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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-12-06, Collections de BAnQ.

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[" En finir avec les coups de cœur avec Olivier Choinière Page es Dany Desjardins glorifie et malmène le surhomme moderne Page e 6 CAHIER E .LE DEVOIR., LES SAMEDI 6 ET y I culture Ou quand la rhétorique de l\u2019austérité devient guerre d\u2019usure et comment la contrer Le Devoir a sondé les jeunes professionnels de tous les milieux culturels pour récolter leurs réflexions et réactions au discours d\u2019austérité.En voici quelques extraits qui oscillent entre un cynisme lucide envers les institutions et un coup de fouet pour agir, créer encore, autrement, et solidairement.{{ Les poUUciem proclament la \u201csanté culturelle\u201d à tous les vents pour attirer les investisseurs » Catherine Lavoie-Marcus PROPOS RECUEILLIS PAR ERÉDÉRIQUE DOYON Comment ie ciimat d\u2019austérité vous affecte-t-ii ?«L\u2019austérité ne date pas d\u2019hier, rappelle le dramaturge et militant Olivier Choinière.Elle règne depuis longtemps et s\u2019accompagne d\u2019un dis cours politique de plus en plus tourné vers l\u2019économie, comme si les autres dimensions de la vie n\u2019étaient que \u201cplaisirs\u201d que nous n\u2019avions plus le luxe de nous accorder.[.] Les artistes, pour survivre dans nos industries culturelles, font donc de moins en moins d\u2019art et de plus en plus d\u2019administration, en intégrant jusque dans leur \u201cprocessus créatif le discours marchand.En gérant des budgets toujours plus maigres, en faisant la preuve qu\u2019on peut faire plus avec moins, on en vient à parler de tout sauf d\u2019art.tout en disant au public qu\u2019il en est toujours question.» L\u2019auteur et artiste en arts visuels Clément de Gaulejac y voit pour sa part un «dénigrement systématique [et] pernicieux» de l\u2019art.«La rhétorique de l\u2019austérité et ses métaphores douteuses \u2014 il faut \u201cse serrer la ceinture\u201d, \u201ctailler dans le gras\u201d, etc.\u2014 s\u2019insinuent en nous et c\u2019est une guerre d\u2019usure.» Or «ce gras, c\u2019est mon métier et ma vocation, poursuit l\u2019au-teure Fanny Britt.Une vocation qui n\u2019a pas l\u2019ambition d\u2019être rentable, mais plutôt celle pas moins grande de consigner son époque et ses contemporains, d\u2019en déchiffrer les complexités.« Je crois qu\u2019il faut riposter en retournant l\u2019agression contre l\u2019agresseur, en lui renvoyant les brutalités de sa langue» - Clément de Gaulejac d\u2019en laisser une trace pour l\u2019avenir, d\u2019en aimer les travers».La chorégraphe Catherine Lavoie-Marcus souligne ï«indécence» de telles mesures «dans un contexte où une grande majorité des artistes, et à plus forte raison les jeunes créateurs, n\u2019ont pas de statut reconnu qui réglemente leurs revenus, où ils et elles travaillent souvent sans protection sociale, sans soutien syndical et dans une logique de sous-financement systémique».Et cela, alors que «les politiciens proclament la \u201csanté culturelle\u201d à tous les vents pour attirer les investisseurs», sou-ligne-t-elle.Plusieurs établissent un parallèle entre les approches provinciale et fédérale, dont le stratège en marketing culturel Guillaume Déziel, créatif exgérant du musicien Misteur Valaire.«D\u2019un côté, le gouvernement Couil-lard coupe partout dans ses dépenses plutôt que de choisir de s\u2019attaquer à son plus grand problème de revenus: l\u2019évasion fiscale.[.] De l\u2019autre, Ottawa refuse d\u2019intervenir pour que les fournisseurs d\u2019accès Internet [FAI], qui font de faramineux profits avec la culture, payent leur \u201cjuste part\u201d.[.] Les EAI deviennent graduellement les joueurs qui font réellement de l\u2019argent avec notre culture, désormais numérique.» Le climat d\u2019austérité a un impact direct et dramatique sur l\u2019industrie dans laquelle travaille la jeune productrice Fanny-Laure Malo.«La coupe VOIR PAGE E 4 : ZÉRO E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE DECEMBRE 2014 CULTURE Graines de créateurs Odile Tremblay i Une cause jugée et entendue : les toutes premières années de la vie sont déterminantes pour l\u2019apprentissage humain.Les sillons d\u2019un esprit malléable s\u2019y gravent pour le pire et le meilleur.Ça vaut pour la créativité et l\u2019amour des arts, tôt placés en mode éveil ou en mode dormance, mais souvent négligés.Parfois on tombe sur des gens qui titillent la fibre artistique de très Xomber netit jeunes enfants.Ils font oeuvre si utile\t^ qu\u2019on s\u2019incline, voilà !\tdans la potion Prenez Manuel Barbeau-Lavalette.Il semblait constituer la pièce man- magique de quante d\u2019un puzzle culturel familial., Y trône son grand-père Marcel Bar- créativité, beau, peintre expressionniste, signa- nlnncïpr taire du manifeste Refus global.Aussi\t^\t® sa mère, Manon Barbeau, cinéaste et dans le vivier fondatrice des studios Wapikoni mobile, et son père, Philippe Lavalette, des vocations réalisateur et grand directeur photo.^ Au tableau s\u2019ajoute la sœur de Manuel, artistiques Anaïs Barbeau-Lavalette, cinéaste du Ring et d\u2019Inch\u2019Allah, éçrivaine aussi, engagée comme son conjoint Emile Proulx-Cloutier.Acteur, cinéaste, animateur, chanteur et tout ce qu\u2019on voudra, lui-même issu d\u2019un berceau théâtral par son père Raymond Cloutier et sa mère Danielle Proulx.Ces clans-là s\u2019unissent et s\u2019élargissent.Et leurs descendants viendront poser de nouvelles briques à notre édifice de culture et d\u2019engagement social.Tomber petit dans la potion magique de la créativité, c\u2019est plonger dans le vivier des vocations artistiques.Pas juste pour les autres, quand même.On doit bien pouvoir les recréer autrement, ces terreaux propices là.Manuel le pense aussi.Car j\u2019ai eu de ses nouvelles.Il m\u2019a écrit: « Comme ma famille, je suis dans le milieu artistique, mais à sa différence, fai décidé d\u2019en faire l\u2019enseignement.J\u2019enseigne présentement dans une garderie le théâtre, le cirque et la méditation.» Et de m\u2019inviter à aller y voir de plus près.Toutes ces disciplines, déjà en garderie, tiens donc ! Pas fou, comme idée.Il avait bien songé à faire du cinéma, comme sa smala, étudia en théâtre, assista trois ans son père à la caméra.«Mais c\u2019est la petite enfance qui m\u2019intéressait.» La très petite, au fait.Car enseigner l\u2019éveil théâtral au primaire, il y a vite renoncé.