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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-11-15, Collections de BAnQ.

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[" Les Coups de théâtre, éveilleurs de conscience Page E 3 Volker Schlôndorff, le cinéaste diplomate Page E10 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 K E N T TIFFET Je rêve d\u2019un monde dans lequel chaque homme ait la chance d\u2019avoir accès à la musique classique Y» Kent Nagano Kent Nagano en cinq dates 1951 Naissance à Berkeley (Etats-Unis) de parents agriculteurs.1983 Assistant de Seiji Ozawa lors de la création de Saint François d\u2019Assise de Messiaen.1989 Direction musicale de l\u2019Opéra de Lyon où il rencontre Jean-Pierre Brossmann.2004 Nomination à l\u2019OSM en remplacement de Charles Dutoit à compter de 2006.2012 Nomination ,à l\u2019Opéra de Hambourg à la suite de son départ de l\u2019Opéra d\u2019Etat de Bavière.Passeur de cultures Une intégrale Beethoven, un livre, une émeute en Chine : le chef est partout Kent Nagano revient à Montréal cette semaine, deux mois après l\u2019ouverture de sa neuvième saison.Entre-temps, il y a eu une tournée en Asie et la parution concomitante de deux jalons majeurs de sa vie artistique : l\u2019intégrale des symphonies de Beethoven et un livre, pour l\u2019instant disponible en allemand uniquement.Entretien-décryptage.CHRISTOPHE HUSS Kent Nagano présentera mercredi et jeudi un somptueux et torride programme romantique, autour de l\u2019amour et de la mort, avec Prélude et Mort dlsolde de Wagner, La nuit transfigurée de Schoenberg, la Symphonie inachevée de Schubert et les Quatre derniers lieder de Strauss.Ces derniers auront pour soliste la Suédoise Miah Persson.Lors de la tournée en Chine, ils étaient plutôt chantés par la Russe Olga Peretyatko, dont le charme de braise a peut-être un peu détourné le public chinois du sens profond et crépusculaire des textes mis en musique par Strauss.Même dos tourné au public, Kent Nagano a eu l\u2019étrange sensation, en Chine, que les auditeurs applaudissaient après chaque lied de Strauss quelque chant d\u2019amour passionné.Peut-être le programme (Sinfonia domestica, Mort et transfiguration, Quatre derniers lieder) présenté à Pékin et à Shanghai était-il un peu trop « songé ».Rencontré juste avant de partir de Shanghai, à l\u2019issue de la récente tournée asiatique de rOSM, le directeur musical retenait de sa première expérience chinoise un «accueil très positif des salles bien remplies, une découverte mutuelle et une activité artistico-diplo-matique intense».Au Conservatoire de Pékin, où il a donné une leçon de maître, il a passé «45 minutes sur les 30 premières mesures du Concerto pour violon de Brahms», ce qui a rendu les étudiants très curieux de ce qu\u2019il faisait avec l\u2019OSM.La curiosité du public chinois fut telle que notre chef a failli finir écrasé contre une porte comme une tranche de jambon dans un sandwich: «A Shanghai, c\u2019était presque violent Au moment de quitter la salle, fai été attaqué par la foule; les gens sont venus comme une vague, j\u2019étais coincé contre la porte, les gens ont crié, la police est intervenue.Je ne vais jamais prétendre être Mick Jagger, mais c\u2019était quand même un peu angoissant Angoissant mais positif » Les invitations, notamment pour la saison 2018-2019, sont lancées.Maintenant, «beaucoup repose sur l\u2019économie et la commandite.» Si Kent Nagano voulait tant nous voir à Shanghai, c\u2019était aussi \u2014 et surtout \u2014 pour réagir aux interrogations soulevées dans notre commentaire, le 17 septembre dans ces colonnes, de Shoka, disque de chansons japonaises avec VOIR PAGE E 7 : NAGANO O Q ^Oi Au Musée d\u2019art contemporain de Montréal et dans la ville BNL L3 BionnalB\tcontemporain\tBNLMTL 2014 est une réalisation de La Biennale de Montréal MIL de Montréal\tde Montréal Québecss en coproduction avec le Musée d\u2019art contemporain de Montréal Collection\tprésentateur de BNLl/m.2014 et partenaire\t¦ Loto-Québec\tprincipal du Musée d'art contemporain de Montréal\tl La Biennale de Montréal Montréal® Canada Partenaire majeur ±UBS E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 CULTURE Sur les pas de Kubrick Odile Tremblay à Toronto i à ercredi dernier, c\u2019était l\u2019aller-retour à Toronto, par un froid précurseur des lendemains qui déchantent.Des chapeaux calés.Des pas pressés : les miens, les leurs.Car dès midi, les visiteurs, nombreux, s\u2019engouffraient au centre Bell Lightbox pour voir l\u2019expo sur Stanley Kubrick.Histoire de s\u2019y réchauffer aussi sans doute.Les villes et les lieux ont une âme, c\u2019est sûr.A preuve.J\u2019avais admiré en 2011 à la Cinémathèque française une mouture précédente de cette expo-là, conçue initialement au Deutsches Filmmuseum de Francfort.La caravane Kubrick sera passée depuis par Rome, Berlin, Amsterdam, Los Angeles, etc., chaque fois ni tout à fait la mqme, ni tout à fait une autre.A Paris, les immenses aires muséales de la Cinémathèque donnaient l\u2019impression de pénétrer dans la matrice originelle de 2001, l\u2019odyssée de l\u2019espace.Au Bell Lightbox, la carpette criarde du labyrinthe intérieur de l\u2019hôtel Overlook dans Shining, copiée, grimpe à l\u2019étage au-dessus.Chacun rhabille le génial cinéaste américain à sa manière.Mais pourquoi courir après Kubrick?Parce que, comme \\ GEORGE PIMENTEL On plonge dans l\u2019univers de Kubrick, maître du XX® siècle, connu autant pour ses chefs-d\u2019œuvre que pour sa tyrannie sur les plateaux.disait Martin Scorsese : « C\u2019est l\u2019un des seuls maîtres modernes que nous avions.» Vrai! Et, ironie du sort, lui qui détestait travailler pour les contraignants studios, après avoir été tenu en bride sur Spartacus, aura, avec son éblouissante Odyssée de l\u2019espace en 1968, ouvert la voie aux mégaproductions à effets spéciaux: Star Trek, Star Wars, jusqu\u2019à Gravity.La NASA nomma même une navette Discovery en hommage au vaisseau spatial du film.Les sentiers de la gloire furent empruntés par lui.Laurel MacMillan, la directrice des expositions au Bell Lightbox, évoque sa veuve, Christiane Kubrick, au vernissage, le 30 octobre.«Elle disait espérer que l\u2019expo inspirerait les jeunes cinéastes.» De fait.Tout vert encore.Chaîne de montage est une pièce percutante, émouvante, qui frappe i, là où ça fait mal.Et c \u2019est tant mieux,^ ^ Mario Cloutier, La Presse ^ Je vous assure qu\u2019il faut voir cette pièce.J\u2019ai rarement vécu un moment de théâtre aussi beau, aussi intense, aussi ravageur, quelque chose auquel vous pensez et repensez après et qui force l\u2019admiration.r\tMarie-Claire Girard, Le Huffington Post ce public.Et si concentré.Par ici les lettres, les scénarios, les haches de Shining, les tenues victoriennes de Barry Lyndon, le foetus de 2001, la «war room» reconstituée de Docteur Folamour, le blanc pénis berçant de Clockwork Orange, les masques vénitiens de Eyes Wide Shut, etc., mariés à des extraits de films, à des photos de plateaux semées un peu partout.Près de mille objets, originaux pour la plupart.Une rétrospective des fdms permet aux spectateurs de voir 2001 en copie 70 mm.Expérience immersive.Avec proches et experts de Kubrick rencontrant à intervalles le public.Le tout, en orbite jusqu\u2019au 25 janvier.Kubrick, ce «ramasseux», conservait des notes, des photos, des costumes, des accessoires de fournage, dispersés entre les Etats-Unis et l\u2019Angleterre, débusqués et triés après sa mort en 1999 par sa veuve Christiane et son beau-frère et producteur exécutif Jan Harlan.C\u2019est au quatrième étage de l\u2019immeuble que les appareils de prises de vue de Kubrick et ses photos de jeunesse pour le magazine Look sont exposés.Aussi, l\u2019aventure du film jamais tourné, et d\u2019autant plus mythique : son fameux Napoléon.Faut voir l\u2019abondance des livres exposés sur le vainqueur d\u2019Austerlitz, et surtout les fiches de Kubrick, avec signets de couleur, commentant le quotidien de l\u2019empereur et de tous ses proches.Le cinéaste remisa le projet après l\u2019échec en 1970 d\u2019un film rival, Waterloo.On rêve à un feu vert.Si, si.Entre provocation et quête de perfection Le cinéaste de Clockwork Orange et de Lolita salivait à l\u2019idée des scandales que ses films allaient susciter chez les bien-pensants.«Et comment peut-on même songer à adapter Lolita de Nabokov ?», demandaient, outrées, les ligues de vertu.«Just watch pte», comme dirait l\u2019autre.L\u2019Eglise catholique lança l\u2019anathème sur Lolita et le triomphe public suivit.Cet auteur, qui innova tant sur le plan technique que sur le plan artistique, aura adapté (et transformé à sa guise) les romans des autres, quitte à les laisser hurler à la trahison (comme Stephen King pour Shining).Trop de cinéastes accrochés à leurs scénarios auraient intérêt à rebondir plus souvent sur une bonne trame venue d\u2019ailleurs.On n\u2019y égare pas sa signature.Voyez! Laurel MacMillan évoque les choix du cinéaste d\u2019utiliser la fine pointe de la technologie afin de demeurer fidèle au passé.«Pour ce Barry Lyndon, éclairé uniquement à la lueur des chandelles, il avait adapté une lentille de la NASA destinée à observer la face sombre de la Lune.» Le perfectionnisme de Kubrick se doublait parfois d\u2019un fol esprit ludique.Car faire confectionner les quinze perruques de son Barry Lyndon, campé dans l\u2019Angleterre du XVHE siècle, avec des cheveux d\u2019Italiennes rasées avant leur entrée au couvent, relevait du fétichisme érotique le plus pur.Les voici brillants dans la lumière.Autre réflexion confirmée par l\u2019expo : les grands cinéastes nantis d\u2019une vision personnelle sont de véritables tyrans, acquittés in fine par leurs oeuvres.Jack Nicholson et Shelley Duvall, prise après prise sur ce Shining en folie, finissaient par éprouver les pulsions extrêmes de leurs personnages, et grand bien nous prit.A Nicholson, aux souvenirs à ce qu\u2019on dit effacés par la maladie d\u2019Alzheimer, on lève notre chapeau à travers ce parcours de mémoire dans un labyrinthe où ni lui ni Kubrick ne s\u2019égareront plus.Mais le cinéma du XXE siècle leur fait tant de clins d\u2019œil qu\u2019ils semblent rigoler encore dans les mondes parallèles qu\u2019on habite aujourd\u2019hui.otremblay@ledevoir.com NOVEMBRE au 06 DÉCEMBRE 20U DERNIERE SEMAINE! texte EVELYNE DE LA CHENELIERE à partir de VERS LE PHARE de Virginia Woolf ANNE-MARIE CADIEUX ÉVELYNE ROMPRE Texte Suzanne Lebeau Mise en scène Gervais Gaudreault Avec Lindajjfâpiante Équipe de création Alexandre Brunet, Nicolas Fortin, Dominique Gagnon, Marie-Eve Huot, Diane Labrosse, Sarah Lachance, Pierre Lafontaine, Laurent Lamarche, Stéphane Longpré, Marcele Pizarro Blll.letteMe^5il4i84527,27/7JSuats:ou^o^T ~\t- mise en scene DENIS MARLEAU Grands partenaires LE DEVOIR Bell THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE 514 845-4890 ESPACEGO.COM QuébecSS Conseil des Arts une production d ESPACE GO Q^!