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Titre :
Empreintes
Éditeur :
  • Montréal :Maison québécoise du théâtre pour l'enfance et la jeunesse,2005-2011
Contenu spécifique :
Septembre 2005, vol. 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Empreintes, 2005, Collections de BAnQ.

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[" ER, E-)971 Co nN a ALN Le Rendez-vous Zéro-Six Les enjeux de la création pour la petite enfance Tenu le 9 mai 2005 le I pn La Maison québécoise du théâtre Ü 1 arm atv pour l'enfance et la jeunesse Le Rendez-vous Zéro-Six Les enjeux de la création pour la petite enfance Tenu à la Maison Théâtre le 9 mai 2005 Organisé par La Maison québécoise du théâtre pour l\u2019enfance et la jeunesse (Maison Théâtre) En partenariat avec Méli\u2019môme \u2014 Association Nova Villa (Reims, France) Petits bonheurs, le rendez-vous culturel des tout-petits Consulat général de France a Montréal Tiré du compte rendu rédigé par Raymond Bertin Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, 2005 SRE fi Créer pour les bébés Le Rendez-vous Zéro-Six aura été dense en contenu et aura suscité de vives réflexions a posteriori.Nous avons extrait des actes de cette rencontre une ligne directrice, les dénominateurs communs qui permettront aux artistes, aux diffuseurs et aux adultes accompagnateurs de réfléchir à la problématique entourant la création et la présentation de spectacles pour la toute petite enfance au Québec.Si les enjeux de la diffusion se déclinent en contraintes financières parce qu\u2019il y a la réalité des petites jauges, du temps d'accueil et d'accompagnement, les enjeux de la création, quant à eux, ne s'énoncent pas aussi clairement.Une question semble s'imposer.Faut-il absolument créer pour les tout-petits, y a-t-il urgence ?Puisque les prérogatives de marché ne peuvent être une motivation première de création pour les artistes et que, pour l\u2019instant, les spectacles québécois pour les bébés et les tout-petits ne sont pas nombreux, l\u2019enjeu majeur résidera donc dans la réponse qui sera donnée à la forte demande du public.Ce même public scolaire et familial que nous avons sensibilisé à des propositions théâtrales aussi riches que diversifiées.En laissant vacant un tel créneau du marché jeune public, ne risquons-nous pas d'ouvrir la porte à une pratique théâtrale plus expéditive, plus commerciale ?Ou alors, ne pourrons-nous compter que sur des productions étrangères pour combler ce désir des parents et des éducateurs québécois de partager des sorties artistiques avec leurs tout-petits ?Habités par ces interrogations, nous vous souhaitons une bonne lecture.NEY Alain Grégoire Directeur général de la Maison Théâtre La Maison Théâtre souhaitait depuis longtemps partager sa réflexion sur la question de la création pour les très jeunes enfants.Petits bonheurs, nouvel événement destiné au tout jeune public, lui a fourni une occasion en or de le faire.L'assistance, composée de gens de théâtre mais aussi de la danse et de la musique, de représentants du monde politique et du milieu de l'éducation, de parents et de plusieurs diffuseurs, fut nombreuse à ce troisième Rendez-vous organisé par la Maison Théâtre.Après un premier consacré au théâtre pour adolescents (2001) et un deuxième sur la relève en théâtre jeune public (2002), il s'agissait cette fois d\u2019interroger une pratique émergente qui nous interpelle tous.« Nous agrandissons la réflexion autour d\u2019enjeux qui nous préoccupent, dit d\u2019entrée de jeu le directeur général de la Maison Théâtre, Alain Grégoire, pour parler de la création, de la diffusion et de l\u2019accompagnement du spectateur dans ce que nous appelons entre nous \u201cle théâtre pour bébés\u201d.J'étais un peu dubitatif quand on m\u2019a parlé de Petits bonheurs : trouverait-on assez de propositions théâtrales riches et diversifiées pour programmer de façon annuelle un tel festival ?Car l\u2019offre de spectacles en direction des tout-petits, au Québec, est minime.Si on se réfère à l'expérience de la France depuis plus de 15 ans, le même désir artistique existe-t-il de ce côté-ci de l'Atlantique ?On observe une demande croissante de la part des publics, des parents.La Maison Théâtre, intermédiaire entre les artistes et les publics, peut-elle jouer un rôle de stimulateur sur le plan de la création ?», demande-t-il aux participants.Le défi est grand pour les créateurs.|| suscite questions et réflexions autour des lois du marché, de l\u2019offre et de la demande, des attentes des diffuseurs et des parents, mais aussi des désirs des artistes.Ceux-ci pourraient, s\u2019ils en ont la piqûre, trouver plus d\u2019émulation qu\u2019ils ne croient dans ce théâtre pour petits.L\u2019enfant.en.tant.qu'âtre.social\u2026\u2026\u2026 Anne-Françoise Cabanis se consacre au théâtre pour les 0 a 3 ans depuis plus de 15 ans.Elle est l\u2019une des pionnières du mouvement de création dédiée à la petite enfance en France.En ouverture, elle nous fait part des acquis « théoriques » de son expérience, « des choses raisonnables, raisonnées », dit-elle, puis livre des pensées plus personnelles, poétiques, « en tant que maman et ancien bébé ».Elle rappelle les débuts, le premier spectacle en 1987, les passions et réactions tant positives que négatives qu\u2019il suscita.