Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (9)

Références

Le devoir, 2014-10-18, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Le courage de ne pas se répéter, façon Guillaume Beauregard Page es J), Rue Fable inaugure le directorat à trois chez Omnibus Page es CULTURE CAHIER E » LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 Egeim Llejà çAac^, ;tii Set ¦Si» ^ % Sfc, v(/' ^ à F.C ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Etienne Tremblay-Tardif en pleine installation au MACM, où sera exposée sa Matrice signalétique pour la réfection de Véchangeur Turcot.LA BIENNALE DE IBUS LESEsroms Du rose au noir, la nouvelle palette de la BNL MTL colore un avenir aux horizons ambitieux PHOTO AA Adaptive Actions, Heteropolis.Sous la surface, 2014.L\u2019image représente l\u2019esprit du projet en développement du collectif.Des œuvres à (ne pas) finir L\u2019avenir comprend des projets non finis conime La matrice signalétique., qu\u2019Etienne Tremblay-Tardif pense rendre à terme en 2020.Hétéropolis, le work-in-pro-gress d\u2019Adaptive Actions, sera visible quelque part.après la Biennale.Autres idées sans fin exposées : des actions circumpolaires du collectif Arctic Perspective Initiative (gare centrale et Quartier des spectacles) ; le projet sous-marin Diving Through Europe de lÜara Hobza (MACM) ; ainsi que l\u2019intervention urbaine A Sign in the Northwest Passage de Kevin Schmidt.En textes et en paroles La BNL MTL 2014 aura ses imprimés : un programme gratuit de 56 pages, un guide (164 pages, 10$) avec biographies et descriptions des projets, et un catalogue (200 pages, 40$) avec des analyses et une fiction, dont le lancement est.à venir.La Biennale aura aussi ses rencontres avec artistes, ses tables rondes et même son « anti-conférence », le Sommet de l\u2019avenir (23 novembre).Lors d\u2019un de ces événements, le 11 décembre, Adaptive Actions dévoilera des résultats de son projet tenu dans l\u2019ombre.JEROME DELGADO ^ avenir ?Etienne Tremblay-Tardif L5\u2019 ne le voit pas nécessairement tout rose, ni tout noir.L\u2019artiste trente-M naire, qui accepte d\u2019être encore ' chapeauté du mot «relève», n\u2019a pas de plan de carrière destiné à le propulser au zénith.Plutôt pragmatique, l\u2019homme derrière le créateur.Le voilà pourtant poussé à l\u2019avant-plan de la Biennale de Montréal 2014, en vitrine dans la rotonde du Musée d\u2019art contemporain (MACM).Son installation, inspirée par la réfection de l\u2019échangeur Turcot, est l\u2019œuvre qui s\u2019offrira la première au regard des visiteurs parmi les quelque 150 exposées.«Im machine promotionnelle de la Biennale attire l\u2019attention.[Dans mon cas], c\u2019est comme un spotlight équivalent à dix ans d\u2019expositions dans les centres d\u2019artistes», reconnaît Etienne Tremblay-Tardif.De là à présager de quoi sera faite la suite, l\u2019artiste reste prudent.«Toutpeut arriver», croit-il.L\u2019avenir, c\u2019est justement le thème de cette Biennale de Montréal (BNL MTL), plus que jamais à la croisée des chemins.Septième édition de ce nom, mais première dans sa nouvelle mouture.Einies les années houleuses et nébuleuses sous Claude Gosselin (1998-2011).Voici l\u2019ère Sylvie Eortin, qui fait figure de revenante après un exil chez le voisin du Sud et un détour par Québec, en 2010, comme commissaire de la Manif d\u2019art.Les ambiguités qui collent à la peau de la Biennale ne s\u2019effacent pas pour autant.La nouvelle formule, axée sur la collaboration, s\u2019assoit au MACM, qui a saboté pour l\u2019occasion sa propre manifestation, la Triennale québécoise.Le musée, où exposeront 43 des 50 artistes ou collectifs de la manifestation, aurait-il avalé la BNL MTL?Assurément pas, rétorque Sylvie Eortin.«C\u2019est très clair, la Biennale est une réalisation de la Biennale, avec la collaboration du MACM et en partenariat avec toutes sortes de gens.» L\u2019entente signée avec le musée, «pluriannuelle», couvre au minimum l\u2019édition 2016 et n\u2019empêchera pas l\u2019arrivée d\u2019un autre partenaire «aussi important que le MACM», assure M™® Eortin.Le format pourra changer, donc, mais pas le rôle.«Il faut soutenir des pratiques locales, les insérer dans un contexte international, amener le regard du monde [sur Montréal] », confie la directrice.L\u2019intitulé qui a guidé l\u2019équipe de quatre commissaires (dont la moitié provient du MACM) \u2014 L\u2019avenir (looking forward) \u2014 évoque les possibles devenirs de la planète.« [Ce titre] se veut une réflexion sur la spéculation, l\u2019histoire et l\u2019état actuel de la prospective, écrit le quatuor dans son mot de présentation.[Il s\u2019agit de] savoir si l\u2019art peut influencer l\u2019avenir.» Ce sera forcément dur : Abbas Akhavan apporte de vrais oiseaux morts, Thomas Hir-schhorn, des images de corps mutilés, Li Ran, des témoignages de jeunes désabusés.De Shirin VOIR PAGE E 8 BIENNALE ?« Drôle et inquiétant, le meilleur film des frères Larrieu » aVoir-aLire.com ?Figaroscope « Digne d\u2019un Hitchcock » MATHIEU\tKARIN AMALRIC\tVIARD FORESTIER D apres le reman de Philieee Djian, « INCIDENCES iGâumont\t-Éditiens Gallimard\tmétrDp.o!( m PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE metropoletilms corn E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 CULTURE Un film, vu d\u2019ici, vu de là-bas T ^ Odile Tremblay La langue au Québec est l\u2019un de ces sujets hautement névralgiques à manier avec d\u2019infinies précautions, sinon gare ! Le français défendu bec et ongles comme trésor précieux par nous les dragons contre toute menace anglophone y est en général fort malmené : vocabulaire de pauvreté, syntaxe à l\u2019avenant, anglicismes à la tonne.Et quoi qu\u2019on en dise, peu de volonté collective de multiplier les niveaux de langage ne filtre d\u2019en haut, pas plus que d\u2019en bas.Comme si l\u2019identité s\u2019y logeait, tenace, penaude et fière tout à la fois.Toujours ombrageuse.Aussi, quand un film comme Mommy entreprend de joualiser cette langue avec allégresse, des sensibilités s\u2019écorchent.Et comment s\u2019en étonner?Le bât blesse.Exporter nos pires travers, en plus vulgaires encore! De quoi rougir devant les étrangers.Non, mais! Pourtant, l\u2019idiome en question, quasi irréel, reflète l\u2019enfermement des personnages au même titre que le cadrage, en propositipn symbolique et esthétique.Elément d\u2019un tout, en somme, cette langue bâtarde là, excessive comme la mère et le fils du film, mariée à leurs outrances.Batèche de batèche ! scandait Miron, en enfourchant le jouai pour mieux l\u2019étreindre et le réinventer.Mais est-ce bien du jouai dans ce Mommy 1 demandent plusieurs voix en revenant à la charge.Ça crée débat, mais c\u2019est le mal à la «québécitude» qui suinte « anyway» par-delà la perception de la parlure et des culs-(}e-sac en conclusion d\u2019un film.A cela, existe-t-il un remède ?L\u2019amour de son berceau, défauts et qualités (notre créativité nous honore) dans le même ballot, semble souvent plus facile à professer qu\u2019à pra- SHAYNE LAVERDIERE Dans Mommy, la langue crue de la dépossession et certaines audaces formelles paraîtraient à bien des Français d\u2019autant plus percutantes qu\u2019à peu près inenvisageables dans leur cour.tiquer.D\u2019où ces réactions épidermiques devant la langue à terre d\u2019une oeuvre d\u2019ici.Outre-Atlantique, en douce Erance, la réaction au film révèle des affres d\u2019une autre nature.La couverture médiatique inouïe réservée à Paris au On dira que cette couverture tient à la force et à la charge d\u2019émotions du film comme au profil et à l\u2019âge du capitaine.Soit! Piltre aussi l\u2019impression que ce tapis rouge déroulé sur plusieurs kilomètres ne pouvait l\u2019être en L\u2019idiome en question, quasi irréel, reflète l\u2019enfermement des personnages au même titre que le cadrage, en proposition symbolique et esthétique même Mommy de Xavier Dolan a pu réjouir non seulement ses amis (j\u2019en suis), mais le Québec en entier, flatté par ricochet, jouai ou pas.Car rarement \u2014 jamais peut-être \u2014 un de nos artistes a-t-il eu droit au bord de la Seine (après le délire cannois) à un comité d\u2019accueil sous pareille fanfare.sol gaulois que pour un très jeune émissaire de l\u2019avenir issu du Nouveau Monde.Surtout pas de leur Vieille Europe, trop sillonnée pour paraître novatrice à ses enfants.Entre les millions de lignes publiées et d\u2019interviews télévisées relayées dans la blogo-sphère sur Mommy en Erance, se lit en fdigrane cette peur de n\u2019être plus dans le coup, nourrie d\u2019une fascination pour la jeunesse en adéquation avec son temps, cette quête d\u2019un messie venu d\u2019ailleurs.Car comment ne pas voir dans pareil raz-de-marée, outre l\u2019admiration pour un fdm qui cogne, le reflet d\u2019une élite culturelle face à ses oeuvres nationales?Plusieurs voix de la gauche artistique seraient, semble-t-il, prêtes à brader leur illustre héritage pour toucher du doigt une parcelle d\u2019un avenir en marche qui balaie les vieux modèles en les remplaçant par des ondes en fuite?Toute cette angoisse sous-jacente.On la sent.D\u2019autant plus qu\u2019arpenter la Erance, surtout Paris, c\u2019est constater à quel point la dépréciation collective s\u2019y pratique à haute échelle.Vraiment désolant de les voir pleurer sur la gloire envolée de leur patrie jadis illustre.Deux prix Nobel en quelques jours ne sauraient consoler cette grande nation qui se sent à tort réduite à peu de chose, dépassée par l\u2019Amérique, l\u2019Allemagne et tout ce qu\u2019on voudra, avec un rayon d\u2019influence de trois pieds chandelle.Ça les rend mauvais, et leurs râlements s\u2019accentuent sans cesse.Fenêtre identitaire On peut les admirer pour mille raisons, dont cette faculté de s\u2019indigner, de manifester, pour leur culture aussi.Après tout, le cinéma français demeure le seul capable en Occident de concurrencer un tant soit peu Hollywood, en plus de coproduire des oeuvres issues de la terre entière.Paris, unique foyer aussi incandescent, offre dans ses salles l\u2019éventail à peu près complet des fdms de l\u2019année issus des cinq continents.Oui, mais.A un rythme plus ou moins rapide, en cette époque de mutations, toutes les cinématographies indépendantes du monde sentent le tapis leur glisser sous le pied.Les moeurs changent.Les gens visionnent des films chez eux, sur d\u2019autres plateformes que le grand écran, le film d\u2019auteur traîne de la patte.Si bien que le cinéma français, encore accroché au train de la Nouvelle Vague, se cherche, malgré sa relative suprématie.Ou peut-être à cause d\u2019elle.Sinon, il la perdra.Or, chez Mommy, la langue crue de la dépossession et certaines audaces formelles paraîtraient à bien des Prançais, si j\u2019ai bien compris, d\u2019autant plus percutantes qu\u2019à peu près inenvisageables dans leur cour.Les anciens repères, la richesse culturelle, le bon goût supérieur d\u2019un pays pétri d\u2019histoire entravent aussi les mains des créateurs.Ceux-ci n\u2019oseraient pas s\u2019approprier les codes du mélodrame, par peur de l\u2019émotion appuyée, voire du ridicule, quitte à y égarer leur force de frappe et d\u2019invention.Vrai, sans doute, en partie du moins.Chaque nation possède les défauts de ses vertus et ne s\u2019en console point.Ainsi, de l\u2019autre côté de la mare, plusieurs Québécois s\u2019inquiètent du piètre niveau de culture et de langue, crispation nationale, dénoncée, revendiquée ou tassée du pied.D\u2019où certaines réactions irritées devant l\u2019autre miroir tendu par Mommy, vu de sa propre fenêtre identitaire.Si bien qu\u2019on songe à quel point tous les peuples se projettent alors qu\u2019en parlant d\u2019un fdm ils témoignent avant tout de leurs propres hantises.otremblay@ledevoir.com MISE EN SCENE NOVEMBRE au 06 DECEMBRE