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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-05-09, Collections de BAnQ.

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[" Science L\u2019ADN est devenu un outil pour démasquer les criminels Page b 6 Michel David Le plus dur est à venir pour Pierre Karl Péladeau Page b 3 Manon Cornellier Omar Khadr a survécu à l\u2019acharnement Page b 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MAI 2015 Grande-Bretagne Une victoire personnelle pour David Cameron CHRISTIAN RIOUX à Londres David Cameron aura donc réédité l\u2019exploit de John Major.Le successeur de Margaret Thatcher avait obtenu une courte majorité en 1992 malgré des sondages mettant les travaillistes en avance.Jeudi, les organisateurs tories espéraient secrètement susciter un sursaut chez ceux que l\u2019on nomme ici les «conservateurs honteux» {«shy tories») .C\u2019est ce qui s\u2019est produit dès qu\u2019ils se sont retrouvés seuls dans l\u2019isoloir, offrant à David Cameron une courte majorité de sièges.Avec 329 députés, pour la première fois le premier ministre britannique pourra donc gouverner sans faire de compromis aux libéraux-démocrates, qui partagent le pouvoir avec lui depuis cinq ans.Difficile de ne pas voir dans cette victoire le triomphe personnel d\u2019un homme qui a longtemps été mal aimé dans son propre parti.Avec raison, le premier ministre dit voir dans ce résultat un blanc-seing à l\u2019égard de son programme économique, qui a ramené une légère croissance en Grande-Bretagne et réduit le chômage (6%) malgré une baisse du pouvoir d\u2019achat et un déficit budgétaire (5%) plus important que celui de la France.L\u2019un des slogans conservateurs ne disait-il pas «on ne change pas une équipe qui gagne» ?La peur distillée en fin de campagne de voir les travaillistes minoritaires diriger le pays avec l\u2019appui tacite des indépendantistes du Scottish National Party (SNP) aura probablement aussi porté ses fruits.Un référendum en 2017! Comme l\u2019a rappelé David Cameron sitôt élu, cette élection engage définitivement la Grande-Bretagne sur la voie d\u2019un référendum qui décidera de l\u2019appartenance du pays à l\u2019IInion européenne en 2017.En campagne, le premier ministre a clairement affirmé que rien ne le ferait reculer et qu\u2019un référendum aurait lieu coûte que coûte après une «renégociation des traités».Sa courte majorité risque d\u2019ailleurs de donner La ministre ime voix déterminante aux dé-j \u201eT \u2022\tputés conservateurs d\u2019arrière- de 1 Inteneur, banc, oû l\u2019on trouve un fort Theresa Mav\tcontingent d\u2019eurosceptiques.David Cameron pourra donc a déjà\tse présenter à Bruxelles en af- firmant avoir obtenu un man-annoncé que dat clair afin de réduire la .\t.^\tcontribution britannique à la relation\tl\u2019Union européenne et de rapa- avec l\u2019Écosse\tcompétences.Des demandes pour 1 instant reallait changer\tçues froidement à Bruxelles.Ironie du sorf les indépendantistes écossais pourront revendiquer à peu de chose près la même chose à Westminster.David Cameron devra en effet compter avec un imposant bloc de députés du SNP (56) représentant toutes les circonscriptions écossaises à l\u2019exception de trois.Parmi ces élus, l\u2019ancien chef du SNP, le redoutable Alex Salmond, fait un surprenant retour politique.Celui que la presse avait qualifié de «meilleur politicien du Royaume-Uni» sera à Westminster pour discuter de la nouvelle dévolution promise par David,Cameron, qui disait vendredi vouloir faire de l\u2019Ecosse le «gouvernement avec la délégation de pouvoir la plus forte où que ce soit dans le monde».Vendredi, à Londres, le score historique du SNP semblait presque faire de l\u2019ombre à celui des conservateurs.Pour le chroniqueur du Guardian Martin KetÜe, il s\u2019agissait de «la plus grande révolution électorale [.] depuis que le Sinn Féin a chassé les partisans du home rule en 1918».De nombreux observateurs voient dans cette victoire des indépendantistes le signe que le chef du SNP, la très populaire Nicola Sturgeon, pourrait organiser un second référendum.Surtout sj David Cameron en tient un sur l\u2019Europe.Les Ecossais sont en effet, au Royaume-Uni, les plus fervents partisans de l\u2019Europe.Les travaillistes humiliés Même si le premier ministre se succède à lui-même, cette élection annonce un changement radical du paysage politique britannique.Elle signe l\u2019effondrement historique des libéraux-démocrates et la défaite personnelle de plusieurs ministres, comme le secrétaire d\u2019Etat aux Entreprises Vince Cable.De nombreux électeurs n\u2019ont jamais pardonné aux libéraux-démocrates d\u2019avoir rompu leur promesse de ne l.LEON NEAL AGENCE ERANCE-PRESSE Le premier ministre David Cameron JUSTIN TALLIS AGENCE ERANCE-PRESSE Le chef démissionnaire des travaiiiistes, Ed Miiiband pas augmenter les droits de scolarité à l\u2019université.Avec seulement 12 députés, les libéraux-démocrates ne sont plus le troisième parti de la Grande-Bretagne.En nombre de sièges, ils sont largement dépassés par les 56 députés du SNP.Mais en nombre de votes, c\u2019est le nouveau parti antieuropéen et anti-immigration UKIP qui lui vole la place.Malgré ses trois millions d\u2019électeurs, UKIP ne sera représenté en chambre que par un seul député.Défait dans South Thanet, son chef, Nigel Farage, a démissionné vendredi comme il s\u2019y était engagé.Les travaillistes, qui essuient leur pire défaite depuis 1992, sortent littéralement humiliés de ce scrutin.Même Gordon Brown avait mieux fait en 2010, après les trois mandats de Tony Blair.L\u2019hécatombe touche des personnalités aussi prestigieuses que le porte-parole du parti en matière d\u2019affaires étrangères.Douglas Alexander, battu par une inconnue de 20 ans, Mhairi Black, candidate du SNP.Ed Miliband n\u2019a pas attendu 24 heures avant de démissionner.Non seulement le Parti travailliste perd-il presque toutes ses circonscriptions écossaises, mais les sondages indi- C i _ ' ANDY BUCHANAN AGENCE ERANCE-PRESSE Nicola Sturgeon, leader des nationalistes écossais quent qu\u2019UKIP a fait des progrès dans ses anciens bastions ouvriers du nord du pays.Lors de sa première allocution, après une nuit blanche, le premier ministre a dit vouloir «gouverner comme le parti d\u2019une nation, un seul Royaume-Uni».Dans l\u2019immédiat, il devra expliquer oû il entend prendre les 12 milliards de livres (20 milliards de dollars) que le chancelier de l\u2019échiquier George Osborne s\u2019est engagé à économiser dans les affaires sociales.Le premier ministre devra aussi dire quelles çompétences et quels budgets il entend offrir à l\u2019Ecosse.Au passage, il devra préciser quelle forme de veto il accordera aux députés anglais sur les lois votées à Westminster qui n\u2019ont d\u2019effet qu\u2019en Angleterre.La ministre de l\u2019Intérieur, Theresa jVIay, a déjà annoncé que la relation avec l\u2019Ecosse changerait.Pour un conservateur influent comme Lord Strathclyde, le pays sort plus divisé que jamais de cette élection.«La politique a changé au Royaume-Uni, dit-il, rien ne sert de prétendre le contraire.» Le Devoir EUROPE La crise des grands partis Les formations sont déroutées par la transformation de l\u2019électorat JEAN-BAPTISTE CHASTAND S> il y a bien un pays européen oû le bipartisme devait rester la référence, c\u2019est la Grande-Bretagne.Mais les élections démontrent que la domination des deux grands partis de gouvernement \u2014 les travaillistes et les conservateurs \u2014 n\u2019est plus forcément la règle.Les travaillistes souffrent de la percée des nationalistes écossais, qui leur prennent la quasitotalité de leurs fiefs locaux.Et si les conservateurs devraient pouvoir gouverner seuls, ils sortent de cinq ans d\u2019alliance contrainte avec les libéraux-démocrates.Ailleurs en Europe, les grands partis et l\u2019opposition traditionnelle gauche-droite souffrent davantage.En Espagne, les conservateurs du Parti populaire et les socialistes du PSOE sont au coude-à-coude dans les sondages avec le parti de gauche radicale Podemos et le mouvement de droite anticorruption Ciudadanos.En Italie, la percée du Mouvement 5 étoiles a bouleversé le paysage politique.En Grèce, aucun parti n\u2019arrive à avoir la majorité à lui seul depuis 2012, .(.< Qjj dans malgré la prime majoritaire accordée à la formation arri- une phase vée en tête.En Allemagne, les scores des sociaux-dé- de traduction mocrates du SPD et des conservateurs de la CDU, POUnque parmi les plus bas depuis ^g grise 1945, les ont obligés en 2013 à se retrouver dans un financière » gouvernement de coalition.Même en Scandinavie, les Finlandais ont placé le parti populiste des Vrais Finlandais en deuxième position aux élections législatives d\u2019avril.Last but not least, la France a confirmé, lors du scrutin départemental de mars, la fin du bipartisme PS-UMP et l\u2019ascension du Front national.Dominants malgré leur recul «En Europe, on observe depuis cinq à dix ans une érosion des grands partis, et de manière plus nette ces dernières années», explique Pascal Del-wif politologue à l\u2019Université libre de Bruxelles.Partout, «les grands partis de communauté, que ce soient les chrétiens-démocrates, les sociaux-démocrates ou les partis agrariens, sont en retrait».Pierre Martin, politologue à l\u2019IEP de Grenoble, avaif dès 2013, chiffré l\u2019ampleur de ce recul dans la revue Commentaires.Dans cet article, il avait calculé que les 17 principaux partis européens ont perdu, en moyenne, dix points aux élections entre les années 1960 et 2000.«Il y a une accélération, mais le processus était déjà largement amorcé», rappelle-t-il.Ce recul a commencé dès les années 1980, avec l\u2019émergence de différentes forces contestant leur prédominance, en partie populistes, mais pas uniquement.La crise économique traversée par le continent depuis 2008 a accéléré le processus.En Espagne ou en Grèce, les partis de gouvernement sont en lambeaux.«On est dans une phase de traduction politique de la crise financière.Cela se fait toujours avec un peu de retard: la traduction politique de la crise de 1929 est venue après 1935», rappelle M.Delwit.Face à la crise, les partis traditionnels «ont souvent adopté des positions rationnelles et raisonnables qui n\u2019ont pas forcément donné des débouchés à la colère populaire, estime Yves Berton-cini, directeur de l\u2019Institut Jacques Delors.Ils ont fait face sans désigner forcément l\u2019adversaire alors que d\u2019autres partis ont attaqué la finance folle, Bruxelles, les immigrés ou l\u2019Allemagne.» La psychologie des électeurs L\u2019impact de la crise est toutefois à relativiser, des pays en croissance comme l\u2019Allemagne ou le Royaume-Uni étant aussi touchés par le phénomène.