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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier I
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-11-07, Collections de BAnQ.

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[" RECHERCHE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE CAHIER THÉMATIQUE I > LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015 f C\tEntre gestion l\u2019urgence et planification des risques Page 13 Fonte des glaces en Arctique : tous les milieux doivent collaborer Page 15 m î Les humains sont devenus largement tributaires de l\u2019énergie L\u2019énergie occupe une place prépondérante dans la vie des êtres humains depuis l\u2019avènement de l\u2019ère industrielle au XIX® siècle.À un point tel que, depuis ce temps, la mise en valeur effrénée des énergies fossiles, qui contribuent largement à une augmentation des émissions de GES et au réchauffement climatique, a considérablement modifié l\u2019existence de milliards de personnes tout en mettant à mal l\u2019existence de leur planète et de ses espèces.Réflexions de Daniel Rousse, professeur au département de génie mécanique de l\u2019ETS, à ce sujet.HAIDAR MOHAMMED ALI AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019anthropocène, la période où ce sont les actions de l\u2019homme qui déterminent l\u2019évolution de la planète, aurait commencé à la révolution industrielle.En effet, l\u2019augmentation de CO2 dans l\u2019atmosphère a débuté au moment où on s\u2019est mis à exploiter le charbon.La Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), à Paris, tentera justement de limiter les rejets de ces gaz à effet de serre.REGINALD HARVEY Il remonte en des temps lointains pour mieux illustrer sa pensée: «Malgré les Romains, les Grecs et lesjemous qui se sont produits au Moyen Age, le mode de vie de l\u2019être humain ne pouvait pas changer beaucoup parce qu\u2019on avait toujours comme puissance maximale à notre disposition, ou comme énergie, selon le mot qui viendra plus tard, celle de l\u2019homme ou des animaux qu\u2019on était capables de domestiquer.» La révolution industrielle apporte un profond chambardement: «C\u2019est l\u2019époque de la machine à vapeur de James Watt.A partir de là, très curieusement, a commencé, selon plusieurs personnes, l\u2019anthropocène, c\u2019est-à-dire cette période du monde où ce sont les actions de l\u2019homme qui déterminent l\u2019évolution de la planète; et voilà qu\u2019effectivement commence l\u2019augmentation des émissions de CO2 dans l\u2019atmosphère au moment où on s\u2019est mis à trouver du charbon.» Selon une expression qui lui est chère, «l\u2019énergie prend alors place au cœur de nos vies».Il y va de cette démonstration percutante pour le prouver : «Louis XIV avait 14 chevaux à son carrosse et il était l\u2019homme le plus puissant de la terre à son époque.Aujourd\u2019hui, dans une Yaris, on a plus que 14 chevaux et n\u2019importe quel quidam est en mesure d\u2019en posséder une.Depuis un bouton qu\u2019on tourne chez soi, on peut activer 20 kilowatts de chauffage.Et l\u2019énergie, ce n\u2019est plus juste une question de confort: elle nous a donné les moyens de faire des bâtiments différents, de domestiquer la nature, d\u2019extraire du sol des ressources naturelles et de créer toute la panoplie d\u2019objets qu\u2019on retrouve aujourd\u2019hui autour de nous à profusion.» Consommation à outrance Le professeur analyse la situation sous cet angle: «La façon dont les gens issus des pays de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE] vivent aujourd\u2019hui dépend de l\u2019énergie.» Et si on aborde cette réalité en termes de besoins variables de base à combler pour eux, il considère qu\u2019il «est intéressant d\u2019en parler en fonction de ce que la Terre est en mesure de leur fournir.Outre le fait qu\u2019on pleure l\u2019absence dans le prochain siècle du trio fossile [pétrole, gaz et charbon], on va manquer de bien d\u2019autres substances absolument extraordinaires, comme le phosphore ou le cuivre; on les utilise toujours et celles-ci vont finir par manquer, parce que les minerais dans lesquels on les cherche sont de moins en moins riches».Dans ce sens, il assure qu\u2019il «est clair qu\u2019on surconsomme et qu\u2019on est sur une planète à dimension finie; on va manquer de matériaux et il sera compliqué d\u2019aller les chercher dans les dépotoirs où les concentrations seront tellement faibles que des ressources importantes devront être consacrées pour aller les récupérer».Au moment où il était titulaire de la Chaire de recherche industrielle en technologies de l\u2019énergie et en efficacité énergétique, actuellement en mutation et dont il est maintenant devenu directeur, Daniel Rousse s\u2019exprimait ainsi: «Comme on augmente sans cesse notre consommation, on atteindra inévitablement le fond du baril plus rapidement qu\u2019on ne mettra en service les énergies renouvelables ou des mesures d\u2019efficacité conséquentes.On en est là.Et ça va faire mal.» Dans la foulée de ces propos, quelle solution envisage-t-il ?