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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2014-10-18, Collections de BAnQ.

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[" LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRErl très ouverte La corruption a imprégné l\u2019histoire de Montréal, et peut-être aussi ses territoires imaginaires BIBLIOTHEQUE ET ARCHIVES CANADA Une partie de barbotte, le rapide jeu de dés qui faisait la renommée de Montréal.Il s\u2019agit ici d\u2019une mise en scène pour un photoreportage, les joueurs étant en fait des agents de l\u2019escouade de la moralité.Photo de Michael Rougier pour le Standard, 1947.JEAN-FRANÇOIS NADEAU La pulpeuse Lili St-Cyr venait d\u2019arriver dans la métropole pour livrer ses numéros de strip-tease.La guerre était à peine terminée.Une partie de la population enterrait ses tourments gaiement, ou faisait mine de le faire.Pendant toute la durée du conflit mondial, les soldats avaient souvent décoré différents engins de mort, à commencer par les avions et les tanks, avec des silhouettes semblables à celle de Lili.La guerre terminée, leur sexualité tourmentée éclatait plus que jamais à la face du monde après avoir été étouffée tant bien que mal par le commandement des armées.Elle trouvait son sombre reflet dans la déferlante de petits journaux à sensation américains qui mettaient en avant comme jamais des photos jugées provocantes.Même le photographe Conrad Poirier, pionnier du photojournalisme au Québec, s\u2019adonne alors à ses heures à des prises de vue très coquines, selon l\u2019engouement du moment pour ce qu\u2019on appelle les pin-up.Reste que devant Lili St-Cyr en particulier, vedette du théâtre Gayete, aujourd\u2019hui le Théâtre du Nouveau Monde, une partie de la population rage et déchire sa chemise juste de savoir qu\u2019elle ouvre la sienne aussi large.On lui fait un procès.Elle gagne.Lili St-Cyr était loin d\u2019être une effeuilleuse quelconque, écrit l\u2019historien Mathieu Lapointe dans Nettoyer Montréal.Elle n\u2019était pas perçue pour rien, dans certains milieux du moins, comme une véritable attraction touristique, à cette époque où le tourisme international explosait et devenait une véritable obsession économique.L\u2019expression anglaise «wide open city» utilisée pour décrire Montréal à l\u2019époque est manifestement sexuelle : accueillante, Montréal se laisse baiser par le premier venu.Aux amateurs de tourisme pour adultes, on ne cesse de le rappeler.Mathieu Lapointe cite par exemple la revue américaine Photo Magazine qui, en 1953, affirme encore que Montréal jouit d\u2019un héritage de 400 ans de péchés et que son visage de fille bien rangée est en fait pure mascarade.Au cœur du Red Light Pour que les maladies vénériennes ne contaminent pas davantage les casernes, l\u2019armée avait VILLE DE MONTREAL Ida Katz a été l\u2019une des trois plus grandes tenancières de bordel dans les années 1940.beaucoup lutté afin d\u2019écraser le laisser-aller des mœurs.Depuis le XIK® siècle, comme bien des grandes villes du monde, Montréal offrait son lot de maisons de jeux, de cabarets et de maf sons de plaisirs.Une normalisation des comportements sociaux s\u2019était opérée plus vite dans les villes américaines tandis qu\u2019à Montréal contf nuait de flotter un parfum d\u2019exotisme rehaussé par le caractère français.On y venait donc de partout pour goûter à des plaisirs adultes aif leurs réprimés.Même Irving Berlin, l\u2019auteur de la célèbre White Christmas, compose une chanson à la gloire de ce Montréal quelque peu libertin, lequel s\u2019écarte tout à fait du portrait coincé qu\u2019on peut en donner en ne se plongeant le nez que dans ses dessous très catholiques.Même si la prostitution et les maisons de jeux illégaux étaient souvent dénoncées dans î\u2019avant-guerre, elles étaient dans les faits tolérées dans un quartier assez circonscrit: