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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
vendredi 1 avril 1938
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1938-04-01, Collections de BAnQ.

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[" nl JONTREAL, PREMIER ARI 1938 Directeur: JEAN VALLERAND SOMMAIRE g w\u201c A (3 ( I BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE |.il ETUDIANTS DU MONDE DANIEL JOHNSON \u201ccours DE ROULIS\u201d S.Q.LAPIN LE DERNIER DEBAT NOTRE HABITANT RAYMOND MASSE REVE P.-E.B.MATERNITE CUBISTE AGE DES JOURNAUX THERESE TANDIF \u201cSAMSON\u201d ROGER CHAPUT LA GUERRE DES ARTS SERMAISE A GERARD LEVESQUE GUY BEAUDET LETTRE A PIERRE BAUDOUIN MADELEINE LABRECQUE \u2014 LE VENT B.G.A UN SOPHISTE JEAN VALLERAND DERNIERES FEUILLES PHIL MALOUIN OH! MONSIEUR MALOUIN V.THERAND AUX URNES, SKIEURS ! J.F.MISE AU POINT JEAN NOEL NOUS ETIONS CENQ À TABLE .REINE MAIS PEU SONT ELUS LOUIS VEUILLOT PIERRE BAUDOUIN FAITES-NOUS DES OEUVRES PAR ROGER CHAPUT Le réveil canadien-français à eu un incommensurable effet: celui de faire réagir contre des forces hostiles un peuple en voie de disparaître comme entité ethnique.C'est l'économique qui a d'abord frappé les yeux.On s'est aperçu que toutes nos richesses nous quittaient pour grossir les sacs d'étrangers.Ce fut l'origine d'un mouvement anti-trustard.Quelque douze ans après le mouvement nationaliste de mil neuf cent dix, la politique nationale a de nouveau préoccupé les esprits.La minime part que nous possédions dans le fonctionnarisme et surtout le peu d in vence que nous avions à Ottawa a fait jeter des hauts cris.On a été anti-anglais.Au mal économique et politique, des êtres clairvoyants ont tôt fait d'ajouter notre carence impardonnable dans le domaine intellectuel, artistique et scientifique.De là cst né chez nous un particularisme et une lutte effrénée contre tout ce qui le défavorisait.On a été anti-américain, anti-impérialiste, anti-juif, anti-etc.On a même été jusqu'à être anti- canadien-tout-court.ut Mai ons Sa ute, les mouvements anti ont du Don.eis pre s garde.\"I sun en qu'un jour devant la nullité pratique de tous nos ent et les réalisations positives de nos adversaires, notre peuple oe jette & bras ouverts du côté où il voit du réel, du vrai, et en somme du beau.-il di tous | ements pro doivent commencer par être ou Dettes façons, notre \u2018antimanie à duré assez longtemps; et avant que d'en subir les chocs en retour, il faudrait se mettre en Fis e créer i fautes, celle de notre impuissance intellectuelle wiv ie et lo.plus grave.\u201cFrançais d'origine, nous nous devions de \\ produire dans ces domaines autre chose que des cartons-pâtes.Tandis que nos adversaires opéraient des merveilles au point de vue économique, il aurait fallu pour contre-balancer leur action, que nous bâtissions nous aussi dans les sphères où nos aptitudes innées avaient le plus de chance de se faire valoir.Or nous n'en avons rien fait.Pour cette raison, nous en sommes réduits aujourd'hui à réagir contre ce qui originairement.n'a pas été accompli contre nous.DORENAVANT, IL FAUDRA, SOUS PEINE DE PERIR, OPPOSER AU MATERIALISME AMERICAIN ET ANGLO-SAXON LES REALISATIONS \u201cCONCRETES\u201d DE L'ESTHETISME FRANCAIS.Pour ce faire, nous n'avons qu'à puiser aux sources, celles des humanités françaises.Quand nous nous y serons abreuvés, nous serons en mesure de construire.Quand nous aurons construit, quand nous aurons notre littérature, notre musique, notre peinture, notre architecture, notre peinture, quand notre Province rayonnera de caractère français, il ne sera plus question d'être anti parce qu'alors nous pourrons montrer qui nous sommes! En attendant, se rappeler que bâtir canadien-français, que ce soit un poème, une symphonie ou une église, sert mieux la cause de notre survivance que tous les fanatismes réunis.Faites-nous des oeuvres qui respirent canadien-français et qui soient belles, et je réponds du reste.Tant que le beau que nous avons sous nos jeux sera américain ou anglais, la tentation subsistera toujours d'adopter a mentalité de ceux qui l'ont produit.VINGTIÈME ANNÉE, Ne I 9 Tv Rédacteur en chef: ROGER CHAPUT BILLET DE LA SEMAINE L'ENNUI, CANCER DES AMES Sauf dans les romans, il est plutôt rare qu'à leur tnsu les humains deviennent la proie de l'ambition, de la jalousie, de l'amour et de la haine.Personne, que je sache, ne peut prétendre s'être endormi un soir dans une quiélude parfaite du cœur el des sens pour se réveiller le lendemain, tout émite, tout chaviré et clamant comme un forcené: \u201cL'ambition me dévore, l'envie me brûle, l'amour in\u2019affole, la haine me torture\u201d! La naissance de ces sentiments est, sauf phénomène, précédée de symptômes délicieux ou douloureux qui les Juit désirer ou appréhender.A un deyré plus ou moins intense, selon ia sensibilité des sujets, ils font partie de la vie de tout être normal.Or il est un sentiment qui diffère entièrement de ceux-ci.Aucun signe ne nous fait pressentir son arrivée, Sans motif il s'empare de nous un bon jour.I sait choisir son heure: il entre comme un intrus, sans frapper, ct se rend maitre de la place lorsque le cœur est lourd, la lassitude prochaine et la vaillance épuisée.On a bien un dernier sursaut d'énergie, on tente de le faire déguerpir, mais tel un raseur il s'obstine d nous tenir compagnie.Vous devinez de quoi je parle?Non?C'était bien la peine alors de tâter d'un style imagé! Pauvre Mousmé \u2014- comme dirait l'autre \u2014 résigne-toi à écrire sans figure, le génie de Cubiste ne Cest pas accessible.Le désespoir dans l'âme, tel un compositeur qui aurait raté sa fugue, je vous dis done tout bonnement que c'est de l'ennui qu\u2019il est question, «de cet ennui bêle qui nous tombe dessus comme une tuile.I serait facile de ac défaire de l'ennui s'il avait une cause où un objet, mais voild: il vient sans qu\u2019on l\u2019appelle e£ demeure tant que ca lui chante.J'entends les anti-fatalistes me demander ce que fait la volonté dans tout cela.C\u2019est bien simple: elle souffre d'apathie aiguë.On s'ennuie mais on n'a pas la force de réagir.C'est un peu comme lex cylindres d'une bagnole qui aurait fait le tour du monde: ils ne veulent plus obéir.De même l'ennui succède généralement à une période mouvementée de notre vie mondaine.On se Jette à corps perdu dans le plaisir.On s'agite comme des pantins, et crac, tout casse.Ce qui, hier, faisait nos délices, s'avère monotone, insipide, sans attrait.Le moyen de pallier à cela serait de goûter la joic à petite dose, mais allez donc mesquiner, lésiner avec le bonheur lorsqu'il s'offre à vous.On a tellement la frousse de le manquer qu'on l'étreint à plein bras ol tant pis si le souffle nous manque, si notre pouls cxagére ses pulsations: on boit d longs trails comme un tourisle qui reviendrait du Sahara sans a'être muni d'une gourde.(comparaison idiote, dira Impartia®, mais je n'ai pas le choix!) Alors vient un moment où on n\u2019a plus soif, on cat saturé de tout ct le vague à l\u2019Ame nous empoigne.On pourrait donc définir l\u2019ennui: une absence de désirs.Ne plus désirer rien, c'est affreux vous savez! Est-ce dire que l'espérance d\u2019un bien, l'envie d\u2019une jouissance, le désir d\u2019un être sont nécessaires sinon essentiels à notre bon équilibre.Je suis tentée de le croire.Et J'imagine qu'il faut être bigrement vieux el impotent pour ressentir un détachement total des gens et des choses.Je conçois évidemment que dans quelque quarante ans d'ici nous aurons, nous les jeunes d'aujourd'hui, ce même sourire ironiquement tendre de nos mères, devant les ambitions illimitées, les projets fantastiques, les enthousiasmes fébriles, le dynamisme de nos fils, mais au fon: je parierais que nous éprouverons une cerlaine nostalgie de nos folies, de nos adorables bêtises de jeunesse, Notre sagesse d'alors sera-t-clle voulue, librement consentie ou découlera-t-clle de l\u2019ueure de nos facultés, du poids de la vie?Ne sera-t-elle pus la rançon des ans?Et puis, même alors je ne crois pus que les désirs soient morts pour nous.Ils revivront duns les êtres que nous aurons conçus.Sapristi que me voilii loin de mon sujet! n'y a pas d le nier: c'est beaucoup demander à une femme que de suivre une ligne droite, sans anicroche.Mais ne rouspélez pus, je reprends le bon chemin.Je jasais de Uennui.Entre vous et moi ¢'est li un fichu sujel.On sait bien comment l\u2019aborder mais quand arrive le moment de terminer on s'esquinte à chercher une fin pathétique.Si j'allais en insistant sur Ce thème vous donner le cafard.Si déjà vous ressentiez l\u2019étreinte de ce poulpe moral, le pondéré Danicl-m'en ferait un crime bien sûr.Alors souffrez que je m'esquive avec une, bravoure toile féminine.MOUSME UN GERME DANGEREUX Curieuse de position que celle de la Province que nous habitons.A lire les journaux on croirait que les Canadiens français ne savent rien faire de positif.Nous serions ou enti-fascistes ou anti-communistes.Deux doctrines qui se prétendent l'antidote l'une de l'outre.Ne serait-il pas temps que les bien-pensants adoptent une attitude positive en faveur d'une doctrine dont l'idéal est autre que la destruction.Et tout de suite, car ça presse.ll faudrait être aveugle pour ne pas voir que le fascisme et le communisme progressent.Et dans tous les milieux.Mais notre surprise fut grande d'apprendre que même dans nos collèges classiques le communisme couve.En effet nous avons sous les yeux deux lettres écrites par un jeune élève du Séminaire de.