Le Quartier latin, 5 mars 1943, vendredi 5 mars 1943
[" MONIREAL, 5 MARS 1943 Directeur: MAURICE BLAIS A LIRE DANS CE NUMERO L'OEIL DE CARABIN UNE DOUCE CHANSON Jae F, C.U.C.CHEZ NOS EDITEURS PIERRE VAILLANCOURT JOURNEES PAN-LATINES NOUVELLES DU BLOC \"SOURCES\" CLAUDE LUSSIER EN MARGE DE LA FETE DE SAINT-FHOMAS PIERRE LAPORTE SAGESSES LE SAGE ANNE MAYRAND u.nr.RECTIFICATION PAUL VAILLANCOURT JAN KIEPURA G.i SHU WILLIAM OSLER A-GUY COURTOIS REMEMBRANCE MAURICE RIEL A M.FERNAND SEGUIN QUILBERT-P.GARNIER LE SPORT FOUR UNE PAIX TOTALE GEORGES DUFRESNE S'ELEVER POUR ELEVER DENYSE DAZE 10.SOUS LE NUMERO up y 7 A A I BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE EL EN | 2 \"C'est le plus beau pays du monde, quand il neige sur mon pays.\" PAR-DESSUS LES FRONTIERES MARCEL BLAIS Etude complexe que celle de nos relations avec les Etats-Unis.Nous avons de si nombreux problèmes intérieurs à régler, notre indépendance est si récente que, nous ne savons pas sur le plan international adopter une politique précise.Il existe l'art d'évoluer selon les circonstances, le «wait and see» historique et pratique; néanmoins, il importe de chercher des lignes directrices qui doivent guider notre action au-delà de nos frontières.Nous sentons aujourd'hui que nous devenons plus américains, que nos relations avec les États-Unis sont plus étroites.Ici l'histoire récente rejoint la géographie pour nous attirer dans ce sillon.Les ressemblances sont grandes entre le Canada et les États-Unis.Elles ne sont pas toutefois entières, totales.Origine commune : il y a trois siècles, l'Amérique du Nord recevait ses premiers colons de l'Europe occidentale.Les uns ont vite fait de briser leurs liens avec le vieux continent; les autres, longtemps des coloniaux, n'ont obtenu que tout récemment leurs libertés politiques.Ce mouvement dynamique de colonisation est maintenant arrêté : aux États-Unis et au Canada, il n'est plus possible dans les conditions actuelles d'accueillir de nombreux immigrants, Même constitution physique : ces deux pays ont des côtes sur l'Atlantique, le Pacifique; les systèmes de montagnes s'enchainent, les plaines se rejoignent, les eaux se rencontrent.L'Axe nord-sud le veut ainsi.Les systèmes économioues et sociaux sont semblables : chez l'un et l'autre règne le capitalisme moderne et son complément, le laissez-taire, que les événements se chargent actuellement de transformer; \u2014 donc, concentration financière, et comme conséquence logique, concentration urbaine.L'on se renseigne, étudie, surveille réciproquement : New Deal de Roosevelt et de Bennett, syndicats internationaux, politique du blé, commissions des prix et du commerce, comités du rtionnement.Même charte constitutionnelle : tendance démocratique, régime fédéral, avec Cour suprême, deux Chambres.Au point de vue culturel : l'américe- nisme nous guette de tous côtés; je réfère ici à ce qu'a écrit sur ce sujet M.Montpetit.Dans la guerre actuelle : même réaction contre le danger et besoin d'une défense continentale commune, nécessaire dans une guerre totale.Il existe aussi des différences profondes.Par exemple, dans les chiffres de la population et des revenus.Malgré cette constatation, le Canada demeure pour les Etats-Unis un allié précieux, et pour plusieurs raisons.Il est le cinquième ou sixième puissance commerciale du monde.Membre du Commonwealth britannique, cela lui donne, en plus de lourdes abligations, une importance diplomatique considérable.Le Canada agit comme un intermédiaire entre les deux groupes anglo-saxons.M.King l'a déclaré aux Communes canadiennes : «ln the furtherance of this new world order, Canada, in liaison between the British Commonwealth and the United States, is fulfilling à manifest destiny».De plus, notre pays est le principal client des États-Unis, qui, de leur côté, ont investi chez nous d'énormes capiteux.«For where vour treasure is, there will your heart be also .Plus que les Américains, nous sommes dépendants de l'étranger au point de vue économique : nous devons exporter 30% de toute notre production; 80% de nos exportations vont à l'Angleterre et aux États-Unis.Notre politique est donc conditionnée par nos relations économiques avec ces deux Etats mondiaux.Il serait important pour nous d'étendre le nombre de nos marchés si nous voulions élargir notre autonomie, autrement nous demeurons à la merci des fluctuations économiques qui pourraient se produire chez nos acheteurs.En 1940, notre balance commerciale avec les États-Unis nous était défavorable, mais par l'entente de Hyde Park, du mois d'avril 1941, les États-Unis se sont engagés à acheter assez de produits canadiens pour permettre au Canada de payer ses importations essentielles des États-Unis.Sans cette entente, nous devenions tributaires des États-Unis, à mesure que nos exportations vers l'Angleterre augmentaient(1) D'autres ententes ont aussi été conclues, dont le plus importante est sans doute celle qui tend à coordonner la production de guerre et l'exploitation des matières premières.Le Canada a été appelé à siéger dans cette commission sur un pied d'égalité avec les autres membres.On a aussi échangé des notes qui visent à la solution des problèmes de l'après-guerre.ll n'y a pas seulement sur le plan économique que les événements nous auront rapproché des Etats-Unis.Une entente militaire a été conclue à Ogdensburg, le 17 août 1940 : les États-Unis et le Canada ont signé un pacte de défense conjointe et ont établi une commission permanente chargée de la défense de l'Amérique du Nord.Déjà, des réalisations concrètes ont marqué l'utilité de cette commission.Des deux côtés de la frontière, l'on sent une volonté de collaboration intéressante; nous voudrions qu'elle soit pour nous aussi avantageuse qu'elle l'est sans doute pour nos puissants voisins.La fable du Loup et de l'Agneau se renouvellera-t-elle ?Fout-il croire dans le «good neighbour policy», institué il y à une décade par les Américains?Cette politique e pourtant apporté jusqu'à maintenant des résultats heureux pour les deux Amériques, bien qu'il reste encore beaucoup de projets à exécuter, d'erreurs à corriger.S'il est impossible de croire à une politique de coopération véritable entre les États, celle qui devrait animer les hommes dans l'après- guerre, aussi bien nous résigner dès maintenant à prêcher la faillite de notre civilisation.Les problèmes d'après-guerre demanderont des solutions continentales, comme le désirent les hommes qui se préparent à apporter au Canada et eux États-Unis une paix durable.Dans ce but, l'on invoquers certainement le besoin d'une centralisation essentielle à Ottawa; à nous, dès maintenant, de veiller à la protection de nos droits et de notre héritage particulier, à nous de retenir les leviers de notre destinée (1) Cette remarque est de M.F.R.Scott, qui sur ce sujet des relations canado-sméricaines, a écrit une brochure intéressante : « Conada and the United States».VOLUME XXV,\"IN6.sr Rédacteur en chef: BILLET DE LA SEMAINE RECONNAISSANCE L'autre jour, j'ai découvert dans Larousse un mol bien français épclé reconnaissance el qui désigne, paraît-il, un sentiment d'appréciation éprouvé par une personne à l'endroit d'une autre personne lui ayant rendu un bienfait, mérité ou non.Intéressée par ce fait, j'ai poussé plus avant mes recherches et J'ai trouvé que ce sentiment très joli, au temps où àl existait, se manifestait de diverses façons.Un petit mot de cing lettres, pas du tout cabalistique et pourtant depuis belle lurette oublié: \u201cmerci\u201d, en était alors l\u2019expression lu plus simple et la plus couramment employée.Un sourire, un regard, une poignée de mains, un souvenir fidèle, un service rendu à l\u2019occasion, la mémoire du coeur, surtout, étaient les témoignages plus où moins immédiats rendus aux débiteurs.Oh! comme les gens devaient être heureux à celle époque merveilleuse où de telles coulumes avaient cours! .Nul doute, ces usages doivent remonter très loin dans les siècles antiques, sur une terre qui conservait encore un air de paradis ct où devaient déambuler des espèces d'anges ou de surhommes! .Car nous, en notre ère de trés raffinée civilisation, nous est-il jamais donné d'entendre où de voir pareilles choses?.Quelques rares phénomènes, probablement personnes d\u2019un autre âge oubliées sur notre planète, manifestent parfois limidement des vestiges de cette qualité jadis attribuée à l\u2019homme.Mais d'ordinaire, montrés du doigt, moqués, ridiculisés par les gens d'esprit qui les entourent, ils ont tôt fait de refouler leurs élans et se contentent d\u2019entretenir secrètement en leur âme, une petite flamme toute vacillante de gratitude.C\u2019est qu'aujourd'hui les gens sont débrouillards.Les gens sont.d'affaires.T'out ce qui vient d'autrui est dû, c\u2019est loi.Les mots \u201cdons\u201d et \u201cbienfaits\u201d sont rayés du vocabulaire avec tous ceux qu\u2019ils pourraient ou.devraient entraîner.Quant aux faveurs, aux choses demandées, une fois qu'on les a obtenues \u2014 ce doit être pathologique \u2014 on oublie prestement et les personnes qui les ont accordées et les circonstances qui ont concouru à leur obtention.Même s\u2019il y eut démarches répétées, sourires miclleux, trop belles paroles accompagnées de clignolement d\u2019yeux \u2014 car les yeux humains ne s'habilucront jamais à mentir! \u2014 approches, ficelles, intrigues, tout disparaît dans une brume nébuleuse d'où émerge seulement lu fatuité d'avoir réussi TOUT SEUL, et le désir impérieux d'aller toujours de l'avant sur la route du succès.Et alors, malgré toute notre civilisation, il arrive que les enfants, peut-être parce qu'ils n\u2019ont pas été élevés dans ce sens, ne savent plus dire merci à leurs parents.Adolescents, ils ne savent plus reconnaître les sacrifices consentis à leur égard, et hommes, ils ne savent plus donner des preuves tangibles, pécuniaires ou autres selon le cas, d'une reconnaissance lout au moins de bon aloi.Les élèves ne se sentent plus nullement obligés envers leurs éducateurs qu'ils considèrent comme des espèces de robots d'où s'échappe à heure régulière un enseignement plus ou moins agréable pour lequel ils ne manifestent jamais la moindre parcelle de gratitude.Les employeurs pensent très rarement d remercier leurs employés autrement que par la rémunéralion monétaire, el ceux-ci n'onl pas la moindre idée qu'ils doivent quand même d ceux-ld leur situation el leur puin.Il existe de moins en moins de personnes capables de se graver bien au coeur un bienfuil reçu et, à l'occasion, d'en souligner la mémoire par un service opportun.Et puis, y a-t-il vraiment beaucoup d'amis très sincères dans leur reconnaissance à l'égard des amis?.Et pourtant, il serait gi facile de faire refleurir sur la terre cet âge d'or de la reconnaissance.Aujourd'hui qu'on dépense tant de salive et d\u2019encre à parler d'après- guerre, \u2018de reconstruction, de re-modernisalion, pourquoi ne nous emploicrions-nous pas à nous rebâlir chacun, individuellement d'abord?Et la reconnaissance pourrait être un des premiers articles au programme.Car ce senliment qui, pris isolément, a l\u2019air d'une toute petite chose, peut réperculer de façon formidable sur la société.Imaginez que chacun se souvienne de tout ce qu\u2019il doit d lous, qu'à l'occasion, il le rappelle aimablement à ses bienfaiteurs, qu'il s'efforce, si cela lui est possible, de prouver sa gratitude par des faveurs en relour, ima- ffinez alors quels prodiges s\u2019opéreraient! Que de sourires heureux! que de mines joyeuses qui étuient jadis renfrognées! que de cours dilalés toul prêts à donner encoré! que de délicatesses engendrées! que de justice! que de charité enfin, car les vertus sont d ce point connexes qu'en pratiquer une véritablement, c'est adopter toute une série de bonnes habitudes.Souhaitons donc que le mot RECONNAISSANCE reprenne sa place dans nos vies, lé mot MERCI sur nos lèvres, afin que s'inscrive partout en nous el autour de nous le mot magique de BONHEUR! LUGE LA Je GASTON POULIOT PAGE-DEUX-.+ LE, QUARTIER- LATIN MORE CRACK-POT FRENZY! En lisant la \u201cGazette\u201d du 19 février je fus quasiment pris du coup- de-pompe.Ceux, parmi vous, qui êtes lecteurs du malhonnête journal de la rue S.- Antoine avez sans doute remarqué qu'il serait difficile pour un quotidien de souhaiter un visage plus américanisé que celui de ls \u201cGazette\u201d.Des chroniques régulières les plus lues jusqu\u2019aux \u2018\u2018cartoons\u201d et \u2018comic strips\u2019 tout est américain.Mais si les traits du visage sont américains, l\u2019âme de la \u201cGazette\u201d \u2014 si tant est que les capitalistes ont une âme \u2014 est irrévocablement \u201cBritish\u201d et impé- risliste, \u201cBritish to the core\u2019 comme ils disent.Foujours nous avions cru qu'à ls \u201cGazette\u201d la haine de ce qui n\u2019était pas \u201c\u2018British\u201d était la haine la plus savourée.Croyez-le ou pus: nous nous trompions.leur delenda est c\u2019est le Canada-français.La haine de ce qui est cunadien-français l\u2019emporte même sur celle de l\u201d\u201canti- Britishism\u201d.(Test leur haine su- préme.A preuve, le texte qui suit.Il et reproduit du \u201cVancouver News- Herald\u201d.la \u201cGazette\u201d lai fit place en page éditoriale.Son auteur est Elmore Crack-pot alias Elmore Phil- pott.Pour ceux qui ne csunaîtraient pas l\u2019individu, faisons ces présentations.Il s\u2019agit d\u2019un publiciste ou plus exactement d'un commis-voya- geur en thévrie= politiques doublé, au surplus, d'un imbécile.Notre illuminé se fit connaître, atteignit même une certaine célébrité, au temps du plébiscite.Son truc: une grande croisade de discours a mari usque ad mare.Ce chevalier errant, ee nouveau Don Quichotte d\u2019outre- Manche, était accompagné dans son pèlerinage vers Utopia d\u2019un cavalier servant, grotesque Panca: un certain Hertel Larocque.Celui-ci serait un ancien secrétaire de Carnillien Houde, ce qui nous garantit, tout de suite, le sérieux de l'affaire et des observations rapportées.Voici done, sans plus tarder, les impressions du confrère Elmore sur les résultats du plébiscite.Lisez-les, en ayant toujours présente à l'esprit cette prétention des Anglo-Saxons qu\u2019ils sont la race la plus imbue de tolérance qui se puisse trouver sur terre: Where le Devoir and the parochial minded French-Canadian isolationists make their great mistake is as follows: They are as ignorant of or indifferent to the steady mounting resentment against French-Canada in the rest of this country us they are to the real issues at stake in this war.What they huve overlooked is this.It may be possible for a well organized French-Canadian li- tical bloc so to wave the club of an orgunized threat to the government at Ottawa that that government will not do what the great majority of the clectors asked it to do in the plebiscite of last year.It may be that the craven govern ment will even continue to ignore the fact that tens of thousands of French-Canadinns simply ignore their call-up notices even for home service conscription.It may be in brief that French- Canada can make a farce of the Canadian constitution as it now INSTITUTION CANADIENNE-FRANÇAISE LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE PHARMACIE EN GROS exists.For that constitution does not recognize the state of affairs when a French-Canadian vote out- weights three ballots cast by English-speaking ians.But what those like Le Devoir never seem to understand is the probable consequences of the success of their own campaigns of political blackmail.They do not seem to understand\u2019 that if the great mass of the Canadian people once become convine- ad that the Canadian constitution us it now stand is unworkable, that they will set about writing a new constitution; or in taking other political steps to cut through the entanglements of never-ending internal desdlock.It might pay those who share the view of Je Devoir to study the history of some other democracies.It might pay Le Devoir to consider the implications of the meaning of the old school-boy riddle: \u2018What happens when un irresistible forec meets an immovable object 2° The answer of course is that \u201csomething busts.