Le devoir, 1 mars 2014, Cahier E
[" La guerre comme champ esthétique sur les écrans Page E 3 Gros plan sur les aquarelles W conceptuelles de Trevor '\"J Gould Page E 8 CULTURE CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 1^^ ET DIMANCHE 2 MARS 2014 J- ^ '' V .'4 ¦ '\u2019¦'V\tt ' MICHAEL MONNIER LE DEVOIR David Gi ans de soiràppartement blanc Avec Casablanca^ le chanteur-comédien revient avec un univers sombre qui tranche avec la vague pop de son premier album PHILIPPE PAPINEAU Plonger dans le nouveau Casablanca de David Giguère, c\u2019est un peu comme entrer dans une chambre noire.D\u2019abord, on avance à tâtons, puis nos yeux s\u2019habituent, guidés par la mystérieuse ampoule rouge.Là où son premier disque.Hisser haut, proposait une joyeuse balade en bateau, l\u2019auteur-compo-siteur-interprète revient avec une bulle sombre et personnelle, oscillante, aux touches minimalistes, où se développe le récit d\u2019un amour qui échoue.Acteur au théâtre (CALI-GULA_remix, Dom Juan Un-censored) et au cinéma {Star-buck), le grand bonhomme aux cheveux ébouriffés \u2014 à demi cachés sous sa tuque lors de notre rencontre \u2014 a décidé, pour son deuxième disque, de raconter la fin «d\u2019une fetation super passionnelle».À travers elle, il aborde son propre rapport à l\u2019amour, de la passion jusqu\u2019à la folie.Casablanca n\u2019est pas un album impudique, mais un moment à fleur de peau assez universel, porté efficacement par des claviers un peu futuristes et des guitares arpégées.Mêlez les univers de Pierre Lapointe, de Forêt et du dernier disque de Jimmy Hunt et vous ne serez pas trop loin du compte.«Pendant deux ans et demi, je n\u2019ai rien écrit du tout, et cet été, d\u2019un coup, les douze tounes sont sorties, raconte Giguère, essuyant la mousse de café sur sa lèvre avec le revers de sa main.On dirait que, pendant longtemps, je n\u2019ai pas voulu donner le crédit à cette personne-là.Et y\u2019a un moment où je me suis dit: \u201cD\u2019Ia marde, je vais l\u2019écrire, cet album-là, qui va quasiment juste parler d\u2019elle.\u201d Ouais.Voilà.» Du Maroc ou du terrorisme, on ne trouve pas de traces sur ce disque dont le titre n\u2019est pas inspiré de l\u2019œuvre cinématographique du même nom.«Je n\u2019ai jamais vu le jîlm et je ne suis jamais allé dans la ville non plus ! lance Giguère.C\u2019est bizarre, je me suis réveillé un matin il y a six mois et je me suis dit que cet album-là s\u2019appellerait comme ça.Fouille-moi pourquoi.J\u2019aurais pu l\u2019appeler Ça va mal à la maison, mais ç\u2019au-rait été un petit peu moins « Pendant deux ans et demi, rien écrit du tout, et cet été, coup, les douze tounes sont beau! Casablanca, c\u2019est un mot qui dans le fond représente cette relation-là, cet apparte-ment-là qu\u2019on a eu ensemble, qui était tout blanc.Casablanca, la maison blanche.» Un homme à la mer Hisser haut, paru en 2012 alors que le bonheur était au rendez-vous, épousait quelques métaphores navales, des voiles au mât.Sur Casablanca, Giguère évoque encore l\u2019eau, mais à coup de noyade et de naufrage.La première chanson du disque commence par les mots «Prenons ce bateau / fai- je n ai d\u2019un sorties» sons des enfants / parcourons les eaux», mais bifurque à mi-par-coursvers «Quittons ce navire/ tuons nos enfants / Faire gaffe à l\u2019avenir».«L\u2019idée, c\u2019est un peu de déconstruire ce qui a été fait avant», dit le phanteiu.À travers ce « récit» de rupture, David Giguère expose aussi en filigrane son rapport aux relations humaines, à la famille.«Cet as-pect-là, c\u2019est l\u2019idée de la quête identitaire.Mon père est québécois et ma mère est française, et elle est décédée quand j\u2019avais quatre ans.Ça entre en ligne de compte dans mes relations personnelles, ça fait partie de mon identité, j\u2019imagine que c\u2019est pour ça que mon album est entrecoupé de ça.» Siu la chasvsonAlbert-Prévost, on peut même entendre la voix de sa mère, tirée de cassettes que ses parents s\u2019envoyaient d\u2019un bord à l\u2019autre de l\u2019Atlantique, au début de leiu relation.«A 18 ans, je me suis assis, et j\u2019ai rencontré ma mère pendant des heures de temps en vocal.J\u2019ai appris plein d\u2019affaires, des choses que je n\u2019étais pas sûr d\u2019avoir le droit de savoir.» Huis clos en studio Pour créer les onze chansons de son nouvel album, David Giguère s\u2019est pratiquement enfermé douze jours avec ses musiciens, en huis clos.«J\u2019ai demandé que rien ne sorte de là avant la fin.Je suis allé chercher les musiciens qui, pour moi, sont les meilleurs du monde, et je voulais que ce soit eux qui décident de ce qui était intéressant avec moi.» Avec lui, le réalisateur Jonathan Dauphinais a discuté longuement du son désiré pour cet album.« On a partagé plein de références, on s\u2019est parlé de ce qu\u2019on voulait, que ce soit minimaliste, avec pas beaucoup d\u2019éléments mais qui sonnent», dit le chanteur et pianiste.Ceux qui aiment The xx ou Beach House aimeront certainement l\u2019univers sonore créé VOIR PAGE E 6 : CASABLANCA E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI I'^'^ ET DIMANCHE MARS 2014 CULTURE Une vie, cettefiction Y , Odile Tremblay Sur les listes des nomi-nations aux Oscar comme ailleurs, on retrouve, tendance en hausse depuis quelques années, nombre de «biopics», comme on dit.Biographies ou mémoires fdmées plus ou moins fidèles aux destins mis en lumière, qui permettent de se colleter à des êtres d\u2019exception.On est au cinéma; fiction oblige, ces existences sont en général romancées.N\u2019empêche qu\u2019à la réception, l\u2019impact d\u2019un film transforme en vérité pure et dure bien des libertés de scénario dans l\u2019imaginaire collectif.La dernière image ayant le dernier mot.Exercice instructif autant qu\u2019amusant et par ailleurs rempli de surprises, la lecture des biographies en amont ou la fouille des données d\u2019une existence portée à l\u2019écran.Rares sont les films comme 12 Years a Slave, strictement fidèle au récit de Solomon Nor-thup à sa clé.Jean-Marc Vallée a toujours évoqué les aspects fictifs insérés dans son Dallas Buyers Club, mais comment se comportait le vrai cow-boy sidéen Ron Woodroof livré sous les traits de Matthew McCo-naughey?Le personnage coloré de travesti joué par Jared Leto a-t-il vraiment existé?Pas sûr.Sur le plan artistique, il est un plus, chose certaine.Multiplier ses sources d\u2019information autour des héros de cinéma «inspirés de personnages réels» nourrit quand même nos cogitations les jours de farniente.L\u2019exercice démontre notamment à quel point les biographies écrites paraissent parfois aussi biaisées que celles du cinéma, sans même prétendre romancer.Va pour les balises générales d\u2019une existence, mais la vérité des sentiments demeure forcément de l\u2019ordre de l\u2019interprétation.Et allez donner l\u2019heure juste sur l\u2019intériorité d\u2019un autre.Quant aux autobiographies, elles pèchent le plus souvent par complaisance et par omission.Tout un chacun s\u2019enjolive allègrement le portrait, la lucidité étant une denrée bien rare et le miroir, un objet livré au flou artistique des anamorphoses.Qui dit vrai Par ici, les bios! Le film d\u2019Olivier Dahan sur Grace de Monaco ouvrant le prochain Pestival de Cannes, je me suis plongée coup sur coup dans deux biographies (non autorisées à Monaco) de la star américaine devenue princesse sur son rocher.Pascinante constatation: celle d\u2019Elisabeth Gouslan, La glace et le feu, publiée chez Grasset, laisse une impression négative de l\u2019actrice adoubée par Hitchcock.Eer-mant la quatrième de couverture, on en vient à verser une larme sur le pur malheur de sa vie.Or celle de Bertrand Tessier, La princesse déracinée (chez l\u2019Archipel), brosse un portrait plutôt flatteur de la dame blonde.Et ce, à partir des mêmes éléments que la précédente biographe : dédain d\u2019un père qui la jugeait insignifiante, aventures multiples avec des hommes plus âgés qu\u2019elle, avalisant la thèse du complexe œdipien, etc.Peut-être l\u2019auteur masculin était-il vaguement amoureux de la star couronnée disparue.Chose certaine, il loue sa sensibilité et ses dons de ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Aussi secrète que célèbre, Grace Kelly a connu un destin qui prête à tous les fantasmes.diplomate là où sa consœur y décode surtout un manque de personnalité et un dos courbé devant sa tyrannique famille.Quant à l\u2019union avec le prince Rainier de Monaco, si les deux biographes s\u2019entendent pour la déclarer bientôt délaissée par son mari sous le masque des apparences, et si les regrets d\u2019une actrice privée de son mode d\u2019expression sont partout perceptibles, les tons divergent de bout en bout.Bertand Tessier évoque le rôle de Grace comme conseillère de son prince et amie de fin de course, là où l\u2019autre met l\u2019accent sur sa solitude.La réussite ou l\u2019échec d\u2019une vie dépendant, quand l\u2019art s\u2019en mêle, du regard aimant ou indifférent posé sur elle.Mais qui dit vrai?Le film d\u2019Olivier Dahan viendra sans doute jeter une couche supplémentaire de fiction sur la vie de cette femme aussi se- crète que célèbre.Autant décoder un palimpseste.La reine et moi Côté autobiographie, la complaisance n\u2019est pas seule à créer une distorsion de trajectoire.S\u2019y ajoute la propension à faire, comme on dit en bon français, du name dropping, en délaissant les vraies influences au profit des noms qui brillent, simples connaissances parfois, mises en exergue pour la galerie.Me voici plongée dans Ce genre de choses de Jean Roche-fort, publié chez Stock, série de petites chroniques écrites par le sympathique et excellent acteur français, interprète de L\u2019horloger de Saint- Paul, du Mari de la coiffeuse, grand ami du défunt Philippe Noiret et de leur comparse Jean-Pierre Marielle.Son livre est une série de petites chroniques, de souvenirs glanés, anecdotes d\u2019une vie mouvementée.Avec une plume truculente et trois pintes d\u2019autodérision, Jean Rochefort se donne souvent un rôle assez ridicule, mettant sa belle simplicité en lumière.Délicieux, cocasse, tout ce qu\u2019on voudra, le recueil d\u2019anecdotes.D\u2019où vient donc cette impression de visiter un Panthéon?Dans la grande majorité de ces saynètes, Rochefort se place aux côtés des gens qui ont fait l\u2019histoire : ici, un dîner avec la reine d\u2019Angleterre où ils causent équitation, leur passion