Le devoir, 5 novembre 2013, Cahier A
[" EDlTlOMTRES SPÉCIALE EN & 5 100% oessiNËE À LA main/ Mee DES CRAYOMS/ ^^oSjoj^aoXl Vol.C I V N» 2 5 1 LE DEVOIR, LE MARDI 5 NOVEMBRE 2013 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ FTQ : Arsenault jette l\u2019éponge Contesté, le président ne se représentera pas, mais il désigne un candidat à sa succession MELANIE LOISEL Le temps est venu d\u2019accrocher mes patins», a lancé Michel Arsenault après avoir annoncé, lundi après-midi, qu\u2019il quittait la présidence de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et celle du conseil d\u2019administration du Fonds de solidarité.Depuis quelques mois et même quelques années, le président de la plus grande centrale syndicale du Québec se trouvait sur un terrain pour le moins glissant.En 2009, son séjour sur le bateau de l\u2019entrepreneur Tony Accurso avait fait grand bruit dans les médias.Plus récemment, la Sûreté du Québec a confirmé qu\u2019elle l\u2019avait mis sur écoute électronique.Et ces derniers jours, sa réputation a été malmenée à la suite d\u2019une série de révélations à la commission Charbonneau.Michel Arsenault reconnaît que la tempête médiatique dans laquelle il se trouve actuelle- VOIR PAGE A 8 : ARSENAULT Lire aussi > L\u2019éditoriai de Josée Boiieau : Un nouveau départ?Page A 6 La chronique de Michei David : Les liaisons dangereuses.Page A 3 Tony Accurso et Jean Lavaiiée auraient pesé lourd à la FTQ.Page A 2 Marois se défend au sujet de ses rencontres privées avec Arsenault.Page A 8 ILLUSTRATION PHILIPPE GIRARD Michel Arsenault Aujourd\u2019hui Actualités > Le gouvernement Marois a tort de se tourner vers le pétrole, dit David Suzuki dans un entretien accordé au Devoir.Page A 5 Faute de collaboration du gouvernement, le vérificateur général du Québec ne pourra produire son rapport cet automne.Page A 5 Avis légaux.Décès.Météo Mots croisés Petites annonces.Sudoku.B6 B4 B4 A4 B4 B2 Déjà des mises en garde à Coderre L\u2019appui des maires d\u2019Anjou, de Lachine et de LaSalle ne sera pas automatique JEANNE CORRIVEAU Minoritaire au conseil municipal, le nouveau maire de Montréal, Denis Coderre, ne pourra tenir pour acquis l\u2019appui des maires des anciennes banlieues élus sous leur propre bannière.Même s\u2019ils sont disposés à collaborer avec M.Coderre, les maires d\u2019Anjou, de Lachine et de LaSalle n\u2019envisagent pas de conclure d\u2019alliance avec lui et évalueront leur soutien à la pièce.Denis Coderre n\u2019a pas obtenu les 33 sièges qui lui auraient permis d\u2019assurer sa majorité au conseil municipal.Son équipe détiendra 27 sièges contre 20 pour Projet Montréal, 6 pour Coabtion Montréal et 4 pour le parti de Mélanie Joly Le nouveau conseil municipal comptera aussi 7 membres de partis locaux et un élu indépendant.Moins de 24 heures après son élection, Denis Coderre a tendu la main aux partis d\u2019opposition.« On a intérêt à s\u2019entendre et à travailler ensemble», a-t-il dit.«J\u2019ai plusieurs options.Je ne suis VOIR PAGE A 8 : CODERRE Lire aussi > Richard Bergeron réfléchit à son avenir.Page A 3 toütAtis INDEPENDANT \\\\\\v PHIUPPE âRARD ILLUSTRATION PHILIPPE GIRARD La bande dessinée entre au musée EABIEN DEGLISE La sortie du cadre a tout pour être remarquée.Ce mardi, avec tambours et trompettes, la bande dessinée québécoise fait son entrée au musée.Par la grande porte, pour le coup.Le scénario est original: 45 bédéistes, dont Jean-Paul Eid, Patrick Doyon, Rémy Simard, Leif Tande ou Isabelle Arsenault \u2014 pour ne citer qu\u2019eux \u2014 ont été invités par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) à mettre leurs univers dessinés en harmonie avec 45 œuvres qu\u2019ils ont choisies dans la collection permanente de l\u2019institution muséale.Ce croisement d\u2019univers, qui place entre autres Michel Rabagliati face à Miré, Marsi face à Alex Col-ville ou Réal Godbout face à Marc-Aurèle Fortin, vise à souligner, avec originalité, les «C\u2019est une consécration, mais [.] il y a encore beaucoup de chemin à faire parcourir au 9® art», dit Réal Godbout 45 ans d\u2019existence de la maison d\u2019édition La Pastèque.En se déplaçant des planches imprimées à celles du parquet des salles d\u2019exposition du MBAM, l\u2019univers du jeune éditeur, dont la contribution au 9® art a été exemplaire, voit donc les contours d\u2019une reconnaissance passer d\u2019un simple crayonné à un trait plus dense, à l\u2019encre de Chine.Mais il y a plus, cette consécration vient également marquer l\u2019histoire, en clamant haut et fort que la bande dessinée du Québec est désormais tout sauf un art mineur, et que ses mondes de «bonshommes», comme on disait dans le temps, mis en cases et en bulles dans les dernières années, ont finalement leru place au même étage que les Barry Flanagan, Serge Lemoyne, Sylvia Daoust, Jean-Paul Lemieux et les autres.VOIR PAGE A 8 : BÉDÉ 77831303443145 A 2 LE DEVOIR, LE MARDI NOVEMBRE 2013 ACTUALITES 14 plumes pour m Devoir tout en bande dessinée Qui a dit que Ton ne pouvait pas jouer d\u2019audace un lendemain d\u2019élections ?Certainement pas l\u2019équipe du Devoir, qui vous étonne aujourd\u2019hui avec une édition historique 100% BD, soulignant l\u2019entrée ce mardi de cet art de plus en plus important au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).En lieu et place des photos habituelles de nos photojournalistes, nous faisons l\u2019actualité en illustrations ce matin, une première pour un quotidien d\u2019ici.Quatorze bédéistes-illustrateurs ont accepté de