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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2015-04-13, Collections de BAnQ.

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[" Le pape évoque le « génocide » des Arméniens, au grand dam de la Turquie Page B 6 Course à ia chefferie du PQ Péladeau ne rouvrirait pas le Code du travail Page A 3 Les 19 Forums jeunesse régionaux du Québec s\u2019inquiètent de leur survie Page A 3 www.ledevoir.com ^ LE DEVOIR Vol.C V I N° 7 9 LE DEVOIR, LE LUNDI 13 AVRIL 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 En mémoire des victimes sans voix de Garissa JACQUES NADEAU LE DEVOIR Indignés par la faible visibilité médiatique de l\u2019attentat ayant fait 148 morts à TUniversité de Garissa, des étudiants de l\u2019Université de Montréal ont tenu un rassemblement en mémoire des victimes.Page A 4 Panique après une explosion sur un campus kenyan qui a fait 1 mort et 150 blessés.Page B 3 Présidentielle américaine Hillary Clinton, candidate de la classe moyenne Washington \u2014 La démocrate Hillary Clinton a annoncé dimanche sur Internet qu\u2019elle tenterait une nouvelle fois de devenir la première femme à diriger les Etats-Unis, l\u2019investiture de 2016 lui semblant promise.C\u2019est dans une vidéo sur son site hillaryclin-ton.com puis dans un tweet qu\u2019Hillary Rodham Clinton, 67 ans, ancienne première dame, séna- trice et secrétaire d\u2019État, a officialisé sa seconde candidature aux primaires démocrates, après sa défaite de 2008 contre Barack Ohama.«Je suis candidate à la présidence », y dé-clare-t-elle, debout et souriante, dans un clip d\u2019un peu plus de deux minutes où témoignent des Américains de la classe moyenne : une jeune mère de famille, un jeune couple noir.deux frères entrepreneurs hispaniques, un enfant, un couple d\u2019hommes et un autre de femmes, un ouvrier.La stratégie de sa campagne s\u2019inspire de l\u2019approche privilégiée en 2012 par le président Barack Obama, qui s\u2019était concentré sur la classe voir page a 8 : CLINTON Sondage Léger \u2014 Institut du Nouveau Monde À rère de la génération « réaliste » Les 18-34 ans tournent le dos à la révolution sociale MARCO FORTIER Ils veulent bien changer le monde, mais un pas à la fois.La révolution, c\u2019est pour les autres.La grève aussi.La génération des 18-34 ans se considère comme «réaliste» et ne compte plus sur l\u2019Etat, les entreprises ou les syndicats pour améliorer la société.Un nouveau sondage explique les hauts et les bas du mouvement de contestation étudiante : les jeunes sont aussi sages, prudents et pragmatiques que leurs aînés.Ils occupent le centre du spectre politique et craignent de laisser un héritage négatif aux générations futures.Ils se distinguent de l\u2019ensemble de la population en étant écologistes; ils sont plus divisés que le reste des Québécois au sujet de l\u2019exploitation du pétrole.Les jeunes se montrent aussi davantage entrepreneurs que leurs prédécesseurs, révèle un sondage Léger mené pour l\u2019Institut du Nouveau Monde 0NM).«Les jeunes disent qu\u2019il y a des problèmes sociaux et qu\u2019ils voudraient contribuer à les résoudre, mais ils ne sont pas sûrs qu\u2019on va réussir à renverser l\u2019ordre des choses», dit Michel Venue, directeur général de l\u2019INM.« Ça explique le contexte social actuel.La grève étudiante ne lève pas.Les jeunes qui veulent changer le monde sont minoritaires.Ils se heurtent à la résistance des plus vieux et de leur propre génération.Certains des jeunes qui militent pour un changement social se sont radicali-sés», explique-t-il.56% C\u2019est la proportion des Québécois qui sont favorables au vote obligatoire aux élections.voir page a 8 : SONDAGE Aujourd\u2019hui Culture > Les bétes féroces du désespoir.Une chronique de Stéphane Baillargeon sur la grève étudiante et les stratégies de communication.Page B 8 Le Monde > Un nouvel horizon intercontinental s\u2019ouvre avec le rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis.Page B1 Sur la route > Bixi pour les « bobos ».Le système de vélo-partage montréalais se limite aux quartiers centraux et aux détenteurs d\u2019une carte de crédit.Page B 5 Avis légaux.B\t2 Décès.B\t6 Météo.B\t5 Mots croisés.B\t5 Petites annonces.B 6 Sudoku.B\t4 P*INT CHAUD Culture numérique dans le respect des genres Ce lundi, et pour deux jours, Montréal est l\u2019hôte d\u2019une conférence internationale sur la participation des femmes dans le domaine de la culture et de la technologie libre, terrain traditionnellement occupé par des hommes.L\u2019Ada Camp, c\u2019est son nom, cherche à faire entendre des voix minoritaires, mais de moins en moins, au nom de l\u2019équilibre des forces, mais surtout du respect.FABIEN DEGUISE Binaire, mais également sectaire.Le milieu des technologies, tout comme les courants culturels et sociaux qu\u2019elles induisent, carbure depuis des lunes à la surreprésentation masculine.Il suffit de se brancher pour voir: Gates, Jobs, Zuckerberg, Page, Brin, alouette.Les grandes figures de la réussite numérique ont un sexe dominant, tout comme d\u2019ailleurs les rencontres internationales, les empires du 2.0, les gourous versés dans la programmation informatique, dans le jeu vidéo, dans l\u2019univers du piratage, de la culture voir page a 8 : GENRES ERIC RISBERG ASSOCIATED PRESS Les femmes sont sous-représentées dans les domaines de la programmation informatique et de la conception de jeux vidéo.77831303442416 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 13 AVRIL 2015 ACTUALITES Jocelyne Cazin CAQ: Jocelyne Cazin pour remplacer Deltell L\u2019ancienne journaliste Jocelyne Cazin se présentera pour la Coalition avenir Québec dans la circonscription de Chauveau.L\u2019annonce aura lieu lundi à Québec, a appris Radio-Canada.Cazin briguera le siège laissé vacant par le député Gérard Deltell, qui a fait le saut dans l\u2019aréne fédérale pour le Parti conservateur.Déjà en 2012, le chef de la J\tFrançois ^\tLegault avait pressenti Cazin.Bien qu\u2019elle ait refusé à l\u2019époque, des liens semblent avoir été tissés, puisqu\u2019elle a participé à titre de conférencière au dernier congrès du parti à l\u2019automne dernier.Née en France en 1950, Jocelyne Cazin a eu une longue carrière de journaliste et d\u2019animatrice au réseau télévisé TVA, entre autres à l\u2019émission d\u2019enquête /.E.Elle a quitté le milieu en 2008 et a publié l\u2019an dernier une autobiographie intitulée fose déranger, dans laquelle elle mentionnait avoir été sollicitée par le milieu politique.Le Devoir Anonymous paralyse le site du SPVM Le site Internet du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été rétabli, dimanche après-midi, alors qu\u2019il était inaccessible depuis vendredi soir.L\u2019incident aurait été causé par des pirates informatiques.La section québécoise du collectif Anonymous a revendiqué l\u2019attaque sur son compte Facebook.Le groupe dit aussi avoir réussi à attaquer le site de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, qui était revenu en ligne samedi matin.Dans une série de messages sur son compte Twitter, l\u2019organisation a critiqué les gestes de la police pendant les récentes manifestations contre l\u2019austérité.Anonymous réclame la démission d\u2019un policier qui a été photographié pendant qu\u2019il aspergeait les manifestants de gaz poivré.Le groupe a prévenu qu\u2019il serait en mesure de prendre le contrôle de la majorité des réseaux de la ville de Montréal.La Presse canadienne Un homme arrêté pour avoir menacé de faire exploser le Parlement Chatham \u2014 La police de Cha-tham-Kent affirme avoir arrêté un homme soupçonné d\u2019avoir menacé de faire exploser les édifices du Parlement à Ottawa.Les autorités locales ont été contactées vendredi par la Gendarmerie royale du Canada concernant une menace présumée proférée par un homme de cette municipalité du sud-est de l\u2019Ontario.Celui-ci aurait téléphoné à la Bibliothèque du Parlement en disant vouloir faire exploser les édifices du Parlement dans le cadre d\u2019une «révolution» contre la colline parlementaire.L\u2019arrestation du suspect de 49 ans s\u2019est déroulée sans incident vendredi après-midi.L\u2019homme est actuellement en détention.Il est accusé d\u2019incitation à craindre des activités terroristes et d\u2019avoir proféré des menaces.L\u2019enquête se poursuit.La Presse canadienne Infinnieres : un exode pire qu en 1997 ?7500 infirmières songeraient à prendre leur retraite d\u2019ici trois ans à cause des intentions de Québec DAPHNEE HACKER-B.La moitié des infirmières de 50 ans et plus songent à raccrocher leur stéthoscope d\u2019ici trois ans si Québec persiste avec son intention de modifier leur régime de retraite.Ce scénario à\u2019«exode» fait craindre le pire aux organisations syndicales et aux gestionnaires du milieu de la santé, qui se remémorent les quelque 4000 infirmières ayant quitté le réseau en 1997, et qui ont laissé derrière elles une pénurie qui se fait encore sentir.Selon un coup de sonde mené pour le compte de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), 7500 infirmières «menacent» de partir à la retraite d\u2019ici trois ans, soit la période où les changements au fonds de pension entreraient en vigueur.La FIQ a dévoilé ces résultats dimanche, alors que les négociations sont en cours avec le Conseil du trésor pour le renouvellement de la convention collective des 65 000 membres de l\u2019organisme, qui représente plus de 80% du corps infirmier québécois.«Ce que nous présentons ce n\u2019est pas de la frime.[.] Il y a une réelle volonté des infir- mières de quitter.Et si le gouvernement s\u2019obstine, il va rendre le réseau de la santé encore plus malade et mettre en péril la qualité et la sécurité des soins aux patients», a déclaré Régine Laurent, présidente de la FIQ.Chiffres à l\u2019appui, elle fait valoir que la moitié des 600 infirmières sondées veulent partir en retraite d\u2019ici trois ans à cause des concessions exigées par Québec.Trois critères font particulièrement grincer des dents les professionnelles : repousser l\u2019âge de la retraite de 60 à 62 ans, augmenter la pénalité applicable pour une retraite anticipée et réviser le calcul de prestation en se basant sur la moyenne des huit meilleures années, et non des cinq.Selon les calculs de la FIQ, les changements souhaités par le gouvernement Couillard se traduiraient par de lourdes pertes de revenus de retraite.Par exemple, dans le cas d\u2019une infirmière de 58 ans détenant 31 années de service, la perte s\u2019élèverait à 9500$ par année.Les infirmières sondées sont déjà bien conscientes des « risques d\u2019appauvrissement», affirme M\u201c® Laurent, puisque les deux tiers de celles ayant exprimé le désir de partir ont affirmé avoir entrepris des dé- marches auprès de la Commission administrative des régimes de retraite et d\u2019assurances pour devancer leur départ et éviter les pénalités.Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, n\u2019a pas voulu commenter les résultats du sondage.Une répétition de 1997 Le vice-président de la FIQ, Daniel Gilbert, craint de voir se concrétiser le départ de quelque 7500 infirmières au cours 4es trois prochaines années.À son avis, la situation serait «pire» qu\u2019en 1997, quand le gouvernement de Lucien Bouchard avait mis sur pied un programme de départs volontaires à la retraite au sein de la fonction publique.«Le réseau sent encore les impacts de cette pénurie [.]», soupire-t-il, ajoutant que depuis ce temps, le recours aux heures supplémentaires est devenu systématique.Du côté des gestionnaires des réseaux de la santé, les craintes sont grandes.« Ça va devenir un casse-tête infernal pour offrir les soins, la qualité du réseau est plus que mise à mal, elle est menacée», lance Diane Lavallée, directrice de l\u2019Association québécoise d\u2019établissements de santé et de ser- vices sociaux (AQESSS), association patronale qui a dû se saborder, faute de financement.L\u2019organisme mettra la clé sous la porte le 31 mai prochain.M\u201c® Lavallée n\u2019est pas seulement inquiète de l\u2019avenir des gestionnaires, mais aussi des infirmières qui resteront en poste.«Déjà, on observe de nombreux congés de maladie pour cause de surmenage et d\u2019excès de stress.Qu\u2019est-ce que ce sera dans trois ans ?» Il faut prendre les chiffres de la FIQ avec «un grain de sel», croit pour sa part Pierre Blain, directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU).«Ils sont en négociation, c\u2019est de bonne guerre de brandir des chiffres qui font peur», ajoute-t-il, évaluant que la situation est bien différente de celle de 1997, où on offrait des indemnités de départ.M.Blain estime que les deux parties doivent trouver le moyen de s\u2019entendre.Il propose l\u2019inclusion d\u2019une clause de droits acquis, qui permettrait aux infirmières en fin de carrière d\u2019éviter les nouvelles pénalités.«Il faut être prudent, car ce genre de décision pourrait aussi décourager la relève», dit-il.Le Devoir Les départs à la retraite influencés par les mesures proposées 61% des infirmières se sont dites influencées par la mesure faisant passer l\u2019âge de la retraite de 60 à 62 ans à compter de 2017 71% craignent de voir Québec augmenter la pénalité pour une retraite anticipée de 4 à 7,2 % par année 64% expliquent leur décision par la volonté gouvernementale de changer le calcul de la prestation, qui se baserait sur la moyenne salariale des huit dernières années plutôt que des cinq.* Le sondage possède une marge d'erreur maximale de plus ou moins quatre points de pourcentage.