commune ; là, Jean Gabin et Michèle Morgan riant de lui après le gala des César.Plus loin, une attaque en règle contre Eisa Triolet et sa sœur Lili, mauvaises influences à ses yeux pour l\u2019ami Aragon.Ajoutez une journée avec Erançoise Sagan, un repas partagé avec Charlton Heston et Sean Connery, les virées nocturnes avec Sartre, une fleur offerte par son voisin l\u2019acteur Rufus à l\u2019ayatollah Khomeini.On assistera aussi à la naissance d\u2019un poulain, mais l\u2019animal fait-il vraiment le poids devant tant d\u2019immortels ?Vanité?Désir d\u2019accrocher le lecteur par sa veine peopled La tendance se voit exacerbée par l\u2019arrivée des nouvelles technologies.Les noms cités dans les recueils de mémoires, même les bons \u2014 celui de Rochefort ayant le mérite du style et du charme Vieille Erance \u2014, sont fréquemment ceux des riches et célèbres.Combien d\u2019autobiographes ressuscitent les visages évanouis d\u2019anciens collègues de classe en oubliant de préciser qu\u2019ils persécutaient l\u2019enfant parce qu\u2019il était sensible, ou déférent, ou qu\u2019il préférait la lecture aux sports d\u2019équipe en se forgeant la vie antérieure, terreau pour sa vocation d\u2019artiste?Un destin, même exceptionnel, a tant de côtés bapals.Autant le réinterpréter.A se promener à travers les trajets de vie revus et corrigés par la littérature et le septième art, on s\u2019amuse à comprendre qu\u2019ils ne sont jamais mieux servis qu\u2019épicés par le rêve de toute façon.Mais les gober comme vérité pure ?Allons donc ! otremblay@ledevoir.com MENT\" ¦S» S OC « CUPER DE BÉBÉ 4 AU 22 MARS 2014 EN SUPPLEMENTAIRE SAMEDI LE 15 MARS À 20H DENNIS KELLY OLIVIER CHOINIÉRE MISE EN SCÈNE SYLVAIN BÉLANGER EVELYNE BROCHU JOSÉE DESCHÊNES RICHARD THÉRIAULT HUBERT PROULX GUILLAUME TREMBLAY ANKA ROULEAU GÉRALD GAGNON LISE ROY GUY VAILLANCOURT LUC SENAY SÉBASTIEN RAJOTTE MÉLANIE ST-LAURENT EQUIPE DE CREATION JEAN GAUDREAU ANDRÉ RIOUX ALEXANDER MACSWEEN ULYSSE DEL DRAGO JEAN MATHIAS CORRÉARD PIERRE LANIEL SIMON CLOUTIER MARIE-HÉLÈNE DUFORT l'Intellectuel EST UNE MENACE, UN HYPOCRITE ET UN PRÉTENTIEUX.As is (Tel quel) Texte et mise en scène de Simon Boudreault Une création du THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI et de SiMONlAQUES THÉÂTRE Interprétation Jean-François Pronovost, Denis Bernard, Geneviève Aiarie, Féiix Beauiieu-Duchesneau, Patrice Béianger, Marie Michaud, Catherine Ruei, Michei F.Côté, Claude Fradette et Philippe Lauzier Collaborateurs Judith Saint-Pierre, Richard Lacroix, Suzanne Harel, Michel F.Côté, Frédéric Martin, Loïc Lacroix Hoy, Florence Cornet, Louis Héon et Jean-Marc Dalpé 20W Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis Montréal (Québec) 514 282-3900 THEATRE LAIICORNE 4559 PAPINEAU, MONTREAL BILLETTERIE 514-523-2246 THEATREEALICORNE.COM Une présentotion ¦ theatredaujourdhui.qc.ca/ASIS ORATROVr^\tIM iQ'Grcmpoflnuiciar Bdl\tLE DEVOIR \"\"\"(SïiâjecSS ^ *0 LE DEVOIR.LES SAMEDI I ' ET DIMANCHE 2 MARS 2014 E 3 CULTURE)PETIT ET GRAND ECRANS La guerre comme champ de bataille esthétique En ce week-end des Oscar et alors que le film Bunker prend l\u2019affiche au Québec, le professeur Sylvain Schyrburt, de l\u2019Université d\u2019Ottawa, fait le point sur le film et la série de guerre.Propos recueillis par Stéphane Baillargeon Vous enseignez le théâtre contemporain européen et québécois.Comment en êtes-vous venu à vous intéresser aux films de guerre?Je me suis moi-même longtemps posé la question.La réponse à laquelle j\u2019arrive pour expliquer cet intérêt, voire cette fascination, pointe vers deux explications.D\u2019abord, le conflit militaire lui-même m\u2019a toujours préoccupé dans la mesure où cette réalité évoque une tension fondamentale entre ce qui m\u2019apparaît comme l\u2019organisation la plus absolue et le chaos le plus total.D\u2019un point de vue macroscopique, il y a donc la planification, le contrôle, et d\u2019un point de vue microscopique, le chaotique, l\u2019imprévisible.Ensuite, par sa nature, le conflit militaire montre une situation limite sans aucune commune mesure avec notre expérience du quotidien.Par son caractère d\u2019exception, la guerre peut donc devenir révélatrice d\u2019enjeux qui traversent le social, le politique et, dans le cas de sa représentation filmée ou télévisée, qui traversent aussi le culturel.Que retrouve-t-on dans votre collection d\u2019œuvres culturelles sur la guerre?Je collectionne surtout les films et les bandes dessinées, parfois les documentaires.Je m\u2019intéresse aux productions du monde, des œuvres italiennes, françaises, allemandes, anglaises et américaines, évidemment, mais aussi des productions russes, polonaises, coréennes, chinoises, iraniennes, irakiennes ou israéliennes.Je dois en posséder environ 350, en plus de tout ce que j\u2019ai pu voir.On parle de quoi?Qu\u2019est-ce qu\u2019un film ou une série télé de guerre?Pour moi, en tant que collectionneur ou amateur éclairé, il y a deux choses qu\u2019il me semble important de considérer.D\u2019abord, l\u2019œuvre doit concerner la représentation d\u2019un conflit armé ou donner à voir des opérations de nature militaire.Ensuite, le film et la série de guerre doivent aussi avoir partie liée avec le réel par ce qu\u2019ils donnent à voir comme par les dispositifs narratifs et visuels qu\u2019ils mettent en place (jargon, accessoires, costumes) .Beaucoup de films où on représente des combats ne sont pas à proprement parler des films de guerre, mais plutôt des films d\u2019aventure, de science-fiction ou de «fantasy».La guerre des étoiles n\u2019est pas un film de guerre?Ou Troy, sur la guerre de Troie?Pour Star Wars, c\u2019est non.Ni Le seigneur des anneaux.On est ailleurs.Pour Troy, ça se complique.Par rapport à ma définition, j\u2019aurais tendance à dire que oui.Mais je crois que le film de guerre, qui a partie liée avec le réel, est aussi en dialogue avec une certaine mémoire des conflits et, en ce sens, il interpelle le présent et révèle quelque chose de notre contemporanéité.Parlons du traitement de «nos» conflits alors.Comment se transforme la représentation de la «réalité» de la guerre?Cette représentation réaliste repose sur des conventions, notamment en ce qui concerne la violence montrée à l\u2019écran.A ce sujet, il est faux de penser que la représentation «réaliste» de la guerre est une question récente.Dans Requiem pour un massacre (1984) d\u2019Elem Klimov, un de mes films fétiches, une scène montre un enfant qui se protège du tir d\u2019une mitrailleuse en se cachant derrière le cadavre d\u2019une vache.Cette scène, mémorable, aurait semble-t-il été tournée avec des balles réelles.Depuis le milieu des années 1990, on voit plus fréquemment une représentation presque gore de la violence, de m l\u2019HOTOS COOl\u2019 VIDEO DK MONTRKAl./Kll.MS SEVILLE Panorama guerrier sur les écrans.En haut: Les 4 soldats de Robert Morin.En bas, de gauche à droite, des scènes tirées des films Lone Survivor de Peter Berg, Bunker de Patrick Boivin et Redacted de Brian De Palma.l\u2019impact des balles et des obus sur la chair.En même temps, la représentation de la mort elle-même, qui est plus graphique, s\u2019avère moins ostentatoire, moins théâtralisée.Dans les films des années 1960 ou 1970, même les excellents, les soldats meurent d\u2019ordinaire d\u2019une manière qui nous apparaît aujourd\u2019hui très théâtrale (bras levés au çiel, pirouettes acrobatiques).A partir des années 1980-1990, avec Saving Private Ryan, The Thin Red Line ou les séries Band of Brothers et Pacific, les scènes deviennent très graphiques mais pour une mort subite, sans artifices opératiques.La conven- Huit films de guerre à découvrir Voici des recommandations du professeur Schyrburt dans une autre langue que l\u2019anglais.«Il n\u2019y a donc ici aucun \u201cclassique\u201d attendu et rien sur le Vietnam, mais des films à découvrir, pour la plupart, dit-il.Ce ne sont pas que de bons films de guerre, ce sont \u2014 je crois \u2014 d\u2019excellents films tout court.» Les croix de bols, Raymond Bernard, 1932 La bataille d\u2019Alger, Gilles Pontecorvo, 1966 Under the Flag of the Rising Sun, Kinji Fukasaku, 1972 The Ascent, Larisa Shepitko, 1977 Come and See, Elem Klimov, 1985 Capitaine Conan, Bertrand Tavernier, 2000 No Man\u2019s Land, Danis Tanovic, 2001 Lebanon, Samuel Maoz, 2011.tion réaliste change aussi avec l\u2019explosion des images captées par des caméras mobiles portées par tous.L\u2019imaginaire visuel et l\u2019horizon d\u2019attente du spectateur se ressentent de cette captation directe du réel.Comment se transforme la représentation au gré des grands conflits?Il y a des archétypes narratifs.Avec la Deuxième Guerre mondiale, sans doute la dernière «guerre juste», l\u2019ennemi est bien identifié, quoi que les productions plus récentes introduisent beaucoup plus de nuances dans la représentation des camps op- posés.Avec les films américains sur la guerre du Vietnam, l\u2019ennemi devient plus fuyant, parfois même invisible.Mieux, le débat moral ne se situe plus nécessairement sur le champ de bataille dans la mesure où le conflit devient souvent intérieur: l\u2019adversaire et l\u2019allié sont dans le même camp, ils portent le même uniforme.On le voit dans Platoon, Full Metal Jacket, Tiger Land ou Casualties of War.Les films français sur la guerre d\u2019Algérie, comme L\u2019ennemi intime, adoptent le même archétype narratif propre aussi au film de guerre coloniale.Qu\u2019observez-vous avec les productions sur les guerres en Afghanistan et en Irak ou sur la «guerre au terrorisme»?Il y a une grande diversité.Redacted de Brian De Palma joue sur l\u2019utilisation des caméras live et demeure très critique du conflit.A l\u2019inverse.Act of Valor\tde la pure propagande.C\u2019est en fait une publicité pour les Navy Seals.Je suis aussi frappé par les discours autour de la guerre dans la production récente.Soit on aborde de front les grands enjeux, soit les soldats eux-mêmes expliquent qu\u2019ils ne sont pas là pour les grands idéaux ou par vengeance, mais tout simplement pour le gars à côté.C\u2019est cette idée des frères d\u2019armes de la hand of brothers, pour reprendre le titre de la série télé emprunté à Shakespeare.Qu\u2019observez-vous dans les productions québécoises?Notre situation est ambiguë.Nous n\u2019avons pas connu la guerre sur notre sol.Une collègue européenne me disait qu\u2019en Europe, quand on pense à la guerre, on s\u2019imagine sous les bombes alors qu\u2019en Amérique, on s\u2019imagine dans le bombardier en train de les larguer.D\u2019un côté, on voit l\u2019expérience de la guerre comme une expérience étrangère.V>?ins Rebelle (2012), on ouvre une fenêtre sur un conflit africain où nous ne sommes pas impliqués.