Le devoir, 8 janvier 2014, Cahier A
[" RK Subban jouera avec Carey Price dans l\u2019équipe canadienne à Sotchi Page B 6 La facture des congés de maladie explose dans le réseau de la santé Page A 3 w w w .1 e d e V 0 i r.c 0 m LE DEVOIR Vol.C I I I N° 3 0 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 8 JANVIER 2014 1,0 9 $\t+ TAXES =\t1,2 5 Pétrole : Québec lorgne une zone fragile du golfe Les ambitions économiques du gouvernement Marois s\u2019opposent au projet de protection d\u2019Ottawa ALEXANDRE SHIELDS Peu avant le début du congé des Fêtes, le gouvernement du Québec a lancé un appel d\u2019offres afin d\u2019évaluer le «potentiel économique» des énergies fossiles du banc des Américains, une vaste zone maritime située tout juste à l\u2019est de la pointe de la Gaspésie.Or, Ottawa envisage d\u2019établir une aire marine protégée pour tout ce secteur réputé pour sa grande biodiversité et la fragilité des espèces qu\u2019on y retrouve.Le document de l\u2019appel d\u2019offres indique que le gouvernement Marois souhaite obtenir une «étude indépendante sur le potentiel économique des hydrocarbures en milieu marin».Celle-ci est commandée par le ministère des Ressources naturelles (MRN) et concerne précisément la structure Old Harry et le banc des Américains.Ces deux zones pourraient très bien présenter un intérêt pour l\u2019exploita- tion pétrolière et gazière, selon Québec.«Le faible niveau de connaissance de ces deux secteurs représente un défi de taille pour en déterminer le réel potentiel, entre autres parce qu\u2019aucun forage exploratoire n\u2019a été réalisé directe- VOIR PAGE A 8 : GOLEE ~f:A.'Ti JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019auteur d\u2019une vidéo montrant un policier interpeller un itinérant sur le trottoir par une journée glaciale lance un appel aux autorités pour que les marginaux se fassent soigner plutôt que d\u2019aboutir dans les mailles du système judiciaire.Ci-dessus : un sans-abri se réchauffant comme il peut dans une rue de Montréal lundi.3 Itinérant menacé PAR UN POLICIER L\u2019auteur de la vidéo lance un cri du cœur MARCO EORTIER auteur de la vidéo montrant un policier > qui menace d\u2019attacher un itinérant à un poteau, par un temps glacial, lance un cri d\u2019alarme contre «l\u2019injustice» faite aux marginaux de Montréal \u2014 souvent victimes de maladie mentale.Adis Simidzija, un étudiant à la maîtrise en sociologie à l\u2019Université de Montréal, affirme que sa vidéo de 52 secondes montre ce qui arrive de façon quotidienne aux centaines de personnes qui se retrouvent à la rue.Il interpelle le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), le maire Denis Coderre et les gouvernements pour que les marginaux se fassent soigner plutôt que d\u2019aboutir dans les mailles du système judiciaire.«Ce n\u2019est pas en faisant de la répression policière qu\u2019on va aider les itinérants et les marginaux», dit Adis Simidzija en entrevue au Devoir L\u2019étudiant de 25 ans est «devenu méfiant envers les policiers » durant le printemps éra- VOIR PAGE A 8 : VIDÉO Lire aussi > La iettre ouverte contre la violence policière à l\u2019endroit des itinérants.Page A 7 Aujourd\u2019hui Le Monde > En Turquie, le gouvernement Erdogan effectue une nouvelle purge dans la police.Page B 5 Actualités > La CSN prend ses distances de la FTQ au sujet de la commission Charbonneau.Page A 2 Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.A4 B6 B8 B2 B6 A4 Le Devoir en Birmanie Le boom à sauts-de-mouton Qui dit «réformes» en Birmanie, ou Myanmar, dit avant tout libéralisation économique.Et qui dit ouverture de l\u2019économie dit transformation radicale du paysage urbain de Yangon \u2014 cinq millions d\u2019habitants, ancienne capitale et métropole du pays.Voici le dernier d\u2019une série de trois textes.PATRICK HTOO Yangon (Rangoon) Les Américains débarquent! Ford Motors a officiellement ouvert, début octobre, son premier concessionnaire dans le pays, situé dans le centre-ville de Yangon, se joignant à la ruée vers l\u2019or inaugurée en 2011 par l\u2019élan de décrispq-tion bien calibrée de la junte militaire.A quelques semaines près, convergence parlante, la Chambre de commerce des Etats-Unis ouvrait les portes de sa nouvelle branche.La demande croissante de voitures «nous excite», a déclaré ce jour-là le directeur régional du constructeur américain, David Westerman.Il n\u2019est pas le seul à saliver: les Japonais, évidemment déjà installés, organisent leur expansion.Nissan va ouvrir une usine, Suzuki va relancer celle qu\u2019elle avait fermée il y a trois ans.En octobre 2011, le nouveau gouvernement VOIR PAGE A 8 : BIRMANIE \u2022'J Si» SX s «BaaB w mvvg SV\\i 13» 1111 GEMUNUAMARASINGHE ASSOCIATED PRESS Marché public à Yangon, une ville qui demeure encore belle, verte, tranquille et respirable.Mais pour combien de temps ?77831303444802 A 2 LE DEVOIR LE MERCREDI JANVIER 2014 ACTUALITES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les conservateurs s\u2019appuient sur un «vieux fond quasi d\u2019extrême droite américaine [afin d\u2019Jattaquer les organisations syndicales», affirme Jacques Létourneau.Commission Charbonneau : la CSN prend ses distances de la FTQ Au tour de la Confédération de présenter ses principales luttes pour 2014 MARCO BELAIR-CIRINO La CSN s\u2019inscrit en faux contre la mise en garde lancée à la juge France Charbonneau au début de la semaine par la FTQ.En dépit des risques d\u2019aggraver la crise de confiance à l\u2019égard des syndicats, la présidente de la Commission d\u2019enquête sur l\u2019octroi et la gestion des contrats publics dans l\u2019industrie de la construction doit «aller jusqu\u2019au bout», a fait valoir le numéro 1 de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau.La centrale syndicale ressent un «inconfort» en voyant des témoins «qui ne veu[\\ent] pas faire dans la nuance» multiplier les déclarations-chocs sur «certaines pratiques du syndicalisme» à la commission Charbonneau.«Ce n\u2019est pas ça, le mouvement syndical au Québec! [.] Ça éclabousse l\u2019ensemble du mouvement syndical», a déploré M.Létourneau à l\u2019occasion d\u2019une conférence de presse mardi.Mais, contrairement à son homologue à la FTQ, Daniel Boyer, M.Létourneau s\u2019est bien gardé d\u2019accuser la juge Charbonneau de faire preuve &\u2019«acharnement».«Il faut que la commission fasse sa job jusqu\u2019au bout», a déclaré M.Létourneau.D\u2019ailleurs, il espère voir la commission examiner attentive- E faut que la commission [ Charbonneau ]/asse sa job Jusqu\u2019au bout )) Jacques Létourneau, le président de la CSN ment les partenariats public-privé (PPP) derrière la construction des nouveaux CHUM et CUSM.«Qui est derrière les PPP?Comment les contrats ont été octroyés?», s\u2019interrogeait-il à haute voix.États généraux D\u2019autre part, la CSN ne se range pas complètement derrière l\u2019idée de tenir durant cette période trouble des états généraux afin de réfléchir à l\u2019avenir du syndicalisme, comme l\u2019ont suggéré la FTQ et la CSQ.«On n\u2019est pas fermés à cette idée-là, mais on pense que ça doit s\u2019inscrire dans quelque chose de plus large», a indiqué Jaqques Létourneau.A ses yeux, le Forum social des peuples serait tout indiqué pour s\u2019interroger sur les façons d\u2019accroître la force de frappe du mouvement syndical sur la scène politique canadienne.L\u2019événement battant son plein fin août à Qttawa pourrait également être l\u2019occasion de son- ner la charge contre le gouvernement conservateur.La FTQ, la CSN et la CSQ ont promis de faire feu de tout bois afin de déloger du pouvoir en 2015 un parti ayant recours à une «pratique antisociale et antisyndicale» jamais vue dans l\u2019histoire canadienne.L\u2019octroi du droit exclusif à l\u2019employeur de décider seul la liste des services essentiels, l\u2019obligation des syndicats d\u2019ouvrir tout grand leurs livres comptables à quiconque le demande, l\u2019abolition du crédit d\u2019impôt destiné aux fonds de travailleurs : la liste de récriminations est longue.Les conservateurs s\u2019appuient sur un «vieux fond quasi d\u2019extrême droite américaine [afin d\u2019]attaquer les organisations syndicales », a dénoncé M.Létourneau.Les regroupements syndicaux n\u2019ont jamais eu aussi peu d\u2019influence sur les décisions du gouvernement fédéral, a-t-il fait remarquer.« C\u2019est vraiment la catastrophe.[.] Je Arthur Quentin SOLDES du 9 au 29 janvier 20% SUR TOUT JUSQU\u2019À 50% sur des produits sélectionnés 3960 Saint-Denis Montréal 514.843.7513 pense qu\u2019on a atteint le fond du baril.» Même si elle doute fort de voir la charte de la laïcité adoptée sous sa forme originale par l\u2019Assemblée nationale, la CSN ne restera pas les bras croisés lorsque le débat reprendra de plus belle cet hiver, a précisé M.Létourneau mardi.Le gouvernement Marois a adopté une «approche assez républicaine, pour ne pas dire coercitive», pour régler le sort des signes religieux dans la fonction publique et parapublique québécoise, alors qu\u2019il aqrait dû renforcer la laïcité de l\u2019État «à la québécoise, c\u2019est-à-dire de façon tranquille et respectueuse», estime la CSN.Signes religieux La centrale syndicale est favorable à l\u2019interdiction de signes religieux chez les personnes exerçant un pouvoir de coercition ou étant un «modèle [.] pour les enfants», comme les employés des centres de la petite enfance (CPE) et des écoles primaires et secondaires.Elle appelle le gouvernement à garantir qu\u2019aucun employé ne perdra son boulot au lendemain de l\u2019entrée en vigueur de la charte parce qu\u2019il porte la kippa ou le hidjab.La CSN demandera aussi une période de transition de cinq ans afin de permettre aux étudiants de ne pas voir leur plan de carrière bouleversé en raison des nouvelles conditions d\u2019embauche dans le secteur public.La CSN dresse un bilan «plutôt partagé» des 16 mois de gouvernance du Parti québécois.Plutôt que de s\u2019«enfarger dès le début dans la logique du déficit zéro » le forçant à effectuer des coupes douloureuses en santé et en éducation, le gouvernement minoritaire aurait mieux fait de «s\u2019affirmer comme parti, puis gouvernement souverainiste, et de s\u2019affirmer aussi et surtout sur le terrain du développement social», a souligné M.Létourneau.Le Devoir Un député conservateur au marathon de New York aux frais des contribuables?HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le député conservateur d\u2019arrière-ban Patrick Brown a-t-il couru un marathon aux frais des contribuables?La question se pose alors que M.Brown s\u2019est fait rembourser un voyage à New York au cours duquel il a avalé les kilomètres.11 prétend que le voyage avait aussi pour but de faire des rencontres à l\u2019QNU, bien que son bureau refuse d\u2019en révéler la nature.Tout comme les libéraux, les députés conservateurs ont entrepris cet automne de dévoiler de manière proactive les dépenses détaillées de déplacement et d\u2019hospitalité qu\u2019ils font supporter à la (Jhambre des communes.C\u2019est ainsi qu\u2019un blo-gueur a récemment découvert que M.Brown s\u2019est fait rembourser 1416,06$ pour se rendre à New York du 2 au 4 novembre dernier.But officiel du voyage : «rencontrer des représentants des Nations unies à New York».Dans les faits, M.Brown, qui est un coureur aguerri, a couru un marathon philanthropique afin d\u2019amasser des fonds pour la recherche sur le diabète juvénile de type 1.11 a pris l\u2019avion pour New York samedi dans la journée et a couru dimanche.Dès lundi matin, à 8h58, il écrivait sur Twitter qu\u2019il repartait pour Qttawa après avoir assisté à des séances sur les droits de la personne, la loi et l\u2019économie.Les appels faits à son bureau piardi sont restés sans réponse.A Postmedia, son adjoint Shawn Bubel a indiqué que «le but premier de la visite à New York était une visite prévue des Nations unies organisée par le ministère des Affaires étrangères.Heureusement, ce moment coïncidait avec le marathon de New York».Qn ignore qui a rencontré le député ou à quelles séances il a participé.Le bureau du premier ministre ne s\u2019est pas montré plus bavard.