Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (10)

Références

Le devoir, 2015-10-24, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Frédéric Dubois, Arthur Miiier et l\u2019envers du rêve américain Page es Découvrir le Groupe de Beaver Haii au Musée des beaux-arts Page e g CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 U que srtrvivre P Bousculés par le succès, les Montréalais de Half Moon Run ont repris le contrôle et lancent un deuxième disque riche et libre IL PHILIPPE PAPINEAU ai peur qu\u2019à l\u2019avenir, on ne réfère aux trois dernières années que comme étant les années perdues.» La phrase lancée par Conner Molander du groupe montréalais Half Moon Run tombe comme une tonne de brique sur le balcon d\u2019une vaste suite du 10® étage de l\u2019Hôtel W.Les années perdues?Ces 36 mois de succès pour la formation folk-rock, qui a fait plus de 300 concerts partout sur la planète, portée par sa pièce hyper-accrocheuse Full Circle et sa petite sœur Call Me in the Afternoon?Le passage à Tout le monde en parle, l\u2019autobus de tournée, le prix à l\u2019ADISQ, la signature sous la grande étiquette Glassnote, les premières parties de Mumford & Sons?Petit silence de stupéfaction du côté du poseur de questions.Et en même temps, la phrase de Molander, assis à côté de son acoljde Devon Portielje, éclaire tout ce qu\u2019est ce nouveau disque de Hah Moon Run, intitulé Sun Leads Me On.Un disque quelque part entre Ra-diohead.Arcade Pire, les Beach Boys, les BeaÜes et Genesis.Un disque rempli de regards en arrière, de regrets, de bilans, de réflexions sur ce qui a été fait et sur ce que laisse poindre l\u2019avenir.Et aussi, un disque clairement moins axé sur la recherche du succès, mais plutôt sur le plaisir et la liberté créative.«C\u2019était si intense, c\u2019était tellement rempli que c\u2019est déjà en train de devenir un peu flou pour nous, ajoute Molander, au sujet des succès de Half Moon Run.Aujourd\u2019hui, on se concentre sur le fait de pouvoir durer dans le temps, comme groupe et comme personnes.Il y a eu beaucoup de sacrifices qui ont dû être faits, avec la santé, les relations personnelles.C\u2019était Half Moon Run tous les jours, à temps plein, travail, voyage, encore et toujours.Alors.» Un peu plus discret, Portielje incline la tête, les mains rassemblées sur son menton.«C\u2019est de bons souvenirs, mais les choses arrivent tellement vite que tu ne vois plus tout ce qui se passe, tu fais juste faire ce qu\u2019il y a à faire, c\u2019est juste de la survie.» La reconstruction Voici donc un album de vie qui suit une époque de survie, et qui a demandé un moment de pause.Après le tourbillon, Molander, Portielje, Dylan Phillips et Isaac Symonds se sont posés à Montréal, ville que ces Ontariens et Britanno-Colombiens d\u2019origine appellent désormais la maison ou, d\u2019un point de vue très pratico-pra-tique, «là où on fait notre lavage ! » « On s\u2019y est reconstruit.dit Connor.Il y a une citation de Thom Yorke qui dit qu\u2019on doit avoir de la stabilité dans notre vie personnelle pour pouvoir être libre et fou dans notre vie créatrice.Et ça, c\u2019est ce qui s\u2019est passé pour nous, je crois.Quand on a repris le contrôle de nos vies, on a retrouvé la stabilité, les chansons sont apparues l\u2019une après l\u2019autre.» Tout en conservant les nombreuses harmonies vocales et les guitares en arpèges chères à Half Moon Run, Sun Leads Me On ratisse beaucoup plus large dans le spectre sonore, se permet des variations assez grandes dans l\u2019énergie des chansons.«C\u2019est assez différent de Dark Eyes, et avec le réalisateur Jim Abiss [Adele, Arctic Monkeys], on a essayé plusieurs nouvelles choses, il y a plus d\u2019espace sur le disque, analyse Devon.Et il y a aussi qu\u2019on est de meilleurs musiciens maintenant!» Survivre à la tournée Le groupe était aussi beaucoup mieux préparé que pour sa première expérience en studio, explique Connor, roulant des yeux en racontant les gaffes de l\u2019enregistrement de Dark Eyes.«Là, on comprend plus de choses, le tone [la texture du son], et certaines choses techniques aussi, comme l\u2019électricité derrière tout ça.Des fois, on voulait que ça sonne très 1970, d\u2019autres fois plus krau-trock.Mais rien n\u2019était prédéterminé, on s\u2019est concentrés surtout sur ce qu\u2019on savait qui était bon, un beat de drum, un riff, une ligne de voix.Quelque chose comme une intuition.» Créer sans chercher le succès Tout ça ramène Molander et Portielje à l\u2019intention derrière l\u2019écriture d\u2019une chanson, et VOIR PAGE E 7 : VIVRE Half Moon Run tentera de gérer un peu mieux la tournée de son nouvel album en levant un tout petit peu le pied pour que la santé et le plaisir soient au rendez-vous.«La règle, c\u2019est trois shows d\u2019affilée, et un jour de congé.Et on ne vole plus vers l\u2019Europe en faisant un concert le soir même.Ça coûte plus cher de prendre du temps, avec toute l\u2019équipe à payer quand même, mais c\u2019est important pour le bonheur global du groupe ! » dit Devon Portielje.Plus de 65 dates de concerts sont déjà prévues pour le ^oupe d\u2019ici leurs quatre soirs complets au Métropolis au mois d\u2019avril prochain.SOURCE PARIS MATCH Olivier Royant, le directeur du magazine Paris Match Portrait du Paris Match en cachalot STÉPHANE BAILLARGEON Et si Paris Match était un animal ?La question a été posée au directeur du magazine on ne peut plus franco-français.Olivier Royant avait l\u2019embarras du choix entre le fier coq gaulois, le paon poseur, le renard rusé, le léger papillon et bien d\u2019autres totems.Le patron a opté pour le lourd cachalot.Et pourquoi ?Parce que cette belle baleine explore le monde.«Paris Match plonge pour aller là où personne ne va et surgit en kiosque le vendredi pour raconter ce qu\u2019il a vu dans les profondeurs», explique le directeur.La métaphore et son explication ont été fournies à la fin de la conférence qu\u2019Olivier Royant prononçait il y a quelques jours devant la Chambre de commerce française à Montréal.11 arrivait de Toronto, où se réunissaient les grands patrons de presse dans le cadre du congrès de la Pédération internationale de la presse périodique (EIPP).«Je suis un enfant de Match, a expliqué M.Royant./c suis tombé dedans quand j\u2019avais vingt ans.Ça fait trente ans que j\u2019y suis.Je me souviens très bien de mes premiers moments dans les bureaux avec les photos des grands reporters aux murs, sur la guerre d\u2019Indochine et d\u2019autres grands événements des années 1950 et 1960.A ce moment, fai eu la vocation de coller à l\u2019histoire, d\u2019avoir la passion du moment, la passion de l\u2019événement.Je pense que ce qui se joue entre Match et ses lecteurs, c\u2019est cette volonté de vivre l\u2019histoire en temps réel.» De la mixité Paris Match est né dans l\u2019après-guerre en repiquant le modèle des grands magazines américains, dont Life, liant les grands textes et les fortes images.Le directeur parisien avoue que sa publication s\u2019est «un peu perdue» dans les années 1970 en cherchant à concurrencer les magazines traditionnels d\u2019informations comme Le Point.Elle semble revenue depuis à son naturel.«Nous racontons des histoires en images et nous nous intéressons à tout.Notre mixité nous fait passer du pape à Jérusalem, revenir sur une star de cinéma, etc.Cette mixité-la est rentrée dans la société française et, aujourd\u2019hui, on nous présente comme l\u2019album des Français.Ce lien est intact encore aujourd\u2019hui, et c\u2019est ce lien qui nous donne une grande confiance en l\u2019avenir.Parce qu\u2019il y a deux façons de voir la transformation numérique des médias aujourd\u2019hui.Si on se désespère, on se dit que c\u2019est terminé.Si on espère, on se dit qu\u2019un formidable âge d\u2019or du journalisme est en train de s\u2019ouvrir et qu\u2019il faut absolument le suivre.» Le Congrès du PIPP lui a fourni d\u2019autres leçons.La première impose à tous les médias d\u2019innover en considérant le mobile devenu incontournable.«Je suis revenu de Toronto avec cette statistique éclairante.Il y a 7,2 milliards d\u2019humains sur Terre qui possèdent 6,2 milliards de téléphones.» La seconde leçon établit qu\u2019une marque médiatique forte constitue un énorme atout.