Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (7)

Références

Le devoir, 2015-10-31, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Guerre et paix une épopée avec marionnettes Page E 3 Baba Zula lance le Festival du monde arabe O\t.PaSeE4 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI SI OCTOBRE ET DIMANCHE I^R NOVEMBRE 2015 ?'-2 V T\t, \"J .h\tI -\"-tt ttSï ^ ® '« 'îî; ¦ Le §oitge d\u2019une nuit d\u2019auwmne .un conte macabre pour célébrer FHalloween EONE La vieille dame fantôme du film Insidieux de James Wan Un cauchemar impressionniste.Un détour du côté de l\u2019inquiétante étrangeté cinéphile.Un défilé de scènes insolites tirées de films connus ou méconnus dont chaque titre apparaît à la fin.FRANÇOIS LÉVESQUE La journée avait été longue.Pourtant, la nuit semblait être tombée d\u2019un coup.C\u2019était à peine si les phares de ma voiture parvenaient à percer les ténèbres enveloppées dans la brume d\u2019octobre.Je ployais sous la fatigue, luttant pour rester éveillé, quand une silhouette Ijlanche se matérialisa en plein milieu de la chaussée.Etait-ce.une mariée?Dans une manœuvre d\u2019évitement, je frappai quelque chose, puis tout ne fut plus qu\u2019obscurité.Ma voiture avait dévalé une pente avant de s\u2019immobiliser contre un taillis.Alentour, la forêt était aussi opaque que la route en surplomb, constatai-je, debout à côté du véhicule, sonné.J\u2019en étais à m\u2019interroger sur la suite lorsque je vis un point lumineux se rapprocher.Devant moi se tint bientôt une petite fille, une lanterne à la main.Reconnaissant, je la suivis.Nous débouchâmes sur un domaine marécageux au centre duquel, au bout d\u2019un chemin de terre battue, s\u2019élevait une vaste demeure hérissée de tourelles et de mansardes.Il y avait de la lumière, m\u2019encoura-geai-je, lorsque je pris conscience que ma jeune guide s\u2019était volatilisée : rentrée à mon insu, sans doute.Je marchai jusqu\u2019à la porte, heureux à la perspective qu\u2019on me vienne en aide.Après que mes trois coups de heurtoir eurent résonné à l\u2019intérieur, j\u2019entendis le cliquetis d\u2019une clef, puis le grincement des gonds.Le lourd battant s\u2019entrouvrit.J\u2019entrai.Un haut lustre diffusait dans le vestibule un chiche éclairage qui camouflait mal la vétusté de l\u2019endroit : papier peint élimé, lambris vermoulus, meubles poussiéreux, et cetera.Devant moi : un corridor de seryice, un ascenseur en fer forgé et un grand escalier.A ma gauche : une EU.L.EILMS La fillette diabolique dans Opération peur de Mario Bava large porte coulissante ouverte.À ma droite : une seconde porte identique, mais close.Je m\u2019approchai de la première et découvris une salle de bal.Un magnifique piano y trônait.J\u2019allais y voir de plus près quand l\u2019une des touches s\u2019enfonça toute seule.Un écho lugubre se réverbéra dans la pièce.D\u2019instinct, je reculai jusqu\u2019à la seconde porte, à travers laquelle j\u2019entendis des murmures.L\u2019œil rivé à l\u2019interstice, j\u2019entrevis un salon éclairé par un feu de cheminée dans lequel une adolescente servait le thé à un homme plus âgé.Sur le point de boire, l\u2019invité se ravisa et enjoignit à son hôtesse de plutôt lui donner sa propre tasse.Hésitante, l\u2019adolescente obtempéra.L\u2019air rusé, l\u2019homme but enfin, puis il toussa.L\u2019adolescente sourit, et l\u2019homme, en s\u2019effondrant, sut qu\u2019elle avait été plus maligne que lui.Récupérant la tasse empoisonnée, la jeune fille la remplit encore et.cauteleuse, la tendit dans ma direction.Comment pouvait-elle me voir ?Alarmé, je regagnai la porte principale mais la trouvai verrouillée.Désespérément vide, le trou de la serrure paraissait me narguer.Un grondement mécanique me fit sursauter.Je me retournai et, adossé contre la porte, je retins mon souffle.Les rouages de l\u2019ascenseur se turent et la grille s\u2019écarta, dévoilant une très vieille femme.«Il ne faut pas en vouloir à ma petite-fille, me Ôit-elle.Elle se désennuie comme elle peut.Sa mère fait de son mieux, mais avec trois enfants, il lui faudrait un époux.» Perçant, le regard de la maîtresse de céans s\u2019était embrumé quand elle tira la grille et remonta en me laissant là, stupéfait.VOIR PAGE E 3 : SONGE E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE l ^ ^ NOVEMBRE 2015 CULTURE Bibliothèques en orbite Odile ^\t^ : Tremblay .> I 7v i ans la mémoire littéraire, le nom du grand écrivain argentin Jorge Luis Borges est associé aux bibliothèques comme celui de Miguel de Cervantés l\u2019est aux moulins à vent : en référence spontanée.Il a tant fréquenté leurs labyrinthes en quête du volume suprême \u2014 son Graal hors d\u2019atteinte \u2014, et tant écrit sur elles.Sans l\u2019œuvre en chocs de dimensions du bibliothécaire aveugle et génie des lettres, aurions-nous embrassé toute la portée métaphysique de ces temples du savoir aux rayonnages infinis?Borges, poète incontournable mort en 1986, dirigea à Buenos Aires (où son esprit flotte toujours) la bibliothèque nationale après qu\u2019un mal génétique lui eut fait perdre la vue.Déambulant parmi des livres invisibles pour ses yeux.«La bibliothèque est une sphère dont le centre véritable est un hexagone quelconque, et dont la circonférence est inaccessible», écrivait-il dans La bibliothèque de Babel, tirée du recueil Fictions.Toute son œuvre, poèmes et nouvelles surtout, se fraie un chemin entre paradoxes et vertiges.A la fois auteur et personnage de fiction comme Homère, ai-je dit que Borges avait inspiré à Umberto Eco, la figure du moine aveugle et fou du Nom de la rose dévorant des pages empoisonnées dans sa bibliothèque en feu ?Suivons le guide! En ces temps d\u2019Hahoween, j\u2019ai demandé à son fantôme de me tenir la main cette semaine lors d\u2019une drôle d\u2019expérience conçue par son compatriote, l\u2019écrivain Alberto Manguel, auteur à'Une histoire de la lecture, et par l\u2019homme de théâtre épris de technologies nouvelles Robert Lepage.Cette expérience, c\u2019est une expo à la Grande Bibliothèque, qui vient souligner les dix ans d\u2019existence de l\u2019institution aux chambres de bois.Alberto Manguel assura en rencontre de presse que ce parcours n\u2019était pas inspiré par l\u2019auteur de L\u2019histoire de l\u2019infamie.Mais comment croire celui qui ajouta ensuite: «Toute mon œuvre est un hommage à Jorge Luis Borges.» Il dit avoir connu deux génies, Borges et Lepage.Ce dernier, familier des éloges, n\u2019a pas rougi.L\u2019exposition s\u2019intitule La bibliothèque la nuit, comme le titre du passionnant essai de Manguel sur les grandes bibliothèques de l\u2019histoire et sur celle des particuliers, aux œuvres miroirs de l\u2019âme: «Toute bibliothèque est une autobiographie», y écrit-il.L\u2019écrivain argentin n\u2019a pourtant plus accès â sa propre * i Alberto Manguel et Robert Lepage nous font visiter dix grandes bibliothèques du monde, réelles ou pas.bibliothèque aux 35 000 ou 40 000 volumes encastrée dans un ancien presbytère français.«J\u2019ai aménagé il y a quatre mois dans un appartement exigu de New York», explique-t-il.Qu\u2019â cela ne tienne ! La voici reconstituée â la Grande Bibliothèque, dans la salle d\u2019accueil de l\u2019exposition (mais, supplice de Tantale, sans pouvoir ouvrir les livres).Plus loin, Manguel a imaginé le concept d\u2019un déambulatoire â la mémoire de dix grandes bibliothèques du monde, réelles ou pas.Temples littéraires en 3D Nous voici dans cette seconde salle, où des arbres arborent des feuilles en forme de livres.Des pages sont froissées au sol, mais les tables de bois ressemblent â celles des bibliothèques classiques, ornées de lampes aux abat-jour verts en attente de lecteurs.( IMMIBUS Lel corps DONNE À VOIR SPÉCIALITÉS MAITRISE D'OEUVRE JEAN ASSELIN, RÉAL BOSSÉ ET SYLVIE MOREAU ^ 28 OCTOBRE AU 14 NOVEMBRE A L\u2019AFFICHE A LE DEVOIR CmESPACEUBRE MIMEOMNIBUS.QC.CA Une présentation BMO Groupe financier en collaboration avec iifsiî i mniBHiE ! AVEC MIKHAIL AHOOJA SIMON BEAULE-BULMAN ANNICK BERGERON LUC bourgeois ÉRICBRUNEAU ANNE-MARIE CADIEUX LOUISE CARDINAL LÉVI DORÉ GÉRALD GAGNON marie-pier labrecoue DOMINIQUE LEDUC laurier RAJOTTE Conception Guillaume Lord François Barbeau Martin Labrecque Laurier Rajotte Julie Measroch Amélie Bruneau-Longpre Rachel Tremblay Assistance à la mise en scène Suzanne Crocker Production Théâtre du Nouveau Monde mmîl AOQIlîBiC IWCII Pour que tout bascule, reste â enfiler tant bien que mal des lunettes-casques Genius Rift.Au milieu des arbres â livres, dix vignettes surgissent soudain, portes virtuelles vers l\u2019ailleurs en 3D.On clique sur l\u2019une ou l\u2019autre pour s\u2019immerger dans une bibliothèque et son style.Celle d\u2019Alexandrie, née sur les cendres de son illustre aïeule de l\u2019Antiquité, celle de Sainte-Geneviève â Paris, celle du temple Hase-Dera au Japon, celle, imaginaire, de Jules Verne â bord de son sous-marin Nautilus dans Vingt mille lieues sous les mers, etc.La technologie d\u2019immersion sur 360 degrés â laquelle Robert Lepage et son équipe d\u2019Ex Machina se sont frottés sert habituellement â la démonstration de jeux vidéo.Lui la voit désormais comme un pont â ériger entre théâtre et cinéma.Reste â pivoter sur soi-même pour faire surgir de nouveaux éléments de décor.C\u2019est un peu gadget, décrit comme ça, mais la visite (il faut réserver en ligne), dans ses dédales architecturaux, constitue une balade saisis- sante â travers ces temples de savoir, agoras, et espaces fragilisés par la révolution technologique en cours.Un trajet d\u2019une heure, moins si la perte de repères vous donne la nausée.Et pourquoi ne pas se perdre dans cette forêt-lâ?A l\u2019heure où la Toile menace de disparition plusieurs bibliothèques (cette semaine, on apprenait la migration de celle du ministère de la Santé vers un corridor obscur d\u2019un centre de réadaptation), on a envie de les célébrer toutes.L\u2019ombre de Borges au Rialto Et tant qu\u2019â parcourir des bibliothèques sans toucher aux livres, autre escale : le théâtre Rialto, où le spectacle La bibliothèque interdite s\u2019appuie sur un texte et une composition de Denis Plante (qui joue aussi du bandonéon).Entouré de trois musiciens, au cœur d\u2019un opéra-tango, Sébastien Ricard y est formidable.En plus de jouer et chanter en concierge aveugle (inspiré par Borges) d\u2019une bibliothèque interdite par le régime de Juan Perôn, le chanteur-acteur a signé la mise en JACQUES NADEAU LE DEVOIR scène du show â quatre mains avec Brigitte Haentjens.On applaudit â cette mise en abyme très argentine du poète idéaliste arrêté et interrogé par un de ses personnages.Les amoureux de Buenos Aires retrouvent l\u2019atmosphère des milongas au rythme des tangos.Tortures et sévices dont les artistes opposants furent victimes au cours des années 40 martèlent l\u2019histoire.Retour â Borges, donc, â qui ses positions contre le régime de Juan Perôn firent perdre un emploi de bibliothécaire (il s\u2019est repris plus haut après la chute du tyran).La bibliothèque trône derrière, immanente.