Le Quartier latin, 8 mars 1946, vendredi 8 mars 1946
[" MONTRÉAL, 8 MARS 1946 Directeur: JACQUES HÉBERT Lu CINQ SOUS LE NUMERO q | BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE il] VOLUME XXVIII, Ne 36 Rédacteur en chef : JEAN-LOUIS ROUX \u2018Depuis le début de l\u2019année, le Quartier latin w'a pas manifesté beaucoup de tendresse pour la troupe de l'Arcade.Jamais au contraire, on avait vu un théâtre poursuivi d'une aussi implacable vindicte par des journalistes.\u201cCet acharnement avait fini par susciter en moi une grande méfiance.Je désirais me rendre compte moi-même de la qualité du spectacle arcadien.Profitant d'une de mes trop rares soirées de loisir, je m'en fus en toute impartialité vers la salle de la rue Ste-Catherine est.\u2018\u2019Avant même le lever du rideau, une manière de spectacle m'était offert gratuitement et inconsciemment par le bon public de I\u2019 Arcade.Affalées et avantageuses, les grasses ma- tronnes qui constituent le ban et l'arrière-ban des zélateurs de Marcel et d\u2019Antoinette trompaient l\u2019attente en malaxant à guenle-que- veux-tu arachides et patates frites.\u201cSoudain, on entend les trois conps réglementaires; le fracas des mâchoires se fait plus discret, et un rideau profondément mité se lève sur le premier acte d'une oesvre de M.Sélom Kekoku, auteur afghan fort à la mode à Paris.\u201cL'Affaire de ces Dames\u201d est une nouvelle version du perdurable thème du ménage a trois.\u201cL'intrigue est très simple, M.Membru, poète, est épris de Mme Schnoque, femme ardente dont le mari, célèbre financier-à-la-noix, n'est autre que le beau-frère du cousin au 7° degré d'une ancienne muat- tresse de Membru.Mme Schnogue \u201cLes Mystères de l\u2019Arcade\u201d défend l'intégrité du lien conjugal pendant tout le 1ier acte, succombe au second à la suite d\u2019une attaque aiguë de littérature, et s'enfuit fins- lement aux Baléares avec le grand- oncle du valet de chambre de son amant, vieillard grabataire et complaisant dont la fortune lui assurera des jours heureux.Abattu et déshonoré, M.Schnoque est vite consolé par Ursule, une fille naturelle de Membru, créature angélique et belle qui le ramène dans le droit chemin: et tout finit sur une note hantement morale.\u201cMarcel Journet tient la vedette dans le rôle de Schnoque; il rend avec beaucoup de perfection ce personnage de cocu sublime.Le beau Roger Garceau campe un ramoneur passable.Mais pourquoi diable |a- nine Sutto galvaude-t-elle san beau talent dans un rôle comme celui d'Ursule?\"Chaque fois qu\u2019 Antoinette Gi- roux, qui nous présente une Mme Schnoque débordante et languide à souhait, apparaît sur la scène vêlue d'une nonvelle création Woodhouse, un soupir envieux soulève les lourdes poitrines des spectatrices.\"Je suis sorti de I' Arcade irrémédiablement déçu; le théâtre bour- geois-réaliste qu'on y sert à un public végétal est tout te qu'il y a de plus laxatif \u201d XXX.Note: Ce texte peut être reproduit indéfiniment \u2014 noms propres exceptés \u2014 par ceux que le Quartier latin charge d'analyser les spectacles de l\u2019Arcade.Pierre LEFEBV RE CE MERVEILLEUX SOIR.La plus formidable soirée de mi vie: dit-il, Et Madeleine est d'accord.\u2014 Où il est question de la magnifique interprétation de Phèdre.\u2014 Où l'auteur ne trouve pas les mots qu'il faut pour décrire le plus merveilleux de tons les bals, \u2014 Phèdre sera joré une quatrième fois.\u2014 Quand reviendront les vu- cances .\u2014 Où Jean-Louis Roux, \u201cmaudit frança\u201d, se révèle un bouvrean des coeurs.Jamais dans l'histoire de la métropole avait-il été donné à un citoyen de vivre une soirée aussi complète, aussi éblouissante et aussi magnifique! 11 ne nous appartient pas de faire la critique de Phèdre, mais nous\u2019 dirons quand même que ce fut l'une des choses les plus belles qu'il nous a été donné de voir au théâtre.Madame Pitoëff nous à ravi; elle est toujours la grande interprète que nous avons eu le bonheur de connaître dans l\u2019Echange.Nous la remercions de tout coeur du travail énorme que lui a demandé la direction du spectacle.Malgré les difficultés auxquelles elle a eu a faire face (la mau- vase acoustique de la salle n\u2019était pas la moindre!), elle a réussi à nous présenter un spectacle inoubliable, Il nous est difficile de donner un compte-rendu du bal.Nous avons l'impression d'avoir fait un songe merveilleux et les songes ne peuvent pas se raconter d\u2019une façon méthodique.Nous nous rappelons de la première valse: le président des étudiants et madame Pitoëff ouvrent le bal .ll y avait des toilettes magnifiques, une musique brillante, des rires, des chants, des boums .Et surtout, toutes les femmes étaient jolies.Pour le moment, c'est tout ce que nous pouvons dire d'un peu cohérent de cette incomparable soirée.Nous y reviendrons.On annonce une supplémentaire de Phèdre pour jeudi le treize mars prochain.C'est une chance unique offerte à ceux qui n'ont pu se procurer des billets pour les autres représentations.Qu'on se le dise.Dans la dernière livraison du Quwar- tier latin nous annoncions le projet de consacrer au travail et aux loisirs de vacances le numéro spécial de fin d'année de notre journal, Ce projet, croyons- nous, en vaut la peine et sa réalisation rendrait de grands services au milieu étudiant.Rappelons que les textes demandés doivent entrer au Quartier latin avant le 17 mars, c\u2019est-à-dire dans une semaine.Nous avons reçu plusieurs appels lé- léphoniques de jeunes filles mécontentes de l'absence d'articles signés par Jean-Louis Roux dans les derniers Quartier latin.11 nous fait plaisir d'annoncer que notre rédacteur en chef nous reviendra dès le prochain numéro.Comme tous le savent, Jean-Louis a consacré tout son temps aux répétitions de Phèdre pendant plus de deux semaines.Espérons que cette heureuse nouvelle consolera ses admiratrices éperdues.Jacques HEBERT Carabins de Québec, nous sommes avec vous! Entendons-nous dès le début.Il ne s'agit pas pour nous de juger ce que es journaux ont qualifié de saccage, d'émeute et de bagarre.