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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-11-21, Collections de BAnQ.

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[" Elektra, opéra total, relu par Yannick Nézet-Séguin Page E 3 Les stratégies médiatiques du groupe État islamique ^ Page E 9 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2015 Accords S\u2019amuser avec le corps et les amours différentes PEDRO RUIZ LE DEVOIR PHILIPPE PAPINEAU Après plus d\u2019une décennie de rigolade et cinq albums de chansons rock plongées dans l\u2019absurdité, la sympathique bande des Trois Accords peut pratiquement aller n\u2019importe où il lui semble bon d\u2019aller.Trois ans après une plongée dans l\u2019amour des aînés avec J\u2019aime ta grand-mère, le parolier et chanteur Simon Prouk et sa bande lancent le plutôt grunge Joie d\u2019être gai, une ode croisée à l\u2019amour homosexuel et à.l\u2019esthétique corporelle.Eh oui.Le Devoir a retrouvé Les Trois Accords mardi dans le lobby du National, dans le Village montréalais, au matin de leur lancement.La salle et la scène étaient décorées de ballons roses, clin d\u2019œil peut-être à ces guirlandes qui tapissent la rue Sainte-Catherine l\u2019été, et auxquelles le groupe fait un clin d\u2019œil dans sa pièce Dans le coin.«J\u2019avais rêvé d\u2019autre chose / d\u2019endroits où la vie est belle / Marcher sous les boules roses / Danser sous les arcs-en-ciel.» «Partout il y a de ce concept-là, d\u2019amour différent, et de personnes qui s\u2019aiment en fait tout simplement», raconte Simon, évoquant la pièce-titre qui peut bien se lire à tous les niveaux ainsi que Dans le coin et Les dauphins et les licornes.Le batteur Charles Dubreuil fait rapidement un parallèle avec plusieurs pièces de leur répertoire comme Tout nu sur la page.Dans mon corps et Elle s\u2019appelait Serge, ainsi qu\u2019à leur der- nier album, qui montrent plusieurs facettes du corps et de l\u2019amour.«Les contraintes amoureuses de J\u2019aime ta grand-mère ne sont pas différentes des contraintes amoureuses d\u2019un amour homosexuel, par le regard des autres, ce qui est socialement accepté et défini.Ça fait quand même des lieux intéressants pour Simon, à observer en tant qu\u2019artiste.» Question d\u2019esthétique Une fois cela dit, les quatre gars minimisent un peu cet angle d\u2019attaque.Plusieurs de leurs amis qui ont écouté l\u2019album sans contexte et sans la pochette en main \u2014 montrant, il faut le dire, une licorne et un dauphin qui dansent dans un cosmos traversé d\u2019un arc-en-ciel \u2014 n\u2019y ont pas vu plus qu\u2019il ne faut de références ho-mosexuelles.Logique, l\u2019amour ça reste l\u2019amour, sous un drapeau multicolore ou pas.Ce sont beaucoup les références à l\u2019esthétique physique qui ressortent ensuite comme thème.Suffit de lire la liste des chansons pour s\u2019en convaincre: J\u2019épile ton nom.Top bronzés.J\u2019ai un massage pour toi, et le diptyque qui clôt le disque.L\u2019esthéticienne suivie de C\u2019est pas facial.«C\u2019est l\u2019autre ligne du disque avec l\u2019idée de l\u2019homosexualité, dit Simon.C\u2019est deux lignes qui vivent bien ensemble.Elles étaient inspirantes, j\u2019imagine.Un moment donné, c\u2019était devenu un running gag avec Gus [Van Go, un des réalisateurs].On se disait que l\u2019esthétisme, c\u2019était la prochaine affaire cool.C\u2019est parti là-dessus et c\u2019est un champ lexical qui est le fun, c\u2019est un bel univers en fait.On ne parle pas assez souvent des esthéticiennes.Trop peu.» Du grunge et de la disto En général plus discret, le bassiste Pierre-Luc Boisvert ramène à raison la discussion au bout du spectre qui le concerne davantage : le son, la musique, les instruments.Selon lui, la nouveauté frappante de Joie d\u2019être gai est sa signature sonore, clairement plus grunge que les précédents albums du groupe.On entend des vibrations un peu plus juvéniles, du feedback, des clins d\u2019œil musicaux \u2014 les fans de Weezer et des Smashing Pumpkins vont certainement sentir quelques références ici et là.