Le devoir, 29 décembre 2014, Cahier A
[" New York: des policiers boudent le maire Page b i Petit voyage dans Tenclave de Montmorency, le quartier oublié de Québec Page A 4 Retour sur les petits et grands maux qui ont affligé les partis fédéraux cette annee Page a 3 w w w .1 e d e V 0 i r.c 0 m LE DEVOIR Vol.C V N° 2 9 5 LE DEVOIR, LE LUNDI 29 DECEMBRE 2014 1,13 $ + TAXES =1,3 0$ Afghanistan : l\u2019OTAN plie bagages Vu m W AREF KARIMI AGENCE FRANCE PRESSE La fin de la guerre, mais pas la fin des troubles.Tandis que la force de TOTAN a fait ses adieux à l\u2019Afghanistan dimanche, au cours d\u2019une cérémonie marquant la fin de 13 ans de combats, les habitants de ce pays, toujours en proie à une insurrection violente, se préparaient pour l\u2019hiver.Tout comme les affrontements, le chômage et la hausse rapide du coût de la vie laissent les Afghans vulnérables.Page B1 Aujourd\u2019hui « iTunes ^ iTunes Tunes Société > Les cartes-cadeaux, un cadeau pour les commerçants.Au moins 20% d\u2019entre elles ne seront jamais utilisées.Page B 3 Sur la route > 2015, année du TGV?En ces temps de compressions, les irréductibles partisans d\u2019un axe Québec-Windsor espèrent encore leur train.Page B 5 Avis légaux.B\t4 Décès.B\t6 Météo.B\t5 Mots croisés.B 5 Petites annonces.B 6 7\t\u2014- ,\tSudoku.B 4 Incursion émiratie (1 de 2) Le destin croisé des trois Dubaï JEAN-BENOIT NADEAU à Dubaï Dès qu\u2019on débarque à Dubaï', on est envahi par un sentiment d\u2019irréalité.C\u2019est que l\u2019ancien petit port perlier de 20 000 habitants, qui n\u2019était qu\u2019un vague protectorat britannique il y a 50 ans, est devenu un gros Las Vegas de la péninsule arabique, une ville ultramoderne de deux millions d\u2019habitants, entre le désert et le golfe Per-sique, qui reçoit 12 millions de touristes par année.Dubaï se veut la New York du Moyen-Orient \u2014 avec le plus haut gratte-ciel du monde, le plus gros centre commercial, le plus long métro automatisé et le plus gros centre de ski intérieur.Ici, les cupcakes coûtent 1000 dollars, les îles sont en forme de palmier ou de mappemonde et le plus grand festival s\u2019appelle le Shopping Festival, qui attire trois millions de touristes qui débarquent à plein Airbus A380.Pourtant, il n\u2019y avait presque rien ici il y a 70 ans.Comment est-ce possible ?voir page a 8 : DUBAÏ wmm iimiiiia KATSUHIKO TOKUNAGA/BREITLING/AGENCE FRANCE PRESSE Des acrobates participent à un spectacle aérien au-dessus de l\u2019émirat.En arrière-plan, le plus haut gratte-ciel du monde.AirAsia Nouveau drame dans l\u2019aviation civile L\u2019Airbus A320 serait « au fond de la mer » PHILIPPE ORFALI Nouvel épisode de ce qui s\u2019annonçait déjà comme Vannus horribilis de l\u2019aviation civile internationale.Un Airbus A320 de la compagnie à bas coût AirAsia a disparu, samedi, entre l\u2019Indonésie et Singapour, avec 162 personnes à son bord.Les recherches se poursuivaient dimanche soir.Mais l\u2019espoir des premières heures avait déjà laissé place à la résignation.Le vol QZ8501 s\u2019ajoute aux vols MH370, MH17 et AH5017 qui se sont abîmés, tuant des centaines de personnes, au cours de l\u2019année 2014.Les recherches ont repris dès les premières lueurs de l\u2019aube, vers 6 heures, heure locale, lundi (18 heures, heure normale de l\u2019Est, dimanche) pour retrouver l\u2019avion, disparu des écrans radars en pleine tempête au-dessus de la mer de Java, samedi soir, pendant qu\u2019il effectuait un vol entre la ville indonésienne de Surabaya et Singapour.L\u2019avion d\u2019AirAsia disparu est probablement «au fond de la mer», ont indiqué les autorités, quelques heures après la reprise des recherches.«Compte tenu des informations en notre possession et de l\u2019évaluation selon laquelle le lieu supposé de l\u2019écrasement est dans la mer, l\u2019hypothèse est que l\u2019avion est au fond de la mer.C\u2019est une impression préliminaire, qui peut se développer avec les évaluations du résultat des recherches», a déclaré le chef de l\u2019agence nationale indonésienne de recherches et secours, Bam-bang Soelistyo, lors d\u2019une conférence de presse.Douze navires, cinq avions, trois hélicoptères et quelques navires de guerre participent aux voir page a 8 : AVION P«INT CHAUD Dire adieu à Lac-Mégautic Le cœur lourd, le jeune curé de Lac-Mégantic se prépare à célébrer le Nouvel An avec ses paroissiens pour une toute dernière fois.À 36 ans, l\u2019abbé Steve Lemay admet qu\u2019il est totalement épuisé par les 18 derniers mois, au cours desquels il a accompagné les citoyens de la petite ville pour traverser un drame sans nom.Son départ, prévu le 1®*^ février, est, à ses yeux, aussi «déchirant» que «crucial».DAPHNÉE HACKER-B.^ e n\u2019est pas un état de fuite.Je ne m\u2019en ^ vais pas en me disant que je tourne le dos [à Lac-Mégantic].si je veux bien servir et servir longtemps, je dois prendre du repos», dit le curé de la paroisse Sainte-Agnès de Lac-Mégantic.Ce dernier prendra une période sabbatique de six mois, au bout de laquelle il ne reviendra pas à sa paroisse, mais en joindra plutôt une nouvelle.En entrevue au Devoir, l\u2019abbé Lemay a la voix émue.«Ce que nous avons vécu, ça dépasse toute mesure humaine.Comme prêtre, j\u2019ai voulu tout donné.Tout.[.] Mais ce qu\u2019une personne humaine peut déployer comme amour n\u2019était pas suffisant devant l\u2019ampleur du drame.J\u2019ai dû m\u2019en remettre à plus grand que moi, à Dieu, car, sinon, je m\u2019écrasais», raconte-t-il.Le passage d\u2019un train meurtrier, le 6 juillet 2013, qui a arraché la vie à 47 personnes et a incendié le cœur voir page a 8 : ADIEU 77831303442401 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 29 DECEMBRE 2014 ACTUALITES À cause de l\u2019Ontario et de l\u2019Alberta Cadeau de fin d\u2019année des journalistes du Devoir, la série Instantanés propose des textes de fiction inspirés par des photos d\u2019archives du temps des Fêtes envoyées par des lecteurs à la rédaction.Aujourd\u2019hui, un texte d\u2019Amélie Gaudreau et un cliché de Daniel Larocque.AMÉLIE GAUDREAU Denis n\u2019aimait pas l\u2019Ontario ni l\u2019Alberta, depuis qu\u2019ils étaient dans sa vie.L\u2019Ontario, parce que c\u2019est là que sa famille avait déménagé, juste au moment où il pouvait enfin aller jouer dans la ruelle avec les grands quand ils revenaient de l\u2019école.Mais son père voulait travailler dans une « shoppe de belles machines» à Oshawa, une ville où personne ne le comprenait.Et il n\u2019avait même plus de ruelle où s\u2019aventurer.L\u2019Alberta, c\u2019était sa petite sœur neuve, nommée ainsi en l\u2019honneur d\u2019une vieille tante décédée.Elle était venue au monde juste avant le départ pour l\u2019Ontario et elle pleurait tout le temps.Surtout la nuit, au moment où il de-vait faire un tour\tlïtSVÏ» au petit coin.Une bénédiction, selon sa mère, qui avait eu bien du mal à rendre propre son grand Denis.«Trois ans et quelques, c\u2019est pas mal vieux pour t\u2019échapper dans tes culottes», lui avait déjà dit sa grand-mère, dont il s\u2019ennuyait désormais, malgré ses becs en pincette.On avait célébré son quatrième anniversaire quelques semaines après le déménagement à l\u2019autre bout du monde.Célébrer est un bien grand mot: ses parents lui avaient chanté «Happy Birthday », n\u2019avaient invité aucun ami de Limoilou, et encore moins les petits voisins d\u2019à côté qui, de toute façon, le regardaient tou-jours comme s\u2019il était un «bébé-lala».Mais sa sœur, elle, était bien là, hurlante comme d\u2019habitude.L\u2019Alberta pouvait bien retourner d\u2019où elle venait, sûrement de chez les sauvages, comme disait sa grand-mère quand les enfants allaient se faire garder ailleurs parce qu\u2019un bébé neuf arrivait.Il eut le malheur d\u2019exprimer ce souhait assez fort pour que sa mère l\u2019entende, après avoir soufflé sur les bougies de son gâteau.Depuis ce jour, la moindre plainte de sa part lui méritait les réprimandes de sa maman, si gentille avant que l\u2019envahis-seuse prenne toute la place.Il fallait qu\u2019il se taise dans un pays où, de toute façon, il ne se faisait comprendre de personne.Denis cherchait un moyen de redevenir le centre d\u2019attention de la seule personne avec qui il pouvait parler, son père étant toujours à la « shoppe de belles machines» ou devant la télévision, qu\u2019on avait le droit de regarder si on restait silencieux.Le seul moyen d\u2019obtenir un peu d\u2019attention de sa mère, c\u2019était de redevenir un bébé.Il lui était impossible de rapetisser et très difficile d\u2019arrêter de parler ou de marcher.Il restait la culotte.Celle qu\u2019il mouillait si souvent avant, quand Alberta n\u2019était pas là pour l\u2019avertir d\u2019aller aux toilettes.Il se mit donc à ignorer de toutes ses forces l\u2019alarme naturelle que constituaient les italics B DANIEL LAROCQUE Denis, le tricycle bleu et d\u2019autres jouets qu\u2019il n\u2019avait pas espérés de la part du père Noël pleurs d\u2019Alberta et à se réveiller beaucoup plus tard, en larmes, quand son lit était bien trempé.Tellement qu\u2019il n\u2019entendait plus les crises nocturnes de sa sœur.Sa mère, patiente, ne le sermonnait pas.Mais après quelques semaines de ce régime de changement de draps et de pyjama à trois heures du matin, elle le mit au défi : «Denis, t\u2019es rendu pas mal grand.Assez grand même pour avoir un tricycle.Mais comme tu fais encore pipi au lit.Si tu redeviens propre la nuit, peut-être que le père Noël va être fin, pis qu\u2019il va t\u2019en laisser un en dessous du sapin.» Un tricycle: le rêve.De quoi pavoiser devant les petits voisins incompréhensi- bles, qui le regarderaient peut-être d\u2019un autre œil.Denis avait peur du gros monsieur en rouge, mais il voulait un tricycle, plus que tout, plus que la disparition d\u2019Alberta.Il fallait donc réapprendre à se réveiller quand sa sœur hurlait en pleine nuit.Mais il n\u2019y arrivait pas : ses oreilles étaient devenues insensibles aux plaintes alber-taines, et ses fesses, elles, sentaient toujours un peu trop tard le liquide chaud qui envahissait son pyjama.Le sapin fit son apparition dans la maison sans qu\u2019il puisse inverser cette tendance.La veille de Noël, sa grand-mère en visite le borda en lui rappelant qu\u2019il n\u2019avait plus beaucoup de temps pour convaincre le père Noël qu\u2019il était capable «de ne pas s\u2019échapper ».Il se réveilla quelques heures plus tard, trempé.Mais il retint ses larmes, enleva son pyjama, et attendit les premières lueurs du jour.Il prit le temps de mettre ses souliers cloutés pour être sûr que le père Noël s\u2019en irait très vite s\u2019il était toujours dans la maison, puis descendit au salon, là où trônait le sapin.Et en dessous, un magnifique tricycle bleu, et d\u2019autres jouets qu\u2019il n\u2019avait pas espérés ! Le père Noël avait été vraiment gentil.Peut-être que lui non plus n\u2019aimait pas trop l\u2019Ontario ni l\u2019Alberta.Le Devoir Un traversier est en flammes snr la mer Adriatiqne Athènes \u2014 Au moins une personne est morte et deux autres ont été blessées en tentant de s\u2019échapper d\u2019un traversier en flammes qui transportait des centaines de personnes en mer Adriatique, a annoncé dimanche la garde côtière italienne.L\u2019incendie s\u2019est déclaré pendant que le bateau se trouvait dans les eaux grecques, menaçant les quelque 470 passagers et membres d\u2019équipage, qui ont dû se réfugier sur le pont supérieur pour attendre les secours.Selon la ministre italienne de la Défense, 190 passagers ont été secourus jusqu\u2019à maintenant.L\u2019opération de sauvetage devait se poursuivre durant la nuit pour secourir les nombreux passagers toujours piégés dans le traversier.Associated Press Les brèches du remorqueur échoué out été colmatées Trois-Rivières \u2014 La récupération des hydrocarbures va bon train au port de Trois-Rivières, où un remorqueur a sombré vendredi.En entrevue avec La Presse canadienne dimanche, le porte-parole de la Garde côtière canadienne, Michel Plamondon, a expliqué qu\u2019««7 y a des plongeurs qui ont déjà réussi à boucher plusieurs évents, les endroits d\u2019où le produit coule».Il a ajouté que, au total, «la récupération de 9,7 tonnes d\u2019hydrocarbures purs a pu être effectuée», ce qui, selon lui, représente une «très, très bonne quantité».M.Plamondon a reconnu que, malgré ces améliorations, l\u2019opération est loin d\u2019être terminée, mais il n\u2019était pas en mesure de dire combien de temps elle pourrait durer.La Presse canadienne .