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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
mardi 9 mars 1948
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1948-03-09, Collections de BAnQ.

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[" [I LT CL TTY YAR FT Directeur: CAMILLE LAURIN La jeunesse travailleuse A L'APPRENTISSAGE Qu'arrive-t-il des autres?terminais- je dans mon article précédent.Voyons qui sont ces autres: ceux qui n'ont pas de métier eL qui se voient dans l'abso- luc impossibilité d'en apprendre un.Une sérieuse ct récente enquête Conduite par la J.O.C.démontre fort éloquemment, par des chiffres cffarants, que 3750 des jeunes ouvriers de la province ne possèdent pas de métier.Le fait est grave et porte à la réflexion.Les jeunes sans métier hypothèquent fleur avenir dès le début.Toute leur vie durant, ils demeureront manocuvres ct, ipso facto, se confineront à des fonction ancillaires.Que deviendront- ils dans ce monde mécanisé de demain, dans cette ère de techniciens, que nous annoncent les sociologues avertis?Mais, me direz-vous, il existe de nombreuses écoles d'Apprentissage .el d'Arts et Métiers.Pas si vite; ces Eco- les ne sont pas si nombreuses qu'on le croit; au contraire, elles sont insuffisantes ct n'offrent que des avantages assez limités.Nous l'avons déjà dit, les jeunes commencent à travailler tôt à cause de la situation financière précaire de leur famille; leur salaire, si maigre soit-il, s'avère essentiel au bien-être familial, Alors comment pourront-ils suspendre leur travail à l'usine, et, par conséquent, cesser de gagner, afin de s\u2019inscrire à une de ces Ecoles?Méme si l'enscignement de ces institutions leur est prodigué gratuitement, comment verront-ils à leurs besoins matériels 7 Bien plus, comment aideront-ils leur famille?Le problème se pose avec acuité.Les jeunes doivent se soumettre ac- tucllement aux décisions gouvernementales.11 ne se présente qu'une solution possible: que le gouvernement paye aux ouvriers-étudiants des salaires suffisants durant le temps de leurs études.Et les cours du soir?Ils présentent cn général peu d'intérêt.Un ouvrier qui a la vigueur de la jeunesse, après à suivre en page 4 Comme de bien entendu .TOUJOURS PRATT! La fameuse devise scoute a peut-étre influencé le Conseil de l'A.G.E.U.M.dans son verdict de mercredi soir dernier.En tous cas, ce n'est qu'après une longue discussion et un double scrutin que le choix fut finalement porté sur Guy Pratt, l'effervescent candidat du Droit.Dès que le nom du gagnant fut connu de la foule qui haletait à la porte de la salle d'éleci.-n, il y eut d'abord comme un rile d\u2019admiration; puis le tonnerre des acclamations secoua les vitres.Le président-élu Pratt saluait les masses en faisant éclater son sourire atomique.Le président-en-charge Décarie écrasait un pleur en pensant aux énormes responsabilités qui allaient s'abattre sur les épaules rebon- dies du nouvel élu.Distrait pendant «quelques minutes, Camille Laurin re- taisait sa valise pour ne pas manquer le congrès de la jeunesse Neurasthénique, dans l'oasis de Koufra.Ainsi s'achevait une des cérémonies marquantes de l'année universitaire, ce Vote entouré de mystères ct de rites mystérieux qui nous donne chaque année un nouveau Président.Guy Pratt sera probablement un des meilleurs chefs que nous ayons eus.Son règne\u201d sera marqué au coin d'une activité inlassable et souriante, et on peut s'attendre à de nouveaux progrès dans tous les domaines.Les trois mille étudrants de l'U, de M.sont convaincus qu\u2019on vient de leur donner un président dynamique, qui recèle dans sa vaste personne des énergies insoupçonnées, ct .\u2026 et mat! , En Club d'échecs vient de se fonder à l'Université de Montréal.Qu'on ne se Méprenne pas, il ne s\u2019agit nullement de réunir ceux qui ont déjà échoué des examens.Non, ce club s'adresse à un publie beaucoup plus restreint: les Joueurs d'échecs, pour ne rien vous cacher.Tous les midis, du lundi au vendredi, on joue de midi à deux heures dans la salle F4, Vers Ia fin de mars ou le début d'avril, il y aura match contre l\u2019équipe de McGill,\u2019 Et dés lundi, un tournoi_inter- facultés commençait ; huit facultés sont déjà inscrites.Done, tous les adeptes de ce sport vent qui veulent faire partie du pou \u2018eau club n'ont qu\u2019à téléphoner ar- fin Whelan, DE.3990, où à Jules Dupont, MA.9418.qui saura maintenir en-dchors de l'association étudiante tout ce qui peut y amener ja zizanie, comme l'existence de clans ou le jeu d'influences politiques.Le Quartier latin est heureux de lui souhaiter gloire et succès.LES TTRESORS POLONAIS Notre vie politique est morne.Oh! Si morne! Mais voilà qu\u2019un incident vient y jeter la petite fleur bleue, la note de poésie et de légende.Cette affaire des trésors polonais a un petit cachet romantique dont les dilettantes désabusés comme moi feront leur micl.On y voit trois gouvernements, ceux de Varsovie, d'Ottawa et de Québec.se disputer un trésor mystérieux qui disparaît et reparaît avant qu'on ait le temps de crier \u201cgare\u201d.On y voit encore des gendarmes violer le secret d'un cloître, d'autres gendarmes leur faisant la nique en refilant le trésor dans un musée, et toute une série d'incidents semblables qui composeraient facilement un libretto d'opérette.Cette \u201ccourse au trésor\u2019 nouveau genre a déjà mis en branle toutes les autorités politiques, ecclésiastiques ct policières de la Province.On attend avec impatience le prochain épisode, Je suis prêt à parier qu'on y verra Fantomas et Fu Manchu hanter les salles du Musée, cependant qu\u2019une fusée remplie de Martiens emportera le trésor vers la stratosphère.LES CRIS EN CONGRES La fin de semaine a vu se dérouler le congrès des Clubs étudiants de Relations Internationales.Le grand Onon- thio, d'Iberville Fortier, avait à coeur de grouper les Cris en un grand paw- waw avant la fin de son règne.Des sachems d'importance arrivèrent donc de toutes les parties du pays.Des harangues mémorables furent prononcées.On prit des décisions capitales.Le congrès se termina par le chant du \u201cUgh! Ugh!\u201d qui est en quelque sorte I'hymne national des Cris.Et chacun reprit le chemin de son wigwam, dans le silence de la forét profonde.L'affaire avait complètement réussi.En plus d'assurer la publicité de l\u2019U.de M.dans toutes les tribus de Cris du Canada (y compris I'URSS.et le Spitzberg), ce congrès aura éveillé l'intérêt de bien des étudiants autour des questions internationales.Ce n'est pas une mince affaire.Hermas PERCHERON | | | Bien faire el laisser braire 7 Rédacteur-en-chef: PIERRE LEFEBVRE Le monde tragique Nous sentons tous, aujourd'hui, que la civilisation est menacée, ou du moins qu'elle se transforme avec autant de rapidité que de violence, par écroulements.ll ne s'agit peut-être que d'une civilisation, celle que nous appelons moderne ou \u2018\u2019bourgeoise\"', mais il s'agit peut-être de la civilisation.A côté du progrès, vient s'es- seoir, voilée de noir comme le destin, fa régression possible.Car la régression a maintenant autant de chances que le progrès.