de la terre autour du soleil, en passant par celle de l\u2019évolution biologique de l'homme, jusqu\u2019aux découvertes récentes sur la sexualité, le fonctionnement du cerveau, la relativité du temps et de l\u2019espace, etc.l'être humain n\u2019a cessé d'être bousculé dans ses croyances traditionnelles.Toutes les idées évoluent, même celles qui paraissent les plus solides, par exemple les idées scientifiques.Même à l'intérieur des sciences, il existe des révolutions, et il y a de nombreux savants qui résistent longtemps aux nouvelles découvertes car celles-ci heurtent leurs habitudes mentales.À plus forte raison quand il s'agit de domaines aussi peu sûrs que ceux de la religion ou de la morale, ou même des moeurs ou des habitudes générales d'un groupe donné.108 IY ILS MY POI TR RTE SOIR TR PTs TPIT v } , * > ; u ; #4, Arr.EN x os - Ji \" L'être humain s'accroche facilement à ses idées, ses certitudes, ses conclusions et il ressent toujours douloureusement une attaque contre celles-ci.|| s'appuie sur une autorité, l'autorité d'une institution ou l\u2019autorité d'un idéal, et il accepte difficilement que cette autorité soit critiquée ou mise en question, car c'est dès lors sa propre obéissance à l'autorité qui est critiquée et mise en question.Pourquoi l'être humain s'accroche-t-il ainsi à des idées, des croyances, des autorités sachant le sort qui attend tôt ou tard celles-ci, sachant qu'il n'y a rien de solide et encore moins de permanent =n ce domaine?| le fait par besoin de sécurité, mais cela crée une fausse sécurité, qui est tôt ou tard elle-même détruite, etalorsiil se retrouve totalement insécure.Et dans cette insécurité, il tente un brusque retour en arrière, un brusque renforcement de l'autorité, mais c'est peine perdue, car cette autorité renouvelée subira le même sort que les précédentes et ne pourra pas résister à la vague de fond qui finit par emporter tout ce qui tente de s accrocher, tout ce qui essaie de s'installer et de se solidifier.La sécurité ne peut donc pas être trouvée de ce côté, mais bien au contraire, ce qu'on constate actuellement c'est combien le monde est insécure, combien le monde vit sur le danger sans en être réellement conscient, du moins sans fortement réagir pour répondre à ce danger.Les réactions sont au contraire inadéquates.Ainsi, pour parer à une menace de guerre, on ne trouve rien de mieux que d'augmenter son arsenal militaire, ce qui est pour le moins une manière paradoxale de préparer la paix.Aucune idée, aucune valeur, aucune croyance, aucune autorité, aucune idéologie n'est solide.La pen- 109 a [I or er eas re Te or A 2 pi par an oo ak.A 5 Bi JER RER 243 Hh Set VSR Rt Re see humaine ne peut s\u2019empécher d\u2019évoluer, de se transformer et donc de changer d'idée.On ne pense plus maintenant ce qu'on pensait voilà cent ans, ou même voilà dix ans.La situation, la conjoncture change et ne peut manquer de changer.Les Etats-Unis n\u2019ont plus la position qu'ils avaient voilà vingt ans.On a beau être nostalgique, on a beau vouloir ramer à contre-courant, on ne peut rien y faire, les souvenirs sont bien morts, le temps suit irrévocablement son cours.La pensée humaine ne cesse de bouger, de changer et ne cesse également de se diversifier, de se multiplier en fonction de la multiplicité des points de vue, des angles d'approche, des individualités.Ce qui fait que tout ce qui se veut monolithique, uniforme, unique ne peut qu'éclater, prendre plusieurs tangentes.L'unité est bien perdue, et les individualités, en fonction de leurs conditionnements particuliers, de leurs interprétations particulières, de leurs intérêts ou de leurs plaisirs particuliers, ne peuvent que se séparer les unes des autres, faisant ainsi éclater, distendant ainsi les structures trop rigides de tout groupe.C'est dire que le projet de toute réaction, de tout conservatisme, de tout fascisme, de toute droite est d'avance voué à l'échec.En fait, un tel projet n\u2019a pour lui que l'énergie du désespoir, il a les accents d\u2019un chant de cygne, il ressemble au dernier sursaut du mourant avant la fin.Dans un monde où tout bouge, on tente de planter une cathédrale en plein milieu du fleuve, en plein milieu du courant.Mais à la fin, le fleuve emporte tout sur son passage, rien ne lui résiste.La question devient celle-ci: constatant tout cela, constatant qu'aucune idéologie, aussi bien morale, politique que religieuse n\u2019est solide, constatant que toute 110 PPT QUO CATT REE RT - re TEEN croyance peut être réfutée, constatant donc qu'aucune sécurité ne peut être trouvée de ce côté, quelle est notre réaction?Continuons-nous malgré tout à nous accrocher, désespérément, vainement?En quoi avons-nous besoin d\u2019une autorité pour vivre?En quoi avons-nous besoin de nous identifier à un groupe pour vivre?Pourquoi avons-nous besoin qu'on nous dise quoi penser, quoi croire, quoi faire?Pourquoi ne sommes-nous pas capables de voir par nous-mêmes?Pourquoi cet infantilisme qui n\u2019en finit plus?Si nous pouvons voir par nous- mêmes, nous n'avons pas besoin d'autorité, ni pour réglementer notre sexualité, ni pour nous dire quoi penser sur ceci ou cela, ni pour nous bercer d'illusion, pour nous flatter ou nous punir.Car si nous voyons par nous- mêmes, nous voyons infiniment plus que ce que nous laisserait voir n'importe laquelle autorité.Tout ce qui touche à la pensée, tout ce qui est produit, construit par la pensée se détériore, se transforme et finit lentement par disparaître.Toutes les conclusions de l'homme, ses croyances, ses valeurs, ses morales, ses idéologies subissent ce sort.Cela peut être une question de jour, d'année ou de siècle.Donc, il est inutile de s'accrocher à quelque chose qui lui-même n'est pas accroché, mais se trouve, comme tout ce qui esthumain, à la dérive.Ce qui nous reste, en revanche, comme quelque chose de solide où nous pouvons trouver une réelle sécurité, c'est précisément cette faculté de voir, cette faculté d'apprendre qui n\u2019en finit pas, apte à ouvrir toutes les portes, ne faisant qu'un avec la vie, avec une manière de vivre.111 DR RES OS BIG 9A Fe cas if po AY.= du ll hi 3 FL æ se Le _ sen wom us 3 Yi _ = & É +: 84 - - - \u2014- a om = _-\u2014 - - ~~ - a pu La ~~ se - - PE 24 re rar de pre ee 0 cu NS Ce Lt Sry fr Sgr wer - a wt ~~ FCP fib pry ui pe aml panty rr pr arr - de Te ee) = C3 Sr.= Ebayer Sap PIP pre re Se me ~~ ploy ow se.cir PPA put Stra | cop ~~ Chey J Ford Yo Cpu rev tu tog ce el - - au prie ar dE Tr és - - nb TP aay Et] Frs 2 Fr = od ke, D va TS Art Sask pg Ye [Tv ee =.a pad ss FERRE Ee BarNery hatte oy TY mn a as perte ee a TAPP i= Rs pen ECE Ee = ee zh it er rose + ra pa ot na Dos roah ging pbb pny PS oe POA aE NCR Pe SR ee 2 ae Pee MH tt Pa PY (A0 air pate I = Pad yay pre Sa PE = IRENA ESE LE Fat i 3 = Pali wulr abs 27 pa pr, re Eat re 3 ENS * BS a * ea PA Le D Pea Pi ie er Res Less A es pce Eien ee Ë Ë re) = 1 Fl li i A) I\" ; LL) > = Py = : x.a Pr oe Po by PA [RY 3 + bi \\ LS Fa DERI (XA | + 4 By J % Fey LIA] A A SA 1 A * [3A 2%] Pp 7 Pa : = pi x g Sp [EE EE ee es \u2014 ee eon spa nn TC ra A.