Le devoir, 31 août 2013, Cahier E
[" \tT Québec western le livre \tdéfinitif sur le country 1\twÊi\tItoSS et tous ses dérivés Page e 3 i K W(il^ Denis Côté: un cinéma qui carbure à la colère et au risque Page es CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI SI AOÛT ET DIMANCHE I'^'^ SEPTEMBRE 2013 Le Mois de la photo L'ŒIL-MACHINE 1^^ La réalité numérique impose un virage dans notre manière de regarder MICHEL CAMPEAU Michel Campeau, Argus C-Four, Ann Arbor, Michigan, E.-U., 1951-1957, de la série Splendeur et fétichisme industriels.TOMOKO SAWADA Tomoko Sawada, ID400, 1998, détail.4 cadres de 100 épreuves à la gélatine argentique.Avec l\u2019aimable autorisation de l\u2019artiste et de MEM, Tokyo.«On s\u2019était contenté de lire l\u2019image, savoir ce qu\u2019elle représentait, ou ne représentait pas.Là, nous voulons savoir ce que la caméra peut faire.» \u2014 Paul Wombell © VG BILD-KUNSX BARBARA PROBST / SODRAC (2013) Barbara Probst, Exposure #55; Munich, Waisenhausstrasse 65, 01.17.08, 1:55p.m., 2008.12 épreuves à jet d\u2019encre UltraChrome sur papier de coton.Avec l\u2019aimable autorisation de l\u2019artiste et de Murray Guy, New York.La photographie basée sur des choix est-elle révolue?Chose certaine, les principes du quoi et du comment photographier font désormais place au tout photographier, du plus banal au plus éloigné, du plus intime au plus inaccessible.Le Mois de la photo 2013, qui s\u2019ouvre jeudi, s\u2019en fait le porte-étendard.JÉRÔME DELGADO Depuis mai, le Mois de la photo à Montréal s\u2019est dévoilé peu à peu, lâchant ses missives électroniques hebdomadaires, comme autant de petites bombes d\u2019information, si cohérentes avec son objet de recherche : la machine parfaitement huilée qu\u2019est le drone.L\u2019opération séduction terminée, c\u2019est une véritable armée de missiles qui s\u2019apprête à détoner aux quatre coins de la ville.Le titre de cette 13® biennale.Drone.L\u2019image automatisée, met de l\u2019avant une photographie bien particulière, très actuelle : celle des machines, celle captée sans intervention humaine.Paul Wombell, le commissaire invité britannique, admet avoir été surpris que sa proposition ait été retenue.«Depuis deux ou trois ans, les principaux thèmes en photographie parlent de la matérialité des images.Drone.L\u2019image automatisée concerne plutôt la matérialité de l\u2019appareil photo», confie-t-il, assis sur le bout d\u2019un banc, à la fin d\u2019une journée chargée en montages et en réunions.Porté par 25 artistes ou collectifs, parachutés en treize lieux, de la maison de la culture Ma-rie-Uguay au centre MAI, en passant par l\u2019édifice Belgo et quelques musées du centre-ville, le Mois de la photo 2013 pourrait bien dérouter les habitués.Les expositions, qui auront cours du 5 septembre au 5 octobre, montreront davantage d\u2019instruments que d\u2019images.Et quand celles-ci seront incluses dans ce qui s\u2019avère être un événement d\u2019installations, elles seront floues ou banales.Le centre Vox, dans l\u2019édifice 2-22, livrera un concentré de ce constat.On y trouvera un chien-robot qui photographie une fois par jour les murs de la galerie \u2014 l\u2019installation Black Box (2002-2013), du New-Yorkais Craig Kalpakjian.On y verra la complexe disposition d\u2019objectifs du collectif californien ExpVisLab, ainsi que des intérieurs anodins captés par une multitude d\u2019appareils automatiques utilisés par l\u2019Allemande Barbara Probst.C\u2019est là aussi qu\u2019atterrira, du vétéran britannique Max Dean, le robot qui nous invite à lui dire quelles photos de famille détruire, lesquelles conserver.Le Web fournit une banque illimitée d\u2019images, ce que plusieurs des arfistes invités exploitent: le Montréalais Jon Rafman à partir de Google Street View, le Belge Mishka Henner, de Google Earth, la Torontoise Cheryl Sourkes et Penelope Um-brico, autre New-Yorkaise, des réseaux sociaux.Le Erançais Raphaël Dallaporta et le troisième New-Yorkais Trevor Paglen sondent, eux, le drone militaire.Le premier pointe des sites historiques en Afghanistan, le second redéfinit le sublime, à partir d\u2019images clandestines de l\u2019armée américaine.« Voir le drone pour moi au XXL siècle, c\u2019est comme voir le train au XIX\u201d siècle pour [le peintre] Turner», dit-il, si on VOIR PAGE E 4 : PHOTO CHIHULY UN UNIVERS À COUPER LE SOUFFLE Achetez vos billets dès maintenant sur acouperlesouffle.ca « Chihuly au MBAM c'est le jardin botanique sublimé, une sorte de pays des merveilles.» - Radio-Canada VI 'i\tf\u2018'âfeilW 'rV- '\t.\t^\t¦¦ ¦ ¦ MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL \\\\ V Nv\\'^ N ^\t.Cette exposition est organisée par Le Musée des beaux-arts de Montréal en ooLLaboration aveo Dale Chihuly./ Dale Chihuly.Mille Fiori.2013.2.7 x 4.3 m.MBAM.c-isr- E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE I®^ SEPTEMBRE 2013 CULTURE.flIE MA AAA 15 PIÈCES TAILLÉES SUR MESURE POUR LES JEUNES DE TOUS ÂGES 30' SA.[SO^, 2013/W 2 LIEUX DE DIFFUSION 12 SPECTACLES À LA MAISON THÉÂTRE 3 SPECTACLES AU PROSPERO INFORMATION ET RESERVATION MAISONTHEATRE.COM 514 288-7211 vvv / \\ \\ \\ MAISON THÉÂTRE k I è.w COMMANDITAIRE DE SAISON Parole de public i ! SOURCE LIGUE NATIONALE D\u2019IMPROVISATION La ligue nationale d\u2019improvisation a permis aux spectateurs de lancer des claques sur la tronche des comédiens, au besoin.Elle a ainsi fait chez nous œuvre de thérapie sociale.Sans faire pour autant école.Odile Tremblay etour sur un matin au Festival des films du monde.On nous avait projeté au chic Impérial, devant jury et acheteurs de billets, un screener du film en compétition de Cha cha cha de Marco Risi.La bonne copie avait foiré, comme on dit, aussi le film dé-filait-il avec le code horaire (time code) à l\u2019écran et le nom de distributeur voilant l\u2019image.Première réaction : stupeur ! ?Puis vint la colère envers le FFM qui acceptait ce compromis bancal.Enfin, ce cri du cœur: «Quel gentil public, celui des Québécois!» Oh, quelques rares personnes sont bien sorties de la salle, mais le gros des troupes est demeuré assis.Moi aussi! J\u2019observais mes compagnons d\u2019infortune: «Que va-t-il se passer, maintenant?» Rien du tout ! Le fait d\u2019avoir protesté dans mon journal contre pareille dérive me valut après coup quelques regards noirs de spectateurs et des remarques acerbes : «Ce n\u2019était pas si grave! Vous allez faire du tort (encore!) au FFM.» Mais oui, pourtant, c\u2019était très grave.Projeter un film d\u2019aussi piètre qualité dans un rendez-vous de catégorie A, c\u2019est un soufflet qui vous est décoché, ô public ! Et de grâce, ne vous laissez pas tondre comme ça.Réclamez donc un coup parti une sélection resserrée aux dirigeants du FFM ! Vous magasineriez moins dans le noir.Sauf que personne ne crie, hormis les méchants journalistes.Dommage ! Remarquez, l\u2019apathie culturelle du public québécois dépasse, et de loin, le champ du cinéma.Même passivité au théâtre et devant à peu près tous les arts de la scène.De trop nombreuses ovations accueillent d\u2019un pareil élan excellence et médiocrité.Et pourquoi faudrait-il, je l\u2019entends, chahuter son désaccord, quand la production a merdé?Des plans pour attrister les créateurs, qui ont travaillé si fort! Et puis.Et puis.Peut-être que plusieurs Québécois estiment ne pas mériter mieux que ça.Vieux fond atavique du petit pain, notre dû.Ajoutez, en matière artistique, l\u2019éternel complexe du «Jos pas assez connaissant» qui n\u2019ose se prononcer trop fort.Sauf qu\u2019à ne rien revendiquer, on s\u2019en laisse passer.Comme au resto, faute de retourner le plat brûlé.Parfois, à l\u2019opéra, j\u2019entends, il est vrai, quelques huées les soirs de première, issues toujours des mêmes rangs, d\u2019ailleurs.Ce groupuscule doit venir d\u2019Europe.Vieille tradition surtout française : celle du «J\u2019accuse», du «Je proteste ! ».Au Festival de Cannes \u2014 stupeur au premier L\u2019art peut être une expérience cruelle et la réception d\u2019une œuvre, parfois rock & roll séjour ! \u2014, ces huées sont fréquentes à la fin de projections de presse, quand le film déçoit.On finit par crier Chou! aussi, tant ça défoule.Et les cinéastes en attente au Palais sont avertis à la vitesse du texto, comme jadis par le téléphone arabe.Alerte ! Ils ont hué ! L\u2019art peut être une expérience cruelle et la réception d\u2019une œuvre, parfois rock & roll.En France, la petite histoire garde le souvenir de premières particulièrement houleuses; souvent à tort, au fait.Telle celle du Sacre du printemps de Stravinsky avec les Ballets russes sur une chorégraphie de Vaslav Nijinski.