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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-12-21, Collections de BAnQ.

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[" Sur la route jusqu\u2019au bout de l\u2019année Page b 5 Réfugiés syriens Un brunch pour bâtir des ponts entre Damas et Montréal Page A 5 -?www.ledevoir.corn ?- Une manifestante affirme avoir été blessée par un poiicier du SPVM infiltré parmi les militants Page A 3 LE DEVOIR Vol.C V I N\u201c 2 9 0 LE DEVOIR, LE LUNDI 21 DECEMBRE 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 SÉRIE Un hiver avec Félix Leclerc JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR Les batailles de boules de neige (quand il y en a!) organisées dans les parcs de Montréal contribuent au nouvel hiver urbain, animé et assumé.Une nordicité renouvelée.et assumée Le Devoir lance aujourd\u2019hui la série Un hiver avec Félix Leclerc qui, jusqu\u2019au 31 mars prochain, explorera des mutations, des perspectives, des enjeux sociaux, politiques ou culturels du Québec en s\u2019inspirant d\u2019une chanson de l\u2019artiste.Aujourd\u2019hui, la nordicité comme nouvelle source de fierté, sur l\u2019air des Soirs d\u2019hiver.FABIEN DEGUISE Les soirs d\u2019hiver passés à chanter, pour chasser le diable qui rôde, sont bien loin.L\u2019hiver maudit, l\u2019hiver subi, ce ne serait plus valable pour toute une génération de Québécois, principalement urbaine, qui a décidé d\u2019apprivoiser sa nordicité, de la pratiquer en déjouant le froid et la nuit précoce, de la lustrer dans le sens du sauna en plein air, du vélo d\u2019hiver, des grands rassemblements en musique et à l\u2019extérieur pour en tirer une étonnante source de fierté, plutôt que de la nier, comme d\u2019autres avant eux.Et tout ça en devient plutôt rafraîchissant, estime Da- niel Chartier, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l\u2019imaginaire du Nord, de l\u2019hiver et de l\u2019Arctique de l\u2019UQAM.«Quelque chose a changé ici par rapport à l\u2019hiver depuis une quinzaine d\u2019années, dit le spécialiste des représentations nordiques.L\u2019hiver n\u2019est plus vécu comme un ensemble de contraintes qui invitent au départ, à la migration, à la réclusion et à la protestation, mais plutôt comme une source de possibles à explorer, à exploiter.Au lieu de s\u2019en plaindre, on se demande ce que l\u2019on peut faire de bien avec.Et c\u2019est un phénomène complètement neuf» Cette mutation face à l\u2019hiver et au froid aurait des racines VOIR PAGE A 8 : HIVER Lire aussi > Un pont Féiix-Lecierc.Une chronique de Jean-François Nadeau.Page A 3 Aujourd\u2019hui Le Monde > Une figure du Hezbollah tuée dans un raid attribué à Israél en Syrie.L\u2019Etat hébreu n\u2019a pas revendiqué les bombardements en banlieue de Damas.Page B1 Société > Interdire le cryptage pour attraper les méchants?Fabien De-glise s\u2019inquiète des effets de l\u2019hyper-transparence.Page B 3 Le Monde > Les dirigeants africains s\u2019accrochent au pouvoir.Au Burundi comme au Rwanda, les présidents refusent d\u2019être remplacés.En éditorial, Guy Taillefer leur demande d\u2019apprendre à partir.Pages A 6 et B1 Avis légaux.Décos Météo Mots croisés Petites aiiiioiicos.Sudoku.B4 B6 B5 B5 B6 B2 Les Espagnols bousculent l\u2019ancien système Les conservateurs remportent les élections, mais les petits partis font des gains spectaculaires MARIE-MICHÈLE SIOUI Les Espagnols ont donné dimanche la victoire au Parti populaire (PP) du premier ministre sortant, Mariano Rajoy, mais ils ne lui ont pas accordé la majorité, et encore moins les rênes d\u2019un nouveau gouvernement.L\u2019élection, l\u2019une des plus indécises que l\u2019Espagne ait connues, a cependant fait ressortir une certitude : le pays a bel et bien tourné le dos à ses partis traditionalistes.Officiellement, le PP a remporté les élections générales.Mais avec 28,7% des voix et L23 sièges au Parlement, le parti conservateur est loin de la majorité absolue, qui requiert L76 sièges sur les 350 disponibles.Derrière le PP, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), lui aussi bien implanté dans le paysage politique, a récolté 90 sièges.Dans un contexte de crise économique et de corruption, ce sont donc les nouveaux partis qui ont émergé: Podemos, parti d\u2019extrême gauche né il y a moins de deux ans de l\u2019impulsion du mouvement des Indignés, a obtenu 69 sièges.Ciudadanos, jeune parti centriste VOIR PAGE A 8 : ESPAGNE Lire aussi > Ambiguïtés espagnoies.Une chronique de Prançois Brousseau.Page B 1 P*INT CHAUD Chacun peut (et devrait) donner Pour le président de BMO Groupe financier, L.Jacques Ménard, la philanthropie est un des devoirs du citoyen KARL RETTINO-PARAZELLI On entre dans le bureau de L.Jacques Ménard comme dans un musée.Les photos et les objets disposés aux quatre coins de la somptueuse pièce couverte de boiseries témoignent d\u2019une rencontre ou d\u2019un moment de sa vie consacré à l\u2019une des nombreuses causes qu\u2019il a choisi de soutenir.L\u2019endroit en dit long sur le parcours atypique d\u2019un banquier engagé, qui livre ici sa vision de la philanthropie en cette période de l\u2019année où les appels à la générosité se multiplient.Le président du conseil d\u2019administration de BMO Nesbitt Burns et président de BMO Groupe financier au Québec affirme qu\u2019il consacre 20% de son temps à des tâches qui n\u2019ont rien à voir avec son métier.Il siège à de nombreux conseils d\u2019administration (Orchestre symphonique de Montréal, Pondation Macdonald Stewart, Robotique PIRST Québec) et préside celui de l\u2019organisme Pusion Jeunesse.VOIR PAGE A 8 : DONNER 77831303442452 Un message du Syndicat des Cols bleus regroupés de Montréal Chers Citoyens, Citoyennes Depuis la tenue de nos deux grandes assemblées générales des 25 novembre et 8 décembre 2015, réunissant chacune près de 4000 membres, beaucoup de choses erronées ont été véhiculées à notre sujet.Voici les faits: Le 25 novembre, en accord avec nos affiliations syndicales (SCFP National, FTQ, SCFP-Québec, CRMM-FTQ et CPSM), qui depuis octobre nous ont accordé des votes d\u2019appuis unanimes face à l\u2019attaque sans précédent que le gouvernement du Québec s\u2019apprête à asséner aux travailleurs et travailleuses municipaux du Québec, les travailleurs que nous représentons ont décidé à 96%, parvote secret, de prendre tous les moyens nécessaires afin de se défendre contre cet abus de pouvoir, qui nous enlèverait définitivement le droit sacré à la libre négociation, prévu dans le Code du travail du Québec depuis 1964.Le 8 décembre, de façon à favoriser nos membres de tous les quarts de travail, nous tenions une autre assemblée spéciale de courte durée, de façon à compléter le travail d\u2019approbation de la liste de nos revendications, dans le cadre de la 2e phase des négociations prévues à la Loi 15 sur les régimes de retraite, à compter de janvier 2016.De plus, nous informions nos membres de l\u2019enjeu considérable du pacte fiscal.Dans ce contexte, que certains cols bleus du quart de jour aient choisi de participer à leur frais à cette assemblée n\u2019a rien de surprenant, compte tenu : Des récentes annonces de transferts de millions de dollars de budgets d\u2019activités faites par les Cols Bleus vers des travaux octroyés au privé, malgré les recommandations de la commission Charbonneau et les engagements électoraux du maire Coderre.De l\u2019imposition de la Loi 15, et ce, en dépit de l\u2019initiative de notre section locale d\u2019accepter des concessions majeures afin d\u2019alléger le fardeau des dettes contractuelles cumulées par la Ville face à notre Caisse de retraite.Que depuis 30 ans, nous nous sommes appauvris de 18% face au salaire moyen canadien.Vous comprendrez notre frustration, quand on voit les dirigeants de notre société se remplir effrontément les poches et celles de leurs amis.Pour nouSp tout cela est inacceptable ! Lors de ces assemblées, nous avons expliqué qu\u2019historiquement, ce n\u2019est qu\u2019en 1944 que notre syndicat fut reconnu pour représenter les employés manuels de la Ville de Montréal, et ce, après de nombreuses grèves illégales.Nos syndicats furent longtemps considérés illégaux.Ce n\u2019est qu\u2019à l\u2019été 1964, qu\u2019on a enfin obtenu dans le Code du travail, le droit à la libre négociation et le droit de grève légale, scellant ainsi le Pacte social.Et cela, après de nombreux débrayages illégaux afin de se faire entendre et respecter.Quant à la fameuse manifestation qui s\u2019est tenue à la maison de la présidente de l\u2019UMQ, organisée par le CPSM, représentant les 32,000 employés du secteur municipal affiliés au SCFP-Québec, une délégation de notre section locale y a participé dans le cadre d\u2019un pique-nique en plein air, pacifique et musical, à plusieurs mètres de la résidence, sans aucun geste déplacé, étant nous-mêmes des pères et des mères de famille.Pour nous, il est important de mettre l\u2019accent sur celles et ceux qui ont osé signer unilatéralement ce Pacte fiscal, incluant une clause aussi anti-démocratique, derrière le dos et sans tenir compte de la juridiction du ministre du Travail, censé être le gardien de la Paix industrielle au Québec.Malgré les protestations courageuses du maire Marc Demers de Laval, le gouvernement a quand même procédé au projet de loi.Pour nous, c\u2019est une attaque sans précédent des droits fondamentaux reconnus par la constitution.Nous croyons, que cette tentative de Loi promise pour le mois de mai aux maires, justifie d\u2019agir avant d\u2019être mis devant le fait accompli.Nous ne resterons pas les bras croisés.Cette bataille, qui est celle de notre syndicat et de tout le mouvement syndical, n\u2019est pas contre la population, dont nous sommes, mais contre une injustice profonde.Citoyens, Citoyennes, joignez-vous à nous pour contrer et dénoncer la dilapidation de nos biens et de nos services collectifs ! Le Syndicat des Cols bleus regroupés de Montréal, SCFP - 301 LE DEVOIR, LE LUNDI 21 DECEMBRE 2015 A 3 ACTUALITES Un pont Felix-Leclerc Cette chronique, la dernière avant le 11 janvier, s\u2019inscrit dans la série Un hiver avec Félix Leclerc.Jusqu\u2019au 31 mars, à l\u2019initiative de mon collègue Fabien Deglise, cette série entend explorer des mutations, des perspectives, des enjeux sociaux, politiques ou culturels du Québec contemporain, en prenant appui sur des éléments tirés de l\u2019œuvre de l\u2019artiste disparu en 1988.Ici aujourd\u2019hui, une brève réflexion à propos d\u2019un vieux malaise culturel.Jean- François ^ ^ \u2018 Nadeau Le fou de l\u2019île est un livre dont la tête est tendue vers le ciel de l\u2019amour, mais dont les pieds restent accrochés à l\u2019aube.Ix manuscrit fut d\u2019abord refusé par des éditeurs canadiens.En 1958, désormais connu, Félix Leclerc finit par trouver une bonne place au programme d\u2019un grand éditeur français.Dans la réclame rédigée à Paris pour assurer la promotion du Fou de l\u2019île, Félix est présenté comme «rude».On ajoute qu\u2019il écrit «dans une langue drue», mais néanmoins «savoureuse».Et l\u2019éditeur de tenter d\u2019embrayer la mécanique de sa réclame en grande vitesse en situant l\u2019auteur mal léché et mal peigné quelque part entre la géographie de la parole de Jean Giono et celle de Charles Trenet.11 se trouve donc publié à Paris chez Denoël, éditeur notamment de Céline.Au sortir de la guerre, Robert Denoël a été assassiné.La maison où publie Félix appartient désormais à Gaston Gallimard.Aussi bien dire qu\u2019il n\u2019est pas relégué du tout à la marge de la littérature, pas plus d\u2019ailleurs que son ancien compagnon de radio Yves Thériault, en lice cette même année 1958 pour le prix Goncourt.Bien installé en France, connu et apprécié d\u2019un vaste public là-bas comme au Canada, Félix a ceci de particulier qu\u2019il s\u2019écarte du rapport difficile qui d\u2019ordinaire prévaut entre les intellectuels de son pays et l\u2019Europe.Ce rapport, très souvent, est de l\u2019ordre de la névrose.11 témoigne à tout le moins d\u2019une profonde insécurité identitaire.Des Canadiens partis étudier en Europe jouent les ours insensibles au monde d\u2019émotions qui s\u2019ouvre pourtant à eux.D\u2019autres ressemblent à des naufragés affolés, flottant à la dérive au milieu d\u2019une mer culturelle qui les avale faute pour eux de parvenir à y nager.De retour d\u2019Europe, André Laurendeau dira avoir mis cinq ans pour que la blessure de ce contact culturel se cicatrise enfin.11 me semble que, à l\u2019orée des années 1960, Félix offre un dénouement heureux à ce rapport identitaire trouble.11 ouvre la voie à un rapport plus décomplexé de la culture québécoise à la culture européenne.Comment?Dans Moi, mes souliers, un livre autobiographique, Leclerc raconte qu\u2019au cimetière du Père-Lachaise, il vole un jour une lettre de métal arrachée à la tombe de Jean de La Fontaine.