Le Quartier latin, 17 mars 1966, Le cahier des arts et des lettres
[" art Xa DES ARTS ET DES LETTRES FRANCOIS PIAZZA ET L'ECHEC D'UNE IDENTIFICATION Prix du Maurier 1965, avec son recueil Les Chants de l'Amérique, François Piazza vient de livrer au public son deuxième recueil: L'Identification (1).L'auteur définit lui- même ce recueil comme une tentative de se connaître, de se retrouver, de se posséder.Tentative qui ne se cantonne pas au niveau intellectuel, mais réussit à le dépasser pour atteindre au niveau existentiel.En effet, loin de se borner au jeu de lintellect, l'auteur s'achemine lentement, avec tous les retours que peut comporter la démarche poétique, vers une prise de conscience de soi qui émerge de son existence, vers une prise de conscience sentie au plus profond de lui- même.Une prise de conscience non pas au degré de la réflexion mais au degré de l'intuition.D'ailleurs dans tous les thèmes développés par l'auteur, ce n'est pas tant une connaissance de son moi qu'il recherche qu\u2019une possibilité d'être, un possible qui puisse lui faire dépasser l'état de simple existence, Le temps Le poète sent son impuissance à saisir le présent; il lui faudrait un présent immobile, un temps arrêté.Mais constatant la perpétuelle évo- \u201clution du je, il mesure l\u2019impossibilité de cette nécessité.\u2018Le présent étant le point de rencontre du passé et du futur, et conséquemment a l\u2019évolution de son je, le poète se reporte à ces deux for- mants de l'instant présent.Mais là encore, il ne peut éta- \u201c\u2018blir son emprise.II ne se reconnaît pas dans son passé: Ce n'est qu \u2018un tout extérieur à lui-même, presque étranger.:De même dans le futur il ne voit que l'inconnu; un inconnu qui s'assimile en partie au vide.Par conséquent il ne lui reste que ie souvenir devant le passé, ainsi que le rêve et l'espoir devant le futur.Soi et les autres Impossibilité d'une quelconque maîtrise sur le temps, mais aussi impossibilité de maîtrise sur les relations de soi aux autres.Le poète ne voit dans le repliement sur soi qu\u2019un étouffement plus ou moins prononcé, qu'une lente agonie.|! constate l'absolue nécessité de contact avec les autres, la nécessité de communiquer.Mais aussitôt que le soi entre en contact avec l'autre, il s'azerçoit de l'impossibilité de cette communication.Dans tous leurs contacts, le soi ne voit jamais l'autre tel qu'il est; chacun ne voit l\u2019autre que dans l'optique où il voudrait bien qu'il soit, \u201cJe t'ai aimé pour tout ce que j'aurais voulu que tu sois.\u201d C\u2019est une communication faussée au départ.Le Cercle vicieux se referme.Et le poé- te ne peut que constater sa solitude à travers les autres, ce qui en somme n'est qu\u2019une forme extravertie du repliement sur soi.Je Prenant conscience affecti- vement de sa solitude, le poète se rend compte que les autres lui sont étrangers et que, en lui-même, il y a un autre soi qui lui est également étranger.Je, c'est l'amalgame de ces deux \"soi\", Un soi qui est de tous les jours, connu et défini: c'est le soi existant.Et un soi inconnu et indéfini, qui porte la puissance d'être, de vivre pleinement.Par conséquent, le je résume le passé et le futur.I! est un ensemble de souvenirs et de rêves, de connaissances, de soupçons et d\u2019ignorances, où se mélent un soi en acte et un soi en puissance, indiscernables logiquement.Et c'est par ée soi potentiel, ce soi qui ne s'est pas encore exprimé, que le je participe à l'éternité et qu'il peut prétendre à l'absolu, à une vie pleine.Mais ce soi potentiel demeure toujours inconnu, et à Le ie \u2018Beaux-Arts\u2019 de New prie dire à Montréal, n a ur inte ter eu e trios pour plan violon \u2018et vis éloncélle de Beethove: cause de cela, le poète, ne pouvant voir où il en est ni qui il est, se trouve réduit à l'échec.Tout le recueil n'est qu\u2019un immense mouvement en rond.Le\u2019 poète prenant comme point de départ que le je est inconnu, après une longue démarche où il fait ressortir quelques constantes du je, revient à son point de départ en s'apercevant que le je demeure inconnu.D'ailleurs par le seul fait de poser comme une des constantes du je, que le temps est insaisissable, le poète vouait déjà sa démarche à l'échec.Problèmes d'expression L'anxiété créée par !'intuition de la masse d'inconnu qu'il y a en soi peut réellement donner lieu à délire et création poétiques.Et en ceci nous pouvons dire que François Piazza a queique chose à dire.Mais au niveau de l'expression, nous sentons que cette inspiration sort difficilement.C\u2019est beaucoup trop rationalisé.Cette anxiété devant l\u2019inconnu ne laisse pas l'impression d'être vécue.Nous sentons bien qu'il y a là un besoin de vivre, de com- dans ce numéro muniquer, de donner.Un besoin inaltérable.Mais c'est trop volontaire.Le poète veut absolument dire quelque chose, mais il est trop tendu.Il ne se laisse pas assez envahir par son inspiration.H mat- trise son inspiration et la conduit.Il ne s\u2019y abandonne pas.Dans les deux parties du recueil (la première en prose, apparaissant comme beaucoup plus faible que la seconde en vers) nous sentons que le poète veut dire quelque chose et que cette absolue volonté l'étouffe et l'empêche de se livrer complètement.ll garde toujours un certain recul par rapport à son écrit, recul qui l'empêche d'entrer pleinement dans ce monde qu'il dit être sien.C'est dommage, car François Piazza a réellement quelque chose à dire.Mais l\u2019aban don n'y est pas.Ce qui donne un recueil qui ne réussit pas à emporter le lecteur.Jean-Pierre AUBIN (1) François Piazza: L'identification, Image et Verbe, Editions février 1966.un LES TROYENNES Page 3 mA SCOUINE Page 4 Page 5 B VERS UNE GREVE 7 8 ; * 17 MARS 1966 LE QUARTIER LATIN \u2014 A Bp i [EN ey i on @ PES fi le royaume des pique Semaine des Lettres Les étudiants de la Faculté des Lettres de l'Université de Montréal préparent une \u2018semaine des lettres\u201d qui s'étendra du 21 au 26 mars.Voici le programme détaillé de cette \u201csemaine'\": Lundi, 21 mars: conférence inaugurale prononcée par M.Gilles Hé- nault, directeur du Musée d'Art contemporain.Titre de la conférence: \u201cLe droit de rêver\".Cocktail.Dans le Hall d'entrée, exposition de tableaux des étudiants de l\u2019Ecole des Beaux-Arts de Montréal.Mardi, 22 mars: l'avant-midi, les organisateurs se rendront à l'émission \u201cChez Miville\"; en soirée, a 8:30 heures, à la salle Z-110, conférence de M.Seager: \u201cL'enseignement de l\u2019histoire aux Etats-Unis\u201d.Mercredi, 23 mars: à midi trente, à la salle P-310, deux conférences sur la linguistique par MM.Jean-Paul Vinay (\u201cLa langue: la pire ou la meilleure des choses\u201d) et Hanna (\u201cLa traduction\u201d).