«M.Brown a dit qu\u2019il a as- sisté à des rencontres de l\u2019ONU ainsi qu\u2019à des séances de breffage de la mission canadienne de l\u2019ONU à New York», a souligné le porte-parole du premier ministre, Jason MacDonald.«Il a dit qu\u2019il a seulement réclamé les dépenses pour la portion de son voyage reliée à son travail de député, pas tout le voyage.» Selon la divulgation proactive, M.Brown s\u2019est fait rembourser 795$ pour le vol d\u2019avion, 228$ pour d\u2019autres transports et 393$ en hébergement (pour la seule nuit de dimanche, précise-t-on).11 est resté un total de deux nuits dans la Grosse Pomme.Malaise La néodémocrate Lysane Blanchette-Lamothe dit ressentir «un petit malaise».«Ce Patrick Brown prétend que le voyage avait aussi pour but de faire des rencontres à l\u2019ONU n\u2019est pas aux contribuables de payer pour des causes, aussi louables soient-elles», dit-elle.Le libéral Marc Garneau fait valoir qu\u2019un marathon se prépare «longtemps à l\u2019avance» en entraînement et en logistique.«A mon avis personnel, il avait décidé de faire le marathon, et il a ajouté la visite à l\u2019ONU par la suite pour pouvoir le réclamer.» 11 souligne cependant que contrairement au NPD, les conservateurs ont le mérite de publier leurs dépenses en ligne.«Le NPD parle, parle, mais ne fait rien.» M\u201c® Blanchette-Lamothe rétorque que le NPD désire plutôt mettre en place un système qui ne lait pas que divulguer les dépenses, mais s\u2019assurer que celles-ci sont légitimes.Patrick Brown n\u2019a aucune tâche reliée à l\u2019QNU.Député de la circonscription ontarienne de Barrie depuis 2006, il siège au Comité parlementaire de la citoyenneté et de l\u2019immigration, ainsi qu\u2019à celui de Injustice.Le Devoir Espionnage et lobbying : pas de quoi fouetter un chat HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le double emploi de l\u2019ex-mi-nistre conservateur Chuck Strahl, qui est à la fois grand patron du comité de surveillance des services de renseignement canadien et lobbyiste pour En-bridge, ne dérange pas les spécialistes des questions de sécurité.Rien dans son rôle de président du CSARS ne lui confère un avantage qu\u2019il pourrait mettre au profit de la pétrolière.Le Vancouver Observer a révélé au cours des derniers jours que factuel patron du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) s\u2019est inscrit au registre des lobbyistes de la Colombie-Britannique le 6 décembre dernier.D\u2019ici le 6 juin prochain.Chuck Strahl entend contacter des titulaires de charges publiques dans la province pour promouvoir le projet de pipeline Northern Gateway.Certains, notamment le Nouveau Parti démocratique et le groupe Démocratie en surveillance, y ont vu un conflit éthique.Une des prédécesseurs de M.Strahl ne voit, au contraire, aucun problème.L\u2019avocate Paule Gauthier a présidé le CSARS de 1996 Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 à 2005.(Elle a été remplacée par l\u2019oncologue Arthur Porter, tombé en disgrâce depuis, puis par M.Strahl.) «Il n\u2019y a rien dans le travail [de président du CSARS] qu\u2019il peut prendre à son avantage», soutient M® Gauthier en entrevue avec Ix Devoir.S\u2019il y a un conflit d\u2019intérêts, dit-elle, «je ne le vois pas du tout».Tout au plus reconnaît-elle que le poste confère à son titulaire une certaine notoriété qui peut peut-être faciliter l\u2019obtention de certaines rencontres ministérielles, mais sans plus.Elle souligne que la présidence du CSARS est un poste à temps partiel qui n\u2019interdit pas la poursuite d\u2019activités professionnelles.Pas d\u2019accès quotidien Le CSARS veille à ce que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), l\u2019agence d\u2019espionnage canadienne, agisse correctement.Sa porte-parole confirme que tous les membres du comité de direction y siègent à temps partiel et ont d\u2019autres occupations.Rien n\u2019interdit le lobbying expressément.Même son de cloche de la part du professeur de l\u2019Université d\u2019Qttawa Wesley Wark, spécialisé dans les questions de renseignement de sécurité.«M.Strahl n\u2019aurait pas accès sur une base routinière aux rapports de renseignement du SCRS», explique-t-il par courriel.Ce sont plutôt les employés à l\u2019interne qui y auraient accès.«L\u2019apparence de conflit pourrait survenir si le CSARS était appelé à revoir les activités de surveillance des activistes environnementaux du SCRS et s\u2019il semblait minimiser les préoccupations potentielles.Mais cela fait beaucoup de «si» !», conclut M.Wark.M.Strahl n\u2019a pas donné suite aux messages du Devoir.Le Devoir LE DEVOIR, LE MERCREDI 8 JANVIER 2014 A 3 ACTUALITES Aider ses amis Manon CORNELLIER à Ottawa Le ministre des Finances, Jim Flaherty, n\u2019était pas peu fier, dimanche, d\u2019affirmer que le surplus du gouvernement fédéral serait finalement supérieur à ce qu\u2019il avait lui-même anticipé pour 2015-2016.Il n\u2019a pas avancé de chiffres, mais sa mise à jour économique de l\u2019automne avançait celui de 3,6 milliards et en décembre, le directeur parlementaire du budget haussait la barre à 4,6 milliards.De la musique aux oreilles des conservateurs qui cherchent par tous les moyens à relancer leur gouvernement malmené.Ils ont toujours misé sur l\u2019économie et les finances publiques pour redorer leur image, mais il y a davantage en jeu dans cette insistance sur l\u2019équilibre budgétaire.De lui dépend la mise en oeuvre de certaines promesses faites durant la campagne de 2011.Les conservateurs s\u2019étaient alors engagés à doubler le crédit d\u2019impôt pour la condition physique des enfants, d\u2019en créer un pour les adultes, de doubler la limite de cotisation au Compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt (CELI) et, surtout, de permettre aux parents d\u2019enfants mineurs de fractionner leurs revenus aux fins d\u2019impôt.Ces promesses, évaluées à plus de 3 milliards de dollars, ont l\u2019avantage de profiter à la première clientèle que courtisent les conservateurs : les classes moyenne et riche.Car il faut être capable, pour profiter de ces mesures, de payer son inscription ou celle des enfants à des activités sportives, ou encore avoir les moyens de cotiser à un CELL Il en va de même pour la mesure la plus coûteuse et la plus controversée de leur programme : le fractionnement du revenu des familles avec enfants.Les parents ayant deux revenus très inégaux ou n\u2019ayant qu\u2019un seul revenu sont les premiers visés.D\u2019ailleurs, les principaux promoteurs de cette idée citent volontiers le cas des familles où un des parents, généralement une femme, reste à la maison pour prendre soin des enfants.Le fractionnement fonctionne comme suit.On permet au parent ayant le revenu le plus élevé d\u2019en attribuer une partie (jusqu\u2019à concurrence de 50000$) à son conjoint.Il ne s\u2019agit pas d\u2019un transfert financier, mais strictement comptable qui permet, si le conjoint moins nanti paie peu ou pas d\u2019impôt, de réduire le taux d\u2019imposition applicable à la tranche de revenus transférés.Plus l\u2019écart de revenus entre les deux conjoints est important, plus les gains sont alléchants.Cela veut dire, en contrepartie, qu\u2019un chef de famille monoparentale n\u2019obtiendra absolument rien.Pas plus que les familles où les deux parents ont des revenus modestes et sont soumis aux mêmes taux d\u2019imposition.Deux parents ayant des revenus à peu près égaux n\u2019économiseront rien même si leur revenu familial est équivalent à celui de leur voisin, qui n\u2019a qu\u2019un seql revenu et peut le fractionner.À l\u2019automne 2011, l\u2019Institut C.D.Howe s\u2019est penché sur le projet conservateur.Les conclusions de ses chercheurs étaient catégoriques.Les bénéfices de cette mesure seraient largement concentrés entre les mains des couples les mieux nantis et n\u2019ayant qu\u2019un seul revenu.En fait, 40% des retombées iraient aux familles dont le revenu est supérieur à 125000$, avec des gains pouvant atteindre 6400$.Environ la moitié des familles avec enfants, en revanche, économiseraient entre zéro et 500$ par année.Bref, notent les chercheurs, ce sont les couples qui ont déjà les moyens de se priver d\u2019un salaire qui recevraient le plus d\u2019aide pour passer du temps avec leurs enfants.« Une pure aubaine», écrivent-ils, alors que les parents qui auraient le plus besoin de cette aide n\u2019en bénéficieraient pas.Selon eux, d\u2019autres solutions plus équitables sont possibles.Les conservateurs aiment serrer la vis quand il est question de dépenses de programmes, mais ils restent bien silencieux au sujet de ce que le ministère des Finances appelle les dépenses fiscales, soit tous ces allégements fiscaux ciblés.Parce que ce sont des dépenses.Toute largesse, sous forme de déboursés en argent sonnant ou de réduction d\u2019impôts équiva-lapt à une cession de revenus, a un coût pour l\u2019État.Et quand le gouvernement décide de laisser aller 12 milliards de revenus sous la forme d\u2019une réduction de deux points de TPS, cela a un impact sur sa capacité financière.Quand il envisage de renoncer à 2,7 milbards de revenus en permettant aux familles avec enfants de fractionner leur revenu aux fins d\u2019impôt, cela touche l\u2019ensemble des citoyens qui devront peut-être accepter des services réduits ou de nouveaux frais pour éponger la facture.Dans les cas de la TPS et du fractionnement du revenu, on parle de milbards carrément dilapidés puisqu\u2019il s\u2019agit de mesures électorale-ment rentables, mais sans effet de levier économique ou social pour l\u2019ensemble de la collectivité.Ce sont aussi des carcans qui menotteront les futurs gouvernements et limiteront leur capacité de répondre à des crises financière, démographique ou environnementale.Le surplus qui fait saliver les conservateurs doit encore se concrétiser, mais ce qu\u2019ils rêvent d\u2019en faire devrait faire l\u2019objet d\u2019un débat.Un vrai ! Et le plus tôt possible, car l\u2019enjeu est plus que financier.Il s\u2019agit d\u2019un choix de société pour les années à venb.mcornellier@ledevoir.com SYSTEME DE SANTE La facture des congés de maladie explose L\u2019absence des professionnels de la santé a coûté 390 millions en 2012-2013 AMELIE DAOUST-BOISVERT Le nombre d\u2019heures versées en assurance salabe aux employés du réseau de la santé explose.En 2012-2013, problèmes de santé mentale, troubles musculo-squelettiques et autres absences prolongées pour maladie ont totalisé plus de 19 millions d\u2019heures, pour une facture de 389,6 millions de dollars.Loin de se résorber comme le souhaite le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le problème semble hors de contrôle.Ées coûts de l\u2019assurance salaire ont crû de 6,1% en un an, pour une augmentation de 4,6% du nombre d\u2019heures réclamées.Depuis 2003-2004, le nombre d\u2019heures payées en assurance sa-labe a augmenté de 24%, pendant que les coûts grimpaient de plus de 50%.Ces données figurent dans un rapport déposé en décembre sur le site Web du MSSS.Aucune région n\u2019a atteint les objectifs fixés par Québec l\u2019an dernier.Le Nord-du-Québec, la Côte-Nord et Laval sont ceux qui s\u2019en éloignent le plus, alors que la Gaspésie, la Capitale-Nationale et le Saguenay-Lac-Saint-Jean s\u2019en rapprochent.Pour l\u2019année financière se terminant en mars, rien ne laisse présager une embellie.Pour les six premiers mois de l\u2019année financière en cours (avril à septembre 2013), près de 9 millions d\u2019heures en assurance salaire ont été versées.Un emploi qui rend malade Ils tombent malades en nous soignant.Le tiers des employés absents souffre d\u2019un problème de santé mentale \u2014 expliquant de plus de 40% des coûts de l\u2019assurance salaire.Les troubles mus- {{ On a un problème de détresse psychologique et c\u2019est très clair }} Régine Laurent, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé culo-squelettiques représentent eux un peu plus du quart des cas.Les problèmes de santé mentale sont plus fréquents chez les 30-39 ans, mais ce sont les 50 ans et plus qui ont le plus souvent besoin de l\u2019assurance salaire.Les infirmières auxiliaires, les préposés aux bénéficiaires et les métiers (plombiers, électriciens.) sont les branches où les réclamations sont les plus fréquentes.Pendant que les cadres, les techniciens, les professionnels et les travailleurs sociaux sont les moins touchés, toutes proportions gardées.La présidente du plus grand syndicat infirmier, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), est catégorique: «On a un problème de détresse psychologique et c\u2019est très clair», dit Régine Laurent.Pour elle, la pression pour diminuer les coûts des soins, l\u2019optimisation et l\u2019augmentation de la cadence de travail sont à blâmer, tant pour les dépressions que pour les blessures physiques.