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Titre :
Empreintes
Éditeur :
  • Montréal :Maison québécoise du théâtre pour l'enfance et la jeunesse,2005-2011
Contenu spécifique :
Avril 2009, vol. 6
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Empreintes, 2009, Collections de BAnQ.

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[" PER E-1249 EMPREINTES AVRIL 2009 CON _ \\ \\ La toute petite enfance L'accueil et l'accompagnement des tout-petits au spectacle vivant Le 6 mai 2008.à la Maison Théâtre MAISON THÉÂTRE POUR LES JEUNES DE TOUS ÂGES un COMPTE RENDU DE LA TABLE RONDE La toute petite enfance L'accueil et l'accompagnement des tout-petits au spectacle vivant Le 6 mai 2008, à la Maison Théâtre Organisé par En partenariat avec la Maison Théâtre « Petits bonheurs - Le rendez-vous culturel \u201cdes tout-petits » Petit THÉÂTRE benheurs Le rendez-vous culturel des boub-petibs POUR LES JEUNES DE TOUS AGES La Maison Théâtre est subventionnée au fonctionnement par le Conseil des arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts de Montréal.Elle reçoit également l'appui de Patrimoine canadien notamment dans le cadre du programme Présentation des arts Canada.Pour la réalisation de projets spéciaux, elle bénéficie du soutien financier de I'Entente sur le développement culturel de Montréal intervenue entre la Ville de Montréal et le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec ainsi que du Conseil des Arts du Canada.Toutes ces instances sont ici remerciées.2 +1+ Québec CONSEIL DES ARTS Comat os art den ete DE MONTREAL Montréal és « Ministère de la Culture, des Communications | et de la Condition féminine We * Ministère des Relations internationales B + Canadian Patrimoine æ Conseil des Arts Canada Council Heritage canadien I> duCanada for the Arts Édition et production: Alain Grégoire Coordination éditoriale à partir du compte rendu rédigé par Hélène Beauchamp : Diane Chevalier Collaboration: Anne Nadeau Révision : Paul Lafrance Correction d'épreuves : Pascale Matuszek Réalisation graphique : Hypocrite Note: la forme masculine dans ce texte désigne aussi bien les femmes que les hommes.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2009 La Maison Théâtre et les tout-petits 5 L'ACCUEIL ET L'ACCOMPAGNEMENT DES TOUT-PETITS AU SPECTACLE VIVANT eee eee.7 Amener un enfant au théâtre 7 Regarder dans la même direction que l'enfant 8 Être un adulte présent 8 Accompagner les parents 9 Faire confiance 10 Accompagner les éducateurs 10 Prolonger le plaisir 1 Accueillir les tout-petits 12 Préparer l'entrée des spectateurs 13 \u2026 Mais s'il pleure ?14 La Maison Théâtre a été la promotrice de quatre tables rondes pour discuter de questions liées aux spectacles pour les tout-petits: de la création, en passant par la diffusion, jusqu'à l'accueil et l'accompagnement.À l'occasion de la quatrième édition de « Petits bonheurs - Le rendez-vous culturel des tout-petits », nous avons organisé le 6 mai 2008 un quatrième rendez-vous des professionnels des arts vivants, cette fois autour de la question de l'accueil et de l'accompagnement des très jeunes enfants au spectacle.Les réflexions se sont articulées autour de quatre questions: Comment préparer de très-jeunes enfants à une première expérience de spectateur ?Faut-il nécessairement accompagner les tout-petits ou leurs adultes?S'il y a accompagnement, à qui en incombe la responsabilité ?Doit-on prévoir un processus d'accueil spécifique des jeunes enfants?Pour apporter des éléments de réponses à cette problématique qui s'impose dès qu'on parle des tout jeunes spectateurs, nous avons invité des professionnelles qui ont