|| nous sgrait d'ailleurs impossible de le faire étant données la pénurie de renseignements fournis par la presse et l'absence de témoignages impartiaux et désintéressés.Les faits que nous connaissons sont les suivants: 1.\u2014Lors de leur journée universitaire, les étudiants de Laval ont causé des désordres graves.2\u2014Îls ont saccagé une maison rue Saint-Louis (probablement un lupanar).Apres en avoir fracassé les vitres et arraché les fenétres, il ont ensuite procédé a un inventaire du premier étage dont ils sortirent des pièces de mobiliers et autres articles.3.\u2014Environ trois cents étudiants en sont venus aux prises avec des chauffeurs de taxi et des jeunes gens, place Jacques Cartier.4\u2014Une dizaine d'étudiants ont été blessés dont quatre assez sérieusement.5.\u2014Il y eut trois arrestations.+ Entre nous, si tout celà est vrai, ce n'est pas bien joli.Aussi, nous contenterons-nous de poser quelques questions: 1.Les manifestations étaient-elles la responsabilité de l'Association générale des étudiants de Laval (A.G.E.L.)?2.L'A.G.E.L.a-t-elle perdu à un certain moment le contrôle des manifestants ?3.Les étudiants avaient-ils des raisons graves d'user de violences contre des citoyens ?4, Ne se seraient-ils pas mêlés parmi la foule des étudiants, des émeutiers professionnels non-étudiants responsables des abus attribués aux carabins ?(C'est un fait très fréquent dans les manifestations étudiantes et nous en savons quelque chose .) Que les autorités compétentes répondent à ces questions.Nous nous rangerons ensuite, si les réponses sont défavorables, avec ceux-là qui désap- rouvent la conduite des carabins de aval.Par Jacques HÉBERT En attendant nous n'avons pas d'opinion précise et nous sommes, naturellement, portés à l'indulgence.+ ll y a un autre aspect du problème qui, celui-là, nous parait assez clair: c'est la réaction des autorités et les représailles qui s'ensuivirent.Voyons d'abord les faits tels que rapportés par les journaux de mardi dernier: 1.À la suite des troubles qui ont marqué la journée universitaire, la revue Carabinedes (l'équivalent de notre revue Bleu et Or) a été suspendue.2.La séance publique du tribunal- école a été contremandée.3.Le Carabin, journal officiel des étudiants de Laval, cesse de paraître.4.\u201cOn croit même que toutes les activités (sic) sociales et financières de I' Association générale des étudiants de Laval (l'A.G.E.L.), seront également suspendues.\u201d (Le Devoir, 5 mars 1946).5.Deux professeurs auraient menacé de résigner leur chaire, si on ne prenait s des mesures énergiques pour punir fes responsables.+ Il est évident que si les étudiants ont manqué de mesure, les autorités ne font guère mieux.Même si les étudiants ont eu tort, il est inadmissible que l'on supprime leur journal et qu'on les empêche d'exposer au public leurs arguments et leurs explications.Si la liberté de la presse est un des grands principes démocratiques pour lesquels nous avons fait la guerre, pourquoi faut-il la supprimer à un groupe de ces jeunes .\u2018appelés à former l'élite démocratique de demain\u2019 comme disent les faiseux de discours ?Le même argument vaut en ce qui a trait à la suppression des Carabinades et du tribunal-école.Quant aux deux professeurs en mal de publicité, que ne laissent-ils au conseil universitaire le soin de débrouiller la question.Les étudiants de Laval ne sont pas contents de la rigueur des représailles.Nous sommes avec eux, et nous croyons que ce n'est pas en traitant les étudiants comme des collégiens qu'on arrivera à leur donner le sens de leurs responsabilités.Les autorités ne gagneront rien des étudiants en leur donnant des volées sur les fesses et en les privant de confiture.+ Il nous serait difficile d'aider nos camarades de Laval autrement que par notre sympathie.Nous la leur accordons de tout coeur.Carabins de Québec, nous sommes avec vous! - a === ZZ = == «The morning after the night before» A Rugueulades DIEUX ou FAUX-DIEUX ?\u201cli n\u2019est pas sûr que la femme ait une case de moins dans son Intel- Wgence, mais il est certain qu\u2019elle à une fibre de plus dans le coeur,\u201d (Alex.Dumas, père, probablement) Par bonbeur la liberté de riposter a été concédée à la femme avant que le Vénérable Père Driault, au jngement si précis, nous conteste ce droit.Ou reprochait récemment à un écrivassier (sic) de ne pas penser parce qu'il disait trop, que dire de celui qui ne lit même pe?C'est pourtant le premier devoir d'un étudiant d'acquérir une solide formation intellectuelle, ne serait- ce que pour éviter de parler à travers son chapeau.Car contrairement aux préjugés du savant Driault, la Ligne des Droits de la femme fur fondée \u2018par Elisabeth Cady Stanton et Lucretia Mott aux États-Unis en 1848.Leur but exprimé dans le statut, était de promou- roir l'égalité politique, éducative et légale de la femme.En Angleterre, le mouvement prit forme en 1865 à l\u2019aide de Mme Bodichon, Elisa Garrett et antres.Ici dans la Province de Québec, da ligne est établie depuis 1927.Mmes Arthur Léger et PF.Casgrain ont successivement présidé au Comité Provincial pour réclamer une bansse de salaire chez les institutrices, la protection de l'enfance et la protection de la famille, problèmes qui malgré leur acuité et leur répercussion sociale n'avaient pas été «bordés par des bommes.Mon copain, au moins, a le sens de la blague.Il se dit \u201chomme raîsonns- ble\u201d parce qu'étudiant.C'est une ration- nabilité qui vaut ce qu'elle coûte: seulement le titre d'étudiant.Qu'adviendra- t-il Grand Dien, une fois le cours terminé! Franchement son avenir n'est pas rose.J'admets que la femme a beaucoup d'ambition et d\u2019idéal, mais moins que l'homme elle a l\u2019intention