« C\u2019est en très bas âge que l\u2019esprit créatif se développe, dit Manuel.Ils ont une naïveté qui disparaît au primaire, où ils se mettent à éprouver une gène devant les autres enfants.On leur a enseigné les choses bonnes à faire ou pas bonnes.» Oui, ça va vite.Son terrain de jeu s\u2019appelle Les Petits Loups, fondé il y a un an tout juste et dirigé par Daphné Laberge, une fille aussi lumineuse et inventive que Manuel.Ici, l\u2019épineux sujet des hausses de frais des garderies subventionnées n\u2019est pas vraiment un enjeu.Les Petits Loups, c\u2019est privé et plus cher qu\u2019en mode subvention.Mais l\u2019esprit de chaleur et de fantaisie qui y règne pourrait donner des idées aux garderies consœurs, à des parents LE THEATRE DE LA PIRE ESPECE PRESENTE EN CODIFFUSION AVEC LE THÉÂTRE AUX ÉCURIES THÉÂTRE D\u2019OBJETS ET SCIENCE-FICTION / \\.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Manuel Barbeau-Lavalette avait bien songé à faire du cinéma, comme sa smala, étudia en théâtre.11 œuvre aussi dans le milieu artistique, mais l\u2019enseigne à la garderie.aussi.11 en existe d\u2019autres, garderies à vocation artistique, au Québec, mais bien peu, et celle-là s\u2019y jette à corps perdu : six éducateurs en rotation, un artiste une fois par semaine pour l\u2019éveil musical, et Daphné à la tête qui veille à tout.Des rêves et des jeux Je m\u2019y suis pointée un matin, juste en face du Jardin botanique.Daphné m\u2019a expliqué la composition des trois groupes: les mini, dès 18 mois; les petits, pour les deux et trois ans.Du côté des grands, ça grimpe jusqu\u2019à cinq ans.Son père, ébéniste à ses heures, a fabriqué les beaux meubles des locaux et même le tronc de l\u2019arbre à palabres s\u2019ornant et se dépouillant au fil des humeurs et des saisons.Daphné travaillait dans une agence de pub et, après sa seconde maternité, s\u2019est offert un nouveau choix de vie : une garderie avec un potager dont les enfants cueilleraient les légumes frais, des matériaux de recyclage pour les jeux, des sorties au Jardin botanique, des contacts étroits avec les parents, des rêves de création et de partage.Ça s\u2019est concrétisé dans un ancien appartement regarni en famille.On ne vit qu\u2019une fois.«Les enfants apprennent par le jeu, sans s\u2019en rendre compte, à travers des dessins, du bricolage, des instruments, des accès à l\u2019anglais, à l\u2019espagnol, des moments de silence aussi, et la créativité de Manuel», m\u2019explique-t-elle.11 est entré là en août dernier, comme un marin qui touche enfin terre et dépose son baluchon en sol hospitalier.Manuel apprend en enseignant : « Ce qui est magique au théâtre avec les enfants: on leur propose quelque chose et c\u2019est eux qui nous montrent le chemin.» Chaque groupe présentera un spectacle de Noël devant les parents (qui auront aussi les vidéos de leurs prestations), avec costumes dessinés et découpés dans des papiers recyclés lors des ateliers de bricolage.Aux grands loups.Manuel a proposé un concept intitulé «Les lièvres et les tortues», chacun jouant les uns ou les autres tour à tour.Comme dans la fable de La Eontaine, la tortue prévoyante devait remporter la course contre le lièvre rapide mais paresseux.Sauf qu\u2019un garçon, Maxim, a protesté : « C\u2019est plate que la tortue gagne, les deux devraient gagner.L\u2019important, c\u2019est de participer.» 11 avait trouvé ça tout seul, lance Manuel, tout épaté.Si bien qu\u2019à sa suggestion, lièvres et tortues peuvent coiffer au poteau.A la fin, tous se mettent à danser sur Cet Back et I Want to Hold Your Hand des Beatles.Pour les petits loups, Manuel a conçu la chorégraphie d\u2019un ballet (ils feront des pointes) sur un extrait du Carnaval des animaux de Saint-Saëns, avec en fond visuel la danse des flamants roses du Fantasia de Disney.Quant aux mini-loups, ils agitent les bras pour voler à travers l\u2019histoire d\u2019un oiseau d\u2019abord incapable de décoller du sol, qui y arrivera.L\u2019autre matin, pendant leur répétition, on battait des ailes à l\u2019unisson sur des images d\u2019outardes en vol tirées du Peuple migrateur de Jacques Perrin.Et les regardant, on songeait à tous ces adultes de demain qui pourront s\u2019envoler à leur tour.otremblay@ledevoir.com AUX^ECURIES 7285, rue Chabot, Montréal ©Fabre 514 328-7437 auxecuriélcbm PRESENTE PARTENAIRE DE PRODUCTION )résentations seulement ! 18 NOVy^lS DEC.2014 fÂ# A'MT RETRA DE THOMAS BERNHARD Une pièce dense et forte qni met en scène nn Gabriel Arcand impérial.[.] La mise en scène de Catherine Vidal est impeccable, slalomant entre réalisme et métaphores.» M.Qoutier, La Presse « Un trio grandiose d\u2019actenrs [.] Arant la retraite [.] nons met en garde contre les comportements qni ponrraient mener à nne nonvelle dérive similaire an nazisme.[.] Une grande pièce, à voir sans lantes.» P St-Onge, MonTheatre.qc.ca Un remarqnable hnis clos dn dramatnrge antrichien Thomas Bernhard.[.] 1 h 45 à retenir son sonllle ! » F.Grimaldi, Samedi et rien d\u2019autre, IQ Radio-Canada Première Avant la retraite est nne œnvre snbtile, tonte en nnances [.] pins qne nécessaire.» H.Prévost, pieuvre.ca « Une pièce conp-de-poing.Un texte très fort.» A-M.Kerouac, Catherine et Laurent, QBL 101,5 FM THÉÂTRE PROSPERO 1371, RUE ONTARIO EST BILLETTERIE 514.526.6582\tQuébec a n ACHAT EN LIGNE\t_ THEATREPROSPERO.COM ^5^ du Qinada\tfor the i Le Gala Concert-bénéfice Musique du 20^ siècie ani.ll^Am an.d.^ndl LE DEVOIR du Canada\tfor the Arts 14 déc.2014 à 14 h Maison symphonique OPERA DE MONTRÉAL operademontreaLcom PtSim LE D E V 0 I Pl .LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DECEMBRE 2014 E3 CULTURE>THEATRE Pour en finir avec les coups de cœur Atelier à quatre mains sur un vocabulaire culturel en perte de sens ALEXANDRE CADIEUX Soucieux de maintenir un certain suspense quant à la composition de son nouvel Abécédaire des mots en perte de sens inspiré de Tannée politique 2014, Tauteur et metteur en scène Olivier Choi-nière a fait savoir aux journalistes, par une lettre, qu\u2019il demeurerait avare de commentaires sur le contenu de cette lecture publique réunissant 26 dramaturges.11 réclame en ces mots une certaine opacité autour de Tobjet, avant son dévoilement: «Cette ignorance (ou virginité!) nous manque, me manque, parfois très cruellement; c\u2019est par elle que j\u2019ai une chance d\u2019être réellement présent à ce qui m\u2019entoure.» D\u2019où notre invitation à ouvrir plutôt un chantier transversal sur un autre vocabulaire qui montre lui aussi de nombreux signes d\u2019essoufflement et de galvaudage : les mots de la culture.Ils forment le stock d\u2019une paralittérature se situant sur la brèche inconfortable entre élaboration artistique et argument de vente ; ils émaillent les programmes de spectacle, les demandes de subvention, les communiqués de presse, les entrevues et les critiques, à Tère du tout-communiquer.Comme lecteurs mais aussi comme auteurs et rédacteurs, nous y avons vu une occasion de critique et d\u2019autocritique, amorce d\u2019un possible ré-enchantement du langage.comme une invitation à danser dans les ruines de nos propres lieux communs.L\u2019idée première n\u2019est pas de bannir certains vocables, mais bien de les secouer un peu.