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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
mardi 26 octobre 1948
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1948-10-26, Collections de BAnQ.

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[" ne me LE COMPLEXE FRANCOPHOBIEN Il est indéniable que certains milieux canadiens-français entretiennent à l'égard de la France contemporaine une hostilité qui peut s'élever jusqu'à le fureur pour peu qu'elle trouve de quoi s'alimenter.Et son appétit se satisfait souvent de très peu.La moindre parole d'un visiteur français, le plus petite maladresse d'un envoyé officiel provoqueront chez nous des clameurs indicibles, et le tapage ne s'apaisera pas sens que l'on ait repris le procès complet et circonstancié de l'accusée France.Et je vous assure que l'on n'y va pas de main-morte.Pour ces inquisiteurs bénévoles, le France est en état de péché mortel depuis 1789, et je ne vois pas bien quel coréme ou quelle pénitence nationale pourraient laver ce malheureux peys des crimes qu'il accumule depuis si longtemps.Toujours est-il que nous avons notre attaque régulière de haut-mal francophobe à peu près une fois par année.L'an dernier, c'était l'affaire des \u2018Enfants du Paradis\"; voilà que l'on nous bat maintenant les oreilles avec l'incident Bernonville.A l'heure actuelle, après deux mois de hurlements effrénés, nos francophobes sont encore en plein délire et leurs poumons ne donnent aucun signe de faiblesse.On sert au gouvernement français à peu près chaque jour des avertissements comminatoires.ll ne doit pas ignorer que s'il ne cède pas ses pouvoirs immédiatement au vieux maréchai Nousvoilà, il devra se dispenser de l'approbation de Monsieur Baptiste Pas-fin ou de la Ligue du Sacré-Coeur de Saint- Frusquin-les-Huards.On imagine quel désarroi ces menaces peuvent jeter dans le coeur de Monsieur Queuille ou de Monsieur Auriol.Il y a quelques jours, je feuilletais tout à fait par hasard une revue que j'appellerai pour les besoins de la cause la \u201cCovité orbitaire\u201d.J'avais cru tout d'abord qu'il s'agissait d'une publication professionnelle d'opticiens.Mon étonnement fut grand lorsque je réalisai que cet imprimé portait des jugements sur le monde en général et la France en particulier.Ces derniers ne péchaient assurément pas par un excès d'indulgence.Un Français de bonne race aurait rougi jusqu'aux oreilles en lisant ces lignes, où des observateurs splendidement informés de la politique française avant Napoléon dressaient le réquisitoire de leur pays.Un monsieur qui en avait gros sur le coeur y déclarait péremptoirement qu'avec l'établissement de l'Etat français judéo-maçonnique, la France est maintenant une colonie juive fermement sous le contrôle d'Israël.Voilà qui ferme un chapitre de l'histoire! Une Foire aux Lettres qui avait une petite saveur maison passablement suspecte était à peu près entièrement composée de dénonciations véhémentes de la France et des Français.Le grand crime de la France, \"à ce qu'il m'a semblé, est avant tout de n'avoir pas mis tous ses Juifs en sauce béchamel alors que l'armée d'occupation allemande était friande de cette cuisine.L'immoralité actuelle de la France se trouve fustigée dans les pages de la \u2018Cavité orbitaire\u2018\u2019 avec une éloquence qui fera sa marque et que l'on citera probablement dans les anthologies de la littérature canadienne.Aux yeux de nos Savonarole, la vie en France n'est qu'une immense partouse qu'ils évoquent longuement avec des bouffées d'indignation délectable qui les soulage de tous leurs refoulements.Pauvre France et pauvres Français! Risée du monde! conclut un justicier qui se laisse gagner par la pitié.Le cher homme n'a aucune idée de l'agonie d'hilarité qu'il déclancherait lui-même sur les cinq continents si seulement il n'était pas le plus parfaitement inconnu des zéros zérotants.Ces accès de xénophobie n'auraient aucun caractère de gravité s'ils vissient tout autre pays que la France.Mais notre situation présente exige que rien ne vienne entraver les échanges culturels que nous entretenons présentement avec la mère-patrie.Et toutes ces malheureuses querelles d'Allemands ont pour effet de refroidir les bonnes dispositions des Français à notre égard.Les crédits illimités d'affection et d'intérêt qu'on nous avait ouverts après la guerre se trouveront un jour gelés par suite de l'intempérante francophobie de quelques microcéphales.\u2018état d'esprit de ces malheureux peut être attribué pour une bonne part à la formation qu'ils ont reçue.Notre corps enseignant n'a jamais pardonné à la France d'avoir chassé les communautés religieuses, et la façon dont on enseigne dans plusieurs collèges l'Histoire de France et la littérature française se ressent de cette rancoeur persistante.Un facteur à ne pes négliger est encore cette naturelle susceptibilité des provinciaux vis-à-vis la métropole.De tous les visiteurs étrangers, on réclame uniquement des coups d'encensoir, et la moindre petite observation est prise en mauvaise part; ce qui n'empêche pes qu'on se réserve le droit de chapitrer vertement ces mêmes visiteurs sur toutes les choses qui n'ont pas le don de nous plaire dans leur pays.Mais il y a encore une autre raison.Certains Français parmi nous ont la détestable manie de nous faire participer à des querelles qui ne sont pas notre affaire.Espérant trouver pour leurs théories une approbation qui s'est dérobée outre-Atlantique, ils excitent au Canada-françois l'hostilité à l'endroit de cette France d'aujourd'hui qui n'est pas exactement selon leurs désirs.S'il y à des gens qui ont mille fois mérité l'extradition, ce sont bien ces propagendistes du rapprochement entre le Canade-français et une France (la vraie, selon eux) qui n'existe plus depuis deux siècles.Pi LEFEBVRE ierre Samedi, 30 octobre à 8h15 GIN PRESENTE «DEAD OF NIGHT» de Cavalcanti et courts métrages SERVICE D'AUTOBUS MONTRÉAL, 26 OCTORRE 198 Directeur: PIERRE LEFEBVRE VOLUME XEXI-NUMÉRO T Rédacteur en chef: NOËL PÉRUSSE NOTRE JOURNAL INTERDIT LA CENSURE INTERVIENT BRUTALEMENT P elite chronigue des jours difficiles Le seul hebdomadaire libre publié au Canada- français vient de se voir infliger le sort de ceux qui, chez nous, ont le courage de leurs convictions.Un émissaire de la censure a signifié à notre Président réuni en séance pleinière qu\u2019à l'avenir, le Quartier latin devra se soumettre à ses ordres ou cesser sa publication.Ni l\u2019une ni l\u2019autre de ces alternatives étant de nature à susciter notre enthousiasme, nous avons décidé de passer à la clandestinité.Le journal des étudiants \u201c\u2018prend le Maquis\u201d.Mais soyez tranquilles! On ne nous fera.pas taire.Si tous nos rédacteurs, nos distributeurs et nos lecteurs veulent nous apporter leur aide, nous pouvons continuer la publication en dépit de toutes les menaces et de tous les coups que l\u2019on peut nous porter.L\u2019arrestation imminente de plusieurs membres du Conseil de Rédaction ne brisera pas notre volonté de résistance.Nous demandons à nos persécuteurs quel crime a bien pu nous attirer ce traitement inqualifiable.I! est inconcevable qu\u2019en plein vingtième siècle, un journal d\u2019étudiants soit interdit pour avoir fait des blagues.Nous prions nos lecteurs