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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-11-22, Collections de BAnQ.

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[" Du Nation building au multiculturalisme à la télé d\u2019État Page E 3 Sophie Hartung ou Tart de faire rire avec des alexandrins Page e 7 CULTUR CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBR I 2 O^IU 1 ALEXAND CADIEUX a Edimbourg F premiers jours d\u2019une meilleure nation Dans les théâtres de la capitale écossaise, les échos du récent référendum résonnent encore Œuvrez comme si vous viviez les premiers jours d\u2019une meilleure nation.» La pensée émane d\u2019Alasdair Gray, écrivain et peintre écossais, socialiste et indépendantiste notoire.Elle est désormais inscrite dans le marbre, parmi les 26 citations or-\u2019 ant le Canongate Wall du parlement écossais, jalon autonomiste important qui siège à Edimbourg depuis 1999.Parmi ses compétences territoriales, arrachées à Westminster, l\u2019institution gère désormais les dossiers liés au développement économique, à l\u2019éducation, à la santé, à la recherche et à la culture.Neil Cooper aime évoquer la citation de Gray.Celui qui agit à titre de critique théâtral dans les pages du quotidien The Herald depuis 1996 estime qu\u2019à moyen terme, l\u2019indépendance du pays est inévitable.«Il était clair pour moi que, dans les semaines qui suivirent le scrutin, les tenants du oui [45% des votes] affichaient de manière générale une attitude beaucoup plus positive que ceux pourtant désignés comme vainqueurs.Comme si tous savaient que ce n\u2019était qu\u2019un début», confie ce natif de Liverpool transplanté en Ecosse il y a 30 ans.11 n\u2019en demeure pas moins que, pour une partie de la société civile et pour le milieu du théâtre en particulier, la victoire du non au référendum du 18 septembre dernier eut d\u2019abord l\u2019effet d\u2019une douche froide.Les médias québécois ont couvert la campagne référendaire avec attention; nos politiciens ont bien tenté de nous vendre, ou au contraire de minimiser, les parentés cqlturelles et constitutionnelles entre l\u2019Ecosse et le Québec.En cettq semaine où le Traverse Theatre d\u2019Edimbourg recevait le Théâtre de la Manufacture et ses auteurs Eabien Cloutier, Catherine-Anne Tou-pin et Erançois Archambault dans le cadre de l\u2019événement «New Writing from Québec», l\u2019occasion était belle pour récapituler un peu et prendre la température post-référendaire dans la capitale de l\u2019ancien royaume comptant aujourd\u2019hui un peu plus de cinq millions d\u2019habitants.Le jour J sur les scènes «De nombreux journalistes ont tenté de nous obliger à prendre position durant la campagne, raconte Qrla Q\u2019Loughlin, directrice artistique du Traverse depuis 2012.Notre réponse a toujours été que ce n\u2019était pas notre rôle, en tant qu\u2019institution, d\u2019exprimer une opinion : un théâtre doit rester le lieu où tous les avis ont droit de cité, notre mandat étant de leur permettre de se faire entendre.» VOIR PAGE E 4 : NATION JEREMY ABRAHAMS Une scène de la pièce Spoiling, de l\u2019auteur John McCann WmÊ \\ DE VAN GOGH À KANDINSKY 3 DE L\u2019IMPRESSIONNISME À L\u2019EXPRESSIONNISME 1900 \u2022 1914 Un* présentation de ACHETEZ VOS BILLETS MBAM.QC.CA FieraCapital metro air canada® Bdl cH= M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014 CULTURE Non merci ! 0\t»T.\\ Odile Tremblay Parmi toutes les façons de protester \u2014 le poing sur la table, les manifestations, la violence qui ne mène qu\u2019aux pires culs-de-sac, l\u2019éloquence indignée façon Charles Tisseyre devant les compressions de Radio-Canada \u2014 l\u2019une d\u2019entre elles reprend une sorte de vogue ces temps-ci.Le «non merci ! », ce refus du prix, d\u2019un honneur assorti d\u2019un gros magot parfois, au nom d\u2019une conviction supérieure immanente.Dans l\u2019atmosphère ambiante du chacun pour soi, du «Prends l\u2019oseille et tais-toi», ce refus-là ravit et étonne.On relève la tête, quasi réconforté : Tiens, ça existe encore?Mais oui! Tel le «non» de Gabriel Nadeau-Dubois refusant cette semaine le Prix littéraire du Gouverneur général remis par le Conseil des arts du Canada pour son essai Tenir tête.11 relaiera la bourse de 25 000$ à un organisme qui défend le bien commun des Québécois.En tant que progressiste et indépendantiste, l\u2019ancien leader étudiant ne se sentait pas à l\u2019aise, comprend-on, de recevoir une claque dans le dos, fût-elle indirecte (les jurys sont souverains), du régime d\u2019Harper.Nouvelle manière de tenir tête, en somme, comme dans son essai bien nommé.Le voici en bonne compagnie, auprès des Hubert Aquin, Leonard Cohen, Roland Gi-guère, Michel Garneau, Fernand Ouellette, têtes fortes des grandes décennies contestataires 60 et 70, qui déclinèrent avant lui le Prix du Gouverneur général.En 2012, le chanteur romancier Biz, marchant sur leurs traces, avait fait retirer son nom de la liste de ses finalistes, avec ces fières paroles: «Je ne suis pas un sujet de Sa Majesté ! » Bien malvenu qui oserait jeter la pierre à un qrtiste pour avoir accepté prix et bourse d\u2019un Etat ou d\u2019un organisme dont il n\u2019appuie pas le beau programme.Pauvreté et précarité sont en général leur lot de carrière.Si souvent lauriers et enveloppe font la différence entre survivre à l\u2019ombre et vivre à la lumière.Propulser des œuvres autrement méconnues, insuffler un sentiment de fierté au lauréat après les doutes de sa création solitaire, telle est la fonction première de ces honneurs-là.Alors juger.Mais la résistance version dos tourné a du chien et du charme, démontrant que l\u2019engagement et l\u2019esprit d\u2019indépendance peuvent encore triompher du matérialisme et du bal des ego, en plats du jour.On peut soupçonner d\u2019opportunisme certains lauréats, capables après tout de faire primer un privilège plutôt que l\u2019autre.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Gabriel Nadeau-Dubois et le metteur en scène Serge Denoncourt ont marché dimanche en soutien à Radio-Canada.dorer son blason à Tout le monde en parle prévalant au besoin sur le prix et la bourse.Sauf qu\u2019en amont, ce moment fragile dans l\u2019âme et la conscience du lauréat, alors que les plateaux de la balance basculent en faveur du « Pas de ce ployés de Radio-Canada Estrie refusaient des mains du président Hubert T.Lacroix le prix Auditoire pour la couverture de la tragédie de Lac-Mégantic : une toute première récompense pour leur boîte en région, avec réaction initiale de fierté.Pensez La fin de non-recevoir est un vieil instrument de révolte, apparemment collé à d\u2019anciens sentiments de dignité supérieure, qu\u2019on croyait emportés par le courant d\u2019un cynisme de modernité pain-là!», «Pas de cette main-là!», existe aussi.L\u2019effet publicitaire du savon qui lave plus blanc que blanc, à pleins médias en porte-voix, survient ou non en seconde étape, teinté de calcul ou pas.C\u2019est selon.Question de conscience Dans bien des cas, la pureté des intentions ne saurait être remise en cause.Ainsi, le 12 septembre dernier, la soixantaine d\u2019em- EXPLOSIF! DES BULLES DE CHAMPAGNE.Raymond Bouchard savoureux.scénographie réussie! Un franc succès pour le TNM! - CATHERINE POGONAT, DESSINE-MOI UN DIMANCHE, ICI PREMIÈRE, R-C DROLE ET GRINÇANT.Anne-Élisabeth Bossé absolument merveilleuse! - CHRISTIANE CHARETTE, LA SOIRÉE EST ENCORE JEUNE, ICI PREMIÈRE, R-C .UNE SAVOUREUSE COMÉDIE SATIRIOUE .Judicieusement traduite par Normand Chaurette et briiiamment dirigé par Yves Desgagnés (.) IMPECCABLE DISTRIBUTION.Raymond Bouchard triomphe! - FRANCINE GRIMALDI, SAMEDI ET RIEN D\u2019AUTRE, ICI PREMIÈRE, R-C (.) RAYMOND BOUCHARD EST HALLUCINANT c\u2019est très drôle, humour absurde mordant et intelligent (.) délicieux, incontournable! - THÉRÈSE PARISIEN, MONTRÉAL MAINTENANT, 98,5 FM .POUR CEUX OUI APPRÉCIENT LES MOTS D\u2019ESPRIT.Yves Desgagnés ottre une joiie taçon de dissiper ia grisaiiie de novembre! - MYRIAM FEHMIU, LE 15-18, ICI PREMIÈRE, R-C A L\u2019AFFICHE JUSQU\u2019AU 6 DECEMBRE T El IM UNE PRESENTATION DE L\u2019IMPORTANCE D\u2019ETRE NSTANT TEXTE OSCAR WILDE TRADUCTION NORMAND CHAURETTE MISE EN SCÈNE YVES DESGAGNES AVEC ANNE-ÉLISABETH BOSSÉ RAYMOND BOUCHARD PATRICE COQUEREAU MAXIME DÉNOMMÉE VINCENT FAFARD RICHARD LALANCETTE VIRGINIE RANGER-BEAUREGARD JULIE VINCENT ASSISTANCE A LA MISE EN SCEnE ET REGIE CLAUDE LEMELIN Théâtre du Nouveau ^Monde TNM.QC.CA 514.866.8668 # ICI im RaDio-canaoa ICI « i^ artv donc ! Pour une fois que.Parlant d\u2019inconfort devant la crise,de la société d\u2019Etat et les suppressions massives d\u2019emplois, sur un ton courtois encore, tomba la réponse collective du refus.Comme une arrête prise au fond de la gorge, qui refusait de passer.Merci beaucoup, mais impossible, vraiment! Dans le courrier des lecteurs du Devoir cette semaine, le réalisateur Mario Proulx leur emboîtait le pas.Il rappelait avoir reçu en 2011 du même Hubert T.Lacroix le Prix du président pour sa série documentaire radio Vivre jusqu\u2019au bout.Un an plus tard, apprenant que les coupes budgétaires n\u2019autorisaient plus la production de pareilles séries, il avait tiré sa révérence en souhaitant bonne chance à la relève.Soudain, suivant le chemin des employés de Sherbrooke, le voici qui retourne son prix.«Je vous renvoie le mien pour exprimer ma colère face à votre évidente résignation devant le saccage organisé par le gouvernement conservateur », écrit-il, pestant avec raison contre le saccage du gouvernement Harper, en matière de démocratie, de culture, de science, de vocation radio-canadienne déplumée, comme devant les bras ballants d\u2019un président exécutant les ordres venus d\u2019en haut.Tant de mobiles identitaires, politiques, idéologiques peuvent créer le sursaut de révolte du lauréat transformé en objecteur de conscience.Céline Dion n\u2019avait-elle pas refusé en 1990 un trophée de l\u2019ADISQ de la meilleure artiste anglophone, s\u2019affirmant Québécoise francophone avant tout?Fred Pellerin, en pleine saison des carrés rouges, déclina l\u2019insigne de chevalier de l\u2019Qrdre national du Québec, du moins en ces temps troublés.Fa ministre de la Culture, Christine St-Pierre, avait fait rimer port du carré rouge avec chaos social, et le poète humoriste n\u2019entendait pas à en rire.Le barde de Saint-Élie-de-Caxton n\u2019accepta l\u2019épinglette que plusieurs mois plus tard, sous le règne pé-quiste, toute houle retombée.Qn songe dans leur foulée au plus célèbre « non merci », daté d\u2019un demi-siècle tout juste : celui de Jean-Paul Sartre éloignant de lui en 1964 la couronne du Nobel de littérature.«Aucun artiste, aucun écrivain, aucun homme ne mérite d\u2019être consacré de son vivant, parce qu\u2019il a le pouvoir et la liberté de tout changer.Le prix Nobel m\u2019aurait élevé sur un piédestal alors que je n\u2019avais pas fini d\u2019accomplir des choses, de prendre ma liberté et d\u2019agir, de m\u2019engager», expliquait avec fierté le plus humaniste des existentialistes.La fin de non-recevoir est un vieil instrument de révolte, apparemment collé à d\u2019anciens sentiments de dignité supérieure, qu\u2019on croyait emportés par le courant d\u2019un cynisme de modernité.La voyant resurgir d\u2019une fois à l\u2019autre, vivace, en bonne ou mauvaise herbe indéracinable, on se prend à sourire, en songeant que rien n\u2019est perdu.otremblay@ledevoir.corn PRESENTE PARTENAIRE DE PRODUCTION DE THOMAS BERNHARD GABRIEL ARCAND VIOLETTE CHAUVEAU MARIE-FRANCE LAMBERT MISE EN SCENE CATHERINE VIDAL TRADUCTION CLAUDE PORCELL CONSEIL DES ARTS DEMOMTRÉAL 1371, RUE ONTARIO EST BiLLEHERIE 514.526.6582 Québec ACHAT EN LIGNE\t^ THEATREPROSPERO.COM £ du Canada\tfor the Arts THEATRE PROSPERO LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014 E 3 CULTURE.TELEVISION L\u2019histoire comme champ de bataille télévisuel Comment la télé d\u2019État a servi l\u2019ancien iVdtiow building et le nouveau multiculturalisme STEPHANE BAILLARGEON Voici La bataille de l\u2019Amérique, quatrième épisode de la série Le Canada, une histoire populaire, grande production de CBC/Radio-Canada (1995-2002).La scène se passe sur les plaines d\u2019Abraham le 13 septembre 1759, où se déroule un des moments monuments de la grande guerre de Sept Ans, premier véritable conflit mondial selon Winston Churchill.La captation cherche à humaniser l\u2019événement en présentant individuellement les soldats, des Français,^des Irlandais, des Anglais.