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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2015-04-15, Collections de BAnQ.

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[" Droit de grève étudiant PKP contredit son parti puis se ravise Page a 2 Le Canada envoie 200 soldats en Ukraine Pages a 3 et a & WWW.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.C VI N° 8 1 LE DEVOIR, LE MERCREDI 15 AVRIL 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Nigeria II y a un an, le rapt massie de Chibok »CH/B0KGIRLS ambassador verToBeraso® #3650ays0ii Margaret Shetfimî «NeverToBeFbrgotteiî fà AGENCE ERANCE-PRESSE Veillées à la bougie, prières, rassemblements, le triste anniversaire de renlèvement, il y a un an, des lycéennes de Chibok par les djihadistes de Boko Haram a été marqué par des manifestations solidaires au Nigeria et ailleurs dans le monde pour exiger leur libération.Page B 5 Harper encore débouté en Cour suprême Cette fois, ce sont les peines minimales obligatoires qui sont invalidées HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa La Cour suprême vient d\u2019infliger un important revers au programme de loi et d\u2019ordre du gouvernement conservateur.Dans un jugement qui fera date, le tribunal invalide une peine minimale de prison instaurée par l\u2019équipe de Stephen Harper au motif qu\u2019elle est «draco- nienne».Si le jugement s\u2019applique dans le cas précis de la possession illégale d\u2019armes à feu, il est rédigé de manière telle qu\u2019il pourra assurément être invoqué pour contester d\u2019autres peines minimales.La cause émane de deux Torontois, Hussein Jama Nur et Sidney Charles, pris en flagrant délit de possession d\u2019armes qu\u2019ils n\u2019étaient pas autorisés à avoir.Ils n\u2019avaient pas utilisé leur arme, mais leurs gestes commandaient néanmoins une peine de trois et cinq ans de prison, respectivement.Les délinquants ne contestaient pas la peine dont VOIR PAGE A 8 : PEINES Lire aussi > La rebuffade.Un éditorial de Josée Boileau.Page A 6 Lire aussi > Le test.Une chronique de Manon Cornellier.Page A 3 C\u2019est la fin pour les élections scolaires Blais veut remplacer les élus par des administrateurs désignés pour 2016 ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Finies les élections scolaires, a tranché le gouvernement Couillard.Le ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, François Blais, présentera d\u2019ici l\u2019été 2016 une réforme de la gouvernance des commissions scolaires qui en abolira les postes électifs.«Pour moi, c\u2019est terminé.En ce moment, on travaille sur des hypothèses de remplacement», a affirmé François Blais dans un point de presse mardi, confirmant l\u2019information qu\u2019il avait donnée en entrevue au Journal de Québec.«Je laisse une petite porte entrouverte», a-t-il dit, mais seulement pour entendre «l\u2019argumentation» des «défenseurs de ce mode électif».Pour lui, la chose est jugée.«Je pense que la population a fait le tour du sujet.» La participation famélique aux dernières élections sco- François Blais laires de novembre 2014 \u2014 5,5% pour l\u2019ensemble du Québec \u2014 justifie l\u2019abolition de ce scrutin, selon le ministre.«Il faut se poser la question : est-ce qu\u2019on va laisser l\u2019équivalent de 2 milliards \u2014 à peu près 20, 22 % du budget de l\u2019éducation \u2014 dans les mains de personnes qui sont de qualité, fen suis sûr [mais] dont le pouvoir démocratique est si faible ?» s\u2019est-il demandé.«Je pense qu\u2019il faut passer à autre chose.Qu\u2019est-ce que ça va être ?[.] Je ne le sais pas encore.J\u2019ai évoqué des possibilités.On sait très bien comment trouver des personnes pour représenter des parents, des établissements, peut-être des représentants du milieu municipal.On sait comment faire ça», a indiqué le ministre de l\u2019Éducation.VOIR PAGE A 8 : ÉLECTIONS Aujourd\u2019hui Actualités > Montréal aura 1000 véhicules électriques en libre-service d\u2019ici 2020.Page A 2 Économie > Les jeunes ont raison de se plaindre.Les gouvernements contribuent à creuser l\u2019écart de richesse entre jeunes et vieux, selon une étude.Page B1 Culture > Souriez, vous êtes traqués.La série documentaire interactive en ligne Traque interdite se penche sur le traçage et l\u2019économie du Web.Page B 7 7\t_______________ \u201e Avis lôf MARDI 28 AVRIL 2015 A19 H À la Société des arts technologiques, 1201 boulevard St-Laurent, métro St-Laurent A3\tLE DEVOIR Les Amis du Devoir Culture et Communications Québec N|A|T|I|0|N|A|L Partenaire sûr.Regard neul.\" SOCiÉTt DES ARTS TECHNOLOGIQUES 9 canal SAVOIR FONDS de solidarité FTQ SOCIETE FONDACTTOA/ !develüppe[ient ANGUS Desjardins IsSI La Fondation Coopérer pour créer Pavenir reconnaît pas l\u2019existence de ce droit et n\u2019entend pas encadrer la démocratie étudiante.Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, l\u2019a rappelé à sa façon mardi.«L\u2019étudiant est à l\u2019université ce qu\u2019un consommateur est à un commerçant.Une association de consommateurs, ça ne fait pas de grève.Si [les consommateurs] décident de ne plus prendre le produit, ils ne le prennent plus.Ici, on a affaire à des étudiants qui décident de ne plus recevoir un service payé par la société et ils voudraient que les autres n\u2019y aient pas accès non plus», a-t-il fait valoir en point de presse.Lorsqu\u2019un journaliste lui a fait remarquer que les associations étudiantes étaient reconnues dans la Loi sur l\u2019accréditation et le financement des associations d\u2019élèves ou d\u2019étudiants, M.Barrette est resté de marbre.«Reconnaître une association, ce n\u2019est pas reconnaître un droit de grève.» Avec La Presse canadienne Avec Robert Dutrisac Le Devoir PLC: une possible coalition sans Muicair Ottawa\u2014Justin Trudeau serait «peut-être» davantage ouvert à l\u2019idée de former une coalition avec le Nouveau Parti déocra-tique si Thomas Muicair n\u2019était pas aux commandes du parti, a-t-il plaidé en entrevue mardi.Iæ chef du Parti libéral du Canada (PLC) estime que le style de son adversaire ne cadre pas avec le sien.la position du chef libéral n\u2019est pas nouvelle : avant même de se porter candidat à la direction du parti, il avait déjà écarté l\u2019idée de former une coalition, que ce soit avec le NPD ou avec d\u2019autres partis fédéraux.Il y a environ un mois, le chef néodémocrate a pour sa part signalé qu\u2019il était ouvert à une éventuelle alliance avec le PLC.«Chaque fois que nous, on ouvre cette porte, Justin Trudeau claque la porte.Ma priorité absolue, c\u2019est de nous débarrasser de Stephen Harper.La priorité absolue de Justin Trudeau, c\u2019est Justin Trudeau», avait-il déclaré.La Presse canadienne Bruit; Saint-Lambert poursuivra la Ville de Montréal La Ville de Saint-Lambert abandonne la voie diplomatique et poursuivra celle de Montréal en raison du bruit des concerts qui se déroulent au parc Jean-Drapeau.Lundi soir, le conseil municipal de Saint-Lambert a confié à l\u2019avocat Alain Chevrier le mandat «d\u2019intenter tout recours judiciaire approprié [.] afin de faire cesser les problèmes causés par le bruit provenant du parc Jean-Drapeau» lors de la saison estivale.L\u2019arrondissement de Ville-Marie n\u2019impose plus de limite sonore pour les concerts organisés sur l\u2019île depuis l\u2019été dernier.Le Devoir COURSE AU PQ Des syndicalistes se rangent derrière PKP KARL RETTINO-PARAZELLI Un groupe de syndicalistes a choisi mardi d\u2019offrir son soutien à Pierre Karl Péladeau dans la course à la chefferie du Parti québécois, faisant fi du passé et des prises de position récentes du député de Saint-Jérôme.Dans une lettre dont Le Devoir a obtenu copie, une quinzaine de syndicalistes provenant de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Lédération des travailleurs du Québec (LTQ) et du Syndicat de la fonction publique du Québec (SLPQ) font valoir que l\u2019aspirant-chef est le mieux placé pour «affronter les fédéralistes les plus acharnés» et faire du Québec un pays.«Les relations de Pierre Karl Péladeau avec les syndicats n\u2019ont pas toujours été harmonieuses, nous le savons, écrivent-ils.Cependant, ce dont il est question maintenant, ce n\u2019est pas de la négociation d\u2019une convention collective, c\u2019est de l\u2019accession du Québec à son indépendance.» Cet appui survient deux jours après un débat des candidats à la direction du PQ dans lequel l\u2019ex-patron de Québécor a fermé la porte à une révision du Code du travail.Le lockout au Journal de Montréal a incité plusieurs syndicats à réclamer une modernisation du Code pour adapter les dispositions antibriseurs de grève aux nouvelles technologies.«La souveraineté, c\u2019est beaucoup plus que quelques articles du Code du travail, explique en entrevue Hélène Gilbert, l\u2019une des signataires de la lettre.On ne regarde pas tant le passé de l\u2019homme, mais plutôt où il veut aller et où il veut nous emmener.» Pour ce qui est des politiques que défendrait un PKP premier ministre, les syndicalistes ne s\u2019inquiètent pas trop.Ils affirment que le candidat n\u2019a pas besoin de dévoiler ses intentions dans les «moindres détails» pour obtenir leur appui.De toute façon, les militants et les instances du parti seront toujours là pour s\u2019assurer que le nouveau chef du PQ défendra des politiques progressistes, jugent-ils.Le Devoir BUDGET EEDERAL Le Bloc québécois fait part de ses attentes Mario Beaulieu LIA LEVESQUE \\ A quelques jours du budget fédéral, le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu, énonce plusieurs attentes totalisant quelque 13 milliards de dollars.Mais, selon lui, ses demandes ne coûteraient rien à la classe moyenne parce qu\u2019il s\u2019agirait simplement de rééquilibrer les postes budgétaires.Au cours d\u2019une entrevue mardi, le chef bloquiste a énuméré maintes demandes pour rendre ce futur budget acceptable aux yeux du Bloc québécois et du Québec.Parmi ses priorités, il énonce la création d\u2019une véritable caisse autonome de l\u2019assurance-emploi, avec une réforme visant à verser davantage d\u2019argent aux travailleurs qui y contribuent.Il cite aussi une réforme du financement des partis politiques s\u2019inspirant de ce qui se fait au Québec \u2014 oû les partis touchent davantage de fonds publics en fonction du nombre de votes reçus.Lu matière sociale, il voudrait également voir le gouvernement fédéral investir dans la prévention de la radicalisation plutôt que de se borner à combattre le terrorisme avec son projet de loi C-51.Il propose aussi de mettre fin aux paradis fiscaux.Il veut également que soit instauré un fonds transitoire pour aider les producteurs laitiers et fromagers d\u2019ici qui doivent composer avec l\u2019augmentation des quotas de fromage en provenance de l\u2019Lurope à cause de l\u2019entente commerciale Canada-Union européenne.«Il y a eu plusieurs compensations annoncées, mais il n\u2019y a rien qui se fait concrètement » encore, déplore-t-il.Solutions H souhaite aussi que soit mis sur pied un fonds pour soutenir le développement économique des régions du Québec, et que soit instauré un crédit d\u2019impôt pour inciter les diplômés à revenir dans les régions.Pour financer son train de mesures \u2014 il en a cité d\u2019autres \u2014, le chef du Bloc propose de mettre fin au mécanisme de fractionnement du revenu, d\u2019augmenter le taux d\u2019imposition des grandes entreprises, des banques et des pétrolières et d\u2019imposer une surtaxe de 1,5% aux contribuables mieux nantis.«Nos demandes ne coûtent rien aux citoyens de la classe moyenne, parce que ce qu\u2019on a fait, c\u2019est réagencer la répartition des budgets», argue-t-il.Le chef du Bloc réitère par ailleurs que la seule façon pour le Québec de choisir ses propres priorités budgétaires en matière fédérale reste la souveraineté du Québec.