Le devoir, 26 septembre 2015, Cahier E
[" Le retour de Bernard Adamus «la pédale au plancher» Page e 3 Une grande exposition sur Vittorio au Musée McCord Page E 9 DEVOIR SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2015 -\u2022\tJBla' \"\t¦ \u2022\t- ' \u2014 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR ShàhcspeàRC Ce Angela Konrad monte Macbeth dans la fameuse traduction de Michel Garneau «À la fin du XVI® siècle, la démonologie médiévale n\u2019est pas loin et le théâtre de Shakespeare en est empreint» \u2014Angela konrad MARIE LABRECQUE ifficile de croire qu\u2019on ne la connaissait pas il y a à peine deux ans tant Angela Konrad apparaît désormais comme l\u2019une des intéressantes créatrices du théâtre montréalais.Dès son premier spectacle, Variations pour une déchéance annoncée, la metteure en scène s\u2019est distinguée par l\u2019audace de son regard sur le répertoire.Après une réappropriation de Richard III {Auditions ou Me, Myself and I) en janvier, elle poursuit son exploration de Shakespeare, un auteur auquel elle dit toujours revenir parce qu\u2019il marie pensée politique et drame humain dans une langue d\u2019une grande puissance.Elle se frotte donc à Macbeth, mais surtout à la «tradaptation» condensée qu\u2019en a tirée Michel Garneau en 1978.Ce texte écrit entre l\u2019élection du Parti québécois et le premier référendum a permis à l\u2019artiste d\u2019origine allemande, qui a longtemps travaillé en France, de mieux saisir l\u2019Histoire et l\u2019identité québécoises.«A travers ce texte, j\u2019avais l\u2019impression non seulement de comprendre où se situait le Québec à cette époque, mais aussi de redécouvrir Shakespeare comme je l\u2019ai aimé en allemand ou en anglais, explique Angela Konrad dans la cour de l\u2019Usine C, où elle entame une résidence de trois ans.Et je me suis rendu compte que toutes les traductions françaises que je connaissais n\u2019étaient que des versions édulcorées.Garneau a fait un travail d\u2019une très grande envergure sur l\u2019archaïsme de la langue, et il rend à Shakespeare ses dimensions politique, poétique et pulsionnelle.C\u2019est très imagé.» La créatrice parle de la «pièce écossaise» comme de la tragédie «de l\u2019équivoque, de l\u2019illusion », où un couple qui pense pouvoir imposer un ordre finit broyé par «quelque chose qui le dépasse largement».Les Macbeth sont tiraillés entre leur soif de pouvoir et leur besoin contradictoire d\u2019une morale.En tuant le roi, ces époux sans descendance, et donc sans avenir, obtiennent le trône qu\u2019ils convoitent, mais ils sont incapables d\u2019en jouir.« C\u2019est un couple qui met en place un système d\u2019accumulation de biens, de titres, sans éprouver pour autant une satisfaction.» Angela Konrad voit dans cette stérile avidité de possession, comme une machine qui tourne à vide, «une pensée néolibérale, d\u2019une certaine manière».Contrairement à ses deux spectacles précédents, celui-ci s\u2019en tient à la trame de la pièce.Ce qui n\u2019empêche pas cette créatrice qui aime «triturer, adapter» d\u2019offrir un point de vue personnel.Son Macbeth serait soutenu par une vision néobaroque, multipliant les perspectives, et par une vibration rock.Il est aussi, petit budget oblige, porté par une distribution réduite.«Je me suis rarement sentie aussi libre à créer», dit-elle pourtant.Et c\u2019est par choix que cette artiste qui semble n\u2019avoir cure de la logique marchande s\u2019est installée dans la petite salle.Pour ses deux dernières pièces, elle a ainsi préféré l\u2019intimité d\u2019un lieu où le contact avec le public est meilleur à la grande scène qu\u2019on lui offrait dans le même théâtre.Pour le couple central, Angela Konrad a fait appel de nouveau à Dominique Quesnel et Philippe Cousineau, ses collaborateurs depuis le début, dont la complicité représente un atout.« C\u2019est une vraie association artistique», dit celle qui ne voit pas l\u2019intérêt de changer de distribution à chaque spectacle.«Je sais le temps que ça prend pour connaître un interprète.En répétitions, l\u2019acteur se soumet au regard du metteur en scène, c\u2019est un rapport de confiance énorme, et on ne se livre pas comme ça tout de suite.» Le sexe des sorcières Sinon, tous les rôles seront joués par trois comédiens mâles (Alain Fournier, Gaétan Nadeau et le nouveau venu Olivier Turcotte).Y compris les sorcières.«J\u2019ai vu plein de Macbeth et, étrangement, les sorcières y sont toujours des femmes qui ressemblent un peu à des prostituées.Je trouve ça réducteur.Les sorcières représentent la nature.A la fin du XVI\u201d siècle, la démonologie médiévale n\u2019est pas loin et le théâtre de Shakespeare en est empreint Pour moi, Macbeth est un conte, tout est possible.» Ces créatures barbues au genre indéfinissable, dont la présence sera toujours un peu perceptible, même à travers les autres personnages, mènent le bal.