(Gonzague de Reynold L'Europe Tragique).C'est dans le préface à son magistral ouvrage \u2018L'Europe tragique\u201d que Gonzague de Reynold écrivait cette phrase.Si de telles paroles se justifiaient en 1935, à combien plus forte raison se peuvent-elles appliquer aux années que nous traversons.Les dangers qui, avant la guerre, paraissaient ne menacer que la seule Europe, se manifestent aujourd'hui de façon aiguë sur tous les points de l'univers.Accentués et généralisés, ils confèrent à nos temps un aspect caractéristique que, paraphrasant de Reynold, on pourrait exprimer ainsi: le monde tragique.I! semble qu'avec l'année 1939, nous sommes entrés dans une époque marquée au coin de l'hostilité.Et certes, il n'y a là rien de particulier à notre épo ue: l'élément nouveau rovient de la généralisation et de l'intensification de cette hostilité.Les conflits se multiplient dans tous les domaines où jouent les relations humaines: conflits entre individus, conflits entre peuples, conflits entre classes.Par ailleurs, coïncide avec la recrudescence des particularismes, une tendance vers une collectivisation sans cesse accentuée, que les temps nouveaux paraissent requérir.Et c'est peut-être le plus terrible paradoxe de l'heure présente que ce réveil agressif des particularismes à un moment où les événements contem- orains et les situations qui en découlent commandent une socialisation généralisée.C'est là un dilemme, le plus grave mais non le seul que nous ayons à affronter.Par Jean-Marc Léger Notre époque en est une profondément angoissée.Cette angoisse, cette terrible incertitude sur le sens de son propre destin et du destin collectif s'accuse par mille traits (philosophie, littérature, cinéma contemporains) se révèlent de mille façons, fait que le climat est devenu tout entier angoissé.Angoisse qui résulte, d'abord de la multitude des problèmes auxquels doit faire face l'homme contemporain, alors que les époques précédentes se trouvaient aux prises avec un ou deux problèmes dominants, la nôtre est remplie d'innombrables problèmes.La perfection sans cesse accrue des techniques, l'évolution toujours plus rapide des institutions dans les divers secteurs, les immenses bouleversements de la guerre totale et mécanisée, ébranlent les structures apparemment les plus solides et créent un ensemble complexe de problèmes quasi-insé- parables.En second lieu, les recettes traditionnelles des moralistes, des économistes et des politiques sont prises en défaut: l'inédit des problèmes les étonne et les déroute.N'envisageons brièvement qu'un de ces points: l'aspect moral.Le progrès technique a rendu chaque homme gardien de tout membre de l'espèce humaine: ia technique de l'hygiène, par exemple, impose des devoirs nouveaux (on nuit à son voisin aussi bien en \u2018infectant avec la fièvre typhoïde qu'en lui enfonçant un couteau dans le corps), la technique de la vie en société se transforme également; il ne s'agit pas (ou que peu) maintenant de donner du pain aux malheureux mais de coopéres dans l'économie collective de l'alimentation.Mais la moralité traditionnelle ne s'adapte pas: \u2018elle reste au plan de l'action individuelle tandis que la société moderne issue du progrès technique ne peut subsister que par l'action collective\" (J.-B.-S.Haldane).I! en résulte une crise de l'éthique qui s'ajoute aux crises aiguës de l'économique et du politique.Car les problèmes de l'époque présente se posent en termes e crise.lls revêtent, en effet, chacun dans son genre, une ampleur inaccoutumée et se manifestent avec une intensité encore jamais atteinte.Ainsi, multitude des problèmes, nouveauté de beaucoup d'entre eux, ampleur des problèmes semblent être les facteurs de l'angoisse contemporaine ou plutôt, celle-ci découle de l'insécurité généralisée qu'engendrent ces trois facteurs.Epoque angoissée que la nôtre mais aussi époque dure.Dure en ce que la vie, d'abord, y est de plus en lus mécanisée, mécanisée dans les hommes et dans les choses.Une technique toujours plus perfectionnée (dont il faut, per ailleurs, reconnaitre les conséquences bienfaisantes) multiplie les médiums insensibles, les robots métalliques, dont l'action aveugle et froide finit à la longue par créer une sorte d'atmosphère d'irresponsabilité.D'autre part, la concentration industrielle et les concentrations urbaines ont fait accomplir un pas en avant gigantesque au phénomène des masses ne peut se traduire que par un nivellement toujours plus complet.Abruti par son milieu de travail et par son travail, \u2014 agent humain égaré parmi des agents d'acier \u2014 dépersonnalisé et \"\"décoloré\u2019 par la masse, l'homme moderne devient mécanisé.Époque dure encore parce que les conditions présentes de l'économie et des relations entre états et entre individus exigent le secrifice de maints particulerismes pour le mieux-être de l'ensemble.La socialisation qui joue de plus en plus à tous les étages et dans tous les zucteurs, heurte Tes égoïsmes des individus, des unités, égoismes en soi souvent légitimes peut-être mais qui n'ont pas leur place dans le monde qui est le nôtre.ont l'action sur les individus Dure et angoissée, notre époque apparaît également révolutionnaire.e dernier aspect se manifeste surtout par l'obligation de prendre parti et, encore, un parti extrême.La disparition des moyens termes, sur le plan politique, est particulièrement significatif.Le temps des équivoques et des compromis semble bien révolu: on ne jouera plus sur deux tableaux.C'est l'heure de l'engagement total, de l'adhésion sans restrictions.De cette triple caractéristique, il suit que notre époque, en un certain sens, en est une de héros.Elle exige de ceux qui veulent prendre part à son découlement, maîtriser, dominer, canaliser les événements une somme de courage et d'énergie, une vigueur morale que les temps antérieurs ne demandaient que d'une élite.C'est là, en même temps, ce qui fait la grandeur de notre époque: c'est une chance unique donnée aux hommes d'élever leur condition et d'ouvrir la voie à un épanouissement merveilleux.\u2014 Laisser passer cette chance, c'est se résoudre l'autre branche de l'alternative.\u2018\u2019La régression à maintenant autant de chances que le progrès.\" Pour le chrétien, cette obligation de choisir se traduit, comme le remarquait Joseph Folliet lors de son dernier cours, ici \u2014 par une adhésion totale à sa foi et une obéissance à toutes les exigences qu'elle postule ou, alors, par l'abdication.Héroïsme ou turpitude: il n'y a pas, désormais, d'autre attitude possible.| faut accepter notre époque.Et l'accepter n'est pas la tolérer, s\u2019y résigner, mais l'assumer toute entière et y participer avec ferveur.Une chance unique nous est donnée de préparer l'authentique communauté humaine cer nous disposons d'une doctrine de vie com- munoutaire intégrale quand d'autres ne proposent qu'une communauté économique, une communeuté ne tenant compte que d'un aspect de l'homme.La difficulté de la tâche fera la grandeur de notre réussite comme son importance unique sera la mesure de notre culpabilité au ces de démission ou d'échec de notre part.{ Le C.R.l.de l\u2019U.de M.accueille avec bonheur ses homologues de langue anglaise = Club Hispanico de McGill El Club Hispänico de McGill tiene el placer de anunciar la mâs importante de sus reuniones (ntimas del año bajo la forma de un baile-cabaret que tendrâ lugar en el salon \u201cMcGill Union Ball Room, Sherbrooke West'\" el säbado 13 de marzo a las 8 p.m.No deje de acudir a esta agradable reuniôn en donde sin duda ha de pasar un buen rato en una atinôsfera tfpicamente española oyendo las dulces notas de la mûsica latinoamericana y bajo los deliciosos efectos de un ponche \u201ca lo español\u201d.Los estudiantes de la Univer- sidad de Montreal quedan cordialmente invitados.Los billetes para este señalado aconte- cimiento pucden obtenerse al médico recio de $1.50 por pareja cn la \u2018\u2019Union Tuck Shop\u201d o en el \u201cArts and Science Building\".