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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2014-06-14, Collections de BAnQ.

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[" Incursion dans l\u2019atelier in vivo du chef Yannick Nézet-Séguin Page E 3 Le Journal de Montréal, 50 ans et toujours fidèle on doit à ses Origines Page e 7 CUITÜRE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUIN 2014 fT RENAUD CORLOUER SYLVAIN CORMIER Peux pas m\u2019empêcher de rappeler à Catherine Ringer que, pour moi, tout a commencé par les Rita Mitsouko, il y a un quart de siècle.Février 1989.Ma première entrevue, obtenue à l\u2019esbroufe, mon copain Alain avait fait le photographe et moi, le journaliste rock.On avait dit qu\u2019on était de Continuum, alors le journal étudiant de l\u2019UdeM: ça avait suffi au relationniste.On était diplômés de 20 ans de sous-sol à Montréal-Nord, en vérité.Finalement, faute de réussir à fourguer le papier ailleurs, on gvait abouti à.Continuum.A la rencontre du destin et, un an et demi plus tard, du Devoir.«Ah! C\u2019est mignon, ça!» La Ringer rit de bon cœur à son bout de fil.«Alors, bon anniversaire! Ça s\u2019était bien passé, au moins?» Oui.Tellement que j\u2019ai compris sur place que les mots et la musique, c\u2019était mon lot, ma vie.Qu\u2019on parlait le même langage, les Rita et moi, qu\u2019à la base on était fans de James Brown, tous.On avait rigolé beaucoup, elle appelait Mister Bidouille son cher Fred, parce qu\u2019il traficotait ses guitares.Pensée pour Fred Chichin, parti asticoter Jimi Hendrix en 2007.Coup du destin, ça aussi.«Il y a des moments comme ça, dans une vie, hein ?Où ça arrive parce que ça doit arriver», résume-t-elle.La mort qui frappe, la vie qui tv+a et Aes \\\\ Notre trio existe comme un univers en soi yy Eduardo Makaroff surgit, l\u2019oc-,\tcasion que l\u2019on saisit.A preuve, cette nouvelle alliance inattendue et inespérée qui s\u2019appelle Plaza Francia.«Quand j\u2019ai eu Eduardo Makaroff au téléphone, raconte-t-elle, et qu\u2019il m\u2019a proposé de chanter des tangos qu\u2019il avait écrits avec son pote Christoph H.Müller de Go-tan, fai senti un p\u2019titfrisson intérieur.Comme si je savais que quelque chose comme ça devait arriver.Une rencontre comme ça est un cadeau de la vie.» Destin, y a pas d\u2019autre mot.L\u2019Argentin Makaroff et le Suisse Millier, les deux têtes chercheuses de l\u2019extraordinaire et planétaire groupe de tango électro Gotan Project, avaient en tête une courte liste de chanteuses pour leur «new tango song book».Mais parler d\u2019abord à Catherine Ringer, c\u2019était pour Eduardo «tenter le grand coup, un destin un peu provoqué».Pas d\u2019intermédiaire, pas de filtre, ça s\u2019est joué à la gouaille et à l\u2019oreille.« On a tout fait nous-mêmes, exulte Eduardo à SON bout du fil.Catherine a tout simplement dit: oui, envoyez-moi des choses.Elle a bien aimé, elle est venue faire des maquettes, on a été chez elle en faire d\u2019autres, après elle est venue voir comment on a enregistré les arrangements avec Gustavo Beytelmann, qui est un grand maestro.Rien de planifié dans un bureau de maison de disques, ça c\u2019est sûr! De toute façon, nous, au départ, on voulait pas un disque de fameux duos, on voulait vivre une expérience avec des chanteuses qui avaient le même esprit d\u2019aventure que nous, et pour l\u2019aventure, Catherine, elle était plus que partante ! » Un trio, un nom, im répertoire Une fois trouvés, ils se sont nommés.Le trio se présente à l\u2019enseigne de Plaza Francia, qui est une place publique à Buenos Aires, évoquant tout naturellement l\u2019Argentine et la France.L\u2019entité Millier & Marakoff existait déjà pour une foultitude d\u2019activités autour du Gotan Project, il ne suffisait pas d\u2019ajouter la Ringer à l\u2019affaire, façon Medeski, Martin & Wood.«C\u2019est vraiment un groupe, affirme Eduardo.Notre trio existe comme un univers en soi.C\u2019est une entente professionnelle, artistique et humaine qui peut durer bien plus que cet album [A New Tango Song Book] et cette tournée que nous avons commencée en avril [triomphes homologués un peu partout, et dûment médiatisés au Printemps de Bourges].» «Vous savez, continue-t-il, le tango argentin est pour nous un océan très large, très profond, inépuisable.Nous avons tenté, avec Gotan Project, de repousser les frontières du tango instrumental, provoqué des rencontres avec d\u2019autres champs musicaux, essayé de renouveler le genre, mais la grande mission de Plaza Erancia est de relancer la création de chansons pour le tango, au-delà de ce répertoire de standards que l\u2019on rejoue, rejoue, rejoue, depuis un siècle.Nos morceaux peuvent être des réussites ou pas, mais l\u2019important est la démarche, le geste.Il y a beaucoup de jeunes qui apprennent ce langage musical: il faut savoir jouer les standards comme en jazz, mais comme VOIR PAGE E 4 : FRANCIA E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUIN 2014 NOUVEAU JAZZ LIBRE DU QUEBEC P ENDIRKT DU SUONI PER IL POPOLO CULTURE La résurrection du Jazz libre du Québec SERGE TRUEEAUT Avant-hier, il se faisait rare.Hier, il l\u2019était moins.Aujourd\u2019hui, il se manifeste au grand jour.Bon.Le sujet commun aux trois phrases précédentes s\u2019appelle le vinyle.Celui envoyé par GuyThouin, batteur du Nouveau Jazz libre du Québec (NJLQ), comme il fut celui de l\u2019ancien.Déclinons.11 y a peu, donc, on a eu droit à une double surprise.La surprise numéro 1 ?Un enregistrement du NJLQ dont on n\u2019avait pas entendu parler depuis des lunes, les antiques et non les indiennes.La numéro 2 ?L\u2019enregistrement en question, en fait il s\u2019agit d\u2019un live, a été proposé en «vaille-Nil», comme on dit en langue chouan.Une fois l\u2019objet en main, on s\u2019est dit: voici donc la justification de quelque chose de nouveau qui ne l\u2019est pas tout à fait, ou plus exactement voici donc le retour de quelque chose d\u2019ancien.De quoi s\u2019agit-il ?Depuis quelques mois, on a remarqué que la majorité des mensuels de jazz consacrent au moins quatre pages aux tourne-disques, aux cartouches et aux aiguilles.Qui, la résurrection de l\u2019ancien, du bon son, du son meilleur que le CD, est en cours.Que Guy Thouin et ses complices saxophonistes Bryan Highbloom et Raymon Tor-chinsky aient eu le courage comme la générosité de soumettre leurs aventures musicales sur album, comme d\u2019ailleurs sur CD, en djt long sur la progression du phénomène.A preuve, pratiquement tous les musiciens, y compris les «rock-stars-machin-chose», se sont mis au vinyle.Cela étant, le trio animé par Thouin va ravir un groupe précis d\u2019amateurs.Mais encore?Ceux qui sont assez vieux pour avoir apprécié le free jazz des années 60 et 70 et qui l\u2019apprécient encore.Ceux qui avaient été conquis et le restent par les jubilations puissantes et débridées des animateurs de la New Thing, les Albert Ayler, Sunny Murray, l\u2019Archie Shepp de la fin des années 60 et du début des années 70.Qn se doit de préciser, de souligner, de marteler que Thouin, Highbloom et Torchinsky sont des vétérans du genre, donc des musiciens très expérimentés.Cela s\u2019entend d\u2019ailleurs d\u2019entrée de jeu.Ils excellent dans le décapage des neurones.Et pour cela ils méritent nos remerciements et notre respect.Ave ! P.