UHIERES ^transat THEATRE ESPACE GO DES LE 11 NOVEMBRE OSCAR WILDE / NORMAND CHAURETTE YVES DESGAGNÉS UNE PRÉSENTATION DE POWER CORPORATION DU CANADA mcH DES LE 10 MARS SHAKESPEARE / JEAN MARC DALPÉ BRIGITTE HAENTJENS PRODUCTIONS SIBYLLINES LES AIGUILLES ET L\u2019OPIUM DE RETOUR DU 11 AU 20 JUIN 2015 ROBERT LEPAGE / AVEC MARC LABRÈCHE EX MACHINA LE JOURNAL D\u2019ANNE FRAN DES LE 13 JANVIER ERIC-EMMANUEL SCHMITT / LORRAINE PINTAL PRODUCTION SPECTRA MUSIQUE UNE PRÉSENTATION DE SNC-LAVALIN LE ./ TOUR DU MOHDE EN 80 IfilURS DES LE 28 AVRIL JULES VERNE / HUGO BÉLANGER THÉÂTRE TOUT À TRAC UNE PRÉSENTATION DE DESJARDINS LA SAISON SE POURSUIT.RESERVEZ DES MAINTENANT! TNM.QCXA 514.866.8668 ICI ilili RaDio-canaoa ici artv DU Nouveau ^Mondh LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 E 3 CULTURE-MUSIQUE ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR «C\u2019était automatique que j\u2019allais aller vers quelque chose de plus personnel, dans une logique où je n\u2019essaie pas d\u2019être la voix de quatre personnes», affirme Guillaume Beauregard.Guillaïune Beauregard, le courage de ne pas se répéter Après presque 20 ans de Vulgaires Machins, le rebelle engagé prend un risque solo PHILIPPE PAPINEAU AU premier regard, le fait que le chanteur du groupe punk-rock Les Vul-gaires Machins lance un album solo fait de chansons personnelles pourrait être vu comme un ramollissement, voire une abdication.Le rebelle engagé serait-il devenu sage?Pire, devenu vieux?C\u2019est mal connaître Guillaume Beauregard, qui propose depuis mardi D\u2019étoiles, de pluie et de cendres.Beauregard est bon joueur.11 sait très bien que ce premier effort hors de son célèbre groupe intriguera ceux qui l\u2019ont vu depuis près de 20 ans brandir le poing contre le système et plaquer des accords en rafales contre les travers de ce monde, à grands coups de chansons comme Anéantir le dogme, Le mythe de la démocratie et Aimer le mal.En solo, on le découvre dans une bulle bien ronde, un peu amère, mais très personnelle, où les titres parlent beaucoup d\u2019amour.Alors, M.Beauregard, on vieillit?11 sourit.«Pour moi, c\u2019est exactement le contraire.Vieillir, c\u2019est répéter la même affaire.C\u2019est arrêter de te battre et accepter quelque chose parce que c\u2019est confortable.Pour moi, faire un album solo et me lancer dans cette démarche-là, c\u2019est juste des risques, des dangers.» Le chanteur et guitariste de 36 ans rigole du fait qu\u2019on puisse même penser qu\u2019il a choisi de prendre une voix plus «chanson» pour obtenir plus de succès, ou d\u2019argent.«En réalité, dans cette logique-là, ç\u2019aurait été plus simple de faire un album avec les Vulgaires, parce qu\u2019on a un fanbase, il y a un intérêt déjà.Pour moi, faire un album solo, c\u2019est renaître, c\u2019est dire que je suis encore jeune et que fai encore le goût d\u2019évoluer.J\u2019ai encore le goût d\u2019ajouter des cordes à mon arc, de rencontrer du nouveau monde et de vivre une expérience différente.» De nouveaux sillons Beauregard le dit d\u2019emblée.Les Vulgaires Machins ne sont pas morts, mais plutôt en jachère.Quand il a commencé à écrire ses chansons, il y a plus d\u2019un an, le nouveau papa avait l\u2019impression que le groupe devait prendre un peu d\u2019air, pour éviter de reprendre les voies maintes fois labourées.«La peur et l\u2019adrénaline, on dirait que c\u2019est ce qui donne du sens à ça, à faire de la musique dans la vie.Et là, on avait l\u2019impression que si on refaisait un album des Vulgaires, ç\u2019aurait été un peu sur le radar.On sait comment faire, et on l\u2019aurait refait.L\u2019approche engagée, politique, sociale, l\u2019ironie.Moi, je sentais qu\u2019il n\u2019y avait rien d\u2019autre qui allait pouvoir renouveler et apporter Pour moi, faire un album solo, c\u2019est renaître, c\u2019est dire que je suis encore jeune et que j\u2019ai encore le goût d\u2019évoluer.J\u2019ai encore le goût d\u2019ajouter des cordes à mon arc, de rencontrer du nouveau monde et de vivre une expérience différente, yy Guillaume Beauregard quelque chose de nouveau s\u2019il n\u2019y avait pas de détachement, s\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019autres expériences.» Très bien, mais une fois que c\u2019est dit, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait, qu\u2019est-ce qu\u2019on écrit sur sa feuille de papier ?Rien qui ne fasse penser aux Vulgaires Machins, dit Beauregard, qui s\u2019est interdit certains chemins, comme celui de la politique et du social.Ce qui restait?«C\u2019était automatique que f allais aller vers quelque chose de plus personnel, dans une logique oû je n\u2019essaie pas d\u2019être la voix de quatre personnes.» D\u2019étoiles, de pluie et de cendres contient donc des chansons d\u2019amour en montagnes russes \u2014 comme le laisse indiquer le titre \u2014 où tout n\u2019est pas rose mais où il y a quand même quelques rayons de soleil.Comme le recueil d\u2019une mauvaise passe qui finit bien.L\u2019angoisse de la liberté Mais l\u2019écriture au «je» ne s\u2019est pas faite comme une marche dans le parc, admet Beauregard, qui a bossé fort pour trouver le bon ton, pour ne pas franchir la fine ligne entre le touchant et le mielleux.Surtout si on garde en tête une pièce comme Une chanson acoustique, des Vulgaires Machins, où il ne mâchait pas ses mots sur les ballades romantiques.«Moi, ça m\u2019a fait peur tout le long.Et un moment donné, tu te dis: ben, ça sera peut-être cheap pour quelqu\u2019un, mais pour moi, ç\u2019a du sens, une valeur.» Au-delà du ton, c\u2019est la solitude qui a le plus défié le chanteur au bras tatoué.Oui, il écrivait souvent les chansons de son groupe, mais il y avait toujours trois autres musiciens qui y jetaient un regard, qui donnaient leur avis, qui l\u2019appuyaient.«Là, c\u2019était l\u2019angoisse de la liberté quelque part, explique Beauregard.J\u2019aurais pu me trouver des musiciens plus rapidement et faire évoluer les tounes au fur et à mesure que f écrivais, mais je me suis obligé à assumer ce que je faisais, à être en confiance, et à aller jusqu\u2019au bout de mon affaire avant de la présenter à des musiciens.» Maintenant qu\u2019il a fait un grand virage, changeant même d\u2019étiquette de disque, Guillaume Beauregard sera aussi plus accessible pour un public un peu plus large.Comme ce couple dans la cinquantaine qui est venu jaser longuement avec lui après son concert lors du dernier Festival de la chanson de Granby.«J\u2019espère que ça va pouvoir être diffusé le plus possible.Ça m\u2019intéresse de voir ce que le monde en pense.Je peux savoir à peu près comment un fan de Vulgaires Machins qui nous suit depuis le début va recevoir une toune comme Le mythe de la démocratie.On a fait le tour.Mais je ne sais pas la réaction à une pièce comme Cadeau du ciel.Et ça m\u2019intéresse ! » Le Devoir D Écouter > La pièce Dans le décor tirée de l\u2019album solo de Guillaume Beauregard.ledevoir.com/musique Moderne rétro D\u2019étoiles, de pluie et de cendres a été capté en groupe, une chanson par jour.« On enregistrait tout ce qu\u2019on faisait et, à 8 heures le soir, on avait une toune qui était finie et qui s\u2019en allait pratiquement sur l\u2019album », dit Guillaume Beauregard.Le guitariste évoque Neil Young influencé par le folk de Nashville des années 1950-1960, Van Morrison avec son groupe plus Motown, les Beatles.«Et comme il y a des sonorités de B3, ça évoque forcément une certaine époque.Les sons de guitares, les textures, jusqu\u2019au son de la batterie, tout a été peaufiné pour arriver à cette enveloppe sonore là, qui est très moderne selon moi par rapport aux compositions.» Et Beauregard ne voulait pas un album « indie », ou strictement folk.« Ultimement, on avait envie de faire un album entre adultes, qui allait être de la bonne musique.» 0 H 2 I 2I0CT.- l''\u2019N0V.SARAH BERTHIAUME/JULIEN GOSSELIN MARIE BRASSARD/ALAIN FARAH ^ ANNE-JAMES CHATON ^ HUBERT COLAS/ANNIE ZADEK ^ THOMAS FERRAND ^GÉRALDKURDIAN^LATIFALAÂBISSI ^ DANA MICHEL/YOAN SORIN ^ NATHALIE OUINTANE ^NOÉ SOULIER ^ANJATILLBERG^ GISÈLE VIENNE ^ JACOB WREN/PME-ART DÉCOUVREZ CES ARTISTES EMRLÉMATIQUES DE LA SCÈNE CONTEMPORAINE ! 514 521-4493 / USINE-C.COM Présentation Usine C en coproduction avec le Festival actüral.QuébecSS FESTIVAL INTERNATIONAL DES ARTS ET DES ÉCRITURES CONTEMPORAINES QuébecSS f VIDÉOTRON l_ RI 1-1 FI Montréal® QUÉBEgo.=1 I LEDEWm ^ E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 CULTURE>CLASSIQ,ÜE Le son Maria Callas Warner publie une intégrale en une imposante brique rouge.Art ou marketing ?Warner vient de publier un somptueux coffret Maria Callas, l\u2019un des gros objets discographiques de la rentrée.Est-ce l\u2019édition «définitive» que les amateurs attendaient?CHRISTOPHE HUSS ^ édition Maria Cal- LJ las Remastered est un magnifique cas M d\u2019école, qui mêle f musique, technologie et marketing.Précisons qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une « intégrale Callas», mais d\u2019une intégrale «officielle», c\u2019est-à-dire des enregistrements conçus en tant que produits de studio.Les admirateurs et les spécialistes de la chanteuse la plus célèbre de tous les temps savent bien que des enregistrements publics initialement destinés à la radiodiffusion ont souvent pris le pas sur les documents officiels, à tel point qu\u2019EMI \u2014 héritier de His Master\u2019s Voice, l\u2019éditeur officiel de Callas \u2014 décida en 2002 de publier sous sa propre étiquette les plus emblématiques de ces «enregistrements pirates», par exemple La somnambule de Bellini et Mé-dée de Cherubini avec Bernstein; La Tra-viata de Verdi dirigée par Giulini ou Lucia di Lam-mermoor de Berlin en 1955 avec Karajan.S\u2019y ajoutaient d\u2019autres opéras majeurs que Callas n\u2019avait pas gravés en studio : Macbeth avec Victor de Sabata en 1952 à la Scala ou Iphigénie en Tau-ride de Gluck.Ces représentations publiques ne figurent pas dans le présent coffret de l\u2019intégrale des enregistrements de studio (1949-1969).Considérations extramusicales Maria Callas a été, en matière de marketing, la principale «vache à lait» de HMV-EMI.Cette chanteuse était si unique et si recherchée que son éditeur a continué à vendre à prix fort des enregistrements largement amortis.Qui plus est, les titres-phares n\u2019ont quasiment jamais quitté le catalogue.Même au début du disque compact, la célèbre La nouvelle édition est un vrai ravalement sonore, pas de la propagande de marketing Tosca de 1953 restait en rayon au même prix que les nouveautés.Je ne connais pas, dans l\u2019histoire du disque, d\u2019autres exemples d\u2019enregistrements qui ont ainsi tenu quatre décennies sans changer de catégorie de prix.A partir des années 1990, les enregistrements de Callas, protégés pendant 50 ans, sont passés petit à petit dans le domaine public, EMI a basculé Callas dans la catégorie «prix moyen» et, tels des médicaments génériques, d\u2019autres éditeurs pouvaient éditer leur version du même enregistrement à prix moindre.Ils ne s\u2019en sont pas privés, notamment Naxos, qui, dans sa collection «Great Opera Recordings», de Naxos «Historical», a confié la restauration sonore à des spécialistes minutieux tel Mark Obert-Thorn.Ironie du sort, l\u2019édition Naxos d\u2019enregistrements célèbres de Callas était souvent notablement meilleure que celle d\u2019EMI, l\u2019éditeur d\u2019origine.Le cas de l\u2019enregistrement des Puritains de Bellini (1953), superbement réédité par Naxos en 2004, était emblématique.Devant le passage dans le domaine public des enregistrements de leurs artistes-phares (Callas-EMI, Gould-Sony, Kara-jan-DG, Reiner-RCA), les éditeurs « officiels » n\u2019ont qu\u2019une parade s\u2019ils veulent empêcher de laisser filer le marché : créer de beaux objets de collection, des publications exhaustives, reprenant