«Je connais une seule façon de réguler le comportement des êtres humains et c\u2019est justement de les prendre par où ça fait mal: c\u2019est du côté de l\u2019argent, des coûts.On habite dans un monde où existe un système de gestion de l\u2019offre et de la demande, pour le meilleur ou pour le pire; Daniel Rousse , dépendamment de l\u2019endroit où on se place dans les pays développés.» Et plus le temps passe, plus le pétrole s\u2019envole et risque de devenir rare : « C\u2019est une évidence que plus on en consomme, moins il en reste.Ce qui se produit, c\u2019est que collectivement, chaque année, on pompe plus de pétrole et de gaz, et on exploite plus de charbon, ce qui va rendre la chute encore plus difficile quand on va arriver au moment où on devra se serrer la ceinture.» Eli route vers Paris 2015 A la fin de novembre et durant les premiers jours de décembre se tiendra dans la capitale française la 21® Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21).Daniel Rousse assure une fois de plus que l\u2019effet de serre est un phénomène naturel connu depuis très longtemps: «Paradoxalement, cet effet-là a commencé à prendre une place prépondérante dans l\u2019esprit des gens surtout autour des années 2000.» Les phénomènes naturels, qui se produisent avec davantage de violence et qui causent des dégâts accrus dans divers endroits du monde, ont sonné l\u2019alarme.De telle sorte «qu\u2019on s\u2019est rendu compte qu\u2019il faut mettre la pédale douce et qu\u2019il faut limiter la croissance de la température sur la Terre à 2 degrés Celsius».La COP21 inspire cette réflexion qui va plus loin à Daniel Rousse : «Il y a plus important que cela si on creuse un peu plus: c\u2019est qu\u2019il faut assurer une transition énergétique de la manière dont on vit aujourd\u2019hui vers une autre façon de faire, soit en produisant différemment.» Sur un autre plan, «il faut aussi s\u2019interroger au sujet de la surconsommation.Est-ce qu\u2019il n\u2019y aurait pas dans notre mode de vie quelque chose de pernicieux, indépendamment du fait qu\u2019on va manquer d\u2019énergie ou non ?En admettant que l\u2019énergie ne modifie pas le climat, n\u2019est-il pas tout de même bizarre de réduire la vie à une somme d\u2019achats, à un volume de chèques, de factures et de cartes de crédit ?Est-ce là le sens réel de la vie de toujours acheter des objets?Mais il n\u2019en est pas moins vrai pour autant que les changements climatiques nous menacent eux aussi».Collaborateur Le Devoir I 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015 RECHERCHE CIRAIG Une approche globale pour réduire les GES REGINALD HARVEY Le temps est venu de privilégier une approche holistique dans les démarches qui sont entreprises pour réduire l\u2019impact des émissions de gaz à effet de serre (GES).Telle est l\u2019information fournie au gouvernement du Québec par un groupe de scientifiques québécois dont les travaux ont une portée internationale.Ces chercheurs appartiennent au CIRAIG, Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services ; ils ont produit un mémoire sur cette question, qui a été présenté récemment devant la Commission parlementaire des transports et de l\u2019environnemeuL comme le rapporte Réjean Samson, professeur au département de génie chimique de Polytechnique et directeur général du centre : « Celle-ci faisait appel à différents intervenants de la communauté scientifique et industrielle, de même qu\u2019à des organismes non gouvernementaux (ONG), pour qu\u2019ils donnent leur avis sur les cibles de réduction des gaz à effet de serre du Québec pour 2030.» Et qu\u2019en est-il au juste de la proposition de vision globale de la problématique que vous soumettez?