À 2:30 heures, tournée des laboratoires de linguistique.En soirée, à 8:15 heures, à la salle H-415, conférence de M.Jean- Paul Béland sur André Langevin.Jeudi, 24 mars: à midi trente, à la salle P-310, débat sur les \u201cProblèmes de la littérature québécoise\u201d: invités, MM.Hubert Aquin et Gilles Marcotte.Le soir, à 8 heures, à l\u2019Auditorium de l\u2019Université, soirée de cinéma: courts métrages: \u201cSur fond de ruelle\u2019 (par Guy Côté), \u201cEtouffé\u2019 (par Jacjues Bonin); long métrage: \u201cJulius Caesar\u201d de Manckewitzc.Vendredi, 25 mars: a une heure de l'après-midi, à la salle P-310, conférence de M.Richot: \u201cLa dialectique de la géographie\u201d.À 2:30, à l\u2019Auditorium, matinée cinématographique: \u201cCandide\u201d, avec Jean-Pierre Cassel et Pierre Brasseur.Le soir, à 8:30, au Grand Salon du Centre social, récital de poésie avec Guy Godin, Louise Marleau, Gaston Mi- ron et Raoul Duguay.Samedi, 28 mars: pour finir en beauté et faire original: une danse à la Mezzanine du Grand Salon: \u201cBal de l'Abbaye\u201d.Aux éd.du seuil Les Editions du Seuil annoncent la parution, dans la collection \u201cSel- fôges\u201d d\u2019un MAHLER que l'on doit à Marc Vignal.C'est un titre que beaucoup attendaient depuis leng- temps.Pour la collection \u201cEcrivains de toujours\u201d on annonce la réim- .pression du MICHELET de Relsnd \u201cBarthes, velume dont le Bulletin du Centre National de Decumentatien Pédagogique a écrit qu\u2019il est, peut: : \u201d être, le \u201cchef-d'oouvre de la critique .- \u2018enistentiells\u201d et .do ls très précieuse collection Ecri- Sains de toujours\u201d.\u201cl'un des fleurens \u201cHorace\u201d au Conservatoire Le Centre dramatique du Conser- vatoir présentera au Théâtre natio- nai à Montréal, les 25 et 26 mars à 8:30 heures, la deuxième production de sa saison 1965-66, soit Horace de Corneille, dans une mise en scène de Jean Valcourt, un décor de Pierre Bourassa et des costumes de Richard Lorrain.La distribution: Catherine Bégin (Camille); Louis Aubert (Horace); Jacques Brouillet (Tulle); Pascal Rollin (le vieil Horace); Louise Tur- cot (Sabine); Thomas Donohue (Cu- riace); Pierrette Delisle (Julie); Robert Maurac (Valère); Jean Pageau (Flavian) et Alpha Boucher (Procile).Le prix des billets (pour étudiants): $1.00.En vente aux guichets a partir du 21 mars.A Pro Musica: concert gratuit La Société Pro Musica présentera samedi 19 mars à la Comédie-Cana- dienne, à 2:30 de l'après-midi, quelques élèves des écoles de musique.On entendra le Trio Gendron, le Quatuor à cordes du Conservatoire de Musique de la Province, le Quintette de cuivres du Conservatoire McGill, Danielle Champroux, soprano, Jo- siane Roy, violoniste et Michel Fortin, pianiste.Entrée libre pour les étudiants.On peut se procurer des laissez-passer au secrétariat de Pro Musica (1270 ouest, rue Sherbrooke) ou à la Comédie-Canadienne, le jour même du concert.John Coltrane John Coltrane et son quartet présenteront deux concerts de jazz à l'Auditorium de Loyola College, dimanche (20 mars).Les représentations auront lieu à 2 h.de l'après- midi et 8 h.30 du soir.Les billets sont en vente au McGill University Students\u2019 Box Office (3480 McTa- vish), au Loyola College Student Center, 4501 Broadway, aux prix de $2.25 pour la représentation de l'a- pré-midi et de $2.75 pour celle du soir, Les scénographes de Radio-Canada Au Centre d'Art du Mont-Royal, jusqu'au 10 avril, \u201cL'Art et les scéne- graphes de Radio-Canada\u201d.Que sent les scénographes?Ni le dictien- naire Larousse, ni le Quiliet-Flsm- marion en denne l'étymologie.Est-ce un dessinateur ?Etablissens qu\u2019un scénographe est un dessinateur, mois qu'un dessinateur n'est pes ;un scénegraphe.En réalité, le scénographe est un artiste.À la télévision, c\u2019est colui qui crée ot réalise le contexte visuel des émissions, c\u2019est-à-dire les décors, les costumes, les graphiques qui les illustrent; des dessinateurs pourvus d'une formation artistique qui appliquent leurs talents aux besoins de la télévision.Trente-six scénographes du réseau de télévision de Radio-Canada exposeront donc leurs tableaux au Centre d'art du Mont-Royal.En tout, 95 oeuvres.Liaisons dangereuses Le film choc de Roger Vadim, LES LIAISONS DANGEREUSES qui met en vedette deux des plus grands noms du cinéma français, Jeanne Moreau et Gérard Philippe, prendra l'affiche bientôt au cinéma Dauphin.Ce film a fait époque dans les annales cinématographiques de la France.En effet, on se souvient que le film les Liaisons Dangereuses fut tant discuté en France que le gouvernement De Gaulle en a défendu l'exportation durant plus d\u2019une année et demie.Le scénario du film est basé, comme on peut s\u2019en douter, sur le célèbre roman de De Laclos, adapté par Roger Vadim et Roger Vaillant en collaboration avec Claude Brûlé.Enfin! Enfin! Enfin! Inscription à l'Ecole nationale de théâtre Les candidats intéressés à se présenter aux auditions de l'Ecole nationale de Théâtre pour être admis à suivre les cours de l'année scolaire 68-687, sont priés de s'inscrire immé- distement.L'Ecole nationale de Théâtre est un établissement d'enseignement supérieur qui assure ia formation complète du comédien et du technicien de théâtre.L'Ecole offre ainsi .des cours d'interprétation et des cours de production.Interprétation: durée des cours: 3 ans.Les candidats doivent avoir terminé leur cours secondaire au moment de leur admission et avoir en- \u201ctre 17 et 23 ans.Cours de production: ce cours du- \u2018ve 2 ans, avec option possible pour une troisième année.Il comprend deux sections: section technique (régie, direction de scène, mise en scène) et et la section décoration (étude de tous les aspects de la décoration du théâtre).Toute demande d'inscription doit être adressée au secrétariat de l'E: cele, au 437, bid.St-Laurent, Ment.ol 1, ra téléphone: 001-1007).Yallourakis A la Galerie Bishop (2019 Bishop) le peintre symboliste et surréaliste Yannice Yallourakis, expose ses principales oeuvres.Oeuvres