«Dans le fond, la seule façon dont les Québécois peuvent établir une politique budgétaire vraiment cohérente, qui favorise notre plein développement économique, c\u2019est l\u2019indépendance du Québec», a opiné le chef bloquiste.La Presse canadienne UPAC Quatorze autres accusations contre l\u2019ex-maire de Saint-Rémi Le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation a autorisé le dépôt de 14 nouveaux chefs d\u2019accusation à l\u2019endroit de Michel Lavoie, l\u2019ex-maire de Saint-Rémi, en Montérégie.M.Lavoie a donc été arrêté pour une troisième fois à son domicile, mardi matin, par les policiers du Service des enquêtes sur la corruption de l\u2019UPAC.Dix de ces accusations sont pour des fraudes de plus de 5000$.Les autres chefs sont reliés à la fabrication et à l\u2019utilisation de faux et pour abus de confiance.Dans un communiqué, le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, écrit que la preuve recueillie démontre que, lorsqu\u2019il était maire, l\u2019accusé serait indûment intervenu dans la promotion d\u2019un projet de construction de desserte d\u2019égouts.Lu s\u2019immisçant dans ce projet, l\u2019ex-maire se serait livré à des fraudes et à de l\u2019abus de confiance tout en veillant à protéger ses propres intérêts pécuniaires.Michel Lavoie a été arrêté en semblables matières par rUPAC en décembre 2012 puis en octobre 2013.Les 14 chefs d\u2019accusation déposés mardi s\u2019ajoutent donc aux quatre chefs d\u2019accusation d\u2019abus de confiance, de fraude et de complot qui pèsent déjà sur lui.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE MERCREDI 15 AVRIL 2015 A 3 ACTUALITES Le test Manon CORNELLIER à Ottawa n janvier 2013, un avocat du ministère fédéral de la Justice s\u2019est présenté à la Cour fédérale pour entamer une poursuite contre son employeur.Rien de personnel dans son geste, au contraire.Il reprochait au gouvernement fédéral d\u2019esquiver la loi exigeant que tous les projets de loi respectent les garanties offertes par la Charte canadienne des droits et libertés.Edgar Schmidt, aujourd\u2019hui âgé de 62 ans, savait que sa carrière venait de prendre fin.Il a d\u2019ailleurs été suspendu sans salaire.Mais après 15 ans au ministère de Injustice, il estimait n\u2019avoir rien à perdre et que c\u2019était quelque chose qu\u2019il devait faire, comme il l\u2019a confié au Globe and Mail à l\u2019époque, «pour vivre en paix» avec lui-même.Il ne pouvait plus accepter de se plier à une directive qui demande aux avocats fédéraux de laisser passer un projet de loi dès qu\u2019il a une mince possibilité de résister à un test en vertu de la Charte.La barre est mise si bas, disait-il, que seul un projet franchement anticonstitutionnel pouvait être ainsi bloqué.Edgar Schmidt s\u2019en est inquiété avant de s\u2019adresser aux tribunaux.Il en a parlé à des collègues et à ses supérieurs pour se faire dire de ne pas brasser la cage.Mais cette façon de faire durait, dit-il, depuis 20 ans, au point où on en était rendu, pour aller de l\u2019avant, à se satisfaire d\u2019un maigre 5% de chance de tenir le coup devant un tribunal.Le gouvernement a d\u2019abord tenté de faire rejeter la cause, pour ensuite reculer.Celle-ci suit donc son cours.Une première conférence préparatoire au procès a eu lieu ce mois-ci et une autre est prévue en juin.M® David Yazbeck, qui représente M.Schmidt, espère que le procès aura lieu cet automne.?La plainte d\u2019Edgar Schmidt fait écho à d\u2019autres entendues ailleurs, en particulier depuis l\u2019arrivée des conservateurs au pouvoir.Ils se sont toujours défendus de faire fi de la Charte ou de la Constitution, mais plus le temps passe, plus les faits donnent raison à leurs détracteurs.Il faut du temps pour que les contestations judiciaires fassent leur chemin jusqu\u2019à la plus haute cour du pays.Des causes comme celle tranchée mardi par la Cour suprême, qui portait sur la constitutionnalité de peines minimales pour des crimes liés aux armes à feu.Selon le Code criminel, la possession sans autorisation d\u2019une arme à feu prohibée ou à autorisation restreinte, chargée ou dont les munitions sont facilement accessibles, est passible d\u2019une peine d\u2019emprisonnement de trois ans et de cinq, en cas de récidive.Une majorité de six juges a conclu que ces dispositions du Code criminel contrevenaient à la Charte parce qu\u2019elles constitueraient dans certains cas «une peine cruelle et inusitée».La Cour note que pourrait être visée une personne qui entrepose son arme dans un lieu différent de celui mentionné sur son permis.«Le législateur aurait pu atteindre son objectif en créant une infraction pour laquelle il existe un rapport étroit entre le comportement auquel est associée une grande culpabilité morale [.] et la peine minimale obligatoire, au lieu d\u2019une infraction qui ratisse large et qui englobe le comportement moins empreint de culpabilité morale et pour lequel la peine minimale obligatoire serait totalement disproportionnée», écrit la majorité.Les juges précisent par ailleurs les questions que les tribunaux devraient se poser à l\u2019avenir pour juger de la constitutionnalité d\u2019une peine minimale.Le test est serré, ce qui annonce des jours difficiles pour le gouvernement.On retrouve actuellement dans le Code criminel une cinquantaine de peines minimales.Elles ne sont pas toutes inconstitutionnelles.La Cour elle-même dit qu\u2019elles peuvent être justifiées.Tout dépend du contexte et de la faute visée.Leur multiplication, par contre, et leur durcissement ont ouvert la porte à des recours devant les tribunaux.L\u2019un d\u2019entre eux vise la sentence minimale d\u2019un an pour possession de drogue dans le but d\u2019en faire le trafic.Elle a été jugée inconstitutionnelle il y a un an par la Cour de Colombie-Britannique, car elle prendrait même dans son filet une personne partageant une petite quantité de drogue avec un proche.Le gouvernement en a appelé du verdict.?Depuis deux ans, le gouvernement conservateur essuie revers après revers devant la Cour suprême, des défaites (et des coûts) qu\u2019il aurait pu s\u2019éviter s\u2019il avait écouté les voix qui se sont élevées pour le prévenir des dangers d\u2019accrocs à la Constitution.En fait, ce genre d\u2019avertissements est devenu pratiquement routinier au Parlement dans des dossiers aussi divers que l\u2019immigration, le traitement des réfugiés, la loi électorale, la sécurité nationale, la justice, les autochtones et ainsi de suite.La cascade de recours judiciaires n\u2019est donc pas une surprise.Qu\u2019importe.Même dans la défaite, les conservateurs trouvent habituellement leur compte, et ce sera probablement le cas avec ce dernier jugement.Ils fouetteront leur base en disant que les tribunaux font échec à la volonté des élus.Comme si leur volonté devait avoir préséance sur la loi suprême du pays, celle que tout gouvernement a le devoir de respecter et qui serf à protéger les citoyens contre les dérives de l\u2019État.mcornellier@ledevoir.com PROCÈS DE MIKE DUFFY Un budget de contrats à l\u2019entière discrétion des sénateurs, confirme la témoin MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Le budget discrétionnaire dont s\u2019est servi Mike Duffy pour octroyer des contrats par le biais d\u2019un ami est précisément cela: une somme annuelle que le sénateur a X« entière discrétion » d\u2019allouer à qui il veut, pour commander le travail qu\u2019il veut.Et personne au Sénat ne surveille les résultats obtenus, a martelé l\u2019avocat de M.Duffy mardi.Donald Bayne a pris la sixième journée du procès de son client pour contre-interroger la témoin Sonia Makhlouf.L\u2019employée des ressources humaines du Sénat a été contrainte d\u2019admettre que son bureau ne fait pas le suivi pour vérifier que les contrats qui y sont approuvés mènent au produit promis.«Comment savons-nous combien d\u2019heures la personne a réellement travaillé ou si on en a eu pour notre argent?Il n\u2019y a pas d\u2019enquête?», a demandé M® Bayne à la témoin.«Non, pas aux ressources humaines», a-t-elle avoué.Et dans le cas de contrats octroyés à des compagnies, le Sénat ne vérifie pas non plus qui mène à bien les tâches commandées à ces entités.«Cela ne fait pas partie de mes responsabilités», a concédé M®® Makhlouf.Son bureau s\u2019assure simplement qu\u2019un sénateur commande des services liés à son travail parlementaire.Mais les sénateurs ne sont pas des experts quant aux dizaines de règles en place.« C\u2019est à vous, l\u2019administration du Sénat, de conseiller les sénateurs lorsqu\u2019ils dépassent les directives», a rétorqué M® Bayne.Tout sénateur a droit à un budget annuel pour commander «à sa discrétion» des services de recherche «en vertu [de ses] besoins», a SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE L\u2019employée des ressources humaines du Sénat Sonia Makhlouf était à la barre des témoins lundi et mardi.noté l\u2019avocat de M.Duffy, en citant des dizaines de règles, directives et politiques sénatoriales.«La notion de ce qui constitue de la recherche est excessivement large», a martelé l\u2019avocat.«Oui», a convenu M™® Makhlouf.Parmi les 31 chefs d\u2019accusation déposés contre le sénateur, huit concernent les 65 000$ versés à son ami Gerald Donohue qui, par le biais de deux compagnies, à son tour rémunérait d\u2019autres individus.L\u2019avocat de Mike Duffy rétorque que les règles sénatoriales sont tellement floues qu\u2019elles n\u2019interdisent pas explicitement les gestes qui lui sont reprochés.En entrevue avec la GRC \u2014 dont des extraits ont été lus en cour par M® Bayne mardi \u2014, M™® Makhlouf a indiqué que les demandes de contrats de M.Duffy n\u2019avaient rien d\u2019anormal par rapport à celles de ses collègues.«Je reçois des demandes qui sont plus complètes, je reçois des demandes qui sont moins complètes.Pour moi, il est comme n\u2019importe quel sénateur», avait confié la témoin lors de l\u2019enquête policière.Quant aux photographies de Barbara Bush ou de la famille du sénateur, payées par M.Donohue, l\u2019impression de photographies est une dépense autorisée par le Sénat, a fait admettre M® Bayne au témoin.Mais une telle facture aurait dû passer par les finances du Sénat, pas par un contrat de recherche comme celui accordé à M.Donohue, a précisé M®® Makhlouf.Mike Duffy est par ailleurs accusé d\u2019avoir versé, là encore par le biais de M.Donohue, une prime de 500$ à une bénévole.Le Sénat permet la rémunération de «personnel», ce qui comprend un «employé, contractuel et bénévole» a récité M® Bayne.Eaux, les directives fournies à M®® Makhlouf par ses supérieurs stipulent qu\u2019un bénévole n\u2019a pas à être rémunéré, a-t-elle insisté, tout en admettant cependant que cette consigne n\u2019est écrite nulle part.M™® Makhlouf sera de retour à la barre des témoins ce mercredi matin.Suivront un nouvel interrogatoire de la Couronne et un autre témoin qui discutera à son tour des contrats accordés à M.Donohue.Le Devoir ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE La contribution militaire canadienne vise à aider l\u2019Ukraine dans ses efforts pour maintenir sa souveraineté et «pour résister à l\u2019agression russe», a précisé le premier ministre Stephen Harper mardi, qui était aussi accompagné du chef d\u2019état-major des Forces armées canadiennes, le général Torn Lawson.Le Canada enverra environ 200 soldats pour de la formation en Ukraine MÉLANIE MARQUIS à Ottawa Les soldats canadiens qui seront bientôt déployés en Ukraine se trouveront à des centaines de kilomètres de la zone de combat et se concentreront sur la formation, assure le gouvernement.Le premier ministre Stephen Harper a annoncé mardi l\u2019envoi de quelque 200 membres des Eorces armées canadiennes dans l\u2019ouest de l\u2019Ukraine afin de contribuer aux efforts déployés par l\u2019OTAN pour résister à l\u2019agression russe.Les risques associés à cette mission sont faibles, car le centre de formation où seront stationnés la majorité des soldats canadiens \u2014 environ 150 \u2014 est localisé à 1300 kilomètres de la zone où les forces russes et ukrainiennes se livrent bataille, selon le ministre de la Défense, Jason Kenney.« On ne pourrait pas être plus loin que ça», a-t-il soutenu en conférence de presse au quartier général de son ministère, à Ottawa.«Évidemment, il y a des risques inhérents à chaque déploiement, des accidents peuvent arriver, mais il ne s\u2019agit pas d\u2019une mission de combat», a poursuivi M.Kenney.Et dans l\u2019éventualité où la situation dégénérerait, la stratégie de sortie des troupes canadiennes est bien établie, a-t-il insisté.«Nous serons très proches de la frontière entre l\u2019Ukraine et la Pologne, donc si les choses changent dramatiquement, il ne serait pas difficile de faire sortir nos troupes», a plaidé le ministre Kenney.Coalition de soutien En déployant des troupes dans la région, le Canada agit pour éviter que le conflit s\u2019envenime, et non à des fins de provocation, selon lui.«Nous croyons que la meilleure façon de prévenir une escalade de la situation en Ukraine est d\u2019envoyer un message dissuasif à M.