«Peut-être suis-je égaré par la vieillesse et la crainte, mais je soupçonne que l\u2019espèce humaine \u2014 la seule qui soit \u2014 est près de s\u2019éteindre, tandis que la bibliothèque se perpétuera: éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète», prédisait Borges, en arpentant dans sa nuit éçlairée ses perpétuels dédales.A lui, le dernier mot! otremblay@ledevoir.com - à îr.S ICI «jîli artv I RaDio-canaoa r 0.I fi U Québec LE DEVOIR LES SAMEDI SI OCTOBRE ET DIMANCHE I'^'^ NOVEMBRE 2015 E 3 CULTURE-THEATRE SONGE SUITE DE LA PAGE E 1 J\u2019allais me résoudre à emprunter l\u2019escalier lorsque j\u2019entendis un ricanement étouffé en provenance du corridor, lequel débouchait sur une cuisine nauséabonde.Dans l\u2019évier s\u2019empilait la vaisselle sale.Sur le comptoir maculé, un lapin aux chairs faisandées gisait dans une casserole.Sentant sourdre l\u2019angoisse, je m\u2019enfermai dans la salle de bain adjacente, faute d\u2019une meilleure parade.En rencontrant mon reflet dans la glace, je restai inferdit: je contemplais l\u2019arrière de mon crâne.A tâtons, j\u2019agrippai la poignée et sortis.Je titubai jusqu\u2019à l\u2019escalier.A l\u2019étage, je trouvai un couloir et plus de portes.L\u2019une d\u2019elles s\u2019entrebâilla.Je pénétrai dans la chambre, vide, il s\u2019avéra, à l\u2019exception du monceau de poupées de porcelaine qui accaparaient presque tout le lit.Sans mot dire, la fdlette de la forêt entra et m\u2019entraîna à sa suite vers la garde-robe, où elle se dissimula avec moi.Un choc sourd, sporadique, en provenance des marches précéda un son tramant dans le couloir.L\u2019adolescente de tout à l\u2019heure entra à son tour dans la pièce, hissa le cadavre de l\u2019homme et le dissimula sous les poupées avant de s\u2019asseoir au coin du lit, dos au placard \u2014 je la distinguais aisément grâce aux persiennes.Soudain, elle tourna la tête de quelques degrés, puis de quelques degrés encore, et encore, 180 degrés, jusqu\u2019à plonger son regard dans le mien; pantin désarticulé grotesque et effrayant.Je voulus rassurer la fdlette, mai^ m\u2019aperçus qu\u2019elle avait de nouveau disparu.A l\u2019instar de l\u2019adolescente, réalisai-je.Une fois sorti de ma cachette, puis de la chambre, je refermai prestement la porte mais en entendis aussitôt une autre s\u2019ouvrir.Un petit garçon se tenait dans l\u2019embrasure de celle-ci.«Je vois des gens qui sont morts», me dit-il en désignant du menton le fond du couloir qui se terminait par une troisième porte, plus large.Je m\u2019y rendis d\u2019un pas décidé, las de cette sinistre charade.Une odeur de cire m\u2019emplit les narines.Des cierges achevaient de se consumer aux quatre coins d\u2019un lit à baldaquin drapé de noir.La dame de l\u2019ascenseur y était étendue.J\u2019aurais pu jurer qu\u2019elle me dévisageait malgré ses yeux vitreux, sans vie.Une goutte d\u2019eau tombait par intermittence du plafond dans une assiette décorative abandonnée sur une table de chevet, habillant le silence d\u2019une texture déliquescente.Non sans soulagement, je remarquai que la morte serrait contre sa poitrine frêle une grosse clef dorée.Passant outre mon dégoût, je soulevai les doigts raides et froids et m\u2019en emparai.Je dévalai les marches jusqu\u2019au rez-de-chaussée où j\u2019enfonçai la clef dans la serrure de la porte d\u2019entrée.Depuis l\u2019escalier me parvint comme un froissement, celui d\u2019un lourd tissu.Je regardai par-dessus mon épaule, c\u2019était plus fort que moi, tout en continuant d\u2019essayer de faire tourner la clef Droite, royale, elle descendait vers moi.«Je vais t\u2019emmener en des lieux où tu n\u2019es jamais allé.Je vais te montrer des choses que tu n\u2019as jamais vues.Et je vais regarder la vie s\u2019échapper de toi», me promit la mariée spectrale derrière son voile diaphane.Le loquet céda, et je fuis, je fuis.Quand je m\u2019estimai suffisamment loin, j\u2019eus vers la maison un ultime regard et croisai celui, impassible, de la fdlette qui m\u2019observait depuis l\u2019une des fenêtres.Je courus comme un damné dans les heures pâles jusqu\u2019à forée des bois, puis je courus de plus belle jusqu\u2019à ma voiture emboutie, comme si son habitacle de tôle froissée pouvait me protéger.Dans ma fuite effrénée, je trébuchai sur la carrosserie, ruisselant, et m\u2019arrêtai à quelques centimètres du pare-brise lézardé.C\u2019est alors que je le vis.Que je me vis : le visage ensanglanté, les yeux fixes et révulsés, comme deux îlots blancs sur une mer carmin.Et je compris.Dans mes oreilles, dans mon esprit, 11 n\u2019y eut plus rien; rien que ce froissement Infernal et ces rires d\u2019enfants.Le Devoir Géographie cinéphile Prologue : la mariée fantôme dans Saints-Martyrs-des-Damnés de Robin Aubert.La forêt : la fillette dans Hansel et Gretel de Lim Pln-seong.Le domaine : la chute de la maison Usher de Roger Corman.La salle de bal : le piano hanté dans L\u2019enfant du Diable de Peter Medak.Le salon : la cérémonie du thé dans La petite fille au bout du chemin de Nicolas Gessner.L\u2019ascenseur : variation de IVf^® Venable dans Soudain l\u2019été dernier de Joseph L.Manklewlcz.La cuisine : le lapin oublié dans Répulsion de Roman Polansld.La salle de bain : une mise en abyme dans Dolores Claiborne de Taylor Hackford.La première chambre : le voyeur dans le placard dans Blue Velvet de David Lynch, le cadavre sous les poupées dans Entretien avec un vampire de Nell Jordan, et la possédée dans L\u2019exorciste de William Prledkln.La deuxième chambre : le jeune héros du Sixième sens de M.Night Shyamalan.La troisième chambre : sketch « La goutte d\u2019eau » dans Les trois visages de la peur de Mario Bava.L\u2019escalier: les fiançailles funèbres dans Le fantôme de Milburn de John Irvln.La fenêtre : la fillette diabolique dans Opération peur de Mario Bava.Épilogue : Alice ou la dernière fugue de Claude Chabrol.» 1 w.& PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pour Louis-Dominique Lavigne et Antoine Laprise, «la Russie rêvée appartient à tout le monde», même aux marionnettes.Épopée miniature Louis-Dominique Lavigne et Antoine Laprise adaptent le colossal Guerre et paix pour les marionnettes MARIE LABRECQUE Une épopée n\u2019attend pas fautre durant cet automne théâtral.Mais contrairement à Moby Dick et Eive Kings, celle de Guerre et paix se pratique à une miniéchelle, par l\u2019univers ma-rionnettique du Théâtre du Sous-marin jaune.La compagnie, qui a adapté avec bonheur plusieurs oeuvres à teneur philosophique, de Candide à La Bible, transpose, avec son coutumier mélange de sérieux et de fantaisie, cet immense chef d\u2019œuvre sur les guerres napoléoniennes.Un an après sa création à la Bordée à Québec, le spectacle \u2014 qualifié alors de «franche réussite» par une collègue du Devoir \u2014, s\u2019amène enfin à Montréal.Le coup de foudre de Louis-Dominique Lavigne, codirecteur artistique du Théâtre de Quartier, pour l\u2019œuvre {«le plus grand roman de ma vie ») fut l\u2019étincelle du projet.S\u2019ensuivit une «formidable rencontre» artistique avec Antoine Laprise, scripf éditeur et metteur en scène du show.Construite à partir des scènes ayant le plus touché les deux créateurs, leur adaptation préserve les trois dimensions de l\u2019œuvre originale, l\u2019histoire d\u2019amour, le mouvement historique et la pensée de Tolstoï, en privilégiant ces deux derniers éléments.Louis-Dominique Lavigne se dit très fier du caractère personnel de cette adaptation, teintée par la tradition du Sous-marin jaune, et où il a donc ménagé de l\u2019espace pour la vision particulière du Loup bleu, ce narrateur et «penseur ludique».Sa double nature d\u2019animal et de marionnette permet un recul à la fois par rapport à l\u2019humanité et à la pratique théâtrale.Deux optiques à travers lesquelles la compagnie revisite les œuvres, explique Antoine Laprise.L\u2019adaptation de Guerre et paix adopte notamment le point de vue du cheval, moyen de locomotion \u2014 et souvent victime \u2014 des combattants, qui forme ici un duo comique avec le canidé.Le «didactisme contemporain» du Loup bleu s\u2019y insère d\u2019autant mieux que le roman est imprégné de la pensée tolstoïenne.L\u2019écrivain lui-même est devenu un personnage dans le spectacle, tant le duo de créateurs trouve actuel ce penseur qui a eu une «grande influence globale sur la politique».Lavigne, qui s\u2019est immergé dans tout Tolstoï avec une passion manifeste, a découvert un «artiste exceptionnel, qui était un phare idéologique de la pensée contemporaine, et dont se sont inspirés plusieurs philosophes».Notamment par son pacifisme.«Il a influencé le mouvement pacifiste, les hippies et le retour à la terre parce qu\u2019il était rousseauiste.C\u2019était un communiste avant la lettre, dans le sens utopiste.A la fin de sa vie, ce riche aristocrate s\u2019est dépossédé complètement pour signifier qu\u2019il fallait partager les biens matériels.Tolstoï était l\u2019idole de Lénine, qui aurait dû mieux le lire.Il n\u2019aurait pas raté sa révolution.» Vision russe Dans cette fresque terminée en 1869, le dramaturge voit une réflexion très intéressante, sans naïveté, sur une guerre qui se joue encore à une échelle humaine.Conteur fabuleux, Tolstoï élève ses personnages inventés au rang d\u2019icônes, tandis qu\u2019il humanise, faiblesses comprises, des géants historiques tels Napoléon et le général russe Koutouzov.«Tolstoï renverse complètement le regard qu\u2019on porte sur les grandes figures, précise Antoine Laprise.Il a l\u2019intuition, et ça va venir dans le siècle suivant, qu\u2019une véritable Histoire raconte la vie de toutes les classes sociales.Il critique la façon dont l\u2019Histoire est alors écrite, où c\u2019est simplement la chronique des rois et des puissants.» En donnant de l\u2019importance aux petits personnages, l\u2019auteur montre que dans le chaos du champ de bataille, les chefs ne contrôlent pas vraiment les événements, que «le facteur humain, dont les stratèges essaient de ne pas tenir compte, est en fait prépondérant».L\u2019œuvre devient donc une «métaréflexion » sur le hasard, le déterminisme et le libre arbitre.De plus, ce qui n\u2019est pas négligeable dans le contexte actuel, elle permet d\u2019appréhender de l\u2019intérieur le point de vue russe.Laprise en souligne l\u2019importance : «Il faut essayer de comprendre la position des Russes présentement, même celle de Poutine.En lisant Guerre et paix, on comprend beaucoup de choses sur le plan historique.Et le peuple russe a perdu 20 millions d\u2019âmes pendant la Deuxième Guerre mondiale, ils ont repoussé Hitler.» Qr, cette capitale victoire, «l\u2019un des faits les plus importants du XX\u2018 siècle», n\u2019est pas reconnue à l\u2019échelle mon- diale.