«Il y a une transformation de la psychologie des électeurs qui ont une vision de plus en plus consumériste de la politique.Les grands partis ont une capacité de plus en plus faible pour les satisfaire.Et leurs moyens sont de plus en plus réduits», analyse M.Martin.Par ailleurs, malgré leur recul, les grands partis restent dominants en Europe, en raison de leur capacité à gouverner en coalition entre eux ou avec certains de ces nouveaux partis.Ou à changer les modes de scrutin pour garder la main.L\u2019Italie vient ainsi d\u2019adopter une loi électorale favorisant le VOIR PAGE B 2 : CRISE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MAI 2015 PERSPECTIVES Un être humain Manon CORNELLIER à Ottawa Le visage serein, le sourire éclatant, Omar Khadr a pu, jeudi soir, s\u2019adresser directement aux médias et aux Canadiens.«Je vous prouverai que je suis une bonne personne», a-t-il dit, exprimant des regrets pour la douleur qu\u2019il avait pu causer par le passé.Exactement l\u2019image que le gouvernement Harper ne voulait pas que les Canadiens aient de ce jeune homme de 28 ans, incarcéré depuis l\u2019âge de 15 ans.Omar Khadr a été fait prisonnier en 2002 en Afghanistan après un combat dont il est sorti blessé et durant lequel il a lancé une grenade qui aurait tué un militaire américain.Agé de seulement 15 ans, il s\u2019est retrouvé à Guantanamo, où il est resté jusqu\u2019à son rapatriement vers une prison canadienne en septembre 2012.Pour les conservateurs.Omar Khadr était et demeure un épouvantail.Ils ont tout fait pour que le jeune homme devienne le monstre qu\u2019ils espéraient qu\u2019il soit.Ils ont refusé de le sortir de Guantanamo alors que tous les autres pays du G7 rapatriaient leurs ressortissants.Ils n\u2019ont pas contesté la justice d\u2019exception imposée par les Américains ni le fait qu\u2019ils aient traité Omar Khadr comme un adulte.Ils ont toujours refusé de le considérer comme un enfant soldat.Ottawa a défendu jusqu\u2019en Cour suprême les agents du Service canadien du renseignement de sécurité qui ont tenté de soutirer à Khadr des informations alors qu\u2019ils savaient qu\u2019on l\u2019avait délibérément privé de sommeil.Pour sortir de Guantanamo, le jeune homme n\u2019a vu qu\u2019une option, plaider coupable à des accusations pour des crimes créés, dans certains cas, après sa capture et obtenir, en échange, une peine réduite dont il purgerait la plus grande partie au Canada.Marché conclu, mais c\u2019est visiblement à son corps défendant qu\u2019Ottawa a finalement procédé au transfert 4u jeune homme vers une prison canadienne.A son arrivée, ce dernier a été incarcéré dans un pénitencier à sécurité maximale, et pendant un bon moment en isolement, même si les évaluations américaines le présentaient comme un détenu peu dangereux.L\u2019ombudsman des détenus a même dû intervenir en sa faveur.Le gouvernement a ensuite empêché que Khadr puisse donner des entrevues depuis le pénitencier où il était détenu.Ottawa conteste encore son transfert vers une prison provinciale, une affaire que la Cour suprême entendra la semaine prochaine.Ottawa était tout aussi opposé à sa libération sous caution.Encore une fois, le gouvernement a perdu.En fait, chaque fois qu\u2019Omar Khadr et le fédéral se sont affrontés devant les tribunaux, la justice a été du côté de Khadr.Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, n\u2019a vu qu\u2019une chose, lui, jeudi : un « terroriste» venait d\u2019être libéré et ne purgerait pas la totalité de sa peine derrière les barreaux.11 s\u2019est dit déçu, surtout qu\u2019il affirme, sans dire sur quoi il s\u2019appuie, que l\u2019idéologie de M.Khadr n\u2019a pas changé.Bref, à l\u2019entendre, on croirait que le jeune homme est un forcené irrécupérable.Mais Omar Khadr n\u2019a jamais été reconnu coupable d\u2019actes terroristes.11 a plaidé coupable pour des gestes posés au milieu d\u2019une guerre.Personne n\u2019a la preuve que c\u2019est lui qui a lancé l\u2019engin explosif qui a tué le militaire américain, mais il était le seul survivant de son camp, alors il a écopé.Et, répétons-le, il n\u2019avait que 15 ans.11 se trouvait là parce que son père, un proche collaborateur d\u2019Oussama ben Laden, avait transplanté sa famille en Afghanistan alors que son fils Omar, né au Canada, n\u2019avait que 11 ans.On ne parle pas d\u2019un adulte qui a choisi le djihad.Qu\u2019importe.Le gouvernement canadien n\u2019a cessé de le diaboliser, quitte à verser dans le ridicule.Au moment du rapatriement du jeune homme en 2012, le ministre de la Sécurité publique de l\u2019époque.Vie Toews, avait présenté Ben Laden et le père de Khadr comme «les complices connus» de l\u2019adolescent, mettant ce dernier sur un pied d\u2019égalité avec les adultes qui l\u2019avaient embrigadé, enfant.Le ministre s\u2019inquiétait aussi de sa radicalisation après son long séjour à Guantanamo, sans dire qu\u2019il y est resté longtemps à cause du refus obstiné du gouvernement de le rapatrier.Le jeune homme affiche aujourd\u2019hui une résilience et un calme qui étonnent, mais on peut présumer qu\u2019il le doit à ces gens qui ont vu au-delà de la caricature pour rester à ses côtés.Ce sont eux, et non le gouvernement, qui l\u2019ont protégé contre un désespoir assuré devant un avenir sans issue.11 y a ses avocats, en particulier Dennis Ed-ney qui l\u2019héberge durant sa libération sous caution.11 y a des citoyens de différents horizons qui ont gardé le contact avec lui.11 y a cette université catholique albertaine qui l\u2019a admis pour favoriser sa libération sous caution et sa réintégration dans la société.11 y a des enseignants qui lui ont offert une éducation à distance.Sans leur générosité.Omar Khadr serait resté prisonnier des griffes conservatrices et aurait couru le risque d\u2019en sortir amer et revanchard.Ce gouvernement prétend pourtant favoriser la réhabilitation et la prévention de la radicalisation.11 semble que ce ne soit pas le cas quand ça contrecarre ses intérêts politiques.Un être humain en paie le prix?Tant pis.Surtout s\u2019il s\u2019appelle Omar Khadr.mcornellier@ledevoir.com SOURCE PHILHARMONIQUE DE BERLIN Le Philharmonique de Berlin, un phare du monde de la musique classique, en concert lors de Touverture de sa saison 2014-2015.MUSIQUE CLASSIQUE Yannick Nézet-Séguin a-t-il une chance au Philharmonique de Berlin ?CHRISTOPHE HUSS Lundi, les musiciens du Philharmonique de Berlin éliront celui qui sera leur chef à compter de 2018.Yannick Nézet-Sé^in est cité par les médias internationaux parmi les prétendants potentiels.Mais a-t-il une chance ?L\u2019élection du chef du Philharmonique de Berlin esf dans le monde de la musique classique, l\u2019équivalent d\u2019une élection papale.Personne n\u2019est candidat mais personne ne saurait vraiment refuser un tel honneur, sauf évidemment le fantasque Carlos Kleiber (1930-2004), qui déclina la proposition de succéder à Herbert von Karajan.Le plus prestigieux orchestre du monde se distingue car les musiciens sont regroupés en une coopérative qui fonctionne sur le mode de l\u2019autogestion.Cela vaut pour le recrutemenf le choix des programmes ou des disques.Mais aussi pour le choix du directeur musical, qui résulte d\u2019un vote souverain des 128 musiciens et non d\u2019une décision administrative.Si l\u2019on considère que Léo Borchard et Sergiu Celibidache n\u2019ont fait, dans l\u2019après-guerre, qu\u2019assurer un intérim en attendant la dénazification de Wilhelm Purtwàngler, on peut considérer que le Philharmonique de Berlin n\u2019a connu que six chefs en 133 ans d\u2019existence: Hans von Bülow, Arthur Nikisch, Wilhelm Purtwàngler, Herbert von Karajan, Claudio Ab-bado et Simon RatÜe.Le parallèle avec la papauté n\u2019est pas vain : jusqu\u2019à Karajan, on en devenait chef à vie.Comme à Rome, avec Benoit XVI et Prançois, les temps évoluent: Claudio Abbado, en annonçant, en 1998, son départ après sa 12® saison, a changé le paradigme.Son successeur, Simon Rattle, en aura fait 16 lorsqu\u2019il quittera son poste en 2018.Une aura justifiée On a beau se dire que les écarts entre les meilleurs orchestres se rétrécissent, le Philharmonique de Berlin reste le phare du monde de la musique classique, d\u2019autant qu\u2019avec son Digital Concert Hall, accessible par abonnement, chaque mélomane dans le monde peut avoir accès, via Internet, à l\u2019intégralité des concerts de l\u2019orchestre à la célèbre Philharmonie dessinée par Hans Scharoun.Les enjeux de l\u2019élection de lundi sont à la fois musicaux et commerciaux.Il faut que le chef braque les projecteurs des médias sur l\u2019orchestre, mais ne soit pas trop dictatorial afin de permettre aux multiples émanations et ensembles formés de musiciens de l\u2019orchestre de pouvoir faire leurs petites affaires en parallèle, sans compter les activités d\u2019enseignement.Les affaires internes sont très étanches, mais un musicien nous rappelait il y a quelque temps que l\u2019élection de Simon Rattle avait été précédée, pendant un an, de réunions chargées de définir les orientations stratégiques.Le dilemme était alors: «restons-nous un orchestre de tradition» ou «allons-nous de l\u2019avant»1 Le premier courant s\u2019incarnait en Daniel Barenboim, le second en Simon Rattle.Le cadre sera différent cette fois : «Il faut une pensée stratégique, ne pas décider émotionnellement et ne pas choisir forcément la facilité», nous disait notre interlocuteur, ajoutant une phrase lourde de sens : «Je peux bien avoir une préférence humaine, personnelle, pour un chef mais la question \u201cqui est le meilleur pour l\u2019institution?\u201d pourra m\u2019amener à écrire un autre nom sur le bulletin.» Parmi les réflexions stratégiques fortes du vote de lundi il y a une volonté : pas question de regarder en arrière.Pas étonnant que Daniel Barenboim a fait savoir il y a quelques jours qu\u2019il n\u2019était pas candidat; il n\u2019avait guère de chances, même si, musicalement, il serait digne de l\u2019honneur ! L\u2019orchestre se voit désormais aussi comme un leader d\u2019opinion pour promouvoir l\u2019importance de la culture, des arts et de la musique dans l\u2019écologie de la société.