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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-11-02, Collections de BAnQ.

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[" ÜNIVERSITES RECHERCHE Le milieu universitaire réagit à la nouvelle PNRI Page 3 Une petite démonstration de mathématiques pures par Thomas Ransford Page 5 Une avancée réalisée dans la compréhension des supraconducteurs ^ Page 8 CAHIER THÉMATIQUE G > LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 NOVEMBRE 2013 Y SOURCE INRS Malgré la culture du résultat qui prédomine dans le discours autour de la rentabilité, il est faux, estime Graham Carr, d\u2019opposer recherche fondamentale et recherche appliquée.La recherche nniversitaire est rentable Il faut voir plus que la simple commercialisation Alors que les fonds de recherche du Québec ont vu leur budget augmenter de 25% sur les cinq prochaines années, la question de la rentabilité se pose.Quels bénéfices le Québec va-t-il tirer de ces investissements?Le vice-recteur à la recherche et aux études de l\u2019Université Concordia, Graham Carr, invite à voir, au-delà des statistiques, comment se décline la rentabilité de la recherche.ASSIA KETTANI Pour prendre la mesure de la rentabilité de la recherche, Graham Carr s\u2019écarte d\u2019une vision strictement commerciale.Bien sûr, les projets de recherche qui ont des répercussions industrielles peuvent donner lieu au dépôt d\u2019un brevet.«Comme toutes les autres universités, nous travaillons avec les services de valorisation de la recherche pour protéger la propriété intellectuelle et développer la possibilité de licences.» Mais l\u2019objectif d\u2019un projet de recherche n\u2019est pas nécessairement la rentabilité commerciale, avance-t-il, d\u2019autant plus que nombre de recherches n\u2019ont aucune possibilité de développer un produit commercialisable.Publier?Il faut également nuancer, selon lui, le calcul de la rentabilité en fonction du nombre d\u2019articles publiés.«C'est un indicateur utilisé par la communauté scientifique depuis des années, dont le summum serait de publier dans Nature ou dans Science.» Mais, alors que les pratiques évoluent, cet indicateur se trouve remis en question.«Les centres de recherche sont aujourd\u2019hui fréquentés par une nouvelle génération, plus à l\u2019aise avec de nouvelles formes de publication.» On assiste ainsi à un véritable changement culturel dans les organismes, où émerge une réflexion sur la manière dont il faut évaluer ces nouvelles formes de transfert de connaissances en marge des revues spécialisées.Les médias sociaux permettent par exemple d\u2019atteindre un public beaucoup plus vaste que les moyens traditionnels et de diffuser à grande échelle des résultats de recherche, même s\u2019ils ne figurent pas au répertoire des publications universitaires.De plus, alors que cet indicateur peut s\u2019avérer pertinent dans le cas des sciences pures, il est plus difficile à utiliser en sciences humaines ou en arts créatifs, plus enclins à recourir aux formes de publication alternatives, «ce qui nous pousse SOURCE GRAHAM CARR Graham Carr, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures de l\u2019Université Concordia à trouver d\u2019autres mesures plus subtiles».De plus, les effets d\u2019un article ne se réduisent pas à sa publication, que ce soit dans le milieu universitaire ou parmi les citoyens.Graham Carr préfère donc utiliser le terme de «rentabilité» dans un sens plus vaste et privilégie la notion d\u2019«impact», afin de pouvoir envisager la recherche en ce qu\u2019elle «bénéficie à la société en général».Mais, encore une fois, «il est plus facile de quantifier l\u2019impact de la recherche en sciences pures qu\u2019en sciences humaines».Est-ce à dire que les recherches en sciences hu- maines en sont dépourvues?Loin de là, estime-t-il.«Il peut s\u2019agir d\u2019impacts sur les changements d\u2019une loi, d\u2019une politique ou sur des mesures destinées aux étrangers», dans le cas de la sociologie et de l\u2019anthropologie, par exemple.Citons entre autres la Chaire de recherche sur le jeu responsable de Concordia, qui vise explicitement un type de rentabilité d\u2019un autre ordre en «traitant d\u2019un véritable problème social».C\u2019est également le cas des projets de recherche liés aux différentes communautés identitaires.«Lorsqu\u2019un chercheur mène des recherches dans une communauté, il partage son savoir et travaille en collaboration avec elle.L\u2019expertise vient autant de l\u2019établissement universitaire que de la communauté concernée.» Ces recherches s\u2019appuient ainsi sur les richesses de différentes communautés qui resteraient autrement enfouies, au risque de se perdre.C\u2019est par exemple le cas du chercheur Jason Lewis, qui travaille en médias visuels avec de jeunes autochtones, permettant d\u2019approfondir «comment ils utilisent les médias visuels pour s\u2019exprimer».Au rang des domaines de recherche dont l\u2019impact est difficilement quantifiable, citons également les arts créatifs.«Régulièrement, des anciens de nos programmes remportent des prix ou s\u2019illustrent sur la scène artistique ou médiatique: ils engendrent des retombées sur l\u2019économie de Montréal, contribuent à l\u2019image de la ville créative et sont une source d\u2019inspiration pour les citoyens.» Chiffrer?Et, même en sciences pures, l\u2019évolution des tendances de la recherche brouille les pistes de la rentabilité.Ainsi, alors que «la recherche tient de plus en plus compte de la multidisciplinarité, nous sommes amenés à faire évoluer le discours et à repenser l\u2019impact des projets».Comment chiffrer la rentabilité des recherches sur l\u2019aérospatiale verte visant à trouver des matériaux moins lourds et de nouvelles sources d\u2019énergie, plus efficaces et moins polluantes : en matière de brevets ou d\u2019économies d\u2019énergie à long terme, impossibles à évaluer aujourd\u2019hui avec précision?Depuis 2011, le Centre de génomique structurale et fonctionnelle développe des sources d\u2019énergie vertes et durables grâce à la transformation en carburant de déchets à base de plantes.Le Centre PEREORM œuvre pour sa part en santé préventive, en amont de la fabrication de médicaments et de la mise au point de traitements.« Comme société, nous faisons de grandes dépenses pour la santé et nous investissons massivement dans les interventions curatives.Ici, nous voulons démontrer que la prévention est tout aussi efficace pour améliorer la situation.» Même si les recherches engendreront sans doute moins de brevets, les retombées sur la société, sur la vie des citoyens et sur les caisses publiques «sont indéniables».Et, malgré la culture du résultat qui prédomine dans le discours autour de la rentabilité, il est faux, estime-t-il, d\u2019opposer recherche fondamentale et recherche appliquée.«L\u2019une n\u2019existe pas sans l\u2019autre.La recherche fondamentale prépare le terrain» sur lequel la recherche appliquée pourra se construire.«Nous ne pouvons pas produire de la recherche appliquée continuellement sans jamais enrichir la recherche fondamentale.» Parmi les indices de rentabilité qui échappent aux statistiques, Graham Carr évoque enfin des retombées d\u2019un autre ordre : la formation de la prochaine génération de chercheurs.En effet, «la plupart des fonds que les chercheurs reçoivent sont liés directement à l\u2019appui des étudiants, engagés comme adjoints de recherche et dans les travaux de leurs superviseurs».Avec 7000 étudiants inscrits à la maîtrise ou au doctorat dans une centaine de programmes à Concordia, la recherche assure son propre avenir.Collaboratrice Le Devoir G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 20IS RECHERCHE ECOLE POLYTECHNIQUE À la poursuite de l\u2019équilibre entre recherche pure et recherche appliquée La recherche universitaire et l\u2019industrie peuvent cohabiter pour faire avancer le Québec sur le plan économique.Mais il faut toutefois s\u2019assurer d\u2019un réel équilibre entre la recherche appliquée et la recherche fondamentale, qui doit conserver une place de choix au sein du monde universitaire.SARAH POULIN-CHARTRAND Le spectre de la \u201cla privatisation de la recherche\" n\u2019a pas lieu d\u2019être brandi, si la coopération entre les pouvoirs publics, les entreprises et l\u2019université fonctionne comme elle le doit, en protégeant et en encourageant l\u2019autonomie et la liberté de l\u2019université», écrivait en février dernier Gilles Savard, directeur de la recherche et de l\u2019innovation à l\u2019École polytechnique de Montréal, dans la revue de l\u2019établissement.Mais, reconnaît-il en entrevue, certaines inquiétudes plombent bel et bien la communauté scientifique.Elles ont moins à voir avec les partenariats de recherche avec l\u2019industrie \u2014 nécessaires, dit-il \u2014 et plus avec la tendance du gouvernement fédéral à diminuer la proportion de son financement de la recherche pure.«On doit maintenir ce financement de la recherche libre, c\u2019est-à-dire détachée d\u2019intérêts économiques à court terme, dit Gilles Savard.Et, actuellement, le gouvernement fédéral diminue la proportion de son financement dans cette recherche, qu\u2019on associe souvent à la recherche fondamentale, même si ce n\u2019est pas toujours le cas.C\u2019est cette recherche qui permet souvent d\u2019explorer des problématiques scientifiques, sans qu\u2019il y ait une application immédiate à court terme.» Oui à l\u2019industrie, mais.Oui aux partenariats avec l\u2019industrie, donc, qui finance principalement la recherche appliquée, mais il faut entretenir cet équilibre entre les deux types de recherche, croit Gilles Savard.«Les gouvernements s\u2019assurent actuellement qu\u2019une base de recherche fondamentale est soutenue.L\u2019inquiétude est donc de savoir si cet équilibre est maintenu.» «À l\u2019École polytechnique, poursuit le directeur, nous croyons que la recherche fondamentale nour- e Guy-Fav S mf e «w ¦wt-Tli'l a ____-A JACQUES NADEAU LE DEVOIR Encore en septembre dernier, des scientifiques sont sortis dans la rue pour dénoncer le sous-financement de la recherche fondamentale.rit la recherche appliquée, et inversement: la recherche appliquée nous apporte des problématiques fondamentales à résoudre.» En mettant en place des partenariats avec de grandes entreprises, qui peuvent avoir une vision à plus long terme, jusqu\u2019à 10 ans en avant, l\u2019université des sciences du génie croit pouvoir se rapprocher d\u2019une recherche un peu plus prospective, plus évolutive.