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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier J
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-05-23, Collections de BAnQ.

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[" FRANCOPHONIE DES SOINS INFIRMIERS EN ÉVOLUTION CAHIER THEMATIQUE J .LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 D I M A N C Thématique du congrès 2015 : cap sur les maladies chroniques Page j 2 % 2 4 MAI 2015 Le cas africain : quels enjeux pour le système de santé?Page J 4 « % ©c « I SOURCE SIDIIEF Le 6® congrès international du Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l\u2019espace francophone se tiendra à Montréal, du 31 mai au 5 juin.Secrétariat international des ineirmières et ineirmiers de l\u2019espace erancophone 15 ans de collaboration en français Gyslaine Desrosiers Le Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l\u2019espace francophone (SIDIIEF) célèbre cette année son 15® anniversaire.Bilan et perspectives.MARTINE LETARTE Lorsqu\u2019elle était à la tête de l\u2019Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ), Gyslaine Desrosiers a assisté à un congrès, tenu à Vancouver, du Conseil international des infirmières, qui a son siège social à Genève.Il n\u2019y avait pratiquement pas de portion francophone dans le cadre de l\u2019événement.Pourtant, on y trouvait plusieurs participants issus de pays francophones et l\u2019envie d\u2019échanger et de collaborer en français était bien présente.C\u2019est ainsi qu\u2019a germé l\u2019idée du SIDIIEF.Quinze ans plus tard, l\u2019organisme compte des membres dans une trentaine de pays et tente de contribuer à l\u2019amélioration de la productivité des systèmes de santé en réalisant différentes recherches, en prenant position sur des enjeux et en faisant rayonner des experts francophones.«La mondialisation permet notamment de faire le pont entre des collègues francophones de différents pays», constate Gyslaine Desrosiers, présidente du SIDIIEF.Pourtant, en 2000, ce pari n\u2019allait pas de soi.«À ce moment-là, on commençait à parler de mondialisation, il y avait beaucoup de grandes conférences internationales aux Etats-Unis et c\u2019était comme si tout devait dorénavant se passer en anglais», se souvient Gyslaine Desrosiers.Les membres fondateiirs du SIDIIEF, l\u2019OIIQ et l\u2019Institut et Haute Ecole de la santé La Source à Lausanne, en Suisse, avaient envie d\u2019une autre voie.«Nous avions la même vision, notamment sur révolution de la profession», indique Desrosiers, devenue consultante après deux décennies passées à la tête de l\u2019OIIQ.Universitarisation de la formation La question du développement de la formation universitaire en sciences infirmières était très importante pour les deux membres fondateurs de l\u2019organisation internationale.«Le SIDIIEF soutient une thèse majeure, à savoir qu\u2019il n\u2019y a pas et n\u2019y aura pas d\u2019universitarisation de la formation infirmière sans que le système soit bâti sur trois cycles universitaires», in- dique Jacques Chapuis, vice-président du SIDIIEF et directeur de l\u2019Institut et Haute Ecole de la santé La Source.Le SIDIIEF a réalisé une étude comparative des différentes pratiques dans le monde francophone.«Le mémoire souligne aussi de nombreuses études, notamment américaines, qui ont démontré que les équipes soignantes d\u2019infirmières formées dans un cursus universitaire dès la formation de base sont plus performantes, indique M.Chapuis.On constate une nette diminution de la mortalité postopératoire à 30 jours, de la durée des hospitalisations, du nombre de réhospitalisations, du nombre de complications, etc.Nous souhaitons donc relever que la formation des infirmières est un investissement et non une simple dépense.» Le Québec offre des programmes aux trois cycles universitaires en sciences infirmières depuis plusieurs décennies.La Suisse francophone a réalisé le virage en 2008, mais, dans le reste de la francophonie, la situation est très variable.«La France, par exemple, a lancé un grade licence sans réellement construire les trois cycles ni intégrer la formation au sein de l\u2019université», indique M.Chapuis.Toutefois, dans différents endroits, la situation continue d\u2019évoluer.«Le Liban, par exemple, offrira très bientôt une filière universitaire de trois cycles», indique M.Chapuis.«La création du SIDIIEF a donné un lieu d\u2019échange sur les façons de faire et a permis la rencontre de personnes-clés pour développer de nouvelles formations », remarque Gyslaine Desrosiers.Partenariats et événements Parmi les membres du SIDIIEF, on retrouve notamment plusieurs établissements de formation.Puis, l\u2019organisation internationale peut compter sur plusieurs membres promoteurs au Québec, dont les consortiums McGill, Montréal, Sherbrooke et Laval formés par les universités et leurs établissements de santé affiliés.Un congrès international se tient tous les trois ans.«En 2009, à Marrakech, notre congrès a vraiment pris un envol, puisqu\u2019il était parrainé par la femme du roi du Maroc, la princesse Lalla Salma, ambassadrice de bonne volonté de l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) contre le cancer, et elle a à cœur la formation des infir- JACQUES NADEAU LE DEVOIR La question du développement de la formation universitaire en sciences infirmières était très importante pour l\u2019OIIQ et l\u2019Institut et Haute Ecole de la santé La Source à Lausanne, qui sont les deux membres fondateurs du SIDIIEF.mières au Maroc», indique M\"^® Desrosiers.Puis, en 2012, le congrès a eu lieu à Genève, en Suisse, avec l\u2019appui de l\u2019Agence universitaire de la Francophonie (AUF).«Cela a été un appui moral important, indique M\"^® Desrosiers.L\u2019AUF a fait de la formation des infirmières une priorité.Cette année-là, en fait, on a eu plus de 100 appuis formels.Ce fut un grand mouvement international pour le développement des compétences des infirmières.» Le réseautage réalisé lors des événements du SIDIIEF a permis à différents projets de se réaliser.«J\u2019ai vu une infirmière clinicienne du CHUM spécialisée en diabète donner de la formation au Gabon; c\u2019est fascinant, ce qu\u2019on peut faire lorsqu\u2019on n\u2019a pas la barrière de la langue, affirme M\"^® Desrosiers.Ce genre d\u2019expérience est extraordinaire sur les plans professionnel et personnel.Le partage a une valeur inestimable.» Recherche et prise de position Les grands événements internationaux sont importants pour le SIDIIEF, mais l\u2019organisation souhaite faire davantage.Elle aimerait bien réaliser plusieurs initiatives de coopération Nord-Sud, mais, actuellement, le financement pour ce genre de projet se fait rare.Le SIDIIEF a donc décidé d\u2019augmenter son impact en réalisant des recherches et en prenant position sur différents enjeux liés au domaine de la santé, pour tenter de faire avancer des choses.Par exemple, un mémoire sur la qualité des soins et la sécurité des patients sera présenté lors du congrès cette année.Pour le réaliser, une équipe interuniversitaire de chercheurs québécois a eu le mandat de réaliser une revue de la littérature portant sur les indicateurs reconnus comme sensibles à la qualité des soins infirmiers et de vérifier l\u2019usage de ces indicateurs dans différents pays.