«Quand on est une marque et qu\u2019on produit de la qualité, on a tendance à se désespérer, poursuit le directeur en entrevue au Devoir.C\u2019est ridicule.VOIR PAGE E 3 : MATCH E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 CULTURE Le Bagne en automne Odile Tremblay ercredi soir, je suis allée voir Bagne, le spectacle chorégraphique de Jeff Hall et Pierre-Paul Savoie, coproduit avec Danse Danse, en l\u2019honneur du demi-siècle de la compagnie PPS.A la Cinquième Salle de la Place des Arts, on assistait à une recréation de cette œuvre phare lancée il y a 22 ans, avec variantes, car tout change vite et les corps d\u2019une nouvelle génération d\u2019interprètes habitent autrement un thème qu\u2019hier.Ni tout à fait un autre, ni tout à fait le même, ce Bagne-\\k, flanqué d\u2019un beau rideau de plaques métalliques en arrière-plan.Toujours troublante, la vue d\u2019une prison au cœur d\u2019un espace de liberté comme la danse.On voit surgir en nous des images d\u2019oiseaux rêvant au ciel dans leurs cages et des malheureux primates au zoo.Les danseurs acrobates Lael Stellick et Milan Panet-Gigon se cognent aux grillages, s\u2019y accrochent, les gravissent, tombent, remontent, se recroquevillent dans leurs cellules, se surveillent, s\u2019étreignent, se portent, se perdent La musique est une pulsation, l\u2019éclairage, un jeu menaçant de clairs-obscurs, la cage, conçue par Bernard Lagacé, une grosse structure surplombée d\u2019un pont suspendu reliant deux cellules où des lits basculent La silhouette apparue d\u2019un troisième larron sous cagoule de torture ajoute au climat d\u2019angoisse.Leurs barreaux sont aussi les nôtres.Elle représente tout ce qu\u2019on voudra, cette prison: les vrais établissements pénitentiaires, comme le huis clos des chaînes intérieures et extérieures en heurt avec celles du voisin.Les deux danseurs s\u2019affrontent en duels sexuels ou violents.Tout est tension et nerfs à vif.Sans mots, la tragédie s\u2019installe.Le Bagne, c\u2019est l\u2019être humain en quête de lui-même et de l\u2019autre, qu\u2019il détruira pourtant.Un spectacle moins révolutionnaire dans sa forme qu\u2019à sa création, mais tout aussi actuel, brûlant, percutant.Avec un pan de la mémoire chorégraphique de Montréal en renaissance à travers lui.L\u2019énergie du Bagne nous a traversés.Mais comment prédire s\u2019il sera remonté dans vingt ans encore, ce spectacle-là?Et qui ira le voir?Même si la danse contemporaine, implantée ici depuis un demi-siècle, demeure un des fers de lance de l\u2019art québécois, on sent sa fragilité.Plus l\u2019humour et les comédies musicales dominent les arts de la scène, plus les clientèles s\u2019effilochent devant les shows plus pointus.Ajoutez la concurrence des festivals aux nombreux spectacles gratuits.Allez donc attirer le grand public au Bagne.Eh bien, dansez maintenant J\u2019ai appelé Lorraine Hébert, la directrice du Regroupement québécois de la danse.Elle rappelle que protéger et faire vivre le patrimoine chorégraphique, comme Pierre-Paul Savoie avec Bagne, est capital et plus malaisé qu\u2019au théâtre, car sans l\u2019appui d\u2019un texte, avec des indications faciles à égarer.Jean-Pierre Perrault a de la chance outre-tombe.«Sa fondation fait des miracles pour recréer ses œuvres.» Pionnier en danse, le Québec se retrouve avec une mémoire à préserver, une relève privée d\u2019appuis pour atteindre les sommets, un manque de budget promotionnel et un public en décroissance.Grosso modo, le bassin de spectateurs québécois féru de danse tourne autour de 280 000 personnes.C\u2019est peu et ça fluctue.«Je pense que le public va ailleurs, estime Lorraine Hébert.Aux spectacles de divertissement, mais aussi à des superséries à la télé.Et puis, les nouvelles technologies l\u2019accaparent et il dispose de moins d\u2019argent pour sortir.» On entend gronder parfois des voix contre la danse contemporaine.«Plusieurs trouvent qu\u2019il y a trop de solos, de duos et de trios, pas assez de productions d\u2019envergure.» C\u2019est vrai, par-dessus le marché.Faute de sous.Un chorégraphe aussi connu et inspiré que l Tel corps H théâtre DONNE À VOIR V SPiCIALITÉS PEMININES MAITRISE D'OEUVRE JEAN ASSELIN, RÉAL BOSSÉ ET SYLVIE MOREAU ^ ^28 OCTOBRE AU 14 NOVEMBRE LE DEVOIR 4 A L\u2019AFFICHE A ŒDESPACELIBRE MIMEOMNIBUS.QC.CA Une presentation BMO Groupe financier 1 collaborât on avec QlSlî 13 NOVEMBRE ! AVEC MIKHAÏL AHOOJA SIMON BEAULE-BULMAN ANNICK BERGERON LUC bourgeois ÉRICBRUNEAU ANNE-MARIE CADIEUX LOUISE CARDINAL LÉVI DORÉ GÉRALDGAGNON marie-pierlabrecoue DOMINIQUE LEDUC laurier rajotte Conception Guillaume Lord François Barbeau Martin Labrecque Laurier Rajotte Julie Measroch Amelie Bruneau-Longpre Rachel Tremblay Assistance a la mise en scene Suzanne Crocker Production Theatre du Nouveau Monde TOURIIEE Ml QUEBEC TIIN.QC.CA ICI ijîl» artv iwH RaDio-canaoa ROLLINE LAPORTE Le Bagne, c\u2019est l\u2019être humain en quête de lui-même et de l\u2019autre, qu\u2019il détruira pourtant.Dave St-Pierre, abonné aux gros plateaux avec un tas de danseurs, dénonçait l\u2019an dernier les conditions de misère des compagnies de danse où le bénévolat, les économies de bouts de chandelle coupent les ailes aux artistes.Sous-financement chronique, contraintes partout.Il a envoyé Montréal péter dans les fleurs.Des espoirs et des craintes Bien évidemment, l\u2019arrivée des libéraux au pouvoir à Ottawa suscite les espoirs du milieu culturel.Justin Trudeau s\u2019est engagé à réintroduire les programmes PromArt et Routes commerciales, ces tournées d\u2019artistes canadiens à l\u2019étranger coupées par Harper en 2008, ainsi qu\u2019à doubler le budget du Conseil des arts du Canada.Promesses électorales ?On verra bien.«De toute façon, ces politiques ne seront pas en place avant 2017, précise-t-elle, et deux ans, c\u2019est long.Au Québec, la coupe de 2,5 millions au Conseil des arts et des lettres a touché le Regroupement de la danse, et à travers lui, les compagnies.» Chez nous, le couperet en éducation atteint le cœur des sorties culturelles, à l\u2019heure où plusieurs chorégraphes se tournent vers l\u2019animation et les spectacles jeunes publics.Pt puis, côté danse, qui reste au bercail suffoque.« On est des leaders sur la scène internationale, mais si Marie Chouinard ou Hélène Blackburn ne voyagent pas, elles ne peuvent créer ici.Entre 50 % et 75% du budget de fonctionnement proviennent des tournées à l\u2019extérieur.Je suis inquiète pour les petites compagnies, soupire Lorraine Hébert.On a besoin de relève, et elles sont trop pauvres pour pouvoir émerger.Deux générations montantes ont été sacrifiées, pendant que nos gros noms sont en train de tomber.» JJne locomotive comme La La La Human Steps d\u2019Édouard Lock a fermé boutique cette année.O Vertigo change de modus operandi et, dès janvier, cessera d\u2019embaucher des danseurs permanents.Ce samedi, le Regroupement québécois de la danse tient son assemblée annuelle.Ce ne sont pas les sujets de discussion qui manqueront à ses membres.Mais on appelle surtout les décideurs publics à faire des choix de société, soutenir les créateurs et brancher le public.Le Québec perd du terrain dans les disciplines où son étoile brille.Allons-nous regarder nos phares s\u2019éteindre ?On lance, entre deux pas de danse, quelques vœux dans la nuit.otremblay@ledevoir.corn and A|.S Noël Nights en Famille avec Anna McGarrigle, Emmylou Harris, Laurie Anderson, Loudon Wainwright III, Teddy Thompson, Rjabert Gharlebois, Jorane, Kid Koala, DanielT^élanger (5 décembre) et Louis-Jean Cormier (6 décembre) et autres invités spéciaux BILLETTERIE 5 et 6 décembre à 19 h, Maison symphonique de Montréal Profits verses au\t\" h iferBru J^onds Kate McGarrigle ^ placedesarts.com it «n»* HH mÊmÊL âAZZ montrealjazzfest.com Cüi CISMS O CJAD njTïïi Heritage canadien LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 E 3 CULTURE.THEATRE L\u2019envers du rêve américain et le choc des générations Frédéric Dubois monte Ils étaient tous mes fils chez Duceppe MARIE LABRECQUE On jurerait que Frédéric Dubois jouit du don d\u2019ubiquité cet automne.Une semaine seulement sépare la première de la saga shakespearienne qu\u2019il dirige à l\u2019Espace Go de la pièce d\u2019Arthur Miller qu\u2019il monte au Théâtre Jean-Duceppe.(Une simultanéité possible parce que Five Kings a été assemblé au printemps dernier.) En répétitions, le metteur en scène a découvert des liens entre ces deux pièces apparemment dissemblables.«Les thèmes se recoupent énormément.Dans le doute du père Jlls étaient tous mes fils, quelque chose rappelle Henri IV de Shakespeare.Ce sont des pères qui construisent tout sur une fondation pourrie et tentent de faire comme si rien ne s\u2019était passé, pensant que s\u2019ils lèguent leur héritage, le mensonge n\u2019existera plus.Et le fils qui devra tuer métaphoriquement son père pour pouvoir exister.Tout ça vient de la culture shakespearienne.Il y a aussi une quête de pouvoir dans la pièce de Miller.Une perte de valeurs au profit de l\u2019argent.C\u2019est très intéressant de voir comment ces œuvres se répondent.» Ecrite en 1947, au début de la période de croissance économique menant à la société de consommation qu\u2019on appellera les Trente Glorieuses, Ils étaient tous mes fils est une pièce sur «le déni, le mensonge et la responsabilité sociale».Arthur Miller y dénonce l\u2019illusion qu\u2019est le rêve américain chez une famille aisée d\u2019après-guerre.Une famille hantée par la mort de l\u2019aîné durant le conflit, et qui a bâti sa richesse sur la fabrication de pièces d\u2019avion, dont certaines se sont révélées fatalement défectueuses.Dans cet univers où «les jeunes se sentent tous inaccomplis et où personne n\u2019est ce qu\u2019on perçoit de lui», la vision de l\u2019industriel prospère (Michel Dumont) entre en conflit avec l\u2019idéalisme de son cadet, qui rejette un héritage corrompu.« Toute l\u2019œuvre de Miller repose sur l\u2019impossibilité des générations à se reconnaître l\u2019une l\u2019autre.Et je trouve que le constat tombe à point.Depuis quelques années, on vit une espèce de problème de transmission.Selon Frédéric Dubois, «toute l\u2019œuvre de Miller repose sur l\u2019impossibilité des générations à se reconnaître l\u2019une l\u2019autre».Même en théâtre.» Rencontré le matin d\u2019une élection qui allait consacrer un changement de génération, Frédéric Dubois constate qu\u2019on fait grand cas de l\u2019âge des successeurs, en politique comme dans les directions artistiques.