Le Quartier latin, 13 février 1948, vendredi 13 février 1948
[" Dissstons: CAMILLE LAURIN med 0 wy AZ es oS I | Lal DJL Le janissariat: succès ou échec?Justification du tir Mais gloire aux janissaires! En cette époque de guerre blanche, de menace rouge et de péril jaune, ils assurent à notre Université le minimum de sécurité sans lequel les institutions et les techniques y péricliteraient comme ailleurs.Nous leurs savons gré du dévouement silencieux, grâce auquel la marée montante du matérializsme «st chaque jour refoulée sur ses bases de départ, après de vains assauts contre \u2019âme même de la jeunesse canadienne-française.C\u2019est pourquoi le \u201cQuartier latin\u201d est heureux de.rendre aujourd\u2019hui un hommage sincère, mais lucide, à cette illustre Compagnie des Janissaires qui, comme l\u2019armée française à qui une fidélité aveugle a valu le surnom de \u201cGrande Muette\u2019, se tient chaque matin au garde-à-vous devant ce monument de marbre pur que constitue la Culture canadienne-française, flanquée de ses indispensables soutiens, la Foi et la Ponctualité aux séances des congrès.Camille LAURIN p-c.c.Pierre LEFEBVRE Comme de lien entendu .Enfin! ll y avait déjà longtemps que notre éminent Adjoint à la Direction, Jean- Marc Léger, se plaignait de l'indifférence que nous manifestions en face du fait janissarien.Bien sir, nous avions abordé le sujet à l'occasion, mais jamais avec l'éclat et la mise en scène qu'il requiert.On ne parle pas des janissaires comme on parle du premier venu.Mais les tenaces réclamations dc Jean-Marc nous ont peu à peu convaincus.Sa dialectique ardente nous à fait comprendre que no- .tre devoir était de rendre un éclatant hommage au zèle inspiré des janissaires dans l'accomplissement de leur tä- che écrasante, Nous espérons que l'effort que nous fournissons ici s'avérera à la hauteur du problème que nous avons l'audace d'aborder.Du sérail à l\u2019U.de M.Tout le monde sait que dans l'Empire turc, le rôle des janissaires était d'assurer la sécurité du sultan et de ses femmes.Sécurité toute relative d'ailleurs, puisque les gardiens eux- mêmes se payatent le luxe de fréquentes insurrections.On comprend que le voisinage de toute cette beauté captive et hors d'atteinte se soit avérée énervante pour des guerriers désoeuvrés.C'est d'ailleurs la même raison qui nous pousse à exhorter les autorités compétentes à stimuler l'activité de nos janissaires.Car s'il est vrai que leurs âmes sont trempées aux plus solides principes chrétiens, il est tout de même dangereux de laisser leur regard vagabonder d'une étudiante à l\u2019autre à coeur de journée.A la longue, le résultat de ces excitations continuelles finira par se manifester brusquement.En dépit de l'action pacifiante de leur commandant, ils tomberont dans I'insubordination et la révolte, et à quels excès ne pourront-ils pas se livrer alors! Cependant, le lecteur intéressé par l'aspat historique du problème pourra consulter tout à son aise l'étude très fouillée de Richard Whittaker, gon- falonnier héréditaire de Chamblanc et aux lieux, que nous publions en page six.Vers l'avenir L'effet de ce numéro très spécial serait par trop illusoire si nous n\u2019ajoutions au simple panégyrique une série de suggestions cn vue d'un corps de janissaires toujours plus nombreux, plus brillant et plus efficace.L'idéal serait d'obtenir un janissaire par porte dans l'édifice universitaire, avec une escouade mobile prête à intervenir brutalement chaque fois qu'un étudiant frondeur insiste pour aller reprendre la serviette qu'il a oubliée dans la salle de cours.Des janissaires cyclistes pourraient assurer le bon ordre sur le campus, cependant qu'un corps de \u2018janissaires alpins\u201d patrouillerait la Montagne.En vue d'édifier les étudiants et de praver dans leur coeur des idéaux de discipline et de service, un défilé des janissaires aurait lieu chaque matin, suivi d'une prise d'armes et d'un salut à la Clé.Enfin, je propose que l'argent récemment amassé en vue de bâtir la maison des étudiants soit consacré à la construction de casernes ultra-modernes pour nos \u2018\u2018jennies\u201d, comme disent affectueusement les étudiants.Pierre LEFEBVRE Le Club de Relations Internationeles reçoit le lundi 16 février Monsieur le Comte L.de Cossato, Ministe plénipotentiaire de l'Italie au Coneda.Profemeurs et étudiants sont cor- dislement invités à se joindre eux membres du Club.Le conférence awe ur tive \u201cL'lalie d'eprès- guerre\u201d, alle sere donnée à le cofé- téria des professeurs à 6 heures.Ça n'est pas pour rien que j'ai des oreilles.Chaque jour, je suis forcé de prendre connaissance du flot de murmures que les étudiants font entendre au sujet de l'existence d'un corps de gardiens aussi nombreux à l'Université.Pour l'homme du commun, ce fait peut assurément sembler extravagant.Pas pour moi cependant.Que l'on dépense en vue de l'entretien de tout ce personnel apparemment inutile des sommes que l'on pourrait tout aussi bien consacrer à l'ouverture de nouveaux laboratoires peut étonner le vulgaire.Mais cela n'a pas le don de me surprendre le moins du monde.Car mon esprit vif ensemble qu'élégant a tout de suite saisi quelle portée pouvait avoir la présence à l\u2019Université d'un élément prolétaire discipliné et prêt à servir.On parle d'Université ouvrière, souvent sans savoir l'abc du sujet que l'on traite.Hé bien, la voilà, votre Université ouvrière! Voyez dans les yeux des janissaires cette flamme simple, entétée, riche et prometteuse où se révèlent toutes les virtualités intellectuelles des classes non-possédantes.Personnellement, chaque fois que je rencontre un janissaire, je soulève mon chapeau, et pourtant Dieu sait la répugnance que j'éprouve généralement à déplacer sur mon chef cet objet d'art qui complète si bien la sobre élégance vestimentaire qui me caractérise.D'ignares bélitres avaient projeté faire de ce numéro quelque- chose comme un ana, une vaste blague où la solennité de la fonction janissarienne aurait été roulée dans l'ordure des calembours.J'ai protesté.Je savais d'ailleurs que le monde n'en attendait pas moins de moi.Il est plus que temps qu'on apprenne à respecter l'humble tôcheron qui se promène courageusement dans les couloirs de l'Université, accablé sans cesse par le poids de son énorme trousseau de clés et par le poids non moins inhumain des consignes que l'Administration l'oblige appliquer.Il y a des travailleurs manuels, il y en a d'intellectuels, sachons avoir le courage de rendre des points à cette catégorie non moins utiles de prolétaires, les travailleurs de la jambe.Cette catégorie est vaste.Tous ceux que leur métier force a marcher, les facteurs, les policiers et les victimes ordinaires des mauvaises plaisanteries, en font partie.Mais ce sont les janissaires qui constituent l'ornement de cette corporation tent par leur prestige historique que par celui de leur uniforme.Que l'on ait négligé jusqu'ici d'accorder à ces modestes, à ces humbles, la part de louanges qu'ils méritent tant me semble le nec plus ultra de l'orgueil petit-bourgeois.Pour tout dire c'est infect! Jean-Marc LEGER VOLUME XXX \u2014 NUMERO 31 Rédacteur-en-chef: PIERRE LEFEBVRE Timoignages Gouttes de voyage Voici de cela deux mois à pcinc, je me trouvais à Karaboroum, à l'occasion d'un congrès de la Jeunesse Perpétuelle Fédérée.Qui n'a pas vu Karaboroum en 1947 ne peut se faire une idée même approximative de la misère humaine dans toute son horreur.Si l'on pense que j'ai vu de mes yeux un enfant de deux ans et demi poignarder froidement sa grand'mère maternelle et la manger, non sans avoir donné le \u201cwishbone\u201d au chat de la maison; si l'on songe que li-bas, le consul anglais ne peut guère élever plus de quatre chiens, on se rend compte de l'extrême délabrement des institutions et des techniques.Mais ce tableau d'une incroyable misère ne m'empéche pas de conserver beaucoup d'espoir pour ce qui est de l'avenir du Turkestan chinois.A Karaboroum même, j'étais présent à une réunion de la Ligue du Passé, du Présent ct du Futur conditionnel.Ce mouvement de jeunesse typiquement turkmène à pour but de s'inspirer de l'histoire, cn vue de mâter les problèmes contemporains ct forger l'avenir, pourvu, évidemment, que la fin du monde ne vienne pas détruire ces beaux projets.Or, l'histoire du Turkestan est toute illuminée par les hauts faits du janissariat local.Et dans le train qui m'emportait vers Kaboul, je songeais au rôle que nos janissaires, qui sont l\u2019âme et le cocur de l'Université sous les ordres du cerveau qu'est l'Administration pourraient jouer dans la réédification raisonnée d'une société humaine plus adaptée aux solennelles exigences de l'heure présente.Camille LAURIN Impertinences d\u2019occasion Plaisante fonction que celle de clore des portes! En vérité, il ne peut s'agir que de rlo-porte .! (Je brille, n'est-ce pas?Ma toi, je suis ce soir passablement en forme.) Noël PERUSSE P.C.C.Pierre Lefebvre WE PAGE DEUX LE mr DÉBAT ÉTUDIANT CT \\ SON T4 40 = [=F VIVENT LES COURS LIBRES ! Le 13 février prochain, une joute oratoire, mettant aux prises ln Faculté des Sciences de Laval et Polytechnique, aurn lien à l'Université de Montréal.Cet événement fera partie des fêtes organisées à l'occn- sion du soixante-quinzième anniversaire de Polytechnique.le débat portera sur In question suivante: \u201cDevra-t-on instaurer à l'Université des cours fibres ou conserver le régime des cours obligatoires?\u201d Messieurs Guy Blain et Germain Ferland, de Polytechnique, défendront le premier point, tandis que Messieurs Côme Carhonnenu et Jacques Béland, de Laval, feront valoir la contrepartie.Le jury sera formé de personnalités de Québec et de Montréal, qui ont bien voulu prêter leur concours pour la circonstance, à savoir, Maîtres Hector Charland, Gérard Delage et Marc Drouin.Les billets sont netuellement en vente chez Edmond Archumbnult alosi qu'aux buremix de l'A.G.E.U.M, des Hautes Etudes Commercisies et.de Polytechnique.(Communiqué) PETITES ANNONCES PERDU\u2014Directeur Centre Recherches Polytechnique perdu chien répondant au nom de Eureka sur rue Saint- Denis entre Cherrier et 8 heures.seb a CORRESPONDANCES \u2014 Haitien, 23 ans, teint hronzé.bilingue, désire correspondre avee jeune Américnine blonde, moyen-âge.LA.5125.Conducteur de tramway demande correspondances.