d\u2019être prudents, s\u2019ils ne veulent pas s\u2019exposer à d'assez graves ennuis, dans l\u2019usage de ce numéro clandestin.Ne le montrez qu\u2019à des gens sûrs.Tour de globe L'O.N.U.ct l'AGEUM ont cu des séances difficiles la semaine dernière.Les interventions de monsieur Vishin- ski ont suscité d'acrimonieux débats à la première, cependant qu'à la seconde, la demande d'enquête royale sur l'Association, formulée par un délégué, soulevait une tempéte aussi violente que brève.Onctueux et superbe, le président Guy Pratt s'empressa d'interposer sa vaste personne entre les adversaires; les ruissellements sirupeux de son éloquence panadelphique eurent tôt fait de radouber la galère de l'entente qui pût enfin cingler vers le port des discussions constructives.Les Phynances Le budget de l'Association des étudiants sera présenté au Conseil, discuté et voté mercredi de cette semaine.Tous les étudiants, particulièrement les méfiants, les quinteux et les insatisfaits, sont instamment priés d'assister À cette importantissime réunion.Aucune place ne sera réservée; les premiers arrivés seront les premiers servis.Ren- AUTANT EN EMPORTE LE VENT dez-vous donc de bonne heure, le mercredi soir, à huit (8) heures, en D'225.En guise de rafraichissements, monsieur Gilles Bergeron, délégué de Poly, dira quelques poèmes 3 : son crû vers la fin de la soirée.On s\u2019attend à un succès monstre.Le grand monde Le conseil de l'AGEUM assistait la semaine dernière au mercredi littéraire de la Poune.Le pianiste Chaledski, de passage dans la métropole en route pour Caughnawaga, y interpréta sa Rhapsodie en do courbé, suivie de quelques Variations sur un thème de bacchalauréat.Monsieur Jean Gélinas y lût les deux premiers actes de sa tragédie sociale et culturelle: \u2018Notre Temps\u201d.Jean-Marc Léger répondit brillamment aux questions de l'auditoire au sujet de sa nouvelle théorie politique, le Cataclysmisme gaullo-mo- narcho-marxiste.Pour finir, l'abbé Llewellyn lût avec beaucoup d'esprit une ballade de monsieur Esdras Min- ville.Dans les sports Monsieur Roger Duhamel, de l'Aca- démic Duhamel, rédigera à l'avenir l'éditorial sportif du Bulletin paroissial.Roméo Vézina suit présentement un entrainement intensif au camp Mau- pas en vue de sa partic de parchési contre le champion international Yaka- pa Fersa.Son manager annonce qu\u2019il est en excellente forme.Poursuivant sa marche vers une organisation sociale intégralement communiste, le gouvernement russe vient d'édicter une nouvelle désignation pour le jeu d'échec.Le Roi devient le Sovict Suprême, la Reine la Gu u, la tour prend le nom de Kremlin, le fou celui de Commissaire, et le cavalier celui de Tovaritch.Enfin, les pions deviennent des moujiks.On entendra donc à l'avenir: \u2018Ma guépéou mange un de tes moujiks et fait échec au Soviet Supréme\u201d et chacun tentera de réaliser le gambit du commissaire.On aura ainsi chassé de ce jeu collectivisé les souvenirs d\u2019un monde-mo- narcho-fasciste à son déclin.Dernière heure L'annonce de notre interdiction par la censure aura soulevé l'indignation de nos lecteurs.Nous demandons à tous de nous aider dans cette épreuve et d'assurer une large diffusion à une feuille qui ne traint pas de paraître dans la clandestinité plutôt que de se soumettre à des directives incompatibles avec son honneur.cits Pierre LEFEBVRE Pour une éthique A critique est peut-être le seul genre littéraire où je n'admets pas la mauvaise foi.Presqu'à regret d'ailleurs, la mauvaise foi, et surtout lo foi simplement douteuse, demeurant de toute éternité, avec lu peinture des mauvaises moeurs, lo grande tentation de celui qui écrit.Mois si je refuse ou critique le premier de ces deux avantages réels, concédés au littérateur comme une monière de compensation des mille et .une .deux .trois .des mille et quatre tracasseries qu'il a par ailleurs a souffrir, \u2014 le second lui étant auto- motiquement retiré du seul foit que sa fonction lui interdit de peindre avec complaisance les mauvaises moeurs de l'écriture: fautes de style, péchés de construction, copulations illicites, etc.(1), \u2014 qu'il n'aille pas croire pour tout cela que je le fais à la seule fin de l'embêter et de lui retirer des lecteurs qu'il o incontestablement plus nombreux que le littérateur.Je veux seulement lui conférer une dignité, non pas plus grande, mais différente de celle du littérateur, je veux en faire un monsieur sérieux et, \u2014 c'est beaucoup exiger, \u2014 honnête.Je veux proposer une éthique de lo critique, bien convaincu qu'il en est plus que temps.Quand je parle d'honnéteté chez un critique, il va sans dire, j'espère, que je ne fais aucune allusion à cette pratique que d'aucuns ont, parait-il, de commun avec les barmen, du pourboire \u2014 en espèce ou, plus souvent et plus subtilement, à la faveur de ce qu'on appelle, dans le monde, un échange de bons procédés.Ces gens qui ne méritent pas do vivie, ne méritent pas davantage qu'on en parle.Mais la malhonnéteté, comme la grâce, a parfois des cheminements assez mystérieux.D'ailleurs, à vrai dire, il ne s'agit pas proprement de cheminements, le mal se trouvant au dedans du critique.J'imagine le sourire épanoui que je vais omener sur lo face de mon lecteur, \u2014 et que je me garde bien de lui défendre, \u2014 en proposant une vertu aussi peu littéraire que l'humilité.Et pourtant je tiens cette qualité, si peu portée qu'elle soit chez ce qu'on o appelé la gent porte-plume, pour essentielle chez le critique au même titre que chez l'homme de sciences \u2014 Je devrai d'ailleurs reprendre la comparaison.\u2014 En tout cas, je suis sûr de me faire bien comprendre si je dis qu'elle est pour lui ce que lo coquetterie et la présomption sont au littérateur et ou philosophe.La tentation est bien forte pour moi, comme pour quiconque s'amuse à l'analogie, de forcer lu comparaison, d'assimiler tout à foit à la science la critique.Bien sûr, je dépasserais ma pensée.Mais il me semble que j'indiquerais alors assez bien cette presque égale nécessité que je crois inhérente aux deux modes d'inquisition, de la soumission a l'objet.Je n'en ai pas du tout contre le subjectivisme, ni même contre l'impressionnisme.Mois j'entends dénoncer ici toute une jeune critique (comme on dit par Noël Pérusse le jeune clergé), éminemment prétentieuse, qui semble vouloir systématiquement se substituer à la littérature qu'elle commente, ne voir dans les auteurs abordés que prétextes à nous passer (comme on dit d'une pièce de fausse monnaie) le fruit de sa propre méditation, à écouler sa production.Evidemment cette critique pourrait se réclamer de Thibaudet qui, comme l'a bien indiqué Rousseaux, faisait à l'occasion de ses lectures du Thibaudet.Mais je pense que Thibaudet présente un phénomène assez exceptionnel pour qu'il ne soit pas prudent de l'invoquer.D'ailleurs, je crois bien que cette postérité dont Sartre se fiche un bon coup, voudra voir en lui un très précieux témoin de la vie des livres bien plus qu'un véritable critique.Mais je me rends compte que c'est parler bien fort pour dénoncer un mal qui, à la vérité, n'est pas si grand, \u2014 le jeune critique étant à la vérité bien vite rendu au bout de son rouleau! \u2014 et dont il guérirait facilement en enrichissant le patrimoine littéroire d\u2019une plaquette ou deux, comme les romanciers passeraient leur mouvaise manie de raisonner en faisant de l'essai.S'il a semblé que j'ai élevé le ton, c'est que la mauvaise hobitude que je viens de flétrir procède de ce même péché capital que je considère comme le grand empêchement à une critique honnête, la vanité, et qui entraîne avec lui bien d'autres moux.Après la substitution de leur petite personne à celle des auteurs étudiés, je veux dénoncer, chez nos jeunes critiques, leur culture empruntée.Nous assistons présentement au spectacle assez comique pour qu'il mérite un peu notre induigence, d'une vaste inflation de lo culture.Nos jeunes critiques n'ont pas manqué, évidemment, de fréquenter leurs grands cinés français, pour prendre la manière.Ces fréquentations dont on ne saurait dire si elles sont bonnes ou mauvaises, les ont laissés un peu éblouis, grisés même.lls ont voulu s'essayer eux aussi à ces vertigineux jeux de casse-cou de lo géométrie critique: ils ont voulu tirer leurs parallèles, établir d'ingénieuses perspectives, etc.