«C\u2019est primordial pour nous parce que c\u2019est trop simple de fixer un objectif sur un projet et de regarder uniquement sa performance, celle d\u2019une idée, d\u2019une politique ou d\u2019une technologie, parce que celles-ci et le milieu lui-même sont interconnectés.» Il s\u2019ensuit que si «vous posez une action à un endroit vous allez en occasionner une autre ailleurs; d\u2019autant plus que dans le domaine de l\u2019énergie il y a encore davantage d\u2019interconnexions».PATRICK KOVARIK AGENCE ERANCE-PRESSE «Si les consommateurs pouvaient connaître l\u2019empreinte carbone de ceux [les produits] qu\u2019ils achètent, ils pourraient se procurer ceux qui ont un impact carbone moindre.En définitive, en tenant compte de huit ou de six millions de consommateurs, cet affichage pourrait contribuer considérablement à atteindre les objectifs sans trop chambouler l\u2019économie», assure Réjean Samson, professeur au département de génie chimique de Polytechnique et directeur général du CIRAIG.Par conséquent, il a été convenu d\u2019éviter la dispersion dans les moyens d\u2019action à retenir pour la raison que, «de la sorte, on ne se ramasse pas avec la gaffe commise ailleurs qui cause un effet rebond; il s\u2019ensuit alors qu\u2019au bout du compte on n\u2019est pas plus avancé ou encore qu\u2019on a créé plus de problèmes qu\u2019on en a résolu».Il pose ce regard lucide : « On ne dispose plus de beaucoup de temps pour prendre des mauvaises décisions et il est important d\u2019utiliser les outils scientifiques qui sont disponibles.Dans ce sens, ce n\u2019est peut-être pas à moi de le dire, mais il n\u2019en demeure pas moins que le CIRAIG est un des très grands centres de recherche au monde, qui est, de plus, localisé à Montréal; il est capable de faire ce genre d\u2019analyse-là pour éviter justement les déplacements d\u2019impacts, les mauvaises décisions et les effets rebonds.» Tenir compte du cycle de vie Le mémoire dégage, à partir de l\u2019approche holistique retenue, quatre paramètres d\u2019où découlent cinq recommandations formulées à l\u2019intention du gouvernement.La première de celles-ci consiste, en matière de prise de décision, à «éva- luer le potentiel de réduction des émissions de GES des projets en utilisant une approche cycle de vie afin d\u2019éviter les déplacements d\u2019émissions et de déterminer les conséquences potentielles sur d\u2019autres types de problématiques environnementales».En corollaire suit cette autre recommandation: «Promouvoir l\u2019utilisation de l\u2019analyse du cycle de vie lors de la conception des projets afin de déterminer les étapes les plus contributrices en matière d\u2019émissions de gaz à effet de serre et afin de diminuer de la sorte, dès la conception, leur empreinte carbone.» Affichage de l\u2019empreinte carbone En troisième lieu, les chercheurs prônent l\u2019affichage environnemental, dont parle de cette manière le directeur du centre : « On trouve un peu réducteur de croire qu\u2019on va régler tout le problème avec les autos électriques.Il y a des éléments aussi importants qu\u2019on retrouve dans l\u2019attitude des gens qui consomment toute une variété de produits; s\u2019ils pouvaient connaître l\u2019empreinte carbone de ceux qu\u2019ils achètent, ils pourraient se procurer ceux qui ont un impact carbone moindre.En définitive, en tenant compte de huit ou de six millions de consommateurs, cet affichage pourrait contribuer considérablement à atteindre les objectijs sans trop chambouler l\u2019économie.» En pareil cas, les cycles de vie servent à produire les bilans de carbone de toute une gamme de produits.Système à revoir et conséquences sociales En vertu des accords internationaux, il existe actuellement une façon de comptabiliser les effets des GES sur une base territoriale ; des figures illustrent les émissions par pays et par personne.Le CIRAIG se tourne plutôt vers un système parallèle, ce qu\u2019explique Réjean Samson : « C\u2019est relié en quelque sorte à l\u2019empreinte carbone: on considère le lieu de production et le carbone dans le produit lui-même qui est acheté; on s\u2019attribue ainsi la pollution liée à la consommation.Pour compenser, on fait l\u2019inverse pour tous les produits que l\u2019on exporte; dans ce cas, ce sont les gens qui achètent nos produits qui en prennent l\u2019empreinte carbone.» Le Québec retirerait un énorme avantage de cette façon de procéder: «On a été choyés des dieux, car on a de l\u2019hydroélectricité, ce qui fait que la majorité de nos produits d\u2019ici possèdent