«Nous souhaitons que ces indicateurs soient de plus en plus utilisés aussi dans un but de comparaison, explique Gyslaine Desrosiers.C\u2019est en se comparant à d\u2019autres qu\u2019on sait si on est bon ou pas.Il y a des coûts à la non-qualité des soins; l\u2019OMS dit qu\u2019elle peut coûter jusqu\u2019à 10% des coûts du système de santé.En publiant cette documentation, nous voulons parler de qualité des soins et de sécurité des patients de façon structurante, pour avoir un impact.» Le SIDIIEF compte près de 1900 membres à travers le monde.Collaboratrice Le Devoir J 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MAI 2015 FRANCOPHONIE Une profession en mntation Ici comme ailleurs, on réfléchit à la transformation du système de santé et du rôle de l\u2019infirmière pour mieux répondre aux besoins des gens souffrant d\u2019ime maladie chronique.MARIE LAMBERT-CHAN On estime que la moitié des Québécois sont affligés d\u2019une ou de plusieurs maladies chroniques.«C\u2019est un problème de santé très important qui ne se traite pas à l\u2019hôpital, mais bien dans la communauté», constate Lucie Tremblay, présidente de l\u2019Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).D\u2019ici 10 à 15 ans, 75% des soins devraient idéalement être prodigués dans la communauté, c\u2019est-à-dire dans les CLSC, les cabinets médicaux, les groupes de médecine familiale et à domicile.Un nombre conséquent d\u2019infirmières devront donc y œuvrer, elles qui sont «absolument indispensables» pour relever le défi que représentent les maladies chroniques, estime Lucie Tremblay.Or, il y a cinq ans, 20% d\u2019entre elles exerçaient dans la communauté.Aujourd\u2019hui, cette proportion est de.21%.«A ce rythme, ça va prendre 250 ans avant qu\u2019on ne puisse atteindre notre objectif de 75% des soins administrés dans la communauté!», déclare la présidente de rOIIQ.La solution passe entre autres par le rehaussement de la formation de la relève infirmière, c\u2019est-à-dire l\u2019obtention obligatoire d\u2019un baccalauréat pour les futures infirmières, croit Lucie Tremblay.Une proposition qui, rappelons-le, ne réunit pas de consensus depuis plus de 40 ans Les pays européens réfléchissent eux aussi à la transformation du système de santé et du rôle de l\u2019inflrmière et qui a été rejetée par le gouvernement du Québec en 2014.«Les futures infirmières devront être formées en santé communautaire et cette portion du cursus est offerte uniquement à l\u2019université», explique la présidente de rOIIQ.Actuellement, plus de 35% des infirmières sont bachelières, mais seulement la moitié des étudiantes poursuivent des études universitaires après un DEC en sciences infirmières.Lucie Tremblay est d\u2019avis que les infirmières en exercice possèdent déjà le bagage nécessaire pour effectuer le virage vers les soins dans la communauté, en raison de leur expérience.«Néanmoins, le rehaussement de la formation pour la relève est essentiel pour assurer la pérennité de ce changement», signale Tremblay.Dernièrement, le gouvernement a nommé une équipe pour faire l\u2019analyse sectorielle prospective des besoins de formation pour les préposés aux bénéficiaires, les infirmières auxiliaires et les infirmières.Les travaux ont commencé dans les dernières semaines.«Ça bouge», remarque avec satisfaction Lucie Tremblay.Entretemps, la présidente de l\u2019Ordre se réjouit de voir naître des projets pour améliorer la prise en charge des grands consommateurs de soins \u2014 des patients qui, en raison de leurs multiples maladies chroniques, exigent un suivi JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lucie Tremblay, présidente de l\u2019Ordre des infirmières et infirmiers du Québec plus soutenu, sans quoi ils aboutissent fréquemment à l\u2019urgence.Des milieux comme le CSSS des Sommets et le CSSS Alphonse-Desjardins ont mis en place des mesures pour mieux coordonner les soins prodigués à ces patients et, du coup, ont réussi à faire diminuer de façon spectaculaire les consultations à l\u2019urgence et les hospitalisations.«Ce sont des expériences extraordinaires qu\u2019il faudrait maintenant déployer à travers la province», affirme Lucie Tremblay.Du côté de la Belgique De l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique, les pays européens réfléchissent eux aussi à la transformation du système de santé et du rôle de l\u2019infirmière pour mieux répondre aux besoins des gens souffrant d\u2019une maladie chronique.L\u2019Angleterre et les Pays-Bas sont souvent cités comme des modèles.Depuis plusieurs années, la Belgique est également à pied d\u2019œuvre pour améliorer la prise en charge de ses citoyens aux prises avec une maladie chronique.Ils sont plus de 25% à en être affligés.En 2013, le Centre fédéral d\u2019expertise des soins de santé (KCE) a proposé plus de 50 actions concrètes afin de réformer en profondeur l\u2019organisation des soins chroniques.Jointe par téléphone à son bureau de Bruxelles, Dominique Paulus, directrice du programme d\u2019études du KCE, explique les défis du système de santé belge: «Jusqu\u2019à il n\u2019y a pas si longtemps, nous abordions les patients selon leur pathologie.Ce n\u2019est plus possible, car bien des individus cumulent plusieurs maladies chroniques.D\u2019autre part, ces patients vivent plus longtemps.Il faut mettre en place un système d\u2019accompagnement qui dépasse la simple hospitalisation et qui se poursuivra jusqu\u2019à la fin de leur vie.» Un certain nombre des propositions du KCE concernent directement le travail des infirmières.Il est notamment question de leur déléguer davantage de tâches réservées présentement aux médecins généralistes, afin de faire de certaines d\u2019entre elles des «gestionnaires de cas» et des «infirmières de pratique avancée».«Nous sommes conscients que les patients affligés d\u2019une maladie chronique doivent être sortis des milieux spécialisés et être soignés dans un environnement moins complexe, comme leur domicile, dit Dominique Paulus.C\u2019est là que les infirmières et les paramédicaux occuperont une place prépondérante et croissante.Nous assisterons à une évolution du profil des infirmières qui seront habilitées à combiner les aspects sociaux, médicaux et environnementaux des soins à apporter aux patients.» En cela, ajoute-t-elle, le Québec s\u2019est révélé être une inspiration pour les Belges.« Vous avez de bonnes initiatives qui allient services sociaux et médicaux.Chez nous, c\u2019est encore séparé», observe-t-elle.Collaboratrice Le Devoir J'adhère! Infirmières et infirmiers autorisés du Québec, vous pouvez maintenant devenir membres de rAIIC.#1 Visitez le de l'AllC au Congres du SIDllEF! Pour 54,95 $* profitez de nombreux avantages : \u2022\tAbonnement à la revue primée infirmière canadienne \u2022\tOccasions exclusives de perfectionnement professionnel \u2022\tAdmissibilité à l'assurance responsabilité professionnelle \u2022\tAvantages intéressants, tels qu'un rabais de 200 $ sur le Programme de certification de l'ANC \u2022\tTarifs préférentiels sur l'assurance et hypothèque et rabais substantiels sur des voyages et des forfaits cellulaires Adhérez à l'association nationale infirmière qui représente le plus grand groupe canadien de professionnels de la santé et contribuez à façonner le système de santé et la profession infirmière au Canada.\u2022taxes en sus Consultez adhesion.cna-aiic.ca ou appelez aujourd'hui le 1-800-361-8404, poste 262! Ensemble, faisons une différence.(à.ASSOCIATION DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS DU CANADA M.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Guérir les maladies et douleurs chroniques ne relève pas seulement du fait de prendre des médicaments.Il faut aussi améliorer certaines habitudes de vie.THEMATIQUE DU CONGRES 2015 Cap sur les maladies chroniques « Le défi des maladies chroniques \u2014 un appel à l\u2019expertise infirmière».Voilà le thème du sixième congrès mondial du Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l\u2019espace francophone (SIDIIEF), présenté du 31 mai au 5 juin au Palais des congrès de Montréal.Plus de 1500 participants en provenance de plus de 30 pays y sont attendus.MARTINE LETARTE Il y a le cancer, le diabète, l\u2019hypertension notamment, mais aussi les enjeux de santé mentale.Les maladies chroniques sont un défi pour les différents systèmes de santé dans le monde et les infirmières ont un rôle à jouer pour le relever.C\u2019est pourquoi le SIDIIEE a décidé de consacrer à ce thème le congrès de son 15® anniversaire.