\u2019^uibec ^transat PARTENAIRE DE SAISON LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 E 3 CULTURE.FESTIVAL LES COUPS DE THEATRE WO OTER VAN LO O Y La fille qui fixait est un théâtre musical qui fait appel au cinéma et au monde déjanté de Tim Burton.Méta osmoses Les Coups de théâtre s\u2019ouvrent sous le signe de la multidisciplinarité MICHEL BELAIR Depuis un quart de siècle qu\u2019il organise, d\u2019abord chaque année puis ensuite tous les deux ans, son festival Les Coups de théâtre.Rémi Boucher est devenu un des «grands connaisseurs» du secteur jeunes publics.Certains programmateurs étrangers disent volontiers de lui qu\u2019il se trompe rarement et qu\u2019il a un flair étonnant.Les paris sont ouverts sur son «nez» pour cette 13®édition du festival, mais avant que celle-ci ne s\u2019amorce, ce dimanche et jusqu\u2019au 23 novembre.Boucher nous signale quelques incontournables parmi les 16 spectacles à l\u2019affiche dont presque la moitié viennent de l\u2019étranger (France, Belgique, Espagne, Mexique).Osmoses en bouquet Un peu ébranlé par l\u2019annulation du spectacle de la compagnie française Pour ainsi dire.Abeilles, habillez-moi de vous de Philippe Dorin dans la mise en scène de Sylviane Fortuny \u2014 le décor a été refoulé par les douanes canadiennes \u2014, le directeur du festival commente sa programmation.«Je pense, raconte-t-il, que l\u2019édition de cette année vient consacrer une tendance profonde en jeunes publics: la multidisciplinarité.Coups de théâtre s\u2019intéresse à la danse depuis sa deuxième édition, mais cette ouverture aux autres disciplines me semble devenue évidente un peu partout où l\u2019on monte sur une scène pour s\u2019adresser aux enfants.C\u2019est vrai autant chez les jeunes compagnies que chez celles qui sont là depuis longtemps.» Ce mélange des genres est devenu tellement présent que Rémi Boucher a voulu inaugurer ces 13®® Coups de théâtre avec L\u2019éveil, un spectacle du chorégraphe québécois Harold Rhéaume consacrant ce que Boucher appelle «l\u2019osmose danse-théâtre».Mais le festival mettra aussi cette année l\u2019accent sur plein d\u2019autres types d\u2019osmose.Comme, par exemple, celles entre le théâtre et la musique, entre le théâtre et le cinéma, ou même l\u2019opéra.Dans ce dernier cas.Boucher cite le spectacle de clôture présenté par le petit Théâtre de l\u2019Hlusion, Phi-lémon et Baucis, «un des cinq opéras que Haydn a écrits pour marionnettes, mais le seul qui nous reste».La production, mise en scène par Claire Voi-sard, s\u2019adresse aux enfants dès 7 ans et s\u2019appuie sur l\u2019ancienne mécanique du théâtre â l\u2019italienne avec ses «gros effets spéciaux» de carton peint; «j\u2019ai vu une représentation et les enfants adorent la perspective \u201clow tech\u201d» ! En fouillant la programmation, on y trouve, â l\u2019autre bout du spectre musical, un spectacle de la compagnie belge Zonzo ciblant les enfants de 6 ans.Ecoute le silence, un voyage avec John Cage.La même compagnie propose aussi aux enfants dès 9 ans La fille qui fixait, un autre théâtre Ane pas rater! Le Bob Théâtre qui présente Fin de série (notre photo), sa toute nouvelle production destinée aux enfants de 9 ans et plus.La Pire Espèce, avec une histoire de science-fiction tordue.Futur intérieur, développé justement avec Denis Athimon et Julien Mel-lano du Bob.Le Théâtre des Confettis et son tout nouveau spectacle pour les tout-petits (dès 4 ans), L\u2019histoire du grillon égaré dans un salon.musical, qui fait appel au cinéma cette fois, et au monde déjanté de Tim Burton.Signalons également un spectacle-installation de la Cie Mammifères, Les grands-mères mortes, qui convie les enfants de 9 ans â une sorte de fête des morts festive â la mexicaine.Théâtre théâtre Mais tout au long de cette semaine intense qui s\u2019amorce, il y aura bien sûr autre chose que ce bouquet d\u2019osmoses dont parle Rémi Boucher.Même que les amateurs de «théâtre théâtre» seront servis â souhait puisque, malgré l\u2019annulation dont on parlait plus haut, on pourra quand même voir un texte de Philippe Dorin, Dans ma maison de papier, fai des poèmes sur le feu, présenté par Les Deux Mondes (dès 7,ans) dans la mise en scène d\u2019Eric Jean.Cette 13® édition sera aussi un peu celle de Simon Boule-rice, qui s\u2019adresse pour la première fois aux enfants de 5 â 8 ans dans Tu dois avoir si froid, mis en scène par Serge Marois.Signalons que le nouveau directeur artistique adjoint de L\u2019Arrière Scène profite du festival pour affirmer son implication en théâtre jeunesse en proposant aussi le touchant Les mains dans la gravelle aux programmateurs étrangers dans le cadre de Focus Québec, une des activités professionnelles des Coups de théâtre.Si vous êtes vraiment curieux, vous pourrez aussi voir â la maison de la culture Frontenac, ce samedi 15 novembre, Tout ce que vous n\u2019avez pas vu à la télé, un spectacle sur l\u2019homoparentalité destiné aux enfants de 9 â 11 ans dont Boulerice signe le texte et la mise en scène.Il ne vous restera plus, comme â chaque édition du festival, que l\u2019embarras du choix.Collaborateur Le Devoir L\u2019éveil à la conscience Entre danse et théâtre, Harold Rhéaume s\u2019attaque à la pulsion et à la fougue qui guident les premières expériences Dix ans après Clash ! le chorégraphe Harold Rhéaume signe une nouvelle pièce inspirée de l\u2019adolescence.L\u2019éveil lance le 13® festival Les Coups de théâtre.Entretien sur l\u2019écriture dédiée \u2014 ou non \u2014 aux ados.ERÉDÉRIQUE DOYON Le jeune apathique que rien n\u2019allume, très peu pour Harold Rhéaume.C\u2019est plutôt sa fougue qu\u2019il exalte.Celui qui faisait péter les couleurs et la culture pop dans Clash ! en 2005 investit toutefois un terrain plus poétique avec L\u2019éveil.Au point où, avec le temps, l\u2019étiquette «pour adolescents» s\u2019est estompée pour en faire un spectacle «tout public».«C\u2019est un show sur l\u2019état adolescent, précise le chorégraphe tout juste rentré du Mexique, où il collabore â la nouvelle création du Cirque du Soleil conçue pour un tout inclus de la Riviera Maya.Je me suis rendu compte que les ados eux-mêmes n\u2019ont pas envie de juste se faire parler d\u2019eux, de ce qu\u2019ils vivent.» Un constat bien senti au fil des escales de la compagnie dans les polyvalentes de la capitale, où elle invitait les gens â participer activement â la création.Entre danse et théâtre, la pièce est cocréée et mise en scène par Marie-Josée Bastien, du Théâtre Les Enfants Terribles, qui en signe aussi le texte avec le jeune auteur et comédien, Steve Gagnon.Au départ, tous deux avaient envie de s\u2019attaquer â la pièce L\u2019éveil du printemps de Frank Wedekind, satire dramatique de la fin du XIX® siècle mettant en scène des adolescents submergés par leurs désirs qui cherchent leur place dans le monde.«On s\u2019en est vite dissocié, dit le directeur artistique de la compagnie Le Fils d\u2019Adrien danse, qui réside au Centre chorégraphique La Rotonde de Québec.C\u2019est une adaptation très libre parce qu\u2019on a réalisé que les thématiques qui nous intéressaient touchaient l\u2019adulte autant que l\u2019ado.» Un trait peut-être plus spécifique â l\u2019adolescence surnage : cette rage ou pulsion qui pousse â réaliser des choses, qu\u2019on perd parfois en devenant adulte.Les six interprètes \u2014 les danseurs Jean-François Duke, Qdile-Amélie Peters, Ariane Voineau et les comédiens Gabriel Fournier, André Robillard, Claudiane Ruelland \u2014 abordent sinon tous ces phénomènes qui émergent, ces sentiments qui affluent et parfois s\u2019entrechoquent â cet âge comme â d\u2019autres : éveil de la conscience de soi et de l\u2019autre, du désir, de l\u2019angoisse et, surtout, soif d\u2019absolu et d\u2019appartenance au groupe.Les thèmes sont déclinés en tableaux comme autant de cartes postales de l\u2019intime et du groupe, où les danseurs jouent et les acteurs dansent, en dialogue avec un travail vidéo omniprésent.«On avait envie que la vidéo soit tantôt un personnage, tantôt un décor, une texture, un gros plan ou un focus, explique Harold Rhéaume.Parfois, c\u2019est un support à ce qui se passe sur scène, parfois l\u2019image prend le dessus.» Après avoir dansé pour plusieurs chorégraphes et fondé sa compagnie â Montréal en 1999, l\u2019artiste est retourné s\u2019établir â Québec, dont il a largement contribué â dynamiser la scène chorégraphique.Son travail, remarqué surtout depuis Les dix commandements, exalte la poésie humaniste du mouvement.Il a aussi frayé avec l\u2019opéra et le cirque.Sa précédente pièce.Fluide, était présentée â l\u2019Agora de la danse en 2013.Finesse et lisibilité Son ambivalence par rapport â l\u2019étiquette du « show ado » renvoie au propos d\u2019un colloque récent sur la création jeune public, auquel il devait d\u2019ailleurs participer : y a-t-il une écriture propre â l\u2019enfance ou â l\u2019adolescence ?Qui et non, répond-il.L\u2019écri- ELIOT LAPRISE Les thèmes de L\u2019éveil sont déclinés en tableaux comme autant de cartes postales de l\u2019intime et du groupe, où les danseurs jouent et les acteurs dansent, en dialogue avec un travail vidéo omniprésent.ture y est â la fois plus libre \u2014 «on se jette sans filet» \u2014 et plus dirigée par le fait même, car «ce public exprime tout de suite s\u2019il aime ça ou non, re-lève-t-il, sensible â cette lecture.Il ne faut pas que ce soit facile, mais ça doit être fin.Il À la tête du RQD Harold Rhéaume (notre photo) est devenu le 11® président du Regroupement québécois de la danse (RQD) en octobre.H succède â Marc Boivin pour un mandat de quatre ans.Cette désignation d\u2019un chorégraphe de Québec n\u2019est pas anodine : elle illustre â quel point la scène professionnelle de la capitale a mûri en dix ans.«Les défis sont nombreux pour poursuivre l\u2019avancement de la danse dans les différents secteurs d\u2019activités.D\u2019autant plus que Marc Boivin met la barre très haute, étant donné la qualité de son engagement.» PHOTO CHARLES-P.OUELLET ne faut surtout pas infantiliser le jeune ni lui donner de fausse morale.» Cette quête de finesse explique entre autres ce qui a attiré Harold Rhéaume vers le jeune public depuis 15 ans.H a ainsi créé Les cousins (2000), F.U.L.L.(2003) et Variations mécaniques (2007), toujours avec un même souci de lisibilité.«J\u2019ai envie que public ait les clés de lecture à même le spectacle», dit-il.Un principe qui tient autant pour le petit que le grand public.Le Devoir L\u2019ÉVEIL Coproduction Le Fils d\u2019Adrien danse et Les Enfants Terribles, le 17 novembre à l\u2019Usine C, à 13 h et 19 h.DVoir aussi > Des extraits de L\u2019éveil en ligne et sur notre application tablette.ledevoir.com/danse Françoise Graton 1930-2014 I Toute l\u2019équipe du Théâtre Denise-Pelletier souhaite exprimer ici son profond attachement à madame Françoise Graton, décédée le 7 novembre dernier.Françoise Graton incarnait la générosité, l\u2019énergie et la détermination.Animée d\u2019un profond désir de faire découvrir le théâtre aux adolescents, elle a fondé, en 1964, avec son compagnon de vie Gilles Pelletier et l\u2019ami comédien Georges Groubc, la Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT) qui allait devenir plus tard le Théâtre Denise-Pelletier.Au cours de sa vie, elle a guidé des générations de spectateurs et inspiré plusieurs vocations théâtrales.Son legs spirituel est une compagnie devenue aujourd\u2019hui une institution culturelle d\u2019importance au (Québec.Pour sa vision et son engagement, nous l\u2019en remercions et lui demeurons reconnaissants.Nous offrons nos sincères condoléances à monsieur Gilles Pelletier, ainsi qu\u2019à la famille et les proches de celle que nous appelions tous affectueusement Françoise.