«Les textes sont super intéressants, mais à la première écoute c\u2019est vraiment le son qui est nouveau, qui est rock, grunge, qui frappe.C\u2019est le trip qu\u2019on voulait faire avec ce disque-là, on voulait faire de quoi qui nous rappelle notre adolescence, des groupes qui nous ont influencés, Weezer, Nirvana.Et ça paraît dans les sons de guitare.» A priori, le groupe pensait que son escapade à New York pour enregistrer ce disque au studio de Gus Van Go et Werner P serait de la tarte.Mais pour arriver au son qu\u2019ils avaient en tête, il a fallu beaucoup plus de temps que prévu.«Plus on jouait, plus les chansons s\u2019en venaient très grunge, rock, on pouvait pas juste arriver et mettre de la disto, raconte Charles.Mais pour que ce soit tasty et que ça se passe, il fallait VOIR PAGE E 4 : ACCORDS « On aime ça repousser nos propres limites, c\u2019est correct que ce soit comme ça.Et ça paraîtrait sinon.» E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2015 CULTURE Prières et anathèmes Odile Tremblay a à Chaînes de prières en France et à l\u2019étranger, évangélistes en neu-vaines, fidèles et moins fidèles à genoux.Dans l\u2019épreuve, les gens ne savent plus à quels saints se vouer.Toile enfile les orémus à portée virale, les lampions brûlent à l\u2019église comme au temps des grandes pestes.La télé retransmet les assauts policiers dans la multiethnique commune de Saint-Denis, à l\u2019ombre de la basilique, cette nécropole des anciens rois \u2014 croisés ou pas.La France est en guerre.On écoute le Requiem de Fauré; riches de l\u2019héritage culturel des puissantes œuvres du passé conçues dans la foi ardente.Imbibés que nous sommes d\u2019encens, de grandes orgues, de musique sacrée et de vin de messe.Malgré nous, parfois.Ça n\u2019empêche pas de grogner.Depuis une semaine, un déluge de prières internationales venues de partout, \u2014 et de plusieurs célébrités américaines \u2014 s\u2019abat sur les Parisiens endeuillés par les attentats.«Merci pour #PrayforPa-ris, a répondu le dessinateur et cinéaste Joann Sfar, mais nous n\u2019avons pas besoin de plus de religion! Notre foi va à la musique, aux baisers, à la vie, au champagne et à la joie!» D\u2019autres voix invitent avec raison les gens en état de choc à éviter les amalgames.Religion n\u2019est pas synonyme d\u2019intolérance et de meurtres en série.Voyez le pape François ! On l\u2019aime bien, c\u2019est vrai.mais son Vatican corrompu, pas mal moins.Elle s\u2019est tellement invitée dans l\u2019actualité, cette religion-là.Nous revoici postés à son chevet.En principe, songe-t-on, l\u2019élévation spirituelle devrait inciter au pacifisme.Dans l\u2019islam comme ailleurs.La vie intérieure n\u2019est-elle pas le réservoir d\u2019immenses richesses ?Sauf que les religions établies, fondées par des types très bien souvent \u2014 aimez-vous les uns les autres, qui dit mieux?\u2014, tournent si mal quand l\u2019ivresse du pouvoir et le fanatisme s\u2019en mêlent.Voyez le passé catholique écrit en lettres de sang à coups d\u2019inquisition, de conquêtes assassines, de croix brandies, de répressions sexuelles et culturelles.Regardez ces jeunes têtes brûlées islamistes tirer sur des gens couchés par terre dans un cabaret aux cris à\u2019«Allah akbar!» Loin de moi l\u2019intention de jeter l\u2019huile sur le feu de l\u2019isla-mophobie (faites plutôt,entrer les migrants qui fuient Etat Islamique).La grande majorité des musulmans n\u2019a rien en commun avec cette soif de destruction pure, mais reçoit l\u2019orage en pleine poire.La religion vaut mieux que ça au départ.Mais que de crimes