Le Quartier latin, 29 janvier 1937, vendredi 29 janvier 1937
[" ts i ; Jz Ine irecteur: JEAN VALLERAND SOMMAIRE iants du monde Etudiants .GUY PREVOST inantes Les Domin ROGER DUHAMEL McGill écrasé par PU.de M.McGill ecrase p RICHARD ROBERT amphlets de Cistus Les pamp CISTUS Montherlant de retour MAURICE ARCHAMBAULT Mélange cane THERESE SHAN-KAR, dicu de la danse JEAN VALLERAND L\u2019épopée des quilles (Rimaille) GEORGES LECLERC Le concert Strawinsky JEAN VALLERAND Le séjour en Haiti (suite et fin) PHILIPPE CANTAVE Mémoires d\u2019un béat satisfait LUI-MEME Carabin et les sports ROBERT BEAUDOIN Nos joueurs triomphent PIERRE BOURGOIN Regards et pronostics ALBERT DECELLES, du McGill Daily \u201cSoir de rage\u201d YVAN À quoi rêvent les jeunes hommes?\u2014A Mousmé Ls-G.G.Pauvre littérature JACQUES LEDUC CARAT AT OR 10 SOUS LE NUMERO pT a, f = \u201cCa, mon vieux, c'est l'Université que fréquentera - .\u2019 mon petit-fils\u201d \u201cLA-BAS, LA-BAS SUR LA MONTAGNE\" MAURICE ARCHAMBAULT D'une ironie triste ces mots d'un air célèbre placés en tête d'un article sur l'édifice du Mont-Royal.Il nous est si difficile de chanter lorsque nous la regardons la montagne.Nous sommes, nous, de l'Université de Montréal, un peu tous des Moises.Un Fatum, que je ne saurais qualifier, ne nous a-t-il pas conduits sur une cime avoisinant la Terre promise, pour nous en faire admirer les splendeurs et pour ensuite nous confier : \u201cJe le donnerai à ta postérité.Je te l'ai fait voir de tes yeux; mais tu n'y entreras point.\" Nous avons dû revenir à la hutte.Et pourtant nous n'avions pas douté, nous! C'est peut-être là notre péché ?a Oh! il s'organise bien périodiquement une visite officielle à l'\u2018\u2018immeuble inachevé* \u2014 notre symphonie .\u2014; le pélerinage est splendide, \u2018impression inoubliable, mais tout finit par des chansons.C'est bien angais! Pour résumer la situation dans le style épique qui convient à cette entreprise, je dirai qu'au flanc du Mont-Royal, il existe un château qui croule sous le poids du vide de son inhabitation, alors qu'au numéro 1265 de la rue Saint-Denis, toute une population de professeurs et d'étu- lants se meurt de n'avoir point de château.; Il est si facile de dire château en Espagne quand on dit château! Celui dont je parle serait plutôt le château de la misère, et j'ai bien peur que s'il ne se présente un homme d'Etat énergique pour activer les malaxeurs et jeter les dernières briques, le chôteau, destiné à symboliser la culture et l'esprit d'une race fière, ne devienne la forteresse et le monument de son imbécillité.; Je n'ai pas l'intention de décrire les conditions d'existence et de travail qui sont faites aux professeurs et aux étudiants qui vivent actuellement \u2018un espoir toujours reculé.On croirait que je donne dans le mélo et que je veuille exploiter la pitié des gens.Ceux dont on attend la solution de cet inextricable probléme comprennent plus que tous autres le ridicule de la situation et la nécessité d'y remédier., , Je voudrais faire écho à une double pétition venant, l'une, d'une délégation d'ouvriers et d'entrepreneurs de la métropole, l'autre, d'un comité de professeurs de l'Université de Montréal.Les plus intéressés pourraient bien être les étudiants, la jeunesse pour la formation de laquelle es professeurs se dépensent et à laquelle le Parlement national qui capte sa confiance a promis secours et intérêt.Aussi j'ai voulu dire combien Nous appuyons cette demande de salut.Les faits.Le 20 janvier dernier, une délégation d'ouvriers et d'entrepreneurs de Montréal, dirigé par son Honneur le maire Adhémar Raynault, rencontrait le premier ministre, l'honorable Maurice Duplessis.Ces ouvriers demandaient au Gouvernement de Québec d'octroyer, au même titre que pour les travaux de chômage, un montant de $1,800,000, pour le parachèvement de l'Université de Montréal.Îl est assez difficile de refuser du travail aux chômeurs qui veulent encore travailler.Surtout il serait inhabile de le faire.Je concède que la construction de routes et de ponts conserve une vertu électorale supérieure, mais je suis persuadé qu'un gouvernement d'union nationale qui réaliserait l'édification et le maintien du plus grand centre intellectuel français d'Amérique, n'aurait pas besoin d'autre titre pour faire la preuve de son caractère.Le 22 janvier, donnant aux ouvriers l'appui de leur influence, une centaine de professeurs de l'Université de Montréal réunis en assemblée au Cercle Universitaire, votaient à l'unanimité une résolution dans le même sens.lls alléguaient le fait que $7,000,000 ont déjà été dépensés à cette construction qui ne profite à rien, que l'immeuble de la rue Saint- Denis signifie recul dans l'enseignement et perte pour la science, qu'une grande partie des matériaux de construction gisent inutilisés sur ls montagne, que les dépenses occasionnées par l'entretien du nouvel édifice interdisent toutes réparations d'urgence à l'ancien, mème la rétribution des professeurs.La position est intenable et ia voie sans issue.L'intervention immédiate du gouvernement est l'unique préventif contre une catastrophe.Qu'on ne permette plus de prêter vie à des canards, comme ceux que nous présentent par intervalle certains journaux : l'Université de Montréal devenant un sanatorium, un asile d'aliénés ou un pénitencier.La belle malice que je ferais! J'ai cru qu'il était du devoir des étudiants de se joindre aux diverses classes de la société qui réclament du gouvernement la solution, dans leur intérêt, du problème universitaire.J'exprime simplement le désir que d'un geste purement social d'aide aux ouvriers et aux professeurs, notre premier ministre, élève comme nous de l'Université de Montréal, fasse une oeuvre d'intérêt national en faveur de la jeunesse.Et que ça se fesse vite! BB Dit =?Rédacteur en chef: MAURICE ARCHAMBAULT BILLET DE LA SEMAINE UNE SÉANCE CHEZ LE DENTISTE Qu'est-ce qui rend Pierre maussade, le fait pester contre scs professeurs, chercher noise à sa mic, malmener ses grandes sœurs, perdre le sens de l\u2019humour si les copains le taquinent, grimacer lorsqu'il entr'ouvre la bouche et que l\u2019air s\u2019y engouffre, hurler quand il mange de la crème glacée?Mais oui, c'est une dent cariée.S'il pouvait travailler cette chipic lui-même ce serait l\u2019affaire d'un-quart d'heure ou moins, puisqu'il est étudiant en art dentaire; mais prend-on pareille chance quand on n\u2019a pas son diplôme?Des fois, sail-on Jamais, à! pourrait bien y avoir un article dans le Code Civil pour sévir come ces tenfatives illégales! Ce n\u2019est pas qu'il a peur d\u2019aller chez le dentiste, mais.ça lui répugne, voila! Trève d'hésitations, il se décide, endosse son paletôt, prend le tram, arrive chez le Docteur X, sonne; on lui ouvre.Il esl dans la place en moins de temps que \u201cLE Mot\u201d de Victor Hugo.L'aide du chirurgien, toute pimpante dans son tablier blanc, l\u2019informe, d'une voix n'engageant pas au flirt, que le Docteur est occupé, mais que ce ne sera pas long.Très désinvolte, Pierre s'asscoit, croise la jambe el exhibe des chaussettes flamboyantes.D'un air non moins dégagé, il allume une cigarclle égyptienne, histoire de parfumer l\u2019atmosphère el, bien discrètement, fair l'inventaire des clients.ÀÂ sa droite se trouve un monsieur bedonnant el affaissé, les yeux perdus dans le lointain.C'est, sans doute, un comptable obstiné à balancer oralement un rapport, une victime de l'idée fixe, quoi! A la gauche de Pierre deux dames discutent.de modes?Eh! non! les colifichets demandent In tranquillité d'esprit dont les femmes sont dépourvuces.chez le dentiste.Voici leur problème: laquelle pusscra la première.Towes deux rivalisent de politesse «l comme ni l\u2019une ni l\u2019autre ne veul profiter de l\u2019avantage clles en viennent aux mots aigree-doux, s'accusent nuuuellement d\u2019avoir peur, et la discussion reprend de plus belle, au grand désespoir de Carabin.Il promène alors un regard ennuyé sur le mur qui lui fail face ev une caricature atlire son attention: imaginez un pauvre diable tout recroquevillé dans son cadre; son front ruisselle, ses mains tentent de s'agripper à.n\u2019importe quoi, pendant qu'un dentiste, bâti comme Tarzan, travaille avec délices dans ce gouffre plein d'appas qu'est une mâchoire d'homme.Il n\u2019y a pas à dire, quinze portraits de ce genre créeraient une ambiance des plus propices au calme des clients qui font antichambre! Pierre regarde l'heure, fronce les sourcile, rallume wnue cigarette ct prend une revue sur la table.Tiens, un roman pour jeunes filles, ce n\u2019est pas rigolo! Ah! tant mieux voici un casse-tête.Juste au moment où il va auraper le mot du 12 horizontal, il perçoit des lamen- lations: \u201cOh! docteur, vous me failes mal.aie! ne continuez pas.je vais me lrouver mal.\u201d Heureusement, les cris diminuent el on entend la voix du docteur disputer avec douceur lu patiente.\u201cVoyons, Mudemoi- selle, ne clamez pas ainsi, on va croire que je vous égorge\u201d.Le silence se rélablil cu après quelques instanis la porte du cabinet s'ouvre livrant passage à une jolie blonde, toute menue.Pierre qui, il y à d peine dix minutes, jurait intérieurement contre cette névropathe, Jait volte-face: quel veinard ce dentiste! Si notre Carabin peut être favorisé d'une clientèle aussi dttrayante, il lui semble que les cris les plus stridents, en autant qu'ils seront proférés par une jolie bouche, deviendront délicieuse mélodie! Voild, c'est d son tour.Après les salutations d'usage, le Docleur se met à l\u2019œuvre.Mais qu'est-ce qui arrive?Alors que l'étudiant ouvre la bouche, pour y luisser voir, il sent débattre son cœur el ses mains devenir moites.Voyons, faut calmer ça! Il essaie de reprendre son contrôle mais il voit venir à lui les pinces menaçantes el alors.mains et jambes du curabin.se livrent à des soubresauts effarants.La voix du dentiste déconcerté lui arrive d travers un nuage; il lui semble que sa chaise va se dérober sous lui, que les pinces décrivent des spirales landis que son bourreau caracole étrangement.Tout tourne, tourne.puis plus rien.Carabin a perdu connaissance! Pierre a-t-il été affaibli par la chaleur de la pièce ou par l'odeur des médicaments?L'atrente prolongée a-t-elle entamé son endusvance?La blonde toute menue l'a-t-elle impressionné outre mesure ou est-ce la vilaine, la dégradante peur, apanage des femmes, qui l'a terrassé à son tour?Le saurons-nous jamais?Seul Pierre pourrait nous le dire.Croyez-vous qu'il s'en vanteraf.Jeunes filles, toujours honteuses d'avouer vos préventions à l\u2019égard de Uarracheur de dents, vous pourrez mainte- nani relever la tête et même crâner à l\u2019occasion puisqu\u2019un homme, un invincible, à défailli! : + \u201cMOUSME\u201d DIX-NEUVIÈME ANNÉE, No 14 par GUY PREVOST C'est une joie, bien réelle, de reconnaître chez un écrivain un mécanisme de pensée qui s'accorde avec le nôtre.La vie est si compliquée qu'il faut vraiment une grande intelligence pour forcer l'écorce d'égoïsme des autres.Ceci dit, je crois que je ne pousserai pas plus loin l'analyse \u2014 je ne chercherai pas à être plus original et plus incompréhensible que le fut \u2018Thérèse\u2019 dans le dernier Quartier latin.Cette charmante collaboratrice a jugé pour nous quelques contemporains.J'aime autant lui dire tout de suite que ses opinions sur Bloy et Péguy me tapent sur les nerfs.J'espère, un jour, avoir l'occasion de lui dire sincèrement ma façon de penser.C'est révoltant d'entendre dire que Bloy \u2018\u2019ne doit pas être admis en entier sans discernement.\u201d C'est un jugement digne de Bethléem.Celui-ci classe les livres de Léon Bloy parmi les romans mondains\u2026 Les romans de Georges Bernanos montrent la même sincérité que les livres de Bloy.Bk Valdombre dans ses PAMPHLETS déclare que \u2018Le curé de Campagne de Bernanos \u2014 sent le vrai catholicisme.Il y à un article épatant sur Bernanos dans \u2018La Parole universitaire.\u201cJe connais peu de joies plus profondes et plus irra- Les personnages de son livre dit Ernest Hanon sont un \u201c*.\u2026 reproche vivant pour les chrétiens tièdes, en une tournure de pensée et de langue qui eût plu à Léon Bloy.\u201cDieu a sauvé chacun de mous et chacun de nous vaut le sang de Dieu.Tu peux traduire ça comme tu voudras, même en langage rationaliste, le plus bête de tous; ça te force à rapprocher des mots qui explosent au moindre contact.La société future pourra toujours s'asseoir dessus! voild tout.\u201d Ils lui mettront le feu au derrière, Un rédacteur du McGill Daily donne les résultats d\u2019une enquête intéressante.Îl s'est amusé à noter les différents sujets de conversation tenues, dans le tram, matin et soir par les étudiants.Les statistiques sont pour un voyage de 104 minutes.14% salutations, 14% conductor, 189, weather, 5% stock market, 3% discussions on tobacco brands, 2% statistics, 8% philosophy, 20% elections, 2% scandals, 10% sports, 3% (Montreal West) girls, 2% boasting, 12% dirty jokes, 2% medicine, 5% municipal affairs, 3% (Westmount) criticizing the overloads, 2% yawning and 1% miscellaneous.Loges: $1.25 - FORUM CE SOIR à 8.30 p.m.McGILL VS U.de M.Amphithéâtre: 75c et 50 Etudiants: 25c.LE CLASSEMENT LIGUE INTERCOLLEGIALE INTERNATIONALE SECTION CANADIENNE diantes que de lire la pensée qu'on porte peut-être depuis J.CG P.NP.C.Poin toujours en élans diffus dans sa conscience, subitement ; , ; McGill.4 4 0 0 49 4 8 exposée en termes clairs et harmonieux dans le livre que Nous venons de recevoir le numéro de rentrée de Angers-Etudiant.nous tenons dans les mains et cela nous semble d'autant Donne l'impression d'un bottin plutôt que d'une revue.Toronto.4 3 1 6 27 8 6 plus beau et plus harmonieux que cette harmonie est est vrai qu'un numéro de rentrée est toujours difficile 8 U.deM.6 3 3 0 19 19 6 dans notre coeur et que les mots méme les plus communs pondre.Nous attendons les prochains avec espoir.\u2019 ont alors un toucher suffisant pour mous faire vibrer.\u201d Queen\u2019s.4 2 2 0 16 2 4 7 17 1 .\u2014 _ .Là \\ ., SECTION AMERICAINE \u2014 Casa-Etudiant est un petit journal à quatre pages, publié par les Voici aussi une belle explication sur le roman français.