le Red Light.Mais l\u2019exaspération de la classe moyenne et la publicité que consacre l\u2019armée pour dénoncer ce laisser-aller, tout cela combiné à un mouvement international favorable à un encadrement des mœurs, font de ces questions des enjeux politiques majeurs au sortir de la guerre, rappelle Mathieu Lapointe, qui signe ici la première étude vraiment approfondie des campagnes en faveur de la moralité pu- blique dans cette période charnière qui va de 1940 à 1954, année de l\u2019élection de Jean Drapeau.Ce jeune avocat se pose d\u2019ailleurs alors en chevalier des mœurs.Chasse aux crimes Tout le monde sait depuis longtemps où se trouvent les maisons closes et chacun, s\u2019il n\u2019est pas aveugle, connaît les gens qui les fréquentent.En 1942, lorsqu\u2019une manifestation éclate au cours de la crise de la conscription, de jeunes militants s\u2019arrêtent rue Ontario pour mettre à sac une maison de passe célèbre depuis des années et qui le restera encore jusque dans les années 1950.C\u2019était là ou à proximité que le caricaturiste Robert LaPalme fréquentait quelques filles contre des amours tarifées.11 avait conservé soigneusement les talons des chèques avec lesquels il les payait, histoire d\u2019éviter, m\u2019expliquaitil à la fin de sa vie, de se retrouver dans une situation où on pourrait le faire chanter, lui qui fut le très grand ami de Jean Drapeau, l\u2019allié du zélé Pacifique Plante, personnage incontournable de cette saga.Déjà, en 1924-1925, le juge Coderre montre du doigt les malversations ej la corruption qui gangrènent la grande ville.A Hull, en 1943, le juge VOIR PAGE F 2 : MONTRÉAL Une nouvelle collection de classiques revisités Page F 4 Hamelin sur les traductions made in China et la langue tripotée Page F 5 Des chiffres et des lettres Quel est le plus grand succès de If brairie cet automne en Prance ?Le prix Nobel décerné à Patrick Modiano ne semble pas encore avoir fait résonner les caisses tout simplement parce que plusieurs de ses titres, en rupture de stock, sont en réimpression.En attendant cette possible poussée de qualité mondiale, deux livres polémiques occupent la place au sommet.Le récit vengeur signé par Valérie Trier-weiller, ex-compagne du président socialiste Prançois Hollande, domine le palmarès de manière écrasante.Les chiffres compilés par un organisme indépendant établissent que le brûlot Merci pour ce moment (Les Arènes) a passé cette semaine la barre du demi-million d\u2019exemplaires écoulés.Et encore, ces comptes ne considèrent pas les ventes numériques ni les exemplaires écoulés dans le reste de la Prancophonie.Le tirage dépasse désormais la barre des 700 000 exemplaires.L\u2019autre succès surprenant arrive de la droite, avec l\u2019essai Le suicide français (Albin Michel) du trouble-fête conservateur Eric Zemmour, écoulé maintenant à plus de 110 000 exemplaires.M.Zemmour, avec lequel la comédienne Anne Dorval a polémiqué sur un plateau de télévision parisien, serait même le champion des ventes en ligne, y devançant l\u2019autre «bombe» médiatique lancée par l\u2019ex-com-pagne du président français.Le Devoir LES IMAGES jouent dans notre vie un rôle essentiel elles expliquent elles inspirent elles motivent elles nous enchantent ou nous révoltent Leur force vient du fait qu^èlles font appel à la fois à ^intelligence et aux sentiments.LOUIS ROQUET En librairie le 21 octobre 2014 La gestion en images Illustrations de Philippe Beha Nouveauté \u202221,95$ * 240 pages F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 LIVRES THE CRIME ON COTE DES NElOf i ^ David \\, é\tMontrose a; WHITE CIRCLE .P0CKET EDITION\t\u2019S Montros w Charles Ross Graham, né en 1920 dans les Maritimes, a publié au début des années cinquante quatre romans noirs sis à Montréal, sous le pseudonyme de David Montrose.Ci-dessus, trois des couvertures originales.POLARS Montréal la noire Montréal comme décor de polar, de