*¦**\u2022*¦\tT/jrTr*-'*- \u2014 .T'U' JACQUES NADEAU LE DEVOIR Temps doux sur le Québec Le temps doux de dimanche a ramené les musiciens.et les danseurs sur la place Gérald-Godin, devant la station de métro Mont-Royal, à Montréal.Les premiers 20 ° C de l\u2019année sont attendus lundi en fin de journée, selon les prévisions de MétéoMédia.En 2014, ils avaient été atteints le 14 avril à Montréal.Le temps chaud pourrait cependant provoquer des orages dans l\u2019ouest du Québec lundi soir.Des langues autochtones intéressent les Suisses Trois langues autochtones parlées au Canada seront étudiées par des expertes qui tentent de comprendre les processus d\u2019apprentissage des langues maternelles chez les enfants.Le projet, chapeauté par l\u2019Université de Zurich, se penchera sur le cas de dix langues, dont le déné, le cri de l\u2019est et l\u2019inuktitut.Les experts en linguistique savent déjà que les enfants apprennent facilement leurs langues natales, mais ils ne comprennent pas exactement comment ils peuvent y arriver.«C\u2019est un miracle que n\u2019importe quel enfant puisse apprendre n\u2019importe quelle langue quand ils sont exposés si jeunes», a expliqué Dagmar Jung, chercheuse à l\u2019Université de Zurich.Afin de récolter ses données.Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 M\u201c® Jung se rendra à la réserve de la Première Nation Clearwater River Dene, au nord de la Saskatchewan, où elle sera accompagnée d\u2019Olga Lovick, professeure en linguistique à l\u2019université des Premières Nations.Il s\u2019agit de l\u2019un des trois endroits dans le monde où l\u2019on parle le déné.«On ne se demande comment les enfants font pour apprendre une langue qui est tellement dif férente structurellement, comme le déné», a indiqué M\u201c® Jung, en entrevue depuis Regina.Dagmar Jung restera deux mois dans la réserve, tandis que sa collègue s\u2019assurera que les membres de la communauté enregistrent leurs enfants de deux ou trois ans et notent ce qu\u2019ils disent pour la prochaine année.À un certain moment, le Canada abritait plus de 70 langues autochtones distinctes.Des dizaines auraient maintenant disparu et plusieurs autres seraient en danger, selon les der- nières données.«En étant ici et en démontrant notre intérêt [.] nous espérons que cela rappellera aux gens comment c\u2019est important qu\u2019ils continuent de parler le déné pour que leurs enfants continuent de l\u2019apprendre.A plusieurs endroits, il est déjà trop tard», a regretté M\u201c® Lovick.Les chercheuses essaieront aussi de trouver des moyens pour que les adultes puissent mieux apprendre ces langues.«Nous savons comment c\u2019est dif ficile de le faire en tant qu\u2019adulte.Alors, tout le monde est impatient de savoir comment les enfants le font parce qu\u2019on ne sait tout simplement pas comment [c\u2019est possible] si facilement», a souligné M\u201c® Jung.Les autres langues à l\u2019étude sont le turc, le japonais, le russe, le sesotho (Afrique australe), le maya yucatèque (Mexique), le chintang (Népal) et l\u2019indonésien.La Presse canadienne Le mouvement étudiant sur des sables mouvants Les regroupements d\u2019associations étudiantes font face à un vent de désaffiliations ANNABELLE CAILLOU Alors que des associations universitaires étudiantes remettent en question leur affiliation à la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ou à l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), cette dernière reste optimiste en ce qui a trait au climat qui règne au sein du mouvement étudiant Au début du mois, l\u2019ensemble du comité exécutif de l\u2019ASSE démissionnait en raison d\u2019un désaccord avec ses membres sur la poursuite de la grève.L\u2019association doit maintenant faire face à la volonté de désaffiliation de certaines associations.Parmi elles, l\u2019association des étudiants du Collège François-Xavier-Gar-neau à Québec qui déposera mardi prochain, lors d\u2019une assemblée générale spéciale, une motion demandant un vote de désaffiliation.L\u2019ASSE n\u2019est pas la seule touchée.Le 28 mars dernier, la Fédération des associations étudiantes du campus de l\u2019Université de Montréal (FAECUM), qui représente près de 40 000 étudiants, a décidé de se séparer de la FEUQ.Selon la secrétaire aux communications par intérim de TASSE, Andréa Flores, cela ne démontre en rien une crise au sein du mouvement étudiant.«Nous ne sommes pas en crise.Au contraire! Ça montre que ça bouge, que la base militante est vivante, qu\u2019il y a du renouveau dans le mouvement étudiant.Oui, il y a des questionnements, les associations veulent mieux choisir avec qui elles vont s\u2019associer ou décider de rester indépendantes.» La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) estime ne pas connaître non plus de re- mise en question.«Ça va bien pour nous, deux nouvelles associations nous ont rejoints récemment», dit Iq vice-présidente de la fédération Emilie Joly.Vendredi, un vote de grève au cégep du Vieux-Montréal a dû être annulé en raison d\u2019un désaccord sur les procédures entre les étudiants pour la grève et ceux demandant un retour en classe.Une « troisième voie » étudiante ?Les deux grandes associations étudiantes de l\u2019Université Laval envisagent depuis quelques semaines de créer une «troisième voie» qui s\u2019ajouterait à celle de la FEUQ et de TASSE.«Ça fait plusieurs années qu\u2019on y réfléchit en fait», confie Thierry Bouchard-Vincent, vice-président à l\u2019enseignement et à la recherche de la Confédération des associations d\u2019étudiants de l\u2019Université Laval (CADEUL).Il considère que, depuis la mort de la Table de concertation étudiante du Québec CLACEQ) en 2014, les discussions avec les autres associations étudiantes, dont la FAECUM et l\u2019Association des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIES), se sont accélérées.«On discute, on prend note des différentes opinions, on regarde ce qu\u2019il se fait ailleurs dans les autres campus en matière de représentation étudiante pour proposer d\u2019autres alternatives à la communauté étudiante», précise-t-il.D\u2019après lui, les remises en question qui s\u2019opèrent actuellement au sein du mouvement étudiant leur permettent de mieux comprendre ce qui pourrait être changé et ce que recherchent réellement les associations universitaires.Le Devoir Résultats des tirages du : 2015-04-11 05 08 22 23 21 ^ + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 82897368-01 Prochain gros lot (approx.) : 5 000 000 $ + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 2Z 30 38 5215882 oMO Prochain gros lot (approx) : 30 000 000 $ Résultats des tirages du : 2015-04-10 ^ E^hu 2589256 En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité La Ligue des droits blâme l\u2019UQAM La coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés a regardé d\u2019un œil inquiet ce qui s\u2019est joué récemment à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Comme bien des observateurs extérieurs, Nicole Filion en est venue à la conclusion qu\u2019«f/y a eu une escalade des tensions» au sein de cette institution.Elle a notamment soutenu que cet accroissement des filetions est largement imputable à certains comportements adoptés par la direction de l\u2019établissement qu\u2019elle assimile à de la «répression».M\u201c® Filion a ainsi dénoncé sa volonté d\u2019expulser des étudiants pour leur participation à des activités de perturbation ainsi que ses efforts Irqctueux pour obtenir une injonction.Selon elle, le ministre de l\u2019Éducation, François Blais, a lui aussi jeté de l\u2019huile sur le feu lorsqu\u2019il a laissé entendre, en réaction au blocage de portes de TUQAM, qu\u2019il pourrait désormais être approprié d\u2019adopter la méthode dure.Nicole Filion croit qf «il faut reconnaître qu\u2019il y a une entreprise concertée menée de la part de la classe politique et de la direction de l\u2019Université du Québec à Montréal [.] pour casser l\u2019action collective».La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI IS AVRIL 2015 A 3 ACTUALITES Logre Jean-François Nadeau O Victor-Lévy Beaulieu signait des livres de son s^lo-feutre alors que se pressait tout autour la cour de ses admirateurs.« Viens, on va aller dire botijour à Victor-Lévy», m\u2019avait dit Gaston Miron.À la vue de Miron, VLB avait bondi de sa chaise pour se retrouver d\u2019un coup à genoux devant le poète, répétant ainsi prosterné: «Maître, maître, maître!» Miron éclata d\u2019un grand rire tonitruant, afin de dissimuler son malaise devant pareil théâtre, lui qui se battait pour que les siens se tiennent debout.Le véritable maître de VLB ne fut jamais Miron, ni même Perron qu\u2019il admire tant à raison.Pour seul maître, VLB n\u2019eut que la littérature, vaste univers dans lequel flotte à l\u2019aise toute sa démesure.VLB avale la littérature comme un ogre ses enfants.Selon une discipline de fer qu\u2019il s\u2019est fixée une fois pour tqutes, il avance sans souffler, jour après jour.A lui seul, il est une usine dont la qualité de la production fait souvent pâlir par comparaison celle de nombre de nos petits moulins à mots portés par les seuls vents du moment.Mais je me demande au fond si le travail énorme qu\u2019il s\u2019impose depuis des décennies ne lui plaît pas davantage que tout le reste.Dans son nouveau pavé intitulé 666 Friedrich Nietzsche, VLB affirme que le philosophe allemand «disait de ses livres qu\u2019ils n\u2019étaient pas faits pour être lus hâtivement d\u2019un bout à l\u2019autre, ni pour qu\u2019on en fasse la lecture à haute voix», il en va de même assurément pour ce livre dont le nombre de pages est plus de deux fois supérieur au chiffre du titre, comiquement satanique.En couverture, Nietzsche à côté de VLB.Cet immense «dithyrambe beublique» constitue autant un hommage à la propre histoire de l\u2019écrivain qu\u2019à celle du philosophe allemand, selon un procédé associatif qui n\u2019est pas du tout propre à VLB.Considérez par exemple le cas de Dany La-ferrière: à force de gonfler ses sorties médiatiques de citations de Simone de Beauvoir, Cocteau, Malraux, Chateaubriand ou de qui sais-je encore, il a fini par se hisser jusqu\u2019à leurs pieds et donner de la sopte l\u2019impression qu\u2019il marchait dans leurs traces.À tout un monde habitué à regarder bien bas, s\u2019adjoindre ainsi le concours de gens qui ont assurément de la hauteur aide à soudain trouver la sienne confirmée.Depuis 1968, VLB a publié plusieurs livres selon ce procédé, sans qu\u2019on puisse douter de sa passion véritable pour ses sujets.De ses visites aux grands monuments des lettres, VLB rapporte des calques qu\u2019il superpose à sa propre histoire, lui permettant ainsi de faire voir Hugo, Voltaire, Tolstoï, Perron, Kerouac, Joyce et d\u2019autres tels des phares voués à éclairer sa traversée d\u2019un Québec fantasmé.Au fond, VLB parle toujours davantage de lui que des personnages sur lesquels il monte pour satisfaire son insatiable envie de voir plus haut.Si haut perché, il semble se donner volontairement le vertige à force de tourner sur lui-même pour embrasser de son regard tout l\u2019horizon.Entraîné dans ce regard panoramique, le lecteur est vite conduit vers mille sujets, évoqués sur diverses tonalités.D\u2019un livre à l\u2019autre, l\u2019histoire personnelle de VLB se trouve souvent revisitée, dans un chant lancinant qui n\u2019est pas sans faire songer à celui qu\u2019employait déjà Homère.Au final, ce ne sont donc pas tant des analyses de ses héros que donne à lire VLB, mais plutôt des portraits composites où le sien se superpose étroitement aux leurs par des jeux de correspondance plus ou moins savants.Dans le genre, son James Joyce, l\u2019Irlande, le Québec, les mots était prodigieux.Mais le chef d\u2019œuvre de VLB reste pour moi son Monsieur Melville, tout entier consacré à une plongée en apnée dans l\u2019univers de cette baleine littéraire.«Tout ce qui touchait de près ou de loin à Melville m\u2019intéressait, rappelle-fil d\u2019ailleurs dans son 666 Friedrich Nietzsche, et Billy Budd forme avec Moby Dick et Bartleby l\u2019écrivain, ce que la littérature américaine du XIX' siècle a produit de plus fabuleux, l\u2019épique et le lyrique».Estce en raison de cette admiration américaine fondamentale qu\u2019il y a toujours beaucoup de ces mêmes ingrédients dans ses propres livres ?Tel un Balzac toujours prêt à lancer un nouvel appel à l\u2019aide pour financer ses rêves, VLB en est arrivé à coup de souscriptions à publier son nouveau monstre.Depuis des jours, je me laisse dévorer par ce livre qui m\u2019avale.Dans Charivari et justice populaire au Québec, un livre majeur de l\u2019historien René Hardy que je lis en alternance avec 666 Friedrich Nietzsche, il est écrit qu\u2019en 1880, à Saint-Jean-de-Dieu, là où va naître VLB en 1945, une part importante de la population refusait jusqu\u2019à la structure étatique.On se croirait au milieu d\u2019un élan étudiant présent.Des citoyens se rendent en force au conseil municipal pour le disperser.Il y a même un complot pour saccager les magasins de Trois-Pistoles, ville voisine, fief désormais de VLB qui en a donné le nom à sa maison d\u2019édition.Peut-être VLB a-t-il hérité du caractère insoumis et quelque peu emmêlé de ceux qui vivaient par là-bas avant lui?Je note avec un léger sourire que ce diable d\u2019homme, toujours si enclin à défendre la souveraineté de l\u2019écrivain, n\u2019accorde pas le moindre crédit aux photographes et artistes dont les travaux ornent pourtant son livre, à l\u2019exception notable de Maurice Perron qui, anarchiste à sa façon lui aussi, était un des signataires du Refus global de Monsieur Borduas.L\u2019ogre avale tout.jfn @ledevoir.com JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR En 2009, Le Journal de Montréal, propriété de Québécor, a été le théâtre d\u2019un lockout de plus de deux ans au cours duquel la loi anti-briseurs de grève a pour plusieurs montré son inefficacité.Un appel au boycottage avait alors été lancé.PKP ne rouvrirait pas le Code du travail Bernard Drainville a rappelé la désuétude de la loi anti-briseurs de grève MARCO BELAIR-CIRINO à Saguenay Le favori de la course à la direction du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, ferme la porte à double tour à une révision du Code du travail.