«Ce sont elles/eux qui VOIR PAGE E 10 : MACBETH «Michel Garneau rend à Shakespeare ses dimensions politique, poétique et pulsionnelle» E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2015 CULTURE Sous l\u2019aile de Butterfly Odile Tremblay / à aime l\u2019opéra, art total du jeu, du décor, des costumes et de la voix, jadis apanage de la noblesse, puis gagnant du rayon ; ses plus belles arias longtemps reprises par les petits Italiens des rues, vrais succès rock du temps de Verdi.Dans une ville ou une autre, à New York, à Paris, à Rome, à Moscou ou ailleurs, se rendre à l\u2019opéra est une activité un peu cérémonieuse, tissée de rituels, vestimentaires entre autres, car les spectateurs s\u2019y habillent élégamment, mais sans le clinquant des tapis rouges.Ce respect des codes apparaît délicieux, comme si le temps s\u2019était arrêté, même devant ses créations de modernité.A l\u2019heure où les sorties culturelles riment avec divertissement, aller faire un tour du côté des arts multidisciplinaires à tradition ancrée comme l\u2019opéra devient presque un acte de résistance.On conseille.A Montréal, les deux solitudes y sont au coude à coude dans la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.Aux premières, en tout cas, les mêmes têtes se découpent et de grands amateurs s\u2019y montrent parfois féroces.Il arrive que des passionnés d\u2019art lyrique huent à la tombée du rideau, rare phénomène au Québec, mais qui témoigne d\u2019une ferveur d\u2019identification, d\u2019une connaissance aiguë de cet art-là où la perfection, rarement atteinte, demeure exigée.C\u2019est aussi un domaine où les oeuvres d\u2019audace et d\u2019exploration \u2014 ici, lors des douze prochains mois, Elektra de Strauss, par exemple, et une adaptation des Feluettes de Michel Marc Bouchard \u2014 doivent souvent s\u2019insérer entre les grands classiques, champions de popularité : Rigoletto, Carmen, La bohème, La Traviata, Les noces de Figaro, Le barbier de Séville, Nabucco pour les choeurs, etc.Ceux que les gens reconnaissent, en fredonnant en sourdine les arias célèbres, dont ils savourent chaque modulation vocale venue de la scène.Et sans ces locomotives, comment courtiser le vaste public en ces temps où les audiences traditionnelles s\u2019érodent?Il le faut.Parfois, on apprécie.Ainsi, ce Madame Butterfly U 4 L.W1 H\t \t \t P\t \t \t YVES RENAUD Il est vrai qu\u2019en lui-même, Madame Butterfly dégage une justesse psychologique sur montée émotive de tragédie, guère si courante à l\u2019opéra, où les librettistes ont parfois tourné les coins ronds.de Giacomo Puccini, en selle ces jours-ci à l\u2019Opéra de Montréal, avec l\u2019Orchestre métropolitain, sur une mise en scène de François Racine, qui l\u2019avait déjà monté à Ottawa.La pureté trahie En 2008, on vibrait d\u2019extase usine\tDE LIBERTE UNE RACLETTE CHIENS DE NAVARRE DE SHAKESPEARE MACBETH ANGELA KONRAD MICHEL GARNEAU 29 SEPTEMBRE > 10 OCTOBRE 514 521-4493 I USINE-C.COM - une collaboration de VERNISSAGE jeudi 1®\u2019\u2019 octobre 2015 de 17 h à 19 h.26 ARTISTES JOAILLIERS Pilar Agueci, Gustavo Estrada, Monique Giroux, Camille Grenon, Émilie Guay-Charpentier, Christine Larochelle, Lynn Légaré, Marie-Eve Martin, Julie Mineau, Daniel Moisan, Pierre-Yves Paquette, Francesc Peich, Maxime Proulx, Lidia Raymond, France Roy, Antonio Serafino, Catherine Villeneuve, Denys Michaud, Ron Crawford, Anick Dusseault, Claudia Gravel, Catherine Lachapelle, Sylvie Langlois, Flélène Limoges, Angela Marzinotto et Garrett Johnson.RENCONTRES AVEC LES ARTISTES LES 2 ET 3 OCTOBRE O GUILDE CANADIENNE DES METIERS DART 1460 B rue Sherbrooke Ouest Montreal (Qc) H 3G 1K4 T 514 849 6091 info@canadianguild corn www guildecanadiennedesmetiersdart corn metiers a< Oa o«tabiomts< CONSEIL DES U ECOLE DE JOAILLERIE DE MONTREAL ?n E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2015 CULTURE'TELEVISION Une chambre à gags \\lév!v\\s>ûow Boomerang s\u2019écrit en équipe et ça marche.Alors, pourquoi ne pas étendre ce modèle collaboratif éprouvé ?STEPHANE BAILLARGEON u; ne «scoopette» de zap-pette en commençant: Boomerang reviendra et au moins deux fois plutôt qu\u2019une.La très bonne série humoristique vient à peine d\u2019entamer sa vie utile à TVA.Elle met en vedette le couple de Catherine-Anne Toupin (idéatrice du projet) et Antoine Bertrand, qui incarnent des trentenaires forcés de retourner vivre dans le sous-sol de leurs (beaux-) parents.Le producteur Encore a annoncé qu\u2019une deuxième saison allait suivre les douze premiers épisodes.En fait, le rebond se reproduira: une troisième saison est en préparation et quatre auteurs l\u2019écrivent déjà.Ils se réunissent plusieurs fois par semaine dans une ancienne manufacture du centre de Montréal.Les grandes fenêtres donnent sur une affiche électorale de la candidate libérale aux prochaines élections fédérales.Au mur.Encore a accroché des photos de ses stars des planches: Mike Ward, Mario Jean, Claudine Mercier ou Martin Matte.La maison multiplie aussi les succès sur les écrans.Rien que cette année, elle soutient Pour Sarah, Les Beaux malaises et ce Boomerang, trois succès confirmés ou prévisibles de TVA Le