\t.\tVv''\" ¦ x\\'\t> \u2022 i'\"- caillou est au Zoo! DU 26 DÉCEMBRE AU 4 JANVIER (3M GK®Ué(lé Le Zoo l\u2019hiver Ouvert dès le 26 décembre 2014* 'Fermé le F janvier \u2022\tSpectacle de cracheurs de feu \u2022\tMascottes \u2022\tAmuseurs publies \u2022\tLabyrinthe géant \u2022\tPrésentations des gardiens et des éducateurs \u2022\tZone de jeux pour les enfants \u2022\tDes animaux dans la neige.ou bien au chaud à l\u2019intérieur de nombreux pavillonsi ZOOGRANBY Y avez-vous pensé l\u2019hiver?F Ecologique, biologique et carboneutre Complètement rénové en 2014 Hôtel du Vieux-Québec L'hôtel boutique le mieux répertorié dans le Vieux-Québec ^ VOUS invite à découvrir le Tournebroche,\tÆ le nouveau restaurant du Chef 5 diamants caa/aaa\tr Stéphane Roth ©2015 DHX Cookie Jar Inc.CAILLOU\"^ Les Editions Chouette (1987) Inc.DHX MEDIA® DHX Media Ltd.Tous droits réservés.INDUSTRIELLE ALLIANCE H lUi^llIllM LE DEVOIR, LE LUNDI 29 DECEMBRE 2014 A 3 ACTUALITES RELATIONS DE TRAVAIL Un bilan sombre au Québec, malgré une baisse des conflits Malgré une diminution du nombre des conflits de travail cette année, l\u2019Ordre des conseillers en ressources humaines agréés trace un sombre bilan de 2014 en matière de relations du travail au Québec.L\u2019organisme se réjouit que seulement 53 conflits de travail, lockouts ou grèves aient été déclenchés, alors qu\u2019il y en avait eu 75 en 2013.Autre point positif: l\u2019ordre note que les extravailleurs de WalMart de Jonquière ont eu gain de cause cette année, la Cour suprême du Canada émettant un jugement défavorable envers la multinationale relativement à la fermeture, en 2005, de cette succursale.Le magasin avait été fermé en pleine négociation d\u2019un premier contrat de travail avec les employés.Mais, selon l\u2019ordre, les flops ont été plus nombreux que les tops en 2014.Parmi ceux-ci, l\u2019organisme signale le « débordement» survenu à l\u2019hôtel de ville de Montréal, en réaction au projet de loi 3 sur les régimes de retraite.Des travailleurs de la Ville avaient pris d\u2019assaut la salle du conseil municipal et y avaient causé du vandalisme.L\u2019ordre souligne également que les relations entre la Ville de Québec et ses pompiers vont de mal en pis et précise que, après quatre années de conflit, les pompiers sont toujours sans contrat de travail.Pour 2015, l\u2019organisme s\u2019attend à un vent favorable pour le secteur manufacturier et rappelle que les économistes prévoient une croissance pour cette industrie, qui a été éprouvée ces dernières années en ce qui a trait aux relations du travail.L\u2019ordre estime par ailleurs qu\u2019il faudra surveiller les négociations dans le secteur public.Le 31 mars 2015 marquera la fin dp contrat de travail des milliers d\u2019employés de l\u2019Etat.Avec le climat d\u2019austérité et les demandes d\u2019augmentation des syndicats que le gouvernement juge déraisonnables, il y a fort à parier que le printemps sera chaud, selon l\u2019Qrdre des conseillers en ressources humaines agréés.La Presse canadienne Ebola fait de l\u2019ombre au problème de la malaria MICHELLE LAUL à Guéckédou La lutte contre le virus Ebola en Afrique de l\u2019Quest a éclipsé la vaste campagne de prévention et de détection de la malaria \u2014 une maladie qui fait des ravages beaucoup plus importants dans la région.A Guéckédou, en Guinée, près du village qui a assisté à la première éclosion du virus mortel il y a un an, les médecins ont dû arrêter de prélever du sang pour les tests de malaria, puisque le virus Ebola peut être transmis par les fluides corporels.Selon le docteur Bernard Nahlen, directeur adjoint de l\u2019injtiative présidentielle contre le paludisme aux Etats-Unis, l\u2019annonce de la diminution de 40% des cas de malaria n\u2019est pas une bonne nouvelle.Selon lui, 15 000\tchute peut s\u2019expliquer par le fait que les habitants Guinéens\tfuient les centres de santé, par crainte d\u2019être placés en ont succombé\tquarantaine., .\t.\t11 ajoute qu\u2019il ne serait a la malaria\tpas surpris d\u2019une augmenta- l\u2019année\tdécès causés par la malaria, une maladie qui est dernière\tpourtant traitable et peut \u2019\têtre prévenue.contre 1600 Quelque 15 000 Guinéens J .\tont succombé à la malaria des suites\tl\u2019année dernière, dont 14 000 d\u2019Ebola\tseraient des enfants âgés de moins de cinq ans, selon l\u2019organisme new-yorkais Nets for Life Africa.En comparaison, environ 1600 personnes sont mortes des suites d\u2019Ebola en Guinée, selon l\u2019Qrganisation mondiale de la santé (GMS).Gr le nombre des victimes de la malaria pourrait s\u2019avérer encore plus élevé.En Guinée, les données officielles sous-estiment le nombre des décès, puisque la moitié des 12 millions d\u2019habitants n\u2019ont pas accès aux soins de santé et ne sont donc pas inclus dans ces chiffres.Selon Nets for Life, la malaria est la première cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans en Guinée.Pour les adultes, il s\u2019agit de la maladie la plus meurtrière après le sida.Les symptômes d\u2019Ebola et de la malaria sont semblables et comprennent notamment de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires.Gr certains centres de santé renvoient chez eux des patients qui présentent ces symptômes, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas l\u2019équipement requis pour traiter les cas d\u2019Ebola.Selon l\u2019GMS, à Guéckédou, 24% des personnes atteintes du virus Ebola étaient aussi infectées par la malaria.De plus, 33% de ceux qui n\u2019étaient pas déclarés positifs pour Ebola avaient attrapé la malaria.Associated Press RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Les chefs Thomas Mulcair (Nouveau Parti démocratique), Justin Trudeau (Parti libéral) et Stephen Harper (Parti conservateur) Petits et grands maux des partis fédéraux La politique ne se résume pas qu\u2019aux débats sur les projets de loi déposés au Parlement ou aux orientations mises de l\u2019avant par le gouvernement, loin s\u2019en faut.C\u2019est aussi beaucoup une affaire de vie partisane : des investitures déchirantes, du patronage un peu trop évident, d\u2019anciens alliés sacrifiés au nom du parti ou de la cause.Chacun des quatre principaux partis a vécu son lot d\u2019aventures et de chicanes en 2014.Le Devoir en propose un petit survol.Parti conservateur : des boucs émissaires et des perdants L\u2019année 2014 a commencé pour le chef conservateur par un voyage en Israël.Jean Chrétien s\u2019y était déjà rendu avant lui, mais c\u2019était la première fois qu\u2019un premier ministre visitait des lieux saints tels que le mur des Lamentations.Personne n\u2019aurait osé voir dans cette visite un geste partisan pour se gagner le vote juif.Personne.sauf le conservateur Mark Adler.Le député a été entendu en train de supplier qu\u2019on le laisse rejoindre M.Harper, parce que ce serait «la réélection.La photo à un million de dollars.» 2014 aura été l\u2019année de la tombée en disgrâce de Dimitri Soudas.L\u2019ancien homme de confiance de Stephen Harper, devenu le directeur exécutif du parti, a dû démissionner de son poste pour s\u2019être un peu trop engagé dans la course à l\u2019investiture dans Gakville-North Burlington, à laquelle participait sa conjointe, la députée Eve Adams.M\u201d® Adams a quitté la course, tout comme son adversaire, et les rumeurs veulent maintenant que M.Soudas songe à s\u2019y présenter lui-même ! Les investitures, surtout après un redécoupage électoral, sont toujours douloureuses et le député albertain Rob Anders l\u2019a appris à ses dépens.11 en a perdu non pas une, mais deux, dans autant de circonscriptions.11 ne pourra donc pas se représenter en 2015.Une façon comme une autre pour les militants de se débarrasser d\u2019un personnage controversé, qui avait notamment critiqué l\u2019attribution de la citoyenneté honorifique au «terroriste» Nelson Mandela.Le PC a aussi pris ses distances avec ses anciens amis devenus intouchables.Le jeune Michael Sona, le seul inculpé dans l\u2019affaire des appels frauduleux logés en 2011, a écopé de neuf mois de prison, fait rare pour une infraction électorale.Le gouvernement a néanmoins porté en appel la sentence, jugée trop clémente.Les ex-sénateurs Mike Duffy et Patrick Brazeau doivent se sentir moins seuls, eux contre qui la GRC a déposé des accusations.Enfin, l\u2019ancienne candidate et conseillère de M.Harper, Myriam Taschereau, a été nommée juge de la citoyenneté à temps partiel, un poste rémunéré entre 465$ et 550$ par jour.Hélène Buzzetti Nouveau Parti démocratique : des chicanes partisanes et des départs Thomas Mulcair a eu du mal à causer de politiques en 2014 \u2014 vanter les siennes, critiquer celles du gouvernement.Le chef du NPD a plutôt été forcé de défendre ses « bureaux satellites» à Montréal et à Québec, oû des employés étaient rémunérés par les ressources parlementaires du caucus.Le Bureau de la régie interne (BRI) \u2014 qui surveille à huis clos les dépenses des députés \u2014 a accusé le NPD d\u2019avoir «contrevenu » aux règles et l\u2019a sommé de rembourser les salaires de la douzaine d\u2019employés depuis 2011.La facture n\u2019a pas été précisée.Eurieux, M.Mulcair s\u2019est tourné vers la Cour fédérale pour faire invalider ce blâme du BRI.Ce n\u2019était d\u2019ailleurs pas le premier différend du NPD avec le comité, qui lui a en outre reproché d\u2019avoir distribué 1,8 million de dépliants partisans en les insérant dans des enveloppes préaffranchies de la Chambre.Remboursement réclamé: 1,17 million (1,13 million à Postes Ca- nada) .Le NPD conteste aussi cette décision en Cour fédérale.L\u2019automne a ensuite été secoué par les allégations de harcèlement formulées par deux députées du NPD contre deux élus libéraux.Après s\u2019être confiée à une série de journalistes, l\u2019une des victimes s\u2019est à nouveau terrée dans le mutisme et a refusé, comme sa collègue, de participer à une enquête des Communes.Martelant vouloir respecter le souhait d\u2019anonymat de ses députées, M.Mulcair a vertement critiqué Justin Trudeau d\u2019avoir ébruité l\u2019affaire en suspendant ses députés.M.Mulcair a enfin eu à encaisser le départ de quatre députés cette année (huit depuis son arrivée à la chefferie).Glivia Chow a brigué \u2014 sans succès \u2014 la mairie de Toronto, Jean-Erançois Larose a cofondé le parti Eorces et Démocratie, tandis que Glenn Thibeault a rejoint.le Parti libéral de l\u2019Gntario.Sana Hassainia s\u2019est déclarée indépendante en critiquant le chef et sa position jugée trop pro-israélienne.La Québécoise Manon Perreault a par ailleurs été expulsée du caucus après avoir été accusée de méfait.Le NPD a en revanche recruté l\u2019ex-bloquiste Maria Mourani, qui est devenue membre du parti et pourrait se porter candidate.Marie Vastel Parti libéral : une ouverture coûteuse