«Elle était presque tombée, une vieille vis de trois siècles la retenait à peine, elle tombait, la pauvre lettre, alors je l\u2019ai respectueusement arrachée et l\u2019ai foutue dans ma poche.Ne vous demandez plus où elle est, c\u2019est moi qui l\u2019ai bel et bien volée, j\u2019en demande pardon.Elle est ici sur mon mur dans mon grenier du Canada, au bord du lac des Deux-Montagnes et j\u2019en prends grand soin.» Ce « e » volé, on le voit bien dans un film d\u2019époque tandis que Félix se trouve à son ouvrage.11 me semble que cette histoire indique déjà une attitude nouvelle : il n\u2019y a pas à craindre d\u2019avancer tête haute auprès de La Fontaine, Verlaine, Villon et autres, étant entendu que ce sont nos frères de culture.Félix Leclerc avance au monde, sans jamais oublier qu\u2019il vient d\u2019un pays québécois qui s\u2019enracine près d\u2019un énorme pont déjà tombé deux fois.Hélas, l\u2019avenir de ce pays semble souvent se limiter, comme il l\u2019écrit lui-même dans Notre sentier, à «l\u2019espérance de le voir tomber une troisième».En ce pays où l\u2019histoire est souvent mise en attente, Félix fait pour ainsi dire le pont entre l\u2019Amérique et la France.11 est sans doute le premier artiste tout comme le premier intellectuel venu du Canada français qui se montre capable d\u2019intérioriser ces deux pôles constitutifs de son identité sans que l\u2019un éprouve le besoin de tuer l\u2019autre.Mieux que quiconque, ce poète me semble annoncer avec panache qu\u2019un autre modèle culturel moins inhibé se met en place à l\u2019aube des années 1960.Le barde de file d\u2019Orléans ne va pas constituer pour rien, presque à lui seul, une plateforme nationale d\u2019où se projettent ses successeurs.Félix connaît mieux que quiconque l\u2019importance de débloquer les portes de la création grâce à l\u2019assurance d\u2019une existence culturelle pleine et assumée.Félix s\u2019affranchit des habituels reniements qu\u2019encourage la mélancolie culturelle québécoise.11 apparaît dégagé de l\u2019îdée qu\u2019une grande culture ne sait que faire de sa périphérie et vice versa.Même s\u2019il pose en paysan meneur de bœufs et qu\u2019il n\u2019utlllse que trois accords de guitare pour s\u2019accompagner, Félix Leclerc apparaît à cet égard nettement plus moderne que ses devanciers.Nous réussissons mieux nos paysans que nos Intellectuels, disait André Laurendeau dans une réflexion célèbre consacrée à ceux qui, au début des années 1960, étalent encore appelés les «retours d\u2019Europe».Le premier, Félix va trouver à unir par un pont culturel original le paysan et l\u2019intellectuel d\u2019ici.Mais il y a ceci de particulier aujourd\u2019hui que les avancées de cette alliance enfin décomplexée qu\u2019annonçait Félix apparaissent remises en question au nom d\u2019un horizon qui se prétend universel mais dont les seuls éclats, la plupart du temps, appartiennent au miroir brisé d\u2019une culture waltdysnéifiée.Air Canada et un syndicat s\u2019entendent Air Canada annonce avoir conclu une entente de principe avec le syndicat représentant quelque 7500 machinistes et travailleurs de l\u2019aérospatiale.Le transporteur aérien a précisé dans un communiqué que l\u2019entente d\u2019une durée de dix ans avec l\u2019Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l\u2019aérospatiale (AlMTA) devrait d\u2019abord être approuvée par ses membres.L\u2019accord fera l\u2019objet de certaines clauses de réouverture sur la période de dix ans, précise-t-on.Les détails de l\u2019entente ne seront pas révélés avant qu\u2019elle soit acceptée par les membres du syndicat et les administrateurs d\u2019Air Canada.Air Canada a affirmé que l\u2019AlMTA recommanderait à ses membres de voter en faveur de l\u2019accord et l\u2019entreprise fera de même avec le conseil d\u2019administration pour que ses clauses entrent en vigueur rapidement.11 s\u2019agit de la sixième entente conclue avec les syndicats représentant divers travailleurs d\u2019Air Canada, et la troisième qui est d\u2019une durée de dix ans.La précédente série de négociations entre les syndicats et la direction d\u2019Air Canada, il y a dix ans, était parmi les plus acrimonieuses de l\u2019histoire.Elle avait mené à une grève illégale de 12 heures chez les bagagistes et le personnel au sol qui avait perturbé les vols.La Presse canadienne Le Front commun revele les details de l\u2019entente avec le gouvernement MARIE-MICHELE SIOUI Les représentants des 400 000 travailleurs du secteur public membres du Front commun ont présenté dimanche l\u2019entente de principe qu\u2019ils ont conclue jeudi avec le gouvernement.Celle-ci prévoit des augmentations de salaire pouvant aller jusqu\u2019à 10,25% sur cinq ans et fait passer l\u2019âge de la retraite sans pénalité actuarielle à 61 ans à partir de 2019.«Tout au long de cette négociation, le Front commun a fait valoir deux priorités: stopper l\u2019appauvrissement des salariés du secteur public et mettre fin au retard salarial avec les autres travailleurs québécois, a rappelé le président de la Confédération des syndicats nationaux, Jacques Létour-neau.Nous avons bien sûr fait des compromis, mais nous avons surtout forcé le gouvernement à sortir de son cadre financier initial.» L\u2019entente, conclue au terme de négociations qui ont duré plus d\u2019un an, ne marque pas la fin des hostilités entre le gouvernement et ses employés membres du Front commun.Ces derniers doivent encore approuver les modalités de l\u2019accord au cours d\u2019assemblées générales prévues au retour du congé des Fêtes.Les employés «gagnants» Quand même, les travailleurs «sortent gagnants » de cette longue négociation, ont estimé les porte-parole syndicaux.Poursuite des travaux en 2016 pour la FAE D\u2019un commun accord, le Comité patronal de négociation des commissions scolaires francophones et la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE) ont décidé dimanche de poursuivre les travaux à la table de négociation sectorielle au retour du congé des Fêtes.«La FAE prendra le temps nécessaire afin d\u2019en arriver à une entente négociée et satisfaisante», a fait savoir la Fédération, qui représente 34 000 enseignants répartis dans huit syndicats.Des assemblées générales doivent avoir aussi lieu durant la deuxième semaine de janvier afin que les divers syndicats présentent un bilan de la situation aux membres.Entre-temps, les négociations entre la FAE et le Conseil du Trésor se poursuivent à la table intersectorielle.qui exigeaient au départ une hausse salariale de 13,5% sur cinq ans, tandis que le gouvernement leur proposait plutôt des augmentations totalisant 3% sur la même période.Le règlement salarial prévoit maintenant un montant forfaitaire de 1% en 2015 et des augmentations salariales de 1,5% en 2016, 1,75% en 2017 et 2% en 2018.En 2019, les employés du secteur public membres du Front commun obtiendraient une hausse salariale moyenne de 2,4% en raison de l\u2019entente sur les relativités salariales.L\u2019âge de la retraite sans pénalité actuarielle passerait quant à elle de 60 à 61 ans en 2019.Les employés ayant 30 années de service pourraient cependant quitter leur emploi à 60 ans, sans pénalité.Quant à la pénalité actuarielle, elle passerait à 6% en 2020.«Moins que ça I6%], ce sont les autres travailleurs qui se retrouvent à financer les départs anticipés», a analysé la porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics, Lucie Martineau.Une mobilisation sans précédent Tour à tour, les représentants de syndicats se sont félicités d\u2019être parvenus à mobiliser leurs membres, puis la population.«On était inquiets en début de négociations [.] parce que le gouvernement avait placé les pions de façon à récupérer tellement de choses que ça aurait créé un impact sur les services publics», a confié Daniel Boyer, de la Fédération des travailleurs du Québec.Si le Front commun est parvenu à faire abandonner la majorité des demandes gouvernementales aux tables sectorielles \u2014 par exemple les changements dans les ratios maître-élèves et l\u2019abandon des primes de soir pour les infirmières \u2014, c\u2019est grâce à la «mobilisation historique» de ses membres, a estimé le porte-parole.Dans les six premiers mois de l\u2019année financière en cours, le gouvernement Couillard a dégagé un surplus de 1,7 milliard de dollars.Si certains y ont vu une explication à l\u2019affaiblissement de la posture du gouvernement, les porte-parole syndicaux n\u2019ont pas privilégié ce raisonnement.Ils ont préféré attribuer la conclusion d\u2019une entente à l\u2019appui populaire et à la mobilisation de leurs membres.Ce sont d\u2019ailleurs ces membres qui auront le dernier mot sur l\u2019entente, qu\u2019ils ont le choix d\u2019accepter ou de rejeter.Advenant une approbation, la lutte des syndicats contre les mesures d\u2019austérité du gouvernement continuera, ont quand même prévenu les dirigeants syndicaux.« Depuis son élection, le gouvernement libéral s\u2019acharne à couper dans tous nos services publics afin de pouvoir allouer des baisses d\u2019impôts aux entreprises et aux mieux nantis de notre société.Les impacts de ces compressions budgétaires se font de plus en plus sentir auprès de la population.Nous continuerons à mettre tout en œuvre afin de préserver nos services publics contre un tel démantèlement», a ainsi fait savoir le Front commun.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR A propos de la présence d\u2019agents infiltrés, le porte-parole du SPVM répond que «cela fait partie de [ses] stratégies».Agents infiltrés dans les manifestations : le SPVM fera le point MARIE-MICHELE SIOUI Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) doit faire le point en ce début de semaine sur la présence possible d\u2019agents d\u2019infiltration dans une manifestation antiaustérité organisée vendredi soir, et qui s\u2019est terminée à l\u2019hôpital pour une manifestante qui dit avoir été rudoyée par un de ces agents en civil.Dimanche, Katie Nelson avait encore des douleurs, mais elle était désormais en mesure de se déplacer.La jeune femme, qui dit avoir été agressée par un policier se faisant passer pour un manifestant, a passé la nuit de vendredi à samedi à l\u2019hôpital Saint-Luc.Elle a été placée en observation, car elle aurait pu subir une commotion cérébrale quand son corps a frappé le sol.«feme suis retournée et fai vu quelqu\u2019un courir vers moi», a-t-elle relaté à propos des événements, qui se seraient déroulés au moment où la manifestation, organisée par des étudiants du Cégep du Vieux-Montréal, tirait à sa fin.«Je pense qu\u2019il m\u2019a poussée», a-t-eUe ajouté, à propos du policier habillé en noir qui l\u2019aurait agressée.«Je ne m\u2019en souviens pas bien.Je n\u2019étais pas ca- pable de me relever, alors mon amie m\u2019a éloignée.L\u2019escouade anti-émeute nous a encerclés et une ambulance est arrivée.» Au moment de l\u2019attaque présumée, la jeune manifestante cherchait ses amis.«Je m\u2019étais réfugiée sous des escaliers, et je sortais de là.C\u2019était une manifestation épeurante», a-t-elle dit à propos de l\u2019ambiance.Une agression ciblée ?Katie Nelson, qui étudie à l\u2019Université Concordia, croit que l\u2019agression a quelque chose à voir avec le fait qu\u2019elle a reconnu un policier parmi le groupe de personnes habillées en noir.«Il a enlevé son masque.Je l\u2019ai reconnu et il m\u2019a reconnue», a-t-eUe rapporté.