Ça me semble très intéressant qu\u2019un cinéma se détache ainsi pour aller vers des histoires qui ne concernent pas directement de larges pans de sa communauté.Incendies (2010) est un peu du même ordre.D\u2019un autre côté, avec Les 4 soldats.Opération Cobra ou Windigo, le cinéaste Robert Morin se sert des conflits violents \u2014 mais imaginaires \u2014 pour réfléchir sur la désagrégation du tissu social, la paranoïa ou les communautés.Comment expliquer que le cinéma et la télévision du Québec n\u2019ont pas su traiter de certains conflits, ne seralt-ce que la Deuxième Guerre mondiale?Je pense que c\u2019est lié à notre industrie.Ça coûte cher, faire un film de guerre.En plus, l\u2019armée est associée au Canada et, on le sait, le souvenir de la guerre active est douloureux dans la psyché québécoise.De toute façon, le Canada ne fait pas vraiment plus de films de guerre.Les Oscar sont distribués ce week-end.On ne trouve qu\u2019une seule nomination, celle de Lone Survivor, pour le son.Que suscite cette disette chez l\u2019amateur éclairé?Ce n\u2019est pas une grande cuvée, en effet.Les films de guerre qui moi m\u2019interpellent de façon plus récente proviennent d\u2019Israël.Lebanon (2009), par exemple, sur le plan formel comme par le propos, est absolument renversant.Tout se passe à l\u2019intérieur d\u2019un tank.Le seul point de vue de l\u2019extérieur provient de la mire.Il faut aussi regarder ce qui provient d\u2019Asie, de Chine et de Corée, avec une tout autre sensibilité, des effets spéciaux tartinés, des histoires mélodramatiques ou une volonté de représenter l\u2019héroïsme.Le Devoir MAPLE PICTURES Une scène tirée de Lebanon, un film de Samuel Maoz TESTAMENT Du 10 au 30 mars 2014 Une production du Théâtre de Quat'Sous Texte Vickie Gendreau Adaptation et mise en scène Eric Jean Collaboration à Padaptation Sébastien David Avec Marilyn Castonguay, Juliane Desrosiers-Lavoie, Simon Lacroix, Étienne Laforge, Hubert Lemire, Jean-Philippe Perras, Dominique Pétin et Jade-Màriuka Robitaille Concepteurs Anoelo Barsetti, Jérémie Battaglia, Linda Brunelle, Olivier Gaudet-Savard, Audrey Lamontagne, Vincent Letellier, Pierre-Étienne Locas, François Richard et Martin Sirois Billetterie 514 845-7277 quatsüus.com ïïSÆir'\tC*nsell,esatts CinrtjCoundl Québec m râ\tTHEATRE Le plan de paix d\u2019Evelyne de la Chenelière et Paula de Vasconcelos Les deux artistes proposent une création sur la fin d\u2019un monde et le début d\u2019une nouvelle ère CHRISTIAN SAINT-PIERRE Il y a sept ans, Evelyne de la Chenelière avait répondu à la demande de Paula de Vasconcelos, de la compagnie de théâtre-danse Pigeons international, en écrivant un fragment de texte destiné à la deuxième mouture d\u2019un spectacle intitulé Kiss Bill.Ces jours-ci, les deux artistes aux univers si compatibles croisent enfin réellement le fer en donnant naissance à L\u2019architecture de la paix, une création sur la fin d\u2019un monde et le début d\u2019une nouvelle ère.«Tout a commencé quand je suis tombée sur une revue à propos de la biennale d\u2019architecture de Venise, explique De Vasconcelos.Toute une édition était consacrée à l\u2019architecture de la paix, un concept dont je ne connaissais même pas l\u2019existence alors.Incarner l\u2019idée de paix dans une architecture, j\u2019ai trouvé ça fascinant.Faire en sorte qu\u2019un immeuble ou une place publique facilite les relations harmonieuses entre les êtres de tous les peuples, de tous les sexes et de toutes les religions, que les formes et les volumes d\u2019un bâtiment deviennent porteurs de paix, qu\u2019ils contribuent physiquement à l\u2019instaurer, c\u2019est puissant.» Pour la créatrice, qui depuis bientôt trente ans articule son travail de metteure en scène et de chorégraphe autour de ce principe de rencontre orageuse et salvatrice entre les êtres, les peuples et les idées, dans des spectacles tels que L\u2019autre, Ba-bylone et Humanity Project, cette métaphore de l\u2019architecture de la paix était toute désignée.«J\u2019ai su très rapidement {{L\u2019architecture nous ramène au sens même du théâtre, à la construction d\u2019un objet scénique tridimensionnel dans lequel les gens vivent, bougent et circulent )} Evelyne de la Chenelière, dramaturge que cette façon de réfléchir l\u2019architecture, une vision riche, profonde, carrément philosophique et de plus en plus partagée dans le monde, allait servir de déclencheur au spectacle.Imaginez une construction qui rende compte des erreurs du passé tout en exprimant un désir de repartir à zéro, sur de nouvelles bases.Il y a derrière ça une idée de métissage formel et culturel qui me passionne depuis toujours, qui occupe une place centrale dans mon travail.» Le retour de la parole Alors que les plus récentes productions de Pigeons international faisaient de plus en plus de place à la danse et de moins en moins au texte.L\u2019architecture de la paix renverse la ANNE FLORE ARCHAMBAULT Au cœur du spectacle se trouve un couple, interprété par Daniel Parent et Pascale Montpetit, un homme et une femme qui ont tout perdu.vapeur.«À mon sens, ce thème nécessitait une mise en mots, explique la créatrice.Pour évoquer tout ça, le mouvement et les images ne me suffisaient pas.Je sentais vraiment que j\u2019avais besoin d\u2019une auteure et immédiatement, la seule à laquelle j\u2019ai pensé, c\u2019est Evelyne.Parce que j\u2019aime son univers, sa poésie, sa vision des choses, mais aussi parce que je savais qu\u2019elle était capable d\u2019adhérer pleinement à une démarche de création non traditionnelle.» Evelyne de la Chenelière, qui a tout de même, rappelons-le, fait ses classes dans l\u2019enceinte débridée du Nouveau Théâtre expérimental, va jusqu\u2019à affirmer qu\u2019elle a besoin de prendre des risques pour continuer à écrire.«Je dirais que le fil du sens qui me relie à l\u2019activité même de l\u2019écriture est quelque chose de paradoxalement fragile et même de ténu.Toujours ce désir est renouvelé et ranimé par des projets qui exigent des pos- tures d\u2019écriture différentes.Cette fois, en plus d\u2019être attirée par cette façon de concevoir l\u2019écriture comme un matériau mis à la disposition d\u2019une réalisation globale, une sorte d\u2019architecture, justement, je suis profondément allumée par le thème.À mon sens, l\u2019architecture nous ramène au sens même du théâtre, à la construction d\u2019un objet scénique tridimensionnel dans lequel les gens vivent, bougent et circulent.C\u2019est une représentation du monde, un microcosme, un endroit où les êtres s\u2019aiment et pleurent, s\u2019étreignent et se repoussent.Ces idées m\u2019interpellent au plus haut point.» Uétat du monde Cette architecture dite de la paix est bien entendu directement reliée à l\u2019état de notre monde.Elle fait écho aux bombardements, aux villes rasées, aux trésors culturels ravagés par la guerre, mais aussi aux catastrophes naturelles, aux tsu- namis, aux inondations et aux tremblements de terre qui sont eux-mêmes indissociables des questions environnementales et du réchauffement planétaire.Ainsi, au cœur du spectacle, se trouve un couple, interprété par Daniel Parent et Pascale Mont-petit, un homme et une femme qui ont tout perdu à la suite d\u2019un événement qui n\u2019est pas nommé, dans un lieu qui n\u2019est pas déterminé.Autour d\u2019eux, quelques fantômes rôdent.«J\u2019ai imaginé deux personnages qui se servent du langage comme d\u2019un matériau de construction, explique de la Chenelière.C\u2019est-à-dire que leur parole trouve son impulsion dans un désir de reconstruction et non pas dans un besoin de communication.Ils ressentent une sorte d\u2019obsession de renommer les choses, de décrire sans cesse les événements qui se sont déroulés, où ils en sont, ce qui demeure vivant.Je dirais qu\u2019ils ont un rapport critique avec le souvenir.Ils n\u2019ont pas seulement envie de se rappeler la catastrophe, la nature de leur perte, ils veulent avant tout ériger un monde, un nouveau lieu qui s\u2019enracine dans le passé.Ce ne sont pas des archivistes, ce sont des rebâtisseurs endeuillés.Pour s\u2019offrir une nouvelle vie, ils sont prêts à quelques écarts avec l\u2019exactitude des faits, ils oseront même, s\u2019il le faut, réinventer quelques souvenirs.» Collaborateur Le Devoir L\u2019ARCHITECTURE DE LA PAK Texte: Evelyne de la Chenelière.Conception et mise en scène: Paula de Vasconcelos.AvecAna Brandâo, Pascale Montpetit, Daniel Parent et Philippe Thibault-Denis.Une coproduction de la compagnie Pigeons international et du^ Teatro Sâo Luiz de Lisbonne.A l\u2019Espace Go du 4 au 22 mars.«Surveillez cette troupe quand ils reviendront [.] c'est vraiment magique ! » FESTIVAL INTERNATIONAL DE THÉÂTRE DE MARIONNETTES POUR ADULTES ET ENFANTS SAISON 2013-2014 \u2014 Radio-Canada il PRESENTATEUR OFFICIEL Desjardins Coopérer pour creer l'avenir PRESENTE PAR: LEMIMESIS PREMIER ACTE Ignorance The Old Troii^uppet Workshop LF rHANTDUDRE-DRE 4 AU 7 MARS -20 H A L\u2019EGLISE NOTRE-DAME-DE-JACQUES-CARTIER 8 MARS-15 H\t- 190.ST-JOSEPH EST DITION 11 au 15 mars 2014 DAN EL DAN S MARC BELAND 870, avenue De Salaberry 418 643-8131 Waaaii COMPLET LE 13 MARS Québec nn ESPACE LIBRE LE DEVOIR 6-9 mars 2014 Quebec BILLETTERIE 514 521 419 OU ESPACELIBRE.QC.CA lorsoire ÇîE3 ihjfvdik n\til tUi i ^ ai à r\t! ALLEMAGNE DANEMARK FRANCE SUISSE ONTARIO QUEBEC L'ARCHITECTURE DE LA PAIX PS HORIZONT^l' la nouvelle création de Rgeons International une pure invention de Paula de Vasconcelos Evelyne de la Chenelière festival.castelîers.ca Teatro Sâo Luiz, Lisbonne m Théâtre ESPACE GO, Montréal BILLETTERIE, , qc qq/,/, THEATRE OUTREMONT/^^^ 495-9944- RÉSEAU ADMISSION/514 790-1245 ^ Desjardins fiai Caisse Portueaise Québec Montreal® Montreal® SS (^wMFTii iBinir prshelvetia 0 !