de devenir égale en droit à Dieu, qu'elle considérera encore longtemps comme son Créateur ou si vous aimez mieux.son Auteur.Je reconnais de plein gré avec vous, cher Driault, le droit de priorité du père sur le fils, mais, admettez avec moi que la mère a autant d'autorité sur son fils.Es si à cause de son expérience el d'une \u201creconnaissance illinutée de la part des paroissiens\u201d, le marguillier sé- nior peut s'asseoir au fond du banc, à quel titre cède-t-on toujours à la femme, dans l'église, le fond du banc, et dans la rue, le fond du trottoir?Ce geste n\u2019aurait-il aucune signification?.Quant à votre troisième exemple, il fait bien piètre figure.J'aimerais pourtant savoir quelle attitude doit prendre un étudiant devant les \u2018\u201cIhéories parfois contradictoires\u201d de ses professeures (car il en existe à l\u2019Université).S\u2019incline-t- il parce que la professeure lui est \u201cintel ectnellement supérieure\u201d on pour d'autres raisons?.Vous accordez beaucoup de crédit à la réflexion de Mme de Staél et vous (Suite 3 la poge deux) SUNDAY SPECIAL Dimanche 10: Saint-Viateur Messe à 9.h.30.Saint-Viateur, 10 h.30.Mesce pour les earablns et leur amie.Autoriné comme envoi postal de la denxième clunse, Ministère den Postes, * Ottawa PAGE DEUX \u2014 * - ULTRA MODERNA : > à Dernière beure + LE GALA DE MARDI SOIR Les Fêtes du Quart de Siècle se terminèrent mardi soir par un succès: le Gala Sportif.Devant une foule assez nombreuse le programme s'ouvre par l\u2019exécution avec souplesse et fantaisie d\u2019un habile couple de patineurs.Suivit alors une délicieuse enfant qui évolua gracieusement sur un rythme de valse.Les spectateurs enthousiastes applaudirent avec la frénésie que donnent aux foules les artistes de choix.Le clou de la soirée: la joute contre McGill.Dans la première période, maîtrisant parfaitement leur rondelle et exécutant des passes d'une précision heureuse, les Carabins marquèrent deux buts.Les joueurs de McGill se re- saisirent alors pour marquer coup sur coup deux points.La première période se termina sur ce score.Pendant intermission nous avons cu le plaisir d\u2019assister i une course de relais entre les collèges Bré- beuf, Mont-Saint-Louis, Ste-Ma- rie qui se termina par une victoire de l\u2019équipe de Mont-Saint-Louis.Une course inter-facultés qui ne comprenait que deux concurrents donna la victoire à celui de Chirurgie Dentaire.La deuxième période reprit alors avec le même entrain pour finir sur un score de 4 à 5 à Pl\u2019avantage de McGill.Dans la troisième période nos Carabins fatigués par les réjouissances de la veille laissent marquer encore deux points.Ils s\u2019assurent cependant un autre but et Ja partie finit i Pavantage \u2018de McGill par 5 a * Enfin la soirée se termina par une parade de chars où étaient représentées 5 facultés (Poly.- H.E.C.- Sciences - Droit - Architecture).Tous équipés avec un humour que tous reconnaissent aux Carabins.Les détails de la partie de hockey paraitront dans le Quartier de mardi pour la satisfaction des fervents amateurs de ce sport favori.Les organisateurs de ce magnifique gala méritent nos plus sincères félicitations.L\u2019envoyé du Quartier latin BALLON-PANIER U.de M.élimine McGill en semi-finale.U.de M.: 21 \u2014 McGill: 23 L'équipe de hallon-panier de 'Université de Montréal vient de .eauser une grande surprise dans le circuit intermédiaire de hallon- panier en éliminant la formidable équipe du McGill en deux parties consécutives.Chose remarquable, Montréal a gagné ces deux parties par un point: la première par le score de 23 à 23 et la seconde de 24 à 23.En fait de surprise, ce tournoi de semi-finale en fut une.En effet, durant la saison, Me- Gill avait infligé deux lourdes défaites à nos Carabins en gagnant par le score de 29 à 23 et 46 à 30, De plus, McGill s\u2019était classé bon premier de la ligue en ne perdant qu\u2019une partie au cours de la saison.Au début de Ia joute, McGill prit l\u2019aivance.Nos joueurs furent malchanceux en manquant de beaux lancers.Tout de même, ils se ressaisirent ef terminèrent la CARABIN BAT QUEENS A Kingston.Ont, vendredi dernier, les Carabins de l\u2019U.de M.ont défait le club de l\u2019Université Queen par 9 à 5 dans une joute régulière de la ligue Interuniver- sitaire.Jean-Paul Gignac fut l\u2019étoile des vainqueurs en comptant deux buts el obtenant cinq ussistances, tandis que Dolbec avec trois buts, Dion avec deux, Laperrière et Pépin avec un cha- eun, furent les autres compteurs des Carabins.Coté fut brillant dans les buts des vainqueurs.première période par le score de 13 à 10.À la reprise de la partie, Montréal perdit son avance.Alors qu\u2019il ne restait que quatre minutes de jeu, nous perdions 23 à 22.Quelques secondes plus tard, Melville nous donna Pavantage en comptant un point sur un lancer de punition.Les trois dernières minutes de jeu furent les plus mouvementées.Pour conserver son avantage, Montréal devait s'arranger pour ne pas laisser McGill s'emparer du ballon.Une habile tactique de l'entraîneur Melville nous aida beaucoup à conserver notre avantage d\u2019un point.Après chacune des trois fautes commises par le McGill, Melville refusa les lancers gratuits afin d'empêcher nos adversaires de prendre possession du ballon.Cette manoeuvre réussit et nos Cara- hins conserverent done leur avantage d\u2019un point.Pour PU.de M., tous les joueurs sans exception ont bien joué.Melville enregistra 10 points: Rochon, 7; Lehlane, 3: D'Amour et Lacas- se, chacun 2.Rochon compta à la deuxième période sur un long lancer qui fut vraiment un coup de maître.Béland joua une belle partie mais fut très malchanceux dans ses lancers.Nos joueurs se sont montrés di- frnes des couleurs qu'ils arborent.Parmi les spectateurs, notons Ja présence de la famille Légaré, qui n'a pias encore manqué une partie, de mademoiselle NX et d'Henri Da- genais.Montréal