témoigné généreusement de leur expérience: Josiane Arsenault-Dubé, responsable du développement scolaire à l\u2019'Arrière Scène, Centre dramatique pour l'enfance et la jeunesse en Montérégie, Anne Nadeau, coordonnatrice de la médiation théâtrale à la Maison Théâtre, et Myriane Demers, adjointe à la direction de Petits bonheurs.Elles ont été réunies autour de Pascale Mignon, psychologue et psychanalyste, coauteure du livre Les bébés vont au théâtre\u2019, dont la contribution a été déterminante.Je remercie Hélène Beauchamp, historienne et analyste du théâtre, complice de longue date de la Maison Théâtre, qui a su animer cette table ronde avec doigté, sensibilité et pertinence.Ce thème de l'accueil et de l'accompagnement répond manifestement à une préoccupation chez les artistes, les diffuseurs et les responsables de structures en art de la scène qui ont répondu nombreux à l'invitation.Bonne lecture.Alain Grégoire Directeur général Maison Théâtre * Patrick Ben Soussan et Pascale Mignon, Les bébés vont au théâtre, Éditions érès, 2006, 204 pages. L\u2019ACCUEIL ET L'ACCOMPAGNEMENT DES TOUT-PETITS AU SPECTACLE VIVANT Pascale Mignon, psychologue et psychanalyste, est invitée à ouvrir la rencontre, Elle nous situe tout de suite dans le vif du sujet: « Est-ce qu'il faut amener les enfants au théâtre?Je dis non.lis ont mille autres façons de vivre et de grandir qu'en allant au théâtre.Mais est-il bon d'amener les enfants au théâtre?Alors là, oui, ça peut être intéressant.Parce que du côté du théâtre, il est question d'imaginaire.Si on offre à des enfants la possibilité de nourrir leur imaginaire, ils pourront y puiser pour grandir.Mais ce qui me semble extrêmement important par rapport aux tout-petits, c'est qu'on ne peut pas le faire n'importe comment, n'importe quand.La notion d'accompagnement est pour moi essentielle.» Elle explique le caractère nécessaire de l'accompagnement par le fait que le tout-petit réagit au spectacle qu'on lui présente, et qui peut ne pas lui plaire.Ce qui ne veut pas dire, précise-t-elle, que le spectacle est mauvais.Quand un adulte se trouve dans cette situation, il peut choisir de s'en aller, mais pas le bébé qui ne marche pas encore.Il réagit donc autrement et il peut, par exemple, se mettre à pleurer.« On a à tenir compte de ça quand on propose un spectacle à des enfants.Et l'accompagnement est essentiel dans la façon dont l'enfant va réagir.» Psychologue et psychanalyste, Pascale Mignon s'intéresse depuis 1990 à la place et au développement de l'art et de la culture dans les structures de la petite enfance.Chargée de recherche au Groupe de Recherche et d'Action pour l'Enfance (GRAPE), elle a collaboré avec des artistes et des programmateurs, et organisé des stages de formation pour les professionnels de la petite enfance.En 1994, elle à participé à la biennale des spectacles jeunes publics « Ricochets » organisée par Anne-Françoise Cabanis. L\u2019adulte accompagnateur doit avoir une grande souplesse psychique, estime Pascale Mignon.« Il faut qu'il puisse à la fois regarder le spectacle et regarder dans la même direction que l'enfant qu'il accompagne.Regarder vers, accompagner l'enfant dans ce regard vers, et en même temps être attentif à ce qui se passe pour lui.Avec les bébés, ajoute-t-elle, on repère les regards qu'ils jettent à gauche et à droite ou derrière.Et s'ils ne rencontrent pas le regard qu'ils cherchent, ils peuvent le manifester.Par des pleurs, par une gesticulation, en tirant les cheveux.C\u2019est le corps qui bouge.Ces enfants qui ne parlent pas disent les choses à leur manière: avec le corps.Et là aussi on doit être vigilant.Celui qui accompagne doit être dans cette gymnastique : regarder le spectacle et être attentif à l'autre.On voit bien qu'un seul adulte ne peut pas accompagner 10 tout-petits de moins de 3 ans.Il faut que les enfants puissent aussi sentir la présence de l\u2019autre.» « ll y a chez le bébé toute une représentation de la proximité, de l'autre.