tenter ce pari haut en couleur, plongeant la plume dans l\u2019encrier pour dessiner les Marois, Coderre et Arsenault.Tout dans cette édition, du début à la fin, est un hommage à la bande dessinée.A sa manière tout aussi audacieuse, le MBAM fête les 15 ans de la maison d\u2019édition Isabelle Arsenault: Illustratrice de Montréal, spécialisée dans les récits pour la jeunesse, elle signe en 2012, avec Fanny BnMyJane, le renard et moi (La Pastèque) qui, depuis, ne cesse de récolter des prix.Guy Delisie: Son regard sensible et amusé sur le quotidien a donné le ton de Shenzhen (L\u2019Association), premier journal publié en 2000.Ses carnets de voyage en Corée du Nord ou en Birmanie ont séduit un public varié.Avec les Chroniques de Jérusalem (Delcourt), il a décroché le prix du meilleur album à An-goulême en 2012.Francis Desharnais : Sa critique sociale portée par Burquette (Les 400 coups) en 2008, petite fille voilée par son père à des fins éducatives, n\u2019est pas passée inaperçue.Chez Pow Pow, il a commis récemment, avec la complicité de Pierre Bouchard, la série loufo-quement rustique Motel Galactic.Jean-Paui Eid : Secret bien gardé de la bédé québécoise, il est le père de Jerome Bigras, ce délirant banlieusard né dans les pages du défunt magazine Croc début 90, mais également un maître du récit consistant qui aime remettre en question les frontières de son art.Michel Falardeau: Dans la couleur et le perfectionnisme, il a créé la série Mertownville (Paquet), mais aussi les univers de Luck (Dargaud) et French Kiss 1986 (Glénat Québec), ses deux dernières créations.Pascal Girard: Adepte du questionnement existentiel et de l\u2019économie du trait, il a mis sa vie en cases dans Nicolas (Mécanique Générale), Paresse (La Pastèque) et plus récemment Conventum (Delcourt).Phiiippe Girard : Auteur qui explore autant la fiction {Rewind), les récits historiques {La mauvaise fille) que la mise en image de son existence (éTuer Velasquez, Les ravins).La visite des morts (Glénat Québec) va bientôt être porté au grand écran.La Pastèque en exposant les œuvres de 15 artistes inspirés par la collection de l\u2019institution.Non seulement cette décision témoigne du dynamisme d\u2019un musée ouvert aux alliages entre diverses formes d\u2019art, mais elle consacre également, à sa façon, la vitalité de la bande dessinée.Pour nous, c\u2019est l\u2019occasion de saluer bien bas le mode d\u2019expression majeur que devient la bande dessinée, notamment au Québec.C\u2019est aussi une façon de dire que l\u2019on peut avoir plus de cent ans, comme Le Devoir, et embrasser avec enthousiasme des projets aussi grands que fous.Bienvenue à la BD en nos pages.Bonne lecture ! Marie-Andrée Chouinard Directrice de l\u2019information Réal Godbout: Vieu routier du 9® art québécois, il a donné naissance avec Pierre Fournier aux personnages Red Ketchup et Michel Risque dans les années 70.Cette année, il signe une adaptation dessinée de L\u2019Amérique, ou le disparu (La Pastèque), roman inachevé de Franz Kafka.Iris et Cathon: Jeune, dynamique et espiègle, ce duo très de son époque explore avec légèreté et humour la condition humaine en dressant régulièrement La liste des choses qui existent (La Pastèque), une aventure qui se dessine autant en ligne que sur du papier.Thierry Labrosse : Avec une plume qui magnifie les galbes, particulièrement ceux des femmes, il a fait frémir des milliers de lecteurs dans sa série Moréa (Soleil) et plus récemment A6 Irato (Vents d\u2019Ouest), un récit de science-fiction qui prend place dans un Montréal aussi lointain qu\u2019incertain.Marsi : Graphiste et illustrateur passé récemment à la bande dessinée, il offre pour le moment avec Miam Miam Fléau (La Pastèque), publié en 2009, une production certes modeste, mais particulièrement remarquée.Michel Rabagliati : On le présente parfois comme le « Michel Tremblay de la bande dessinée», celui qui a donné naissance au «Tintin du Québec».Sa série de romans graphiques Paul est surtout l\u2019un des plus grands succès d\u2019édition dans l\u2019histoire de la bédé québécoise.Zviane: Elle est passée par la musique avant d\u2019arriver à la bande dessinée, et cela s\u2019entend dans chacun de ces romans graphiques souvent intimistes et parfois poétiques.Avec Iris, elle a créé L\u2019Ostie d\u2019chat (Delcourt).Les Deuxièmes (Pow Pow), son dernier album, parle d\u2019attraction des corps sur fond de composition musicale.Le Devoir À écouter > Un reportage sur les coulisses de ce Devoir en BD.A LeDevoir.com flo'éi à la lA\\S3^l er tE prochain capêau PeviNER.^ôCUW ENCORE Pou^\\Ad?f MfliS» Qui CfeôT QUI M'A\tPiûé- ?^ « ILLUSTRATION JEAN PAUL EID COMMISSION CHARBONNEAU Tony Accurso et Jean Lavallée auraient pesé lourd à la FTQ BRIAN MYLES Un syndicaliste, Jean Lavallée, et un entrepreneur ambitieux, Tony Accurso, auraient contrôlé en partie le Fonds de solidarité de la FTQ (FSTQ).Jocelyn Dupuis est un témoin récalcitrant à la commission Charbonneau.Du bout des lèvres, il a concédé lundi que l\u2019ex-président de la FTQ-Construc-tion (FTQ-C) Jean Lavallée avait une main sur le robinet du Fonds, qu\u2019il ouvrait de préférence pour son ami de longue date Tony Accurso.C\u2019est «complètement illogique» de penser que MM.Accurso et Lavallée contrôlaient la SOLIM (le bras immobilier du Fonds), a dit M.Dupuis dans un premier temps.Poussé dans ses derniers retranchements par le procureur Denis Gallant, il a finalement reconnu que les deux hommes étaient omniprésents dans les affaires de la FTQ.