Le Quartier latin, 24 mars 1966, Le cahier des arts et des lettres
[" VoL.Il Woh rn Re DES ARTS ET DES LETTRES L'affaire des Beaux-Arts Vendredi dernier, M.Marcel Rioux, président du Comité d'étude sur l'enseignement des arts, nous accordait une confié en décembre à un Comité le mandat d'étudier \u201ctoutes les questions relatives à l'enseignement des arts; le gouvernement; les étudiants.L'enseignement des arts Des lacunes graves dans- les locaux et les structures de l'école des beaux-arts de Montréal ont provoqué une prise de conscience chez les étudiants qui ont protesté par la grève et demandé une enquête globale sur l'enseignement des arts à tous les niveaux.Il y a unanimité sur la nécessité d'une enquête globale, du côté des professeurs et des étudiants ainsi que de nombreuses personnalités qui connaissent la situation présente et s'intéressent au progrès des arts au Québec.Les deux ministères Cette enquête touche à deux ministères: celui des Affaires culturelles (conservatoire d'art dramatique et conservatoire de musique) et surtout celui de l'Education (Ecole des beaux-arts de Montréal et Institut des Arts appliqués, etc).Devant l'ampleur des problèmes et les revendications des étudiants, le ministre de l'Education a confié en décembre à un Comité d'étude le mandat d'étudier \u201ctoutes les questions re- fatives 3 I'enseignement des arts, en particulier les aspects pédegogiques, les structures administratives et \"organisation matérielle\u201d des écoles qui se consacrent 3 sI'enseignement des arts.Puis, Quand on a voulu exprimer en langage juridique le mandat de ce Comité, apparemment à cause d'un - chevau- cherment de juridiction entre .Mes deux ministères, on a restreint considérablement le : mandat, sans consultation avec/les étudiants.Le syndicalisme étudiant Pour ces deux raisons: mandat restreint et absence de consultation, les étudiants ont repris la grève.Dans une perspective syndicale, l'UGEQ a menacé de provoquer une grève générale si les négociations ne reprennent pas.Car d'une part, la nécessité d'une enquête globale demeure; et d'autre part, l'attiture des ministres équivaut à un refus de considérer l'UGEQ comme interlocuteur valable.Et tout cela, apparemment, pour des raisons de structures entre deux ministères.Le Comité d'étude com- Fernand Ouellette, prend: Propos de Marcel Rioux et André Jasmin recueillis par Robert Borberis écrivain et réalisateur à Ra- dio-Canada; Jean Ouellette, architecte; G.Lalande, économiste et publicitaire; M.Krampten des Arts appliqués; Réal Gauthier, étudiant aux Beaux-Arts; quatre observateurs des ministères suivants: Education, Affaires culturelles, Commerce et Industrie, Finances.Avec tous ces éléments en mémoire, nous avons interrogé M.Marcel Rioux, professeur à l'Université de Montréal, socialogue et président du Comité d'étude, Q: M.Rieux, dans la position délicate où votre fonc- tien de président du Comité d'étude vous place, quelles ont été ves résctions devant les récents événements ?R.: À titre de président, j'ai posé deux gestes.D'abord j'ai déclaré que le Comité ne se mettrait pas au travail tant - \u201cJetprends comme hypothèse que le mandat n'aura pas été clarifié et qu'une entente ne \u201csera.\u2018bas*conclue | Mice sujet entre le gouvernement et les étudiants.Ensuite, dans un geste non rendu public, j'ai suggéré aux deux ministres de confier à la Commission Parent la tâche de définir le mandat et ses modalités d'exécution.La commission Parent est un corps déjà constitué qui connaît très bien les problèmes de l\u2019éducation et peut juger en toute compétence et objectivité.Certains membres de la commission sont prêts à fonctionner en ce sens.Cette suggestion a pour but de dépolitiser le problème.J'ai obtenu une réponse du ministre de l\u2019Education: il prête à ma suggestion toute son attention.En somme, une réponse administrative.Q.: Est-ce qu'une étude avec mandat restreint aux arts plastiques et appliqués vous intéresse ?R: Comme sociologue, c'est une enquéte globale qui m'intéresse.Je pense qu'on peut dire que l'enseignement des arts n'a pas fait l\u2019objet d'études et d'enquêtes; il a champignonné au hasard.À tous les niveaux, il n'y a pas d'intégration, de planification; on ne peut pas espérer régler le problème des beaux- arts et des arts appliqués sans enquêter à tous les niveaux, élémentaire, secondaire et universitaire.De plus en plus dans le monde, en va vers une intégration des arts aux autres disciplines; en général, les Anglais, aux Etats- Unis et ici, ont un campus des Arts.Dans le Québec tout est isolé.Le rôle de l'artiste en 1966 n'est \u2018pas le même qu'il y à vingt ans.Or.chez nous, tout a été conçu en fonction de l'artiste isolé, de \u201cl'artiste de :chevalet\u201d.L'artiste, de plus en plus, va tendre à s'intégrer à la société.de travail qu'il nous faudra trouver.une Solution autochtone, adaptée à l'aspect particulier du Québec; un ne peut copier ailleurs.Il faut une étude approfondie pour tenir compte de l'état présent de la société.Q.: Combien faudra-t-il de temps au Comité pour réaliser cette étude approfondie ?R.: En septembre 66, nous serons en mesure de présenter un rapport préliminaire qui contiendra des recommendations sur le problème précis des questions pédagogiques et des structures administratives de l'Ecole des beaux-arts et de l'institut des arts appliqués en vue de l'année académique 66-67.Il y a des Problèmes urgents à régler dans ce secteur particu- fier.Nous pourrions remettre (en septembre 67) un rapport complet sur la situation de l'enseignement des arts au Québec à tous les niveaux et sur les mesures à prendre pour favoriser le progrès des arts.Q: Apparemment, le mandat a été restreint pour des raisons de structures entre deux ministères.Pourtant ie problème des structures a été soulevé lors des négociations.Dans une entrevue accordée 4 Guy Lafleur et publiée dans le Q.L.le 2 décembre 1965, (voir M.RIOUX en page 3) nd Graton, directeur du Choeur des étudiants Ferna de l'Université de Montréal.Lire en page 6 l'entrevue qu'il nous a accordée cette semaine.dans ce numéro n Page 6 u \u2018Page 4 Page 7 Page FERNAND GRATON VERMETTE, MURALISTE LA POESIE DE: a.TREMBLAY /CROQUE MONSIEUR: SUTTO! a * 24 MARS 1966 LE QUARTIER LATIN \u2014 RE .A 7 40 - a A d x: y | Ea 9 Cy Lohse re e noya u me : A po het id A B I =: REPT EI \"ad es IC 11] S 2 A 4 \u201c - Jeunesses Musicales Il faut lire le \u201cJournal des Jeunesses musicales du Canada\u201d.Publié cinq fois par an, le journal est dirigé par Gilles Lefebvre.Dans la livraison du mois de février, on trouve les signatures de Martial Dassyl- va, Gilles Potvin, Jean O'Neil, Gilles Marcotte, Laurent Lamy, Serge Garant, Yves Préfontaine, etc.Une excellente documentation sur la vie musicale de notre milieu, des interviews qui ne manquent pas d'intérêt, une présentation irréprochable.On lira avec plaisir surtout le reportage sur le pavillon des JMC commandité par \u201cPortland Cement Association\u201d à l\u2019Exposition universelle de Montréal.Journée mondiale du théâtre A l'occasion de la Journée mondiale du Théâtre, l'ambassade de France a aimablement prêté à l'Eco- Je nationale de théâtre une expos!