¦ DRUIK OBra Unicité THEATRE ESPACE GO DU 4 AU 22 MARS 2014 MARDI À 19 H, MERCREDI AU VENDREDI À 20H, SAMEDI À 16H BILLETTERIE 514\t845\t4890 CONCEPTION ET MISE EN SCENE : PAULA DE VASCONCELOS TEXTE : EVELYNE DE LA CHENELIÈRE INTERPRÉTATION : ANA BRANDÂO, PASCALE MONTPETIT, DANIEL PARENT, PHILIPPE THIBAULT-DENIS MUSICIEN : CARLOS MIL-HOMENS ÉCLAIRAGES : STÉPHANE MÉNIGOT Conseil des arts etcfes/ettres Québec LE DEVOIR LES SAMEDI I'^'^ ET DIMANCHE MARS 2014 E 5 CULTURE'DANSE Les urbanités fragmentées de ^le Abraham FREDERIQUE DOYON Il arrive à Montréal porté par les éloges et les honneurs.Kyle Abraham, nouvelle coqueluche de la scène new-yorkaise, pose un regard sur l\u2019identité et Thistoire des Noirs dans Pavement.Les pièces du jeune Afro-Américain ne se présentent pourtant pas comme des pamphlets sociopolitiques.Elles s\u2019enracinent d\u2019abord dans l\u2019expérience personnelle du chorégraphe et dans sa propre quête d\u2019identité.Mais elles finissent par télescoper en filigrane la grande histoire.«Je ne veux pas être hyperpolitique, mais c\u2019est vrai que chacune de mes pièces comporte son propre commentaire social parce que ça m\u2019intéresse», explique en entrevue l\u2019artiste de 36 ans, avec une franchise dépourvue d\u2019arrogance.The Radio Show (2010) abordait l\u2019impact de la fermeture d\u2019une radio sur la communauté noire locale et traitait en même temps de l\u2019aphasie dont souffrait son père.A Ramp to Paradise racontait l\u2019histoire d\u2019un club underground gai noir de New York.Fondée en 2006, sa compagnie Abraham, lu.Motion compte une grosse poignée de pièces à son actif et accède déjà aux grandes scènes.Une ascension fulgurante qui culminait à l\u2019automne dernier, avec une bourse de 625000$ de la Fondation MacArthur.Créée en 2012, Pavement lui a valu le prix du prestigieux Jacob\u2019s Pillow Dance Festival.L\u2019artiste en résidence du New York Live Arts a aussi remporté le prix Bessie pour la meilleure performance avec The Radio Show.La chorégraphie pour sept danseurs (incluant Abraham) s\u2019inspire de deux autres œuvres : le fdm Boyz N the Hood (1991) de John Singleton et le classique de la littérature américaine The Souls of Black Folk de W.E.B.Du Bois.Des «récits» qu\u2019il morcelle et déconstruit en les croisant à ceux de deux quartiers de son Pittsburgh natal.Autrefois vibrants d\u2019une scène artistique en ébullition animée par les Ella Fitz- STEVEN SCHREIBER Pavement s\u2019inspire de deux autres œuvres : ie fiim Boyz N the Hood et ie ciassique de ia iittérature américaine The Souls of Black Folk.gerald et Duke Ellington, Homewood et Hill District sont déchirés par les guerres de gangs pendant sa jeunesse.«Ce sont les hauts et les bas de la culture urbaine et de l\u2019histoire noire.Ça me permet de regarder où j\u2019en étais en 1991 et où je suis rendu aujourd\u2019hui.Mais il y a aussi une réflexion plus large sur l\u2019engagement du gouvernement dans les communautés urbaines.» Influences multiples Rien de narratif ni de linéaire ici.Fragments vidéo des quartiers aux immeubles placardés dialoguent avec la danse imprégnée des multiples influences du chorégraphe et danseur : le ballet, la danse moderne, mais aussi le côté plus brut et libre des improvisations structurées du hip-hop qui nourrissent naturellement ses œuvres.«Je ne mentionne jamais la culture hip-hop pour décrire mon travail», dit-il pour distinguer son langage de celui du Québécois Victor Qui-jada, qu\u2019il connaît et auquel on est tenté de le comparer.Tous deux du même âge et nés dans ces cultures de rue, Quijada les métisse avec les langages plus contemporains pour en forger un nouveau, tandis que Kyle Abraham n\u2019y voit que «différents outils» formant «un mélange organique».«Toutes les techniques Limon, Graham, Cunninham se fondent dans mon travail.Je n\u2019essaie pas de codifier quoi que ce soit.» Si une culture urbaine l\u2019a davantage forgé, dit-il, c\u2019est la culture rave qu\u2019il a largement fréquentée durant ses années de high school.Reste qu\u2019il est impossible de le cantonner à un univers, surtout musical, car il est aussi pétri de musique classique, rompu au violoncelle et au piano, avant même de goûter à la danse.«J\u2019adore la musique», confie-t-il.La trame de Pavement (Sam Crawford) impose d\u2019ailleurs sa propre dramaturgie émotive, passant de Bach à Jacques Brel en passant par Benjamin Britten et quelques airs d\u2019opéra.Connexion viscérale C\u2019est pourtant par la lorgnette des arts visuels \u2014 aussi partie de son curriculum académique \u2014 qu\u2019il appréhende son art.«Quand je regarde la danse, je la vois plus comme de l\u2019art visuel que comme un art de la performance, parce qu\u2019il y a une connexion viscérale qui s\u2019opère.Il y a quelque chose dans l\u2019imagerie et le temps qui vient plus du règne des arts visuels; l\u2019usage de lumière, aussi, est un élément dynamique et une stratégie dramatique, en quelque sorte.» En 2001-2003, il a pris une pause de la danse professionnelle.«Je n\u2019étais pas sùr de vouloir vivre le trip de compagnie», dit-il.Parti faire ,de la musique en Angleterre, il est rentré aux Etats-Unis pour faire ses études universitaires.11 a fondé Abraham.In.Motion en 2006.En 2009, Dance Magazine le classait parmi les 25 artistes à surveiller.The rest is history, comme ils disent en anglais.Le Devoir PAVEMENT D\u2019Abraham.In.Motion, le 4 mars à la salle Maurice-O\u2019Bready de Sherbrooke et du 6 au 8 mars au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.r\\ Voir aussi > Des extraits de Pavement ^ par Abraham, in.Motion.ledevoir.com/culture/danse Une petite empreinte tonte qnébécoise Kyle Abraham a fait ses débuts québécois en 2008, à l\u2019invitation du Springboard Danse Montréal, rampe de lancement de jeunes danseurs.Une de ses installations y était présentée.C\u2019est là qu\u2019il a rencontré Alexandra Wells, cofondatrice de la plateforme québécoise (avec Susan Alexander).L\u2019ex-danseuse américaine, pédagogue \u2014 elle a aussi enseigné à l\u2019Ecole supérieure de ballet contemporain \u2014 et commissaire est devenue la conseillère artistique d\u2019Abraham.In.Motion.«Elle est tout pour moi: mon coach, ma confidente, mon soutien moral, dit le jeune directeur artistique de la troupe, Kyle NBrdham.J\u2019adore son honnêteté et son dévouement pour les artistes.Avec elle, AIM a vraiment pris son envol depuis la pièce The Radio Show.» photo carrie schneider LA COOPERATIVE DU COCHON Théâtre de TOpsis 1C' à 19 h 30 « La force de la pièce réside dans ce pouvoir de transformation des acteurs [.] jusqu'au délire total, rendant un bel hommage au jeu dans sa forme la plus pure.» Sso Pépin - Voir TEXTE Ascanio Celestini MISE EN SCENE ET TRADUCTION Luce Pelletier AVEC Luc Bourgeois Louise Cardinal Martin Heroux Olivier Morin France Parent RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX 450 662-4440 BILLETTERIE 450 667-2040 MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, boulevard de La Concorde Ouest, Laval ilT E3 Montmorency www.maisonclesarts.laval.ca Québec ¦ SUPPLEMENTAIRES 9+ 10 AVRIL! [.] UNE DES PIECES PHARES DE MICHEL TREMBLAY, SERVIE PAR UNE DISTRIBUTION HORS DU COMMUN, [.] DRÔLE, ATTENDRISSANTE, MAIS SURTOUT BOULEVERSANTE.- LE SOLEIL LORRAINE PINTAL [.] A SU COMPOSER UNE VISION TOUCHANTE, ÉPURÉE ET INTELLIGENTE DE CETTE TRAGÉDIE DU OUOTIDIEN.- REVUEJEU.ORG UNE PRÉSENTATION DE Desjardins DE MICHEL TREMBLAY MISE EN SCÈNE LORRAINE PINTAL AVEC ÉMILIE BIBEAU LISE CASTONGUAY LORRAINE CÔTÉ ÉVA DAIGLE MONIOUE MILLER MARIE TIFO COPRODUCTION THÉÂTRE DU TRIDENT TNM ILfiEClL Heritage canaden Théâtre du Nouveau Monde À L\u2019AFFICHE DÈS LE 11 MARS! TNM.QC.CA 514.866.8668 5723 AV.DU PARC ENŒNLERT SYLVAIN CDSSETTE LA TOURNEE RÉTRaSPECTIVE f INCLUANT TOUS UES SUCCÈS QUI ONT MARQUÉ SA CARRIERS UWABCjiEKyjiinr ¦¦22 MARS 2014 P- SPEaAOE\t.'-Ju- 16 MAI 2014 SPECTACLE 20H30 THEATRERIALTO.CA THE COMPLETE 4- MT H STEVE MICHAELS nn r;- iLirilUi i| IL ii,J| HMÏÏMAtiÔM ^^;30 PM/2d H 30 (514) iio-nn E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI I ^ ^ ET DIMANCHE 2 MARS 2014 CULTURE.Mü SIDÜE MONTREAL EN LUMIERE Groupe à développement durable Le Canada existe, Blue Rodeo le parcourt: nouvel arrêt à Wilfrid dimanche SYLVAIN CORMIER Ils ont dans leur vaste contrée de chansons un (magnifique) road movie intitulé Western Skies.Une autre chanson, tout aussi belle, s\u2019appelle Montreal (sans l\u2019accent aigu).Une autre a pour décor les Finger Lakes.«C\u2019est chez nous, tout ça, revendique Jim Cuddy au bout du fil, ce sont des repères sur notre route.» Route pancana-dienne.Depuis bientôt trente ans.Bine Rodeo sillonne le Canada from coast to coçist, avec des incursions aux Etats: ce groupe à deux têtes fortes, le grand escogriffe à voix d\u2019ange de Cuddy et le grincheux psychédélique de Greg Keelor, est une sorte de microcosme de ce pays réputé impossible et pourtant existant, avec ses deux solitudes contiguës, un public dans les deux langues officielles et un ben que rien ne parvient à briser.Bine Rodeo, définitif groupe canadien ?J\u2019évoque The Band, ce légendaire groupe de rock\u2019n\u2019roots où tout le monde sauf le batteur, feu Levon Helm, était Canadien d\u2019origine.Sur le nouvel album de Bine Rodeo, In Our Nature, il y a en finale une reprise du Band, la chavirante Out of the Blue.Même famille de musique, ça s\u2019entend.Mais autre appartenance.«On n\u2019est pas The Band: on n\u2019a pas écrit The Night the Drove Old Dixie Down, on n\u2019a pas installé notre studio à Woodstock.» Ironie (voulue ?), leur studio à Toronto a pour nom Woodshed.Le nouvel album («il paraît que c\u2019est notre 13% fai arrêté de compter.») a été enregistré dans la maison-chalet de Greg, prés d\u2019Orono, à la pointe sud de l\u2019Ontario.«C\u2019est un pays où tout nous divise, mais où nous continuons de nous côtoyer pour le pire et aussi parfois pour le 9 DUSTIN RABIN Le country rock de Blue Rodeo est ancré dans la tradition canadienne.meilleur: le débat rage à propos des sables bitumineux.Mais on se retrouve dans la musique.» Ce qui fait l\u2019unité canadienne selon Bine Rodeo?«Nous adorons nos tournées d\u2019hiver.Ça tapisse le pays entier, l\u2019hiver canadien, et quand nous retrouvons les gens dans les salles, notre public tellement fidèle, on est là pour se réchauffer ensemble.» Le groupe sera à Wilfrid-Pelle-tier dimanche, en soirée d\u2019ouverture de Montréal en lumière : la même Wilfrid avait été remplie lors de la tournée précédente, en 2011.Un joli triomphe.Triomphe chaque fois attendu, bien sûr, ils n\u2019ont qu\u2019à jouer TU I Am Myself Again, Five Days in May, forcément la ballade Try et l\u2019épique Diamond Mine, mais triomphe chaque fois jugé plus sévèrement par les intéressés.