[Vladimir] Poutine pour qu\u2019il sache que l\u2019Ukraine est mieux préparée à faire face à une menace russe», a-t-il soutenu.La mission de formation, dont le coût a été évalué à 16 millions de dollars pour la première année (dont une réserve de 3 millions), devrait s\u2019amorcer cet été et se poursuivre jusqu\u2019au 31 mars 2017.Elle se tiendra principalement dans un centre d\u2019entraînement existant de l\u2019OTAN à Yavoriv, une petite localité située à environ 400 kilomètres à l\u2019ouest de la capitale ukrainienne, Kiev.Les soldats canadiens seront notamment appelés à offrir de la formation sur la neutralisation d\u2019explosifs et de munitions, à assurer la formation de policiers militaires, à fournir de la formation médicale et à offrir de la formation sur la sécurité des vols, a spécifié le gouvernement.Ils se joindront à d\u2019autres militaires qui font partie d\u2019une coalition d\u2019entraînement et 4e soutien dirigée par l\u2019armée des Etats-Unis, à laquelle participent aussi des soldats britanniques.Le premier ministre Harper a réitéré mardi que le Canada demeurait solidaire de la population ukrainienne «face à l\u2019agression constante du régime Poutine».Au cours des derniers mois, son gouvernement a multiplié les sanctions contre la Russie afin de protester contre l\u2019annexion de la Crimée, officialisée il y a maintenant un peu plus d\u2019un an.Et l\u2019OTAN?Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, se dit en accord avec l\u2019idée d\u2019envoyer des soldats canadiens en Ukraine à des fins de formation.«C\u2019est sûr que le Canada se doit de continuer d\u2019être un ami de l\u2019Ukraine, qu\u2019il doit aider l\u2019Ukraine contre cette incursion illégitime de la Russie», a-t-il affirmé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne mardi matin.«Et pour moi, faire de la formation, c\u2019est justement quelque chose que le Canada fait très bien», a ajouté M.Trudeau.Le Nouveau Parti démocratique (NPD) s\u2019est montré moins enthousiaste, son chef Thomas Mulcair faisant remarquer que cette mission ne se déroulait pas sous l\u2019égide de l\u2019OTAN.Le dirigeant déplore également que le gouvernement Harper ait décidé d\u2019envoyer des soldats à l\u2019étranger sans consulter le Parlement au préalable.En entrevue à Radio-Canada lors d\u2019un passage à Rimouski, le chef néodémocrate a déclaré qu\u2019il s\u2019agissait là d\u2019un «dangereux précédent».La Presse canadienne Lire aussi > Harper i\u2019Ukrainien.L\u2019éditorial de Bernard Descôteaux.Page A 6 A 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 15 AVRIL 2015 LES PETITES ANNONCES Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 Courriel : petitesamionces@ledevoir.com I «N «D «E «X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100 * 199\tIMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100 \u2022 150 Achat vente échangé 160 \u2022 199 Location 200 \u2022 299\tIMMOBILIER COMMERCIAL 200 \u2022 250 Achat vente échangé 251 \u2022 299 Location 300 \u2022 399\tMARCHANDISES 400 \u2022 499\tOFFRES D'EMPLOI 500 \u2022 599\tPROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 \u2022 699\tVÉHICULES APPARTEMENTS ET LOGEMENTS A LOUER APPARTEMENTS ET LOGEMENTS A LOUER SOUS LOCATION PROMO EN COURS AU VILLAGE OLYMPIQUE 1V2: $795 13V2: $1090 I 4V2: $1250 15V2: $2080 Metro 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condition so ciale le handicap ou I utilisation d un moyen pour pallier ce handi cap MTL-NORD, grand 51/2 r de c Accès cour Stat Pas d animaux Mai 980$ n/c 514 949 3920 OUTREMONT-190 Willowdale 3 1/2 4 1/2 reno Près metro UdeM Chauffes eau ch poele/frigo asc 514 738 5663-514 735-5331 OUTREMONT - 5, Vincent d Indy 112 312 412 rénovés près metro UdeM Poele/frigo Chauffe eau chaude Ascenceur 514 737-8055\t514 735-5331 OUTREMONT, 6 1/2, ht duplex Pl en bois franc fenetres tout au tour balcon vue sur la montagne sdh avec bain & douche séparé stat ext Nonfum pas d animaux Juillet $1 600 514 998 6933 PLATEAU Boyer - 51/2 5 electros 1800$ Messier-61/2 R dec Grande cour Lav sech 1575$ Rénovés Juillet 514 598-5872 www locationduplateau corn PLATEAU St-Joseph/Marquette - 41/2 1050$ chauffe eau ch lav sech Libre et rénové 514 598-5872 www locationduplateau corn PRES HOPITAL Maisonneuve-Rosemont 4 1/2 h duplex reno ve pas animaux n fum cabanon JUILLET 780$ 514-321-3634 ROSEMONT-Pied-a-terre Beau 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1922-2015 decede le 9 avril 2015 a Gatineau (secteur Hull), a lâge de 92 ans II était l'epoux de feu Blanche Duhamel Gaudreault et le fils de feu Joseph Edouard Gaudreault et de feu Jeanne Richard Il laisse dans le deuil ses enfants Blanche (Pierre Mann) Pierre (Therese Richer) et Catherine, sa sœur Claire Gaudreault ses petites-filles Simone et Galina, ainsi que plusieurs neveux, nieoes et ami(e)s Membre de l\u2019Ordre du Canada journaliste humoriste et pamphlétaire, détenteur de quatre prix de journalisme dont deux Bowater (1956 1960) et le Grand Prix de I Union canadienne des journalistes de langue française (1966) Il avait débute dans te journalisme au Clairon de St-Hyacinthe (1942-1948), puis poursuivi a La Tribune de Sherbrooke (1948-1954) alors quil était aussi correspondant parlementaire a Quebec durant les sessions A Montreal (1954 1959) puis a Ottawa (1959 1971), Il fut correspondant parlementaire pour La Presse Le Nouveau Journal et Le Soleil De 1971 a 1987, il a dirige des services d information au sein de I administration federate Vos témoignages de sympathie peuvent se traduire par un don a la Société canadienne du cancer Une celebration de la Parole aura heu a la chapelle du Complexe funéraire de la Cooperative funéraire de rOutaouais au 95, boulevard de la Cite-des-Jeunes, Gatineau (secteur Hull) te samedi 18 avril 2015 a 18h La famille recevra tes condoléances a compter de 17h30 La famille desire remercier particulièrement I équipé des soins palliatifs a domicile du CLSC- Gatineau pour son dévouement et tes très bons soins prodigues Vos messages de condoléances peuvent être transmis via www cfo coop Letocha, Jean 1939-2015 A Montreal, te 7 avril 2015, a I age de 76 ans est decede Jean Letocha epoux de Micheline Leduc Outre son épousé il laisse dans le deuil sa sœur Marie (Albert Torgue) son frere feu Roman (Danielle Couture), son beau-pere ses beaux-freres, belles-sœurs, neveux, nieces ainsi que parents et amis La famille vous accueillera le samedi 18 avril 2015 des 13h30 au J.A.GUILBAUL-g COMPLEXE FUNÉRAIKt 5359 boui Saint Michel/Masson Montreal T 514 721 4925-F 514 728-3467 {Stationnement pnve a ramete) Un hommage sera célébré le jour même a 16h Des dons a la Fondation québécoise du cancer seraient appréciés, formulaires disponibles au salon LeBlanc Gauvin, Thérèse A Montreal, te 1® avril 2015 est decedee Therese Gauvin LeBlanc épousé de feu Leopold LeBlanc Elle laisse dans le deuil ses fils Jean (Ginette Astalos) et Patrice (Maryse Levesque), son petit-fils Nicolas Belsle-Leblanc (Marie-Eve Parent) et son amere-petite-fille Lauriane Belisle-LeBlanc ainsi que plusieurs parents et amis La famille accueillera parents et amis au il Alfred Dallaire IMEMORIA nn, rue Laurier Ouest, Outremont 514 277 7778 I memoria.ca Service de voiturier le samedi 18 avril 2015 de 14h a 17h Une liturgie de la Parole sera celebree, en presence des cendres a 17h Parents et amis sont pries dy assister sans aucune autre invitation Toutes marques de sympathie peuvent se traduire par des dons a la Fondation du CHUM (http //fondationuchum corn) CARDINAL JEAN-CLAUDE TURCOTTE 1936-2015 Le Cardinal Jean-Claude Turcotte est decede le 8 avril 2016, au Pavillon des soins palliatifs de l\u2019Hôpital Marie-Clarac a Montreal II était âge de 78 ans Fils de feu Paul-Emile Turcotte et de feu Rita Gravel il laisse dans le deuil ses sœurs Nicole et Louise, ses freres Raymond (Suzanne Turcotte), Gilles (feu Denise Michaud), Alain (Gisele Leduc), ses neveux et nieces, Pierre (Chantal Parizeau), Francine (Guy Begin), Michel François (Kamille Jobin Therrien) Sylvain Louis-Philippe (Evelyne Deschênes), Catherine-Eve, Dominique Leduc, Sandra Lecompte (Benoît Dubuc), leurs enfants ainsi que de nombreux cousins et cousines Il laisse egalement dans le deuil I archevêque de Montreal Mgr Christian Lepine de nombreux confreres evêques et prêtres ainsi que tes membres de la communauté diocésaine catholique de Montreal Archevêque de Montreal de 1990 a 2012, le Cardinal Jean-Claude Turcotte est ne dans cette même ville le 26 juin 1936 Etudiant au College Andre-Grasset (1947-1955) il entre ensuite au Grand Séminaire de Montreal Apres son ordination au presbyterat, le 24 mai 1959 il est nomme vicaire a la paroisse Saint-Mathias-Apôtre (1959-1961), puis assistant aumônier diocésain de la Jeunesse ouvrière chrétienne (1961-1964) Au retour d\u2019une annee deludes en pastorale sociale aux Facultés catholiques de Lille en France il occupe le poste d\u2019aumônier diocésain de la Jeunesse indépendante catholique feminine ainsi que du Mouvement des travailleurs Chretiens (1965-1967) De 1967 a 1974, il est charge de diverses fonctions a l\u2019Office du Cierge En 1974 il devient directeur de I Office de Pastorale paroissiale puis, en 1977, procureur du diocese En 1981,1 archevêque de Montreal Mgr Paul Grégoire, lui confie le mandat de vicaire general du diocese et de coordonnateur general de la pastorale Le 15 avril 1982, le pape Jean-Paul II le nomme evêque de Suas et auxiliaire de l\u2019archevêque de Montreal II reçoit I ordination episcopate des mains de Mgr Paul Grégoire le 29 juin 1982 Lors de la visite du Pape en 1984, il est délégué des evêques du Quebec auprès du Gouvernement provincial et assure la coordination de la visite dans le diocese de Montreal Le 17 mars 1990, le pape Jean-Paul II le nomme archevêque du diocese de Montreal En août 1993, il se rend a Denver (Colorado) pour participera la Ville Journée mondiale de la Jeunesse ou on l\u2019invite a offrir une catechese aux jeunes de langue française En octobre 1994, il se rend a Rome afin de participer au Synode des evêques sur la vie consacrée Le 30 octobre 1994 Sa Sainteté le pape Jean-Paul II annonce sa nomination au titre de cardinal de la Sainte Eglise Romaine A Rome, le 26 novembre suivant, il est introduit au College des Cardinaux Le 12 décembre 1994, le Saint-Pere le nomme membre du Conseil pontifical des Communications sociales et de la Congregation pour la Cause des saints Le 6 juin 1995 I Université McGill de Montreal lui remet un doctorat honoris causa en Théologie En octobre 1995 il est élu vice-president de la Conference des evêques catholiques du Canada La même annee il convoque un synode diocésain qui au terme d une vaste consultation, mènera a des orientations visant notamment a proposer Jesus Christ dans une approche actuelle missionnaire vocationnelle et sociale De 1996 a 2006, il a ete membre de la Prefecture des affaires economiques du Saint-Siege En août 1997, lors de la Xlle Joumee Mondiale de la Jeunesse a Pans le Cardinal est invite a donner une catechese aux jeunes francophones Quelques mois plus tard en octobre 1997 il est élu president de la Conference des evêques catholiques du Canada fonction qu il occupe jusqu\u2019en 1999 La même annee, il participe a I Assemblée spéciale pour l\u2019Amerique du Synode des evêques A la demande du Saint-Pere il agit comme president de la Commission pour le message final II participe activement au deroulement des Journées Mondiales de la Jeunesse de Rome (2000) de Toronto (2002) et de Cologne (2005) Chaque fois on l\u2019invite a livrer deux catecheses aux jeunes francophones En juin 2007, l\u2019Universite Concordia de Montreal lui decerne un doctorat honoris causa en Droit pour souligner son travail comme pasteur ainsi que son soutien aux œuvres religieuses spirituelles et philanthropiques En mai 2009 il est nomme membre de la Congregation pour I Evangelisation des Peuples En 2010 le Cardinal participe au Conclave qui élira le pape Benoît XVI En juin 2011 ayant atteint I âge de soixante-quinze ans, te Cardinal Turcotte remet sa demission au Pape Benoit XVI Celle-ci sera acceptée en mars 2012, avec la nomination d un nouvel archevêque.Mgr Christian Lepine L\u2019annee suivante, le Cardinal Turcotte participera au Conclave qui mènera a l\u2019election du pape François Très près des organismes communautaires, te Cardinal a parraine plusieurs d entre eux en plus de présider une collecte de sang qui a lieu chaque annee le Vendredi saint Plusieurs événements ont jalonne son épiscopat notamment la canonisation du Frere Andre en 2010 Communicateur reconnu, il a genereusement collabore avec les médias et il a preside des collectes annuelles soutenues par des concepts publicitaires audacieux La dépouillé mortelle sera exposee en chapelle ardente, a la Cathédrale Mane-Reine-du-Monde le jeudi 16 avril prochain, de7h a22 h Les funérailles seront celebrees le vendredi 17 avril, a 14 h a la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde Elles seront presidees par Mgr Christian Lepine Direction MAGNUS POIRIER ^\t.