C\u2019est une promesse que le chef libéral Justin Trudeau regrette peut-être d\u2019avoir faite.Celle de permettre la tenue de courses à l\u2019investiture totalement ouvertes.Comprendre par là : sans influence des organisateurs du parti.Trinity-Spadina faisait saliver bien des libéraux, après le départ de la néodémocrate Glivia Chow pour la mairie torontoise.En particulier Christine Innés, qui y avait tenté sa chance auparavant.Mais voilà que, en prévision du redécoupage de la carte électorale, le parti lui a demandé de s\u2019engager à ne pas se présenter contre une députée sortante lors des élections générales suivantes.M\u201d® Innés a refusé.Et, après s\u2019être fait accuser d\u2019intimidation, la candidate éconduite a logé une poursuite judiciaire de 1,5 million de dollars.Consolation: Adam Vaughan, qui avait finalement raflé l\u2019investiture, a aussi repris au NPD le siège lors de la partielle.Dans Gttawa-Grléans, un ancien aspirant à la chefferie, David Bertschi, menace d\u2019une poursuite de 50 000$ le parti qui l\u2019a empêché de se présenter à l\u2019investiture \u2014 au motif qu\u2019il traîne encore une dette de leadership \u2014 cqntre le général à la retraite Andrew Leslie.A Hull-Ayl-mer, l\u2019ancien député Marcel Prouk a désavoué le choix de Greg Eergus, un apparatchik du parti, au détriment de l\u2019ancien maire de Gatineau, Yves Ducharme.La course avait été devancée de plusieurs semaines, ce qui a pris M.Ducharme au dépourvu.Justin Trudeau a par ailleurs entamé 2014 par un coup d\u2019éclat, alors qu\u2019il met à la porte de son caucus, sans préavis, ses 32 sénateurs.La chose a été tournée en dérision quand les exclus ont choisi de continuer à s\u2019appeler « libéraux» et même d\u2019assister au congrès du parti.Largués, les députés Massimo Pacetti et Scott Andrews l\u2019ont été eux aussi, sur la foi d\u2019allégations de harcèlement sexuel.Justin Trudeau attend maintenant le rapport d\u2019une avo- cate-experte pour déterminer si les deux hommes pourront réintégrer l\u2019équipe.Enfin, le chef aura été traité de «bozo» par son propre député John McKay, après avoir décrété que tous ses candidats n\u2019auraient d\u2019autre chok à l\u2019avenir que de défendre des positions pro-chok.H B.Bloc québécois : un nouveau ton qui mène à l\u2019Implosion Les bloquistes se réjouissaient de voir leur course à la chefferie ramener le parti à l\u2019avant-plan, après la démission-surprise de Daniel Paillé, fin 2013.Mais, le moment du chok venu, en juin, l\u2019élection de Mario Beaulieu a presque instantanément déchiré les forces souverainistes.L\u2019ancien chef, Gilles Duceppe, n\u2019a pas digéré d\u2019entendre le nouveau venu proclamer que «le temps de l\u2019attente et du défaitisme est terminé».Son indignation a rapidement été partagée par plusieurs militants et anciens députés qui ont carrément claqué la porte de leur parti.Tout comme deux des quatre députés de la formation.André Bellavance \u2014 arrivé derrière M.Beau-lieu dans la course \u2014 siège depuis comme député indépendant et ne briguera pas une nouvelle élection.Jean-Erançois Eortin, qui avait renoncé à la chefferie pour se ranger derrière M.Bellavance, a rapidement quitté le parti lui aussi.Tous deux en avaient contre le virage adopté par leur nouveau leader, qui voulait marteler souveraineté et seulement souveraineté.La crise s\u2019est calmée.D\u2019anciens députés sont rentrés dans le rang, selon M.Beaulieu, qui insiste pour dire que les troupes vont bien et que le Bloc comptera un candidat dans toutes les circonscriptions du Québec.Le parti aurait toutefois, pour l\u2019instant, été approché par de potentiels candidats dans seulement la moitié des circonscriptions.M.Beaulieu ne pourra compter sur le retour que d\u2019un seul député sortant, Louis Plamondon.L\u2019unique autre élu du parti, (Jlaude Patry \u2014 qui avait quitté le NPD pour se joindre au Bloc en 2013 \u2014 ne tentera pas de nouveau sa chance.M.Beaulieu compte par ailleurs un nouveau rival sur l\u2019échiquier électoral, l\u2019ex-député Jean-Erançois Eortin ayant fondé sa propre formation politique, Eorces et Démocratie.M.Eortin courtise les régions en martelant que les partis existants ont perdu de vue leurs électeurs.Lui, il promet de leur redonner la parole et de défendre leurs intérêts régionaux.M.Beaulieu ne se formalise pas de ce nouveau venu, même s\u2019il fait de l\u2019œil à son propre électorat, et le Bloc a dans sa mire, pour 2015, les nationalistes qui avaient donné leur chance au NPD en 2011.M.V.Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR Mario Beaulieu, chef du Bloc québécois A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI 29 DECEMBRE 2014 ACTUALITES RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Une famille traverse Tavenue Ruel sous le viaduc de Tautoroute Félix-Leclerc, dans le quartier Montmorency.Uavenue Ruel était auparavant une artère prospère aux innombrables commerces.m 't~U Instantanés LE DEVOIR UBRE DG PENSER 30 journalistes inspirés par 30 photos envoyées par des lecteurs.20 textes inédits.\u2022é CRCR ^ Un vente au cours des prochains ^ jours dans l\u2019App Store Télécharger dans m l'App Store LE DEVOIR UBRE DE PENSER Montmorency, le quartier oublié de Québec L\u2019un des quartiers les plus charmants de la capitale demeure méconnu de la plupart des résidants de la région.Victime d\u2019une urbanisation mal planifiée, Montmorency est à la croisée des chemins.Petit voyage dans un village au cœur de la ville.Au carrefour de la nostalgie et d\u2019un possible renouveau.ISABELLE PORTER à Québec C> est comme une terra incognita.Les gens ne viennent pas ici.C\u2019est pour ça que c\u2019est oublié, alors que c\u2019est un beau quartier à découvrir.» Dans la jeune cinquantaine, Marc-André Careau a passé sa vie dans Montmorency.Actif dans le conseil de quartier et différents organismes, il en connaît tous les secrets et petites histoires.«Je me sens chez nous ici.Comme dirait Arthur Rimbaud, quand je me promène ici, j\u2019ai plus de souvenirs que si j\u2019avais mille ans.» Le quartier a beau se trouver en plein cœur de la ville, à Beau-port, les gens ne le connaissent pas parce qu\u2019il est enclavé.Il se trouve juste avant les chutes Montmorency, le long de la falaise.Après l\u2019ancienne cimenterie, derrière l\u2019autoroute qui longe le fleuve.Quand M.Careau était petit.Montmorency était une ville à part entière.Elle s\u2019était développée au début des années 1900 pour loger les employés de Dominion Textile, près des chutes.Or la construction du boulevard Saint-Anne puis de l\u2019autoroute le long du fleuve l\u2019a progressivement coupée du reste de la ville.Dès lors, à moins de vouloir s\u2019y rendre, on ne passe jamais par là.Son architecture un peu vieillotte rappelle celle du Cap-Blanc, avec en prime quelques incongruités, comme cette vieille coopérative aux allures de chalet suisse et ses rues perpendiculaires au fleuve, si étroites qu\u2019on ne peut y faire passer une voiture que si les portes sont fermées.Le charme est là, mais la vitalité, moins.«Il n\u2019y a plus de services, ce n\u2019est plus intéressant de venir ici, explique M.Careau.Dans les années 1970, il y avait 6000 personnes qui vivaient ici.Là, on est rendu à 1200.» Le seul autobus à s\u2019y rendre passe aux demi-heures, autant dire jamais en dehors des heures de pointe.Il n\u2019y a même pas un restaurant ou un café où donner rendez-vous à quelqu\u2019un.Heureusement, une petite épicerie a subsisté.Et les statistiques ont de quoi inquiéter.Le revenu moyen dans Montmorency est de moins de 20 000$, ce qui en fait l\u2019un des plus bas de l\u2019agglomération.Le taux moyen d\u2019effort au logement atteint des niveaux records (38%), alors que les appartements y sont beaucoup moins chers qu\u2019ailleurs.Chez les 65 ans ou plus, à peine un résidant sur cinq a son diplôme d\u2019études secondaires.La pppu-lation du quartier vieillit.À tel point que les mauvaises langues l\u2019appellent «Mémèrency».Un milieu mobilisé Ces données proviennent d\u2019un diagnostic réalisé en 2010, et, depuis, le milieu communautaire s\u2019est mobilisé et de beaux petits projets ont commencé à pousser.Comme le jardin communautaire près de chez M.Careau ou encore les initiatives de Brigitte Landry, intervenante au CLSC.En juin dernier, elle a créé un club de marche pour les aînés du secteur.Tous les mardis à 9 heures, ils se réunissent à un coin de rue pour traverser le quartier en groupe.Marie-Diane fait partie des habitués.Elle dit que Montmorency, «c\u2019est la plus belle place qu\u2019il y a pas».«J\u2019ai élevé mes enfants là», explique-t-elle en pointant un des immeubles de l\u2019avenue Ruel, l\u2019équivalent de la rue principale qui longe la falaise.«A côté, il y avait M\u201d'* Bédard, il y avait de la vie.Les seuls qui restent maintenant sont centenaires.» Pour elle, le club de marche, c\u2019est une «petite étincelle d\u2019allu-mée».«Ça vient montrer qu\u2019il reste de la vie.» Le quartier porte en lui un pa- radoxe.Les vieux du coin se désolent de le voir dépérir, mais beaucoup se méfient en même temps des nouveaux arrivants.Ils ont peur de sortir, s\u2019isolent.Le milieu communautaire essaie donc de les faire participer le plus possible à sa relance.En avant du groupe de marcheurs, un couple se tient par la main.Michel, 68 ans, et Sylvie, 57 ans, se sont rencontrés au club de marche et, pour la première fois cette année, ils passent Noël ensemble.«Moi, j\u2019avais perdu mon épouse depuis un bout, puis elle, elle avait perdu son chum depuis trois ans, raconte Michel, pendant que Sylvie rit d\u2019un air malcommode.Si vous racontez ça dans l\u2019article, peut-être que le monde va être motivé de venir marcher ! » Passé le viaduc, le petit groupe traverse l\u2019ancien terrain de Ciment Saint-Laurent.Un promoteur se prépare à y développer un nouveau quartier de condominiums du nom de «Beauport sur le fleuve».Certains, comme Marc-André Careau, craignent la gentrification, mais, chose certaine.Montmorency est appelé à changer.D\u2019ailleurs, après 40 ans d\u2019attente, la Ville s\u2019est finalement décidée à réparer l\u2019avenue Ruel l\u2019été prochain.On parle aussi d\u2019élargir les trottoirs, de reverdir.La conseillère municipale Julie Lemieux a différents projets dans sa besace.Elle souhaite créer un point de service de la bibliothèque dans l\u2019ancienne église.Elle ajoute que le Réseau de transport de la capitale (RTC) envisage de créer un Parc-O-bus près du nouveau quartier, sur les terrains voisins de l\u2019ancienne cimenterie.Pour elle aussi.Montmorency a été une belle découverte quand elle s\u2019est lancée en politique et s\u2019est portée candidate dans le secteur.« C\u2019est un quartier qui a une âme, une architecture particulière, une histoire.» Ne reste plus qu\u2019à en imaginer la suite.Le Devoir IA Voir aussi > La série \" de photos de Renaud Philippe sur ledevoir.eom Chers abonnés, chers lecteurs, Veuillez prendre note de l'horaire du service à la clientèle pour le temps des fêtes : 31 décembre : 7 h 30 à midi 1 -2 Janvier : FERMÉ Sinon, le service sera ouvert comme à l'habitude du lundi au vendredi entre 7 h 30 et 16 h 30.JOYEUSES FÊTES À TOUS !