«Le système de santé est conçu autour de l\u2019hôpital qui donne des soins ponctuels et réalise des interventions techniques», indique Gyslaine Desrosiers, la présidente du SIDIIEE Or il y a de plus en plus de maladies chroniques et elles ont besoin d\u2019énormément de suivi.«Les infirmières sont excellentes pour jouer ce rôle, indique l\u2019ex-présidente de l\u2019Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ), qui a amorcé la création du SIDIIEE.Par exemple, nous avons au Québec les infirmières-pivots en oncologie qui assurent la coordination des soins pour les patients atteints de cancer.Il faut continuer à innover, à faire des recherches pour améliorer le suivi des maladies chroniques.» Ce congrès international sera une occasion de présenter les meilleures pratiques.Plusieurs grandes conférences seront présentées avec des experts internationaux.Par exemple, Véronique Thouvenot, directrice du Groupe de travail international Millennia2015 Eemmes et eSanté, en Suisse, parlera de télésanté.Dominique Paulus, du Centre belge d\u2019expertise des soins de santé en Belgique, présentera l\u2019organisation des soins pour les malades chroniques dans son pays.Il sera aussi question de santé mentale.«C\u2019est souvent le parent pauvre dans le système de santé lorsqu\u2019il est question de maladies chroniques, alors nous tenions à présenter des ateliers sur le sujet, indique Gyslaine Desrosiers.Notamment, puisque la Suisse est très avancée dans le domaine, nous avons invité Jérôme Fa-vrod, responsable du Pôle de recherche santé mentale et psychiatrie à l\u2019Institut et Haute Ecole de la santé La Source.» Le congrès sera aussi un heu pour faire rayonner plusieurs acteurs québécois.Par exemple, José Côté, profes-seure à la Faculté des sciences infirmières de l\u2019Université de Montréal, présentera une conférence sur la prévention et la gestion des maladies chroniques.Une journée sera aussi consacrée à la qualité des soins et à la sécurité des patients.Katthyana Aparicio, de l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), abordera la question sous l\u2019angle des systèmes de santé des pays africains.Un forum grand public se tiendra en soirée le 2 juin pour aborder le volet du patient, de ses proches et de la collectivité.«Voir un médecin, recevoir un diagnostic et prendre une pilule, ce n\u2019est pas le modèle gagnant en matière de maladies chroniques, affirme M\u201c® Desrosiers.Il y a beaucoup à faire notamment pour améliorer les habitudes de vie.Notre but avec ce congrès, c\u2019est de nous mobiliser dans la recherche de solutions pour améliorer le système de santé, pour qu\u2019il soit plus performant.Nous souhaitons être un moteur en matière d\u2019innovation.» Collaboratrice Le Devoir {.{.Nous avons au Québec les infirmières-pivots en oncologie qui assurent la coordination des soins pour les patients atteints de cancer.Il faut continuer à innover, à faire des recherches pour améliorer le suivi des maladies chroniques,}} Gyslaine Desrosiers, présidente du SIDllEF LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MAI 2015 J 3 FRANCOPHONIE TROUBLES MENTAUX Infinnier ; im rôle majeur pour le rétablissement LUDIVINE MAGGI Même le meilleur psychiatre du monde aura toujours besoin d\u2019infirmiers compétents pour traiter un patient atteint de troubles mentaux», assure Jérôme Favrod, en p,oste conjoint de professeur à l\u2019Institut et Haute Ecole de la santé La Source et d\u2019infirmier spécialiste clinique dans le service de psychiatrie communautaire du Département de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHLTV), à Lausanne, en Suisse.Spécialiste de la schizophrénie, M.Favrod attribue, entre autres, son intérêt pour ce trouble à la lecture des ouvrages de deux psychiatres, Ronald David Laing et David Cooper, fervents partisans de l\u2019antipsychia-trie.Une théorie visant la disparition des hôpitaux psychiatriques et l\u2019intégration des malades mentaux en tant que citoyens à part entière dans la société.Une vision largement partagée par l\u2019infirmier et qui confirme son engagement au sein d\u2019un service communautaire.L\u2019infirmier, point d\u2019ancrage des patients Plus discret et longtemps dévalorisé au profit de celui des médecins, le travail des infirmiers sert pourtant de pivot en matière de suivi et d\u2019intégration sociale des patients, notamment ceux soignés pour des troubles psychiatriques tels que la schizophrénie.Dans ce service communautaire qui accueille peu de psychiatres, les infirmiers jouent un rôle crucial.Que ce soit pour discuter pendant des heures derrière la porte d\u2019un patient, lui redonner l\u2019espoir d\u2019un avenir meilleur ou l\u2019accompagner dans sa médication, les infirmiers sont un «moyen permettant aux patients de retrouver une vie riche et pleine», selon M.Favrod.Le suivi intensif, les consultations et le soutien à l\u2019emploi ou au retour aux études constituent les trois grandes étapes d\u2019un suivi infirmier pour une personne atteinte de schizophrénie.«La première étape consiste dans l\u2019engagement du patient, déclare-t-il.L\u2019infirmier doit établir un lien SOURCE JEROME EAVROD Jérôme Favrod est professeur et infirmier clinique en psychiatrie communautaire en Suisse.fort avec lui pour l\u2019engager dans le processus de soins.» Certains patients refusent les soins, car ils ne se considèrent pas comme malades.Dans ce cas, les infirmiers ont six mois pour V«accrocher», c\u2019est-à-dire lui faire accepter la maladie.Ensuite, il sera confié à un case manager, un infirmier accompagnateur qui le suivra tout au long du processus de rétablissement.Il l\u2019aidera dans tous les aspects : de la construction d\u2019un projet de vie au contrôle des symptômes, en passant par la médication.«Au début, les patients sont tyrannisés par les voix qu\u2019ils entendent, explique celui dont la spécialité est de leur apprendre à les maîtriser.Par exemple, nous apprenons aux patients à les déclencher, à les arrêter et à leur désobéir.Quand ils comprennent que la désobéissance n\u2019a pas de conséquences, ils vont développer un autre rapport à ces voix.» Outre la maîtrise des voix, les personnes qui vivent avec la schizophrénie doivent aussi composer avec leurs peurs irrationnelles et leurs idées délirantes.Souvent, sortir de chez eux est une véritable épreuve pour les patients.Pour les amener à surmonter leur crainte de l\u2019extérieur, l\u2019infirmier développe des techniques personnalisées pour aider la personne à se promener dans la rue.«La plupart du temps, les malades se sentent persécutés par le regard d\u2019autrui, soutient M.Favrod.L\u2019infirmier va donc se promener à leurs côtés et leur montrer que les gens ne se regardent pas.Il peut aussi s\u2019asseoir avec eux pour leur prouver que personne ne leur porte attention.» C\u2019est ainsi que l\u2019infirmier apprend au patient à faire la distinction entre ce qui dépend de la maladie et ce qui fait partie de lui.«Le délire et les hallucinations font partie de la maladie, mais leur contenu appartient à l\u2019identité du patient», confirme-t-il.Le pari d\u2019une intégration réussie Alors que les patients souffrant de schizophrénie sont souvent désocialisés, l\u2019objectif est de les réintégrer à la société de façon durable.Différentes étapes sont évoquées par le professeur et infirmier : leur apprendre à maîtriser leurs symptômes ou, du moins, à entretenir une relation positive avec eux, les amener à retourner aux études ou sur le marché du travail, les aider à nouer des relations amicales ou sentimentales et enfin à lutter contre l\u2019autostigmatisation.Ces différentes phases permettent au patient de «mener une vie relativement normale».