Raymond Chandler à David Montrose SAMUEL ARCHIBALD Dans la dernière nouvelle de Raymond Chandler, The Pencil, Philip Marlowe suggérait à un fugitif de passer par Montréal afin d\u2019acheter un faux passeport avant de filer vers l\u2019Europe.Le climat de corruption généralisée qui régnait dans la métropole des années 1940 semblait bien connu du détective privé : «Montreal is almost crooked as we are», déclarait-il.L\u2019histoire ne dit pas si Marlowe était déjà venu en sol montréalais.L\u2019eût-il fait qu\u2019il aurait peut-être croisé son homologue Russell Teed, le temps de lui donner quelques trucs du métier.L\u2019ombre de Chandler pèse puissamment sur le premier roman de David Montrose, The Crime on Cote des Neiges, exhumé des catacombes de notre histoire littéraire par Brian Busby, directeur de la collection Ricochet chez Véhiculé Press et republié ces jours-ci chez HMH sous le titre Meurtre à Westmount.C\u2019est un péché véniel, dont les coupables sont nombreux: avec son romantisme, ses personnages pittoresques et son style flamboyant.Chandler a offert aux romanciers de la grande époque des «paperbacks» un modèle plus facile à imiter que l\u2019indépassable Dashiell Hammett.Comme Marlowe, Teed est un preux chevalier qui joue les cyniques.Fils d\u2019une bonne famille de Westmount, éduqué à McGill et proche de la haute société anglophone, Teed est engagé par la riche Martha Scaley afin d\u2019enquêter sur John Sark, son gendre, un ancien bootlegger recyclé dans les affaires, que la matriarche soupçonne de bigamie.Cette enquête sur son statut matrimonial va plonger Teed dans un embrouillamini de S J ft I MEURTRE À WESTMOUNT ÜNEENOUETEBERySSalra corruption, de banditisme et de meurtres, où tout semble venir en double : les victimes, les tueurs et les femmes fatales.Montrose imite jusqu\u2019aux défauts de Chandler avec une intrigue poussive et tarabiscotée qui tient surtout grâce à l\u2019esprit de bottine du narrateur et à la force évocatrice de certains passages.Par exemple, Teed croise, en pleine nuit près de Morin-Heights, une femme nue qui arpente les rives d\u2019un lac comme une naïade, avant de découvrir un cadavre dans une cabane isolée.Avec son onirisme inquiétant, la scène aurait été à sa place dans La dame du lac.Speak white Dépatouiller toute cette affaire relève de l\u2019exploit, mais un défi plus grand est relevé par Sophie Cardinal-Corriveau, qui s\u2019acquitte de la tâche quasi impossible de traduire Montrose pour le lectorat québécois.Cardinal-Corriveau prend le parti de faire parler tout ce beau monde dans un argot hybride qui doit autant à Michel Tremblay qu\u2019aux traductions de Chandler par Boris Vian, en pimentant le tout d\u2019expression en anglais dans le texte.La stratégie fonctionne bien pour l\u2019essentiel, même si elle fait paraître par moments certains personnages trop familiers, trop sophistiqués ou trop prompts au tutoiement pour l\u2019époque.Elle ne peut cependant que camoufler temporairement l\u2019absence relative d\u2019un fait français dans le Montréal de Montrose, qui devient très saillante durant les rares moments où Teed est mis en face de réalités francophones, lors des apparitions de l\u2019enquêteur de police Raoul Framboise, par exemple, une brute épaisse assez sympathique (malgré le patronyme peu 70^ anniversaire de i\u2019Académie des iettres du Québec ACADEMIE DES LETTRES DU QUÉBEC feu qui dure Table ronde des présidents 22 octobre 2014 à 19 h avec la participation de Jacques Allard, Louis Caron, Lise Gauvin et Jean Royer et les témoignages de Jean-Guy Pilon et Jean-Pierre Duquette Animation Yvan Lamonde Maison des écrivains 3492, avenue Laval (Montréal) pour plus d\u2019informations, contacter secretariat(a)academiedeslettresduquebec.ca Québec \u201ca CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL convaincant), à la poursuite duquel Teed apercevra, de loin en loin, des