«Il faut arrêter d\u2019avoir cette vision comptable, ce sont des humains qui soignent des humains», rappelle M\u201c® Laurent, inquiète.CSST Elle ajoute que lorsque les absents ne sont pas remplacés par souci d\u2019économie ou faute de personnel disponible, les employés restants subissent une pression supplémentaire qui peut aussi les rendre malades ou les amener à se blesser, en soulevant seuls des patients par exemple.M\u201c® Laurent suggère que le réseau de la santé soit désigné prioritaire pour la CSST, ce qui donnerait un levier de prévention supplémentaire.«Il y a une progression constante, la détresse augmente, mais d\u2019un autre côté, on demande aux travailleurs du réseau d\u2019augmenter la cadence.C\u2019est contradictoire», souligne Guy Lo-rion, de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).Le MSSS a mis sur pied un comité, dont les syndicats ont appris l\u2019existence par le rapport de décembre.Ils demandent à y siéger pour trouver des «solutions communes».Le Devoir X JACQUES NADEAU LE DEVOIR La situation actuelle est loin d\u2019être comparable à celle qui prévalait en 2009, où le gouvernement priait la population de se faire vacciner.Une saison grippale « tout à fait normale », dit la DSP MELANIE LOISEL On vit une saison grippale tout à fait normale», a d\u2019abord lancé le directeur national de santé publique, le docteur Horacio Ar-ruda, mardi après-midi, lors d\u2019un point de presse.Depuis quelques jours, des cas du virus HlNl ont été rapportés au Québec, dont une quarantaine en Estrie.Mais la situation est loin d\u2019être alarmante.«Même si on parle du HlNl, on n\u2019est pas en situation de pandémie», tient à dire le D\"^ Ar-ruda qui explique qu\u2019on peut parler de pandémie uniquement lorsqu\u2019un nouveau virus fait son apparition dans le monde et que la population n\u2019est pas encore immunisée, comme ce fut le cas en 2009.Cette fois-ci, le virus HlNl est bien connu des autorités médicales.Cette souche de grippe était même attendue et prévisible.« On l\u2019a introduit dans le vaccin, on prévoyait que le virus circule ici comme ailleurs au Canada», note le D\"^ Arruda qui affirme que l\u2019on compte, chaque année au Québec, environ 300 morts liés au virus de la grippe et des milliers d\u2019hospitalisations.Jusqu\u2019à présent, des dizaines de cas ont été répertoriés alors que l\u2019activité grippale a commencé au début décembre.La tendance est depuis à la hausse, mais le pic n\u2019a pas encore été atteint.« On s\u2019attend à ce que le pic soit à la fin janvier, mi-février et même un peu plus tard», précise le D\"^ Arruda.Vaccination gratuite Il n\u2019est donc pas encore trop tard pour que les personnes à risque se fassent vacciner, dit le directeur national de santé publique.Les autorités rappellent que les enfants de 6 à 23 mois, les femmes enceintes en bonne santé au deuxième ou troisième trimestre de leur grossesse, les personnes ayant une maladie chronique, les personnes de 60 ans et plus, les travailleurs oeuvrant auprès des enfants et des personnes à risque peuvent gratuitement se faire vacciner.Le D\"^ Arruda affirme que la vaccination demeure le meilleur moyen de se prémunir contre le virus de la grippe.«Il reste encore des vaccins et on va s\u2019assurer que les gens à risque peuvent recevoir leur vaccin avant le pic», af-firme-t-il en ajoutant que l\u2019offre de vaccins sera ajustée au cours des prochaines semaines et que le nombre de doses devrait suffire à la demande.Le Devoir Harper encore pris à partie Vancouver \u2014 Environ 100 manifestants ont bloqué l\u2019accès à l\u2019entrée d\u2019un bâtiment où le premier ministre Stephen Harper devait rencontrer les partisans du Parti conservateur sur l\u2019île de Vancouver, mardi.Plusieurs d\u2019entre eux brandissaient des affiches sur lesquelles on pouvait lire des slogans antigouvernementaux.Ils critiquaient notamment la position du gouvernement fédéral dans les dossiers des changements climatiques et du projet d\u2019oléoduc Northern Gateway, en Colombie-Britannique.Déjà, lundi, deux militants écologistes s\u2019étaient gbssés sur la scène où M.Harper répondait aux questions de l\u2019assistance lors d\u2019une présentation devant la Chambre de commerce de Vancouver.La pobce de Vancouver a déclaré que le duo ne serait pas accusé, bien que l\u2019affaire ait suscité des interrogations sur la manière dont des manifestants avaient réussi à se trouver aussi près du premier ministre sans être inquiétés.La Presse eanadienne Un train déraille an N.-B.Plaster Rock \u2014 Plusieurs maisons de la petite municipalité de Plaster Rock, au Nouveau-Brunswick, ont été évacuées mardi soir après le déraillement d\u2019un train de marchandises.Une partie du convoi aurait pris feu après avoir quitté les rails.L\u2019ampleur de l\u2019incendie n\u2019était pas encore déterminée, et il était impossible de dire si l\u2019accident avait fait des blessés au moment de mettre sous presse.Selon les responsables des mesures d\u2019urgence de la municipalité, seulement quelques wagons \u2014 dont le contenu est inconnu \u2014 ont déraillé.Le train a quitté les rails à quelques kilomètres du village dans un secteur boisé avoisinant une rue.Les maisons qui se trouvent dans ce secteur ont toutes été évacuées.La Presse eanadienne A 4 LE DEVOIR LE MERCREDI JANVIER 2014 ACTUALITES Découverte de nouveaux composés cancérigènes issus de la combustion Ces éléments sont des centaines de fois plus mutagènes que les composés produits lors de la cuisson d\u2019aliments sur le gril PAULINE GRAVEL Des chercheurs de FUniversité de l\u2019Oregon ont mis en évidence l\u2019existence de nouveaux composés cancérigènes qui sont produits lors de réactions chimiques survenant dans les pots d\u2019échappement des voitures et lors de la cuisson de viande sur le gril.Ces composés chimiques seraient des centaines de fois plus mutagènes que leurs proches parents, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), qui sont produits lors de la combustion ayant lieu dans les poêles à bois, les moteurs d\u2019automobile, les centrales électriques au charbon, voire dans les cigarettes, et dont on connaît déjà le pouvoir carcinogène.Les chercheurs de l\u2019Oregon ont découvert ces nouveaux composés en laboratoire, alors qu\u2019ils procédaient à des expériences reproduisant les conditions de combustion dans les pots d\u2019échappement de voitures et sur les viandes que l\u2019on fait griller au-dessus de la flamme.Ce sont les réactions chimiques entre l\u2019azote et les HAP qui ont conduit à l\u2019apparition de nouveaux HAP azotés jusque-là inconnus.«Nos modèles numériques prédisaient l\u2019existence de ces nouveaux composés.Nous avons alors effectué des expériences de laboratoire pour vérifier qu\u2019ils se formaient bien, et nous les avons ensuite synthétisés pour en tester la mutagénicité [le pouvoir de provoquer des mutations dans l\u2019ADN des cellules].Nous nous apprêtons maintenant à les rechercher dans l\u2019environnement où nous croyons qu\u2019ils sont présents », précise en entrevue téléphonique Staci Simonich, professeur de chimie et de toxicologie au Collège des sciences de l\u2019agriculture de l\u2019Université de l\u2019Etat de l\u2019Oregon.Ces composés participeraient ainsi au pouvoir cancérigène de la pollution de l\u2019air, comme le décrétait l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) l\u2019automne dernier.Toxicité Les analyses de mutagénicité effectuées par l\u2019équipe de Simonich ont montré que les HAP contenant un groupe azoté étaient de 6 à 432 fois plus mutagènes que leur composé (HAP) apparenté.Ceux présentant deux groupes azotés l\u2019étaient de 272 à 467 fois plus.Les chercheurs ajoutent même que les résultats de ces tests pourraient bien sous-estimer la toxicité de ces composés.L\u2019équipe de Staci Simonich projette maintenant de vérifier s\u2019il y a en effet synthèse de ces nouveaux HAP azotés sur les viandes cuites sur le gril.«Certains HAP azotés ont déjà été observés dans les gaz d\u2019échappement et sur les grillades, mais pas ceux que nous avons découverts, qui n\u2019ont jamais été recherchés car nous ne les connaissions pas», souligne la chercheuse qui est l\u2019auteure principale d\u2019un article, publié dans le journal Environmental Science and Technology, relatant cette découverte.« Ces composés ne se forment qu\u2019en présence de nitrite [NO2] ou de nitrate [NO3] qui sont souvent présents dans les pots d\u2019échappement.De plus, certains types de viande contiennent des nitrates, qui pourraient ainsi favoriser leur production dans certaines conditions de cuisson que nous tenterons de déterminer.» Le Devoir SCOTT OLSON/GETTY IMAGES/AGENCE ERANCE-PRESSE La promenade glacée de la North Avenue Beach à Chicago, sur le hord du lac Michigan Le vortex polaire pour les nuis Ce phénomène est en cause dans les caprices météorologiques des derniers jours en Amérique du Nord MELANIE LOISEL Le « vortex polaire», c\u2019est l\u2019expression à la mode depuis quelque^ jours au pays comme aux Etats-Unis.Ce phénomène météorologique, appelé en bon français «tourbillon polaire » ou « tourbillon circumpolaire», est le grand responsable des vagues de froid que nous subissons depuis le début de l\u2019hiver.C\u2019est lui qui a fait chuter les températures en dessous des -25 ° C et qui donnait une impression de -40 en tenant compte du facteur de refroidissement éolien dans plusieurs régions du Québec.Encore aujourd\u2019hui, mercredi, les températures seront glaciales sur l\u2019ensemble de la province.«Le vortex polaire est une grande dépression, plus ou moins stable, étendue sur tout le pôle Nord, qui contient une grosse masse d\u2019air froid», explique André Cantin, météorologue à Environnement Canada.«A la fin décembre, le vortex polaire s\u2019est déplacé sur le nord de la baie d\u2019Hudson.Comme il est plus au sud que d\u2019habitude, il y a des vents du nord qui nous amènent de l\u2019air extrêmement froid», poursuit-il.Vivement le week-end Bien que ce phénomène ne soit pas exceptionnel, cet air froid s\u2019est rendp pour une rare fois jusqu\u2019aux Etats-Unis.Nos voisins américains n\u2019ont pas connu des températures aussi froides, du Minnesota à la Géorgie, depuis plus de 20 ans.La température ressentie au Montana a notamment été de -53, et de -5 dans le nord de la Eloride.Les Snowbirds québécois n\u2019auront pas réussi à fuir complètement l\u2019hiver cette année.Un record de froid a même été battu à New York.11 a fait -15,5 ° C à midi à Central Park.Du jamais vu depuis 118 ans! Près d\u2019une cinquantaine de villes américaines ont d\u2019ailleurs battu des records de froid, dont Philadelphie qui a enregistré un -15,5 °C.«C\u2019est normal d\u2019avoir au moins une vague de froid par année.Mais ce qui caractérise le vortex polaire, c\u2019est que cette masse d\u2019air froid est persistante et quand elle est aussi basse, on peut connaître pendant l\u2019hiver plus d\u2019une vague de froid qui dure habituellement quelques jours, comme c\u2019est le cas cette année», explique Pierre Gauthier, professeur en science de l\u2019atmosphère à l\u2019Université du Québec à Montréal.