Être proche de l'autre, à proximité: pour l'un, c'est suffisant que l'adulte soit derrière parce qu'il sait qu'il pourra se retourner; pour l'autre, il faut qu'il puisse le toucher.Et ça, on ne le sait pas à l'avance.» Cette notion de l'accompagnement de l'enfant se double de celle de l'accueil qui inclut la question de l'environnement sonore et visuel, de la présentation matérielle du spectacle, et de tout cet espace exploré par l'expérience théâtrale.|| peut y avoir là des occasions d'insécurité mais qui doivent être suffisamment contrôlées pour que l'enfant trouve en lui et autour de lui les ressources qui le rassurent.Cependant, si nous connaissons les émotions que vivent les enfants et leurs façons de les manifester, que savons-nous de ce que les tout-petits comprennent du spectacle ?« Ce qu'on sait, explique Pascale Mignon, c'est que le tout-petit fait des liens entre ce qu'il perçoit et la mémoire qu'il a de sa propre vie, qui est courte.Il fait des associations, au présent, avec ce qu'il vit.Il associe ce qu'il voit à la mémoire de ce qu'il a vécu.» Pascale Mignon ne parle cependant pas d'enfant spectateur avant 6 mois, c'est-à-dire tant que l'enfant n'a pas conscience de qui il est.Qu'il existe et que l'autre existe.Tant qu'il est dans la dépendance à sa mère, l\u2019autre n'existe que par rapport à la mère.« C\u2019est cette conscience de l'autre qui le met en phase de spectateur.Tant qu'il n\u2019a pas conscience de lui-même, il ne peut pas savoir.» Le tout-petit, au théâtre, entraîne donc l'adulte accompagnateur dans des situations variées où parfois, qu'il soit parent ou éducateur, il ne sait pas toujours quoi faire, ni quel comportement adopter.De plus, ces spectateurs ne sont pas chez eux, mais au théâtre.« Qui donne les règles ?» demande, en terminant, Pascale Mignon. « On a beaucoup d'expérience dans la sensibilisation des enfants, des éducatrices et des enseignantes, mais comment peut-on s'y prendre avec des mamans ?demande Josiane Arsenault-Dubé du Centre dramatique pour l'enfance et la jeunesse en Montérégie.À Beloeil, dans le cadre des \u201c Matinées Mères-Enfants\u201d, nous avons choisi, cette année, d'assister à une représentation d'AL di LA?.J'ai bâti un atelier pour donner à ces mamans des indices, des points de repère et pour qu'elles deviennent des accompagnatrices.» Josiane Arsenault-Dubé à demandé aux mamans ce qui, selon elles, risquait de perturber le spectacle.Les mamans ont répondu que ce serait leur enfant parce qu'il serait agité et n'écouterait pas.Elle leur a donc expliqué à quel point tout dépend d'elles et de leur attitude pendant la représentation.« Je leur ai dit que tout ce qu'elles ressentiraient serait capté par leur enfant, souvent assis sur leurs genoux.Que si elles étaient calmes et en état de réceptivité, l'enfant aurait de bonnes chances de l'être aussi.Qu'il y a beaucoup d\u2019inconnu pour un tout jeune enfant qui vient au théâtre la première fois, et qu\u2019évidemment il va se tourner vers sa mère pour trouver son ancrage.Si la maman est stressée, l'enfant le sera aussi; si, au contraire, elle est calme et détendue, il y a de bonnes chances qu'il le soit.» Elle leur a ensuite demandé ce qui, selon elles toujours, était un bon spectacle pour les enfants.