Le devoir, 2 août 2014, Cahier A
[" 1987, l\u2019âge de l\u2019insolence vu par Ricardo Trogi Page E 1 f > Aménager un jardin pour nourrir les papillons Page d e -?www.ledevoir.co ni ?\u2014 Vents de mer et d\u2019histoire sur l\u2019air de Vive ia rose Page A 7 LE DEVOIR Vol.C V N» 1 7 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 AOUT 2014 8 3$ + TAXES La trêve de Gaza vole en éclats Bain de sang à Rafah LAURENT LOZANO SAKHER ABOU EL OUN à Gaza La guerre dans la bande de Gaza, où les hostilités étaient censées s\u2019arrêter à la faveur d\u2019une trêve, est repartie de plus belle depuis vendredi avec un nouveau bain de sang pour les Palestiniens à Rafah, où un soldat israélien a probablement été capturé.Au moins 107 Palestiniens ont été tués et plus de 350 blessés depuis vendredi à Rafah lors des opérations militaires israéliennes qui ont suivi la disparition dans le secteur de cette localité du sud de la bande de Gaza d\u2019un sous-lieute-nant israélien probablement fait prisonnier, selon les secours locaux.Dans la nuit de vendredi à samedi, au moins 35 Palestiniens ont été tués à Rafah lors de trois raids de l\u2019aviation israélienne.Quinze des victimes, dont cinq enfants âgés de 3 à 12 ans, faisaient partie de la même famille dont la maison a été détruite, a précisé le chef des services de secours, Ashraf al-Qodra.Auparavant, cinq corps de Palestiniens ont été découverts vendredi dans la soirée sous les décombres de bâtiments à Rafah, tandis que deux autres VOIR PAGE A 8 : TRÊVE Lire aussi > Perspectives.Le triple non des Gazaouis.L\u2019armée de l\u2019État hébreu et la loi.Page B 2 Libre opinion.Au cœur de l\u2019été, la guerre.1914-2014.Page B 4 Aujourd\u2019hui Livres > La série estivale Poste scriptum.El clavadista.Page E1 Actualités > Ebola.Les pays prennent de nouvelles précautions.Page A 3 Annonces.C 7 Éditorial.B 4 Avis légaux.C 6 Motscroisés B 6 Carrières.C 4 Sports.C 7 Décès.C 7 Sudoku.D 4 k AGENCE ERANCE-PRESSE Carte postale colorisée montrant un fantassin français prêt à monter à l\u2019assaut en pantalon rouge garance, du nom de cette plante qui produit un rouge visible à des mètres à la ronde, au début de la Première Guerre mondiale en 1914.Voyage au cœur de la citoyenneté active Imaginer et vivre nos espaces collectifs autrement, voilà le défi que se lancent des centaines de Québécois chaque jour.En marge des structures établies, ces «supercitoyens» bousculent leur milieu respectif pour tenter de changer le monde tous ensemble.FLORENCE SARA G.FERRARIS AU bout de la rue Saint-Joseph à Québec, des bancs de bois usés semblent un peu perdus au milieu de l\u2019espace bétonné, comme s\u2019ils avaient été oubliés.Un peu en retrait, à l\u2019ombre de l\u2019église adjacente aujourd\u2019hui occupée par une coopérative, un jeune homme observe les passants curieux s\u2019arrêter.Là, un père et sa fille s\u2019assoient pour déguster une glace.A quelques jets de pierre, un groupe d\u2019amis rigolent, à califourchon sur un des sièges rustiques.Plus tard, une petite foule s\u2019attroupe autour d\u2019un jam improvisé.Sourire aux lèvres, l\u2019observateur range son carnet de notes et reprend sa route.Premier essai du Collectif VOIR PAGE A 8 : INITIATIVES PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le Village éphémère au pied du pont Jacques-Cartier Dossier > Des citoyens de partout au Québec repensent leur espace de vie chaque jour.Une jurisprudence créative, des trottoirs garde-manger, la cogestion pour mieux rêver, rebâtir les ponts et des élus dans la marge.Pages A 4 et A 5 La mémoire de LA Grande Guerre Là où tout a commencé La France se souvient de la première « guerre totale ».Un conflit qui annonce le siècle le plus meurtrier de l\u2019Histoire.Eclatait il y a cent ans ces jours-ci la Première Guerre mondiale, un conflit qui allait faire sur quatre ans 20 millions de victimes.Qu\u2019en reste-t-il aujourd\u2019hui en France, en Allemagne, au Québec?Premier d\u2019une série de quatre textes.CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris Lors des premiers combats d\u2019août 1914 autour du village de Mangiennes à la frontière belge, les fantassins français montèrent à l\u2019assaut en pantalon rouge garance, du nom de cette plante qui produit un rouge visible à des mètres à la ronde.Exactement comme en 1870! De plus, les officiers qui mènent leurs hommes à la mitraille ne se couchent pas face à l\u2019ennemi.Ce qui provoquera une véritable hécatombe dans le commandement français.