«Il faut que Greg et moi soyons éga- lement contents d\u2019une prestation, et c\u2019est rare: à 100-150 shows par an, l\u2019exigence est un vecteur de survie.Quand l\u2019un ou l\u2019autre est moyennement heureux en retournant dans la loge, la vie est mauvaise.L\u2019ambiance est noire.Mais ça donne du mérite au show suivant quand on repart vraiment heureux.» Santé et nouveauté : clés de l\u2019avenir Cette tournée-ci est particulièrement joyeuse, pour deux raisons bien nettes.La plus importante : on a trouvé une solution au grave problème d\u2019ouïe de Greg Keelor.Depuis quelques années, le vétéran chanteur-guitariste ne supportait plus les grands bruits (et les endurait quand même, intraitable et entêté).Trop d\u2019années de solos et de distorsion.«Au début, il sortait de scène pendant les morceaux les plus rock.Ça dénaturait le groupe, on a bien pensé que c\u2019en était fini de Blue Rodeo.Mais on utilise désormais un \u201cin-hear system\u201d, à volume raisonnable, en communication les uns avec les autres, ce qu\u2019on aurait dû faire il y a dix ans.On n\u2019avait pas besoin de se hurler à travers le \u201cbombast\u201d de volume! Notre nouveau gars.Colin Cripps, fait les solos à l\u2019électrique, Greg est très bien avec son acoustique et demeure sur scène, nos harmonies sont plus harmonieuses que jamais, et en plus.Colin ajoute une troisième voix.» Bine Rodeo a trouvé son George Harrison.«Je vais lui dire ça, il sera content!» Deuxième motif de réjouissance : dans le présent spectacle.Bine Rodeo joue 10 ou 11 des 14 titres du nouvel album, en bloc, puis revient pour donner les incontournables du catalogue.Et les gens ne sont pas impatients.«On a compris une chose: oui, nos succès permettent aux gens de passer en mode célébration, de se sentir unis entre générations, mais ce qu\u2019ils sont venus entendre, c\u2019est du Blue Rodeo.Du Blue Rodeo valable.Et leur réaction à toutes ces nouvelles chansons pas du tout familières, où il y a la marque du groupe mais aussi ce que nous sommes devenus, est extrêmement gratifiante.Nous les vendions au rabais dans les tournées précédentes, une nouveauté ici et là entre Trust Yourself et Lost Together .b> Les nouveaux titres ne tournent plus à la radio, autant leur donner une vraie chance.«Exactement: je me souviens de l\u2019époque où Trust Yourself était toute neuve, où on la faisait même si les gens réclamaient Diamond Mine.Il faut commencer quelque part.» Ou recommencer?Le nouvel album est disponible en vinyle.«Le premier\u2014 Outskirts, en 1987 \u2014 l\u2019était aussi.Je me souviens d\u2019un meeting où les gens de la compagnie de disques nous avaient montré une charte démontrant que l\u2019avenir était à la cassette 4-pistes! Et voilà que l\u2019autre jour, chez un disquaire à Edmonton, fai vu qu\u2019on mettait les vinyles dans la vitrine et les CD à l\u2019arrière.Ça dit notre âge, ça dit aussi notre durabilité: notre présent a rattrapé notre passé.» Le Devoir IN OUR NATURE Blue Rodeo Warner À la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA, dimanche à 20 h; le Devin Cuddy Band en lever de rideau.D Écouter > La pièce Out of the Blue tirée de l\u2019album In Our Nature, ledevoir.com/ culture/musique ÿf DaMitH la trace des créateurs EM MAC 7^ Emmanuelle Calvé Traces-Hors-Sentiers ,\t> Danse et marionnettes < Textes et narration sur scène Richard Desjardins / Musique Jorane Direction artistique et chorégraphie Emmanueiie Caivé Interprètes Jean-François Bianchard, Emmanueiie Caivé et Jody Hegei / Collaborateurs Richard Lacroix, Jean Cummings, Martine Beauine et Karine Gauthier CONSERVATOIRE 4760 HENRI-JUUEN - MONTRÉAL 5ET6MARSA20H//7MARSA19H 8MARSÀ20H//12MARSÀ14H 13AU15MARSÀ20H cieqilE oc SOLEIL Québec üéî îlé.LEDEVOni ^ tWaî Théâtre Rouge du Conservatoire 4750, avenue Henri-Julien ^ Laurier ou Mont-Royal Billetterie du Conservatoire 514.873.4031 poste 313 Billetterie Articulée 514.844.2172 / danse-cite.org La brochure été-automne s\u2019en vient! Appréciez l\u2019art de Marc LINCOURT à Sherbrooke Alfred LALIBERTÉ à Victoriaville Pierre GAUVREAU à Québec et les jardins, les conférences, la musique en CHARLEVOIX, LANAUDIÈRE, QUÉBEC, TANGLEWOOD.Les, peaux detours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Québec CASABLANCA SUITE DE LA PAGE E 1 avec l\u2019aide de Joseph Marchand (Eorêt), de Jean-Phi Goncalves (Ariane Moffatt, Plaster, Beast) et de Christophe Lamarche Qimmy Hunt).«Tout le monde prenait sa place, et du moment où on commençait à jammer, c\u2019était vraiment intéressant de voir ça, c\u2019était comme un orchestre qui s\u2019accorde, tu vois l\u2019affaire qui se construit devant tes yeux.» La technique de travail de la bande est née d\u2019une bourde de Giguère qui, au premier matin d\u2019enregistrement, ne s\u2019est pas levé, arrivant deux heures en retard au studio.«Je capotais, d\u2019autant qu\u2019on ne se connaissait pas tant, moi et les musiciens.Je suis entré en disant une mauvaise joke; \u201cPis, il est fini, l\u2019album?\u201d Jonathan m\u2019a dit: \u201cAssis-toi.\u201d Il a pesé sur play, et j\u2019ai entendu le jam d\u2019une des tounes.Après, chaque jour, ils arrivaient deux heures avant, ils jam-maient, trouvaient des moods, se plaçaient.Après j\u2019arrivais et on construisait la chanson.» Dans la pochette, Giguère a écrit une petite phrase en guise d\u2019introduction: «Ceci est la représentation de deux personnes qui n\u2019ont jamais réussi à exister [ensemble].» Il pourra quand même se consoler en repensant à ce qu\u2019il a réussi à rassembler sur Casablanca.Le Devoir D Écouter > La pornographie, une pièce tirée du dernier album, de David Giguère.ledevoir.com/culture/ musique Emmanuel Schwartz pardessus répaule Sur Casablanca, David Giguère a travaillé ses textes avec son ami Emmanuel Schwartz, fort occupé au théâtre.Le chanteur a adoré l\u2019exercice, qui a parfois demandé de nombreuses, versions des textes.A raison.« f arrivais chez lui, je jouais la chanson, et il me donnait de petits conseils, me disait que j\u2019avais repris tel mot souvent, par exemple.[.] Souvent, quand il me disait que telle ou telle affaire était moins bonne, je repartais chez nous en me disant: \u201cPff.Moi, je trouve ça ben bon.\u201d Pis finalement, je me disais: \u201cAdmettons qu\u2019il a raison!\u201d Il a fallu que je mette mon orgueil de côté.» VIOLONS DU ROY : f MARIE-NICOLE LEMIEUX LACHAPELLE DE QUÉBEC BERNARD LABADIE SAISON 2013.2014 G.F.HANDEL Solomon, HWV 67 Bernard Labadie, chef Marie-Nicole Lemieux, contralto Karina Gauvin, soprano Krisztina Szabô, mezzo-soprano Shannon Mercer, soprano James Gilchrist, ténor Philippe Sly, baryton-basse Avec La Chapelle de Québec SOLOMON Samedi 22 mars à 19h30 Maison symphonique de Montréal La Chapelle de Québec et Les Violons du Roy proposent un nouvel oratorio du grand maître avec une distribution exceptionnelle.Un moment fort de la saison.laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 PARTENAIRE DE SAISON ô La Capitale Groupe financier PARTENAIRES DE CONCERT GazMétro la vie en bleu OPTIMUM.EN COLLABORATION CGI SHAI MAESTRO TRIO (is»i-ARIHOEIIIG(o»i RÉMI BOLDRG-M-J SIMARD - Y.LÉVEILLÉ VIOLONSDUROY.COM ssïwsr* Québec ¦ SODEC Québec¦ CONSEIL DES ARTS SOIREE BENEFICE 22.03 EÎ+++ dv JAZZENRAFALE.COM 4^27 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 1®^ ET DIMANCHE MARS 2014 E 7 CULTURE.MUSIQUE CLASSIQUE Abattre les murs des maisons d\u2019opéra À Vienne et à New York, deux visions s\u2019affrontent sur la diffusion hors salle CHRISTOPHE HUSS C e samedi, le Metropolitan Opera met à l\u2019affiche de ses projections en direct dans les cinémas un opéra peu connu, Prince Igor de Bprodine.Est-ce un risque?À l\u2019heure où d\u2019autres institutions lyriques emboîtent le pas, quelles sont les stratégies possibles ?Les nouvelles technologies sont là pour de bon.Vont-elles modifier en profondeur notre consommation musicale et donner naissance à une sorte de galerie virtuelle de salles de concerts à domicile dans des téléviseurs intelligents ?Bien téméraire qui peut prédire de quoi seront faites les dix prochaines années et, surtout, les conséquences sur la vie des institutions musicales locales de cette accessibilité à distance aux grands événements musicaux de la planète.Le Devoir a pu s\u2019entretenir avec Peter Gelb, directeur général du Metropolitan Opera, et Dominique Meyer, directeur général de l\u2019Opéra de Vienne, sur leur stratégie de diffusion hors salle.Deux visions s\u2019opposent, fondées sur des réponses divergentes à une simple question.Ultra haute définition à Vienne «Depuis octobre, nous avons lancé des diffusions télévisuelles d\u2019opéras par le biais d\u2019Internet, résume Dominique Meyer.Nous sommes déjà prêts pour l\u2019Ultra HD, le 4K, et avons à ces fins un accord avec Samsung.» Les premières télévisions 4K sont apparues avant Noel, même s\u2019il n\u2019y a pas encore de programmes 4K, cette technologie permet de voir, selon la publicité, quatre fois plus de détails qu\u2019avec l\u2019actuelle norme HD 1080p.«L\u2019Opéra de Vienne est le premier contributeur de programmes pour ce nouveau standard, se réjouit son directeur, qui attendait son heure.Je voulais faire cela depuis toujours, mais la technologie n\u2019était pas au point.Se lancer un peu trop tôt peut avoir des conséquences CORY WEAVER MET L\u2019opéra Prince Igor de Borodine est une épique histoire de guerre.Elle sera projetée en directdans les salles de cinéma par le Metropolitan Opera de New Yrok ce samedi.catastrophiques.» Dominique Meyer se refusait notamment à «transformer l\u2019Opéra de Vienne en studio de télévision».Des caméras télécommandées discrètes l\u2019ont fait changer d\u2019avis.Et en matière de ressources humaines, le directeur de l\u2019Opéra mise sur l\u2019école de cinéma.«On entraîne des jeunes, des élèves de Michael Haneke.» Pour lui, l\u2019Opéra de Vienne n\u2019a pas de concurrence sur son terrain.«Les autres font du streaming bas de gamme, alors que nous avons développé un vrai produit.» Aux yeux de Dominique Meyer, l\u2019un des avantages de la télévision et du 4K est «la possibilité d\u2019éliminer l\u2019interférence du réalisateur».Le spectateur pourra choisir ce qu\u2019il veut regarder.«Nous envoyons deux images simultanément: un cadre fixe avec une caméra fixe et un montage pour ceux qui aiment les gros plans.» La sophistication peut aller encore plus loin: «Nous pouvons envoyer sur un second écran, ordinateur ou tablette, les surtitres et une partition.L\u2019Opéra de Vienne ayant une grande et vieille tradition, pour Tristan et Isolde, se déroulera sur votre tablette la partition utilisée par Gustav Mahler, avec ses annotations.» Le directeur de l\u2019Opéra de Vienne considère qu\u2019il a tous les atouts en main.