«Il n\u2019y a donc pas vraiment de dichotomie entre les deux types de recherche chez nous», ajoute-t-il.Gilles Savard croit également qu\u2019il est possible d\u2019éviter les conflits d\u2019intérêt entre le monde universitaire et l\u2019industrie, une inquiétude légitime lorsque le premier milieu oriente son travail en fonction des qbjectifs du deuxième.Le bureau d\u2019éthique de l\u2019École polytechnique et le Bureau de la recherche et Centre de développement techno- Améliorer la santé des bassins versants et des écosystèmes aquatiques./i Savoir.Surprendre.À la tête du Centre de recherche sur les interactions bassins versants - écosystèmes aquatiques (RIVE) de l'Université du Québec à Trois-Rivières, le plus important dans son domaine au Québec et dans l'est du Canada, PIERRE MAGNAN mène des travaux reconnus mondialement en écologie des eaux douces.Avec l'aide d'une équipe interdisciplinaire, il s'applique à comprendre les écosystèmes aquatiques naturels ou perturbés par les activités humaines.Écoutez-moi! youtube.com/camerauqtr Pierre Magnan, professeur Directeur du Centre de recherche sur les interactions bassins versants - écosystèmes aquatiques (RIVE) www.uqtr.ca/RIVE Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écologie des eaux douces logique sont «d\u2019efficaces mécanismes protégeant notre priorité de formation à la recherche et par la recherche, ainsi que l\u2019indépendance intellectuelle et les intérêts» des étudiants et des chercheurs, écrivait encore le directeur l\u2019automne dernier.La prospérité par la recherche Le financement fédéral, plus orienté vers la recherche appliquée, est évidemment lié aux nouvelles orientations du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), qui s\u2019est tourné vers l\u2019industrie.«L\u2019objectif du CNRC est très clair: augmenter la compétitivité, la productivité et répondre aux besoins industriels», résume Gilles Savard.C\u2019est, par contre, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), notamment, qui finance l\u2019École polytechnique.Et le CRSNG fait lui aussi une place de plus en plus importante à la recherche en partenariat.«Ces partenariats ne signifient pas qu\u2019on fait uniquement de la recherche appliquée, nuance M.Savard.Mais que ces recherches sont un peu plus dirigées vers les besoins de la société.Ce ne sont pas seulement des entreprises qui ont accès à ces fonds; ce sont aussi des syndicats, des gouvernements, des hôpitaux, etc.» Cette orientation vers de la recherche plus « dirigée » a du bon, croit Gilles Savard.«Aucun organisme subventionnaire ne subventionne une recherche qui n\u2019est pas pertinente.Mais elle peut être pertinente simplement en répondant à un enjeu, à un questionnement scientifique.Une recherche peut aussi être utile au niveau humain, au niveau sociologique, politique, géographique, etc.Et elle peut être utile en répondant à une pertinence économique: en visant le maintien de notre industrie aérospatiale, par exemple, qui est très importante pour le Québec et le Canada.» Déjà demain Dans son plan d\u2019action pour la recherche et l\u2019innovation, rappelle Gilles Savard, le Québec a misé sur sept forces dans le domaine du génie.Celles-ci vont des technologies de l\u2019aérospatiale, évidemment, aux biotechnologies, aux sources d\u2019énergie renouvelables ou aux technologies de l\u2019information.« Cette nouvelle politique nationale vise aussi à atteindre 3% du PIB en investissement et en recherche, publique ou privée; les retombées de la recherche scientifiques sont multiples.L\u2019impact de la recherche passe aussi par la qualité d\u2019une main-d\u2019œuvre hautement qualifiée.Des étudiants novateurs qui vont assurer la survie d\u2019une industrie, par exemple.» A l\u2019École polytechnique, les recherches de demain porteront sur les téléphones cellulaires qui se rechargent sans devoir être branchés, la régénérescence du cartilage ou les microdispo-sitrfs transportant une dose de chimiothérapie directement à une tumeur.Nul doute que la recherche sait se montrer pertinente.Collaboratrice Le Devoirt JACQUES NADEAU LE DEVOIR Longtemps, on a cherché la cause derrière la douleur chronique.Celle-ci est maintenant reconnue comme une maladie en soi.McGILL La recherche sur la douleur chronique gagne à être soutenue Le diagnostic avec la génétique moléculaire serait la réponse privilégiée pour son traitement Rejoignant les rangs de l\u2019Université McGill, largement réputée en matière de recherche sur la douleur, Luda Diatchenko est, depuis le mois de septembre, titulaire de la Chaire d\u2019excellence en recherche du Canada sur les mécanismes génétiques de la douleur chez l\u2019humain.À travers ses travaux, la chercheuse se dirige vers ce qui pourrait se révéler être la réponse longtemps attendue par ceux qui souffrent de douleur chronique : des traitements personnalisés.ASSIA KETTANI Sur la douleur, on sait encore trop peu de choses, affirme Luda Diatchenko, surtout lorsqu\u2019on considère l\u2019ampleur du phénomène.Avec environ 20% de la population canadienne souffrant de douleur chronique, il s\u2019agit d\u2019un problème de santé majeur qui représente des dépenses du réseau de santé de l\u2019ordre de nombreux millions de dollars.Une réalité qui prend de l\u2019ampleur à mesure que l\u2019espérance de vie s\u2019allonge.En effet, alors que la population est vieillissante, la qualité de vie devient un enjeu de plus en plus présent et le traitement de la douleur fait aujourd\u2019hui partie des priorités grandissantes.Or, «en ce qui concerne les subventions à la recherche, le nombre d\u2019articles publiés ou les heures de cours dans les programmes», la douleur est longtemps restée en deuxième ligne.Par exemple, «dans les écoles de médecine américaines, seulement 10 heures en moyenne sont consacrées à la douleur.C\u2019est largement insuffisant », rappelle Luda Diatchenko.Symptôme ou maladie?Si la douleur chronique reste aujourd\u2019hui méconnue, c\u2019est parce que, «longtemps, on a cherché derrière la douleur la cause» et considéré la douleur chronique comme un symptôme plutôt que comme une maladie en soi.Mais, bien souvent, «les médecins ne parvenaient à observer aucune lésion physique à l\u2019origine de la douleur», poursuit-elle.Et pour cause : «La douleur chronique ne vient pas d\u2019une lésion, mais bien d\u2019une rupture dans l\u2019acti- vité normale du système nerveux central.Aujourd\u2019hui, il est devenu évident que la douleur chronique est une maladie, dont il faut trouver le remède.» Une autre fausse route concernant la douleur chronique est de considérer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un état psychologique.«C\u2019est vrai qu\u2019il y a une part psychologique importante dans la douleur.Mais penser que ceux qui souffrent de douleur chronique peuvent guérir par leur seule volonté est une erreur.Dans certains cas, le traitement psychologique est efficace.Mais, dans d\u2019autres, il y a aussi un aspect physiologique et le traitement pharmaceutique peut agir efficacement.» Il s\u2019agit d\u2019un domaine d\u2019autant plus complexe que la perception de la douleur est difficilement mesurable et que la sensibilité à la douleur varie d\u2019un être humain à l\u2019autre \u2014 certains ont besoin de tripler la dose d\u2019analgésique pour se faire soigner une carie, d\u2019autres refusent une anesthésie pour donner naissance.Et, comme la douleur est une expérience subjective et incalculable, «on a longtemps remis en question l\u2019existence d\u2019une base VOIR PAGE G 3 : DOULEUR http://www.youtube.com/watch?v=uqm_AEpfWoM LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 3 NOVEMBRE 2013 G 3 RECHERCHE RECHERCHE ET INNOVATION Oui à la politique déposée par Québec, à quelques bémols près Il sera difficile de faire accepter la PNRI par le gouvernement fédéral La Politique nationale de la recherche et de l\u2019innovation (PNRI), dévoilée le 16 octobre par Pierre Duchesne, ministre de l\u2019Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, est relativement bien accueillie par le milieu universitaire.ÉTIENNE PLAMONDON ÉMOND Yves Mauffette, vice-recteur à la recherche et à la création de l\u2019UQAM, avait été un des rares vice-recteurs à critiquer publiquement la Stratégie québécoise de l\u2019innovation (SQRI), proposée en 2010 par l\u2019ex-ministre du Développement économique, de l\u2019Innovation et de l\u2019Exportation, Clément Gignac.La SQRI, selon lui, avait des orientations économiques et technologiques trop prononcées et laissait en plan la recherche fondamentale et les sciences sociales.Aujourd\u2019hui, il se dit satisfait de la PNRI.«Par rapport à [la SQRI], c\u2019est plus réconfortant, dit-il.Il y a une ouverture plus grande à l\u2019innovation sociale, qui était peu présente dans la dernière politique, plus centrée sur des technologies.» Les grandes thématiques déterminées comme les priorités de recherche dans la PNRI, soit les changements démographiques, le développement durable et l\u2019identité québécoise, le comblent.«On sort du penchant presque exclusif pour l\u2019avion vert, par exemple.On entre dans des thématiques plus ouvertes», dit-il.Son point de vue semble partagé par plusieurs de ses homologues des autres universités.«Franchement, les vice-recteurs, nous nous sommes rencontrés dans le cadre de la défunte CREPUQ et nous sommes tous très satisfaits du budget et de ses répercussions.» «Tendance lourde» maintenue Max Roy, président de la Fédération québécoise des professeures et des professeurs d\u2019université (FQPPU), considère tout de même que «la tendance lourde est maintenue» en ce qui concerne la proximité avec les secteurs économiques, commerciaux et industriels, mais il voit une amélioration dans le «changement d\u2019orientation, qui n\u2019est pas radical, mais important, en admettant la nécessité de mieux soutenir la recherche publique qui est faite à l\u2019université dans des secteurs qui ne sont pas nécessairement JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pierre Duchesne, ministre de l\u2019Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie a présenté une nouvelle politique de recherche, dont certaines mesures font l\u2019unanimité dans le milieu universitaire.industriels.