par exemple les visuels d\u2019origine.Le dernier élément de cette stratégie est le travail sur le son.Pour s\u2019assurer une plus-value sonore, les labels ont un avantage déterminant: l\u2019accès aux bandes originales.Après cela, juridiquement, la «remas-térisation» sonore est à nouveau protégée pour 50 ans.En d\u2019autres termes, aucun éditeur tiers ne peut prendre un CD de ce nouveau coffret, qui a néces- ALFREDO MICCALI AGENCE FRANCE PRESSE Ecouter le premier récital de 1949 donne une bonne idée de ce qu\u2019était alors la «bombe Callas».sité un an de travail dans les studios d\u2019Abbey Road.S\u2019il veut éditer du Callas, il doit repartir du microsillon paru à l\u2019origine.Philosophie sonore La grande opération dont Maria Callas bénéficie aujourd\u2019hui est salutaire et efficace.C\u2019est un vrai ravalement sonore, pas de la propagande de marketing.Il est vrai qu\u2019EMI (Warner, désormais) avait des choses à se faire pardonner.C\u2019est à ce stade qu\u2019il faut parler de philosophie sonore et de choix.Longtemps, l\u2019élément «perturbateur» qui «datait» les enregistrements aux oreilles de la majorité était le souffle (ou le bruit de surface dans la réédition de 78-tours).Le remastering consistait donc principalement à réduire ces bruits.Mais le corollaire inévitable était qu\u2019on coupait notablement dans les aigus, avec, pour résultat de ce traitement abrasif, un son mort ou artificiel.Pour des instruments tels le violon ou la voix, la perte des hautes fréquences et harmoniques était mortelle.EMI a été très critiqué pour un usage trop poussé de son procédé «Art», utilisé en 1997 dans le cadre des rééditions « Great Recordings of the Century» des enregistrements de Callas.Tout ce travail a été (heureusement) jeté à la poubelle.Les 26 opéras et 13 récitals ont été «remastérisés» en 2014 avec grand soin.Beaucoup de documents gagnent notablement en présence, en aération et en pureté.Inutile de préciser que, pour Les puritains de Bellini, EMI vient ainsi de repasser devant Naxos ! Le contenu du coffret Publié par Warner, qui a absorbé EMI Classics il y a un an, le coffret ne présente pas de surprise.EMI avait compilé le même contenu artistique en 2007 (mais dans l\u2019ancien son) en licenciant à Warner le récital Wagner-Bellini, La Tra-viata dirigée par Santini et La Gioconda, c\u2019est-à-dire les pre- miers enregistrements de Callas, réalisés pour Fonit Cetra.Warner étant désormais propriétaire de tout (Fonit Cetra et FMI), la présente édition ne pose aucun problème.Tous les enregistrements officiels figurent ici : on a bien les deux Tosca, les deux Lucia et les deux Norma, mais, on l\u2019a dit, aucun enregistrement public.Toutes les parutions reprennent les visuels d\u2019origine, hélas «massacrés» par l\u2019ajout en façade du logo de Warner, qui n\u2019a rien à voir avec leur histoire, ni même avec le business de la musique à l\u2019époque de Callas.L\u2019idée, élégante, des petits fourreaux en carton permet de gagner beaucoup de place.Par contre, ces fourreaux auraient dû être numérotés par ordre chronologique.Je ne vous souhaite pas de renverser la boîte ou de sortir plusieurs disques à la fois.Quant,au contenu, il est bien connu.Ecouter le premier récital de 1949 donne une bonne CALLAS A JWRIS (.1 ()i{(.is l\u2019fil im .Opemlic.VKMFN Maiid(dlhs AhoI u U(kh Andrea Guiot KoheitMdSSdid C VLL \\S/LUCI V DI LAMMERMOOR idée de ce que devait être alors la «bombe Callas».Il ne faut pas oublier non plus que cette chanteuse a remis au répertoire des ouvrages (Médée de Cherubini) et relancé l\u2019intérêt pour Donizetti.Quant à la voix, elle touche particulièrement certains auditeurs.Mon admiration, qui n\u2019a rien d\u2019inconditionnelle, s\u2019étiole après 1954 et le drastique amaigrissement qui fit de Maria Callas une gravure de mode, une dramaturge brûlante mais unç chanteuse à la voix fissurée.À chacun de voir.Le Devoir MARIA CALLAS REMASTERED The Complete Studio Recordings (1949-1969).69 CD et un CD-ROM avec les livrets des opéras.Warner 0825646339914 D Écouter > Des extraits tirés du coffret Maria Callas Remastered.ledevoir.com/musique Texte et mise en scène FABIEN CLOUTIER POUR REUSSIR UN POULET DU 23 SEPTEMBRE AU I® NOVEMBRE Avec Denis Bernard, GabrieUe Côté, Guillaume Cyr, Marie Michaud et Hubert Proulx Assistance à la mise en scène Emmanuelle Nappert Décor, costumes et accessoires Maude Audet Éclairages André Rioux Musique Misteur Valaire SUPPLEMENTAIRE LE JEUDI 23 OCTOBRE A 21H Une piece coup de poing, assassine.» - C\u2019est pas trop tôt, SPC .) cette partition rythmée et cette jouissive tangue vernacutaire sont magnitiquement portées par une distribution sans taittes.Honneurs et appiaudissements à tous tes acteurs.» - Voir La distribution de ta pièce est, sans exception, impeccabte.» - Le Devoir Pour réussir un poulet (.) réussit son objectit : secouer, déranger et taire réttéchir.» - Journat de Montréat Conseil des arts et des lettres Québec \u201c\u201c Conseil des Arts Canada Council du Canada\tfor the Arts B DEVOIR 4559 PAPINEAU.MONTREAL / THEATRELALICORNE.CGM / 514 523.2246 FABLE MAÎTRISE D ŒUVRE JEAN ASSELIN, RÉAL BOSSÉ, SYLVIE MOREAU Du 21 octobre au 15 novembre 2014 INTERPRETATION JEAN ASSELIN, PASCAL CONTAMINE, SYLVIE MOREAU, BRYAN MORNEAU AUDREY BERGERON, ÉMILIE SIGOUIN CONCEPTION CHARLOTTE ROULEAU, MATHIEU MARCIL, LUDOVIC BONNIER OVWÎBUS .corps H théâtre Quebec b Canada Council LE DEVOIR BILLETERIE 514 521 4191 OMNIBUS.QC.CA WWW.ESPACELIBRE.QC.CA LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 E 5 CULTURE>THEATRT Harmonieux ménage à trois Mec Rue Fable, Sylvie Moreau et Réal Bossé inaugurent leur directorat chez Omnibus MARIE LABRECQUE O mnibus a désormais trois têtes.Un renouveau dans la continuité.Sylvie Moreau et Réal Bossé sont loin d\u2019être de nouveaux venus à la compagnie de mime.Tous deux ont été formés à son école, ont connu leur baptême théâtral professionnel sous la direction du fondateur Jean Asselin et ont participé à plusieurs spectacles de la troupe au fil des ans.A entendre Tenthousiasme des nouveaux directeurs artistiques durant notre rencontre dans une salle de l\u2019Espace libre, on comprend qu\u2019ils sont visiblement à la maison chez Omnibus.Le vocabulaire du corps, leur premier outil de travail, est primordial pour ces comédiens accomplis, qui ont touché, et continuent de toucher, à tant de formes différentes.Sylvie Moreau considère la technique du mime corporel comme un «solfège» de l\u2019interprétation.«Cette conscience de la présence du corps et son analyse m\u2019ont influencée énormément dans tout mon parcours.Et faime ce radicalisme de dire: le corps est un texte aussi.» Son complice renchérit.«Quand je joue 19-2 ou LOL, mon corps est la première chose qu\u2019on voit.Si je ne m\u2019en occupe pas, mon jeu est flou.En structurant mon corps pour envoyer des signes, la communication est beaucoup plus claire.C\u2019est plus facile à gérer que juste l\u2019émotivité.» L\u2019offre de Jean Asselin est donc arrivée comme une évidence.D\u2019autant que les deux interprètes avaient intensifié leurs collaborations ces dernières années.Un retour aux sources?«Avec le temps, on finit par voir où sont nos complicités philosophiques, explique la comédienne.Et qu\u2019il y a des gens vers lesquels on revient constamment parce qu\u2019on partage la même communauté d\u2019esprit artistique.Il y a 10 ou 15 ans, nos ego auraient peut-être été dans le chemin.Et on aurait donc tenu à certaines choses, chacun de notre côté.Mais là, on dirait qu\u2019on La distribution complète de Rue Fable: Pascal Contamine, Jean Asselin, Sylvie Moreau, Émilie Sigouin et Bryan Morneau.est rendus à une maturité, dans notre façon de pratiquer notre art, à un épanouissement, qui fait qu\u2019on a le goût de partager, de donner.» Bossé vante pour sa part l\u2019atmosphère ludique et la liberté créative de la compagnie.«On m\u2019a invité à faire de la direction artistique ailleurs et j\u2019ai toujours dit non.Ma grande liberté est ici.Il y a une latitude ici que je ne retrouve pas ailleurs, où je serais coincé, obligé d\u2019aller dans une direction précise.Tout est acceptable ici.Même avant la première, on peut revirer le show de bord si on veut.Et les acteurs doivent s\u2019attendre à ça.» Selon Sylvie Moreau, le trio a en commun une grande intransigeance, une exigence.«Je pense qu\u2019on a un côté qui fait peur, parfois, dans le travail, en raison de notre vision claire et radicale.Mais il y a un équilibre entre nous trois, une liberté de parole.» Ils ont chacun leurs forces.Et leurs idées.Réal Bossé avoue par exemple son désir de revisiter un Molière, un auteur que détesterait Asselin, à travers «le cadre omnibusien».Règle de trois Avec Rue Fable, le triumvirat d\u2019Omnibus crée sa première œuvre commune.Deux des directeurs font partie de la distribution (trop occupé.Bossé s\u2019est chargé du bruitage sonore).En répétitions, la troïka agirait réellement comme une créature à trois têtes, ce qui peut être étourdissant pour les interprètes, qui se font bombarder par autant d\u2019avis différents.Mais complémentaires, tant leur pensée est similaire.«Ça va bien plus vite dans la réflexion, dans l\u2019analyse de ce qu\u2019on vient de voir, parce qu\u2019on est trois», constate Moreau.Au départ de cette création au ton fantaisiste et à l\u2019esthétique naïve, il y a un désir de drôlerie exprimé par Jean As- selin.«Il vient de monter du théâtre d\u2019été pour la première fois et on dirait qu\u2019il a découvert le pouvoir de la comédie ! raconte Sylvie Moreau.On s\u2019est aussi donné le défi de se promener dans différents niveaux de jeu.On a fait beaucoup de mélanges.Les personnages, six voisins d\u2019une même rue, semblent appartenir à Fellini, à Tati.Des éléments scéniques très littéraux cohabitent avçc des évocations subtiles.» Etude «amoureuse» de l\u2019être humain, ce recueil de fables porte un regard anthropologique sur des individus saisis dans l\u2019intimité et dans l\u2019espace public.Comment leurs comportements diffèrent-ils selon qu\u2019ils évoluent dans la rue ou dans leur foyer à l\u2019abri des regards?Et comment se traduit physiquement le passage du personnage générique, lorsqu\u2019ano-nyme dans la foule, à l\u2019individu ?«Le mime corporel permet de jouer et la réalité et la poétisation, note Réal Bossé, qui se lève parfois pour mimer ce qu\u2019il veut dire.Et ce qui est plaisant dans Rue Eable, c\u2019est que ces deux mondes se croisent constamment.» «On avait envie d\u2019un show qui fasse plaisir aux spectateurs, mais avec nos exigences à nous, ajoute sa codirectrice.Alors, on va toujours donner les clés de l\u2019original, de la chose qu\u2019on veut évoquer, avant de la poétiser.» La comédienne constate qu\u2019on est devenus paresseux comme spectateurs, à force de se faire gaver d\u2019objets aisément lisibles.«On veut se faire dire quoi comprendre au lieu d\u2019interpréter nous-mêmes ce qu\u2019on voit.Le théâtre est de plus en plus formaté, et c\u2019est lié aux lois du mar- PHOTOS FREDERIQUE BERUBE ché.» Un problème pour les artistes qui portent une vision différente.«Il faut que le spectateur continue de croire que le théâtre, ça peut être ça aussi.» La poésie du geste est pourtant accessible à tous, note son comparse.Il s\u2019agit simplement de se faire confiance.Collaboratrice Le Devoir RUE FABLE Une création de Jean Asselin, Sylvie Moreau et Réal Bossé.A l\u2019Espace libre, du 21 octobre au 15 novembre.{{Le mime corporel permet de jouer et la réalité et la poétisation.