| Cinéma Universitaire Grandes surprises ! Qu'est-ce que le Plan Schumann Les mesures monétaires adoptées le 25 janvier par Monsicur Robert Schumann, premier ministre français, provoquèrent une vive émotion dans les milieux financiers.On voyait une sérieuse menace pour l'équilibre déjà précaire des monnaies européennes et un danger pour l'exécution du Plan Marshall.Il serait intéressant de donner ici une brève esquisse des principales mesures de ce plan ainsi que de ses répercussions tant au point de vue national, qu'international.Lorsque par les accords de Bretton- Woods, les gouvernements fixèrent les cours de leurs monnaies, il fut décidé que le taux du franc serait porté à° 120 au dollar et à 480 pour la livre sterling.Mais ce cours qui cn 1944 était basé sur le coût de la production, perdit rapidement toute signification avec la montée vertigineuse des prix résultant de la désorganisation complète des finances due à une occupation de quatre ans.Il est vrai que le gouvernement, par des mesures d'effets immédiats, tenta d'enrayer de son mieux l'inflation.Mais on ne suivit aucun plan continu.Pour des raisons tant politiques que sociales, les efforts ne furent portés que successivement et partiellement sur certaines branches de l'économie nationale.Ici, dirigisme, là liberté concurrentielle, ne nous rapprochaient pas de la solution.Un exemple entre autres fut celui du marché de la viande qui dans le courant de 1946, passa plusicurs fois d'un rationnement sévère à un marché presque libre.Quelle que fit la bonne volonté des ministres des finances, ces mesures ne pouvaient qu'aggraver la situation économique du pays et précipiter l\u2019inflation.Si bien qu'en 1947, on vit monter sensiblement à la Bourse de Paris la valeur des devises étrangères.Dans ces trois mémes années, la production française était revenue à un niveau approximativement égal à celui de 1939.Certains marchés intérieurs, vu la réglementation du gouvernement et les prix prohibitifs, se trouvèrent saturés cet les marchés extérieurs se fermèrent progressivement à ces mémes produits, étant donné leur coût de production très supérieur à ceux qu\u2019offrait la concurrence étrangère.Le gouvernement de Robert Schumann sc trouva donc devant ce dilemme: ou voir d\u2019un seul coup disparaître tous les progrès faits par l'économie française depuis 1944, ou enrayer l'inflation qui en était la cause.Une seule solution s'offrait à lui: pratiquer unc ferme politique déflationnaire qui se traduirait par une dévaluation Ja franc, une diminution sérieuse de la monnaie fiduciaire en circulation et l'afflux sur le marché de devises étrangères \u2018\u2019dures\u2019.Dévaluation De nombreux facteurs semblaient la rendre irréalisable car les accords de Bretton-Woods interdisaient de changer le cours du franc.En outre, une entente entre les deux pays avait lié le franc à la livre.Mais, habilement, le premier ministre français tourna ces difficultés.Rendant le marché libre à l'or ct aux devises étrangères, cette dévaluation ne changeait pas la valeur- or du franc, mais le ramenait à sa valeur nominale.D'un seul coup, cette mesure rouvrait les marchés extérieurs.Si l'exportation du champagne, par exemple, était de 150,000 bouteilles en 1947, le prix de la bouteille baissant de $7 & $4, la demande passerait à 500,000 en 1948.Ces deux facteurs: baisse des prix du marché et liberté des marchés allaient donc faire affluer en France les capitaux américains si nécessaires au relèvement de l'économie nationale.Et le 25 janvier, le président Schumann décidait la dévaluation et une nouvelle réglementation du marché des devises et de l'or.Réactions anglaises Cette décision unilatérale provoqua à Londres la plus vive inquiétude.Pour une Angleterre dont l'activité économique à l'intéricur comme à l'ex- téricur est strictement contrôlée, le re- \u201cJe me demande main - tenant quel genre de travail Pierre va sey accomplir cet été Le choix d'un travail d'été est toujours un problème, mais quelque emploi que vous choisissiez, voici un bon conseil: gardez jalousement le plus possible de cette galette chèrement gngnée.Déposez-la à un compte d'épargne d'été À lu B de Montréal, et ny pensez plus jusqu'à Fautomne, Vous aimerez ce sentiment de solvabilité que procure le fait de pouvoir aligner votre argent à vous pour acquitter les frais du premier termr.Où que vous travailliez cet été, 4 Banff ou un |B a des ee de Succursale Avenues Darlington & Soissons, FRANÇOIS JOBIN, gérant A Montréal, 49 succursales pour vous servir.Inc Bonise, à Québee où Calgary, Trail où Témisenmingue, vous trouverez toujours une succursale de la B de M dans le voisinage.I y a plus de 500 de ces suceur- sales d'un océan à l'autre.ANQUE DESMMONTREAI.toutes les TITI vie 1817 | - tour de l'économie française vers une forme de libéralisme est évidemment une menace.Car si les politiques financières des deux pays se trouvent actuellement de tendances diamétralement opposées, au point de vue commercial, la dévaluation du franc peut favoriser les exportateurs français par rapport à leurs concurrents britanni- ues.Certes, les exportations de luxe rançaises ne peuvent gêner les Anglais mais sur les marchés à devises fortes pour les textiles, la soie ou les articles de cuir, une certaine concurrence existe entre les deux pays.Mais ce ne fut pas là l'objection dominante faite au plan français.En effet, l'Angleterre était prête à accepter la dévaluation pure et simple du franc.I! eut alors suffi d'un nouvel accord pour que se rétablisse Ja situation.Mais ce qui trouble profondément l'opinion britannique est la création d'un marché libre des devises sur le marché de Paris.Assurément, la livre en est exclue, mais aux yeux des Anglais, cette exception risque bien d'être théorique.L'application de cette mesure ne pourra donc être efficace que si un rigoureux contrôle est exercé aussi bien à Londres qu'à Paris.An Fonds Monétaire Si ces décisions furent mal reçues au l\u2019onds Monétaire, les milieux dirigeants n'envisagent aucune sanction contre la France.Elle continuera donc à recevoir des crédits au même titre que les autres pays d'Europe.On cs- père cependant qu'elle prendra des mesures susceptibles d'éviter que sa dévaluation n'ait des répercussions fâcheuses sur les autres monnaies et le commerce international.Monsieur Gutt, président du Fonds Monétaire, fit à ce sujet des déclarations apaisantes: \u2018Le Fonds Monétaire n'est pas découragé par son désaccord avec la France, que l'on peut qualifier de chose ennuyeuse mais non catastrophique, a-t-il déclaré.\u2018Nous sommes tous, comme nous l'avons été à Bret- ton-Woods, lors de l'établissement de la Banque Internationale, en faveur d'une coopération internationale sincère et étroite ct contre le mauvais principe qui consiste à jeter cette coopération par-dessus bord en temps de crise, Espérons, a-t-il conclu, qu'en définitive, ce scront les principes internationaux qui prévaudront et que la coopération internationale dans tous les domaines finira par devenir un fait\u201d.On verra donc dans la dévaluation du franc une décision de régularisation d'un état latent qui n'avait que trop régné.Appliquée avec intelligence ct rigueur, elle pourrait marquer un stade vers un assainissement futur des finances françaises.Loin d'être une menace au Plan Marshall, le Plan Schumann ne peut que lui apporter un concours efficace.La France qui devra tenir une place primordiale dans la future Europe ct qui est une des principales nations bénéficiaires du Plan Marshall ne pourra donc, par l'assainissement de ses finances et par sa remontée rapide, qu'apporter unc aide précieuse à la reconstruction de l'Europe.Donnant une parité plus juste au franc par rapport aux autres monnaies, cette dévaluation pourra en- trainer unc activité plus dense des échanges internationaux et par là, relever l'économie européenne.Jean-Jacques TERNYNCK Services Vous trouverez ci-dessous une liste de toutes les fonctions susceptibles d'é- tre exercées aux Services Sociaux durant l'année 1948-49.Tous ces postes deviendront vacants le L juin 1948.Au point de vuc pécunier, aucun de ces postes n'est rémunérateur.Il serait trop long d'expliquer ici le mode d'élection suivi pour chacune de ces diverses charges; ce rituel paraîtra dans le Quartier latin.pour be moment qu'il vous suffise de savoir que ces postes sont disponibles et que vous pouvez les exercer avec profit pour tout votre entourage.Si quelqu'un désire avoir des informations sur l'objet de chacune de ces fonctions; il peut s'en informer au local des Services Sociaux.(D'219 A; ouvert tous les jours de 12.30 à 1.30).Guy LAPORTE Prés.S.S.S.a) Conseil des Services Sociaux: 1\u2014Président.2\u2014Vice-Présidente, 3\u2014Sccrétaire.4\u2014(8) représentants des divers organismes (ci-dessous).b) Bureau de Placement: 1\u2014Directeur (1).2\u2014Auxiliaires (nombre illimité).¢) Société Saint-Vincent de Paul: 1\u2014Président.2\u2014Vice-Président.3\u2014Scecrétaire.4\u2014 Trésorier.5\u2014-Membres (Nombre illimité).d) Service d'Habitation: 1\u2014Directeur (1).2\u2014Auxiliaires (Nombre illimité).e) Caisse Populaire: a) Conseil d'administration : \u2014Président.\u2014 Vice-Président.\u2014 Secrétaire.\u2014Directeurs (2).b) Conseil de Surveillance: \u2014Président.