«Ils ont de bonnes raisons d\u2019être frustrés.» Lan prochain, cette version de Guerre et paix pourrait bien être présentée aux Russes, grâce à une invitation d\u2019un festival de marionnettes moscovite.Seul point délicat : l\u2019irrévérencieux Loup bleu y porte un tee-shirt du groupe punk dissident Bussy Riot.Pourra-f il le conserver ?Louis-Dominique Lavigne rappelle qu\u2019à côté du pays des autocrates, il y a une Russie rêvée, que Tolstoï et les autres écrivains (les Dostoïevski, Tchékhov, Gorki.) de son époque, extraordinairement riche sur le plan littéraire, ont décrit.«Et la Russie rêvée appartient à tout le monde.» Même aux marionnettes.Collaboratrice Le Devoir GUERRE ET PAIX D\u2019APRÈS TOLSTOÏ Texte: Louis-Dominique Lavigne, assisté du Loup bleu.Mise en scène: Antoine Laprise.Coproduction du Théâtre du Sous-marin jaune et du Théâtre de Quartier.Au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, du 3 au 21 novembre THÉÂTRE DENISE-FELLETIER DIRECTION ARTISTIQUE CLAUDE POISSANT Partenaire de saison Hydro VdU Québec |11 NOVEMBRE AU 9 DÉCEMBRE 2015| NÜNCHHAUSEN LE5 MACHINERIES DE L\u2019IMAGINAIRE D'AFRÈa LE5 AVENTURE5 VÉRITABLE5 ET VÉRIDIQUE5 DU DARDN DE MÜNCHHAU5EN APRES UN TOUR DU MONDE EN 80 JOURS ENCENSÉ PAR LA CRITIQUE, HUGO BÉLANGER VOUS INVITE À UN AUTRE FABULEUX VOYAGE DANS L'IMAGINAIRE.ADAPTATION ET MISE EN SCENE HUGO BELANGER AVEC FÉLIX BEAULIEU-DUCHESNEAU, ELOI COUSINEAU, MILVA MÉNARD, CARL POLIQUIN, BRUNO PICCOLO, AUDREY TALBOT, MARIE-ÉVE TRUDEL UNE PRODUCTION Billetterie 514 253-8974 denise-pelletier.qc.ca Québec ! E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI SI OCTOBRE ET DIMANCHE 1'='^ NOVEMBRE 2015 CULTURE-MIISKIÜE FESTIVAL DU MONDE ARABE Baba Zula, groupe culte d\u2019Istanbul YVES BERNARD Groupe culte de la nouvelle scène d\u2019Istanbul, Baba Zula s\u2019amène pour la première fois à Montréal presque 20 ans après sa formation et ouvre le Festival du monde arabe ce samedi au National.C\u2019est l\u2019Halloween; tous et toutes sont encouragés à venir déguisés, les quatre musiciens présents accordant d\u2019ailleurs de l\u2019importance à leurs costumes.A leur actif, ils ont huit disques et un répertoire qui fait découvrir des instruments traditionnels plongés dans l\u2019électro.ils sont à la fois psychédéliques et contemporains, inspirés par le dub autant que par le chamanisme préislamique.Et ils dénoncent, ce qui leur vaut la censure, mais ils tiennent le coup.«Nous ne pouvons utiliser la radio et la télé pour rejoindre les gens, explique Murat Ertel, cofondateur de Baba Zula, chanteur, joueur de cordes et de thérémine.A cause de nos textes, on est censuré à la radio d\u2019Etat et dans plusieurs stations privées en Turquie.On doit donc faire notre promotion par Internet et compter sur le bouche-à-oreille, ce qui fait de nous un groupe underground.Plusieurs jeunes et plusieurs artistes nous connaissent, mais pas le reste de la population.La majorité des gens découvrent la musique à la radio et à la télé.» Comme les autres membres de Baba Zula, Murat Ertel a appuyé en 2013 les protestataires de la place Taksim d\u2019Istanbul et les 3 500 000 personnes qui ont défilé dans une centaine de villes turques: « C\u2019était un très grand espoir pour des gens comme moi, pour imm m FESTIVAL DU MONDE ARABE Baba Zula porte des costumes parce que les concerts «doivent être une sorte de rituel», selon le cofondateur du groupe.les jeunes comme pour les vieux.C\u2019était très important, mais maintenant, un tribunal vient de déclarer coupables des manifestants qui ne faisaient que résister sans armes aux policiers qui leur tiraient dessus.» A Montréal, Baba Zula offrira des pièces puisées dans l\u2019qnsem-ble de son répertoire.A quoi s\u2019attendre?L\u2019écoute de 34 Oto Sanayi, son plus récent disque, fait découvrir une personnalité très singulière.Le saz, un luth traditionnel à manche long, est électrifié et joué comme un instrument psychédélique sur des rythmes turcs puissants, souvent habillés avec des effets électros.il y a aussi cette douce déglingue du troubadour qui pourrait évoquer, en plus folk ou en plus rock, l\u2019incredible String Band ou les Jefferson Airplane des débuts, mais avec les inflexions turques.On y trouve également un fond de dub, un son caverneux des percussions et une sorte de théâtre vocal dans la musique, entre le chant et la scansion.«Dans cet album, il y a plus de chansons à texte que sur les autres, et notre façon d\u2019écrire s\u2019inspire davantage de la tradition avec des introductions et des refrains, relate Murat Ertel.Les autres disques sont plus expérimentaux.Je pense qu\u2019on a toujours eu ce côté \u201cdubby\u201d et psychédélique.On aime beaucoup le reggae et le dub, et on est très influencé par ça, mais on n\u2019est pas Jamaïcains.On mélange cela avec la culture de notre pays et on vit dans le XXL siècle.On fait donc une musique qui intègre des machines et des humains.On vit avec les machines.» Et sur la scène ?«On a toujours des costumes parce que je pense que nos concerts doivent être une sorte de rituel.On est très intéressé par la période préislamique et mon instrument, Trois autres découvertes Narcy Rappeur montréalais de souche irakienne et de la famille de Nomadic Massive, il a fait paraître cette année son disque World War Free Now.Pour le FMA, il propose un spectacle mixte à caractère plutôt visuel, intégrant un quatuor à cordes et des chanteurs de Concordia.En plus, on prévoit la participation de Manu Militari.Pour chaque billet vendu, 5$ seront remis aux enfants irakiens et syriens dans le besoin.Lamia Yared & l\u2019Ensemble Zaman Avec son ensemble, l\u2019interprète montréalaise Lamia Yared propose, avec d\u2019excellents musiciens, un répertoire classique qui va du Levant à l\u2019Andalousie et qui suit aussi le parcours de l\u2019ancien Empire ottoman.Kamancello Shahriyar Jamstlidi, qui a consacré sa vie à la préservation de l\u2019héritage kurde, et son collègue Raphael Wein-roth-Browne font se marier le kamânche persan et le violoncelle.Une belle rencontre.le saz, est issu de la culture chamanique.C\u2019est un instrument symbolique, à la base d\u2019une tradition de troubadours, une musique folk, vraiment pas celle des palais.» En effet ! Collaborateur Le Devoir BABA ZULA Au National, samedi 31 octobre à 20 h.Renseignements: 514 790-1245, festivalarabe.corn D\u2019apres Tolstoï Texte; Louis-Dominique Lavigne, en CD CO assisté du Loup bleu P Mise en scene : Antoine Laprise 6 noY., 20 h THEAT OUTRE Avec : Paul-Patrick Charboimeau, Antoin^ljjEprise, Jacques Laroche et Julie Renault | Assistance à La mise en scène et fégie : Diane Fortin | Décor et lumières : Christian Fontaine j Conception des marionnettes et des costumes : Stéphanie Cloutier | Accessoires et assistance au décor : Erica Schmitz [ Environnement sonore; Martin Tétrault | Assistance aux accessoires et au décor ; Marcel Coulombe .Valérie Gagnon et LaurelouFamelar | Répétitrice et oeil extérieur ; Lise Gionet RABA1SP0UR5SPECTAÇLESETPLUS Infoetbite % ^ Desjardins Outfémo\"\u2019\tC^ll Une copjTOduchon du Théâtre du Sous-marm jaune et du Théâtre de Quartier, en codiffusion avec le Centre du Théâtre d'Aujourd\u2019hui.H-ATRE CanadaCouncil Conseil desarls for the Arts du Canada Québec E9 Ea COHSPL 3ES ARTS\tUonliûil# aE HDNTItêAI i iLiiu4 ^ m Dlfc[ CRÉATEUR DU MOUVEMENT 2015.2016 HOFESH SHECHTER COMPANY ROYAUME-UNI SUN Hofesh Shechter 5.6.7 NOVEMBRE, 20 H Théâtre Maisonneuve, Place des Arts Billet à partir de 36,50 $ / 30 ans et - 20 % de rabais DANSEDANSE.CA placedesarts.com LE DEVOIR, LES SAMEDI SI OCTOBRE ET DIMANCHE I'^'^ NOVEMBRE 2015 E 5 CULTURE»MUSIQUE Alain Trudel : l\u2019orchestre comme citoyen dans sa ville L\u2019Orchestre symphonique de Laval a 30 ans.Il vient de publier un excellent disque Respighi sur étiquette ATMA, multiplie les apparitions dans la communauté et se réjouit d\u2019une prochaine rénovation de l\u2019acoustique de sa salle André-Mathieu prévue pour l\u2019été 2016.Alain Trudel, son chef depuis 2006, en parle avec passion.CHRISTOPHE HUSS Les humoristes à Montréal ironisent sur le Cosmodôme, mais Laval ce n\u2019est pas qu\u2019une punch line; il y a la qualité de vie, des choses s\u2019y passent.Il faut aller voir avant de parler.» Dans un fauteuil de la Brûlerie de Sainte-Rose, quartier que nous habitons tous deux, Alain Trudel défend sa ville.C\u2019est que le chef d\u2019orchestre est désormais résident laval-lois et que dans le cadre des partenariats qu\u2019il tisse avec les institutions et organismes de la ville, le Cosmodôme est l\u2019allié naturel du concert des Planètes de Gustav Holst.Certaines associations sont plus inattendues.Le 2 décembre, pour inaugurer une série de concerts annuels en hommage aux grands Lavallois, le programme « La musique du cœur» honorera l\u2019éminent cardiologue François Reeves (neveu d\u2019Hubert).Et c\u2019est la Fondation de l\u2019hôpital Cité de la santé qui obtiendra 3 $ par billet vendu.Une œuvre nouvelle sera conçue par Gilles Bellemare en collaboration avec le scientifique.«Il nous faut proposer des programmes que l\u2019on ne trouve pas ailleurs.Les œuvres canadiennes que nous programmons ne sont pas des pièces de cinq minutes en ouverture, et la nouvelle musique va du consonant, genre musique de film, à Sammy Moussa [sollicité par l\u2019OSM lors de l\u2019inauguration de l\u2019orgue de la Maison symphonique].Nous avons été les premiers à jouer du Sammy Moussa.Repérer ce qui s\u2019en vient, voilà notre mission», juge Alain Trudel.Changement d\u2019atmosphère Dans son discours, Alain Trudel distingue assez clairement les «dernières années» de ses cinq premières à l\u2019Orchestre symphonique de Laval (OSL).«Les gens sont attachés à l\u2019OSL.Il y a quelques années, ce n\u2019était pas le cas.Avec l\u2019ancienne mairie, la prémisse était: \u201cOn fait-tu des affaires ?