Le devoir, 28 mars 2015, Cahier E
[" BGL se prépare pour la Biennale de Venise Page E 3 Tout sur la période printemps-été en télévision Page E 7 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 Carlos et Jason Sanchez Nos maîtres de l\u2019horreur sont de retour PHOTOS LES FRERES SANCHEZ Photo du haut: Home Invasion.En has: In Protest.Deux mains dans la photographie, deux autres dans le cinéma, les frères Sanchez ont les quatre pieds bien plantés dans les drames les plus terrifiants.Après une absence de près de huit ans, les revoilà, les griffes toujours aussi aiguisées.À se mettre sous la dent: sept grandes photos, en attendant leur premier film.JÉRÔME DELGADO Lq Belgique a les frères Dardenne, les Etats-Unis, les Coen, la Grande-Bretagne, pour un exemple en art contemporain, les Chapman.Et le Québec ?Les Sanchez.Eils spirituels d\u2019un Jeff Wall, Carlos et Jason Sanchez ont marqué la première décennie du XXL siècle de la violence de leurs récits.Images fortes, peu faciles aux âmes sensibles.Mises en scène minutieuses, rarement chiches en détails.Leurs photos étaient partout, y compris dans l\u2019espace public \u2014 les trois canidés enragés que les automobilistes voyaient de l\u2019autoroute Bona-venture, c\u2019étaient eux.Puis, paf ! On ne les voyait plus.Ni dans le Vieux ni ailleurs.La disparition a été brutale et inexpliquée.Une expo des frères Sanchez en 2015?C\u2019est la surprise du printemps, gracieuseté de la galerie Parisian Laundry.C\u2019est commencé depuis jeudi.De père espagnol et de mère francophone, eux-mêmes plutôt anglophones, Carlos et Jason Sanchez parlent d\u2019une voix uniforme, sans éclat, en véritables frères qui se ressemblent, bien qu\u2019ils soient nés, à Montréal, à cinq ans d\u2019intervalle.Difficile de dire qui est le leader.Leur association remonte à leurs années étudiantes, à l\u2019Université Concordia.Carlos, l\u2019aîné, alors déjà photographe, faisait appel à des modèles.Jason était l\u2019un d\u2019eux.«Je n\u2019aimais pas ça, alors je suis passé de Vautre côté», dit-il.Aujourd\u2019hui âgés de 35 à 40 ans, les deux pères de famille demeurent unis, y compris au bureau \u2014 ils bossent comme réalisateurs de pub dans une agence du Vieux-Montréal.Le précédent solo montréalais des Sanchez remonte à 2007 et, parmi leurs subséquentes expos collectives, figure la Triennale québécoise de 2008.Ça fait si longtemps qu\u2019ils ont montré leur travail ici qu\u2019ils ne se souviennent plus de la dernière fois.Il faut dire que le monde s\u2019est entiché d\u2019eux, notamment les Pays-Bas, où la Torch Gallery d\u2019Amsterdam « Nos images sont toutes cinématiques.C\u2019était juste une question de temps avant de trouver la bonne idée pour le cinéma.les représente depuis cinq ans.Alors, quoi de neuf?Une série de photos, sept en tout, aussi frappantes qu\u2019autrefois.Puis, l\u2019explication de leur absence : ce n\u2019est pas l\u2019Europe, pas plus que Toronto, qui avait ravi nos frérots, mais le cinéma.Depuis quatre ans, Carlos et Jason Sanchez pensent images en mouvement.De cette période d\u2019incubation, il est sorti un scénario, travaillé et retravaillé.Les demandes de bourse, souvent conclues d\u2019un refus, il a aussi fallu les reformuler.Les voilà prêts, disent-ils, à lancer la machine, appuyés notamment par micro_scope, la boîte der-rîère Incendies et Monsieur Lazhar Ils ont un titre, A Worthy Companion.En mal.Ils entament la préproduction, en juin, le tournage.La sortie?Ça, c\u2019est flou, les deux hommes n\u2019osant se prononcer sur 2016.« Ça faisait douze ans qu\u2019on faisait de la photo à temps plein, à conter des histoires en une image, mais on a toujours souhaité réaliser un film.C\u2019est juste qu\u2019on ne trouvait pas la bonne histoire», explique Jason, pour qui la conversion n\u2019est ni forcée ni factice.VOIR PAGE E 8 : SANCHEZ E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 CULTURE Conversations à Alger durant le mois des fous Odile '¦ .\u201e ; Tremblay .\t- ' .\t/ Jv i n Algérie, on dit que le mois de mars est le mois des fous, car les quatre saisons peuvent s\u2019y succéder en une même journée.C\u2019est mon chauffeur qui m\u2019expliquait ça la semaine dernière en roulant sous la pluie dans la ville désertée, après les embouteillages des heures ensoleillées.Avant, ça se vidait plus tôt encore.Durant la guerre civile de la décennie 90, le couvre-feu débutait à cinq heures de l\u2019après-midi.Le nombre d\u2019antennes paraboliques a explosé au cours de cette période-là, scotchant les gens devant la télé ou leurs DVD piratés.Les Algériens les appellent «les paraboles», comme s\u2019ils parlaient d\u2019allégories, mais rien de plug réel que ces formes ovoïdes.A pleins toits, elles contribuent q défigurer l\u2019espace urbain.A travers tout le Moyen-Orient et l\u2019Afrique : même invasion.Ces «paraboles» sont les ambassadrices de la vie culturelle, et bien des artistes les maudissent.L\u2019intérêt pour l\u2019art et la lecture a diminué avec leur floraison.Peu de spectacles de toute façon dans les pas folles du tout nuits d\u2019Alger.La pesante bureaucratie héritée du régime colonial français paralyse la moindre initiative sociale ou culturelle.Et la peur s\u2019en mêle chez le client potentiel.« On se sent en sécurité le soir chez soi», me dit un jeune homme en partant se claquemurer dès 19 h.Mais les gens s\u2019ennuient.Pas de manifestations non plus.Si le «printemps algérien» fut moins explosif que dans plusieurs pays voisins, c\u2019est parce que l\u2019ex-colonie française devenue «république» avait fait sa part entre 1991 et 2002: 150 000 morts, un million de personnes déplacées sous le feu des com- À Alger, j\u2019ai entendu des intellectuels se révolter contre l\u2019ingérence du pouvoir religieux dans la sphère politique bats entre les groupes islamistes et l\u2019armée.La terreur de la population, c\u2019est de revivre cet enfer-là.Les Frères musulmans font partie du même décor, des esprits échauffés aussi.Alors.Des fusils et des militaires bien présents, des contrôles routiers, nos sacs scannés à l\u2019entrée du moindre établissement, pour contrer les attentats.Le budget national nourrit beaucoup le volet sécurité.Ça va finir comme ça chez nous, autant s\u2019habituer.ouvrir l\u2019œil, écouter ce qui se dit ailleurs.Les voix de la diversité Parcourir ce pays musulman, c\u2019est avant tout aller à la rencontre de chauffeurs, des petits employés, des écrivains, des éditeurs, otages d\u2019un système corrompu et de tensions sociales et religieuses qu\u2019ils ne maîtrisent pas.Si bien qu\u2019au retour à ¦¦/J\t'U MIRIAM VAN NIE A Alger, on se sent davantage en sécurité le soir chez soi.Une creation du Theatre de Quat Sous ét du ThéâUe SDF (Sans Domicile Fixe) DU 23 MAgS Adl2 AVRIL 2015 V\tl'P;' Texte Simon Lacroix Mise en scene Charles Dauphinais Avec Félix Beaulieu-Duchesneau, Amelie Dallaire, Kathleen Fortin, Denis Houle, Simon Lacroix et Diane Lavallée Équipe de création Alexis Aubin-Marchand, Maude Bêty, Florence Cornet, Loïc Lacroix-Hoy , Martin Sirois et Cynthia St-Celais EMOTIONS BRUTES.PLACES LIMITEES.RESERVEZ VOTRE SIEGE.LESISIOCTAMBULES^I 2 avril 2015\tÿ.Après la représentation L\u2019HEURE DU CONTE 12 avril 2015 hShOO LE GRAND CAHIER 27 avril au 8 mai 2015 Diabou N dao et le lion avec le comédien Franck Sylvestre.Activité gratuite pour les enfants (S à 9 ans) des spectateurs.Une ultime reprise pour cette adapta tion du roman d\u2019Agota Kristof.Discussion animée par Marie-Louise Arsenault avec le cinéaste Stéphane Lafleur, la directrice de l'École nationale de l\u2019humour Louise Richer et le psychanalyste Patrick Cady.MOI, DANS LES RUINES ROUGES DU SIÈCLE 19 au 23 mai 2015 Un succès retentissant d Olivier Kemeid, Inspiré par la vie de Sasha Samar, qui termine ici sa tournée.Billetterie 514 845-7277 quatsous.com Grands partenaires Bell Quebec LlîlM IR EVEILS ROMANESQUES Un rendez-vous avec James Hyndman et Stéphane Lépine pour tous les passionnés de littérature.LAnnee de I eveil de Charles Juliet 30 mars 2015 Il9h30 Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant anglais de Anne Hébert 4mai2015 Il9h30 Montréal, quand on voit un groupe islamophobe concocter une manifestation ce samedi pour hurler la haine des musulmans dans le Petit Maghreb, on se demande si ces fauteurs de trouble ont compris ce que la plupart des immigrés ont fui en s\u2019établis-sapt chez nous.A Alger, j\u2019ai entendu des intellectuels se révolter contre l\u2019ingérence du pouvoir religieux dans la sphère politique.Ils détestaient les terroristes, bien plus actifs sur leurs territoires qu\u2019en Occident, tout en faisant corps contre les dérives totalitaristes de leur gouvernement.La presse indépendante, à peu près libre, se sent surveillée de près.La semaine dernière, un message du président algérien (peut-être écrit à son insu, démenti, mais collé à l\u2019air ambiant) menaçait de renforcer ses pressions contre l\u2019opposition et les journalistes.Rien n\u2019est acquis.En poste depuis 1999, le président Abdelaziz Bouteflika, en quatrième mandat, est malade, âgé, essoufflé, et la corruption fleurit sous son règne.On dit qu\u2019un pouvoir militaire occulte tirerait les ficelles du pouvoir.Les ressources du pétrole et du gaz naturel font vivre l\u2019Algérie, mais avec la chute du prix des hydrocarbures, l\u2019économie vacille.Le bédéiste et caricaturiste Le Hic, qu\u2019on suit là-bas dans les pages du journal indépendant El Watan, ressemble à Garnotte (la fonction crée le style).Il me donne son excellente bédé absurdo-comique.Le 4™'* mandat expliqué à ma fille, sur la dernière prise de pouvoir de Bouteflika: «Notons au passage que depuis le 3ème ffiandat, les Algériens sont de moins en moins specta- teurs.ni acteurs d\u2019ailleurs, ou alors ailleurs.justement», lit-on dans une bulle.Beaucoup d\u2019Algériens ont fui le pays.Le Hic précise ne pas pouvoir faire de dessins à connotation sexuelle ni représenter Mahomet.Pourtant, un écrivain érotique peut enfiler les descriptions salaces sans être inquiété.L\u2019image passe moins bien que les mots dans la culture musulmane.Toutes sortes de contradictions composent également le tissu social.Il paraît que bien des barbus sont de grands commerçants de sous-vêtements pour femmes.Experts.Eh oui ! J\u2019écoute