«La musique peut changer les peuples.Nous ne sommes plus, comme jadis, les grands prêtres d\u2019un temple.Les portes du temple sont ouvertes et nous nous mélangeons au peuple.C\u2019est comme avec le nouveau pape», résumait notre Philharmoniker.Le choix du directeur musical résulte d\u2019un vote souverain des 128 Les chefs pressentis\tmusiciens Le profil décrit ci-dessus semble taillé sur mesure pour le charismatique Gustavo Dudamel, d\u2019autant que nombre de musiciens de Berlin sont associés à El Sistema, le programme vénézuélien d\u2019action sociale par la musique.En annonçant qu\u2019il renouvelait son contrat à Los Angeles jusqu\u2019en 2022, Dudamel s\u2019est mis hors course aux yeux de plusieurs observateurs.Mais c\u2019est surtout que l\u2019étoile de Dudamel, accusé de complaisance avec le régime politique au Venezuela, pâlit à mesure que celle de Yannick Nézet-Séguin monte.Le Québécois, qui a d\u2019ores et déjà ravivé la flamme musicale à Philadelphie, a réussi un sans-faute lors de ses trois concerts à Berlin.Le Philharmonique vient de lui offrir son prestigieux Europa-Konzert en 2016.Mais Nézet-Séguin, qui s\u2019est libéré de ses attaches en Europe cette semaine, est lié à Philadelphie jusqu\u2019en 2022.Si le fait d\u2019avoir un poste aux Etats-Unis n\u2019est pas un critère rédhibitoire (et pourquoi cela le serait-il, dans notre monde?), notre chef a une vraie chance.Ce cas de figure mettrait également en selle Andris Nelsons, chef à Boston.Son avantage : c\u2019est le chef en vogue du momenL ses in- terprétations à l\u2019esbroufe font mouche auprès du public et il n\u2019aurait à mener deux orchestres de front que pendant une saison (2018-2019).Depuis que Dudamel semble hors course, l\u2019ar-chifavori est l\u2019Allemand Christian Thielemann.Chef à Dresde, il a dans son sac nombre d\u2019appuis de personnages qui comptent en Allemagne.Il a aussi, selon nos informations, une large base de partisans dans l\u2019orchestre, mais son caractère très trempé lui vaut aussi le plus grand nombre de détracteurs, ce qui laisserait à penser qu\u2019au-delà d\u2019un vote initial, qui le mettrait théoriquement en tête, il aurait du mal à rassembler une large majorité autour de son nom.S\u2019il fallait trouver un candidat de compromis, poiuquoi pas aller chercher, vraiment, les meilleurs chefs du monde?C\u2019est dans ce cadre que, Barenboim hors course, s\u2019impose le nom de Riccardo Chailly.Mariss Jansons, longtemps évoqué, vient, vendredi, de renouveler le contrat qui le lie à Munich.On est là dans le groupe des septuagénaires.Pas sûr que ce soit la voie straté^que souhaitée.Dans la classe d\u2019âge inférieure, il faut considérer Vladimir Jurowski, un Russe brillant, germanique par son esprit et son éducation.Absolu outsider: un chef inconnu ici, successeur de Kent Nagano à Munich, Kirill Petrenko.Enfin, l\u2019homme tapi dans l\u2019ombre, et dont personne ne parle, s\u2019appelle Daniel Harding, 40 ans.Chose très curieuse, selon les informations en possession du Devoir, Harding est, depuis trois mois, choisi pour succéder à Paavo Jàrvi à l\u2019Orchestre de Paris.Et pourtant, cette nomination n\u2019est pas annoncée.Difficile de ne pas imaginer un gentleman\u2019s agreement amenant les parties à surseoir à cette nomination en attendant le résultat du vote de Berlin.Ce qui veut dire qu\u2019Harding et son agence (la même que celle de Simon Rattle) s\u2019accordent de grandes chances.Il n\u2019est pas sûr que le verdict sorte des urnes lundi.Plusieurs tours de scrutin seront sans doute nécessaires et les modalités exactes du vote sont très secrètes.Le Devoir SOURCE PHILHARMONIQUE DE BERLIN Les coulisses des diffusions des concerts en direct CRISE SUITE DE LA PAGE B 1 parti arrivant en tête, quand en Espagne le Parti populaire et le PSOE envisagent de proposer des deuxièmes tours aux élections locales pour écarter les petits partis.Avec son système majoritaire qui a été renforcé lors des dernières élections départementales pour éviter les victoires du EN, la Erance est l\u2019archétype de ce verrouillage.Ce recul des grands partis n\u2019a encore jamais conduit durablement à l\u2019ingouvernabilité d\u2019un pays, mais il complique la donne.«Ce sont les grands partis de pouvoir qui résistent le mieux à l\u2019usure du pouvoir, les autres résistent plus difficilement, comme on l\u2019a vu avec Jôrg Haider [leader du parti d\u2019extrême droite EPO qui avait fait partie du gouvernement en 1999] en Autriche», rappelle M.Martin.Au Royaume-Uni, les libéraux-démocrates se sont également effondrés après cinq ans de gouvernement.«Au Parlement européen, il y a eu une poussée eurosceptique et europhobe.mais il ne se passe pas grand-chose.Comme les partis proeuropéens se sont alliés ensemble, tout fonctionne comme d\u2019habitude», rappelle M.Bertoncini.Mais, nuance-t-il, «dans les capitales nationales, ces nouveaux partis dictent bien souvent l\u2019ordre du jour politique indépendamment de leur poids institutionnel, comme le UKIP sur la sortie de l\u2019Union européenne».Ou Nicolas Sarkozy à LUMP, qui a repris en partie les positions du EN sur l\u2019immigration ou la libre circulation.Le Monde LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MAI 2015 B 3 PERSPECTIVES VIE PRIVEE Attention, mouchards ! Le profilage des internautes est une bête nourrie à l\u2019indolence et à l\u2019aveuglement volontaire La découverte cette semaine de mouchards numériques capables de puiser des données personnelles sur les sites Web de plusieurs hôpitaux du Québec n^a pas seulement levé le voile sur la menace que font peser ces outils insidieux de pistage des comportements sur le respect de la vie privée.Elle pose aussi la question de la responsabilité des programmeurs et développeurs de sites Internet, au gouvernement comme ailleurs, devant ce profilage et ses conséquences politiques et sociales.FABIEN DEGLISE Troublé, à Vautre bout du monde.Mardi matin, en lisant « son » Devoir à Rabat, au Maroc, où il participait à une conférence internationale sur le «hig data» (nom attribué par les Anglos à la masse de données numériques produites sur Internet), le professeur de communication à rUQAM André Mondoux n'a pas été vraiment surpris d'y apprendre la présence de «mouchards» sur les sites Web de plusieurs hôpitaux du Québec.L'homme, un spécialiste de la surveillance en ligne, étant bien au fait de l'utilisation de ces outils dans l'analyse du trafic en ligne, mais également du profilage d'internautes principalement à des fins commerciales.«Ce qui m'a le plus étonné, a-t-il avoué cette semaine au Devoir, par l'entremise de Skype, c'est de voir que les dirigeants des hôpitaux, les gestionnaires des sites Weh, n'étaient même pas au courant de la présence de ces lignes de codes dans leurs pages.Depuis l'affaire Snowden [Edward de son prénom, et ex-analyste de la NSA de son état] et ses révélations sur la surveillance en ligne, sur les intrusions numériques dans la vie privée, on aurait pu s'attendre à une sensibilité accrue sur ces questions.Mais, visiblement, ce n'est pas le cas.» Mardi, Le Devoir, au terme d'une analyse fine du code de programmation réalisée avec l'aide d'une poignée d'informaticiens indépendants, a attiré les regards sur l'existence de mouchards sur les pages Web du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), de l'Hôpital de Montréal pour enfants et du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.Ces outils sont généralement utilisés pour collecter de manière anonyme des informations sur les visites, et ce, afin d'analyser la « performance » d'un site Internet.Le profQage Sauf que plusieurs mouchards repérés à ces endroits visent également le profilage comportemental des internautes à des fins commerciales et publicitaires en récoltant des données un peu plus sensibles, comme fhistorique de leurs recherches en ligne, le numéro unique de leur ordinateur, leur numéro de téléphone ou des informations personnelles permettant de les identifier.Les données captées sont transmises à des entreprises privées spécialisées dans le marketing en ligne et la surveillance des internautes.Elles se retrouvent sur des serveurs aux Etats-Unis, parfois à Singapour, a révélé l'analyse.Cette collecte invisible, à l'insu de l'internaute, pose forcément un risque d'intrusion dans la vie privée, particulièrement lorsqu'elle se joue dans des environnements numériques dédiés à la santé.Plusieurs mouchards trop curieux ont été rencontrés sur des pages liées à l'obstétrique, à l'oncologie, à l'encadrement des personnes victimes d'agressions sexuelles, à des maladies urinaires, aux suivis post-natalité.Pour ne citer qu'eux.Un grand ménage Dans la nuit de mardi à mercredi, la direction du CUSM a réagi prestement en faisant le grand ménage de ses sites Internet afin de se débarrasser des mouchards qui auraient pu permettre de révéler une condition de santé ou une préoccupation en matière de santé d'un internaute/visiteur.Mais leur absence, désormais évidente, ne fait pas disparaître pour autant cette question: comment ces mouchards capables de profilage à des fins commerciales peuvent-ils se retrouver sur des sites gouvernementaux en santé?Et ce, dans l'indolence générale des programmeurs et gestionnaires des hôpitaux, tant et aussi longtemps qu'ils ne sont pas montrés du doigt?«Ce n'est pas par mauvaise intention, lance André Mondoux, mais par absence totale de réflexion sur l'impact social des gestes posés par les programmeurs et le développeur de site Web.Là où l'on voit un effet pervers, eux ne voient finalement que du code.» Pour la prospectiviste française Valérie Peugeot, la posture intellectuelle n'est pas nouvelle dans le monde des technologies de finforma-tion, qui depuis des lunes carbure à la pensée positiviste, y compris chez les « geeks » de gauche, expliquait-elle récemment dans les pages de Libération.«On ne voit dans la technologie qu'une source de progrès, et non pas un pharmacon, c'est-à-dire autant un poison qu'un contrepoison.» «Dans ce monde, le code est perçu comme quelque chose de neutre, ajoute M.Mondoux, même si cette neutralité n'est désormais qu'un leurre.» Ceci explique sans doute cela, mais également le fait que des mouchards versés dans le profilage comportemental ont été recensés l'an Dans ce monde, le code est perçu comme quelque chose de neutre, ajoute M.Mondoux, même si cette neutralité n\u2019est désormais qu\u2019un leurre.)) André Mondoux dernier dans pas moins de 87% des sites Internet offrant de l'information en matière de santé au Canada, selon une étude réalisée pour le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada par une équipe de chercheurs de l'Université de Western Ontario.Jacqueline Burkell et Alexandre Portier, de la Eaculté de l'information et de l'étude des médias, signent l'analyse qui souligne la menace que font peser ces mouchards sur la vie privée et les possibles cas de discrimination qu'ils pourraient induire, particulièrement par des compagnies d'assurances qui pourraient chercher à en tirer profit.Très répandus Le document précise également que ces mouchards sont présents dans 83,3% des sites francophones étudiés.En janvier dernier, ils ont également fait la manchette après avoir été découverts sur le site Web de l'Obamacare, site gouvernemental du nouveau programme d'assurance maladie aux Etats-Unis.La facilité explique certainement la prolifération.C'est que ces capteurs de données se retrouvent bien souvent enchâssés dans des modules qui permettent l'affichage d'information sur un site Web, comme l'outil permettant de partager une page par l'entremise d'un courriel, d'un compte Eacebook ou Pinterest.