-S.: intitulé En direct du Suoni Per II Popolo, ce disque est en vente chez Archambault, à L\u2019Qblique et chez Cheap Thrill.Justement, à propos du Suoni, il faut préciser que son festival extraordinaire, car confectionné à l\u2019enseigne du risque, de l\u2019improvisation, de la curiosité et de l\u2019ouverture, se poursuit jusqu\u2019au 28 juin à la Casa Del Popolo, à la Sala Rossa, au Café Résonance et au Vitrola.La programmation à suoniperilpopolo.or g Le Devoir r\\ Écouter > La pièce Commun Blues/Down ^ the Hobbit Hole du Nouveau Jazz libre du Québec, ledevoir.com/culture/musique Sans la culture, pourquoi combattre < Tremblay Le distributeur Louis Dussault nous faisait parvenir cette semaine une merveilleuse citation de Winston Churchill, premier ministre britannique passé maître dans l\u2019art du mot bien placé.Durant la Seconde Guerre mondiale, des députés à la Chambre des communes du Royaume-Uni, histoire de contribuer à l\u2019effort de guerre, réclamaient que soit abolie toute subvention à l\u2019art et à la culture afin de renforcer l\u2019arsenal militaire utilisé pour combattre le HP Reich.Toujours suave, l\u2019homme au cigare avait répondu par une question: «Then, what are we fighting for?» Aux yeux de Churchill, politicien militaire doté de goût et de bon sens \u2014 par ailleurs peintre et écrivain plus tard nobélisé \u2014, la culture et la civilisation ne faisaient qu\u2019un.Pourquoi combattre si ce n\u2019est pour préserver le meilleur de nous-mêmes ?Nous voici d\u2019accord avec ce grand homme.Et, entendant tant de Québécois rouspéter contre les subventions à la culture, pour mieux financer «les vraies affaires», on a envie de les renvoyer à la fière réplique churchillienne, dans sa Grande-Bretagne à feu et à sang, s\u2019inclinant devant des priorités jugées suprêmes : l\u2019art et la culture.Qn pense à tout ça devant les compressions de 20% aux crédits d\u2019impôt des productions québécoises annoncées dans le budget libéral, qui risquent de mettre à genoux le monde du spectacle et des tournages audiovisuels québécois et étrangers sur notre sol.D\u2019autres joueurs culturels aussi.Une catastrophe ! Plusieurs voix du milieu s\u2019élèvent avec grondements répercutés, sacres inclus.Au moment même où la Culture injecte de nouvelles ressources numériques pour promouvoir sur la Toile les oeuvres québécoises, faut-il empêcher leur relève d\u2019exister?Non! Non! Non! Lueur d\u2019espoir Qptimiste peut-être çn la matière, il me semble voir la machine d\u2019Etat prête à faire marche arrière sur la baisse des crédits d\u2019impôt en culture.Cette semaine, interrogé là-dessus à l\u2019Assemblée nationale, le ministre des Einances Carlos Leitao, qui lança ce pavé dans la mare budgétaire, semblait ébranlé.Quant à sa consoeur de la Culture et des Communications, Hélène David, en entrevue au Devoir, elle ouvrait des brèches.La ministre invitait les organisations culturelles à préparer des arguments clairs et convaincants pour se défendre bien haut devant la Commission d\u2019examen sur la fiscalité québécoise en septembre.«Le ministre Leitao sera ouvert à les entendre et tpême prêt à en faire une sorte de priorité.» A ses yeux, le gouvernement et le ministre des Einances ont agi rapidement, vu le mauvais état des finances publiques.Après mûre réflexion, ça pourrait changer, on le présume.Rappelons que ladite coupe des crédits d\u2019impôt sera effective à partir du 31 août.Les projets entérinés par la SQDEC avant cette date ne seront pas touchés.Assez pour encourager les promoteurs artistiques à pousser vite leurs pions, quitte à bosser durant les belles vacances pourtant prévues depuis longtemps.La Commission d\u2019examen sur la fiscalité québécoise se déroule en septembre donc, avec léger flottement temporel.Les projets ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Aux yeux de Churchill, politicien militaire doté de goût et de hou sens \u2014 par ailleurs peintre et écrivain plus tard nohélisé \u2014, la culture et la civilisation ne faisaient qu\u2019un.tombant entre les craques du plancher au cours des semaines automnales précédant ses conclusions ont intérêt à flotter dans les limbes.Dans leurs démonstrations, les entreprises et associations culturelles devront prouver que l\u2019État n\u2019économisera pas grand-chose en réduisant les crédits à la culture.Après tout, les tournages en particulier créent des emplois dans l\u2019univers protéiforme de l\u2019audiovisuel, engendrent un tas de retombées : traiteurs, fournisseurs de matériaux et de locaux en tous genres.Un tournage est une PME, une ruche, une société éphémère avec corps de métier qui se dépensent et dépensent, en faisant circuler le métal précieux de main à main alouette ! Chaque tournage est une PME, une ruche, une société éphémère avec corps de métier qui se dépensent et dépensent, en faisant circuler le métal précieux de main à main.Leur couper les vivres, c\u2019est appauvrir la société.CQED.De tels arguments devraient toucher au cœur un ministre des Einances.J\u2019avoue leur préférer la cause des valeurs intangibles chères à Churchill : l\u2019âme d\u2019un peuple traduite en mots, en images, en sons, qui sont sans prix.Mais il faut ce qu\u2019il faut.Quand même: en ces temps troublés, le Québec a vraiment besoin de ses troubadours.11 a beau se gaver l\u2019oreille de sonorités issues de la planète entière, adorer le veau d\u2019or d\u2019Holljwood dans les salles obscures, reste que nul ne peut traduire les angoisses et les rêves collectifs avec autant d\u2019acuité que ses créateius nationaux.La bonne nouvelle, c\u2019est que la ministre de la Culture, Hélène David, se démène vraiment pour la cause, poussant à la roue du numérique et des tournées au Québec et à l\u2019étranger, haussant son portefeuille de 1%, ce qui n\u2019est pas rien à l\u2019heure des coupes à blanc.Mais comment pourra-t-elle améliorer le triste sort des librairies indépendantes sans appuyer le prix unique du livre ou le retrait de certains titres des grandes surfaces, qui ne la branchent pas ?Mystère ! Les Québécois lisent de moins en moins, elle le sait, charge son adjoint parlementaire Luc Eortin de trouver des solutions à la disette des indépendants.Bonne chance ! Du côté des films maison, voici à peu près enterrées, faute de financement, les conclusions du fameux rapport du groupe de travail piloté par Erançois Macerola l\u2019an dernier sur les enjeux du cinéma québécois.La scénarisation était alors désignée nerf de la guerre.Bien des films font naufrage à l\u2019étape du texte en donnant des maux de tête aux critiques de cinéma et en éloignant le public à grandes enjambées.Ça prendrait des fonds injectés en amont du tournage.Qr, sans argent frais, la SQDEC devra, d\u2019une façon ou l\u2019autre, déshabiller Pierre pour habiller Paul, voire restreindre le nombre des films soutenus pour mieux les encadrer.Pourquoi pas ?Reste à surveiller de près ces prêtés pour un rendu.Car les optimistes comme les pessimistes épris d\u2019art qui aide à vivre et à grandir veilleront devant l\u2019éternel berceau de la Culture, pour l\u2019empêcher de prendre froid sous le vent de l\u2019austérité.Sinon, comme le demanderait le grand sir, pourquoi combattre ?otrem blay@ledevoir.com GRANDS 2 1 JUIN AU MUSIQUE DES ESPACES GRANDE FIN DE SEMAINE D'OUVERTURE! SAMEDI 21 JUIN 20 H LES VIOLONS DU ROY Alexander Weimann, chef d'orchestre Marie-Nicole Lemieux, contralto Emmanuel Pahud, flûte DIMANCHE 22 JUIN 1 5 H CONCERT-DÉGUSTATION Marie-Nicole Lemieux, contralto Yannick Rieu, saxophone Lorraine Desmarais, piano LES BRUNCHES-MUSIQUE CASINO CHARLEVOIX Soirée Bdl Événement La Coop O fédérée FEDERATION DES PRODUŒURS D'OEUFS DE CONSOA4AAATION DU QUÉBEC Tous les dimanches de l'été! Du 8 Juin au 31 août Détails sur domaineforget.com 418.452.3535 | 1 888.DFORGET (336.7438) Suivez-noussur QgQQ 1^1 canadien Heritage Québec H S Municipalité de Saint-Irénée LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUIN 2014 E 3 CULTURE >MÜS1QÜE En répétition avec Yannick NézetrSéguin Là où d\u2019autres donnent l\u2019impression de travailler, le chef montréalais exsude l\u2019amour de la musique Le Devoir a pu assister cette semaine