\t1 800 463-7559 LE DEVOIR LE LUNDI 29 DECEMBRE 2014 A 5 ACTUALITES Frédéric Dion en qnête d\u2019nn antre record dans l\u2019Antarctiqne L\u2019aventurier québécois Frédéric Dion, qui vient de réaliser deux exploits dans l\u2019Antarctique, s\u2019attelle maintenant à inscrire un autre record.Après avoir atteint le «pôle Sud d\u2019inaccessibilité» et le «pôle Sud géographique» en solitaire, soit plus de 3000km en skis, tiré par un cerf-volant, il repart pour traverser l\u2019Antarctique par son centre.LeTri-fluvien se donne moins de 15 jours pour effectuer les 1130 km supplémentaires.S\u2019il réussit à compléter la traversée intégrale du continent aussi rapidement, ce serait une première mondiale.Frédéric Dion n\u2019a mis que 46 jours pour réaliser ses deux premiers exploits.L\u2019homme de 37 ans se dit en pleine forme pour poursuivre son expédition.La Presse eanadienne La neige et le froid recouvrent plusieurs régions de l\u2019Europe Londres \u2014 Des automobilistes ont été coincés et des maisons privées d\u2019électricité en Grande-Bretagne samedi, alors que des températures sous le point de congélation et de la neige ont balayé des parties de l\u2019Europe.La neige a recouvert des parties de la Suisse et du sud-ouest de l\u2019Allemagne.Jusqu\u2019à 40 centimètres de neige étaient encore attendus dans le massif de la Forêt-Noire.En Grande-Bretagne, des automobilistes ont été forcés d\u2019abandonner leur voiture ou y ont été coincés durant des heures après s\u2019être embourbés.Des dizaines de personnes qui faisaient le trajet entre Sheffield et Londres ont passé la nuit dans une église, après que leur autocar s\u2019est immobilisé dans la neige.Dans le nord de l\u2019Angleterre, 11 centimètres de neige sont tombés.Assoeiated Press Inondations monstres en Malaisie Kuala Lumpur \u2014 Les pires inondations que la Malaisie a connues depuis des décennies ont fait cinq morts et déplacé plus de 100 000 personnes.Les autorités ont évacué de nombreuses villes dans cinq Etats ayant été inondés à la suite de pluies torrentielles d\u2019une force inhabituelle.Plus de 105 000 personnes se sont mises à l\u2019abri dans des écoles, des salles communautaires et d\u2019autres centres d\u2019accueil.Le premier ministre, Najib Razak, a mis fin à ses vacances à Hawaii pour aider son peuple.Il avait été fortement critiqué pour ces vacances, où il a été aperçu en train de jouer au golf avec le président Barack Obama.Assoeiated Press De cellules de peau à spermatozoïdes et ovules Des scientifiques font un pas en direction de la création en laboratoire de cellules reproductrices PAULINE GRAVEL L> exploit avait déjà été réalisé chez la souris, ' mais tous les chercheurs qui l\u2019avaient tenté avec des cellules humaines avaient échoué jusqu\u2019ici.Cette fois, des scientifiques de l\u2019Institut Weizmann des sciences en Israël et de l\u2019Université de Cambridge au Royaume-Uni y sont parvenus: ils ont réussi à créer en laboratoire des cellules germinales primordiales, ces cellules embryonnaires qui sont destinées à devenir des spermatozoïdes et des ovules, à partir de cellules de peau humaines.Leur prouesse pourrait permettre un jour à des femmes qui ont subi une chimiothérapie ayant détruit leurs ovules ou qui sont victimes d\u2019une ménopause précoce de concevoir un enfant.Les cellules germinales primordiales apparaissent au cours des premières semaines suivant la fertilisation de l\u2019ovule par le spermatozoïde, au cœur de la boule de cellules, appelée «blasto-cjùe», qui constitue le premier stade du développement embryonnaire.Ces cellules primordiales se transforment ensuite en cellules précurseurs de gamètes, lesquelles deviendront, en temps voulu, des spermatozoïdes ou des ovules.Dans un premier temps, les chercheurs ont converti des cellules adultes d\u2019épiderme humain en cellules souches pluripotentes induites (induced pluripotent stem cell ou IBS), selon la méthode mise au point en 2006 par le Japonais Shi-nya Yamanaka \u2014 pour laquelle il a reçu le prix Nobel en 2012 \u2014 et qui consiste à réactiver dans les cellules de peau quatre gènes associés à la pluripotence.Les IPS ainsi obtenues possèdent les mêmes propriétés que les cellules souches embryonnaires humaines : elles prolifèrent à l\u2019infini et peuvent se différencier en tous les types de cellules que contient un organisme.En 2012, les chercheurs japonais avaient réussi à induire en éprouvette la transformation dJPS de souris en cellules germinales primordiales, qui, une fois introduites dans les testicules et les ovaires de souris, s\u2019étaient développées en gamètes tout à fait fonctionnels.Toutefois, personne n\u2019était encore parvenu à reproduire cette expérience avec des cellules humaines car, comme l\u2019ont découvert les chercheurs, le développement embryonnaire de la souris ne se déploie pas exactement comme celui de l\u2019humain.Par exemple, les cellules embryonnaires d\u2019une souris peuvent conserver leur pluripotence en laboratoire très longtemps, alors que les IPS humaines, qui résultent d\u2019une reprogrammation génétique, ont forte- 1 % lEFF PACHOUD AGENCE FRANCE-PRESSE Des scientifiques ont réussi à créer en iaboratoire des ceiiuies germinaies primordiaies.ment tendance à se différencier.Pour réfréner cette tendance, Jacob Hanna, de l\u2019Institut Weizmann des sciences, a conçu une technique permettant d\u2019atténuer l\u2019expression du circuit génétique qui met en branle la différenciation des IPS en cellules spécialisées.Le chercheur a ainsi réussi à rajeunir un peu plus les IPS, c\u2019est-à-dire à les rendre encore plus semblables aux cellules embryonnaires humaines originales, dont les potentialités sont encore plus grandes.Des obstacles à surmonter Avec ces IPS humaines ayant subi une cure de jouvence, les chercheurs ont finalement réussi à induire la formation de cellules germinales primordiales identiques à celles présentes naturellement chez l\u2019humain.Dans leur article publié ces derniers jours dans la revue Cell, les chercheurs préviennent toutefois que les cellules germinales primordiales ne représentent que le premier pas vers la création de spermatozoïdes et d\u2019ovules humains et qu\u2019il reste de nombreux obstacles à surmonter.Notamment, les cellules doivent apprendre l\u2019astuce leur permettant de diviser leur ADN en deux, afin de devenir des cellules reproductrices viables.Néanmoins, les scientifiques ont appris des informations cruciales sur les gènes qui incitent une cellule souche à se différencier en cellule germinale primordiale.Ils ont notamment découvert que le gène SOX17 joue un rôle essentiel dans cette transformation, alors qu\u2019il exerce une tout autre fonction chez la souris.Pour les chercheurs, cette différence entre l\u2019humain et la souris n\u2019en est peut-être qu\u2019une parmi plusieurs autres.Mais, grâce à cette avancée, les chercheurs pourront étudier le processus de différenciation au niveau moléculaire, afin d\u2019identifier les facteurs qui favorisent la transformation des IPS en cellules germinales primordiales.Ces informations permettront peut-être de résoudre certains problèmes d\u2019infertilité.Le Devoir à D m porter raffinée sur toute la ligne HALIFAX MONCTON MONT-TREMBLANT MONTRÉAL OTTAWA QUÉBEC SAULT STE.MARIE STEPHENVILLE ST.JOHN\u2019S SUDBURY THUNDER BAY TIMMINS TORONTO WINDSOR BOSTON BURLINGTON.VT CHICAGO MYRTLE BEACH NEW YORK WASHINGTON flyporter.com Nouvelles réservations seulement.Réservez d\u2019ici 23 h 59 HE le 30 décembre 2014.Voyagez d\u2019IcI le 1* avril 2015.Porter peut exiger un achat jusqu'à 21 jours à l\u2019avance.Le rabais ne s\u2019applique pas du 18 au 24 et du 26 au 30 décembre 2014, du 2 au 7 janvier 2015 ni les 13 et 16 février 2015.Le rabais s\u2019applique au tarif de base, avant frais, taxes et surcharges.Le rabais ne s\u2019applique pas aux itinéraires qui comprennent un vol d'une ligne aérienne partenaire.Les tarifs sont fonction de la disponibilité et peuvent ne pas être disponibles pendant toute la période de voyage.Description détaillée des tarifs pour tous les itinéraires sur flyporter.com.Tarifs aller simple en classe Fixe au départ de la ville.Les tarifs à destination de la ville peuvent être différents.Nouvelles réservations seulement.Les tarifs incluent les taxes gouvernementales et les frais obligatoires, qui peuvent atteindre 150 $ par aller simple selon la destination.Les taxes étrangères fluctuent selon le taux de change en vigueur.Les frais pour des services optionnels, tels que les changements d\u2019itinéraire, les bagages supplémentaires, la présélection de siège ou d\u2019autres demandes spéciales, peuvent s\u2019ajouter au montant total.Tarifs non remboursables.Il est possible de changer d\u2019itinéraire moyennant des frais allant jusqu\u2019à 200 $ par personne et par trajet, plus toute différence de tarif.D'autres conditions (comme des frais de 25 $ pour l\u2019enregistrement d'un premier bagage et de 35 $ pour un deuxième et des frais pour bagages surdimensionnés ou en surpoids) peuvent être modifiées sans préavis et ne sont garanties qu'à l'émission du billet.Pour en savoir plus, allez à flyporter.com.En cas de divergence entre le tarif de nos annonces et le tarif affiché sur notre site Internet au moment de la réservation, ce dernier prévaudra. A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 29 DECEMBRE 2014 EDITORIAL MUNICIPALITES La rébellion des maires Le monde municipal mène depuis quatre ans ime bataille pour obtenir de Québec la reconnaissance de la mimici-palité comme im gouvernement de plein droit démocratiquement élu.L\u2019ouverture manifestée par le gouvernement Couillard pour accorder aux villes ime plus grande autonomie pourrait s\u2019être refermée à la suite de la rébellion des maires contre l\u2019autorité de leur ministre.D e tout temps, le gouvernement du Québec a été réticent à considérer les municipalités comme une institution démocratique de plein droit.Constitutionnellement, elles ont une existence formelle, mais leurs pouvoirs sont subsidiaires à ceux du gouvernement provincial.il s\u2019agit d\u2019une délégation de pouvoirs encadrée par des lois qui peuvent être révoquées et modifiées.Si elles étaient des personnes physiques, on dirait des municipalités qu\u2019elles sont des personnes mineures soumises à l\u2019autorité parentale, à laquelle seules quelques têtes fortes ont pu échapper.Deux exemples.Le maire Jean Drapeau avait su obtenir le respect des gouvernements supérieurs grâce à sa popularité personnelle.Le maire Gilles Vaillancourt, qui était le «faiseur de roi» dans les quatre comtés provinciaux de Laval, accumulait ainsi l\u2019indulgence de Québec.Les temps ont changé.Les municipalités t .i.ne sont plus de simples administrations chargées de la gestion de services de base ?1 -\t, comme l\u2019eau ou la voirie.Les élus locaux ont ^ prendre de plus en plus de décisions poli- -#.1^1 tiques à l\u2019égard d\u2019enjeux tels l\u2019environnement Bernard ou l\u2019itinérance, tandis que leurs collectivités Descôteaux attendent d\u2019eux qu\u2019ils aient une vision de leur avenir.Les élus locaux supportent de moins en moins d\u2019être considérés comme des mineurs.Ils ont entrepris en 2010 une démarche de réflexion collective sous l\u2019égide de l\u2019Union des municipalités.Un sommet a eu lieu en 2011 et un livre blanc, intitulé L\u2019avenir a un lieu, a été présenté au gouvernement québécois.L\u2019unanimité qui s\u2019est faite autour de ce document était en soi un message que le gouvernement québécois ne pouvait pas ignorer.Le Parti libéral de Philippe Couillard s\u2019était ainsi engagé, en campagne électorale, à négocier avec les municipalités un nouveau pacte fiscal, attendu en 2015.Sérieux dans leur volonté, les maires le sont comme ils ne l\u2019ont jamais été auparavant.Qn l\u2019a vu lorsqu\u2019ils ont refusé de plier l\u2019échine devant le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, qui les menaçait de mettre en tutelle les villes qui avaient transféré aux citoyens, sous la forme d\u2019une hausse de taxes, la part des compressions que le gouvernement Couillard leur avait refilée.Le ministre visait nommément les maires de Laval et de Longueuil, autour desquels tous leurs collègues se sont solidarisés.Qn a prêté toutes sortes de motifs au ministre Moreau, dont celui de s\u2019en prendre pour des raisons partisanes à des maires proches du Parti québécois.Cela a très peu à voir.Sa réaction est typique d\u2019un paternalisme habituel à Québec, qui ne peut accepter que les élus locaux détiennent une légitimité démocratique qui les rend responsables devant leurs concitoyens, dans la mesure où leurs décisions respectent leurs pouvoirs.Les maires de Québec et de Montréal se sont tenus en marge de cet affrontement avec Pierre Moreau, car ils ont leur propre cahier de revendications.Régis Labeaume et Denis Coderre se sont alliés depuis un an pour obtenir ce qu\u2019ils ont appelé, pour faire image, un statut de cité-Etat et montrer l\u2019importance capitale qu\u2019ont les villes dans le développement économique et l\u2019aménagement du territoire.Leur revendication est, à la base, la même que celle des autres municipalités, soit davantage de pouvoirs et, dans l\u2019exécution de leurs responsabilités, davantage d\u2019autonomie.Ce n\u2019est pas là créer un Etat dans l\u2019État.11 reviendra toujours à Québec d\u2019har-moniser les politiques en matière d\u2019aménagement du territoire.Sauf que, dans un esprit de partenariat, un respect commun doit exister.En se rebellant contre le récent diktat de leur ministre, les maires ont voulu simplement lui rappeler qu\u2019il serait temps d\u2019arriver au XXI® siècle.