[.] Ces deux mondes se croisent constamment dans Rue Fable.)) Réal Bossé, ici avec les deux autres têtes d\u2019Omnibus '\"wl H.eaux detours CIRCUITS CULTURELS UN BEAU DÉTOUR c\u2019est plus qu\u2019un dépaysement et un voyage.C\u2019est assister à une conférence de haut niveau sur un artiste, son oeuvre, son influence.UN BEAU DÉTOUR c\u2019est vivre des échanges sympathiques avec des personnes intéressées aux choses de l\u2019art.UN BEAU DÉTOUR permet d\u2019expérimenter, dans la détente, des liens de culture : musique, peinture, histoire.Grâce à vous, la saison 2014 a été formidable! Un grand merci pour votre fidélité.Le dépiiant Printemps 2015 est en préparation ! vvww.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d un permis du Quebec David Nash Sculptures et dessins Carol Bernier Effacement /Trava-ux récents Vernissage le 15 octobre, lôh GALERIE SIMON David Nash Overlap 2013 Sequoia 163x45x15 cm Courtoisie Galere Lelong Photo FabnceGibert BLAIi 5420, boul.Saint-Laurent, local 100, Montréal, Qc www.galeriesimonblais.com 514 849-1165 ¦ ¦ M '¦ -¦ ;U- ¦¦¦ .V-'\u2022 ' ' ¦¦ Luc Laporte Architecte réalisations & inédits Du 17 octobre au 20 décembre 2014 1700 LA POSTE Horaire d\u2019ouverture : du mercredi au samedi de llh à 17h 1700, rue Notre-Dame Ouest 17001aposte.com E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 CULTURE>SIIR LES ECRANS Hommes (et femmes) du présent Pourquoi les personnages de journalistes sont-ils si populaires sur les écrans ?Joe Saltzman est professeur à l\u2019école Annenberg de journalisme et de communication de l\u2019Université de la Californie du Sud et directeur du projet du Centre Norman Lear sur l\u2019image du journaliste dans la culture populaire.Il vient de puiser dans la banque du centre comptant plus de 85 000 films, séries télé, romans, chansons ou poèmes pour publier dans VIJPC Journal une étude sur la figure du reporter de Washington au cinéma et à la télé depuis les années 1930.STEPHANE BAILLARGEON Le film américain Kill the Messenger tout juste sorti met en scène un reporter d\u2019enquête.Ici, au Québec, la série télé de Radio-Canada Nouvelle adresse parle d\u2019une chroniqueuse et TVA a connu le succès avec Les jeunes loups.Comment expliquez-vous cette place enviable du journaliste sur les écrans?Le public sait immédiatement qu\u2019un journaliste pourra lui servir de substitut: il posera les questions que tout le monde souhaiterait poser.Il est toujours impliqué dans des trucs qui génèrent de bonnes histoires.Souvent, il incarne davantage qu\u2019un détective en résolvant des crimes, en sauvant un condamné à mort.Les journalistes sont au centre des nouvelles, rencontrent des personnes célèbres.Ils sont là où se déroule l\u2019action.Si Superman choisit de se cacher derrière un journaliste, c\u2019est pour apprendre ce qui se passe avant tout le monde.Les journalistes font donc de parfaits personnages de fiction parce qu\u2019ils suivent l\u2019action et que leur métier leur demande de dénicher des gens intéressants et d\u2019écrire des histoires passionnantes.Ils peuvent en plus être utilisés pour fournir des informations et résumer des situations tout au long d\u2019un film ou d\u2019une série.Au total, la très riche banque de productions culturelles du projet The Image of the Journalism In Popular Culture, surtout des films et des séries télé, fournit-elle une Image positive ou négative du reporter?Si le journaliste d\u2019un film ou d\u2019une série est joué par un comédien-vedette et s\u2019il est un des trois principaux personnages de la production, son image est généralement positive.Par contre, si le journaliste est joué par un comédien moins connu et si ce personnage n\u2019est que vaguement identifié, son image est généralement négative.Ces images contradictoires contrihuent à la relation d\u2019amour-haine entre le public et les médias.[.] Il existe plusieurs types de journalistes.Vous venez de publier une étude sur le reporter de Washington.Comment ce modèle se distingue-t-ll?Le choix de la reporter Nathalie Lapointe (Macha Grenon), personnage central de Nouvelle adresse 0CI Radio-Canada Télé, lundi, 21 h), est condamnée par un cancer.Elle élève seule ses trois enfants.Elle est chroniqueuse dans un journal.Pourquoi d\u2019ailleurs ?Pourquoi avoir choisi de faire de cette belle bourgeoise une reporter plutôt qu\u2019une avocate ou une universitaire ?«Si un scénariste choisit un journaliste comme personnage central, j\u2019ai l\u2019impression que ça découle du statut de cette profession dans notre société», commente Piqrre Barrette, professeur à l\u2019École des médias de l\u2019UQAM, spécialiste de la télé.«Jusqu\u2019à il n\u2019y a pas si longtemps, le journaliste était le paumé.On pense à la figure du reporter dans Superman.Aujourd\u2019hui, certains ont atteint un statut de vedette et circulent beaucoup entre les médias, de l\u2019écrit à la télévision, comme Patrick Lagacé ou Richard Martineau.Cette visibilité les place dans une caste et leur donne un attrait narratif supplémentaire.Les journalistes sont partout et donc dans les séries.Comme les séries médicales s\u2019expliquent en partie par le statut social des médecins.» CHAÎNE DE MONTAGE Une création du Théâtre de Quat\u2019Sous et du Carrousel, compagnie de théâtre ?U 27 OCTOBRE AU 21 NOVEMBRE 2014 leCariiDiisel0 Texte Suzanne Lebeau Mise en scène Gervais Gaudreault Avec Linda Laplante Équipe de création Alexandre Brunet, Nicolas Fortin, Dominique uagnon, ' Marie-Eve Fluot^Uiane Labrosse, Sarah Lachance, Pierre Lafontaine, ¦^«Laurent Lamarche, Stéphane Longpré, Marcela Pizarro Minella et Nancy Tobin Billetterie 514 845-7277 quatsous.com Grands partenaires Bdl Dans notre étude pionnière, nous avons examiné les portraits de journalistes en poste à Washington apparaissant dans 127 films anglophones et des émissions de télévision de 1932 à 2013.Chaque apparition a été consultée, extraite et classée par décennie, selon le genre, le sexe, l\u2019origine ethnique, la catégorie des médias, le titre du poste et une évaluation de l\u2019image présentée par chaque journaliste ou groupe de journalistes sur une échelle subjective (de très positif à très négatif ou neutre).Nous avons découvert que ce correspondant incarne une des figures les plus héroïques de la profession dans la culture populaire.Ces images positives rassurent le public, qui voit dans le reporter le protecteur de ses intérêts, tandis que les images négatives du journaliste de Washington montrent que le quatrième pouvoir peut lui aussi sombrer dans la manipulation et la corruption.Ces portraits sont la preuve rassurante que les journalistes font ce que le public attend d\u2019eux, qu\u2019ils servent l\u2019intérêt public, informent les gens, jouent les chiens de garde, surveillent ceux qui exercent le pouvoir pour s\u2019assurer qu\u2019ils agissent pour le bien commun plutôt qu\u2019à des fins personnelles, politiques OU financières.Les portraits négatifs de reporters, de chroniqueurs et de patrons de presse crapuleux servent le but inverse.Ils convainquent le public que plus les journalistes deviennent puissants à Washington, plus ils deviennent corrompus, comme les politiciens et les fonctionnaires qu\u2019ils sont censés dénoncer.Y a-t-il un âge d\u2019or de l\u2019image positive dans les productions populaires?Les meilleurs films sur le journalisme ont été tournés dans les années 1930 et 1940.Ces films avaient une énergie incroyable et la plupart des reporters ont alors été incarnés par de très grands acteurs de l\u2019époque, de Clark Gable à James Cagney, de Bette Davis à Rosalind Russel.Mais en fait, l\u2019image du journaliste n\u2019a pas beaucoup changé depuis le début de sa représentation.Les médias sont dans la tourmente.Le journalisme n\u2019est pas considéré comme un métier d\u2019avenir.Pourtant, Brad MELISSA MOSELEY AP «La raison pour laquelle les journalistes se retrouvent encore aujourd\u2019hui dans les films, les émissions de télévision, [.] c\u2019est qu\u2019ils figurent toujours parmi les gens les plus fascinants de notre société.» Sur la photo, une scène de la série Newsroom.Pitt et George Clooney vont incarner des reporters cette année et on voit ces personnages partout à la télé, dans House of Cards ou Newsroom.Pourquoi les journalistes sont-ils à nouveau à la mode sur les écrans?La raison pour laquelle les journalistes se retrouvent encore aujourd\u2019hui dans les films, les émissions de télévision, les romans et tous les autres aspects de la culture populaire, des jeux vidéo aux romans graphiques, c\u2019est qu\u2019ils figurent toujours parmi les gens les plus fascinants de notre société.Ils sont toujours à l\u2019affût des nouvelles et des histoires, toujours au milieu de ce qui se passe aujourd\u2019hui et de ce qui se passera demain.Ils font des héros et des vilains parfaits.La définition de ce qu\u2019est un journaliste est en train de changer.Le film The Fifth Estate à propos du cybermilitant Julian Assange est-il un film sur le journalisme?Voit-on venir l\u2019âge des histoires de journalistes sans journalistes?V^i THEATRE EMERGEm* SAISON 2014-2015 Le mot «journaliste» est défini comme «celui qui gagne sa vie en révisant ou écrivant des textes pour un journal».De nos jours, la profession s\u2019est beaucoup transformée et elle désigne beaucoup plus qu\u2019une personne impliquée dans la production de documents imprimés.Elle identifie quiconque, y compris dans les siècles précédents, collecte et diffuse des nouvelles, des informations, des conseils et des critiques.On peut retrouver ces figures partouf depuis les temps anciens jusqu\u2019aux blogueurs et aux webreporters d\u2019aujourd\u2019hui.En remontant vers ces temps anciens, on découvre les origines de la plupart des images de journalistes des temps modernes.On découvre les homologues historiques des hommes et des femmes que nous voyons dans nos médias tous les jours: le chasseur de scoops, le reporter, le correspondant, le commentateur social, le critique, le propagandiste, le hacker, le marchand, l\u2019éditeur, l\u2019éditeur, le journaliste, le producteur et l\u2019écrivain qui travaillent dans les périodiques imprimés, pour des bulletins de nouvelles de télévi- sion et de radio, pour des sites Web et des blogues Internet.Quelle production culturelle récente recommandez-vous pour prendre le pouls de l\u2019état actuel du journalisme?Je recommande pratiquement tous les films et émissions de télévision traitant d\u2019une quelconque manière des mutations des médias d\u2019information, des gens qui perdent leur emploi et d\u2019autres qui essayent de gagner leur vie sur Internet.Je recommande par exemple les séries The Wire (la cinquième saison).Newsroom, State of Play et House of Cards, le film The Girl with the Dragon Tattoo (et les autres films et romans de la trilogie Millenium), toutes ces productions qui traitent de l\u2019état actuel du journalisme et des personnes qui y travaillent.Le Devoir Dure aussi > Une entrevue avec le collègue André Lavoie sur sa sélection de douze films avec reporters projetés il y a trois ans à la Cinémathèque québécoise.ledevoir.com/medias '-i « DIFFICILE D'IMAGINER PLUS BELLE INVITATION.LEDEVOIR «WRITTEN BY A BRILLIANT MIND» MONTREAL RAMPAGE « SPECTACLE ORIGINAL ET EXCENTRIQUE» LE HUFFINGTON POST 'A'- - îpm TTTD' D' D'C CCTT AACC -'¦jr'' : '\t¦ 15\t\" V-L .