immeubles à logements de l\u2019est de la ville.Montréal imaginaire Au-delà de cette inquiétante étrangeté culturelle, on se réjouit de voir un privé classique boire des hectolitres de Dow et accompagner ses omelettes d\u2019un grand verre de rye au lait.Teed arpente Montréal en évoquant les longues balades en voiture, l\u2019humidité accablante de nos étés et l\u2019histoire clandestine d\u2019une époque révolue.La référence à Chandler aidant, la ville apparaît au fil des pages comme une sorte de Los Angeles nordique ; ville-frontière et ville ouverte, Montréal semble à prendre pour les criminels qui sauront s\u2019en emparer, mais aussi pour la littérature elle-même.On sent une volonté de chaque instant, chez Montrose, de constituer Montréal en cadre idéal pour polar à dix sous, volonté qui s\u2019exprima ailleurs dans deux autres romans : The Body on Mount Royal et Murder over Dorval (tous deux chez Véhiculé Press).Montrose a été en cela un pionnier et il a eu comme continuateur Martin Brett, dont les aventures du privé Michel «Mike» Garfin, né d\u2019un père irlandais et d\u2019une mère ca-nadienne-française, seront bientôt rééditées chez Ricochet.Les relire aujourd\u2019hui, c\u2019est voir Montréal s\u2019imposer comme lieu de fiction, de l\u2019autre côté de nos deux solitudes, et assister avec bonheur à son annexion aux territoires imaginaires du roman noir.Collaboration spéciale Le Devoir MEURTRE À WESTMOUNT Une enquête de Russell Teed David Montrose Hurtubise Montréal, 2014, 264 pages MONTREAL vm SUITE DE LA PAGE F 1 Surveyor dresse un constat semblable.Puis en 1944, à Montréal, une commission royale d\u2019enquête, présidée par le juge Cannon, se penche elle aussi sur la place laissée aux malversations à Montréal.Mais c\u2019est vraiment sous l\u2019impulsion de l\u2019avocat Pax Plante que la chasse au crime organisé progresse à grandes foulées.Congédié de son poste à la Ville, Plante ne se tait pas pour autant.11 devient l\u2019étendard d\u2019un vaste segment de l\u2019opinion publique qui porte finalement Drapeau au pouvoir.Plante se confie au Devoir après avoir traqué durant des années les criminels qui gangrenaient l\u2019administration municipale, au point d\u2019y risquer sa vie.C\u2019est Gérard Pelletier, un journaliste aguerri, futur compagnon d\u2019armes de Pierre Elliott Trudeau, qui rédige, à la demande de la direction du journal, cette imposante suite de textes consacras au «règne de la pègre».Le tirage augmente.À l\u2019occasion du lancement prochain de son application numérique.Le Devoir mettra d\u2019ailleurs à la disposition denses lecteurs d\u2019aujourd\u2019hui ces textes d\u2019hier.À l\u2019époque, ils ont eu l\u2019effet d\u2019un profond électrochoc.11 faut s\u2019incliner bien bas devant ce livre.Nettoyer Montréal, un travail minutieux que l\u2019historien Mathieu Lapointe a consacré à cette période troublée et troublante.Souvent évoqué de multiples manières, ce passé sombre dont on connaît encore certaines ombres n\u2019avait jusqu\u2019ici fait l\u2019objet que d\u2019analyses très fragmentaires.Le travail de Mathieu Lapointe apparaît en ce sens plus que bienvenu.Et ce n\u2019est pas pour rien à l\u2019évidence que la commission Charbonneau aura fait appel à lui pour réaliser l\u2019étude historique des antécédents de cette nouvelle enquête sur de si vieux sujets.Le Devoir NETTOYER MONTRÉAL Les CAMPAGNES DE MORALITÉ PUBLIQUE, 1940-1954 Mathieu Lapointe Septentrion Québec, 2014, 395 pages D Écouter > la chanson d\u2019irvin Berlin Hello Montréal à ledevoir.com/livres MICHAEL ROUGIER BIBLIOTHEQUE ET ARCHIVES CANADA La fermeture des bordels du Red light repousse la prostitution dans de nouveaux espaces, dont la rue.HÏ3 éditeur Claude Jasmin Elyse, la fille de sa mere www.editionsxyz.com ©Également disponible en version numérique Après Anita, Claude Jasmin vous présente f Elyse.Conseil des arts du