\u2014Membres (2).c) Conseil de Crédit: \u2014Président.\u2014Membres (2).d) Personnel: \u2014Gérant (1).\u2014Caissiers (5).\u2014Caissières (5).f) Coopérative du Livre: a) Conseil d'administration : \u2014Président.\u2014Vice-président.b) Conseil de Surveillance: \u2014Président.\u2014Membres (2).¢) Personnel: \u2014Gérant (1).\u2014Vendeurs (5).\u2014Responsable de la réception des volumes (1).Sociaux \u2014Responsable du Service de Li- brairic (1).\u2014Publiciste (1).\u2014 Comptable (1).#) Service Médical: !1\u2014Directeur.2\u2014Secrétaires (5).h) Les Amis de l'Art; \u2014Directeur.\u2014Auxiliaires (2).1) Services Généraux: \u2014Directeur.\u2014Auxiliaire (1).N.D.L.R.\u2014L'Université de Montréal est In seule à posséder une Société de Services Sociaux aussi bien organisé et aussi efficace.Nos délégués aux ditffé- rents congrès étudiants nationaux ou internationaux I citent avec orgueuil à leurs confrères des autres universités.NFCUS pour sa part s\u2019y intéresse tellement qu\u2019elle a formé un comité char- té de faire enquête sur la question dans toutes les universités du Canada, avec comme but ultime In formation d'un pareil organisme là où il n'existe pas encore.Il serait regrettable qu'une société aussi importante pour le bien conmmun des étudiants s'étiolât faute de personnel pour assurer ses opérations.Le Quartier Intin se joint done au président de ln 8.5.5.pour demander instamment aux carabins de venir aider au succès de cette constitutive.Ce sont ces travailleurs, en fin de compte, qui en bénéficieront le plus.Les seuls postes comportant élection sont ceux de président, vice-président, secrétaire et trésorier, munis tous les étudiants désireux de travailler au succès de In S.sont priés de venir donner leurs noms à In Coopérative entre midi et deux heures.Le nouveau conseil aura très certainement recours à lenrs services.$ Mans = Je risques pas Siccité capillaire Ÿ = \"4 * SYMPTÔMES: Démangeainons; pellicules; che- Veux secs, cassante, ne décaci- nant facilement.La siccité ca.villaire peut provoqueria calvitie, Ayez un cuir chevelu sain, et des cheveux bien peignés Fiez-vous au tonique pour les cheveux V eli 2 lé » + Di s useline\u201d pour suppléer à Pinsuflisance des huiles naturelles .pour garder vos cheveux souples ct sains, faciles à pcigner.C'est lu préparation capillaire la plus ey le populaire dans le monde entier.ONIQU PY .CHEVEUX e Vaseline MARQUE DEPOSEE «La géographie économique du \u2018Canada » par Raymond Tunghe 11 ¥ a deux ans, monsieur Tanghe nous donnait \u201cInitiation à la géogrs- phie humaine\u201d.On suit l\u2019accuei dé à ce volume: Ia compétence de l\u2019auteur explique l'enthousiasme du publie.D'ailleurs, monsieur Tanghe n'en est pas à ses débuts.Les teurs de son volume intitulé \u201cMontréal\u201d ont été conquis par ce géographe de chez nous dont In méthode rappelle Raoul Blanchard et Jean Bruhnes, Cette année, avec lu deuxième édition de: LA, GEOGRAPIHE ECONO- MIQUE DU CANADA, monsieur Tan- ghe nous livre une étude très intéressante sur notre pays.L'auteur ne s\u2019est pas contenté de renseignements fournis ça et là; au préalable, il parcourt notre pays d\u2019un bout à l'autre, s\u2019enquiert sue place, cause avec les industriels, les spécialistes, les ouvriers, les paysans et les pécheurs.La première partie traite de nos ressources naturelles; les forêts, les animaux à fourrures, les pécheries, l\u2019agriculture, l'élevage, les mines, les combustibles, et les forces hydrauliques.Au- tant d'aperçus rapides où l\u2019auteur condense une documentation abondante.La seconde, consacrée à In géographie du travail, contient des chapitres des plus intéressants sur le peuplement, l\u2019organisation politique, le site, les caractères et les fonctions des grandes villes.On y trouve aussi un exposé des principales industries canadiennes, des aperçus sur le transport, le commerce intérieur et extérieur, le tourisme et les spécialement à l'intention des pts de nos collèges et universités, olime s'adresse néanntoins à tous les lecteurs de chez nous, A l'appréciation unanime, cette oeuvre de M.Tan- ghe, qui paraît actuellement aux éditions Fides, constitue une véritable encyclopédie de référence pratique sur tout ce qui touche au domaine de la production du Canada.(1) Volume de 238 pages, édité chez FIDES, 25 est, rue St-Jacques, Mont- réal-1, en vente partout au prix de $t.50.Comment ne Le Carême fait mûrir bien des résolutions pendantes.On a beau représenter tout un laboratoire de vertu, de sagesse et de .physique, on en produira toujours de \u2018\u2019bonnes\u201d capables d\u2019estomaquer le plus glouton des bipèdes.Quand un élève peut arracher un 18\u201d sur \u201c20\u201d en laboratoire de Physique, on peut bien dire que le monde est à l'envers.Félicitations à Jean Martineau pour sa profession de foi sur le bon parler français.Dommage qu'il ne puisse assister à nos cours de machines.Il y verrait ce qu'on appelle le bon \u2018génie français\u201d.Car vous savez, les expressions françaises y pullulent .tout comme les épingles dans une botte de foin.Thermostat, par exemple, possè- derait une éthymologie plutôt bizarre: \u201cThermo\u201d originerait de \u201cthermos\u201d, chaleur, ct \u201cstat\u201d de .\u201cstarter\u201d!!! Ça prend bien un professeur pour dire des niaiscries semblables.On compas tare.prend aisément pourquoi les cours soient obligatoires .En parlant de carême, qui ne se rap pelle cet avis salutaire d\u2019un spécialiste en liquides courants (du verbe \u2018\u2019courir\u201d): \"Water is very good, when taken in the proper spirit!\u201d .La vérité sort de la bouche des enfants, grands ou petits.En machines thermiques, on discute de surface de chauffe.Comme d'habitude, X, qui ne comprend rien, demande au professeur de tracer un schéma au tableau.L'autre s'exécute.Et le premier de demander: \u2018Pardon.monsieur, où se trouve votre surface de chauffe, là-dedans?Est-ce là, juste au-dessus de votre tête .Sans commentaire.Dernière heure.II paraît que I descriptive provoque de fortes émotions en deuxième.Les examens en provoqueraient-ils de plus grands?.Gérard MaSOEUR Des hommes de caractère ADRESSER TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS A: Jules Bauset, Inspecteur des Agences, Pièce 301, Immeuble Sun Life, Montréat et d'initiative, des hommes honnêtes, désireux de se faire une bonne carrière dans les aftai- res .c\u2019est ce que demande la plus grosse compagnie canadienne d\u2019assurance-vie, la SUN LIFE OF CANADA.L'expérience de la vente n\u2019est pas nécessaire; les experts de la Compagnie donneront gratuitement des cours aux candidats sérieux et leur apprendront toutes les responsabilités qui deviendront leurs.Les avantages .un revenu régulier dès le début, une pension de retraite et des bénéfices en cas de maladie.La Sun Life of Canada bat la marche .elle établit l\u2019homme voulu dans une carrière enviée de tous.Sun LifeorCanada ÉTABLIE EN 1865 EY hf Te Pn She SN L\u2019exposition Prévost à St-Laurent La peinture est de tous les arts celui vers lequel je me sens le moins vivement porté.Pas que je sois insensible aux plaisirs visuels: le cinéma, la nature et les jolies femmes me les dispensent à l'occasion.Mais il existe entre la peinture et moi un malentendu, ce que mon ami Blain appellerait volontiers une crise de familiarité.Je ne pense pas que ce malaise me soit propre, dans lequel il entre, pour une bonne part, du dépit.Nous en voulons tous à la peinture, je crois, de se laisser emprisonner dans des musées, alors qu'on devrait la faire voyager sans cesse et nous la rendre aussi familière que la musique et le cinéma.Nous en voulons aux peintres de philosopher, de ratiociner sur l'acte artistique, de discuter théories, plutôt que de se contenter de peindre tout simplement, silencieusement, et de faire de leur peinture un objet de curiosité et d'étonnement, alors que l'art demande à plaire.L'amitié à opéré ce miracle, récemment, de me faire renouer avec une pieuse pratique depuis longtemps abandonnée: la visite d'une expo- tion.Et cette visite, celui de me éconcilier avec la peinture.Robert