Le devoir, 17 octobre 2015, Cahier E
[" Télé: faut-il débourser pour un contenu de qualité ?Page E 3 Après Altmejd, le MACM ouvre ses portes à Patrick Bernatchez Page e s CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015 a ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Patrice Dubois, Olivier Kemeid, Martin Labrecque et Frédéric Dubois L\u2019avalé Olivier Kemeid réécrit la chute de la famille Plantagenêt en suivant la ligne des grands bouleversements de notre époque ALEXANDRE CADIEUX Engagé depuis cinq ans dans une réécriture du Cycle des rois, Olivier Kemeid traduit aujourd\u2019hui cette expérience par une métaphore sylvestre : «Il a fallu que j\u2019avance dans ma forêt shakespearienne, que je m\u2019y égare avec plaisir, mais aussi avec un sentiment de peur que j\u2019ai dû accepter avant de trouver mon propre chemin.Ça nécessite parfois une certaine violence, on progresse à coups de hache dans les broussailles, quitte à écraser quelques belles fleurs au passage.» L\u2019ont poussé dans cette contrée sauvage l\u2019acteur Patrice Dubois et le concepteur d\u2019éclairages Martin Labrecque.Les deux vieux complices s\u2019étaient mis en tête de ressusciter le projet Five Kings, ambitieux montage dramatique réalisé par Orson Welles à la fin des années 30 et qui fusionnait cinq tragédies historiques de Shakespeare.Ils enrôlèrent vite Frédéric Dubois pour en signer la mise en scène, et Kemeid hérita pour sa part de la réécriture du texte, aujourd\u2019hui sous-titré L\u2019histoire de notre chute.Cadeau empoisonné que de tenir la plume sur cet immense navire, l\u2019un des événements les plus attendus de notre automne théâtral, qui accoste finalement cette semaine à l\u2019Espace Go ?« Trois fois au cours de ces années, fai appelé les gars pour leur dire que j\u2019abandonnais, convaincu que je n\u2019y arriverais pas.Ça m\u2019a tout pris, je n\u2019ai pratiquement rien écrit à côté, ça m\u2019a vidé.mais au final, ça m\u2019a énormément rempli aussi, bien sûr», raconte l\u2019auteur de Moi dans les ruines rouges du siècle et Furieux et désespérés.Les couronnes sont creuses Bien qu\u2019elles ne furent pas écrites dans cet ordre et encore moins pour être jouées ensemble, Richard II, Henry IV, Henry V, Henry VI et Richard III racontent, une fois remises bout à bout, un siècle de guerres fratricides au sein de la famille Plantagenêt pour le contrôle de la couronne britannique.«Là oû Shakespeare m\u2019apparaît comme particulièrement révolutionnaire pour son époque, c\u2019est qu\u2019il ne traite absolument pas de la question de Dieu.C\u2019est un humaniste, et il montre bien que les rois ne sont pas de droit divin : ce ne sont que des hommes, et leur couronne est creuse sur leur tête.» Olivier Kemeid, directeur artistique des Trois Tristes Tigres, qui coproduisent le spectacle avec le Théâtre PAR enchaîne : «Il y a aussi cette force exceptionnelle chez Shakespeare dans la description de mécanismes de pouvoir qui ne changeront jamais.Lors d\u2019une résidence d\u2019écriture à La Chartreuse de Ville-neuve-lès-Avignon, qui fut une étape importante pour moi et la troupe, nous avons présenté une première version de notre Richard IL Les spectateurs français y ont tout de suite reconnu Nicolas Sarkozy, ainsi qu\u2019Angela Merkel sous les traits de Northumberland; pour eux, c\u2019était d\u2019une telle évidence, alors que nous n\u2019y avions absolument pas pensé.» D\u2019une durée de cinq heures.Five Kings.L\u2019histoire de notre chute se déroule entre 1965 et 2015, chaque chapitre correspondant grosso modo à une décennie.«Les années soixante ont représenté un moment de légitimité politique, avec un respect des institutions qui s\u2019est perdu depuis.Dans les années 70, il y a cette grande utopie un peu hippie que représente bien le personnage de Falstajf, avec cette union du bas et du haut, du corps et de l\u2019esprit.Les années 80 ont balayé tout ça: ce sont les années cash, les années coke, le triomphe de Wall Street.» La chute des mâles Le XV® siècle anglais, c\u2019est aussi la longue guerre de Cent Ans contre les Valois pour la possession du royaume de France.Olivier Kemeid rappelle que le fameux discours patriotique que Shakespeare met dans la bouche d\u2019Henry V, l\u2019archiconnu «We few, we happy few, we band of brothers.», imprègne encore l\u2019imaginaire collectif, notamment grâce au cinéma.« Considérant que le Pentagone a distribué ce texte à tous ses soldats impliqués dans les VOIR PAGE E 9 : ROIS C\u2019é \u2018/«Die. E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015 CULTURE Une campagne sans esprit Odile Tremblay i à La culture, c\u2019est un sac à dos rempli d\u2019œuvres qui poussent leur propriétaire au-delà des lieux communs, ces somnifères de la pensée.C\u2019est un film d\u2019Anne Emond venu accrocher une lueur d\u2019espoir sur ses générations de suicidés.C\u2019est une sérigraphie de Pellan au mur pour illuminer l\u2019œil des flâneurs devant leur café.C\u2019est un essai de Dany Lafer-rière dans lequel les livres dialoguent entre eux.C\u2019est un poème de Verlaine dont vous retrouvez les vers dans un autobus archibondé, en appel d\u2019air.La culture vous accompagne partout.Elle est en vous, sinon.Réduite à rien.Même pas de parure.Car les chefs en campagne ne sont pas piqués de l\u2019arborer, aux heures de grande écoute.Oh ! Gilles Du-ceppe lui a bien consacré deux journées thématiques, sans vrais échos du côté des médias.Thomas Mulcair et Justin Trudeau, une seule.Stephen Harper, rien du tout.Le compte y est! Passons aux choses sérieuses.Balayée des moments clés de la campagne électorale, à l\u2019étroit dans ses cases horaires prescrites, la culture sera demeurée le sujet largué par l\u2019air du temps.Elle qui aspire à se mêler aux thèmes de l\u2019heure lors des points chauds pour continuer à vivre.Isolée dans sa cour, c\u2019est l\u2019asphyxie.Impensable, hier encore, de passer à côté du mot culture, prononcé juste comme ça en fleur au chapeau, lors des dé- Balayée des moments clés de la campagne électorale, à l\u2019étroit dans ses cases horaires prescrites, la culture sera demeurée le sujet largué par l\u2019air du temps bats des chefs en français à Montréal.Cette culture-là, notre différence avec des ailes et parfois des cornes, entre dans la définition même de la société québécoise, longtemps attelée à ses chansons, ses pinceaux, ses mots d\u2019artistes.Et pourtant.Raser les fleurs du jardin Dans un monde civilisé, le pitoyable bilan culturel des conservateurs aurait servi de torpille aux autres chefs pour couler leur vaisseau.Dans nos terres, en tout cas.Regardez-moi ce chef tory qui piétine nos valeurs, nos œuvres, nos artistes en tournée sur une planète ravie.Non mais!!! Stephen Harper en avait pris pour son rhume en 2008, après avoir rigolé des galas d\u2019artistes subventionnés.Cette fois, non.Silence radio.Et le premier ministre canadien de se frotter les mains devant l\u2019aubaine.Nul besoin de répondre de ses hauts faits en la matière.Une épine de moins à son pied! D\u2019autres armes se sont affûtées durant ses joutes.Pas celle-là.Si peu vendeur, le sujet.A preuve, l\u2019électeur le boude.Du moins, les chefs l\u2019estiment et les journalistes collés à leurs basques aussi.Mais si le ton, si le souffle avaient manqué aux candidats à la gouvernance du pays pour marier le langage de la culture aux défis de demain?Cette campagne-là, si longue, aura trouvé le tour de passer à côté des envols, des enjeux de fond, afin d\u2019épouser les termes «économie», «classe moyenne», «pétrole», «niqab», «impôts».Comme si d\u2019un océan à l\u2019autre, un rouleau compresseur avait rasé toutes les,fleurs du jardin.A croire que les conservateurs ont convaincu leurs ad- m JACQUES NADEAU LE DEVOIR La culture a été réduite à rien lors de la campagne électorale, les chefs de parti ayant peu ou pas abordé les enjeux qui y sont liés.versaires \u2014 pire, le pays entier et même le Québec \u2014 de la futilité de pareils enjeux, à l\u2019heure où les sous, les armes, le voile, voyez-vous.Chacun aura laissé Stephen Harper donner le ton et gagner la bataille du premier degré.Gilles Duceppe a parlé des retombées économiques des industries culturelles.Capital, il est vrai, de répéter aux gens que les artistes ne sont pas des assistés sociaux, souvent Génial et irrésistible.?Luc Boulanger | La Presse Un délicieux moment de folie.Marianne Renaud | Sors-tu.ca Un objet ludique dont la cause n\u2019aurait pas pu être mieux servie.Fabien Deglise | Le Devoir Un spectacle pétillant, joyeux, fou.Une heure 14 minutes et 56 secondes de pur plaisir.Marie Paris | MonTheatre.qc.ca Un spectacle rodé au quart de tour où les répliques fusent comme un feu d\u2019artifice.Marie-Claire Cirard | Huffrngton Post VARIATIONS SUR UN TEMPS DE DAVID IVES lUSQU'AU 30 OCTOBRE 2015 Une production du Théâtre de Quat'Sous COMPLET] SUPPLEMENTAIRES LE 23 OCTOBRE À 21 H ET LE 24 OCTOBRE À 20 H.des PME alimentant techniciens et services communautaires.Mais sur le fond, sur la fibre, sur la nécessité vitale de l\u2019art dans un monde en perte de sens, qui s\u2019y frottait?La culture peut-elle se résumer à des chiffres et des industries?Pareille équation paraît bien triste.C\u2019est qu\u2019il manqua une dimension ou deux à ces débats-là.D\u2019où cette sensation de vide.Sommes-nous de simples poissons devant des hameçons tendus?Ou des êtres humains aspirant à plus haut que leur panse ?Et si voler au ras du sol n\u2019était pas le meilleur moyen pour galvaniser les foules?Si brandir la peur comme Stephen Harper s\u2019y est appliqué ne constituait qu\u2019un signe de mépris envers l\u2019électeur, faute d\u2019arguments pour l\u2019entraîner plus haut, après la mise au rencart des arts et des rêves ?C\u2019est un vent de sympathie envers Jack Layton, le bon Jack à la guitare, qui avait pro- pulsé la vague orange au Québec.Pas son nébuleux programme, encore moins ses candidats-poteaux : mais une confiance irrationnelle en des lendemains qui chantent, un besoin d\u2019autre chose, une onde en liesse sur les réseaux sociaux.A la barbe des sondeurs médusés.Le citoyen a besoin de plus que des sous dans son bas de laine et des chiens à grandes dents devant ses clôtures, pour faire vraiment corps avec un parti ou l\u2019autre.Des zones de sens, avec bagages, ici oubliées.Qn peut bien \u2014 ma collègue Marie Vastel a fait l\u2019exercice cette semaine au Devoir \u2014 compulser les quelques pages consacrées à la culture dans les programmes des partis.Harper y va de molles promesses d\u2019aider les musées, de financer des initiatives communautaires et d\u2019ajouter à la cagnotte du Conseil des arts.Libéraux, néodémocrates et bloquistes cheminent du moins plus loin : fin des compressions fédérales pour les grandes sociétés culturelles, rétablissement des programmes de promotion artistique à l\u2019étranger, allégement des impôts des artistes, quelques projets épars pour les arts numériques.Le livre apparaît comme le grand oublié de ces promesses électorales, mais quel est son avenir à celui-là?Se débarrasser des conservateurs avant tout.Soit! Mais on aurait souhaité à cette campagne d\u2019ouvrir des champs d\u2019inspiration, de lancer en l\u2019air quelques feux d\u2019artifice, plutôt que de jouer à ce point de prudence, d\u2019angoisse et d\u2019éteignoir.Nous voici au bord des urnes, vote stratégique en main, mais sans allant, anesthésiés par toutes ces longues semaines privées d\u2019esprit.otremblay@ledevoir.com AIRFRANCEV^ % % A > V \\ - Traduction Maryse Warda Mise en scène Eric Jean Avec Émilie Bibeau, Anne-Élisabeth Bossé, Simon Lacroix, Daniel Parent, Geneviève Schmidt et Mani Soleymanlou Assistance à ia mise en scène Chloé Ekker Décor Pierre-Étienne Locas Costumes Cynthia St-Gelais Lumière Martin Sirois Conception sonore et régie Olivier Gaudet-Savard Direction musicaie Catherine Gadouas Coiffures et maquiiiages Florence Cornet Complice artistique Pierre Bernard 14 AU 25 THÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUSIOO, AVENUE DES PINS EST, MONTRÉAL BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM Grands partenaires LE DEVOIR Bdl IBERVILLE ^ JARRY ^ T0HU.CA CODIFFUSEUR Québec S 3\tMontréal @ Canada\tB LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015 E 3 CULTURE'TELEVISION (1 ICI RADIO-CANADA Le nouveau show est présenté en exclusivité sur le volet Extra d\u2019ICI Tou.tv., avant sa diffusion sur ARTV en janvier, et sur la télé généraliste au printemps.Avancer d\u2019un écran Faut-il débourser pour avoir accès à du contenu de qualité ?STEPHANE BAILLARGEON Le site tfo.org annonce «le meilleur du cinéma » et tient promesse.La nouvelle plateforme, la Télévision francophone de l\u2019Ontario (TFO), propose déjà plusieurs grands films disponibles gratuitement, en français et à volonté : La vie en rose, Le petit lieutenant, Camion ou J\u2019ai tué ma mère, premier opus du jeune sur-doué national Xavier Dolan.D\u2019autres propositions cinématographiques suivront au fur et à mesure de leur première diffusion sur la chaîne télé de base.TFO n\u2019a pas de concurrent dans ce créneau cinéphile, tous réseaux confondus.La sélection en ligne s\u2019arrime en plus à un tas d\u2019autres émissions, qui comprend un inventaire de 9000 vidéos et jeux, 5600 contenus éducatifs pour les 2 à 6 ans, des applications mobiles éducatives, des capsules humoristiques, des reportages et même des espaces de coloriage.«L\u2019ergonomie et le design sont complètement repensés dans une logique pour mettre facilement et gratuitement à la disposition de tous et à tout moment l\u2019ensemble de nos contenus, explique Laurent Guérin, directeur principal des contenus Web et télé de Groupe Média TFO.Nous allons de plus en plus vers la vidéo à la demande et de moins en moins vers le visionnement de rattrapage.TFO s\u2019éloigne donc de la logique précédente qui offrait de voir en ligne ce qu\u2019on avait raté à la télé.Maintenant, on choisit ce qu\u2019on veut regarder sur l\u2019une ou l\u2019autre de nos plateformes.Tfo.org n\u2019a même presque plus de lien avec la télé: c\u2019est une plateforme à elle toute seule.» Le groupe est particulièrement fier de sa mini TFO pour enfants, bien distincte avec ses couleurs vives, de grosses vignettes et même un sablier pour la surveillance parentale.On y retrouve toute la série Caillou, par exemple, mais aussi des chansons et des jeux.«Nous nous adaptons à nos utilisateurs, dit le directeur Guérin.Nous, nos usagers principaux ont entre 2 et 12 ans, avec leur entourage, leurs parents.leurs enseignants, leurs frères et sœurs.Ils sont principalement sur les tablettes et les téléphones intelligents et il faut absolument les rejoindre où ils sont » Dans son communiqué de lancement diffusé il y a quelques jours, TFO rappelait que les Canadiens se classent au 2® rang mondial pour le nombre mensuel de vidéos consommées en ligne.Les géants YouTube et Netflix dominent le secteur mondialement.Netflix se réclame de 65 millions d\u2019usagers, qui consomment plus de 100 millions d\u2019heures de vidéos par jour.Le soir en Amérique du Nord, la compagnie compte pour 37% du trafic du Web.«Nous nous sommes bien sûr inspirés de Netflix, dit le directeur des contenus, joint à Toronto, de son large inventaire et de sa simplicité de navigation.Nous n\u2019avons pas la prétention de concurrencer Netflix, mais il faut bien comprendre qu\u2019aujourd\u2019hui, tous les enfants de cinq ans connaissent et consultent YouTube.D\u2019ailleurs, nos contenus sont disponibles sur YouTube et nous voulons les placer ailleurs.» Bref, Netflix ou Tou.tv ne représentent pas vraiment des concurrents pour TFO.L\u2019exclusivité n\u2019est plus une règle du domaine de la télévision comme autrefois, quand il n\u2019existait que quelques chaînes.«Ce qu\u2019on constate, c\u2019est que les productions pour enfants notamment gagnent à être diffusées partout, termine le directeur Guérin.Plus elles sont disponibles gratuitement, plus elles ont de succès.La série Caillou est sur Netflix, sur YouTube et sur notre site comme sur notre télé, et Caillou reste une des propriétés préférées des enfants canadiens.» Un Extra avec ça?Autre média, autres mœurs.Radio-Canada dévoilait cette semaine la série Le nouveau show, présentée en exclusivité sur le volet Extra d\u2019ICI Tou.tv.Deux épisodes de sketches comiques viennent d\u2019apparaître sur la plateforme payante.D\u2019autres suivront avant la reprise des 13 premières moutures sur ARTV en janvier, puis sur la télé généraliste au printemps.a.Nous ne regardons pas le Titanic couler en mangeant des sandwiches, pour reprendre la métaphore [sur la situation des vieux médias].Nous sommes tous conscients que les méthodes de consommation changent.)) Christiane Asseiin, directrice des contenus et de ia programmation muitiécran de Radio-Canada Il s\u2019agit d\u2019une première expérience « à la Netflix» pour le difluseur public, qui a déjà innové en présentant quelques épisodes de la série télé Nouvelle adresse en primeur sur le volet Extra.De même, cet hiver, la deuxième saison de Série noire sera présentée d\u2019abord sur cette plateforme et tout d\u2019un bloc avant de continuer sa vie utile sur ICI RC Télé.«Notre stratégie de diffusion s\u2019adapte et prend acte du fait que les gens sont prêts à payer pour avoir du contenu intéressant, explique Christiane Asseiin, directrice des contenus et de la programmation muitiécran, webtélé et Tou.tv de Radio-Canada.Sur notre Extra, nous offrons des séries classiques, des webséries et des séries étrangères en français qui marchent très bien.» En fait, la directrice propose moins un parallèle entre son créneau payant et Netflix qu\u2019avec le site hulu.com de NBC Universal, 21st Century Fox et Disney, où se retrouvent des films, des séries télé et de^ clips musicaux en accès gratuit ou payant, aux Etats-Unis.Ici, dit-elle, Tou.tv offre des contenus intéressants, autant avec l\u2019Extra que gratuitement, sans privilégier une plateforme.«Nous ne regardons pas le Titanic couler en mangeant des sandwiches, pour reprendre la métaphore [sur la situation des vieux médias], dit-elle.Nous sommes tous conscients que les méthodes de consommation changent.Pendant que les consommateurs se désabonnent de certains services, ils s\u2019abonnent à d\u2019autres comme Netflix ou le Club Illico.Nous, pour gérer sainement les fonds publics tout en continuant d\u2019offrir du contenu de qualité, nous ne pouvons nous appuyer uniquement sur la publicité.L\u2019abonnement est donc une solution de rechange qui s\u2019installe tranquillement » Asseiin refuse toutefois de dévoiler les données de fréquentation de Tou.tv, y compris de sa formule Extra à environ 7 $ par mois (mais gratuite pour les abonnés de Rogers et Telus), lancée il y a près d\u2019un an et demi.Pour l\u2019instant, explique-t-eîle, il n\u2019existe pas de manière uniforme de compter les usagers et de comparer les résultats entre tous les sites.Et de toute manière, à la radio, même avec des chiffres fiables, toutes les stations finissent par s\u2019autoproclamer «numéro un» d\u2019une manière ou d\u2019une autre.Il faut donc la croire quand elle assure que l\u2019Extra attire beaucoup de jeunes qui seraient prêts à payer pour du contenu, ce qui reste à prouver ici comme ailleurs.Le nouveau show s\u2019adresse d\u2019ailleurs à eux avec son humour adolescent assez facile, qui fait songer à une sous-production moins maîtrisée des excellents et délirants Appendices de Télé-Québec.