«Les soldats français n\u2019ont pas encore compris que la guerre a radicalement changé de nature, dit l\u2019historien Michel Laval.Ils mènent une guerre napoléonienne classique avec des offensives à découvert.» Un peu comme s\u2019ils étaient sur les plaines d\u2019Abraham.L\u2019Allemagne a déclaré la guerre à la Russie le 1®\u2019\u2019 août, à la France le 3.«Honneur»^ «devoir», «sacrifice», «patrie», tels sont les mots qui résonnent à l\u2019esprit des milliers de conscrits français qui accourent de toute la France vers la frontière allemande.«Cest presque inimaginable aujourd\u2019hui, mais on ne va pas à la guerre à reculons, explique l\u2019auteur de Tué à l\u2019ennemi.14-18 CENT ANS APRÈS VOIR PAGE A i MEMOIRE wmmm PARIS MAICH |4 L'ÉCOLE DE LA PARTICIPATION CITOYENNE 13-16 AOÛT 2014 A L'UNIVERSITE MCGILL VOIX PUBLIQUES MURIEL BOWSER DENIS CODERRE VÉRONIQUE HIVON MYLÈNE PAQUETTE MÉLANIE JOLY VINCENT MARISSAL MANON MASSÉ CAROLE BEAULIEU HUGO LATULIPPE ET PLUSIEURS AUTRES! VENEZ LES RENCONTRER À L'ÉCOLE D'ÉTÉl O @INM_voix #ee2014 INSTITUT DU NOUVEAU MONDE L'École d'été est soutenue financièrement par le Secrétariat a la jeunesse dans le cadre de la stratégie d'action jeunesse 2009-2014 51^1 QuébeegS ^ LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ELECTIONS DU QUEBEC Montréal @ P McGill esN ®\t^13 LE DEVOIR cso la fonct on pub que n métr® journalmetro corn A 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AOUT 2014 ACTUALITES MÉMOIRE SUITE DE LA PAGE 1 La dernière guerre de Charles Péguy (Calmann-Lévy).Le gouvernement avait prévu 14 % de défection, il n\u2019y en aura pas 1%! Les soldats portent avec eux un certain nombre de valeurs dont on a pratiquement oublié la signification : le sens du devoir, de l\u2019honneur, l\u2019acceptation du sacrifice, le courage face à la mort et le sens de la patrie.La correspondance de l\u2019époque en parle constamment.Et cela ne faiblira pas pendant quatre ans.» La «barbarie universelle» «Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle», écrit l\u2019écrivain et patriote Charles Péguy qui tombera quelques jours plus tard près de Meaux face aux mitrailleuses allemandes, il est convaincu comme tant d\u2019autres que ce qui se joue, «c\u2019est la liberté du monde».Dans un de ses éclairs de génie, Péguy semble même avoir entrevu l\u2019âge du «mal universel humain» et de la «barbarie universelle» qu\u2019annonce cette Première Guerre mondiale.Allemands, Anglais et Autrichiens ont compris, eux, que la guerre a changé de nature, qu\u2019elle est devenue une «guerre totale», pour reprendre le titre du livre d\u2019Erich Ludendorff {Der totale Krieg), général en chef des armées allemandes.Pour l\u2019historienne française An-nette Becker, «la dichotomie habituelle entre le front et l\u2019arrière ne joue plus».Soldats et civils sont maintenant dans le même bain.Pour gagner, il faut terrasser non seulement l\u2019armée ennemie, mais aussi l\u2019économie du pays et les civils comme en témoignent les milliers d\u2019iimocents belges exécutés par les Allemands dès les premières semaines.Pour Michel Laval, on assiste à une mutation anthropologique.«C\u2019est la guerre de masse, anonyme, indifférenciée, à caractère industriel et chimique où La guerre en boucle l\u2019on ne voit même plus son ennemi.Cette guerre va changer le rapport des hommes à la mort et au respect de l\u2019homme.» Le philosophe tchèque Jan Patocka y vit la preuve que «le monde était mûr pour sa fin ».L\u2019historien Stéphane Audoin-Rouzeau a illustré avec sa propre famille {Quelle histoire, un récit de filiation, Gallimard/ Seuil) comment les traumatismes de la Grande Guerre ont traversé les générations.