«En ce qui concerne l\u2019emploi, il existe deux grandes méthodes, indique-t-il.Celle dite \u201couverte\u201d dans laquelle l\u2019employeur est au courant de la maladie, ce qui facilite le contact des infirmiers avec eux, et l\u2019autre dite \u201ccouverte\u201d dans laquelle les infirmiers restent en arrière- plan pour accompagner le patient dans l\u2019emploi.» Travailler l\u2019estime de soi est un processus important grâce auquel les personnes atteintes de schizophrénie apprennent à parler et à se présenter positivement.Une étape décisive qui aura aussi des répercussions sur la vie sentimentale des patients.«Certains malades se plaignent d\u2019être seuls, raconte M.Favrod.Les infirmiers doivent donc leur apprendre à courtiser ou tout simplement à se faire des amis.» Toutefois, une intégration réussie passe par la mise en place de programmes thérapeutiques adéquats, mais il souligne la résistance de la psychiatrie à investir dans de nouveaux modes opératoires.«Si un directeur d\u2019hôpital ne veut pas mettre en place un nouveau traitement contre le cancer, un scandale public va éclater, soutient-il.Par contre, les gens seront beaucoup moins choqués si un directeur ne développe pas un nouveau programme destiné aux patients atteints de schizophrénie.De manière générale, cette maladie est considérée comme chronique.Les gens se demandent alors pourquoi la traiter.» Une terminologie que ne partage pas M.Favrod, qui ne considère pas la schizophrénie comme une maladie chronique.«Dès qu\u2019on introduit la notion de chronicité, cela signifie qu\u2019on \u201cest la maladie\u201d et cela enlève tout espoir.Par exemple, on est diabétique, mais on a la grippe.Il en est de même avec la schizophrénie.C\u2019est une maladie qu\u2019on ne peut pas \u201cêtre\u201d, en revanche, c\u2019est une maladie qu\u2019on a.Dans ma lutte contre la stigmatisation, je la définis comme une maladie compliquée, mais dont on peut se rétablir», explique-t-il.Un rétablissement qui ne pourrait se faire sans le travail des infirmiers, véritable réponse humaine à la maladie dans le suivi et l\u2019intégration sociale des patients.Le service de psychiatrie communautaire dans lequel exerce M.Favrod accomplit cette tâche au quotidien.Collaboratrice Le Devoir Les infirmières-pivots au cœur de la lutte contre le cancer Les patients apprécient les infirmières-pivots, qui, malgré tout, demeurent encore trop peu nombreuses MARIE LAMBERT-CHAN L> infirmière-pivot porte ' bien son nom : c\u2019est autour d\u2019elle que gravitent les professionnels en oncologie et que s\u2019organisent les soins prodigués aux patients.Ses rôles sont multiples : elle évalue les besoins de la personne atteinte de cancer et de ses proches; elle coordonne les soins; elle donne des renseignements au patient et à sa famille au sujet de la maladie, des traitements, des effets secondaires, de la gestion des symptômes et des ressources disponibles, en plus de les soutenir dans cette épreuve.«Elle est incontournable», déclare Dominique Tremblay, chercheuse au Centre de recherche de l\u2019Hôpital Charles-Le-Moyne, qui a étudié les répercussions du travail de l\u2019infirmière-pivot.A preuve, les individus qui sont entrés en relation avec une infirmière-pivot dans les deux semaines ayant suivi l\u2019annonce d\u2019un diagnostic de cancer perçoivent de façon beaucoup plus positive leur expérience de soins en oncologie, a découvert la chercheuse après avoir interviewé 538 patients.Encore mieux: ceux qui ont discuté avec une infirmière-pivot dans les 48 heures après avoir appris la terrible nouvelle ont manifesté moins de détresse ainsi qu\u2019une meilleure capacité à identifier leurs besoins.L\u2019Enquête québécoise sur la qualité des services de lutte contre le cancer 2013 est arrivée à une conclusion similaire: «[.] les patients s\u2019étant fait assigner une IPO (infirmière-pivot) sont plus susceptibles d\u2019évaluer comme excellente ou très bonne la qualité des soins et services reçus dans leur ensemble [.]», peut-on y lire.Comment expliquer une telle réussite?L\u2019infirmière-pivot est la pierre d\u2019assise des équipes interdisciplinaires en cancérologie, formées en moyenne de sept ou huit professionnels: oncologue, pharmacien, nutritionniste, infirmière, psychologue, travailleur social, physiothérapeute, etc.«Sa position lui permet de bien informer ses collègues au sujet de chaque patient et ainsi d\u2019assurer à ces derniers une meilleure prise en charge», fait remarquer Mme Tremblay, qui travaille aussi comme professeure adjointe à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l\u2019Université de Sherbrooke.Appréciées, mais débordées Les infirmières-pivots ont été introduites dans les services L\u2019infirmière-pivot est la pierre d\u2019assise des équipes interdisciplinaires en cancérologie d\u2019oncologie en 2001, dans la foulée de l\u2019implantation du Programme québécpis de lutte contre le cancer.A l\u2019heure actuelle, les hôpitaux du Québec en comptent 243, dont 218 à temps plein.Un nombre insuffisant au regard des 50 000 nouveaux cas de cancer diagnostiqués chaque année au Québec \u2014 sans compter les récidives.«Les infirmières-pivots ont du mal à répondre à la demande et doivent prioriser, observe Carmen G.Loi§elle, professeure agrégée à l\u2019École des sciences infirmières Ingram et au Département d\u2019oncologie de l\u2019Université McGill.Dans certains hôpitaux, elles travaillent seulement avec les patients ayant des besoins complexes, comme des problèmes de santé mentale ou une situation familiale difficile.» Résultat: tous les patients n\u2019ont pas un accès équitable à une infirmière-pivot.«À Montréal, il n\u2019existe pas de poste d\u2019in-firmière-pivot à temps plein assignée aux adultes atteints de cancer et âgés de 18 à 39 ans, donne en exemple Carmen G.LoiseUe, qui agit aussi à titre de codirectrice et de chercheuse principale au Centre du cancer Segal de l\u2019Hôpital général juif.Par ailleurs, on retrouve davantage d\u2019infirmières-pivots pour soigner certains types de cancer, comme celui du sein.A l\u2019inverse, elles sont moins nombreuses auprès des patients souffrant du cancer de la thyroïde.» Par chance, plusieurs infirmières exécutent les mêmes tâches que leurs collègues-pivots sans toutefois porter le même titre.«Elles ont des rôles plus ciblés et plus ponctuels dans la trajectoire de la maladie, précise Loiselle.Ainsi, l\u2019une sera présente lors du dépistage et une seconde prendra le relais quand viendra le temps de commencer les traitements.» Le défi de la formation Selon Dominique Tremblay, la formation des infirmières appelées à oeuvrer en oncologie, qu\u2019elles soient pivots ou assignées aux soins généraux, est un enjeu préoccupant: «Elles doivent suivre une formation ciblée afin d\u2019acquérir les outils pour bien naviguer dans un univers où les besoins des patients se complexifient et où les percées scientifiques se succèdent à une vitesse fulgurante.» C\u2019est pourquoi Dominique Tremblay est convaincue qu\u2019une formation initiale de premier cycle est essentielle pour les futures infirmières engagées dans les soins généraux en oncologie.«Certaines infirmières auront aussi besoin d\u2019une formation plus poussée pouvant se traduire par une formation universitaire de Pour des soins à échelle hunnaine deuxième cycle, une certification en spécialité ou encore de la formation continue», ajoute-t-elle.Carmen G.Loiselle constate aussi le besoin de formation continue chez les infirmières en cancérologie.