«Le groupe 18-34 est fort dans notre public, conclut la directrice Asseiin.C\u2019est même surprenant pour nous.Notre programmation leur plaît Ou les jeunes trouvent de plus en plus normal de s\u2019abonner.» Le Devoir une collaboration de RdDio-canaDd 3, ^ ______________ à miiit tiffiW 11 SUmÉHEHTAIRES DU 20 AU 23 OCTDBRE rxieBRYAN perro DOMINIC CHAMPAGNE m Df HERMAN MEI l/ll IF _ KflISCt* *IC CHAMPAGNE Avec Yamoussa Bangoura Frédérike Bédard Vincent Bilodeau Ludovic Bonnier Jean-François Casabonne Normand D\u2019Amour Sylvain Delisle Steve Gagnon Tommy Gauthier Reda Guerinik Gisle Henriet Sylvain Marcel Mathieu Richard Guillaume Saladin David Savard Coproduction Théâtre du Nouveau Monde + Théâtre Il va sans dire AülNM JÜSi\u2019AÜ 23 0C10BRE IIRNÉE R0 00ÉBK 1NM.0C.CR LAW# rgrii^i MICHELMARCBOUCHARin SERGE DENONCOURT UNE PRESENTATION BMO GROUPE FINANCIER EN COLLABORATION AVEC LA PRESSE+ DÈS LE 10 NOVEMBRE ï GODOE SMia BECtin ICI artv DES LE 1^\u2019\u2019 MARS MAURICE MAETERLINCK UNE COLLABORATION SNC-LAVALIN DÈS LE 12 JANVIER 887 ROBERT LEPAGE UNE PRÉSENTATION POWER CORPORATION DU CANADA DÈS LE 26 AVRIL 87761072 18536478 E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015 CULTURE>MUSIO,UE CLASSIQUE Jean Guillou, le plaisir du jeu L\u2019un des grands organistes du XX® siècle joue ce samedi à Montréal CHRISTOPHE HUSS Le légendaire organiste de l\u2019église Saint-Eustache de Paris, Jean Guillou, est en visite à Montréal.Il fera résonner ce samedi le Grand Orgue Pierre-Béique de la Maison symphonique de Montréal lors d\u2019un concert qui s\u2019inscrit dans la Grande Fin de semaine de l'orgue, organisée par le Concours international d\u2019orgue du Canada.Interviewer Jean Guillou me transporte près de 20 ans en arrière, alors que je m\u2019entretenais avec Evgueni Svetlanov en marge de ses concerts au Ees-tival de Colmar, en Alsace.Car interviewer Jean Guillou, c\u2019est aussi apprendre à connaître le point de vue de son épouse.L\u2019expérience est pourtant différente.Alors que la colorée Nina Svetlanova n\u2019hésitait pas à couper son auguste mari, en s\u2019écriant «Cher ami, n\u2019en croyez pas un mot; il vous ment!» la non moins colorée M\u201c® Guillou, inconditionnelle admiratrice de son époux, apporte, en fin de discussion, des précisions pertinentes et bien senties.En rencontrant Jean Guillou, je cherchais à comprendre un mystère : qu\u2019est-ce qui fait l\u2019unicité, la puissante éloquence et la force de conviction de cet organiste pas comme les autres?Mais, au fond, qui est moins bien placé qu\u2019un génie pour décrire ce qui le rend génial?C\u2019est donc de l\u2019une des réflexions de M\u201c® Guillou que j\u2019ai pu tirer le titre de ce portrait et la révélation d\u2019une part du mystère.«Son idée essentielle est que les jeux ne doivent pas être mêlés, mais chaque jeu est un soliste et ces solistes s\u2019opposent.» On peut voir dans cette simple explication une clé du drama-tisme conflictuel des œuvres de Guillou compositeur, documentées dès ses légendaires premiers enregistrements Philips des années 60.A Etre et transcrire Que cherchait-il, Jean Guillou, dans ses Visions cosmiques, par exemple?«Chercher n\u2019est pas le verbe qui convient.Si l\u2019on cherche, on n\u2019est pas compositeur.Etre compositeur, c\u2019est avoir dans la tête une musique avant d\u2019écrire.Si on se demande ce qu\u2019on va écrire, autant ne pas L\u2019une des quêtes de Jean Guillou, depuis plusieurs décennies, est de faire sortir l\u2019orgue des églises.commencer! s\u2019enflamme l\u2019organiste qui porte vaillamment ses 85 ans./e ne me rendais pas compte de l\u2019originalité du langage», dit aujourd\u2019hui cet élève de Messiaen qui n\u2019a jamais voulu écrire dans la langue originale de son maître.Jean Guillou est également reconnu pour ses transcriptions d\u2019œuvres orchestrales.A Montréal, cet exercice prendra beaucoup de place, puisque l\u2019organiste présentera son regard sur Orphée de liszt et sur Tableaux d\u2019une exposition de Mous-sorgski.«Mes transcriptions les plus importantes sont celles des poèmes symphoniques de Liszt.En fait, tous les chefs dirigent Les préludes, mais peu pro- Festival interculturel du CONTE Quebec casteliers MICHtlE NSUrCN (Belgique) une codiffusion avec le ©THEATRE OUTREMONT Montreal© 1^1 PaOimolne Canadan canaden Herttage 20 au 22 octobre 2015 / 20 h Pour tous, à partir de 9 ans Québec ¦¦ gramment les autres poèmes symphoniques, alors qu\u2019ils sont remarquables.» Guillou repense pour l\u2019orgue, à coups de discrètes réécritures, ce qui a été conçu pour l\u2019orchestre.Le choix des œuvres pouvant faire l\u2019objet de transcriptions est dicté par l\u2019idée de «pouvoir donner un éclairage différent et favorable à l\u2019œuvre».Une telle autodiscipline freine la surenchère constatée dans la récente parution Bis du Suédois Gunnar Idenstam, qui s\u2019est mis en tête de transposer La valse de Ravel.Mission impossible, et Guillou n\u2019aurait jamais eu cette idée-là: «C\u2019est tellement bien pensé pour l\u2019orchestre.On ne peut pas faire mieux.» Trouver une nouvelle voix.Jean Guillou pense y être parvenu dans Tableaux d\u2019une exposition de Moussorgski.«L\u2019orchestration de Ravel est un chef-d\u2019œuvre, mais la version originale, pour piano, laisse aussi imaginer toutes sortes d\u2019autres choses.J\u2019ai tout de suite vu ce qu\u2019on pouvait en faire à l\u2019orgue, en enrichissant l\u2019écriture et le contrepoint.» Orgue pour tous L\u2019une des quêtes de Jean Guillou, depuis plusieurs décennies, est de faire sortir l\u2019orgue des églises.«La présence de l\u2019orgue dans les salles de concert n\u2019est pas un mouvement contre l\u2019église; c\u2019est un moyen de faire vivre le plus riche de^s instruments», constate-t-il.A ce titre, Jean Guillou rappelle que «l\u2019orgue est né trois siècles avant notre ère.C\u2019est un Grec d\u2019Alexandrie qui a eu l\u2019idée de placer des tuyaux au-dessus d\u2019un mécanisme alimenté d\u2019air.C\u2019est lui aussi qui a inventé le clavier.L\u2019orgue a vécu ainsi pendant 13 siècles.Son entrée dans l\u2019église fut vécue comme un scandale, comme l\u2019intrusion d\u2019un instrument païen!» Comme il fallait que l\u2019instrument remplisse ces grands édifices, il fut enrichi jusqu\u2019à devenir un instrument monumental.«Maintenant, il faut que l\u2019orgue vive et reprenne sa carrière purement musicale.» Pour favoriser cette mutation, Guillou a conceptualisé un orgue à structure variable composé de dix éléments à trois ou quatre jeux amovibles et transportables.«On pourrait le transporter par PEDRO RUIZ LE DEVOIR camion et donner 200 concerts par an.Ce serait une vie nouvelle, et l\u2019orgue reviendrait dans le monde musical \u201cnormal\u201d.» Le projet a été étudié par la maison Klais de Bonn en Allemagne, mais reste dans les cartons: «Tout est prêt à être construit, mais les idées nouvelles font toujours peur, et nous ne trouvons donc pas les 3 millions d\u2019euros pour financer cet instrument.» Loin d\u2019être découragé, Jean Guillou reste cet idéaliste et visionnaire qui force l\u2019admiration.TABLEAUX D\u2019UNE EXPOSITION A L\u2019ORGUE Jean Guillou à l\u2019orgue.A la Maison symphonique, le 17 octobre, à 20 h.Œuvres de Liszt, Guillou, Franck, Moussorgski.ACTE THÉÂTRE Un rendez-vous avec James Hyndman et Stéphane Lepine pour tous les passionnes de littérature epistolaire o: 0} a\" Hydro Québec CREPUSCULE 20''au 30 octobre 20h et 31 octobre 15h 870, avenue De Salaberry, Quebec \u2022 premieracte.ca \u2022 41 LEPqiNTDEVENTE COM A I RBCFbmtatjon\t\"\u2018\u201cQuébec SS\t\t VILLE DE C^EBEC\t\t\tlÆDEKMR LONGS COURRIERS Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor Lundi 26 octobre - 19h30 Bdl THEATRE DE QUAT sous 100 AVENUE DES PINS EST MONTREAL BILLETTERIE 514 845 7277 QUATSOUS COM r LES 01 SE^ÜX D\u2019ERIN SHIELDS DU 13 AU 31 OCTOBRE 2015 UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE À CORPS PERDUS\t1 ACORPSPERDUS.COM pfRori BILLETTERIE : 514.526.6582 INFO ET ACHAT EN LIGNE: THEATREPROSPERO.COM THÉÂTRE PROSPERO ÿfb conseil des Aris Canada Ca au\tfarth»Arfe LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE I OCTOBRE 2015 E 5 CULTURE.MUSIQUE Le grand coup double de Jean Leloup SYLVAIN CORMIER Vaste, haut de plafond, le local de répétition en impose, avec sa mezzanine pour casser la croûte.En contrebas, des tas d\u2019instruments attendent, comme si la fanfare était au garde-à-vous.On comprend physiquement que l\u2019appellation Jean Leloup et son orchestre en concert à Paradis City n\u2019est pas usurpée.Ça va être gros pour vrai.Eh ! Sept soirs à guichet fermé au Métropolis, deux autres au Capitole de Québec, des supplémentaires, tout le monde y va, et la première de mercredi est une véritable première.Et pourtant, à quelques jours du spectacle, Leloup se dit «en construction».Sacré Johnny: ça le fait rigoler.«C\u2019est comme une plante qu\u2019on arrose.Le show pousse, le show te pousse.On bûche, on a chaud.On est à la shop.C> Il y aura du monde sur scène, quintette de cordes et rock\u2019n\u2019roll band en même temps.«Tu vois, là, on développe les violons.Des contrepoints pas possibles ! Pas du sirop de violons! Ce qui est intéressant, le vrai thrill, c\u2019est comment faire en sorte que les cordes suivent et que ça ne soit pas figé: faut que ça vive!» Comprenez que Leloup sera Leloup et qu\u2019il pourra se passer n\u2019importe quoi, mais pas n\u2019importe comment.Même en gros orchestre, le défi est de pouvoir se retourner sur un trente sous.« C\u2019est pas un défi pour le plaisir du défi.C\u2019est pour créer de la beauté: la vraie beauté, ça demande qu\u2019il y ait de la place à l\u2019instantané.Mais attention! Si tu te laisses trop aller à l\u2019improvisation, tu vas être vaseux, fai déjà été vaseux raide.Comment faire pour être libre sans être vaseux?Tu répètes.Tu commences par être sharp.Faut que tu aies l\u2019air de tomber, mais avec \u201cune\u201d trampoline pour rebondir, tu comprends ?» De la page blanche, le spectacle prend forme «Je ne sais pas encore précisément ce qui va arriver.Je travaille en faisant le vide.Le show, c\u2019est d\u2019abord une grande page blanche, et ça se construit, je vois l\u2019affaire apparaître.» Et ça ne rend pas Leloup fou d\u2019angoisse, à quelques jours du lâcher à l\u2019eau du paquebot?«Je suis ben nerveux, mais pas là-dessus.Ce qui m\u2019angoisse, c\u2019est la possibilité d\u2019avoir mal au bras pendant que je joue.Qu\u2019une lumière mal placée m\u2019aveugle et m\u2019empêche de faire signe aux musiciens.Comment rester concentré, c\u2019est ça qui est difficile.Et c\u2019est pour ça qu\u2019on se force le cul.Quand je sais que je me suis vraiment forcé, je suis en paix.Et je sais que je respecte les gens qui, au salaire minimum, me donnent six heures de leur ouvrage et veulent le meilleur de toi en retour.» Et deux fois plutôt qu\u2019une.En décembre, à Wilfrid-Pelletier, au Grand Théâtre de Québec, Leloup se produira seul.avec son fantôme.C\u2019est le titre du spectacle, complément de l\u2019autre : Le fantôme de Paradis City.Marge de manœuvre totale.« Ça peut se vivre séparément, mais c\u2019est lié: le premier spectacle te fait vivre le rise and fall de Paradis City.Le deuxième, c\u2019est le monde qu\u2019il y a après, raconté par le fantôme.Il s\u2019est passé quelque chose, que je ne peux pas dévoiler.C\u2019est le ^mich.! » Les meilleures Au Métropolis, au Capitole, Leloup transposera pour grand orchestre les chansons de l\u2019album A Paradis City, avec ses plus fédératrices, de toutes époques.