Le devoir, 3 mai 2014, Cahier B
[" Sciences : Ces ondes qui sont omniprésentes dans nos vies Page b 6 Michei David : Le PQ n\u2019aura pas le luxe de profiter d\u2019un répit Page b 3 Manon Corneiiier : Harper s\u2019en prend maintenant à la justice Pa^e B 2 PERSPECTIVES CAHIER B LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 MAI 2014 1 fîîïî 1 1 JEAN-FRANÇOIS BRUNEAU Une piste cyclable le long d\u2019un boulevard à Copenhague, au Danemark, Des chercheurs québécois se penchent sur la capitale du vélo pour inspirer des réformes du code de la route au Québec, JEAN-FRANÇOIS BRUNEAU\tJACQUES NADEAU LE DEVOIR Le modèle des petites rues résidentielles de Delft, aux Pays-Bas, pourrait Des voix s'élèvent à Montréal pour améliorer la cohabitation entre piétons, facilement se transplanter à Montréal,\tvélos et voitures, ENTRE PIÉTONS, BICYCLETTES, VOITURES ET CAMIONS Pour dompter la voiture La mort d\u2019une cycliste heurtée par un camion, cette semaine à Montréal, remet à l\u2019ordre du jour le difficile partage de la route sur des infrastructures conçues au siècle dernier.Des universitaires mandatés par le ministère des Transports du Québec cherchent des solutions à Amsterdam, à Copenhague et dans une vingtaine d\u2019autres villes européennes reconnues comme des pionnières de la cohabitation entre autos, vélos et piétons.Zoom sur des idées étonnantes.MARCO FORTIER On ne verra jamais un «tunnel de la mort» à Delft, aux Pays-Bas: cette charmante ville de 100000 habitants a fait le choix d\u2019aménager une voie sûre pour tous les usagers de la route.Et donne même la priorité aux piétons, aux petits vieux en fauteuil motorisé, aux vélos et aux mamans qui sortent avec une poussette.Les camions et les voitures n\u2019ont qu\u2019à attendre ! Prés de la gare de Delft se trouve un tunnel semblable à celui qui a été le théâtre du terrible accident qui a emporté une cycliste, rue Saint-Denis, cette semaine à Montréal.Sauf qu\u2019à Delft, le tunnel comporte une piste cyclable surélevée et séparée de la chaussée, en plus d\u2019un large trottoir.Aucune commune mesure avec le viaduc sombre et étroit où la cycliste Mathilde Blais, 33 ans, a été heurtée par un gigantesque camion-grue lundi dernier.«Les Pays-Bas ont décidé de protéger les usagers de la route les plus vulnérables et ont pris les moyens pour y parvenir», dit Jean-François Bru-neau, professeur associé et doctorant en génie civil à l\u2019Université de Sherbrooke.Il fait partie dç la Chaire de recherche en mobilité de l\u2019École polytechnique de Montréal, qui a eu un mandat hors de l\u2019ordinaire du ministère des Transports du Québec (MTQ) : élaborer un «code de la rue» inspiré d\u2019une demi-douzaine de pays européens réputés pour leur partage de la route harmonieux.Le but: faciliter les déplacements en ville.Réduire la congestion.Créer des espaces publics où les gens se parlent, se rencontrent, prennent un café.Rendre la vie plus agréable.Ce n\u2019est pas une politique contre les voitures, pro-vélo ou pro-piéton.C\u2019est une politique «pour le bien commun», explique Catherine Morency, ingé-nieure et responsable de la Chaire mobilité à l\u2019École polytechnique.Le MTQ s\u2019active Avant même le tragique accident de vélo de cette semaine, le MTQ a ainsi commencé à chercher «des solutions vers un aménagement du réseau plus sécuritaire pour les déplacements des usagers vulnérables (piétons, cyclistes, personnes à mobilité réduite, etc.) qui tiennent compte de leur faisabilité en fonction du contexte québécois de circulation et des rigueurs hivernales», a appris Le Devoir.Pour remplir cette mission, le chercheur Jean-Érançois Bruneau a mené au cours des dernières semaines 13 assemblées de consultation dans 11 villes québécoises.Il a rencontré 223 citoyens, qui se sont montrés largement favorables à une série de mesures audacieuses en vigueur en Europe: donner la priorité absolue aux usagers de la rue les plus vulnérables, dans toutes les rues; aménager des zones sans trottoirs où cohabitent piétons, vélos et voitures; créer des zones sans signalisation, y compris sans feux de circulation et sans panneaux d\u2019arrêt.Le chercheur a séjourné dans 25 villes de cinq pays (France, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Danemark) pour rapporter les idées les plus innovatrices.La beauté de l\u2019affaire, c\u2019est « Ça prend une forte mobilisation citoyenne pour implanter un code de la rue» que ces solutions ne coûtent pas une fortune, s\u2019implantent facilement et sauvent des vies.On ne parle pas ici d\u2019un tramway à 1 milliard de dollars ou d\u2019un projet pharaonique qui prend des années à implanter.Il suffît d\u2019aménager des rues conviviales et bien pensées.Et de changer la «culture du char» qui domine en Amérique du Nord depuis le siècle dernier.Le pouvoir aux citoyens «Le Québec peut s\u2019inspirer de ces concepts européens, mais il faut que la population les réclame.Ça prend une forte mobilisation citoyenne pour implanter un code de la rue», dit Jean-François Brpneau.A Amsterdam, par exemple, il a fallu une série d\u2019accidents mortels pour que la population réclame la fin du règne de l\u2019auto, au début des années 1980.Cette ville des Pays-Bas est devenue un modèle pour l\u2019efficacité de ses transports parce que les gens l\u2019ont réclamé haut et fort, rappelle le professeur.La mort de la cycliste Mathilde Blais aurait-elle déclenché ce vent de changement pour de nouvelles règles du jeu en matière de déplacements à Montréal?Des groupes de cyclistes, de piétons et de simples citoyens ont dénoncé très fort les périls de la circulation à Montréal cette semaine.Le lobby du vélo, notamment, prend une place importante depuis l\u2019an dernier.Ce n\u2019est pas un hasard si le nouveau ministre des Transports, Robert Poëti \u2014 qui s\u2019est fait traiter de dinosaure pour ses propos sur le vélo d\u2019hiver \u2014, a annoncé cette semaine son intention de réviser le Code de la sécurité routière pour l\u2019adapter à la pratique du cyclisme.Les vélos pourront notamment rouler sur les trottoirs aux endroits jugés dangereux.Les arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont-La Petite Patrie, dirigés par les maires Luc Ferrandez et François Croteau, VOIR PAGE B 3 : VÉLO, AUTO ULSTER Le rêve menacé Le grand projet du Sinn Féin est compromis ÉRIC ALBERT à Londres En signant les accords de paix en 1998, le Sinn Féin, le parti irlandais républicain, n\u2019a pas renoncé à son rêve: unir la République d\u2019Irlande et l\u2019Irlande du Nord.Mais l\u2019objectif est désormais d\u2019y parvenir politiquement.Dans une première étape, l\u2019idée est d\u2019accéder au pouvoir des deux côtés de la frontière.Jamais le Sinn Féin n\u2019a été aussi proche d\u2019y arriver.Au nord, Martin McGuinness, ancien membre de l\u2019Armée républicaine irlandaise (IRA), groupe paramilitaire, est vice-premier ministre depuis 2007.Au sud, le parti connaît un fort regain de popularité.Crédité d\u2019environ 20% de soutien, il pourrait terminer deuxième aux élections européennes du 23 mai, derrière le Fine Gael («famille des Irlandais», chrétien-démocrate), actuellement au pouvoir.Ée véritable objectif est cependant celui des élections générales d\u2019avril 2016.Le Sinn Féin espère devenir alors le partenaire minoritaire d\u2019un gouvernement de coalition.M.Adams, président du Sinn Féin et député de la République irlandaise depuis 2011, se retrouverait alors au pouvoir.Lui siégerait à Dublin tandis que son compère M.McGuinness contrôlerait le pouvoir à Belfast.« Un tel scénario serait extraordinaire.Gerry Adams veut s\u2019assurer une place dans l\u2019histoire en le mettant en place», estime Ed Moloney, un journaliste irlandais qui dirige pour le Boston College un projet qui recueille les témoignages d\u2019anciens membres de TIRA.Une image bousculée Ce rêve va-t-il dérailler ?La détention de Gerry Adams depuis mercredi soir, dans le cadre de l\u2019enquête sur le meurtre de Jean McConville en 1972, pourrait bousculer ces ambitions.Si la police britannique inculpe Gerry Adams pour avoir commandité le meurtre de cette mère de famille de dix enfants, enlevée et tuée par TIRA après avoir été soupçonnée d\u2019être une informatrice à la solde des Britanniques, l\u2019image du leader nationaliste risque d\u2019être fortement bousculée.C\u2019est justement pour désamorcer la crise que le chef du Sinn Féin s\u2019est livré à la police nord-irlandaise.En cas d\u2019inculpation, il pourra déclarer qu\u2019il s\u2019est rendu volontairement à la police, qu\u2019il s\u2019est expliqué et s\u2019est blanchi.Mais cette arrestation, à trois semaines du scrutin européen, jette le trouble.«Certains éléments du PSNI, qui sont une minorité, cherchent manifestement à obtenir un résultat différent aux élections qui viennent », accuse M.McGuinness.L\u2019affaire aura des répercussions différentes des deux côtés de la frontière.Au nord, sans remettre en cause le processus de paix, elle pourrait raviver les groupuscules paramilitaires républicains VOIR PAGE B 2 : SINN EÉIN B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MAI 2014 PERSPECTIVES Bataille suprême X Manon CORNELLIER à Ottawa Les conservateurs n\u2019ont jamais eu une haute opinion des tribunaux et s\u2019en sont rarement cachés.Ils s\u2019étaient pourtant abstenus jusqu\u2019à présent de s\u2019en prendre de front à la Cour suprême du Canada.Depuis jeudi, ce tabou est brisé.D\u2019abord à travers des sources anonymes, puis par une déclaration du bureau du premier ministre, les conservateurs ont tenté de jeter un doute sur cette institution fondamentale en lançant des insinuations de partialité à l\u2019endroit de la juge en chef Beverley McLachlin.Du jamais vu ! Et encore plus exceptionnel, même historique, est le match verbal que ces attaques ont provoqué entre le bureau du premier ministre et celui de la juge en chef.Un précédent inquiétant et troublant.Les allégations d\u2019abord.Elles tournent autour de la nomination du juge Marc Nadon.Le National Post révélait jeudi que, selon des sources conservatrices anonymes, la juge en chef aurait fait du démarchage auprès du gouvernement contre la nomination du juge Nadon, nomination que la Cour qu\u2019elle préside a ensuite déclarée inconstitutionnelle.Les sous-entendus étaient lourds et, fait rare, le bureau de McLachlin a cru nécessaire de diffuser une déclaration pour rétablir les faits.Oui, la juge en chef a contacté directement le ministre de la Justice, Peter MacKay, et le chef de cabinet de Stephen Harper, Ray Novak, mais pour discuter «de l\u2019admissibilité d\u2019un juge d\u2019une cour fédérale» à un des trois postes réservés au Québec.Et «la juge en chef n\u2019a exprimé aucune opinion à propos du mérite de cet enjeu», a précisé le porte-parole de la Cour, Owen Rees.Jeudi soir, le bureau de M.Harper en rajoutait: «Le premier ministre ou le ministre de la Justice n\u2019appelleraient jamais un juge en exercice au sujet d\u2019une affaire qui est portée devant son tribunal ou qui pourrait éventuellement l\u2019être.La juge en chef a pris l\u2019initiative de téléphoner au ministre de la Justice.Après que le ministre a reçu l\u2019appel, il a avisé le premier ministre qu\u2019étant donné le sujet dont la juge en chef souhaitait discuter avec lui, il serait mal avisé et inapproprié de sa part de répondre à son appel téléphonique.Le premier ministre s\u2019est montré d\u2019accord et n\u2019a pas répondu à l\u2019appel.» M\u201c® McLachlin n\u2019étant pas du genre à plier l\u2019échine, son cabinet a répliqué hier.