\u201d C\u2019était tellement difficile: tout l\u2019argent pour les arts allait dans un seul festival et les choses dépendaient de l\u2019humeur de l\u2019un ou de l\u2019autre.» Aujourd\u2019hui, «les choses sont solides», car «c\u2019est un renouveau à tous les niveaux.Le maire est présent à nos événements, il nous voit comme un ambassadeur».Dopé par ces marques de reconnaissance, Alain Trudel et ses musiciens se multiplient: les groupes de musique de chambre issus de l\u2019orchestre joueront «40 fois dans les écoles et CH S LD » cette saison.L\u2019orchestre, qui donnait cinq grands concerts par saison dans sa salle, en présente désormais six.«Mais avant d\u2019augmenter les concerts à dix, on va travailler dans la communauté.» Depuis qu\u2019il habite la ville, Trudel s\u2019engage à tisser des liens avec le milieu des affaires, les politiques, les responsables communautaires.«Chef d\u2019orchestre, c\u2019est un truc.Directeur artistique, c\u2019en est un autre.Ici, je donne à fond dans la direction artistique, vue sous un angle relationnel.Laval est rendu là.Avec le changement à 41 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Depuis qu\u2019il habite Laval, Alain Trudel s\u2019engage à tisser des liens avec le milieu des affaires, les politiques, les responsables commtmautaires.la mairie, on y va au mérite.Si nous avons un projet qui a de la valeur et améliore la qualité de vie des concitoyens, le projet va de l\u2019avant.» Les piliers Alain Trudel, qui envisage d\u2019étendre le rayon d\u2019action de rOSL à la couronne nord, jusqu\u2019à Saint-Jérôme et Saint-Sauveur, bâtit rOSL autour de trois piliers : «Le pilier de l\u2019excellence, le pilier de la communauté et le pilier éducatif.» Il juge que tout projet doit toucher deux de ces piliers.«L\u2019excellence nous regarde.Cela prend la récurrence pour s\u2019améliorer et cela prend de l\u2019implication dans la communauté pour avoir la récurrence.Nous ne serons pas incontournables seulement à cause de la qualité.Nous le serons par notre implication.» Et pour un budget de 1 million de dollars, l\u2019OSL en donne beaucoup, surtout depuis la création des trois programmes chambristes (ceux qui tournent dans les CHSLD et écoles) et les quatre «Musique, Maestro ! », des rendez-vous d\u2019après-midi qui touchent les personnes âgées ne désirant pas sortir le soir.Quant aux choix artistiques, on ne verra pas de cycle Mahler à Laval.«Je n\u2019ai pas besoin de me satisfaire, et n\u2019ai pas besoin d\u2019hypothéquer l\u2019avenir d\u2019un orchestre pour me faire mon répertoire : ici, on travaille pour l\u2019orchestre et pour les gens.» C\u2019est «l\u2019orchestre en tant que citoyen dans sa ville», animé par «des gens qui aiment les gens».Les sept concerts de l\u2019été 2015 pour le 50® anniversaire de la ville rentraient dans ce cadre.«Nous avons touché dans leur quartier des personnes qui ne seraient jamais venues nous voir.Il faut créer tranquillement une certaine habitude.Auparavant, le mot d\u2019ordre était: \u201cVenez nous voir et on va faire beaucoup de promotion pour que vous veniez.\u201d Je ne pense pas que cela marche si bien que ça.Rien ne vaut le bouche-à-oreille.» Avec un tel ancrage, Alain Trudel n\u2019a pas peur de voir rOSL remis en cause.Le fait d\u2019imaginer un «Orchestre Métro- politain du Grand Montréal» qui rayonnerait aussi à Lon-gueuil et Laval n\u2019est pas d\u2019actualité.«Ces questions ont déjà été discutées dans le passé.Aujourd\u2019hui, avant de penser à cela, il faudrait voir le nombre d\u2019orchestres qui poussent à Montréal, où chaque chef a son orchestre, maintenant ! Nous, on est là pour servir la communauté et pour servir la musique.» Et si les 2,6 millions consacrés à la rénovation de l\u2019acoustique de la très sèche salle André-Mathieu sont bien investis, le dernier verrou limitant ce développement artistique sautera enfin.On entendra reparler de l\u2019OSL! Le Devoir Pierre Huet raconte : truculence et tendresse au pays de la rime riche SYLVAIN CORMIER Page 153, sans hésitation.Allez comprendre, je me suis d\u2019abord précipité sur le chapitre intitulé «Ma nuit avec Zappa».Remarquez, page 21, «Le crime de la Plaza » me titillait méchamment le poil du polar.Ten-tation du titre.Quand on est Pierre Huet et qu\u2019on a écrit des chansons qui se sont nichées à perpette dans la tête et le cœur des gens, chansons d\u2019appellations aussi parfaitement contrôlées que Le blues d\u2019là métropole.Mes blues passent p\u2019us dans\u2019 porte, 23 décembre.Je chante comme un coyote et.Le temps d\u2019une dinde, on a l\u2019art de la titraille chevillé au corps.C\u2019est dire qu\u2019on peut lire ce livre de «chansons et souvenirs» dans la séquence choisie, tout autant qu\u2019en plaçant l\u2019aiguille de gramophone au chapitre le plus salivaire.«Roméo Pérusse pour toujours», «Charles Trenet et les pingouins », «Claudia Schiffer, Louise Cousineau et moi», ça n\u2019annonçait que du bon, et lecture faite, c\u2019en est.Du fameusement bon.Suis-je surpris que Pierre Huet soit aussi admirable déballeur d\u2019anecdotes qu\u2019il est immortel parolier?Que nenni.Son talent premier, c\u2019est raconter, ça vaut autant pour le rédacteur en chef qu\u2019il fut à Croc que pour le fournisseur en gags de tant d\u2019émissions de télé.Et c\u2019est pareil pour le compagnon, le collègue, l\u2019ami.Huet régale tout le monde depuis toujours avec ses histoires.Une évidence pour quiconque a été à sa table, a correspondu avec lui, l\u2019a côtoyé dans l\u2019une ou l\u2019autre de ses épiques équipées {«Les pigeons de Copenhague», ça ne s\u2019invente pas), l\u2019a suivi à la grande époque de l\u2019amour libre dans ses tribulations érotiques (lire le chapitre ACTE THÉÂTRE EXLIBRIS fui ET AU PIRE, ON SE MARI D\u2019APRÈS LE ROMAN DE à SOPHIE bienvenu! LES ÉDITIONS LA MÈCHE M MISE EN SCÈNE ET ADAPTATION NICOLAS GENDRON INTERPRÉTATION KIM DESPATIS *\t.\t.V ASSISTANCE A LA MISE EN SCENE f MELANIE PRIMEAU k.- A .^AMAOUI/ LETICIA RAMAOl JOËLLE harbm; JOÉ PELLETIER DU 3 AU 6 NOVEMBRE À ET LE 7 NOVEMBRE À a\" Hydro Québec 870, avenue De Salaberry, Québec \u2022 premieracte.ca \u2022 418 694-9656 LEPOINTDEVENTECOM I RBCFondMIwi* VILLE OL^âi Québec Québec c Québec Qutiwcîin M a Disons que mon hymne national personnel était an peu la chanson I\u2019m Easy de Vexcellent film Nashville de Robert Altman Extrait de En 67 tout était beau «Sainte-Mélanie Blues», ou la fois où ça a failli se passer comme dans le film Délivrance, rapport aux «rites d\u2019accouplement des cochons »).Conteur, mais tout aussi grand charmeur, Huet.«Disons que mon hymne national personnel était un peu la chanson Em Easy de l\u2019excellent film Nashville de Robert Altman », écrit-il sans vantardise.Le fait est que, pudique dans sa truculence, il s\u2019est gardé une grosse p\u2019tite gêne, même s\u2019il en lâche ici et là de très vertes : j\u2019en veux pour exemple une histoire salée poivrée concernant feu Jacques Normand, telle que relayée à Huet par feu Paul Berval.Huet, c\u2019est Michel Audiard chez Ray Davies, Qlivier Gui-mond récitant Joyce, le Gotlib des ruelles de Villeray (parlant bédé, je vous recommande tout particulièrement le chapitre «Panique à la mairie des Lilas», où il narre par le menu détail la fois où il perdit \u2014 et retrouva \u2014 tout un carton de planches originales de Tardi.).Phénoménale mémoire, vaste vocabulaire et maîtrise des changements de niveau dans le langage, la lecture ravit dans le contenu et le contenant.Connais-je quelqu\u2019un qui a plus d\u2019oreille, une telle obsession du mot juste, un besoin à ce point insatiable de faire rire et puis d\u2019émouvoir l\u2019instant d\u2019après?C\u2019est un marrant et un tendre, et son livre est comme lui.Et ça explique beaucoup les paroles des chansons.Lesquelles, avec genèse et commentaires et hommages sentis à tous les collaborateurs.ponctuent En 67 tout était beau.Avec, çà et là, de petites démonstrations de prosodie.«Je me suis amusé à faire un petit Racine de moi-méme dans la phrase de Montréal qui dit: \u201cAssis su\u2019é marches de l\u2019escalier du restaurant, fai dépensé une bonne partie de mes 15 ans\u201d en espérant que le son des quatre \u201cd\u201d consécutijs évoque celui de la descente des marches de l\u2019escalier.A vous d\u2019en juger.» Ce qui me fait penser que j\u2019ai réussi: tout un texte à propos de Pierre Huet sans mentionner Beau Dommage.Qups.Le Devoir EN 67 TOUT ÉTAIT BEAU Chansons et souvenirs Pierre Huet Québec Amérique Montréal, 2015, 304 pages îllll ' ® n ]\tPlace des Arts 2015.2016 JOSÉ NAVAS / COMPAGNIE FLAK A RITES José Navas 11-28 NOVEMBRE, 20 H Cinquième Salle, Place des Arts Billet 37,50 $ / 30 ans et - 20 % de rabais DANSEDANSE.CA placedesarts.com « Avec son habituelle précision géométrique, irrémédiablement virtuose, il ne se donne pour ainsi dire pas en spectacle.Il se livre.» - Dfdanse, Montréal CGI E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE 1®^ NOVEMBRE 2015 CULTURE.DANSE Graines de spectateurs La première pièce pour les enfants de la chorégraphe Estelle Clareton porte sur le vivre-ensemble NAYLA NAOUFAL Avec Tendre, Estelle Clareton saute le pas de la danse jeunes publics, une forme de création souvent considérée comme un sous-art, alors qu\u2019elle cultive divers types d\u2019intelligence ainsi qu\u2019un rapport au monde poétique chez les enfants.C\u2019est la maternité qui a donné l\u2019envie à Estelle Clareton de s\u2019adresser aux enfants : «J\u2019ai replongé dans le monde de l\u2019enfance», se souvient en entrevue la chorégraphe.Invitée par Héléne Blackburn à faire un laboratoire de création dans son studio, elle y forge les prémices de Tendre.Destiné à un public à partir de quatre ans, ce duo est interprété par le chorégraphe-inter-préte Brice Noeser et par la performeuse Katia Petrowick, qui a étudié aussi bien la danse que l\u2019art clownesque.Tout en représentant une prise de risques, le processus de création de Tendre a été libérateur pour celle qui affectionne le travail du clown: «J\u2019ai pu donner libre cours à mon humour, que j\u2019avais toujours freiné dans mon travail.La danse contemporaine a souvent un côté sévère, hermétique, raconte Clareton.Moi, j\u2019aime rire et faire rire.Mais si tu es dans l\u2019humour, ton travail risque de ne pas être reconnu».Deux clowns-danseurs et un élastique Traitant de l\u2019amitié, la création met en scène un garçon et une fille très différents, reliés par un élastique dont ils ne peuvent se défaire.Y sont égrenées «toutes les ruses qu\u2019ils trouvent pour s\u2019accommoder de cet élastique et essayer de vivre ensemble».La pièce est traversée en filigrane par les thématiques de la coopération, de la diversité, de l\u2019imagination qui est mobilisée pour déjouer les contraintes : «La diversité, c\u2019est aussi être avec l\u2019autre, sans nécessairement penser comme lui», poursuit Clareton.Tendre n\u2019est pas pour autant une création éducative: «Je ne veux pas inculquer des idées aux enfants.J\u2019aurais pu faire un spectacle pour les adultes sur le même sujet.» Eaçonné par le travail avec l\u2019élastique, le vocabulaire de Tendre, tout en rebonds, allie la danse à l\u2019art du clown.Au son de la musique composée par Eric Eorget dans l\u2019esprit du «rock\u2019n\u2019roll ludique», la pièce brise le quatrième mur en se passant de paroles : «Les deux danseurs communiquent avec les enfants grâce au \u201cregard au public \u201d, une technique de l\u2019art du clown.» Inspirée par l\u2019univers du chanteur Philippe Katherine et par La Linea, une série télévisée ISEAUX EGA IQUES ureau de I AP U5AU7NG MBRE2015,20H LA SÀLLE MULTI DE MÉDO^E -591 RUE DE S AINT-VALLIE F EST BILLETTERIE Conseil des arts .du Canada : WWW.LEP (IINTDEVENTE.C(/iv Québec nn Entente de développement culturel ^ RECTO \u201d Québec QuébecSS\tVERSO PRÉLUDE AUX 12 HOMMES 6 AU 19 NOVEMBRE 2015 Une production des Éditions de i\u2019Anse-aux-Corbeaux en codiffusion avec ie Théâtre de Quat\u2019Sous D\u2019après les textes de Caston Miron Mis en chansons par Ciiies Béianger Avec Jim Corcoran, Louis-jean Cormier, Michei Faubert, Pierre Fiynn, Yves Lambert, Daniei Lavoie, Martin Léon, David Marin, Yann Perreau, Michei Rivard, Richard Séguin, Biair Thomson et Vincent Vaiiiéres Mise en scène Eric jean THÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUS 100, avenue des pins Est, Montréai BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM ^\tU \"\u201c^ébecss\t.r-i \u2014.