étudiants de Casablanca.Article intéressant sur les étudiants qui se Harvard.3 3 0 6 18 6 6 \u201cLe roman français n'a jamais été plus loin que termine par ironique éloge de \u2018notre liberté.Yale.4 2 2 0 24 4 4 l'homme; le destin maturel et surnaturel de celui-ci a Au moins, quand on est sur les bancs du lycée, on a Dartmouth.3 0 3 0 4 16 0 de tout temps été - sujet préféré; je trouve, pour ma la satisfaction de \u201cfumer\u201d contre la discipline, de grogner Princeton.\u2026.\u2026.6 0 6 0 8 4 0 part que c'est suffisant et même que c\u2019est le \u201ctout\u2019 contre la corvée des leçons, la calamité des devoirs.possible.La lutte de l'homme contre les éléments exté- Ca soulage! LIGUE MONTREAL rieurs et intérieurs est son principe agissant et ceci le Mais étudiant, on n\u2019a qu'à s\u2019en prendre à soi U.de M.\u2026.\u2026.8 6 2 0 28 18 12 place de plein-pied dans l'aventure.même, si l'on se refuse la liberté, si on s'inflige la con- Concordia.7 5 1 1 36 16 11 Bernanos à écrit un roman français.Son roman n'est pas une suite trainte d py 0 de labeur James fini, car on me sait Villeray.8 5 2 1 25 15 11 de quinze volumes.|| ne décrit pas de quelle manière son héros se jamais quand il faut s'arrêter.science est une steppe .sans limite McGill 000000500000 7 4 3 0 19 11 place les doigts pour se moucher.ee 7 6 0 3 48 ernanos ne mâche pas ses mots.|| montre bien les pourritures.En voilà une torture.; L.G.C.Grads.\u2026.1 [| nous fait sentir aussi qu'il y en a beaucoup chez nous.Quel malheur d'être étudiant! St-Lambert.7 0 7 0 9 27 A QUI LE DIRE ?gendaire qu\u2019il soit, il ne recrée ALLEMAGNE de nourrir le peuple allemand Le tort des livres sur l\u2019enfance, c\u2019est de n'être pas écrit par des enfants.De grandes personnes reconstituen t gravement les premières années de leur vie.Il leur manque toujours cette incohérence, cette atmosphère embuée de rêves et de désirs imprécis, flottant sur les jardins de l'enfance.Alain-Fournier a sans doute atteint à cette féerie; il reste toutefois celui qui se penche sur son passé, tout lé- HArbour 6723 Phil.Langlois TAILLEUR EXCLUSIF Remise de 10% aux Etudiants 361, rue Ste-Catherine E.Coin Saint-Denis AU CENTRE DU QUARTIER LATIN pas par l'intérieur l\u2019exquis et douloureux prélude à la vie d\u2019homme.Vassily Photiadès n'est pas un nom connu dans la littérature.Grec, je le suppose, comme son nom l\u2019indique.Dans une langue chantante, riche de ces chatoiements particuliers aux écrivains pour qui l\u2019Orient forme une part de leur héritage, il nous donne aujour- d\u2019hui le plus étonnant document que je connaisse sur l\u2019enfance.Marylène ou À QUI LE DIRE?est un récit d\u2019une admirable ingénuité.C'est le petit garcon devenu homme, qui retrouve et qui note ses propres impressions, et qui reconstruit l\u2019univers à la mesure de ses sensations.Véritable poème où s\u2019enchevêtrent, dans une abondance d'images colorées, les figures étrangement reliées de Marylène au pur visage oblique, de Mariette, petite couturière des combles, dont le sou- \"fire illumine le péché des hommes, de Lina, petite cousine, point jolie mais si femme (au sens de perverse).Rarement aura-t-on scruté avec autant de rigueur l\u2019univers qui grouille au fond des yeux distraits d\u2019un enfant.Son inquiétude, le sentiment de sa dépendance, sa perception des choses, ces mémoires, réels ou imaginaires n\u2019ont rien négligé.\u201cA qui le dire?Ces quatre mots règnent sur ces années écoulées, sur ces années qui passent.Ils règnent sur au- jourd'hui comme sur demain.Je me les suis dit tant de fois, leur répétition est devenue à tel point tyrannique, leur pouvoir si désespérant, qu\u2019ils ont effectué une sorte de travail obscur dont j'aperçois soudainement l\u2019étonnant résultat.Ce sont ces quatre mots qui ont creusé pour moi un véritable pays, un royaume qui m'appartient, qui s\u2019est élevé autour de moi, qui s\u2019est construit dans le silence.\u201d Royaume du silence, par l\u2019agitation du monde, perdu à jamais.Regardez derrière vous.Qui de vous ne dira, après Photia- dès: \u2018\u2018Au fond de ma mémoire résonne un cliquetis de bonheur et de désespoir réunis.\u201d RILKE A l'occasion du dixième anniversaire de la mort de Rainer Maria, Rilke, les NOUVELLES LITTERAIRES consacrent quelques articles à la mémoire du grand écrivain allemand, \u2018\u2018un des plus glorieux, au sens le plus noble, du monde germanique\u2019, écrit Paul Valéry.Poète, parmi les plus grands, sa vie durant, il aura cherché la solution des problèmes éternels: Dieu, l'amour, la mort.L\u2019amour, c\u2019est Dieu pour qui se détache du monde, l'amour, c\u2019est la mort à celui qui s\u2019y replie.Rilke ne sacrifie pas-aux attachements passagers.Il voit dans l\u2019amour l\u2019aspect de pureté, de générosité, \u2014 le don, ce que, catholiques, nous appelons l'amour de bienveillance.Vision hardie, dans un temps où règne la vulgarité.Comme pour Gide, qu\u2019il a bien connu durant ses fréquents séjours à Paris, la religion de Rilke aboutit au panthéisme.Mais un panthéisme épuré, fait d'un accord profond avec les oeuvres de la création, où le diabolisme gidien n\u2019a plus sa place.Il dira lui-même: \u2018\u2018Le vol des oiseaux me traverse, et c\u2019est en moi que l'arbre grandit.\u201d L\u2019amour idéalisé de Rilke lui aura valu de ne pas rabaisser Dieu au niveau des vagues théosophies modernes.\u2019 Devant le trépas, le poéte devient vraiment grand.A la lâcheté de nos contemporains, il oppose le regard serein de l\u2019homme qui a mesuré la vie, et qui, par cet examen, a compris le sens de la mort.Il rejoint aussi, par un biais, un aspect de la vérité catholique, lui pour qui notre décès indi- viduei n\u2019est qu\u2019un passage, la transition nécessaire.Quelle noblesse dans ces vers de sa première Elégie: \u201cDes voix, des voix.mon coeur, seuls des saints écoutaient: au point que l\u2019appel immense les soulevait du sol; mais eux toujours restaient agenouillés, inébranlables, et n'y prétaient pas attention: C'est ainsi qu\u2019ils étaient, écoutant.Non que de Dieu tu puisses supporter la voix, il s\u2019en faut.Mais écoute le souffle de l\u2019espace, le message incessant qui te vient du silence.\u201d Ecoute, comme jadis Et l'on pense à Claudel, tant les thèmes humains désertent les patries charnelles.Les agences de presse, ces semaines-ci, nous apprennent frêquemment, avec quelque complaisance, la misère du peuple allemand.On parle du rationnement des produits alimentaires, de restrictions sans cesse plus onéreuses.N'y a-t-il pas là quelque exagération ?Il est vrai que la consommation du beurre et de certaines viandes est surveillée.Il est vrai encore que la récolte des céréales est inférieure aux exigences du marché.Mais de là à considérer l\u2019Allemagne comme un pays acculé à la disette marque un sérieux accroc à la vérité! I1 est plus juste de voir dans cette discipline une volonté encore plus nette d\u2019assurer à l\u2019armée une complète sécurité.Ce dont le citoyen se voit privé profite au militaire.Le mot d\u2019ordre est précis: tout pour l\u2019armée.Et nous savons qu\u2019un mot d'ordre, en pays hitlérien, est un acte.Claude Jeantet le note de justesse: \u2018\u201cDès le temps de paix, on met au point une MOBILISATION INDUSTRIELLE qui, une fois réalisée et réglée, préfigurerait assez bien dans l'état d\u2019une nation assiégée.\u201d\u2019 Dès le temps de paix .Frémissez dans votre tombe de Cocherel, mânes de Briand! Cocherel, petit village où vainquit Du Guesclin ! Il y a aussi les colonies.L'offensive est commencée.Nul doute qu\u2019elle ne soit allègrement menée.Les violations périodiques du traité de Versailles en font foi.Dans de nombreux discours, le Dr Schacht, grand argentier du Reich, s\u2019exclame: \u2018\u2018\u201cLe peuple allemand ne veut pas renoncer à son avenir, aussi, la grande politique actuelle est de savoir si nous pouvons ou non donner à ce peuple de l\u2019espace dans le monde.Sans se lasser, le Reich doit affirmer son désir d\u2019avoir des colonies, parce que c\u2019est le seul moyen sur son propre sol.\u2018 On peut trouver illogique ung politique qui vise à l\u2019accroisse ment de la natalité et qui e même temps cherche de nou veaux territoires pour déverst le trop-plein de la population Mais la logique mène-r-elle | monde?Elle n\u2019a qu\u2019une fonc tion: comprendre.Pour ce qu est de l'action, il y faut de bony pectoraux, peu d'idées, encort moins de scrupules.LAncaster 5402 Alex.Langlois MARCHAND TAILLEUR 53, Ste-Catherine Es! Escompte spécial aux Etudiants Succursale: 1284, MONT - ROYAL EST Tél.CHerrier 0770 ates ae am La \u20ac fe M omit inuer hain es | ood {uni tte pien tudi Le Blocte ie to pla ser Font: heve ern Be 10 afé plus [ 1 DINER- CAUSERIE EN MÉDECINE e La série de dîners-causeries inau- rée l'automne dernier À la faculté p Médecine sous les auspices du mité de régie des E.E.M., se con- ers le mercredi 10 février pro- ip au Café St-Jacques, coin des es St-Denis et Ste-Catherine.Le ccès remporté aux deux premières unions nous incite à donner suite à tte heureuse initiative qui semble ien vue tant des professeurs que des tudiants À la faculté.Le prochain conférencier sera le teur Rosario Fontaine, professeur Le toxicologie et de médecine légale hu faculté.Quelle surprise nous serve sa conférence?Le docteur ontaîne nous fera-t-il dresser les heveux sur la tête ?A nous d\u2019éprou- rer notre sensibilité, et allons en foule, e 10 février prochain, à 6.30 p.m.au Gérard DUCHARME, prés.CONCOURS M.Olivier Maurault, p.s.s., recteur de l'Université de Montréal, nous ro.mettait hier la note suivante qu\u2019il nous fait plaisir de publier: \u201cOn sait que la Maison Casgrain et Charbonneau a offert à Univers sité: Premièrement, \u201c\u2018un prix de $500 à être attribué, chaque année, au meilleur travail, (recherche ou amélioration scientifique) se rapportant à la médecine, à la pharmacie, à la dentisterie, à la chimie ou à la biochimie.\u2014\u2014 ce qui comprend toute découverte médicale ,ou pharmaceutique, toute amélioration importante scientifi d'ordre médical.\u201d ade Deuxièmement: \u201cla Maison Cas- grain ct Charbonneau met A la disposition des chercheurs une somme de $1,000.Il s\u2019agit d'encourager les travailleurs qui, dans les domaines scientifiques et médicaux ci-haut mentionnés, ont obtenu déjà des résultats probants, mais dont les ressources insuffisantes centravent les recherches.\u201d Le jury du Concours s\u2019est réuni à l\u2019Université, le vendredi 22 janvier.Il a stipulé ce qui suit : 1o0\u2014 Peuvent prendre part aux deux concours les Diplômés de I'Université de Montréal.2o\u2014Pour le premier concours, les travaux devront être envoyés au Recteur de l\u2019Université, d\u2019ici le ler avril 1937.à 3o\u2014Ces travaux devront être iné- its.4o\u2014Pour le second concours, les demandes de secours, bien motivées, devront être adressés au Recteur, d\u2019ici le ler avril 1937.M.Maurault ajoute qu\u2019il se fait un plaisir de louer la généreuse initiative de la Maison Casgrain et Char- bonneau et souhaite qu\u2019elle trouve de nombreux imitateurs.pourrait intéresser.même ou à tout bureau de poste.EXAMENS AU SERVICE CIVIL Examinateur du Service civil (Homme, bilingue) Traitement initial pour grade 2 : $2,520 par année pour grade 3 : $3,120 par année La Commission du Service civil fera subir un examen tout prochai- ement aux personnes que le poste d'examinateur à cette Commission Les Anglais selon leur habitude ne négligeront rien pour faire accorder cette charge à l'un des leurs.la plus grande publiciié possible à ce concours, afin d'inciter quelques- uns des nôtres à poser leur candidature sans retard.Les journaux ont dejà publié la formule officielle.Il est facile de se procurer un exemplaire de cette demande d'emploi à la Commission du Service civil C'est pourquoi il faut donner NOS DEFENSEURS DEBAT AUDITORIUM DU PLATEAU MARDI SOIR, LE DEUX Photo Albert Dumas ROGER DUHAMEL Photo Albert Dumas JEAN FILION CONTRE QUÉBEC \u2014 POUR LE SÉPARATISME PROCUREUR HALLERS AU GESU Cette pièce adaptée d\u2019après Paul Lindau par Henry Gorsse et Louis Forest fut représentée la première fois le 16 octobre 1913, au théâtre Antoine.L'intrigue est fondée sur un cas de dédoublement de la personnalité.De digne magistrat, le personnage principal passe subitement et inconsciemment à un vulgaire apache.\u201cLe public se demandera sans doute, écrit M.Louis Forest, si un cas de personnalité alternante tel que celui du procurer Hallers peut s'offrir À lui dans la vie.\u201d \u201cMais oui.Qu\u2019on y réfléchisse.Des exemples aussi tranchées que celui du magistrat malade sont certes exceptionnels; mais il n\u2019est peut-être pas un être (vous ct moi) qui n'ait, \u201cL'homme dont on dit qu\u2019il est hors de lui, le distrait qui a des absences d\u2019esprit, l\u2019ivrogne qui agit comme s'il était un autre homme qu\u2019il n\u2019est, etc, ete., tous ceux dont In colère, la maladie, la fatigue, les préoccupations, altèrent les facultés de contrôle et de raison, souffrent, en réduction, du mal dont, en grand, est affligé le procureur Hallers.Il n\u2019y a que du plus et du moins.\u201d Nous aurons le plaisir de voir Mtre Bernard Hogue, Ferguson de la revue, dans le rôle titre et à ses côtés, Mes- sicurs Hector Charland, Louis Lapointe, Ls-Philippe Mercure, Georges Bouvier, Ulric Laurencelle, Gaston Leblanc, Hervé Sauvé, ct nos populaires étudiants: MM.Jacques Melan- çon, Paul-Emile Beaulieu et Louis- Charles Gascon.La direction artistique est confiée au Rév.Georges- à Page trois LE QUARTIER LATIN McGILL ECRASE PAR I'U.de M.L'U.de Montréal a éliminé d\u2019une façon fort brillante, le McGill, des joutes de détail de la ligue Montréal par le score de 7 à 1, devant une foule des plus enthousiastes qui se chiffrait à quelque 500 personnes.Les Carabins, à mon humble avis ont joué leur meilleure partie de la saison, déclassant leurs adversaires dans tous les domaines.La punition infligée à Anton au milieu de la première période marqua le point de départ d\u2019une orgie de points qui ne devait se terminer qu'à la fin de la partie.Armand eut l\u2019honneur de donner l'avantage à son club lorsque le bâton de Kennedy fit ricocher la rondelle dans ses propres buts.Quelques minutes plus tard, Gagné portait le score à 2 à 0 par un travail de toute beauté.Enfin Picard en- régistra un autre but sur une passe de Grignon aprés avoir déjoué l'équipe entière.A la reprise des hostilités Mignault fit des siennes et parvint à son tour, à trouver le fond du filet de McGill.Le reste de la partie vit notre confrère \u2018Bap\u2019 Gagné se distinguer d'une façon tout à fait sensationnelle.La chaleureuse réception qu'on lui fit à chaque apparition sur la glace démontre bien l'estime que les amateurs lui portent.Je m'en voudrais de ne pas citer le travail remarquable accompli dans les buts par notre ami Barsalou.Les ralliements tentés par McGill se sont toujours \u2018\u2018butés\u2019 sur son hockey ou ses gants.Mignault et Rivet ont également été de solides piliers de défense et méritent également des éloges.Richard Robert.BALLON au PANIER Si Kenny Baker, du programme Jello, avait assisté à la partie de ballon-au-panier de mercredi dernier alors que U.