quatuor de la chambre à gags avec vue rassemble de grands pros : Yann Tanguay {Fée Eric, Subito Texto), Eré-déric Blanchette {Tu m\u2019aimes-tu ?), Karina Goma {Prozac) et Pierre-Yves Bernard {Dans une galaxie près çle chez vous, Minuit, le soir).A eux quatre, ces claviers humains cumulent des centaines et des centaines d\u2019heures de scénarios pour la scène ou les écrans, souvent écrits en duo mais jamais en équipe, du moins jusqu\u2019ici.Un pour tous Pierre-Yves Bernard mène les troupes qu\u2019il a lui-même choisies.La scénariste en chef de la première saison de Boomerang, Estelle Bouchard, Le quatuor d\u2019auteurs se réunit plusieurs fois par semaine dans une ancienne manufacture du centre de Montréal.sentait que la production se heurtait à un obstacle.Elle a demandé à M.Bernard d\u2019intervenir à la mi-saison de la deuxième mouture.La première a été écrite par Isabelle Langlois (six épisodes) et une équipe d\u2019auteurs qui ne travaillaient pas en groupe mais chacun pour soi.«L\u2019équipe se cherchait un peu et se demandait comment se retrouver, explique le chef d\u2019équipe.J\u2019ai demandé à Estelle une writer\u2019s room, tradition très américaine que nous avons peu essayée au Québec.Selon mon expérience, selon ma conviction, écrire de la comédie seul, ce La santé au Québec Liberté n\" 309 u\\ ledaire Maxime peWetier prancme DANS NUMERO n\u2019est vraiment pas évident.» Pourquoi spécifiquement en comédie ?Les Américains font la preuve de la valeur heuristique du modèle dans le genre dramatique.Dans le livre Des hommes tourmentés (La Découverte) sur le nouvel âge d\u2019or des séries, le journaliste Martin Brett expose des chambres d\u2019auteurs bien remplies travaillant pour Les Sopranos ou Mad Men, cette convergence de talents expliquant d\u2019ailleurs en partie la qualité actuelle des créations, surtout à HBO, la meilleure chaîne du monde depuis une quinzaine d\u2019années.«Je ne nie pas cet avantage du travail en équipe partout en télé, mais en comédie, il y a une obligation de performance: il faut faire rire, répond Pierre-Yves Bernard.[.] Tout le monde est gagnant avec cette formule qui permet à tous d\u2019aider l\u2019auteur désigné pour écrire un épisode.» Les auteurs se réunissent quatre fois quatre heures pour préparer une seule émission de moins de trente minutes.Le groupe définit la courbe dramatique, des thèmes et des situations se dégagent pour chacun des épisodes dont il faut développer le scène à scène.L\u2019auteur désigné utilise le matériel pour dialoguer et peaufiner l\u2019écriture en constante interaction jusqu\u2019à la production de la version finale.C\u2019est lui qui signe l\u2019épisode et qui reçoit les droits d\u2019auteur subséquents.Les réunions préparatoires ne sont pas rémunérées.«On s\u2019amuse et on se pogne souvent parce que nous sommes passionnés par ce que nous faisons, explique M\u201d® Goma, qui précise ensuite le rôle du rassembleur.Pierre-Yves agit plus comme médiateur que comme dictateur.B fait la jonction entre nous et il aide à dénouer les impasses.» Le casque bleu de l\u2019humour n\u2019écrit pas lui-même d\u2019épisodes.«C\u2019est probablement pour ça qu\u2019il peut nous guider, dit Yann Tanguay, qui a déjà travaillé en duo avec M.Bernard.Il reste au service du groupe et il travaille pour le bien de la série.Nous aussi, nous sommes au service de la production qui existait avant notre arrivée et qu\u2019il faut maintenant développer avec nos couleurs et nos trucs.» Tous pour un Le chef d\u2019équipe ajoute que la writer\u2019s room travaille beaucoup la structure, les rebondissements, les tournants, chacun conservant ensuite son humour propre.«La chose cruciale dans une writer\u2019s room, c\u2019est la posture de création, dit-il.On ne peut pas se permettre d\u2019embaucher des auteurs qui n\u2019ont pas confiance en eux.Nous, autour de la table, on ne passe pas une seule seconde à ménager des ego.On ne dit pas qu\u2019on a refusé trois idées à untel et qu\u2019à la prochaine il faudrait lui dire oui.L\u2019important, c\u2019est le message, pas le messager, les idées, pas qui les a.» La posture d\u2019humilité semble d\u2019autant plus facile que l\u2019origine du projet ne leur ap- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR partient pas et que l\u2019humour demande moins d\u2019investissement personnel, idéologique ou sentimental que le drame.«Ma série Tu m\u2019aimes-tu à Radio-Canada était quelque chose d\u2019assez personnel, dit Frédéric Blanchette.Là, je ne joue pas dans les mêmes zones, avec un rapport plus détaché au produit final.» Le quatuor se concentre exclusivement sur Boomerang, mais chacun des membres poursuit des projets d\u2019écriture en solo.Chacun dans sa bulle, comme tout le monde maintenant, ou presque.