Prévost qui expose présentement à St-Laurent, se donne comme illustrateur, et je crois voir là une certaine pudeur d'artiste timide conscient de n'être pas tout à fait à la page.C'est qu'aux yeux de certaines ens, il pourrait avoir le grand tort de aire de la peinture à sujet, anecdotique.Il est vrai qu'au lieu de faire appel à des données hypothétiques du sub ou de l'inconscient, Prévost se contente de voir et de rendre à sa façon, sans aucun effort d'originalité, ce qu'il a vu.Mais si l'on veut bien, une fois pour toutes, s'en tenir à la définition que je crois être la plus juste et la plus large qui soit de la peinture, celle de Maurice Denis, il serait pleinement justifié de revendiquer le titre de peintre.De tout ce qu'il expose cette semaine, je ne veux retenir, en toute amitié, que ses gouaches.Cor, quelques danseuses mises à part, je ne pense pas qu on puisse compter pour grand'chose ses plumes et ses fusains, oeuvres d'une paresse pour laquelle je me sens tout indulgence.Mais, il y a ses gouaches! .Et alors, malgré toute le sévérité que j'ai délibérément mise dans mon appréciation, sur la douzaine qu'il nous présente, je n'en ai pu trouver que deux ou trois qui me fussent indifférentes.Toutes les autres m'ont, à divers degrés, littéralement ravi.Qu'il s'inspire de ses expériences de comédien, d'une époque qu'il aime entre toutes, le Moyen-Âge, ou \u20ac la danse qui l'obsède, Prévost sait toujours ne retenir, en fin de compte, notre attention, que par des qualités aussi strictement plastiques que la composition et le coloris.|| semble vouloir prouver que l'anecdote ne le préoccupe pas, par sa négligence même à l'éviter._ On verra là, si l'on veut, une façon plus ou moins élégante de marquer mon incompétence, mais je me refuse systématiquement, tout comme ean Simard, à faire une critique détaillée de chacune des oeuvres de révost.Tout mon propos, en écrivant cet article, consistait à signaler à l'attention de ceux qu'auraient pu rebuter, comme moi, les tapageuses expositions de peintres en mal de publicité, celle d'un jeune artiste en liberté, et qui croit en l'art qui plaît.Noël PERUSSE MONSIEUR ROUPILLON, HERESIARQUE A la vue de ce cataclysme, monsicur Roupillon sentit ses jambes s\u2019amollir.Il crut devoir s'évanouir a nouveau.Mais Lucifer lui donna une petite tape amicale dans le dos et lui dit: \u2014Mon cher Angélin, il ne faut pas vous émouvoir pour si peu; je comprends que cette catastrophe puisse vous être affreuse, que ces cris vous effrayent; tout animal à votre place au- fait peur, mais il faut que vous soyez raisonnable.Ce petit ébranlement n'est presquie rien, en somme: mes sujets ont unc infinit¢ de temps pour recommencer leur ocuvre.D'ailleurs, ils s'attendent toujours à ce que je m\u2019amuse à leurs dépens; ils espérent même ces malheurs qui mettent en la monotonic de leur damnation un peu de diversité.Et puis cela m'amuse tellement .Il se mit alors À ricaner et son rire s'amplifia jusqu'à éclater en rauquements énormes.Cette fois, monsieur Roupillon perdit bel et bien connaissance (1).It s'éveilla, baigné de sueur, en son lit, dans sa cellule.Le jour se levait, la cloche du réveil sonnait.Tu te dis, cher lecteur, que tu t'attendais à ce réveil en ce lieu, que monsieur Roupillon n'a fait qu'un cauchemar, qu'en fait, il n\u2019a pas quitté ses draps de la nuit, que je n\u2019ai fait qu'étirer mon conte par un rêve; détrompe-toi: monsieur Roupillon n'avait pas rêvé.ll le crut d'abord.Mais il avait la barbe fort longue \u20act pourtant s'était rasé le soir même de son départ; au- rait-clle poussé si vite?Il se rasa, se vétit (qui donc I'avait dévétu?) et descendit à Ja chapelle.Là, plus de catafalque, mais de la lumière partout, des lampions nombreux décorant l'autel.Avant la messe, le même moine qui avait décrit l'enfer aux retraitants s'en vint leur parler du Ciel; il leur y donna rendez-vous après leur avoir souhaité une vie sainte et heureuse au sortir de leur retraite.Monsieur Roupillon comprit qu'il avait réellement passé deux jours outre-terre, hors du temps; mais ni ses \u2018\u2019coparoissiens\u201d, ni le moine ne semblèrent surpris de le voir.Cependant, à la communion générale, quand il resta seul agenouillé dans son banc, le marguiller Préton- neau le regarda d'un air scandalisé.Angélin rougit un peu; pouvait-il se présenter à la Sainte Table?Sa cons- dence le lui interdisait, son amour- propre l'y poussait.Confus, il ne quitta pas son banc: s'approcher de Dicu après avoir été si près de Satan lui apparaissait comme un sacrilège.Il résolut de se confier au plus tôt à la dilection de l'abbé Dupont, son curé._ Au retour de leur retraite, les paroissiens de Saint-Pancrace sc montrérent Joyeux et bavards, Leur long silence de trois jours semblait avoir été un repos pour leur langue qui maintenant ne (Conte tragique) s'arrétait plus.Certains contaient mé- me des histoires gaillardes.Seul mon- sicur Roupillon se montrait réservé ct taciturne.Il aurait voulu qu'on le regardât avec inquiétude et surprise, comme si l'on s'était aperçu de son absence mystérieuse.De temps à autre, le marguiller Prétonneau lui jetait un oeil curieux mais c'était sans doute parce que lui, le plus fervent paroissien de Saint-Patrice, n'était pas allé communier comme tous les autres.A son travail, monsieur Roupillon se montra mal en train; il ne savait que faire et se livrait à une introspection d'autant plus troublante qu'il n'avait pas l'habitude de s'examiner ainsi la conscience.Dans son petit bureau de fonctionnaire, il s'embétait.Oh, ce n'était pas la première fois qu'il s'y trouvait oisif mais d'habitude, à force de mots croisés et de \u201cjeux de patience\u201d, la journée passait; en ce jour, rien ne parvenait à le distraire.Il décida d'aller voir l'abbé Dupont, le soir même.Enfin cing heures sonnèrent et il s\u2019empressa vers sa demeure.Il ne soupa quiz du bout des dents.À table, il répondit à peine aux questions de sa femme.Celle-ci lui trouva un drôle d'air mais pensa que la retraite l'avait rendu ainsi ct elle ne s'offusqua pas de scs réticences; d\u2019ailleurs, elle s'occupait alors de l'ocga- nisation d'une fête en l'honneur d\u2019un des vicaires et son esprit était tout là: elle en parlait tout le temps.À huit heures, monsieur Roupillon ne tenait plus en place; il dit à sa femme qu'il avait un rendez-vous avec le curé ct il sortit.; A mesure qu'il approchait du presbytère, il se tranquillisait à penser qu'enfin son problème serait résolu; mais il se sentait en même temps géné et se demandait comment il parlerait de la chose au prêtre.À son arrivée, l'abbé Dupont déposa sa pipe et, tout en lui présentant un fauteuil contre son burcau, s\u2019écria: \u2014Ce bon monsieur Roupillon! Comme je suis heureux de vous voir! Comment va notre retraitant?; Ce bon accueil apparent masquait cependant de l'humeur: l'abbé Dupont se préparait justement à s'amuser dans sa collection de timbres.Tout philatéliste peut s'imaginer le dépit du bon abbé à l'arrivée de son paroissien.\u2014Quel bon vent vous amène?\u2014 Quelque chose de grave, mon- ieur le curé.Co.\" La mine soucieuse d'Angélin intrigua l'abbé qui s'appréta à l'entendre.\u2014 Vous est-il arrivé malheur, mon bon monsieur ?; .\u2014Oui et non, monsieur le curé; je viens vous demander conseil .Monsieur Roupillon hésitait; il ne savait comment dire.Le prêtre l'encouragea: \u2014Parlez, parlez, mon ami, je vous écoute.\u2014 Monsieur le curé, cst-ce péché d'aller en enfer?lança tout d'un trait notre homme, L'abbé Dupont sursauta: il s'attendait à une question grave mais celle-là l'estomaquait.Il aurait cru à une moquerie si toute la vic antérieure d\u2019An- gélin n'avait démenti cette hypothèse.\u2014Monsieur Roupillon, dit-il en retenant sa surprise, votre question n'a pas de sens: l'on ne va en enfer que si l'on meurt en état de péché grave; aller en enfer n\u2019est pas péché mais conséquence du péché.\u2014Je crois, monsieur le curé, que vous n'avez pas compris, reprit Angé- lin; je veux dire aller en enfer vivant, comme en visite, est-ce péché?\u2014 Monsieur Roupillon, vous me posez là une question absurde! On ne peut descendre en enfer vivant, ni à titre de visiteur.