-THEATRE- DENISE-PEllETIER E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 CULTURE-THEATRE 21.22.25.26.27 NOV.En première Nord Américaine LES CHIENS DE NAVARRE Les chiens de Navarre font éclater leur talent, en montrant leurs crocs.Ils sont féroces et souvent hilarants.\u2014 Le Monde, 2013 514 521-4493 À NE PAS MANQUER USINE-C.COM QUÉBEC! VIDÉOTRON mm Q,:^ Hi Montréal @\tFR\" IMAS LËDEVDIR\tBS DU 11 AU 30 NOVEMBRE 2014 BANDUETTE Iarriehe ATIO RïAE 1 U CENTRE DU THEATRE D'AUJOURD'HUI -3900 RUE ST-DENIS MTL QC H2W2M2 514 282-3900 CTD'A THEAT1tEDAUJOURDHUI.QC.CA TEXTE ET MISE EN SCENE Sébastien Dodge INTERPRETATION Amélie Bonenfant.Sophie Cadieux, Mathieu Gosselin, Renaud Lacelle-Bourdon, Anne-Marie Levasseur, Jean-Moïse Martin, Lise Martin, Éric Paulhus et Simon Rousseau ASSISTANCE ET RÉGIE Camille Labelle SCÉNOGRAPHIE Max-Otto Fauteux GOSTUMES MarcSenécal ÉGLAIRAGES Anne-Marie Rodrigue Lecours MUSIQUE Benoit Côté EFFETS SPÉCIAUX Olivier Proubc DIRECTION TECHNIQUE Caroline Turcot DIRECTION DE PRODUCTION Marie-Hélène Dufort RELATIONS DE PRESSE Daniel Meyer CRÉDIT PHOTC Ulysse del Drago\t, .La mécanique de l\u2019intolérance par le trou d\u2019une serrure Gabriel Arcand se prépare à incarner l\u2019odieux dans les mots de Thomas Bernhard, pour mieux le dénoncer ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le personnage joué par Gabriel Arcand «dit des choses épouvantables, mais en même temps, ce qu\u2019il profère, dans toute son horreur.Marine Le Pen aurait très bien pu le dire hier soir ».FABIEN DEGLISE Certains prennent un malin plaisir à convoquer Hitler, le nazisme, le fascisme et autres figures honnies du passé, pour clore une conversation, par manque d\u2019arguments.Le principe porte d\u2019ailleurs un nom: Reductio ad Hitlerum, ou point Godwin, lorsqu\u2019ap-pliqué dans les univers numériques où la référence au dictateur allemand devient de plus en plus probable tandis qu\u2019une argumentation menée dans un outil de communication instantané s\u2019étire dans le temps.Ça, c\u2019est l\u2019avocat new-yorkais Mike Godwin qui l\u2019a établi en 1990.Le dramaturge autrichien Thomas Bernhard, lui, prend finalement le chemin inverse, en convoquant Hitler et ses horreurs non pas pour clore un débat, comme le présent semble l\u2019apprécier, mais plutôt pour l\u2019ouvrir.Avant la retraite, pièce incendiaire et caustique écrite en 1979, que le théâtre Prospère se prépare à mettre à l\u2019affiche la semaine prochaine, risque d\u2019en faire la démonstration avec force et acidité.Gabriel Arcand y incarne l\u2019odieux Rudolph Holler en espérant faire naître l\u2019inconfort chez ceux qui font vivre en eux cette caricature redoutable du rejet, de l\u2019intolérance et de la peur atavique de la différence.« Cette pièce, c\u2019est le genre de conversations qui se passent dans les maisons ici \u2014 même sur le Plateau Mont-Royal \u2014, mais que l\u2019on n\u2019entend pas, lance le comédien rencontré plus tôt cette semaine dans un café de la métropole.N\u2019importe quelle conversation sur les gens de couleur, sur les autres religions, sur ceux qui sont différents de nous, finit toujours un peu par en arriver là.Même si le texte vient d\u2019ailleurs et de loin, il incarne quelque chose que l\u2019on a tous un peu à l\u2019intérieur de nous, quelque chose que l\u2019on doit être capable d\u2019évaluer, pour le contrôler.» La nature humaine serait ainsi faite.Bernhard, critique féroce de l\u2019hypocrisie de l\u2019Autriche de l\u2019après-Deuxième Guerre mondiale, y varlope dans ce huis clos la face la plus sombre de cette humanité en exposant un trio, dans «De temps en temps, Vair devient un peu lourd, c\u2019est vrai même encore aujourd\u2019hui, mais Je n\u2019ai aucune mauvaise conscience.E faudrait d\u2019abord que tous les autres aient mauvaise conscience.Je n\u2019ai fait que mon devoir et Je n\u2019ai pas ménagé ma peine.Je me suis mis au travail et fen ai fait plus qu\u2019on ne pouvait me demander.Je n\u2019ai pas ménagé ma peine.Je n\u2019ai rien à me reprocher.)) Tirade de Rudolph, dans Avant la retraite de Thomas Bernhard une maison bourgeoise, qui, un soir d\u2019octobre \u2014 le 7 pour être précis \u2014, sort costumes d\u2019époque et argenterie pour célébrer l\u2019anniversaire de naissance du chef SS Heinrich Himmler.11 y a un juge à l\u2019aube de la retraite, ancien responsable d\u2019un camp de concentration devenu notable de sa ville.11 y a deux soeurs qui, depuis 45 ans, avec lui, se livrent à ce petit rituel, derrière des volets fermés.11 y a aussi une incroyable dose de cynisme couplée à une autopsie lucide de la mécanique de l\u2019intolérance que l\u2019on observe ici à travers le trou d\u2019une serrure.«Holler [le juge] dit des choses épouvantables, résume Gabriel Arcand tout en formulant quelques fragments redoutables de la pièce, mais en même temps, ce qu\u2019il profère, dans toute son horreur.Marine Le Pen [figure de l\u2019extrême droite française] aurait très bien pu le dire hier soir.» L\u2019ennemi invisible Dire que la pièce de Bern-hard est toujours actuelle relèverait du coup de l\u2019euphémisme.Pas très doux d\u2019ailleurs, à l\u2019ère de la montée des extrêmes, de la radicalisation du monde, de la moralisation du présent et des débats sur les «accommodements» qui rapidement dérapent.«Et c\u2019est pour ça que cette parole doit résonner», poursuit le comédien.H parle de ce simplisme qui évoque, ici et là, quand tout va mal, la création d\u2019un nouveau pays débarrassé de ses étrangers, plus propre, plus net, pour surmonter une crise.11 parle de cet ennemi invisible que les discours politiques peuvent parfois inventer pour créer l\u2019unité d\u2019un groupe en attisant la peur.11 convoque à la table Anders Behring Breivik, ce jeune Norvégien qui a abattu 77 jeunes sur une île au nom de la pureté d\u2019une race, dans une Norvège bien calme pourtant, mais pas à l\u2019abri de ce genre de dérive.«Le texte de Bern-hard est dur, ciselé, précis, avec une qualité de pensée et d\u2019écriture très réconfortante», dit Gabriel Arcand.11 prévient aussi : le spectateur qui va entendre ce propos pourrait sortir de là ébranlé.Parce que ce n\u2019est pas un sujet que l\u2019on aborde souvent au théâtre, résume-t-il.Puis, il marque une pause et ajoute : «Mais il n\u2019y a rien de nouveau là.C\u2019est la fonction de l\u2019art d\u2019ébranler et de faire trembler les convictions.» Même si parfois la dose de cynisme et de deuxième degré peut faire un peu mal.Le Devoir -THEATRE Partenaire de saison Hydro VaL Québec 'SAISON 3014 .3015 D\u2019Artagnan et LES TROIS MOUSQUETAIRES DU 14 NOVEMBRE AU 6 DÉCEMBRE 2014 D\u2019APRÈS L\u2019ŒUVRE D\u2019ALEXANDRE DUMAS Le combat romantique d une jeunesse en quete de justice et de liberté! ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE DE FRÉDÉRIC BÉLANGER m [ïTïW UNE PRODUCTION DU THEATRE ADVIENNE QUE POURRA PRESENTEE PAR LE THEATRE DENISE-PELLETIER yrc-j Louise Guillaume Robin-Joël Steve Stéphanie Bruno il Guillaume Maude Louise Guillaume Robin-Jo Balllaigeon Campeau Cardinal Champoux Cool Gagnon M.ephanie Germain m : Philippe Claude Robert\tTremblay BILLETTERIE 514 253-8974 \u2022 www.denise-pelletier.qc.ca Profitez de nos tarifs à la carte 30 ans et -1 60 ans et + | Résidents HOMA V n Québec ! léri LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 E 5 CULTURE'THEATRE Du bon sexe, malgré tout Denrée rare ces temps-ci, le sexe libéré et libérateur envahit l\u2019Espace libre ALEXANDRE CADIEUX Depuis plus d\u2019une semaine, l\u2019espace public se tapisse des témoignages de femmes qui, dans la foulée de l\u2019affaire Jian Ghomeshi, brisent le silence entourant les multiples formes de violence sexuelle continuant d\u2019avoir cours dans notre société.Si le geste de raconter peut s\u2019avérer libérateur et provoquer le débat, il n\u2019en demeure pas moins que le sexe ainsi dépeint rime partout avec peur, violence, contrainte.« C\u2019est effectivement un très drôle de timing», avoue la comédienne et dramaturge Anne-Marie Olivier, dont la compagnie Bienvenue aux dames ! reprendra dès mercredi prochain son spectacle Faire l\u2019amour, qui a vu le jour au Périscope de Québec en avril dernier.« Cela teintera sans aucun doute l\u2019écoute des gens devant certains de nos récits.» Les récits en question, l\u2019au-teure de Gros et détails et A\u2019Annette s\u2019en considère surtout la dépositaire.Avec sa complice Véronique Côté, elle s\u2019est livrée à une véritable démarche d\u2019anthropologie sexuelle qualitative : « Suivant notre désir d\u2019aborder le sexe, on a d\u2019abord fait des essais avec la fiction, mais ça ne marchait pas, on ne retrouvait jamais cette qualité particulière des soirées où l\u2019on se réchauffe autour de nos histoires vraies.Dès lors qu\u2019on a assuré la protection des identités, les gens rencontrés ont commencé à se livrer.et on a récolté tant de petites perles qu\u2019on pourrait en faire plusieurs, des shows sur ce sujet-là.» La sexualité n\u2019a pas bonne presse, surtout ces temps-ci.«On est tellement entourés par la porno, par le sexe désincarné.On cherchait un pendant positif à tout ça, sans verser non plus dans le Janette Bertrand.» Elle évoque également la noirceur du précédent spectacle issu de leur collaboration.Scalpée, et la nécessité d\u2019enchaîner avec un projet «qui nous tirerait vers le haut, un peu, qui agirait comme un baume.Véro répète souvent: aimons-nous, puisque tout flambe.» Baises de rêve, sexe sain et libéré, aventures diverses, tendresse qui résiste à l\u2019épreuve du temps.mais _\tt» I r RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Anne-Marie Olivier souhaitait présenter le côté positif et épanouissant du sexe, celui dont on entend trop peu parler dans les médias.aussi quelques blessures, quelques trahisons, quelques départs douloureux.Et beaucoup d\u2019incompréhension.«Il y a tellement de choses dont on doit se parler collectivement, on a tellement de nœuds à dénouer, tellement de vies brisées à panser.Cela dit, nous cherchions surtout à célébrer le sexe amoureux, ce plaisir trop peu présent dans les discours, la vitalité qu\u2019il procure, le tout en faisant confiance à la narration.» C\u2019est donc tout habillés qu\u2019Anne-Marie Olivier et ses collègues Maryse La-pierre, Eliot Laprise et Ni-cola-Erank Vachon joueront les passeurs de vécu.Prévoyons tout de même un certain réchauffement.Au cœur de l\u2019institution Impossible de rencontrer Anne-Marie Olivier sans lui De la scène aux pages Faire l\u2019amour est le tout premier texte paru dans une nouvelle série de pièces éditée par Atelier 10, l\u2019équipe derrière la revue Nouveau projet.Disponible en abonnement, cette collection dirigée par le comédien et auteur Justin Laramée devrait s\u2019enrichir de quatre nouveaux titres chaque année.On y prévoit pour bientôt la sortie de 26 lettres: l\u2019abécédaire des mots en perte de sens, projet collectif mené par Olivier Choi-nière auquel participe notamment Anne-Marie Olivier.parler de ses fonctions au Trident, où elle agit à titre de directrice artistique depuis bientôt deux ans.Elle s\u2019y distingue par ces choix audacieux, dont celui d\u2019inaugurer la présente saison avec Chante avec moi d\u2019Olivier Choinière, comédie musicale grinçante abordant notamment la tyrannie du conformisme.Comptant parmi les leaders de la communauté théâtrale de Québec, l\u2019artiste de 41 ans n\u2019a pas hésité à prendre la parole plusieurs fois dans l\u2019espace public ces derniers mois, non seulement pour dénoncer les conditions d\u2019exercices précaires dans lesquels les créateurs exercent leur métier, mais aussi pour en appeler à une réflexion collective plus rigoureuse au sein du milieu.En entrevue, elle donne l\u2019exemple du développement de publics : «On est censés être des gens créatifs, mais bizarrement on utilise les mêmes maudits outils de développement qu\u2019il y a 20 ans.On va bientôt frapper un mur big time, avec les 25-35 ans, pratiquement absents de nos salles.» 