rencontrera le Sir George Williams en finale mercredi soir, le 6 mars, au gymnase du McGill.Le PUBLICISTE COCA-COLA LTEE \u2014 MONTREAL LE QUARTIER LATIN NOUVELLES par HENRI-PAUL FARAND Quiz Nos questionnaires à la radio sont bien moches (adjectif à la mode) si on les compare au programme \u201cTruth and consequences\u201d\u2019 du N.B.C.Pour .oir deviné que Jack Dempsey étiit le possesseur et le propriétaire de la voix qu\u2019il entendait, Richard Bartholomew a gagné, respirez: Un trousseau (!) pour homme, un refrigé- rateur électrique, un aspirateur électrique, un radio-phonographe et 100 disques, un poéle à gaz, les services d\u2019une bonne pour un an, un piano, une montre-bracelet sertie de diamants et de rubis ($1,000.00), une fin de semaine au Waldorf-Astoria, deux semaines dans les Rocheuses, un voyage aller et retour Los Angeles-New- York en avion, une Mercury 1946, 24 paires de bas Nylon, une lessiveuse, une bague à diamant de $1,000.00 et un manteau de renard argenté.Quand la propagande lui promettait \u201cWonders you never hoped for\u201d, elle ne mentait pas.Il a reçu une valeur de $13,500.00.Vive la Mine d'Or! Chantecler Demain soir au C.E.O.C.à la danse du choeur Chantecler, tous vos amis y seront.Les mêmes que vous avez rencontrés au bal et au Gala sportif, inoins empesés et moins gelés.Du plaisir pour tous et une bonne occasion de connaître vos confrères avant la fin de l\u2019année, ne la manquez pas.Vous, vous ne coulerez pas, mais pour eux personne ne le sait et peut- être ne les reverrez-vous plus! Droit Cette année la votation aura lieu le lendemain de la mise en nomination des candidats aux différents postes du Comité de Régie de la Faculté.Le baillon aux futurs plaideurs, un règlement anti-démocratique; liberté de parole, oui, mais pas de temps pour parler.Il se pourrait que l\u2019on propose une mise en nomination officicuse quelques jours à l\u2019avance pour donner le temps aux petits Dé- mosthènes de prouver leur amitié sincère aux puissants de l'exercice 16-47.Caréme Premier numéro du caréme, pas plus maigre qug les autres, car connaissant le labeur que doit fournir le Directeur et ses assis- *nty vous n\u2019avez pas songé à les faire jeûner.Continuez durant 40 jours, et comme pénitence, semaine.une nouvelle | & - ~ ~ 2 | iN Ur LE § i (TR Sr HE may ; 1 EE G:13 On a découvert un isotope du carbone commun, le carbone 13.Un atome de carbone ordinaire a un noyau de six protons et de six neutrons lui donnant un poids moléculaire de 12.Un atome de carbone dans 100, cependant, a un septième neutron.Au stade présent de la production le carbone 13 se vend $400.00 le gramme.Mérite Au bas de la carte de membre de 'A.G.E.U.M.une série carrelée est numérotée de 1 à 10.Cette pratique n\u2019est pas nouvelle de cette année mais elle a assez durée pour que l\u2019on songe à lui trouver une utilité.L'initiateur avait à n'en pas douter une idée géniale mais la démocratie doit l\u2019avoir étouffé.Les épiciers ont un système équivalent et s'en servent pour donner des cadeaux à leurs clients réguliers.Sans vouloir flatter I'A.G.E.U.M.en disant que nous avons dix occasions de sortir en Carabins chaque année, il faut bien lui faire justice en lui en accordant sept ou huit, du moins pour cette année.(Concerts, cinéma, bal, Gala Sportif).Si à chaque occasion on oblitérait un de ces numéros sur les «artes des étudiants présents, supporteurs de leur association plutôt que du Samovar ou du Loews, on pourrait, à l\u2019occasion d\u2019une rencontre des membres du conseil sortant de charge et des étudiants, vers le mois d'avril chaque année.offrir aux vrais étudiants, sans préjudice aux bonnes raisons que les autres peuvent avoir, un souvenir, une mention, n\u2019importe quoi, honneur au mérite: l\u2019ordre du mérite universitaire pour ceux du peuple qui ne peuvent évoluer dans les conseils des constitutives.La messe de dimanche Dimanche dernier i 10 hres, dans le ITall d\u2019Honneur, 300 personnes, hommes, femmes étudiants et enfants assistaient à la messe célébrée par Son Exc.Mgr Charbonneau, en action de graces pour les vingt-cinq années de vie de I'A.G.E.U.M.Mgr le Recteur au cours d\u2019une allocution vivante, retraca la croissance rapide de l'association et nous fit part des projets de l\u2019administration pour ce qui est de l\u2019avenir presque immédiat, Des personnages distingués rehaussaient de leur présence cette cérémonie qui était en quelque sorte la couverture finale d\u2019un registre ouvert durant 25 ans.En outre de ceux mentionnés.on peut citer M.le président de l\u2019A.G.E.U.M.accompagné, Mme Ludmilla Pitoëff, et plusieurs autres, dont un bon nombre de représentants du Poly et des H.E.C.,Deux drapeaux brisaient la simplicité du décor et donnaient le ton carabin.Les petites amies et les étudiantes étaient endimanchées et quelques-unes avaient des bas nylons achetés dernièrement.Nous avons donc posé la pierre angulaire d'une ère active et longue, et comme le déclarait un conducteur de char, monté à pied pour nous donner des directives: \u201cavancez en avant\u201d.Vous souvient-il ?Il ya dix ans aujourd'hui les nazis, au mépris du traité de Versailles, occupaient la Rhénanie.C'était le premier pion dans une partie habile (alors!) contre la politique du parapluie.Le 8 mars 1936 est une des causes du manque de beurre sur vos toasts ce matin.Nuevo tipo de e pora afeitadas e diariasece \u2014 Ahorra tiempo y trebajo\u2014 ayuda a evitar lalrritacién y el escozor en la afeltada Ahora, la elegancia exige que toda persona esté siem- pre bien acicalada.Usted ne- cesita afeitarse bien todos los dias.Sin embargo, afeitarse diariamente lleva tiempo y esfuerzo\u2014y puede hasta causar irritaciones dolorosas del rostro.Por eso los hombres ele- \u201cUna afeitada ultra sencilla\u2019 Para usar la Crema Glider, lavese 1a cara con agua y jabôn.Luego, cspérzase la crema por la cara usando la punta de los dedos\u2014 _Jjamds con brocha\u2014y aféitesc.Glider protege la cara.Permite que el filo de 1a hoja se deslice y corte la barba a ras de piel, sin ATTENTION ! Envoyez une traduction française de cette annonce, avec vos nom et adresse, à la Compagnie J.B.Williams J (Canada) Ltée, dépt QL 5 LaSalle, Montréal.