= > pe mt em mmr ee ES EM 8 AALS St 1 mbar ARIE HE een © SOAS ons re ri 0 er Li és be Le cégépien face à la méthode audio-tutorale {> Bojidar Sokoloff Professeur au département de chimie = ae Oe Te JN Ta a pb She beak ai AT SLR LIE A LT Plat icres per Much SD Pari ner SE » da Introduction La présente recherche constitue l'évaluation d\u2019un des aspects de la méthode audio-tutorale adaptée à l\u2019enseignement des sciences, à savoir la satisfaction des étudiants.Dans cette évaluation, le but poursuivi est de déterminer si l\u2019utilisation de cette méthode dans plusieurs cours peut créer une saturation par rapport à la satisfaction.Un questionnaire de soixante-cing items a été développé et administré a deux cent vingt-trois étudiants du Collège Édouard-Montpetit à Longueuil.L'analyse des résultats indique que, parmi les étudiants qui suivent trois cours de sciences dans une même session, il n'existe pas de différence statistiquement significative quant à leur attitude selon qu'ils suivent un, deux ou trois de ces cours avec la méthode audio-tutorale.114 cata.A ART A a SRE vm eae a = Avant de décrire les méthodes de travail et les résultats obtenus, il nous apparaît utile de faire une brève description de la méthode audio-tutorale.Le système audio-tutoral vise à impliquer l'étudiant dans son apprentissage par une individualisation de l\u2019enseignement.Les recherches en ce sens ont débuté en 1961 à l'Université Purdue (Lafayette, Indiana) sous la direction de S.N.Postlethwait et se sont poursuivies depuis.La méthode, sous différentes formules, est maintenant appliquée dans un très grand nombre de collèges et d\u2019universités aux Etats-Unis et au Canada.On l'utilise dans toutes les disciplines scientifiques et même en sciences humaines*.La méthode A.T.est un mode d'apprentissage qui a comme objectif d'individualiser l'enseignement.Dans le domaine de l\u2019individualisation de l'enseignement ou l\u2019apport du matériel audio-visuel est très important, l'expression de l\u2019audio-tutorat est employée pour désigner ce type de méthode.L'étudiant, comme agent premier de sa formation, décide lui-même du moment le plus opportun pour se mettre au travail.Pour cela les laboratoires en sciences devront être ouverts en permanence huit heures par jour et cinq jours par semaine.L'étudiant peut aussi suivre son rythme personnel en consacrant à l'étude d'une question le temps qu'il juge nécessaire.|l peut aussi revenir en arrière au besoin, ou même accélérer le rythme.1.Louis-Marie Fontaine, Evaluation d'une méthode d'enseignement de la philosophie au niveau collégial, Mémoire de Maîtrise es Arts, faculté des Sciences de l'Education, Université de Montréal, août 1977.115 PE PAL Ne CN ey RE IL ee a 7 + on ae TE } mw ae Te, SIs Pudi + 2 Yigle R iy J A a a AE) - \u201d Ea a ta Ta ar td \u2026 wo o, ES HP, JF Ya shell a hate es BR 4A nie : peo rr.- 3 BNC LT a SA RAGS oar ART, a RANE SET 7,4 2 pr AP aN Le Lado cody ahd BS Sl nt alt WR: SHER DOME te PE A RNA ARS ) } + a} \u201cih pr ~~ wn Le EL a M A ~ Tr ath ~~ \u2014- PRT OTR Une personne compétente, le tuteur-éducateur, est continuellement a la disposition de I'étudiant afin que ce dernier puisse recevoir un supplément d'explication ou même entreprendre une discussion pour dépasser la matière.Parmi l'ensemble des moyens mis à sa disposition pour cerner une question, l'étudiant peut exploiter celui qui convient le mieux à son mode d'apprentissage: ceci peut aller du film jusqu'au texte écrit.Afin qu'il sache exactement où il va, il reçoit régulièrement une liste d'objectifs de comportements très précis et détaillés.Ces objectifs constituent le minimum de ce qu'il doit acquérir pour qu'on lui reconnaisse une compétence en ce domaine.L'étudiant pourra s'auto-évaluer par des tests en fonction de ces objectifs, et déterminer par lui-même s'il doit ou non recommencer telle ou telle partie.La méthode A.T.demande une structuration de programme d'un cours donné en mini-cours.Chaque mini-cours est étudié en moyenne sur une semaine.L'organisation de la semaine se présente en trois séances comme suit: 1) l'assemblée générale d'une période par semaine, pouvant grouper quelques quatre-vinat-dix étudiants, permet de faire les liens entre les diverses parties de la matière et les travaux pratiques, ou d'expliciter davantage certains points obscurs du cahier de travail selon les besoins manifestés par les étudiants.2) Le travail individuel ou en équipe de deux est de trois périodes consécutives par semaine.Cette deuxième étape se poursuit au centre d'étude (cabines et table de démonstration) et au laboratoire qui lui est contigu.L'étudiant reçoit un guide d'étude qui contient les schémas, les tabieaux à remplir, les références de lectures, les textes 116 d'appoint, etc.Au moyen de bandes magnétiques l'étudiant est guidé, étape par étape, dans son travail.On met à sa disposition au centre d'étude et au laboratoire les moyens audio-visuels choisis pour atteindre les objectifs fixés: matériel de laboratoire, films, diapositives, modé- les, etc.3) Enfin, une auto-évaluation et des exercices se font pendant une période par semaine au centre d'étude ou à l'amphithéâtre.Des questionnaires sont préparés afin de permettre aux étudiants de vérifier s'ils sont prêts à être évalués.Dans un tel contexte, l'évaluation crité- riée semble plus appropriée que l'évaluation normative.Le problème Le problème de cette recherche est de déterminer s'il est possible que l'utilisation de la méthode A.T.dans plusieurs cours de sciences produise une saturation par rapport à la satisfaction des étudiants.Ce problème a déjà été remarqué par Erhart (1969) de l'Université de Purdue (Lafayette, Indiana) aux Etats-Unis.II trouva que 80% des étudiants n'aimeraient pas avoir plus d\u2019un cours par audio-tutorat par année.|| semble important de savoir si cette saturation existe également au Québec afin de prendre des décisions par rapport au nombre de cours donnés par la méthode audio-tutorale dans une même session.Au Collège Édouard-Montpetit, où le projet pilote de la méthode audio-tutorale a été expérimenté depuis 1970 avec une subvention du ministère de l\u2019Éducation du Québec, plusieurs cours utilisent l\u2019audio-tutorat dans -différentes branches des sciences, comme Chimie 101, Chimie 201, Chimie 202, Physique 301, Biologie 301 et Biologie 401.En considérant que, parallèlement à ces 117 LS 2 TE SE 0 0) A IPR I ; + a) Te nd .hotte \u201ci BERT [S28 BMH ERE MIE cours en audio-tutorat, il se donne d'autres cours en sciences comme, Physique 101, Physique 201, Chimie 302 et Biologie 921, par une méthode autre que la méthode audio-tutorale, nous nous posons la question suivante: un étudiant, qui suit peu de cours par la méthode audio-tutorale, a-t-il une attitude plus favorable envers cette même méthode qu'un étudiant qui suit plus de cours par la méthode audio-tutorale dans une même session?Plus précisément, sachant qu\u2019un étudiant suit un ou plusieurs cours en sciences par la méthode audio- tutorale dans une même session, on peut se demander s'il est possible qu'une saturation par la fréquentation de plus d'un cours de cette méthode produise un blocage de nature affective manifesté par un changement du degre de satisfaction de l'étudiant.À la lumière d'un sondage effectué, il est apparu que la plupart des étudiants suivent trois cours en sciences au total (A.T.et non A.T.) dans une session.Comme le montre le tableau 1, le sondage touche cent seize étudiants qui suivent des cours en chimie, physique et biologie par la méthode A.T.et une méthode autre que l'A.T.Environ deux tiers (80 étudiants) de ces cent seize étudiants ont trois cours en sciences dans une même session.Parmi ces trois cours, il peut y avoir un, deux ou trois cours suivis selon la méthode A.T.C\u2019est cette situation qui fait l'objet de notre recherche.L'hypothèse Pour les étudiants qui suivent trois cours de sciences, la satisfaction d\u2019un étudiant face à l'apprentissage par la méthode audio-tutorale, diminue lorsque le nombre de cours suivis en audio-tutorat augmente.C'est-à- 118 GLI Tableau 1 Cours suivis en sciences 1 cours A.T.11 étudiants 2 cours AT.5 étudiants 1 cours AT.7 étudiants 2 cours AT.22 étudiants 12 étudiants 3 cours 80 étudiants\\__ A AT.COURS AU TOTAL EN SCIENCES CHIMIE PHYSIQUE ET BIOLOGIE 1 cours AT.1 étudiant 2 cours A.T.6 étudiants 47 étudiants 7 17 étudiants étudiants 4 cours AT.0 étudiant 3 cburs A.T.\\ O étudiant no à _ A 4 - pd ( 1cours Cette situation est prise en considération pour notre recherche \\ AT.