Canada 66 Gagnant Prix littéraires du Gouverneur général LEQUIPE DES EDITIONS PIERRE TISSEYRE S'UNIT POUR FÉLICITER CHALEUREUSEMENT GENEVIÈVE MATIVAT POUR SON OUVRAGE t\tA L'OMBRE DE LA GRANDE MAISON, GAG N ANT AUX PRIX LITTÉRAIRES DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL DANS LA CATÉGORIE JEUNESSE TEXTE.Disponible en librairie.A.l\u2019ombre de la grande maison S#' A L'OMBRE DE LA GRANDE MAISON de Geneviève Mativat Illustré par Jean-Marc St-Denis Ethnos, n° 11, 296 pages.ISBN 978-2-89633-210-6 12,95* fc 2 5 3 2 5 'U eu s OID LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 F 3 LITTERATURE Se réinventer Avec son quatrième roman, Marie-Sissi Labrèche opère un virage étonnant.et réjouissant Blessures intérieures, rugosité de la réalité, âpreté du malheur.Nous sommes bien chez l\u2019auteure de Borderline et de La brèche (Boréal, 2000 et 2002).Avec le sens de l\u2019exagération et la surenchère qui la caractérisent comme écrivaine.Mais La vie sur Mars dévoile aussi une nouvelle Marie-Sissi Labrèche.DANIELLE LAURIN Première surprise : pas de sexe cru, trash, étalé à pleines pages comme dans ses livres précédents, y compris dans son recueil de nouvelles Amour et autres violences, paru en 2012 (Boréal).Plus marquant encore comme virage : cette adepte de Uautofiction lâche lousses le^ amarres de l\u2019imagination.A 44 ans, elle ose un pas dans le roman d\u2019anticipation.Nous voici propulsés en 2035, à l\u2019ère des robots à caractère humain qui pourraient bien représenter un idéal amoureux.Marie-Sissi Labrèche en rajoute une couche en flirtant aussi avec le roman à suspense.Se profile en toile de fond de Li vie sur Mars, rebondissements multiples à l\u2019appui, une histoire de vengeance, avec assassinat.Et cadavre dans le placard, littéralement.Le point de départ du roman : à la mort de sa mère québécoise qui a passé la majeure partie de sa vie en France, Neil, un Montréalais dans la vingtaine mal dans sa peau, ac-cro aux anxiolytiques et succédanés de toutes sortes, doit affronter son passé.Et décider de son avenir.Non seulement il reçoit en héritage le patrimoine paternel français qui lui pèse, il découvre aussi un manuscrit que sa mère écrivaine lui a légué, qui le bouleverse au plus haut point: qu\u2019est-ce qui est vrai, qu\u2019est-ce qui est faux dans ce qu\u2019elle lui raconte d\u2019elle, de lui, du père absent qu\u2019il n\u2019a pas vraiment connu, supposément parti en mission sur Mars depuis des lunes ?La culpabilité des mères Bienvenue dans le merveilleux monde de la maternité.Merveilleux, c\u2019est vite dit: jusqu\u2019où une mère peut-elle tourner le dos à sa personna- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Se profile en toile de fond de La vie sur Mars, rebondissements multiples à l\u2019appui, une histoire de vengeance, avec assassinat.Et cadavre dans le placard, littéralement.lité, à son passé et à son désir de liberté, jusqu\u2019où peut-elle s\u2019effacer, pour ne pas dire se sacrifier, par amour pour son enfant, par besoin de sécurité ?On a beau dire, on a beau faire, il semble que les mères, même quand elles ambitionnent d\u2019être les meilleures mamans qui soient, peuvent manquer leur coup.Elles seront toujours coupables de tout.Coupables d\u2019aimer trop leurs enfants, de les envelopper dans la ouate, de vouloir les préserver du pire.Quittes à leur mentir, à magnifier la réalité comme dans les contes de fées.Jusqu\u2019à mythifier un père absent, le cas échéant.Coupables, encore, les mères, de transmettre à leurs enfants leurs propres manques, leurs angoisses récurrentes, leurs dépendances diverses.Leur malêtre profond.La mère, dans La vie sur Mars, a décidé de jouer franc-jeu dans l\u2019écriture, à défaut d\u2019avoir caché la vérité à son fils dans la vraie vie.C\u2019est le cadeau qu\u2019elle lui fait, une fois morte.Neil n\u2019en croit pas ses yeux en parcourant le manuscrit.Il tombe des nues.