«Les dirigeants des années 1970 avaient tous 35-40 ans, et personne ne remettait ça en question.Aujourd\u2019hui, on dirait que ce n\u2019est pas normal que quelqu\u2019un de 40 ans accède au pouvoir.Et ce qui nous est légué est défaillant.Est-ce que c\u2019était ça, le rêve de la Révolution tranquille, de laisser des hôpitaux et un système scolaire déficients à ce point?On dirait qu\u2019il ne s\u2019est rien fait, finalement, que tout nous passe entre les mains.» Du bonbon théâtral Au-delà de cette réflexion sur notre responsabilité quant à la collectivité, «qui n\u2019a pas vieilli du tout», Dubois est séduit par la «joute théâtrale» que lui permet Ils étaient tous mes fils.«Je ne pensais pas que je triperais autant, reconnaît-il./c suis complètement tombé amoureux d\u2019Arthur Miller.C\u2019est du bonbon pour moi et les acteurs, car on travaille de la fine couture.» En oeuvrant avec le traducteur David Laurin à une nouvelle version {«les traductions françaises d\u2019Arthur Miller sont dégueulasses : pour les Québécois, cette langue est un no man\u2019s land où il est impossible de se reconnaître»), Dubois a réalisé que la prose de l\u2019Américain ne pardonne pas.C\u2019est écrit si précisément qu\u2019on ne peut y couper des phrases.Et avec une construction empêchant de verser dans la psychologie.« C\u2019est une fable.Il y a une vitesse, une structure théâtrale qui font que ce n\u2019est pas vraiment du théâtre réaliste.Les personnages sont plongés dans l\u2019eau bouillante, le temps est trop serré pour qu\u2019ils puissent s\u2019épancher.Chaque fois qu\u2019ils veulent dire quelque chose et dénouer l\u2019action, il y a un voisin qui arrive.Ils restent toujours sous tension.» Contrairement à ce qu\u2019on pourrait croire, le projet émane de Dubois lui-même et du comédien Benoît McGinnis \u2014 un interprète dont le metteur en scène loue hautement l\u2019humilité et l\u2019engagement.Le duo a naturellement pensé à la compagnie fondée par Jean Duceppe, dont Arthur Miller était l\u2019auteur fétiche.Un théâtre où l\u2019audacieux Dubois travaille pour la première fois.Avec plaisir.En restant fidèle à sa vision: «Ça ne servirait à rien que j\u2019aille chez Duceppe faire un spectacle très flyé.» Cependant, ne comptez pas sur lui pour penser en fonction d\u2019un public particulier.Le sujet provoque une montée de lait passionnée chez l\u2019artiste.«Je considère le public assez intelligent pour comprendre.Et je trouve qu\u2019il n\u2019y a rien de pire que la phrase: mon public ne veut pas voir ça.Je ne comprends pas comment on peut avoir la prétention de savoir ce que le public veut.On est dans ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR une ère de vox pop à outrance: dites-nous ce que vous voulez, donnez-nous votre avis.» Or, le public n\u2019est pas une masse monolithique, et ce n\u2019est pas son boulot d\u2019inventer quelque chose de nouveau, ajoute-t-il.«Demander ce que le public veut, je trouve que c\u2019est la pire question qu\u2019on peut se poser en ce moment.C\u2019est une abdication au marché et à ses règles.» Collaboratrice Le Devoir ILS ÉTAIENT TOUS MES FILS Texte: Arthur Miller.Traduction : David Laurin.Mise en scène: Frédéric Dubois.Au Théâtre Jean-Duceppe du 28 octobre au 5 décembre.MATCH SUITE DE LA PAGE E 1 A Toronto, fai entendu plusieurs grands patrons de presse dire qu\u2019au contraire, leur réputation offre un énorme avantage.Je le crois aussi.» Disruption Ce qui ne nie pas l\u2019effondrement du modèle d\u2019affaire du secteur.Le directeur emprunte le thème anglais de «disruption» pour conceptualiser ce qui se passe.En affaires, la «disruption» désigne une déviation soudaine et imprévue des objectifs d\u2019entreprise.«La rupture est indéniable, la transformation fondamentale, dit M.Royant.La révolution est déjà là et il faut continuer à protéger la qualité.Il y a une formidable appétence pour le journalisme bien fait.» Encore plus pour la photographie, la marque Match.La crise des migrants l\u2019a encore prouvé : le monde veut voir et il veut regarder des images de très haute qualité produites par des professionnels dans un univers saturé de clichés bas de gamme.«Il y a un grand brouillard devant et il faut être sûr de soi.Il faut se concentrer sur le métier de base et puis innover en misant sur de nouveaux modes de diffusion.Il faut, par exemple, de plus en plus proposer des images animées et pas seulement des photos fixes.Nous sommes dans un maelstrom et il faut tout essayer et attendre.Il faut aussi avoir envie de se battre.» Une petite armée d\u2019une centaine de personnes s\u2019active à la rédaction du Match papier, et une dizaine d\u2019autres sont affectées à la production pour le Web.L\u2019hebdomadaire tient des conférences de rédaction quoti- diennes pour alimenter le programme mobile de la journée sans évidemment négliger la version hebdomadaire.T/info quotidienne courte est diffusée dans un créneau baptisé Match Point à 18 h du soir, heure de Paris.Ce n\u2019est pas un résumé, mais une «expérience» en quatre ou cinq histoires courtes livrées par l\u2019appli Match Point.«Nous sommes toujours dans la promesse du récit, mais nous travaillons maintenant sur deux temps, un plus lent, le slow journalism, et un plus rapide, le fast journalism.Les reportages en profondeur s\u2019allient maintenant aux récits vite consommés sur appareil mobile.Lire un reportage long de Paris Match demande une demi-heure.Lire Match Point sur les petits écrans prend quelques minutes.» Le directeur du bon vieux magazine ne croit donc pas à la crise du papier.Enfin, pas pour toutes les publications et pas pour la sienne, dans un pays «dingue de magazines», comme il le dit en précisant que son pays publie toujours 4400 titres, dans un modèle d\u2019affaires différent de celui des quotidiens, mal en point partout, ou presque.Paris Match serait encore distribué dans 26 000 points de vente de l\u2019Hexagone.Des milliers d\u2019exemplaires se vendent dans la Francophonie, jusqu\u2019ici.L\u2019album des Français revendique 300 000 abonnés, qui fournissent environ la moitié des recettes.Ce qui permet encore de réaliser de grandes choses.Comme ce reportage à venir sur l\u2019île Sainte-Hélène, ultime prison de Napoléon où un envoyé spécial a passé deux semaines.L\u2019univers médiatique se retrouve en fait avec deux espèces cousines, celle qui a des moyens et celle qui se contente de relayer l\u2019information produite par l\u2019autre, conclut le directeur.On pourrait compléter sa métaphore animalière.Il y a des cachalots d\u2019un bord et des un magazine high cost.Nous gratuitement l\u2019information, bancs de poissons-pilotes (ou sommes un modèle de protec- pour moi, c\u2019est un non-sens.» de harengs) de l\u2019autre.\ttion de la valeur.On ne brade «Match a des moyens et c\u2019est pas ce qui nous coûte.Offrir\tLe Devoir del>ea LoheT mise ai sei/ie: Moxi/yii\titùdueiion -.LoUttnt Muhiéstn Iffir, îLi I üi-J Ü.§1 îbUMcuit RABAISP0UR3SPECTAÇLESETPL InfoetbiUets ¦ ?heatreOUtreiTlOO^-^^^J^ ^ Desjardins w \u201e nci Ouùemo d\u2019art dramatique de Montréal E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 CULTURE>MUSIO,UE Mashrou\u2019Leila, de Beyrouth en toute indépendance YVES BERNARD On a dit de la musique de ce groupe beyrouthin qu\u2019elle était la trame sonore du printemps arabe, mais ses membres n\u2019acceptent guère l\u2019affirmation.Ils ont toutefois poussé la critique sociale en arabe à un niveau rarement atteint avant eux et, depuis leur création en 2008, ils ont jalousement protégé leur indépendance artistique, refusant même de signer avec toute maison de disques.Entre rock indie, pop ouverte, ballades mélancoliques et hymnes alternatifs, Mashrou\u2019Leila ouvre les portes de la liberté et s\u2019amène au National ce samedi, un mois avant de faire paraître un quatrième disque, aux saveurs plus électros que les précédents.Pour nombre d\u2019amateurs, le groupe paraît moîns rock qu\u2019auparavant.Le guîtarîste Fîras Abou Fakher abonde aussî dans ce sens : «Au début, on faisait des choses qui nous venaient naturellement.On embarquait dans un jam et on écrivait de la musique originale, en ne faisant jamais de covers.C\u2019était aussi un peu plus folky.Maintenant, on est plus engagés dans la production, l\u2019enregistrement et le travail sur la texture.» Raasük, le troisième album, fut enregistré au studio Hotel2tango à Montréal.La pièce Instrumentale du début évoque à la fols le tragique retenu et un certain Impressionnisme, avec les notes feutrées du trompettiste Eric Truffaz.Puis, on tombe dans la romance avec un violon vaguement rom qui peut rappeler le monde de Lhasa.Il Interprète en arabe une forte version de Ne me quitte pas de Brel.Il chante aussi les rebelles réduits au silence, le conformisme, la résilience des gens du Moyen-Orient, entre autres.