«À la différence du scénario original, toutefois, le scénario définitif insiste davantage sur la destinée commune des soldats français et anglais, frères dans la mort, sur leur origine populaire et moins sur les détails scabreux et leur enterrement, écrit l\u2019historien Olivier Côté dans son livre Construire la nation au petit écran (Septentrion) , tout frais publié.Il poursuit: «Si, dans la structure historique d\u2019origine, le comité éditorial prévoyait l\u2019inclusion du départ des élites aristocratiques et économiques en tant que conséquence directe de la conquête, étant en cela fidèle aux interprétations des historiens de l\u2019École de Montréal (Michel Brunet, Guy Fré-gault), les scénarios subséquents privilégient plutôt une logique bon-ententiste.» A la fin de l\u2019épisode, deux «nationalités» se retrouvent victimes du climat.L\u2019abandon par leur empire respectif marque «le début de la dualité canadienne» devant la révolution américaine qui gonfle.Cette série on ne peut plus Canadian, ce n\u2019est pas juste de la TV.«C\u2019est assez atypique pour un historien de s\u2019intéresser à la télé, reconnaît Olivier Côté en entrevue.Je propose une étude sur les représentations du passé à la télévision.Je m\u2019intéresse aussi aux processus communicationnels, des intentions jusqu\u2019à la réalisation.Le livre nous replonge également dans un contexte postréférendaire, à une époque où le gouvernement fédéral cherchait, grâce à la commandite de festivals et de productions culturelles, à faire voir sous un jour favorable le Canada aux Québécois.Il permet de mieux comprendre l\u2019instrumentalisation du passé à des fins politiques, notamment par des institutions qui relèvent du gouvernement fédéral, sujet d\u2019actualité s\u2019il en est.» Témoins d\u2019une autre époque L\u2019historien Olivier Côté suggère au Devoir des listes de documentaires «potentiellement intéressants pour vos lecteurs, qui se veulent des témoignages contemporains d\u2019une autre époque ou qui relatent, avec une certaine distance, une période historique révolue».Au cinéma 1.\tÀ Saint-Henri le 5 septembre (Hubert Aquin, 1962) 2.\tLes bûcherons de la Manouane (Arthur Lamothe, 1962) 3.\tLe peuple invisible (Richard Desjardins, 2007) 4.\tLe sort de l\u2019Amérique Qacques Godbout, 1996) 5.\tNanook of the North (Robert J.Flaherty, 1922) 6.\tPour la suite du monde (Michel Brault et Pierre Perrault, 1962) 7.\tReel Injun: On the Trail of the Hollywood Indian (Neil Diamond, 2009) À la télévision \\.Amour, haine et propagande (CBC/Radio-Canada, 2010 et 2011) 2.\tApocalypse, la Seconde Guerre mondiale (Isabelle Clarke et Daniel ()ostelle, 2009) 3.\tLa bravoure et le mépris (The Valour and the Horror) (Brian et Terence McKenna, 1992) 4.\tThe Civil War (Ken Burns, 1990) 5.\tCulloden (Peter Watkins, BBC, 1964) 6.\tÉpopée en Amérique.Une histoire populaire du Québec Qacques Lacoursière et Gilles Carie, Télé-Québec, 1997) 7.\tUne histoire de la médecine Qean-Paul Aron et Marc Ferro, 1981) Superproduction La supersérie a été imaginée en 1995, alors qu\u2019une grande bataille référendaire portait sur la possibilité de dé-faire ce qu\u2019avait fait la Conquête.Ses concepteurs voulaient l\u2019utiliser pour raccorder les «chemins neuronaux du discours socioculturel national», comme le résumait son idéateur et producteur délégué Mark Starowicz.L\u2019épopée filmée a mobilisé plus de 30 millions de dollars et des centaines de collabora- teurs pour aboutir à 17 épisodes totalisant 32 heures de récit couvrant 15 000 ans d\u2019occupation du territoire étendu a mari usque ad mare.Elle a été diffusée au tournant du millénaire (2000 et 2001) par Radio-Canada.M.Côté a travaillé sur ce sujet original au doctorat.Son travail pionnier utilise une multitude de sources : les versions successives des scénarios, plus de 900 courriels de commentaires de l\u2019auditoire, des entrevues avec les principaux collaborateurs.L\u2019équipe de création de la série mêlait les historiens et les journalistes, dont certaines grosses pointures intellectuelles du diffuseur, Mario Cardinal et Louis Martin notamment.«Il y a une pluralité de voix, dit le docteur en télé.Les historiens et les journalistes discutaient.Les équipes de Montréal et de Toronto aussi.Au bout du compte, la structure organisationnelle de CBC/Radio-Ca-nada a pesé lourd pour déterminer une perspective.» Mythistoire L\u2019analyse met en évidence deux grands «régimes de représentation», des paradigmes de lecture du passé canadien servant à la construction et à la consolidation de la nation.D\u2019influence coloniale, le modèle Colony to Nation «s\u2019inspire du modèle du vivre-ensemble homogène de type britannique».Les autochtones et les migrants y sont soumis à une politique assimilatrice.Ce modèle a prévalu pendant un siècle (1860-1960).Le second modèle, de type postcolonial, le modèle pluraliste, émerge avec le modèle étatique du vivre-ensemble libéral multiculturel.H propose plutôt une vision de la «mosaïque canadienne transhistorique», reconnaît les injustices passées envers les autochtones tout en soutenant la reconnaissance égalitaire de leurs droits, malgré des contradictions, comme le maintien de la Loi sur les Indiens.Ce modèle se développe depuis 1960.La série se positionne à l\u2019intersection des deux récits historiques.L\u2019historien y voit «une sorte d\u2019hybride entre le Nation building à l\u2019ancienne et une vision plus trudeauiste du Canada ».Le contraste avec la situation idéologique actuelle n\u2019en devient que plus fort.Les conservateurs de Stephen Harper ont en quelque sorte tenté de réactiver le récit Colony to Nation, en soufflant sur les cendres politico-militaires.Baobab 29 novembre au 4 janvier 3 À 8 ANS Les mécaniques célestes 16 au 22 décembre 4 À 8 ANS POMME 27 décembre au 4 janvier 3 À 6 ANS MAISON THÉÂTRE POUR LES JEUNES DE TOUS ÂGES CARTE CADEAU GRATUITE ! Pour tout achat de billets, recevez une carte-cadeau de 15 $ chez Renaud-Bray.Dès le 22 novembre 2014.Quantité limitée.15$ Une scène tirée de la série Le Canada, une histoire populaire.le patriotisme et la monarchie.«En mettant l\u2019accent sur la guerre de 1812,1867 et les deux guerres mondiales, dit Olivier Côté, on en arrive à effacer l\u2019héritage de Trudeau, ce que j\u2019appelle la perspective historienne des identités limitées pour chacune des minorités.On remonte avant les années 1960.» Nationalisme La série devait aussi évidemment composer avec une troisième lecture, un contre-récit généré par les nationalistes québécois francophones.Cette perspective dualiste et anti-bon-ententiste «fait état de la marginalisation constante des Canadiens français».Une version plus récente réinvente ce grand récit hégémonique en insistant sur la normalité et l\u2019universalité de la modernité québécoise, la tolérance de cette société et l\u2019interculturalisme.«La résistance à cette perspective venait surtout de Toronto, dit l\u2019historien.A l\u2019interne, à Montréal, chez les historiens ou les journalistes de premier ordre, il y a eu des défenseurs de l\u2019intégration de la perspective québécoises dans la série.Il y a eu une certaine québécisation du récit.» Ce fut le cas avec l\u2019épisode sur la découverte du territoire, qui a balancé entre Giovanni Caboto Qohn Cabot ou Jean Cabot) et Jacques Cartier, mais aussi avec un épisode sur les luttes scolaires au Manitoba et un autre sur la Révolution tranquille.N\u2019empêche, dans le contexte postréférendaire et malgré la présence de journalistes émérites dans l\u2019équipe de production, les chroniqueurs télé d\u2019ici ont constamment douté de la raison d\u2019être politique et de la valeur objective de la production réduite souvent à du Nation building à la canadienne.La série a d\u2019ailleurs été reçue plus froidement au Québec que dans le Rest of Canada.«Les journalistes québécois étaient très sceptiques», résume M.Côté, qui a épluché leur production jusqu\u2019à pou- SOCIETE RADIO-CANADA voir par exemple souligner les étonnants changements d\u2019humeur de la chroniqueuse Nathalie Petrowski de La Presse, pour ainsi dire au gré du vent.«On a fait une sorte de procès d\u2019intention à la série avant même qu\u2019elle soit sortie.Elle a canalisé les préjugés vis-à-vis de l\u2019establishment de Toronto ou d\u2019Ottawa.Mais je dirais surtout qu\u2019il y avait une sorte de dissonance entre le récit dans la série et leur propre vision de l\u2019histoire.» L\u2019analyse expose d\u2019autres batailles de la mémoire, autour des Amérindiens ou des minorités culturelles.Un chapitre porte sur la représentation des femmes.On y découvre une série généralement faite de clichés, avec des héroïnes sexy ou en retrait des hommes.«Il y a une volonté de pluraliser le récit.Mais parfois, des préjugés non assumés, inconscients, transparaissent dans la série.C\u2019est manifestement une perspective de l\u2019homme blanc hétérosexuel de l\u2019histoire canadienne.» Le Devoir INFORMATION ET RESERVATION WWW.MAISONTHEATRE.COM - 514 288-7211 COMMANDITAIRE DE SAISON 4M BANQUE LAURENTIENE UN CHASSE-CROISE DE MUSIQUE CLASSIQUE ET DE CIRQUE CONTEMPORAIN IBERVILLE [ggj lARRVJggJ BILLETTERIE 514376T0HU SANS FRAIS 1 888 376 TOHU Canada QuébecSS Montreal E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014 CULTURE>THEATIIE NATION SUITE DE LA PAGE E 1 D\u2019où le choix de proposer, durant la semaine référendaire, une version scénique des Yes/No Plays de David Greig, petits dialogues comiques d\u2019abord partagés sur Twitter, ainsi qu\u2019une reprise de Spoiling, pièce de John McCann orchestrée par O\u2019Loughlin et relatant les déchirements éthiques éprouvés par la ministre des Affaires étrangères d\u2019une éventuelle Ecosse indépendante qui n\u2019a rien d\u2019idyllique.«Le soir du vote, relate la met-teure en scène, nous avons gardé le bar ouvert très tard.Nous avons senti que le milieu théâtral avait besoin d'un endroit pour se retrouver; nous avons reconnu des visages que nous n\u2019avions pas vus au Traverse depuis longtemps.» Le lendemain, la représentation de Spoiling, a suscité de nombreuses discussions, notamment grâce à l\u2019apport de nombreux adolescents présents 4ans la salle.Rappelons que les Ecossais âgés de 16 ans et plus s\u2019étaient vu accorder le droit de vote lors du référendum.«Le vrai défi sera de maintenir ce degré de politisation parmi la population», croit pour sa part le jeune dramaturge et comédien Rob Drummond.Celui qui avoue n\u2019avoir suivi que distraitement la politique jusqu\u2019à ces derniers mois entend désormais apporter sa contribution, notamment grâce à Wallace, spectacle interactif en forme de débat d\u2019idées dont une première version fut proposée aux Arches, un théâtre de Glasgow, la semaine même du référendum.«J\u2019ai tout de même eu l\u2019impression de m\u2019adresser à des convertis.Je reprendrai le spectacle bientôt, idéalement jusqu\u2019à Londres.», espère celui dont la pièce Quiz Show fut lue par des acteurs montréalais à La licorne, en septembre dernier, dans le cadre du volpt local de l\u2019événement Québec-Ecosse.«S\u2019il faut respecter la position des gens qui croient que le théâtre peut changer le monde, j\u2019estime pour ma part qu\u2019il doit surtout tendre un miroir à l\u2019opinion publique et offrir un commentaire sur celle-ci», poursuit-il.Drummond croit que le milieu du théâtre, majoritairement pour le oui, avait mal évalué les intentions de vote de la fameuse «majorité silencieuse»-.«There was this quite vocal army, slained in the end by the silent assassins», résume-t-il en une métaphore guerrière difficilement traduisible.Et la suite?«La grande pièce r^érendaire, elle reste à écrire, c\u2019est évident», pense Neil Cooper.Son homologue du Scotsman partage ce point de vue : «Si les artistes perçoivent souvent d\u2019avance les grands changements de mentalité \u2014 pensons à Michel Tremblay chez vous, par exemple \u2014je constate qu\u2019ils se retrouvent souvent pris au dépourvu lorsque les événements se précipitent, comme ce fut le cas avec la majorité absolue obtenue par le Scottish National Party aux élections de 2011, exploit impensable qui ouvrait la voie à la tenue du référendum», analyse avec acuité Joyce McMillan.Cette critique théâtrale et commentatrice politique renommée ne mâche pas ses mots quant q l\u2019avenir constitutionnel de l\u2019Ecosse au sein du Royaume-Uni.