\\ 3 étudiants 4 cours 5 cours LS 2 cours 3 cours AT.AT.AT.AT.\\ O étudiant O étudiant 5 étudiants 9 étudiants ; TE dl i Li esse TA hs pe EE EE j % ë AR CS CE SR Lo Et SEU ER ES À TEE : & 6 D Re Tu S pan Be.a M0 Ge Len ati, US TE PUS pe PNR» i 3 ¥ % = Le 7 ba Boy he Be pe 3 Li cn 3 SR er 2 - .TE Girt 3 + 2 De dire, pour un nombre total fixe de cours en sciences, la satisfaction d'un étudiant face à l'apprentissage par la méthode audio-tutorale diminue lorsque la proportion de cours suivis en audio-tutorat augmente.Dans notre cas, la proportion de cours en sciences suivis en audio- tutorat varie de 1/3 à 3/3.Nombre de cours suivis en sciences Proportion par A.T.(varie: 1 a 3) (varie = de 1/3 à 3/3) Nombre total de cours suivis en sciences (fixe: 3) Les caractéristiques de la population et l'échantillon Cette recherche s'effectue au Collège Édouard- Montpetit de Longueuil.Le milieu social économique culturel est, Selon un rapport du gouvernement, banlieusard, semi-bourgeois ou ouvrier en général.Le milieu scolaire est composé de quatre mille cinq cents étudiants et de six cents membres, professeurs et personnel.La moitié des étudiants sont inscrits à des programmes généraux, c'est-à-dire ordonnés aux structures d'accueil universitaire; l'autre moitié est inscrite à des programmes professionnels, c'est-à-dire ordonnés aux structures d'accueil du marché du travail.Les deux sexes 2.Direction des études économiques et démographiques, Zone d'influence des organismes d'enseignement collégial, septembre 1978; Zone de recrutement des organismes d'enseignement collégial, septembre 1979.Direction des politiques et plans, Les secteurs défavorisés du Québec, avril 1977.120 = tire a sont représentés presque également et l'âge des étudiants varie entre quinze et vingt ans, sauf pour quelques cas.Environ huit cents étudiants par session suivent différents cours de sciences: chimie, physique et biologie dans lesquels on utilise la méthode audio-tutorale.Notre recherche concerne les étudiants inscrits à un ou plusieurs cours de sciences: chimie, physique et biologie, dans une même session.lls sont alors en sciences de la santé ou en sciences pures et appliquées.Pour eux les cours de chimie, physique et biologie sont obligatoires.Nous considérons les étudiants inscrits et ayant terminé un ou plusieurs des cours suivants: Chimie 101: 229 étudiants Physique 201 : 79 étudiants Chimie 201: 247 étudiants Physique 301 : 264 étudiants Chimie 202: 111 étudiants Biologie 301 : 254 étudiants Chimie 302 : 16 étudiants Biologie 401 : 29 étudiants Physique 101 : 140 étudiants Biologie 921 : 144 étudiants Au total mille neuf cent quarante-trois étudiants ont été inscrits aux cours mentionnés ci-dessus selon un relevé du mois de septembre 1978.Cependant un relevé final a indiqué que mille cinq cent treize étudiants étaient demeurés inscrits au cours jusqu'à la fin.Parmi ces derniers étudiants, certains prennent plusieurs cours en sciences, ce qui occasionne un recouvrement du nombre des étudiants.Le chiffre réel sans recouvrement est d'environ huit cents étudiants.Pour garantir la représentativité de notre échantillon par rapport à la population-cible, nous avons inclus le maximum d'étudiants, tout en évitant un recouvrement des répondants (i.e.qu'un même sujet remplisse le ques- 121 } FE DER LP I REEL EE ETI EIEN it, \u2018 di ne! ais A TS tionnaire deux fois).Nous avons adopté trois critères de sélection spécifiques.Le premier critère est de choisir une discipline donnée, dans ce cas-ci la chimie, afin d'éviter un recouvrement d'étudiants.Le deuxième cri- tere consiste à prendre des cours à l'intérieur d\u2019une matière obligatoire, comme Chimie 101 et Chimie 201, pour inclure le maximum d'étudiants.Le troisième cri- tèére est de s'assurer que l'étudiant en soit à son premier contact avec la méthode audio-tutorale afin d'éviter de biaiser notre échantillon en ce qui a trait à l'attitude du répondant envers l'audio-tutorat.Pour satisfaire ce dernier critère, nous avons choisi parmi |es matières obligatoires, les cours enseignés durant la session d'automne, pour les étudiants de Collège | ou de Collège |! qui sont pour la première fois en contact avec la méthode audio- tutorale.Les étudiants et les cours pris en considération pour le choix de I'échantillonnage sont: Cours Etudiants Trois cours 1 cours 2 cours 3 cours en sciences AT.AT.A.Tau total (A.T.et non AT.) Chimie 101 229 97 37 29 31 Chimie 201 247 126 48 41 37 Total 476 223 85 70 68 En prenant les classes de Chimie 101 et de Chimie 201, on retrouve presque toute la population avec trois cours au total en sciences, car les étudiants qui prennent le cours de Chimie 101 ne se retrouvent pas dans le cours de Chimie 201 et vice-versa, mais ces étudiants sont répartis entre les cours de biologie, de physique et de chimie.Nous constatons que, parmi les huit cents étu- 122 diants (collège | et Il)-inscrits et qui sont demeurés inscrits à leurs cours respectifs jusqu'à la fin de la session, il y a quatre cent soixante-seize étudiants qui ont eu leur premier contact avec la méthode A.T.Notre échantillon est de deux cent vinat-trois étudiants, ce qui représente environ 50% de quatre cent soixante-seize.D'aprés le sondage des étudiants qui ont trois cours en A.T.(cf.tableau 1), il en manque environ 16% pour rejoindre 66% (c'est-à-dire 2/3 des étudiants).Ce 16% correspond au pourcentage d'étudiants qui ont eu trois cours en sciences au total mais aucun en À.T.et qui ont été éliminés.L'instrument SEMAT (satisfaction des étudiants face à la méthode À.T.) Le questionnaire SEMAT fut développé pour fin d'évaluation de la méthode A.T.au Collège Édouard- Montpetit par les responsables de la recherche, Paul Boisvenu et Louis-Marie Fontaine en collaboration avec les professeurs de sciences.Deux sources documentaires ont servi à la structuration d'une première forme du questionnaire.La première de ces sources était la consultation du matériel didactique employé dans l'application de la méthode A.T.dont les cahiers-guides et les documents audio-visuels sont des composantes.La seconde source d\u2019information provenait de la consultation des personnes impliquées dans l'implantation et l'application de la méthode À.T.Une liste des aspects, des indicateurs et des variables a été élaborée (tableau 2).Cette liste reproduit somme toute, le plan du questionnaire SEMAT ou du moins la structure qui a conduit à sa rédaction.Dans cette recherche, soixante-cinq critères ont été utilisés 123 EEE RE cea tate BAH ARN REE} Bk 7.MY ; 575 ti 4 } 4 vi \\ \u201d ; 0 J RAL y 2 neo Hel i ! | + 4 b » Wh za À 1 of shi ; pu.Ny My J hy a.Bh 25 t 1 y .Ww y CR Ye ve oni \u2018 3 * A qe » *, 8 A +B IX i We + \" Qi A it: ig YA 108 i } i > y tail .AAR SERRE] CA YUE Tableau 2 Liste des aspects, des indicateurs et des variables ASPECTS INDICATEURS VARIABLES-CRITERES Relations A) Professeur- inter- Etudiants personnelles B) Etudiant- Etudiant C) Professeur- Professeur Cours A) Milieu physique B) Cahier de travail 1.Ouverture d'esprit 2.Disponibilité du professeur à l\u2019intérieur du cours 3.Disponibilité du professeur en dehors du cours 4, Compétence en la matière 5.Transmission des connaissances 6.Travail en équipe 7.Discipline personnelle 8.