«On opte pour des thèmes que l\u2019industrie de la musique arabe n\u2019aborde pas, précise Liras Abou Fakher.On aime chanter des choses qui sont normales pour nous et qui ne devraient pas être controversées: la sexualité, les rôles et les genres, la condition sociale.Chez nous, personne ne chante ça, ni ne le finance.Avec le temps, on a commencé à chanter à propos des thématiques qui reflètent les changements à un niveau plus personnel.Par exemple, dans le prochain album, on s\u2019inspire de la nuit à Beyrouth, un sujet très sensuel et plein de richesses.Tu te caches dans la nuit.Tu prends un rôle différent et deviens une autre personne, bonne et mauvaise.» Qu\u2019en est-11 de l\u2019association du groupe au printemps arabe ?Réponse du guitariste : « C\u2019est un peu sensationnaliste de dire que notre musique en constitue la trame sonore.On vient d\u2019une région du monde où la réalité est très réduite par les médias occidentaux.Parler du \u201cprintemps arabe\u201d, c\u2019est comme de mettre ensemble plusieurs intentions et plusieurs mouvements dans une seule grande bannière.Je pense que c\u2019est une façon de résumer pour quelqu\u2019un qui ne comprend pas la complexité de la situation.» Suite de l\u2019aventure à Montréal, en toute Indépendance.Collaborateur Le Devoir Au National, le samedi 24 octobre à 21 h.Renseignements : 514 845-2014, admission.com ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le joyeux ras-le-bol des Cowboys Fringants Octobre, 9® disque du groupe, résonne quelque part entre une chanson à boire et une déprime sociale iSalle Bour< ourdie La Fondation Arte Musica Concerts présentés en lien avec l'exposition du Musée des beaux-arts de Montréal ;iKr mathieutfere et fils Vendredi 30 octobre \u2022 18h30 TRIOHOCHELAGA Avec le pianiste Charles Richard-Hamelin finaliste au Concours Chopin Rodolphe MATHIEU Trio André MATHIEU Trio pour violon, violoncelle et piano Auguste DESCARRIES Quatuoravec piano KALEIDOSCOPE Mardi 3 novembre \u2022 19h30 ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL Boris Brott, chef Jonathan Crow, violon Œuvres de C.CHAMPAGNE, A.DESCARRIES, R.MATHIEU, L.-P.MORIN, RAVEL et autres Présente en collaboration avec l Orchestre de chambre McGill MUSIQUE DE SALON ET FANTAISIE Jeudi 12 novembre \u2022 19h30 Andréanne Brisson Paquin, soprano Vincent Ranallo, baryton Brigitte Poulin, piano De la musique de salon au goût des années 1920, ce concert leve le voile sur des musiques rares MUSIQUES TRANSATLANTIQUES Vendredi 15 janvier \u2022 18h30 Musiciens de l'OSM Ruth CRAWFORD Quatuora cordes, «1931» Rodolphe MATHIEU Quatuora cordes n\u201c 1, «Plaisir» Ernest MACMILLAN Quatuora cordes RAVEL Introduction et /H/egro pour harpe, flûte, clarinette et quatuora cordes PHILIPPE PAPINEAU Après avoir levé le pied dans la création de chansons politiques et sociales depuis leur album La grand-messe, les vétérans musiciens des Cowboys Fringants pointent à nouveau leur lorgnette sur le Québec, les Québécois et les politiciens qui viennent avec.Lt le constat qui ressort de ce neuvième disque.Octobre, est sombre comme l\u2019automne.Ce nouvel album de la bande composée de Jean-François Pauzé, Karl Tremblay, Marie-Annick Lépine et Jérôme Du-pras a bien ses habituelles pièces comiques, ses portraits de famille et ses titres amoureux, mais le noyau d\u2019Octobre gratte des soucis de société, dépeint un Québec qui file un mauvais coton, et où les projets communs et la solidarité ont perdu de leur vernis.Au bout du fil, le principal parolier et compositeur du groupe, Jean-François Pauzé, n\u2019a d\u2019autre choix que d\u2019admettre la tendance un peu déprimante de ce dernier-né.«Les dernières années au Québec et dans le monde, c\u2019est pas tout le temps jojo, et y a des petits constats à faire.Et, bon, je viens d\u2019avoir 40 ans, je me pose des questions sur plein de choses, et j\u2019essaie d\u2019avoir le regard le plus lucide possible.Et c\u2019est pas toujours rose.» Clairement, Pauzé est déçu de ce qu\u2019il voit, est déçu des Québécois.Des exemples ?Sur La la la: «D\u2019vant la télé dans nos fauteuils / Les yeux pareils à des trente sous / On est des milliers de chevreuils / Aveuglés par un dix-huit roues.» Sur Les vers de terre : «Les vers de terre se terrent dans les artères / Jammés dans l\u2019tunnel été comme hiver / Ils avancent comme des automates / Dans une conformité triste et plate.» «Je trouve qu\u2019il y a un effritement identitaire assez palpable au Québec, dit Pauzé.Un moment donné, tu te demandes s\u2019il y a encore des repères, quand, en 2008, tu votes massivement pour le Bloc, en 2011 pour un parti de gauche, et en 2015 pour un parti de droite! On sait-tu ce qu\u2019on fait?Au Québec, est-ce qu\u2019on a encore des idées, une identité, est-ce qu\u2019on a encore une âme ?» Dansant pour la scène Paradoxalement, Octobre, illustré par une toile de Marc Séguin, comporte son lot de musiques à tendance irlandaise, de chansons à boire, et même une chanson de marin.Marine marchande, faite en duo avec Frannie Holder de Random Recipe.«Un moment donné, t\u2019explores.MONTREAL JAZZ 1920 Jeudi 28Janvier \u2022 18h STREETNIX Invite Luc Bouchard, banjo L'histoire dujazz a Montreal commence des les années 1920 Venez découvrir les bases de la scene dujazz montréalaise d'aujourd'hui Billets et programmation complète Wm Notman & Son Lo chest e dejande M K sh TheMeodyBoys Mont ea 1921 SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 M MUSÉE DES BEAUX ARTS MONTREAL FONDATION ARTE MUSICA Présente par Cristian\tMarianne Mâcelaru\tFiset Chef\tSoprano 6 novembre Maison symphonique de Montréal orchestremetropolitain.com 19 h 30 PROCHAIN CONCERT JAN ET YANNICK 20 DECEMBRE.15 H rigole Pauzé.J\u2019ai toujours été un fan des Pogues, de Dropkick Murphys, ces affaires-là.Et le côté irish est là au Québec, avec tout ce qui est chanson à boire, fiddle et reel de violon.C\u2019était cool d\u2019explorer ça aussi, bien qu\u2019on l\u2019avait fait à notre manière jadis.Là, on l\u2019a un peu remanié avec des nouveaux instruments, comme la vielle à roue.» Depuis leur dernier disque, c\u2019est en pensant à la scène que les Cowboys composent, et ce, après avoir eu du mal à faire vivre en tournée leur album L\u2019expédition, plus calme et travaillé.«Parce que les Cowboys, ç\u2019a toujours passé par la scène, on s\u2019est fait découvrir là, et c\u2019est aussi beaucoup ça notre force, le côté énergique et débridé.» Essayer du nouveau On ne peut pas dire que le groupe s\u2019est vraiment réinventé musicalement depuis ses débuts, mais les quatre amis ont tranquillement peaufiné leur son, enrichi l\u2019instrumentation, en partie grâce à la violoniste Marie-Annick Lépine.Ft pour Octobre, les Cowboys ont pour la première fois fait appel à des réalisateurs extérieurs, confiant leurs nouveaux titres au duo Gus van Go et Werner F, qui a travaillé entre autres avec Les Trois Accords, Xavier Caféine et Les Vulgaires Machins.«Ça nous tentait d\u2019aller voir ailleurs, de sortir de notre zone de confort, raconte Pauzé.On a fait ça en partie à New York.Mais en tant que tel, sur le plan du travail, c\u2019est des spécialistes des harmonies vocales, et c\u2019est un dossier qui a toujours été une de nos faiblesses, on n\u2019a jamais été des Beau Dommage, et on a travaillé beaucoup là-dessus avec eux.» Les deux réalisateurs ont aussi demandé à Lépine de ne pas trop travailler les arrangements, pour laisser un peu de place à la spontanéité.«Ç\u2019a permis d\u2019aller un peu ailleurs, de moins remplir les vides, d\u2019épurer certaines chansons.» Durer et s\u2019amuser Les Cowboys Fringants ont déjà quelques dates prévues à l\u2019agenda, mais les musiciens ne commenceront pas la tournée «sur les chapeaux de roues», et prendront le mois de novembre pour tout mettre en place, d\u2019autant que le chanteur Karl Tremblay et Lépine viennent d\u2019avoir un deuxième enfant.«On part avec un ou deux shows par semaine jusqu\u2019au printemps, et après, ça va s\u2019intensifier.Et c\u2019est correct aussi, on est peut-être moins carriéristes qu\u2019à l\u2019époque, on a déjà fait 200 spectacles par année, mais c\u2019est un peu intense, et on n\u2019est plus dans ce mood-/«.» Patience et longueur de temps, donc.Lt Pauzé, qui a conscience que son groupe est privilégié de pouvoir vivre de son art, aimerait que l\u2019aventure se poursuive aussi longtemps que possible.«8i ça pouvait durer encore trente ans, j\u2019aurais pas de mal avec ça.Je suis allé voir Plume cet été; le bonhomme a 70 ans et il est encore toujours d\u2019actualité, il est encore cool sur scène.Et moi, je trouve ça toujours aussi cool de faire ce métier-là, de prendre une bière avec mes chums et de rire dans les loges!» Le Devoir OCTOBRE Les Cowboys Eringants La Tribu En magasin depuis le 23 octobre Un rendez-vous avec James Hyndman et Stéphane Lépine pour tous les passionnés de littérature épistolaire.O placedesarts.com LONGS COURRIERS Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor Lundi 26 octobre - 19h30 Grands partenaires Bdl a\" Hydro Québec THEATRE DE QUAT\u2019SOUS 100 AVENUE DES PINS EST MONTREAL BILLETTERIE 514 845 7277 QUATSOUS COM LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 E 5 CULTURE»MUSIQUE Andrâs Schiff, le sage écorché Le pianiste hongrois est en visite à Montréal mercredi CHRISTOPHE HUSS Le pianiste hongrois Andrâs Schiff, 61 ans, a pris en quelque sorte la place d\u2019Alfred Brendel, celle d\u2019autorité intellectuelle et morale en matière de musique des grands classiques viennois.Il vient à Montréal mercredi, avec un programme de rêve réunissant Mozart, Haydn, Beethoven et Schubert.Le concert, présenté conjointement par l\u2019OSM et Pro Mu-sica, juxtapose les Sonates en si bémol majeur de Mozart {K.570) et de Beethoven {Opus 110), la Sonate Hob XVI: 51 de Haydn et la vertigineuse Sonate en la mineur D.959 de Schubert.Ce menu princier est proposé dans une tournée mondiale, autour du concept de «dernières sonates» chez les grands compositeurs.Tant chez Beethoven que chez Schubert existe le concept des «trois dernières sonates», et c\u2019est donc fort logiquement qu\u2019Andrâs Schiff propose trois programmes, qu\u2019il élargit à Mozart et Haydn.Nombre de métropoles achètent le package de trois concerts.Montréal entendra le «Programme 2».C\u2019est peut-être un début et c\u2019est, en tout cas, mieux que rien.Une autorité Le talent d\u2019^ndrâs Schiff est protéiforme.A la tête d\u2019une discographie imposante comprenant toutes les sonates de Schubert, tous les concertos et sonates de Mozart et de Beethoven et les grandes oeuvres pour clavier de Bach (chez Decca et ECM), il donne également des récitals-conférences lors desquels il explique les oeuvres.Ses talents de pédagogue et d\u2019éclaireur de la musique sont exceptionnels, comme en témoignent les classes de maître que l\u2019on peut visionner sur Internet.Andrâs Schiff travaille également avec l\u2019éditeur Henle à certaines éditions critiques, notamment des concertos pour piano de Mozart.