une empreinte effectivement moins élevée que d\u2019autres qui sont similaires et qui viennent de l\u2019extérieur.» Le rapport des experts va plus loin : «Il serait même possible de faire venir chez nous des alumineries pour que les produits de l\u2019aluminium qui sont exportés portent l\u2019empreinte carbone Québec à faible impact.Les pays étrangers acheteurs de ceux-ci seraient eux-mêmes capables de baisser leurs émissions de GES.C\u2019est là tout un volet qui est considérable à envisager dans le cadre des cibles très ambitieuses que veut proposer le gouvernement; selon nous, il faut donc y aller d\u2019une manière créative pour y arriver plutôt que de parler uniquement d\u2019électrification des transports ou d\u2019isolation des bâtiments.» Etant donné que ces cibles sont notamment de l\u2019ordre d\u2019une diminution de 80% par personne d\u2019ici 2030, il s\u2019ensuit des impacts sociaux qui font l\u2019objet de la dernière recommandation du rapport du CIRAIG.De quel ordre sont ces impacts-là, M.Samson?«Par exemple, si le prix de l\u2019essence vient à monter à des prix très, très élevés, il en découlera que beaucoup de ménages ne pourront plus nécessairement voyager ou encore qu\u2019il deviendra très compliqué pour eux de se payer des automobiles, ce qui va entraîner toutes sortes d\u2019autres effets pervers qu\u2019il importe d\u2019évaluer également dans les objectijs de réduction.» Collaborateur Le Devoir UQÀM PORTES OUVERTES Samedi 7 novembre 2015 lOhàlOh Mardi 9 février 2016 15hà20h VENEZ VOUS FAIRE UNE TETE M» AV> .A \\ P m-\u2019 '''*1 '// SORTIR DES SENTIERS BAHUS POUR AMELIORER LA VIE DES OUEBECOIS Pour Catherine Potvin, la Conférence de Paris sur le climat commence dans la jungle du Panama.La professeure de McGill dirige « Dialogues pour un Canada vert», un mouvement qui regroupe une soixantaine d\u2019universitaires canadiens et propose des solutions pour limiter les changements climatiques au Canada.Elle utilise les connaissances acquises dans des écosystèmes fragiles en régions éloignées afin de construire un avenir plus durable pour le Québec.McGill LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015 I 3 RECHERCHE AMENAGEMENT DU TERRITOIRE Entre gestion de l\u2019urgence et planification des risques Ces dernières années, les événements climatiques extrêmes se sont multipliés d\u2019un bout à l\u2019autre de la planète.Il n\u2019y a qu\u2019à repenser à l\u2019ouragan Katrina qui emporta la digue protégeant un quartier populaire de La Nouvelle-Orléans il y a dix ans de ça.Ou encore, plus récemment, aux inondations meurtrières dans le sud de la France, il y a tout juste quelques semaines.Plus près de nous, ce sont les rives du fleuve Saint-Laurent qui s\u2019érodent un peu plus chaque année.Des phénomènes qui poussent inévitablement les acteurs du développement urbain à repenser la ville.Le Devoir s\u2019est entretenu avec Isabelle Thomas, professeure à la faculté de l\u2019aménagement de l\u2019Université de Montréal et spécialiste des questions de développement durable.HELENE ROULOT-GANZMANN Les Montréalais et les banlieusards se sont réveillés lundi avec une nouvelle menace faite à leur portefeuille, celle de devoir débourser quelques dollars à chaque fois qu\u2019ils emprunteraient un des ponts menant à la métropole.Une façon, selon la Commission de l\u2019éco-fiscalité du Canada, un groupe de recherche indépendant formé d\u2019économistes de toutes les régions du Canada, de réduire la congestion, donc la pollution, donc les gaz à effet de serre, donc le réchauffement climatique, donc les événements extrêmes qui lui sont liés.Cette analyse, aussi rapide soit-elle, prouve à quel point tous ceux qui ont à se pencher sur le développement urbain doivent aujourd\u2019hui se préoccuper de l\u2019impact du réchauffement climatique.«Si de nombreuses voix s\u2019élèvent depuis plusieurs décennies pour avertir des dangers inhérents à notre développement économique et notre urbanisation, les dernières années montrent une convergence des analyses et des préoccupations à l\u2019égard des risques et des changements climatiques», peut-on lire dans le plan du cours donné par Isabelle Thomas, intitulé «Aménagement, risques et enjeux urbains».