\t-4 WWW magnuspoWer com LE DEVOIR LE MERCREDI 15 AVRIL 2015 A 5 ACTUALITES PETER DE KIEVITH GETTY IMAGES Montréal aura 1000 véhicules électriques en libre-service d\u2019ici 2020 Montréal aura un parc de 1000 véhicules électriques en libre-service (VLS) d\u2019ici 2020, mais la forme que prendra cette offre de transport reste à déterminer.Le maire de Montréal, Denis Coderre, a annoncé mardi le lancement d\u2019un appel d\u2019intérêt international, en juin, afin de sonder l\u2019offre disponible, ce qui sera suivi d\u2019un véritable appel de propositions en octobre.Des ententes sont déjà prévues avec Stationnement Montréal, Hydro-Québec et la Commission des services électriques de Montréal pour le déploiement d\u2019un important réseau de bornes de recharge.Cependant, l\u2019exploitation du réseau et la fourniture de véhicules seront entièrement laissées à l\u2019entreprise privée.MEGAHOPITAL A QUEBEC Le projet se dessine ISABELLE PORTER à Québec La direction du futur mégahôpital de Québec ne veut rien entendre sur des dépassements de coûts possibles.Elle répète que le projet ne coûtera pas plus de 2,1 milliards au gouvernement du Québec.«C\u2019est un maximum», a répété le directeur clinique 4u nouveau complexe, Jacques Emond, en conférence de presse.L\u2019équipe du Centre hospitalier universitaire (CHU) dévoilait mardi les objectifs des premières études du Programme fonctionnel et technique (PET) qui doit préciser le projet au cours des prochains mois.Ces études portent sur la méthode de gestion «lean», le patrimoine, l\u2019aménagement urbain et la facilité de déplacement des patients dans le complexe.Le PET, qui coûte à lui seul plus de 30 millions, doit être complété d\u2019ici la fin de 2015.Or même si l\u2019objectif est de définir le budget du projet, l\u2019équipe du CHU assure que l\u2019enveloppe prévue par le gouvernement ne sera pas dépassée.Le mégahôpital doit être construit sur le site de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus à partir de ce dernier et de la quasi- totalité des fonctions de l\u2019Hô-tel-Dieu de Québec.Le premier pavillon doit normalement être achevé pour 2019, mais on prévoit un parachèvement de î\u2019ensqmble en 2025.Mardi, M.Emond et ses collègues ont souligné à quel point le personnel des deux hôpitaux était enthousiaste et mobilisé.Ce discours n\u2019est pas sans trancher avec celui d\u2019un groupe de médecins et pharmaciens de l\u2019Hôtel-Dieu qui dénonçait encore récemment le projet dans Le Devoir.L\u2019équipe du CHU a reconnu mardi que le plafond de 2,1 milliards de dollars était une contrainte importante pour un projet de cette taille, mais se dit convaincue de pouvoir profiter de la fusion pour «optimiser» ses pratiques et offrir un meilleur service.«Ça nous force à nous questionner sur pos pratiques», a souligné M.Emond.La conférence de presse a en outre permis d\u2019apprendre que le CHU allait demander à la Ville de réviser son zonage pour pouvoir construire davantage en hauteur.Les lots du site ayant les seuils les plus élevés se limitent à 30 mètres, soit l\u2019équivalent d\u2019environ sept étages.Le Devoir HARCELEMENT PSYCHOLOGIQUE Richard Bergeron se défend JEANNE CORRIVEAU Les tensions étaient vives en 2011 au cabinet de la 2® opposition à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal.Accusé de harcèlement psychologique par une ex-employée, l\u2019ancien chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a soutenu devant la Commission des relations du travail (CRp mardi que la plaignante, Militza Jean, se querellait souvent avec les autres membres du personnel.S\u2019il l\u2019a congédiée en décembre 2011, c\u2019est parce que le lien de confiance avec son employée avait été rompu, a-t-il affirmé.Embauchée par Projet Montréal lors de la campagne électorale de 2009, M\u201c® Jean accuse le directeur de cabinet de Projet Montréal, Joël Simard-Ménard, de même que son ancien employeur, Richard Bergeron, de harcèlement psychologique et de congédiement injustifié.Elle leur reproche également d\u2019avoir eu une conduite vexa-toire à son endroit.Lors de son témoignage, M.Bergeron \u2014 qui a quitté Projet Montréal pour siéger au comité exécutif de Denis Coderre \u2014 s\u2019est défendu d\u2019avoir été méprisant.Il a rappelé qu\u2019après le scrutin de 2009, il avait imposé l\u2019embauche de M\u201c® Jean p son nouveau chef de cabinet.À maintes reprises, il s\u2019est porté à sa défense, a-t-il dit.Il a soutenu être intervenu auprès de M.Simard-Ménard lorsque M\u201c® Jean et la conseillère Josée Duplessis s\u2019étaient plaintes du ton dur employé par le directeur de cabinet.Des tensions Au fil des mois, la situation s\u2019est détériorée au sein du cabinet.Des employés auraient rapporté que M\u201c® Jean «criait à tout le monde au bureau», mais M.Bergeron affirme n\u2019avoir jamais été témoin de telles scènes.«Dès que j\u2019étais là, c\u2019était le calme plat», a-t-il dit.Conscient des tensions, M.Bergeron affirme avoir eu recours à l\u2019humour «pour calmer le jeu».Il a toutefois reconnu avoir fait une «mauvaise blague» lorsque Militza Jean a insisté pour qu\u2019il accepte de participer à une fête polonaise.Il a lancé: «Je n\u2019irai pas, les Polonaises ont du poil sur les jambes.» Niant avoir eu une attitude raciste à l\u2019endroit de M\u201c® Jean, Richard Bergeron a plutôt fait valoir que celle-ci invoquait souvent le fait qu\u2019elle est noire pour se plaindre du traitement qu\u2019on lui infligeait.Il a également remis en question les compétences de M\u201c® Jean, relatant la fois oû l\u2019ancienne employée avait retouché un texte qu\u2019il avait rédigé.«J\u2019étais furax.J\u2019ai dit: \u201cMilitza, tu ne touches plus jamais à mes textes\u201d, a-t-il souligné./\u2019af réalisé que Jean était totalement incapable d\u2019analyse technique.Elle ne fonctionnait qu\u2019à l\u2019émotion.» Lorsque l\u2019avocat lui a demandé s\u2019il avait eu une attitude inappropriée à l\u2019endroit de M\u201c® Jean, M.Bergeron a qualifié ces allégations à\u2019«ignobles».Il a relaté que jusqu\u2019au printemps 2011, leurs deux familles étaient proches et que M\u201c® Jean était venue une douzaine de fois chez lui avec ses enfants.Selon lui, c\u2019est plutôt son ex-employée qui aurait tenu des propos déplacés.Richard Bergeron avance que le lien de confiance s\u2019est brisé le 16 décembre 2011 lorsqu\u2019il a reçu de Militza Jean le verbatim d\u2019une conversation qu\u2019il avait eue avec elle, ce qui laissait croire qu\u2019elle l\u2019avait enregistré à son insu.Deux jours avant Noël, il lui annonce qu\u2019il résilie son contrat et offre l\u2019équivalent de 22 semaines de salaire.«On voulait que les choses se passent bien.On ne voulait pas de scandale dans les journaux.» Or, M\u201c® Jean a rejeté cette proposition et a déposé une plainte pour harcèlement psychologique.Les audiences se poursuivent jeudi avec le témoignage de Joël Simard-Ménard.Le Devoir LOGEMENTS La CORPIQ dénonce aussi les contournements législatifs LAURA PELLETIER La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) dénonce les pratiques de certains propriétaires qui évincent des locataires sous le prétexte qu\u2019ils souhaitent faire des travaux d\u2019agrandissement, de subdivision ou de reconversion du logement, travaux qu\u2019ils ne font finalement pas.Aux yeux de l\u2019organisation, ce phénomène est causé par la difficulté qu\u2019éprouvent les propriétaires à rentabiliser leur achat, à cause des conditions actuelles du marché.Contrairement à ce qui avait été affirmé dès la sortie des comités logement et membres de l\u2019opposition de l\u2019Assemblée nationale lundi, la CORPIQ a tenu à se prononcer sur le sujet.L\u2019organisation rappelle que cette pratique est «illégale».«Nous encourageons les locataires qui voient de fausses transformations à les dénoncer», indique Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la CORPIQ, qui estime toutefois que ce n\u2019est pas un phénomène de «grande ampleur».Il invite les propriétaires qui ne souhaitent plus louer leur immeuble ou qui désirent le reconvertir à évincer leurs locataires de façon légale, en payant les compensations prévues dans la loi.Pour éviter que des évictions soient faites sous de faux motifs, des comités logement ont demandé lundi de corriger le manque de suivi des travaux d\u2019agrandissement, de subdivision ou de reconversion d\u2019un logement, qu\u2019ils qualifient à\u2019 « anomalie dans les lois provinciales et les règlements municipaux».Gaétan Roberge, du comité logement Ville-Marie, demande aux municipalités, «et en particulier à la Ville de Montréal», de «mettre en place, dans les cas de travaux qui impliquent l\u2019éviction de locataires, un mécanisme d\u2019examen en amont et de suivi rigoureux de la demande de permis afin de s\u2019assurer du sérieux du projet et de tenir compte de ses conséquences sur les locataires».La Corporation voit mal comment un système de suivi pourrait être établi pour les locataires, alors que les propriétaires, eux, ne bénéficient pas d\u2019un tel service pour, par exemple, des locataires qui ne respectent pas leur bail.«Il y aurait deux systèmes de justice différents: les propriétaires qui devraient poursuivre en justice [pour régler des problèmes avec leurs locataires] et [les locataires] qui n\u2019auraient pas à le faire, puisqu\u2019un suivi serait fait pour eux», précise M.Brouillette.La CORPIQ ajoute qu\u2019elle n\u2019encourage pas les formations qui expliquent aux propriétaires des stratagèmes de contournement de la loi ou des règlements.Le Devoir Le maire de Québec rattrapé par l\u2019histoire des ordures ISABELLE PORTER à Québec La controverse entourant la collecte des ordures à Québec a ravivé les hostilités entre le maire de Québec, Régis Labeaume, et le syndicat des fonctionnaires.«Il faut quand même être culotté pour mentionner que ce sont les fonctionnaires municipaux qui sont responsables du dérapage relativement à ce dossier», a dénoncé mardi le président du syndicat des fonctionnaires municipaux, Jean Gagnon, dans un communiqué.Au cours de la fin de semaine, le maire avait déclaré qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un «merveilleux ratage bureaucratique».Or le syndicat des fonctionnaires croit que le maire n\u2019a à s\u2019en prendre qu\u2019à lui-même.«n était en pleine connaissance du dossier.Prétendre le contraire voudrait dire que le maire ne connaît pas ses dossiers, qu\u2019il approuve et signe n\u2019importe quoi», fait valoir le regroupement d\u2019employés.Rappelons que les citoyens des quartiers centraux ont mal accepté la décision de la Ville de remplacer les bacs de recyclage par des sacs de plastique.La situation s\u2019est aggravée lundi dans le secteur commercial en raison d\u2019une confusion quant aux nouveaux horaires de collecte des déchets.Alors que la controverse prenait de l\u2019ampleur, M.Labeaume a ajouté lundi qu\u2019il irait lui-même jouer les éboueurs d\u2019un jour pour y voir plus clair.Mardi, son attaché de presse a dit ne pas savoir quand exactement le maire irait suivre le parcours des éboueurs.Le maire priorise pour l\u2019instant la recherche de solutions à partir de l\u2019hôtel de ville, a-t-il expliqué.Le Devoir T JOUR DE LA TERRE mieux à Ig X lu ly pos GRi^NOS PARTENAIRES PARTENAIRES MAJEJRS ES] QUËBECPR^ PARTENAIRES ASSCXIÉS PARTENAIRES MÉDIAS HUmanit SIDLEE TA-T ^Stm vidéotron Montré®\tITDIIMJlIt\tnovae\tTVS t»uvievjiXU.appeltâjrecycler\tQ\tI ARCHiHRwiT | EATON ^ Photographie : Simon Duhamel - Le Consulat / Retouches : Visual Box / Stylisme : Carolyne De Bellefeuîlle / Infographie et emballage : Graphiques M&H / Peluche : Raplapla A 6 LE DEVOIR LE MERCREDI 15 AVRIL 2015 EDITORIAL Josée Boileau PEINES MINIMALES La rebuffade Les tensions politiques couvent sous la décision rendue mardi par la Cour suprême à propos des peines minimales s\u2019appliquant dans des cas de possession illégale d\u2019armes à feu.La division entre les juges est nette et a pour toile de fond la vision de la justice portée par les conservateurs.1 y a le débat juridique et l\u2019autre qui le sous-tend.Le gouvernement de Stephen Harper, on le sait, a fait de la lutte contre les bandits une des clés pour gagner l\u2019électorat.Il adopte pour ce faire différentes stratégies, dont l\u2019une vise directement les juges : réduire leur marge de manœuvre en matière criminelle.Concrètement, les conservateurs ont donc, au fil du temps, doublé le nombre d\u2019infractions assujetties à une peine minimale obligatoire : on en comptait 29 en 2005, il y en a maintenant 57, selon un relevé de l\u2019Association du Barreau canadien.La magistrature en particulier, et le monde juridique en général, n\u2019apprécie pas.