aux répétitions du concert prestige de l\u2019Orchestre métropolitain et observer Yannick Nézet-Séguin dans la préparation de sa rencontre musicale avec Hélène Gri-maud.Récit d\u2019une incursion dans l\u2019atelier in vivo d\u2019un grand artiste.CHRISTOPHE HUSS Alors que d\u2019aucuns gardent jalousement les portes closes et empêchent les journalistes d\u2019observer leur travail, l\u2019accueil de Yannick Nézet-Sé-guin, qui nous a ouvert cette semaine les portes de la Maison symphonique, a été tout de suite favorable.11 est vrai que la présence d\u2019observateurs dans l\u2019atelier des artistes est rarement souhaitée.La réticence, dans le cas d\u2019une formation symphonique, est amplifiée par le fait que les instrumentistes craignent d\u2019exposer leurs éventuelles faiblesses et n\u2019apprécient guère d\u2019être repris ou corrigés devant témoins.Cela se comprend aisément.La répétition est pourtant le moment révélateur de l\u2019alchimie qui peut exister entre un chef et ses musiciens, mais surtout de la manière dont un chef vit la musique et la transmet.11 est ici à nu.11 ne donne pas un show, car il travaille avec un seul objectif: parvenir au meilleur résultat dans un minimum de temps.Le séducteur La manière dont un chef atteint ce résultat est riche d\u2019enseignements.Rafael Fruhbeck de Burgos, décédé quelques heures avant que nous assistions à ces répétitions, usait souvent de la formule «Let us agree», destinée à aboutir à une sorte de consensus imposé aux «ladies and gentlemen» de l\u2019orchestre.Combien de fois ai-je entendu Carlo Maria Giulini commencer une phrase par «Mes amis, s\u2019il vous plaît».Une répétition de Nikolaus Harnoncourt, ce sont des dizaines d\u2019images abracada-brantesques qui aident l\u2019orchestre à incarner le juste caractère d\u2019un passage.Quant aux courts mais brillants exposés philosophico-historiques de James Conlon \u2014 toujours après la pause \u2014, ils teintent profondément le rapport des PEDRO RUIZ LE DEVOIR Observé en répétition avec l\u2019Orchestre métropolitain, le chef Yannick Nézet-Séguin dégage une très grande humanité.musiciens à l\u2019œuvre.Ces exemples édifiants ne doivent pas cacher le fait que, très souvent, le travail, même chez de très grands noms, se cantonne au «plus fort-moins fort» et au «plus vite-moins vite», sans que l\u2019on sache forcément la finalité de ces indications.Observer Yannick Nézet-Séguin en répétition est un pur bonheur.Par-dessus tout, il y a une humanité, très grande.On le voit se pencher vers le piano comme pour remercier sa soliste de ce qu\u2019il entend.C\u2019est étrange d\u2019écrire cela, mais Yannick Nézet-Séguin exsude l\u2019amour de la musique là où d\u2019autres donnent franchement l\u2019impression de travailler.Dans le rapport aux autres, plutôt que d\u2019autorité on parlera de subtile opération de séduction.11 arrive à Yannick Nézet-Séguin de s\u2019adresser des reproches, comme, par exemple, celui de n\u2019avoir pas su emballer la fin du concerto.On n\u2019observe pas de rapport d\u2019autorité explicite : il est à la tête d\u2019une équipe soudée et pilote la manœuvre.Les transfusions Dans son approche musicale, Yannick Nézet-Séguin, plutôt que d\u2019interrompre fréquemment l\u2019orchestre, privilégie la lecture d\u2019un mouvement dans son ensemble, suivie du travail sur ce mouvement.En bout de course, il y a là une ca- pacité très impressionnante non seulement de mémorisation de ce qui s\u2019est déroulé (qualité partagée chez les grands chefs), mais surtout une étonnante faculté de tri entre ce qu\u2019il va laisser passer, en sachant que cela se placera, et ce qui doit être travaillé : «Le fruit des années d\u2019expérience», nous explique Yannick Nézet-Séguin à la pause, en riant.«C\u2019est comme un deuxième cerveau, le cerveau observateur, qui est là en permanence.Il faut que je fasse attention, moi-mème, à ne pas laisser ce cerveau-là prendre toute la place.» L\u2019observation excessive brime l\u2019action, qui, elle, peut avoir une incidence directe et bénéfique sur la ma- nière dont l\u2019orchestre va attaquer la partition.S\u2019il ne relève pas certaines erreurs, c\u2019est grâce à «l\u2019avantage de connaître bien le groupe.Je sais que demain ça ira mieux et je sais souvent pourquoi.Parfois c\u2019est parce que moi-méme je n\u2019ai pas su anticiper quelque chose ou que j\u2019ai voulu trop compenser par mes gestes.» Yannick Nézet-Séguin considère «l\u2019ensemble des répétitions» comme un terrain pour «se rendre d\u2019un point A à un point B».Même si certains orchestres vont plus vite que d\u2019autres et que certains ont plus de temps que d\u2019autres, il faut savoir ce qu\u2019on peut obtenir en peu de temps.«J\u2019ai souvent été placé en situation, très jeune, d\u2019un manque de temps.Il me faut donc trier sur le moment ce que je dois prioriser.Je sais que certains chefs disent tout ce qui leur passe par la tète et, à un certain moment, manquent de temps.Le temps de répétition est un luxe.» Dans Bruckner, Yannick Nézet-Séguin donne un certain nombre d\u2019images, comme Harnoncourt, demandant par exemple des «couleurs évoquant le mystère d\u2019un sous-bois».Chose surprenante: à un moment, le chef demande à une violoniste de ne pas noter dans sa partition ce qu\u2019il vient de dire.En entrevue, il confirme que ce n\u2019est pas un hasard: «A Philadelphie, j\u2019essaie d\u2019empécher d\u2019écrire, pour être dans l\u2019instant.» Chose peu connue du grand public, les nombreuses annotations dans les partitions des musiciens peuvent amener des transfusions d\u2019interprétation d\u2019un chef à un autre.Ainsi, le Requiem de Verdi de Barenboim est très proche de celui de Giulini, car le chef de chœur avec lequel Barenboim a travaillé l\u2019œuvre pour la première fois avait toutes les annotations de Giulini.Harnoncourt me disait un jour avoir assisté, à Amsterdam, à un concert Schubert dirigé par Bernstein dans lequel il reconnaissait nombre de ses idées.Bernstein lui a confirmé ensuite que le matériel d\u2019orchestre contenait toutes les annotations d\u2019un concert que l\u2019orchestre avait joué avec Harnoncourt.Bernstein les avait intégrées car elles l\u2019avaient convaincu! Yannick Nézet-Séguin a connu cela à Londres, dans le Requiem allemand de Brahms: «Quand fai commencé à diriger, tout était posé, ample.» Un CD documente cette expérience rare où la vision du chef allemand Klaus Tennstedt innerve la lecture de Yannick Nézet-Séguin.Dans certains domaines, le chef québécois n\u2019admet aucun compromis.« Un chef doit avoir son propre matériel d\u2019orchestre dans les oeuvres de la période classique: Haydn, Mozart.Dans les opéras de Mozart ou les symphonies de Schumann avec l\u2019Orchestre de chambre d\u2019Europe, tout est de moi!» Le Devoir Voir > Un extrait vidéo de l\u2019Orchestre métropolitain D en répétition, ledevoir.com/ culture/musique Danakil aux Francos : le reggae français en toute simplicité YVES BERNARD Ils sont venus à Montréal quatre fois en quatre ans et aimeraient faire une tournée des salles québécoises.Mais ce dimanche, üs se produisent à Li^tral et en sont très heureux, d\u2019autant qu\u2019ils ont un nouveau disque à offiir: Entre les lignes, qui est leur plus abouti, tant au chapitre des textes qu\u2019au chapitre des basses fi'équences bien assumées du roots.Avec Dub Inc., ils sont les locomotives du reggae français, un genre qui se porte bien en dépit d\u2019une sous-diffusion qui paraît chronique dans l\u2019Hexagone.«Il y a un gros contraste entre ce qui se passe live et dans les médias», estime Mathieu Dassieu, dit Das, saxophoniste, compositeur et gérant de Danakil.