«C\u2019est certain qu\u2019il y avait des échanges entre eux autres et qu\u2019ils s\u2019entraidaient», a-t-il reconnu.Proximité dérangeante Cette proximité dérangeait dans l\u2019industrie de la construction, a enchaîné l\u2019ex-directeur de la FTQ-C.L\u2019intérêt de Jocelyn Dupuis à truquer les élections de novembre 2008, pour s\u2019assurer d\u2019une mainmise sur l\u2019exécutif après son départ, s\u2019inscrirait donc dans une stratégie pour ravir le pouvoir à Jean Lavallée.Sur les écoutes électroniques, M.Dupuis et ses fréquentations dans le monde syndical et l\u2019entourage des Hells Angels se réjouissent de la déconfiture de Jean Lavallée et Tony Accurso.«Vin^-cinq ans de contrôle qu\u2019ils avaient, pis on les a eus!», dit-il à son ami Ron Beaulieu, une relation des Hells Angels financée par le Fonds.Il était prévu que le successeur de M.Dupuis à la direction générale de la FTQ-C, Richard Goyette, devienne un vice-président de la FTQ et qu\u2019il siège au conseil du Fonds.Jocelyn Dupuis s\u2019assurait ainsi de rester en contrôle.«On va toujours faire des affaires?», lui demande Ron Beaulieu.«Oui, oui», répond-il.Arsenault mis au pas Une conversation entre Michel Arsenault et Jocelyn Dupuis est particulièrement révélatrice de l\u2019emprise de Jocelyn Dupuis sur la FTQ.Même après son départ, dans la foulée du scandale sur ses notes de frais, il se permet de réprimander M.Arsenault.En avril 2009, le président de la FTQ a tous les éléments en mains pour refuser le financement du Fonds à deux projets poussés par M.Dupuis: Carbo-neutre et un deuxième impliquant Ron Beaulieu.Il en informe Jocelyn Dupuis.Le bouillant grutier menace de faire un esclandre sur la place publique.«Ce dossier-là, je le lâcherai jamais.Faites attention à vous autres.Je n\u2019ai plus rien à perdre.Vous ne pouvez plus me salir plus que vous m\u2019avez sali.Si c\u2019est ça ta décision, \u201ccheck\u201d ça, mon homme, ça va sortir vite en tabarnak.Tu te défendras», lance-t-il.Il traite au passage le président de la centrale et son entourage de «Grosseurs», en insistant sur le fait que M.Arsenault, Guy Gionet et Yvon Bol-duc avaient donné leur parole pour financer Ron Beaulieu, «un homme honnête».Au bout de cinq minutes de ce monologue, Michel Arse- LES TOPINAMBUS DANS lrvjaiA-«>m/ mm-somm Nicole Chicoine * Louis Lachance dee-tinée aux jeunes de 3 à 12 ans L\u2019homme au sombrero eat le premier tome de la série de bandes dessinées les Topinambus (\\üi raconte les aventures vécues par trois personnages ^ envoyés en mission sur Terre pour retrouver les éléments -dV nécessaires à une meilleure c^ualité de vie.Plus de 300 000 â votre portée! Bibliothèques Montréal www.bibliomontreaL.com À Mexico, les Topinambus veulent faire honneur à la planète Nimbus en remportant le Premier Prix de l'Exposition du véhicule futuriste.Mais comment réussir à briller quand le régénérateur tombe en panne et qu'ils ne connaissent pas d'autre moyen de se revigorer?À PARAÎTRE TOME 2 \u2022 UNE OASIS DANS LE DÉSERT GUERIN 514 842-3481 www.guerin-editeur.qc.ca 10PINAMPUS «HniAME 32 pages 19,95$ Guérin nault perd de sa fermeté et il finit par dire: «Donne-moi 24 heures, pis j\u2019te rappelle.» Dans d\u2019autres conversations avec son allié Richard Goyette, Jocelyn Dupuis s\u2019était vanté de détenir des informations compromettantes sur les tractations de Jean Lavallée à la SOLIM.Il suggérait à M.Goyette de s\u2019en servir pour accélérer sa nomination au Fonds de solidarité.Sans compromis Jocelyn Dupuis refuse toute concession sur sa débâcle à la direction générale FTQ-C.Il est parti de son propre chef en septembre 2008, martèle-t-il.Son départ n\u2019a rien à voir avec ses notes de frais exorbitantes.Selon ses explications, sa démission et celle de Jean Lavallée sont liées à une crise interne au sein de la centrale.Les deux leaders syndicaux n\u2019arrivaient pas à s\u2019entendre sur le choix d\u2019une relève.Le procureur de la commission, Denis Gallant, a laissé entendre que la FTQ avait montré la porte en douce à Jocelyn Dupuis en raison de son train de vie princier.«C\u2019est pas de même que ça s\u2019est passé.C\u2019est pas ça, la vérité», s\u2019est-il emporté.Avant d\u2019être rattrapé par ses notes de frais, M.Dupuis confiait pourtant à son ami Ré-nald Grondin, le directeur de l\u2019Association des manœuvres interprovinciaux, qu\u2019il avait l\u2019intention de rester en poste jusqu\u2019en décembre 2009.M.Dupuis s\u2019est montré récalcitrant à témoigner sur des sujets reliés à son procès pour fraude, évoquant son droit au silence.«Je suis pris dans un procès.Il y a des choses que je ne peux pas dire.Ça me ferait grandement plaisir, mais je ne peux pas le dire», a-t-il expliqué.La juge France Charbonneau n\u2019a pas semblé convaincue par son argumentation.Le Devoir Couillard n\u2019aura pas d\u2019opposant péquiste dans Outremont Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, n\u2019aura pas d\u2019adversaire péquiste s\u2019il se présente à l\u2019élection complémentaire qui devrait avoir lieu le 9 décembre dans la circonscription d\u2019Outremont.C\u2019est ce qu\u2019a confirmé lundi soir l\u2019attachée de presse de la première ministre Pauline Marois, Marie Barrette.Plus tôt, M^® Marois avait indiqué que le PQ pourrait se lancer dans la course puisque l\u2019exécutif local avait amorcé les démarches visant à trouver un candidat.Or, à la suite de conversations entre les instances, l\u2019exécutif local a accepté de ne pas présenter de candidat si le chef libéral choisissait de tenter sa chance dans cette circonscription montréalaise, a affirmé M^® Barrette.M.Couillard n\u2019a toutefois pas encore officiellement confirmé sa candidature.