«Ce n\u2019est pas non plus un exercice de restauration par lequel on reviendrait à l\u2019origine des mots, à leur seul sens premier auquel il faudrait se tenir», explique le créateur de Chante avec moi et de Mommy.«Il s\u2019agit d\u2019explorer toutes les significations que les FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR L\u2019auteur et metteur en scène Olivier Choinière est soucieux de maintenir un certain suspense quant à la composition de son nouvel Abécédaire des mots en perte de sens inspiré de Tannée politique 2014.mots peuvent avoir.Et quand je dis qu\u2019il y a un mot en perte de sens, c\u2019est que je perçois qu\u2019il est en train de perdre certains de ses sens au profit d\u2019un seul.Comment les auteurs de théâtre, qui se dédient à la parole vivante, peuvent-ils encore écrire avec ces mots-là si ces derniers, galvaudés, ne participent plus à un accord, ne créent plus un lien personnel et humain entre deux personnes, entre un acteur et un public?» D\u2019audace à zone de confort Choinière se révèle rompu à Tart de l\u2019abécédaire : il en a notamment conçu un pour l\u2019exposition sur André Brassard actuellement présentée à BAnQ.«L\u2019exercice d\u2019aujourd\u2019hui consisterait quant à lui à identifier ces termes qu\u2019on retrouve partout dans le discours sur les arts vivants, et ce, toujours placés de la même manière.Comme si tout devenait interchangeable, comme si tous les shows se valaient, ce qui crée un nivellement, une banalisation.Il n\u2019y aura bientôt plus de trucs audacieux, géniaux ou hiia-rants, parce que tout l\u2019est tout le temps.» Comparant nos listes de suggestions respectives, on constate plusieurs recoupe- ments ainsi que certaines boursouflures alphabétiques, et ce, dès la lettre A: authentique, absurde, aimer.Olivier Choinière retiendra le toujours rassurant accessibie, «une notion qui revient souvent dans la bouche des journalistes, comme pour dire au consommateur culturel qu\u2019il n\u2019aura heureusement pas à se casser la tête».S\u2019érigeant comme son antonyme suspect, inteiiectuei demeure péjoratif; on lui préférera inteiii-gent, qui se suffit souvent à lui-même, tout comme briiiant, exceiient ou inspirant, eux aussi autoportants, rarement explicités.Malgré le côté brouiiion qui pourra valoir à l\u2019artiste un bémoi, on boudera rarement notre piaisir.Mais pouvons-nous encore être atteints par l\u2019avalanche de coups: de cœur, de foudre, de gueule, de poing?«Ils s\u2019émoussent, surtout lorsqu\u2019on nous a prévenus.C\u2019est notre problème quand vient le temps de faire la promo: on est toujours en train d\u2019annoncer, de prévenir, de placer des rampes partout.» On perçoit des cycles, des effets de mode: iudique, déjanté, irrévérencieux et dé-caié ont, de manière plutôt relâchée, pris le relais d\u2019origi-nai, de créatif et d\u2019absurde.Devant les pratiques contemporaines (à quoi se rapporte-t-il, d\u2019ailleurs, ce fameux contemporain?), a-t-on épuisé extrême, subversif, dangereux et radicai ?C\u2019est souvent par le langage que le créateur, par ses soins ou ceux des autres, devient lui-même personnage.Qu\u2019en est-il du Choinière créature publique?Baveux, évidemment, provocant, rebeiie.Un vrai enfant terribie: «Les Français affectionnent tout particulièrement cette expression.» Le tout cristallisé dans une réputation d\u2019intellectuel, qui peut conditionner la réception de ses œuvres : «Je sens parfois que mes pièces sont jugées comme des argumentaires qui doivent être convaincants.Ça dénote une drôle d\u2019attitude face au théâtre, comme si ce dernier devait nécessairement susciter l\u2019adhésion, faire en sorte qu\u2019on quitte la salle tous d\u2019accord.» Dans le cours de notre discussion, lorsque l\u2019artiste évoque l\u2019expression reiever ie défi, le journaliste grimace, se souvenant d\u2019un titre qu\u2019il a jadis pondu.L\u2019auteur de Félicité est heureusement prompt à reconnaître sa propre relation, abusive à une certaine époque, avec le terme novateur: «Je l\u2019ai beaucoup beurré Il n\u2019y aura bientôt plus de trucs audacieux, géniaux ou hilarants, parce que tout l\u2019est tout le temps )) Oiivier Choinière dans des demandes de subvention.On devient tellement conditionné par cet exercice, par lequel on rationalise longtemps d\u2019avance ce qui relève encore de l\u2019instinctif » Nous n\u2019évitons pas la reconnaissance douloureuse de certains termes qui, notamment dans la foulée du printemps érable, ont peut-être été scandés à tant de sauces que le risque de dilution semble avoir passablement augmenté: cité, citoyen, prise de paroie, diaiogue.L\u2019art comme engagement a-t-il encore un sens ?Dans la pluralité des voix affirmant leur singularité, peut-être.D\u2019où les 26 lettres à saveur politique qu\u2019on pourra entendre au Théâtre d\u2019Au-jourd\u2019hui, les 10 et 11 décembre.En espérant s\u2019y faire sortir de notre proverbiale zone de confort.Collaborateur Le Devoir 26J.ETTRES: ABECEDAIRE DES MOTS EN PERTE DE SENS Conception : Olivier Choinière.Textes: 26 auteurs dramatiques.Une coproduction du Jamais lu et de l\u2019Activité présentée au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui les 10 et 11 décembre.Texte à paraître chez Atelier 10.La petite marchande d\u2019émotions Dans Tintimité de Sarah-Maude Beauchesne, du blogue à la scène EABIEN DEGLISE est parti d\u2019un gros coup de narcissisme, c\u2019est en train de devenir un phénomène de groupe, forcément bon pour Tego de celle qui en est la principale responsable.Sarah-Maude Beauchesne, rédactrice publicitaire qui expose sans retenue, ou presque, son surmoi et ses états d\u2019âme sur le blogue Les Fourchettes depuis cinq ans, jubile.Dimanche soir, ses billets d\u2019humeur vont une nouvelle fois être lus sur scène dans le cadre du Soir de coutellerie, événement hyperat-tractif dans les milieux jeunes et connectés, créé de toutes pièces l\u2019an dernier, comme pour mieux confirmer que l\u2019épanchement en format numérique est si bien ancré dans son époque qu\u2019il attaque désormais le vernis des planches de salle de spectacle.