\tL\\ 44 * i>\t2\tOCTOBÙEi2Ô44 N /\t/ T'\t.f\t4/ .TEXTE ET MISE EN SCENE FELIX-ANTOINE BOUTIN / .'i v \\ Hydro L Québec 870, avenue De Salaberry \u2022 premieracte.ca \u2022 418.694.9656 UPOINroEVENn.COM J ' A-it:-'^\t^ P\tT '\t\\ 'il lAVEC^ARIE-LINE ARCHAMBAULT, PHILIPPE BOUTIN, SÉBASTIEN DAVID, ''' DANIEL DESPUTEAU ET JULIANE DESROSIERS LAVOIeV '\u2022 ¦ - COLLABORATEURS ODILE GAMACHE, ÉMILIE MARTEL, JULIE BASSE ET NANS BORTUZZO '\t^f\\ UNE CRÉAtIoN DE CRÉATION DANS LA CHAMBRE #\u2022- EN RÉSIDENCE À LA SALLE JEAN-CLAUDE-GERMAIN DU THÉÂTRE D\u2019AUJOURD'HUI *'\ttheÂtredaujourdhui.qc.ca/koalas PHOTO NANS BORTUZZO * GRAPHISME GABRIEL GERMAIN * RELATIONS DE PRESSE KARINE COUSINEAU COMMUNIÇ.ATIOI Québecnn\tjQl'__ rpl Dedwdlnt Québec LE DEVOIR D\u2019AUJOURD'HUI SALLE JEAN-CLAUDE-OERMAIN 3900 RUÊST-DÉNISMTL QC H2W2M2 614 282-3900 Québec S TARIF PREFERENTIEL « AVANT-PREMIERE » 27 ET 28 OCTOBRE CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 E 7 CULTURE>DANSË Noires clownesses Gustavia ou les postures et impostures de deux femmes artistes contemporaines Mathilde Monnier et La Ribot forment un duo-choc pour revisiter à leur manière féminine les classiques du burlesque.FRÉDÉRIQUE DOYON La déferlante chorégraphique française de l\u2019automne est à son comble.Alors que le Ballet de ropéra de Paris offre le nec plus ultra de la danse classique à la Place des Arts, deux figures majeures de la scène contemporaine s\u2019amènent pour un tête-à-tête à Québec, puis à Montréal.Mathilde Monnier, ex-directrice du Centre chorégraphique national de Montpellier, et la per-formeuse La Ribot jonglent avec les codes du jeu clownesque.«Gustavia est le nom d\u2019une femme qui peut nous contenir toutes les deux, indique en entrevue la performeuse, surtout soliste, Maria José Ribot, dite La Ribot, que Montréal a pu découvrir dans le solo Still Distinguished lors du défunt Festival international de nouvelle danse en 2001.Nous sommes très différentes de caractère et dans notre façon de voir le monde, mais il y a une ressemblance physique et une complicité naturelle qui nous unit.» Les deux artistes se connaissent depuis les années 1980 et avaient toujours voulu créer quelque chose ensemble.C\u2019est en 2008 que la pièce a finalement vu le jour.Figure de proue de la nouvelle danse française qui a émergé dans les années 1980, Mathilde Monnier est réputée pour son travail actif de collaboration artistique \u2014 avec le philosophe Jean-liic Nancy, l\u2019auteure Christine Angot et plus récemment le chanteur Philippe Kate-rine \u2014 mené au CCN de Mont- Féminin pluriel pellier entre 1994 et 2014 (elle vient de prendre la direction du Centre national de la danse de Pantin).Elle voulait depuis longtemps travailler sur la figure du clown, raconte La Ribot.«Je me suis lancée là-dedans avec beaucoup de confiance, dit la performeuse d\u2019origine espagnole, longtemps basée à Londres et qui vit maintenant à Genève avec le chorégraphe Gilles Jobin.J\u2019admire profondément l\u2019intelligence collaborative de Mathilde.» Le clown et le thème du burlesque qui en a émergé étaient pourtant loin de l\u2019intéresser au départ.«Pour moi, le comique ne vient jamais sans le tragique», dit celle qui tenait à explorer aussi «la violence et la virilité du clown».Entre le rire et la mort Loin du new burlesque des cabarets féminins clinquants, leurs références communes puisent plutôt dans le cinéma de Fellini (le nom Gustavia est d\u2019ailleurs tiré de ses Clowns), de Tati, et chez les figures comiques anglophones incontournables \u2014 et surtout masculines \u2014 de Buster Keaton et de Charlie Chaplin, mais aussi chez l\u2019Espagnol Charlie Rivel, le Polonais Tadeusz Kantor et l\u2019Italienne Giulietta Masina, souvent appelée le Chaplin féminin.Juchées sur des talons, jambes nues, elles évoluent sur une scène dépouillée couverte de tissus noirs, dont les replis entravent leurs mouvements, révélant la vulnérabilité du corps.«Il y a tout un travail physique lié au burlesque.On est toujours dans un équilibre précaire, dans une virtuosité de la faillite.Le corps doit être très attentif et se laisser aller au trébu- De fortes identités féminines émergent de la saison à l\u2019Agora de la danse.Avant d\u2019accueillir le duo Gustavia, la chorégraphe québécoise Deborrah Dunn (Trial & Bros, Orlando) célèbre Tuni-vers féminin dans Le délire domestique, du 22 au 24 octobre.Sept solos livrés par autant d\u2019interprètes \u2014 dont la chorégraphe elle-mêrne, ainsi que Louise Lecavalier (sur notre photo), Sarah Hanley, Elise Vanderborght et un homme, Dean Makarenko \u2014 mettent sens dessus dessous le rituel du ménage ou de la cuisine pour entrer dans l\u2019intimité poétique ou fantasmée du quotidien.On connaît Dunn pour ses œuvres (souvent solos) teintées de théâtralité, de fantaisie baroque et d\u2019absurde.L\u2019expérience en sera ici multipliée par sept, photo andrécornellier Une coprésentation de TANGENTE BATH HOUSE + CHEREPAKA Andréane Leclerc / Nadère arts vivants Théâtre ESPACE GO\t\t/23S \\ (régulier) 2 (étudiant J 21.22.23.Octobre\t24 19 h 30\t El ESPACE GO\tBilletterie 4890, boulevard Saint-Laurent 514-845-4890\t Québec ?141 sïssr tangente.qc.ca festivalphenonena.con chement, au réel de cette fragilité», explique celle dont le travail oscillant entre performance et danse s\u2019est beaucoup nourri de cette vision du corps.Le comique surgit des postures mimées, répétées, et des impostures clownesques, ponctuées de textes, allant de citations emphatiques tirées du Hamlet de Shakespeare aux écrits de leur cru sur la maladresse, la conjuration de la mort, la femme.Certains critiques y ont vu en filigrane la figure de l\u2019artiste qui tombe et se relève toujours et veut être regardé.Dialogue ou soliloque dédoublé, Gustavia est d\u2019abord porté par les regards croisés de deux femmes aux longs parcours, deux identités artistiques qui se trouvent réunies en un personnage féminin appelant toutes les femmes.Le Devoir GUSTAVIA De Mathilde Monnier et La Ribot, les 24 et 25 octobre au complexe Méduse de Québec; du 29 octobre au 1\" novembre à l\u2019Agora de la danse de Montréal; et le 4 novembre au théâtre Centennial de Lennoxville.Entretien avec les artistes le 27 octobre à l\u2019Agora.DVoir I Des extraits de Gustavia, ledevoir.com/danse t -t V MARC COUDRAIS Mathilde Monnier, à l\u2019avant-plan, et Maria José Ribot, dite La Ribot, dans Gustavia.« Un road trip éblouissant dans l\u2019imagination créatrice de l\u2019un de nos plus grands chorégraphes.» (The Times, Londres) ROYAUME-UNI AKRAM KHAN iTMOi (in the mind of igor) 30 OCT-1 NOV 2014 20 H THÉÂTRE MAISONNEUVE BILLETS À PARTIR DE 34$ DANSEDANSE.CA placedesarts.com DEBORAH DUNN TRIAL &ER0S LE 22,23 ET 24 OCTOBRE 20 H 25 OCTOBRE 16 H DOMESTIQUE MATHILDE MONNIER ET LA RIBOT GUSTAVIA füANCE 29,30,31 OCTOBRE 20 H 1\" NOVEMBRE 16 H\tSSTx CHORÉGRAPHE\tDeborah Dunn INTERPRÈTES\tDelia Brett, Deborah Dunn, Sara Hanley, Andrée Juteau, Louise Lecavalier Dean Makarenko, Elise Vanderborght MUSIQUE\tLukas Pearse, Colleen J y \u2022> #(m K*.CHDREGRAPHES ET INTERPRETES Mathilde Monnier et La Ribot CDLLABDRATIDN SCÉNIQUE\tAnnie Tolleter\t'K RÉALISATIQN SQNQRE\tQlivier Renouf\t' EXTRAITS MUSICAUX\tMeuse on mars, Squarepusher, Cristian Vogel Annie Tolleter\tj Qlivier Renouf Meuse on mars, Squarepusher, Cristian Vogel ¦HR Matthew Shipp, Qlivier Renouf\tJL .LOUISE LECAVALIER / PHOTO ANDRÉ CORNELLIER LA RIBOT ET MATHILDE MONNIER / PHOTO MARC COUDRAIS BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORA DE LA DANSE WWW.AGORADANSE.COM FR» IMAS EJ HÎWs proheLuetia 0 E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 CULTURE>DE VISU TEMOIGNAGE Laventnre singulière de la famille Maeght Le parcours atypique d\u2019un grand marchand d\u2019art et collectionneur français PAUL BENNETT Sur la couverture de La saga Maeght, une petite fille âgée de quatre ou cinq ans lutte contre le sommeil sous le regard amusé de deux «géants», fun tout de noir vêtu, Jacques Prévert, f autre en tenue estivale un peu débraillée, Pablo Picasso.C\u2019est soir de vernissage à la galerie Maeght (prononcez Mag).Elle, c\u2019est Françoise Maeght, surnommée Yoyo par Prévert à sa naissance.Choyée comme ses deux sœurs et son frère par ses grands-parents paternels, propriétaires de la prestigieuse galerie parisienne et artisans de la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence, Yoyo a passé toute son enfance au milieu des peintres et sculpteurs les plus réputés des années 1950-1960: les Braque, Miré, Chagall, Calder et Giacometti.Mais les contes de fées n\u2019ont pas toujours un dénouement heureux.Profitant du 50® anniversaire de la Fondation Maegt, inaugurée le 28 juillet 1964, Yoyo Maeght, écartée du conseil d\u2019administration de la fondation par sa sœur aînée il y a quelques années, rappelle dans La saga Maeght le parcours atypique et l\u2019œuvre exceptionnelle de son grand-père Aimé, marchand d\u2019art, éditeur et collectionneur au- K dacieux.Mais elle y règle aussi ses comptes avec ceux qui, après le décès de ce dernier en 1981, ont selon elle trahi l\u2019esprit et la mission de la fondation familiale: son père Adrien, sa sœur Isabelle et leurs sbires.C\u2019est sa version de l\u2019histoire, empreinte de subjectivité, admet-elle, mais documentée, vivante et nuancée.Divertissant, éclairant Son témoignage, troublant, se divise en trois parties : l\u2019enfance des trois filles et du fils cadet d\u2019Adrien Maeght, père absent, jet-setteur impénitent plus intéressé par la course automobile que par la vie artistique ; la carrière remarquable du patriarche Aimé, passionné de musique et d\u2019arts visuels, confiné d\u2019abord au métier d\u2019imprimeur lithographe à Cannes, puis sa lente ascension après sa rencontre avec Pierre Bonnard et Henri Matisse en 1936, sans négliger le rôle clé joué par sa femme Marguerite ; enfin, dans la troisième partie, l\u2019auteure raconte le déclin \u2014 moins économique qu\u2019artistique \u2014 de l\u2019empire familial après la mort de son grand-père.F\u2019ouvrage vaut surtout par sa peinture du milieu artistique et par le récit des rencontres, des coups de dés et de la détermination qui métamorphosèrent un simple imprimeur en un ami et partenaire des plus grands artistes de son époque.Une lecture divertissante et éclairante pour quiconque s\u2019intéresse à cette période clé de la modernité artistique.Collaborateur Le Devoir LA SAGA MAEGHT Yoyo Maeght Avec la collaboration de Pauline Guéna Robert Laffont Paris, 2014, 334 pages VALERY HACHE AGENCE ERANCE PRESSE Une sculpture de Joan Miré telle qu\u2019elle peut être vue dans les jardins de la Fondation Maeght.a SOURCE BNL MTL/COURTOISIE DE LARTISTE Klara Hobza, Diving Through Europe - Immersion Series, 2013 MINIATURES DU SUD DE L\u2019ASIE DU SAN DIEGO MUSEUM OF ART Musée national des beaux-arts du Québec Québec SS Delta THE SAN DIEGO MUSEUM OF ARL 9 OCTOBRE 2014-18 JANVIER 2015 Cette exposition a été organisée par le San Diego Muséum of Art en collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec./L'empereur MuhsmmsdShah à cheval sur le terrain de chasse (détail), Inde, vers 1720.Aquarelle opaque et or sur papier, 29 x 20,5 cm.Collection Edwin Binney 3rd, The San Diego Museum of Art, 1990.384.BIENNALE SUITE DE LA PAGE E 1 Neshat à Krzysztof Wodiczko, tous veulent éveiller les consciences.Le projet d\u2019Etienne Tremblay-Tardif, Matrice signalé-tique pour la réfection de Véchangeur Turcot, est sa réponse, critique, au débat autour de ce point stratégique de l\u2019urbanité montréalaise.«Je fais l\u2019adéquation entre le politique, l\u2019histoire, la modernité, les interfaces, la révolution, la répression», énumère-t-il.Travail futuriste et utopique, oui, mais prompt à inspirer «un vrai échangeur, une construction plus sensée, qui ne répète pas les erreurs du passé», explique-t-il.L\u2019artiste s\u2019oppose à l\u2019idée de «faire table rase » de l\u2019ancien, plan qui ne tient pas compte de ce qu\u2019est Montréal, avec ses beautés et ses laideurs.Etienne Tremblay-Tardif savoure l\u2019occasion de montrer la rotonde du MACM autrement que comme un lieu de passage.Son installation, un portfolio sur papiers suspendus, sera visible de partout, d\u2019en dessous, comme du dessus.