\u2014il est en méthode ou en versification si l\u2019on en juge par son style et sa calligraphie \u2014 et adressées à Messires Tim Buck, notre Lénine national, et Smith, ex-député communiste de Port-Arthur.Ce jeune \u201cqui promet\u201d demande à ses maîtres de lui déléguer un organisateur ou un représentant qu'il rencontrerait dans une famille de la ville de.Ses professeurs, dit-il, parlent continuellement contre le communisme, mais il pense, lui, que le communisme doit être bon.Cet état d'esprit chez ur jeune de nos collèges est bien significatif.Et nous pouvons nous attendre à en voir lever une légion de ces têtes fortes qui se refusent à toute \u2018idée préconçue \u2019, à tout \u2018\u2019dogmatisme\u2019\u201c.C'est là que nous mène notre mentalité de tout critiquer et de \u2018manger les curés\u201d.FERONS-NOUS NOTRE PART?La Fédération poursuit sa campagne activement.Dans les écoles de la Commission Scolaire le travail est organisé très efficacement.L'an dernier les enfants ont contribué le joli montant de $16,500.Et les universitaires que feront-ils?Que donneront-ils?Serait-ce trop exiger PAR DANIEL JOHNSON + Nous avons guetté avec curiosité les réactions de la presse universitaire cana- dienne-anglaise devant les récents événements internationaux.Nos confrères ont été moins expansifs que les petites sentimentales qui ont pleuré sur l'Eden de leurs rêves, le galant diplomate, le prince charmant.Ca ne veut pas dire pourtant que la politique de Chamberlain ne les blesse pas dans leur orgueil britannique.Cette colère contenue éclate dans un article de Varsity dont voici un passage : N.Chamberlain himself cannot possibly prevent war! And especially with a policy like that of Mr.Chamberlain.With his nauseating hesitation and vacillation, he is not only NOT preventing war, but he is gradually losing for Britain all the respect which has hitherto been hers.No country can depend on Britain for support now.And any country that did would be extremely foolish.Les Canadiens anglais, les jeunes du moins, blâment les pays démocrates de ne \u2018pas s'unir pour entraver la marche victorieuse des dictateurs.Et bien.pour une fois les Saxons tombent dans l'idéalisme utopique.C'est bien beau de demander l'union de la France, de l'Angleterre, de la Russie et des Etats-Unis; mais au nom de quels intérêts?Car n'allons pas croire que les gouvernements se décideront à une guerre pour sauver la démocratie.D'ailleurs l'a-t-on sauvé cette fameuse démocratie en 1918?Ou si au contraire on ne l'a pas compromise définitivement ?Pour comprendre les menées arrogantes de Hitler il faut se rappeler les bêtises du trio de Versailles.Quand on a décidé de laisser la vie à un homme il faut lui laisser les moyens de vivre, autrement, aigri, furieux il s'élancera contre ses semblables.De même pour un pays.Si on lui reconnaît le droit à l'existence, n'est-il pas d'élémentaire prudence de lui iaisser les moyens de se développer normalement?Un peuple blessé dans son orgueil et humilié sous la botte de ses ennemis qui veulent l\u2019affamer, devient terrible lorsque, à force de sacrifices, il a enfin réussi à relever la tête.Sans être le moins du monde germanophile, il faut reconnaître que c'est là le cas de l'Allemagne.Si l'annexion de l'Autriche ne doit pas être excusée, au moins s'explique-t-elle facilement.Et la politique de Chamberlain pouvait difficilement que demander une moyenne de cinquante sous par étudiant ?être autre dans les circonstances.BOURSES FÉDÉRALES La Conférence de Winnipeg a mis sur pied une organisation ramifiée dans chaque université et qui a pour but de travailler à la solution des problèmes est.diantins.Le plus angoissant et le plus actuel est sans contredit la pénurie d'argent Combien de jeunes gens talentueux sont obligés d'abandonner leurs études versitaires faute de ce nerf indispensable ?* uni.Un moyen de remédier à cette triste situation, c'est la création de bourse, À Or actuellement les autres universités s'intéressent activement au projet du dépuré fédéral, Paul Martin.Nous devrions y aller de notre collaboration afin que lorsque la distribution se fera, nous ayons notre part.Chaque étudiant peut tout de suite aider à la réussite du projet en approchant son député.Ce sera autant de fait en avance des démarches officielles.Chaque année 50,000 étudiant s'inscrivent dans les universités canadiennes.Et seulement 500 reçoivent de l\u2019aide.Tandis que la Nouvelle-Zélande, pour une population de cing 3 six foi moindre, dépense la même somme que le Canada pour ses boursiers.LA ROTONDE Nous avons reçu régulièrement cette année La Rotonde, journal mensuel de la Société des Débats français de l'Université d'Ottawa.Sa lecture ne manque pas d'intérêt quand on se souvient que la plupart des étudiants de l'Université d'Ottawa sont encore dans la Faculté des Arts.La tenue est distinguée et sa présentation agréable.Dans le numéro de mers, parlant du débat, Monsieur Godbout laisse entendre que la marge des vainqueurs à Montréal et à Québec fut faible.Pour le débat de Montréal, oui.Pour celui de Québec, elle fut de 25 en faveur de nos porte- couleurs.Monsieur Godbout le savait-il ?On peut entretenir, l\u2019opinion que len voudra sur la nature ou le caractère de l'union fédérative de 1867.Le moindre doute ne sauruit exister sur le sentiment des associés d'il y à soixante el onze ans et en particulier de ceux du Québec.Que ln fédération pût devenir un instrument politique destiné à comprimer, puis a absorber graduellement les autonomies provinciales; qu\u2019en d'autres termes, celle fût une simple étape vers un Etat unitaire, avoué où déguisé, nous affirmons que telle chose n\u2019est jamais entrée dans In pensée de In majorité des \u201cPères\u201d.Quelque vagues où élastiques que puissent être les articles 91 et 92 de l\u2019Acte de l'Amérique du Nord britannique, le préambule de l'Acte subsiste, qui marque nettement ln volonté des associés: *\u201ccon- tructer une union fédérative\u201d, \u201cdévelopper In prospérité des provinces\u201d.Tel était en particulier le sentiment de ceux qui ont parlé et voté au nom de Is province de Québec, Jumais les Canadiens français ne fussent entrés, pour leur part, duns un Etat qui eft avoué des intentions centralisatrices, Pas un chef politique.pas une puissance au monde, weit pu leur arracher cotte sorie d'ahdication.Or il est temps de s'ouvrir les yeux: l'Etat fédéral, depuis quelques années, s'achemine, et rapidement, vers le centralisme.Fémoins: In centralisation administrative des ports nationaux, In Banque du Canada, In loi projetée à soumel- tre à un organisme unique toutes les entreprises canadiennes de transport, lt que manifestaient ces fameuses lois sociales de 1935, sinon une intention systématique de grignoter l'autonomie provinciale?Le pouvoir d'amendement que le gouvernement d'Ottawa veut, à l'heure actuelle, se faire attribuer sur In constitution fédérative, procède de In même volonté: arracher aux provinces, el notamment au Québec, un autre lambeau de leur autonomie.I vaut mieux l\u2019affirmer tout de suite: le Québec ne peut adhéror à cetto loi d'assurance-chômage quo le gouvernement central propose à son assentiment.De quoi s'agit-il, en effet?On demande de modifier l'Acte de 1867, d\u2019inelure dans l'article 91, parmi les pouvoirs exclusivement assignés nu parlement fédéral, l'assurance-chômage.Mais ces deux mots ajoutés au texte ont une portée autrement plus considérable que celle que leur laconisme Inisse entendre.En abandonnant le droit de légiférer en cette ma- AUX CANADIENS FRANÇAIS DU QUÉBEC AVERTISSEMENT URGENT ! tière, lex provinces s\u2018exposent à perdre le contrôle de la législation ouvrière.Comment?D'aucuns voudront-ils nous objecter qu'ici Ottawa ne demnade que la faculté do légiférer sur l\u2019un des problèmes de Ia question socinie?Illusion! Le Conseil privé a jugé, plus d\u2019une fois, qu'en réglementant l\u2019une ou l'autre des institutions énumérées en Particle 91, le parlement central pouvait, si nécessaire, empléler sur le domaine législatif des provinces, en particulier écarter les dispositions de notre droit civil (rançuis.Or, une loi pratique d'assurance-chômage suppose une certaine réglementation du contrat de travail, relevant netuellement de Ia seule compétence provinciale, Ainsi, lorsqu'en 1935 M.Bennett fit.voter su législation sur le sujet, 1 présenta, en même femps, su parlement, trois autres mesures se rapportant aux salaires mininu des travailleurs, à In limitation de leurs heures de travail, à leur repos hebdomn- dnire.Qu'Oltawa vbticenne le pouvoir qu'il sollicite et, dans tr avenir rapproché, disparaître le privilège des provinces d'organiser leur rie sociale, selon la conception que s'en font leurs habitants.Celu, Québec ne le veut pas et ne doit pas le tolérer.Surtout au moment où, par divers moyens: loi des conventions volleetives, loi des salaires raisonnables, loi des unions de cultivateurs, Îl tente d'introduire dans nos moeurs un peu de justice et de charité, un peu de In doctrine éminemment humaine de l'Eglise catholique, qui groupe quatre-vingts pour cent