« Elles passent un temps fou sur Internet pour garder leurs connaissances à jour», dit-elle.En octobre 2014, la Direction québécoise en cancérologie a annoncé le déploiement du Programme de formation en ligne pour les infirmières-pivots en oncologie \u2014 offert également à tous les professionnels de la santé travaillant auprès des personnes atteintes de cancer.« C\u2019est un pas dans la bonne direction, mais il faut en faire davantage», estime Carmen G.Loiselle.Collaboratrice Le Devoir GOSIA WOZNIACKA ASSOCIATED PRESS Les individus qui sont entrés en relation avec une infirmière-pivot dans les deux semaines ayant suivi l\u2019annonce d\u2019un diagnostic de cancer perçoivent de façon beaucoup plus positive leur expérience de soins en oncologie, comme le démontre une étude.LE SAVOIR EST LA Marie Mc Andrewet/eguipeJuCRIES La réussite éducative des élèves issus de l\u2019immigration Dix 9ns de recherche et d\u2019intervention 9U Quebec m esdel UniveisitedeMontK Claude Villeneuve Hubert Doucet La famille et les troubles émotionnels des jeunes L\u2019ethique clinique Pour une approche relationnelle dans les soins es de I Univeisite de Montie Les Presses de l'Université de Montréal www.pum.umontreal.ca DISPONIBLES EN CAO/ VERSION NUMÉRIQUE À DU /O DU PRIX PAPIER f/ûL FEDERATION INTERPROFESSIONNELLE DE LA SANTÉ DU QUÉBEC LA FIQ PASSE À L\u2019ACTION POUR DE MEILLEURS SERVICES DE SANTÉ ET DE MEILLEURS SOINS sortonsducadre.info/echelle-humaine/ J 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MAI 2015 FRANCOPHONIE Faire reconnaître la contribntion des soins infirmiers Des centaines de professionnels participeront au troisième Symposium sur la qualité des soins et la sécurité des patients EMILIE CORRIVEAU Le 2 juin prochain, à l\u2019occasion du Congrès mondial des infirmières et infirmiers francophones, des centaines de professionnels de la santé se réuniront au Palais des congrès de Montréal pour prendre part au troisième Symposium sur la qualité des soins et la sécurité des patients.Ayant fait de la question un enjeu prioritaire et venant tout juste de faire paraître un mémoire sur le sujet, le Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l\u2019espace francophone (SIDIIEF) profitera de l\u2019événement pour amorcer les échanges et faire connaître ses recommandations.D\u2019après l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), à l\u2019échelle internationale, près d\u2019un patient sur dix est victime d\u2019erreurs iatrogènes ayant des conséquences directes sur son état de santé.Ces impairs peuvent prendre la forme d\u2019une intervention injustifiée, d\u2019une faute médicale ou de l\u2019ahsence de soins appropriés.Ils engendrent plusieurs conséquences néfastes: décès prématuré, perte de la qualité de vie, perte de travail à court et à long terme et charge accrue pour les familles et les proches aidants.En matière de coûts, le fardeau économique de l\u2019iatrogénie est également important, et ce, partout dans le monde.En effet, selon l\u2019OMS, environ 10% des dépenses de santé to- tales des pays seraient imputables au manque de sécurité.« On a donc tout intérêt à réduire l\u2019incidence de ces événements et à améliorer la qualité des soins offerts», relève M\u201d® Hélène Salette, secrétaire générale du SIDIIEE Mais le défi est de taille.Car, dans le contexte mondial actuel, alors que nombre de pays cherchent à atteindre un rapport coût-efficacité optimal pour faire face à la pression presque insoutenable que crée la demande de soins de plus en plus sophistiqués sur les finances publiques, plusieurs Etats réforment leurs façons de faire en basant leurs décisions sur des considérations économiques sans réellement prendre en compte les résultats des soins.Aussi, bien qu\u2019il reconnaisse l\u2019importance du contrôle des coûts des services de santé, le SIDIIEE estime que la recherche de performance et la poursuite de la qualité des soins devraient être des objectifs convergents plutôt qu\u2019opposés.Il juge également nécessaire d\u2019établir la contribution de la profession infirmière à la performance des systèmes de soins de santé, notamment en mettant en relief la valeur économique d\u2019une pratique infirmière de qualité.«La profession infirmière a très souvent été victime de restrictions budgétaires et ça s\u2019est souvent avéré préjudiciable pour les patients, leurs proches et la communauté », indique M\u201d® Salette.«Il faut savoir que, partout dans le monde, la profession infirmière regroupe les professionnels qui assurent plus de services de santé que tout autre type de fournisseur, tout au long du continuum de soins, poursuit-elle.Il est connu que les effectifs nationaux d\u2019infirmières représentent en général presque 40 % de la masse salariale des dépenses en santé dans les pays développés.Parce qu\u2019elle représente une large part des dépenses en salaires et parce que son travail est perçu comme un appui au service médical, la profession infirmière devient la cible de tentatives répétées de rationalisation, sans que l\u2019impact de ces mesures soit bien analysé du point de vue de la sécurité des patients, de la qualité des soins et de l\u2019efficacité à long terme du système de santé.» Recommandations principales D\u2019après le SIDIIEE, pour que la profession infirmière cesse d\u2019être considérée comme une dépense et que les décideurs la perçoivent davantage comme un levier ayant la capacité de stimuler l\u2019efficacité et l\u2019efficience des systèmes de santé, il importe d\u2019abord et avant tout que sa contribution à la sécurité des patients et à la qualité des soins soit mesurable.«Sans définir les éléments de corrélation entre la volumétrie et la qualité des soins, les mécanismes décisionnels qui sont derrière la planification des effectifs infirmiers vont demeurer flous et arbitraires.Comme on ne connaît pas le seuil critique d\u2019adéquation des effectifs, la planification des soins infirmiers a tendance à se faire sans prospective», précise M\u201c® Salette.Pour y parvenir, le SIDIIEE propose d\u2019intégrer aux grandes bases de données internationales des indicateurs de qualité sensibles aux soins infirmiers.Il faut savoir que, depuis le milieu des années 1940, la Classification internationale des maladies (CIM) constitue le noyau dur des bases de données permettant de générer des statistiques médico-administratives et épidémiologiques.La majorité des pays membres de l\u2019OMS ont recours à la CIM.Toutefois, cette banque de données ne codifie pas les indicateurs jugés sensibles aux soins infirmiers (plaies de pression, erreurs d\u2019administration de médicament, infections urinaires par cathéter, chutes, durées du séjour hospitalier et réadmissions).« Ce que souhaite le SIDIIEF, c\u2019est que la CIM devienne l\u2019outil privilégié pour intégrer les indicateurs reconnus pour être sensibles aux soins infirmiers, puisque les administrations sanitaires de tous les pays l\u2019utilisent.Ça nous permettrait d\u2019obtenir des comparaisons internationales, donc une vision plus globale de la situation, et ça aiderait le développement des bonnes pratiques », confie M\u201d® Salette.Egalement, le SIDIIEF souhaite que le potentiel des effectifs infirmiers soit mieux exploité.S\u2019appuyant sur la littérature qui s\u2019intéresse à la valeur économique de l\u2019infirmière, il fait valoir que, pour améliorer leur performance, les systèmes de santé devraient miser davantage sur la profession, notamment sur la portée du champ d\u2019exercice infirmier et sur l\u2019introduction de rôles infirmiers de pointe.Il rappelle que les pays les plus performants sur le plan de la qualité et de l\u2019efficacité des soins sont ceux qui n\u2019ont pas hésité à élargir les rôles professionnels infirmiers dans un nouveau partage des responsabilités entre les médecins et les infirmières.