\tle devoir 23$ EN PRÉVENTE JUSQU\u2019AU 6 NOVEMBRE QUANTITÉ LIMITÉE\tÉCONOMISEZ35% italienne d\u2019animation d\u2019Os-valdo Cavandoli, la pièce possède une dimension très graphique.Entre la bande dessinée et le dessin animé, elle met en jeu deux personnages à la maladresse farfelue et poétique, voulus par leur créatrice comme «des antihéros pas très sûrs d\u2019eux».Le corps, creuset de rêtre-au-monde Grand oublié de l\u2019éducation scolaire, le corps de l\u2019enfant est engagé lorsque celui-ci assiste à un spectacle de danse, explique au Devoir la médiatrice culturelle et ancienne journaliste de danse Fabienne Cabado, auteure d\u2019un dossier sur la danse jeunes publics pour le Regroupement québécois de la danse : «La psychologie et les neurosciences ont montré que le spectateur, quel que soit son âge, reçoit d\u2019abord la danse par le corps.» «Permettant aux enfants de développer un rapport au monde plus incarné et plus poétique, les spectacles de danse of frent des moyens de comprendre le monde, de le découvrir et de s\u2019y intégrer, d\u2019autant plus que leur esprit n\u2019est pas encore formaté et que leur créativité est très grande», souligne Cabado.Cependant, la danse pour le jeune public souffre d\u2019un désintérêt à la fois de la part de la presse et du milieu de la danse: «On nourrit beaucoup l\u2019idée selon laquelle c\u2019est plus facile de créer de la danse pour les enfants et que les chorégraphes ont moins l\u2019obligation d\u2019innover, déplore Fabienne Cabado.C\u2019est une croyance erronée.» Ainsi, si les propositions destinées aux enfants se permettent plus facilement de la drôlerie, leur aboutissement n\u2019en requiert pas moins une recherche rigoureuse: «Sur le plan de la composition rythmique, il faut être extrêmement vigilant parce que les enfants sont un public impitoyable, insiste Estelle Clareton.Par exemple, si le rythme d\u2019une partie n\u2019est pas bon ou que la musique ne fonctionne pas, ils décrochent.» STEPHANE NAJMAN Tendre, destiné à un public à partir de quatre ans, est interprété par Brice Noeser et Katia Petrowick.Au lieu «d\u2019associer avec condescendance la création chorégraphique pour les jeunes publics â un sous-art», propose Fabienne Cabado, «on pourrait plutôt la voir comme un La danse et les apprentissages chez l\u2019enfant Le RQD a publié cette semaine le premier volet, intitulé «Le spectacle et l\u2019enfant», de son dossier I-Mouvance sur la danse jeunes publics.S\u2019appuyant notamment sur les recherches en neurosciences, cet article met en lumière la contribution des expériences sensorielles, telles que les spectacles de danse, aux apprentissages chez les enfants.Faire l\u2019expérience de la danse en tant que specta- teur contribue au développement de l\u2019intelligence sensorielle, spatiale et motrice ainsi que les capacités cognitives, tout en participant à la construction de l\u2019estime personnelle et du sens de la sécurité, selon Florence Vinit, professeure de psychologie à l\u2019UQAM, citée dans le dossier.Pour en savoir plus: www.quebecdanse.org/ publications/i-mouvance laboratoire où étudier comment rendre la danse contemporaine plus accessible sans rien sacrifier â l\u2019art et où semer des graines de spectateurs».Collaboratrice Le Devoir TENDRE Estelle Clareton (à partir de quatre ans) Le 7 novembre à l\u2019Agora de la danse, le 10 novembre au théâtre Centennial, le 11 novembre à la salle Pauline-Julien, le 2 décembre au théâtre Outremont a e :i^6 ourqie La Fondation Arte Musica présente ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL Mardi 3 novembre \u2022 19h30 Boris Brott, chef Jonathan Crow, violon Kaléidoscope Œuvres de C.CHAMPAGNE, A.DESCARRIES, R.MATHIEU, L.-P.MORIN, RAVEL et autres.Présente en collaboration avec l\u2019Orchestre de chambre McGill LES VIOLONS DU ROY Vendredi 6 novembre * 19h30 Anthony Marwood, chef et violon BEETHOVEN Quintette à cordes, op 29 Romace pourviolon n\" 2 Symphonie n° 1 En souvenir : 70 ans plus tard Copland Haydn Gorecki,! Billets à partir de LA JEUNE FILLE ET LA MORT Mercredi 18 novembre \u2022 19h30 QUATUORCARDUCCI F HAYDN Quatuor à cordes opus 33 n\u201c 2 CHOSTAKOVITCH Quatuorà cordes n\u201c 8 SCHUBERT Quatuorà cordes n\u201c 14, « Lajeune Fille et la Mort » Découvrez ce quatuoranglais dans un des chefs-d\u2019œuvre de Schubert! CANADA J Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 M MUSEE DES BEAUX ARTS MONTREAL FONDATION ARTE MUSiCA Présente par Cristian\tMarianne Mâcelaru\tFiset Chef\tSoprano 6 novembre Maison symphonique de Montréal orchestremetropolitain.com 19 h 30 PROCHAIN CONCERT JAN ETYANNICK 20 DECEMBRE.15 H placedesarts.com LE DEVOIR, LES SAMEDI SI OCTOBRE ET DIMANCHE I®'\u2018 NOVEMBRE 2015 E 7 IDE VISD CENTRE CANADIEN D\u2019ARCHITECTURE Bâtisseurs de pensées JEROME DELGADO Avec ses innombrables documents, sa tonne de correspondance, ses archives visuelles et son fouillis d\u2019idées et de textes épars, l\u2019exposition L\u2019architecte, autrement, lancée au Centre canadien d\u2019architecture cette dernière semaine d\u2019octobre, est un véritable manifeste.Devant les représentants des médias, le directeur de l\u2019établissement montréalais, Mirko Zardini, l\u2019a exprimé clairement.«Cette exposition, disait-il, montre ce que nous croyons [au CCA] qu\u2019est l\u2019architecture.» Selon cette perception, le travail des architectes n\u2019a pas pour finalité la construction d\u2019un édifice ou d\u2019une maison.Dans l\u2019expo, il n\u2019y a d\u2019ailleurs pas de chef-d\u2019œuvre à contempler, et pourtant, de grandes figures, comme Rem Koolhaas, Cedric Price ou Peter Eisen-man, pour ne nommer qu\u2019eux, sont citées dans l\u2019une ou l\u2019autre des salles.L\u2019architecture n\u2019est pas qu\u2019une affaire de béton et d\u2019acier.Elle prend forme, avant et après l\u2019inauguration d\u2019un immeuble, en paroles, en discussions, en observations, en expérimentations de tout type.L\u2019architecte, autrement, n\u2019iden-trfie pas un individu, mais une collectivité, ainsi qu\u2019un ensemble de projets et de gestes.Architectes aux multiples chapeaux Ce survol de plus de 40 ans d\u2019architecture activiste inclut 23 définitions de cette profession parapluie, comme «l\u2019échange de pensées» CIRCO (depuis 1993), le «salon de bavardage» Art Net (1973-1979), le «lieu de transition» lAUS (1969-1983) ou le «point de vue» AMO (depuis 1999).Les architectes portent plusieurs chapeaux, ils sont professeurs, auteurs, militants ou.détectives.Ils organisent autant des sjmiposiums que des circuits d\u2019autobus, participent à des téléthons ou amassent des preuves pour dénoncer des crimes contre l\u2019humanité.Corridart, le seul exemple d\u2019ici qui a été retenu par la commissaire et conservatrice en chef du CCA, Giovana Bo-rasi, figure comme un cas de réflexion critique à l\u2019égard du développement urbain de Montréal.On s\u2019en souvient: cette expo en plein air organisée par Melvin Charney en marge des Jeux olympiques de 1976 a été démantelée par le maire Drapeau.Comme souvent au CCA, ça prend un certain temps avant de se retrouver dans tout ce qu\u2019on nous donne à voir (et à lire).C\u2019est particulièrement le cas cette fois-ci, où le processus de création et la pensée priment le projet réel et concret.Si la confusion règne, c\u2019est parce qu\u2019on a misé sur un design évocateur du travail ouvert et peu définitif Les frontières entre les projets sont poreuses, tout se mêle, tout s\u2019enchaîne.Rien n\u2019est chronologique, tout est dans l\u2019esprit.Bien qu\u2019il soit difficile de cerner exactement qui fait quoi, et comment, il en ressort quelques principes.Ainsi, entre le point de vue d\u2019AMO (le projet lancé par Koolhaas), qui ouvre le parcours, et les sjmiposiums sur un bateau de croisière de Délos, en Grèce (1963-1972), qui le ferment cinq salles plus loin, l\u2019architecture s\u2019offre en un bassin d\u2019idées progressistes.11 ne s\u2019agit pas tant de faire évoluer les formes esthétiques que de s\u2019améliorer comme société.Bâtiments abandonnés Un peu dans l\u2019esprit de la manifestation Corridart de Charney, l\u2019agence de détectives dirigée entre 1974 et 1986 par les architectes japonais Te-runobu Eujimori et Takeyoshi s\u2019est penchée sur le sort de bâtiments ignorés ou abandonnés.De la même manière, ARAU, ou Atelier de recherche et d\u2019action urbaines, propose depuis 1969 des circuits dans les quartiers historiques de villes européennes.La marche, l\u2019observation, ainsi que l\u2019expérimentation physique et sensorielle de nos environnements font partie de ce qu\u2019ont défendu Take Part (1971-1976), Global Tools (1973-1975) ou encore LEU (1969-1986), l\u2019organisme de (iedric Price qui militait pour le pneu comme matériau de construction.Emit d\u2019un immense travail de recherche, mené avec des collaborateurs éparpillés aux quatre coins du globe \u2014 ep Europe occidentale et aux Etats-Unis, essentiellement, comme la grande majorité des projets retenus \u2014, L\u2019architecte, autrement n\u2019est pas une exposition