Ça se déroulait au théâtre des Champs-Elysées à Paris, il y a cent ans (plus précisément le 29 mai 1913).Rires hystériques ou hurlements scandalisés, projectiles lancés sur la scène et la fosse d\u2019orchestre: la modernité naissait en plein chaos.Déjà, le 25 février 1830, à la Comédie-Française, la première de la pièce Hernani de Victor Hugo, drame romantique qui entendait briser les règles du théâtre classique, fut le théâtre de la célèbre bataille du même nom.Deux camps s\u2019affrontaient dans la salle: classiques contre romantiques, avec foire d\u2019empoigne.Théophile Gautier en gilet rouge et Alexandre Dumas, toute crinière dehors, défendaient leur champion aux côtés des jeunes loups costumés et hirsutes, unis contre les perruques des classiques poussiéreux.Soir après soir, la Comédie-Française redevenait ring de boxe, avec victoire ultime d\u2019Hugo, bien sûr.Certains triomphes demeurent consignés dans les annales, faut pas croire.La première du Cyrano d\u2019Edmond Rostand, entre autres, un certain 28 décembre 1897 au théâtre de la Porte-Saint-Martin.L\u2019auteur, craignant le pire, s\u2019était excusé d\u2019avance à son acteur Coquelin de l\u2019avoir entraîné dans pareille galère.Erreur! Vingt minutes d\u2019ovation continue, une salle en liesse, et le ministre des Finances de l\u2019époque courant épingler la Légion d\u2019honneur sur le plastron de Rostand avec ces mots: «Je me permets de prendre un peu d\u2019avance.» OK, on est de mœurs moins extrêmes au Québec.D\u2019ailleurs, en France, ça s\u2019est un peu calmé.Les traditions se perdent.Quand même.Le jour oû la Ligue nationale d\u2019improvisation avait distribué des claques aux spectateurs pour les lancer au besoin sur la tronche des comédiens, elle faisait chez nous œuvre de thérapie sociale.Sans faire école pour autant.Allez, le public demeure grand juge; pouce en l\u2019air, pouce en bas, comme dans la Rome antique.Un peu de frénésie, que diable! Reste à convaincre le spectateur de son droit à l\u2019indignation autant qu\u2019à l\u2019éblouissement.Comme on dit dans les pubs de L\u2019Oréal: parce que vous le valez bien ! otremblay@ledevoir.com POUR LES JEUNES DE TOUSÂGES TH ÉÂTRE O MUSICAL ^ Partenaire de la campagne d'abonnement Hydro Québec ABOMNH-VOUS^ 2 SALLES \u2022 17 PRODUCTIONS THEATRALES REGROUPANT 14 COMPAGNIES LA MANUFACTURE \u2022 LES BICHES PENSIVES \u2022 THÉÂTRE DU GRAND JOUR \u2022 LES ÉTERNELS PIGISTES \u2022 SINGULIER PLURIEL \u2022 THÉÂTRE DU NOUVEL-ONTARIO ET THÉÂTRE DE LA VIEILLE 17 \u2022 FABIEN CLOUTIER \u2022 URBI ET ORBI \u2022 THÉÂTRE DEBOUT \u2022 THÉÂTRE LES GENS D\u2019EN BAS \u2022 LES ÉCORNIFLEUSES \u2022 LA BATAILLE \u2022 THÉÂTRE NIVEAU PARKING «UN CHEF-D\u2019OEUVRE MULTIPLIÉ PAR DEUX.» «ON NE PEUT S\u2019EMPÊCHER DECRIER AU GÉNIE.» «UNE REUSSITE TOTALE, INTÉGRALE, ABSOLUE.» «UN GRANDSHOW POPULAIRE, UN IRRÉSISTIBLE PARTY.» ¦Av'-.,^\t\u2018\t-\u2019\u2019N \u2019 .ÇÇ ' - , / ¦ V:' , ¦ tfti D\u2019APRES LES SELLES-SOEURS DE\t.LIVRET, PAROLES ET MISE EN SCENE' r-'\t'\t' a MICHEL TREMBLAY MARIE-THERESE FORTIN ._N( R'UHARDCYR DANIEL bELANGER MAUDE GUERIN SONIA VACHON ET 16AUTRES INTERPRETES CONCEPTEURS: STÉPHANE AUBIN, JEAN BARD, MÉRÉDITH CARON, MARTIN LABRECQUE AU MONUMENT-NATIONAL DU 12 AU 21 SEPTEMBRE 2013 RESERVEZ MAINTENANT AU 514-871-2224 MONUMENT-NATIONAL-SALLE SALLE LUDGER-DUVERNAY, 1182, BOULEVARD SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BELLES-SŒURS EST UNE COPRODUCTION DU THEATRE D'AUJOURD'HUI ET DU CENTRE CULTUREL DE JOLIETTE BELLES-SŒURS.CA LAVITRINE.COM LE DEVOIR LES SAMEDI SI AOUT ET DIMANCHE I®'\u2018 SEPTEMBRE 2013 E 3 CULTURE'MUSIQUE Et bienvenue au ranch à MWe ! Écrit à six mains, Québec Western offre un panorama complet du country et ses dérivés Pour tout, tout, tout savoir (et comprendre) d\u2019un monde venu d\u2019ailleurs et réinventé chez nous : Québec western, le livre définitif sur le country, le western, le coun-try\u2019n\u2019western et autres dérivés.Faute de yodeler, les auteurs sont causants.SYLVAIN CORMIER H al Wallis, vous connaissez?Je savais qu\u2019il était né Léonald Gauthier à Rouyn-Noranda, qu\u2019il a écrit The Lumberjack, qu\u2019il a un jour croisé le jeune Êlvis en tournée, à peu près ça.Et je le sais depuis peu : Richard Desjardins et Paul Da-raîche ont repris la chanson en duo l\u2019an dernier.Dans Québec western, cinq pages lui sont consacrées.On y apprend, tribulations d\u2019un sacré barou-deur, qu\u2019il fut rockabilly (si quelqu\u2019un trouve My Pink Ca-dülac/Bop-A-Dee-Bop-A-Doo, je serais preneur), que Patsy Cline enregistra ses chansons, qu\u2019il a vendu plus d\u2019un million et demi de disques, etc.Il y a même une entrevue.Fouillée.Jusqu\u2019à la Martin D-28 qu\u2019El-vis lui « avait grafignée ».Exemple choisi parmi les 300 pages d\u2019un extraordinaire livre qui aurait dû, foi d\u2019éditeur, en compter 200, mais bon, il y avait trop à dire.Une montagne.La montagne de la chanson de Lucille Starr.Pour faire le tour de la montagne, un vrai beau tour, le tour le plus complet imaginable, du cowboy solitaire du Far West jusqu\u2019aux 650000 attroupés annuels de Saint-Tite, du country au cinéma à la littérature country, des personnages mythiques (Buffalo Bill et Sitting Bull à Montréal !) aux vedettes célébrées et moins célébrées d\u2019une musique à la fois immensément populaire et mal-aimée (des Daraîche à Denis Champoux, de Mara Tremblay à MC Gilles), ils s\u2019y sont mis à trois.Un couple, l\u2019écrivaine et ex-Moquette coquette Marie-Hélène Lebeau-Tasche-reau et le prof de cinéma et do-cumentariste Jacques Blondin, et celle qu\u2019ils ont baptisée «Miss Country centre-ville», j\u2019ai nommé Melissa Maya Fal-kenberg, la plus enthousiaste countryphile de ce côté-ci de la rivière Pecos (la Carmel Dumas de sa génération) et, vous allez tout comprendre, la maman d\u2019une adorable petite fille baptisée.Tennessee.«Je me voyais écrire un livre comme celui-là.dans 70 ans», s\u2019étonne encore Me- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Ils sont trois mordus à s\u2019être plongés dans le country pour pouvoir l\u2019écrire : Jacques Blondin, Melissa Maya Falkenberg et Marie-Hélène Lebeau-Taschereau.Leur collaboration donne un portrait en chapitres fascinants, à consommer selon ses goûts.C^élail autant la petite histoire des bottes Boulet que parler longtemps avec Isabelle Boulay, peut-être mon entrevue la plus marquante de tout le livre )) Marie-Hélène Lebeau-Taschereau lissa Maya attablée dans sa salle à manger, dans Rosemont.Les collègues sourient.«Si Jacques et Marie-Hélène n\u2019avaient pas eu un vrai projet, un éditeur, une échéance, je ne me serais jamais lancée^ c\u2019était trop fou, trop vaste.» A grandeur d\u2019horizon, oui.Deux ans de recherches, chacun ses chapitres, infinies relectures et contre-vérifications (des maniaques du fait juste et justifié, les trois), une volonté commune de «pluralité des regards», du sérieux et de l\u2019humour à la même enseigne de saloon (titre de chapitre .