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET autre grand moment æ 5î UATfN^AwCC /V'AÎN'TÎEnT WfTA*W4HU ^ AffAÎRW îv* mhPhi LETTRES Une dimension spiritnelle manqnante Le manque de respect généralisé, l\u2019intégrité de plus en plus déficiente, le devoir de respecter ses engagements et sa parole donnée, la maîtrise de soi qui semble être devenue une exception à la règle, prendre le temps de réfléchir avant de parler, douceur, gentillesse, sympathie, ne sont que quelques-unes des règles bafouées qui aujourd\u2019hui semblent faire partie d\u2019une autre époque.La société craque de tous bords tous côtés, les jeunes sont perdus comme jamais, tout va à une vitesse eflrénée où il n\u2019y a pas de place pour la méditation et le retour sur sa vie.Les jeunes aujourd\u2019hui sont abreuvés de connaissances comme jamais dans l\u2019histoire de l\u2019humanité, ont une intelligence nettement plus aiguisée, sans aucune comparaison possible avec ceux de ma génération, et, pourtant, jamais nous n\u2019avons vu autant de détresse à tous les coins de rue.Jamais, dans l\u2019histoire de l\u2019humanité, nous n\u2019avons eu autant de spécialistes de toutes sortes (psychologues, travailleurs de rue, médicaments, etc.) pour aider les personnes en difficulté, les comprendre, jamais n\u2019avons-nous été autant débordés par les problèmes psychologiques qui minent notre Québec.En ce temps des Fêtes, il serait peut-être temps de comprendre que la dimension spi- rituelle fait partie de la solution de l\u2019humanité et qu\u2019on ne p^eut y échapper sans une connexion avec l\u2019Être suprême, sans un retour sur notre provenance.L\u2019être humain est condamné a s\u2019étourdir et à se perdre dans des chemins sinueux qui, un jour ou l\u2019autre, vont le rattraper, qu\u2019il le veuille ou non.C\u2019est un passage obligé: malheureusement et généralement, il faut frapper un mur pour comprendre cela.L\u2019être humain a une destinée finale, la dimension spirituelle amenant une paix intérieure qui ne s\u2019achète pas mais qui, au contraire, s\u2019approfondit dans le silence et la réflexion.S\u2019obstiner à ne pas reconnaître ce fait nous enfonce dans une direction qui, loin d\u2019être bonne pour nous collectivement, nous dirige vers le chaos et les déchirements.Plus on attend, plus le virage sera difficile à faire.La naissance et la résurrection du Christ ont une signification profonde et sont d\u2019une importance capitale pour l\u2019être humain et son avenir.Peut-être serait-il temps de le redécouvrir pour notre plus grand bien à tous, sans exception.Jean-Marc Girard Jonquière, le 25 décembre 2014 Homéopathie : des excuses Antoine Robitaille écrit, dans son éditorial du 17 décembre 2014, que bien des gens se sont réjouis (moi le premier) de la condamnation de la reine de l\u2019homéopathie, Michèle Boisvert, par l\u2019Qrdre des pharmaciens du Québec.Cette dernière a plaidé coupable à neuf entorses au code de déontologie de sa profession.Certains professionnels, autres que des pharmaciens, sont en faveur de l\u2019homéopathie.Quelques médecins, certains vétérinaires et également des conseillers en agriculture biologique, parmi lesquels quelques agronomes membres de l\u2019Qrdre des agronomes du Québec, croient aux vertus de ce genre de panacée.Il y a quelques années, j\u2019avais, à titre d\u2019agronome, dénoncé cette fabulation en affublant ces remèdes d\u2019une efficacité semblable à celle de l\u2019eau bénite, c\u2019est-à-dire nulle.Qn ne peut tout de même pas parler d\u2019effet placebo pour les vaches et les,cochons qui avalent cette médecine.A ma grande surprise, le syndic de l\u2019Qr-dre des agronomes m\u2019a obligé à comparaître devant le comité de discipline et confronté au témoignage d\u2019une agronome soi-disant experte en homéopathie.J\u2019ai été condamné pour avoir enfreint le code de déontologie de ma profession.Depuis ce temps, de î\u2019eau a coulé sous les ponts et, à la lumière de la condamnation de M\u201c® Boisvert, je m\u2019attends à ce que mon ordre professionnel fasse amende honorable et me présente au moins ses excuses.Bernard Chartier, agronome retraité Le J7décembre 2014 LIBRE OPINION Enseignant cherche employeur pour réorienter sa carrière c JEAN-FRANÇOIS MERCURE Enseignant acharné de 5\u201dannée Lettre de motivation her employeur potentiel, par la présente, je vous signifie mon désir de réorienter ma carrière.Je suis jeune, dynamique, souriant, etc.Mon travail acharné des dernières années m\u2019a amené à développer moult compétences, à raison de plus d\u2019une cinquantaine d\u2019heures par semaine (mon employeur actuel vous dirait sans doute que j\u2019en fais 32, mais qui peut bien croire un ministre de nos jours?).Voici un bref résumé de ces compétences.J\u2019ai un grand sens de l\u2019organisation : j\u2019arrive à mener de front une planification tant annuelle qu\u2019hebdomadaire, en plus de maximiser chaque minute de toutes mes journées de travail.Cette planification, modulable en tout temps, se déploie dans six disciplines et fait interagir plus d\u2019une centaine de personnes.« Logistique » est mon deuxième nom ! J\u2019ai un bon niveau de maîtrise de notre chère langue maternelle, tant à l\u2019oral qu\u2019à l\u2019écrit.Patiemment, dans une rétroaction éducative, je suis en mesure de reformuler diverses phrases comme: «Tu comptes-tu ça?», «ch\u2019rais bin mieux chez nous d\u2019vant à Wü» et autres atrocités du genre.Je suis aussi apte à réviser et annoter des dizaines de copies écrites dans un français parfois plus qu\u2019approximatif.Une vraie machine.Je sais administrer un budget.Bien que je n\u2019aie jamais été formé pour ça, je tiens à jour plusieurs budgets : matériel périssable, sorties éducatives, matériel pédagogique et les photocopies.Et oui, j\u2019arrive à justifier et optimiser chaque « asti d\u2019feuille » que j\u2019imprime dans une année.Au fil des ans, mon employeur actuel a réussi à m\u2019inculquer un genre de malaise lorsque je dois photocopier un truc.J\u2019imagine que cette sensation est normale puisque, si je faisais mes copies au magasin du coin plutôt qu\u2019au travail, ce serait moins cher.C\u2019est la compagnie de sous-traitance en photocopies qui serait triste.Mes qualités relationnelles sont indéniables.J\u2019arrive à entretenir des relations harmonieuses avec un lot impressionnant de collègues surmenés, un patron débordé et régulièrement absent, plus d\u2019une cinquantaine de parents aux attentes singulières et parfois irréalistes, deux entités patronales nébuleuses et près d\u2019une trentaine d\u2019enfants aux comportements, humeurs, besoins et prédispositions extrêmement variables.Et ce, avec le sourire.J\u2019arrive à travailler dans qn milieu sale et poussiéreux sans rechigner.A titre d\u2019exemple.Je doute que [le ministre Yves Bolduc] puisse vous répondre, tout affairé qu\u2019il est à «massacrer» la classe de demain on a lavé les bureaux de ma classe une fois en quatre mois.Ici, je tiens à remercier les poux et les vers ronds (oxyurose) qui se sont pointés en gang et ont obligé les sous-traitants de l\u2019entretien ménager à faire des heures supplémentaires, sans doute payées.Mon leadership est exemplaire (une mère Teresa du «awaye donc») ! Quotidiennement, j\u2019arrive à motiver près de 30 personnes à faire des trucs qu\u2019ils n\u2019ont pas envie de faire.J\u2019arrive même à leur faire croire qu\u2019ils aiment ça et que c\u2019est important ! Ma capacité d\u2019adaptation est phénoménale.Je travaille pour une direction qui travaille pour une commission scolaire qui, elle, est à la solde d\u2019un ministère.Ces structures patronales girouettes ont la fâcheuse manie de changer leurs attentes et façons de faire de manière périodique.J\u2019arrive, avec l\u2019expérience, à avoir l\u2019air de faire ce qu\u2019ils attendent de moi avec succès.Je possède un savoir-faire dans l\u2019art du « débogage » informatique.Bien que mon employeur actuel nous dise d\u2019un côté de la bouche qu\u2019il veut préparer la classe de demain, il nous équipe d\u2019un parc informatique d\u2019avant-avant-avant-hier.J\u2019arrive à faire fonctionner près d\u2019une trentaine d\u2019ordinateurs « de marde » roulant sur des systèmes d\u2019exploitation archaïques pendant quelques heures par semaine.Je suis un vrai « wiz-geek-nerd-tec\\mo-phile » ! Je possède un entourage au soutien exemplaire.Autant ma blonde que mon garçon savent que je devrai parfois m\u2019astreindre à faire des heures non comptabilisées durant les soirs et les fins de semaine.Même la gardienne (que je pourrai peut-être continuer de me permettre, avec un nouvel emploi) ne serait pas étonnée de me voir arriver en retard à cause du boulot ! Je vous demande donc de bien vouloir considérer ma candidature et vous réitère ma grande motivation à changer d\u2019emploi dans les plus brefs délais.J\u2019aimerais obtenir un travail pour lequel mes compétences professionnelles, développées avec l\u2019obtention d\u2019un baccalauréat de quatre longues années \u2014 et, dans mon cas, d\u2019une interminable maîtrise en sciences de l\u2019éducation \u2014 sauront être reconnues, valorisées et estimées.J\u2019imagine qu\u2019il ne vous viendrait pas à l\u2019idée à vous, employeur potentiel, de m\u2019offrir des conditions de travail allant en deçà du niveau d\u2019inflation pour les cinq prochaines années et qu\u2019un gel de salaire pour deux ans ne vous effleurerait même pas l\u2019esprit.