« Un cliché veut que Mozart ne Jît pas d\u2019erreurs, mais il était tout de même un humain et finissait souvent les concertos à la hâte, ne laissant parfois que des esquisses de la partie solo, puisqu\u2019il en était lui-même le soliste», dit Andrâs Schiff au Devoir.Le pianiste hongrois travaille principalement à une réduction pour deux pianos des concertos, à destination des étudiants.«Les éditions que je connais sont souvent étranges, car la partie orchestrale est très tortueuse et difficile à jouer.J\u2019ai aussi proposé des doigtés et écrit des cadences lorsque Mozart ne l\u2019avait pas fait lui-même.» Chercheur dans l\u2019âme, Schiff s\u2019est beaucoup penché sur Beethoven.H a enregistré (pour ECM) une intégrale des sonates en concert.Un risque, «car Beethoven est un compositeur à risques», que Schiff n\u2019a jamais regretté.La plus incomprise des sonates de Beethoven est, à son avis, la plus connue: la Sonate n\u201d 14, «Au clair de lune».Tout d\u2019abord «parce que Beethoven ne l\u2019a jamais appelée ainsi et que ce titre induit une aura sentimentale et kitch».Aux yeux de Schiff, le 1®\"^ mouvement est mal interprété par la majorité des pianistes, qui ne respectent pas les indications de Beethoven en ce qui concerne la pédale, en usage du début à la fin du mouvement.«C\u2019était plus facile sur les instruments du temps de Beethoven que sur un piano moderne», concède-t-il.A ce propos, Andrâs Schiff serait assez tenté de nous donner des interprétations de Beethoven au pianoforte.Il l\u2019a fait dans les Variations Diabelli, enregistrées sur deux pianos différents, dont un d\u2019époque.«Mes vues sur les instruments anciens ont radicalement changé.Jeune, je n\u2019y comprenais rien.Maintenant, j\u2019ai la possibilité de jouer des originaux en excellent état.J\u2019en ai même acheté un qui convient parfaitement à Schubert et à certaines sonates de Beethoven.» Ces vieux pianos possèdent un modérateur, qui «permet de faire un fantastique triple piano, une couleur qui n\u2019existe pas sur piano moderne».H permet aussi de «relâcher la pédale de manière â ce que le marteau touche successivement une, deux, puis trois cordes», avec un effet saisissant.Mal à sa patrie Andrâs Schiff ne cache cependant pas la blessure qui l\u2019habite.Il ne se reconnaît plus dans la Hongrie d\u2019aujourd\u2019hui, avec son régime politique droitier.Il n\u2019y donne plus de concerts.Plus encore, il n\u2019y va Andrâs Schiff, dont le talent est protéiforme, est à la tête d\u2019une discographie imposante.plus du tout.«J\u2019y retournais tant que ma mère vivait, mais elle est décédée ily a 5 ans et ma dernière présence en Hongrie date de ses funérailles.» Certes, il y a «la politique et les politiciens», mais Andrâs Schiff a surtout mal à sa patrie : «Le peuple n\u2019est pas sans torts.Ces politiciens ont été élus deux fois et avec une grande majorité.Qui plus est, la 2\u201dforce du pays est un parti que je qualifierais d\u2019extrême, de fasciste et dégoûtant.Ce n\u2019est qu\u2019en troisième qu\u2019il y a un parti de centre gauche.et il recueille peu de suffrages.Je ne vois pas de changements dans un proche avenir et si cela change, l\u2019option de rechange, ce sont les fascistes, qui siègent déjà â Bruxelles au Parlement européen.Vous ne pouvez pas imaginer ces gens et leurs paroles.» Andrâs Schiff n\u2019est donc pas étonné par les murs de barbelés opposés aux migrants.Ils «témoignent d\u2019une paranoïa».Cela dit, «la crise des migrants peut détruire l\u2019Europe», dit-il, tout en reconnaissant ne pas vouloir être «trop pessimiste».Après tout, l\u2019esprit critique et le scepticisme \u2014 en musique comme en politique \u2014 permettent de ne jamais tenir les choses pour acquises.Le Devoir DIETER MAYR andrAs schiff Mozart, Beethoven, Haydn et Schubert.Mercredi 28 octobre à 20 h.Maison symphonique de Montréal.514 842-9951 FESTIVAL-CONTE.QC.CA 13* Festival interculturel du CONTE du Québec DU 16 AU 25 OCTOBRE 2015 Spectacle de clôture LE MARATHON DU CONTE 10 heures de contes, 10 thématiques et 40 conteurs DIMANCHE 25 OCTOBRE DE MIDI À 22 H / entrée libre i2h Créations québécoises 1 i3h Créations québécoises 2 14\th Nouveaux visages du conte 15\th Contes du village 16\th Ti-Jean et compagnie 17\th Fées, sorcières et génies i8h Contes du monde 19\th Contes et chants autochtones 20\th Contes contemporains 21\th Sous l'arbre à palabres Direction artistique et coordination: Nadine Walsh et Stéphanie Bénéteau MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC 2550, RUE ONTARIO EST ( E3 FRONTENAC) Québec raca ran CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Montréal^ CauadS LE DEVOIR ¦h / / 4' ¦' lliif fi Fl ¦ if t R» \u201e ï iV/ii\t- Ï- t i' ' mà i -J?/ E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 [DE VISD Montréal et la modernité Une ejqiosition nous fait découvrir le Groupe de Beaver Hall NICOLAS MAVRIKAKIS Non, au Québec, la modernité en arts n\u2019a pas débuté dans les années 1940, avec Borduas et les Automatistes.Elle n\u2019a pas non plus vraiment commencé dans cette décennie avec le retour de Pellan de Paris (en 1940) ou lors de la querelle de ce peintre (en 1945) avec le très rétrograde directeur de l\u2019Ecole des beaux-arts de Montréal, Charles Maillard, à propos des nus poilus qu\u2019avaient réalisés des étudiants.11 y eut une autre modernité \u2014 peut-être moins clairement radicale \u2014, qui, dans l\u2019entre-deux-guerres, s\u2019était déjà développée.11 y eut en particulier le Groupe de Beaver Hall, fondé au printemps 1920, à Montréal sur la rue du même nom, qui rassemblait au moins vingt artistes, dont Edwin Holgate, Lilias Torrance Newton et Adrien Hébert, groupe dont les membres avaient pour la plupart étudié les arts avec William Brymner.Une relecture attendue Cette exposition, montée par les historiens de l\u2019art Jacques Des Rochers et Brian Loss, permet de découvrir ce Groupe de Beaver Hall, mouvement qui est finalement totalement méconnu.Cela faisait longtemps qu\u2019une exposition d\u2019envergure devait en traiter l\u2019histoire et en retracer les créations.Elle est enfin réalisée et elle est passionnante.Elle a permis d\u2019effectuer une plus que nécessaire relecture détaillée de ce mouvement et des artistes qui en sont issus.Car, malgré le sentiment de plusieurs historiens de l\u2019art, le Groupe de Beaver Hall ne fut pas composé que de femmes.11 ne fut donc pas le pendant québécois du torontois Groupe des Sept, qui, à la même époque, n\u2019était composé que d\u2019hommes.Le Groupe de Beaver Hall était composé à parité par des artistes des deux sexes.C\u2019est en 1966 qu\u2019une exposition itinérante du Musée des beaux-arts d\u2019Ottawa faussa la donne en présentant uniquement le travail de dix créatrices issues de ce mouvement et en offrit une lecture plus féministe.Comme l\u2019écrit Des Rochers, cette mixité était une première dans les associations d\u2019artistes au Canada.Un des longs et très intéressants textes explicatifs de l\u2019expo nous précise comment les femmes SEAN WEAVER Cette œuvre de Prudence Heward, Immigrantes (1928), n\u2019a pas été exposée depuis 1948.étaient même «exclues aussi bien de l\u2019Arts Club que du Pen and Pencil Club, deux des plus importantes associations montréalaises» ! Cette exposition permet aussi de redécouvrir le travail de plusieurs artistes malheureusement pas assez célébrées.Vous remarquerez entre autres le travail d\u2019Anne Savage (1896-1971) ou de Lilias Torrance Newton (1896-1980), dont le Nu dans l\u2019atelier de 1930, exhibant des sandales vertes à talons hauts et un mont de Vénus pileux.choqua la critique qui y vit un déshabillé offensant.L\u2019œuvre fut même retirée de la première expo du Canadian Group of Painters en 1933.Vous verrez aussi l\u2019œuvre de Prudence Heward (1896-1947), qui, même s\u2019il n\u2019est guère sûr qu\u2019elle ait exposé avec le Groupe de Beaver Hall, a certainement joué un rôle dans ce mouvement, en ayant au moins été l\u2019amie de plusieurs artistes du groupe, dont certaines qu\u2019elle a dépeintes: Torrance, Mabel Lockerby.Dans cette expo, Heward apparaît comme une des figures majeures de l\u2019art de cette époque.Pourtant, depuis près de 30 ans, elle n\u2019a pas eu droit à une grande rétrospective.On notera en particulier ses Immigrantes (1928), une œuvre qui n\u2019a pas été exposée depuis 1948 ! Son tableau La baigneuse (1930) est une œuvre majeure, la représentation d\u2019un corps de femme avec les jambes écartées qui défie les normes esthétiques de l\u2019époque et qui fait penser au travail que Lucian Prend exécutera plus tard.Art et identité Cette exposition permettra aussi de confirmer certaines idées.Plusieurs auteurs tels les historiens de l\u2019art Erançois-Marc Gagnon, Esther Trépanier et Louise Vigneault avaient déjà souligné comment la représentation du paysage au Québec différait de celle du Groupe des Sept.Au Québec, le genre du