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE MARDI 5 NOVEMBRE 20IS A 3 ACTUALITES Les liaisons dangereuses Michel ¦ m David Au moment où la FTQ et son président sortant, Michel Arsenault, se retrouvent sur la sellette, il est de bonne guerre, pour les partis d\u2019opposition, de chercher à exploiter la liaison privilégiée que le PQ entretient avec la plus grosse centrale syndicale au Québec.Il est clair qu\u2019au fil des années, la FTQ et les gouvernements issus du PQ se sont rendu mutuellement service.En soi, cela n\u2019a rien d\u2019éton-nant, ni de scandaleux.Il est aussi naturel pour le mouvement sjmdical de favoriser un parti qui a traditionnellement affiché un «préjugé favorable envers les travailleurs» que pour le patronat d\u2019appuyer celui qui ne cesse de réclamer un meilleur « climat d\u2019affaires ».Dimanche soir, Radio-Canada rapportait que Pauline Marois avait rencontré M.Arsenault en tête-à-tête à deux reprises à l\u2019époque où elle était encore chef de l\u2019opposition.Pire encore, ils se seraient vus au club 357c, devenu hautement suspect depuis que la commission Charbon-neau l\u2019a présenté comme le lieu de rendez-vous préféré des magouilleurs montréalais.La première rencontre, en octobre 2008, aurait eu lieu trois mois après \u2014 et non pas avant \u2014 que le Fonds de solidarité Dans notre ®ut investi 3 millions dans une entreprise.Capital BLF, système de\tdont le mari de Marois, , ,\t,\tClaude Blanchet, lui-même droit, ce n est un ancien président du nnc à l\u2019nppiicp Fonds, détenait à l\u2019époque pas a 1 accuse ^2 % des actions et où travail- de prouver\ttoujours deux membres de leur famille.son innocence Que la perspective de voir M\u201c® Marois devenir un jour première ministre ait pu influencer la direction du Fonds, c\u2019est bien possible, mais M.Arsenault n\u2019avait certainement pas besoin de la rencontrer pour savoir qu\u2019après trois mandats libéraux d\u2019affilée, une victoire du PQ était envisageable.Qn peut sans doute s\u2019interroger sur les raisons pour lesquelles les actifs de M.Blanchet dans Capital BLF n\u2019ont pas été placés dans une fiducie sans droit de regard, mais cela ne signifie pas qu\u2019il y a eu influence indue.Il est possible d\u2019imaginer une multitude de raisons pour lesquelles un chef syndical et le chef de l\u2019opposition \u2014 ou Ip premier ministre \u2014 souhaitent se rencontrer.A l\u2019époque, M.Arsenault n\u2019était pas encore le personnage infréquentable qu\u2019il est devenu récemment.En octobre 2008, les journa-bstes du Journal de Québec venaient de passer 16 mois en lockout.Qui sait, M.Arsenault voulait peut-être sensibiliser M\u201c® Marois à la nécessité de moderniser la loi anti-briseurs de grève?Les libéraux se sont indignés du procès par association qu\u2019on a fait à Philippe Couillard en raison de ses liens avec Arthur Porter, qui fuit la justice, mais ils n\u2019ont jamais hésité à attribuer la bonne fortune de son mari, qui n\u2019a jamais été accusé de quoi que ce soit, à l\u2019influence occulte de M\u201c® Marois.Certains estiment que tous les coups sont permis en politique.S\u2019il est vrai que la nomination de M.Blanchet à la présidence de la SGF à des conditions particubèrement avantageuses, alors que M\u201c® Marois siégeait au Conseil des ministres, prêtait à controverse, il devrait quand même y avoir des limites.Jean-Marc Fournier avait été franchement odieux quand il avait lancé qu\u2019elle serait bien aise de continuer à toucher la généreuse pension de son mari dans l\u2019éventualité de son décès.Coïncidence, Michel Arsenault, qui a annoncé son départ prochain, comparaît aujourd\u2019hui même devant une commission parlementaire dont les partis d\u2019opposition ont réclamé la convocation, en principe pour rassurer les investisseurs qu\u2019ont pu inquiéter les révélations de la commission Charbonneau sur les relations que le Fonds de solidarité a développées avec le crime organisé.Inévitablement, le dossier de Capital BLF sera soulevé, malgré l\u2019étroitesse du mandat de la commission.Cela n\u2019est cependant pas suffisant pour le mentor du rat pack libéral, Pierre Paradis, qui estime que la première ministre devrait elle-même s\u2019expliquer.«C\u2019est délicat de mélanger vie privée et vie publique, a-t-il expliqué à La Presse, et c\u2019est à elle que revient le fardeau de la preuve.» Le député de Brome-Missisquoi est un spécialiste des procès en tout genre : procès d\u2019intention, procès par association.Il a été mis au monde politiquement par la commission parlementaire sur le sac de la baie James, qui avait gardé le gouvernement Lévesque sur le gril pendant neuf longues semaines.Maintenant que les documents relatifs aux perquisitions effectuées par rUPAC ont laissé entrevoir l\u2019existence d\u2019un «système» de financement occulte au PLQ, il devient impérieux de mettre tout le monde dans le même bain de boue.Dans notre système de droit, ce n\u2019est cependant pas à l\u2019accusé de prouver son innocence, mais plutôt à son accusateur de démontrer sa culpabilité.M\u201c® Marois assure qu\u2019elle ne parle jamais des affaires de son mari avec qui que ce soit.Je ne vois aucune raison d\u2019en douter.mdavid@ledevoir.com ILLUSTRATION PHILIPPE GIRARD r \\ ILLUSTRATION PASCAL GIRARD ET FRANCIS DESHARNAIS O ELECTIONS MUNICIPALES Bergeron réfléchit