-de-M.Polytechnique recevait le Grand Trunk de Verdun, vous l\u2019auriez entendu lancer un \u201cI's a thrill\u201d, Il aurait cu raison, car la partie était excitante, le pointage montait alternativement, favorisant tantôt une équipe tantôt l\u2019autre, chacune d'elles escomptant une victoire jusqu\u2019aux dernières minutes de jeu; les joueurs fournissant les plus beaux efforts en un jeu rapide et contesté; quelques-uns manquant de boaux coups, la nervosité due à In situation critique en étant la cause.Finalement les joueurs de notre équipe affichèrent leur supériorité en enregistrant trois paniers consécutifs pour remporter la victoire par 28-23.de la ligue il faut mentionner Melville, Hurthubise, Lippé, Charrette, Ar- chambault et Hébert.A ces étoiles il faut ajouter le nom du capitaine Rodolphe Lafond qui assiste à toutes les pratiques et parties pour encourager et à l'occasion récompenser les membres de notre vaillante équipe.Il y est pour une bonne part de nos succès car c\u2019est lui qui n formé presque tous les joueurs qui composent notre équipe.Plusieurs doivent leur habilité au jeu à sa patience, à son dévouement et à son esprit sportif.Pour ceux qui aimeraient voir notre équipe à l\u2019œuvre, je donne plus bas les parties que l\u2019U.-de-M.Polytechnique jouera au gymnase de l\u2019Ecole Polytechnique et il ne faut pas oublier que c\u2019est gratis.3 février: Black Watch à U.-de-M._\u2014_\u2014_\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014_\u2014_ Les demandes d'inscription doivent parvenir à la Commission au un jour, été la victime, en petit, des Henri d'Auteuil.Notre ami Godin Parmi les joueurs qui contribuèrent _ Polytech.plus tard le 4 février 1937.illusions qui font agir le héros de la gc fera un plaisir de réserver des bil- le plus à cette victoire remportée 17 février: Queen's Grads à U.-de-M.(Comm.) pièce.\u201d lets en téléphonant à LAncaster 4453.aux dépens de la deuxième équipe Polytech.FORUM \u201cPOUR VOS YEUX\u201d demandez le verre \"PROTECTAL\u201d Le \u2018\u2018Protectal*\u2019\u2019 est légèr t teinté, et prot x U.de M.Le ere Peatctal\u201d a Ighromans tela, ut proces ren your vs Le verre \u201cProtectal\u201d est la propriété exclusive d'un Canadien français C ° et se vend seulement chez le oncordia SPECIALISTE Une cigarette véritablement pure, qui n'irrite pas la gorge et ne fatigue pas le goût: la GRADS a ces qualités essentielles d\u2019une cigarette supérieure.Elle est faite des plus fins tabacs de ECLAIR VALET SERVICE Virginie, qui N'ONT PAS BESOIN poltorsge français Be + .D'ESSENCE ARTIFICIELLE! i VA Mae ROUGIER FRERES Nous allons chercher et livrons % Produits Pharmaceutiques Français 350 rue Lemoyne Montréal les habits sams frais.Siège Social GRAD S PHOTOGRAPHE | AL.BENOIT-BENOIT 1617, rue Saint-Denis Tél.PLateau 7953 SAMEDI a 2 hres AUCUNE Tél HArboar $523 1849 Saïnt-Denis ESSENCE ARTIFICIELLE Y.THIVIERGE, Prop.Institution eanadienne-française ° LABORATOIRE NADEAU (LIMITER) Pharmacie en Gros tn, E.MAISON VERITABLEMENT INDEPENDANTE ATTITRÉ DES .GROTHE LIMITEE.z Z 2 ,Ç Les Etudiants trouveront tous les FABRIQUEES PAR L-0.G ÉTUDIANTS.volumes dont ils ont beseln CHEZ DÉOM 1247, Saint-Denis Montréal a, \u2018 RUE STE-CATHERINE, (Près St-Dénis) Tél.LAncaster 5478\u2014Rés.ATlontic 3695 - Ay.A . Page quatre LES PAMPHLETS DE CISTUS e 300ème édition.Voilà de quoi faire sursauter tous les intellectuels du pays.|! y a de quoi; je ne sache pas qu'il y ait au Canada français un seul bouquin qui soit parvenu à ce tirage.Le recueil de Jean Narrache dont on a tant entendu parler s'est à peine imprimé sur six mille exemplaires en quatre ans.Eh! bien oui, messieurs, il s'agit d'une trois-centième édition.Celle d'une idée ou d'une nouvelle: il y a réveil au Canada français.Imaginez! C'est mirobolant.Et ce qui est miraculeux dans le phénomène, c'est qu'il dure depuis cinq ans au grand désespoir des bourgeois.La Race qui commençait à pourrir sous le bourbier s'est soudainement réveillée avec de la boue jusqu'aux lèvres.Depuis la crise, elle essaie d'en sortir le plus possible.A commencer par le menton pour ensuite arracher de force ses deux pieds cimentés dans l'immondice crétine.Il y a réveil.C'est clair, patant.Aussi clair que Poliquin est bonne-ententiste.Mais un mouvement de la sorte ne va pes sans répercussions.Chez nous, il a permis à l'abbé Groulx de répandre sa doctrine, à Poliquin de s'aplatir, à Bourassa de renier son passé et à Geoffrion de baver.Cependant tout cela n'est rien.Le réveil de la jeunesse a enfanté quelque chose d'inédit, de grandiose et de fantastique tout à la fois.Messieurs, j'ai l'honneur de vous annoncer l'accouchement d'un Club de Robots(1).Exactement.Pathé-Nathan a son \"Club de Femmes\" et nous avons notre Club de Robots.Personne de nous n'ignore qu'il existe une institution telle que l'Université de Montréal.Or il se trouve que le milieu estudiantin de cette institution est un foyer de crétinisme et d'obscurantisme qui constitue une de nos \u2018\u2018gales\u2019 nationales.Un grand nombre de nos étudiants qui font partie de l'élite sont en fait des lâcheurs et des crétins de la pire espèce.Français de sang, ils sont américains de mentalité et neutres sinon anglais de conviction.S'il existe en quelque part un catalogue des universités du monde, je demande à grands cris qu'on ajoute au bout du nom de l'Université de Montréal qu'elle est l'université la plus consmopolite de la terre, en dépit du fait que les neuf- dixièmes de ses sujets parlent la même langue.Un grand nombre de nos futurs médecins, avocats, ingénieurs et scientistes ignorent tout du Français qu'ils portent en eux.Demandez- leur pourquoi parler français, pourquoi rester Français et conséquemment agir en Français, ils n'en savent pas plus long que les \u2018pieds de Greta Garbo.\u201d Pour ce qui est du réveil lui-même, ils sont d'une ignorance crasse.Comme s'il s'agissait du réveil des jeunes Japonais.Ils ne pourront vous dire un traître mot sur l'éducation nationale ou sur une politique canadienne-française.C'est à peine s'ils ont entendu prononcer le mot séparatisme ou achat chez-nous.Sur ces derniers points, les étudiants de Toronto sont mieux renseignés.Intellectuellement parlant, ce sont des nullités.Ils sont familiers avec Racine, Corneille et Victor Hugo.Quelques-uns vous diront peut-être que Ciaudel est obscur, Paul Bourget un grand romancier et même que Mauriac est un peu déprimant.Nos débutantes en savent autant.Grâce au Quartier latin (journal catholique), ils ont fait connaissance de Montherlant, \u2018\u2019cette ultime colonne de l'Eglise.\u201d Jusqu'à la semaine dernière, Bloy, Gide et Maurois leur étaient parfaitement inconnus.Rimbaud, Flaubert et Valéry sont encore pour eux à l'état de puissance.En littérature canadienne, Fréchette, Crémazie et Pamphile Lemay résument tout leur savoir.Quant au reste, l'on n'en parle pas.En musique, ils niaisent d'aise lorsqu'on leur cite Wagner, Jerome Kerns(2) et le Boléro.Le domaine de la peinture et de la sculpture, sauf Raphaël et Michel-Ange, reste dans le royaume des futuribles.Enfin, pour terminer cette suave nomenclature, ajoutons comme religion d'à-côté, un assoupissement hebdomadaire à la messe dominicale de dix heures.Voilà! Nihilisme intellectuel, religieux et racial, si ce ne sont pas là en plus d'un certain mécanisme (que possèdent d'ailleurs nos sujets), les caractéristiques d'un robot, je me donne au diable! A tous nos \u201crobots\u201d du Québec, damnés de la terre, je crie: \u201c\u2018dérobotisez-vous pour l'amour du Christ, de vos ancêtres et des enfants que vos femmes vous donneront\u2019'! CISTUS (1) Il serait à propos d'expliciter la génétique de ce Club de Robots.Quand je dis que le réveil a enfanté des \u201crobots,\u201d c\u2019est par opposition aux \u201c\u2018réveillés.\u201d\u201d Avant le réveil, tous où à peu près étant \u2018robots,\u2019 cette distinction ne pouvait exister.(2) Compositeur célèbre, auteur de \u2018Smoke gets in your cyes\u201d(f) \"WATERMAN\" (JUNIOR) Fabriqués epéclalement pour (I 6tud ants, Une nouveauté.olr sculement.Agrafe chromée.% e \u201c=, è LES DEUX ARTICLES DANS UNE BOÎTE Rayon des stylographes \u2014 rez-de-chaussée montherlant de retour Il était à prévoir que Montherlant ferait une trilogie de son étude romancée sur les jeunes filles.À part le succès de librairie du roman, Costa avait la vie trop dure pour s'écrouler en deux volumes.Son tempérament n'en faisant pas un candidat bien sérieux au mariage, il n'était pas question de clore l'aventure dans un bruit de cloches ou par un coup d'œil anticipé sur la chambre nuptiale.Or Montherlant, quoi qu'il en dise, est trop français pour écrire un roman qui ne soit pas \u2018\u2019français\u201d, c'est-à-dire qui n'ait pas de fin.Il a dans les deux premiers volumes coupé çà et là des tranches de la vie de son héros.Il nous réserve la crise pour le troisième, \u2018Sur le bord de I'abime™.Je sais tout ce que peut avoir d'audacieux cette tentative de prévision sur un volume à paraître, mais la vie des personnages de roman est un peu comme celle des hommes, et qui ne s'est perdu en conjectures sur le sort de telle ou telle vie qui l\u2019intriguait?Je dirai donc la bonne aventure à Costa.Fasse Mon- therlant que les événements corroborent mes prédictions! Dans la trilogie du Culte du Moi, Barrès a conçu un personnage qui s'apparente à Costa sous plusieurs rapports, les laideurs en moins.Comme lui, Philippe a un incessant besoin d'analyser ses impressions, de discuter ses sentiments.Mais alors que Philippe cherche dans cette constante analyse un moyen de découvrir sa -person- nalité, Costa critique ses sentiments parce qu'il se croit maître de la sienne.L'un est individualiste, l'autre égoiste.Le romantisme du premier explique et excuse cette manie plus douloureuse pour lui que pour les autres.Il est sympathique.Le second fait horreur dans son réalisme pédant.Et ce sont les autres qui souffrent du plaisir cruel qu'il se donne.Sous le rapport des introspections vicieuses, Costa ressemble de plus prés au Disciple de Bourget.Mais tandis que le héros de celui-ci opère ses fouilles e façon philosophique et dans un but philosophique, sta voit des corps plus souvent que des cœurs et ne trouve nulle part d'intelligence assez grande pour répondre à la sienne.Costa fait ses saletés par lui-même et pour lui- même.Le Disciple obéit à une mystique et subit le \u201cMaitre\u201d.On peut détester sa Vie, mais on aura pitié (pas à la Costa) de l'homme.Larrogance de Costa prévient et empêche tout palliatif à ses torts.D'ailleurs les reconnaîtra-til jamais?Un homme qui voit si clair peut-il se tromper sur lui-même?Voici comment il dissèque ses réactions devant l'adorable enfant qui se meurt d'amour et qui n'ose l'avouer de peur de perdre son héros: \u201cC'est toujours une gloire que de voir ce qui est.Ce qui est, dans notre cas, c'est que je ne suis pas amoureux de vous.J'ai pour vous, d'une part, de l'affection à nuance de tendresse, et de l'estime; et, d'autre part, du désir.Mais tout cela ne fait pas l'amour, Dieu merci.Cela fait quel que chose qui est ma formule à moi- même, et qui est quelque chose de bien: ce dernier point suffirait seul à prouver que ce n\u2019est pas de l'amour.Car on aime une femme d'amitié parce que, mais on l'aime d'amour bien que.\u201d L'homme qui tente de classifier avec autant de précision la série de ses sentiments n'y voit rien.Qui nie l'amour à peur de l'amour.Et ce sera peut-être la vengeance des femmes de le faire éprouver à Costa, au point de broyer son orgueil.En ce cas, \u201cSur le bord de l\u2019abîme\u201d pourrait être la réplique des deux premiers volumes.ll est cependant peu probable que Montherlant rabaisse son homme au point de le faire courber devant une simple femme.L'orgueil intellectuel étouffera sans doute dans le héros les soupirs d'un cœur vieillissant.Costa n'aimera point.Il ne cherchera point l'amour.J'ajouterais quil ne méritera ni lun ni l'autre.Il n'aura que ce qu\u2019il veut: \u201cAlors la question est tranchée: \u201cVous n'avez jamais été amoureus: de moi.Eh bien, c'est comme cela que je vous veux.\u201d (Costa à Solange) Cette manie de promener sur toute chose son fanal d'analyste a déjà commencé de le tenailler quelque peu.Mais il ne l'avoue pas: \u201cJe vous ai dit vingt fois: \u2018Avant tout, soyez franche avec moi.Et c'est en étant franche que vous avez tout brisé.Vous êtes punie pour avoir été ce que je vous demandais d'être.\u201d A signaler le Vous.Ce n'est pas lui qui en a souffert évidemment, car il nie aussi la souffrance parce qu'elle est bête: \u201cSouflrir est toujours idiot: c'est un des plus criminels bobards répandus par les chefs de masses (par politique), et repris ensuite par les littérateurs (par bêtise), que souffrir soit quelque chose de grand et de distingué.\u201d S'il lui arrive d\u2019être visité par la souffrance, il se console en disant quil \u201cfaut avoir des notions de tout\u2019 et qu'au surplus, \u2018il n\u2019est pas de souffrance d'amour qu\u2019un vraiment bon repas ne dissipe.