«Le parlement de Westminster est à ce point peuplé par une classe politique issue de la bourgeoisie et de la richesse qu\u2019il est complètement déconnecté de la réalité des gens.Voir le Labour Party [travaillistes] modeler de plus en plus certaines de ses positions sur celles des Tories [conservateurs] ne peut que renforcer avant longtemps le dé-sjr accru d\u2019indépendance des Ecossais, plus traditionnellement à gauche.» Ils sont ainsi nombreux, dans le milieu du théâtre, à croire que 45% constitue un excellent début «toward a better nation».Collaborateur Le Devoir Le Traverse Theatre Eondé en 1963 entre les murs d\u2019un ancien bordel, le Traverse Theatre se consacre au développement de la dramaturgie écossaise contemporaine.Eort de ses liens avec l\u2019Edinburgh Eringe Eestival \u2014 père de tous les Eringe \u2014 ainsi qu\u2019avec de nombreux partenaires internationaux, dont la Manufacture et le Centre des auteurs dramatiques (CEAD), le théâtre a larg^ ment contribué à faire connaître à travers le monde des auteurs comme David Greig {Midsummer, Yellow Moon), Gregory Burke {Gagarin Way) et David Harrower {Blackbird).Désormais niché au pied de la colline que surplombe l\u2019iconique Edinburgh Castle, le Traverse occupe depuis 1992 un espace muni de deux salles transformables, de bureaux et d\u2019un café-bar.Quelques jalons d\u2019un « national theatre » Le Québec en tartan ALEXANDRE CADIEUX à Édimbourg Les habitués du Théâtre la Licorne ont eu l\u2019occasion, depuis une quinzaine d\u2019années, de découvrir une poignée d\u2019auteurs écossais, comme David Greig, Gregory Burke et Stephen Greenhorn {Les points tournants).Les Québécois seraient sensibles à ces œuvres nerveuses, concrètes, ancrées dans le social.De quel terreau cette dramaturgie a-t-elle surgi ?Observateurs attentifs et engagés, les journalistes Joyce McMillan et Neil Cooper ont accepté avec empressement de cartographier dans l\u2019espace et le temps le paysage théâtral local, dont les transformations historiques témoignent éloquemment des liens étroits unissant théâtre et politique.Trop bref résumé de discussions absolument passionnantes.«Avant les années 50, on ne trouvait guère ici de théâtre professionnel d\u2019envergure, la pratique se divisant essentiellement entre divertissement commercial et troupes amateurs», raconte McMillan, qui officie depuis 35 ans dans les pages du Scotsman.Dans les années 1960, l\u2019émergence de nombreux lieux et de plusieurs compagnies pose les bases d\u2019un vaste mouvement visant à affirmer la singularité d\u2019une identité artistique et culturelle écossaise, qui passera bientôt par une quête de la légitimité scénique de la langue scots.Les années 70 verront naître un théâtre de contestation po-lîtîque, d\u2019înspîratîon brech-tîenne et solîdement ancré à gauche, dont la troupe baptisée 7: 84 demeure emblématique.Tirant son nom d\u2019une statistique dévoilant que 84% de la richesse était alors détenue par 7% de la population, cet organe longtemps animé par l\u2019auteur et théoricien John McGrath présente des ressemblances frappantes avec nos propres Grand Cirque ordinaire et Théâtre Euh ! : «Le 7: 84 usait largement de formes populaires inspirées par le music-hall et le cabaret, comme le sketch, la chanson, l\u2019adresse au public.C\u2019était une vraie réflexion pour réformer les liens unissant le théâtre et son public, et ça fonctionnait», explique Cooper.Suivant l\u2019échec du référendum de 1979 portant sur la création d\u2019un Parlement écossais, la dramaturgie des an- Æ SCOTT SUCHMAN Le spectacle phare du National Theater of Scotland, Black Watch de Gregory Burke, a fait le tour de la planète.Joyce McMillan nées 1980 est marquée par une virulente colère à l\u2019égard des politiques économiques du gouvernement Thatcher.Les femmes sont alors de plus en plus nombreuses à prendre la plume, à l\u2019instar de Rona Munroe et de Sue Glover.Selon Joyce McMillan, «le milieu des années 80 fut un chaudron bouillant, exploitant entre autres de nombreux sujets extraits de l\u2019histoire écossaise».Le rejet violent du thatchérisme aurait notamment poussé les artistes à tâcher d\u2019articuler une vision du monde cohérente et apte à concurrencer idéologiquement avec ce néolibéralisme sauvage, ce que les Greig, Burke, Harrower et compagnie auraient en partie poursuivi, chacun à leur manière, selon les deux critiques rencontrés.Menant la charge à l\u2019orée du nouveau millénaire, ces auteurs n\u2019ont pas manqué d\u2019inspirer eux-mêmes une nouvelle génération de dramaturges qui commencent à se faire entendre.Le National Theatre of Scotland Entre notre évolution québécoise et ce demi-siècle écossais trop rapidement esquissé, on distingue des similitudes Neil Cooper frappantes, quelques figures cousines.Ce qu\u2019on enviera avec force aujourd\u2019hui, c\u2019est une structure comme celle du National Theatre of Scotland, mise sur pied en 2006.«J\u2019étais légèrement sceptique au début, avoue Neil Cooper, qui craignait la naissance d\u2019un éléphant blanc.Mais dès la première saison, la directrice artistique Vicky Featherstone a su créer une identité artistique forte tout en multipliant les partenariats avec toutes sortes de compagnies et de créateurs.» Massivernent soutenue par l\u2019Etat, sans lieu fixe, la compagnie s\u2019est dotée d\u2019une mission plus fédératrice que centralisatrice.Le NTS œuvre ainsi sur tout le territoire, s\u2019illustrant aussi bien dans le théâtre à grand déploiement que dans le développement dramaturgique et les pratiques amateurs et communautaires.Son spectacle phare, Black Watch, a fait le tour de la planète : théâtre documentaire aux dimensions épique, la pièce de Gregory Burke suit les soldats du plus ancien régiment d\u2019infanterie écossais lors de leur mission en Irak en 2004.Collaborateur Le Devoir Le théâtre québécois s\u2019exporte bien en Ecosse depuis la création de The Guid Sisters, version écossaise des Belles-sœurs de Michel Tremblay créée au Tron Theatre de Glasgow en 1989, dans une traduction de Martin Bowman et Bill Eindlay rapidement hissée au rang de «chef-d\u2019œuvre national».La pièce a fait l\u2019objet en 2012 d\u2019une nouvelle production signée par Serge Denoncourt, à l\u2019invitation du Royal Lyceum Theatre d\u2019Edimbourg et du National Theatre of Scotland.En 2000, la compagnie Stellar Quines faisait également appel à Bowman et Eindlay pour traduire Un reel ben beau, ben triste de Jeanne-Mance Délisle (1978), qu\u2019il faudrait bien revoir avant longtemps sur nos propres scènes.Se consacrant aux écritures féminines, Stellar Quines a également monté récemment La liste et Le carrousel de Jennifer Tremblay.Le Traverse demeure le point de chute pour de nombreux textes contemporains de chez nous : ces detnières années, le public d\u2019Edimbourg a pu notamment y découvrir Erançois Archambault {15 secondes), Evelyne de la Chenelière {Des fraises en janvier) et Daniel Danis (Cendres de cailloux).Cette semaine, Philippe Lambert de la Manufacture y dirigeait des comédiens écossais pour des lectures de Billy (les jours de hurlement) de Eabien Cloutier, à\u2019À présent de Catherine-Anne Toupin et de Tu te souviendras de moi de Erançois Archambault.TRAVERSE THEATER Une scène tirée de l\u2019adaptation écossaise de 15 secondes de François Archambault.LE THEATRE DE LA MANUFACTURE PRESENTE EN CODIFFUSION AVEC LE THEATRE DE LA DORDEE TEXTE DAVID GREIG MUSIQUE GORDON MCINTYRE TRADUCTION OLIVIER CHOINIÈRE MISE EN SCÈNE PHILIPPE LAMBERT AVEC SABELLE BLA S ET P ERRE-LUC BR LLANT DU 25 NOVEMBRE AU 6 DECEMBRE Les chiens de Navarre font éclater leur talent, en montrant leurs crocs Ils sont féroces et souvent hilarants.\u2014 Le Monde, 2013 li\\ PAS MANQUER 452 -4493 USNE-C.COM Fatrim«in« Canadian Canadian Haritaia mm\tm jE DEVOIR THEATRE DE LA BORDÉE UNE FOLLE ^ VIRÉE NOCTURNE! BILLEHERIE 418 694-9721 I BORDEE.QC.CA Télé-Québec LE DEVOIR LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014 E 5 CULTURE'THEATRE Le plein espace de la Pire Espèce Les pères ^^Uhu sur la table atterrissent là où aucun théâtre d\u2019objets n\u2019a encore mis le pied ALEXANDRE CADIEUX Après la Pologne de pacotille, la Grèce antique, l\u2019Europe médiévale et toute une série de cités imaginaires, nos amis du Théâtre de la Pire Espèce ont cette fois décidé de nous propulser dans l\u2019espace intersidéral.Et ce, via les Can-tons-de-l\u2019Est.C\u2019est en effet avec le centre de contrôle de Sutton \u2014 la Houston du Nord?\u2014 que communiquent régulièrement Robert, Robert et Robert, les trois vaillants astronautes québécois de Futur intérieur, nouvelle création de l\u2019ingénieux tandem formé par Olivier Du- Votre œuvre de science-fiction favorite ?Francis Monty « Ce serait Solaris [1961] de Stanislaw Lem, écrivain polonais méconnu ici mais un grand auteur de science-fiction, et même un grand auteur point.Les deux adaptations au cinéma, par Andreï Tarkovski [1972] et Steven Soderbergh [2002], sont également supers.» Olivier Ducas «Je lis peu de science-fiction, mais mon film reste 2001 : A Space Odyssey [1968] de Kubrick, que je revois périodiquement, comme un petit pèlerinage.On ne se permet pas souvent ça en création, faire une œuvre qui résiste à la compréhension, qui demeure énigmatique, ouverte aux multiples interprétations.» cas et Erancis Monty.Les vaillants explorateurs de la go-gosse, pères de l\u2019insolent Ubu sur la table et des récents Villes et Petit bonhomme en papier carbone, poursuivent donc en apesanteur leur expérimentation sur la matière.Le processus de création fut lui-même un voyage semé d\u2019embûches.«Avec Denis Athi-mon et Julien Mellano, de la compagnie française Bob Théâtre, on avait prévu tout faire à huit mains: écriture, mise en scène, jeu.Après quelques étapes de travail, on s\u2019est rendu compte que, même si on avait un humour commun et des désirs partagés de science-fiction, nos manières respectives de gérer les inévitables zones de flou qui surgissent à chaque étape divergeaient pas mal», analyse Erancis Monty.Le projet fut finalement rapatrié de ce côté-ci de la grande mare, bien que la compagnie rennaise continue d\u2019agir à titre de coproductrice et d\u2019idéatrice.Les deux Espèces ont aussi décidé de retirer leurs combinaisons d\u2019astronaute pour en revêtir trois autres comédiens, de§ habitués de la compagnie : Etienne Blanchette, Mathieu Gosselin et Alexandre Leroux.Leur apport, comme toujours, est capital, explique Olivier Ducas: «Eu-tur intérieur, c\u2019est surtout un grand jeu sur le temps et la narration.En théâtre d\u2019objets, il y a ce va-et-vient constant de l\u2019acteur qui manipule et donne vie â l\u2019inanimé, puis se retire de temps en temps pour commenter l\u2019action et interpeller le public.Mais si l\u2019acteur incarne un protagoniste de l\u2019histoire, comment fait-on pour garder cette liberté, pour varier les points de vue ?C\u2019est la question Olivier Ducas et Francis Monty partiront pour une exploration cosmique, en combinaisons spatiales.Présences du futur (bis) Çn marge de l\u2019aventure Futur intérieur, la Pire Espèce et les Ecuries accueilleront Marcelle Hudon, architecte du Pavillon des immortels heureux.La marionnettiste de renom y présentera ses automates mus par fréquences sonores, élaborés en collaboration avec le concqpteur Maxime Rioux et la compositrice Martine H.Crispo.Avoir les 5 et 6 décembre.qu\u2019on s\u2019est posée, de manière très sérieuse.» Quand est-ce qu\u2019on arrive?Rigueur artistique, très bien, mais qu\u2019en est-il du degré de scientificité du périple?«On a tenté de calculer, â partir des connaissances et de la technologie actuelles, combien ça prendrait de temps â un vaisseau pour atteindre, mettons, l\u2019étoile la plus proche après notre Soleil.Ça donnait quelque chose comme 160 000 ans.», lâche Ducas, un peu dépité.Ce à quoi Monty ajoute: «Peut-on vraiment extrapoler jusque-lâ?Ça nous renvoie â la durée de la vie humaine qui n\u2019est rien, dans le fond, quand tu tombes dans ces échelles-lâ.C\u2019est vertigineux.» Les dispositifs conçus pour suggérer l\u2019intérieur de la navette spatiale sont autant de petites stations trahissant le goût de la Pire Espèce pour le bricolage: consoles, fils, lampes et gradateurs y abondent et côtoient autant d\u2019objets rétro-kitsch, comme cette manette de jeu vidéo vieillotte et ce vélo stationnaire d\u2019un autre âge.