Îls n'ont rien voulu négliger non plus des apports de la géographie, de la géologie, de lo climatologie, de l'océonographie, et même de l\u2019histoire, à la critique: ils n'ont pas voulu résister à la grande tentation de lo recherche des influences du sol et du sous-sol, du climat, ils ont voulu intégrer chaque auteur à un courant et le placer à un tournant.J'irais bien jusqu'à parler ici d'archi- tecture-paysagiste, sans trop rien forcer.Mais je sens combien j'ai déjà compromis, en m'amusant, ma réputation d'homme sérieux, et je m'empresse de ressaisir, avant qu'il ne m'échappe, \u201cLA JEUNE FILLE VIOLAINE\u201d DE PAUL CLAUDEL interprétée par LE THEATRE MELINGUE À l\u2019Université \u2014 le 29 octobre Billets: 75¢ \u2014 1.00 l'objet de mon ire, comme on dit dans les mots-croisés.Cette critique savante, et qui se veut innocemment satisfaire elle-même, comporte de graves dangers pour des débutants.Ce besoin discutable (on l'a discuté) de situer chaque livre d'un auteur dans l'ensemble de son oeuvre, pour bien marquer, n'est-ce pas, où il en est rendu dans son itinéraire spirituel; de situer son oeuvre dans une littérature, cette littérature dans la littérature universelle, et d'indiquer au passage la place de la littérature dans les bagages que traîne avec elle lo pauvre caravane humaine, ce besoin entraîne la nécessité d'une culture astronomique que ne peuvent nécessoi- rement pas posséder nos jeunes critiques d'un peu plus de vingt ans.Lo tentation devient alors extrêmement pressante pour eux d'aller demander à Maurois ou à Brodin \u2014 bien commode, Brodin \u2014 ce qu'ils n'ont pas le loisir d'acquérir patiemment par la fréquentation des moiîtres mêmes.Et c'est ainsi qu'il nous était donné de lire il n'y a pas si longtemps un tout jeune critique, \u2014 qui pratique maintenant ouvertement le vosage qu'il cherchait naguère à camoufler un peu, \u2014 et qui vous situait en un tournemain, daris l'espace et dans le temps, n'importe quel bouquin de quelque auteur que ce soit, tant français qu'oméricain \u2014 Brodin devenant de plus en plus commode.D'autres se réfèrent à l'occasion, et parce que ço fait bien, à la Bible ou à Saint-Jean- de-lo-Croix qu'ils n'ont évidemment pos lus, mais qu'il est bien tentant de faire semblant d'avoir lus pour épater d'orthodoxes compatriotes qui ne se risquent guère à de pareilles lectures.Qu'on m'entende bien: loin de moi l'idée d'exiger d'un critique qu'il ait lu tout Dante et tout Marivaux pour qu'il lui soit permis d'employer les mots dontesque et morivaudage, mais je pense qu'on ne devrait pas pouvoir parler impunément d'univers mauriacien sans en bien connaître toutes les planètes, de climat malrauxien, d'otmos- phère greenienne et d'inquiétude gi- dienne sans ovoir assidument fréquenté Mauriac, Malraux, Green et Gide.J'en fais simplement une affaire d'honnêteté envers le lecteur, puisque celle-là qu'on devrait avoir envers soi-même m'a tout l'air d'avoir perdu beaucoup de sa signification.Pour mo part, je trouve profondément immorale cette façon qu'ont nos jeunes critiques, d'usurper un prestige qui rend le lecteur plus confiant dans le temps même qu'il risque dovantage d'être abusé.|! serait si simple, il me semble, quoique, j'en conviens, moins glorieux, de se donner tout simplement pour ce que l'on est, d'aborder un ouvrage avec son petit bagage de lectures, de ne pas tant chercher à en établir la longitude et la latitude qu'à rendre compte aussi fidèlement que possible de la réaction intime de sa personnalité dans le choc reçu du contact momentané avec celle d'un autre que soi, c'est-à-dire, en somme, de juger.Ah! ce qu'il m'en a fallu de courage pour lâcher le gros mot, quand il est du dernier chic, pour nos jeunes critiques, de ne pas juger parce qu'il est d'une suprême élégance de ne pas se tromper! Je comprends qu'un vieux critique ou déclin de sa corrière, désabusé probablement, s'abstienne de juger pour s'adonner plutôt à une tâche de sovantes classifications à la manière de Thibaudet.Mais je n'admets pas cette répugnance au jugement e la critique qu'affectent nos jeunes critiques, je lui trouve même une allure contre- nature qu'on voudra bien me passer, puisque je tombe là-dessus d'accord avec celui dont ils pourraient à la rigueur se réclamer, Thibaudet: \u201cIl est naturel et il est bon que la jeune critique soit une critique de jugements, de jugements durs, massifs, pittoresquement assénés\u2019\u2019.Voilà qui va probablement valoir au grond Albert bien des reniements de la part de nos jeunes délicats de la critique, uniquement préoccupés, comme le curé de la chanson, de s\u2019en tirer élégomment, mais je ne pense pas qu'il s'en plaigne.Eh bien, ça n'a l'air de rien, mais voilà dénoncés les abus d'une critique qui ne devrait plus pouvoir se sentir aussi à l'aise dans ses tentatives de substitution de la critique au critiqué, dans sa culture d'emprunt et sa démission de jugement.J'ai nettement l'impression de n'avoir pos combattu de moulins à vent.J'ai proposé une morale; qu'on me soit reconnaissant de n'avoir pas fait de casuistique.(1) 0 trouve d'ailleurs à se reprendre dons les biographies d'écrivains, et il fout dire qu'il n\u2019y manque pas.E Essayez-la .