de sa population.On voudra bien ne pus se méprendre toutefois sur ln pensée où les intentions de ta province de Québec.Ele n'entend point s'opposer aux réformes sociales vraiment opportunes of saines.Mais elle soutient que ces réformes doivent s\u2019opérer dans le cadre ct dans lo respect des institutions fédératives telles que primitivement conçues.Si elle ne conteste DE RETOUR À L'ANCIEN PRIX $3.50 (Magasins Brittany) EUGÈNE CORBEIL BEAU \u2014 BON \u2014 PAS CHER 926 est, Ste-Catherine, ouest 966 point l'opportunité de l\u2019assurance-chômage, elle n\u2019en soutient pas moins que des réformes plus urgentes s'imposent, et quarant dinstituer un système d'assurance qui menace d'être une continuation déguisée de l'assistance netuelle aux chômeurs, 1 y a liew d'opérer le redressement d'un régime économique oppresseur, enuse de la plupart des maux dont souf(rent les masses ouvrières et le pays.Elle soutient, en d\u2019autres termes, que l\u2019ère devrait être finie de ces législations où tous les contribwables sont contraints de se taxer pour réparer les maux infli- £és au corps social par les abus de quel- qques-Uns, en l'espèce les capitalistes exploiteurs des ouvriers et du public.Nous profitons de l'ocension pour faire observer que les Canadiens français sont ns- sez peu responsables du malaise finan- tier ol se débat le Canada.Autant qu\u2019il l\u2019a pu, le sentiment québécois a toujours combattu l'extravagante politique ferro- vinire et In non moins extravagante politique d'impérintisme militaire, causes principales du désordre qui afflige notre pays.En principe, les Canadiens français de In province de Québec ne sont pas opposés davantage à une réforme de In constitution fédérative.Mais, conscients des exigences profondes de leur pays et de leur province, ils professent énergiquement que \u2018es réformes ont à s'effectuer, non dans le sens d'une centralisation des pouvoirs à Olta:ca, mais d'une large et urgente DECENTRALISATION.Les Canadiens français ne sont pns entrés dans la Confédération pour y être étouffés, mais pour y vivre et y mieux vivre.Ils resteront dans In Confédération; mais In Confédération devra se concilier avec leur volonté de survie et d'épanouissement français.Et la formule, à leur avis, exige bien autre chose que le respect du bilinguisme fédéral, bien plus qu'une juste part dans le fonctionnarisme canadien, Province francaise, poursuivant un idéal de culture française, le Québec ne peut le rester sans une certaine autonomie législative et administrative, en particulier dans l\u2019ordre économique et social.Dira- ton que ces exigences constituent un obstacle au bien commun de la Confédération?Les Canadiens français sont assurés de ne rien exiger qui ne soit essentiel au progrès de leur province de même qu\u2019à leur vie culturelle, rien qui ne soit contenu implicitement et explicitement dans les engagements réciproques de 1867, Ml y à soixante et onze ans, l'on a accepté, l'on a voulu qu\u2019ils fussent de l'union politique d'alors.Ils ont droit d'exiger le respect des conditions fondamentales du pacte.Les Canadiens francais, présumons- nous, s\u2019en rendent compte: le moment est aussi sérieux, aussi grave qu'en 1864- 1867.Les mêmes principes sont en jeu.Une évolution est commencée, se poursuit, qui peut nous être fatale.Nous sommes assurés que tous voudront prendre l'attitude qui est devenue urgente.Que d\u2019'auecuns ne s\u2019en Inissent pas imposer par les profits d'ordre matériel que les centralisateurs pourraient faire miroiter à leurs yeux, fût-ce avec l'appât de I'assurance-chômage.L'économique n\u2019est pas tout ni le principal dans la vie d'une col- lcetivité.L'expérience démontre, au reste, que les peuples qui poursuivent In prospérité économique au mépris de biens supérieurs: biens culturels, traditions historiques, sociales, fidélité aux ancêtres, n\u2019obtiennent pas méme cette prospérité, ou ne Pobtiennent qu'éphémère.L'essentiel, pour un peuple, n\u2019est pas non plus, comme le clament les centralisn- teurs, de former un grand pays, un puissant Kfat, une vaste construction politique ou économique.L'essentiel est de former un pays et un Etat où il fasse bon vivre, aptes à créer une civilisation vraie, fondée sur les légitimes aspirations de la personne humaine.Forts de ces principes et de ces convictions, nous invitons toutes les sociétés nationales, toutes les associations professionnelles, toute la presse, chacun de nos compatriotes, À faire savoir à qui de droit Ia pensée du Québec.Quoi qu\u2019il arrive, il faut aussi que l'on sache à Ottawa que nous repoussons d'avance fout ce que des hommes politiques sans mandat pourraient entreprendre contre l\u2019esprit du pacte fédératif et contre les aspirations de notre province.Nous refusons d'accepter les dérogations au pacte national, comme une prescription de notre droit et de notre avenir.LA LIGUE DE L'ACTION NATIONALE Fougier Frères Produits pharmaceutiques français Siège social: 350, rue LE MOYNE \u2014 MONTREAL < \u201cCOUPS DE ROULIS\u201d- Comme avant-dernier spectacle de la présente saison, les \u2018\u2018Variétés Lyriques\u201d nous ont présenté, avec un succès sans précédont, la célèbre opérette de Willemetz et Messager: \u201cCoups de Roulis.\u201d Guidés par une mise en scène des plus heureuses, dans des décors tout- à-fait au point, nos artistes ont évolué avec un charme, un naturel, un entrain que pourraient leur envier bien des troupes.Lucille Laporte, dans son premier rôle de vedette, a donné raison aux \u201cVariétés Lyriques\u201d, et justifié les espérances que cette société fondait sur elle.Jeune, jolie, possédant une voix très agréable et jouant avec aisance, elle a su conquérir son auditoire dès le lever du rideau.Daunais, Goulet et Lippéont merveilleusement représenté leurs personnages respectifs, très bien soutenus par MM.Poitras ct de Tilly, ainsi que par MM.Dupuy, Lachance et Bertrand, lesquels en étaient à leurs débuts à l\u2019Opérette.Fabiola Hade est toujours aussi pétillante et dégagée, ses toilettes aussi magnifiques qu\u2019originales.Les chœurs et les mouvements d\u2019ensemble furent particulièrement réussis.Pour notre part, nous ne craignons pas de dire que nous n\u2019en OI) Du TABAC A PIPE avons jamais vu de meilleurs, du moins sur nos scénes locales.Spectacle bien français, \u2018Coups de Roulis\u201d a été, sans contredits, un des plus beaux succès des \u2018\u201cVariétés\u201d, dont la direction s\u2019est surpassée dans certaines scènes, ct surtout, pour n\u2019en mentionner qu\u2019une, dans celle du brouillard, au cours du dernier acte.Tout y est: brume, demi- obscurité, lumières de position, pr- jecteurs, bruits de cloche, sirènes, commandements secs et impératifs qui sautent d\u2019étape en étape, de bouche en bouche, jusqu\u2019à l'arrière du vaisseau.Bref, rien n\u2019y manque, à tel point qu\u2019à un certain moment, on se croit réellement soi-même en pleine mer, dans le brouillard aveuglant, et l'angoisse nous crispe les chairs.Comme toujours, et même davantage, nous sommes revenus enchantés de cette soirée, trop courte à notre avis, où nos maîtres de la scène nous ont fait vivre dans le roman, et per dant laquelle nous avons oublié momentanément les lourds soucis des non moins lourds examens pro chains.Remède épatant, croyez moi | Serez-vous a Werther en avril! Vous vous garderiez bien d'y men- quer, je m\u2019en doutais bien! S.Q.LAPIN ne late \u201cpan Qui même [J HERBERT Compliments de L\u2019ANGLO-FRENCH DRUG CIE JÉTST os Rl me i ) RUA ko D a SC Es ve | SR rr \"i wom meme ) Poge trot 4 ; i $ EL 2 PR NN 554 RE A ) BI I re \u201d \u2018 \u2019 4 D) i fe Cr du ) > D) Ne 1 = RE CICR A \" pip oe DR RC SC « MAI) (CASA 2) 2 ui 17 I= > ee \u2014 VUS KA | L'AMITIÉ ?EST-ELLE PLUS VRAIE M.Jean Vallerand, directeur Le Quartier Latin, 539, rue Demontigny.Cher monsieur, ) L'étonnante puissance d'information et la grandiloquente popularité ( LU F / | H O M M F de I'orgage dont vous êtes le distingué directeur, nous l'ont fait désigner comme le digne medium de l'annonce que la Société des Débats veut faire à tous, \u2026vous entendez \u2026äà tous! Dites, pour nous à Carabin qu'il est attendu, comme d'habitude, à notre dernier gala.Cette fois, il sera comblé, surpris, étonné, renversé, ébahi, atterré\u2026 C'est sans aucune prétention que cette nouvelle est promulguée.Qu'il nous suffise de vous communiquer que le débat sers mixte, que l'amitié chez la femme et chez l'homme doit faire l'objet du combat, que les orateurs sont Miles Hélène Casgrain et Gaby Langevin, MM.François Coron, e.e.d.et Jean-Gérard Hébert, e.e.m., que les billets sont au prix de quelques \u201csous\u201d, que I' Auditorium du Plateau n'a que 1308 fauteuils, que le président actif est monsieur George Lewis, que le jury est mixte, que., que., que les peuples répéteront à l'envie le succès de cette dernière séance publique, et nous serons amplement heureux\u2026!!! Espérant que vous prendrez cette demande en sérieuse considération et que votre si précieuse collaboration nous est déjà acquise, je vous remercie bien humblement et vous présente mon témoignage de respect et d'admiration.Bien à vous, Lionel LAFLEUR, e.e.m., publiciste: \u2014 \u2014&f; (Photo Albert Dumas) (Photo Albert Dumas) (Photo Albert Pumas) (lhoto Albert