- tion de photographies intitutée Vingt ans de théâtre français.Ces doecu- ments seront exposés dans le foyer et les couloirs du Monument national dés ce soir jusqu'au 26 mars.Cette manifestation coïncide avec la présentation des pièces Père et Le Pelican, de Strindberg, que les élèves de l'école donneront en première dès ce soir.A la Poudrière Dès demain, vendredi, le théâtre de la Poudrière mettra à l'affiche de son petit théâtre de l'Ile Sainte- Hélène, Die Fee, de Franz Molnar.La mise en scène est de Fred Boeder- lein, les décors de Guy Beauregard.Les 25, 26, 30 et 31 mars et les ler, 2, 5, 6 et 7 avril à 8 heures 30 du soir.Pour les germanistes.Monique Voyer au Musée d'Art contemporain Les oeuvres de Monique Voyer seront exposées à la Galerie du Musée d'art contemporain jusqu\u2019au 10 avril.Sa peinture est maintenant un art de maturité.Les quinze ans de production soutenue dont témoignent de nombreuses expositions personnelles et collectives, représentent un cheminement tenace et clairvoyant; l'oeuvre des dernières années apporte la totale affirmation d\u2019une personnalité.Ad Lib.: programme de la semaine André Hébert a une façon bien particulière de s\u2019entretenir au micro de Radio-Canada avec ses auditeurs: entre l'improvisation, le texte écrit, ou la simple conversation, on ne sait pas exactement ce qui fait que l'émission \u201cAd lib\u201d n'est pas comme les autres et a son petit caractère bien spécial.Elle est écoutée, en tout cas.Au bénéfice de nos lecteurs nous donnons ici le programme de cette semaine: (la semaine régulière est du lundi au vendredi, à 4 h.30 (CBF) et 6 h.15 (CBF-FM).Cet après-midi: \u2018Troubadours de la fin du 12e siècle\u201d.Arnaut Daniel (Périgord); Guiraut de Borneilh (Limousin), \u2018le maitre des troubadours\u201d; Monge de Montaudon (Auvergne); Rimbaut de Vacqueyras (Provence) et la légende de l\u2019estam- pie \u201cKalenda Maya\".Yves Tessier, ténor, et Russel Oberlin, haute-contre.Danses instrumentales par V'ensemble Pro Musica Antiqua de Bruxelles.Vendredi: \u201cChants de l'Angleterre médiévale\" interprétés par Russel Oberlin: hymne de Saint-Godric (v.1150), \u201cBryd one brere\u201d (chant d'amour, 1199, le plus ancien à nous parvenir) et exemple d\u2019un sermon chanté (1260).Influence des troubadours en Allemagne, les Minne sanger: Spervogel (chant historique, 1156), Walther von der Vogelweide (chant de croisade, 1229) et Neid- hart von Reuenthal (Chant de mai, 1240).Lundi: \u201cToubadours provengaux, début du 13e siècle\u201d.Gaucelm Fai- dit: Planh (déploration) sur la mort de Richard Coeur-de-Lion, en 1199.Raimon de Miraval, Guilhem Augier Novella et Piere Vidal (sur son retour en provence, de Terre Sainte).Interprétation: Louis-Jacques Ron- deleux, baryton, et Roger Lepauw, vièle à arc.Mardi: \u201cGuiraut Riquier, le dernier des troubadours\u201d (1230-1294).\u201cAlfonse le Sage, roi de Castille\" et les \u201cCantigas de Santa Maria\u201d, synthèse magistrale des sources de la musique; interprétation: Jose Luis Ochoa, ténor.Mercredi: \u2018\u201cPolyphonie européenne du Moyen Age\".Ecole Notre-Dame de Paris, vers 1200: \u201cOrganum duplum\u201d (attribué à Léonin) et \u201c.tri- plum\u201d (Pérotin); le Motet vocal ou instrumental au 13e siécle; la \u201cLau- da\" italienne.Artistes danois sous la direction de Mogens Wôldike.\u201cGaude felix Francia\" (1226, pour le sacre de saint Louis): maitrise de la cathédrale de Dijon.La Sauvegarde Afin de compléter son programme d'aide aux artistes, et de contribuer, tant à l'épanouissement qu\u2019à la diffusion des arts au Québec et au Canada français, La Maison des Arts, La Sauvegarde, mettra son Centre à la disposition des groupes, associations ou organismes artistiques, culturels ou historiques désireux de tenir des colloques, assemblées ou manifestations.La maison, de style XVille siècle, est située dans le Vieux Montréal.Alphaville a I Université Le récent film de Jean-Luc Godard, ALPHAVILLE, sera présenté 3 l'Auditorium de l'Université de Montréal, le 2 avril prochain.Ce film, considéré en France comme le meilleur de l\u2019année, a déjà été présenté dans un cinéma de ia métropole.Projeté au VIe Festival du Film de Montréal, il a également remporté le premier prix du Festival de Berlin en 1965.Les vedettes principales sont Anna Karina, Eddie Constantine et Akim Tamiroff.Le monde d'Alphaville est un monde futuriste, et les hommes qui y vivent sont les esclaves de la technique qu'ils ont mise au point.À travers les galaxies, le monde insensible (où le mot amour n\u2019existe pas) d'hommes qui l'ont rendu tel.Un film que les cinéphiles ne manqueront pas de voir.Des billets à $1.00 pour les deux représentations de samedi, 2 avril, seront en vente un peu partout, dès la semaine prochaine.l\u2019Heure du concert Ce soir, à 10 heures, une \u201cHeure du concert\u201d à ne pas manquer.On entendra (enfin !) le soprano Mary- lyn Horne qui interprétera, sous la direction de Charles Munch, des airs de Rossini et de Berlioz.Ce concert aura été enregistré deux jours auparavant, à la Grande Salle de la Place des Arts, lors d'une manifestation de l'Orchestre symphonique de Montréal.ag A ne pas manquer.On sait que le monde artistique québécois désire une enquête globale sur l'enseignement des arts à tous les niveaux.Un Comité d'étude mettrait indirectement en question la politique de M.Pierre Laporte aux Affaires culturelles.Les mémoires présentés à ce comité pourraient nuire à l'image publique du ministre en dévoilant des insuffisances dans le secteur de l'enseignement des arts et parallèlement dans la politique culturelle de M.Laporte.Dans cette perspective, et en relation avec les élections, plus on retarde les travaux du comité, plis on retarde cette confrontation avec l'opinion publique.De plus, les recommandations du comité Imposeront au gouvernement des dépenses précises dans le secteur des Ecoles de beaux-arts.Le gouvernement manque d'argent.De plus, c'est \u201cle\u201d gouvernement.Il refuse donc de se laisser pousser dans le dos par de \u201cjeunes\u201d étudiants et refuse de négocier vraiment avec le syndicat des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts et avec l'UGEQ.CONSEQUENCES M.Laporte se livre depuis quelque temps à un véritable sabotage.C'est ce que prouvent des événements récents (cf.Le Devoir et La Presse du 22 mars).Le ministère des Affaires culturelles sait depuis longtemps que le Comité d'étude entrevu le concerne (depuis décembre au moins).M.le Ministre pense lentement.Mo- diflant quelque peu la clte- tion et parodiant Rousseau nous serions portés à croire: comme journaliste, M.La- porte étalt naturellement bon; le pouvoir ou l'ambition, qui salt ?l'auratent-il corrompu ?Nous suggérons à l'honorable ministre une brève réflexton sur ce theme.En attendant les fruits de cette méditation, tout est paralysé.Que le Comité d'étude attende pour se mettre au travail, cela n'est pas grave.Que tous les citoyens qui s'intéressent aux arts chez nuus désirent une enquête globale, cela a peu d'importance.Que les étudiants des Beaux-Arts aillent de grève en grève, cela, en somme, à peu d'importance.Nous devons passer par le maître incontesté des Affaires culturelles qui, quand il le jugera à propos, décidera