«Ce que je trouve cool dans la writer\u2019s room, c\u2019est le travail collectif, dit Pierre-Yves Bernard./\u2019ai une maîtrise en sociologie et je dois m\u2019en servir un peu.C\u2019est quand même à contre-courant de l\u2019individualisme généralisé, qu\u2019on retrouve aussi en création et en art.Là, on a un team qui échoue ou qui réussit en team.» Le Devoir GEORGE STAMOS Situations 30 septembre, 2 octobre 20 b / / 1 I Comment les médecins perpétuent les inégalités Travail des infirmières : l\u2019humanité en première ligne Les dimensions sociales et politiques de la maladie mentale En librairie, en kiosque et sur revueliberte.ca I Direction artistique et chorégraphie George Stamos Interprètes Jean Bui, Owen Chapman, Dany Desjardins, Olivier Koomsatira, Sébastien Provencher Invités spéciaux Sylvia De Sousa, Emilie Roberts, Winnie SuperHova, Gabrielle Surprenant-Lacasse, Anouk Thériault, Nate Yaffe.i AGORA DE LA DANSE SAISON AUTOMNE 2015 BILLETTERIE / 514 525 1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORADANSE COM ADMISSION COM © NANS BORTUZZO MACBETH SUITE DE LA PAGE E 1 font surgir le théâtre», précise Konrad.Car si le récit ne repose pas sur la mise en abyme d\u2019une répétition, comme dans ses deux premiers spectacles, la métaphore du théâtre dans le théâtre, chère à Shakespeare, s\u2019y retrouve.«Elle est présente par rapport à la question du pouvoir, qui joue toujours avec l\u2019apparence et le simulacre.Il y a un paradigme qui traverse toute la pièce: le masque.On ne doit pas y laisser voir ce qu\u2019on pense.Finalement, la pièce dévoile le côté factice de la représentation sociale dans le monde.Et ça m\u2019amuse beaucoup d\u2019observer ça avec une certaine distance.» Quand je lui demande si cette notion n\u2019est pas particulièrement pertinente en période électorale comme maintenant, elle s\u2019esclaffe : «Je dirais qu\u2019on est toujours en période électorale, c\u2019est ça le problème.Tout le monde s\u2019accroche à son poste, a peur ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR de ne pas accéder à ses désirs ou de perdre ses acquis.Macbeth parle de nous.» Collaboratrice Le Devoir MACBETH Texte: Shakespeare.Traduction : Michel Carneau.Concept, adaptation et mise en scène: Angela Konrad.A l\u2019Usine C, du 29 septembre au 10 octobre.Petite histoire d\u2019une traduction Inspirée par «un glossaire québécois du bon parler français des années 1900-1930», la traduction-adaptation de Michel Garneau a été créée par le Théâtre de la Manufacture, en 1978, dans une mise en scène de Roger Blay L\u2019œuvre a aussi été utilisée dans la fameuse trilogie shakespearienne de Robert Lepage \u2014 qui incluait aussi les pièces Coriolan et La tempête québécisées \u2014, présentée au Festival de théâtre des Amériques, en 1993. LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2015 E 11 CULTURE.CINEMA La frontière mexicano-américaine sous haute tension SICARIO Réalisation: Denis Villeneuve.Scénario: Taylor Sheridan.Avec Emily Blunt, Josh Brolin, Benicio Del Toro, Jon Bernthal, Raoul Trujillo, Maximiliano Hernandez, Daniel Kaluuya.Image: Roger Deakins.Musique: Johann Johqnnsson.Montage: Joe Walker.Etats-Unis, 2015,121 minutes.ODILE TREMBLAY Décidément, Denis Ville-neuve n\u2019égare pas sa signature, même au cœur des productions américaines qui ont broyé tant d\u2019autres styles.On pouvait croire son précédent\tsi personnel, aux Etats-Unis, sinon un miracle, du moins un cas d\u2019espèce.Avec le même grand directeur photo, Roger Deakins, son sombre polar Sicario porte encore sa marque, lancé d\u2019abord à Cannes, puis à Toronto, qui n\u2019est pas sans rapport avec le Trafic de Soderbergh \u2014 au même Benicio Del Toro à sa distribution \u2014, sur fond de trafic de drogue.La patine du duo Villeneuve-Deakins se joue dans le chok des images naturalistes quasi documentaires, tournées avec une seule caméra qui entre au tréfonds des villes (Ciudad Juarez) et des étendues vides, desséchées, où doit bien se cacher un bandit sous chaque cactus.L\u2019atmosphère, installée à travers une scène d\u2019ouverture macabre et étouffante, donne le ton.Les cadrages au poil se marient au rythme hanté des scènes d\u2019action, qu\u2019épouse la musique de Johann Johannsson.Villeneuve aime les no man\u2019s land désertiques, déjà présents dans Incendies et Un 32 août sur Terre.Pour Sicario, il pénètre l\u2019espace frontalier entre les Etats-Unis et le Mexique.On songe à la frontière des westerns, espace sans foi ni loi, refuge des desperados et des shérifs brutaux.SEVILLE Pulsions et tension font la force du polar, épousant les codes de narration classiques du cinéma américain.Hier est aujourd\u2019hui.Le cinéaste québécois aime aussi faire crever la surface des illusions en poussant ses personnages en des crises qui modifient leur vision du monde, façon Polytechnique.Taylor Sheridan signe son premier scénario, très documenté et collé aux réalités de cartels et des services américains sur violence extrême et cynisme mordant.Pulsions et tension font la force du polar, épousant les codes de narration classiques du cinéma américain, sur une esthétique plus trash et une dimension sociale en valeur ajoutée.Tout s\u2019entrecroise en lignes bien tendues.Ici, le personnage principal est une