«Le rêve, c\u2019était de pouvoir tout contrôler depuis la scène, que les acteurs puissent se charger eux-mêmes de la manipulation technique du spectacle qui se serait confondue avec les protocoles auxquels se livrent leurs personnages d\u2019astronautes», explique Ducas.Pari complexe, impossible à tenir finalement, mais qui aura inspiré plusieurs manœuvres d\u2019approche dans ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR cette épopée dont l\u2019atterrissage est éminent.En effet, la première mondiale de Futur intérieur sera présentée ce dimanche, à 13 h; elle constitue le spectacle de clôture de factuelle édition des Coups de théâtre, qui accueillait également cette année le fameux Bob Théâtre et son Fin de série.Bouclons nos ceintures.Collaborateur Le Devoir FUTUR INTÉRIEUR Texte: Olivier Ducas, Mathieu Gosselin et Francis Monty.Mise en scène: Olivier Ducas et Fancis Monty.Une coproduction du Théâtre de la Pire Espèce et du Bob Théâtre (Rennes) présentée aux Ecuries du 23 novembre au 13 décembre.du II NOVEMBRE au 06 DÉCEMBRE 2014 ESPACE I ^ GO ^ ^ texte EVELYNE DE LA CHENELIÈRE mise en scène DENIS MARLEAU ANNE-MARIE CADIEUX ÉVELYNE ROMPRÉ une production d ESPACE GO Soyons clair, c'est une véritable perle qui brille en ce moment sur la scène de l'Espace Go.Les comédiennes se saisissent de cette exigeante partition avec brio.La mise en scène de Denis Marleau est d'une précision sans taille.Christian Saint-Pierre, Le Devoir Lumineux! L'écriture est remarquablement maîtrisée.La mise en scène explore brillamment les tensions et les points de rapprochement qui existent entre les deux temmes.Quant aux comédiennes, leur prestation est sans détaut.Aurélie Olivier, RevueJeu.org Evelyne de la Chenelière parvient de brillante manière à extirper les personnages romanesques de Woolt de leur cadre d'origine.Jean Siag, La Presse La mise en scène de Denis Marleau réussit en tous points à Imager le dialogue Intérieur de ces temmes.Les comédiennes Illuminent la scène.Une pièce qui continue de nous habiter après les applaudissements, témoignant de la grande habileté qu'a Evelyne de la Chenelière d'évoquer des Images mémorables.Geneviève Germain, MonTheatre.qc.ca À l'aide d'une superbe mise en scène de Denis Marleau, l'auteure offre un texte poignant, complexe.Evelyne Rompré offre un jeu particulièrement Intéressant, Impossible de passer sous silence la prestation sans taille d'Anne-Marie Cadleux.Hugo Prévost, pieuvre.ca FEVRIER 2015 r ESSŒ WILLIAMS PAUL LEFEBVRE ADAPTATION SCÉNIQUE 5 MISE EN SCÈNE SERGE DEIONCOLRT UNE PRODUCTION D\u2019ESPACE QO CELIhE BOKNIER ^ DLNY BOUDREAULT ^ M/GALIE LÉPINE-BLOIDEAU ^ JEAN-K}ÏSE MARTIN ^ ÉRIC ROBIDOUX THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE:514845-4890 ESPACEGO.COM C^ébecS Hydro Sj^Québec ^transat PARTENAIRE DE SAISON THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE:514845-4890 ESPACEGO.COM ^ Hydro VdV Ouéb ^transat PARTENAIRE DE SAISON E6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 2014 CULTURE«DANSE Exploration à l\u2019aveugle de la matière Katie Ward capte l\u2019insaisissable texture de l\u2019être et du non-être dans Infinity Doughnut FREDERIQUE DOYON « T out est lié.» Ainsi commence l\u2019entretien avec Katie Ward, chorégraphe.Et pour cause.Sa nouvelle création Infinity Doughnut (« Beignet de l\u2019infini ») ahorde la matière inerte et vivante, et comment celle-ci se transforme, mais d\u2019une autre manière que ce que nous en dit la physique.«Nous sommes de la matière, mais nous ne sommes pas toujours conscients de la consistance de cette matière», sou-ligne-t-elle au bout du fil entre deux autobus.Pour tenter de mieux capter l\u2019insaisissable texture de l\u2019être et du non-être, du plein et du vide (n\u2019oublions pas le trou dans le beigne), elle a imaginé, de concert avec les collaborateurs-interprètes (Andrée Juteau, Patrick Lamothe, Dany Desjardins et Peter Trosztmer), «des systèmes de navigation un peu naïfs» pour explorer ce qui nous entoure de manière spé- culative et sans a priori.«fe suis toujours très curieuse, j\u2019ai un émerveillement pour le monde dans lequel on vit et j\u2019aimerais trouver des manières non scientifiques pour expliquer, percevoir, interagir, explique la chorégraphe, qui enseigne aussi le processus de création en danse à l\u2019Université Concordia, fe pense que la science peut expliquer des choses, mais pas tout, et nous avons d\u2019autres façons d\u2019aborder notre environnement.» La danse, sa mécanique physique autant que ses zones énergétiques indicibles, compose ces systèmes pour parvenir à comprendre «un peu plus les différentes qualités du monde».Au vu du titre, on comprend que le propos métaphysique n\u2019est pas à l\u2019abri de l\u2019humour, et c\u2019est tant mieux.«f\u2019aime beaucoup ces moments de légèreté», dit-elle, en insistant toutefois: la référence au beignet n\u2019est pas que pure absurdité, elle s\u2019explique.Elle renvoie à la forme qu\u2019on obtient quand on tridimensionnalise le signe en huit de l\u2019infini, comme l\u2019est notre univers.MARJOLAINE BEAUCHAMP GENEVIÈVE DESROSIERS CATHERINE DORION CATH' ¦'INE LALONDE M^ 'ATELLIER «^TARTE ¦ISTINO \u2019«r M-PHILIPPE ¦ ¦ VE GAGNON -^-ÎTON MIRON ^ ILASLAI\u2019 \"ÔJARDINS V \u2022^lALIBERTÉ B^HAN'' JESPATIf// ' ,arc desc a FRANÇOIS GUE ALEXANDRE DOSTIE JEAN-PAUL DAOUST tATTENTAT > , ?gs cagouiGS.Dg l'amour.Dgs poèmGS.?U 2 AU 17 DÉCEMBRE 2014 Au ThéâtrG dG Quat'Sous Mise en scène Gabrielle Côté et Véronique Côté Avec Alexandre Bergeron, Mykalle Bielinski, Catherine-Amélie Côté, Gabrielle Côté, Véronique Côté, Steve Gagnon et Alexandrine Warren Textes Roland Ciguére, René Lapierre, Maxime Catellier, Marjolaine Beauchamp, Catherine Dorion, François Cuerrette, Simon Dumas, Benoît jutras, Alexandre Faustino, jean-Sébastien Larouche, Véronique Côté, Geneviève Desrosiers, jean-Philippe Tremblay, Steve Gagnon, Geneviève Letarte, Evelyne delà Chenelière, Catherine Lalonde, Mariève Maréchal, Carole David, Natasha Kanapé Fontaine, Daniel Leblanc-Poirier, Louise Desjardins, Sylvie Laliberté, Caston Miron, Nicolas Lauzon, Alexandre Dostie, Stéphane Despatie, jean-Marc Desgent, jean-Paul Daoust, Hubert Aquin, Cérald Codin et jocelyn Pelletier Costumes Maude Audet Lumière Martin Sirois Musique Mykalle Bielinski THÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUSIOO, AVENUE DES PINS EST, MONTRÉAL BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM MICHAEL FEUERSTACK Katie Ward a fondé sa propre compagnie de danse en 2011, mais elle présente ses chorégraphies depuis 2005, notamment à Tangente.Le terme fait surtout image, sans être un élément particulièrement récurrent dans la pièce, prévient-elle.N\u2019empêche, il annonce un certain comique, qui surgit de manière inopinée dans la plupart des pièces de Katie Ward.Car son travail fait beaucoup appel à l\u2019improvisation.«fe laisse beaucoup de place à la spontanéité.Environ la moitié de la chorégraphie découle d\u2019improvisations très dirigées.L\u2019autre moitié est chorégraphiée de manière très précise.» Appel au public La texture et la durée du spectacle peuvent donc légèrement varier d\u2019une fois à l\u2019autre.Katie Ward mise aussi sur un format qui peut autant se déployer dans un studio que sur une scène.Autre élément clé de son travail: l\u2019interaction avec le public.Dans une soirée Short & Sweet (concept de Sasha Keinplatz et Andrew Tay qui convie les créateurs à formuler des pièces de trois minutes) au dernier Lestival TransAmériques, elle invitait les spectateurs à se lever et à crier.«Le public ajoute beaucoup à l\u2019expérience, dit-elle.[Pour Infinity Doughnut], j\u2019ai trouvé une manière d\u2019interagir avec le public pour qu\u2019il sente qu\u2019il fait partie de ce qui se passe.» Llle ne veut bien sûr pas en dire plus pour garder la surprise.Llle semble toutefois L\u2019ENIGME r-x.¦ texte et mise en scène Jean-Marie Papapietro ^ distribution Roch Aubert, Mohsen El Gharbi, Gaétan Nadeau, | Christophe Rapin, Philippe Régnoux, !duJ2 au 29 noRempre 2014, à 19h30 SALLE ______________ BILLETTERIE 4353?rue Ste-Catherine Est 514 253-8974 I admission.com Theatre de '/-ortune DENISE-PEUETIER CONSEIL DES ARTS Fondation\tDE MONTREAL Cole\t.Foundation « Prismes, avec son ludisme, son orgie de couleur, sa trame sonore délirante, ses interprètes exubérants est une œuvre magnifique » {dfdanse.com) DHi^f 2014 2015 Place des Arts MONTREAL DANSE PRISMES BENOÎT LACHAMBRE 2-6 DÉC 2014 20 H CINQUIÈME SALLE BILLETS 33 $ Lundi 24 novembre de 17 h 30 à 18 h 15\t________ CHORÉGRAPHES D\u2019AUJOURD'HUI - BENOÎT LACHAMBRE Animation ilohane Despins Espace culturel Georges-Émile-Lapalme, Place des Arts DANSEDANSE.CA placedesarts.com faire un pas de plus qu\u2019au Short & Sweet, selon les quelques comptes rendus publiés dans la foulée de la première, au festival New Dance de Saint John à Terre-Neuve en octobre.Mais l\u2019implication du public se fait sur une note ludique et en douceur.Abstraction Katie Ward a fondé sa propre compagnie en 2011.Mais elle présente son travail depuis 2005, surtout à Tangente, comme le trio The Thrills et la pièce Rock Steady (2011), qui a aussi été vue en Lrance et au Royaume-Uni.Llle a également squatté le festival Phenomena en 2013 avec un solo.Reality, et fait quelques apparitions à Short & Sweet.Parallèlement, elle cofon-dait le collectif The Choreographers en 2008 avec Peter Trotzsmer et Thea Patterson, auxquels s\u2019est jointe Andrée Juteau.Lnsemble, ils ont créé Man and Mouse et Oh ! Canada.L\u2019adepte des scènes alternatives et de l\u2019abstraction expérimentale a même chorégraphié une séquence du vidéoclip Black Mirror d\u2019Arcade Lire.La musique A\u2019Infinity Doughnut est signée Michael Reuerstack.« C\u2019est une trame avec plein de textures, de montées et descentes d\u2019intensité et d\u2019énergie, parfois très imagée et parfois abstraite», décrit la chorégraphe qui manipule cette trame sonore en direct sur la scène.Le Devoir INFINITY DOUGHNUT De Katie Ward, du 27 au 30 novembre à Tangente.Voir > Des extraits A\u2019Infinity Doughnut de Katie Ward, ledevoir.com/danse D I TANGENTE ¦ SAISON DE DANSE CONTEMPORAINE 2014-2015- Monunent-National du 27 au 30 nov INFINITY DOUGHNUT Katie Ward J Monument-National du 4 au 7 déc SANS LACTOSE Isabelle Boulanger / La Grande Fente régulier etudiant m Billetterie Centrale 514.871.2224 tangente.qc.ca Québec nn 1*1 25^9764559 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014 E 7 CULTURE'HUMOUR Sophie Hartung, chantre du français L\u2019humoriste propose des numéros comiques en alexandrins Les choix de Sophie Présenté à la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts les 22 et 23 novembre, le spectacle Sophie au pays des tuques! comprend plusieurs passages en alexandrins.Alors qu\u2019on ravive le débat sur la qualité du français, notamment en humour, il fait bon discuter avec une chantre si inspirante de la langue de Molière.FRANÇOIS LÉVESQUE On retrouve Sophie Hartung pour un chocolat chaud dans un café du boulevard Saint-Laurent.«C\u2019est de saison», fait remarquer l\u2019humoriste d\u2019origine française, Québécoise depuis treize ans.Eprise de théâtre classique, elle est venue à l\u2019humour presque par accident.Peut-être est-ce pour cette raison qu\u2019elle le pratique en recourant à une langue si soutenue ?«Je rêvais d\u2019entrer à la Comédie-Française, mais on m\u2019a vite signifié que je n\u2019avais pas le physique, relate Sophie Hartung en désignant des mains sa silhouette voluptueuse.Pour autant, l\u2019amour des mots ne m\u2019a jamais quittée.Quant à mon physique, j\u2019ai choisi d\u2019en jouer en l\u2019assumant \u2014 je ne revendique rien, mais j\u2019assume tout.Je crois intimement que ce qui rend les gens mal à l\u2019aise, c\u2019est lorsqu\u2019on est soi-même mal dans sa peau.» Avance rapide.Alors qu\u2019elle n\u2019est installée à Montréal que depuis six mois, Sophie Hartung assiste à une soirée d\u2019anniversaire où la consigne est d\u2019écrire un texte décrivant le cadeau sans le nommer.Sur le coup d\u2019une impulsion, elle écrit le sien en alexandrins.Une réalisatrice de la radio de Radio-Canada se trouve à la fête.S\u2019ensuivent plusieurs collaborations remarquées de Sophie Hartung mettant en valeur tant son humour que sa maîtrise du verbe, dont un mémorable pastiche de la tirade du nez de Cyrano de Bergerac transposé sur l\u2019embonpoint.Viennent les compressions.«J\u2019ai décidé dé faire ma propre chance.Je me produis moi-même.J\u2019ai très hâte de remonter sur scène ; je m\u2019y trouve chez moi.» Dans Sophie au pays des tuques!, elle joue une Parisienne un brin «précieuse ridi- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR «Je rêvais d\u2019entrer à la Comédie-Française, mais on m\u2019a vite signifié que je n\u2019avais pas le physique», se rappelle la comédienne, qui fait aujourd\u2019hui rire avec la beauté et la complexité de la langue.cule» qui débarque avec en tête tous les clichés et a priori associés au Québec.C\u2019est le fil conducteur.En filigrane, l\u2019humoriste dénonce par la subtilité une société culpabilisante.«Vous mangez mal, vous vous habillez mal, vous baisez mal, vous faites tout mal», résume Sophie Hartung, l\u2019œil bleu et pétillant, la voix profonde et riante.Les plaisirs démodés Aux alexandrins, une forme complexe de versification, l\u2019humoriste trouve maints avantages.«Ça coule, les alexandrins.A l\u2019oreille, c\u2019est très savoureux, et très soyeux.et vous pouvez dire des horreurs! Pensez-y: \u2018Ya chier\u201d versus \u201cJe vous emmerde\u201d.L\u2019un est brut et un peu vain, l\u2019autre est suave.Prenez la pièce Le misanthrope, qui est en alexandrins, et dans laquelle Molière dit des choses terribles sur l\u2019humanité.» L\u2019opposition entre la dureté du fond et l\u2019élégance de la forme produit un effet bien plus fort, peut-être?«Tout à fait.De la même manière, avec l\u2019alexandrin, il est possible d\u2019être extrêmement grivois tout en ayant de la classe.Je précise qu\u2019il y a beaucoup de grivoiserie dans le spectacle.J\u2019adore ça ! J\u2019ai un numéro qui s\u2019appelle \u201cCoïtalement par- lant\u201d.C\u2019est l\u2019influence de Brassens, sans doute.» «Pour revenir aux alexandrins, je précise que je les émaillé de termes contemporains afin que mes vers ne soient pas ampoulés; ce serait insupportable.Ceci dit, je respecte la structure à la lettre, avec mes deux hémistiches de six syllabes et ma césure au milieu.Je suis en outre accompagnée par un pianiste, Sylvain Bertrand, qui me donne parfois la réplique et qui rembarre la touriste, lui aussi en alexandrins, mais composés ceux-là d\u2019expressions québécoises.» Pour la musique, pour la beauté En toute connaissance de cause, Sophie Hartung navigue à contre-courant; cela contribue grandement au charme de sa proposition.