«Pour moi, le XX\u201d siècle dans sa dimension tragique commence en 1914, dit-il.S\u2019impose à ce moment, à une très grande échelle, un nouveau modèle de guerre extraordinairement meurtrier.Pour un historien français, c\u2019est encore plus déterminant.En Erance, la Grande Guerre est à la fois la première et la dernière grande catastrophe du XX siècle avec une mortalité incroyable.Les deux tiers de la société française sont en deuil.» Le deuil n\u2019est pas terminé 11 n\u2019y a pas de pays où les traces de la Grande Guerre sont plus prégnantes qu\u2019en France.Pas un village, pas une commune où ne s\u2019élève un monument en l\u2019honneur des victimes.Et pour cause, jamais la France n\u2019avait vécu et ne revivra un tel massacre.Or, les historiens s\u2019entendent généralement pour dire que la France ne voulait pas cette guerre.Le 10 mai, elle venait d\u2019élire le gouvernement de gauche de Raymond Poincaré opposé à l\u2019extension du service militaire à trois ans.Mais, si le souvenir français est si vivace, c\u2019est aussi que jamais la France ne revivra un tel état de grâce, explique Michel Laval.Ce qu\u2019on a appelé ï«union sacrée» était alors total.Le fondateur du Devoir, Henri Bourassa, aura de belles phrases à ce sujet.Même la gauche pacifiste se rallie.Comme si Jaurès, Péguy, Barrés et Maurras parlaient soudain d\u2019une même voix.«La Erance est alors perçue comme la terre du droit et de la liberté, dit Laval.Les volontaires étran- JEAN-FRANÇOIS ZANTE CC Détail d\u2019un vitrail de l\u2019église Saint-Rémi, à Mangiennes en France, réalisé par Joseph Benoit, maître-verrier de Nancy en 1926.La scène faitvivre une attaque de 1916.C\u2019est un aumônier militaire (l\u2019abbé Charles Umbricht) qui, d\u2019un signe de main, lance la charge et de l\u2019autre élève son crucifix au-dessus des soldats et du champ de bataille avec en arrière-plan un village lorrain détruit gers vont d\u2019ailleurs se bousculer dans les bureaux de recrutement.Parmi eux, l\u2019écrivain suisse Biaise Cendrars.On ne voit pas ça en Allemagne.Il faut voir les Arméniens qui se mobilisent II y a des affiches en yiddish à Paris qui disent que le temps est venu pour les Juife de payer leur tribut à la nation qui les a émancipés.Dans les Antilles, les députés noirs appellent les hommes à se mobiliser pour défendre la patrie qui les a libérés de l\u2019esclavage.La Erance entraîne avec elle les populations étrangères qui sont sur son territoire.» L\u2019année 1914 marque l\u2019entrée dans un « âge de la guerre » qui va de la Guerre russo-japonaise (1904) à la guerre de Corée, estime l\u2019historien Stéphane Audoin-Rouzeau.«La Première Guerre mondiale produit les totalitarismes qui permettront la Seconde Guerre mondiale», dit-il.Sans minimiser le caractère exceptionnel de la Shoah, il voit dans la Première Guerre toutes les traces de la Seconde : camps de concentration et de travail, pogroms, racisme antislave, déportations massives des civils et génocide des Arméniens.Le juriste polonais Rafal Lemkin, qui inventa le mot «génocide» en 1943, était convaincu d\u2019avoir trouvé ce «chaînon manquant» en étudiant la Grande Guerre.Selon Audoin-Rouzeau, la chute du mur de Berlin a tué le dernier avatar idéologique et politique de cette guerre : le communisme né en 1917.À partir de 1989, la carte de l\u2019Europe se remet en mouvement rappelant étrangement les traumatismes de 14-18 dans les Etats baltes, en Yougoslavie et en Tchécoslovaquie.« Un cycle se termine et en se terminant, il ramène la tension vers les débuts.On a l\u2019impression qu\u2019une boucle est bouclée.» Peu porté sur la nostalgie, Stéphane Audoin-Rouzeau estime pourtant qu\u2019il n\u2019est pas étonnant que la France d\u2019aujourd\u2019hui, en pleine crise identitaire, ait la nostalgie de cette époque.«La Erance de 1914 est l\u2019antithèse de celle d\u2019aujourd\u2019hui.C\u2019est une Erance homogène, capable de s\u2019unir, dynamique dans son économie et une grande puissance.» Tout ce que la France découvre sur le tard qu\u2019elle n\u2019est peut-être plus.L\u2019historien est d\u2019ailleurs convaincu que le deuil de 1914-1918 n\u2019est pas terminé.Le foisonnement des films {La vie et rien d\u2019autre de Bertrand Tavernier), des bandes dessinées (Tardi) et des livres sur la Grande Guerre {Les champs d\u2019honneur de Jean Rouaud, La chambre des officiers de Marc Dugain) en est le témoignage, dit-il.