de négocier avec les étudiants. L'AFFAIRE DES BEAUX-ARTS \u2026et M.André Jasmin, professeur aux Beaux-Arts, d\u2019ajouter.Dans le monde artistique québécois, il y a unanimité quant à la nécessité et l'utilité d\u2019une enquête globale sur l'enseignement des arts à tous les niveaux.Afin de convaincre nos lecteurs de cette nécessité et parallèlement de l'importance du combat inau- Euré par les étudiants de l'école des Beaux-Arts de Montréal et continué par l'UGEQ, nous avons interrogé M.André Jasmin, peintre, professeur d'Histoire de l'Art et directeur de l'atelier de peinture des finissants à l'école des Beaux-Arts de Montréal.M.Jasmin est particulièrement bien informé sur le problème de l'enseignement des arts.C'est à ce titre qu'il nous a accordé une entrevue, Q.: Pourquoi croyez - vous que le mandat du Comité d'étude ne devrait pas ce restreindre aux arts plastiques et aux arts appliqués mais plutôt s'étendre à l'enseignement des arts à tous les niveaux et dans tous les domaines ?R.: Depuis le début du XXe siècle, on assiste à des transformations profondes dans tous les domaines.Pour beaucoup d'artistes, la peinture telle qu\u2019on l\u2019entendait auparavant est finie.Il s\u2019agit de trouver des formes nouvelles animées par un esprit de la recherche.Dans cette perspective, si on considère l'école des Beaux-Arts telle qu\u2019elle existe actuellernent, on s\u2019aperçoit que ses structures et son esprit sont basés sur des concepts qui datent du XVIIIe et du XIXe siècles en Europe.Vers 1920, on a importé le concept européen d'une école des Beaux-Arts ainsi que des professeurs français.À ce moment-là, c'était peut-être bon.Mais aujourd'hui on se rend compte que ça ne correspond plus au milieu et à ce qui se passe dans le monde, aussi bien dans le domaine des arts qu'en d'autres domaines.L'école des Beaux-Arts a pour but de développer des humains qui s\u2019exprimeront et M.RIOUX.(suite de la page 1) M.Gilles Bergeron, sous- ministre adjoint de l'Educs- tion, déclarait que \u201cle minis- tire des Affaires culturelles devrait être saisi au plus tôt de cette affaire\u201d.Etant donné que le ministère des Affaires culturelles compte un représentant sur le Comité d\u2019étude, il a été \u201csaisi\u201d ds laf faire.Selon les étudiants informés, le mandat \u2018restreint ainsi que le court laps de temps alloué au Comité (jusqu'à sept 66), et cola sans consultation des étudiants, laissent supposer de la mauvaise foi chez les ministres ou du moins un conflit de persennalité entre les deux ministres.Ce conflit paraly- sera-t-il le progrès des arts chez nous en retardant considérablement la mise en oeuvre des travaux du Comité ?Que pensez-vous de tout cela ?R:: Il ne faudrait pas que les étudiants paient pour la mauvaise organisation des ministères.Entre le ministère de l'Éducation et le ministère des Affaires culturelles, il y a un chevauchement délicat et non: rear au niveair des : structures, Sans qu'il y ait mauvaise foi, ce défaut de structures a conduit 3 un rétrécissement du mandat qui crée toutes les difficultés actuelles.Je pense qu'il ne faudrait pas que-cette ambiguïté et cet imbroglio empêchent le progrès des arts.Si j'avais à composer un billet de sociologue sur cette question, j'insisterais sur le défaut structurel.En tant que sociologue, je suis porté à dire que les individus sont victimes des structures.C'est une vision objective, sociologique.D'autre part, je sais que le ministère de l'Education a une besogne de Titans à accomplir.Comme le disait le Frère Untet, l'urgence de problèmes quotidiens oblige le ministère à en négliger d\u2019autres.Enfin, je ne blâme pas les étudiants d'avoir sur la question un point de vue diffé- _ rent.Pour dépolitiser le débat, j'ai suggéré qu'on demande à des membres de Ja \u2018commission Parent de préciser le mandat en fonction des besoins objectifs de notre so- Ciété\u201d par rapport.à I'ensei- £nement des arts.Je.souhaite que le mandat \u201csoit \u2018élargi.Nous : pourrons.ii\" tran travailleront dans les domaines variés de l'art.Nous pensons que notre école ne peut pas être efficace si elle n'est pas reliée à la fois par sa structure et sa pédagogie à tout ce qui se passe avant que les étudiants lui parviennent et à tout ce qui se passe après leur sortie de l'école.Actuellement, on ne peut pas aller au bout de notre pédagogie parce qu'on est bio- qué.Par exemple, la division entre les cours de peinture et de sculpture est une structure dépassée.Si je veux m'engager dans une recherche qui mêle peinture et sculpture, on va me dire: \u2018est-ce que tu enseignes la peinture ou la sculpture ?\" Cette conception des beaux-arts, comme arts supérieurs, et des arts appliqués, comme arts inférieurs, est un concept périmé.On demande un mandat élargi pour pouvoir réaliser des concepts plus ouverts.Le Comité d'étude préparerait concrètement un chemin à de nouvelles structures qui intégreraient tous les arts de I' pace dans un campus des arts au sein d'une nouvelle Université, D'autre part, nos élèves proviennent du secondaire et de milieux variés.Ces étudiants sont très diffé rents par leur Culture et leurs intérêts.Souvent, on est obligé de suppléer à des lacunes dans leur formation antécédante.On se dit ceci, (et ce n\u2019est pas uniquement pour les futurs élèves des beaux-arts, c\u2019est une question de formation humaine qui rejoint toutes les recherches qui se font en éducation à travers le monde): au primaire et au secondaire, il ne faudrait pas qu'on développe seulement le côté intellectuel, le côté information; il faut aussi développer l'imagination, la sensibilité, favoriser l'ouverture d'esprit et la possibilité de former des gens aptes à la recherche dans n'importe quel domaine.Le dernier livre d'Henry Van Lier,: Les Humanités du Xe siècle, nous éclaire parti- \u2018culièrement sur.ce problème.Et à ce moment-là, l'éducation par.\u2018vart.au une Importan- maternelle.Un psychologue sensibilisé à l'art pourrait vous donner des raisons valables de cette nécessité de l\u2019art dans la formation d'une personnalité équilibrée, Or, actuellement, dans les écoles secondaires, les \u201cActivités dirigées\u201d comme on les appelle, sont laissées à la discrétion du corps professoral.Ça devrait être planifié.Car dans les activités dirigées, il y a des gens, quelquefois, qui sont plus sensibles à l'aspect commercial ou utilitaire des arts: c'est l'esprit de la peinture à numéros.Dans le domaine des arts plastiques, il faut des gens bien préparés qui aient reçu une formation psycho-pédagogique.