«Avec le recul, je me suis rendu compte que les chansons qui restent pour le public, ce sont les mêmes qui restent pour moi.Y a des chansons plus réussies que d\u2019autres, et ça paraît.Y en a pas tant que ça, mais avec tout ce que fai fait, fai quand même du choix.» En redescendant de la mezzanine, mon œil accroche deux pages de titres sur un lutrin.Oui, de Cookie à 1990, elles y sont.Je zieute les guitares électriques, aussi.Leloup me montre sa Burns Bison rouge.«C\u2019est une guitare des années 1960, on l\u2019a remise en état, elle sonne!» Et voilà qu\u2019il me met dans les mains sa grosse Gibson noire à contours blancs.J\u2019y plaque des accords, frisson garanti, même sans amplification t\u2019as l\u2019impression que la guitare te fait bien jouer, c\u2019est fou.Le grand Jean jubile, ma face de p\u2019tit gars ne ment pas.«Tu cherches pas tes notes avec ça, c\u2019est les notes qui te trouvent.» On rit, à grandeur de local.Le Devoir JEAN LELOUP SON ORCHESTRE EN CONCERT A PARADIS CITY Première le 22 octobre au Métropolis.JEAN LELOUP SOLO : LE FANTÔME DE PARADIS CITY Première le 5 décembre à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR À quelques jours du spectacle, Leloup se dit «en construction».La voie de l\u2019inclusion La parution d\u2019un livre et la tenue de l\u2019événement musical convergent vers le « nous autres » YVES BERNARD Le Québec se métisse.L\u2019immigration représente le tiers de la population de Montréal et si on inclut les 2® et 3® gœ nérations d\u2019immigrants, une personne sur deux est issue de la diversité.Pourtant, plusieurs associent cette diversité à l\u2019autre et les artistes qui la portent sont très peu visibles.Dans son livre II est temps de dire les choses, Jérôme Pruneau prône la voie de l\u2019inclusion et propose de passer de la diversité culturelle à la culture de la diversité.De son côté.Vision Diversité opte pour cette même voie de l\u2019inclusion avec la 5® Vitrine des musiques locales métissées en invitant à L\u2019Astral, du 23 au 25 octobre, dix-huit talents musicaux.Rencontre avec Jérôme Pruneau et Aida Kamar, présidente de Vision Diversité.«La Vitrine est faite pour donner une place à ces artistes qui ne la prennent pas, qui ont du talent et qui sont tous professionnels.Jérôme fait la même chose en dénonçant le gaspillage de toutes ces possibilités à cause d\u2019une catégorisation des artistes, des \u201cnous autres\u201d et des \u201ceux autres\u201d.Il fait appel à un \u201cnous\u201d en construction», relate Aida Kamar.Avec Vision Diversité, elle a accompagné 400 artistes aux créations métissées, alors que Jérôme Pruneau, qui est aussi le directeur de Diversité artistique Montréal (DAM), en a conseillé plus de 250.Dans son livre, il met en évidence le manque de représentativité des artistes «dits de la diversité» dans l\u2019espace public.Dans le domaine musical, il constate, par exemple, que pendant les cinq derniers galas de l\u2019ADISQ, aucun d\u2019entre eux n\u2019a reçu de prix.En plus, plusieurs organismes culturels n\u2019ont aucun membre représentatif d\u2019une diversité ethnoculturelle: cela, de l\u2019ADISQ à RIDEAU en passant par plusieurs autres.De quelle façon cette situation évolue-t-elle?«Je dirais que dans le milieu institutionnel, comme les Conseils des arts et les Maisons de la culture, il y a une sensibilisation et une envie de changement, mais quand tu vas dans le mainstream, dans l\u2019industrie culturelle, oublie ça ! Je ne vois pas beaucoup d\u2019évolution, notamment en musique», répond Jérôme Pruneau.Pour Aida Kamar, l\u2019industrie ne donne pas le pouls de la musique telle qu\u2019elle est et telle que nous l\u2019entendons dans nos rues.«La création ne s\u2019épuise pas et Montréal est un espace nourricier pour les artistes qui ne reproduisent pas les musiques intrinsèques.Ici, les rythmes africains ne ressem- ADRIANA GARCIA CRUZ Selon Jérôme Pruneau, « s\u2019il n\u2019y a pas de redéfinition de l\u2019identité québécoise en pensant à cette culture de la diversité, on va créer des fossés qu\u2019on ne pourra plus rattraper».blent pas aux rythmes africains d\u2019Afrique, parce qu\u2019ils sont nourris de pop, de jazz, d\u2019électroacoustique, etc.» Mais, pour Jérôme Pruneau, la case est omniprésente en musique.Celle dite «du monde» ne serait-elle pas qu\u2019un fourre-tout des autres que soi?«Je n\u2019ai rien contre la case \u201cmusique du monde\u201d en soi, c\u2019est le fait que, systématiquement, parce que quelqu\u2019un vient d\u2019ailleurs, on le met dans cette case.Pour quali- fier une musique qui a trait à une tradition ou qui n\u2019est pas sur le marché de l\u2019industrie, je suis d\u2019accord, mais d\u2019instrumentaliser la case \u201cmusique du monde\u201d pour en faire un fourre-tout des autres, ça ne marche pas.» Dans II est temps de dire les choses.Pruneau affirme qu\u2019il faut ne plus parler de diversité ethnoculturelle, mais plutôt penser à une culture de la diversité que chacun doit s\u2019approprier.Comment réaliser cela dans le contexte de la situation des francophones minoritaires en Amérique du Nord?«Je ne vois aucune contradiction entre défendre le francophone et inclure l\u2019ethnoculturel.Tu peux avoir une culture de la diversité dans le sens où ça inclut tout le monde, mais ce monde-là vit au Québec et parle français», répond l\u2019auteur.Et il y a plus : «Je pense qu\u2019aujourd\u2019hui, cette culture de la diversité, ça va bien plus loin que les arts et la culture.S\u2019il n\u2019y a pas de redéfinition de l\u2019identité québécoise en pensant à cette culture de la diversité, on va créer des fossés qu\u2019on ne pourra plus rattraper.Quand je suis arrivé ici il y a six ans, il y avait vraiment une forme d\u2019harmonie entre les communautés.J\u2019ai quitté la France parce que c\u2019est haineux et raciste.Ici, il n\u2019y a pas ça encore, mais il faut qu\u2019on fasse attention.L\u2019identité n\u2019est pas figée, il faut la redéfinir avec l\u2019immigration récente.» Collaborateur Le Devoir IL EST TEMPS DE DIRE LES CHOSES Jérôme Pruneau Éditions Dialogue Nord-Sud (Coup de gueule) Montréal, 2015, 152 pages LA 5E VITRINE DES MySIQU,ES LOCALES METISSEES A L\u2019Astral, du 23 au 25 octobre à 19 h.Avec African Guitar Spirit, Ham, Isaac Neto, Solawa, Akawui, Malika Tirolien, Los Viejha, Résonance, Queen KA, Projet Corde Sud, fully Freitas, Newdayz, John Kinsha, Rookie Rook, Lasso & Sini-Kan, Ihti-manska, Carine et Samuel Bonnet Quartet.Renseignements: visiondiversite.com DIIIlSI m CRÉATEUR DU MOUVEMENT 2015.2016 V-' C CGI HOFESH SHECHTER COMPANY ROYAUME-UNI SUN Hofesh Shechter 5.6.7 NOVEMBRE, 20 H Théâtre Maisonneuve, Place des Arts Billet à partir de 36,50 $ / 30 ans et - 20 % de rabais DANSEDANSE.CA placedesarts.com E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015 CULTURE>DANSE Les prisons intérieures Une pièce saillante de l\u2019histoire chorégraphique québécoise,\test recréée NAYLA NAOUFAL Vingt-deux ans après avoir signé et dansé Bagne, Jeff Hall et Pierre-Paul Savoie recréent la pièce avec les jeunes interprètes Lael Stellick et Milan Panet-Gigon.Actualisation d\u2019une œuvre qui avait marqué les esprits par les joutes à la fois vigoureuses et tendres de ses protagonistes enfermés dans une cage métallique.L\u2019œuvre originelle avait émergé du désir des créateurs de concevoir une chorégraphie à partir d\u2019une structure de métal: «On voulait voir ce que des corps aux prises avec un grillage peuvent faire», raconte Pierre-Paul Savoie en entrevue.Peu à peu, la pièce avait évolué vers une métaphore des prisons intérieures, vers les limites que les personnes s\u2019imposent en raison de la pression sociale.En 1998, les chorégraphes ont repris une première fois Bagne avec les danseuses Sarah Williams et Carole Courtois.Proche de la première, cette deuxième version n\u2019était pas une recréation.Ainsi, «recréer n\u2019est pas refaire la même chose», souligne Pierre-Paul Savoie.La pièce de 2015 est plus courte, le fil dra-maturgique a été restructuré, des tableaux, ajoutés et d\u2019autres retirés.Traitant toujours de l\u2019enfermement, la recréation a été adaptée au contexte sociétal actuel.Notamment, la question de l\u2019homosexualité, prégnante dans les deux premières œuvres, est moins présente dans la nouvelle pièce : «En 1993, montrer de la tendresse entre deux hommes était tabou.En 2015, il y a plus d\u2019ouverture, du moins dans une partie de la société.» Centré sur la quête de l\u2019harmonie au sein de la relation à deux, le propos de la pièce d\u2019aujourd\u2019hui est plus large, plusieurs clés de lecture étant possibles.En outre, Pierre-Paul Savoie et Jeff Hall ont été influencés par l\u2019actualité géopolitique: «La recréation est traversée en filigrane par une idée de vibrations entre les continents, de chocs entre les cultures», poursuit Savoie.Eaisant toujours appel à une danse théâtrale très vigoureuse, à de nombreuses suspensions par les bras et des sauts dans le t'y 4\tSF'i-\t¦ ¦' ROLLINE LAPORTE La cage conçue par le scénographe Bernard Lagacé joue le rôle d\u2019un troisième protagoniste dans la recréation de la pièce.vide, le langage de Bagne a évolué depuis la première version, «intégrant les capacités acrobatiques des interprètes et allant beaucoup plus loin en matière de \u201cphysicalité\u201d», ajoute le directeur de PPS Danse.Mais si langage chorégraphique il y a, il ne repose pas sur une partition écrite : «B y a beaucoup de travail d\u2019état dans Bagne, explique Milan Panet-Gigon, qui a repris le rôle de Pierre-Paul Savoie.Les regards sont aussi essentiels.» Lauréate du prix new-yorkais Bessie, la cage conçue par le Desjardins METROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SËGUIN scénographe Bernard Lagacé joue le rôle d\u2019un troisième protagoniste dans la recréation.Avec ses deux étages et ses portes qui s\u2019ouvrent et se referment, elle définit la gestuelle et mobilise l\u2019expressivité du corps.La mémoire et l\u2019imaginaire Pour revisiter la pièce, les chorégraphes ont d\u2019abord laissé de côté l\u2019œuvre initiale et mené des improvisations avec les interprètes afin de laisser émerger toutes les possibilités.Dans un deuxième temps, ils ont pris appui sur leur mémoire corporelle et sur les captations