[La PNRI] met l\u2019accent là-dessus.Pas assez à notre goût, mais elle met l\u2019accent là-des-sus.» M.Roy se réjouit de constater qu\u2019«t7 y a des énoncés très clairs pour dire à quel point la recherche fondamentale est importante», mais il émet des réserves sur le fait que, «la grosse tendance, c\u2019est encore la recherche appliquée».Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui représente surtout des chargés de cours dans le milieu universitaire, demeure songeuse devant le titre Priorité emploi donné au document de la PNRI.«Relancer l\u2019emploi, on n\u2019est pas contre, mais le ministre a parlé à plusieurs reprises de rééquili- brer la recherche fondamentale par rapport à la recherche plus utilitaire et marchande.Mais, quand on regarde le titre, on trouve que le jupon de la vision entrepreneuriale dépasse beaucoup.» N\u2019empêche, elle admet que «c\u2019est un pas dans la bonne direction».Cas d\u2019imanimité Certaines mesures font l\u2019unanimité.La bonification de 25% des budgets des Fonds de recherche du Québec est applaudie de toutes parts.La décision d\u2019étaler la Politique sur cinq ans, plutôt que trois ans pour les précédentes, est vivement saluée.Il s\u2019agit d\u2019une mesure «structurante», selon M™'\" Senneville.«On cherche à amener l\u2019humanité plus loin et ça ne se fait pas toujours dans des mandats très courts.Cette mesure permet d\u2019offrir une pérennité et de s\u2019engager avec une certaine stabilité du côté des conditions d\u2019embauche.» La volonté affirmée du gouvernement Marois de voir les investissements dans la recherche et le développement atteindre 3% du PIB suscite aussi de nombreux espoirs.De manière plus précise, la FQPPU est évidemment ravie de l\u2019engagement concernant l\u2019embauche de près de mille nouveaux professeurs dans les universités.Elle est aussi reconnaissante pour les mesures prévues concernant la diffusion des recherches.« On a souffert d\u2019un manque de soutien de ce point de vue.On est heureux d\u2019entendre que ce besoin d\u2019une meilleure diffusion est reconnu.» De plus, tous saluent l\u2019importance accordée, dans la PNRI, aux frais indirects de la recherche.« Ça grève les budgets de recherche et ça les ampute en grande partie.Et, comme les universités n\u2019avaient pas des subventions suffisantes, elles étaient obligées de puiser à même leur budget d\u2019exploitation pour combler des besoins», explique Max Roy.« Cette nouvelle politique reconnaît un meilleur investissement pour les espaces qui sont dédiés à la recherche, qui n\u2019étaient pas nécessairement inclus auparavant», se réjouit de son côté M.Mauffette.Reste qu\u2019une partie de cet enjeu va se jouer à Ottawa, principal bailleur de fonds des centres de recherche.Si le gouvernement québécois s\u2019est montré prêt à entreprendre des démarches pour négocier avec le fédéral à ce sujet, «on est loin de la résolution du problème», affirme Max Roy.A l\u2019Acfas, on indique que, si la PNRI a été l\u2019enjeu central dans le domaine scientifique au cours de la dernière année, les frais indirects de la recherche seront l\u2019objet de la prochaine grande bataille.Le 28 octobre dernier, l\u2019Acfas a d\u2019ailleurs publié une lettre ouverte envoyée à James Moore, ministre de l\u2019Industrie, demandant «que le montant attribué au Programme fédéral des coûts indirects (PCI) soit progressivement bonifié pour couvrir 40% du financement de la recherche octroyé».Collaborateur Le Devoir DOULEUR SUITE DE LA PAGE G 2 génétique de la perception de la douleur».Douleur chronique Caractérisée par une sensibilité plus élevée à la douleur, la douleur chronique est aussi hétérogène dans ses signes cliniques que dans ses degrés.Mais, derrière cette hétérogénéité, ce sont bien les mêmes variations génétiques qui entrent en jeu : «Plusieurs découvertes récentes dans le domaine de la génétique de la douleur ont prouvé que le bagage génétique joue un rôle essentiel dans la perception de la douleur.» Ainsi, alors qu\u2019une infime partie de la population est congénitalement insensible à la douleur \u2014 et décède d\u2019ailleurs souvent au cours de l\u2019enfance, car la douleur demeure indispensable à la conscience du danger \u2014 d\u2019autres souffrent de douleur chronique.Pour étudier ces variations génétiques encore peu connues, la D\u2019\u2019'^ Diatchenko décortique les mécanismes de la douleur dans toutes leurs formes.Quels schémas génétiques influencent la perception de la douleur?A quel type de douleur chronique sont-ils associés?Comment et pourquoi la douleur chronique se développe-t-elle?«Je cherche à identifier et à comprendre les facteurs de risque génétiques et moléculaires qui font que certaines personnes développent de la douleur chronique», résume-t-elle.Parallèlement à ces variations génétiques, les facteurs déclencheurs de la douleur chronique peuvent prendre deux formes.Il peut s\u2019agir d\u2019une blessure physique, comme un accident de voiture ou une opération.«Pour le même traumatisme physique, certaines personnes se remettent très bien, alors que d\u2019autres vivront avec une douleur chronique pour le restant de leur vie.» Les causes peuvent aussi être de nature psychologique et concerner quelqu\u2019un qui est en parfaite santé physique.«Il peut s\u2019agir d\u2019un événement stressant ou d\u2019une détresse psychologique», souligne-t-elle, dans un contexte de deuil par exemple, ou encore d\u2019un stress généré par des études universitaires.La raison originelle ne peut d\u2019ailleurs pas toujours être ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La Luda Diatchenko identifiée et souvent les deux causes, la lésion physique et la détresse psychologique, peuvent interagir.«Jusqu\u2019à 30% des personnes qui ont été impliquées dans un accident de voiture développent des douleurs musculaires plusieurs mois après la collision», indique-t-elle.Traitement en vue Pour soigner la douleur chronique, «nous sommes actuellement dans un tournant», estime-t-elle.Alors que son équipe de recherche recevra quelque 30 millions de dollars sur sept ans, la recherche sur la douleur suscite de plus en plus d\u2019intérêt de la part de la communauté scientifique et se développe rapidement, «notamment grâce aux évolutions technologiques».Elle prévoit ainsi des avancées majeures en matière de traitement de la douleur chronique dans les cinq prochaines années.«Le diagnostic avec la génétique moléculaire deviendra la réponse privilégiée pour le traitement de la douleur chronique, comme on le voit déjà pour d\u2019autres maladies, comme le cancer, oû les facteurs génétiques sont de plus en plus pris en compte.» L\u2019approche génétique ouvre ainsi la porte à la conception de thérapies et de traitements personnalisés de la douleur chronique.«Nous pourrons développer des traitements ou des analgésiques en fonction des différents types de bagage génétique.Que ce soit en créant de nouveaux médicaments ou en utilisant des médicaments déjà connus, nous pourrons mieux cerner les besoins des patients et la manière de les soigner.» Collaboratrice Le Devoir Tout est possible Quand on fait avancer les connaissances au sein d\u2019une équipe de recherche.% @uqam #toutestpossible L\u2019effet UQÀM G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 2013 RECHERCHE UNIVERSITE DU QUEBEC A TROIS-RIVIERES « L\u2019industrie veut obtenir des solutions extrêmement rapides » L\u2019Université trouve des solutions pour répondre aux vrais besoins en aéronautique En Mauricie et à Trois-Rivières se trouve le deuxième pôle en importance de l\u2019industrie aéronautique au Québec.Les forces vives du milieu économique de cette région ont formé un réseau qui concentre ses énergies à l\u2019essor de l\u2019aérospatiale, aussi bien sur les marchés locaux que sur ceux d\u2019envergure nationale et internationale.Il y a maintenant une Chaire de recherche en gestion de projets aéronautiques qui les soutient dans leurs efforts.Darli Rodrigues Vieira REGINALD HARVEY Darli Rodrigues Vieira est professeur en gestion de projet à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) depuis août 2012 ; il a aussi enseigné, au Brésil, à l\u2019Université fédérale du Paranâ (UFPR) et à l\u2019Institut technologique d\u2019aéronautique (ITA).Pendant plus de 20 ans, il a eu l\u2019occasion, à titre de consultant industriel, d\u2019accumuler des connaissances spécifiques et d\u2019acquérir une expérience professionnelle, notamment en aéronautique ; il a collaboré avec certaines des plus grandes entreprises de ce secteur.Il a mis à contribution son vécu professionnel et poursuivi une démarche plutôt inusitée dans la mise sur pied de cette chaire de l\u2019UQTR, dont il est aussi le titulaire.Il dit pourquoi : «L\u2019industrie est intéressée par la recherche, mais elle veut aussi obtenir des solutions extrêmement rapides.» Il a procédé de cette façon : «Lorsqu\u2019est venu le moment de la créer, j\u2019ai d\u2019abord consulté les constructeurs, les fournisseurs, les équipementiers; de la sorte, j\u2019ai suivi une approche autre que traditionnelle dans la proposition d\u2019une chaire: d\u2019habitude, on part de l\u2019université pour aller vers l\u2019industrie, alors que j\u2019ai fait le contraire.J\u2019ai développé l\u2019idée et je l\u2019ai validée techniquement en premier lieu auprès des gens qui avaient de véritables besoins dans le sec- teur de l\u2019aéronautique.» Soutien direct aux PME locales L\u2019idée d\u2019une chaire émane donc d\u2019une prémisse de base : l\u2019industrie manifeste des besoins croissants de compétences spécifiques en gestion de projets.Dans ce contexte, la Ville de Trois-Rivières a accordé un montant de 400 000$ à la Fondation de l\u2019UQTR spécifiquement pour financer de telles activités de recherche : «La chaire a donc pour mission d\u2019aider les entreprises de cette ville et des environs à approfondir leurs connaissances et à renforcer leur compétitivité en cette matière sur tous les marchés.» Pour atteindre ses objectifs, la chaire travaillera en proche partenariat avec les plus importants