«Aujourd\u2019hui, les producteurs de musique sont au centre du jeu, parce qu\u2019aucun label n\u2019est plus capable d\u2019engager une équipe de grands chanteurs et le Philharmonique de Vienne pour enregistrer un opéra.Quant à nous, nous pouvons œuvrer avec un système de répartition des recettes.» La représentation d\u2019opéras est vendue 14 euros (20$) et un système de temps différé permet des diffusions au Japon ou en Amérique du Nord en soirée.L\u2019Opéra de Vienne étant un théâtre de répertoire proposant un opéra différent chaque soir, l\u2019objectif est de diffuser une représentation de chacun des 50 opéras et 10 ballets différents proposés chaque saison.Pour Dominique Meyer, qui compte aussi «utiliser le système pour développer des programmes pour les écoles», ce modèle est «mieux que le cinéma, beaucoup moins cher à produire, et plus démocratique puisqu\u2019il permet d\u2019atteindre des endroits isolés et que, pour 14 euros, toute la famille peut se réunir autour du téléviseur».Nécessité du partage à New York L\u2019analyse de Peter Gelb, directeur du Metropolitan Opera, est diamétralement op- posée.«Le phénomène social de personnes se rassemblant dans un cinéma pour partager une représentation est capital.» La clé de tout, c\u2019est le direct, «puisque l\u2019auditoire vit la représentation et qu\u2019il n\u2019est pas rare de voir les gens applaudir».Peter Gelb observe les expériences de cinéma maison, mais s\u2019attarde au fait que «le cinéma devient une maison d\u2019opéra reliée par satellite».Le projet live in HD était à la base «un outil pour enrayer la baisse de l\u2019auditoire».Mais pas seulement.« Quand j\u2019ai pris ce poste, j\u2019ai considéré que le Met était élitiste et déconnecté de la population.Il fallait prendre des mesures pour se rebrancher avec la société», dit Peter Gelb.Les diffusions au cinéma, élément de cette stratégie globale, ont été rendues possibles «grâce à un accord avec 16 syndicats, afin de changer le modèle: au lieu d\u2019avoir une rémunération à l\u2019avance, il y a une petite avance et un partage des recettes».Dans le modèle d\u2019affaires initial, le but n\u2019était pas de faire des profits mais d\u2019équilibrer l\u2019opération, notamment grâce aux droits secondaires \u2014 télévision à la demande, abonnements Internet et DVD.«On devait, globalement, atteindre le point mort en deux ans.» Non seulement ce fut fait, mais «dès la troisième année la seule diffusion au cinéma était profitable».Peter Gelb est transparent sur les données: «Le coût moyen d\u2019un programme est d\u2019environ un million de dollars, nous percevons la moitié du prix des billets, soit 10$.Le point mort est donc autour de 100000 spectateurs.» Or, aujourd\u2019hui, avec 2000 salles dans 64 pays, «entre le direct et les reprises, le Met attire en moyenne de 225000 à 250000 spectateurs par spectacle au cinéma».À ce niveau de pénétration du marché, il n\u2019y a même plus de programmation à risques : le rare \u2014 et pointu \u2014 opéra Le nez de Chostakovitch a atteint 130000 entrées, ce que Peter Gelb qualifie de «forme de miracle».Un opéra populaire comme Tosca dépasse désormais les 300000 entrées, si l\u2019on additionne direct et reprises.Alors que le cinéma fait exploser les prévisions, les résultats de la diffusion à domicile ont été conformes et les rentrées liées au DVD, décevantes.Quant au sujet de l\u2019intrusion de l\u2019ego du réalisateur vidéo dans la diffusion, Peter Gelb nous promet qu\u2019il «demande aux réalisateurs de rendre justice aux metteurs en scène, de respecter les productions et de ne jamais oublier qu\u2019ils opèrent sur un grand format, qui diffère de la télévision.Je demande toujours plus de plans larges.Il faut des gros plans aussi, le tout est une question de dosage.On peut encore s\u2019améliorer.» C\u2019est la promesse d\u2019un homme qui se définit lui-même comme un «optimiste réaliste» ! Le Devoir a [La diffusion sur Internet] est mieux que le cinéma, beaucoup moins ch à produire, et plus démocratique yy Dominique Meyer, directeur générai de i\u2019Opéra de Vienne a Le phénomène social de personnes se rassemblant dans un cinéma pour I partager une représentation est capital )) Peter Geib, directeur du Metropoiitan Opera ]a[[e.ourae La Fondation Arte Musica present© inr n D LES VIOLONS DU ROY Vendredi 7 mars \\ 19 h 30 Samedi 8 mars \\ 19 h 30 MAISON SYMPHONIOUE [.CHAMPAGNE DE MONTRÉAL Maurice Steger chef et flute a bec Maurice Steger un virtuose a Naples Un virtuose exceptionnel et une presence electnsante ' ALEXANDRE DA COSTA & WONNYSONG Mercredi 12 mars\\ 19 h 30 BRAHMS Intégrale des sonates pour violon et piano DAVID FRAY, PIANO Mercredi 16 avril \\ 19 h 30 De retour a Montreal, David Fray offre en recital un programme tout J.S.BACH Preludes et Fugues n\u201cM a 10 du y Livre du Clavier bien tempere Toooatas BWV911 et 914 Partita n° 2, BWV 826 ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN Desjardins orchestremetropolitain.com duc™* Montréal® Québec laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 lEDEVOIR saUebourgie.caX 514-285-2000, option 4 /r/é Métmacci Julie-Anne Derome - violon Gabriel Prynn - violoncelle Wonny Song - piano AMERIQUES Piazzolla, Villa-Lobos, Antheil, Ponce et Analia Llugdar Mardi, 11 MARS 2014 _ à 19 h 30 / rA la Chapelle historique du Bon-Pasteur Billets : 20 $ /15 $ /10 $ Informations : (514) 664-3852 / www.triofibonacci.com Conseil des arts et des lettres Québec \u201cS ir DEVOIR Canada Council Conseil des Arts\tA N II\t^ for the Arts du Canada\toî E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI I®'^ ET DIMANCHE 2 MARS 2014 culture.de visu Trevor Gould dans l\u2019antichambre de l\u2019histoire JÉRÔME DELGADO ^ quelque chose, dit-on, A malheur est bon.Dans le cas de Trevor Gould, figure majeure de l\u2019art conceptuel montréalais, l\u2019adage se traduit par un magnifique renversement de situation.Avant Noël, un accident le prive de l\u2019usage de ses mains.Fâcheuse situation pour un sculpteur.Incapable dès lors de livrer les installations attendues pour son retour dans une galerie privée.Le voilà pourtant en ce premier jour de mars, tel que prévu, avec le solo qui inaugure son association avec la galerie Hugues Charbonneau.Plutôt qu\u2019un banal plan B, la solution de rechange s\u2019avère une importante rétrospective.d\u2019aquarelles.Virage à 180 degrés.L\u2019expo Belief Has No Reason regroupe des aquarelles réalisées depuis 1996.Hugues Charbonneau savoure cette issue, qui fait de sa galerie, croit-il, «un lieu de production de connaissances».«Ces aquarelles sont fantastiques.Il n\u2019y a jamais eu de rétrospective, d\u2019étude scientifique pour les lier.On n\u2019a pas eu la vue d\u2019ensemble, note-t-il, avant d\u2019esquisser un sourire de satisfaction.Je rêvais de jouer dans les tiroirs de Trevor, D\u2019autres photos des œuvres de Peter Doig et Trevor Gould, ledevoir.com/ culture/arts- visuels Vos prochaines sorties sont juste ici.Cinéma >\t6 mars à 19 h 30 THELUNCHBOXde Ritesh Batra >\t7 mars à 19 h 30 JIMMY P.d'Arnaud Desplechin >\t14 mars à 19 h 15 A FIELD IN ENGLAND de Ben Wheatley >\t19 mars à 19 h 30 TEL PÈRE, TEL FILS de Hirokazu Kore-Eda >\t11 avril à 20 h COURTS CRITIQUES Une présentation de Prends ça court! (5$) >\t17 et 18 avril FESTIVAL F.A.M.E >\t21 avril à 19 h 30 ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch Spectacles >\t1®\u201d^ mars de 22 h à 3 h du matin NUIT BLANCHE À MONTRÉAL Grande soirée Dubstep avec Vilify et The Salivation Army + expo Hybrid Bodies GRATUIT >\t2 mars à 21 h LA NUIT #4 Avec Egyptian Lover, Jeremy Greenspan et Prison Garde Une présentation de Red Bull Music Academy et I Love Neon Portes : 20 h GRATUIT SUR RÉSERVATION SEULEMENT >\t14 mars à 21 h KALMUNITY Le plus grand collectif de musiciens au pays 100% Organic Live Improv 10$ (taxes et frais inclus) Portes : 20 h > 29 avril à 20 h COMPAGNIE OLIVIER: PRÊT À BAISER Un long baiser chorégraphié sur Le Sacre du printemps de Stravinski 26,25$ (taxes et frais inclus) En collaboration avec Danse Danse et DHC/ART Conférences > 8 mars à 16 h 30 OBJET SONORE #3 Avec Andy Rudolph et Nick Schofield En collaboration avec DHC/ART et Objet Sonore GRATUIT avec réservation à l'avance 10$ à la porte (taxes et frais inclus) Expositions > Du 23 janvier au 15 mars HYBRID BODIES Une exposition où la science devient un art.GRATUIT Tous les films sont à 11,25$ (taxes et frais inclus), sauf indication contraire.Programmation sujette à changement sans préavis.Consultez notre site Internet pour les dernières mises à jour.Centre Phi-407, rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul), Vieux-Montréal-centre-phi.corn phi ¦ TOUS LES TOUS LES LIEUX DE L'ART LE DEVOIR, LES SAMEDI I®'' ET DIMANCHE 2 MARS 2014 E 9 CULTURE.CI ÏE MA Jean-Sébastien Lord au bord du gouf&e À la fois film social, polar et porte ouverte sur le merveilleux, L\u2019ange gardien suit le lien entre un gardien de nuit et une jeune femme venue le cambrioler ODILE TREMBLAY Cela faisait 14 ans que Jean-Sébastien Lord n\u2019avait pas réalisé de long métrage de fiction.On avait vu en 2000 le surréaliste Le petit ciel, à la fois théâtral et audacieux.Et puis le silence.Fils de Jean-Claude Lord, il est cinéaste de façon dynastique.Pourquoi pas?«Quatorze ans, ce n\u2019est pas rien, soupire-t-il.J\u2019en ai eu, des projets sur les tablettes, ce qui m\u2019a permis de développer mes techniques de scénariste.» En salle vendredi prochain, L\u2019ange gardien suit le lien étrange entre un gardien de nuit en blues de vie (Guy Nadon) et une jeune femme (Marilyn Castonguay) venue le cambrioler avec son compagnon, et qui retournera plus tard sur les lieux du crime.Marilyn Castonguay, vedette aussi du Miraculum de Podz, est la comédienne en lumière ces jours-ci.«Durant ma vingtaine, explique Jean-Sébastien Lord, j\u2019avais fait un court métrage de quatre minutes sur un gardien de sécurité dans un immeuble vide la nuit.Et fai pensé: \u201cSi quelqu\u2019un allait cogner à la porte.\u201d L\u2019histoire pouvait commencer.» Surréaliste, L\u2019ange gardien?Oui et non, à la fois film social, polar, porte ouverte sur le merveilleux.