«Mais ce vortex polaire se défait au printemps et se replace en quelque sorte au pôle Nord, dans son milieu naturel», ajoute-t-il.Selon Environnement Canada, les effets du vortex polaire se feront déjà un peu moins sentir vendredi.Les températures vont remonter au Québec, et la fin de semaine devrait être beaucoup plus clémente.«C\u2019est difficile de prévoir le déplacement du vortex polaire, mais nous voyons qu\u2019il a tendance à s\u2019affaiblir et à remonter un peu plus vers les Territoires du Nord-Ouest», indique M.Cantin.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir Des centaines d\u2019avions clonés an sol an Canada Le froid extrême, causé par ce fameux vortex polaire, a créé bien des perturbations dans les aéroports du pays.Mardi matin, tous les vols qui devaient atterrir à l\u2019aéroport international Pearson à Toronto ont été annulés.La température ressentie dans la métropole canadienne était de -40 aux aurores.Vers 10 h, le service a tout de même re- pris, mais les voyageurs ont dû faire preuve de patience.La plupart des vols ont été retardés ou carrément annulés.Des centaines de vols ont été annulés à Pearson.Les autorités aéroportuaires ont expliqué que le froid extrême risquait de geler les équipements et que le personnel ne pouvait pas rester de longues heures à l\u2019extérieur.Mais le mal était fait.Dans la majorité des aéroports du pays, dont celui de Montréal, les voyageurs ont été obligés d\u2019attendre de longues heures pour leur vol ou pour trouver un autre vol.De nombreux passagers ont manqué leur correspondance, ce qui a causé bien des casse-têtes aux compagnies aériennes.La Presse eanadienne FRANCE Premiers interdits contre Dieudonné Le spectacle de l\u2019humoriste controversé est proscrit à Nantes INDALECIO ALVAREZ à Paris Ly étau s\u2019est resserré mardi en Prance autour ' du comédien controversé Dieudonné, plusieurs fois condamné pour antisémitisme, son spectacle ayant été interdit à Nantes, où il devait commencer jeudi sa tournée, et devant l\u2019êtfe dans d\u2019autres villes.À Nantes, le préfet, représentant de l\u2019Etat, a signé ipardi un «arrêté d\u2019interdiction» du spectacle.À Bordeaux, Tours, Orléans, les maires ont pris les devants et annoncé leur décision d\u2019interdire à Dieudonné de se produire dans leur ville.Le président Prançois Hollande a appelé les préfets à se montrer «inflexibles [.] face à l\u2019antisémitisme, face aux troubles à l\u2019ordre public que suscitent des provocations indignes, face aux humiliations que représentent les discriminations».Une circulaire aux préfets du ministre de l\u2019Intérieur Manuel Valls a précisé lundi dans quel contexte il était selon lui possible d\u2019interdire ce spectacle : outre des risques de troubles graves à l\u2019ordre public, il faut notamment qu\u2019il ne relève pas d\u2019un « dérapage ponctuel qu\u2019expliquerait la libre création artistique» ou qu\u2019il soit susceptible «d\u2019affecter le respect dû à la dignité de la personne humaine».L\u2019avocat de Dieudonné a déjà assuré que son client «agirait immédiatement» contre toute interdiction.«Bien sûr, il y aura référé», a indiqué à l\u2019AEP M® Jacques Verdier, en rappelant avoir déjà gagné sur ce terrain:,les tribunaux administratifs et le Conseil d\u2019Etat ont annulé une quinzaine d\u2019arrêtés d\u2019interdiction visant Dieu-donné ces dernières années, au nom du respect de la liberté d\u2019expression.Sanjay Mirabeau, un autre avocat de l\u2019humoriste, a assuré au micro de RTL que Dieudonné «sera sur scène jeudi soir à Nantes».Le comédien avait déjà fait savoir qu\u2019il déposerait des recours contre ces mesures et qu\u2019il comptait saisir la Cour de justice de la République (CJR, habilitée à juger les ministres dans l\u2019exercice de leur fonction) «à la suite des accusations attentatoires à l\u2019honneur et à la considération » tenues par M.Valls à son encontre.Le comédien s\u2019attire par de violentes sorties antisémites et racistes, plusieurs fois sanctionnées par la justice, un public friand de transgressions : 5000 billets ont été vendus pour le seul spectacle de Nantes.Agence France-Presse Projet Montréal dévoile son cabinet fantôme Le chef de l\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal, Richard Bergeron, a présenté son cabinet fantôme et distribué des responsabibtés à chacun des 28 élus de Projet Montréal.M.Bergeron s\u2019occupera lui-même des dossiers du 375® anniversaire de Montréal, du développement économique et de la Société de transport de Montréal (STM).Le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau, sera le porte-parole de l\u2019opposition dans les dossiers de l\u2019urbanisme, de la réforme administrative et du Système rapide par bus (SRB) Pie-IK, alors que le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, s\u2019occupera du mont Royal, du financement des arrondissements et du stationnement.Le conseiller Marc-André Ga-doury hérite de l\u2019un des dossiers chers au maire Denis Coderre, la Ville intelligente.Le Devoir AVIS LEGAUX ET APPELS D\u2019OEERES Sudoku par Fabien Savary 4\t3\t\t\t\t\t1\t6\t \t\t8\t\t7\t\t3\t5\t \t6\t\t1\t4\t\t9\t\t \t\t7\t\t8\t\t\t\t \t\t\t\t\t2\t\t1\t8 2\t8\t\t\t\t\t4\t\t \t\t\t9\t3\t\t\t\t5 8\t\t4\t\t\t\t7\t2\t \t\t\t4\t\t\t\t\t Niveau de difficulté : DIFFICILE 2575 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier numéro 4\t3\t2\t1\t8\t5\t6\t7\t9 6\t9\t1\t3\t7\t2\t8\t4\t5 7\tfl\t5\tfl\tfl\t4\tfl\t2\t1 3\t2\t7\t9\t6\t8\t5\t1\t4 1\t5\t9\t4\t2\t3\t7\t6\t8 fj\t4\tfl\tfl\t1\t7\tfl\t3\t2 5\t7\t4\t2\t3\t9\t1\t8\t6 9\t1\t8\t7\t4\t6\t2\t5\t3 .2.\t.2.\t.2.\t.a.\t.5.\tL\tA.\t.2.\t 2572 SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE TERREBONNE NO 700-17-010333-135 COUR SUPERIEURE (Chambre civile) ANDRÉ TAILLEFER, Demandeur, c.CHRISTIANE JOACHIM, STACEY GOODING, LUU HIEN THAN, HOANG KHIEM NGUYEN, PHI DIEP KHEO, AMY OANH LUU, MA PHU SON, AL LINH LAM, LE PHAN HOANG, MINH VINH, YVON LEBRUN, FRANCE LEBRUN, YVON GAUTHIER, JOCELYNE LALANCETTE GAUTHIER, PIERRE ROCHON, DIANE GRAVEL, CLAUDE BOISVERT, SYLVAIN LEGARE, DAVID LESSARD, GUY LAURIN, CAROLE JASMIN, FÉLIX HURTIBISE CONTANT, GILLES D\u2019AMOURS, ANDRE LUC DUMAIS, NICOLAS BOUCHARD, MICHEL BONNEAU, JEAN-FRANÇOIS LAURIN, MANON DUMONT, GUY MARTEL, DANIEL COLETTE, SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES SDC 500 CH.DES FRÊNES PIEDMONT, FRANCIS GAGNON, SYNDICAT DES COPROPRIÉTAIRES LES PIEDMONTAISES et DOMINIQUE VADEBONCOEUR, Defendeurs, et LISE GRONDINES et L\u2019OFFICIER DE LA PUBLICITE DES DROITS DE LA CIRCONSCRIPTION FONCIÈRE DE TERREBONNE, Mis-en-cause PAR ORDRE DU TRIBUNAL ¦ Avis est donne aux defendeurs que la requête introductive d\u2019instance amendée du demandeur en radiation d\u2019une inscription sur le registre foncier selon les articles 3063 C c Q, 804 C.p c et 70 L FI sera presentee devant le tribunal le 14 février 2014, a 9h00 en salle B-1.04 du Palais de justice de Saint-Jerôme situe au 25 De Martigny Ouest, a St-Jerôme, Qc Soyez aussi avises que des copies de ladite requête introductive d instance amendée et de l\u2019avis aux defendeurs ont ete laissées au greffe a leur intention VEUILLEZ AGIR EN CONSEQUENCE St-Jerôme le 3 janvier 2014 MARILYSE LEDUC GREFFIERE-ADJOINTE Af Ronald Rodrigue 30, De Martigny Ouest, suite 210 Saint-Jerôme (Quebec) J7Y 2E9 Tel et Fax 450-438-5383 Courriel r rodrigue@bellnet ca Procureur CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE MONTREAL NO 500-22-208631-138 COUR DU QUEBEC (Chambre civile) BANQUE DE MONTRÉAL Demanderesse c YOUSSRA MISSAOUI, domicile inconnu Defendeur c BOAZ LANGMAN Défendeur ASSIGNATION fart.139 C.p.c.) PAR ORDRE DU TRIBUNAL : AVIS est donne a YOUSSRA MISSAOUI que la demanderesse a depose au greffe de la Cour du district de Montreal une requête introductive d\u2019instance Une copie de cette requête et de l\u2019avis au co-defendeur YOUSSRA MISSAOUI ont ete laisses a I intention du co-defendeur, au greffe du tribunal, au palais de justice de Montreal, situe au 1, rue Notre-Dame Est, en la ville de Montreal (Quebec) H2Y 1B6, salle 1 120 II est ordonne au co-defendeur YOUSSRA MISSAOUI de comparaître dans un delai de trente (30) jours de la publication de la présente ordonnance A defaut de comparaître dans ce delai, un jugement par defaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis des I expiration de ce delai Soyez aussi avise que la requête introductive d\u2019instance sera presentee pour decision devant le tribunal le 12 février 2014 à 9 heures, en la salle 2 06 du palais de justice de Montreal À Montreal, le 27 décembre 2013 NATHALIE LECLERC GREFFIERE ADJOINTE CiTJ Les petits frères des Pauvres La famille des personnes âgées seules 1.866.627.8653 CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE MONTREAL CAUSE NO 500-22-208670-144 COUR DU QUEBEC (Chambre civile) CRISTINA MARIA DI SIENA Demanderesse ROBERT AYOTTE Defendeur ASSIGNATION ORDRE est donne a ROBERT AYOTTE de comparaître au greffe de cette cour situe au 1 rue Notre-Dame Est Montreal Quebec, dans les 30 jours de la publication du present avis dans le journal LE DEVOIR A defeut de comparaître dans ce delai un jugement par defaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis des l\u2019expiration de ce delai.Soyez avise que la présente REQUÊTE INTRODUCTIVE D\u2019INSTANCE, AVIS A LA PARTIE DEFENDERESSE, DEMANDE DE TRANSFERT RELATIVE A UNE PETITE CREANCE et PIECES P-1 A P-6 sera presentee pour decision devant le tribunal le 17 février 2014, a 9h, en salle 2 06, au palais de justice de Montreal Une copie de fa procedure décrite ci-dessus a ete laissée au greffe de cette cour a l\u2019intention de ROBERT AYOTTE Montreal, le 6 janvier 2014 NATHALIE LECLERC GREFFIER ADJOINT (Q) Oxfam Québec 514.937.1614 1.877.937.1614 www.oxfam.qc.ca AVIS DE LA PREMIERE ASSEMBLÉE (Article 102(4) de la Loi) Dans l'affaire de la faillite de.9129-9859 QUÉBEC INC.et LES MODES LT.TANG INC.Avis est par les présentes donné que la faillite de 9129-9859 QUÉBEC INC.et LES MODES L.T.TANG INC., 9067, boul Pierre de Coubertin, Montréal, Quebec, est survenue le 23* jour de décembre 2013, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 14* jour de janvier 2014 à 13:00 heures, au Bureau de Repentigny, 579A, rue Notre Dame, bureau 101, Repentigny, Quebec Daté à Repentigny, Quebec S\u2019 jour de janvier 2014 PIERRE ROY & ASSOCIÉS INC., Syndic 579-A, rue Notre-Dame Bureau 101, Repentigny (Québec) J6A7L4 Tél.: (450) 654-1441 Téléc.: (450) 654-6280 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis de la clôture de l\u2019in-ventaire des biens de la succession de Heidi Lily BUECHIN, en son vivant domicilié au 36 rue Cambridge, Hudson, Qc, JOP 1H0, décédée le 18 mai 2013, lequel inventaire peut être consulté par les intéressés a l\u2019étude de la notaire soussignée au 61 Cameron, Bureau 220, Hudson, Québec, JOP 1H0 (tél 450-458-0007) Me Kim Isings, notaire AVIS est par les présentes donné qu\u2019en vertu des dispositions de la Loi sur les compagnies (Québec), La compagnie de pulpe de Jonquiere / The Jonquiere Pulp Company, s\u2019adressera au Registraire des entreprises du Québec afin que sa dissolution soit acceptée et que la date soit fixée a compter de laquelle la compagnie sera dissoute Montréal, province de Québec, le 19 décembre 2013 Les procureurs de la compagnie, STIKEMAN ELLIQTT AVIS A TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution.AVIS LEGAUX & APPELS D'OFFRES HEURES DE TOMBEE Les réservations doivent être faites avant16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12h00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16h00 le vendredi 514-985-3344 Fqx\u2018 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevolr.com/servlces-et-annonces/avls-publlcs www.ledevolr.com/servlces-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com porter raffinée sur toute la ligne Emballez-vous ! 