\u2014 - Nous vous expédierons un gros tube de GLIDER, vous permettant au moins 30 jours de rasages propres et confortables.gantes y modernos bendicen el descubrimiento de la Crema Glider de Williams que no requiere brocha; preparada especialmenteparaquela afei- tada diaria sea fâcil y cômoda.Contiene un ingrediente especial que actûa como una locién\u2014tonifica la piel y la refresca.irritarla ni herirla.Fricciônese con el residuo de la crema que quede en la cara.Tiene un ingrediente que acta como una locién.Da un acabado perfecto a la afeitada y refresca la picl\u2014se siente cl cutis mis suave y més liso.CINEMA, DEMAIN SOIR La Société du Film met à Paf- fiche pour demain soir: \u201cWuther- ing Heights\u201d une pellicule américaine.Ce film est tiré du roman célèbre (portant le même nom) d\u2019Emily Brontë.Transporter à l\u2019écran ce chef- d'oeuvre n\u2019était pas chose aisée ; le réalisateur en a extrait cependant des éléments pour faire un des meilleurs films.Ce qu\u2019il a cherché avant tout: faire du cinéma plutôt que d\u2019illustrer simplement un texte destiné à la lecture.Ainsi.pour les besoins de la cause, il ne s'est servi que d\u2019une partie du roman: la première.I a même retranché certains personnages.On a cependant conservé la trame du sujet.Heathcliff, de naissance obscure, (peut-être sorti des enfers) sème autour de lui la mort et la haine.Garcon de ferme chez les Linton, il s\u2019éprend de Catherine.l\u2019our rester près d\u2019elle, il subit les pires humiliations.Il s\u2019en va toutefois et ne reviendra que pour briser le foyer de celle qu\u2019il aime et lui ravir son âme.II habitera ensuite Wuthering Heights, demeure de ses anciens maitres, et en fera un véritable enfer.Enfin, par un voeu diabolique, il se plongera lui-même dans des tourments sans nom.Catherine.morte, viendra durant vingt ans hanter sa mémoire et troubler sa raison.Laurence Olivier (Heathcliff) et Merle Oberon (Catherine) offrent un jeu d\u2019une grande intensité dramatique.Scénario, décors, mise-en-scène, tout concourt à faire de \u201cWuthering Heights\u201d un film de grande classe.; Le programme comprend aussi un dessin animé et quelques bons documentaires.La représentation commencera à huit heures et trente, précises, Paul TOURIGNY DIEUX ou FAUX-DIEU?suite de la première page n'en jugerez pas moins le témoigne\" d'un HOMME, philosophe et théologien, À.D.Sertillanges, qui a écrit: \"Quand le mariage est parfait, il n'est pas besoin de faire appel à l'autorité, une sagesse confiante gouverne sans s'inquiêter de savoir qui a trouvé la bonne solution\" (1) Vous vous estimez intelligent, dois la comprébension est facile.Et puis fin savant, si vous vous reconnaissez le devoir de protéger la femme, il est logique que vous lui accordiez des droits à défernre.En dernier liew, c'est pénible à dire, mais vous avez très peu de suite dans les idées.Remarquez que vous vous contredites catégoriquement dans votre engueulade.Au début, vous admettez et spécifiez que l'émancipation féminine a été élaborée par des bommes mariés, et voilà qu'à la fin de votre article, ces mêmes hommes mariés agissent en codificateurs et déclarent la femme incompétente en plusieurs circonstances.Est-ce ne par basard, n'étant plus étudiants, Ils auraient perdu leur caractère d\"\"hont- me raisonnable\u201d?Péguy a écrit: \u201cIl ne faut qu\u2019un méfier par homme\u201d.Je vous conseille donc amicalement de faire le vôtre qui est de penser avant d'écrire .JUDITH (1) Féminisme et Christianisme.N.D.Jalt, Voir en pago 4 le texte de Réjeanne lofrançois.Un autre de Henri Côté paraîtra dans le prochain numéro.«LE QUARTIER LATIN» Membre de le C.U.P.2900, boulevard du Mont-Royal, Montréal Imprimé par LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 160 cst, rue Ste-Catherine Montréal Les Étudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin CHEZ DEOM 1247, Seint-Denis Montésl RA Rar Lt SEL BEE dcr aki Toast LIN oe de Seta SA es Pr REA i aid pp ls MARS 1046 MARCEL Le violoncelle, instrument expressif au possible, n'offre habituellement aucun intérêt à être entendu en solo autrement qu'entre les mains d'un maître.Voilà ce qui explique le nombre si restreint de violoncellistes récita- listes dont les exécutions rejoignent les hauteurs atteintes par les nombreux maîtres du violon et du piano.Marcel Hubert est parmi ces maîtres je crois, du moins il y sera avant longtemps.Passablement jeune, il à tout à attendre.Son nom sera digne de figurer à côté des grands violoncellistes de notre siècle parmi lesquels on distingue surtout: Casals, Feuermann, Piatigorsky, Cassado et quelques autres moins connus comme Schuster, Maréchal et Eisenbers.Dans l'Adagio de Tartini, qui ouvrait -on programme on reconnut tout de suite en Marce Hubert un grand violoncelliste.La sonorité est d'une richesse inaccoutu- rée, surtout dans le registre grave des cordes do et sol.Cependent elle ~anque passablement d'ampleur et de olume.Beaucoup même quand on pense à Feuermman, surtout à Pieti- sorsky.Heureusement ce point est un iscteur secondaire dans les pièces de l\u2019époque classique et la Suite Ancienne (Sonate en Sol majeur) de Bréval qui \u201cvit sonna très bien.Les \u2018\u2019Fantasie-Stücke \u201d de Schumann :-viennent souvent dans les récitals de violoncelle.Les trois qu'a joués f'arcel Hubert sont très belles et font voir en Schumann un précurseur de Brahms.La Deuxième Sonate de Bohuslav Martinu était une première sour Montréal.Martinu est un compo- ateur tchéque que la guerre à amené on Amérique.De formation