paysage était traditionnellement peuplé, habité, culturellement investi, signalant l\u2019importance d\u2019une communauté ancrée dans son passé, alors que le paysage pour le Groupe de Sept signalait plus un désir d\u2019imaginer une nature sauvage à explorer, symbole d\u2019un Nord canadien à conquérir.Cette exposition permettra de constater la véracité d\u2019une telle proposition.En tant que critique et historien de l\u2019art, j\u2019ai souvent dénoncé que nous ne connaissons pas assez notre culture.Voici une importante expo qui travaille à combler cette lacune.Collaborateur Le Devoir UNE MODERNITÉ DES ANNÉES 1920 Montréal, le Groupe de Beaver Hall Au Musée des beaux-arts jusqu\u2019au 31 janvier FERMETURE D\u2019UNE GALERIE DU BELGO Nouveaux horizons pour Les Territoires JÉRÔME DELGADO Fin de cycle, samedi, au Belgo : la galerie Les Territoires ferme ses portes.Après sept ans d\u2019activités, l\u2019exposition en cours sera la dernière dans cet espace si singulier.La dernière, mais pas l\u2019ultime.L\u2019entité fondée et gérée par des artistes se donne quelques mois de réflexion pour mieux rebondir, ailleurs, autrement.Se rendre aux Territoires, galerie située à l\u2019une des extrémités du 5® étage du Belgo, équivalait à s\u2019aventurer un peu plus dans l\u2019inconnu.C\u2019est qu\u2019elle avait une mission honorable : diffuser les artistes dits émergents, soit ceux dont la pratique ne dépassait pas les cinq ans d\u2019expérience.11 était plutôt commun de tomber, là, sur des nouveaux noms.«Avec le sous-financement continuel, nous étions toujours dans une dynamique de chercher plus d\u2019argent.La précarité, c\u2019était une constante, confie Josée Pedneault, photographe et cofondatrice des Territoires.On s\u2019est dit qu\u2019avoir une galerie n\u2019était peut-être pas le meilleur moyen de mener notre mission, celle d\u2019aider les artistes émergents.» Le centre Les Territoires est l\u2019héritier de la défunte galerie privée Thçrèse Dion art contemporain.A la mort de la galeriste, fin 2007, plusieurs de ses artistes, dont Josée Pedneault, Chih-Chien Wang et Jessica Auer, décident de lui rendre hommage en prenant sa relève \u2014 et l\u2019espace qu\u2019elle occupait au Belgo.La mission de défendre les gens en début de carrière était une préoccupation chez Thérèse Dion et c\u2019est tout naturellement cette orientation que poursuit alors le nouveau groupe.«Les artistes émergents sont les enfants pauvres de la culture, estime Josée Pedneault.Leur niche n\u2019est pas la mieux financée.Notre motivation était là, notre identité.Les Territoires est le seul centre dédié aux jeunes artistes.Changer la mission était hors de question.» Malgré sa pertinence, le centre a constamment souffert de sa jeunesse.Celle qui assure la présidence de son conseil d\u2019administration a constaté que les organismes plus vieux sont favorisés par les programmes d\u2019aide publique.La demande croît, les fonds 38^ Anniversaire INVITATION À TOUS VERNISSAGE LE 1 8 OCTOBRE DE 13HÀ 17H PLUS DE 60 ARTISTES INCLUANT J.P.Jérôme, S.Côté, M.A.Fortin, R.Richard, J.C.Franchére, C.Gagnon, A.Colville, C.Huot, J.P.Lemieux, Tex Lecor, B.Côté, S.Cosgrove, G.Jost, J.Guinta, D.Jacques, M.Tanobé, etc.L'exposition durera jusqu'au U' novembre 'a&^fe/^fâam6aa£â 1303 Notre-Dame, Lavaltrie (450) 586-2202 www.galeriearchambault.com Œuvre de Zoe Koke non, et les nouveaux venus arrivent en queue de peloton.Sortir de la précarité Sous-financé, appuyé au fonctionnement seulement par le Conseil des arts de Montréal, à hauteur de 12 000$ par année, le projet des Territoires n\u2019a pas entraîné ses administrateurs dans l\u2019endettement.Josée Pedneault se fait rassurante: «On aurait pu continuer comme ça, mais toutes nos réunions tournaient autour de la recherche d\u2019argent.On a voulu sortir de la précarité.» Avec un loyer annuel oscillant autour des 20 000$, quitter le Belgo apparaît dès lors comme un soulagement plutôt que comme une triste décision.Exposition bénéfice Sayeh Sarfaraz, Génération sacrifiée, 2014 ci[\\c>a\\ ART ACTUEL Catalogue en ligne www.circa-art.com Edmund ALLEYN \u2022 Carole BAILLARGEON \u2022\tMarie-Claude BOUTHILLIER \u2022 Clqirç BRUNET \u2022 Véronique CHAGNON-COTE \u2022\tPierre DURETTE \u2022 Pierre BOURGAULT \u2022 Laurent LAMARCHE \u2022 Mathieu LATULIPPE \u2022\tAlexis LAVOIE \u2022 Lisette LEMIEUX* Luce MEUNIER \u2022 Karine PAYETTE \u2022 Elisabeth PICARD «Sayeh SARFARAZ \u2022\tKim WALDRON et plusieurs autres Jusqu'au 24 octobre 2015 444 - 372, Ste-Catherme 0, Mtl 514 393-8248 Lancé dans une redéfinition de sa structure, l\u2019organisme ne cherche pas à bannir la diffusion pour toujours.Il est possible, voire souhaitable, de développer du travail en collaboration, d\u2019imaginer des interventions dans l\u2019espace public.Pour Josée Pedneault, cependant, soutenir la relève artistique peut prendre d\u2019autres avenues que celle de la mise en place d\u2019expositions.«Au début, on a voulu combler le manque d\u2019espaces de diffusion pour les jeunes artistes.C\u2019était une réalité à laquelle nous-mêmes avions fait face.Mais les besoins changent.Les courtes résidences de création sont peut-être plus marquantes aujourd\u2019hui qu\u2019une expo.L\u2019idée de communauté est importante, l\u2019idée de créer des liens entre les artistes, entre les générations», dit la pro-fesseure de l\u2019Université Concordia, heureuse du programme de mentorat MAPPÊ, expérimenté depuis deux ans par Les Territoires.La dernière exposition.Forced Air : les ventilateurs, découle de ces exercices où un artiste établi prenait sous son aile trois artistes débutants.LES TERRITOIRES Le centre n\u2019est pas le premier à mettre en question son existence comme galerie.Dare-Dare pilote une roulotte depuis plus de dix ans et, plus récemment, le centre Verticale, à Laval, s\u2019est mis à exploiter des lieux en marge des circuits habituels.Les modèles sont innombrables, selon Josée Pedneault.Elle qui a bénéficié de multiples résidences à l\u2019étranger se souvient notamment du travail en itinérance proposé par un centre de Porto Rico.C\u2019est après étude de toutes ces réalités que réapparaîtront un jour, quelque part.Les Territoires.En attendant, ce sera le vide.Un vide réel : cet espace au bout du 5® étage du Belgo sera abandonné dans les prochains jours.Collaborateur Le Devoir FORCED AIR: LES VENTILATEURS Les Territoires 372, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 527, jusqu\u2019au 24 octobre. LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 E 7 CULTURE>DANS£ ï PHOTOS SHARP Aakash Odedra donnera à voir Constellation^ un solo écrit par Sidi Larbi Cherkaoui Soufi, mon amour Entre kathak et danse contemporaine, le chorégraphe anglo-indien Aakash Odedra se dévoile en 4 solos Protégé des chorégraphes Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui, Aakash Odedra livre quatre solos: deux contemporains créés sur mesure par ses deux mentors et deux de sa signature enracinée dans le kathak, «la danse qui Ta choisi».Entretien avec un artiste accompli, surprenant par son humilité et sa sagesse.NAYLA NAOUFAL Dès l\u2019enfance, Aakash Odedra a étudié le bharata na-tyam du sud de l\u2019Inde et le kathak du nord du pays, aussi bien en Angleterre, où il est né que sur la terre de ses ancêtres.Depuis quelques années, il se consacre au kathak, cette danse aux tours enivrants, aux arrêts secs et aux poses de statue.Heureuses rencontres Sa rencontre avec le chorégraphe anglo-bangladais Akram Khan, autre adepte du kathak, a marqué un tournant décisif dans son parcours: «Lorsqu\u2019on rencontre quelqu\u2019un qui comprend vraiment d\u2019où on vient et combien on a bataillé pour en arriver là, ça aide énormément, se souvient Aakash Odedra, rencontré en entrevue.C\u2019est grâce à lui que ma carrière de danseur a décollé.» C\u2019est ainsi qu\u2019Akram Khan a expressément créé pour le jeune interprète In the Shadow of Man, qui fait partie des quatre propositions qu\u2019il dansera au MAI : « Ce solo porte sur la lutte entre la dimension primitive de l\u2019humain et sa facette civilisée, explique Aakash Odedra.Mon personnage voudrait s\u2019arracher de son corps, il souffre.» Pour exprimer ces sentiments de douleur et de combat interne, le danseur se contorsionne en des formes animales, mises en valeur par les éclairages de Michael Hulls au son de la musique classique composée par l\u2019altiste Jocelyn Pook.Empruntant le langage de la danse contemporaine, l\u2019écriture chorégraphique dans In the Shadow of Man délaisse le kathak cher à Odedra et à son mentor: «Cette collaboration avec Akram Khan a été une expérience très exigeante, parce que je n\u2019avais jamais étudié la danse contemporaine, raconte Odedra.Mais il faut passer par des étapes inconfortables pour grandir en tant que personne et se trouver.» A Montréal, Aakash Odedra donnera également à voir Constellation, un solo écrit par Sidi Larbi Cherkaoui, autre rencontre marquante et source d\u2019apprentissages pour le jeune danseur: «Sidi Larbi Cherkaoui est comme un moine zen.Il m\u2019a montré ce que peuvent accomplir la simplicité et l\u2019authenticité.» Constellation est d\u2019ailleurs une pièce minimaliste et contemplative : «L\u2019idée de Sidi Larbi Cherkaoui était de créer une impression de constellation, de flux de lumière, d\u2019énergie et de sons dans l\u2019espace», précise Odedra.Le chorégraphe des magnifiques Tempus Fugit et Sutra a voulu ai nsi jouer avec l\u2019intensité de la luminosité et avec la distance au public d\u2019Aakash Odedra, qui incarne un corps astral dans le solo.Pour générer les motifs de cette constellation, le concepteur d\u2019éclairages Willy Cessa a conçu un ensemble d\u2019ampoules suspendues, comme autant de sphères illuminant discrètement le danseur.La musique signée par la violoniste Olga Wojciechowska contribue à façonner une atmosphère planante, selon les explications d\u2019Odedra.Le travail d\u2019état est au cœur du vocabulaire contemporain que s\u2019approprie Aakash Odedra dans Constellation: «Le plus difficile avec Sidi Larbi Cherkaoui, c\u2019est que le mouvement n\u2019est pas blanc ou noir, fort ou faible, heureux ou triste, mais toujours au milieu.» Spiritualité et sensualité Le programme 4 solos débute par une pièce de kathak chorégraphiée et interprétée par Aakash Odedra intitulée Nritta {«danse pure» en hindi) : «Je tenais à commencer par une création qui reflète mon héritage et ma formation.Ici, le kathak est typique, très rapide et technique.Ce qui est important, c\u2019est l\u2019énergie de la danse.» Pour Sufi Kathak, Odedra s\u2019est inspiré des vers d\u2019un poète indien soufi duXIIP siècle: «Ce poème parle de l\u2019amour pour Dieu d\u2019une manière sensuelle, à travers la voix d\u2019une femme amoureuse.