« Est-ce qu'il faut que ça bouge, que les enfants soient stimulés, qu'il y ait de la lumière, une histoire avec un début, un milieu et une fin ?Je leur ai dit que ce serait probablement le contraire de ce à quoi elles s'attendaient.Qu'en plus, elles seraient assises sur des coussins! » Les spectacles, leur a expliqué Josiane Arsenault- Dubé, entraînent les tout-petits vers des découvertes qui leur demandent de prendre tout leur temps et d'exercer toute leur sensibilité : les mamans doivent les regarder avec les yeux de leurs enfants.« Les enfants vont s\u2019y retrouver et ils feront des liens avec leur propre vie.ll est bon de leur faire confiance et d'être là, attentifs au spectacle.Certaines choses peuvent même surprendre les parents qui risquent de découvrir quelque chose, une poésie, un moment spécial.Car le défi, pour les créateurs de ces spectacles, c'est de parler aussi aux adultes.» Josiane a remarqué que les mamans étaient nerveuses à l\u2019idée d'aller au théâtre avec leur bébé.« Il faut les rassurer, leur dire qu'on ne s'attend pas à ce que le bébé se comporte comme un adulte.Et même que c'est là ce qui intéresse les artistes.Il est bon de laisser le bébé écouter le spectacle à sa guise et de faire confiance à son intelligence.Il ira chercher dans le spectacle ce dont il a besoin.» ?Création de Laurent Dupont, production de Tam Teatromusica (Italie), présentée à la Maison Théâtre en mai 2008.9 « Accompagner unenfant au théâtre c'est se risquer à la rencontre de l'imprévisible, à ne pas savoir exactement ce qu'il faut faire, à être surpris devant l'attitude, les réactions, les émotions, les paroles d'un enfant.[.] C'est être un adulte qui na pas tout prévu, qui ne maîtrise pas tout, mais un adulte présent.» (Les bébés vont au théâtre, p.178) Josiane Arsenault-Dubé anime des ateliers pour le public scolaire, rédige des cahiers pédagogiques et invente des outils de sensibilisation au théâtre à l'attention du jeune public.Elle coordonne La P'tite troupe de l'Arrière Scène, pour laquelle elle écrit chaque année une pièce qui sera jouée par des enfants.Diplômée de l'Option-théâtre de Saint-Hyacinthe en interprétation, elle est inscrite à la maîtrise en théâtre à l'École supérieure de théâtre de l'UQAM. « Accompagner des enfants vers le spectacle vivant, avancer avec eux sur ses rives, c'est oser une autre forme de rencontre et d'échange : l'émotion, le plaisir, le déplaisir, l'étonnement, l\u2019inattendu en seront des ancrages.» (Les bébés vont au théâtre, p.178) FAIRE CONFIANCE L'auditoire veut échanger autour de ces propos.Eve Ledig, comédienne et marraine d'un stage qui se déroule dans le cadre de Petits bonheurs, réagit pour dire quaccompagner au théâtre n'est pas si différent d'accompagner dans la vie: « Il n'y a pas de plus beau rôle que celui-là quand on est parent: accompagner l'enfant Ia oii la vie le mene, 13 où sa personne en développement le conduit.C\u2019est aller vers quelque chose qui pourrait faire peur, angoisser, mais qui peut aussi donner beaucoup de plaisir.» Quelqu'un d'autre suggère de faire également appel à l'intelligence des parents et de leur faire confiance.La conférencière Pascale Mignon rappelle joliment que le théâtre vient réveiller des plaisirs enfouis chez les parents: « Quelque chose du petit est réveillé, réactivé chez le parent.Mais il est adulte et ne reviendra jamais à son enfance.Il faut donc pouvoir accompagner cet adulte qui va voir avec ses yeux d'adulte le spectacle adressé à un enfant et à des adultes.» Jasmine Dubé cite le dramaturge Fabrice Melquiot : « Je voudrais parler de l'émotion des adultes qui accompagnent les enfants.Je vois ce que je vois rarement en théâtre pour