«La justice, c\u2019est du \u201csur-mesure\u201d, pas du \u201cprêt-à-por-ter\u201d», comme l\u2019a déjà résumé le Barreau du Québec sur le sujet précis de ces peines.C\u2019est ce principe qu\u2019a au fond repris la majorité des juges de la Cour suprême, au nom de qui la juge en chef, Beverley McLach-lin, a tranché que les peines minimales prévues pour la possession illégale d\u2019armes à feu sont inconstitutionnelles.L\u2019argumentaire de la juge en chef nous promène entre le Code criminel, la Charte canadienne des droits et libertés et des jugements passés.Mais il est traversé d\u2019une conception de l\u2019appli-fmt\tcation de la justice qui est une mise en garde au gouvernement: le délinquant doit être «au -.1^\tcentre du processus», «la détermination de la ^\t^\tpeine relève foncièrement du pouvoir judi- ^\tciaire» et, dans ce cas précis, l\u2019État n\u2019a pas prouvé «que les peines minimales obligatoires d\u2019emprisonnement décourageaient la perpétration de; crimes liés aux armes à feu».Bref, bas les pattes.État qui n\u2019a pas fait ses devoirs ! La peine minimale, rappelle la Cour, vise le châtiment.Mais ce n\u2019est pas ce que dit le Code criminel, dont l\u2019article 718 précise les objectifs poursuivis en matière de détermination de la peine : certes, il faut «dissuader les délinquants», mais aussi «favoriser [leur] réinsertion sociale» et «susciter la conscience de leurs responsabilités».Punir pour punir ne suffit donc pas.Le gouvernement aurait à coup sûr préféré que la réponse des juges dissidents domine, puisqu\u2019elle a pour prémisse une retenue judiciaire qui laisse beaucoup de place au législateur quand il s\u2019agit de loi et d\u2019ordre.Pour les trois juges de la minorité, ce n\u2019est même pas la justesse de la démonstration faite par le gouvernement qui compte, mais.la durée des débats ! «Il appert clairement du dossier, écrit le juge Michael Molda-ver, qu\u2019après de longs débats et une étude âpprofondie, le législateur a décidé de s\u2019attaquer au problème urgent des crimes liés aux armes à feu par le relèvement des peines minimales obligatoires prévues [.].À mon avis, cette décision de politique générale justifie une grande déférence.En matière de sécurité publique, il faut se garder de remettre en question le choix des élus [.].» Que de déférence, en effet! L\u2019abus d\u2019intervention desdits élus n\u2019est même pas envisagé, pas plus que la manière dont les dispositions avaient été adoptées : par un projet de loi omnibus qui couvrait large (bloquistes et libéraux étaient au départ contre les nouvelles peines associées aux armes à feu) et M.Harper, alors minoritaire, menaçait de déclencher des élections si son projet de loi n\u2019était pas appuyé par les autres partis.Pour la sérénité et la profondeur des débats, on repassera.À la suite de ce jugement-rebuffade, le gouvernement a réitéré son intention de protéger les Canadiens.Protéger le système de justice en arrêtant de lui asséner des coups de butoir rendrait un bien meilleur service.CANADA-UKRAINE Harper rUkrainien e Canada s\u2019intéresse de près à la situation en Ukraine depuis les tout débuts de la crise qui secoue ce pays.Il y a 18 mois, on voyait John Baird, alors ministre des Affaires étrangères, défiler en compagnie des manifestants dans les rues de Kiev pour obtenir un changement de gouvernement.Puis, quand la Crimée a réclamé son rattachement à la Russie, le gouvernement Harper a haussé le ton et pris des sanctions contre Moscou, qu\u2019il a renforcées quand la présence militaire russe aux côtés des rebelles est devenue évidente.Puis voilà que l\u2019on fait un pas de plus.Deux cents soldats canadiens iront former les forces ukrainiennes à compter de cet été.Jusqu\u2019à cette annonce faite mardi, l\u2019intervention canadienne dans le conflit entre l\u2019Ukraine et la Russie était de l\u2019ordre d\u2019une guerre de mots, certes vigoureuse, mais qui ne portait pas à des conséquences graves.Éà, le gouvernement Harper a conclu que les t\tmots ne suffisent plus et qu\u2019il faut devenir un acteur sur le terrain ukrainien.Il faut se demander, en conséquence, si le Canada ne s\u2019engage pas dans une escalade dont on ne sait où elle s\u2019arrêtera.À cette question, il faut répondre qu\u2019il y a un risque réel.La situation est toujours instable dans les régions contrôlées par les rebelles malgré le cessez-le-feu convenu en février.La présence de militaires canadiens \u2014 ils seront aux côtés de militaires américains et britanniques \u2014 vise à renforcer la position du gouvernement Porochenko face à la Russie.Celle-ci, qui est Facteur principal de ce conflit, n\u2019a pas été intimidée jusqu\u2019ici par les manœuvres diplomatiques occidentales.Le sera-t-elle davantage par ces manifestations de force ?La prochaine étape pourrait être l\u2019envoi d\u2019armes que réclame le gouvernement Porochenko.Le Canada ne peut rester insensible à la situation de l\u2019Ukraine, ballottée de tous les côtés depuis des décennies de par sa situation sur une ligne de fracture géopolitique.Il ne peut rester en marge de ce conflit alors que tous les pays de l\u2019QTAN apportent leur appui aux Ukrainiens.Mais on ne peut pas ne pas voir que le gouvernement Harper manifeste une solidarité empressée qui se démarque de ce que le Canada a fait par le passé.Cette solidarité cache mal ses motifs.La communauté ukrainienne présente au Canada est forte de quelques centaines de milliers d\u2019électeurs dont Stephen Harper espère qu\u2019ils sauront à leur tour être solidaires l\u2019automne prochain envers celui qui n\u2019a pas craint d\u2019être au premier rang pour af fronter la Russie et son président Vladimir Poutine.Un premier ministre qui se plaît à revêtir les habits de commandant en chef des forces canadiennes.i 1 Bernard Descôteaux LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET lA coud\tREOfTrf lïS PEInEî AêÎNÎAAAUfÇ ' I LETTRES Les nouveaux curés J\u2019ai enseigné pendant 34 ans, tant au cégep qu\u2019à l\u2019université.Je dois confesser aujourd\u2019hui une profonde tristesse à revoir, comme en 2012 et son printemps misérable, ces étudiants masqués bloquer des entrées de maisons d\u2019enseignement, vandali-ser le bien public, intimider d\u2019autres étudiants, contrecarrer par la violence le jtra-vail des journalistes et mettre à mal l\u2019État de droit et la liberté de presse.Leur fanatisme risque encore une fois, au nom même du combat contre l\u2019austérité, de fragiliser davantage les finances publiques.Au nom de l\u2019humanisme et de la modernité, Je Québec aurait repoussé l\u2019emprise de l\u2019Église siu les institutions et mis fin à la Grande Noirceur.Vraiment?J\u2019ai plutôt l\u2019impression que notre société n\u2019est pas encore sortie du cléricalisme, et que nous assistons à une autre métamorphose du dogmatisme et de son intolérance sectaire.La faucille a remplacé la croix et les manifestations-processions de bannières rouges ne visent plus le salut des âmes, mais le triomphe du Grand Soir (le vicaire GND ne scandait-il pas, de concert avec les brigades khadiriennes : «Ce soir on sort pour la victoire »1 N\u2019oublions pas l\u2019étymologie dp terme fanatisme, de fanum (temple).A écouter les ritoiunelles obsessioimelles du discours des cardinaux de l\u2019UQAM et des leaders, pardon, des porteurs de la Bonne Parole de FASSE, on ne peut que tendre la troisième oreille du psychanalyste.La voix de la raison est faible, écrivait Freud, mais elle finit par se faire eptendre.Sinon, la violence légitime de l\u2019État de droit devra s\u2019exercer en endiguant le zèle extrême de ce nouveau fanatisme du «tenir tête» à tout prix.Romain Gagné Québec, le 10 avril 2015 Le droit de vote des femmes au Québec Qn s\u2019apprête à célébrer le 75® anniversaire du droit de vote des Québécoises au niveau provincial.Qn va rappeler à Fenvi l\u2019opposition des évêques à ce droit.Soit.Ce faisant, on se trouve à oblitérer le fait que l\u2019ensemble du corps politique a été contre le vote des femmes durant de nombreuses décennies.Tous les votes pris à l\u2019Assemblée législative, de 1922 à 1939, avaient rejeté le suffrage féminin; on oublie que Wilfrid Laurier, Alexandre Taschereau, Maurice Duplessis étaient personnellement opposés au suffrage fémi- nin ; on ignore qu\u2019en 1918, au moment où le droit de vote avait été accordé aux Canadiennes pour les élections fédérales, pas moins de 19 sénateurs avaient voté pour un amendement qui aurait interdit le suffrage aux célibataires de moins de 30 ans.L\u2019amendement avait été proposé par L.Q.David (l\u2019arrière-grand-père de Françoise David).Il écrivait d\u2019ailleurs en 1926, dans La jeunesse et l\u2019avenir: «Que l\u2019innovation de la femme dans la politique soit plus ou moins acceptable dans certains pays, c\u2019est possible ; mais ici dans notre province, nos destinées nationales et sociales s\u2019y opposent et exigent que rien ne la distraie des devoirs sacrés que la famille lui impose.Or, rien n\u2019a l\u2019effet comme la politique de détourner les esprits du travail ardu, des occupations qui demandent beaucoup de patience, du courage et une application constante de tous les instants.» Ainsi, on constate que les élites politiques et nationales exigeaient que les femmes soient soumises à la nécessité nationale de leur subordination civile et politique.Le nationalisme a toujours eu du mal à digérer les revendications des femmes.Micheline Dumont Historienne Le 13 avril 2015 LIBRE OPINION Autochtones : de nation à nations BERNARD DRAINVILLE Candidat à la chefferie du Parti québécois Le 20 mars 1985, l\u2019Assemblée nationale adoptait une motion reconnaissant les nations autochtones.C\u2019était le début d\u2019une relation de nation à nations, plus respectueuse et plus féconde.Dans le cadre de la course à la chefferie du Parti québécois, il m\u2019a semblé incontournable d\u2019aborder l\u2019enjeu de nos relations avec ces nations, nous qui partageons une si longue histoire et un si vaste territoire.Comme candidat à la fonction de premier ministre du Québec, je prends ici trois engagements.En premier lieu, je propose que deux fois par année, un représentant désigné par les nations autochtones s\u2019adresse solennellement aux députés de l\u2019Assemblée nationale du Québec, au Salon bleu.Une première fois à la rentrée parlementaire de l\u2019automne, et l\u2019autre, à la conclusion de nos travaux en juin.Chacune de ces adresses sera le point de départ d\u2019une journée entièrement consacrée aux affaires autochtones.Deuxièmement, je propose de créer un ministère des Affaires autochtones en bonne et due forme, avec un ministre en titre ayant les moyens de défendre avec vigueur les questions autochtone^ auprès de ses collègues du cabinet.A cette fin, il présidera un comité interministériel responsable de faire avancer les dpssiers au sein du gouvernement et de l\u2019État québécois.Le troisième est de mettre en œuvre une Table de concertation Québec-Premières Nations.En plus des enjeux liés aux redevances, à la cogestion, à la consultation et à la conservation du territoire, cette instance travaillera également sur les questions de santé, d\u2019éducation, d\u2019aménagement du territoire et de gouvernance propres à la réalité des Premières Nations.Selon moi, une attention particulière devra aussi être portée à l\u2019apprentissage et la pérennité des langues autochtones.Comme candidats à la chefferie d\u2019un parti indépendantiste, nous avons également le devoir de présenter une vision des relations de nos nations respectives dans un Québec indépendant.Dans un premier temps, je considère comme une évidence que le Québec devra garantir le maintien intégral des droits des Premières Nations en l\u2019état actuel.Dans un deuxième temps, le Québec indépendant et les Premières Nations pourront négocier la forme d\u2019autonomie la plus large possible, ainsi qu\u2019un partenariat mutuellement bénéfique.Plusieurs communautés autochtones du Québec ont pris leur développement économique en main avec succès.Mais nous savons