\u201d C'est d'un fat, Peut-être que Montherlant lui demandera d'en rabattre en lui faisant côtoyer de plus près la souffrance qu'il ne connaît pas.Et la sanction pourrait bien venir du seul être auquel Costa attache un peu d'importance, de son fils, Brunet.Si le fils ressemblait au père, Costa serait déjà puni! Adieu sa belle tranquillité.Les succès du fils, s'ils empiétaient sur la patrimoine de Costa, lui inculqueraient sans doute la vraie notion de la souffrance.Il faudrait bien qu'il y trouve quelque charme et s'excuserait peut être de l'avoir décrite sans grandeur.Mais pour Montherlant, l'histoire est trop vieille, trop \u201cfrancaise\u201d de l\u2019expiation des bêtises du père par ou dans le fils.Cette solution ne vaut donc guère plus que l'autre bien qu'elle soit plus plausible.Reste une hypothèse dont la réalisation aurait un effet déprimant, celle qui consisterait à continuer l'œuvre sur le même demiton de persifflage, de conduire les personnages à un certain point d'union dont tous sembleraient se contenter (même les lecteurs et la critique), puis de fermer le livre sur une lettre de dix lignes qui enfoncerait tout l'édifice en laissant conclure au fatalisme de la bétise féminine même devant le plus monstrueux des hommes.H faut s'attendre à tout, même au pire: c'est une plante qui produit bien dans le jardin de Montherlant.J'incline à croire que les choses se passeront ainsi \u201cSur le Ford de l'abime\u201d.Peut-il en être autrement si Costa demeure ce qu'il est?\u201cIl avait érigé en politique de vie ce qui n\u2019était d'abord qu'un trait enchanteur de sa nature: d'aimer (et de pouvoir) autant que toute chose son contraire.Ainsi la destinée, qu'elle lui donnât le oui ou le non, le satisfaisait- elle également.sur du velours, ce qui lui était bien agréable, et même à sa raison, tenant qu'il n'y a que les esprits bêtes, et les ux philosophes, pour concevoir la vie.comme un combat.\u201d Ne pouvant pas aimer, ne pouvant s souffrir, il demandera à son intel- igence de tuer en lui ce que sa bête aurait pu avoir de bon.Avec sa mauvaise caboche, il ne restera de lui qu'une sale bête au contact de laquelle les femmes deviennent ce que \u2018Costa en pense, une bête qui se vautre dans la boue et qui souille au moindre frôlement les êtres qu'elle touche.Le livre se ferme avant la fin.\u2018 A moins qu'un soir, après un repas proportionné à une inexplicable peine d'amour, le héros crève d\u2019une vulgaire indigestion.Alors: une pelle, un trou, un porc.Fini.Maurice ARCHAMBAULT Et il jouait toujours MELANGE Georges Duhamel \u2014 Duhamel n\u2019est pas catholique.Pour ceux qui redoutent par-dessus tout la morale religieuse, il offre un choix varié d\u2019œuvres poétiques et littéraires.1! est écrivain honnête et ce que j'appelle un homme complet: c\u2019est- À-dire utilisant tout de ln vie et n\u2019oubliant jamais de quoi elle se compose.\u2014 LA POSSESSION DU MONDE révèle le moyen efficace d\u2019acquérir le bonheur.\u2014 LE NOTAIRE DU HAVRE, suivi du JARDIN DES BETES SAUVAGES et de EN VUE DE LA TERRE PROMISE, est unc autobiographie fascinante.\u2014 DEUX HOMMES, une idée juste de l\u2019amitié et, aussi, un exercice de style, selon l\u2019aveu de l\u2019auteur.Louis Veuillt \u2014 CONTES ET RE- CITS \u2014- voyez-y une étude intéressante sur le Socialisme en France et l'établissement du Secours Direct il y a un siècle passé.Comparez avec une situation semblable aujourd\u2019hui.Vous frémirez ou vous serez amusés.Helen Mackay \u2014 Américaine ayant vécu longtemps en Europe, à Paris et Venise surtout.Morte à un âge avancé, elle laisse une œuvre jeune composée en anglais et en français.\u2014 Elle apporte les faits, précis, heurtés, soulevés de la rue sans altération, et nous les livre.Le point final surprend toujours.La première lecture suscite telles impressions; une reprise transforme tout, obéissant au jeu de l\u2019imagination.\u2014 PATTE-BLANCHE, un de ses romans, a obtenu le premier prix des Editions des Portiques, Georges Duhamel et André Maurois faisant partie du jury.Jacques Arnoux \u2014 sa vie, écrite par lui-même, est la transposition de Ja lutte, dans l\u2019accalmie des effusions sanglantes.Ce jeune soldat français se résignait chrétiennement à mourir quand la disparition de son père et de ses frères à la guerre, le força de revivre pour remplacer le chef de famille.Pour sa mère, pour ses sœurs, il évoqua le désir furieux de vivre: il vécut.Les médecins les plus éminents le condamnaient à mesure qu\u2019il ne mourait pas.\u2014 Cette lutte d\u2019après- guerre, sans arôme tragique, a plus de saveur.Et c\u2019est de la vie.Henry Bordeaux \u2014 LE BARRAGE\u2014 contient une belle tranche de ln vie de chacun d\u2019entre nous: le sens de l\u2019attachement, non pas aux morts, mais à nos morts ct la portée de ce mot agaçant: tradition.Il manifeste la valeur intrinsèque égale de tout être humain.\u2014 Bordeaux con- nait mieux que personne la montagne et les bêtes.Une double personnalité, assez marquée, ajoute à son caractère original.L'auteur de la FEE DE PORT-CROS est le disciple entiché de Bourget qui imite pauvrement son maître; celui du BARRAGE et de LA MAISON, c'est le Bordeaux des naïvetées Avant tout des dirigeants de l'institution.franches et des pensers dont ong À se souvenir.Josette Clotis \u2014 LE TEMPS VER \u2014 lire le livre, puis revenir à préface d'Henri Pourrat.roman, sans fiction, vous compre, drez une foule de caractères 4 femmes.J.J.Tharaud \u2014 NOTRE CHE) PEGUY \u2014 biographie par les { res Tharaud, ses camarades de } lege et ses amis intimes, le w sympathique tout en affirmant ; défauts avec impartialité.étude approfondie ne semble pa ajouter au contenu de ce livre bi ait.abbé Augustin Devoille \u2014 DECEp TION \u2014 sans doute y a-t-il par les étudiants de futurs député prônant le retour à la terre.trouveront les meilleurs argumens dans ce roman, s\u2019ils savent igno les sanctions rigoureuses appliqués au fond et à la forme par l\u2019ablé Bethléem.Raoul de Navery \u2014 possède les d bles qualités d\u2019une femme et d'u écrivain habile.Ses personna reux.se garde bien de le trainer jusqu' la fin et le forcer de vivre por satisfaire le lecteur sentimental.morale est bonne et l'intrigue sa illogisme.\u2014 Excellent pour | petits frères et petites sœurs a imaginations indisciplinées.René Bazin \u2014 MADAME COREY.TINE et LA SARCELLE BLEUE d\u2019une psychologie très fine, sero; toujours d'actualité.Dans Baz il n\u2019y a pas que les descriptio parfaites de détail, d'harmonie de ressemblance; il y a l\u2019âme encas trée du \u2018bonhomme, de la vieille de l'individu: ceux qui nous ent rent et nous accablent de | monotonie.La connaissance chas l\u2019ennui.Roland Dorgelès \u2014 partage son talent Il manie le roman comme un jeu @ boules.Ses CROIX DE BOIS soni le repos avant les bonds fous qu sont trop de ses œuvres.Ce mer veilleux ouvrage est mis en relid par les fadaises produites par lui \u2014 Un livre de guerre aussi; mais | guerre ne s'éloigne pas tant de nou! Savoir attendre est une forme & courage et ce livre nous apprend comment.Jean Morgan \u2014 AU FOND D'UN VIEUX MANOIR \u2014 le titre seul est romanesque.L'œuvre est trè riche en substance: une belle répor se au EMILE de Jean-Jacque Rousseau, moins géniale mais plu complète.NOTRE-DAME DU FALL BOURG, couronné par I\u2019Académit est compact comme la populatio! des faubourgs de grandes villes à abondant en traits observés av& exactitude.THERESE \u2014\u2014\" ecwaile Pendant 119 années, la sécurité a été le mot d'ordre et la prudence dans la gestion, le principe et le guide [AE SEN | ERR RR N \u2018N° 8% A ta SHAN-KAR, DIEU DE LA DANSE de Shan-Kar, je songeais combien les applaudissements sont désagréables et déplacés après une telle manifestation artistique.Ces danseurs nous ont, pendant de trop courts moments, transportés dans le divin domaine de la beauté, ils ont, par les mouvements de leurs corps, animé pour nous Je mystérieux univers de leur religion, il nous ont donné le meilleur d'eux-mêmes, et tout ce que nous trouvons pour les récompenser, les remercier, c'est cela : la pauvre bruit de nos mains.On devrait, aux concerts et aux récitals de danse, interdire les applaudissements.Seul le silence convient après ces fêtes de l'esprit, seul il peut traduire l'harmonie surhumaine dont nos âmes sont remplies.Les applaudissements brisent le charme.MES soir dernier, sortant du Plateau, après le récital de danse De même, les mots sont insuffisants pour exprimer la beauté des danses de Shan-Kar.Il est le plus prestigieux danseur qu'il nous ait été donné de voir depuis des années.Il est plus qu'un danseur, il est la danse elle-même.La religion de Shan-Kar compte parmi ses dieux Shiva qui apparaît sous tous les aspects possibles : il est le Temps, le dieu des dieux, le Danseur Divin d'où émanent toutes choses parce qu'il et le mouvement.Après le récital de mardi soir, on ne pouvait s'empêcher de confondre Shan-Kar avec le dieu Shiva.Shan-Kar et sa troupe ont fait vivre devant nos yeux des légendes mythologiques de leur pays et des danses régionales, danses et légendes toutes animées d'un profond sentiment religieux et de la plus pure philosophie brahmanique.Le ballet intitulé : Shiva, Parvati, Nryttya, Dwandva est la meilleure illustration du style de Shan-Kar.Le dieu de la danse Shiva invite les dieux à un concours de danse.Tous les sentiments humains sont expri- nés avec un art inouï par des épisodes de la mythologie : le calme, le merveilleux, la terreur, le pathétique, l'héroïque, le comique, la furie, le dégoût.Aucune tentative d'imitation, c'est l'essence même des passions que Shan-Kar et ses danseurs expriment, mais les passions telles qu'ils les voient à travers leur religion et leur philosophie.Avec un simple geste des doigts ces danseurs font vibrer l'univers, tissent devant nos yeux éblouis un mirage de lacs, de sources, de fleurs.Exemple entre tant d'autres, cet épisode du Merveilleux où Shiva décrit la lumière fulgurante de la mer, les oiseaux, les autres animaux, en un mot, tout l'univers vivant.Ces danses sont, comme les chefs-d'oeuvres de la musique, inoubliables.|! suffit d'un peu d'attention pour qu'ils reviennent nous hanter et nous capter tout entiers dans le charme de leur totale beauté.Îlne s'agit pas d\u2019un art panthéiste mais d'un art où la divinité est partout présente, sous chaque fleur, dans chaque chant d'oiseaux et jusque dans la neige des monts.Shan-Kar a fait de la danse un art complet et infiniment pur.L'épisode mythologique qui sert de prétexte à ces ballets importe peu : ce que Shan-Kar veut exprimer, et ce qu'il réussit à exprimer au delà de toute expression, c'est l'univers co-naissant à la divinité.l'est exactement à l'art brahmanique ce que Claudel est à la littérature catholique.Mieux que tous les traités, ses danses nous font pénétrer dans la philosophie hindoue parce qu\u2019elles en sont l'expression complète et parfaite.C'est encore là une preuve que tout art, s'il veut être complet, doit revenir à la divinité.ll est inutile d'essayer de décrire les diverses danses que Shan-Kar Nous à présentées mardi soir dernier : c'est un spectacle qui ne se décrit pas, il faut le voir.Shan-Kar est apparu comme un prestigieux danseur et ses danses correspondent si parfaitement à l'idée que je me fais de à danse, qu'il restera pour moi, le dieu de la danse.Jean VALLERAND.Brassée Depuis 1790 L\u2019ÉPOPÉE DES QUILLES (RIMAILLE) Récit d'une partie de quilles jouée récemment entre les joueurs suivants: Georges-Aimé Phaneuf et Jean-Paul Folsy vs Gérard Casgrain et Georges Leclerc, étudiants en médecine.Lorenzo Meloche surveillait le pointage.Je chante avec entrain le combat si fameux, Où sur l'allée vernis, en un midi brumeux, Deux joucurs sans renom, et même sans pratique, Osèrent un exploit, qui confond la critique.Il était anxieux, le célèbre Phaneuf, De prouver la valeur d'un truc réputé neuf, Qui devait, disait-il, lorsque bien appliqué, Balayer d\u2019un seul coup les dix quilles du quai.Son compagnon Foisy était en grande forme, Il venait des records faire une vraie réforme, En roulant aisément près de cent quatre-vingt, Et se sentait le goût de battre deux cent vinge.Pas un seul combattant, pas même un spectateur, Ne se trouvait au club, en ce jour tentateur.Or nos deux inspirés cherchaient quelques victimes, Qui auraient consenti au jeu pour cinq centimes.Arrivent sur les lieux deux copains bien connus Pour leurs coups maladroits, trop souvent soutenus.Casgrain peut quelquefois dépasser cent quarante, Mais c'est loin d'être Id, sa pratique courante.Leclerc, de son côté, malgré de grands calculs, Obtient des résultats toujours plus ou moins nuls.Sitôt que d'arrivés, les deux nouveaux venus, Par Phancuf et Foisy, se voient entretenus Au sujet d\u2019un défi pour un combat en règle.Et l'impatient Phaneuf, véritable espiégle, Devant leur peu d\u2019ardeur, leur esprit qui balance, Promet de leur donner cinquante points d'avance.Le défi accepté, on dépose l'enjeu; Et sans plus retarder, on prépare le jeu.Désigné par le sort, Leclerc doit commencer ; Son geste retenu contrôle son lancer.Une boule suflit, \u2014 surprise des surprises \u2014 Pour vider le carreau: cela, par deux reprises.Le nom de Jean Foisy est suivant sur la liste; Le voilà qui paraît au milieu de la piste.Son maintien élégant déploie la nonchalance; Les vents sont contre lui; il tire de malchance.Sa boule semble avoir la vraie direction, Mais elle est incertaine en sa rotation, Et ne veut pas frapper plus de sept ou huit quilles.Casgrain qui le suivit, imprimant à ses billes Des courbes sans bon sens, réussit cependant A laver deux planchers avec trois coups stridents.Alors le gros Phaneuf, cet homme au bras de fer, Fait déguerpir un coup, en vacarme d'enfer.I attrape en plein front la bouteille du centre, Laissant entre deux lots comme une sorte d'anlre.Ne pouvant ignorer l'irréparable casse, Bien qu'il soit ricaneur, sa contenance est basse.Sans se décourager, il garde son contrôle, Mais à son point de vue, la partie n\u2019est plus drôle.Leclerc, rempli d'espoir, revient sur le tapis, Echappe son lancer, jouant de mal en pis.La chance en sa faveur, dirigeant bien la boule, Des jetons alignés, toujours le château croule.Foisy revient encor sur la voie du combat, Regarde, stupéfait, la quille qu\u2019il abat.Mais le sccond essai jugule son élan, En un geste effectif, et parfait de balan, Qui emporte soudain le reste des bouteilles.Le vigilant Casgrain accomplit des merveilles.Et Phaneuf à son tour, retrouvant son sang-froid, Par un jeu vigoureux comble les cœurs d\u2019effroi.La parlie se poursuit sans changer son allure.L'ardeur des combattants mouille leur chevelure.Depuis les premiers points, le sort est décidé Er ne peut plus changer, d'un simple coup de dé.Les joueurs les moins bons, marchant vers la victoire, Sont en train d'établir une comique histoire.Mais Phanevf, toul pensif, mesure le malheur, Qu'une telle défaite inflige à son honneur.