\u201d What will bust if the artificially maintained deadlock persists wi be the present Canadian constitution.One can only guess at the conditions which might surround the writing of a new Canadian constitution after « war in which the English-speaking majority was overwhelmingly and fervently con- vineed that it had been hamstrung hampered and hindered at every turn by an unsympathetic minority at home.But one need not guess about some of the outcome of such a national turning point.If the majority was unanimously convinced (and Le Devoir must know that it is) that the French-Canadian minority is overstepping the mark, which preserves its special position in Canada, that majority might well sweep away minority rights with minority abuses.In plain words a militant Eng- lish-speaking Cansdian majority might decide to write a constitution in which but one official language was recognized; in which no church maintained any specially privileged position in Quebec or elsewhere; in which there was one public school system from coast to coast; and one code of law everywhere.Another possibility might be that THE ENGLISH-SPEAKING MAJORITY at long last would give up the long struggle to achieve ua workable relationship between the two major groups in Canada; and WOULD DECIDE TO MOVE FOR OUTRIGHT INCORPORATION IN THE UNITED STATES.That of course might superficially seem to offer the French- Canadian isolationists the utmost goal of their hopes.They might wrongly imagine that if such a thing happened they would be left to set up in Quebec a semi-fascist clerical-dominated state on the banks of the St.Lawrence.There could be no greater misconception.If English-speaking Canadians ever decide to cry quits on the nation-building attempt\u2014if they decide to apply for admission to the American Union they will take good care to du so for all Canada and not just for any part.Perhaps then the French Canadians who live north of the Maine border, might conclude that con- seription plus what they had under the British North America Act was somewhat better than conscription plus what they would get under the American constitution.Que nos compatriotes anglo-saxons ne s\u2019occupent-ils moins du rationnement de la bière et de la vertu de tempérance pour s\u2019intéresser un peu plus à la vertu de tolérance ?Devant ce fait de notre permanence, je propose à mes compatriotes anglo-saxons qui sont plus réalistes que M.Philpott une autre solution.Elle m\u2019est fournie par M.John Grierson du Service fédéral de l'Information qui nous dit: , \u201cUp in Canada, we have an internal problem which is sometimes stupidly referred to as the \u2018problem of nch Quebec\u2019 (.) Our Anglo-Saxon minority, which is no greater than the French one but possosses that degree of mes- EE O L'OEIL de CARABIN sianic self-certainty which seems to be inseparable from tbe Teuton peoples, talks loosely of the French- Canadian Problem; the problem of course i simply that the Frenchman will not speak or think or believe like the Anglo-Saxon.For my part 1 think the problem is an Anglo-Saxon problem rather than a ch one.The French learn to speak English; they £ to great lengths to understand the Anglo-Saxon vie int, but you may take it that the last thing we Anglo-Saxon Cansdians do is Ww return the compliment (.) We take what we can from French Canada but, in the last resort we give it little in return.So elect do we feel as Anglo-Saxons, that we do not think to do so.Ît is a basic weakness in our character and attitude and among all those who have fallen under our influence; and it would be the greatest possible contribution to international understanding if we would only set ourselves still more busily to unlearning it.\u201d Fierre VAILLANCOURT IGNORANCE OU DEPIT?MacLean\u2019s, Toronto, ler mars: Voici en quels termes l'écrivain Stephen Leacock s\u2019extasie sur notre Université: \u201cLook at the abiding beauty of University College, Toronto, its spacious campus and woodland, all made from a flat piece of ground and a rivulet running in a hollow.Compare that with the sprawling hideousness of the new Univer- té de Montréal to which was granted some two millions dollars to disfigure as grand a site as ever a college received, the northern face of the Montreal mountain looking out over the Laurentians, clear to heaven.They haven't even faced it the right way.\u201d M.Leacock, ce jugement peu flatteur est-il le fruit d'une parfaite ignorance de l'architecture?Sinon, vous déplorez probablement que l\u2019Université de Toronto ne soit pas l\u2019Université de Montréal, et ceci, en l\u2019affirmant sous forme de dépit amer.J.-F.PARENT UN MOT DE M.WILLKIE Le financier-politicien américain prononçait récemment une parole, que rapportait un quotidien local, qui devrait figurer en quotidienne exergue À la \u201cGazette\u201d, dont on aurait souhaité voir tout le monde imbu lors des événements du plébiscite et du procès C'haloult, par exemple, et qui d\u2019ailleurs confond l\u2019un de ces illogismes dont s\u2019accommodent si bien nos respectables compatriotes de britannique origine: Saint-Louis Missouri.(B.U.P.) \u2014 Hier soir M.Wendell-L.Willkie candidat républicain à l'élection présidentielle de 1940 a prononcé un radio-discours pour ouvrir une campagne de souscription de $2 millions à la Croix-Rouge: Il y a défendu la liberté de parole dans les termes suivants: \u201cCeux qui voudraient faire taire ou injurier tout citoyen patriotique, quelque éloignées que soient ses vues de celles de la majorité comprennent très mal l'essence même de la liberté que nous défendons.\u201d DU FRANCAIS A TORONTO L\u2019Université de Toronto compte un \u201cClub de français\u201d qui, à en juger par ce qu\u2019en rapporte assez souvent le Varsity, nous paraît remarquablement actif.À noter qu\u2019il s\u2019agit là surtout \u201cd'étudiants de langue anglaise, qu\u2019intéressent la langue et la culture française.FRENCH CLUB TO PRESENT \u201cALTITUDE 3,200\" SAT.The University College French Club will t \u201cAltitude 3,200\" by Julien Luchaire as their annual full-length dramatic production Saturday evening at §.p.m.in * the Women's Union.The play written six years ago, ooncerns a group of 13 young people isolated from the world by an Alpine landslide and their differences of ideals, morals, polities and religion.\u201cAltitude 3,200\u201d is under the direction of R.D.C.Finch and Miss I.G.Balthazard of the University College French De ment.Seats for the performance have been entirely sold out.AUTRES DÉPARTS Le nombre des malheureux que le salut de la civilisation retire des universités canadiennes s'accroît toujours.164 viennent de plier bagages à l'Université de Saskatchewan, tandis que le nombre total de nos infortunés confrères s\u2019élève à 872, comme le révéle le \u201cSilhouette\u201d.On lira avec intérét le détail par facultés des laissés pour compte.Saskatoon Feb.7.\u2014 (C.U.P.) \u2014 164 students from the University of Saskatchewan have been reported to the Divisional Registrar for Selective Service.These results were released by a committee of the Faculty upon completion of midterm exam results.Lt.-Col.Rex- ford D.O.C.sat with the committee.65 of the reported students were from Engineering, 48 from Arts, 14 from Regina College, and 27 _ from Pharmacy.14 of the flunkees had left already, as well as 59 enlistees since the inning of The total loss to the student membership is 213.The reported students will not te asked to leave college immediately, but have forfeited the privilege of deferment and may enlist in any branch of the service.All of the students included in the list will not be included into the army upon receipt of their call up notices.Students such as farmers who are deemed essential in their work by Selective Service will be allowed to remain.This brings the total number of students reported to Selective Service to 872.Of the 12 colleges involved McGill has contributed 60 to the a te or less than one twelfth although MeGill is the second largest university in Canada.L\u2019AFFAIRE DU McGILL DAILY Elle commence de susciter des commentaires dans la presse universitaire.Voici, sans commentaires, un extrait saillant d\u2019un éditorial du Varsity, l'organe des étudiants de l'Université de Toronto, à cet effet : When a copy of Friday's issue of The Daily arrived the following day, it did not require minute examination to decide that MeGill University authorities had exercised excellent judgment in taking rapid and vigorous steps to halt publication.The \u201cCommerce Issue\u201d 18 undoubtedly in extremely poor taste.Its fake news stories are in some cases suggestive; very few are in the least amusing.It was a very bad joke indeed.UNE DOUCE CHANSON Pour vous, V.Je me sens le goût, el peut-être aussi la faculté, de tenter quelque chose que l'on a toujours dit irréalisable, .el que je sais lel:\u2014 impossible.à tout, sauf auz miracles de l'amour.Je voudrais écrire une chanson, faite de mots, qui pourtant serait aussi douce que la douceur \u2014 l\u2019authentique douceur, celle qui ne s'exprime.mais est riche de présence invisible .Si j'étais philologue je ferais d'abord l'inventaire de tous les mots de chaque langue, el en choisirais \u2014 non pas les plus beaux, ou les plus courts, mais bien ceux que l'on entend à peine, el qui font un bruit d'infini comme le silencieux départ d\u2019une âme \u2026 Puis, je joindrais tous ces mots, avec des liaisons créant des rythmes, el des élisions qui enchaîneraient le tout à l'idée unique \u2014 comme des amis qui joignent les mains \u2014 el ainsi, leurs vies.Ma chanson serait de trois strophes, mais elle serait rendue sans interruption, d'un seul souffle, \u2014 car lout ce qui est de l'amour erige une continuité sévère \u2014 presqu'un mouvement d'horloge .J'imagine que si je réussissais (je n'ai pourtant pas d'illusions là-dessus.) on aurait l\u2019impression, d m\u2019entendre, d'être à l'écoute d'un coeur à qui des lèvres ont été données.Oh! je n'aurais pas besoin d\u2019accompagnement, \u2014 pas même de violon en coulisse.Rien que les mots, et l\u2019atmosphère créé par leur dire, édifieraient le plateau el prendraient place de U'orchestre.\u2014 ce serait mon premier mot \u2014 puis, attentif au mouvement de ses paupières, bientôt j'oserais dire à la forme blanche qui m\u2019écoute: Vous!.c'est vous qui étes elle.De moi, Je parlerais très peu \u2014 d'ailleurs qu'aurais-je à dire?_ Mon histoire, c\u2019est toujours: rien que vous.l\u2019ex-elle\u2026.Je lui dirais: Voyez, je vous aime, et tout mon être en est le témoin, le martyr.Puis j'évoquerais, d'un pinceau tremblnnt ceux que nous scrions, nous deux \u2014 «> el noi.el je veux croià au'alors lui apparaîtrait le tendre emporement qu'est l\u2019amour, el son grave sourire me répondrail: oui.sans fin.Et notre vie toute ne serait que l'harmonieux prolongement de ma tentative \u2014 sa réalisation nos deux corps n'auraient plus qu\u2019une seule voix.ma plus douce chanson.esl une romance sans paroles, \u2014 el le demeure \u2014 et c\u2019est de mes yeux, lèvres de mon âme que vous l\u2019entendrez, demain, aujourd'hui, quand vous voudrez, mon amour.\u2014 \u2014 el encore c'est rien qu\u2019à votre âme à vous, qu'il est donné de brancher sur cetle longueur d\u2019ondes\u2026.Mais quand vous êtes là, pour vrai, toule la tendresse qui réside en moi, toute, m\u2019afflue à la bouche, el mon coeur amène à mes lèvres des mots d'amour, ne viendrez-vous pas de la présence des vôtres, accepler ces aveux, et répondre de même.5 MARS 194 JAC FORMES DE GOUVERNEMENT.Socialisme \u2014 Vous avez deux vaches \u2014 vous en donnez une au voisin.Communisme \u2014 Vous avez deux vaches \u2014 vous donnez les deux vaches au gouvernement qui vous donne une partie du lait.Fascisme \u2014 Vous avez deux vaches \u2014 vous ez les deux vaches dont vous donnez le lait zu gouvernement qui vous permet d\u2019en racheter une partie.New Deal américain \u2014 Vous avez deux vaches \u2014 le gouverne- .But it is worse than a mere bad joke.It is a damaging blow to the reputation for integrity of every college newspaper in Canada.Our publications serve in large measure as a liaison between the universities and the metropolitan press and general public.They aro read by nts and advertisers; they are requently quoted by the major newspapers.At any time\u2014but especially in days when general sentiment is certainly not unanimously friendly towards univer- sities\u2014the collegiate press should be vigilant to uphold its journalistio honour.And also surely in common decency to their regular readers, co to newspapers should refrain from the dessemans- tion of filth, ment tue une vache \u2014 achète le lait de l'autre vache qu'il jette à l'égout.Nazisme \u2014 Vous avez deux vaches \u2014 le gouvernement vous- tue et rend les vaches \u2014 vend le lait.apitalisme \u2014 Vous avez deux vaches \u2014 vous on vendez une et achetez un taureau.Crédit social \u2014 Vous tuez le tau- u.(Nouvelles - Canadian Vickers) Re: SAGESSES Rectification: la semaine dernière il fallait lire en deuxième colonne: \u201cLes vraies valeurs,\u201d et non: lei vraies couleurs.Le Sage ne tient ps} du tout à passer pour plus baroque qu\u2019il n\u2019est.Et il ne veut pas êtref4 Tangé parmi ceux que notre collabo-f rateur Pierre Vaillancourt fustiges!! 