Âge mental 8 ans.ECHANGERAIS billet de bal pour trois billets de tramway, appeler avant 9 ht.HA, 6902, J.-G.DD.Films\u2014silencieux de préférence, 16mm, 35mm, non censurés si possible.J.-A.G, UA.6144.ECHANGERAIS 98 peintures de Gauvreau pour fusil à peinture com- plet\u2014devra être en bonnes conditions.PT., ECHANGERAIS coups de poings avec rédacteur en chef du Quartier latin \u2014naprès minuii\u2014DU.1824.*\u201cHé! les gars, il faut que quelqu\u2019un paie!\u2026\u201d La seule façon pour Jacques .de faire le bonheur du chef d'orchestre et du garçon de table, c'est de faire lo Démosthéne auprès de ses cama rades de classe réfractaires et les persuader de fournir teur quote-part ct payer la note.Le meilleur moyen d'élever des montagnes de dollars n'est-il pas d\u2019accumuler des taupinières de sous?Aussi les étudiants avisés sont-lls tout acquis à l'idée de déposer régulièrement à un compte d'épargne à \u201cMA BANQUE\u201d.Ils savent que les sous de leurs cigarettes, aujourd'hui, peuvent de- BANQUE D MONTREAL 0 UN e-.4 venir les dollars de leurs prochains rendez-vous, Vous direz, vous aussi, qu'il est facile d'amasser de l'argent à la manière de la B de M, une fois que vous l'aurez essayée.LE TI IMIR I LI I i IT) 117@- -@ Succursale Avenues Darlington & Soissons, FRANÇOIS JOBIN, gérant A Montréal, 49 succursales pour vous servir.Les laics dans l'enseignement secondaire N.D.L.D.Cet article est partie d'un discours prononcé à l'issue du diner-causerie annuel de la Faculté des Lettres.ll a été reproduit tef quel dens Le Devoir du lundi 3 février.Le sujet éteit sepris trois jours plus tard en éditorial par M.Gérard Filion, directeur du même journal.Le Quartier latin, dont on connaît bien l'opinion sur le sujet, se réjouit de ces nouveaux importants témoignages en faveur de la bonne ceuse.Il espère qu'un bill prochain de la législature permettra de parer aux raves meneces que le situation actuelle ait peser sur notre peuple et encouragers en méme temps les efforts de ces indispensables travailleurs intellectuels.Alors que, dans les pays d'Europe, la faculté des lettres constitue l'un des piliers de toute Université, la nôtre prend nécessairement, à cause du petit nombre d'étudiants, figure de Faculté secondaire.C'est que, il faut l'avouer, on ne fait pas assez de plece aux diplômés de la faculté.Sans doute, les Etats-Unis peuvent nous recevoir.Mais nous n'avons pas tous le goût d'y aller, et, d'ailleurs, notre pays est-il tellement riche, intellectuellement parlant, pour se permettre de laisser partir ceux qui ont opté pour la vie de l'esprit?Une seule solution nous paraît logique et possible: faciliter aux laïcs l'entrée de l'enseignement secondaire.Depuis quelques années déjà, on en parle, mais aucune tentative nette, décisive n'a été faite dans ce sens.ll ne faut évidemment pes voir dans ce désir, un geste de déloyauté envers l'Eglise, nous savons trop les sacrifices qu'elle s'est imposés et s'impose encore pour garder à notre pays l'esprit chrétien et français.D'ailleurs, nos confrères prêtres n'ont jamais douté de nos intentions.Au contraire, nous aiderons l'Eglise, car, ainsi que l'écrivait le R.P.Joseph Colomb, s.j., dans Les Etudes de février 1947: \u2018La vie religieuse comporte autre chose que l'effort naturel et la vocation sacerdotale ne saurait se réduire à l'enseignement des hu- menités.L'absence ou la pénurie d'institutions secondaires donnant une authentique culture humaine peut réclamer l'action \u2018de l'Eglise et des rêtres en ce domaine.|l reste que les tâches profanes sont de plus en plus prises en charge par des laïcs aptes à donner, sinon mieux que des prêtres, la simple culture humaine .et de nos jours, les prêtres manquent éruellement pour annoncer l'Evangi- e.Au Canada même, on a depuis longtemps compris qu'il fallait ouvrir l'enseignement secondaire aux laïcs.Un spécialiste de l'enseignement, le R.P.Robert Picard, s.j., écrivait, il y a déjà trois ans, dans Collège et Famille (janvier 1945): \u201cPour ma part, je suis persuadé que c'est une nécessité nationale.L'élite proprement intellectuelle se recrute normalement en tout pays, parmi les professeurs.Par définition, une vie intellectuelle est une vie d'études.Qui donc, à moins de faire de l'étude se profession même et d'y trouver son gagne-pain, peut indéfiniment continuer d'étudier, Notre pers a un besoin pressant d'intellectuels, dans tous les domaines, profanes autant que religieux.Dans celui-là surtout, peut- être, la culture générale, ou ecclésiastique et laïc se rencontrent sur un terrain commun.L'université est déjà ouverte aux laïcs.Mais il est indispensable qu'elle puisse éprouver ses maîtres dans les cours mêmes qui prè- parent aux études supérieures.Tout le monde est d'accord sur le principe.Mais voici, et nous nen doutons pas, nos collèges ont vécu peuvrement et continuent de vivre, rice eux sacrifices que s'impose \"Eglise.Aujourd'hui, encore, le prêtre enseignant touche un salaire meximum de $300.00 par année.ce régime, comment un collège peut- il payer convenablement un laïc?Il y à nettement impossibilité.Malgré tout, plusieurs collèges ont consenti à de nouveaux sacrifices.Tel collège distribue $15,000 aux laïcs, quand, il y a quelques années, il ne déboursait à peu près rien.Alors, il faut, à tout prix, que l'Etat fasse sa port, qu'il distribue aux collèges qui ont recours aux laïcs, des octrois spéciaux.Nous faisons appel à tous ceux, qui de près ou de loin, euvent faire avancer et réaliser l'idée.Nous remercions M.le Doyen, du témoignage qu'il a apporté dans une lettre publiée dans le \u201cQuartier latin, SR IS Ceol 2e ' - > | } | M DT eu début de l'année.Nous aimerions que son exemple fût suivi par plusieurs.Raymond DAVID Président de la Faculté des Lettres Université de Montréal.QUÉBEC \u2014 ÉTAT SOUVERAIN?Le Quartier latin du 24 janvier dernier nous apportait un article fort intéressant de M.Jean-Marc Léger.Commentant la récente adoption, par la législature de Québec, dun emblème provincial, mon ami Jean- Marc nous donnait quelques raisons motivant le choix d\u2019un tel emblème.Voici lc premier de ses arguments: \u2018Pourquoi fallait-il que Québec adoptât son propre drapeau?D'abord parce qu'il forme, comme le reconnaît la Constitution, un Etat Souverain ct qu'il entre dans les attributions d'un tel Etat de pouvoir manifester sa souveraineté par des signes distinctifs, dont le drapeau\u201d.Je ne vois aucune objection à ce que la province de Québec se choisisse un emblème provincial\u2014et non pas national, comme le prétend Jean-Marc, puisque la province n\u2019a aucune juridiction sur les canadiens d'origine française vivant hors de ses limites\u2014 je voudrais cependant relever le paragraphe cité plus baut, parce qu'à mon sens, il est entaché, au point de vue constitutionnel, d'une inexactitude fort inquiétante.Le problème peut se poser en ces termes: la province de Québec forme- t-elle un Etat souverain au sein de la Fédération canadienne?A mon avis la réponse doit être non et ceci pour les raisons suivantes: Je citerai d'ubord un extrait du ju- pement de Lord Sankey, prononcé dans a cause de I'Aéronautique: \u201cl'objet fondamental de l'Acte (de 1867) fut d'établir un système de gouvernement sur des principes essentiellement fédératifs\" (1) Or qu'est-ce qu\u2019une fédération, un Etat fédéral?Une fédéra- tion-\u2014moyen terme entre l'Etat unitaire ct la Confédération d'Etats\u2014est la réunion de deux ou plusicurs groupements politiques pour former un nouvel état, tout en conservant une entité politique pouc fins d'administration locale.C'est bien le cas du Canada; les colonics de 1866 s'unirent pour former cn vertu de la loi impériale de 1867, le nouvel Etat fédéral canadien.Ainsi le parlement légifère sur toutes les questions d'intérêt national, et \u2018\u2018relatives à la paix, l'ordre ou le bon gouvernement du pays\u201d, alors que les provinces légifèrent sur les matières d'intérêt local.Mais cela fait un tout.Le parlement central et les différentes législatures participent ensemble à \u201cl'être ou à la substance de l'état\u201d.Ainsi l'Etat est formé du tout et de chacune de ses parties.A la suite de ces considérations, il me semble clair que le nom Etat ne convient à aucune province canadienne.Et puisque la souveraineté est le caractère distinctif de l'Etat, il s\u2019ensuit que l'on ne peut attribuer la sou- veraincté à l\u2019une ou l'autre des provinces canadiennes.\u2018Donc est Etat toute collectivité sonveraine on en d'autres termes, toute souveraineté ou en d'autres termes, toute souveraineté d'Etat\u201d (2).Mais puisque mon ami Léger accorde la souveraineté étatique à Ja province de Québec, voyons si oui ou non tel est le cas.D'abord qu'est-ce que la souveraineté?J'en emprunte la définition à M.Lefur: \"La souveraineté étant la paissance suprême, la collectivité qui la possède, d'un côté a le drait de commander à tout individu on groupe d'individus qui se trouvent dans les limites de son territoire, et de l'autre w'est soumise à personne à l'extérieur .Mais la collectivité qui possède l'autorité suprême à l'intérieur, l'indépendance à l'extérieur, c'est précisément l'Etat (3) non pas le gouvernement central, non plus les législatures locales mais le tout, l'Etat.