on commet en son nom.Assez pour dérouler un long tapis rouge à la laïcité.Croyez en ce que vous voudrez, mais sortez vos convic- POUR LES JEUNES THEATRE\tde tous âges NOS CADEAUX DES FÊTES CARTE-CADEAU RENAUD-BRAY de 15$ AVEC TOUT ACHAT DE BILLET POUR 1 DE NOS 2 SPECTACLES DES FÊTES* TERRIER 26 NOV.2015 AU 3 JANV.2016 ENVOLEZ-VOUS VERS LA BAIE JAMES* Participez et courez la chance de gagner un voyage pour 4 personnes.Valeur de 8 600 $ * DÉTAILS ET RÈGLEMENTS MAISONTHEATRE.COM LE TEMPS DES MUFFINS 15 DÉC.2015 AU 3 JANV.2016 OFFERT PAR EN PARTENARIAT AVEC COMMANDITAIRE DE SAISON Renaud-Bray LE THEATRE DE LA MANUFACTURE PRESENTE EN CDD FFUS ON AVEC LE THEATRE DE LA BORDEE DU 24 NOVEMBRE AU 5 DECEMBRE TEXTE FRANÇOIS ARCHAMBAULT \\ K A ' -MISE EN SCÈNE FERNAND RAINVILLE AVEC CLAUDE DESPINS,EMMANUELLE LUSSIER MARTINEZ GUY NADON.MARIE-HELÈNE THIBAULT ET ; A, ^ JOHANNE-MARIE TREMBLAY\t\\\t\\ «François Archambault livre une pièce bouleversante percutante et qui touche droit au cœur.» -Luc Boulanger, La Presse « Difficile de résister à la force du texte et à Guy Nadon C\u2019est riche, c\u2019est drôle, c\u2019est émouvant' » -Stéphane Leclair, Radio-Canada Première Un spectacle bouleversant et immense A voir absolument » -Sébastien Diaz, Voir BILLEHERIE 418 694-9721 BORDEE.QC.CA fions de l\u2019agora.Et prière \u2014 si prière il y a \u2014 de laisser vos guns à l\u2019entrée.Les artistes devant les abus Tout n\u2019est pas si simple avec la religion.Les Québécois le comprennent.Une chape de plomb pesait sur leurs épaules quand le clergé faisait la loi, avec sa litanie de profanations, mais aussi de dévouements.Lorsque le peuple a secoué ses chaînes à la Révolution tranquille, il a jeté ses balises éthiques dans le même caniveau que le joug.Allez ouste ! Ils n\u2019étaient pas tous pourris, du côté de la soutane et de la coiffe, les religieux sous la Grande Noirceur, c\u2019eût été trop simple.Mais trop d\u2019abus camouflés et si graves venaient de leurs rangs.Nous voici en 2015, la culture chrétienne sous le bras, croyants comme athées, nourris de ses culpabilités, de ses idéaux et de ses déraillements, les sacres aux lèvres.Nos artistes en témoignent encore: on a la laïcité gorgée d\u2019eau bénite, comme de son rejet jaillissant.Et ce, dans bien des coins du globe.Au cinéma, le film le plus percutant de l\u2019année est El Club du Chilien Pablo Larrain, huis clos d\u2019enfer sur d\u2019anciens prêtres catholiques pédophiles qui se balancent des horreurs par la tête.Spotlight de Torn McCarthy, en salle depuis vendredi, revient sur l\u2019enquête du Boston Globe qui mit au jour en 2002 les réseaux de protection de prêtres pédophiles améri-cain§.On n\u2019en sort pas.L\u2019Eglise n\u2019en finit pas non plus d\u2019inspirer les artistes québécois, sous un angle lumineux, comme 4ans les films de Bernard Emond, la plupart du temps par ses points d\u2019ombre.Entre interdits et sévices pédophiles ressuscités, la revoici sans cesse au YVES RENAUD Dans La divine illusion, le dramaturge Michel Marc Bouchard dépeint la misère du peuple et les dérapages du clergé.détour d\u2019un roman, d\u2019un film ou d\u2019une pièce.Tant de traumatismes à colmater.Encore au poste, ce passé religieux, sur les planches du TNM cette fois, à travers la brillanfis-sime pièce de Michel Marc Bouchard, La divine illusion.Si un créateur a su montrer du doigt les pires tares du catholicisme des heures sombres: pédophilie, domination aveugle et hypocrisie féroce, c\u2019est bien l\u2019auteur des Feluettes.Retour au thème dans cette pièce remarquable, mise en scène par Serge Denoncourt.Entre drame et humour, entre venue de la grande tragédienne française Sarah Bernhardt à Québec en 1905 et les hauts cris du clergé repoussant l\u2019infamante, aux mœurs libres et au verbe haut, les tensions s\u2019attisent.Michel Marc Bouchard