une romancière et éditrice raconter son combat pour tenir à bout de bras un magazine littéraire sans subvention de l\u2019État, à l\u2019heure \u2014 phénomène planétaire \u2014 où la lecture part en couilles.Elle se promène sans voile, croit que cette vague de hidjabs et de ni-qabs recouvrant les femmes à pleines rues va s\u2019estomper.L\u2019espoir fait vivre.Les Algériens ont besoin de parler.Un jeune père de famille s\u2019inquiétait devant moi de l\u2019éducation que ses enfants allaient recevoir et rêvait au grand exil en France.Mais qu\u2019allait-il y trouver dans cet açrès-Charlie affolé ?J\u2019ai entendu des athées condamner des hadiths, citations du prophète Mahomet, pleins d\u2019incitation à la violence.Et des croyants disent souhaiter vivre leur religion tranquillement, loin du fanatisme et de la destruction.Tous dans le même sac?Allons donc ! Odile Tremblay était en Algérie à l\u2019invitation de l\u2019ambassade du Canada en Algérie et de l\u2019Institut français d\u2019Alger et d\u2019Oran.Fabian Interprètes Cristobal Barreto, Sarah Dell\u2019Ava, Pamela Grimaido, Séverine Lombardo, Irma Monterrubio et Jésus Eduardo Rocha Concepteurs Guido Del Fabbro, Robin Pineda Gould, Victor Cuellar, jhéâtre ESPACE GO Lucie Bazzo et Indiana Escach 1®\" au 4 + 8 au 11 avril LEDEWm Billetterie d\u2019ESPACE GO 514.845.4890 Billetterie Articulée 514.844.2172 (achat d\u2019un forfait) danse-cite.org / espacego.com Un doublé théâtral inédit pour le prilMTEmps ! DÈS MARDI Collection printemps-été - Du 24 mars au 11 avril 2015 - Chargé de mission poétique en territoire théâtral, Christian Vézina orchestre un spectacle en hommage à la parole des femmes.Rencontre improbable entre un récital de poésie et un ébouriffant défilé de mode ! Collage de textes et mise en scène CHRISTIAN VÉZINA Avec SALOME CORED -i- DANIELLE PROOLX -i- ELKAHNA TALBI et la musicienne MARIE-SOPHIE PICARD Ludi magni Du 21 avril au 9 mai 2015 - Quatre pugilistes se livrent un combat sans merci dans une pièce percutante qui interroge lëtat des lieux de la compétition humaine, son cirque et ses vitrines.Texte BENOIT DROUIN-GERMAIN Mise en scène DANIEL BRIÈRE -f BENOÎT DROUIN-GERMAIN Avec SONIA CORDEAO -i- MARIE-PIER LABRECOOE -F CHRISTOPHE PAYEUR -F MATHIEU OUESNEL Productions du Nouveau Théâtre Expérimental 514 521-4191 / www.nte.qc.ca / 1945, rue Fullum LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 E 3 CULTURE'ARTS VISUELS I Moqueur, le surnom « Canadassimo » secoue réciproquement l\u2019image stéréotypée du Canada et de l\u2019Italie.Le dépanneur dn coin à la 56\u201d Biennale de Venise Le collectif BGL transfigurera le pavillon canadien en un parcours insolite IVAN BINET/BGL/PARISIAN LAUNDRY/DIAZ CONTEMPORARY BGL: CANADASSIMO Pavillon du Canada 56\u201d Biennale de Venise 9 mai au 22 novembre MARIE-ÈVE CHARRON T oint cette semaine par télé-J phone, la veille de son départ en direction de Venise pour un montage soutenu de cinq semaines, BGL affichait sa bonne humeur habituelle.« On est plus contents que stressés», s\u2019empresse d\u2019affirmer une des vok du trio, composé de Jasmin Bilodeau, de Sébastien Gi-guère et de Nicolas Laverdière.Le collectif a expédié vers les Giardini de la prestigieuse et plus ancienne biennale d\u2019art contemporain trois conteneurs de 40 pieds emplis des matériaux méthodiquement préparés à Québec.Durant l\u2019année, deux autres lieux ont servi de point de chute au travail des artistes dont l\u2019atelier régulier s\u2019est rapidement avéré insuffisant.C\u2019est que, pour cet événement de grande visibilité, BGL a prévu une installation immersive d\u2019envergure.Le pavillon sera rendu méconnaissable par les interventions planifiées, à commencer par le nom du pays sur la façade qui se lira «Canadassimo».Moqueur, le surnom secoue réciproquement l\u2019image stéréotypée du Canada et de l\u2019Italie, dans le contexte de cette biennale où la formule mise encore sur les représentations nationales.Souvent jugée ingrate par sa forme biscornue, l\u2019architecture du pavillon a servi de moteur à BGL dans le développement du projet.La petitesse du bâtiment, coincé entre les imposants pavillons de la Souvent jugée ingrate par sa forme biscornue, l\u2019architecture du pavillon a servi de moteur à BGL dans le développement du projet Grande-Bretagne et de l\u2019Allemagne, sera compensée par un immense échafaudage sur la façade avant.Le dessus sera prolongé en patio, offrant ainsi aux visiteurs une vue en surplomb des fameux jardins.La suite promet d\u2019être encore plus dépaysante, avec un parcours faisant traverser différents espaces fabriqués à même des matériaux trouvés et transformés.Le pavillon et ce qu\u2019on lui connaît disparaî- tront complètement pour accueillir les visiteurs ,dans un dépanneur suranné.À tâtons, un espace de vie puis un atelier se laisseront ensuite découvrir, donnant à imaginer le propriétaire de ces lieux, un personnage visiblement bricoleur animé d\u2019une passion maniaque pour la boîte de conserve engluée de peinture colorée.Ces conserves ont donné du fil à retordre au trio, qui a eu de la «difficulté à en trouver toujours avec leur couvercle attaché», pour en rassembler plus de 500.Compulsif et détaillé, le travail des artistes, en plus de révéler comment nous usons des produits du commerce, repose sur la recherche de matériaux bien spécifiques.«Pour créer notre dépanneur, il fallait des tablettes et des murs qui ont de l\u2019âme.Il a fallu prendre le temps de trouver les bons matériaux, avec de la patine.» Leur quête obstinée fut comblée par une maison en démolition et un dépanneur fermé près de chez eux.Ce souci de vraisemblance est poiutant au service du faux.«Tout sera factice, précise BGL.Il n\u2019y aura rien à vendre dans ce dépanneur, ce ne sont pas de vrais produits alimentaires, rien n\u2019est vrai.» En reproduisant ce lieu typique au Québec qu\u2019est le dépanneur, BGL dit s\u2019intéresser surtout «à l\u2019idée du petit commerce, comme on en retrouve partout», en marge bien sûr des supermarchés.La culture du recyclage et du « faites-le vous-même » triomphe ici.Pour le trio, un premier objectif demeure avec leur installation : «surprendre, créer un instant magique et.donner de l\u2019amour».Installation labyrinthique La folie bienfaitrice qui caractérise le groupe, perceptible dans l\u2019humour et l\u2019ingéniosité de leiu travail, n\u2019est pas un mythe.Elle est contagieuse, même au bout de quelques minutes d\u2019entrevue.Elle semble avoir aussi contaminé depuis longtemps Marie Eraser, commissaire responsable du projet, invitée par le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) qui chapeaute depuis 2011 le concours menant à la sélection de la représentation canadienne à Venise.Dans sa voix au bout du fil.elle aussi la veille du départ, s\u2019entend une fébrilité légère.«Je me sens privilégiée de travailler avec BGL, de pouvoir suivre l\u2019élaboration de cette œuvre du début jusqu\u2019à l\u2019installation là-bas.Tout l\u2019accent est mis sur la réalisation de cette production inédite.Je crois tellement en BGL, depuis en fait la première fois quqj\u2019ai vu une de leurs œuvres, À peine débuté, le chantier fut encore.» C\u2019était en 1997, un an après la formation du collectif dont elle suit depuis les aventures, et plus d\u2019une fois déjà en tant que commissaire.«C\u2019est le plus ambitieux projet jamais réalisé dans le pavillon canadien et assurément, à ce jour, de BGL», affirme celle qui, dans le catalogue dont la maquette a pu être consultée, analyse le travail du collectif sous l\u2019angle théorique de la culture matérielle et de l\u2019improductivité.La particularité sera de faire connaître de BGL à l\u2019étranger, où il a déjà exposé, son travail d\u2019installation immersive labyrinthique, une part mieux connue au Québec et au Canada.Eont partie de ce lot des oeuvres marquantes, exceptionnelles, dont A l\u2019abri des arbres (Musée d\u2019art contemporain de Montréal, 2001) et Le discours des éléments (MBAC, 2006).De coutume livrée au compte-gouttes jusqu\u2019à l\u2019inauguration, l\u2019information sur le contenu du pavillon est cette année dévoilée avec plus de précocité.Comme BGL a le secret de concocter des installations truffées de trompe-l\u2019œil, de trouvailles fascinantes, d\u2019espaces ambigus et de points de vue réversibles, il y a fort à parier que les effets de surprise seront néanmoins préservés.BGL raconte d\u2019ailleurs vouloir faire de la façade un «chantier ludique» où les gens pourront disposer de leur menue monnaie.La mise au point du dispositif ferait justement partie des choses à régler sur place.Le montage de cette installation constitue en soi une curiosité que le trio, et l\u2019équipe qui l\u2019ac-çompagne, a prévu de filmer.À défaut peut-être de pouvoir se rendre sur place expérimenter l\u2019installation, on peut déjà espérer voir le film de sa réalisation.Collaboratrice Le Devoir DÉIE mi CRÉATEUR DU MOUVEMENT 2015.2016 \\\t7 ABONNEMENTS DISPONIBLES DÈS AUJOURD\u2019HUI 4 SPECTACLES À PARTIR DE 118 S BALLET NATIONAL DU CANADA William Forsythe, Marco Goecke, Wayne McGregor PPS DANSE Jeff Hall -H Pierre-Paul Savoie HOFESH SHECHTER COMPANY Hofesh Shechfer JOSÉ NAVAS / COMPAGNIE FLAK José Navas BJM - LES BALLETS JAZZ DE MONTRÉAL Itzik Gallll, Andonis Fonladakis, Rodrigo Pederneiras DADA MASILO DANCE FACTORY JOHANNESBURG Dada Masllo LA OTRA ORILLA Myriam Allard -i- Hedl Graja COMPAGNIE MARIE CHOUINARD Marie Choulnard ptO PAULO COMPANHIA DE DANÇA Édouard Lock, Jomar Mesqulta, Nacho Duato LE CARRÉ DES LOMBES / OSM Danièle Desnoyers CGI DANSEDANSE.CA placedesarts.com E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 CULTURE>SCENES L\u2019ombre de lui-même Ombromane, Philippe Beau remonte aux origines de l\u2019image CAROLINE MONTPETIT Il a deux mains et sait s\u2019en servir.Le reste, il le fait sortir de son chapeau, sans doute.Philippe Beau est ombromane.C\u2019est comme cela qu\u2019on appelle les artistes spécialisé^ dans le théâtre d\u2019ombres.A partir du 2 avril, il donnera son premier spectacle solo à La Tohu de Montréal, Magie d\u2019ombres.et autres tours.L\u2019homme est aussi magicien.Mais en entrevue au téléphone, il reste bien discret, soucieux, comme tout magicien, de ne pas dévoiler ses tours à l\u2019avance.On sait cependant que Magie d\u2019ombres.et autres tours porte sur l\u2019histoire de l\u2019image et remonte à ses origines, bien avant le cinéma et la photographie.