\u201d La souveraineté, aiusi qu'on peut le voir possède un double caractère, externe et interne.Dans notre état canadien, il est indiscutable que la souveraincté est ex- ercée\u2014je ne dis pas qu'elle lui appar- tient\u2014par le parlement central.Quant aux pouvoirs de régie interne, les art.91 et 92 distribuent les pouvoirs législatifs entre le parlement central et les législatures locales.Mais ce pouvoir \u2018\u2019exclusif\u201d des provinces de légiférer sur les 16 matières que renferme l'Art.92 justifie-t-il la souveraineté provinciale?11 me semble qu'ici encore, la réponse doit être négative et pour 3 raisons: La première, je la trouve dans le texte même de l'acte de l'Amérique britannique du Nord; l'art.90 permet le désaveu par le parlement central de toute foi provincinle contraire aux intérêts généraux du pays, l'art.93 stipule qu'en matière d'éducation, domaine qui portant est du ressort des provinces, \u201cil pourra être interjeté appel au gouv.gén.en conseil de tout acte ou décision d'aucune entente provinciale affectant aucun des droits ou privilèges de la minorité protestante ou catholique romaine des sujets de sa majesté\u201d, l'art.95 affirme que dans le domaine de l'agriculture où il y a juridiction concurrente du provincial et du fédéral, une loi provinciale ne sera valide \"gs'unssi longtemps et au- saut qu'elle ne sera pas incompatible avec une loi du parlement du Canada\u201d.Ces textes de notre constitution me semblent péremptoires.La deuxième raison se trouve dans l'interprétation juridique de l'acte de 1867, faite par le Conseil Privé de Sa Majesté.Dans la fameuse cause de l'Aéronautique, dont je recommande fortement la lecture attentive à Jean-Marc, les juges du Conseil Privé on adopté quatre règles d'interprétation qui limitent la soi-disant \u2018\u2019souvernineté\u201c des provinces.La troisième d'ordre historique.Lorsque les Pères de la Confédération se rassemblèrent en 1864 pour étudier le projet d'union américaine, wn SA PILULE Dimanche dernier eut lieu, près du pinitencier de St-Vincent de Paul, le duel annuel! Jean-Guy Crépeau\u2014Dan Murray: en d'autres termes la pesanteur autoritaire contre ln pesanteur physique, la surveillance contre l'infraction (McGregor contre les copieurs, quoi!) Résultat final: Collège Laval 9, Poly 4 O jours de gloires, pourquoi si vite passez-vous! O victoires, pourquoi nous fuyez-vous! Notre championnat à duré ce que durent les roses, l'espace d\u2019une année\u2014what a rose! Nous avons done piteusement remis à nos jeunes rivaux le trophée Charbonneau que nous avions réussi à retrouver à la dernière minute.La partie fut intéressante en ce sens que nous pitmes admirer le brio de notre cerbère Lahaye contre les trios La vallois.Lu première période s'avéra stérile, parce que les adversaires.en bons étudiants qu\u2019ils étaient, s\u2019étu- dinient prudemment, et que Lahaye veilluit .Nous ne saurions en dire autant de la deuxième où un déluge de points déferla dans les buts avec une tendance marquée vers les nôtres.Ruel et Gariény unirent toul d'abord leurs efforts pour briser In \u201cglace\u201d.Hélas! il eut été plus sage de ne pas scorer, puisque les Collégiens se fâchèrent ef en très peu de temps, scorèrent 3 points en guise de représailles.De notre côté, Lafortune se surprit lui- même en comptant! C'est dur.Ce à quoi les Collégiens répondirent par deux autres points.En désespoir de cause, Chabot, se rappelant qu'il Joux un jour dans la l'rovinciale, entreprit une de ses montées vertigineuses qui aboutissent infailliblement au fond du filet.Au son de ln cloche \u2014pardon, il ny avait pas de cloche, le score se lisait donc 5-3.Woy PAE TRO NOUS GAGNERONS CONTRE McGILL Nous venons de perdre une autre joute contre le Queen's.Privés de ion, Lalende, Ménard, Bouchard, Laperrière, Charest, etc., cette défaite ne peut donc pas être significative.Les Reds nous ont vaincus une fois par 4 à 3, nous les avons déjà défaits par le même pointage.Samedi nous allons répéter cet exploit.Les Reds ne nous sont pas supérieurs.Îls viennent de subir une défaite aussi cuisante que la nôtre aux mains du Varsity.Les gars de Toronto les ont blanchis par 8 à 0.Ca vaut bien la défaite que nous avons subie nous aussi il y à trois semaines.ingston, Lefebvre a compté deux points de méme que Pinard.Côté s'est assuré de trois assistances.Samedi tous vont produire pour vaincre McGill.Tous les Carabins y seront et suivront les directions des Cheer-Leaders.Yves MARCOTTE Charité! Il est toujours pénible de voir des gens se payer notre tête! Mais parfois cela peut devenir inquiétant.Nous recevons des textes au Q.L.Des étudiants bien intentionnés eti qui veulent collaborer, se donnent la peine de rédiger ces textes.Cela est très bien, mais quand on veut se donner la peine de faire quelque chose on devrait ticher de le bien faire.Recevoir des textes qui ne tiennent pas debout ni par le sens, ni par la valeur littéraire, ni par l'orthographe est parfois plus déprimant que de ne pas recevoir de texte du tout.Des scribes ont été chargés de rédiger les rapports des joutes de hockey inter-facultés.Nous aimons bien publier ces rapports mais encore faut-il qu'ils soient lisibles et présentables.Un étudiant de l'Université devrait pouvoir rédiger un texte qui ait un minimum d'allure.À titre d'exemple voiçi un poulet qui nous est tombé dans les pattes récemment.Nous tairons le nom de l'auteur.Mais croyez-vous qu'il soit honnête .de publier de tels brouillons ?HEC.4\u2014 Se 5 Dans une autre partie de hockey Sc.ont battu IIËC par 5 à 4 La partie assez rude, fut plutôt rapide, surtout dans la première période alors, qu'Aubé, Boudreau et Tremblay complerent chacun un point pour Charité ! les Sciences, et vers la fin, après une mise au jeu dans la zone des sciences, HEC comptere leur premier.La période se termina au comple de 3 à 1 Durant laquelle les sciences eurent l'avantage du jeu, grâce à l'ensemble.La deuxième période fut très vite et jeu serré, quelques punitions furent distribuées, el IEC, opérant un railliment, comptere À buts et ainsi prenait une avance de 1! point et la periode se termina au comple de 4 à 3 pour HEC.Durant la 3 le jeu Jut serré et disputé, le sort de la joute était encore indécis, mais les Sc.ne cessant d'altaquer réussir a égaliser par un pt d'aubé sur une passe de Bouchard.Dès las ILEC joua avec sa pesanteur, et le jeux fut rude, cing minutes avant la fin, Sc.comp- lerent un point durant un encombrement, et co point qui donna la victoire fut discuté, et doit l'etre encore, mais la décision de l'arbitre est final ainsi les sciences avaient gagné leur première partie par 5 à 4.Ce texte est intégral.Les retouches que nous nous sommes permises sont pour la compréhension de ce texte merveilleux, apostrophes ajoutées, quelques accents ressuscités, etc.Le texte pourra être consulté en tout temps pour vérification.Yves MARCOTTE A la troisième période, nous condui- simes notre gardien de buts à sa forteresse dans une civière, munis, à Vrai dire, il eut fallu transporter tous les joueurs de la même façon, car Îls n'en pouvaient plus.Néanmoins chacun se mentait conrageusement en croyant en- DÉBAT INTERUNIVERSITAIRE © MISE EN JEU DU TROPHÉE VILLENEUVE © Guerre ou non?» OTTAWA vs U.de M.3 L'UNIVERSITE de MONTREAL MERCREDI le 18 FEVRIER à 8 hres 15 p.m.à Québec: Jos Cromp Dr 3° Gilles Trahan Dr 3° DÉBATTANTS - à Montréal Paul Crépeau Dr 1° André Legendre M 5° BILLETS: 50¢ a PA.G.E.UM.D223 - aux délégués de Polytechnique d'Architecture, des H.E.C.et à l\u2019entrée le soir du débat core à lu victoire, histoire d'éviter le pessimisme .Ilélas, nos espoirs se dissipèrent, et seul Chabot eut encore l'énergie de se traîner aux buts advor- ses pour compter, fandis que les Lu vallois, rapides comme des gazelles, achallants comme des taons, collants coming des nouveaux-miariés, insensibles aux supplications de nos suppor- teresses, barceluient sans répit et avec cruauté même notre pauvre Lahaye.Seuls, une rondelle chargée positivement et des buts chargés négativement eussent pu les empêcher de compter 4 autres fois.Bilan de In joute: Laval, 9 points, d'innombrables luncers, 1 victoire, Poly, 4 points, 3 douzuines de hockey, > gueules ensangluntées el une coupe envolée, De retour A notre chambre on nous servit des biscuits, facon originale de nous rappeler que nous avions eu notre \u201cbiscuit\u201d.Icureusement qu\u2019ils n'étaient pas trop succulents, car il m'en est res- to Assez pour souper.En somme, les Lavallois nous auraient vaincus, même sans le concours des deux arbitres! Et puis, nous n\u2019avions pas Ti-Oui.L'an dernier, nous ne voyions pas Ti-Oui, parce qu'il était trop rapide: cette année, nous ne l\u2019avons pas vu parce qu\u2019il ne voulait pas jouer.l\u2019our des raisons probablement inexcusables, il préféra Weden à son Ecole.Espérons qu\u2019il ne répétera pas ve geste contre le Mt-St-Louis, car je me demande bien ce qui arrivera à notre dernière coupe.Heureusement qu\u2019il nous restera toujours le championnat interfacultés.Germain FERLAND Relations industrielles Du 19 au 30 janvier, les étudiants et les étudiantes ont reçu le baptême de feu des examens.Pour les uns, c'était le renouvellement d'une expérience déjà vécue et pour les autres, l\u2019initiation aux mystères insondables des questionnaires troublants! Heureusement (tout est bien qui finit bien.) nous avons eu l\u2019occasion de récompenser le travail (ou de consoler les peines) le soir même du dernier examen.Le Buffet de Paris a résonné de rites inconnus jusque là, et les accords homogènes de l\u2019orchestre ont soulevé les pleds par groupe de quatre! Un étudiant a déclaré qu\u2019il attendait impatiemment les prochains examens.pour revenir passer des heures si agréables.Peut-être un jour aurons-nous la surprise de voir dissocier ces deux concepts?Vet AC RE RE AAC JEUX DE CHIENS, JEUX DE.! Par esprit de justice excluons tout de suite les quelque vingt- deux janissaires sérieux qui ne s\u2019adonnent qu\u2019à des jeux vraiment dignes de notre conception du jeu humain, mais les autres, les autres .! Des forcenés, des hystériques, des \u201cclef\u201d\u2019-ptomanes, des serruro-phobiques, des enfonceurs-de-porte-ouverte, des barreurs- de-porte-fermée, des anti-débarreurs, des trousseaux-maniaques, tous ces uniformés à sens unique jettent sur le corps professionnel des janissaires le discrédit qui en fait la cible des quolibets de tous les sportifs.Divisés par bandes, par légions, ces furies du siècle atomique s\u2019adonnent à leurs jeux démoniaques sous l'oeil bon prince du président de leur Association pour PAvancement des Sports-Clefs.A titre de représentant du Q.L.je fus invité la nuit dernière à assister au carnaval d\u2019hiver de I'Association.On avait invité les janissaires des autres universités canadiennes, mais ceux-ci, se rappelant la piètre performance qu\u2019ils avaient affichée l\u2019an dernier en comparaison des prouesses orgiaques de nos représentants, avaient tous décliné l\u2019invitation.Condamnés à carnavaler seuls, nos janissaires se montrérent plus enragés que jamais.Dans le grand hall d'honneur on avait transporté toutes les portes arrachées aux classes de l\u2019édifice.Alignées contre le mur et faisant carré, elles offraient leurs serrures béantes aux prouesses de nos champions manieurs de clefs.Le concours principal, organisé sous le modèle d\u2019une compétition de ski, comportait deux épreuves.abord la descente: chaque janissaire, à tour de rôle, devait faire le tour de ce carré et ouvrir toutes les serrures, le plus vite possible.Puis le slalom: cette fois, au lieu de faire le tour, ii fallait ouvrir une porte du côté sud, puis une du côté nord, puis une du côté ouest et enfin, une du côté est et recommencer ninsi jusqu'à ce que toutes les serrures y aient passées.Le grand champion était celui qui réussissait le meilleur temps dans le combiné, sans erreur.Le No 2148567 fut le champion du tournoi.11 faut l\u2019avoir vu manier son trousseau avec une dextérité digne d\u2019un professionnel.Le No 1856870364 lui livra une chaude lutte mais dans la descente il lui arriva un malencontreux accident.Voulant ouvrir ki porte C'525, il se trompa de clef et, dans son énervement, il secoua son trousseau un peu trop fort.Ce qui devait arriver arriva.Le pauvre trousseau céda et les pailliers de clefs s\u2019éparpillèrent sur le plancher dans un fracas in- ernal.