Le devoir, 8 février 2014, Cahier H
[" MAROC UN PAYS À DÉCOUVRIR CAHIER THEMATIQUE H > LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 EEVRIER 2014 i i 1 M A'.0 I M : ( I : ) , TOURISME MAROC Des liens se tissent entre le Québec et un pays du Maghreb Le pays est là sur cette partie nord, à l\u2019ouest de ce vaste continent qu\u2019est l\u2019Afrique.Du regard, l\u2019Europe se laisse entrevoir, quand, à des milliers de brasses, sans entraves, l\u2019Amérique peut être rejointe.Nous sommes au Maghreb, dans un royaume, celui du Maroc, pays où se côtoient au quotidien deux grandes cultures, la juive et la musulmane, et où l\u2019Occident depuis toujours affiche sa présence.Et, en ces après-jours d\u2019un Printemps arabe, le pays de Mohammed VI s\u2019ouvre.Et invite le Québec à s\u2019y inscrire.NORMAND THERIAULT Le Maroc est une société extraordinairement riche en tout, en contradictions, en personnages et en histoire.On n\u2019a qu\u2019à sortir dans la rue et il y a de quoi écrire un roman.Avec ça, les romanciers sont servis.» Et il le fut, celui qui parle, car Ta-har Ben Jelloun est l\u2019auteur d\u2019une cinquantaine de titres, dont la renommée qu\u2019il en a tirée explique qu\u2019il est devenu un auteur-phare pour toute la francophonie : l\u2019Université de Montréal ne l\u2019a-t-elle pas ainsi honoré d\u2019un doctorat honoris causa en 2008 ?Et de son pays natal, il se félicite de le voir se transformer en une démocratie exemplaire, une démocratie dont un politologue aussi éclairé qu\u2019est l\u2019Américain Simon Serfaty rappelle le caractère unique en paysage arabe, car elle est née A\u2019«un processus qui n\u2019est pas simplement le résultat d\u2019une saison, comme ce l\u2019est ailleurs au Proche-Orient, mais qui s\u2019étend dans le temps.Car c\u2019est une évolution qui remonte à de nombreuses années.Nous avons là un exemple de ce qui peut se faire de façon continue, dans la durée et dans une direction qui est tout à fait compatible avec les préférences américaines, européennes et occidentales.» «Le modèle de coexistence judéo-arabe bâti par le Maroc est une source d\u2019espoir pour tous les juifs et les musulmans épris de paix» Découvertes Et ce Maroc, lentement, les Québécois le découvrent, eux et elles qui y vont d\u2019abord pour les plages, mais aussi pour ces joyaux que sont ces villes inscrites au patrimoine mondial de l\u2019Unesco, reconnaissance reçue par Eès, Marrakech, Rabat et Meknès.Qu\u2019on ajoute à cela quelques déserts et autres grands espaces ouverts et on comprendra que ce pays est une terre de tourisme.Mais on nous dit qu\u2019elle est plus, beaucoup plus, que cela.Et celle qui est à la tête de l\u2019ambassade marocaine à Ottawa de rappeler que le Canada poursuit depuis 2009 un processus de discussions en vue de conclure un accord de libre-échange, le premier que le Canada signerait avec un pays africain, car, si la démocratie est là-bas un maître mot du discours politique, là aussi l\u2019économie s\u2019affiche, vu que, nous informe Nouzha Chekrouni, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salahed-dine Mezouar, «a tendance à privilégier la relation économique, ce qui se traduira probablement par des actions».Un Québec intéressé Et cette relation, le Québec la souhaite.«Le Maroc fait bien entendu partie des marchés très attrayants à développer pour le Québec, informe Jean-Erançois Lisée, ministre des Relations internationales, de la Erancophonie et du Commerce extérieur du Québec.En plus d\u2019avoir en commun l\u2019usage du français, ce qui constitue un atout d\u2019importance pour nos entreprises, le Maroc occupe une position géographique stratégique qui en fait une porte d\u2019entrée privilégiée pour l\u2019Europe, l\u2019Afrique et le Moyen-Orient.» Et les statistiques déposées en font preuve : 147 entreprises québécoises y exportent déjà, la valeur des biens est en hausse et, surtout, le fleuron québécois de l\u2019aéronautique vient d\u2019y ouvrir une usine dans le Midparc de Casablanca, les avantages fiscaux et douaniers justifiant en grande partie l\u2019investissement de plus d\u2019une centaine de millions de dollars.Des Marocains présents Et là ne s\u2019interrompt pas le lien tissé entre le Québec et ce pays du Maghreb.Car, depuis plus d\u2019un demi-siècle, la communauté sépharade, à Montréal d\u2019abord, grandit, et plus d\u2019un Marocain, souvent formé dans l\u2019une ou l\u2019autre des grandes universités françaises, a débarqué en Amérique francophone.Ce qui explique que plus d\u2019une de nos universités et plus d\u2019un de nos centres de recherche comptent dans leur personnel des spécialistes venus de ce pays du soleil./\u2022\u2022ïf fî.v: ff La mosquée Koutoubia à Marrakech au Maroc Qu\u2019ils soient juifs ou musulmans d\u2019origine, on comprendra que l\u2019actuel débat sur la «Charte» ne les laisse point indifférents! Comme le dit le professeur Jamal Chaouki, lui qui s\u2019affiche musulman, «avec cette Charte, on va nous pousser à faire un choix douloureux qui ne sera plus aussi modéré qu\u2019on le souhaiterait.Ça m\u2019apparaît très grave ! Et il me semble qu\u2019il y a tant d\u2019autres options.» Et de donner le pays dont ils et elles sont originaires comme un modèle à imiter, le comédien Cad Elmaleh y allant même d\u2019une formule qui, venue d\u2019Afrique du Nord, peut étonner: «Le modèle de coexistence judéo-arabe bâti par le Maroc demeure une précieuse source de référence et d\u2019espoir pour tous les juifs et les musul- TOURISME MAROC ma^ns épris de paix.» A fréquenter Tailleurs, qu\u2019on soit d\u2019origine québécoise ou marocaine, on découvrirait que la mixité n\u2019est pas nécessairement signe de désordre, mais surtout source d\u2019enrichissement.Le Québec et le Maroc se veulent d\u2019ailleurs des partenaires d\u2019une francophonie active, ouverte.Et, à entendre les diverses parties qui œuvrent à une telle réalisation, on pourrait croire revivre une phrase entendue en conclusion d\u2019un film qui a marqué l\u2019histoire du cinéma: une sorte de « C\u2019est le début d\u2019une belle amitié », dirons-nous ici, pour paraphraser THumphrey Bogart de Casablanca.Le Devoir H 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 EEVRIER 2014 MAROC « Le Maroc fait partie des marchés très attrayants à développer pour le Québec » L\u2019éducation, la santé, la culture et les technologies sont autant de secteurs visés La présence de la communauté marocaine au Québec, les traits dominants sur le plan historique dans les relations, les champs d\u2019intérêt mutuel et le royaume du Maroc à titre de porte d\u2019entrée du continent africain.Autant de sujets qu\u2019aborde pour Le Devoir Jean-François Lisée, ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur du Québec.RÉGINALD HARVEY Le ministre pose d\u2019abord son regard sur la communauté marocaine d\u2019ici, dont il dresse un portrait statistique à partir duquel il dégage ce point de vue : «La communauté marocaine au Québec est vibrante: jeune, scolarisée, francophone, francophile et urbaine, montréalaise même, elle forme une part de plus en plus importante de la population du Québec.Ce sont des gens engagés dans leur communauté, soucieux d\u2019y contribuer.Ses membres reflètent un large éventail de profils socioéconomiques, tels des chefs d\u2019entreprise, des chercheurs, des scientifiques, de jeunes cadres, des artistes, des étudiants et des représentants du monde associatif et des médias.» Il n\u2019en déplore pas moins en bout de ligne cette situation sur le marché du travail: «Nous devons continuer de travailler à assurer leur pleine participation à la société québécoise.La difficulté pour les ressortissants marocains de trouver un emploi à la hauteur de leur qualification, qui se traduit par un taux de chômage presque trois fois plus élevé que chez la population québécoise (16,5% contre 7,2%), est une préoccupation pour notre gouvernement.» Il fournit des pistes de solution: «Le premier volet d\u2019une réponse à cet enjeu est de faire en sorte que les futurs citoyens québécois aient la vision la plus précise possible de ce qui les attend, en matière d\u2019équivalence des diplômes, des besoins de main-d\u2019œuvre et des étapes à franchir pour exercer différentes professions au Québec.Ma collègue Diane de Courcy, ministre de l\u2019Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, et son