Dumas) FRANCOIS CORON, e.e.d.HELENE CASGRAIN GABY LANGEVIN J.GERARD HEBERT, ec.e.me © © ® (I'hoto Albert Duman) (Photo Albert Dumas) GEORGES LEWIS LOMER RACICOT PRESIDENT ACTIF ARTISTE INVITE e e 2 peak en LL hice ag tL ni La STE Ths maid (Photo Albert Luman) (Photo Albert Dumas) NINETTE DUCKETT MARCEL TRAHAN MEMBRES DU JURY (Photo Albert Dumas) (Photo Albert Dumas) ROLAND GUY AGATHE DESROSIERS MEMBRES DU JURY T PHOTOGRAPHE 4.PLateau 7953 ATTITRÉ DES SPECIALISTE ÉTUDIANTS.T.AL.BENOIT Docteur en Optique de Philadelphie OPTOMETRISTE OPTICIEN Société Astronomique de France (Photo Albert Dumas) (Photo Albert.Dumas) 3 ; Membre perpêtuel de lo 1 BUREAU chez AL.BENOIT-BENOIT PROTECTAL INC MEMBRES DU-JURY | _ IE À.ue : à l NOTRE HABITANT [| fait bon méditer le récent volume de Léon Gérin.Une série d'études monographiques vécues, imagées, des mieux agencées, sur l'évolution des types ceractéristiques de la famille rurale eu Canada françois.Un genre de bouquin dont les Canadiens français ont très rarement l'alternative de bénéficier, auquel ils ont rarement le bon vouloir de s'intéresser vu leur déférence relative à l'endroit de quelque production littéraire ou du Canada ou d\u2019outremer.Un ouvrage publié sur les insténces de M.Edouard Montpetit, directeur-fondateur de l'Ecole des Sciences Sociales de l'U.de M., Économiste de renom et auteur.Une partie \u2018une oeuvre élaborée au cours de toute une longue vie et groupant des études Éparses rues dans la Revue Trimestrielle, dans la evue de l'Amérique Latine, dans Science Sociale et dans les Mémoires de la Société Royale du Canada.Une objective contribution à la reconstitution d'un passé cher, trop ignoré.Au reste, le premier tome d'une telle oeuvre, Le Type Economique des Canadiens \u2014 sous- titre: Milieux Agricoles de Tradition Fran- Çaise(1) \u2014, n\u2019en est pas moins un document de synthèse important, apte à exciter l'antipathie intellectuelle et la curiosité latente si à l\u2019honneur dans notre bicoque nationale.x x x Avant que de remonter le fleuve et de pénétrer plus avant dans les terres, à ls manière des premiers découvreurs, Léon Gérin s\u2019attarde tout d'abord, en un premier chapitre fort documenté, à la lente et craintive expansion de la fomille rurale du Bas Saint-Laurent.Quoi faisant, il souligne son rôle social et Économique qui explique beaucoup le miracle de le survivance du Canada français, il souligne les faiblesses et les méfaits de cette famille traditionnelle de l'habitant: \u2018\u2019insuffisance notoire de la vie privée des Canadiens\u2018, désintéressement dommageable, coupable, en quelque sorte entêté pour l'instruction, les professions libérales, le principe d'association \u201cni compris, ni exploité par les Canadiens d'origine française, comme il l\u2018a été par leurs concitoyens d'origine anglaise\u201d.D'ailleurs la division du travail laissée en héritage au monde moderne per Platon et por Adam Smith, les professions auxiliaires \u2014 commerce, arts domestiques, etc\u2026\u2014, ne préoccupaient pas plus I'habitent.Et la rareté de la monnaie, comme aux temps primitifs de la colonie, entraînait ls pratique du troc.C'est l'analyse de la vie du paysan du Bas Saint-Laurent, celui du comté de Charlevoix, durant la deuxième moitié du XIXe siècle, et des premiers gestes courageux du pionnier des côtes de la rivière du Saguenay et des pords du Lac Saint-Jean, qui a fait reculer la orêt.Cette première monographie est d'autant plus intéressante que l'auteur conduit lui- même une étude parallèle de l'habitant de Saint-lrénée de 1862 visité par Gauldrée- Boilleau, consul de France à Québec, pour le compte d'Européens versés en science sociale, et de l'habitant de 1920-29, Au terme de son inventaire du terrien du Bas Saint-Laurent, colonisateur du Saguenay, ce coin de terre québécois dont on s'apprête à fêter le centenaire en 1938, Léon Gérin ne craint pes la thérapeutique; au mal dont souffraient nos devanciers et dont nous ne souffrons pas moins sinon plus, l'unique remède pour réhabiliter la famille de la débandade définitive, \u2018c\u2019est l'orientation de plus en plus énergique et complète de la famille rurale cenadienne-française dans le sens de l'initiative particulariste**.Le développement de l'initiative personnelle, de l'initiative coopérative, du sens des réalités et des exigences circonstantielles, voilà, semble-t-il, la panocée od hoc pour dépurer le système, pour orienter et fomenter l'action ascendante de l'habitant.x x x Tel n\u2019est pas partout et toujours le campe- gnard, Selon les régions, l\u2019un se différencie de l'autre.Le ces de l'habitant casanier du coeur de la contrée laurentienne nous en fournit un exemple patent.Sans l'intervention d'Edmond Demolins, eut-être serions-nous privés des travaux de on Gérin.omme conséquence d'une promesse à son professeur de Paris un peu avant son départ de France, au printemps de 1886, l'Eté suivant, il enquêteit déjà sur le famille type des Casaubon de la paroisse de Saint-Justin, en plein centre trifluvien.Visite qui o valu à notre cicerone d'emples renseignements sur une famille de la région, un peu moins communautaire que celle précédemment étudiée.Visite que l'auteur répéta en 1886, en 1890, en 1893, en 1898, en 1920 et en 1923, soit six fois, pour compléter et Étayer ses notations.Un tout autre champ d'observation.Groupement un peu plus émancipé que celui de Saint-lrénée, s'adonnant \u2018à une extrême variété de travaux\u2019 et à une culture \u2018\u2018essentiellement vivrière et mixte\u201d.En plus de cultiver en vue des besoins strictement familiaux et limités, l'on se prévaut aussi quelque peu de la vente, peu considérable soit-elle.Le commerce n'a pos encore beaucoup d'emprise.Et pour couse?La famille rurale de Saint- Justin tend encore trop à se suffire à elle- même, elle ne veut dépendre que de la production locale, sans recours à l'extérieur, à l'exemple, pourrait-on ajouter, des tenants du protectionnisme moderne, un effet du système mercantile du XVIIIe siècle en Europe, u temps de Coibert, qui veillaient à ce que le pays ne dépende que de lui-même.Une sorte de protectionnisme rural proprement canadien, quoil Ainsi, à consider mercantilisme, de même que ce dernier système économique reste la phase essentielle du développement matériel de l'Europe, l'importance du domaine familial du Québec s\u2019est accrue, pour une bonne part, de pear cet esprit d'indépendance.Les femmes, les enfants et les hommes se prêtent à la culture tandis que les productions spontanées \u2014 pêche, chasse \u2014 sont délais- s£es au profit de la popularité grandissante de métiers et d'industries accessoires pratiqués tantôt par les femmes, tantôt par les hommes: charpenterie, menuiserie, charronnage, tonnellerie, cordonnerie, ferblanterie, carosserie, sellerie, tissage, confection de l'étoffe du pays et de la lingerie nécessaire.L'on n'a recours aux ouvriers de l'extérieur qu'au temps de la moisson, à l'instar des fermiers du Nord-Ouest des Etats-Unis, initisteurs du radicalisme agraire, dont traite André Siegfried dans Les Etats- Unis d'Aujourd'hui, en date de 1935.Un aperçu topographique des zones environnantes justifie l'Etroite subordination des activités agricoles aux accidents et à la productivité de la terre.Aurons-nous un jour une monographie comparative sur le défrichement de l'Abitibi et sur les autres centres de colonisation récemment envahis?Préoccupation dont l'absence prend aujour- d'hui des proportions franchement désastreuses: chez l'habitant de vers 1893, les générations se transmettent la propriété et les biens familiaux toujours s'accroissant.Qu'en est-il aujourd'hui ?Suivent quelques considérations fouillées sur la disparition progressive du régime seigneurial canadien supprimé en 1854 par le Législateur et supplanté d'année en année par le Voisinage.Suivent quelques considérations sur l\u2019État de l'enseignement secondaire et les professions libérales.Suivent quelques considérations sur le vague d'émigration des cam- gnes vers les villes de l'est cenadien et des tats-Unis.Désertion produite à cause de l'inexistence du patronage tel que l'entendent les spécialistes en science sociale.Autant d'aspects révélateurs qui lient sans emphase le passé au présent, qui rappellent l'enquête de l'anglais Arthur Young sur les détails et les rouages de l'économie rurale de la France d'avant la Révolution.à suivre) Raymond MASSE (1) Editions de l'A.C.-F., Montréal.\u201cJ'espère qu'ils ne sont pas perdus là-haut-=\" \u201cPaul est toujours perdu sans ses Sweet Caps!\u201d CIGARETTES SWEET CAPORAL \u201cLe forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé.\u201d er les bienfaits du \u2018 REVE.Volutes bleutées; liqueur ambrée; apporlez-moi; Je vous en supplie; l'oubli; du réve.Gonflez les voiles de ma nacelle.Très loin.Qu'importe; si l\u2019île; n'est que mirage.Amour.Abandon.Ma pelite fée, tes cheveux fauves; qui sentent bon; le frais velours; de la peau brune; les yeux rieurs; glauques ou noirs; tes lèvres prêtes; pour un baiser; laissant les dents; étinecler; les mains mignonnes: aux longs doigts fins: toute la grâce; le port de reine; de ton beau corps; qui, lentement, avec souplesse; ploie; en cadence; pendant la marche; el qui ravit; durant la valse.Ta voix câline; et caressante; et les trilles; de les ris; lon air mulin; quand tu défends; ou me reproches.Tout ton amour.O, ma lumiére; ne Cen va pas; c\u2019est un ciel triste où lu n\u2019es pas; trop tôt, hélas; lu manqueras; d ma lendresse.Je ne suis rien; mais lu es là; Je te sens vivre; el puis l'aimer; ne l\u2019en va pas; flamme fuyante; pus tout de suite; l'heure est si brève; el si rare; où je le vois; je l'aime tant; el puis si peu.Onde vaporeuse; rayon de lune; .soupir de la brise embauniée; Jeux de picrreries; accords de harpes; encens.Déesse.Beauté; harmonie; de toutes les formes; des sens; des couleurs; des parfums.Tout mon amour; toute ma vie; lout moi.Fluidité\u2026 Entre mes doigts; qui l'emprisonnent; mon cerveau las; s'écoule.Nuit.Sanglots.L'île n'est pas; le vaisseau sombre; je m\u2019engloutis\u2026 Pourquoi; n'es-tu plus là.Réve.P.-E.B.MATERNITE Eve fut la mère de tous.Création .Marie est la mère de chacun.Rédemption .Tous ont une mère.Naissance .Chacun asamère.Confidence .O Maternité sois bénie, tu es la reine de la nature, l\u2019espérance de l\u2019homme, le coeur du fils, la joie du Seigneur! Marie-Antoinette fut mère pour sa souffrance .Sarah Bernhardt fut mère pour sa gloire .Marie Curie fut mère pour sa science .La Montespan fut mère pour sa jouissance .Anna de Nonilles fut mère pour son inspiration .Mais pour sa haine, Elizabeth fut stérile .Pour son art, Mademoiselle Rachel fut stérile .Pour son péché, la Pompadour fut stérile .Pour sa beauté, Madame de Récamier fut stérile .Plus touchantes sont les femmes qui furent mères pour qu'on les appelle simplement: Maman.Doux visage de femme, dans un décor de jeunesse, penché sur un berceau .Mère de ln joie .L'enfant qui sommeille est toute sa vie .Son espoir .son avenir.Elle sourit aux songes de son ange .Elle rêve de lui édifier des châteaux merveilleux .Elle s\u2019ingénie à imaginer sa beauté, sa bonté, sa tendresse, son respect - .Rêverie prolongée avec volupté.Naïve mère! Déjà demain enfant vieillira.Pensif visage de femme, dans un décor d\u2019été, penché sur un esprit qui naît .Mère de crainte .L'enfant doit connaître le bien et ignorer le mal .Elle lui apprend les mots qu\u2019il faut dire .le chemin qu\u2019il faut suivre .le Dieu qu\u2019il faut adorer .la prière qu\u2019il faut lui adresser .Mais elle craint de lui expliquer ce que c\u2019est que la vie .ce que sont les hommes .et bien souvent ce que c\u2019est que l\u2019amour .Pauvre mère! Pourtant demain l\u2019enfant sera homme et rencontrera la vie.Triste visage de femme, dans un décor d\u2019automne, penché sur un coeur d\u2019homme .Mère de la peine .Les cheveux sont devenus gris.L'enfant a connu la souffrance.I! demande le baume.Elle aussi a souffert .Elle aussi a reçu le baiser du Judas .Elle aussi a mendié à la trahison un peu d\u2019espoir .Pourquoi donc ne trouve-t-elle pas dans son coeur aimant la caresse qui apaise .le mot qui console .le baiser qui calme .la larme qui apporte l\u2019oubli?Muette Enigme .Malheureuse mère! Demain l'enfant sera vieux et retrouvera la souffrance.Pathétique visage de femme, dans un décor d\u2019hiver, penché sur sa tristesse .Mère de douleurs .Les cheveux sont devenus blancs .L\u2019enfant n\u2019est plus là.Il a oublié .ou simplement il vit .Le crépuscule froid tombe sur l\u2019existence de la mère solitaire.Ironie du sort.Cruelle revanche des joies de la maternité « \u2026.Niobée tragique! Cependant aujourd\u2019hui, l\u2019enfant même vieux n\u2019a confiance que dans un coeur «+ + Le coeur de sa mère, Maternité, noble tiche qui n\u2019a pas sur terre sa récompense .Maternité, obsédant fardeau de discrètes amertumes .Maternité, rosaire de douleurs méconnues .- .Maternité, pénible voyage à travers les défaillances et les souffrances de l\u2019enfant .O Maternité sois bénie, tu es la reine de la nature, l\u2019espérance de l\u2019homme, le coeur du fils, la joie du Seigneur! CUBISTE C\u2019est le titre d\u2019un article de journal que je reçois de Reine par l'entremise de la rédaction.J'utilise le précieux document jauni par le temps, pour répondre aux suggestions non formulées de la note intelligente qui l'accompagne.\u201cLa GAZETTE DE PEKIN a célébré son millième anniversaire\u201d écrit Jean LeCoq.Et si l\u2019âge du journalisme et celui des journaux coincident, il ne reste plus qu\u2019à désavouer 'ORIGINE DU JOURNALISME, publié dans le Quartier Latin ct dûment signé par moi.L\u2019abondance des témoignages contradictoires me défend contre cette impulsion.Il m\u2019appartient plutôt de comprimer le dilemme et de le faire disparaître dans une conclusion équilibrée, ces contradictions naissant d\u2019une confusion de termes.Qu'est-ce qu\u2019un journal?et qu\u2019entend-on par journalisme ?J'emprunte la définition suivante à Larousse: journal, écrit où l\u2019on relate les faits jour par jour.Il est des hebdomadaires et autres périodiques qui sont pourtant des journaux donnant les nouvelles politiques, littéraires, scientifiques, etc, selon la définition appliquée par le même à la revue: publication périodique qui donne.etc.(voir ci-haut).Or personne ne confond le journal et la revue et les collaborateurs d\u2019un journal ne deviennent pas de cc fait journalistes.Dès le VIe siècle, l'imprimerie était en usage chez les Chinois bien que ne présentant pas le perfectionnement apporté par Gutenberg au XVe siècle.Les caractères hébraïques, arabes et grecs étaient déjà connus ct, avant la GAZETTE DE PEKIN, les écrits anciens prirent sans doute pour se répandre des formes analogues.Il convient done de s\u2019en tenir à la définition stricte du journal: écrit où l\u2019on relate les faits jour par jour.Tous les journaux qui précédèrent le MERCURE FRANCAIS furent des hebdomadaires, l\u2019accord est général sur ce point.Ici deux fortes objections: lo il n\u2019est fait mention DES JOURNAUX du MERCURE FRANCAIS dans aucune source commune inform, tion; 20 Jean LeCoq dit encore ceci: \u2018La fameuse GAZETTE de Théodore(?) Renaudot, premier journal français (après l'Allemagne, l\u2019Angle terre, l\u2019Italie), hebdomadaire, 163]\u2014 Paris ne devait avoir sun Premier quotidien que près d\u2019un siècle et demi plus tard.Le ler janvier 1777, le JOURNAL DE PARIS annonçait qu'il paraîtrait tous les matins.\u201d Ces deux objections suffiraient semble-t-il, pour rayer ic nom du Père Joseph de la liste des journalistes.Mais les données positives de l\u2019abbé Dedouvres, ratifiées par les juges de la Sorbonne et des chercheurs éminents, indiquent bien la certitude de l\u2019existence du MERCURE FRANCAIS, quotidien dont le Père Joseph fut directeur ct principal rédacteur.Les dates de 1624-38 pour le Père Joseph, et de 1631-33 pour Théophraste Renaudot, ne sauraient être contestées.Voici déterminé le moment de l\u2019apparition du premier journal; mais où et à quelle époque naquit le journalisme?Jean LeCoq place sa véritable manifestation sous le règne de Louis-Philippe, lui donnant l\u2019appellation: de \u201c\u2018journalisme moderne, tel que nous l\u2019offrit la PRESSE d'Ernile de Girardin.\u201d L'abbé Dedouvres étant aujour- d\u2019hui (sa thèse assez récente date de 1895) considéré comme l'autorité, en ce qui concerne le Père Joseph, Adolphe Lair affirme de lui: \u201cIl nous montre, preuves en main, que le Père Joseph a été le premier homme d'Etat se servant de la presse pour éclairer el diriger l'opinion.\u201d Ne serait-ce pas ici la vraie définition du journalisme, telle que comprise par ceux qui en ont l\u2019expérience ?Il est également prouvé \u201cqu'il 8 été, pendant quinze années, un po miste ardent, un vigoureux écrivain politique, improvisant chaque jour, sous des pseudonymes divers, de nouveaux pamphlets.\u201d Thérèse TARDIF Aux étudiants - est donné.\u2018sue.SECRETARIAT DE LA PROVINCE Les études que vous faites ont une importance capitale.Vous vous devez à vous-mêmes, vous devez également à vos parents et à la Province de tirer.le meilleur parti possible de l'enseignement.qui vous Honorable ALBINY PAQUETTE MINISTRE \u201ca \\ \\ 8-2 NN très add \u201c.Vie ii ed ar \"SAMSON\" L'histoire de la jeune fille qui marie un rustaud pour sa fortune n'a rien de és original en soi; et si la pièce d'Henry Bernstein peut nous la faire oublier son adaptation cinématographique est 13 pour nous le rappeler.' En Amérique, les \u201cbelles jombes\u201d sacrifient le véritable bonheur pour lo \"vie gagnée luxueuse.Par réaction la chose se répète au Canada et même dans l bonne province de Québec.C'est affaire de matérialisme pur et simple.En France, cette loi se complique de l'élément \u201cnoblesse\u201d.L'honneur du rom contraint parfois l'héroïne d'une grande famille à épouser un richard parvenu pour fin de liquidation des dettes ancestrales.Vous avez là le thème développé dins SAMSON.Monsieur Bernstein est le peintre psychologique par excellence de la société contemporaine.Prenant pour acquis certaines bassesses de notre civilisation, il en analyse à fond différents aspects, les retourne et les dissèque devant nos yeux, et puis nous les montre sans issue.L'histoire du financier Brochard est tragique.Brochard est le type modèle du financier moderne.a débuté comme débardeur, s'est enrichi dans des \u2018affaires d'Afrique et se maintient au faîte par des spéculations gigantesques et variées.I est tout-puissant.Une