«Je lui ai dit: tu es un policier! Il s\u2019est mis à sacrer et moi, fai commencé à crier pour avertir les autres que c\u2019était un policier.» C\u2019est à ce moment qu\u2019un deuxième policier infiltré l\u2019aurait poussée.L\u2019étudiante se serait retrouvée sur le sol.Deux jours après les événements, elle dit s\u2019en être tirée avec une contusion sur le bras et un genou très enflé.Le SPVM fera le point Au SPVM, le porte-parole Jean-Pierre Brabant a affirmé dimanche avoir été informé de cet événement, qui a depuis fait le tour des réseaux sociaux.« Une rétroaction est en train d\u2019étre faite, ou sera faite, comme ça se fait pour toutes les manifestations», a-t-il déclaré.Le SPVM devrait donc être en mesure de faire le point sur les événements en début de semaine, si ce n\u2019est ce lundi.A propos de la présence d\u2019agents infiltrés, le policier a répondu que «cela fait partie de nos stratégies.Mais ça dépend des manifestations ».Certains manifestants ont aussi affirmé qu\u2019un des agents habillés en civil aurait sorti son arme de service.La véracité de ces allégations sera aussi évaluée, a confirmé l\u2019agent Brabant, qui n\u2019a pas pu confirmer ou infirmer la réception de poursuite judiciaire par le corps policier.Poursuite de 24 000 $ Katie Nelson, de son côté, a affirmé qu\u2019elle n\u2019en resterait pas là.«J\u2019ai été hospitalisée», a-t-elle répété, comme pour souligner l\u2019importance qu\u2019elle accorde à l\u2019événement.L\u2019étudiante poursuit déjà la Ville et le SPVM pour 24 000 $, en raison de ce qu\u2019elle qualifie de «profilage politique».Dans la poursuite qu\u2019elle et son avocat, Julius Grey, ont déposée en août 2013, il est allégué que les forces policières ont violé les droits fondamentaux de la jeune femme en lui remettant plus de 25 constats d\u2019infraction sur une période d\u2019un an.Katie Nelson, qui cumule des contraventions de plus de 6500$, prétend avoir été ciblée par la police à partir des manifestations de 2012 en raison de ses opinions politiques.Pas moins de 20 policiers sont nommés dans la poursuite, et l\u2019un d\u2019eux serait l\u2019agent infiltré que l\u2019étudiante dit avoir reconnu vendredi soir.«Je crois que celui qui m\u2019a poussée est visé par la poursuite également, a-t-elle ajouté.Nous voyons souvent les policiers de l\u2019anti-émeute dans les manifestations, alors on les reconnaît.» Pour l\u2019heure, Katie Nelson doit contacter son avocat et décider de la stratégie qu\u2019elle adoptera.«Je vais voir si je peux inclure les événements de vendredi dans la poursuite», a-t-elle fait savoir.La cause de M\u201d® Nelson doit être entendue en juin et juillet au palais de justice de Montréal, au cours d\u2019audiences qui doivent durer 18 jours.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 21 DECEMBRE 2015 ACTUALITES Trudeau veut accroître l\u2019accès à Tinformation JIM BRONSKILL à Ottawa Un meilleur accès à l\u2019information au niveau fédéral amènerait plus de débats publics \u2014 parfois ardus \u2014 sur plusieurs enjeux, mais aussi une amélioration de la gouvernance, selon le premier ministre Justin Trudeau.Le gouvernement libéral mènera une «révision adéquate» de la vieillissante Loi sur l\u2019accès à l\u2019information afin de déterminer «ce qui fonctionnera vraiment», a-t-il expliqué la semaine dernière.Il a ainsi réitéré l\u2019engagement des libéraux de moderniser la loi fédérale, qui a très peu changé depuis qu\u2019elle est entrée en vigueur le juillet 1983, lorsque le père de M.Trudeau, Pierre Elliott, était au pouvoir.À l\u2019époque, les documents papier étaient beaucoup plus courants que les fichiers électroniques sur des ordinateurs personnels.Plusieurs se plaignent ainsi que la loi n\u2019a pas suivi le rythme des changements technologiques et la plus grande volonté de transparence du moment.La loi permet aux demandeurs qui paient 5$ de recevoir des informations relativement à certains dossiers gouvernementaux, dont des notes d\u2019informations, des études, de la correspondance et des réclamations de dépenses.Idéalement, le gouvernement est censé répondre aux demandes dans un délai de 30 jours, mais les ministères et agences gouvernementales prennent généralement beaucoup plus de temps.De plus, ce ne sont pas toutes les informations qui sont accessibles; les documents du cabinet demeurent presque tous secrets pour une Plusieurs se plaignent que la loi n\u2019a pas suivi le rythme des changements technologiques période de 20 ans.Les autorités peuvent aussi retenir plusieurs renseignements, dont des recommandations remises par des fonctionnaires et des avocats, du matériel lié à la sécurité ou des échanges avec d\u2019autres gouvernements.La commissaire à l\u2019information du Canada, Suzanne Le-gault \u2014 qui s\u2019assure de l\u2019application de cette loi \u2014 a récemment déclaré qu\u2019elle avait du mal à traiter les quelque 3000 plaintes déposées par des personnes qui avaient formulé des demandes d\u2019accès.Pendant la dernière campagne électorale, le Parti libéral avait affirmé que les données gouvernementales devraient être ouvertes par défaut et qu\u2019elles devraient être présentées dans des formats adaptés à la société actuelle qui les rendent faciles d\u2019utilisation.Le premier ministre Trudeau a demandé au président du Conseil du Trésor, Scott Prison, de travailler de concert avec la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, pour faire un examen de la loi.Le gouvernement veut également s\u2019assurer que la commissaire à l\u2019information aura le pouvoir d\u2019exiger au gouvernement de publier certaines données \u2014 ce qu\u2019elle ne peut pas faire actuellement.Il veut également faciliter les démarches des Canadiens qui voudraient consulter leurs données personnelles en élargissant la portée de la loi aux bureaux des différents ministères \u2014 dont celui du premier ministre \u2014, à toutes les institutions administratives au Parlement et aux tribunaux.M.Trudeau a également intimé M.Prison à accélérer le passage aux données ouvertes et le virage technologique des informations gouvernementales.La Presse canadienne Le ministre de la Défense en Irak Pagdad \u2014 Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, s\u2019est rendu en Irak, quelques jours après que les Forces armées canadiennes eurent contribué à repousser une importante offensive du groupe armé Etat islamique.Des médias kurdes rap- portent que M.Sajjan a passé la journée de dimanche dans la ville d\u2019Irbil.Le voyage du ministre n\u2019avait pas été annoncé à l\u2019avance par le gouvernement.Le site de nouvelles kurde Ru-daw ne précise pas la raison de la visite de M.Sajjan en Irak, mais des images le montrent en train de rencontrer des responsables kurdes à Irbil.La Presse canadienne Chers abonnés, chers lecteurs Veuillez prendre note de l\u2019horaire du service à la clientèle pour le temps des fêtes : 24 & 31 décembre: 7h30àmidi Du 25 au 28 décembre inc.et du\tau 4 janvier inc.: PÉRIMÉ Sinon, le service sera ouvert comme à l\u2019habitude du lundi au vendredi entre 7 h 30 et 16 h 30.JOYEUSES FÊTES À TOUS ! 1800463-7559 Le Canada a renonce a un siege au Conseil de sécurité avant 2020 MIKE BLANCHFIELD à Ottawa Justin Trudeau veut bien rétablir le rôle du Canada comme joueur international, mais le premier ministre devra vraisemblablement obtenir un deuxième mandat avant de ramener le pays dans l\u2019un des cercles les plus puissants du monde.M.Trudeau a en fait abandonné l\u2019idée de voir le Canada de nouveau au sein du puissant Conseil de sécurité des Nations unies avant 2020.La perte historique d\u2019un siège sur le Conseil en 2010 aux mains du Portugal a été souvent citée comme l\u2019un des échecs majeurs de politique étrangère du précédent gouvernement conservateur, ayant perçu à certains moments l\u2019Organisation des Nations unies (ONU) avec dédain.M.Trudeau a fait du réengagement du Canada au sein des Nations unies et d\u2019autres organisations mondiales multilatérales un aspect central de sa politique étrangère.Mais dans une entrevue de fin d\u2019année avec La Presse canadienne, la semaine dernière, le premier ministre a admis ce que les hauts fonctionnaires ont indiqué à son nouveau gouvernement après sa victoire électorale en octobre : il est peu probable que le Canada se retrouve en position de réclamer un siège temporaire de deux ans avant le début 2020.Certains autres pays européens occidentaux dans le groupe des Nations unies auquel appartient le Canada ont déclaré leur intention de présenter leur candidature, comblant le bulletin de vote au moins jusqu\u2019en 2020.«Oui, il serait bon de regagner une place au Conseil de sécurité.Et nous sommes bien sûr conscients des défis quant au moment opportun, a dit M.Trudeau.Mais ce n\u2019est pas la seule manière d\u2019obtenir des résultats au sein des Nations unies.Le besoin est là pour un engagement du Canada sur divers enjeux, et c\u2019est exactement ce que nous allons faire», a ajouté le premier ministre.M.Trudeau a cité un engagement renouvelé envers le maintien de la paix et la lutte contre les changements climatiques comme exemple de deux secteurs dans lesquels le Canada peut jouer un rôle constructif au sein des Nations unies.La Presse canadienne ASSOCIATED PRESS Glissement de terrain en Chine : 59 personnes portées disparues Près de 60 personnes étaient portées disparues dimanche dans une zone industrielle du sud de la Chine après un gigantesque glissement de terrain qui a enseveli une trentaine de bâtiments et provoqué une explosion de gaz, a rapporté la presse officielle.Les témoins ont relaté avoir vu une masse de terre et de boue s\u2019abattre en fin de matinée sur cette zone de Shenzhen, une ville frontalière de Hong Kong, engloutissant habitations et usines.Dans un bilan tard dimanche soir, l\u2019agence officielle Chine nouvelle a fait état de trois blessés et 59 disparus.Plus de 1500 secouristes étaient à pied d\u2019œuvre.AFFAIRES Stephen Poloz, personnalité de l\u2019année ANDY BLATCHFORD à Ottawa Au début de l\u2019année 2015, Stephen Poloz dirigeait une banque centrale d\u2019un pays qui manifestait enfin des signes de reprise économique, ce qui laissait croire qu\u2019il allait hausser le taux directeur resté longtemps stable.Mais seulement trois semaines après le début de l\u2019année, le gouverneur de la Banque du Canada a perçu une menace, au loin : la chute des prix du pétrole dans le monde.C\u2019est à ce moment qu\u2019il a causé une ' commotion dans le secteur des affaires en abaissant le taux directeur de 1 à 0,75%, prenant de court les marchés.Il avait dit vouloir protéger l\u2019économie canadienne contre les effets «nécessairement négatifs» de la diminution des prix pour un pays qui exporte du pétrole.Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a été choisi personnalité de l\u2019année dans le secteur des affaires par La Presse canadienne pour son rôle dans l\u2019économie du pays, qui a traversé une période turbulente cette année.M.Poloz a passé l\u2019année 2015 à analyser une économie malmenée par la variation des prix du pétrole, qui a plongé le pays en récession technique.Ces difficultés ont amené le gouverneur à diminuer une fois de plus le taux directeur dans les mois suivants.«Cela n\u2019arrive pas souvent, ou même jamais, qu\u2019une banque centrale prend complètement au dépourvu le marché avec la politique du taux directeur, et c\u2019est précisément ce que Stephen Poloz a fait, a souligné l\u2019animateur Greg Bonnell, du réseau Business News, en expliquant son choix.Bien que plusieurs se soient demandé pourquoi le gouverneur avait trouvé nécessaire cette \u201cassurance\u201d, les deux trimestres négatifs de suite de l\u2019économie canadienne ont fait que ses décisions du mois de janvier avaient l\u2019air visionnaires», a-t-il ajouté.M.Poloz lui-même était surpris des développements il y a 12 mois.Stephen Poloz «En résumé, c\u2019était une année difficile, bien sûr, parce que nous avons commencé avec un choc d\u2019une grande ampleur.Et ce n\u2019était pas seulement un gros choc, c\u2019était un type de choc des plus complexes auxquels peut faire face un économiste», a-t-il soutenu le mois dernier lorsqu\u2019on l\u2019a questionné sur le bilan de l\u2019année.Il a rappelé qu\u2019au mois de décembre l\u2019année dernière, la banque commençait à voir poindre la chute des prix du pétrole, mais quelque mois avant cela, «il n\u2019y avait presque aucun signe» en ce sens.