«Le redéploiement des responsabilités oblige les systèmes de santé à revoir leur définition de la première ligne, note M\u201c® Salette.Il les force à se questionner sur l\u2019accessibilité aux soins et sur leurs façons de faire.Le résultat, c\u2019est que, après ce processus, les systèmes en ressortent mieux adaptés aux réalités actuelles.» Si la création d\u2019une banque de données internationales comprenant des indicateurs sensibles aux soins infirmiers et l\u2019élargissement des rôles professionnels infirmiers constituent le noyau de sa proposition pour améliorer la qualité des soins et la sécurité des SOURCE SIDIIEF Hélène Salette, secrétaire générale du SIDIIEF patients, le SIDIIEF formule quelques autres recommandations satellites.Celles-ci se retrouvent dans le mémoire que vient de faire paraître l\u2019organisation (téléchargeable sur son site Internet) et seront abordées lors du Symposium sur la qualité des soins et la sécurité des patients, prévu le 2 juin prochain.Collaboratrice Le Devoir Le cas africain : quels enjeux pour les systèmes de santé ?EMILIE CORRIVEAU Si assurer la sécurité des patients se révèle être depuis toujours un défi de taille en Afrique, la récente flambée de la maladie à virus Ebola a clairement mis en lumière la faiblesse des systèmes de santé de certains de ses pays.Dans qn contexte oû plusieurs Etats du continent africain, particulièrement ceux frappés par la récente crise, peinent à fournir des services de base aux collectivités les plus vulnérables, quelles actions doivent être réalisées pour y induire une amélioration sensible de la qualité des soins ?Entretien avec l\u2019administratrice du programme Partenariats africains pour la sécurité des patients (APPS) de l\u2019Organisation mondiale de la santé, M\u201d® Katthyana Apari-cio, qui présentera à Montréal une conférence sur la question, le 2 juin prochain, à l\u2019occasion du Congrès mondial des infirmières et infirmiers francophones.Travaillant au sein de TOMS depuis 2006 et responsable depuis 2013 du réseau francophone d\u2019APPS, M\u201d® Aparicio connaît fort bien la question sanitaire africaine.Si elle insiste sur le fait qu\u2019assurer la sécurité des patients et la qualité des soins se révèle être un défi important de dimension mondiale, elle signale qu\u2019en Afrique, particulièrement dans les pays les plus pauvres, la situation est atterrante.«Entre 2009 et 2012, nous avons conduit des études sur la prévalence des infections associées aux soins.Les résultats nous donnent un bon indice de l\u2019état des lieux.Des hôpitaux dans certains pays africains ont signalé des taux très élevés.Au Mali, nous étions à 18,9% d\u2019infections associées aux soins.En Tanzanie, c\u2019était 14,8 %o, et en Algérie, 9,8%.Les patients ayant subi des interventions chirurgicales étaient en général les plus touchés.» Des facteurs conjugués D\u2019après M\u201d® Aparicio, la prévalence élevée des infections associées aux soins s\u2019explique par un ensemble de facteurs qu\u2019il est difficile de dissocier.Mais, ce que relève d\u2019emblée l\u2019administratrice de l\u2019OMS, c\u2019est que la plupart des pays africains ne disposent pas d\u2019une politique nationale en matière de sécurité des pratiques et des soins de santé.L\u2019insuffisance du financement et l\u2019absence de systèmes d\u2019appui essentiels \u2014 notamment REBECCA VASSIE ASSOCIATED PRESS La plupart des pays africains ne disposent pas d\u2019une politique nationale en matière de sécurité des pratiques et des soins de santé.des stratégies et des lignes directrices, qui sont d\u2019importants outils pour assurer la sécurité des patients \u2014 finissent par constituer de sérieuses entraves à la prestation de soins sécuritaires.On a pu constater les conséquences de cette absence de politique nationale lors de la récente crise du virus Ebola.«En Guinée, par exemple, il a fallu près de trois mois aux représentants de la santé et à leurs partenaires internationaux pour identifier le virus Ebola comme l\u2019agent étiologique de la maladie.Pendant ce temps, le virus était solidement implanté et la propagation était prête à exploser.Tout ce qui aurait dû se faire, le diagnostic, l\u2019isolement des patients, le traitement, le traçage des individus qui ont été en contact avec les malades et, finalement, l\u2019enterrement sécurisé, n\u2019a pas du tout été fait par les premières instances.Ça explique que le virus s\u2019est propagé à une telle vitesse et ça démontre la faiblesse de tout le système de santé», relève M\u201c® Aparicio.L\u2019insuffisance de ressources humaines joue également un rôle important dans la prévalence des infections liées aux soins.Encore une fois, le cas du virus Ebola démontre à quel point une pénurie d\u2019agents de santé peut avoir une incidence grave sur la sécurité des patients.Il faut savoir que les trois pays qui ont le plus été touchés par le virus, soit la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, ne disposaient que d\u2019un ou deux médecins pour 100 000 habitants lors du déclenchement de la crise.En comparaison, au Canada, on compte environ 220 médecins par tranche de 100 000 personnes.«A cela s\u2019ajoutent le faible état de préparation du personnel et le manque d\u2019éducation professionnelle, qui constituent une source deprave préoccupation pour les Etats africains.Le personnel de santé est très souvent exposé lui-même aux infections causées par des agents pathogènes.Si on prend à nouveau l\u2019exemple de la maladie à virus Ebola, les établissements de santé des trois pays les plus touchés ne possédaient même pas de gants; les agents de santé étaient donc très exposés.Cela démontre à quel point la protection du personnel reste un défi majeur», soutient M\u201d® Aparicio.Préférant profiter de la crise du virus Ebola pour inciter les décideurs africains et leurs partenaires à améliorer leurs façons de faire plutôt qu\u2019à verser dans la réprimande, TOMS travaille déjà au développement des plans nationaux de santé des pays les plus touchés et à la reconstruction de leurs systèmes sanitaires pour les rendre plus résilients.Vers l\u2019amélioration des pratiques «L\u2019amélioration de la qualité des soins requiert des systèmes de santé bien conçus pour réduire au minimum les risques pour les patients et pour le personnel de santé.Il faut privilégier une approche globale pour garantir la participation optimale de toutes les parties concernées, et c\u2019est ce sur quoi nous travaillons.Ce processus associe bien sûr les gouvernements et les décideurs politiques, mais aussi les gestionnaires des établissements de santé, le personnel, les patients, les familles et la collectivité», note l\u2019administratrice de TOMS.L\u2019approche adoptée par l\u2019organisation est celle qui a été développée par APPS et qui a déjà connu certains succçs sur le continent africain, en Ethiopie notamment.De type bot- a.L\u2019amélioration de la qualité des soins requiert des systèmes de santé bien conçus pour réduire au minimum les risques pour les patients et pour le personnel de santé )) Katthyana Aparicio, administratrice du Programme partenariats africains pour ia sécurité des patients (APPS) de i\u2019OMS tom-up, elle se base sur la création et le maintien de partenariats entre des établissements de santé africains et européens et vise à favoriser la dissémination des meilleures pratiques entre établissements et individus au même niveau ou à des niveaux différents.Douze domaines d\u2019action sont ciblés, dont la prévention et le contrôle des infections, la gestion des déchets et l\u2019optimisation de la sécurité pendant les chirurgies.Si l\u2019organisation parvient à ses fins, d\u2019ici quelques années, les pays qui ont été les plus durement touchés par les épidémies d\u2019Ebola pourraient bien devenir des exemples de résilience pour les autres États africains.