«Les grands traumatismes collectijs sont souvent portés par la troisième génération.La première subit.La seconde se tait.C\u2019est la troisième qui parle.» Le Devoir Lundi .\u2022 L\u2019Allemagne redécouvre la Première Guerre mondiale TREVE SUITE DE LA PAGE 1 Palestiniens étaient tués par des obus de chars israéliens.Trois Palestiniens ont d\u2019autre part trouvé la mort à la suite de tirs de chars à Khan Younès, situé à proximité de Rafah, tandis que quatre autres étaient tués dans la ville de Gaza, a ajouté le porte-parole.La crise s\u2019est aggravée au moment même où un cessez-le-feu de 72 heures entre Israël et le Hamas devait apporter un peu de soulagement au 1,8 million de Gazaouis prisonniers de l\u2019enclave soumise à un déluge de feu.La trêve entrée en vigueur à 8 h locales et censée permettre aux habitants durement éprouvés de se réapprovisionner et d\u2019enterrer leurs morts n\u2019aura pas tenu deux heures.Selon le nouveau bilan, 1656 Palestiniens, très majoritairement des civils, ont été tués en 26 jours de conflit.Selon l\u2019ONU, les trois quarts des morts sont des civils, dont de nombreux enfants.Soixante-trois soldats et trois civils ont perdu la vie côté israélien.Capture d\u2019un soldat Les chances d\u2019une pause durable semblent plus éloignées que jamais, après la probable capture par l\u2019ennemi d\u2019un sous-lieutenant âgé de 23 ans, Hadar Goldin.Deux soldats israéliens ont été tués au cours de l\u2019affrontement qui aurait conduit à la capture du sous-lieutenant Goldin, près de Rafah.Israël et le Hamas se sont renvoyé la responsabilité du nouvel échec de cette trêve, la première que les deux camps avaient acceptée depuis le 8 juillet.Selon l\u2019armée israélienne, des soldats engagés dans la destruction d\u2019un tunnel du Hamas près de Rafah ont été attaqués par des «terroristes» sortis de terre vers 9 h 30, alors que la trêve était en vigueur.Un kamikaze s\u2019est fait sauter, a rapporté le porte-parole de l\u2019armée, Peter Lerner.La ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, qui fait partie des huit membres du cabinet de sécurité, a accusé le Hamas d\u2019être responsable de la disparition du sous-lieu-tenant.«Le Hamas paiera le prix fort et, si ce n\u2019était pas encore suffisamment évident, le monde sait désormais qui est responsable des destructions et du sang qui coule dans la bande de Gaza», a-t-elle affirmé citée par le site d\u2019informations israélien Walla.Personne n\u2019a revendiqué d\u2019enlèvement.Dans la nuit de vendredi à samedi, la branche militaire du Hamas a affirmé ne pas disposer d\u2019information sur ce soldat porté disparu.Le Hamas avait auparavant assuré n\u2019avoir mené aucune opération après l\u2019entrée en vigueur de la trêve.Pour le porte-parole de l\u2019organisation islamiste à Gaza, Fawzi Barhum, «c\u2019est l\u2019occupant qui a violé le cessez-le-feu».Sa branche armée, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a indiqué que les affrontements dans le secteur de Rafah ont eu lieu à 7 h locales, soit une heure avant l\u2019entrée en vigueur d\u2019un cessez-le-feu humanitaire.Négociations Le président américain Barack Obama a appelé à la libération «dès que possible» et «sans condition » du soldat, estimant en outre qu\u2019un cessez-le-feu serait «très difficile» à mettre en place si le Hamas ne parvenait pas à «tenir ses engagements dans le cadre d\u2019un cessez-le-feu».11 a aussi demandé à ce que davantage d\u2019efforts soient faits pour protéger les civils à Gaza, «pris au piège des combats».Le secrétaire général de l\u2019ONU, Ban Ki-moon, a également exigé la libération immédiate du soldat.La capture d\u2019un de ses soldats est une ligne rouge pour Israël.La capture en juin 2006 du soldat franco-israélien Gilad Shalit avait déclenché cinq mois d\u2019opérations militaires dans la bande de Gaza.Le soldat avait été libéré en