«Il n\u2019y a à aucun moment eu quelque communication que ce soit entre la juge en chef McLachlin et le gouvernement au sujet d\u2019instances devant les tribunaux », a dit son bureau, avant d\u2019offrir une chronologie détaillée des événements.Et la juge d\u2019ajouter: «Vu les possibles répercussions de la question pour la Cour, je souhaitais m\u2019assurer que le gouvernement était au fait de la difficulté touchant l\u2019admissibilité.Je n\u2019ai à aucun moment exprimé quelque opinion que ce soit quant au fond de la question de l\u2019admissibilité.Selon la coutume, les juges en chef sont consultés durant le processus de nomination, et il n\u2019y a rien d\u2019inopportun à soulever une possible difficulté susceptible d\u2019influer sur une éventuelle nomination.» Dans un courriel au Devoir hier, le directeur des communications du premier ministre, Jason MacDonald, a reconnu que Mme McLachlin a contacté le ministre et le bureau du premier ministre durant le processus de sélection.Or, à ce moment-là, personne ne pouvait présager qu\u2019un avocat torontois contesterait la nomination du juge Nadon devant les tribunaux.Le ministre de la Justice, Peter MacKay, a lui-même dit jeudi que c\u2019était «la prérogative de la juge en chef» de le contacter dans le cadre du processus de nomination et que lui-même lui parlait à l\u2019occasion.«Il est nécessaire que j\u2019aie un dialogue ouvert avec le juge en chef de la Cour suprême », a-t-il ajouté.Le gouvernement a préféré ne pas tenir compte des avertissements de M\u201c® McLachlin, demander l\u2019avis de deux anciens juges de la Cour suprême et celui d\u2019un juriste éminent et foncer.C\u2019est sa prérogative, mais il ne peut pas dire qu\u2019il n\u2019avait pas été prévenu.Toutefois, en s\u2019attaquant à M\u201c® McLachlin, il vise un des piliers de notre démocratie constitutionnelle.Tout cela sent le désir de revanche.Depuis le début de l\u2019année, la plus haute cour du pays a débouté le gouvernement dans cinq causes importantes, dont la nomination du juge Nadon et la réforme du Sénat.Les conservateurs en ont assez.Pidèles à leurs vieux réflexes réformistes, ils sont persuadés d\u2019être victimes d\u2019un biais défavorable plutôt que d\u2019être responsables de leurs propres échecs.Et la tactique du dénigrement n\u2019est pas nouvelle pour eux.C\u2019est la même qu\u2019ils ont utilisée pour tenter d\u2019ébranler le directeur général des élections et le directeur parlementaire du budget.Et, encore là, parce qu\u2019ils étaient frustrés d\u2019être pris en défaut par ces deux chiens de garde parlementaires.La confiance de la population en ses institutions démocratiques est déjà flageolante.S\u2019il faut en plus qu\u2019elle doute du dernier garde-fou qui lui reste pour protéger ses droits et l\u2019ordre constitutionnel contre l\u2019arbitraire du pouvoir absolu que détient un gouvernement majoritaire, que lui restera-t-il?M.Harper joue ici un jeu, non seulement lassant, mais dangereux.mcornellier@ledevoir.com NOAH GRAHAM AGENCE ERANCE-PRESSE Les propos du propriétaire des Ciippers de Los Angeies, Donaid Steriing, ont ravivé ie débat sur ie racisme aux États-Unis.ÉTATS-UNIS Ces préjugés qui perdurent On applaudit aux États-Unis aux sanctions de la NBA contre le propriétaire des Clippers à la suite de ses propos racistes.Mais l\u2019affaire souligne le fait que, malgré l\u2019élection et la réélection d\u2019un premier président à la peau noire dans ce pays, les États-Unis ne sont pas encore la société «post-raciale» évoquée par le candidat Obama.MARIE-CHRISTINE BONZOM à Washington Les propos racistes de Donald Sterling tenus à sa maîtresse, V.Stiviano, mais enregistrés et livrés au site Internet TMZ qui les a diffusés, ont été unanimement dénoncés.Le propriétaire de cette équipe de basket de Los Angeles n\u2019a essentiellement trouvé comme défenseur que Donald Trump, autre homme d\u2019affaires richissime, qui, tout en critiquant Donald Sterling, a surtout attribué le scandale à «sa très, très méchante petite amie».Depuis la Malaisie où il bouclait une importante tournée asiatique, Barack Obama avait, dès les révélations de TMZ, qualifié les déclarations de Donald Sterling A\u2019«incroyablement racistes, insultantes et choquantes».Mercredi, le président, de retour à Washington, a fait savoir qu\u2019il approuve le bannissement à vie et l\u2019amende record de 2,5 millions de dollars imposés par la National Basketball Association (NBA) au patron des Clippers.En 2008, Barack Obama s\u2019était posé comme un «agent de changement».L\u2019élection de cet homme né de funion d\u2019un Noir et d\u2019une Blanche avait été saluée comme le signe historique d\u2019une société américaine devenue «post-raciale».Mais il est désormais clair que la société américaine reste habitée par de vieux préjugés.«L\u2019élection d\u2019Obama était le signe que la société américaine a changé, certes, mais seulement dans la mesure où les symboles sont importants», a expliqué au Devoir Lorenzo Morris, politologue à fUniversité Howard de Washington, l\u2019une de,s universités noires les plus anciennes des États-Unis.Un lourd héritage Barack Obama lui-même sait bien qu\u2019en dépit de sa victpire aux présidentielles de 2008 et de 2012, les États-Unis sont encore loin d\u2019être la société post-raciale qu\u2019il avait évoquée durant sa campagne face à John McCain.«Notre pays continue à se débattre avec l\u2019héritage des divisions raciales, de l\u2019esclavage et de la ségrégation; les vestiges de la discrimination sont toujours là et nous continuerons à les voir remonter de temps en temps à la surface», déclare-t-il aujourd\u2019hui en faisant référence au scandale Sterling.Les États-Unis ont sans conteste réussi à confronter leur histoire et à la dépasser.«Il y a eu d\u2019énormes progrès», dit Barack Obama.La plupart ont été effectués dans les années 1960 sous la pression du mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King.Des lois fédérales ont ainsi instauré l\u2019égalité des droits, aboli la ségrégation institutionnalisée et la discrimi- nation dans de nombreux domaines : du monde du travail au bureau de vote, en passant par les transactions immobilières.Cependant, le passé de l\u2019hégémonie des Blancs sur les autres peuples présent^ sur le sol américain avant la formation des États-Unis, puis sur les Américains d\u2019autres races après la naissance du pays, n\u2019est jamais bien loin de la surface.Après les sanctions de la NBA contre le patron des Clippers qui n\u2019aime pas les Noirs, Harry Reid, élu du Nevada et chef de la majorité démocrate au Sénat, a du reste exhorté le propriétaire des Redskins, Daniel Snyder, à changer le nom de l\u2019équipe de football américain de la capitale.Pour Harry Reid, le terme Redskins (« Peaux-Rouges ») est «douloureux pour les Indiens».«Il est fâcheux que Daniel Snyder essaie de se cacher derrière ce qu\u2019il appelle la tradition.Quelle tradition ?Une tradition de racisme», lance M.Reid.Le sénateur du Nevada appelle aussi la National Pootball League à imiter la NBA et à intervenir auprès du patron des Redskins afin qu\u2019une «population entière d\u2019Américains ne soit plus longtemps dénigrée».Son appel est appuyé par Eleonore Holmes Norton, la déléguée noire de la ville de Washington au Congrès.«Le symbole de succès images raciales utilisées en politique ici, aux Etats-Unis.Or, au sein du Tea Party, il y a des éléments qui emploient des images ouvertement raciales et qui ont des attitudes nettement raciales, voire racistes», explique le professeur de l\u2019Université Howard.L\u2019évolution vers la droite de la Cour suprême a récemment traduit dans le droit certaines priorités de courants tels que le Tea Party.En, 2013, la plus haute instance judiciaire des États-Unis, par 5 voix (parmi lesquelles le seul magistrat noir de la Cour) contre 4, a abrogé une disposition cruciale de la loi de 1965 sur le droit de vote qui était destinée à empêcher toute discrimination raciale aux urnes.D\u2019autres cas Par ailleurs, les incidents semblables à l\u2019affaire Sterling semblent se multiplier à travers les Etats-Unis.La même semaine que le patron des Cbppers a tenu les propps qu\u2019on lui reproche, un éleveur de l\u2019État de M.Reid s\u2019est lui aussi fait remarquer par des propos racistes ancrés dans la «tradition» que fustige le sénateur.«Je me suis souvent demandé si les nègres ne seraient pas mieux de retourner en esclavage », a en effet déclaré Cliven Bundy, héros de certains Américains d\u2019extrême droite parce qu\u2019il refuse depuis 20 ans de payer au gouvernement fédéral les droits de pâturage de son bétail sur des terrains publics au Nevada.En janvier, le rocker Ted Nugent, fervent détracteur de Barack Obama, décrivait le président comme «un bâtard sous-humain » et proposait que le chef de la Maison-Blanche soit «puni» pour «trahison».Ces exemples récents ne sont que «la partie immergée de l\u2019iceberg», comme l\u2019a remarqué le journaliste noir Bryant Gumbel dans l\u2019émission politique dominicale de NBC, Meet the Press.Plus fondus dans la masse, des courriels et des affiches circulent depuis des années qui dépeignent Barack Obama et son épouse, Michelle, en singes et accusent les politiques qdoptées par le président de viser à détruire les États-Unis.«Le symbole de succès individuel représenté par Barack Obama n\u2019a pas compensé l\u2019émergence de plus en plus marquée d\u2019une rhétorique raciale dans la sphère politique américaine, notamment avec le Tea Party», observe Lorenzo Morris.«Depuis la Deuxième Guerre mondiale, il y avait eu une diminution importante des individuel représenté par Barack Obama n\u2019a pas compensé l\u2019émergence de plus en plus marquée d\u2019une rhétorique raciale » Des problèmes structurels En avril dernier, la Cour a de nouveau rogné sur les protections établies il y a des décennies pour éviter les injustices à caractère racial en soutenant le référendum des électeqrs du Michigan qui a aboli dans cet État la discrimination positive dans le monde de l\u2019éducation et du travail.Motif de la Cour suprême: «le pays a changé».Or, à bien des égards dans la vie quotidienne des Noirs et d\u2019autres minorités, le pays n\u2019a pas changé.«L\u2019élection et la réélection d\u2019un homme [à la peau noire] à la présidence ne changent pas dans les faits certains des problèmes structurels, certains problèmes de mentalité et d\u2019attitude, certains problèmes culturels et économiques», note Jeffrey Goldberg, chroniqueur au magazine The Atlantic.Le chômage continue donc de frapper deux fois plus de Noirs que de Blancs, une situation qui perdure depuis des décennies, comme le montre une étude publiée dans le journal Demography.L\u2019écart entre les Noirs et les Blancs en matière de patrimoine a presque triplé depuis 1984, selon l\u2019Université Brandeis.Bien que les Noirs ne consomment pas plus de drogues que les Blancs, ils sont quatre fois plus susceptibles d\u2019être arrêtés par la police et envoyés en prison par les tribunaux pour usage de stupéfiants.Une ségrégation de fait existe dans les établissements scolaires.L\u2019homme qui occupe la présidence n\u2019aide pas à changer la situation quand, au grand dam d\u2019élus et d\u2019intellectuels noirs, il rechigne à traiter des problèmes de fond, à part ses mesures pour atténuer les disparités dans la sévérité des sanctions pénales.