11 demeure que les impératifs financiers toujours plus pesants restent selon elle le principal frein au libre exercice de sa liberté de programmatrice, ce qui l\u2019inquiète beaucoup.Ces contraintes menacent par exemple la possibilité de faire appel à de grandes distributions, comme ce fut le cas avec Mois d\u2019août, Osage County, immense succès de la saison dernière salué récemment par l\u2019Association québécoise des critiques de théâtre.«Être partie prenante de la rencontre entre le public et ce chef-d\u2019œuvre de construction dramatique, ce fut une très grande joie», confie Anne-Marie Olivier.«Malgré cela, la direction artistique reste essentiellement de «Le temps prend une autre forme.Notre conscience du temps s\u2019assouplit par les plaisirs de l\u2019amour, Lear grand a)eekend se transforme en dix jours.E s\u2019installe dans l\u2019appart une Joie de vivre irrésistible.On passe le plus clair de notre temps à rire, à boire, à écouter de la musique.Au fond, ç\u2019a rien changé, à part le fait qu\u2019on dort en an set de trois cuillères, pis qu\u2019on s\u2019envoie délicieusement en l\u2019air.Extrait tiré de Faire l\u2019amour d\u2019Anne-Marie Oiivier la gestion; ce n\u2019est pas de la création, où réside le véritable bonheur! J\u2019ai hâte de jouer; quand je vois mes camarades créer, ça me travaille, fai une grande soif de ça.» 11 faut bien que le corps exulte, chantait Bref Ils seront quatre à le faire, par le biais de la parole, sur la scène de l\u2019Espace libre durant dix jours.Collaborateur Le Devoir FAIRE L\u2019AMOUR Dramaturgie : Anne-Marie Olivier.Mise en scène: Véronique Côté.Une production de Bienvenue aux dames! présentée à l\u2019Espace libre du 19 au 29 novembre.DVoir > Une incursion dans l\u2019univers de Faire l\u2019amour d\u2019Anne-Marie Oiivier sur le Web et l\u2019application du Devoir.ledevoir.com/theatre PRESENTE PARTENAIRE DE PRODUCTION 18 NOV;^13 DEC.2014 Avant , RETRAl DE THOMAS BERNHARD ! li ' GABRIEL ARCAND VIOLETTE CHAUVEAU MARIE-FRANCE LAMBERT MISE EN SCÈNE CATHERINE VIDAL TRADUCTION CLAUDE PORCELL THÉÂTRE PROSPERO 1371, RUE ONTARIO EST BILLETTERIE 514.526.6582\tQuébec H n\t!l^ ACHAT EN LIGNE\t^ THEATREPROSPERO.COM\t4u Canada\tfor Kw Arts A UAFFICHE Un feu d\u2019artifice d\u2019humour, de finesse et de mots d\u2019esprit ! T El IM UNE PRESENTATION DE POWER CORPORATION DU CANADA OSCAR WILDE TRADUCTION NORMAND CHAURETTE YVES DESGAGNES AVEC ANNE-ÉLISABETH BOSSÉ + RAYMOND BOUCHARD PATRICE COOUEREAU + MAXIME DÉNOMMÉE VINCENT FAFARD + RICHARD LALANCETTE VIRGINIE RANGER-BEAUREGARD + JULIE VINCENT CONCEPTION MARTIN FERLAND + JUDY JONKER + ERIC CHAMPOUX CATHERINE GADOUAS + ALAIN JENKINS + JACQUES-LEE PELLETIER + CAROL GAGNÉ ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET REGIE CLAUDE LEMELIN iVlSÏRÏ?CSNST ) RaDio-canaoa ici «r artv DU Nouveau ^Mondh E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 CULTURE>DE VISU Le maître du théâtre miniature Le finaliste du prix Sobey Graeme Patterson livre une monumentale métaphore de la vie SECRET CITADEL De Graeme Patterson, à la Galerie de VUQAM, 1400, rue Berri, salle J-R120, jusqu\u2019au 6 décembre.JÉRÔME DELGADO Finaliste du prix Sobey pour la deuxième fois, Graeme Patterson, artiste originaire de la Saskatchewan aujourd\u2019hui établi au Nouveau-Brunswick, est devenu une valeur sûre de l\u2019art canadien.Secret Citadel, l\u2019exposition itinérante qui atterrit à la Galerie de l\u2019UQAM, montre qu\u2019il demeure un maître des théâtres miniatures.Des modèles réduits, il y en a dans cette expo produite par l\u2019Art Gallery of Hamilton et le Musée de^ beaux-arts de la Nouvelle-Ecosse.Monumentales par leurs dimensions, avec pièces et fenêtres en quantité, les quatre structures ont quelque chose de la maison de poupées.Ou de la forteresse, puisque, chez Graeme Patterson, ce sont des univers masculins qui y sont décrits (quoique.).Ces installations sculpturales se retrouvent aussi animées, littéralement, dans un film stop in motion présenté dans la petite salle de la galerie universitaire.Secret Citadel, second projet d\u2019envergure de cette encore jeune carrière, confirme Graeme Patterson comme un grand conteur, aux mains ha- SM MIKE LALICH Vue de Tinstallation Player Piano Waltz (2013), à TArt Gallery of Hamilton.biles.À l\u2019instar de l\u2019ensemble Woodrow qui l\u2019a révélé en 2007, Secret Citadel se décline en plusieurs éléments, à considérer comme des stations d\u2019un vaste parcours, ou comme les chapitres d\u2019un récit intimiste, personnel à l\u2019auteur.Le premier plonge dans son enfance, avec au centre la reconstitution d\u2019une maison dans l\u2019arbre, prenant place.ici, sous une montagne.Le visiteur fera face ensuite au camp de vacances, puis au gymnase d\u2019école secondaire (transformé en arène de lutte olympique) et, enfin, à un hô- tel-bar doté de son (vrai) piano mécanique.Moins littérale, la narration de Secret Citadel s\u2019étale dans le temps \u2014 et non plus dans le champ, comme celle de Woodrow.Elle a gagné en complexité et propose des arrêts sur images, et en objets miniatures, de la vie humaine.Par son travail en miniature, et par les multiples détails qui habitent l\u2019intérieur de ses constructions \u2014 y compris des écrans de la taille du plus petit des iPhone \u2014, Graeme Patterson prend part à un courant fortement narratif.Il ne joue pas l\u2019horreur à la Jake et Dinos Chapman ou à la Karine Giboulo, ni le futurisme propre à Stéphane Gilot.Sa manière à lui, légère en apparence, rétro dans le ton, se veut plus universelle.A mi-chemin de l\u2019autobiographie et de la fable, les récits mettent en scène deux personnages au corps d\u2019animal, l\u2019un bison, l\u2019autre cougar, auxquels nous pouvons tous nous identifier.Les maquettes peuvent être vues comme les composantes d\u2019un tout.Elles sont toutefois plus que décor, plus qu\u2019un simple matériel ayant servi à la fabrication d\u2019autre chose.Ce serait plutôt le film, l\u2019élément secondaire.Il sert d\u2019exemple de ce à quoi peuvent aboutir, une fois réunis, les quatre mondes miniatures.Superposés l\u2019un à l\u2019autre, les dessins schématiques de chacune de ces constructions, affichés ici et là en galerie, deviennent la citadelle secrète du titre.Comme une boîte de jeu qu\u2019on aurait ouverte, peut-être même déboîtée, l\u2019expo livre les pièces d\u2019une histoire à inventer.Celle suggérée par Patterson décrit le chemin vers l\u2019âge adulte, un chemin rempli d\u2019embûches, telles que le deuil (d\u2019amitiés), le choc (des transformations), la compétition, la solitude.Quelque part entre la belle insouciance d\u2019un film pour enfants \u2014 l\u2019univers de Co Hoede-man, par exemple \u2014 et la mécanique tordue du cinéma de Jan Svankmajer ou des frères Quay \u2014 desquels Graeme Patterson se réclame l\u2019héritier \u2014 Secret Citadel repose sur l\u2019assemblage inventif de matériaux (du bâton de Popsicle à l\u2019armature de lits superposés).Dans une symétrie presque obsessive, les installations opposent, au final, une série de doubles, qu\u2019ils soient réels, imaginaires ou intérieurs.Les effets et les sens, dès lors, semblent innombrables.Le nom du gagnant du prix Sobey 2014 sera dévoilé le 19 novembre.Si Graeme Patterson l\u2019obtient, il sera le premier lauréat de la zone Atlantique.Collaborateur Le Devoir Entreprendre la guérison en libérant la parole Nadia Myre, en nomination au prix Sobey, fait un brillant retour à Oboro ORAISON (TENTATIVE) De Nadia Myre, à Oboro, 4001, rue Berri, local 301, jusqu\u2019au 13 décembre.MARIE-ÈVE CHARRON Nadia Myre présente à Oboro, à l\u2019issue d\u2019une résidence de deux ans dans les laboratoires du centre d\u2019artistes, une exposition qui remet en perspective le travail accompli depuis bientôt 15 ans.A quelques jours du dévoilement du prix Sobey 2014, prestigieuse récompense pancana-dienne pour laquelle l\u2019artiste est la finaliste québécoise, la proposition mérite doublement l\u2019attention.Deux projets maîtres ont marqué ces années de production, dont le plus déterminant est sans aucun doute Indian Act, d\u2019ailleurs amorcé à Oboro en 2000.The Scar Project, en cours depuis 2005, est l\u2019autre œuvre majeure mobilisée dans cette exposition abordant le thème de la douleur à travers les processus de remémoration et de guérison.L\u2019exposition laisse découvrir peu à peu ses composantes plongées dans une noirceur découpée par un éclairage drama- tique.Des voix se font entendre, livrant des histoires personnelles toutes liées à des expériences douloureuses, certes physiques, mais surtout psychologiques.Ces récits ont d\u2019abord été recueillis à l\u2019écrit par l\u2019artiste dans le cadre de Scar Project, une série d\u2019ateliers au cours desquels les participants représentaient leurs blessures cicatrisées, réelles ou métaphoriques, en brodant sur des toiles.Les broderies générées ont fait l\u2019objet de plusieurs expositions sous des formes variées auxquelles la présentation d\u2019Oboro s\u2019ajoute.Dans une alcôve défilent en projection les toiles brodées que l\u2019artiste a numérisées.Erratiques, appliqués, grossiers ou subtils, les motifs sont toujours d\u2019une grande expressivité et évocateurs d\u2019une certaine violence, en ce qu\u2019ils s\u2019incarnent tous en traversant la matière pour la marquer, comme les traumatismes sur les corps.Les plaies semblent parfois vives, la guérison lente.Uhistoire des «Indiens» assignés par la Loi rejoint dans Texposition les histoires personnelles de traumatismes récitées Le travail réalisé en résidence pour constituer une archive de Scar Project prend tout son sens dans la scénographie de l\u2019exposition.L\u2019extrême blancheur de la pièce où sont projetées les images des balafres rappelle la mise en lumière nécessaire à la guérison d\u2019une blessure ; sans la cicatrice qui la figure, elle se terre, invisible, alors que c\u2019est le regard de l\u2019autre qui peut la faire exister.L\u2019exercice de figuration auquel les personnes se sont prêtées est en soi significatif et rappelle com-ment l\u2019image est constitutive de soi, domaine que les arts visuels explorent avec à-propos.Le travail exécuté à l\u2019aiguille repose quant à lui sur un faire artisanal, technique que Nadia Myre a épousée dès les débuts de sa pratique afin de puiser dans les traditions de ses origines