4 ici même ces dernières semaines.Ac ¥ lecteurs auront-ils tôt fait de rectifier [A d'eux-mêmes d\u2019après le contexte ?De 5 toute façon on risque si facilement d\u2019être mal interprété qu\u2019un peu &KN prudence n\u2019est pas de trop.G.P.Les Étudiants trouveront tow les volumes dont ils ont besoin CHEZ DÉOM, Montréal 1247, Saint-Denis FÉDÉRATION CANADIENNE DES UNIVERSITAIRES CATHOLIQUES Du nouveau?.Du vieux?.Du vieux et du nouveau.La Fédération Canadienne des Universitaires Catholiques (F.C.U.C.) existe deuis 1935.Elle a donc vécu huit ans et ce n\u2019est pas peu 8 dire.Chose curieuse, il existe un bon nombre d\u2019étudiants qui l\u2019ignorent totalement.La raison, c\u2019est que la F.C.U.C.ne s'est jamis recrutée sur une base numérique.Elle n\u2019y 8 tient pas non plus.Cependant, elle ne peut refuser d\u2019admettre dans ses cadres ceux qui sont à dignes d\u2019y accéder.C\u2019est pourquoi tous les étudiants sans distinction, ont droit de connaître cet organisme fondé pour eux.Qui ne se rappelle avec un souvenir bien vivant la semaine À d'étude canado-américaine tenue l au Canada en 1940 sous les auspices de Pax Romana.Cette manifestation publique de caractère international donna à notre Fédération une envergure extraordinaire sur le plan international.Et si lu guerre interrompt momentanément nos relations avec les fédérations des autres pays, il faut espérer qu\u2019elles renaîtront avec la paix.Pax Romana est une Confédé- l ration des fédérations universitaires catholiques des différents pays.Notre Fédération lui fut ÿ affiliée lors du congrès international tenu en Tchécoslavoquie en 1936.La F.C.U.C.dont le Secrétariat général est établi à l\u2019Université Laval, réunit les divers groupes universitaires catholiques du Ca- P nada français.Ce Secrétariat est un point de ralliement, en même temps qu\u2019un foyer de vie et de rayonnement pour tous les centres fédérés.L'objet de la F.C.U.C.est de s'occuper activement de tous les problèmes qui surgissent dans la vie universitaire.Ces problèmes sont nombreux et découlent de sources variées.Dans la Fédération, l\u2019exécutif s'emploie à leur solution directe tandis que l\u2019ensemble des membres étudient les ÿ causes qui les font naître et les remèdes qu\u2019ils nécessitent.On admettra facilement que le concours de tous les étudiants fa- À cilitera la tâche de la Fédération.M On est donc prié de prêter une oreille attentive aux directives qui émaneront de la Fédération en vue du bien commun.Nous ÿ signalerons à l\u2019occasion sur quels points les étudiants doivent diri- 8 ger leur activité.Un mouvement de masse, diri- fé par une élite compétente, voilà qui peut produire d\u2019heureux ef- els.La Fédération entend s'occuper de tous nos problèmes, qu\u2019ils soient d\u2019ordre intellectuel, moral, social ou économique.Nous n\u2019entrerons pas dans les détails aujourd\u2019hui.Il nous suffira d\u2019insister sur l\u2019importance d\u2019étudier nos propres affaires.Toutes les classes de la société possèdent leurs organisations, leurs équipes d\u2019études, qui veillent sur les intérêts de la classe.L'expérience a démontré le bien fondé de ces organisations.Les résultats obtenus font preuve que dans toutes les classes il y a un progrès sensible, tendant vers la perfection du tout et de la partie, soit: la perfection du groupe et de l\u2019individu.Le respect de la personne, la force de l\u2019union, la compétence de l\u2019individu, la conscience professionnelle, la répartition plus équitable du bien-être social font preuve non certes d\u2019 une perfection consommée, mais assurément d\u2019un progrès incontestable vers l\u2019établissement d\u2019un ordre social plus parfait.Et si toutes les classes de la société trouvent des avantages appréciables dans leur perfectionnement, pouvons-nous douter du profit que nous y gagnerons nous-mêmes?Qui oserait affirmer que nous avons atteint le maximum de rendement?Quel est celui d\u2019entre nous qui ne souhaite une amélioration quelconque dans sa condition?L'étudiant de 1943 n\u2019a-t-il rien à désirer pour le développement en plénitude de ses facultés?Celui qui aspire à la réalisation d\u2019un idéal élevé ne rencon- tre-t-il pas des difficultés quasi insurmontables en ce temps de bouleversement social?Difficultés d\u2019ordre économique; difficultés d\u2019ordre intellectuel, soit; mais difficultés d\u2019ordre moral aussi.Et c\u2019est là un point qui n\u2019est pas à négliger.Combien d\u2019étudiants ont quitté le séminaire ou le collège remplis de pieuses émotions, épris d\u2019un idéal de beauté et qui, après quelques mois peut-être, sont tombés dans une décadence morale quasi inexplicable.Là encore il y a des problèmes dont la solution s\u2019avère opportune.Bref, la Fédération apportera à l\u2019étudiant un support merveilleux pour l\u2019aider dans ses difficultés de toutes sortes et au groupe, à la classe universitaire, un rayonnement dont la lumière bienfaisante se projettera sur les autres classes de la société pour les vivifier et les harmoniser dans cet ordre social nouveau, soleil qui luira aux jours de demain.: \u201cILS SONT HEUREUX LES ENFANTS D'AUJOURD'HUI\u201d @| des étudiants de l'Université de Montréal AH PIERRE TRUDEAU 1 MAUR! | MAURICE RIEL FERNAND EGAN BW MARCEL CARON Al JACQUES FONTAINE ROBERT GENEST Ils ne sont plus embarrassés comme M autrefois pour offrir des cadeaux à leurs ll enfants.Toute une kyriclle de beaux albums illustrés, attrayants et instruc- [9 tifs, s'offrent A leur sollicitude.Parmi ceux-ci, quelques-uns d\u2019inspi- F9 ration canadienne présentent un attraît Le Quartier Latin orgene officiel 2900, blvd Mont-Royal \u2014 EX.1573 DIRECTION Directeur : MAURICE BLAIS RÉDACTION , Rédacteur en chef: GASTON POULIOT Secrétaire de le rédection : JEAN-BAPTISTE BOULANGER édecteur : GÉORGES DUFRESNE GUY GENEST MAURICE CHARTRAND D MARCEL BLAIS MARCEL THÉ PAUL! DRGERAIS PERUSSE Pour le théâtre : CHARLES DUMAS ADMINISTRATION Adeinistrateur : GERARD ALLY Le \"Quartier Latin\u2019 n'est responsable que des seuls articles de'le Direction.e IMPRIMÉ PAR LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 100 ent, res Ste-Catherine .MONTREAL tn particulier.Car les images suscitent à l'esprit des jeunes des paysages, des personnages, des animaux et des objets inanimés qui déjà hantent les cerveaux des plus petits.Au moment où ceux-ci ont reçu les premières lueurs de l'intelligence, ce sont ces paysages, ces personnes, ces animaux et ces choses qui les ont impressionnés.C'est pourquoi ils donnent leurs préférences à ces beaux ouvrages canadiens.Parmi les magnifiques publications dues aux auteurs et aux artistes canadiens, les parents et les enfants ont une véritable prédilection pour TON UNIVERS, dont les textes et les photos sont de M.I'abbé Albert Tessier.Un autre album du méme auteur vient de paraître et s'adresse aux grands comme aux petits.El s\u2019agit de FEMMES DE MAISON DEPAREILLEES, qui vient A temps magnifier le role de Ia mère canadienne.On se sentira aussi vivement attiré par les CINQ PETITS ENFANTS de Mme Jeanne l'Archevêque-Duguay et de M.Rodolphe Duguay: 14 beaux dessins en couleurs accompagnés d'autant de textes savoureux.Aux personnes plus Agées, nous conseillons OFFRANDE, des mêmes auteurs; de beaux poèmes d\u2019une incomparable noblesse d'inspiration accompagnés de bois gravés.Enfin PETITS POEMES DOMESTI- -QUES, de Mme Alberte Langlals-Cam- pagna.On n'a qu'à choisir parmi ces titres; on peut être assuré de ne pas faire erreur.\u2018 AU PLATEAU LE 19 MARS \"DISCRETION, VERTU FEMININE ou MASCULINE\u201d Ce débat fait partie de la série des quatre prévus par les billets de saison.DEBAT MIXTE QUEBEC MONTREAL CHEZ NOS EDITEURS Nous publions, cette semaine, notre quatrième liste de livres édités au Canada français.Signalons que la maison Pony, dont nous nous occupons cette fois, offre au public, par l\u2019entremise de sa librairie, des volumes provenant des éditeurs canadiens ou américains.Cependant elle possède, en plus, un service d'édition qui nous a valu plusieurs beaux livres parus à l\u2019enseigne des meilleurs éditeurs de France ct réimprimés, chez nous, par ses soins.11 est bien entendu qu\u2019il ne s\u2019agit, ici, que de cette dernière catégorie de volumes puisque nous ne voulons nous intéresser qu\u2019aux seuls progrès de l\u2019édition proprement dite.Pierre VAILLANCOURT EDITIONS DE LA LIBRAIRIE PONY Romans, Nouvelles, Oeuvres littéraires: Paul Mousset.\u2018Quand le temps travaillait pour nous\u2019.(Récit de guerre).Henri Ghéon.\u2018La Jambe Noire'\u2019.(Roman).Henry Bordeaux.\u2018La Sonate au Clair de Lune\u201d.(Roman).Albert Giuliani.\u2018Les Berceaux Tragiques\u2019\u2019.(Roman) Colette.\u2018*Julie de Carneilhan'\u2019.(Roman).Daniel-Rops.*L'Ombre de Ia Douleur'\u2019.(Roman).Léon Daudet.\u2018Quand vivait mon père\u201d.(Souvenirs).Colette Henri-Ardel.\u2018\u2019Pêcheuse d\u2019Ames\u201d\u2019.(Roman).Jean Ray.\u2026.\u2018Le Japon, grande puissance moderne\u201d\u2019, (Ouvrage documentaire).Daniel Halevy.\u201cPéguy et les Cahiers de la Quin- : zaine\u2019\u2019.(Biographie).Pierre Benoit.\u2018Le Désert de Gobi\u201d\u2019.(Roman).René Benjamin.\u201cLe Printemps Tragique\u2019\u2019.(Roman) Francois Mauriac.\u2018La Pharisienne\u201d.(Roman).Hermann Rauschning .\u2018Hitler m'a dit\u201d.(Documentaire).Divers: A.-M, Legendre.\u2018Eléments de Géométrie\u201d En collaboration.\u2018Initiation à la Musique\u2019.Editions du Tambourinaire.Madame Athena.\u2018\u2018La Dernière Clef des Songes\u201d./ Collection Paul C.Jagot: \u201cLe Pouvoir de la Volonté\u201d.\u201cMéthode pour acquérir la maîtrise de soi-même\u201d.\u2018Méthode pour développer la mémoire\u201d.\u2018La Timidité Vaincue\u201d.\u2018L'éducation de la parole\u2019.Note: Tous ces ouvrages ont paru,.en France, durant la période 1941-42.JOURNÉES PAN-LATINES Aujourd\u2019hui même, s\u2019ouvriront au Cercle Universitaire, les Journées d\u2019Amérique Latine.Organisées par l\u2019Union Culturelle des Latins d\u2019Amérique, ces Journées ont obtenu In participation de personnages éminents du Canada français.Les universitaires auront un rôle de premier ordre à jouer dans ces assises destinées à développer les relations entre notre pays et ceux d\u2019Amérique latine.Certains d\u2019entre nous, les vétérans, se rappelleront la participation des étudiants de Montréal au congrès de Pax Romana, à Washington, alors que pour la première fois des universitaires de langue espagnole et de langue francaise découvrirent un idéal commun.Depuis, est née l\u2019Union Culturelle qui, en se basant sur les valeurs humaines, veut établir de solides relations avec l\u2019Amérique latine.L'importance que prennent dans ce mouvement les universitaires, étudiants comme diplômés, est considérable.Déjà quelques-uns ont eu l\u2019occasion de se rendre en Amérique du Sud pour un congrès inter-américain d\u2019étudiants catho- VENDREDI, 5 MARS 3 h.Ouverture liques.D\u2019autres sans doute iront un jour dans ces pays où vit une population qui a tant de points communs avec nous.Parmi les projets de l'Union Culturelle, les voyages à prix réduits en Amérique latine, les échanges d\u2019étudiants et de professeurs nous intéressent d\u2019une façon particulière.La guerre retarde un peu l\u2019exécution de ces projets, qui s\u2019accompliront un jour prochain.C\u2019est tout cela qu\u2019il s\u2019agira au, cours des Journées d\u2019Amérique latine.Un programme très vaste fournira aux intéressés des horizons nouveaux.Il y aura des conférenciers connus, dont François Hertel.À la fin du Congrès, une exposition fera connaître l\u2019Amérique latine et indiquera les efforts tentés pour le développement des relations inter-américaines.Nous sommes convaineus que les étudiants de Montréal se joindront à ceux de Québec et d\u2019Ottawa pour prendre la part active qui leur revient dans le succès des Journées d\u2019Amérique Latine.Latino de America Réunion des comités 8 h.Ouverture de l\u2019Exposition Film et musique SAMEDI, 6 MARS 10 h.Réunion des comités 1 h.Banquet 3 h.Rapports des comités Vœux du Congrès 10 h.Bal DIMANCHE, 7 MARS Exposition ouverte toute la journée Réunion spéciale pour les étudiants Film et musique à 8 h.N.B.Entrée libre à toutes les séances du Congrès.NOUVELLES DU BLOC Le Bloc Universitaire a repris ses activités.Le Comité de réorganisation élu à l\u2019issue de la causerie de François Hertel à la Palestre Nationale, le 14 février, a organisé une Assemblée Générale pour le 28, au même endroit.La plupart de nos collèges classiques, de jeunes gens comme de jeunes filles, étaient représentés, de même que les diverses facultés universitaires.Le nouveau Conseil régional élu pour cette année, comprend: Jean - Baptiste Boulanger, président; Pierre E.Trudeau, Jacques Lavigne, Guy Beauregard et Thérèse Deschênes.Le Bloc Universitaire de Montréal, de Québec et d\u2019Ottawa, doit participer au Congrès pan- latin.A cette occasion, les délégations des trois régions se rencontreront et décideront de la tenue du prochain Congrès national, qui doit se tenir à l\u2019automne dans la métropole.La délégation de Montréal se compose de MM.J.-B.Boulanger et G.Beauregard et de Mlle Colette Fortier.\u2019 \u201cFUMÉES L'auteur n'a pas eu'la prétention de voir classer ses \u201cFumées\u201d au rang de ces recueils de pensées qui passent à la postérité.Cest tout simplement, sans résomption, que Madame Chaput-Rol- and s'est exereée à fixer ce que son sens d'observation lui a fait découvrir au hasard de ses lectures au milieu de ses amis.Elle a su donner à ses recueillements une forme qui, si elle n'est pas neuve \u2014 loin de là \u2014 n'en dénote moins une tournure d'esprit dirigée, vers les lettres.Et si l'on songe que cette \u201ctoute jeune femme\u201d s'est astreinte à affronter Pune des formes les plus difficiles de l\u2019art d'écrire, il faut In louer, et de son courage, et de sa ferveur d'écrivain.Son premier livre est une\u2018 promesse.B.U. a PAGE'QUATRE LES LIVRES \"SOURCES\" Un livre tout près de la nature.Si proche qu'il en garde une bonne odeur de terre mouillée et de foin mûr.Mais surtout un livre d'une pénétrante saveur humaine.La nature, mais celle de l'homme d'abord.La lente maturation de ce beau fruit qui sera la vie de Nicole domine et transcende le cycle triomphant des saisons québécoises.À elle seule Nicole apporte à «Sources» son poids de splendeur humaine.C'est à travers la sensibilité vibrante et souple de Nicole que le lecteur sera admis lui aussi aux sources.Dans le miroir de cette âme exubérante mais étrangement limpide, il lui sera permis e suivre le développement d'un beau et grand problème Fomain.