à son avenir Le chef de Projet Montréal a terminé troisième à la mairie MARCO FORTIER Relégué au troisième rang au scrutin de dimanche, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, réfléchit à son avenir et compte prendre la meilleure décision «dans l\u2019intérêt du parti».Le chef politique de 58 ans, qui a échoué une troisième fois à remporter la mairie de Montréal, a passé la journée de lundi chez lui, où il s\u2019est isolé pour réfléchir.Des membres influents du parti affirment que les 28 élus de Projet Montréal (deux fois plus qu\u2019au dernier scrutin) appuient le leadership de Richard Bergeron.Respecté par son équipe, le fondateur de Projet Montréal a toute la marge de manoeuvre pour rester, mais des sources évoquent en privé son possible départ.M.Bergeron a confié à des proches qu\u2019il compte d\u2019abord s\u2019assurer que Projet Montréal joue de façon efficace son rôle d\u2019opposition officielle à l\u2019Hôtel de Ville.Il peut décider de rester.Mais s\u2019il décide de se retirer, il doit déterminer le meilleur moment: l\u2019assermentation des 103 élus montréalais \u2014 et l\u2019entrée en fonction du nouveau conseil VILLE DE QUEBEC municipal \u2014 est prévue dans neuf jours, le 14 novembre.« Le chef a plafonné » Richard Bergeron a remporté 25,5% des voix dimanche, presque le même résultat qu\u2019au scrutin de 2009 (25,4%).Des membres de Projet Montréal se rendent à l\u2019évidence: «Le chef a plafonné» et devient clairement moins populaire que le parti, qui a doublé son nom- Richard Bergeron a remporté 25,5% des voix dimanche, presque le même résultat qu\u2019au scrutin de 2009 bre d\u2019élus, de 14 à 28 \u2014 20 membres du conseil municipal et 8 conseillers d\u2019arrondissement \u2014, depuis 2009.C\u2019est un des paradoxes de cette élection : même s\u2019il a terminé troisième derrière Denis Coderre et Mélanie Joly, Richard Bergeron deviendra chef de l\u2019opposition, parce qu\u2019il a fait élire 20 des 65 membres du conseil municipal.L\u2019Equipe Coderre sera minoritaire avec 27 élus.La Coalition Montréal de Marcel Côté compte 6 sièges, Mélanie Joly en a remporté 4, et les indépendants (anciens d\u2019Union Montréal) détiennent les 8 sièges restants.En privé, des membres de Projet Montréal se demandent si Richard Bergeron est la meilleure personne pour «gérer la croissance» du parti, qui a fait élire des représentants dans Qutremont, Mercier-Hochelaga-Maison-neuve et Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, notamment.Le phénomène Projet Montréal ne se limite plus aux quartiers centraux comme Rosemont et le Pla-teau-Mont-Royal, où les rois locaux François Croteau et Luc Ferrandez ont été facilement réélus.Des militants verraient bien Luc Ferrandez ou François Croteau prendre la direction du parti, mais les deux maires-vedettes restent fidèles à Richard Bergeron et n\u2019ont donné aucun signe de vouloir déloger le chef, indiquent nos sources.Le Devoir Un avenir flou pour la Coalition et Vision Montréal GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Le réveil a été brutal lundi matin pour plusieurs candidats de Coalition Montréal.Non seulement le groupe dirigé par Marcel Côté n\u2019a fait élire que six personnes, mais la moitié de ses candidats ne pourront obtenir le remboursement de leurs dépenses électorales.Et au lendemain du vote, personne ne s\u2019avance à dire si la Coalition \u2014 et Vision Montréal \u2014 survivra.«Nous aurons beaucoup de discussions à ce sujet dans les prochains jours, a indiqué au Devoir Marcel Côté lundi après-midi.Je ne me prononcerai pas avant une dizaine de jours sur le futur de la Coalition et celui de Vision Montréal.Nous avons six élus, dont trois anciens de Vision et trois qui sont plus de la mouvance de l\u2019ouest.Il faut voir.» Tout est sur la table?«Oui.» Réélue conseillère dans Villeray, Elsie Lefebvre a qualifié de «brutal» le verdict, notamment pour la chef de Vision Montréal, Louise Harel, et le maire sortant, Laurent Blanchard, tous deux battus.«Nous prendrons les prochains jours pour réfléchir», a-t-eUe indiqué.Lourde dette Lui aussi rescapé de la débandade, Réal Ménard (maire de Mer-cier-Hochelaga-Maisonneuve) se disait «renversé, ahuri, abasourdi» par l\u2019ampleur de la défaite.Comme les deux autres, M.Ménard ne souhaitait pas s\u2019avancer à prédire l\u2019avenir de la Coabtion, ni celui de Vision Montréal \u2014 qui traîne toujours une dette de près de 550000$.«La seule chose qui est exclue, sur le plan personnel, c\u2019est que je passe à un autre parti.Mais est-ce que mon véhicule parlementaire sera la Coalition, je ne sais pas.» M.Ménard dit qu\u2019il serait «difficile sur le plan éthique» de siéger sous la bannière de Vision alors qu\u2019il a fait campagne à une autre enseigne.Il se dit ouvert à «accepter des responsabilités » si Denis Coderre lui en offre au sein d\u2019une administration de coabtion.Autre sujet de préoccupations pour les candidats défaits: seulement la moitié d\u2019entre eux ont obtenu au moins 15% du vote, ce qui leur permettra d\u2019obtenir un remboursement de 70% de leurs dépenses électorales.Les autres \u2014 Marcel Côté, huit candidats à la mairie et une quarantaine de conseibers \u2014 devront assumer 100% de leurs dépenses.«C\u2019est un problème, mais j\u2019en ai réglé des biens plus difficiles dans ma vie, expbquait Marcel Côté lundi.