\u201cOui, moi, qui tant de fois, ai sauvé mon équipe, Sans sembler me forcer, ni même ôter ma pipe, Me voir baure, en ce jour, par deux petits morveux! Cela ne sera pas, j'en jure ici le vœu.\u201d Serrant entre ses doigts la boule misérable, Montrant de son biceps, la force incomparable, Il vous laisse tomber, la figure en grimace, Des coups miraculeux, qui vous nettoyent la place.Ce ralliement tardif est moins que suffisant, Pour changer, de beaucoup, le résullat présent.On finit la partie ainsi que le tapage.Meloche est appelé pour dresser le pointage.Son crayon aiguisé décide sans chagrin \u2018Que la victoire est due au club Leclerc-Casgrain, La somme de leur toul, baitant par.quarant\u2019neuf, Le total cumulé du club Foisy-Phaneuf, | Sans besoin d'ajouter, handicap trop futile, Le cinquante avancé, devenu inutile.Si quelqu\u2019un vewl savoir la pensée des vainqueurs, Ceux-ci lui répondront, car ils sont très moqueurs, Qu'ils ne pourront jamais répéter leur victoire, Mais qu'ils sont satisfaits, el méprisent la gloire.Georges LECLERC.LE CONCERT STRAWINSKY N musicien de génie, le plus grand compositeur contemporain était lundi dernier de passage dans notre ville, à l'Auditorium du Plateau où il exécutait quelques-unes de ses oeuvres.Que faisaient donc ce soir-là tous les amateurs de musique de Montréal?Mystère.Ce qui reste certain c'est que Strawinsky n'a pu attirer à son récital que quelque huit cents auditeurs, hébreux pour la plupart.Il est infiniment triste de constater que tant de gens sont restés indifférents à cette unique invitation de rencontrer un des maîtres de la musique.Petit, maigre, laid, maladif, tel apparaît Strawinsky.Il joue sa musique d'un air suprêmement détaché, posément, sans ces contorsions qui chez maints pianistes remplacent [art absent.Nous n'avons pas affaire à un virtuose mais à un musicien.Même attitude chez le violoniste Dushkin qui, malheureusement, manque complètement de sonorité, (la faute en est à son violon) et n'hésite pas à nous glisser de temps à autre quelques fausses notes.C'est un fait reconnu que les chanteurs wagnériens accomplis ne peuvent plus chanter autre chose que du Wagner.Je crois qu'un violoniste qui se spécialise dans l'exécution des oeuvres de Strawinsky devient incapable d'aborder des oeuvres d'autres compositeurs.Strawinsky exige de son violoniste un apprentissage long et difficile, une technique tellement spéciale qu'elle écarte celui qui la possède de la technique classique qui permet l'exécution de tous les compositeurs.Je ne connais que Zimbalist qui pourrait à la rigueur jouer ce que Dushkin à joué lundi soir dernier.Mais il faut le dire, s'il est un violoniste unique en son genre, Dushkin n'est pas un violoniste universel, par conséquent pas un grand violoniste.Nous avons un autre exemple de ces exécutants spécialisés en Kubelik.Kubelik est un spécialiste de Paganini.|| peut jouer pendant des heures, des gammes en tierces à un vitesse extraordinaire, mais il devient pitoyable dès que la partition exige un son soutenu.Dushkin est de la même classe.Le programme que Strawinsky présentait à son maigre auditoire se composait d\u2019une Suite Italienne sur des thèmes du 18ème siècle, un Divertimento sur des thèmes de Tchaikowsky, le fameux Duo Concertant, et comme régal Airs du Rossignol et Marche Chinoise, la Berceuse et le Schero de l\u2019Oiseau de Feu, et la Danse Russe de Petrouchka.Tout cela est d'une habileté de facture incroyable, déconcertante.Strawinsky tire du piano et du violon des sonorités inconnues jusqu'à présent.De toutes ces oeuvres, la plus belle est, à mon avis, le Dithyrambe du Duo Concertant.Les Airs du Rossignol sont parfois, malgré uelques élans passionnés, de la simple musique imitative.Les extraits de L'Oiseau de Feu et de Petrouchka paraissent un peu fluets une fois réduits en duo pour piano et violon.Ces chefs-d'oeuvres de l'orchestre deviennent presque insignifiants exécutés par ces deux instruments.Strawinsky restera, quoi qu'il fasse, un grand symphoniste, et si sestoeuvres pour violon et piano renferment de grandes beautés, elles n'en sont pes moins dans l'ensemble peu appropriées aux timbres de ces instruments.l En somme, concert inégal, mais que nous n'oublierons pas, parce qu'il nous à permis de connaître plus intimement un des plus grands compositeurs de la musique universelle.Jean VALLERAND.Le passant: \u201cll ne faut pas que j'oublie d'acheter des Sweet Caporals.\u201d \u201cLe forme le plus pure sous laquelle le tabao pout être fumé.\u201d Lancer IGARETTES agp) ° SWEETéCAPORAL a J'ai omis de mentionner que, en descendant de Kenscoff, vers 4 heures de l'après-midi, nous nous arrétames à Pétion, ville où une charmante réception eut lieu en l'honneur de la Croisière chez Monsieur et Madame Savart.Madame Savart est une haitienne qui a vécu longtemps à Montréal et qui a épousé un Canadien français.Le 1er janvier est la fête nationale de la République d'Haïti.Le 31 décembre, à minuit, un coup de canon, tiré du Fort National, annonce l\u2019année nouvelle.A huit heures et demie, la Croisière assiste au Te Deum à la Cathédrale.Des places spéciales sont réservées, dans le chœur, aux Canadiens français.Le Te Deum terminé, on se souhaite tous la bonne année et \u2014 comme on le dit si bien au Canada \u2014 \"le Paradis à la fin de nos jours.™! La Croisière se rend, à 10 heures, au Champ de Mars, dans la tribune officielle, et prend part à la revue Militaire.Le drapeau haitien \u2014 bleu et rouge avec, au milieu, le palmier vert \u2014 flotte au vent tandis que les soldats, fièrement, allègrement, défilent au son du tambour et du clairon.De onze à une heure, on se trouve à la traditionnelle et charmante réception de la Légation de France.Dans l'aprèsmidi, M.l'Ingénieur Yonel Télémaque \u2014 un ancien élève haitien de l'École Polytechnique de l'Université de Montréal \u2014 offre, à l'hôtel Excelsior, une coupe de champagne à la Croisière et, dans un discours, exprime sa gratitude et son admiration pour son \u201cAlma mater\u201d non moins que pour le Canada.Le 2 janvier, la Croisière part pour la République Dominicaine \u2014 notre voisine de l'est \u2014 dénommée, récemment, Ciudad Trujillo en l'honneur de son Président.Li encore des réceptions, des visites ne manquent point et furent vraiment splendides.Jugez-en: A 10 heures du soir on arrive, en auto, à Ciudad Trujillo.En passant par Belladère \u2014 frontière qui sépare les deux républiques so:urs \u2014 le Consul de la République Dominicaine en cette ville vient, au nom du Président de la république, nous souhaiter la bienvenue.Il est vrai que, en vertu d'une fiction du droit international public, les Légations et les Consulats sont le prolongement même de la patrie.Donc nous nous considérons, déjà, en territoire dominicain.Le lendemain, 3 janvier, Mgr Camille Roy dit, de bonne heure, sa messe à la Cathédrale et M.Philippe Langlois sert d'enfant de chœur.LE SÉJOUR EN HAÏTI par Un peu plus tard, Son Excellence Mgr Pittini, l'éminent Archevêque, souhaita à la Croisière la bienvenue et nous fait visiter \u2014 avec fierté \u2014 l'historique Cathédrale où reposent les restes du célèbre Christophe-Colomb.A 11 heures, le Chargé d'Affaires Britannique vient saluer Ÿ Croisière; M.de Moya, Chef du Protocole, en fait de même, au nom du Président de la République.A midi, on diîne à l'Hôtel Président \u2014 où séjourne la Croisière.M.de Moya met trois autos à notre disposition et nous fait visiter la ville.Nous allons à la Légation d'Haïti et \u2014 le Ministre étant en congé \u2014 c'est son fils qui nous fait les honneurs de la Légation.On va ensuite à l'Hôtel de ville: cordial accueil du Maire qui nous invite à apposer notre signature dans le livre d'or.A trois heures, réception à l'Archevêché; 4 heures, au Palais de la Présidence, par les membres du Gouvernement.4 heures 30, réception à la Légation Britannique par Son Excellence le Ministre d'Angleterre \u2014 qui a été tout-à- fait aimable.A 8 heures, diner officiel au Country Club.Y assistaient le Maire, Son Excel lence le Baron de Camas, Ministre de France, Mgr Pittini, Archevéque.Le 4 janvier départ pour Port-au- Prince.Le 5 janvier, la Croisiére rend visite au Ministre Britannique en Haiti.A 11 heures et demie, réception de la Croisière au Palais National.Le Chef du Protocole, M.Turenne Carrié \u2014 avec cette amabilité qui le caractérise \u2014 nous reçoit au grand salon du Ministère des Relations Extérieures.Quelques minutes après Son Excellence, M.Turnier, Ministre de l'Instruction publique, arrive.M.Jules Massé lui remet l'insigne de Chevalier de la Société du Bon Parler français et félicite la République d'Haïti \u2014 ainsi que son glorieux Chef d'Etat \u2014 d'avoir, dans article 12 de sa constitution, proclamé le français comme seule langue officielle.La Croisière est reçue au champagne.A midi moins le quart, le Ministre d'Angleterre nous conduit, accompagné du Chef et du Sous-chef du Protocole, M.Laudun, dans une autre salle et le Président de la République, M.Vincent, fait un bel accueil à la Croisière.L- Président parle de la province de Québec qu'il a visitée.Il a même séjourné au Château Frontenac.Philippe Cantave (SUITE ET FIN) Au cours de la conversation, le Président dit au Ministre anglais ceci: \u2019Eh bien! mon cher Ministre, sans violer les secrets diplomatiques, où en êtes-vous avec le traité de commerce entre le Canada et Haiti?\" Nulles paroles ne pouvaient mieux marquer l\u2019ardent désir qu'a le Président de voir se développer, se resserrer davantage les relations économiques entre nos deux pays! Après trente minutes d'entretien, le Président prend congé de nous, le sous- chef du Protocole et le Ministre de l\u2019Instruction publique nous font visiter le Palais \u2014 construit par un architecte haîtien: M.Baussan, ancien élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris.Nous allons remercier les journaux \u2014 Le Matin, Le Nouvelliste, La Croisade, Haiti- Journal, Le Temps \u2014 des beaux articles qu\u2019ils ont bien voulu nous consacrer.A 4 heures, Son Excellence Mgr Silvani, Nonce apostolique, rend visite à la Croisière.Nous avons été très touchés du noble geste de l'éminent ambassadeur du Saint- Siège en Haîti.De 5 à 7, Son Excellence M.de Lens, Ministre de France en Haiti et sa gracieuse épouse, ont bien voulu offrir, en l'honneur de la Croisière, une brillante réception à laquelle participaient le corps diplomatique, les membres du Gouvernement haîtien, le clergé, la société haitienne, etc.A 8 heures, au poste HH2S, je fais une Causerie sur le Canada: je donne mes impressions sur ce beau pays et invites mes compatriotes à y venir.Je parle aussi de l'Université de Montréal \u2014 que j'avais le grand honneur de représenter.Je montre le rôle que cette célèbre Université catholique et française peut jouer en Amérique \u2014 non seulement pour les haîtiens \u2014 qui sont tous de culture française, de religion catholique et qui vont faire, pour la plupart, leurs études à Paris, mais aussi pour les pays de l'Amérique du sud qui auraient intérêt à y envoyer leurs étudiants.L'Université de Montréal est un pôle vers lequel doivent se sentir attirer toute la jeunesse studieuse du Nouveau Monde, de même que l'Université de Paris est le centre vers lequel converge toute la jeunesse intellectuelle européenne! Comme conséquence de cette causerie, plusieurs de mes compatriotes \u2014 qui devaient aller étudier l'aviation à New-York viendront plutôt à Montréal.Il en est de même pour l\u2019enseignement secondaire et supérieur! Je suis très heureux d'avoir pu associer la parole à l'action.Au point de vue économique, M.Tovar, ministre du commerce, avec qui jeus l'honneur de m'entretenir du Canada et à qui je remis une importante lettre d'une maison de commerce cana dienne, prépare un traité favorisant les relations économiques de nos deux pays.Car \u2014 c'est un fait \u2014 les sympathies suivent les intéréts.Le Ministre des Relations Extérieures, M.Georges Léger, voulu bien me recevoir.Les Présidents du Sénat et de la Chambre des Députés se montrèrent vivement intéressés au Canada.A 9 heures et demie \u2014 M.Dantès Bellegarde recevait intimement chez lui la Croisière.Nous y passûmes d'excellents instants.Le 6 janvier, nous partons à 8 heures pour le Cap-Haitien: un charmant ami, M.l'Ingénieur Maurice Elie \u2014 nom bien canadien \u2014 nous a gracieusement offert de nous y conduire dans sa luxueuse auto.Grâce à lui, nous avons visité l'Usine de Prince \u2014 qui sert à la fabrication du Rhum et dont le directeur est M.Alfred Vieux.Grâce à lui, nous avons vu St-Marc \u2014 ville très coquette.Nous avons vu Gonaives \u2014 cité de l'Indépendance \u2014 où nous fûmes chaleureusement reçus par Monsieur le Maire, au champagne, ainsi que par Son Excellence, Monseigneur Paul Robert, le sympathique Evêque qui nous fit visiter É Cathédrale.Arrivés au Cap-Haitien à 7 heures, nous assistons, à 8 heures, à une belle soirée théâtrale à laquelle mon excellent ami Charles de Catalogne nous avait invité.M.de Catalogne, après la soirée, nous a offert une charmante réception.Le Cap-Haîtien est une ville historique.Du temps de la colonie française, elle s'appelait \u2018le petit Paris de Saint Domingue\u2019.C'est dans cette ville que naquit de grands haitiens comme Des- | mesvar Delorme, le Général Alfred Nemours, etc.Le Général Nemours est actuellement au Canada et travaille ardemment i intensifier nos relations avec ce magnifique pays canadien! Le 7 janvier, nous partons, à 7 heures du matin, pour Millot.A Millot, on voit la chapelle Royale construite par le Roi d\u2019Haiti Christophe.Nous quittons Millot à 8 heures pour nous rendre, à cheval, à la Citadelle Laferrière construite, au 18ième siècle, par un officier haitien Henri Besse.Cette Citadelle est une œuvre de génie, une des curiosités du Nouveau monde.Le Colonel Lindberg en a fait un bel éloge, en la classant \u201ccomme étant la huitième merveille du monde\u201d.Après deux heures de trajet, nous y arrivons à 10 heures.La citadelle est à 3,000 pieds d'altitude et est entourée de gouffres.On y accède par un sentier.Un de nos grands écrivains, M.Frédéric Marcelin a dit de ce monument ceci: \u201cEn dehors et au-dessus de sa valeur stratégique, la Citadelle est un vivant exemple du génie haîtien.Elle prouve l'effort dont le génie est capable et qu'on peut obtenir de lui.Ne serait- ce que cela, ce résultat n'est pas à dédaigner.Car, de même qu'on expérimente une plaque d'acier pour s'assurer de sa solidité, il n\u2019est pas indifférent d'éprouver la force d\u2019un peuple.Christophe l'a fait et c'est la philosophie du monument qu'on voit sur la crête du Bonnet-à- l'Evêque.