À l'école des Beaux-Arts, on prépare ces gens-là.Mais encore faut- il que des structures soient prêtes à les accueillir.Pour toutes ces raisons, une enquête sociologique à tous les niveaux et des recommendations globales sont nécessaires.Q.: Dans notre milieu, il semble que l\u2019on considère encore les arts comme su- perfius et les artistes comme des êtres qui vivent plus ou moins en marge de la se- ciété.Est-ce que l'école des Beaux-Arts forme des artistes intégrés à la société ?R.: Depuis 1920, quels sont les finissants des Beaux-Arts qui ont marqué notre milieu ?La question se pose.Nous sommes mal logés et les structures pédagogiques sont déficientes.Des changements s'imposent.Nous voulons faire une école où tous les arts soient en communication d'abord entre eux, ensuite avec les autres domaines; où les arts et les techniques ne soient pas séparés.Par exemple, que la musique soit rapprochée des instruments de l'électronique; que le peintre puisse manier les méthodes audio-visuelles.Aujourd'hui, ce qui se passe dans le\u2019cinéma est souvent relié à la peinture, Les réalisateurs sont influencés par les autres domaines de l'art; comme nous- mêmes sommes marqués par le \u2018cinéma: exemple, les artistes qui travaillent avec le Mouvement, On a \u201cTimpres- cisé, Je donne desc \u201ccours; \u2018du Dreyer dans Jour de colère sont inspirées de Rembrandt: ce sont des images fantastiques de clair-obscur.Maintenant, si on fait un lien entre l'art et les autres domaines, sciences expérimentales et humaines, il y a une spécialisation et en même temps, une recherche de liens entre les domaines différents.Or, le problème, c'est que, en plein coeur d'une civilisation technique, on appartient encore à un monde pour qui la peinture, l\u2019art, c'est un phénomène pour privilégiés, un phénomène de luxe pour des gens qui ont des loisirs ou de l'instruction.Ça c'est retardé.D'abord les gens sont de plus en plus instruits.Ensuite, nous allons vers une civilisation des loisirs.Dans ce contexte, l'art a une extrême importance, non seu- tement parce que ça va être une activité de loisir mais surtout ça va être un moyen de permettre aux gens de s'équilibrer.D'ailleurs, il y a un exemple assez fameux pour illustrer ce que je veux dire: c'est le grand savant Robert Oppenheimer qui conseille à tous ses techniciens d'être en contact avez\u201d les oeuvres d'art et les artistes car c'est leur seule chance de ne pas se perdre dans une sécheresse technique et scientifique.Nous voulons que ceux qui sortent des Beaux-Arts pensent à servir la société et non à faire une oeuvre pour un petit groupe de Collectionneurs.Je partage les idées de Schôffer.Dans une civilisation de masse, il faut que les objets d'art soient à la portée de tout le monde et que la pratique des arts de l'espace (peinture, sculpture, danse, musique, etc.) soit répandue à haute échelle.Dans ce contexte, l\u2019artiste-vedette n'existe plus.Dans une perspécti- ve de socialisation des ar l'artiste doit jouer un rôle me portant d'animation.-C'est peut-être utopique, surtout: sl: on empéche les \u2018choses d'avancer.Mais aujourd'hui les arts ; irépondent à un.besoin RIT EE] drgenit.\u2018chez l'homme techn nie » \u2014 9961 SUVW PZ NILV1 Y3UIVAO 31 * \u2014 24 MARS 1966 LE QUANIIER LATIN C BEAUX-ARTS ) CLAUDE VERMETTE Claude Vermette (né à Montréal en 1930), créoteur en matière de céramique architecturale, se préoccupe d'intégrer à l'architecture le traitement des surfaces.|| veut convertir les maisons et les édifices modernes trop froids, trop dépouillés, si gris et si mornes, en habitats chaleureux.Ralliant la peinture a l'architeclure, le céramiste revêt les surfaces de riches textures et de coloris chatoyants.Le grand rêve de Claude Vermette est de contribuer à créer un climat favorable à la mise en commun des talents et JASMIN.(suite de la page 3) soir au Gésu.On sent que les gens ont soif de s'exprimer et veulent comprendre l'art moderne.|! faut que cette éducation artistique commence très tôt dans la vie d'un homme.C'est évident qu\u2019il y a une dimension politique et socia- fe au problème actuel.ll y a des gens en place qui ne sont pas à point, qui n\u2019ont pas assez réfléchi aux recherches au point de vue culturel actuellement et sont encore esclaves des vieilles catégories de la fin du XIXe siècle; ou qui pensent encore que la culture est un domaine réservé aux gens instruits ou aux gens qui peuvent se le permettre.D'autre part, trop souvent, on parle de l'artiste comme d'une espèce d'oiseau rare, d'être à part, comme si tous les artistes étaient asociaux et en marge de la société.I faut dire que notre société québécoise n\u2019a pas toujours été très accueillänte envers les artistes.!! faut étudier les artistes en tant qu'dtres humains et ce qu'ils réalisent en tant qu'oeuvres d'art.Il faut les juger en situation dans leur milieu, à telle époque, dans tel contexte.L'artiste d'aujourd'hui va tendre de plus en plus à s'intégrer à la société qui fera sa juste place aux arts; mais il y a encore de vieux préjugés à vaincre.Le rapport Parent a lancé un renouveau.Dans le domai- ñe des arts, il a effleuré le problème tout en faisant des recommendations pertinentes que le Comité demandé, dans un mandat élargi, pourra développer et préciser.Robert BARBERIS des capacités de tous les artistes.Ceci en vue d'assurer à lo culture canadienne un riche développement comme partie intégrante de l'art universel.Et il veut partager, avec les architectes qui lui commandent des oeuvres, le désir de créer des édifices dans lesquels les gens vivront et travailleront en harmonie avec tout ce qui les entoure, avec leurs habitacles mé- mes.Oeuvres importantes: Séminaire de Chicoutimi, Chapelle (1952-54); Foyer Karsh, Murale (1958); Ecole Régionale Norbert-Morin, Façade et mur du hall (1963); Palois de Justice de Drummondville, Salle des pas perdus (1964); Métro de Montréal, Murales des stations (1966).\u2014 Monsieur Vermette, pourriez-vous définir votre travail ?-\u2014 Mon champ d'action est la céramique architecturale, qu'on appelle aussi céramique structurale.En un mot on peut dire que ce travail consiste à revêtir les murs ou les parquets d'un parement approprié à l'architecture, Et l'on conçoit dès lors que les liens qui unissent l'architecte et le céramiste sont importants et nécessaires.1! faut vraiment qu'ils collaborent étroitement, qu\u2019ils mettent tout en commun, s'ils veulent s'assurer d'un succès architectural.Les revêtements de céramique doivent faire valoir les volumes architecturaux.Et c'est cette même pensée qui détermine les couleurs et les motifs qui entrent dans la composition.À d'autres époques, on pensait fresques, mosaïques.maintenant le souci de la décoration tend vers une autre harmonie: on cherche à vivifier les surfaces tout en respectant l'espace architectural.C'est ce que j'appelle les revêtements intégrés.\u2014 De quelle façon procédez- vous ?\u2014 Le premier trovail se fait en croquis, puis j'exécute la maquette qui sera transposée à l'échelle avec précision.De concert avec les poseurs, on finit par trouver la technique lo plus commode.Quant aux tuiles, nous nous les procurons ou nous les fobriquons si les couleurs, les motifs ou les formes sont introuvables.Le plus souvent nous réalisons ici à l'atelier- la tuile que nous voulons et nous envoyons la formule et la com- monde aux entreprises industrielles.\u2014 Quelles sont ves options stylistiques et chromatiques ?\u2014\"lès gammes dé couleurs: que je préfère sont les jaunes, les rouges, les bruns, les couleurs chaudes en un mot.Elles conviennent d'ailleurs à notre climat.Les noirs également me plaisent beaucoup.Je n'ai de difficulté qu'avec les verts: ils sont tellement beaux, tellement variés dans cette nature lauren- tienne où je travaille, que je me sens handicapé.Dans la composition d'une oeuvre, je ne procède pas par la ligne qui cernerait des figures, mais je conçois l'ensemble à partir des aplats de couleurs.