«Aujourd\u2019hui, il n\u2019y en a pas de problème avec le Code du travail», a-til déclaré lors d\u2019un débat des candidats à la direction du PQ dimanche après-midi à Saguenay.La réaction a été immédiate et hostile dans l\u2019auditorium du cégep de Jonquière: «Bouh!» Le député de Saint-Jérôme s\u2019est valu les huées de quelques-uns des 900 sympathisants pé-quistes réunis dans la salle François-Brassard.«Laissons les choses comme elles [le sont] pour faire en sorte justement que notre économie puisse se développer le plus paisiblement et le plus sereinement possible», a poursuivi l\u2019exgrand patron de Québécor tout en restant inébranlable et ferme.Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, lui avait demandé s\u2019il était toujours favorable à l\u2019idée de fiscaliser les indemnités versées aux travailleurs en grève ou en lockout.«Pierre Karl, tu as déjà proposé [dans une lettre ouverte en 2010] de fiscaliser les primes.Ça veut dire en gros que ceux qui reçoivent 400 piastres présentement recevraient beaucoup moins.As-tu changé d\u2019avis?», a affirmé M.Cloutier, rappelant dans la foulée que 450 employés de concessionnaires automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont «dans la rue» depuis plus de deux ans.Ils sont des «victimes» d\u2019un lockout «interminable».«On est à six semaines du choix du prochain chef du Parti québécois.Nous sommes en droit de savoir quelles sont les orientations qui vont être prises par notre grande formation politique», a ajouté M.Cloutier, M.Péladeau a esquivé la question.11 a plutôt tenté de dissuader son confrère de dépoussiérer le Code du travail en l\u2019absence d\u2019un {{^La loi anti-scàhs doit être modernisée.Çapresse.)} Bernard Drainville «consensus» des acteurs de la société civile.«Si, toi, tu veux toucher au Code du travail Alexandre, bien, bonne chance, parce qu\u2019il risque également d\u2019avoir du côté patronal des exigences qui ne seront pas nécessairement dans le meilleur intérêt [des travailleurs] », a-til soutenu.«Fst-ce qu\u2019il pense à ses propres demandes ?» a lancé à la blague la députée de Vachon, Martine Quellet, lors d\u2019un impromptu de presse.«La loi awïf-scabs doit être modernisée.Ça presse», a poursuivi le député de Marie-Victo-rin, Bernard Drainville.«Il faut moderniser un paquet de lois sociales» y compris le Code du travail, afin d\u2019arrimer notamment les dispositions anti-briseurs de grève aux nouvelles technologies, a spécifié Pierre Céré.M.Péladeau en est convaincu: les travaif leurs québécois, syndiqués ou non, «veulent des jobs», pas un Code du travail modifié.Cloutier a-t-il l\u2019étoffe d\u2019un premier ministre ?Alexandre Cloutier était en pays conquis dimanche.D\u2019ailleurs, le candidat, porté par des sondages d\u2019opinion favorables, a reçu un accueil enthousiaste du demi-millier de spectateurs.mais pas de ses adversaires.11 s\u2019est retrouvé à quelques reprises la cible de leurs attaques.La députée de Vachon, Martine Quellef s\u2019est demandé si l\u2019ex-ministre responsable des Affaires intergouvemementales canadiennes avait l\u2019expérience nécessaire afin d\u2019aspirer au poste de chef du gouvernement.Elle a minimisé l\u2019importance de ses réalisations au sein de l\u2019équipe Marois : mise sur pied de la commission nationale d\u2019examen sur l\u2019assurance-emploi, conclusion de l\u2019entente Canada-Québec sur le marché du travail, accord Québec-Canada sur le paiement de la facture liée à la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic.«Il faut une expérience peut-être plus large.Je pense que ça serait important», a-t-elle affirmé.De son côté, M.Drainville a jeté le doute sur le «sens de l\u2019Etat» de M.Cloutier.11 lui a reproché d\u2019avoir fait entorse au principe de solidarité ministérielle, notamment en tuant dans l\u2019œuf tout projet d\u2019exploitation pétrolière sur file d\u2019Anticosti.Après avoir pris ses distances de la charte de la laïcité et de la gouvernance souverainiste, «il se désolidarise de la position que nous avons prise comme gouvernement [concernant l\u2019exploration du pétrole enfoui dans le sol de l\u2019île Anticosti] », a-t-il déploré.« Où étions-nous ?» Le seul candidat non élu à l\u2019Assemblée nationale, Pierre Céré, a reproché aux députés du PQ de ne pas s\u2019être affichés bras dessus bras dessous avec les opposants à l\u2019austérité libérale \u2014 tout particulièrement les étudiants \u2014 au fil des dernières semaines.«Il y avait 100 000 personnes dans la rue [le 2 avril dernier].Nous étions peu du Parti québécois.[.] Ça n\u2019a pas de bon sens», a-t-il déclaré à la presse.M.Céré, qui s\u2019est vu attribuer le statut A\u2019« objecteur de conscience» dans la campagne au leadership, soutient que le PQ devrait se «mettre à l\u2019écoute» des jeunes.D\u2019ailleurs, il juge «très malheureux» que la «fabuleuse mobilisation » contre l\u2019austérité soit déjà à bout de souffle.«Il y a une partie du mouvement social qui a passé l\u2019automne à dire que le printemps serait chaud.Il n\u2019était pas au rendez-vous.J\u2019ai l\u2019impression parfois qu\u2019on a laissé ces jeunes-là comme de la chair à canon.» Le Devoir Les Forums jeunesse s\u2019inquiètent de leur survie DAPHNEE HACKER-B.Des rumeurs persistantes font craindre aux 19 Forums jeunesse régionaux du Québec que le couperet tombe bientôt sur eux.Les présidents de ces organismes déplorent unanimement l\u2019opacité du gouvernement quant à ses intentions.Leur sort devrait être connu mercredi.«Nous sommes sans nouvelles depuis quelques semaines de ce qu\u2019il adviendra de nous, de notre financement et de la poursuite de nos activités», écrivent les présidents, dans une lettre ouverte envoyée au Devoir.De nombreuses sources leur laissent entendre que le gouvernement se questionne sur l\u2019avenir de ces organismes, sous prétexte qu\u2019ils ne cadrent pas dans la «nouvelle gouvernance régionale».«Ce ne sont que des informations officieuses qui se multiplient, mais nous n\u2019avons toujours pas l\u2019heure juste du gouvernement, qui reste muet à nos demandes de rencontres», déplore Elise-Ariane Cabirol, présidente de la table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec.La nouvelle gouvernance régio- KK Dans l\u2019optique où les Jeunes sont très peu représentés dans les postes électifs, nous croyons plus que Jamais dans l\u2019importance de notre mandat}} Extrait de la lettre des présidents des Forums jeunesse régionaux nale se concrétisera à travers l\u2019adoption du projet de loi 28, qui prévoit notamment l\u2019abolition des Conférences régionales des élus (CRE), auxquelles certains Forums étaient associés.«Nous nous sommes tous incorporés afin de pouvoir continuer à fonctionner sans les CRE », dit-elle.Par et pour les jeunes En entrevue avec le Devoir, M\u201c® Cabirol rappelle que les forums visent à aider les jeunes de 35 ans et moins à participer concrètement aux décisions qui les touchent et à s\u2019investir dans l\u2019avenir de la société.Plus de 300 jeunes siègent de façon bénévole dans les différentes instances, dé- veloppant des «expériences clés» d\u2019administrateurs.Depuis 15 ans, un financement public de 10 millions permet aux organismes de créer des projets divers, tels que des consultations publiques, des ateliers et forums de discussion, où des arguments sont étayés et ensuite relayés aux décideurs.«Dans le contexte démographique actuel du vieillissement de la population et dans l\u2019optique où les jeunes sont très peu représentés dans les postes électijs, nous croyons plus que jamais dans l\u2019importance de notre mandat de mise en valeur de la participation citoyenne», soulignent les auteurs de la missive.Jamais au cours des derniers mois il n\u2019a été question d\u2019abolir les Forums jeunesse, souligne M\u201c® Cabirol.Au contraire, la jeune femme affirme que le Secrétariat à la jeunesse du Québec a récemment réitéré sa vision des Forums comme de véritables «fers de lance pour le développement des jeunes du Québec».Une autre rumeur voudrait que le budget consenti aux Forums soit acheminé aux municipalités régionales de comté (MRC).En confiant des sommes pour les jeunes à des élus municipaux dont la moyenne d\u2019âge est bien loin de celle de son public cible, le gouvernement Couillard «s\u2019attaque au cœur de notre philosophie du par et pour les jeunes», explique la porte-parole.«Il faut permettre aux jeunes d\u2019identifier eux-mêmes les priorités et pistes d\u2019actions qu\u2019ils souhaitent voir se concrétiser.» Des élus se seraient rencontrés cette fin de semaine pour discuter du sort des Forums, et une décision devrait être prise d\u2019ici mercredi.Le Devoir Dure aussi > La lettre signée par les présidents des Forums jeunesse.Sur le site Web et l\u2019application tablette du Devoir. A 4 LE DEVOIR LE LUNDI IS AVRIL 2015 ACTUALITES GRIPPE AVIAIRE 29 fermes de l\u2019Ontario en quarantaine Toronto \u2014 Vingt-neuf fermes aviaires ontariennes sont en quarantaine après que la présence du virus de la grippe aviaire H5N2 eut été détectée au sein d\u2019un élevage de dindes.Mercredi dernier, l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments (ACIA) avait confirmé la présence du virus dans une ferme près de Woodstock, en Ontario, et placé un total de neuf fermes en quarantaine.L\u2019Agence vient d\u2019en ajouter 20 autres, portant le total à 29.Tous les élevages se situent dans une «zone de contrôle» de la grippe aviaire établie afin de «superviser le mouvement des animaux, des produits et de l\u2019équipement dans la région en vue de limiter la propagation de la maladie».Cette «zone de contrôle» est en fait un périmètre préventif de 10 kilomètres autour de la ferme où l\u2019ACIA a détecté la grippe aviaire, dans le comté (f\u2019Qxford.Les Etats-Unis ont reconnu la zone de contrôle de l\u2019ACIA et le commerce de volailles provenant de l\u2019extérieiu de celle-ci reprendra lundi.Toutefois, les sanctions commerciales imposées par le Japon, Taiwan, Hong Kong, l\u2019Uruguay et la Barbade sont toujours en vigueur.Le Abed Harchaoui, vétérinaire principal pour les maladies animales exotiques, a déclaré que la zone de contrôle de-meiuera en place jusqu\u2019à ce que l\u2019ACIA soit convaincue que le virus n\u2019y est plus présent.D\u2019ici là, les fermes placées en quarantaine devront obtenir des permis poiu déplacer des produits hors de leurs exploitations.La Presse canadienne Vigile pour des morts sans voix Les quelque 200 personnes réunies dimanche à Montréal en mémoire des 148 étudiants massacrés à Nairobi ont dénoncé l\u2019absence d\u2019intérêt médiatique pour le drame ANNABELLE CAILLOU Indignés par le manque de visibilité médiatique de l\u2019attentat ayant fait 148 morts à l\u2019Université de Garissa, au Kenya, des étudiants de l\u2019Université de Montréal (UdeM) ont organisé un rassemblement en mémoire des victimes.Ils étaient près de 200 à s\u2019être réunis au parc Jean-Brillant, à quelques pqs de l\u2019UdeM, dimanche soir.À la lumière des bougies ils ont chanté en cœur We Are the Wold de Michael Jackson, afin de témoigner leur soutien aux familles des étudiants tués par des islamistes somaliens she-bab, le 2 avril dernier.Brian Dushime, étudiant en économie et politique à l\u2019UdeM, a vécu et étudié pendant trois ans au Kenya.«J\u2019y ai vécu, j\u2019étais moi-même étudiant au secondaire à Nairobi.Je ne comprends pas qu\u2019une chose pareille soit arrivée.Je suis triste de voir qu\u2019on peut s\u2019attaquer à une université, à un lieu d\u2019enseignement.Nous nous devions de rendre hommage aux victimes, nous devions créer cet événement», explique-t-il.Charlie et cie L\u2019étudiant s\u2019est dit surtout choqué par le manque de couverture médiatique du drame.«La mort des 12 journalistes de Charlie Hebdo a fait les gros titres pendant plus d\u2019une semaine, on en a fait des dossiers spéciaux, on en parlait partout.Les gens se sont mobilisés à travers le monde en criant \u201cJe suis Charlie\u201d.Et là, on se retrouve avec 148 morts au Kenya, essentiellement des étudiants, il faut le rappeler, et presque rien là-dessus dans les médias», se Les jeunes ont entonné We Are the World, de Michael Jackson.désole-t-il.Il ajoute avoir été davantage renseigné sur l\u2019ampleur du massacre par les réseaux sociaux, tels que Twitter et Facebook, que par les médias traditionnels.Guy-Serge Luboya, origi- naire du Congo, partage cette opinion.«Sans rentrer dans une comptabilité macabre, je me demande pourquoi le Kenya n\u2019a pas eu la même couverture médiatique que Charlie Hebdo.Je crois qu\u2019aujourd\u2019hui on banalise JACQUES NADEAU LE DEVOIR malheureusement la mort des Africains pour la simple et triste raison que c\u2019est devenu quelque chose de commun.Avec la quantité de problèmes que connaît l\u2019Afrique, les guerres et les attaques en tout genre, le monde entier commence à considérer ça comme un fait divers.» Les deux Montréalais ne rejettent pas la faute uniquement sur les médias et montrent également du doigt le manque d\u2019action des représentants politiques.Brian Dushime s\u2019offusque notamment de voir que des présidents du monde entier et même d\u2019Afrique n\u2019ont pas hésité à marcher dans les rues de Paris en l\u2019honneur des victimes de Charlie Hebdo, mais qu\u2019aucun d\u2019entre eux n\u2019a daigné se rendre au Kenya.