vidéo des deux Bagne précédents, tout en laissant une liberté de jeu aux danseurs: «Puisqu\u2019ils véhiculent l\u2019œuvre.c\u2019est important de faire appel à leur imaginaire.Lorsque fêtais jeune danseur, l\u2019interprète était plus passif, dit Savoie.Les choses ont évolué depuis et, aujourd\u2019hui, le dialogue avec les danseurs contribue à façonner la création.C\u2019est très sain, car l\u2019œuvre a de cette manière plus de chances d\u2019être forte.» Retransmettre au public une pièce chorégraphique dans une version plus aboutie, Pierre-Paul Savoie considère qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une chance exceptionnelle.La transmission des œuvres, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une reprise ou d\u2019une recréation, est d\u2019ailleurs un enjeu majeur pour tout le milieu de la danse.Le 24 octobre, le rendez-vous annuel des membres du Regroupement québécois de la danse sera d\u2019ailleurs consacré en partie aux questions d\u2019histoire et de patrimoine (au Circuit-Est centre chorégraphique, à partir de 14 h 15, ouvert au public).Qu\u2019en est-il de la sauvegarde de la mémoire chorégraphique pour les jeunes danseurs?Selon Milan Panet-Gigon, «elle est vitale, pourvu qu\u2019il y ait une marge d\u2019appropriation».Collaboratrice Le Devoir BAGNE Jeff Hall et Pierre-Paul Savoie (PPS Danse).Du 21 au 31 octobre 2015 à la Cinquième Salle de la Place des Arts.Du 8 au 9 décembre à La Rotonde à Québec.Public créateur à Grifflutowu Après ses sculptures mi-organiques mi-industrielles dans le très remarqué 5 Out of 6 Machines, le chorégraphe-interprète Peter Trosztmer déploie #BOXTAPE, une installation-sculpture de ruban adhésif dans une usine de papier à Griffmtown, en collaboration avec une belle brochette de danseurs montréalais et.les spectateurs.Produite par le Studio 303, coprésentée par Tangente et le Eesti-val Phénomena, cette œuvre qui conjugue danse, performance et arts visuels évolue au fil du temps.Pour Peter Trosztmer, cette expérience qui remet en question les représentations de la danse permet de créer des communautés temporaires en combinant trois conditions nécessaires : un projet concret, de l\u2019entraide et de la créativité.Le public peut arriver au début de l\u2019événement ou en cours de route, rester le temps qu\u2019il souhaite et prendre un forfait lui permettant de revenir plusieurs fois.Les enfants sont les bienvenus.Du 16 au 20 octobre, The Paper Eactory, 141, rue Ann.Danses autour du globe au FNC Il aura fallu deux ans à la réalisatrice française Eanny Jean-Noël pour sillonner le monde et faire l\u2019inventaire des danses qui façonnent son film Move!.Butô, flamenco, danse hollywoodienne, pow-wow, samba, claquettes, two-step, tango, haka maori.Parmi les temps forts figurent notamment une impressionnante cérémonie de danse avec les morts à Madagascar et un rituel berbère en plein désert marocain, à la fin duquel les mouvements filmés d\u2019une danseuse voilée se fondent dans ceux d\u2019une femme en boîte de nuit.La grande force de Move! est de se passer de narration, la liesse des corps se suffisant à elle-même.Magnifique visuellement, ce film tendre met en joie.De quoi plaire à tous.Projections les 17 et 18 octobre au Eestival du nouveau cinéma, en présence de la réalisatrice.Patriotes^ du mondè^ É.Champagne/D.Di( G.Dharmoo/E.Hall Bruch Smetana r ^ Billets à ' partir de i ourdie ondation Arte Musica La Fondation présente CANTATES DE BACH Dimanche 25 octobre \u2022 14h BANDE MONTRÉAL BAROQUE Eric Miines, chef J.S.BACH Cantates BWV 76, 79 et 98 23 f octobre Julian\tYolanda\tMaison symphonique Kuerti\tBruno\tde Montréal Chef\tViolon\t19 h 30 orchestremetropolitain.com EN COLLABORATION AVEC AÉROPORTS DE _ M*^PNTREAL Conseil des arts de Montréal en tournée \u2022\tAhuntsic (Première Église Évangélique Arménienne) : 20 oct.\u2022\tVerdun: 21 oct.\u2022\tRivière-des-Prairies: 22 oct.\u2022\tPointe-Claire: 24 oct.\u2022\tMercier-Hochelaga-Maisonneuve: 25 oct.PROFITEZ D\u2019UNE REDUCTION DE 25% placedesarts.com HOMMAGE A SCRIABINE Jeudi 29 octobre \u2022 19h30 ALEXANDER MELNiKOV, piano ENSEMBLE VARiANCES [France] Thierry Pécou, direction Un concert hommage à l'occasion du centenaire de la mort du célèbre compositeur russe Alexandre Scriabine.L'EPOPEE DES HEIKE (Japon) Dimanche l*\" novembre \u2022 14h JUNKO UEDA, chant et satsuma biwa Avec sa voix pleine de mystère, Junko Ueda récite des poèmes épiques datant du XIV' siècle! Avec surtitrages en français Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présenté par SOl-O W3SOLVJ AGORA DE LA DANSE SAISON AUTOMNE 2015 KARINE DENAULT L'échappée 21,22,23 octobre 2015, \u2014 20 h Ctiorégraptiie et interprét^on Karttie Denault Collaborateurs Marie Brassard,vDaiK Gingras, ArmandolGomez 1 Yannick Grandmont, Line fjault, Alçpandre St-Onge, Jami# Wright/ BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORADANSE.COM ADMISSION.COM ©ÏÀNNICÏ GRÀNDMONI LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015 E 7 CULTURE'FESTIVAL Le méchant loup est panni nous CAROLINE MONTPETIT Elle a fait son entrée dans le conte en anglais, parmi la Montreal Storytellers\u2019 Guild, qui se regroupait dans les cafés ou les bibliothèques de Montréal pour des séances de contes mensuelles et publiques.Aujourd\u2019hui, elle est directrice du Festival interculturel du conte du Québec.Venue d\u2019Italie, Stéphanie Béné-teau a des racines çians l\u2019Ontario français et aux Etats-Unis.«Au début, je pensais que je voulais devenir auteure, et ensuite, que je voulais être comédienne.Puis, je suis devenue conteuse», dit-elle en entrevue.Stéphanie Bénéteau succède, à la direction du festival, à Marc Laberge, conteur lui-même, qui a fondé l\u2019événement en 1993.S\u2019inspirant du nom même du festival, qui est interculturel, elle a tenu à y réintégrer un volet anglophone, qui regroupera 13 des 80 événements à l\u2019affiche cette année.«En fait, les conteurs sont des passionnés de littérature orale.Et ils ne content pas que du folklore.» Autres cultures, autres mœurs?Elle-même conte à la fois en anglais et en français.Et reconnaît que ces auditoires sont différents, par exemple lorsqu\u2019elle présente ses contes coquins.«Pour les contes érotiques, c\u2019est plus facile avec les populations francophones, note-t-elle.Ça ne fait pas vraiment partie de la culture des anglophones.Ils aiment ça, mais quand on leur présente, ils sont surpris que ça ne soit pas vulgaire ou pornographique.On pourrait dire que du côté de la littérature francophone, il y a des auteurs qui ont fait accepter les contes coquins comme une forme littéraire qui a de la valeur.» De la même façon, quand elle raconte un mythe grec, elle constate que certaines expressions anciennes ont traversé le temps dans une langue et non dans une autre.«Les références culturelles sont différentes», dit-elle.Autre nouveauté du festival cette année, une collaboration avec sept musées de Montréal, qui pourront du coup y afficher leur couleur locale.Au Musée Marguerite-Bourgeoys, du nom de celle qui accueillait les Filles du roy en Nouvelle-France, on racontera l\u2019histoire d\u2019Esther, Voie sauvage.C\u2019est le récit authentique d\u2019une fille de 15 ans envoyée à Amsterdam pour se marier, avant de faire naufrage, de se déguiser en garçon et de circuler partout en Europe, puis en Nouvelle-France, où elle sera démasquée, en tant que femme et en tant que Juive.Au Musée Stewart, sur l\u2019île Sainte-Hélène, le conteur micmac Robert Seven-Crows ira à la rencontre du conteur métis Ron Evans.A Pointe-à-Callière, où on peut encore voir une exposition sur la neige, Stéphane Guérin réinventera les contes de la chasse-galerie.Le Musée du Montréal juif proposera pour sa part une randonnée guidée dans le Mile-End avec la conteuse Roslyn Cohen, qui racontera son enfance juive dans ce coin traditionnellement multiethnique de Montréal, peuplée d\u2019histoires de ramasseur de guenilles, de vendeur de cornichons ou de vendeur de glace.Et la Maison Saint-Gabriel s\u2019ouvrira pour sa part à toute une programmation autour du thème du quêteux.«Dans le conte, tout est possible, dit Stéphanie Bénéteau.Des fois, on pense que ce ne sont que des histoires qu\u2019on raconte aux enfants.En fait, les conteurs sont des passionnés de littérature orale.Et ils ne content pas que du folklore.Moi, je raconte de grands mythes comme Tristan et Iseult ou L\u2019Odyssée d\u2019Homère, qui ont survécu longtemps avant d\u2019étre écrits.» Certains conteurs racontent des histoires qu\u2019ils ont entièrement inventées, d\u2019autres of frent leurs propres versions d\u2019histoires existantes, d\u2019autres encore font passer le patrimoine jusqu\u2019à nous.Comme tous les ans, le festival s\u2019ouvrait vendredi avec la grande nuit du conte et se termine le 25 octobre avec un marathon de conteurs de différents horizons, qui se prolongera durant dix heures à la Maison de la culture Frontenac.Des 65 conteurs qui participent au festival, cinq arrivent de l\u2019étranger et cinq viennent du Canada anglais.Mentionnons la présence parmi nous de la conteuse d\u2019origine vietnamienne Michèle Nguyen et du Français Michel Hindenoch, qui a beaucoup participé au rq-nouveau du conte en France.A ne pas manquer, le 22 octobre, le procès du grand méchant loup, où sera discutée, à l\u2019aide d\u2019avocats de la Clinique Juripop, la pertinence de la présence de la violence dans les contes.Le Devoir FESTIVAL INTERCIJLTUREL DU CONTE DU QUEBEC Du 16 au 25 octobre festival-conte, qc.ca octobi^ e www.festivalphenomena.coni '08:514 495-1515 ijiÆr DANIEL ESTADES La conteuse d\u2019origine vietnamienne Michèle Nguyen participe au Festival interculturel du conte du Québec.75 CONTEURS \u2022 80 SPECTACLES 13® Festival interculturel CONTE Québec FESTIVAL-CONTE.QC.CA DU 16 AU 25 OCTOBRE 2015 MERVEILLES ET ENCHANTEMENTS Hommage au conte merveilleux Michel Faubert et François Lavallée\tFaub^ (QUÉBEC), Michel Hindenoch (frange) et le quintette féminin Galant tu perds ton temps SAMED117 OCTOBRE, 20 H / auditorium le prévost LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES LA CADENCE DU CONTEUR Histoires de loups et de fous, légendes urbaines, poésie humaine ! Stéphane Guertin, médaillé d'or aux Jeux de la Francophonie DIMANCHE 18 OCTOBRE, 20 H / pointe-à-callière / 15$ CONTES INSOLITES DE BRETAGNE Jean-Marc