\u2022 «La maudite différence entre country et western »), série d\u2019entrevues de fond avec des fans, des collectionneurs, des spécialistes, des commenta- teurs éclairés, en plus de tous les pionniers survivants et les incontournables d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui.Le plus loin possible «On a eu beau subdiviser les champs, explique Jacques, chaque sujet avait ses propres ramifications.» Melissa Maya: «On ajoutait encadré après encadré!» Marie-Hélène: «Pour chaque aspect, on remontait le plus loin possible, aux origines, pour comprendre comment c\u2019est arrivé au Québec.» Melissa Maya: «Tu peux pas juste dire que le country commence au Québec dans les années 40 avec le soldat Lebrun, fallait creuser, fallait comprendre, d\u2019abord pour nous-mêmes.» L\u2019un des premiers chapitres complétés est l\u2019un des plus fascinants.«L\u2019énigmatique histoire du yodel.» (pourquoi diable yodelons-nous dans la chanson country?) a mené Marie-Hélène sur plusieurs pistes, d\u2019où deux grosses pages d\u2019hjqiothèses et une entrevue avec Manon Bé-dard, la «voix populaire du yodel québécois» (vedette telle qu\u2019une fan a été enterrée avec l\u2019un de ses disques).« Quand Marie nous est arrivée avec son étude sur le yodel, se rappelle Jacques, on a trouvé que la barre était haute.Faudrait-il à chaque fois aller aussi loin ?» Eh oui, finalement.Quand ce livre traite du rodéo, on obtient l\u2019histoire du rodéo, l\u2019origine mexicaine, la culture rodéo québécoise, des entrevues avec une famille pionnière (les Ride-rosi), on rencontre un monteur de taureaux, etc.Chaque chapitre est une monographie.D\u2019où la possibilité d\u2019ouvrir le fort bel ouvrage n\u2019importe où, d\u2019y aller selon ses goûts.Tout le monde ne se passionne pas pour la mode country, mais le portrait n\u2019est pas moins donné en pied.Melissa Maya: «A un moment donné, le country, on a décidé de le prendre de l\u2019intérieur et de l\u2019extérieur, sous tous les angles, sans ornières ni frontières.» Marie-Hélène précise: «Avec la volonté d\u2019un équilibre entre les rencontres et les faits.C\u2019était autant la petite histoire des bottes Boulet que parler longtemps avec Isabelle Boulay, peut-être mon entrevue la plus marquante de tout le livre: il n\u2019y a personne qui incarne plus les valeurs du country qu\u2019elle.C\u2019est vraiment notre Dolly Parton.» «Un soir, raconte Melissa Maya,y\u2019eM ai voulu aux générations précédentes de ne pas avoir documenté ou enregistré certaines choses.Pourquoi il y a seulement un épisode du Ranch à Willie dans les archives de TVA ?Mais le constat positif, là-dedans, ç\u2019a été de comprendre qu\u2019on n\u2019était pas en train de travailler pour rien.Mieux vaut tard que jamais.» Les deux autres opinent du stetson imaginaire.« Yep ! » Le Devoir QUÉBEC WESTERN VILLE APRES VILLE Jacques Blondin, Melissa Maya Falkenberg, Marie-Hélène Lebeau-Taschereau Les éditions les Malins Montréal, 2013, 304 pages Sous la couverture De western à country «Fn écrivant ce livre, nous avons remarqué que le gala annuel que tient Ï\u2019ADISQ [.] a utilisé le terme western pour la catégorie dédiée au genre de 1979 à 1981, puis country-western pendant trois ans, pour finalement opter pour country jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, à l\u2019exception de 1992, édition à laquelle on est revenu à country-western (que s\u2019est-il passé cette année-là ?!).» Buffalo BMI et Sitting Bull à Montréal «Au printemps 1885, les rues de Montréal sont d\u2019une saleté répugnante.La neige commence à fondre, les ordures de 200000 Montréalais refont surface.[.] Une épidémie de variole frappe les plus démunis et fait 3000 victimes.[.] C\u2019est dans ce contexte que débarquent Buffalo Bill et le Wild West Show.[.] Dans la troupe se trouve un homme qui connaît déjà la variole: le légendaire Sitting Bull.Cet homme qui a vaincu le général Custer a été témoin des ravages de cette maladie au sein de sa communauté.[.] pour cinquante dollars la semaine plus ses frais, il fait partie de la troupe.» Duel d\u2019egos: Charlebols contre Leone Anecdote du tournage d\u2019Uw génie, deux associés, une cloche.Charlebois raconte.«Je me suis comporté comme un idiot.J\u2019arrivais du rock\u2019n\u2019roll, je fumais des pétards.Un jour, je rate une journée complète de tournage avec deux cents figuranh qui attendent.(Rires.) Imaginez deux cents Italiens qui arrivent en petite Fiat, se déguisent en cow-boys, on les fait passer dans la machine à poussière.Ils m\u2019ont attendu huit heures comme ça ?! » l'TÔ's Québec ESPACE GO Ppl-< ESPACE ^ GO ESPACE GO I v 6 ESPACE GO ESPACE ^ GO De Rebekka Kricheldorf Mise en scène de Martin Faucher Avec Geneviève Aiarie -i-Anne-Élisabeth Bossé -i-Luc Bourgeois -i- David Boutin -i-Mariiyn Castonguay -i-Lèane Labrèche-Dor Du 17 septembre au 12 octobre 2013 Une production d'ESPACE GO D'Eveiyne de ia Gheneiière Mise en scène d'Aiice Ronfard Avec Jean-François Gasabonne -i-Violette Chauveau -i-Eveiyne de ia Gheneiière Du 22 octobre au 2 novembre 2013 Une production d'ESPAGE GO De Martin Grimp Mise en scène de Denis Marieau -i- Stéphanie Jasmin Avec Sophie Cadieux -i- Aiexis Martin -i-Éveiyne Romprè Du 28 janvier au 22 février 2014 Une coproduction ESPAGE GO -I- UBU De Guiiiaume Gorbeii Mise en scène de Sophie Gadieux Avec Marie-France Lambert D'après Ulysse de James Joyce Mise en scène de Brigitte Fiaentjens Avec Anne-Marie Cadieux Du 11 au 22 mars 2014 Une production d'ESPACE GO Du 6 au 31 mai 2014 Une coproduction ESPACE GO -I- Sibyiiines LES CHAMPS PETROLIFERES Théâtre PÀP CINQ VISAGES POUR CAMILLE BRUNELLE - Théâtre PÀP THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI Théâtre PÀP -i- FTA L'ARCHITECTURE DE LA PAIX Pigeons internationai -i-Teatro Sâo Luiz L'ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! ESPACEGO.COM Conseil cfés arts et des lettres CJuébec I Conseil des Arts du Canada a\" Hydro Québec transat ' DE SAISON E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 31 AOUT ET DIMANCHE I SEPTEMBRE 2013 CULTURE>THEATRE Le syndrome berlinois Evelyne de la Chenelière et Daniel Brière racontent en texte, en images, enjeu et en sons leur fascination pour la créativité de la ville allemande FABIEN DEGLISE Tout a commencé par une série d\u2019appels lointains auxquels un couple d\u2019artistes se prépare à donner une réponse étonnante, ici et maintenant.On remonte le fil.En 2009, le comédien Daniel Briére est de passage à Berlin, en Allemagne, pour la Berlinale où le film Cest pas moi, je le jure!, de Philippe Falardeau, dans lequel il joue, est en compétition.L\u2019homme vient d\u2019être frappé par une ville qui, depuis sa réunification en 1989, dégage une énergie créatrice folle et captivante.Chaque soir, depuis ce tourbillon, il appelle sa compagne à Montréal, l\u2019actrice et dramaturge Evelyne de la Chenelière, pour tenter de mettre des mots sur la rencontre troublante qu\u2019il vient de faire avec la charismatique capitale.Il raconte.Il convainc.Il va également partager et attirer sa moitié pour faire un tout en ces lieux et pour, quatre ans plus tard, transformer ces appels en une création en totale harmonie avec son sujet.Berlin appelle est une pièce-installation conceptuelle alliant texte, jeu, images et sons, évoquant Berlin, loin des codes et des cadres trop formels et présentée deux soirs seulement dans l\u2019enceinte du i-X\" * DANIEL BRIERE Daniel Brière transporte ici la Berlin vibrante et ojq^génante qu\u2019il a connue lors de la Berlinale de 2009.Goethe-Institut.Sehr schon, comme on dit là-bas.