+ ne >.t quelle chaussure! \u2014 La Fleet Foot \u201cBasketball\u201d.Quelle impression de confort dès que vous en chaussez votre pied.Elle le supporte parfaitement et lui donne une agilité insurpassable.Pour un départ rapide comme l'éclair, un virage subit ou un arrêt brusque, sa semelle extérieure, à succion, adhère au plancher et élimine cout danger de glisser.La semelle intérieure, en caoutchouc éponge, à l'épreuve des chocs, l'arche et e talon coussinés aident à éliminer toute fatigue du pied.L'intérieur de : *% la chaussure est doublé, suivant un \\ procédé breveté, d\u2019un tissu lisse A qui prévient toute irritation.Le bout et la cheville renforcés assurent plus de protection.Rien d'étonnant que la Fleet Foot \u201cBasketball\u201d soit la favorite de toutes les ligues de Cette grande artiste, qui s'était déjà révélée par ses enregistrements, donnait le 19 octobre dernier le concert inaugural de la série des concerts universitaires.Un programme fort varié, allant du classique av \"negro spiritual\u201d mit bien en relief le fini et l\u2019exceptionnelle qualité de l'art de lo chanteuse nègre.Toujours à l'aise; quelles que soient les difficultés de l'oeuvre, Morian Anderson réussit des interprétations qui animent et colorent une pièce lui donnant ainsi une valeur qu'elle ne possède pas toujours en elle-même.Les techniciens pourront discuter sa façon de déposer ou de couler certaines notes de l'aigu ou du grave, ils devront cependant admettre sans conteste les dons merveilleux de cette artiste.L'étendue du régistre, la richesse du timbre, la finesse de l'expression, toutes ces qualités qui sont la marque de lo véritable cantatrice, Morian Anderson les possède à un degré supérieur.Elle échappe de plus à la lourdeur qui affecte souvent le genre contralto et tout en conservant une puissance extraordinaire, elle sait faire preuve d'une souplesse remarquable.Mais on diminue en les isolant chacune de ces qualités.Ce qui plait, c'est les retrouver fondues ensemble dans une même émission vocale pour le plus grand bonheur de l'auditeur.Il convient de souligner l'intelligent appui qu'a reçu Marian Anderson de Marian Anderson \u2014 la part de son accompagnateur M, Rupp.Le rôle trop ingrat de cefte catégorie d'artistes ne doit pas nous faire oublier la part importante qu'ils prennent au succès des vedettes, Lg participation de M.Rupp a été impeccable.Il nous reste à féliciter la Société Artistique du bon goût dont elle a fait preuve dans le choix de ses artistes, Si les autres concerts sont du même calibre que celui de mardi dernier, et il n'y à aucune raison d'en douter l'Université aura connu une saison musicale plus qu'intéressante.Paul-Émile BLAIN Remerciements Noël Pérusse, sa soeur Cé- vile et leur famille remercient ceux qui leur ont témoigné leur sympathie dans le malheur qui les a récemment frappés.ballon-panier! NALINI MONTS CE ila rE FIRS a Cand Te Te We ; ?YY, lui ont dif.Pascal à revu sa compagne, en celle journée de soleil et d'air pur.Et fout son message lui est parvenu, à travers le loc, les arbres, la route et les champs.le lac lui est apparu comme une éclaircie ou milieu du fumulte.H a comporé lo vie à cette onde claire et profonde: fant que quelque vent n'en agite pas la surface, le miroir réflète sons cesse le bleu d'en haut.La paix véritable est dans les profondeurs, là où le bruit parvient à peine.Mais qu'on agite seulement du doigt la surface de l'onde, et tout se trouble en un moment, se répercute au loin.Ainsi en va-t-il pour l'homme.Il chante lo joie de vivre, linsouciance du moment.Mais que quelque orage vienne se méler a son souffle quotidien, vite tout se précipite, et sa quiétude est froublée.Mois malgré fout, chaque jour, il doit chercher à gorder calmes, les heures qui ne reviennent pos.Cor Pascal à écouté la voix calme et suave du lac, dont le flot limpide lui donnait la sérénité, et cette voix lui a dit: \"Chante\".Pascol a vu ensuite les arbres: les grands pins oux aiguilles odorantes, les fiêlres à la couronne puissante, les peupliers ou feuillage frissonnant, les bouleaux à la ceinture blanche.Les plus petits cherchant dans l'ombre des grands lo protection du vent et du soleil trop ardent.Les uns centenaires el graves, les autres jeunes et frêles.Mais les uns et les autres, tous obéissent à la loi de la nature: vivre.C'est ainsi que se perpétue l'oeuvre de Dieu, qui touche l'homme d'admiration.Et dons lo paix des grands bois, pendant que le vent chante dons les ramures, que les oiseoux pidillent en liberté, les arbres lui ont dit: \"Vis\".Puis la route lui est apparue sous le soleil rutilant, toute blanche et poudreuse, invitante.De chaque côté couraient des fossés bordés de fleurs souvages qui sentaient bon la campagne.Quelques nuages possaient là hout, et leurs ombres se posant sur la route, semblaient de grands fantômes qui se poursuivaient.La marche s'avérait agréable, et Pascal se disait combien il est focile d'avancer ainsi, sur un chemin plat, sons obstacle et sans heurt.On peut aller droit devant soi et ne rien craindre.Combien la vie est foute différente, et plus accidenté son por- cours; et surtout comme il faut prendre plus de temps pour atteindre le but.Ainsi pensait Pascal fout en respirant l'oir pur et le vent frais.murmura: \u201cPersévère\u201d.Et la route lui INSTITUTION CANADIENNE-FRANÇAISE LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE FABRICANT DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES Enfin il visita les champs.Dons leur immensité blonde et verte, il s'arrête un moment.Tout respirail lo paix et le bien-être.Des troupeaux en train de brouter l'herbe n'étaient même pas dérangés por sa présence.De fous côtés, c'était la floraison riche et colorée des blés, des trèfles, des avoines.De petites collines surgissaient çà et là, comme un gonflement soudain de cette terre riche et généreuse.Dons cette solitude, on entendait parfois au loin le cri d'un paysan en train de foucher le foin mûr.Tout dénotait le trovoil, sain el vivifiant de lo vie chompétre.L'homme était passé là, avait remué le sol, l'avait semé et avoit récolté.Et alors, comme Pascal odmirait celte loi que le paysan a faite sienne, les champs lui dirent dans un murmure que le vent lui apporta: \u201cTravoille*.Réal MARCOUX TT ESP QES SE RENTRÉE MARQUANTE Le jour n'est pas loin où, à le vénérable confrérie des \u2018Concerts pymphoniques de Montréal\u201d, je préférerai définitivement l'Orchestre des Jeunes.Car, si tent est que l'art n'est pas seulement une \u2018bonne habitude\u201d mais aussi création et transfiguration, j'estime que celui-ci répond mieux que l'autre à ses exigences.L'audace apportée à l'élaboration u dernier programme témoigne d'une ferme volonté de laisser à d'autres l'ennui des sentiers battus.Ce disant, je pense surtout au \u2018Poème de Chausson que peu souvent l'on seventure à jouer.Je pense aussi au \u2018Concerto en ré'' pour violon de Mozart, présentant de fortes difficultés d'exécution, que l'on a pourtant rendu avec une étonnante fermeté.Noël Brunet, artiste invité, toujours calme, interpréta avec la particularité qu'on lui sait le Concerto et le Poème\".Je dis bien \u201cinterpréta\u2019\u2019 et non pas simplement \u201cjoua\u2019 .Je (Concert du 15 octobre) suis de ceux qui admettent qu'un artiste (pas un technicien .) peut et même doit interpréter une oeuvre à condition de n\u2019en point fausser le sens.