centres de recherche en la matière, dont l\u2019Institut supérieur de l\u2019aéronautique et de l\u2019espace de Toulouse (ISAE) fait partie.Le professeur se penche sur l\u2019expertise distinctive à générer: «Elle tient compte de la haute complexité dans la façon de gérer ce type de projet.Ici, la gestion est associée à des aspects bien particuliers, dont voici une énumération non exhaustive: un temps de maturation des technologies de 10 à 20 ans, une durée de développement des produits de 5 à 7 ans, une cadence de production de 1 à 10 avions par mois, une du- rée de vie des produits de 30 à 50 ans, des normes rigides concernant la sécurité et le système de gestion de la qualité aéronautique 645 9100, etc.).» Il en découle cette réalité : «Tout cela nécessite une façon bien singulière d\u2019approcher les problèmes de gestion des projets sur les plans de la conception, de la fabrication, de l\u2019assemblage, de l\u2019utilisation et du retrait de service de chaque appareil.» Deux axes de recherche La chaire conduira ses travaux en fonction de deux axes de recherche, dont le premier retenu appartient à la «gestion de cycle de vie du produit (product lifecycle management ou PLMy) »: «Beaucoup plus qu\u2019une solution technologique, c\u2019est une stratégie qui concourt au partage des données sur les produits au sein de ces entreprises et de leur chaîne de valeur.Le PLM applique des procédés communs et capitalise sur les informations de l\u2019entreprise; sa gestion aide les entreprises à développer ses produits, à partir de leur conception jusqu\u2019à leur mise au rebut, tout en facilitant aussi la participation continue de toutes ses parties prenantes internes et externes.» M.Vieira élabore sur ce point pour passer par la suite à l\u2019axe «Bureau de projet {project management office ou PMO) » : «Il s\u2019agit là d\u2019une unité organisationnelle qui centralise et coordonne la gestion des projets qui sont sous sa responsabilité.Le PMO se concentre sur la planification, la hiérarchisation et l\u2019exécution de projets et de sous-projets qui sont reliés aux objectifs stratégiques d\u2019un client ou de l\u2019entreprise mère; il sert aussi à rendre compte du statut réel de chaque projet aux participants, aux chef de projet et aux parties prenantes, tout en aidant à mesurer la performance des projets de façon systématique.» De telle sorte que des améliorations peuvent être apportées au cours de chaque projet en ph^se de réalisation.A la suite de quoi, il fournit quelques exemples des travaux en cours qui génèrent des retombées pratiques : stratégie et projet de MRO (maintenance, réparation et refonte des avions), méthodes de fiabilité en projets aéronautiques et coûts en projets de conception aéronautique.Le défi majeur à relever en aérospatiale pour les PME, c\u2019est l\u2019exportation, soulignait récemment au Devoir Aéro Montréal.Darli Rodrigues Vieira abonde-t-il dans ce sens ?Il apporte cet éclairage : «En matière de qualité des produits, de processus et de normes, le marché aéronautique est un marché global et ses exigences requises sont elles aussi globales.Ainsi, ce qui est demandé d\u2019un fournisseur pour faire entrer son produit sur le marché canadien ou québécois l\u2019est également pour un contrat d\u2019exportation.» Il fournit à titre d\u2019exemple la certification AS 9100, devenue incontournable pour accéder aux marchés aéronautiques.Il enchaîne: «Le profil typique d\u2019un tiers 2 ou d\u2019un \u201cfournisseur de rang 2 petit\u201d est d\u2019avoir un chiffre d\u2019affaires variant entre 15 et 20 millions de dollars et de compter moins de 100 salariés.Il fait face à un défi majeur qui consiste à ne pas se contenter d\u2019exécuter des ordres, mais à être de plus capable de participer au développement de solutions de plus en plus complexes.Pour y parvenir, il faut que les entreprises puissent régulariser le volume de commandes à moyen et à long termes.» Considérant que le marché aéronautique est global, il faut chercher des commandes à l\u2019étranger pour régulariser les volumes et réduire le risque de perte de capacité d\u2019innovation.Collaborateur Le Devoir LA FEDERATION QUEBECOISE DES PROFESSEURES ET DES PROFESSEURS D UNIVERSITE soutient la recherche sous toutes ses formes et dans tous les domaines r e \u20ac h e rc h e r ^ fonaaiïie théorie a t IV' .O s cIenc e s ts a n ta 1 e P protiiius j q U w e e ESP www f www.fqppu.org C\u2019est à tout que profite la recherche universitaire Voir les succès de la recherche USherbrooke.ca/recherche Au fil des années, l\u2019Université de Sherbrooke s\u2019est démarquée par son dynamisme en recherche et par sa capacité à créer des alliances stratégiques avec des centres de recherche privés et publics de premier plan.Aujourd\u2019hui, elle se hisse au 11® rang parmi les plus importantes universités de recherche au Canada et au 1®\"^ rang québécois pour l\u2019augmentation de ses revenus de recherche.* UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Voir au futur *Source : classement 2013 du Canada's Top 50 Research Universities diffusé par la firme Research Infosource.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Il y aurait des types de personnalité qui font que les individus prennent plus soin d\u2019eux et font attention à leur alimentation.UNIVERSITE BISHOP L\u2019art du « bien manger » est difficile « On doit vite apprendre à contrôler nos impulsions » Pourquoi et comment certaines personnes parviennent-elles à prendre soin d\u2019elles-mêmes \u2014 à bien s\u2019alimenter et à faire de l\u2019exercice \u2014 alors que c\u2019est si difficile pour d\u2019autres ?Voilà la question qui passionne Fuschia Sirois, professeure de psychologie à l\u2019Université Bishop et titulaire d\u2019une Chaire du Canada en santé et bien-être.CLAUDE LAFLEUR \\ A toute question simple, il n\u2019est pas de réponse qui le soit, fait remarquer Fuschia Si-rois.Dans son domaine, il existe en effet plusieurs facteurs, dont un certain nombre de traits de personnalité, a-t-elle constaté.Comme psychologue et nutritionniste, elle étudie ces facteurs, dont la capacité à s\u2019auto-discipliner, autrement dit à faire face à la tentation.«Certaines personnes sont incapables de résister à la tentation d\u2019une bonne crème glacée, dit-elle, et, par la suite, elles se sentent coupables, alors que d\u2019autres résistent sans trop de difficulté.» Pourquoi?Qu\u2019est-ce qui différencie les unes des autres?La croyance en un certain contrôle La première différence que la chercheure a repérée est le fait que certains ont l\u2019impression d\u2019avoir le contrôle sur leur santé, et d\u2019autres, pas.«Ainsi, si vous croyez que vous avez un certain pouvoir sur vous-même, vous allez mieux prendre soin de vous que si vous n\u2019y croyez pas, observe-t-elle.Les personnes qui croient qu\u2019elles peuvent prendre en main leur santé s\u2019alimentent mieux, font davan- tage d\u2019exercice et, de fait, sont en meilleure santé.» Cependant, on pourrait alors être en présence d\u2019un «cercle vertueux», c\u2019est-à-dire qu\u2019il serait plus facile de sentir qu\u2019on a du pouvoir sur sa santé lorsqu\u2019on est en bonne santé que lorsqu\u2019on éprouve certains problèmes.Pour le vérifier, Fuschia Si-rois étudie l\u2019attitude des personnes atteintes de la maladie de Crohn, une terrible inflammation chronique de l\u2019intestin.«Ces personnes souffrent d\u2019un problème très imprévisible et difficilement contrôlable, note-t-elle.Elles vivent des périodes où la maladie est moins sévère, mais sans jamais savoir quand elles seront à nouveau fortement incommodées par la maladie.» De ce fait, bon nombre de victimes de la maladie de Crohn ont l\u2019impression de n\u2019avoir plus grand contrôle sur leur santé.«Ces gens-là se sentent à la merci de leur maladie, observe Fuschia Sirois.Ils se disent: \u201cJe n\u2019ai aucun contrôle et je ne peux rien y faire!\u201d, et ils voient leur état de santé \u2014 physique comme psychologique \u2014 se détériorer énormément.» Par contre, d\u2019autres personnes atteintes de la même VOIR PAGE G 5 : SANTÉ Un réseau de 10 grandes universités avant-gardistes » 360 groupes et laboratoires de recherche, dont 156 chaires de recherche » 297 millions de dollars en subventions et contrats de recherche r / W Université du Québec à Montréai 9 Université du Québec à Trois-Rivières 9 Université du Québec à Chicoutimi 9 Université du Québec à Rimouski 9 Université du Québec en Qutaouais Université du Québec 9 Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue 9 institut nationai de ia recherche scientifique 9 Écoie nationaie d'administration pubiique 9 Écoie de technoiogie supérieure Téié-université LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 2013 G 5 RECHERCHE UNIVERSITE LAVAL Une petite démonstration de mathématiques pures ! Pour Thomas Ransford, professeur de mathématiques pures à l\u2019Université Laval, celles-ci sont d\u2019une telle beauté qu\u2019il y consacre toute sa vie.« C\u2019est difficile à expliquer, mais, pour moi, il y a une certaine beauté dans les mathématiques.Il s\u2019agit pour moi d\u2019un monde à explorer, tout comme le monde physique, et je trouve qu\u2019il y a beaucoup de belles choses intéressantes à découvrir.Mais je sais aussi que je suis minoritaire à penser cela ! », ajoutera-t-il en éclatant de rire.CLAUDE LAFLEUR Depuis une trentaine d\u2019années, un chercheur explore des concepts de mathématiques pures qui non seulement sont hors de notre portée, mais pour lesquels il ne cherche même pas à trouver des applications pratiques.Peut-être ses travaux serviront-ils ultérieurement, mais par l\u2019entremise d\u2019autres chercheurs.La passion de Thomas Ransford consiste à résoudre des problèmes abstraits pour le simple plaisir de l\u2019exercice, un peu comme un joueur d\u2019échecs à la recherche de la partie parfaite.Le professeur Ransford dirige une petite équipe d\u2019étudiants (au post-doc, au doctorat et à la maîtrise) dans le cadre d\u2019une Chaire de recherche du Canada dédiée à la théorie spectrale et à l\u2019analyse complexe.