ministère ont mobilisé des ressources pour élargir à l\u2019ensemble des candidats à l\u2019immigration l\u2019accès au Service d\u2019intégration en ligne (SIED.Le SIEL fournit notamment de l\u2019information sur les professions et les métiers réglementés et incite les candidats à l\u2019immigration à entreprendre des démarches auprès des ordres avant même leur arrivée au Québec.» D\u2019autres mesures seront prises par la ministre pour accélérer l\u2019intégration en emploi ou l\u2019accès à une formation d\u2019appoint.M\u201d® de Courcy dirigera prochainement dans ce sens la première rencontre d\u2019une nouvelle Tahle Maghreb portant sur les principaux enjeux dans le monde du travail.Résumons les propos du ministre sur les traits marquants de l\u2019histoire des relations Qué-hec-Maroc : l\u2019immigration marocaine a commencé ici avec l\u2019étahlissement à Montréal de la FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Jean-François Lisée, ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur du Québec communauté sépharade dans les années 1950-1960 et, aujourd\u2019hui, environ 80% des Marocains résidant au Canada se sont installés au Québec, qui a rapidement occupé une place privilégiée dans les relations entre le Maroc et le Canada.Les relations bilatérales Québec-Maroc se sont développées davantage à partir de 1981, date de l\u2019ouverture du consulat général du Maroc à Montréal.A partir de ce moment, plusieurs ententes bilatérales ont été signées : on en compte au-jourd\u2019hui 14, dans des secteurs aussi variés que la culture, l\u2019éducation, l\u2019environnement, la formation professionnelle, les mines, l\u2019administration publique et la sécurité sociale.Sur le plan politique, une longue tradition de visites mutuelles se poursuit aujourd\u2019hui, avec le séjour récent au Québec, en avril dernier, du ministre de l\u2019Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, M.Abdekader Amara, et, bien entendu, celui En tant que maire de Montréal, je suis ravi de m'associer à cette initiative de faire valoir l'importance et les apports de la communauté marocaine non seulement à la métropole mais aussi à l'ensemble du Québec.Qu'il s'agisse d'entrepreneurs, de professionnels ou d'étudiants, cette communauté, de par son dynamisme et ses engagements, enrichit notre société et contribue à son rayonnement au-delà de nos frontières.Nos liens avec le Maroc ont toujours été bénéfiques pour nos sociétés respectives et ils le seront davantage dans l'avenir.Ces liens se traduiront par un accroissement des partenariats d'affaires, du tourisme et de la solidarité institutionnelle.Je saisis cette occasion pour témoigner mon appréciation à l'égard de cette communauté et formule le vœu de succès à tous ses membres.Denis Coderre Maire de Montréal Montréal du ministre du Tourisme du royaume du Maroc, M.Lah-cen Hadda, dans le cadre du Forum économique.A la suite de quoi le ministre Lisée adopte cette position: «Nous comptons dès que possible renouer avec la tradition des missions économiques menées sous les gouvernements de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, délaissée sous le gouvernement Charest.Enfin, l\u2019Assemblée nationale du Québec et la Chambre des représentants du royaume du Maroc ont signé une entente créant la Commission permanente interparlementaire Maroc-Québec, qui s\u2019est réunie pour la première fois à Rabat, en juin 2013.» Cet accord s\u2019est déjà soldé par des résultats positifs sur plusieurs plans à la fois.Coopération Il existe des pôles d\u2019attraction ou des centres d\u2019intérêt autour desquels sont présentement tissées les relations Québec-Maroc.Jean-François Li- sée se montre exhaustif à ce sujet et en dresse la liste détaillée dans les domaines de l\u2019éducation, de la santé, de la culture et des technologies.En matière de commerce figure ce bilan: «Les exportations du Québec à destination du Maroc sont en croissance depuis 2008.En 2012, leur valeur s\u2019est établie à 71,3 millions de dollars et a représenté une hausse de 38,9% par rapport à 2011 (43,6 millions).Les principaux produits exportés (données de 2012) sont les produits du pétrole, le papier journal, les véhicules de lutte contre les incendies, les simulateurs de vol, les véhicules et les outils de forage.Toutefois, ces données ne tiennent pas compte des entreprises de services, alors qu\u2019elles sont majoritaires parmi les 147 entreprises québécoises qui exportent activement vers le Maroc.» Il existe un créneau particulièrement cher au ministre : «Nous sommes très positifs quant au développement de la coopération dans le domaine de l\u2019aéronautique.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019un des thèmes du Eorum économique tenu à Montréal le 3 février, qui a porté sur le potentiel de coopération en tourisme, en transport aérien et en aviation civile.Bombardier Aéronautique s\u2019est engagé dans une relation à long terme avec le gouvernement marocain afin de développer une industrie aéronautique de calibre mondial dans le pays.» Une porte d\u2019entrée du continent africain.Le Maroc occupe une position géographique avantageuse dont le Québec pourrait profiter pour consolider ses positions dans cette région du monde.Jean-François Lisée en est bien conscient: «Outre le contexte des aspects économiques, nos relations avec le royaume du Maroc sont importantes et nous souhaitons les approfondir dans les années à venir.» Il élabore sur cette question: «Sur le plan économique, lorsque nous avons lancé, en octobre dernier, notre Plan de développement du commerce extérieur, nous y avons notamment indiqué une cible d\u2019augmentation de 15% de nos exportations vers l\u2019Afrique et le Moyen-Orient.Le Maroc fait bien entendu partie des marchés très attrayants à développer pour le Québec.En plus d\u2019avoir en commun l\u2019usage du français, ce qui constitue un atout d\u2019importance pour nos entreprises, le Maroc occupe une position géographique stratégique qui en fait une porte d\u2019entrée privilégiée pour l\u2019Europe, l\u2019Afrique et le Moyen-Orient.» Il dresse un bilan des missions commerciales qui ont déjà eu cours et annonce ses couleurs pour l\u2019avenir: «La prochaine mission d\u2019Export Québec au Maroc pourrait se dérouler dans le cadre du Marrakech Air Show, le plus important rendez-vous du secteur de l\u2019aéronautique destiné au marché africain, qui se déroulera du 23 au 26 avril prochain.Par cette mission.Export Québec visera à positionner les entreprises québécoises du secteur dans le marché africain de l\u2019aéronautique.» Collaborateur Le Devoir ê BOMBARDIER Les installations transitoires de Bombardier au Maroc Opération de séduction Tout pour attirer les investissements étrangers Bombardier inscrit une usine dans le Midparc Le Maroc souhaite attirer des entreprises étrangères et multiplie les efforts pour offrir des infrastructures séduisantes.Bombardier a accepté l\u2019invitation.MARTINE LETARTE > automne dernier, le Maroc a inauguré la plateforme in-ustrielle intégrée des métiers e l\u2019aéronautique, dénommée Midparc, un investissement de 887,6 millions de dirhams, soit près de 120 millions de dollars canadiens.Dans cette zone franche, on souhaite attirer plusieurs entreprises de l\u2019industrie aéronautique et de secteurs connexes.En novembre 2011, Bombardier Aéronautique a pris la décision d\u2019y installer une usine, dans le cadre d\u2019un projet de 200 millions, où on prévoit faire travailler 850 employés d\u2019ici à 2020.«Nous venons de célébrer le premier anniversaire du début de nos activités dans nos installations temporaires», indique Souad Elmallem, représentante en chef, stratégie et développement des affaires internationales, Afrique, Bombardier Aéronautique.L\u2019entreprise québécoise a atteint la centaine d\u2019employés marocains à la fin de l\u2019année dernière.«Ils produisent des surfaces de contrôle pour nos avions de la famille des CRJ (Canadair Regional Jet) », précise M™ Elmallem.L\u2019usine permanente sort de terre actuellement et l\u2019objectif est qu\u2019elle soit fonctionnelle au troisième trimestre de 2014.«Malgré la crise qui affecte les économies du monde et particulièrement les pays arabes, l\u2019exception marocaine a pu s\u2019imposer en tant que modèle en matière d\u2019attractivité des investissements directs étrangers», a affirmé dans un courriel Ha- mid Ben Elfadil, directeur du Centre régional d\u2019investissement du Grand Casablanca.