«Barack Obama n\u2019a jamais dirigé une équipe qui avait un programme progressiste.Il représente une approche pragmatique et, pour le moment, il ne s\u2019est pas attaqué aux dossiers qui risquent de diviser les races», souligne le professeur Morris.«Le racisme n\u2019est pas revenu, il n\u2019a jamais disparu », déplore le commentateur noir Eugene Robinson dans le Washington Post, après le scandale qui vient d\u2019agiter la NBA.Collaboratrice Le Devoir SINN FEIN SUITE DE LA PAGE B 1 dissidents.S\u2019ils sont ultraminoritaires, ils font sentir leur présence.Ils ont commis plusieurs meurtres spectaculaires : deux militaires en 2009, un policier en 2011, un gardien de prison en 2012.Juste avant la Noël 2013, deux bombes ont explosé sans faire de blessé.Une première depuis 1998.«Si Gerry Adams est inculpé, lui qui est l\u2019ar- chitecte d\u2019énormes compromis pour la paix, la leçon pour les jeunes républicains sera claire: il ne faut jamais faire confiance aux Britanniques.Cette logique peut mettre en danger le processus de paix», estime M.Moloney.Paul Bew, ancien conseiller de David Trimble, premier ministre unioniste de 1998 à 2002, confirme: «Le processus de paix est évidemment une bonne chose, et il marche, mais il est plein de défauts, parce qu\u2019il est imposé du haut vers le bas [à des troupes réticentes].» Au sud, en République d\u2019Irlande, l\u2019arrestation de M.Adams risque de ternir son image.Le Sinn Eéin y est populaire non pour son positionnement républicain, mais parce qu\u2019il incarne la protestation.Il s\u2019est opposé aux plans d\u2019austérité imposés depuis 2008.Alors que la reprise ne se fait vraiment sentir qu\u2019à Dublin, l\u2019agacement monte.En revanche, les attentats n\u2019ont pas laissé de bons souvenirs et les Irlandais rejettent le passé sulfureux du Sinn Eéin.Eace à la police d\u2019Irlande du Nord, M.Adams joue un tournant de sa carrière.Le Monde LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MAI 2014 B 3 PERSPECTIVES PARTI QUEBECOIS Bones émissaires recherchés Une séance de lynchage.C\u2019est par ces mots qu\u2019un des responsables de la campagne du Parti québécois décrit la réunion à huis clos, qui aura lieu samedi à Laval, des quelque 150 présidents d\u2019associations et membres de l\u2019exécutif du parti.Ils feront le douloureux bilan des 33 jours qui ont mené à la débâcle du 7 avril.Fait à noter, ceux qui étaient sur la ligne de front aux côtés de la chef Pauline Ma-rois ne seront pas là.Les boucs émissaires qu\u2019on voudra clouer au pilori sont déjà partis.ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Le directeur général du Parti québécois et directeur de la dernière campagne, Sylvain Tan^ay, devait présenter vendredi soir sa démission à l\u2019exécutif du parti.Le départ de ce fidèle de Pauline Marois ne surprend personne.La directrice du cabinet de la première ministre, Nicole Stafford, la générale plénipotentiaire de la campagne, ne sera pas à cette réunion; elle n\u2019a d\u2019autre projet que de prendre sa retraite.Le numéro 2, Dominique Lebel, ne sera pas non plus de la partie.Il quitte la vie politique pour retourner au secteur privé.L\u2019exécutif a préparé un document, à l\u2019intention des présidents des associations pé-quistes, qui dresse un bilan de la campagne.Le directeur des communications, Julien Lam-pron, qui épaule à l\u2019heure actuelle le chef de l\u2019opposition officielle, Stéphane Bédard, a rédigé la section du document qui porte sur les communications électorales.Son constat peut se résumer ainsi : oui, le PQ avait bel et bien un message à passer et un plan de match.Et non, Pauline Marois n\u2019a pu s\u2019en tenir à répéter ce message et à suivre le plan de match.C\u2019est donc dire que c\u2019est en l\u2019absence des principaux responsables de la campagne, ceux qui savent vraiment ce qui s\u2019est passé, notamment les Stafford et Lebel, que se déroulera cet exercice d\u2019autoflagellation.Les militants qui réclamaient que des têtes tombent sont exaucés.Encore heureux que cette séance de défoulement ait lieu rapidement.En ce sens, la décision du président du PQ, Raymond Archambault, de ne pas attendre la tenue, à la mi-juin, de la Conférence nationale des présidentes et présidents (CNPP) est salutaire.C\u2019est à cette occasion que Pauline Marois fera ses adieux aux militants.Surtout, le PQ pourra passer à autre chose : s\u2019intéresser à son avenir plutôt que ressasser les erreurs nombreuses d\u2019une campagne catastrophique.Les règles Ce ne sera pas à cette CNPP que les règles du jeu de la course à la chefferie péquiste seront arrêtées.Certains souhaitent que ces règles soient connues dès septembre pour que la course puisse se faire au grand jour rapidement à l\u2019automne.D\u2019autres, comme le doyen Prançois Gendron, croient qu\u2019on peut attendre à l\u2019an prochain.Entre-temps, la course larvée est déjà amorcée.Certains candidats tâtent déjà le terrain.D\u2019autres sont en réflexion.Sept noms circulent : Pascal Bérubé, Alexandre Cloutier, Bernard Drainville, Sylvain Gaudreault, Véronique Hivon, Jean-Prançois Lisée et Pierre Karl Péladeau.Le dernier en lice, Pascal Bérubé, a fait une sortie cette semaine, affirmant qu\u2019il pourrait se porter candidat.Qutre le fait qu\u2019il souhaite «contribuer à la relance du parti», le député de Matane-Matapédia et ancien ministre du Tourisme ne semble pas impressionné outre mesure par les candidats putatifs.«Si aucun des candidats ne suscite mon enthousiasme, je n\u2019écarte pas Vidée de proposer ma candidature», a-t-il dit.De son côté, Véronique Hivon, dont d\u2019aucuns doutent qu\u2019elle caresse l\u2019ambition de devenir chef, a reçu l\u2019appui enthousiaste des jeunes du PQ.Alexandre Cloutier a proposé qu\u2019on permette à tout sympathisant péquiste, et non pas aux seuls membres du parti, de choisir le prochain chef.La course ne serait pas un concours de signatures de cartes de membre, comme cela avait été le cas lors de l\u2019élection d\u2019André Boisclair en 2005.Bernard Drainville n\u2019a pas encore dévoilé W tK - ¦ .AÆ PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR La tristesse était grande ie soir de i\u2019éiection tant chez Pauiine Marois que parmi ies miiitants du PQ.ses intentions bien que tout le monde lui en prête.Jean-Prançois Lisée teste activement ses appuis.Sylvain Gaudreault est toujours en réflexion tandis que Pierre Karl Péladeau se refuse à tout commentaire.Déjà, Jean-Prançois Lisée se positionne dans l\u2019axe gauche-droite.«Il y a une chose qui est importante, c\u2019est l\u2019authenticité.Le PQ, il est pour l\u2019indépendance et il est social-démocrate», a-t-il déclaré au Devoir.Qn peut y voir une première salve contre Pierre Karl Péladeau.Même si, dans un petit laïus le soir de la défaite, avant les Lisée et Drainville, il a été le seul à prononcer le mot « solidarité», le magnat de la presse aura sans doute du mal à se présenter comme un véritable social-démocrate, si tant est qu\u2019il s\u2019y essaie.La course larvée est déjà amorcée Certains candidats tâtent déjà le terrain.Des discussions Jean-Prançois Lisée croit que la course doit avoir lieu au printemps prochain, ce qui coïnciderait avec la fin de la première année du gouvernement Couillard.D\u2019ici là, il croit que le PQ profiterait de «discussions libres» qui ne seraient pas conditionnées par une course à la direction du parti.«Pendant qu\u2019il n\u2019y a pas de chef, est-ce que les souris peuvent danser?», illustre-t-il.Même s\u2019il en appelle à «la fin de l\u2019ambiguïté », Jean-Prançois Lisée avoue qu\u2019il ne sait pas «en ce moment» si le PQ doit, comme le suggère Prançois Gendron, jouer la carte du bon gouvernement, quitte à attendre que l\u2019électorat soit « prêt » à embrasser le projet souverainiste, ou si plutôt les péquistes doivent affirmer : élisez-nous pour faire l\u2019indépendance ou ne votez pas pour nous.«C\u2019est une question extrêmement difficile», confie-t-il, constatant cependant qu\u2019««7 y a beaucoup de soif dans la base militante pour une position strictement souverainiste».Avec une position pareille, ne risquons-nous pas de voir les libéraux rester au pouvoir pendant 20 ans?se demande Jean-Prançois Lisée.« C\u2019est un gros prix à payer.C\u2019est une grosse punition à infliger aux Québécois aussi.» Le Devoir VÉLO, AUTO SUITE DE LA PAGE B 1 n\u2019ont pas attendu le feu vert de Québec ou de la ville centre : au lendemain de l\u2019accident mortel de cette semaine, ils ont permis la cohabitation des vélos et des piétons sur les trottoirs aux abords des «tunnels de la mort».Le parti des maires Perrandez et Croteau, Projet Montréal, propose déjà un code de la rue inspiré de Copenhague, d\u2019Amsterdam et compagnie.La transformation de l\u2019avenue Laurier Est, sur le Plateau, s\u2019inspire en bonne partie de l\u2019urbanisme à l\u2019européenne : le maire Perrandez a réduit l\u2019espace fait aux voitures et a élargi les pistes cyclables et les trottoirs.Protéger les 8 à 88 ans Le code de la rue étudié spus toutes ses coutures par les chercheurs de l\u2019École poljTechnique \u2014 et que le MTQ envisage d\u2019implanter \u2014 irait encore plus loin : il nécessiterait un « changement de culture», du moins en ville, pour considérer les usagers de la rue comme responsables de la sécurité des autres usagers plus vulnérables.Comme aux Pays-Bas, au Danemark et ailleurs.«Si tu fais le choix de conduire un véhicule qui met les autres en danger, c\u2019est à toi de faire attention aux autres, résume Jean-Prançois Bruneau.Si un cycliste heurte un piéton, il a un sérieux problème.Même chose si une voiture heurte un vélo.» Tout un changement de culture, en effet.Les rues de Montréal ont parfois l\u2019allure d\u2019un derby de démolition entre camions, voitures, vélos et piétons.Sans oublier les voiturettes électriques pour personnes âgées, qui n\u2019ont nulle part où rouler et doivent se faufiler entre piétons, voitures et camions.Un fauteuil motorisé a même été surpris à rouler en pleine autoroute 15 cette semaine.La population vieillit.Les responsables du transport et de l\u2019urbanisme doivent se préparer : ces voiturettes électriques pour les gens qui ont de la difficulté à marcher vont envahir l\u2019espace public dans les prochaines années, explique Marie Demers, associée de recherche à la Chaire Mobilité et auteure du livre Pour une ville qui marche.Le « code de la rue » venu d\u2019Europe vise justement à protéger les gens les plus vulnérables.Les «8 à 88 ans», comme disent les chercheurs de Polytechnique.Dans certaines zones de villes allemandes comme Speyer ou Brühl, par exemple, il n\u2019y a ni trottoir ni chaussée pour les voitures.Qu\u2019une vaste étendue où les voitures circulent à basse vitesse parmi les piétons, les vélos et les trottinettes pour enfants.