«Il y a de célèbres problèmes mathématiques auxquels j\u2019aimerais trouver la réponse, dit-il.Je pourrais en citer trois ou quatre qui sous-tendent mes travaux en ce moment Par exemple, j\u2019aimerais démontrer que la répétitivité analytique est sous-additive.C\u2019est un célèbre problème non résolu et sur lequel, avec l\u2019un de mes étudiants au doctorat, nous avons fait un petit progrès.Si je parvenais à le résoudre, cela me vaudrait d\u2019étre publié dans de prestigieuses revues spécialisées.» Les mathématiques pures ont aussi ceci de beau qu\u2019elles lui ont fait rencontrer l\u2019amour de sa vie, une mathématicienne comme lui qui enseigne également à I\u2019Univer-sité Laval.Avec elle, il a eu deux garçons qui font sa fierté, dont l\u2019un se passionne pour les mathématiques.«Je suis d\u2019origine britannique, raconte M.Ransford.Je suis né à Londres et j\u2019ai fait mes études à Cambridge.J\u2019ai choisi les mathématiques parce que c\u2019était ma matière forte à l\u2019école.J\u2019aimais les sciences, mais je n\u2019étais pas aussi intéressé par le côté expérimental, je préférais nettement plus la théorie.» C\u2019est ainsi que, au début de ses études universitaires, il a apprécié faire de la physique théorique \u2014 «J\u2019en ai fait beaucoup durant mes études à Cambridge», précise-t-il \u2014 mais, en fin de compte, ce sont les mathématiques pures qui l\u2019ont passionné.«J\u2019ai toujours voulu découvrir de nouvelles choses en mathématiques, dit-il, et c\u2019est encore aujourd\u2019hui le cas.C\u2019est ça qui me fait \u201ccliquer\u201d!» Devenu jeune professeur à Cambridge, Thomas Ransford a un jour accueilli une jeune stagiaire postdoctorale provenant de l\u2019Université Laval: Line Baribeau.«Et, bien sûr, vous aurez compris que Line et moi sommes tombés en amour.et que nous nous sommes mariés!», dit-il le sourire aux lèvres.Par la suite, son épouse et lui ont cherché un emploi dans un même endroit, «ce qui n\u2019est pas facile pour deux spécialistes du même domaine», précise-t-il.Par chance, ils ont finalement obtenu des postes à l\u2019Université Laval.«Et c\u2019est pour cela que je suis venu m\u2019installer à Québec, il y a 20 ans cette année», lance-t-il joyeusement.Læ prof Ransford est parfaitement conscient qu\u2019il vit dans un monde à part, même si, à la maison, son épouse et l\u2019un de ses fils partagent sa passion.«J\u2019ai deux fils, raconte-t-il, l\u2019un âgé de 19 ans et l\u2019autre de 17 ans.L\u2019aîné suit mes traces: comme moi, la physique l\u2019attirait mais, finalement, il préfère les mathématiques.» Celui-ci vient d\u2019ailleurs d\u2019entreprendre un baccalauréat en mathématiques à l\u2019Université Laval.«Par contre, mon plus jeune, c\u2019est le contraire, poursuit-il.Il s\u2019agit de quelqu\u2019un de très pratique.Il fait présentement un DEC en sciences de la nature, et il ne fait aucun doute qu\u2019il préfère le côté pratique des choses.Et le pauvre.il vit avec trois passionnés des mathématiques, ce qui est un peu difficile pour lui!» « Quant à moi, j\u2019apprécie le fait que tout le monde n\u2019est pas fait pareil, heureusement!» Théorie spectrale et analyse complexe Le professeur Ransford consacre ses recherches à une branche des mathématiques appelée «analyse».Il s\u2019agit du développement moderne du calcul différentiel et intégral qu\u2019ont vu bon nombre de cégépiens: les dérivés et intégrales, ça vous rappelle quelque chose ?! Plus précisément, il se consa- cre à l\u2019analyse fonctionnelle.«Il s\u2019agit d\u2019appliquer l\u2019analyse à des espaces de dimensions infinies, explique le chercheur, plutôt que de se limiter à des fonctions à une ou deux variables.On considère des fonctions d\u2019un ordre infini de variables.» Or, souligne-t-il, aussi surprenant que cela puisse paraître, l\u2019analyse complexe est beaucoup plus riche et plus profonde que l\u2019analyse réelle, «c\u2019est encore plus \u201cbeau \u201d, si je puis dire».Il travaille à la fois sur la théorie elle-même et sur son application à la théorie spectrale.Cette dernière peut, par exemple, s\u2019appliquer à un système physique qui peut vibrer, comme une corde de guitare ou un pont.On sait même qu\u2019on peut faire vibrer un pont en marchant sur lui à une cadence particulière.On peut alors générer la fréquence naturelle de vibration, ou fréquence de résonance, du pont (dans certains cas, le pont peut alors se mettre à vibrer dangereusement).En mathématiques pures, on établit la valeur des fréquences de résonance \u2014 ce qu\u2019on appelle les valeurs propres \u2014 grâce à des matrices, à des tableaux de nombres de, par exemple, dix colonnes et dix lignes.«Une matrice de 10x 10 aura dix valeurs propres, indique le chercheur, et l\u2019ensemble de ces valeurs propres s\u2019appelle le spectre de la matrice \u2014 d\u2019où le concept de la théorie spectrale.» Bref, le professeur Ransford étudie la théorie spectrale par l\u2019entremise de l\u2019analyse complexe, d\u2019où la chaire de recherche en théorie spectrale et en analyse complexe qu\u2019il dirige !CQFD! Collaborateur Le Devoir I .\t1.?'\t% SOURCE THOMAS RANSFORD Le professeur Ransford consacre ses recherches à une branche des mathématiques appelée «analyse».«fl» a de célèbres problèmes mathématiques auxquels J\u2019aimerais trouver la réponse.Je pourrais en citer trois ou quatre qui sous-tendent mes travaux en ce moment.Par exemple, j\u2019aimerais démontrer que la répétitivité analytique est sous-additive.)) Professeur Thomas Ransford SANTE SUITE DE LA PAGE G 4 maladie considèrent celle-ci comme une épreuve qui les fait grandir, qui les amène à devenir une « meilleure personne».Elles se sentent par conséquent moins victimes de la maladie et trouvent même le moyen d\u2019exercer un certain contrôle sur leur vie.Elles parviennent ainsi à atténuer le stress que leur impose leur état, elles font davantage attention à ce qu\u2019elles mangent et font tout ce qu\u2019elles peuvent pour améliorer leur état.«Résultat: ces personnes semblent mieux se porter, constate la psychologue.Elles sont moins dépressives, prennent davantage soin d\u2019elles et, dans l\u2019ensemble, souffrent moins de douleurs et ont moins de symptômes.» Etre «bon» envers soi La professeure de psychologie de l\u2019Université Bishop en est venue à se poser la question: qu\u2019est-ce qui fait que certaines personnes gèrent mieux leur santé et leur bien-être que d\u2019autres?Elle a ainsi cerné quelques facteurs.«J\u2019ai entre autres étudié les gens qui ont tendance à procrasti-ner, donc à remettre à plus tard ce qu\u2019ils doivent faire, rapporte Euschia Sirois.Au point de départ, ces gens-là ont de la difficulté à contrôler leur comportement.Ils cèdent plus facilement à la tentation de faire autre chose de plus agréable que ce qu\u2019ils doivent faire.Par conséquent, ils remettent à plus tard la nécessité de s\u2019occuper de leur santé.» Il y a aussi ceux et celles qui font preuve d\u2019intransigeance envers eux-mêmes.«La plupart des gens qui cèdent à la tentation de manger certains aliments qu\u2019ils ne devraient pas manger se sentent ensuite très coupables et, souvent, ils se mettent à s\u2019empiffrer! Ils sont souvent très critiques d\u2019eux-mêmes, ce qui les démoralise bien davantage.Tandis qu\u2019il y a des gens qui, ayant cédé à la tenta- « La plupart des gens qui cèdent à la tentation de manger certains aliments qu\u2019ils ne devraient pas manger se sentent ensuite très coupables et, souvent, ils se mettent à s\u2019empiffrer!» tion, considèrent tout bonnement qu\u2019ils ont fait une gaffe \u2014 ce qui arrive à tout le monde, se disent-ils \u2014 et qui passent ensuite à autre chose.» «Ces gens-là ont beaucoup moins de difficulté à reprendre leur diète, à continuer leur programme d\u2019exercice et à prendre leur santé en main, observe M™® Sirois.Ils sont beaucoup moins durs envers eux-mêmes et se pardonnent mieux leurs écarts de conduite.Ils font preuve de compassion envers eux-mêmes.» Inné ou non?Bref, la chercheure constate donc qu\u2019il y a des types de personnalité ou des traits de caractère qui font que certaines personnes ont plus de facilité à prendre soin d\u2019elles-mêmes que d\u2019autres.Ça leur est naturellement plus facile.Mais vient-on au monde avec une telle facilité?Oui et non, répond la chercheure.En fait, on viendrait au monde ou on acquerrait très jeune certains traits, mais ceux-ci peuvent être également altérés par la suite.si on s\u2019y prend tôt.«Par exemple, indique Euschia Sirois, quelqu\u2019un qui est de nature impulsive le demeurera toute sa vie.Par contre, on peut lui apprendre à contrôler son impulsivité.Cette personne demeurera néanmoins toujours impulsive, mais saura se contrôler.» De même, on peut apprendre à résister aux tentations, à éviter de (trop) procrastiner ou à devenir indulgent envers soi-même \u2014 ou l\u2019inverse ! La psychologue souligne cependant que de tels apprentissages doivent se faire dès l\u2019enfance.«On doit vite apprendre à contrôler ses impulsions, dit-elle.