«On n\u2019aura même pas besoin de payer l\u2019entrée au musée [pour la voir] », note-t-il, amusé.Sous la surface, derrière les murs Loin de cette visibilité, le collectif montréalais Adaptive Actions, aussi engagé à gauche, se produira à l\u2019insu du public de la Biennale.Porté sur la rencontre avec les travailleurs de l\u2019ombre, son projet Hétéropolis prendra place dans «divers sites inaccessibles [de] la ville souterraine», énoncent les documents consultés.Ce n\u2019est pas tant la critique de l\u2019homogénéité qui anime le groupe que la reconnaissance de la contribution économique des agents de sécurité, des ménagères, des préposés de toutes sortes.L\u2019avenir, chez Adaptive Actions, passe par l\u2019adoption de nouvelles attitudes.«On croit beaucoup à ce type d\u2019actions avec les travailleurs.On transforme leur espace de travail par des photos ou la discussion», dit Jean-Maxime Dufresne, membre du collectif qui se mettra à l\u2019œuvre en novembre.Ne cherchez pas ces artistes: ils seront «sous la surface des choses, derrière les murs», de manière à contrer SOURCE BNL MTL/COURTOISIE DE LARTISTE John Massey, Now, 2013.Cette épreuve numérique fait partie des quelque 150 œuvres qui seront exposées à la BNL MTL.Il faut soutenir des pratiques locales, les insérer dans un contexte international, amener le regard du monde [sur Montréal] yy Sylvie Fortin, directrice artistique et généraie de BNL MTL «la sur-accessibilité, la sur-visibilité» de la société.Fascinant paradoxe.Avec sa cinquantaine d\u2019artistes et ses 150 œuvres, la BNL MTL cherche vraiment à se placer parmi les incontournables de la planète.A être vue et courue, n\u2019en déplaise à Adaptive Actions.Sylvie Fortin est convaincue d\u2019y parvenir.Elle se fie au sérieux du thème, à la réputation des artistes internationaux et au nombre important d\u2019œuvres inédites (25).La directrice, qui s\u2019amène avec un réseau de contacts bâti pendant son passage à la revue Art Paper (2004-2012), d\u2019Atlanta, est fière d\u2019avoir fait du site Web Artnet le principal partenaire média.«C\u2019est la première fois au Canada qu\u2019on a ce genre de truc, dit-elle.Avec Artnet, c\u2019est un million de personnes qui savent qu\u2019il se passe quelque chose à Montréal » Sylvie Fortin basera son succès sur deux critères: la fréquentation et la notoriété.Dans le premier cas, on vise «Triennale québécoise 2011 + 10 %», soit près de 50 000 visiteurs.Dans le second, on compte sur une importante couverture de presse et sur la circulation d\u2019œuvres coproduites par la Biennale \u2014 les 25 inédites.Une œuvre qui entre dans l\u2019histoire de l\u2019art, que le MoMA achète et sur le cartel de laquelle serait écrit «Produite avec la Biennale de Montréal», la directrice en rêve.Dans son œil à elle, l\u2019avenir s\u2019annonce plus rose que noir.Collaborateur Le Devoir LA BIENNALE DE MONTREAL Dans 14 lieux, du 22 octobre au 4 janvier.DVoir aussi > Une galerie photos rassemblant quelques-unes des œuvres phares de la BNL MTL.ledevoir.com/arts- visuels LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 E 9 IDE VISU Les risques du jeu Deux expositions au Belgo font de la profession d\u2019acteur un lieu d\u2019exploration et de critique V.MOTIVATION (The Actors) D\u2019Alana Riley, à la galerie Joyce Yahouda, jusqu\u2019au novembre.M&A Du duo Goldin + Senneby, à la SBC Galerie d\u2019art contemporain, jusqu\u2019au 22 novembre.MARIE-ÈVE CHARRON AU cinquième étage du Belgo, vous serez directement interpellé par la vidéo d\u2019Alana Riley, Motivation (The Actors) (2012).Elle s\u2019offre à la vue depuis le corridor, par de larges portes, grâce à un réaménagement spécifique des espaces par la galeriste Joyce Yahouda.Le dispositif de présentation amplifie de ce fait la mécanique à l\u2019œuvre dans la vidéo, où défilent à tour de rôle, sur fond neutre en gros plans, des personnes en train d\u2019applaudir.L\u2019artiste poursuit la pratique du portrait qui l\u2019occupe depuis le début des années 2000 en choisissant cette fois de dépeindre des acteurs dans le rôle très particulier de spectateur enthousiaste.Elle superpose ainsi dans une seule image les pôles de la performance (réelle) et de la réception (feinte), implicites à l\u2019expérience de l\u2019œuvre d\u2019art ou d\u2019un spectacle.Non seulement Riley fait en sorte que nous ne sommes plus que des spectateurs de son œuvre, elle retourne également sur nous le regard, et les applaudissements.Le cadrage serré sur les acteurs retient dans le hors-champ l\u2019action des mains qui, rendue de la sorte uniquement audible, contribue à complexifier l\u2019expérience.L\u2019image devient plus engageante par ce hors-champ, manifesté par le son, que nous nous trouvons à partager.Le thème du spectateur revient avec récurrence dans le travail d\u2019Alana Riley.Dans You Are the Work (2011), elle filmait une salle de projection pendant la diffusion de la vidéo de l\u2019artiste conceptuel John Baldes-sari, dont l\u2019action, peindre intégralement une pièce six fois de couleurs différentes, colorait l\u2019assistance.À la même époque, Riley proposait la reconstitution d\u2019unç photo d\u2019atelier du peintre de l\u2019École de New York Barnett Newman, qui se voulait une prescription visuelle sur la façon de faire l\u2019expérience de ses tableaux \u2014 en proximité, le nez collé sur les champs colorés qu\u2019il s\u2019évertuait à sublimer.Il y a eu aussi cette installation vidéo, Ceremoniously (2009), où le visiteur se trouvait bombardé par des extraits d\u2019images montrant des foules en liesse.En plus d\u2019explorer la relation qui lie l\u2019artiste à ses modèles, un enjeu spécifique au Le thème du spectateur revient avec réciu\u2019rence dans le travail d\u2019Alana Riley genre du portrait, ces œuvres retournaient de maintes façons la question du spectateur dont la supposée passivité continue de soulever des soupçons.Toutes les fois, par ses dispositifs, Riley rappelle cependant que le regard est en soi une activité.La force de la présente vidéo se trouve dans la façon de resserrer l\u2019attention sur le domaine du jeu d\u2019acteur et de renouveler par des représentations non conventionnelles l\u2019image du travailleur, un thème cher à l\u2019artiste.Les participants à sa vidéo sont des acteurs en devenir, lesquels pullulent à Los Angeles, où l\u2019artiste réside actuellement et mène des études à la maîtrise en arts visuels.Première œuvre réalisée dans ce contexte.Motivation met le doigt sur les espoirs nourris par ces personnes pour réussir dans le domaine.En leur faisant jouer de fervents spectateurs, c\u2019est leur motivation d\u2019acteur que Riley cherche à révéler.D\u2019où la consigne leur demandant de tenir aussi longtemps que possible l\u2019action devant la caméra.La frontalité du gros plan fixe ne laisse rien échapper de l\u2019expression des visages qui, au fil des minutes parfois très longues, tel un masque, semble tomber ou encore impressionne par l\u2019authentipité et l\u2019intensité de l\u2019action.À la différence des screen tests menés par Andy Warhol dans son atelier, auxquels on pense tant pour le cadrage que pour la volonté des personnes de faire partie de l\u2019écran, l\u2019impassibilité ferait tourner à l\u2019échec.Pour ces acteurs, la condition pour devenir une image est d\u2019applaudir et donc aussi, en un sens, de s\u2019applaudir.Goldin + Senneby À quelques pas de là, à la galerie SBC, les rôles actifs et passifs deviennent aussi poreux alors que le monde du théâtre fait office de contexte.Un acteur, Gerard Harris, per-forme dans l\u2019espace blanc de la galerie qu\u2019il a transformé depuis le début de l\u2019exposition par des taches de peinture et de sommaires figures tracées avec du ruban adhésif coloré.Rapidement, il vous interpellera pour l\u2019aider à répéter son texte en lisant les didascalies.Présenté dans le cadre de la Biennale de Montréal, le projet M&A (pour «fusion et acquisition ») est orchestré par le duo suédois Goldin + Senneby.Depuis 2004, il réalise des œuvres qui interfèrent avec le monde de la spéculation financière.Une de ses œuvres.Fiction and Auction, a déjà vu le jour dans un prestigieux encan Christie\u2019s.Elle fut vendue sur AVEC LA PERMISSION DE L\u2019ARTISTE ET DE LA GALERIE JOYCE YAHOUDA Alana Riley, Motivation (The Actors), 2012, extrait de la vidéo.O =ii Goldin + Senneby, M&A (vue de l\u2019exposition), répétition de théâtre et spéculation financière.la promesse faite à son acheteur d\u2019un rôle dans un roman en cours d\u2019écriture.Ce type de stratégies, qui peut faire penser à la démarche fictionnaliste du Erançais Philippe Thomas (décédé en 1995), cherche à investir par voies narratives et spéculatives des réalités elles aussi désignées de la sorte.L\u2019art (et son histoire) et la finance s\u2019en trouvent ainsi réunis sur un même terrain.Le présent cas fait dépendre l\u2019existence de l\u2019œuvre d\u2019art, la répétition de la pièce de théâ- tre, du marché boursier.En effet, le budget de production de l\u2019exposition est joué en Bourse en temps réel, en fonction d\u2019un algorithme développé par un banquier et un informaticien avec qui les artistes ont collaboré.L\u2019œuvre exploite ainsi le double sens, artistique et financier, des mots «jouer» et «performance», la forme du théâtre exposant précisément de l\u2019œuvre ses dimensions éphémère et immatérielle.Découvert par fragments, voire que partiellement, le texte dramaturgique met en abyme les thèmes poursuivis par le projet.Son caractère absurde souligne l\u2019incompréhension dans laquelle nous plonge la spéculation financière, pourtant rouage d\u2019un ordre mondial.En faisant jouer à l\u2019acteur le rôle d\u2019homme d\u2019affaires, mais aussi de magicien et de pitre même, la pièce rappelle cruellement les conditions de travail précaires dans le domaine culturel, le contrat de l\u2019acteur étant ici littéralement à la merci du marché boursier.GUY L\u2019HEUREUX À moins bien sûr que la performance boursière ne rapporte.Pour cela, il a d\u2019abord fallu courir un risque, tout comme celui de faire de l\u2019exposition un laboratoire.Collaboratrice Le Devoir Une rencontre aura lieu à la galerie SBC le 23 octobre à 14 h 30 avec le banquier d\u2019investissement Paul Leong, l\u2019acteur Gerard Harris et la directrice de SBC Pip Day.* E Enrichissez votre expérience grâce aux visites guidées et à l'audioguide.ACHETEZ VOS BILLETS MBAM.QC.CA Une présentation do MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL fieraCapital metro\tair canada®\tBdl Une exposition organisée par le Los Angeles County Museum of Art (LACMA) et le Kunsthaus Zurich en collaboration avec le Musee des beaux-arts de Montreal.Vincent Van Gogh.Saults au coucher du soMl (détail).1888.Otterlo.Pays-Bas.KrôlIer-MUIIer Museum. E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 CULTURE) JAZZ Lazarus Moan, la formation qui sait tout faire Les Anglo-Montréalais reviennent avec des pièces ciselées qui éveillent la fibre de l\u2019étonnement SERGE TRUEEAUT Lazarus Moan est le nom d\u2019un groupe qui s\u2019appelait autrefois Lil Buck et qui logeait à l\u2019enseigne musicale de l\u2019exception, ou mieux, du remarquable.11 était cela et il le reste.Le Gémissement de Lazare.Intitulé Decorated, son nouvel album en témoigne d\u2019ailleurs avec une éloquence certaine.On a toujours été intrigué par cette formation montréalaise car, hier comme aujourd\u2019hui, elle se distingue du lot, si l\u2019on peut dire les choses ainsi, par son immense.culture musicale ! Que ce soit à l\u2019époque de Lil Buck ou de Lazare, Mark Goodwin, chanteur, guitariste, violoncelliste, flûtiste, producteur et principal auteur-compositeur, Ron Stutz, guitares acoustique et électrique, Stuart Patterson, basse électrique et contrebasse, ainsi que R.D.Harris, batterie, marimba et percussions diverses, cisèlent des pièces qui éveillent la fibre de l\u2019étonnement.Hier comme aujourd\u2019hui, Goodwin et ses complices nous ont toujours fait penser à The Band, le groupe extraordinaire.Attention ! On avance cela non pas parce que l\u2019esthétique musicale, les inclinations mélodiques, les choix rythmiques sont au