«Le Maroc s\u2019est classé premier en Afrique du Nord pour ses investissements directs étrangers en 2013, avec une croissance solide de 24 %, d\u2019après la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) », a-t-il ajouté.En plus de miser sur l\u2019aéronautique, le Maroc a développé des stratégies sectorielles, notamment dans les technologies de l\u2019information et des communications, l\u2019agroalimentaire et les sources d\u2019énergie renouvelables.Plusieurs éléments attractifs Avant de décider de s\u2019installer au royaume du roi Mohammed VI, Bombardier Aéronautique a évalué différents scénarios à VOIR PAGE H 7 : BOMBARDIER LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 EEVRIER 2014 H 3 M A R 0 C Le Maroc et le Canada « Vous êtes notre voisin de palier » Les deux pays négocient un accord de libre-échange L\u2019ambassadrice du royaume du Maroc au Canada, Nouzha Chekrouni, rappelle que son pays est le premier du continent africain avec lequel le gouvernement canadien a entamé des négociations pour conclure un accord de libre-échange.MARIE LAMBERT-CHAN En novembre dernier, le roi du Maroc, Mohammed VI, s\u2019est rendu à Washington à l\u2019invitation du président Barack Obama.Cette rencontre «révèle toute l\u2019importance de l\u2019axe Rabat-Amérique du Nord, estime Nouzha Chekrouni, ambassadrice du royaume du Maroc au Canada.Votre pays fait partie de cette vision, puisque vous êtes notre voisin de palier de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique.Nous souhaitons en faire une zone de prospérité.» Libre-échange : négociations La diplomate rappelle que le Maroc et le Canada sont toujours en négociations en vue de conclure un accord de libre-échange.Lancé en 2009, ce processus a connu trois cycles de discussions, dont le dernier s\u2019est achevé en 2012.Cet accord de libre-échange, s\u2019il voit le jour, serait le premier du genre à être signé par le Canada et un pays d\u2019Afrique.En 2012, les échanges bilatéraux de marchandises entre les deux contrées ont totalisé 522,6 millions de dollars.«C\u2019est vrai que ces négociations prennent du temps, reconnaît M\u201c® Chekrouni.Mais n\u2019oublions pas que le Maroc a été aux prises avec des changements importants à la suite des événements du Printemps arabe qui ont secoué la région.» Contrairement à ses voisins tunisien, égyptien et libyen, le Maroc s\u2019en est plutôt bien tiré, en proposant rapidement à son peuple une nouvelle Constitution, qui a été adoptée par référendum.Bien que le royaume du Maroc accorde toujours la priorité au renforcement de sa démocratie, il n\u2019est pas exclu qu\u2019il soit prêt pour un autre cycle de négociations.«Nous sommes au stade de la réflexion», affirme l\u2019ambassadrice.Les astres pourraient s\u2019aligner de part et d\u2019autre.Nommé en octobre dernier, le ministre AMBASSADE DU MAROC A OTTAWA L\u2019ambassadrice du royaume du Maroc au Canada, Nouzha Chekrouni des Affaires étrangères et de la coopération, Salaheddine Mezouar, «a tendance à privilégier la relation économique, ce qui se traduira probablement par des actions», indique Nouzha Chekrouni.Du côté canadien, après avoir annoncé la signature de l\u2019entente de principe de l\u2019Accord économique et commercial global avec l\u2019Union européenne, le gouvernement Harper a affirmé par voie de communiqué qu\u2019«î7 demeure engagé à explorer l\u2019accès à de nouveaux marchés» et qu\u2019«î7 est déterminé à renforcer ses relations commerciales avec le Ma- roc, avec lequel il négocie actuellement un accord de libre-échange ».Un travail de longue haleine A l\u2019heure actuelle, le Maroc s\u2019est fixé de nombreuses priorités : développer son capital humain, consolider sa démocratie \u2014 notamment par l\u2019entremise d\u2019un projet de régionalisation pour djmamiser la démocratie locale \u2014 moderniser son secteur agricole et soutenir les industries du tourisme, de l\u2019énergie et de l\u2019aéronautique, entre autres.«Nous aspirons à créer des grappes industrielles autour de la compagnie Bombardier Aéronautique et à attirer davantage d\u2019investisseurs dans ce secteur», avance Nouzha Chekrouni à propos du fabricant canadien qui a amorcé la construction d\u2019une usine dans la région métropo-htaine de Casablanca à l\u2019automne 2013.Mais un défi majeur et particulièrement important aux yeux de l\u2019ambassadrice demeure celui de l\u2019égahté hommes-femmes.«La démocratie est un tout indivisible.On ne peut en exclure la moitié de la société.La société adhère certes à ces changements, mais c\u2019est un travail de longue haleine qui exige un dialogue ouvert et franc», observe la militante féministe de longue date, qui a déjà été ministre chargée de la condition féminine au tournant des années 2000.Elle se réjouit toutefois que la nouvelle Constitution marocaine stipule clairement la parité entre les hommes et les femmes sur tous les plans, y compris juridique, et contienne des mécanismes pour sa mise en œuvre.«Ce sont là les vraies bases d\u2019une société qui a pris l\u2019autoroute pour le renforcement de sa démocratie», déclare-t-elle.Un pont humain Selon les données de l\u2019ambassade, environ 120000 Marocains ont décidé de s\u2019installer au Canada.Quelque 80% d\u2019entre eux ont choisi le Québec et, parmi ces derniers, 80% résident à Montréal.Ces expatriés sont de confession musulmane ou juive.Interrogée sur le débat entourant la Charte des valeurs, l\u2019ambassadrice répond qu\u2019elle suit ces discussions avec beaucoup d\u2019intérêt.Sans prendre parti, elle est persuadée que la société québécoise «continuera à préserver son identité plurielle et saura l\u2019adapter en demeurant à l\u2019écoute des uns et des autres».En attendant, elle se dit heureuse de voir que les Marocains expatriés \u2014 ces Marocains du monde, comme elle préfère les appeler \u2014 forment un pont humain entre leur pays d\u2019origine et leur pays d\u2019adoption.«En transférant leur expertise, en demeurant fiers de leurs origines, ces Marocains contribuent à l\u2019enrichissement des relations entre le Maroc et le Canada et ouvrent la voie à un partenariat qui soit véritablement gagnant-gagnant.» Collaboratrice Le Devoir BANQUE POPULAIRE FAITE POUR VOUS NADIA LAMRABET BOSTON - USA VIENT D'OUVRIR.EN LIGNE.UN COMPTE BANCAIRE DEPUIS BOSTON.A L'AGENCE BAB DOUKKALA-MARRAKECH.Pour plus d normations sur e-bl@di hissab, RDVsur mnn/.bladihissab-com AU SERVICE MAROCAIN DU MONDE H 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 EEVRIER 2014 MAROC Politique et économie La diplomatie marocaine ose une initiative trieontinentale « Le Maroc a des liens relativement amicaux tant avec l\u2019État d\u2019Israël qu\u2019avec les principaux États arabes » Les États-Unis auraient, dans le Maroc, un partenaire et un allié importants qu\u2019ils négligeraient un peu.C\u2019est du moins ce que pense Simon Serfaty, titulaire de la Chaire Zbigniew-Brzezinski en géopolitique au Center for Strategie & International Studies (CSIS), à Washington.Le Devoir s\u2019est entretenu avec lui.ÉTIENNE PLAMONDON ÉMOND Le Maroc, une des pièces maîtresses sur l\u2019échiquier des relations internationales?Oui, à en croire les propos de ^imon Serfaty, comme on le voit depuis les États-Unis.«Je crois que le Maroc a un rôle important à jouer, lance-t-il d\u2019emblée, lors d\u2019une entrevue téléphonique accordée au Devoir depuis son bureau de Washington (D.C.).Dans une certaine mesure, c\u2019est un rôle de pivot, parce que c\u2019est un rôle qui véritablement peut s\u2019exprimer dans un certain nombre de directions à la fois.» Or il concède que Washington néglige quelque peu le royaume chérifien.Il en prend pour preuve le fait que Barack Obama, le président des ptats-Unis, a reçu pour la première fois aux États-Unis Mohammed VI, roi du Maroc, en novembre dernier, soit environ cjnq ans après être entré à la Maison-Blanche.A l\u2019inverse, le 23® souverain de la ,dynastie alapuite avait été le premier chef d\u2019État reçu à l\u2019Élysée après l\u2019élection de François Hollande.M.Serfaty, qui agit également en tant qu\u2019ex-pert-conseil auprès du Congrès américain pour les questions de sécurité et de géostratégie, insiste sur le contexte actuel.«Au XX!\" siècle, même une puissance hors pair ne peut pas rester sans alliés.[.]