héroïne manipulée, Emily Blunt, agente du EBI qui croit au départ en des valeurs d\u2019humanisme, bientôt déroutées sur un mur de cor- ruption et un système pourri des deux côtés de la sanglante clôture.Ni la CIA ni le EBI ne sortent grandis de l\u2019aventure.Leurs missions clandestines ne sont guère regardantes sur les bonnes manières, avec épisodes de torture bien gratinés.Benicio Del Toro joue de son écrasant charisme quasi léonin le rôle ambigu d\u2019un homme hanté par des désirs de vengeance personnelle, mercenaire qui met à profit ses instincts tueurs, dangereux électron libre, tout de même.Les Etats-Unis, pays donneur de leçons, perdent ici des plumes, guère plus reluisants dans leurs méthodes que le Mexique, où les policiers s\u2019acoquinent avec les marchands de drogue.Chaque camp se voit renvoyé dos à dos.Les personnages ne sont pas oubliés au profit de l\u2019action ou du style, et la complexité des mobiles de tout un chacun passe par des regards, des ellipses aussi, même s\u2019il s\u2019agit davantage d\u2019un film de réalisation que de direction d\u2019acteurs proprement dite.Emily Blunt défend, avec moins de force que ses comparses masculins Josh Brolin en agent du gouvernement et Benicio Del Toro, un rôle somme toute assez convenu, d\u2019une sensibilité féminine heurtée de plein fouet par l\u2019horreur du monde extérieur.On songe au Zero Dark Thirty de l\u2019oscarisée Kathryn Bigelow pour le profil féminin de premier plan, mais Emily Blunt reste de son côté trop en surface de cette femme victime des circonstances davantage qu\u2019en contrôle de son destin.Le Devoir Hip-hop et mosaïque linguistique à Montréal SCRATCH Drame musical de Sébastien Godron.Avec Raphaël Joseph Lafond, Dominique Laguë, Elzensky Gauthier, Eayolle Jean Sr.Canada, 2015, 94 minutes.ANDRÉ LAVOIE Les personnages de Scratch, le premier long métrage de fiction de Sébastien Godron, s\u2019expriment dans un mélange rarement bien dosé de Irançais et d\u2019anglais, et pour plusieurs assorti de créole.Cette mosaïque linguistique semble faire écho aux ambitions esthétiques du cinéaste québécois d\u2019origine Irançaise, étiquetant son film de drame musical, mais reprenant d\u2019abord les codes du documentaire pour ensuite glisser dans le mélodrame urbain, le tout ponctué de hip-hop.De la même manière qu\u2019il décline les diverses significations du titre du film, évoquant l\u2019univers des DJ comme les lois impitoyables de la rue, le cinéaste refuse de s\u2019enfermer dans un seul style pour évoquer l\u2019ascension et la chute sanglante d\u2019un artiste qui a fait de la Petite-Bourgogne son terrain de jeu, rêvant un jour d\u2019y établir son royaume.Leslie (Raphaël Joseph Lafond) est d\u2019abord suivi par la caméra fouineuse d\u2019un documentariste scrutant l\u2019émergence de ce chanteur abonné à l\u2019arrogance bling-bling.Leurs déambulations dans un quartier où les cinéastes québécois ne s\u2019aventurent que trop peu constituent un prétexte pour montrer son visage métissé, sa pauvreté, mais aussi sa créativité.Les choses basculent, de même que l\u2019esthétique du film, lors d\u2019un spectacle où Leslie est pris pour cible par le chef d\u2019un gang rival.Il s\u2019agit d\u2019un prétexte spectaculaire pour reculer en arrière et ainsi découvrir, sans caméra agitée ni perche de son dans l\u2019image, l\u2019enfance de ce Haïtien d\u2019origine arrivé en bas L\u2019ambition de dénoncer la marginalité, et surtout la misère, traverse le film d\u2019un bout à l\u2019autre âge au Québec, de plus en plus hostile face à un père sévère mais aimant (Eayolle Jean Sr., le seul acteur à la justesse irréprochable).Sa trajectoire ressemble à celle de nombreux jeunes issus des communautés culturelles, en porte à faux entre deux systèmes de valeurs.Sébastien Godron ne cache pas sa fasci-nation pour cet univers au brillant aveuglant, n\u2019hésitant pas à en célébrer quelques clichés, des bijoux ostentatoires aux lieux emblématiques, dont l\u2019incontournable barber shop.Son parti pris audacieux de superposer les genres constitue une belle trouvaille, même si ses interprètes n\u2019arrivent pas tous à saisir les nuances d\u2019un jeu forcément modulé: feindre la spontanéité lors d\u2019une entrevue sur le vif ou la crise de nerfs dans le monde carcéral, ce n\u2019est pas donné à tous.Son ambition de dénoncer la marginalité, et surtout la misère, traverse le film d\u2019un bout à l\u2019autre, mais le cinéaste n\u2019est jamais aussi convaincant qu\u2019au moment où il se libère du carcan sociologique.Les numéros musicaux, en rien spectaculaires, permettent aux jeunes acteurs, mélange bigarré de professionnels et d\u2019amateurs, d\u2019afficher leur ferveur.Elle sera partagée par les amateurs de hip-hop, et le film agira surtout comme un miroir réconfortant pour ceux et celles qui souhaitent se voir plus souvent sur grand écran.Collaborateur Le Devoir En visite chez mère-grand Lily Tomlin trouve le rôle de sa vie à 76 ans dans l\u2019irrésistible Grandma GRANDMA ?Réalisation: Paul Weitz.Avec Lily Tomlin, Julia Garner, Marcia Gay Harden, Judy Greer, Sam Elliott.Etats-Unis, 2015, 79 minutes.ERANÇOIS LÉVESQUE Dans une petite maison perchée dans les hauteurs californiennes, une jeune femme, Olivia, est en train de rompre avec la maîtresse de céans.Elle.Or cette dernière, beaucoup plus âgée, a tôt fait de reprendre l\u2019ascendant dans la rupture.Elle, qui se décrit comme une professeure à la retraite et une poète au chô-ipage, a le sens de la formule.