«Sources» représente le persévérant effort d'une âme humaine pour redonner à la vie un sens vrai, pour retrouver le secret perdu d'une vie féconde.Il dit le long cheminement de cette âme à la recherche des sources qui restaurent la joie et la splendeur dans la vie de l'homme.I n'est pas exagéré de croire que la merveilleuse expérience de Nicole possède cette signification profonde, qu'elle s'appuie sur la nature universellement vraie de l'homme.Pour expliquer la radieuse sérénité qui sera la récompense de Nicole lorsqu'elle aura retrouvé les sources, il faut la ramener à cette essentielle simplicité et pour cela la dépouilller des contingences et du fouillis des circonstances.D'ailleurs, toutes les fois que M.Des- rosiers nous permettra de lire directement dans l'âme même de son héroïne, il veillera à ce que cette âme rende un son extrêmement pur et dépouillé, perceptible à tout être humain.Léo-Paul esrosiers met toute sa coquetterie d'homme du Québec et d'érudit à rendre la campagne québécoise qu'il décrit de façon magistrale fortement individualisée et exacte dans tous ses détails.Il lui plait que l'on puisse dire: «cette flore est particulière au plateau laurentien» ou même: «cette qualité du sol est propre aux iles de Montréal».ais il ne nous permettra pas d'ajouter aucun qualificatif indu à l'âme de sa icole.Ce souci «d'humaniser» constitue peut-être à mon sens le charme le plus prenant de ce beau livre.Il dénote chez l'auteur le respect du métier d'écrivain, une conscience exacte des exigences et de la noblesse d'un tel métier.La grandeur de l'écrivain vient de ce qu'il travaille sur de l'humain.C'est en tout cas un mérite assez rare dans un pays où le souci de «faire uébec» a trop souvent fait oublier qu'il fallait avant tout «faire humain».Nicole est canadienne et française.Elle l\u2019est par mille attaches profondes.Elle l'est par sa façon spontanée, inimitable, de réagir devant les aspects multiples du monde.Mais imaginez une icole suisse ou scandinave ou irlan- .daise: vous ne changerez rien à la plen- dide qualité de son âme.Par cette richesse humaine je ne connais pas dans notre littérature une figure de femme comparable 3 celle de Nicole.Et bien peu d'écrivains ont mis autant d'amour à nous découvrir un tel trésor.Car la plus belle des sources c'est encore l'âme de Nicole et l'auteur nous l'ouvre toute grande par cette série de méditations exaltées, par ces cantiques où Nicole nous révèle la somptuosité de son âme.Ces pages magnifiques sont assez étrangères à la forme dynamiques du roman moderne.On les reprochera peut-être à M.Des- rosiers comme un défaut de procédé, une faiblesse de métier.Pour moi elles sont comme de grandes nappes d'eau claire dans la forêt, où il suffit de se pencher pour contempler la splendeur u ciel.Cet enthousiasme pour une valeur humaine peut sembler déplacé au sujet \u2018un livre dont presque toutes les pages sont consacrées à une fresque somptueuse de la campagne québécoise, où les saisons se succèdent comme les vagues de la mer ou comme une inlassable symphonie.Mais toute cette nature extérieure nous ne l'atteignons qu'à travers Nicole.C'est par Nicole qu'elle nous touche et nous émeut.C'est la transparence de Nicole, c'est la chaleur et l'amitié de son âme qui nous permettent de boire avec elle à cette source.Et d'avoir subi cette décantation, d'avoir aigné dans cette âme claire d'une jeune femme, ouverte à la joie de sentir et de connaître, \u2014 de «naître avec» comme l'a dit Claudel \u2014, cette nature n'en est que plus riche et son message plus vibrant.Car il n'y à pas de refus dans l'expérience de Nicole.Ses vingt ans de vie citadine, sa jeune culture, ses réserves de beautés et de joies puisées aux sources de la musique et de la poésie, au spectacle d'un monde non sans valeurs, tout sera transformé, sublimisé par la ferveur.La ferveur, voilà peut- être en dernière étude, la grande leçon que nous laisse Nicole, lorsque le livre se ferme sur son âme comblée.Nous ne saurions assez remercier M.Desrosiers de nous avoir donné cette Nicole, de nous l'avoir fait connaître par l'intérieur.Il nous a permis de la suivre dans son voyage, aux carrefours décisifs où il était facile de faire fausse route ou de rebrousser chemin et il nous a fait partager sa croissante exaltation.Lire «Sources» c'est une expérience d'une richesse certaine: la splendeur humaine.Je ne connais pas d'autre nom pour cette très belle chose.Claude LUSSIER «Sources» publié à Montréal.Par Léo-Paul Desrosiers.EN MARGE DE LA FETE SAINT THOMAS D'AQUIN Le 7 mars 1274 mourait à Fossanove, en ltalie, un des génies les plus profonds que l'humanité ait connus: saint Thomas d'Aquin.Philosophe et théologien, il a laissé une oeuvre si puissante et si cohérente qu'elle a résisté victorieusement à tous les assauts et qu'elle a continué de grandir au milieu u fracas des autres systèmes philosophiques qui se heurtaient et croulaient après quelques jours de célébrité.Le thomisme, malgré son grand age, plus de sept siècles, est resté jeune: jeune de tous les développements que lui ont apportés ses adeptes et il n'attend que es continuateurs pour livrer autres secrets grandioses que saint Thomas n'avait fait qu'entrevoir.Tous ceux qui ont fait de la philosophie, tous ceux qui l'aiment, ne sauraient laisser passer le 7 mars, fête de saint Thomas d'Aquin, sans rendre hommage à ce puissant penseur, qui fut à la philosophie, ce que Lavoisier fut à la chimie.Hélas! emportés par le tourbillon de la vie et lancés à la poursuite du pain quotidien, nous avons bien peu le temps de nous arrêter pour pénêtrer ans le sanctuaire de la philosophie, \u201ccette musique sacrée des âmes pensantes \u2019, selon le mot de Renan.|l est même des gens qui, pétris de finance et de matérialité, se prennent à douter de la philosophie et deviennent sceptiques sur l'utilité de ces discussions métaphysiques, de ces thèses profondes, bâties laborieusement pour prouver des choses.des choses que l'on ne peut ni palper, ni évaluer, au livre des profits et pertes.C'est Jacques Maritain qui leur répond en disant que le monde \u2018\u2019a plus besoin de métaphysique que de philosophie\u2019, et il a raison.La philosophie, en effet, c'est la grande maîtresse du monde et il suffit de feuilleter quelques bouquins d'histoire et de considérer les diverses philosophies qui la composent pour constater que le monde progresse ou recule selon qu'on lui propose des philosophies constructives ou destructives.Le monde actuel, d'ailleurs, n'en est-il pas une preuve éclatante ?En Allemagne, une philosophie est née dans le cerveau de Kant et de Hegel.Ces deux philosophes ont bôti sur des utopies une idéologie authentiquement allemande, \u2018une symphonie à la Wagner de tous les leitmotiv allemands\u2019, comme disait le père hagnon.Tant que cette philosophie est restée à l'état de concepts purement abstraits le monde n'en a pes senti le contre-coup, mais il à suffi qu'un homme veuille les concrétiser pour que le monde en soit bouleversé; c'est ainsi ue la guerre actuelle est sortie de l'idéalisme d'Hegel et de sa théorie de l'homme-dieu.Cet exemple pourrait se multiplier et à tel point, que faire l'histoire de la philosophie c'est faire l'histoire du monde et de ses soubresauts.Est-ce à dire que nous devons pour autant condamner la philosophie?velques-uns inclinent à le croire.L'histoire de la philosophie présente, en effet, l'aspect d'un immense champ de bataille où l'on retrouve éparpillés des systèmes jadis célèbres, où, selon le mot du Père Gonzalez, les écoles naissent, grandissent, dominent, tombent et meurent; où les systèmes se lèvent et se précipitent les uns sur les autres avec une rapidité vertigineuse et un immense fracas.Les philosophes ont fait des erreurs et des erreurs graves, soit, ils ont bâti à faux les systèmes les plus contradictoires, ils en sont arrivés à force d'erreurs aux conclusions les plus fantaisistes et plus d'un serait prêt à affirmer que l'histoire de la philosophie c'est l'histoire des erreurs de l'esprit humain.Pour être plus justes, soyons moins catégoriques et disons, comme l'affirme le Père Gonzalez, que l'histoire de la philosophie c'est l'histoire des progrès de l'esprit humain etque, si les philosophes, selon le mot d\u2019'AI- phonse Karr, \u201csont des hommes qui s'embourbent plus loin que les autres, mais qui s'embourbent plus profondément\u2019, au moins, en véritable chevaliers de la pensée, ils ont le courage \u2018avancer au risque de tomber en chemin.: Rappelons-nous également que chaque système philosophique de quelque envergure a laissé, même après sa destruction, des traces plus ou moins profondes de son passage, il à enrichi le monde des idées et préparé un terrain propice à l'éclosion d'idées nouvelles.Le Père Gonzalez, dans sa très intéressante histoire de la philosophie, écrit que les philosophes marchent les premiers, qu'ils affirment de nouveaux principes, de nouvelles maximes, qu'ils découvrent de nouveaux idéals et trouvent de nouvelles routes.\u2018\u2019Rappelons-nous que toute civilisation contient une philosophie\u201d et que de toutes ces erreurs il reste quand même, après l'épuration apportée par le travail des siècles, un fonds de vérité très nécessaire.L'erreur n'est-elle pas la rançon du progrès ?Saluons donc saint Thomas d'Aquin, le fondateur du plus beau système philosophique que l'humanité ait connu.Sachons bien que c'est chez lui que nous trouverons les grands principes du monde nouveau que nous voudrions voir sortir de cette guerre.Pierre LAPORTE UN ROMAN D'AMOUR \u201cCOEUR VAGABOND Voici l'histoire vécue d'une danseuse célèbre.Dans des pages vibrantes on découvre le coeur d'une femme slave, belle et étrange, au coeur vagabond.Ce roman que viennent de publier Les Editions Variétés, dévoile la mystérieuse aventure de Lassia, superbe danseuse qui naquit en Roumanie d'une mère juive, riche et avare, et d'un père romanichel, aventurier et beau.Dès son enfance, elle donna les signes d'une personnalité assez étrange.Mariée jeune, elle s'enfuit bientôt de la Russie pour aller tenter fortune à Paris.Mais elle ne trouve en France que déception et misère.Revenue en Russie, la chance commence à lui sourire, et, après quelques mois de dur travail, elle atteint enfin le succès.Bientôt, c\u2019est de nouveau Paris; mais cette fois, ce n'est plus Ia pauvre fille mal vêtue qui vient chercher fortune, c'est la vedette élégante que tous veulent admirer.Artiste adulée, femme admi .se aimée, Le demeure ty eg Son coeur trop sensible se heurte à toutes les rencontres.Dans son enfance une cartomancienne lui a dit: \u201cTu es sous le signe de l'Amour.\u201d Et en effet, elle le sent, elle jouit et elle souffre de cet amour terrible COEUR VAGABOND raconte une vie où l'amour, à tout moment, s'unit À la souffrance, à la tristesse et au drame.Au cours de cette passionnante intrigue, vous ferez connaissance avec la Russie d'avant la Révolution et avec la Russie soviétique; vous vivrez les moments tragiques de cette Révolution qui a bouleve l\u2019Europe entière mais qui encore aujourd'hui nous est restée inconnue.\\ Emouvant, vrai, presque brutal, ce livre écrit en français par un écrivain russe, vous plaira et vous distraira.(1) Un volume de 336 pages publié par Les Editions Variétés.Prix $1.25, par la poste $1.35.En vente dans toutes les bonnes librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal.SAGESSES J'ai deux amis: le premier est un monstre de ponctualité, l'autre pas.Le premier m'enbête plus souvent qu'autrement parce que je ne suis aussi ponctuel que lui.L'autre, j'apprécie de lui ces occasions qu'il me donne de mesurer mon amitié.Je lui permets des écarts de temps qu'en affaires je ne tolérerais pas.+ La vie est une opération commerciale.Tout ce qui vous vient, quelles que soient les apparences, vous l'aurez à payer.Et il n'y a pas d'exception à cette règle, mais seulement des variantes dans le mode de paiement.| est des joies, en effet, dont l'on est possédé un jour donné, mais que l'on ne paye ue l'année suivante ou même quelques écades après.Îl en est d'autres, par contre, que vous acquérez sans trop savoir quand l'existence vous les livrera: au lieu d'acheter à crédit, c'est du comptant par anticipation.D'autres enfin, parce qu'elles sont intimement entremêlées d'angoisse portent avec elles la remise exigée, fe prix d'achat.+ Se sentir malheureux, qu'est-ce ?Faire des dépôts à la banque de la Joie.Rien d'attristant là-dedans en définitive, puisque cette accumulation vous permettra de faire quelque jour des chèques d'envergure, des retraits hors de l'ordinaire.Tandis que vivre dans le bonheur, faut bien le dire à la fin, c'est rogner et ronger son capital, épuiser ses réserves.+ Un bonheur sans mélange nous rui- netait en moins d'un mois, \u2014 c'est pour cela que l'amour apporte avec soi l'inquiétude, les craintes déraisonnables.C'est la façon à la vie de nous choyer plus longtemps: en dosant ainsi l'allégresse elle maintient le niveau entre la débit et le crédit.Si rien ne devait s'ajouter à notre actif, nous n'aurions bientôt plus qu'un passif insolvable la vie durant.+ Je suis un financier du coeur, c'est-à- ire que je me rassérène avec des calculs.Il pleut, j'ai froid, mal à la tête, désagréments \u2014 autant d'items réjouissants.Puisque voilà des bons qu'au Magasin l'on m'échangera pour du soleil, de la douce chaleur, de la quiétude, et de joyeuses surprises.+ Il n'y à d'équilibre stable qu'en physique.Que ce ne nous empêche pourtant pas de tendre vers cet équilibre dans notre accomplissement: l'homme complet est celui qui n'a oublié de faire usage complet de toutes et chacune de ses facultés.+ Mon âme, mon coeur, et mon esprit \u2014 tous trois ont des appétits.Et si l'un d'eux meurt de faim, ou d'inanité, la croissance des autres ne pourra que s'en ressentir.Le non-usage entraîne l'atro- UNE VASTE ARMEE DE DEPOSANTS au Service de notre Pays Nos clients ont plus d\u2019un million de comptes de dépôts, grâce auxquels ils utilisent les services de la Banque pour protéger leurs économies et leurs réserves commerciales, payer leurs obligations et, de façon Bénérale, financer leurs affaires.La Banque est ainsi au service d'une grande armée de citoyens qui, eux- mêmes, servent le Canada d'une BANQUE DE MONTREAL \u201cBanque qui accueille bien les petits déposants\u201d Service de banque moderne et expérimenté .fruit de 125 années de fructueuses opérations me phie.Et il est infirme celui dont l'être spirituel n'est plus tripartite.+ Mes forces d'élévation, mes force, d'amour, et celles de connaissance j,i les incite à toutes les exigences.Je ley IB demande de me harceler de réclam.ll tions; et c'est justice, il me semble, gy, J de distribuer son attention proportionnellement à ces trois maîtres despoy- ques.+ .Convenons que l'entière vie null qu'une journée.Vingt ans, ce seni cette heure après le réveil où l'or.nisme physique en même temps que le MR mécanisme intellectuel ont repris toute leur vigueur.Prêt à se mettre en branle à entreprendre les conquêtes.Plans de I campagne que l'on trace alors.Et l'on écrit sous le titre de «Matines» une page qui délimite ce que l'on entend faire de soi et de son temps.L'objetti ce devrait être de pouvoir écrire un autre page, celle-là à la veille de se retirer pour la nuit, sous le titre «Nocturne» et dont le texte serait comme suit: «Renvoi à mes désirs et souhaits que je formulais ce matin, \u2014 renvoi à tout ce que je me promettais et sul monde de réaliser: substituer tout simplement au futur là employé le pas bien défini (qu'à tort la syntaxe nomme indéfini) dont je me suis conquis le droit d'user sans atteinte à la vérité.» + Matines: la journée est devant moi comme une page blanche, et a la rem plir je m'appliquerai d'une écriture aimante et féconde.