À ce propos, je me souviens de tel Concerto joué par M.Brunet à Toronto et qui fit pôlir maints puritains.On fait la nuit dans la salle.Près de moi, un bourgeois semble regretter de se taire.Pas moi .Et c'est la merveil- euse Ouverture \u2018Grotte de Fingal\u201d de Mendelsohn.On jouera aussi \u2018la Charpente\u201d du compositeur cane- dien Maurice Blackburn.Certains n'y ont vu qu'une assourdissante cacophonie.C'est faire montre d'un hermétisme ridicule, mais peu surprenant chez nous.En fait, \u201cla Charpente\u2019 révèle une vigoureuse contexture tonele à forme descriptive où l'on peut détecter l'influence conjuguée e Wagner et des Modernes.Le tout se terminait par le rituel \u201cBolero\u201d de Ravel.Vraiment ça devient une obsession.Ironie du sort sans doute, ce fut la seule pièce ratée, en partie u moins; les solistes avaient le tract.Dans l'ensemble, les cordes (et en particulier les violons) ont fait montre une sûreté remarquée.A ma GAUCHE (l'ironie s'envenime .), un curé cléricalement installé faillit gâter ma soirée.discutait avec ce qui me parut être sa ménagère de la vente des billets pour la messe de minuit.Heureusement, les grognements du public réussirent à la lui faire boucler.Dans la salle, un grand emballement, des bravos, une assistance honnête, mais que l'on voudrait voir plus nombreuse encore.Raymond-Marie LÉGER PS.ces quelques notes discursives en MARGE d'un concert n'ont aucune prétention à la critique officielle.Pour éviter toute confusion et limiter l'enquête à quelques notions essentielles,\u2018 revisons certains points de la thèse de l'engagement, et à partir d'eux tentons de reconnaitre la dignité de lo fonction créatrice dans l'oeuvre littéraire.1-Le thème responsabilité véhicule celui d'engagement.Du côté de l'homme, il signifie la tension d\u2019un ressort caché : l'inclination inéluctable ou témoignage social, ou témoignage révolutionnaire.C'est lo perpétuelle mise en échec de la solitude de l'individuo- liste et de la non-participation de l'esthète, diversions ou sein de l'adhésion totale de la communauté humaine.Aussi, en appliquant à la littérature un postulat de la métaphysique existentialiste, Sartre ne faisait que prolonger, avec une logique extrême, et jusquà sa limite propre, une ligne fondamentale de la pensée.|| faut bien ici discerner l'étroite parenté entre les termes réalité sociale, liberté, responso- bilité et engagement.Mais ce réseau d'apparence infrangible n\u2019emprunte- t-il pos lui-même sa cohésion dans lo relation réciproque du réel à la personne, et de la personne ou réel?Autrement dit: avant de poser ses jalons et de nous amener avec une grande vigueur démonstrative à la thèse de l'engagement, Sartre n'o-t-il pos omis de nous avertir qu'il préjugeait de l'autonomie de la personne?Car en fin de compte, c'est elle qui est implicitement mise en cause.Et l'engo- gement de la littérature coincide avec l'engagement de lo personne.Si je dis en effet de l'être qu'il est incommunicable, absurde, étranger à l'homme avec qui il o pourtant partie liée de toutes ses forces obscures; et que la seule vocation admissible pour moi, et aussi ma seule autorisation, relève de la puissance d'attraction de ce rapport, d'une aimantation insurmontable vers le réel à qui je dois conférer par l'action un sens contemporain, un mode d'être nouveau, (entendez: être social révolutionnaire), je supprime l'entité personnelle de l'homme parce que je lui enlève foute possibilité d'être seulement soi, sons le secours du réel.J'oublie délibérément que l'homme détient le pouvoir de vie intérieure et de solitude, par quoi il se suffit à conduire une démarche intellectuelle fibérée de lo contrainte d'une participation nécessaire.Voilà pourquoi la consigne de Sartre, (celle de lo littérature engagée), fondée sur un empire intérieur de liberté mois justifiée seulement por l'accomplissement dans le réel de cette liberté, ne m'apparaît pas tellement étrangère d'intonation à l'enrôlement marxiste, avec qui on lui reprochait d'abord d'entretenir ses intelligences.2-\u2014l'abus excessif, chez Sartre, du mot liberté, appuyée tantôt sur une métaphysique dialectique, tantôt sur un empirisme matérialiste, nous laisse ou regard de sa philosophie fort mal à l'aise pour utiliser valablement cette notion dans la littérature.L'engagement étant un fait auquel l'écrivain ne peut se dérober, je ne vois pos comment, oux yeux de Sartre, une oeuvre d'art peut prétendre ne rendre compte que de beauté formelle, d\u2019une certaine transcendance de lo poésie sur le moment historique.Même si elle veut faire triompher dans la littérature la part de la situation, la philosophie existentialiste ne peut rejeter la port de l'homme.Pour connaître le chemin véritable de cette liberté, tout revient donc de savoir à quelle enseigne loge le secret de la permanence de l'oeuvre littéraire.Sartre nous propose aussitôt un lieu d'asile : l'expression d'un réel provisoirement justifié por la nécessité d'une transformation sociale.L'oeuvre doit signifier un état de cette transformation.Mais si le fluent de l'histoire dont l'époque contemporaine ne constitue qu'un choinon, entraine la revision perpétuelle de ce réel, et aussi de la vérité poétique par quoi l'oeuvre d'ort sera marquée d'un caractère universel, l'écrivain engagé échappe par là même à lo condition de la fonction créatrice qui en est une d'inactualité et d'indépendance.(Chaque arbre, par une mystérieuse alchimie, trouve dans un sol différent une même nourriture).Je crois bien que l'erreur s\u2019insinue chez Sartre au moment précis où il refuse à l'homme le pouvoir de surmonter sa situation contemporaine.ll y a dans l'humain quelque chose d'éternellement jeune et actuel, et por delà le mouvement des siècles.La civilisation grecque, comme la Renaissance et le Classicisme, n'est si proche de nous que parce qu'elle nous offre certaines ressemblances essentielles avec notre poysage spirituel.La liberté de l\u2019écrivain ne consiste plus à accepter ou non son époque, mois un moment de l'homme.3\u2014Le service d'une vérité momentanée que revendique lo thèse de l'engagement m'apparaît comme une crise d'actualité, mais surtout comme une menace de division au coeur même de la vérité.Sortre reniant toute échelle de voleurs dont il ne s'éprouve d'abord le fondement, nous installe, malgré qu'il prétende s'en tenir au réel, en plein relativisme.Et le plus grove est que le caractère supposé objectif de ce réel, de cette nouvelle table de valeurs rajustée à l'optique existentialiste se propose, et exclusivement, le fondement d'une oeuvre d'ort.Je prévois déjà que lo littérature en soit contrainte à réduire son champ de prospection ou à désorienter sa recherche pour permettre;\u2018en \u2018\u2019ces temps qu'agis- ENGAGEMENT ot a LITTÉRATURE par Maurice Blain sant par nos mains\u201d, la naissance d\u2019un concept de vérité poétique affreusement mutilé.L'artiste d'aujourd'hui pourra peut-être s'y reconnaître, encombré qu'il est d'action sociale.Mais -je ne suis pas sûr que la prochaine génération ne s\u2019y trouve un peu à l'étroit, gênée qu'elle sera de se confronter avec l'écrivain d'avant Sartre, et même avec ses contemporains restés fidèles à l'enseignement de l'humanisme traditionnel.A quoi Sartre répliquera que la vérité de I'homme (et donc celle de la poésie) se fait, que la crise momentanée achève de lui rendre sa vraie mesure, celle du témoin d'une société qui entreprend de reconstruire ses assises.Je crains que l'intégrité de la personne ne soit une fois de plus assiégée par une telle directive.L'oeuvre littéraire reflète toujours un certain visage de l'homme et différent.|| s'agirait alors pour l'individu contemporain de préparer l'avènement d'une vocation d'homme pleinement valable, et (toujours selon Sartre) d'achever la formation d'un mythe universel d'humanité, d'une notion-type.Qui pourrait d'ailleurs bien ne plus correspondre, dans quelque temps, qu'à une belle construction de l'esprit.En assignant à la littérature cette mission d'exprimer une crise momentanée de l\u2019homme, c'est la grandeur de l'homme lui-même qui est en fin de compte menacée, toute chance de se dépasser en lui-même lui étant coupée.A quoi conduisent ces trois remarques?