«C\u2019était juste un peu faible, mais on ^ aurait dit que ce serait temporaire», s\u2019est-il souvenu, en parlant de la situation à l\u2019automne 2014, lorsque les prix ont entamé leur plongeon.Jusqu\u2019au mois de janvier, la banque centrale anticipait une croissance accélérée de l\u2019éconornie canadienne, de concert avec celle des Etats-Unis.Or, la remontée de l\u2019économie américaine ne s\u2019est jamais concrétisée et le portrait s\u2019est assombri au Canada, ce qui a amené M.Poloz à utiliser un qualificatif qui en a fait sourciller plusieurs.En entrevue au Einancial Times au mois de mars, le gouverneur a affirmé que la chute des prix allait entraîner des résultats «atroces» pour le premier trimestre au Canada.Sa déclaration a suscité la controverse, le forçant à tempérer ses propos devant un comité parlementaire, où il a affirmé qu\u2019il n\u2019avait «certainement pas eu l\u2019intention de surprendre ou d\u2019effrayer les gens».Il n\u2019en demeure pas moins que les premiers résultats ont été effectivement désastreux.Lors du premier et deuxième trimestre, l\u2019économie canadienne a reculé.En théorie, lorsque l\u2019économie se contracte pour deux trimestres consécutifs, on parle d\u2019une récession technique.M.Poloz avait réagi en diminuant pour une deuxième fois le taux directeur à 0,5% \u2014 soit son niveau actuel.La Presse canadienne Les ministres des Finances discutent Ottawa \u2014 Les ministres des Finances des provinces et territoires se sont réunis dimanche soir à Ottawa, avec leur homologue fédéral, Bill Morneau, pour faire le point sur la difficile réalité économique du Canada à laquelle doit faire face le nouveau gouvernement libéral.Plusieurs ministres espèrent quitter ces rencontres, lundi, avec une meilleure compréhension des promesses électorales du gouvernement, qui touchent un grand nombre de domaines ayant un impact sur les provinces.Le ministère fédéral des Finances a détaillé certains des sujets au programme de cette réunion, dont les promesses libérales d\u2019une réforme du régime de retraite, de dépenses dans les infrastructures et d\u2019un nouveau programme de prestations à l\u2019enfance.Avec les difficultés de l\u2019économie du pays à se remettre de la dégringolade des prix de l\u2019énergie, la croissance de l\u2019économie est le sujet dont M.Morneau souhaite le plus ardemment discuter.«Nous allons parler d\u2019infrastructure et de la meilleure manière d\u2019investir ensemble dans les infrastructures, a-t-il dit.Et comme je l\u2019ai dit, nous allons parler de l\u2019amélioration du Régime de pensions du Canada et de la façon dont on pourrait travailler ensemble en la matière.» Dans un communiqué récent, le ministère des Finances appelait les gouvernements fédéral et provinciaux à gérer conjointement le Régime de pensions.Les libéraux se sont aussi engagés à transférer des milliards de dollars aux provinces, aux territoires et aux municipalités pour investir dans des projets d\u2019infrastructure, comme les transports publics.Le Parti libéral croit que de tels investissements sont nécessaires pour remettre en marche l\u2019économie du Canada et créer des emplois.Ce n\u2019est pas au programme officiel, mais Bill Morneau pourrait aborder les soins de santé et le besoin de réagir à la hausse de la facture en santé, bien que ce serait la ministre de la Santé, Jane Philpott, qui prendrait les rênes de ces dossiers.Les libéraux ont promis de négocier un nouvel accord fédéral-provincial sur la santé et de s\u2019engager dans un financement à long terme.Le Partenariat transpacifique, la politique monétaire et l\u2019économie mondiale devraient aussi faire partie des discussions et présentations.La rencontre prendra fin ce lundi.La Presse canadienne i Michel Rabagliati r IM l \u2022 ^ s_Fêtes, offrez en cadeau ul dans le Nord, le nouveau tome iste Michel Rahagliati.13 éditions du samedi pour 38,60 $, taxes incluses.; www.ledevoir.com/promonoeI D\u2019autres types d\u2019abonnements peuvent être offerts.L\u2019offre se termine le 24 décembre 2015. LE DEVOIR, LE LUNDI 21 DECEMBRE 2015 A 5 ACTUALITES Le Devoir fait recette Le velouté aux olives de ma mère Alors que se préparent les fêtes de fin d\u2019année, nous avons fait appel à nos lecteurs pour qu\u2019ils fouillent leurs cartons à la recherche d\u2019une recette léguée de génération en génération.Nous poursuivons cette série gourmande, dans laquelle vous trouverez une recette, le contexte familial qui l\u2019a fait naître et la touche d\u2019un expert des traditions culinaires inspiré par la recette pour raconter un pan d\u2019histoire de la gastronomie.JANINE PINEAU 80 ans, Saint-Nicolas M a mère servait ce délicieux velouté en entrée au réveillon de Noël.Notre famille a conservé cette tradition culinaire qui date des années 1930.Enfants et petits-enfants ne peuvent envisager un souper de Noël sans ce délicieux velouté.Il est prudent de tripler la recette.Chaque invité tient à en remporter pour le lendemain, afin de se remettre des abus de la veille.Le mot de l\u2019historienne 1 CATHERINE EERLAND Cuisiner est un art, diront certains, une nécessité, rétorqueront les autres.Une chose est sûre : les pratiques culinaires font partie des mœurs de toutes les sociétés et servent de support à l\u2019identité.Les premiers colons de la Nouvelle-France amenaient avec eux un riche bagage culturel issu de plusieurs régions de la France, notamment de Provence, où les cuisines étaient fortement imprégnées du chaud soleil du Midi.C\u2019est ainsi que \u2014 même si la chose peut surprendre \u2014 l\u2019huile d\u2019olive s\u2019est retrouvée jusque dans la vallée du Saint-Laurent.dès 1607, si l\u2019on en croit les Jésuites qui l\u2019ont noté dans leurs écrits ! Naturellement, on ne cuisine pas à l\u2019huile d\u2019olive dans toutes les chaumières.Son prix élevé n\u2019autorise son achat que par les mieux nantis des villes de la colonie.Bourgeois et nobles ne se privent pas d\u2019importer de coûteuses denrées européennes pour diversifier leur ordinaire.C\u2019est ainsi que, outre l\u2019huile d\u2019olive, on retrouve par exemple du poivre, de la cannelle, du clou de girofle, des noix, des fruits confits, des vins raffinés et des boissons exotiques, comme le café, le thé et le chocolat, tous importés à grands frais des vieux pays.En 1732, un inventaire réalisé chez le Montréalais André Demers révèle la présence de «deux flacons d\u2019huisle d\u2019olive d\u2019environ trois mémistée [demi-setiers, une ancienne mesure] » rangés dans un buffet.Quelque temps après, des documents administratifs rédigés en août 1748 permettent d\u2019apprendre que la ration annuelle des officiers, aumôniers et garde-magasins comporte entre autres une barrique de vin, un minot et demi de pois, vingt-quatre pots de mélasse.et vingt livres d\u2019huile d\u2019olive.Associée à la cuisine du Midi, l\u2019olive se raréfie après la Conquête de 1760 et l\u2019arrivée massive d\u2019une population d\u2019origine britannique.N\u2019oublions pas que si la France a les pieds dans la Méditerranée, les îles britanniques en sont fort éloignées! Sans disparaître complètement, l\u2019olive et l\u2019huile d\u2019olive acquièrent le statut de « denrées de luxe » : l\u2019huile deviendra un assaisonnement réservé à l\u2019élite, le beurre prenant résolument le relais pour assurer l\u2019apport de corps gras aux diverses préparations culinaires de la population.Et le beurre a évidemment l\u2019immense avantage d\u2019être produit ici.On doit aux milliers de familles italiennes immigrées au Québec enfre 1890 et 1925 l\u2019introduction de nombreux éléments emblématiques de la gastronomie méditerranéenne: les pâtes, les pizzas, le parmesan, les charcuteries, les anchois, les câpres, et bien sûr les olives.(Ajoutons au passage que c\u2019est d\u2019ailleurs sous cette influence italienne qu\u2019a été introduite ici la fameuse recette de sauce à spaghettis, dont à peu près toutes les familles québécoises sont aujourd\u2019hui dépositaires!) Consommées comme hors-d\u2019œuvre ou cuisinées comme dans le potage présenté ici, les olives sont sans doute revenues pour de bon sur nos tables.à plus forte raison avec le souci actuel d\u2019une alimentation plus santé ! Les ingrédients 4 tasses de consommé de volaille % tasse de crème 35% 1 c.à soupe d\u2019olives farcies tranchées (facultatiO 1 jaune d\u2019œuf Feuilles de cresson ou de persil Croûtons en forme d\u2019étoile pour décorer La préparation Le consommé : 1 poule à bouillir en quartiers, légumes hachés grossièrement: oignons, poireau, céleri, tiges de brocoli, fines herbes.Laisser mijoter durant deux heures environ.Retirer les morceaux de poulet et laisser réduire le liquide.Réserver.Le velouté : Chauffer le consommé, y ajouter la crème dans laquelle on aura fait mousser le jaune d\u2019œuf, fouetter.Verser le mélange dans le consommé et faire mousser le tout, garder au chaud sans faire bouillir, ajouter les olives farcies.Servir dans des tasses à consommé et décorer au goût selon les circonstances.Délicieux aussi le lendemain, s\u2019il en reste.Collaboration spéciale Le Devoir \\ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les deux familles réunies pour le brunch.De gauche à droite: Laura Moussa, le petit Evan Romhein, Loay Romhein (derrière), Charles Renaud Lidji avec sa fille Iris Camélia Lidji, Chloé Meunier-Gingras qui porte Chad-Éliam dans ses bras et Cizar Romhein.Un brunch entre Damas et Montréal Des Montréalais accueillent une famille syrienne le temps d\u2019un repas, prétexte d\u2019un échange qui se tisse entre eux SARAH R.CHAMPAGNE Entre une fournée de crêpes et une deuxième tournée de café, Chloé Meunier-Gingras prend le temps d\u2019expliquer que le sirop d\u2019érable vient de l\u2019arbre emblématique canadien.Son conjoint, Charles Renaud Lidji, fait dorer des croissants et du pain, pendant que sa petite Iris s\u2019agrippe à son chandail de l\u2019équipe des Canadiens.«On m\u2019a dit que le brunch consistait à manger durant des heures le dimanche matin, mais c\u2019est la première fois que nous essayons», confie Loay Romhein pendant que ses hôtes reviennent remplir la table déjà débordante.Ce repas du dimanche est la troisième rencontre de la famille québécoise avec ces réfugiés syriens, arrivés il y a à peine deux mois.Les deux couples et leurs enfants se sont eux-mêmes «jumelés» à partir d\u2019une discussion sur Facebook.Un article sur les Romhein venait de paraître dans un quotidien montréalais et Chloé, abasourdie de lire les commentaires xénophobes, a pris l\u2019initiative de leur écrire : « Tout le monde s\u2019inventait des histoires, car il était mentionné dans l\u2019article que Laura [conjointe de Loay] n\u2019était pas présente pour l\u2019entrevue.» Entre toutes les collectes de vêtements, de meubles ou de denrées, Chloé a préféré leur offrir de la complicité et du temps.La semaine suivant cet échange virtuel, le couple montréalais et leurs deux jeunes enfants se sont retrouvés dans l\u2019appartement de Loay Romhein et Laura Moussa à Laval.«Nous n\u2019avions même KK Nous ne sommes pas des réfugiés économiques, c\u2019est la sécurité que nous cherchons )) Loay Romhein pas encore de chaises! Mais on avait l\u2019impression de se connaître depuis longtemps au bout de quelques heures», relate la mère de famille.«Je me suis même adressé à Charles en arabe tout d\u2019un coup, sans m\u2019en rendre compte», dit son mari.«C\u2019est quand même bon signe», répond Charles, lui-même immigrant d\u2019origine ivoirienne.Haro sur la peur Le soleil présolstice qui entre par la grande porte-fenêtre ne réchauffe pas tout à fait, mais ces nouveaux arrivants ne sont ni pétrifiés par la peine ni transis par les premiers froids hivernaux.Une famille qui cherche un quotidien tranquille, sans plus: «J\u2019avaispeur d\u2019envoyer mes enfants à l\u2019école», glisse Laura Moussa, en déplorant le trou dans leur éducation qu\u2019a laissé cette période trouble de 18 mois en attente d\u2019un statut au Canada.Les œufs sont à peine servis que la discussion prend une tournure plus politique.