«La plupart n\u2019ont même pas fait d\u2019annonce officielle, rien.Pourquoi ?Ils n\u2019en valent pas la peine ?» Un climat de peur Dix jours après le massacre à l\u2019Université de Garissa, le Kenya a connu un nouveau drame.Un étudiant a été tué dimanche, et 150 autres blessés dans une explosion accidentelle d\u2019un câble électrique.Pensant être victimes d\u2019une nouvelle attaque islamiste, des étudiants du campus Kikuyu de l\u2019Université de Nairobi, sont entrés dans un état de panique, menant certains à se jeter par les fenêtres de leur chambre, certains du cinquième étage, a expliqué à l\u2019Agence France-Presse le professeur Peter Mbithi.«C\u2019était un simple câble électrique, c\u2019est fou ! Ça montre le climat actuel au Kenya.Un climat de peur, de terreur et de panique dans lequel vivent les étudiants en ce moment.Ce n\u2019est pas normal! Quand aller à l\u2019école devient un danger de mort, c\u2019est inquiétant et injuste.» Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir LE DEVOIR DE DÉBATTRE La justice instrumentaUsée?Le recours répété au processus de renvoi par nos gouvernements participe-t-il à un détournement de la justice à des fins politiques?Animé par l\u2019éditorialiste du Devoir, Antoine Robitaille L\u2019Honorable Louis LeBel Juge à la Cour suprême du Canada de 2000 à 2014 Patrick Taillon Professeur agrégé à la faculté de droit de l\u2019Université Laval Manon Comellier Chroniqueuse au Devoir et biogueuse à l\u2019Acmalité Le jeudi 23 avril 2015.19h Chapelle du Musée de l\u2019Amérique francophone 2 Côte de la Fabrique, Québec Réservez au 418 643-2158 \u2022 Prix : 12 $ (amis du musée 10 $) CONFERENCE DES JURISTES DE L'ETAT MUSÉE ^ DE L\u2019AMÉRIQUE FRANCOPHONE QMâ>ecBg LE DEVOIR Des milliers de marcheurs pour le climat.et contre les sables bitumineux ALEXANDRE SHIELDS à Québec ' Dlusieurs milliers de per-.sonnes ont marché samedi ans les rues de Québec afin e manifester leur appui à la lutte contre les changements climatiques.Une lutte qui passe selon plusieurs par le rejet des projets de pipelines et un virage énergétique majeur.Selon les organisateurs de la Marche action climat, plus de 25 000 personnes ont défilé dans les rues de la Vieille Capitale, empruntant notamment le secteur du Vieux-Québec, avant de se rendre sur la colline parlementaire.Là, ils ont formé un « thermomètre » climatique rouge dans le but d\u2019exiger un plan de lutte contre les bouleversements du climat mondial.Cette marche, «festive» et familiale, est l\u2019une des plus importantes de l\u2019histoire canadienne consacrée aux enjeux climatiques.Des gens sont venus de plusieurs régions du Québec, mais aussi de l\u2019Qntario et des Maritimes.La preuve, selon le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, que le message envoyé aux décideurs est clair.«Nous demandons haut et fort au premier ministre Philippe Couillard de prendre des engagements fermes envers la lutte contre les changements climatiques.» Cohérence Les premiers ministres provinciaux se rencontrent d\u2019ailleurs cette semaine à Québec pour discuter d\u2019une éventuelle stratégie interprovinciale en faveur de la protection du climat.S\u2019il salue cette initiative, M.Simard estime qu\u2019une telle stratégie doit être «cohérente».«On ne peut clairement pas tenter de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et dire oui aux projets de pipelines comme celui de TransCanada.Et on ne peut pas autoriser les projets d\u2019exploitation de pétrole et de gaz de schiste tout en affirmant se soucier du climat.» Le porte-parole du Parti québécois en matière d\u2019Fnvironne-ment, Sylvain Gaudreault, juge Ottawa veut les chiffres des provinces Qttawa \u2014 Le gouvernement fédéral pousse les provinces à lui remettre rapidement leurs données sur leurs émissions de gaz à effet de serre (GFS).Dans des lettres envoyées vendredi à ses homologues provinciaux, la ministre fédérale de l\u2019Fnvi-ronnement, Leona Agluk-kaq, presse les provinces de lui envoyer davantage d\u2019information siu leius émissions.Celles-ci doivent servir à renforcer les cibles nationales de réduction des GFS, actuellement estimées par Qttawa sur la base des, chiffres obtenus en 2014.A l\u2019occasion du Sommet des Amériques à Panama, cette fin de semaine, le premier ministre Stephen Harper a mentionné que l\u2019objectif était de dévoiler les cibles canadiennes de réduction des GFS avant la prochaine réunion du G7, prévue en juin en Allemagne.La Presse canadienne également que le projet de pipeline Energie Est est «incompatible» avec tout plan de sortie du pétrole.Parmi les manifestants, plusieurs brandissaient d\u2019ailleurs des pancartes arborant des slogans d\u2019opposition aux projets d\u2019oléoducs.Nombre d\u2019entre eux affirmaient aussi leur opposition aux sables bitumineux albertains, dont l\u2019exploitation est responsable de la hausse constante des émissions de gaz à effet de serre du Canada.Sur la banderole tenue en tête de cortège, on pouvait lire: «Oui au climat = non aux sables bitumineux.» Selon Sylvain Gaudreault, le gouvernement Couillard doit aussi doter le Québec d\u2019une stratégie claire en vue de la rencontre de Paris.Devant l\u2019inaction du gouvernement Harper, «le Québec doit faire preuve de leadership», selon lui.La rencontre de Paris, qui doit se tenir en décembre prochain, est en effet cruciale pour l\u2019avenir climatique mondial.C\u2019est là que doit être conclu l\u2019accord le plus ambitieux de l\u2019histoire pour répondre à cette crise environnementale sans précédent.Pour Québec solidaire, des pistes de solutions existent.La formation propose notamment d\u2019investir 20 milliards de dollars en cinq ans dans le transport en commun, mais aussi de lancer un «chantier de rénovation écologique» pour améliorer l\u2019efficacité énergétique.Impacts climatiques Quoi qu\u2019en pensent les cli-mato-sceptiques, les indices d\u2019un réchauffement de la planète ne cessent de s\u2019accumuler depuis quelques années.Qui plus est, le XXL siècle compte déjà 13 des 14 années les plus chaudes jamais observées.Les niveaux actuels des émissions mondiales de GES conduisent la planète vers une hausse des températures 4à5°Càlafindu siècle.Un tel scénario serait tout simplement catastrophique pour le maintien de la vie sur Terre, selon ce qui se dégage de rapports produits par le Groupe d\u2019experts intergouvememental siu l\u2019évolution du climat (GIEC) et la Banque mondiale.Poiu éviter le pire, la communauté scientifique est d\u2019avis qu\u2019il faudrait limiter la hausse globale à 2 °C d\u2019ici la fin du siècle, par rapport au début de l\u2019ère préindustrielle.Pour y parvenir, il faudrait que l\u2019humanité se donne un objectif de «zéro émission» de GES au plu,s tard en 2100, selon le GIEC.A titre de comparaison, les émissions de GES du Canada doivent au contraire poursuivre leur croissance marquée, en raison de l\u2019exploitation pétrolière.Cette nécessaire refonte en profondeur de notre modèle énergétique exigerait des investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars par an d\u2019ici 2030.Le Devoir Lire aussi > La bonne initiative ! Un éditorial de Josée Boileau.Page A 6 LE DEVOIR, LE LUNDI IS AVRIL 2015 A 5 SOCIETE #CHRONIQUEFD Les mots du conflit Fabien Deglise Il n\u2019y a pas que le conflit étudiant qui donne des signes de dérapage en ce moment.Les mots utilisés, d\u2019un côté comme de l\u2019autre par les forces en présence, semblent également prendre ce chemin très délicat de l\u2019exagération, du tripotage de sens à dessein, de la tromperie, même, qu\u2019il serait forcément dommage de regarder passer sans rien dire.Ce n\u2019est pas seulement le sort réservé aux manifestants par les forces de l\u2019ordre : les mots aussi se font abuser par les temps qui courent, et le chroniqueur du Journal de Montréal J.Jacques Samson en a fait la démonstration vendredi dernier en qualifiant les étudiants qui ont occupé le pavillon DeSève de l\u2019UQAM de «terroristes en herbe».Terroristes ?Le choix terminologique tient à peine la route, le mot faisant en effet référence à des adeptes de la terreur «appliquée de manière systématique», dit le dictionnaire, par un groupe de personnes à des fins politiques.La présence de cagoules sur des têtes, l\u2019attitude menaçante de certains de ces étudiants pour intimider les autres et le grabuge pourraient laisser croire que.Sauf que, le terrorisme, avec les images fortes d\u2019explosions mortelles, d\u2019enlèvements méthodiques, d\u2019insécurité, de ruines qu\u2019il convoque, est forcément ailleurs.Surtout pas à l\u2019UQAM.Alors que l\u2019actualité vibre régulièrement sous les images ,sordides orchestrées par le groupe djihadiste Etat islamique \u2014 là, on est vraiment en présence de terroristes \u2014, l\u2019accusation par association sémantique, même en lui donnant une petite touche printanière avec son idée d\u2019herbe, est bien sûr aussi mesquine que chargée.Elle partage d\u2019ailleurs efficacement le terrain de l\u2019enflure verbale avec le concept «d\u2019assaut» qui la semaine s\u2019est multiplié dans l\u2019espace médiatique pour qualifier l\u2019intervention policière au sein de ce même pavillon universitaire.Un terme qui, d\u2019ordinaire, sied surtout aux opérations militaires, particulièrement celles menant à la prise de positions occupées par des rebelles dans des déserts loin de chez nous.Restons dans l\u2019esprit de ce genre de lettres avec le mot «putsch» dégainé au début de la semaine dernière pour commenter le changement de garde au sein de l\u2019Association pour une solidarité sjmdi-cale étudiante (ASSE) au terme d\u2019un congrès mouvementé.On résume: l\u2019exécutif a démissionné en bloc, puis s\u2019est fait limoger par l\u2019assemblée, le tout dans une mise en scène \u2014 allez, reconnaissons-le \u2014 très stalinienne, sur le bord gauche seulement.La poursuite du mouvement de grève et des moyens de pression étaient en litige.Un putsch ?Le cadre émotif du mot est bien balisé en évoquant ces régimes militaires qui abusent de leur pouvoir pour conduire un peuple dans l\u2019enfer.Le putsch vient avec des uniformes, celui de la junte militaire birmane ou d\u2019un groupe de mal rasés quelque part en Amérique du Sud.11 vient aussi, et obligatoirement, avec des armes.Ce qui n\u2019était pas le cas à Valley-field, théâtre de la réunion de TASSE.Une «austérité» mal nommée Du côté des grévistes, on ne fait pas mieux, en matière d\u2019excès de langue, avec entre autres la surutilisation dans le discours du mot «austérité» qui tente, depuis des lunes, d\u2019amener les politiques de rigueur économique sur le terrain de l\u2019horreur et de la destruction.Idéologiquement la mécanique est habile, même si elle va à l\u2019encontre des faits, a rappelé la semaine dernière dans les pages de Maclean\u2019s le chroniqueur Paul Wells.La démonstration en était redoutable : actuellement, T« austérité », condamnée par les opposants à la médecine Couillard, cohabite avec une augmentation, moins importante certes, mais augmentation tout de même, des budgets en santé et en éducation.Eou, non?De 4,2% et 1,6% pour 2014-2015.De 1,4% et 0,2% pour 2015-2016.On est loin, rappelle Vfells, des réductions de 3,3% des dépenses de l\u2019État imposées par Lucien Bouchard en 1995-1996, sans qu\u2019à l\u2019époque le mot «austérité» se soit imposé, écrit-il.Autres temps.11 serait également facile de remettre en question le concept de «revendication sociétale» contre cette austérité que prétendent incarner certains étudiants: 66% des répondants à un sondage Léger-Marketing mené pour Le Devoir début avril ayant indiqué ne pas appuyer le mouvement de grève dans lequel, sans doute, ils ne se reconnaissent pas.Comme appui social à une cause, on a déjà vu mieux.Quant au respect de la «démocratie étudiante», autre concept qui vient hanter avec redondance le présent troublé, il mériterait cette mise en perspective: selon les données du groupe Printemps 2015, qui rassemble les comités de mobilisation dans le conflit en cours, 7 % des étudiants sont actuellement en grève, exposait il y a quelques jours un tableau présenté sur le site de Radio-Canada, donnant du coup le poids de la majorité aux 93% qui ne le sont pas.Dans une démocratie, toutefois.La confusion a tendance à nourrir la crise, et inversement.Une bonne raison d\u2019espérer un peu moins d\u2019exagération et un peu plus de précision des mots et des concepts utilisés pour nommer la réalité en cours.Comme pour s\u2019assurer de mieux la comprendre.