Ça dépend donc beaucoup de l\u2019éducation que les parents donnent à leurs enfants», pose la psychologue.Autrement, si on n\u2019apprend pas à se maîtriser très tôt dans la vie \u2014 disons, avant l\u2019âge de dix ans environ \u2014 ce sera beaucoup plus difficile plus tard.Collaborateur Le Devoir LEURS TRAVAUX FONT RECULER LES LIMITES DU POSSIBLE COMME NOS CHERCHEURS, VISEZ LE SOMMET AVEC POLYTECHNIQUE INTERVENTION MINIME, GRANDS ESPOIRS DE GUÉRISON Un des plus grands défis de la chirurgie orthopédique est la régénération du cartilage dans des articulations endommagées.Une technique chirurgicale utilisant le CarGet un implant développé à partir de chitosane (biomatériau biocompatible et biodégradable) par la Caroline Hoemann et ses collègues, pourrait bientôt apporter une solution thérapeutique très efficace et peu invasive.L'équipe de la P'® Hoemann cherche à faire agir ensemble le chitosane, les éléments sanguins et l'inflammation thérapeutique afin d'attirer les cellules réparatrices vers les lésions du cartilage.Un autre projet est l'optimisation d'un procédé pour déposer un implant sous l'os du genou, pour faciliter la migration des cellules souches fabriquées par la moelle osseuse vers la lésion.SYSTEMES A PETITE ÉCHELLE, GRANDE PUISSANCE D\u2019ÉMISSION Pionnier dans le domaine de la recherche sur les métamatériaux, le P'' Christophe Caloz s'est illustré récemment dans le monde des télécommunications sans fil en mettant au point avec son équipe une antenne intelligente capable de balayer tout l'espace et de rediriger le signal dans toute direction souhaitée.Il oriente maintenant ses travaux vers les métamatériaux de deuxième génération, basés sur des structures à échelles multiples, un concept qu'il est le premier au monde à avoir lancé.Son objectif : élaborer de nouveaux radars et systèmes de communication radio beaucoup plus simples et rapides que leurs contre-parties conventionnelles.L'équipe de sa Chaire de recherche du Canada sur les futurs métamatériaux radio-fréquence intelligents développe actuellement des puces de ce type pour répondre aux besoins de l'industrie des télécommunications sans fil, dont l'entreprise RIM.PETITS RESSORTS, GRANDES INNOVATIONS Comment fabriquer rapidement et avec précision des structures en 3D à partir d'éléments à échelle nanoscopique?Le P' Daniel Therriault, responsable de la Chaire de recherche du Canada en fabrication de micro-systèmes et matériaux avancés, a trouvé une réponse ingénieuse: il ajoute des nanotubes de carbone à une résine polymère durcissable aux rayons UV et dépose cette pâte par un système de seringue robotisée.Les formes en 3D produites durcissent instantanément par une exposition simultanée à des UV.Ces formes sont des ressorts d'une centaine de microns, aux propriétés uniques.De nombreuses utilisations sont envisagées, entre autres pour emmagasiner de l'énergie dans des systèmes mécaniques, ou pour former des électrodes dans des laboratoires sur puce que l'équipe du P\u2019\u2019 Therriault est en train de développer.CHAQUE JOUR, A POLYTECHNIQUE, NOS CHERCHEURS CONÇOIVENT LA VIE AUTREMENT.POLYTECHNIQUE MONTRÉAL m LE GENIE EN PREMIÈRE CLASSE Téléphone : 514 340-4720 POLYMTL.CA/RECHERCHE ^ à POLYMTL y POLYMTL G 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 2013 RECHERCHE UQAM Un nouveau programme s\u2019adresse aux chercheurs en milieu de carrière Douze nouvelles chaires institutionnelles seront créées L\u2019obtention d\u2019une chaire marque d\u2019une pierre blanche la carrière d\u2019un chercheur universitaire.C\u2019est à la fois une immense reconnaissance de ses aptitudes et de son travail et un appui inestimable à la poursuite et au rayonnement de ses recherches.Mais le milieu de la recherche étant très compétitif, les titulaires de chaire ne sont pas légion.Plusieurs doivent attendre des années avant qu\u2019on ne leur accorde ce privilège.MARIE LAMBERT-CHAN L?Université du Québec à Montréal (UQAM) < a décidé de donner un coup de pouce à ses chercheurs en milieu de carrière ayant des travaux prometteurs : elle finance un nouveau programme de «Chaires stratégiques de recherche».Au cours des trois prochaines années, douze chaires institutionnelles seront progressivement mises sur pied.«Nous diversifions le portefeuille de la recherche, déclare Yves Mauffette, vice-recteur à la recherche et à la création de l\u2019UQAM.Nous avons d\u2019abord offert du soutien aux jeunes chercheurs et aux centres institutionnels et nous trouvions pertinent, dans ce processus, de mettre en place des chaires qui permettront aux chercheurs en mi-carrière de se développer.» Le programme pourrait aussi inclure de jeunes professeurs ou même des chercheurs de renom que l\u2019université souhaite retenir, ajoute-t-il.Ces chaires ne seront ni subventionnées par les grands organismes fédéraux de financement de la recherche \u2014 le Conseil de recherche en sciences humaines, le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie et les Instituts de recherche en santé du Canada \u2014 ni par des organismes publics ou privés.L\u2019argent proviendra entièrement des fonds institutionnels.Cette initiative est une première à l\u2019UQAM.M.Mauffette reconnaît toutefois que d\u2019autres établissements ont déjà tenté l\u2019aventure \u2014 avec succès.Ces expériences l\u2019ont d\u2019ailleurs inspiré.«LVniversité Concordia, par exemple, a établi une cinquantaine de chaires semblables et cela a entraîné un effet d\u2019émulation important parmi ses chercheurs, indique-t-il.Pratiquement deux millions de dollars ont été investis dans ce programme.De notre côté, nous en sommes aux premiers balbutiements: les titulaires disposeront d\u2019un dégrèvement de 10000$ et d\u2019un budget de fonctionnement de 25000$ renouvelables pour une période maximale de trois ans.» Nouveaux créneaux de recherche Attribuées par voie de concours, les Chaires stratégiques de recherche seront de deux types : thématiques et ouvertes.«Les premières auront un thème imposé par l\u2019UQAM, ce qui ne sera pas le cas des secondes, qui présenteront tout de même un lien avec nos orientations stratégiques de recherche et les priorités des facultés», explique Yves Mauffette.Quatre des douze chaires se verront attribuer un sujet.L\u2019une d\u2019entre elles se concentrera sur la recherche communautaire, une pratique qui favorise une plus grande participation des communautés visées par la recherche tout au long de la démarche scientifique.Les autres se consacreront à la question du vieillissement de la population, aux enjeux relatifs à la recherche nordique et, enfin, aux rapports qui unissent l\u2019art, la culture et le bien-être.Ces sujets sont issus des propositions que les professeurs de l\u2019UQAM ont soumises en 2012 au scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, qui en avait fait la demande pour stimuler la recherche dite «intersectorielle».«On ne parle plus seulement de croiser des disciplines, mais bien de faire appel à l\u2019expertise de plusieurs secteurs, signale M.Mauffette.C\u2019est l\u2019élément novateur de nos Chaires stratégiques de recherche.Prenez le thème du vieillissement.Il ne sera pas abordé d\u2019un point de vue médical ou gériatrique.Il s\u2019agit plutôt de l\u2019étudier comme une étape de la vie à laquelle se rattachent divers enjeux sociologiques, économiques, politiques, sociaux, citoyens, etc.» Yves Mauffette est catégorique: «On ne crée pas simplement une chaire pour que le chercheur s\u2019y abrite pendant trois ans et que rien n\u2019en découle, dit-il.Cette chaire ne sert pas qu\u2019à glorifier son titulaire.Elle est un pôle autour duquel gravitent d\u2019autres chercheurs, des étudiants aux cycles supérieurs, des postdoctorants.Elle favorise un travail en synergie.On espère donc que cette chaire constituera un tremplin pour la carrière du titulaire, qu\u2019elle lui ouvrira des portes, lui apportera davantage de subventions, peut-être même une autre forme de chaire, un centre de recherche ou un laboratoire.» Car, au bout de trois ans \u2014 peut-être cinq, dans des cas particuliers \u2014 les chaires stratégiques à naître cesseront d\u2019exister.D\u2019autres prendront le relais avec des sujets de recherche différents.«Je ne veux pas figer le système et, ce faisant, n\u2019en faire profiter qu\u2019une poignée de professeurs, affirme le vice-recteur.Nous en employons tout de même plus de 1000 à l\u2019UQAM.L\u2019objectif est de donner une chance au plus grand nombre possible.» D\u2019ici dix ans, Yves Mauffette aimerait bien mettre en place 25 Chaires stratégiques de recherche.En attendant, les premières chaires à thème seront connues en janvier prochain.Deux autres appels de candidature sont prévus au printemps 2014 et en septembre 2015.Collaboratrice Le Devoir UNIVERSITE D\u2019OTTAWA Le futur est parmi nous « La moitié des emplois qui seront créés à moyen terme aux États-Unis seront occupés par des robots ! » L\u2019Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique (ISSP) de l\u2019Université d\u2019Ottawa mobilise des experts de plusieurs disciplines afin de porter un regard et d\u2019analyser l\u2019impact des sciences et de la technologie sur la société d\u2019aujourd\u2019hui et de demain.Complexe, mais combien fascinant, laisse entendre son démiurge et directeur, Marc Saner.THIERRY HAROUN Complexe, mais combien fascinant, disions-nous ?Il s\u2019agit de lire la documentation afférente de l\u2019ISSP pour s\u2019en convaincre.«Des ordinateurs qui pensent par eux-mêmes.Des robots qui enlèvent des emplois aux hommes.Des développements en génomique qui permettent de prolonger indéfiniment la vie.La biologie synthétique qui nous permet de concevoir des fonctions biologiques qui n\u2019existent pas dans la nature.De nos jours, où que nous portions notre regard, les progrès scientifiques et technologiques abondent.» Dans ce contexte, lit-on plus loin, où tout évolue à la vitesse de l\u2019éclair et à un rythme de plus en plus rapide, «comment pouvons-nous nous adapter aux nouvelles technologies ou même les comprendre ?Devrions-nous nous y adapter?Que signifient-elles pour notre société ?Quelles sont leurs répercussions sur ce qui fait de nous des êtres humains ?Quelles en sont les conséquences sur le plan éthique ?Quelles sont les incidences juridiques sur, par exemple, la protection de la vie privée ?Qu\u2019en est-il des répercussions sur la sécurité ?Quelles technologies devrions-nous favoriser?» Voilà autant de questions et d\u2019enjeux qu\u2019aborde l\u2019ISSP, au sein de ses nombreuses activités publiques, conférences, échanges de réflexions et col- loques, depuis sa fondation il y a trois ans.Dès le départ, Marc Saner a mis sur pied un comité composé d\u2019une douzaine d\u2019experts de l\u2019Université d\u2019Ottawa issus de plusieurs facultés, dont celles des arts, des sciences, du génie, du commerce, du droit et de la médecine, afin de remplir les mandats et les principes directeurs que s\u2019est donnés cet institut.«Nous favorisons une approche holistique et apolitique afin de mieux faire comprendre l\u2019engagement social et le mode de fonctionnement de la science et de la technologie au sein des entreprises et de la gouvernance de la société, entre autres», raconte Marc Saner, avant d\u2019ajouter: «Nous avons donc pour mission d\u2019améliorer la gouvernance de la science, de la technologie et de l\u2019innovation.» Le post-humain Parmi ses nombreuses activités, riSSP a organisé des échanges qui ont permis à ses étudiants d\u2019assister à une QUELLES LEÇONS POUVONS-NOUS TIRER DU PASSÉ?Les VAGUES de CHALEUR, les SÉCHI::kbSSbsHimuUkAG.ANS et\tsemblent tous survenir à une fréquence croissante.Ces événements touchent de façon disproportionnée les personnes les plus^^^^^^^^de la planète.Ces événements se produisent-ils vraiment plus souvent que par le passé et, si c'est le cas, à quel point les activités humaines sont-elles à blâmer?La recherche de Matthew Peros, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les changements climatiques et environnementaux, améliorera les prévisions relatives au changement climatique à venir et aidera à prévoir la réponse des écosystèmes à une variabilité abrupte du climat.UN ENSEIGNEMENT DE PREMIER ORDRE SE FONDE SUR L'EXCELLENCE EN RECHERCHE.