«Ça m\u2019émerveille chaque fois de voir que mes billets de blogue peuvent avoir une portée sur une scène, lance la pétillante jeune fille de 24 ans, rencontrée cette semaine dans un café de Montréal.Au début, quand une amie m\u2019a proposé de faire vivre ces textes par des comédiennes, fêtais plutôt sceptique.Mais je me rends compte que, dans les choses très personnelles que je raconte, il y a beaucoup de gens qui se reconnaissent.» En ligne, l\u2019émotive extravertie ne livre en effet pas grand-chose, mais finalement, cela semble être beaucoup: des histoires de filles, de cœurs brisés, de rivalités, d\u2019angoisse de mal paraître, de sentiments troublés, de violence intérieure induite par un désir inassouvi, un bien non acquis.De la confidence presque hasardeuse, comme le monde de la « chick litt», cette littérature pour filles vivant entre urbanité et confort, en distille depuis des lunes, sans trop de fard, mais racontée avec des mots simples, une KK [Le blogue] est devenu un exutoire que Je tiens de manière sincère, sans rien inventer, ce qui explique sans doute pourquoi les gens aiment ça Sarah-Maude Beauchesne langue adolescente, avec son vocabulaire inventé, ses idiomes adoptés de l\u2019anglais, habilement maniée par cette scénariste et auteure d\u2019un roman jeunesse.Elle vient de mettre au monde Cœur de Slush (Hurtubise).« Ce blogue, au départ, c\u2019est une grosse peine d\u2019amour de bébé gâté qui l\u2019a fait naître», reconnaît sans tourner autour du pot cette spécialiste de la vente d\u2019idées.Elle est responsable des éléments de langage, comme dirait l\u2019autre, du compte de la SAQ à l\u2019agence Sid Lee.«Depuis, c\u2019est devenu un exutoire que je tiens de manière sincère, sans rien inventer, ce qui explique sans doute pourquoi les gens aiment ça.» «Je» n\u2019est pas une autre Dans ce tout, Sarah-Maude Beauchesne se montre «un peu folle, un peu pathétique, un peu conne, un peu méchante» \u2014 c\u2019est elle qui le dit \u2014, mais «c\u2019est comme ça que je suis», précise-t-elle.Elle se montre aussi en totale harmonie avec son présent en déballant son «je» devant un auditoire qui semble en redemander.«J\u2019ai 2000 amis Facebook qui savent tout sur ma vie personnelle, dit-elle, même si dans ma vie je n\u2019ai sans doute que cinq véritables amis.Je trouve ça bizarre, mais en même temps je suis à l\u2019aise avec ça.Cette idée de discrétion n\u2019est pas un enjeu important pour moi.» Avec cette honnêteté évidente, cet excès de transparence très 2.0, elle dit vouloir attirer les regards vers elle, être vue et reconnue.Elle prend aussi cet engouement pour ses textes, que vont lire dimanche sur scène Anne-Elisabeth Bossé, une des figures de la série télé Série noire, Ju-lianne Côté ÇRamdam, Tu dors Nicole, Sarah préfère la course) ou encore Catherine Brunet {Le monde de Charlotte, Juliette en direct), comme une tape dans le dos, «la preuve que ce que je fais n\u2019est pas futile», dit-elle.Même si, dans le fond, et dans un paradoxe très contemporain, le futile, celui qui parfois fait du bien en donnant l\u2019impression de faire partie d\u2019un groupe, est sans doute un peu le carburant de toute cette aventure.Le Devoir LE SOIR DE COUTELLERIE 5 Au Lion d\u2019Or, le dimanche 7 décembre, à 17h30 et à 20 h JACQUES NADEAU LE DEVOIR La rédactrice publicitaire Sarah-Maude Beauchesne expose son surmoi sur le blogue Les Fourchettes depuis cinq ans.I PRESENTE EN COLLABORATION AVEC lèTRfl D V^^RI THÉÂTRE ÉMERGENT CONTES À PASSER LE TEMPS LA LANGUE COMME ARME DE DESTRUCTION MASSIVE?LE DEVOIR De JEAN-PHILIPPE BARIL GUERARD DU 4 AU 20 DÉCEMBRE 2014 Production Théâtre En Petites Coupures BILLETTERIE 514 521 4191\t.' WWWESPACELIBRE QC CA 1945 RUE FULLUM 12 AU 14 ET 19 AU 21 DÉCEMBRE A LA MAISON HISTORIQUE CHEVALIER 50 RUE MARCHE CHAMPLAIN QUEBEC QC RESERVATION 418694-9656 LEPOINTDEVENTE COM PREMIERACTE COM Québec Floralies Jouvence Hydm\t\"\u201cCjuéb Québec 1*1 SSS, ssr\tlEPOINTDEVENTECOM^ LE DEVOIR E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DECEMBRE 2014 CULTURE Les compressions silencieuses La culture a déjà largement contribué, juge l\u2019économiste Pierre Fortin FREDERIQUE DOYON \\ A l\u2019écart des coupes radicales de l\u2019automne qui touchent l\u2019éducation, la santé et les programmes sociaux, le secteur de la culture retient son souffle et croise les doigts devant le vent d\u2019austérité qui souffle sur le Québec.D\u2019autant qu\u2019il ressent déjà les contrecoups de ce qui se passe ailleurs.Le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) a fait part au Devoir de plusieurs témoignages, surtout venus des régions, disant que les coupes extérieures au ministère de la Culture et des Communications (MCC) se font sentir partout.Les compressions à Emploi Québec affecteraient les subventions salariales en culture, alors que le^ ponctions au ministère de l\u2019Éducation, des Loisirs et des Sports et dans les commissions scolaires risquent de sonner le glas de plusieurs activités culturelles, rapporte l\u2019organisme.L\u2019abolition des conférences régionales d\u2019élus et des centres locaux de développement se répercute aussi sur le terrain culturel.Entre autres.«L\u2019impact de toutes les mesures [d\u2019austérité] n\u2019est pas seulement direct, mais indirect, rappelle l\u2019économiste Pierre Eortin.Si tout ça fait ralentir l\u2019économie, ce qu\u2019un couple ou une famille va supprimer, c\u2019est ce qui n\u2019est pas nécessaire à sa survie, donc ses dépenses en culture.» On peut envisager le verre à moitié plein et rappeler que le budget du ministère de la Culture et des Communications est, depuis les années de vaches maigres, épargné, main-1 tenu, voire minimalement accru.La ministre Hélène David vantait la croissance de 1% des sommes allouées à la culture et l\u2019ancien titulaire péquiste Maka Kotto encensait la hausse sibylline de 2,1 % en 2012, principalement affectée au service de la dette.Mais toute la force du symbole positif ne réussit pas à cacher les compressions silencieuses que subit le secteur depuis plusieurs années \u2014 le verre à moitié vide.