% JOHANNA LEGUERRE AGENCE ERANCE-PRESSE Sous l\u2019emprise de la musique Si les masses populaires ont cessé de croire aux pouvoirs maléfiques de la musique, la CIA Tutilise pour sa part dans sa guerre contre le terrorisme NIC ULMI Je fais asseoir ces deux hystériques sur la caisse à résonance de ce gros diapason.Dès que je fais vibrer le diapason, vous les voyez tomber immédiatement en catalepsie.Arrêtons les vibrations du diapason: elles tombent en somnambulisme.» C\u2019est ainsi que le docteur Jean-Martin CharcoL neurologue à l\u2019hôpital parisien de la Salpêtrière, décriL en 1890, les effets déconcertants du son sur l\u2019esprit humain.Eantasmes, fascination, panique : l\u2019idée que la musique puisse s\u2019emparer de notre cerveau pour en faire ce qu\u2019elle veut vient régulièrement hanter la science, les arts, les croyances populaires et les instances du pouvoir.Des séances d\u2019hypnose musicale de Mesmer aux morceaux pop et heavy métal utilisés comme instrument de torture à Guantanamo, en passant par les orgasmes prétendument induits par les mélodies de Wagner, c\u2019est l\u2019étrange histoire que dévoile le Britannique James Kennaway, historien de la médecine, invité à Genève récemment pour Listen ! Son et conditionnement n^ental, une manifestation organisée par la Haute École d\u2019art et de design.Premier acte : autour de 1770, le médecin allemand Eranz-Anton Mesmer met au point une approche thérapeutique basée sur Thjqmose, qu\u2019il appelle alors «magnétisme animal».Les sonorités entêtantes de Tharmonica de verre semblent participer à l\u2019induction de l\u2019état de transe, lors d\u2019expériences qui naviguent entre la science et l\u2019attraction mondaine.L\u2019idée que la musique puisse s\u2019emparer des esprits et assujettir les volontés, balayant au passage les inhibitions sexuelles, connaît un démarrage spectaculaire.La suspicion « musicophobe » est renforcée vers 1800 par la théorie de la «surstimulation».Un courant inflqent de la médecine, inspiré par les écrits de l\u2019Écossais John Brown, se met en tête que tous les maux du corps viennent des nerfs et que ceux-ci sont rendus malades par l\u2019excès de stimulations.La musique est désignée comme Tun des coupables : littéralement, on se convainc alors qu\u2019elle peut nous rendre malades, rappelle James Kennaway dans Bad Vibrations: The History of the Idea of Music as a Cause of Disease, paru en 2012 chez Ashgate.Panique musicale sexuelle Deuxième acte.À mesure que le siècle avance et que Charcot fait connaître ses expériences (des patientes «hystériques» soumises au son d\u2019un diapason ou d\u2019un gong plongent dans un état hjqmotique, qu\u2019on appelle désormais « catalepsie»), les anxiétés se précisent: à la fin du XIX® siècle, la panique musicale est essentiellement sexuelle.La musique semble en mesure de faire sauter le verrou posé sur la sexualité féminine, de déviriliser l\u2019homme en lui ôtant la maîtrise de soi, de provoquer des orgasmes et même de déclencher l\u2019homosexualité.L\u2019œuvre de Wagner, en particulier, est réputée capable de tels effets.Troisième acte : ces croyances refluent au début du XX® siècle, à mesure qu\u2019on redéfinit l\u2019hypnose et les états de transe comme des effets de la suggestion, plutôt que comme des réflexes répondant de manière automatique à une stimulation.Mais les paniques musicales ne sont pas finies : elles deviennent même un phénomène de masse entre les années 1950 et 1990.La paranoïa autour du « lavage de cerveau » commence lors de la guerre de Corée (1950-1953), lorsque des prisonniers de guerre états-uniens sont retournés et adhèrent à l\u2019idéologie de leurs geôliers.Le terme «lavage de cerveau» {xi nao), inventé en Chine, «renvoie au concept de réforme de la pensée, basée sur d\u2019anciennes techniques de méditation», note James Kennaway.L\u2019opinion américaine la relie plutôt au chercheur soviétique Ivan Pavlov, qui contrôlait.comme chacun le sait, la salivation de ses chiens avec le son d\u2019une cloche.La CIA répond à tout cela à sa manière, en tentant de développer des techniques pour faire la même chose : le programme expérimental MK-Ultra vise ainsi le contrôle des esprits en em-ployanf entre autres moyens, la musique.Entretemps, les groupes ultraconservateurs ont entrepris de dénoncer le rock\u2019n\u2019roll comme un complot de manipulation mentale mis en œuvre par les communistes (années 50-70) ou par les sata-nistes (années 80-90).Musique et terrorisme Aujourd\u2019hui, la paranoïa autour de la manipulation musicale paraît estompée.Qu sait par ailleurs que Thjqmose n\u2019induit pas un asservissement et que les états de transe nécessitent la participation consentante des personnes concernées.Si l\u2019idée que la musique puisse être utilisée comme une force maléfique a plus ou moins quitté le terrain des fantasmes collectifs, elle paraît en revanche s\u2019être incarnée de manière solide dans la réalité.Comme le détaillent les études glaçantes de Suzanne G.Cusick, de grosses doses de musique sont utilisées, en se-cref dans les lieux de détention plus ou moins illégaux créés par la CIA dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme» après le 11 septembre 2001.Cette fois, il ne s\u2019agit pas de paranoïa.Les témoignages, les documents qui ont «fuité» et les enquêtes officielles concordent sur l\u2019emploi systématique de ces techniques.Bien sûr, on ne peut pas piloter l\u2019esprit de quelqu\u2019un à coups de musique.Mais on peut l\u2019anéantir en le bombardant (exemples réels) avec le hard rock de Meat Loaf et d\u2019Aerosmith, du rap ou les tubes de Christina Aguilera.Le Temps Les municipalités sous la loupe ISABELLE BURGUN Des formules mathématiques appliquées à la démographie aident déjà à dessiner les contours de la ville de l\u2019avenir.Guillaume Ma-rois, du Centre Urbanisation Culture et Société de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS), rêve de parvenir à un résultat semblable, mais à plus petite échelle, celle des localités.«Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est d\u2019\u201cobjectiver la réalité\u201d par des calculs et en ajoutant des dimensions susceptibles d\u2019améliorer nos modèles de projection», explique le jeune démographe, qui s\u2019inspire alors de la psycho-histoire d\u2019Asimov, une science fictive oû les connaissances psychologiques et sociales permettraient de prévoir l\u2019histoire.Dans le cadre de sa thèse de doctorat en démographie, il a développé un nouvel outil (le Local Demographic Simulations) destiné à faciliter la planification urbaine.Pour appréhender les mouvances démographiques, son modèle effectue des projections à petite échelle, celle des localités.Contrairement aux macroprojections traditionnelles avec lesquelles jonglent habituellement les démographes, le modèle qu\u2019il a déve- loppé en collaboration avec son directeur de recherche, Alain Bélanger, s\u2019attache à caractériser les profils individuels.«Chaque individu possède un profil différent: âge, sexe, langue parlée, statut d\u2019immigrant, etc.Lorsqu\u2019on le connaît, on peut caractériser sa mobilité dans la ville», soutient le jeune chercheur.11 suffit alors de faire la somme de tous ces profils individuels en tenant compte des variables locales, par exemple, le nombre de logements construits, pour bâtir des scénarios de mobilité démographique fiables.En manque de données Devant Tun des principaux défis démographiques qui attendent le Québec, celui de planifier au mieux les infrastructures municipales selon la vitesse du vieillissement de la population urbaine, le jeune chercheur se fait plutôt rassurant.«Le changement démographique est un phénomène assez lent.Et comme les aînés de demain sont les résidants vieillissants d\u2019aujourd\u2019hui, on travaille à partir de certaines certitudes», avance-t-il.Par exemple, au sein de la Communauté métropolitaine de Montréal pour la période 2006-2031, les municipalités qui affichent un développement résidentiel actuellement faible, comme Kirkland, Beaconsfield, Senneville et Mont-Royal, sont aussi celles oû la population peu mobile vieillira plus rapidement.Toutefois, certaines inconnues pourraient venir brouiller les cartes, comme les modifications des politiques d\u2019immigration ou le changement récent de collectes d\u2019informations démographiques au sein de la population canadienne.L\u2019Enquête nationale auprès des ménages de 2011, qui a remplacé le recensement long, offre en effet des résultats moins fiables, ce qui pourrait nuire aux projections démographiques des chercheurs de TINRS.«En fait, cela nous nuit déjà.Entre le recensement de 2006 et celui de 2011, il y a une surestimation des réponses des participants unilingues, francophones ou anglophones, par rapport aux autres», relève-t-il.Pour pallier les données insuffisantes, et alors que le prochain recensement de 2016 pourrait être aboli, il serait possible de contourner le problème, avance le jeune chercheur.«Les données existent déjà au sein des différentes instances fédérales et provinciales, comme le régime de l\u2019assurance maladie du Québec ou les services de l\u2019immigration.Mais les chercheurs n\u2019ont malheureusement pas accès à ces données», constate-t-il, déçu.Agence Science-Presse A 6 LE DEVOIR LE LUNDI IS AVRIL 2015 EDITORIAL \u201cim Bernard Descôteaux PROCES DUFFY Les profiteurs Le procès Duffy amorcé la semaine dernière sera le procès politique de la décennie.Un peu comme l\u2019a été dans la décennie précédente la commission d\u2019enquête sur le scandale des commandites.Les malversations des sénateurs conservateurs sont plus modestes, il ne s\u2019agit pas de dizaines de millions, mais elles sont tout aussi condamnables sur le plan moral.Qui plus est, elles se sont produites sous l\u2019œil complaisant du gouvernement Harper.Is sont trois sénateurs à avoir été exclus du Sénat pour abus de fonds publics en réclamant des frais de voyages et de résidence auxquels ils n\u2019avaient pas droit.Outre Mike Duffy, il y a Patrick Brazeau et Pamela Wallin, tous trois nommés par Stephen Harper en décembre 2008 à travers un lot de 18 nominations faites inopinément en raison du trop grand nombre de vacances à la chambre haute.Ces 18 nominations étaient presque toutes de nature partisane.Mais dans le cas des Duffy, Wallin et Brazeau, il ne s\u2019agissait pas que d\u2019un simple renvoi d\u2019ascenseur pour service rendu.On s\u2019attendait à ce qu\u2019ils en rendent de nouveaux.Patrick Brazeau, un leader autochtone dissident, allait ainsi servir de caution aux politiques du gouvernement à l\u2019égard des Pre- t ^\tmières Nations.Pamela Wallin et Mike Duffy, deux vedettes du journalisme télévisé, allaient mettre leur notoriété au service d\u2019activités comme les campagnes de financement.Tous deux ont multiplié les voyages à travers le pays pour participer à des manifestations partisanes qui, par d\u2019heureux hasards, coïncidaient parfois avec des activités personnelles.Et ils ont réclamé des frais qualifiés aujourd\u2019hui de frauduleux.Le procès de Mike Duffy commencé la semaine dernière a montré que les règles du Sénat étaient on ne peut plus imprécises, ce qui rendait possibles bien des abus dont la défense prétendra qu\u2019ils étaient permis alors que la Coiuonne dira que les sénateurs se devaient d\u2019agir honorablement.C\u2019est-à-dire avoir de la retenue sur le plan moral.S\u2019il y a eu abus de la part du sénateur Duffy en réclamant ces frais de déplacement pour ces activités, le moins que l\u2019on puisse dire est que cela s\u2019est fait sous l\u2019œil complaisant du premier ministre et de son bureau.L\u2019illustre bien cette dédicace de Stephen Harper siu la photo où on les voit ensemble dans un événement.«Merci d\u2019être un de mes meilleurs [sénateius], un des plus travaillants que j\u2019aie jamais nommés», lit-on sur la photo produite en coiu.Chacun y tirait son profit.Bien plus embêtant toutefois pour le gouvernement est le rem-boiusement de 82 000$ de frais de résidence versé à Mike Duffy à son titre de sénateiu de lIle-du-Prince-Édouard.où il ne vivait pas.11 était de commune renommée qu\u2019il avait quitté sa terre natale depuis trois déceimies poiu vivre à Ottawa.Nommé sénateiu, il s\u2019est empressé de prendre un permis de conduire de sa province pour justifier sa nomination et le droit à des frais de résidence.Là aussi, les règles sont floues, et le sens de l\u2019hoimeur aurait dû prévaloir.La vraie question a trait toutefois à l\u2019admissibilité de Mike Duffy à un poste de sénateur d\u2019une province qu\u2019il n\u2019habitait pas.Selon un témoin au procès, il n\u2019appartenait pas au Sénat de juger de cette question, qui relevait du premier ministre.Cela explique le vif malaise ressenti par ses conseillers une fois qu\u2019eut éclaté le scandale.Au bout du compte, ils ont voulu effacer eux-mêmes l\u2019ardoise en versant à Mike Duffy l\u2019argent devant servir à rembourser le Sénat.Une opération de camouflage qui a avorté.Tout ça n\u2019a pas l\u2019ampleur du scandale des commandites, mais montre que le mélange des intérêts partisans et des intérêts personnels est toujours explosif.Le procès Duffy, loin d\u2019être à son terme, sera aussi le procès de Stephen Harper et des conservateurs, victimes de leurs propres jeux partisans.SOMMET DE QUÉBEC La bonne initiative ! Josée Boileau n pourrait dire, pour nourrir le cynisme, que c\u2019est le sommet de l\u2019hjqiocrisie, du faux-semblant, de la contradiction, et rien de cela ne serait faux.Après tout, les premiers ministres des provinces qui se réuniront mardi à Québec, à l\u2019appel de Philippe Couillard, pour discuter de changements climatiques misent tous sur les si néfastes énergies fossiles.Le Québec est même en train d\u2019ouvrer une voie royale à l\u2019exploitation pétrolière et gazière.On pourrait aussi dire, pour en minimiser l\u2019importance, que c\u2019est le sommet de l\u2019inefficacité, et cela ne serait pas faux.Cela fait bien l\u2019affaire du premier ministre Stephen Harper de pouvoir se retrancher derrière des provinces qui sont prêtes à causer climat, car cela lui permet de sauver la face sur la scène internationale, où son rôle de mauvais élève en matière environnementale est dénoncé de toutes parts.Mais l\u2019activisme des provinces ne changera rien à l\u2019inaction d\u2019Ottawa.De même, le premier ministre de l\u2019Alberta, Jim Prentice, ne viendra pas à Québec au prétexte d\u2019élections qu\u2019il vient de déclencher.L\u2019Alberta est pourtant la plus grande émettrice de gaz à effet de serre au Canada, ses émissions dépassant l\u2019ensemble de celles de l\u2019Ontario et du Québec, auxquelles on pourra bientôt ajouter celles de la Colombie-Britannique.L\u2019acteur incontournable dans l\u2019équilibre environnemental canadien sera donc absent.Et pourtant, l\u2019initiative du premier ministre Couillard de tenir ce Sommet de Québec est à souligner, sur les plans symbolique et concret.Le gouvernement Harper a décidé de se retirer de la marche du monde, mais cette position est propre à son parti, pas au Canada.Le souci des provinces de remplir le vide laissé par le fédéral est le reflet de la préoccupation de leurs citoyens, même si les modalités pour redresser l\u2019avenir environnemental de la planète ne font pas l\u2019unanimité.L\u2019absence de l\u2019Alberta, frère siamois d\u2019Ottawa en ces matières, n\u2019est même pas un drame, expliquait à La Presse le porte-parole de Greenpeace : les consensus en seront facilités, ce qui accentuera en retour les pressions sur le prochain premier ministre albertain.Quant au concret, l\u2019Ontario annoncera qu\u2019il se joint à la bourse du carbone qui existe déjà au Québec et en Californie, et Christiana Eigueres, secrétaire générale de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, devrait brasser tous ces élus lorsqu\u2019elle prononcera la conférence du midi.Elle ne cesse de le dire : miser sur les énergies fossiles est une erreur.