fascinantes, aussi amères qu'évocatrices.Tels sont \u201cJean-Baptiste et Salomé\u201d, \u201cSophocie: Oedipe-Roi\", \u201cLa Dernière Tentation\u2019.Si les bijous de Braque du Musée des BeauxArts vous ont (comme ils ne manqueront pas de le faire) dégus, descendez d'un pas allégre fa rue Bishop avec ses petites boutiques et ses petits cafés jusqu'à la Galerie Bishop.Vous ne le regretterez pas.les prix Citrons, les prix Z\u2019Oranges La première phase, la mise en nomination des candidats pour l'obtention des prix \u201ccitrons\u201d, \u201coranges\u201d, \u201ccitrouille\u201d, \u201ctangerine\u201d, \u201cvadrouille\u201d, \u201céclair\u201d, vient d\u2019avoir lieu.Les journalistes se sont ainsi prononcés: Voici, par ordre alphabétique, les noms qui ont accumulé le plus de votes dans chaque catégorie: PRIX CITRON (l'artiste le plus désagréable) Serge Bélair, Joël Denis, Jacques Desrosiers, Paul Dupuis, Fernand Gignac et Claude Léveillée.PRIX CITRON (l'artiste la plus désagréable) Charlotte Boisjoly, Yvette Brind\u2019Amour, Monique Gaube, Lise Lasalle, Margot Lefebvre et Yolanda Lisi.PRIX ORANGE (l'artiste le plus Charmant) Yoland Guérard, Pierre Lalonde, Serge Laprade, Michel Lou- vain et Paolo Noël.PRIX ORANGE (l'artiste la plus charmante) Elai.a Bédard, Juliette Béliveau, Denyse Filiatrault, Dominique Michel, Michèle Tisseyre.PRIX CITROUILLE Ka plus mauvaise télémission de \u201clangue française).Alors raconte, Le bonheur des autres, Jeunesse Oblige, Micheline, Music-Hali, La poule aux oeufs d'or et Tentez votre chance.PRIX TANGERINE (la meilleure télémission de langue française) Aujourd'hui, Les couche-tard, Le pre- fesseur Guillemin, Le sel de la se maine et Tous pour un.PRIX VADROUILLE (le plus mauvais com- merciai télévisé) Alke-Seitzer, Crest, Pesk-Frean, Sanka, St-Hubert 11} los Saucisses Taillefor et Chez Wong.PRIX ECLAIR (le meilleur commercial télévisé) Aike-Seitzer, Belvedere, Esse, Lobatt (Lui y cof- noît ga!) Pepsi-Cola, los Saucisses Toltoter; Verre ot.Yobeo.5 Les Troyennes: une pièce ordinaire ?Je ne crois pas que le Théâtre des Saltimbanques ait pu évincer toutes les difficultés inhérentes à la présentation d'une pièce comme Les Troyennes d'Euripide.Je ne suis pas même sûr qu'il ait eu raison de la mettre à son programme.Voici pourquoi.Lorsque l'on va chercher une pièce dans l'histoire, toujours surgissent inévitablement les deux problèmes intimement liés de la signification et de l'adaptation, et il ne faut pas perdre de vue que cette dernière est inversement proportionnelle à la première.C'est ainsi que plus une pièce est actuelle, moins elle a be- coin d'être adaptée.Et il me semble justement que Les Saitimbanques n'ont pas suffisamment tenu compte de ce principe pour Les Troyennes.D'abord quelle est la signification de cette pièce et de la tragédie grecque en général?Pour ma part, je ne conçois cette dernière que com- me une étape dans l'évolution de la pensée et cette étape c'est l'éveil de la conscience individuelle, qui marque des pièces comme Oedi- pe-Roi, Antigone et Electre, et collective, (qu'on retrouve dans Les Troyennes).Vue de cette façon, la pièce d\u2019Euri- pide n'a qu'un sens: en 415 av.J-C, Athénes est en pleine guerre du Péloponèse et sera bientôt sous la domination de Sparte; c'est la prise de conscience de cette situation sociale que reflète Les Troyennes: ces femmes de Troie, ce royaume autrefois si riche et si prospère, ne sont plus rien et Athènes, il n'y a pas si longtemps elle aussi si riche et si prospére, ne sera bientdt plus rien.L'intention est évidente qui n\u2019est pas de montrer l'absurdité de la guerre en soi (c'est là une idée moderne, étrangère à l'Antiquité où était fermement implantée l'idée que la puissance militaire doit a'- ler à celui qui possède la À l'Égrégore: La balançoire Deux personnages, deux téléphones.Un dialogue vif et enjoué, un gentil ballet de querelles et de réconciliations.La Balançoire est une pièce sans prétention, mais il faut reconnaître à l'auteur, William Gibson, un oy \u2014 TGRIGORI Mu SE EE theater \u201cLA BALANCORE\" Version française de MARCEL DUBE talent certain.On le sent à l\u2019aise avec ses personnages: il tire toujours la bonne ficelle.On aurait certes pu passer une excellente soirée à l'Egrégore, mais tel ne fut pas le cas.La pièce s'étire, s'étire, pendant deux heures et demie.et je ne tiens pas compte des deux intermissions.A La Balangolre de I'Egrégore, il manque un rythme, un élan soutenu.On reste sous l'impression que le tout aurait pu ne durer que deux heures.Les temps morts abondent; on est là, on attend les bons moments, ils viennent, ils sont rares, C'est à Marcel Dubé que l'on a confié l'adaptation de Two for the Seesaw qui a connu ses heures de gloire sur le Broadway.Tout au long de la pièce, M, Dubé fait sentir sa touche per- puissance intellectuelle) mais l'absurdité de la situation où se trouve Athènes à la fin du Vème siècle av.J-C.ll va de soi qu\u2019une telle conception de \u2018la tragédie grecque, \u2018qui né.lui accorde pas d'autre sens que celui de faire vivre par la collectivité un moment de conscience, n'offre que deux attitudes: ou on ne la joue plus ou on la joue dans les conditions les plus semblables à celles qui lui ont donné naissance.Je suis en faveur de la première, étant donné la difficulté et, disons-le, l'inutilité de retrouver ce sens du rythme, de la danse, de l'espace, du tragique pur, qui sont les composantes essentielles de ce jaillissement de la conscience en un lieu et en un moment bien précis de l\u2019his- toire-jaillissement qui a eu son utilité concrète (que démontre, par exemple, le fait que le théâtre à Athènes était subventionné par l'état) et théorique (c'est un pas déci- sonnelle.Rien ne le gêne, pas même le fait que Two for the Seesaw soit une pièce américaine, dont l'action se déroule à New York.Cela nous vaut quelques canadianismes, toujours mal venus et qui détonnent dans l'ensemble.C'est malheureux, mais c'est comme ça.Pourtant, du* côté technique, le spectacle est consolant.Hugo Wuetrich a pensé un décor qui est exactement dans le ton de la pièce.Il a su utiliser au me ximum les ressources offertes par la scène élizabéthaine de l'Egrégore.La remarque vaut également pour l'éclairagiste qui a accompli une lourde besogne.Roland Laroche a signé la mise en scène.Elle est visuelle ment bien réussie mais manque .d'unité: certaines scènes av ralent gagné à être jouées avec plus de vivacité.Etél'on en re sif dans l'histoire de la pensée mais qui n'a pas à proprement parler de valeur universelle ou intemporelle parce que faisant partie d'un passé qui n'a plus de lien avec notre temps, Si, toutetois, l'on veut penser la tragédie \u201ccomme une pièce ordinaire\u201d, selon l'expression d'André Brassard, metteur en scène des Troyennes, ce qui est à mon avis un non-sens, alors il faut tout adapter, selon le principe que j'ai énoncé au début.Pas seulement le texte (il faut noter que l'adaptation de Jacqueline Moatti utilisée par Les Saltimbanques est excellente) mais aussi les costumes, la musique; et en pius, il faut dépersonnaliser les personnages, faire en sorte que ces Troyennes ne soient plus que des femmes qui souffrent, sans passé ni avenir, qu'An- dromaque ne soit qu'une veuve affligée et rien de plus, qu'Hélène ne soit que la femme à la recherche de son identité.C'est sur ces différents points que j'ai des reproches à faire aux Saltimbanques: je regrette qu\u2019ils aient été trop timides dans leur modernisation de la pièce d'Euripide.Tout d'abord on nous avertit dans le programme que le décor et les costumes, de mé- me que la musique, sont troyens: que nous importe?lis pourraient tout aussi bien être égyptiens ou mésopotamiens, de toute façon ils n'ont aucune résonance qui nous attel- gne.Ici je ne peux m'empé- cher de faire une comparaison avec une autre représentation des Treyennes qui a eu lieu l\u2019an passé à Montréal et où l\u2019on avait eu l\u2019idée de styliser au maximum les costumes et d'utiliser de la musique de Varèse, tout en ne gardant comme décor qu'une toile de fond représentant le ciel.Il me semble que cette fois-ci aussi on aurait pu travailler dans le méme sens.Quant aux personnages, si l\u2019on voulait vraiment insister sur leurs sentiments, leur état d'âme particulier, leur manière d\u2019être, sur tout ce qui n\u2019était pour Euripide que \u201cmoyens\u201d, il fallait les mettre en évidence par une mise en scène plus fonctionnelle: pourquoi par exemple accorder tant d'importance à la présence en scène de Poséidon et d\u2019Athéna \u2014 n\u2019aurait-on pas pu simplement les remplacer par des voix \u2014 et négliger visuellement le personnage d'Hécube?Un dernier point finalement qui aurait pu jouer en faveur de l'optique choisie par Les Saltimbanques est celui de l'interprétation; or, malheureusement, l\u2019on doit admettre que très peu des interprètes atteignent le niveau souhaitable: parmi ceux-ci sont particulièrement remarquables Diane Arcand (Hélé- ne), Francine Noël (Cassandre) et Rita Lafontaine (An- dromaque).Face à ce demi-échec, car la tentative n\u2019en demeure pas moins louable et courageuse, je suis tenté de reprendre le vers d'Euripide pour le mettre, non pas comme le grand poète dans la bouche des femmes de Troie, mais plutôt dans celle des Grecs du Vème siècle: \u201cEt qui après nous se souviendra des Troyennes?\u201d Pierre LAMARCHE » NIULVI ASUXVNO 231 \u2014 9961 SUVW LI * 17 MARS 1966 LE QUARTIER LATIN \u2014 ( LES LETTRES ) QUAND LA STATISTIQUE SE MELE DE POESIE Nous nc sommes plus à l'âge des salons, cela est fort dommage.On nc peut plus désormais briller devant un cercle choisi d'intimes qui allient en général un fort mauvais talent à un goût littéraire particulièrement pisseux.Maintenant, si l\u2019on veut être goûté, il faut publier, et cela est un grand risque, car le public a des goûts divers.Ce qui est jugé confor- Etant donné que lc langage spécial de la poésie accorde une place de première importance aux images, c\u2019est aux substantifs qu'il faut d\u2019abord s'en prendre, ct je les ai particulièrement remarqués tout au long de la lecture de la Tourmente.Et c\u2019est au cours de l'étude des substantifs que la statistique entre en jeu pour jeter une lumière crue sur la de l\u2019Université Laval.dront d\u2019autres Nous présentons cette semuine à nus lecteurs un texte de Raynald Desmeules, étudiant a versité Laval de Québec et collaborateur à La Scouine.Qu'est-ce que c'est que La Scouine ?c\u2019est le supplément arts et lettres du Carabin.Il y a un mois environ, nous leur proposions un programme d'échanges de textes.Ainsi, à Laval, on lira nes \u201cEntretiens avec les écrivains\u201d texte sur une publication de la Faculté des Lettres Les prochaines livraisons du Cahier contien- textes de nos frères de l\u2019Est.l\u2019Uni- el nous, ce me aux canons d'une école littéraire donnée ne scra pas nécessairement prisé par le lecteur ordinaire, car il cn a vu bien d'autres.A la faculté des lettres de l'Université Laval, il s\u2019est développé, depuis une couple d'années, un mouvement de création littéraire fort appréciable.Groupés autour du \u2018\u2019Marché aux poètes\u201d et de La T'our- mente (recueil littéraire publié annuellement par les étudiants de la faculté), plusieurs étudiants ont formé plus ou moins volontairement, unc sorte dc cénacle au sein duquel une assez abondante création littéraire voit le jour.Sans appartenir À une école décemment constituée, ces étudiants ont une production littéraire dont l\u2019homogénéité dénote unc parenté assez inquiétante pour qu'il vaille la peine de tâcher de l\u2019analyser un tant soit peu.La deuxième Tourmente, lancée au pavillon Pollack le 23 février dernier, est assez symptomatique.On y trouve, de poème en poème, d'auteur en auteur, Une uniformité plutôt troublante qui pourrait très bien être l'expression d'un manque d'inspiration regrettable .pauvreté du vocabulaire des poètes de la Tourmente.On trouve sous la plume de chaque auteur des mots comme soleil, vent, mer, nuit, coeur, amour, lune, yeux, rêve, poème, étoile, oiseau, matin, pluie, musique, chanson, ombre, âme, visage, rivière, enfant, printemps, été, automne, hiver et autres saisons, terre, cri, temps, souvenir, pays, silence, espace, neige, sommeil, île, ciel, marée, soir, solitude, absence, peau, sourire, jour.Il y a, de temps à autre, quelques fleurs (jacinthes), quelques instruments dc musique (guitares et cithares), quelques oi- sceaux spéciaux (de préférence moucttes, goélands ou hirondelles, le moincau étant trop connu pour être poétique).En bref, si l\u2019on voulait grouper en catégories les muses de la Tourmente, on aurait ceci: les éléments (terre, eau, feu, espace), les saisons (surtout le printemps); les planètes (soleil, lune); les accidents géographiques (surtout les mers, les rivières, les Îles, les forêts avec leur arbres) le temps qu\u2019il fait (pluie) et le temps qu\u2019il, est (matin, soir, la poésie n'\u2019arrivant jamais à midi; le jour et là nuit avec son sommeil, ses ombres ct ses songes); les parties du corps (visage, surtout, avec pas mal de peau, beaucoup d'yeux, des doigts, pas de nez, des aisselles, des mains); l'âme; le pays; ct ces mots reviennent continuellement.I n\u2019est pas un poème où vous n\u2019en rencontricz pas au moins quelques-uns (un .petit poème, très joli, de Nancy Schmidt, ne comporte que la rivière; ce poème, p.85, est d\u2019ailleurs un des mieux faits du recucil).Dans certains poèmes, on rencontre presque tous ces mots-clichés: dans \u201cMon bel Amour\u201d, p.21, on en trouve 14 sur une somme d'une cinquantaine de mots.Et les deux poèmes qui suivent cn comptent chacun plus d\u2019une dizaine! Dans \u201cLe Printemps\u201d, p.29, on cn trouve une vingtaine et, p.31, on en compte au moins 25 sous la plume du même auteur.Plus de la moitié des poèmes de la Tourmente comptent 10, 15, 20 et même 30 de ces mots passe-partout ct éminemment poétiques en cux-mêmies, faut-il croire.La Tourmente cst un livre qu'il faut lire la plume à la main.Pour souligner les mots qui reviennent.Et alors, ça saute aux yeux: le vocabulaire est pitoyablement pauvre.Il pourra sembler bizarre qu'on s'attaque à la poésie de cette manière.On trouvera peut-être bien imparfaite une critique littéraire qui semble n'avoir rien d'autre à faire que de compter les mots.Jc le comprends parfaitement, ct je ne jetterai la pierre à personne parce qu\u2019il y a un peu de vent dans ses poèmes.Ni une rivière.Ni un ou deux coeurs.Mais, dans la Tourmente, lcs mots reviennent avec une si grande insistance qu'on ne peut les ignorer.Qu'un poète préfère les cithares aux accordéons-pianos, je le comprends; qu\u2019un poète ait certains thèmes favoris, je I'admets; on est bien libre de prendre son inspiration où on la trouve, mais il faut faire attention, car la trop grande assiduité dans le choix des thèmes peut distraire de la poésie.C\u2019est le cas de Mance, entre, autres.Dans les 8 poèmes r'elle'a publiés dans la Tour- RIA tro HL, Tpit dad teat mente, clle a trouvé moyen de faire entrer 10 visages, 6 bateaux, 6 soirs, 6 âmes, 5 coeurs, 4 mers, 4 absences, 3 soleils, 3 silences, unc mouette, un goéland ct deux oiseaux non iden- fiés.S'il est déja fastidicux do voir les mémes mots sauter de poème en poème, la répétition devient intolérable quand elle sc fait de poète en poète.Et, pour que les 11 poètes de la Tourmente en soient arrivés à une telle uniformité, il a certainement failu (c\u2019est le cas de le dire) qu'ils se donnent le mot.Il est assez curieux de remarquer que les poèmes les mieux faits ct les plus bcaux sont en général bien différents des autres même dans le choix des mots.Si un auteur a assez d'inspiration pour faire de la véritable poésic, il aura de grandes chances d'avoir en mé- me temps assez d'originalité pour faire un usage modéré des mots de tout le monde.Mais il est, bicn sûr, des exceptions.Jacques Garneau, par exemple, peut employer des mots simples ct en faire un poème agréable.Mais Jacques Gar- ncau a du souffle.J'ai cependant préféré son conte à ses poèmes.Même chose pour Pierre Morency.Ses \u201cDeux contes pour isabelle\u201d sont tout simplements merveilleux.Sa poésie cest honnête, bien faite, mais elle tombe dans le même défaut que celle de tous les autres (vocabulaire) et, je ne sais trop pourquoi, clle m'a donné l'impression de déjà lu.Ca ressemble un peu trop à du Vi- gneault ct compagnie.11 faudra être bien prudent, maintenant, quand on parlera de bateaux, de cordages, de capitaines, car il se trouvera toujours quel- qu'un pour penser qu'il a déjà lu ça quelque part.Et peut- être aura-t-il un peu raison.Très originaux ct contrastants sont les poèmes d\u2019André Saint- Germain.Les images sont drues, alertes, brèves, Il y a de l'indompté, de la fougue.Voilà quelqu'un qui n\u2019a pas encore été gâté par l\u2019eau de rose et les fleurs bleues.Sylvain Lelià- vre, dans la section des chansons, a publié trois textes de chansons qui sont magnifiquement bien faits.Le premier, surtout, intitulé \u201cToi l\u2019ami\u201d.En regard de la plupart des autres poètes du recucil, Sylvain Le- lièvre fait déjà figure d\u2019aîné, car il a ce qui manque à beaucoup d'autres: un peu de métier pour canaliser l'inspiration.La Tourmente est un livre dangereux.À ne pas mettre entre toutes les mains.Même si l\u2019on a déjà dit en haut lieu quelle était cc que 1965 avait produit de micux, il faut être extrémement prudent ct surtout ne pas juger une faculté entière sur le travail de quelques-uns.Il est probable que ceux qui y ont collaboré soient capables de faire beaucoup mieux.Peut-être aussi que les poèmes qui ont été acceptés n\u2019étaient pas les meilleurs de ceux qui ont été présentés.Il est bien difficile de choisir des poèmes, on le sait bien.Il faudrait peut-être que le jury de la Tourmente soit plus nombreux, et surtout plus divers.Car autrement, d'année en année, on aura unc Tourmente invariablement la même, ct cela n\u2019est pas souhaitable.La Tourmente cst un livre dangereux parce qu\u2019il ne faudrait pas que les jeunes étudiants qui vont y participer l\u2019an prochain croient que la poésie qu\u2019on y trouve est celle qu'on attend d'eux.C'est une chose magnifique que la Tourmente si ça donne à de jeunes poètes l'occasion d'être lus.Mais il faut faire attention qu\u2019ils nc se cassent pas les ailes en partant.La Tourmente de cette année est mieux présentée que celle de l'an dernier.Il y a de l'espace, de la clarté.Les illustrations sont affreuscs.La préface cst mièvre.Elle se lit comme suit: \u201c\u2026en guise de préface.un silence.