«Depuis 10 ans, il y a eu une baisse des dépenses en culture par rapport aux dépenses globales », affirme M.Eortin, qui a témoigné au nom de plusieurs syndicats de travailleurs culturels dans le cadre de la commission God-bout sur la fiscalité en octobre.Pour lui, l\u2019argument libéral selon lequel chacun doit contribuer ne tient pas la route pour î JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le MAL craint que le climat financier actuel ne sonne le glas de plusieurs activités culturelles.Ici, de jeunes danseuses observent La petite danseuse de Degas, de passage au MBAM.les gens de la culture.«Ce serait d\u2019une iniquité foncière d\u2019aller de l\u2019avant avec des coupes, dit-il.Ils se sont déjà serré la ceinture.Ils Vont fait, leur part.» Le réseau muséal en sait quelque chose avec les compressions successives de ses budgets.Même le rapport Corbo en 2013 appelait à un rattrapage de son financement.L\u2019économiste signale que les dépenses de programmes en culture ont progressé deux fois moins (11%) que celles en économie (25%) entre 2006 et 2013 et quatre fois moins que celles du secteur de la santé (40%).Il rapporte aussi les conclusions d\u2019une récente note économique de l\u2019Institut de recherche et d\u2019information socio-économique qui conclut à la forte précarisation des artisans du secteur de l\u2019audiovisuel, où temps partiel et contrats cumulés sont la norme.S\u2019il estime qu\u2019il n\u2019y a pas encore de catastrophe déclarée, il invite à la prudence, enjoignant aux gouvernants d\u2019éviter de frapper un «secteur vital pour notre identité», qui ne se soumet pas mal aux diktats économiques.«L\u2019impact de la culture dépasse énormément le marché immédiat qui la concerne.Si tu laisses l\u2019économie marchande pure s\u2019en occuper, elle va disparaître.» Le Devoir Des mesures d\u2019efficience Le dernier budget engage une réduction de 20% des crédits d\u2019impôt aux entreprises.En cinéma, le recul risque de se traduire par trois ou quatre films québécois en moins par année, selon l\u2019ancien président et chef de la direction de la SODEC, Erançois Macerola.Dans l\u2019industrie du livre, de moins en moins de maisons d\u2019édition recourront à ce programme pourtant «vital si on désire professionnaliser l\u2019industrie (créer des emplois permanents, sortir de la précarité du travail à la pige ou à temps partiel) », explique Richard Prieur de l\u2019Association nationale des éditeurs de livres.Des compressions dams les sociétés d\u2019État Musées nationaux: 2,2 millions Bibliothèque et Archives nationales du Québec : 2 millions Place des Arts et Grand Théâtre de Québec : 256 000$ La SODÈC et le CALQ ont aussi été invités à être plus complémentaires.ZERO SUITE DE LA PAGE E 1 de 20% des crédits d\u2019impôt à la production cinématographique et aux services cinématographiques vient débalancer un équilibre financier déjà précaire dans ce milieu», dit-elle.Outre l\u2019impact délétère de ces crédits d\u2019impôt revus à la baisse, la cinéaste Chloé Robi-chaud {Sarah préfère la course) déplore, sur une note plus personnelle, «la fin du programme de procréation assistée, qui va toucher directement les couples lesbiens, comme le gouvernement ne paiera qu\u2019en cas d\u2019infertilité».I TANGENTE ¦ SAISON DE DANSE CONTEMPORAINE 2014-2015- Monunent-National du 11 au 14 déc FOLDS Katia-Marie Gernain S' Lenka Novakova RUMINANT RUMINANT Brice Noeser Monument-National les 20 et 21 déc DANS TA TÊTE + SIX PIEDS SUR TERRE Maïgwenn Desbois / Maï(g)wenn et les Orteils 11 23$ UégulieW r iétudiant/ ü Billetterie Centrale 514.871.2224 tangente.qc.ca Québec SS 1*1 Comment réagissez-vous à ce discours?«Je crois qu\u2019il faut riposter en retournant l\u2019agression contre l\u2019agresseur, en lui renvoyant les brutalités de sa langue, répond Clément de Gaulejac.Pour ma part, j\u2019ai commencé à endurer la violence verbale des libéraux quand j\u2019ai compris que je pouvais l\u2019utiliser comme source d\u2019inspiration.Plutôt que d\u2019enrager tout seul dans ma cuisine en écoutant les nouvelles, j\u2019ai fait méthode de cette colère pour inventer et dessiner de petites mises en scène qui moquent les discours du pouvoir.» Ces dessins, il les partage ensuite sur Internet en s\u2019imaginant qu\u2019ils font du bien à ceux qui les voient et en rient.« Je crois qu\u2019il est important de montrer à nos gouvernements qu\u2019on n\u2019est pas dupes de leurs gesticulations sécuritaires et \u201caustéritaires\u201d.» Catherine Lavoie-Marcus mise pour sa part sur les diverses initiatives de partage et de soutien entre pairs.C\u2019est «une façon de m\u2019assurer que la valeur des projets artistiques relève avant tout des créateurs et du public plutôt que des investisseurs et des politiciens».La productrice de La Boîte à Eanny creuse le même sillon.«Je rallie les jeunes producteurs pour que nous prenions position tous ensemble, puisque c\u2019est directement notre avenir qui se joue ici», dit celle qui a présenté un mémoire à la commission Godbout sur la fiscalité.Quelle serait votre principale recommandation au ministère de la Culture?Que l\u2019argent aille aux artistes et non aux structures, plaide Dominic Champagne.«Que, quand le ministère investit dans le béton, il s\u2019oblige à investir également dans le fonctionnement (c\u2019est-à-dire la vie) LE CONCERT DU NOUVEL AN 2015 ^ommqgt à Le plus séduisant concert janvier, 14h30 Salle Wilfrid-Pelletier Orchestre Strauss de Montréal Andreas Spôrri, chef d'orchestre Danseurs du Ballet Kiev-Aniko d'Ukraine Champions internationaux de danse sociale Birgitta Wetzl, soprano Gino Quilico, baryton 514.842.2112/1.866.842.2112 ra placedesarts.com des lieux qu\u2019il a aidé à mettre en place, sinon ces lieux deviendront de beaux mouroirs de talents.» La chorégraphe Catherine Lavoie-Marcus propose aussi au gouvernement de mieux protéger les travailleurs culturels contre la «précarisation systématisée», à l\u2019occasion du remaniement de la politique culturelle.