«ùs jeux d\u2019ombres, c\u2019est tellement vieux, ça remonte à la préhistoire.On peut imaginer l\u2019homme préhistorique jouer avec le feu, avec la lumière de la lune ou du soleil, et créer des ombres», dit-il.Le théâtre d\u2019ombres, quant à lui, qui utilise des silhouettes pour projeter des ombres, a sans doute été inventé en Indonésie, des millénaires avant Jésus-Christ.Poursuivant son voyage dans l\u2019histoire, Philippe Beau s\u2019intéresse aussi à l\u2019avènement du cinéma et projette un extrait de film de Georges Mé-liès, qui était aussi magicien.«Ce sont des magiciens qui ont créé le cinéma», dit-il.On pourra y voir aussi un extrait d\u2019un des premiers films en couleurs des frères Lumière.« C\u2019est un film qui a été peint à la main, image par image.» Pour l\u2019accompagner.Beau a trouvé une façon de faire des ombres de couleur.On verra aussi un extrait d\u2019un film de Chaplin et un autre d\u2019un film de Robert Bresson.Philippe Beau, quant à lui, navigue volontairement à contre-courant de son époque en n\u2019intégrant dans ce spectacle aucun effet lié à l\u2019utilisation de la vidéo, par exemple.Seuls ses dix doigts sont à l\u2019œuvre.« On essaie [souvent] de compliquer les choses avec la vidéo, mais dans ce spectacle, la volonté est d\u2019être le pjus simple possible.» A peine puis-je vous dévoiler que Beau utilise sur scène un jeu de cartes.«Je garde mes surprises pour la scène», dit-il, pudique.Chose certaine, il y aura au moins autant d\u2019ombres que de magie dans ce spectacle prometteur.11 faut dire que Philippe Beau a une belle feuille de route derrière lui.11 a travaillé avec Robert Lepage sur de nombreuses productions de ce dernier, comme créateur d\u2019ombres, comme conseiller historique et pour créer des effets magiques de spectacle.11 a aussi travaillé avec Philippe Decouflé et Peter Brook sur différents projets.On dit qu\u2019il a inventé le principe d\u2019ombres géantes, dont il a présenté un spectacle au Grand Palais de Paris.L\u2019ombromanie, quant à elle, est un art qui se perd, en cette époque de production numérique tous azimuts.Et les om-bromanes qui travaillent uniquement avec leurs mains, sans manier de silhouettes, sont encore plus rares.Ceux-là sont «très peu nombreux», confirme M.Beau.«Tout au plus une vingtaine dans le monde.» Cet art développe une connivence extrême avec les mains, raconte-t-il.« On connaît ses limites.On est attentif à la morphologie du corps entier qui est sollicité.C\u2019est un travail de détail», explique-t-il.Philippe Beau a quant à lui eu un maître d\u2019ombres et un maître de magie, lorsqu\u2019il était plus jeune, en France.« On fait les premiers pas avec le maître», dit-il.Mais le gros du travail de conception et de mise en scène du spectacle est basé sur l\u2019imagination.Le spectacle de Beau s\u2019adresse aux huit ans et plus.«Honnêtement, je m\u2019adresse à ce regard d\u2019enfant», qui devrait rester chez les adultes le plus longtemps possible.Le Devoir MAGIE D\u2019OMBRES.ET AUTRES TOURS De Philippe Beau, à La Tohu du 2 au 6 avril.SOURCE LA TOHU L\u2019ombromane Philippe Beau FABIAN LOPEZ A travers la pared part d\u2019un travail qui tire son origine de la matière brute du vécu et de la personnalité des danseurs.D\u2019une prison à la scène Élodie Lombardo ramène du Mexique 4 travers la pared., une pièce sur les murs qu\u2019on érige en soi EREDERIQUE DOYON L> histoire mexicaine des ! Sœurs Schmutt connaît un nouvel épisode.Neuf ans après Çanas de vivir, la chorégraphe Élodie Lombardo, qui dirige la compagnie avec sa jumelle Séverine, est retournée y créer A travers la pared (mur, en espagnol) .C\u2019était l\u2019hiver dernier, dans une ancienne prison désaffectée devenue centre d\u2019art, à San Luis Potosi.Une œuvre conçue in situ, puis adaptée pour la scène de l\u2019Espace Go, à l\u2019invitation de Danse-Cité.Là-bas, la petite équipe de quatre danseurs mexicains et deux danseurs québécois s\u2019est imprégnée des ruines préservées du centre de détention, dont une aire réservée aux femmes et aux enfants (et intégrée au centre d\u2019art) restait intacte.Elle a présenté le fruit de son travail à l\u2019ombre de ses murs centenaires mis en lumière (grâce à un système électrique de poche) par Lucie Bazzo.«La prison arrive avec ses fantômes.Son histoire est très chargée, ça nous a beaucoup inspirés.Ça été un des points de départ forts pour développer des séquences chorégraphiques», explique la chorégraphe.Elle raconte que chaque danseur s\u2019est enfermé dans une des anciennes cellules pour créer un «solo-source», à partir duquel il était possible de plonger plus profondément dans les obsessions intimes des interprètes, pour confronter la fiction au réel.«On a travaillé sur les murs intérieurs que chacun porte en soi, et tout ce bagage avec lequel on se débat toute sa vie.Et comment trouver unç certaine liberté là-dedans.» A la différence de sa sœur ROBIN PINEDA GOULD L\u2019utilisation de la vidéo, liée au travail chorégraphique, «devient à la fois notre architecture et une fenêtre ouverte sur l\u2019inconscient», explique la créatrice Élodie Lombardo.Séverine, chez qui l\u2019œuvre naît souvent de contraintes plus techniques \u2014 la lumière dqns Petites pièces de poches \u2014, Élodie Lombardo travaille à partir de la matière brute du vécu et de la personnalité des danseurs \u2014 ici très différents puisqu\u2019is-sus de deux cultures différentes et de diverses régions du Mexique.Les deux Françaises d\u2019origine se sont installées à Montréal en 1999, à l\u2019âge de 29 ans.Architecture émotive A travers la pared cherche pourtant moins, au départ à entrer dans une matière sociale qu\u2019à se réapproprier un lieu patrimonial, à mettre en lien son architecture physique et émo- Montrea NICOLAS CANTIN Désarmant et inclassable, l\u2019éléctron libre Nicolas Cantin poursuit sa trajectoire singulière avec Klumzy, une pièce fragile comme une caresse.25.26.27.MARS WOULD 8.g.10.Il MARS 514521-4493 I USINE-C.COM PRÉLANCEMENT SAISON 15-16 LE 6 MAI 2015 DÉCOUVREZ 4 SPECTACLES DE LA SAISON LEimtOlK OUÉBEÇSJB tive pour l\u2019inscrire dans l\u2019œuvre chorégraphique.«D\u2019anciens matons sont venus voir la pièce, raconte la chorégraphe.C\u2019était troublant pour eux simplement de revenir dans ce lieu qui a fait partie de la ville et de leur vie.» Arrivée au Québec, l\u2019équipe artistique a été happée par le froid québécois, et l\u2019isolement qu\u2019il impose est devenu un curieux clin d\u2019œil à son propos initial.«Tout le monde s\u2019est retourné vers l\u2019intérieur de soi.A cause du froid de février, on n\u2019était plus dehors tout le temps, au soleil.L\u2019hiver québécois apporte une grande introspection à la fois forcée et naturelle par le cycle des saisons», rapporte l\u2019artiste.Le basculement esthétique (et météorologique !) imposé par le travail d\u2019actualisation a alimenté autrement le projet.«Comment fait-on quand on a un terrain de création si vibrant et qu\u2019on revient dans une boîte noire ?Comme on était vraiment enfermés dans des studios pour travailler, une certaine noirceur s\u2019est installée dans la pièce qui n\u2019était pas là avant.C\u2019est devenu quelque chose de plus introspectif Une autre fiction s\u2019installe.» La valeur ajoutée de cette transposition québécoise se trouve aussi dans sa nouvelle composante vidéo.L\u2019équipe a tourné des images pendant une semaine dans les ruines du village mystique de Real de Ca-torce, situé dans le désert de San Luis Potosi, «pour faire revivre les séquences de Iq pièce à l\u2019extérieur», explique Élodie Lombardo.Comme dans sa forme mexicaine, les spectateurs pourront se déplacer dans l\u2019espace pendant la représentation.«Les murs intérieurs, pour moi, poursuit-elle, ce sont nos ruines, qu\u2019on traîne avec nous, et comment on déplace les pierres à l\u2019intérieur pour vivre d\u2019autres expériences sensorielles.La vidéo devient à la fois notre architecture et une fenêtre ouverte sur l\u2019inconscient, car elle rappelle plusieurs choses de la prison.Elle est plus qu\u2019un partenaire.» Cette seconde incursion en terre mexicaine découle bien sûr de la première, et du jeu des alliances et des affinités professionnelles qu\u2019elle a suscité.Mais Élodie Lombardo insiste sur le regard complètement différent qu\u2019elle pose sur ce pays dont elle est tombée amoureuse en 2006 \u2014 à l\u2019instar de la réalité politique qui s\u2019est aussi transformée depuis.Si Ganas de vivir traitait de vie et de mort, c\u2019était surtout un premier contact avec la culture mexicaine^ ses mythes et son folklore.A travers la pared, sans aborder directement la violence omniprésente et les enjeux de sécurité (le centre d\u2019art est à côté d\u2019un site militaire), porte en elle de manière plus sentie «cette dictature sous couvert de visage faussement démocratique », résume la chorégraphe.«Pourquoi on a mené cette réflexion sur la liberté et l\u2019aliénation dans un pays où la liberté d\u2019expression n\u2019existe pas vraiment?Ce n\u2019est pas anodin », conclut-elle.Collaboratrice Le Devoir À TRAVERS LA PARED D\u2019Élodie Lombardo (Les Sœurs Schmutt, en collaboration avec la compagnie mexicaine Zona-bierta Escena Laboratorio), du T'au 11 avril à l\u2019Espace Go LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 E 5 CULTURE'THEATRE Disparaître ici, réapparaître partout Créatrice démultipliée, Édith Patenaude porte divers regards sur notre insatiabilité galopante ALEXANDRE CADIEUX Seule la technologie nous a permis d\u2019attraper Edith Patenaude en temps réel, à défaut d\u2019en chair et en os.L\u2019au-teure, comédienne et metteure en scène parcourt en ce moment la France avec ses collègues des Petites Cellules chaudes, partis montrer là-has leur primé iShow.Une entrevue par Skype entre deux représentations d\u2019une oeuvre portant sur les risques et les joies de nos nouveaux rapports virtuels ?Voilà qui est cohérent.