«Berlin, ça a été un choc, raconte Daniel Brière, rencontré cette semaine avec Evelyne de la Chenelière au sortir d\u2019une répétition, un choc dont on veut rendre compte.Cest une exploration du syndrome de Berlin [clin d\u2019œil au syndrome de Stendahl, ces vertiges induits chez certains par une exposition abondante à l\u2019artl, une façon de raconter l\u2019impor- tance qu\u2019a eue pour nous cette rencontre avec cette ville», dans l\u2019espoir d\u2019en faire germer un petit quelque chose ici.«Ni théâtre, ni performance, mais les deux à la fois», résume de la Chenelière qui signe le texte de cet objet scénique atypique avec Daniel Brière.Berlin appelle, qui emprunte son titre au film de Hannes Stôhr plongeant dans les nuits folles et électro de la ville, prend la forme d\u2019un déambula- toire dans les différents espaces du Goethe-Institut.Plusieurs tableaux vont y être livrés posant chacun un regard sur cette métropole en mouvement.Il y sera question d\u2019architecture, du poids du passé, du concept de distanciation de l\u2019acteur développé par Bertolt Brecht, de la quête d\u2019identité dans un environnement où les différences convergent pour s\u2019assembler et mettre leurs horizons au diapason de la créa- tion.Catherine de Léan, germanophile assumée, elle aussi tombée sous le charme de Berlin, prête sa voix à la chose, alors que Marc Eortier va y mettre ses notes de piano et le philosophe Robert Hébert quelques mots.«À Berlin, on vit quelque chose qui fait du bien, dit Daniel Brière.Y aller, c\u2019est être forcé d\u2019y retourner C\u2019est une ville détendue, riche, stimulante où l\u2019on a l\u2019impression d\u2019étre plus vivant».«Ça fait vibrer aussi, c\u2019est oxygénant, ajoute Evelyne de la Chenelière, et c\u2019est finalement comme une rencontre humaine et amoureuse: elle nous place à la fois face à la découverte, mais aussi face à quelque chose que l\u2019on cherchait sans savoir quelle forme cela avait».Un coup de foudre, à l\u2019évidence, à l\u2019origine d\u2019une expérimentation théâtrale.Quoique, de cet «écho à ce qu\u2019\\jÀ al vécu là-bas», on peut présumer que le couple se prépare sans doute à écrire plus que ça, Berlin ayant ce pouvoir un peu fou de transformer ceux qui y passent en Berlinois.Le Devoir BERLIN APPELLE Avec Daniel Brière, Evelyne de la Chenelière, Catherine de Léan et Marc Fortier.Les 6 et 7 septembre au Goethe-Institut, à 20 h.Berlin en qnelqnes lieux habités Le mémorial aux homosexuels persécutés par les nazis aux abords du Tiergar-ten et signé Michael Elm-green et Ingar Dragset.«Berlin est truffé de monuments et de lieux très lourds qui évoquent la mort, la persécution, le drame, dit Daniel Brière.Ce passé a un poids dans la création contemporaine, une résonance que l\u2019on ne peut pas éviter» et qui, par effet de contrastre, selon lui, met en relief l\u2019amnésie relative du Québec face à son passé.Le théâtre Volksbühne de la Rosa-Luxemburg-Platz \u2014 «et sa cantine au sous-sol» \u2014 ainsi que la Schaubühne de la Lehniner Platz.«Deux lieux de création incroyables où on a été en contact avec le théâtre de René Pol-lesch, Frank Castorf et Thomas Ostermeier.» Les quartiers Mitte et Wedding.«Nous y avons habité, dans des appartements que des Berlinois nous ont prétés alors qu\u2019ils étaient en voyage.En scrutant leur bibliothèque, leur collection de disques, on sent bien que le foisonnement culturel est partout dans la ville.A Berlin, la différence est célébrée.Les dogmes, l\u2019adhésion totale à un objet, à une œuvre fait peur.C\u2019est rafraîchissant.».PHOTO SUITE DE LA PAGE E 1 en croit la publication du Mois de la photo.Pour Paul Wom-bell, directeur dans les années 1990 de la Photographers Gallery à Londres, la première galerie britannique entièrement consacrée à la discipline, la réalité numérique impose un virage dans notre manière de regarder.Côté qualité et contenu, on se satisfait de peu.«On s\u2019était contenté, dit Wom-bell, de lire l\u2019image, savoir ce qu\u2019elle représentait, ou ne représentait pas.Là, nous voulons savoir ce que la caméra peut faire.» Véronique Ducharme, une des plus jeunes de la cuvée 2013, ne cherche pas à connaître les capacités de l\u2019appareil photo.C\u2019est son cerveau qui l\u2019intrigue.Le Mois en panorama Le photomaton, premier « drone » En tant que machine autonome, le photomaton serait un des premiers drones, le seul statique.La Japonaise Tomoko Sawada, qui transforme son apparence physique en deux séries d\u2019images réalisées en 1998, ID400 et Skinhead, contourne les fins du photomaton, soit celles de fournir des pièces d\u2019identité.Le collectif néerlandais Wassinklundgren, lui, a trafiqué le champ photographique de la machine par l\u2019ajout, tout simple, d\u2019un miroir.Deux projets réunis au MAI.Montréal, vue de haut Les cartographies et autres images captées des airs abondent dans la sélection, parmi lesquels deux projets nés ici.David K.Ross a porté son attention sur le gyrophare de la Place Ville-Marie ; son film Le phare montre autant la machine giratoire, que son champ de vision.A la maison de la culture Plateau-Mont-Royal.Photogrammétrie de Montréal n\u2019est pas, lui, un projet artistique ni actuel.Ce sont des images des années 1960 commandées par la Ville pour dresser la cartographie de ses limites.Au musée McCord.Les vedettes Parmi les figures internationales retenues pour cette 13® édition, notons en premier lieu Thomas Ruff et Mona Hatoum, réunis à la Fonderie Darling dans un face-à-face macro/micro.De l\u2019Allemand, on aura droit à m.a.r.s, un ensemble de grands formats réalisés à partir d\u2019images envoyées par une sonde spatiale.De Mona Hatoum, le commissaire présente une installation vidéo de 1994, conçue à partir de caméras endoscopiques et insérées par la Londonienne dans son propre corps.«Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est la \u201csubjectivité\u201d de la machine, la machine perçue comme \u201csujet qui prend des décisions\u201d», énonce celle qui dit observer «des rapports entre une machine et la forêt».«Je m\u2019intéresse à ce qui se passe lorsque je ne suis pas là.» Ses diapositives Encounters, exposées à la galerie B-312 du Belgo, scrutent la nature à « Intelligent et dérangeant (.) d'une \\ pertinence absolue ! »\tn Alexandre Vigneault, La Presse « .le théâtre scène de combat.Le théâtre qui met à mal.Qui dénonce, qui responsabilise (.) C'est précisément ce que dit Cloutier.et qu'il illustre clairement dans Billy.» Michel Bélair, Le Devoir EN REPRISE 9 - 27 SfPTfMBRE 20Î3 ttS JOURS DI HURLtHajT FABIEN CLOUTIER MISE EN SSNE SYLVAIN BEL flV!E.;40UISE BOMBARDIER ^ GUILLAUME CYR CATHERINE LAROCHELLE ASSISTANCE A Lfl MISE EN SCENETATHERINE LA FRENIERE ^ SCÉNOGRAPHIETVELYNE PAQUETTE .C0STUMES*MARC SÉNÉCAL ^ MUSIQUE ORIGINALETARSEN LUPIN ^ ÉCLAIRAGESTRRANN BERNARD ^ DIRECTION DE PRODUCTION*MARIE-HÉLENE DUFORT ^ DIRECTION TECHNIQUE*SIMON CLOUTIER THEATRE Lfl LICORNE .4559 PflPlNEflU, MONTRÉAL BILLETTERIE 5Î4-523-2246 .ÏÏÏ.THEflTRELflLlCORNE.COM l\u2019insu de la faune qui y habite.A la manière des chasseurs, elle s\u2019est servie d\u2019appareils automatiques activés par des détecteurs de mouvement et de chaleur.Les images qu\u2019elle obtient sont celles de l\u2019appareil, précise-t-elle \u2014 pas les siennes \u2014, et baignent dans une noirceur digne de récits de fantômes.La banalité et l\u2019insignifiant, si prégnants de Google Map à Facebook, ne préoccupe pas la diplômée de l\u2019Université Concordia.Il serait plutôt important, selon elle, d\u2019oublier notre égocentrisme.