// nous faut des appuis, des Etats qui partagent nos convictions, nos valeurs, qui sont donc compatibles, mais qui sont en même temps pertinentes, c\u2019est-à-dire qu\u2019elles ont un lien quelconque avec les régions où nous nous adressons.» Or le Maroc lui apparaît comme un précieux allié.Entre autres, sa situation géographique le situe dans un carrefour.Collé à l\u2019Europe, ce pays constitue d\u2019abord une figure de proue et une porte d\u2019entrée de l\u2019Afrique, «un continent qui, dans les décennies à venir, pourrait jouer un rôle important, parce que c\u2019est une population immense, avec des besoins infinis et une croissance économique qui brusquement comptera», prévoit-il.Mais, surtout, le Maroc peut depuis toujours s,ervir d\u2019intermédiaire pour les relations des États-Unis avec le Proche-Orient.«Il s\u2019agit d\u2019une région-clé.Les années 2010 vont se définir au Proche-Orient.Pourquoi?Parce que le Proche-Orient est au XXP siècle ce que les Balkans ont été au XX\u201dsiècle: un endroit où toutes les grandes puissances se rencontrent pour le meilleur et pour le pire.» Or Simon Serfaty met en exergue que «le Maroc a des liens relativement amicaux tant avec l\u2019Etat d\u2019Israël qu\u2019avec les principaux Etats arabes», tout en possédant une bonne connaissance de ces pays.Forte société civile Le Maroc, à son avis, constitue un «exemple» en ce qui concerne le type de société démocratique et civile que les États-Unis cherchent à promouvoir à travers le monde.En 2011, sous la pression du Printemps arabe bouillonnant dans les pays voisins et d\u2019une contestation menée au Maroc sous la bannière du Mouvement du 20 février, le roi Mohammed VI a lancé une réforme constitutionnelle.Adoptée le U® juillet 2011 par référendum, la nouvelle Constitution a entre autres officiellement renforcé le statut du premier ministre, accordé une plus grande responsabilité à la Chambre des représentants et posé les bases d\u2019un système de justice plus indépendant.En revanche, il est à noter que Human Rights Watch, dans son rapport mondial de 2013, a indiqué que «la situation des droits humains au Maroc présente un bilan décidément mitigé, puisque l\u2019adoption d\u2019une nouvelle Constitution comprenant des dispositions très favorables aux droits humains ne s\u2019est pas traduite par une amélioration des pratiques».Ce rapport dénonce entre autres des répressions policières violentes lors de certaines manifestations.Toutefois, M.Serfaty décèle, dans les récentes réformes démocratiques marocaines, une tendance de fond, entre autres grâce à la présence d\u2019une société civile forte, contrairement à ce qui prévaut en Égypte.«C\u2019est un processus qui n\u2019est pas simplement le résultat d\u2019une saison, comme ce l\u2019est ailleurs au Proche-Orient, mais qui s\u2019étend dans le temps.Car c\u2019est une évolution qui remonte AGENCE ERANCE-PRESSE Simon Serfaty, titulaire de la Chaire Zbigniew-Brzezinski en géopolitique au Center for Strategie & International Studies (CSIS), à Washington à de nombreuses années.Nous avons là un exemple de ce qui peut se faire de façon continue, dans la durée et dans une direction qui est tout à fait compatible avec les préférences américaines, européennes et occidentales.» Il ajoute que «c\u2019est d\u2019autant plus important en 2014, alors que l\u2019exemple turc passe moins bien avec les désarrois des derniers mois et que les lendemains du Printemps arabe ont été très nuageux».Atlantique tricontinental Mais, au-delà de la géopolitique outre-Atlan-tique, le Maroc joue aussi un rôle de premier plan dans les relations internationales au sein du bassin atlantique, juge M.Serfaty.«La diplomatie marocaine a fait preuve de beaucoup d\u2019imagination et d\u2019audace, ces dernières années, dans le lancement d\u2019une initiative tricontinen-tale, qui cherche à ajouter aux axes Nord-Nord et Nord-Sud un axe Sud-Sud qui compléterait le baspin atlantique», dit-il.A son avis, il s\u2019agit d\u2019une idée forte et originale.«Nous entrons véritablement dans un monde plutôt désoccidentalisé.Les pays membres de l\u2019Union européenne et de l\u2019OTAN forment encore ensemble un pôle d\u2019attraction et une puissance économique et militaire qui surpasse celles qui se retrouvent dans le reste du monde.Mais ça ne suffit plus.Il faut donc élargir cette aire de l\u2019Atlantique Nord en se déplaçant vers le Sud.» Une fois de plus, le Maroc y aurait un rôle de premier plan, compte tenu de sa situation géographique et de ses échanges avec les différents pays du bassin.Cette aire d\u2019échanges et de partenariats tri-continentaux, «dans la mesure où elle se forme dans les années à venir, est très facilement compétitive avec un bassin du Pacifique, croit M.Serfaty.Si vous me demandiez de parier mon avenir sur l\u2019Atlantique ou le Pacifique, je vous dis sans hésitation que je reste sur l\u2019Atlantique.C\u2019est un investissement qui a été fait dans les années 1950 et nous en tirons toujours les bénéfices.Et ça ne va pas disparaître.Tandis que l\u2019Asie, pour les Etats-Unis et le Canada, c\u2019est une supposition.On suppose que ça va continuer de marcher et qu\u2019au fond, dans l\u2019avenir, nous serons en Asie aussi bien que nous le sommes de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique.» Sahara occidental L\u2019instabilité au Sahara occidental, qui traîne, s\u2019embourbe et ressurgit épisodiquement depuis l\u2019annexion contestée au Maroc en 1975, mériterait aussi d\u2019être sous les projecteurs, admet M.Serfaty.«Le Proche-Orient a tellement de priorités ces temps-ci qu\u2019il est difficile de pouvoir choisir, mais faurais,aimé davantage d\u2019attention accordée» par les États-Unis, l\u2019Europe et le Brésil pour trouver une solution, exprime M.Serfaty.En avril dernier, les États-Unis ont fait volte-face après avoir appuyé l\u2019idée que le mandat de la Minurso, la force de maintien de la paix des Nations unies au Sahara occidental, soit élargi aux droits de la personne, une proposition qu\u2019avait contestée le Marop.Lors de la rencontre entre le président des États-Unis et le roi du Maroc, en novembre dernier, Washington a réaffirmé son soutien au Plan d\u2019autonomie du Sahara occidental mis de l\u2019avant par Rabat.Collaborateur Le Devoir a « GRAND TOUR DU MAROC CASABLANCA \u2022 FÈS \u2022 BENI MELLAL \u2022 MARRAKECH «ZAGORA \u2022 MERZOUGA \u2022 TINGHIR*OUARZAZATE ^16 JOURS/28 REPAS ^ HOTELS 4^ ^DÉPARTS MAI 2014 ^>>R0YAL AIR MAROC OFFERT Excursion à Essaouira' 2799$ par pers / taxes de 425 $ incluses* VILLES IMPÉRIALES DU MAROC CASABLANCA«FÈS* BENI MELLAL* MARRAKECH* ^9 JOURS/14 REPAS ^ HOTELS 4^ ^DÉPART 3 MAI 2014 ^>>R0YAL AIR MAROC 2069 $ par pers/taxes de 425 $ incluses \u2022 club^voyages Marinair 265 BLVD CURE-LABELLE STE\"THÉRÈSE 450-437-2324 ou 1-877-666-5556 marinair.clubvoyages.comJ^ VOYAGES EXODUS VOYAGES 5, RUE DE BELGRADE EST LAVAL 450-629-8055 ou 1-800-815-8055 exodusvoyages.com^ÿ VOYAGES y 2877 CHEMIN CHAMBLY LONGUEUIL 450-646-5414 ou 1-877-646-5414 voyagesailesdor.com^^ 254 BOULEVARD TASCHEREAU LA PRAIRIE 450-444-3100 ou I 066-644-3100 www.voyageoceane.coi \"t?\u2019\"Départ de Montréal.Prix par personne en occupation double, base(s) sur la meilleure classe de service de vols disponible au moment de la reservation et sous reserve de disponibilité de la portion terrestre pour le/les depart(s) suivant(s) Grand Tour du Maroc - 3 mai 2014 / Villes impériales au Maroc - 3 mai Prix incluant les vols, les transferts, le circuit et ses composants, les taxes et frais aeroportuaires toutes promotions calculées et le rabais de 120$ (promotion Paiement comptant 60$, et promotion Ciientfidèie 60$) (1) Excursion a Essaouira offerte au jour 9 (sans repas) Prix en vigueur au moment de l\u2019impression et sujet(s) a changement en tout temps sans préavis Applicable(s) a toute nouvelle reservation individuelle effectuée entre le 8 et 15 février 2014 Renseignements sur nos services et inclusions en pages 4 et 5 de la brochure Transat Decouvertes 2013-2014 Transat Decouvertes est une division de Transat Tours Canada inc et est titulaire d\u2019un permis du Quebec (n® 825121) Prix excluant le 2,00$/1000$ de services touristiques achetés représentant la contribution des clients au Fonds d\u2019indemnisation des ciients des agents de voyages. LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 EEVRIER 2014 H 5 M A R 0 C GaD E LM ale h « Le \u201c Marocain pure laine \u201d que je suis » L\u2019humoriste se réjouit que ses spectacles rapprochent juifs et musulmans Pour le célèbre humoriste Gad Elmaleh, la «marocanité» est «un modèle identitaire unique », dont les principales caractéristiques sont l\u2019«hybridité culturelle», la «tolérance», l\u2019« harmonie interreligieuse » et un « savoir-vivre inégalable».ELIAS LEVY Né en 1971 à Casablanca, au sein d\u2019une famille juive sépharade, Gad Elmaleh a toujours revendiqué avec «une grande fierté» ses racines judéo-marocaines.