\u201d On a manqué d'inspiration pour la con clusion: Raynald\u201d { DÉSMEULES *(Oniversité\u2019 Laval\" 4 : Entretiens avec nos écrivains Alfred Desrochers A travers ces temps troublés où surgissent de toutes parts des adversaires redoutables et redoutés, pauvres rédacteurs d'un cahier d\u2019écolier, \u201cdans l'emportement de nos luttes épiques, ivres, savourant tous les bruits héroïques\u201d 1) le rire sonore et goguenard du chantre de l'Or- ford automnal à barbe rousse nous accompagne et nous empêche de caler \u201cdans une mer sans fond, par une nuit sans lune\u201d.Ce siècle avait un an quand naquit Alfred Des Rochers.Profession: poète.Passe- temps: la boutade.Clémence a de qui tenir.Une présentation très drôle.Une courte causerie où il est question de parole ouvrée comme le potier moule sa glaise et de poèmes qui ont \u201cun p'tit goût de revenez-y\u201d.Il se compare au bouleau et au peuplier qui travaillent à l'avènement du chêne.La causerie est terminée.\u2018\u201cTirez sur le pianiste\u201d dit-il.Une voix féminine volontairement naïve: \u2018T'as pas parlé de Victor Hugo\u201d.Clé- Ra, ve A Avec cofte sbonce du 19 men vachive le présente isisen do Ciné-Compus.Un budget do $3,470.00, 12 soirdes, 41 films do 9 netioralités (17 longs méliages oF 28 courts métrages) : toi oot lo bilan statistique de cof annde.Le comité directeur de l'en prochain tiendre juin.Nous vous invitons à 2eus foire ques die 16 do ves siens (por écrit: Ciné-Compus, Mapleweod, chembre 606; téléphone: Cleude Nodon, 7467-6376).Le soison © débuté por SOCIETE ARTISTIQUE DE L'A.G.E.U.M.CINE-CAMPUS LA PRIERE DU SOLDAT (s.-t.angl.) un film japonais de Masaki Kobayashi \u201cDe l'épopée cinématographique de Kobayashi, oeuvre immense et inépuisable, ce qui rne frappe surtout, c'est \u2014 beaucoup plus que le réquisitoire contre le militarisme \u2014 la peinture de cette fatalité inhérente au monde et qui englobe tout, y compris.les concepts de l'auteur.\u201d René HOULE.SAMEDI, LE 19 MARS, 8 H.00 P.M., AUDITORIUM DE L'U.DE M.GRATUIT POUR LES MEMBRES DE L\u2019AG.EU.M.Le Comité directeur de Ciné-Campue: CLAUDE NADON, président, ROBERT BENONT, .vieo-godeidont JOLIN LIPEDVIR-LAPOINTS \u2018ass Porn EE RE TOL hd ' | \u2019 1 ! ) ' se première révnien ov mois de 1 | remarques 4 , Société artistique de l'AGGU.M., 2933, once , ! un fim de Joon-luc Goderd.Ove V'ovtsur dy PETV i Run oh ei fo de La hiegrpil om a vil, oo nda; : \u201c8.Coot vingt-quatre fois le vérité por seconds.\u201d - ' \u2019 0 4 | , et do ves sugges Cod ts nn 4 mence avait raison.Le titre de la conférence était: \u201cSaint Victor Hugo, priez pour nous\u201d.\u201cVictor Hugo, c\u2019est l'Océan Atlantique, dit-il.Aragon, c'est le plus grand poète moderne.Je vais vous faire une confidence que j'ai faite cent cinquante fois.J'ai écrit À l'ombre de l\u2019Orford pour prouver que je n'étais pas un poète du terroir.Pour aimer Clau- del, il faut savoir lire I'hébreu dans le texte.Du dix- huitième siècle, il y a à peu près cent vers qui sont relisa- bles aujourd'hui.Enfin, Hugo vint.\" Le rire sonore et goguenard précède et prolonge les boutades qui expriment dans un raccourci stimulant les opinions du Prix Duvernay 1965.Une boutade se consomme sur place.Pour ceux qui partagent l'opinion du professeur Zabo qui disait à un confrère: \u201cNous traversons la période la plus difficile de l'année académique\u201d, prière de vous adresser au 2le étage, dans la tour des intellectuels pour un divertissement de choix.\u201cQuel est le livre que vous aimez relire?\u201d Le Survenant de Germaine Guévremont, ré- pond-il.J'ai aimé les conférences de Guillemin.Il y a beaucoup de poésie dans la chanson (Vigneault-Léveil- lée).\u201cAvez-vous écrit Le Chemin de l'Oratoire pour prouver que vous n'étiez pas catholique?\u201d \u2014 Rire en cascade.\u201cQue pensez-vous de I\u2019 gagement social du CAHIER des arts et des Le Voilà une question sérieuse.Vous ne vous préoccupez pas de la politique du ministère des Affaires culturelles.La situation des libraires dans la province, ça ne vous dit rien?Et la bibliothèque de l'Université?Et j'en oublie.Mais.ces entretiens avec les écrivains.quand même, c'est pas si mal.C'est incarné.Quant a l'article sur Miron.Permettez-moi de féliciter aussi votre confrère André Bertrand: son numéro sur la littérature canadienne-fran- çaise était excellent.Du beau travail.Quant à l\u2019article de M.Frickx sur la critique, c'est un essai intéressant.Le directeur du Cahier a vraiment eu du flair.Le poète termina cet entretien particulier avec le signataire de ces lignes, et \u2018avec un clin d'oeil complice il cita Victor Hugo: Maintenant que du deuil qui m'a fait l'âme obscure Je sors pâle et vainqueur, Et que je sens la paix de la grande nature Qui m'entre dans le coeur; Maintenant que je puis, assis au bord des ondes, Emu par ce superbe et tranquille horizon, Examiner en moi les vérités profondes Et regarder les fleurs qui sont dans le gazon.Le gazon\u2026 le printemps.Un rire sonore nous accompagne dans le printemps.Robert BARBERIS 1)-Les citations sont de Victor Hügo.4 9961 SUWYW Li NUVI Y3LLYYNO 31 * LE QUARTIER LATIN \u2014 17 MARS 1966 LITTÉRATURE \u201cQUEBECOISE\u201d Dans le prolongement de I'attitude du professeur Vachon vis-a-vis lo littérature québécoise, voici ce qu'affirme le Rapport Parent, vol.3, p.41.Une remarque avant de citer: nous croyons que l'adjectif \u2018québécois\u2019 est plus adéquat à notre réalité culturelle que l'adjectif \"canadien\u2019\u2019.Nous lisons: \u2018\u2019L'enseignement de la littérature canadienne, l\u2019utilisation de textes canadiens dans les volumes consacrés à l\u2018enseignement de la langue maternelle doivent également faire l\u2019objet de recherches et d'expérimentations; l\u2018esprit critique doit ici équilibrer un sentiment national légitime; l\u2019on rendrait sans doute un mauvais service à la littérature et aux écrivains canadiens en se montrant moins exigeants à l'égard de cette littérature qu'à l'égard de toute autre littérature.Par ailleurs, on ne peut se fermer les yeux devant le phénomène que représente l'intérêt extraordinaire manifesté par les étudiants à l'endroit de la littérature canadienne; l'enseignement de cette littérature pourrait s'orienter en partie vers une étude des aspects sociologiques que comportent les oeuvres littéraires et se rattacher, de cette façon, à une sorte d'anthropologie culturelle ou de psychologie nationale; ce serait sans doute la maniére la plus adroite de traiter la plus grande partie des oeuvres cana- Une scene de \u2018Ils sont nus\u2019, \u2018avec.Jacques Normand et Ia petite Isabëlle- d'atriche dans \u2018 cinémas de la métropole.PR : Tse ICS quelque : s de \u2018a métrop diennes; l'étude proprement esthé= tique ne devrait s'attacher qu'aux oeuvres, en général plus récentes, qui se situent au niveau esthétique.