Derouen (Bretagne) MARDI 20 OCTOBRE, 20 H / MAISON DE LA CULTURE CÔTE-DES-NEIGES LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES VY Michèle Nguyen (belgique/vietnam) En collaboration avec Casteliers et la Maison des arts de Laval 20, 21, 22 OCTOBRE, 20 H / le petit outremont 23 OCTOBRE, 20 H / maison des arts de laval LE PROCES DU GROS MÉCHANT LOUP Deux conteurs, de vrais avocats et un juge ! (Levée de fonds pour Juripop) JEUDI 22 OCTOBRE, 17 H / tango social club / 20$, ÉTUDIANT : 12$ LE VAGABOND CÉLESTE Un spectacle d\u2019une troublante poésie ! Simon Gauthier JEUDI 22 OCTOBRE, 20 H / MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES LE PAVILLON DES SEPT PRINCESSES Najoua Darwiche (france/liban) VENDREDI 23 OCTOBRE, 20 H /\t[ MAISON DE LA CULTURE DU PLATEAU-MONT-ROYAL LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES HOMMAGE À MARC LABERGE ET AU CONTE AU QUÉBEC 5 conteurs - 5 régions du Québec Nadine Walsh, Jocelyn Bérubé, Pierre Labrèche, Simon Gauthier et Jean-Marc Massie SAMEDI 24 OCTOBRE, 20 H / SALLE JEAN-EUDES LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES Une fête de la parole.un joyeux métissage d\u2019imaginaires 10 heures de contes, 10 thématiques et 40 conteurs LE MARATHON DU CONTE DIMANCHE 25 OCTOBRE DE MIDI À 22 H MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC, ENTRÉE LIBRE Québec i H ^ Conseil des arts Canada Council du Canada fortheArts CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Montréal @ Canada LE DEVOIR E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015 [DE VISD ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le temps, et sa mesure, sont au cœur de la pratique de Patrick Bernatchez, un artiste qui n\u2019a cessé de se pencher sur les mutations et les histoires sans fin.L\u2019odyssée de Patrick Bernatchez, enfin au musée JÉRÔME DELGADO Elle paraît loin l\u2019époque où une aura de clandestinité planait sur le travail de Patrick Bernatchez.Trois soirs en un an, il avait exposé films, peintures et dessins dans le hall et l\u2019ascenseur du bâtiment du Mile-End où il louait un atelier.Ça se passait à la bonne franquette, comme une réunion entre amis.Même pas une décennie plus tard, Patrick Bernatchez apparaît, à la vue des quidams, sur la façade du Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MACM).L\u2019affiche qui montre un cheval et son cavalier cas- qué à la manière d\u2019un coureur automobile annonce son exposition, sa plus grande à ce jour.Voici l\u2019heure de saluer ses anachronismes.Le temps, et sa mesure, sont au cœur de la pratique d\u2019un artiste qui n\u2019a cessé, depuis cette époque un brin clandestine du Fashion Plaza, de se pencher sur les mutations et les histoires sans fin.Les temps inachevés, c\u2019est le titre de l\u2019expo du MACM.Bilan des dix dernières années, elle réunit deux corpus : Chrysalides (2006-2013), le projet né dans et en regard du Fashion Plaza, et Lost in Time (2009-2015), dont la musique, notamment celle de Bach, lie Exposition bénéfice i Karine Payette, Intervalle cir\\c4\\ ART ACTUEL Catalogue en ligne www.circ(Hirt.com Edmund ALLEYN \u2022 Carole BAILLARGEON \u2022\tMarie-Claude BOUTHILLIER* Claire BRUNET \u2022 Véronique CHAGNON-COTE \u2022\tPierre DURETTE - Pierre BOURGAULT \u2022 Laurent LAMARCHE-Mathieu LATULIPPE -\tAlexis LAVOIE - Lisette LEMIEUX-Luce MEUNIER - Karine PAYETTE -Elisabeth PICARD-Sayeh SARFARAZ -\tKim WALDRON et plusieurs autres Jusqu'au 24 octobre 2015 444 - 372, SteCathenne 0, Mtl 514 393^248 objets, films, photographies et, bien sûr, œuvres audio.Une montre est devenue l\u2019emblème de cette signature marquée par le tempo et la distorsion: l\u2019œuvre BW (2009-2011), point de départ du cycle Lost in Time, ne signale pas l\u2019écoulement des heures ni des minutes, mais du millénaire.«Je suis aux prises avec le temps, comme tout le monde.Cette montre est un objet antitemps, pour remettre en question notre rapport au temps, tellement réglé à la seconde près», dit celui qui a voulu matérialiser, avec BW, le «vertige» provoqué par ces minuteries annonçant, jadis, la fin de 1999.Consécration Le temps passe, mais en réalité, la consécration que Patrick Bernatchez reçoit du MACM \u2014 pour autant qu\u2019un solo dans un musée signifie cela, une consécration \u2014 suit l\u2019habituel cheminement, depuis sa première expo en l\u2019an 2000.Il est passé par les centres d\u2019artistes, a été sous l\u2019aile de galeries privées (Donald Browne d\u2019abord, puis Battat Contemporary).Il a figuré dans de prestigieuses listes, participé à la Triennale québécoise en 2008, été cité finaliste du prix Sobey en 2010.Il a eu sa part de visibilité à l\u2019étranger et Les temps inachevés, organisée avec Casino Luxembourg - Forum d\u2019art contemporain, en est l\u2019aboutissement.Il y a longtemps que le MACM n\u2019avait pas misé avec autant de classe sur des artistes québécois Les temps changent, rue Sainte-Catherine.Il y a longtemps que le MACM n\u2019avait pas misé avec autant de classe sur des artistes québécois.Le solo Bernatchez, qui suit l\u2019expo estivale de David Altmejd, bénéficie comme lui d\u2019une diffusion à grand déploiement, publication et itinéraire de prestige à l\u2019appui.Notons que Bernatchez partagera le musée avec Dana Schutz, peintre new-yorkaise, et avec Camille Henrot, vidéaste parisienne, mais c\u2019est lui qui occupera le plus de superficie.Chrysalides se décline #LETEMPSDUNESOUPE ATSA.QC.CA 38^ Anniversaire INVITATION À TOUS VERNISSAGE LE 1 8 OCTOBRE DE 13HÀ 17H PLUS DE 60 ARTISTES INCLUANT J.P.Jérôme, S.Côté, M.A.Fortin, R.Richard, J.C.Franchére, C.Gagnon, A.Colville, C.Huot, J.P.Lemieux, Tex Lecor, B.Côté, S.Cosgrove, G.Jost, J.Guinta, D.Jacques, M.Tanobé, etc.L'exposition durera jusqu'au T' novembre 'a&^{e/^fâam6aa£â 1303 Notre-Dame, Lavaltrie (450) 586-2202 www.galeriearchambault.com VENEZ CHEZ, MOI LE TEMP5IIUME SOUPE rlACE EMILIE-CA JUSQU\u2019À DIMANCHE 22 H! Montreal#\tM«nSai# d\u2019abord en une interminable suite de dessins, dont la finesse du trait n\u2019a d\u2019égale que la bestialité du contenu.Quatre films et une installation sonore en font aussi partie.Le cycle parle de la vie et de la mort, de moisissure et de renaissance, d\u2019états de transition comme ceux du Fashion Plaza, complexe ouvrier devenu pépinière d\u2019artistes.«Le dessin, c\u2019est un truc qui m\u2019appartient depuis que je suis tout petit.Qui a fait de moi un artiste, dit-il.Dessiner est un besoin intrinsèque, [qui me plonge dans] un état méditatif que je ne trouve pas quand je fais un film ou une œuvre sonore.» Outre la montre millénaire.Lost in Time rassemble son lot d\u2019œuvres ancrées dans la durée, certaines filmiques, d\u2019autres audio.Le cheval et le cavalier casqué de l\u2019affiche sont tirés de l\u2019œuvre-titre Lost in Time (2014).Tourné en Islande, ce film axé sur un espace-temps indéterminé, mais blanc et glacé évoque, selon son auteur, une odyssée pour «se libérer d\u2019une emprise, du déterminisme, de tout ce qu\u2019on nous apprend dans une société».Vénérer la musique Artiste autodidacte et grand détracteur des diktats, Patrick Bernatchez est aussi un mélomane assumé.La musique, il la vénère, pour mieux la manipuler.Les Variations Goldberg VERNISSAGE NICOLE SIMARD Du 18 octobre au 8 novembre GALERIE Linda Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.galerielindaverge.ca Patrick Bernatchez en cinq dates 1972: Naissance à Montréal 2Q00 : Première expo, à L\u2019Écart, lieu d\u2019art actuel de Rouyn-Noranda 2006 : Première apparition des Chrysalides au Fashion Plaza 2009 : Premier solo en Furope, au Stedelijk Museum de Bois-le-Duc, aux Pays-Bas 2011 : Fxpo à la Galerie de rUQAM ; première fois que les cycles Chrysalides et Lost in Time sont réunis de Bach sont devenues sa matière de prédilection depuis l\u2019époque du prix Sobey et l\u2019installation Goldberg Experienced.01 Berlin Session (2010-2011).La série Piano orbital, entamée en 2011, repose, elle, sur la position inusitée de partitions de Debussy et autres Ravel: les feuilles sont placées selon une orientation variant de 90 à 360 degrés.Plusieurs des œuvres réalisées pour l\u2019expo au Luxembourg, il y a un an, poussent la distorsion des Variations Goldberg plus loin qu\u2019en 2010.Pour y arriver, Bernatchez a notamment travaillé avec deux compositeurs, le Mexicain Murcof, célébrité de l\u2019univers électro, et Patrice Coulombe, un Québécois qui œuvre déjà dans l\u2019art actuel.Bref, la musique, atonale plus souvent que mélodieuse, traversera le musée, y compris son hall d\u2019entrée.Après son passage à Montréal, déjà précédé par trois arrêts en Furope, l\u2019expo Le temps inachevé se rendra au Power Plant de Toronto.Collaborateur Le Devoir LES TEMPS INACHEVÉS Patrick Bernatchez Au Musée d\u2019art contemporain de Montréal, 185, rue Sainte-Catherine-Ouest, du 17 octobre au 10 janvier. LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015 E 9 culture.de visu MARILOU CRISPIN Théodolitique de David K.Ross Théâtre des opérations Trois œuvres récentes de David K.Ross magnifient des points de vue inédits sur les coulisses POSITIONS David K.Ross Dazibao, 5455, avenue de Gaspé (espace 109) Jusqu\u2019au 7novembre MARIE-ÈVE CHARRON entour, plus que les choses en elles-mêmes, continue d\u2019être la cible de David K.Ross dans les nouvelles oeuvres qu\u2019il présente chez Dazibao.En s\u2019intéressant au contexte, l\u2019artiste dévoile les jeux de coulisses et les dispositifs qui façonnent les représentations du monde.Dans les trois oeuvres vidéo récentes de l\u2019exposition, qui se déploie dans toutes les salles, il magnifie des points de vue inédits sur des réalités de nature artistique ou muséolo-gique.En clôture du parcours, une série de dessins datée de 1996 apporte quant à elle une dimension rétrospective à cette exposition, qui s\u2019impose ainsi comme un jalon important dans la feuille de route de l\u2019artiste.Entre jouet optique et satellite, les dessins font voir un objet en rotation.L\u2019illusion du mouvement suggéré sur papier fait face à une photo de production de Phare, la der- nière oeuvre que l\u2019artiste a présentée à Montréal, lors du Mois de la photo en 2013.Le film montrait le dispositif du gyrophare sur le toit de l\u2019iconique Place Ville Marie, balayant par rotation la ville de sa lumière.Les deux oeuvres