\u2014 Nocturne: cette page, je l'ai remplie.+ La parfaite conformité n'est pas pos sible, parce que nos puissances d'imasi- nation et de désir prennent le large on facilement que nos capacités de réalisation.Mais ma prière est qu'au soir de cette journée de ma vie il n'y ait pu d'illustrée trop grande disproportion.Si l'absolue superposition ne se peu, du moins qu'il y ait pour Lui à voir une sensible proximité.+ À défaut d'équivalence, rapproche: ment.Nous ne savons pas exactement ce qu'il peut bien vouloir de nous, \u2014 le plus sûr, c'est de tout donner; plein rendement.+ Je n'attends aucun hommage, sauf un.Celui qu'alors je voudrai me rendre (e me voir par Lui rendu, et par elle-vous) de n'avoir pas été plus petit que moi.Que m'importent des autres la grandeur, et ce qu'il y a de colossal chez mor voisin \u2014 tout ca que je demande c'es que ma taille suffise à combler m niche.Mais, ça, jusque dans son moindre recoin.Le SAGE be Au og ca 4, (/ \u201c0, multitude de façons qui tiennent à la fois de l'activité du\u2019 temps de paix et du temps de guerre.L'influence de ce groupe nombreux de citoyens capables et importants sur les destinées de notre pays est incalculable.La Banque est fière de les servir et de coopérer avec eux en leur fournissant le genre de servicede banque dont chacun d'eux a besoin. ry AU MONUMENT NATIONAL : # AU MONUMENT NATIONAL : \u2018BAU MONT SAINT.LOUIS : EE PETIT SEPTUOR DE LA AU PLATEAU : AU THEATRE DE SA MAJESTÉ : 'B AU FORUM : de l'incurie.protéger.Apprenons LE TROISIEME FRONT DU RIRE LES VARIÉTÉS LYRIQUES.\u2026 'B AU CINEMA STDENIS.Ÿ AU THEATRE ARCADE.BONNE CHANSON.| AU COLLEGE STE-MARIE.LA SYMPHONIE FEMININE.BALLET-THEATRE.LES FESTIVALS DE MONTREAL le 5 mars RU du 5 au 25 mars coo.*«La Traviatan les 6, 7, 9 et 11 mars LL «Un soir de réveillon» «Un homme en or» du 6 au 13 mars LL «La surprise du divorce» d'Alexandre Bisson du 6 au 13 mars «Les Perses» d'Eschyle les 12 et 13 mars LL, *artiste invitée: Zara Nelsova, violoncelliste, le 18 mars cov.du 25 au 28 mars Lee *chef: Leopold Stokowski le 5 avril N.B.\u2014 Les AMIS DE L'ART disposent de billets à prix réduits pour les manifestations artistiques marquées d'une astérique (*).On peut s'adresser à leurs représentants à l'Université ou au bureau des AMIS DE L'ART.Les membres de cette association qui n'ont pas encore été favorisés d'un billet gratuit voudront \u201cbien faire parvenir leur nom ainsi que le numéro de leur carte d'identité, ou se rendre à 1097 rue Berri.Tél.PLateau 5063, LE SECRET DE LA SANTÉ L fut un temps où l'homme s'avouait impuissant à combattre les épidémies qui décimaient les populations.Aujourd'hui, armé de toutes les ressources de la science, l'homme intervient et réussit souvent à les réprimer.La maladie très souvent est fille de l'ignorance et nous connaître et à nous Witold Malcuzynski, pianiste Il est étrange, nous disent les médecins, que la maladie frappe si souvent les jeunes gens de 15 à 25 ans.C'est peut-être dû à leur insouciance ou à leur excès d'ardeur au travail ou au jeu.Un corps épuisé devient facilement la proie des microbes.Jeunes gens, n'oubliez pas de conserver vos forces pour conserver votre santé.Le premier but de la médecine préventive c'est d'assurer l'immunité ou la résistance à l'infection.C'est en fait, un des principes fondamentaux de l'hygiène, laquelle à trait aux personnes, et distincte de l'assainissement, lequel à trait aux terrains ou aux habitations.Le gouvernement de la province a tout un personnei d'ingénieurs sanitaires pour nous prémunir contre les maladies communicables.C'est un service public établi dans votre intérêt et qui mérite votre encouragement.Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants sont ruinés physiquement, sans s'en douter.Ils se considèrent simplement \u2018\u2019épuisés\u201d\u2019 et ne font rien pour améliorer leur état.C'est notre régime de vie qui détermine notre longévité, notre santé et même notre physionomie.Vous pouvez indiscutablement vous aider.Consultez votre médecin: il sait comment vous remettre sur la voie de la santé.LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DU BIEN ETRE SOCIAL ANNE MAYRAND chez les Compagnons de saint Laurent Les mélomanes qui assistaient au premier concert public d'Anne May- rand, samedi après-midi dernier, 3 rmitage, auront été fort agréablement surpris de découvrir chez cette jeune femme, à peu près inconnue jusqu'alors, une pianiste de haute valeur.n pouvait peut-être s'attendre à une honnête exécution de quelques grandes oeuvres: on a été servi un magnifique récital qui ne se tient pas tellement loin de ceux des grands maîtres du piano.Aux Compagnons de saint Laurent revient le mérite de nous l'avoir révélée, Nous leur devons des félicitations et des remerciements.Qu'ils fassent en sorte que nous puissions l'entendre encore! Mile Mayrand possède un jeu d'une solidité, d'une puissance peu communes, surtout chez les pianistes de son sexe; jeu à peu près constamment d'une grande clarté, qui s'accommode avec aisance, quand il y a lieu, des sonorités ures ou éclatantes, et qui témoigne \u2018un sens du rythme, d'une agilité, et pour tout dire d'une virtuosité étonnantes.Des oeuvres elle manifeste une juste intelligence et donne une remarquable interprétation.Autre fait à noter chez elle, cette interprétation se situe à cent lieux du sentimentalisme, du ton de confidences, et se rattache nettement à la plus pure tradition française de sobriété, de totale fidélité à l'oeuvre.Elle avoit préparé un programme d'une belle richesse où figuraient la Sonate en la mineur de Philippe- Emmanuel Bach, le Rondo en la mineur de Mozart, un Allegro de Schumen, la onate en si mineur de Chopin, le Children's Corner de Debussy et la Campanella de Liszt.Particulièrement admirable dans la sonate de Chopin, qu'elle à rendue avec beaucoup d'éclat, une sensibilité de bon aloi, mais surtout avec une mesure et un goût impeccables; dans le Children's Corner de Debussy, plein de finesse, d'humour et d'entrain; et dans la Campanella, où, tout en en donnant une rutilante exécution, elle a su ne pas sacrifier à la virtuosité, on aurait pourtant préféré un Mozart joué avec plus de délicatesse et de légèreté.En rappel, Mlle Mayrand jouait une danse espagnole fortement colorée de Granados, l'éblouissante Feuille d'album de Tcherepnine et la très belle étude no 12 op.10 de Chopin.G.P.RECTIFICATION Monsieur le Directeur, Outremont, le 26 février 1943 Dans le sommaire de la dernière livraison du \u2018Quartier Latin\", on m'attribuait la paternité d'un article qui n'était pas mien.Je tiens à faire rectifier cette très malheureuse distraction, qui vous fit écrire Paul Vaillancourt au lieu de Pierre Vaillancourt, et ceci pour plusieurs raisons.D'abord, parce que j'use d'encre et non de vitriol lorsque j'écris.Ensuite, parce que connaissant peu la musique mais l'aimant assez, je laisse à d'autres plus \u2018\u2019connoisseurs'\u2019 le soin d'accorder leurs différents violons.Mon \"critique\" cousin semble y exceller d'une façon non \u201cpianissimo\"\u2019.Parce que depuis longtemps j'ai abandonné de relever les contradictions dont est tissée notre vie de chaque jour, ayant cessé de pester, faute de temps, lorsque nous brûlons ce que nous venons d'adorer et adorons ce que nous venons de brûler.Je tiens à ce qu'on publie cette lettre, également, parce que jouissant d'une santé florissante et d'une digestion non moins excellente, je ne tiens aucunement à passer pour un bilieux.Enfin, parce qu'ayant jadis lu ces paroles du vieux Bernard Shaw, \u2018Les gens intelligents cherchent à s'adapter à leur milieu, les gens moins intelligents cherchent à adapter leur milieu; d'où il résulte que les révolutions et les grandes réformes sont dues à des gens moins intelligents,\u201d \u2014 vous comprendrez, comme moi, monsieur le directeur, l'importance que j'attache à passer pour un élève doué, étant donné que seuls les élèves doués seront tolérés dans nos universités.Veuillez croire, monsieur le directeur, à mon indulgence pour cette première erreur, et à mes foudres pour les erreurs subséquentes.Sincèrement vôtre, Paul VAILLANCOURT JAN KIEPURA Jan Kiepura nous est revenu lundi soir, avec ses mêmes qualités d'émotion, d'enthousiasme, de dynamisme; avec cette même voix riche, pleine, cheude, prodigieusement puissante, avec ce beau timbre charmeur qui lui est propre; avec enfin ses sourires, ses élégances, ses courbettes accoutumées, et toutes un peu étudiées.L'auditoire, à certaines exceptions près, il l'a gagné, conquis ou plus exactement pômé d'emblée et rarement e-t-on entendu applaudissements aussi nourris et prolongés.Chanteur d'opéra par tempérament et par carrière, Kiepura avait inscrit à son programme et a donné en rappel un grand nombre d'airs d'opéras; il y a ajouté quelques autres airs à grand déploiement et un certain nombre de chansons des folklores russe et polonais, le meilleur du programme.Avec le grand air *O Paradiso\u201d de [Africaine * de Meyerbeer, le \"\"Pour- Jean GREGOIRE, Honorable Henri GROULX, quoi me réveiller\u201d de \u201cWerther\u201d, le sous-ministre.ministre.\u201cRêve\u201d de \u2018Manon\u201d de Massenet, ÿ - .avec la Romance de \u2018Martha\u2019 \u2018de à \u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014=_\" Von Flotow, l'aris de \u201cTurandot\u201d.de Puccini, La Danza de Rossini, avec enfin \u201cLove, | Bring You My Heart\u201d, \u201cLa dona e mobile, \"Ay, ay, ay\u2019 et \"O sole mio\u201d, le ténor polonais ne faisait nullement violence aux oreilles de ses auditeurs et, je pense, ne courait aucun risque de les dérouter.Les san- plots de Paillasse et quelques airs de ravoure exceptés, le placard aux rengaines a été vidé.Toute cette musique, Jan Kiepura l'a rendue dans le plus authentique style du bel canto, avec les longs points d'orgue, les éclats de voix, les coups de gorge, les senglots qu'il comporte.Ajoutons cependant que les dons extraordinaires de Kiepura, son métier parfait et son indéfectible jeunesse ont su restituer une artificielle fraicheur, un certain charme à des pièces définitivement ridées, et qu'il a d'ailleurs eu \u2018heureuse inspiration et le bon goût de nous chanter, \u2014 et de façon impeccable, vibrante, franchement émouvante, \u2014 plusieurs oeuvres des folklores russe et polonais.ù il s'est révélé véritablement grand oriste.GP.WITOLD MALCUZYNSKI ESCHYLE me met am seme me ch agen desl wri sme we SUR LA SCENE DU GESU La tragédie des «Perses» sera présentée les 12 et 13 mars prochains par l'Académie de grec du Collège Sainte- Merie, dans l'adaptation française qui est l'oeuvre des étudiants du «Groupe Théâtral Antique» de la Sorbonne à Paris.Cette adaptation fut justement applaudie comme une tentative très originale de rajeunissement du vieux chef-d'oeuvre.Il ne s'agit pas en effet d'une simple traduction; le texte est accompagné d'une admirable partition musicale, composée tout exprès par un jeune musicien moderne Jacques Chail- ley.Elle est reconstituée d'après le mode antique et mêlée étroitement à l'action.C'est ainsi qu'a été rétablie la répartition du dislogue et du chant telle que fixée par le poète grec.Toutes les parties du choeur des vieillards perses sont donc chantées et non déclamées.n comprend quelle minutieuse préparation, longue de plusieurs mois, a réclamée leur exécution de la part des élèves de Rhétorique et de Belles- Lettres, qui n'ont pas reculé devant l'entreprise.Il faut qu'un public nom- eux vienne récompenser une si courageuse initiative.Et ce que George Duhamel appelait «la terrible actualité » du vieux chef-d'oeuvre réserve à tous des surprises.es billets sont en vente à la salle du Gésu et chez Ed.Archambault.Vendredi 12 mars, en soirée.Samedi 13 mars, en soirée.LES AMIS DE L'ART Sur présentation de leur carte d'identité, les «AMIS DE L'ART» pourront bénéficier de prix de faveur, aux maisons de commerce dont e s noms suivent : Esc.10% ED.ARCHAMBAULT INC., Musique, 500 rue Ste-Catherine E.De 20 à 30% LA LIBRAIRIE BEAUCHEMIN LTÉE 430 rue St-Gabriel Esc.20% LA LIBRAIRIE «LE DEVOIR », \u201c 20% LES ÉDITIONS FIDES, 430 rue Notre-Dame E.3425 rue St-Denis \" 10% Mlle Aug.GERNAY, Fleuriste, 4051 rue St-Denis \u201c 20% O.ST-JEAN LTEE, Bijoutiers, \u201c des prof.J-E.TURCOT, Musique, 1215 rue Ste-Catherine E.568 rue Ste-Catherine E.25% ÉDITIONS BERNARD VALIQUETTE Ltée, 1564 rue St-Denis \u201cdes prof.RAOUL VENNAT Enr's., 3770 rue St-Denis PHOTOGRAPHE \u201cATTITRÉ DES ÉTUDIANTS 209, RUE STE-CATHERINE, (Près -St-Denis) 7] Domicile Outremont: CAlumet 5961 \u201cu STUDIO : LAncaster 5478 dk w PAGE SIX LE*QUARTIER LATIN 5/MARS 1945 SIR WILLIAM OSLER La vie des grands hommes, des personnages de mérite, de devoir est une source féconde d'enthousiasme et d'encouragement pour tous ceux qui aspirent à un idéal.C\u2019est une émulation nécessaire pour contrebaluncer l'influence pernicieuse de la vie inutile ou mal orientée d\u2019une grande partie des hommes.C\u2019est un soutien indis- ensable pour conserver une certaine jeunesse de cœur.Nous deviendrions bien vite blasés, dégoûtés des hommes et de la vie elle-même, par conséquent, s'il fallait que nos yeux ne puissent se poser ailleurs que sur les.journaux et A plupart des périodiques, que nos oreilles ne puissent entendre autres choses que les discours de ceux que l'on appelle politiciens.Heureusement, la Providence prévoit à tout et sait donner à chacun sa pâture.À certaines périodes, Elle à envoyé des hommes, des pivots de l\u2019humanité, en nombre très minime il est vrai, mais dont la valeur et le feu demeurent toujours pour raviver, soutenir et enthousiasmer ceux qui veulent bien s'ouvrir à leur heureuse influence.Ces hommes sont marqués d\u2019une caractéristique que n\u2019a point le commun des mortels.lis ont, pour ainsi dire, un sceau d\u2019universalité.C\u2019est une gloire pour un pays de produire de telles perles.Mais ce serait fnire injure à leur mémoire que de mettre leur nationalité de Français, d\u2019Anglais, d\u2019Allemand ou autres, au-dessus de leur valeur personnelle, de leur état d\u2019humain.Car c\u2019est la partie divine du \u201cdieu tombé qui se souvient des cieux\u201d qu\u2019ils représentent ici-bas.Par ce fait même, ils appartiennent non pas à une seule nation mais à l\u2019univers entier, à tous les hommes puisque leur génie représente le caructère universel et pres- qu\u2019idéal de la nature humaine.Toutefois, cette nationalité n\u2019est pas négligeable.Le monde est le monde où chacun cherche sa part.de gloire, son héritage de biens.l£t le patriotisme, bien qu\u2019interprété différemment par divers groupes d\u2019hommes, n\u2019est pas un vain mot.Le Canada est encore bien jeune.Mais, dans plusieurs domaines, il a montré de la précucité.Entre autres, il a produit un grand médecin: Sir William Osler.Peu d'entre nous sont familiers avec le nom de Sir William Osler.Peut- être miême que quelques-uns ont déjà permis à leurs préjugés de leur inspirer une moue un peu dédaigneuse devant ce titre typiquement anglais de \u201cSir\u201d.Que ces derniers jettent un coup-d\u2019œil sur sa vie, sur le rayonnement qu\u2019elle a exercé au Cannda, cn Amérique ct même en Europe.Ils sauront bien vite changer leur dédain en admiration.William Osler est né à Bond Head, dans le Haut-Canada, le 12 juillet 1849.Ses parents avaient émigré d'Angleterre au pays, à l'appel de nouveaux colons.Son père, ministre protestant, et su mère, femme très religieuse qui ne devait mourir qu\u2019à cent ans passés, éduquèrent Willie et ses frères dans les plus beaux principes de piété, de charité, d'honneur et de devoir.Le jeune William passa sa jeunesse à l\u2019ombre des grandes forêts qui peuplent le haut du Canada.