française, Martinu s'exprime dans une langue \"rès claire, noble et dont les envols passionnés conviennent tout spécisle- rent au violoncelle.Cette sonate fut donnée en première à New-York il y .cuelques mois par Marcel Hubert e vendredi dernier, LE QUARTIER LATIN HUBERT et le pianiste tchèque Rudolf Firkusny.n trois mouvements, le dernier Allegro commodo est le plus intéressant à la fois comme rythme et comme mélodie.Je crois que Marcel Hubert est à ate un des meilleurs exécutants de la curieuse Sonate de Debussy\u2019 Elle convient parfaitement à son style qui est d'un raffinement poussé à l'extrême.Debussy a évidemment jeté par dessus ord la forme sonate classique des Mozart et des Beethoven ainsi que la forme cyclique des Franck pour en faire un genre de suite en trois parties: Prologue, Sérénade et Finale dont les deux dernières sont liées.L'exécution fut transcendante du commencement à la fin.Ce fut le point culminant du programme.Le travail du pianiste Harold Hart est à souligner, quoique par moments on avait l'impression d'une certaine lourdeur dans la main gauche surtout.Le dernier groupe comprend toujours, par tradition, des pièces courtes.L Intermezzo de l'opéra \u2018Goyescas\u2018 de Granados-Cassado fut joué avec le feu nécessaire.\u201cLe petit âne blanc\u2019 de Ibert-Maréchal est bien fantaisiste tandis ue ls Gavotte de la Symphonie Classique de Prokofieff-Kinney sonne bien mieux à l'orchestre.Le Rondo de la Sérénade Haffner de Mozart-Stut- schewsky est de la grande virtuosité et Mozart n'y est guère reconnaissable.C'est un \u201c\u2019show-piece excellent pour terminer un récital.Cela vaut certainement \u2018La source\u2019 de Davidoff ou la Tarentelle de Popper.Dans les rappels, à remarauer surtout Hora-Staccato de Dinicu-Heifetz qui fut joué avec un coup d'srchet staccato formidable.Ce récital reste quand même inoubliable surtout à cause de la Sonate de Claude Debussy, Claude de France comme disait d'Annunzio.Gilles POTVIN LA FACULTÉ DES LETTRES A-T-ELLE DU BON SENS?Mon cher scrutateur, Je ne sais pas qui vous étes.Je frappe donc dans le vide; d\u2019ailleurs il ne faut pas s'attendre à frapper d'autre chose après avoir lu un tel article.Et il est tout à fait juste que vous restiez \u201cignoré\u201d mais non ignorant.Où donc avez-vous puisé vos renseignements pour faire de telles calomnies?Ou bien vous êtes venu vous-même ici et vous n'avez rien compris: ce qui n\u2019est pas surprenant.Ou bien vous vous êtes basé sur des qu\u2019en-dira-t-on ou sur des ouï-dire: ce qui ne vaut guère mieux.Et quand ces calomnies sortent de la bouche de clercs mal éclairés, on reste, pour employer votre chef-d'œuvre d'expression, on reste dis-je, pantois.; Mon cher scrutateur, notre université ne nous propose pas comme modèle, l\u2019Evangile sans défaut de maitre Honoré de Balzac.Et si le programme nécessaire à la formation intégrale et complète de la littérature nous force à étudier ces auteurs, Soyez sans crainte et dormez sur vos deux oreilles.Cette étude est faite avec la plus grande circons- bection, sous la surveillance de professeurs religieux ou laics qui ont autant à cœur notre formation morale qu'intellectuelie.L'autorité connait la loi de l\u2019Index; elle connait aussi le Droit Canon, jose que vous me semblez ignorer.Si d\u2019une part il est défendu de lire Ces œuvres, d'autre part est-il permis à certains esprits formés, de lire âVec réserve ces œuvres afin de les connaître et d'être mieux en mesure e les critiquer.Cette méthode porta déjà ses fruits puisqu\u2019un de PE Jeunes confrères publia dans Enseignement Secondaire un article \u2018où il étudie le cas de madame Bovary, et sérieusement et très à fond.Une analyse simple et loyale y montre que Flaubert a prêché là, sous son laborieux effort d\u2019entrailles, sa conception à la fois anti-chré- tienne et anti-humaine de l\u2019homme\u201d.Mais que dis-je?Ce sont vos paroles mêmes.Mais oui.Vous approuvez cette étude, et vous désapprouvez la source d\u2019où elle provient.Vous admettez l'effet et vous niez la cause de cet effet.Comme vous êtes logique! Ou plutôt comme vous êtes illogique! (De peur que vous ne me compreniez.) Mon cher scrutateur, on ne nous propose pas l'Evangile sans défauts de maître Honoré de Balzac ou de ses semblables.La permission de lire ces livres a été obtenue directement de l\u2019archevêché de Montréal.Une liste des élèves qui peuvent les consulter est affichée dans les principales bibliothèques de la ville.Donc l'Eglise sait ce qu'elle dit; l\u2019autorité de notre école sait à quoi s\u2019en tenir canoniquement ct légitimement.De là nous n\u2019avons pas besoin \u2018\u201c\u2018d\u2019avoir avec le ciel des accommodements'\u2019.Et comme vous, mon cher scrutateur, nous aurons a passer par la porte étroite; mais si vous continuez à écrire encore d'aussi affreuses calomnies vous serez peut- être obligé de vous servir de Ja porte cochère, à moins que votre \u2018\u2019innocence\u201d ne vous sauve étant donné que vous voulez rester enfant jusqu\u2019à quatre-vingts ans, ce qui me semble facile à croire.Roland CÔTÉ (1) Réponse à un récent article des Carnsts viatoriens.N05 CRITIQUES VONT DES FROUGSARDS! \u201cFrance-Film n'est pas très content de vous .Vos critiques de l'Arcade commencent à l'embêter .Les insinuations (1) que vous faisiez dans une récente livraison du Quartier latin n'étaient pas très gentilles .D'ailleurs nous avons mis la chose entre les mains de nos avocats .