« Que [le ministère] évalue les retombées réelles de son Plan d\u2019action pour l\u2019amélioration de la condition socioéconomique des artistes, élaboré en 2004, et qu\u2019il le mette à jour en élargissant sa portée aux travailleurs et travailleuses culturels du Québec.Actuellement, l\u2019attention qu\u2019il porte à la question relève de la rhétorique auto-complaisante, à mon avis.» S\u2019il était ministre de la Culture, Guillaume Déziel travaillerait très fort pour sortir notre culture numérique de l\u2019emprise du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et de sa juridiction fédérale.«En prenant tel contrôle, je rendrais ainsi à l\u2019industrie culturelle la possibilité de récolter les revenus liés à la consommation de son contenu.» Eanny-Laure Malo propose également de «ramener le crédit d\u2019impôt, tant à la production qu\u2019aux services, à son taux original, voire de le bonifier».Personne ne sait ce que sera l\u2019art le plus important de notre époque.Il est fort probable qu\u2019il échappe encore aux différents radars institutionnels, note Clément de Gaulejac.«Ce qui est à peu près certain, c\u2019est qu\u2019il aura bénéficié d\u2019une manière ou d\u2019une autre du complexe écosystème dans lequel vivent et travaillent les artistes du Québec aujourd\u2019hui.» Parce qu\u2019elles menacent la survie de cet écosystème fragile, les politiques comptables du gouvernement libéral, «obsédé par la coupe et le déficit zéro, risquent de tuer dans l\u2019œuf cet art qui ne se développe sans doute pas au cœur des institutions, mais ne saurait exister sans elles.C\u2019est le paradoxe de l\u2019art libre aujourd\u2019hui: il a besoin des institutions pour s\u2019en affranchir».Le Devoir MAR)OLAIIME BEAUCHAMP GENEVIÈVE DESROSIERS CATHERINE DORION CATH\" ¦'INE LALONDE M\" 'ATELLIER \"^TARTE 'ISTINO E LYNE .C^yllELLEBu m-philippè 5 VE GAGNON TON MIRONS JLASLAI'\t^ ERTAG 0'^^ 4 U r\tI TjiIARDINS 1^^ *\u2019^''lALIBERTÉ WPLaHAN^.JESPATI^ .aRC DESa^ FR AN ALEXANDRE DOSTIE JEAN-PAULDAOUST ATTENTAT it- 1/ Des cagoules.De l\u2019amour.Des poèmes.DU 2 AU 17 DÉCEMBRE 2014 Au Théâtre de Quat\u2019Sous Mise en scène Cabrielle Côté et Véronique Côté Avec Alexandre Bergeron, Mykalle Bielinski, Catherine-Amélie Côté, Cabrielle Côté, Véronique Côté, Steve Gagnon et Alexandrine Warren Textes Roland Ciguère, René Lapierre, Maxime Catellier, Marjolaine Beauchamp, Catherine Dorion, François Cuerrette, Simon Dumas, Benoît Jutras, Alexandre Faustina, Jean-Sébastien Larouche, Véronique Côté, Geneviève Desrosiers, Jean-Philippe Tremblay, Steve Gagnon, Geneviève Letarte, Evelyne de la Chenelière, Catherine Lalonde, Mariève Maréchal, Carole David, Natasha Kanapé Fontaine, Daniel Leblanc-Poirier, Louise Desjardins, Sylvie Laliberté, Caston Miron, Nicolas Lauzon, Alexandre Dostie, Stéphane Despatie, Jean-Marc Desgent, Jean-Paul Daoust, Hubert Aquin, Cérald Codin et Jocelyn Pelletier Costumes Maude Audet Lumière Martin Sirois Musique Mykalle Bielinski BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM 8122297254 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DECEMBRE 2014 E 5 CULTURE >CLASSIQUE Boursicotage musical La crème des coffrets en 2014 Les 10 coffrets de l\u2019aimée CHRISTOPHE HUSS La fin d\u2019année est la grande saison des coffrets économiques, mais la donnée troublante de l\u2019année 2014 est leur incroyable fluctuation de prix.Comment, de manière crédible, peut-on vendre 150$ ce que l\u2019on a offert à 50$ quelques mois plus tôt?Des produits strictement similaires \u2014 par exemple les coffrets baroques de 10 CD de Deutsche Harmonia Mundi \u2014 affichent des prix allant du simple au douille dans une même enseigne.A cela s\u2019ajoutent des disponibilités fugaces.Ainsi, le coffret vedette de l\u2019année 2013, celui consacré à Fritz Reiner par RCA, fut très vite épuisé et s\u2019échangeait à prix prohibitifs.Il a été réimprimé pour les Fêtes 2014, mais est vendu plus cher que l\u2019an passé.Acheter le bon produit au bon moment: on croirait que l\u2019accès à l\u2019art suit désormais un schéma boursier.Ces variabilités, cet aléatoire, rendent difficiles les recommandations d\u2019achat, mais avec celles ci-dessous vous devriez être dans le bon timing.L\u2019incontournable Le coffret incontestable de l\u2019année 2014 est la collection des opéras de Rameau réunie par Warner en 27 CD il y a déjà quelque mois et déjà commentée ici.La grande surprise de cette fin d\u2019année est la Vivaldi Edition de Brilliant Classics.Contrairement à la réédition, avec quelques modifications mineures, de coffrets d\u2019autres compositeurs (Beethoven, Mozart), le nouveau coffret Vivaldi (66 CD !) de Brilliant est refondu de fond en comble et nourri par de nouvelles versions des opus 1 à 12 par L\u2019Arte dell\u2019arco et le violoniste Federico Guglielmo, un travail de stakhanoviste \u2014 très appliqué et sérieux \u2014 réalisé entre 2012 et 2014.A l\u2019heure d\u2019écrire ces lignes, nous n\u2019en avions pas encore épuisé la découverte, mais celle-ci était chaque fois fort heureuse.Côté artistes, contrairement à 2013, il n\u2019y a pas d\u2019indiscutable coffret vedette des Fêtes.L\u2019équivalent 2014, chez Sony Classical, du coffret Reiner est Pierre Boulez.The Complete Columbia Album Collection: Rachmaninov Chostakovitch Arenski TRomn RUSSE Mercredi 10 décembre 2014 à 19 h 30 Chapelle historique du Bon-Pasteur PIERRE BOULEZ Pierre Boulez.Complete Columbia Album Collection.Sony 67 CD 88843013332.Vivaldi Edition.Brilliant.66 CD 94840.Bach: L\u2019œuvre d\u2019orgue.André Isoir.La Dolce Volta 15 CD LDV 153.7.L\u2019orgue français.Marie-Claire Alain.Erato 22 CD 0825646210647.LILI KRAUS Rafael Kubelik: The Complete HMV Recordings.Warner 13 CD 0825646319015.E un Kraus (1933-1958).Erato 31 CD 0825564624223B Lorin Maazel: The Cleveland Years.Decca 19 CD 478 7779.DIETER NAGE AGENCE ERANCE PRESSE Le travail éditorial est complet dans le coffret que consacre Sony Classical au maestro Pierre Boulez.Seon.Excellence in Early Music.Sony 85 CD 88843089382.67 CD, la même exhaustivité, la même qualité des matériaux et le même soin apporté à la réalisation, avec reproduction des pochettes originales.Les enregistrements recoupent la période de 1966 à la fin des années 80, période «américaine», postérieure aux enregistrements français Adès et précédant la grande carrière internationale des 25 dernières années, documentée par Deutsche Grammophon.Le travail éditorial est vraiment complet, incluant les enregistrements Haendel et même le disque «maudit», jusqu\u2019ici interdit de CD: la 5® Symphonie de Beethoven (assez médiocre, il est vrai) enregistrée à Londres en 1968.Les enregistrements Bartôk, Stra-vinsla, Varèse, Debussy, Ravel, Berg, Schoenberg et Webern