Le Quartier latin, 21 novembre 1961, mardi 21 novembre 1961
[" 3 Québe ÿ ser par 2 Mes représentés à lion générale du 4 TU! nous apportera beaucoup au Journal bi-hebdomadaire de l\u2019Association Générale des Étudiants de l'Université de Montréal BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE MONTRÉAL, 21 NOVEMBRE 1961 Lundi soir, le 13 novembre, le C.R.l.recevait monsieur Marcel Chaput.président général du Rassemblement pour l\u2019Indépendance Nationale (R.I.N.).Comme il était à prévoir, le Grand salon du Centre Social était bondé d'étudiants \u2014 étudiants convaincus de la nécessité et de la possibilité de l\u2019Indépendance du Québec \u2014 d\u2019autres étudiants indécis, incertains et voulant trouver des preuves de la viabilité de cette Indépendance \u2014 enfin une ul poignée d\u2019étudiants contre cette Indépendance.Le Québec a les mains liées Monsieur Chaput a démontré une fois de plus que l\u2019Indépendance du Québec est nécessaire pour une plus grande liberté de l'individu \u2014 la liberté réelle de l'individu étant conditionnée par celle de sa nation.Un gouvernement qui ne peut contrôler l\u2019ar- ÿ gent provenant des impôts a les g mains liées et ne peut presque rien faire, comme dans le domaine de l\u2019éducation par exem- 4 ple \u2014- ces paroles de monsieur Chaput ont été confirmées par :4 les journaux du 15 novembre: en effet nous apprenions que monsieur Lesage s\u2019était vu refu- monsieur Diefenbaker l'argent qu\u2019il demandait pour les universités du Québec.Québec: commis-voyageur Etant l\u2019invité du Club des Relations Internationales, monsieur à Chaput a souligné l'importance + \u2019 .74 = d Une représentation adéquate à l'étranger, or nous savons que 4 l'Ambassade du Canada à Paris À est uniquement nique: anglaise (preuve du bilinguisme à sens unique au Canada).Maintenant nous som- par une déléga- Québec à Paris point de Vue culturel; mais le ; C Nayant pas le contrôle \u20ac son économie joue à l\u2019étranger le rôle d\u2019u : : Nn commis-voyageur qui # Vantec ses yag q 8 qu\u2019une minime partie des béné- produits mais ne reçoit M fices.Glissant si humide ; mL conférencier a blâmé le inistère de la Voirie pour l\u2019a- Option de la nouvelle signalisa- 3 Hon routière qui est une traduc- M On littérale de Panglais, sans 4 Caractère qe : à si h français; ex.glissant À etc.\u201cOn mide, cédez, virage en U, veut être f, is mais 3 Pas trop pour que les Anglopho- VOLUME XLIV \u2014 NUMÉRO 19 L'INDÉPENDANCE: LIBERTÉ nes nous comprennent\u201d.Nous devrions adopter le code international français de la route.\u201cDoctor Chapou, you shall not go to Quebec\u201d Le Ministère de la Recherche n\u2019a pas permis à monsieur Chaput de prendre une journée de congé, à ses frais, pour se rendre à Québec comme conférencier au congrès des Affaires Canadiennes; le thème de ce congrès était: \u201cLe Canada, expérience ratée ou réussie?\u201d On peut deviner quelle était l\u2019opinion de monsieur Chaput sur le su- vant un public étudiant.Il ne faut pas parler non plus de ceux qui viennent au micro seulement pour s\u2019exhiber comme monsieur Gilles Marien par exemple qui est venu faire de la projection en accusant le conférencier de \u201csuffisance\u201d.Il est aussi à remarquer que plusieurs des questions posées contenaient implicitement les réponses et qu\u2019une réflexion un peu plus poussée aurait résolu le problème.Malgré leur réputation de \u201cposeurs de colle\u201d, pas un étudiant n\u2019a réussi à \u201c\u2018embêter\u201d monsieur jet.Chaput avec des questions d\u2019or- MICHEL BRUNET ET NOTRE NATIONALISME par Réal Pelletier Mardi soir dernier avait lieu, dans un salon de l\u2019Hôtel de la Reine (Queen\u2019s Hotel), le premier diner-causerie de la Chambre de Commerce des Jeunes de Hampstead, Outremont, Ville Mont-Royal et Westmount.A sa premiére année d\u2019existence, la Chambre a décidé d\u2019étudier le problème du nationalisme cana- dien-français, envisagé surtout dans l\u2019optique économique.Il convient de louer le président de cette Chambre, M.Gilles Tessier (ancien directeur du \u201cQuartier Latin\u201d) ainsi que les jeunes professionnels qui la composent, à la fois pour l\u2019initiative même qu\u2019ils ont prise de fonder cette Chambre de Commerce des Jeunes et pour le choix du thème qu\u2019ils se proposent d\u2019étudier cette année.Le conférencier invité fut M.Michel Brunet qui brossa un tableau de l\u2019évolution du nationalisme canadien-français de 1948 à 1961.