« Après 18 ans, en France, on peut dire que le théâtre pour les tout-petits est A devenu majeur.Des spectacles pour les bébés ont vu le jour.Dans une société en perpétuelle mutation comme la nôtre, l'univers des tout-petits a changé, en particulier depuis qu'on sait, preuves scientifiques à l\u2019appui, que le bébé est une personne », précise-t-elle.Anne-Françoise Cabanis fait l'exposé des recherches successives effectuées au fil des décennies, car « on ne peut dissocier la réflexion sur le spectacle pour la petite enfance de la réflexion sur le statut de l'enfant dans notre société.Jusqu'à il n\u2019y a pas si longtemps, les bébés n\u2019étaient guère considérés dans nos sociétés.L'enfant ne parle pas, donc il n'existe pas beaucoup non plus.S\u2019il ne parle pas, tout le monde parle à sa « On ne peut dissocier la réflexion sur le spectacle sans langage, on ne peut pas exister.» Anne-Françoise Cabanis renchérit : « L'enfant, tout-petit, a déjà toute son intelligence, et il est important que la communauté éducative suscite, éveille, titille cette intelligence.» Et qu\u2019on cesse de répéter le cliché « ils ne comprendront pas », une forme de défense, selon elle, pour certains adultes.Le bébé, un spectateur.a part entiére.« Le petit a des besoins premiers : être nourri, soigné, logé, lavé.On peut aussi se nourrir de paroles, de fictions portées par l'imaginaire et la mise en récit de l\u2019autre, du monde.Au début, les spectacles pour la petite enfance ont provoqué de la suspicion, du rejet, de la colère, de la peur, voire du scandale.Certains prétendaient qu\u2019on était en train de traumatiser les enfants en leur proposant des formes artistiques\u2026 pour la petite enfance de la réflexion sur le statut de Aujourd'hui, en France, ces spectacles l\u2019enfant dans notre société.» Anne-Françoise Cabanis place.» Elle cite quelques mots du philosophe Jean-Jacques Rousseau, le premier à apporter une vision moderne, dans Émile ou De l'éducation, et à montrer la nécessité de l\u2019_éducation sensorielle et motrice du bébé.Puis, la perception de l\u2019enfant comme être à part entière, sujet de ses propres émotions et non objet des désirs des adultes, se confirme avec Sigmund Freud, Jean Piaget, qui étudie le développement de l'intelligence et des capacités motrices de l\u2019enfant, et D.W.Winnicott, psychanalyste anglais qui définit l\u2019enfant comme un être social impliqué dans une relation : seul, le bébé n'existe pas.Dans les années 1960, le psychanalyste Hubert Montagner décrit cinq éléments chez le tout-petit qui correspondent à chacune de ses capacités.Enfin, la « grande prêtresse » Françoise Dolto « a consacré sa vie professionnelle à reconnaître l'enfant et ses compétences, en lui donnant le droit à la parole : l'enfant est un être de langage, et 6 sont bienvenus dans la plupart des lieux de vie : crèches, garderies, pouponnières.» Bien qu'il n'y ait pas de modèle unique et qu\u2019il soit difficile de définir un dénominateur commun, Anne-Françoise Cabanis détermine certains critères indispensables.Elle rappelle d\u2019abord l'importance de présenter aux petits de véritables spectacles créés par des artistes professionnels « en pleine possession de leur savoir-faire », peu importe la discipline : théâtre, musique, arts visuels, danse.Le premier critère, obligatoire, est la durée du spectacle, qui ne peut excéder la capacité d'écoute des enfants, soit une trentaine de minutes : « Au-delà, on risque de les perdre.Il faut dire que les enfants se donnent totalement dans cette écoute d\u2019une intensité extrême.Second critère : le rythme.Le spectacle doit se construire sur le rythme de l\u2019enfant, un rythme organique, comme la vie.» Troisième critère : tout est possible.« I! peut y avoir du texte ou ne pas y en avoir, de la musique ou non ; les mots sont aussi musique.Les enfants tirent du sens des émotions transmises, du plaisir des mots, ils comprennent des choses ; s'ils ne comprenaient rien, comment apprendraient-ils à parler en nous entendant ?» « Dans un spectacle, il n\u2019y a pas à apprendre mais à prendre.Il n\u2019y a pas une ; , lecture unique d un spectacle, à la fois un acte intime avec lequel chacun le reçoit à sa façon.» chacun entretient une relation Pour conclure la première partie de son exposé, Anne-Françoise Cabanis vante les bienfaits de la rencontre artistique pour tous, enfants, artistes, adultes accompagnateurs : « Le propre Anne-Françoise Cabanis du théâtre pour les tout-petits est d\u2019être une forme de spectacle ou d'action artistique qui oblige les artistes à retourner à des choses simples et fondamentales de la relation à l\u2019autre.Comment, le monde intérieur qui est le mien, je le donne à partager à l'autre ?Par la richesse de ce qu\u2019on leur propose, des choses inconnues pour eux, il faut mettre les enfants en appétit : les amener à déguster, à savourer les mots, les images, les sons.Dans un spectacle, il n\u2019y a pas à apprendre mais à prendre.