sont justement célèbres.Il y a peu de découvertes (Carter, Berio, Dukas, Berlioz, Wagner) car le legs Columbia-Boulez a été bien documenté.La spécialisation Selon vos centres d\u2019intérêts, les éditeurs arrivent avec quelques propositions éminentes.Les voici donc, pour tous les goûts.Amateurs d\u2019orgue.Ils sont les mélomanes les plus choyés des Fêtes, avec la parution de deux suprêmes coffrets.D\u2019abord, l\u2019intégrale de l\u2019œuvre /ûp F/étPhACci d\u2019orgue de Bach par André Isoir, une référence depuis 15 ans, jadis publiée par Calliope et rééditée ici mardi prochain par La Dolce Volta.Re-mastérisation et présentation sont exceptionnelles.Un bonheur ne venant jamais seul, Erato édite une anthologie de 22 CD d\u2019enregistrements de Marie-Claire Alain consacrés à l\u2019orgue français.Tous les choix sont judicieux et bien argumentés.Baroqueux.Déjà bien gâtés avec le Rameau de Warner et le Vivaldi de Brilliant, les amateurs de musique baroque se voient proposer un coffret (Sony Classical) des 120 enregistrements du label Seon en 85 CD.Il s\u2019agit de l\u2019aventure éditoriale \u2014 principalement des années 1970 \u2014 de Wolf Erichson, l\u2019un des plus grands producteurs de l\u2019histoire du disque, avec les grands pionniers du renouveau baroque: Leonhardt, Brüggen, Bylsma.Ce legs, capital sur le plan his- torique, s\u2019inscrit pour Erichson après la création de Das Alte Werk chez Telefunken et avant celle de Vivarte pour Sony.Archivistes.Depuis la parution du sublime coffret Ferenc Fricsay, célébré ici, deux coffrets dominent la catégorie des rééditions historiques.D\u2019abord, l\u2019intégrale enfin rassemblée des enregistrements HMV de Rafael Kubelik.HMV avait engagé Kubelik dès sa fuite de Tchécoslovaquie.C\u2019est ce legs, de l\u2019après-guerre jusqu\u2019en 1960, qu\u2019on trouve ici, plus deux raretés de Ma patrie gravées en 1937 et trois ouvertures de Dvorâk en 1946 avec le Philharmonique tchèque.Non moins renversant, le coffret des enregistrements Parlo-phone, Ducretet-Thomson et Discophiles français (1937-1958) de la pianiste hongroise Lili Kraus.On est là dans l\u2019hy-per-rareté pour happy few, mais documentant une pianiste légendaire, spécialiste de Mozart, à la vie romanesque, qui la mena du Conservatoire de Budapest à une charge d\u2019enseignement à Forth Worth, en passant par les camps de concentration japonais à Java pendant la guerre.Hlfistes.Rappelons le coffret Decca Phase 4, inégal mais attachant, déjà présenté dans ces colonnes.Notre choix ira cependant vers l\u2019orgie sonore orchestrée par Lorin Maazel à Cleveland au milieu des années 1970.Une période de gloire pour les ingénieurs de Decca; un orchestre suprême, encore marqué par la discipline de George Szell; un Maazel brillant, un peu froid mais pas encore maniéré.Lyricomanes.Vous connaissez un amateur d\u2019opéra qui a déjà «tout».Ça, il ne l\u2019a pas.«Ça», ce sont 12 opéras captés au Royal Opera House de Londres entre 1955 et 1997 et réunis en coffret.Ofe/Zo-Vinay-Kubelik (1955), Tosm-Milanov-Gibson (1957), Butterfly-Cos Angeles-Kempe (1957), Dow Great Performances Live.Royal Opera House London.Opus Arte 32 CD OA CD9024D.Sergio Fiorentino.The Berlin Recordings.Piano Classics PCLM 0033 (Naxos).Cor/os-Giulini (1958), Lucia di LoOTOTorwoor-Sutherland-Serafin (1959), Don Giovanni-Siepi-Solti (1962), Bal masqué-Vickers-Downes (1962), Porsf-/«/-Vickers-Goodall (1971), CosÂColin Davis , Alceste-Baker-Mackerras (1981), Chevalier à la roso-Andrew Davis (1995) et Maîtres chanteurs-tüdi-tink (1997).Que de la légende! Découvreurs.Vous avez aimé le pianiste Christian Blackshaw, vous aimerez Sergio Fiorentino (1927-1998).Virtuose dans sa jeunesse, il est devenu professeur pour reprendre une carrière sur le tard au moment de sa retraite.Cet immense poète a été enregistré à la fin de sa vie, entre 1994 et 1997, à Berlin, lors de quatre sessions publiées jadis par APR et rassemblées en un coffret de 10 CD par Piano Classics.Fiorentino n\u2019a jamais goûté à sa renaissance: il est mort au moment oû sa légende prenait forme.Le Devoir SOIRS D\u2019HIVER CORELLI TCHAÏKOVSKI Maison symphonique de Montréal 19 décembre, 19 h 30 ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN I Desjardins 4» SAISON 2014*2015 ourdie û,TI0N KENSHOWATANABE CHEF STÉPHANE TÉTREAULT VIOLONCELLE BILLETS 9Q$ A PARTIR DE Conseil des arts de Montréal en tournée VERDUN 17\tdécembre MERCIER-HOCHELAGA MAISONNEUVE 18\tdécembre SAINT-LÉONARD 20 décembre Billets sur www accesculture corn www triofibonacci corn ConUHidesarb CanadaCauncil\t| | |)[ \\0||t placedesarts.com Montréal® LA FONDATION ARTE MUSICA PRESENTE SCANDALE A PARIS Mercredi 10 décembre \u2022 19 h 30 Pentaèdre - Quintette à vent TAFFAN EL Quintette en sol mineur RAVEL Ma mère l\u2019oye STRAVINSKI Le sacre du printemps HINDEMITH Kleine Kammermusik Concert en lien avec l\u2019exposition De Van Gogh a Kandinsky MATINÉES BAROQUES LA NATIVITÉ EN NOUVELLE-FRANCE Jeudi 11 décembre * 11 h Les Idées heureuses Ensemble vocal féminin Scholastica Élise Boucher-DeGonzague, chanteuse abénaquise Cantiques de Noel UN FESTIN DE ROY Vendredi 19 décembre \u2022 19 h 30 Les Violons du Roy Raphaël Pichon, chef CORELLI Concerto Pour la nuit de Noel TELEMANN Musique de table (extraits) RAMEAU Le Théâtre de Rameau (Pieces orchestrales extraites de ses œuvres pour la scene) Billets et programmation complète sallebourgie.ca 514-285-2000 #4 M MUSEE DES BEAUX ARTS MONTREAL FONDATION ARTE MUSICA Présente par ARCHAMBAULT DU 12 AU 14 DECEMBRE 2014 DEUX MAGASINS SEULEMENT STE-DOROTHÉE MONTRÉAL (ANGLE SAINTE-CATHERINE ET BERRI) Les quantités peuvent être limitées.Ne peut être jumelée à aucune autre offre.GRANDE VENTE DE PIANOS À QUEUE YAMAHA JUSQU\u2019À 2000! À L\u2019ACHAT D\u2019UN PIANO À QUEUE NEUF «YAMAHA E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DECEMBRE 2014 [DE VISU Créer pour ne pas oublier Retour sur l\u2019élan créatif autour de la place du 6-Décembre-1989 JÉRÔME DELGADO La tragédie que fut la tuerie de Polytechnique en décembre 1989 a bouleversé le Québec.On en parle encore, elle a laissé des traces et.une œuvre d\u2019art.En 1999, la Ville de Montréal inaugurait la place du 6-Décembre-1989.Sur cet îlot vert de l\u2019avenue Queen-Mary, la sculpture Nef pour quatorze reines de Rose-Marie Goulet, issue d\u2019un concours d\u2019art public, est depuis un important point de ralliement.La photographe Raymonde April, connue pour ses images intimistes, avait participé à l\u2019un des projets soumis au concours.Dix ans après le drame, les plaies demeuraient vives.