Ça fonctionne parce que les règles sont claires: «Priorité aux plus petits », rappelle Jean-Prançois Bruneau.Ces solutions hors du commun valent pour le cœur des villes.Plus on s\u2019éloigne du centre-ville, plus les usagers sont séparés physiquement.Autre particularité qui pourrait inspirer le Québec : les rues sont conçues pour que les véhicules circulent constamment, sans s\u2019arrêter, mais à basse vitesse.Autour de 30 km/h.Piétons et vélos ont la priorité aux ronds-points, où l\u2019arrêt n\u2019est pas obligatoire.«La circulation est constante et fluide, dit le chercheur.Ça augmente le débit de circulation de 10% par rapport aux rues telles qu\u2019on les connaît.Et c\u2019est moins stressant qu\u2019à Montréal, où on trouve un feu rouge à chaque coin de rue et où il faut sans cesse arrêter et accélérer.» Le maire Denis Coderre tient à faire de Montréal une «ville intelligente».Les chercheurs de Polytechnique lui donneront sans doute matière à bien des projets.Sans que ça ruine les contribuables.Le Devoir Un choix obligé - Michel é David Il est indispensable pour un parti politique de s\u2019accorder périodiquement un moment de réflexion, mais l\u2019actualité ne lui en laisse pas toujours le loisir.En réalité, ses orientations lui sont souvent dictées par la nécessité d\u2019y réagir à chaud.D\u2019où cette impression d\u2019incohérence qui se dégage parfois.Sur la question de la souveraineté, le Parti québécois ne risque pas d\u2019être trop dérangé par les initiatives du gouvernement Couillard, qui se tiendra le plus loin possible du dossier constitutionnel.Peu importe l\u2019attitude que le gouvernement Couillard adoptera face à Qt-tawa, il suffira de dire qu\u2019elle est trop molle.D\u2019ailleurs, les libéraux ne demandent pas mieux que de voir le PQ assumer pleinement ses convictions souverainistes.En revanche, la politique budgétaire musclée projetée par le nouveau gouvernement va forcer tout un chacun à annoncer rapidement ses couleurs.Québec solidaire n\u2019a pas mis beaucoup de temps à se positionner.Le premier ministre assure que la situation n\u2019est pas «catastrophique», mais réduire les dépenses de 3,7 milliards en un an ne peut pas se faire sans douleur.Avant même de savoir qui sera touché, Pran-çoise David a conclu avec indignation à une ré-dqction des services et au démantèlement de l\u2019État.Personne ne s\u2019en surprendra, compte tenu du fait que la plateforme électorale de son parti prévoyait plutôt des dépenses additionnelles de 13 milliards par année.Soit, QS ne risque pas de devoir passer le test de la réalité dans un avenir prochain, mais le budget présenté jeudi en Qntario démontre qu\u2019un gouvernement libéral qui fait face à un déficit important peut aussi faire le choix de «faire payer les riches».Les manifestations préventives qui ont eu lieu jeudi étaient encore modestes, mais elles vont certainement grossir avec la multiplication des victimes des compressions.Bien entendu, Amir Khadir était déjà au premier rang des manifestants.Le PQ a perdu une troisième circonscription à Montréal le 7 avril.À moins de vouloir lui céder aussi Hochelaga-Maison-neuve, peut-il se permettre de laisser à QS le monopole de la défense de l\u2019héritage de la Révolution tranquille?Un mois après les élections, les sondages ne signifient sans doute pas grand-chose, mais le dernier CRQP créditait QS de 11% des intentions de vote et le PQ de seulement 20%.À l\u2019issue de leur rencontre avec M.Couillard, les dirigeants des syndicats du secteur public se sont réjouis d\u2019apprendre que les conventions collectives qui arriveront à échéance le 31 mars 2015 seront respectées, mais il n\u2019a jamais été sérieusement question de les rouvrir.C\u2019est leur renouvellement qui va poser problème.Un gel de la masse salariale ne se traduirait pas nécessairement par un gel complet des salaires, mais cela exclurait le rattrapage significatif visé par les centrales.Lors de la dernière campagne électorale, le PQ se serait certainement passé de l\u2019appui du matamore de la ÉTQ-Construc-souverainiste Bon, Bernard «Rambo» Gauthier, mais les syndicats ne suffit pas n\u2019en demeurent pas moins V ,\t,\tses alliés naturels.Com- a résoudre\tment pourrait-il assister en toutes les\tsimple spectateur au bras de fer qui s\u2019annonce ?contradictions Le positionnement que choisira le PQ sera déterminant pour la suite des événements.Il serait un peu incongru, pour ne pas dire franchement ubuesque, que Pierre Karl Péladeau, le «roi des lockout», sç porte à la défense des employés de l\u2019État.Être souverainiste ne suffit pas à résoudre toutes les contradictions.Malheureusement, le créneau de la remise en question du «modèle québécois» est déjà occupé.D\u2019ailleurs, le PQ ne pourrait jamais être aussi crédible que la CAQ dans ce rôle.Que cela lui plaise ou non, il n\u2019a pas vraiment d\u2019autre choix que de se faire l\u2019apôtre d\u2019une so-cial-démocratie à la québécoise.Les forces souverainistes sont plus morcelées que jamais.Un jour ou l\u2019autre, il faudra bien reprendre les discussions pour en arriver à une forme d\u2019alliance.Dix-huit mois de pouvoir péquiste ont provoqué la rupture d\u2019un dialogue qui était déjà difficile.Rejoindre le camp des «lucides» éliminerait toute possibilité d\u2019une reprise des discussions.Il est vrai que l\u2019élection d\u2019un gouvernement majoritaire rend moins urgent le choix d\u2019un nouveau chef mais toute la hargne que Stéphane Bédard ne manquera pas de manifester à l\u2019Assemblée nationale ne remplacera pas des orientations claires et nettes.Durant l\u2019intérim qu\u2019il avait lui-même assuré à la tête du PLQ, Jean-Marc Pournier donnait souvent l\u2019impression de tuer le temps en attendant l\u2019arrivée d\u2019un véritable chef Les choses auraient pu être encore pires pour le PQ le 7 avril.Si la campagne avait duré une ou deux semaines de plus, la CAQ aurait très bien pu le coiffer au fil d\u2019arrivée et former l\u2019opposition nationale.La politique a horreur du vide.Il serait imprudent de laisser le champ libre à Prançois Legault trop longtemps.mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MAI 2014 EDITORIAL HARPER C.COUR SUPREME Processus bancal Dans l\u2019étonnante et inédite guerre que se livrent le gouvernement Harper et la juge en chef de la Cour suprême, on aurait tort de céder au manichéisme en se limitant à distinguer les bons (Beverley McLachlin) et les méchants (Stephen Harper).L\u2019affaire doit faire comprendre une fois pour toutes que c\u2019est l\u2019ensemhle du processus de nomination des juges de la plus haute cour qui doit être totalement repensé.L : .-A I Antoine Robitaille es attaques de Stephen Harper, de son ministre et de ses conseillers à l\u2019endroit de la Cour suprême sont empreintes d\u2019un ressentiment malsain où affleure un mépris des institutions.Ce ressentiment tient évidemment aux décisions récentes de la Cour qui a déculotté le gouvernement de manière complète à plusieurs reprises; les deux plus importantes étant le rejet de la nomination du juge Marc Nadon et le récent renvoi sur la réforme du Sénat.Ces décisions empêchent le gouvernement Harper d\u2019atteindre certains de ses objectifs les plus chers.Celui-ci semble toutefois oublier que c\u2019est ainsi que le pouvoir doit être organisé en démocratie.«Pour qu\u2019on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir», écrivait le grand Montesquieu.Le ressentiment peut rendre ridicule.Par exemple lorsque le premier ministre Harper a affirmé sans rire vendredi que la décision du tribunal dans le cas Nadon allait «créer des problèmes pour recruter des juges du Québec à une institu-tion nationale importante», la Cour suprême.Comme si les cours québécoises et le Barreau du Québec (18000 membres, dont plusieurs ont au moins 10 ans d\u2019expérience) ne comp-, taient pas assez de candidats potentiels.A\tM.Harper fait mine de se porter à la défense '.I des Québécois en déplorant que ceux qui siègent aux cours fédérales n\u2019aient plus accès à un siège au plus haut tribunal.S\u2019il se souciait authentiquement de la présence du Québec en Cour suprême, il ne se serait pas aventuré en septembre 2013 sur un chemin qu\u2019il savait rempli d\u2019embûches : la désignation du juge Nadon.Le résultat est déplorable: depuis la retraite du juge Fish en août 2013, la Cour tranche des litiges à huit juges plutôt que neuf; et c\u2019est un des trois sièges réservés au Québec qui a été vacant tout ce temps-là.Dans la cause Nadon et dans celle sur la réforme du Sénat, entre autres, où ses intérêts étaient en jeu, le Québec était donc privé d\u2019un tiers de ses représentants, en contravention avec une règle constitutionnelle.Il est du reste piquant que tout le monde à Qttawa \u2014 juges, élus \u2014 se revendique de manière presque Ij^ique de la séparation des pouvoirs.Car le Canada est loin d\u2019être un modèle en ces matières (voir l\u2019affaire Laskin).La présente querelle aura mis en relief un fait surprenant: la juge en chef de la Cour suprême a accès à la courte liste des candidats à une nomination! Que la juge informe le politique de ses besoins est nécessaire est normal.Elle est une gestionnaire qui ne peut se passer de ces échanges avec l\u2019exécutif qui tient les cordons de la bourse.Elle doit s\u2019assurer en plus d\u2019équilibrer son équipe, laquelle peut avoir des carences dans un champ juridique ou un autre.(Peut-être ne devrait-elle le faire que par écrit cependant, pour garder une distance ?) Chose certaine, rien ne justifie que le patron de la Cour consulte la courte liste des personnes qui pourraient devenir ses collègues.La coutume, comme on l\u2019a désignée, crée une situation délicate où la juge en chef, en effet, peut se faire accuser \u2014 ce dont le gouvernement ne s\u2019est pas privé \u2014 d\u2019avoir voulu faire pression contre un candidat ou un autre.La séparation des pouvoirs judiciaire et exécutif devrait être précisée et formalisée au Canada, et Qttawa ne devrait plus avoir la mainmise sur le processus de nomination des juges.MIRABEL Triste fin d\u2019un éléphant aéroport de Mirabel n\u2019aurait jamais dû voir le jour.Montréal n\u2019en avait pas besoin, comme la suite des événements allait le démontrer.Depuis 2001, tous les vols régionaux, nationaux, continentaux et internationaux sont réunis à celui de D or val, qui a la capacité d\u2019accueillir tout le trafic aérien pour encore plusieurs décennies.Ses installations pourraient accueillir jusqu\u2019à 25 millions de passagers, soit presque le double des 14 millions d\u2019aujourd\u2019hui.Et si besoin est, on trouverait sans doute le moyen d\u2019agrandir les installations actuelles.Rêver que Mirabel puisse un jour reprendre du service et qu\u2019à nouveau des passagers fréquentent son immense aérogare abandonnée est une utopie.Si jamais on devait fermer un jour Dorval pour le redéployer à Mi-rabel, l\u2019actuelle aérogare ne répondrait pas aux ^\tbesoins tels qu\u2019ils le seront dans l\u2019avenir.Puisque personne ne semble vouloir de cet r\tédifice pour lui donner une autre vocation, aussi bien le démolir, comme entend le faire ^ .