seule chose lui résiste; une classe sociale qui lui voue son népris tout en lui courtisant des faveurs.Il s'éprend d'une femme à qui il répugne mais qui consent sur les instances de s mère à se sacrifier pour assurer le crédit familial.Non seulement Brochard le sait mais sa future femme le lui crache en pleine face en un moment de dépit.Lais- ant croire à un mariage d'intérêt qui lui permettra d'être admis dans un cercle où il se trouve exclus, Brochard en réalité se marie uniquement par amour.On achète un hôtel somptueux.Anne-Marie Brochard y règne au milieu de domestiques nombreux.La hausse persistante des \u2018Cuivres africains rétablit financièrement la famille de la mariée.Tout rentre dans l'ordre, comme on s'y attendait.L'épouse parle bien encore des \u2018\u2019horreurs inévitables\u2019 de la lune de niel mais le pire est fait.Brochard et sa femme en sont venus à un \u2018\u2019modus vivendi*' qui réduit leurs relations à leur plus simple expression.C'est en définitive le \u201ccouple\u201d des romans de Mauriac.Parmi les innombrables \u2018\u2019gentlemen\u2019\u2019 qui vivent aux dépens de Brochard, il s'en trouve un qui pousse la perfidie jusqu'à entraîner la femme de son bienfaiteur dans une orgie.Le financier, averti par une amante jalouse, retarde un voyage à Londres et apprend d'Anne-Marie elle-même à son retour le nom du séducteur Dès lors, Brochard n'a qu'une idée, et dans se redoutable logique la met à exécution jusqu'au bout.Pour se venger, il à résolu la ruine de son ami, laquelle amènera la sienne propre.L'auteur de la pièce, comme à titre de récompense pour la belle conduite de son héros, nous laisse sur l'impression d'une Anne-Marie finalement touchée et prise d'amour pour son mari ruiné.\"SAMSON\" possède les principales caractéristiques de la collection de films inaugurée avec \u2018VEILLE D'ARMES\u201d et dont le dernier spécimen fut l'ineffable \u201cPORTE DU LARGE\".ll y a toutefois certaines dissemblances.Ainsi il est malheureux que l\u2019on ait substitué Harry Baur à Victor Francen.Le rôle de Brochard convenait perfaite- ment au caractère désormais cornélien de ce dernier.Il est vrai que nous avons eu NITTHEVO.II faut dire cependant que Monsieur Baur compose sdmirablement la personnalité du financier.Baur est un des rares acteurs qui puissent nous faire oublier dans une nouvelle création celle de leur dernier film.Après avoir été chauffeur e taxi et bandit, il réussit ce tour de force de représenter un dominicain sans briser l'illusion.Dans SAMSON, il constitue en quelque sorte l'unique raison d'être du film.Grâce à lui, SAMSON réussit à se hausser au niveau de film médiocre, Pour ce qui est de l'héroïne, on à préféré cette fois Gaby Morlay à la lymphatique Marcelle Chantal.Le changement est pour le mieux.La Gaby orlay de SAMSON, l'une des plus intéressantes que nous ayons vue, éclipse à coup sûr la grande dame de BACCARA.Une mise en scène facile mais vivante, des décors soignés et une distribution heureuse font de SAMSON une production intéressante lorsqu'on s'attend à peu.Roger CHAPUT POUR PAQUES FAITES-VOUS CADEAU D'UNE CHEMISE \u201cDIRECTOR\u201d BEAUX DESSINS \u2014 MODELES ELEGANTS \u2014 COUPE PARFAITE \u2014 EN UN MOT, UNE CHEMISE TRES CHIC ENDOSSEE PAR FASHION-CRAFT - $2.50 CHACUNE, TROIS POUR $1.00 fechassewr, limitée 281.est, rue Ste-Catherine : OD cele el, NINO MARTINI LE GRAND TENOR ITALIEN QUE L'IMPRESARIO LOUIS-H.BOURDON PRESENTERA AU THEATRE \"HIS MAJESTY'S LE 24 AVRIL LA GUERRE DES ARTS Je feuilletais une revue américaine, le \u201cCommentator\u201d de février, quand je me heurtai à un article peu banal, et que je crois rempli d'intérêt pour ceux qui ont le culte du possible.Adaptées au problème du théâtre canadien, si discuté présentement, certaines réflexions pourraient, à leur tour, être l'occasion d\u2019utiles commentaires.L'article est une réponse du cinéma aux accusations répétées dont l'assaille son aîné, le théâtre de tous les pays.Ii est intitulé \u201cHollywood looks at Broadway\u201d et porte la signature de Samuel Goldwyn.Sans doute, il n\u2019y a pas lieu de faire de cet auteur improvisé un Francisque Sarcey.Et Goldwyn lui-méme n\u2019essaie nullement de poser au pontife de I'Art.Mais il est certainement un réalisateur, un \u201cproducer\u201d a succes.C'est dé- ja quelque chose, quand on songe que le grand Antoine, à quatre- vingts ans, doit pour vivre dans son cinquième de la rue de Rivoli, boucler tous les soirs un feuilleton.Et quand on songe aux bour-, siers de la province de Québec .Et qu'affirme Monsieur Goldwyn, ce capitaliste du spectacle?\u201cLes plaintes et les murmures n\u2019ont jamais aidé un théâtre décadent.\u201d Tout comme s\u2019il venait de souper en compagnie de la critique dramatique du Canada fran- cais, Il faut croire que l\u2019auteur sait que tous les ans il se perd des millions de dollars à monter des pièces de troisième ordre.Et que l'échec inévitable, malgré tous les octrois et tous les Mécènes, n\u2019en devient que plus catastrophique.Tous ceux qui s'intéressent à la question seraient curieux de connaître la réponse à ceci: nos gens de théâtre, critiques, metteurs en scène, vedettes et dramaturges, peuvent-ils garantir que moyennant un million de dollars, ils sauraient créer un théâtre canadien- français?Les profanes bénévoles n\u2019en sont pas tout à fait assurés.Goldwyn ajoute ensuite un mot au sujet de la fameuse rengaine, celle de tous les fiascos: le peuple n\u2019est pas en mesure d'apprécier Art.A quoi il rétorque: les spectateurs, la \u201csalle\u201d est le critique le plus digne de foi.Ce qui nous amène à nous redemander si un théâtre national est vraiment un art vivant, basé sur les aspirations et la psychologie d'un peuple?ou un jeu savant dont les règles compliquées sont édictées par quelques messieurs sûrs d'eux-mêmes, et de l\u2019ennui de l\u2019auditoire?Serait-ce, comme le remarquait un écrivain peu connu, que \u201cnous n\u2019avons d'autre mire de la vérité et de la raison que l'exemple et idée des opinions et nuances du pays où nous sommes, là est toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses\u201d ?L'Art n\u2019est pas un soporifique.D'autant plus que, de tous les temps, le peuple n\u2019a jamais été si instruit que de nos jours.Le cinéma, à l\u2019aide de ses puissants moyens d'action, draine tous les revenus dont on peut disposer pour se récréer.N'empêche que Fridolin est présentement le comédien le plus populaire de la province.Et les sports, cette autre forme de théâtre?Enfin, nos artistes ont-ils des publicistes compétents?Sinon, s\u2019en soucient-ils?Toutes et tous sont convaincus d\u2019avoir un \u201cpublic\u201d innombrable.Daignent-ils satisfaire à ses exigences ?Quand les journaux publient jusqu\u2019à la photo du gouret d'Howie Morenz, pourquoi ne verrions-nous pas le be bâton de rouge de Mile Giroux?SERMAISE OO SOC RE CES .*e À ue * su .» ° LY .GERARD LEVESQUE Monsieur Gérard Lévesque, Enfanteur de Carabinades '38, Québec.Mon très cher Lévesque, J'accuse réception de la lettre ouverte que tu m'adresses dans l'Hebdo-Laval u 18 mars 1938.Plongé depuis plusieurs semaines dans la préparation de mes examens, je n'avais pas eu le loisir ni l'occasion de m'esbaudir comme peuvent le faire aultres escoliers qui se contiefichent de leurs estudes.(Ce style moyenôgeux m'est inspiré par la lecture de l'Hebdo-Laval).Je te remercie sincérement de cette rigolade gratuite à laquelle j'étais loin de m'attendre.Pour une fois, tu as su soustraire ton esprit à cette habitude de retard qui t'est chère, retard à répondre aux invitations et retard à répondre aux lettres.Je t'en félicite.Sans doute influencé par quelque génie inconnu des vulgaires montréalais mais familier à ceux qui rchent leurs pénates sur le Cap iemant, tu as su trouver les mots idéals, tu as su peindre dans ta lettre le spectacle capable entre tous de faite se tirebouchonner les gens les plus sérieux: le vomissement intégral.Cependant, permets-moi de t'adresser quelques remarques.Et en premier lieu, ceci: si les étudiants québecquois ont trouvé la Revue Bleu et Or ennu- yante, ils n'avaient aucune raison de ne pas le dire plus tôt.Toute critique qui n'est pas basée sur la sincérité ne doit s être.La diplomatie n'excuse pas e mensonge.Je comprend que, désirant vous attirer notre sympathie pour Carabinades vous n'ayiez fait aucun commentaire sur Bleu et Or.Mais je trouve singulièrement malpropre que l'on nous sorte une critique de notre revue seulement après que le Quartier Latin eut publié un compte-rendu défavorable de Carabinades '38.De toute évidence ta critique n'est qu'une façon de déverser sur nous le fiel que t'ont causé mes remarques, une manière plus ou moins élégante de nous remettre le change.On dirait, franchement, que tu viens à peine de découvrir les imperfections de Bleu et Or.Je ne crois pas que je manque de savoir-vivre parce que j'ai dit ce que je pensais de votre revue, je ne crois pas que la sincérité puisse être comparée à \u201cun crachement dans le dos\u201d.Enfin, à Montréal c'est ainsi que l'on considère les choses.Peut-être qu'à Québec il en est autrement, peut-être qu'à l'Université Laval, les compromissions et la \u2018diplomatie \u2019 comme tu dis, sont les règles de vie et de pensée en vigueur.Laisse-moi te le dire: chez