aussi que plusieurs d\u2019entre elles souffrent, vivant des problèmes socio-économiques graves et persistants, conséquence du traitement subi dans les derniers siècles.Un Québec indépendant devra donner un grand coup pour les aider à se relever, à se développer à leur pleine mesure, économiquement, socialement et culturellement.Actuellement, le Québec finance autour de 20% des dépenses fédérales, alors que 10% de la population autochtone canadienne vit sur le territoire québécois.Cela signifie qu\u2019un Québec indépendant pourra dégager des marges de manœuvre financières importantes, de l\u2019ordre de plusieurs centaines de millions de dollars par année, dans ce domaine.Une partie substantielle de cette marge de manœuvre pourra être consacrée à un plan à long terme pour aider les Premières Nations du Québec à se sortir de difficultés socio-économiques qui sont pour une bonne part le résultat de politiques des gouvernements passés, aussi bien canadien que québécois.Nous n\u2019y arriverons pas du jour au lendemain.Il faudra le faire en respectant l\u2019autonomie des nations, en laissant à l\u2019apprentissage, à l\u2019invention, aux essais et aux erreurs, le temps de construire de nouveaux modèles de développement que nous ne pouvons complètement imaginer aujourd\u2019hui.Le bénéfice d\u2019une telle approche, évident pour les nations autochtones, sera très important aussi pour les Québécois.Cette vision aura pour effet de rapprocher nos nations respectives, tout en respectant l\u2019autonomie et l\u2019identité de chacune.Ensemble, nous pouvons faire du Québec un pays où la renaissance culturelle et le développement économique et social des Premières Nations seront donnés en exemple à travers le monde. LE DEVOIR LE MERCREDI 15 AVRIL 2015 A 7 IDEES Le PQ doit prendre le virage entrepreneurial Il devrait par exemple proposer un régime d\u2019épargne entreprise aussi avantageux que le régime d\u2019épargne étude FRANÇOIS COTE FAÏKA GAFSI PATRICK GENTES MARIE-ÈVE PAGÉ SÉBASTIEN PAGÉ GUILLAUME ROUSSEAU Six souverainistes de moins de 40 ans œuvrant ou ayant œuvré dans le monde des affaires n an après sa cuisante défaite aux élections et alors que sa course à la chefferie bat son plein, c\u2019est le moment où jamais pour le Parti québécois de prendre un virage.Au cours de la Révolution tranquille, à la faveur de la création de dizaines de ministères et d\u2019organismes publics, une nouvelle classe sociale formée d\u2019employés du secteur public émerge et se trouve en position d\u2019exercer une grande influence sur la société québécoise.Le point culminant de cette «longue marche des technocrates», pour reprendre la thèse du sociologue Jean-Jacques Simard, conduit à la prise du pouvoir par le PQ en 1976 et enclenche la série de réformes à la fois progressistes et étatistes qui s\u2019en suit.Logiquement, les têtes d\u2019affiche de ce parti sont issues du secteur public: René Lévesque venait de Radio-Canada, Jacques Parizeau de HEC, Claude Morin de la fonction publique, Camille Laurin du secteur de la santé, etc.Et cela est vrai encore aujourd\u2019hui, autant pour ce qui est du discours, axé sur les services publics, que pour les têtes d\u2019affiche: Véronique Hivon vient de la fonction publique, Nicolas Marceau du monde universitaire, Sylvain Gaudreault du monde collégial, Pierre Duchesne et Raymond Archambault de Radio-Canada, etc.Comme l\u2019ont démontré les gouvernements du PQ, les anciens employés du secteur public sont particulièrement à même de devenir de bons dirigeants de ministères.Certaines évolutions socio- logiques sont toutefois défavorables à cette classe sociale.Depuis les années 1990, la part que représentent les employés réguliers du secteur public dans l\u2019ensemble de la population a cessé de croître comme jadis, et les emplois qu\u2019ils occupent sont moins motivants qu\u2019avant puisqu\u2019ils consistent souvent à gérer des compressions plus qu\u2019à offrir de nouveaux services.Pour les baby-boo-mers, la perspective d\u2019un emploi dans le secteur public était à la fois réaliste et enthousiasmante.Pour la génération suivante, moins.Quant aux jeunes d\u2019aujourd\u2019hui, ils font carrément face à des gels d\u2019embauche dans plusieurs domaines du secteur public et sont peu nombreux à rêver d\u2019y faire carrière.Dans ce contexte, les appuis au parti des employés du secteur public diminuent, particulièrement chez les jeunes.S\u2019il ne change pas, le PQ risque de continuer de perdre des appuis.Concrètement, cela signifie qu\u2019il doit prendre le virage entrepreneurial.Car même si les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui ne peuvent plus espérer un poste dans le secteur public comme auparavant, ils n\u2019en sont pas moins ambitieux.Ils veulent eux aussi poursuivre une carrière à la hauteur de leurs diplômes.Seulement, ils seront moins nombreux à pouvoir le faire dans le secteur public ou même dans les entreprises privées déjà établies qui peinent à créer suffisamment d\u2019emplois de qualité.C\u2019est pourquoi de plus en plus de jeunes et de moins jeunes se tournent vers la création d\u2019entreprises.Ce n\u2019est donc pas un hasard si on compte désormais parmi les héros du petit écran des dragons investisseurs.Certes, il ne faut pas opposer secteur public et démarrage d\u2019entreprises pour autant, au contraire.Complémentarité Même si le défi du Québec et celui du PQ en particulier est de se donner un programme politique qui rendra possible l\u2019élargissement de sa base entrepreneuriale, le virage que nous appelons de nos vœux ne doit pas être un virage à droite.D\u2019abord, parce que, dans le respect de la tradition de ce parti et plus largement du Québec, il devra se faire en misant beaucoup sur l\u2019économie sociale.Vu la réticence de plusieurs Québécois face au capitalisme en général et au profit en particulier, ce type d\u2019économie est à même d\u2019attirer des entrepreneurs potentiels qui hésiteraient à se lancer dans le secteur privé à but lucratif Ce virage entrepreneurial n\u2019en serait pas un à droite parce qu\u2019il se ferait non pas contre, mais avec l\u2019Etat.De la même manière que ce dernier a été essentiel pour favoriser l\u2019accès à l\u2019éducation à des universitaires de première génération, il sera essentiel pour soutenir les initiatives des entrepreneurs de première génération.Car sans aide, il est plus facile de se lancer en affaires pour un fils d\u2019entrepreneurs que pour un fils de fonctionnaires.Le PQ devrait donc faire de l\u2019aide au démarrage et à l\u2019accélération d\u2019entreprises la priorité nationale et proposer des mesures en ce sens.Les CLD qu\u2019il a créés et que les libéraux sont en train d\u2019abolir devraient être recréés en version améliorée.Le système d\u2019éducation devrait préparer les jeunes à démarrer une entreprise ; ce n\u2019est pas normal que des diplômés de nos établissements d\u2019enseignement ignorent comment monter un plan d\u2019affaires ! Il devrait exister un régime d\u2019épargne entrepreneurial aussi avantageux que le régime d\u2019épargne étude.Le secteur public pourrait encourager ses employés qui souhaitent tenter leur chance en affaires, par exemple en offrant plus systématiquement des congés sans solde de longue durée ou des accommodements d\u2019horaire.Car de nos jours, il n\u2019est pas rare de voir des entreprises fondées par d\u2019anciens ou d\u2019actuels employés du secteur public (infirmière offrant des cours prénataux, enseignant fondant un OBNL, secrétaire d\u2019une commission scolaire ouyrant une école de chant, etc.).Étant le seul parti de gouvernement à croire vraiment en l\u2019État, avec un nouveau chef le PQ devrait être à même de proposer ce vaste chantier aux Québécois, pour qui entreprendre pourrait devenir une façon d\u2019exprimer leur goût de l\u2019indépendance.§ sr i JACQUES NADEAU LE DEVOIR Certes, ce n\u2019est pas tous les jeunes qui sont des militants, mais ça ne veut pas nécessairement dire qu\u2019une génération tourne le dos au changement social.SONDAGE DE UINM SUR LES JEUNES Quand le réalisme est irréaliste Les Y sont beaucoup plus progressistes que les X RENAUD POIRIER ST-PIERRE Militant syndical et ancien attaché de presse de la Coalition large de PASSE (CLASSE) 1 est important à mon avis de réagir au sondage commandé par l\u2019Institut du Nouveau Monde (INM), dont les résultats ont été résumés dans les pages du Devoir (13 avril).Il faut d\u2019abord saluer la démarche de l\u2019INM qui rend public un sondage avec un nombre important de questions sociales, économiques et environnementales.Malheureusement, son interprétation est franchement exagérée, et ce, en raison même des résultats du sondage.D\u2019abord, il peut être surprenant de lire ces qualificatifs, alors que les 18-35 ans ont mené de nombreuses luttes sociales, dont les grèves étudiantes de 2005 et de 2012.Cette dernière est d\u2019ailleurs l\u2019un des plus grands événements de contestation sociale de l\u2019histoire du Québec.Certes, ce n\u2019est pas tous les jeunes qui sont des militants, mais ça ne veut pas nécessairement dire qu\u2019une génération tourne le dos au changement social.Mais concentrons-nous sur les données du sondage.Il faut constater que la conclusion la plus évidente de ce sondage est que les 18-35 ans, ceux qu\u2019on nomme les Y, sont beaucoup plus progressistes que les X sur les questions concernant le syndicalisme, la justice sociale ou l\u2019environnement.D\u2019ailleurs, les réponses données par les 18-35 ans sont à contre-courant du paysage politique actuel, alors que seul Québec solidaire et une poignée de députés du Parti québécois font de Injustice sociale et de l\u2019environnement une priorité.Alors que le discours dominant est celui de l\u2019austérité, les Y montrent dans ce sondage une certaine réticence à ce que les dirigeants à Québec et Ottawa essaient d\u2019imposer depuis plus de 30 ans.D\u2019ailleurs, malheureusement pour Éric Duhaime, auteur du livre L\u2019Etat contre les jeunes (VLB), ceux-ci trouvent à 39% que l\u2019État n\u2019est pas «assez présent», contrairement à un maigre 23% de «trop présent».Ensuite, à la lecture des résultats, le terme «réaliste» semble tout à fait inapproprié.On pourrait penser que cette conclusion vient du fait que les 18-35 ans doutent que le Québec sorte du pétrole d\u2019ici 25 ans.Cela ne veut pas dire non plus que les 18-35 ans ne souhaitent pas voir le Québec sortir du pétrole.C\u2019est à la lecture des autres questions que l\u2019on voit que la notion «réaliste» n\u2019est peut-être pas ce que reflète le sondage.En effet, selon ce dernier, les Y sont la génération la plus tournée vers l\u2019entrepreneuriat.Il faut peut-être y voir une preuve que le rêve, l\u2019idéalisme prime davantage que le pragmatisme.Les 18-35 ans veulent voir leur projet se réaliser et souhaitent davantage «être leur propre patron », et ce, à 53%.Ajoutons que ce n\u2019est pas uniquement le modèle de l\u2019entreprise commerciale qui permet d\u2019être son propre patron, mais que de plus en plus de modèles s\u2019imposent, comme la coopérative et des modèles d\u2019organisation du travail collaboratif Einalement, je crois que le constat qu\u2019il est possible de tirer de ce sondage est que, dans le climat politique actuel, les 18-35 ans, sur certains enjeux, sont plus progressistes que les autres tranches d\u2019âge.Ces réponses peuvent changer en fonction de la conjoncture.Rappelons que les sondages ne sont qu\u2019une photo d\u2019un échantillon représentant une population, et ce, dans une période de temps bien précise.Pour toutes ces raisons, il est donc « irréaliste» d\u2019affirmer qu\u2019une génération tourne le dos à la «Révolution sociale» ou que nous entrons dans «l\u2019ère de la génération réaliste».Jusqu\u2019à maintenant, l\u2019histoire nous prouve le contraire.Fascinante et troublante Hillary Francine Pelletier Serait-ce au tour d\u2019une femme de diriger le pays le plus puissant du monde?Le moment serait-il enfin venu pour Hillary Rodham Clinton qui, en plus d\u2019avoir mangé ses croûtes, cumulé les fonctions, visité 112 pays en quatre ans, enduré les écarts libidineux de son mari, tempéré son quant-à-soi et, bien sûr, accumulé beaucoup d\u2019argent, est fin prête pour défoncer «l\u2019ultime plafond de verre»?Rien n\u2019est moins sûr, mais restez à l\u2019antenne, tout peut encore arriver.Mis à part la difficulté de succéder à deux mandats démocrates (du jamais vu), il y a le problème, non pas tant d\u2019une candidature féminine, c\u2019est au