[| n\u2019y a pas une lecture unique d\u2019un spectacle, chacun le reçoit à sa façon.Le bébé est un spectateur à part entière.Le travail d\u2019accompagnement, la présence de l'adulte, parent ou éducateur, est fondamental pour que l\u2019enfant ait envie de revenir au spectacle.L'accompagnateur, ancien bébé lui-même, est aussi un spectateur à part entière : il transmet à l\u2019enfant ses propres émotions.La concentration, l'écoute, la qualité d'échange et de regard très forte des enfants, qu\u2019on peut observer lors des représentations, déterminent aussi leur relation avec les artistes.» Sous le titre Les bébés aiment-ils aller au spectacle ?la conférencière résume ses observations : « J'ai vu de tout-petits enfants émerveillés, époustouflés, étonnés ou stupéfaits, attentifs et curieux, offrir l'intensité de leur regard aux acteurs qui sont en face d\u2019eux.La taille de leurs yeux arrondis, écarquillés comme pour ne rien perdre, m\u2019a souvent marquée [.].Des spectateurs à fleur de peau, extraordinaires, à l'écoute si fine et si attentive.» Elle constate que le temps de la représentation, et le silence qui suit, est un temps de rencontre extraordinaire entre l'enfant et son adulte, entre l\u2019enfant et les autres petits.« || m\u2019a semblé que le spectacle est passionnelle, épisodique, déchirante ou délirante, et un acte public.Le théâtre est aussi une aventure collective et si je prends des risques, je ne suis pas seule.» La création pour les enfants de 0 à 6 ans obéit-elle a des règles précises?Après les applaudissements de I'assistance, l\u2019animatrice, Diane Chevalier, coordonnatrice de l\u2019action culturelle à la Maison Théâtre, lance la discussion : « La création pour les enfants de 0 à 6 ans obéit-elle à des règles précises ?» Lise Gionet, codirectrice artistique du Théâtre de Quartier, mettait en scène récemment le premier spectacle québécois pour les petits à partir de 2 ans, Glouglou : « Est-ce si spécifique, comme création ?Pour la première fois en trente ans de métier, j'ai demandé à mes collaborateurs de ne pas penser au public, de ne surtout pas penser qu\u2019ils faisaient un spectacle pour les tout-petits ; j\u2019ai gardé cette préoccupation pour moi.J'ai dit à l\u2019auteur, Louis-Dominique Lavigne : \u201cTu écriras plus tard, nous allons faire tout le travail en amont de Anne-Françoise Cabanis l'écriture.\u201d J'ai commencé par l'éclairage, la scénographie, le mouvement avec Hélène Blackburn.Plus tard, j'ai demandé l\u2019auteur d\u2019écrire dix phrases ; il a un peu dépassé.» Quand la chorégraphe Hélène Blackburn, directrice artistique de Cas Public, a été approchée par Lise Gionet, elle avoue avoir eu des réticences : « Le grand domaine du jeune public était nouveau pour moi, alors quand Lise m'a parlé des petits à partir de deux ans, j'ai ri d\u2019elle : voyons donc, ils ne savent même pas qu'ils sont un public, ces enfants-là ! C'est du public sauvage.J'avais beaucoup de préjugés.On a travaillé non pas sur une chorégraphie mais sur des mouvements : les rapports sensuels, les contacts physiques entre les personnages.Quand j'ai vu le spectacle avec des bébés, j'ai eu la révélation, le choc de les découvrir comme spectateurs, avec la concentration exceptionnelle dont parlait Anne-Françoise Cabanis.De découvrir qu\u2019ils avaient dans une certaine mesure un point de vue esthétique, ça m'a séduite.» Marie-Hélène da Silva, directrice du Moulin à Musique, raconte comment, à partir d\u2019un souvenir d'enfance, elle et son équipe ont bâti le spectacle L'aube, une initiation à la musique destinée aux enfants de 4 à 8 ans.