«Tout mon spectacle n\u2019est pas en alexandrins, rappelle-t-elle.Ce serait trop, et pour moi, et pour le public.Mes autres textes sont toutefois truffés de jeux de mots et d\u2019envolées absurdes.J\u2019ai par exemple une comédie musicale entre un point et une virgule: un passage plus \u201cdevo-sien\u201d, si je puis dire.Ou encore cette chanson qui s\u2019appelle L\u2019amour en ic avec des rimes en \u201cic\u201d très coquines.La langue demeure toujours riche, élégante.» Difficile de s\u2019imposer au XXD siècle en recourant à des formes langagières sophistiquées?«Ce l\u2019est.C\u2019est plus ardu.Pt ça commande une écoute plus attentive de la part des spectateurs.Mais c\u2019est un moyen à mes yeux de défendre la langue française, de préserver sa beauté.La langue française peut être recherchée sans être hautaine pour autant; elle peut être noble et accessible tout à la fois.Quand elle va toucher son pu- blic, ce dernier est vraiment séduit.» «Je crois qu\u2019il y a énormément de gens qui aiment ce genre d\u2019exercices langagiers, mais il y a paradoxalement peu de place pour en offrir.Ce n\u2019est pas évident, mais j\u2019y tiens.\u201cJe persifle et je singe\u201d, comme dirait Sol.Le français possède une musicalité si délicieuse.Vous ne trouvez pas?» Assurément.Le Devoir Un être passionné, Sophie Hartung s\u2019enfiamme dès iors qu\u2019on i\u2019interroge sur ies artistes qui i\u2019ont influencée.Raymond Devos: « Devos, c\u2019est la truculence, c\u2019est la rondeur, et c\u2019est cette générosité.Ce sont ces jeux de mots, cette intelligence du texte.» Georges Brassens : « Quand j\u2019ai eu 18 ans, mon papa qui demeure à ce jour un amoureux de Brassens m\u2019a offert tous ses disques vinyles en me disant: \u201cÇa, ma grande, ça vaut tous les livres de philosophie de la Terre.\u201d Brassens, c\u2019est la patience de trouver le mot juste pour aller à la suite du précédent; c\u2019est la capacité d\u2019attendre des années avant de mettre la bonne musique sur un texte.Sa qualité de langue me bouleverse.» Boris Vian: «Vian, c\u2019est l\u2019absurde, et c\u2019est la dénonciation, comme dans Le déserteur.C\u2019est drôle, c\u2019est subtil, et c\u2019est engagé.Ça fesse dans /\u2019dash.» Soi: «Sol, c\u2019est la poésie, c\u2019est la fantaisie.Pt c\u2019est la douceur, une douceur où pointe la dénonciation, là aussi, d\u2019un travers, d\u2019une injustice.» Barbara : «Barbara, c\u2019est la démesure, c\u2019est cette voix.C\u2019est la richesse infinie des textes, c\u2019est l\u2019émotion qui en émane; la sensualité, la vulnérabilité.» SOURCE TV5 DU 11 AU 30 2014 BANDUEnE ARRiERE D Z w « .une déstabilisante autopsie du pouvoir et de ses rouages.» « .une distribution redoutable pour extraire les racines du mal.» Le Devoir « Damnatio memoriae de Sébastien Dodge est un spectacle burlesque à grand déploiement.servi par une troupe talentueuse.» La Presse « .une écriture fiévreuse, intransigeante.» « .c\u2019est théâtralement fellinien, spectaculaire, écervelé, bordélique, au diapason d\u2019une société actuelle.» Revuesequences.org ATIO 'f lAE CENTRE DU THEATRE D'AUJOURD'HUI -3900 RUE ST-DENIS MTL QC H2W2M2 514 262-3900 CTD'A THEATREDAUJOURDHUi.QC.CA TEXTE ET MISE EN SCENE Sébastien Dodge INTERPRETATION Amélie Bonenfant, Sophie Cadieux, Mathieu Gosselin, Renaud Lacelle-Bourdon, Anne-Marie Levasseur, Jean-Moïse Martin, Lise Martin, Éric Paulhus et Simon Rousseau ASSISTANCE ET RÉGIE Camille Labelle SCENOGRAPHIE Max-Otto Fauteux COSTUMES MarcSenécal ÉCLAIRAGES Anne-Marie Rodrigue Lecours MUSIQUE Benoit Côté EFFETS SPECIAUX Olivier Proulx DIRECTION TECHNIQUE Caroline Turcot DIRECTION DE PRODUCTION Marie-Héléne Dufort RELATIONS DE PRESSE Daniel Meyer CRÉDIT PHOTO Ulysse del Drago Le Big Band de l\u2019Université de Montréal sous la direction de RON DI LAURO 30 ANS DE JAZZ À LUdeM! Concert anniversaire du secteur jazz et hommage au bâtisseur Richard Provençai Un Big Band de réputés diplômés de la Faculté de musique participera aussi à la fête : Rémi Bolduc, André Leroux, Dany Roy saxophones David Carbonneau, Jocelyn Lapointe trompettes Serge Arsenault, Yordan Martinez trombones Rafael Zaldivar piano Christian Pomerleau batterie Richard Ferland, Simon Stone chefs invités .et plusieurs autres sommités! Des œuvres-phares composées par Bill Evans, Thad Jones, Joe Henderson, Darcy James Argue, Sammy Nestico, Fred Stride et Jim McNeely La Faculté de musique bénéficie de l\u2019appui du Fonds Sophie Desmarais pour le Big Band de l\u2019Université de Montréal.Jeudi 4 décembre 2014,19 h 30 SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE 220, avenue Vincent-d\u2019Indy, Montréal (Métro Édouard-Montpetit) 12 $, gratuit (étudiants) - En vente à la porte ou à admission.com FACULTÉ DE MUSIQUE musique.umontreai.ca Université de Montréal A B09C E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE NOVEMBRE 2014 CULTURE >MUSIO.DE * H MARC BORGGREVE Le coup d\u2019envoi du Festival Bach sera donné ce dimanche à la Maison symphonique, avec le célèbre Freiburger Barockorchester.Tours de force au Festival Bach CHRISTOPHE HUSS Le 8® Festival Bach se tiendra dans la métropole du 23 novembre au 7 décembre.Coup d\u2019envoi, ce dimanche à 15 h à la Maison symphonique, avec le célèbre Freiburger Barockorchester.L\u2019Orchestre baroque de Fribourg, l\u2019un des orchestres baroques les plus connus au monde, partenaire attitré de nombreux projets musicaux de René Jacobs, est de retour au Québec après une visite à Lanaudière en 2008.Sous la direction de leurs Konzertmeister Petra Mulle-jans et Gottfried von der Goltz, les musiciens allemands présenteront les concertos pour violon de Bach : les Concertos en la mineur BWV 1041 et mi majeur BWV 1042y mais aussi le Concerto pour deux violons BWV 1043 et le Concerto pour trois violons, adapté de Vivaldi.Du compositeur italien, l\u2019orchestre jouera la Sinfonia de VOlimpiade et une Sinfonia pour cordes en la majeur.Pour un festival assez chichement soutenu par les pouvoirs publics, c\u2019est un tour de force de faire venir de telles pointures.Mais le Festival Bach est coutumier de cette témérité : rappelons-nous la venue de Philippe Herreweghe et de son ensemble dans XOratorio de Noel en 2012.Autres pointures Avec à l\u2019affiche Trevor Pin-nock et Maasaki Suzuki, le Festival Bach ne met pas toutes ses billes dans le premier rendez-vous! A 67 ans, Trevor Pinnock est l\u2019un des piliers du renouveau de la musique baroque.Il fut le premier à lancer la vogue des orchestres baroques en créant, en 1972 à Londres, The English Concert, un an avant l\u2019Academy of Ancient Music de Christopher Hogwood.Pinnock a glané une notoriété internationale en enregistrant l\u2019une des toutes premières versions en disque compact des Quatre saisons (Arctiiv), interprétation qui fit très longtemps autorité.Trevor Pinnock a été choisi par les Violons du Roy pour remplacer Bernard Labadie dans Le Messie de Haendel.Ce concert, avec la Chapelle de Québec et les solistes Miriam Man, Myson McHardy, Man Clayton et Mdrew Foster-Williams, aura lieu le 5 décembre à 19 h 30 à la Maison symphonique.Il sera également présenté dans la saison des Violons du Roy à Québec.Elève du parrain du Festival Bach, Ton Koopman, Maasaki Suzuki, 60 ans, est l\u2019un des interprètes les plus intéressants LE CONCERT DU NOUVEL AN 2015 ^ovmqgt à Le plus séduisant concert du Cantor de Leipzig.Le baroqueux de Kobé qui a parachevé il y a quelques mois l\u2019intégrale de référence des cantates de Jean-Sébastien Bach vient de réaliser ni plus ni moins que sa propre édition du Requiem de Mozart, qu\u2019il a enregistré pour l\u2019étiquette Bis.A Montréal, il dirigera TOSM les 3, 4 et 7 décembre dans la 3^ Suite et le Magnificat de Bach, suivis du Psaume 115 et de la 4^ Symphonie de Mendelssohn.Ses solistes seront Hélène Guilmette, Robin Blaze, Colin Balzer et Christian Immler.Des solistes Le soliste-vedette de cette édition 2014 n\u2019est peut-être pas connu du grand public, mais c\u2019est un phénomène très atta- Pour un festival assez chichement soutenu par les pouvoirs publics, c\u2019est un tour de force de faire venir de telles pointures chant, à en juger par son premier disque, paru chez Deutsche Grammophon.C\u2019est un joueur de mandoline israélien de 36 ans, Avi Avital.Inutile de dire que le label jaune n\u2019avait jamais mis sous contrat un virtuose de la mandoline ! Avital, qui se passionne aussi pour les musiques traditionnelles, fait la promotion de son instrument de la Philharmonie de Berlin jusqu\u2019en Chine, en passant par l\u2019Amérique du Nord.Lors du Festival Bach, il se produira le W décembre à l\u2019église anglicane Saint-Jean-l\u2019Evangéliste dans des transcriptions de la Partita pour violon BWV 1004 et de la Sonate pour violon et clavecin BWV 1019, ainsi que dans des œuvres de Valentini, de Vivaldi, de Beethoven (eh oui, Beethoven a écrit pour la mandoline !) et de Domenico Scarlatti.L\u2019autre grand soliste, le pianiste Sergei Babayan, jouera le PMivre du Clavier bien tempéré le samedi 29 novembre à la salle Bourgie.Ce sera à ma connaissance le premier Festival Bach sans concert des Variations Goldberg.Le rendez-vous de 2015 n\u2019en sera que plus attendu.Enfin, parmi les invités, on compte aussi le Concerto Mêlante Amsterdam, un quatuor réuni autour du claveciniste Leon Berben, qui interprétera l\u2019essentielle Offrande musicale, jeudi prochain à la salle Bourgie, ainsi que les I Musici «originaux», ceux de Rome, en concert le dimanche 30 novembre à 18 h, avec le Concerto pour clavecin BWV 1055, aux côtés d\u2019œuvres de Vivaldi, de Corelli, de Telemann et de CPE Bach.Comme chaque année, nos artistes d\u2019ici sont impliqués dans le Festival : les organistes Mireille La-gacé et Jean-Willy Kunz; Pentaèdre, avec une transcription de choral pour quintette à vents et une création d\u2019Eric Champagne ; l\u2019Orchestre de chambre McGill, avec les concertos pour plusieurs clavecins (mardi à la salle Bourgie) ; Arion, à travers un hommage à Cari UPhilipp Emanuel Bach ; le Theatre of Early Music de Daniel Taylor, avec, notamment, Zadok the Priest de Haendel, ainsi que le Chœur Saint-Laurent dans VOratorio de Noel.Enfin, la pianiste Hilda Huang, lauréate 2014 du Concours Bach de Leipzig, tentera de nous subjuguer autant que Rémi Geniet en 2013, un surdoué que l\u2019on aimerait revoir bientôt à Montréal.Le Devoir FESTIVAL BACH 25 activités, dont 21 concerts, dans neuf salles du 23 novembre au 7 décembre.Billets: 514 989-9668.Comprendre dangereusement Vaustérité ^janvier, 14h30 Salle Wilfrid-Pelletier Orchestre Strauss de Montréal Andreas Spôrri, chef d'orchestre Danseurs du Ballet Kiev-Aniko d'Ukraine ART & POLITIQUE | N 306 | HIVER 2015 | 12$ Champions internationaux de danse sociale Birgitta Wetzl, soprano Gino Quilico, baryton placedesarts 514.842.2112/ 1.866.842.2112 100 guitares pour 100 ans Tim Brady rendra un hommage centuplé à Les Paul 2015 marque le 100® anniversaire de Les Paul, inventeur de la guitare électrique.D\u2019où le projet fou de réunir 100 de ces «instruments du bonheur».Entretien à la veille d\u2019atypiques auditions.FREDERIQUE DOYON Tim Brady a déjà donné un concert à quatre guitares, puis à 20.Son ensemble prend du coffre une fois de plus et devient Instruments of Happiness Extrême.Des auditions ce dimanche visent à recruter 80 guitaristes qui s\u2019ajouteront aux 20 professionnels déjà rassemblés en vue d\u2019une prestation dans l\u2019Atrium du Complexe Desjardins à l\u2019occasion du festival Montréal/Nouvelles Musiques en mars prochain.« Tout le monde est conscient de l\u2019impact de Les Paul sur la musique, affirme le compositeur et fervent guitariste montréalais.C\u2019est donc un hommage, mais ce n\u2019est pas un projet unique.J\u2019aimerais le refaire [il vise déjà le début avril].L\u2019hommage est une manière de lancer mon concept à 100 guitares.» En donnant naissance à la guitare à corps plein en 1941, Les Paul a ni plus ni moins permis au rock\u2019n\u2019roll d\u2019exister, puis de triompher.Il a aussi joué un rôle majeur dans le développement des techniques d\u2019enregistrement multipiste.«Difficile d\u2019imaginer la musique aujourd\u2019hui sans ces deux inventions», selon Tim Brady.Le guitariste de jazz et de country américain a de plus légué une guitare légendaire, la Gibson Les Paul, que Tim Brady n\u2019a toutefois pas adoptée.Il lui préfère les modèles des luthiers québécois et américain Robert Godin et Paul Reed Smith.Avec ces derniers et en discutant souvent avec les vendeurs du mythique magasin Steeve, il a conclu que la guitare était l\u2019instrument du bonheur par excellence.