«Ces modules sont gratuits, indique le professeur d'informatique à rUQAM Eric Beaudry, mais en contrepartie, ils s'approprient certaines données sur l'internaute» pour les revendre à des publicitaires ou toute autre entreprise ayant un intérêt commercial dans la compréhension des mouvements individuels en ligne et dans les secrets que les internautes pourraient y dévoiler, malgré eux.Vers un ordre professionnel?«Il est temps de voir apparaître une certaine sensibilisation au sein de la communauté [des programmeurs] sur ces questions de vie privée, indique Jacques Berger, programmeur et chargé de cours au Département d'informatique de rUQAM.Pour le moment, c'est l'inter- TIFFET naute qui a la responsabilité de se protéger contre Internet, sans avoir les compétences pour pouvoir le faire adéquatement.» Selon lui, un ordre professionnel «ou tout autre organisme» pourrait être bénéfique afin d'injecter dans ce milieu une autre forme de code: un code d'éthique où le principe de la protection du public aurait alors une place importante.«Les développeurs sont laissés à la merci des désirs des employeurs, dit M.Berger.Ils entrent des outils d'analyse ou d'affichage de contenus sans se questionner sur les codes qu'ils contiennent, sur le type d'infos qu'ils transmettent à une tierce partie», ajoute M.Mondoux.«Ces mouchards ne vont pas forcément disparaître, reprend-il.Car ils peuvent être utiles pour la compréhension des déplacements sur un site.Mais les organisations qui effectuent le développement doivent favoriser une culture propice au respect de la vie privée.» Et ce, avec désormais de plus en plus une obligation de résultat.«Quand il y a un service gratuit, dit M.Mondoux, la monnaie d'échange, finalement, c'est vous et vos données.Nous sommes entrés dans un monde où tout est ''marché\", où tout devient du marketing.Le profilage est le point de rencontre de la sécurité, du commerce et désormais de la vie elle-même.» Un monde aussi où heureusement les érodeurs de libertés civiles se font, eux aussi, de plus en plus surveiller.Le Devoir De code et de conséquence Pas facile de repérer le mouchard qui se dissimule dans de petites lignes de codes finement dissimulées dans la déferlante de codes qui organise la présentation de l'information sur une page Web.Une ligne suffit pour envoyer sur un serveur une information sur le type d'ordinateur utilisé par l'internaute, la localisation de son fournisseur d'accès, le type de fureteur qu'il utilise.Le mouchard collecte ce genre d'informations dites anonymes.Mais il peut aussi, avec une simple ligne de codes, aller plus loin en s'appropriant des informations dites pseudoanonymes (l'adresse IP de l'internaute, l'historique de ses recherches, le numéro unique de son appareil) et enfin des informations personnelles (numéro de téléphone, données d'identification personnelle que l'internaute pourrait fournir en remplissant un formulaire en ligne).Ces données sont conservées de trois mois à trois ans.Elles peuvent être à des tiers, indiquent plusieurs créateurs et propriétaires de ces mouchards.La vraie partie commence Michel David Les libéraux qui n'attendaient que la fin de la course pour placer Pierre Karl Pé-ladeau sur la sellette n'en espéraient sans doute pas tant.En principe, le futur chef du PQ a coupé tout contact avec Québécor, mais le président du conseil d'administration.Brian Mulroney, reconnaît qu'il est consulté sur les grandes décisions.L'ancien premier ministre a fait valoir qu'en sa qualité d'actionnaire majoritaire, M.Péla-deau doit nécessairement avoir voix au chapitre.Il a raison, et c'est précisément là le problème.A quelle fréquence et sur quoi fa-t-on consulté?M.Mulroney a donné l'exemple d'une vente possible de TVA, mais rien de tel ne s'est produit, à ce qu'on sache.On peut aussi imaginer d'innombrables situations embarrassantes dans lesquelles le premier ministre Péladeau pourrait éventuellement se retrouver.Par exemple, sans franchise de la Ligue nationale de hockey, le nouvel amphithéâtre de Québec, dont Québécor est l'exploitant exclusif, risque fort de se transformer en éléphant blanc.Un nouvel arrangement financier nécessiterait sans doute la participation du gouvernement du Québec, qui a payé près de la moitié de l'édifice.Déjà, il a fallu adopter une loi pour accommoder Québécor.Dans un long article publié jeudi sous le titre «Citizen Péladeau», le Globe and Mail rapportait à quel point il peut être difficile d'ériger un mur coupe-feu entre une entreprise et son actionnaire majoritaire.Quand M.Péladeau a annoncé sa candidature dans Saint-Jérôme, le conseil d'administration avait cru nécessaire d'illustrer la coupure de liens en retirant au nouveau politicien son bureau et son stationnement dans fédifice de Québécor, de même que son courriel à l'adresse de la compagnie.Il a piqué une crise et on s'est empressé de tout lui restituer.Les partisans du futur chef du PQ ne manqueront pas de crier à un vaste complot fédéraliste visant à abattre le nouveau champion de l'indépendance et, qui sait, à en finir avec le PQ une fois pour toutes.D'ailleurs, n'est-ce pas un article du magazine Maclean's qui a permis de lancer le débat sur les mauvaises manières de M.Péladeau, que Jean-Marc Eournier a ni plus ni moins présenté comme un caractériel inapte à diriger un Etat?Il est bien évident qu'on fera tout pour neutraliser PKP En convoquant une commission parlementaire pour examiner son cas, le gouvernement Couillard n'a pas d'autre but, mais il n'en demeure pas moins que le contrôle d'un empire médiatique par un homme qui aspire à devenir premier ministre pose objectivement un problème dans une société démocratique.La partie sera dure.Quand le jurisconsulte de l'Assemblée nationale, Claude Bisson, ancien juge en chef du Québec, a statué qu'une interdiction de vendre ses actions était incompatible avec le principe d'une fiducie sans droit de regard, M.Péla-PKP devra\tdeau l'a aussitôt accusé de r .\ts'être lui-même placé en taire preuve\tposition de conflit d'inté- rêts parce que son fils a été congédié par Québécor à la sang-froid\tsuite du lockout au Journal de Montréal.qu\u2019on ne lui Le commissaire à l'éthique et à la déontologie des élus, ^\tJacques Saint-Laurent, re- Hèrniivprt\tcommande de modifier le code d'éthique pour préciser les règles de la fiducie et revoir celles qui s'appliquent aux simples députés pour tenir compte de la situation inédite créée par l'arrivée de M.Péladeau.Aurait-il lui aussi des raisons d'en vouloir au futur chef du PQ ?Si le gouvernement Couillard décidait de légiférer avec l'appui de la CAQ et de QS, comment réagirait M.Péladeau?Irait-il jusqu'à provoquer une crise des institutions?Même s'il jouit d'une sympathie certaine dans une grande partie de la population, la tolérance au désordre a ses limites.Chose certaine, les libéraux vont prendre tous les moyens pour faire durer le supplice en espérant que fimpulsivité de M.Péladeau le fasse déraper.Il lui faudra faire preuve d'un sang-froid qu'on ne lui a pas découvert.Ses adversaires dans la course à la chefferie ont bien compris qu'il serait suicidaire de faire le jeu des libéraux en continuant à fattaquer alors que les jeux sont faits.En d'autres circonstances, un débat sur la langue, la laïcité et l'immigration aurait pu être explosif, mais l'heure était au ralliement jeudi soir.De toute manière, on avait manifestement hâte d'en finir avec cette trop longue course gagnée d'avance.Il demeure néanmoins remarquable qu'en dépit des vociférations contre la mollesse du gouvernement Couillard et du refus de tout compromis en matière de langue, aucun des candidats, sauf Pierre Céré, qui aurait voulu étendre la loi 101 au niveau collégial, n'a osé aller plus loin que ce qui était prévu dans le projet de loi 14, que le gouvernement Marois avait voulu minimal parce que son statut minoritaire ne lui permettait pas d'espérer davantage.Il faudrait peut-être prévoir de nouveaux cégeps anglais pour accueillir tous les francophones et les allophones qui souhaitent s'y inscrire.mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MAI 2015 EDITORIAL Josée Boileau DIRECTION DU PQ Après la course Le véritable impact de la course à la direction du Parti québécois est encore à mesurer.Elle a ragaillardi les troupes, mais retrouver force de frappe et force d\u2019attraction est un tout autre défi que le nouveau chef aura fort à faire pour relever.mpossible de mesurer où le Parti québécois est rendu en ce mois de mai 2015, alors que la course pour sa direction achève, si on ne revient pas un an en arrière.Au sortir de la dure défaite électorale du gouvernement Marois, le 7 avril 2014, il n\u2019y avait qu\u2019un mot pour décrire l\u2019état d\u2019esprit des membres du parti et de leurs sympathisants : démolis.Le rejet était clair, l\u2019avenir s\u2019annonçait sombre.Des mois plus tard il n\u2019est pas sûr que l\u2019ensemble des facteurs qui ont conduit à cette débâcle ont été bien analysés à l\u2019interne.Acteurs du présent, les partis politiques n\u2019ont guère vocation à l\u2019introspection: retrouver du souffle est beaucoup plus urgent.Au moins, cet élan-là est revenu.Jeudi soir, à Montréal, par un temps d\u2019été, alors que l\u2019incontournable Canadien menait un match endiablé, le théâtre Corona était plein pour entendre le dernier débat de la course.On y croisait des gens de tous âges, de tendances variées, à l\u2019image de la coalition dont le PQ se réclame toujours, et souriants.La course elle-même témoigne de ce rebond par deux phénomènes distincts.D\u2019une part, le PQ peut miser sur une nouvelle génération de politiciens à contenu qu\u2019illustrent bien Martine Quellet et Alexandre Cloutier, et qui regroupe aussi des Véronique Hivon ou Sylvain Gaudreault.Sans égard pour les vicissitudes à traverser d\u2019ici les prochaines élections, bien des membres s\u2019accrochent à ce renouveau.D\u2019autre part, le PQ peut encore attirer un candidat de la notoriété.Eh quoi ! En dépit de la défaite de 2014, le puissant et célèbre Pierre Karl Péladeau considère que le Parti québécois est un beau risque ! Normal que les membres en soient rassérénés, pas étonnant que certains en perdent tout sens critique.Mais une fois les réjouissances faites de constater qu\u2019entre nous, on est encore vivants, il restera néanmoins une, deux, trois montagnes à franchir une fois le prochain chef élu.Premier défi : la course à la direction, moment traditionnellement effervescent pour un parti politique, n\u2019a pas entraîné au PQ une hausse significative de son membership.Elle n\u2019a ni détourné de leurs nouvelles appartenances les souverainistes engagés qui, au fil du temps, se sont tournés vers Québec solidaire, la Coalition avenir Québec ou Qption nationale, ni secoué l\u2019attentisme des autres.Le PQ est-il prêt à sortir de ses ornières pour mesurer enfin combien le paysage a changé ?Deuxième défi: faire voir à tous ces électeurs ernpêtrés dans le quotidien en quoi, pour la gouvernance de l\u2019État, pé-quistes et libéraux se distinguent.