«Les modes d\u2019urbanisation, les changements d\u2019occupation des sols et le développement socio-économique ont accru le potentiel des dommages dus aux risques dans de nombreuses régions urbaines et posent la question des modalités nécessaires à un aménagement urbain viable.Ainsi, la croissance des événements extrêmes dus aux changements climatiques, l\u2019accroissement progressif des enjeux dus aux territoires urbains densément peuplés conduisent à l\u2019accentuation de la vulnérabilité des populations face aux risques.» Réponse globale Ainsi, pour faire face à la menace, la réponse doit être globale, assure Tuniversitaire.«Il faut réaliser des diagnostics des grands enjeux sur l\u2019ensemble du territoire, explique-t-elle.Comprendre où se situe sa vulnérabilité, où sont les entreprises polluantes par exemple, développer des outils pour y faire face.Si je reviens à la recommandation de mettre des péages sur tous les ponts.oui, la mobilité fait partie des grands enjeux.Mais est-ce suffisant?Je ne crois pas.C\u2019est peut-être une partie de la solution, mais il faut également d\u2019autres initiatives en matière de mobilité active, de transport en commun, et bien d\u2019autres choses encore.» Gérer la circulation de la manière la plus fluide possible, mais aussi travailler sur le territoire.Donner plus d\u2019opportunités aux familles de vivre en ville, sur le plan financier avec des logements abordables, sur le plan également de la qualité de vie et des services.«Il y aurait alors moins de congestion, car moins le besoin d\u2019aller grignoter des territoires à l\u2019extérieur de la ville, poursuit-elle.Moins d\u2019étalement urbain.Quand on parle de développement urbain durable, c\u2019est très complexe.C\u2019est très politique aussi.C\u2019est toute la question des services.Si on offre des services de qualité à la population, que ce soit au quotidien ou lorsque survient une catastrophe, ça l\u2019amène à être plus résiliente.» Car s\u2019il y a d\u2019un côté l\u2019aménagement urbain et les nouvelles réglementations qui font aujourd\u2019hui en sorte de lutter contre la pollution, les îlots de chaleur, les inondations, d\u2019économiser l\u2019énergie et les ressources naturelles, de gérer les déchets, etc., il y a de l\u2019autre tout un volet résilience et éducation de la population.«La population doit avoir conscience des risques et donc de sa vulnérabilité, explique Mme Thomas, pignons l\u2019exemple des inondations dans le sud de la France début octobre.Les gens sont morts parce qu\u2019ils sont descendus dans leurs sJ S JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET AGENCE ERANCE-PRESSE Des personnes nettoient la rue dans le village de Biot, dans le sud-est de la France, où de violentes inondations ont eu lieu au début du mois d\u2019octobre 2015.sous-sols pour prendre leur voiture.Si on les avait le moindrement préparés à ce type de risques, nombre d\u2019entre eux n\u2019auraient pas posé ce geste.Or, les chercheurs ont aujourd\u2019hui mené de nombreuses études et on connaît bien ce que nous appelons les \u201caléas\u201d, à savoir quel type d\u2019événement extrême peut survenir à tel endroit.Mais il faut vraiment travailler sur la vulnérabilité des populations.On ne va pas les déplacer.Elles sont bien établies.Il faut donc qu\u2019elles sachent quoi faire lorsque ça arrive.» Intégrer les citoyens dans la solution.En amont, en les convainquant du bien-fondé des gestes quotidiens \u2014 recyclage, compost, mobilité active, économies énergétiques \u2014 qu\u2019on leur demande de poser.En aval, en les éduquant sur les attitudes à adopter en cas de catastrophe et en s\u2019assurant qu\u2019ils ne se sentent pas livrés à eux-mêmes.C\u2019est comme cela que se construirait la résilience.Dans cette forme de solidarité.«C\u2019est un travail de longue haleine, assure la professeure.On a chacun un rôle à jouer.Si moi, citoyenne de Montréal, j\u2019imperméabilise ma parcelle parce que je détruis la végétation, par exemple, j\u2019amplifie le ruissellement et l\u2019érosion, je ne lutte pas contre le réchauffement climatique, ni contre les îlots de chaleur.Ainsi, le travail se fait du citoyen à l\u2019élu local et au gouvernement provincial, ici au Québec.Mais également dans l\u2019autre sens, dans une sorte de va-et-vient permanent entre la gestion de l\u2019urgence et la planification des risques.» Collaboratrice Le Devoir LE MONDE EST PETIT NOUS VOYONS GRAND I 11 I\tI 111 11 I I ri AIDER L'INDUSTRIE AEROSPATIALE À ATTEINDRE DE NOUVEAUX SOMMETS S- CAMPUS SCIENTIFIQUE CONJUGUER ART, JEUX ET TECHNOCULTURE ¦ ô ^ I O 5.\t:
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