«Nous ne sommes pas des réfugiés économiques, c\u2019est la sécurité que nous cherchons», explique M.Romhein.Sa femme renchérit: «Nous n\u2019aimons pas la guerre.Personne n\u2019aime la guerre.Pensez-vous que les gens sortiraient de notre pays avec leurs enfants dans leurs bras si la situation n\u2019était pas aussi criante ?» Loay Romhein a surtout peur de la peur.«Dites à vos lecteurs que j\u2019ai vu sur le terrain un travail très rigoureux de vérification de la part du gouvernement canadien.Un peu plus ils comptaient mes cheveux», avance-t-il avec humour.«Chrétiens, musulmans, qu\u2019est-ce que ça peut changer?poursuit Laura, un humain est un humain.Nos meilleurs amis étaient musulmans et nous ne nous sentons pas moins chrétiens pour autant.» Qriginaires de Damas, ils ont d\u2019abord transité par la ville côtière de Tarions, puis par Beyrouth au Liban, avant d\u2019atterrir à Montréal.Quelques semaines avant de partir pour le Canada, ils ont rencontré une autre famille syrienne qui tirait le diable par la queue.«Leur garçon de quatre ans se couvrait la tête aussitôt qu\u2019un bruit sifflait dans la voiture.Vous imaginez?», dit Loay, les yeux humides.Entre un autre service de pomme de terre, de saucisses et de fruits, le couple s\u2019entraide pour réussir à se faire comprendre en anglais.Le début de leurs cours de français est imminent, promettent-ils, et en attendant ils tendent l\u2019oreille et prononcent des «mercis» très clairs.Chloé réitère son plus grand soutien, comme elle l\u2019a déjà fait pour traduire des papiers pour l\u2019inscription de leurs deux fils à l\u2019école.Loin de se prendre pour une sainte, cette enseignante québécoise n\u2019a pas l\u2019habitude de montrer si ostensiblement sa générosité, mais espère en inciter d\u2019autres à faire de même.La jeune femme croit que les naufrages de bateaux de migrants, et particulièrement celui du petit Aylan Kurdi dont la photo funeste a créé une commotion au début septembre, ont «éveillé les consciences».Celle qui enseigne depuis sept ans dans des classes d\u2019accueil du préscolaire et du primaire a trouvé dans ce geste une façon de surmonter son sentiment d\u2019impuissance.Ils rient déjà comme de vieux amis, quand Loay s\u2019essaie à chanter quelques couplets de Charles Aznavour.Chloé répond avec quelques bribes d\u2019une chanson arabe, en agitant les bras.Charles raconte comment Evan et Cizar Romhein ont pris soin de sa petite dernière à l\u2019air sérieux, au point qu\u2019elle a rompu avec sa gêne habituelle pour les étreindre.Le jus d\u2019orange coule à flots et le précieux sirop ambré aussi.Il donne l\u2019occasion à M\u201c® Moussa de mentionner qu\u2019un type de sirop sucré est fait à partir de raisins en Syrie.Le pays reste présent à leur mémoire en ce dimanche dans une maisonnette d\u2019Anjou tranquille.Ils sont sains et saufs, mais les cernes sont toujours creux sous leurs yeux et leurs parents, toujours coincés sur un territoire en guerre.Le Devoir le «ps des «tes?Faites-ledirectement rM A ÉTj^PES FACILES ! \\ SS' simple et efficace.Résultats des tirages du : 2015-12-19 04 15 20 23 27 49 02 16 23 30 38 46 25 compl.compl.Prochain gros lot (approx ) 12 000 000 $ 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 47428422-01 Elira 2335461 Résultats des tirages du : 2015-12-18 Résultats complets sur lotoquebec.com Prochain gros lot (approx) : 60 000 000 $ + '^AXMILLIONS 35 lots de 1 million $ (approx ) 1155347 bn cas de disparité entre cette liste et la liste otticielle de Loto Quebec cette derniere a priorité Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514-845-5545 Joyeux Noël et bonne année à tous nos abonnés! LE DEVOIR libre de penser A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 21 DECEMBRE 2015 EDITORIAL AFRIQUE Apprendre à partir Les actualités africaines étalent depuis le printemps dernier les troubles dans lesquels s\u2019enfonce le petit Burundi, un pays «au bord d\u2019une guerre civile qui risque d\u2019embraser toute la région», s\u2019est alarmé la semaine dernière Ban Ki-moon, secrétaire général de l\u2019ONU.Au-delà, que nous dit le cas burundais de la santé démocratique de l\u2019Afrique?Que s\u2019accrochent au pouvoir trop de présidents mal élus.L ^ Sü 4C:-.Guy Taillefer a Constitution lui interdisant de briguer un troisième mandat, le président burundais Pierre Nkurunziza a donc décidé d\u2019en faire une lecture qui l\u2019arrangeait.Cas classique.Sur ce, les manifestations pacifiques se sont multipliées à partir d\u2019avril pour finalement virer au bain de sang devant son refus de dialoguer avec l\u2019opposition.La tentative ratée de coup d\u2019Etat militaire du mois de mai a ensuite donné lieu à un durcissement de la répression.Plus de 200 000 personnes ont fui les violences, selon l\u2019ONU.Tout cela dans l\u2019indifférence complice d\u2019un certain nombre de parrains européens.Il a fallu que plus de 100 personnes, il y a une dizaine de jours, soient retrouvées mortes à Bujumbura dans les quartiers contestataires, après des affrontements entre l\u2019armée et des rebelles qui avaient attaqué des casernes, pour que la communauté internationale commence à s\u2019affoler.Les Etats-Unis, le Canada et la Belgique, notamment, ont appelé leurs ressortissants à quitter ce petit pays enclavé de 10 millions d\u2019habitants.Vendredi dernier, l\u2019Union africaine s\u2019est montrée disposée à déployer au Burundi une mission de paix de 5000 soldats devant les risques de guerre civile et de débordements génocidaires dans un pays où, comme dans le Rwanda voisin, la majorité hutue et la minorité tutsie ont des relations historiquement ponctuées par de terribles massacres aiguisés par l\u2019instrumentalisation politique des identités ethniques.Mettons ici les points sur les i : à savoir qu\u2019il serait pour le moins erroné de faire une lecture étroitement ethniciste du conflit burundais.Les colères qui éclatent en Afrique sont aussi celles de sociétés civiles qui n\u2019en peuvent plus d\u2019endurer des gouvernements autoritaires qui exercent le pouvoir aux fins exclusives de perpétuer l\u2019enrichissement de quelques-uns.Pierre Nkurunziza, hutu comme f\u2019est fa majorité de fa population, f\u2019a de toute évidence bien compris en s\u2019employant à détourner f\u2019enjeu.Ce n\u2019est qu\u2019après fe coup d\u2019Etat raté qu\u2019if s\u2019est mis à tribafiser son discours pour se maintenir au pouvoir.De mauvais exemples de présidents qui refusent de céder leur place, if n\u2019y a pas pénurie en Afrique, où s\u2019imbrique dorénavant aux relents de vieux cofoniafismes européens \u2014 particulièrement français \u2014 fe néocolonialisme chinois.Sans être une preuve absolue de bonne santé démocratique, le respect du principe d\u2019alternance n\u2019en reste pas moins un des ingrédients de base.Au Congo-Brazzaville, le président Denis Sassou-Nguesso, vient de réussir, par tripotage constitutionnel proche du coup d\u2019Etat, à se donner la permission de briguer un troisième mandat.Dans l\u2019immense République démocratique du Congo, l\u2019un des pays les plus dysfonctionnels de l\u2019Afrique subsaharienne, Joseph Kabila, mal réélu en 2011 à l\u2019issue d\u2019un scrutin que n\u2019a pas reconnu l\u2019opposition, arrive à la fin de son mandat en donnant à plusieurs f\u2019im-pression qu\u2019if voudra aussi trouver une façon de rester, au mépris de fa limite de mandats inscrite dans la Constitution.Au Rwanda, Paul Kagamé, au pouvoir depuis 2000, vient de faire approuver une «révision constitutionnelle» qui lui permettrait théoriquement de conserver le pouvoir jusqu\u2019en 2034.En Angola, José Eduardo dos Santos est «président à vie» depuis 1979; au Cameroun, le régime de Paul Biya tient le pouvoir depuis 1982.Si de mauvaises habitudes persistent, écrit l\u2019écrivain guinéen Tierno Monénembo dans Le Monde diplomatique, il reste que les progrès de la démocratie à travers l\u2019Afrique sont plus significatifs que les échecs.«Des élections à peu près normales se tiennent du Cap-Vert à l\u2019Afrique du Sud, aujourd\u2019hui plus nombreuses que les scrutins truqués.» Notons aussi que l\u2019Afrique n\u2019a pas le monopole des hommes forts qui prétendent suppléer à l\u2019absence d\u2019institutions fortes.Le caudillismo demeure en, Amérique latine une tare qui colle.On le voit actuellement en Equateur, où le président Rafael Correa, au pouvoir depuis 2007, manœuvre pour faire éliminer la limitation constitutionnelle de mandats.Idem au Honduras et dans fa Bolivie d\u2019Evo Morales.Le plafond de deux mandats a été levé au Nicaragua en 2014, permettant ainsi à f\u2019increvabfe Daniel Ortega de se représenter l\u2019année prochaine.Tous des présidents de gauche, d\u2019aiffeurs, sauf pour fe Hondurien Juan Hernandez.Tous autant qu\u2019ils sont rendraient service à fa démocratie s\u2019ils apprenaient à s\u2019effacer, fe moment venu.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÉRE, PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET A\\/Ai5-T*D Ûwt nôtre ETAIT ACrtfTÉ canow'a CUjUS^ 'wtç-a'ii LETTRES Vraiment, rien ne l\u2019arrête Encore porté par les débuts fulgurants de sa carrière internationale, notre premier ministre Justin Trudeau va demander au pape de s\u2019excuser pour les sévices qu\u2019ont subis les autochtones dans les orphelinats dirigés par des communautés religieuses de 1820 à 1990.Rien de moins.En quoi fe pape et fe Vatican sont-ils concernés?Ne reviendrait-if pas à fa Conférence des évêques catholiques du Canada de formuler ces excuses qui, on fe sait bien, ne sont que symboliques?Car déjà au temps de Job (celui de fa Bible), on s\u2019interrogeait sur fa pertinence de rendre un individu responsable des crimes commis par ses ancêtres.Mais Justin Trudeau connaît très bien fa valeur des symboles, fui qui en use et en abuse depuis son entrée en fonction.Ce premier ministre, sembfe-t-if, méconnaît f\u2019împor tance de respecter cer-taîns nîveaux de compétence.Alors que fe droît de désaveu quî permettait au gouvernement fédéral d\u2019învafîder des fols provinciales n\u2019exIste plus depuis 1943 et que, par conséquent, un premier ministre fédéral n\u2019a pas à se prononcer sur fe bien-fondé de fols votées par une assemblée provinciale, volfà qu\u2019If se permet de féliciter fe gouvernement québécois pour f\u2019adoption de sa fol permettant fe suicide assisté.Et ce n\u2019est pas tout.Méconnaissant peut-être fa séparation existant entre fes pouvoirs exécutifs et judiciaires, if va, dit-if, demander à fa Cour suprême de toférer fa foi québécoise qui contrevient à un articfe du Code criminef qui devra être réécrit à fa demande de cette cour.Non content d\u2019user de son charme auprès de f\u2019éfectorat canadien, voici qu\u2019if veut fe voir opérer à tous fes niveaux, même en matière constitutionneffe.fi réussira peut-être à convaincre fes provinces de trouver une façon honorabfe de permettre au Québec d\u2019adhérer à fa Constitution canadienne.Louis Dion Le 17 décembre 2015 Suis-je le seul ?Je ne suis pourtant pas si bête.Je iis piusieurs journaux quotidiennement.Je pense être au courant de i\u2019actuaiité et de ses enjeux.Je ne comprends pas tout, mais j\u2019essaie.Je suis curieux.Pourtant, piusieurs sujets m\u2019échappent.Je me dis que tout fe monde comprend, sauf moi.J\u2019ai mai iu ou je n\u2019ai pas vu passer i\u2019expii-cation.Sinon, if y a peut-être une autre réponse.Si fes journaiistes et commentateurs dans ieurs domaines respectifs ne savaient pas eux-mêmes ou qu\u2019iis trouvaient fes expiications superflues parce que, entre eux, iis se comprennent?Voici queiques exemptes: quand on écrit sur fe bitcoin, comment ça fonctionne?Queis sont fes mécanismes en jeu ?Au heu de bêtement nous dire qu\u2019ii prend de fa vaieur ou non.Quei est fe mécanisme d\u2019achat du carbone?En quoi.concrèteipent, i\u2019étiquetage de fa viande avec fes Etats-Unis consiste-t-ii exactement?Quei est i\u2019effet de i\u2019augmentation du taux d\u2019intérêt de fa EED pour fes non-initiés?