Échanges entre les étudiants 9.Consensus dans l'application de la méthode 10.Nombre d'étudiants en laboratoire 11.Nombre d'étudiants en classe 12.Nombre d'étudiants en amphithéâtre 13.Ambiance en laboratoire 14.Ambiance en classe 15.Ambiance en amphithéâtre \u2014 Présentation 16.Qualité 17.Impression 18.Présentation générale des schémas \u2014 Contenu du texte 124 ASPECTS INDICATEURS C) Matériel VARIABLES-CRITERES 19.Densité du texte 20.Qualite 21.Cohérence du texte 22.Aide du cahier de travail durant le cours 23.Aide du cahier de travail en dehors du cours 24.Niveau de langage 25.Aide apportée par la bibliographie 26.Formulation des objectifs 27.Utilité des objectifs 28.Présence des exercices, ou questions, ou expériences 29.Quantité des exercices, ou questions, ou expériences 30.Utilité des exercices, ou questions, ou expériences 31.Qualité des exercices, ou questions, ou expériences 32.Quantité d'appareils 33.Etat des appareils 34.Qualité des appareils 35.Accessibilité des appareils 36.Utilisation 37.Mode de fonctionnement 38.Utilité de la bande sonore 39.Qualité de la bande sonore 40.Relation de la bande sonore avec le cours 41.Clarté du contenu 42.Pertinence de la bande sonore 125 cascade es sir LAY, poe RE rer aa cir A A TT a aT ALAN ITA TL AT RE - po Try Sa pot ane afp al thm Tame.Ep PEER Fhe, ry Ser Tr py Cpe ne yn Eye BRL MdhbASLREY ASPECTS INDICATEURS VARIABLES-CRITÈRES D) Assemblée 43.Nombre d'assemblées Générale générales/ amphithéâtre 44.Utilité d'assemblée générale/ amphithéâtre 45.Contenu d'assemblée générale/ amphithéâtre 46.Présentation d\u2019assemblée générale/ amphithéâtre E) Centre d'ap- 47.Organisation prentissage 48.Intégration \u201cthéorie/pratique\u201d laboratoire 49.Proportion \u201cthéorie/pratique\u201d 50.Temps passé au Centre d'apprentissage/laboratoire 51.Aide apportée par le professeur responsable F) Evaluation 52.Nombre d'évaluations 53.Répartition des points 54.Type d'examens 55.Lien entre les examens et les objectifs 56.Conditions d'administration des tests Autonomie A) Autonomie 57.Développement d'aptitudes et personnelles Participation 58.Concrétisation d'objectifs 59.Elargissement du cours 60.Facilité dans votre apprentissage | 61.Rythme d'apprentissage B) Participation62.Participation à l'évaluation 63.Décisions départementales 64.Choix du matériel didactique 65.Participation en général 126 pour évaluer l'atteinte de l'objectif de la méthode.Chacun de ces critères correspond à un item du questionnaire dont la structure est présentée au tableau 2.Dans i les trois premieres colonnes du tableau 2 se retrouvent, | dans leur ordre respectif, les aspects, les indicateurs et finalement, les criteres et/ou variables.Les trois aspects, les relations interpersonnelles, le cours tel que présenté aux étudiants, l\u2019autonomie et la E participation de ces derniers, sont les trois composantes 4 reliées à l'application de la méthode A.T.Ils se référent E au concept de base de la méthode d'enseignement par E audio-tutorat soit: enseignement axé sur l'apprentissage individualisé.À partir des aspects, une série d\u2019indica- L teurs furent identifiés et ceux-ci peuvent être interpré- E tés comme l'opérationnalisation de ces aspects.Les différents indicateurs sont reliés entre eux de façon à permettre la formation d'un score composé de ces éléments pour évaluer la satisfaction envers cette méthode 4 d'enseignement.i.Le but de la recherche étant de déterminer le E.degré de satisfaction des étudiants vis-à-vis de la nouvelle méthode, le questionnaire qui remplirait cette fonction devait étre valide au point de vue du contenu.Le questionnaire SEMAT a été construit pour répondre à cette exigence.Une première forme de questionnaire fut soumise au jugement d'un groupe d'étudiants et de 5 professeurs touchés par la méthode audio-tutorale.Chacune des variables-items reçut un jugement sur les aspects suivants par la totalité des professeurs* appliquant la 3.Dix professeurs de biologie, douze professeurs de chimie, sept professeurs de physique: vingt-neuf professeurs au total et la plupart Be ont environ quatre ans d'expérience avec la méthode À.T.EB 127 .À PS LL À a TER ENS A FPE PRES 5 A N \"+ A 5 NR ) IS ES N n° D SANS re \u20ac + RL 8 % Se ov > - or py pp yal pu dr 2e peur\u201d tua pa pO Sp pr) MER RE ER A M A AE rep et pe EAP TER guy \u2014 ow Ae \u2014 + pp ar or a 2 ~~ at\u201d pn A a me oad = 2000 prete me adr WS Yi pa AG \u2014 a SET =: re pa Te, ner rar Lit ee rer de Ra Tyre oie] re ihr ads shila ar a 0 PT JS AY jh Tigre hurt a Pr Ar rn ON NC LoL re CIs rer nd > pe ap Sit Ny BT ast v pe Cre TES ES ee OA A Méca rir pind te bee Ps 2 dater 0/0 a te A ra TA TRE NER A re (aC the ST ry \u2014 Cu Fret aér ser pape ae A AT Ta aes PR Thy Moor wir Ager py FOS Sh ATT pes puis, TE CAS VOUT AIRS AN A RA ST wey Ci NARNIA, J FCS RER ANNE AAA (MR RON ORNE méthode audio-tutorale: 1) la pertinence des indicateurs pour les aspects retenus; 2) la clarté des variables; 3) l'adéquation des variables ou objectifs de la recherche: 4) ia qualité de la représentation.Lors d'une pré-expérimentation, cent vingt-sept énoncés furent proposés aux professeurs et seuls ont été retenus les énoncés pour lesquels les professeurs étaient tous d'accord.Ce sont ces soixante-cing énoncés qui constituent notre instrument de mesure.Cette démarche devrait produire une validité de contenu car les juges ont une expérience avec la méthode.Nous n'avons pas tenté de quantifier la validité de contenu car conformément à Adams: «La validité de contenu ne peut être estimée par un nombre car l\u2019on n\u2019a pas d\u2019échelle pour mesurer la représentativité d\u2019un échantillon.I! est souvent difficile de définir l'univers et il est rare que l\u2019on ait un échantillonnage parfaitement aléatoire dans cet univers.La validité de contenu se rapporte plus par définition aux réponses d'une personne, à son comportement qu'aux items mêmes.C'est l\u2019utilisation, à l\u2019aide des tables de spécifications, des règles pour le choix des items etc., qui permet le mieux de juger si le test remplit le but qu'on en attend*.» La démarche décrite précédemment pour assurer la validité de contenu a servi comme étape de purification des énoncés et a permis l'obtention d\u2019un instrument de mesure fidèle.La fidélité a été déterminée à partir de 4.J.A.Adams, Human Memory, New-York, McGraw-Hill, 1967, p.111-112.128 la mesure du coefficient alphas.Pour l'instrument de mesure SEMAT présenté à l'échantillon de notre étude, le coefficient alpha de Cronbach obtenu est 0.94.Si l\u2019on juge par le coefficient alpha obtenu, nous pouvons considérer que le questionnaire SEMAT présente une consistance interne relativement élevée.Le questionnaire SEMAT a été présenté aux étudiants par les professeurs lors des deux dernières semaines de la session d'automne 1978.Ils y répondirent durant la période d'évaluation où des échanges entre le professeur et les étudiants ont eu lieu pour établir le bilan de la session.Ce questionnaire s'intègre bien dans cette démarche d'évaluation.Aucune critique négative n\u2019a été rapportée concernant les directives, la présentation et le contenu global du questionnaire.Au contraire les étudiants se sont montrés satisfaits de cette forme d'évaluation.| La signification des cinq points de l'échelle de satisfaction utilisée comme mode de réponse est la suivante: (0) Je n'ai pas vécu cette situations, (1) Trés insatisfait(e), (2) Insatisfait(e), (3) Moyennement satisfait(e), (4) Satisfait(e), (5) Très satisfait(e).Les résultats Le test statistique employé dans la vérification de l'hypothèse de travail et autres tests de signification est 5.Frédéric M.Lord et Melvin R.Novick, Statistical Theories of Mental Test Scores, Reading, Mass, Addison-Wesley, 1968, p.211.6.ll est à noter que la cote «O» n'a servi qu\u2019a I'étudiant qui n'avait pas vécu la situation particulière à laquelle il devait apporter son évaluation.Dans le calcul des moyennes, ce zéro fut transformé et reçut la valeur de la moyenne de l'étudiant au questionnaire.129 ET NE TE I SE RE I A I STS FET WA VE TY LARA WT) HEE LRM MAN EAR ER [a sara CA le test F (ANOVA).Le tableau 3 présente les moyennes ' generales obtenues pour la satisfaction globale et pour | les trois aspects (les trois principales échelles): les relations interpersonnelles (A), le cours (B) et les générali- | 4 tés (C).Ce tableau aide a interpréter la satisfaction glo- | 4 bale des etudiants de fagon a ce que nous puissions 3 observer les moyennes aux trois principales échelles en à rapport avec les étudiants qui suivent un, deux ou trois cours en audio-tutorat dans une même session, mais qui i suivent tous trois cours de sciences au total.a Les résultats du tableau 3 montrent, pour le ques- A tionnaire complet (65 items), une moyenne générale (M.G.) par item de 3.36.La transformation?des moyen- i nes générales (M.G.) sur une échelle de cinq unités | uniformise la lecture des moyennes, indépendamment fi du nombre d'items, et en facilite ainsi l'analyse.Les trois A échelles (les aspects À, B et C) se situent, par leur i moyenne, presque sur l'intervalle 3.0-4.0.