brosse la misère du peuple et les dérapages du clergé.S\u2019y glissent les aspirations artistiques d\u2019un jeune novice, et la douleur d\u2019un autre, destiné à la soutane malgré ses vœux, agressé par un prêtre durant cinq ans, brebis expiatoire qui étouffe ses cris de révolte pour aider sa famille indigente.Ai-je dit qu\u2019Anne-Marie Ca-dieux s\u2019y révélait aussi divine que la star qu\u2019elle incarne?Que l\u2019éclat linguistique des répliques de Bouchard brillait dans la nuit?Un parallèle s\u2019impose avec Le confessionnal de Robert Lepage.Dans son film de 1995, l\u2019homme de théâtre abordait aussi la venue d\u2019un grand personnage à Québec, Alfred Hitchcock, en 1952, sur le plateau de I Confess, revenant sur les effets de l\u2019omnipotence cléricale au sein d\u2019une société muselée.Ces œuvres redisent la nécessaire vigilance quant aux religions, même chez les croyants.Trop de pulsions de haine et d\u2019oppression détournent les dogmes pour infiltrer les esprits.Trop de propagande éloigne des puits de lumière.Trop d\u2019« hommerie » se cache sous le divin.Et délivrez-nous de l\u2019obscurantisme.Amen ! otremblay@ledevoir.corn LE PIANO MUET Société de musique contemporaine du Québec SMCQ Jeunesse à 15h RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX 450 662-4440 BILLETTERIE 450 667-2040 CONTE MUSICAL DE GILLES YIGNEAULT Pour tous Une sortie musicale qui enchantera tes grands-parents, tes parents et tes enfants Activités à partir de 13 h 30 Thé, chocolat chaud et biscuits seront servis i MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, boul de la Concorde Ouest www maisondesarts laval ca ©Metro Montmorency OMaison des arts de Laval Québec 1 Heritage canadien Tele-Quebec LE DEVOIR LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2015 E 3 CULTURE >MÜ SI PE Elektra, l\u2019opéra « grandissime » CHRISTOPHE HUSS Elektra de Richard Strauss prend Taffiche ce samedi à TOpéra de Montréal pour quatre représentations.A la baguette, rien moins que Yannick Nézet-Séguin.«Elektra est l\u2019une des grandissimes partitions de l\u2019histoire; c\u2019est une musique d\u2019un niveau indescriptible.» Yannick Nézet-Séguin s\u2019exprime sans ambages pour convier les spectateurs à vivre cette expérience «qui hante et habite pendant des jours, des semaines, des mois.» «Pour un amoureux de musique, Elektra est l\u2019aboutissement de tout ce qu\u2019il y a eu avant et ouvre la porte à Berg», résume le chef en entrevue au Devoir.«Pour un public plus large, cette Œuvre, avec un grand O, montre en quoi l\u2019opéra est unique.Aucun film, aucun concert, aucun livre, aucune pièce de théâtre ne peuvent atteindre cette richesse et ces degrés de lecture.Strauss nous fait vivre des émotions qu\u2019on ne vivrait pas autrement, et qu\u2019on ne peut même pas identifier.Nous sommes assis, ça nous touche, mais nous ne savons pas pourquoi, car cela dépasse la conscience.Elektra, composé à l\u2019époque même de Freud, c\u2019est le subconscient mis en musique.» Mythologie Créé à peine trois ans après Salomé, le 25 janvier 1909 à Dresde, Elektra a été adapté de la tragédie de Sophocle par Hugo von Hofmannsthal, qui deviendra par la suite le librettiste attitré de Richard Strauss.L\u2019action se déroule à Mycènes.Au retour de la guerre de Troie, le roi Agamemnon est tué par sa femme Clytemnestre et l\u2019amant de celle-ci, Égisthe.Clytemnestre et Agamemnon ont trois enfants : Electre, mue par le désir obsessionnel de venger son père, Oreste, parti se cacher à l\u2019étranger, et Chrysothémis, moins assoiffée de vengeance, qui tente de tempérer sa sœur.Le rôle-titre à\u2019Elektra est un rôle de possédée, l\u2019un des plus lourds de l\u2019histoire.L\u2019opéra, ramassé en un acte, qui déploie l\u2019orchestre le plus riche que l\u2019on puisse imaginer, est une suite de scènes