«Il faut que l\u2019on laisse de côté la perception humaine», soutient-elle.La fin d\u2019une époque Si Valérie Ducharme pointe les capacités «intellectuelles» de la machinerie automatisée, Michel Campeau lui donne une identité.Son projet Splendeur et fétichisme industriels, exposée au Musée des beaux-arts, consiste en une suite de USINE 0 AUX FORETS MICHEL ONFRAY, JEAN LAMBERT ROYET&JEAN- I0>l4iiüll FRANCE ¦WILD, CAROLYN CARLSON 1345, AV.LALONDE1514 521-4493 I USINE-C.COM-ADMISSION.COM COPRESENTATION 0 AVEC LE SOUTIEN portraits d\u2019appareils anciens.Ceux-ci poursuivent son travail autour de la «fin d\u2019une époque».Il assume ce «deuil», par son choix du «fond noir et de la frontalité, histoire d\u2019envelopper [les camérasl, comme dans un linceul», dit-il.Ses images nettes et soignées détonneront sans doute dans ce Mois de la photo.Elles étaient cependant vitales, selon le commissaire.Elles permettent de mieux comprendre la technologie, croit Paul Wombell, point indispensable au moment où l\u2019on vit «d\u2019extraordinaires déplacements et changements [shifts and changesl ».«Toutes les œuvres me posent des questions fondamentales, dit-il.Qu\u2019est-ce l\u2019humanité aujourd\u2019hui?Comment interpréter ce monde que nous fabriquons ?Les caméras regardent peut-être ce qu\u2019on ne voit pas.Mais que veut-on communiquer?» Michel Campeau n\u2019a pas la réponse.Lui qui a l\u2019impression «de patauger dans un magma d\u2019une grande nullité visuelle» considère que la «séduction numérique» ouvre le piège de la perfection.«Les outils sont hyper performants, tout est lisse, égal.Il n\u2019y a plus de place pour l\u2019imperfection.Hier, la chambre noire faisait appel à l\u2019approximatif, désormais, les logiciels se fondent sur l\u2019exactitude du rendu.Je n\u2019y échappe probablement pas moi non plus», craint le photographe chevronné.Collaborateur Le Devoir DVoir > Une sélection d\u2019œuvres marquantes au 13® Mois de la photo, ledevoir.com/cultures/arts- visuels SOPHIE CADIEUX ROBERT LALONDE ^Oau au Théâtre d*Aujourd\u2019hui MOI DAMS LESRUIMES ROUGES DU SIÈCLE ë Texte et mise en scène Olivier Kemeid Billetterie (514) 282-3900 Trois Tristes Tigres Meilleur spectacle Montréal Prix de la critique AQCT 2012 Avec le soutien du CALQ, du CAC et du CAM I SASHA SAMAR I_________________ ANNICK BERGERON GEOFFREY GAQUËRE 5198 9203 21184038 LE DEVOIR, LES SAMEDI I AOUT ET DIMANCHE I^^^ SEPTEMBRE 201 E 5 CULTURE>EVENEMENT PLURIDISCIPLINAIRE Fouiller l\u2019âme sonore de Montréal Stephen Bain et d\u2019autres fidèles marquent les dix ans des Escales improbables FREDERIQUE DOYON Sa mini-maison victorienne, plantée au milieu des allées et venues du Vieux-Port de Montréal, avait fait l\u2019événement des Escales improbables 2011.L\u2019artiste néo-zélandais Stephen Bain revient cette année fêter les dix ans de la manifestation avec une installation d\u2019archéoacoustique s\u2019inspirant de l\u2019esprit du Vieux-Montréal.Belle manière de saluer en même temps l\u2019esprit de cette manifestation qui investit les quais de manière multiple (par la musique, la danse, l\u2019art visuel, la performance) en invitant le public à se laisser surprendre, à s\u2019arrêter pour regarder son environnement autrement.Soundig ressemble à un petit chantier archéologique sous les bâches.«Uidée est de découvrir des éléments de culture et d'anthropologie pour reconstruire comment la vie se passait avant, mais à travers le son, explique l\u2019artiste au Devoir, sur le site où sera bientôt érigé son antre sonore.On a récolté des sons environnants mais aussi des sons historiques tirés des archives orales, de YouTube et des cartographies sonores déjà existantes, comme montrealsoundmap.com.» Bain essaie en quelque sorte de capter l\u2019atmosphère propre à Montréal, inspiré par le bouquin Psyche & The City dans lequel des psychanalystes jungiens fouillent l\u2019« âme » des métropoles.Soundig tente de représenter trois champs de la psyché.La conscience regroupe les sons récoltés un peu partout pour représenter le quotidien.L\u2019inconscient personnel prend la forme d\u2019une transposition sonore des «récits et mondes imaginaires qui nous affectent».Pour l\u2019inconscient collectif, Bain et son équipe ont planté des micros sous le sol, via l\u2019égout attenant, dont l\u2019écoulement, généreux le jour de l\u2019entrevue, semblait rappeler l\u2019existence de l\u2019ancienne rivière Saint-Pierre, qui coulait par là.Uart de la rencontre Le charme de l\u2019affaire, c\u2019est que les balbutiements de ce concept ont germé ici même, alors que Bain présentait Baby.en 2011.Fasciné par le travail des archéologues, il avait été captivé par l\u2019ancien Montréal mis au jour au musée Pointe-à-Callière.«Il m'a appelée peu de temps après pour me dire: \u201cJ'ai une idée!\"», ra- conte Sylvie Teste, directrice artistique des Escales improbables.Le réinviter s\u2019imposait tout naturellement.Intimement liée au lieu où elle se déploie, l\u2019installation archéoacoustique incarne l\u2019approche in situ que les Escales de jour (celles qui se déroulent dans le Vieux-Port) ont souvent adoptée sans en faire un « absolu ».On se souvient notamment (YIdylle, installation évolutive créée pour le bassin d\u2019eau du Vieux-Port, en écho au fleuve, des installations Forêt et Sacs de prière du sculpteur Phil Allard.Cette année, le tandem chorégraphique Mandoline hybride propose ses Installations mouvantes qui distillent poétiquement l\u2019esprit des cafés, bistrot et terrasses.Aux Escales de ville, qui s\u2019enfoncent dans le tissu urbain depuis quelques années, le chorégraphe et danseur Peter Trosztmer reprend sa performance 5 of 6 Machines dans un édifice industriel de Griffintown, inspirée du lieu, de ses outils et matériaux et du travail qui s\u2019y déployait jadis.Tirée du jargon archéologique, l\u2019expression latine a d\u2019abord été appliquée à l\u2019art public, puis repiquée, adaptée, parfois galvaudée un peu.«La question de /\u2019in situ est en pleine évolution, explique Mme q^este.D'autres disciplines se sont approprié le concept.Pour nous, il s'agit surtout de création en espace public.» Car le cœur battant des Escales, après tout, c\u2019est la rencontre inusitée, pluridisciplinaire avec les passants.Le Devoir Tj Voir > Une incursion vidéo ^ dans le monde Soundig.ledevoir.com/culture PEDRO RUIZ LE DEVOIR En 2011, Stephen Bain avait été captivé par l\u2019ancien Montréal révélé au musée Pointe-à-Callière.Des escales formées de fidèles, de fêtes et d\u2019orgies sonores «Dans la trame du 1(T anniversaire, on trouvait important qu'il y ait une large place à ces artistes avec qui on a construit des histoires de fidélités», confie la fondatrice et directrice artistique des Escales improbables, Sylvie Teste.Toujours fidèle à la danse, celle-ci invite la compagnie Mandoline hybride à reprendre ses Installations mouvantes en formule souper-spectacle (à l\u2019Espace Lafontaine) une version toute spéciale pour le 10® anniversaire Jérôme Minière reprend lui aussi son Epicerie musicale, qui jumelle culture musicale et agriculture, avec Marie-Pierre Normand et la participation de Tristan Malavoy.En kiosque : des fruits pour nourrir le corps et l\u2019esprit.L\u2019ensemble Constantinople était des toutes premières Escales en 2004.Il revient avec La nuit aux 1000 oreilles, reconstitution imaginaire de la musique de la poétesse grecque de l\u2019Antiquité, Sappho.La composition pour instruments persans, viole d\u2019amour, clarinette basse et percussions donne vie à ses vers portés par la chanteuse grecque invitée, Savina Yannatou.L\u2019art sonore est à d\u2019ailleurs à l\u2019honneur de cette 10® mouture.Outre les fidèles, le Français Christophe Hocké s\u2019installe dans son Human Juke Box, autour de la Place des Arts.Il y distille musiques et chansons des années 60 à nos jours, au gré des désirs des passants.Il suffit de tourner les boutons.Entre boîte à musique et cabinet de curiosités.APRES MO! « i jk\t>\t}i Texte : Christian Bégin Mise en scène : Marie Charlebois y.DE RETOUR À MONTRÉAL DU 3 AU 21 SEPTEMBRE * Thomas Hellman Avec Christian Bégin Marie Charlebois Philippe Lambert Pier Paquette Isabelle Vincent Au Théâtre La Licorne 4559 rue Papineau Billetterie 514.523.2246 CQMSEIL DES ARTS rtA.I.