algonquines.C\u2019est d\u2019ailleurs par la technique du perlage, des billes de verre rouges et blanches.3 PAUL LITHERLAND Vue sur Texposition Oraison (Tentative), à Oboro.qu\u2019elle a, avec plusieurs volontaires, patiemment recouvert les 56 pages de texte de la Loi sur les Indiens.Ce riche projet, Indian Act, est ici réactualisé par le truchement de panneaux qui montrent l\u2019endos agrandi de sept de ces pages numérisées.Le perlage, en se substituant au texte, procédait à une réappropriation du deve- nir-Indien proclamé par la Loi.L\u2019endos de cet ouvrage redit autrement l\u2019autorité de la Loi ; ce sont des fils blancs bigarrés, qui font étrangement écho aux motifs de cicatrices.Après tout, peut-on conclure, la Loi, sa violence insidieuse, ne s\u2019inscrit-elle pas aussi d\u2019une façon symbolique dans la chair et sur les corps?L\u2019histoire des « Indiens » assignés par la Loi rejoint dans Texposition les histoires personnelles de traumatismes récitées.Les extraits sonores sont en effet diffusés depuis les panneaux, qui se font ainsi progressivement découvrir, animés par les voix et par une lumière qui balaie l\u2019espace.Le ton relativement détaché des voix, des personnes engagées par l\u2019artiste pour faire la lecture des récits, insiste moins sur le pathos des drames que sur la nécessité de la prise de parole et de son partage.L\u2019actualité, avec les révélations en rafales d\u2019agressions, semble valider une telle chose.La guérison sera collective ou ne sera pas, invite finalement à penser l\u2019artiste par diverses allusions.Un réconfort, même symbolique, est également de mise, à en croire la pile, posée là, de couvertures de feutre (clin d\u2019œil peut-être à Joseph Beuys) ou ces petits baluchons remplis de tabac et de cèdre, plantes guérisseuses, que Ton peut apporter avec soi.Collaboratrice Le Devoir THEATRE EMERGENT SAISON 2014-2015 2 U f ^ texte Jean-Denis Beaudoin mise en scène Edith Patenaude la bête noire J8.N0Vau6_DEC 2014 exception du 6 dec / 15h a\" \u201e .\t870 avenue De Salaberry premieracte ca 418 694 9656 Québec\t¦¦\t5® [S\tLEPOINTDEVENTE COM 1^1 I Quebec UDI VOIR Comprendre dangereusement Vaustérité LIBERTE ART & POLITIQUE | N 306 | HIVER 2015 | 12$ Faire moins avec moins Pourquoi nous acceptons Taustérité En librairie et en kiosque.D Voir > D\u2019autres œuvres des finalistes au prix Sobey: Graeme Patterson et Nadia Myre.ledevoir.com/arts-visuels iM h a i fi L\u2019ENIGME texte et mise en scène Jean-Marie Papapietro distribution Roch Aubert, Molisen El Gliarbi, Gaétan Nadeau,\" Christophe Rapin, Philippe Régnoux ^u.12.au 29 novempre 2014, à 19h30 BILLETTERIE' 4353?rue Stc-Calherine Est 514 253-8974 I admission.corn Théâtre de -Zortune DENISE^EUETIER LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 E 7 CULTURE>MÜSI0,ÜE Mundial Montréal, plus transculturel que jamais Découvertes autochtones YVES BERNARD Seule vitrine du genre en Amérique du Nord, le Mundial Montréal se déroule du 18 au 21 novembre dans dix salles montréalaises sur le thème «Roots transglobales».Sauf quelques exceptions, n\u2019y cherchez pas les vedettes accomplies, mais de véritables talents qui se feront valoir devant les promoteurs et diffuseurs: en tout, 34 artistes, dont presque la moitié provenant du Québec, cinq de Tin-ternational, soit plus qu\u2019aupa-ravant, et les autres du reste du Canada.Le thème «roots transglobales» renvoie à son lot de projets acoustiques, mais aussi à des fusions électroniques : «Le marketing des musiques du monde a été un manège de controverse, de passion et de confusion rempli de joie.Il ne s'agit pas vraiment d\u2019un genre musical, mais d\u2019une ombrelle pour ce que Marshall McLuhan a appelé le \u201cGlobal Village\u201d.Quand la musique devient transglobale, elle ne connaît plus de frontières», fait valoir le directeur artistique Derek Andrews dans le programme de Mundial.Au téléphone, il précise la démarche : «Nous sommes partis d\u2019un artiste comme Le Vent du Nord, qui est célébré dans ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Sébastien Nasra est le fondateur de la vitrine Mundial Montréal et de M pour Montréal.les festivals de world music.Nous avons aussi trouvé Jaron Freeman-Fox, un violoneux très fort, et deux violoncellistes: Cris Derksen et Anne Janelle.Puis nous avons vu des collisions entre la tradition et d\u2019autres cultures.Nous avons identifié cela comme une tendance intéressante à explorer.» Plusieurs de ces artistes qui créent des ponts entre les océans seront donc présents : le bluesman Paul Deslauriers avec le sitariste Anwar Khur-shid, Odessa Havana, qui mé- lange les musiques juive et latino, CanadAfrica, tout en blues nord-américain et en rythmes ghanéens, DakhaBra-kha, qui marie la nouvelle Ukraine à la planète, et le Gypsy Kumbia Orchestra qui partage la soirée de clôture avec les Torontois du Lemon Bucket Orkestra.On avait également prévu la participation du Québécois Romain Mala-gnoux avec le Malien Mous-tafa Kouyaté, mais ce dernier n\u2019a pu obtenir son visa et sera remplacé par le Montréalais Salif Dit Lasso Sanou.Mundial Montréal se définit comme la plaque tournante des musiques du monde sur le marché nord-américain.Quels en sont les résultats directs?113 musiciens présentés depuis le début, une centaine de contrats par année débusqués pour les musiciens depuis deux ans, une participation accrue des artistes internationaux et des partenariats plus nombreux, autant avec le Babel Med Music de Marseille qu\u2019avec les organismes provinciaux dédiés à l\u2019exportation des artistes.«Comparativement à M pour Montréal, Mundial Montréal évolue vraiment rapidement, peut-être parce qu\u2019il y a moins de vitrines-conférences dans ce créneau», constate Sébastien Nasra, le fondateur des deux événements, sur un ton optimiste.Collaborateur Le Devoir MUNDIAL MONTRÉAL Du 18 au 21 novembre.Renseignements: 514 925-0050.SOURCE MUNDIAL MONTREAL Kinnie Starr Rappeuse, activiste et provocatrice, elle cause de sexe, d\u2019amour et d\u2019identité.Sur Kiss it, son plus récent projet, Kinnie Starr (notre photo) mélange rap, beat et slam.Elle peut aussi devenir intimiste.Cris Derksen Multi-instru-mentiste de formation classique et compositrice-interprète, cette violoncelliste de Vancouver explore la guitare rockeuse sur des airs mélodiques et des beats électro.Beatrice Deer Chanteuse-compositrice-interprète de Quaqtaq, au Nunavik, elle plonge dans ses racines inuites avec son groupe montréalais.On attend un nouvel album sous peu.Martha Redbone D\u2019origine choctaw, shawnee et afro-américaine, elle arrive de New York avec une plainte dans la voix et son folk mâtiné de r&b et d\u2019accents autochtones.NAGANO SUITE DE LA PAGE E 1 l\u2019OSM.«J\u2019ai un problème si vous vous demandez si j\u2019utilise l\u2019argent du gouvernement pour promouvoir un projet personnel.Même poser la question est dangereux, car tout mon mandat à Montréal repose sur l\u2019intégrité.Je ne mettrai jamais enjeu cette intégrité, car c\u2019est ainsi que nous avons bâti une confiance et obtenu un soutien extraordinaire du gouvernement.La plupart du temps, le gouvernement dit non, mais quand il dit oui, cela fait sens et il n\u2019y a pas de favoritisme.J\u2019ai mis beaucoup de temps à effacer tous les favoritismes et les diagonales.Les projets ne servent pas l\u2019ego de quelqu\u2019un; ils servent l\u2019OSM et Montréal.Cela ne peut pas être remis en cause.» Dont acte.Quant à l\u2019utilité de Shoka pour rOSM, on en revient à la diplomatie: «Si vous étiez venu au Japon, vous auriez senti le pont culturel, vous auriez vu les gens en train de pleurer en entendant que l\u2019OSM leur apportait cette musique qui est la leur.C\u2019était ça, l\u2019idée: l\u2019OSM est un ambassadeur culturel.» Un «pont culturel».L\u2019importance de ce qu\u2019on pourrait nommer «les passeurs de cultures » est au cœur du livre Er-warten Sic Wunder! (littéralement «Attendez-vous à des miracles» ou «Attendez l\u2019inattendu», si l\u2019on traduit le sous-titre anglais) paru il y a un mois au Berlin Verlag et coécrit par Inge Kloepfer.Le rêveur réaliste On retrouve tout Kent Nagano, le Yin et le Yang, le tout et son contraire, puisqu\u2019il déclare à la quatrième ligne du livre: «Je ne suis pas un rêveur; je suis un réaliste», mais que la phrase mise en exergue pour résumer l\u2019ouvrage est «Je rêve d\u2019un monde dans lequel chaque homme ait la chance d\u2019avoir accès à la musique classique» ! Erwarten Sic Wunder!, édité pour l\u2019heure en langue allemande, est surprenant et assez remarquable.Pour un homme aussi énigmatique, Kent Nagano s\u2019y livre de manière assez intime.Non seulement sur son enfance en Californie dans un «village de pê- cheurs qui résonne», mais aussi dans des scènes que l\u2019on imagine si peu: Kent Nagano pleurant en écoutant l\u2019adagio de la 8^ Symphonie de Bruckner sur son disque.Le fondement de l\u2019ouvrage est de se vouloir un «plaidoyer pour la présence obligatoire de l\u2019Art dans la vie de chaque être humain», une sorte de cri, en fait, devant un constat alarmant.«Gris, toujours plus gris», s\u2019exclame-t-il en regardant le public.La théorie voulant que, l\u2019âge aidant, les gens viennent au classique ne le convainc pas du tout, puisqu\u2019il considère que, si l\u2019on n\u2019a pas eu la chance d\u2019être exposé à quelque chose, on ne risque pas d\u2019en avoir envie.Ses initiatives montréalaises {OSM éclaté ou concert au Centre Bell) sont à regarder à travers ce prisme.Dans le livre, Nagano décrit son expérience montréalaise comme un «laboratoire d\u2019idées».Il aime viscéralement cette ville où il peut «vraiment respirer» et vante les mérites d\u2019un orchestre qui sonne «québécois», c\u2019est-à-dire «brillant, chaleureux, élancé, élégant, pas très américain, mais pas tout à fait européen».Ses bons mots envers Charles Dutoit ouvrent la voie au projet de retour de ce dernier, dont les couloirs bruissent de plus en plus.Mais surtout, pour la première fois, Nagano parle ouvertement de deux grands projets non encore révélés: «une académie d\u2019été et d\u2019orchestre pour la relève» ainsi qu\u2019un «jardin d\u2019enfants musical à Montréal-Nord, 6 jours par semaine, 12 heures par jour», un projet de «1,5 million de dollars» qui doit «démarrer en 2016».Kent Nagano veut redonner aux enfants défavorisés ce qu\u2019il a reçu dans son enfance, lorsqu\u2019un réfugié géorgien était venu enseigner la musique dans son village de pêcheurs.Beethoven Il y a quelques jours est par ailleurs paru chez Analekta le coffret des neuf symphonies de Beethoven par l\u2019OSM ainsi que le CD isolé des Symphonies n°^ 2 et 4.On ne peut manquer de s\u2019amuser d\u2019y voir notre « passeur culturel » sur la couverture, non pas dans un geste exalté de partage musical, mais de profil, isolé, penché sur une partition.Le Beethoven de Nagano épouse sa description de l\u2019orchestre: racé, élégant, vif-argent, transparent.Nous l\u2019avons déjà décrit maintes fois ici et on ne peut que constater que les volumes les plus exaltants sont les derniers, avec les Symphonies n°^ 1, 2, 4 et 7.Il n\u2019y a pas une totale homogénéité sonore dans cette intégrale constituée entre 2007 et 2014: trois enregistrements ont été réalisés à la salle Wil-frid-Pelletier, trois à la Maison symphonique de Montréal, dont les deux derniers avec le réglage optimisé des paramètres acoustiques.Kent Nagano fournit dans le livret quelques points de vue intéressants et Analekta a, par bonheur, laissé de côté les initiatives non musicales {Egmont-Koméo Dal-laire, Prométhée-Yann Martel).Par contre, pour l\u2019intégrale de notre orchestre et d\u2019un esthète tel que Kent Nagano, on aurait espéré un objet discographique bien plus beau que cet album de carton et de plastique sans tenue, renfermant des disques non numérotés.Les intégrales directement concurrentes de Riccardo Chailly (Decca) et Mariss Jansons (BR-Klassik) ont quelques longueurs d\u2019avance sur les plans esthétique et pratique.Pour la petite histoire : les japon (i)aiserie s Shoka, parues il y a quelques semaines, ne sont même pas bradées ; elles sont désormais offertes à l\u2019achat du coffret Beethoven.Le Devoir GALERIE BERNARD LISE GAGNE UNE FORÊT DANS LA TÊTE Exposition du 20 nov au 20 dec 2014 Vernissage le 19 nov de 17h a 20h 3926, rue Saint-Denis, Montreal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard ca VENTE DE FIN D\u2019ANNEE Obtenez 15% DE RABAIS sur les œuvres d'art et les créations exclusives à ia gaierie.