«Tsé », le gros bon sens.Pour des références, je vous invite à communiquer avec M.,Yves Bolduc, ministre de la privatisation de l\u2019Éducation, des Loisirs et du Sport.Je doute qu\u2019il puisse vous répondre, tout affairé qu\u2019il est à « massacrer » la classe de demain. LE DEVOIR LE LUNDI 29 DECEMBRE 2014 A 7 IDEES ANDRE MARIER, 1931-2014 Trois décennies au service de TÉtat L\u2019économiste qui joua un rôle-clé dans la création de la Caisse de dépôt et placement du Québec cachait un esprit espiègle et plein de ruses DENIS VAUGEOIS Historien, éditeur et ancien ministre dans le gouvernement Lévesque isparu le 11 décerpbre, André Marier fut pour l\u2019État québécois, pendant trois décennies, un serviteur de premier plan, discret autant qu\u2019efficace.Au cours de la préparation du tome 5 à\u2019Histoire populaire du Québec (Septentrion), dans lequel Jacques Lacoursière couvre la période allant de 1960 à 1970, nous avons interrogé plusieurs acteurs et témoins de cette période.André Marier avait répondu généreusement à notre appel.Je le vois arriver à nos bureaux avec des piles de dossiers bien ordonnés sur toutes les grandes questions de l\u2019époque.On les trouvera aujourd\u2019hui aux Archives nationales du Québec; son fonds représente plus de huit mètres linéaires de documents écrits, accompagnés de centaines de photographies et de bandes audio et vidéo.C\u2019est une source magistrale d\u2019analyses et de réflexions sur les questions qui dominent l\u2019actualité, depuis le secteur minier et le domaine pétrolier jusqu\u2019aux problèmes d\u2019aménagement rubain où ces devoirs de mémoire s\u2019imposent dans des sociétés civilisées.Né à Québec en 1932, diplômé en 1956 de la Faculté des sciences sociales de l\u2019IIniversité Laval, l\u2019économiste André Marier joint très tôt les rangs de la petite équipe qui entoure René Lévesque au ministère des Richesses naturelles.Avec son groupe de travail, il établit la nécessité d\u2019intégrer à Hydro-Québec les compagnies d\u2019électricité privées.Son argumentaire est largement diffusé, en particulier par le journaliste Paul Sauriol dans un essai retentissant publié en 1962 et préfacé par René Lévesque.Un rôle-clé A la même époque, André Marier participe également au comité chargé d\u2019étudier la possibilité de transférer, d\u2019une entreprise à l\u2019autre, les régimes de retraite des salariés.Dans son programme électoral de 1960, le Parti libéral du Québec prévoyait l\u2019établissement d\u2019un tel fonds.La campagne en faveur de la nationalisation de l\u2019électricité avait mobilisé toute l\u2019attention, sauf celle de Marier, capable de mener de front plus d\u2019un dossier.Ses réflexions sur la sécurité de la vieillesse l\u2019amèneront à recommander la création de ce qui deviendra la Régie des rentes du Québec.L\u2019étape suivante consiste à se demander qui sera le gestionnaire des fonds capitalisés.Les compagnies d\u2019assurance et de fiducie SOURCE TELE QUEBEC Les réflexions d\u2019André Marier sur la sécurité de la vieillesse l\u2019amèneront à recommander la création de ce qui deviendra la Régie des rentes du Québec.s\u2019activent pour éviter le spectre d\u2019une caisse d\u2019État.En mars 1964, un plan circule, celui d\u2019une Caisse de dépôt et placement.M.Lesage suit la question de très près.Les pressions sont fortes.André Marier lui-même rédigera le texte très fouillé qui constituera le devis d,e la Caisse, principal instrument financier de l\u2019État et futur outil de ^développement économique du Québec.À l\u2019automne 1964, alors que les milieux financiers sont aux aguets et que des ententes ont été finalisées avec les autorités fédérales pour l\u2019harmonisation d\u2019un régime québécois avec celui du reste du Canada, André Marier part pour Paris en tant que stagiaire de l\u2019Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de documentation (ASTED).Nous sommes au début de la coopération franco-québécoise et les relations entre la France et le Québec se font au plus haut niveau.Sous des dehors très calmes.Marier cachait un esprit espiègle et plein de ruses.Patrick Hyndman, le conseiller économique de la délégation, l\u2019avait accueilli pour un court stage d\u2019à peine un mois.Tous deux partageaient les mêmes idées sur une éventuelle caisse de dépôt.Par expérience, Hyndman savait que les hommes politiques sont beaucoup plus disponibles quand ils sont à l\u2019étranger.Hjmdman, dont la mère était française, était un peu chez lui en France.11 connaissait tout le monde de la diplomatie et de la finance.Le mémoire de Marier sur une caisse québécoise rejoint ses idées.11 l\u2019introduit auprès des responsables de la Caisse des dépôts et consignations de France.Georges Plescoff un adjoint du grand patron, François Bloch-Lainé, prend connaissance de la proposition de Marier, qui ne peut cacher les inquiétudes de son premier ministre : « Ce que vous me dites est fort intéressant, fait Plescoff on va le convaincre, votre premier ministre ! » 11 y a alors transition à la délégation générale de Paris, M.Jean Chapdelaine, futur chef de mission, doit succéder à M.Charles Lussier au début de 1965.Hyndman a les coudées franches.Avec la complicité des services français du protocole, il fait organiser un déjeuner pour son premier ministre et suggère de doubler la largeur de la table pour favoriser les échanges entre voisins immédiats.Prescoff aura le premier ministre à sa merci.Dans l\u2019après-midi, Jean Lesage fait réunir les cadres de la délégation.«Au cours de ce déjeuner, raconte Hjmdman dans son journal personnel, on m\u2019a convaincu de la pertinence de créer une caisse de dépôt et de placements à partir des fonds d\u2019un régime universel de retraite.[.] Elle s\u2019occupera de faire fructifier au mieux les cotisations des pensions au Québec.Elle aidera à financer les projets d\u2019infrastructure et d\u2019aménagement de notre territoire.» André Marier jubile.Mais il a aussi d\u2019autres projets.11 profitera de sa mission pour poser les jalons de la SQQUEM et de la SQQUIP, poru l\u2019exploitation minière et pétrolière.Les dernières hésitations de M.Lesage sont tombées.Le conseil des ministres prend les décisions appropriées.MM.Claude Morin, Jacques Parizeau et Claude Castonguay se mettent au travail.M.Bloch-Lainé n\u2019est jamais très loin, raconte-t-on.Le 15 juillet 1965, deux lois reçoivent la sanction royale, celle qui crée la Caisse et celle qui institue la Régie des rentes.«C\u2019était un jour triste de janvier 1966, rue McGill à Montréal, raconte le journaliste Mario Pelletier, [.] Claude Prieur, de son pas raide de militaire, arpente d\u2019un air pensif ce bureau vide qu\u2019il vient de louer.» 11 contemple le stylo qu\u2019il a pris par distraction sur le bureau du premier ministre, le seul actif de la Caisse, l\u2019entreprise ambitieuse qu\u2019on vient de lui confier.« C\u2019est ce qui s\u2019appelle vraiment partir de zéro.» André Marier m\u2019en voudrait certainement de ne pas souligner à quel point l\u2019ouverture au monde, et en particulier la coopération avec la France, a soutenu cette détermination et cette fierté qui animaient les Québécois.Un seul dossier, comme celui de la Caisse, justifie amplement notre réseau de délégations à l\u2019étranger.Et celui, plus discret et menacé, que tisse l\u2019Association internationale des études québécoises.Choisir qu\u2019on nous connaisse moins EMILE MARTEL Ancien ministre (affaires culturelles) à l\u2019ambassade du Canada à Paris, président de l\u2019Académie des lettres du Québec et du Centre québécois du P.E.N.international.N ous apprenons avec consternation, à l\u2019Académie des lettres du Québec, au Centre québécois du P.E.N.international, partout où on aime lire au Québec, la disparition annoncée du programme d\u2019appui aux études québécoises.D\u2019expérience de décennies aux Affaires étrangères du Canada, dont douze ans à Paris mais aussi ailleurs dans le monde, je ne suis pas le seul à considérer que les programmes d\u2019appui, d\u2019encouragement et d\u2019encadrement des chercheurs, des départements, des facultés et des universités qui ont souhaité faire avancer leur curiosité sur ce que nous sommes, ces programmes sont de loin les plus économiques et les meilleurs investissements dans l\u2019avenir de notre image, de notre réalité.Déjà en mai 2012, je faisais ces quelques paragraphes sur l\u2019ablation violente du programme d\u2019études canadiennes perpétrée par un ministère des Affaires étrangères fédéral que je ne reconnaissais plus.Voyez donc ma consternation de devoir, si peu de temps après, écrire une lettre semblable, mais où les mots «Canada» et «canadien» devraient être remplacés par « Québec» et «québécois».Qu\u2019une si vilaine blessrue mine notre corps culturel est un outrage.Voici quelques extraits de ce que je vous écrivais le 5 mai 2012: «Je suis outré d\u2019apprendre que le gouvernement canadien a décidé d\u2019abandonner le programme d\u2019études canadiennes à l\u2019étranger.[.] Il s\u2019agit de planter, à un coût minuscule, dans des universités étrangères, des chaires d\u2019études canadiennes ou d\u2019accompagner des chercheurs et savants, des doctorants et des étudiants ordinaires dans des études sur un aspect ou l\u2019autre de la réalité canadienne.Ce tremplin de diffusion est très efficace et possède un effet multiplicateur inouï.[Je devrais biffer ce qui suit] : Le gouvernement québécois a, en splendide complémentarité.l THINKSTOCK La disparition annoncée du programme d\u2019appui aux études québécoises est dénoncée.aussi su exploiter cette mine formidable de bonne volonté et de connaissances sur le Québec.Il faut être nul, oui, nul, au ministère des Affaires étrangères pour laisser glisser dans la poubelle cette mince enveloppe [.].Longtemps, fai eu le privilège de participer au renouvellement d\u2019une politique de relations culturelles internationales qui répondait à une lecture éclairée de nos intérêts en tant que pays, en tant que culture \u2014 fallais dire en tant que cultures.Parmi ces efforts parfois malhabiles, souvent sous-financés, mais très, très souvent couronnés de succès, il y avait toujours le programme de relations universitaires, le programme d\u2019études canadiennes, qui brillait de sa désarmante constance, de son incroyable ancrage dans la vie universitaire et intellectuelle partout à travers le monde.Ces professeurs d\u2019université de tous poils, de toutes spécialités, animés de pulsions surprenantes et d\u2019exotiques curiosités débusquaient et décrivaient chez nous des réalités et des mensonges, des questionnements et des hypothèses qu\u2019ils passaient gratuitement, généreusement à leurs étudiants.[.] On allait bien au-delà des thèmes-locomotives de \u201cL\u2019hiver dans le roman québécois des années trente \u201d ou de \u201cLa solitude chez Anne Hébert\u201d.Je suis bien placé pour dire que le gouvernement canadien a rarement consacré à la projection à l\u2019étranger de notre pensée et de notre art les ressources nécessaires.Mais en arriver à briser silencieusement ce miroir qui parle de nous, choisir de faire taire ceux qui dorénavant murmureront à voix basse qu\u2019ils nous connaissent et qu\u2019ils nous aiment quand même, c\u2019est d\u2019une petitesse et d\u2019une ingratitude qui me blessent, qui nous heurtent tous.» Le MIT à la rescousse Jean-Benoît Nadeau Cy est un joli cadeau du temps des Fêtes qui nous arrive de Boston.Un groupe de chercheurs du Media Lab, au Massachusetts Institute of Technology (MIT), vient de publier une étude sur le niveau d\u2019influence des grandes langues internationales.Qr le français se classe remarquablement bien.Cette étude, qui compile des données issues de l\u2019UNESCQ, Twitter et Wikipédia, part de l\u2019idée que l\u2019influence d\u2019une langue n\u2019est pas seulement affaire de démographie ou de richesse, mais aussi de connectivité.Que le français soit parlé par 274 millions de personnes dans le monde, c\u2019est déjà très bien.Mais son implantation dans les réseaux de traduction et de communication est tout aussi cruciale.Les résultats du MIT sont d\u2019autant plus intéressants qu\u2019ils mesurent l\u2019activité des locuteurs les plus influents de chaque langue : ceux qui publient et sont implantés dans les réseaux et qui communiquent dans plusieurs langues.