à ceci : L'homme n\u2019a jamais cessé, depuis que le langage lui o été donné pour communiquer toutes les incidences de son drame, et invoquer pour so propre confirmation le témoignage de d'autres hommes, de froduire l'inalié- noble de sa condition temporelle, qui est une certaine tradition spirituelle.Il en à tiré la transcendance de l'oeuvre d'art par la beauté du paysage et la richesse d\u2019intonation.Intonation irremploçable, d'autant plus universelle dans son pouvoir de signification qu'elle est plus individuelle dans son pouvoir d'émotion.C'est, à mon sens, ici qu'est visible la brèche la plus considérable dans la thèse de l'engagement.La littérature représente cet effort pour sauver le spirituel du mouvement de l'histoire, pour empêcher l'homme de perdre tout à coup un sens, celui de sa propre éternité.Elle n'est autre chose que la merveilleuse coïncidence en un lieu prédestiné d'une vocation et d'une fidélité.Si nous prenons le thème por un autre biais, celui que l'appellerai l'or- gonisation intérieure de l'oeuvre littéraire, nous arriverons peut-être à la même conclusion qu'en interrogeont l'homme lui-même.Surtout pourrons- nous reconnaître que lo thèse de l'engagement \u2018laisse échapper l'élément essentiel de la création littéraire.La littérature, ou l'écrit, oppose au perpétuel devenir de l'histoire, et ainsi à lo réalité sociale, une volonté de stabilité par où elle s'efforce d'échapper à la \"situation\".Mais le créateur, toujours contemporain à un moment.historique déterminé, et en quelque sorte son prisonnier, se voit bien forcé d'utiliser les matériaux qui lui sont fournis par cette situation.Pour lui le problème se pose de dorner vie à ces matériaux, de les charger de l'intérieur d'une quo- lité et d'une densité de signification qui leur permettent de lui survivre, une fois transformés, et détachés de lui.Aussi bien lu création littéraire qui est pour son créateur une \u2018action actuelle\u201d, située dans le temps por l'objet et l'effort, devient pour le lecteur à qui elle est destinée\u201d un geste dépassé, pour lui inutile.Le chant de l'oeuvre puisera toute son éloquence dans cette libération, dans cette étonnante permanence inconditionnée.La thèse de l'engagement qui prétend solliciter de l'oeuvre littéraire une si étroite intimité ovec le champ histo- tique du réel, matériau et circonstance, ne provoquerait alors plus que sa lente décomposition.La vie intérieure de la littérature trahit précisément cette résistance au mouvement do l'histoire.Elle tend tout entière à transcender la situation qui l'a fait naître et les déterminations sociales qui lui ont conféré son caractére propre pour \"se fixer dans une autre dimension de l'espace humain\u201d.Son signe définitif est celui de la durée, de l'universel : de l'humaine condition.Le souffle qui possède le créateur et la magie incantatoire que dispense son oeuvre témoignent en fin de compte du même pouvoir et de lo même volonté : l'évasion.Ce qu'il y aurait eu à retenir de la thèse de l'engagement : la difficulté d'effacer l'empreinte de son temps, n'est plus pour nous valable qu'en dénonçant l'asservissement de lo littérature.Cor lo vocation réelle de l'écrivain nous apparaît, au terme de l'examen, comme un effort de dépassement et de libération.Lo littérature, si elle veut étoblir entre les civilisations cette communauté spirituelle impérissable, ne peut s'identifier qu'avec lo tentative éperdue de l'homme non plus de s'engager, mais de se dégager.1.Le lecteur me rendra grâces, je présume, de lui épargner tout: l'odieux d\u2019un examen en forme.' N.D.LR.L'auteur de cet article.o le bonheur d'échapper oux -sévérités.de lo CENSURE, lo longueur dewses textas.estoufflant \u2018vite la poitrine : d'Anasthasie.Tout, l'insidieux de 3 Le procédé, ne manque: pos d'un bon: guerillero:\" L\u2019 exposition de GABRIE FILION Gaby Filion est un des rares peintres que je connaisse où l'on voit une unité complète entre la vie et l'oeuvre.A force de regarder des peintures et d'essayer d'en découvrir la vie plastique pour qu'elle fasse son travail coutumier dans mon intelligence et dans ma sensibilité, j'ai eru remarquer plusieurs degrés dans la valeur des peintres.Certains peintres se laissent fout simplement aller à leur instinct créateur par le chemin des techniques acquises.Leurs toiles ne sont que des moments épars et sans signification.Ces peintres ont souvent l'impression du vide intérieur et sont forcés de recourir à toutes sortes de \u2018\u2019divertissements\u201d pour le remplir.Leur oeuvre brille, intéresse, mais ne dure pas.D'autres peintres, et c'est la grande majorité des bons peintres, vont plus profondément dans l'expression de leur instinct créateur.Celui-ci est tellement particularisé et lié à certaines conditions de tempérament ou de recherche intellectuelle qu'il ne peut s'exprimer fout de go.Il lui fout une technique appropriée, et c'est la grande recherche, parfois dans l'angoisse, d'une forme capable d'expression.Ces peintres sont vraiment créateurs et leur oeuvre donne une joie qui ne s'efface pos.Mais d'autres peintres, ef ce sont les plus grands, son! aux prises avec un tout autre drame.C'est leur vie méme qu'ils ne peuvent séparer de leur instinct créateur.lls n'ont pas cette heureuse faculté de s'abstraire d'eux-mêmes pour peindre.lls traînent leur sensibilité et toute leur vie inférieure dans fous les moment de la vie, et leurs actes ne sont jamais gratuits.C'est en vain qu'ils veulent s'en défaire.Dès qu'ils tiennent le pinceau, dès qu'une forme s'inscrit sur la toile, ils se sentent obligés de lui faire exprimer avec gravité l'acte même de leur vie, comme si de ce coup de pinceau dépendait le sort du monde.Lo facilité leur est impossible.Que peuvent-ils faire à ce moment : unifier leur vie pour qu'elle puisse s'exprimer.Comme un ingénieur, comme un médecin, s'il veut faire une vie complète, tâche d'unir dans lo pratique d'un métier acquis et aimé tous les bèsoins de so vie matérielle et spirituelle, ainsi ces artistes cherchent à synthétiser dans la pratique de leur métier de peintre, les mêmes besoins, et en porticulier la poursuite de la grandeur, de la hordiesse, de I'humilité, de la force et de lo charité.Cette entreprise est d'une extrême difficulté, mais elle marque lo toile.l'oeuvre se fient aussi fermement qu'une créature autonome ef généreuse, of sa vie est porfaitement synthétique.Plus on la regorde, plus elle demeure immobile et vivante à lo fois.Aussi vigoureusement achevée dans son ensemble qu'elle a été longuement préparée dans ses éléments par la vie et les innombrables tentatives de l'artiste.Telle est l'oeuvre de Gaby Filion.Allez voir ces dessins, ces admirables dessins comme dit Pierre Vadeboncoeur, qui sont aussi rigoureux que sensibles et qui donnent véritablement, réellement la joie des yeux (avec tout ce qu'elle implique) à fous ceux qui s\u2019y arrétent.Devant eux, je crois sans hésitation à la puissance d'expression de l'art, à ce mystère qui m'a foujours paru admirable d'une création vivante por des moyens matériels.Ses peintures, d'un métier plus difficile, n'ont pas encore afteint à la même perfection d'expression.Elles