\u201d Des amis de Port-au-Prince: l'Ingénieur Elie ec M.Charles Lamouth nous accompagnaient et sont restés avec nous jusqu'à notre départ.Nous ne saurions trop les en remercier, de même que tous ceux qui sont venus nous souhaiter, à Port-au-Prince, bon voyage, et, parmi eux, j'adresse un respectueux merci à M.C.Jérémie \u2014 un de nos plus grands penseurs \u2014 ancien Ministre des Relations .Extérieures; i.mon .ami .René ., Carré, journaliste, qui nous a consacré de beaux articles dans \u2018\u2019Le Nouvelliste\u201d.Nous retournons au Cap, à l'hôtel André.Pendant les quelques instants que nous y passons je vais, avec un ami, M.Jean Lambert, secrétaire de l'Alliance Française, rendre quelques visites.5 heures et demie c'est le départ! Et nous partons.Une chaloupe nous conduit, par une mer houleuse avec un fort vent, jusqu\u2019au bateau \u201cHaïti\u201d qui avait jeté l'ancre à deux kilomètres du rivage.Ce fut hélas! le retour.Troi ; et demi en mer.Un temps splente Une journée avant notre ; New-York des mouettes \u2014 sores seaux qui annoncent que la terre ne pas loin \u2014_ escortaient le bateau, vol dans l'air \u2014 léger comme un souffe d'enfant \u2014 était tout à fait gracieux poétique.s Le 11, nous voici à New-York ai ses gigantesques gratte-ciel! Nous y passons la journée, Vig onze heures je visite, avec un des bres de la Croisière, la gentille Madame Beaudry, l'Eglise des Pères du Saint Sacrement.Dans la crypte troy une relique de Ste-Anne de Beaupré, Nous mangeons à l'hôtel Présiden, Vers deux heures, nous visitons Rad, City.Quelle merveille! C'est un vé table foyer scientifique et artistique Nous montons jusqu'au 75ième éte d'un édifice: les hommes paraissent être à nos pieds de véritable lilliputiens, Q va ensuite au théâtre.On dine.Et ; 9 heures et demie, on quitte New-Yaÿ pour Montréal.Le 12 janvier à 8 heurg du matin, la Croisière est à k gr Bonaventure.De fidèles amis viennent nous so haiter la bienvenue.Mais nous avons été désolés de m point revoir la neige.On nous apprend qu\u2019il n\u2019a fait que pleuvoir durant not absence! Tout de même, quelle anomali! C'est à se demander si le cours da saisons n'est pas faussé ou si I'incobd rence des humains n\u2019a pas eu une inf ff ence sur la nature! Nous ne saurions trop féliciter M Louis-Philippe Langlois d'avoir si bit organisé cette première croisière.Et tous, \u2018\u2019heureux comme Ulysse\", nous regagnons notre demcure avæ l'espoir de revivre, un jour, ces dêl- cieux moments! Comme l'écrivait ausi Mgr Camille Roy, dans \u201cLe Devoir\u201d du 14 janvier, \u201cnous en avons rapporté du soleil, des amitiés, de précieux souve nirs!!! Puisse Haiti \u2014 située à quatre jours seulement du Canada \u2014 être, pour les Canadiens français, une terre de préd lection! Par ses sites admirables, par sa faune inoffensive, par ses fruits suc culents et variés, par son savoureu exotisme, par sa température exquis, c'est une ile enchanteresse, le Paradis terrestre \u2014 et il n'y a même pas de ser pents! Les crocodiles que l'on renconte dans certaines de nos rivières ne son dangereux.que par leurs larmes! Erik No 2007 LIVRE XIV Vous êtes bien chez vous ici.(Paroles d'un supérieur).Avant d'entrer dans cette sainte maison, vous avez promis à vos tendres mères.(Début de ln première médi- tatlon de l'année, au Séminaire).Mon départ n\u2019eut rien d\u2019un départ ordinaire.Ce n\u2019est pas une mince histoire, pour une patriarcale famille de paysans cunadiens-français, que l\u2019entrée au collège d\u2019un de ses jeunes membres, l\u2019amour de la nature, l'espoir de ses père et mère, de sa paroisse et de sa race.Plusieurs fois déjà, j'avais quitté le foyer paternel pour aller demeurer au village, pendant que je poursuivais mes études à l\u2019Académie commerciale, ou pour aller me promener chez quelque parent.Mes grandes soeurs elles aussi s'étaient parfois absentées pour diverses raisons, par exemple pour aller aider une cousine à se relever; mais ces fugues passagères ne prenaient que peu de préparation: le temps de refaire les frisettes et d'appliquer un coup de fer à la robe des dimanches.Partir pour le Séminaire, ce n'était plus la même chose.Aller s\u2019ensevelir dix longs mois sous des murs sombres, mais bénis, pour acquérir, à prix d'efforts et de labeurs, la science rebelle, c'était différent.Un co-paroissien à moi, qui inquiétait d'ores et déjà une petite renommée rurale dans IMEMOINES nos cantons, le fils du regretté notaire Dorés Morin, Guy Morin, puisqu\u2019il faut l'appeler par son nom, de qui ma bonne maman avait emprunté la redingote de séminariste pour tailler la mienne, m'avait fait l\u2019insigne honneur de me passer son annuaire.Ce fut toute une révélation pour l'orientation nouvelle qu'allait prendre ma vie.Combien de fois n\u2019'ai-je pas relu cette page d\u2019une belle et riche simplicité, où je voyais énumérés les détails du trousseau qui serait bientôt le mien ! \u201cLe blanchissage doit se faire au Séminaire, si les parents ne le font pas eux-mémes'\u2019, affirmait le prospectus, en nous faisant entrevoir les subtilités du syllogisme disjonctif.\u2018\u2018Le linge doit être visiblement marqué et en quantité suffisante pour que l\u2019élève soit toujours dans un état de propreté convenable.\u201d UN BEAT SATISFAIT Et puis les détails du trousseau: 2 uniformes.Un pardessus d'hiver.\u2014 Tout neuf celui-là.3 pantalons ou culottes noirs ou bleu foncé.6 chemises.12 faux-cols.3 chemises de nuit (jaquettes).4 gilets (corps) de laine.4 gilets (corps) de coton.4 caleçons.12 paires de bas ou de chaussettes.Une paire de caoutchoucs (claques) .Si l\u2019on songe qu\u2019il y fallait ajouter: 12 serviettes de toilette, 4 paires de draps de lit (6 par 7), un couvre-pieds blanc (de 6 par 714 pieds) et 6 taies d\u2019oreillers (20 par 30 pouces), de même couleur, on comprendra aisément le branle-bas qui bouleversait à la fin de cet été- là la maison d'Anthime Belle- humeur dans le rang du Bord de l\u2019eau de Saint-Pie-de-Bagot.Durant son séjour à la maison, tañte Corinne avait tenu à tisser elle-même en catalognt mon couvre-pieds blanc.Ell avait utilisé à cette fin lé débris de tout ce qu'elle avail porté en fait de blanc depus sa tendre enfance, trésor de guenilles qu\u2019elle nous avait toujours caché.gnons de dortoir n'auront js mais su de combien de colif- chets leur petit voisin Anatole couvrait ses membres endormis b J'ai toujours considéré com me facultatifs les autres acces soires que mentionnait l'an nuaire, à savoir: une brossé linge, une brosse à dents, VU\" brosse à habits, une brosse } chaussure, cirage, Savon, à dents, etc., etc.vations m\u2019ont permis de noté au cours de mon stage au Sém' naire, et souventes fois à M dépens, que plusieurs élèves *R dispensaient de trainer ce bazd® BUI-MÊME- Mes comp} Mes obser arrivée : FR a s¥ HET mar ee pa JS QE tata à CARABIN et le SPORT ous étions au Forum vendredi dernier tout au plus 600 À er, dont 200 étudiants enthousiastes, pour a partie queen\u2019s-U.de M.Le lendemain aprés-midi, I'équipe ontarienne Mencontrait McGill et nous nous rendons de nouveau 2 I'amphi- péâtre de la rue Ste-Catherine pour voir ce qui s\u2019y passe.Il n'est pas encore 2 heures et la section réservée aux enfants est déjà Cemplie.\u2018Bert\u2019\u2019 Chabot est assis près de nous et surveille l\u2019entrée d'un œil inquiet.À 2 heures 10, il y a déjà deux fois plus de spectateurs qu\u2019il n\u2019y en avait la veille, et lorsque la fanfare du McGill Litaque les premières notes du \u2018\u201cGod save the King\u2019, à 2 heures 30, ores de 5000 amateurs se lèvent; ce sont tous des supporteurs du \u2018Rouge et blanc\u201d et parmi eux nous reconnaissons plusieurs cana- biens-français! Et notre président de l\u2019A.A.se fait tout petit sur kon siège tant il a honte en songeant au fiasco de la veille et craint que quelqu'un ne le reconnaisse et veuille faire allusion A nos succès(11!) au point de vue \u2018\u2018attraction\u2019\u2019.L'explication de cet état de choses, nous l\u2019avons cherchée un beu partout et le remède?nous ne l'avons pas encore trouvé.Un nglais, ami de Barsalou, nous disait vendredi soir, après la partie, que nous devions jeter le blâme sur la mentalité canadienne- Mrançaise et, ajoutait-il, tout ce qui semble intéresser vos carabins, l'est: \u201cA glass of beer and a woman\u201d.Ce qu\u2019un copain s\u2019est lempressé de traduire de façon un peu triviale et la censure ne me permettrait pas d'employer l'expression dont il s\u2019est servi.Il est dans nos habitudes de prendre parti pour nos confrères lorsque quelqu\u2019un tente de les dénigrer, mais ce soir-là, les arguments ne enaient pas et nous avons dû quitter ce monsieur sans rien tenter pour le faire changer d'opinion à notre égard.BOURREAUX.DES SPORTS On a parlé de différentes sortes de bourreaux depuis le mois d'octobre, entre autres du bourreau des cœurs et du bourreau Rj'études.S'il faut s\u2019en tenir à l\u2019opinion du monsieur dont mous parlions tout-à-l'heure, les premiers ne font pas défaut chez Énous; quant à la deuxième catégorie, nous ne l\u2019avions pas crue bien nombreuse avant d\u2019avoir essayé de vendre des billets pour la artie de vendredi soir! En effet, 909, de ceux qui ont refusé \u2018acheter des billets ont prétexté qu\u2019ils devaient étudier ce soir-là ! Simple prétexte sans doute, dans la majorité des cas, qui pourrait faire croire à des naïfs que notre université ne contient que des Ibourreaux d\u2019études! Détail intéressant, nous avons reconnu dans l'assistance des étudiants qui passent parmi leurs confrères pour très sérieux ; ce ne serait donc pas cette catégorie qui nous refuserait son appui lorsque ses loisirs le lui permettent et qui chercherait es distractions dans les sports, la plus saine manière de se reposer l'esprit après un travail fatiguant.Nous en arrivons donc à une troisième catégorie de \u2018\u2018bour- eaux\u201d qui existe réellement mais dont les adeptes parmi nous pourraient rapidement être dénombrés.Les Barsalou, les Mignault, es Gagné, les Armand, les Leclerc et les autres que vous connaissez pour avoir vu leurs noms sur cette page, sont des athlètes qui ont su, tout en pratiquant le sport par goût, s'intéresser au sport niversitaire et prêter leur concours, (ce qui demande souvent des sacrifices), et faire en sorte que leur Alma Mater ne soit pas méconnue dans les milieux sportifs.Mais ce n\u2019est pas tout; derrière ceux-là, si nous nous donnons la peine de regarder, nous voyons sur un premier plan ceux à qui l\u2019on a confié une charge et que leur mandat oblige à se dévouer dans un travail quotidien où ils rencontrent des difficultés de toutes sortes que l'apathie du trop grand nombre rend bien difficiles à résoudre.Regardons encore, nous voyons tout à fait dans l\u2019ombre cette fois, les humbles travailleurs qui apportent leur concours bénévole pour faire des programmes sportifs autant de succès.Ils sont trop peu nombreux eux-là et leur tâche est trop peu appréciée de la masse\u2026, mais mous avons déja trop bavardé sur ce sujet, et nous parlons peut-étre dans le vide?., LE LONG DE LA BANDE.\u201cMimi\u2018 a fait un rapport tout à fait dans le ton sur le voyage a Toronto .Bravo, Mimi, retiens ta place de rédacteur sportif pour jan prochain.tu ferais un \u201chit\u201d.\u201cBert\u201d cherche encore des igares \u2018\u2018porte-bonheur\u2019\u2019.(environ 10 pouces de long et 215 de diamétre!!!).Boucher est rétabli de son accident du 18 décembre, mais il ne pourra jouer cette année\u2026 à l\u2019an prochain, Léo, en Droit?jen Médecine?.ru ne sais pas encore?.conversation dans le corri- glor de l'U.: \u2018\u2019Veux-tu un billet pour la partie?.\u2014Non, pas pour \u20ac Soir, j'ai de la visite.\u2014Peut-être que ces gens-là seraient inté- Fessés?.\u2026\u2014 Non, nous allons aux vues animées.\u2014!1?2\"\".Celui-là Pime sans doute mieux aller respirer l\u2019air empesté des salles combles.Au point de vue \u201cspectacle\u2019\u2019 des athlétes évoluant sur la lace valent pourtant mieux que certaines insanités qui passent 2 I'écran.Ici à Montréal, nous n'avons que des bêtises quand ous perdons; aux Etats-Unis et en Ontario, nous n'avons eu que Nes applaudissements, tant dans la victoire que dans la défaite.Pous ne saurions donc approuver la conduite de certains de nos Supporteurs à l\u2019égard de Munroe du Queen's, vendredi dernier.Topsy\u201d, la mascotte de l'équipe, ne fait pas toujours son devoir Ft elle commence à porter des marques., elle loge dans le gant de Barsalou entre les parties: \u201cC'est ma chance\u201d, prétend Marcel.F\\près Ouimet, c'est Génier qui souffre d\u2019un \u2018\u2018charley-horse\u2019\u2019 et loit se confier aux soins d\u2019un masseur professionnel.Le loup Méguisé en agneau?Jean Armand se révélant tout à coup un @Mateur du banc des punitions durant Ja partie U.de M.-St-Lam- per.Ne lui demandez pas toutefois ce qu\u2019il pense des arbitres de Fette rencontre!!! Grignon incapable de se tenir debout?.\u2026.est pourtan t ce qui lui est arrivé à la fin de la partie de dimanche lernier.Par trois fois, en moins d\u2019une minute, il s'étend de tout lon long au grand émoi de ses admirateurs \u2026René était lui-même Le plus surpris de tous, quand il s\u2019apercut que son patin droit était brisé.Et \u2018Lolo\u2019 qui venait de demander à Bert pour une paire Ne Patins neufs.Patience! Lolo ce sera pour I'année prochaine.