«C\u2019est intéressant de voir comment des aventures qui se bâtissent en parallèle finissent par tisser d\u2019étranges fils de cohérence entre eux.Je me sens choyée en ce moment parce que les thèmes qui m\u2019animent le plus fortement trouvent des échos dans tous mes projets, même en travaillant avec des gens qui ne se connaissent pas pantoute.Cet équilibre me plaît beaucoup », explique-t-elle depuis les loges de l\u2019Espace Malraux, à Chambéry, lieu que Patenaude partageait ce jour-là avec l\u2019une de ses nombreuses gangs.Parrqi ses autres bandes, il y a Les Ecornifleuses, compagnie qu\u2019elle a fondée avec ses copines du Conservatoire d\u2019art dramatique de Québec, promotion 2006.Leur plus récent opus.Disparaître ici, fut conçu en collaboration avec Jocelyn Pelletier et son véhicule de création, tektonik.L\u2019objet débarquera dans quelques jours au Théâtre La Chapelle après trois semaines de présence au Périscope, (Jans la Vieille Capitale.Si Edith rate ce passage montréalais, elle sera de retour fin avril pour Selfie au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, élaboré en partenariat avec deux autres «Cellules», Sarah Berthiaume et Philippe Cyr.Les cauchemars de notre époque Les fameux fils qui relieraient ces projets hétéroclites pourraient se tirer ainsi : le regard qu\u2019on porte sur les autres et sur soi; notre insatiabilité à l\u2019ère de la sur-accessibilité; les frontières toujours plus floues entre réalité et fiction.D\u2019où cet engouement, partagé par Jocelyn Pelletier, pour les romans de Bret Easton Ellis {Moins que zéro, American Psycho) dont l\u2019univers a servi de base d\u2019exploration dans la mise en chantier de Disparaître ici.« On a beaucoup parlé d\u2019Ellis comme étant l\u2019auteur d\u2019une génération, mais pour moi, c\u2019est vraiment l\u2019auteur d\u2019une époque, une époque très centrée sur elle-même, où le surdivertissement et l\u2019abondance font en sorte que le désir tombe, que tout devient ennuyant», sou-ligne-t-elle à propos de ce corpus littéraire où des êtres, blasés de tout, basculent dans la drogue, le sexe déshumanisé, la brutalité particulièrement sordide.à moins qu\u2019il ne s\u2019agisse là que de fantasmes?«Le grand intérêt de son œuvre vient de ce flou-là, de ce brouillard qui nous oblige à nous imaginer ce qu\u2019il décrit mais sans jamais savoir à quel niveau de fiction ça se situe.» t 1,^ CHARLES FLEURY Disparaître ici a été conçu en collaboration avec Jocelyn Pelletier et son véhicule de création, tektonik.RENAUD PHILIPPE Edith Patenaude Les adaptations cinématographiques des bouquins d\u2019Ellis, dont au premier rang XAmerican Psycho tourné par Mary Harron en 2000 avec Christian Baie, ont souvent joué sur une représentation très graphique de la violence.«Mais ne fait pas du gore qui veut au théâtre.De toute façon, on s\u2019est rendu compte que les scènes les plus épouvantables qu\u2019on pouvait créer, celles qui risquaient le plus fortement de générer une réaction, c\u2019est encore celles où l\u2019on plaçait toute notre confiance dans les mots, dans le récit, et par là dans la capacité d\u2019imagination du spectateur.» Ce sont davantage les mécaniques narratives comme celle-ci qui ont inspiré les créateurs de Disparaître ici, lesquels ont préféré laisser développer leurs propres intrigues et personnages plutôt que d\u2019en piger directement dans la galaxie ellisienne.Poser, s\u2019exposer, se reposer Si les têtes chercheuses de Selfie sont elles aussi fascinées par les écarts entre existence et perception, de même que par la surenchère d\u2019exposition de soi, l\u2019approche dramatique choisie est complètement dif- PARTENAIRE DE PRODUCTION iM r\\ Hydro Oué JUSQU\u2019AU 11 AVRIL Québec m ION DE IVAN VIRIPAEV \\ A.Olivier, Revue JEU « Très belle production de La Veillée [.] Illusions , ™nt par !un des plus beaux monologues qu, soient sur l\u2019amour.» M, Cloutier, La Presse l « r .1 un metteur en scène à l\u2019efficacité redoutable [.¦Texte puissant.» F.PegliseA^Devoir « Les comédiens sont impeccabtes, Pf®®®\"*®\u2019 et les rapports de l\u2019un à l\u2019autre d une magnétique résonnance.» É.Castiel, Revue Séquences « Florent Siaud [.1 signe un spectacle fort intelligent [.] à ne pas manquer.» P, St-Onge, MonTheatre.qc.ca THEATRE PROSPERO 1371, RUE ONTARIO EST BILLEHERIE 514.526.6582 ACHAT EN LIGNE THEATREPROSPERO.COM QUEBECOR férente.Fragmenté, l\u2019objet aura des allures de conférence anthropologique, avec cobayes vivants à la clé.« Sarah Berthiaume [ Villes mortes, Yu-konstyle] a écrit de brefs récits d\u2019anticipation; elle imagine un futur pas trop éloigné où les moyens de dévoilement de soi auraient continué de proliférer, mais où, de manière réactive, on aurait aussi davantage d\u2019outils pour se soustraire au regard des autres.» Cette projection vers l\u2019avenir a suscité chez l\u2019équipe le désir de se tourner également vers le passé, d\u2019où de petits détours par l\u2019histoire de l\u2019art en quête des diverses tendances de l\u2019autoportrait à travers les siècles.En ce sens, la perspective historicisante de Selfie of fre une sorte de contrepoint à l\u2019ici-maintenant de Disparaître ici: «On est conscients de vivre à une époque et de traverser un âge où on se trouve ben excep- tionnels, comme si les crises que nous traversions en tant que trentenaires en 2015 relevaient d\u2019une expérience complètement inédite, ce qui est un leurre», avoue celle qui est également directrice artistique du Festival du Jamais Lu pour la ville de Québec.Néanmoins, ce dont la pièce mise en scène par Philippe Cyr témoignera également, c\u2019est de la grande démocratisation des outils de capture et d\u2019exposition des images qui, de la caméra à Facebook, permet aujourd\u2019hui à tout un chacun de se projeter à grande échelle.«On essaie de l\u2019aborder dans un esprit presque scientifique, mais sans non plus nous ménager nous-mêmes, sans nous placer complètement en surplomb.On peut critiquer ses tendances-là, mais c\u2019est encore l\u2019humain qui nous intéresse.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui serait propre à tous ces projets-là.ce désir de trouver ce qui, sous les paillettes et les aveuglements, continue de battre très fort, de vouloir vivre et de chercher un sens», de conclure l\u2019artiste, à la fois si loin et si proche.Collaborateur Le Devoir DISPARAÎTRE ICI Texte et mise en scène: Edith Patenaude et Jocelyn Pelletier, d\u2019après les romans de Bret Easton Ellis.Une coproduction des Ecornifleuses et de tektonik présentée au Théâtre La Chapelle du 31 mars au 4 avril.SELFIE Texte: Sarah Berthiaume.Mise en scène: Philippe Cyr.Une production de l\u2019Homme Allumette présentée à la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 28 avril au 16 mai.LE DEVOIR Québec SS ?JN SEBASTIEN RICARD EN PLEINE POSSESSION DE SES MOYENS, UNE LECTURE ORIGINALE DU DUO JEAN MARC DALPE - BRIGITTE HAENTJENS ET DES ÉCHANGES ÉPOUSTOUFLANTS FONT DU RICHARD III PRÉSENTÉ AU TNM UN DES GRANDS MOMENTS DE LA SAISON 2014-2015.- MARIO CLOUTIER, LA PRESSE ?UN SPECTACLE MODERNE, SINGULIER ET VISUELLEMENT SPLENDIDE.- ISABELLE LEGER, BIBLEURBAINE COM ?MAGNIFIQUE, COLOSSAL, LE UlCmO III DE HAENTJENS CONFIRME AVEC INTELLIGENCE QUE LES CLASSIQUES PEUVENT ÊTRE À LA FOIS TRANSCENDÉS ET TRANSGRESSÉS (.) - ELIE CASTIEL, REVUESEQUENCE ORG SUPPLEMENTAIRES! MARDI 7 AVRIL MERCREDI 8 AVRIL 20 H E COLLABORAT ON OE LA PRESSEf SIBYLLINES DU Nouveau ^^onde E E WILLIAM SHAKESPEARE RDC onJEAN MARC DALPEm een ceneBRIGITTE HAENTJENS AVEC SYLVIO ARRIOLA+ MARC BÉLAND + LARISSA CORRIVEAU + SOPHIE DESMARAIS + SYLVIE DRAPEAU + FRANCIS DUCHARME MAXIM GAUDETTE + REDA GUERINIK +ARIEL IFERGAN + RENAUD LACELLE-BOURDON + LOUISE LAPRADE + JEAN MARCHAND MONIOUE MILLER+ OLIVIER MORIN + GAÉTAN NADEAU + ETIENNE PILON + HUBERT PROULX + SÉBASTIEN RICARD + PAUL SAVOIE EMMANUEL SCHWARTZ ASSISTANCE A LA MISE EN SCENE COLETTE DROUIN UNE CREATION DE PRODUCTIONS SIBYLLINES EN COLLABORATION AVEC LE THEATRE DU NOUVEAU MONDE et le THEATRE FRANÇAIS DU CNA TNM.QC.CA 514.866.8668 ICK ' Raoio-canaDa ICI I \u2022 artv ^ E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 CULTURE.MUSIQUE MUSIQUE CLASSIQUE Cinq rééditions majeures, des aubaines pour les mélomanes CHRISTOPHE HUSS AU milieu d\u2019un flot de nouveautés, l\u2019édition phonographique glisse des rééditions dont certaines sont des aubaines pour les mélomanes qui auraient laissé passer les publications initiales.Voici cinq conseils d\u2019achat.Bach : Sonates, partitas et suites transcrites pour iuth et théorbe.Hopkinson Smith.Naïve, 4 CD E 8939.Ce ne sont pas des disques ; c\u2019est une leçon de vie, un accomplissement artistico-mystique hors norme.Entre 1980 et 2012, Hopkinson Smith, le Jordi Sa-vall du luth et du théorbe, a transcrit et enregistré pour ses instruments les sonates et partitas pour violon et les suites pour violoncelle de Bach.Rien ne justifiait de mettre en boîte et de vendre au prix d\u2019un seul ces quatre disques pour l\u2019éternité, puisque tous dominent la maigre concurrence.Puisque l\u2019éditeur Naïve brade le génie, profitez-en! C\u2019est un incontournable de discothèque, et il n\u2019y en aura peut-être pas pour tout le monde.Chopin: Les 4 scherzos, 2 études, 4 mazurkas.Ivan Moravec.Brilliant 95098.Le pianiste des pianistes, Ivan Moravec, publié sous licence chez Brilliant! On aura tout vu et, là aussi, on en profite.Dans sa discographie, réalisée principalement pour VAI et Supra- |p«iiâhu phon, Moravec compte quelques disques enregistrés pour le label américain Dorian.Celui-ci date de 1989 et, comme tous les disques du pianis-tique Tchèque, il a marqué la discographie des scherzos de Chopin, au même titre que le CD de Pogore-lich (DG).Si vous ne connaissez pas Moravec, 10 $ suffiront pour faire connaissance.Vous ne pourrez plus vous en passer.Kancheli: Mourned by the Wind.Symphonies n\"® 4 à 6.Yuri Bashmet (alfo).Orchestre d\u2019Etat de Géorgie, Djansoug Ka-khidze.Melodiya, 2 CD MEL CD 10 02286.Les rééditions de l\u2019ex-label soviétique Melodiya sont à surveiller étroitement, car elles nous donnent accès à des enregistrements indisponibles depuis longtemps.Celui-ci est capital dans la documentation de l\u2019œuvre du grand compositeur géorgien Giya Kancheli, né en 1935.Ces interprétations (1978-1988) du regretté Djansoug Kakhidze font toujours office de référence pour découvrir une musique aussi fascinante que celle d\u2019Arvo Part, mais avec bien plus de substance.Beethoven : Les 32 sonates pour piano.Maurizio Pollini.DG, 8CD 479 4120.On a cru que ce coffret ne viendrait jamais puisque c\u2019est à l\u2019automne 1977, cinq ans avant «l\u2019invention» du CD, que le pianiste Maurizio Pollini nous arrivait avec un marmoréen coffret coup-de-poing des dernières sonates de Beethoven.Le parcours s\u2019est finalement achevé en juin 2014.Même si la pléthore de parutions fait que le «choc» n\u2019est plus de cette ampleur aujourd\u2019hui, nous nous retrouvons tout de même avec une intégrale Beethoven du pianiste si respecté de tous.Pas d\u2019épanchements évidemment, mais un jeu qui force à la concentration.Nous avons là une sorte de mètre étalon, comme jadis l\u2019intégrale Kempff, à partir duquel on peut envisager de prendre d\u2019autres chemins (Kovacevich, Brendel, Guida, Barenboim, HJ Lim.).Schubert.Die Schône Müiierin, Schwanengesang, Winterreise.Nathalie Stutz-mann (contralto).Erato, 2 AU 6 AVRIL IVIAGI D\u2019OMBRES CEMILAKGUL Entre 1980 et 2012, Hopkinson Smith, le Jordi Savall du luth et du théorbe, a transcrit et enregistré pour ses instruments les sonates et partitas pour violon et les suites pour violoncelle de Bach.3 CD 08255646237012.lan Bostridge (ténor).Warner, 3 CD et un DVD 825646204182.Pour ceux qui cherchent à écouter les trois grandes sommes mélodiques de Schubert «autrement» (en gros, pas par Eischer-Dieskau), Warner publie le même mois, sur ses deux étiquettes, deux visions alternatives parmi les plus intéressantes, toutes deux, dans leur genre, de très haut niveau.Stutzmann (dont Erato licencie ici les CD Calliope), la seule voix qui se rapproche de celle de Kathleen Ferrier, est fidèle à la pianiste Inger Sodergren.Bostridge, toujours affecté, dont la manière de surjouer les affects fascine les uns et détourne les autres, s\u2019est associé à Uchida, Andsnes et Pappano.Une mise en scène de Winterreise en DVD complète le coffret.JEAN PIERRE MULLER AGENCE ERANCE PRESSE Le Devoir La chef d\u2019orchestre et contralto française Nathalie Stutzmann LES VIOLONS DU ROY SOIREE LACHAPELLE DE QUEBEC m\tSAISON 2014 - 2015 Dorothea Roschmann QUELQUES JOURS AVANT LE CARNEGIE HALL DE NEW YORK! DIDON ET ENEE Un monument de la musique signé Henry Purcell avec une distribution exceptionnelle ! PALAIS MONTCALM 9\tAVRIL A 20 H 10\tAVRIL À19 H 30 MAISON SYMPHONIQUE DE MONTREAL Henry Purcell + Didon et Énée + King Arthur (extraits) + The Fairy Queen (extraits) RICHARD EGARR CHEF DOROTHEA ROSCHMANN, SOPRANO HENK NEVEN, BARYTON HÉLÈNE GUILMETTE, SOPRANO AVEC LE CHŒUR LA CHAPELLE DE QUÉBEC GazMetro la vie en bleu PRESENTATEUR DU CONCERT SAISON 2015/2016\tABONNEZ-VOUS ! BERNARD LABADIE / MATHIEU LUSSIER / ANTHONY MARWOOD KARINA GAUVIN / MARIE-NICOLE LEMIEUX / ROBERT D.LEVIN LA PASSION SELON SAINT MATTHIEU - J S BACH / REQUIEM - MOZART LES QUATRE SAISONS - VIVALDI / WATER MUSIC - HANDEL ET PLUSIEURS AUTRES! PALAIS NTCALM /yfoSSG*! de./û.PARTENAIRE DE SAISON A QUEBEC PARTENAIRE DE SAISON A MONTREAL %uébec LaCapitale LE DEVOIR Groupe financier placedesarts.com VIOLONSDUROY.COM SOLDE DE PIANDS -20® anniversaire- À L\u2019ÉCOLE DE MUSIQUE VINCENT-D\u2019INDY UN CHDIX PARMI PLUS DE 60 MDDELES DE PIANDS DRDITS ET A QUEUE PIANDS NEUFS À PARTIR DE 1 995$ \u2022 PIANOS USAGES EGALEMENT DISPONIBLES PU 10 AU 12 AVRIL 2015 628, CHEMIN DE LA CÔTE SAINTE-CATHERINE, OUTREMONT Ouvert vendredi de 9h à 21 h ainsi que samedi et dimanche de 9h à I7h PRENEZ RENDEZ-VOUS DES MAINTENANT AVEC NOS EXPERTS 514 380-3113 OU 1 877 371-2323 \u2022 infopiano@archambault.quebecor.eom O?VINCENT D INDY ARCHAMBAULT LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 E 7 CULTURE>TELEVISION La tele a la période printemps-ete Faut-il nécessairement bronzer idiot devant son écran plat ?STEPHANE BAILLARGEON Il faudrait une émission pour raconter comment se préparent les émissions et les saisons.Ce serait une comédie, évidemment.En fait, cette télé autoréférentielle existe, et en plusieurs exemplaires.Dans Episodes (depuis 2011 sur HBO), un couple de scénaristes britanniques invité à Holljrwood pour adapter son succès fait face à la dure réalité des compromis.Matt Leblanc, ex-vedette de la sitcom Friends, y ose tous les excès.De même, la BBC diffuse WIA (c\u2019est une partie de code postal) sur les dessous de la télé publique anglaise, «machine à mouliner du vide, infestée de cadres incompétents, lâches, d\u2019une inefficacité qui confine au génie», selon le résumé proposé par le magazine français Télérama.Cette alléchante production autocritique met en vedette Hugh Bonneville, grandiose et flegmatique comte de Down-ton Abbey.11 incarne ici un haut fonctionnaire du comité olympique parachqté au siège social de la télé d\u2019Etat où il doit participer à la redéfmitiop de sa mission fondamentale.A Radio-Canada/ CBC, on parlerait plutôt de plan stratégique.Ces fictions s\u2019appuient certainement sur une part de réalité.Et dans la réalité, comment se prépare une vraie de vraie saison?Comment les grands patrons des ondes ont-ils rempli le nouveau segment qui commencera dans quelques jouys sa vie utile?A l\u2019œil, on dirait que les chaînes réservent le lourd pour l\u2019automne-hiver et le léger pour le printemps-été.Les séries et les grands rendez-vous comme Tout le monde en parle ou La voix passent entre septembre et avril ou mai.Et après, les écrans s\u2019allègent et rentrent en farniente jusqu\u2019à la fin des vacances.Un peu comme les équipes de hockey.Comment ça marche C\u2019est juste, mais avec beaucoup de nuances, commente Suzanne Landry, directrice principale, chaînes et programmation, chez Groupe TVA.Elle pilote aussi bien TVA qu\u2019Ad-dikTV, CASA, Moi & cie.Prise 2 ou YOOPA, et elle distingue bien les contraintes de l\u2019une (la généraliste) des autres (les spécialisées).«La programmation de saison en saison se fait selon la même stratégie dans les deux cas, mais en fonction de créneaux propres à chacune des chaînes, explique M\u201c® Landry.Une saison se bâtit avec des continuités et des nouveautés.Les chaînes spécialisées offrent des nouveautés toutes les saisons, dans leur créneau spécialisé.TVA est une généraliste.Elle offre du divertissement comme de l\u2019information, des séries, des jeux, du magazine, de la variété.Cet éventail de programmation est programmé de différentes façons selon les saisons.Et quand le printemps arrive, c\u2019est sûr, la programmation que moi j\u2019appelle plus ludique et joyeuse, plus variété divertissante, prend plus de place que la série dramatique.» Cette vocation printanière plus ludique et joyeuse se traduit par deux nouveautés à TVA, Les 400 coups avec l\u2019humoriste Philippe Bond et Le bon mix avec Pierre-Yves Lord.Le réseau surpuissant ramène aussi Tester sur des humains et Sucré salé, cette dernière étant depuis belle lurette le concentré pure sauce de la manière festive.11 n\u2019est donc pas question de lancer une nouvelle série humoristique ou dramatique.Pas de Beaux malaises en été, donc.Ce genre de nouveauté est plutôt proposé sur les réseaux spécialisés, comme HBO relance Game of Thrones et AMC, Mad Men en avril.AddikTV, elle, relayera la deuxième saison de Mensonges à compter du 4 mai.La série originale (et franchement de haute tenue) a connu une première diffusion sur Illico, en bloc, une autre manière originale de faire maintenant.«Les chaînes spécialisées sont moins tributaires des cotes d\u2019écoute, explique M\u201c® Landry.La stratégie est donc différente.Peu importent les saisons, on essaie de conserver une constante dans le renouvellement de la grille.» Et pourquoi Ce choix s\u2019explique aussi par des raisons objectives.M\u201c® Landry souligne que le bassin potentiel de téléspectateurs francophones passe d\u2019environ 3,4 millions en hiver à quelque 2,7 millions en été.Les gens vont jouer dehors, ce qui ne semble pas plus mal.La chaîne I HBO CANADA Les grands retours à surveiller dans les prochains jours Call the Midwife (PBS, 29 mars).Le Québec n\u2019a pas tourné de grandes séries historiques depuis des années et c\u2019est bien dommage.Cette production féministe, à sa quatrième mouture, raconte la vie et le courage de sages-femmes, dont certaines religieuses, dans le Londres déshérité des années 1950.La version SOS sages-femmes est présentée à Télé-Québec.Mad Men (AMC, 5 mai).C\u2019est le début de la fin pour cette sublime production qui est déjà assurée de figurer parmi les plus marquantes de la décennie.La série, lancée en été et sous le manteau, ou tout comme, il y a sept ans, a vite été encensée comme un autre chef-d\u2019œuvre de la nouvelle ère glorieuse de la télévision.Mais pourquoi ?L\u2019esthétique y est pour beaucoup, la reconstitution minutieuse ayant contribué à la passion retrouvée pour les sixties.L\u2019éthique en rajoute.Don Draper 0ohn Hamm), le personnage central, concentre les travers moraux et les angoisses existentielles d\u2019un monde en mutation.Les six premières saisons sont déjà sur Netflix.Télé-Québec continue de les relayer ici en version française.Game of Thrones (notre photo) (HBQ, 12 avril).C\u2019est la production télé la plus populaire du monde et une des plus chères à produire, avec des plateaux maintenant répandus sur trois sites européens Qrlande, Espagne et Macédoine).La dernière saison a encore multiplié les sanglantes surprises, l\u2019assassinat (et donc la disparition) de personnages centraux devenant un des moteurs narratifs de cette sag^ campée dans le Moyen Age fictif d\u2019un continent inventé.La version française.Le trône dp fer, est diffusée par Super Ecran et AddikTV.iC Ut POLIC Service-ly^ropolitain AddikTV relayera la deuxième saison de Mensonges, une série à haute tenue, à compter du 4 mai.généraliste a donc logiquement intérêt à miser sur les temps froids pour diffuser ses grosses séries lourdes et coûteuses qui doivent rapporter davantage.«Les séries exigent des budgets de production importants, dit la directrice.TVA vit de ses revenus publicitaires et rentabilise ses séries avec la pub.On les diffuse pour faire le plein d\u2019auditoire et on les programme donc naturellement en période de très grande écoute.» ICI Radio-Canada s\u2019avoue soumise à la même contrainte financière.