>armi, les concours de second ordre il y eut le concours des tableaux.Pour préparer l\u2019événement on avait donné ordre aux janissaires de ne pas effacer un seul tableau de la semaine.On procéda alors à la distribution des tableaux.Tous étaient souillés à l\u2019extrême.Le janissaire qui réussissait à laver son tableau de façon parfaite dans le meilleur temps gagnait une caisse de brosses à tableau.Tous les moyens étaient permis.Le No 5281 remporta cette fois la palme.Muni de quatre extincteurs chimiques il arrosa et nettoya ses tableaux en un temps record de 3 min., 41.7 sec.Je passerai sous silence les exhibitions grotesques des \u2018 janis- saires-boxeurs, des janissaires-lutteurs, etc.Je me dois cependant de mentionner le grand événement de la soirée, l\u2019exhibition de l\u2019invité d'honneur, le janissaire No 384 de l\u2019Université de Cambridge.Le No 384 est un ancien janissaire de notre Université qui a su faire son chemin.On prévoit même qu\u2019il sera nommé janissaire-chef à Cambridge en septembre prochain.Le No 384 nous a donné une magnifique démonstration de son savoir faire.Avec ses clefs et un clou de trois pouces il jouait au fer à cheval.Un autre événement intéressant était Pétalage de la superbe collection du No 11.Ce janissaire, le doyen du corps, était en service à l\u2019ancien immeuble de l\u2019Université.Il possède It collection de clefs la plus complète qui soit.Il m\u2019affirmait même en secret posséder la clef de l\u2019affaire Conroe.La fête allait bon train.Le jour commençait à poindre mais rien windiquait que la fête allait finir.Souduin on entend grincer une clef dans la serrure de la porte d\u2019honneur.Stupeur, c\u2019est Monseigneur le Recteur qui paraît.D'un geste onctueux il exorcise les possédés et aussitôt on voit chaque janissaire regagner son petit coin et, dans le silence et le calme, s'endormir pour commencer sa journée de travail.- - \u2019ahurissant là-dedans c\u2019est que des scènes du genre se ré- petent chaque soir, me disait un janissaire bavard.Il devient alors compréhensible que les janissaires aient tellement besoin de sommeil quand vient le jour.Yves MARCOTTE SAMEDI 14 FEVRIER 1948 McGILL vs U.de M.à l'Auditorium de Verdun Billets: Etudiants - .50¢ = = «+ Bf 6 $100 wt Autres CAO SE PRE PAGE AYE ROR = > NPE AN TA SEE MONSIEUR ROUPILLON, HÉRÉSIARQUE (Conte tragique) Monsieur Roupillon était un homme fort religieux.11 ne respectait rien plus que les gens d\u2019Eglise, hiérarchiquement, ct le bedcau de sa paroisse lui-même subissait ses civilités.C'est qu'il en était parfois fatiguant et le bon curé Dupont avait dû souvent prétexter un bout de bréviaire à dire pour éluder ce paroissien attaché mais encombrant.Désireux d'étre au mieux avec le Scigneur, monsicur Roupillon croyait fermement que la compagnie des serviteurs de Dieu assurait son salut; il menait donc sa barque dans le sillage de celles des ecclésiastiques pour pénétrer du coup avec eux dans le Royaume.Il faisait partie de toutes les confréries ct congrégations possibles où sa ferveur édifiait confrères et congréganistes.Cet homme, que tous les fidèles de la paroisse prenaient pour modèle, avait inculqué aux siens l'amour de Dieu ct de son culte; ses garçons étaient tous enfants de choeur, ses filles, enfants de Marie; aucun honneur ne surpassait chez eux celui d'être thuréféraire ou porte-cordon-du-potle.Madame Roupillon elle-même faisait ostensiblement dans les bonnes ocu- vres paroissiales: elle organisait rifles, parties de cartes, forums religieux, processions, pèlerinages, etc.Toute la famille semblait st ecclésiastique que certain voisin sceptique ct anticlérical disait que les Roupillons descendaient en droite lipne d\u2019un évêque assez dissolu de la Renaissance.Mais il n\u2019en était rien.Un jour s\u2019organisa, dans la paroissz de Saint-Pancrace dont la famille Roupillon faisait partie depuis plus de vingt ans, une retraite fermée pour hommes.Monsieur Angélin RoupsIlon (Angélin était en effet le prénom de notre homme) s'empressa de s'inscrire dans lc groupe pieux.Ils partirent une trentaine pour un monastère où ils demeurcraient trois jours, partageant leur temps entre les instructions, les prières et les méditations, gardant un silence monastique favorable i I'éclosion de la grâce.Ils y arrivèrent le soir, vers les huit heures.Chacun, une fois installé dans sa cellule et suivant les ordres d'un bon père qui les avait tous reçus, descendit à la chapelle.Là, au milicu de l'allée centrale, tout en avant, se dressait un catafalque drapé de noir, entouré d\u2019ifs d'ébène sur lesquels brûlaient des cicrges jaunes.Le silence de l'endroit était tel que les hommes entendaient le vague grésillement de la cire fondante sur les méches qui flambaient.La seule lumière des cierges, le silence, le nu des murs gris, l'ombre du plafond ct la tache noire du catafalque rendaient lugubre cette chapelle.Angélin Roupillon pensa aux limbes, mais le prédicateur, que personne n'avait vu, s\u2019était avancé à pas feutrés vers la balustrade du choeur ct c'était l'enfer qu'il devait faire surgir aux yeux de tous.D'une voix grave et lente, il débuta: \u201cL'homme cest mortel\u201d.A mesure qu\u2019il parlait, sa voix se faisait plus forte: \u201cOui, homme, tu es mortel.Bientôt tu quilteras tes camarades, tes amis, tes parents ct tu ne seras plus qu'un cadavre sous un drap noir.Regarde! C\u2019est toi qui reposes ici, entouré de ces cierges; c'est toi que ton épouse, tes enfants, ta mère, tes frères pleurent; c'est toi que Dieu a rappelé vers lui.Etais-tu prêt?Si Oui, tu reposes cn Son Scin parmi les bienheureux, sinon tu brûles déjà des feux éternels!\u201d Le moine menaçant pointait chaque homme du doigt ct chacun tremblait de se voir ainsi voué a la damnation, Bicutét le prédicateur enflammé présenta à son auditoire terrifié les damnés tordus sous la souffrance du châtiment, les damnés que les démons rageurs lorturaient sans fin, sans cesse.Ce moine, qui était sans doute d'une candeur ct d'une bonté sans borne, trouvait dans son imagination naïve des supplices tels que pas un inquisi- * teur n'en cût inventés d'aussi raffinés.Ce sermon devait préparer les retraitants au repentir, à la crainte du péché ct aux confessions du lendemain.Angélin Roupillon fut saisi de peur ct d'horreur tout autant que ses coparois- siens.Pourtant le pauvre homme ne se sentait coupable de rien.Tout comme il n'avait jamais été d'une héroïque vertu, sa vie n\u2019avait jamais été marquée de grandes chutes.tv Après sa prière du soir toute ploi- ne de distractions où il se voyait la pâture de diables tortionnaires, il se coucha.Ji ne pouvait dormir: des visions infernales trottaient dans sa tête.des flammes l'entouraient, lui lé- chaient la peau puis se muaient en démons qui riaient aux éclats en le piquant de leur fourche.Les fourches devenaient à leur tour des flammes pénétrant dans sa chair même et l'enrobant ensuite de feu.Angélin se fouillait la conscience, se cherchait des remords à des fautes qu'il n'avait pas commises; ce n'est qu'à bout de fatigue ct d'épuisement nerveux qu'il réussit à somnoler.Bientôt il sursauts.Quelqu'un venait de lui toucher le bras; un homme qu'il ne connaissait pas se tenait à côté u lit.\u2014Vous êtes bien monsieur Angélin Roupillon?demanda-t-il.\u2014Mais oui, fit Angélin en s\u2019étirant, qu'est-ce qu'il y a?L'autre, sans répondre à sa question, lui ordonna à voix basse de s'habiller puis de le suivre.Monsieur Roupillon, encore ensommeillé, se leva sans protester ct obéit.L'inconnu le regardit intensément et notre homrae remarqua que ses yeux brillaient dans 1'ombre comme ceux d'un chat.A la lueur du lampion qui servait de veilleuse, notre paroissien trouva sa physiono- mic digne et presque religieuse.Mais ses yeux luisants ¢t un sourire un peu triste ct moqueur à la fois le troublèrent.L'individu lui prit la main et le dirigea; malgré l'obscurité, il marchait d'un pas sûr.Angélin pensa qu'il était un serviteur du monastère mais plus il le regardait, plus il trouvait ses yeux étranges et brillants.