À son ex visiblement émue, elle résume ainsi leur relation : «On ne parle que de quatre foutus mois.Essaie 38 ans de vie commune.Ça, c\u2019est de l\u2019engagement.Toi, tu n\u2019as été qu\u2019une note de bas de page.» Dure, la dame.Sauf qu\u2019on devine que tout ce fiel émane d\u2019une blessure larvée.Il suffit à la comédienne Lily Tomlin d\u2019un regard, d\u2019un silence prolongé, pour faire comprendre au spectateur qui est Elle.Quelqu\u2019un qui souffre, en l\u2019occurrence, mais quelqu\u2019un qui, vaille que vaille, avance.On l\u2019apprendra peu après, un cancer a emporté sa conjointe de longue date un an auparavant, révélation en prévision de laquelle cette séquence d\u2019ouverture met la table.Toute l\u2019approche narrative de la comédie dramatique Grandma s\u2019y trouve résumée.En effet, chaque scène ou presque possède une amorce, une montée et une chute à un premier niveau, et informe, à un second, la suivante ou la précédente.Grandma fut l\u2019un des coups de cœur du plus récent Eesti-val de Sundance, événement voué à la célébration du cinéma indépendant.Idem au récent Eestival de cinéma de la ville de Québec.On comprend cet accueil enthousiaste, qu\u2019on partage.A elle seule, la performance de Lily Tomlin, qui n\u2019a pas été la tête d\u2019affiche d\u2019un film depuis plus de 25 ans, justifierait qu\u2019on recommande Grandma.Mais voilà, le long métrage de Paul Weitz, qui lui retrouve la forme 15 ans après Comme un garçon, s\u2019avère solide à maints autres égards.Simple, mais pas simpliste Les présentations faites avec l\u2019héroïne, la seconde protagoniste s\u2019amène à l\u2019écran.Il s\u2019agit de Sage, la petite-fille d\u2019Elle.Elle vient d\u2019avoir 18 ans, elle est enceinte et a d\u2019ores et déjà pris rendez-vous dans une clinique d\u2019avortement en fin de journée.Grand-mère peut-elle lui prêter les 630 dollars exigés pour la procédure ?Eh non ! Entre autres actions militantes.Elle a découpé sa carte de crédit Eéministe convaincue.Elle ne cherche pas à dissuader Sage d\u2019aller de l\u2019avant, mais elle n\u2019est pas ravie pour autant: elle est elle-même passée par là et sait de quoi il retourne.Aussi invite-t-elle sa petite-fille à considérer la suite avec moins de désinvolture en même temps qu\u2019elle essaie de lui faire prendre conscience que son avorton de copain agit de manière exécrable.Ce qu\u2019Elle dira à la face du principal intéressé, le geste joignant en cette occasion la parole.S\u2019ensuit une collecte de fonds prenant la forme d\u2019une tournée de porte-à-porte.Derrière chacune de celles-ci se tient quelqu\u2019un qui en apprendra un peu plus à Sage \u2014 et au spectateur \u2014 au sujet d\u2019Elle.Il en résulte un portrait de femme attachant et, en quelques occasions, bouleversant.Une scène avec un ancien amoureux débutant léger et finissant grave fonctionne admirablement grâce à l\u2019aisance des comédiens (dont Sam Elliott, immense), mais surtout grâce à la finesse du scénario.Le récit est simple, mais l\u2019écriture n\u2019est jamais simpliste.Il en va de même pour l\u2019interprétation de Lily Tomlin qui, sans recourir au moindre effet, sans suggérer le moindre effort, compose un personnage d\u2019une incroyable complexité, d\u2019une incroyable humanité.À 76 ans, la voilà qui trouve le rôle de sa vie.Assister à cette rencontre constitue un privilège.Le Devoir MÉTROPOLE EILMS Grandma, avec lily Tomlin, fut l\u2019un des coups de cœur du plus récent Festival de Sundance.EXC3NTRIS PAUL A QUEBEC - FRANÇOIS BOUVIER - 98 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTREAL \t CHAMELEON (V.O.STF.) - RYAN MULLINS\tET] JE SUIS À TOI -DAVID LAMBERT\t«a» I LA TERRE ET L\u2019OMBRE (V.O.STF.) - CÉSAR ACEVEDO\tET] L\u2019HOMME IRRATIONNEL (V.O.STF.) - WOODY ALLEN\t JOURNEES DE LA CULTURE - 26 ET 27 SEPTEMBRE - INFO CINEMAEXCENTRIS.COM ACHTUNG FILM ! JEUDII^R OCTOBRE À19 H LE TEMPS DES RÊVES\tEï (V.O.STF.) - ANDREAS DRESEN ET AUSSI PRESDE100FILMSSUR CINÉMA EN UGNE SAINT-LAURENT -BERTRAND BONELLO CAVANNA -DENIS ET NINA ROBERT CINEMAEXCENTRIS.COM Instructionsipj^É un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterail'^'bblir la fête de Noël Texte Michael Mackenzie Traduction Alexis Martin Mise en scène Marc Beaupré 15au17oct., 20h Grande salle Aeatieout^^ Une production ©THEATRE OUTREMONT MontréaU CCTD-\t~ D-TTT DAUJOURDHUI\u2014\t1248, av.Bernard O.