«ni\tDCMINTIIÊA Québec B ra\t\\f jà Virginie Brunelle Compagnie Virginie Brunelle PLOMB 12, 13, 18, 19^ 20 septembre 20 h tl CHANTE EN SPECTACLE Une mise en scène de Thomas Hellman et Brigitte Haentjens I HOM AS I [pi I MAN A 4 et 5 septembre au Musée national des beaux-arts du Québec (Québec) ; 418-643-2150 18 septembre au Théâtre Français du Centre National des Arts (Qttawa) ; 1-888-991-2787 24 au 27 septembre au Théâtre de Quat'Sous (Montréal), dans le cadre du Festival international de la littérature (FIL) ; 514-845-7277\tthomashellman.com if\t¦ CHOREGRAPHE Virginie Brunelle \\ INTERPRÈTES Isabelle Arcand, Luc Bouchard-Boissonneault Karina, Champoux, Sophie Corriveau, Claudine Hébert Francis La Haye, Anne Le Beau Sirnon-Xavier Lefebvre, Nicolas Patry ÉCLAIRAGES Alexandre Pilon-Guay UNE COPRODUCTION DE L\u2019AGORA DE LA DANSE.bE L\u2019ONDE® ( k Fmi,* fi! ICI RADIO-CANADA TÉLÉ La vie parfaite dès le 11 septembre à 21 h 30 à ICI Radio-Canada Télé, complète une soirée humoristique avec Les pêcheurs à 21 h et Les enfants de la télé à 20 h.faite est en banlieue.C\u2019est là qu\u2019Eric se procure n\u2019importe quoi, pour en quelque sorte «acheter» ses émotions comme d\u2019autres les mangent.«Son pusher, c\u2019est le vendeur du magasin électronique», explique les documents promotionnels.Julie tente de tout organiser et Cet écran du cocooning marche et rameute les foules et il semble naturellement tentant d\u2019en rajouter cherche constamment de l\u2019argent pour équilibrer les fins de mois dç son entreprise de pub.L\u2019ado Elodie, un peu enrobée et très délurée, manipule tout le monde et surtout sa mère «qui a élevé D\u2019' Jekyll et Af Hyde sans s\u2019en apercevoir».Mathis ne dit jamais rien et casse tout, lui compris.Au premier épisode, l\u2019arrivée inopportune d\u2019Estelle, la mçre nouvellement veuve d\u2019Eric, ébranle encore plus le quintette en désordre.Estelle, «croisement improbable entre Mary Poppins et l\u2019inspecteur Clouseau», inspirée de la vraie mère de M.Thibault, se propulse préposée au gardien- nage de Mégane et Mathis et multiplie les gaffes comme les catastrophes.A la fin de ses excellents services, les pompiers, les ambulanciers et la police interviennent au manoir de carton-pâte des Pedneault-Poliquin.Les genres s\u2019amalgament dans cehe série tragicomique, où le rire trace le portrait d\u2019une situation absurde, la nôtre.Le comique de situation domine.Certaines scènes glissent vers le burlesque, d\u2019autres trempent dans la bédé, la caricature, la satire ou le grotesque.Des exemples?En voici quelques-unes concentrés au-tour des seuls noms de quelques personnages néoquébécois, une autre originalité de cehe série dans un univers télévisuel désespérément «de souche» qui les ignore globalement (sauf 30 Vies, merci).Or donc, le père de Julie (joué par Rémy Girard) adopte une petite Haïtienne et la prénomme Ginette, comme sa propre mère.Le vendeur de bébelle^ qui manipule parfaitement Eric s\u2019appelle Kevin Nguyen.Le comptable de Ju- lie, Amhed, vient de faire changer son prénom pour Jean-Erançois et suggère de se faire appeler J.-E.«Le titre est ironique bien sûr, explique M.Thibault.Nous voulons rejléter le monde dans lequel on vit,^ celui de l\u2019an-tirève américain, celui du chaos perpétuel.» C\u2019est le maître mot de cette nouvelle affaire, qui commence sa vie utile le 11 septembre, jour du chaos, moment fondateur de ce siècle du cauchemar plus ou moins climatisé.La pagaille règne.Les rebondissements incontrôlés se multiplient à une vitesse effrénée, à l\u2019image du quotidien hyperactif de tant de familles actuelles.Le réalisateur Louis Cho-quehe, qui a travaillé sur le début des Parent, explique avoir tourné une cinquantaine de scènes pour les quelque 22 minutes de chaque épisode, alors que la norme en exigerait la moitié.« C\u2019est très court et c\u2019est très punché», dit-il en parlant de ce portrait d\u2019une famille normale recomposée, surexcitée et endettée.En gros, il a raison.Le Devoir Un Allen noir et vitriolique BLUE JASMINE (JASMINE FRENCH) Réal, et scénario: Woody Allen.Avec Cate Blanchett, Alec Baldwin, Sally Hawkins, Bobby Cannavale, Peter Sarsgaard, Andrew Dice Clay, Michael Stuhlbarg.Image: Javier Aguirresarobe.Montage: Alisa Lepselter.98 min.ODILE TREMBLAY S?il est une œuvre à laquelle Woody Allen s\u2019est collé pour son dernier film, c\u2019est la pièce Un tramway nommé désir de Tennessee Williams (portée à l\u2019écran par Elia Kazan en 1951).Le personnage principal, incarné par une Cate Blancheh au sommet de son art, fait plus qu\u2019évoquer celui de Blanche DuBois, cette femme raffinée et déclassée qui aherrit chez sa sœur Stella, plus fruste, et se brise les ailes.Le film épouse son archétype, même si l\u2019action s\u2019est déplacée de La Nouvelle-Orléans à San Erancisco et que des détails varient.Blanchett avait joué Blanche DuBois au Kennedy Center de Washington, sous la direction de Liv Ull-man, en 2009.De toute évidence, la chimie entre elle et Allen opéra particulièrement, l\u2019un fécondant l\u2019autre.Blue Jasmine est le plus noir et le meilleur film de Woody Allen depuis des lustres.Par ailleurs, il est un de ses rares opus à s\u2019ancrer carrément dans la critique sociale.Comédie au scénario bétonné portée par les personnages secondaires, tragédie du côté de l\u2019héroïne.Deux tons, deux mondes, mais tissés serré.On est loin de son précédent To Rome with Love, escapade italienne mal conçue, ou même de la baherie de ses superficielles, charmantes ou pas, incursions romanesques ou policières des dix dernières années.Revenir au pays lui sied.Il a trempé sa plume dans le vitriol et s\u2019offre un alter ego féminin plus névrosé que lui, si tant est que ce soit possible, en la regardant se débattre comme un animal piégé.Jasmine, née Jeanette, avait épousé à New York le richissime Hal, infidèle, bronzé et musclé (Alec Baldwin, découvert en flashback) sorte de Bernard Madoff qui a escroqué ses clients et croupit désormais en prison.Madame, divorcée, aux abois, d\u2019une suave élégance (bravo à la costumière Suzy Benzinger!), arrive donc ruinée mais en première classe sur son vol, chez Ginger, cette sœur regardée de haut (Sally Hawkins, d\u2019un kitsch et d\u2019une énergie délirante) , miroir de ses propres origines, sans ambition ni culture, compagne d\u2019un homme violent et vulgaire (Bobby Car-navale, un Stanley cocasse et ridicule).Ce petit appartement sans grâce accueillant les amis mal dégrossis tient de l\u2019enfer pour la belle déchue gavée d\u2019alcool et d\u2019anxiolytiques, qui cherche à s\u2019en sortir.On songe parfois à Gêna Row- lands dans Une femme sous influence de Cassavetes.Ce rôle de maturité, la meilleure incarnation à l\u2019écran de sa vie, entraîne Blanchett (Elisabeth, Aviator, I\u2019m not There) aux portes de la folie, après être passée par tous les états d\u2019âme possibles.L\u2019actrice évolue en des zones de profondeur à sa filmographie inédites.On l\u2019attend aux Oscars, Allen aussi.Déjà à l\u2019affiche aux Etats-Unis, Blue Jasmine reçut un accueil triomphal mérité.Woody Allen joue habilement d\u2019effets de contraste : héroïne dramatique aux prises avec des êtres de caricature proprement alleniens qui portent les ressorts