historique, mais ancrée dans le présent.Elle fait partie, dans ce sens, de ce programme militant que le duo Zardini-Borasi a insufflé au CCA depuis notamment l\u2019expo Actions: comment s\u2019approprier la ville (2008).Le design comme la publication, vaste ouvrage de 416 pages (en anglais seulement), ont été réalisés par des professionnels hors du Canada.Soulignons notamment le travail de Christian Lange, designer de Munich, qui a conçu les éléments graphiques sur les murs des salles.Plus qu\u2019illustratifs, ceux-ci offrent une synthèse fort bienvenue de la tonne d\u2019information diffusée.Collaborateur Le Devoir L\u2019ARCHITECTE, AUTREMENT Centre canadien d\u2019architecture 1920, rue Baile, Montréal jusqu\u2019au 10 avril La Vitrine ARTS VISUELS DANS L\u2019ŒIL DE VITTORIO Marc H.Choko Editions de l\u2019Homme Montréal 2015, 240 pages On savait Vittorio talentueux.Mais ce bel ouvrage nous montre l\u2019ampleiu de ce talenf qui va vraiment bien au-delà du petit bonhomme sjunbole du festival Juste poiu rire.Affiches, illustrations, photographies, caricatures, bandes dessinées, non seulement Vittorio a touché à plusieius genres, mais on ne peut l\u2019enfermer dans un seul style.Bien sûr, on retrouve certaines constantes dans son œuvre \u2014 «couleurs franches, en aplats, ligne sûre souvent sinueuse», beaucoup de vivacité, comme le fait remarquer Choko \u2014 mais aussi des expérimentations graphiques et des abstractions, dont d\u2019étonnantes formes géométriques dans des rapports annuels d\u2019entreprise.Vittorio est partout : affiches de films (autant le A tout prendre de Claude Ju-tra que Deux femmes en or!), de festivals, de spectacles d\u2019opéra, de théâtre, de bars et de restaïuants, de pochettes de disque (d\u2019Offenbach à l\u2019Ensemble Claude-Gervaise), affiches militantes poiu les Restas du cœiu ou les expropriés de Mirabel, son œuvre accompagne l\u2019évolution du Québec ainsi que trois décennies de productions culturelles.Publié à l\u2019occasion d\u2019une grande exposition au Musée McCord de Montréal, l\u2019ouvrage, très compleL représente en soi, indépendamment de l\u2019exposition, la meilleure somme à ce joiu de l\u2019œuvre de Vittorio.Paul Cauehon f) i YVON BOULERICE En 1976, des employés municipaux avaient démanteié i\u2019exposition en piein air Corridart à ia demande du maire Jean Drapeau.¦ 'vi- À « [Une] exposition d\u2019envergure [.] enfiniréalisée et elle est passionnante.» - Le Devoir A VOIR DES MAINTENANT ! mbam.qc.ca MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Mécène de l'exposition Une présentation d rKiPRAKâSH\tOsler Canada QuébecSS forces rai àTFOUra>ATION\tFEMMES AIR CANADA ^ Une exposition produite par le Musee des beaux-arts de Montreal et mise en tournee a l'Art Gallery of Hamilton, a l'Art Gallery of Windsor et au Glenbow Museum de Calgary.I Randolph S.Hewton, Carmencte (detail), 1922 ou avant.Collection particulière.Photo Craig Boyko E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE I NOVEMBRE 2015 CULTURE>DE VISU Boucles temporelles et mutations en trois tons au MAC LES TEMPS INACHEVES Patrick Bernatchez GROSSE EATIGUE Camille Henrot DANA SCHÜTZ Dana Schütz Musée d\u2019art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest) jusqu\u2019au 10 janvier 2016.MARIE-ÈVE CHARRON Trois noms, trois expositions.Avec sa nouvelle programmation faite encore de solos, le Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MAC) conforte une approche par nom propre qui met l\u2019accent sur des parcours individuels.Les univers de Patrick Bernatchez, de Camille Henrot et de Dana Schütz n\u2019ont aux premiers abords rien en commun, mais le musée tend à en faire un tout cohérent autour des thèmes des origines et de la métamorphose que, au demeurant, vient souligner Spiral (1983) de Tony Cragg.L\u2019œuvre de la collection, qui, de mémoire, n\u2019avait pas été sortie depuis Artcité \u2014 l\u2019exposition déployée dans Montréal et ses édifices en 2001 \u2014, surgit dans le parcours, entre Henrot et Bernatchez.De part et d\u2019autre, il y a le motif de la boucle auquel la sculpture fait écho, une transition qui a toutefois des airs de remplissage.Puis, l\u2019espace occupé par l\u2019installation vidéo de Henrot semble inutilement vaste, une désagréable impression cependant vite chassée par le plaisir de (re)voir l\u2019œuvre.Grosse fatigue, primée Lion d\u2019argent à la Biennale de Venise en 2013, construit un récit entraînant sur l\u2019origine de l\u2019univers, truffé de références aux mythes et à la science, déployé depuis l\u2019écran d\u2019un ordinateur en de multiples fenêtres.Il y a aussi cette autre impression moins heureuse que l\u2019enfilade de toiles de Schütz aurait pu être resserrée, ou la présentation d\u2019un tel corpus réfléchi autrement que par le truchement de la rétrospective de 15 ans.Non pas que le travail de cette peintre brookly-noise manque de pertinence, mais parce que des expositions de galerie universitaire ou muséale nous ont depuis habitués à des formules plus stimulantes pour la recherche et plus audacieuses en un sens, des expos de groupe par exemple mettant en relation des générations ou des provenances variées, repoussant ainsi les clichés du génie indi- -GALERIE D ART Stewart Hall \u2022ART GALLERY 31 octobre au 29 novembre 2015 LA COLLECTION 2016 DE UARTOTHÈQUE Dessins -i- Peintures -I- Photographies -I- Estampes -I- Techniques mixtes Vernissage: Dimanche I novembre, 14 h DÉMYSTIFIER UART Mercredi 11 novembre, 10 h ARTISTES DE UARTOTHÈQUE (bilingue) Entrée libre INFO: 514 630-1254 www.pointe-claire.ca MAC La pièce de résistance de la programmation est l\u2019exposition de Patrick Bernatchez, dont Lost in Time (2009-2015).r CAMILLE HENROT Grosse fatigue de Camille Henrot avait été primée Lion d\u2019argent à la Biennale de Venise en 2013.viduel et du succès de marché toujours plus spontanément associés à la peinture.Car il s\u2019agit en effet de cela avec la figure de Dana Schütz, qui est qualifiée de «véritable coqueluche», et dont les œuvres présentées proviennent de collections particulières, hormis de rares exceptions.N\u2019en demeure pas moins que cette peinture s\u2019impose sur les cimaises par la hardiesse des compositions et la vigueur de sa palette.Dans une veine expressionniste, elle multiplie les allusions au cubisme et au pop, donnant à voir des portraits et des scènes du quotidien volontairement crus et grotesques.Plusieurs des personnages féminins représentés contrarient les normes, ouvrant sur des possibilités d\u2019affranchissement que l\u2019artiste elle-même engendre en occupant le créneau d\u2019une tradition en peinture écrite majoritairement au masculin et qui, force est de croire, persiste toutefois encore.Ainsi, lit-on, dans le catalogue que le MAC lui réserve, que sa démarche «fait d\u2019elle le peintre le plus novateur [.]».Patrick Bernatchez La pièce de résistance de la programmation est l\u2019exposition de Patrick Bernatchez, qui rassemble pour la première fois plusieurs composantes de deux cycles majeurs de production.Chrysalide (2006-2013) et Lost in Time (2009-2015).Révélées au compte-gouttes selon une progression en rhizome, les œuvres sont aujourd\u2019hui voisi- NEON U MATIERE EN LUMIERE METIERS D\u2019ART CONTEMBDRAINS )re au,5,dece!iibrej2ai5 Vernissage : jeudi 5 novembre de 17 h à 19 h.Andrée BELANGER Sophie BELANGER Gina BOUCHARD Brigitte DAHAN Émilie DELL'ANIELLO Dave FORTIN Nicole GAUVIN Anne-Marie GROULX Maria Teresa HINCAPIE Cindy LABRECQUE Diane LEFEBVRE Véronique LOUPPE LéaMERCANTE Sabine POUQUET Mathieu ROY Serena SCIARRINI Jean-Simon TROTTIER Ute WOLFF Guilde canadienne des métiers d\u2019art 1460-B, rue Sherbrooke Ouest\tave Montréal (Québec) H3G1K4 T 514.849.6091 Wl ^ BIENTÔT 110 ANS D\u2019EXCELLENCE! Collier: Émilie Dell'Aniello, Cage à feu, 2015.Photo etmodèle: Audrey Lauriston.VENDREDI 6 NOVEMBRE DE 17H A 19H AVEC L'ARTISTE VERRIER ^^^VOTTIEF tois miMif fsaart Shaving de Dana Schütz nées et situées ensemble, donnant à voir la cohérence et la profondeur de ce travail.Les dessins, les vidéos, les films, les installations, les impressions et les œuvres sonores traitent des mutations, de la vie et de la mort, et, en somme, du passage du temps, lequel ici est rétif à la linéarité.Le recommencement triomphe sur la fin.D\u2019où l\u2019omniprésence de la boucle, de la répétition et de la sérialité dans les œuvres de l\u2019artiste montréalais qui, par la fiction, voire la science-fiction, sont évocatrices d\u2019un monde marqué par le néolibéralisme et les changements climatiques.Les deux cycles ont respectivement pour théâtre l\u2019immeuble industriel «Fashion Plaza » à Montréal et le Nord islandais, cultivant des allusions à ce qui périclite ou à ce qui fond, à l\u2019économie fordiste du textile ou aux glaciers.Une montre scandera sem-piternellement son tic-tac, tenant le désordre à distance, tandis que la musique de Bach, ou encore de Debussy, gravée sur vinyle, se détracte sous l\u2019égide d\u2019opérations elles aussi parfaitement réglées.La partition d\u2019une musique a même été déduite des surfaces éclairées par les ouvrières des étages de l\u2019édifice de béton photographié, la nuit, une fois par mois, pendant un an.La mélopée active un GALERIE PETZEL support à bobines de fil, s\u2019évi-dant pour enserrer le haut-parleur jusqu\u2019à son étouffement.Le parcours de cette exposition, pris en charge par Lesley Johnstone, est à l\u2019image du travail : d\u2019une impeccabTe exécution.L\u2019alternance des noirs et des blancs combinée aux œuvres d\u2019échelles variées dynamisent la mise en espace qui, contrairement à ces lignes, distingue bien les deux ensembles.Le point culminant est le long-métrage Lost in Time (2014), tourné dans un paysage nordique où le blanc fait ressortir la figure d\u2019un cavalier noir avec sa monture, mués par une quête indéfinie que la trame sonore (Murcof) rend sibylline et dramatique.La symbolique est parfois appuyée, nostalgique et romantique, tout en faisant mine de nous entraîner dans une troublante dystopie.Le complément obligé de cette exposition, coproduite avec le Casino Luxembourg où elle a déjà fait escale, est l\u2019élégante publication, riche en images, mais moins en références bibliographiques.Aurait dû être mentionnée la monographie dirigée par Mé-lanie Boucher, avec la galerie de rUQAM, qui amorçait en 2011 l\u2019examen de fond sur cet artiste marquant.Collaboratrice Le Devoir PATRICK BERNATCHEZ NOUVELLE EXPOSITION JUSQU'AU 10 JANVIER 2016 En coproduction avec le Casino Luxembourg - Forum d art contemporain Patrick Bernatchez Lost in Time, 2014 Film couleur transféré sur support