diapason, mais bien parce que Lazarus Moan a une culture, on le répète, immense.Ce que Lazarus Moan fait aujourd\u2019hui ressemble à ce que The Band faisait hier comme suit: ce n\u2019est pas exclusivement rock, ou blues, ou country, ou pop, ou jazz, ou roots, ou on ne sait quoi, parce que sa musique, son album, c\u2019est tout cela.Le tout avec un souci pour l\u2019expérimentation qui était la marque de Garth Hudson au sein de The Band.Déclinons.Decorated démarre sur les chapeaux de roues avec Watch # Me Pretend, avec des accords, des rythmes, qui font penser au grand déballage sonore qui fit la réputation de The Clash.Le tout augmenté par une section de saxes et de «vocaux arrières» qui enrichissent drôlement.Ensuite ?Decorated et Mon Gris Père proposent des arrangements suffisamment savants, dans le sens le plus noble du terme, pour que l\u2019on puisse tracer la diagonale suivante: à l\u2019évidence, nos amis anglo-montréalais ont une affection certaine pour la grande tradition pop américaine, celle de Cole Porter ou de Burt Bacharach.Par là, on veut souligner le souci qu\u2019ont Goodwin, Patterson, Harris et Stutz pour la chanson bien faite, bien enrobée, qui était la marque de commerce des compositeurs américains évoqués.Dumh Weather, ce morceau fort bien titré, a des résonances qui rappellent les lourdeurs, dans le bon sens du terme, et les riffs de Led Zeppelin, des Kinks, première époque, ou encore de Deep Purple.En clair, ça se défoule, ça déménage, ça décape.Après quoi, Jack Horner Theme.c\u2019est Rameau ou Lully revu et corrigé par le Pink Eloyd A\u2019Atom Heart Mother.Jack Horner\u2019s Problem, c\u2019est le résumé par excellence de cet album.De ce qu\u2019est Lazarus Moan et de ce qui en fait un groupe extraordinaire.VIENNE EN DEUX TEMPS BEETHOVEN BERG SCHUBERT Maison symphonique de Montréal 24 octobre, 19 h 30 BILLETS PARTIR DE Conseil des arts de Montréal en tournée VERDUN 22\toctobre RIVIÈRE-DES-PRAIRIES 23\toctobre SAINT-LAURENT 25\toctobre PIERREFONDS 26\toctobre ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN VANNICKNQEI-SË6UIN JULIAN KUERTI CHEF YUKARI COUSINEAU VIOLON m \t\t t ^ r \u2022 « * .\u2014 CHARLES LEMOYNE Le groupe Lazarus Moan déploie une richesse sur chaque composition.quand bien même ce qualificatif a été galvaudé.Oui, ce morceau est emblématique de l\u2019ampleur de Lazarus Moan, de la richesse que ce groupe déploie sur chaque composition.Le seul regret que l\u2019on a eu à l\u2019écoute de cette production est qu\u2019il a fallu attendre six ans, six ans (!), pour avoir en main un nouvel album de Goodwin et ses amis.Six ans à attendre la voix dominante de Goodwin, les ponctuations rythmiques de Patterson et Harris et le jeu toujours à propos de Stutz.Grrr.PS.: une mention spéciale au saxophoniste Richard Tré- panier, au trompettiste Pierre Sickini et au tromboniste André Verrault, ainsi qu\u2019à l\u2019ingénieur du son Jacques Deveau.Les saxophonistes Yannick Rieu et André Leroux, le pianiste Andy Milne, le batteur Bob Moses, le guitariste John Arbercrombie, l\u2019accordéoniste Richard Galliano, la chanteuse Cécile McLorin Salvant et bien d\u2019autres artistes sont au programme du Eestival de jazz de Québec.Pour les dates, les billets et les lieux, pour l\u2019affiche complète, on vous conseille de fureter sur le site du festival.rory block La trop, trop méconnue chanteuse et gui-'\ttariste de \u2022J\tblues Rory iJrwSl Block poursuit son travail d\u2019encyclopédiste.De quoi?L\u2019histoire du blues ancien.Celui plus exactement des maîtres de la guitare acoustique et en solo.Après avoir consacré des albums aux p\u2019tites œuvres campagnardes de Son House, de Mississippi Ered McDowell, de Gary Davis et de l\u2019immense Mississippi John Hurt, voilà que notre guitariste propose un Skip James pas piqué des vers du coton du Mississippi.L\u2019étiquette?Stony Plain.Dans sa livraison du mois de novembre, le mensuel Down Beat consacre une page au pianiste Vincent Gagnon.On devrait écrire : vante les talents de ce jeune musicien.Le Devoir D Écouter > Un extrait de Mon Gris Père de Lazarus Moan et la pièce Hard Time Killing Floor Blues par Rory Block, ledevoir.com/ musique DÉJEUNER-BÉNÉFICE DIMANCHE 26 OCTOBRE 10 H 30 AU FAIRMONT LE MANOIR RICHELIEU I Hydro Québec présente MuS^ » lundi 2\u20ac cctcbre 2\u20ac14 \u2022 2\u20acli le Cuatucr Eelcea Erahms \u2022 Aiczart \u2022 Eera ^ é.\u2018S' Sous la présidence d'honneur de madame ISABELLE HUDON, présidente de la Financière Sun Life, Québec 418.452.81 1 1 domaineforget.com SÉRIE PIERRE-ROLLAND _ AU THÉÂTRE MAISONNEUVE placedesarts.com placedesarts.com >\u20ac) ^NBRIDGE CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Financière\tPlacements ; Sun Life Sun Life MONDIAUX^*' Québec QQ © brosseau [^Desjardins ©\tC) CGI RENDEZ-VOUS AU: 4380, RUE GARAND, SAINT-LAURENT (MONTRÉAL) JEUDI ET VENDREDI DE 9H À 21 H SAMEDI ET DIMANCHE DE 9H À17H Contactez-nous : 514 849-8589 ou 1 877 849-8589 DU 16 AU 19 OCTOBRE 2014 GRANDE VENTE D\u2019ENTREPÔT DE PIANOS JUSQU\u2019À DE RABAIS+ SUR MODÈLES SÉLECTIONNÉS + Les quantités peuvent être limitées.Ne peut être jumelée à aucune autre offre.Offre en vigueur à l\u2019entrepôt seulement (4380, rue Garanti, Saint-Laurent, Montréal). LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 E 11 CULTURE >CINEMA Signature sous contraintes Le film américain de Philippe Falardeau oscille entre le zist et le zeste THE GOOD LIE (Le beau mensonge) ?1/2 Réalisation : Philippe Falardeau.Scénario : Margaret Nagle.Avec Reese Witherspoon, Arnold Oceng, Ger Duany, Emmanuel Jal, Corey Stoll, Kuoth Wiel.États-Unis, 2014, 110 minutes.ODILE TREMBLAY Premier fdm hollywoodien de Philippe Falardeau, adoubé là-bas après sa nomination à l\u2019Oscar du meilleur film en langue étrangère pour Monsieur Lazhar, The Good Lie est un film qui oscille entre les styles, le sien étant souvent masqué par les impératifs du cinéma américain qui réclament d\u2019appuyer la note.Il s\u2019agit de l\u2019œuvre la plus «mainstream» du cinéaste de Congorama et de La moitié gauche du frigo, même si sa signature demeure visible et si le thème du film \u2014 un regard sur les jeunes orphelins soudanais de la guerre civile de 1983 à 2005, certains recueillis aux Etats-Unis \u2014 rejoint ses préoccupations sur l\u2019immigration et les figures d\u2019altérité.Quant au choix éclairé des acteurs d\u2019origine soudanaise, certains d\u2019exenfants soldats, il aide à apporter un poids de vérité.La machinç promotionnelle du film aux Etats-Unis n\u2019en a que pour l\u2019actrice Reese Witherspoon en porte-voix.Elle n\u2019apparaît pourtant qu\u2019après la première demi-heure, dans un rôle néanmoins plus étoffé que ce que certaines voix américaines, déçues de voir la star reléguée au second plan, donnent à penser.Mais l\u2019histoire ne repose pas sur les épaules de son personnage de travailleuse sociale à Kansas City.Il est toujours délicat de montrer une héroïne blanche venue maternellement sauver des réfugiés noirs de leur détresse.Falardeau, dans The Good Lie, n\u2019échappe pas au piège de l\u2019autocongratulation du drapeau «stars and stripes», mais tente d\u2019en ralentir l\u2019impact et de barbouiller quelque peu la face idéale de l\u2019Amérique.Assis entre deux sièges, il ne peut satisfaire toutefois aucun des publics concernés.Le film est en trois tons et trois segments, sans unité de The Good Lie est l\u2019œuvre la plus «mainstream» du cinéaste de Congorama et de La moitié gauche du frigo lien souple.Le meilleur est cette première partie en Afrique avec des acteurs enfants, collée aux sources du cinéma direct.Tout commence par une attaque brutale au village suivie de la longue marche des jeunes dans la brousse et le désert, confrontés aux animaux et humains prédateurs, à la faim, à la soif, aux maladies, avec survie des uns et mort des autres.La caméra de Ronald Plante a capté de très belles scènes de ce périple à hauteur de pieds qui trébuchent, auxquelles la sensibilité du cinéaste peut se greffer.Après un épisode dans un camp de réfugiés au Kenya, quatre de ces survivants devenus adultes arrivent aux Etats-Unis, la fille étant envoyée à Boston, les trois garçons à Kansas City où l\u2019action se transporte.C\u2019est là que surgit Witherspoon, désormais brunette en Carrie.L\u2019actrice se révèle tonique dans un rôle de fille brouillonne, désabusée mais généreuse au fond.On salue les choix de distribution.Jeremiah (Ger Duany), Paul (Emmanuel Jal) et Mamere (Arnold Oceng) vivent de l\u2019intérieur leurs personnages en choc culturel.L\u2019humour de certaines scènes d\u2019initiation à leur nouvelle vie (le téléphone, la texture et la couleur du Jello, le féminisme, etc.) offre des gags en point d\u2019appui et des répliques souvent savoureuses.Toutefois, plus le film évolue, plus il colle aux codes de convention qui exigent l\u2019émotion à tout prix, alors que le sacrifice de l\u2019un se voit porté aux nues.La musique de Martin Léon, avec plus de finesse au départ, finit par tout enterrer et les bons sentiments par engloutir les pointes de dissidence d\u2019abord semées.Ce qui n\u2019enlève pas à The Good Lie ses qualités, mais laisse sur une note convenue et appuyée, qui plaira peut-être aux Américains (c\u2019est fait pour ça), mais qui lui retire in fine sa griffe d\u2019auteur.Il est par ailleurs dommage que le film, au démarrage mo,deste là-bas, soit coté aux Etats-Unis «13 ans et plus», car il aurait pu initier à des questions de politique étrangère une clientèle familiale, d\u2019office évacuée.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Carole Laure signe avec Love Projet son œuvre la plus personnelle.Voyez comme ils dansent Carole Laure pose un regard tendre sur la génération Y, sur l\u2019art et sur la théâtralité de la vie MANON DUMAIS \\ quelques jours de la A sortie de U)ve Projet, en salle le 24 octobre, Carole Laure n\u2019a jamais paru aussi fébrile.À plusieurs reprises au cours de l\u2019entretien, elle confiera à quel point elle aime son nouveau film tout en ne tarissant pas d\u2019éloges pour les jeunes acteurs qu\u2019elle a entraînés dans ce puzzle narratif porté par la musique polyphonique de son fidèle complice Lewis Furey.«Mes acteurs sont multidisciplinaires: ils savent jouer la comédie, chanter et danser, dit-elle avec admiration.Je voulais de nouveaux visages.parce que ça fait du bien de voir de nouveaux visages! Lewis a auditionné les acteurs un par un pour les tonalités.Ce n\u2019est pas évident de chanter du Lewis Furey, car il y a des chœurs, des voix croisées.» SI le public connaissait déjà les talents d\u2019acteur de Benoît McGinnis et de Ma- galle Léplne-Blondeau, 11 sera ravi de découvrir que tous deux savent aussi exécuter un pas de deux et pousser la chansonnette.Autour de ce jeune couple de danseurs évoluant au sein d\u2019une troupe dirigée d\u2019une main de fer par Tonga (Céline Bonnier, à des lieues de sa vulnérable Suzanne W Unité 9) se retrouvent le réservé Elliot (Tomas Furey, qui signe aussi trois morceaux de la trame s,onore), le volage Marc (Eric Robldoux) et, bientôt, une pulpeuse beauté mère de famille monoparentale nommée Julie (Natacha Flllatrault).«Ce n\u2019est pas ma génération, mais je l\u2019aime beaucoup, dit Carole Laure.La génération Y est différente de la mienne, mais avec des passions de performeurs pareilles aux miennes.C\u2019est mon regard sur la génération de mes enfants, sur l\u2019art et sur la théâtralité de la vie.J\u2019aime beaucoup ces jeunes-là et je voulais montrer leur théâtralité dans la vie comme sur scène, mais aussi montrer la beauté dans la laideur.C\u2019est un regard humain qui ne porte pas de jugement.» Second souffle Affirmant s\u2019être Inspirée de Magnolia de Paul Thomas Anderson et des téléséries pour la structure éclatée et l\u2019utlllsa-tlon de l\u2019ellipse, Carole Laure signe pourtant avec Love Projet son œuvre la plus personnelle, comme si elle avait voulu offrir un survol de sa carrière.Par moments, les voix des jeunes Interprètes semblent faire écho à celle de la cinéaste multidisciplinaire.Impossible de ne pas se rappeler Fantastica de Gilles Carie ou Night Magic de Lewis Furey, de même que les albums Sentiments naturels ou Western Shadows de Laure, lorsque leurs corps se meuvent sensuellement sur la musique de Furey.