« Nous avons travaillé à partir des œuvres de grands compositeurs : Bach, Chopin, Messiaen, puis avec l\u2019auteur et metteur en scène Joël da Silva, nous avons créé un spectacle presque sans paroles, rythmé par les mots, impressionniste.Notre but est de faire découvrir la musique aux enfants, pas qu'ils la comprennent mais qu\u2019ils en vivent l'expérience.» Jasmine Dubé, auteure, comédienne, directrice artistique du Théâtre Bouches Décousues, croit pour sa part que la présence des enfants est indispensable dans son processus de création : « Je suis arrivée à la petite enfance, j'ai eu envie d\u2019écrire 8 Sets Détail.Affiche du spectacle Glougou du Théâtre de Quartier.Crédit : Simon Dupuis parce que j'ai eu des enfants.Pour créer un spectacle jeune public, plus spécifiquement pour la petite enfance, j'ai besoin d\u2019être en contact avec des enfants et que ce soit des premières fois pour chacun.Je partageais ma vie avec des enfants très jeunes et ça me plaçait dans une situation où c'était ma première fois à moi aussi : la première fois que j'étais maman.Je me place dans une position de vulnérabilité où c\u2019est la première fois que je m'adresse à des enfants qui viennent au théâtre peut-être pour la première fois.J'essaie de me mettre au niveau zéro : savent-ils qu\u2019il faut regarder en avant et non en arrière ?Faut-il parler fort ou au contraire chuchoter, murmurer ?Rien n\u2019est laissé au hasard.» Louis-Dominique Lavigne fait une déclaration d'amour au théâtre pour tout-petits : « Par hasard, je me suis rendu compte que plus le public est jeune, plus j'ai de facilité à écrire.On trouvait toujours que j'écrivais trop bébé, et je sentais aussi que le bébé m'appelait ! Plus j\u2019en fais, plus je veux en faire.Je marche sur des œufs, je suis très prudent quand j'écris pour ce public, mais c'est passionnant pour un auteur.[.] Quand on interroge l'enfant, on interroge la nature humaine : plus c\u2019est petit, plus on est dans l'obscurité de la nature humaine.Et c\u2019est l\u2019âge poétique : les surréalistes, les grands poètes ont recherché cette utopie de l'enfance.Tout est permis artistiquement, ce public est Louis-Dominique Lavigne nourrissant ; il faut bien que l\u2019artiste en tire satisfaction.L'expérience scène-salle me renverse à chaque fois : on ne sait jamais ce qui va se passer.Des spectacles pour la petite enfance sont parmi ceux qui m'ont le plus touché comme spectateur.» « Quand on interroge l\u2019enfant, on interroge la nature humaine : plus c\u2019est petit, plus on est dans l\u2019obscurité de la nature humaine.» Enfin, une auteure de livres pour enfants, enseignante au niveau préscolaire, Rebecca, conclut en livrant ces quelques lignes intitulées Les enfants : « Vous dites : \u201cC\u2019est fatigant de fréquenter des enfants.\u201d Vous avez raison.Vous ajoutez : \u201cParce qu'il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s\u2019incliner, se courber, se faire petit.\u201d Mais là, vous avez tort.Ce n\u2019est pas cela qui fatigue le plus, c\u2019est plutôt le fait d\u2019être obligé de s'élever jusqu\u2019à la hauteur de leurs sentiments, de se hisser sur la pointe des pieds pour ne pas les blesser.» La directrice du Centre de diffusion de théâtre jeunesse Les Gros Becs, à Québec, Louise Allaire, fait part de réflexions inspirées de sa pratique, des « questions sans réponses », de son propre aveu.Elle interroge son rôle : « Comme médiateur entre les créateurs et le public, on a d\u2019un côté l'offre de spectacles et de l\u2019autre les attentes qu\u2019on perçoit du public.Une offre audacieuse provoque une demande ; après, il faut pouvoir y répondre.On constate que plus on a de spectacles pour les tout-petits, plus on a de public.Aller chercher les enfants plus âgés demande beaucoup plus de travail.Déduction : plus ils sont jeunes, plus les adultes décident pour eux.Pour les quatre ans et plus, on a des propositions régulières, suffisantes, en particulier du Québec ; les années où il y en a moins, on fait des reprises, on s'ouvre aux productions étrangères, de Belgique, de France, d'Italie.Petit à petit, on a accueilli des spectacles pour les trois ans.Cette année, avec Glouglou, on abordait les deux ans.Ces expériences entraînent une demande du public.Est-ce qu\u2019on programme pour le théâtre, la discipline qu\u2019on a le devoir de soutenir, ou pour le public ?Cette question revient d'année en année, de plus en plus complexe.Doit-on provoquer la création , pour les tout-petits ?\u201c Est-ce qu\u2019on Comment et programme pour le jusqu'oli peut-on le théâtre, la discipline faire ?Comment qu\u2019on a le devoir de devient-on complice soutenir, ou pour le des artistes quiont public ?» le goût de travailler ; pour ce public ?» Louise Allaire La programmatrice note I'effort supplémentaire demandé par ce type de spectacles : « Plus les enfants sont petits, plus les contraintes de représentation sont grandes.Il faut les mettre dans le contexte le plus agréable possible pour favoriser leur réceptivité.Dans la création et la diffusion, les impératifs de développement de public sont différents, les conditions financières aussi il y a des coûts d'adultes pour un prix de bébé.A-t-on les moyens de le faire ?Est-ce un luxe ?On a déjà de la difficulté à soutenir la création jeune public à 300, 350 places, s\u2019il faut ramener la jauge à 80, 100 ou 125 places, quel choix fait-on ?» De plus, l'accueil des enfants exige du temps, du personnel additionnel : « L'expérience, ce n\u2019est pas seulement la représentation, c'est l'accueil à l\u2019entrée, c'est le spectacle, c\u2019est la sortie.Pour 35 minutes de spectacle, l\u2019expérience avec les enfants exige une heure, une heure et quart, car il ne faut pas les bousculer si on veut qu'ils appréhendent bien les choses.Il faut prendre le temps, c'est-à-dire tout le 9 temps qu'il faut.La notion de temps n'existe pas chez les bébés.Ils sont comme des petits moutons quand ils arrivent : ils regardent partout, ils s\u2019écartent.