«J\u2019ai fait volontairement le choix du traitement réaliste, mais le thème de base tourne autour de ce qui nous raccroche à la vie.Normand, le gardien de nuit, a le hockey comme unique passion et il regarde à peine sa femme.Nathalie est soutenue par l\u2019amour de sa fille.Pour son copain Guylain [Patrick Hivon], les choses deviennent de plus en plus ténues et fragiles.» Très tôt, Guy Nadon s\u2019est imposé dans l\u2019imaginaire du cinéaste.Pour incarner le personnage de Nathalie, Jean-Sébastien Lord se posait une question en auditionnant des actrices : à laquelle serait-ce le plus logique qu\u2019il ouvre sa porte?«Marilyn n\u2019est pas inquiétante.Elle possède une douceur mais aussi une force et une grande intelligence émotionnelle.Entre les deux comédiens, la chimie était palpable.Le film est le croisement de leurs deux destins au bord du gouffre.» L\u2019ange gardien a été tourné dans le Mile-End, angle Saint-Viateur et Casgrain, où l\u2019on trouve de beaux entrepôts industriels glauques et insolites, vides la nuit tombée.«Les locaux représentaient différentes zones du personnage de Normand.Le bâtiment, c\u2019est lui-même, avec ses zones d\u2019ombre et ses coins lumineux.La pièce où SOURCE WALT DISNEY STUDIOS Le film Le vent se lève marque la fin de la carrière d\u2019animation de Hayao Miyazaki.En terminant par le début LE VENT SE LÈVE (V.F.de Kaze tachinu) Scénario et réalisation : Hayao Miyazaki.Musique: Joe Hisaishi.Japon, 2013, 126 minutes.ERANÇOIS LÉVESQUE Maître de l\u2019animation dite traditionnelle, Hayao Miyazaki a annoncé sa retraite cet automne lors du festival de Venise, chagrinant du coup une bonne partie de la planète cinéma.Son dernier long métrage.Le vent se lève, relate les grands pans de la vie personnelle et professionnelle, réelle et inventée, de l\u2019ingénieur en aéronautique Jiro Horikoshi, concepteur à la fin des années 1930 du Mitsubishi A6M, ou «chasseur Zéro», un avion de chasse révolutionnaire.Né en 1941, Hayao Miyazaki s\u2019inspira autrefois des créations de Jiro Horikoshi pour dessiner ses tout premiers croquis d\u2019engins volants, un motif devenu depuis récurrent dans son oeuvre.D\u2019entrée de jeu, le parti pris de Miyazaki de camper son récit dans le monde réel pourra décevoir, voire irriter, certains cinéphiles habitués aux mondes fantastiques du cinéaste nippon.En lieu et place de ceux-ci: le Japon de l\u2019entre-deux-guerres, où l\u2019on s\u2019attarde, de 1910 à 1940, à l\u2019enfance, à l\u2019adolescence, puis à l\u2019âge adulte du protagoniste.En toile de fond: le grand séisme de Kantô, la pauvreté du peuple, la Deuxième Guerre mondiale qui couve.Pour autant, l\u2019onirisme cher â l\u2019auteur de Mon voisin Totoro et du Voyage de Chihiro n\u2019a pas été évacué, même que les séquences de rêves, transitives, agissent comme moteurs narratifs.Chant du cygne d\u2019un artiste qui n\u2019a plus rien â prouver depuis longtemps.Le vent se lève exhibe une technique raffinée mais plus classique qu\u2019â l\u2019accoutumée.Point de compositions luxuriantes â la Château ambulant, point de fulgurances chromatiques â la Ponyo sur la falaise.Ici, Miyazaki privilégie une épure formelle (relative) et recourt â une palette aux coloris pastel qui confère une aura nostalgique au film.Lequel ne manque pas de romantisme.Inhabituel mais pleinement assumé, cet intérêt que manifeste l\u2019auteur pour les choses du cœur courait déjà en filigrane de Ponyo, son avant-dernier film, par le biais des deux enfants.Ce parti pris, qui ne fera pas davantage l\u2019unanimité que le sujet, rend pourtant compte d\u2019un cheminement logique, le cinéma de Miyazaki ayant été, depuis le début, caractérisé par deç valeurs humanistes.A la fois ample et minimaliste.Le vent se lève multiplie les ellipses audacieuses.Entre l\u2019épique et l\u2019intime, Hayao Miyazaki esquisse la chronique de l\u2019époque â l\u2019issue de laquelle il vint au monde.D\u2019où la dimension foncièrement personnelle de cette œuvre moins atypique qu\u2019elle n\u2019y paraît.En célébrant la vie de celui grâce â qui il comprit, jadis, qu\u2019â celui qui a de l\u2019imagination, rien n\u2019est impossible, Hayao Miyazaki choisit de terminer lâ où tout a commencé.On ne saurait espérer un plus beau testament cinématographique.Le Devoir ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Avec L\u2019ange gardien, Jean-Sébastien Lord revient au long métrage, 14 ans après Le petit ciel.il installe Nathalie est traitée avec des couleurs chaudes pour montrer la confiance.Les corridors sont plus froids.Certains ressemblent â des dédales.La colonne vertébrale de l\u2019histoire est le cheminement de Normand.» L\u2019environnement est dur avec Guylain, qui boit et néglige sa fille.«Mais fai essayé de traiter ça avec chaleur et humanité, en apportant aussi une lumière et des moments d\u2019humour.» Au début, la caméra est sur trépied.«Puis quand Nathalie entre, elle est portée â l\u2019épaule pour montrer la fébrilité du personnage et suggérer une autre dimension possible.La musique, dans ce sens, devient un personnage â part entière du film, qui soutient aussi son atmosphère.» Il y a un revirement tardif dans L\u2019ange gar- dien, mais Jean-Sébastien Lord ne voulait pas percer la bulle du récit en multipliant les pistes et chercha plutôt â concentrer l\u2019action.Son budget était serré.Il ne désirait pas tourner en hiver, mais quand une fenêtre temporelle s\u2019est libérée sous la neige, il a sauté dedans.«Einalement, c\u2019était plus cohérent l\u2019hiver.L\u2019extérieur devenait hostile.Et on comprenait davantage pourquoi Normand faisait entrer Nathalie.Que se passe-t-il entre eux ?Est-il amoureux d\u2019elle ?Quelle influence exerce-t-elle sur lui ?Je me suis inspiré de l\u2019esprit de Lost in Translation de Sofia Coppola pour créer la relation entre ces deux personnages-lâ.» Le Devoir Du vieux avec du neuf L\u2019HYPNOTISEUR De Lasse Hallstrom.Avec Tobias Zilliacus, Michael Persbrandt, Lena Olin, Helena af Sandeberg, Oscar Pettersson, Anna Azcarate.Scénario: Paolo Vacirca, d\u2019après le roman de Lars Kepler.Image : Mathias Montera.Montage: Sebastian Amundsen, Thomas Tang.Musique : Oscar Fogelstrom.Suède, 2012, 122 minutes.MARTIN BILODEAU a quelque chose d\u2019une antiquité.Comme si le Suédois Lasse Hallstrom (Cider House Rules, Chocolat), pour marquer son retour au bercail après trois décennies d\u2019exil américain déclenché par le triomphe planétaire de Ma vie de chien, avait choisi de faire du vieux avec du neuf.Un polar â l\u2019ancienne, dans l\u2019esprit de ceux de son compatriote Bo Widerberg (Un flic sur le toit), â partir d\u2019un des romans policiers les plus «dans le vent» â sortir de son pays depuis la série Wallander et la trilogie Millenium : L\u2019hypnotiseur, écrit par un tandem connu sous le nom de plume de Lars Kepler, auteur également du Pacte et d\u2019incurables.Comme dans ces deux autres ouvrages parus chez Actes Sud, l\u2019intrigue policière est pilotée par un détective de la brigade criminelle spéciale, Joona Linna (Tobias Zilliacus), un Finlandais affublé d\u2019un fort accent qui, malheureusement, s\u2019est perdu dans la version française proposée par le distributeur Remstar.Un prof d\u2019éducation physique, sa femme et sa fille ont été assassinés.Le cadet, poignardé, est dans le coma.Afin d\u2019accélérer l\u2019enquête, Linna va convaincre un hypnotiseur surdoué mais interdit de pratique (Michael Persbrandt) de tenter d\u2019obtenir sous hypnose un signalement de l\u2019agresseur.Le témoignage déclenche une série d\u2019incidents qui vont éclabousser l\u2019hypnotiseur et son épouse artiste-peintre (Lena Olin, épouse de Hallstrom â la ville), dont le fils sera kidnappé, avec pour effet de dédoubler l\u2019enquête et de fortifier le mystère.Je ne vous apprendrai rien en disant que ce qui se conçoit dans les pages d\u2019un roman, â force de nuances et d\u2019explications, se transfère difficilement au cinéma, art de l\u2019ellipse et du raccourci.Hallstrom et son scénariste auraient mieux fait de sacrifier des grands pans de l\u2019intrigue et de balayer sous le tapis des motivations des personnages, au nom de la clarté, plutôt que de tout nommer ,sans rien expliquer, par respect pour l\u2019œuvre.A l\u2019inverse, la formule exhaustive choisie aurait été mieux servie par la télévision, dans une formule déclinée en cinq ou six épisodes, donnant le temps au temps, et la raison au geste.Le constat est d\u2019autant plus évident que rien, dans la mise en scène décorative de Hallstrom, ou dans les images gris sale de Mathias Mon-tero montrant Stockholm en hiver (souvent â vol d\u2019oiseau), ne plaide en faveur de la suprématie du grand écran sur le petit.L\u2019hypnotiseur chante par contre les vertus supérieures du roman sur le film, ce qui n\u2019est pas un crime.Mais ce n\u2019était sûrement pas l\u2019objectif visé.Collaborateur Le Devoir SPÉCIAL RELÂCHE À EXC3NTRIS OGGY ET LES CAFARDS TOUS LES JOURS À 13H - SAMEDI ET DIMANCHE 11H ET 13H BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM Rene Malo A PARTIR DE 3 ANS LOULOU ET AUTRE LOUPS SAMED11^\u201c ET 8 MARS ET DIMANCHE 2 ET 9 MARS À 11H15 sÇunesoup\tun nouveau comptoir I\tSOUPESOUPÀEXCENTRIS i\tTOUS LES JOURS! EXC3NTRIS RIMES POUR REVENANTS JEFF BARNABY - 88 MIN.- V.O.ANGLAISE ET MICMAQUE AVEC S.-T.F.