« C\u2019est une question de moyens, explique Dominique Chaloult, nouvelle directrice générale de toute la télévision de RC.Nous n\u2019aurions pas les moyens d\u2019abandonner l\u2019automne et l\u2019hiver comme créneau.Alors, si on décidait d\u2019investir le créneau printemps-été avec de grosses séries, on manquerait de moyens.» Cela dit, RC a déjà mis des fictions à l\u2019affiche durant cette période réputée plus légère.La néo-brunswickoise Belle-Baie, par exemple, diffusée entre mars et juillet, de 2008 à 2012.Qu l\u2019ontaroise FranCœur (2003-2006).Ein avril, la chaîne généraliste va tenter le coup en repassant Unité 9 au complet, le vendredi soir à 21 h.«Il faut voir quel genre de diffuseur mise sur l\u2019été en France ou aux Etats-Unis, remarque alors André Béraud, directeur de la fiction et des longs métrages à la télévision de RC.Les chaînes traditionnelles, comme NBC, ABC et compagnie, sont en train de rattraper les chaînes spécialisées qui avaient investi les périodes normalement plus creuses.Elles aussi diffusent donc quelques SERGE GAUVIN primeurs et quelques nouveautés entre avril et août.Mais là encore il faut nuancer.On voit des séries moins coûteuses, achetées pour des bouchées de pain, comme Taxi: Brooklyn, une production franco-américaine adaptée par NBC.Les Canadiens ont vendu Rookie Blue et Elashpoint.Nous sommes aussi dans cet élan à Radio-Canada, par exemple quand nous programmons Revenge.» Merci.Mais on aurait quand même envie d\u2019y voir WIA.Le Devoir a 100 ans VIVE LA MÔME! i Bdl prêtant* 1** FRANCOFOLIES DE MONTRÉAL En spectacle hommage à la légende ! BETTY BONIFASSI I DANIEL LAVOIE I FLORENCE K MARIE-THÉRÈSE FORTIN I SYLVIE MOREAU I YANN PERREAU Direction artistique et mise en scène Yann Perreau \u2022 Direction musicale Yves Desrosiers 17 JUIN, 20h Maison Symphonique de Montréal Q placedesarts.com 514 842-2112 1866 842-2112 INFO FRANCOS LES GRANDS SPECTACLES Bdl \t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 IDE VISU Radicales manières Entre le trop-plein et le vide, deux expos cherchent la (saine) provocation MATHIEU GRENIER Galeries Roger Bellemare et Christian Lambert, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, suites 501-502, jusqu\u2019au 11 avril.LE CAPITALISME AU XXI^ SIÈCLE Galerie Thomas Henry Ross, 5445, avenue de Gaspé, local 423, jusqu\u2019au 19 juin.JÉRÔME DELGADO OÙ sont donc les œuvres ?Devant deux expositions à quatre kilomètres de distance, et à des années-lumière côté propos, la question est des plus pertinentes.Car, au premier coup d\u2019œil, il n\u2019y a rien à voir.Radicales, les expos Le capitalisme au XXL siècle de la minuscule galerie Thomas Henry Ross, dans le Mile-End, et Mathieu Grenier, chez Roger Bellemare et Christian Lambert, galeristes du Belgo?De toute évidence.Les manières, toutefois, sont diamétralement opposées : l\u2019une mise sur l\u2019abondance, l\u2019autre sur l\u2019absence.Pleine à craquer.Tunique salle de la galerie Thomas Henry Ross joue sur l\u2019effet repoussoir.Non seulement il est impossible d\u2019y circuler, les œuvres, où ce que Ton devine être des œuvres (des emballages étiquetés de noms d\u2019artistes), demeurent à Tabri des regards.Derrière son désordre ordonné, véritable bric-à-brac comprenant du mobilier, cette expo-installation se lit comme un manifeste.Un ras-le-bol envers le capitalisme, si on repense au titre de Texpo, et envers tout ce qui vient avec lui: la marchandise, la fortune, la course aux surplus.Galeriste, commissaire, sans doute un peu artiste, ainsi que papa et conjoint, Jean-Michel Ross nous place devant un fait accompli.Au risque de nous choquer: la salle d\u2019expo sert ici d\u2019entrepôt pour le «capital physique de la famille Waldron-Ross», famille qui se prive de son pied-à-terre montréalais le temps d\u2019un séjour en Chine.Dégagée, presque nue, la grande salle des Un ras-le-bol envers le capitalisme et envers tout ce qui vient avec lui, la marchandise, la fortune, la course aux surplus galeries Roger Bellemare et Christian Lambert, elle, est consacrée au travail d\u2019un minimaliste de la nouvelle génération, Mathieu Grenier.Les séries Au-delà des signes et Prélèvements ne se composent que de monochromes blancs.Or, chez Grenier, qui a le don de la synthèse, il n\u2019est pas question de peinture, mais de murs, et de crochets devenus simples motifs.Ces monochromes, en fait, ce sont les morceaux de gypse sur lesquels reposaient des tableaux de la collection du Musée d\u2019art de Jo-liette \u2014 des Hurtubise, Leduc, Pellan, Tousi-gnant révèlent les cartels.Leur blanc, jamais le même, et leurs formats, teintés de la silhouette des chefs-d\u2019œuvre absents, réaffirment l\u2019abstraction comme un genre non confiné aux limites de son cadre.Sous une étonnante économie de gestes, le jeune diplômé de TUQAM (baccalauréat obtenu en 2011) rend œuvre ce qui est habituellement à la marge.Ce renversement est présent depuis son premier projet, un cube blanc actuellement exposé à la galerie Stewart Hall de Pointe-Claire (Texpo Vertige).11 Tétait aussi lors de son premier solo, qui vient de prendre fin au centre Art-prim et qui exploitait les différents types de feuilles de papier.La blancheur était tout aussi présente, et c\u2019est grâce au contexte d\u2019exposition qu\u2019une page vierge, à l\u2019instar des murs et crochets chez Bellemare et Lambert, prend valeur d\u2019objet d\u2019art.Jean-Michel Ross, le galeriste-com-missaire quasi-artiste, et Mathieu Grenier ne montrent peut-être rien.Ils demeurent néanmoins dans la représentation, évoquent une galerie et ses biens, un musée et ses murs.Ils parlent des espaces, physiques comme mentaux, sans lesquels il n\u2019y aurait ni objets ni images à contempler.Et bousculent, souhaitons-le, le conformisme trop douillet des visiteurs et des collectionneurs.Collaborateur Le Devoir FILIPA PIMENTEL céramique 2 AVRIL AU 2 MAI 2015 >» VERNISSAGE Jeudi 2 avril 2015 de 17 h à 19 h L\u2019artiste sera présente.O GUILDE CANADIENNE DES METIERS DART\tmëtierS dâlt 1460 B rue Sherbrooke Ouest Montreal (Qc) H 3G 1K4 T 514 849 6091 info@canadianguild corn www guildecanadiennedesmetiersdart corn ?n Filipa Pimentel ensemble de trois pieces 2014 Photo Sara Pimentel L\u2019A sous TOUTES MO SES COUTURES UR ROBES DE MARIEE DU MUSÉE McCORD JUSQU\u2019AU 12 AVRIL 2015 %tm Ritz Carlton GALERIE THOMAS HENRY ROSS L\u2019unique salle de la galerie Thomas Henry Ross joue sur Teffet repoussoir.SANCHEZ SUITE DE LA PAGE E 1 «Nos images sont toutes cinéma-tiques, renchérit Carlos.C\u2019était juste une question de temps, je pense, avant de trouver la bonne idée pour le cinéma.» A Worthy Companion sera du Sanchez tout cru, un drame torride pour une plongée abyssale dans Tâme intérieure des personnages.Le synopsis parle d\u2019un homme qui kidnappe une adolescente et qui veut «en faire sa compagne idéale».«Ce que nous voulons, c\u2019est filmer leur relation, et non parler de la police ou des parents, confie Carlos.Nous poussons les spectateurs à l\u2019intérieur du drame, mais ne cherchons pas à l\u2019expliquer par des réponses.L\u2019issue sera invisible.» Les Sanchez ne feront ni dans la sobriété des Dardenne ni PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les frères Sanchez dans l\u2019humour noir des Coen.«C\u2019est la seule fois qu\u2019on rira», lance Jason, après avoir fait croire qu\u2019A Worthy Companion flirterait avec la comédie.La fratrie québécoise se sent davantage proche de Paul Thomas Anderson, de qui ils apprécient les mouvements de caméra.En route vers le cinéma, l\u2019exposition à la Parisian Laundry signe-t-elle dès lors leurs adieux à la photographie ?Non, clament-ils d\u2019une seule voix.GALERIE BERNARD ROBERT DESCHENES SOUVENIRS FOCUS Exposition du 2 avril au 2 mai Vernissage le f avril de 17h a 20h 3926 rue Saint Denis Montreal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard ca '1 «Le processus d\u2019écriture et de financement nous a paru très long.Nous avons eu l\u2019impression de perdre le contrôle de ce que nous voulions et avions besoin d\u2019exprimer, avance Carlos.IL\u2019expo], c\u2019est pour reprendre le contrôle de notre production.Nous avions les idées et le timing était bon.» Sept photographies de grand format: pour leur retour, les frères font ce pour quoi ils sont connus.Ceux qui apprécient la tension narrative qui se dégage de leurs œuvres seront servis.Le nouveau corpus sera aussi méticuleux que ceux d\u2019autrefois, aussi disparate dans ses sujets.Une scène d\u2019immolation publique, l\u2019angoisse d\u2019un drame familial dans une composition sans point de fuite, une vue plus sereine autour d\u2019une tombe, etc.Entre cinéma et photojournalisme, les Sanchez font aussi dans l\u2019histoire, telle cette étrange scène, presque effroyable, qui semble être une réunion nazie.Des maîtres de l\u2019horreur, les frérots, pas de doute.«J\u2019aime les histoires qui ont une forte charge émotionnelle, qui vous hantent, qui me font peur, dit l\u2019aîné du duo.Je crois que c\u2019est une façon d\u2019affronter les ténèbres du monde, une manière de nous préparer à ce que le futur nous réserve.» Collaborateur Le Devoir CARLOS & JASON SANCHEZ Parisian Laundry (3550, rue Saint-Antoine Ouest, à Montréal) du 26 mars au 25 avril.Montreal Gazette VOTRE ___\tCONSEIL Québec ! \tQue vienne l\u2019été ' 13 juin Vaudreuil\tEn compagnie de Martin Leclerc la MAISON FÉLIX-LECLERC heu de vie et d\u2019inspiration Aussi, les Guitares Godin au musee 1®'' août\tQuelques places disponibles, mais bonne nouvelle' ce circuit sera répété' 11 juillet Ottawa\tCHAGALL et COLVILLE au Musee des beaux-arts du Canada jr Les, peaux ^^detours\twww.lesbeauxdetours.conn 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d un permis du Quebec VERNISSAGE PIERRE LANOIE Du 29 mars au 26 avril GALERIE Linda Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.galerielindaverge.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 E 9 CULTURE >CINËMA Humez-moi ça ! Le sens olfactif : le plus sauvage et le plus mystique de nos sens LE NEZ Réalisation: Kim Nguyen.Image: Nicolas Fransolet.Montage: Vidal Béique.Québec, 2014, 84 min.Versions française, ou anglaise ou italienne avec s.