tendues.Acmé de la haine : le face à face entre la mère, Clytemnestre, et sa fille, Électre, chacune déterminée à tuer l\u2019autre ! «Quelle partition!» s\u2019exclame Yannick Nézet-Séguin.Pourtant, «Salomé était mon premier amour.Je comprenais davantage Salomé, sans doute parce que le résultat est plus immédiatement sensuel.Les passages lyriques sont des passages dans la générosité, alors que dans Elektra, ils le sont dans la tendresse.En même temps, Elektra est beaucoup mieux écrit: Strauss savait ce qu\u2019il faisait.Cela procure un plaisir psychologique décuplé.» Travailler sur ce concentré de tension et d\u2019hystérie est épuisant.«Pour apaiser la tension, nous avons ri.En fait, je n\u2019ai jamais été dans une production où on a ri autant.J\u2019ai bien vite compris que c\u2019était nécessaire.Sinon on devient fou!» confie le chef.Humanité A l\u2019image de la production de Patrice Ché-reau, reprise au Met en 2016 et diffusée alors au cinéma, la tendance sur les scènes lyriques est à l\u2019humanisation de ces personnages de la mythologie.Les représentations â\u2019Elektra ont beaucoup changé entre 1970 et 2010.Yannick Nézet-Séguin acquiesce à cette analyse.«Dans le temps, quand on avait de riches et gros costumes et que c\u2019était représenté à la bonne époque, cela suffisait et on n\u2019allait pas chercher trop loin.Aujourd\u2019hui, il y a une volonté de trouver dans la psychologie de ces personnages de la mythologie des sentiments dans lesquels nous pouvons nous reconnaître.» Mais le chef québécois teinte cette observation d\u2019un bémol : «Aujourd\u2019hui, il y a toutefois '¦\u2019W.'\t'M.N' O PHOTOS PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pour Yannick Nézet-Séguin, «Elektra est l\u2019une des grandissimes partitions de l\u2019histoire».une réticence \u2014 et je ne parle pas de notre production ici \u2014 à reconnaître que ces personnages sont plus grands que nature.Or l\u2019opéra est plus grand que nature et quand on met en musique et en scène un mythe, c\u2019est parfois bien de pouvoir se dire : \u201cNon, Clytemnestre ce n\u2019est pas ma mère.\u201d Personne sur scène, au fond, \u201cn\u2019est comme nous\u201d», même si, «à travers l\u2019analyse freudienne de ces personnages, nous découvrons nos pulsions cachées».La production d\u2019Alain Gautier, autour d\u2019une sculpture de Victor Ochoa, ne cherchera pas «à nous mettre en plein visage toutes ces couches de subconscient.Cela reste à un niveau très humain.Les spectateurs pourront sortir et aimer le personnage \u2019Elektra.Ça, il faut le faire!» avoue Yannick Nézet-Séguin.Le chef est très louangeur de l\u2019institution et de ses partenaires.«Depuis Salomé, nous avons joué beaucoup plus de Strauss et je sens que le langage est beaucoup plus familier, dit-il à propos de son orchestre.Et je trouve ici un plateau, un metteur en scène, une scénographie d\u2019un niveau qui m\u2019impressionne beaucoup et me rend fier d\u2019une maison où j\u2019ai débuté.Je ne m\u2019attendais pas à une qualité pareille sur tous les plans.Je peux faire un travail de top niveau, et cela me donne envie de revenir.» Ce retour, il l\u2019aimerait dans deux ou trois ans avec La femme sans ombre de Strauss {«mais c\u2019est un autre défi: la distribution est plus grande et c\u2019est plus long»), ou un opéra de Wagner.C\u2019est Wagner {«mais pas le Ring») qui l\u2019occupera d\u2019ailleurs au Metropolitan Opera les trois prochaines années.«Le prochain opéra italien en scène, ce sera fin 2018 au Met.» Entre-temps, Yannick Nézet-Séguin ouvrira la saison 2016-2017 de l\u2019Opéra de Vienne avec Lohengrin et dirigera aussi Salomé dans la capitale autrichienne.Le Devoir ELEKTRA Lisa Lindstrom (Elektra), Nicola Beller Carbone (Chrysothémis), Agnes Zwierko (Clytemnestre), John Mac Master (Égisthe), Alan Held (Oreste).Chœur de l\u2019Opéra de Montréal, Orchestre Métropolitain, dir.Yannick Nézet-Séguin.Mise en scène: Alain Gauthier.Décors: Victor Ochoa.Costumes: Opéra de Montréal.