«Mes trois premiers films [Les fils de Marie, CQ2, La capture) étaient thérapeutiques, j\u2019y transposais des sujets personnels.Love Projet, c\u2019est comme un nouveau départ; il y a une parenthèse entre celui-ci et mes trois autres films, que j\u2019avais tournés très vite.J\u2019ai arrêté, fai pris mon temps, j\u2019ai produit les shows de Lewis.Je me suis donné toutes les libertés.» Ayant recouru une fols de plus aux services du directeur photo Daniel Jobln et du directeur artistique Patrice Bengle, Carole Laure a aussi fait appel à deux amis pour s\u2019assurer de la justesse de son scénario : «Xavier Dolan et Pierre Sian-kowski ont été mes script doctors.Qu\u2019on le dise haut et fort, Xavier est un garçon généreux.J\u2019ai beaucoup travaillé mes dialogues tout en laissant beaucoup les images parler d\u2019elles-mêmes.Je fais mon cinéma en toute sincérité et f espère que l\u2019énergie qu\u2019il y a dans le film et le regard que je porte sur mes personnages vont rejoindre le public», conclut Carole Laure.Collaboratrice Le Devoir WARNER BROS.Dans The Good Lie, des survivants d\u2019un camp de réfugiés au Kenya devenus aduites vont aux Etats-Unis.AIRS DE JEUNESSE r ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN L\u2019APPRENTI SORCIER Le Devoir ET AUTRES DIABLERIES DOMPIERRE MOUSSORGSKI DUKAS M.GOULET GLUCK JEAN-MICHEL MALOUF CHEF MARCELLE MALLETTE VIOLON BENJAMIN MORENCY FLÛTE PRESENTE ^ R.-.BILLETSA 1 y$* PART R DE Theatre Outremont 30 octobre, 19 h jP J \\ AUbatna .AUTISM avec NATHALIE DEROME | STEEVE DUMAIS SIMON BOULERICE | KRIN MAREN HAGLUND SOIZICK HÉBERT | CHRISTINE BELLEROSE BELINDA CAMPBELL | DEKEÇÉ | ETC ¦ à LA SAIlA.ROSSA: ¦ VENDREDI 24'OCTOBRE H 20i^«42l \" THEATRE 514 495-9944 JTREMONT 1248, »l BMlund O.Montréal®\tyiSE'imi E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 iCINEMA L\u2019amour est un baiser glacé.Le film le plus mystérieux des frères Larrieu raconte avec une grande maîtrise une descente aux enfers L\u2019AMOUR EST UN CRIME PAREAIT ?1/2 Réalisation et scénario: Jean-Marie et Arnaud Larrieu, d'après le roman Incidences de Philippe Djian.Avec Mathieu Amalric, Karin Viard, Maï-wenn, Sara Forestier, Denis Podalydès.France, 2014, 91 minutes.ODILE TREMBLAY Les surréalistes et fantaisistes frères Larrieu {Peindre ou faire l\u2019amour, Le voyage aux Pyrénées) font une incursion nouvelle et très réussie dans le polar psychologique, en mettant à leur main un roman de Philippe Djian.Ils ont changé beaucoup d\u2019éléments, notamment la saison, passant du printemps à l\u2019hiver dans les Alpes suisses, eux qui adorent filmer en montagne.Mais les Nordiques que nous sommes s\u2019y retrouvent, et on salue la maîtrise de réalisation des Larrieu, qui s\u2019aventurent brillamment dans les gouffres glacés de la psyché humaine à la Docteur Jekyll et M.Hyde.Ce film n\u2019a pas l\u2019humanité de leurs œuvres précédentes, à la fois généreuses et incongrues.11 s\u2019alimente ailleurs.L\u2019atmosphère exhale l\u2019érotisme et le danger sans pitié pour des personnages en vertige sur la lame de leur rasoir.Les liens sont de l\u2019ordre de l\u2019animalité : tuer ou être tués, se désirer et se déchirer.METROPOLE EILMS Dans L'amour est un crime parfait, le rythme du montage n\u2019offre au spectateur aucun répit.Il doit se laisser égarer, comme dans un conte.Les frères Larrieu renvoient toujours les humains au paysage qui les façonne.Ici, entre crêtes et ravins, entre chalet suisse en huis clos et école de verre où un professeur de littérature don juanesque officie, une jolie étudiante disparaît.Or Marc, le prof (Mathieu Amalric, pour la quatrième fois sous la loupe des Larrieu), l\u2019avait entraînée dans sa couche la veille.Des routes en lacet, une nuit torride, des enquêteurs cachés sous parois de verre, le bal des soupçons.Ajoutez la sœur sexy et incestueuse de Marc (Karin Viard, formidable), une étudiante en rut (Sara Forestier, étonnante), la maman de la victime, belle et mystérieuse (Maïwenn, impériale), dont s\u2019éprend Marc, ainsi que le directeur de l\u2019école (Denis Podalydès), qui traque Marc comme le flic posté pas loin.L\u2019amour est un crime parfait constitue un jeu de piste labyrinthique, un traquenard pour M.Hyde qui s\u2019avance vers la fosse.Et si la finale semble expéditive, elle manie aussi un vrai couperet.Les vertiges sont au rendez-vous partout, dans ces lieux menaçants, dans les regards menteurs, dans les yeux de Mathieu Amalric tantôt ahuris, tantôt affolés ou sur leur garde, un rôle qui sied parfaitement à son profil oblique.Quant à la musique de Caravaggio, elle étincelle comme l\u2019acier.Le rythme du montage n\u2019offre au spectateur aucun répit.11 doit se laisser égarer, comme dans un conte.Ce film, qui tranche avec le ton habituel de la fratrie française, est aussi leur mieux filmé et le plus mystérieux.Une descente aux enfers d\u2019une grande maîtrise.Le Devoir AXIA EILMS Bérénice Bejo et Yvan Attal dans Le dernier diamant.Vraiment pas le vol du siècle Cambrioler est parfois un art, mais l\u2019illustrer au cinéma en est un autre.LE DERNIER DIAMANT ?1/2 Thriller d\u2019Éric Barbier.Avec Yvan Attal, Bérénice Bejo, Jean-François Stévenin, Antoine Basiez France, 2014,108 minutes.ANDRÉ LAVOIE Le cinéaste français Eric Barbier {Le serpent) s\u2019est davantage nourri d\u2019un cinéma célébrant le cambriolage sophistiqué plutôt que de s\u2019inspirer de la plate réalité pour concocter Le dernier diamant.Devant cette mosaïque de truands de pacotille ou dignes de Don Juan, ces prouesses exécutées dans des palaces d\u2019un autre âge et cette romance naissante ne surprenant que les deux principaux intéressés, les comparaisons abondent, et ne sont pas toujours avantageuses.Le souvenir des meilleurs moments Ocean\u2019s Eleven ou encore de The Thomas Crown Affair vient quelque peu nous distraire.Le décor de cette pagaille semble toujours pétrifié dans une grisaille hivernale si caractéristique de l\u2019Europe du Nord, l\u2019action se déroulant principalement à Anvers, là où la vente d\u2019un diamant précieux, le Florentin, doit se tenir.Simon (Yvan Attal) fait partie d\u2019une bande de brigands prête à toutes les contorsions pour le dérober, quitte pour cela à séduire Julia (Bérénice Bejo), celle chargée d\u2019assurer le bon déroulement de la vente à la suite de la mort (suspecte) de sa mère.II faut beauœup de foi pour avaler les couleuvres que Barbier enfile les unes après les autres Simon ne manque ni de ressources ni d\u2019ingéniosité pour tromper sa vigilance, elle qui essaie tant bien que mal de masquer son inexpérience.Elle ne manquera pas d\u2019ennemis pour trébucher, croyant trouver en Simon, déguisé en expert de la sécurité, un allié indéfectible.Eric Barbier, lui, se transforme en artificier pour régler les étapes, les aléas et les tours de passe-passe de ce complot sorti d\u2019un autre âge (du cinéma), avec au passage ces petits relents sexistes à propos d\u2019une femme au statut enviable ayant toujours besoin des services d\u2019un.gentleman cambrioleur.Dans ce contexte, la transformation d\u2019Yvan Attal en «action hero» sans foi ni loi doublé d\u2019un irrésistible séducteur finit par relever de l\u2019acte de foi.11 faut aussi beaucoup de foi pour avaler toutes les couleuvres que Barbier enfile les unes après les autres, faisant surgir d\u2019un peu partout des malfaiteurs, comme si la Belgique était devenue le paradis de la racaille.Ceux-ci empruntent des chemins bien balisés au cinéma, allant des bouches d\u2019aération aux postes de sécurité, ou encore des luxueuses chambres d\u2019hôtel, où bien sûr se joue le destin des riches et célèbres.Ici ils se résument à la figure gracieuse de Bérénice Bejo, que l\u2019on a déjà vue plus habitée {Le passe) et plus enjouée {The Artist).Elle semble s\u2019ennuyer avec une certaine élégance, nous inspirant une posture (à peu près) similaire.Collaborateur Le Devoir Le volcan islandais BJÔRK: BIOPHILIA LIVE ?1/2 Spectacle musical de Nick Fenton et Peter Strickland.Avec Bjork.Grande-Bretagne, 2014, 97 minutes.ANDRÉ LAVOIE Contrairement à bien d\u2019autres chanteuses, Bjork n\u2019est pas seulement excentrique.Ceux qui en doutent encore devront scruter le générique de Bjork: Biophilia Live pour constater à quel point l\u2019artiste multitalentueuse participe activement à l\u2019élaboration de son univers musical, favorisant la création de nouveaux instruments ou jonglant mieux que personne avec la haute technologie.Or ce n\u2019est sûrement pas pour son profil geek que des milliers de Londoniens se sont rassemblés à l\u2019Alexandra Palace, le 7 septembre 2013, pour assister au dernier concert de sa tournée mondiale Biophilia, capté par les bons soins des Britanniques Nick Fenton et Peter Strickland.Jamais très loin de son passé punk, imprégnée aussi des multiples influences qui ont jalonné ses trente ans de carrière, Bjork se présente à ses admirateurs entourée d\u2019une imposante quincaillerie audiovisuelle, flanquée de quelques musiciens, et surtout d\u2019un magnifique ensemble de vingt choristes donnant un réel supplément d\u2019âme à cet imposant assemblage scénique circulaire.Alliant pop sophistiquée et discours à saveur écologique, ce spectacle célèbre les audaces de l\u2019artiste et donne à entendre les pièces marquantes d\u2019un album, Biophilia, qui ne risque pas de bousculer les habitués de sa musique atonale et de ses en-volées lyriques.Car c\u2019est d\u2019abord à eux que s\u2019adresse ce film-concert, refusant de céder aux considérations biographiques ou aux regards indiscrets dans les coulisses.Ce parti pris \u2014 cer- CINEMA DU PARC Dans Biophilia Live, Bjork participe activement à l\u2019élaboration de son univers musical.tains diraient cette soumission \u2014 devant la figure volcanique de la culture islandaise révèle aussi certains écueils, à commencer par l\u2019ombrage fait à cette foule criarde mais qu\u2019on ne voit pour ainsi dire jamais, même lorsque Bjork les supplie de danser.11 faut dire qu\u2019avec sa longue série de laconiques « Thank you» entre deux chansons, le courant ne passe pas toujours à sa pleine intensité.Peut-être espéraient-ils que la vedette de Dancer in the Dark, le grand musical atypique de Lars Von Trier, jette en pâture davantage de succès passés, ce qu\u2019elle fait à l\u2019occasion {Hidden Place, Declare Independence) comme autant d\u2019offrandes à des fans visiblement prêts à lui passer toutes ses excentricités.Ce que Biophilia Live illustre aussi, c\u2019est cet art délicat de conjuguer prouesses musicales, contenu scientifique et extravagances artistiques.Dans l\u2019univers hautement formaté des palmarès et des tournées d\u2019aréna, Bjork apparaît totalement singulière, et d\u2019une farouche exigence; c\u2019est aussi cela qu\u2019observent les 16 caméras déployées autour d\u2019elle par Nick Fenton et Peter Strickland.Collaborateur Le Devoir EXCBNTRIS UAMOUR EST UN CRIME PARFAIT 115 MIN.- JEAN-MARIE ET ARNAUD LARRIEU BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL ET AUSSI A L\u2019AFFICHE MOMMY -XAVIER DOLAN LE VIEUX QUI NE VOULAIT PAS FÊTER SON ANNIVERSAIRE BS (v.o.stf.) - FÉLIX HERNGREN PRIDE : UNE RENCONTRE IMPROBABLE\tBS (v.o.stf.) - MATTHEW WARCHUS CINÉ-CLUB 65+ PRÉSENTE : BA NOI (v.o.stf.) - KHOA LÉ - JEUDI 23 OCTOBRE À13H B'i'l ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.