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A 6 LE DEVOIR LE MERCREDI JANVIER 2014 EDITORIAL CROISSANCE DE L\u2019INSECURITE ALIMENTAIRE Retour du fléau Au Canada, aux Etats-Unis et aux quatre coins de l\u2019Europe on a observé au cours des douze derniers mois une expansion de la pauvreté.À preuve, la progression prononcée du nombre de personnes, en majorité des femmes, qui ont recours aux banques alimentaires parce qu\u2019elles ne parviennent pas à joindre les deux bouts.D Serge Truffaut ans une étude communiquée avant la période des Fêtes, Statistique Canada souligne que 1,1 million de ménages, ou 8,3% des familles, sont confrontés à l\u2019insécurité alimentaire.Cet organisme précise également, voire surtout, que les principales victimes de ce qu\u2019il faut bien appeler un fléau sont des femmes et des enfants.Fait digne de mention, ce constat a été rendu public en même temps que la publication d\u2019autres rapports qui confirment qu\u2019aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, la fréquentation des réseaux de charité alimentaire a évolué à un rythme qui a métamorphosé l\u2019année 2013 en l\u2019année des records.Les plus sombres, il va sans dire.Signe d\u2019une époque percluse d\u2019adversités économiques, en France, le réseau des Restes du cœur a une fois encore agité les carillons de l\u2019alarme alimentaire plus tôt que prévu car il estimait qu\u2019au-delà d\u2019un million de personnes fréquenteraient ses entrepôts.En tout, en France, le nombre de bénéficiaires de l\u2019aide alimentaire a atteint les 3,5 millions.Au Royaume-Uni, les organisations \u201e\tcomme Trussel Trust ou Real Aid ont réalisé au \\\t_ ^ ' cours des dernières années que leurs objectifs \"\tavaient été détournés.Fondées pour venir en aide, entre autres choses, aux pays africains aux prises avec la famine, voilà que ces deux organisations accordent 80%, sinon plus, de matières alimentées aux citoyens britanniques.Aux Etats-Unis, le tableau est le suivant : on calcule que 46 millions d\u2019Américains ont un revenu à peine suffisant; 1,7 million de ménages vivent avec moins de 2 $ par jour ; l\u2019assurance-chômage combinée aux timbres alimentaires permet à des millions d\u2019individus de survivre et non de vivre; 30% des mères seules sont en fait des pauvres.Quoi d\u2019autre?Les Noirs sont de plus loin les principales victimes de cette lèpre financière confirmant de fait combien le racisme s\u2019est institutionnalisé.Quoi d\u2019autre (bis) ?La misère est en fait si répandue que l\u2019on convient désormais que les programmes introduits par Franklin Roosevelt et Lyndon B.Johnson s\u2019avèrent des solutions partielles.Mais des.Mais des Etats-Unis nous parviennent également des études qui mettent en relief les causes qui sont à l\u2019origine de ce qu\u2019il faut bien nommer une tragédie.Toujours est-il que la croissance emegistrée au cours des trente dernières années ne s\u2019est jamais répercutée sur les salaires.En fait, 95% des bénéfices de la reprise, pour ne pas dire des diverses reprises, ont été captés par le 1% des plus riches.Rien n\u2019illustre mieux ce dernier facteur que l\u2019évolution du salaire minimum : en dollars constants il a baissé, baissé, baissé.Le rabotage des moyens financiers découlant du travail a pris une telle ampleur, en bout de course, qu\u2019il a fait dire à Barack Qbama que «l\u2019inégalité était le défi de notre temps».Espérons que cette fois-ci son chapelet de mots ne sera pas remisé au rayon de la confection des légendes dans laquelle il est passé maître.Cela étanfi cette histoire permet de faire écho à cet exposé de Larry Summers, vétéran des administrations Clinton et Qbama, qui a fait passablement de bruit le mois dernier : si on ne prend pas des mesures propres à doper la demande, alors la stagnation s\u2019installera pour longtemps.En d\u2019autres termes, la déflation salariale ayant passé la frontière de tous les dangers, il faut commander une meilleure répartition des richesses.Ainsi, on parviendra à mettre entre parenthèses cette invention allemande récente et aux effets très pernicieux : la classe des travailleurs pauvres.LE PONT DE QUEBEC NEGLIGE Des « caves » corrosifs A Æ Antoine Robitaille Québec, il y a longtemps que les citoyens se montrent exaspérés de voir un des principaux symboles de leur ville négligé de manière honteuse.En fin de semaine, un couple de Lévis, Georges et Thérèse Lacroix, est allé jusqu\u2019à payer une publicité-choc dans Le Soleil pour exprimer son inquiétude.Paraphrasant Claude Péloquin du Grand Théâtre, ils donnèrent la parole au pont: «Continuez à me délaisser jusqu\u2019à ce que je tombe, bande de caves.» La structure du lien entre les rives nord et sud à Québec est, semble-t-il, moins préoccupante que celle du - pont Champlain à Montréal.Le pont de Qué-% bec, de loin le plus vieux des deux, merveille F d\u2019ingénierie, ne devrait pas s\u2019effondrer une troisième fois (comme en 1907 et en 1916, lors de sa construction).du moins pas à court ^\tterme.Malgré tout, la corrosion le ronge à une vitesse accélérée, comme s\u2019en inquiétait en 2009 la firme Delcan dans un rapport.Le pont Champlain a été affreusement négligé, mais au moins, on savait que le gouvernement fédéral en était responsable.Le pont de Québec, lui, est en quelque sorte orphelin depuis le début d\u2019une déplorable querelle de juridiction dont il fait l\u2019objet.Cédé en 1993 au Canadien National pour 1 $, il a quatre ans plus tard fait l\u2019objet d\u2019une entente de réfection tripartite : le CN mettrait 36 millions ; Québec, 18 millions et le fédéral, 6.Depuis 2005, le programme est suspendu.Raison officielle : explosion des coûts causée par des normes environnementales plus exigeantes.Depuis, c\u2019est l\u2019impasse.Le CN reproche aux gouvernements de ne pas avoir payé leur dû.Le fédéral reproche au CN de ne pas avoir respecté ses obligations contractuelles.Québec est d\u2019accord.Et tout ce monde embauche des armées d\u2019avocats qui luttent vaillamment devant les tribunaux en multipliant les heures facturables.Les procédures furent entamées il y a quelque huit ans.Mais le procès ne commencera que le 5 mai prochain ! Les (ir)responsables ont l\u2019excuse idéale: «On ne peut commenter le dossier, il est devant les tribunaux.» Pendant ce temps, la corrosion fait son œuvre sur le joyau, dont le tiers seulement aura été repeint.L\u2019errem aina été la privatisation de 1993.Déjà, en 2005, la Vérificatrice générale du Canada condamnait celle-ci, soutenant que Transport Canada l\u2019avait mal effectuée.Le fédéral, sans attendre la fin du procès, devrait racheter l\u2019ouvrage et le restaurer comme il le mérite.Il a après tout été désigné «lieu historique national» par le ministère fédéral du Patrimoine il y a près de 20 ans.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET A?RCS LC ï?oBlN ÇÊ5 U\u20ac Po&ÎN VÎS BLoCf .iri KAlLtCi C£nT m\u2019iLLE y ûuiuu T S U loUt-ûl-oS LETTRES Dérèglements climatiques Pendant que l\u2019Quest canadien ^elotte, tout comme le centre des Etats-Unis, aucun climatologue ou météorologue n\u2019osera parler ces jours-ci du réchauffement climatique.S\u2019il est vrai que globalement la température de la Terre augmente, nous souffrons bien davantage de ses dérèglements : le thermomètre est descendu à Montréal en bas de -25 degrés Celsius en décembre; maintenanfi il pleut et il verglace.Le climat est en ménopause ! Insister sur les problèmes du réchauffement climatique amène des effets pervers.II est possible que plusieurs personnes souhaitent en fait que le Québec connaisse des températures plus chaudes permettant d\u2019étendre la saison des barbecues, la culture de la vigne et le temps de la baignade.Qui se préoccupe vraiment des petites îles quî rîsquent de dîsparaître avec la montée des océans ?Bîen sûr, on devraît s\u2019en înquîéter.D\u2019abord, pour évî-ter les souffrances de ces populations, maïs aussî parce que les déplacements des gens quî perdront leurs terres amèneront des tensîons dans les régîons déjà surpeuplées, et des mouvements de réfii-gîés clîmatîques à travers le globe.[.] Alors que parler des dérèglements clîmatîques, cela touche tout le monde, îcî et maîntenant.Donc, puîs-je suggérer un rajustement de vocabulaîre pour promouvoîr une dîmî-nutîon de consommation d\u2019énergîe et de produîts de tout geme afin d\u2019évîter le dérèglement clîmatîque ?Jana Havrankova Saint-Lambert, le 6 janvier 2013 L\u2019itinérant et la maladie mentale Une vîdéo est dîffusée.Une phrase choque, celle d\u2019un polîcîer quî tente de donner une leçon percutante à un sans-abrî avec un tact quî scandalîse.Sur les réseaux socîaux, et malgré le manque de détaîls, les pouces se défient, y compris ceux du maîre Coderre.Suffit-îl de sauter aussî vîte aux conclusîons et de condamner le style d\u2019înterventîon polîcîère ?Suf-fit-îl de proposer à des îtînérants récalcî-trants, souffrant de troubles mentaux, des mesures partielles quî soulagent provîsoî-rement leur mîsère?Dans les cas de grave détresse, notre socîété doît-elle continuer à mîser prîmordîalement sur le court terme quî retourne le sans-abrî à la rue, le replonge înexorablement dans son mauvaîs sort, ou învestîr dans le long terme quî permettraît une réelle prise en charge globale comme îl se doît selon la pathologîe médîcale et socîale assocîée à Î\u2019îndîgence ?Que retenîr de la courte séquence de quelques secondes quî a suscîté l\u2019émoî ?Elle me rappelle tant d\u2019exemples dont j\u2019aî été témoîn dans des stations de métro, au centre-vîlle, dans un coîn de parc ou d\u2019un quartier de Montréal.Icî comme dans d\u2019autres grandes vîlles.Chaque foîs, je me demande s\u2019îl s\u2019agît au fond du résultat de la désînstitutionnalîsatîon en santé mentale quî grève aînsî des malades non soî-gnés convenablement errant dans la zone urbaîne sans soutien familial ni financier.Je ne me sens pas moins impuissante en ne détomnant pas le regard devant la pure misère, en offrant de bon cœur une aumône accompagnée d\u2019un chaleureux sourire, des vêtements à des organismes.[.] Carol Patch-Neveu Montréal, le 6 janvier 2013 Des coquilles vides Jim Coutts, le brillant conseiller de Pierre Elliott Trudeau, décédé la semaine dernière, a laissé une forte analyse politique en héritage.Selon lui, les partis politiques sont devenus des coquilles vides qui ne se battent plus que pour la prochaine élection.Ils ont perdu leurs racines et n\u2019ont gardé que des généralités comme valeurs fondamentales.De brillants politiciens comme Brian Mulroney par exemple ont ainsi raté leur coup.Il manque constamment quelque chose à leur héritage et eux-mêmes ne savent pas comment y remédier.Philippe Couillard aussi a manqué son coup en voulant faire accepter la Constitution de 1982 et étendre le Parti libéral aux régions.Ces plans manquaient totalement de préparation.Pour Coutts, il n\u2019y a plus de bases aux partis, les militants ne savent plus trop pourquoi ils se battent.A cause des moyens modernes de communication, le marketing de leurs partis leur passe largement par-dessus la tête.Et reformuler des valeurs fondamentales semble loin d\u2019être une priorité pour les chefs modernes.Un manque qui finit par affaiblir énormément leur propre renommée politique.Michel Magnant Le 3 janvier 2014 LIBRE OPINION Lobbyiste?