(Comme ces données que i\u2019on montre aux nouveiies économiques, quei est fe pourcentage de fa popuiation qui fes comprend ?) Suis-je dépassé ?Le seui à ne pas comprendre?Pourtant, je suis encore très aierte même à 68 ans.Michel Corbeil Le 17 décembre 2015 Décision de la STM La STM aurait investi 155 mihions de doiiars pour permettre aux usagers du transport en commun de pouvoir suivre en temps réei fe dépiacement des autobus sur fe réseau.Tout ça pour savoir si votre autobus est à cinq ou six coins de rues.Le téiéphone intehigent devient quasi obiigatoire pour i\u2019usager qui sera en communication en temps réei avec un centre de contrôie ou une borne i\u2019informapt de i\u2019arrivée imminente de i\u2019autobus.A mon avis, c\u2019est une dépense inutiie et je ne comprends pas ce que tout ceia va régier.C\u2019est ridicuie et c\u2019est un gaspihage éhonté de fonds pu-biics.fi y a autre chose à faire avec 155 mihions.Les décideurs de fa STM ont-iis besoin de suggestions ?Réal Gingras Outremont, le 17 décembre 2015 LIBRE OPINION Investir dans l\u2019avenir : une affaire de confiance MARTIN MALTAIS Professeur en financement et politiques d\u2019éducation à l\u2019UQAR En 2014, le taux d\u2019obtention d\u2019un diplôme du secondaire en moins de cinq ans atteignait 84% en Ontario et 67% au Québec.Pour l\u2019Ontario, il s\u2019agit d\u2019une progression de 16% par rapport à 2004.Toutes proportions gardées, l\u2019écart représente plus de 10 000 jeunes que nous n\u2019arrivons pas à diplômer en moins de cinq ans.Par conséquent, tous les acteurs de l\u2019éducation regardent de près le modèle ontarien et se demandent quelles sont les composantes de ce modèle et comment implanter le même genre de transformation au Québec.Malheureusement, le premier piher permettant de mettre en place ce type de changement est la confiance dans l\u2019avenir et la volonté ferme de viser l\u2019excellence du système d\u2019éducation et le développement optimal des jeunes, de tous les jeunes, principes qui ne guident visiblement pas le Conseil du Trésor et le ministère de l\u2019Education, de l\u2019Enseignement supérieur et de la Recherche.L\u2019exemple de l\u2019Ontario Lorsque j\u2019ai conflance dans une entreprise ou dans une affaire, je n\u2019hésite pas à y investir les ressources nécessaires.Le postulat est tou- jours le même : les bénéflces (de tous ordres) à tirer de cet investissement seront plus élevés que les coûts (aussi de tous ordres).Ainsi, lorsque l\u2019on croit vraiment en l\u2019avenir d\u2019une entreprise, on n\u2019hésite pas à y mettre ses économies, à investir sur marge de crédit ou encore à hj^othéquer sa maison, toujours avec le même raisonnement.Dans cet esprit, de nombreuses familles empruntent pour permettre à leurs enfants d\u2019accéder à ce qu\u2019ils considèrent comme la « meilleure » éducation en postulant que les gains, pour l\u2019avenir de leur enfant, seront plus élevés que leur investissement.Bien sûr, l\u2019Ontario est en déficit.Mais augmenter la réussite et miser sur l\u2019avenir, ce n\u2019est pas seulement changer des pratiques.C\u2019est aussi, et surtout, ajouter le soutien et l\u2019expertise nécessaires, rémunérer les gens adéquatement pour qu\u2019ils se consacrent à leur travail, valoriser l\u2019activité de l\u2019entreprise.Ça ne se fait pas en s\u2019appuyant sur des croyances ou en utilisant des raisonnements trompeurs concernant l\u2019éducation au Québec.Augmenter la réussite de tous se fait lorsqu\u2019on a d\u2019abord confiance dans les jeunes et dans leur capacité à participer au développement de la société.Plusieurs laissent entendre qu\u2019il y a suffisamment, voire trop d\u2019argent en éducation.Certains avancent des augmentations des dé- penses d\u2019éducation mirobolantes.Pourtant, les comptes publics sont clairs.Les investissements dans les commissions scolaires du Québec sont passés de 5,7 milliards en 2005-2006 à 7,3 milliards de dollars en 2015-2016.Une hausse de 28%, soit une moyenne annuelle de 2,8%, pendant qu\u2019ils augmentaient de 49% en Ontario, soit 4,9% par année.Or, actuellement, certains journalistes et chroniqueurs affirment que, compte tenu de la fréquentation qui a légèrement diminué, ces hausses suffisent.Selon eux, doit-on comprendre que l\u2019Ontario investit trop en éducation ?Que cette province aurait pu accroître son taux d\u2019obtention d\u2019un diplôme du secondaire en moins de cinq ans sans augmenter le budget des conseils scolaires à 15,8 milliards?Fonds de retraite Nombre d\u2019acteurs sur le terrain et de spécialistes affirment que les choses ne vont pas bien.Que l\u2019on perd des gains durement gagnés.Que, faute de ressources adéquates, nous sommes en train d\u2019abandonner des enfants, mal^é tout le potentiel qu\u2019ils ont.Sur la scène publique, des journalistes, des chroniqueurs et des think tanks de droite critiquent les écoles et les besoins dont elles font part.Certains affirment même (dans des cabinets politiques) qu\u2019il y aurait trop de personnes dans les universités.Le problème serait qu\u2019il faut « orienter » les jeunes.Mais que se passe-t-il ?On me dira que l\u2019Ontario est en déficit, mais voilà, la question se pose.Qu\u2019est-ce qui pousse une population à faire des déficits ?La réponse est simple: la confiance en l\u2019avenir.Nous acceptons l\u2019endettement parce que nous pensons que l\u2019usufruit de cette dette générera des gains supérieurs aux coûts, à court terme, ou à long terme.Les décisions prises actuellement en éducation nuisent au développement des jeunes, appauvrissent leur avenir et, inévitablement, celui de la société.Tôt ou tard, il nous faudra payer le prix de la pauvreté intérieure que l\u2019on aura créée.Or, nos fonds de retraite sont bien garnis et ce sont eux qui, pour l\u2019essentiel, financent notre dette.Quel problème y a-t-il à nous emprunter davantage?Pourquoi ce manque de confiance?Qu\u2019est-ce que ce gouvernement craint de nos enfants, de la jeunesse?Qu\u2019elle réussisse ?Le prix à payer pour ne pas avoir investi en éducation sera trop élevé à payer.11 est temps de réinvestir, et ce, de façon stratégique, en ayant le courage de revoir nos façons de faire et de s\u2019assurer qu\u2019elles reposent sur des bases solides. LE DEVOIR LE LUNDI 21 DECEMBRE 2015 A 7 IDEES D Le calendrier de Lavent des médecins MARIE-ÈVE BEAUREGARD Au nom de Jeunes médecins pour la santé publique epuis la fin de 2014, le «médecin bashing», ou le dénigrement collectif des médecins, est à la mode.Curieusement, c\u2019est toujours en décembre que le mouvement bat son plein.Un merveilleux calendrier de bavent pour les médecins qui se demandent presque chaque jour quel nouvel article, quelle lettre d\u2019opinion ou autre publication dans les médias viendra leur faire grincer des dents, avec comme sujet de prédilection leur rémunération.Pourtant, la rémunération des médecins, bien qu\u2019elle comporte son lot d\u2019imperfections, n\u2019est selon nous qu\u2019un symptôme d\u2019une grave pathologie dans le processus de prise de décision au sein du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).il y a deux influences majeures qui ont contribué à bâtir le système de santé du Québec dans les dernières décennies : d\u2019abord, les politiques de santé de la population visant l\u2019organisation du système de santé et le déploiement de programmes de santé pour la population, et puis, les relations entre le ministère et les fédérations médicales.Influences convergentes?Ces deux influences sont-elles convergentes ?Rien n\u2019est moins sûr.D\u2019un côté, on a historiquement investi dans plusieurs commissions (Castonguay-Nepveu, Rochon, Clair.) pour tenter de comprendre quel genre de système de santé servirait le mieux la population.De là ont découlé plusieurs réformes du système; les centres locaux de services communautaires (CLSC) ont vu le jour, puis les groupes de médecine de famille (GMF), les centres de santé et services sociaux (CSSS) et finalement les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) \u2014 cette fois, secondaire- Le lobby pour la santé de la population est inexistant; nous avons besoin de ce troisième joueur ment à aucune commission ou consultation publique, mais bon.Bref, on essaie tant bien que mal de définir les besoins de la population et de trouver un mode de fonctionnement du système qui peut mieux répondre à ces besoins.D\u2019un autre côté, les relations entre le MSSS et les fédérations médicales semblent avoir lieu dans un autre monde.Un monde où l\u2019on ne parle pas tellement de système de santé et de population, mais davantage d\u2019autonomie professionnelle, d\u2019indépendance des médecins par rapport au reste du réseau et de mode de rémunération.Dernièrement, les thèmes à la mode dans ce monde étaient la productivité et le nombre de patients inscrits auprès d\u2019un médecin de famille (clin d\u2019œil au projet de loi 20).Dans ces négociations entre le MSSS et les fédérations, il y a deux lobbies.Le gouvernement tient à respecter son budget et en veut pour son argent, et les syndicats des médecins, eux, font très bien leur travail, c\u2019est-à-dire défendre les intérêts financiers et les conditions de travail de leurs membres.La santé de la population devrait être l\u2019objectif ultime de ces négociations, mais où est-elle, la population ?Elle tente de faire entendre sa voix dans un débat dans lequel elle est forcée de rester assise sur le banc des joueurs.Le lobby pour la santé de la population est inexistant.Nous avons besoin de ce troisième joueur au banc des négociations pour exiger la convergence des influences qui bâtissent notre système de santé.ISTOCK La rémunération des médecins n\u2019est qu\u2019un symptôme d\u2019une grave pathologie dans le processus de prise de décision ANNIK MH DE CARUFEL ARCHIVES LE DEVOIR Le politicien aguerri est celui qui a cultivé un bon réseau de contacts.Sur la photo, Paul Desmarais, de Power Corporation, Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, et Philippe Couillard, premier ministre du Québec, lors d\u2019une conférence à Montréal.Le dispositif La qualité d\u2019un politicien se réduit en fait à ses contacts PIERRE PAUL CHARLEBOIS Enseignant en philosophie Cégep de Sherbrooke n pouvait entendre l\u2019autre jour Oà la radio un commentateur politique évaluant les récentes nominations ministérielles du tout nouveau gouvernement canadien.On disait de l\u2019un qu\u2019il était aguerri au monde politique, et de l\u2019autre qu\u2019il était une verte recrue.Le critère sur lequel reposait cette appréciation : l\u2019importance de la liste de contacts.Le politicien aguerri est donc celui qui a cultivé un réseau de contacts, qui possède un carnet d\u2019adresses bien garni dans la sphère politique mais, tout aussi vital, dans d\u2019autres domaines, comme dans le monde des affaires, de l\u2019industrie, des firmes de toutes espèces, des multinationales, des petites et moyennes entreprises, de la société civile, etc.Bref, ce qui importe par-dessus tout pour être un politicien professionnel aguerri, c\u2019est d\u2019avoir ses entrées, d\u2019en avoir beaucoup, et que ce soient les bonnes, celles qui comptent.Ce modèle opératoire, c\u2019est ce que le philosophe italien Giorgio Agamben appelle, après Foucault, le «dispositif».Pour faire de la politique aujourd\u2019hui, on se doit de posséder et de maîtriser un dispositif, c\u2019est-à-dire tout ce qui a, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, la capacité de capturer, d\u2019orienter, de déterminer, d\u2019intercepter, de modeler, de contrôler et d\u2019assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants.C\u2019est ce qu\u2019on entend généralement par avoir des «connexions».Cultiver ses relations Ainsi, le dispositif du politicien actuel est parfaitement calqué sur celui du monde des affaires, du big business, de l\u2019entreprise, et aussi, par la bande ou de loin, de la mafia.On joue au golf, mais pas pour le sport en lui-même : ce qui est important, c\u2019est avec qui on joue.Parce qu\u2019on y brasse des affaires.Parce qu\u2019on y cultive ses connexions.C\u2019est ce qu\u2019on fait aussi sur les yachts ou dans les loges des temples du sport.Bien