numérique 46 mm son Coproduction Musée d art contemporain de Montréal et Casino Luxembourg Avec le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada Collection privée Montréal LES TEMPS INACHEVÉS MAC MUSEE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL QuébecE 185 rue Sainte Catherine Ouest Montreal (Ouebecl H2X 3X5 Canada Metro Place des Arts macm erg PARTENAIRE PRINCIPAL Collection Loto Quebec «::scoGECO UBISOFT LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE 1®^ NOVEMBRE 2015 E 9 CULTURE ICI RADIO CANADA La population autour de Caraquet avait développé une grande passion pour Belle-Baie.TÉLÉVISION La francophonie canadienne à l\u2019écran « Ne pas exister à la télé, sur les écrans, ça revient à ne pas exister », dit Cécile Chevrier Cécile Chevrier est la grande dame derrière la télé d\u2019Acadie.Elle vient de coproduire la série Le clan, qui fait ses débuts samedi soir sur ICI Radio-Canada (RC) Télé.Chevrier possède et dirige Phare-Est Média depuis 2006.Le catalogue de la compagnie fondée à Moncton en 1988 compte une centaine de productions, surtout des documentaires et des téléséries, dont les cinq saisons de Belle-Baie (2008-2012) également diffusées par RC.Cécile Chevrier a aussi été présidente de l\u2019Alliance des producteurs francophones du Canada.STEPHANE BAILLARGEON Le clan se passe en partie en Acadie, avec des comédiens acadiens et québécois.La télésérie Belle-Baie se passait dans la Baie-des-Chaleurs.Comment jugez-vous la place faite à votre partie de la francophonie canadienne dans la télé nationale?Je trouve qu\u2019on ne nous fait pas assez de place.Je pourrais reprendre le discours sur le mandat national de Radio-Canada.Les gens du réseau haïssent ça pour mourir, on s\u2019entend.Ce n\u2019est donc pas populaire, mais c\u2019est une réalité quand même : la télévision de Radio-Canada est financée par les fonds publics et ce n\u2019est pas une télévision québécoise, je m\u2019excuse.Sauf pour ce qui est du contenu, parce que là, oui, on dirait bien que Radio-Canada c\u2019est une télévision québécoise.Il y a donc des millions de francophones hors Québec qui ne se voient jamais sur cet écran national, sans compter les francophiles qui voudraient aussi voir autre chose que des histoires en provenance du centre-ville de Montréal.Pourquoi est-ce important de tourner et de diffuser vos histoires?Je vais répondre par une autre question : que diraient les Québécois si les réseaux de télé ne diffusaient que des émissions de France?Ne pas exister à la télé, sur les écrans, ça revient à ne pas exister, quasiment.Pour moi, c\u2019est fondamental.Pour les Acadiens, c\u2019est fondamental.C\u2019est d\u2019ailleurs une des raisons qui expliquent que je sois devenue productrice.Je viens des iles de la Madeleine.Je suis installée à Moncton depuis longtemps.J\u2019ai jugé à un moment donné que c\u2019était essentiel pour les Acadiens de se voir à la télé et dans une perspective de modernité.Les gens éprouvent un tel sentiment de fierté en se voyant là, quand on leur raconte leurs histoires, leur réalité.Belle-Baie a été exemplaire de ce point de vue.La population autour de Caraquet a développé une grande passion pour cette série et les gens du sud-est de l\u2019Acadie ont embarqué eux aussi.Quand on est revenu pour tourner Le clan, la réponse enthousiaste a été instantanée.Ce sont des exceptions.Comment expliquez-vous la fermeture quasi totale de la fiction à votre réalité?Je dis toujours à ceux que cette situation fâche que les gens de Radio-Canada veulent toujours plus de Radio-Canada.Je leur dis: ce n\u2019est pas parce que les dirigeants du télédiffuseur nous haïssent, c\u2019est juste qu\u2019ils aiment mieux continuer à se voir.Finalement, c\u2019est un blocage structurel, un problème de culture d\u2019entreprise.Le nouveau gouvernement libéral fédéral a promis de refinancer RC/CBC.Souhaiteriez-vous que la bonification de l\u2019enveloppe soit liée à l\u2019obligation du diffuseur de mieux respecter le mandat qui l\u2019oblige théoriquement à couvrir toutes les réalités canadiennes?Je ne sais pas dans quelle mesure le gouvernement peut imposer ce genre de normes.Je répète que c\u2019est un problème de culture d\u2019entreprise.Même si le gouvernement donne des directives, même si la haute direction souhaite des changements, si toute la culture de la boite bloque, on n\u2019avancera pas.Louis Lalande [vice-président des services français] et Sylvain Lafrance [son prédécesseur] sont des amis de la francophonie canadienne.Mais pour obtenir des changements profonds, il faudrait ébranler toute la pyramide.Et il n\u2019y a rien de délibéré ou de méchant dans cette attitude.C\u2019est loin des yeux, loin du cœur.C\u2019est ce qui explique que Le clan se déroule à la fois au Québec et en Acadie?Ce que je peux dire, c\u2019est que moins on en fait, moins on a de chance d\u2019en faire.Moi-même, je pense que je ne me risquerais pas à faire une production de série uniquement avec des Acadiens.Je sens encore qu\u2019il faut flatter les Québécois.Très franchement, ça prend des vedettes, et les vedettes sont québécoises.Le Québec a eu l\u2019heureuse idée de développer et d\u2019entretenir un star-system.Nous, en Acadie, nous commençons à peine à travailler dans ce sens.Il faut des vedettes pour faire des émissions, et des émissions pour faire des vedettes.Le Devoir A lire également: notre texte à la une de l\u2019Agenda sur la série Le clan.CINEMA Dans le huis clos d\u2019une relation mère-fils ROOM ?1/2 Drame de Lenny Ahrahamson.Scénario: Emma Donoghue, d\u2019après son roman éponyme.Avec Jacob Tremblay, Brie Larson, Scan Bridgers, Joan Allen, William H.Macy.Image: Danny Cohen.Musique: Stephen Rennicks.Montage: Nathan Bugent.118 minutes.ODILE TREMBLAY Coiffé au Festival de Toronto du Prix du public, sous rumeurs d\u2019«oscarisable».Room, production canadienne du cinéaste irlandais Lenny Abrahamson, est un de ces suspenses qui prend au départ le spectateur au cœur.Fable sur toutes les captivités, sur le choc de la première évasion hors du giron de la mère, sur le difficile apprentissage au monde.Room repose sur la force d\u2019un regard d\u2019enfant prisonnier de son carré de sable.Avec le roman d\u2019Emma Donoghue à sa clé, best-seller en 2001, Room participe aussi à ces aventures de survie dans des conditions impossibles.L\u2019air du temps en est friand, tout comme de ces histoires de noyau mère-enfant qui explose en touchant le sol.Le film a tout pour s\u2019assurer le succès auprès d\u2019une large clientèle, même si les lecteurs du roman s\u2019entendent pour le déclarer inférieur au livre.D\u2019excellentes interprétations Jack, qui a l\u2019air d\u2019une fille, ambivalence voulue, est né dans un monde qu\u2019il imagine sans y avoir accès autrement qu\u2019à travers un écran de télé.Sa mère a été kidnappée par celui qu\u2019ils appellent «Old Nick».Il est né dans un hangar et y vit V REMSTAR Room repose sur la force d\u2019un regard d\u2019enfant prisonnier de son carré de sable.entre quatre murs avec elle depuis sa naissance, isolé, sauf quand le ravisseur vient agresser la mère, qui interdit toute communication entre eux.On salue ici de vraies performances d\u2019acteurs.Le petit Jacob Tremblay, criant de naturel mais aussi d\u2019une maturité précoce, est formidable.Egalement Brie Larson en jeune mère louve et Scan Bridgers, qui, en quelques scènes, parvient à camper un prédateur sinistre sans le caricaturer.C\u2019est vraiment la première partie du film en huis clos qui impose sa charge, avec les questions de l\u2019enfant qui doute de la réalité du monde extérieur, et la frénésie de la mère qui l\u2019utilise pour les tirer de là.Grâce aussi à la caméra de Danny Cohen qui bouge dans sa cellule, capturant en gros plans chaque détail des lieux, comme ce puits de lumière, miroir du climat, avec une feuille d\u2019arbre collée soudain.Le moindre meuble devenu compagnon de jeu est filmé comme un personnage.La musique de Stephen Rennicks aurait gagné toutefois à se faire plus discrète.Ce duo mère-fils est capturé dans son œuf, où l\u2019éducation de Jack, son gâteau de fête, des moments de tendresse ou de rage, carbure à l\u2019amour maternel.Quand le film bascule pour devenir un suspense d\u2019évasion, le cinéaste réussit à tourner ses coins sans perdre son élan.L\u2019esthétique du film, avec ses côtés trash, est appelée à devenir plus conventionnelle lors du retour au monde, quand la prison se fait paradis perdu.Ce dernier segment n\u2019est pas sans finesses, avec Joan Allen en grand-maman plus tendue que mièvre, mais William H.Macy peine à ancrer son personnage de grand-père perturbé dans une veine de naturel.C\u2019est surtout la dépression du personnage de la mère qui hésite à trouver sa cadence intime.Mais le dénouement sera très juste.Même si les parties du film ne s\u2019emboîtent pas toujours très bien, même si le cinéaste a parfois du mal à coller sa vision d\u2019auteur aux impératifs d\u2019une production commerciale, Room demeure un film connecté à un thème puissant, rempli de résonances émotives et porté par d\u2019excellents acteurs.Le Devoir r U METROPOLE Victoria est un exercice de style d\u2019une époustouflante virtuosité.