^ Outremont p Desjardins '\u201c^tecSS E 12 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2015 iCIOMA ©CINE OUTREMONT Montréal @ theatreoutremont.ca 514495-9944 LEVIATHAN AVEC ELENA LYADOVA ET VLADIMIR VDOVITCHENKOV | DU REALISATEUR DE PRIX DU SCENARIO AU FESTIVAL DE CANNES 2014 ELENA Le lundi 28 sept.116 h et 19 h 30 Dans le bordel de la démocratie Philippe Faiardeau iance une satire poiitique en pieine campagne éiectoraie ODILE TREMBLAY Demandez à Phiiippe Faiardeau, (jui iance vendredi prochain sa satire poiiticiue Guibord s\u2019en va-t-en-guerre, ses impressions en ia voyant atterrir au cinéma en pieine campagne éiectoraie, ii répondra (ju\u2019étant donné ia longueur de la campagne en (Question la cible était difficile à rater.«Mais j\u2019ai hâte de voir ce que les politiciens vont penser du film.» Patrick Huard y incarne un politicien indépendant fédéral dans une Abitibi jamais nommée, dont le vote devient crucial pour une entrée en guerre contre un pays du Sud, alors ciue les grands partis se retrouvent au vote nez à nez.«Ça s\u2019est vu!» Et de rappeler la plume d\u2019aigle d\u2019Elijah Harper, député cri du NPD, brandie pour s\u2019opposer à l\u2019accord du lac Meech.«Les satires politiques sont courantes dans le monde anglo-saxon [Primary Colors, In the Loop, Frost/Nixon, etc.], rappelle le cinéaste, mais au Québec ça tourne toujours autour de la question identitaire, de la souveraineté.Pas Guibord.» Il en parle comme de son film le plus «éparpillé» depuis Congorama, aux nombreux fils tissés comme dans la vie.«Je voulais montrer le bordel qu\u2019est la démocratie, explique Faiardeau.Les politiciens n\u2019en sont pas seuls responsables.Notre cynisme aussi y contribue.On demande aux élus de défendre à la fois nos intérêts personnels et le bien commun.Guibord est un film pessimiste politiquement, mais optimiste sur le plan humain.Il rend hommage à ceux qui essaient d\u2019étre cohérents face à leur conscience, des gens qui ne gagnent pas leur combat, mais se choisissent, eux.» Patrick Huard, dans la peau de ce député Steve Guibord, tient un rôle tendre et nuancé, ballotté par les pressions intimes et extérieures, dont il a goûté le sel d\u2019humanité.Et de préciser qu\u2019il existe un âge, entre 35 et 60 ans, où un acteur masculin à cheval entre les prestations physiques et les rôles de profondeur peut donner le meilleur de lui-même.«Je viens du milieu de l\u2019humour, qui demande un contrôle constant, car tous les effets y sont calculés, dit-il.Le véritable abandon réclame plus de temps aux humoristes qu\u2019aux autres, une maturité.Les cinéastes voient aujourd\u2019hui des choses nouvelles en moi.» Un regard sur l\u2019altérité Dans le film, ce député forme un duo-choc avec son assistant d\u2019origine haïtienne \u2014 nommé Souverain, en clin d\u2019œil à nos luttes \u2014, dont la candeur rivalise avec la compétence.Irdens Exantus joue pour la première fois de sa vie, et découvrit l\u2019Abitibi en même temps que la mécanique d\u2019un plateau.Tout un choc d\u2019apprentis- % I ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Philippe Faiardeau, entouré de Irdens Exantus et Patrick Huard, a hâte de voir ce que les politiciens pensent du film.sage! «Son personnage lui ressemble.Souverain est cultivé, informé, éloquent.» Il communique par Skype avec sa famille et ses amis restés là-bas.«Et le chœur grec, c\u2019est eux, la vraie agora aussi sur fond de passion pour la politique.Dans chaque famille haïtienne se trouve une mère qui rêve de voir un de ses fils devenir président du pays.» Le cinéaste a campé son action dans ce territoire immense, où le député est comme un vendeur itinérant aux prises avec les revendications des routiers, des autochtones, des maires et mairesses, tiraillé aussi au foyer entre les ambitions de sa femme (Suzanne Clément) et les idéaux de sa fille (Clémence Dufresne-Deslières).«Il existe peut-être des personnages caricaturaux dans mon film, mais jamais les au- tochtones, dit le cinéaste.C\u2019est bien du moins.On allait tourner chez eux.» L\u2019un dit : «Les barrages, c\u2019est fait pour les peuples patients.» Faiardeau est un cinéaste québécois de l\u2019altérité.Dans tous ses films (sauf C\u2019est pas moi, je le jure !), depuis son documentaire Pâté chinois sur l\u2019immigration chinoise jusqu\u2019à La moitié gauche du frigo, Congorama, Monsieur Lazhar, The Good Lie et ce Guibord s\u2019en va-t-en-guerre, d\u2019autres cultures que la sienne entrent en scène pour un saut ou par sa thématique principale.«Quand on a fait la Course destination monde à 21 ans, on connaît par soi-même la position de minoritaire en pays étranger.Et regarder agir les autres, c\u2019est se comprendre mieux comme société.N\u2019empêche que, dans mon prochain film, c\u2019est moi qui pose un œil extérieur sur une communauté homogène des années 1970.» Faiardeau remet ça en sol américain après The Good Lie, une expérience vécue en dents de scie.Il s\u2019apprête à tourner dès le 15 octobre à New York et dans le New Jersey, avec Liev Schreiber et Naomi Watts (mais, précise-t-il, les acteurs n\u2019ont pas encore signé), un biopic sur le boxeur Chuck Wepner qui inspira le premier film Rocky avec Sylvester Stallone.