À l'école, il fut loin d\u2019être un ange.Deux fois, il fut expulsé.A la troisième institution qu\u2019il fréquenta, il se prit d'amitié avec deux personnes qui devaient profondément influencer son caractère et sa carrière: Father Johnson et le docteur Bowell.Alors, William devint raisonnable et sérieux.Il développa, au contact de ces deux apôtres, un goût pour les sciences naturelles qui ne le quittera jamais.D'abord, orienté vers les ordres protestants, ses aptitudes dans son adolescence le portèrent vers les études médicales.C\u2019est à l\u2019université McGill qu\u2019il poursuivit ses cours.Travailleur infatigable, lecteur passionné, il développa concurremment à une solide culture scientifique, une connaissance non moins approfondie de la littérature.La valeur de sa thèse de doctorat lui mérita, à la fin de son cours, une mention et un prix spéciaux.Diplômé de McGill, William Osler alla poursuivre ses études en Angleterre, à Edinbourg, à Berlin et à Vienne.Toute sa vie, d'ailleurs, il ne cessa de retourner périodiquement dans ces foyers de sciences médicales, pour toujours approfondir la profession qu\u2019il avait embrassée.Déjà, dans le laboratoire de Burdon-Sanderson, .en Angleterre, il commença à attirer sur lui la curiosité du monde scientifique.- Il fit unc intéressante découverte en physiologie sur le rôle antagoniste de 'atropine et de la physos- tigmine sur les globules blanes.Le docteur Robert Palmer Howard, professeur de médecine à McGill, profita de l\u2019occasion de sa découverte pour le proposer à une chaire dans cette université.Personne ne devait regretter sa nomination.Dès sa première conférence, on reconnut en lui un professeur émérite.Il proposa À ses premiers élèves un bouquet de principes, règle de su propre vie: \u201cSoyez toujours dce étudiants.Vous devez soigner l\u2019homme autant que la maladie.Vous aurez toujours des pauvres à l\u2019entour de vous; considé- rez-les encore plus que les autres.\u201d Puis il cite les paroles de Sir Thomas Browne: \u2018Personne ne devrait approcher le temple de la science avec une fine de grippe-sous.\u201d Grâce à sa personnalité cet son dévouement, son influence ne cessn de grandir et de s'étendre avec le temps.Docteur Bushing résume ainsi ses activités à McGill: \u201cDurant les quelques années que William Osler à vécu avec nous, il a rendu à la vic la société médico- chirurgicale jusqu'alors somnolente; il a fondé ct supporté un club pour les étudiants en médecine; il a amené l\u2019école médicale en relation avec l\u2019université; il a introduit les méthodes modernes dans l\u2019enseignement de la physiologie; il a édité les premiers rapports cliniques ct pathologiques d\u2019un hôpital canadien; il a enregistré mille autopsies et fait, pour le musée, d'innombrables préparations des spécimens les plus importants; il a écrit de multiples papiers dont quelques- uns ont fait époque; il a travaillé à Ia biologie et à la pathologie humaines et comparatives ainsi qu\u2019à In clinique; il a montré du courage durant les épidémies, de In charité dans son commerce avec ses confrères, de la générosité envers les étudiants et de la fidélité dans son devoir.lt ses noin- breuses et rares qualités lui ont valu une popularité immense à un degré jusqu'alors inconnu.\u201d Je 1n\u2019excuse d\u2019une si longue citation.Mais elle fait bien comprendre ln valeur du médecin canadien.\u201c En dix-huit cent quatre-vingt-quatre, la carrière de William Osler était terminée au Canada.En dépit des regrets de tous, il accepta une chaire.À l\u2019université de Philadelphie.I y entrevoyait de plus grandes possibilités de développement et un champ d\u2019action plus étendu.Son œuvre fut 1A encore I'équivalente de celle qu\u2019il accomplit à Montréal.Toutefois, son séjour y fut plutôt transitoire.Quelques années après son arrivée aux Itats-Unis, John Hopkins, de Baltimore, léguait par testament sept millions dans le but de fonder une université modèle.Le comité chargé du recrutement des professeurs arrêta son choix sur un groupe de personnages supérieurs.William Osler, malgré les préjugés de quelques-uns sur son statut d\u2019étranger, fut demandé.C'est là qu\u2019il devait atteindre ie summum de sa réputation.Son activité n\u2019eut plus de bornes.Professeur, médecin consultant, organisateur des programmes d'hygiène municipale, promoteur d\u2019un club d\u2019étudiants en médecine, auteur d'un manuel de médecine, tout ce qu'il touchait s\u2019animait comme par magie.Son séjour à Philadelphie lui avait été précieux ct fécond.L'expérience nequise au contact de nombreux malades ct de maîtres en chirurgie et en médecine, s\u2019était njoutée à une plus profonde connaissance de la science et surtout de l\u2019art de In médecine.Maintenant, à John Hopkins, il avait le contrôle de sa propre clinique.Son succès dans ce genre de professorat où il était passé maître, fit l'admiration de tous.Malheureusement, sa santé ne put soutenir l\u2019effort de tant d'activités.Il s\u2019épuisait visiblement au grand découragement de son épouse et de ses amis.L'Université d'Oxford, en Angleterre, lui offrit le poste de \u201cregius professor\u201d.11 accepta.Ses fonctions moins nombreuses lui permirent de rétablir son état de santé.Il s\u2019adonna librement à une de ses occupations favorites contractée alors qu\u2019il était étudiant à MeGill: la collection des livres.Une des œuvres les plus touchantes qu\u2019il fit en Angleterre, fut l\u2019esprit de gaicté et de joie de vivre qu\u2019il créa dans une pension de vicillesse jusque là négligée parles \u2018\u2018regii professores\u201d\u201d précédents.En récompense de ses nombreux services, le parlement lui décerna le rang de baron, lors du couronnement de Georges V.Ses vieux jours furent encore égayés par les marques d\u2019estime ot de respect de ses nombreux admirateurs.Ainsi, il fut nommé président de la Société d\u2019humaniste.Nul peut-être n\u2019incarnait mieux l\u2019esprit de cette société.Puis survint la terrible Grande Guerre.Alors Sir William Osler redoubla une fois de lus ses occupations.La douleur que ui causa la mort de soh fils unique sur le front français ainsi que l\u2019effort physique exagéré de la guerre amenèrent peu à peu sa mort, le vingt-neuf décembre, mil neuf cent dix-neuf.Toutefois, une vue d\u2019ensemble de ses seules activités laisserait unc idée impropre de William Osler.Car il possédait des qualités qui en faisaient un homme exemplaire: Sa personnalité était telle que nul ne le connaissait sans l\u2019aimer, sans le garder pour toujours dans sa mémoire et dans son cœur.Il n\u2019avait pour ainsi dire, pas de connaissances: tous étaient des amis.Encore écolier, il surprenait ses maîtres par l'influence et le contrôle qu'il exerçait sur ses compagnons.D'ailleurs, il suffit de constater les regrets qu\u2019il laissait partout où il passait, pour rénliser le charme émanant de sa personne.Il aimait la vie et tout ce qui vivait.Et il répliqua un jour, à un ami qui se surprenait de son apparente indifférence devant un moribond: \u201cSi je ris, c\u2019est pour ne point pleurer.\u201d Sa générosité égalait sa bonté.William Osler ne pouvait venir en contact avec Un miséreux sans partager avec lui son avoir.Encore étudiant, il rencontra un jour d\u2019hiver un mendiant transi de froid.Non seulement lui offre-t-il sn maigre pécune, mais encore il le couvre de son paletot.Pourtant, il n\u2019avait pas l\u2019argent pour s'en procurer un autre.Toute sa vie est embaumée de traits de générosité, d'amour du prochain.Voit-il un malade sur la rue, il l'envoie à ses frais à l\u2019hôpital tout en lui donnant quelques dollars pour des douceurs.Durant la guerre de dix-neuf cent quatorze, nous voyons In noblesse de son caractère émerger au-dessus des sentiments haineux de la foule.Sa maison était le refuge de quantité d\u2019émigrés.Il s\u2019élevait avec fureur contre lu propagande qui pcignait les ennemis comme des brutes, des sangliers assoiffés de sang.De telles exagérations le mettaient en fureur et les vérités de ce genre le peinaient inutilement.\u201cAussi évitait-il de lire tout journal, revue ou compte-rendu sur ln guerre.Aussitôt l\u2019armistice, il renouait ses connaissances dans les pays vaincus, les soulageait personnellement dans la mesure de ses moyens, et faisait des pétitions offi- ciclles pour empêcher les ennemis d'hier de mourir de faim.Un autre trait de caractère qui nous rend Sir William Osler sympathique, est son amour pour les petits enfants.La comtesse de Ségur ne-semble pas les avoir mieux compris.Sa correspondance avec ses petits amis était volumineuse.Il y parlait leur langage, se servait de leurs expressions, voyait avec leurs yeux, pensait avec leurs idées.Aussi comptait-il autant d\u2019attuches chez les plus jeunes que chez les plus vieux.Toutes ces qualités, ces dispositions le firent maintes fois comparer par ses amis au Christ: bonté et générosité sans bornes, compréhension de la nature humaine, amour des tout- petits.Comme tous les autres, Sir William Osler n passé.Quelques jours après si mort, un professeur de Liverpool faisait de lui ce portrait: \u201cAinsi entra dans l\u2019histoire le plus grand médecin de l\u2019histoire.Au-dessus de tous les autres, l\u2019Ange peut écrire son nom comme un qui a aimé son prochain.Il y n cu de plus grands hommes en médecine.Mais, si on compare leur vie, leur pratique, leur enscignement, leurs écrits, Osler doit être placé en tête.Pensez aux années à John Hopkins alors qu\u2019il a révolutionné l\u2019enseignement de la médecine et la médecine de clinique dans une communauté de soixante-dix millions.Pensez à l'influence de son manuel lui-même en Chine et au Japon.Personne, en un mot, n\u2019a combiné au même degré l\u2019étude, la pratique, l\u2019enseignement, In science ct l\u2019art de la médecine.\u201d De tels éloges ne doivent pas nécessairement être pris sans aucune réserve.Mais que nous importe lequel a été le plus grand?L\u2019important c\u2019est que tous ont vécu, que tous nous ont légué une partie d\u2019eux- mêmes, que tous nous ont montré un coin de soleil dans ln nuit qui nous entoure.D'ailleurs, ne l\u2019oublions pas: le firmament ne serait pas ce qu\u2019il est en l'absence des petites étoiles; toutes contribuent à son éclat.En dix-neuf cent quarante-trois, l'horizon est bien sombre pour ceux qui grandissent.Plusieurs pas se feront à tâtons, dans l'inéértitäde: \u2018Where therë&s life, there\u2019s hope\u201d dit un proverbe anglais.Au milieu de toutes ces destructions d'ordre matériel, intellectuel et moral, tant que durera la mémoire de ces hommes, un germe de vice demeurera immortel.A.-Guy COURTOIS \"LA NOUVELLE RELEVE\u201d\" JANVIER 1943 JEAN-C.DE MENASCE: Ecclesia Malignantium, GEORGES BERNANOS: La stratégie diabolique d'Hitler.ROBERT GOFFIN: Belgique, poème.AUGUSTE VIATTE: Les problèmes de l'Orient.ROBERT CHARBONNEAU: Le romancier canadien.CHRONIQUES Les sciences HENRI LAUGIER: ; L'avenir de la transfusion sanguine.Les livres JEAN LE MOYNE: Un apostolat pour la foule.ANDRE LANGLOIS : Staline par Emil Ludwig.Jeune poésie Présentation des poèmes par le Censeur.JEAN MeËVEN: Vers un autre idéal.ANDRE BELAND: Un Autel et des Fruits et Flamme.ACHILLE CRAUZE: Poèmes.une REMEMBRANCE SUR TAMBOURS Au sifflet du tambour-major, les clarinettes se cabraient et les doigts galopaient sur les trous.Les cors sursautaient et, entrai- nant les basses et les altos, tentaient de rattrapper les clarinettes.Les trompettes s\u2019échappaient en pétarades.Les pistons faisaient une petite promenade chez les trombones.Derrière eux, la batterie des caisses s\u2019'efforçait à tour de bras d\u2019être à temps.Les trompettes voulaient la préséance, les clarinettes réclamaient des priorités, les trombones rageaient.Chacun s\u2019imaginait jouer mieux que son voisin Les meilleurs poumons soufflaient nécessaiie- ment plus vite.L'un s\u2019empétrait dans les doubles croches, l\u2019autre oubliait les soupirs.Mais tous arrivaient à la fin en même temps: les premiers rendus attendant les\u2019 retardataires sur la dernière note.Un coup de tonnerre assourdi, et la longue théorie des élèves, deux par deux, s'ébranlait.Uni- ET TROMPETTES formément vêtus de noir, uniformément coiffés d\u2019un képi, nous visitions alternativement l\u2019un des deux parcs de la ville, alternativement sur \u201cDouble Eagle\u201d et \u201cSambre et Meuse\u201d.Ce que nous nous sommes dandinés sur ces deux marches! Pendant que la Fanfare nous distançait, nous oubliant tout-à-fait, grisée par l\u2019orgie de sons qu\u2019elle lançait au ciel.Le soleil se mirait dans les cuivres éclatants.L\u2019hélécon, balancé par son porteur cramponné à ses pistons, lançait des éclairs beuglants.Les basses, les barytons faisaient cligner les yeux des conventines tout émues de voir passer les collégiens \u2014 non moins émus.Et devant ces regards candidement admiratifs, le futur notaire décollait ses lèvres de l\u2019embouchure de son ophicléide et, pardessus ses lunettes, décochait en direction du trottoir des oeillades voilées mais insinuantes.(Phrase dédiée à Séguin).A MONSIEUR FERNAND SEGUIN Lorsque, prima facie, j'ai re- ardé la disposition acrobatique e votre articule (appuyé, pour ne pas s\u2019effriter, sur une annonce du quotidien matutinal Le Canada) je l\u2019ai lu par politesse, vu que vous y aviez une attention toute particulière à mon égard au lieu d\u2019une polémique justifiable sur \u201cLes Plus Beaux Disques de M.Guilbert-P.Garnier.