entendu, l\u2019objectif clair du fonctionnement du dispositif est, finalement, d\u2019en profiter, au sens de profit désiré, anticipé, et quel que soit ce profit.L\u2019importance d\u2019avoir des connaissances \u2014 au sens capitaliste de personnes que l\u2019on sait avoir du pouvoir \u2014 joue un rôle primordial.On ne peut certes pas reprocher à une femme ou à un homme public d\u2019avoir des accointances nombreuses : c\u2019est la « qualité » de ces accointances qui est à mesurer, particulièrement sur le plan Le système capitaliste est calqué de toutes pièces sur le dispositif religieux qui a très bien fonctionné, et fonctionne encore très bien éthique.Par exemple, le problème du procureur Renaud Lachance, en marquant de façon théâtrale sa dissidence du rapport de la juge Char-bonneau, c\u2019est que cela laisse planer un doute sur ses accointances.Donc sur son dispositif.Plus largement, et pour Agamben, le terme dispositif «nomme ce par quoi se réalise une pure activité de gouvernement sans le moindre fondement dans l\u2019être».Ainsi, nous serions passés du dispositif conservateur de Harper au dispositif libéral de Trudeau.Voilà ce que le commentateur politique évaluait, finalement.Mais le dispositif, c\u2019est aussi l\u2019ensemble des connexions, non seulement humaines, mais techniques, matérielles.La définition de Michel Foucault, citée par Agamben, est éloquente à ce sujet: «Ce que f essaie de repérer sous ce nom, c\u2019est, premièrement, un ensemble résolument hétérogène, comportant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux, des décisions réglementaires, des lois, des mesures administratives, des énoncés scientifiques, des propositions philosophiques, morales, philanthropiques, bref: du dit, aussi bien que du non-dit, voilà les éléments du dispositif Le dispositif lui-même, c\u2019est le réseau qu\u2019on peut établir entre ces éléments.» (Michel Foucault, Dits et écrits, volume III, 1977, p.299).Médias sociaux Pour illustrer ceci : un des dispositifs les plus populaires de nos jours, celui des médias sociaux.Prenons Facebook.De quoi s\u2019agit-il?De collectionner les amis.C\u2019est-à-dire de connecter, et d\u2019être connecté.C\u2019est ce que l\u2019ordinateur fait, qui est lui-même connecté au réseau hydroélectrique, lequel est un ensemble incroyable de connexions (fils, prises électriques, poteaux, pylônes, barrages, rivières, technologies, travailleurs, etc.).Alors que les cellulaires, iPphone, iPpad et autres tablettes électroniques sont liés au réseau téléphonique ou au Wi-Fi.Ce qui est intéressant chez Agamben, et qui surprend par ailleurs, c\u2019est ce lien qu\u2019il fait avec la religion catholique.Sa réflexion sur l\u2019étymologie du mot «économie» y est fascinante à cet égard.«Dans les premiers siècles de l\u2019histoire de l\u2019Eglise [.] le terme oikonomia a joué dans la théologie un rôle décisif Nous savons qu\u2019en grec, oikonomia signifie administration de Loikos (c\u2019est-à-dire de la maison), et, plus généralement, gestion, management.» La définition de l\u2019œcuménisme, au sens chrétien du terme, est directement issue de celle de l\u2019économie, au sens grec du terme, de la gérance des affaires sur Terre, que Dieu, en bon père, aurait confié à §on fils.Le mystère de la sainte Trinité, que l\u2019Église a imposé au détriment du gros bon sens et à coup de foi et d\u2019inquisition, est en fait un dispositif extrêmement sophistiqué, dans le sens grec du qualificatif.Force est de conclure que le système capitaliste, tel qu\u2019on le connaît maîntenant (et comme l\u2019a démontré Max Weber) est un dispositif d\u2019une efficacité Incroyablement complexe, vertigineuse même.Mais surtout, 11 est calqué de toutes pièces sur le dispositif religieux qui a très bleu fonctionné, et fonctionne encore très bleu.Comme quoi nous n\u2019avons pas réussi à nous en sortir.«Dans cette perspective, le capitalisme et les figures modernes du pouvoir semblent généraliser et pousser à l\u2019extrême les processus de séparation qui définissent la religion.» De l\u2019importance d\u2019une industrie québécoise du doublage Selon un sondage Léger, 75 % des Québécois préfèrent que le doublage soit fait ici SOPHIE PREGENT Présidente de l\u2019Union des artistes (UDA) JEAN DUCHARME Vice-président de l\u2019Association nationale des doubleurs professionnels (ANDP) ans trop cacher ses préjugés relevant de préférences bleu personnelles, M.Sylvlo Le Blanc appelle à la fin du doublage fait au Québec («Mettons fin au double doublage», 16 décembre) , au profit de doublages faits ailleurs.Dans ce domaine, 11 faut savoir que la concurrence est forte, et même agressive.Elle vient de pays comme la Belgique, l\u2019Espagne et le Maroc, qui gagnent rapidement des parts de marché dans les doublages en français.Qr, contrairement à ce que M.Le Blanc voudrait croire, les Québécois désirent avoir accès à des films et des séries télévisées doublés Ici, qui leur ressemblent et qui tiennent S compte des particularités linguistiques et culturelles d\u2019Icl.Selon un récent sondage réalisé par Léger pour l\u2019UDA, 64% pensent qu\u2019il est Important que les films et les émissions soient accessibles en version française et 75% préfèrent que le doublage soit fait au Québec.Développer de nouvelles voix Les Québécois savent non seulement reconnaître le doublage fait au Québec, mais savent également reconnaître la qualité de celul-cl.Parce que le métier de doubleur professionnel ne s\u2019improvise pas.11 exige une dextérité vocale hors du commun et continuellement travaillée.11 exige de surcroît une efficacité ne pouvant reposer que sur la rigueur, l\u2019expérience et la formation continue.M.Le Blanc souligne à sa manière l\u2019importance d\u2019investir dans la formation,de nos doubleurs, la diversité et la relève.À cet égard, l\u2019UDA a mis en place, au cours des dernières années, un programme de formation continue en doublage pour développer de nouvelles voix.L\u2019UDA et l\u2019ANDP sont en «mode solution» pour maintenir la compétitivité du doublage québécois.Une baisse de tarifs ne sera pas suffisante pour assurer la pérennité du secteur, mais tout le monde y a vu un pas dans la bonne direction.L\u2019engagement et l\u2019appui des gouvernements sont maintenant attendus ; les appels en ce sens ont bien été lancés.Au Québec, l\u2019industrie du doublage regroupe actuellement environ 900 professionnels et artistes.Soutenir notre industrie et nos travailleurs contribuera certainement plus à notre société et à notre économie que de favoriser simplement ce qui est importé à faible coût.Un laisser-aller mettrait l\u2019industrie québécoise du doublage davantage à risque.Le public francophone, qui s\u2019est maintes fois prononcé en faveur d\u2019un doublage fait au Québec, se verrait imposer une fois de plus le contraire de ce qu\u2019il souhaite entendre.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Ohvier Zuida (recher-chistesphotos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Marie Gervais (education), PA'SXBnAr& Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion\tJessica Nadeau, Philippe Orfah et Karl Rettino-Parazelh (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David (chroniqueur), Helene Buzzeth et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cirmo et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Juhe Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), François Levesque et Carohne ls/ioTvXp)QXit(reporters), Benoît Munger et Philippe Vwp\\.Tv&aM(pupitre), information économique : Gerard Berube (chef de division), François Desjardms et Enc Desrosiers (reporters), Gerald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Fredenc Legare-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferrans et Corahe Mensa (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Mehsande Sunard (adjointe par interim), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathahe Eihon et Kevin McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE LUNDI 21 DECEMBRE 2015 ACTUALITES I JOSE JORDAN AGENCE ERANCE-PRESSE Mariano Rajoy (au centre) a annoncé qu\u2019il tenterait de former un gouvernement de coalition.ESPAGNE SUITE DE LA PAGE 1 opposé au nationalisme catalan, a terminé avec 40 sièges.«Le changement qu\u2019on a observé dans les dernières années vient de se matérialiser», a analysé le chercheur postdoctoral catalan Marc Sanjaume, affilié à l\u2019Université du Québec à Montréal, quand Le Devoir l\u2019a joint à Barcelone.«Le bipartisme entre les conservateurs et les socialistes vient de tomber de façon assez claire.Même si, ensemble, les deux partis récoltent plus de 50% des voix, ils sont loin d\u2019avoir une majorité ou une majorité absolue, comme ça s\u2019est vu dans le passé.C\u2019est un changement énorme.» En 2011, le PP avait récolté 45% des suffrages et le PSOE, 28,7%.L\u2019Espagne dans l\u2019incertitude L\u2019Espagne, qui n\u2019a pas une tradition de gouvernements de coalition au niveau étatique, est désormais plongée dans l\u2019incertitude.Des jours ou des semaines de négociations pourraient être nécessaires pour décerner qui gouvernera le pays.Il sera extrêmement difficile pour le PP de former un gouvernement, prédisent déjà les observateurs.Même si le parti de Mariano Rajoy s\u2019unissait avec Ciudada-nos, son allié le plus naturel, il n\u2019obtiendrait pas la majorité.Un scénario du type «coalition de perdants», entre le Parti socialiste, le Ciudadanos et le Podemos, est évoqué, même si le premier ministre sortant a annoncé qu\u2019il allait tenter de former un gouvernement.« C\u2019est une victoire du PP, mais il pourrait se produire quelque chose d\u2019insolite en Espagne, que le vainqueur finisse par ne pas gouverner», a ainsi observé Jordi Matas, professeur de sciences politiques de l\u2019université de Barcelone, en entrevue à l\u2019Agence Erance-Presse.«Le Parti populaire sortant a été réélu, mais avec une minorité seulement, ce qui le place à risque qu\u2019une alliance le chasse du pouvoir», a aussi estimé Marc Sanjaume.Chose certaine, l\u2019instabilité politique n\u2019annonce rien de bon en Espagne, où environ la moitié des jeunes et le quart de la population sont au chômage.«C\u2019est sûr que demain [lundi] matin, les marchés vont tomber.On mettra donc de la pression sur les deux grands partis pour qu\u2019ils forment une coalition», a prédit M.Sanjaume.Le problème, c\u2019est que les nouveaux partis «n\u2019ont aucun bénéfice» à tirer d\u2019une alliance avec les vieux partis, selon le politologue.«Ils sont là pour changer la politique, et non pas pour faire élire le président que l\u2019on vient d\u2019avoir», a-fil souligné.A preuve, le chef de Podemos, Pablo Iglesias, a annoncé que «l\u2019Espagne ne sera plus la même, et nous en sommes très heureux».Et la Catalogne ?En Catalogne, le parti Podemos arrive en tête, faisant passer le pouvoir à gauche.Mais devant l\u2019attitude fermée des deux grands partis à leurs ambitions souverainistes, les Catalans ne se font pas d\u2019illusions.«L\u2019espoir d\u2019un gouvernement espagnol prêt à reconnaître le droit de décider du peuple catalan reste un rêve», a déclaré M.Sanjaume.En campagne, l\u2019argument anti-indépendance de la Catalogne a été maintes fois utilisé.«Les socialistes évoquent le manque de solidarité des Catalans avec le reste de l\u2019Espagne.Les conservateurs disent que les Catalans brisent la loi ou empêchent la paix», a résumé le chercheur.Selon lui, le scénario idéal en serait un inspiré du mouvement indépendantiste écossais, avec un gouvernement espagnol prêt à essayer la voie de la négociation.«Si ça n\u2019arrive pas, les souverainistes catalans auraient à suivre la voie de l\u2019unilatéralité», a-fil prévenu.