\u2018 Parmi les critiques et les professeurs, l\u2018unanimité n\u2019est pas encore faite quant à ces oeuvres \u2018\u2019récentes\u201d.Mais elle est en train de se faire.De toute façon, une problé- moatique fructueuse sur la manière d'aborder les oeuvres québécoises s'élabore peu à peu et conduira à cette \u2018\u2019fête culturelle\u201d dont parlait le professeur Le Grand en conclusion à une conférence de M.André Brochu.Sous les auspices de l'Extension de l'enseignement, M.André Bro- chu donnait le 9 mars dernier une conférence remarquable intitulée \u2018\u2019Menaud ou l'impossible fête\u2018\u2019 dont nous ferons un compte rendu dons la prochaine édition du Cahier.M.Brochu prépare un ouvrage de critique sur Savard, Gabrielle Roy, Thé- riault, Bessette et Jacques Renaud dont nous attendrons avec impatience la publication.Le manuscrit incomplet ainsi que la conférence sur \"Menaud\u201d nous révélent une démarche critique vigoureuse ainsi qu'une attitude des plus fructueuse par rapport au problème que nous brassons depuis quelques mois à propos de la littérature québécoise, lors des rencontres avec nos écri- LF Te ae \u201cte + eo ten vains.Nous assistons à la naisson- ce d'une oeuvre valable.\u2018On s\u2019apercevra, écrit M.Brochu, à la lecture de nos \u2018\u2019monographies\u2019\u2019, de l\u2019existence de constantes, et d'une secré- te, profonde évolution thématique, d'une oeuvre & l'autre, qui correspond à l'évolution même de ce qu'on peut appeler l\u2019\u2018\u2019âme québécoise\u2019, ou son identité existentielle.Ainsi, dans une littérature donnée, chaque oeuvre renvoie, plus ou moins directement, à toutes les outres.C'est à cette connaissance de notre littérature, et de notre \u2018\u2019ême collective\u201d que nous voulons nous employer'\u2019.La conférence sur \u2018\u2019Me- naud\u2019\u2019 est un exemple convaincant de la réussite de ce projet.Robert BARBERIS I La galerie de la masse L'Association Coopérative Etu- diante \u2018\u2019La Masse\u2018\u2019 annonce l\u2018\u2019ouverture de sa Galerie d'Art par une exposition de travaux d'étudiants de l'école des Beaux-Arts de Montréal et par la participation de travaux de jeunes artistes diplômés de l\u2019école des Beaux-Arts.L'exposition groupe des travaux de Michel Noiseux, Yves Gravel, Paul Trifiro et Louise Dusseoult qui conjointement confrontent leurs der- niéres recherches avec un groupe d'étudiants de l\u2018Ecole des Beaux- Arts, Cette galerie est tout à fait neuve par son esprit et sa formule.C'est la première et la seule\u2019 galerie ouverte à Montréal qui appartienne aux jeunes artistes qui y exposent.La formule de lo coopérative permet aux jeunes artistes une liberté d'expression unique dans lo jungle des galeries actuelles.Cette galerie groupera une salle de spectacle et un atelier de recherches qui manifestera concrètement une conception neuve de l'art.Conception qui considère que tous les arts qu'ils soient plastiques, rythmiques, verbaux, littéraires ne font qu\u2018Un dans l'expression de I'homme 66.Lo Galerie est ouverte tous les jours, excepté le lundi, de 10 heures et demie à 9 heures P.M.Ainsi dans le cadre de l\u2019ouverture de la galerie de \u2018\u2019Lo Masse\u2018, située au 3545 de l'avenue du Parc à Montréal, nous présenterons le 19 et 20 mars le premier spectacle de la galerie: Le spectacle NOUS.La distribution comprend d'anciens étudiants de l\u2018Ecole des Beaux-Arts de Montréal: Trifiro, Gravel, J.G.Robert, Renée Veillet, Hélène Trifi- ro, Micheline Roy, Francine Sarrasin.Le spectacle NOUS est une recherche dans le domaine du specto- cle, marquant un pas en avant vers la fusion de l\u2019art.La fusion est une synthèse de tous les arts contemporains, ainsi nous pourrons donc voir évoluer dans une même présentation: des poètes, des danseurs, des sculpteurs, des peintres, des mimes.BALETS : 1200, $3.00, 34.00, $3.90, $0.00 Les Ecoles J.PERETZ présentent LE CHOEUR DES ÉTUDIANTS- de l\u2019Université de Montréal dirigé par Fernand Graton dans la cantate \u201cLA FETE DES ARBRES\" et autres oeuvres MARTHA SCHLAMME \u201cSongs of Many Londs\u2018 SAMEDI, 19 MARS 1966 dans TALMON HERZ violoncelliste israélite dons des oeuvres de PAUL BENCHAIM of OTTO JOACHIM i Ne Ci 1 té Shan Dr Mm sa: di PLACE DES ARTS 842-2112 à ÿLe T.L.N.-F.à Mtl A lo Gronde Salle de Place des Arts, Opéra de Québec (T.L.N.-F.), présentation de la \u2018Veuve Joyeu- su\u2019 de Franz Lehar, avec Pierrette Alarie et Rui Moscarenas dans les rôles principaux.Orchestre sous la direction de Jean Deslauriers.S'il fallait qualifier la venue de l'Opéra de Québec à Montréal, il foudrait certes employer le mot \u2018\u2018événement\u2019\u2019.C'est en effet une des seules compagnies permanentes de lo province, en gésine depuis près de cinq M ons, et qui jouit cette année d'une forte subvention gou- ME vernementale.Montréal attendait sa venue: là est l'événement.Faut-il avouer que nous nous attendions à mieux ?Pourquoi en avons-nous gardé cette désagréable impression de décousu, après le spectacle, d'incomplet, d'improvi- À et pourtant eee sé ?Pourtant, tout avait été prévu, les meilleurs artistes avaient été retenus, et le spectacle avait été rodé longtemps auparavant dans la vieille copitate.Pierrette Alarie est sûrement l\u2019une des meilleures comédiennes, et aucune autre, dans notre milieu, n'aurait mieux interprété le rôle de Missio Palmieri.Sa voix, mé- me si l'on avait peine a la percevoir à certains moments, n'en perdait pas son raffinement habituel.Mise en scène ?Bonne, et même excellente.Jacques Létourneau, ré 5 Étudié la mise en scène lyrique en Europe, y va de trouvaille en trouvaille et manifeste un indiscutable bon goût.Et pourtant, il y ovait quelque chose qui foisait que cela ne \u2018\u2019collait\u2019\u2019 pas, ce quelque chose d'indéfinissable qui assure le succès d\u2018un spectacle, ou en détruit radicalement le rythme.La bonne volonté, peut- être de façon trop évidente, la qualité aussi pour les éléments les plus importants, et pourtant.Qu'on ne nous accuse surtout pas de parti-pris, de ce sentiment de supériorité qui peut se manifester à Montréal à l'égard de tout ce qui se fait \u2018 en dehors de la métropole.Si nous avions un parti-pris, c\u2018était celui d'être assuré de passer une soirée divertissante.Nous sommes restés sur notre foim.Daniel SAINT-AUBIN Les étudiants de lettres, de musique et d'architecture appuient les étudiants des Beaux-Arts 2 » NUVI HLLNVAO 1 \u2014 9961 SUVW LI Les étudiants des facultés d'architecture, de lettres et de musique faisaient parvenir mercredi le communiqué suivant manifestant de façon non | équivoque leur appui aux étudiants des Beaux-Arts | actuellement en grève.Dans un télégramme daté du 26 novembre | 1965, M.Gilles Bergeron, sous-ministre adjoint à l'Education, déclarait à Michel Faubert, président de l'Association des étudiants des Beaux-Arts que \u201cle mandat du comité d'étude sur l\u2019enseignement des arts serait déterminé en consultation avec les étudiants et le personnel enseignant des institu-, tions d'enseignement des arts.