tissent un lien entre hier et aujourd\u2019hui, procurant à l\u2019ensemble du travail exposé un fil conducteur, lequel autrement serait difficile à cerner.En coulisses D\u2019entrée jeu, l\u2019œuvre qui ouvre l\u2019exposition chez Dazibao fait partager plus d\u2019un point de vue, épousant celui, extérieur, de la caméra de l\u2019artiste sur des arpenteurs en formation, puis des outils de mesure qu\u2019ils sont eux-mêmes en train de manipuler.S\u2019exerçant à leurs calculs, les apprentis géomètres mettent en scène l\u2019activité du regard et le positionnement qu\u2019il implique constamment.Le déploiement lent et répétitif des gestes combiné au travail sur la bande sonore, qui bascule entre les sons ambiants et des sons travaillés, préfigure et éclaire le reste de l\u2019expo, dont il ne faudrait pas uniquement retenir les prouesses formelles.La double projection Parados (2015) constitue, aux sens propre et figuré, le cœur de l\u2019exposition que l\u2019artiste a mis entre parenthèses.Les deux projections de l\u2019œuvre encadrent elles-mêmes la grande pièce du centre plongée dans une noirceur profonde.La disposition restitue justement les coulisses de part et d\u2019autre de la scène où se produit la troupe Hubbard Street Dance, qu\u2019il a filmée à Chicago durant une de ses représentations.La stratégie par laquelle l\u2019artiste a déplacé l\u2019attention du centre aux périphéries n\u2019a en soi rien d\u2019inédit, mais elle se fait ici l\u2019instrument d\u2019un dévoilement sur des riens captivants qui ont tout à voir avec la performance en cours, avec des corps haletants et des visages concentrés ou des regards complices échangés.Le tournage a été fait sans éclairage d\u2019appoint, semble-t-il, ne révélant que des parties infimes en clair-obscur.Comme la série de photos Dark Rooms que l\u2019artiste a faite en 2008, posant dans l\u2019obscurité des réserves d\u2019œuvres autrement cachées du regard, la vidéo décèle dans ces zones faiblement éclairées des aspects inattendus du spectacle, le non-spectacle.Alors que cette œuvre exa- cerbe les particularités d\u2019une performance en direct dont la scène est toujours gardée hors champ, la vidéo The European Rooms (2014) porte la caméra sur un monde figé en miniature.Par un long déplacement latéral appuyé de musique ou de silence, l\u2019image en noir et blanc dévoile des intérieurs domestiques cossus du XVIIL siècle observés dans la collection de miniatures de l\u2019Institut d\u2019art de Chicago.La clarté descriptive de fimage donne l\u2019illusion de pouvoir saturer du regard toute la réalité de cette époque, dont le principal cependant, demeure sûrement impossible à figurer.Les limites physiques des miniatures, visibles quand la caméra passe d\u2019une pièce l\u2019autre, introduisent des hiatus dans l\u2019image qui attestent de la dimension construite, et donc située, de cette représentation.D\u2019une œuvre à l\u2019autre, le spectateur fait lui-même l\u2019expérience lentement obsédante des différentes positions empruntées par les dispositifs, lesquels sont inséparables du monde et des perceptions que nous nous en faisons.Collaboratrice Le Devoir ROIS SUITE DE LA PAGE E 1 interventions américaines en Irak, il ne fut pas difficile d\u2019identifier qui, dans le paysage géopolitique actuel, incarnait ce grand ennemi étranger», dit-il en souriant Il souligne du même souffle le sort dramaturgique réservé à Jeanne d\u2019Arc dans le Cycle des rois: «La terroriste, la folle de Dieu, c\u2019est elle.» Dans ce monde de mâles replanté en contexte contemporain par quatre hommes de théâtre, il semblait évident pour l\u2019auteur que les femmes ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Olivier Kemeid se devaient d\u2019avoir en quelque sorte le dernier mot: «Impuissantes, broyées par l\u2019histoire, les femmes shakespeariennes n\u2019en détiennent pas moins d\u2019im- menses pouvoirs.Celui du langage d\u2019abord, ce qui n\u2019est pas rien, des dons de prémonition aussi; ce sont des Cassandre, des Hécube.Il y a là un espoir.» Collaborateur Le Devoir FIVE KINGS L\u2019histoire de notre chute Texte: Olivier Kemeid, d\u2019après William Shakespeare.Mise en scène: Frédéric Dubois.Une coproduction du Théâtre PAR et du Théâtre des Fonds de Tiroirs, en collaboration avec le Théâtre français du Centre national des arts et du Théâtre de Poche de Bruxelles, présentée à l\u2019Espace Go du 20 octobre au 8 novembre, puis au Centre national des arts d\u2019Ottawa du 19 au 22 novembre.CDEMA Partenaires à la vie à la mort FREEHELD ?Drame biographique de Peter Sollett avec Julianne Moore, Ellen Page, Steve Cqrell, Michael Shannon.Etats-Unis, 2015, 103 minutes.ANDRÉ LAVOIE Certains films défendent de nobles causes, et il apparaît difficile, même aux esprits chagrins, d\u2019épingler leurs faiblesses.On ne compte d\u2019ailleurs plus les productions «based on a true story» qui célèbrent le courage exceptionnel de héros anonymes, tout en négligeant de faire honneur au cinéma.Freeheld se tient en équilibre sur ce fil délicat, célébrant, pas toujours subtilement, le combat de la détective Laurel Hester (Julianne Moore, «oscarisable» si elle ne l\u2019avait pas déjà été pour une performance similaire avec Still Alice).Elle tient mordicus à ce que sa conjointe, ou «domestic partner», Stacie (Ellen Page, un jeu au-delà de tous les clichés, dont celui de la mécanicienne aguerrie), puisse bénéficier de s,es privilèges d\u2019employée de l\u2019Etat après sa mort.Car celle-ci est imminente, l\u2019enquêteuse étant atteinte d\u2019un foudroyant cancer du poumon, prévisible devant le nuage de fumée entourant sans cesse cette ambitieuse représentante de l\u2019ordre, mais de plus en plus à l\u2019étroit dans le placard de son orientation sexuelle.Personne ne savait rien des préférences de Laurel, pas même son dévoué collègue Dan (Michael Shannon, débordant d\u2019humanité derrière son allure de dur à cuire), dont on comprend vite qu\u2019il a toujours eu un béguin pour elle.La présence de Stacie, que Laurel décrit tour à tour comme sa sœur, sa bonne amie et sa colocataire, ne le perturbera pas au point de refuser de lutter à ses côtés devant des élus locaux du New Jersey guidés davantage par la Bible que par les textes de loi.Il faudra toutefois l\u2019arrivée tonitruante d\u2019un militant flamboyant (Steve Carell, dont l\u2019exubérance incontrôlable se confond avec celle du regretté Robin Williams) pour faire de cet enjeu régional une affaire d\u2019intérêt national, le tout filant vers une conclusion que l\u2019on pourrait croire télégraphiée d\u2019Hollywood si elle n\u2019était pas véridique.Cette histoire par ailleurs fort émouvante puise d\u2019abord sa source dans un documen- FILMS SÉVILLE Julianne Moore et Ellen Page interprètent un couple dont l\u2019histoire est aussi émouvante que politique.taire, lui aussi oscarisé, relatant la double bataille de Hes-tel, pour sa survie et pour l\u2019égalité des droits.La cinéaste Cynthia Wade n\u2019avait pas mis de temps à comprendre la puissance symbolique de ce drame, observant dans l\u2019intimité les principaux protagonistes qui ne pouvaient rêver de meilleurs porte-parole sur le terrain de la fiction.C\u2019est là la plus grande réussite de Peter Sollett {Raising Victor Vargas, Une nuit à New York), ici visiblement paralysé par les visées politiques de sa productrice (Ellen Page), dépouillé de toute la fantaisie qui rendait ses premiers films si inspirés et si attachants.Freeheld, drapeau politique ?Cela n\u2019a pas échappé au scénariste Ron Nyswaner, aussi habile et larmoyant qu\u2019à l\u2019époque de Philadelphia (les parallèles entre les deux films sont nombreux, égratignant avec la même vigueur f homophobie en milieu de travail), mais dépourvu d\u2019une finesse comparable à celle déployée dans Le voile des illusions, par exemple.Ici, le message se révèle aussi sincère que direct, les ambitions souvent limitées à une compréhension efficace des enjeux, diabolisant quelques réactionnaires qui auraient applaudi devant la fronde de Kim Davis, cette fonctionnaire born-again Christian du Kentucky pour qui le mariage entre conjoints de même sexe n\u2019entre pas dans sa définition de tâches.Malheureusement, elle et ses semblables n\u2019iront jamais voir Free-held', les évangiles de la gauche, très peu pour eux.Collaborateur Le Devoir EXC3NTRIS ECA1+ Ensemble contemporain de Montréal Véronique Lacroix I i ECM+présente Turning Point Ensembie .Et les oiseaux chantent Halleluia! TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE P Æi ff f 1 U \u2022 « I s* # I t P» I 20 octobre 2015 19h30 Salle de concert du Conservatoire 4750, Henri-Julien, Montréal Œuvres de Dorothy Chang Jocelyn Morlock Farangis Nurulla-Khoja Ana Sokolovic Anthony Tan IIHC-4 J! J) J} -ARNAUD DESPLECHIN - 120 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL \t TOUT PEUT CHANGER (V.O.STF.) -AVI LEWIS ET NAOMI KLEIN\tEN ATTENTE DE VISA VILLE-MARIE -GUYÉDOIN\t^ 'Sp I SICARIO (V.O.STF.)