«Mes racines sont pour moi une richesse inouïe.Elles ont nourri l\u2019humoriste et le comédien que je suis aujourd\u2019hui.Je suis profondément reconnaissant envers le chaleureux public québécois qui a adopté le \u201cMarocain pure laine\u201d que je suis.Si je n\u2019étais pas originaire du Maroc, si je n\u2019avais pas vécu au Québec et ensuite en France, je n\u2019aurai sans doute jamais écrit les sketchs que je joue», nous a confié Gad Elmaleh en entrevue depuis son domicile parisien.Pour l\u2019humoriste francophone le plus en vogue dans le monde, la «nostalgie du terroir natal» est un «état d\u2019âme» qu\u2019il n\u2019a jamais éprouvé.«Je n\u2019ai jamais surfé sur le terrain de la nostalgie pour une raison très simple: il n\u2019y a jamais eu de rupture entre moi et le Maroc.Plusieurs amis artistes me parlent fréquemment de la nostalgie qu\u2019ils éprouvent à l\u2019égard de leur pays d\u2019origine.Moi, je n\u2019ai jamais ressenti ce type de nostalgie, parce que je suis resté étroitement en contact avec le Maroc et son peuple.Mon héritage marocain, je le porte dans mon cœur, je le relate et le célèbre dans mes spectacles humoristiques.» Au Maroc, Gad Elmaleh est aussi une grande star.Il se produit à guichets fermés devant des foules imposantes.Dans un grand stade de Casablanca, quelque 12 000fans inconditionnels et survoltés lui réservent un accueil dithyrambique à chacune de ses tournées au Maroc.En terre québécoise Le comédien se considère aussi comme un «bâtisseur de ponts interculturels » entre le Ma-roQ et le Québec.A la fin des années 1980, il a vécu presque cinq ans à Montréal, où il a établi ses pénates à l\u2019âge de 16 ans.Son «séjour québécois» l\u2019a «profondément marqué» et n\u2019a «cessé de nourrir son inspiration artistique».Il rappelle que, sans V«appui indéfectible» de la communauté juive québécoise et du Centre des étudiants juifs, le Hillel de l\u2019Université de Montréal, il n\u2019aurait jamais engrangé la confiance qui lui a permis de se frayer «une voie honorable» dans le très concurrentiel univers du,spectacle.A cette époque, ce sont des figures montantes de l\u2019humour québécois qui lui ont donné le goût d\u2019embrasser ce métier très exigeant.«Quand j\u2019habitais rue Edouard-Montpetit, dans le quartier Côte-des-Neiges, j\u2019assistais, au Café campus, aux Lundis Juste pour rire.J\u2019observais, admiratif une bière â la main, des humoristes, inconnus alors, qui faisaient leurs débuts sur scène.Ils sont devenus depuis de grandes stars de l\u2019humour québécois et de la francophonie : François Morency, Martin Matte, Jean-Michel Anctil.Leur manière de faire du stand-up â l\u2019américaine me fascinait.Chaque fois que je les voyais performer sur scène, je me disais: \u201cMoi aussi, je veux faire ça un jour!\u201d», raconte-t-il.Sur scène Gad Elmaleh est ravi que le public québécois apprécie de plus en plus la «mixité culturelle» qu\u2019il véhicule dans ses spectacles.«Les Québécois francophones sont de plus en plus sensibles â cette culture mixte, dont le talentueux humoriste Rachid Badouri est aussi un grand ambassadeur.Un lien profond m\u2019unit au public québécois.Ce n\u2019est pas quelque chose d\u2019artificiel, c\u2019est-â-dire un mec qui imite l\u2019accent québécois uniquement pour se marrer.Moi, je revendique, avec fierté, d\u2019avoir connu et partagé les réalités de la vie quotidienne québécoise.» En Erance, il se réjouit humblement que ses spectacles rapprochent juifs et musulmans et il assume avec fierté son rôle de «trait d\u2019union» entre les deux communautés.«A Paris et lors de mes tournées en province, â la fin de mes spectacles, quand les lumières se rallument, je vois beaucoup de voiles musulmans et de kippas.Ce n\u2019est pas une caricature, c\u2019est la réalité.En dépit des nombreux écueils auxquels se heurte aujourd\u2019hui le dialogue judéo-musulman, voir tous les soirs des juifs et des musul- FRANÇOIS LO PRESTI AGENCE FRANCE-PRESSE «Je n\u2019ai jamais surfé sur le terrain de la nostalgie pour une raison très simple: il n\u2019y a jamais eu de rupture entre moi et le Maroc», affirme Gad Elmaleh.mans s\u2019esclaffer ensemble, c\u2019est pour moi un grand privilège et un signe très prometteur pour l\u2019avenir.» Coexistence L\u2019humoriste est résolument convaincu que, s\u2019il peut jouer un «rôle de trait d\u2019union» entre juifs et musulmans par le truchement de ses spectacles, c\u2019est parce qu\u2019il est le héraut d\u2019un «modèle de cohabitation très singulier », celui forgé par le royaume chérifien, qui a permis pendant plusieurs siècles à ces deux communautés de cohabiter respectueusement.«Je ne suis pas naïf En ce qui a trait aux relations judéo-musulmanes, la réalité est très complexe.Mais, malgré ces difficultés, le modèle de coexistence judéo-arabe bâti par le Maroc demeure une précieuse source de référence et d\u2019espoir pour tous les juifs et les musulmans épris de paix.» Collaboration spéciale Le Devoir r/ m Royal Air Maroc, NATURELLEMENT AFRICAINE jyüJrâfc royal air maroc Les ailes du Maroc Contactez Royal Air Maroc ou votre agence de voyages www.royalairmaroc.com H 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 EEVRIER 2014 MAHOf Nécessaire cohabitation Hier le Maroc, aujourd\u2019hui le Québec TEXTES D\u2019ÉMILIE CORRIVEAU « Un très bel exemple » Né au Maroc dans les années 1950, le docteur Émile Elfassi est aussi coprésident de l\u2019association Mémoires et dialogue.\\ A l\u2019instar de millier^ de juifs marocains, les parents du jeune Émile décident de migrer vers la France.Il y fait ses études et ne la quitte pour les États-Unis qu\u2019aprés y avoir obtenu un doctorat en biochimie à la Faculté des sciences de Paris.Marié à une Française, il passe cinq années à Boston, à l\u2019Université Harvard, où il fait de la recherche en biologie moléculaire.Le couple donne na,issance à deux enfants, puis rentre en France.Établi à l\u2019Institut Pasteur de Paris, il y dirige pendant quelques années un laboratoire de biologie moléculaire et de thérapie génique et devient père à nouveau, deux fois plutôt qu\u2019une ! «Avec quatre enfants, Paris nous paraissait un peu étriqué, surtout après avoir vécu à Boston.Lorsque nous étions là-bas, nous sommes venus plusieurs fois en visite au Québec et c\u2019est un endroit que nous adorions.Nous trouvions que c\u2019était un bon compromis entre la France et les États-Unis, alors, lorsqu\u2019on a choisi de quitter Paris, on a décidé de venir au Québec, où on a eu un cinquième enfant», explique-t-il.Retour aux sources C\u2019était en 1991.Depuis, M.Elfassi vit à Montréal, où il a obtenu un autre doctorat et pratique la médecine.S\u2019il ne lui est jamais arrivé de rentrer au Maroc pour y vivre, il a tout de même eu l\u2019occasion d\u2019y retourner à quelques reprises pour ses activités professionnelles.«J\u2019y ai retrouvé mes racines, dit-il.Avec le temps, je me suis créé un réseau de connaissances marocaines de plus en plus important, comprenant autant des juifs que des musulmans, avec qui je m\u2019entends très bien.» Il faut dire qu\u2019au Maroc la cohabitation des deux communautés religieuses, pourtant si difficile ailleurs dans le monde arabe, est cordiale.Juifs et musulmans se côtoient au quotidien et les rapports ont lieu dans le respect, souvent même dans la camaraderie.Pour M.Elfassi, il ne fait aucun doute qu\u2019au Québec la communauté marocaine doit calquer ses rapports sur ce modèle.Aussi, par le biais de l\u2019association Mémoires et dialogues, il s\u2019efforce de rapprocher les immigrants marocains pour que se perpétuent les traditions de solidarité et de respect des différences.«Je crois que le rapprochement des juifs et des musulmans d\u2019origine marocaine peut être un très bel exemple pour le Québec.» GRACIEUSETE DE RACHIDA AZDOUZ Rachida Azdouz est une spécialiste des relations interculturelles.