comiques.Deux mondes aussi: le New York des riches, le San Erancisco des pauvres hors de la carte postale, mais sous un certain mépris de cinéaste face aux rôles secondaires (faiblesse de l\u2019œuvre), car il n\u2019aime, c\u2019est criant, que Jasmine, cette Jasmine pourtant issue de l\u2019œuvre d\u2019un autre.Dédain d\u2019artiste pour ses propres créatures doublé du snobisme allenien.Les étapes de sa déchéance sont des stations de chemin de croix: du dentiste mal attifé qui lui saute dessus au beau diplomate (Peter Sarsgaard) qui peut la sauver, mais.Avec retours du côté du passé à Manhattan où le ver était déjà dans la pomme.En trajectoire parallèle.Ginger, qui, sous l\u2019influence de sa sœur, cherche à s\u2019émanciper aussi.Sally Hawkins est pétillante de METROPOLE FILMS Héroïne dramatique, Jasmine (Cate Blanchett) est aux prises avec des êtres caricaturaux.vie, mais comme tous les autres personnages de second plan, elle appartient à un monde de comédie burlesque, sans vraie couche d\u2019humanité.Mais l\u2019action rebondit sans pauses, le montage est d\u2019enfer, la musique bien choisie.Le cinéaste de Manhattan a condamné, comme Williams, son héroïne sans rédemption possible, davantage que ses héros des films précédents, même les plus pessimistes à la Crimes and Misdemeanors.Pour elle et la Blanche DuBois qui l\u2019inspire, il a troqué le cynisme et la comédie de situation pour aheindre au cœur de la grande tragédie.Prouvant qu\u2019un cinéaste ne se renouvelle jamais mieux qu\u2019en se frottant à l\u2019esprit d\u2019un autre.Le Devoir E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 AOUT ET DIMANCHE I » SEPTEMBRE 201 ICIffEMA Denis Côté, de colère et de risque Le cinéaste place Vie + Flo ont vu un ours dans la frange « la plus écrite et la plus appliquée » de sa filmographie ANDRE LAVOIE Univers glauque, silences pesants, caméra attentive : Vie + Flo ont vu un ours, septième long métrage de Denis Côté, porte bel et bien sa signature tout en affichant une humanité (un vilain mot pour le principal intéressé!) qui émerge de cette rencontre entre rescapées de la prison, représentants de la loi et crapules en cavale.Bienvenue dans le monde de l\u2019ancien critique faisant plus que jamais son cinéma.Nos trajectoires s\u2019étaient un temps croisées quand nous exercions le même métier, mais depuis que Denis Côté a laissé tomber son chapeau de critique, en 2005, je n\u2019avais que fréquenté son œuvre, imprévisible et singulière.Or, malgré les années, les prix et les tournées dans tout ce que la planète compte de festivals, l\u2019homme est resté le même : volubile, opi-niâtre, chaleureux, jamais avare de détails et de confidences.De plus, seuls ceux qui ne connaissent pas son goût du risque, et de la provocation (il parle de Carcasses et de Bestiaire comme de «films de vengeance contre l'industrie du cinéma»), seront surpris de le voir flanqué de Pierrette Ro-bitaille, grande actrice comique et populaire {Laura Ca-dieux, Nuit de noces, Mambo italiano) et une bonne étoile de la galaxie Denise Filitrault.Robitaille et Côté forment un duo aux limites de l\u2019improbable, mais devant Vie + Flo ont vu un ours (en salles le 6 septembre), l\u2019alliance semble couler de source, tout comme celle entre l\u2019actrice et ses principaux partenaires à l\u2019écran.Romane Bohringer, Marc-André Grondin et Marie Brassard.Pour réunir tout ce beau monde aux accents et aux univers différents dans une cabane à sucre déglinguée, il fallait Denis Côté.Et Pierrette Robitaille en a été la première surprise.«Qu'est-ce qui l'a intéressé et inspiré en moi?Je l'ignore toujours, confesse-t-elle de sa voix PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pierrette Robitaille et Denis Côté forment un duo aux limites de l\u2019improbable, mais devant Vie + Flo ont vu un ours, l\u2019alliance semble couler de source.douce et empreinte de timidité.Travailler avec des gens qui ont une vision différente, ça nous confronte, ça nous allume.et ça donne d'autres résultats.» Même si elle avoue avoir parfois trouvé le tournage «intense et contraignant», le personnage de Victoria fait résolument partie de son univers, évoquant avec affection cette femme «à la fois fragile et dure, souffrante et encore capable d'aimer», sortie de prison, mais «dont on ne sait rien du passé, et c'est très bien comme ça».Faire parler des femmes Denis Côté ne saurait en dire plus, nullement intéressé à jouer à «l'apôtre du réalisme social».Pour lui, les défis face à Vie + Flo se situaient à un autre niveau.«Après plusieurs personnages masculins et un peu autistes comme celui dans Curling, je voulais faire parler des femmes et écrire un peu plus de dialogues; ce n'est pas de la maturité, juste une envie défaire autre chose.» Quant au choix de Pierrette Robitaille, il en est satisfait, mais ne cache pas qu\u2019il a d\u2019abord vu sa présence «comme un défi» et «le choix d'un gars tanné de toujours voir les mêmes têtes dans les films québécois».Tout ça avec un budget de plus de deux millions de dollars «sur les épaules», «et la machine du cinéma qui \\f]épuise, allergique à l'argent qui se dépense pour rien».Ce type de commentaires à l\u2019emporte-pièce, le cinéaste à la bouille angélique et aux mille tattoos ne cesse de les répéter avec conviction, lui qui considère que «le rôle d'un cinéaste, c'est d'être tout le temps en colère contre quelque chose».Les mauvaises langues diront qu\u2019à ce chapitre, il est d\u2019ores et déjà le plus grand, ayant conservé de son passé de critique sa propension pour les coups de gueule et les formules lapidaires.Sur son image de mauvais garçon, il affiche une certaine lassitude, désolé d\u2019avoir à se justifier plutôt que de parler de ses films qu\u2019il surnomme parfois «des objets», ou «une brique» posée sur le mur de sa filmographie.Beaucoup disent déjà que celle de Vie + Flo ont vu un ours apparaît comme la plus solide.Côté reconnaissant, à son corps défendant, que ce film se situe « dans ma frange plus ambitieuse, plus écrite, plus appliquée».Quant à Pierrette Robitaille, elle se souvient encore avec émotion de l\u2019Ours d\u2019argent remis au cinéaste des mains de Wong Kar-wai, au dernier Festival de Berlin, et se dit fière de ce rôle qui, dit-elle, l\u2019a révélée à elle-même, rien de moins.Je n\u2019ai pu résister à l\u2019envie de lui demander si sa redoutable complice Denise Filiatrault avait vu sa performance.«Non, pas encore, mais elle m'en a parlé: \u2018Yparaît que t'es écœurante là-d'dans !\" », adoptant son énergie légendaire.D\u2019ailleurs, passez le mot: la reine du timing a entièrement raison.Collaborateur Le Devoir Poésie visuelle sur trame décousue THE GRANDMASTER Réal: Wong Kar-wai.Scénario: Xu Haofeng, Jingzhi Zou, Wong Kar-wai.Avec Tony Leung, Zhang Ziyi, Chang Chen, Jin Zhang.Image: Philippe Le Sourd, Montage: William Chang, Musique: Shigeru Umebayashi.108 min.ODILE TREMBLAY La quête de perfection de cinéaste chinois Wong Kar-wai hante ce film aux images techniquement éblouissantes.Sous prétexte d\u2019une bio \u2014 très romancée \u2014 de Ip Man, un des maîtres du kung-fu qui forma Bruce Lee, le cinéaste à'In the Mood for Love livre une fable mélancolique sur le déclin de la vieille Chine aux techniques millénaires d\u2019un grand raffinement.Ethique et perfectionnisme se sont abîmés dans les rets de la modernité.On assiste à d\u2019extraordinaires scènes de combat \u2014 nul besoin d\u2019être amateur de kung-fu pour s\u2019en ravir \u2014 et la caméra du Français Philippe Le Sourd (qui succède au directeur photo habituel de Wong Kar-wai, Christopher Doyle), avec lumière nacrée sur images de contraste, fait merveille.Eclairs de génie, poésie visuelle sur trame décousue.S\u2019il