«Dans tous les festivals et toutes les salles de concert, c\u2019est l\u2019une des musiques les plus populaires, et rares sont les concerts de reggae où il n\u2019y a pas de public.Pourtant, il n\u2019y a rien pour nous dans le paysage audiovisuel et radiophonique français.» Danakil a commencé en 2000, au moment où des groupes comme Sinsemillia et Babylon Circus tournaient à plein.Puis, ce fut la pénurie pendant cinq ou six ans avant que les choses ne reprennent.Selon Das, on est revenu dans le haut du cycle, mais un nouveau phénomène se fait sentir, celui de l\u2019émergence des groupes de reggae français qui chantent en anglais.On pense à Biga Ranx et à Naâman.Autre signe des temps: le reggae français est surtout associé au roots, alors qu\u2019en Jamaïque, on opte depuis longtemps pour le dancehall plus électro.Comment expliquer ces tendances?«C\u2019est vrai qu\u2019il y a un gros décalage, répond le musicien.En 2010, on a passé deux mois à écouter du dancehall en Jamaïque.Puis, on est revenus en se disant que c\u2019était consternant et que le roots avait disparu de cette belle île qui en est pourtant ¦M JULIE ARNOUX emblématique.Mais on constate qu\u2019il y a aujourd\u2019hui un vrai renouveau de la scène jamaïcaine et que des jeunes recommencent à jouer très roots.» Ils s\u2019appellent Protoje, Chronixx et Rootz Underground, entre autres.Et Danakil dans tout cela?Les critiques s\u2019entendent sur le fait qu\u2019Entre les lignes est son premier vrai bon album.Das commente: «On a commencé de façon amateur et sans aucune prétention.Notre premier album était inécoutable et les deux suivants étaient mieux.Au début, on enregistrait pour avoir un support pour tourner, mais ce qui est marrant, c\u2019est que les gens nous demandent souvent les chansons des deux premiers albums.Comme quoi il n\u2019y a pas de logique à ce niveau-là.» Entre les lignes propose une autre façon de voir la vie, de «voir le jour sous une autre lumière», comme ils le chantent en entrée de jeu.On prône le respect de la terre des ancêtres, on cause de rêve, de dignité et de génération oubliée.On s\u2019inspire beaucoup du Mali, où le chanteur Balik a écrit les textes.«Le disque est moins marqué que le précédent par l\u2019Afrique au niveau des sonorités, mais au niveau des thèmes, on retrouve énormément ce continent», affirme Dassieu.Restent les petits plaisirs, les détours en anglais avec les TwinMe Brothers, le clin d\u2019œü aux Beatles avec The Eool on the Hill, la biographie imaginée de Gandhi par Balik, cette finale à la guitare sèche comme si on était autour du feu et, pour le concert de dimanche, cette excellente première partie en perspective avec les Montréalais de Deya.Collaborateur Le Devoir D Écouter > La pièce Entre les lignes par Danakil.ledevoir.com/culture/musique BEAUX JOURS AVEC CATHERINE FROT ABONNEZ-VOUS! TNM.QC.CA SAISON 2OI4/I0 = BEING AT HOME WITH CLAUDE + L\u2019IMPORTANCE D\u2019ÊTRE CONSTANT + LE JOURNAL D\u2019ANNE FRANK + RICHARD III + LE TOUR DU MONDE EN 80 J&URS + OH LES BEAUX JOURS\t# E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUIN 2014 CULTURE>MUSIO,ÜE FRANCIA SUITE DE LA PAGE E 1 hase pour de nouvelles chansons.Cest un style vivant, et avec Catherine, c'est un style très vivant!» Ça donne sur disque, hachuré de cordes, ponctué çà et là d\u2019électro mais pas trop, avec double bandonéon pour la bonne cause, des choses très tendres et délicatement pop (Tû midez, Memoria del placer), ça puise quasi disco dans La que se fue, jazzy avec guitare néo-yéyé dans Mi calle, et partout, partout, ça sonne comme du Cathe rine Ringer tout craché : «Elle marque cet album», résume Eduardo.L\u2019intéressée est ravie: «J\u2019ai l\u2019occasion de faire partager ce que je sais faire en tant qu\u2019interprète.Quand j\u2019ai commencé à chanter à 17 ans, j\u2019interprétais des comédies musicales, toutes sortes de trucs.Je me les prenais.C\u2019est comme La foule, qui est à la base une chanson sud-américaine: personne ne doute que c\u2019est une chanson de Piaf.Avec Eduardo et Christoph, j\u2019ai toute ma propre place de création.» Le spectacle permet plus encore ce déploiement de l\u2019irrépressible nature de la Ringer.«On est cinq, précise Catherine, avec Eacundo Torres, le bando-néoniste qui jouait dans Gotan, et Romain Lécuyer, le contrebassiste qui jouait dans un autre orchestre avec le bandonéoniste, on parle de gens qui jouent remarquablement ensemble.Ça swingue en tango, bien sûr, mais ça groove, aussi.Ça bouge.Alors moi, avec ma voix, je fais ce que veux, quoi.» Eduardo: «Avec elle, tout est possible, alors on se permet tout avec elle, y compris quelques surprises.» Catherine, pas gênée : «Et le public est content, je le précise!» En a-t-on douté?Plaza Erancia, simple destination, est désormais un destin.Le Devoir A NEW TANGO SONG BOOK PLAZA FRANCIA Au théâtre Maisonneuve dans le cadre des FrancoFolies, jeudi 19 juin, à 20 h.D Ecouter > La pièce Mi calle.ledevoir.com iX J\u2019ai senti mp\u2019titfrisson intérieur.Comme si je savais que quelque chose comme ça devait arriver.Une rencontre comme ça est un cadeau de la vie.yy Catherine Ringer, à propos du moment où on iui a proposé de se joindre au projet RENAUD CORLOUER Le reggae roots qui fait pop de Ziggy L\u2019aîné des Marley vient présenter à Montréal son nouveau disque, Fly Rasta Ha77.DE MONTREAL n collaboration a LE FESTIVAL lÉIUTE »ANS NtINS »E 2 SEMAINES! StYEZ lE LA FETE lU 2i JUIN AU t JUILLET RioTinto Alcan ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX O] Cl ^ musioue ?|c.cmu.te.c.g| 1^ SALLE WILFRID-PELLETIER, PUA .191130 DANlflHiïHN ;etfeesiinvitéesA EMMYUmTHARRIS ettrixiIwhitLey Ê MlW 1\tP.JEUDI 26 JUIN LE FESTIVAL A LA MAISON SYMPHONIQUE CONCERT D'OUVERTURE en collaboration avec à CBC ^ Radio-Canada\tjM ALAIN LERiVRE tONY RyNETT R.R.KING GARY CLARK Jr.MARDI U' JUILLET SAMEDI 5 JUILLET MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL .IQh ET L\u2019OSM L\u2019HÉRITAGE DEjfiEmlwiN % m.'('Ci .ELVIS BRAD COSTELLO MEHLDAU SOLO SOLO DIMANCHE 29 JUIN JAZZ BEAT HYATT REGENCY MONTRÉAL\ten collabore NEWPORT JAZZ FESTIVAL: NOW 60\t^\t^ avec RANDY BRECKER,\tM\tI ANAT COHEN,\t^ LARRY GRENADIER,\tn\ta mii\tn\tnenE-v MARK WHITFIELD, DANILO PERIZ CLARENCE PENN,\tavec BRIAN BLADE KARRIN ALLYSON et PETER MARTIN\tet AlOHNSgATITUCjCj JEUDI 26 JUIN\tSAMEDI 28 JUIN à 22 h en collaboration avec ^IcBcmuste.c MARDI V JUILLET THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE, PUA .21 h30 KENNY GARRETT QUINTET MARDI U'JUILLET LES RYTHMES 50P ANGÉLIQUE KIDJO TROMBONE SHORTY& Première partie: KARIM DIOUF JEUDI 26 JUIN Places assises réservées disponibles ORLEANS AVENUE nURNING !.\tI tSPEAR freOûycole QUARTET ^ ?VENDREDI 4 JUILLEr MÉTROPOLIS.2Qh30 N^BBIE LUNDI 30 JUIN MARDIS' JUILLET YVES BERNARD P PAUL BERGEN AGENCE ERANCE PRESSE Les ingrédients de la famille Marley sont présents dans plusieurs pièces du dernier opus de Zi^y Marley.arce qu\u2019il est l\u2019aîné de la famille royale du reggae, les attentes à l\u2019égard de Ziggy Marley sont toujours très grandes.Et parce qu\u2019il ne fait pas les choses exactement comme son père, on l\u2019a parfois reçu avec une brique et un fanal.Mais le nouveau disque Ely Rasta cartonne dans iTunes et au palmarès reggae du Billboard.Ce n\u2019est pas complètement roots, mais les ingrédients de la famille reviennent dans plusieurs pièces, avec toutefois une influence pop rock très présente.Zig^ Marley s\u2019amène à L\u2019Olympia ce dimanche pour en offrir le contenu.Ely Rasta suggère l\u2019envol du reggae, une façon de lui donner des ailes.Certains ont parlé d\u2019un album plus éclectique que les quatre autres solos que l\u2019artiste a réalisés jusqu\u2019ici.Sur le sujet, il se fait nuancé: «Je ne sais pas quoi répondre à ça.