(à suivre) François PELADEAU Fi # Mmm .Perfection! \u201d # Tu parles des Sweet Caps0® CIGARETTES SWEET CAPORAL \u201cLe forme la plus pure sous loqualle le tabes peut être famé\u201d IW.sion Du haut de ma colline, Je vois mon bonbeur Qui va, vient et chemine; I rit de tout coeur Aux chimères d'azur Et se fout du lutin Qui dans le coeur humain Crée les doutes impurs.Comme une marionnette Dans une ritournelle, Turlute une chansonnette Exquise, jeune et belle! Chrystiane JACQUEAU wl Te or SE &) Destinée du théâtre (Canado-Mondiel, exclusif eu Quartier Latin) L'entre-deux guerres fut pour le théâtre en France une période d'exceptionnelle vitalité, une des plus riches de notre histoire dramatique, féconde en efforts convergents et divergents à la fois: convergents dans leur but, qui fut d'élargir le domaine du théâtre, divergents dans leurs moyens.Qu'est-il advenu aujourd'hui de tant d'efforts?Prenons un cas type, qui est celui d'un homme trop tôt isparu.Jean Giraudoux fut un magicien au langage chatoyant inimitable, et, quand je dis inimitable, je veux dire que la postérité de Giraudoux ne donne que l'artifice de cet art prestigieux, et rien de son originalité.N'est-il pas d'ailleurs de la nature des grands écrivains d'être inimitables?ll est aussi de leur nature d'être dangereux: nous le voyons bien, justement, par cette postérité de Gireudoux, equel a tant apporté au théâtre, mais par ses imitateurs ne l'a pas servi.r tout en créant un théâtre personnel et d'une vibration exceptionnelle, il l'a ramené vers la cérébralité qui est le péché mignon du théâtre, et vers l'artifice où il retombe périodiquement.ce propos, il est intéressant de noter qu'au théâtre les révolutions se sont toujours faites au nom de la vérité contre l'artifice et la convention.est normal qu'il soit dans la nature du théâtre de retomber sans cesse dans la convention; il est naturel que les auteurs, de génération en génération, cherchent à y échapper, et à retrouver les chemins de la vérité.N'est-ce pas contre l'art précieux du début du siècle qu'en 1636 le jeune Comeille lançait le cri éclatant du Cid?N'est- ce pas contre le cormélisme fige qu'en acine lançait la vivante et vibrante Andromaque ?N'est-ce pas en réaction contre les imitateurs empesés de Molière que Marivaux brodait les souplesses d'un marivaudage qui, lorsqu'il ne fut plus de Marivaux, ne fut plus que convention ?N'est-ce pas contre les classiques desséchés que se fit ls révolution romantique ?La taille d'Hernani ne fut-elle pas un assaut contre les conventions classiques?Mais la révolution romantique fut victime de ses moyens même, c'est- à-dire qu'elle ne fut qu'une révolution extérieure.Le romantisme tomba done plus facilement qu'aucune autre école dans l'artifice.C'est au nom de la vérité qu'en 1887-1890, Henry cque et son école partirent en guerre contre la pompe et le verbiage romantiques.N'est-ce pas enfin contre l'artifice du boulevard, où l'on avait vu naître tant de sous-produits de la Parisienne, que les auteurs des années 1920-1925 réaffirmèrent une fois de plus les droits de la vérité ?Et maintenant, ne sommes-nous pas revenus à un moment où le vérité est de nouveau à défendre contre les héritiers conventionnels de ces au- teurs-là ?Bien des gens se plaignent qu'une nouvelle génération d'auteurs ne se soit pas encore\u201d franchement manifestée, comme cela se produisit, et avec quelle abondance! au lendemain de l'autre guerre.Si quelques jeunes, en effet, ont commencé à se faire une place par des essais plus ou moins intéressants, aucun ne s'est réellement imposé.Faut-il accuser, comme on le fait quelquefois, la concurrence du théâtre étranger, la difficulté pour un débutant de placerun manuscrit?Non.\u20ac manuscrit d'un jeune est plus facile à placer qu'il a un quart de siècle.Les aînés, les théâtres sont aux aguets: une belle pièce de jeune trouverait aussitôt tous les encouragements.|l y a là en vérité une crise de natalité qui ne laisse pas d'être inquiétante.Faut-il croire que les jeunes gens boudent le théâtre?Ceux qui reçoivent et lisent des manuscrits peuvent dire le contraire.Faut-il croire que les jeunes qui s'essayent dans cet art ont perdu le sens réel du théâtre ou ne l'ont pas encore retrouvé ?C'est possible.Il y à certainement aujourd'hui, sur la création dramatique, une crise.C'est normal.Les crises du théâtre sont cycliques.Mais il arrive un moment où des jeunes gens éprouvent le besoin de ramener la vérité sur les planches.ulement il ne faut pas confondre vérité et réalité, sous peine de retomber dans ce théâtre réaliste qui a si vite démontré son artifice.La vérité au théâtre, et plus généralement en art, c'est tout autre chose qu'une copie de la réalité.La vérité, c'est quelque chose de plus profond, de plus humain, et c'est souvent une réalité transposée.Nous pouvons même dire que le vérité au théâtre, c'est la poésie.Un théâtre qui n'est pas poétique n'est que du simple métier.Théâtre poétique ne veut pas dire théâtre en vers, car nous connaissons bien des pièces en vers qui n'ont de poétique que l'apparence! Le théâtre, en un mot, vit par ses prolongements, par ses sésonances; il doit atteindre notre sensibilité.Dès qu'il fuit la sensibilité et s'intellectualise, il dégénère.Or nous avons encore vu ces temps derniers une certaine tendance à la cérébralisation du théâtre.C'est la pire forme de cet artifice où il retombe périodiquement.L'art du théâtre consiste donc avant tout à toucher le coeur; s'il ne fait Qu'intéresser sans émouvoir, il n'atteint pas son but.Il en va d'ailleurs ainsi de tout art, peinture, poésie, cer l'art est une façon pour l'homme d'échapper à lui-même, à sa condition, et d'entrer en contact avec les réalités qui dépassent l'humeine nature, et, disons même le mot la nature tout court.Jean-Jacques BERNARD LEMELIN, UN JEUNE, UN FRÈRE Au pied de la pente douce .Qu'en a-t-on dit?Je l'ignore.Je n'ai pas lu le livre assez tôt pour chercher si je pensais comme les critiques ou.s'ils pensaient comme moi! D'ailleurs, peu importe puisqu il s'agit bien moins, ici, d'une juste critique que d'impressions faites par ce roman, écrit par un jeune, sur un autre jeune.Le livre est d'un très jeune homme, on le constate dès le début.Les sentiments et les états d'âme des personnages sont bien tranchés, mais où Lemelin a excellé c'est dans la peinture de son héros, Denis Boucher, vrai symbole du jeune homme entre 16 et 20 ans.Aussi, peu importe que le livre ait été fait pour peindre un milicu, dans une ville bien déterminée.e qui frappe, ce qui touche, c'est cet apport humain, cette note universelle qu'a réussi à atteindre l'auteur en montrant à nu un coeur de jeune, ses rêves candides et présomptueux, ses peines et désespoirs immenses qu'il agrandit à plaisir, ses espoirs et petits bonheurs qu'il diminue volontairement.Pourquoi?Pour garder le plus beau rôle, le premier rôle, le rôle du martyre donner un rôle, prendre un masque, jouer la tragédie (à 1B ans la vie est terriblement tragique pour le jeune homme), voilà où tous ceux qui ont été jeunes se retrouvent, voilà le ceractère essentiellement humain qui unit auteur et lecteurs.Lemelin n\u2019a pas de thèse à défendre.li peint simplement un milieu et il nous fait aimer ce milieu, son atmosphère propre parce qu'il sait descen- re jusqu'au fond de nous-mêmes.Qui ne s'est dit en lisant ce beau livre: \u201cCa c'est vrai.C'est vraiment ainsi que j'ai un jour pensé sur mes parents, sur ma religion, sur les prêtres, sur mes copains, sur la femme\u201d Ah, la femme!.C'est bien en elle que se résume notre univers entre 16 et 20 ans.Plus tard viendront d\u2019autres intérêts.Des soucis de prestige, d'argent, d'ambition.L'homme pense toujours à la femme puisqu'elle est la moitié de l'univers, la moitié de son être; mais il pense d'abord à lui- même, à sa position sociale, à l'influence qu'il doit avoir, à l'argent qu'il peut faire.femme ne sera plus alors, qu'une aide, souvent une distraction, une chose précieuse mais d'arrière-plan.Pour l'adolescent la femme est d'abord un univers mystérieux et indispensable.Le héros de Lemelin fait comme nous avons feit: il se refuse le simple bonheur d'aimer car c'est l'âge de l'héroïsme où l\u2019on cherche les grandes batailles pour y mourir glorieusement.e serait trop simple, trop banal d'avoir vécu jusqu'à 18 ans pour simplement tomber en amour.Non tout à son rôle, Denis se voit tel qu'il se voudrait demain, un grand chef à [a tête d'une élite, un succès extraordinaire.Il est jeune, fort, riche de possibilités.L'univers lui appartient.Et il essaie ses forces vierges en étant tout de suite un héros, un martyr: point d'amour pour lui.L'amour est un arrêt, un passif.\u2018est pourquoi il il abandonnera Lise à son ami, lequel, plus simple, fera moins de cérémonies.Malheureusement (ou heureusement) ni Jean, ni Denis n'avaient prévu que la femme n'est pas un jouet qu'on s'échange.Lise avait son mot à dire et elle suivra la tradition de son sexe en se prononçant pour le héros.Jean mourra en vain pour prouver un trop banal sentiment, Lise finira par gagner Denis, un Denis moins jeune et qui trouvera peut-être plus de bonheur en demandant moins à la vie.Pauvre Denis! Pauvre jeunesse qui doit se lester de tant de belles et grandes illusions pour ne prendre que l'amour! ais j'y pense: l'amour est peut-être la plus grande de toutes?Jacques BERNUY NOUS AVONS RECU .55 HEURES DIE GUERRE de Pierre Tisseyre Bien des livres ont déjà été écrits sur les épopées des soldats de l\u2019armée française durant Ia dernière guerre.\u201c55 Heures de Guerre\u201d entr'ouvre un autre coin du voile ct nous décrit dans un récit rarement confus, jamnis lourd ni traînant, la pagaïe de l'armée et l'impossible lutte des individus contre les éléments blindés.Ce récit très vif, soutient l'attention du lecteur jusqu'à In dernière page et lui présente quelques études de carae- téres prises sur Jo vif et d\u2019une grand vérité psychologique.En somme un livre qui permet de passer une soirée agréable, et qui de vrait être recommandé à quiconque ai me les récits eluirs et bien enlevés.R.W.L'OMBRE VERTE de Pierre Edmond About La brousse indochinoise et ses mystères, ses périls, sa hantise.; Une belle étude de In vie des diffé rents indigènes, les campagnes anamt- tes et laotiennes, le tout décrit autour des aventures d\u2019une poignée d'honumes qui ont sacrifié leur vie à leur idéal.Lu marche lente et pénible d\u2019une section de Français, en proie aux embûches de Ia nature et des Japonais et se terminant par leur capture.Un bon livre assez bien écrit, avec quelques lenteurs compensées pa: ie bonnes études des émotions Hum : N.D.L.R.Ces livres sont distribués par une nouvelle compagnie: Le Cercle du Livre de France, qui entend offrir à son public canadien les meilleurs ouvrages français de parution récente.Surveillez ses bulletins dans les journaux.Concert universitaire e Les Cosaques du Don 20 février prochain 8 h.30 p.m.Auditorium de l\u2019Université > LOUIS QUINZE 788 SHERBROOKE O.HA-4959 d.PAUL HEROUX, n.E.©.\u2018+ ROBERT LETENDRE, H.E.c.