« Au sceau de la diversité » Psychologue émérite et spécialiste en relations interculturelles à l\u2019Université de Montréal, M\u201c® Rachida Azdouz travaille sur la question identitaire depuis plus de 20 ans.Mon histoire est marquée au sceau de la diversité, dit-elle./\u2019«f fait mon parcours scolaire à l\u2019école française de Casa: le primaire dans une école privée tenue par des religieuses catholiques et le secondaire au lycée laïque républicain.A la fin de l\u2019adolescence, j\u2019ai quitté le Maroc.J\u2019ai fait mes études universitaires en France et, mon diplôme en poche, je suis retournée au Maroc pour y vivre.J\u2019y suis restée un an.Ensuite, fai fait le choix de m\u2019exiler au Québec parce que c\u2019est un pays francophone et que, pour moi, il s\u2019agissait d\u2019un bon compromis entre l\u2019Europe et l\u2019Amérique du Nord.» Arrivée à Montréal en 1989, de par ses intérêts professionnels, M™® Azdouz a toujours été engagée dans le dialogue et le rapprochement interculturels, mais ce n\u2019est que vers 2007, dans la foulée des accommodements raisonnables, qu\u2019elle s\u2019est mise à tisser des liens plus étroits avec la communauté marocaine.«J\u2019ai commencé à m\u2019engager auprès de cette communauté lorsqu\u2019elle a commencé à souffrir de préjugés, explique-t-elle.Je suis de ceux qui pensent que c\u2019est quand une communauté va mal qu\u2019il faut s\u2019y associer.On n\u2019a pas beaucoup de mérite à s\u2019y associer quand elle va bien.» Identité plurielle Ce que déplore le plus M™® Azdouz, c\u2019est que beaucoup tendent à réduire la communauté marocaine québécoise à sa dimension religieuse.Pour elle, ne pas prendre en compte sa pluralité, c\u2019est de «l\u2019assignation à résidence identitaire».«J\u2019ai une identité plurielle et c\u2019est la même chose pour tous les Marocains.La communauté marocaine est en même temps ancrée dans la culture arabe, dans la culture berbère, dans la culture africaine et dans la culture française.Pour moi, l\u2019angle religieux ne rend pas compte de cette pluralité», précise-t-elle.« Je suis un acteur de la société québécoise » Originaire du Maroc, le professeur Jamal Chaouki s\u2019est établi au Québec en janvier 1980.Musulman pratiquant, il a épousé une Québécoise chrétienne avec qui il partage sa vie depuis plus de 30 ans.Il vient à la découverte du Québec pour faire des études supérieures.«Je voulais voir ce qui se passait du côté de l\u2019Amérique du Nord, mais f avais l\u2019intention de rentrer chez moi ensuite», précise M.Chaouki.Et 34 ans ont passé et le profes,seur au Département de génie chimique de l\u2019École polytechnique, détenteur d\u2019une chaire industrielle, vit toujours à Montréal.«La rencontre d\u2019une Québécoise de Sainte-Anne-de-la-Pérade y est pour beaucoup, raconte-t-il, un sourire dans la voix.Ça fait aujourd\u2019hui 30 ans que nous sommes mariés!» S\u2019il entretient des liens étroits avec le Maroc \u2014 ses parents s\u2019y trouvent toujours et des projets de recherche l\u2019y occupent épisodiquement \u2014 M.Chaouki fait assurément partie des immigrants qui épousent un mode de vie à la québécoise.Mais, depuis que le parti de M™® Marois caresse l\u2019idée de faire adopter une charte des valeurs, l\u2019homme ne se sent plus aussi à l\u2019aise d\u2019être québécois.Considérant que la Charte répond surtout au désir du gouvernement d\u2019obtenir le vote de certains électeurs régionaux, souvent moins familiarisés avec l\u2019immigration que ceux de la métropole, il déplore que le Québec en ^oit venu à formuler ce genre de proposition.Étant d\u2019avis que la Charte vise surtout les musulmans et plus particulièrement les femmes musulmanes, en raison des dispositions sur les signes religieux ostentatoires, M.Chaouki craint la radicalisation de son discours et de celui de la communauté musulmane.«fai toujours été très modéré, réitère le professeur.La très grande majorité de mes pairs le sont aussi.Avec cette Charte, on va nous pousser à faire un choix douloureux qui ne sera plus aussi modéré qu\u2019on le souhaiterait.Ça m\u2019apparaît très grave! Et il me semble qu\u2019il y a tant d\u2019autres options.» GRACIEUSETE DE JAMAL CHAOUKI Jamal Chaouki enseigne à l\u2019École polytechnique.« L\u2019accès à l\u2019égalité passe par l\u2019éducation » GRACIEUSETE DE RKIA LAROUI Rkia Laroui habite aujourd\u2019hui la région de Rimouski, où elle enseigne à l\u2019université.Originaire de Casablanca, M\u201c® Rkia Laroui habite aujourd\u2019hui la région de Rimouski, où elle enseigne à l\u2019université.Comme plusieurs immigrantes, M™® Laroui a quitté son pays d\u2019origine parce qu\u2019elle ne s\u2019y sentait pas l\u2019égale des hommes.«Je n\u2019étais pas du tout satisfaite de la condition des femmes et je vivais mal au sein de mon couple.Mes aspirations étaient bousculées par l\u2019attitude des hommes en général et par l\u2019attitude de l\u2019homme avec qui je partageais ma vie à l\u2019époque.C\u2019était un dialogue de sourds, alors j\u2019ai quitté dès que cela a été possible», raconte-t-elle.Il faut dire que, à l\u2019époque où M®® Laroui s\u2019est exilée du Maroc, le pays ne s\u2019était pas encore doté du Code de la famille adopté en 2003.Celui-ci a considérablement réformé le statut de la femme marocaine et l\u2019a juridiquement placée sur un pied d\u2019égalité avec l\u2019homme à bien des égards, notamment sur le plan du mariage et de la famille.«Les choses ont beaucoup changé depuis.Ça n\u2019a rien à voir avec le Maroc que j\u2019ai quitté! Les décisions politiques témoignent d\u2019un réel désir de changement Le pays a adopté des lois affirmant la parité dans le marché du travail.Il a ratifié la Convention internationale sur l\u2019élimination de toutes les formes de discrimination à l\u2019égard des femmes.Mais les lois ne suffisent pas.Le problème est au niveau des mentalités.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a inscrit l\u2019égalité dans la Constitution que la population suit automatiquement! Des obstacles comme le taux d\u2019analphabétisme chez les femmes, qui avoisine les 40%, empêchent celles-ci de participer au développement.L\u2019accès à l\u2019égalité et l\u2019épanouissement des femmes passent par l\u2019éducation et par l\u2019autonomie, ce qu\u2019elles ne trouvent pas nécessairement au Maroc», relève M™® Laroui.Spiritours voyages ^ de ressourcement Le spécialiste des voyages de ressourcement et pèlerinages COMPOSTELLE, INDE, RETRAITE AU DÉSERT, TERRE SAINTE, LA ROUTE MAYA .VOYAGE MAROC ET SAHARA « Le silence du désert » 25 OCTOBRE AU 6 NOVEMBRE 2014 Marche contemplative au désert avec guides berbères et dromadaires.Vivez une expérience inoubliable! «M VILLES IMPERIALES ET SÉJOUR À AGADIR Du 21 mars au 5 Avril 2014 à partir de: 2899$ TRÉSORS DU MAROC Du 21 mars au 5 Avril 2014 à partir de: 3039$ GRAND TOUR DU MAROC (15 jours) à partir de: 3349 $ VILLES IMPÉRIALES (9 jours) à partir de: 2219$ GRAND SUD&KASBAH (9 jours) à partir de: 2239$ MYSTIQUE MARRAKECH (9 jours) à partir de: 2159$ Tous nos circuits sont garantis chaque vendredi minimum 2 pers.Maximum 5 pers.SULTANA sultanatours.com Pour informations et réservations contactez votre agent de voyage ! Nous offrons les meilleurs tarifs de vols pour le Maroc LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 EEVRIER 2014 H 7 MAROC Tahar Ben Jelloun En ce pays à la révolution tranquille « Le Maroc est une société extraordinairement riche en tout » « Il y a une telle diversité de la langue française dans le monde.Et ceux qui défendent la langue française sont surtout les Maghrébins, les Africains, les Canadiens, les Québécois, les Suisses et les Antillais», nous dit celui qui est considéré comme l\u2019écrivain francophone le plus traduit au monde.Tahar Ben Jelloun nous parle de son pays d\u2019origine.ASSIA KETTANI Tahar Ben Jelloun, né au Maroc en 1944, établi à Paris, où il siège à l\u2019Académie Concourt, et couronné en 2008 d\u2019un doctorat honorifique de l\u2019Université de Montréal pour sa contribution à la défense de la langue française, n\u2019a cessé depuis le début de sa carrière de décrire la vie à la lumière de ses deux cultures.Auteur d\u2019une cinquantaine d\u2019ouvrages \u2014 romans, poésie et essais, dont L\u2019étincelle.Révoltes dans les pays arabes, Le racisme expliqué à ma fille et L\u2019islam expliqué aux enfants \u2014 il pose un regard bienveillant mais sans complaisance sur son pays d\u2019origine, qui traverse l\u2019ensemble de son œuvre.Alors que le Printemps arabe vient de porter son premier fruit avec l\u2019adoption en Tunisie d\u2019une Constitution «historique, révolutionnaire, laïque et égalitaire», dont il a salué la portée dans l\u2019histoire du monde arabe, Tahar Ben Jelloun rappelle la chance du «Maroc d\u2019avoir fait l\u2019économie d\u2019une révolution qui aurait pu mal se passer».Car si, aujourd\u2019hui, le pays jouit d\u2019une «situation favorable et stable, contrairement à la plupart des pays arabes», c\u2019est dans le pacifisme qu\u2019il a amorcé, et qu\u2019il poursuit, sa révolution tranquille, depuis l\u2019arrivée au pouvoir de Mohammed VI.