\tit du 18 au 22 novembre 2014 A l'exception des œuvres de l'exposition en cours, les calendriers, les cartes et les livres GUILDE CANADIENNE DES MÉTIERS D\u2019ART 1460-B, rue Sherbrooke Ouest Montréal (Québec) H3G 1K4 T 514 849 6091 MARDI A VENDREDI 10ha18h SAMEDI lOhalZh Tim PITSIULAK Dom/nsn/Csn/iou [Caribou dominant] gravure sur pierre et pochoir (detail) 2013 © Dorset Fine Arts www.guildecanadiennedesmetiersdart.com Exposition bénéfice 18 octobre - 29 novembre 2014 cii\\oa\\ ART ACTUEL 444-372, Ste-CatherineO, Montréal | 514 393-8248 Catalogue des oeuvres disponible en ligne : www.circa-art.com Ouvert du mardi ou samedi de midi à 17 h 30 et sur rendez-vous Edmund Alleyn, Sans titre (détail), Série Vanitas, lavis sur papier, 44,5 x 28 cm 1994 BUOY JAIN NE PAS MAMI 04.11.2014-19.04.2015 CCA Centre Canadien d'Architecture | Canadian Centre for Architecture 1920, rue Baiie, Montréai 514 939 7026 cca.qc.ca/pieces Images Residence a Ahmedabad \u2014 vue de la cour avec bassin en revetement de marbre Ahmedabad (Gu|arat) Inde 2014 Studio Mumbai Architects Photographie de Sri|aya Anumolu © Studio Mumbai Casa Insinga vue de la tablette dans la cuisine Milan Lombardie Italie 1990 Umberto Riva Architetto Photographie de Giovanni Chiaramonte © Giovanni Chiaramonte Le CCA tient a remercier de leur appui genereux le ministère de la Culture et des Communications le Conseil des Arts du Canada le Conseil des arts de Montreal et Hydro Quebec Fier partenaire Hydro Québec E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 CULTURE\u2019MEDIAS Docte Florian Sauvageau Le Prix hommage de la FPJQ parle de PKP au PQ et d\u2019autres épineux problèmes politico-médiatiques STEPHANE BAILLARGEON Gesca a dévoilé cette semaine à ses troupes un plan pour unifier les maquettes de ses six journaux régionaux.La mutation du contenant facilitera le rapprochement des contenus, par exemple pour publier la même page sur le sport ou la politique internationale au Soleil, au Droit dans La Tribune ou Le Quotidien.En même temps, Québécor confirmait l\u2019achat de Vision globale, plus importante entreprise canadienne de services liés au cinéma et à la télévision.L\u2019actionnaire majoritaire de Québécor et député péquiste de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, serait intervenu comme lobbyiste à au moins deux reprises dans ce dossier.Ainsi va la concentration des médias et maintenant du secteur politico-médiatique en ce pays.«Ça fait très longtemps qu\u2019on s\u2019inquiète, et les pouvoirs publics se rendent bien compte du danger de la concentration, dit en entrevue Florian Sauvageau, professeur émérite associé du Département d\u2019information et de communications de l\u2019Université Laval.Je n\u2019ai jamais voulu faire de procès d\u2019intention à l\u2019un ou l\u2019autre des patrons des grands groupes.Mais j\u2019ai toujours dit que, si un jour l\u2019un ou l\u2019autre décidait de mettre sa machine médiatique au service d\u2019une idée ou d\u2019un parti, on aurait un problème.On y est.On est face à ce problème.» Face aux plus inquiétantes prédictions, aussi.Lui-même a multiplié les avertissements au fil des années, par exemple au tournant du siècle, quand Québécor achetait Vidéotron et TVA, quand Gesca avalait Uni-média (Le Soleil, Le Droit et Le Quotidien).La Commission de la culture de l\u2019Assemblée nationale, sous contrôle péquiste, avait confié au professeur et à son équipe du Centre d\u2019études sur les médias (CEM) de l\u2019Université Laval un mandat sur «les impacts des mouvements de propriétés dans l\u2019industrie des médias».Le rapport, intitulé La concentration de la presse à l\u2019ère de la «convergence» et déposé en février 2001, ne se voulait pas alarmiste, tout en restant prudent.«On ne trouvera pas de solution miracle au problème de la concentration des médias, disait le rapport en conclusion.C\u2019est par un ensemble de mesures émanant de sources diverses que l\u2019on assure que les médias assument leur responsabilité sociale et offrent l\u2019information diversifiée et de qualité essentielle aux citoyens et à la vie démocratique.» A l\u2019évidence, les élus n\u2019ont pas eu «le courage d\u2019agir», comme le dit maintenant le sage M.Sauvageau.A l\u2019évidence, aussi, le politique craint le médiatique.«Tout RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR « Ça fait très longtemps qu\u2019on s\u2019inquiète, et les pouvoirs publics se rendent bien compte du danger de la concentration», affirme Florian Sauvageau, lauréat du prix hommage de la FPJQ.ça est très compliqué, ajoute-t-il.Quand l\u2019Etat intervient, il peut être accusé d\u2019intrusion.Mais il peut aussi imposer des limites à la concentration sans intrusion dans le contenu.» Un hommage Le professeur reçoit ce samedi le prix Judith-Jasmin hommage 2014 de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), réunie pour son congrès annuel à Saint-Sauveur.Journaliste pendant un quart de siècle (au Soleil, à Radio-Canada) et professeur à l\u2019Université Laval, fondateur du Centre d\u2019études sur les médias, il reçoit la récompense pour sa «grande contribution» aux réflexions entourant le métier et la formation des reporters.Le choix tout à fait justifié détonne par rapport aux lau- réats précédents, davantage liés à la FPJQ ou à la pratique plutôt qu\u2019à la théorie des communications.«Les anciens présidents de la Fédération qui décernent le prix reconnaissent ainsi la contribution de la recherche et de la réflexion du journalisme qui fait partie intégrante de la profession, souligne le principal intéressé.En plus, il y a tellement d\u2019anciens journalistes qui enseignent.» La voie royale d\u2019accès au métier est là depuis plusieurs années.Du temps de M.Sauvageau, les salles se remplissaient de gens formés sur le tas, au mieux après une formation universitaire.Lui-même, né en 1941, a été formé en droit au début des années 1960 puis a étudié les communications après coup, à Paris.Désormais, les plus jeunes y arrivent avec leurs diplômes de maître ès communications.Est-ce pour autant pour le mieux ?«Ça n\u2019a pas été simple d\u2019imposer cette formation, dit Florian Sauvageau, qui a aidé à fonder le programme spécialisé de l\u2019Université Laval au tournant des années 1980.Beaucoup de journalistes n\u2019y croyaient pas.Ailleurs, on y croyait, aux Etats-Unis depuis le début du XX\u201d siècle et au Canada anglais depuis le milieu du siècle.On devait donc y arriver ici aussi.Cette transformation a été très profitable pour le milieu.Les jeunes sont mieux formés, plus éduqués.» En même temps, le professeur ne prêche pas que pour la seule paroisse des communications.«Je ne suis pas très favorable à une seule formation en communications, dit-il.Je crois que la meilleure formation pour un journaliste lui est fournie par un savoir, un diplôme dans une discipline, puis en faisant un certificat ou un deuxième cycle.Il faut d\u2019abord avoir quelque chose à dire avant d\u2019apprendre à le dire.En plus, il y a un danger si tout le monde passe par le même moule.» Ce monde subit des transformations fondamentales, révolutionnaires, avec des effets multiples et parfois contradictoires.De vieilles machines à informer s\u2019effondrent.De nouvelles naissent.Et le problème de la concentration des médias lui-même n\u2019est plus tout à fait le même plus d\u2019une décennie après la commission parlementaire sur le sujet.«Il faut maintenant regarder la concentration dans le nouveau monde médiatique.Il y a toute une panoplie de façons de s'informer.Beaucoup plus de contenu circule.Fierre Karl Bé-ladeau parle peu aux journalistes, mais les journalistes ne parlent que de lui en rapportant ce qu\u2019il diffuse sur les réseaux sociaux.Reste que Québécor et Gesca sont encore deux groupes très puissants.» Florian Sauvageau avoue d\u2019ailleurs très franchement qu\u2019il ne sait pas comment régler le problème unique posé par l\u2019implication en politique active de M.Péladeau.«Il faut une réflexion plus large, dit-il.Je peux redire ce que j\u2019ai dit dans le Trente, le magazine de la FBJQ: pour régler ce problème, il va falloir beaucoup d\u2019imagination.Je n\u2019ai pas de solution, mais il faut essayer de faire quelque chose tout en avouant qu\u2019on ne peut pas revenir en arrière.On ne peut pas dire à des gens qui ont fait quelque chose de tout à fait légitime, qu\u2019on a encouragés et qu\u2019on a même financés publiquement, de défaire cette même chose.Mais quoi faire ?En tout cas, l\u2019Etat doit réfléchir, et le conseil d\u2019administration de Québécor aussi, un conseil dirigé par l\u2019ancien premier ministre Brian Mulroney.» Le Devoir I PAR CIRCA AVEC LE QÜITÜOII DEBUSSY C'EST A COUPER LE SOUFFLE.\u2014 The Australian COUP DE GENIE \u2014 Lyon Mag » ^ 'î# K il 6 REPRÉSENTATIONS SEULEMENT AU 26 NOVEMBRE T\u2019 IBERVILLE M 3ARRY M BILLETTERIE 514376 TOHU SANS FRAIS 1 888 376 TOHU m 'ilD Québec ! Montréal @ Canada Québec! [Z0GMA] CoUectIf de fotktore urbain à 20 h CHOREGRAPHIE Frédénq ue-Annie RobitaiLe et Dominic Desrochers, avec ta cottaboration des interprètes DIRECTION ARTISTIQUE Mario Boucher BILLETTERIE 450 667-2040 RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX 450 662-4440 Québec MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval\t\t Montmorency www.maisondesarts.laval.ca\t\t BD\tCanadian Patrimoine L B B\t1^1 Heritage canadien\t\tn SUIVEZ-NOUS EJ Maison des arts de Laval LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 E 9 CULTURE»CIRQUE JUSTIN NICHOLAS Opus s\u2019articule poétiquement autour de 14 artistes du cirque, dans une scénographie dépouillée.Chostakovich au cirque Yaron Lifschitz s\u2019est inspiré du compositeur russe pour trouver l\u2019équilibre parfait entre beauté et technicité FRANÇOIS LEVESQUE La scénographie du spectacle circassien Opus a beau être dépouillée, il s\u2019agit néanmoins d\u2019une «grosse affaire», et ce, à maints égards.Une production de Circa, le spectacle Opus, qui sera présenté à la Tohu du 20 au 26 novembre, a été imaginé et mis en scène par Yaron Lifschitz, cofondateur et directeur artistique de la réputée compagnie australienne, qui affirme s\u2019être mis beaucoup de pression en mariant les arts du cirque avec la musique du compositeur russe Dmitri Chostakovich.Tout a commencé en 2012 aux Nuits de Fourvière de Lyon, un festival dédié à la fusion des arts de la scène, au détour d\u2019une conversation entre Yaron Lifschitz et le directeur de l\u2019événement, alors que le second s\u2019enquérait si le premier connaissait les quatuors à cordes de Dmitri Chostakovich (1906-1975).C\u2019était le cas.