-t.f ODILE TREMBLAY Cy est à un bien séduisant documentaire que nous convie Kim Nguyen pour sa première incursion hors du champ de la fiction.Dans cette œuvre libre qui suit ses volutes avec un lyrisme mâtiné d\u2019humour, le cinéaste de Rebelle nous entraîne dans un voyage au royaume de Todorat, le plus mystique, le plus sensuel, le plus sauvage et le plus méconnu de nos cinq sens.Nez, truffiers, sommelier (François Chartier, passionnant) se succèdent, même un parfumeur qui s\u2019est donné la mission de reconstituer l\u2019odeur d\u2019un sexe de femme.Dans un hôpital, des personnes âgées en perte de mémoire retrouvent des souvenirs grâce à des odeurs respirées au cours de l\u2019enfance, car l\u2019odorat, comme Proust l\u2019avait compris, est le sens qui conserve le plus longtemps en banque la mémoire enfouie des émotions perdues.De grandes questions sont posées sur l\u2019origine de l\u2019ambre gris, qui n\u2019est pas, comme le veut la croyance populaire, du vomi de baleine, mais bien des FUNFILMS Le nez est un véritable voyage au royaume de Fodorat, le plus méconnu de nos cinq sens.excréments de cétacés allergiques à des crustacés, d\u2019où la rareté du précieux produit entrant dans la composition des meilleurs parfums.Tout comme le musc, issu de sécrétions sexuelles de certains mammifères, l\u2019odeur la plus excitante ne venant pas toujours de l\u2019arôme des fleurs, mais de l\u2019animalité.Les femmes, dit-on, seraient attirées par un homme en grande partie à cause de l\u2019odeur qu\u2019il dégage, et l\u2019usage de parfum masculin pourrait les induire en erreur, alors gare ! La journaliste et écrivaine américaine Molly Birnbaum crève l\u2019écran en évoquant sa perte d\u2019odorat à la suite d\u2019un accident, avec retours d\u2019odeurs fantômes, puis peu à peu des arômes de la vie.Le style du documentaire est libre donc.On saute d\u2019un pays à l\u2019autre, avec détour par le Maroc où la culture du safran crée le fumet d\u2019amour.En Italie, dans un village, un homme armé qui ressemble aux despérados de la Conquête de l\u2019Ouest, trouve et vend les truffes précieuses que convoitent d\u2019inquiétants concurrents.Et un repas en commun devient un des points forts de ce périple.Ce documentaire se révèle d\u2019autant plus instructif qu\u2019on ignore bien des choses sur ce sens olfactif qui nous mène pourtant par le bout du nez.Un regret: ne pas voir ce film.en odorama.Le Devoir Ultraviolet EN ROUTE! (V.F.DE Home) ?Film d\u2019animation de Tim Johnson.Avec les voix de Jim Parsons, Rihanna, Steve Martin et Jennifer Lopez.États-Unis, 2015, 94 minutes.MANON DUMAIS Des fins fonds d\u2019une fourmilière iAntz) jusqu\u2019en haute mer (Sinbad - Legend of the Seven Seas), en passant par la banlieue américaine {Over the Hedge), Tim Johnson se plaît à transporter ses personnages dans d\u2019étonnants univers afin d\u2019exploiter avec une certaine originalité le sentiment d\u2019appartenance, le sens de la famille et les liens d\u2019amitié.Son dernier-né, Home, n\u2019y fait pas exception.Reposant sur la sempiternelle recette de l\u2019improbable duo, ce gentil film d\u2019animation aux couleurs bonbon nous entraîne dans l\u2019espace où un peuple un tantinet poltron, les Boovs, amusantes créatures tentaculaires au teint violet, élit domicile sur la Terre afin de fuir les Gorgs, monstres à l\u2019allure peu recommandable.Après avoir transporté la race humaine dans des parcs d\u2019attractions, le chef des Boovs (voix de Steve Martin) apprend que l\u2019un des siens.Oh (Jim Parsons, le Sheldon de The Big En route ! est un gentil film d\u2019animation aux couleurs bonbon.Bang Theory), a envoyé une invitation à sa pendaison de crémaillère à la galaxie entière.Banni par son peuple.Oh devra s\u2019allier à Tip (Rihanna, qui signe aussi la trame sonore insipide et sucrée), ado opiniâtre et solitaire à la recherche de sa mère (Jennifer Lopez, fausse note dans ce casting yocvX enjoué) afin d\u2019empêcher les Gorgs de s\u2019emparer de la Terre.S\u2019ensuit une trépidante course aux quatre coins du monde à bord d\u2019un véhicule multimodal carburant àla«slush».Vous aurez compris que le tout s\u2019adresse à un très jeune public.L\u2019adulte accompagnateur y trouvera-t-il son compte?D\u2019un humour bon enfant misant sans parcimonie sur les facéties de l\u2019attachant protagoniste trop attentionné.Home pourrait facilement lasser les moins jeunes de cœur.Heureusement, le film de Johnson propose une joyeuse quête initia- 20TH CENTURY FOX tique, empruntant aux road movies et buddy movies, menée tambour battant, qui ne leur donnera pas le temps de s\u2019ennuyer.Enfin, si le dernier tiers nous réserve quelques notes mélos.Home évite le ton moralisateur au profit d\u2019une multitude de situations carrément loufoques qui décrocheront à coup sûr rires et sourires.Collaboratrice Le Devoir « Un voyage à la fois sympathique et instructif au pays des odeurs (.) Le film atteint des sommets d\u2019émotion au détour d\u2019un ou deux témoignages.» -Mediafilm FILM DE KIM NGUYEN PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE CINÉMA BEAUBIEN] Æk nTATlRM \\/i I\t|\u2014-1 VERSION ANGLAISE 2396 Beaubien E 514 721 6060| ùlAllUN VU\t| LE CLAP | [CINEMA DU PARC 1 CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINEMAS\t| 3575 Du Parc 514 281 1900 | GARRETT KATHY EDDIE KEVIN JOSH DEBRA RIVER\tDUSTIN WAREING BATES IZZARD McHALE LUCAS WINGER ALEXANDER et HOFFMAN « GIRARD REUNIT UNE DISTRIBUTION REMARQUABLE.HOFFMAN OFFRE UNE COMPOSITION VIBRANTE.» Marc-André Lussier, LA PRESSE DU REALISATEUR DU FILM LE VIOLON ROUGE GAGNANT D UN OSCAR LA LEÇON UN FILM DE FRANÇOIS GIRARD m PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE métropole [f^metropolefilms.com METROPOLE FILMS Le parcours du jeune Stet est classique à l\u2019extrême.Faible écho Le î\\\\mLa leçon ne force tellement pas la note qu\u2019il peine à se faire entendre LA LEÇON (V.F.DE Boychoir) Réalisation : François Girard.Avec Garrett Wareing, Dustin Hoffman, Eddie Izzard, Kathy Bates, Debra Winger.États-Unis, 2015, 103 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Stet, un jeune orphelin issu d\u2019un milieu pauvre, se voit offrir une chance de s\u2019en sortir lorsqu\u2019il est admis dans un établissement spécialisé dans le chant.Doté d\u2019une voix angélique mais poursuivi par les démons de son passé difficile, Stet apprend vite et se distingue, ce qui fait naître des jalousies.Carvelle, un maître de chorale intransigeant mais honnête, Drake, un professeur fourbe, et Steel, une directrice bien intentionnée, complètent, avec un père illégitime richissime, un ensemble qui n\u2019aurait pas déparé un roman de Charles Dickens.Il s\u2019agit plutôt des grandes lignes du scénario du film La leçon, dont l\u2019action ne se déroule pas dans l\u2019Angleterre victorienne, mais dans les Etats-Unis d\u2019aujourd\u2019hui.Or ce contexte contemporain sied plus ou moins bien à l\u2019intrigue, dont certains retournements apparaissent tout simplement invraisemblables en cette ère technologique.On imagine mal comment un établissement aussi prestigieux que celui dépeint ici peut se passer d\u2019un système d\u2019alarme ^our accommoder un séjour clandestin durant les vacances) ou comment une grande salle de concert n\u2019est pas munie de la moindre caméra de surveillance (pour empêcher un vol de partition), entre autres exemples.Autrement dit, un amour immodéré pour les «plaisirs démodés» est probablement nécessaire pour apprécier à sa juste mesure le parcours, classique à l\u2019extrême, du jeune Stet, un Pip moderne.En effet, le charme qu\u2019exsude la plus récente incursion au cinéma du multitalentueux François Girard {Trente-deux films brefs sur Glenn Gould) appartient assurément à la gamme surannée du spectre.Pris tel quel, La leçon constitue une proposition impeccablement exécutée d\u2019un point de vue technique.Il n\u2019empêche, pour un récit qui relate l\u2019éveil d\u2019une passion, tout cela manque singulièrement de souffle et de feu.Une fausse note Manifestement, on a voulu éviter toute forme de clinquant à la High School Musical et à la Glee, ou de racolage «mode» hérité de Fame, ou d\u2019édification maître-élève éprouvée dans La société des poètes disparus, Les choristes et consorts.Mais voilà, à force de réserve, le film finit par compromettre l\u2019implication émotionnelle du spectateur devant le devenir du protagoniste.Plus problématique : Garrett Wareing peine à faire ressentir le tourment de Stet, tourment dont on parle et que l\u2019on montre, mais qui n\u2019est jamais ressenti.Dotée d\u2019une frimousse de chérubin (trop) savamment décoiffé, la jeune vedette ne convainc malheureusement jamais, surtout dans la première partie, en petit bum dont la mère alcoolique vient de périr tragiquement.Le reste de la distribution, toutefois, impressionne.D\u2019une précision exquise, l\u2019immense Dustin Hoffman livre une fois de plus la marchandise sans chercher à attirer l\u2019attention en mentor exigeant.Pddie Izzard campe son rival avec une retenue judicieuse tandis que Debra Winger et Kathy Bates donnent du coffre à des partitions à peine esquissées de directrices d\u2019école et de pensionnat, respectivement.Au final, le chœur enterre le soliste sans même forcer la note.Carvelle n\u2019aurait pas toléré cela.Le Devoir LE DEVOIR métroRde GAGNEZ L\u2019UN DES 15 DVD DU FILM ?« UN GRAND MOMENT DE JUBILATION! » Le Journal du Dimanche Fabrice Luchini Gemma Arterton GEMMA BOVERY un film de Anne Fontaine PARTICIPER, VISITEZ LE coiicoursmetropolefilms.com La promotion aura lieu sur le site web du 27 mars au 2 avril inclusivement et le tirage se fera le 3 avril 2015.15 gagnants recevront par la poste une copie DVD du film.Règlements disponibles chez Annexe Communications.DISPONIBLE EN DVD, BLU-RAY ET SUR DEMANDE metropoletilms corn ¦ E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 ©THEATRE OUTREMONT Montréal theatreoutremont.ca 514495-9944 DIPLOMATIE Le lundi 30 mars 116het19h30 CINEMA MARIE REINE D\u2019ÉCOSSE^.UN FILM DE THOMAS IMBACH DÈS AUJOURD\u2019HUI Wfa ?Le Monde ?Transfuge ENTRETIEN AVEC LE CINEASTE CT ITT J AT TME NICLOUX Et si on enlevait Honellebecq.Un film vraiment comique avec l\u2019auteur des Particules élémentaires ODILE TREMBLAY Il parle de son ami Michel Houellebecq comme d\u2019un être libre, doté d\u2019une personnalité peu commune, d\u2019un penseur allergique à la rectitude politique, d\u2019un être humain inattendu, avec ses contradictions exposées à l\u2019air libre qui s\u2019interdit d\u2019interdire.Guillaume Nicloux a mis en scène l\u2019auteur des Particules élémentaires et de Soumission dans un étrange film, œuvre très drôle qui jongle avec les genres, dont le thriller et la farce.L\u2019enlèvement de Michel Houellebecq, sur nos écrans dès vendredi prochain.On a rencontré le cinéaste à Paris une semaine après les massacres à Charlie Hebdo, dans la foulée aussi de la controverse entourant le dernier roman de Michel Houellebecq, Soumission, jugé islamophobe.