à partie de ce soir contre McGill va probablement attirer une grosse foule, mais les profits cette fois vont 3 McGill.Nous ne prédisons £35 une victoire mais au moins une belle partie.Mignault avait 1 parfait contrôle de son lancer dimanche dernier à I'aréna \u2018aurentienne et le cerbère de St-Lambert ne les vit même pas Fasser à deux reprises.Les théâtres de Montréal ne tentent plus foscou\u2019 depuis qu\u2019il est allé 2 New-York!!!.Le docteur Pla- prondon de C.D., un \u2018\u201c\u2018bourreau des sports\u2019 dans son temps, était Parmi nos plus chauds partisans, vendredi dernier.Puissent les Autres I'imiter!.Merci a La Presse et 2 I'Illustration pour I'appui ydonn pou tot!.nous y retournerons et bien Robert BEAUDOIN NOS JOUEURS TRIOMPHENT TROIS.VICTOIRES ECLATANTES (Voir \u201cLe McGill écrasé\u201d, page 3) U.de M, 4-Queen's, 2 Et justice fut faite\u2026 à 10.15 heures, l'Université Queen\u2019s avait payé sa dette.2 nos Carabins.Quoique la différence de pointa fat la méme que lors de la partie de la semaine précédente, A Kingston, il faut dire que la lutte fut cependant plus égale.En effet, nos adversaires, quoiqu\u2019en étant à leur première apparition au Forum s\u2019y sont comportés avec une aisance surprenante; c'est ce qui contribua à rendre la partie brillante.Brillante est bien le mot.un peu de points.un peu de punitions .un peu de tout; le début plutôt lent: mauvais présage, \u201cça va être plate\u201d.! \u201cMais qu\u2019est-ce qu\u2019on connaît là d'dans, y sont pû fin qu\u2019nous autres, sû à glace, y s'étudient.pis ensuite dot\u2019ca, y vont jouer\u201d.En effet, on y allait avec prudence, l\u2019on prévoyait que le premier point signifierait pour beaucoup.l'air d\u2019aller se donnait tranquillement.Notre \u201cCollegiate line\u201d nouvellement formée, de Grignon du collège St-Laurent, de Léger, et de \u201cDel\u201d DeLorimier du collège Brébeuf, au premier relais, fit montre d\u2019un peu d\u2019incohésion, mais lors de ses apparitions suivantes elle sut se tenir à la hauteur.Au bout de 16 minutes et 17 secondes de saillies de part et d\u2019autre, Paul Génier, l\u2019ailier gauche de notre première ligne, logea la rondelle dans le filet de McEwan, après que Gagné et Armand eussent tour à tour lancé mais sans succès.Les Ontariens n\u2019eurent guère le temps d'organiser une attaque vraiment dangereuse puisque le gong annonça quatre minutes plus tard la fin de la période._ Un plan d\u2019attaque médité durant l\u2019intermission fit qu\u2019on assista à un début-éclair de la seconde période.le feu y était.impossible d\u2019étouffer la conflagration; la partie sensationnelle de la partie commençait.les \u201c\u2018variolés\u201d sillonnaient la glace à toute allure.notre \u2018\u2018arrêteû d\u2019puek\u201d Barsalou se démenait comme un diable dans l\u2019eau bénite\u2026 ce qui ne l\u2019empêcha pas toutefois de faire des miracles.mais tout de même voilà Carver qui le déjoue avec l'assistance de Munto (c\u2019est qu\u2019il est gros.) La lutte ne diminua pas pour cela d'allure; chacun voulait maintenant prendre l'avantage, les saillies des deux côtés recommencèrent; Barsalou continua son blocus sensationnel\u2026 McEwan voyant que ce n\u2019était pas une mauvaise affaire se décida lui aussi à se mettre de la partie.c'est que vous voyez, \u2026il était mieux de s\u2019y mettre\u2026 surtout lorsque Poupore et Hepburn, furent punis presque simultanément ; il sut cependant tenir tête à l'orage avec habilité et sangfroid.le beau temps se fit.la situation se régularisa.Un moment d\u2019inattention de la part d\u2019un des \u201cBleu, Rouge et \u201cOrange\u2026istes\u201d\u2019 fit que la seconde période se termina encore avec une avance numérique d'un but en notre faveur: \u201cRed\u201d McGinnis s\u2019apprétuit nonchalamment à faire le tour de ses filets avec le disque, lorsque Tit-Jean Armand survint en trombe, le lui enleva habilement pour le lancer derrière McEwan aussi éberlué que mystifié.Malgré cette avance, nos carabins ouvrirent le troisième temps avec furie: en quête de but qui leur assurerait la victoire.ce qui ne tarda U.de M, 5-St-Lambert, 4 La brillante équipe de l\u2019Université de Montréal a repris, après six semaines de repos, ses activités dans la ligue Montréal-intermédiaire en battant les \u201cVargeux et enfargeux\u201d de St-Lambert par 5 à 4 à l\u2019aréna St- Laurent dimanche dernier.Chaque joueur avait amené sa femme, mais à part de ça, y avait pas grand monde.Avec tout ¢a, les étudiants de la rue St-Denis ont repris par un point la tête de leur circuit, suivis de près par le Villeray et le Concordia.Cette partie a été \u201cla plus pour- rite\u201d de la saison, et la méme chose que la première partie entre les deux mémes clubs.du blchage pis du quiquage avec les referces qui ont mal arbitré\u2026 excepté qu\u2019Moscou n\u2019y a pas mis son mot, pis qu\u2019son \u201cgrand frére\u201d\u2019 n\u2019y était pas.Ont compté pour les vainqueurs: \u201cLolo\u201d Picard sur une passe diagonale de \u201cToutou\u201d Frigon, John Mi- gnault, deux points, Baptiste Gagné un point et un assist, Armand, un point et un assist.Ont compté pour St-Lambert: St- Martin sur une passe de Bélair, Bélair sur une passe de Macay, Philips et Abrams sur une passe de Macay.Les joueurs de la rive sud ont servi la soupe rudement chaude aux Carabins surtout à la troisième période\u2026 Il faut dire cependant en toute justice que les Universitaires n\u2019avaient que trois substituts en uniforme et que Grignon ct Mignault durent jouer toute la partie à la défense; la situation se corsa lorsque Grignon brisa son patin mais il ne restait heureusement que trois minutes encore & jouer.> Armand, Mignault et Gagné ont brillé pour les vainqueurs, de même que Richardson, Rivest et Duquette.par leur absence.et Palmer et Macey pour les vaincus.Bonsoir et à demain! Pierre BOURGOIN.pas à porter fruit, puisqu\u2019en moins de six minutes.¢a y était! Mignault après avoir brisé une attaque, partit en c vers le territoire ennemi; à la ligne bleu, il passa le disque à Grignon qui le lui repassa aussitôt\u2026 John le passa ensuite à Léger qui le surpassa à Delorimier qui\u2026 le dépassa à McEwan qui ne put se tirer de l\u2019impasse\u2026 Acculés au mur, les Ontariens tentèrent un effort suprême, mais tout vint s'échouer sur Barsalou qui fut plus ordinaire que jamais.car lui c\u2019est quand il est pourri qu\u2019il est extraordinaire.Une punition au \u201cBeeuf\u201d faillit ghter toute la sauce.l'heure était devenue grave.Poupore sur une autre assistance de Munro porta le compte 3-2.le danger était imminent.les spectateurs passaient toutes les transes.\u2026 Ouf!.le \u2018\u201cBœuf\u201d revint.et juste à temps pour partir avec son \u201cptit frére\u201d\u2019 sceller le sort de la partie avec encore une minute à jouer.Et quelle partie! Chacun des nôtres y est allé de son aide dans le pointage; mais mention spéciale doit être faite de Jean Grignon qui prit part à deux buts et joua sa meilleure partie de la saison, d\u2019Armand et de Gagné, de Mignauit et de Barsalou.Pour les visiteurs, McEwan et Munro furent les plus en évidence.Pierre BOURGOIN AVIS aux SKIEURS Il y aura des courses de ski à Sainte-Agathe dimanche le 7 février et l\u2019Université devrait y être représentée.courses seront ouvertes aux skieurs de la première, deuxième et troisième classe.Ceux qui n'ont jamais participé à des concours font partie da la troisième classe: Il y aura deux courses; la première, le matin, sera un \u2018cross country\u201d de onze milles et la deuxième qui aura lieu l\u2019après-midi sera un \u2018\u2018downhill\u201d sur la côte David.Ces courses seront les premières où l\u2019Université pourra être représentée et les résultats donneront une Cu de ceux qui composeront l\u2019équipe pour les eux intercollégiaux à Sainte- arguerite à la \u2018in de février.- Pour plus d'informations, téléphoner à Jean Flahault, Jr., DE.0992 ou à Tom.Casgrain; WE.2078, entre 7 et 9 \u2018heures du soir.- REGARDS ET PRONOSTICS per ALBERT DECELLES, du McGill Daily Les étudiants des deux universités de la Métropole attendent avec anxiété la joute de vendredi soir prochain au Forum.Les Carabins devront déployer tous eurs talents pour arrêter la marche triomphale des équipiers du McGill.Les protégés du Dr.Bell, quoique très confiants, ne pêcheront pas par excès.II faut donner à César ce qui appartient 3 César; c'est pourquoi je n'hésite pas à qualifier l'Université de Montréal comme l'adversaire le plus dangereux du McGill à date.Ils peuvent rivaliser de vitesse avec les Rouges et Blancs, et si ce n'était leur manque e fini autour des buts, les résultats changeraient peut-être.Considérant le peu de pratique qu'ils ont, et surtout les heures qui leur sont réservées, ils sont tout de même à l'honneur dans le classement.Voyons ce que votre équipe a accompli depuis le début de la saison.Ils ont perdu la joute d'ouverture contre McGill par 6-0.Ce n'est pas une défaite déshonorante, contre un club de calibre senior et dont l'entraînement ne laisse à désirer sur aucun point.Sur l'autre côté de la frontière ils ont vaincu Princeton et Yale par le score de 7-1 et 2-1, ce qui indique qu'à l'attaque les Carabins ne sont en arrière de personne; plusieurs diront que ces scores ont été enregistrés contre es clubs de piètre force.Mais n'oublions pas que ces clubs étaient conscients de leur infériorité et qu'ils pratiquaient un jeu défensif, ce qui est très ennuyeux pour les avants du club adversaire.De retour des Etats-Unis, ils sont allés rencontrer Queen's et Toronto en deux jours.Toronto n'a pu faire mieux que de gagner par 3-9 et les Carabins se sont lancés à l'attaque après que Varsity eut pris un avantage de trois points.Queen's a gagné à Kingston par 6-4, mais vendredi ernier l'Université lui a remis le change en gagnent par 4-9.Regardons un peu les activités du McGill.Ap:ès leur victoire sur l\u2019Université de Montréal, ils ont écrasé Princeton et Yale par 12-1 et 11-1.Ils continuèrent en déclassant Queen's par 11-1.Entre temps ils amassaient des points dans le Groupe Senior.Notez en passant qu'ils n'ont pas connu la défaite depuis le 2 décembre.L'Université de Montréal trouvera-t-elle un remède 3 cela?C'est ce que nous verrons vendredi.Voici probablement les joueurs qui prendront part à la joute.Dans les buts, Dave Tennant gardera son poste.Sur la défense, J.P.Elie et Gordon Meiklejohn tenteront de ralentir l'élan des avants adversaires; ils seront aidés dans leur tâche par Cliff Mackay.A l'attaque Pidcock, Duff et cConnell feront leur part pour tenir Marcel Barsalou occupé.La deuxième ligne sera composée de trois des joueurs suivants: Crutchfield, Dickinson, Lamb et Crosby.Pidcock et Crosby sont actuellement en tête des compteurs de la ligue.Quoique Pidcock ait le plus de publicité, il ne faut pas mettre de côté Duff et McConnell qui aident grandement l'ailier droit.La partie de vendredi sera donc intéressante 3 tout point de vue.Une victoire pour les Carabins les monterait en première position, une défaite diminuerait leur chance de finir en première division.La joute sera donc très contestée et nous vous souhaitons bonne chance.A vendredil Graphique des ventes 2 A x Sr?UF p 7) NS a (7 VES) LE TELEPHONE INTERURBAIN aplanit votre route.~Vous vous soucierez peu que la route soit , longue, ardue et en lacets avec le téléphone: pour faciliter votre voie.Il dissipe les = sombres nuages et teinte l\u2019horizon de rose.Il change le désespoir en joie, la pénurie d'argent en affluence, car à l'autre extrémité de la ligne vous trouverez le papa, la bonne amie ou quelqu'un des vôtres.Coûteux?Mais pas du tout: le tarif de nuit est maintenant en vigueur à partir de 7 heures tous les soirs, ainsi que TOUTE LA JOURNÉE DU DIMANCHE.-~ + samy due mg eA rs vr \u2018Page hult Le Quartier latin\u2019\u2019 organe officiel des étudiants de l'Université de Montréal 539 EST, RUE DE MONTIGNY téléphone : HA.0530 DIRECTION Directeur: Jean VALLERAND Censeurs: Chanoine Emile Chartier Abbé Georges Deniger Aviseur: Gustave Lachance RÉDACTION Réd.en chef: Maurice ARCHAMBAULT Chroniques: Roger Duhamel Guy Prévost Pierre-Paul Langis Rolend Guy Richard Robert Robert Beaudoin Philippe Cantave Jean Flahault Paul Lemonde Jacques Benoit Jean Madore Littérature: Sport: Rédacteurs: ADMINISTRATION Administrateur: Gérard HÉBERT Circulation: Paul Potvin Imprimé par LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 180 EST, RUE SAINTE-CATHERINE MONTRÉAL POURQUOI ?Un joueur de notre vaillante équipe de hockey nous confinit l\u2019autre jour qu\u2019il avait franchement honte de ses partisans.En effet, parmi les confrères qui vont au Forum encourager nos porte-couleurs il se trouve un certain nombre de parfaits goujats.Leurs voix uvinées, plus dignes de charreticrs que d'hommes instruits; leurs remarques grossières ct sans esprit leur attitude stupide à l'égard des adversaires et des arbitres; leur manie de huer et d\u2019acclamer sans choix ni discrétion; enfin ln barbarie de ces quelques \u2018minus habens®\u2019 nous font passer, nous les étudiants de l\u2019Université de Montréal, pour une bande d'\u201chabitants.\u201d\u201d- Disons que ces gens sont l'exception; leur façon exceptionnelle de se vêtir, de parler et de manifester leurs émotions les classe tout de suite comme des rustres mal équarris.Leurs parents auraient dû leur faire apprendre un métier plutôt que de les envoyer déshonorer une institution de haut-savoir.Fspé- rons qu\u2019il ne se trouve pas parmi eux d\u2019étudiants en droit.Espérons aussi que la grande majorité des gens bien élevés saura bnfllonner ce soir ces quelques \u201cmouks\u201d.lonlinla © 11.M papa m'a fait les plus belles étrennes au monde! En s'assurant dans ta Sauvegarde, il m'a garanti que jamais, quoi qu'il advienne, ma maman et moi ne connaîtrons la misère pour les Noëls à venir.\u201d Nous a ons préparé un plan spécial, à des taux populaires, pour la protection intégrale et immédiate de votre famille.LE CONNAISSEZ-VOUS?Consultez notre représentant assurances sur la vie \u201cSOIR de RAGE\u201d (MOUSMÉ) TEMPS: \u20148.30 P.M,, 2 février 1937.SITUS: \u2014Plateau.Parc Lafontaine.PRONOSTICS ATMOSPHERIQUES: \u2014Neige avec vent, beaucoup de vent venant de Québec.\u2014Dans la salle.Orageux.CARNET MONDAIN: \u2014Duhamel a fait six rondes de \u201cshadow boxing\u201d puis a pris un bain ture.Son carcan s\u2019est ramolli.Il est en parfaite condition.\u2014Vu.Maillé.Droite A, 1 et 2.Accompagné du président des jeunesses séparatistes A la mamelle.\u2014Vu.Le Chancelier.Ni bleu, ni rouge, ni unioniste.Ni séparatiste, ni fédératiste.Il siège au plafond.C'est plus économique.\u2014Vu.Cantave.Entré en sifflotant: \u201cAh! qui me rendra mon pays, Haiti?\u201d \u2014Vu.Jos.Lavaliée.Au cas où on rattraperait le cochon.\u2014Vu.Point de Geoffrion.Menacé d'une apoplexie (Maillé y est), il s\u2019en est allé respirer l'air ozono- saxon, à Toronto.La forme la plus pure sous laquelle l'air peut être respiré.