adultes, je vois des adultes émus d'avoir partagé ce moment-là avec leurs enfants.» Joël Simon, directeur du festival Méli'môme, à Reims, estime que le théâtre est une aide à la parentalité: « C\u2019est un temps partagé entre l'enfant et le parent, un temps unique qui va nourrir leur quotidien.Et nous nous posons la question suivante: comment parler aux parents du spectacle que leurs enfants ont vu avec leurs éducateurs?» Catherine Messier, qui travaille aux Jeunesses musicales du Canada, revient sur le fait qu'on forme les accompagnateurs et les éducateurs, mais très peu les parents: « Quand ils viennent, ils sont dépourvus, ne savent pas quoi faire, ni jusqu'où l'enfant peut aller, ni ce qu'on lui permet au concert.ll n'y a personne pour dire aux parents comment accompagner leurs enfants.C'est difficile.» « Souvent, ajoute Josiane Arsenault-Dubé, les adultes apprennent à être des accompagnateurs en même temps que des spectateurs.On leur demande d'être disponibles.Et si ça ne se passe pas bien ce jour-là, on leur rappelle que l'équipe du théâtre est là pour les aider.Aller au théâtre n'est pas une compétition sociale.Il faut plutôt mettre tout en œuvre pour que l'enfant soit en état de réceptivité.» Anne Nadeau, coordonnatrice de la médiation théâtrale à la Maison Théâtre, intervient alors pour rendre compte de ces occasions où elle partage avec des éducateurs et des enseignants sa connaissance du théâtre comme art et comme activité culturelle.S'il est bon d'accompagner le petit au théâtre, il est sûrement possible de le préparer à cette expérience.« Chaque éducateur sort au théâtre pour une raison différente : un divertissement, une récompense, le lancement d'une série d'activités ou une réflexion sur un sujet.Nous ne sommes pas là pour imposer une façon de faire mais pour écouter et pour donner les moyens d'aller plus loin.C\u2019est pourquoi la Maison Théâtre a mis sur pied le service 10 Info-Théâtre, afin, entre autres, d'aider l'éducateur à trouver le spectacle qui convient à ses attentes et à ses besoins.Les enseignants ont leurs goûts personnels, et ils sont dans un contexte scolaire.Certains des éducateurs sont déjà des spectateurs avertis et ils transmettent leurs connaissances aux petits.D'autres veulent acquérir cette connaissance.lls sont au fait de la pédagogie et connaissent les enfants de leur groupe.Nous, nous connaissons les spectacles et les concepteurs et nous nous préoccupons de construire des liens entre l'œuvre et les jeunes.Avec Info-Théâtre, je peux proposer des activités très précises pour chacun des niveaux scolaires », précise Anne Nadeau.Une éducatrice d'un centre de la petite enfance qui sort au théâtre avec son groupe d'enfants de 4 ans et qui dit le faire librement, sans objectif précis, par simple curiosité, demande s'il est important de faire un retour avec les enfants.« Un retour peut prendre différentes formes, répond Anne Nadeau.En parler avec les enfants, c'est déjà faire un retour.Et ce n'est pas nécessairement compliqué.C\u2019est dans le plaisir encore.En fait, vous aurez sans doute envie d'en reparler avec eux, et eux aussi.Etils vont sans doute le faire spontanément sans que ce soit organisé.Peut-être que ce qui vient spontanément va vous donner l'idée de tenter quelque chose de plus planifié par la suite.Encore une fois, il Faut se faire confiance.Vous connaissez les enfants avec qui vous travaillez, vous les amenez voir un spectacle, ils vont réagir à certaines choses qui vont ressortir de façon plus particulière pour eux: des moments du spectacle, un élément visuel.Et ça peut vous interpeller, vous aussi, personnellement.Vous allez le