À L'UNIVERSITÉ BISHOP'S, NOS MEILLEURS \\\tCHERCHEURS SONTVOS PROFESSEURS.^Ay UNIVERSITÉ BISHOP\u2019S UNIVERSITY ubishops.ca conférence donnée pqr le scientifique en chef des États-Unis, John Holdren, à l\u2019Université George-Washington.Et, l\u2019année suivante, ce sont les étudiants de cette même université qui sont venus à Ottawa pour entendre le ministre canadien des Sciences et de la Technologie, Gary Goodyear.«Voilà des occasions uniques pour les étudiants de rencontrer de grands personnages», tient à dire Marc Saner.On notera également que l\u2019Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique a coorganisé en novembre 2011 la 13® série de conférences annuelles Frontières de la recherche, qui a eu pour thème «Notre futur posthumain».L\u2019événement traitait notamment des percées scientifiques portant sur ce qui est qualifié de «perfection humaine», ainsi que de la sempiternelle question de l\u2019immortalité.«Dans les pays développés, le désir d\u2019améliorer l\u2019humain par des moyens biomédicaux semble impossible à arrêter.Toutefois, cette progression vers le \u201cpost-humain \u201d a aussi [engendré] des discussions, des débats, des conflits et de nombreuses recherches sur les visées ultimes pour notre espèce», lit-on dans la documentation du colloque.Par ailleurs, la revue Perspective sur la recherche, publiée par Les Presses de l\u2019Université d\u2019Ottawa, avait cette année-là consacré un numéro spécial à toute cette question.Dans son éditorial, la vice-rectrice à la recherche de l\u2019Université d\u2019Ottawa, Mona Nemer, rappelait avec raison que «la composition même de l\u2019argile humaine qui a jusqu\u2019à maintenant modelé l\u2019esprit et le corps est désormais en pleine transformation.Les avancées étonnantes en robotique, en intelligence artificielle, en télécommunications et en ingénierie génétique, pour ne nommer que ces disciplines, ont marqué l\u2019avènement d\u2019une ère où la technologie n\u2019est plus que le simple prolongement de l\u2019humain \u2014 elle en fera désormais partie intégrante.» Pourtant, ajoute-t-elle, «cette aspiration vers le \u201cpost-humain\u201d a lancé des signaux d\u2019alarme et a suscité des discussions, débats et conflits animés.De plus, les recherches sur l\u2019avenir de l\u2019espèce humaine se sont multipliées.Eaudrait-il établir des limites en ce qui a trait à l\u2019amélioration de l\u2019être humain ?Les mises à niveau seront-elles à la portée de chacun ou uniquement accessibles aux bien nantis ?Jusqu\u2019où sommes-nous prêts à aller pour nous transformer?Sommes-nous prêts à embrasser ces changements ?Ceux-ci modifieront-ils à jamais la nature humaine ?» Enjeux En entrevue, Marc Saner tient à dire que les enjeux entourant le « post-humain » rap- SOURCE MARC SANER Marc Saner pellent à quel point les avancées dans ce secteur «nous démontrent que le futur est ici.Il est déjà présent parmi nous.Mais les gens ne s\u2019en aperçoivent pas toujours.Il y a actuellement d\u2019incroyables avancées sur le plan de la génétique et de la robotique.Par exemple, si vous appelez Bell Canada, c\u2019est un robot qui va vous parler.Vous voulez un autre exemple ?Ecoutez, l\u2019Université d\u2019Oxford a récemment publié une étude qui démontre que la moitié des emplois qui seront créés à moyen terme aux Etats-Unis seront occupés par des robots !» N\u2019est-ce pas justement ici où l\u2019éthique entre en scène ?«Oui, tout à fait.C\u2019est une préoccupation importante.L\u2019éthique devient un élément-clé.Et d\u2019autres éléments doivent être pris en compte, comme la gouvernance, les lois et les règlements», note M.Saner.Collaborateur Le Devoir Université d'Ottawa University of Ottawa Pierre Cardinal «En matière d'ouvrage de référence sur l'influence de l'anglais et les usages de la langue, Le VocabulAIDE vaut son pesant d'or.» - Gabrielle Audet, traductrice et biogueuse sur LinguisTech Les Presses de l'Université d'Ottawa www.presses.uOttawa.ca U Ottawa http://www.ubishops.ca/magazine-innovation LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 20IS G 7 RECHERCHE ISU 2014 Les chefs de file en aérospatiale convergeront vers Montréal en juin L\u2019ÉTS et HEC se préparent à recevoir l\u2019International Space University Montréal accueillera le Programme d\u2019études spatiales de l\u2019International Space University (ISU), du 9 juin au 8 août, pour faire le point sur l\u2019évolution des connaissances dans ce secteur multidisciplinaire.MARTINE LETARTE Des étudiants issus de différentes disciplines des cycles supérieurs ainsi que des travailleurs de l\u2019industrie et des employés des agences spatiales nationales se réuniront l\u2019été prochain à Montréal pour assister à la formation intensive çle neuf semaines de l\u2019ISU.HEC Montréal et l\u2019École de technologie supérieure (ÉTS) ont travaillé en collaboration pour attirer cette université d\u2019été.«C\u2019est un programme international, interculturel et interdisciplinaire, soit les trois principes de base de l\u2019I^U», explique Lucy Stojak, directrice de l\u2019École d\u2019été en management de la création dans la société de l\u2019innovation Montréal-Barcelone, à HEC Montréal, et engagée dans l\u2019ISU depuis sa création en 1987, alors qu\u2019elle était étudiante à la maîtrise au MIT.Le Programme d\u2019études spatiales, dont M\u201d® Stojak a été la première directrice, se donne chaque été dans une ville différente.«C\u2019est une occasion extraordinaire pour la ville et ses établissements de recevoir les cerveaux du secteur aérospatial du monde, dit la spécialiste du droit de l\u2019espace.Si je me reporte aux expériences passées, l\u2019université d\u2019été de l\u2019ISU permet des rencontres, la création de liens d\u2019affaires et de recherche qui se prolongent bien au-delà des neuf semaines du programme.» Un contenu varié En décembre, des représentants de l\u2019ISU se réuniront à Montréal pour planifier le contenu du Programme d\u2019études spatiales.C\u2019est une occasion pour les gens d\u2019ici qui sont actifs dans le secteur aérospatial de contribuer au Programme, qu\u2019ils proviennent des universités, de l\u2019industrie ou de l\u2019Agence spatiale canadienne, qui est d\u2019ailleur§ un grand partenaire d\u2019HEC Montréal et de l\u2019ETS pour la venue de l\u2019ISU.«Nous sommes en train de cibler toutes les personnes qui pourraient contribuer, donner des SHRIPATHY HADIGAL - ISU Des participants du Programme d\u2019études spatiales de l\u2019ISU l\u2019été dernier se préparaient pour la compétition de robotique.cours ou recevoir les participants pour une visite de leur établissement, explique Lucy Stojak.Nous voulons présenter à l\u2019ISU la richesse de Montréal pour qu\u2019on puisse trouver les meilleures façons d\u2019en profiter.» Les neuf semaines intensives de formation se déploieront en trois phases.«La première comptera quatre semaines environ et servira à jeter les bases des différentes disciplines, parce qu\u2019on retrouvera des gens sur place avec des formations en droit, en médecine, en ingénierie, en gestion, en communication, etc.Les deux autres semaines se dérouleront par département, puis les trois dernières seront particulièrement intensives, parce que des projets de groupe devront être réalisés et que les résultats seront présentés lors du dernier jour.» Le Programme d\u2019études spatiales allie donc des cours traditionnels mais aussi plusieurs ateliers et des travaux pratiques, où les participants seront amenés à travailler en équipes interculturelles et interdisciplinaires sur des projets déterminés à l\u2019avance.«Des projets ont été soumis au cours de la dernière année et, sur les quatre retenus, deux ont été proposés par le groupe HEC-ETS parce qu\u2019ils sont particulièrement d\u2019intérêt pour la ville hôtesse», indique M\u201d® Stojak.C\u2019est la première fois que deux établissements de formation technique et non technique allient leurs forces pour solliciter la venue du programme de l\u2019ISU.Alors que l\u2019ÉTS se spécialise dans l\u2019aérodynamique, l\u2019avionique ainsi que la commande, la conception et la fabrication, HEC Montréal a une expertise en analyse économique du secteur spatial, puis en gestion des connaissances et de l\u2019innovation.Recrutement d\u2019étudiants Le Programme d\u2019études spatiales réunit normalement de 100 à 120 participants chaque été provenant de 25 à 30 pays.«L\u2019ISU, basée à Strasbourg, en Erance, a le m.an-dat de recruter des participants», indique Éric Doré, responsable du Bureau du recrutement étudiant et de la promotion des programmes de l\u2019ETS, qui a complété sa maîtrise et travaillé plusieurs années au campus central de l\u2019ISU avant de venir poursuivre sa carrière à l\u2019ETS.Il affirme que l\u2019ISU a tissé des liens très étroits depuis sa création avec les agences spatiales nationales et l\u2019industrie.«Des bourses sont versées pour financer la participation d\u2019étudiants aux cycles supérieurs», précise-t-il.La Eondation canadienne pour l\u2019ISU a aussi été créée pour offrir des bourses, afin de permettre au plus grand nombre possible d\u2019étudiants canadiens de participer au programme.«La fondation a été créée avec le lancement du programme en 1988 et le Canada est le seul à avoir pris cette initiative, précise M\u201c® Stojak.Le pays envoie d\u2019ailleurs toujours une grande délégation.» Les universités hôtesses travaillent en ce moment pour associer des crédits universitaires de deuxième cycle à la formation de neuf semaines de l\u2019ISU.