\u20184! Seuls Fleuristes \u2014 universitaires \u2014 ESCOMPTE SUBSTANTIEL eux étudiants de l'Université de Montréal PHOTOGRAPHE ATTITRÉ DES ÉTUDIANTS 309, RUE STE-CATHERINE, (Près St-Denis) STUDIO : LAncaster 5478 Domicile Outremont: CAlumet 5961 Lo\u201d Les janissaires et la littérature engagée L'instant est un intervalle de néant (Sartre) Une grande oeuvre littéraire se doit, tout en conservant un certain relent d'universel, d'être en accord avec les préoccupations intimes de son époque.Simone de Beauvoir ne se fut sûrement pas sentie à l'aise sous la Monarchie de Juillet et nous n'aurions que feire aujourd'hui d'un Jean Moréss, de son vrai nom Papadiamantopoulos.Pourtant, combien peu de gens chez nous réalisent ces choses: notre littérature est encore toute empêtrée dans une inconcevable gratuité OÙ vont se perdre même de jeunes auteurs (je n'aurais qu'à citer le brillant essayiste Maurice Blain).J'en étais à ce point de mes réflexions, quand la porte s'ouvrit sans bruit et, à la suite d'un trousseau de clefs, un jenissaire pénétrs.Mon vieux respect pour tout ce qui est \u2018uniforme\u2019 me fit bondir et m'incliner.Lui s'approche en exécutant avec ses clefs des gestes cabalistiques qui eurent tôt fait de me plonger dans la plus grande euphorie.Il me fit asseoir et, d'un air mystérieux, me tendit deux ouvrages: \u2014 \u2018Tenez, voici ce que je viens de me procurer à la Coopérative .Ce disant, il me tendait deux volumes dont je parcourus les titres: \u201cL'âge de raison\u2019 et Le Sursis\u201d.Devant mon étonnement, il s'assit à son tour et, posément, commençe: Nous, jénissai- res de deuxième classe, conscients de notre rôle en tant que gardiens d'une école de haut-savoir avons décidé de communier à la pensée contemporaine et de répondre aux attitudes qu'elle postule.Or, il arrive que cette pensée coïncide avec une situation qui est la nôtre; ce qui explique le succès monstre du slogan que nous avons lancé: littérature engagée pour les hommes engagés.\u201cCette ligne de conduite a déjà produit des résultats remarquables qui oscillent constamment entre l'être et le néant, entre l'augmentation de salaires et la présence de l'étudiant.En même temps, le commerce avec les auteurs contemporains nous a amenés à une revision complète de nos positions: puisque l\u2019homme se crée constamment lui-même, qu'il est sans cesse en mer- che vers l'existence, les étudiants sont, à toutes fins pratiques, inexistants et ne sont susceptibles d'aucun droit.Ce fut l\u2019origine de notre nouvelle politique de \u2018la porte sous clé\u201d que nous appliquons sur une haute échelle, avec l'appui moral des autorités.Nous avons maîtrisé la plupart des secteurs du monde étudiant sauf un groupe de fanatiques qui ont des rites particuliers et dont le siège se trouve en D'219.A toute heure du jour, vous y entendez des gémissements et des grincements de dents, le tout ponctué réquemment de bruits cristallins \u2014 quelque chose comme un bris de verre.ous avons installé là une garde d'élite au vocabulaire énergique et avec ordre de faire feu de toutes ses clés à la moindre provocation.\u2018 +\" Fort bien, lui dis-je, Mais, enfin, Iscuter.et argumenter n'est pas tout; encore faut-il produire.\u201d Sans mot dire, il me tendit un copieux dossier: \"Voici l'oeuvre hebdomadaire d'un de nos janissaires-écri- vains les plus brillants, celui-là même chargé d'assurer l'ordre en D'219.\" Et, en effet, tout y était, selon les règles de l'école: mauvaise écriture, fautes d'orthographe, absence de style, expressions trahissant un naturalisme presque brutal; en voici un court extrait: (titre) Surintendance Générale (sous-titre) Conciergerie.28 janvier 11.30 une souris passe \u2014 me dérange 11.45 une souris repasse \u2014 me redérange 1.00 un bruit inopportun: un balai est tombé 29 janvier 10.00 sommeil interrompu par un étudiant.qui veut pénétrer en D'219.Engueulade.10.30 Fini de m'engueuler: étudiant parti.1.00 Bruit de verre cassé et cris.Encore ces petits c.du Q.L.Cela lu, le janissaire remarqua que je ne me tenais plus de joie.À cet instant même, un autre janissaire pér tra en coup de vent et s'écria, \u201cCafou- fou Pentaloun'\u2019.J'avais mordu: \u2018Vous êtes lettriste ?lui dis-je.[4 \u201c .\u201c DD .\u201c \u201c \u201c\" Pour toute réponse, il déchira I'avant de sa chemise et, apparut sur ss poitrine, l'effigie du chef de la jeune école lettriste, Isidore Isou.\u201cLe monde sera rénové dans le sang et la brutalité\u201d commenca-t-il.Quelqu'un entra de nouveau: C'était le surintendant des janissaires.\u201cAllons, mes enfants.Vous serez en retard.C'est aujourd'hui que nous recevons dans notre cercle littéraire les derniers venus dans nos rangs.Les officiels y seront ainsi que M.le Maire.\u201d Tout le monde sortit.Pas avant cependant que le premier janissaire n'eut proféré à l'adresse du second: \u201cInfä- me lettriste\u2019\u2019 ce à quoi l'autre répliqua furieusement: \u2018Sale marguillier d'exis- tentisliste.\"\u201d Jean-Marc LEGER Gracieuseté de La Société canadienne d'exploitation périodique.UN MOT Notre ami Léger nous a présenté dernièrement avec toute la sincérité qu\u2019on lui reconnaît, sa conception idéale du nationalisme à pratiquer.J'approuve en tous points.Mais il a glissé à un moment donné sur l\u2019aspect cul- furel, et nous l\u2019a présenté comme étant le fruit maigrelet, in- Sipide \u201cd\u2019une étroitesse et d\u2019un Jansénisme révoltants qui nous condamnaient à une sclérose in- Leliectuelle\u201d.Malheureusement, vieux frère, tu es tombé sur un mauvais exemple : \u201cLes Enfants du Parais\u201d.,, 1 ne me serait jamais venu à l'idée de rappeler de ma propre Initiative cette gaffe magistrale, Mais puisque un \u201cofficiel\u201d comme toi se permet de réveiller les morts, souffre ici que je me décharge.(1) Je m\u2019en voudrais de baser cet- Petite mise-au-point sur des oui-dire ou des préjugés de ma part, et pour clarifier la situation, je prétends que je peux en connaissance de cause, parce que de mes propres yeux, j'ai vu, de Mes propres oreilles, j'ai entendu le dialogue, du film \u201cLes Enfants du Paradis\u201d.« DE TROP Au point de vue, \u201cmontage\u201d, \u201cproduction\u201d et cette fois-ci, art cinématographique, je t'avoue que ¢a relance de loin, les Marx Brothers, de Gin.Quant au dialogue, souviens- toi de la pomme du paradis terrestre et du châtiment de ses enfants.Un dialogue du genre au cinéma, est plus dangereux qu\u2019en littérature, parce qu\u2019on n\u2019a même pas à faire l\u2019effort d\u2019imagination, pour se représenter les gestes des personnages, tout est compris sur le billet du guichet.Alors .Donc, si tu désires voir jouer de vrais acteurs, un homme accompli dans la maîtrise de son art, comme Jean-Louis Barault, une femme qui sait se donner complètement (et pour cause) dans la création de son personnage, (je pense à Arletti), ne manque pas une représentation de ce film à Paris quand tu iras rejoindre les \u201cautres\u201d.Et j'en arrive à ce que j'ai sur le coeur, depuis un an.Je te demande uniquement de te rappeler, d\u2019abord la circonstance, ensuite la composition de l'auditoire, formé en majorité de couventines, invitées à leur Ce » Le janissaire et L serviette Un janissaire en son couloir, Janissaire de la première classe, Promenait sans arrêt son bon vouloir.Que faire en un couloir à moins qu'on ne ramasse?Une serviette en ce couloir gisoit; Notre homme du coup ne savoit S'il devoit la laisser ou bien la prendre.La laisser?1! risquoit l'esclandre.Il s'empressa donc de la ramasser, Sans balancer.Alors, n'en tenant plus de joie.Il court porter sa proie Au bureau que l'on sait.Cependant l'autre s'amenoit: Je veux dire celui qui l'avait là laissée.HN cherche, court, torture sa pensée.En vain consulte-t-il les passants sur la chose, 1 doit partir bredouille, et penaud, et morose.Ce quidan:, victime du janissaire, C'étoit le Père Qui jura, mais trop tard, qu'on ne l'y prendroit plus A courir au bureau, dit des objets perdus.P.C.C.François Péladeau Jean de La Fontaine La revanche du janissaire Lorsque je rapportai mon crime, il y a déjà trois mois, c'était le remords et l'épate qui m'y poussaient.Le remords, à cette époque, ne me troublait que vaguement; le fait d'avoir accompli un acte hors de l'ordinaire et de l'admis me mettait dans une position quelque peu spéciale et c\u2019est surtout cela qui me bouleversait.Mais on n'assassine pas en vain; tôt ou tard \u2018il arrive À l'assassin quelque\u201d chose de fâcheux; on ne sait pas ce qui arrivera mais c\u2019est toujours quelque chose de fâcheux et cela varie de la folie à la plus totale misère: \u2018Crime et châtiment\u201d.Pour moi, l'assassinat du janissaire dans la tour, après ma confession, ne sembla aucunement devoir m'apporter un châtiment.Il est vrai que le motif d'ordre invoqué pour cette tucrie pouvait m'exonérer pour une part.Ce semblant d'oubli que le destin m'accordait aurait dû calmer ma pensée; hélas, ma pensée même devait devenir ma torture.je me mis à penser au pauvre petit janissaire que le temps défaisait dans la tour, je me mis à penser à ma victime de plus en plus souvent.Cela commença pendant un cours.J'y sommeillais et tout à coup, dans mon sommeil, m\u2019apparut le petit janissaire au crâne défoncé.Il me souriait drôlement, d'un sourire de cadavre ironique, d'un sourire plutôt amusé qu'amusant, sans amertume mais doux comme une invite.de me réveillai en sursaut: c'était la fin du cours.Cela m'arriva environ un mois après mon crime, le 15 décembre.Comme vous pensez bien, je n\u2019en parlai à personne.Je rêvai de nouveau au même sujet, une semaine plus tard.La mêtne image m'apparut et cette fois elle me faisait signe de venir.Je m'éveillai dans mon lit; j'étais tout en sucurs.Bientôt ces cauchemars se répétèrent ct maintenant, toutes mes nuits sont hantées par ma victime.Chaque nuit, le janissaire assassiné de ma main, d'un coup du \u201cManuel dû\u201d parfait\u201d janissaire\u201d, s'amêñé avec son sourire énigmatique, Il me fait signe d'avancer vers lui, il me fait asseoir sur une marche de l'escalier de la tour, il ramasse l'instrument de mon crime ct me le met entre les mains.Gardant toujours ce sourire glacial ct figé, il m'ordonne doucement, dans un murmure, d'ouvrir le livre et de lire à haute voix en épelant chaque mot.Je voudrais fuir mais son sourire immuable me retient jusqu'au réveil et pendant que j'épèle laborieusement page après page, le trucidé me regarde fixement avec ses yeux séchés.La nuit dernière, il m'a dit que je devrais ainsi lire et épeler le \u201cManuel du parfait janissaire\u201d jusqu'à ce que je le sache par cocur.Si vous saviez combien grand est mon tourment! Aussi, je voudrais savoir par coeur ce maudit livre au plus tôt, \"apprendre de jour, mais je ne le possède pas et je le cherche désespérément.Vous comprenez que je n'ose aller chercher l'exemplaire souillé de sang qui est dans la tour.