\u2014 Avez-vous l'impression que votre activité artistique est marquée d'une évolution ?\u2014 Je suis bien jeune pour parler d'évolution dans l'art que je fais.Au commencement cependant mes pièces de céramique architecturale tiraient un peu vers le décor, alors que maintenant la tendance est à plus de pureté.L'obsession des + Numes à exprimer a remplacé l'idée de faire une murale qui s'appelle Claude Vermette.\u2014 Qu'est-ce que l'art pour vous ?\u2014 L'art pour moi est une rencontre de l'esprit et de la matière.Le feu et la terre sont tout pour moi.Et l'on doit communier avec ces éléments pour réaliser quelque chose de bon.Il y a bien en outre une projection de soi-même dans l'activité artistique.Et la nature dans laquelle je vis contribue sans doute à m'inspirer.\u2014 Auriez-vous un moi à l'adresse des jeunes artistes du Québec ?\u2014 Les jeunes artistes, à mon avis, ne brôlent jamais assez les étapes.ll faut tellement d'énergie pour arriver.Mais si l\u2019on entend par là vouloir être maître avant d'être écolier, alors là j'admets que c'est mal.Il faut asseoir sa ténacité sur l\u2019humilité.Mais quand même il faut brûler les étapes.Deuxièmement il faut au jeune artiste un esprit ouvert.Et celo tient tellement a sa formation académique, scientifique et humaniste, || devrait profiter au maximum de ses études.Enfin de jeunes artistes se perdent parce qu'ils en font trop, C'est peut- être parce qu'ils n'ont pas trouvé leur voie.Et dans ce cas il faut vraiment qu'ils cherchent.Découvrir le médium qui nous convient, s'y adapter et le posséder vraiment, cela requiert du temps.L'éparpillement amenuise toujours les succès.Ghislain CLERMONT En collaboration avec les écoles Peretz Chanter Israël Le Choeur des étudiants de l'Université de Montréal; Martha Schlamme, interprète folkloriste; Talmon Herz, violoncelliste.Le 19 mars à la Grande Salle.La Place des Arts s'est transformée en Place d'Israël samedi dernier.Les écoles juives Peretz, en collaboration avec le Choeur des étudiants de l'Université de Montréal, y présentaient leur concert annuel.L'atmosphère était à la fraternité ! Le programme, varié, comprenait surtout des oeuvres folkloriques.Le Choeur des étudiants de l'Université de Montréal révèle un style tout à fait particulier.Les critiques étrangers lui trouvent une facilité d\u2019adaptation aux différents styles, une fraîcheur et un petit quelque chose \u201cd'ineffable\u201d.Je souscris volontiers à leurs opinions et j'ajouterai, si on me permet une comparaison, que l'équilibre sonore de notre ensemble m'apparaît nettement supérieur à celui du Choeur de l'Université de Toronto.Ce dernier, qui interprète fort bien les oeuvres de la Renaissance, et s'y cantonne volontiers, ne donne pas un rendement aussi prestigieux dans les modernes et les contemporains.La sonori- té en éprouve des répercussions.Les voix sont moins biens adaptées, etc.Au contraire, le Choeur de l'Université de Montréal, dont le répertoire est illimité, rend une sonorité beaucoup plus riche et souple.C'est ce quelque chose d'ineffable qu'il est impossible de décrire.Fernand Graton le dirige avec une mai- trise parfaite.L'ensemble a donné un rendement excellent dans les nombreuses pié- ces oll s'enchevétraient accelerando et diminuendo.Je dois passer vite sur Tal- mon Herz, premier violoncelliste de l'Orchestre de Calgary.En effet, les pièces au programme relevant de la plus haute fantaisie, d\u2019une imagination échevelée, n'ont pas permis au jeune violoncelliste FRS tin On Sen manu mp ee EE EE ee \u2014\u2014\u2014\u2014 .> 2 on ACR AR I RIAA SE AA RIERA TORR CRI FA de se mettre en relief, C'est déplorable car dans les mélodies de Ben-Haim \u2014 mélodies de salon sans prétentions \u2014 il a démontré une trés belle sonorité.Une jolie femme, spirituelle, trés animée, une voix cristalline, voila Martha Schlam- me, jeune interpréte folkloriste.Elle a conquis l'auditoire en interprétant des chansons foikloriques de plusieurs pays.Croyez-le ou non, elle a réussi à faire chanter le public de la Place des Arts ! ! Un lèse- Place des Arts; qu\u2019en diraient nos pharisiens ?Malgré ies langues elle a réussi à mimer de façon éloquente le message de ses chansons.Fait à noter, elle est Autrichienne de naissance et sa prononciation française et anglaise ne souffre d'aucun accent.Lucien LORIOT J WES UIT CA WAS WA ORAS.CARE RRA (\u2014 LE THEATRE) CROQUE-MONSIEUR Au Stella: Janine Sutto et Jean Perraud LE LES LIAISONS DANGEREUSES, film de Roger 'Vadim, d'après le roman de Choderlos de La- clos.Musique de Thelonius Monk, avec Jeanne Moreau, Gérard Philippe, Annette Va- dim, Jeanne Valérie.Au Dauphin.De quelle façon faut-il donc aborder LES LIAISONS DANGEREUSES ?Ese-ce avec avidité, comme si l\u2019on accueillait un chef-d'oeuvre ?Est-ce avec entrain, comme quelque chose d\u2018emballant ?Ou avec sympathie ?On peut avoir de la considération pour les films de Vadim, ceux-ci n'en tirent cependant pas moins dans leur sillage les relents du cinéma commercial de la Nouvelle Vague.Et si la nouvelle vague o été submergée, bo- layée, c\u2019est que les films, qui disent trop souvent la même chose ont \u2018tendance à être dévalorisé.LES-LIAISONS DANGEREUSES, date de plusieurs années.\u2019 On mento \u2018interdit Vex CINEMA ) Annette adm Gérard Philippe portation pour des raisons morales: lo femme française n'étant pas un monstre, \u201con ne peut tout de même pas la faire posser pour telle aux yeux du monde.Le monde - américain \u2018surtout; on est sous régime De Gaulle, vous:c prenez * Alors, Vadim.est mé : de.faire.un: prologue as son film\u2019 où, s \u2018adressant.lui- même aux spectateurs de.fan.nglaise\u2019 (seul en Fronce, = oa FRANGAIS!Sil'ds.Jeune veuve de plus de trente ans (\u201cMais si, mais si\"), originaire de Nice mais parisienne par décision; mère d'un gar con en \u201csciences-po.\u201d qui n'aime pas particulièrement le travail et d'une fille éprise de Karl Marx; recherche d'urgence un mari pour l'épouser dans les 48 heures.Raison: suicide et ruine du cinquième et dernier époux.Qualité requise: être milliardaire.Les millionnaires sont priés de s'abstenir.Prière de faire parvenir ses \u201csubventions\u201d à Coco Baisos, ex-femme du roi des mines Baisos.C\u2019est ça, Bai- sos \u201csos\u201d.Si, à ces détails, on ajoute les noms de Maggy Fauchois, unc Française qui se fait passer pour une anglaise pouvant se payer le luxe de vivre continuellement à Paris; Auguste, un serviteur qui fait de la critique littéraire à temps perdu; Anatole Longvy, un vieux garçon qui n'a jamais caressé que des chiffres et des billets de banque; Monsieur Bécot, un inspecteur de police très prévenant; et quelques autres personnages de moindre importance; si donc on réunit ensemble tous ces éléments et qu'on s'appelle Marcel Mithois, on écrit alors une savoureuse COmédie intitulé Croque-Monsieur.C'est cette pièce, qui fit courir le Tout-Paris, l'an dernier, que présente le Théâtre du Rideau Vert sur la scène du Stella.Croque-Monsieur, c'est Coco Baisos que ses parents avaient mande gentiment pardon d'avoir fait un masque aussi vilain à de si beaux acteurs.Il s'excuse encore et nous prie de croire que \u2018les femmes françaises ne sont jzas toutes comme Juliette (Jeanne Moreau)\u2018\u2019.