«Vous devez vous décider si vous voulez vous situer du bon côté de l\u2019histoire», comme elle l\u2019a déjà résumé au Devoir.Il n\u2019est pas négligeable qu\u2019un tel message soit officiellement écouté.C\u2019est aussi ainsi que l\u2019histoire avance.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET LETTRES J\u2019ai honte de mon carré ronge Je me souviens encore du printemps 2012 que nous avons mieux connu sous le nom de printemps érable.J\u2019étais alors étudiant en interprétation théâtrale au cégep de Saint-Hyacinthe.Malgré tous les risques que cela comportait, j\u2019étais allé manifester de bon cœur, car je croyais en notre cause.Et je pense que nous avons su prouver que la grève étudiante n\u2019est pas inutile, mais bel et bien un moyen de pression efficace.Cette année, la cause a peut-être changé, mais les valeurs sont les mêmes: le gouvernement ne peut pas détruire des acquis que nous avons pris des années à obtenir.Toutefois, à force de se faire mafraquer par les po-hciers et bafouer par certains médias, la colère des étudiants grandit, comme un voile rouge qui nous rend aveugles.Un voile rouge qui ressemble à celui du toréro qui défie sa proie pour mieux l\u2019achever.Et c\u2019est de cette colère que j\u2019ai honte.Cette colère qui nous pousse à l\u2019acharnement à un point tel que nous violons des principes que nous étions les premiers à réprimander.Les carrés rouges ont toujours dénoncé les étudiants qui ont recours à des injonctions pour retourner en classe.Mais comment se fait-il qu\u2019on empêche d\u2019autres facultés qui ont votç contre la grève d\u2019accéder à leurs cours?A cela, je réponds: la démocratie doit être la même pour tous, c\u2019est la majorité qui l\u2019emporte.Or cette majorité, j\u2019ai l\u2019impression que personne ne fait l\u2019effort de l\u2019obtenir.Les carrés verts et les carrés rouges ressemblent à deux pays en guerre qui ne cherchent pas de terrain d\u2019entente.Il ne s\u2019agit pourtant pas ici d\u2019un combat, mais d\u2019un débat sur l\u2019austérité.Nous devons tous accepter des compromis et convaincre les autres de ralher notre cause plutôt que d\u2019utiliser la force pour le taire.Car lorsque les ^évistes refusent d\u2019agir de la sorte, le public donne raison au gouvernement et souvent par le fait même à l\u2019austérité.J\u2019admire l\u2019authenticité dont ils font preuve, mais il faut savoir se battre à armes égales et nuancer ses propos pour ralher la masse.Nous devons faire attention à ce que notre lutte ne se retourne pas contre nous.Cette année, je n\u2019ai pas ressorti mon carré rouge.Il est malheureusement devenu trop stigmatisé.Pourtant, j\u2019irai avec joie manifester.Je crois simplement qu\u2019il y a autant de carrés différents qu\u2019il y a d\u2019individus.Vincent Rondeau Le 8 avril 2015 Mirages et terre promise Le gouvernement Couillard a souligné récemment sa première année au pouvoir.L\u2019effet hbéral devait ramener des conditions gagnantes pour le Québec: ce ne fut pas le cas.Après avoir mis ses promesses électorales de côté, le gouvernement Couillard a lancé son vaste programme d\u2019austérité ou de rigueur, selon la nouvelle sémantique gouvernementale.Comme un messie des temps modernes, le premier ministre nous a entraînés dans le désert de la purification des finances publiques pour la sacro-sainte at- teinte du déficit zéro.Pour ce faire, il a rompu le contrat social existant avec la population.Son gouvernement s\u2019est attaqué aux institutions de l\u2019éducation et de la santé en les déstructurant pour mieux les contrôler, tout en les asphyxiant par un financement inadéquat.Il a modulé les tarifs des CPE et a favorisé la création de nouveUes places en garderie dans le secteur privé.La classe moyenne, qui paie la plus grande part des impôts, se voit de plus en plus dans l\u2019obligation d\u2019assumer des augmentations de tarife de toutes sortes pour les services qu\u2019elle reçoit.Et que dire des classes laborieuses qui voient leur pouvoir d\u2019achat fondre au soleh de l\u2019austérité?Ce gouvernement fonctionne à la pièce.Il demande à certains plus qu\u2019à d\u2019autres.La participation des particuliers au redressement budgétaire augmente alors que les charges fiscales des entreprises diminuent.Il fait à la fois miroiter des mirages de baisses d\u2019impôt dans les années à venir tout en affirmant qu\u2019h refinancera les hôpitaux et les écoles qui en auront bien besoin après les compressions imposées.Eace à son piètre bilan économique, le gouvernement hbéral s\u2019invente des scénarios de prospérité dans le futur d\u2019un horizon à venir.Le nouveau Plan Nord, présenté avec pompe par le premier ministre, est un bon exemple de cette projection de politique-fiction pour les années 2030.Paire rêver, vohà le mirage hbéral.Atteindrons-nous la terre promise, ou est-ce une autre cible à géométrie variable qui disparaîtra au gré de nos désillusions ?Marcel Perron Neuville, le 9 avril 2015 LIBRE OPINION SEMAINE DE L\u2019ACTION BENEVOLE Hommage aux voix qui font voir JEAN BRIERE Québec J> adore la lecture.Je lis des biographies, des romans, des essais, des magazines, sans oublier les journaux.Je lis souvent et partout, en marchant ou en me rasant.Je lis même dans l\u2019obscurité.Une explication s\u2019impose, je suis aveugle ! En fait, mes livres sont des enregistrements sonores réahsés par des femmes et des hommes qui lisent bénévolement toutes sortes de documents au profit des personnes incapables de lire l\u2019imprimé.A l\u2019occasion de la Semaine de l\u2019action bénévole débutant le 12 avril, je désire saluer et marquer d\u2019un signet géant le travail admirable des milliers de volontaires qui lisent inlassablement devant un microphone des textes espérés et avidement écoutés par autant de personnes vivant avec un handicap visuel ou une autre déficience perceptuelle partout au Québec.Chaque semaine, les treize cabines d\u2019enregistrement de Vues et Voix à Montréal accueillent 350 bénévoles qui produisent, d\u2019une part, des livres parlés distribués principalement sous forme de disques audionumériques par Biblio- thèque et archives nationales du Québec et, d\u2019autre part, des extraits de journaux et magazines diffusés par le Canal M par la télé numérique ou le site Internet de Vues et Voix.Quatre-vingts bénévoles montréalais œuvrent également à l\u2019enregistrement de livres et de périodiques dans les trois studios de la bibliothèque d\u2019INCA qui les fournit à ses abonnés francophones de tout le Canada.Compagne fiigace Voici quelques chiffres éloquents : les bénévoles de Vues et Voix ont enregistré 15 000 titres depuis 1976 tandis que ceux d\u2019INCA en ont produit 6200 depuis 1968.Ces organismes sans but lucratif procurent les documents sonores gratuitement aux personnes admissibles qui les consultent au moyen d\u2019un appareil spécialement adapté.La Ville de Québec n\u2019est pas en reste.En effet, Audiothèque emploie 60 collaborateurs bénévoles voués à la reproduction sonore de journaux et de revues mis à la disposition de ses usagers par le truchement du téléphone.Les bénévoles ont en commun le dévouement, l\u2019enthousiasme, la passion de la lecture, une diction impeccable mais surtout une voix chaleureuse, souvent re-connaissabje qui incite à la découverte de l\u2019ouvrage.A titre d\u2019auditeur chevronné, je préfère l\u2019incomparable voix humaine aux synthétiseurs vocaux qu\u2019utilisent les personnes handicapées de la vue par commodité.La voix du bénévole possède aussi une pérennité en ce sens qu\u2019elle captivera longtemps un vaste lectorat.Occasionnellement, j\u2019écoute avec fascination des livres enregistrés il y a 40 ans.Enfin, et ce n\u2019est pas la moindre de ses qualités, la voix du bénévole est amicale et peut éventuellement représenter une compagne, même fugace, dans la solitude du lecteur vivant avec une déficience visuelle.Mesdames et Messieurs, votre bénévolat revêt un caractère inestimable pour les personnes handicapées dont je me fais humblement le porte-parole dans ces lignes.Si la lecture est une amitié, comme l\u2019écrivait jadis Marcel Proust, vous êtes certainement nos plus chers amis dans notre quête de littérature.Vous contribuez gracieusement à garder bien ouverte notre fenêtre sur le monde.Je conclus par un vibrant merci et demeure dans l\u2019espoir d\u2019entendre encore longtemps vos voix dans mes haut-parleurs. LE DEVOIR LE LUNDI IS AVRIL 2015 A 7 IDEES LES 50 ANS DE LA DOCTRINE GERIN-IAJOIE « Le Québec a, sur ce continent sa vocation propre » PAUL GERIN-LAJOIE Ancien vice-président du Conseil exécutif du gouvernement du Québec et ministre de l\u2019Education Ce texte est un extrait de son allocution prononcée lors du Colloque sur les 50 ans de la doctrine Gérin-Lajoie, tenu le 27 mars à l\u2019Ecole nationale d\u2019administration publique.ien qu\u2019il y a quelques semaines j\u2019aie fêté mes 95 ans, ma passion pour assurer à tous le droit d\u2019apprendre ne s\u2019essouffle pas, et mon envie de voir le Québec conserver sa place à l\u2019international ne prend pas une ride.En 1965, cette envie n\u2019était peut-être qu\u2019un rêve quand je me suis exprimé devant le corps consulaire de Montréal [.].C\u2019est alors qu\u2019est née la doctrine Gérin-Lajoie : du rêve et de la détermination de développer la place du Québec sur la scène internationale.Je crois important de restituer cet énoncé dans son contexte historique.Au cours des années I960, le Québec vivait un tel tournant avec la Révolution tranquille dans les domaines de la santé, de l\u2019économie et, certes, de l\u2019éducation, que je voulais favoriser le prolongement de nos aspirations et nos spécificités à l\u2019extérieur de nos frontières.Il convient de rappeler que la Constitution canadienne n\u2019interdisait pas aux provinces d\u2019être «proactives» à l\u2019étranger dans leurs domaines de compétence.C\u2019est ce qui m\u2019a poussé à soutenir mes convictions, ce 12 avril 1965 [.] \\ «Le Québec n\u2019est pas souverain dans tous les domaines: il est membre d\u2019une fédération.Mais il forme, au point de vue politique, un Etat.Il en possède tous les éléments: territoire, population, gouvernement autonome.Il est, en outre, l\u2019expression politique d\u2019un peuple qui se distingue, à nombre d\u2019égards, des communautés anglophones habitant l\u2019Amérique du Nord.Le Québec a, sur ce continent, sa vocation propre.La plus nombreuse des communautés francophones hors de France, le Québec appartient à un univers culturel dont l\u2019axe est en Europe et non en Amérique.De ce fait, le Québec est plus qu\u2019un simple État fédéré parmi d\u2019autres.Il est l\u2019instrument politique d\u2019un groupe culturel distinct et unique dans la grande Amérique du Nord.» l! ( P JACQUES NADEAU LE DEVOIR Paul Gérin-Lajoie, photographié Tan dernier, a été ministre de TÉducation de 1964 à 1966.Pas figée dans le temps Aujourd\u2019hui, le Québec possède un ministère des Relations internationales (MRI), fondé en 1967 sous le nom de ministère des Affaires intergouvemementales.Le Québec s\u2019est doté d\u2019institutions spécialisées renforçant sa position d\u2019acteur à part entière.Pendant ces cinquante dernières années, la scène internationale a aussi vu de nouveaux acteurs et de nouvelles institutions faire leur apparition, montrant que les Etats, tels qu\u2019ils ont été définis dans la Convention de Montevideo de 1933, n\u2019étaient plus les seuls acteurs de ce monde.Tel est le cas, entre autres, de l\u2019Qrga-nisation internationale de la Lrancophonie qui a voulu, dès sa création, accorder au Québec Il est important d\u2019encourager ces jeunes à voir au-delà des frontières et de les sensibiliser aux notions de coopération internationale une place de choix parmi ses membres et, surtout, distincte de celle du Canada.Cela montre combien la doctrine Gérin-Lajoie n\u2019est pas figée dans le temps et possède des émanations qui évoluent avec notre société.Ayant toujours été tourné vers l\u2019avenir, je ne peux que nous en féliciter.Le Québec occupe une place qui lui est propre dans des domaines qui dépassent toujours davantage ses propres frontières.L\u2019exemple de la Lrancophonie le montre particulièrement bien puisque ce concept n\u2019avait pas été institutionnalisé lorsque la doctrine a été formulée.Les membres occupent une place par leur langue et leur culture avant d\u2019être acteur étatique ou gouvernemental.