\u2014 Moi, dit Angélin avec fierté, j'y suis allé! Cette fois le bon curé se demanda si Angélin n'était pas fou.Mais cœlui- ci continua: \u2014Moi, je suis allé en enfer pendant deux jours.Alors, tout naïvement, notre homme narra son aventure.À mesure qu'il parlait, l'abbé Dupont l'examinait.Son teint défait, sa parole pressée, l'absurdité de son histoire, tout porta le pré- tre & le juger détraqué.\u201cOu il est fou, ou il ment\u201d, sa-t-il.Et s'il ment, il est anathème: scule l'Eglise peut se prononcer sur la nature de la vie future.D'ailleurs, l'Evangile ne parle-t- elle pas des \u201cflammes éternelles?\" Quand monsieur Roupillon eut fini, le prêtre lui dit: \u2014Monsieur Roupillon, pouvez-vous me jurer que vous ne m'avez dit que la vérité?\u2014Mais oui, je vous le jure.Le curé hocha de la tête.\u201cPauvre type, se dit-il, il est décidément fou.Il faudra que j'interroge mon ami le marguiller Prétonncau; il y était à cette retraite, lui aussi\u201d.Puis regardant Angélin dans les yeux: \u2014Mon bon ami, dit-il, il s'agit là d'une chose grave et bien mystéricusc.Sachez que tout mensonge en ce domaine confine a [I'hérésie; de plus, toute plaisanterie sur ce sujet est indigne d'un chrétien tel que vous.Mais puisque vous m'assurez de votre sincérité, allez en paix; on ne peut pécher contre son gré.C'est avec joie que monsieur Roupillon quitta le presbytère, la conscience en paix.Heureux homme! il ignorait ce qui devait lui arriver.(à suivre) François PELADEAU (1) Ce procédé pour dénouer l'action me plait par sa simplicité.(ND LA) Où Melpomène prend-elle son inspiration?Mon cher ami, Tu me demandes de t'envoyer un article: je le fais avec plaisir, non seulement parce que mon amitié pour toi m'y engage, mais aussi parce que cele me fait tout drôle d'écrire à nouveau dans ce bon vieux Quartier latin que j'ai si bien connu.Je vois d'ici Pierre Lefebvre, corrigeant mes fautes d'orthographe \u2014 on me doit bien cela, moi qui ai corrigé celles des autres un an durant! \u2014 puis se mettant en quête d'un bon Samaritain pour aller porter ce dernier texte à a Patrie.Je vois Monsieur Cholette, le soir de la mise en page, collant consciencieusement les épreuves en faisant ses commentaires: \u2018Il se prend au sérieux celui-là! .\u2018* murmurera-t-il en lançant un petit coup d'oeil par dessus ses lunettes.C'est exactement à ce moment que le directeur arrivera, tout essouflé et les yeux encore bouffis de sommeil, en brandissant l'éditorial qu'il aura terminé la veille, au cours de bactériologie.C'est en partie pour revivre tout cela, en partie, pour obtempérer à ton désir que je te fais parvenir ce texte vr dessus les quelque cing mille Rilometres1) d'océan qui nous séparent.|| est bien normal que j'y parle théâtre puisque, jusqu'à nouvel ordre, c'est la carrière que je me suis choisi.J'espère que je ne prolongerai pas par là les effets néfastes de mon mauvais exemple et que la Faculté de médecine n'aura pas à déplorer, la semaine prochaine, une quarantaine de défections parmi les élèves de troisième année, ce qui aurait du moins comme heureux résultat un dégorgement bienfaisant de la profession.+ * * J'ai pensé que cela intéresserait les lecteurs du Quartier latin si je les entretenais de quelques-uns des jeunes dramaturges français qui ne doivent pas encore être très connus chez nous.Je parlerai donc brièvement de quatre d'entre eux qui ont déjà écrit chacun une pièce et qui, dans cette oeuvre théâtrale unique, accusent d'emblée leur personnalité, particulièrement par leurs sources d'inspiration.ll s'agit de Maurice level, de Jean Genest, de Henri Pichette et de Alain Guël.Les Incendisires de Maurice Clavel ont été présentés, l'an dernier, au théâtre des Noctambules.L'auteur se servait des événements historiques qui venaient de se terminer pour bâtir son intrigue.Mais il ne faisait pas entrer le Résistance en ligne de compte simplement comme détail réaliste, ainsi que c'éteit le cas pour la plupart des autres auteurs engagés.Pour lui, cela evensit un problème humain: ce n'était plus des héros gigantesques qui se mouvaient sur la scène, mais des hommes aux prises avec leurs consciences, des hommes qui luttaient contre eux-mêmes, contre leur apathie ou leur fatigue, des hommes dont l'un avait tout abandonné pour la lutte, et dont l'autre luttait pour ne rien abandonner.Clavel était le premier auteur qui parlait de la Résistance autrement qu'en opportuniste: il ne faisait pas que relater un épisode plus ou moins vécu des années 1940- 1944, mais il mettait en scène les souffrances d'êtres séparés par leurs convictions.A côté de Maurice Clavel, un auteur comme Jean Genest passe outre les événements et va chercher son inspiration dans le désordre social qui règne partout actuellement.I oppose sur scène, avec une audace extraordinaire, la classe bourgeoise à la classe prolétarienne et il conclut à l'impossibilité totale d'un contact vraiment humain entre les deux classes.Les Bonnes, c'est une pièce d'anarchiste: certains spectateurs, en particulier ceux qui forment le public des générales, ont dû sursauter, comme sous l'effet d'une gifle, en entendant des phrases particulièrement dures.Jean Genest rase tout, même la vie humaine, puisque sa pièce se termine par un suicide, et il le fait dans un style très énergique, le seul qui pouvait convenir à une pensée aussi âpre.Avec Maurice Clavel et Jean Genest, nous avons plutôt affaire aux continuateurs de la grande tradition réaliste, non pas celle qui part de Bernstein, mais celle qui part de Becque, cet auteur trop peu connu dont Les Corbeaux restent le chef- d'oeuvre du théâtre réaliste.Le premier semble tourné vers le drame psychologique, alors que le second penche vers le drame social.Mais tous deux ont des résonnances humaines qui débordent le cadre du drame et savent se frayer un chemin jusque dans l'âme du spectateur.Avec les deux autres, au contraire, nous sommes en pleine poésie.Henri Pichette va chercher son inspiration au coeur même du problème de le vie: la lutte entre les forces du Bien et les forces du Mal, les forces du Mal étant victorieuses durant la vie et défaites après la mort.Les Epiphanies, c'est certainement la plus belle pièce que j'aie vue à Paris, depuis mon arrivée.Admirablement jouée par Gérard Philipe, elle était particulièrement difficile d'accès, à cause de son style qu'on a comparé successivement à celui d'Henri Michaux et à celui des Lettristes.Chose certaine, c'est qu'il y a, dans le style d'Henri Pichette un facteur quantité qui prime le facteur qualité: les phrases ont un son de mitrailleuse dont chaque mot serait une balle qui viendrait frapper l'imagination de l'auditeur, toujours au même endroit, jusqu'à ce qu'il en soit profondément impressionné.Pas le temps de songer, pas le temps de souffler ni de réagir: le flot déferle sans cesse.{| n'y a que deux positions à prendre: ou refuser de faire la cible et se retirer en dehors du champ Quelques lignes sur l tramway par Jean RACINE, membre de l'Académie française.RU Amis, le temps nous presse: Ménageons les moments que ce transport nous laisse.» «Monsieur, peut-on entrer?Andromaque: Act.V, Sc.V \u2014 Non, monsieur, ou je meure.» Les Plaideurs: Act.II, Sc.X CS Pardonnez, madame, à ce transport» «Il marche sans dessein.\u2026.Britannicus: Act.V, Sc.IV +.6 0 4 0 ss ae ee ss ss see es » Britannicus: Act.V, Sc.VIII «Mais, Burrhus, allons voir jusqu'où vont ses transports.» Britannicus: Act.V, Sc.VIII RAA eee tee tees.» Iphigénie en Aulide: Act.II, Sc.II «Quand pourrai-je, aux travers d\u2019une noble poussière, Suivre de l'œil un char fuyant.Phèdre: Act.I, Sc.