«Le Parti québécois est devenu illisible pour beaucoup de monde», disait mercredi, au débat du Devoir consacré au PQ, Martine Tremblay, qui fut notamment directrice de cabinet de René Lévesque.De fait, sa vigueur est bien inégale dans son rôle actuel d\u2019opposition officielle.Et que pense vraiment le parti du pétrole ou des mesures d\u2019austérité ?Troisième défi, le plus urgent : que son aspirant-chef-quasi-ment-déclaré-vainqueur ne prenne pas tout le devant de la scène.M.Péladeau passera beaucoup de temps à s\u2019expliquer, se justifier, se défendre une fois la course conclue.Il devra trouver, voire inventer des balises qui n\u2019existent toujours pas par rapport à ses intérêts d\u2019affaires et faire face à des dénonciations incessantes, qu\u2019elles viennent des libéraux ou d\u2019ailleurs, le tout en ayant l\u2019air d\u2019un chef en contrôle de lui-même et d\u2019un parti qui n\u2019aura pas fini de se redessiner.C\u2019est là que le Parti québécois aura bien besoin de sa confiance retrouvée.ROYAUME-UNI Le puzzle de Cameron eront-ils britanniques, européens, écossais?Si l\u2019électorat a fait mentir les sondages en donnant jeudi une majorité aux conservateurs de David Cameron, ce résultat n\u2019apaisera pas pour autant les tensions identitaires que vit le Royaume-Uni.Des sondages qui n\u2019ont pas eu tout faux, au fond : le scrutin majoritaire uninominal à un tour, qui est un système de représentation électorale manifestement dysfonctionnel, a dégagé au final une majorité tout de même assez mince.Les sondages ne se sont pas trompés au sujet des indépendantistes du Parti national écossais (SNP).Reste qu\u2019ils obtiennent, aux dépens des travaillistes, 56 sièges à Westminster avec seulement 4% du vote populaire total, pendant que les réactionnaires de FUKIP, parti anti-Europe et anti-immigration, n\u2019ont fait élire qu\u2019un seul député, alors qu\u2019ils ont obtenu 12% des voix \u2014 trois fois plus, ce qui donne froid dans le dos, qu\u2019aux élections de 2010.The Guardian relate qu\u2019en 1992, peu après une autre victoire électorale surprise des conservateurs, un ministre fraîchement nommé déclarait: «On peut faire tout ce qu\u2019on veut maintenant.» Cinq ans plus tard, les conservateurs étaient laminés par les travaillistes de Tony Blair.Aussi, son succès inattendu n\u2019autorise pas vraiment le premier ministre Cameron à triompher, tant l\u2019état de la nation le place sur le fil du rasoir.Le fait est que le Royaume-Uni «s\u2019auto-fé-déralise», pour reprendre le mot du même journal, et que la tâche qui attend M.Cameron tient de la quadrature du cercle, s\u2019agissant de rassembler des tendances pour ainsi dire inconciliables.L\u2019imbroglio auquel s\u2019exposent les conservateurs sur la question européenne n\u2019est pas le moindre des psychodrames dans lesquels le pays va s\u2019enfoncer à brève échéance.Qu\u2019en définitive le Royaume-Uni rompe un jour avec l\u2019Union européenne serait objectivement absurde.Mais tiré à droite par l\u2019UKIP, dont il peut moins que jamais ignorer le poids populaire, M.Cameron s\u2019est engagé à tenir un référendum d\u2019ici 2017 sur l\u2019UE après en avoir renégocié les conditions d\u2019adhésion britannique.En parallèle, il lui faudra, autre psychodrame attendu, tenir les promesses de dévolution de pouvoirs qu\u2019il a faites à l\u2019Écosse après la victoire du Qui au référendum de septembre dernier \u2014 sans vexer le reste du pays.Cela dit, les conservateurs ont largement construit leur campagne autour du spectre d\u2019un gouvernement minoritaire travailliste appuyé par le SNP \u2014 parti par ailleurs progressiste et proeuropéen.Le piège est ici que les électeurs ont ainsi donné leur appui à une brutale politique d\u2019austérité qui n\u2019a pas significativement relancé l\u2019économie ni créé d\u2019emplois.Mais qui aiguisera forcément les conflits sociaux.Pinalement, le plus facile pour M.Cameron aura été d\u2019être réélu.HgS.Guy Taillefer LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET LC SoiivEîtMfMtNT TfpÉpAU VEUT C|p£R\tDE IA\tDrMPNTRfAU- ô ?(>uR lK LETTRES L\u2019analyse de Guy Rocher J\u2019ai lu avec beaucoup d\u2019intérêt et de plaisir l\u2019opinion de M.Guy Rocher dans la page Idées du Devoir du 6 mai 2015.Je partage tout à fait son analyse et je le remercie de nous l\u2019avoir transmise.II démontre très clairement le cheminement de la pensée du ministre qui s\u2019appuie en effet sur une conception du pouvoir, autant politique que religieux, tel qu\u2019il était pratiqué par nos «élites» sous le régime de Duplessis.D\u2019ailleurs, si on regarde bien la photo qui accompagne le texte, on constate que le ministre a tout de l\u2019ancien directeur de conscience des collèges de communautés religieuses de ma jeunesse.Je salue non seulement la lucidité de M.Rocher, mais aussi le courage de son appel sous-jacent à la résistance.Car c\u2019est ainsi que j\u2019interprète la conclusion de son texte.Réjeqn Langlois Sept-Iles, le 7 mai 2015 Lehman Sisters J\u2019ai commencé ma carrière comme journaliste au Soleil, à Québec, dans la section.pages féminines.Quelle ne fut pas ipa joie de voir le 7 mai, dans la sçction Économie du Devoir, oui madame.Économie, la super photo de Janet Yellen et de Christine Lagarde discutant des banques et de la Bourse.Pas de références à leurs vêtements ou à leurs coiffures dans l\u2019article, avec cette merveilleuse remarque de Christine Lagarde parlant de l\u2019éthique : «Que serait-il arrivé si Lehman Brothers avait été Lehman Sisters ?» Je ne le sais franchement pas, mais qu\u2019une femme aussi puissante «ose» dire une telle chose ! Alors que nous n\u2019avons vu pendant des décennies que des complets et des cravates sur les photos, je trouve que nous pouvons enfin montrer des modèles de femmes fortes à nos enfants et petits-enfants.Thérèse Casgrain, Idola Saint-Jean et bien d\u2019autres n\u2019ont pas travaillé pour rien.En prime, nous avions la victoire de Rachel Notley en Alberta.Comme dirait Francine Pelletier : l\u2019affaire était ketchup ! Michèle Stanton-Jean Coauteure de L\u2019histoire des femmes au Quéhee Le 7 mai 2015 Revue de presse L\u2019Alberta vire à gauche par un cheveu BRIAN MYLES Les principaux quotidiens de l\u2019Alberta ont fait preuve d\u2019une certaine sagesse en commentant les résultats des élections provinciales.Avant le scrutin, tous les journaux al-bertains s\u2019étaient prononcés contre le vainqueur par K.-Q., Rachel Notley, qui a remporté mardi 53 des 87 sièges.La méfiance des électeurs à l\u2019égard des «vieux partis» et une subite volonté de changement ont eu raison du Parti progressiste-conservateur (PPC), qui régnait sans interruption sur la province depuis 44 ans.«Les Albertains ont parlé.C\u2019est tout ce qui compte.La démocratie a eu le dernier mot, comme il se doit», affirme le Calgary Herald d\u2019un ton solennel.Le monde de Glee Le Calgary Sun se permet une certaine ironie.« Cher Canada : arrête avec les clichés sur les rednecks», titre le tabloïd.Le Sun se réjouit, non sans grincer des dents, de J\u2019élection d\u2019un gouvernement de gauche.À l\u2019avenir, personne ne pourra plus comparer l\u2019Alberta à une bande d\u2019hommes des cavernes.Heureusement qu\u2019ils ont été éclairés par cet «arc de lumière orange» qui les a conduits vers un monde magique, alors que le reste du Canada n\u2019y croyait plus.«C\u2019est le monde de Glee, et nous en faisons enfin partie», lance le quotidien, en référence à la populaire série américaine., Pour le Sun, l\u2019Alberta n\u2019a pas changé.À preuve, l\u2019option conservatrice (PPC et Wildrose réunis) a recueilli 52 % des suffrages.Les Canadiens auraient tort de croire que l\u2019Alberta épouse enfin «des idéaux socialistes» de taxation accrue et d\u2019interventionnisme étatique, avertit le quotidien.La culture politique a changé avec l\u2019élection de Rachel Notley, un leader moins charismatique que feu Jack Layton, mais plus que Thomas Mulcair.Elle a mené une campagne presque sans faille.aidée par les bourdes du premier ministre déchu.Jim Prentice, et les désillusions entraînées par les mises à pied dans l\u2019industrie pétrolière.Pour le Globe and Mail, la victoire de M\u201c® Notley tient en quelques lignes: division de la droite, programme pragmatique, charisme, faiblesses stratégiques de Jim Prentice, etc.De grands défis Le plus grand défi de M\u201c® Notley sera de faire accepter aux Albertains des choix difficiles en matière de taxation.Pendant de nombreuses années, l\u2019Alberta a vécu aux crochets de la lucrative rente pétrolière, dont elle tirait de 20 à 30% de ses recettes.La chute subite des cours du pétrole, les coûts élevés d\u2019extraction des sables bitumineux et le malaise nord-américain à l\u2019égard de cet or d\u2019une couleur noir sale accentuent la pression sur l\u2019économie de la province.L\u2019incertitude économique a d\u2019ailleurs plombé la campagne de M.Prentice.La nouvelle première ministre hérite d\u2019un terreau aride en matière de fiscalité, observe Jeffrey Simpson, chroniqueur au Globe and Mail.Les Albertains ont été habitués à refiler aux compagnies pétrolières et gazières la facture pour le coût des services publics.Seront-ils prêts à accepter une hausse de leur fardeau fiscal personnel pour résorber la crise ?La vérité, brutale, c\u2019est que l\u2019Alberta ne pourra pas compter exclusivement sur la rente pétrolière pour se sortir de son impasse économique, affirme Simpson.En ce sens, l\u2019élection d\u2019un gouvernement néodémocrate démontre que la population est enfin prête à regarder dans le rétroviseur, pour reprendre la fatidique expression de Jim Prentice.Inquiétudes pour Harper La victoire sans équivoque de Rachel Notley a de quoi inquiéter les conservateurs fédéraux à la veille des élections fédérales.Dans le Globe, Campbell Clark a fait le calcul.Le NPD a fait des gains considérables dans la région d\u2019Edmonton, et la gauche menace la base conservatrice.