[.] Le contexte global a cependant bien évolué au cours du dernier demi-siècle.Les nouvelles technologies, la modernisation et la globalisatiqn ont eu un impact significatif sur les Etats, les gouvernements et les populations.Depuis mon discours de 1965, le rapport entre le Canada et le Québec dans les relations internationales a évolué.Il y a eu l\u2019émergence d\u2019un droit québécois des relations internationales.Le Québec est désormais un acteur présent et reconnu sur la scène internationale dans les domaines de sa propre compétence et par sa spécificité franco-canadienne.Encourager les jeunes Cette spécificité, on la retrouve notamment par l\u2019adoption de la loi 101, promulguée en 1977.Elle aura permis d\u2019éveiller la conscience des Québécoises et Québécois sur la nécessité de légiférer sur la langue française afin de la protéger.Depuis cette date, la sauvegarde et le rayonnement de la langue française sont l\u2019affaire de tous.Récemment, la Cour du Québec a d\u2019ailleurs estimé que «la langue française est encore trop fragile pour se développer sans l\u2019aide du gouvernement québécois.Même si le français est la langue d\u2019une majorité de Québécois, il est minoritaire en Amérique du Nord».Plus encore, cette loi a été déterminante dans l\u2019identité même du Québec.Elle a engendré une génération de Québécoises et Québécois fort désireux de prendre une place dans ce monde, tout comme le Québec y occupe une place reconnue.C\u2019est pourquoi il est important d\u2019encourager ces jeunes à voir au-delà des frontières et de les sensibiliser aux notions de coopération internationale.Cette notion me tient particulièrement à cœur, et pour cause : c\u2019est l\u2019une des missions premières de la Londation Paul Gérin-Lajoie qu\u2019elle remplit par l\u2019entremise, notamment, de La Dictée P.G.L.[.] En 1965, lorsque j\u2019ai prononcé mon discours, j\u2019étais optimiste quant à la place à prendre par le Québec sur la scène internationale.Dans les cinquante dernières années, il a été de plus en plus visible : tous les gouvernements québécois qui se sont succédé ont su approfondir cette dimension internationale et ils ont su saisir l\u2019occasion qui s\u2019offrait à eux pour faire rayonner le Québec à l\u2019étranger.Ainsi, la doctrine Gérin-Lajoie a-t-elle marqué pour toujours de façon indélébile l\u2019identité québécoise.Vous avez raison de vouloir en marquer les 50 ans.Réserve « faunique », dites-vous ?De brèche en brèche, quiconque observe le paysage en traversant le parc des Laurentides peut constater que ce précieux patrimoine est sérieusement abîmé JEAN-ERANÇOIS VALLEE Québec uand je traversais, dans les années Q70, la réserve faunique des Laurentides, je croyais sa beauté éternelle, intouchable, sacrée.Qu\u2019elle ferait office de sanctuaire quand toute la forêt boréale du Québec serait exploitée, quadrillée de routes, d\u2019infrastructures et parsemée de mines à ciel ouvert et de puits de pétrole, comme à Anticosti bientôt.Au pire, me disais-je, il restera toujours les aires protégées comme celle-là pour permettre à mes descendants d\u2019en profiter autant que moi.Comme j\u2019étais naïf! Depuis, chaque année, l\u2019empreinte humaine y est sans cesse plus profonde.Et rien ne semble pouvoir la freiner.De brèche en brèche, de balafre en balafre, quiconque observe le paysage en traversant le parc des Laurentides sur la 175 peut consta- ter que ce précieux patrimoine est sérieusement abîmé.Tout a commencé avec les coupes forestières abusives, qui n\u2019ont pas cessé d\u2019être à blanc : on a changé de nom, pas de pratique.Les pylônes d\u2019Hydro-Québec en ont ensuite déboisé d\u2019immenses lisières de forêt du nord au sud et d\u2019est en ouest.Plus récemment, les tours de transmission pour les ondes cellulaires ont décapé le sommet de dizaines de montagnes, d\u2019un bout à l\u2019autre de cette aire de moins en moins protégée.L\u2019homme maintenant âgé que je suis se Le pire Et enfin, le pire : les 175 éoliennes en construction dans le secteur de la Ri-vière-du-Moulin.Les 323 nçuveaux hectares exploités par EDE Energies nouvelles ont déjà commencé à déboiser une cinquantaine de sommets de montagnes.Les chemins dotés d\u2019une emprise de 25 m de largeur se multiplient.Une nouvelle ligne à haute demande: où ces ravages s\u2019arrêteront-ils?tension de raccord de la centrale jusqu\u2019au réseau d\u2019Hydro lacère une fois de plus la réserve, au kilomètre 180 cette fois.Alors, l\u2019homme maintenant âgé que je suis se demande : où ces ravages s\u2019arrêteront-ils?Peut-on tout détruire, tout construire dans les réserves?Ira-t-on jusqu\u2019à les inonder ?Permettre l\u2019exploitation minière?Pétrolière?Je suis de moins en moins optimiste.Résigné, j\u2019en suis à adapter mon vocabulaire.Au lieu de «Regardez, le beau paysage sauvage», je m\u2019habitue à dire aux enfants : «Regardez les belles éoliennes, les beaux pylônes, les belles coupes uniformes» et «Écoutez le doux chant des VIT l\u2019été, des^motoneiges l\u2019hiver!» À chaque passage dans la réserve, une question me tenaille : « Quelle sera la nouvelle calamité, cette année ?» Dans 100 ans, les mots nature vierge, intacte, sauvage, auront-ils encore un sens ?Un rôle pour le Québec Jean-Benoît Nadeau > 1 Une des choses que j\u2019ai retenues de mon séjour au Japon, c\u2019est à quel point le Québec et les Québécois ont un rôle à jouer dans la promotion du français hors Québec.Prenez le Conseil pour la promotion de la Prancophonie au Japon, mentionné brièvement dans ma chronique précédente.Il réunit une trentaine d\u2019ambassadems de pays francophones.La déléguée générale du Québec, Claire Deron-zier, en est la vice-présidente.Ce conseil poursuit plusieurs objectifs, dont celui de faire valoir que la langue française peut servir à autre chose qu\u2019à lire des étiquettes de Louis Vuitton ou de Dior.Le Japon compte 800 000 francophones, ce qui n\u2019est pas rien pour un pays non francophone.Le Conseil soutient donc, entre autres, les Journées de découverte de la Prancophonie, organisée par la Société japonaise de didactique du français (900 membres) et le Pestival du film francophone, où l\u2019on présentera Mommy et Starbuck.(C\u2019est aussi le Conseil qui a payé les interprètes lors de deux de mes quatre conférences au Japon.) Le Conseil coordonne certaines représentations auprès du gouvernement, notamment pour ce qui touchera le français aux Jeux oljun-piques de To^o en 2020.Cet organisme n\u2019est qu\u2019un exemple des 47 «Groupes d\u2019ambassadems francophones» répertoriés par l\u2019Qrganisation internationale de la Prancophonie.Les premiers groupes, qui remontent à 1986, visaient à structurer la représentation francophone auprès de l\u2019QNU à Genève et à New York.Depuis 2009, il s\u2019en rajoute une demi-douzaine par aimée.Et c\u2019est tant mieux.Un diplomate qui a connu le Groupe d\u2019ambassadeurs francophones d\u2019Addis-Abeba ou d\u2019Helsinki recherchera la même structiire quand sa carrière l\u2019amènera à Londres, à Washington ou à Vienne.Les deux jokers Quand ils agissent à l\u2019international, les Québécois ont deux très bonnes cartes dans leur manche: le joker «langue française» et le joker «francophonie».C\u2019est d\u2019ailleurs pomquoi le Québec est si impliqué dans le Conseil pom la promotion de la Prancophonie au Japon (la Délégation québécoise tient aussi le secrétariat).Pom un petit Etat fédéré comme le Québec, le fait d\u2019agir dans un tel cadre est un levier considérable.Mais il y a plus.Dans les pays non francophones, la langue française est d\u2019abord perçue comme la «langue de la Prance ».C\u2019est à la fois très utile et très malcommode.Car la Prance, pays considérable, fait ombrage aux trois quarts des 275 millions de francophones dans le monde qui ne sont pas français du tout.De plus, la «marque Prance » est très puissante, mais elle souffre de passéisme.Les expositions sur les impressionnistes font salle comble, mais il est plus difficile de convaincre de l\u2019intérêt des créateurs contemporains.Tous les attachés culturels français que je rencontre se plaignent d\u2019ailleurs de ce problème.C\u2019est là qu\u2019arrive le Québec : parce qu\u2019il n\u2019y a pas de marque québécoise nette, les Québécois ne se battent pas contre des a priori.Les réalisations québécoises sont donc jugées au mérite, et non pas à l\u2019aune d\u2019un certain nombre d\u2019idées préconçues.Dans de nombreux pays comme le Japon, la Prance coopère beaucoup avec le Québec parce que ses diplomates ont compris (plus vite que les autres Français) que le meilleur atout de la France, c\u2019est la Francophonie.Question d\u2019amitié et d\u2019atomes crochus, mais aussi par intérêt pur et simple.J\u2019ai pris conscience de cette dernière dimension la semaine dernière au Conseil des relations internationales de Montréal, où j\u2019étais allé entendre le nouvel ambassadeur de France au Canada, Nicolas Chapuis.Pendant les quelques minutes qu\u2019il a consacrées aux journalistes, je lui ai demandé ce qu\u2019il pensait du climat glacial des relations France-Québec.Sa réponse m\u2019a beaucoup surpris: «De mon point de vue d\u2019ambassadeur, la seule chose qui me préoccupe, c\u2019est de savoir comment {e Québec peut aider la France au Canada.» À méditer,cette parole de De Gaulle, qui disait: «Les États n\u2019ont pas d\u2019amis, ils n\u2019ont que des intérêts.» Prendre sa place J\u2019observe d\u2019ailleurs que, petit à petit, les Québécois prennept leur place.Au service français de la radio d\u2019Etat japonaise, NHK World, c\u2019est un Québécois, Adrien Lachance, qui m\u2019a interviewé.Adrien est le premier, non-Français du service français de la radio d\u2019Etat.Les Québécois n\u2019ont pas toujours idée de la profondeur des réseaux internationaux auxquels leur langue leur donne accès.Dans le cadre d\u2019un reportage sur le Japon, j\u2019avais besoin de recueillir les commentaires de l\u2019ambassadeur de la République de Djibouti.Tiens, tiens : il était à la Journée francophone ! Le même soir, à une autre réception, je suis tombé sur l\u2019ambassadeur du Brésil, un authentique francophone, avec qui j\u2019ai dû discuter une bonne heure.Bref, à travers les réseaux francophones, les Québécois se retrouvent parfois à un coup de fil de personnalités importantes.même au Japon.Alors, à vous de jouer ! L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Ohvier Zuida (recher-chistes photos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion (sports), Bnan Myles, Jessica Nadeau, Philippe Orfah et Karl Rettmo-Parazelh (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel V>?isr\\.A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cinno et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Juhe Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), François Levesque et Carohne ls/ioTvXp)QXit(reporters), Benoît Munger et Philippe Vwpm&aM(pupitre), information économique : Gerard Berube (chef de division), François Desjardins et Enc Desrosiers (reporters), Gerald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Fredenc Legare-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle CaïUou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferrans et Corahe Mensa (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Mehsande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientele), Manon Blanchette, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Nathahe Eihon et Kevin McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE LUNDI IS AVRIL 2015 ACTUALITES SONDAGE SUITE DE LA PAGE 1 «La nouvelle génération pose un regard pessimiste, on peut même dire réaliste, sur la société», ajoute Michel Venue.Ce sondage fait partie de L\u2019état du Québec, une publication de l\u2019Institut du Nouveau Monde qui fait le point sur 20 enjeux chauds et qui sera lancée cette semaine.Oui au pétrole Ce vaste sondage a été mené entre le 23 et le 27 février 2015 auprès de 1062 répondants âgés de 18 ans et plus.Les enquêtes d\u2019opinion menées par Internet sont non probabilistes et ne comportent pas de marge d\u2019erreur.Les données finales du sondage ont été pondérées à l\u2019aide des données du recensement de 2011 selon l\u2019âge, le sexe, la lan^e maternelle, la région et le niveau de scolarité de façon à garantir un échantillon re- présentatif de la population, selon la firme Léger.Plus de six électeurs sur dix (63%) sont favorables à l\u2019exploitation du pétrole au Québec, révèle le sondage.Les 18-34 ans sont toutefois moins convaincus que le reste de la population: 48% disent oui au pétrole québécois et 41% sont en désaccord.Curieusement, même s\u2019ils approuvent l\u2019exploitation du pétrole, 72% des répondants (et 78% des 18-34 ans) affirment que la protection de l\u2019environnement doit passer avant tout.Toutes les générations sont sceptiques par rapport à l\u2019élimination des hydrocarbures: un électeur sur cinq (21%) croit que le Québec sera sans pétrole d\u2019ici 25 ans.Une majorité claire de 64% des citoyens croit tout de même que la voiture électrique est une voie d\u2019avenir pour le Québec.Les jeunes comptent d\u2019abord sur eux-mêmes pour assurer leur avenir.Plus de la moitié des 18-34 ans (53%) ont déjà songé sérieusement à fon- der une entreprise et à devenir leur propre patron.C\u2019est davantage que les 35-54 ans (49%) et beaucoup plus que les 55 ans et plus, qui ont pu compter sur des emplois stables et permanents.