«Chostakovich est l\u2019un des compositeurs les plus importants du XX'- siècle, s\u2019exclame Yaron Lifschitz, joint à Brisbane, en Australie.J\u2019ai sans doute un préjugé favorable, ayant moi-même du sang russe, mais, objectivement, son travail est d\u2019une puissance et surtout d\u2019une densité exemplaires.» L\u2019enthousiasme du metteur en scène est manifeste, aussi ne s\u2019étonne-t-on pas qu\u2019il ait décidé, presque sur-le-champ, de concevoir un spectacle où les acrobates (spécialistes du main-à-main, des portés; funambules, contorsionnistes, etc.) seraient accompagnés par le quatuor Debussy, celui-ci jouant en un mouvement fluide trois des quatuors à cordes de Chostakovich.Le beau mariage «Ce mariage relève presque de l\u2019évidence, note Yaron Lifschitz.La musique de Chostakovich atteint selon moi un équilibre parfait entre technicité et beauté.Chez Circa, c\u2019est exactement vers ça que l\u2019on tend; vers cette harmonie, vers cette adéquation parfaite entre la forme et le fond.Si l\u2019on prend la peine de se fixer des objectifs, autant être ambi- deChambre gnej^ G 34ème saison Quatuor Turosvky violon Robert Margaryan violon Veronica Ungureanu alto Elvira Misbakhova violoncelle Stéphane Tétreault et piano Dorothy Fieldman Fraiberg Œuvres de Shostakovich le jeudi 20 novembre, 20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre www.allegrachambermusic.com KK Chez Circa, c\u2019est exactement vers ça que l\u2019on tend; vers cette harmonie, vers cette adéquation parfaite entre la forme et le fond.Si l\u2019on prend la peine de se fixer des objectifs, autant être ambitieux! )} Yaron Lifschitz, metteur en scène circassien tieux! D\u2019ailleurs, c\u2019est l\u2019une des raisons pour lesquelles fai opté pour quatorze artistes de cirque plutôt que pour les sept initialement envisagés.C\u2019est plus coû- teux, mais la maestria de la musique commandait une performance scénique imposante.Une question d\u2019équilibre, là encore.» Ecrire cpi\u2019Opus a été bien reçu depuis son dévoilement à Lyon lors de l\u2019édition 2013 des Nuits de Fourvière relève de l\u2019euphémisme.The Guardian, entre autres, a décerné un rarissime cinq étoiles au spectacle.Franc, Yaron Lifschitz avoue que d\u2019avoir mené à bien pareille entreprise le place dans une situation professionnelle un brin paradoxale.«Opus correspond à ce que je souhaitais accomplir.C\u2019est.satisfaisant, mais ça place la barre très haut pour le projet suivant.C\u2019est comme si je venais de vivre un tournant.Il n\u2019y a plus de retour en arrière possible: je sais désormais que je veux uniquement m\u2019impliquer dans des créations qui me stimuleront au moins au même niveau que celle-ci, sinon davantage.» Yaron Lifschitz sera présent à la Tohu pour la première à\u2019Opus le 20 novembre.Le Devoir lA Voir > Des extraits d\u2019Opus \u201d de la compagnie Circa en ligne et sur l\u2019application du Devoir, ledevoir.com/cirque CINEMA En attendant l\u2019Apocalypse Les combattants offre un guide d\u2019amour et de survie avec gags percutants LES COMBATTANTS ?1/2 Réalisation : Thomas Cailley.Scénario: Thomas Cailley, Claude Le Pape.Avec Adèle Haenel, Keven Azaïs, Antoine Laurent, Brigitte Roüan.France, 2014, 98 minutes.ODILE TREMBLAY Lauréat de tous les prix à la Quinzaine des réalisateurs au dernier Festival de Cannes, Les combattants de Thomas Cailley fut l\u2019une des sensations du grand rendez-vous français.Un premier long métrage créé dans l\u2019inspiration, l\u2019urgence et l\u2019esprit de clan, prouvant que l\u2019argent n\u2019est rien (ace au feu sacré et au talent.A l\u2019originalité aussi, car il n\u2019était pas facile de marcher sur la corde raide de ce scénario sans verser dans la caricature, la sentimentalité ou la grosse farce.Or Les combattants trouve sa juste distance par rapport à un sujet sensible \u2014 la jeunesse devant la perspective d\u2019une Apocalypse prochaine \u2014 avec un sourire en coin, un sens de l\u2019absurde et du gag perchés sur une anxiété réelle, mais aussi une gravité de fond qui empêche de tomber.Mythes et réalités s\u2019entrechoquent à chaque détour, avec un humour inédit pour ce qu\u2019il convient d\u2019appeler une comédie romantique.Adèle Haenel, une des étoiles montantes du cinéma français, déjà admirée en 2007 dans La naissance des pieuvres, Suzanne, L\u2019homme qu\u2019on aimait trop, etc., possède une énergie et un allant qui lui prédisent de plus en plus d\u2019honneurs.Dans Les combattants, cette santé physique, ce punch, ce sens du rythme trouvent le terrain parfait pour les grands déploiements de charme à son profil d\u2019amazone.Car c\u2019est à travers le délire paranoïde d\u2019une adolescente, folle pas si folle, que l\u2019action trouve son point d\u2019ancrage, se déploie, frôle la mort, trouve l\u2019amour, se frotte le museau pour les prochains combats, tendresse incluse.Adèle Haenel porte le film avec son swing, reléguant son partenaire masculin Kevin Azaïs à une tiédeur programmée mais excessive.Cette histoire d\u2019un jeune homme tout simple (Azaïs) qui s\u2019apprête à reprendre avec son frère le collier de -J PHOTOS K-FILMS AMÉRIQUE Adèle Haenel joue l\u2019héroïne parano qui s\u2019entraîne en vue de l\u2019Apocalypse et Kevin Azaïs, un garçon au destin tranquille.l\u2019entreprise d\u2019ébénisterie familiale après la mort du père est la chronique d\u2019un été en crise.Car la belle et fantasque voisine (Haenel), persuadée de l\u2019avènement prochain de la fin du monde et résolue à s\u2019entraîner pour la survivance, l\u2019entraîne dans son sillage.H la suit par amour, même au camp d\u2019entraînement militaire, qui ne paraît à mademoiselle jamais assez Spartiate à son goût.Elle n\u2019aime que la souffrance et oeuvre à surmonter ses dégoûts.L\u2019amour?Juste pour passer le temps.dit-elle.Trois lieux d\u2019action, la plage, le camp d\u2019entraînement, la forêt de conte de fées, sont livrés en différentes teintes, du bleuté à l\u2019ambre, avec une caméra qui s\u2019anime de plus en plus quand l\u2019action s\u2019emballe.Dans la nature, hors de la civilisation, nos deux zozos créent leurs propres dangers.Le film a été tourné dans les Landes, où les éléments déchaînés et les incendies de forêt nourrissent faction et la dramatisent (quelques effets numériques aidant).C\u2019est au frère du cinéaste, David Cailley, qu\u2019on doit ces images changeantes au fil des palettes.Quant à la musique, sous la direction de Pascal Mayer, elle est tonique et épouse le dynamisme de cette jeune et folle odyssée, collée à notre époque, avec des points d\u2019interrogation et d\u2019exclamation tout au long de son parcours, amour en prime.Le Devoir S EVASIONS SCANDINAVES LA CHAPELLE DE QUEBEC SAISON 2014 -2015 LES LONS Maison symphonique de Montréal GRIEG GR0NDAHL SIBELIUS 30 novembre, 15 h U Conseil des arts Montréal en tournée YANNICK NEZET-SEGUIN CHEF PATRICE RICHER TROMBONE U ROY LASALLE 27 novembre POINTE-CLAIRE 28 novembre AHUNTSIC Première Église Évangélique Arménienne 29 novembre LE MESSIE DE HANDEL Le retour très attendu d une 1 oeuvre phare avec Les Violons du Roy et La Chapelle de Québec! VENDREDI 5 DÉCEMBRE 19H30 TREVOR PINNOCK, CHEF MIRIAM ALLAN, SOPRANO ALLYSON MCHARDY, MEZZO-SOPRANO ANDREW FOSTER-WILLIAMS, BARYTON-BASSE pour les 30 ans et moins 2150$ ALLAN CLAYTON, TENOR AVEC LA CHAPELLE DE QUEBEC MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Présenté oar OPTIMUM Optimum Riassuninci me PARTENA RE DE SA SON A MONTREAL ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 La Capitale Oia;HESIREMEIROPOLIDUN.COM Groupe financier placedesarts.com Montrtal® VIOLONSDUROY.COM E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 ICIffEMA ADELE HAENEL KEVIN AZAIS :< Un film épatant ! HELEN FARADJI, RADIO-CANADA UNTILM DE JHOMAS CAILLEY ¦ .RESENTEMENT À L\u2019AFFICHE' Volker Schlôndorff, le diplomate Rencontre avec le plus parisien des cinéastes allemands ANDRE LAVOIE V olker Schlôndorff n\u2019est pas le premier cinéaste allemand avec qui j\u2019ai eu le plaisir de causer, et je savais que la conversation se déroulerait dans un français délicieux, et non en anglais comme c\u2019est souvent le cas avec ses compatriotes.Car l\u2019homme doit beaucoup à la France, et surtout à Paris, là où, dans les années 1960, il a appris les rudiments de la langue, mais aussi ceux du cinéma, comme cinéphile, et plus tard comme assistant d\u2019Alain Resnais, de Jean-Pierre Melville et de Louis Malle.Autant de rencontres marquantes pour un réalisateur dont les films allaient à leur tour marquer l\u2019imaginaire : Les désarrois de Vélève Torless, Uhonneur perdu de Katharina Blum, Le tambour, etc.Alors que les huis clos étouffants \u2014 et les pièces de théâtre à succès \u2014 échouent régulièrement sur le bureau de Roman Polanski, Diplomatie, du dramaturge Cyril Gely, allait devenir pour Volker Schlôndorff une déclaration d\u2019amour à une ville, en partie la sienne, dont les splendeurs ont failli être détruites par la folie d\u2019Adoh Hitler.Cette adaptation présente tout de même certaines similitudes avec la production qui allait connaître un triomphe sur scène, à commencer par la même distribution de haut vol, soit André Dussolier dans la peau du consul de la Suède Raoul Nordling et Niels Ares-trup dans l\u2019uniforme nazi du général von Choltitz.Le premier va tenter de persuader le second, l\u2019espace d\u2019une nuit en août 1944, que rayer Paris de la carte n\u2019a rien d\u2019un geste héroïque ; les personnages sont authentiques, mais leur joute verbale relève le plus souvent de la fiction.A l\u2019autre bout du fil, bien installé dans le confort douillet du chic hôtel Raphaël à Paris, Volker Schlôndorff s\u2019amuse à éluder ma première question, celle sur ces deux cinéastes français ayant planché avant lui sur leur propre relecture, et déclaré forfait.«Ça ne sert à rien de les nommer, dit-il avec un sourire dans la voix.On m\u2019a révélé leur identité seulement après le tournage; je n\u2019ai pas lu leur scénario et j\u2019ignore pourquoi ils ont abandonné.Je sais seulement qu\u2019ils ont laissé une ardoise de 500 000 euros que nous avons dû récupérer METROPOLE EILMS Le cinéaste allemand Volker Schlôndorff lors du tournage de Diplomatie dans notre budget.Une bien lourde hypothèque.» Autre aspect, cette fois plus amusant, sur l\u2019implication du cinéaste allemand dans ce projet: il n\u2019a pas vu la production théâtrale mettant en vedette les deux acteurs, qu\u2019il a choisis sans contraintes et avec enthousiasme.