\u201d Voilà à peu près le langage que nous tenait i y a quelque temps, le hérault salarié de la Maison France- Film.Et i'on a bien ri a la salle de rédaction .Ce petit fait apparemment sans importance, est quand même l'indice d'un état d'esprit déplorable.En ce malheureux pays le public doit se soumettre aux goûts et aux instincts des financiers qui se sont institués fournisseurs de sa pature intellectuelle.Et celà sans la moindre petite protestation, sans la moindre plainte.Cette situation absurde existe dans tous les domaines de notre activité intellectuelle: théâtre, cinéma, édition, radio, etc .En d'autres pays, le public ne se gêne pas pour manifester à sa façon ses jugements.lci, nous sommes probablement trop timides ou trop bonasses.Cependant, le public est en droit d'attendre de la critique officielle des jugements honnêtes et des directives.Hélas! telle n'est pas l'attitude des maîtres-courtisans de nos journaux.La critique dramatique est tellement pitoyable et faisandée, que celà tient du scandale.C'est à se demander si certains journalistes ne sont pas plutôt employés des directeurs de théâtre que de leurs journaux.Curieux de connaître le fond de \u2018histoire, nous avons pris la peine d'observer ce qui se passait.Les résultats de nos observations sont édifiants.Supposons, par exemple, que l'on monte un spectacle quelconque à Montréal.Le directeur s'empressera de convoquer les journalistes à un inoffensif coquetel.Jusqu'ici, tout va bien.|! s'efforcera d'être très gentil avec chacun: s'il doit ramper, il rampera.Les imbéciles comme les autres seront traités avec tous les égards.\u2014 \"Vous voulez vingt billets pour votre belle- soeur?\u2014 C'est bien normal, cher ami, vous en aurez trente .\"\" Le scotch coule à flos, tes petits fours se promènent, les cigares se consument .L'on s'amuse bien avec le directeur X, mais c'est bientôt le temps de se quitter et le brave directeur ne veut pas laisser ses bons amis sans leur remettre la traditionnelle enveloppe.\u2014 \u201cVous trouverez là-dedans tout ce qu'il vous faut pour bâtir d'excellents papiers sur le spectacle.\" Le directeur a dit tout ce qu'il vous faut .Les journalistes sont rassurés: les billets verts y sont! Et le spectacle sera \u2018\u2018le plus beau de l'année\u2019, et \u201cles interprètes se surpasseront\u2019 et ce sera \u2018la gloire\u201d.N'est-ce pas que c'est simple ?C'est simple, mais ce n'est pas très onnête.Et ce qui est pire, cette pratique est entrée à fond dans les moeurs de nos critiques.Le journalisme est devenu un commerce comme un autre avec la seule différence qu'il n'est pas régi par la loi.C'est dire que le marché noir y est florissant.Un journaliste à qui nous faisions part de nos inquiétudes eut cette réponse admirable: \u201cVous comprendrez, jeune homme, lorsque vous aurez une femme et quatre enfants .* (Je comprendrai quoi?\u2014 Qu'il est permis d'être malhonnête si l'on a une femme et quatre enfants?) Le deuxième responsable après la critique est le journal lui-même.Comme l'on sait, la source principale de revenus d'un journal est la publicité sans laquelle il lui serait impossible de vivre.r les annonceurs ont des exigences auxquelles se soumettra ou non le journal selon qu'il a des principes ou qu'il n'en a pas.Dans la plupart des cas, les autorités du journal donneront des directives non équivoques à leurs subalternes.Et le petit journaliste qui, pour avoir donné un jugement consciencieux fera annuler un contrat de publicité, ne fera pas vieux os à la page des arts: il prendra vite le chemin des chiens écrasés.Aussi, le public, le critique et le journal ne prenant pas leurs responsabilités, il n'y a pas à s'étonner de la médiocrité des spectacles présentés au Canada français.Ce qui vaut pour le théâtre vaut également pour le cinéma.S'est-on jamais rendu compte que la critiqite cinématographique est inexistante à Montréal?C'est pourtant la vérité.Chose inouie, il n'y a qu'un scul journal qui se préoccupe autant qu'il le peut de la question et c'est .Le Petit Journal.Remarquons toutefois, singulière coincidence, que cet hebdomadaire ne fait pas de publicité aux cinémas dont il critique les films.Nous ne parlerons pas de la critique littéraire.Elle n'existe que pour aduler sans aucun discernement le premier venu qui a fait son livre.Notre ays est le paradis des gratte-papier.Ne suffit-il pas en effet de publier une ânerie quelconque pour être immédiatement considéré comme écrivain et même comme génie ?+ Le but de ces quelques remarques décousues a été de signaler une anomalie absurde: l'absence d'une critique à la fois honnête et intelligente au Canada français.Nous n'avons pas dit, cependant, qu'il n'existait pas de bons critiques.Heureusement, Ps'en trouve quelques-uns: nous affirmons qu'ils sont trop peu nombreux.: Jacques HEBERT (1) Quartier lotin, le 22 Janvier 3946: ou sujet des critiques du Jour: \u2018\u2019Ou Le Jour est bien maladiolt dans le choix de ses critiques, ou il à Intérêt (comme le quasi- totalité des Journaux de Je métropole) à ménager Frence- Film.\" La note était signée: J.H.La Société du Film de l\u2019U.de M.vous présente: \u201cWUTHERING HEIGHTS\u201d a Pécran du grand amphithéitre, samedi le 9, à 8 heures et 30.On présentera en plus un dessin animé et des documentaires.(le tout pour la somme modique de 25 cents) AUX ETUDIANTS ETRANGERS Vous êtes invités à collaborer à la formation d\u2019un club qui nous permettra de nous connaître d\u2019abord, de nous entr\u2019aider peut-être et de mieux connaître le Canada et les Canadiens.: Si cela vous intéresse, adressez- vous à Léon King (HA.4985).TOBOGGAN PARTY Organisée par les Etudiantes en Diététique \u201cFreshmen Class\" Glissade \u2014 Lunch \u2014 Feu de Cheminée DANSE le jeudi, 14 mars 1946 Toutes les étudiantes en Diététique ont des billets.PAGE TROIS DEFAUW ET AUTRES Je m'excuse de ne pouvoir énumérer tout au long les noms de ceux qui ont contribué à faire du concert symphonique (Plateau, mardi 26 fév.) un des concerts les plus réussis de l'année.Bach, Brahms, Beethoven: M.Defauw et son orchestre étaient 13 dans leur élément.M.Hervé Baillargeon fut aussi brillant que d'habitude dans la Suite no 2 pour flute et cordes de Bach.Peut-être y avait-il au Plateau lus de cordes que Bach avait jugé on den mettre .Les