«On vise une reconstruction durable qui assurera la pérennité des systèmes de santé en Afrique, conclut M\u201c® Aparicio.Ce que nous voulons, c\u2019est que les pays auxquels nous apportons notre aide puissent un jour faire face aux crises sans devoir faire appel à la communauté internationale.Et, quand la volonté d\u2019améliorer la sécurité des patients se conjugue à l\u2019engagement des parties prenantes, des ministères et des décideurs politiques, les choses peuvent aller très vite.C\u2019est ce que nous souhaitons.» Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MAI 2015 J 5 FRANCOPHONIE HUSSEIN MALLA ASSOCIATED PRESS Tour du moude de la pratique infirmière Francine, Ljiljana, Odette, sœur Françoise.Elles ont toutes débuté leur carrière comme «simple» infirmière.Aujourd\u2019hui, elles occupent des postes de direction et font avancer la cause.Chacune à sa manière et, surtout, selon sa réalité quotidienne.Quatre superinfirmières lauréates du Prix Reconnaissance du Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l\u2019espace francophone (SIDIIEF).TEXTES DE SOPHIE SURANITI « Chaire » proche aidant L\u2019importance de la recherche Francine Ducharme En 1998, la Faculté des sciences infirmières de l\u2019Université de Montréal a lancé une chaire philanthropique en soins infirmiers à la personne âgée et à la famille.Une première au Canada.En 2000, à la suite d\u2019un don majeur, la chaire ajoute «Desjardins» à son libellé.Francine Ducharme sera la première à en bénéficier et à y consacrer quinze années de recherche.Population vieillissante en croissance, système de santé qui serre la vis de toutes parts : nous allons tous être, à plus ou moins long terme, un proche aidant.Que ces personnes âgées demeurent à domicile ou soient placées dans des établissements spécialisés, devenir proche aidant requiert de bonnes connaissances du système québécois, une clairvoyance dans le partage des responsabilités familiales, une aptitude aussi au lâcher-prise pour préserver une certaine qualité de vie.Entre autres.Car la liste des superpouvoirs des proches aidants est longue.Tout comme celle du revers de la médaille.On observe en effet chez ces derniers beaucoup de problèmes de santé, notamment mentaux.«On ne veut pas de deux [malades] pour un ! Les familles sont vraiment précieuses.C\u2019est pourquoi il faut les soutenir», s\u2019anime à l\u2019autre bout du fil la chercheuse, profitant d\u2019une pause du colloque.Après avoir exploré le sujet de long en large et évalué diverses approches novatrices, Francine est arrivée à l\u2019étape de valorisation de ses travaux, phase ô combien jubilatoire : la diffusion de la « bonne nouvelle» auprès du personnel soignant, des relais communautaires, etc.Au Québec, mais aussi en Suisse, en Belgique, en France, où déjà certaines formations sont mises en place à travers des programmes de soutien et d\u2019apprentissage découlant de son expertise.Bien sûr, il reste encore du chemin à parcourir.Le rôle politique de l\u2019infirmière, insuffisamment déve- loppé, selon Francine, en fait partie.Pour celle qui est montée plusieurs fois au front, à savoir en commission parlementaire, l\u2019engagement politique est important.«En tant qu\u2019in-firmières, nous avons un rôle politique à jouer.Nous sommes encore trop silencieuses.Les infirmières doivent s\u2019engager.» 11 est vrai que la pénurie de médecins se révèle être une occasion pour la profession, mais les infirmières ont toujours été importantes dans le système, et ce, quels que soient les vides existants.«La discipline infirmière reste encore méconnue, sous-estimée.Nous avons encore beaucoup de travail à accomplir pour nous faire connaître.La recherche est une voie privilégiée pour cela, car elle permet de bien documenter la profession.» La chaire de Francine se termine le 31 mai 2015.Quelle est la suite pour cette chercheuse accomplie?«Je viens d\u2019être nommée doyenne de la Faculté des sciences infirmières de l\u2019Université de Montréal.Quel beau et nouveau défi!» Collaboratrice Le Devoir Directrice des soins et conseillère technique régionale à l\u2019Agence régionale de santé en Ile-de-France, Ljiljana Jovic se réjouit de l\u2019avancée de la recherche en sciences infirmières en France.Poiu celle qui a planché sur la place de la clinique dans les soins infirmiers dans le cadre de son doctoraf la recherche est un moyen d\u2019améliorer les pratiques de soins.«Am sein de l\u2019Association de recherche en soins infirmiers, nos actions ont longtemps été axées sur la recherche appliquée.Comme elle est aujourd\u2019hui reconnue, nous sommes plus dans la partie recherche fondamentale», explique Jovic, membre du conseil d\u2019administration depuis la création de fassociation, en 1983, et présidente depuis 2006.En France, la récente réforme des études d\u2019infirmières, en plus d\u2019aider à structurer la profession, a largement contribué à cette reconnaissance.Auparavant, la formation des infirmières correspondait à une formation professionnelle.Avec le changement de référentiel entré en vigueur depuis septembre 2009, les étudiantes obtiennent leur diplôme validant les Ljiljana Jovic trois années de formation initiale ainsi qu\u2019un grade universitaire (licence) leur permettant de poiusuivre leius études à l\u2019université jusqu\u2019au doctorat comme dans n\u2019importe quelle autre filière.Cette nouvelle génération de diplômées, dont les premières cohortes sont sorties en 2012, a inauguré le processus d\u2019universitarisa-tion de la profession.Depuis, de plus en plus d\u2019infirmières s\u2019inscrivent à un doctorat en sociologie, en sciences de l\u2019éducation, en épidémiologie, en santé publique, etc.La progression de la recherche en sciences infirmières est le fruit d\u2019actions menées par certains établissements hospitaliers universitaires qui organisent des journées de recherche, ainsi que du travail collaboratif.Mme Jovic j-ggje p-ès humble, mais, si l\u2019j^sodation de recherche en soins infirmiers s\u2019impose comme un incontournable avec ses publications, ses formations ou ses journées d\u2019étude, c\u2019est en partie grâce au travail de cette dernière depuis plus de 30 ans.Par ailleurs, le financement de certains programmes par le ministère de la Santé a beaucoup fait progresser la cause de la recherche en France.L\u2019utilisation de l\u2019hypnose, la gestion du stress, faccompagne-ment en soins palliatifs: autant de projets variés en recherche clinique, médicale ou paramédicale qui en bénéficient chaque année.Enfin, depuis 2010, à l\u2019initiative de FAssocia-tion de recherche en soins infirmiers, les infirmières titulaires d\u2019un doctorat ou doctorantes sont réunies au sein du Réseau des infirmiers (ères) docteur en sciences (ResIDoc).Un réseau qui favorise les rencontres et les échanges entre professionnels ayant suivi un parcours universitaire et qu\u2019anime M\u201c® Jovic.«L\u2019un des objectijs est de réinvestir dans les soins infirmiers les formations universitaires et de développer les sciences infirmières.» Une boucle d\u2019expertises qui se boucle et nourrit un contexte de recherche évolutif.Collaboratrice Le Devoir La grande réforme En République démocratique du Congo, la profession infirmière est à deux doigts d\u2019obtenir la révision, la reconnaissance et la valorisation de son statut.Un cheval de bataille pour la création d\u2019un ordre professionnel, auquel participe Qdette Mwamba Banza comme déléguée de la profession infirmière au Conseil économique et social, directrice des soins infirmiers de la Clinique Ngaliema.