Ça ne m\u2019inquiète pas.» La Coabtion avait amassé quelque 375000$ en dons.Le Devoir Régimes de retraite : Labeaume est prêt à passer à l\u2019attaque ISABELLE PORTER à Québec Régis Labeaume est pressé de vob le gouvernement et les syndicats bouger dans le dossier des relations de travail.Qr en cas d\u2019échec, le make de Québec prévient qu\u2019il gèlera les sa-labes de ses employés.M.Labeaume souhaite que le syndicat contribue à 50% du déficit des régimes de retraite des employés, l\u2019équivalent de 17 mibions de dollars par an.Pour réunir la somme, ü veut les convaincre de réduire leurs avantages sociaux de 6%.C\u2019est dans ce contexte qu\u2019il demande instamment au gouvernement Marois de légiférer sur le Rapport D\u2019Amours.En effet, avec ce nouveau cadre, les villes pourraient décréter des conditions de travail après une période fixe d\u2019un an de négociations.Pour convaincre les élus provinciaux, il table sur les prochaines élections québécoises.«Pour ceux et celles qui veulent par exemple se faire élire à Québec, je pense qu\u2019il faut composer avec ça», a-t-ü dit lundi matbi.Qr s\u2019ü ne convabic ni les sjmdicats ni le gouver-nemenfi le plan B est clair.«Ils [les sjmdicats] devraient venir s\u2019asseoir maintenant parce que oui, j\u2019ai besoin des lois pour changer à long terme le rapport de force, mais, en attendant, j\u2019ai le pouvoir de retenir les augmentations de salaire.» Tout devrait se passer dans la semaine du 24 novembre où le maire de Québec compte «multiplier» les rencontres avec les élus et convoquer tous les chefs syndicaux.Dans le passé, cette démarche avait échoué, mais Régis Labeaume est certain de pouvob aller plus loin grâce à son fameux «mandatfort».Accrochage Labeaume-Coderre Le syndicat des cols blancs trouve quant à lui que ça ne fait aucune différence.«Ça ne change absolument rien.Ça n\u2019a aucun impact sur la table de négo», a affirmé le président Jean Gagnon qui s\u2019est doté d\u2019un mandat de grève pendant la campagne.Du côté du gouvernement de Pauline Marois, on refusait également lundi de donner trop de poids à sa performance électorale.« C\u2019est pas comme ça que ça marche la démocratie.Il y a des gens qui sont interpellés sur plusieurs dossiers, a commenté le ministre des Affaires municipales Sylvain Gaudreault.Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier quand on parle de la population.» Quant au nouveau maire de Montréal Denis Coderre, cette question lui a valu son premier accrochage avec M.Labeaume à qui il avait dit de se «calmer» dans ce dossier.En fin de matinée, le maire de Québec a fait savoir qu\u2019il n\u2019avait guère apprécié le commentaire, mais les deux hommes ont vite minimisé la mésentente.Le Devoir Une hausse du taux de participation « satisfaisante » Québec \u2014 Le ministre des Affaires municipales, Sylvabi Gaudreaulfi aurait abné un taux de participation plus fort aux élections municipales, mais se réjouit tout de même de l\u2019aug-mçntation de 5pobits à l\u2019échebe québécoise.«Evidemment, nous aurions aimé une plus grande participation encore, 80% oulOO'Losi possible, mais d\u2019avoir eu une augmentation de 5points par rapport à 2009, c\u2019est quand même un bond important, a-t-ü soutenu en conférence de presse lundi matin./e ne me réjouis pas du taux de participation, je me r^ouis de la hausse.» Selon les chiffres du nbnistère des Affaires municipales, le taux de participation était d\u2019environ 45% au scrutin de 2009 et frôle actuebe-ment les 50% pour les élections de dbnanche soir.«C\u2019est une bonne nouvelle, il faut continuer dans ce sensdà», affirme le ministre, qui répète vouloir «construire» à partir de cette hausse.Il refuse d\u2019envisager des mesures coercitives pour obbger les citoyens à aber voter.Le nbnis-tre croit que les enjeux bnportants soulèvent davantage de participation.Qr, ü appert que la lutte contre la corruption et la cobusion n\u2019aura pas suffi, notamment à Montréal où le taux de participation est d\u2019à pebie 44%, soit 5pobits de plus qu\u2019en 2009.«J\u2019aime mieux travailler sur la base d\u2019enjeux positif, a répondu le ministre Gaudreault Une chose que j\u2019ai comprise en politique, c\u2019est que les gens ne votent pas pour le passé, ils votent pour le futur.» Une version longue de ce texte est disponible à LeDevoir.com A 4 LE DEVOIR LE MARDI NOVEMBRE 20IS ACTUALITES W' Ë eNfMJS pAt?ue-MeNT CH AM ff lüOW MAN ! 6l Y 5owT HOT5 Pe MêMe Pans eHAM6t?e, IMAeiwe UA 6At^\u20ac  50\\R 60' A FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de Tinformation MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeurs adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET (?RAMDS APRÈ5 WuKtl- & HARpy, i La LETTRES Québec: la banlieue contre le centre-ville L\u2019élection répétée de Régis Labaume et de son «équipe» confirme bien une tendance qui s\u2019est installée à la suite des fusions municipales à Québec : les banlieues contre le centre-ville.Quand on regarde la carte des élus de Démocratie Québec, on constate un regroupement des trois circonscriptions urbaines contiguës.Et comme les banlieusards sont les plus nombreux, ce sont eux qui dirigent la ville fusionnée.En fait, ce sont deux cultures, deux univers sociaux, deux modes de vie qui s\u2019affrontent: un centre-ville densifié contre des banlieues-dortoirs, la voiture (pour ne pas dire les deux voitures familiales) contre le transport en commun, les centres commerciaux contre les commerces de proximité, des banlieues sans trottoirs (donc sans piétons) contre un centre-ville animé, le chacun pour soi dans sa cour contre une convivialité urbaine.Car sans place publique, sans cafés, sans jardins