liseurs d'Aldous Huxley se sont rappelé, sans doute, la description\u201d de cette suite, vers le ébut de \u2018Point Counter Point\u2019.L'interprétation de Defauw et de Baillargcon était en tous points digne de cette description.Pour apprécier le double concerto pour violon, violoncelle et orchestre, il faut être un fervent de Brahms.Les musicologues nous apprennent d'ailleurs que cette pièce, peu appréciée lors e sa première et même du vivent du compositeur, gagna peu à peu en popularité .Pour des \u2018messieurs de l'esprit françeis \u2019, enthousiastes d.Bach, Ravel, Stravinsky, cette composition, surtout dans le premier mouvement, dut paraître lâche, vague, un peu facile.Quand on aime vraiment rahms, ce concerto est très beau.Roland Leduc et Alexander Brott furent magnifiques dans ce concerto.orsqu'ils sont en quête de solistes, ces messieurs pourraient peut-être, qui sait ?inviter M.Brott .On aurait pu croire que la septième de Beethoven, une des pièces de base u répertoire du Plateau, aurait été interprétée \u2018\u2019haut la main\u2018.Mais bien des auditeurs ont dû, comme nous, se regarder l'un l'autre en grimaçant de déplaisir, lorsqu'un de ces cors ou une de ces trompettes, croyez-le ou non, faussaient .Dars Bartok, ces accents eussent été inimitables, s'ils s'étaient produits au bon moment .Mais dans eethoven, ils ne pouvaient que maintenir les auditeurs dans leur scepticisme eu sujet des cuivres de l'orchestre.part de quoi, la septième, elle aussi, fut trés bien .Freidrich STEINER L'Arcade présente cette semaine une pièce canadienne en primeur: \u2018\u201cMademoiselle Suzanne de Paul Rême.Ce n'est pas tous les jours qu'un produit canadien de l'art dramatique est soumis à l'épreuve finole de la création.Paul Rême est, d'après les notes du programme, un industriel montréalais qui écrit des comédies durant ses loisirs.C\u2019est tout de même mieux que le golf ou les cartes.M.Rême va même plus loin, il ne se contente pas de la forme traditionnelle, il s'enfonce dans des domaines inconnus, il recherche du nouveau.Mais 1l n'y trouve pas grand\u2019chose.La pièce: Bonne, ne pèche pas par l'originalité, dialogues assez vivants, intrigue qui s annonce pes trop banale mais qui le devient.Les caractères dans la pièce: Aucun.Les décors: Très bien, surtout celui du jardin d'hiver.Félicitations à Marcel Salette.Les acteurs: Marcel Journet et Antoinette Giroux dont les efforts sont inutiles.Jean Duceppe s'en tire bien.Janine Sutto est délicieuse.Denis Drouin promet beaucoup.Excellents seconds en Armand Marion et Maurice Gauvin.Le public: Médiocre au possible.Il rit toujours au mauvais moment pendant que le \u201ccoke\u201d lui chatouille la gorge.Au total je crois que Mademoiselle Suzanne est mieux, moralement, que ce qu'on y joue d habitude.Mauriac mis à part, bien entendu.G.P.À PROPOS DE Montréal, le 27 février, 1946.RE: Actualité, dans le Devoir, mardi lc 5 février, 1ère page, article signé par Jacques Delisle.+.\u201cP\u2019ulsion allègre grave jaune assoiffée\u201d, \u201cAspiration lucide accrochée dans les cerceaux\u201d, \u201cSurréclle tourbe acrobate\u201d, \u201csouplesse: réalitd palpable automatique\u201d.\u2014 \u201cQQ, 37\" \u2014 \u201c5.45\u201d \u2014 \u201c184 \u2014_ \u201c3.45\u201d \u2014 \u201c1,46\u201d.Un vrai code militaire! ct des plus indéchiffrables, messicura! Seuls les ini- tids s\u2019y comprennent, .Müais un Pierre Gauvreau, un l\u2018er- nand Leduc, et consorts, ne peuvent noux leurrer, avec leur \u201cPulsion allègre yrave jaune assoiffée\u201d, leur \u201c6.45\u201d, ete.(Et encore 100 lignes).- Monsieur, Vous avez raison, seuls les initiés s'y comprennent, seuls les gens quelque peu instruits dans l'art voient clair.Comme dans tous les domaines, pour pouvoir traiter de la peinture, il faut posséder un \"certaine\u201d éducation, A remarquer que même dans cet art, il y a des \u201cattrapes\u201d qui prennent plus d'un primaire.Monsieur, vous avez été pris, vous êtes tombé dans le panneau, et tout entier.Tous ces titres d'\"Abstraction No.X\", d'\" Aspirations lucides .* et de \u201cRéalité palpable automatique\u201d semblent vous avoir quelque peu dérouté, assez même pour vous inciter à déméler une bonne vase.Comprenez bien ceci et votre article vous deviendra un \u2018remords\u2019: Un nom est un mot qui sert à désigner une chose, et de là, à distinguer cette chose d'une autre.Ainsi, dans la peinture mo- PEINTURE .\u2026 derne comme dans la peinture de tous les temps, un nom quelconque, un numéro peut suffire pour distinguer tel tableau de tel autre.C\u2019est tout ce à quoi leur titre sert.N'allez donc pas chercher midi à quatorze beures.Quant à la complication de certains titres qui ne vous disent rien, dites- vous dome que même les artistes aiment à rire.Si nous ne sommes pas assez clairs et que vous êtes \u201cartiste\u201d, adonnez-vous un peu aux arts sur lesquels vous griffonnez; après seulement, vous vous permettrez d'écrire dans une feuille respectable.Louis FRANCHET N.B.: Cette lettre aimablement envoyée au Devoir pour fins de publication y a été refusée avec empressement.LES FESTIVALS DE MONTREAL La Société des Festivals de Montréel est heureuse d'annoncer un concert de musique mphonique que dirigers Douglas Clarke doyen de la faculté de musique de l'université McGill, le vendredi soir, vingt-neuf mars, à huit heures et demie au théâtre His Majesty.Ce concert est orgonisé en hommage à l\u2019un des fondateurs du ntréal Orchestra et l'âme dirigeante de cet ensemble pendant onze ans.A cette occasion, le programme sera le suivant: 1.8) Walk to the Paradise Garden Delius b) On Hearing the First Cuckoo in Spring ~~ Delius 2.En Saga \u2018Sibelius 3, Concerto en ré mineur pour pieno et orchestre\u2018 \"Mozart 4, Symphonie No 1 en ut ny es ae PAGE QUATRE Représentation supplémentaire de
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.