«Le roi a accompli un travail énorme avec beaucoup d\u2019efficacité et de rigueur, estime-t-il.Il a donné au pays des infrastructures économiques et industrielles», prenant de court les révoltes armées et sanglantes.«On est en train de construire un Etat de droit, qui prévoit avant toute chose la loi, et non le passe-droit, le copinage ou le pistonnage.» Lente évolution «Mais l\u2019évolution du Maroc est lente», précise-t-il, et «il reste plus de choses à faire que de choses qui ont été faites».Il y a tout d\u2019abord l\u2019état de pauvreté extrême, «presque d\u2019abandon», dans lequel se trouvait le pays au moment de l\u2019accession au trône de Mohammed Vt, après «les années de plomb» qu\u2019avait connues le Maroc.Des années dominées par «la répression, et où on avait peur d\u2019être arrêté.Chaque fois que fy retournais, à l\u2019époque, j\u2019avais peur qu\u2019on me retire mon passeport ou qu\u2019on m\u2019arrête», rappelle-t-il.Au rang des chantiers prioritaires, Tahar Ben Jelloun cite l\u2019éducation, «qui connaît une crise d\u2019orientation profonde.Comment enseigner, quoi enseigner, quelle langue privilégier et comment faire pour que l\u2019enseignement public soit efficace, sérieux, et respectable?» Pour 1;':\t.m- MARTIN BUREAU AGENCE ERANCE-PRESSE «L\u2019évolution du Maroc est lente et il reste plus de choses à faire que de choses qui ont été faites», estime Tahar Ben Jelloun, qui est considéré comme l\u2019écrivain francophone le plus traduit au monde.que l\u2019enfant marocain puisse affronter «les défis du monde moderne», il faudrait selon lui «un trilinguisme assumé: l\u2019arabe, le berbère et une troisième langue, soit le français, l\u2019anglais ou l\u2019espagnol».A cela s\u2019ajoute la santé, qui reste préoccupante.«Il reste énormément de régions, notamment dans les campagnes, où il n\u2019y a pas d\u2019hôpital et où il y a très peu de médecins qui passent.» Autre fléau qui est, selon lui, «endémique» : la corruption, malheureusement «très difficile à enrayer, dans la mesure où ce n\u2019est ni vu ni connu; ce n\u2019est pas visible.Il y a eu des avancées dans la lutte et des hommes cor- rompus ont été arrêtés et jugés.Mais, même s\u2019il y a une vigilance, elle n\u2019est pas suffisante.» Et, comme un pays ne se construit pas sans ses citoyens, il rappelle les Marocains à la tâche.«Tout ne doit pas venir de l\u2019Etat.Il faut que les Marocains se sentent concernés, qu\u2019ils se mettent au travail, qu\u2019ils soient sérieux, qu\u2019ils respectent leur pays, les lois et le droit.» Mais, comme dans tout apprentissage, il y a des balbutiements.C\u2019est ainsi que l\u2019image d\u2019un roi qui s\u2019arrête au feu rouge, à la surprise des agents de police, fait désormais partie de la nouvelle iconographie marocaine.«Au Maroc, on est en train d\u2019apprendre à vivre ensemble, à respecter la loi, à faire la queue quand on va à l\u2019administration ou à la poste.Ce n\u2019est pas facile, parce que les mentalités doivent changer.» Un autre islam Quant à l\u2019islamisme qui a englouti l\u2019espoir des révolutions arabes, il ne s\u2019exprime pas sur le même registre.«Le Maroc, comme tous les pays musulmans, est menacé par le terrorisme international.Mais, en même temps, il y a une telle vigilance chez la population que les terroristes ont du mal à s\u2019y implanter.L\u2019islamisme qui existe au Maroc est un isla- misme doux et gentil, qui n\u2019est pas agressif II n\u2019est pas l\u2019islamisme qui veut voiler la femme et empêcher les gens de vivre.» Fervent défenseur de la laïcité politique, Tahar Ben Jelloun préconise tout autant la liberté de conscience.Ainsi, tout en affirmant (\\\\T«au Maroc il est très important que l\u2019islam soit là, parce que c\u2019est une religion qui est très apaisante pour des millions de gens», il insiste sur le danger de voir la religion «utilisée comme idéologie politique.Il faut empêcher que la religion envahisse la sphère publique politique et il ne faut plus qu\u2019il y ait de parti politique religieux.Un parti peut avoir des valeurs de droite ou de gauche, peu importe, mais il ne faut pas qu\u2019il s\u2019appuie sur la religion.Il faut laisser la religion aux gens qui croient, aux gens qui pratiquent; il ne faut pas les manipuler idéologiquement.Je suis pour une société laïque qui pratique la religion avec une liberté de conscience.» Avec son œil d\u2019écrivain, Tahar Ben Jelloun insiste ainsi sur la complexité du Maroc, une complexité qui a contribué à en faire, dans ses livres, une source d\u2019inspiration continuelle.«Le Maroc est une société extraordinairement riche en tout, en contradictions, en personnages et en histoire.On n\u2019a qu\u2019à sortir dans la rue et il y a de quoi écrire un roman.Avec ça, les romanciers sont servis», confie-t-il.Un roman à ciel ouvert, donc, dont on ne peut qu\u2019attendre la suite.Collaboratrice Le Devoir BOMBARDIER Souad Elmallem, représentante en chef, stratégie et développement des affaires internationales, Afrique, Bombardier Aéronautique BOMBARDIER SUITE DE LA PAGE H 2 partir de plusieurs critères : disponibilité des ressources, niveau d\u2019éducation, formation technique offerte dans le domaine de l\u2019aéronautique, qualité des infrastructures logistiques, soutien gouvernemental.«Nous avons déjà notre usine au Mexique pour notre approvisionnement nord-américain en pièces et, dans la même perspective, nous voulions ouvrir une nouvelle usine pour approvisionner notre site de Belfast, explique Souad Elmallem.Comme entreprise mondiale de produits technologiques avancés, nous devons mettre en place une stratégie agile pour nous permettre de nous approvisionner efficacement pour réaliser un produit fini de qualité à un coût valable pour le client » Midparc confère aux entreprises exportatrices des avantages fiscaux et douaniers.«Par exemple, l\u2019impôt sur les sociétés est nul pendant les cinq premières années, puis de 8,75 % les 20 années suivantes et de 17,5 % au-delà de cette période, explique Hamid Ben Ehadil.Le statut de zone franche permet aussi un rapatriement libre des bénéfices et des capitaux, une exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des droits de douane ainsi qu\u2019une simplification des procédures douanières.» Le Maroc porte également une attention particulière à la formation de sa main-d\u2019œuvre.«Nous avons une main-d\u2019œuvre jeune et qualifiée, affirme Hamid Ben Ehadil.La formation est d\u2019ailleurs une des priorités de la coopération du Maroc avec ses voisins africains.Aujourd\u2019hui, 16000 étudiants africains réalisent des études supérieures au Maroc, dont 8000 profitent d\u2019une bourse de l\u2019Etat marocain.» On y retrouve aussi des centres de formation pointus, comme l\u2019Institut des métiers de l\u2019aéronautique à Casablanca.«Nous n\u2019étions d\u2019ailleurs pas la première entreprise en aéronautique à s\u2019installer dans le pays, précise Souad Elmallem, d\u2019origine marocaine.Entre autres, le groupe Safran était déjà présent.Il y avait plus de 1000 emplois déjà dans le secteur au pays avant notre arrivée.» Une entrée sur le marché africain En plus du domaine de l\u2019aéronautique, le directeur du Centre régional d\u2019investissement du Grand Casablanca affirme que les entreprises canadiennes peuvent profiter d\u2019occasions d\u2019affaires au Maroc, particulièrement dans le domaine des télécommunications, de l\u2019a^oalimentaire, de la construction, des infrastructures, des mines, des métaux et des services de transport.Le Maroc peut aussi servir de porte d\u2019entrée pour le reste du continent africain.