|| faut les accueillir, les rassembler.Comment établir le dialogue, préparer les parents accompagnateurs ?Ça fait partie des préoccupations qu\u2019on doit avoir, à une époque où l\u2019on ne prend plus le temps.Les enfants entrent dans un monde inconnu ; c\u2019est comme partir en voyage, les adultes doivent les préparer à vivre cette aventure.» Pour conclure, Louise Allaire lance : « Le théâtre pour les tout-petits est-il un effet de mode, de marché ?En tout cas, il faut vraiment en avoir envie pour y plonger.Travailler avec les tout-petits, ça ne peut pas être artificiel, c\u2019est trop fragile : ça laisse des traces qui vont rester toute leur vie.Actuellement, au Québec, on a une seule certitude, financière : on n'a pas les moyens.C\u2019est trois fois plus coûteux que le théâtre pour les enfants.Il faudrait un investissement d'argent public, mais aussi un engagement des artistes et des programmateurs pour offrir de bons spectacles dans la continuité, pour assurer un suivi dans le temps, dans l'accompagnement.Y a-t-il vraiment urgence de le faire ?» Faire.le.choix.de perdre.de Largent.2.Soulignant la présence de diffuseurs pluridisciplinaires \u2014 non spécialisés en théâtre jeune public \u2014, Diane Chevalier les invite à faire part de leurs expériences avec les enfants.Suzanne Aubin, qui offre au Théâtre du Vieux- Terrebonne une vaste programmation de spectacles en tous genres, incluant beaucoup de théâtre jeune public, confirme les propos de Louise Allaire.Elle explique à son tour que programmer des spectacles pour la petite enfance nécessite de prendre le temps de les accompagner et de ce fait coûte plus cher pour le diffuseur, mais qu\u2019il faut parfois faire le choix de perdre de l\u2019argent.10 « Seul, je n\u2019en ai peut-être pas les les conseils des arts, les moyens, mais ensemble, on peut l\u2019offrir ! » André Bourassa André Bourassa, responsable de la mesure Accès aux ressources culturelles du Programme de soutien à l\u2019école montréalaise du ministère de l'Éducation, explique que, grâce à ce programme, La Couturière, parcours théâtral du Théâtre Bouches Décousues s'adressant aux quatre ans et plus, a donné 80 représentations l\u2019an dernier, devant des groupes de 30 élèves : « En deux ans, plus de 3 000 enfants de cinq ou six ans auront suivi ce parcours.Offrir des activités aux plus petits coûte plus cher, aussi est-il important de chercher la concertation, des partenariats avec le ministère de la Culture, arrondissements et les maisons de la culture, les députés.Seul, je n\u2019en ai peut-être pas les moyens, mais ensemble, on peut l\u2019offrir ! » Jean-Marc Ravatel, l\u2019un des organisateurs du Coup de cœur francophone, fait un constat d'échec : « Nous avons invité au fil des ans plusieurs spectacles pour enfants : de la variété, de la chanson, du théâtre aussi, mais étant une petite équipe, on n\u2019a pas su rejoindre ce public.» Comment attirer les enfants dans un festival de chanson pour adultes sans les moyens appropriés ?Pour sa part, Marianne Perron relate l'option de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, où elle est coordonnatrice des projets éducatifs : « On fait des concerts pour le jeune public.Cependant, on touche assez peu à la petite enfance.Si on veut garder l'identité de l\u2019orchestre, on parle de 90 musiciens, d\u2019une salle de 2 900 places : pour un public de trois ou quatre ans, ça devient compliqué.Or, surprise : depuis quelques années, on a de plus en plus de garderies qui viennent, et qui reviennent.Alors qu\u2019on est à l\u2019opposé du spectacle intime, on est dans le gigantesque.Ces enfants sont souvent plus à l'écoute que les classes scolaires du primaire et du secondaire.On a conçu des outils d'accompagnement : documents pédagogiques, disques, musiciens bénévoles qui se rendent dans les garderies.Même si on a 2 900 spectateurs, ces concerts sont extrêmement déficitaires.Notre mission éducative le justifie, mais la question financière reste très importante.» Faire appel.a d\u2019autres.institutions.2.cu.