sentir.Vous allez voir ce qui va en sortir, et vous aurez, ou non, envie d'aller plus foin.Il y a des spectacles dont on sort plein de questions.Et ça peut aussi être intéressant de leur retourner les questions.On n'est pas obligé d'avoir toutes les réponses non plus.Même quand on est l'adulte! Les enfants aussi ont des réponses.» « L'artiste dit quelque chose, il a un propos, une vision, mais il ne sait pas tout de ce qu'il dit parce que les personnes qui le reçoivent l\u2019interprètent, elles, à leur tour.Elles vont l'avoir compris à leur façon, et c'est l'échange qui suit qui est intéressant, le partage.Des fois, l'échange viendra après deux jours.ou six mois.Il faut laisser couler le temps.Pour voir ce qui reste.Après, on va à la pêche, et on voit.» « Mon rôle est donc de tisser des liens, conclut Anne Nadeau.Je suis une passeuse, une vulgarisatrice.Je confirme, je rassure, jexplique.Les artistes font leurs propositions, que chacun peut recevoir sans mon intervention selon son bagage, sa sensibilité, ses expériences, ses goûts, son imaginaire.Mon intervention sert à bonifier la rencontre, à outiller ceux qui le demandent, à permettre d'aller plus loin.» 11 Anne Nadeau est diplômée en enseignement de l'art dramatique et possède une maîtrise en théâtre.Elle cumule plusieurs années d'expérience en enseignement et en animation théâtrale.Elle a donné des ateliers, rédigé des cahiers pédagogiques et préparé des centaines d'enfants et d'adolescents à leurs sorties au théâtre. « Accompagner au théâtre un très jeune enfant, ce serait donc d'abord partager ce temps avec lui.Etre Ia ensemble, pour regarder une méme représentation, et étre disponible pour laider « discrètement » à avancer vers là où il veut.» (Les bébés vont au théâtre, p.168) Myriane Demers est titulaire d'un baccalauréat en art dramatique.Elle a travaillé plus de 15 ans au Théâtre de la Dame de Cœur à titre de marionnettiste, coordonnatrice et animatrice.Elle a également œuvré dans le milieu des services de garde en tant qu'éducatrice et formatrice et a collaboré à plusieurs projets de médiation culturelle.Au moment de cette rencontre, le festival Petits bonheurs bat son plein et Myriane Demers en est tout habitée: « Techniquement, ce qui me préoccupe cette année, c'est l'installation de tables à langer dans les toilettes des hommes et des femmes et d'une petite marche devant les fontaines pour que les enfants puissent boire ou se laver les mains.C\u2019est la confection de 200 coussins, l'achat de 40 matelas de sol et de 150 petites chaises pour que les enfants soient bien assis.Nous avons complété l'équipement de notre salle de spectacle et ajouté des gradins.Pour les spectacles de petite jauge, nous utilisons des salles qui assurent la proximité entre la scène et les spectateurs.» « Nous pouvons compter sur une très bonne équipe de bénévoles.L'année passée, j'ai pu leur donner des directives pour l'accueil des gens.Nous demandons aussi aux compagnies de nous dire comment accueillir leur public parce que chacune a sa façon de faire.Certaines ont un accueil personnalisé, intégré au spectacle.Pour d'autres, c'est beaucoup plus libre.Certains tout-petits viennent avec grand-papa, grand-maman, papa, maman, mais on essaie de limiter à un adulte par enfant et de placer les petits devant.Ce sont les deux grandes directives: placer les gens de façon à ce que tout le monde puisse bien voir et faire en sorte que les enfants soient privilégiés.» Un des moments les plus importants pour ces spectateurs est le passage de la rue au lieu de représentation.Myriane Demers raconte comment, pour un certain spectacle, les tout-petits devaient faire un long trajet en coulisse, entre le hall d'entrée et la salle, en passant derrière les rideaux, dans le noir.