a sans doute cherché à créer pour l\u2019empire du Milieu une sorte de Guépard à la chinoise, Wong Kar-wai a égaré ses plumes aux étapes cruciales du scénario et du montage.Il faut dire qu\u2019on a droit à une version plus courte que celle qui fut présentée au Festival de Berlin, passant de 122 minutes à 108.Le film en faisait 130 au départ.Son portrait de la Chine du XX® siècle avait peut-être été d\u2019abord censuré par l\u2019État, car on cherche les références à la Chine rouge.Devant ce film morcelé, à l\u2019émotion sacrifiée (le romantisme déployé n\u2019a guère le velouté de celui àTn the Mood for Love), on s\u2019interroge.Précisons que la gestation de The Grandmaster a duré dix ans, pour mille raisons dont deux fractures de Tony Leung.L\u2019esprit du film s\u2019est égaré quelque part, par-delà les prouesses visuelles.Cette histoire qui démarre au cours des années 30 et se poursuit jusqu\u2019à la fin des années 50 met en scène Ip Man (Tony Leung), qui maîtrise une des formes du kung-fu, le wing che.Il ne trouvera pour égaler ses prouesses que la fille du grand-maître chinois Gong Baosen.La belle Gong Er (Zhang Ziyi) ap- partient à une autre école d\u2019art martial, le ba gua.Elle est seule à connaître la figure des 64 mains.Rivalités, désirs et combats se traduiront en superbes chorégraphies martiales.Baosen est assassiné, sa fille crie vengeance, et les intrigues se tissent.L\u2019occupation japonaise déchire le pays.Ip Man et Gong Er se retrouveront bien plus tard à Hong Kong, le charme rompu.Tony Leung, acteur fétiche du cinéaste, avait donné la réplique à Zhang Ziyi dans 2046 \u2014 film déjà naufragé sur ses ambitions démesurées.Ici, la romance ne passe pas la rampe et l\u2019actrice oublie de vieillir au long des ans, ce qui rend plus irréel encore leur pas de deux.Que dire ?Wong Kar-wai, qui fait assaut de virtuosité, a égaré l\u2019essentiel: ALLIANCE La lumière nacrée sur images de contraste fait merveille.l\u2019art de tisser une histoire.Mais le film fut tellement coupé.On ne sait trop à quelle étape le fil s\u2019est rompu.Le Devoir EXC3NTRIS JASMINE FRENCH (BLUE JASMINE) WOODY ALLEN - 98 MIN, V.O.ANGLAISE AVEC S.-T.F.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: CARRE ROUGE SUR FOND NOIR SANTIAGO BERTOLINO / HUGO SAMSON THE GRANDMASTER WONG KAR-WAI LES 4 SOLDATS ROBERT MORIN JOBS JOSHUA MICHAEL STERN ACHTUNG FILM ! : OH BOY JAN OLE GERSTER - JEUDI 5 SEPTEMBRE A19H SOUpeSOUP UN NOUVEAU COMPTOIR I\tSOUPESOUP À EXCENTRIS /\tTOUSLES JOURS! Un cœur qui bat en quatre temps Avec Adore, Anne Fontaine aborde les rives semi-incestueuses ODILE TREMBLAY Cy est son premier film en langue anglaise, mais la Française Anne Fontaine {Nathalie, Coco avant Chanel, etc.) avoue ne pas vibrer au rêve américain.Ce film-là imposait sa lan^e, voilà tout.Adore (en anglais Perfect Mothers), adapté d\u2019une nouvelle de Doris Lessing, prix Nobel de littérature, aborde les rives semi-incestueuses d\u2019un quatuor: deux amies d\u2019enfance (Naomi Watts et Robin Wright) sur une plage australienne ont chacune un fils, des copains surfeurs beaux et bronzés.Elles auront une liaison avec le garçon de l\u2019autre, dans l\u2019autarcie d\u2019un monde parallèle.«L'Australie apporte une troisième dimension à l'histoire.J'ignorais au départ où l'histoire se déroulerait, mais ces paysages magnifiques nous entraînaient vraiment au bout du monde.» Et puis cela correspondait aux lieux réels de l\u2019action.«J'ai rencontré à Londres Doris Lessing, explique Anne Fontaine.Cette histoire était véridique.Du moins l'avait-elle entendue raconter dans un bar en Australie par un ami des garçons.» Brillante peintre sans complaisance de l\u2019expérience féminine, Lessing avait 92 ans au moment de leur rencontre (aujourd\u2019hui 94).«Dans la nouvelle, ça se termine de façon abrupte, estimait Anne Fontaine.Mais pourquoi voulez-vous que ça se termine?lui a demandé l\u2019au-teure du Carnet d'or.«De fait.Doris Lessing a toujours dynamité les codes de la famille.» Elle en a fait autant.Son scénario, elle l\u2019a coécrit avec Christopher Hampton (seconde collaboration après Coco avant Chanel).Mais tout a commencé quand le producteur Dominique Besnehard lui a suggéré d\u2019adapter cette histoire.La cinéaste voulait faire son film en français.«Mais je n'imaginais pas d'actrices françaises dans ces rôles-là, ni de paysages assez exotiques chez nous.Et puis, en français, les dialogues devenaient psy-chologisants ou scabreux.Il fallait que ça se déroule ailleurs.Les Anglo-Saxons possèdent une ironie particulière et leurs actrices, une grâce.Quand j'ai compris que le film devait être tourné en anglais, j'ai refusé de le réaliser.» Mais à l\u2019heure de présenter Coco avant Chanel au Festival de Telluride, l\u2019actrice Julianne Moore l\u2019a convaincue de s\u2019y frotter.«Elle n'a pas pu jouer le Anne Fontaine «Les Anglo-Saxons possèdent une ironie particulière et leurs actrices, une grâce» rôle, mais m'a proposé Robin Wright.Naomi Watts s'est enthousiasmée de son côté.Ce sont des personnages stimulants pour des actrices hollywoodiennes, pour enfin sortir des moules, s'affranchir.Elles se sont appréciées sincèrement.» S\u2019est-elle sentie étrangère, Anne Fontaine, avec son anglais imparfait, dans une Australie de soleil?«Pas vraiment! Je croyais que tout serait différent, mais une fois concentrés sur le plateau, un vocabulaire succinct vous aide à communiquer l'essentiel.» La cinéaste a rajeuni les actrices, plus âgées dans la nouvelle, pour éviter un côté sinistre.«Je voulais mettre en scène deux belles femmes, sensuelles et désirables, en érotisant le film.» Tous les acteurs sont Australiens, sauf Robin Wright et le film (en clôture du FFM le 2 septembre et en salles le 6), une coproduction France-Australie.«J'aime beaucoup les jeunes acteurs Xavier Samuel et James Freche-ville [qui joua dans Animal Kingdom].En Australie, les gens travaillent énormément leurs rôles, plus qu'en France.» Anne Fontaine rappelle à quel point ses films s\u2019appuient toujours sur des apparences trompeuses.«Ici, j'aimais jouer avec le symbole de la transgression, sans jugement moral.Ces deux femmes ont un lien homosexuel refoulé et elles ont contaminé leurs fils respectifs.C'est un film sur le paradis perdu de la jeunesse.Moi qui suis spécialiste des triangles amoureux, je n'avais jamais raconté une histoire d'amour à quatre et ça m'intéressait.Ceux qui les entourent n'ont prise sur rien.Ensemble, ils ont quelque chose de granitique, comme un cœur qui bat en quatre temps.» Le film a été tourné surtout en extérieurs, avec la mer toujours en mouvement.«Le défi fut d'y installer un ponton», raconte Anne Fontaine qui est consciente que des spectateurs, surtout aux États-Unis où le puritanisme fleurit, pourront réprouver le sujet du film.En France, la critique fut divisée.«A Sundance, il y avait des mormons dans la salle et certains se sont énervés.Je savais dès le départ que le sujet pouvait choquer, mais je reçois aussi des réactions enthousiastes d'écrivains, de femmes, en particulier.Les hommes hétéros classiques n'ont pas de place dans cette histoire.» Le Devoir «J'ai senti une grande émotion m'étreindre dès les premières images».Nathalie Petrowski, La Presse PRODUCTIONS MULTI-MONDE rf LES FILMS DU 3 MARS PRESENTENT SUR POND LE CONFLIT ETUDIANT : L'ENVERS DU DECOR UN FILM DE SANTIAGO BERTOLINO et HUGO SAMSON CAMÉRA ET PRISE DE SOK) SANTIAGO BERTOLINO et HUGO SAMSON MONTAGE ANDREA HENRIQUEZ NIUSIÛUE ORIGINALE RENE LU5SIER PRODUCTION LUCIE PAGEAU B #carrerougefilm\twww.carrerougesurfondnoir.com iFMC'\u201cSebecS Canada O rsHi PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! 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