«L\u2019aéroport international Mohammed-V constitue une plaque tournante régionale, avec 100 capitales mondiales à moins de huit heures de vol, affirme Hamid Ben Ehadil.Les entreprises qui viennent s\u2019installer peuvent aussi bénéficier des accords de libre-échange que le Maroc a signés avec plusieurs pays africains, tels que le Sénégal, l\u2019Afrique du Sud, le Burkina Easo, le Kenya, la Guinée, le Mali et le Cameroun.C\u2019est une occasion à saisir pour les entreprises canadiennes, alors qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019accords de libre-échange entre le Canada et les pays africains.» Bombardier Aéronautique a d\u2019ailleurs l\u2019intention de développer des affaires sur le continent africain.«Le marché régional est mal desservi en Afrique, constate Souad Elmallem.Souvent, il y a un problème de rentabilité dû à des avions trop gros qu\u2019on n\u2019arrive pas à optimiser.La CSeries, avec ses 100 places ou un peu plus et une consommation de carburant réduite, de même que la CRJ sauront répondre au besoin d\u2019optimisation des ressources des compagnies aériennes.» Collaboratrice Le Devoir «MM Montréal est fière d'accueillir la seule maison du Maroc en Amérique du Nord Montréal H 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 EEVRIER 2014 MAROC TOURISME « Le Maroc est une formidable option pour qui cherche le dépaysement total » La stabilité politique du royaume est un atout pour le tourisme Le Maroc est resté à l\u2019abri de la vague de protestations et de révolutions qui déferle sur le monde arabe depuis 2011.Ce contexte d\u2019instabilité régionale, conjugué à la richesse tant culturelle que naturelle de ce royaume et à l\u2019bospitalité de sa population, lui a permis d\u2019atteindre en 2012 le cap des 10 millions de touristes, en augmentation de 7 % par rapport à l\u2019année précédente.Objectif affiché : doubler ce chiffre d\u2019ici à 2020.Les Québécois et les Québécoises sont en tout cas de plus en plus nombreux à s\u2019y rendre.HELENE ROULOT-GANZMANN Est-ce parce que la demande est plus forte que le nombre de rotations aériennes vers le Maroc a augmenté ?Ou parce que la compagnie Royal Air Maroc offre aujourd\u2019hui deux vols quotidiens depuis Montréal vers Casablanca, la capitale économique du royaume du Maroc, que les touristes sont de plus en plus nombreux à s\u2019intéresser à cette destination?«Royal Air Maroc est présente sur le territoire canadien depuis 1975, raconte Mohammed Maali, directeur pour le Canada de la seule compagnie à offrir des vols directs.Mais si, pendant des années, nous n\u2019avons eu qu\u2019un vol par jour en été et quatre ou cinq par semaine en hiver, ces dernières années, la demande a été telle que nous sommes passés à une rotation par jour en automne et en hiver et à deux de juin jusqu\u2019à la mi-septembre.Nous transportons environ 100000passagers par an.» Bien sûr, il y a la communauté marocaine, très nombreuse au Canada et principale- ment à Montréal, qui profite des vacances estivales pour retourner au pays.Il y a également les gens d\u2019affaires.Mais il y a aussi de plus en plus de touristes québécois désireux de découvrir ce grand pays, porte d\u2019entrée vers le continent africain et le monde arabe.La preuve en est que les voyagistes réservent de plus en plus de places dans les avions de la compagnie marocaine.De mer «C\u2019est sûr que les Québécois sont tentés d\u2019aller dans le Sud pour couper l\u2019hiver, parce que c\u2019est pratique, pas loin et qu\u2019il n\u2019y a pas de décalage horaire, explique Mohammed Maali.Mais, lorsqu\u2019ils y sont allés trois, quatre, cinq fois, ils ont un désir de changement.Le Maroc est alors une formidable option pour qui cherche le dépaysement total.La diversité de l\u2019offre touristique est immense.Casablanca n\u2019est qu\u2019à six heures et demie de Montréal par avion.Et les vols intérieurs pour se rendre sur les lieux touristiques sont de plus en plus nombreux et réguliers.Le Maroc mise sur le tourisme pour se développer et toute la population en est consciente.D\u2019où un accueil des plus chaleureux.Si on ajoute à cela qu\u2019en ce moment il fait 26, 27, 28 °C sur les côtes, on comprend que la destination soit de plus en plus prisée.» Tourisme balnéaire, donc, d\u2019une part.Avec ses 3500 kilomètres de plages, à la fois sur la mer Méditerranée et l\u2019océan Atlantique, l\u2019offre est large.Destinations les plus courues : Agadir et ses 300 journées d\u2019ensoleillement par an ou encore Essaouira ou Taghazout pour les adeptes du surf et de la planche à voile.De culture Tourisme culturel, ensuite, avec les villes impériales de Marrakech, Rabat, Meknès, Fès, toutes quatre inscrites au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.Découvrir le Maroc des villes impériales, c\u2019est passer de la côte atlantique aux montagnes de l\u2019Atlas à travers des paysages sans cesse renouvelés et un patrimoine architectural, culturel et artistique chaque fois différent.Car chacune de ces cités mythiques a été fondée par une grande dynastie arabe ou berbère qui, à un tournant de l\u2019histoire, en a fait sa capitale.«Le Maroc est historiquement riche, raconte Mohammed Maali.C\u2019est un pays de traditions millénaires.Les cultures et les paysages sont très divers, les peuples qui le composent également.Tous les étrangers qui en reviennent évoquent ROSES DES SABLES Les Québécoises sont nombreuses à participer à la compétition Trophée Roses des sables.l\u2019hospitalité de la population.Il est assez facile de dormir chez l\u2019habitant et c\u2019est une formidable façon de voyager.» D\u2019aventure Tourisme d\u2019aventure, enfin.Ouarzazate, Taroudannt ou encore Tafraoute sont les portes d\u2019entrée vers le désert saharien, en plus d\u2019être des cités à l\u2019architecture traditionnelle pittoresque.Dunes, oasis et désert de pierres, le Grand Sud marocain est un magnifique terrain de jeu pour étancher sa soif de sport et de découverte.Et une « rose » Une soif que semblent avoir nombre de Québécoises, qui, depuis 14 ans maintenant, par- ticipent chaque année à la compétition Trophée Roses des sables : dix jours de rallye et 5000 kilomètres en 4 X 4, en quad ou à moto, au cœur du désert marocain.Elles sont déjà 140 à s\u2019être préinscrites pour fédition 2014, qui aura lieu en octobre.«Chaque année, les Québécoises représentent environ 40% des participantes, note Jean-Jacques Rey, organisateur de la course.Et je dois dire qu\u2019elles sont particulièrement à l\u2019aise dans les dunes.Peut-être que ça vient de leur pratique de la conduite sur neige.Toujours est-il qu\u2019elles sont généralement calmes, réfléchies, peu stressées.Ce sont de grandes qualités à avoir, no- tamment lorsqu\u2019on se perd dans le désert.» Il ne s\u2019agit cependant pas là, à proprement parler, de tourisme mais bien d\u2019un défi sportif.«On est complètement dans la course, explique Jean-Jacques Rey, mais on est bien obligé d\u2019ouvrir les yeux.Et, quand on les ouvre, on voit quoi ?Des paysages fantastiques et phénoménaux.Des dunes de sable et des routes de cailloux à perte de vue.On se croirait sur la lune! Nous sommes très privilégiés de découvrir ça, car souvent les Marocains ne le connaissent même pas.Ils ne viennent pas très souvent dans le désert.» Sauf bien entendu, ceux qui y vivent.Des populations très pauvres.Or la compétition est aussi l\u2019occasion de faire preuve de solidarité, parce que chaque équipage doit apporter 50 kilos de matériel scolaire et hygiénique, mais aussi parce qu\u2019une rencontre est organisée avec les populations et que nombre de participantes en profitent pour parrainer un enfant en lui donnant les moyens de poursuivre sa scolarité.«Je sais également que plusieurs participantes reviennent ensuite visiter le Maroc en famille dans des conditions plus confortables, raconte M.Rey.Notamment les Québécoises.Les Marocains y sont très sensibles.Ils ont bien conscience que ce genre de compétition est propre à faire connaître leur merveilleux pays.» Collaboratrice Le Devoir t Produits ZINDA TM Products Goûter aux saveurs de la Méditerranée yriwrgrÆL AU.NATURAL TOUTN Tomate et herbes ^ Tomato & Herbs ^ D zindaI ^ U I ^ : O U olé entier Whole Wheat Medium «Moyen 5 > ' J .\u2022\t! :!« Prêt en 5 minutes zindaproducts.com "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.