ÿ RN ! C Hd M AEA AB G.An | i i | 4 | b id tres | | | | trés | bl insatisfait(e) | 4 i | | | satisfait(e) ! 1 2 w 5 - a 3 cree Ra ETP ADA ie at 8 000 132 qu cours A.T.A 7.G.Glass et J.Stanley, Statistical Methods in Education and Psy- 0 chology, Englewood Cliffs, New Jersey, Prentice-hall, 1970.ii 8.Nous avons divise la moyenne générale avec le nombre d\u2019items ing pour obtenir une moyenne générale sur une échelle de cinq unités.A i i] 130 ne Wo a si y Sp gi TE ER RYT HT UY ERO te Ty CRY IT i en, PETRY 9 PTR STR ALE GIP LTE PO PO Rr Ty ry) SC \u2026 oy; Lo EAL Sadat Late lehaie ub didd iddutrie LIL AA of 5e oe Fes ERI = : ESL RE Snr, 3 Les EI SE EE TE Fe ee 6 Ti En EN de Des SE > Ci EE EE TRACT Ie EIT VR Sn LA Sa She Es Ce EN EE LA ES cn = So CNL WINN wr ERE.pie ole, er A RR a aie > - RARE pe aga] TR Lee) TP on Sy tae Tableau 3 i Moyennes aux trois principales échelles [ en rapport avec les étudiants qui suivent E un, deux ou trois cours en audio-tutorat i dans une méme session.f ECHELLES MOYENNES NOMBRE MOYENNES E (Aspects) GENERALES D'ITEMS COURS A.T.1 2 3 E Relations inter- ~~ 30.45 9 30.51 30.78 30.15 E A | Le cours 161.16 47 159.33 163.09 161.68 | (B) | E.Autonomie et 26.78 9 26.01 27.45 27.00 by Participation iy (C) i TOTAL 218.40 65 215.66 221.23 218.91 | be NN.) BR 1 D : A y ve N ; N 5 A N Coro AT PT) .vo ee A A ae .Ra A ANE FOTN SE Caleta A Ne à wa FE a a AE SESS STE HS A RS FOV EAR Te *, = | 1 NS UC INEST I TESA RE NL NN Vu EY SE >, PORN vu à (7 You NE NE NATH A LH ROTH RE NA DEC ER ICN Rr x 4 Vash A A \u2019 * è ) 80 ia 6 Tob PARLEY As = +0 A 4 be a N .Hh .Qi X a i v HALAL EA 0 MAAR CEL RU ILL Bh HAA RRA EAE SEPA + IRINA Ve Les trois moyennes obtenues pour les différents a nombres de cours en audio-tutorat se situent dans l'inter- ik: valle allant de «(moyennement satisfait(e)» à «satisfait(e)».Cette constation est évidemment très générale et c'est plutôt l\u2019étude détaillée des résultats relatifs à ces échelles qui be peut déterminer la satisfaction ou l'insatisfaction.Néan- | moins, les moyennes semblent indiquer que les trois objec- i tifs généraux sont atteints d'une façon presque identique.A Conclusion A Nous pensions que la réponse a notre probleme 5 serait affirmative étant donné notamment que Erhart i avait trouvé que 80% des étudiants n'aimeraient pas M avoir plus d\u2019un cours par A.T.par année, malgré le fait que l\u2019A.T.était plus apprécié qu'une méthode conven- A tionnelle.Mais le résultat de cette analyse n'a révélé aucune différence significative entre les différents groupes d'étudiants selon qu'ils suivent un, deux ou trois cours en audio-tutorat dans une même session.À notre A surprise, les élèves inscrits à un cours en audio-tutorat LA dans une session ne sont pas moins satisfaits de leurs i cours en sciences que ceux qui sont inscrits aux deux ou PA trois cours en A.T.Il semble que durant une session, À nous pouvons donner au moins trois cours selon la Le méthode audio-tutorale sans pour autant affecter l\u2019atti- va tude de l'étudiant face à ses cours.LA Puisque dans notre étude, nous rejetons notre a hypothèse de travail, il n'y a pas lieu de faire de diffé- A rence quant à leur satisfaction, entre les étudiants qui 0 prennent un, deux ou trois cours en sciences dans une id même session avec la méthode audio-tutorale.Les résul- 2 tats obtenus de notre recherche n'ont pas démontré la ue 1 132 + , y SIAR saturation suggérée par Erhart.Il serait intéressant de comparer les conditions des deux études afin de savoir si le milieu, les différentes situations, les disciplines étudiées auraient pu expliquer cette différence.Malheureusement, l'étude en question de R.R.Erhart est une présentation orale et tout effort pour avoir accés à cette information s'est avéré infructueux.Cependant, il reste que, pour ce qui nous concerne dans le milieu québécois quant à la méthode audio-tutorale, nous n'avons pas trouvé cet effet de saturation dans les conditions spécifiques de notre étude: trois cours en sciences dans une même session avec un maximum de trois cours en audio-tutorat et la façon dont nous avons déterminé la satisfaction.|! faut rappeler qu'aucun sondage n\u2019a été fait parmi les étudiants qui suivent deux, quatre, cinq ou plus de cours en sciences.La population de notre étude se compose d'étudiants qui suivent trois cours en sciences dans une même session, ce qui représente le plus grand groupe d'étudiants: 69%.Les résultats de cette recherche ne sont valables que pour la population définie dans la recherche.On ne peut évidemment pas prétendre retrouver les mêmes résultats dans n'importe quel milieu et n'importe quelle discipline.Cette recherche a permis, sur un plan théorique, d'évaluer une méthode basée sur l'individualisation de l\u2019enseignement.Sur un plan plus pratique, la méthodologie utilisée et le mode d'évaluation retenu apportent aux utilisateurs de la méthode, des éléments pour repenser leur approche et travailler au perfectionnement de leur démarche pédagogique.|| serait intéressant d'étudier d'autres aspects tels que le rendement scolaire et les attitudes face a une 133 AA A A ASTI SAAT EE A RUSSE RENE AC ME COS ES DEEE ON Eo gn To Co Sp tle TST CF DIT SE EER A DEEE ; .NTH Gy ARNIS CL AAA TN méthode d'individualisation et de les comparer a un enseignement magistral, ceci autant dans les disciplines étudiées ici que dans d\u2019autres et auprès de différentes institutions d'enseignement.|! serait aussi intéressant de faire, dans une étude subséquente, une analyse plus détaillée au niveau des aspects et des indicateurs qui se réfèrent au concept de base de la méthode d'enseignement par audio-tutorat soit: enseignement axé sur l'apprentissage individualisé.De cette manière les chercheurs pourraient déterminer la valeur relative de chacun des moyens utilisés pour la réalisation de l\u2019objectif.Nous recommandons encore une fois aux intéressés travaillant sur la méthode audio-tuto- rale, de faire une analyse multivariée avec les sous-dimen- sions et de voir s'il existe une différence significative.Il ne faut pas oublier que l'étude à laquelle nous avons procédé est une étude comparative.Nous comparons en effet trois groupes différents d'étudiants selon qu\u2019ils suivent un nombre différent de cours en sciences avec la méthode audio-tutorale.Les matières scientifiques étudiées par les étudiants sont la physique, la chimie et la biologie.La manière dont l'étude a été conçue permet de comparer ces trois groupes.L'analyse a montré qu'il n'existe pas de différence globale statistiquement significative entre ces différentes populations en ce qui concerne leur attitude envers l\u2019audio-tutorat.Cependant, nous ne pouvons pas déclarer catégoriquement que d'autres variables non mesurées n\u2019introduisent pas dans l'étude une erreur systématique et c'est pourquoi nous recommandons de n'interpréter les résultats obtenus pour l'hypothèse qu'avec une certaine circonspection.134 Références bibliographiques W.A.Becker et L.K.Shumway, «Innovative Methods of Learning in a General Genetics Course» Journal of Heredity, 63(3), 1972, p.122-128 R.K.Edwards, An Experimental Study in the Teaching of Business Machines Utilizing an Audio-Visual Tutorial Laboratory Approach with Continuous-Loop Sound Films (Doctoral Dissertation, Michigan State University, 1969).Dissertation Abstracts International, 1970, 31, 1135A-1136A (University Microfilms No.70-15,020).R.R.Erhart, Audio-Tutorial Instruction in Physical Geography, Paper presented at the Audio-Tutorial System Conference, Purdue University, Lafayette, Indiana, October 1969.