«Neil ne savait pas que sa mère avait un monde intérieur si autodestructeur.» La vérité à tout prix?Mais comment savoir si sa mère dit vrai dans ses écrits, maintenant qu\u2019elle n\u2019est plus là.Neil doute.Il s\u2019interroge.Et Lévesque éditeur félicite Marcel Moussette et Gregory A.Waseikov lauréats du prix Lionel-Groulx2014 décerné par l'Institut d'histoire de l'Amérique française pour Archéologie de l'Amérique coloniale française ainsi que Étienne Beaulieu lauréat du prix Alfred-DesRochers 2014 décerné par l'Association des auteurs de l'Estrie et finaliste au prix du Festival du premier roman de Chambéry 2015 pour Trop de lumière pour Samuel Gaska (récit) L evesque éditeur DISTRIBUTION DIMEDIAINC Courriel general@dinnedia qc ca Site Internet wwwdimedia qc ca au moment crucial du manuscrit, quand est sur le point d\u2019être dévoilé le clou de l\u2019histoire concernant son père, il préfère ne pas savoir.Nous ne saurons pas, nous non plus, le fin mot de l\u2019affaire.Après tout, pas plus que Neil nous ne sommes à même de démêler l\u2019invention de la réalité dans les écrits de la mère.Une façon pour Marie-Sissi Labrèche, derrière, de s\u2019interroger elle-même sur les fondements de son écriture ?Une façon de faire le point sur sa propre démarche, pour mieux se réinventer comme écrivaine ?Malgré l\u2019aspect dramatique de La vie sur Mars, une légèreté balaie le roman.Personnages truculents, dialogues vivants.Considérations hilarantes, notamment sur les différences culturelles entre la France et le Québec.Tout ça en ayant l\u2019air de regarder ailleurs, comme s\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019apartés.Beaucoup de drôlerie, beaucoup de fantaisie ici.Des images réjouissantes, même quand ce qui se joue n\u2019a rien de comique.Un exemple?«Ton père est mon ennemi numéro un.Dans ma tête, c\u2019est placardé d\u2019affiches Wanted avec sa face dedans.» Depuis Borderline et La brèche inspirés de son enfance marquée par la maladie mentale de la mère, une «enfance de coquerelle, sale, à gruger des miettes» qui a d\u2019ailleurs des résonances dans La vie sur Mars, on savait que Marie-Sissi Labrèche avait le don de faire sourire aux moments les plus inattendus.On découvre maintenant toute l\u2019étendue de sa palette.Plusieurs romans en un, cette Vie sur Mars.On se demande parfois sur quelle planète on est tombé.Mais dans l\u2019amalgame des genres, à travers le jeu récurrent des contrastes, les ruptures de ton, l\u2019inventivité décuplée, l\u2019écrivaine parvient assurément à se renouveler.Et à nous étonner.Collaboratrice Le Devoir LA VIE SUR MARS Marie-Sissi Labrèche Leméac Montréal, 2014; 168 pages P 11.Gaspard' LE DEVOIR i ALMARÈS Du 6 au 12 octobre 2014 \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 La veuve du boulanger\tDenis Menotte/Logiques\t1/4 2 Les heritiers d\u2019Enkidiev \u2022 Tome 10 Decheance\tAnne Robillard/Wellan\t2/3 3 Malphas * Tome 4 Grande Liquidation\tPatrick Senecal/Alire\t3/4 4 Un voisinage comme les autres \u2022 Tome 3\tRosette Laberge/Les Éditeurs reunis\t6/2 5 La promesse\tMichele Ouimet/Boreal\t-/I 6 La faille en toute chose\tLouise Penny/Flammarion Quebec\t4/5 7 Les années de plomb \u2022 Tome 3 Le choix de Thalie\tJean-Pierre Chariand/Hurtubise\t7/6 8 Madame Tout-le-monde \u2022 Tome 4 Vent de folie\tJulieLte Thibault/Hurtubise\t5/4 9 Les infirmières de Notre-Dame \u2022 Tome 4\tMarylene Pion/Les Éditeurs reunis\t-/I 10 Appelez-nous pas matante!