«L\u2019ampleur de la vague ne peut pas être sous-estimée», estime Clark.L\u2019auteur ne prédit pas une vague orange en Alberta pour les élections fédérales, loin de là.La percée du NPD oblige cependant le premier ministre, Stephen Harper, à refaire ses calculs.«Le bassin d\u2019électeurs prêts à voter pour le NPD est soudainement plus grand», dit-il.Dans une élection qui s\u2019annonce serrée, quelques sièges de plus ou de moins pourraient faire la différence entre une victoire ou une défaite pour les conservateurs.Ceux-ci devront dépenser plus d\u2019énergie et d\u2019argent à préserver leurs acquis en Alberta, ce qui revient à dire qu\u2019ils devront en dépenser moins dans d\u2019autres circonscriptions.Qui plus est, le NPD de Thomas Mulcair pourra maintenant compter sur un réseau d\u2019organisateurs politiques et de bénévoles en Alberta.Au Toronto Star, Chantal Hébert fait une lecture similaire.« Cette semaine, un nid-de-poule de taille considérable est apparu sur la route de la réélection pour Stephen Harper», écrit-elle.Le premier ministre a concentré ses attaques sur le chef libéral Justin Trudeau jusqu\u2019à présent.La victoire du NPD en Alberta le forcera à cibler davantage Thomas Mulcair, qui bénéficie des retombées indirectes à la suite de la victoire de M\u201c® Notley.En même temps, Justin Trudeau a promis de réduire le fardeau fiscal de la classe moyenne pour mieux taxer les riches, jouant ainsi sur le terrain de Stephen Harper.Ces deux menaces ne peuvent être négligées par le premier ministre.Le Devoir Les articles originaux sont liés aux versions numériques de ce texte. LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MAI 2015 B 5 IDEES Les bulletins décevants du cours Grève 101 ROBERT GURIK Dramaturge et scénariste Chargé de cours à UQAM a session d\u2019hiver s\u2019achève et vient le moment de noter les participants du cours Grève 101 qui a déjà fait couler beaucoup, certains diront beaucoup trop, d\u2019encre.Je commencerais par le plus facile, en l\u2019occurrence par le seul participant qui a abandonné le cours, Yves Bol-duc, qui a démissionné de son poste de ministre de l\u2019Éducation.Donc, pas de note, mais un remboursement de plus de 150 000$ qui semble excéder de façon assez importante les dépenses faites.C\u2019est dommage, car ce participant avait de l\u2019inventivité, ne serait-ce que par son engagement pour la fouille à nu d\u2019étudiant(e)s et son avis sur le peu d\u2019importance du livre en éducation.Par contre, on peut, à titre indicatif, lui donner un A virtuel pour sa persévérance, puisqu\u2019il vient de déclarer que î\u2019on risque de le revoir en politique.Continuons dans le même registre avec le successeur d\u2019Yves Bolduc, François Blais.Sa note est un E (échec) pour avoir suggéré «d\u2019expulser de l\u2019université deux ou trois étudiants par jour», ce qui en «ferait réfléchir d\u2019autres».C\u2019est le genre de pédagogie qui n\u2019a pas sa place en éducation.En outre, il a été surpris à souffler des réponses au recteur Prouk, ce qui contrevient au code d\u2019éthique en vigueur dans toutes les maisons d\u2019enseignement.Cette note sera identique pour celui qui a profité des réponses soufflées par son petit (façon de parler) camarade : donc un E pour le recteur.Dans l\u2019octroi de cette note, j\u2019ai aussi pris en considération le fait qu\u2019il a traité les étudiants de «terroristes» et qu\u2019il a justifié la criminalisation du militantisme étudiant.Pour rester dans les hautes sphères, il y a enfin l\u2019intervention de la directrice du conseil d\u2019administration de l\u2019UQAM, madame Lise Bissonnette.Dans toutes les classes à travers le monde, il y a toujours un chouchou du professeur et Bissonnette est le mien.Je lui donne une note suspendue, I (pour incomplet), afin de ne pas entacher le CV d\u2019une des personnalités les plus remarquables de la société québécoise : c\u2019est ma décision et ma prérogative.Je passerais donc à la note suivante qui concerne un groupe d\u2019individus : les associations étudiantes.Ici encore, la note E s\u2019impose.Décidément, on va croire que je mets E parce que je ne connais pas d\u2019autres notes, je peux vous assurer que ce n\u2019est pas le cas.Mais les grévistes ont tellement mal articulé les motifs qui les ont poussés à cette grève justifiée que leur allié naturel, la population, ne les comprend ni ne les soutient.Il en est de même pour les multiples syndicats qui les évitent comme la peste.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des membres du gouvernement Couillard aux associations étudiantes, bien peu peuvent s\u2019enorgueillir d\u2019avoir pensé et agi avec brio.L\u2019austérité et les étudiants, ça ne colle pas.Que représentent les étudiants?L\u2019avenir de la société québécoise.Le motif naturel de cette grève pour eux ne peut être que l\u2019avenir de la société québécoise, menacée par les objectifs du gouvernement.Le gouvernement n\u2019est pas une entité neutre, c\u2019est le Parti libéral qui, à défaut de projet de société, n\u2019a pour seul objectif depuis Jean Lesage que de gagner les prochaines élections.En détruisant le modèle québécois (santé, éducation, justice, relations de travail.), il cherche à faire du Québec une province « normale », comme le Manitoba ou l\u2019Alberta.S\u2019il y parvient, il anéantit les partis nationalistes d\u2019opposition, le PQ, la CAQ, Québec solidaire, et s\u2019assure un nombre illimité de mandats pour l\u2019avenir.D\u2019ailleurs, en passant, je donne un B -i- au PLQ (vous voyez que je connais d\u2019autres notes que E) pour le brillant effort et l\u2019habileté à faire passer un programme politique en programme économique et un B au docteur Couillard, qui martèle ad nauseam qu\u2019on ne peut dépenser plus qu\u2019on encaisse, rejoignant ainsi la rigueur mathématique d\u2019Einstein doublée de la sagacité de M\u201c® Blancheville.Il y a aussi ceux que l\u2019on nomme les casseurs.Non pas ceux qui cassent pour le plaisir, qui peuvent se compter sur les doigts des pieds et des mains, mais ceux qui considèrent que c\u2019est le seul moyen de s\u2019opposer à l\u2019arbitraire des gens qui ont obtenu et confisqué le pouvoir décisionnel.La note est C-.Ils ont causé moins de dégâts que la police et les pompiers sur leurs autos, que les fonctionnaires de Montréal à la mairie.Il n\u2019y a pas de victime contrairement au tir dans le mille, je veux dire dans l\u2019œil, d\u2019une dangereuse émeutière qui agitait un papier.Alors, pourquoi juste un C-?Mais parce qu\u2019ils continuent de rester piégés dans le comportement romantique que leur a défini la bourgeoiserie il y a plus d\u2019un siècle et ne tentent pas de récupérer étape par étape le pouvoir qui leur est confisqué par cette démocratie, «le moins mauvais des systèmes politiques» nous a dit Churchill entre deux puis de Roméo et Juliette et trois gorgées de vieux scotch.Peut-on essayer d\u2019en récupérer en militant pour une démocratie directe qui semble atteignable avec le développement de l\u2019Internet?Enfin, dernier groupe, les professeurs qui ont tenté de dire à la population qu\u2019un service, dès lors qu\u2019il est à vendre, n\u2019est qu\u2019une marchandise comme une autre.Mais l\u2019éducation?La justice?La santé?Si on les considère au même titre que les marchandises et qu\u2019on les soumet aux lois du marché, quel avenir ré-serve-t-on à notre société?A nos idéaux?Aux plus faibles?A 90% de la population?Pour cet effort de transmission et d\u2019analyse, qui épouse leur mandat, je leur décerne un B-i-.Voilà pour les résultats de la session d\u2019hiver et j\u2019attends avec impatience de voir si les participants vont apprendre et évoluer durant la session d\u2019été, qui s\u2019annonce tout aussi décevante que la précédente.Les dérives éthiques du projet de loi 20 L\u2019association entre l\u2019offre quantitative de services médicaux et la santé de la population est réductrice et dangereuse NICOLAS BERGERON Président de Médecins du monde Canada et médecin psychiatre au CHUM epuis son adhésion au programme fédéral d\u2019assurance-hospitalisation en 1961 et la mise en place de l\u2019assu-rance-maladie en 1970, le Québec développe son système public de santé par des politiques et des réformes or- D chestrées par l\u2019Etat.Ces réformes ont un même objectif: offrir un meilleur accès aux soins de santé.Le pouvoir politique impose ses choix en s\u2019appuyant sur des principes moraux et en tenant compte de la disponibilité réelle et projetée des ressources.Au cours des dernières années, des mesures coercitives ont été mises en place pour assurer une meilleure répartition géographique des médecins et une couverture adéquate des services d\u2019urgence et hospitaliers.Avec le projet de loi 20, on dit vouloir renforcer la prise en charge et le suivi dans la communauté.Les professionnels de la santé ont également une responsabilité collective face au rendement du système dans lequel ils sont engagés.Comme ils sont placés au cœur des dispositifs de soins, leur contribution est indispensable pour remettre en question les pratiques et pour incarner les changements à réaliser.Le Sommet interdisciplinaire sur l\u2019accessibilité aux soins de santé organisé en fin de semaine (9 et 10 mai) à Montréal appuie cet impératif.Bien que les perspectives de l\u2019État et des soignants diffèrent, tous sont tenus de respecter les principes fondamentaux qui définissent le système de santé au Québec, soit l\u2019universalité, l\u2019équité et la gestion publique.L\u2019équité en santé Dans le projet de loi 20, le gouvernement a choisi de renforcer les mesures coercitives et d\u2019imposer une cadence de volume dans la dispensation de services de santé.La majorité des observateurs sont d\u2019avis que les cibles annoncées en matière de quotas de prise en charge sont totalement irréalistes.On craint aussi que de telles mesures incitent de facto les médecins à sélectionner leur type de pratique et leur clientèle au détriment des personnes en situation de vulnérabilité ou de précarité sociale.Même si on a annoncé des nuances dans l\u2019application des contraintes, les médecins éviteront de s\u2019empêtrer dans les mailles du filet réglementaire.L\u2019équité en santé représente plus que l\u2019égalité de l\u2019accès aux services de soins et s\u2019intéresse aux déterminants sociaux.Honorer ce principe signifie faciliter spécifiquement la prise en charge médicale et psychosociale des personnes plus vulnérables.En 2011 et en 2014, les hauts tribunaux du pays ont déclaré illégales les dispositions mises en œuvre par le gouvernement fédéral pour abolir les services d\u2019injection supervisée aux utilisateurs de drogues intraveineuses et les services de santé primaires aux réfugiés.Ces décisions réaffirmaient