publics, point de discussions, chacun va dans sa voiture.Et c\u2019est donc la majorité banlieusarde qui décide désormais comment on doit vivre au centre-ville.Tout cela a des conséquences au moment de la prise de décisions concernant, le développement des autoroutes sans voies réservées pour le transport en commun, la concentration des manifestations festives et bruyantes au centre-ville afin de ne pas troubler le sommeil des banlieues-dortoirs, etc.Je finis par penser que, dans le cas de Québec, la fusion \u2014 apparemment réussie \u2014 est un échec et qu\u2019il aurait été préférable, au lieu de fusionner, de mettre en commun un ensemble de services (essentiellement les services techniques, la police et les pompiers) et de conserver l\u2019autonomie des villes.Mais on a voulu faire plus gros en faisant croire que ce serait plus fonctionnel et moins cher ! Louis-Jean Rousseau Québec, le 4 novembre 2013 Le vote « en bloc » et la corruption Le résultat des dernières élections municipales semble indiquer une constance au Québec : ça ne change pas beaucoup.Il semble en effet évident que divers «groupes» de la société votent invariablement pour les mêmes gens, les mêmes partis, voire les mêmes «systèmes».Peu importe les idées, les débats, les programmes ou les bilans des gouvernants, on retrouve cette constance où certains groupes votent massivement pour les mêmes candidats ou le même parti.Il y a un vote «en bloc».Or, si le résultat est connu d\u2019avance, du moins localement pour ces divers groupes, alors les candidats et les partis qui en bénéficient n\u2019ont pas à s\u2019inquiéter, ou si peu, de leur bilan, de leur gouvernance.Ainsi, la corruption qui semble gan-gréner nos institutions ne constituerait pas un motif suffisant pour retirer la confiance de cet électorat.Ce vote « en bloc» s\u2019explique souvent par des faits sociologiques et l\u2019on doit constater que ceux-ci prédominent bien souvent lors du vote.L\u2019allégeance partisane semble donc plus forte que les moyens proposés pour régler les problèmes d\u2019une ville, dont ceux reliés à la corruption.Laurent Jodoin Le 4 novembre 2013 Au plaisir, Madame Harel Chère Madame Harel, Heureusement qu\u2019il y a une vie après la politique ! Quoique, dans votre cas, la vie et la politique ne faisaient qu\u2019un.Fort heureusement, vous avez réussi, au cours de toutes ces années, à avoir une vie personnelle bien remplie.Bravo.Je veux vous rendre hommage pour tout ce que vous avez donné à la vie publique avec tant d\u2019énergie depuis si longtemps, mais surtout pour le désintéressement dont vous avez toujours fait preuve.Vous êtes un modèle de service public.Merci.La vie est longue et qui sait si, au détour de quelque événement, nous ne vous verrons pas ressurgir de votre retraite forcée d\u2019aujourd\u2019hui.Quel que soit l\u2019avenir, vous êtes une grande citoyenne qui mérite d\u2019être saluée.Merci encore.Au plaisir de vous recroiser.Claire Brassard Montréal, le 4 novembre 2013 LIBRE OPINION Pourquoi je ne pratiquerai pas l\u2019euthanasie OLIVIER YACCARINI Québec T e suis médecin d\u2019urgence depuis 14 ans.J Comme beaucoup de gens, j\u2019ai suivi le débat sur l\u2019euthanasie.Je crois que le projet a été mal expliqué et mal compris.Je crois aussi que, s\u2019il en avait été autrement, la majorité des gens serait aujourd\u2019hui en désaccord avec ce projet.Beaucoup de choses ont déjà été dites sur le sujet.Je me contenterai ici d\u2019apporter une réponse toute personnelle à certaines de ces affirmations en m\u2019appuyant sur mon expérience de médecin d\u2019urgence qui côtoie quotidiennement des gens aux prises avec de grandes souffrances, et en espérant au passage clarifier certaines choses au sujet de l\u2019euthanasie.Tout d\u2019abord, j\u2019ai entendu et lu que s\u2019opposer au libre choix d\u2019un patient qui désirerait devancer et choisir le moment de sa mort était une forme de paternalisme, parce que c\u2019était vouloir choisir à la place du patient ce qui est le mieux pour lui.Or, je crois être bien placé pour savoir qu\u2019en matière de soins de fin de vie, c\u2019est presque toujours le médecin qui amorce les discussions et qui propose les solutions.Et que c\u2019est presque toujours l\u2019opinion du médecin, lorsqu\u2019il en exprime une, qui influe le plus sur le choix du patient.Il ne faut pas croire que les choses sont différentes quand le sujet de la discussion est l\u2019euthanasie, car ce choix est souvent d\u2019abord proposé par le personnel traitant.Et ce geste représente à mon avis un raccourci qui, à la longue, prendra de plus en plus de place dans la pratique médicale, toujours confrontée au manque de temps et de ressources financières et humaines.Des médecins hollandais avouent eux-mêmes que l\u2019euthanasie est souvent pratiquée pour des raisons avant tout financières.Le nombre d\u2019euthanasies pratiquées augmente rapidement dans tous les pays où elle est légale, et les balises sont toujours, par effet de glissement, transgressées progressivement, peu importe leur nombre et leur clarté dans la loi.Les exemples sont nombreux.De plus, le sens commun nous dit que là où on pratique l\u2019euthanasie, l\u2019intérêt à développer les soins palliatifs diminue.Malheureusement, cette intuition est confirmée par ce qui se passe ailleurs, notamment en Belgique.On invoque aussi la compassion envers les patients pour accepter de pratiquer l\u2019euthanasie.Et si on abordait la question sous un autre angle, celui de la très grande majorité des