Ça continue de changer.Il y a sur ce disque des chansons qui viennent de tous les univers de la musique.Peut-être bien que c\u2019est l\u2019un de mes plus éclectiques.» L\u2019opus commence avec un décompte et une sorte de bruit d\u2019explosion qui ramène aux grands décollages.S\u2019ensuit un reggae rock, pop, avec un chœur féminin autonome ou à l\u2019unisson, un clavier funky et quelques rappels de cuivres.Puis, on plongera dans le roots bien affirmé, une ballade à la tendresse, du roots avec clavier atmosphérique, des refrains accrocheurs, du rock acoustique, un caractère funky et du clavier soul qui s\u2019invitent au bal.L\u2019ensemble se tient, accessible et senti, parfois convenu, mais la parole consciente perdure depuis les débuts, alors que Ziggy n\u2019avait que 10 ans.«Mon message a évolué de la même manière que j\u2019ai évolué en tant que personne, affirme-t-il.C\u2019est devenu plus spirituel et plus en lien avec la condition humaine.Au début, c\u2019étaient des commentaires plus politiques et un peu plus sociaux.» Pour affirmer cette spiritualité, il a invité sur la pièce titre de Ely Rasta le légendaire U-Roy.Ziggy commente : « C\u2019est un de mes pères, un des pères de la musique.Travailler avec lui s\u2019avère très inspirant.L\u2019éveil à la conscience est une partie de ma vie et ma vie, c\u2019est mon art.» Sur le disque, Ziggy réaffirme aussi le pouvoir de {{Mon message a évolué de la même manière que J\u2019ai évolué en tant que personne.C\u2019est devenu plus spirituel et plus en lien avec la condition humaine.}} Ziggy Marley l\u2019amour et de la liberté.Il parlera de son père Bob, réputé exigeant avec ses enfants: «Il m\u2019a donné la vie et la discipline.Il se souciait vraiment des gens.Je me rappelle par exemple ce voyage que j\u2019ai réalisé avec lui au Zimbabwe en 1980 pendant les célébrations de l\u2019indépendance.C\u2019était spécial.En Jamaïque, je ne pense pas qu\u2019il soit à la veille de manquer de reconnaissance.» Ely Rasta marque le retour de la collaboration de Ziggy avec sa sœur Cedella, qui chante avec lui, rappelant en cela la période des Melody Makers.L\u2019histoire avait commencé en 1979, alors que l\u2019aîné de la famille, sa sœur Cedella, son frère Stephen et sa demi-sœur Sharon s\u2019étaient regroupés autour du paternel pour enregistrer Children Playing in the Streets.Puis ce furent les Melody Makers avec la famille et l\u2019aventure solo de Ziggy depuis 2002.L\u2019étape suivante pour les Marley : la troisième génération de musiciens : «Mon neveu Jo Mersa et mon fils Daniel font de la musique.Ils ne font pas le reggae de la façon dont je le fais.Ils sont plus nouvelle génération, plus électroniques.» Pour le concert de Montréal, Kiko Tru Rasta, un artiste haïtiano-américain, ouvrira le bal du reggae.Collaborateur Le Devoir A L\u2019Olympia, le dimanche 15 juin à 20h30.Première partie: Kiko Tru Rasta.D Écouter > La pièce-titre de l\u2019album Ely Rasta de Ziggy Marley.ledevoir.com/ culture/musique e FESTIVAL DE MUSIQUE ontr ,0 19-22^ BILLETS M#NTREALJAZZFEST.C#M O/montrealjazzIest Q @MtlJazzFestival www.montrealbaroque corn 514 845 7i7i PLACE DES ARTS ET MAISON\tMETROPOLIS SYMPHONIQUE\t1 855 790-1245 514 842-2112\tadmission.com laplacedesarts.com\tticketmaster.ca nfjazz Heinekeri >14 871-1881\t'll*! '\t(Janadà\tMontréal CBC Radio-Canada TOURISME\t, X U ^ ^ ES ¦ Montréal\tQuebeC ra ¦ Avec le soutien de Ville Mare Montréal @ ^ McGill Québec S S Montréal @ 1^1 Canadan Pâtnmone Heritage canadien DESIINATION ^CENTRE-VILLE LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUIN 2014 E 5 CULTURE>SUR LES SCENES Le rire comme arme de résilience Rébecca Déraspe crée Peau d\u2019ours, une comédie estivale mue par l\u2019angoisse de la mort MARIE LABRECQUE Rébecca Déraspe se décrit comme une auteure «caustique ».Qui a vu son savoureux Votre crucifixion, lors de la dernière édition des Contes urbains consacrée à la relève dramaturgique, connaît son don pour la dérision.Mais, comme souvent, le rire cache une dimension sombre.«J\u2019essaie de trouver la ligne entre le drame et l\u2019humour dans toutes mes pièces, de ne pas m\u2019en tenir à un seul ton; de trouver l\u2019humanité dans la caricature.L\u2019humour est très important pour moi, parce que c\u2019est mon arme de résilience depuis toujours.Et c\u2019est la façon qu\u2019ont mes personnages de se guérir.Mais il y a une blessure.» Aussi, lorsque la jeune auteure a rencontré les dirigeants du Petit Théâtre du Nord, cette oasis de création en été qui lui a commandé une pièce, afin d\u2019explorer des thèmes potentiels, leurs discussions ont débouché sur une angoisse commune \u2014 et presque universelle \u2014, la peur de la finitude.«Pas juste la peur de la mort concrète, précise-t-elle.Mais de la finitude des choses, d\u2019un couple, d\u2019une relation, de l\u2019enfance.Toutes ces petites morts.Dans Peau d\u2019ours, fai essayé de confronter chacun des personnages à un type différent de fin.Pour moi, toutes ces fins se répondent.J\u2019aborde aussi toutes ces activités qu\u2019on fait pour éviter d\u2019étre confronté à la conscience de la mort.» Pas très jojo comme thème de pièce estivale, convient Rébecca Déraspe.«Mais j\u2019aime beaucoup parler de j\u2019essaie de faire un peu la pat avec ma peur de la mort en écrivant là-dessus.Ça ne fonctionne pas du tout! yy Rébecca Déraspe sujets corsés, profonds, de façon légère, humaine.Je pense que j\u2019ai réussi.Pour moi, ces thèmes plus lourds n\u2019empéchent pas du tout l\u2019humour.Au contraire.Le rire permet de dire les choses de façon moins aride.Et parfois d\u2019en dire plus ou presque.» Fuir la mort Notre société, constate la dramaturge, n\u2019accepte plus la durée nécessaire à l\u2019étape de deuil.«Quelqu\u2019un de mon entourage a perdu deux proches dans un accident tragique dernièrement, et les gens sont tannés de la voir pleurer.Eaut se reprendre en mains.Mais le deuil, ça prend du temps ! Non seulement il faut faire le deuil de l\u2019étre disparu, mais c\u2019est un processus quasi philosophique de devoir accepter que le passage sur terre est éphémère.» De trouver un sens.L\u2019abandon des cultes et traditions n\u2019aiderait pas à apaiser notre détresse.«On m\u2019a dit que dans la religion juive, lorsque quelqu\u2019un meurt, les VASILY MAXIMOV AGENCE ERANCE-PRESSE Pierre Richard assure que Pierre Richard III met fin à son cycle autobiographique.Les confessions du grand blond Dms Pierre Richard ///, l\u2019humoriste, acteur et réalisateur livre ses souvenirs professionnels ERANÇOIS LEVESQUE Il sera pour toujours le grand blond avec une chaussure noire, ce tendre pitre que des agents secrets prennent à tort pour un espion.Vedette de quantité de comédies à succès, comme Le jouet et Les compères, Pierre Richard s\u2019est également donné, en tant que réalisateur, l\u2019un de ses rôles les plus emblématiques : le distrait, dans le film du même nom.Or Pierre Richard est également un homme de scène.Depuis dix ans, il y revisite sa vie et son œuvre dans des spectacles solos.Pierre Richard III, notez le clin d\u2019œil à Shakespeare, est le troisième de la série.«Je puise dans ma vie professionnelle pour une troisième fois, c\u2019est vrai, mais cette fois-ci j\u2019ai un partenaire formidable qui est l\u2019écran géant, sur lequel sont projetées certaines des scènes les plus mémorables que j\u2019ai tournées, et que je commente, devant les gens, explique Pierre Richard.Evidemment, les scènes en question sont drôles en elles-mêmes, c\u2019est pour ça qu\u2019on s\u2019en souvient, mais en les commentant de la sorte, en expliquant par exemple le contexte de tournage ou quelle gaffe j\u2019ai commise à ce moment-là, ça double la charge comique.» Le procédé déclenche ainsi la machine à réminiscences alors que Pierre Richard se souvient de sa première rencontre avec Gérard Depardieu, qui lui donna la réplique entre autres dans Im chèvre et Les fugitijs.Et avec Francis Veber, qui les y dirigea.Et avec Yves Robert, qui lança Pierre Richard dans Alexandre le Bienheureux avant de lui donner la vedette dans Legrand blond et sa suite.Loin de la nostalgie «J\u2019avais adoré l\u2019expérience avec le premier spectacle.Détournement de mémoire [2003], mais le second.Franchise postale, m\u2019avait beaucoup moins satisfait.Je tenais à revisiter la formule une dernière fois, en mieux.Je crois y être arrivé», confie Pierre Richard.Entre souvenirs et anecdotes, le personnage cède la place à l\u2019homme.