demeurent cependant singulièrement amples of vigoureuses.Jacques DUBUC af CONVERSATION ANGLAISE Cours porticuliers et cercles d'études Méthode pratique et rapide: Professeur , > d'un diplôme pédogogique La Médecine pour tous L'alopécie galopante Une maladie terrible, qui frappe traîtreusement ses victimes dans la force de l'âge, et contre laquelle la science ne possède aucun recours.Sa marche varie de vitesse selon les sujets mais rares sont ceux qui échappent au fléau.En l'accurrence, le fléau se présente sous l'aspect bénin mais non moins traître d'un peigne.Le malade se voit frappé de cette étonnante infirmité sans pouvoir réagir.En effet, lorsque l'alopécie ose se dévoiler, c'est que plus rien ne peut entraver son progrès.Certains industriels ont voulu laisser aux alopétiques des espoirs de guérison; des pommades, des tisanes, des graisses inondent le mauché ct leur tête mais on abuse d'eux car l'alopécie se moque de ces traitements.Peu à peu les rivages de la chair s'avancent VIA MEDICINA \u201cVin Medicina\u201d reprend ses activités.Cet organisme universitaire est peu connu muis il mérite de l'être plus.11 se propose d'étudier les problemes de médecine étrangère où missionnaire et, dans lu mesure du possible, d'aider les missions en leur fournissant médi- taments, publications médicales, instruments chirurgicaux, ete.Dans le but d'instruire ses membres dans le domaine de la médecine étrangère et aussi pour faire connaître les grands mouvenients du même genre dans le monde, \u201cVin Medicina\u201d invite à ses réunions régulières des conféren- tiers choisis parmi le monde mission- nuire religieux ou laïc.En préparation des activités de cette année, il y aura souper à la Cafétéria des profs, vendredi, le 29 octobre, à 5 heures 30.Tous ceux qu\u2019un tel mouvement intéresse seront les bienvenus.et reculent les fleuves naguère majestueux des chevelures.Les vicillards sont les plus frappés mais on a vu de très jeunes personnes souffrir d'alopécie.Cette maladie semble aussi devoir s'attaquer exclusivement au sexe masculin (1) et chez ceux-ci elle limite son oeuvre à la calotte cränienne.Jamais on a vu de cas d'alopécie faciale.Nous nous devons cependant de reconnaître que l'alopécic est une affection noble.Ce n'est pas qu'en soi elle présente quelque noblesse; certains pourront dire que le cerveau d'un alo- pétique est plus près de l'extérieur, qu'il doit plus facilement servir aux problèmes du dchors.De fait l'alopécie étant le plus souvent l'apanage des sénateurs, des juges, ct de ceux qui ont ou doivent avoir pour fonction essenticlle la pensée, le monde l'a liée à l'idée d'autorité; frappant la plupart des vicillards, le monde l'a liée à l'idée de respect.C'est pourquoi certains recherchent l'alopécie ct méme s'en forment une artificielle.La tonsure en est un exemple, La qualité essentielle à alopétique est la résignation s'il ne possède déjà une charge justifiant sa maladie par le caractère digne qu'elle lui conférera, La médecine malgré les nombreux autres problèmes qui l'occupent n'oublie pas celui de l'alopécie dite galopante (les cheveux du malade, en effet, sautent).L'homme de l'art se penchera sur votre alopécic, juges, sénateurs, philosophes ct vous tous penseurs; :l sait que c'est un problème au premier chef.Docteur POUF (1) Des practiciens ont affirmé cependant que plusicurs femmes à barbe ont souffert d'alopécic pa- lopante.C.de C.Monsieur le Directenr, J'ai appris ce matin que l'on organisait dans nos murs un Conseil de l'Ordre des Chevaliers de Colomb, conseil qui\u2014dit-on\u2014se nommera conseil de l\u2019Université de Montréal.Cette nouvelle n\u2019a un peu estomaqué.Pour vous parler franchement, je ne vois pas très bien en quoi une telle organisation puisse être profitable en milieu universitaire.Nous avons ici à l'Université toute une série d'organismes divers ayant pour but primordial d'aider les étudiants durant leurs études nniversitai- res, Or\u2014leurs dirigeants vous le di- ront\u2014ces groupements qui nous touchent directement semblent avoir grand besoin d'aide.Les étudiants en général s'occupent apparemment très peu de l'organisation de leur vie êtu- diante.Ce qui veut dire que les associations carabines ont besoin de toute la collaboration possible.Ce Conseil des Chevaliers de Co- lomb va encore drainer des énergies qui nous sont précieuses.Ceux qui vont s'en occuper\u2014je le sais par expérience, ayant plusieurs amis chargés de hautes fonctions an sein de cette société secrète irlandaise\u2014anuront à y consacrer un temps considérable, temps qui pourrait servir aux choses purement universitaires et ainsi profiter à la collectivité étudiante.Et s'il n'y avait que cela.Je me rappelle que vous-même, l'an dernier, Monsieur le Directeur, vous condamniez de façon splendide dans un éditorial l'intrusion dans nos murs de mouvements de jeunesse politique.Un de vos arguments était que ces mouvements étaient dirigés par des gens étrangers au milieu étudiant et que vous craigniez, avec raison d'ailleurs, que par ces organisations, une antorité non étudiante exerce son influence sur l'AGEUM.La même chose se présente actuellement avec les C.de C.Les membres universitaires ou autres doivent obéir à des consignes qui viennent de l'extérieur.L'indépendance de l'AGEUM sera en danger si les Chevaliers de Colomb deviennent forts.Cet ordre finira par s'emparer de tout, faisant exactement le même travail que les jeunesses politiques.Nous avons une organisation forte et efficace, il faut qu'elle reste libre de toute entrave.I! y a\u2014je le sais\u2014 plusieurs membres de l'AGEUM qui sont Chevaliers de Colomb ou qui vont le devenir.Quoign'il en soit, je demande à nos chefs de réagir contre la formation de ce conseil pour les raisons exposées plus baut.Paul HURTEAU Ha SPORT\" pes © TOURNOI DE TENNIS INTERUNIVERSITAIRE Les 18, 19 et 20 octobre derniers, avaient lieu sur les terrains du McGill les tournois in- ter-universitaires de tennis.Quatre universités y étaient représentées, soient: McGill, Toronto, Queens et l\u2019Université de Montréal.Nos représentants ont très bien figuré, bien qu\u2019ils se soient classés (roisièmes.Jouant sur des terrains humides el ayant à faire face à des adversaires dont le nom n'est plus à faire ils ont démontré qu\u2019ils étaient capables de tenir tête à des équipes de fort calibre.notamment McGill.Me risquez toujours impeccables Le tonique pour les cheveux Vaseline\u201d Il faut souligner la brillante tenue d'André Panneton de Médecine, qui eut à faire face à de très bons joueurs tels que Mass et Anderson, et n\u2019abandonna jamais la partie sans leur causer quelque peur.Deux autres joueurs, Roger Blanchard de Médecine et Roger Labrie de Chirurgie Dentaire ont impressionné, tandis que J.Pl.Faguy de l\u2019olytechnique et Eudore Lefeb- vre de Droit ont un peu désappointé.Voici les résultats des parties jouées contre les autres universités: zes& Siccité capillaire Ÿ SN SYMPTÔMES: dé 3K mangeaisons; pellicules; cheveux secs, cassants, se déracinant facilement.La siecité capillaire peut provoquer la calvitie.a contribue puissamment à l'hygiène du cuir chevelu.Suppléez à l'insuffisance des huiles naturelles.ayez des cheveux sains, souples, lustrés, toujours bien peignés.C'est la préparation