\tFrancine Gauthier/Les Éditeurs reunis\t8/4 Romans étrangers\t\t 1 Le siecle \u2022 Tome 3 Aux portes de l\u2019etemite\tKen Follett/Robert Laffont\t1/2 2 Juste une fois\tAlexandre Jardin/Grasset\t2/3 3 Week-end en enfer\tJames Patterson | David Ellis/Archipel\t3/5 4 Juste une mauvaise action\tElizabeth George/Presses de la Cite\t-/I 5 Charmante allumeuse\tChristina Lauren/Homme\t7/2 6 Le scandale des eaux folles \u2022 Tome 1\tMarie-BemadeLte Dupuy/JCL\t6/8 7 Tempête de feu\tRichard Castle/City\t8/8 8 Une autre idee du bonheur\tMarc Levy/Robert Laffont | Versilio\t9/23 9 Charmant play-boy\tChristina Lauren/Homme\t5/2 10 Llle aux papillons\tGorina Bomann/Guy Saint-Jean\t-/I Essais québécois\t\t 1 Confessions post-iefeiendaiies.Les acteurs politiques de 1995\t.Chantal Hebert | Jean Lapierre/Homme\t1/6 2 Les acteurs ne savent pas mourir\tAlain Vadeboncoeur/Lux\t-/I 3 Chroniques d\u2019un cancer ordinaire\tDominique Demers/Quebec Amérique\t-/I 4 Raison et déraison du mythe\tGerard Bouchard/Boreal\t10/2 5 Un médecin se confie.Pour des soins plus humains\tSerge Daneault/La Presse\t4/4 6 Je le dis comme je le pense.\tClaude Morin/Boreal\t3/3 7 Vortex.La vérité dans le tourbillon de l\u2019information\tMichel Lemay/Quebec Amérique\t6/2 8 De remarquables oublies \u2022 Tome 2\tSerge Bouchard | Marie-Christine Levesque/Lux 7/16\t 9 L\u2019economie participaliste\tPascal Lebmn/Lux\t-/I 10 Revolutions\tNicolas Dickner | Dominique Fortier/Alto\t2/4 '?'Essais étrangers\t\t 1 Le grand mythe du cholesterol\tStephen T.Sinatra/Édito\t4/2 2 Le capital au XXL siecle\tThomas Piketty/Seuil\t1/22 3 Plaidoyer pour les animaux\tMatthieu Ricard/Allary editions\t-/I 4 Nouvelles guerres.L\u2019etat du monde 2015\tCollectif/La Decouverte\t-/I 5 Le patient et le médecin\tMarc Zaffran/PUM\t-/I 6 Une breve histoire de l\u2019economie mondiale\tRobert C.Allen/Boreal\t-/I 7 La vérité sur les medicaments\tMikkel Borch-Jacobsen/Édito\t9/34 8 Du bonheur.Un voyage philosophique\tFrederic Lenoir/Fayard\t-/I 9 Le sang.Essence de la vie\tLawrence Hill/Pleine lune\t-/I 10 L\u2019equilibre sacre (Édition revue et augmentée)\tDavid Suzuki/Boreal\t-/I La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse GdSfdri sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de Bsspsnl et est constitue des releves de caisse de 260 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Bsspsnl © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite Des taureaux et des hommes CHRISTIAN DESMEULES AUX commandes d\u2019un premier roman brûlant, Julie Hétu mélange le Liban, « terre d\u2019origine des cultes tauromachiques», l\u2019Espagne et la corrida au destin tragique d\u2019une famille démembrée par l\u2019histoire.Obligée de fuir le Liban en 1966 en raison des activités politiques de son père, Cy-bèle se réfugie avec sa mère en Syrie avant de devoir se sauver plus loin encore.Avec quelques valises et trois mystérieux grains d\u2019or, un trésor de famille, elles iront rejoindre une tante installée dans une petite ville de Majorque, la plus grosse des îles Baléares au large des côtes espagnoles.Après des études en arts à Barcelone, le retour de sa mère au Liban, une rencontre amoureuse et la naissance de deux enfants, Cybèle sera rattrapée par certains drames violents qui semblent prendre leur source dans ce Liban qu\u2019elle a fui il y a longtemps.Comme sa mère avant elle, elle décidera d\u2019y retourner sur un coup de tête pour éclaircir certains détails, avant d\u2019être avalée elle aussi par le trou noir du passé.Durant son absence, sa fille, Elmihra, deviendra torera, malgçé l\u2019opposition de son père.A onze ans déjà, devenue une vraie star dans son village, la gamine affronte les taureaux dans l\u2019arène avec un des trois grains d\u2019or sous la langue.Tandis que son jeune frère.Mot, observe en silence.calme maître d\u2019œuvre de la violence la plus absurde.Consciente de célébrer à sa façon une activité plutôt controversée, la tauromachie, l\u2019auteure intè^e au roman sa propre justification: «Tu te crois progressiste, papa, mais tu ne fais que nier l\u2019idée même de la mort, comme tous ces Nord-Américains que tu aimes tant fréquenter.Tu nies que la mort nous unit tous, qu\u2019elle est un élément civilisateur et que c\u2019est sans doute plus sain de la percevoir ainsi.» Le rythme