\u201d ; Or, dans un communiqué du 4 mars 1966, émanant du ministère \u2018de l'Education; M.Gérin-Lajuie - annonçait la création d\u2019un comité d'étude sur l\u2019enseignement des arts plastiques et des arts appli- | qués.A la suite de la modification sans consulta- | tion des étudiants du mandat du comité d'étude sur l'enseignement des arts, il devient évident que le | gouvernement n'accepte plus comme interlocuteur | valable les représentants du monde étudiant.Plus | est, le fait de refuser aux étudiants le-recours à la | grève et de les menacer de fermer \u201c la porte\u201d du Ÿ À Conservatoire d'art dramatique, au lieu de favori- - \u2018 ser un dialogue positif, incite nos associations :à | dénoncer comme inacceptables les procédures du gouvernement.Advenant un refus * \u2014 17 MARS 1966 LE QUARTIER LATIN NOTRE CHOIX SERJO ZAKARIADZE es: le vedatte à l'affiche au VERDI.de FATHER OF A SOLDIER, e Ce soir, la Maison Goethe présente à l'Ecole normale de Musique (4873 avenue West- mount) le violoniste Ludwig Hoeischer, accompagné au piano par Friedrich W.Schnurr.Billets: $2.50 et $1.00.au programme; oeuvres de Brahms, Reger, Chopin, Hindemith, Beethoven, Frescoboldi.© Samedi soir, à la Grande Salle, le Choeur des Etudiants de l\u2019Université de Moritréal, en collaboration avec les Jewish Peretz Schools, présentera \u201cLa fête des arbres\u201d.Solistes: Martha Schiamme, soprano et Taimon Herz, violoncelliste.\u2019 .Rappelons que le Choeur de l'Université fut invité, il n'y a pas si longtemps, par Charles Munch lui- même à participer au festival de Tangelwood., © Samedi après-midi, à la radio d'Etat, directement du Metropolitan Opera House de New York, Le Barbier de Séville de Rossini.offrez-lui un Remington for legs.© Samedi en soirée, au Chansonnier classique: Schubert, Brahms, Dvorak.Le Chansonnier classique est situé à la Palestre nationale.Pour étudiants: $1.00.\u2026Solistes: L.Baradelli, soprano, Helena Sandler, clarinettiste, Urusulo Clut- terbuck, pianiste\u2026 e Lundi, à la Grande Salle, à 8:30 du soir, Hyman Bress, violoniste.programme: oeuvres de Tartini, Brahms, Bartok, Bach, Tchaikovsky, Most- vas et Sarasate\u2026 ,e Mardi et mercredi, à la Grande Salle, concert de l'Orchestre symphonique de Montréal.Soliste: la tant attendue Marylin Horne.Chet d'orchestre: Charles Munch.programme : \u2019\u2019Chosse royale et Orage\u201d et \u201cNuits d'été\u2019 de Berlioz; air de Sémiramide (Rossini) et de Schumann la Symphonie No 4.théâtre e Les Saltimbanques: Les Troyennes d'Euripide, adaptation de Jacqueline Moatti, avec Francine Noël, Wilma Ghezzi, Michel Vais.voir critique en nos pages.© À l\u2019Egregore: La balançoire, de Gibson, adaptation de Marcel Dubé, avec Louise Rémy et François Tassé.voir critique en nos pages.© Au Stella: Croque-monsieur de Marcel Mithois, avec Janine Sutto, Arlette Sanders, Robert Vivard, Françoise Le- mieux.une critique lo semaine prochaine.© À La Poudrière: les dernières de Qui a peur de Virginia Woolf, d'Edward Albee.Avec Monique Lepage et Paul Hé- bert.voir avant qu'elle ne quitte I'affiche.@ Au Théâtre de Quat'sous: Ciel de lit de Jean de Martog, avec Jean Bespré et Lise Lasalle.une vie.© Au Gesu: Don Juan de Mo- lidre, jusqu'au 27 mars.Avec Gilles Pelletier, Jean Ducep- pe, Monique Miller, Henri Norbert, etc.pour les étudiants.© À l'Alouette: à venir, Doe- tor Zhivago, de David Lean, d'après le roman de Boris Pasternak.de bien bonnes choses.e Au Ciné Week-end: Kwai- dan de Kobayashi.pour se la couler douce.© Au Dauphin: Les Liaisons Dangereuses de Vadim; .voir pique-assiettes.© À l'Elysée: La vieille dame indigne de René Allio.\u2026bientôt suivi de Lanterns.Red © Au Kent: Repulsion de Roman Polanski.une orgie de couleurs.® Au Palace: Thunderball, dernier James Bond.des gadgets & lo 007iéme puissance.© Au Verdi: Father of a Soldier, film russe.\u2026.@ voir.© À la Cinémathèque, semaine du 21 mars.Lundi: Le Procès de trois millions (Russe) et La sixième partie du monde de Dziga Vertov, U.R.S.S.Mardi: Katka, reinette en papier (U.R.S.S.) et Le court métrage français: Henri Gruel, André Martin et Michel Bos- chet.Mercredi: La jeune fille au carton à chapeau (U.R.S.S.) et Le court métrage français: Carlos Vilardebo.Jeudi: Le court métrage fran- gais: François Reichenbach et La chute de la dynastie des Romanov (U.R.S.S.) et Petit fruit de l'amour (U.R.S.S.) beaux-arts SE © À la Galerie du Siècle, oeuvres de Malinari, jusqu'au 28 mars.Exposition intitulée \u201cMutation cinétique\u201d.© À la Galerie Libre, verrières de François Gillen.Jusqu'au 29 mars.A voir.© Jusqu'au 26 mars, au Salon des Etudiants de l'Ecole d'architecture de Montréal, oeuvres de Réal Primeau.© Au Musée d'Art contemporain, jusqu'au 10 avril: oeuvres de Padamsee et Mosai- ques de Jeanne Reynald.A la Galerie, oeuvres de Monique Voyer.® Au Tournesol (2140 de la Montagne), linogravures et monotypes de René Derouin.© À la Galerie Bishop, oeuvres surréalistes de Yannice Yalloukaris.Fascinantes icônes surréalistes.LE CAHIER OES ARTS ET DES LETYRES DIRECTEUR: Daniel Saint-Aubin RÉDACTEUR EN CHEF: Henri Frickx CHRONIQUEURS: les lettres: André Bertrand le théâtre: la musique: nah\u201d Michel Monette Daniel St-Aubin le cinéma: Henri Frickx les beaux-arts: Raymond Charland REDACTEURS: François Hébert, Jean- Pierre Aubin, France- Marie Lupien, Lucien Loriot, Gilles Réhel, Jean-Luc Duguay, Danièle Corbeil, Robert Barberis, Michel Lu- pien, Pierre Lamarche.PHOTOGRAPHE: Serge Proulx © LE CAHIER des arts et : des lettres est publié chaque jeudi par LE.QUARTIER LATIN."]
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