Éntre la dinde de Noël et la dinde du jour de l\u2019An, je vous épargne les formules mathématiques en vous recommandant de consulter les tableaux interactifs.Pour Twitter, par exemple, le Media Lab a échantillonné un milliard de micromessages entre le 6 décembre 2011 et le 13 février 2012.Ils ont identifié 550 millions de messages dans 73 langues définissables, émanant de 17 millions d\u2019utilisateurs multilingues.C\u2019est donc la centralité d\u2019une langue qu\u2019ils mesurent et par là ses interconnexions avec d\u2019autres, c\u2019est-à-dire la densité des canaux entre cette langue et d\u2019autres langues.« Twitter était un point de départ intéressant, mais on ne pouvait pas conclure grand-chose à partir de ce seul» média, dit Shahar Rouen, l\u2019un des principaux auteurs de cette étude, actuellement analyste chez MSN à SeatÜe, mais que j\u2019ai joint à Haïfa, en Israël.L\u2019échantillon de Twitter comportait peu de langues, seulement 73.Mais sa principale faiblesse tenait au fait que la notion de centralité est seulement supposée sur la base du multilinguisme des usagers.11 en ressort que le malais et le tagalog se classent très haut, 2® et 5®, parce que leurs locuteurs sont des utilisateurs frénétiques de cette technologie et que leur usage est multilingue \u2014 presque 100% chez les Philippins.Et puis, l\u2019échantillon de Twitter s\u2019étale sur une très courte période, ce qui le rend très tributaire de l\u2019actualité.Les auteurs ont travaillé avec un deuxième échantillon, tiré de l\u2019Index Translationum de l\u2019UNESCQ, qui répertorie 2,2 millions de traductions dans le monde depuis 1979.11 établit clairement la langue source et la langue cible pour chaque texte.Cela donne un réseau très défini, où le français se classe 2®, après l\u2019anglais.Parmi les trois listes de l\u2019étude, celle de l\u2019UNESCQ est la seule qui montre précisément ce qui est traduit et en quelle langue.Cependant, elle est trop historique.Le nombre de traductions à partir du russe (5® au classement) a chuté dramatiquement après l\u2019éclatement de l\u2019empire soviétique.Quant au latin, langue morte, il s\u2019y classe encore 9® ! La troisième liste, basée sru Wikipédia, s\u2019intéresse également aux rédacteurs multilingues.Une fois de plus, le français ressort 3®.Contrairement à Twitter, cette liste comporte seulement quelques bizarreries.Mais son principal défaut, comme pour Twitter, est son côté implicite : le multilinguisme des rédacterus ne montre pas ce qui a été effectivement traduit ou adapté.Chaque liste a ses défauts.Mais, considérées ensemble, les trois forment une image nette.«L\u2019anglais occupe une position supercentrale.Le français, l\u2019espagnol et l\u2019allemand sont non seulement très mondialisés, mais aussi très centraux», dit Shahar Ronen.La surprise des six auteurs concerne le chinois, l\u2019hindi et l\u2019arabe.«Ces langues, quoique très parlées, sont étonnamment périphériques.» Cette étude est d\u2019autant plus fascinante que ses conclusions font écho à d\u2019autres classements qui montrent tous clairement que le français est loin d\u2019être une petite langue sans intérêt.Je pense à l\u2019étude de l\u2019agence Bloomberg publiée en 2011, qui portait sur les langues les plus utiles aux affaires (le français ressortait troisième, après l\u2019anglais et le mandarin).Je pense aussi au baromètre Calvet des langues du monde, d\u2019Alain et Louis-Jean Calvet.Dans cette étude en 10 critères, le français sort aussi troisième, après l\u2019anglais et l\u2019espagnol.Et puis, il y a la première étude du genre, celle de l\u2019anthropologue George Weber, dans les années 1990, qui classait les langues les plus influentes (le français ressortait deuxième).Quelle que soit la méthodologie employée, le français continue de se classer très haut.Peu importe aussi le biais culturel des auteurs.Cette étude du Media Lab du MIT termine donc l\u2019année en beauté ! Pour lire cette étude et consulter les données : http://language.media.mit.edu/ visualizations/books.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine RobitaïUe (editoriahste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste), information générale : Isabelle Pare {chef de division), Carohne Montpetit (affaires sociales), LisaMarie Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust Boisvert (santé) Pauline Gravel (sciences) Fabien Deghse (société) Jean Dion (sports) Melanie Loisel et Philippe Orfah (reporters), information politique Marco Fortier (chef de division), Michel T>a.'nA(chroniqueur), Helene Buzzeth et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cmno et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau et Bnan Myles (affaires municipales, JSfontreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Véronique Chagnon et Louis Gagne (pupitre) information culturelle Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), Fredenque Doyon et François Levesque (reporters), Juhe Carpentier (pupitre), information économique Gerard Berube (chef de division), François Desjardins, Enc Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettmo-Parazelh {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emihe Eohe-Boivin (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Erappier, Benoît Munger, Philippe Papineau et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G Eerrans (assistants) , correction : Andreanne Bedard,^Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (JMIontreal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Edith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Nathahe Jobin {par intérim), Claire Paquet, et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais {coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Ohvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Ohvier Leclerc (coordonnateur du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Claudine Chevner, Elorentina Draghici, Cehne Euroy et Véronique Page A 8 LE DEVOIR LE LUNDI 29 DECEMBRE 2014 ACTUALITES AVION MALAISIE SUITE DE LA PAGE 1 opérations visant à retrouver l\u2019appareil.«Si Dieu le veut, nous le retrouverons bientôt», a déclaré le premier amiral Sigit Setiayana, commandant du Centre de l\u2019aviation navale à la base de Surabaya.Selon les autorités indonésiennes, l\u2019aéronef a demandé à la tour de contrôle une «déviation [du plan de vol] en raison de la météo» dans le secteur, 42 minutes après son décollage.La communication s\u2019est ensuite rompue.Aucim signal de détresse n\u2019a été transmis depuis.Le pilote et son copilote étaient expérimentés, selon AirAsia.«Nous ne savons pas encore ce qui est arrivé et nous allons donc attendre l\u2019enquête sur l\u2019accident», a déclaré à la presse le patron d\u2019AirAsia, Tony Fernandes, à son arrivée à Surabaya.Quelques heures après la disparition de l\u2019appareil, le vice-président indonésien, Jusuf Kalia, s\u2019est dit inquiet de la situation.«Il est plus plausible qu\u2019il y ait eu un accident», a-t-il constaté.À Surabaya, une femme de 45 ans a déclaré à l\u2019Agence France-Presse qu\u2019elle avait six membres de sa famille dans l\u2019avion.«Es allaient à Singapour pour passer des vacances.Ils ont toujours volé avec AirAsia sans problème.Je suis choquée par la nouvelle et très inquiète à l\u2019idée que l\u2019avion ait pu s\u2019écraser», a-t-elle dit.La vaste majorité des passagers étaient des Indonésiens, mais on dénombrait aussi trois Sud-Coréens, un Malaisien et un natif du Royaume-Uni accompagné de sa fille singapourienne, selon les autorités.Un total de 17 enfants se trouvaient à bord.À Ottawa, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, et sa collègue ministre d\u2019Etat aux Affaires consulaires, Lyme Yelich, se sont dits attristés par la nouvelle.Rien ne leur laisse croire que des Canadiens pourraient se trouver à bord de l\u2019avion.Un porte-parole a toutefois indiqué que le gouvernement cherchait encore à confirmer cette information auprès des autorités locales.Une équipe de deux enquêteurs If ançais, accompagnée de deux conseillers techniques d\u2019Airbus, est partie pour Jakarta.L\u2019Australie a également promis de l\u2019aide pour les enquêtes.Le gouvernement américain a fait savoir qu\u2019il était prêt à assister si nécessaire les autorités locales.L\u2019Agence de la sûreté des transports américaine a annoncé qu\u2019elle pourrait envoyer des enquêteurs si elle était sollicitée.A l\u2019instar de Malaysia Airlines, exploitante du vol MH370 \u2014 dont la disparition, le 8 mars, demerue l\u2019im des grands mystères de l\u2019histoire de l\u2019aviation \u2014 et du vol MH17, abattu au-dessus de l\u2019Ukraine le 17 juillet, AirAsia est établie en Malaisie.Le vol Q^501 était toutefois exploité par la filiale Indonesia AirAsia, dont le siège social est à Jakarta.SINGAPOUR Arrivée prévue à 08h30 (00h30 gmt) OCÉAN INDIEN Rouie prévue 51E IA KALIMANTAN INDON Belitung .le vol demande à dévier de sa route en raison de la météo .perte de contact in JAKARTA Surabaya ¦ Départ : dimanche 05h20 Vol QZ8501 Airbus A320-200 À bord: 1 pilote (Indonésien) 1 co-pilote (Français) 5 personnels navigants (Indonésiens) 155 passagers Indonésie 149 Corée du Sud 3 Singapour 1 Malaisie 1 Roy.Uni 1 Problèmes chez Porter Deux avions de la compagitie canadieime Porter Airlines ont dû effectuer un atterrissage d\u2019rugence dimanche poru la même raison, avec l\u2019apparition de fumée dans la cabine des deux appareils.Le vol de Porter Airlines parti dimanche matin de Toronto à destination de Washington a dû être détoruné vers l\u2019aéroport de WilliamsporL en Peimsylvaitie, en raison de fumée à la fois dans la soute et dans la cabine principale.Les 66 passagers ont été débarqués sans incident.En fin de jorunée, c\u2019est le vol Porter Airlines à destination de Sudbiuy qui a dû se poser en rugence à l\u2019aéroport Pearson de Toronto quelques minutes après son décollage, a indiqué une jorunaliste de Radio-Canada qui était à bord de l\u2019appareil.La cabine de l\u2019appareil Bombardier aruait été envahie de fumée peu après le décollage.Là s\u2019arrêtent les similitudes entre les incidents de Malaysia Airlines et d\u2019AirAsia, une entreprise qui effectue la plupart de ses transports en Asie du Sud-Est, pour l\u2019essentiel des vols de quelques herues refiant les grandes villes entre elles.C\u2019est la première fois que l\u2019une des filiales de l\u2019entreprise perd im appareil, et ses antécédents en matière de sûreté aérienne sont généralement bons.L\u2019avion disparu avait d\u2019ailleurs fait l\u2019objet d\u2019une maintenance le 16 novembre, a indiqué AirAsia.D\u2019après les données préliminaires sur les services réguliers qu\u2019a rendues publiques, à la mi-décembre, l\u2019Organisation de l\u2019aviation civile internationale (OACJ), quelque 3,2 milliards de passagers ont cette année recoruu au transport aérien pour leurs voyages, une hausse d\u2019environ 5% par rapport à 2013.11 y a eu 33 millions de départs d\u2019aéronef dans le monde en 2014, ce qui constitue un nouveau record et une augmentation de plus d\u2019un million de vols par rapport à 2013.De toutes les régions du globe, la zone Asie-Pacifique représente aujorud\u2019hui le plus gros marché du voyage aérien, avec environ 30% des passagers à l\u2019échelle mondiale.Dans les faits, la croissance est telle dans cette région que celle-ci se trouve désormais en pénurie de pilotes, de mécaniciens et de contrôlerus aériens qualifiés.En outre, en 2007, le taux d\u2019accidents et de violations des règles de sécruité était si élevé au sein des sociétés aériennes indonésiennes que l\u2019Union européenne a formellement interdit à ces transpor-teius de sruvoler son espace aérien.L\u2019interdiction a été levée deux ans plus tard, mais la principale compagnie aérienne du pays.Lion Air, figure tou-joius sru la liste noire de l\u2019Union eruopéenne.Avec l\u2019Agence France-Presse et Associated Press Le Devoir ADIEU SUITE DE LA PAGE 1 de la municipalité, a laissé des plaies profondes, encore vives pour certains.Située à quelques pas de la zone oû la tragique explosion s\u2019est produite, l\u2019église est vite devenue le principal lieu de recueillement, un point d\u2019aide incontournable, propulsant à l\u2019avant-plan le jeune curé et son équipe.Un an et demi plus tard, la fatigue émotive et physique se fait sentir.Batterie vidée Le curé estime que l\u2019atmosphère dans la ville s\u2019est quelque peu détendue au cours des derniers mois.L\u2019ouverture d\u2019un pont, qui permet aux piétons et plus récemment aux automobilistes de traverser le centre-ville et les nouveaux commerces sans faire de détour, «aide beaucoup les gens à retrouver des lieux et des habitudes qui leur font du bien.Le rétablissement physique de la ville permet d\u2019évacuer le sentiment de détresse et de désorganisation qui régnait», avance-t-il.Questionné à savoir s\u2019il a lui-même ressenti de la détresse, l\u2019abbé préfère parler de «très grande fatigue».Six mois après la tragédie, alors qu\u2019il avait assuré la présidence de la majorité des funérailles et des événements commémoratifs, l\u2019homme a senti^que son corps ne le suivait plus.