octobre 2011 en échange d\u2019un millier de prisonniers palestiniens.Au cours d\u2019un entretien téléphonique avec le secrétaire d\u2019Etat américain, John Kerry, le premier ministre Benjamin Nétanyahou cité par ses services a prévenu que le Hamas et les autres organisations combattant Israël auraient à supporter les conséquences de leurs actes.Des négociations étaient pourtant censées s\u2019engager vendredi au Caire pour que le cessez-le-feu puisse durer plus longtemps que les précédentes trêves unilatérales et toutes ayortées.Malgré cet échec, l\u2019Egypte a assuré que son invitation aux délégations israélienne et palestinienne tenait toujours.Une délégation palestinienne composée de représentants du Hamas, de son allié le Djihad islamique et du Fatah devait se rendra au Caire ce samedi «quelles que soient les circonstances», a indiqué le président palestinien.Mahmoud Abbas, dans un communiqué.L\u2019opération militaire «Bordure protectrice » déclenchée le 8 juillet vise à faire cesser les tirs de roquettes du Hamas et du Djihad islamique.Agence France-Presse INITIATIVES SUITE DE LA PAGE 1 Le Banc, ces «bancs d\u2019église» déployés en septembre dernier au cœur du quartier Saint-Roch se voulaient une manière de redonner, voire de révéler, aux résidants du secteur «les possibles» des lieux.Depuis, les membres du collectif originaire de Québec s\u2019amusent à occuper le territoire de la ville de façon ponctuelle et éphémère.Un peu comme des «laboratoires urbains», de nombreuses initiatives du même genre voient le jour de plus en plus, prenant d\u2019assaut les milieux de vie pour les ramener à l\u2019échelle humaine.Urbanisme tactique, agriculture urbaine et projets d\u2019économie alternative sont autant d\u2019exemples de cette nouvelle façon d\u2019aborder le vivre-ensemble.Dans cette lignée, le Centre d\u2019écologie urbaine de Montréal a lancé un appel aux citoyens ce printemps dans le but de « transformer la ville».Pour le chargé de projet Cédric Jamet, l\u2019idée était surtout A «offrir un espace d\u2019échange aux véritables praticiens de la ville, soit ceux qui l\u2019habitent et qui y sont attachés».Persuadé que ces rêves collectifs se seraient réalisés sans le soutien du Centre, il précise toutefois que travailler de concert avec ces amoureux de la cité lui permet de créer des réseaux, de mettre des gens qui ne se seraient peutêtre jamais parlé en relation.Car si ces initiatives citoyennes ont un impact direct et quasi immédiat sur le milieu dans lequel elles s\u2019inscrivent, c\u2019est la force du nombre \u2014 et on en compte des centaines à la grandeur du Québec \u2014 qui leur donne un véritable pouvoir de changement.«Tout le monde a son idée de ce qui ne suffit pas à la ville, et le faire chacun chez soi est déjà incroyable, insiste-til avec un sourire.Mais imaginez si nous décidions de réfléchir à ce dont nous avons besoin ensemble.» Citoyenneté plurielle De plus en plus bruyantes, ces démonstrations citoyennes piquent la curiosité du milieu universitaire qui, habitué d\u2019étudier les va-ef vient du communautaire, a bien de la difficulté à en cerner les contours.C\u2019est qu\u2019on peut difficilement en brosser un portrait précis puisqu\u2019il semble exister autant de manières de faire que d\u2019individus qui s\u2019impliquent.« On a longtemps voulu nommer les choses de, manière idéologique, avance la professeure à l\u2019École des affaires publiques et communautaires de l\u2019Université Concordia Anna Kruzynski, qui étudie cette mouvance depuis quelques mois.Aujourd\u2019hui, ce sont davantage les affinités qui unissent les gens.Si on habite le même lieu, qu\u2019on partage des intérêts, des rêves, il y a une confiance qui s\u2019établit.Quand on interroge les gens sur le sujet, ils disent souvent qu\u2019ils se sont retrouvés.» Sans être en complète rupture avec ce qui se faisait au lendemain de la Révolution tranquille ou lors de l\u2019émergence du communautaire, cette « nouvelle vague » d\u2019implication citoyenne possède sa propre signature qui la rend fondamentalement unique.Très portée sur le «faire soi-même » [le fameux DIY] et le «vivre maintenant», cette génération de tous âges rejette les conventions établies, que celles-ci soient politiques ou issues du milieu militant lui-même.