Ÿ aurait-il quelqu'un qui pourrait me le procurer et me soustraire ainsi au plus tôt À la vengeance du janissaire ?L'ASSASSIN DE LA TOUR p.c.c.François Péladeau premier bal, de jeunes \u201cnavots\u201d comme toi et moi, tout étouffés dans leur premier habit de soirée, rappelle-toi du moment de la présentation du film, juste avant la nuit du bal, et tire les conséquences possibles, que tout honnête homme peut facilement imaginer.Ce raisonnement est enfantin n\u2019est-ce pas, puisque tu peux me répondre que \u201cSortilèges\u201d ne valait guère mieux, alors permets- moi de te donner le bilan résultant de la censure des \u201cEnfants du Paradis\u201d, En autant que ma mémoire me reste fidèle, on débute avec un vaudeville assez provoquant, quoique digne de ceux qui l\u2019ont produit, suivi de vols et de visites de ces endroits mal famés, dont on centuple la force suggestive au cinéma francais, Après une demi-heure, commence l'amour illégitime d\u2019un homme qui trompe sa fiancée pour vivre le grand \u201camour\u201d.Résultat: une série d\u2019adulte- - res, abandon d\u2019enfants, humiliation de la femme fidéle et vertueuse, qui malgré tout pardonne, le tout précédé d\u2019une demi- douzaine de crimes, de suicides, de chantages, \u2018avant d\u2019écrire sur la toile le mot Fin.Conséquences immédiates pour certains Français qui nous aimaient beaucoup; de Messières, \u2018détaché\u2019 culturel se voit rebondir je ne sais trop où, le comte de H.est rappelé près de chez- lui afin de pouvoir mieux le contrôler.On est-y bête les Canayens, mais au moins on devient un peu plus difficiles! Gilles de la Rochelle 1) 2121 2) Neus ne voyons aucune nécessité de ressuseiter un débat maintenant clos et qui fit couler dans le temps beaucoup trop d'encre.Nous ne veyens pns d'ailleurs très bien Jo lien rattache cette mercuriale ar bien au point de M.Jean- Mare , La DIRECTION % Les janissaires et Ka vie contemplative Versé que je suis dans l'hagiographie, les mystiques ne manquent pas de m'arrêter, partout où je Flaire leur existence.Sn ne peut fréquenter Tauber, Suso, Ruysbroeck |\u2019 Admirable, les deux Sainte Thérèse, Saint Jean de la Croix, Saint Thomas, Sainte therine de Sienne et les innom- rables ouvrages écrits au cours des âges sur la théologie ascétique et mystique sans y acquérir une sorte de raffinement délié, nation de ces phénomènes révélateurs du destin éternel de l\u2019homme.Ma première rencontre avec les Janissaires occasionna donc chez moi un léger choc.Un autre n'y aurait rien vu et serait passé outre.Tout comme le profane qui côtoie chaque jour des merveilles et en demeure inconscient, alors qu'un Pasteur, un ewton ou un Einstein en tirent des principes qui bouleversent nos conceptions les mieux assises.Cette première rencontre, par le train d'ondes émotives et intellectuelles qu'elle déclancha, me pousse à entreprendre une étude encore plus exhaustive du Personnage.Je ne quittai plus les Janissaires: je m'attachai à leurs pas le jour, à leurs rêves la nuit.Aidé en ce travail par des mystiques militants tels que Roger Du- hamel, Fernand Delhaes et Jean-Marc Léger je ne terdai pas à accumuler d'inestimables matériaux.Mes recherches portèrent d'abord sur cette élite du Janissarium préposée aux ascenseurs.plusieurs reprises, j'essayai de me faire descendre du Tième étage au sous-sol ou monter du 4idme au Sième étage.Inutile! Un refus constant où se lisait l'impatience u mystique dont on trouble l'extase et qui n'aspire qu'à s'y plonger 3 nouveau, accueillait ma demande po- ie.Puis je tentai de me faire ouvrir certaines portes de l'immeuble; tantôt celles de la bibliothèque, des salles de cours, du restaurant, tantôt celles de l'AGEUM, du Quertier latin ou de l'Auditorium.Là encore, perpétuel refus.Les mains s'égerant dans ses clés comme celles d'un amant éperdu dans les cheveux de son adorée, le Personnage écartait ma requête e sens de la divi- - avec le geste dont on chasse une mouche importune.Les yeux fixes, la face en trismus, le corps en cata- tonie, il retombait immédiatement dans ces visions d'outre-terre, où le pauvre ver que j'étais ne pouvait avoir accès.J'arrivai un jour à l'Université, lein d'une détermination farouche.ésolu à tenter la suprême épreuve, je m'amenai donc avec le président oosevelt, un dimanche après-midi, et demandai à visiter notre temple du savoir.Spectacle magnifique! Les quatre jonissaires de garde, avec cette attitude de fakir si particulière aux fumeurs d'opium, gisaient au-dessus du sol en une quasi lévitation, affalés dans leur fauteuil.Quand, après une demie-heure, je réussis à les réveiller à coup de balles de revolver, ils m'opposèrent le même refus catégorique.Le président eut beau montrer son appareil d'orthopédie et moi son chien Falla, rien n'y fit.Hs se hâtèrent de nous chasser et retombèrent immédiatement, les yeux lourds et leur abdomen bien atone, dans leurs mystiques transes.La preuve était faite.Il ne me restait plus qu'à chercher le maître qui avait pu enfoncer ainsi les exhortations des plus grands pontifes en la matière.(l ne me fallut que peu de temps pour y arriver.Là encore, nouvelle surprise.e génie n'était pas en effet un philosophe, un moraliste, un Écrivain ignoré .mais un simple directeur des immeubles! La longue interviou qu'il m'accorda me convainquit que notre époque sociéliste, totalitaire et bureaucratique se dirige à grands pas vers une nouvelle forme de sainteté, bien adaptée à la psychologie de l'homme moderne.Adoration de la lettre, de l'obéissance aveugle et imbécile, du nirvana accessible aux seuls arriérés et débiles mentaux.L'historien de la chose mystique ne pourra donc plus prétendre à l'objee- tivité et à l'exactitude scientifique sans un long séjour au milieu de nos janissaires.S'il n'en sort pas hébété, rageur, révolutionnaire ou aliéné, la littérature religieuse comptera un chef- \u2018oeuvre de plus.Lucien CHARNEL AVIS DE CONCOURS PRIX ARTHUR VALLÉE L'A.G.D.U.M.maintient cette année encore sa fondation dite \u2018\u2018Prix Arthur Vallée\u2019.Cette fondation au montant de $100.60 est remise À un étudiant finissant d'une faculté ou école de l'Université de Montréal qui souscrit aux conditions suivantes: a) succès dans les études, attesté par le secrétaire de la faculté; b) relations cordiales avec les professeurs et ses confrères; c) initiatives de caractère universitaire et participation active à leur réalisation.Tout étudiant finissant d'une faculté ou école qui remplit les conditions sus-mentionnées est éligible.REGLEMENTS DU CONCOURS 1.Faire parvenir au secrétariat de L'A.G.D.U.M.(ch.C'395) un dossier dactylographié portant les noms du candidat et Ia désignation de faculté et contenant: a) les résultats généraux et annuel des examens; b) l'énumération précise des initiatives de caractère universli- taire auxquelles le candidat a pris part et le degré de participation à ces entreprises.2.Ce dossier sera mis sous enveloppe cachetée et ainsi libellée: \u201cJury du Prix Arthur Vallée\" A.G.D.U.M.3.Aucun dossier ne sera accepté après le 30 mars 1948 à minuit; 4.Le jury se composera de membres de I'A.G.D.U.M.désignés par le Conseil général.5.Le prix sera remis lors du banquet annuel offert par l'Association aux finissants des facultés et écoles, au cours du mois d'avril.6.Copie du présent avis sera envoyée au secrétaire de chaque faculté ou école pour affichage dans un endroit bien en vue de Ia dite faculté ou école et sera de plus publiée au moins 3 fois dans le journal officiel de l'Association des Etudiants de l\u2019Université de Montréal, LE QUARTIER LATIN.Publié conformément à une décision du Conseil général de l\u2019A.G.D.U.M.rise à sn séance régulière tenue à Université, le 9 janvier 1948.l\u2019administrateur de l\u2019A.G.D.U.M.Jean-Pierre HOULE pa de & Au service d\u2019une clientdle de chois depuis 1879 notre imprimerie est reconnue pour sa production de haute qualité, son service exceptionnel et ses prix raisonnables.Ansel & votre dispocition : un service de photogravure ot de stéréotypie, et LA PATRIE | 180 est, rue Sainte-Catherine \u2014 LA, 31310 \u2014 Montréal +F OMAN shop eee Atlanta va Hip ruse Chronique paroissiale L\u2019HOMME AUX CLÉS Par définition, c\u2019est Simon- Pierre, celui à qui le Seigneur a remis le pouvoir d\u2019auvrir et de fermer les portes du ciel, pour que nous puissions à tous moments savoir par lui, ou par ses successeurs 8i nous sommes pardonnés ou incxorablement forclos du salut.C\u2019est encore son successeur, Pie, glorieusement régnant, qui porte dans ses armes les deux clés, et qui détient au nom de sa primauté le pouvoir d\u2019ouvrir et de fermer .\u2018\u201c\u201cClaves regni caelorum\u2019\u2019! C\u2019est encore chacun d'entre nous, j'entends de tout être humain, qui peut ouvrir et fermer lout un monde de joie, de plaisir ou de peines humains.Je songe à tel vieux Monsieur qui se meurt lentement d\u2019un cancer à côté de son coffre-fort, et qui laisse en vain supplier une générosité absente .L'homme aux clés du coffre-fort.Je songe au fils.au père qui pourrait donner tant de joie s\u2019il était un peu moins orgueilleux, où égoïste, où jouisseur, mais dont le coeur et parfois esprit est fermé à clef, pour ne rien perdre.Et il y en a tant d'autres .Et puis il y a les Janissaires, qui pourraient aussi porter des clés dans leurs armoiries, et qui les portent habituellement dans leurs poches, ce qui est plus prosaïque mais plus commode.dix ouvrent et ferment des portes selon des horaires immuables (plaise à Dieu!) et des règlements fixes.Hs appliquent inexorablement des lois exhaustives, et sont l\u2019image même du devoir .On voudrait bien parfois qu\u2019ils se servent de leurs clés pour ouvrir telle porte à tel ou tel .On voudrait qu\u2019ils laissent leur trousseau tintinnabulanterrer parfois sur des serrures farouches ou obstinées .Et on leur en veut parfois .On leur en veut d\u2019être là, à nous regarder d\u2019un air impassible, mais d\u2019un œil parfois narquois, quand on voudrait tellement n'étre pas va .on avoir pas été vu.On leur en veut de maintenir un ordre paterne qu\u2019on préférerait maintenir ou abroger tout seul.Et pourtant, avec leur clé, les Janissaires sont Pimage vivante de leur saint