\u201cLe nationalisme, pour M.Brunet, se base sur un phénomène sociologique; c\u2019est la manifestation de l'unité d\u2019une collectivité naturelle\u201d Chez nous, au Canada français, \u201cun nationalisme intégral se manifeste à l\u2019époque coloniale.intégral parce qu\u2019il englobe également les domaines religieux, politique, économique et militaire.\u201d Apres LANCEMENT LE 22 NOVEMBRE \\Wi =, + W GUOVBIOGS LW TA 4 LES «GUDULADES» S\u2019EN VIENNENT Je questionne, donc je suis La période réservée aux questions est toujours très attendue après une conférence.Il faut avouer que plusieurs des questions ne brillaient pas par leur clarté et leur intelligibilité (où sont les idées claires et distinctes de Descartes ?).Il est également pénible de constater dans quel français sont posées ces questions \u2014 On ne se croirait jamais de- dre légal ou économique.Ceci fait penser que plus on réfléchit à l\u2019idée d\u2019Indépendance, plus on tourne cette question sous tous les aspects, plus on s\u2019aperçoit que l'Indépendance est souhaitable et réalisable et plus on devrait y consacrer ses efforts.(Suggestion pour un commencement de réflexion: lire le livre \u2018de monsieur Chaput, \u201cPourquoi je- suis séparatiste\u201d.) \" \u2018Francine Tougas la Conquête, il n\u2019y a plus de liberté collective.Les Canadiens français s\u2019en tiendront désormais à la défense de leurs droits.Nous assistons à partir de 1948 à une évolution plus rapide de notre nationalisme.Cette accélération évidente est le résultat de la seconde guerre mondiale et des nouvelles conditions économiques et politiques qu\u2019elle crée.Les Canadiens français constatent en effet de façon tangible et cruelle que \u201cleur influence est à peu \u2018près nulle dans la politique fédérale\u201d.Cette nouvelle situation va favoriser la politique d\u2019un Maurice Duplessis dont l\u2019autonomisme négatif va quand même rejoindre le ressentiment populaire.Comme autres facteurs à l\u2019accélération du nationalisme canadien-français, on retrouve toujours, selon M.Brunet, \u201cla révolte des intellectuels face à la révolution industrielle\u201d.En 1951, le rapport Massey- Lévesque \u201cinvite les Canadiens français à s\u2019unifier aux Canadiens anglais pour construire l\u2019unité nationale\u201d.C\u2019est l\u2019époque du pan-canadianisme: on veut fondre les deux nationalismes en un seul d\u2019où l'apparition de la nécessité du bilinguisme, de la biculture, etc.Un dur coup est porté au nouvel ordre de choses que l\u2019on veut établir: en 1953, Duplessis refuse l\u2019aide fédérale aux universités.Puis, la Commission Tremblay donne l\u2019occasion d\u2019une réflexion sur nos problèmes collectifs.Ce qui ressort, c\u2019est un renforcement de l\u2019Etat provincial.En 1954, le gouvernement Duplessis établit l\u2019impôt provincial, ce qui représente, selon M.Brunet, avec l\u2019idée de l\u2019autonomie provinciale, \u201cles deux plus grandes victoires de Duplessis\u201d.L\u2019envahissement de l'Ungava révèle aux Canadiens français l\u2019importance des ressources naturelles de leur province.La publication du Rapport Tremblay en 1956 consacre définitivement la nécessité de l\u2019autonomie provinciale, Une nouvelle attitude prend corps.On admet généralement \u201cla puérilité de croire au bilinguisme\u201d.La propagande en ce .sens ne porte plus.Aux élections fédérales de 1958, le vote québecois va à M.Diefenbaker et condamne par là la politique centralisatrice libérale.Mais cette victoire rappelle cette vérité cruelle qu\u2019on n\u2019a pas besoin du vote canadien-français pour obtenir le pouvoir.Duplessis, défenseur de l\u2019autonomie fiscale, n\u2019en demeure pas moins \u2018\u201cdépassé par les événements\u201d.Sa mort va libérer de nouvelles lignes de force.On reconnaît Paul Sauvé comme chef et, après sa mort, le parti libéral a la sagesse de comprendre l\u2019esprit nouveau.En conclusion, M.Brunet rappelle l\u2019accélération de notre nationalisme de 1948 à 1961.Dans la période de questions qui suit, on interroge M.Brunet sur l\u2019emprise cléricale dans notre nationalisme.Ce dernier affirme que celle-ci est de moins en moins efficace, à mesure que \u201cnotre nationalisme se laïcise\u201d.Le directeur de l\u2019Institut d'Histoire tient ensuite à préciser qu\u2019il est faux de penser que l\u2019épiscopat a toujours eu une influence directe dans nos mouvements politiques.\u201cQuand l\u2019opinion des évêques ne correspondait pas aux aspirations de la masse, on l\u2019ignorait tout simplement.\u201d Et là, le côn- Süite à la: page quatre PAGE DEUX LE QUARTIER LATIN Cachez ce
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