\"K '^1 Aéroports de Montréal.à moins que ces prochains mois quelqu\u2019un ne lève la main.Une solution inévitable sur le plan financier.La disparition de cet édifice sera un événement triste.Qui, on peut pleurer la mort de cet éléphant blanc, car Mirabel, tel que conçu par des planificateurs déconnectés de la réalité, a entraîné une cascade de tragédies.Celle des expropriés de Mirabel d\u2019abord, aux vies brisées inutilement.Celle des employés envoyés au chômage à sa fermeture.Celle de l\u2019industrie montréalaise du transport aérien, dont le déclin a commencé avec l\u2019ouverture de cet aéroport aux aspirations démesurées, aussitôt boudé par les compagnies aériennes qui ont dès lors commencé à fuir vers Toronto.Le transfert à Dorval de tous les vols internationaux en 1997 et des vols nolisés en 2001 était la solution la moins dommageable au chapitre des coûts et des avantages à en tirer sur le plan économique.Mais cela n\u2019allait pas sans entraîner des înconvé-nîents aux Montréalaîs, du moîns à ceux vîvant dans l\u2019axe des pistes de cet aéroport, qui doivent supporter une pollution sonore.Ce problème ne s\u2019atténuera pas car, si les avions du futur seront plus silencieux.Us seront plus nombreux, tout comme les habitants des nouveaux quartiers qui se développent sous le passage des avions.La direction d\u2019Aéroports de Montréal minimise à tort ce problème, refusant des discussions ouvertes avec les comités de citoyens.Son souci de faire croître les activités de transport aérien est légitime, c\u2019est sa première responsabilité, mais elle ne doit pas oublier que cet aéroport est Implanté au cœur d\u2019une ville, non dans un champ./K il Bernard Descôteaux LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET PfflalSTf?ÎAuRonViLS\tmtCÇoMS Ve L'EtfCTiow Vi* 1 AVdît.i f PauvAwTA II S LETTRES Rouler à Montréal Tout cycljste le sait mieux que quiconque ! A Montréal, le sommet des axes routiers est atteint lorsque l\u2019on arrive au boulevard Rosemont.Jusque-là, depuis le nord comme depuis le sud, ça monte ! Aussi avais-je l\u2019habitude d\u2019amorcer ma descente du tunnel de la rue Saint-Denis, depuis le nord, en route vers mon lieu de travail, en prenant de la vitesse.Car il y a autre chose qu\u2019un cycliste sait mieux que quiconque, c\u2019est que, pour la plupart de ces tunnels (rues Saint-Denis, Saint-Hubert, Papineau et De Lorimier), la pente sud est moins abrupte que celle du nord.C\u2019est dire qu\u2019on peut profiter de la vitesse acquise dans la descente pour continuer à bonne allure lorsque parvenu au côté sud, filant vers le centre-ville.Tout cela n\u2019est cependant plus vrai depuis quelques années, alors qu\u2019il faut maintenant aborder ces descentes avec beaucoup de précautions.La raison, c\u2019est que le trafic routier a fortement augmenté.Il s\u2019est accru, en fait, depuis que tout a été mis en œuvre sur le Plateau Mont-Royal pour éviter que les automobilistes empruntent d\u2019autres voies que celles des artères principales que sont Saint-Denis, Papineau et De Lorimier.Pour le cycliste que je suis, la différence a été frappante.Depuis ce changement, je sais qu\u2019il ne m\u2019est plus possible d\u2019espérer pouvoir passer sans me retrouver coincé entre un véhicule et le muret.C\u2019est donc sans trop de surprise que j\u2019apprends le décès d\u2019une cycliste ! Sylvain Campeau, Montréal, le 29 avril 2014 Qui est responsable du fiasco de Mirabel ?Ne devrait-on pas savoir qui est responsable de ces décisions inefficaces?Qn parle de poursuivre les gens responsables de la corruption et d\u2019obtenir remboursement pour le contribuable.Pourquoi ne montrons-nous pas du doigt ceux qui nous ont amenés sur cette voie de dépenses inutiles et qui ont mal été planifiées ?N\u2019est-ce pas ça, un gouvernement responsable?Qui sont les fonctionnaires et qui sont les politiciens (peu importe le parti) responsables de ce fiasco nommé Mirabel ?Il faut se résigner.Qn ne saura jamais ! Vive la responsabilisation ! Richard Prégent Le 2 mai 2014 REVUE DE PRESSE Rob Ford, le spabole du mal GUILLAUME BOURGAULT-COTE Stephen Harper racontait l\u2019anecdote jeudi lors d\u2019un passage à Montréal: quand il était jeune et partisan des Maple Leafs de Toronto, il se tournait toujours vers le Canadien dès que les Leafs étaient éliminés.soit généralement vers la mi-janvier.La foule a rigolé \u2014 s\u2019amuser des déboires sportifs des Leafs est une tradition sans cesse renouvelée depuis 1967.Mais les nouvelles récentes en provenance de Toronto ne sont pas drôles pour autant, ont noté plusieurs chroniqueurs de la Ville reine cette semaine.Qn ne parle ici ni de hockey ni des élections provinciales du 12 juin, mais bien évidemment du «maire catastrophe» (dixit le National Post), Rob Ford.Le Post publiait d\u2019ailleurs une caricature montrant une pancarte électorale du maire Ford où le slogan « Re-elect Rob Ford» était transformé en «Re-habilitate Rob Ford».Le Toronto Sun, ancien allié du maire, est revenu à la charge pour demander que Ford cède sa place et qu\u2019il se retire aussi comme candidat à la mairie (sur ce point, le Sun et le Toronto Star parlent d\u2019une même voix).Combien de fois faudra-f il qu\u2019il s\u2019humilie avant de comprendre qu\u2019il doit se soigner sérieusement?demande le Sun.Le problème qu\u2019il a ne se réglera pas par une thérapie d\u2019un mois.Ford avait déjà promis de changer l\u2019automne dernier.Il a depuis fait la preuve de son incapacité à se contrôler.Le journal écrit en éditorial que l\u2019excuse habituellement offerte par Rob Ford {«Je ne suis pas parfait») ne justifie rien, lœs Torontois ne sont pas parfaits en général, mais la grande majorité d\u2019entre eux ne fument pas de crack, ne mentent pas toujours et ne sont pas associés à des gangsters.Surtout, ils ne sont pas maires, souligne le Sun.«Ça suffit.» Pour la chroniqueuse Christie Blatch-ford (Postmedia), il n\u2019y a toutefois pas que le maire Ford qui soit à dénoncer dans cette saga.Les médias seraient autant à blâmer que Ford, pense-t-elle.Blatchford estime que plusieurs journalistes en font trop : faire le siège à la résidence du maire, poursuivre sa mère.Vont-ils camper en face du centre de réhabilitation?se demande-t-elle.Blatchford se demande ce qu\u2019on a vraiment appris de plus cette semaine.Rob Ford a un problème d\u2019alcool?Qn le savait.Il est vulgaire et perd le contrôle lorsqu\u2019il est saoul?Qn le savait.Il fume du crack?Qn le savait aussi.La ligne est mince, suggère-t-elle, entre «l\u2019intérêt public et ce que le public souhaite voir», entre l\u2019information pertinente et le voyeurisme.Blatchford se demande également si le Globe and Mail devait payer 10000$ pour acheter à un trafiquant de drogue les photos qu\u2019il désirait \u2014 et qui confirmaient ce qu\u2019on savait.C\u2019est la deuxième fois qu\u2019un média paie pour obtenir des images de Ford (le Star avait déboursé 5000$ pour une vidéo).C\u2019est là une pente ûès glissante, dit-elle.Dans le Toronto Star, Carol Goar parle aussi de pente glissante \u2014 pour décrire le manque d\u2019éthique ou de sens moral flagrant de plusieurs politiciens au Canada.Les exemples abondent, mais personne ne paie le prix, dit-elle.Pour autant qu\u2019on agisse sans se faire arrêter, tout semble bon.Les dirigeants donnent l\u2019impression qu\u2019ils n\u2019ont pas à jouer selon les règles, que les mauvaises actions n\u2019ont pas de conséquences et que des demi-excuses suffisent à tout réparer.Elle cite Rob Ford, Stephen Harper (mépris parlementaire), la mairesse de Brampton (Susan Fennell), l\u2019ex-première ministre albertaine Alison Redford (qui n\u2019a pas reconnu ses fautes, dit-elle), Jason Kenney (double jeu par rapport aux travailleurs temporaires étrangers), Pierre Poilievre (réforme électorale).«Ce qui a changé, c\u2019est que les malfaiteurs ne sont plus obligés d\u2019accepter la responsabilité de leurs actions.Ils n\u2019ont plus à démissionner.Ils ne reconnaissent pas que la confiance du public est ébranlée, ùur réaction, c\u2019est de critiquer les journalistes, les juges ou les chiens de garde qui dévoilent ce qu\u2019ils font.» Prentice A bien des égards, l\u2019ex-ministre fédéral Jim Prentice est tout à l\u2019opposé de Rob Ford: respecté, prudent, posé.Le VP de la Banque CIBC devrait annoncer dans les prochains jours qu\u2019il se lance dans la course à la succession d\u2019Alison Redford à la tête du Parti progressiste conservateur d\u2019Alberta (PPCA, au pouvoir depuis 1971).Dans le Calgary Herald, Don Braid écrit que Prentice a d\u2019excellentes chances de gagner, étant donné son pedigree, ses liens solides avec l\u2019Alberta, ses talents de politicien.Mais il se lance néanmoins dans une course hasardeuse : le PPCA est sûrement le parti le plus imprévisible, le plus impulsif et le plus chaotique au Canada, pense Braid.Les militants ont déjà choisi des chefs qu\u2019on n\u2019attendait pas.Mais surtout, il n\u2019est pas dit que Prentice aurait le temps de remettre le parti sur ses rails d\u2019ici les prochaines élections.Pour le moment, la Wildrose Alliance domine largement dans les sondages.Chroniqueur à YFdmonton Journal, Graham Thomson fait valoir que Jim Prentice a plusieurs qualités \u2014 intelligent et expérimenté, notamment \u2014, mais aucune plus importante que le fait de n\u2019avoir jamais été élu à Edmonton.Il pourra ainsi se distancier plus facilement de l\u2019héritage controversé de Redford et Ed Stolmach.Le Devoir Sur Twitter: @gbcote Les textes originaux sont liés à la version en ligne. LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE MAI 2014 B 5 IDEES Se garder d\u2019oublier Le débat sur la charte était nécessaire, légitime et pertinent.Les ministres libérales Weil et St-Pierre réduisent les Québécois musulmans à un bloc monolithique.EVELYNE ABITBOL RACHID BANDOU DJEMILA BENHABIB LEILA MAHIOUT* Il insi donc, à en croire les décla- Â rations de Kathleen Weil, ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, l\u2019heure est à la «guérison des blessures» occasionnées par la charte de la laïcité proposée par le Parti québécois, alors que sa collègue Christine St-II Pierre, ministre des Relations internationales, a renchéri à ses côtés pour nous faire la promesse d\u2019améliorer «l\u2019image» du Québec à l\u2019étranger, qui aurait été «assurément» ternie pour les mêmes raisons.Curieux propos de la part de ces deux ministres, tenus avec empressement au lendemain de leur assermentation.Ni l\u2019une ni l\u2019autre n\u2019a songé, un seul instant, à prendre quelque hauteur, quelque distance, quelque recul pour envisager notre avenir avec plus de sagesse et d\u2019aptitude.Et surtout, quelle drôle de façon de résumer un débat sociétal aussi important et sensible en termes de «blessures», «d\u2019image» et de «guérison».A-t-on parlé pendant toutes ces longues et nombreuses années, et ce depuis 2006, pour ne rien dire?Car rappelons-nous qu\u2019avant l\u2019épisode de la charte, il y a eu les audiences de la commission Bouchard-Taylor.N\u2019y a-t-il vraiment rien d\u2019autre à retenir de cet exercice démocratique où l\u2019on a entendu des