À 4 h du matin, encore sur le chemin VICTORIA ?Drame de Sebastian Schipper.Avec Laia Costa, Frederick Lau, Franz Rogowski, Burat Yigit.Allemagne, 2015,138 min.ANDRÉ LAVOIE il faut trouver une star dans Victoria, un exercice de style d\u2019une époustouflante virtuosité, le directeur photo d\u2019origine norvégienne Sturla Brandth Grovlen pourrait porter le chapeau.Sa caméra fébrile et fouineuse s\u2019impose avec force au milieu de ce ballet orchestré par Sebastian Schipper, acteur {Cours, Lola, cours) devenu cinéaste trouvant en l\u2019actrice espagnole Laia Costa sa nouvelle Lola.Car elle court, Victoria, jeune expatriée de Madrid s\u2019éclatant dans un club underground de Berlin à 4 h du matin, rencontrant une bande de joyeux éméchés dont Sonne (Frederick Lau), le moins demeuré, le plus séduisant.Comme elle ne maîtrise pas la langue allemande, cela force le groupe à échanger dans un anglais approximatif (l\u2019alcool n\u2019aide pas à la diction), empêchant aussi Victoria de comprendre que ses copains de passage sont à la merci d\u2019un gangster soucieux de régler une vieille dette avec l\u2019un d\u2019entre eux.Et rien de mieux que le braquage d\u2019une banque pour être remboursé vite fait.Dans toute son insouciance, heureuse de briser sa solitude et de jouer dans une variation de Bonnie and Clyde, Victoria se jette à corps perdu dans cette aventure, traversant de toutes les façons et souvent à bout de souffle un quartier encore endormi de la capitale.Leur cavalcade, Sebastian Schipper et Sturla Brandth Grovlen en scrutent tous les détails, les suivant en bagnole, dans les ascenseurs, les toits des immeubles, les corridors sombres, les ruelles glauques et les stationnements souterrains.Le tout se concentre en un gigantesque plan-séquence totalisant la durée du film, le spectateur voyant s\u2019agiter environ 150 figurants répartis dans plus de 20 lieux différents, ne quittant jamais d\u2019une semelle une actrice dont la performance ressemble à celle d\u2019une marathonienne endurcie.Ce parti pris excessif, déjà vu ailleurs avec plus d\u2019élégance {L\u2019arche russe, d\u2019Alexandre So-kourov) recèle sa part de prouesses, surtout dans les lieux clos et particulièrement dans le dernier tiers du film, mais aussi de passages à vide.Les dialogues sont largement improvisés, multipliant redites et banalités, et le cinéaste prend plaisir à étirer une séquence de beuverie qui ajoute peu de relief à ces personnages vite emportés dans cette mécanique cinématographique au service de cette grande virée nocturne, et parfois sanglante.Collaborateur Le Devoir EXC3NTRIS 1 ANNA -CHARLES-OLIVIER MICHAUD - 109 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL \t SOUVIENS-TOI (REMEMBER) (V.O.STF.) - ATOM EGOYAN\t CHIENNE DE VIE (V.O.STF.) - HELENE CHOQUETTE\tH'»l TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE -ARNAUD DESPLECHIN\tE2 '»l\t VILLE-MARIE -GUYEDOIN\t SICARIO (V.O.STF.)-DENIS VILLENEUVE\t ACHTUNG FILMS! PRESENTE:\tS\u2019»! THE INVISIBLES (DIE UNSICHTBAR) -BENJAMIN KAHLMEYER - JEUDI 5 NOVEMBRE A19 H\t ETAUSSI PRES DE 100 FILMS SUR CINÉMA EN LIGNE UNE NOUVELLE AMIE - FRANÇOIS OZON CINEMAEXCENTRIS.COM E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE I « NOVEMBRE 2015 ICIffEMA \tCORBO L\u2019HISTOIRE DU JEUNE MILITANT FELQUISTE JEAN CORBO.\ttEH \tLe lundi 2 novembre 116 h et 19 h 30 ENTREVUE Vivre ou mourir sur les rives de Trois-Pistoles ODILE TREMBLAY Plusieurs films québécois abordent la quête d\u2019identité masculine à travers les relations père-fils, en milieu rural.Le garagiste, en salles dès vendredi, vient jouer dans ces eaux-là.Renée Beaulieu, qui réalise ici un premier long-métrage, vous dira que son histoire est surtout collée à une trajectoire familiale et personnelle.Au départ pharmacienne, sans avoir beaucoup pratiqué sa profession, elle a traité le cas d\u2019un quinquagénaire en dialyse qui avait une foule de médicaments à prendre.L\u2019aventure du fils secret est celle de son grand-père.Ajoutez son propre désir d\u2019aborder des histoires d\u2019amour atypiques.L\u2019action se déroule à Trois-Pistoles, où elle est née et a grandi.«Et ce village a beaucoup de signification pour moi.Les roches ont connu ma solitude et mon ennui.Je m'imprégnais d'elles.La dignité, la liberté, l'identité de mes racines sont là-bas, comme le film.La nature possède un rapport avec l'absolu.Elle nous dépasse, et ceux qui cherchent à la contrôler n'y parviennent pas.» Dans Le garagiste, Adrien, un homme d\u2019une cinquantaine d\u2019années souffrant d\u2019insuffisance rénale (excellent Normand D\u2019Amour), en traitement de dialyse, traverse un tourbillon émotif avec les retrouvailles d\u2019un amour de jeunesse (Louise Portai), en se découvrant un fils inconnu et après une greffe de rein ratée.Epanoui dans son garage auprès de son père (Michel Renée Beaulieu a réalisé «un film de gars» mettant en vedette Normand D\u2019Amour.Dumont), d\u2019un nouvel apprenti (Pierre-Yves Cardinal) et malgré l\u2019amour de sa compagne de vie (Nathalie Cavez-zali), il sera appelé à choisir entre la vie et la mort.Renée Beaulieu, dont le film s\u2019inscrit dans le débat actuel sur l\u2019euthanasie, affirme ses positions: «Je trouve anormal qu'on ne puisse choisir sa mort comme on peut décider ou non de donner la vie.Il s'agit une décision individuelle, mais tout le débat qui l'entoure est posé à l'intérieur du groupe social, en héritage religieux.» Un film de gars Normand D\u2019Amour, si impressionnant ces temps-ci au TNM en capitaine Achab dans Moby Dick, est un comédien qui se démultiplie sur les planches, au grand comme au petit écran.«Mais j'ai trouvé dans Le garagiste un rôle incroyable.J'aime les films où le public a besoin d'imaginer parfois son propre scénario.Et puis mon frère était en train de mourir du cancer à ce moment-là et je PEDRO RUIZ LE DEVOIR pensais à lui en jouant cet homme malade, qui prend la décision d'arrêter ses traitements.Pour incarner ce type de personnage, j'entre dans sa respiration.Quand les reins ne fonctionnent plus, les personnes se noient dans leurs sécrétions.Durant les scènes de dialyse à l'hôpital, j'étais entouré de vrais patients.Ça m'aidait aussi à comprendre cet Adrien placé devant l'acceptation de sa propre condition.» Renée Beaulieu, qui a scé-narisé Le ring d\u2019Anaïs Bar-beau-Lavalette, a mis du temps avant de réaliser Le garagiste, tourné en 16 jours.Après une série de refus des institutions, son scénario restait dans un tiroir, dont elle l\u2019a ressorti en injectant 20 000 $ de ses poches.«Les acteurs étaient payés 100 $ par jour.Le directeur photo, Philippe Saint-Gelais, vient du documentaire et ça se sent.Au début du film, les personnages sont importants, mais ensuite la nature envahit le champ.» Normand D\u2019Amour était ravi de travailler avec cette équipe-là.Il avait conseillé d\u2019embaucher Michel Dumont pour jouer son père, filiation déjà en place à travers la série Yamaska.«Et puis, ça fait du bien aux gars qu'on fasse des films sur eux depuis quelque temps, estime l\u2019acteur.Moi, je suis un homme qui braille, mais il y en a d'autres qui continuent à ne pas pouvoir exprimer leurs émotions, comme nos pères.Le mien avait dû se faire couper les deux jambes, et ne se plaignait jamais.Une fois, il a dit seulement: \u201cJe m'ennuie de courir vite dans un champ.\" Il ne me déclarait pas \u201cje t'aime \" non plus, mais me le montrait autrement.» Renée Beaulieu, après avoir réalisé «un film de gars», se tournera ensuite vers les femmes : «Mon prochain sera féministe et abordera l'infidélité féminine», assure-t-elle.Le Devoir L\u2019enfance-caméra LES DEMONS Réalisation: Philippe Lesage.Avec Edouard Tremblay-Grenier, Yannick Gobeil-Dugas, Vassili Schneider, Pascale Bussières, Laurent Lucas, Pier-Luc Punk.Québec, 2015, 115 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Dans sa banlieue tranquille, Félix, 10 ans, mène une existence en apparence sans histoire.La parole rare mais l\u2019œil aiguisé, il observe le monde, son monde : son père et la mère d\u2019un copain qui semblent un peu trop complices, cet ami avec qui il s\u2019est caressé, cet autre camarade de classe qui a disparu, ce moniteur de natation qui le reluque étrangement.Et si ses parents se séparaient?Et s\u2019il avait attrapé le sida ?Et si quelqu\u2019un le kidnappait?Et si, et si.Divorce, maladie, pédophilie, peurs sourdes : ce sont là les démons du titre du film de Philippe Lesage.Des démons venus du dehors qui remuent le jeune protagoniste au-dedans.Pour autant, la focalisation narrative alterne volontiers entre plusieurs jeunes personnages.Si bien qu\u2019au bout d\u2019un moment, on se demande quel est au juste le point de vue privilégié.Puis, on comprend.L\u2019enfance.L\u2019enfance est le point de vue.Qu\u2019elle opère un gracieux mouvement circulaire pour capter l\u2019action d\u2019un groupe d\u2019élèves dans un boisé, qu\u2019elle répète un lent travelling latéral pour générer un suspense inattendu à la piscine alors qu\u2019on quitte puis que l\u2019on revient à une zone de tension, qu\u2019elle court dans la rue avec les personnages, voire qu\u2019elle se campe, fixe et centrée, afin de croquer la vie qui va, la caméra permet à ce regard unique de s\u2019incarner.Un âge, un état.Ce faisant, on prend conscience que Les démons ne cherche pas tant à broder un récit qu\u2019à rendre compte d\u2019un âge et de l\u2019état d\u2019esprit qui s\u2019y rattache.L\u2019auteur, qui a puisé dans ses propres affres juvéniles la substance du film, dit avoir voulu fuir les codes cinématographiques traditionnels.C\u2019est ce qu\u2019il a fait, et bien fait.Documentariste émérite, Philippe Lesage a entre autres signé le magnifique Ce cœur qui bat, une visite de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal dans laquelle la vie, la mort, le courage et la détresse se côtoient SELECTION OFFICIELLE DONOSTIAZINEMALDIA\tfestival hy FESTIVAL DE SAN SEBASTIAN\t\"Jlïliï INTERNATIONAL FILM FESTIVAL %,\tDONOSTIAZINEMALDL ^ \"S FESTIVAL DE SAN SEB/ \\m/\\^ INTERNATIONAL FILM FESTIVAL La Presse « Un film magnifique.» Variety, Guy Lodge LES UN FILM DE PHILIPPE LESAGE PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE rQU^TERLflTl1[P«*!^ij^^ STATION vu «iT.I\u2014 MEGA-PLEX^\" GUZZO-1 |-MEGA-PLEX™ GUZZO-11-MAISON DU CINEMA-1 I PONT-VIAU 16 II JACQUES CARTIER 14 || SHERBROOKE | Il c I N É M A cl ILet pis rougCI LE CLAP CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINEMAS VERSION ORIGINALE FRANÇAISE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS I-CINEPLEX ODEON-1 I FORUM CINEMAS | ¦/¦\u2022\u2022i\u2019w- \u2022¦¦¦ 'I 7® !T FUN FILMS Les démons ne cherche pas tant à raconter une histoire qu\u2019à relater un âge et l\u2019état d\u2019esprit qui s\u2019y rattache.puis fusionnent.Pourtant la première fiction de Phi-réel, si réel, le fond s\u2019y dé- lippe Lesage, une proposition ploie dans une forme em- audacieuse et singulière.Et preinte d\u2019impressionnisme, très belle.Cette qualité-là, et surtout ce regard-là, est ce qui distingue\tLe Devoir \t\t H\t\tH ?«PARMI LES DEUX MEILLEURES HEURES QUE VOUS PASSEREZ CETTE ANNÉE.» THE GLOIB AND MAIL «DESTINÉ À ÊTRE UN CANDIDAT DE TAILLE POUR L\u2019OSCAR^ DU MEILLEUR FILM.» YiHNiïYFAIIt «UN DES MEILLEURS FILMS DE L\u2019ANNÉE.» CHICAGO TRIBUNE «UN FILM EXTRAORDINAIRE TELLEMENT PUISSANT ET INOUBLIABLE QU\u2019IL DOIT ÊTRE VU.» ' * GAGNANT V PRIX DU PUBLIC V L\u2019AMOUR NE CONNAIT AUCUNE FRONTIERE R at) M l, LE MONDE^DE IACKf|x^ ' V PARTOUT AU QUÉBEC DÈS LE _ 13 NOVEMBRE\tCpemscan pCINEPLEX DIVERTISSEMENT-I\tIVIAINTENANT À L\u2019AFFICHE\tpCINEPLEXENTEmAINMENT-.rQ»A,^.ERLAT,Nl DANS CERTAINS CINÉMAS ^ fobum 1 O^E UN FILM DE/A FILM BY FRANÇOIS OZON PARTICIPER, VISITEZ LE concoursmetropolefilms.com La promotion aura lieu sur le site web du 30 octobre au 3 novembre inclusivement et le tirage se fera le 4 novembre 2015.15 gagnants recevront un DVD par la poste.Règlements disponibles chez Métropole Films.DISPONIBLE EN DVD ET VIDÉO SUR DEMANDE metropolefilms.com ¦ "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.