«Je me souviens que j\u2019étais très émotive lors de la présentation [au jury].Je lisais un texte de Marie-Uguay [poétesse morte aussi très jeune, en 1981] et j\u2019étais dans tous mes états», confiait-elle récemment.« [Polytechnique], c\u2019est le genre de traumatisme que tu ne souhaites pas.Tu te souviens exactement de l\u2019endroit où tu étais au moment où c\u2019est arrivé.» Dans un contexte aussi émotif, s\u2019engager dans un concours demande mûre réflexion.C\u2019est l\u2019avis de Francine Larivée, grande dame de l\u2019art public québécois et finaliste aussi en 1999.«Je me sentais interpellée, dit-elle aujourd\u2019hui.Il a fallu que je réfléchisse comme il faut, parce que ça impliquait que je devais me remettre dans ça.J\u2019ai essayé de me tenir la tête au-dessus de l\u2019eau.Le monument, je l\u2019ai abordé de cette façon.» L\u2019œuvre de Rose-Marie Goulet, réalisée avec l\u2019architecte-paysagiste Marie-Claude Robert, est accessible et saluée de prix, dont le Norman-Slater 2009, attribué par l\u2019Ordre des architectes du Québec.Que 1 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Francine Larivée n\u2019avait pas revu sa maquette depuis 15 ans.reste-t-il des autres propositions?Des documents, des souvenirs et des maquettes, enfouis parfois bien loin.Ce qu\u2019on ne voit pas Francine Larivée n\u2019avait pas revu sa maquette depuis 15 ans.Personne n\u2019était même destiné à connaître son existence : l\u2019œuvre ne sera jamais réalisée.Depuis le concours perdu \u2014 non, l\u2019auteure d\u2019une vingtaine Un concours, cinq projets Le concours d\u2019art public de la place du 6-Décembre-1989 s\u2019est tenu au printemps 1999.Le 28 mai 1999, le jury annonçait qu\u2019il avait choisi la proposition de RosœMarie Goulet et Marie-Claude Robert, intitulée Nef pour quatorze reines.Inaugurée le 5 décembre 1999, l\u2019œuvre fait partie de la collection d\u2019art public de Montréal et s\u2019étale sur 113 mètres, soit presque toute la longueur de l\u2019esplanade.Le jury avait évalué quatre autres projets, de Sophie Charlebois, de Lucienne Cornet, de Francine Larivée et d\u2019un collectif composé de Jean-Claude Rochefort, de Raymonde April, de Jacques Bilodeau et de Danielle Sauvé.PAPIERS de œuvres choisies Estampes dessins et peintures sur papier VERMISSAGE JEUDI EE 4 DECEMBRE 17hA20h JUSQU AU 23 DECEMBRE 2014 EXPOSITIOM COMJOIMTE DE yveslaioi he y 6345 boulevard Sa nt Laurent Mont éol (Québec) H2S 3C3 514 274 4299 oiujuj galer elacerte corn 6355 boulevard Sa nt Laurent Mont éal (Québec) H2S 3C3 514393 1999 LULULU yveslaroche corn d\u2019œuvres publiques en vingt ans ne gagne pas chaque fois \u2014, la maquette dort.«Sur le coup, ça m\u2019a fait quelque chose.En même temps, quand tu participes à un concours, tu acceptes [de perdre].Avec le recul, je me dis que c\u2019est vraiment dommage qu\u2019elle n\u2019existe pas», com-mente-t-eUe, dans son atelier.A l\u2019époque, Francine Larivée venait de gagner un autre concours d\u2019œuvre commémorative.La réparation (1998), située dans un parc d\u2019Ahunt-sic, est dédiée aux victimes de génocides, en particulier à ceux de la communauté arménienne.Elle a élaboré son projet de manière universelle plutôt que de cibler un événement précis, approche reprise pour l\u2019œuvre commémorative du 6 décembre 1989.Sa proposition, qui ne nommait pas les 14 étudiantes de Polytechnique, pouvait ainsi rappeler «chaque personne assassinée».Horizontal, peu monumental, contrairement à La réparation, son projet de type land art dispersait sept duos de dalles en granit rouge, évoquant l\u2019aspect collectif et individuel du drame.Ces monolithes, dont les formes angulaires supposaient leur prolongement sous terre, il aurait fallu les contourner.«Ce ne sont pas seulement des signes au sol; ce qui est enfoui, c\u2019est ce qu\u2019on n\u2019en voit pas, explique l\u2019artiste.On fait le deuil de notre enfant.Il en reste une partie, mais si on se met à y réfléchir, c\u2019est la fin.Ce qu\u2019il y a dessous, c\u2019est la mort.» Entre la vie et la mort Raymonde April croit qu\u2019on ne pouvait échapper au monument commémoratif funèbre.C\u2019est sur invitation du regretté Jean-Claude Rochefort, le théoricien, galeriste et critique au Devoir décédé en 2010, que la photographe a rejoint un groupe qui comprenait la sculi> teure Danielle Sauvé et l\u2019architecte et artiste Jacques Bilodeau.Rochefort agissait comme maître d\u2019œuvre.Pour ce monument qu\u2019il qualifiait de «cénotaphe, parce que les corps ne sont pas là», se rappelle M™® April, il avait imaginé un mur tronqué, comme s\u2019il avait été interrompu en cours de route.«La couleur rouge, le concept de déambulation, les stèles, toute l\u2019architecture, c\u2019est lui qui l\u2019avait conçue.Il était très créatif Nous, on agençait des œuvres, des objets, des mots», dit celle qui y contribuait par une photo tirée de ses archives, où l\u2019on voit une femme disparaître à l\u2019horizon.L\u2019idée centrale du projet parlait du stade entre la vie et la mort.Raymonde April avait aussi choisi un texte de Marie-Uguay qui évoquait ce passage à un jeune âge, «un poème sur ce seuil, qui allait à la perfection», dit-elle, avec l\u2019installation commémorative.Sans être déterminant pour la suite d\u2019une carrière, le concours, même perdu, laisse des traces.Raymonde April, elle, n\u2019a jamais vraiment renoué avec les concours.Depuis peu, par contre, elle dirige le collectif Afterlife, qui travaille sur les notions de deuil, d\u2019éternité et de nouvelle vie des images photographiques.«Ce n\u2019est pas un impact direct du projet de 1999, mais quelque chose est resté et s\u2019est prolongé», croit-elle.En revoyant sa maquette, Francine Larivée a l\u2019impression de retrouver la continuité dans sa pratique, entre ses interventions très land art, près du sol, d\u2019avant, et son travail sur la forme qui lui est subséquent.Tout tourne autour du geste, autour de la question «est-ce que c\u2019était là avant?», explique-t-elle.Collaborateur Le Devoir Le Centre d\u2019exposition de Repentigny présente Trésors de cirque Le Fonds Jacob-William dévoilé La TOHU, la Cité des arts du cirque Du 22 novembre 2014 au 4 janvier 2015 CENTRE D'EXPOSITION DE REPENTIGNY 3 place d Evry Repentigny
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