«Cet athlète s\u2019était fait battre par le champion Mohamed Ali après 15 rounds; un véritable exploit dans le contexte.Mais après le film Rocky, il s\u2019est pris.pour Rocky.» Le Devoir Messes basses et basses besognes BONTE DMNE ?Comédie de Vinko Bresan.Avec Kresimir Mikic, Niksa Butijer, Drazen Kuhn, Marija Skaricic.Croatie et Serbie, 2013, 96 minutes.ANDRÉ LAVOIE DU point de vue d\u2019un fonctionnaire de la santé publique ou d\u2019un sexologue diplômé de rUQAM, les truculents personnages de la comédie croate Bonté divine affichent une santé sexuelle exemplaire: non seulement les hommes portent le condom, mais les femmes continuent de prendre la pilule.La petite île où se déroule ce miracle, associé bien sûr à une sérieuse dénatalité, deviendra vite le théâtre d\u2019un drame quasi religieux, orchestré par un jeune prêtre pétri de principes rarement en phase avec la réqlité de ses paroissiens.A partir d\u2019une pièce de théâtre de son compatriote Mate Matisic, le cinéaste Vinko La clownerie des situations cède peu à peu le pas à une critique plus corrosive Bresan égrafigne la toute-puissance de l\u2019Église catholique, s\u2019attardant sur une de ses figures les plus zélées pour en épingler, avec un humour parfois fin, parfois potache, toute la rigidité morale.Car le père Fabijan (Kresimir Mikic, dont failure rappelle celle d\u2019Adrien Brody) prend ombrage de la popularité du vieux curé qu\u2019il est appelé à remplacer, mais constate aussi que les cercueils sont plus nombreux que les berceaux.Pour freiner ce vieillissement accéléré, Fabijan s\u2019associe au propriétaire d\u2019un kiosque à journaux refilant aussi des condoms, ainsi qu\u2019au pharmacien du village, peu scrupuleux lorsqu\u2019il s\u2019agit de respecter les directives de son ordre professionnel.Avec la complicité du premier, il percera tous les préservatifs disponibles, tout en persuadant le second de remplacer les anovulants par des vitamines.De cette machination jaillira un étonnant baby-boom, suivi d\u2019une Kad MERAD Charles BERLING IJenoii MAGIMEL Vincent MOSCATO Jcan-lTancois On voulait mur CASSER ?Alternant avec brio émotion et humour.il réussit à trouver le ton juste.» Direct Matin Un film de PHILIPPE GUILLARD PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! VERSION FRANÇAISE D s thO rWABTiEB LwiNl IbOUCHEP^^I rroNT-vi/OMel lii tapisVôucEl I le'''clÂp I Q K-FILMS AMERIQUE Une comédie qui aligne les clins d\u2019œil amusants à l\u2019esprit de clocher, l\u2019omniprésence du catholicisme et les ravages de l\u2019hypocrisie sociale.inévitable course au mariage.L\u2019euphorie sera toutefois de (très) courte durée, pour les habitants du coin, et surtout pour les trois conspirateurs.Même si cette comédie multiplie les références au passé récent, et trouble, de la Croatie (on y évoque les tensions avec les Serbes, le nationalisme exacerbé, les clivages religieux, etc.), elle aligne aussi les clins d\u2019œil amusants à l\u2019esprit de clocher, l\u2019omniprésence du catholicisme, et surtout les ravages de l\u2019hypocrisie sociale.Car c\u2019est sans doute là que Vinko Bresan se révèle le plus efficace, et le plus pertinent.Les aventures rocambo-lesques de ces curés sans scrupules et ces paroissiens sans morale (les choses se règlent parfois à la pointe du fusil) rappellent vaguement la truculence d\u2019un Jean-Pierre Mocky {Un drôle de parois- sien), mais en beaucoup moins déjantée.Bresan opte, sur le plan formel, pour un certain académisme.Le ton est parfois burlesque, mais la clownerie des situations cède peu à peu le pas à une critique plus corrosive, et plus sombre, du pouvoir occulte du religieux sur une société résolument fermée sur elle-même (après tout, ça se déroule sur une île.).Le récit se présente telle une longue confession, soulignant à gros traits la perversité de cette curieuse loi du silence: elle conduisait au meurtre chez Alfred Hitchcock, elle n\u2019est guère plus édifiante chez Vinko Bresan.Collaborateur Le Devoir LILY TOMLIN JULIA GARNER « IMPITOYABLEMENT DRÔLE ! LILY TOMLIN LIVRE LA PERFORMANCE DE SA CARRIÈRE.» THE NEW YORK TIMES «L\u2019HISTOIRE DE TROIS GÉNÉRATIONS DE FEMMES ET DE LEURS RELATIDNS.LILY TDMLIN Y MET SON CŒUR, SON ÂME.ET NATURELLEMENT DES TDNNES D\u2019HUMOUR ! » THE GUARDIAN GRANDMA ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR PAUL WEITZ metropolefîlms.com « LA SORTIE CINEMA DE L\u2019ANNEE.» - Mélanye Boissonnault, Radio-Canada ?« PARMI LES MEILLEURS FILMS QUEBECOIS DE L\u2019ANNEE.» - Elizabeth Lepage-Boily, Cinoche « BROCHETTE D\u2019ARTISITS À COUPER LE SOUFFLE.» - Marie-Christine Proulx, Saiuf Bonjour ! « COUP DE CŒUR! »\t« UNE BELLE RÉUSSITE.» - Marie-Claude Barrette, TVA ¦ Maxime Demers, Journal de Montréal François Lêtourneau Gilbert Sicotte Julie Le Breton Louise Portai Un film de François Bouvier D apres la bande dessinee de IHlcliel Rabagllatl MAINTENANT AU CINEMA ¦C3 ^ YouüS RemstarFilms p "]
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