«C\u2019est vrai que je parle un peu de moi, parce qu\u2019il ne s\u2019agit pas uniquement d\u2019un spectacle humoristique.Il y a aussi des passages plus émouvants.» Avec une carrière, forcément, plus longue derrière que devant, Pierre Richard évoque le temps qui passe, les amis disparus \u2014Jean Carmet, Gérard Oury \u2014, sans toutefois s\u2019apitoyer.«J\u2019essaie de me tenir loin de la nostalgie.» La preuve, Pierre Richard III clôt le cycle autobiographique, assure le principal intéressé.proches s\u2019enferment pendant quelques jours avec des photos du défunt pour penser à cette personne.Je trouve cela hyper réconfortant.Quand le culte est précis, on est moins dans l\u2019inconnu.Il y a là quelque chose de rassurant.Ici, on n\u2019a plus vraiment de balises déterminées, ce qui est épeurant.Moi, j\u2019essaie de faire un peu la paix avec ma peur de la mort en écrivant là-dessus.Ça ne fonctionne pas du tout!», s\u2019esclaffe-t-elle.Cette anxiété habite Rébeccq Déraspe depuis toujours.«A cinq ans, je réveillais mes parents parce que j\u2019avais peur d\u2019avoir le sida.Il y a eu des décès dans ma famille quand j\u2019étais petite, et peut-être qu\u2019ils ont alimenté cette angoisse.» Une angoisse métaphysique qui, pour l\u2019être humain, peut devenir soit une entrave, soit un moteur le poussant à s\u2019accomplir ou à profiter de la vie tant qu\u2019elle dure.Un humour révélateur Mais rassurez-vous : cette appréhension de la mort ne constitue que le sous-texte de la création interprétée par Stéphane Jacques, Eric Bernier, Myriam Poirier et Louise Cardinal.Au premier degré.Peau d\u2019ours raconte comment un couple qui vit une remise en question voit son week-end d\u2019amoureux au chalet perturbé par l\u2019intrusion de deux personnages.Dont une femme qui a fui une retraite silencieuse censée l\u2019aider à gérer son hypocondrie.Dans ce huis clos «chargé en émotions», la vérité de chacun va se révéler.L\u2019auteure a tenté d\u2019y atteindre un équilibre entre l\u2019humanité des sentiments, le drame et la vision ÉilÉii PEDRO RUIZ LE DEVOIR C\u2019est l\u2019humour qui permet à Rébecca Déraspe de porter un regard affectueux sur l\u2019humain.caustique qui lui est propre.Ce même humour qui permet à Rébecca Déraspe de porter un regard affectueux sur l\u2019humain, de «l\u2019aimer dans ses facettes plus sombres», va être à l\u2019honneur dans une autre création cet été, au Théâtre de la Petite Marée, à Bonaven-ture.Et ce, même si Le merveilleux voyage de Réal de Montréal, adaptation d\u2019un classique suédois de Selma Lager-lôf, s\u2019adresse au jeune public.Depuis le succès de Deux ans de votre vie, sa première production professionnelle couronnée d\u2019un prix décerné par le public du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui en 2012, la dramaturge peut se concentrer à plein temps sur l\u2019écriture.Pour cette artiste qui craint tant la fin, ce n\u2019est manifestement que le début.Collaboratrice Le Devoir PEAU D\u2019OURS Texte: Rébecca Déraspe.Mise en scène: Sébastien Gauthier.Du 20 juin au 23 août, à Blainville.Le Devoir Au Saint-Denis 2 du 17 au 26 juin.1 MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL R CANADA RICHTER E 6 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 1.5 JUIN 2014 CULTURE>DE VISU Aires libres s\u2019ouvre à la sculpture monumentale La commissaire Aseman Sabet imprime une nouvelle direction à la manifestation d\u2019art public AIRES LIBRES MANIFESTATION D\u2019ART PUBLIC: ENTRE LES LIGNES Rue Sainte-Catherine, entre Saint-Hubert et Papineau, jusqu\u2019au septembre MARIE-ÈVE CHARRON Ly intitulé Aires libres dé-' signe, pour une septième édition, la piétonnisation culturelle de la rue Sainte-Catherine dans le Village.C\u2019est dans ce cadre que Les boules roses de Claude Cormier ont fait leur apparition, signe distinctif qui plane encore cette année sur l\u2019ensemble des autres installations et activités de l\u2019événement se déroulant sur l\u2019artère pour la période estivale.Depuis qu\u2019elle a été confiée à des commissaires reconnus, la Manifestation d\u2019art public qui en est le cœur est en voie de s\u2019imposer pour sa crédibilité en art contemporain.L\u2019inscription d\u2019œuvres d\u2019art dans ce contexte demeure un défi de taille, tant la surcharge visuelle signalétique et publicitaire prévaut.La multiplication des terrasses sur ce tronçon de la rue offre, il est vrai, la possibilité d\u2019attirer un public nombreux, mais en retour des installations accaparantes, qui peuvent masquer les œuvres d\u2019art.En cela, un tel événement d\u2019art contemporain soulève des questions sur ses modalités d\u2019inscription dans l\u2019espace public, lequel ici est chargé à la fois de signes et de spectateurs potentiels.Les œuvres doivent-elles mimer les composantes contextuelles et jouer d\u2019une discrétion critique, heurter par leur présence les piétons et les usagers ou r SOURCE AIRES LIBRES Nicolas Fleming, Il s\u2019occupait, c\u2019est vrai, de nos intérêts et de nos biens, 2014, matériaux mixtes.encore ne pas tenir compte des éléments en présence?Sur quels aspects de l\u2019espace public l\u2019art doit-il intervenir ?Sans soulever ces questions directement, la présente édi- A la consommation visuelle rapide qui domine dans la rue, les œuvres imposent au regard de ralentir tion menée par la commissaire Aseman Sabet prend une direction claire en revisitant la tradition du monument.Avec la présentation de cinq sculptures imposantes produites spécifiquement pour l\u2019événe- ment, la commissaire introduit une nouveauté à la nature du parcours, qui, jusqu\u2019à présent, se cantonnait sur les panneaux photographiques et les surfaces murales.A l\u2019été 2013, sous l\u2019égide de Marie-Eve Beaupré, les applications murales de Dominique Pétrin n\u2019avaient pas manqué de retenir l\u2019attention par leur audace, qui avait donné toute son efficacité à l\u2019édition bien nommée «Habiter sa couleur».Les sculptures cette année, qui s\u2019ajoutent aux œuvres sur panneaux et à une intervention sur l\u2019édicule du métro Beau- dry, permettent toutefois d\u2019occuper l\u2019espace par leur volume et d\u2019interagir avec d\u2019autres composantes environnantes.Zones grises À la consommation visuelle rapide qui domine dans la rue, les œuvres imposent au regard de ralentir, car tout se passe avec elles «entre les lignes», comme le dit le thème, qui traite à la fois de ce qui se trouve dans les zones grises et de ce qui relève du langage formel, du trait et du dessin.L\u2019œuvre de Nicolas Eleming est des plus énigmatiques, avec son enclos en bois qui enferme et révèle des monolithes.Les ma- tériaux bruts, l\u2019aspect inachevé, tranchent avec le clinquant de vitrines et mettent en relief l\u2019activité de monstration, réelle épreuve dans ce contexte.Valérie Blass présente un bronze où le réseau de tiges s\u2019entremêle de cordes qui, elles, sont suspendues par des mains, confondant qui de la structure ou du corps supporte.Tandis que cette sculpture semble deviser sur l\u2019attachement et la rencontre \u2014 sur le corps devenant objet, et