-DENIS VILLENEUVE\t^ gfr 1 GUIBORD S\u2019EN VA-T-EN GUERRE\t -PHILIPPE FALARDEAU\t ETAUSSIPRESDE100FILMSSUR CINÉMA EN LIGNE LES MERVEILLES -ALICE ROHRWACHER AMOUR FOU -JESSICA HAUSNER CINEMAEXCENTRIS.COM quatuor,.molinan Owen Underhill, chef | Turning Point Ensemble, 16 musiciens www.ecm.qc.ca | réservations: 514 524-0173 | info(a)ecm.qc.ca Québec ?qes arts DE MONTRÉAL SOCAN FOUNDATION LE DEVOIR Conseil des efts et des tettres Alfred Dallaire Lb = VIVIER Québec q ei ^ Conseil des Arts du Canada Canada Council for the Arts CONSERVATOIRE ATM A de musique de Montreal Le Quatuor selon Penderecki Intégrale des oeuvres pour quatuor Quatuors à cordes 1,2,3, Der unterbrochene Gedanke, Trio à cordes, Quatuor pour clarinette et trio à cordes Dialogue Samedi 17 octobre 2015 14h Chapelle historique du Bon-Pasteur 100, rue Sherbrooke Est.Entrée libre.Concert Vendredi 23 octobre 2015 19h30 Conservatoire de musique de Montréal 4750, av.Henri-Julien Billets 26,50$, 21,50$, 11,50$ ?www.quatuormolinari.qc.ca T : 514-527-5515 E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015 ICINEMA ©CINE OUTREMONT Montréal @ theatreoutremont.ca 514 495-9944 L\u2019EMPREINTE ^ de Carole Poliquin et Yves Bolduc DOCUMENTAIRE.ROY DUPUIS EXPLORE L\u2019IDENTITÉ QUÉBÉCOISE.EÜÜ Le lundi 19 octobre 116 h et 19 h 30 La balade du clandestin Le cinéaste Jafar Panahi a tourné Taxi clandestinement TAXI ?Réalisation, scénario, caméra, montage : Jafar Panahi.Avec Jafar Panahi.Iran, 2015, 86 minutes.ODILE TREMBLAY Taxi, couronné de l\u2019Ours d\u2019or au dernier Festival de Berlin, est une de ces œuvres tour de force dont le cinéaste du Cercle a le secret.Depuis qu\u2019il est interdit de tournage et de voyage à Téhéran, pour subversion et autres méfaits, Jafar Panahi fait quand même des films sous le manteau, présentés dans les grands festivals.Taxi est son troisième du genre et de loin, après Ceci n\u2019est pas un film et Closed Curtain, son meilleur.C\u2019est la première fois aussi depuis sa condamnation qu\u2019il tourne en extérieur.Il l\u2019a réalisé en deux semaines sans équipe (trois petites caméras à peine camouflées) dans un faux taxi au toit ouvert pour laisser passer la lumière, où il joue le chauffeur, sans noms d\u2019acteurs au générique (des non professionnels, des amis, parfois dans leur propre rôle), pour ne compromettre personne, avec un budget de fortune: 32 000euros.On pense à Ten de son compatriote Abbas Kiarostami, dont il fut jadis l\u2019assistant, réalisé sur un fil similaire avec la même caméra d\u2019urgence, cette fois humour en prime.Car c\u2019est sur un air de comédie et un rythme d\u2019enfer que la galerie de passagers, clients et connaissances, se succèdent à bord d\u2019un véhicule conduit par le cinéaste, sourire aux lèvres.Il brave son propre gouvernement en livrant sa petite satire à la barbe des barbus qui ne diffusent pas ses films clandestins dans son pays de toute façon.Mais Taxi fait fureur à l\u2019étranger, semant les graines de dissidence à faire germer.Panahi livre mine de rien un tour d\u2019horizon des contradictions de l\u2019Iran moderne à travers les rues bourdonnantes de Téhéran, dont chaque passager constitue une facette.Place à sa nièce à la langue déliée, réalisatrice d\u2019un film pour son école sous une série ahurissante d\u2019interdictions, à un vendeur au noir de DVD qui reconnaît Panahi \u2014 ce qui prête à de nouvelles conversations sur la censure et sur le cinéma \u2014, à un homme d\u2019extrême droite, à des vieilles dames avec leur poisson rouge en bocal (clin d\u2019œil au premier long métrage de Panahi: Le ballon blanc), à une (vraie) avocate qui défend les dissidents, etc.Sans oublier cet homme blessé qui dicte ses dernières volontés au chauffeur afin que son épouse reçoive quelque chose après sa mort, ouvrant un chapitre sur les lois successorales en Iran et la condition des veuves; tout y passe.CINEMA DU PARC Jafar Panahi livre un tour d\u2019horizon des contradictions de l\u2019Iran moderne à travers les rues bourdonnantes de Téhéran.Comment mettre en boîte une société sur banquette arrière : petit précis signé Panahi, son scénario se nourrissant du réel et le réel de la fiction, féconde formule du cinéma iranien à son meilleur.Toute cette mosaïque humaine parle dru (car les gens se confient souvent à un chauffeur de taxi, ce qui donna à Panahi l\u2019idée du film).Certains passagers feignent de s\u2019étonner que le cinéaste soit devenu chauffeur de taxi, l\u2019équivoque se jouant sur son statut désormais trouble.Le film dégage une vie merveilleuse et peut même se savourer au premier degré, tout en constituant une attaque en règle contre le régime des mollahs, sa rigidité, son sexisme, sa morale contournée.De quoi se mériter largement un Ours d\u2019or, ce Taxi-\\k.Le Devoir .FUN FILMS Une esthétique singulière voit le morne quotidien se colorer de nuances insolites et poétiques.Trois temps avant la mort de Paul Arnaud Desplechin et Mathieu Amalric se retrouvent pour une jouissive odyssée cinématographique TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE Réalisation : Arnaud Desplechin.Avec Mathieu Amalric, Quentin Dolmaire, Antoine Bui, Lou Roy-Lecollinet.France, 2015,120 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Je veux que tu me jettes un sort pour que je foublie, tout de suite.Allez, disparais! » enjoint une femme à son amant, elle, diplomate russe stationnée au Tadjikistan, lui, ressortissant français sur le point de rentrer.Lorsqu\u2019elle le compare à Ulysse, il se défend.Contrairement au héros de Joyce, lui n\u2019a pas la nostalgie du pays.Et pourtant, tandis qu\u2019il étreint une dernière fois celle qu\u2019il s\u2019apprête à quitter, l\u2019homme se remémore.L\u2019enfance, âge des désillusions, alors qu\u2019il fuit la maison et les attaques homicides de sa mère.L\u2019adolescence, âge de la rébellion, alors qu\u2019il donne son passeport â un inconnu qui deviendra son double.Jeune adulte, âge de la passion, alors qu\u2019entre en scène la femme de sa vie.Le type en question s\u2019appelle Paul Dédalus (une autre allusion â Joyce), celui-lâ même que le cinéaste Arnaud Desplechin mettait déjà en scène en 1996 dans Comment je me suis disputé.(ma vie sexuelle), dont ce nouveau Trois souvenirs de ma jeunesse (nos Arca-dies) constitue â la fois un anté-pisode et une continuation.Non content de décliner les réminiscences du protagoniste en trois époques, l\u2019auteur alterne celles-ci au gré d\u2019un montage impressionniste au sein duquel passé et présent se répondent en un perpétuel écho.Englobant ce triptyque temporel, un macrorécit relate le retour en France de Paul, rendu compliqué par l\u2019existence, quelque part, de cet autre lui-même créé jadis.Sophistiquée sans être alambiquée, cryptique sans être hermétique, la proposition fascine.Et toujours, cette esthétique singulière chère â l\u2019auteur à\u2019Un conte de Noël qui voit le morne quotidien se colorer de nuances insolites et poétiques.A chaque période, son rythme, son acteur.Le personnage de Paul Dédalus est â Arnaud Desplechin ce qu\u2019Antoine Doinel était â François Truffaut, un alter ego, et l\u2019acteur Mathieu Amalric est au premier ce que Jean-Pierre Léaud fut au second, un miroir.Ainsi, le motif du double se profile-t-il des deux côtés de la caméra dans ce film palimpseste, une œuvre-somme foisonnante qui, pour revenir â l\u2019injonction du début, ensorcelle, mais ne disparaît point.Le Devoir Brooklyn, nid d\u2019espions LE PONT DES ESPIONS (V.F.DE Bridge of Spies) ?Réalisation : Steven Spielberg.Avec Torn Hanks, Mark Rylance, Amy Ryan, Alan Alda, Austin Stowell.Etats-Unis, 2015,141 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Affairé dans son atelier sis directement sous le pont de Brooklyn, un peintre réalise un autoportrait.D\u2019apparence quelconque, l\u2019artiste est en réalité un espion russe, comme a tôt fait de nous le révéler une filature menée par des agents de la CIA.Nous sommes en 1957 et les États-Unis et l\u2019Union soviétique laissent tous deux planer sur l\u2019autre puissance la menace d\u2019une attaque nucléaire.Une fois incarcéré, l\u2019homme du tableau, Rudolf Abel de son nom, doit être défendu, comme la loi l\u2019exige.Entre en scène James B.Donovan, un juriste spécialisé dans les assurances qui, bien qu\u2019ayant accepté cette tâche dont personne ne veut, entend faire respecter les droits de son client, que l\u2019Amérique tout entière voudrait voir pendu haut et court.Le procès d\u2019Abel ne constitue que le premier des trois actes qui forment le scénario, classique, coécrit par Matt Char-man {Suite française) et les frères Coen (!).S\u2019ensuivent en effet des négociations simulta- Whf Not hodidioiis présente Trois.souvenirs \u2022 de ma jeunesse UN FILM DE ARNAUD DESPLECHIN DES REALISATEURS Société des réalisateurs de films CANNES 2015 ?Les Inrockuptibles ?Libération ?Positif «Brillamment construit, comme un puzzle mémoriel et sentimental.» Le Dauphiné Libéré QUENTIN DOLMAIRE LOU ROY-LECOLLINET MATHIEU AMALRIC ¦buiimiiiii iiiiisiini iniiin uni niiiiiii H[aii ni un iiIiikiim MliailMimUniHlIlllIllKlilBlIlBElHIlIlBIllIIttHnAlMHlHlIWIMllHBlIIIMllDUSIlliniinilSnifM BwMistnnB MigwiniiiiMniiii niimiiHnii mmBimiiiK iiiiiii]Ai»Biiiin»iii+ oi!+ nwEiiisiiisaisiiiiiiiiiiiiiiaigiiLwiiiËiiiinM 22]\timim iKniiiiiihiiiDdumiiiin qgoa h!h=\tItfiteU PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE EXC3 NTRIS \u2014I rCINÉMA BEAUBIEN] |\u2014 514 847-2206\t12396, Beaubien E.514-721-60601 1 LE CLAP E 1 BUFNA VISTA Tom Hanks est dirigé une fois de plus par Steven Spielberg.nées avec la Russie, qui détient un pilote américain, et la Répu-blique démocratique allemande, qui elle a arrêté un étudiant américain qu\u2019elle accuse fallacieusement d\u2019espionnage afin que lesdits pourparlers la « mettent sur la carte » des puissances avec lesquelles il faut désormais compter.C\u2019est â James B.Donovan que la CIA confie le mandat officieux d\u2019arriver â un accord qui n\u2019implique initialement que le jeune pilote.En partie basé sur les mémoires de Donovan, qui négocia subséquemment la libération de 1113 prisonniers dans la foulée du débarquement de la baie des Cochons, Le pont des espions constitue la plus récente collaboration entre le réalisateur Steven Spielberg et le comédien Torn Hanks après II faut sauver le soldat Ryan, Arrête-moi si tu peux et Le terminal.Proche du second long métrage dans sa manière â la fois réaliste et nostalgique d\u2019évoquer une époque, le film reprend du troisième une vision du monde tour â tour critique et idéaliste proche de celle de Frank Capra (une des nombreuses influences de Spielberg).D\u2019ailleurs, rarement l\u2019aura d\u2019Américain moyen du perpétuellement attachant Torn Hanks aura-t-elle été aussi proche de celle de James Stewart {Monsieur Smith au Sénat, La vie est belle).Côté interprétation, justement, Mark Rylance est excellent dans le rôje ambigu du peintre-espion.A cet égard, la présentation manichéenne mais assumée comme telle des personnages désigne des hommes d\u2019honneur des deux côtés du rideau de fer, alors qu\u2019un respect mutuel s\u2019établit entre Donovan et Abel.Laquelle estime justifie un apport de bons sentiments sympathique, mais fort improbable lors du dénouement.Longuet, l\u2019ensemble s\u2019avère impeccable, mais sans surprise.Le Devoir OSCAR 20161 REPRÉSENTANT DE L'ALLEMAGNE FRANCFORT 1963.POUR LA PREMIERE FOIS, DES ALLEMANDS JUGENT DES ALLEMANDS.?«UNE HISTOIRE VRAIE qui sert de trame à un film PASSIONNANT et CONVAINCANT.» NOUVEL OBSERVATEUR «Particulièrement BIEN OOCUMENTÉ, écrit avec soin.V I F metropolefilms.com ^ "]
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