Ça dépend.FRANÇOISE BERTRAND Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec Déposé au début du mois de décembre sans recevoir l\u2019attention médiatique qu\u2019il aurait méritée, le rapport du commissaire au lobbyisme fait état d\u2019une iniquité grave au sein de l\u2019actuelle Loi sur la transparence et l\u2019éthique en matière de lobbyisme, dont la portée est circonscrite uniquement aux entreprises et aux QBNL constitués à des fins patronales, syndicales ou professionnelles.La loi, dans sa mouture de 2002, ne tient aucunement compte du large éventail de coalitions et de groupes de pression environnementaux qui se portent à la défense d\u2019intérêts conformément à leur mission sans pour autant être contraints de s\u2019inscrire au registre des lobbyistes.Le rapport du commissaire reconnaît justement l\u2019importance d\u2019encadrer de façon adéquate toute activité de lob-byisme, peu importe par qui elle est effectuée.Dans l\u2019article 1 de la loi, on peut lire clairement qu\u2019«î7 est dans l\u2019intérêt du public que ce dernier puisse savoir qui cherche à exercer une infiuence auprès des institutions ».Groupes environnementaux et groupes de défense économique devraient donc être traités sur un pied d\u2019égalité en raison de leurs actions de pression sur la place publique et auprès des institutions parlementaires, gouvernementales et municipales.Faire autrement signifie cautionner une inégalité dans le traitement, ce qui a ultimement pour effet de renforcer la perception qu\u2019il existe de « bons » et de « mauvais» lobbyistes.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que la Loi fédérale sur le lobbying prévoit déjà, tout comme les lois des provinces de la Colombie-Britannique, fie l\u2019Qntario, de l\u2019Alberta, de la Nouvelle-Ecosse et de Terre-Neuve-et-La-brador.Qu\u2019est-ce qui justifie cette différence au Québec, alors que les principes d\u2019éthique demeurent les mêmes ?Revenons aux lobbyistes, bons ou mauvais qu\u2019ils soient.Il est naif de croire que défendre, au sein des instances gouvernementales, l\u2019impact économique des projets de développement ou défendre la préservation de l\u2019environnement soient deux choses différentes : certes, l\u2019objectif est très différent, mais sur la question qui nous occupe, il s\u2019agit exactement de la même pratique de lobbyisme.Par ailleurs, si des organismes comme la Fédération des chambres de commerce se portent à la défense de leurs membres, permettez-moi de vous rappeler que les groupes environnementaux ne sont pas étrangers aux financements privés pour des fins de défense publique.Tout récemment, un reportage de la journaliste Vivian Krause {«New U.S.funding for the war on Canadian oil».Financial Post, le 29 novembre 2013) met d\u2019ailleurs en lumière une subvention de plusieurs millions de dollars de la part d\u2019une fondation pour inciter des groupes d\u2019activistes et des organisations environnementales au Canada, aux Etats-Unis et en Europe à créer une barrière au développement des hydrocarbures au Canada.Deux organisations québécoises bien connues dans ce lot ont aussi bénéficié de généreuses contributions qui devaient être consacrées à la défense des intérêts de leur généreux contributeur, soit à s\u2019opposer en commission parlementaire et sur la place publique aux projets de pipelines et d\u2019exploitation de sables bitumineux.Pendant ce temps-là, la Fédération se trouvait sur les mêmes places publiques pour défendre les positions inverses, en étant tout le long inscrite en bonne et due forme au registre des lobbyistes.Pourquoi cette distinction alors que la pratique est la même ?Nous avons tous avantage à respecter de hauts standards en matière d\u2019éthique et de transparence, peu importe les intérêts que nous défendons.La nouvelle loi devrait tenir compte de cette discrimination et la corriger, organisme à vocation économique ou environnementale qu\u2019on soit: nous défendons tous, à notre manière, la cause du développement du Québec. LE DEVOIR LE MERCREDI JANVIER 2014 A 7 IDEES Vidéo sur l\u2019itinérant et le policier Réactions disproportionnées, mais problème réel La violence policière actuelle prend sa source dans la fameuse théorie de la « vitre cassée » ADIS SIMIDZIJA Auteur de la vidéo et étudiant à la maîtrise en sociologie à l\u2019UdeM OMAR AZZABI Juriste international a vidéo de ritinérant et du policier a fait le tour de la Toile et des médias de masse.Plusieurs débats ont été déclenchés à la suite de la parution de cette vidéo où l\u2019on voit le policier menacer un itinérant.Que faut-il en retenir?Nous désirons ici faire le point sur ladite vidéo et les raisons qui nous ont poussés à publier celle-ci sur les réseaux sociaux, geste que nous avons fait sans nous douter de la portée qu\u2019il allait avoir.Dans un premier temps, nous voulons montrer du doigt un problème de société qui se veut malheureux et qu\u2019on relègue aux oubliettes dans notre routine quotidienne, c\u2019est-à-dire l\u2019injustice que les populations marginalisées affrontent tous les jours.La classification sociale regroupe des personnes et les divise en deux catégories de citoyens: «citoyens de seconde zone» et «citoyens exemplaires».11 n\u2019en demeure pas moins qu\u2019avec la conjoncture économique et ce qu\u2019on appelle en sociologie la «gentrification » des quartiers pauvres, l\u2019itinérance gonfle à une vitesse inacceptable.Plan d\u2019action pour les plus démunis 11 y a donc ce problème qui se pose à nous : alors que plusieurs organismes exigent la construction de logements sociaux, puisque les prix des loyers dans la métropole augmentent à vue d\u2019œil, on construit des condos de luxe dans des quartiers défavorisés.Le maire de Montréal, Denis Coderre, veut faire de Montréal une ville internationalement respectée.Pour ce faire, il doit absolument définir un plan d\u2019action pour les plus démunis de cette ville.11 nous a répété, à la suite de la diffusion de la vidéo, que la lutte contre l\u2019itinérance est une priorité pour lui.Et il a tenu à nous rappeler à quel point, tout au long de sa carrière politique, il avait été proche des gens.De notre côté, nous n\u2019allons le croire que lorsqu\u2019il y aura des résultats et des propositions concrètes qui ne se limitent pas aux 140 caractères sur Twitter.Le deuxième problème qui se pose à nous, visible dans cette vidéo de 51 secondes, c\u2019est CAPTURE D\u2019ECRAN La vidéo du jeune itinérant et du poiicier a fait ie tour de ia Toiie.le rapport entre les policiers et les itinérants.Rappelons-nous ici que, dans les années 1980, le criminologue George L.Kelling et le politologue James Q.Wilson ont développé la théorie de la «broken window» («vitre cassée »).Celle-ci, essentiellement, prétend que, pour éradiquer la criminalité à une plus grande échelle, les gouvernements doivent mettre en place un plan radical de répression intensive dans les espaces où les petits délits sont commis.Cette théorie a grandement été popularisée par la Ville de New York dans les années 1990 et a influencé tous les services de police dans les métropoles mondiales, dont Montréal.Ici, pour le bien de l\u2019analyse, faisons abstraction de ladite vidéo afin de nous pencher sur un sérieux problème, c\u2019est-à-dire l\u2019appel à la répression comme outil privilégié dans la lutte contre l\u2019itinérance et les marginalités.Ce qui en résulte, ce n\u2019est pas un problème individuel, c\u2019est un problème de société.Celui-ci découle non pas du zèle d\u2019un individu, mais de la culture, non seulement policière, mais sociétale, d\u2019une génération qui prône la violence comme outil de dissuasion massive.On nous rappelait, dans un rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qu\u2019au Québec, on n\u2019échappe pas à cette doctrine criminalisant des populations marginalisées puisque, «depuis environ cinq ans, le SPVM tend à faire de la lutte contre les incivilités et autres désordres urbains un objectif stratégique prioritaire ».Le désordre urbain est ici causé dans la plupart des cas par les itinérants.Comment les policiers s\u2019y prennent-ils le plus souvent pour dissuader ces individus dans le besoin?En usant de violence.11 ne s\u2019agit pas de faire sensation dans le cas présent, mais de rappeler que la violence ne se limite pas à la seule violence physique.Répression orientée C\u2019est justement le troisième point que nous voulons ici soulever.Certains ont tenté de banaliser la violence qu\u2019on pouvait observer dans la vidéo.Nous faisons référence évidemment ici au chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé, qui a préféré développer son idée de façon admirablement métaphorique, mais qui perd la raison en cautionnant l\u2019attitude policière : « C\u2019est ce qu\u2019on voit ici.On voit un flic essayer de convaincre un poqué de la vie de cesser un comportement qui est nocif pour lui-même, d\u2019abord et avant tout.Rentre au chaud.Pis arrête d\u2019achaler le monde, sinon je vais me fâcher.» C\u2019est exactement ce à quoi on faisait référence en parlant de l\u2019influence de la théorie de la «vitre cassée».Une répression orientée; mais qui reste une répression et conduit à une violence inouïe qu\u2019on banalise trop souvent, mais qui est pourtant la plus répandue dans les rapports entre les policiers et les itinérants.Le débat est lancé et se poursuivra à l\u2019Assemblée nationale.Espérons qu\u2019il aboutira à des résultats favorables dans la recherche de solutions afin d\u2019encadrer le phénomène.C\u2019est une bonne chose de dénoncer le comportement d\u2019un individu en position de pouvoir qui en abuse, mais la vraie question est de savoir comment on peut non seulement aider les itinérants, mais aussi ces individus en uniforme qui se retrouvent avec peu d\u2019outils à leur disposition et une formation inadéquate pour faire face à ce genre de situations.Zéro marge d\u2019erreur NATHALIE GRAVEL Enseignante en techniques policières au collège de Maisonneuve et consultante indépendante en management organisationnel t si on créait des robots pour agir comme policiers ?Pas de congé de maladie ou de maternité, pas d\u2019heure de lunch à prévoir, pas de vacances à payer.Un bris?Qn change la pièce défectueuse et on reprend le boulot, ni vu ni connu.Sûrement des économies à faire pour les organisations policières, en ces temps de fortes compressions budgétaires.Mais, attendez.Qui souhaiterait avoir affaire à des robots policiers lorsqu\u2019on compose le 911?Personne, bien entendu.Qn a besoin d\u2019humains, capables de ce qu\u2019un robot ne pourra jamais offrir à une société : savoir agir avec empathie, humanité et nuance, être capable de vibrer émotivement face à la détresse humaine, aux réactions traumatiques événementielles.Mais aussi capable de faire preuve d\u2019autorité, d\u2019user avec discernement du pouvoir discrétionnaire que lui accordent certaines législations, voire d\u2019agir de façon répressive lorsque nécessaire.Et heureusement.Si ma meilleure amie, votre sœur, notre grand-père ou votre enfant est un jour victime de violence familiale, d\u2019agression sexuelle, d\u2019intimidation ou de négligence, nous espérons qu\u2019un être humain se présentera, en uniforme, et qu\u2019il saura écouter, soutenir, faire preuve de compassion, d\u2019empathie, de flexibilité.Qu\u2019il saura au besoin conseiller, rassurer, guider, diriger.Aucun robot ne peut offrir à notre société ce que des milliers de policiers lui offrent chaque jour : un rapport humain sensible, adapté aux circonstances et professionnel.Faute policière Mais les humains commettent aussi des erreurs.Dans nos vies personnelles et professionnelles, nous manquons tous parfois d\u2019empathie, de patience, de nuance, de tolérance, de jugement, de recul, d\u2019objectivité, de réserve.Nous sommes humains, après tout, n\u2019est-ce pas ?Cependant, celles et ceux qui adoptent le métier de policier savent pertinemment, dès leurs premières heures de formation, que la ^ 7M\u2019 a- ¦\t- \\ BENJAMIN SHINGLER LA PRESSE CANADIENNE Celles et ceux qui adoptent le métier de policier savent pertinemment, dès leurs premières heures de formation, que la marge d\u2019erreur qu\u2019on leur octroiera socialement est pratiquement nulle.marge d\u2019erreur qu\u2019on leur octroiera socialement est pratiquement nulle.Je fais ici référence à une véritable marge d\u2019erreur, cet espace plus ou moins étendu où il est possible, voire permis, de commettre une faute sans réelle conséquence, pour soi comme pour autrui.11 n\u2019existe pas vraiment de zone manœuvrable pour la faute policière.Pourquoi?Parce que ce métier de hautes responsabilités et de grandes exigences en est aussi un de haut pouvoir, de forts privilèges, de puissante symbolique autoritaire et sociale.Mesdames et messieurs qui nous servez et nous protégez.voici l\u2019implacable destin de la profession que vous avez sciemment et librement choisie : celui d\u2019une inexistante marge d\u2019erreur.C\u2019est parfois injuste, souvent irréaliste, presque toujours incohérent avec les exigences croisées du boulot au quotidien, mais c\u2019est la fatalité du métier de policier.Rien ni personne ne pourra y changer quoi que ce soit, c\u2019est comme ça.En somme, vous incarnez le plus kafkaïen des paradoxes : notre société souhaite des policiers humains ET infaillibles.Conséquemment, des humains plus que parfaitement humains.Piles non comprises.Bob Ford, le culotté Francine Pelletier J y ai développé une fascination pour l\u2019improbable maire de Toronto, Rob Pord.A l\u2019instar des chaînes télévisées américaines, je ne peux plus m\u2019en passer.Pas seulement parce qu\u2019il est plus gros que nature, imprévisible, grotesque par moments, attendrissant par d\u2019autres, mais parce que 70 jours après l\u2019éclatement du scandale le concernant, il est non seulement toujours là, Rob Pord, dépouillé de la majorité de ses fonctions, au moment où l\u2019on se parle, il a l\u2019intention de se présenter à nouveau.Mieux, il a l\u2019intention de gagner.