«Mais c\u2019est très compliqué.» Avec l\u2019Agence Erance-Presse Le Devoir HIVER SUITE DE LA PAGE 1 urbaines, en rupture avec cette nordicité plus rurale, plus pittoresque dont les contours ont été tracés dans l\u2019ancien temps par le géographe Louis-Edmond Hame-lin, les artistes Jean-Paul Lemieux, Cornelius Krieghoff ou encore l\u2019historien Cari Berger pour habiter durablement notre imaginaire collectif Elle est aussi plus jeune et s\u2019incarne dans le développement récent de spectacles en plein air peu importe la température extérieure, dans l\u2019émergence du vélo d\u2019hiver, dans l\u2019avènement du spa nordique à la Québécoise \u2014 plus élitiste, moins familiale qu\u2019en Scandinavie, plus ésotérique aussi! \u2014 ou dans la mise en lumière en hiver de la ville par des projets d\u2019art im-mersif, comme Luminothéra-pie du Quartier des spectacles, pour tirer profit d\u2019un voile noir restant lon^emps sur la ville et sur lequel il est finalement possible de projeter sa nordicité.«L\u2019idée est de transformer l\u2019hiver en valeur ajoutée pour la culture, pour le vivre-ensemble, pour la vie en ville, dit M.Chartier.Ces événements ne sont pas non plus liés à un folklore, mais plutôt à une urbanité plus contemporaine, ce qui confère à cette autre façon d\u2019aborder la nordicité ce caractère nouveau.» Clivage générationnel Le changement d\u2019attitude était sans doute écrit dans la neige.Alors que la génération des Trente Glorieuses et de la Révolution tranquille s\u2019est construit un imaginaire nordique teinté par la montée de la consommation de masse et forcément en opposition avec ses représentations provenant surtout du sud, de la chaleur de la Californie, des climats moins rigoureux et concevant l\u2019hiver comme une plaie, une aberration, une entrave à la libre circulation des biens et des capitaux, l\u2019urbain contemporain, lui, est ailleurs.Elevé aux préoccupations écologiques et environnementales, au café équitable et à l\u2019achat local, il préfère appréhender sa nordicité sous l\u2019angle du territoire et du milieu de vie auquel il faut s\u2019adapter.L\u2019un a rêvé d\u2019un condo en Eloride six mois moins un jour par année, l\u2019autre de cabanes dans les arbres, avec chauffage au bois, de chambre dans un hôtel de glace, de ski de fond dans la ville, de marché extérieur, tout comme d\u2019intérieurs confortables pour regarder aussi l\u2019hiver à travers les vitres d\u2019une maison et «leurs Un hiver avec Félix Leclerc RADIO-CANADA Le p\u2019tit bonheur.Moi, mes souliers, Bozo, Les soirs d\u2019hiver.65 ans plus tard, l\u2019œuvre de Eélix Leclerc, amorcée en 1951 avec l\u2019album Eélix Leclerc chante ses derniers succès (Polydor) et un Grand Prix du disque de l\u2019Académie Charles-Gros en Prance pour sa chanson Moi mes souliers, peut-elle éclairer la complexité de notre présent?Découvrez-le en passant tout Un hiver avec Eélix Leclerc, une série inédite du Devoir qui, à partir d\u2019aujourd\u2019hui et jusqu\u2019au 21 mars prochain, va explorer sporadiquement des enjeux sociaux, politiques et culturels du Québec contemporain tout en faisant un clin d\u2019œil à l\u2019artiste.L\u2019exclusion sociale, le bonheur au temps du numérique, la mise en marché de la musique, la foresterie, la nordicité.Plusieurs plumes, dont celle de Jean Dion, Jean-Erançois, Nadeau, Odile Tremblay, Pabien Deglise, Manon Dumais, Eric Desrosiers, Sarah R.(Champagne ou Prançois Desjardins, vont prendre part à cette aventure pour vous raconter, une fois par semaine, ce présent en mutation tout en convoquant discrètement l\u2019esprit, l\u2019art et la mémoire de cette figure importante de notre passé.Un hiver avec une illustration Une éolienne rencontrant un flocon de neige, un cœur, une fleur de lys et une oie sauvage, survolant sans doute une île d\u2019Orléans.le bédéiste et illustrateur Mars! a accepté de conjuguer son univers graphique au temps de notre série Un hiver avec Eélix Leclerc.Son trait simple et élégant est à l\u2019origine pour le moment d\u2019une production modeste dans le domaine du 9®art: Miam miam fléau (2009) et Colis 22 (2014) publiés chez La Pastèque.Marsi, qui a fait ses premières armes dans le design et le dessin animé, est un admirateur d\u2019Alex Colville.jardins de givre».Et quand la neige se fait af tendre, comme dans les dernières semaines, quand la douceur de décembre se fait anachronique, le premier s\u2019en réjouit, alors que l\u2019autre râle.De l\u2019extérieur à l\u2019intérieur «La question de l\u2019adaptation à l\u2019hiver s\u2019est déplacée de la campagne à la ville, mais également de l\u2019extérieur vers l\u2019intérieur, dit M.Chartier.Vivre sa nordicité, c\u2019est également favoriser le design intérieur avec un éclairage adapté, pour avoir le plaisir de s\u2019y retrouver en famille, entre amis», une pers- pective nouvelle, selon lui, inspiré, entre autres, par la Scandinavie à laquelle le Québec jeune, connecté, voyageur et contemporain aime de plus en plus se comparer et surtout se reconnaître.Selon lui, dépasser l\u2019exaspération que peuvent nourrir les bulletins météo des temps froids avec leur tonalité affligée et leur vocabulaire fataliste, pour transformer en fierté le fait de vivre dans l\u2019hiver, relève désormais «de l\u2019ancrage».«C\u2019est une façon d\u2019assumer, mais également d\u2019afficher une certaine excentricité, poursuit l\u2019universi- Les soirs d\u2019hiver Par Félix Leclerc Les soirs d\u2019hiver, ma mère chantait Pour chanter le diable qui rôdait; C\u2019est à mon tour d\u2019en faire autant Quand sur mon toit coule le vent.Parler de près, d\u2019amour, d\u2019enfant.De soleil d\u2019or sur les étangs.C\u2019est son langage que je copie fidèlement: Poulette grise, Noël, Panjan; Le roi Henri, Sylvie, Isaban; Sous chaque note, un peu de sang, «J\u2019en suis l\u2019auteur», m\u2019a dit Satan.« Quand elle chantait, ta mère pleurait Parce qu\u2019on tuait le canard blanc.Brisait l\u2019écorce, prenait le fruit.Se joue ainsi.» Les soirs d\u2019hiver, ma mère chantait Pour chasser le diable qui rôdait; C\u2019est à mon tour d\u2019en faire autant Quand sur mon toit coule le vent.taire.La normalité d\u2019une vie dans un climat chaud et humide est inscrite avec force dans les imaginaires puisque c\u2019est une condition de vie partagée par la plus grande partie des habitants du globe.Seulement 3 ou 4%) de la population mondiale vit dans un climat froid, heureusement d\u2019ailleurs, parce que la pression énergétique pour adapter plus de monde à ce climat serait insoutenable », ajoute-t-il en souriant.«Ça nous distingue des autres, donc et ça peut aussi nous conférer des avantages par rapport aux autres, surtout quand on réussit, comme l\u2019Islande, à démontrer les avantages d\u2019un tel climat, du froid, de la neige, de différences fortes entre les saisons.».Des avantages d\u2019une nordicité impossible à partager sans être apprivoisés, et qui pourraient bien être sur le point de reconfigurer le Québec, en confirmant son caractère distinct, oui, mais avec une autre forme d\u2019excentricité.Le Devoir DONNER SUITE DE LA PAGE 1 Au fil des ans, il a aussi soutenu la persévérance scolaire et la littératie financière, tout en présidant des campagnes de financement pour la Pondation de l\u2019Hôpital Sainte-Justine et l\u2019organisme Centraide.Selon lui, tout le monde peut \u2014 et devrait \u2014 apporter sa contribution, à sa façon.«Comme citoyens, nous sommes habitués à nous dire qu\u2019on a des droits.J\u2019aime aussi penser qu\u2019on a des devoirs qui viennent avec.On ne peut pas vivre en démocratie, avec les privilèges et les droits que ça comprend, sans aussi se demander si on a des devoirs envers cette société qui nous donne ces droits-là.» Depuis plus de dix ans, les sondages effectués annuellement par l\u2019Institut Eraser indiquent que les Québécois donnent moins que les habitants de toutes les autres provinces canadiennes, si l\u2019on se fie uniquement aux dons de bienfaisance privés qui apparaissent sur les déclarations de revenus des particuliers.L\u2019Institut Mallet, qui promeut la culture philanthropique au Québec, fait cependant remarquer que les Québécois ne déclarent pas tous leurs dons et que plusieurs offrent du temps plutôt que de l\u2019argent.Cela dit, son plus récent sondage effectué cette année révèle que seulement 50% des Québécois s\u2019impliquent régulièrement en donnant de leur temps, leurs biens, leur argent ou plusieurs formes de dons à la fois.Sur une note plus positive, les données publiées la semaine dernière par Statistique Ca- L.Jacques Ménard en cinq dates 1946 Naît à Chicoutimi.1992 Copréside la campagne de financement de Centraide du (jrand Montréal.2001 Devient président de B MO Groupe financier au Québec.2006 Accède à la présidence du conseil d\u2019administration de BMO Nesbitt Burns.2012 Reçoit la médaille d\u2019honneur de l\u2019Institut de cardiologie de Montréal en reconnaissance de son engagement philanthropique.nada indiquent que le montant total des dons versés à des organismes de bienfaisance ou sans but lucratif a augmenté de 35 % au Québec entre 2004 et 2013, pour atteindre 1,4 milliard.Cette progression est toutefois inférieure à celles observées en Saskatchewan (54%), au Manitoba (48%) et en Colombie-Britannique (47%).L.Jacques Ménard sait que le Québec n\u2019a pas toujours bonne presse lorsqu\u2019on parle de dons de bienfaisance et il devine pourquoi la province tire de l\u2019arrière dans certains classements.«Ma génération a fait plusieurs choses, mais on a été gâtés par un milieu institutionnel auquel on s\u2019est fié pendant longtemps.» Il constate que le filet social n\u2019est plus ce qu\u2019il était, mais il se réjouit de voir des jeunes prendre le relais en donnant du temps et des idées.«Pour moi, la philanthropie est une question PEDRO RUIZ LE DEVOIR L.Jacques Ménard a été notamment très actif dans le dossier de la persévérance scolaire.de choix, affirme-t-il.C\u2019est un choix de vie, une façon de penser qui émane en grande partie de l\u2019éducation que tu as eue, de l\u2019environnement dans lequel tu as été élevé et des expériences que tu as pu avoir.» Les pieds sur terre Elevé dans un milieu modeste, d\u2019abord à Chicoutimi puis à Montréal, L.Jacques Ménard se souvient qu\u2019il a rapidement eu envie de se rendre utile.«J\u2019aimais m\u2019occuper des autres et sentir que j\u2019avais un impact dans leur vie.J\u2019ai senti ça assez jeune», raconte-fil.Les scouts, l\u2019éducation catholique: M.Ménard explique qu\u2019il a en quelque sorte été «codé» pour «vivre une vie de service».Au milieu de la vingtaine, il accepte de prêter main-forte à Oxfam-Québec, une organisation fondée par son ami Raymond Bachand.Il s\u2019agit pour lui d\u2019une première expérience au sein d\u2019un organisme de bienfaisance, qui en précédera bien d\u2019autres.«Dans mon cas, ça m\u2019a permis de garder les pieds sur terre et de ne pas perdre le contact avec la réalité très changeante de la communauté et du milieu dans lesquels je vis», note-fil.Certains diront qu\u2019il est facile pour le grand patron d\u2019une banque de faire preuve de générosité.Que son implication offre une belle visibilité à l\u2019institution financière qu\u2019il dirige.Mais quand on lui soumet l\u2019argument, il sourit.«Je ne me rappelle pas d\u2019avoir gagné de clients à cause de ça.Je faisais ça quand j\u2019avais 24 ans et aujourd\u2019hui, j\u2019en ai 69.J\u2019ai fait ça quand personne ne savait que j\u2019existais, souligne-f il.J\u2019aimerais qu\u2019il y ait plus de gens de ma génération, dans des conditions identiques aux miennes, qui fassent ce que je fais.» Impact réel «Je pense qu\u2019on a à tout le moins une influence aux limites de notre quartier, de notre milieu ou du toit qu\u2019on a au-dessus de la tête, poursuit-il.Quand j\u2019entends les gens dire qu\u2019ils n\u2019ont aucune influence, c\u2019est qu\u2019ils se sous-estiment.» A ceux qui lui demandent par où commencer, L.Jacques Ménard leur conseille de choisir une cause qui les interpelle et d\u2019arrêter de se regarder dans le miroir.« On sait de quoi on a l\u2019air, mais on ne connaît pas assez bien les traits des autres.» Parce que donner, insiste-f il, c\u2019est d\u2019abord et avant tout porter attention à des réalités qui se trouvent sous nos yeux, mais qu\u2019on ignore, volontairement ou non.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com oo sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone\t514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par 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