posément que l\u2019accès aux soins pour les personnes vulnérables est un principe non négociable.L\u2019application du projet de loi 20 frôlera l\u2019irrévérence en matière d\u2019équité en santé.La dérive marchande Le cadre d\u2019analyse du problème de l\u2019accès à la santé tel que construit dans le projet de loi 20 est celui de la productivité, inscrit dans une logique marchande.Les médecins ont contribué à l\u2019édification de ce modèle entrepreneurial.Or, l\u2019association entre la quantité de services médicaux offerts et la santé de la population est non seulement réductrice mais dangereuse.Un système de santé qui s\u2019intéresse davantage aux traitements qu\u2019à la prévention et à la promotion de la santé ne peut s\u2019enorgueillir d\u2019efficience à long terme.L\u2019amputation de 30% des budgets dédiés aux Directions régionales de santé publique est incompatible avec les effets bénéfiques recherchés sur la santé d\u2019une population.Les experts estiment que, pour avoir un réel impact, 5 % du budget de la santé doit être investi en santé publique.Avant les compressions, le Québec y consacrait 2%.La progression des débats entourant la réforme accentue un climat de fractionnement et d\u2019affrontement stérile.En forçant la productivité et en imposant des contraintes, certains disent que le désengagement du système public ne sera plus envisagé avec autant d\u2019hésitation.De plus, l\u2019implication rémunérée ou bénévole des professionnels de la santé auprès des populations très vulnérables est encore si timide qu\u2019on est en droit d\u2019appréhender un recul majeur.La population souhaite certainement obtenir les soins de santé primaires auxquels elle a droit et être assurée que les deniers publics sont bien dépensés ; par contre, cela ne peut se faire au détriment de la santé globale, ni des personnes les plus vulnérables, et encore moins en bafouant des principes fondamentaux.Le coût de lïgnorance David Desjardins est amusant, une langue.Prenez, par exemple, les paroles de cette mère qui manifestait à Mississauga, en début de semaine, contre l\u2019arrivée d\u2019un nouveau programme d\u2019éducation sexuelle en Ontario: «Je ne veux pas que mes enfants y perdent leur innocence», dit-elle.Elle entend par innocence une idée qu\u2019elle se fait de leur pureté, bien sûr.Remarquez, on emploie aussi ce terme pour désigner la simplicité d\u2019esprit, l\u2019imbécillité.Comme dans ma réaction en apercevant une merde de chien ensachée, puis soigneusement déposée \u2014 vraisemblablement par le proprio dudit cabot \u2014 au sommet de mes sacs de feuilles et de branches au bord de la rue mercredi matin : non mais, ça prend-tu un innocent.Il y a dans cette idée de la pureté une attitude d\u2019une extrême candeur qui confine parfois ceux qui s\u2019y réfugient à la bêtise, si bien qu\u2019on finit par beaucoup confondre les deux.L\u2019innocence est propice au glissement de sens, de la naïveté vers la connerie.Déplacement qui se fait encore plus rapidement si on tente de manufacturer la première.Exactement ce que font ceux qui gardent leurs enfants à la maison cette semaine pour protester dans cette histoire d\u2019éducation sexuelle, prétendant qu\u2019il leur revient à eux seuls de décider du moment propice pour prodiguer ces coquins savoirs.Presque tous les parents modernes sont peut-être devenus des ahuris patentés qui enfantent leurs petits moi en croyant dur comme fer qu\u2019ils pourront les affranchir de tous les dangers que recèle ce monde, mais lorsqu\u2019ils croient pouvoir arracher leurs marmots aux périls moraux en plus, on plonge rapidement dans le genre de délire collectif qui donne étrangement envie de brûler des disques et des livres.On rirait si ce n\u2019était pas la jeunesse qui faisait les frais de ce mélange d\u2019aveuglement et d\u2019hypocrisie.Sorte de vision fantasmée du monde, en marge de tout ce qui se trame en ligne, et qui se partage désormais à l\u2019aide d\u2019un téléphone portable.Le truc que ces gens qui vivent sur une autre planète semblent ignorer, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a personne de pur.Mais il y a quantité d\u2019innocents.Des pères et des mères, comme celle que je cite plus haut, prêts à sombrer dans la plus ridicule bêtise parce qu\u2019ils ne peuvent soutenir l\u2019idée que leurs enfants apprennent qu\u2019une langue, c\u2019est autrement amusant.Ce qui arrivera de toute manière, avec leurs amis et/ou YouPorn.Ou encore à l\u2019école.Parce que, oui, le sexe oral est un des sujets au programme de ce cours, en septième année.En même temps que la contraception, la prévention de la grossesse, les ITSS.Oui, ce sera peut-être avant qu\u2019ils aient l\u2019âge de s\u2019adonner à toutes ces choses et de courir ces risques.Mais ça va arriver.Et ça existe.Aussi bien les outiller pour être mieux préparés AVANT que ça ne se produise, non ?Eh ben non, apparemment.Mieux vaut pour ces gens que la bonne morale et les apparences triomphent.Mieux vaut croire que ce qu\u2019on ne sait pas ne fait pas mal, alors que c\u2019est exactement l\u2019inverse en matière de sexe.Tout ce qu\u2019on ne sait pas, on le découvrira à la dure.Éarce que les parents n\u2019auront jamais un rapport totalement serein à la sexualité de leurs enfants, sauf pour de rares exceptions.J\u2019ai lu pas mal de choses intéressantes sur la page Éacebook de ces parents qui se braquent contre l\u2019éducation sexuelle.Beaucoup insistent sur l\u2019importance des vraies matières, de leur nécessité dans la vie (parce qu\u2019évi-demment, le sexe, c\u2019est pas important et ça n\u2019obsède personne.).D\u2019autres colportent des âneries transmises sur le Web, oû l\u2019on prétend que les élèves devraient se toucher en classe.On est là dans l\u2019habituel décalage qui nous empêche de penser, qui élimine la raison.Les sentiments, la peur de voir ses enfants devenir des possédés du cul à douze ans, quelque chose de parfaitement irrationnel qui mélange culture, religion, hyperprotec-tion parentale et un mépris affirmé pour ce qui vient de l\u2019État.Ces parents croient qu\u2019ils savent quel est le moment approprié pour parler de sexe avec leurs enfants.Sauf que c\u2019est pas vrai.C\u2019est leur entourage qui décide.C\u2019est la société.C\u2019est l\u2019école.Parce que l\u2019école sait un peu mieux que vous ce qui s\u2019y passe.Elle ne voit pas nos enfants avec des lunettes roses.Elle sait qu\u2019ils sont autre chose que ce que nous voulons croire.Purs, innocents ?Mon œil.L\u2019école n\u2019est pas émotive, elle est pragmatique.Après tout, c\u2019est elle qui mesure au quotidien le coût humain et social de l\u2019ignorance.ddesjardins@ledevoir.corn L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher-chistes photos) ; information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Brian Myles, Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters)\\ information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel 'Da.Y\\6.(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, (Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre)', information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline 'M.ontpef\\t(reporters), Benoît Munger et Philippe 'Pa.pmBa.n(pupitre)', information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre)', information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre) ; section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs) ; Loïc Hamon (cahiers spéciaux)', équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura 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Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim). B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MAI 2015 SCIENCE MB Le pouvoir de l\u2019ADN Érigée en preuve irréfutable dans les enquêtes, la molécule n\u2019est peut-être pas aussi infaillible qu\u2019on pourrait le penser PHILIPPE HUGUEN AGENCE ERANCE-PRESSE UADN, simple molécule enfouie dans le noyau de nos cellules, est devenu un outil puissant qui permet aujourd\u2019hui de démasquer rapidement les criminels et d\u2019innocenter des suspects, voire des condamnés à mort.Erigée en preuve irréfutable, l\u2019ADN n\u2019est toutefois pas aussi infaillible que plusieurs le croient.Il nous faut garder un œil critique, croit la généticienne française Catherine Bourgain.PAULINE GRAVEL Depuis 1992, l\u2019association Innocent Project aux Etats-Unis a réussi à faire innocenter 266 condamnés, dont 17 attendaient dans les couloirs de la mort, en leur permettant de bénéficier de tests ADN.«L\u2019ADN est un artisan de lutte contre la peine de mort», souligne Catherine Bourgain dans ADN superstar ou superflic ?publié aux éditions du Seuil.«Lorsqu\u2019il arrive trop tard pour innocenter, l\u2019ADN peut encore servir à dénoncer les erreurs judiciaires», ajoute-t-elle avant de relater le cas de Claude Jones, condamné à mort pour le meurtre d\u2019Allen Hilzendager par la justice du Texas, laquelle fondait son jugement sur une analyse de la structure microscopique d\u2019un cheveu retrouvé prés de 4 victime.George Bush, alors gouverneur de l\u2019État, refusa d\u2019accorder à Jones, qui clamait son innocence, le délai de 30 jours nécessaire aux analyses d\u2019ADN complémentaires, et ce dernier fut exécuté le 7 décembre 2000.Ce n\u2019est qu\u2019en 2010 qu\u2019innocent Projet obtint l\u2019autorisation d\u2019analyser l\u2019ADN du cheveu, qui s\u2019avère ne pas appartenir à Jones.Plus prés de chez nous, l\u2019ADN a permis de retrouver l\u2019auteur du meurtre de la comédienne Denise Morel, qui incarnait Dame Plume dans La ribouldingue, 23 ans après qu\u2019elle eut été battue à mort et violée en 1984, à Montréal.Lors de son arrestation en 2007, Gaétan Bissonnette a dû fournir un échantillon de son ADN, qui s\u2019est avéré identique à celui contenu dans des poils pubiens retrouvés sur la victime.A Paris, une bijoutière s\u2019est fait cambrioler par deux hommes qui l\u2019ont torturée pour avoir le code secret de son coffre-fort.Avant de partir, un des deux cambrioleurs lui a fait un bisou, a raconté M\u201c® Bourgain en entrevue lors de son passage à Montréal à l\u2019invitation du Cœur des sciences de l\u2019UQAM.Quand les policiers sont arrivés sur les lieux du méfait, ils ont prélevé des cellules à l\u2019endroit où le bisou avait été donné.Quelques mois plus tard, le type s\u2019est Qu\u2019estce que l\u2019ADN ?L\u2019acide désoxyribonucléique, ou ADN, est une longue molécule chimique ressemblant à une échelle de corde vrillée.En lait, elle est composée de deux brins enroulés l\u2019un autour de l\u2019autre et qui forment une double hélice.Chaque brin est une succession de nucléotides, lesquels sont formés d\u2019une base azotée \u2014 adénine (A), thymine (1), guanine (G) ou cytosine 00 \u2014 qui est liée à un sucre \u2014 le désoxyri-bose \u2014, lui-même lié à un groupe phosphate.L\u2019ordre d\u2019enchaînement des nucléotides le long d\u2019un brin d\u2019ADN constitue la séquence de ce brin.C\u2019est cette séquence qui porte l\u2019information génétique.Certaines sections de cette séquence forment des gènes qui codent pour la synthèse de protéines.Dans cette molécule se trouvent toutes les instructions pour iabriquer l\u2019être humain que nous sommes.Chaque personne possède un ADN particulier et unique, qui est même différent de celui de tous les membres de sa famille, à l\u2019exception des vrais jumeaux.C\u2019est pourquoi il constitue un super outil pour déterminer l\u2019identité des personnes.L\u2019ADN entre deux personnes est identique à plus de 99%, souligne Catherine Bourgain.Pour identifier une personne à partir de son ADN, il faut donc rechercher les différences dans moins de 1 % de son génome.L\u2019ADN est présent dans toutes les cellules de tous les tissus de notre corps, y compris les cheveux, la salive, la sueur, le sperme, la peau.fait arrêter dans un autre cambriolage à Marseille.Quand on a versé son ADN dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), on a pu faire le lien avec le même ADN déposé lors du baiser.Une preuve irréfutable?