« Apeurant\u2026.» dit-elle, en ajoutant que, même si Petits bonheurs en est à sa quatrième édition, tout reste encore à faire et que son équipe bénéficiera beaucoup de l'expérience de cette année.Onle constate, pour ce qui est de l'accueil et de l'accompagnement des petits au théâtre, il reste encore plusieurs balises à planter.Dans le prolongement de cette réflexion qui, onle sent, était nécessaire, les participants à cette rencontre ont proposé plusieurs pistes à suivre pour des actions porteuses.La comédienne et animatrice Vladana Milicevic rappelle la façon dont la compagnie française Ramodal, dans le spectacle Toot ouie, accueille les enfants en les conduisant doucement vers la salle, en les plaçant un à un, en s'adressant de la même façon aux adultes et aux enfants, ainsi mis en confiance.Cette compagnie déroule un « chemin de lumière » pour conduire les enfants vers le lieu du spectacle, et la personne chargée de cet accueil, habillée comme les deux comédiens, est intégrée au spectacle.12 Alain Grégoire, directeur général de la Maison Théâtre, veut approfondir la discussion et demande quel accueil on peut offrir quand on n\u2019a pas de « chemin de lumière », quand l'entrée des spectateurs n'est pas intégrée au spectacle.« Il n'y a pas de recette bien sûr ; mais comment concevoir, prévoir et régler l'entrée des spectateurs ?» Enréponse, Louise Allaire qui dirige le centre de diffusion Les Gros Becs à Québec décrit l'expérience particulière qu'elle vient de vivre avec deux spectacles qui s'adressaient aux bébés de 18 mois et plus: « Notre théâtre est sur deux étages.On accueille les spectateurs au foyer et il faut ensuite monter vers la salle.Il y avait donc un trajet à prévoir.» « Au foyer, poursuit Louise Allaire, je nai pas diminué le personnel d'accueil, qui est resté le même pour 50 spectateurs que pour 240.On laissé l'espace complètement libre, avec les jeux qui sont déployés sur place.Il ne fallait pas que les enfants se perdent ni que les parents soient stressés.On a donc installé une atmosphère très relaxe.Puis, j'ai réuni tout le monde doucement, j'ai expliqué qu'on allait faire un petit voyage, que j'amenais les parents.tout en donnant les consignes de prudence.Il fallait ensuite intégrer les artistes qui étaient déjà sur scène à notre arrivée.L'idée était d'établir un dialogue entre le personnel d'accueil, les spectateurs et les artistes sur scène.L'objectif était de créer un climat de relaxation et d& rencontre.Un climat de confiance.» « À Lillusion, Théâtre de marionnettes, témoigne Sabrina Baran, nous accueillons les spectateurs à partir de 2 ans \u2014 et souvent moins \u2014 dans notre petite salle de 30 places.On a vraiment opté pour le rapport à la famille.Une première expérience au théâtre passe par l'accueil et commence à la réservation des places.On explique comment ça va se passer, on rassure.Puis, on accueille les enfants un par un, en répondant aux questions, en laissant le temps à tout le monde de s'installer.Dans le calme.Il arrive que les parents soient nerveux, qu'ils mettent beaucoup d'espoir dans leurs enfants pour qu'ils se comportent bien.Mais je pense que dans une atmosphère calme, tout se passe bien.» 13 Hélène Beauchamp Anne Nadeau Josiane Arsenault-Dubé Myriane Demers Pascale Mignon Alain Grégoire « Le risque du théâtre ne serait pas le risque du rêve qui ferait oublier la vie, mais celui de la rencontre, de la parole, de l'émotion, du rêve qui donne du goût à la vie.» (Les bébés vont au théâtre, p.179) « L'enfant a le droit de réagir, mais s\u2019il pleure, que fait-on » lance l'auteure et comédienne Jasmine Dubé.Selon Pascale Mignon, il y a plusieurs pleurs.il y en a qui obligent à sortir parce que ça ne convient pas à l\u2019enfant.Dans d'autres cas, ce sont des moments qui permettent à l'enfant d'exprimer ce qu'il ressent.