témoignages rigoureux et percutants?N\u2019y a-t-il vraiment rien à faire en matière de laïcité et d\u2019accommodements religieux?N\u2019y a-t-il vraiment rien d\u2019autre à dire, au sujet de la forte mobilisation de la société civile, que de reproduire une rhétorique infantilisante : victimaire à l\u2019égard des « immigrants » et forcément « culpabilisatrice » à l\u2019endroit de la «société d\u2019accueil»?Car il faut bien aller jusqu\u2019au bout du raisonnement de Weil: s\u2019il y a des victimes, il y a forcément des coupables.Coupables de quoi, au juste?Cette sémantique traduit bel et bien un état d\u2019esprit au sein du Parti libéral, lequel démontre clairement, encore une fois, son incapacité à saisir la complexité de faire société ensemble, à cerner les défis auxquels fait face la nation québécoise en plus de méconnaître les préoccupations du vivre-ensemble à l\u2019échelle internationale.Que l\u2019on ait été pour ou contre la charte, notre questionnement collectif était nécessaire, légitime et pertinent.Au moment d\u2019un nouveau départ pour le Parti libéral au pouvoir et à l\u2019heure d\u2019un douloureux bilan pour le Parti québécois, il serait suicidaire, dans un cas comme dans l\u2019autre, de jeter le bébé avec l\u2019eau du bain et surtout de faire semblant que ce débat n\u2019a jamais existé.Se garder d\u2019oublier, voilà le défi des uns et des autres.Car force est de reconnaître que nous avons cheminé comme société, et ce, en assumant nos divergences idéologiques et politiques.Le débat est un outil à part entière de la démocratie et non fatalepient le symptôme d\u2019un mal-être ou d\u2019un malaise.A travers ce levier, nous retrouvons le sens de la citoyenneté et l\u2019envie d\u2019agir collectivement.Cependant, débattre suppose un cer- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Avant fépisode de la charte, il y a eu les audiences de la commission Bouchard-Taylor.N\u2019y a-t-il rien à retenir de cet exercice démocratique?tain sens civique, l\u2019acceptation du jeu démocratique, du pluralisme.Bref, cessons de dramatiser les divergences et surtout de cataloguer la confrontation des points de vue en termes de «victimes» et de «coupables»! Débattre nécessite, enfin, une façon d\u2019appréhender le monde loin du déni, des accusations et de la partisanerie.Ceux qui prétendent que ce débat sociétal est clos se trompent lourdement, les raisons de son existence n\u2019étant pas conjoncturelles mais structurelles.C\u2019est un peu comme la dette, monsieur Couillard! D\u2019une façon générale, la problématique de la séparation des pouvoirs politiques et religieux est récurrente en démocratie.Dans le cas qui nous préoccupe, c\u2019est-à-dire celui du Québec, la question de l\u2019existence de notre nation, de son émancipation et de son devenir n\u2019est pas chose du passé.Le caractère particulier, au sein de la fédération canadienne, du Québec, assujetti à une Constitution ainsi qu\u2019à sa Charte canadienne des droits et libertés (qu\u2019il n\u2019a pas signée en 1982, qui consacre dans son préambule la «suprématie de Dieu», «la primauté du droit» et qui promeut le bilinguisme et le multiculturalisme comme idéologie d\u2019Etat), fait partie du problème et non de la solution.Si St-Pierre avait porté une attention particulière à toutes ces questions, à l\u2019échelle internationale, elle aurait certainement réalisé que les questions du vivre-ensemble font largement débat ailleurs dans le monde, que ce soit en Occident, en Orient ou encore au Maghreb.Elle aurait aussi compris que ce qui ternit «l\u2019image du Québec» dans le monde, ce n\u2019est pas son envie de définir sa propre destinée en débattant de tous ces sujets comme le font tous les autres pays, mais l\u2019incapacité de son Etat à tracer une ligne claire entre le politique et le religieux en raison d\u2019une interprétation trop large de la liberté de religion, confondue avec la liberté de conscience.Pensons à l\u2019histoire de la petite fille de cinq ans en maternelle obligée de porter un casque insonorisé de façon à la «prémunir contre la musique» dans une école publique de Montréal, histoire qui fit le tour du monde.Pensons à la secte de Lev Thaor qui a fui Israël pour le Canada.Pensons aussi au kfrpan, poignard à double tranchant, permis dans les écoles et interdit à l\u2019Assemblée nationale (pour le moment).Et que dire du crucifix qui trône sur la tête du président de l\u2019Assemblée nationale, symbole accroché par Duplessis pour justement marquer l\u2019alliance qui unissait l\u2019Etat et la religion?Quant à M\u201c® Weil, si elle avait affiché une plus grande ouverture lors des audiences de la commission parlementaire sur le projet de loi 60, elle se serait rendu compte que les immigrants de culture musulmane ne constituent pas un bloc monolithique.Cette disposition lui aurait probablement évité de s\u2019enfermer dans une posture essentialiste qui relève d\u2019une forme de racisme et qui prétend, comme elle l\u2019a soutenu, que «la communauté maghrébine a été particulièrement blessée par la charte des valeurs du Parti québécois».Nous sommes d\u2019origine maghrébine et nous avons soutenu la charte.Plus encore, nous l\u2019avons défendue sous la bannière du Parti québécois aux dernières élections.Nous n\u2019accepterons pas que nos voix soient étouffées, bâillonnées ou encore oubliées, car nous sommes d\u2019abord et avant tout des Québécoises et Québécois, citoyennes et citoyens laïques avant toute considération.Et pour nous, définir les contours du vivre-ensemble au Québec dans une société démocratique, pluraliste et multiethnique est une urgence, surtout à l\u2019ère de la mondialisation, de la montée des intégrismes religieux, des mouvements d\u2019extrême droite et de la prolifération des communautarismes, de l\u2019intensification des flux migratoires et de la nécessaire exigence des solidarités internationales.* Les quatre signataires ont été candidates du Parti québécois aux élections du 7 avril.Une cinquième, Yasmina Chouakri, ayant repris ses activités professionnelles, n\u2019a pas cosigné ce texte pour respecter son devoir de réserve et de neutralité.Le Québec dans le monde Regard d\u2019un correspondant à Paris CHRISTIAN RIOUX Extraits de la conférence prononcée par le correspondant du Devoir à Paris, Christian Rioux, lors de la rencontre des Amis du Devoir à l\u2019occasion de la Journée mondiale de la liberté de presse, le mai.1 m\u2019a toujours semblé que le rôle d\u2019un correspondant québécois à l\u2019étranger, du moins d\u2019un correspondant du Devoir, c\u2019était bien sûr de couvrir l\u2019actualité, mais plus fondamentalement de le faire en essayant le plus possi- Dle d\u2019éclairer nos débats.Bref de trier dans la multitude et le fouillis du monde ce qui peut servir.Non pas ce qu\u2019il faudrait copier servilement, mais ce qui peut éclairer, stimuler, motiver.Car, il y a une façon québécoise de voir le monde et de penser le monde.Habitués à lire le monde à travers le New York Times, le Globe & Mail ou Le Nouvel Observateur, nous oublions trop souvent que chaque peuple a sa vision du monde et des intérêts qu\u2019il y poursuit En matière d\u2019actualité internationale, nous, Québécois, avons trop souvent tendance à mettre de côté notre sensibilité propre, notre vision des choses, nos centres d\u2019intérêt [.] N\u2019est-ce pas ce à quoi on a assisté dans le récent débat sur la laïcité où l\u2019on a vu quelques-uns des principaux défenseurs des bienfaits de la mondialisation tenir un discours qui nous incitait subitement à oublier ce qui se passait [ailleurs] pour ne plus voir que le Canada et l\u2019Amérique du Nord?Pour beaucoup de partisans de la mondialisation, le monde semblerait donc se limiter à l\u2019univers anglo-américain [.] J\u2019ajouterais qu\u2019en cette époque de mondialisation qui en est malheureusement souvent une d\u2019homogénéisation de l\u2019information et des opinions, les Québécois ont plus que jamais besoin de penser le monde, non pas en oubliant le Canada et l\u2019Amérique [.], mais sans les œillères canadiennes et nord-américaines qu\u2019on leur impose si souvent Dans ce contexte, penser l\u2019information internationale en fonction de nos intérêts, de nos sensibilités devient non seulement une exigence pour assurer la diversité de l\u2019information, mais aussi une question de survie.Avec la mondialisation et la concentration des médias, le simple fait d\u2019aller voir ailleurs, ailleurs que dans le monde anglo-américain, devient une arme contre la pensée unique et représente une bouffée d\u2019air frais salutaire sans laquelle l\u2019asphyxie menace nos débats.[.] Des intérêts, le Québec en a toujours dans le monde, exactement comme pouvaient en avoir les Canadiens français de l\u2019époque d\u2019Henri Bou-rassa, qui fut probablement le meilleur analyste des enjeux de la Première Guerre mondiale.Nous n\u2019avons pas à puiser notre inspiration bien loin.Prenez l\u2019action de la Erance au Mali et en Centrafrique.Comment expliquer l\u2019attitude pingre et lâche du Canada qui n\u2019a accepté de prêter qu\u2019un seul avion à la Erance, et cela, après trois semaines de tergiversations?Il vient pourtant d\u2019en envoyer six en Ukraine, sans oublier les 500 observateurs pour l\u2019élection présidentielle qui vont se piler sur les pieds.On s\u2019explique encore moins le silence des représentants du Québec devant une telle attitude qui semble faire fi du fait que l\u2019avenir de la Erancophonie va pourtant se jouer en Afrique dans les 20 ou 30 prochaines années.Trop souvent, en politique étrangère, nous avons tendance à ne pas prendre en compte nos intérêts pour nous réfugier dans la seule action humanitaire, vieil héritage de notre passé missionnaire.