Ça m\u2019a beaucoup interpellé, surtout quand on voit combien les religions peuvent être strictes et combien elles provoquent des disputes», poursuit-il, traduisant un extrait du poème écrit en ourdou.' «Colore-moi de tes couleurs, mon amour coloré.Emporte ma destinée comblée, je te donne ma jeunesse.» Alliant spiritualité et sensua- lité, ce solo prend appui sur un kathak plus lent qu\u2019à l\u2019ordinaire, mais tout aussi sophistiqué rythmiquement, «semblable à un vin mûr, combinant les tours des derviches tournants et le vocabulaire du kathak ».Aakash Odedra a lui-même créé les costumes, la scénographie et les trames sonores de Nritta et de Sufi Khatak, qu\u2019il a voulus très simples pour que puisse émerger l\u2019essence du kathak.La musique préenregistrée fait appel au tabla et au sarangi, un instrument de musique indienne classique à cordes frottées et à archet: «La pratique du kathak nécessite des notions de musicalité.Jusqu\u2019à il y a 50 ans, les danseurs de kathak se produisaient à la cour du roi, ils devaient savoir chanter et jouer de la musique», explique Odedra.Va-t-il chanter en dansant?Peut-être, répond celui qui parle six langues et pour qui la dyslexie est devenue une bénédiction, le menant vers la danse, «le langage du cœur».Collaboratrice Le Devoir 4 SOLOS Aakash Odedra Au MAI du 30 au 31 octobre VIVRE SUITE DE LA PAGE E 1 dans leur cas, à leur hymne Full Circle, devenue leur tremplin et leur prison.D\u2019autant, lit-on entre les lignes, qu\u2019elle est loin d\u2019être leur pièce préférée.« On a fait tous les sacrifices dont on te parlait, souvent difficiles, et on se rend compte que ça ne vaut pas la peine de sacrifier nos intentions pour quelque raison que ce soit, raconte Devon.Si on a une chanson qui réussit à jouer à la radio, mais qu\u2019on l\u2019aime pas, on va devoir la jouer pour toujours, et on va haïr ce qu\u2019on fait.Je parlais à l\u2019imprésario de Radiohead, à Mexico, à propos de cette chanson qu\u2019on avait [Full Circle].Et il me disait: \u2018Ne construisez pas une carrière que vous ne voulez pas autour d\u2019une chanson que vous haïssez.\u201d Et j\u2019ai dit: \u201cWell, alright!\u201d» Connor admet que ce qui a été la racine de Full Circle était «un peu croche», et pas issu de la même «place» que les autres chansons, soit davantage dans un objectif commercial qu\u2019artistique.«Et on a réalisé qu\u2019on pouvait faire des sacrifices personnels, qu\u2019on pouvait voyager à nous rendre malades, mais qu\u2019on ne pouvait pas faire de compromis sur la musique.Parce que c\u2019est la fondation de ce que nous faisons, et que si on fait ça, tout va s\u2019effondrer rapidement.» Ce qui explique certainement le foisonnement et l\u2019absence de tube radio évident sur Sun Leads Me On, qui se prend d\u2019un bloc, comme un voyage musical.L\u2019album commence même avec une introduction de.flûte traversière! Connor et Devon rigolent juste à y penser.«Tsé, ça fait longtemps qu\u2019on n\u2019a pas sorti de musique, et on a pensé que les gens allaient se demander on était rendus où, et se dire qu\u2019on était un groupe sérieux.Alors on a décidé de commencer le disque par une poignée de main heureuse.Bienvenue sur le deuxième disque!» On ne saurait mieux dire.Le Devoir üUIBe DES RÉALISATEURS SocléW Ses réalisateurs de fllirs CANNES 2015 «Une jouissive odyssée cinématographique.» Le Devoir Nit ProdHtion préseile Tlrois.souvenirs \u2022 de ma jeunesse UN FILM DE ARNAUD DESPLECHIN ?Les Inrockuptibles ?Libération ?Positif «Briiiamment construit, comme un puzzie mémoriei et sentimentai.» Le Daupbiné Libéré QUENTIN DOLMAIRE LOU ROY-LECOLLINET MATHIEU AMALRIC lis Hina imiiii miBEiiii am uiynu maHiB nuMi lÈiiQivii nâiiEiiHii «iiMBiiMIDBniDI Alim Kliwm HHlMiemiI\tiDiliillUII csunifNlKWHillM alDUSGH IMiUi MEIMI awRSif Avni IMIH imniBGllliiyilSIDI HMIMUIllIinilAI lilIBllIIIIIIOIIIS MIOIOlEllliil^llfinHEilE Ë+ HNDlNIISinilllIlKliafiABlillBHÉnillim mm ««KinattiicttNfSEmîiEJimDiD qub\tU}^ PRESENTEMENT A 1\u2014EXC3NTRIS\u2014ir I 514 847-2206\t| [s UAFFICHE CINEMA BEAUBIEN] 2396, Beaubien E.514-721-6060 Lr' E T N E M A El PIS ROUGCI CINEMA Le Tarantino des intellos LA CHAMBRE INTERDITE g^.F, DE The Forbidden oom) Film d\u2019essai de Guy Maddin et Evan Johnson.Avec Roy Dupuis, Clara Furey, Louis Negin, Mathieu Amalric.Canada, 2015, 130 min.ANDRÉ LAVOIE AUX yeux des inconditionnels du cinéaste canadien Guy Maddin {My Winnipeg, The Saddest Music in the World), il ne viendrait sans doute jamais à l\u2019esprit de comparer son minutieux travail d\u2019archéologue et de brillant illusionniste à celui de Quentin Tarantino.Et pourtant, depuis leurs débuts, tous les deux s\u2019abreuvent du cinéma des premiers temps de leur cinéphilie, ne cessant de le broyer pour le recomposer à leur manière, étonnante et parfois tapageuse.La méthode Maddin se déploie avec panache dans La chambre interdite, une production ambitieuse par sa durée, son opulence, et la liste quasi interminable d\u2019interprètes talentueux, voire célèbres, qui ont accepté de jouer ici les pantomimes.Car il faut bien reconnaître que l\u2019expression «performance d\u2019acteur», lorsque vient le moment de commenter un film de ce réalisateur à la marginalité souriante, relève pratiquement de l\u2019hérésie.Peu importe leur statut, les acteurs sont le plus souvent à la merci de cet esthète reproduisant avec une minutie déroutante le chaos de l\u2019expressionnisme allemand, la frénésie révolutionnaire d\u2019un Sergueï Eisenstein, et, plus que jamais, les outrances visuelles de la série B hollywoodienne.Les volcans en éruption, et en carton-pâte, de son film nous ramènent d\u2019ailleurs à une enfance bénie, celle du cinéma d\u2019après-midi à la télévision.Montage frénétique Bien malin celui qui pourra saisir le fil narratif de cette mosaïque visuelle profondément marquée par un montage frénétique et hachuré (le plan-séquence, très peu pour lui!), des postures esthétiques que n\u2019aurait pas reniées Georges Méfiés, et une tapisserie musicale laissant rarement place à la contemplation silencieuse.Il est question de la quête désespérée d\u2019un homme des bois (Roy Dupuis) pour retrouver une belle captive du nom de Margot (Clara Furey reproduisant savamment les moues de sa mère Carole Laure), quitte à se perdre à la fois en pleine forêt et dans un sous-marin où l\u2019équipage mange goulûment des crêpes pour y récupérer quelques bulles d\u2019air afin de survivre (sic).Entre ces péripéties souvent loufoques se superposent de multiples incartades surréalistes où l\u2019on croise l\u2019atypique acteur allemand Udo Kier jouant à l\u2019obsédé sexuel dont on ouvre le cerveau pour atténuer les obsessions.Absurde, vous avez dit?La chambre interdite collectionne avec boulimie les perles de ce genre, reproduisant avec la même rudesse les atmosphères macabres du cinéma d\u2019horreur à la Roger Corman, celles qui enrobent les médecins héritiers du D\"^ Frankenstein (Paul Ahmarani reconstruisant Caroline Dhavernas après un accident de moto !) ou les psychanalystes capables de tuer une enfance névrotique, libérant ainsi une Karine Va-nasse en bourgeoise dans un train «entre Berlin et Bogotâ».Les familiers de son œuvre foisonnante et reconnaissable dès la première image n\u2019auront aucun véritable choc devant La chambre interdite, même si Guy Maddin a bénéficié d\u2019un arsenal plus imposant que dans ses nombreux bricolages précédents.Cette opulence a parfois un coût, sacrifiant quelques segments de manière expéditive (ne clignez pas des yeux pour apercevoir Charlotte Rampling et Geraldine Chaplin.), ou étirant quelques scènes dans un délire baroque qui n\u2019apporte rien de plus à la belle confusion dans laquelle il nous plonge.Encadrant le tout avec une délicieuse leçon sur la manière de prendre un bain, démonstration à l\u2019appui, Maddin prouve à nouveau son irréfutable singularité.Collaborateur Le Devoir » f ?v METROPOLE EILMS Il est question de la quête désespérée d\u2019un homme des bois (Roy Dupuis) pour retrouver une belle captive.THE FORBIDDEN ROOM f//t /i/in f/r CUYMADDIN ef EVAN JOHNSON MBIIRHII TELEFILM\tMFM pN.PRESENTEMENT À L\u2019AFFICHE métropole [mëtrôpoTëTÏÏmsTcomJ E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 