«Ce sont des gens, des groupes, portés par l\u2019action directe, soutient Anna Kruzynski.Ils fonctionnent sans intermédiaire, sans demander la permission.C\u2019est du \u201cbottom-up\u201d à l\u2019état pur [l\u2019intégration des structures officielles se faisant souvent après le passage à l\u2019action].» Ainsi, ce n\u2019est qu\u2019une fois les légumes bien en- a.Ça fait longtemps qu\u2019il y a quelque chose qui se trame.Comme un rhizome endormi sous la terre.)) Anna Kruzynski, professeure à l\u2019Université Concordia racinés dans le Jardinet des mal-aimés, cette saillie de trottoir réinvestie par les résidants de Rosemont, que l\u2019arrondissement montréalais a manifesté son intérêt.Même son de cloche du côté des Incroyables Comestibles.Nés en Angleterre, ces pionniers en agriculture urbaine contemporaine ont vu leur idée se répandre comme une traînée de poudre, faisant des petits jusque de ce côté-ci de l\u2019océan.Aujourd\u2019hui, on en dénombre plus d\u2019une dizaine «déclarés» au Québec.Encore une fois, c\u2019est de manière spontanée que l\u2019opération s\u2019est amorcée dans des bacs à fleurs appartenant à la Ville à l\u2019angle des rues Roy Est et Saint-Hubert en 2012.Deux ans plus tard, juste sur le Plateau, l\u2019administration a prévu une trentaine de bacs pour cette «nourriture à partager».«Les modes de participation changent avec les générations, ajoute la professeure au Département de communication sociale et publique de l\u2019Université du Québec à Montréal Mireille P.Tremblay.Ce n\u2019est pas surprenant de voir qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019implication ne se fait plus de manière \u201ctraditionnelle\u201d via les lobbys, les partis politiques ou les organisations en place.» Moins organisé et plus spontané, donc ?Pas nécessairement, selon Anna Kruzynski.«Ça fait longtemps qu\u2019il y a quelque chose qui se trame.Comme un rhizome endormi sous la terre.» Issues de la lignée des protestations en marge des sommets du millénaire, d\u2019Qccupy et, plus récemment, de la grève étudiante de 2012, ces initiatives s\u2019inscrivent dans un mouvement de citoyenneté active.«L\u2019idée est d\u2019aller au-delà du geste électoral», explique Juan Carlos Lon-dono, l\u2019un des instigateurs de 100 en 1 jour à Montréal, un projet qui consiste à générer une centaine d\u2019interventions dans la ville en une journée afin de la rendre meilleure.Afin «d\u2019exercer sa citoyenneté au quotidien, d\u2019activer cette prise de conscience que nous sommes capables de créer la ville que nous voulons».D\u2019où l\u2019intérêt de s\u2019émanciper des structures, souvent trop lourdes pour vivre l\u2019instant présent.Car tout est là aussi, dans cette idée qu\u2019il faut agir vite et maintenant, dans cette mouvance du «lighter, quicker, cheaper» empruntée à l\u2019urbanisme tactique.«On se rend de plus en plus compte que, collectivement, on n\u2019a plus les moyens [de faire gros] et qu\u2019on n\u2019a plus le temps d\u2019attendre», lance Martin Paré, vice-président de l\u2019Association des designers urbains du Québec, qui est à l\u2019origine, entre autres, du Village éphémère qui s\u2019enracine depuis peu sur la friche au pied du pont Jacques-Cartier.Ancrés dans l\u2019instantané, fondamentalement positifs et un brin trop lucides par moments face aux instances officielles, ces révélateurs des possibles s\u2019approprient la «politique de l\u2019agir» et foncent, quitte à bousculer un peu sur leur passage.« Ça va bien au-delà du devoir ou du vouloir, insiste Juan Carlos Londono.C\u2019est l\u2019idée que, chaque jour, je me dis que je peux changer les choses.Après, le pari, c\u2019est de souffler sur nos étincelles et souhaiter que le feu s\u2019étende.» Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 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450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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