[.] J\u2019ai dit au début de cette présentation que le Québec existait dans le monde.En terminant, j\u2019aimerais dire que rien ne garantit qu\u2019il existera demain.Certains signes pourraient d\u2019ailleurs nous inquiéter.A Paris, le mot «Canada» est de retour.On l\u2019utilise de plus en plus pour désigner le Québec.Sur le plan politique, on les comprend, les Erançais ne savent plus trop où nous en sommes.Sur le plan de la coopération, les accords de reconnaissance mutuelle des diplômes et des compétences n\u2019ont pas eu de successeurs depuis deux ans.Cela fait longtemps que notre présence en Erance n\u2019a pas été aussi diffuse.Seuls francophones sur un continent de 350 millions d\u2019anglophones, nous n\u2019avons pas vraiment le loisir de laisser cet écart se creuser entre le Québec et la Erance.En terminant, je voudrais vous citer un vieil ami du Québec, le sénateur socialiste Jean-Pierre Chevènement, à qui j\u2019ai récemment demandé ce qu\u2019il avait à dire aux Québécois qui désespéraient parfois de la Erance: «Nous avons en commun un combat pour maintenir le français non pas seulement comme langue, mais comme culture et comme civilisation.Chez nous comme chez vous, il y a des hauts et des bas.C\u2019est embêtant quand les bas se conjuguent.Mais les bas ne durent pas toujours et il faut avoir confiance dans le génie français.Il ne se perdra pas.» Darwin et les transports David Desjardins Il y a, au-dessus du chemin de la Canardière et de la 18® Rue, deux viaducs plus petits mais semblables à celui sous lequel est morte une cycliste de 33 ans à Montréal en début de semaine.Ici, le trottoir est trop étroit pour y marcher avec son vélo si on croise un piéton.Sur la route, la chaussée est tellement vérolée qu\u2019on dirait la piste Hô Chi Minh.Il n\u2019y a pas d\u2019autre moyen pour rentrer chez moi à vélo, à moins de remonter plusieurs kilomètres au nord, ou de descendre vers les échangeurs, de prendre un minuscule tronçon de piste cyclable (détour de 2km) pour ensuite rouler dans la rue de l\u2019incinérateur où circulent des cortèges de camions à benne.La encore, la chaussée semble avoir été pilonnée par la DCA Sous ces ponts, il y a des autobus, des camions, des autos qui roulent à tombeau ouvert jusqu\u2019au prochain feu de circulation.Un jour un cycliste va s\u2019y faire tuer.Parce que la ville n\u2019est pas conçue pour les vélos.Et parce que le trafic automobile a le pouvoir de pousser les âmes les plus tendres à une impatience qui confine à la débilité mentale.Je patauge dans les lieux communs, vous trouvez?J\u2019aimerais bien que ce soit l\u2019inverse.Pas pour faire plus original autant que pour pouvoir constater autre chose que la banalité de cette bêtise qui m\u2019affecte aussi : en auto, je dois parfois me parler pour ne pas sombrer dans les abysses de la rage au volant.99% du temps, à cause des autres automobilistes qui ne signalent pas leurs intentions, grillent un feu rouge, font un dépassement dangereux.Parfois la faute aux cyclistes qui roulent à contresens, zigzaguent, se faufilent entre les voitures.Ou alors c\u2019est un piéton qui se croit seul au monde.Les cons sont partout, et légion.Mais surtout dans nos chars, où nous devenons souverains de l\u2019espace bitumé dans un rayon de quelques mètres.De petites principautés en mouvement, payées avec nos taxes, oh que oui, madame.Mais ceux qui violent ces frontières imaginaires sont plus vulnérables, moins rapides, et ne résisteront pas au rempart d\u2019acier et de tôle qui file à 50 à l\u2019heure.C\u2019est pas mal là que se termine tout le débat sur la place des cyclistes dans les rues, sur leur sécurité, à qui elle incombe.Plus le véhicule peut faire de dommages, plus il est difficile à arrêter, plus la responsabilité de son conducteur est grande.Même si le plus petit joue avec sa vie?Surtout.Et la loi?Pour le moment, elle prévoit que la route appartient à tous.Si c\u2019est le cas, elle devrait être sécuritaire pour tous aussi.Y compris pour les cons, ou ceux qui manquent de jugement?Surtout.Ou alors il faudra qu\u2019on l\u2019aménage en conséquence, qu\u2019on prévoie des voies d\u2019évitement, qu\u2019on interdise carrément l\u2019accès à certains passages dangereux et mette les kamikazes à l\u2019amende.Eaut aussi que les cyclistes comprennent que ce n\u2019est pas un concours d\u2019incivilités.Mais alors, qu\u2019on traque et qu\u2019on accable aussi de contraventions tous les connards qui ouvrent leur portière sans regarder ce qui vient derrière et qui tournent au coin de la rue sans même jeter un œil au rétroviseur, lesquels, en combinaison avec l\u2019état pitoyable des routes, m\u2019envoient jouer dans le trafic au milieu de la rue.Les pistes cyclables?J\u2019en emprunte une, depuis un mois, le long du boulevard lœbourgneuf.Typique : sur un kilomètre, elle doit bien traverser une dizaine d\u2019accès à des stations-service, à des condos, à d\u2019autres commerces.Autant d\u2019occasions pour ceux qui en sortent ou qui y entrent de me couper le chemin sans jamais regarder.Je suis donc plus en sécurité sur la route \u2014 parfois au beau milieu \u2014, dans le cœur du trafic, où j\u2019appartiens à cette espèce d\u2019organisme en mouvement, m\u2019y intègre.Je me rends alors visible.Incontournable dans tous les sens du terme.Si je respecte le code?Comme les automobilistes.Avec la même latitude, la même prudente désobéissance.Si je me fais prendre, je payerai le ticket.Vous devez comprendre, par contre, que, pour éviter que le camion à côté duquel j\u2019attends au feu de circulation me passe sur le corps en tournant à droite, il est parfois plus sécuritaire de brûler le feu rouge pour le devancer.Mais je sais que les automobilistes ne comprennent pas.Qu\u2019ils ont la rage au cœur.Ce qui me mystifie parce que je ne saisis même pas pourquoi, chaque année, nous avons cette discussion.C\u2019est pas une question de majorité.C\u2019est pas une question de jugement.Ni de masse critique.Même pas d\u2019infrastructures.De civisme?Mets-en.Mais d\u2019intelligence, surtout, qui doit primer l\u2019instinct carnassier.C\u2019est pas le plus gros qui doit gagner.C\u2019est même l\u2019inverse.Toute l\u2019idée de la civilisation repose là-dessus : le plus fort veille à l\u2019intégrité du plus faible pour que nous puissions avancer ensemble.L\u2019évolution dans les transports n\u2019est pas une expérience darwiniste, c\u2019est tout.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine RobitaiIIe (éditorialiste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste), informatioii générale : Isabelle Paré (chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Paulme Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe Orfali (reporters), information politique Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cinno et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires à Quebec), Jeanne Cornveau et Brian Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre) information culturelle Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaiIIargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), Julie Carpentier (pupitre), information économique Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins, Enc Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettmo-Parazelli (reporters), Gérald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy TaiIIefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Folie-Boivm (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier, Benoît Munger, Philippe Papineau et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Florence Sara G Ferrans (assistants) , correction : Andréanne Bédard.^Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montreal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBLICITE Edith Caron (adjointe), Jean de BiIIy, Jean-François Bossé, Marlene Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Nathalie Jobin (par intérim), Claire Paquet, Catherine Pelletier et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Elise C\\raxd.(secretaire) PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-OIivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientele), Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Florentma Draghici, Céline Furoy et Véronique Pagé B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI S ET DIMANCHE 4 MAI 2014 SCIENCES Ces ondes omniprésentes dans nos vies Absolument personne n\u2019y échappe sur la planète.Autant à l\u2019intérieur de nos habitations que dans le fond de la campagne, nous sommes tous exposés aux champs électromagnétiques engendrés par les radiofréquences émises par les tours de téléphonie cellulaire, les antennes de radiodiffusion (télévision et radio), les téléphones cellulaires, ainsi que les bornes Bluetooth et Wi-Fi donnant accès à des réseaux Internet sans fil.Alors que ces différentes sources d\u2019émissions se multiplient dans notre environnement, plusieurs redoutent leurs effets sur la santé.La science nous démontre qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de s\u2019inquiéter dans les conditions actuelles.PAULINE GRAVEL Au début du mois d\u2019avril, un groupe d\u2019experts qui avait été mandaté par la Société royale du Canada pour vérifier si le Code de sécurité 6 (CSG) fournissait toujours une protection adéquate contre les possibles effets nocifs sur la santé des radiofréquences émises par les divers dispositifs de communication sans fil publiait ses conclusions qui étaient plutôt rassurantes.Selon le comité d\u2019experts, les normes proposées par Santé Canada sont tout à fait sécuritaires.Santé Canada a créé en 1991 le CSG qui établit des limites d\u2019émission que les fabricants doivent respecter afin que la population générale soit exposée à des niveaux sécuritaires.Ces limites, qui visent à nous protéger de l\u2019effet thermique des ondes, sont déterminées en mesurant les intensités auxquelles on observe un échauffement de 1 °C des tissus biologiques.Ce seuil est ensuite atténué d\u2019un facteur 50 (c\u2019est-à-dire qu\u2019il est divisé par 50).Ces limites sont identiques à celles recommandées par diverses organisations internationales.Après avoir passé en revue toutes les études scientifiques qui ont été publiées depuis la dernière révision du CSG survenue en 1999, le comité d\u2019experts en est arrivé à des conclusions qui font consensus à travers le monde : aucune étude solide n\u2019indique que l\u2019exposition à des niveaux de rayonnements ne dépassant pas les normes actuelles du CSG pourrait induire des effets néfastes sur la santé humaine.Compte tenu des résultats parfois contradictoires obtenus par certaines études, les experts n\u2019ont analysé que ceux qui avaient pu être reproduits dans plus d\u2019une étude effectuée selon les règles de l\u2019art en science, c\u2019est-à-dire avec une méthodologie rigoureuse.Le comité recommande néanmoins à Santé Canada de poursuivre les recherches visant à éclaircir le lien possible entre les radiofréquences et le cancer, et d\u2019étudier plus avant le problème de l\u2019hypersensibilité électromagnétique afin de pouvoir offrir des traitements aux personnes qui en souffriraient.En France L\u2019Agence nationale de sécurité sanitaire de l\u2019alimentation, de l\u2019environnement et du travail (ANSES) en France déposait le 15 octobre 2013 les résultats de son évaluation des risques liés à l\u2019exposition aux radiofréquences.Les conclusions de cette évaluation basée aussi sur une revue de la littérature scientifique internationale ne mettent pas non plus en évidence «d\u2019effets avérés sur la santé».L\u2019ANSES affirme que «certaines publications évoquent néanmoins une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs in-tensijs de téléphones portables».L\u2019agence française recommande donc aux adultes qui font un usage intensif du téléphone cellulaire «de recourir au kit mains libres» et de privilégier l\u2019acquisition de téléphones afhchant les débits d\u2019absorption spécifique (DAS) les plus faibles.Elle incite également à «réduire l\u2019exposition des enfants au téléphone portable».Elle préconise «l\u2019affichage du niveau d\u2019exposition maximal engendré (le DAS par exemple) par les dispositijs émetteurs de champs électromagnétiques destinés à être utilisés près du corps», comme les téléphones, les tablettes tactiles, les moniteurs pour bébés.Téléphone et cancer Tous les organismes sanitaires du monde ont considéré avec attention les résultats de la grande étude Interphone qui visait à vériher si futilisation du téléphone cellulaire durant au moins dix ans augmentait le risque de tumeurs du cerveau (gliomes et méningiomes), du nerf acoustique et de la glande parotide, trois tissus susceptibles d\u2019absorber l\u2019énergie des radiofréquences émise par les téléphones cellulaires.L\u2019étude fut menée dans 13 pays, dont au Canada.Les données d\u2019interphone qui ont été pubhées en mai 2010 n\u2019ont pas démontré que l\u2019utilisation du téléphone cellulaire était associée à un risque accru de cancer cérébral.Seul un doute est apparu chez les plus grands utilisateurs, parlant en moyenne plus d\u2019une demi-heure par jour, lesquels semblaient être un peu plus à risque de développer un gliome.