« La valorisation de l\u2019art pour le jeune public en général, du théâtre en particulier, fait défaut, croit Alain Grégoire.C\u2019est quand on s'adresse aux plus jeunes que la différence entre les coûts que ça entraîne et l\u2019énergie que le créateur doit investir, inversement proportionnelle à ce qu'il peut obtenir en contrepartie, est la plus criante.D\u2019autres acteurs sociaux, non culturels, doivent être convoqués dans la coalition qu\u2019appelle André Bourassa.Comment se fait-il qu'au Québec on ne s'empresse pas de prendre ça en charge ?Qui s'intéresse aux enfants ?Sommes-nous les seuls ?» Invité à témoigner de son expérience, Joël Simon, directeur du festival Méli®'môme, explique : « Nous nous sommes dit que l\u2019aide au spectacle jeune public était une aide à la parentalité, pas seulement pour les classes défavorisées, mais pour toutes les couches de la population ; ce n\u2019est pas parce qu'on est plus aisé qu\u2019on va au théâtre.En France, comme ici, les crédits sont en diminution, il va falloir faire preuve d'imagination, faire appel à d'autres institutions, mais lesquelles ?La première institution à signer une entente avec Méli\u2019môme fut la Caisse d\u2019Allocations Familiales.» Le mot de la fin de l\u2019avant-midi revient à Lise Gionet : « Alain a raison : où sont-ils, ces gens-là ?Sommes-nous les seuls à aimer nos enfants ?Qu\u2019est-ce qu'on veut comme famille au Québec ?Il faut qu\u2019on nous aide.On a besoin d\u2019être soutenus.La demande est là, mais les créateurs, qui en sommes la matière première, nous avons besoin de sentir qu\u2019on prend soin de cette matière première.» Au retour du dîner, Joël Simon reprend la parole, au sujet du séminaire sur l\u2019art d\u2019accompagner les enfants au spectacle qu'il a organisé en octobre 2004 à Reims.Il décrit brièvement Méli'modme, festival créé en 1989 par Nova Villa, une association d'éducation populaire.On y présente chaque année une trentaine de spectacles jeunes publics, dont entre 5 et 10 s'adressent à la petite enfance.Ouvert à l\u2019international, il a établi au fil des ans des partenariats d'accueil avec le Québec, l\u2019Allemagne, la Belgique, l\u2019Italie, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, la Slovaquie, Israël.Joël Simon confie avoir éprouvé, au fur et à mesure qu'il emmenait son enfant au théâtre, des émotions très fortes devant certaines propositions : « Un bon spectacle pour bébés touche aussi les adultes.» Citant l\u2019une de ses collaboratrices, il souhaite « mettre les gens en gourmandise existentielle », lui que les plaisirs de la table enchantent : « Nous défendons l'idée que le spectacle pour petits, comme la bonne nourriture, est un apport d'humanité, ça nous rend plus généreux, plus ouvert aux autres, ça nourrit l\u2019imaginaire.» en I! poursuit : « En France, il y a une proposition artistique de qualité, tout un travail de recherche, c\u2019est devenu un marché \u2014 donc on y trouve aussi des productions de qualité artistique médiocre.Quand on a un réseau en place, il y a une demande énorme des parents, qui souhaitent passer du temps de qualité avec les enfants et combattre les 11 effets abrutissants de la télévision, de la publicité.Mais nous avons un grand défi : celui de convaincre les autorités, politiques, sociales ou autres, que c\u2019est important pour le bien-être à la fois des enfants et des familles : de là le concept d\u2019aide à la parentalité.I! y a tout un argumentaire à développer là-dessus.Avec la Caisse d\u2019Allocations Familiales, c\u2019est la troisième convention que nous signons, mais il n\u2019y a pas d\u2019acquis, tout est fragile, toujours à renégocier.|! faut trouver des solutions pour que ce soit accessible au plus de gens possible.On subit des pressions pour monter les prix, auxquelles je résiste.Au-delà des questions d'argent, je pense que c\u2019est une question de choix à faire.» Le directeur de Méli\u2019môme croit qu\u2019un effort doit être fait pour intéresser et former le personnel des garderies, « très peu curieux », pour qui « ce n'est pas naturel ».« Les demandes de formation de leur part sont nombreuses ; il faut y travailler, les mettre en relation avec les artistes.Ça entre dans les mœurs petit à petit », conclut-il, avant de faire entendre à l\u2019assistance la captation sonore de réflexions d'artistes, de parents, de diffuseurs et d'intervenants sociaux de la région de Reims, qui témoignent des impacts de ce théâtre sur l'éveil esthétique et social des petits, mais aussi sur les relations entre parents et enfants, entre adultes.Ces impacts peuvent, dans certains cas, changer l\u2019image d\u2019un quartier, s'étendre à une ville, et avoir jusqu\u2019à des retombées politiques en suscitant un intérêt pour l\u2019avenir.L\u2019accompagnement.:.une.nécessité André Bourassa, orthopédagogue de formation, enseignant, conseiller pédagogique et directeur d'école, qui a toujours œuvré en milieu défavorisé, « la création artistique et le contact avec la culture motivent les jeunes parce qu\u2019ils font appel à leurs ressources intérieures et à leur créativité » André Bourassa * Pour connaître le détail des programmes, vous pouvez consulter le site Internet du ministère de l\u2019Éducation du Québec : www.meg.gc.ca 12 se dit sensible aux arts et aux sciences.II rappelle l'instauration du Programme de soutien à l\u2019école montréalaise issu des États généraux de l'Éducation en 1996-1997, où l\u2019on jugea urgent d'intervenir en faveur des écoles montréalaises particulièrement en milieu défavorisé.Le ministère de l'Éducation injecte 10 millions de dollars directement dans les écoles par le biais de ce programme qui vise, entre autres, l'accès aux ressources culturelles par la fréquentation des lieux, théâtres, musées, etc., dans le but d\u2019enrichir l\u2019acte pédagogique.Après avoir décrit les différents volets du programme et leurs objectifs\", il note les impacts positifs de ces initiatives sur les élèves, résultant en apprentissages communicationnels et esthétiques \u2014 « la création artistique et le contact avec la culture motivent les jeunes parce qu\u2019ils font appel à leurs ressources intérieures et à leur créativité », sou- tient-il \u2014, mais aussi sur les enseignants et les organismes participants.Souhaitant élargir le débat sur cet impact de l\u2019art sur la vie des petits et des grands, et sur ce qu'il faut mettre en place pour que la rencontre ait lieu entre le spectateur et l\u2019œuvre, l\u2019animatrice donne la parole à Louise Héroux, enseignante en technique d\u2019éducation à la petite enfance au Collège Édouard- Montpetit de Longueuil.Celle-ci se réjouit des propos tenus dans la matinée à propos du temps total de l\u2019activité « sortie au théâtre » : « L'enfant apprend tout le temps ; l\u2019activité commence au moment où l\u2019on se prépare, [.] et se poursuit quand on prend le bus pour le retour.J'étais aussi heureuse qu\u2019on parle des Centres de la petite enfance (CPE), où l'on a une vision beaucoup plus grande que celle d'offrir simplement un service de garde aux enfants, et où l\u2019on veut intégrer la famille, l\u2019enfant et ses difficultés.Des CPE se sont associés à des CLSC, à des centres d\u2019aide pour les parents et les enfants.C\u2019est une belle porte d\u2019entrée pour passer des messages, et peut-être y récupérer des sous.Les sorties engendrent toujours des coûts, associés notamment au transport des élèves.» À Louise Héroux qui enseigne à de futures éducatrices, Alain Grégoire demande : « Comme c\u2019est difficile de savoir ce qu\u2019un enfant pense \u2014 même nous, quand on sort d\u2019un spectacle, c'est parfois difficile de dire sur le moment si on a aimé \u2014, y a-t-il un acte de foi dans le pouvoir des arts de la scène ou doit-on nécessairement faire un retour avec les enfants ?\u2014 La préparation est tout aussi nécessaire que le retour, et les éducatrices auraient intérêt à suivre des pistes, à avoir des outils pour susciter les commentaires de l'enfant.Bien sûr, on peut demander : qu\u2019est-ce que tu as aimé ?Ce type de retour se fait très spontanément, mais si on veut aller un peu plus loin, ce serait intéressant de travailler conjointement avec les gens des productions qu\u2019on va voir.» Francine Caron est agente de milieu au projet Un milieu ouvert sur ses écoles dans le quartier Bordeaux-Cartierville, dont la mission est de faire le lien entre la famille, l\u2019école et la communauté en organisant la vie parascolaire des enfants.Elle déplore la pauvreté du niveau culturel des enfants et des professeurs : « Je travaille avec une clientèle défavorisée, immigrante, en majorité arabophone.Par l\u2019activité théâtre, la danse, la chorale que je propose, j'essaie d\u2019amener les enfants à découvrir autre chose.Je trouve désolant de voir ce qu\u2019on offre parfois à nos enfants : alors qu\u2019on a une richesse fabuleuse, ça reste à un niveau très bas, où l\u2019influence de la télé, des vidéoclips s'impose.On a beaucoup de travail à faire ! » « Donc, ce que je comprends, c\u2019est que pour accompagner les enfants, il faut s'occuper des adultes qui les entourent », conclut à son tour Diane Chevalier.Ouvrir.des portes L\u2019heure des bilans étant venue, la parole est aux deux « observateurs complices », Louise Julien, doyenne de la faculté des arts de l'UQAM, et Michel Bélair, journaliste au quotidien Le Devoir.Louise Julien prend la parole : « Pour répondre aux préoccupations de Francine Caron, que je partage, je dirais que ce qu\u2019on ne veut pas comprendre en éducation [.] c\u2019est qu\u2019on peut accompagner l\u2019enfant qui va découvrir des choses inconnues.L'enseignant ne peut pas accompagner l'enfant quand lui-même ne sait pas ce qui va arriver [.].L'enseignant doit être à la fois solide et vulnérable, comprendre qu\u2019il a des choses à apprendre ; ce n\u2019est pas courant à l\u2019école.