contraire aujourd\u2019hui un atout, mais de la femme elle-même.Comme l\u2019a révélé la dernière campagne présidentielle, le «monde libre» semble disposé à élire une femme à sa tête.Seulement, pas à n\u2019importe quelle condition.Les femmes ont suffisamment évolué pour être choisies aujourd\u2019hui selon leurs mérites, pas seulement pour la valeur du symbole.En 2008, face à la vision, la stratégie (2.0, notamment) et l\u2019élégance d\u2019un Barack Obama, Hillary Clinton ne faisait tout simplement pas le poids.Bien que l\u2019un comme l\u2019autre représentaient un bouleversement important de l\u2019ordre établi, l\u2019homme noir et son vigoureux «Yes, we can» l\u2019a finalement emporté, avec raison, sur la femme blanche et son condescendant «Let the conversation begin » (Que la conversation commence).Tout ça pour dire qu\u2019Hillary Clinton me fait beaucoup souffrir.Une part de moi voudrait absolument qu\u2019elle réussisse.C\u2019est quand même insensé, 50 ans après la révolution féministe, que les femmes soient toujours à attendre leur tour aux postes de commande.Le dénouement se fait terriblement attendre, d\u2019autant plus que M\u201c® Clinton n\u2019est pas la première femme à se présenter aux présidentielles.Cent quarante-trois ans plus tôt, Victoria Woodhull, une femme que l\u2019Histoire n\u2019a guère retenue, a osé jeter son chapeau dans l\u2019arène.Non seulement la représentante de l\u2019Equal Rights Party n\u2019avait-elle que 34 ans à l\u2019époque, en 1872, les femmes n\u2019avaient même pas encore le droit de vote! C\u2019est vous dire l\u2019audace.Une Hillary Clinton avant l\u2019heure, avec un front de bœuf et une confiance quasi surnaturelle dans ses propres habiletés, venant d\u2019un milieu très modeste, elle aussi, Victoria obtint, évidemment, peu de succès.Perçue comme une illuminée, elle fut même incarcérée le jour du vote pour cause d\u2019obscénité, après avoir pointé l\u2019adultère d\u2019un ministre protestant dans le journal qu\u2019elle publiait avec sa sœur, le Woodhull & Chaitlin\u2019s Weekly.L\u2019hebdo détient aussi l\u2019insigne honneur d\u2019avoir été le premier à diffuser,le manifeste communiste de Karl Marx aux États-Unis.Que de chemin parcouru! Contrairement à Victoria Woodhull, aucune candidature ne paraît plus sérieuse ni plus compétente aujourd\u2019hui que celle de l\u2019ex-secrétaire d\u2019État.Mais pourquoi diable est-ce si difficile d\u2019aimer Hillary Clinton?Pourquoi a-t-on si souvent l\u2019impression, devant les pionnières d\u2019aujourd\u2019hui, d\u2019avoir affaire avec une ambition dévorante plutôt qu\u2019une véritable proposition de changement?Pourquoi a-t-on encore l\u2019impression, malgré un ton adouci et une vidéo extraordinairement bien faite, qu\u2019Hillary est dans la course pour ses raisons à elle, et un peu aussi pour Bill, son mari, bien davantage que pour les Américains « ordinaires » qu\u2019elle dit vouloir défendre ?Je pose ces questions sachant très bien que je me rends ici coupable du double standard que subissent les femmes en politique.On semble trouver l\u2019ambition dévorante d\u2019un Jeb Bush, ou encore d\u2019un Pierre Karl Péladeau, parfaitement normale.Mais les femmes étant encore une denrée rare dans la stratosphère politique, il me semble inévitable qu\u2019on ait des exigences plus hautes à leur égard.On a besoin de penser qu\u2019elles représentent ce qu\u2019il y a de mieux.Sinon, à quoi bon défoncer le plafond de verre ?La récente controverse concernant Hillary Clinton, l\u2019utilisation de courriels personnels durant tout son mandat comme secrétaire d\u2019État, n\u2019a fait que ressasser les pires appréhensions à son égard.Il y a ici un manque de transparence, un goût suspicieux pour le secret, qui est assez décourageant.Il est toujours difficile, de plus, de savoir où loge l\u2019ex-première dame.Souvenons-nous que lors de la dernière course présidentielle, M\u201c® Clinton soutenait la guerre en Irak de George W.Bush, choix assez irréconciliable avec l\u2019idéologie progressiste dont elle se targue.Vous voyez un peu le dilemme?La candidature d\u2019Hillary Clinton incarne le progrès et l\u2019ouverture, alors que la candidate elle-même a parfois tendance à leur tourner le dos.Pas facile d\u2019être une femme aujourd\u2019hui.fpelletier@ledevoir.corn L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019injbrmation), Antoine Robitaille et GuyTaillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recherchâtes photos)', information générale : Isabelle Paré (chef de division), lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), AméHe Daoust-Boisvert (santé), PauHne Gravel (sciences), Fabien DegHse (société), Jean Dion (sports).Brian Myles, Jessica Nadeau, Philippe Orfeli et Karl Rettino-Parazelli (reporters)', information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel 'Damd(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre)', information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline yiorvCp&'àtéreporters), Benoît Munger et Philippe Papineauinformation économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre)', information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre)', section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs)', Loïc Hamon (cahiers spéciaux)', équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michéle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBOCITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien injbrmatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Marie-Lune Houde-Brisebois, Nathalie Eilion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim). A 8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 15 AVRIL 2015 ACTUALITES CLIMAT SUITE DE LA PAGE 1 avant de donner un aperçu des négociations \u2014 au-delà des «fortifications de Québec» \u2014 devant mener à un accord à la 21® Conférence des parties à la CCNUCC en décembre à Paris.L\u2019ambassadrice de^ Nations unies a appelé chacun des Etats à se doter de cibles de réduction d\u2019émissions de GES qui constitueraient un «défi» à atteindre, mais avec lesquelles ils seraient «confortables».Elle a été informée des cibles de 34 Etats jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Le Canada fait partie des «quelques pays industrialisés» à ne toujours pas avoir affiché ses couleurs, a-t-elle fait remarquer.Ni une ni deux, le député péquiste Sylvain Gaudreault a demandé au gouvernement libéral de réunir «dès maintenant» \u2014 et non en septembre \u2014 les élus de la commission parlementaire chargée de proposer les cibles québécoises post-2020.Où est Leona Aglukkaq?M\u201c® Eigueres concluait mardi un séjour de 48 heures au Canada.Elle s\u2019est arrêtée lundi à Ottawa, mais aucun membre du gouvernement conservateur n\u2019était disponible pour la rencontrer.La chef d\u2019orchestre des négociations sur le climat a participé à une séance d\u2019information technique avec de hauts fonctionnaires.La ministre de l\u2019Environnement, Leona Aglukkaq, était à l\u2019extérieur de la capitale fédérale, lui a-t- JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard et ses homologues provinciaux n\u2019ont pas réussi à s\u2019entendre sur le principe selon lequel «le carbone a un prix».on expliqué.Elle n\u2019était toutefois pas en route pour Québec.Ottawa a dépêché mardi un fonctionnaire afin d\u2019observer discrètement les travaux du Sommet sur les changements climatiques.Les ministres provinciaux de l\u2019Environnement David Heurtel (Québec) et Glen Murray (Ontario) ont causé «changements climatiques» avec leur homologue fédérale Leona Aglukkaq seulement une fois depuis leur désignation à titre de ministres.C\u2019était à Lirna, au Pérou.A quelques mois de la Conférence climat de Paris, les premiers ministres des provinces et des territoires ont pressé le gouvernement Harper de prendre part aux discussions sur la lutte contre les changements climatiques.Le Canada a une «obligation de résultat», a fait valoir le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, lors des travaux du Sommet sur les changements climatiques mardi avant-midi.«C\u2019est notre leadership à tous, notre crédibilité sur la scène internationale, mais aussi le développement économique et le bien-être de nos sociétés qui sont enjeu», a-t-il déçlaré aux chefs de délégation.A New York, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Greg Rickford, a qualifié «le bilan» du gouvernement conservateur en matière d\u2019environnement de «déjà exemplaire».Divergences de vues Les provinces et territoires ont échoué mardi à s\u2019entendre sur le principe selon lequel «le carbone a un prix».Un énoncé en ce sens a été retiré de la déclaration finale peu avant la clôture du Sommet.«Mettre un prix sur le carbone ou adopter d\u2019autres initiatives structurantes afin de réduire les émissions de GES dans la transition vers une économie faible en carbone», pou-vait-on lire dans une version préliminaire du document.En début de journée, le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, avait atténué la portée des efforts de réduction de GES au Canada.Les émissions de GES du Canada représentent moins de 2% de celles de l\u2019ensemble de la planète, avait-il fait remarquer.Il a appelé la communauté internationale à s\u2019attaquer au premier chef aux centrales et usines au charbon, qui sont de grandes émettrices de GES, afin de lutter plus efficacement contre les changements climatiques.«Le Canada ne peut se défiler de ses obligations», a souligné M\u201c® Eigueres, soulignant que le Canada figure au 9® rang des plus grands émetteurs de GES par personne.Qui plus est, la Saskatchewan émet l\u2019équivalent de 68,8 tonnes de GES par année par habitant, soit sept fois plus que le Québec (9,6 tonnes par habitant).Le Canada continuera d\u2019être «à la traîne» dans les efforts de lutte contre les changements climatiques tant qu\u2019il ne mettra pas un frein à l\u2019exploitation du pétrole issu des sables bitumineux, a souligné un regroupement d\u2019organisations environnementales à l\u2019issue du Sommet de Québec.Le Devoir ELECTIONS SUITE DE LA PAGE 1 Il pourrait s\u2019agir de conseils d\u2019administration, d\u2019entités régionales dont les membres seraient nommés pour leur représentativité de la population desservie, un peu sur le modèle des conseils d\u2019administration des centres intégrés de santé et des services sociaux (CISSS).Ces membres sont désignés par le ministre.Erançois Blais rejette d\u2019emblée la proposition des commissions scolaires de tenir les élections scolaires en même temps que les élections municipales de façon à stimuler la participation des électeurs.«Non, je pense qu\u2019on est plus là du tout», a-t-il laissé tomber.«On est sous le choc» Le ministre avait averti lundi \u2014 la veille de la parution de l\u2019article \u2014 la présidente de la Eédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, de sa position.«J\u2019ai reçu ça comme une tonne de briques», a-t-elle relaté mardi en conférence de presse.Erançois Blais a tenté de joindre lundi le président de l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec, David C.D\u2019Aoust, sans y arriver.«On est sous le choc», a livré celui-ci au Devoir.Selon le ministre, si les électeurs ne votent pas aux élections scolaires, c\u2019est «qu\u2019on n\u2019y voit pas vraiment des enjeux de nature politique [mais qu\u2019on y voit] probablement des enjeux de nature administrative».Cette réforme, qui doit entrer en vigueur à temps pour la rentrée scolaire de septembre 2016, comprend la fusion de certaines commissions scolaires, mais aussi une révision de la taxation scolaire qui s\u2019appuie à l\u2019heure actuelle sur les valeurs foncières, un engagement qui figure dans le dernier budget Leitâo.Cette révision s\u2019impose pour deux raisons, a indiqué Erançois Blais.En raison d\u2019un manque de «prévisibilité», parce que la taxe scolaire, «elle évolue de manière erratique et c\u2019est frustrant \u2014 on peut comprendre \u2014 pour la population».Il y a aussi un enjeu d\u2019équité: la richesse foncière varie d\u2019une région à l\u2019autre.Minorité anglophone En vertu de la Constitution canadienne, la minorité anglophone jouit du droit de gérer ses écoles, ce qu\u2019a confirmé la Cour suprême en 1990 dans l\u2019arrêt Mahé.«Ils ont une protection constitutionnelle.On va leur reconnaître cette protection», a affirmé le ministre.Mais il a ajouté que ce droit ne porte pas sur les élections scolaires.