inversement \u2014, l\u2019œuvre de Catherine Bolduc met en scène des colliers de perles avec des chaînes, de celles qui décorent et de celles qui emprisonnent.Le dispositif, fait de portes encloses et de miroirs, connote l\u2019assemblage des activités de séduction et de fétichisme dont le quartier est le théâtre.Les sculptures de Patrick Coutu et de Louis Bouvier conversent plus directement avec la tradition du monument, mais sans la célébration d\u2019événements ou de personnages historiques à laquelle elle se consacre habituellement.L\u2019œuvre de Coutu, dans son titre, porte aux nues l\u2019athéisme sous la forme d\u2019une chute dont la composition repose sur la concrétude des mathématiques.Bouvier, quant à lui, fait se rencontrer colonnes classiques et ornements kitsch, déboulonne les premières pour élever les seconds.N\u2019était le fait qu\u2019elles se trouvent près des trottoirs, coincées près des terrasses par exemple, car on les verrait plus volontiers au centre de la chaussée,les sculptures constituent un corpus des plus solides, avec des pièces fortes et inédites, trouvant aussi à réunir des artistes plus ou moins établis.Les panneaux photographiques ne sont pas en reste avec les œuvres de Cynthia Girard, de Max Wyse et de David Lafrance, qui sont soit des reproductions d\u2019œuvres peintes, soit des productions numériques.Le transfert sur un support dans l\u2019espace public est plus manifeste chez le peintre Jean-Benoît Pouliot, qui a adapté sa méthode de travail pour les vitrines monumentales de la Banque Nationale.Il a projeté, photographié et agrandi des vétilles de plastique trouvées par terre, s\u2019approchant ainsi du vitrail.Quant au duo formé par Jim Holyoak et Matt Shane, il a dessiné un bestiaire hétéroclite qui flotte sur les vitres de l\u2019édicule du métro Beaudry, dans un registre toutefois plus bon enfant que ses réalisations sur papier.Les œuvres parviennent à insuffler des réflexions dans un endroit où les effets de surface sont pourtant légion.Elles doivent aussi disputer l\u2019attention avec la pléthore d\u2019autres activités, comme celle du EIMA, le Eestival international Montréal en arts, et les tentes de ses multiples exposants, déjà en cours d\u2019installation lors de notre visite et qui prendront beaucoup de place en fin de semaine.Pour en bénéficier pleinement, autant prévoir de parcourir les lieux plus d\u2019une fois cet été.Collaboratrice Le Devoir DVoir > D\u2019autres œuvres exposées dans le cadre d\u2019Aires libres, ledevoir.com/ culture/arts- visuels Nous réveillerons-nous trop tard?La mondialisation nous détruira-t-elle?du 25 mai au 15 juin Visitez l\u2019exposition de peintures de ANDRÉ LIBREX «RÉVEILLE!.» Entrée libre : Samedi et dimanche de 13 à 16 h HUNTINGDON.Salle Langevin En semaine sur réservation : 450 264 5411 poste 243 www.andrelibrex.ca Co-présentée par Sony\tICI musioue en collaboration avec (0^ EXPOSITION 30 MAI AU 13 OCTOBRE 2014 DU 21 JUIN AU 1^^ JUILLET Une trentaine de céramistes chevronnés de partout au Québec exposent leurs plus récentes créations dans notre jardin et notre galerie.11 ® édition de l\u2019incontournable de la céramique Québequoise.Invités « coup de cœur 2014» Alexandra Kulinenko & Fedir Kurkehi, céramiques traditionnelles d'Ukraine.Relève 2014» Katrina Colbourne, récemment diplômée du departement de céramique du Cegep du Vieux Montréal.«En galerie » Le potier, 10,000 ans de complicité avec le cuisinier.Aires de repos sous les parasols, musique d\u2019ambiance loger menu BBQ, bière, vin cidre et jus divers pour vous restaurer.Venez partager avec nous, sur l\u2019herbe, cette fête de la céramique québécoise ENTREE LIBRE DE10H A18H MUSIQUE LE QUEBEC DE CHARLEBOIS À ARCADE FIRE admission division de tidœtmaster 1-855-790-1245 admission corn EVITEZ LES FILES: ACHETEZ VOS BILLETS EN LIGNE! ÉCONOMISEZ LES FRAIS DE SERVICE AVANT LE 29 MAI.MUSEE-MCCORD.QC.CA 690, RUE SHERBROOKE OUEST, MÉTRO McGILL www.ceramystic.com 450 248-3551 ceramystic@ceramystic.com ïï-4 T F Jj Li Jj Jj 107,3 \t\t\t \t\t\t LésïüB\t\t\t LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUIN 2014 E 7 CULTURE.de VISU AURELIE VANDEWYNCKELE/ARTEXTE Artexte présente les œuvres de la peintre et réalisatrice Joyce Wieland.Ici, une image tirée du film A & B in Ontario.L\u2019œil du pouvoir Le Centre Artexte lance un programme d\u2019expositions miit\\Aé Document qui s\u2019ouvre sur le travail de Joyce Wieland DOCUMENTS De Joyce Wieland, au Centre Artexte, jusqu\u2019au 21 juin.NICOLAS MAVRIKAKIS Le Centre Artexte lance un nouveau programme d\u2019expositions intitulé Documents.Chaque année, dans ses espaces de présentation, ce centre, ouvert au grand public, mettra en avant sa «collection documentaire qui touche à tous les aspects des arts visuels de 1965 à nos jours, et qui porte une attention particulière aux productions du Québec et du Canada».Fondé en 1980, Artexte, c\u2019est entre autres 7300 dossiers d\u2019artistes, 22 000 monographies, les éditions Artexte, mais aussi un site de recherche où vous pourrez trouver des textes libres de droit (e-artexte.ca).C\u2019est Joyce Wieland, première artiste vivante à avoir eu une rétrospective au Musée des beaux-arts du Canada (en 1971), qui ouvre ici le bal de cette nouvelle série d\u2019expositions.Le visiteur pourra y consulter des catalogues d\u2019exposition et plusieurs livres sur cette artiste : Véritable amour patriotique, Writings and Drawings (1952-1971), The Films of Joyce Wieland de Kathryn Elder.Vous pourrez aussi y voir deux courts films où règne un humour grinçant et très engagé.Dans Rat Life and Diet in North America (1968), Wieland annonce dès le début du film qu\u2019elle a voulu créer une œuvre «contre la structure corporative m ilitaro-industrielle » qui domine notre monde.Cela pourra sembler paradoxal, mais pour ce faire, durant six mois, elle filma des gerboises dans diverses activités, dont celle d\u2019êfre guettées par des chats.A travers ces animaux en action, elle a bâti un court métrage sur la dissidence politique au moment de la guerre du Vietnam, mais aussi sur l\u2019indépendance politique et économique du Canada.Les gerboises dissidentes viennent se réfugier chez nous, pays décrit dans le récit comme étant possédé à 72% par les industries états-uniennes et comme étant peuplé de 3% de communistes.Cela nous vaudra (dans le film) d\u2019être envahis par la CIA.Cette satire et allégorie avait alors été décrite par le cinéaste underground Jonas Mekas comme «le meilleur film politique».Vous pourrez aussi regarder A & B in Ontario (film tourné en 1967, mais monté seulement en 1984) que Wieland a réalisé avec le photographe, cinéaste et critique d\u2019art états-unien Hollis Frampton.Il s\u2019agit d\u2019une sorte de chassé-croisé filmique qui semble amorcer un dialogue amoureux, mais qui vire vite à la lutte de pouvoir.Wieland et Frampton se suivent, se poursuivent, s\u2019épient, avec la caméra au poing qui fait un bruit ERANÇOIS PISAPIA Des images de Rat Life and Diet in North America de Joyce Wieland.qui, dans les circonstances, pourra évoquer celui d\u2019une mitraillette.Cela débute dans l\u2019espace d\u2019une maison, dans l\u2019espace privé, pour se poursuivre dans l\u2019espace public, dans les rues et sur les bords du lac Ontario.Chacun des deux protagonistes veut filmer l\u2019autre.Une manière de parler de l\u2019opposition entre sujet et objet.Ici, Wieland, en tant que femme, semble refuser ce statut d\u2019objet regardé pour tenter de devenir un être qui s\u2019approprie le monde.Un commentaire féministe qui bien sûr parle aussi du fait qu\u2019il y avait peu de cinéastes femmes à l\u2019époque.Les choses ont-elles vraiment changé depuis ?Signalons que le Centre Artexte organise une série de lectures intitulée « Une heure, un livre».Le 20 juin, à 18 h, c\u2019est l\u2019écrivain, réalisateur et commissaire Daniel Canty qui se penchera sur Sklepy cynamonowe (Les boutiques de cannelle) de 1934, l\u2019autobiographie tabulée de Bruno Schulz.Collaborateur Le Devoir DVoir > D\u2019autres images tirées de la collection documentaire d\u2019Artexte.ledevoir.com/culture/ arts-visuels MEDIAS Les noces d\u2019or Il y a 50 ans naissait Journal de Montréal^ encore et toujours fidèle à ses origines STÉPHANE BAILLARGEON Les chroniqueurs sportifs ou politiques le savent: il faut se méfier des prévisions, surtout quand elles concernent le futur.