«Michel est très touché par les événements», résume Guillaume Nicloux, sommairement Précisons que L\u2019enlèvement de Michel Houellebecq, dans lequel l\u2019écrivain révèle ses talents d\u2019acteur comique, raconte, comme le titre l\u2019indique, l\u2019enlèvement du romancier par des amateurs.Il atterrit dans un trou de banlieue, sympathise {J^J\u2019iwais envie de l\u2019entraîner en des zones inédites.Il y eut ensuite des dialogues d\u2019improvisaüon dans le cadre d\u2019une structure précise, ces répliques constituant pour lui des échappées de liberté.)>} Le cinéaste Guillaume Nicloux avec ses ravisseurs.Le film joue en des eaux troubles et troublantes, entre documentaire apparent et fiction assumée, sur fond de captivité absurde, par des geôliers qui s\u2019ouvrent à lui: un adepte du culturisme, un autre de la lutte.Chacun tente d\u2019impressionner le captif en lui offrant aussi des faveurs, une jeune femme même.Guillaume Nicloux avait déjà mis Houellebecq en scène pour un petit rôle dans L\u2019affaire Gordji, et comme il a l\u2019habitude de rameuter les mêmes interprètes d\u2019un film à l\u2019autre \u2014 un peu à la façon des romanciers du NIX'\" siècle \u2014, l\u2019idée lui vint d\u2019offrir un premier rôle à l\u2019hirsute écrivain.Pendant la promo- tion de La carte et le territoire, en 2009, Houellebecq avait disparu quelques jours (injoignable parce qu\u2019ayant coupé ses liens de communications).Mais la rumeur parlait d\u2019un enlèvement par al-Qaïda.D\u2019où l\u2019idée de développer cette piste.«Nous nous sommes rencontrés souvent en amont, explique le cinéaste.J\u2019avais envie de l\u2019entraîner en des zones inédites.Il y eut ensuite des dialogues d\u2019improvisation dans le cadre d\u2019une structure précise, ces répliques constituant pour lui des échappées de liberté.L\u2019alibi de la fiction permettait au protagoniste de se réfugier derrière un masque, qui le rendait du coup plus libre.Sans masque, jamais il n\u2019aurait pu aller aussi loin dans les scènes amoureuses, par exemple.Michel se montre capable d\u2019empathie, de tendresse, de drôlerie.Le spectateur le découvre sous un nouveau jour.» En fait, à partir du moment où la technique dicte la mise en scène, Guillaume Nicloux affirme lâcher du lest.«Se préoccuper des détails éloigne de l\u2019essentiel et de l\u2019émotion, estime-t-il.Comme dans les scènes de repas qui ne sont pas chorégraphiées au pouce près.Parfois, l\u2019étincelle prend.J\u2019aime quand la vie pénètre le film et le film, la vie.» Guillaume Nicloux, qui alterne entre productions lourdes et œuvres plus expérimentales, avait réalisé, avant L\u2019enlèvement, La religieuse d\u2019après Diderot.Il a tourné depuis Valley of Love avec Gérard Depardieu et Isabelle Hup-pert, qui n\u2019avaient pas joué ensemble depuis Loulou de Pia-lat en 1980.Transplantés en Californie dans la vallée de la Mort, ces acteurs mythiques incarnent un couple séparé, réuni sur les restes de leur fils.Le Devoir Cette entrevue fut effectuée à Paris à l\u2019invitation des Rendez-vous d\u2019Unifrance.FUNFILMS Guillaume Nicloux SVBIZ The Riot Club est un conte moral à la fois cruel et jouissif.Les petites espérances On prend plaisir à haïr les protagonistes de la chronique estudiantine The Riot Club THE RIOT CLUB (V.O.) Réalisation : Lone Scherfig.Avec Sam Claflin, Max Irons, Douglas Booth.Grande-Bretagne, 2014, 107 minutes.ERANÇOIS LÉVESQUE Les jeunes protagonistes nantis de la chronique estudiantine The Riot Club ont tôt fait de s\u2019attirer l\u2019antipathie du spectateur avec leur arrogance flirtant avec la sociopathologie.C\u2019est le but recherché.Conte moral à la fois cruel et, oui, jouissif, The Riot Club (en version originale seulement) voit la cinéaste danoise Lone Scherfig explorer une fois de plus, après le formidable Une éducation (2009), une jeunesse en éveil sur le point de vivre ses premières désillusions dans un cadre anglais en apparence très comme il faut.Après une héroïne qui paie le prix de ses transgressions, c\u2019est au tour d\u2019un antihéros d\u2019apprendre à la dure une ou deux leçons de vie.Ce dernier se prénomme Miles, un étudiant de première année à Oxford qui, avec un camarade qu\u2019il abhorre et qui le lui rend bien, ne pense qu\u2019à intégrer la très sélecte société secrète du Riot Club, qui se spécialise dans la décadence en général et dans le mépris du pauvre en particulier.Pour l\u2019anecdote, le Riot Club est une version fictive du bien réel Bullington Club auquel aurait (in) fameusement appartenu le premier ministre britannique David Cameron.Animé par des idéaux «de gauche », Miles possède allure et charisme, qualités qui produisent leur effet sur l\u2019un des membres résidents.Or, une fois accepté au sein dudit club.Miles n\u2019a de cesse de déchanter, à raison.Sans dénoncer ostensiblement les personnages, la cf néaste réprouve manifestement leurs comportements et actions.Elle passe ainsi à la mou-linette une certaine conception anglo-saxonne de l\u2019éducation basée sur un machisme pernicieux et une idolâtrie du sang bleu.La dernière scène est à cet égard sans équivoque : ces «jeunes gens épatants» étant tous ou presque destinés à sévir dans les officines du pouvoir, il y a de quoi s\u2019inquiéter.Le Devoir Sa leçon de piano Seymour Bernstein, grand pianiste et professeur émérite, connaît la musique de l\u2019humanisme SEYMOUR: AN INTRODUCTION ?Documentaire d\u2019Ethan Hawke.Etats-Unis, 2014, 84 min.ANDRÉ LAVOIE Ethan Hawke a vite mesuré sa chance d\u2019être invité à la même soirée que Seymour Bernstein.Seymour qui?L\u2019acteur {Boyhood) et cinéaste {Chelsea Walls) n\u2019avait jamais entendu parler de ce pianiste virtuose ayant tiré un trait, à 50 ans, sur sa présence dans les grandes salles de concert, consacrant tout son temps à l\u2019enseignement et à la composition, même à plus de 80 ans.Ses propos inspirés sur le trac et sa carrière aussi impressionnante qu\u2019atypique ont vite convaincu Hawke de faire avec lui une première incursion du côté du documentaire.Seymour: An Introduction: le titre évoque un ouvrage scolaire, et il est vrai que l\u2019on apprend beaucoup dans ce magnifique portrait d\u2019un artiste créant avec la même intensité qu\u2019il soit seul au piano ou faisant reprendre les trois mêmes notes à une étudiante dans une leçon de maître.Il est tout aussi vrai que l\u2019on apprendra finalement peu de choses sur la vie privée de cet homme squattant le même logement new-yorkais depuis 57 ans, évoquant un père qui se plaisait à dire qu\u2019il avait «three daughters and a pianist».Une gifle en plein visage n\u2019aurait pas fait plus mal.Issu d\u2019une famille modeste où la musique était pour ainsi dire inexistante, Bernstein a METROPOLE FILMS Un film tout en délicatesse, en phase avec la personnalité d\u2019un être d\u2019exception tout de même pu faire fleurir un talent qui aura des échos jusqu\u2019en Corée, celle des années 1950 déchirée par la guerre.Il en parle d\u2019ailleurs avec une émotion qui remplit ses yeux de larmes, mais n\u2019af tère jamais sa voix douce, suave, distinguée.Peu importe qu\u2019il soit avec ses élèves visiblement admiratifs (à qui il demande la permission de les toucher pour leur expliquer les bienfaits de la respiration), d\u2019anciens disciples au parcours remarquable ou Hawke lui-même, faisant quelques discrètes apparitions, Seymour Bernstein affiche la même assurance tranquille et le même humanisme.Ce qui ne l\u2019empêche pas d\u2019écorcher Glenn Gould au passage {«A neurotic mess!») et de se questionner ouvertement sur la relative nécessité d\u2019être odieux lorsque l\u2019on a du talent.Du talent, le pianiste en avait à revendre, et les éloges tirées du.New York Times sont là pour le confirmer.Cela ne l\u2019a pas empêché de consacrer sa vie à d\u2019autres tâches, gardant intact un amour profond de la musique, particulièrement celle de Schubert et celle de Schumann.Ses interprétations et ses discours ne forment souvent qu\u2019un, grâce en partie à un montage fluide qui fait merveille, surtout lors de cette finale en forme d\u2019offrande.Grâce à cette rencontre entre deux artistes unis par une même exigence face à leur métier, Hawke a pu convaincre Bernstein d\u2019effectuer un dernier tour de piste, profitant du charme feutré de la maison Steinway & Sons à New York où le pianiste décèle les failles des instruments fraîchement fabriqués.Ayant jeté son dévolu sur l\u2019un d\u2019eux qui, selon lui, frise la perfection, il profite de sa découverte pour offrir un retour intimiste, conclusion logique d\u2019un film tout en délicatesse, en phase avec la personnalité d\u2019un être d\u2019exception, à la fois modeste et plus grand que nature.Et qui referme son divan-lit avec la même précision que lorsqu\u2019il bat la mesure.Collaborateur Le Devoir LE PROMENEUR .D'OISEAU ^ DEAUVILLE\t* EXC3NTRIS UN FILM DE PHILIPPE MUYL Ll BAO TIAN Ll XIAO RAN QIN HAO YANG XIN Yl ?« Le promeneur d'oiseau est un pur bonheur.» Tà ^ PRIX DU PUBLIC 2015 S« FESTIVAL international St DU FILM POUR ENFANTS ^ DE MONTRÉAL ^ REPRESENTANT DE LA CHINE POUR L'OSCAR DU MEILLEUR FILM ÉTRANGER MARINONI: LE FEU DE LA PASSION (V.O.STF.)- TONY GIRARDIN - 87 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL ET AUSSI A L\u2019AFFICHE JUANICAS (v.o.stf.) - KARINA GARCIA CASANOVA LA PASSION D\u2019AUGUSTINE -LÉA POOL H'*'l GUROVETANNA (v.o.stf.) - RAPHAEL OUELLET LE PRIX A PAYER (v.o.stf.) - HAROLD CROOKS H'*'l CHORUS - FRANÇOIS DELISLE SÉLECTION FESTIVAL DE SUNDANCE ET BERLIN 2015 ACHTUNG FILM! PRÉSENTE: LES SŒURS BIEN-AIMÉES (DIE GELIEBTEN SCHWESTERN) (v.o.stf.) - DOMINIK GRAF - JEUDI 2 AVRIL À19H ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM http://www.azfilms.ca/accueil_fr.html "]
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