nous, nous ne songerons jemais à masquer la vérité sous prétexte que cette attitude de chien couchant pourra dans l'avenir nous attirer des compliments.Si vous vous êtes refusés à souligner les déficiences de Bleu et Or, vous êtes des peureux et des menteurs.Admettons à la rigueur que vous ayiez voulu passer sous silence les défauts (ce n'est pas très honnête, mais enfin nous ne vous en demandons pas trop) vous auriez pu, au moins, signaler les qualités, ce que d'ailleurs je n'ai pas manqué de faire dans ma critique de votre revue.Vous auriez pu recon- noire que le sketch \u201cLe Miracle Canadien\u2018 valait plus que le prix du je n'ai pas un instant hésité à accorder à Henri Lizotte un brevet d'humour qu'il méritait.J'ai parlé en toute franchise.Vous auriez dû faire de même.Ce n'est tout de même pas une raison, parce que vous m'avez reçu dans ma chambre, pour que j'aille désigner les imbécilités les plus flagrantes du titre de chel-d'oeuvres, ni pour que j'ose affirmer que le bruit des marteaux qui couvraient les paroles des acteurs à l'avant-scène, constituaient des accords musicaux de la plus haute perfection.Tu n'as pas trouvé l'Ouverture musicale de Bleu et Or d'un \u2018comique achevé\u201d.C'est tout naturel, c'était une Ouverture musicale, et de même qu'on ne trouve pas de chrysotile dans les terrains mésozoïques, de même il ne faut pas s'attendie à voir vibrer un \u2018comique achevé\u201d dans une ouverture musicale.Autre chose: ce n'est pas de ma faute si une grève de musiciens vous « forcés d'accepter un orchestre qui faisait un bruit de locomotive en mauvais état.Cet inconvénient ne m'obligeait pas à applaudir des mains et des pieds à une musique pour chauf- fours de taxis.Quand j'ai parlé de la pénurie de vos sketches, je n'ai jamais voulu dire qu'il n'y en avait pas assez: loin de moi cette pensée.Quand votre revue s'est terminée, il y avait belle lurette que les spectateurs en avaient plein leurs cepots.es sketches, vous en aviez tant qu'il en faut, et plus qu'il n'en faut.La pénurie ue je déplorais, c'est la pénurie de umour, Vous aviez peut-être des tas de sketches, mais ce qui vous manquait, c'était des tas de choses véritablement comiques.Pour terminer, une remarque s'impose.Si votre président a perdu son chapeau au Chalet de la Montagne, nous n'en sommes pas responsables.Nous pensions que les étudiants québecquois étalent assez sérieux pour s'occuper de leurs nippes tout seuls.Vous avez payé deux piastres pour assister à la réception au Chalet.Je l'admets, mais sache que cette orgeni- sation était une entreprise privée com- lètement indépendante de la Revue leu et Or.Ton président a perdu son chapeau (quand je dis: son chapeau, je ne dis pas toute la vérité), c'est dommage, et je verse d'abondantes larmes sur cet incident déplorable.Mais au moins, quand vous êtes venus à Montréal, les organisateurs de Bleu et Or n'ont pas poussé le sens de l'hospitalité jusqu'à déverser sur le tapis de vos chambres le trop-plein de leur âme enthousiasmée.Ta lettre m'a charmé, réjoui, sans me surprendre.Depuis longtemps, nous sommes habitués à le sempiternelle vanité des Québecquois.C'est un fait qui existe depuis 1608 et qui cessera avec la fin de l'univers ou avec la fin de Québec (fin, qui dans l'esprit des Québecquois, se confond).Ta lettre manifeste, une fois de plus, cette délicieuse et très comique (d'un comique achevé) attitude propre aux Québec- quois, qui les pousse à se croire le nombril du monde.Désireux de te faire plaisir et de diminuer un peu le chagrin que t's causé ma critique de ta revue, je veux, comme mot de la fin, t'avouer que Carabinades '38 était, en fait d'humour, le summum de la perfection, et toi ile; plus gentil des enfants d'Adam.A Bien à toi { billet.J pas gêné pou \u2018 dire que \u2018vos décor étaient très bien, Guy BEAUDET Harbour i878.© Service et qualité 1 t | t 4% ; ; : 1405 rue ST-DENIS nee ee ED.GERNAEY \u2026 ! VOTRE FLEURISTE Flours pour toutes occusions, télégraphiées partout. LETTRE À PIERRE BAUDOUIN Peul-êlre vais-je m'altirer vos foudres vengeresses par le fait de m\u2019immiscer dans une discussion à deux (je devrais plutôt dire dans \u201cun amical exposé d'idéals\", ce qui serait plus juste)! Je m'excuse, sans consentir loulefois à tirer ma révérence! Ma foi, si mademoiselle Gaby recherche \u2018\u2018un rara avis\u201d chez les représentants du sexe fort, je dois avouer que vous me semblez plus réaliste! Ne reconnaissez-vous pas \u201cqu\u2019il est dangereux de tisser d'une éloffe trop souple el trop fine pour résister au choc de la réalité, le rêve que l'on espère vivre un jour?\u201d Il existe à part vous d\u2019autres personnes el des jeunes filles même qui ont échangé les chimères romanesques de leurs aîeules \u201cpour une conception plus pratique de la vie!\u201d Oh! pus que J'ambitionne la réputation d'être une jeune fille exclusivement pratique, ce serail vraiment déplorable, el vous m'avez l'air de vous entendre assez bien en malière féminine pour ne pus ignorer le rôle important du sentiment chez les Jemmes! Eh! bien, monsieur Pierre, ces jeunes filles ont compris, et vous ne leur reprocherez pus, je suis sûre, que le charme Physique et le cœur, ne sont plus les seules qualités qu'un jeune homme du XXe siècle réclame de sa fulure compagne.IL lui veut un jugement droit, une intelligence tant soit peu cultivée.Parce que des jeunes filles ont adopté certain mode de cullure plutôt qu'une autre, ne leur jetez pas l\u2019anathème à la face: \u2018\u2018Bachelières!\u201d Mon cher ami, les bachelières en puissance ct en acte, ne prétendent nullement atteindre le \u201csummum\u201d\u201d du développement intellee- tuel.Ce serait fat, et indigne d'elles, croyez-moi.Elles ne sc \u201c\u201crévoltent\u201d pas (c\u2019est votre propre expression) de trouver des jeunes gens plus instruits qu'elles.Au contraire il leur serait pénible de constater que la majorité de leurs amis du sexe fort limitent leurs études à un pauvre BA.Halle-li! monsieur Chrysale, toutes les buche- lières ne sont pas fatalement des Phi- laminthes ou des Bélises.Je vous concède cependant que l\u2019Ins- tilut Pédagogique a pu produire quelques-uns de ces spécimens rares, que l\u2019on désigne sous le nom de \u201cfemmes savantes\u201d renflées de leur petit bagage culturel.Elles sont le petit nombre, el soyez assuré que leur degré ne leur a pus coûté une formidable somme de travail! Elles ont réussi à \u201cpasser\u201d leurs examens! Ces jeunes filles-li sont des snobs, qui onl choisi un litre, plutôt qu'autre chose comme prélexle d leur désir de paraître! Si vous n'avez connu que de ces bachelières pédantes, je vous absous, loul en vous assurant que ce sonl les exceplions.Les religieuses qui ont fondé celle maison d'enseignement \u201c\u2018secondaire\u201d se sont proposé un tout autre but.Elles ont voulu façonner nos âmes par de sincères convictions chréliennes, el nos jugements par les humanités greco- latines ct la saine philosophie thomiste.Les vraies bachelières, el toules mes compagnes ont le désir de le devenir, visent d être des \u201cchrétiennes cultivées\u201d.Voili! Je partage Uopinion de Mademoiselle Gaby.Le jeune homme de mes réves sera plus instruil que moi, el je n'estime pas, quoique j'aspire au baccalauréat, qu\u2019il me sera tâche ordue de le rencontrer.T'ant il est vrai que du choc des idées jaillit la lumière, monsieur Baudouin, vous cl ceux qui pensent comme vous reclificrez, j'espère, votre préjugé à l\u2019égard des bachelières.Vous serez aussi miséricordieux pour les exceptions qui posent aux savantes Par snobisme, que vous savez l'être pour excuser d'autres \u201c*snobismes\u201d plus condamnables en soi, mais moins compro- mellants pour votre mâle orgueil.Votre article a suscité la mise au point que je souhaitais depuis long- lemps.Je vous quille sans rancune, et mon vœu le plus cher c'est que vous fussicz encore d'autres rêves charmants.Madeleine LABRECQUE LE VENT Inconstant, Fantaisiste, Tantôt gai, tantôt triste, Le vent s'élève à tout instant.Et bohême À l\u2019extrême, T'ouche-d-tout, ll mène un peu partout Sa ronde Vagabonde.Au gré des heures, des jours, des saisons; Claque un volet, berce une rose, arrache un arbre, Ebranle des maisons, Brüle des fleurs, gèle des marbres; Brise, trombe, tornade, aquilon ou zéphyr, Abat un avion, soulève une toiture, Jaunit un pré qui commence à verdir, Pousse une barque à l\u2019aventure, Et siffic, ct chante, et pleure, et danse, et muse, et court, Egrène des arpèges, Hurle comme trois sourds, Fox-trotte sur la neige, Jongle avee Un chébec, Et pirouelte De plaisir Dans la girouctle Des désirs.Le Vent! l'Esprit! sont-ils si dissemblables?Où sont-ils une idée émise en deux vocables?SLI RE: oat OF CANA SIÈGE SOGIAL- MONTRÉAL A UN SOPHISTE Mon cher Drapeau, Je constate avec regret que mes remarques sur le dernier débat n\u2019ont pas eu l'heur de te plaire.Cela me peine infiniment.Je me suis efforcé de porter un jugement exempl de loule parlialité, J'ai dit sincèrement ce que je pensais el ne le regrette pus.Tu prélends que je me suis trompé; c'est fort possible: je n'ai jamais ambitionné un brevet d'infaillibilité.Malheureusement, malgré tes arguments, je n'ai pus changé d'avis el continue de croire que lu as basé ton discours sur un sophisme.Examinons un peu cc que lu disais au Plateau, le soir du 8 mars.