patients atteints de maladies terminales ou dégénératives?Ceux qui n\u2019ont jamais, du moins jusqu\u2019à présent, considéré l\u2019option de l\u2019euthanasie ?Cela permettrait peut-être de comprendre quel genre de pression on leur fait subir quand l\u2019euthanasie fait partie intégrante des choix thérapeutiques.Comme urgento- logue, je suis témoin quotidiennement du fait que les grands malades craignent très souvent d\u2019être un poids pour leur entourage, pour le personnel soignant, et pour la société en général.Je suis convaincu que ce phénomène très fort et omniprésent en mènera plusieurs à choisir l\u2019euthanasie, non pas parce qu\u2019ils auraient voulu spontanément y avoir recours, mais parce qu\u2019ils sentent que c\u2019est le seul choix «responsable».N\u2019est-ce pas triste d\u2019en arriver là?Je me sens mal à l\u2019aise à l\u2019idée que ce soit cela, être progressiste et agir par compassion.La loi sur l\u2019euthanasie, en voulant accéder à la demande d\u2019une infime minorité de patients, menace à mon avis un bien plus grand nombre de malades, qui voudraient finir leur vie autrement qu\u2019en y ayant recours.Ceux-ci se voient placés devant le dilemme suivant: continuer à consommer des ressources de temps, de personnel, d\u2019argent, continuer à représenter un «poids» pour leur entourage, ou recourir à l\u2019euthanasie.Je suis intimement convaincu que le choix, dans ces circonstances, ne relève plus du simple libre arbitre de chacun, car il est influencé par une pression sociale qui, si elle est subtile, n\u2019en est pas moins extrêmement puissante, surtout dans une situation de fin de vie où l\u2019on se sent déjà très vulnérable.C\u2019est pour ces raisons que, si un jour l\u2019on me demande d\u2019euthanasier mon patient, je refuserai de le faire. LE DEVOIR LE MARDI NOVEMBRE 20IS A 7 IDEES Ramener les familles à Montréal, c\u2019est aussi un effort collectif! AGNES RODRIGUEZ Montréal ^\t=j| tes-vous de ceux, qui, pour payer l\u2019hypothèque de leur ¦\tbeau condo, s^e privent de I 1 bien manger ?Etes-vous prêt IJ\tà sacrifier votre rythme de vie 1^\tpour de la pierre et une place I ^\tde stationnement?Et si une I\tI autre solution existait?I k\tPour changer les choses I M sur le plan personnel comme sur le plan professionnel, mieux vaut se fier à soi-même qu\u2019aux autres.Ce vieil adage peut nous sembler judicieux, or, lorsqu\u2019il s\u2019agit de réformer notre société, nous avons souvent tendance à ne nous en remettre qu\u2019à nos élus, ceux-là mêmes qui nous font tant de promesses, mais qui, pour toutes sortes de bonnes ou de mauvaises raisons, faillissent à les remplir.Pourtant, des citoyens oeuvrent, tous les jours, dans l\u2019ombre, et tentent de remodeler les modèles sociaux-économiques éculés sur lesquels se fondent nos collectivités.Lorsque je parle de mon expérience, je me bute fréquemment à une incompréhension chronique : «[.] Formez-vous une sorte de commune ?Vivez-vous en communauté [entendue au sens d\u2019une promiscuité douteuse à la sauce des années 70] Faites-vous pousser du pot.^ Avez-vous les cheveux longs et du poil partout?Non ?Ah.! Vous devez être une bande de \u201cbobos\" voulant vous donner bonne conscience alors! A quoi ça sert de payer pour quelque chose qui ne vous appartient pas ?Pourquoi pas un beau condo en béton ?» Ces propos révèlent une dichotomie : entre cette vision issue de la modernité, d\u2019occuper le territoire, et celle, plus avant-gardiste, de « l\u2019emprunter » il existe un fossé immense : d\u2019un côté, appréhender la propriété comme un bien intemporel, de l\u2019autre, penser son milieu de vie comme un passage, une forme de legs social.En termes absolus, mon lieu de vie ne m\u2019est pas réservé et si je n\u2019ai pas gravé mon nom dans la pierre, c\u2019est parce que ce logement nous appartient à tous.Ce petit nid me permet de m\u2019enraciner dans mon quartier, d\u2019y agir et de m\u2019y impliquer pour le temps que je le souhaite.Lorsque l\u2019organisation prend une décision, elle la prend en pensant aux membres actuels, mais aussi et surtout en pensant à ceux qui viendront après nous.Modèle alternatif d\u2019habitation Je vous parle ici d\u2019un modèle alternatif d\u2019habitation, d\u2019une forme d\u2019association bien connue au Québec, mais pourtant méconnue lorsqu\u2019elle prend la forme d\u2019un recoupement locatif.J\u2019habite une coopérative d\u2019habitation depuis maintenant plus de dix ans, dans un secteur populaire de l\u2019est de Montréal.Celle-ci fut fondée dans les années 80 par une petite bande de baby-boomers portés par un rêve : celui d\u2019obtenir im accès à la propriété de façon collective et sobdaire.11 ne s\u2019agit pas de «logement social» comme l\u2019entendent la majorité des programmes pobtiques, cependant la vocation d\u2019un tel regroupement a le même souci d\u2019offrir des logements abordables et bien entretenus à des citoyens qui souhaitent s\u2019approprier leur mi-beu sans être à la merci des lois du marché.De plus, cet environnement locatif est basé sur des principes de participation démocratique et volontabe, selon la capacité de chacun à s\u2019engager.Au sein de la coopérative se recrée une microsociété où les décisions petites (voisbiage, aména- tu et puis (e meuble à DV9 hous a coûté la tété nows a $$$.et j'ai déniché cette- petite merv/eiUc, pour .Kêdarde ça, ry>a tihère- dentities PRoVRiere P* ÜlU ££ûute, Lautre jour, j'en vois une en.spécuat, fa
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