«Quand tu prends une guitare dans tes mains, tu ne peux pas être triste, dit-il.C\u2019est comme une drogue qui n\u2019a aucun effet néfaste.» Le compositeur reconnu pour fréquenter le jazz comme la musique de chambre et les œuvres électroacoustiques a produit une vingtaine de CD depuis 1988, àont Atacama : Symphonie #3 (Atma Classiques, 2013), en lice pour un prix Juno en 2014, et 24 Frames (Ambiances magnétiques, 2011).Avec son ensemble Bradyworks, il a joué au pays et souvent à l\u2019étranger.Ses formules de concert à quatre, puis à 20 guitares, «ont tellement bien marché» qu\u2019il s\u2019est donné un nouveau défi.Et tout un, «parce que l\u2019écart technique risque d\u2019être énorme, dit-il.On va avoir des gens qui jouent très bien et d\u2019autres, moins.» Mais Tim Brady aime l\u2019énergie des musiciens amateurs, à qui il donne des ateliers depuis huit ans.«Il y a une telle absence de cynisme, note celui qui, malgré son optimisme naturel, avoue manquer parfois d\u2019entrain après 35 ans de carrière.J\u2019adore travailler avec des gens qui ont un amour pur pour la musique.C\u2019est cette passion que je veux canaliser dans le projet.» La pièce d\u2019un peu plus de 12 minutes qui leur sera transmise, 100 Very Good Reasons Why, mise sur la multiplicité et le mélange des timbres.«Le but n\u2019est pas de jouer fort, mais de créer un effet orchestral.» Celui qui fréquente les orchestres ces derniers temps estime se faire un gros cadeau ainsi qu\u2019à tous les aficionados de la gratte.Car «jouer avec 50 ou 70 personnes, c\u2019est une expérience unique, à laquelle les guitaristes ont très peu accès.Au gros max, ils sont quatre, ou peut-être sept sur scène.Et c\u2019est une tout autre expérience d\u2019écoute aussi pour le public.» Le Devoir DVoir aussi > Un extrait du concert à 20 guitares de Tim Brady, ledevoir.com/ musique À vos guitares ! Dimanche 23 novembre, 13 h, au Centre Pierre-Péla-deau, chacun apporte sa guitare et son câble, mais l\u2019ampli sera fourni.L\u2019audition consistera à jouer des accords, des notes et des mélodies simples.«Pas besoin d\u2019être virtuose, ni de lire la musique, mais il faut au moins être capable de reconnaître les notes», dit Tim Brady.Infos : www.timbrady.ca.PHOTO TIREE DU CONCERT A 20 GUITARES SOURCE TIM BRADY La Nef présente Chansons marines Faire moins avec moins Pourquoi nous acceptons l'austérité En librairie et en kiosque.Un chœur de sept voix d'homme, ce puissant instrument des marins ! Chansons de gaillard d'avant, chants à danser, chansons de port, complaintes et chants pour rythmer le travail, les chansons de marins ont traversé les mers et le temps.Bienvenue à bord ! Mercredi 26 novembre 2014, 20 h Salle Bourgie, Musée des beaux-arts de Montréal 1339, rue Sherbrooke Ouest, Montréal Réservation : 514.285.2000 option 4 Information : la-nef.com | 514-523-3095 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014 E 9 CULTURE\u2019DE VISU ¦\t¦ y-, f ' r .y.- '-.r'â E*ïk'i / ^ ¦ >¦\u2019( *¦ f 1/ Tète d'enfant, 2014, plâtre, sisal.MICHEL DUBREUIL Tête de robot, 2014, aluminium, bois, peinture.MICHEL DUBREUIL Matières à réflexion Mihalcean montre de quoi la sculpture est faite afin de dire de quoi elle est capable NOUVELLES SCULPTURES De Gilles Mihalcean, à la galerie Laroche/Joncas, jusqu\u2019au 20 décembre.NICOLAS MAVRIKAKIS Ceux qui comme moi n\u2019aiment pas trop les artistes figés dans une manière de faire, qui exploitent un filon, une sorte de branding, ceux-là doivent aller voir la plus récente expo de Gilles Mihalcean.Bien sûr, ils y rencontreront son univers, avec ses collages d\u2019objets disparates et parfois inusités, approche sculpturale qu\u2019il a développée depuis les années 1960.Mais vous y verrez aussi un Mihalcean qui depuis plusieurs années a su revivifier, relancer, resémantiser sa réflexion sur la sculpture.Car c\u2019est bien de cela que parle son œuvrp : la sculpture qui fait penser.A travers ces oeuvres récentes, il nous aide même à approfondir notre lecture de sa démarche.Certes, on a souvent traité de l\u2019aspect ludique de son travail.mais cela est plus ou moins satisfaisant.11 faudrait d\u2019ailleurs se demander pourquoi de nos jours il faut toujours décrire l\u2019art comme amusant ou distrayant.11 ne faudrait pas trop effrayer le pu- Le travail de Mihalcean, comme il le dit lui-même, «ne se résume pas à une simple idée, mais au contraire s\u2019ouvre à l\u2019interprétation» blic avec un art trop sérieux! Mais de quoi donc faudrait-il nous distraire et détourner notre attention?On a aussi souvent souligné l\u2019aspect poétique du travail de collage chez Mihalcean.Voilà un autre terme dont il faut se méfier.11 y a certes, chez cet artiste, une ouverture vers l\u2019imaginaire, mais ses créations vont plus loin qu\u2019une simple invitation aux rêves.S\u2019il y a du poétique dans son oeuvre, c\u2019est dans un esprit hérité de Mallarmé et des symbolistes.Dans ses créations, l\u2019amateur d\u2019art doit déchiffrer les liens entre des éléments qui semblent hétéroclites afin de «dégager un état d\u2019âme» plus complexe et qui évite les images faciles.Mihalcean explique d\u2019ailleurs comment il aime que son travail «ne se résume pas à une simple idée, mais au contraire s\u2019ouvre à l\u2019interprétation ».Dans ce travail interprétatif, il y a aussi parfois des questions sociales et même politiques.Dans cette exposition, c\u2019est par exemple le cas avec la pièce intitulée Tête de Victor-Lévy Beaulieu qui rend hommage, à sa manière, au célèbre écri- vain.On y voit une sorte de portrait-robot, une sorte d\u2019ébauche sculpturale faite d\u2019un gros bloc de graphite, matériau qui sert entre autres pour les crayons de plomb.A travers cet énorme bloc, le sculpteur parle de l\u2019écriture très prolifique de cet auteur, mais le tout évoque aussi les formes d\u2019un avion-espion qui défie les radars, qui pourra ressurgir là où on ne l\u2019attendait pas, ainsi que les traits d\u2019un guerrier, presque ceux de Darth Vader.11 s\u2019agit, selon les mots de Mihalcean, à\u2019«un portrait qui représente le Québec avec toutes ses ambiguïtés identitaires».Mihalcean n\u2019en est pas à ses premières interrogations sur la société québécoise.Rappelons que, pour la place dTouville à Montréal, il a créé en 1993 une oeuvre intitulée La peur, installation dominée par une croix qui fait penser à celle du mont Royal.Chez Mihalcean, il y a un défi à l\u2019image connue, une ouverture à la rupture de ton, à la cassure ou « césure » visuelle.Quand on lui parle, Mihalcean explique comment il est interpellé «par les défis que pose la sculpture, par la complexité de la création d\u2019objets sculpturaux, et ce, à tous les niveaux, autant du point de vue matériel que du point de vue des significations de ces objets».Et c\u2019est justement un des points forts de cette exposition.Vous y verrez des objets trouvés et des matériaux hétéroclites qui se rencontrent et nous disent le vocabulaire éclaté de la sculpture postmoderne: plâtre coloré, aluminium, bois, plastique, plexi, papier, sisal, graphite, peinture, marbre, céramique.Vous y verrez aussi des sculptures qui exposent leur matérialité, les conditions physiques de leur existence, tels des matériaux tranchés qui exposent leur épaisseur.Des exemples?Dans Encre de Chine, Statue et Têtes d\u2019enfants, vous verrez des pères Noël de plastique ou des chérubins de plâtre découpés en morceaux et qui exhibent leur structure intérieure vers l\u2019extérieur.Là, Mihalcean fait penser au travail de l\u2019artiste Gordon Matta-Clark qui découpait des bâtiments, exposait la structure des murs, des plafonds et des planchers.En faisant cela, Mihalcean nous montre la réalité physique de la matière, sa fine couche qui lui permet en surface de créer des illusions réconfortantes.Un art simplement ludique ?Collaborateur Le Devoir DVoir > D\u2019autres photos tirées de la dernière expo de Gilles Mihalcean sur l\u2019application tablette ou en ligne.ledevoir.com/arts- visuels 5 CONCERTS POUR LE jTemps des fêtes ! ourgie LA FONDATION ARTE MUSIOA PRÉSENTE U INTEGRALE DES CANTATES DE J.S.BACH Dimanche 30 novembre * 14h CANTATES DE LAVENT ET DE NOEL Clavecin en concert Chœur et ensemble instrumental Cantates BWV 62,94 et 133 Samedi 13 décembre * 15h Dimanche14 décembre * 14h studio de musiqueancienne de Montréal Cantates BWV63,119et191 MATINEES BAROQUES Jeudi 11 décembre LA NATIVITE EN NOUVELLE-FRANCE Les Idées heureuses Ensemble vocal féminin Scholastica Chant grégorien et cantiques de Noël Jeudi 11 décembre * 18 h Trio Lorraine Desmarais Invité : Jean-Pierre Zanella, saxophone Des classiques de Noël, de l\u2019/Ave Maria à Jingle Bells ! Dimanche 21 décembre^4h UN MONDE POUR NOEL sallebourgie.ca 514-285-2000 #4 Ensemble Alkémia Marilyn Perreault, conception^ mise en scène et texte Spectacle musical pour les 6 à 12 ans LA CHAPELLE DE QUEBEC SAISON 2014 - 2015 LES VIOLONS du ROY i.Le retour très attendu d\u2019une œuvre phare avec Les Violons du Roy et La Chapelle de Québec! 2^50$ pour les 30 ans et moins M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présenté par MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 r.\\ LE MESSIE DE HANDEL VENDREDI 5 DÉCEMBRE 19 H 30 TREVOR PINNOCK, CHEF MIRIAM ALLAN, SOPRANO ALLYSON MCHARDY, MEZZO-SOPRANO ANDREW FOSTER-WILLIAMS, BARYTON-BASSE ALLAN CLAYTON, TÉNOR AVEC LACHAPELLE DE QUÉBEC Présenté par OPTIMUM.Optimum Réassurance Inc.PARTENAIRE DE SAISON A MONTREAL LaCapitale Groupe financier LEDEVOIR VIOLONSDUROY.COM E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014 [DE ÏISD Quand la Côte-de-Beaupré inspirait les peintres PAUL BENNETT Il est difficile aujourd\u2019hui d\u2019imaginer que la Côte-de-Beaupré, défigurée au cours des années 1950 par la construction du boulevard Sainte-Anne et un développement urbain anarchique, ait déjà pu accueillir une colonie d\u2019artistes séduits par son caractère champêtre et pittoresque! Pourtant, à la fin du XKe siècle, une vingtaine de peintres de Montréal et de Toronto, en grande majorité anglophones, y installèrent leurs chevalets; parmi eux, six artistes et un écrivain faisaient bande à part aussi bien en raison de leurs liens d\u2019amitié que de leurs affinités artistiques.Dans un dbum richement illustré intitulé Beaupré 1896-1904.Lieu d\u2019inspiration d\u2019une peinture identitaire, Madeleine Landry, coauteure d\u2019un ouvrage sur les trésors de l\u2019art sacré dans la Côte-de-Beaupré, lève le voile sur cet épisode méconnu de l\u2019histoire de l\u2019art au Québec.Ce groupe d\u2019artistes réunissait, autour de William Brym-ner (1855-1925), le pilier du groupe, les peintres Maurice Cullen, James Wilson Mor-rice, Edmund Morris, William Cruikshank et Edmond Dyon-net, plus connu par,la suite comme directeur de l\u2019École des beaux-arts de Montréal, ainsi que l\u2019écrivain Paul Lafleur, d\u2019origine suisse protestante et de culture anglophone.Les membres de ce qu\u2019on peut appeler le groupe de Beaupré avaient en commun d\u2019avoir étudié la peinture en Prance et de fréquenter à Montréal le Pen and Pencil Club.Ce club, fondé en 1890, rassemblait des peintres, des musiciens et des écrivains, mais aussi des gens d\u2019affaires, des universitaires et des collectionneurs qui se rencontraient régulièrement pour débattre.Beaupré deviendra l\u2019équivalent deç quartiers d\u2019été du Pen.A la fin du XIX® siècle, ex- plique Madeleine Landry, certains peintres canadiens cherchèrent à s\u2019émanciper de la tutelle de la peinture européenne et à forger une identité et un art nationaux sur la base d\u2019un passé mythique incarné par les traditions, l\u2019habitat et le mode de vie «authentiques» de l\u2019habitant canadien-français, qu\u2019on aimait croire inchangés depuis les débuts de la Nouvelle-Prance.Or la Côté-de-Beau-pré, un des lieux favoris des artistes depuis déjà le milieu du XIX® siècle, représentait justement pour le groupe réuni autour de Brymner ce «lieu de continuité » avec les origines du pays et «un réservoir d\u2019authenticité et de richesse spirituelle».L\u2019œuvre du groupe de Beaupré témoigne, selon l\u2019auteure, de cette profonde quête identitaire, à contreœourant de l\u2019idéologie impérialiste encore dominante à cette époque.Aussi la riche production de ces six peintres est-elle résolument ré-gionaliste \u2014 scènes à caractère rural sans aucune trace de modernité \u2014 en même temps que relativement audacieuse sur le plan esthétique, surtout dans le cas de Morrice et de Cullen.Morrice peindra d\u2019ailleurs à Beaupré les premiers tableaux impressionnistes jamais peints au Canada.Malgré certains raccourcis attribuables sans doute au format de l\u2019ouvrage qui donne priorité