| Kathleen M.Fisher et Brian Mac Whinney, «AV Autotu- torial Instruction: A Review of Evaluative Research, AVCR, vol.24, no 3, automne 1976.Bojidar Sokoloff, L attitude du cégépien face à la méthode audio-tutorale (appliquée en sciences) en fonction du nombre de cours suivis selon cette méthode dans une session, Mémoire de maîtrise, Université de Montréal, 1980.L'enseignement par audio-tutorat au niveau collégial, Rapport préliminaire présenté à la direction des Services pédagogiques du Collège Édouard-Montpetit par les départements de biologie, chimie et physique, Longueuil, Collège Édouard-Montpetit, avril 1975.NT RTE SOL TINY NRHN Shay NNT Sg KY A À NY 1 > My D » cat NK \"os Hi A! M RAR Ne à i ?ENS ES PRIE, likley EI, PAR A = 2 Te = = re atom CER Bek fe nt sf pos | .NT .ih Pet RARE RO NERA Qu NEES ry hh NEN \\ Red RHINE AR TOA RRR TLE SHIRT ARTS Ik 3H , AIH HR .- N 18, ~~ a a a hd - ~~ ed - ee - - - - - us hr aie ~~ pa, wr ~~ 00 vv ; RAMEN % cer RON VE me 2 = 5 : Z em eee \u2014 ee em me mn ee \u2014\u2014\u2014\u2014 x DIS A AA: ie - tery Len rate ade > pr rts .lo ad pe - Jo a _.IX Le Ah.oro om oP so Ae =, \u2014_ \u201ci Dh - av pren Rey [Wat = TA a.PY pepe Core Les a.ZAP dpe] vip eg RLY POLAR en Era pO Tp ip re EL rT rt ny = Ey _ Se = ou er es net as vo ER a YT py ny 297 ry 0e 2020000 Poe g po rp = po ae me ye J NN pogo] in oe pr pry Fa = pre ES PE ca Fd moe.a» - ESS raté Soria SERRE mt pa > LA Jor DAN res dpe dye 3 hl 2 el re i) ne plan po) pe Lip sige 4 PAIS - pe re.os pe = Ty Le ae Dat\" PAG so EE pe ra p= ol 7 a a > z M ps B i ~ = % vi æ po i S = 3 a 2 : ec - _ LS.\u201c : po! Pa - 7 pi : _ 2 Pr Ë i > 3 Lu +\u201d + 4 3 g MS a fe fe tit - PTT SE CNE A ) By \\ Ve A NN Is y : + ë a = \u201c PA # Ig Daniel Bergeron pe Note sur le vol.2, no 1 de La petite revue de Philosophie Ex-étudiant au College Edouard-Montpe oe PE CE EE } abd SA AS) Lhe, 2! XK vois + t : Lo HL.y.8 hy i} ph ji MR i Ne SO: 20° M TE 8 3 A à \u20ac ar i iy i EB By i Hh a ne.il y A + ! D A 13 fe , § ¥ ; Ce texte est dédié aux auteurs du dernier numéro de La Petite revue de Philosophie du Collège Édouard- Montpetit à Longueuil.I! me semble en effet opportun de concilier les réflexions de ces textes dans la mesure d'un raisonnement ouvert à la réalité.\u2014 Que peut être le sens de la vie?\u2014 Est-ce que la sagesse peut être dans la projection et dans la dualité socratique ?\u2014 Comment l\u2019interne d'un homme doit vivre avec l\u2019externe pour ainsi se découvrir?\u2014 M'aimes-tu autant que moi, 6 mon bel amour! Mes sources viennent du doute et de l'expérience, et sont dans le chemin des perceptions des conseils que j'ai trouvés dans le style de Socrate, dans les sages paraboles du Christ et dans l'expérience et le raisonnement de Nietzsche.Comprenez que je suis encore jeune 138 M PTET nT Whale Lee IR PI TT CRT Tr ti or Laat 3 1000 : Rest vg! * ets «+ 9 - ge He - A.108 se vas\" \"= \"fe == .2e EEE PS MES PITRE ER pese ere à ce Poets Me coef ff et que mon exposé, comme moi, peut encore s'ouvrir.Sans tarder, je débute donc! Quel est le sens de la vie?Le sens de tout concept n\u2019a de sens que dans le fondement de son essence, ainsi le violon pour faire de la musique, etc.Quelle est donc l'essence de la vie en sachant que l\u2019essence est ce qui anime la raison d'être comme la musique est ce qui fait vivre le violon, qu'est-ce donc qui anime l'être?Tous nos gestes qui font nos buts trouvent une raison contenant notre vie sinon on perd le goût de vivre.Si la musique cessait, le violon mourrait! Rendons-nous compte que les oeuvres des hommes tendent à une vie pius facile par le biais de la technologie, c'est une harmonie, celle de la productivité par rapport à l'effectif.Rendons-nous compte qu'il y a des hommes qui cherchent l'harmonie sociale tandis que d'autres cherchent leur intérêt en se foutant bien d'écraser quelqu'un pour cela.Cette dualité d'intérêts, l'intérêt collectif contre l'intérêt individuel, est la barrière des hommes.Le malin à l'intérêt individuel sait bien se glisser dans les moyens économiques sociaux sous le prétexte de l'intérêt collectif.Il ne peut en résulter que !e chaos social qu'un oeil grandement ouvert peut voir.Le malin est donc un peu comme un violon anarchique dans une symphonie.La raison d'être est fondamentale ici, c'est l'harmonie contre la zizanie.L'homme sage et donc harmonieux doit lutter pour l'har- 139 Moo Wh EL TERT ha RR RANE A AR ANE BL monie s\u2019il n\u2019a pas d'autre raison de vivre.Cette lutte le conduit dans l'essence de la connaissance et donc de la vérité, car elle est fondamentale dans l'essence de l\u2019homme.C\u2019est la raison contre l'opinion, car l\u2019un et l'autre ont le même fondement, l'intérêt.Ainsi le génie de - Nietzsche, cet inconnu.La seconde question touche la sagesse et son éducation.Les philosophes ont un problème, ils prennent la réalité pour montrer l'essence, plutôt que de prendre l'essence pour montrer la réalité.Disons plutôt, les philosophes solutionnent un problème de la réalité par une compréhension idéale plutôt que de parler de la réalité pour éveiller la solution.Dois-je ainsi souligner que le vrai philosophe est rare.Il est connu que la sagesse se découvre dans la solitude, mais que peut trouver un homme qui ne cherche pas?D'où vient l'intérêt?L'intérêt ne peut naître que du besoin: qui en effet s'intéresse à ce dont il n'a pas besoin.Le besoin fait naître l'intérêt qui engendre l'intelligence, ce qui fait l'esprit, l'interne du corps.Dès que le besoin est comblé, l'intérêt s'amoindrit à moins que le besoin se réserve.Après déductions, on peut voir ici la clé du couple.Le besoin est ce qui contient l'intérêt, et l'intérêt est dans le désir comme le besoin est dans le désir de l'intérêt, ce qui est son essence! Or la sagesse est dans l'ouverture d'esprit, car un esprit ne peut s'ouvrir que dans la mesure où il craint de se tromper.La sagesse est donc dans le doute, et le doute vient du désir.140 La sagesse est dans la dualité désir-besoin et peut-être dans la projection d\u2019un second moi, car la projection à sa base est un besoin.Bref, la connaissance est dans le désir contre le besoin.Parlons maintenant de ce qui concerne l\u2019interne et l\u2019externe d\u2019un homme.L\u2019homme naît animal! car il ne vit dans ses premieres années que pour lui-même.Dépendamment des besoins non combliés, du désir matériel puis, du désir de lui- même, il s\u2019identifiera alors à un idéal provisoire.Si par la suite il réussit à s'en détacher, il fondra son désir dans ce qui l'entoure.Par la révolte ou par l'harmonie, ses désirs seront coincés ou délogés.Entendu que l'harmonie a besoin de la révolte pour ainsi se découvrir, et que la révolte a besoin de l'harmonie pour ainsi se justifier, ainsi l'homme est fait pour la révolte, pour accéder à la connaissance qui conduit à l'harmonie «la lumière», tandis que la femme est faite harmonie qui est l'affection.Somme toute, la femme est la paix du guerrier.Alors, pour revenir à notre exposé, le besoin change de visage, celui de ce qui l'entoure pour celui du sexe opposé.L'homme s'harmonise alors dans l'image pour ainsi retrouver son essence, tandis que la femme se retrouvera dans l'essence des sens de l'homme ce qui est l'image de l\u2019homme.De là, l\u2019interne et l'externe d'un homme.Comment terminer sans citer Nietzsche: «Jamais encore je n\u2019aitrouvé la femme dont j'aurais aimé avoir des enfants, si ce n'est cette femme que j'aime, car je t'aime Ô éternité, car je t'aime à éternité.» eee__e_#_.