«Je suis prête à lui donner une deuxième chance», a dit Peggy Hudson, une des «irréductibles » venus serrer la pince du maire lors de la réception du jour de l\u2019An.C\u2019est une tradition inspirée, dit-on, de Louis XIV qui, lui, recevait ses sujets (mâles seulement) à son chevet, question de se montrer quelque peu disponible le premier et sans doute seul jour de l\u2019année.Pour l\u2019occasion, le maire Pord portait son gros collier plaqué or et tenait une tasse où on pouvait lire : b)tay calm and carry on (Car-dez votre calme et poursui- poussé la vez vos activités).\t, «On croit qu\u2019il peut se res- délinquance, saisir, personnellement et pro- ,\t.fessionnellement», ajoutait sans-gene, M\u201c® Hudson.Le lendemain,\tnitrerie Rob Pord étonnait tout le\t^ monde en soumettant, le pre- aussi loin?mier, sa candidature pour les élections municipales en octobre.Je ne suis sans doute pas la seule qui s\u2019est défait la mâchoire cette journée-là.Comme d\u2019autres, j\u2019étais convaincue que Jes jours du roi d\u2019Etobicoke étaient comptés.À partir du moment où la police révélait l\u2019existence de la fameuse vidéo le montrant fumant du crack, comment pouvait-il survivre à un tel déshonneur?Pord avait beau crâner, s\u2019excuser, verser dans le trémolo, ce n\u2019était plus qu\u2019une question de temps.Mais c\u2019était sans compter sur les talents de prestidigitateur de Rob Ford.Bien sûr, il suffirait que la police porte des accusations contre lui pour que son château de cartes s\u2019effondre.Ça peut encore arriver, le chef Blair n\u2019a pas dit son dernier mot, mais en attendant, Ford est en train de créer une nouvelle façon d\u2019exercer le pouvoir.Et c\u2019est précisément ce qui me fascine.Après tout, le pouvoir, dans cet hémisphère tout au moins, est exercé par les gens qui savent se tenir, tout le contraire de Rob Ford.Jusqu\u2019à récemment, il y avait un mode d\u2019emploi strict pour accéder au pouvoir.11 fallait être 1- homme, 2- Blanc, 3- propriétaire, 4- de profession libérale.Ces quatre conditions assuraient la respectabilité et la crédibilité de l\u2019individu, et souvent son élection.Bien que les temps aient changé, la formule persiste aujourd\u2019hui environ 70% du temps.Rob Ford, lui, se fait un malin plaisir de montrer qu\u2019il n\u2019est justement pas sorti d\u2019une université ou d\u2019un bureau d\u2019avocats.11 se fout éperdument de suivre les codes de conduite d\u2019usage.11 est {\u2019outsider par excellence, l\u2019hérétique venu venger le «little guy» longtemps méprisé par les élites de tout acabit, le Lone Ranger qui ne fait qu\u2019à sa tête.Pied de nez Ford n\u2019est pas un homme d\u2019idées; sa gestion de la ville se limite à ne pas augmenter les taxes et à ajouter des rames de métro.Mais il a compris une chose essentielle : dans la grande région métropolitaine, il y a suffisamment de gens comme lui qui n\u2019en ont rien à cirer, de plans d\u2019urbanisme ou de festival international de films, qui veulent que la ville fonctionne, un point c\u2019est tout, et qui ne demandent rien de mieux que de faire un pied de nez à l\u2019intelligentsia.J\u2019ai habité six ans à Toronto.C\u2019était peu de temps avant que Rob Ford prenne le pouvoir.Personne à ce moment-là n\u2019aurait imaginé la Ville reine dirigée par un Gros-Jean comme devant, ayant des accointances avec le monde de la drogue par-dessus le marché.Impensable ! Toronto se distingue par sa propreté et son opulence, mais aussi par ses aspirations d\u2019être « world-class ».Ford, une espèce de Tea Party à lui tout seul, n\u2019est certainement pas dans la même catégorie.Bien que ce qu\u2019il incarne n\u2019est pas nouveau \u2014 on voit le même refus des règles et de J\u2019élite chez les membres du Tea Party aux Etats-Unis \u2014, la façon dont Ford s\u2019y prend l\u2019est tout à fait.Quel élu aura poussé la délinquance, le sans-gêne, la pitrerie aussi loin ?En 1863, John A.MacDonald, un des Pères de la Confédération, un homme qui aimait prendre un coup, aurait vomi en plein discours électoral.Ça ne s\u2019oublie pas.Bien qu\u2019un brin éméché par moments, John A.était par ailleurs un homme politique assez convenu pour l\u2019époque.Ce n\u2019est pas le cas de Rob Ford, dont les frasques comportent des démêlés avec la justice, ce qui semble peu affecter la popularité du maire pour l\u2019instant.Jusqu\u2019où la revanche des rustres ira-t-elle à Toronto?Just watch him.fpelletier@ledevoir.com L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (edttonahste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (cancatunste), information générale : Isabelle Pare {chef de division), Carohne Montpetit (affaires sociales), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amelie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Melame Loisel et Karl Rettino-ParazeUi (reporters), information politique Marco Fortier (chef de division), Michel 'Daw\\d(chroniqueur), Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Robert Dutrisac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), information culturelle Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et François Levesque (reporters), Juhe Carpentier (pupitre), information économique Gerard Berube (chef de division), Marco Belair-Cirmo, François Desjardins et Eric Desrosiers {reporters), Gerald DaUaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editonale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Eohe-Boivm et Louis Gagne (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Erappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier et Genevieve Tremblay (assistantes) , correction : Andre^ne Bedard, Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Elorence Eerraris (commis) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Momque Bherer (Ottawa), 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administrative), Claudine Chevner, Elorentina Draghici, Cehne Euroy et Veromque Page A8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 8 JANVIER 2014 ACTUALITES GOLFE SUITE DE LA PAGE 1 ment à l\u2019intérieur des structures géologiques de ces deux secteurs et qu\u2019aucune analyse des données spécifiquement détenues par le gouvernement du Québec n\u2019a été faite», souligne toutefois le gouvernement.L\u2019entreprise qui sera retenue devra donc analyser les données des relevés sismiques déjà réalisés «au début des années 1970 ainsi qu\u2019en 1998 et en 2002» et qui lui seront fournies par le MRN.«Des rapports techniques sur des puits d\u2019exploration pétroliers et gaziers, forés en périphérie de ces zones, seront aussi transmis au prestataire de services.» Le MRN a décidé de clore l\u2019appel d\u2019offres le 21 janvier, et les conclusions devront être remises au plus tard le 15 avril.Il s\u2019agit d\u2019un contrat évalué, pour le moment, entre 200 000$ et 300000$.S\u2019il était prévisible que Québec cherche à en connaître davantage en ce qui a trait à la structure Old Harry, le secteur du banc des Américains n\u2019a jamais été évoqué auparavant, selon Sylvain Archambault, biologiste à la Société pour la nature et les parcs.Cette zone maritime est située tout juste à l\u2019est de la pointe de la Gaspésie.Elle est d\u2019une superficie de 1050 km^.La limite sud-ouest du secteur se situe juste à côté du parc national de l\u2019île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé.La limite nord-ouest se trouve tout prés du parc national Forillon.Zone de protection marine ?Le lancement de cet appel d\u2019offres est d\u2019autant plus étonnant que le gouvernement fédéral étudie présentement la possibilité de faire du banc des Américains une zone de protection marine en vertu de la Loi sur les océans.Ottawa s\u2019est en fait fixé comme objectif de désigner 10% des eaux canadiennes comme aires marines protégées d\u2019ici 2020.Au Québec, seuls deux sites sont dans la mire du fé- déral, soit une zone qui entoure les iles de la Madeleine et le banc des Américains.« Ce site est caractérisé par la diversité de ses habitats, par la présence permanente ou saisonnière de nombreuses espèces à valeur commerciale et de baleines, par la présence d\u2019espèces en péril et par une grande diversité de mollusques et crustacés, précise d\u2019ailleurs Pêches et Océans Canada.Ce site a aussi un grand potentiel comme aire d\u2019alimentation pour différentes espèces de poissons et de mammifères marins et comme refuge pour les populations de poissons de fond actuellement en déclin, incluant le stock de morues du sud du golfe.Historiquement, ce secteur était très convoité pour la pêche.» «La mise en place d\u2019une zone de protection marine dans ce secteur favoriserait la productivité et la diversité des espèces dont plusieurs à valeur commerciale et le rétablissement des espèces en péril qui fréquentent ce site particulier», ajoute Pêches et Océans Canada sur son site Web.Pour Sylvain Archambault, la décision de Québec d\u2019évaluer le potentiel économique des énergies fossiles qui pourraient se trouver au fond du golfe du Saint-Laurent est donc insensée.