Ça,.on s\u2019en serait douté\u2026 mais la-vie politico-artis- tique a de ces exigences.Bref, les LIAISONS DANGEREUSES n\u2019est pas un film sérieux.Que Vadim ait voulu hui donner la taille d\u2019un essai, soit, mais l'essai.a \u2018avorté.Des comportements comme ceux de Valmont (Gérard, Philippe) et de so femme sortent, à proprement porler, du.commun: Le caractère farfelu de \u2018ces supposées lioisons dangereuses amuse le spectateiir- sans l'offusquer.Le cinéma a; pour: un film\u201d de la\u2019 pipi \u2018abord baptisée du \u201cnom folklorique de Mireille\u201d, A 16 ans, elle est orpheline, abandonnée \u201csous le soleil niçois avec mé- me pas de quoi se payer une ombrellc\u201d, Du coup, elle se décide pour la richesse car on ne peut \u201cêtre honnêtement pauvre.On est pauvre, c'est tout\u201d.\u201cCelui qui n'a pas d'argent ou un immense talent part dans la vie avec un retard de dix ans.\u201d Elle mène le combat \u201cdes mains vides contre les portefeuilles remplis\u201d.\u2014 Elle est prête à tout pour se trouver un mari riche.Elle peut jouer \u201cMais n°te promène donc pas toute nue ou Mere Courage\u201d, la femme-enfant ou la passionnée romantique.Voilà Coco Baisos.Mais Coco Baisos, c'est aussi Janine Sutto.Comme on la sent à l'aise dans son personnage.C'est un véritable tourbillon sur la scène.Une vraie tempête, De la dynamite sous pression qui éclate continuellement.C'est un mouvement à l'état pur.Par ses gestes, par ses paroles, par ses attitudes, Janine Sutto emporte le spectateur dans son débordement de vitalité et l'étourdit.Autant il est impossible à Coco Baisos de rester en place deux secondes, autant il n'est pas possible au spectateur de résister à ce feu d'artifice humain qu'est Janine Sutto.Le rire explose comme une pièce pyrotechnique.Un rôle en or pour cette comédienne.À côté de Janine Sutto, il faut souligner l\u2019interprétation de Ro- Un peu de sérieux, s.v.p.se :défoulement.Le film de Vadim est dépassé, le public le verra sans crier au scandale: il le verra en s'amusant de son manque de sérieux.De plus, l\u2018abime entre les mentalités européenne et améri- cdine (en Amérique: la \u2018\u2019Middle Class Morality™), imprime dans la conception du spectateur québécois un net détachement de tout ce qui ne: lui ressemble pas.Et les LIAI- y SONS DANGEREUSES ne ressemble en rien à la: concep- tion-de vie du Québécois\u2019 my.en, il ne s\u2019y retrouve pas, 1a.vient I\u2019 \u201cétrangeté\u201d\u2019 du film.Bien sûr, un film de qualité ne demande pas que le spectateur s\u2018y retrouve, mais réussi.à élargir les esprits et re des chos les, cinéphiles\u201d ont atteint une maturité, qui s \u2018est développée HN io A \"Se Iisser tr le ee et fo parsrsiohide Peut-être bert Rivard dans le role d'Anatole Longvy.11 faut le voir avec ses airs timides, ses habitudes de célibataire endurci, ses sourcils qui lui montent sur le front, ses grosses lunettes d'écaille, pour comprendre tout le comique qui peut jaillir d'une rencontre entre lui ct Coco Baisos.Jean Dalmain, dans le rôle de Monsieur Bécot, fait une apparition très remarquée.ll en est de même pour Ulric Guttinger (Auguste) et Michelle Moris (Mademoiselle Valérie), une infirmière qui pleure, qui pleure, qui pleure.Jean Datmain assurait Ja mise en scène de ce spectacle.Il n'a fait que suivre le mouvement de Coco Baisos.Le rythme de celle-ci est lc rythme de la pièce ot des autres personnages: vif, alerte, emporté.Aras a imaginé les décors tandis que François Barbcau dessinait les costumes: la robe de Coco Baisos, au troisième acte, est particulièrement réus- sic, Pour ceux qui aiment ce genre de comédie, ils sont assurés d'une soirée des plus divertis- Quntes avec Croque-Monsieur.Le Rideau Vert a tenu à nous faire rire aux larmes avant de nous plonger dans l'univers tragique des Trois sveurs de Tché- khov, le prochain spectacle, dont la mise en scène a été con- file à M.losef Moisévitch Racvsky du Théâtre d'Art de Moscou.Michel Monette oll IHN [XT TIP BETTS I \u201cLA BALANCORE\" + \u2014 9961 SYVW PZ NILYT Y3LLYVYANO 31 * \u2014 24 MARS 1966 LE QUARTIER LATIN Hommage à FERNAND GRATON M.Graton est secrétaire-gé- néral du conservatoire de musique et d'art dramatique de la Province de Québec, professeur à la faculté de musique de l'Université de Montréal et à Pécole Vincent d\u2019Indy.H assume en plus la direction du Chocur des étudiants de l'Université de Montréal.Après avoir suivi le cursus musical québécois à unc époque où il n'existait pas d'écoles sérieuses de musique dans la Province, il partit étudier à Rochester ct Boston, plus précisément la direction musicale.De retour à Montréal, il en- scigne, ct entreprend ses débuts comme chef d'orchestre à vingt- deux ans.Il dirigea un orchestre de jeunes musiciens amateurs.Fonder un orchestre amateur à l'Université voilà un projet qu\u2019il caresse encore \u2014 si la Société artistique de l\u2019Université de Montréal voulait bien s\u2019y mettre! Après tout McGill en a un, pourquoi pas nous?Le Chocur des Etudiants de l'Université de Montréal existait depuis quelques années \u2014 on se souviendra qu\u2019il a été fondé par un étudiant cn médecine, Robert Villeneuve dans les années \u201c45\u201d \u2014 quand M.Graton cn devint le dirccteur musical.Il en assume la direction depuis 1953 ct avoue qu\u2019if le quitterait avec beaucoup de regrets.Ce contact avec les jeunes- cst passionnant cn plus dc me conserver jeune, nous dit-il.Quelles ont été les réalisations du Choeur des Etudiants de l'Université de Montréal?\u2014 Tout d'abord notre répertoire s'étend de la Renaissance jusqu'à la période contemporaine.Ensuite nous collaborons avec l'Orchestre symphonique de Montréal; ainsi nous avons interprété les Carmina Burana it y a deux ans, je crois, et de nombreuses autres pièces chorales avec l'O.S.M.Durant les êtés 1961 ct 1962, sous l'invitation personnelle de Charles Munch, le Chocur s'est rendu au festival de musique de Berkshire au Massachusetts.à Tan- glewood.1} y a deux ans nous nous sommes rendus en Israël pour le Festival International des Chorales.Ce fut un grand succès: on nous cn fait encore.des éfoges!.Partout «la critique fu.très élogieuse\u2026.x Ne collaborez-vous pas aussi avec les Ecoles juives Pe- retsz?\u2014 Oui, et pour deux raisons.D'abord nous avons tous été nous nous faisons un plaisir de collaborer.(A la suite de cette collaboration, un groupe d\u2019élèves \u201csénior\u201d de ces écoles a formé un club français sous la Le Choeur des Etudiants de l'Université de Montréal, en plus de rehausser le prestige de l'Université à l'étranger, joult d'une réputation internationale.Nous présentons cette semaine aux lecteurs un aperçu de son activité, Monsieur Fernand Graton, chocur, a longuement répondu à nos questions.le directeur du charmés par l\u2019accucil chaleureux en Israël.Il ne faut surtout pas confondre les gens de là-bas avec nos boutiquiers de la rue Saint-Laurent ou avec certains juifs de la métropole qui sont arrogants et parvenus.Nous avons été fort impressionnés par le peuple d'Israël.De retour à Montréal, les Ecoles juives Peretz, heureuses de notre succès, ont fait appel à no- direction d\u2019étudiants de l\u2019Université de Montréal).