Patron, Saint Pierre.le saint Janissaire du Paradis.Si jamais vous n\u2019aves fermé votre coeur ni votre coffre à quelqu\u2019un; si vous n\u2019aves pus refusé le service ou le sourire qui s'imposent à certains jours; si vous aves loujours ouvert votre porte-monnaie pour le timbre anti-tuberculeux, la campagne de la Fédération ou la Souscription pour l\u2019Université .Enfin si vraiment vous n\u2019avez jamais rien gardé fermé en vous qui eût pu servir aux autres, si vous aves toujours donné le meilleur de vous-mêmes, alors, vous pourriez leur jeter la pre- miére pierre ., Même pas! Parce qu\u2019alors vous aussi, vous les compren- dries, et vous respecteriez le sens de la consigne, du devoir .Alors, pour vous comme pour eux vous demanderes pendant ce carême à PHomme aux Clés de vous tenir dans un tel état de grâce que les portes vous soient toujours ouvertes .dans ce monde et dans l\u2019autre.LA SEMAINE QUI ACHÈVE La Roche Tarpéienne est près du Capitole, et le mercredi des Cendres du Mardi-Gras.La tradition nous a rapporté la messe des Cendres dans le hall d'honneur, célébrée par Mgr le Recteur dès mercredi matin, avec une assistance plus nombreuse que jamais.Jeudi, on essaye de s'habituer aux résolutions de carême, au dix-mi- nules de gymnastique ou de médila- tion, par exemple.Vendredi on se bat contre Laval, pour suvoir ce qui vaut mieux au sens des savants, de cours obligatoires ou privés.LA SEMAINE QUICOMMENCE Le Hockey ce soir contre McGill, à Verdun.Dimanche, ler du Carême, les Messes accoutumées, de 10.30 et 11.15 au Brébeuf; en outre messe à 8:15 pour l'ordre de Bon Temps, et Q 8.45 pour une équipe de Pharmacie, à la chapelle de l\u2019Université.Retraite pour la chirurgie dentaire et pour d'autres.Vendredi soir, les Cosaques du Don.Samedi, Fockey à Verdun.NOTES Tous les jours, ton dix minutes de gymnastique suivi de lu douche froide.Tous les jours à midi, messe en IH, a côté de la chapelle devenue trop petite pour la durée du caréme.Tous les jours encore, communion el confessions quand el comme tu voudras.Que Dieu bénisse ton carême, et l'aide à te purifier, à valoir davantage, et à servir mieux.Le PÈRE 13 FÉVRIER 199 En fin de bordée \".Nous profitons de cet heureux concours de circonstances, pour rendre un hommage ému à ceux à qui nous avons dédié notre oeuvre immortelle.Ils seront d'ailleurs les personnages centraux de notre prochain roman \u201cEn guettant les mouches.\u201d R.Tanghe et J.-P.Houle De la magie incantatoire du janissariat Le spectacle assez coctéen que nous offrent chaque jour les janissaire peut sembler, ma foi, passablement trivial à l'âme Émancipée ui, comme moi, surnage dans l'éther tout vibrant de symboles du narcissisme capillaire, De la densité évocative d'un geste comme celui de vider un cendrier ou de secouer des clefs, je ne saurais que dire.Cependant, ma pensée perpétucllement en quête de déséquilibres révélateurs s'enchante chaque jour de l'aspect d'un janissaire fermant une porte à clef.Oh force intrinsèque du fer façonné que la main tourne délicatement, nous fermant brusquement des horizons où notre rêve peut aller camper tout à son aise! Sans verser dans l'apologie, je puis dire que les décors que fournit l'Administration à la gente janissarienne ne manquent ni de sévérité, ni de sobriété.L'éclairage est d'un au point parfait.Pourtant.les costumes pourraient facilement se mettre au diapason de l'harmonie,en jaune Nouveaux témoignages et gris où notre regard décoctéisé se noie.Maurice BLAIN p.c.c.Pierre Lefebvre LE QUARTIER LATIN journal bi-hebdomadaire de l'Association générale des Etudiants de l'Université de Montréal Membre de le C.U.P.Abonnement pour l\u2019année universitaire numéros \u2014 $3.00 2900, boulevard du Mont-Royal, Montréal Local D'219 \u2014 AT.9616 DIRECTION Directeur: Comille LAURIN Directeur-edjoint: Jeen-Marc LÉGER RÉDACTION Rédecieur-en-chefs Pierre LEFEBVRE Secrétaire à le rédection: François PÉL ADEA U Assistant secrétoire à le rédaction: Jean MARTINEAU NOUVELLES Chef des nouvelles: Richerd WHITTAKER de CHAMBLANC Ausistant-chel des nouvallen: Plere CHALUT Chroniqueur de le C.U.P.1 Heari-Peul FARAND Photographie: Pierre MERCIER-GOUIN SPORT Chel de le rédection: Yves MARCOTTE Amistant 3 lo rbdaction: Rephe¥l ESPOSITO Imprimé par LA PATRIE 160 est, rue Ste-Catherine \u2014 Montrée! Autorité comme envoi de le deuxième clame, Ministère des Postes, Ottews L'histoire du journalisme ne nous apprend pas grand\u2019 chose des janissaires.Peu de faits saillants et leur manque de chroniqueurs officiels font que le janissariat, pour les quelques initiés qui le connaissaient, a toujours été considéré comme un corps très fermé.11 se peut que ce manque d'informations provienne également du fait que le janissaire était, dans les temps reculés, bourré de sociétés secrètes qui, on le devine, n'avaient aucun désir de se faire connaître.Cependant, en rapièçant les différents journaux des époques révolues, nous avons pu établir une sorte d'arbre généalogique des grandes figures de ce noble corps.Le dictionnaire Larousse nous apprend que le corps des janissaires fut formé au 14ième siècle mais en fouillant plus avant nous avons pu retracer sur les blocs paléolithiques, des dessins représentant une foule d'hommes des cavernes menés à la massue par deux ou trois personnages, ce qui laisserait supposer qu\u2019un équivalent du janissariat existait déjà à cette époque.Des inscriptions et dessins subséquents nous ont permis de constater indubitablement l'existence de gardes-chiourmes dans toutes les périodes pré-14ième siècle.Nous pouvons donc, au point de vue journalisme, diviser l'évolution des janissaires en deux périodes bien distinctes: La période pré-janissarienne pendant laquelle le corps porta différents noms, et 2ième: La période janissarienne proprement dite pendant laquelle ils s'appelèrent définitivement: janissaires.1ère: PÉRIODE PRÉ-JANISSARIENNE A.Ages de pierre, de bois, de fer, de plomb et de celluloïde.On ne sait pas beaucoup de leur histoire à cette époque, l'écriture n'étant pas inventée, nos lointains prédécesseurs s'exprimaient par images, mais on sent déjà une certaine hostilité contre cette autorité, en se basant sur le fait que les \u201cChnoks\u201d, c'était leur nom, étaient toujours représentés avec un masque de pithécanthrope sauvage, et vêtus de dépouilles de leurs ennemis.B.Avant l'ère chrétienne.1.Chez les Assyriens: on apprend que Téglath phalazar VIII fut leur chef incontesté, après avoir feuilleté plusieurs tonnes de cette magnifique littérature cunéiforme.2.Chez les Égyptiens: Diverses statuettes trouvées dans les hypogées et mausolées avec quelques cartouches d'hiérogliphes explicatifs nous ont permis de reconstituer la figure du janissaire de l'époque, mais, de noms et de faits saillants, point.3.Chez les Perses: quelques bas-reliefs .Chez les Hébreux: on en retrouva quelques bribes dans le Temple ainsi que dans un ossuaire du Désert.Ds ç : = étre nan LME de i 2 ¥ Rd LE VOICE .\u201c.\u2026 tel qu\u2019en lui-même enfin l'éternité le fixe.\u201d (Homère) Les autres peuples de l'époque: en font tous plus ou moins mention mais sans appuyer sur le sujet.4.Chez les Romains: les ancêtres du janissaire étaient indiscutablement les licteurs, et nous savons à quelles extrémités ils se livrèrent .De plus, fait unique dans l'histoire du janissariat, il y eut à cette époque un corps féminin de gardes appelées \u2018Vestales\u201d.C.Après l'ère chrétienne: La dynastie des janissaires est probablement la seule race qui n'ait point été torchée par le vent de bonté et de pardon qui souffla alors sur les peuples, puisque dans .LES JANISSAIRES À TRAVERS LES ÂGES 1.La période pré-moyennageuse les seules figures dont les manuscrits font mention sont: Rouhé de I'Estrapade, Guillaume Empal, dit «sans lois et Alois Défant dit «mains vertes» qui furent respectivement, ébouillanté dans une escarmouche, empalé, et questionné au plomb.2.La période moyennageuse est fertile pour nos historiens sur ce sujet.On y retrouve, la Cour des Miracles, fournisseur attitré du corps et les célèbres batailles rangées entre janissaires et escholiers qui aboutirent à la condamnation douteuse d'un janissaire et au massacre organisé de la gent escholière.Lecasque, Galimatias, Jean Therre, Jules Buté, Serrurier, De Clay et d\u2019autres passèrent à l'histoire par leurs atrocités consignées dans le fameux grimoire de l'époque «De Gardiensorum atrocitatibuss.C'est vers la fin du Moyen-Age que leur nom «Janissaires» fut définitivement enregistré par Meffet Ali.Dès lors, leurs armoiries qui, jusque là, avaient été: une clé écartelée en chef sur champ de casques, furent dissoutes et remplacées par un blason portant une casserole en senestre et vide en chef.\u2019 On ne voit pas très bien l'origine de la casserole mais on suppose qu'elle vient du vieil adage «Trop de cuisiniers gâtent la sauce».PÉRIODE JANISSARIENNE Leur empire ne fait alors qu'augmenter et devient tout- puissant, comme l'explique Larousse: (les janissaires) .se rendaient redoutables par leur insubordination, faisant et déposant à leur gré les Sultans.Les époques troubles qui suivent nous donnent peu d\u2019éclaircissements sur leur pouvoir; tout ce que l'on sait de certain, c'est que, durant la Révolution, l'assaut de la Bastille fut mené par une bande de janissaires en rupture de ban.L, Puis, peu à peu, leur pouvoir dégénéra, sauf dans quelques ilots désolés et, de nos jours, un seul journal en fait encore mention: Le Quartier latin, mais il faut dire qu'il se trouve placé dans une position de choix, au£noyau de leur empire.Pour terminer, nous ne pouvons passer sous silence l'analogie entre le janissaire et le Cerbère de la Mythologie, ce qui rouverait l'ancienneté de cejcorps.(La seule différence étant dans les têtes.) Voici donc les différentes nouvelles que nous avons pu recueillir, après de longues et patientes recherches et que nous avons extraites pour vous de la littérature tant ancienne que moderne.R.Whittaker de Chamblanc 1) Le blason était surmonté d'heaume vide, entouré de motifs héraldiques : sauvages en dextre et en senestre, appuy maasue, portant Ia devise en pointe: \u201cJo n'y sers\u201d, a sur leur o 2) Nouveau Petit Larousse illustré, 3200 édition, Paris, 1943, Page 1460."]
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