[.] Qu'est-ce qui fait qu\u2019un enfant vibre ?C\u2019est qu\u2019il a devant lui un être de passion.» Relevant l\u2019aspect collectif de I'apprentissage culturel, elle LL, conclut par un acte de « Îl est prioritaire foi dans le théâtre pour que le premier tout-petits : « En mars contact des enfants 1999 à Mél'mdme, fai avec la culture leur été en 55 minutes procure une crédule, sous le choc et émotion.» conquise ! Et plus jamais on ne pourrame Michel Bélair \u201cdéconquérir\u201d ! » Revenant à la question « pourquoi on fait du théâtre pour bébés ?», Michel Bélair lance : « Dans le monde actuel, quand on regarde le contexte politique, social, économique, il est prioritaire que le premier contact des enfants avec la culture leur procure une émotion.Moi aussi j'avais des doutes, j'ai été étonné de l'attention intense des bébés.Cette attention est là tout le temps, il faut la stimuler, la nourrir.Ce qui me frappe, c'est la 13 qualité des propositions artistiques faites aux enfants, dérangeantes, déconcertantes, non \u201cconfortantes\u201d.On leur ouvre des portes, on ne sait pas où ça va mener, mais ce ne sont pas des oreillers qu\u2019on leur met sur la tête.Le simple fait de sentir que les enfants peuvent s'ouvrir à quelque chose d'autre me paraît primordial.» Consolider-les-bases « Je suis un médecin, qui me retrouve dans une Maison Théâtre, avec des gens de culture, c\u2019est inquiétant ! », ironise le docteur Gilles Julien, pédiatre social, venu expliquer pourquoi il a accepté d\u2019être porte-parole de Petits bonheurs.« Nous gravitons autour des enjeux culturels.Les besoins culturels chez les enfants sont énormes, mal comblés.Pas grand monde s'y connaît dans mon entourage, surtout médical mais aussi social, qui est loin de la culture », dit-il, avant d'ajouter que c\u2019est ce lien entre santé, société et culture qui lui a plu dans ce rendez-vous culturel des tout-petits.« On parle du dévetoppement, des besoins de l'enfant, de résilience et d\u2019attachement.Ces mots ont une très grande importance car ils renvoient aux bases.Un enfant se développe sur des bases, comme on construit n'en a pas, la maison risque de Ce parallèle nous ramène aux vraies valeurs de la relation adulte-enfant.L\u2019adulte dans la communauté, pas seulement le parent, a l'obligation, le devoir de communiquer à l'enfant des valeurs et des connaissances qui lui permettront d'assurer son développement, son apprentissage, ses espoirs de vie », croit le docteur Julien.En santé, la base renvoie aux besoins élémentaires : se nourrir, dormir, se laver.Sur le plan social, la base est celle des échanges : communiquer, socialiser, être en relation.« Quand 14 « L\u2019enfant a besoin de une maison sur une fondation.Si elle guides, mais il faut lui faire confiance : une fois la porte s\u2019effondrer au premier coup de vent.ouverte, il va y entrer.» , \\ Gilles Julien l'enfant naît, c\u2019est le temps de s'ouvrir à ces bases », affirme-t-il, notant que la plupart des cas d'échec de l'apprentissage sont dus à l'absence de motivation et non à des troubles spécifiques, parce que ces bases n\u2019ont pas été posées.La base culturelle, qu'il associe à la spiritualité (au-delà des religions), peut combler certaines lacunes : « L'enfant naît pur esprit ; pour entretenir cet état et permettre à la spiritualité d\u2019émerger, on a besoin de la culture, qui pousse l\u2019expression de l\u2019enfant à une étape ultérieure.On ouvre la porte à un esprit pur qui peut s'exprimer, être en contact avec de belles choses, la créativité, l'imaginaire.On oublie qu'il faut combler ce besoin, car il n\u2019est pas nécessairement inné.[.] L'enfant a besoin de guides, mais il faut lui faire confiance : une fois la porte ouverte, il va y entrer.Pour ouvrir sur des besoins comme la culture, l\u2019adulte doit prendre un temps d\u2019arrêt, se rendre disponible à l'enfant.Comme on l\u2019a dit plus tôt, ça se prépare, et ces moments sont un moment privilégié entre l'adulte et l\u2019enfant.Ce qui m\u2019amène à la pédiatrie sociale, dont l'objectif est de rendre visibles dans la communauté toutes ces portes.Les difficultés émotives des enfants sont très simples, elles se résument à la tristesse et à la colère.Il suffit de leur donner des moyens doux, des outils pour leur apprendre à gérer leurs émotions.Les enfants hyperactifs, par exemple, ont besoin de principes intégrateurs, d'outils pour s\u2019équilibrer, et la culture en est un fondamental.Nous pouvons faire un bout du travail dans notre milieu, mais nous avons aussi besoin d\u2019experts pour mieux communiquer avec les enfants sur les choses artistiques », termine-t-il, lui qui voit dans Petits bonheurs une initiative d'accès à la culture dont les enfants, et par ricochet leurs parents, bénéficieront à coup sûr.Æ mpm rt WF wl TI La Maison québécoise du théâtre > 45, rue Ontario Est our l\u2019enfance et la jeunesse Montréal (Québec) H2X 3Y6 Téléphone : (514) 288-7211 Télécopieur : (514) 288-5724 info@maisontheatre.qc.ca www.maisontheatre.qc.ca "]
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