#e_#_e_e 141 DEL La ru se CORRIGER RESTS: ECTS RT TERR BRS, .\u2019 .* + - ALT ae +41 \u201c+ EK \u2019 aT.Be ee ve gi emg er SEE Si a ne ra ae 3 rane a more .me \", ara QE sv.CC IR 3 3 ARE] TRA ul Be I Av EE RSR TS LC Ty CN SL ET ECC EEE a rare pren mn mer \" (fo ATA BS Jl 7 + Pr oa Ju ye \"av, - PL BOM Mel id Ot I 3g Rot nd Xe ld Yeti JE SE Set SEAN ST SA AAT RIL RY OA A AIS Cl LR TS IT LT ei Li Ouen NE Ra I RE ME TEE AURA.SO * KX el AIT X CAT ld a x ait x aT x ee M Re rr II ge RA I ih i eT To SR Cr EN Ce .pe .> K i .v, .SL RN a \u201c le KOI oo 0s TE MT A nls x 3 =x - LT od hd i 0 .A .- > mi a eo me TS Te a Lm | Ten IG - > ee 2 aa pe Le Sx i hr .pe - yf oe pe, - - ~ y wig ~ \u2014 ah .\u2018- = .«a Aly > à A, - SID \u201ca py a = gl 4 Se phpdin fn tL bd pd AS - J oe 0 2 > rs - - hat ee À Lo .\u2014_ A, po £2 él Yd x a py sé ST) a ed lt .- PA LA AG © - a ET ren gar \u2019 - > .ry: oy NE A 4 _- + oy Sey, (ho _ nt > .» - , Pg\u201d SRN ASS > er rg tn +\".EP AT Ch pia, = 2 Xora A RII SIR TRY - bs A oes ee PRES a .Eur .AER \u20ac 5 = > a cs - ~~ rw, - - ~~ rw .= = TSE Cr Dre uen % etre qu es co Les pe are pen age S : ; : 1100 8 - 5 Is Le 2 (3 prose pr tree pomp \u2014\u2014 =o remet vo \u2014 Di coréen série 2 >.reas 8 ov pel A Se à bor ap fw =.ry py ~ as PLT PL RA ras 4 J - Per.ee _- Os pre pd 2 - - - Jr = po En A) oe a serape, J.ee rie rd cos pa a oo Y= re > Le - > pr PEE Sr Le] pe ES a > \u201cou Np a < es ey be, Ta Seni oa LY pro Pre ns pue peus Jp TT for Np ry J TNL ye wears we Ce prea iy SS on pS pe EE NT wr La rer ae ea RL yo pe yp SR PPT ep era ee PT gw Zo \u201cas.De LS PER Cp 2p a 00% Loo ois pr) TA LS LO SS YY [Yr Xe 7 A, [2 rye; PTY Se re yy LY rv fe os peas _ pra 04 re Ho Fare + ES Pt Pp bgt XX Eph ri pt an 3 - pe LP = « ba nied Tir) Mt ov Co ê Lu i 20 - \u20ac ~~ RR Les ENE AA CREE oy paye re Peps Pp = rs \u201c > Le = i Ca Pra ps put PN pg a a Sa pe Pr PO Le pe tag po 2\u201d ë = Pe ad pt pe y = ie Bt aE re) E pe x E Es Fo + Prat : be ; 2 ee bs pe Ps + pps Ps i po eee Le - PS - 3 a 8 ; ; t : e i 2 * 4,9 1 0 AN RES a ie 0 * CRETE TT TT va a, -Montpet ev, - 7 [A le 24 avril 1981 GEP Edouard [À Colloque de Philosoph au CE LE EE EB ee a ee Ee Un colloque se tiendra le 24 avril prochain, à partir de 10 heures A.M., au local C-30 du Collège Édouard- Montpetit, 945 Chemin de Chambly, Longueuil.I! portera sur le thème «Comment être révolutionnaire, aujour- d\u2019hui?».On trouvera dans le texte ci-dessous une amorce de réflexion portant sur le thème choisi, et qui indique en même temps l'esprit de la question.Tous sont invités à présenter une communication.Celle-ci peut prendre diverses formes, d\u2019une durée variant de 5 à 30 minutes.On le verra à la lecture du texte ci-dessous, ce colloque ne s'adresse pas principalement aux «professionnels» de la révolution, encore que ceux-ci peuvent également y trouver une place.Ce colloque s'adresse à quiconque, professeurs, étudiants, artistes, artisans, hommes de science ou simples citoyens que la question soulevée concerne.Ceux intéressés à présenter une communication sont priés de communiquer avec Pierre Bertrand, 674-8561 (si absent, laisser message à 679-2630, poste 169).144 RTE (NA TRATES.Ce colloque, organisé par des philosophes, s'adresse en priorité aux philosophes et, plus spécifiquement, aux professeurs de philosophie.Est-ce que la révolution a encore un sens dans la philosophie, aujourd'hui\u201d?Est-ce que le marxisme est le dernier bastion, en philosophie, où le concept de révolution ait un sens?Peut-on penser un au-delà ou un en deça du marxisme?Quel rapport peut-on établir entre le marxisme et les différents Etats qui se réclament de lui à travers le monde?Mais bien au-deià du marxisme, serait-il vrai que «la philosophie n'est plus que le recensement de toutes les raisons que l'homme se donne pour obéir\u2018»?Que penser, à cet égard, du genre de philosophie dispensée dans nos Universités?À quel endroit, par rapport à cette question, se situent la philosophie analytique anglaise, l'épistémologie, la logique, l'herméneutique dont certains départements de Philosophie semblent friands?La Philosophie est-elle passée au service, même subreptice, des valeurs établies?Sa prétention nouvelle à la scientificité est-elle un.désir de respectabilité, ou a-t-elle le pouvoir d'accomplir effectivement oeuvre de science, c'est-à-dire de mettre en question tous les préjugés, toutes les faussetés, toutes les obéissances, même lorsque celles-ci se parent du manteau de la vérité ou de la connaissance pure et objective?|| nous semble que toutes ces questions, et bien d'autres encore, sont impliquées dans la question du colloque: «Comment être révolutionnaire, aujourd'hui?».Une telle question a-t-elle un sens pour le philosophe non-marxiste?Toutes les avenues de cette question devraient pouvoir être explorées.Ce colloque doit constituer un vaste choc d'idées autour de cette question.Tous sont invités à prendre la parole, quels que soient leurs convictions, leurs croyances, leurs engage- 1.Gilles Deleuze, Nietzsche, coll.Philosophes, Paris, P.U.F., 1971, p.20.145 8 A RN A 8 Cee a ea Co Sa La 6 RE [SET ETE EN EN BERT CN EN Le Fe \\ \\ NC ST TEEN FE TT I PRE EN ES ET EEE RE TL LR ET TER UR LUG LR Rep, a J Re cappinn wf OARR Bont aie ile \u20ac oa AN RARE = NE sue: Lik eG \" LON GAN hb CELRN: hi id US ORNE No RAR ps RER: Ein LUS sets ia dede air ie ae tics dat LEE A af ha da AAA EE A > \u2019 a rat fro gn np, pa etes * wv gs ies fcr pet Pré Pa REA ES e bg EEE 3 ARAN Baa rit S00 ARLE Bf can ST ATEN ments ou leurs absences d'engagements.Peut-on en finir une fois pour toutes avec le sens de cette question?Si ce colloque s'adresse au premier chef aux philosophes, il ne peut manquer de s'adresser également à ceux qui sont intéressés par la question politique.La question de la révolution est peut-être d\u2019abord et avant tout une question d'organisation.Comment expliquer l'échec apparent des révolutions russe et chinoise?Ou plus positivement, une organisation révolutionnaire est-elle possible, une organisation qui sert de cadre à la liberté sans entraver celle-ci, qui ne se transforme pas en une nouvelle autorité, tout aussi terrible que celle qu'elle prétend abolir?Et c'est ici que les militants sont invités à prendre la parole.Aucune question n'est innocente.Une question comporte toujours des réponses cachées ou affirmées.La question «Comment être révolutionnaire, aujourd'hui?» ne peut manquer, quelque part, d\u2019être déjà une mise en question, déjà une provocation, et qui sait, si on sait y mettre l'énergie nêces- saire, d'être déjà révolutionnaire.Le colloque doit pouvoir être, dans son existence même une réponse à la question.S'il est réussi, on devrait pouvoir dire: «Voilà, cela est une façon d'être révolutionnaire aujourd'hui, cela découle d'une organisation à la fois impeccable et qui a permis au maximum l'exercice créateur de la liberté.» Saurons-nous, tous ensemble, relever ce défi\u201d Pour ce faire, la participation de tous est requise.La philosophie peut-elle être révolutionnaire, aujourd'hui?A-t-elle encore un rôle à jouer, un rôle libérateur ou un rôle de conformisme?La philosophie peut-elle, sans perdre de sa rigueur, bien au contraire, s'inscrire quelque part dans ce processus de libération de l'homme vis-à-vis tout ce qui l\u2019écrase.l'étouffe.l'exploite, le mortifie?Une telle interrogation est radicale, ou elle n'est pas.Elle emporte sur son passage tout ce qui a, jusqu'à maintenant, constitué le fond de l'humain, morales, culpabili- 146 p< oem tés, modèles, autorités