«C\u2019est un résultat qui est très faible au niveau statistique, mais il y a tout de même une raison d\u2019être vigilant.Poursuivre les recherches est la seule façon de résoudre cette incertitude, sinon on se posera les mêmes questions dans 10, voire 20 ans», affirme le professeur d\u2019épidémiologie à l\u2019Université de Montréal Jack Siemiatycki, qui était au nombre des chercheurs d\u2019interphone.L\u2019émergence de ce doute a néanmoins conduit le Centre international de recherche sur le cancer de l\u2019Organisation THOMAS COEX AGENCE ERANCE-PRESSE De nombreuses personnes ici ou aiiieurs dans ie monde se disent hypersensibies aux ondes éiectromagnétiques et attribuent ieurs muitipies maux à ia présence de ces ondes.Les scientifiques ne nient absoiument pas que ces personnes souffi'ent, mais iis affirment catégoriquement que ieurs symptômes ne sont pas reiiés à i\u2019exposition aux ondes.mondiale de la santé à classer les radiofréquences comme «possiblement cancérogènes».Au niveau cellulaire Plusieurs citoyens se demandent si les radiofréquences n\u2019auraient pas des effets plus subtils, au niveau des cellules, par exemple, qui à la longue finiraient par compromettre la santé.La professeure Catherine Yardin du Service d\u2019histologie, cytologie et cytogénétique du CHU Dupuytren à Limoges, en France, s\u2019est appliquée à vérifier si les radiofréquences dans la gamme de la téléphonie cellulaire pouvaient entraîner le phénomène d\u2019apoptose chez des cellules neuronales humaines et des rats.«L\u2019apoptose est le suicide que s\u2019infligent les cellules quand elles voient que l\u2019environnement leur est défavorable, explique la chercheuse qui avoue avoir eu un doute après une première série d\u2019expériences.On s\u2019est toutefois rendu compte qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un effet thermique [voir article ci-contre].L\u2019effet qu\u2019on avait observé était dû à un dysfonctionnement de notre système d\u2019exposition qui, en dispensant des doses bien supérieures aux normes, avait entraîné un échauffement des cellules.Or, quand les cellules sont menacées par une élévation thermique, elles activent divers mécanismes de défense pour essayer de revenir à la température antérieure.Pour vérifier que c\u2019était bien l\u2019augmentation de température qui avait tué nos cellules, nous avons augmenté la température dans l\u2019étuve de deux degrés et nous avons obtenu exactement les mêmes résultats».Somme toute, les chercheurs de Limoges n\u2019ont pas noté d\u2019accroissement du taux d\u2019apoptose chez les cellules nerveuses qu\u2019elles avaient exposées aux radiofréquences.Mme Yardin fait par ailleurs remarquer qu\u2019on ne peut pas comparer l\u2019exposition d\u2019une cellule à l\u2019intérieur d\u2019une étuve à celle d\u2019un corps entier à un téléphone, car «le corps humain est doté de mécanismes de régulation pour combattre et compenser l\u2019échauffement qui sont beaucoup plus compétents que ceux d\u2019une cellule isolée».Mais, exposer des cellules aux radiofréquences pendant de courts moments permet-il vraiment de vérifier l\u2019effet d\u2019une exposition constante aux radiofréquences telle que nous la vivons quotidiennement?«Il n\u2019y a pas d\u2019effet cumulatif C\u2019est pour la même raison que l\u2019on peut rester très longtemps devant un feu de cheminée sans pour autant brûler», répond M\u201c® Yardin.L\u2019équipe de Limoges a par ailleurs exposé des cellules humaines foetales provenant du liquide amniotique prélevé dans le cadre d\u2019une amniocentèse à des ondes de la gamme des téléphones cellulaires.L\u2019examen des chromosomes de ces cellules n\u2019a révélé aucune variation dans le nombre de chromosomes, de même qu\u2019aucun remaniement ou cassure chromosomiques.«C\u2019est en effet un peu discordant d\u2019affirmer d\u2019une part qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019effet et d\u2019autre part de dire qu\u2019il faut continuer à chercher.Mais il est très difficile de prouver qu\u2019il n\u2019y a rien.Il faudrait que l\u2019on vérifie tout et on ne peut jamais tout regarder», commente la P® Yardin.Le biophysicien Normand Mousseau de l\u2019Université de Montréal abonde dans le même sens.' «par précaution, il faut continuer à faire des recherches, pour vérifier qu\u2019on n\u2019a rien oublié.Mais si jamais on trouve quelque chose, ce sera des effets très faibles, car on aurait déjà détecté des effets significatijs depuis 20 ans qu\u2019on utilise les téléphones cellulaires sur la planète», dit-il.Hypersensibilité De nombreuses personnes ici ou ailleurs dans le monde se disent hypersensibles aux ondes électromagnétiques et attribuent leurs multiples maux (céphalées, douleurs, fatigue, dépression) à la présence de ces ondes.Les scientifiques ne nient absolument pas que ces personnes souffrent, mais ils affirment catégoriquement que leurs symptômes ne sont pas reliés à l\u2019exposition aux ondes.«Dans le cadre d\u2019études où ces personnes ne savent pas si elles sont exposées ou non à des ondes, elles obtiennent le même taux de bonnes réponses que la population générale, précise M\u201c® Yardin.Dans la plupart des rapports, on parle d\u2019effet nocebo, qui est l\u2019inverse de l\u2019effet placebo: vous pensez être exposé à quelque chose de nocif, de toxique, et du coup vous développez un effet nocebo, vous en venez à présenter des symptômes.Il faut néanmoins prendre en charge ces personnes », explique M\u201c® Yardin.Le Devoir La vraie nature des radiofréquences PAULINE GRAVEL La nature des interactions qui ont heu entre les ondes électromagnétiques et l\u2019organisme humain dépend de la fréquence de ces ondes, soit le nombre d\u2019oscillations par seconde.Plus cette fréquence est élevée, plus les ondes, ou les particules auxquelles elles sont associées en vertu de la dualité onde-particule décrite par la mécanique quantique, sont dotées d\u2019énergie.Ainsi, les ondes de très hautes fréquences, telles que les rayons gamma émis par les substances radioactives, les rayons X et les ultraviolets, possèdent suffisamment d\u2019énergie pour arracher un électron aux atomes et casser une liaison chimique, voire «changer la chimie du corps et causer le cancer», souligne le physicien Normand Mousseau de l\u2019Université de Montréal.C\u2019est pourquoi on les dénomme «rayonnements ionisants».Les fréquences des ondes radio qui sont utilisées pour le transport d\u2019informations dans les technologies de communication sans fil sont quant à elles beaucoup plus basses, et de ce fait beaucoup moins énergétiques.L\u2019énergie que véhiculent les particules associées aux radiofréquences est trop faible pour ioniser la matière, pour arracher un électron et provoquer des ruptures dans les liaisons chimiques.C\u2019est pourquoi on les considère comme des rayonnements non ionisants.Pas d\u2019effet cumulatif «Ce qui importe, ce n\u2019est pas la somme de toutes les ondes émises par les diverses sources auxquelles nous sommes exposés, mais plutôt l\u2019énergie d\u2019un seul photon.Pour être capable de briser une liaison chimique, il faut que chaque photon ait suffisamment d\u2019énergie pour arracher un électron.Même s\u2019ils sont 1000 photons de même énergie à traverser la matière, ils ne réussiront pas plus à arracher un électron», explique t M.Mousseau en don- ^ principal eiiei nant l\u2019exemple des ca- hinlnuinup nous.«Si les Parisiens voulaient attaquer l\u2019An- des champs gleterre et que chacun\t, , de leurs canons pris in- electromagnetiques dividuellement ne peut\t\u201e\u201e\u201e ip\u201e atteindre l\u2019Angleterre, ce P^oauitS par les n\u2019est pas en réunissant radiofréquences 1000 canons qu\u2019ils y arriveront plus.»\test uniquement de Le principal effet bio-\t, logique des champs nature thermique.électromagnétiques ^ .nrooriété produits par les radio- ''^^ne propriété fréquences est donc est mise à profit uniquement de nature thermique.Cette pro- dans les fours priété est mise à profit ,\t,\t, dans les fours à micro- a micro-ondes.ondes, qui émettent dans la gamme des radiofréquences.C\u2019est aussi cet effet thermique qui est pris en compte dans l\u2019établissement des normes de sécurité.Le niveau d\u2019exposition L\u2019intensité du champ électromagnétique s\u2019atténue rapidement à mesure que l\u2019on s\u2019éloigne de la source d\u2019émission des ondes.L\u2019intensité à laquelle nous sommes exposées est de l\u2019ordre d\u2019environ 1/distance^.Les antennes de téléphonie cellulaire, les tours de radiodiffusion, les bornes Wi-Fi et les téléphones cellulaires émettent des ondes dans toutes les directions comme dans une sphère, ou à partir d\u2019un point qui s\u2019ouvre sur un cône.M.Mousseau compare le phénomène à un caillou qui frappe une étendue d\u2019eau.«Au début, la vague est élevée.Puis, elle diminue à mesure qu\u2019elle s\u2019éloigne du point d\u2019impact parce que l\u2019énergie [qui est conservée] est répartie sur un périmètre de plus en plus grand.L\u2019énergie émise par une borne est constante, mais comme elle doit être répartie sur une surface qui augmente avec la distance, elle s\u2019atténue selon l\u2019inverse de la surface de la base du cône ou de la sphère, soit V4 nxr^.» Le téléphone cellulaire est clairement le dispositif qui nous expose le plus aux radiofréquences, car on le tient très près de la tête.En raison de sa proximité, on évalue dans son cas le niveau d\u2019exposition à la puissance absorbée par masse de tissu, une valeur qu\u2019on appelle débit d\u2019absorption spécifique (DAS) et qui s\u2019exprime en Watt/kg de tissu.«Le téléphone cellulaire ne provoque a priori aucun effet d\u2019échauffement, mais s\u2019il augmentait la température corporelle d\u2019un degré, ce ne serait pas dangereux car notre corps est capable de compenser cet accroissement par des mécanismes de régulation thermique, comme la sudation », précise Richard Leonelh au Département de physique de l\u2019Upiversité de Montréal.A l\u2019inverse, les compteurs intelligents de nouvelle génération d\u2019Hydro-Québec figurent parmi les dispositifs qui émettent les moins grandes densités de puissance (de l\u2019ordre de 55iiW/m2, alors que celle de la tour de radiodif fusion de Radio-Canada sur le mont Royal est de 120000pW/m2).Et en plus, ils n\u2019émettent en moyenne que 83 secondes par jour.«Selon le code de sécurité 6 de Santé Canada, on peut sans danger être exposé à une densité de puissance de quelque 6W/m^.Pour atteindre cette limite, il faudrait que vous installiez au moins 1000 bornes Wi-Fi dans votre maison», donne en exemple M.Leonelh.Le Devoir "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.