de Mot, lequel est servi par une écriture plutôt forte et maîtrisée, s\u2019accélère dans le dernier tiers, où l\u2019entrelacs de destins vient par ailleurs donner une densité plutôt chargée au roman \u2014 au risque d\u2019en bouleverser l\u2019équilibre et de confondre un peu le lecteur.Et comme ce Liban mythifié, «terre pleine de mystères et de questions sans réponse qui allait garder ses secrets», le roman conserve aussi pour lui certaines de ses motivations.Dans un monde où la violence se transmet de père en fils, le poids de la tragédie pèse de tous ses siècles.Même si les femmes y sont fortes et déterminées, et qu\u2019elles tentent à leur manière de rompre la malédiction, ce sont encore et tou-jours les hommes qui ont le dernier mot Collaborateur Le Devoir MOT Julie Hétu Triptyque Montréal, 2014, 204 pages Causerie avec JOSÉLITO MICHAUD Animation ; NATHALIE PETROWSKI La Gloire démystifiée: 31 destins et 200 clichés volés publié aux Éditions Libre Expression LE JEUDI 23 OCTOBRE À 19 H Librairie Monet Galeries Normandie, 2752, rue de Salaberry, Montréal (QC) H3M 1L3 Réservations: 514-337-4083 ou evenements@librairiemonet.com Une société de Québécor Média Le premier qui rira SEANCE DE DEDICACES Mercredi 22 octobre 2014, 17 h à 19 h LIBRAIRIE DE VERDUN 4455, rue Wellington Montréal (Québec) H4G 1W6 514 769-2321 514 524-5558 lemeac@lemeac.com tes entreisrises\tx \"\"\u201cTÇ\tE3E3 s Québec ea eu ® F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 LITTERATURE Mémoire jubilatoire Belfond lance une nouvelle collection.Au menu, des auteurs qui imitent et parodient les Jarry, Balzac, Flaubert.GUYLAINE MASSOUTRE Saluons une nouvelle collection, Remake, de Belfond, car la chose est rare.Rien de plus gratifiant, pour un écrivain, que de dire sa passion, et pour un éditeur, d\u2019afficher la pérennité de son catalogue.Nicole Caligaris, Bertrand Le-clair et Frédéric Berthet se sont donc coulés dans Jarry, Balzac et Flaubert.Joyeux exercice d\u2019emprunts et d\u2019admiration littéraires ! Transposer les classiques?Entre des mains expertes, cette aventure de potache est une façon de nouer des lectures inoubliables, des rires et des émotions aux canulars de Jarry, à la puissance de Balzac et à la finesse de Flaubert.Sans doute découverts à l\u2019école, ils demeurent maîtres d\u2019écriture pour ces auteurs contemporains emballés, qui traitent avec impertinence les idées justes et les per-sonnages complets de leurs prédécesseurs.Le bonhomme Pons de Le-clair, qui fait aller un musicien raté dans les années 70, parodie la sociologie balzacienne.Pour Berthet, décédé en 2003, Le retour de Bouvard & Pécuchet signe l\u2019ouvrage testamentaire : heureuse réédition de cet ouvrage épuisé, cette source inépuisable de bêtise éveille Bouvard et Pécuchet dans la loufoquerie de notre monde.Retour du Panthéon Prenez YUhu roi de Nicole Caligaris, roman qui n\u2019a rien d\u2019une étude scolaire.«Ébouriffement de sources», écrit-elle, à peine sortie des archives de la «chronique scrupuleusement tenue par l\u2019illustre Alfred Jarry à la fin du XIX^ siècle».Elle le connaît bien, ce pataphysicien, et aussi son Ubu roi (1896) dont l\u2019humour décapant a fait les heures glorieuses du théâtre de l\u2019absurde.Depuis lors, les potentats, dictateurs et autocrates se sont multipliés sans que les singeries de plume aient décillé les yeux.La littérature ne bouscule pas le pouvoir, mais l\u2019égratigne au passage.Radoteuse à la Marcel Schwob, détrousseur de textes canoniques, pilleuse de secrétes truffades et tartuf-fades louches, comme elle se moque en bas de page, Caligaris se jette dans «la confusion répétitive», jouissive, délirante, qui fixe les mécanismes, les excès et les folies des autocraties, démocraties et autres crasses qui ont décimé et rêvent encore d\u2019occire les peuples.\\ eritable Portraiî
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