ICINEMA ©CINE OUTREMONT Montréal® theatreoutremont.ca 514 495-9944 PHŒNIX de Christian Petzold VO ALLEMANDE, STFJAVEC NINA HOSS ET RONALD ZEHRFELdESIE Le lundi 26 octobre 116 h et 19 h 30 La femme balafrée ?ANNA Réalisation et scénario : Charles-Olivier Michaud.Avec Anna Mouglalis, Pascale Bussières, Pierre-Yves Cardinal, Xiao Sun.Image: Jean-François Lord.Musique : Michel Corriveau.Montage: Glenn Berman, Charles-Olivier Michaud.Canada, 109 min.ODILE TREMBLAY Depuis 2011 avec Texcellent Snow & Ashes, on suit Charles-Olivier Michaud dans un périple entre Tici et Tailleurs, poursuivi dans Exil.Suivant la quête de personnages sur une planète de conflits, en mutation existentielle, le cinéaste polyglotte n\u2019est pas prisonnier de son pré carré et inscrit le Québec dans la mosaïque d\u2019un globe agité et sanglant, qu\u2019il a lui-même arpenté.Ses héros ne sont pas passifs non plus, mais impliqués de plein fouet dans les pires tourmentes internationales.Ainsi la photoreporter incarnée par la Française Anna Mouglalis dans Anna, le plus frontal des films de Charles-Olivier Michaud, met son nez dans le trafic humain d\u2019Asie du Sud-Est et le paie de sa personne.Enlevée, violée, torturée, puis relâchée avec un corps déchiré, un visage balafré, une rage à vider, Thérome, d\u2019abord sur le terrain, puis à travers la convalescence d\u2019un quotidien meurtri, se fait l\u2019enquêteuse de son traumatisme.Des photos de ses tourments deviennent des palimpsestes à décrypter.De Blow Up à The Deer Hunter, Anna arbore ses références cinématographiques.On évoque aussi le plus récent film.Elles, de Malgorzata Szumowska (2012), dans lequel une autre vedette, Juliette Binoche, incarnait une journaliste poussée hors de ses gonds par une enquête sur la prostitution étudiante.Bien réalisé, avec une caméra nerveuse à l\u2019épaule parfois trouble, un bruitage, une musique, un rythme hachuré et un réalisme d\u2019une crudité qui souffle, Anna démarre sur les chapeaux de roues en laissant filtrer le pire dans un climat de pure tension, mais l\u2019histoire a ensuite du mal à s\u2019emboîter autour d\u2019une violence devenue très explicite.La belle Anna Mouglalis (Coco Chanel et Igor Stravinsky), démaquillée, la sophistication en berne, brûle d\u2019un feu noir dans ce contre-emploi, bientôt défigurée, non sans voyeurisme, par le cinéaste.L\u2019actrice française porte ce profil de courage, de rupture et de volonté avec un tonus qui l\u2019entraîne hors de ses zones de confort.Le sujet du trafic sexuel, souvent traité à l\u2019écran, est du moins perçu ici en grande partie de l\u2019intérieur par son personnage, dans sa chair et son âme.Plusieurs scènes avec des jeunes esclaves sexuelles asiatiques violentées se voient livrées avec une charge de colère et de sang, auxquelles la structure scénaristique aux développements secondaires laissés en plan n\u2019offre pas une mécanique assez forte pour les encaisser.Malgré des moments puissants au démarrage, il manque une substance â Anna, et certains personnages, nimbés de flou, comme cet homme entre deux gouffres, incarné par Pierre-Yves Cardinal, ou cette collège compatissante, jouée par une Pascale Bussières sous-utilisée, auraient gagné â mieux prendre vie.Le dénouement vengeur choque, plaqué lâ sans point de vue.L\u2019horreur se mord la queue.Le Devoir FILMS SEVILLE Anna Mouglalis, la sophistication en berne, brûle d\u2019un feu noir dans ce contre-emploi.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Après avoir été fort remarqué comme documentariste, Philippe Lesage se lance dans la fiction.La caméra intime de Philippe Lesage ODILE TREMBLAY En fin de semaine dernière.Les démons, premier long métrage de fiction de Philippe Lesage, remportait le prix de la Critique québécoise au Festival du nouveau cinéma.Une tape dans le dos pour un cinéaste qui fait rimer septième art avec quête formelle, patience et profondeur: «Je m\u2019ennuie comme spectateur, avoue-t-il.J\u2019entends pourtant des gens dire qu\u2019ils aiment les formules prévisibles.Moi, j\u2019ai envie de sortir des conventions, quitte à bousculer le spectateur dans ses habitudes.Le cinéma devrait réinventer le langage, apporter un point de vue singulier.» Il y a une vie avant la fiction.Philippe Lesage, comme documentariste, a fait sa marque.Surtout avec Ce cœur qui bat, documentaire tourné dans un hôpital, où le lien entre les patients et ceux qui soignent prenait une acuité poignante.Il fut lauréat d\u2019un Jutra, primé deux fois aux Rencontres internationales du documentaire.La Cinémathèque consacra â Lesage une rétrospective de ses documentaires en 2011.Il a étudié le cinéma au Danemark, puis enseigné lâ-bas.«C\u2019était l\u2019époque du Dogma.J\u2019adorais alors le cinéma de Lars von Trier.» Il est sorti de lâ bergmanien, épris du cinéma de Tarkovski.«Mais le film qui m\u2019avait donné envie de faire du cinéma, c\u2019est E.T.» Les démons, son saut en fiction, était en compétition au Festival de San Sebastian et se promène partout sur la route internationale des rendez-vous de films.Le voici dans nos salles dès vendredi.On y rencontre le petit Félix (Edouard Tremblay-Grenier) , garçon introverti en traversée d\u2019épreuves: ses parents se crient par la tête.Vont-ils se séparer?Des enfants se font enlever dans les parages.Il a caressé un autre garçon.Et s\u2019il avait contracté le sida?Des élèves l\u2019intimident.Tout cela â travers des moments heureux, tendres ou anxieux.Du documentaire, s\u2019y préserve un souci de vérité.«Je voulais tourner ce film lentement, dit-il, sans le poids lourd de la technique, avec des acteurs qui sentent la liberté, souvent en éclairage naturel.Un petit budget comme le nôtre se traduit en général par 20 jours de tournage.J\u2019en ai eu 35, faisant de nombreuses prises, laissant place à l\u2019improvisation.» Les affres de l\u2019enfance À travers ses documentaires, il avait abordé des univers loin de son monde : les hôpitaux, la Chine, la banlieue française, des filles de Saint-Jean-sur-Richelieu.«Pour une fois, je fais quelque chose qui me ressemble.La fiction m\u2019y entraîne.La vraie vie est extraordinaire et constitue une source d\u2019inspiration sans fin.Les démons est en grande partie autobiographique et aborde les affres de l\u2019enfance, qui n\u2019est pas le paradis réinventé par les adultes, mais une période de détresse et de doute.Le film est aussi une catharsis, la réconciliation avec ce garçon que je fus.Au cours des années 80, il y eut une vague d\u2019enlèvements d\u2019enfants.On commençait à parler des pédophiles.Ça EXC3NTRIS ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: ANNA -CHARLES-OLIVIER MICHAUD SOUVIENS-TOI (REMEMBER) (V.O.STF.) - ATOM EGOYAN - 95 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL CHIENNE DEVIE (V.O.STF.) -HELENE CHOQUETTE\tH4\u2019l TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE -ARNAUD DESPLECHIN\t\"\"VeIIsa\t VILLE-MARIE -GUYEDOIN\t SICARIO (V.O.STF.)-DENIS VILLENEUVE\t*^1 GUIBORD S\u2019EN VA-T-EN GUERRE -PHILIPPE FALARDEAU\tH'»l\t CINECLUB 65 ANS ET + PRESENTE: CORBO -MATHIEU DENIS - JEUDI 29 OCTOBRE A 13 H\tH4*l ETAUSSIPRESDE100FILMSSUR TRIBU\tCINÉHAENLIGNE -MIROSLAV SLABOSHPITSKY CINEMAEXCENTRIS.COM participait au climat de paranoïa.J\u2019avais peur de voir un enfant enlevé apparaître au pied de mon lit.Depuis ce temps, on surprotège les enfants.Ils ne vont plus jouer dehors.L\u2019enfance est une période de silence, mais il existe peu de films sur la vie intérieure du premier âge.Je voulais qu\u2019on puisse pénétrer l\u2019esprit et l\u2019âme d\u2019un enfant.» L\u2019entrée en matière du film est très lente.« Ça réclame une patience d\u2019écoute, convient-il, mais en même temps, le film est construit de façon â ce que le spectateur soit récompensé pour son attente.Il est forcé â demeurer attentif aux petites choses.» La plupart des acteurs sont des non-professionnels, avec des parents incarnés quand même par Laurent Lucas et Pascale Bussières.« On a rencontré 800 enfants pour trouver nos jeunes interprètes.Mais même les acteurs professionnels adultes ont passé des auditions.Je ne voulais surtout pas me tromper.» Philippe Lesage aime mélanger les genres et surprendre son monde.«Je donne durant vingt minutes du film la place â un personnage secondaire, le maître nageur, qui prend le récit en otage et nous fait basculer dans l\u2019horreur.Il n\u2019est pas stéréotypé.On le voit victime de ses démons, de ses pulsions.Je trouvais intéressant aussi que la violence, l\u2019horreur soient toujours hors champ.» Le cinéaste, qui poursuit sa veine autobiographique, a déposé devant les institutions un projet sur des amours adolescentes, avec structure déconstruite.«Je me suis penché aussi sur la violence faite aux femmes, cette menace d\u2019agression qui plane sur elles, toujours.» Le Devoir « Tiree d\u2019un roman de Tatiana de Rosnay (auteur de Elle s'appelait Sarah), cette histoire de famille aux airs de polar nous frappe en pleine face.» Femme Actuelle LAURENT LAFITTE MELANIE LAURENT DE LA COMÉDIE FRANÇAISE AUDREY DANA TOUTES LES FAMILLES ONT UN SECRET BOOMERANG UN FILM DE FRANÇOIS FAVRAT D\u2019APRES LE BEST-SELLER DE TATIANA DE ROSNAY WLAD M R YORDANOFF BULLE OG ER PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! D G louC VERSION FRANÇAISE rciNÉMA \u201cSetudCetCK VERSION FRANÇAISE AVEC SOUS TITRES ANGLAIS wwwazfilms ca r'JJNtKLbX UIVtHIISbtMbNI-I r/'IMÈMA\trCINEPLEX DIVERTISSEMENTn I\u2014MEGA PLEX™
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.