\u201d J'ai reconnu dans un style, on ne peut plus abracadabrant, le fameux contortionniste du premier débat universitaire de la présente saison \u201cElle ou Elles\u201d, je veux dire, et tous, vous le reconnaissez déjà, Monsieur Fernand Séguin.Puisque vous m\u2019y forcez, Monsieur Fernand Séguin, je me vois obligé de vous accorder quelques instants de mon temps précieux.Car, en Droit, vous le savez bien, nous n\u2019avons-pas de temps à perdre, surtout pour une réponse d\u2019un sapeur-pompier à un contor- tionniste.Noblesse oblige! Je devrais vous provoquer en duel, Monsieur Fernand Séguin, pour les fleurs que vous m\u2019avez jetées! Je devrais vous intenter une action en bornage (ou en borgnage, pour les borgnes comme vous qui ne lisent que d\u2019un oeil) afin de poser une clôture là où la petite chèvre à Monsieur Séguin ne devrait pas y donner de ses cornes jeunes et inhabiles.Je devrais vous intenter une action pour libelle, pour le chantage dont vous êtes coupable.Monsieur Fernand Séguin s'attend à une réponse depuis deux semaines: je la lui donne à l'instant.Monsieur Fernand Séguin n\u2019est certainement pas le brave des braves, s\u2019il s\u2019est trouvé \u201cfichu d\u2019une frousse de première grandeur\u201d pour une chose si inoffensive.Assurément, le C.E.O.C.perdra son temps à faire de lui un cadet.Encore Monsieur Fernand.Séguin pourrait-il y rester pour apprendre par lui-même (il est très.sûr de lui-même: ses confrères le savent) en combien de temps les chevaux feront dix milles de plus! Monsieur Fernand Séguin est fort surpris par le fait que j\u2019ai trouvé un choix de beaux disques dans l\u2019Esquire et, surtout, considérablement offusqué du fait que j'ai cité des disques qui pour lui, ne sont que \u201cde la piquette\u201d.Rien n'empêche que si Monsieur Fernand Séguin était allé un peu plus souvent à la salle D\u2019225 (je n\u2019ai pas eu le plaisir de l\u2019y rencontrer une seule fois) il aurait pu se rendre compte que déjà plusieurs \u2018des grandes machines entendues à coeur de jour\u201d avaient été choisies par la Société Artistique même pour être au programme des Auditions quotidiennes.Monsieur Fernand Séguin avait sans doute prévu cette réplique.Je lui ferai remarquer que précisément plusieurs des Albums cités étaient la propriété de la Société Artistique bien avant qu\u2019on publiât mon billet.De plus, il n\u2019y avait pas alors, des disques des amis Bach, Chopin, Mozart, Debussy, Franck, Fauré, Ravel, etc.C\u2019est dire que je n\u2019ai nullement proposé un choix comme le prétend Monsieur Fernand Séguin.Le tambour-major, tout rétif sous son anarchement, exécutait de savants jeux de pieds et de compliqués moulinets.D'un bref coup de canne, il nous jetait sur les massifs du parc ou nous déployait sur le gazon.En un rien de temps, nous avions fait le tour du parc.La Fanfare en profitait pour chasser la salive de ses intruments, se reposer les lèvres, tourner les feuilles de ses cahiers, étirer la trombone à coulisse, écraser les pis- Car Monsieur Fernand i me fait un vif reproche Eu que je n'ai pas nommé les gq | vres de ses musiciens favoris Il croit même que je les ignore totalement.Loin de là! Monsiey Fernand Séguin n\u2019a qu\u2019à référer au numéro 5 du Quartier Latin à ma petite critique musicale sur les Concerts Sarah Fischer, 1 constatera que j'étais allé enter.dre du Bach, du Haydn, du Mozart et que je ne veux pas ignore la belle musique de quelque ¢p,.que que ce soit, pas même celle d\u2019un Debussy \u201cpotable\u201d.Au ton où Monsieur Fernang Séguin parle de la musique qu'i aime, il a l\u2019air à vouloir en imp.ser.Tellement que je n\u2019ai my m'empêcher de courir aux registres officiels de l\u2019Université de Montréal, à ceux de l\u2019Ecole de Musique, pour voir si je ne trouverais pas au nombre des Docteurs en Musique .Monsieur Fernand Séguin.Je cherche encore! Monsieur Fernand Séguin aurait-il le sang-froid de s\u2019étouffer la prochaine fois qu\u2019il parlera de l'autorité dont Monsieur Guilbert P.Garnier est privilégié ! Quant à la suggestion de Monsieur Fernand Séguin de me faire jouer dans une chambre isolée, \u201cO sole mio!\u201d arrangé pour trois gueules de ténors italiens, je le remercie de sa bonne intention.J'ai été satisfait de l\u2019entendre chanter à l\u2019Auditorium du Piateau, par un ténor polonais, Jan Kiepura.Je n\u2019insiste pas davantage sur le chantage de Monsieur Fernand Séguin.Je m'aperçois tout simplement que notre petit acrobate du cirque Barnum & Baily Co.faisait une pirouette dans le vide au moment où il lisait \u201cLes Plus Beaux Disques de M.Guil- bert-P.Garnier\u201d.Et je préfère rester sur terre firma, conserver mon autorité et parler de la musique que j'aime, que contredire une autorité reconnue, qui n\u2019est certainement pas celle de Monsieur Fernand Séguin.Si je ne suis pas assez catégorique dans mes explications, je laisse à Monsieur Fernand Séguin le soin de voir par lui-même ce qu\u2019une tierce personne pense de sa critique: \u201cD'où M.Séguin tient-il l\u2019opinion que seule la grande musique classique peut procurer une bonne détente?Il faut tellement s\u2019y connaître en musique pour apprécier à sa juste valeur les oeuvres de Bach, de Debussy et de Ravel, Je ne connais pas M.Séguin, et s\u2019il possède cette connaissance, je l\u2019en félicite, mais s\u2019il ne parle ainsi que par snobisme et va jusqu\u2019à prendre pour des sots ceux qui, sans dédaigner la musique classique, aiment écouter la musique latine-américaine, il se trompe énormément.Je connais § une foule de gens qui aiment entendre l\u2019orchestre de Cugat, et qui ne sont pas des imbéciles, loin de là.M.Séguin peut très bien donner son opinion person nelle sans -pour cela chercher à écraser ceux qui ne partagent pas cette opinion.\u201d Guilbert-P.GARNIER À tons.Puis nous débouchions de À vant l\u2019Académie des Frères et au bout de la rue nous rentrions au collège., Et toujours revenaient les mé mes bravades aux \u2018\u2018Primaires de l'Académie, résonnaient le mêmes coups de pieds sur BE borne à l'entrée de la cour du co lège, et, sur le dernier sursaut de la Fanfare, le même coup de to f nerre dispersait les élèves comme B des moineaux.À Maurice RIEL 1114: +.No wd + NWO 'y À victoire sur ow ~~ 0 SCIENCES 2 - BOURGET 1 La Faculté de Sciences, dignement représentée par son équipe de gouret, a remporté une belle les collégiens de Rigaud dimanche dernier, lors de leur festival annuel, au score de 221 1.Devant une assistance des plus enthousiastes (pour l\u2019équipe du collège) nos joueurs ont démontré qu\u2019ils étaient capables d'augmenter le nombre de victoires qu'ils ont sur les bras.Cependant, ils ont dû combattre vigoureusement car les adversaires semblaient bien déterminés à ne pas s\u2019en laisser imposer par les \u2018Boum à la Ka Boum!\u201d Vaincus il y a quelque temps par notre équipe au score de 6 à |, ils avaient placé dans leur rang, UN nouveau gardien de buts en la personne d\u2019un frère de l'institution, et un allié encore plus puissant, le \u2018\u2018grand vent\u2019, qui filait avec eux dès la première période.Malgré cet avantage, celle-ci se termina par le score de 0 2 0.A la deuxième période le vent, tout comme l'armée russe, d\u2019adversaire qu\u2019il était, se trouva en notre faveur.Malgré cela, Jacques Paradis de Rigaud s\u2019empressa-t-il de compter le premier et dernier point pour son équipe.C'est alors que notre gérant fit voir ses \u2018\u2018belles qualités\u2019 de meneur de l\u2019équipe.Il envoya tour à tour la ligne Gauthier, J.Joyal, et Bastien, et l\u2019autre ligne non moins formidable Pa- tenaude (\u2018\u2018Nick\u2019\u2019), Georges Emery, et Laurence, tant et si bien que les nôtres finirent par porter les scores 1 à 1, unc passe de Marcel Laurence à Patenaude permettant à ce dernier de loger la rondelle dans le filet.Un point en entraîne un autre, Laurence porte le score à 2 à 1 quelques instants plus tard.Et tout demeure là, malgré les soubresauts de l'ennemi.Le héros de la partie fut à n\u2019en pas douter, Bernard Laramée, qui garda les buts avec une énergie comparable à celle des Russes devant Stalingrad.Rien ne passait.Il va sans dire qu'Emery et Gagnon sur la défense firent aussi leur part.Selon la \u2018\u2018tradition antique et solennelle\u2019 Paul-Emile Emery est allé au pénitencier purger une punition pour mauvaise conduite! Charette et Georges Emery brillèrent le peu de temps qu'ils furent sur la glace.Nous remercions sincèrement les autorités et les élèves du Collège de Rigaud qui nous firent une chaude réception.Le retour se fit dans le calme et le silence! Tout se passa dans l\u2019ordre! Si jamais vous voulez faire des études astronomiques, si la vitesse du vent vous intéresse, si vous aimez voir passer les trains dans le silence de la nuit, ou si vous voulez étudier vos réactions en face d'un froid qui vous envahit peu à peu, demandez à être gérant de club.! Pierre Paul JULIEN ALIGNEMENTS Lo SCIENCES RIGAUD Laramée, B.buts.Fr.Charbonneau Emery, P.défenses.Labrosse Gagnon.défenses.Lalonde Patenaude.avants.Paradis Laurence.avants.Lafrance Joyal.avants.Lagarde Subs.Bastien, Gauthier Subs.Cauchy, Cot- Charette, Emery, G.noir, L'Allier, Ga- reau, Daoust, Titley, Lalonde, Cloutier, Séguin.SOMMAIRE PREMIÈRE PÉRIODE: DEUXIÈME PÉRIODE: Rigaud: Paradis Sciences: Patenaude (Laurence) Sciences: Laurence TROISIEME PERIODE: Pun.: Emery P.| UN SUCCES SANS PRECEDENT LES BEAUX ALBUMS TAVI Un fait probablement unique s [lf dans les annales de l\u2019édition ca- # nadienne vient de se produire.SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste-Catherine AIR CLIMATISÉ \u201cFemmes de maison dépareillées\u201d, publié par FIDES, il y a deux mois, à 15,000 exemplaires, est déjà épuisé.Un second tirage de 10,000 exemplaires est lancé sur le marché pour répondre à la demande.Cet album, on le sait, chante Ja gloire des mères canadiennes et prêche la formation d\u2019une nouvelle génération de \u2018femmes de maison\u201d aussi nobles et vertueuses * que leurs mères et leur aïeules.Les deux autres albums de cette série, \u201cNotre mère la terre\u201d et \u2018\u2019La patrie c\u2019est ça\u201d, connaissent également une belle vogue et l\u2019on croit qu'ils s\u2019enlèveront tout aussi rapidement que le premier.C'est donc, cinquante-cing mille de ces albums qui circuleront bientôt dans tout le pays et qui feront aimer les vertus de nos gens et les beautés de notre terre, de même que les grandeurs de notre passé.Ces albums sont en pente partout au prix de $0.25 chacun ; par la poste.$0.28.FIDES, 3425, rue St-Denis, Montréal: BALLON AU PANIER Précédée des échos de sa tenue merveilleuse contre le Y.M.C.A.Central, l\u2019équipe de l\u2019Université eut à faire face à une défense \u2018 quasi-impénétrable du Y.M.H.A.mercredi soir, le 10 février.En effet, l\u2019adversaire fit une mise en échec si effective que nos plus forts compteurs Béland et Leblanc n\u2019obtinrent aucun point., Aussitôt que l\u2019un de ces deux Joueurs entrait en zone ennemie, deux joueurs du Y.M.H.A.leur faisaient aussitôt face.Il est déjà assez difficile de déjouer un homme, que faire alors de deux?Toutefois, cette partie de défensive ne se pratiqua pas que d\u2019un côté.Notre équipe fit de même.Cette joute, en effet, fut si disputée que la plupart des lancers sur le panier se faisait de la ligne noire et même du milieu du gymnase.Cela vous donne, sans doute, une idée de ce que fut la partie.Après la première période, Y.M.H.A.menait par le score de 12-3; mais ce ne fut pas long que nos gars déclanchant une offensive à la deuxième période réussirent à percer la défense adverse et finirent la partie avec la faible marge de sept points en arrière.Le score 24-17 vous indique encore comme la joute fut serrée.Un tel bas score n\u2019arrive que lorsque les équipes se surveillent de près et vont perdre le monde, il semble, en perdant la joute.Malgré ce jeu défensif, la partie fut très intéressante.Les lancers de loin, surtout, vous faisaient quelque chose.Tant que le ballon n\u2019avait atteint le panier, vous le suiviez des ycux, bouche bée, immobile; pendant qu\u2019il suivait sa longue trajectoire, vous en aviez la respiration arrêtée.Le ballon au panier est vraiment un sport magnifique! Henri DAGENAIS, publiciste.P.S.\u2014La partie prochaine sera contre le Y.M.C.A.Central, rue Drummond, à 10 p.m., vendredi, le 5 mars.Venez! vous et vos amies! POLY vs LAVAL Remis quelque peu de sa joute contre le M-S-L, Poly allait, le lendemain 14 février, rencontrer le Laval Sr, à l\u2019occasion-du festival annuel du collège de St-Vin- cent de Paul.Dans une joute qui fut tout ce que celle de samedi ne fut pas, une joute où le beau jeu, les coups francs, le \u201cfair-play\u201d dominèrent Poly réussit à gagner par le score e 5-3.Grâce au magnifique travail de Gignac, au centre, et à la spen- dide tenue de R.Laverdure sur la défense et de Trottier dans les buts ainsi qu\u2019à l\u2019étroite collaboration des joueurs, nous avons pu nous rallier, pour dépasser, : dans les deux dernières périodes (périodes de vingt minutes), une avance de 3-1 pour le Laval Sr.Cette victoire, qui fut aussi la première défaite du Laval Sr.cette saison, nous permet d\u2019apporter le trophée Charbonneau à l\u2019Ecole où il restera jusqu\u2019à l\u2019an prochain.Un lunch copieux, tradition du collège Laval, nous fut servi après la partie.Nous voulons ici offrir au frère Directeur du collège Laval et au frère Abel, nos sincères remerciements pour leur accueil chaleureux et nos sincères félicitations pour la splendide tenue de leur festival.Nous attendons avec plaisir la saison prochaine de hockey pour aller vous disputer le trophée Charbonneau à nouveau.Henri DAGENAIS l'Université de Montréal 2900, Bivd Mont-Royal Cher Monsieur, sujet de TOUT?Pénétrez, breux témoignages dresse avec profit d'abonnement ci-joint.Monsieur I'Administrateur, \u201cLE QUARTIER LATIN\u201d Organe officiel des étudiants de EX 1573 Voulez-vous savoir TOUT ce que pense le Canadien-fran au chaque semaine, l'atmosphère estudiantine que vous apporte fidèlement \u201cLE QUARTIER LATIN entier, l\u2019université est le type de la pensée franche, directe et libre.non pas de la \u201clibre-pensée\u201d, mais de la pensée libre de toutes attaches quelles qu\u2019elles soient.C\u2019est quelque chose! \u201cLE QUARTIER LATIN\u201d vous dira sans ambage ce que pense Carabin des mouvements sociaux de sa Province et de son Faye: avec votre concours, il observera et jugera les faits salllants d'actualité, tout en préconisant des réformes sociales éprouvées et moussant toujours l'épanouissement enviable de la culture canadienne-française.Que-ses articles portent sur la politique, le théâtre, l'histoire, les livres récents, le cinémia ou la musique, seul Carabin, en accouchera de façon à la fois mordante et sérieuse.Selon les nom- ue nous en recevons, \u201cLE QUARTIER LATIN\u201d s'a- toutes les classes de la société.