«C\u2019est la troisième fois que le Canada reçoit le Programme d\u2019études spatiales de l\u2019ISU, après Toronto en 1990 et Vancouver en 2005, et les étudiants ont réussi par le passé à accumuler entre six et neuf crédits de maîtrise avec le programme, puisqu\u2019il est très intensif», précise Lucy Stojak.Activités pour le grand public Le grand public pourra aussi profiter de la frénésie aérospatiale qui s\u2019emparera de Montréal l\u2019été prochain.La programmation reste à être parachevée, mais Lucy Stojak peut déjà en donner un avant-goût.«Il y aura une compétition de robots, le lancement de petites fusées et six ou sept grands débats en soirée où on pourra entendre probablement des astronautes, des patrons d\u2019industrie aérospatiale et d\u2019agence nationale.» Éucy Stojak souhaite que les Montréalais puissent ainsi voir à quel point l\u2019industrie aérospatiale est présente dans leur vie quotidienne.«Le GPS, le téléphone mobile, l\u2019ordinateur, les prévisions météorologiques et la télévision, par exemple, utilisent des technologies développées à la base pour l\u2019industrie aérospatiale, indique-t-elle.C\u2019est tellement partout qu\u2019on ne le voit plus, fespère que le grand public pourra profiter de la venue de ces grandes vedettes du secteur aérospatial.» Collaboratrice Le Devoir (S\u2019 LE MONDE EST PETIT iMpi NOUS VOYONS GRAND ENSEMBLE, REPENSONS LE MONDE CARTOGRAPHIONS LES SOURCES DE LA DÉPENDANCE ET DU DÉSIR CONCORDIA.CA GROUPE DE RECHERCHE EN NEUROBIOLOGIE COMPORTEMENTALE UNIVERSITÉ ^Concordia Nir\tUNIVERSITY \\ La naissance d\u2019un carrefour de la recherche interdisciplinaire en études montréalaises Il y a 50 ans, l\u2019Université McGill lançait son Programme d\u2019études sur le Québec.Elle annonce maintenant la création du Centre de recherche interdisciplinaire en études montréalaises (CRiEM), le premier institut québécois de recherche multidisciplinaire consacré exclusivement à la compréhension des enjeux et des possibilités que présente la vie à Montréal.Des experts provenant des lettres, du droit, des humanités, des sciences et des sciences sociales jetteront un nouveau regard sur l\u2019histoire, la culture, la langue, la gouvernance, l\u2019architecture et les dynamiques urbaines.McGill www.mcgiILca/centre-montreal/fr/ http://tinyurl.com/mmy6uzl G 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 20IS RECHERCHE UNIVERSITE DE SHERBROOKE Une avancée majeure est réalisée dans la compréhension des supraconducteurs Des travaux sur les pnictides ont permis à Louis Taillefer de faire sa deuxième découverte importante Le professeur et chercheur Louis Taillefer, assisté de son équipe de l\u2019Université de Sherbrooke, a récemment fait une autre découverte qui permet de mieux comprendre le fonctionnement des supraconducteurs.C\u2019est la deuxième découverte en six ans pour ce chercheur spécialisé dans les matériaux quantiques.PIERRE VALLÉE La supraconductivité est la propriété qu\u2019ont certains matériaux, très souvent des métaux, de transporter un courant électrique sans opposer de résistance, donc sans perte d\u2019énergie.Le phénomène de supraconductivité a été découvert en 1911 par Heike Kamerlingh Onnes, physicien néerlandais et Prix Nobel, ùi théorie qui explique le fonctionnement de la supraconductivité, dite conventionnelle, remonte à 1957 et est le fruit des travaux de John Bar-deem, Leon Cooper et John Schrieffer, eux aussi nobélisés.Cette théorie attribue la propriété de la supraconductivité au comportement des électrons dans un matériau par le biais de la paire de Cooper.Normalement, deux électrons, dont la charge est négative, se repoussent.Mais, lorsqu\u2019on soumet le matériau à une condition particulière, il peut y avoir un appariement de deux électrons.« Un électron se déplace rapidement et attire vers lui des ions positijs dans son sillage, explique Louis Taillefer.En se déplaçant, il laisse derrière lui un vide dans lequel s\u2019engouffre aussitôt un nouvel électron, attiré par la charge positive des ions.Il y a donc une sorte d\u2019appariement entre ces deux électrons.» Malheureusement, la condition nécessaire pour obtenir la propriété de supraconductivité est de refroidir le matériau à une température oscillant entre moins 250 degrés Celsius et le zéro absolu, soit moins 273 degrés Celsius, l\u2019agent refroidissant étant l\u2019hélium liquide.Cette condition limite grandement l\u2019utilisa-tion des supraconducteurs, dont l\u2019usage le plus répandu se trouve dans les appareils d\u2019imagerie par résonance magnétique .Les cuprates Le principal objectif de la recherche dans le domaine de la supraconductivité est donc de trouver une façon d\u2019obtenir la supraconductivité à une température critique, soit le degré Celsius où apparaît la propriété, plus élevée.«Si la supraconductivité pouvait fonctionner à la température ambiante, tous les médecins pourraient avoir un IRM dans leur bureau.» Louis Taillefer a été le premier à observer en 2007 ce qu\u2019on nomme les oscillations quantiques, une sorte de signature du comportement de l\u2019électron dans le matériau La première démarche fut de s\u2019éloigner des matériaux traditionnels, comme le niobium, et d\u2019en créer de nouveaux.C\u2019est le cas des cuprates, qui sont élaborés à partir du cuivre.Le plus connu d\u2019entre eux est l\u2019oxyde mixte de baryum de cuivre et d\u2019yttrium, nommé familièrement le YBCO.« Grâce aux cuprates, on a pu élever la température critique à moins 105 degrés Celsius.C\u2019est un bon bout de chemin de fait.» C\u2019est d\u2019ailleurs grâce à ses travaux sur le YBCO que Louis Taillefer a été le premier à observer en 2007 ce qu\u2019on nomme les oscillations quantiques, une sorte de signature du comportement de l\u2019électron dans le matériau.«Comme il n\u2019y a pas de résistance électrique dans un supraconducteur, notre seule façon d\u2019observer le comportement des électrons duns le matériau est de le refroidir à sa température critique et ensuite de tuer la supraconductivité en appliquant un fort champ magnétique.» En variant le champ magnétique, on fait aussi varier le comportement des électrons qu\u2019on observe.«C\u2019est ainsi que nous avons pu observer des oscillations quantiques.On sait que la fréquence des oscillations quantiques est liée à la longueur d\u2019onde des électrons.Et, à notre grande surprise, la longueur d\u2019onde des électrons était plus longue que ce que prévoyait notre modèle théorique.C\u2019était comme si les électrons nous disaient: \u201cLes gars, vous êtes dans le champ\u201d.» Cette découverte oblige évidemment à repenser le modèle théorique et ouvre de nouveaux champs de possibilité.On a récemment élaboré la nouvelle classe de supraconducteurs que sont les pnictides.Ces derniers sont élaborés à partir du fer plutôt que du cuivre.Ce sont ses travaux sur les pnictides qui ont permis cette année à Louis Taillefer de faire sa deuxième découverte importante.Dans la supraconductivité conventionnelle, on qualifie l\u2019appariement des électrons, grâce la paire de Cooper, d\u2019onde de type S (s-wave) en raison de la position de l\u2019électron dans l\u2019orbitale atomique.Par contre, dans le cas des cuprates, on qualifie l\u2019appariement d\u2019onde de type D (d-wave), toujours selon l\u2019orbitale atomique.«Le fait que les cuprates sont des d-waves était une forte indication que la force d\u2019appariement était peut-être différente de celle dans les supraconducteurs conventionnels.Malheureusement, nous ne savons pas encore comment fonctionne cette force différente.» Quant aux pnictides, tout semblait indiquer qu\u2019on avait affaire à des s-waves.« On a donc décidé d\u2019observer les pnictides, mais en appliquant sur le matériau une forte pression atmosphérique.AU-DELA DE LA RECHERCHE DES RESULTATS CONCRETS DOMAINES DE RECHERCHE ÉNERGIE ENVIRONNEMENT LOGICIELS ET APPLICATIONS INFORMATIQUES MATÉRIAUX ET FABRICATION Toute l'information sur nos programmes de 2° et 3° cycles à www.etsmtl.ca SCIENCES DE L'INGÉNIERIE TECHNOLOGIES DE LA SANTÉ TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DES COMMUNICATIONS TRANSPORT TERRESTRE ET AÉROSPATIALE FREDERIC DE LA MURE / M.A.E.L\u2019usage le plus répandu des supraconducteurs se trouve dans les appareils d\u2019imagerie par résonance magnétique (IRM).soit 30000 fois celle de l\u2019atmosphère terrestre.Cette pression atmosphérique intense rapproche les atomes et change donc l\u2019environnement.» En faisant varier cette pression atmosphérique, Louis Taillefer a pu observer que, à haute pression, les pnictides fonctionnaient selon l\u2019appariement s-wave, mais, à plus basse pression, qu\u2019ils fonctionnaient selon l\u2019appariement d-wave.«On venait d\u2019abord d\u2019observer deux appariements différents dans le même matériau.Ensuite, la présence des deux appariements différents établit un pont entre ces deux familles de supraconducteurs, les cuprates et les pnictides, et indique qu\u2019il y a une sorte de convergence.Et, s\u2019il y a convergence, c\u2019est peut-être parce que c\u2019est la même force en action dans les deux types d\u2019appariement de ces deux classes de supraconducteurs.Je pense même que cette force d\u2019appariement pourrait être une force magnétique.» D\u2019autres travaux le détermineront.«Mais, si nous arrivons à bien comprendre cette force d\u2019appariement, nous serons alors en mesure de la renforcer et ainsi d\u2019élever à nouveau la température critique des supraconducteurs.» Collaborateur Le Devoir L'ÉTS est une constituante du réseau de l'Université du Québec Le génie pour l'industrie École de technologie supérieure r Le Groupe de recherche en cancer du sein (GRCS) et Dr Robidoux au centre.«André Robidoux est un précurseur de la médecine personnalisée, assurément l'une des révolutions scientifiques de cette première moitié du xxtt siècle.» Guy Breton, recteur de l'UdeM « Ce médecin à la fois visionnaire, missionnaire et si rationnel est évidemment un homme de coeur» Denise Bombardier «Le Dr André Robidoux démystifie la recherche clinique et nous explique le cancer du sein sous toutes ses facettes.» Fondation du cancer du sein du Québec Qr André Robidoux les raisons n\u2019ESPER^*^ '\u201ccancef dÆ-\u201d\" Les livres des PUM sont aussi disponibles en version numérique à 50% du prix papier.www.pum.umontreal.ca \u2019\t.\u201eitP de iviopT''® Université de Montréal EM Les Presses de l'Université de Montréal "]
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