capillaire la plus populaire dans le monde entier.ONIQUE .ON RRL ET: MARQUI Dt POSEL 4 Am eo & itd Lc.HEY TA yer = FY \u201c® ee So De gauche à droite: Laroche, Panneton, Labrie, Lefebvre, Blanchard.Faguy.Contre McGill: Simples : Cain (McGill) défait Labrie (U.de M.), 6-0, 6-2; Duford (MeGill) défait Faguy (U.de M.), 6-2, 6-3; Quain (MeGill) défait (U.de M.), 6-2, 7-5; Mass (McGill) défait Panneton (U.de M.), 6-2, 6-4, Marien (MeGill) défait Lefebvre (U.de M.), 6-2, 6-0.Blanchard Doubles: Quain-Duford guy, 6-4, 3-6, 6-2.Marien-Cain défont Lefebvre-Labrie, 8-6, 0-6, 6.2, défont Panneton-Fa- Contre Toronto: Simples : Blanchard (U.de M.) défait Languid (T), 6-2, 6-8, 6-1.Anderson (F) défait Panneton (LU), 6-3, 7-5.Turner (T) défait Faguy (U), 6-2, 6-1.Dawes (T) défait Lefebvre (U), 2-6, 6-3, 7-5.Howard (T) défait Labrie (U), 10-8, 2-6, 6-4.Doubles : Anderson-Turner défont Faguy, 6-2, 6-3.Languid-Dawes défont Lefebvre-La- brie, 6-2, 6-1.Panneton- Contre Queens: Simples : Panneton (U) défait Cooper (Q), 6-0, 6-0.Faguy (U) défait Scheult (Q), 8-6, 2-5.Blanchard (U) défait Gibbons (Q), 6-4, 8-6.Labrie (U) défait Wagar (Q), 6-2, 7-5.Lavigne (Q) défait Lefebvre (U), 6-1, 4-6, 7-5.Doubles : Panneton-Faguy Seheult, 7-5, 6-4, Lefebvre-Labrie défont Cooper Me- Bride, 6-4, 6-0.défont Gibbons- Classement final des équipes : \u2014\u2014 J.G.P.Pts MeGil .21 19 2 19 Toronto .21 15 6 15 U.de M.\u2026.21 7 14 7 Queens .\u2026.21 1 20 1 Nous avons eu 7 points celte année! Nous en aurons le double l'an prochain! sera de $4.00.Qu'on se le dise! CINÉ-CLUB Les étudiants intéressés au ciné-club feraient bien de se hâter de prendre leur abonnement, car il ne comprendra que deux cents membres, Le ciné-club présentera au cours de l'année dix grands films, dont les quatre premiers sont les suivants: le 4 novembre, \u201cUn carnet de bal\u201d de Julien Duvivier, qui sera étudié au point de vue interprétation par le Père Legault des Compagnons; le 18 novembre, \u201cLes Maudits\u201d de René Clément, qui sera étudié au point de Vue montage par un (echnicien de l'O.N.F.; le 2 décembre, Cérard Pelletier montrera la portée humaine de \u201cLa grande illusion\u201d de Jean Renoir; le 9 décembre, \u201cBrief Encounter\u201d ge Noel Æoward, vu sous l\u2019aspect moral Le prix de ABONNEMENT est de $3.50.Si le membre désire payer en ?versements, le prix de l\u2019abonnement On peut s'inscrire à l'A.G.E.U.M.J.G.CONSCIENCE (CHARGEE) Nous avions enfin trouvé dans la nuit une rue qui nous appartenait.Une rue écœurante de vie humaine et triomphante de ferraille et de mécanique.Une pluie de glace noyait cet enfer où se perdait le ridicule des amours fausses et sérieuses.Toute la soirée nous l'avions passée, avachis dans des restaurants, à fumer d'innombrables cigarettes, à gueuler comme des idiots, à rire interminablement, pour oublier le malaise que nous apportait l'évidente absurdité du monde.Je venais de quitter mes autres amis, avec ce compagnon nouveau, presqu'inconnu.Nous marchions rapidement, les mains glacées enfouies dans nos poches, les yeux fixés sur les flaques d'eau noires et attirantes.J'avais encore la tête lourde des cris, du jazz hallucinant, de la fumée dans lesquels j'avais été plongée durant des heures.L\u2019immense fatigue qui se répandait dans tous nos membres, nous écrasait délicieusement, à la façon de la fièvre.Nous n'avions pourtant aucun désir de rentrer, puisque l'aube froide et brûmeuse allait descendre.A mesure que nous avancions, la lucidité nous quittait, chassée par l'épuisement.Nous devenions de plus en plus conscients de notre existence subjective; non pas de l'existence du monde extérieur, puisque de moins en moins nous pouvions le percevoir, mais de la sensation réelle et profonde de notre Moi.Les objets extérieurs tombaient dans le vague, puis disparaissaient.C'est alors que le Moi prenait des proportions gigantesques, s'emparait de tout ce que nous pouvions avoir de conscience ct de vie, devenait la seule et ineffable réalité.Nous avons longtemps marché dans cette rue boueuse, qui était devenue nous-mêmes, au point que c'eut été une chose naturelle de s\u2019y étendre, et d'y demeurer, les lèvres collées au sol.Quand le jour se leva, notre existence était arrivée à ce degré d'intensité qui est un débordement de l'être.A cc moment, nous nous sommes vus, par un long regard froid et profond, qui dépassait de beaucoup le corps, qui pénétrait jusqu'à la vie dans sa plus grande simplicité.Ces instants d'extase vont beaucoup plus loin que la \u201cferveur dans l'instant\u201d.Cec sont des instants d'une intensité éternelle, parce qu'ils laissent dans l'être la trace inaltérable de la connaissance de soi.Le froid commençait à nous transpercer complètement.Mon compagnon m'entraina de nouveau dans un restaurant.Et ce fut en même temps que le lever du soleil, le petit déjeuner, la même vie qui recommençait.Le café était admirable et nous étions heureux.Bientôt des travailleurs vinrent s'attabler près de nous.Leur journée débutait: ils parlaient des machines qu'ils allaient bientôt rejoindre.Nous les écoutions avec intérêt, puisqu'existentiellement, toute chose a une valeur subjective.SON acte de tourner une roue valait autant que le MIEN de travailler intellectuellement.Il s'agissait de devenir\u201d ouvrier quelques instants.Puis il fallut partir.Et je laisai celui qui était devenu un ami, étant une autre liberté en contact avec la mienne.Nous étions deux êtres existants et libres.C'est À cette seule condition que l'amitié est possible.Je me dépéchai d'aller dormir.Au réveil, ce fut de nouveau le monde absurbe, mais avec MON existence, plus forte que lui, pour le dominer.Adèle LAUZON Calendrier paroissial Mercredi 27: Dîner du Presbytère, midi Cafétérin.Equipe des Recherches Sociales, 6 h., Cafétér.prof.8h.30, Conférence Laënnec, hôp.St-Luc (Dr Milliez).Jeudi 28: Club des Relations Internationales, 6 h.Vendredi 29: Super des anciens des Trois-Rivières, 6 h.Cafétér.Prof.8.30 Théâtre Bleu et Or: La jeune fille Vio- laine.Dimanche 30 et Lundi ler Nov.Toussaint) : Messes universitaires, Itré- heuf, 10.30 et 11.30.Votre discothèque La discothèque sera désormais ouverte du lundi au vendredi de 12 h.30 à 2 h, Programme du 25 au 39 octobre: Lundi: 5e Symphonie de Shostakovitch.Mardi: Symphonie en ré mineur, César Franck.Mercredi: 3e Symphonie, Beethoven.Jeudi: Concerto en fa, Gershwin.Vendredi: Trio No 1, Schubert.Exposition GABRIEL FILION expose jusqu\u2019au trente de ce mois, à la librairie Tranquille, rue Sainte Catherine ouest, tout près de Saint-Laurent.LE QUARTIER LATIN journal bi-hebdomadaire de l'Association générale des Etudiants de l'Université de Montréal Membre de la C.U.P.Abonnement pour l'année universitaire 40 numéros \u2014 $ 2900, boulevard du Mont-Royal Montréal Local D'2190 \u2014 AT, 9616 DIRECTION Directeur: Plene LEFEBVRE Directow-adioint: Piere TANGUAY RÉDACTION Rédecteur en cheh Noël PÉRUSSE Secrétaires à le rédaction: Jecques GIRALDEAU Maurice BLAIN, Régine NANTEL François LÉGER our Yves MARCOTTE Rephall ESPOSITO pHOTOGRAPHIE Pierre MERCIER-GOUIN Imprimé par LA PATRIE 180 est, rue Ste-Cotherine \u2014 Montréal Autorisé comme envoi de la deuxième clone.Ministère des Postes, Ottowa "]
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