\u2014 Pourquoi ne vous mani- festez-vous pas plus à l\u2019Université?\u2014 Disons pour commencer que l'Université nc semble pas conaue comme lieu de concert.Nous avons tenté plusieurs fois de donner des concerts au Centre social ou à l'auditorium: niversité de Montréal et quel- .ques autres étudiants.On pourrait citer nombre d'exemples.\u2014 Quel sort vous accorde l'administration de l'Université?\u2014 Nous n'avons à l'Université aucun local pour les pratiques.Nous nc pouvons nous loger nulle part.Cela rend le travail difficile.Heureusement depuis I'acquisition par I'U.de M.du Pavillon Mont-Royal, nous disposons d\u2019un \u201cbon\u201d local pour lcs répétitions.Que de déplacements, que de changements avant d'en arriver là! \u2014 Et la Société artistique de l'AG.EU.M.?\u2014 Nous avons dû nous cn séparer par refus de collaboration.On nous considère comme parent pauvre, ON nous a fait des \u2018singeries\u201d il y a quelques années, ct depuis nous relevons directement de l'A.G.E.U.M.On nous reçoit mieux! C'est grâce à Monsieur Lefcb- RE De bee Char les Munch (à droite) applaudit Fernand Graton après l'interprétation du \u201cRoméo et Juliette\u201d de Berlioz, au festival de Tanglewood, en août 1961.tre collaboration.Vous savez sans doute que les Juifs au Québec sont sujets à une double taxation s'ils désirent posséder des écoles de leur style.Le concert annuel à la Place des Arts contribue donc au financement de « ces institutions.Les contacts ävèc la communauté juive de Morifréal sont très chaleureux: toujours cc fut des fiasco quant au nombre d\u2019auditeurs.Pourtant les concerts étaient toujours très bien rendus.Il faudrait déplorer l'apathic des étudiants.Un autre exemple, la Chorale universitaire de Lyon:.malgré la publicité, il ne sc \u201ctrouvait \u2018dans la salle que des membres du Choeur de l\u2019U- vre, ancien président de l'A.G.EUM.que nous jouissons d\u2019un statut particulier.La Société artistique ne se préoccupe pas dc nous.Si cc n\u2019était que d'elle, nous serions tombés à plusieurs reprises.De toute fagon c'est l'A:G.E.U.M.«qui nous suppor- et et pas \u2018l'administration de l'Université! 3 directeur Fernand Graton, du Choeur des étudiants de l'Université de Montréal.\u2014 Quelles difficultés éprou- vez-vous à l'intérieur de votre organisation ?\u2014 Nous avons un groupe très intéressant et dynamique.Les dificultés proviennent du fait qu\u2019il est difficile de prévoir les effectifs dont nous pourrons disposer au début de chaque année.H y a ceux qui nous quittent à la fin de leurs études.Tous les ans, un vide reste à combler, avec qui?Je ne peux le savoir d'avance! Ne connaissant pas d\u2019avance mes effectifs je ne puis établir définitivement lcs œuvres à étudier, etc.Plus encore, si nos effectifs étaient stables, nous pourrions participer par exemple, au Festival Choral International de New York.En somme, chaque année il y a une partie d\u2019édification à refaire.Je ne parlerai pas du traditionnel conditionnement financier.\u2014 Quels étudiants font partie du Choeur?\u2014 Il y cn a de toutes les facultés.Dans l'ensemble ils sont très fidèles: certains continuent même après leurs études?Evi- demment le nombre varie, diminue; le plus important c\u2019est le noyau des anciens qui restent membres parfois pendant itrois ou quatre ans.\u2014 Vos projets?\u2014 Nous prévoyons une reprise de certaines pièces du concert pour l'association des amit tiés culturelles juives-canadient nes-françaises.Nous prévoyôns unc vaste réorganisation intér- ne.De plus, nous en sommes.à l'élaboration d'u plan pour les années 1966-1967.Nous.prévoyons beaucoup d'activités pour cette période ct caressons plusieurs projets fon intéressants.Lucien LORIGE, Entre l'inquiétude et l\u2019âge d'or: LA DEMARCHE POETIQUE de GEMMA TREMBLAY Poème d'identité (1), le cinquième recueil de Gemma Tremblay, se place sous le signe de l'inquiétude.L'\u2019identité n\u2019est pas ici la définition, l\u2019élucidation de l\u2019individu Gemma Tremblay; mais c'est plutôt la situation du poète en tant qu\u2019humain, sa situation dans le monde ambiant.Situation toute d'inutilté, de solitude, de questions sans réponses.Jeté dans ce monde oppressant, il ne reste au poète qu'une seule attitude: l\u2019inquiétude.Inquiétude qui débouchera sur un.cri de désespoir répété, comme d'écho en écho, dans tous ses poèmes.La matière Le recueil a comme fond de scène le règne de la matière.Au premier plan, le poète, l'humain.Un humain écrasé, étouffé par la matière qui s'empare de tout.C'est le rythme trépidant de notre civilisation moderne et matérielle, vu à travers les lentilles déformantes de quelqu'un qui s'éveillerait un jour et se rendrait compte qu'il ne vit pas sous une cloche de verre, mais qu'il est placé au milieu de gens et d'objets.C\u2019est la vue atroce de quelqu'un qui se sent déchiré et qui s'aperçoit qu'une partic de lui- même l\u2019a quitté.L'humain prend conscience qu'il n'est plus tout à fait humain, et surtout qu'il ne pourra ja- inais l'être tout à fait.Inutilité Devant cette prise de conscience, deux solutions sont possibles: la révolte ou l'abandon.Gemma Tremblay fait un peu la synthèse de ces deux solutions.L'écrasement de la matière luf fait sentir au plus profond d'elle-même l'inutilité de la pensée, de l'acte, de la vie humaine.(Inutilité contextuelle et non fondamentale).Mais en même temps elle osc souhaiter un jour, ou geste et pensée reprer dront leur signification.Elle ose crier qu'elle veut voir ce jour.- Qu'un visage familier\u2018 pe- raisse sur ma Je croiral sux arbres de Noël Solitude .Linutilité: \u2018dé son\u2019 étre a > ' a | donne au poète la dimension de sa solitude.Solitude ne s\u2019entend pas ici au sens d'un quelconque retranchement face aux autres humains.Mais c\u2019est une soli- tudé ressentie au niveau des forces vives de l'être, une solitude qui tient uniquement dans le fait que l'homme est déchiré par tout ce qui l\u2019entoure ct que, quoi- qu'il fasse, il ne peut aucunement changer sa condition.nous vivons mais pour qui ces holocaustes rien ne bouge chacun dans sa cage endormi.Tragique de l'homme De là vient tout le tragique de l'homme qu'exprime ce recueil.Seul, sachant que tous ses actes sont inutiles, qu\u2019ils ne changeront rien à sa condition, l'homme continue à poser des gestes inutiles.Il continue.Le seul acte positif qu'il puisse poser est de crier et de demander une condition significative qui le mette de nouveau en accord avec l'humain.Cris et demandes qui restent sans réponses.Remise en question Conditionné par son inutilité et sa solitude, n'ayant aucune emprise directe sur le monde et les événements, mais subissant plutôt leur emprise, ne pouvant que crier sans espoir de réponse, l'hommie, dans une foule de pensées, de souvenirs et d'espoirs, remet en question On tant des lunet avril été son existence et tout ce qui s\u2019y rapporte.Autre geste inutile.En effet, loin de le réunir au monde, cette remise en question ne peut que montrer à l'homme son écart toujours grandissant avec le