« Je ne suis pas en train de dire qu'il faut laisser les enfants pleurer dans les salles de théâtre, mais qu'il ne faut pas sortir avec eux trop tôt.Ce n'est pas parce l'enfant dérange les autres qu'il faut le faire sortir.On le fait sortir s\u2019il est mal.C'est mon point de vue.Convier des tout-petits au spectacle; c'est accepter qu'ils soient troublés par les réactions des autres.» Alain Grégoire, de la Maison Théâtre, relance la question: « Laissons pleurer les enfants, puisque c'est à eux qu'appartient la représentation.Mais comment réagit alors la personne qui est sur scène ?» « J'ai souvent été confronté à cela, avance Alberto Martinez du Théâtre de la Guimbarde.Je me suis rendu compte au bout de trois ans de tournée que je pouvais déceler dans les pleurs d'un enfant, dans ses réactions, s'il allait se calmer ou non pendant la représentation.J'ai développé cette sensibilité qu'ont les parents.Je reste donc assez calme.On arrive à savoir si l'enfant sera perméable à ce qu'on lui propose ou si quelque chose l'empêche d'être réceptif.Dans ce cas, ça ne sert à rien de le forcer à rester dans la salle.ll Wen retirera rien.Maintenant, je le dis aux parents avant le début du spectacle: si vous voyez que votre enfant ne se calme pas, sortez tranquillement.Il ne faut pas le forcer.» « Comme spectatrice et comme adulte, quand je vois un enfant qui pleure, qui bouge, qui dérange la salle, je me dois d'intervenir.On fait partie d\u2019une collectivité », répond Jasmine Dubé.\u2018 Pascale Mignon précise: « Ce que je dis, c'est attention à ne pas les faire sortir trop tôt.Si exprimer une émotion c'est être exclu du théâtre, ca m'interroge.» « Un enfant qui a peur et qui pleure se calme à un moment donné, il comprend.Ça fait partie de l'apprentissage de la vie », renchérit Alberto Martinez.S'il est possible de dresser un premier constat à la suite de cette rencontre sur l'accueil et l'accompagnement des tout-petits au théâtre, c'est d'abord pour souligner qu'il n'existe pas, dans l'absolu, de façon de faire qui soit parfaite ou idéale.Ceux qui en ont discuté à la Maison Théâtre sont manifestement à la recherche de ce qui conviendra le mieux à leur lieu, à leurs spectateurs, à leurs créations, dans un esprit de rencontre, de dialogue et de respect mutuel.14 Empreintes vise à rendre compte des rencontres professionnelles organisées par la Maison Théâtre donnant lieu à des réflexions qui contribuent à l\u2019évolution de la pratique théâtrale pour l'enfance et la jeunesse.Numéro 1, septembre 2005 Le Rendez-vous Zéro-Six Les enjeux de la création pour la petite enfance Numéro 2, mars 2006 Les actes du forum Quels théâtres pour quels publics ?Première partie \u2014 La place qu'occupent les publics à l'étape de création Numéro 3, juin 2006 Les actes du forum Quels théâtres pour quels publics ?Deuxième partie \u2014 Les conditions de la pratique en théâtre jeune public Numéro 4, décembre 2006 Séminaire La création pour les enfants de zéro à trois ans Explorer différentes approches d'ici et d\u2019ailleurs Numéro 5, septembre 2007 DiversiTHEATRE Projet exploratoire sur la diversité culturelle et le théâtre jeune public 15 Maison Théâtre 245, rue Ontario Est Montréal (Québec) H2X 3Y6 Canada t.514 288-7211 f.514 288-5724 maisontheatre.com , "]
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