\u201cSi une première crise a fait plus de bien que de mal, nous pourrons donc en déduire que, s\u2019il survient une deuxième crise, elle sera moins grave que la première puisque la bonté prépondérante des effets de celle-ci devra exercer une heureuse influence sur la marche des événements mondiaux à venir,\u201d Et, un peu plus loin: \u201cPuisque, d'une part, il faut admettre qu'un événement social dont lu bonté des effets est telle qu'elle en surpasse la malice doit, en toute logique, influencer heureusement les événements qui suivront dans le même ordre de choses, el que, d'autre part, dans le cas des crises, l'Histoire et l'Expérience démontrent manifestement que c'est le contraire qui se produit, que plus les crises se succèdent, plus elles se rapprochent les unes des autres, ct plus le gravité s'accroît, force nous est donc de conclure à l\u2019impossibilité d'admettre que la crise actuelle pas plus que les précé- dentes- peuvent avoir des effets dont la bonté l\u2019emporte sur la malice.\u201d Si nous acceptons cet argument il faudra en conclure ceci: puisque la crise actuelle est très grave el que ses mauvais effets l'emportent sur ses bons, nous sommes obligés d'admettre que la crise précédente était moins grave.El ainsi en remontant le cours des siècles: forcément les crises devront, si nous les considérons dans cet ordre rétrospectif, être de moins en moins graves.Donc nous serons dans l\u2019impossibilité d'admettre l'existence, dans les siècles passés, d\u2019une crise plus grave, el même d'une crise aussi grave que celle que nous traversons depuis 1929.Songeons seulement à celte immense el inconcevable crise que traverse l\u2019humanité durant les cinq siècles qui précèdent la chute de l\u2019empire romain, crise provoquée par les invasions incessantes.Cette crise qui transforme l'humanité, où les empires naissent et meurent, celle crise qui fut à la fois économique, politique, sociale et spiri- tuelie, n'est-elle pas aussi terrible que celle que nous subissons?Admeltons qu\u2019en fait la crise actuelle soit la plus grave que l'humanité ail connue, el poussons, mon cher Drapeau, ton argument jusqu'au bout.Les crises, fatalement, iront en se rapprochant el leur gravité ira en grandissant.Il faut donc considérer comme impossible un retour à un état de choses normal.Inévitablement, nous cn arriverons à une époque où la crise sera permanente, donc, sera devenue l'état de choses normal, L'humanité serait vouée à une misère de plus en plus considérable, clle scrail en marche vers une crise perpéluclle.Constatant Uimpossibilité d\u2019admettre, pour les crises, une marche descendante dans la gravité, tu en as conclu à une marche ascendante.Croyant énoncer la contradictoire d'une proposition fausse, lu en as en réalité énoncé la proposition contraire, et duæ propo- sitiones contradictoriæ nequeunt esse simul vere nec simul false, mais duæ propositiones contrarite nequeunt esse simul veræ; possunt autem esse simul falsæ in materin contigenti.Parlons un peu maintenant de cette fameuse comparaison entre la crise el une maladie.Un philosophe n'a pas le droit d\u2019identifier les conséquences de deux faits de nature complètement différente.On peut dire, en un certain sens, que les crises sont les maladies des sociétés, mais rien de plus dissemblable que ces deux genres de maladies.Dans la scarlatine, la variole il y a d'abord une cause physique; la cause des crises est immatérielle: c'est l\u2019homme en lant qu'animal raisonnable ou déraisonnable, si tu préfères.Une maladie procède selon des lois que l\u2019on ne peul en rien comparer aux lois qui régissent les crises, lois qui varient à l'infini el en nombre et en qualité, Et dang les crises intervient un facteur incontrélable: lu liberté humaine.Une maladie constitue peut-être une hypothèque qu'aucun remède ne rachètera: ainsi toute grippe laisse aux poumons de celui qui l\u2019a subie une blessure, parfois minime mais réelle, blessure que rien n'efacera.Une âme humaine est loujours guérissable.Les mauvais effets d'une crise ne blessent pas fatalement l\u2019humanité jusqu\u2019à la fin du monde.Les mauvais effets physiques pourront également disparaître comme les mauvais effets inuna- tériels, parce qu\u2019ils ont pour cause profonde des âmes humaines malades: or, ces âmes humaines peuvent guérir, sinon, on aboutit à la négalion de la liberté, et en dernier lieu, à la négation de Dieux.Ces âmes humaines, dont la guérison est possible, se remeltront à influencer favorablement la marche des événements.Je ne dis pas que celle guérison s'effectuera en fait, je dis simplement qu'elle est possible: le philosophe que lu es, mon cher Drapeau, l'admet certainement.Et maintenant, laisse-moi te racon- ler un dialogue auquel j'assistai l\u2019autre jour.Je me promenais dans la mon- lagne lorsque j'aperçus le philosophe en compagnie de son disciple Agathon.Je me cachai derrière un arbre et écoutai leur conversation, parce que je ne manque jamais une occasion de m'instruire.Voici ce que J'entendis: Y \u2014 Crois-tu, mon fils, que les crises naissent spontanément, sans raison?Agathon \u2014 Non évidemment.Y \u2014 Elles ne peuvent donc appe- raître dans une société qui n\u2019est pas dans un état tel qu\u2019une crise puisse y germer?A \u2014 Cela me semble encore évident, Y \u2014 Crois-tu qu'une sociélé saine puisse subir une crise?A \u2014 Non, je ne le crois pas.Y \u2014 I faut donc admettre que lorsque survint la crise actuelle, notre sociélé était déjà malade?A \u2014 Oui.Y \u2014 D'après l\u2019opinion des écc- nomisles notre société souffrait d\u2019une mauvaise compréhension de l\u2019économie?A \u2014 L'histoire des lemps le prouve en effet.Y \u2014 Cette mauvaise compréhension de l'économie a-t-elle eu de mauvais effets?A \u2014 Certainement.Y\u2014 Ces mauvais effets ne se- derniers raient-ils pas le chômage, la désorganisation financière, la misère, l'irréligion, les idéologies révolutionnaires?A \u2014 Cela est encore certain.YF \u2014 Mais cet ensemble de mauvais effets, de maux, ne constitue-t- il pas ce qu\u2019on appelle la crise?A \u2014 Oui.Y \u2014 Maintenant, dis-moi, mon enfant: esl-il possible de dire que les effets d\u2019une chose peuvent être les parties mêmes qui constituent cette chose?A \u2014 Mais non, ce serait absurde.Y \u2014 On ne peut donc dire que la crise a causé le chômage el les au- lres maux que je l'énumérais tout- d-l'heure?\u2019 A \u2014 On ne peut le dire puisque ces maux sont la subslance même de la crise.Y \u2014 Quand on compare les bons et les mauvais effets de la crise, a-t- on le droit de faire entrer en ligne de compte ces maux en question?À \u2014 On n'en a pas le droit.Y \u2014 Mais alors, monsieur Jean Drapeau, ce faisant, a outrepassé ses droits de philosophe?A\u2014 Il me semble bien qu'il 8\u2019est rendu coupable de celte faute.Je n\u2019en ai pas écouté davantage, parce que le soir tombait.Je laisse à la réflexion, mon cher Drapeau, ces paroles du vieux philosophe, Y, qui est, évidemment un primaire-élémen-.taire.Je te remercie des bonnes paroles que lu as eu à mon égard, et demeure, Ton entièrement dévoué, Jean VALLERAND FACULTE DES LETTRES Elle a eu lieu le samedi 26 mars, dans le grand amphithéâtre de l\u2019Université, rue S.-Denis.Issue de la seule famille de langue anglaise qu\u2019il y eût à Saint-Sébastien d\u2019Iberville, mademoiselle Ruth Howie n\u2019avait fréquenté dans son enfance que des familles de langue française.A cause de ce fait, le français était devenu pour elle, comme pour tous les Ecossais cultivés, une seconde langue maternelle.Se destinant à l\u2019enseignement, après avoir étudié au High School de Bedford, elle prit à McGill ses grades de bachelière ès arts et de master of arts.Mais, à cause de sa parfaite connaissance du français et de ses relations constantes avec l'élément canadien-français, quand vint pour elle l\u2019heure de préparer le doctorat en lettres, elle songea tout naturellement à un sujet tiré de notre littérature nationale.Pendant deux ans, sous la direction du doyen des Lettres, professeur en même temps de cette matière, elle élabora une thèse sur l\u2019Evolution du roman au Canada français.Le titre même est caractéristique.Pas plus qu\u2019elle n\u2019admet que le passage du 31 décembre 1799 au ler janvier 1800 ne constitue un siècle littéraire, Mille Howie n\u2019admet que les genres littéraires fleurissent spontanément; il en est de la littérature comme de la vie, où la génération spontanée n\u2019existe pas.Il y a donc lieu de rechercher \u2014 et c\u2019est la seule étude qui vaille \u2014 sous l\u2019empire de quelles circonstances tel genre est apparu et tel autre l\u2019a suivi.Il s'agit en somme de ne pas établir d\u2019avance des catégories, à travers lesquelles on voit passer bientôt 95% d\u2019exceptions, mais de partir des faits et d\u2019en suivre les manifestations successi vers les temps.ves À tra C'est cette évolution, appli roman canadien-français, que Yu Ruth Howie avait entrepris de faire saisir à son auditoire samedj dernier Elle s'acquitta de sa tâche avec un bienveillance évidente, avec une lar, té d'expression rare, avec une mal.trise parfaite de la langue.
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