à l\u2019illustration, le texte de Madeleine Landry est appuyé sur des sources solides et sur une étude thématique approfondie des œuvres.Le groupe de Beaupré peut selon elle être considéré comme précurseur du Groupe des Sept, quelques années plus tard.Collaborateur Le Devoir BEAUPRÉ 1896-1904 Lieu d\u2019inspiration d\u2019une QUÊTE IDENTITAIRE Septentrion Québec, 2014, 206 pages Jusqu au 20 décembre Françoise SULLIVAN Harold KLUNDER Denis JUNEAU Françoise Sullivan Jeux 1/2013 acrylique sur toile 102 x76 cm Photo Guy L Heu eux GALERIE SIMON BLAIi 5420, boul.Saint-Laurent, local 100, Montréal, Qc www.galeriesimonblais.com 514 849-1165 PHOTOS SOURCE GALERIE GRAEE Robert Wolfe, Couvre-feu.L\u2019exposition consacrée à l\u2019artiste est un survol découpé en cinq sous-thèmes.Robert Wolfe, ouvert sur le monde La galerie Graff invite à redécouvrir le peintre et graveur disparu ROBERT WOLFE.ROUTES ET TRAJETS Galerie Graff, 963, rue Rachel Est, jusqu\u2019au 29 novembre.JÉRÔME DELGADO Plus de dix ans se sont écoulés depuis le décès de Robert Wolfe (1935-2003).Et il y a huit ans, déjà, on lui rendait hommage par la nécessaire rétrospective posthume, tenue à la Grande Bibliothèque sous le titre L\u2019espace-couleur de Robert Wolfe.L\u2019historien de l\u2019art Laurier Lacroix, commissaire pour l\u2019occasion et principal auteur de l\u2019indispensable catalogue, avait alors donné la pleine mesure de l\u2019œuvre de ce peintre et graveur qui ne s\u2019est pas contenté de s\u2019assujettir à un seul courant esthétique.Wolfe fait partie de cette génération d\u2019artistes, comme Jean McEwen ou Jacques Hurtubise, qui a réévalué les approches auto-matistes et plasticiennes.Voilà donc que surgit à la galerie de toujours de l\u2019artiste montréalais, la galerie Graff, une « nouvelle » exposition individuelle, rétrospective elle aussi.Les 25 œuvres réunies, 17 peintures et 8 estampes, couvrent une pratique étalée sur près de 40 ans (1960-1999).On est pourtant loin de la redite.L\u2019expo Robert Wolfe.Routes et trajets n\u2019est pas seulement portée par un thème singulier.La présentation à laquelle est parvenue Madeleine Eorcier, directrice des lieux, touche à quelque chose proche de l\u2019ordre de l\u2019intime.Comme si elle nous permettait d\u2019entrer dans la tête de l\u2019artiste.Il faut dire qu\u2019une grande amitié unissait Robert Wolfe à Graff, le liait au couple Pierre Ayot-Madeleine Eorcier.Alors qu\u2019en 2006 Laurier Lacroix décortiquait, comme il se FINALISTES 2014 Prix d\u2019excellence en arts visuels La Ville de Montréal et l\u2019Association des galeries d\u2019art contemporain félicitent les finalistes du Prix Pierre-Ayot et du Prix Louis-Comtois.PRIX PIERRE-AYOT Julie Favreau Maryse Goudreau Vicky Sabourin PRIX LOUIS-COMTOIS Patrick Bernatchez Nelson Henricks Emmanuelle Léonard Dévoilement des lauréats Les lauréats seront dévoilés à l\u2019occasion du Gala des arts visuels, le 10 décembre 2014 au Théâtre Rialto à Montréal.www.galadesartsvisuels/billets Montréal AG AC& Robert Wolfe, À ses pieds II devait, la démarche esthétique de Wolfe, l\u2019expo Routes et trajets mise davantage sur le contexte de création.De nombreuses archives de l\u2019artiste (carnets de croquis, journaux personnels, pièces d\u2019identité, souvenirs de voyages) accompagnent les œuvres.Il est plutôt rare que l\u2019on ait accès, dans une galerie privée, à cette part du travail, celui en deçà de la finalité de la pratique artistique.L\u2019expo repose sur l\u2019idée que Wolfe était un grand voyageur et que, par conséquent, son art en a porté les traces.Éa représentation, subtile, de cartes ou d\u2019architectures aura été, par exemple, un de ces résultats.Graff n\u2019est pas un musée, ne possède pas d\u2019immenses espaces.Or l\u2019expo, qui couvre large, ne trébuche pas dans le trop-plein.Découpée en cinq sous-thèmes, elle n\u2019insiste pas pour tout dire, s\u2019en tient à un survol.Parfois ça se résume à une seule pièce, comme dans la section «La marche», mais celle-ci, À ses pieds II (1993), parle fort.Tirée de l\u2019époque où la figure prend de l\u2019importance chez Wolfe, l\u2019acrylique évoque les pieds du Christ et rappelle le bagage spirituel de son auteur.Le parcours limpide proposé par Graff s\u2019ouvre sur «une année outre-mer», avec des œuvres de la décennie 1960 réalisées dans la foulée d\u2019un séjour en Europe.Il se conclut avec «les cercles», un des motifs de prédilection de Wolfe, surtout à la fin de sa vie.Ainsi, le diptyque Holbein (1999), puissant cercle rouge sur fond noir, fait partie d\u2019une série de tableaux en hommage aux artistes découverts lors de ses voyages formateurs.En cinq œuvres, aux techniques et supports très variés (deux acryliques sur toile, une sur papier, ainsi qu\u2019une eau-forte et une taille-douce), la section « Le tour du monde » révèle tout l\u2019humanisme de cet art peu littéral.Inspiré par des coutumes en Inde et en Afrique, Robert Wolfe a livré dans les années 1980 une série d\u2019œuvres ,sobres, portées par le deuil.A la manière d\u2019une Betty Goodwin ou davantage d\u2019un Roland Poulin, Wolfe explore les motifs de la stèle funéraire, sans laisser tomber ses propres préoccupations liées à la couleur et à l\u2019espace-tableau.Le tombeau d\u2019Hadrien (1986) s\u2019avère, dans ce sens, un brillant condensé de ses recherches esthétiques et de ses références extra-picturales.Huit ans après la rétrospective posthume, on peut dire que l\u2019œuvre de Robert Wolfe mérite encore toute notre attention.Son travail, axé sur l\u2019exploration matérielle et sur l\u2019observation du monde, ne vieillit tout simplement pas.Collaborateur Le Devoir DVoir > D\u2019autres œuvres de Robert Wolfe chez Graff et des photos tirées du livre Beaupré 1896-1904, sur l\u2019application tablette et en ligne, ledevoir.com/arts-visuels M O N D Le monde de LEMONDE\" Oeuvres récentes nucnn-ariogos ART CONTEMPORAIN vernissage les samedi et dimanche 29 et 30 novembre 2014 de 13h30 a 17h30 exposition du 29 novembre au 31 décembre 2014 197 chemin du lac d Argent Eastman (Quebec) JOE 1P0 Tel 450\t297\t4646 www riverin arlogos corn La Galerie est ouverte du jeudi au dimanche de 13h30 a 17h30 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014 E 11 CULTURE-CINEMA Whiplash ; la passion, c\u2019est de l\u2019ouvrage Le cinéaste Damien Chazelle pointe sa caméra sur le versant sombre des écoles de musique Au dévoilement des nominations aux Oscar, un film issu du champ gauche vient souvent créer la surprise.Production indépendante chouchoute de la critique depuis sa première à Sundance, le drame musical Whiplash pourrait bien être de ces films.Même sans cela, le parcours du second long métrage de Damien Chazelle est inspirant.FRANÇOIS LEVESQUE Histoire d\u2019Andrew Neiman, un jeune batteur de jazz talentueux inscrit en première année d\u2019une prestigieuse école de musique, Whiplash ne cadre pas dans le canon habituel du genre où un petit prodige est pris sous l\u2019aile d\u2019un professeur strict mais bienveillant.Ici, le mot «prodige» n\u2019est jamais prononcé, le talent n\u2019est rien sans travail et Terence Fletcher, le mentor, se révèle un tyran abusif.Ce qui se dit entre les quatre murs insonorisés du studio de répétition où se déroule une bonne partie de l\u2019action électrise sur le plan cinématographique, mais glace le sang sur le plan humain.«C\u2019était un choix tout à fait conscient de ma part.En musique, la passion n\u2019est rien sans discipline, mais je crois qu\u2019il y a une limite à ne pas franchir, un point où s\u2019arrête la motivation et où commence l\u2019abus.D\u2019habitude, au cinéma, dans ce genre d\u2019histoires, on reste du côté plaisant des choses, du côté édifiant.Moi, je voulais braquer le projecteur sur le côté sombre», explique Damien Chazelle, qui s\u2019est en partie inspiré d\u2019expériences personnelles douloureuses vécues autrefois aux mains d\u2019un professeur «zélé» alors qu\u2019il était batteur dans l\u2019orchestre de son école secondaire.Jusqu\u2019où peut-on aller pour faire émerger le génie latent?Le film pose la question à l\u2019aube d\u2019un troisième acte cathartique mais ambigu.Selon Terence Fletcher, il faut aller aussi loin qu\u2019il le faut, entendu qu\u2019un vrai génie ne renoncera pas.Qu\u2019importe les séquelles psychologiques encourues.«Je tenais à camper l\u2019action dans le monde du jazz, car on en a souvent une vision romantique, élégante.La réalité peut, pas systématiquement mais peut, dis-je, être tout autre.» Liste noire A terme, le désir du cinéaste de 29 ans de s\u2019éloigner des sentiers battus, jumelé à d\u2019évidentes qualités d\u2019écriture, lui valut de se retrouver en 2012 sur la prestigieuse «Black List» d\u2019Hollywood, qui regroupe annuellement les meilleurs scénarios orphelins de producteurs.«Ç\u2019a été une formidable vitrine.Une équipe de production s\u2019est mise en place et on a réussi à financer une version condensée, en court métrage, du film.Comme une carte de visite.» Ledit court métrage fut plébiscité dans une pléthore de festivals, y compris à Sundance dans ce que le cinéaste ignorait alors être une répétition en vue d\u2019une autre première, celle de son futur long métrage qui, le plan ayant fonctionné, fut rapidement tourné pour la somme de 3 millions de dollars américains.Rebelote dans le célèbre METROPOLE EILMS J.K.Simmons, le réalisateur Damien Chazelle et Miles Teller en plein tournage de Whiplash.festival de cinéma en Utah, où le géant Sony s\u2019empressa d\u2019acheter les droits de distribution dès après la projection, une décision avisée à la lumière du Grand Prix du jury et du prix du public qu\u2019y remporta le film.Depuis, le «buzz» autour du film n\u2019a fait que croître, notamment au sujet de l\u2019interprétation galvanisante de J.K.Simmons dans le rôle de l\u2019intraitable Terence Fletcher, qu\u2019il a joué tant dans le court que dans le long métrage.Acteur vétéran, J.K.Simmons a tenu des rôles de com- position mémorables, et souvent humoristiques, dans des films comme la première trilogie Spider-Man (en rédacteur en chef irascible du Daily Bugle) ou encore Juno (en père largué mais aimant de l\u2019hé-rome).Il fut aussi un supréma-ciste effrayant dans la série Oz, sur HBO.Il possède une gueule, un timbre de voix, une manière toute personnelle d\u2019en imposer.Il trouve dans Whiplash le rôle de sa carrière.«J\u2019aimerais pouvoir en prendre le crédit tant J.K.est brillant dans le film, mais c\u2019est une idée de mes producteurs, dont le réalisateur Jason Reit-man, qui a travaillé avec lui à plusieurs reprises.Voir J.K.donner vie au personnage pendant le tournage du court métrage, ç\u2019a été pour moi un moment charnière, professionnellement, humainement.» Miles Teller, un jeune acteur extrêmement doué, tient lui aussi son bout d\u2019écran dans le rôle principal.Là-dessus, le cinéaste est catégorique : nul besoin de brutaliser les acteurs pour tirer le meilleur d\u2019eux.«C\u2019est une question de confiance: moi en leur talent, et eux en mon désir de faire le meilleur film possible.» En cela, Damien Chazelle n\u2019adhère manifestement pas à la méthode Stanley Kubrick.Avec Terence Fletcher, un antagoniste mémorable, il semble en revanche avoir retenu la leçon d\u2019Alfred Hitchcock, qui se plaisait à dire que «meilleur est le méchant, meilleur sera le film».Whiplash prend l\u2019affiche le 28 novembre.Le Devoir EILMS SEVILLE Jennifer Lawrence (au centre) crève encore une fois l\u2019écran.À hauteur de femme Les Hunger Games reviennent avec quelque chose comme une humanité nouvelle HUNGER GAMES: MOCKINGJAY - PART 1 (Hunger Games : La révolte - PARTIE 1) ?J/2 Réalisation : Francis Lawrence.Scénario : Peter Craig et Danny Strong, d\u2019après le best-seller de Suzanne Collins.Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Elizabeth Banks, Julianne Moore, Woody Harrelson, Philip Seymour Hoffman, Donald Sutherland.Etats-Unis, 2014, 123 minutes.ODILE TREMBLAY TOUS ces Hunger Games sont devenus une franchise hautement rentable.Ce nouveau volet attendu comme pain béni, non seulement par les lecteurs de la saga de Suzanne Collins mais également par un jeune public au cinéma, connaîtra une seconde partie attendue sur les écrans dans un an.Cette première partie, donc, aurait pu servir de simple outil de liaison.Or 11 n\u2019en est rien, et si Hunger Games: Mockingjay - Part 1 risque de décevoir certains jeunes spectateurs, lesquels le trouveront moins trépidant que les jeux féroces qui l\u2019ont précédé, d\u2019un point de vue de cinéphile, ce film apparaît comme le meilleur du lot.Sans construction hautement dynamique, ce film se rapproche beaucoup plus de la (grosse) production Indépendante, sinon par le budget, du moins par l\u2019esprit.H offre quelque chose comme une humanité nouvelle, avec des gros plans, des moments de doute et d\u2019Intlmlté faisant contrepoint aux mégascènes d\u2019effets spéciaux, souvent fort spectaculaires et réussies.Film stylisé, Inquiétant, à hauteur d\u2019homme, de femme surtoufi sa Ifagîllté occasionnelle touche et désarçonne, pourtant mariée à des péripéties en revirements et à des trahisons multiples parfois alambiquées.Mais à mesure que l\u2019actualité Internationale se fait de plus en plus apocalyptique, les Hunger Games émergent de la science- fiction et semblent refléter nos aujourd\u2019hui.Une exécution collective d\u2019otages pourrait aussi bien se dérouler en Syrie, en moins pire dans le film, car les revolvers remplacent les sabres.Une conscience humaine Jennifer Lawrence, jeune actrice au faîte de la gloire et de son talent, crève l\u2019écran, comme d\u2019habitude.On ne volt à peu près qu\u2019elle, sinon Philip Seymour Hoffman, sorti du royaume des morts, en éminence grise aux côtés de Ju-llanne Moore en chef du District 13.Et Donald Sutherland, bien sûr, diabolique ,à souhait, en président Snow.Egalement une jeune étoile montante, Natalie Dormer en rebelle réalisatrice tatouée est dotée d\u2019une forte personnalité.Ce qui n\u2019est pas le cas des jeunes premiers: Josh Hutcherson en Peeta, Llam Hemsworth en Gale, plus fades que les femmes, en l\u2019occurrence.Or, sorti des jeux de la mort de jeunes gladiateurs à la Survivors, après destruction par Katnlss (Lawrence) de leurs arènes, ce film, loin des costumes enflammés, nous entraîne ailleurs.La jeune amazone, réfugiée dans le District 13, accepte de devenir le sym- bole de la révolte, l\u2019oiseau moqueur, Inspiration pour le moral des troupes.Avec les rebelles, elle combat le Capitole qui garde en otage Peeta Gosh Hutcherson) depuis la fin des Hunger Games.Mais entre son rôle de leader rebelle et son affection pour son ami Peeta, devenu plus ou moins zombie au fil de ses apparitions télé, les déchirements empêchent Katnlss de garder la tête froide, et le jeune homme, bientôt libéré, a le cerveau lavé.Des assauts des rebelles sur le Capitole et plusieurs districts, on retient de spectaculaires explosions et attaques aériennes et des effets spéciaux sur maquettes fort réussis.Mais ce sont, paradoxalement, les moments intimes qui offrent une dimension intérieure surprenante, avec une caméra de proximité traquant tout autre chose que la prouesse ou l\u2019effet: une conscience humaine confrontée à de graves problèmes éthiques, ce qui en fait d\u2019autant plus notre contemporaine.Même si les Hunger Games, qui avalisent la violence et une soumission à l\u2019autorité, ne sont pas les meilleurs modèles à offrir aux ados.Le Devoir À QUÉBEC PROJECTION SPÉCIALE Premier documentaire participatif québécois, réalisé par le journaliste Fabien Deglise LE DIMANCHE 23 NOVEMBRE À M H \u2014 12$ Au Musée de la civilisation, auditorium Roland-Arpin 85 Rue Dalhousie, Québec «Ce que le «nous» raconte de lui-même avec un téléphone en poche?» UNE DISCUSSION ANIMÉE PAR FABIEN DEGLISE SUIVRA LA PROJECTION DU FILM EN COMPAGNIE DE : Anne-Marie Olivier directrice artistique du théâtre du Trident Claude Cossette ex-publicitaire et professeur de communication VISIONNEZ LA BANDE-ANNONCE DU DOCUMENTAIRE : LeDevoir.com/un30mai Réservez au ^18 6^3-2158 \u2014 Prix : 12$ (abonnés du musée 10$) MUSÉE DE LA CIVILISATION LE DEVOIR E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014 ICIffEMA RIDM L\u2019homme de Marseille Le documentaire Spartiates de Nicolas Wadimoff brosse le portrait inspirant d\u2019un battant FRANÇOIS LEVESQUE « L e paradis, il est aux pieds de ta mère.Et toi, tu lui fais quoi ?Tu lui fais des misères?» Le sermon sort de la bouche dTvan Sorel, le protagoniste du documentaire Spartiates, présenté en clôture des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), et s\u2019adresse à un jeune garçon qui vient d\u2019être suspendu de son lycée marseillais.Entraîneur d\u2019arts martiaux mixtes, Yvan Sorel est, comme on dit, un personnage.Lui-même un champion dans cette forme de combat, Yvan Sorel reçoit dans son dojo mal aménagé les enfants et les adolescents des Quartiers nord de Marseille, ceux des banlieues chaudes, des laissés-pour-compte.De discipline en renforcement positif, il leur inculque des valeurs tels le res- pect, l\u2019honneur et la bonté.Et il ne s\u2019en trouve pas un pour se moquer.Depuis neuf ans, Yvan Sorel essaie d\u2019obtenir de la Ville qu\u2019elle lui cède l\u2019un des nombreux locaux vacants du secteur.«Uaventure a commencé par une commande de la télévision suisse qui préparait un dossier sur \u201cMarseille: capitale culturelle 2013\u201d, relate le cinéaste Nicolas Wadimoff {Opération Libertad) .Plusieurs projets étaient déjà en branle, mais on craignait justement qu\u2019on privilégie l\u2019aspect gentrifié, haut de gamme, au détriment de toute une partie de la ville qui représente quand même la moitié de ses habitants.» Sur place, Nicolas Wadimoff pensait pouvoir compter sur la présence d\u2019un vieil ami.Moussa Maaskri, qui a tenu la vedette du film Clandestins, coréalisé en 1997 par le premier et par Denis Chouinard.Le destin en voulut autrement, et ce fut tant mieux.KK [ *** ] il était impératif que je ne me laisse pas dépasser, que Je ne perde pas de vue mon objectif de raconter Yvan et la mission qu\u2019il s\u2019est donnée )) ¥ L i ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le documentariste rend hommage à un homme, Yvan Sorel, mais aussi à toute une population de la ville de Marseille.Nicolas Wadimoff «Moussa était en tournage en Espagne, mais il m\u2019a dit: \u201cVa voir ce type, tu ne le regretteras pas.\u201d Le type en question, c\u2019était Yvan Sorel.Et j\u2019ai trouvé son travail auprès des jeunes stupéfiant.Au départ, je devais juste tourner une courte capsule de type kino, en 48 heures.Mais rapidement, au contact d\u2019Yvan, j\u2019ai compris que je tenais un sujet fort, qu\u2019il était impératif que je revienne.» Lâcher prise Dès lors, le long métrage documentaire Spartiates commença à prendre forme.Très tôt dans le processus.Nicolas Wadimoff comprit qu\u2019avec pour protagoniste un électron libre comme Yvan Sorel, il devait accepter de lâcher prise et de se laisser porter par son sujet.«Ç\u2019a été une expérience presque schizophrène, mais vraiment formidable : d\u2019un côté, il fallait constamment que je renonce à suivre mon plan de match initial pour suivre Yvan au gré des rencontres et des imprévus du quotidien, mais de l\u2019autre, il était impératif que je ne me laisse pas dépasser, que je ne perde pas de vue mon objectif de raconter Yvan et la mission qu\u2019il s\u2019est donnée.» « Un des aspects qui m\u2019impor- taient le plus, c\u2019était d\u2019éviter à tout prix la bien-pensance du centre, celle de Paris, où les gens expliquent comment on devrait agir et être ailleurs, c\u2019est-à-dire dans les quartiers où régnent la violence et le crime.» Le but: faire entendre cette autre voix, celle des gens qui habitent ces quartiers-là, qui ne sont pas des criminels et qui, malgré un horizon gris comme la cité, n\u2019aspirent pas à le devenir.Avec sa résilience butée, avec sa confiance en ses jeunes, avec sa philosophie du cru influencée par maints films, par 300 en particulier, avec sa générosité dénuée d\u2019affect, surtout, Yvan Sorel incarne parfaitement cette idée.C\u2019est dire que Nicolas Wadimoff a eu raison de s\u2019attarder.Et qu\u2019advient-il du garçon semoncé au début?On apprend qu\u2019il a recopié une liste de mots «positifs», comme le lui avait demandé Yvan Sorel.C\u2019est la mère du gamin, encore incrédule mais émue, qui vient l\u2019en remercier.Yvan Sorel viendra présenter Spartiates le 22 novembre à 19 h au Théâtre Hall de l\u2019Université Concordia et le 23 novembre à 18 h 45 au cinéma Excentris.Le Devoir Paris brûle-t-il ?(bis) Œuvre de commande et de réconciliation, Diplomatie est un plaidoyer pour la Grande Europe DIPLOMATIE ?Réalisation: Volker Schlôndorff Scénario: Cyril Gely et Volker Schlondorff d\u2019après la pièce de Cyril Gely.Avec Niels Arestrup, André Dussollier, Burghart Klaubner.Erance, 2014, 84 minutes.ODILE TREMBLAY On garde en tête, devant Diplomatie de Schlondorff, l\u2019ouvrage Paris brùle-t-il ?de Dominique Lapierre et Larry Collins (1964), tout comme le film qu\u2019en tira René Clément deux ans plus tard, superproduction (près de trois millions d\u2019entrées en Erance), mais académique et truffée d\u2019omissions historiques.Orson Welles y jouait le rôle du consul de Suède Raoul Nording, héros de l\u2019ombre de la libération de Paris, qui aurait, avec une équipe (thèse controversée), incité le général von Choltiz, gouverneur militaire du Grand Paris, en fin de guerre, à surseoir au beau projet de faire exploser Paris.La célèbre question de Hitler au téléphone, «Paris brùle-t-il?», était devenue emblématique des aberrations de la tyrannie.A la faveur des 70 ans de la Libération, et drapé sous le drapeau du patriotisme français, le grand cinéaste allemand Volker Schlondorff, à travers une production hexagonale, remet l\u2019épisode sur le devant de la scène, encore une fois inspiré en partie des mémoires de von Choltiz.Diplomatie adapte la pièce de Cyril Gely et reprend les deux comédiens qui l\u2019ont jouée maintes fois sur les planches : Niels Arestrup en général nazi et André Dussollier en consul de Suède.Loin de son immortel Tambour en 1979, palmé d\u2019or, allégorie du nazisme, Schlondorff, à la barre de Diplomatie, après défection de deux METROPOLE FILMS Diplomatie montre la stratégie pour sauver de Paris.cinéastes français, reprend le mandat de blanchir le comportement des Erançais sous l\u2019Occupation (même un ingénieur collabo fera un geste héroïque), tout en montrant la complexité d\u2019un général allemand.Tout sent l\u2019œuvre de commande et de réconcilia- tion.Beethoven se voit appelé en renfort.Ici, en partie imaginaire, voire révisionniste, resserrée en unité de temps (quelques heures nocturnes) et quasiment de lieu (la suite à l\u2019hôtel Meurice, rue de Rivoli, qu\u2019occupait von Choltiz), l\u2019action est concentrée sur une visite (fictive) en pleine nuit de Nording au gouverneur allemand.Comme des fleurets Schlondorff s\u2019est à peine dégagé du huis clos initial (quelques scènes sur les combats de rue et des vues imprenables sur la capitale menacée, images d\u2019archives de la Libération, etc., peu d\u2019appels d\u2019air).Sa mise en scène se révèle dès lors des plus convenues, avec force champs, contrechamps sur les deux hommes au centre de ce duel.Ecueil scénaristique : cette volonté de créer un suspense trépidant, avec revirements \u2014 crise d\u2019asthme du général, mauvaises nouvelles venues du front allemand, etc.\u2014, alors que la réponse à la question «Paris explosera-t-il ou pas?» est connue de tous.Plus intéressants sont les deux grands comédiens eux-mêmes, livrant un texte qu\u2019ils connaissent par cœur avec une faconde admirable et des répliques aiguisées au besoin comme des fleurets.Dussol- EXC3NTRIS DIPLOMATIE VOLKER SCHLONDORFF -84 MIN.-(v.o.stf.) ET AUSSI A L\u2019AFFICHE; PARTY GIRL -CLAIRE BURGER, MARIE AMACHOUKELI, SAMUEL THEIS CITIZENFOUR (v.o.stf.) - LAURA POITRAS MAPS TO THE STARS (LA CARTE DES ÉTOILES)\t03 (v.o.stf.) - DAVID CRONENBERG PRIX D\u2019INTERPRÉTATION POUR JULIANNE MOORE - CANNES 2014 CINE-CLUB 65 ANS ET + PRÉSENTE: RESSAC - PASCALE FERLAND - JEUDI 27 NOVEMBRE À 13H lier, tout en feintes, en ruses, en séduction, et Arestrup, en statue de marbre qui se fissure peu à peu.Les véritables motivations de von Choltiz, militaire dévoué aux ordres de son Führer, peu à peu gagné aux arguments de son vis-à-vis, surtout si sa famille est mise à l\u2019abri d\u2019éventuelles représailles, demeurent confuses.Là où certains se plaisaient à voir le général sauver Paris pour des raisons culturelles et humanistes, il aurait choisi la capitulation surtout par calcul, dans l\u2019espoir d\u2019obtenir la clémence de l\u2019après-guerre, et pour avoir saisi de surcroît l\u2019ampleur de l\u2019insanité hitlérienne.Avec questions morales soulevées sur les décisions charnières qui changent le cours de l\u2019Histoire, cet homme aura sauvé la Ville lumière, d\u2019où l\u2019exploration en zone d\u2019ombre de sa psyché.«J\u2019ai deux amours, mon pays et Paris», entonne en conclusion, avec images panoramiques sur les traces de Joséphine Baker, la voix de Madeleine Peyroux.Le film s\u2019avère un plaidoyer pour la Grande Europe, avant tout, dont Schlondorff est un grand chantre, position qui l\u2019honore bien sûr, mais si appuyée qu\u2019elle se fait bien pesante.Le Devoir BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTREAL ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM na ANDRE DUSSOLLIER NIELS ARESTRUP ?« MAGISTRAL! » MAfctl ?« Un PASSIONNANT face à face.» kfiarlslen pour sauver Paris de la destruction.PRIX DU PUBL C metropolefilms.com "]
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