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE; OMAR HANYABU-ASSAD GLORIA SEBASTIAN LELIO LA GRANDE BELLEZZA PAOLO SORRENTINO H'»| ACHTUNG FILM! : NE M\u2019OUBLIE PAS (VERGISS MEIN NICHT) DAVID SIEVEKING - JEUDI 6 MARS À19H TRAVELLING PRÉSENTE: GROS COURTS JEUDI 6 MARS À 21H CINÉ-KID: SPÉCIAL RELÂCHE LOULOU ET AUTRES LOUPS SAMED11^\u2019\u2019 ET DIMANCHE 2 MARS À11H15 OGGY ET LES CAFARDS À PARTIR DU 1E« MARS TOUS LES JOURS À13H - SAMEDI ET DIMANCHE À11H ET 13H SPÉCIAL NUIT BLANCHE À18H ARCADE ÉPHÉMÈRE : JEUX VIDÉO À EXCENTRIS CONCOURS DEVENEZ AMBASSADEUR DU 32® FIFA DU 20 AU 30 MARS 2014 Pour participer www.ledevoir.com/concours 5 Dans le cadre du Festival International du Fiinn sur l\u2019Art (FIFA), courez la chance de gagner >>> >\tUne nuit en occupation doubie en suite Toureiie Iconique à i'InterContinentai Montréai >\t2 Passeports Ambassadeurs Accès direct, sans réservation, à toutes les séances publiques.Accès à la Soirée d\u2019ouverture et à la Cérémonie de remise des prix (RSVP requis).Valeur totale de 859$.Date limite > 12 MARS 2014 LE DEVOIR Libre de penser INTERCONTINENTAL.FIFAÜ http://cinemaexcentris.com http://cinemaexcentris.com E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI I 1= ET DIMANCHE 2 MARS 2014 ICIffEMA GUY NADON MARYLIN CASTONGUAY PATRICK HIVON VÉRONIQUE LE ELAGUAIS EN UN FILM DE JEAN-SEBASTIEN LORD /l/lffS ^ Amériqua Imputabilité existentielle L\u2019être humain est à la fois peu de chose et capable de belles et bonnes choses dms Miraculum MIRACULUM Réalisation: Daniel Grou.Scénario: Gabriel Sahourin, D.Grou.Avec Marilyn Castonguay, Xavier Dolan, Robin Aubert, Anne Dorval, Gabriel Sabourin, Julien Poulin, Louise Turcot, Jean-Nicolas Verreault, Gilbert Sicotte.Photo: Claudine Sauvé.Montage: Valérie Héroux.Québec, 2013,113 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Prendre un avion, ou pas.En apparence simple, ce choix révèle des ramifications existentielles insoupçonnées dans Miraculum, le nouveau film de Daniel Grou (plus connu sous le nom de Podz), Tun des cinéastes québécois les plus intéressants du moment.Etrangers à l\u2019insoutenable légèreté de l\u2019être, les personnages qui peuplent son univers reflètent la part sombre de l\u2019humanité à laquelle ils succombent {Les 7 jours du talion, Minuit, le soir), ou à laquelle ils désirent s\u2019arracher {10 1/2, U affaire Dumont), parfois à tâtons {19-2).Miraculum représente pour l\u2019heure la quintessence de cette vision du monde non pas noire, qui cède au nihilisme, mais plutôt soucieuse, car engageant une part d\u2019empathie.C\u2019est donc un regard à la fois exempt de jugement et plein de sollicitude que le cinéaste pose sur son petit théâtre, un assortiment de duos à la dérive.Lui (Robin Aubert), homme d\u2019affaires prospère mais joueur compulsif, se défait et se refait au casino en attendant de prendre l\u2019avion avec sa conjointe.Elle (Anne Dorval), dépressive, essaie en vain de se tenir loin de la bouteille dans leur demeure trop vaste, trop blanche.Lui (Xavier Dolan), électricien témoin de Jéhovah, se meurt d\u2019une leucémie mais refuse la transfusion qui pourrait le sauver.Elle (Ma-rilyne Castonguay), sa fiancée, infirmière dévote, remet en question ses croyances.Lui Qu-lien Poulin), barman au casino, entretient une liaison grisante avec une femme mariée.Elle (Louise Turcot), tiraillée entre le mariage et l\u2019aventure, s\u2019interroge sur la suite.Comme cet exilé de retour au pays (Gabriel Sabourin) et ce frère Qean-Nico-las Verreault) qui lui enjoint de repartir.Dans les ténèbres.Ambitieux, ce récit choral imaginé par l\u2019acteur Gabriel Sabourin n\u2019est pas sans évoquer certaines propositions de Robert Altman, Chassés-croisés en particulier.Un entrelacs de fils narratifs en apparence dispa- rates, puis tissés de plus en plus serré, la trame de Miraculum constitue ainsi un microcosme.La galerie de personnages y prend valeur de genre humain.Clinique, et proche en cela de la manière Michael Haneke, la mise en scène multiplie les travellings avant très lents qui guident subtilement le regard du spectateur, l\u2019invitant à examiner non seulement l\u2019individu, élément central du cadre, mais aussi, et peut-être surtout, son environnement, souvent d\u2019une banalité anxiogène.Certes, la maîtrise technique de Daniel Grou est célébrée, à raison, depuis ses premières réalisations «signées» à la télévision québécoise, qu\u2019il a largement contribué à réinventer.Cela étant, on ne saurait trop insister sur son instinct très sûr avec les comédiens.Dans Miraculum, il tire une interprétation uniformément admirable de sa distribution quatre étoiles.la lumière Tous sont à la croisée des chemins.Tous doivent faire un choix entre l\u2019action et l\u2019inaction, entre la prise en main et la prise en charge \u2014 au propre ou au figuré.Or l\u2019incertitude guette, quoi qu\u2019on fasse.Non, il n\u2019est point de bonheur garanti.Il n\u2019est point de miracle.D\u2019où l\u2019importance de ne pas compter là-dessus, semble souffler l\u2019auteur.C\u2019est en tout cas la conclusion à laquelle arrive l\u2019infirmière témoin de Jéhovah en commettant un acte d\u2019autodétermination qui la voit passer de flamme gracile à phare.Une lumière émouvante émane du regard immense de Marilyn Castonguay, dont le personnage incarne tout le dilemme au cœur de Miraculum.Prendre un avion, ou pas?Partir ou rester?Et si l\u2019important n\u2019était pas tant la décision que l\u2019on prend que sa capacité ultérieure d\u2019assumer celle-ci ?Le scénario a l\u2019intelligence de laisser le spectateur trouver sa propre vérité.Car Miraculum est un film profond, à ne pas confondre, de grâce, avec «lamentard», le néologisme à la mode.Le public québécois, si élusif par les temps qui courent, lui donnera-t-il sa chance?On l\u2019espère.Ardemment.Victor Hugo écrivait: «Ily a deux manières de passionner la foule au théâtre: par le grand et par le vrai.Le grand prend les masses, le vrai saisit l\u2019individu.» Au cinéma, Miraculum conjugue les deux.Le Devoir ü' FILMS SEVILLE La comédienne Marilyn Castonguay dans Miraculum ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le réalisateur Patrick Boivin, les acteurs Martin Dubreuil et Patrice Robitaille, et le scénariste Olivier Roberge De simples soldats ?L\u2019équipe du fdm Bunker raconte une production à l\u2019arraché, mais combien gratifiante FRANÇOIS LEVESQUE Un plateau géologique herbeux à flanc de montagne bordé, d\u2019un côté, d\u2019une forêt et de l\u2019autre, d\u2019un lac.Dans le sol, une trappe ouverte, comme un sas.Sous la terre, un bunker.Vestige de la guerre froide, l\u2019installation vétuste est gardée par deux soldats.Tremblay et Gagnon.Le premier en est à sa neuvième affectation sur place.Le second n\u2019y était encore jamais venu.Partageant avec eux le réduit coulé dans le béton humide : une console sertie d\u2019un gros bouton rouge et de deux serrures.Tremblay et Gagnon ont chacun la responsabilité d\u2019une clé.Campée de nos jours, la prémisse de Bunker est loin d\u2019être tirée par les cheveux.«On a eu Vidée de départ en lisant un article sur un ancien agent du KGB qui donne des conférences un peu partout aux États-Unis afin d\u2019attirer l\u2019attention sur le fait que de tels bunkers existent toujours en Russie et sont gardés par un ou deux soldats qui ont la responsabilité de \u201cpeser sur le piton\u201d si l\u2019alarme est activée»,^ explique le réalisateur Patrick Boivin, auteur des capsules Internet virales Iron Baby et Dragon Baby, qui a mis toute sa débrouillardise et son ingéniosité à contribution avec Bunker, produit au coût total de 365 000$, incluant toute la postproduction effectuée sur son ordinateur personnel.«Wizkid de l\u2019image», comme le désignent ses collaborateurs, il est parvenu à créer une illusion d\u2019unité entre des paysages filmés dans les Lauren-tides, les Cantons-de-l\u2019Est et dans la vallée de la Jacques-Cartier.D\u2019ailleurs, le Québec, ce n\u2019est pas la Russie, non?«Il ne faut pas oublier que le Canada était en possession de l\u2019arme nucléaire jusqu\u2019à ce que Pierre Elliott Trudeau mette fin au programme, rappelle le scénariste Olivier Roberge, qui a travaillé en étroite collaboration avec son comparse.C\u2019est une situation toute simple, mais au potentiel dramatique énorme.Un soldat doit obéir aux ordres, et son ordre dans ce cas-ci est de détruire un pays en appuyant sur un bouton.C\u2019est une responsabilité très lourde pour un être humain.» Trop lourde ?Deux simples soldats Martin Dubreuil {Les 7 jours du talion) interprète Tremblay, un bon vivant qui a d\u2019ores et déjà décidé que cette affectation est absurde et qu\u2019il s\u2019agit de vacances plus qu\u2019autre chose, aussi chasse-t-il et pêche-t-il dans le vaste territoire alentour.Inévitablement, la réalité le rattrapera.«Patrick et Olivier ont tout de suite établi qu\u2019ils voulaient que Patrice et moi collaborions avec eux.Pour ma part, le rôle de Tremblay a évolué; Patrick et Olivier revenaient chaque jour avec des ajustements en fonction de ma manière de jouer la veille.C\u2019était ça qu\u2019ils voulaient; c\u2019était stimulant.» Ce que confirme Patrice Robitaille {Les beaux malaises), alias Gagnon le taciturne.«Patrick et Olivier ont fait montre d\u2019une grande souplesse.Toute la production était comme ça.C\u2019est l\u2019avantage de tourner avec très peu de moyens: tout le monde y met du sien, s\u2019investit», note-t-il avant d\u2019ajouter qu\u2019il a trouvé l\u2019expérience passionnante, notamment grâce à son partenaire.«Martin et moi abordons le jeu différemment, mais on arrive au même résultat.On est tous les deux dans quelque chose de très naturel.» L\u2019alarme se déclenchera-t-elle?Le cas échéant, les deux hommes se résoudront-ils à « peser sur le piton » ?Bunker prend l\u2019affiche le 7 mars.Le Devoir De neiges et de brumes C\u2019est Steve Asselin, à qui l\u2019on doit la superbe direction photo des films Mémoires affectives et À l\u2019origine d\u2019un cri, qui signe celle de Bunker, dont la première partie se déroule en automne et la seconde, en hiver.Coïncidence, il s\u2019agit de ses deux saisons favorites.«Au Québec, on tourne beaucoup l\u2019été, mais comme le soleil est très haut, ça donne une lumière dure, qui écrase.L\u2019automne, le soleil est plus bas et produit une lumière plus flatteuse pour les acteurs, mais aussi plus riche sur le plan des couleurs.Ceci dit, c\u2019est l\u2019hiver que je préfère.Les conditions de tournage sont plus difficiles, mais l\u2019atmosphère est tellement particulière.» Et Steve Asselin de faire l\u2019éloge des neiges et des brumes glacées, envoûtements qui produisent leur effet sur les protagonistes (et le spectateur) chaque fois qu\u2019ils s\u2019aventurent hors du bunker.PHOTO PREDRO RUIZ LE DEVOIR D Lire aussi > Whodunnit à bord, la critique de Non-Stop par Martin Bilodeau, ledevoir.com/culture/cinema WStHOM DO F\u201d AU 9 MARS 2014 PENDANT LA SENAINE DE RELÂCHE APRES LA TRILOGIE MILLENIUM, U NOUVELLE SENSATION DU POLAR SCANDINAVE L\u2019HYPNOTISEUR UN FILM DE LASSE HALLSTRÔM NOMMÉ DEUX FOIS AUX OSCARS\" ?ELLE ?L'EXPRESS ?MAD MOVIES ?LE PARISIEN ?STUDIO CINE LIVE ?D'APRES LE BEST-SELLER « L'HYPNOTISEUR » DE LARS KEPLER ÉDITIONS ACTES SUD CRemsCon PRESENTEMENT AU CINEMA Q ^ riuiS RemstarFilms PRESENTATEUR OFFICIEL En Desjardins Coopérer pour créer l'avenir LOOKS HOHIKGNE HA HAMAH EST EH AMËKiQOE CONSULTEZ NOTRE PROGRAMMATION EN COLLABORATION AVEC\tET ACHETEZ VOS BILLETS EN LIGNE SUR ^\tirinf.nrEM.eoM "]
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