«Ce n\u2019est pas une protection [accordée] aux commissions scolaires telles qu\u2019elles sont, avec un mode électif » Le mode électif n\u2019est «pas populaire» même chez les anglophones, a-t-il soutenu.Il s\u2019agit d\u2019améliorer la démocratie scolaire, a avancé Erançois Blais.«Je pense que je peux proposer à la communauté une autre façon de préserver [son] pouvoir [son] influence [.] sur ses écoles.» Or la participation aux élections dans les commissions scolaires anglophones s\u2019est élevée à tout près de 17%, un taux non négligeable, estime David C.D\u2019Aoust.Si le gouvernement abolit ces élections, les commissions scolaires anglophones vont assurément intenter des procédures devant les tribunaux, a-t-il dit.Vendredi, les représentants des commissions scolaires doivent rencontrer le ministre, une rencontre qui était déjà prévue.Erançois Blais n\u2019a pas écarté la possibilité que le mode de gouvernance des commissions scolaires anglophones diffère de celui du réseau francophone.«Le gouvernement fait une très mauvaise lecture», estime Josée Bouchard, au moment où il vient «de passer une grosse commande de compressions aux élus» et qu\u2019il leur demande de procéder à des fusions.Elle réclame la tenue d\u2019urgence d\u2019une «table Québec-commissions scolaires» avec le ministre, qui lui a confirmé lundi que sa position était fortement partagée par le premier ministre Philippe Couillard et le gouvernement.Le Devoir HOMICIDES SUITE DE LA PAGE 1 M.Cusson souscrit à la thèse de Steven Pinker, auteur du livre à succès The Better Angels of Our Nature, selon lequel l\u2019appétit pour la violence est en nette régression.«La vision journalistique nous donne toujours l\u2019impression qu\u2019on vit dans une société extrêmement violente, alors que ce n\u2019est pas le cas», constate-t-il.La non-violence ne fait pas les manchettes, mais elle est pourtant devenue la norme au fil des siècles.En gros, la création d\u2019Etats stables, l\u2019alphabétisation, l\u2019expansion du commerce et des échanges, l\u2019émergence de l\u2019empathie et de la raison ont permis à l\u2019être humain de résister à la tentation homicidaire.«Grâce à l\u2019éducation, l\u2019alphabétisation, le rationalisme et l\u2019esprit scientifique, il y a de plus en plus de gens qui sont capables de penser avant d\u2019agir, et de ne pas réagir avec impulsivité, explique M.Cusson en entrevue.La baisse des homicides est liée à une civilisation des moeurs.» Vers la non-violence Dans son ouvrage, Maurice Cusson s\u2019improvise pathologiste de l\u2019histoire.A partir de travaux de recherche antérieurs, il en arrive à des conclusions intéressantes sur les homicides (aux fins de la recherche, il a exclu les meurtres de masse commis en temps de guerre).Les sociétés primitives étaient traversées par d\u2019inquiétants niveaux de violence.Les travaux d\u2019ethnologues et d\u2019anthropologues permettent de conclure que certaines tribus de la Papouasie affichaient des taux d\u2019homicide de 778 par 100 000 habitants il y a à peine plus de 50 ans.Les conflits territoriaux, les rapts de femmes et les expéditions punitives alourdissent le bilan des sociétés primitives.Le Moyen Âge mérite pleinement sa réputation d\u2019époque violente par excellence.L\u2019absence d\u2019autorité centrale et d\u2019un système judiciaire crédible, de même que les guerres privées poursuivies par des seigneurs locaux plombent le bilan.M.Cusson cite en exemple un conflit entre deux clans de Marseille.Le litige initial, en 1341, portait sur la vente de barriques de vin dilué à l\u2019eau d\u2019un clan à l\u2019autre.Les meurtres, tortures, expéditions punitives entre les deux clans vont durer pendant 24 ans.Le meurtre est socialement toléré, voire encouragé jusqu\u2019à la Renaissance.La rixe qui dégénère en meurtre, le duel, l\u2019autodéfense assassine étaient acceptables pour laver son honneur ou réparer des injustices.La Renaissance est associée à l\u2019humanisme et aux arts pour les historiens.Mais pour les criminologues, elle marque le début du déclin de l\u2019homicide.L\u2019« arbre de la justice» amorce sa croissance.Le droit se substitue à la vengeance comme mode de règlement des conflits.Le Siècle des lumières abaisse les taux d\u2019homicide à des seuils comparables à ceux d\u2019aujourd\u2019hui.Les duellistes, têtus, continuent de se battre, mais ils tuent moins.Le «premier sang» suffît à sceller l\u2019issue d\u2019un combat.Sous l\u2019influence des penseurs tels Locke et Voltaire, les idées de raison et de tolérance fleurissent.Le rationalisme et l\u2019çsprit scientifique conduisent à l\u2019émergence de l\u2019État de droit.Des anomalies Cette longue marche vers une société de la nonviolence n\u2019est pas linéaire.Le Moyen Age cohabite très bien avec les Lumières, selon les conflits du moment.Encore à ce jour, des villes ou des pays sont minés par des taux alarmants d\u2019homicides.C\u2019est le cas du Honduras (90 par 100 000 habitants), du Venezuela (55 par 100 000 habitants).Dans de grandes villes américaines comme Chicago, de 1965 à 1989, le taux d\u2019homicide variait de 0,34 par 100 000 habitants dans le quartier le plus sécuritaire à 75 par 100 000 habitants dans le quartier le plus défavorisé.Maurice Cusson ne nie pas l\u2019existence de ces «systèmes sociaux violents» qui persistent à ce jour.Il en attribue l\u2019existence à la faillite des ins-titutiqns.Dans les villes, quartiers ou pays où l\u2019État n\u2019est plus en mesure de garantir aux citoyens la sécurité, la paix ou la justice, les individus vont se «prendre en main».Ils se regroupent en clans «solidaires et fermés sur eux-mêmes».L\u2019hostilité et la peur de l\u2019autre s\u2019installent à demeure.«La peur d\u2019être tué motive et justifie l\u2019autodéfense, la vengeance, le point d\u2019honneur et le port d\u2019arme», écrit-il.Les pacificateurs En conclusion de son ouvrage, Maurice Cusson brosse le portrait de deux «artisans de la non-violence», ou pacificateurs: les agents de police et les éducateurs.Que ce soit à la maison, à l\u2019école au travail, et même au sein des gangs de rue, il existe des pacificateurs qui vont désamorcer les conflits.«La violence est désormais considérée comme étant perturbatrice de toutes sortes de choses, et on n\u2019en veut plus», dit-il.Ces pacificateurs sont absents des systèmes sociaux violents, ce qui les rend encore plus vulnérables à la spirale de la peur et de la violence.M.Cusson salue le travail accompli par les policiers au quotidien.Il invite les politiciens à la prudence avant d\u2019accroître l\u2019appareil répressif.«Le rôle du policier, c\u2019est aussi la pacification, la protection de la victime, la surveillance et la prévention accrues», conclut-il.Le Devoir LES HOMICIDES Maurice Cusson Editions Hurtubise Montréal, 2015,265 pages PEINES SUITE DE LA PAGE 1 ils ont écopé.Leurs avocats contestaient plutôt la portée excessive de la loi, faisant valoir qu\u2019elle pourrait, dans d\u2019autres cas, aboutir à des peines disproportionnées.Une majorité de six juges sur neuf, menée par la juge en chef Beverley McLachlin, leur donne raison.La peine minimale en litige, de trois ans de prison, ou cinq ans en cas de récidive, a été instaurée par le gouvernement conservateur en 2008.Elle s\u2019applique lorsqu\u2019une personne se retrouve en possession d\u2019une arme à feu prohibée (armes automatiques, à canon tronçonné, etc.) ou à autorisation restreinte (armes de poing) sans détenir le permis et/ou le certificat d\u2019enregistrement nécessaires.Elle s\u2019applique aussi si la personne détient ces armes en toute légalité, mais ne respecte pas les conditions de transport ou d\u2019entreposage (armes chargées ou dont les munitions sont facilement accessibles).« Une personne peut hériter d\u2019une arme à feu et commettre une infraction avant qu\u2019elle ne prenne connaissance des exigences en matière de permis.Une épouse peut se trouver en possession de l\u2019arme à feu de son époux et enfreindre le règlement», donne en exemple la juge McLachlin.En vertu de la loi conservatrice, ces personnes devraient passer un minimum de trois ans derrière les barreaux même si «la culpabilité morale [est] minime, voire nulle» et que le public n\u2019a été exposé à «aucun danger ou presque».«Infliger une peine de trois ans d\u2019emprisonnement à une personne qui a essentiellement commis une infraction réglementaire déroge totalement aux normes de détermination de la peine.» Mais ce jugement va bien plus loin qu\u2019invalider la peine minimale prévue pour ces crimes spécifiques.La juge y va d\u2019une charge à fond de train sur la peine minimale en général, qu\u2019elle qualifie û\u2019«implacable» parce qu\u2019elle retire au juge la latitude nécessaire pour adapter la peine aux circonstances.«Elle est davantage axée sur la dénonciation, la dissuasion générale et le châtiment que sur ce qui constitue une peine appropriée au vu de la gravité de l\u2019infraction, de la culpabilité morale du délinquant et du préjudice causé.[.] On ne peut injliger à une personne une peine totalement disproportionnée à la seule fin de dissuader ses concitoyens de désobéir à la loi.» Surtout, écrit la juge, que tel n\u2019est pas le cas.«La preuve empirique indique que, dans les faits, les peines minimales obligatoires ne sont pas dissuasives.» Autres contestations à venir L\u2019avocat de Charles Sidney dans cette cause, Michael Dineen, est enchanté de la décision.«Je suis ravi, indique-t-il au Devoir.C\u2019est une décision vraiment importante, surtout considérant notre recours croissant aux peines minimales obligatoires.» Il se réjouit que la Cour ait non seulement analysé les cas précis de MM.Nur et Sidney, mais élargi son analyse de la loi conservatrice à des «situations hypothétiques raisonnables».Ce faisant, la Cour confirme qu\u2019un avocat pourra désormais contester la constitutionnalité d\u2019une loi au motif qu\u2019elle impose dans certains cas de figure une peine cruelle et inusitée, même si le client qu\u2019il défend ne fait pas partie de ces cas de figure.«On pourra avoir rapidement une détermination de sa constitutionnalité pour l\u2019ensemble des cas possibles, dit M.Dineen.Les conservateurs ont instauré plusieurs peines minimales obligatoires pour les crimes de nature sexuelle, les crimes reliés aux drogues, pour la pornographie juvénile, et plusieurs sont nouvelles et n\u2019ont pas été contestées.Cette décision encouragera les avocats de la défense à mener de telles contestations.» Le Barreau du Québec a d\u2019ailleurs entamé en 2012 une démarche pour faire invalider les peines minimales ajoutées par le projet de loi C-10.Cette procédure suit toujours son cours.Xième revers juridique Selon la professeure de droit de l\u2019Université Laval Julie Desrosiers, ce jugement pourrait aussi avoir un impact sur les multiples contestations judiciaires de la suramende compensatoire, notamment.Instaurée par le gouvernement conservateur, la suramende est une sorte de facture de 100$ ou 200$ collée à un délinquant pour chacune de ses condamnations.Elle est contestée parce qu\u2019elle représente, pour un grand nombre de délinquants sans le sou, une sorte de boulet qui les suivra à vie.M\u201c® Desrosiers estime qu\u2019elle pourrait désormais être invalidée au motif qu\u2019elle a des impacts démesurés sur certaines personnes.C\u2019est la première fois depuis 1987 que la Cour suprême invalide une peine minimale.La dernière fois que le plus haut tribunal du pays avait été invité à se pencher sur la constitutionnalité d\u2019une peine minimale, c\u2019était en 2000.Elle l\u2019avait maintenue.Le ministre de Injustice, Peter MacKay, a seulement déclaré par communiqué de presse qu\u2019il examinera la décision.«Notre gouvernement continuera d\u2019être sévère envers ceux qui commettent des crimes graves et qui mettent en danger nos communautés.» Pour le gouvernement conservateur, cependant, ce jugement s\u2019inscrit dans une longue série de décisions lui étant défavorables.Au cours des 16 derniers mois, la Cour suprême a démoli sa réforme du Sénat, annulé sa nomination du juge Marc Nadon et l\u2019a forcé à réécrire les règles sur la prostitution et à permettre l\u2019aide médicale à mourir.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com OG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone Extérieur de Montréal (sans frais) Par télécopieur 514 985-3399 1 800 363-0305 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 Abonnements (luncU à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au 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