\u2014Vu.Le trio lireux.(J'espère!) \u2014Vu et entendu.Lafontaine.Il n\u2019est plus président, mais il ne faut jamais dire: \u201cFontaine, je ne boirai plus de ton eau.\u201d \u2014Vu.Thérèse, Jeanne, Mousmé, Mousmé II, sœur de lait de la première.Celle-ci en fut gratifiée sans le consentement de sa mère.C'est elle qui le dit.\u2014Vu.Pleine lune, pas pourri, bourreau des cœurs Ranger.Et l\u2019autre: le président.\u2014Vu.Archambault.Avec du Mon- therlant.Timeo hominem unius libri.\u2014Vu.Poliquin.Avec Marguerite.A moins que ce ne soit Lisette, Rachel, Viola, Marie-Ange ou peut- être Suzanne.\u2014Vu.Vallerand.Accompagné de la symphonie lléroïque de Beethoven, du Concerto No 1 pour piano t orchestre de Brahms et des Préludes de Liszt.(Les cuivres, mon Dieu, les cuivres!) \u2014Vu.Audet.Avec les \u2018Trois Petits Cochons\u201d, \u201cRobinson Crusoc\u2019, la \u201cDame de Pique\u201d et son code civil.\u2014Vu.Cistus et ses pamphlets, Partial ct ses propos, Lacoste et sn peau d'ours.\u2014Vu.Servum pecus.YVAN.ANNONCE L'équipe de hockey des E.E.D.a subi un rude échee aux mains du Collège Jean-de-Brébeuf.7 à 2! 7 à 21 Ces chiffres honteux résonnent aux oreilles de Pierre Bourgoin.Le pauvre homme dépérit de jour en jour.Certainement qu'il mourra de son déshonneur.La vente des billets pour la Soirée des Disciples de Thémis (association avec laquelle nous n\u2019avons aucune relation) se poursuit activement.Déjà les copains commencent à ajuster leur budget estudiantin pour qu\u2019il puisse subir sans trop d'accrocs les dépenses de cette soirée si divinement frivole.A QUOI RÉVENT LES JEUNES HOMMES?A Mousmé Le réve est un désir qui n'est pas encor né; Plus timide peut-être, il est plus spontané.Si jamais il se brise, un autre le remplace, Le retient, le prolonge el parfois le dépasse.Dans la possession de ce qu\u2019il convoitait L'homme ne goûtera qu\u2019un bonheur imparfait; Et la réalité, loin de combler le vide Qui s\u2019y creuse sans cesse, y devient insipide.C'est pour cela qu\u2019un rêve, au sein de ces débris, Chasse tous les dégoûts dont les cœurs sont meurtris, El, drapé dans sa robe aux nuances de neige, D'enchantements plus grands ouvre un autre cortège.Ceux qui révent le plus ne sort pas ceux qu'on croit; L'homme qui change tout n\u2019a pas changé la loi: Toujours insatisfait, ses désirs sont les mêmes, Et soulèvent encor les mêmes doux problèmes.Les femmes savent bien le prestige flatteur Qu'ererce contre nous leur charme séducteur.Leur intuition leur apprend bien des choses Qu\u2019il faur leur répécer avec des fleurs, des roses; Et j'allais accuser leur curiosité De chercher d'où nous vient notre intime clarié, Mais leur coquetterie est la seule coupable, Quand elle vient nous tendre un piège incontestable, Pour nous faire avouer des choses qu'elle sait, Pour avoir dévoré bien des vers de Musset.Ceux qui n\u2019écrivent pas les rêves qu'ils caressem Promênent dans leurs yeux les aveux que confessent Des regards éloquents comme de beaux sonnets Et qui feraient pâlir jusqu'au pâle Musser.Le barde avait du moins la louable franchise D'avouer qu'il révait\u2026 jusqu\u2019à la gourmandise.Mais si les jeunes gens ne voilaient pas leur jeu, Je crois qu\u2019il leur faudrait écrire avec du feu Ce que Mussel chantaù, en trempant dans son sang La plume que guidait un rêve séduisant.Ou aime ce qu\u2019on rêve; on rêve à cc qu\u2019on aime, Et je crois superflu d'allonger ce poème, En cherchant à fixer les traits de la Beauté Où notre cœur va prendre un peu de sa clarté.On aime ce qu'on réve.on réve d ce qu'on aime.Ls-G.G.BIBLIOTHÈQUE des H.E.C.De jour en jour, les hommes d\u2019affaires et le public en général apprécient davantage la riche documentation que l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales met gracieusement à leur disposition.Veut-on se renseigner sur la situation internationale tant politique qu\u2019économique, sur les finances publiques de tel pays ou de telle province canadienne, sur une industrie, un commerce ou une entreprise financière, on trouve à la bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales toute la documentation nécessaire, de même qu\u2019un personnel expérimenté qui se fait un plaisir de guider le lecteur dans ses recherches.La bibliothèque compte aujour- d\u2019hui plus de 46,000 volumes et brochures, elle en regoit de nouveaux tous les jours.Mentionnons les derniers reçus: La Réforme de l\u2019Etat, J.Caillaux et autres.Faillite d\u2019un régime \u2014 Essai sur le gouvernement de demain, Henri, Comte de Paris.Financial Organization and Administration, W.M.Stevens.Co-operation at Home and Abroad - Vol.I Pre War, C.R.Fay.Créer du travail doit-il nécessairement coûter de l\u2019argent?Ulrich V.Beckerath.Les Cahiers des Dix \u2014 No 1, Gérard Malchelosse, Victor Morin et autres.Blanchiment, teinture et impression, G.Martir.Berlin \u2014 Une éternelle métamorphose, Henry Bidou.Science of Public Finance (deux volumes), G.F.Shirras.Le péril japonais \u2014 Le Japon historique, politique, militaire et naval \u2014 Le Japon financier économique et social, Upton Close.La bibliothèque compte encore de nombreux annuaires, encyclopédies et guides commerciaux.Elle regoit mensuellement plus de 800 périodiques dont les articles sont soigneusement catalogués.Signalons entre autres: The Accountant, Londres, The Certified Public Accountant, Washington; The Aeroplane, Londres; Les À ffaires, Québec; Banking, New-York; Canadian Journal of Economics and Political Sciences, Toronto; L\u2019Europe Nouvelle, Paris; Furniture Record, Londres; L\u2019 Industrie Nationale, Bruxelles; Mass Transportation, Chicago; Miroir du Monde, Paris; Norway \u2014 Norwegian Trade Review, Oslo; Revue de I\u2019 Institue de Sociologie, Université de Bruxelles; Revue internationale d'Agriculture, Rome.La bilbiothèque est située au No 530 est, rue Lagauchetière.Elle est ouverte au publie tous les jours de 9 heures du matin à 10 heures du soir.Le samedi elle ferme à 5 heures.L'entrée est libre.D.o-u-c-e-s comme un Velours pour la Gorge CIGARETTES © ucking \u201cUn Ucboura pour 6e Gorge\u201d B73F36 PAUVRE LITTÉRATURE Des bacheliers satisfaits, nous connaissons tous ça.Mais 1935, 1936 et 1937 en ont produit une nouvelle espèce: le B.A.S.C.L.à esprit définitivement pratique.Point comme leurs romantiques devanciers, ils s\u2019inquiètent de problèmes actuels, de finance, de communisme et de séparatisme, plutôt que de se reposer sur Rostand.Leurs sociétés d\u2019admiration mutuelle ne sont pas des cercles littéraires, mais des \u2018\u2018Associations pour la dynamisation de notre ava- chisme ethnique\u201d.Ils entassent statistiques et témoignages re Hitler et re Mussolini.Ils savent le nombre de chômeurs célibataires anglais, de veuves éthiopiennes; ils discutent quotidiennement les manœuvres de Kiang-Kwang-Li.Des gens de leur époque, enfin! Et, sans doute, nos angoisses laurentiennes les émeuvent en profondeur; notre besoin d\u2019une reconstruction matérielle, morale et religieuse leur arrache d\u2019admirables discours à base de graphiques.Et surtout, beaucoup de vacarme autour du christianisme.Mais, où découvrir la satisfaction bachelière, là-dedans ?\u2018\u201cLeDue, tu détraques.En tout cas, tu ignores les notes constituantes du véritable B.A.satisfait! Voyons! Un bachelier satisfait, c\u2019est l'éternel collégien, quiet, assuré de posséder, une fois pour toutes, la science et la sagesse universelles.Tandis que ces B.A.S.C.L.dont tu parles.\u201d Pardon.C\u2019est là le point.Mon B.A.de 1937 s\u2019est ouvert les idées sur un autre paysage, le paysage économique et politique.trds bien.Mais, hélas! hélas! il ne voit plus, et tout de travers, que cela: économie et politique.Sous prétexte de revenir à la réalité, de travailler dans le concret, etc, on crache à qui mieux sur l'humanisme.Opinions unilignes et bouchées.Récemment, je rencontrai un de ces messieurs.Je lui ai naïvement avoué mes ambitions.Le B.A.S.C.L., orateur gesticulant et nasillard,.me tomba dessus en trois points.Premièrement: La littérature n\u2019est rien du tout, ou bien un jeu d'enfant ou bien une distraction d'homme casé.Son extrême facilité ne peut comme la loi, la médecine ou le commerce en faire une profession.Son extréme inutilité consacre imbéciles et fainéants les aspirants à toute Licence ès-Lettres.Peut-on sérieusement, au XXe siècle, se jeter à corps perdu dans le grec, le latin, l\u2019histoire \u2014 même celle du Canada! \u2014, la philologie! Le goût des vicilleries, le goût des phrases harmonieuses prétendant exprimer une pensée quelconque.c\u2019est de la stérilité toute pure.Que nous fait la mythologie crétoise, ou bien In Retraite des Dix Mille, ou bien le Rowman de Renard?Que nous importe la faconde de Mme de Sévigné?Pour nos besoins de salon, il suffit d'avoir, au collège, avalé une bonne fricassée de Dumas, de Molière, Hugo, Corneille, Mauriac, George Sand et Claudel.et surtout beaucoup de journaux \u2014 Candide! \u2014, et de revues \u2014 Conferencia! \u2014, et de l'anglais un peu, comme le manuel de Jenkins.Deuxièmement: La littérature ne paie pas.Vérité éternelle.Pas un sou à tirer d\u2019une thèse sur la Troisième Bucolique, ou de nos propres rêveries écrites.Aussi, un écrivain est un mollusque n\u2019ayant jamais eu, ou le courage de sc mettre à la vie sérieuse, ou les moyens de se payer des cours dispendieux.Trop bête pour gagner de l'argent, il y a renoncé, au profit de ses élucubrations.Comme la littérature elle-même, le littérateur est accident, et point substance; un détail de la vie, pas plus.La société se doit de couper les vivres à de tels parasites.Troisièmement: En 1937, la Province de Québec, préoccupée de sa renaissance,a bien d\u2019autres soucis que de subventionner des songe-creux, ur qu\u2019ils retracent les origines de \"iota souscrit.Nous sommes en un siècle pratique.Notre salut s'accomplira d\u2019une façon pratique, économique et politique.Nous demandons es hommes d\u2019affaires, des réalistes, des fondateurs.(Et là, mon B.AS.C.L., dans un auguste geste final, me signifia que, parmi ces futurs fondateurs, il se classait bon premier.) Je m\u2019inclinai.D'abord, parce que ce beau discours fourmillait d\u2019impressionnantes réalités.Et ensuite, parce que tout cela serait trés vrai.si Dieu - Viaire des Hommes d'Etat?: gique et linguistique.Hélas oui! .quoi! On a bien le temps de se live .de civiliser les autres.Une n\u2019existait pas.Or, Dieu existant ; réponds que: Premièrement: \\, B.AS.C.L.parle en paien, com] Isaac Rosen, ou John Smith, individus-là, juif ou anglais, s'inqu tent évidemment plus de business qy de spiritualité.Je ne les con point, eux.On les éleva ging ay] antipodes de l\u2019âme.Mais, men BY] se proclame, chrétien.Or, Qu'est que la littérature, au point de Vue dy Christ?Après la contemplation la liturgie, c\u2019est notre plus fon, preuve du spirituel, notre plus outil civilisateur.Un écrivain réf] chit l'homme, dirige Phoinme.Tor disparait.Son œuvre demeure, t Jours.\u2018Tandis que tout le reste vie d\u2019affaires, vie sociale \u2014 foun I'inspiration au penseur, et s\u2019écrouk ensuite dans le temps, l\u2019expresse écrite ne change pas, et sert à tou humain de tout siècle.Ainsi, Platon, Thucydide, Cicéron, que personne dépassa, et dont les idées aujourd'hz encore, plus que jamais, servent ay grands d'hommes d\u2019action.Le rig de la Guerre du Péloponnèse ne Sip pelle-t-il pas, en Angleterre, le \u201cBr c\u2019est à cause de cette valeur civil trice que la littérature, non, n\u2019est ps facile.Un écrivain véritable repæ sente sa nation, non pas commune virty, ose de bibliothèque, mais comm assimilateur d\u2019une science univerelk comme producteur d\u2019une œuvre éternellement originale.Il travaille.| ne s'intitule pas helléniste, apr quatre ans de grec ânonné au collège avec lexique et livre du maître à l'appui.Je fournirais volontiers à mon B.A.S.C.L.une effarante bibl graphie de ce qui se produit « Europe et aux Etats-Unis, dans le seuls domaines historique, archéd éricains, que si aisément nou taxons de matérialisme, sont aut ment bûcheurs, autrement profond intellectuels que nous.Les l'rançai les Anglais de même.Dieu sait « qu'un Chesterton ou un Maury creusent de vieilles grammaires & d'histoires universelles, pour noë offrir enfin leur propre pensée moderne! Voilà où nous en somme nous! En notre pays français & catholique, on demande, très sévère ment, ses passe-ports à la pensé On la loge archi-mal.On ne la nou rit pas.Deuxièmement: En eflet,- ct mon B.A.fut véridique \u2014 on neb nourrit pas.D'abord intellectuelle ment, il y a de quoi crever de fain ici.Tout n\u2019est que dilettantisme Rien ne cherche les sources; rien, da nos conversations, ne va jusqu\u2019à Die par l'intelligence.Non.Nous par lons de la température.Et matériells lement, pour un écrivain, c'est b famine totale.Rien de son travaile se vend.Le pauvre idéaliste 2 tourne alors, et nécessairement, Ver les \u201cjobs\u201d payantes.II fait de tout sauf de ce qui convient à ses aptitude: Conséquence: style médiocre, scient inexacte, perspectives limitées.À des recherches nouvelles, dans archives ou les bibliothèques, et créer, quand il faut manger, mangé d\u2019abord.Ce n\u2019est pas étonnant qu notre littérature sente le chiar Troisièmement: Mais d'archives, ct, bibliothèques, et de musées, nous n ° possédons pratiquement pas.Qus donc notre pauvre province nous & payera-t-clle?Pas d'argent?! Canadiens français n\u2019ont pas 4% gent?Je suppose que la Commisi® des Liqueurs, et le Capitol, et Mo sieur Eaton leur ont tout don gratis, durant ces dernières semallé de célébration.Nos piastres, nou?consacrons aux stupidités de l'ex tence.\u201cDe gustibus non dispute dum\u201d?Jamais de la vie! Il y 4e goûts idiots, comme des bachelie idiots.Et surtout, il y a des miss À remplir.Sans rhétorique, et ba trop nous illusionner, il faut reconnaître que notre mission, 3 19% c'est d\u2019abord de nous civiliser, P¥ spirituelle avant tout.La matièrt dans le plan divin,ne fut pas pour nuire à l'esprit, bien au cont Le commerce ne fut pas inventé P tuer la littérature.Et, je l'es pi les B.A.S.C.L.ne furent pas engen pour nuire à l\u2019intelligence.Jacques LEDUC > \u201c P gen wu = 20 WY OO ae "]
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