Éclairages: Étienne Boucher.(Nouvelle production de l\u2019Opéra de Montréal).À la salle Wilfrid-Pelletier, les 21, 24, 26 et 28 novembre à 19h30.514 842-2112.f 60 JAMAIS LU Textes Sarah Berthiaume, Joëlle Bond, Véronique Côté, Steve Gagnon, Mathieu Gosselin, Justin Laramée, Hugo Latulippe et Francis Monty Mise en scène Véronique Côté Musique originale Chloé Laçasse et Benoit Landry Avec Sarah Berthiaume, jean-Alexandre Beaudoin, Frédéric Blanchette, Joëlle Bond, Vincent Carré, Véronique Côté, ÉveJine Gélinas, Chloé Laçasse, Justin Laramée, Mathieu Gosselin et Benoit Landry Assistance à la mise en scène et régie Chloé Ekker Espace scénographique Julie Vallée-Léger Lumière Marie-Aube St-Amant Duplessis Direction musicale Benoit Landry THÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUS 100, AVENUE DES PINS EST, MONTRÉAL\tBILLETTERIE 514 845-7277\tQUATSOU5.COM Grands partenaires Bell Hydro .Québec 23$ EN PRÉVENTE JUSQU\u2019AU DÉCEMBRE UN THÉÂTRE UNIQUE, UN TARIF UNIVERSEL ECONOMISEZ 35 % *Peu importe le nombre de spectacles choisis, peu Importe l'âge ou le statut.À compter de la première représentation, le tarif est de 36 $. E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2015 CULTURE»MUSIQUE Au coeur du tourbillon Dylan The Cutting Edge documente la création des trois chefs-d\u2019œuvre créés par le musicien en 1966-1966 GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Quatorze mois pour une révolution.Entre janvier 1965 et février 1966, Bob Dylan \u2014 qui n\u2019a pas encore 25 ans à l\u2019époque \u2014 enregistra coup sur coup trois chefs-d\u2019œuvre dont l\u2019impact fut, et demeure, gigantesque.Une période de création folle que détaille magnifiquement le douzième tome des Bootleg Series.Une période dorée?C\u2019est décrire bien modestement ce que Dylan a vécu au mitan des années 60.Dans le volumineux livret qui accompagne Bob Dylan 1965-1966: The Best of The Cutting Edge, l\u2019auteur Bill Flanagan rappelle qu\u2019il y a plusieurs théories \u2014 scientifique, philosophique, sociologique, superstitieuse \u2014 qui tentent d\u2019expliquer ce qui fait qu\u2019un artiste est (parfois) touché par la grâce à un moment de sa carrière.Quand la moindre pensée devient une ligne efficace, que chaque essai fonctionne ou porte les germes de ce qui fonctionnera plus tard.Mais au final, c\u2019est là quelque chose d\u2019insondable, d\u2019inexplicable.La grâce, voilà.Autrement dit: Bob Dylan en 1965-1966.Archives Depuis près de 25 ans.Columbia supervise la publication d\u2019une série d\u2019enregistrements inédits éclairant la carrière de Bob Dylan.Des cof frets doubles composés de concerts marquants (1964, 1966,1975), de démos dépouillées, de versions inconnues de chansons célèbres (ou pas).The Bootleg Series compose ainsi aujourd\u2019hui une œuvre en soi: une autre manière Une présentation BMO Groupe financier en collaboration avec s SUPPLENENTAIRfS ! SHOimutS: VEH11 DEC + SAH12 DEC 15 H + 20 H ?(.) l\u2019un des moments de théâtre les plus éloquents de la saison.Lorsque les noms de Bouchard, de Denoncourt et de Cadieux partagent la même tête d\u2019affiche, faut-il vraiment rappeler qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une pièce à voir absolument ?\u2014 revuesequence.org Tout est emboîté à la perfection dans cette production (.) portés par des mots forts et assemblés de manière jubilatoire avec toujours en trame de fond cet humour corrosif.Fort.\u2014 Le Devoir Excellente pièce (.) Superbe distribution (.) Simon Beaulé-Bulman, absolument fabuleux! (.) Un très, très grand succès (.) Avoir! \u2014 Gravel le matin.Ici Radio-Canada Première (.) excellente
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