monde.Ecart que même cette interrogation sur son existence, ce geste presque positif, ne pourra combler.Le poids du monde est trop lourd.L'homme ne peut s\u2019en tirer de lui-même, Inquiétude et Impuissance Si près, et en même temps si loin du monde, l'homme reste désemparé.Il se sent déraciné sur cette terre qui est sienne.Il est, et enchaîné à ce monde qui lui fait sentir sa pesanteur et conditionne la portée de ses actes, et complètement isolé en ce sens que tous ses actes ne servent à rien.De là son inquiétude.Et à mesure que le poids du monde croît, cette inquiétude s'élève jusqu\u2019à un point de paroxysme qui jaillit en un immense cri d'impuissance ct de déception.Taisez-vous.Tous les clochers m'ont rendue sourde au sein de la nuit minérale que je quitte.C'est la nuit opaque qui court sur mes membres charbonneux.L'âge d'or Le seul espoir qui reste à l\u2019homme est un retour cyclique à l'âge d'or.Cet âge où tout était parfait, où l'humain s'épanouissait en harmonie avec le monde.Pour le poète, c\u2019est le temps lointain, perdu de l'enfance, où on était heureux.Lc contact brusque avec le monde et l'âge adulte a tué toutes ses illusions.L'âge d'or serait ce temps où toutes les illusions prendraient consistance.La solitude et l'inquiétude viennent de la perte de cet âge d'or, des désillusions résultant du contact avec le monde.Sur l'expression Toujours l'expression du poète suit parfaitement sa pensée.Elle s'y colle, la modèle, la suggère.Les images jaillissent, claires et puissantes, frappant la pensée du lecteur et s\u2019y imposant.Le puète exerce une maîtrise peu ordinaire sur son rythme, passant avec une ex- tême facilité de la psalmodie au cri ct du cri à Ja psalmodie.Le rythme berce le lecteur, le pénètre, l'envahit, et en même temps la pensée du poète, son expérience, s'empare du lecteur.Sans heurt, le poème s'impose de lui-même au lecteur.Autant \u2018de facilité ne peut être signe que de très bonne poésie.(1) Poèmes d'identité, Jean Grassin éditeur, Paris déc.1965.Jean-Pierre AUBIN or DESORMAIS Administré par la Coopérative ; L'hebdo -dù des Publications Jeunes-Québec aia - id 000 + \u2014 9961 S¥VYW #Z NILYY ¥3118vNO 31 EN VENTE PARTOUT AU QUÉBEC DÈS VENDREDI-LE 25 MARS * \u2014 24 MARS 1966 LE QUARTIER LATIN NOTRE CHOIX CE MIDI, A LA SALLE P-310, NE PAS MANQUER LE DE- BAT \u201cPROBLE- MES DE LA LITTERATURE QUEBECOISE\u201d AVEC HUBERT AQUIN ET GIL- e Ce soir, à la Grande Salle, le trio d'orgues Wolfgang Von Karajan.Wolfgang Van Kara- jan, frère du célèbre chef d'orchestre, est reconnu par toute l'Europe comme l'un des plus grands virtuoses de l\u2019orgue.Sa passion pour cet instrument et pour les oeuvres qu'on lui à dédiées l'ont incité à mettre au point trois orgues \u2018\u2019baroques\u2019\u2019, répliques exactes de celui sur lequel Bach écrivit ses pages immortelles.© Samedi é 2 heures, à Ja radio d'Etat, Tannhauser de \u2018Wagner, directement du Metropolitan Opera House de New York.une oeuvre qui annonce déjà Parsital\u2026 © Samedi en soirée, au Chansonnier classique, Poésie et Musique: Villon et Baudelai- J ancienne.Rappelons que le Chansonnier classique est situé à la Palestre no- tionale.e Lundi soir, à la salle Clau- de-Champagne, le Montreal Elgar Choir, dirigé par Gifford Mitchell, présente la Messe en Do de Beethoven et le Gloria de Vivaldi.solistes: Claire Masella, Marcelle Dumontet, Claude Létourneau et René Lacourse.Aussi: Christi- nia Jones, contralto et Marguerite Stanlow, soprano.® Mardi et mercredi prochains, à la Grande Salle, dernier concert d'abonnement de l'Orchestre symphonique de Montréal.Chef d'orchestre: André Vandernoot.Soliste: John Ogdon, pianiste.programme: Symphonie No 39, de Mozart; le Concerto pour piano No ! de Bartok; lo suite \u2018Lulu\u201d de Berg, et Iberia de Debussy.e À L'Orphéum: La Dalle des Morts de Félix-Antoine Sa- vard (création canadienne), avec Sita Riddez, Albert Mil- laire, Huguette Oligny, Michelle Rossignol, Jean-Pierre Masson.Mise en scène de Jean Gascon.une critique la semaine prochaine.© Au Théâtre National: Horace, de Corneille, présenté par le Centre dramatique du Conservatoire.© Au théâtre des Saltimbanques: Les Troyennes d'Euri- pide, adapation de Jacqueline Moatti, avec Francine Noël, Wilma Ghezzi, Michel Vais.adorables troyennes.© À L'Egrégore: La balançoire de Gibson, adaptation de Marcel Dubé, avec Louise Rémy et François Tassé.deux sur une balangoi- re, ¢a chauffe.Albert Millaire et Michelle Rossignol sont les jeunes héros du drame La Dalle-des- Morts, présenté par le T.NM.ar.LES MARCOTTE re traité à la 20e siècle.Mu- ® Au Gésl: jusqu'au 27 sique ancienne; ensemble mars, Don Juan de Molière, \u201cSine Nomine\u201d.avec Gilles Pelletier, Jean .toujours bon de se re- oa Duceppe, Monique Miller, musique tremper dans la musique théâtre Henri Norbert, etc.beaux-arts .a ne pos manquer.cinéma © Au ciné Week-End: Kwai- dan de Kobayashi.5i vous ne l'avez vu, il commence à être temps.© Au Dauphin: Les liaisons dangereuses de Vadim.voir critique en nos po- ges.® A L'Elyse: (salle Resnais), Red Lanterns, film grec.\u2026si la peau m'était contée\u2026 © Au Kent: Répulsion de Roman Polanski.cours de préparation ou célibat.© Au Séville: The Sound of Music, avec Julie Andrews.joyeux anniversai-ai- reeee\u2026 © Au Vendôme: Par un beau matin d'été, commercial avec Belmondo.ss Couci - couci - couci, couci - couci - couga.© À l'auditorium de l'Université de Montréal, le 2 avril: Alphaville de Jean-Luc Godard.un chef-d\u2018oceuvre.© À la Cinémathèque, semaine du 28 mars: Lundi: le court métrage fran- gais: Jacques Baratier et Pierre Dominique Gaisseau et Trois dans un sous-sol (U.R.S.S.).Mardi: Le quarante et unième (U.R.S.S.) et Le court métrage français: Jacques Ro- zier, William Klein, Alain Soury, Ado Kyrou.Mercredi: Le court métrage français: Jean Douchet, J.P.Meurisse, Eric Rohmer et La Ligue de ls grande aftai- re (U.R.S.S.).Jeudi: Soirée Claude Feur- nier: Sélection de films produits par l'ONF.et la Société Radio-Canada et La fin de St-Pétersbourg - (U.R.S.S.).© Au musée d'Art contemporain: Oeuvres de Padamsee, jusqu\u2019au 10 avril et Mosaïques de Jeanne Reynal.© Au centre récréatif Mai- sonneuve: Les femmes peintres, jusqu'au 17 avril.pour ou contre l'émancipation de la femme.© Au musée des Beaux-Ars: Les bijoux de Braque, jusqu'au 27 mars.© À la Galerie Bishop: peintures surréalistes de Yallou- rakis.Oeuvres fascinantes.© À la galerie Agnès Lefort: Gino Lorcini, peintures non- figuratives.© Université de Montréai: (Grand Hall) Oeuvres des étudiants en Histoire de l'Art, dans le cadre de la semaine de Lettres, DES ARTS ET DES LETTRES DIRECTEUR: | Danie! Saint-Aubin REDACTEUR EN CHEF: Henri Frickx CHRONIQUEURS: les lettres: André Bertrand le théâtre: Michel Monette la musique: Daniel St-Aubin le cinéma: Henri Frickx les beaux-arts: A Raymond Charland KR REDACTEURS: H François Hébert, Jean- Pierre Aubin, France.Marie Lupien, L Lucien\u201d Loriot, Gilles Réhel, Jean-Luc Duguay, Danièle Corbeil, Robert Barberis, Michel.Lu- E pien, Pierre Lamarche.R PHOTOGRAPHE: Serge Prouix e LE CAHIER des arts et des lettres est publié chaque jeudi par LE.QUARTIER LATIN: "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.