spirituelles, etc.Quel est, à cet égard, le sens de la parabole de Nietzsche: comment l'esprit devient chameau, c\u2019est-à-dire celui qui porte le fardeau des valeurs établies, comment le chameau devient lion, c'est-à-dire celui qui critique et détruit ces mêmes valeurs, et enfin comment le lion devient enfant, c'est-à-dire celui pour qui la vie redevient jeu et joie de vivre?Quand on pose la question du caractère révolutionnaire de la philosophie, ne peuvent manquer d'intervenir les propos terribles de Nietzsche, citant Diogène: «Qu'\u2019a-t-il donc à montrer de si grand?Il s'adonne depuis longtemps à la philosophie et il n'a encore fait de peine à personne.Qui, c'est bien là ce qu'il faudrait écrire sur la tombe de la philosophie universitaire: «Elle n\u2019a fait de peine à personne\u201d*.» Qu'est-ce que la philosophie a à répondre à une telle mise en accusation?On ie voit, le sens de la question «Comment être révolutionnaire, aujourd'hui?» est multiple, elle se pose de toutes les façons.Ce sont toutes ces avenues, et bien d'autres encore, que le colloque devrait permettre d'emprunter.Une totale liberté est laissée aux participants, en autant que leur préoccupation soit la question pour l'exploration de laquelle le coi- loque a été mis sur pied.En terminant, nous faisons donc une invitation à tous pour qu\u2019ils fassent de ce colloque un évêne- ment irréversible, aux effets irréversibles, de telle sorte que se produise, dès maintenant, une transformation dans notre conception et notre pratique de la philosophie.Pierre Bertrand Gisèle Laberge pe 2.Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, coll.Le Livre de poche classique, nos 987-988, p.35.3.Nietzsche, Considérations Inactuelles IlI-1V, Aubier-Montaigne, Collection bilingue des classiques étrangers, 1966, p.167.P-GP 147 PAE MRR - ~ ae UE oar ew - - - - - Pa ne wa a TT n° ~~ + -\u2014 name en ~- ev ee wl =m ~~ er me rs es Se \u2014\u2014\u2014 2 \u2014 fs \u2014 A Zhe ~~ 2d Jol pry > ~~ PPLE cv me a ro pep rut td \u2014 me Er Ere 3 \u2014 ay wr Des) mem ry - > pret) co Frise Pen Ps - : = CE rg adel - Fry or a Kl A = Err pets Pata - = 5 a z ie 1 = - oT ~~ ty A an A tr Cu Wy, fair gt dry = w= part prunes der a mb) pe ty fis.Jory nat: te A mm A Jury 0 0 00 CN Ay ry pp = re ea Le PS prrlg ghd athe rai Dp ti he Et ee Tie PT Ter) = = PY PE TTI ep) Pao id =.PS fry pi ya passe pe Rte 3 RENEE ea PE ae CE WEE A i rar __- py - Fors bowie Jt Ne?py = 0} Ixy rare Len AN Tra a tr Party ak me ee a CARI air p= Mgr CNT, ppp ry Ap) pe PE i Ser Fg J pag SA) pr (Yr CP i 0 oY *.° x, p= 2 0 Ci A pes foal : a.; a ne pou AN = \"ue.os cS 3 ei 5 PEN = rene = pate - \u2014\u2014 rae se mam a ee errr aan ree ee eg \u2014 EL ur ont Le TABLE DES MATIÈRES het Liminaire .LL a aa p.ll E Énergie cosmique et sexualité chez Wilhem E Reich É, Jean-Pierre Boutin.p.1 É Sade ou le langage terroriste A Jacques Brochu .p.25 E Roland Giguére: les textes de l'oeil Claude Beausoleil .p.37 | Jean Piaget: déconversion philosophique et I domination sociale L Philippe Thiriart .p.41 A; La sagesse, une dimension de notre être É.Gisèle Laberge .1.1122110 222 p.61 Tableau d'époque Jean-Paul Daoust .p.75 Manifeste d'un philosophe jovialiste André Moreau .o.oo.p.83 Pourquoi le virage à droite\u201d | Pierre Bertrand .p.107 Le cégépien face à la méthode audio-tutorale Bojidar Sokoloff .ee p.115 Note sur le vol.2, no 1 de La petite revue de Philosophie Daniel Bergeron .p.139 Colloque de Philosophie au CÉGEP Édouard Montpetit le 24 avril .p.145 149 od bh ee a er» ee mary Rusty tr a ae > > qu ?NH.Wo Nei hE 1 \u2018 A qi.HEN Hie ne t : La a ~ ge Pn mec ee oS ui rth rane rv A ar mr te WF aw ow = CHET errr awe Sager rs ArT I vus Ste 2.tat a MANN fe ARR Christiane Gohier, Jocelyne Simard, Chantal Saint-Jarre, Diane Brière, Alan Murphy, Geneviève Boucher- Awissi, Michèle Caron, Jacques-Bernard Roumanes, CHRONIQUES: Bernard La Rivière, Pierre Bertrand, Chantal Saint-Jarre, Abonnements régulier : S 7.00 soutien : $10.00 prix du vol 9 no 2 : $ 3.50 PHI-ZERO Spécial: Femme et Philosophie vol.9 no 2 Du discours philosophique et de quelques indices pour reconnaître une écriture typiquement féminine.La Belle au bois parlant.Un destin pas si funeste que ça.Idéalisme et Matérialisime ou: l'envers d'un même décor.Marxisme et condition féminine.Divagations-Errances.A propos du féminisme et de la production//reproduction.Problématique de la femme comme étre humain au sein du système des valeurs économiques.Celle qu'on n'a jamais fini d'interroger.Mouvement masculin contre le sexisme.COLLOQUE: \u201cComment être révolutionnaire aujourd'hui?\u201d Bibliographies concernant la problématique Femme// Philosophie Adresse PHI-ZERO Département de philosophie Service de documentation Université de Montréal Case postale 6128 Montréal (Québec) H3C 3J7 150 Si i ; Foi ! 5 i ee PE = PR DE A EA EE LE IE TN se A ra OS PR DES RE TOR NE - > SAT - (3 _.RE res es a \u2026- \u201cTa RE TE EC Se ETES TEE rath Sa Cs Pa Le iin i ies St ob at AA yd eign VIENT DE PARAITRE FO LET DE PEN ee - a = PE [VOI pue ES Se et ve a, Pati eg = cv ORIENTALISME ET E ORIENT ALISME LINGUISTIQUE ET Louis Armantier { ge LINGUISTIQUE Cet ouvrage présente une syn- INTRODUCTION AUX PRINCIPALES LANGUES CONTINENTALES thèse de l\u2019histoire linguistique DE L'EXTRÊME-ORIENT de l\u2019Orient et dresse un remar- SA quable tableau d\u2019un des élé- Eo ments majeurs des civilisations ni de l\u2019Extrême-Orient.L'auteur | se livre également à une analy- be se linguistique détaillée des langues appartenant aux famil- ou les sino-tibétaines et tibéto-bir- | manes: le viétnamien, les lan- ge gues thaies, le tibétain et le Bi birman.Ë ORIENTALISME ET LINGUISTIQUE est disponible aux Editions Univers 3780 rue Saint-Denis, Montréal, Québec H2W 2M1 | BON DE COMMANDE | Je désire recevoir \u2026 exemplaire(s) du livre \u201cOrientalisme et linguistique\u201d au prix unitaire de $14.95.Ci-joint un chéque ou mandat-poste au montantde $ .| | Nom: X Adresse: Ville: .Code postal: 151 SR GENES \u2014\u2014\u2026 = EEE es | a ~~ = 1m 5 2 - ~ a ow am 0 = _ = \u2014\u2014\u2014 - Lage wa res moe we nw AT Te rrr mee py ro ar A TIA LT, wa oy a va ply yor rr si yor pT oe ns err ora Jr rr ep rag ey ee PpP irri igs Sr AeA art waive nae ple She Sg Set gr ruta) Edguy pry rary Tad To eh oe Wah A ny Er er =o pes PS \u2014 - re cu BC edd el 0 Sed pa vi gala ag ie ep pei per re ng = Be Te rot ~~ Cp a ne or ppr egy ER fr > C3 tr sr wry pny pt = by CE ct Pres _ Frere uw \u20ac air at bs Es XG ra = pres Larry ve oY pulpy ST RT rar § = cute ti pry Div LC CEE i Ee Tee xg pr Te a ia ner ORES Rg par hot ces ae ere Pry Wri 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Dt AIR SE \u2018 ui Avril 1981 Imprimerie Rive-Sud Achevé d'imprimer sur les presses de oe - a re \u2014 po Ld \u2014 2 PSs IOC \u201c4 & I , eee Er Ln gx LI Paria i! ra \u2019° A et re \u2018 A pa os ove\u2019 oyu al bd 0 pe a x v Ry hs a DCR ur A .eS he a\u201d a Le Sei - gd Co oy a RIRE ty Qu ee cer 4 a at Ai) a nl A4 nh ae x 4 x > ÇR SX RN Ta = PR A Sor + CS or : ed pl 16 4 £3 A 5% for IFA x J > ~ hd Le bd bs ae page - WH + a see Px Za?= py as ue x! 2 Po Pa PE ew \u2014 - ~ - = - < \u2014- = Pa ~~ mew wr = mw wn OR ON Te a ew eT aT mr - \u2014 a ae ~~ Tra EE ~~ a Ry ena a ~~ por \u2014 SF orl _- a fy Tena _ ay pps , = = cL SV Ps rd Pada A = - Sar a ~~ [re rec a N a > tr ~~ ar ver eee ES ce a) Para pr Cou ~ Te eue aa Me ue = = > PS > 2 an ppChaad\" Jp jada prey a i, te .EC EE > BSE ra perl Fes pF) RST PRICE CIR Pe pat atts FEE ~~ nee - > \u2014 + #3 nee -.-._- Tw, » + _ >= > - \u20ac ze : > * Pace, 7 2.\u2019 * £ .#3 a.J {= .%\\ oa r ; FE Py La 4 : > * rTM gel a] - c A > * = a == * Na ~ RLY ry \u201c3 w © = \u2014 is ara Pi __ "]
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