À peine 29% des baby-boomers ont déjà pensé à se lancer en affaires.Une société divisée La population en général, y compris les jeunes, paraît divisée sur la pertinence des compressions budgétaires imposées par le gouvernement Couillard; 45% des répondants trouvent que les réformes vont trop vite et qu\u2019il faut les ralentir.Une proportion comparable trouve plutôt que la révision des programmes se fait à la bonne vitesse (21%) ou qu\u2019elle va trop lentement (22%).Les Québécois sont aussi partagés sur la place des gouvernements pour assurer le bon fonctionnement de la vie en société (économie, emplois, services, environne- ment, etc.) ; 36% de^ répondants trouvent que l\u2019État n\u2019est pas assez présent; 26% affirment qu\u2019il est trop présent et 27%, qu\u2019il est juste assez présent.Les 18-34 ans sont du même avis dans des proportions comparables.Par contre, les inégalités entre les riches et les pauvres préoccupent 56% des Québécois.Les inégalités entre pays riches et pays pauvres sont jugées moins importantes: 24% des répondants s\u2019en préoccupent.Le sondage confirme aussi que les 18-34 ans accordent moins d\u2019importance à la souveraineté du Québec qu\u2019il y a 20 ans: au référendum de 1995, ils appuyaient le Qui à 60%.Ils ne sont plus que 39% à prôner la souveraineté (contre 37 % de la population).Au fond, la génération montante a les mêmes rêves que les plus vieux, indique le sondage : fonder une famille et bien gagner sa vie.Le Devoir Non aux accommodements Plus d\u2019un an après la tempête causée par le projet de charte de la laïcité, les Québécois continuent d\u2019appuyer l\u2019encadrement des pratiques religieuses.Et les jeunes pensent de la même façon que les générations précédentes.Près de quatre Québécois sur dix (39%) sont défavorables au «droit pour tous de pratiquer sa religion, en toute liberté».Pour Michel Venne, ça veut dire que les électeurs souhaitent encadrer le port de signes religieux dans l\u2019espace public.Sans surprise, une majorité sans équivoque de 79% des répondants croit qu\u2019il faut mieux encadrer les accommodements raisonnables.De même, 89% des Québécois affirment que «l\u2019extrémisme religieux fait peur ».CLINTON SUITE DE LA PAGE 1 moyenne.Sa campagne sera orientée sur le renforcement du pouvoir économique de la classe moyenne et la multipbcation des possibibtés pour les familles de travailleurs.Elle se présentera comme une «combattante tenace» capable d\u2019obtenir des résultats et de travailler avec le Congrès, le monde des affaires et les autres dirigeants de la planète.«Les Américains se sont battus pour surmonter les difficultés économiques.Mais ceux qui sont au sommet sont toujours favorisés», poursuit M\u201c® Clinton.«Les Américains ordinaires ont besoin d\u2019une championne.Je veux être cette championne.» «Je pars sur le terrain pour gagner votre voix», ajoute-t-elle.Cette petite phrase et la stratège de lancement ont un but: signifier qu\u2019elle ne tient pas sa nomination pour acquise et qu\u2019elle entend mériter son investiture, bien qu\u2019elle soit la grande favorite des primaires démocrates, avec environ 60% des intentions de vote.La présidentielle aura beu en novembre 2016.Son premier grand discours de campagne n\u2019aura lieu qu\u2019en mai, a indiqué son service de presse.Les six à huit prochaines semaines seront consacrées à aller à la rencontre «directe» des électeurs, d,\u2019abord dans l\u2019lowa puis le New Hampshire, États qui lanceront la saison des primaires au début de l\u2019année prochaine.Elle se rendra dans l\u2019lowa mardi et mercredi pour des tables rondes avec des responsables éducatifs et d\u2019entreprises, a confirmé la campagne.Attaques républicaines Immédiatement après l\u2019annonce, guettée par le monde médiatique et politique depuis des semaines, les républicains ont dénoncé le retour en politique de la plus connue des Américaines, sous les projecteurs depuis plus de trois décennies.«Nous savons exactement à quoi nous attendre», a réagi Ted Cruz, candidat à l\u2019investiture répubb-caine, dans une vidéo.«Hillary Clinton représente les échecs du passé.L\u2019Amérique veut-elle un troisième mandat Obama ?» «Nous devons faire mieux que la politique étrangère d\u2019Obama et Clinton, qui a affaibli les relations il PABLO MARTINEZ MONSIVAIS ASSOCIATED PRESS La vie de Hillary Clinton est indissociable du pouvoir: ancienne première dame (1993-2001), sénatrice (2001-2009) et chef de la diplomatie (2009-2013).avec nos alliés et enhardi nos ennemis», a dit celui qui pourrait devenir son principal rival, le répubb-cain Jeb Bush, 62 ans, dans une vidéo.Le président américain, Barack Qbama, a mis tout son poids derrière son ex-çivale, qu\u2019il avait nommée en 2009 secrétaire d\u2019État.«Elle ferait une excellente présidente», a-t-il déclaré samedi.Aucun autre démocrate n\u2019est à ce stade plus connu ni plus apprécié qu\u2019elle.Si plusieurs devaient se lancer, ce serait sans réel autre espoir que de faire bonne impression pour être recruté comme colistier.Aucune personnalité d\u2019envergure, comme le vice-président Joe Biden ou la sénatrice Ebzabeth Warren, ne s\u2019est déclarée.Seuls deux démocrates peu connus (l\u2019ex-gouverneur Martin Q\u2019MaUey et l\u2019ex-sénateur Jim Webb) semblent décidés à la concurrencer.Le CV de la candidate démocrate est à la fois sa force et son talon d\u2019Achibe.La vie de Hblary Cbn-ton est indissociable du pouvob : ancienne première dame (1993-2001), sénatrice (2001-2009) et chef de la diplomatie (2009-2013).Alors que ses rivaux républicains ont à peine fait quelques voyages à l\u2019étranger, ebe a rencontré des dizabies de présidents, premiers nbnistres et rois, et jonglé avec les crises, de la Libye à la Russie.Aucun autre candidat n\u2019a vécu pendant huit ans à la Maison-Blanche.«C\u2019est sans précédent d\u2019avoir une femme, n\u2019ayant pas servi dans l\u2019armée, et ayant plus d\u2019expérience de politique étrangère que tous les candidats à la présidentielle de l\u2019histoire récente à l\u2019exception peut-être de George W.Bush», dit Shawn J.Parry-Gües, pro-fesseure de communication à l\u2019Université du Maryland et auteure d\u2019un bvre sur l\u2019image de Hblary Cbnton.Mais cette riche expérience s\u2019accompagne d\u2019erreurs, de gaffes et de scandales, dès les premières années des Clbiton au pouvoir.Bill Clinton fut élu gouverneur de l\u2019Arkansas en 1978.Pour les républicains, les manquements éthiques et moraux des Clbiton disquabfient Hblary Clbiton.Ée camp républicain, qui s\u2019efforce depuis des années d\u2019bnpbquer l\u2019ex-secrétake d\u2019État dans l\u2019attaque de la représentation diplomatique améri- cabie de Benghazi, en Libye, qui avait coûté la vie, en septembre 2012, à l\u2019ambassadeur John Christopher Stevens, a l\u2019bitention de mettre en avant la controverse des courriers électroniques dans sa tentative de démobtion de M\u201c® Cbnton.Le New York Times rapportait en effet, début mars, qu\u2019ebe avait exclusivement utibsé une messagerie personnelle lorsqu\u2019elle dhigeait la diplomatie américaine, au beu d\u2019une adresse et d\u2019un serveur officiels.Le Congrès, dombié par les républicains, a prévu de la convoquer prochainement pour une audition parlementabe qui s\u2019annonce tendue.Pressions internes Hillary Clinton s\u2019est cependant prémunie contre une autre source potentiebe d\u2019attaque ré-pubbcabie.Selon Politico, ebe a en effet quitté dimanche le conseil d\u2019administration de la fondation fondée par son mari Bbl dans un contexte de critiques sur d\u2019éventuels conflits d\u2019bitérêts.Le volume dçs dons étrangers, particulièrement de la part d\u2019États, a suscité des questions sur les desseins véritables des donateurs, soupçonnés de voulob- influencer 1,\u2019un des couples politiques les plus puissants des États-Unis.Côté répubbcabi, par contraste à la course démocrate, la concurrence est rude.Deux candidats se sont offlciebement déclarés, les sénateurs Ted Cruz et Rand Paul.Un troisième devrait le faire lundi à Miami, le sénateur Marco Rubio, d\u2019origbie cubabie.M\u201c® Clinton risque par ailleurs de subb des pressions de l\u2019abe plus progressiste de son propre parti, qui réclamera qu\u2019elle adopte un message plus popubste centré sur l\u2019biégabté des revenus.Certains restent sceptiques face à ses liens avec les riches donateurs de Wall Street et les politiques économiques centristes de l\u2019admbbstration de son mari.Ils la pressent d\u2019appuyer une réglementation flnancière plus sévère et des hausses de taxes pour les plus riches.«D\u2019un point de vue électoral, il serait bénéfique pour elle de se ranger fermement du côté des travailleurs de la classe moyenne, qui travaillent plus fort que jamais et qui n\u2019arrivent toujours pas à mettre de l\u2019argent de côté», analyse l\u2019économiste Robert Reich, ancien secrétake au Travab durant l\u2019administration Cbnton, qui connaît l\u2019ex-première dame depuis près de 50 ans.Avec Associated Press et Le Monde Agence France-Presse GENRES SUITE DE LA PAGE 1 quelques années par l\u2019émergence d\u2019un courant féministe dans ses instances de pouvok, mais également l\u2019apparition de regroupements de femmes séduites par le code, l\u2019univers geek et ses algorithmes et qui ne veulent plus se contenter de rôles de figuration.«Il y a un changement de cap [dans la culture numérique], lance Sarah Choukah, présidente d\u2019une jeune compagnie de biotechnologie de Montréal, Hyasynth Bio, et figure active du Québec techno connecté sur le présent.Désormais, ce milieu se construit, se définit avec deux réalités plutôt qu\u2019une, celle des hommes et celles des femmes, qui n\u2019ont plus d\u2019autres choix que de se mettre en commun.» Le processus, inscrit dans des sociétés où le clivage entre les genres va en s\u2019amenuisant, est inéluctable.Et ses visages ne manquent pas de diversité.Preuve?Samedi dernier, le groupe Eem-Hack a tenu à Montréal un groupe de réflexion sur les infrastructures permettant l\u2019affirmation d\u2019un «hacking féministe», ces façons de faire passant par le numérique et qui cherchent à s\u2019émanciper des structures du passé.En gros.En février, c\u2019est le Réseau d\u2019étude sur l\u2019histoire des artistes canadiennes qui a donné corps à ce phénomène en prenant part à un Edit-Q-Thon mondial sur Wikipedia.But?Eéminiser un peu les contributions dans cette encyclopédie collective où le mâle inscrit son omnipotence, dans la création de contenu, comme dans la gestion et la surveillance des idées qui y circulent.Sortir de l\u2019ombre Le reste de l\u2019année, des groupes comme Ladies Learning Code (ces dames qui apprennent à coder, quoi) conjuguent l\u2019art de la programmation à la deuxième personne du féminin, alors que le Studio XX, dont est membre M\u201c® Choukah, explore l\u2019univers de la création et la réflexion en art technologique, entre femmes ou presque.«L\u2019idée n\u2019est pas de créer des endroits qui réunissent des femmes pour mieux en exclure les hommes, dit-elle.Ces groupes sont surtout des lieux de réflexion sur des pratiques minoritaires, mais également des espaces de création et de travail où les femmes ont envie de socialiser», ce qui n\u2019est pas toujours le cas sur les terri-tokes du numérique occupés historiquement par la gent masculine.«Il y a un phénomène de meute majoritairement composée d\u2019hommes qui fait de ces milieux des endroits assez machistes et sexistes qui peuvent devenir lourds et difficiles à vivre pour une femme, dit-elle.Qui plus est, le monde de l\u2019informatique, la culture geek, a traditionnellement attiré certains éléments asociaux, dérangés par la présence des autres en général, homme comme femme, qui induisent des relations conflictuelles pouvant effectivement inti- mider une adolescente souhaitant entrer dans ces cercles.» Avec l\u2019usage répété des termes « activisme » et «féminisme», dans la révolution sociale et numérique en cours, l\u2019inverse est également vrai, comme en témoignent les réactions parfois virulentes auxquelles font face certaines femmes engagées dans les univers numériques.Les appels à la haine, les propos misogynes qui ont rythmé le quotidien de Zoe Quinn, une programmeuse de jeux vidéo ayant osé dénoncer le sexisme de son industrie en août dernier, résument la mise en tension dans un milieu en mutation.« C\u2019est l\u2019expression d\u2019un certain machisme, reconnaît M\u201c® Choukah, mais pas seulement, c\u2019est surtout l\u2019expression d\u2019un manque de respect que favorise l\u2019anonymat en ligne et contre lequel il faut lutter».Pas seulement dans une perspective féministe, d\u2019ailleurs.La transition n\u2019est pas évidente.Mais elle est inéluctable, estime M\u201c® Choukah, qui croit que les esprits n\u2019auront, à l\u2019usage, pas d\u2019autre choix que de se calmer lorsque les intentions des femmes seront plus clairement exprimées.Sans acrimonie ni frustration de part et d\u2019autre.«Il est question ici de développer un milieu, de le renouveler en le mettant en cohérence avec le présent, dit-elle.Il n\u2019y a pas de revanche dans la démarche, pas de volonté de réparer un tort originel qui aurait été fait aux femmes.» Un peu comme une «mise à jour» de données dans un milieu qui aime abuser de ce Sarah Choukah en cinq dates 1985 Naissance à Casablanca, au Maroc.2008 Découvre la programmation appliquée au monde de l\u2019art avec Processing, un outil de construction d\u2019envkonnement numérique.2009 Amorce un doctorat en communication sur le biodesign, le vivant comme médium à l\u2019Université de Montréal.2013\tDonne naissance à Bricobio, le premier laboratoke de biotechnologie commu-nautake à Montréal.2014\tPonde et préside Hyasynth Bio, une biotech spéciabsée dans la recherche de molécules synthétiques, dont une de cannabis pour application médicale.concept, mais peine encore à l\u2019apprivoiser lorsqu\u2019il sort des chiffres et des codes binakes pour toucher les humains qui les manipulent.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 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Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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