\u201cBIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE\u201d.Tel est notre devise et ce que nous faisons _n toutes occasions, pour la modique somme de $2.00 l'abonnement.Il vous fera sans doute plaisir de remplir le bulletin Joignez-y simplement un chèque, m bon de poste,(1) et le fa-teur dépor a galement chez vous \u201cLe Quartier \u201cLE QUARTIER LATIN\u201d 2900, Blvd Mont-Royal - Montréal Veuillez trouver cl-inelus In somme de $.en paiement d'un abonnement que vous ferez parvenir à: arcvoscs20en0.0000 tan 020000000002 0000 2000200 80 (1) Prière de faire remise à l'ordre de \u201cL'Association Générale des Etudiants de l\u2019Université de Montréal, 2900, Blvd.Mont-Royal.*.Dans le monde qui le peut faire, andat ou \u201cSponu POLY vs Pour la 36e fois consécutive, le club de hockey de Poly rencontrait celui du Mont-Saint-Louis, le 13 février dernier, pour la dispute du trophée Bonin.Le Poly qui jouait sa première partie de la saison, après trois pratiques, ne faisait pas face qu\u2019à une faible tâche dans le club du M.-S.-L., aguerri lui, par les parties régulières d\u2019une cédule.Quand même, le Poly n\u2019avait pas peur.Il n\u2019y avait qu\u2019une alternative: les battre ou se faire battre! La partie débuta à vive allure, les deux clubs cherchant une ouverture pour compter.Le M.-5.- LL réussit le premier point; le deuxième.Poly compta le troisième, Noiseux réussissant le coup sur une belle passe de J.Béland.A la deuxième période le M.-S.-L.s\u2019assura la victoire en comptant son troisième point.Campeau fut sans un doute l\u2019étoile du M.-S.-L.Voici pour les points, mais la partie fut beaucoup plus mouve- M.S.L.mentée.Les coups d\u2019épaules et les mise en échec pleuvaient drus tout le long de la joute, si bien, que dans la deuxième période une bataille quasi-générale éclata.Gignac, du Poly, que le M.-S.-L.avait sans doute reçu ordre de surveiller de près, se défendit d\u2019une dure mise en échec deux joueurs.Sa rebiffade eut le don de déplaire aux M.-S.-L.qui lui entrèrent dedans.Il n\u2019en fallut pas plus pour que la poudre flottant dans l'air s\u2019enflamma! Vous imaginez ce qui suivit! « .\u20act pendant un bon cinq minutes, les dernières de la période, les deux équipes jouèrent 3 contre 3.Ainsi finit une partie qui ne dura que (2) périodes (périodes de 15 minutes rondes) par le score de 3-1, score dont le M.-S.-L.se prévalut pour s\u2019accorder le trophée Bonin, malgré que In dernière période n\u2019ait pas été jouée! Vous concluez donc .Henri DAGENAIS POLY ANNULE Vendredi soir dernier, le Poly rendait visite à l\u2019équipe de l\u2019Académie Roussin.La joute fut intéressante au possible, et les spectateurs parurent satisfaits de l\u2019effort fourni par les deux équipes.Au milieu de la première période, Mallette donnait l\u2019avantage au Poly en comptant le premier point au cours d\u2019une mêlée devant les buts.L\u2019Académie Roussin attaqua alors avec plus d\u2019énergie.Notre gardien de buts, Trottier, eut fort à faire, mais il s\u2019acquitta merveilleusement de sa tâche.Après plusieurs essais infructueux, Roussin enregistra deux points \u2018 COMMENT REMPLACER L'ESSENCE \u201d L\u2019essence cst rationnée?Le mal n\u2019est pas irréparable.On a trouvé un merveilleux substitut à l'essence: le gaz du gazogène.Cet appareil, dont l\u2019invention remonte au XVIIIe siècle, a été récemment l'objet d'expériences concluantes dans la province de Québec.Désormais, ce sera chose relativement simple et peu coûteuse que d'installer un gazogène sur une voiture privée.Comment cet appareil est-il constitué?Comment fonctionne- t-il?Où cet emploi serait-il profitable?Pour avoir des notions claires et concises sur toutes ces questions il faut consulter la synthèse sur le gazogène, publiée dans le dernier numéro de la revue \u201cMes Fiches\u201d (no du 20 février).Outre cette synthèse, d\u2019un intérêt tout actuel, la revue contient également, comme à toutes les quinzaines, des résumés synthétiques, touchant tous les domaines du savoir.À partir de mars, elle consacrera 4 pages par numéro à des analyses critiques de volumes récents.Tous les gens cultivés, ou soucieux de l\u2019être davantage, devraient consulter régulièrement cette revue qui s\u2019intéresse à tous les problèmes qui préoccupent le monde intellectuel.Adressez-vous à FIDES, 8425, ruè St-Denis, Montréal, .Le numéro (0.07 par la poste) ; l\u2019abonnement, 20 numéros, $L.00 par année, AVEC ROUSSIN coup sur coup dans In troisième reprise.Quelques minutes plus tard, Béland, du Poly profita d\u2019un filet ouvert pour y glisser le caoutchouc.Et la joute se termina au compte de 2 à 2.1] SPECIALITE HABITS A LOUER OU A VENDRE POUR TOUTES OCCASIONS où l'habit noir est de rigueur M.A.BRODEUR MARCHAND : TAILLEUR 26 est, rue Notre-Dame LAncaster 2776 \\ ' PAGE HUIT.POUR UNE PAIX TOTALE Dieu nous impose aujourd\u2019hui la guerre totale parce que nous n\u2019avons pas voulu de la paix totale.Et si nous la refusons lorsque les prochains traités auront été signés, nous mériterons de subir une nouvelle épuration dans quelque vingt autres années.Quoi qu\u2019on veuille bien dire, les nations totalitaires nous ont fait la leçon, nous ont montré le chemin.Avant 1939, on pouvait diviser les nations actuellement en conflit, en monde capitaliste et monde totalitaire.Le premier comprenait les nations qui acceptaient de vivre selon l\u2019ordre structuré sur les lignes de force de l\u2019idéologie libérale et se prétaient aux excès individualistes qui s\u2019étaient développés avec le vieillissement de cet ordre.Le monde totalitaire, comprenant l\u2019Allemagne, le Portugal, l\u2019Espagne, l\u2019Italie, la Russie, le Japon et quelques autres pays, avaient rompu avec cet ordre depuis un temps plus ou moins long.Cette rupture, dans l\u2019ensemble des cas ou presque, avait été provoquée par un désir de libération dont l\u2019objet variait presque avec chaque nation.La détermination de chacun de ces objets, de même que la présence ou non d\u2019un désir concomitant de domination, importe peu ici.Ce qui nous intéresse c\u2019est la figure que prit l\u2019ordre nouveau, l\u2019esprit et la méthode adoptés; figures, esprits et méthodes essentiellement identiques pour chacun des pays: figure, esprit et méthode totalitaires.Dans chacun des cas, l\u2019on voulait se libérer.De quoi?encore une fois, peu importe.Four réaliser cette libération, on créa l\u2019ordre nouveau.L'essentiel en était le totalitarisme ou la mise en commun de fout le capital national.De cette mise en commun suivait le développement optimum de chaque puissance, de chaque potentialité.Et, chaque puissance étant elle-même soumise à ce totalitarisme, suivait enfin le rendement optimum de la nation.Se trouvaient donc en face l\u2019un de l\u2019autre, deux mondes de figure fondamentalement différente.\u2014 L\u2019un, social, où le rendement était poussé à son maximum; l\u2019autre, individualiste, où il était soumis au caprice d\u2019une concurrence de plus en plus libérée de tout contrôle.Divers facteurs jouaient en faveur du monde individualiste: la jeunesse relative de l\u2019ordre nouveau, la facilitation offerte au jeu de certaines passions par un régime où l\u2019autorité avait plus de pouvoir, l'ignorance où l\u2019on se trouve sur les conditions réelles de vie dans les pays étrangers et, enfin, ce fait que les nations du monde capitaliste avaient le haut du pavé, le contrôle des relations internationales.Aussi, on put garder l\u2019illusion que les deux conceptions étaient sur un pied d\u2019égalité, présentaient chacune des avantages comparables dans leur ensemble., * -Mais, certaines des nations to- talitrires ayant mis leur rendement au, service d\u2019une volonté de domination du monde, en 1939, la guerre générale éclata.Et dans une suité de défaites cuisantes les nations capitalistes se virent imposer un changément de conviction.Ils durent comprendre qu\u2019en concurrence libre leur système était inférieur à l\u2019autre.De là est sortie l\u2019adoption par les Alliés de la politique de guerre totale.Et que l\u2019on remarque que la nation qui, la première, à pu faire reculer le gros de la machine allemande, c\u2019est la Russie, elle- même organisée sur une conception totalitaire.Il y a là quelque chose de significatif.II faut en conclure qu\u2019à égalité de chances, l\u2019esprit totalitaire produit un meilleur rendement que l\u2019esprit capitaliste.Il ne faut pas que nous limitions le profit de cette expérience au domaine de la guerre.Sa valeur est d'application plus générale.Le rendement d\u2019une nation vivant dans l\u2019esprit totalitaire est meilleur essentiellement.Et son application ou non à la Euerre est quelque chose d\u2019extrinsèque à cette amélioration.Il ne faut pas que nous ayons fait la guerre, que nous l\u2019ayons faite totale, pour rejeter le monde dans le jeu de la concurrence des-égoïsmes sans frein, dans-le monde individualiste que nous avons connu avant la guerre.Nous acceptons la guerre totale, on nous impose la guerre totale; nous exigeons la paix totale.Nous exigeons la mise au service de chacun de tout le capital national.Je dirai plus: nous exigeons la mise au service de chacun de tout le capital du globe (dans l\u2019application,.il faudra tenir compte des différences nationales et individuelles).Nous exigeons qu\u2019on mette à fond les freins aux appétits désordonnés des individus.Il est absolument nécessaire qu'on revienne à l\u2019esprit totalitaire qui est le seul esprit vraiment imprégné de charité, le seul esprit qui voit surtout dans LA SUPERIORITE, UNE RESPONSABILITE.Je sais que cette paix totale, que ce totalitarisme de paix comporte des dangers.Mais ces dangers ne sont pas dans l\u2019esprit totalitaire lui-même (il faut dissocier totalitaire du nazisme, et du communisme, auxquels il est lié actuellement) ; ils sont dans Ja fin à quoi on peut le faire servir, dans la fin qu\u2019on peut donner aux réalisations magnifiques qu\u2019il apporte.Et rien de grand ne se fait sur la terre sans risque proportionné.Et l\u2019esprit totalitaire, qui met chaque homme au service de tous pour que tous les hommes soient au service de chacun, est, dans l\u2019ordre social, l\u2019esprit le plus convenable à la nature de l\u2019homme et au plan de Dieu.Georges DUFRESNE LE QUARTIER* LATIN Il y a du bonheur épars dans la douceur de l'air; les cristaux de neige volligent lentement: ce n\u2019est pas encore la fin de lu saison.Rien n\u2019est triste dans la lumière voilée el j'aime d aller par les chemins où les passants sont rares, où l\u2019on garde pour soi, sans l\u2019éparpiller, la joie de celle beaulé resplendissante qui se meurt.Je vous avouerai une de mes petites Jaiblesses parmi toutes les autres moins louables que je ne vous dirai pas.C'est une pitié lendre pour ces flocons délicats, encore si jolis, qui couvrent le terrain et qui se fondent en eau.Et je \u2018marche doucement, afin de mieux remplir mes yeux des beautés de la nature.Ce soir, je découvre dux horizons, une voix qui me parle de grandeur el me donne la nostalgie des beautés éternelles.J'écoute le silence animé des choses.S'ELEVER POUR ELEVER.je pense.Je me rappelle, soudain, celle phrase si juste d\u2019 Henry Bordeaux: \u201cPour bien vivre la vie, il faut commencer par l\u2019aimer.On ne fait rien de bien sans amour.\u201d Ily a dans l\u2019amour, el non pas seulement dans l'amour idéal de la charité, un principe d'élévation intérieure.Vivre! Tout est ;! Dans toute vie humaine, à y a deux côtés: le grand et le petit.Le petit côté de la vie, ce serait de rester ce que nous sommes, irrésolus, inquiets, à la merci de ces rêves doux qui passent dans notre imagination el dans notre coeur pour les troubler el les décevoir.Le terrestre a, en nous, sans que nous nous en doutions, une puissance redoutable.Le grand côté, ce serait de régler nos désirs avant de songer à les satisfaire, de sortir de nous- mêmes, de nous exercer à vouloir le bien, de spiritualiser notre existe \u201cIl faut monter, il foul grandire Et comme dirait encore Hen, Bordeaux: \u201cLa vie est donc matiè, si précieuse qu\u2019il faut ensemble s\u2019accommoder d'elle, l\u2019accepter dans son concours le plus ordinaire et comprend, el sentir ce qu'elle peut tout à coup nous apporter de rare et d'essentiei I ne faut ni la dédaigner, ni l\u2019amoin.rir.Ce qu'il faut mettre comme une éloile au-dessus de sa vie, c'est k devoir, c'est le perfectionnement à; soi-même.Qu\u2019importe que l\u2019on souffre si l\u2019on fait le bien.Ce qu'il fau combattre impérieusement, c\u2019est ce qu nous diminue.La vie ne nous donnée que pour grandir sous loi] de Dieu.Denyse DAZE GRAND CONCOURS DU JOURNAL fedanada UN DOLLAR PAR MOT CONCOURS LE ÉTUDIANTS Voilà une offre extraordinaire.C\u2019est pourtant vrai ! La preuve, c\u2019est que les six étudiants, qui seront .proclamés concours lancé par le journal \u201cLe Canada\u201d et qui se terminera le 31 mars prochain, recevront chacun une bourse de $300 pour un travail littéraire de 300 mots.lauréats du QUE FAUT-IL FAIRE POUR GAGNER $300 ?Vous n\u2019avez qu\u2019à faire souscrire un abonnement au journal \u201cLe Canada\u201d, et nous dire en 300 mots ou plus \u201cPourquoi plus de Canadiens doivent lire Le Canada\u201d.votre manuscrit avec le bulletin d\u2019abonnement ci-dessous dûment complété, en ayant soin d\u2019y ajouter un chèque ou mandat-poste au montant de $9, prix de l\u2019abonnement d\u2019un an en ville au journal \u201cLe Canada\u201d, Département \u201cU\u201d, 33 ouest, rue St-Jacques, Montréal, le ou avant le 31 mars 1943.DAT AAN LE 1500 NOUVEAUX ABONNES Puis vous adressez AUTRES PRIX EN ARGENT POUR CHAQUE FACULTE Dans chaque faculté, un Comité a été créé dans le but de stimuler le zèle de ses membres.Renseignez-vous auprès de votre organisateur.Il y a des prix spéciaux en argent offerts à ceux qui font souscrire le plus WEA ey CONSEIL DES ÉTUDIANTS 5) \u2014REGLEMENTS DU CONCOURS 1.\u2014Tout étudiant de l\u2019Université de Montréal est éligible: (toute faculté, cours réguliers du jour ou du soir).9, \u2014Rédiger un travail de 300 mots sur le srlet suivant: \u201cPourquoi plus de Canadiens doivent lire Le Canaca\u201d.3.\u2014Faire parvenir ce travail au journal \u201cLe Canada\u201d, Dépt \u201cU\u201d, 43 ouest, rue St-Jacques, Montréal, le ou avant le 31 mars 1943.4,\u2014 Faire \u201cLe Canada\u201d.souserire au moins Un S5.\u2014La décision des juges sera finale.LES JUGES SERONT DES PERSONNES BIEN CONNUES DANS LES CERCLES UNIVERSITAIRES.abonnement au journal d'abonnements.n\u2019oubliez pas que le Conseil des Étudiants recevra un chèque de $500 si les facultés ensemble réussissent à obtenir 1500 nouveaux abonnés ou plus.En outre, Ce concours sera populaire nous en sommes sûrs.Notre journal du matin a confiance que ce concours sera un franc succès.Tout le monde sait que lorsque les étudiants tête d\u2019accomplir quelque chose, ça marche ! se mettent en \u2014 REMPLISSEZ CETTE FORMULE QUI DEVRA\u2014 ACCOMPAGNER VOTRE TRAVAIL Nom du concurrent Somme requise ci-jointe: $ (Tout paiement par chèque ou mandat-poste) LES NOMS ET PHOTOGRAPHIES DES HEUREUX GAGNANTS SERONT PUBLIES DANS \u201cXe Canada\u201d "]
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