«Bien malin, celui qui, le 15 juin 1964, aurait pu prédire la popularité du Journal de Montréal, rappelle le premier paragraphe de l\u2019Historique de l\u2019entreprise diffusé en ligne par ce média devenu surpuissant.À l\u2019époque, dans la métropole, la concurrence est des plus vives entre les quotidiens francophones et il ne semble pas y avoir de place pour un nouveau joueur alors que La Presse, Le Devoir et Montréal-Matin ont fidélisé leur lectorat.D\u2019ailleurs, à sa naissance, le nouveau-né montréalais est mal accueilli par ses pairs de la presse écrite.Le directeur du Devoir déclare même que ce journal tomberait à l\u2019automne avec les feuilles mortes!» Résultat: le tirage du Devoir n\u2019a pas beaucoup bougé, le Montréal-Matin est mort, comme le Montreal Star, tandis que Le Journal de Montréal (JdeM) a ravi à La Presse son titre de «plus grand quotidien français d\u2019Amérique».Le JdeM cumule maintenant son million de lecteurs.Les «feuilles» vives ont en plus permis à Québécor de développer une entreprise multimilliardaire.En un week-end Cette incroyable aventure est lancée avec de petits moyens additionnés à une très grande audace, à la faveur d\u2019une grève des typographes de La Presse déclenchée début juin 1964.Pierre Péladeau, qui possède des hebdomadaires, des journaux à potins et une imprimerie, demande à son directeur des publications André Lecompte de constituer une équipe de journalistes pour lancer rapidement un quotidien capable de combler le vide en kiosque.Les collaborateurs sont recrutés en deux jours dans les stations de radio «pour pallier l\u2019accès au fil de presse refusé par les autres médias».Le premier numéro du lundi 15 juin est entièrement reproduit dans l\u2019édition d\u2019aujourd\u2019hui du JdeM.La une historique est reprise ici.Tout ce qui va assurer la réussite exponentielle de la publication s\u2019y trouve déjà en gestation: les gros titres et les photos mais pas de textes, les faits divers et les potins artistiques.Il n\u2019y manque que les sports et les couleurs, qui viendront plus tard, comme les commentateurs-vedettes, même si André Rufiange, ami du patron et scripteur humoristique, chronique dès le départ, et tous les jours s\u2019il vous plaît.«Dès le début, le Journal traite toute information sur le modèle du fait divers», résume Martine Paquette, enseignante au collège Montmorency, coauteure de Sociologie des médias (Fides).«Ce traitement fait que les gens se sentent près de ce qui se passe.C\u2019est un média axé sur la proximité quotidienne de toute sorte.S\u2019il parle politique, par exemple, il adopte un ton familier, sans froideur, en s\u2019intéressant à l\u2019impact sur les gens, leur niveau de vie, leur famille.L\u2019information se soucie constamment de l\u2019individu plutôt que des institutions.» Le tirage passe la barre des 80000 exemplaires mais replonge à 10000 après le retour de La Presse aux affaires, en janvier 1965.Pierre Péladeau (1925-1997) et son équipe tiennent le fort pendant sept longues années de vaches mai- VOICI LE NOUVEAU QUOTIDIEN Pendant que la CONFUSION entoure l\u2019enfont GUYNEMER VOL t HD 1 'LUNDI IS JUIN tK4 eIVIONTREAL Chasse à rhoiiiine â 90 milles à l\u2019heure FUYARD on doit protéger NAESSENS â la carabine ê i Mariage secret de Ginette Ravel La une de la première édition du Journal de Montréal le 15 juin 1964 SOURCE JOURNAL DE MONTREAL grès, sans profits, toujours au bord de la faillite.Les coups d\u2019aplomb relancent la machine, qui s\u2019emballe finalœ ment.Le Journal de format tabloïd est (fiffusé très tôt le matin pour concurrencer les publications de fin d\u2019après-midi.Les pages ne proposent aucun éditorial pour se démarquer du Montréal-Matin (affilié à l\u2019Union nationale) et de La Presse (d\u2019obédience libérale), mais accueillent le leader indépendantiste et ex-journaliste René Lévesque, comme chroniqueur, dès 1970.La publication mise aussi de plus en plus sur le sport, avec les chroniques de Jacques Beau-champ.Elle paraît le dimanche et s\u2019intégre à une structure verticale de production et de diffusion qui lie une imprimerie et un système de distribution (Les Messageries dynamiques).KISS et pitoune «Le Journal n\u2019a rien inventé, mais M.Péladeau a eu l\u2019idée de génie d\u2019importer et d\u2019adapter des formules éprouvées depuis des décennies aux États-Unis », dit Marc-François Bernier, professeur de journalisme à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Lui-même a travaillé au Journal de Québec, petit frère de la capitale né en 1967.«Le Journal de Montréal reproduit ici le modèle de la grande presse industrielle, populaire et populiste, faite pour faire des sous.[.] R a aussi introduit ici le 'human interest\u201d dans la couverture.À la longue, le modèle méprisé par les autres a été beaucoup imité et cet angle tourne maintenant à la caricature, surtout à la télévision, mé- dia de l\u2019émotion par excellence.» Péladeau père résumait ce canevas par la formule américaine KISS: «Keep it simple stupid».Dans une entrevue au Devoir publiée il y a tout juste vingt ans, au moment du trentième anniversaire, il exposait autrement la leçon apprise du magnat des médias Robert Murdoch en se servant de l\u2019exemple de la fameuse «pitoune de la page 7» qu\u2019a longtemps publiée \\e JdeM: «Si le concurrent en met une en page 7, tu en mets une en 3; s\u2019il la met en 3, tu en mets deux! Voilà!» Et ça continue La.pin-up se repointe dans la section Sac de chips du site en ligne.Le sang coule moins, mais c\u2019est tout aussi vrai dans la société.«Ce média est encore le reflet de son époque», dit la spécialiste Martine Paquette, qui porte le même jugement envers les idéologies présentes dans la publication depuis longtemps, un certain nationalisme, une certaine droite économique, tout en acceptant une pluralité des opinions.Depuis le long et profond conflit de travail du tournant de la décennie.Le Journal de Montréal se fait avec un quart des journalistes et des dizaines de chroniqueurs invités.«M.Péladeau a travaillé autant le fond que la forme pour créer un journal original, dit encore la sociologue des médias.À la longue, une fois la bonne recette trouvée, elle n\u2019a pas beaucoup évolué.Au début.Le Journal de Montréal se fondait sur les trois S: le sport, le sang, le sexe.Maintenant, il y a encore plus de sport et on a ajouté de l\u2019enquête et beaucoup, beaucoup de commentaires.» N\u2019est-ce pas le lot partout, y compris ici?Le professeur Bernier y voit plutôt une certaine concentration idéologique, ne serait-ce que pour promouvoir certaines idées et la réputation du fils héritier, Pierre Karl Péladeau, maintenant député du PQ et aspirant probable à la succession de Pauline Marois.«R n\u2019y avait pas cet activisme pendant les premières décennies, dit-il.Maintenant, on cherche un peu à dire aux gens quoi penser.» Le Devoir GALERIE BERNARD JEAN-FRANÇOIS GIRARD POESIE DE SURVIE Lexposition se poursuit Jusqu au 28 juin 2014 3926 rue Saint Denis Montreal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard ca TecU
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