«À 36 ans, je me croyais inépuisable.Jusqu\u2019à ce que je n\u2019aie plus l\u2019énergie d\u2019accomplir tous mes services», avoue celui qui est le plus jeune abbé de l\u2019archidiocèse de Sherbrooke.Après avoir abordé moult fois la question de la mort avec les mêmes paroissiens, le prêtre craignait de «sombrer dans une routine», il devait prendre du recul.11 en a avisé M«\u2018^Luc Cju, archevêque de Sherbrooke, qui lui a suggéré de prendre une période de «res-sourcement spirituel» de six mois.«Je n\u2019ai pas voulu partir à ce mo-ment-là, c\u2019était trop tôt.Je voulais être auprès des paroissiens, je vou- JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR Le curé Steve Lemay estime avoir donné tout ce qu\u2019il pouvait à sa paroisse.lais goûter avec eux au rétablissement de la ville, j\u2019en avais besoin.» Cet automne, M®\"^ Cyr l\u2019a recontacté : le temps est venu de se ressourcer et de se retirer à Rome pour quelques mois, a-t-il tranché.Le curé Lemay se voit ainsi contraint de quitter une ville qui, bien qu\u2019elle soit sur la voie de l\u2019acceptation et du deuil, est encore lourdement ébranlée par la tragédie.« On ne peut pas mettre des lunettes roses et dire que tout est rentré dans l\u2019ordre», confie Steve Lemay, ajoutant que le simple «sifflement d\u2019un train» suffit qncore à le mettre sur le qui-vive.À ses yeux, plusieurs combats restent à mener, dont l\u2019instauration d\u2019une voie ferrée de contournement, pour que les trains cessent de traverser la municipalité.«C\u2019est, selon moi, un moyen nécessaire d\u2019assurer un environnement pacifié et pacifiant à une population qui a été blessée», relate-t-il.Le deuil, personnel et collectif, est un processus long et complexe, croit le curé.«C\u2019était impossible d\u2019attendre que le rétablissement soit complet, car ça ne dépend pas que de moi.J\u2019ai toujours travaillé dans l\u2019esprit qu\u2019il n\u2019y a pas que moi pour accompagner la communauté, mais l\u2019ensemble de l\u2019Église, comme corps spirituel, qui va les aider.» Nouveau visage Le choix de partir pour de bon de Lac-Mégantic a été très difficile, raconte Steve Lemay.11 considère que les événements tragiques, en plus de ses sept ans de service, ont tissé des liens très serrés entre lui et la communauté.S\u2019il est si proche de ses paroissiens, pourquoi ne pas revenir après le retrait?Parce que la «parenthèse de six mois» a été jugée trop longue pour un simple remplacement, répond l\u2019abbé.«Pour que les gens continuent de se confier, il faut une équipe permanente, avec laquelle ils vont bâtir un nouveau lien de confiance.» Le père Lemay estime que la «passion qui l\u2019habite» pour sa paroisse l\u2019aurait aussi empêché de complètement «décrocher» s\u2019il avait gardé ses fonctions.Pour toutes ces raisons, un nouveau visage sera bénéfique pour le processus de rétablissement, assure-t-il.«Je suis très associé à la tragédie, bien que ce soit d\u2019un point de vue positif, je suis associé à ce qui s\u2019est passé.Un nouveau curé pourra aider à changer les choses.» L\u2019abbé Steve Lemay en cinq dates 18 mai 2008: il est ordonné prêtre.l®'août 2008: à titre de vicaire, il se joint à l\u2019unité pastorale de Sainte-Marie-du-Lac, un regroupement de paroisses du secteur de Lac-Mégantic.31 juillet 2010 : Steve Lemay est nommé pasteur de l\u2019unité pastorale, qui comprend l\u2019église Sainte-Agnès de Lac-Mégantic.6 juillet 2013: un train fantôme explose au centre-ville de Lac-Mégantic et fait 47 morts.1®'février 2015: l\u2019abbé quittera la paroisse Sainte-Agnès pour entamer un «ressourcement spirituel».C\u2019est l\u2019abbé Gilles Baril, de Coati-cook, qui le remplacera.«Nous sommes originaires de la même région [Danville], nous nous connaissons bien.Il m\u2019a dit que je serai toujours chez moi ici», dit Steve Lemay, qui entend revenir régulièrement visiter les paroissiens.Même s\u2019il n\u2019est plus le pasteur des Méganticois, il affirme que «le lien spirituel ne sera jamais brisé», que la «communion se vit en dehors du visible».Direction Rome Après avoir passé quelque temps avec ses proches en février, l\u2019abbé Lemay s\u2019envolera vers Rome.11 pourra alors se consacrer entièrement à la prière et au repos.«M^\u2019\u2019 Cyr tenait à ce que je me rende à Rome pour prendre une certaine distance de Lac-Mégantic, que je ne passe pas mon temps à me demander comment vont les paroissiens», explique-t-il.Le curé, qui a passé les 18 derniers mois à suggérer aux paroissiens de prendre une pause, de vivre leur deuil, constate que c\u2019est maintenant à son tour de le faire.«Je dois être cohérent et appliquer ces conseils.Il est temps de prendre une pause», conclut-il.Le Devoir DUBAÏ SUITE DE LA PAGE 1 Au moment de l\u2019indépendance, en 1971, l\u2019émir en place a misé sur le peu de pétrole qu\u2019il avait pour diversifier l\u2019économie vers la construction et la finance et lancer quelques projets structurants, notamment un très gros aéroport et un port gigantesque.Bonne décision : Dubaï est devenue un pôle de construction et un centre bancaire spécialisé en finance islamique (basée sur les principes de la charia), mais surtout la principale plaque tournante de la péninsule arabique.Le gros de ce qui arrive ici repart ailleurs.Car Dubaï est à six heures de vol d\u2019un bassin de trois milliards de personnes.Le grand mérite des Dubaïotes aura été d\u2019avoir compris cette réalité géographique au début des années 1960.Politique de grandeur Très tôt, à Dubaï, on a voulu inventer la ville du XXI® siècle, avec une politique de grandeur officielle qui co^icurrence celle d\u2019Abou Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis.Dubaï sera l\u2019hôte de [\u2019exposition universelle de 2020, tandis que les Emirats célébreront le cinquantième anniversaire de leur nation en 2021 en lançant une sonde vers la planète Mars ! «Franchement, quand on retourne au Québec, on trouve que ça fait pitié», dit Nathalie Boudreau, une journaliste québécoise arrivée à Dubaï il y a trois ans avec son mari, un consultant pour une firme d\u2019Eastman, en Estrie.Ce qui renforce le sentiment d\u2019irréalité de Dubaï, c\u2019est le mélange absolu de la population.Si vous pensez que Toronto est multiculturelle, vous n\u2019avez rien vu.Ici, seulement 14% de la population est émiratie.Dans les 86% restants, on trouve des Britanniques, des Indiens, des Pakistanais, des Indonésiens, des Philippins \u2014 on compte également 27 000 Canadiens.Et tout le monde se retrouve au Tim Hortons (il y en a 100 dans la péninsule).Ici, deux On comnte personnes qui font connaissance se demandent: «Depuis également a,n,liendeUMP.e.4.id?.^7 QOO Du Québec à Dubaï\t.u.Tous les expatriés sont Canadiens.Et venus pour les salaires at- tout le monde trayants, les conditions souvent mirifiques (pas se retrouve au d\u2019impôt personnel) et les -p* u ^ possibilités profession- limJlortons nehes à faire rêver.\tv pu n 100 L\u2019architecte Nicolas Paré, ^\t® de Québec, travaille depuis dans la un an chez Aedas, l\u2019un des plus grands cabinets d\u2019archi- péninsule), tectes au monde.«J\u2019ai 29 ans et je suis le numéro 2 pour la construction d\u2019un hôtel de 64 étages.Je ne connais pas beaucoup d\u2019architectes québécois de 29 ans qui ont cette chance.» Des histoires du genre, il y en a des dizaines, surtout qu\u2019on entend souvent l\u2019accent québécois dans les lieux publics.Alexandre Teodo-resco, qui a étudié aux HEC à Montréal, est arrivé à Dubaï en 2007 pour accompagner des entreprises québécoises daps le golfe.Il a identifié un certain nombre d\u2019Emiratis influents qui parlent français et dont certains ont étudié à Montréal.«Montréal est perçu comme une référence ici, avec ses cirques, ses Mosaïcultures, son Planétarium, son Jardin botanique, son Biodôme, ses festivals», dit-il.En janvier 2014, il a lancé un festival de rue à la mode montréalaise avec 100 artistes réalisant des graffitis.«On attendait quelques centaines de personnes et il en est venu 7000.Ce qu\u2019elles ont aimé, c\u2019est le côté anti-Dubaï, anti-VIP.» La triade Dubaï Car il y a trois Dubaï: le Dubaï VIR le Dubaï populaire et le Dubaï des camps de travailleurs étrangers.Le Dubaï, VIP c\u2019est celui des riches expatriés, des riches Emirads et des touristes \u2014 qui vivent dans les gros développements à l\u2019écart.Le Dubaï populaire, lui, se trouve autour du quartier de Deira, qui longe The Creek, l\u2019anse étroite longue de plusierus kilomètres autour de laquelle s\u2019est construite la partie historique.C\u2019est ici qu\u2019on peut visiter les souks, sauter dans un abra (une sorte de bateau-taxi coUectfi) ou manger à bord d\u2019un dhow, ces anciens bateaux de commerce aujourd\u2019hui recyclés en bateaux-restaurants.En coulisses, il y a le troisième Dubaï, celui des camps de travaillerus.Ils sont là, ceux qui font tous les durs travaux.Quand ils ne travaillent pas, ils dorment dans les bus et sru les pelouses à l\u2019ombre.La population de Dubaï se compose de quatre hommes poru une femme, mais ça ne paraît pas dans le Dubaï VIE.C\u2019est la masse des travailleurs migrants qui fait pencher à ce point la statistique.Dubaï est une société de castes.Il y a les Indiens qui sont ouvriers sur les chantiers, les Pakistanais qui sont chauffeurs, les Philippins qui sont dans la restauration, les Indonésiens qui font tous les travaux, les Qccideptaux qui sont cadres ou professionnels et les Emiratis qu\u2019on aperçoit sans jamais leur parler.«Ça rend raciste.Dubaï, dit Nicolas Saint-Maurice, kinésiologue et entraîneur chez FAST Athletic Training.On n\u2019est pas ici parce que la société est juste, on est ici pour la carrière.Tout le monde est ici pour faire de l\u2019argent et avancer plus vite qu\u2019il avancerait chez lui.» Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 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de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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