-III de tir, ou entrer dans le jeu et accepter de se mettre sous le charme de ces phrases incantatoires.Alsin Guël n'a aucune parenté avec Pichette, si ce n'est celle de poète.Son inspiration à lui est purement imaginative; ou peut-étre vient- elle d'une expérience personnelle.En tout cas, elle n'est pas rattachée comme celle de Clavel ou de Genest aux événements ou aux désordres sociaux de notre temps, et d'autre pert elle n'est pas, comme celle de ichette, le fait d'une réaction contre la noirceur et les misères de l'époque.En plus, Maeve est une vraie tragédie, alors que Les Epiphanies sont un poème dramatique.Maeve, c'est la tragédie de l'amour et de l'amitié, et, sauf erreur, c'est la première fois que ce sujet est porté à fe scène.Peut-on se donner, à la fois, tout entier, dans l'amour qui s'adresse à la femme et l'amitié qui s'adresse à l'homme?Alain Guël traite cette question avec beaucoup de force et dans un style d'une pureté presque classique.La pièce se terminera par un non pathétique à la question plus haut posée.Le héros perdra, à la fois, son amante et son ami et toute raison de vivre aura disparu pour lui.Après le drame psychologique de Clavel, le drame social de Genest et le poème dramatique de Pichette, Maeve, la pièce d'Alain Guël, représente la tragédie de l'amour.Clavel, Genest, Pichette et Guël: lesquels de ces noms prononcera-t-on encore dans cinquante ans?Je n'en sais rien.Je n'en ai parlé ici que parce que leurs pièces m'ont semblé es plus intéressantes parmi celles des jeunes drameturges.J'ai tenu aussi à les présenter à mes anciens camarades d'Université pour leur montrer quatre aspects différents du génie français et leur prouver par là que ce génie est toujours aussi vivant, malgré les lourdes épreuves par lesquelles il a dû passer.Mon cher ami, il faut aimer la France: il faut lui pardonner les mille petits travers agaçants qu'on lui trouve au premier abord et lui porter une grande tendresse.Lorsque des gens visiblement mal intentionnés viennent me dire qu'ils n'ont trouvé en France qu'incurie et décadence, je leur oppose en moi-même les noms des scientistes, des artistes, des écrivains, des poètes et des dramaturges qui ont pour tâche ardue de maintenir le génie de la France au niveau privilégié qu\u2019il avait atteint entre les deux guerres.Ces quatre jeunes auteurs dont je viens le parler en font partie et je suis heureux de pouvoir te communiquer, ainsi qu'aux lecteurs du Quartier latin, mon admiration pour eux.Jean-Louis ROUX Paris, le 9 février 1948.NDLR: Voici une lettre que Jean- Louis Roux, ex-rédacteur-en-chef du Quartier latin présentement à Paris, faisait tenir à un de nos collabora- leur.C'est avec joie que le Quartier latin publie cette lettre qui intéressera tous ceux qui suivent le mouvement du théâtre français.Nous remercions \u2018Jean-Louis de ne pas avoir oublié la vieille boîte du D'219.(1)Le kilomètre équivaut à environ deux-tiers de mille.ACHETEZ UN DACTYLOGRAPHE PORTATIF ROYAL Seulement-$5.71 par mois Biltrite Office Equipment 878 ouest, Notre-Dame MA.7455 ab % PAGE QUATRE LE QUARTIER LATIN : : 9 MARS 1g ny, La Médecine pour tous La fièvre sleppante que de l'Union soviétique où les step- Six carabins en Allemagne Poly l'emporte sur McGill Le 15 juin prochain, 50 étudiants canadiens s\u2019embarqueront pour un voyage de Eclairer sa future victime, voilà res; trois mois en Allemagne.Avec 50 étudiants européens, ils participeront au premier séminaire international organisé par l\u2019International Student Service.L'Université de Montréal déléguera pour sa part six étudiants, qui feront le voyage aux frais de l'I.S.S.Un comité où siégeront Mgr le Recteur, Monsieur Pierre Dansereau, un professeur de l\u2019Université, le Président de l\u2019A.G.E.U.M.et Maurice Sauvé, choisira les délégués qui pourront répondre aux qualifications requises, savoir: 1\u2014être membre de l\u2019A.G.E.U.M.régulièrement inscrit dans une des facultés ou écoles affiliées à l\u2019Université de Montréal; 2o\u2014être étudiant dans une Université canadienne en 1948-1949, ou encore professeur; 3o\u2014soumettre par écrit sa candidature, en mentionnant: a) participation aux activités universitai- b) dossier aussi complet que possible sur tout ce qui pourrait renseigner le Comité.do\u2014faire parvenir le tout, avant le 29 mars à midi, à Jean-Yves Grenon, Comité du séminaire en Allemagne, A.G.E.U.M., Université de Montréal.: L'APPRENTISSAGE (Saite de ta première page) Pahurissement d'une harassante journée de travail, n'a guère le goût de suivre des cours dont il ne voit guère l'utilité.Cela veut dire que l'éducation popu- faire nocturne telle qu'actuellement envisagée se montre inadéquate.Il faudrait que les cours du soir améliorassent par des connaissances pratiques relatives à son métier la situation à l'usine du jeune travailfeur.Comme on le voit, les failles dans le système d'apprentissage de la province se découvrent en grand nombre.C'est un devoir impérieux pour le gouvernement de remédier à cet état de choses.Nous réclamons avec le rédacteur du Front Ouvrier: 1o\u2014Orientation du jeune travailleur vers un métier de son choix el pour lequel il soit taillé.20\u2014 Acquisition d'un métier des conditions idéales, Cela s'impose et devient de plus en plus pressant.Aux gouvernants d'y voir.En terminant, il me revient à la pensée cette parole de Dostoiveski: dans L'équipe d'étoiles des Unutes Etudes lance un défi aux autres facultés pour tne rencontre de quilles de 3 parties \u201ctotal des pins\u201d.Pour informations supplémentaires appeler Jacques Lnchapel.e VO.1011, Cette équipe aimerait surtout reneon- trer la faculté de Médecine.Conférence Bourdon Jeudi le 11 mars, à 5 heures pm.en D212 nous aurons le pluisir de recevoir comme conférencier le Dr Pierre Masson, chef du Service d\u2019'Anntomie Pathologique de l'Université de Montréal.Sujet: Diagnostic du eancer buecal au point de vue anatomo-patholozgique.Le DIRECTEUR \u2018Qu'est devenue la liberté entre leurs mains?L'esclavage et Je suicide.Le monde dit au pauvre: \u2018Tu as des besoins?Satisfais-les.\u2018Fes droits sont égaux à ceux du riche (.) Et voila la liberté telle que l'entend le siècle.\u201d Jacques GIRALDEAU nel est le rôle essentiel et sublime de a profession médicale.C'est la raison pour laquelle moi, docteur Clodomus- Apbhte-Bénin Piouf, ai cutrefris celte série de chroniques.Mais le médecin qui remplit son devoir avec une entière franchise s'attire le ressentiment des uns aussi bien que des autres; ce fût mon cas.Parce que je n'ai pas crami de révéler d tous mes clients qu'ils finiraient bien par mourir, je suis toujours resté pauvre, et mes cheveux ont poussé, ont blanchi et sont tombés pauvres.Ma conviction était que les arts d'agrément, comme la lecture, le tennis et la civilisation, ne devaient pas accaparer esprit du praticien, Par exemple, je n'ai jamais lu \"La Parhétiyue\u201d, de Beethoven, ni \u2018Le Mot\" de Cambronne, ¢! mes connaissances en littérature, tout en étant honnêtement à la page, n'ont jamais eu la prétention d\u2019être complètes.Mon livre de chevet fût et demeure \"Le Paradis perdu\u201d, de Georges Milton et Jean-Claude Laurence.Aujourd'bui, vieux et perclus de \u201cgouttes de voyage\u201d, je ne suis plus en état de courir aux malades pour leur assurer une bonne mort, et je dois passer mes journées entre mon fauteuil et mon lit; je puis contempler avec fierté mron existence déclinante.Le lecteur m'excusera de ce préambule un peu long.Mais devant le silence persistant de mes ennemis, je sentais le besoin de m'expliquer.Je puis maintenant aborder avec sérénité mon sujet d'aujourd'hui, ® e ° La fièvre steppante n'a pas cessé de déronter les lnmières de la Facnl- té.Chez les Anciens, seul C.Pompo- nius Phallus à eu l'audace d'en dire quelques mots.Plus tard, l'abbé War- ré devait éclairer cette mystérieuse mua- ladie à la triple Iumière de sa science, de su foi et de son optimisme.H est allé Ini-même étudier le phénomène sur la Côte de Plomb, centre touristi- pants foisonnent, an sortir de la steppe.Mais qu'est-ce que la fièvre step- pante?C\u2019est un trouble chronique et singulier de la motricité, qui pousse sa victime à plier les jarrets et a bondir brusquement et inopinément, Les attaques peuvent être rares ou fréguentes, fortes ou faibles, selon que la maladie est grave ou bénigne.La fièvre step- pante ne serait pas une maladie grave, si les plafonds étaient plus hauts et si le steppant pouvait toujours reton- ber sur ses deux pieds.Mais un grand nombre de malades meurent par fracture du crâne après une attaque particulièrement maligne.On distingue le \u201cone-step\u201d, qui n'atteint qu\u2019un membre, et le \u201ctwo- steps\u201d, qui frappe les deux jambes à la fois.Quoiqu'on puisse penser, le one-step est le plus dangereux, car l'équilibre est alors plus difficile à conserver.Le traitement, le seul qu'on connaisse, est l'ampntation des membres in- févieurs, Et méme alors, il arrive qu'un malheurenx soit repris par le mal et se mrelte À santter sur ses Moignons, e e e Une telle maladie met sonvent ses victimes dans des sitnations embarrassantes.On cite le cas de Lord Kidney, Chauvelier de l'Echiquier sous la rer ne Victoria, qui fût ainsi frappé an moment où il commentait le budget devant les Chambres.Il venait à pere de terminer une phrase sur lu préférence impériale, que le voici qui se met à bondir de plus en plus haut devant des parlementaires stupéfaits.Imperturbable, Lord Kidney attendit la fin de La crise.puis il prononca cette pu- role qui devait traverser les siècles: \u201cPlus bent.les jeunes!