«Dans notre pays, la profession infirmière rencontre beaucoup de problèmes.A l\u2019heure actuelle, nous sommes encore gérées par une loi qui a plus de 50 ans», explique Qdette.Cette loi de 1852 qui organise les services de santé consi- dère les infirmières comme de simples auxiliaires du médecin, alors qu\u2019elles fonctionnent comme une profession à part entière sur le terrain.Les infirmières congolaises se battent donc pour réglementer leur profession, obtenir de la reconnaissance.«Nous voulons que les choses soient officialisées.Nous ne voulons plus de confusion de qui est qui et qui fait quoi.» Structurer la profession permettra ainsi de clarifier le rôle et les responsabilités de chacun, le système de santé congolais étant déficient (laissés aux initiatives privées, les prix des soins sont, par exemple, très variables d\u2019un établissement à Fautre).La requête Pour une oeuvre de santé Au Liban, le contexte reste difficile.Le pays est sans président depuis mai 2014, la situation économique vacille, l\u2019afflux de réfugiés syriens déstabilise et la promiscuité des 17 communautés religieuses présentes sur le territoire demeure délicate.Le système de santé ?Fragilisé lui aussi, il garde le cap malgré tout, grâce à des gens dévoués comme sœur Françoise Bakhache.En faif il n\u2019existe aucune politique de santé nationale, aucun programme de santé publique, même s\u2019ils font partie des intentions de FEtat.Le système de santé libanais repose sur des initiatives privées : hôpitaux, centres de santé, instituts de formation.Tous privés.Il existe bien quelques établissements publics, mais ils ne couvrent pas tous les besoins.Les infirmières au Liban béné- ficient d\u2019une formation de niveau universitaire : licence, maîtrise et doctorat.Depuis 2003, elles ont aussi un ordre professionnel qui défend leius droits, améliore leurs conditions de travail, tente de stopper l\u2019hémorragie migratoire (beaucoup de jeunes professionnels quittent le pays, dont des infirmières) et veille au bien-être des patients.Pour sœur Françoise Bakhache, qui a décidé d\u2019embrasser la foi religieuse en plus de sa foi professionnelle, être une infirmière libanaise en 2015 reste malgré tout un défi «merveilleux et excitant, car toutes les énergies sont mobilisées».Les infirmières sont à l\u2019avant-garde dans les formations, dans l\u2019acquisition des compétences et dans leur rôle présentant la réforme de la loi, présentée auprès du gouvernement, vient d\u2019être acceptée.«Nous sommes maintenant à pied d\u2019œuvre pour que la réforme soit présentée au Parlement pour adoption », précise Qdette.L\u2019ordre professionnel deviendrait l\u2019organe de réglementation, un auxiliaire de l\u2019Etat chargé du contrôle de la profession dans le pays.Si tout avance comme le souhaite Qdette, d\u2019ici à la fin de l\u2019année 2015, l\u2019officialisation de l\u2019ordre professionnel pourrait être annoncée.Un autre grand dossier qui a également nécessité beaucoup de doigté dans sa Odette Mwamba Banza Sœur Françoise à tenir auprès des équipes de santé pluridisciplinaires.D\u2019ailleurs, le premier programme de formation mis en place par sœur Françoise en 1985, pour pallier la pénurie d\u2019infirmières, a été repris dans presque tous les hôpitaux libanais.Ce programme de formation pour cadres et infirmières permet l\u2019acquisition de compétences et d\u2019habiletés pour exercer dans tous les champs d\u2019activité des soins infirmiers.«Nous travaillons fort pour avancer avec les moyens disponibles.» Sœur Françoise Bakhache vient de quitter la direction des soins infirmiers de FHôtel-Dieu en France pour occuper un poste similaire à l\u2019Hôpital Saint-Charles.«Je recommence à organiser et à mettre en œuvre les mise en œuvre concerne les pratiques en salle d\u2019accouchement de la Clinique Ngaliema, que dirige Qdette.Cette clinique, qui existe depuis 1928, a fonctionné jusqu\u2019en 1990 avec la coopération belge.Depuis, elle est passée totalement sous gestion congolaise.«Les hôpitaux qui ne bénéficient pas de subventions de l\u2019Etat doivent fonctionner avec des fonds propres.D\u2019où les difficultés.On essaie de s\u2019organiser avec ce qu\u2019on a», déplore Qdette.Malgré le manque de moyens criant, celle qui est reconnue pour son dynamisme et son leadership a réussi à processus de formation pour améliorer et mettre en place des structures plus modernes, plus performantes, en vue d\u2019une meilleure qualité des soins.» Au Liban, poursuit-elle, il y a toujours ce désir d\u2019aller de l\u2019avant.Comme une force de résilience.Sœur Françoise rappelle aussi que chaque pays a un contexte qui lui est propre.Le système de santé doit donc être adapté au contexte.Les solutions importées, toutes faites, très peu pour elle.«Certaines caractéristiques libanaises correspondent peut-être à celles d\u2019un pays sous-développé.Mais, en ce qui concerne la profession d\u2019infirmière, nous ne le sommes pas du tout! Nous sommes fiers de notre profession et nous continuerons à nous battre pour la faire évoluer et rayonner.» Collaboratrice Le Devoir mettre en place un projet de renforcement des compétences infirmières accoucheuses au sein de la clinique, de 2009 à 2011.Changer certaines pratiques ne va pas de soi, autant du côté du personnel soignant que des patients.Mais, à la Clinique Ngaliema, depuis l\u2019application du projet, le père assiste à l\u2019accouche- ment, il coupe le cordon ombilical (laissé à l\u2019air libre) du bébé, le bébé placé sur le ventre de sa maman.De grandes avancées.«Nous sommes le moindre mal», répète Qdette.Qn ne lui souhaite que du bien pour ses futures batailles.Collaboratrice Le Devoir L\u2019Université du Québec Bien engagée dans le secteur de la santé et des services sociaux 6 500 étudiants en santé et services sociaux Près de 80 programmes d\u2019études aux trois cycies 16% des budgets de recherche 28% de ia production scientifigue 48 chaires de recherche en santé, dont 28 du Canada [CRC] 5 étabiissements offrant des formations en sciences infirmières (UQTR, UQAC, UQAR, UQO et UQAT] A Rimouski Saguenay Rouyn-Noranda O Québec Trois-Rivieres Gatineau Montreal 9 Université du Québec à Montréal ^ Université du Québec à Trois-Rivières 0 Université du Québec à Chicoutimi 9 Université du Québec à Rimouski ^ Université du Québec en Qutaouais \"Ê Université du Québec 9 Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue ^ Institut national de la recherche scientifique 9 École nationale d\u2019administration publique 9 École de technologie supérieure ^ Télé-université CONGRES MONDIAL SlDllEf SECRETARIAT IINTERNATIONAE DES INEIRIVIIERES ET INFIRIVIIERS DE L'ESPACE ERANCOPHONE Défi cl6S MALADIES CHRONIQUES un appel à l\u2019EXPERTISE INFIRMIERE congres-sidiief.org 31 MAI AU 5 JUIN 2015 Palais des congrès de Montréal Partenaire majeur La Capitale Assurance et services financiers Valoriser ressentiel Avec la collaboration de Ordre des infirmières et infirmiers du Québec Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de i'Est-de-i'îie-de-Montréai Québec El El Formation accréditée par Membre du Consortium de Montréal comprenant Faculté des sciences infirmières Créez le rythme »»» A Université de Montréal n CHU Sainte-Justine Le centre hospitalier universitaire mère-enfant CHUM V V Université de Montréal A Centre hospitalier de l'Université de Montréal "]
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