«Cet appel d\u2019offres pour une étude de potentiel pétrolier sur un projet d\u2019aire marine protégée est d\u2019autant plus révoltant que le Québec n\u2019a présentement aucun milieu marin protégé dans le golfe», insiste-t-il.Oui aux hydrocarbures Québec n\u2019a jamais caché son préjugé favorable envers l\u2019exploration et l\u2019exploitation des ressources fossiles en milieu marin.La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouel-let, a d\u2019ailleurs promis en septembre d\u2019étudier davantage le «volet économique » lié à l\u2019exploitation d\u2019éventuelles ressources pétrolières et gazières.Le rapport d\u2019évaluation environnementale stratégique commandé par le gouvernement a cependant mis en lumière le fait que Québec connait mal le golfe du Saint-Laurent et serait inapte à répondre à un déversement pé- Zone marine à prota Gaspé \u2022 Québec golfe du Saint-Laurent 1 Percé \u2022 / l L.banc des Américains île Bonaventure Nouveau-Brunswick trolier qui surviendrait en raison de l\u2019exploitation d\u2019énergie fossile en milieu marin.Ce document de plus de 800 pages souligne qu\u2019il demeure «plusieurs lacunes» dans l\u2019état actuel des connaissances sur le golfe.Les carences concernent les technologies d\u2019exploration et d\u2019exploitation, les composantes des milieux physique, biologique et humain, ainsi que les «effets environnementaux potentiels des activités d\u2019exploration et d\u2019exploitation, ainsi que des déversements accidentels».On ignore par exemple comment récupérer du pétrole «lorsqu\u2019il y a présence de glace».On connait relativement peu de chose des «courants et de l\u2019évolution de ceux-ci en fonc- Zone à protéger Le banc des Américains est un écosystème riche et fragile que le fédéral songe à désigner comme «zone de protection marine».D\u2019APRES UNE CARTE DE PÊCHES ET OCEANS CANADA tion des changements climatiques».Et dans le contexte actuel, marqué par de vives inquiétudes, les auteurs du rapport estiment en outre que «l\u2019acceptabilité sociale d\u2019une éventuelle exploration et exploitation des hydrocarbures en milieu marin n\u2019est pas acquise».Le Québec n\u2019a par ailleurs pas de loi concernant l\u2019exploration et l\u2019exploitation des hydrocarbures.Un projet de loi pourrait être présenté cet hiver.La ministre Martine Ouellet n\u2019était pas disponible mardi pour discuter avec Le Devoir de l\u2019appel d\u2019offres lancé par le gouvernement.Le Devoir VIDEO SUITE DE LA PAGE 1 ble de 2012.Il dit avoir reçu \u2014 et contesté \u2014 quatre contraventions reçues en lien avec des manifestations contre le fameux règlement P-6 et contre la hausse des droits de scolarité.Lorsqu\u2019il a vu un policier interpeller un itinérant sur le trottoir, par une journée glaciale la semaine dernière, Adis Simidzija n\u2019a pas hésité : il a sorti son téléphone et a commencé à filmer.La vidéo montre un itinérant vêtu de bermudas et d\u2019un t-shirt, près du métro Jean-Talon.Un policier lui demande de cesser de mendier et d\u2019aller se protéger du froid à l\u2019intérieur, sans quoi il «l\u2019attachera à un poteau».Tensions entre policiers et marginaux Pour Adis Simidzija, cette vidéo confirme les relations malsaines entre la police et les marginaux.De toute évidence, le policier ne sait plus quoi faire pour ramener à la raison cet homme visiblement troublé.Les menaces en apparence banales du policier démontrent que le SPVM s\u2019y prend bien mal pour lutter contre les «incivilités» et les «désordres urbains» attribués aux itinérants, selon Adis Simidzija.D\u2019après lui, l\u2019action de la police n\u2019a rien de banal et s\u2019inspire de la théorie de la «vitre cassée», appliquée par l\u2019exmaire de New York Rudolph Giuliani dans les années 90 : «Pour éradiquer la criminalité à une plus grande échelle, les gouvernements doivent mettre en place un plan radical de répression intensive des espaces où les petits délits sont commis», écrit Adis Simidzija dans une lettre transmise au Devoir.Il dit souhaiter que l\u2019itinérance devienne une «priorité nationale».La Ville et les gouvernements devraient investir massivement dans les logements sociaux, dans les services sociaux et s\u2019assurer que des travailleurs de rue peuvent aider les itinérants.On \u2019OL/CF JACQUES NADEAU LE DEVOIR Adis Simidzija, l\u2019étudiant à la maîtrise en sociologie qui a réalisé la vidéo montrant un policier interpellant un itinérant de manière menaçante la semaine dernière.demande aux policiers d\u2019agir comme des travailleurs sociaux, note Adis Simidzija, alors qu\u2019ils sont formés pour combattre la criminalité.Trop de contraventions «Il y a encore trop de contraventions qui sont remises à des itinérants, surtout dans le métro», renchérit Bernard St-Jacques, organisateur communautaire au Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itiné- À Montréal, une moyenne de 6000 contraventions par année ont été remises à des itinérants entre 2006 et 2010 rantes de Montréal (RAPSIM).Une moyenne de 6000 contraventions par année ont été remises à des itinérants entre 2006 et 2010, selon une enquête de l\u2019École de service social de l\u2019Université de Montréal.Pour la seule année 2010, 6562 constats d\u2019infraction ont été donnés, dont 61,8% dans le métro.Plus de 70% des infractions constatées dans le métro concernent la tentative d\u2019obtenir un voyage sans payer, le fait de fumer ou d\u2019être couché sur les bancs, souligne l\u2019étude.Quant aux constats d\u2019infraction liés à des règlements municipaux, ils tou- chent surtout la consommation sur la voie publique, le flâ-nage et la présence dans les parcs en dehors des heures d\u2019ouverture.Signe d\u2019espoir, les itinérants ne vont plus en prison depuis 2004 pour des amendes impayées à Montréal, souligne Bernard St-Jacques.« Ça ne devrait pas être nécessairement juste des policiers qui font des interventions auprès des personnes itinérantes», dit Marjolaine Despars, coordonnatrice adjointe au RAPSIM.Elle rappelle que le milieu communautaire et des services sociaux attend avec impatience la nouvelle politique québécoise sur l\u2019itinérance, qui doit être présentée à la fin du mois de janvier par le gouvernement Marois.Une équipe d\u2019intervention mixte, qui regroupe des policiers du SPVM et des travailleurs sociaux du centre-ville, donne des résultats prometteurs, selon elle.Cette Équipe mobile de référence et d\u2019intervention en itinérance (EMRII), créée en 2009, adopte «une approche intéressante, mais qui ne s\u2019est malheureusement pas répandue à l\u2019ensemble du corps policier», dit Maijolaine Despars.Le Devoir Rectificatif Dans notre édition du 3 janvier, la chronique Restes intitulée «Lumières clignotantes sur la ville» comportait une erreur de date.Il aurait fallu lire «le 23 février» plutôt que «le 26 février» pour l\u2019événement «Paryse pour un soir) à Montréal en lumière.Nos excuses.BIRMANIE SUITE DE LA PAGE 1 de l\u2019ex-général et président «réformiste» Thein Sein annonçait la libération de 200 prisonniers politiques et l\u2019adoption d\u2019une loi autorisant les syndicats et le droit de grève.Ces nouvelles mesures d\u2019ouverture ont obnubilé la presse internationale, mais moins médiatisée fut la décision prise au même moment de lever les restrictions sur l\u2019importation de véhicules neufs et usagés \u2014 ce qui a instantanément fait chuter les prix.Le ministère du Commerce évalue à 220 000 le nombre de véhicules importés depuis, dopant surtout pour l\u2019instant le marché de l\u2019usager (Toyota est dominante), le prix d\u2019une voiture neuve demeurant hors de portée (prix de base d\u2019une Ford Explorer: 105000dollars).Les cinq millions d\u2019habitants de la métropole du pays, capitale sans l\u2019être depuis que les généraux ont officiellement déménagé le siège du pouvoir en 2005 à Naypyitaw, ville isolée et construite de toutes pièces, vivent donc leurs premiers embouteillages, mi-inquiets mi-amu-sés, l\u2019air de ne vraiment pas savoir ce qui les attend.Mais c\u2019est encore une ville qui, par comparaison au reste de l\u2019Asie, vit à une époque antédiluvienne.La ville demeure belle, verte, tranquille et respirable \u2014 un calme relatif auquel l\u2019interdiction des motos n\u2019est pas étrangère.Mais pour combien de temps?Ét faut-il absolument qu\u2019elle devienne une autre Bangkok?Terrain vierge Pour avoir enfermé dans sa coquille la Birmanie, rebaptisée Myanmar en 1989, les généraux-ermites se sont trouvés à faire en sorte que Yangon, dont la population va à peu près doubler d\u2019ici vingt ans, est aujourd\u2019hui un terrain vierge dont il serait possible de faire quelque chose de révolutionnaire en matière de développement durable : contrôle de la circulation automobile avant qu\u2019elle ne se mette à gangrener le tissu urbain, amélioration des transports en commun, aménagement de pistes cyclables, mise en valeur du vieux train circulaire, construit par les Britanniques, qui fait le tour de la ville à sa périphérie, régulation du développement immobilier.Installée sur le pourtour du delta de l\u2019Irra-waddy, Rangoon fut sous les Britanniques la «petite Calcutta».Le guide Évasion (éditions Hachette) en fait une bien jolie description, préférant faire le parallèle avec Mumbai, la métropole indienne : «À bien des égards, Yangon rappelle Bombay avec ses architectures victoriennes, ses nuées de choucas qui croassent, le soir, dans les bosquets des monastères, mais surtout parce qu\u2019elles sont toutes les deux des villes-entonnoirs, éventail de banlieues nord s\u2019écoulant vers l\u2019activité des ports.» Autour de l\u2019aéroport international, au nord, des rizières à perte de vue.Au sud de l\u2019extraordinaire pagode Shweda-gon, les larges avenues du centre-ville, au plan quadrillé, sont bordées d\u2019édifices coloniaux abi-més que les promoteurs immobiliers ne demandent pas mieux que de raser pour les remplacer par des immeubles à bureaux et à condos.Sauver les meubles Le Yangon Heritage Trust, une association créée il y a seulement un an et demi, fait de va- leureux efforts pour préserver l\u2019architecture historique, mais c\u2019est un «gros défi», avoue son président et fondateur, Thant Myint-U, Américain de naissance.Yangon est la ville du sud-est asiatique abritant le plus grand nombre d\u2019immeubles coloniaux, pour la bonne raison que Bangkok, Singapour et Jakarta ont démoli les leurs.Un comité municipal en a répertorié près de 200 et Thant Myint espère pouvoir protéger «les 30 ou 40 principaux».Il faudrait une loi sur l\u2019héritage urbain, dit-il en entrevue à la revue The Irrawaddy, «mais cela prendra des années, je pçnse».Ce qui risque donc d\u2019arriver trop tard.A défaut, affirme-t-il, «il faudrait qu\u2019on nous appuie publiquement avec beaucoup plus de conviction».Héritage culturel?L\u2019économie de marché fonce dans une tout autre direction, à voir le boom immobilier qui se produit à Yangon.De fait, le pouvoir et une bonne partie de la population sont au même diapason : le souci de préserver les signes de l\u2019occupation britannique ne s\u2019impose pas d\u2019emblée aux consciences.Plutôt le contraire.La tendance est à vouloir les effacer pour n\u2019en conserver que quelques-uns, sur Maha Bandoola Street, à des fins touristiques.Touche pas à mon char Très pressants, ensuite, sont les besoins en infrastructures : système sanitaire, eau potable, transports collectifs, électricité.«Naypyitaw, c\u2019est le paradis, ironise à moitié un ami birman, avec de l\u2019électricité 24 heures sur 24.» Aussi, le gouvernement municipal planche sur un plan de développement urbain sur 25 ans en étroite collaboration avec l\u2019Agence japonaise de coopération internationale QICA).«Le Japon a vécu dans les années 1970 et 1980 une urbanisation rapide, couplée à une dégradation environnementale, affirme Akihito Sanjo, haut responsable de la JICA au Myanmar.Nous avons pensé que notre expérience pourrait leur être utile.» Èn espérant, bien entendu, que cette collaboration apportera de l\u2019eau de contrats aux moulins japonais.L\u2019urgence est «très, très grande», dit-il, en matière de gestion des déchets et de traitement des eaux usées.Mais à brève échéance, affirmait-il dans une entrevue, la priorité est à l\u2019amélioration du système désuet d\u2019autobus, que les habitants de Yangon utilisent massivement, et au développement du réseau routier.Avec le résultat que les autorités se sont lancées dans la construction d\u2019un grand nombre de sauts-de-mouton.L\u2019intention à plus long terme est de rénover le périphérique ferroviaire.«Évidemment, signale M.Sanjo, nous leur avons également fait valoir qu\u2019une façon de réduire les embouteillages serait de contrôler l\u2019accès des voitures à la ville.Mais ça, c\u2019est une solution dont elles n\u2019ont pas voulu entendre parler.» Le Devoir Notre collaborateur s\u2019est rendu en touriste cet automne en Birmanie, sans s\u2019identifier comme journaliste.D\u2019où le recours à un pseudonyme pour la rédaction de cette série.Si le pays s\u2019ouvre, le commun des reporters étrangers n\u2019y est pas vraiment le bienvenu pour autant.Fausse identité aussi par souci de prémunir les gens qu\u2019il a croisés sur le terrain et ceux avec qui il a voyagé contre d\u2019éventuels ennuis.La Birmanie demeure, jusqu\u2019à nouvel ordre, un État plus militaire que démocratique.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O'\" étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GO sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 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