«On laisse partout de notre ADN, que ce soit sous forme de poils, de cheveux, de peaux mortes sur un mégot ou un chandail, ou encore de sperme.Du coup, on peut retrouver sur une scène de crime de l\u2019ADN qui n\u2019a absolument rien à voir avec l\u2019affaire.Les gens qui ont une certaine habitude le savent et font extrêmement attention de ne pas laisser leurs traces, mais c\u2019est quand même très difficile de prendre la bonne distance quand on a retrouvé de l\u2019ADN sur une scène de crime, sachant que l\u2019ADN jouit d\u2019une image de preuve irréfutable», fait remarquer la chercheuse en génétique humaine et statistiques à l\u2019INSERM, en France, avant de rap- JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Cette image de science florissante et ultra-technologique a souvent des effets dévastateurs sur le sens critique», croit la généticienne française Catherine Bourgain.peler l\u2019affaire du «Fantôme de Heilbronn».L\u2019analyse de l\u2019ADN retrouvé sur la scène du meurtre d\u2019une policière en 2007, dans cette ville du sud-ouest de l\u2019Allemagne, avait conduit la police à associer cet ADN avec celui prélevé dans les enquêtes d\u2019une trentaine de crimes et délits différents, et à imputer ces derniers à une mystérieuse tueuse en série.En 2009, on découvrit que les empreintes génétiques de cette supposée criminelle correspondaient en fait à celles d\u2019une employée de l\u2019entreprise qui fournissait le matériel pour les prélèvements.Selon Catherine Bourgain, la preuve ADN n\u2019est pas infaillible compte tenu des possibilités de contamination au moment du recueil des échantillons biologiques, de leur transport vers le laboratoire et de leur traitement pour en isoler l\u2019ADN.«Il y a aussi toujours la possibilité d\u2019erreurs de manipulation, d\u2019étiquetage, de saisie des données.» La généticienne souligne également le fait que l\u2019empreinte génétique obtenue dépend aussi du «choix des outils statistiques utilisés» et du choix que l\u2019on s\u2019accorde dans leur interprétation.«On est toujours dans des probabilités parce que l\u2019ADN ne parle pas.C\u2019est toujours nous qui le faisons parler», dit-elle.Catherine Bourgain s\u2019interroge aussi sur la réelle utilité des grands fichiers d\u2019empreintes génétiques dont se sont dotés une cinquantaine de pays dans le monde.«Comme pour toute technologie, la question est de savoir quel est l\u2019intérêt par rapport aux risques.Quels sont les risques associés à ces grandes bases de données par rapport au nom- bre de cas qui sont effectivement retrouvés grâce au fichier?Ne suffit-il pas de comparer l\u2019ADN des suspects potentiels avec l\u2019ADN prélevé sur la scène du crime,^ sans passer par une base de données?» Ces questions ont été soulevées en Angleterre et un rapport d\u2019enquête a conclu que ces grands fichiers risquent de «modifier la présomption d\u2019innocence pour les individus qui sont dans le fichier».«L\u2019ADN jouit d\u2019un statut hors norme dans la pratique, de sorte que, si l\u2019ADN retrouvé sur une scène de crime concorde avec celui d\u2019une personne inscrite dans le fichier, c\u2019est assez difficile d\u2019aller contre», lait remarquer M\u201c® Bourgain, tout en présentant un exemple répent d\u2019assassinat avec cambriolage survenu aux États-Unis qui démontre les dangers d\u2019une telle assomption.«On a retrouvé de l\u2019ADN sur la scène du crime et, quand on a consulté le fichier national, on est tombé sur une personne dont l\u2019ADN concordait avec celui qui avait été prélevé.Cette personne a été arrêtée et mise en prison.Bien heureusement, on a poursuivi l\u2019enquête et on s\u2019est alors rendu compte qu\u2019au moment des faits, cette personne était internée à l\u2019hôpital pour une crise de démence: elle ne pouvait donc pas être sur les lieux du crime au moment de l\u2019assassinat.On a alors mis en cause le brancardier qui avait été appelé pour prendre en charge la crise de démence, et qui avait contraint physiquement la personne en crise et l\u2019avait conduite à l\u2019hôpital.Ensuite, le brancardier était allé commettre son méfait.Mais comme il était porteur de l\u2019ADN de la personne démente, il l\u2019avait déposé de façon involontaire sur les lieux du crime», raconte la chercheuse.Série télé et sens critique M\u201c® Bourgain s\u2019inquiète de l\u2019importance prise par l\u2019analyse des empreintes génétiques dans les enquêtes policières.«Les policiers qui sont formés à travailler avec de l\u2019ADN ont plus tendance à investiguer les enquêtes où il y a de l\u2019ADN par rapport à celles où il n\u2019y en a pas.Les enquêtes criminelles dans lesquelles aucun ADN n\u2019est identifié seraient plus facilement mises de côté dans un souci d\u2019efficacité», indique-t-elle.De plus, «les jurés qui sont habitués à voir des séries policières dans lesquelles tout est résolu facilement par l\u2019ADN ont du coup tendance à considérer la preuve ADN avec un regard critique trop faible.[.1 Cette image de science florissante et ultratechnologique a souvent des effets dévastateurs sur le sens critique, ajoute-t-elle.Il faut toujours rester prudent et vigilant.Il n\u2019est pas question de bannir l\u2019utilisation de l\u2019ADN, mais simplement il faut connaître toutes ces histoires et garder notre sens critique.» Le Devoir La Banque nationale de données génétiques du Canada C\u2019est en 2000 que le Canada s\u2019est doté d\u2019une banque de données génétiques dans le but d\u2019aider les services de police à travers le pays à identifier les auteurs de crimes non résolus.La Banque nationale de données génétiques (BNDG) est sous le contrôle du commissaire de la Gendarmerie royale du Canada.Elle est constituée de deux répertoires : un fichier de criminalistique, qui, le 30 avril dernier, comptait 106 532 profils génétiques et un fichier des condamnés, qui en comprenait 303 456, pour un total de 415 988 profils génétiques.La BNDG détient donc le profil génétique d\u2019environ 1,2% de la population canadienne.Le fichier de criminalistique contient tous les profils génétiques associés aux substances corporelles qui ont été trouvées sur le lieu d\u2019une in-iraction ou d\u2019un crime.Ce fichier est alimenté par trois laboratoires.Le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal y dépose les informations génétiques provenant des scènes de crimes survenus au Québec.Le Centre of Forensic Sciences de Toronto fait de même en Ontario, et les Services de laboratoire judiciaire de la GRC couvrent les crimes perpétrés dans le reste du Canada.Une fois intégré à la BNDG à Ottawa, un profil génétique retrouvé sur une scène de crime dans une pro- vince est comparé aux profils génétiques associés aux autres dossiers présents dans le fichier de criminalistique afin de retrouver de possibles correspondances.Ée fichier des condamnés comprend quant à lui le profil génétique des personnes reconnues coupables d\u2019infractions primaires (crimes graves contre la personne, parmi lesquels figurent les agressions sexuelles, la pornographie juvénile, les agressions armées, les homicides et les tentatives de meurtre ainsi que les vols qualifiés) et secondaires (harcèlement criminel, proférer des menaces, voies de fait).Les échantillons de tissus corporels (de sang, de salive ou de cheveux) pré- levés sur les contrevenants sont envoyés à la BNDG à Ottawa, où on procède à une analyse génétique.Le profil génétique ainsi obtenu est ensuite déposé dans le fichier.Il est alors comparé avec les profils génétiques enregistrés dans le fichier de criminalistique.S\u2019il s\u2019avère identique à l\u2019un d\u2019entre eux, l\u2019information est communiquée au laboratoire ayant fourni l\u2019échantillon d\u2019ADN prélevé sur la scène du crime, qui, après des vérifications d\u2019usage, le transmet à son tour au service de police responsable du dossier.Les enquêteurs peuvent aussi fournir un échantillon d\u2019ADN d\u2019un suspect relié à un dossier d\u2019agression sexuelle non résolu, dont des éléments biologiques ont déjà été versés dans le fichier de criminalistique.Si l\u2019ADN du suspect s\u2019avère identique à celui présent dans le fichier, il y aura procès et l\u2019individu verra son profil génétique intégré au fichier des condamnés.Les échantillons de tissus corporels et les résultats de l\u2019analyse génétique doivent être détruits lorsque la personne visée n\u2019est plus un suspect ou a été acquittée lors d\u2019un procès en appel.Au moment de la création de la BNDG, un Comité consultatif de la BNDG a été mis sur pied.Cet organisme indépendant est chargé de surveiller tous les aspects du processus de mise en œuvre et les opérations de la Banque et d\u2019en ren- dre compte chaque année au Commissaire de la GRC.f Etats-Unis, Royaume-Uni et France Les États-Unis possèdent la plus grosse banque de données génétiques avec près de sept millions de profils, soit environ 2% de la population américaine.Le fichier national du Royaume-Uni (le NDNAD) compte pour sa part cinq millions de profils, ce qui représente 8% des habitants du pays.La banque existe depuis 1995.En France, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) renferme pour sa part le profil génétique de plus de 2,5 millions de personnes, soit plus de 3% de la population irançaise."]
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