\" Les Chambres éclatérent alors en applandissements et le noble Lord pät reprendre le fil de son discours.Dr PIOUF à l'E.LC Chaque année, la branche sé- nior de l\u2019Enginecring Institute of Canada organise un concours oratoire entre les facultés de génie des universités McGill et de Montréal.Les concurrents, au nombre de deux par université, doivent présenter, en anglais, une causerie d\u2019intérêt à la fois scientifique et technique.Un jury à majorité anglaise porte jugement.Les représentants de Polytechnique s\u2019étaient créé depuis quelques années, la mauvaise habitude de remporter régulièrement les premiers prix.En bons Polysons, MM, Jean-Paul Dage- nais et François L\u2019Anglais continuèrent, jeudi le 26 février, la tradition de leurs prédécesseurs: M.Pagenais obtint le premier prix.Tous s\u2019y attendaient d'ailleurs.l\u2019auditoire féminin tout entier étant fortement en sa faveur.La victoire ne fut pas pour cela facile: avec McGill, les victoires sont toujours ardues.-Si l\u2019on en juge par Ia valeur des travaux présentés, on ne peut que louer l'excellence du travail de M.Dagenais (1).C\u2019est par des victoires de ce genre et constamment renouvelées que Polytechnique sait inspirer le respect au sein de l\u2019E.LC.association à mentalité essentiellement anglaise.Au début de l\u2019année, le colonel Grant de l\u2019université de Toronto, président général de PE.LC., soulignait le rôle des ingénieurs canadiens- français dans la formation humaine et technique du génie ca- ok ET = 80) A Carabins vs McGill Une belle joule Samedi dernier, au Forum, nos Carabins ont perdu les honneurs de leur clernière joute de la saison au compte de 10 à 5 contre les Red- men de McGill.Pour ceux qui n'étaient pas là, ce fort pointage ne doit pas servir de critère comme preuve d'une piètre tenue de nos joueurs.Au contraire cette joute fut, à notre avis, l\u2019une des plus belles de la saison et nos Carabins ont prouvé à leurs supporteurs que ce n'était pas le courage, la combativité et li tenacité qui leur fai- silent défaut.Continuellement ils ont forcé le jeu, lançant attaque après attaque, négligeant même: parfois de se replier sur la défensive.C'est ce qui causa leur défaite.La plupart des points du McGill furent comptés alors que notre gardien larose était laissé sans protection.Ce dernier s'est avéré excellent gardien en bloquant une foule de lancers excessivement damn- gereux, surtout au cours des deux premières périodes.Pinardl a joué sa meilleure partie de la saison.Combatif à souhait, Fi \u201cMmm .Perfection!\u2018 \u201cTu parles des Sweet Caps?\" CIGARETTES SWEET CAPORAL \u201cLe forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être famt\u201d il a enregistré cleux buts en plus de s'assurer d'une assistance.Emblem l'a très bien secondé et participa À trois points lui aussi.Nul doute que les lauriers qu'il obtint l'an dernier dans l\u2019Intercollégiaie lui étaient justement dévolus.M a joué vendredi comme ses partisans l'avaient prédit et espéré au tout début de la saison.: Dollard Gaudet s'est encore aveé- ré combatif au suprêmie ainsi que son coéquipier lLazure.Yvon Le- febvre a joué une superbe partie.Il réussit le plus beau point de la soirée mais les arbitres refusèrent de le lui allouer sous on ne sait quel prétexte.Ménard fut, encore une fois, solide comme un roc sur la défense.Charest joua une bonne partie, alternant de la défense à l'avant.Toute l\u2019équipe joua très bien à l'attaque mais négligea trop le \u201cback checking\u201d.A la troisième période nos Carabins avaient grandement l'avantage du jeu mais toutes leurs attaques allaient se briser sur la solide défense du Mc- Gill ou sur le véritable mur dressé devant les buts par Jack Gélineau.Pendant ce temps les Reds profitaient de toutes les ouvertures pour assaillir Larose qui effectuait arrét sur arrêt mais qui succombait sur le troisième ou le quatrième lancer consécutif des Redmen.À remarquer le piètre esprit sportif manifesté par les partisans des deux équipes envers les arbitres qui, à part le point non alloué à Lefebvre, dirigèrent la partie de magnifique façon.Ce fut la joute la mieux arbitrée de la saison, de l'avis de plusieurs.SOMMAIRE U.de M, Buts: Larose; défenses, Ménard et Bouchard: centre, Emblem, ailes, Pinard et Giguère.Subs.: Perrault, Bruneau, Charest, Lazure, Lefebvre, Gaudet.McGill, Buts: Gélineau; défenses, Heron et Gosselin; centre, Henry; ailes, Atkinson et Chippendale.Subs.: Hennessy, Fischer, Hale, Sinclair, Millar, Biegler, Hackett.Arbitres: Lloyd Daniels et George Mallinson.NOTRE ÉQUIPE DE BALLON-PANIER À DAWSON Première période Troisième période I.Montréal: Emblem (Pinard).1.47 8.McGill: Henry i ; ; .: y (Chippendale, 2, McGill: Fischer RARE 17.54 Atkinson).0.50 3.McGill: Bicgler (Millar).19.41 9.McGill: Sinclair (Fischer, 1 Punitions: Hennessy, Fischer, Sinclair, Hale).1.52 azure, Lefebvre.10.McGill: Hackett.2.45 11.McGill: Hale (Fi Deuxième période Me (Fischer, 5.58 4.McGill: Fischer (Gosselin, 12.Montréal: Pinard (Emblem).6.25 al.0.20 13.Montréal: Pinard (Emblem).8.45 5.McGill: Sinclair (Heron).9.53 14.McGill: Fischer (Sinclair).10.08 6.McGill: Millard (Fischer).17.07 15.Montréal: Lazure (Lefebvre).12.37 7.Montréal: Gaudet.17.13 Punitions: Millar, Henry, Sinclair: (ma- Punitions: aucune jeure).nadien.Poly, comme d\u2019habituge a répondu magistralement.Le génie canadien reflétera lingé.nieur canadien-français.Et puis.qu\u2019il s'agit d\u2019être pratique, on ne saurait mépriser la portée de victoires aussi périodiques.Ce sont autant d\u2019atouts de plus pour la bonne renommée de l\u2019Université: on n\u2019en aura jamais de trop.Marcel PATRY (1) Le travail de M.Dagenai s\u2019intitulait \u201cElectronic Excite.tion Sources for Spectrographic Analysis\u201d.Il s'agissait de l'étude du \u201cPoliar\u201d, appareil de l\u2019invention de M.J.C.Bernier, professeur titulaire d\u2019électronique à Polytechnique.INSTITUTION CANADIENNE-FRANÇAISE LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE FABRICANT DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES L'ÉTUDIANT AMÈNE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste - Catherine LE QUARTIER LATIN journal bi-hebdomadaire de l\u2019Anocistion générele des Etudiants de l'Université de Montréal Membre de la C.U.P.Abonnement pour l'année universitaire 40 numéros \u2014 $3 00 2900, boulevard du Mont-Royal, Montréal Local D'219 \u2014 AT.9616 DIRECTION Directeur: ComiNe LAURIN Dirocteur-edjoint: Jesn-Marc LÉGER REDACTION Rédecteur-en-chet: Piene LEFEBVRE Seocréteire à le rédaction : François PÉLADEAU Ansistant secrétaire à le rédaction: Joan MARTINEAU NOUVELLES Chef des nouvellen Richord WHITTAKER do CHAMBLANC Assisient-chef des nouveller: Plere CHALUT Chrosiqueur de le C.U.P.: Henei-Poui FARAND Photographie: Pierre MERCIER-GOUIN SPORT Choë de le rédection: Yves MARCOTTE Amisient à le rédection: Raphoël ESPOSITO Imprimé por LA PATRIE 100 est, rue Sto-Cotherine \u2014 Moatéel Avterek comme envoi deunième ane, tee vo Ponte Ones "]
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