«Quand les producteurs sont venus me proposer le projet, ils avaient en tête une coproduction franco-allemande où le général serait joué par un acteur de la trempe de Klaus Maria Bran-dauer.J\u2019avais vu Niels Arestrup {{Pour [Niels Arestrup]; c\u2019était d\u2019abord et avant tout une méditation sur l\u2019Histoire, une belle formule qui m\u2019a enlevé mes derniers doutes yy Volker Schlôndorff dans Le prophète et au théâtre chez Peter Brook, je connaissais son talent.Mon seul problème, c\u2019est que le général doit parfois parler allemand, mais Niels m\u2019a tout de suite rassuré: son père était danois, il a un peu l\u2019oreille pour les langues nordiques, il avait déjà tourné un film en Allemagne, et en allemand, en apprenant tous ses dialogues de manière phonétique.Pour moi, le tour était joué.» En mosaïque Reconnu pour son franc-parler et un tempérament bouillant (l\u2019acteur est célèbre pour avoir giflé deux partenaires de scène, Isabelle Adjani et Myriam Boyer), Niels Arestrup allait servir une mise en garde au cinéaste.«Je savais que Dussolier et lui avaient une longueur d\u2019avance sur moi.Il m\u2019a souligné qu\u2019ils connaissaient la force de la pièce, mais aussi ses faiblesses, précisant qu\u2019elle avait.un ventre mou! Je n\u2019ai pas voulu en savoir davantage, lui disant que je trouverais moi-même.Pour lui, c\u2019était d\u2019abord et avant tout une méditation sur l\u2019Histoire, une belle formule qui m\u2019a enlevé mes derniers doutes.» Schlôndorff en avait tout de même au chapitre de la mise en scène, se demandant «comment créer du suspense et de l\u2019émotion alors qu\u2019on connaît déjà la fin».Il a donc opté pour un travail «en mosaïque».«J\u2019ai décidé de faire des prises très courtes et d\u2019abolir les distances pour que les acteurs soient près l\u2019un de l\u2019autre, sans qu\u2019ils aient à élever la voix.Ça évitait le réchauffé, la routine, surtout pour des acteurs qui ont joué la pièce plus de 200fois.» Avant de le laisser poursuivre sa ronde d\u2019entrevues, je n\u2019ai pu résister à l\u2019envie de revenir sur un chapitre douloureux de sa carrière, son adaptation d\u2019un monument, cette fois littéraire, de la culture française: Un amour de Swann (1984).Y pense-t-il toujours?«Oui!», ré-pond-il, suivi d\u2019un immense éclat de rire.«Et j\u2019y pense encore plus alors que je suis à Paris [il vit la plupart du temps à Berlin, où il veille aux destinées des studios de Babelsbergj.Ma dernière visite à l\u2019hôtel Raphaël, c\u2019était justement avec la productrice de ce film, Margaret Ménégoz.Vous savez, on a toujours des regrets.Avec le recul, je trouve qu\u2019il est réussi à 60% et raté à 40%.Vous admettrez que chez Proust, ce n\u2019est pas trop mal!» Avec son ton suave, son accent délicieux et ses réponses nuancées, il aurait fait un sacré bon diplomate.Diplomatie prendra l\u2019affiche au Québec le vendredi 21 novembre.Collaborateur Le Devoir Moi et le cosmos La vie de l\u2019astrophysicien Stephen Hawking en anecdotes et quelques clichés THE THEORY OF EVERYTHING (La théorie de l\u2019univers) ?Réalisation: James Marsh.Scénario : Anthony McCarten d\u2019après le livre biographique de Jane Hawking.Avec Eddie Redmayne, Eelicity Jones, Torn Prior, Harry Lloyd, Alice Orr-Ewing, David Thewlis, Emily Watson.Royaume-Uni-É.-U, 2014,123 minutes.ODILE TREMBLAY Il existe une règle tacite, quoique jamais énoncée dans les festivals et les grand-messes de remises de prix: jouer les personnages handicapés offre un net avantage sur les concurrents de la course.Cette plus-value ne confère pas toujours la victoire aux interprètes (et parfois au film), mais les hisse en général dans le peloton de tête.La prime en question pourrait valoir au par ailleurs très conventionnel The Theory of Everything du Britannique James Marsh une nomination aux Oscar pour Eddie Redmayne au titre de meilleur acteur (mais les concurrents éventuels sont forts cette année).L\u2019acteur incarne le génie scientifique Stephen Hawking, figure qui devrait impression- ner l\u2019Académie aussi, et ce, sur plusieurs années, en accentuant à travers le passage du temps les tics et déformations de la maladie dégénérative de Lou Gehrig, avec au bout du compte la voix recréée sur ordinateur.On ne saurait comparer sa prestation à celle de Daniel Day-Lewis dans My Left Eoot, mais Eddie Redmayne est vraiment convaincant et épate dans le rôle.Quant à l\u2019histoire.en partie adaptée des mémoires de sa première épouse, Jane Hawking, à travers un scénario d\u2019Anthony McCarten, elle se concentre surtout sur la vie familiale du grand homme, en évacuant, on le devine, des pans d\u2019ombre qui auraient pu ternir le blason de la dame, surtout à l\u2019heure des grandes ruptures.Mais Felicity Jones est très bien en femme qui brave les obstacles et refuse d\u2019abandonner son fiancé connu à Cambridge, après le diagnostic fatal.Les médecins avaient donné à Hawking deux ans à vivre, au début des années 60.Il avait 21 ans et un brillant avenir devant lui.Depuis, le survivant a enterré ses deux pimpantes épouses.Il existait déjà des documentaires consacrés aux théories tAk! Uacteur Eddie Redmayne cosmologiques de Hawking, tel A Brief History of Time d\u2019Er-rol Morris, mais n\u2019allez pas vous attendre à voir creuser ici ces filons d\u2019or.Mis à part quelques tentatives éparses de vulgariser sa pensée en évolution, l\u2019anecdote est reine, et parfois le cliché.«Là où il y a delà vie, il y a de l\u2019espoir» : pas besoin d\u2019être Hawking pour lancer ça.L\u2019alliance indéfectible du couple, avec bientôt trois enfants, craquera, et d\u2019autres amours surgiront.L\u2019humour et la sensualité du cosmolo-giste l\u2019humanisent toutefois.Ce film qui n\u2019a pas su plonger dans l\u2019âme et l\u2019esprit de l\u2019astrophysicien, de peur de rebuter la large audience, suscite des émotions (c\u2019est fait pour ça).Mais James Marsh, à qui on devait l\u2019excellent documentaire oscarisé Man on Wire sur le funambule Philippe Petit, manque ici singulièrement d\u2019audace dans sa mise en scène, à part quelques scènes oniriques, ainsi qu\u2019en enfourchant un scénario qui survole une vie plus qu\u2019il ne l\u2019affronte, avec les violons d\u2019usage.Celle de Stephen Hawking demeure assez sidérante par ses défis humains et surhu- mains pour soutenir l\u2019attention de toute façon, et Eddie Redmayne (vu dans My Week with Marilyn et Les misérables sans qu\u2019on pousse des Oh! et des Ah!) atteint ici un sommet d\u2019interprétation qu\u2019on croyait absent de son registre.Avec un scénario plus solide, il aurait eu la force gravitationnelle d\u2019un trou noir.Le Devoir La petite histoire dans la grande Citizenfour plonge dans les coulisses d\u2019un scandale déjà historique CmZENFOUR ?Réalisation: Laura Poitras.Avec Edward Snowden, Glenn Greenwald, William Binney, Jacob Appelbaum, Ewen MacAskill.États-Unis, 2014, 114 minutes.FABIEN DEGLISE Il faut toujours se méfier des idées reçues.On aurait pu croire qu\u2019Edward Snowden, cet ex-analyste de la National Security Agency (NSA) aux Etats-Unis, qui a révélé un odieux système d\u2019espionnage mondialisé des simples citoyens orchestré par les services de renseignement de plusieurs Etats avec la complicité des géants de la communication numérique, était un rebelle, un baroudeur sans peur, mû par cette idée subversive de déstabiliser le pouvoir établi.Une sorte d\u2019anarcho-pi-rate, un brin punk dans la tête, habile dans l\u2019art de mettre un grain de sable là où il le faut, pour nuire.Mais finalement, il n\u2019en est rien.Les premières images de Citizenfour, incroyable documentaire de Laura Poitras qui lève le voile sur les coulisses d\u2019un des plus grands scandales de l\u2019histoire moderne, déjouent très vite le préjugé en exposant à l\u2019écran un jeune homme d\u2019une droiture étonnante, un ex-fonctionnaire rigoureux, intègre, en pleine conscience de la valeur de sa charge publique, même si celle-ci se jouait dans la marge du renseignement de sécurité, et qui, confronté à une série d\u2019aberrations induites par le système dont il n\u2019était qu\u2019un engrenage, à une mécanique administrative délétère pour le bien commun et les libertés civiles, n\u2019a eu d\u2019autres choix que d\u2019en parler.Faisant même passer l\u2019intérêt commun bien avant sa petite personne.Le document devrait être érigé au rang de patrimoine de l\u2019humanité, lui qui amène le spectateur dans cette chambre d\u2019hôtel de Hong Kong où Snowden a fait ses premières révélations au journaliste américain Glenn Greenwald, qui bossait alors au Guardian, sous l\u2019œil et devant la caméra de Poitras.Ça se passait en mai 2013.Quelques semaines plus tôt, l\u2019ex-analyste les avait contactés sous un pseudonyme, «Citizenfour», pour leur faire part du caractère explosif de documents ultrasecrets dont l\u2019humanité connectée se devait, selon lui, de prendre connaissance.La suite fait désormais partie de l\u2019histoire, de la grande histoire, celle qui a fait trembler Barack Obama et bien d\u2019autres, qui a mis les espions du globe en état de panique, qui a mobilisé les gardiens des libertés civiles et qui se dévoile ici dans la banalité d\u2019entrevues dont la densité ne pouvait pas encore être totalement évaluée, dans la décontraction d\u2019une chambre d\u2019hôtel, dans des silences qui accompagnent des moments de solitude devant une fenêtre.Snowden s\u2019y expose avec une lucidité déconcertante, un flegme incroyable, une abnégation qui n\u2019a rien de factice, tout en exposant à ses visiteurs, dont Ewen MacAskill, un autre gars du Guardian, les détails hallucinants de cette surveillance électronique généralisée que les Etats ont imaginée pour déjouer le terrorisme, le crime, mais qui, au final, pourrait bien retourner la démocratie contre elle-même.En entrevue au Devoir il y a quelques jours, Glenn Greenwald expliquait qu\u2019avant sa rencontre avec Snowden, il était très difficile pour lui de sensibiliser ses contemporains aux dérives liberticides liées au développement des technologies.«Désormais, ces dossiers sont pris avec un peu plus de sérieux», a-t-il expliqué.Citizenfour, avec son regard cru posé sur un lanceur d\u2019alerte, à Hong Kong, mais également en Russie où il vit désormais avec sa conjointe, vient certainement apporter de l\u2019eau à ce moulin, tout en renforçant au passage ce que les gouvernements désormais déstabilisés par les révélations de Snowden ne veulent toujours pas voir: l\u2019homme n\u2019a finalement rien d\u2019un traître, d\u2019un vendu, mais tout d\u2019un héros, habilement caché, à l\u2019image des outils de surveillance dont il a révélé l\u2019existence, dans un citoyen bien ordinaire.Le Devoir Citizenfour déjoue le préjugé sur Edward Snowden en récran un jeune homme d\u2019une droiture étonnante.EILMS SEVILLE exposant à EXC3NTRIS CITIZENFOUR LAURA POITRAS -114 MIN.-(v.o.stf.) BILLETTERIE : 514 847-2206 ET AUSSI A L\u2019AFFICHE; MAPS OF THE STARS (LA CARTE DES ÉTOILES) (v.o.stf.) - DAVID CRONENBERG PRIX D\u2019INTERPRETATION POUR JULIANNE MOORE - CANNES 2014 05] CECI N\u2019EST PAS UN POLAR -PATRICK GAZÉ L\u2019AMOUR EST UN CRIME PARFAIT -JEAN-MARIE ET ARNAUD LARRIEU\tEB 4^ I MOMMY - XAVIER DOLAN - PRIX DU jury - festival de cannes 2014 05] 05] 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTREAL ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM "]
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