Le devoir, 30 juillet 2013, Cahier A
[" Homosexualité: «Qui suis-je pour juger?» demande le pape François Page A 4 Fusion Omnicom-Publicis : naissance d\u2019un colosse sur la planète pub Page B 1 -?w w w .1 e (1 e V 0 i r.c 0 m ?- LE DEVOIR Vol.C I V N° 1 6 9 LE DEVOIR, LE MARDI 30 JUILLET 2013 I,I 3 $ + TAXES = 1,30 BERNAT ARMANGUE ASSOCIATED PRESS Le drapeau israélien flotte en face de la colonie juive de Ma\u2019ale Adumim, en périphérie de Jérusalem, en Cisjordanie.Le retrait des territoires occupés par Israël a toujours constitué l\u2019un des principaux enjeux des pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens, dont un nouveau chapitre s\u2019ouvre à Washington.Pourparlers de paix israélo-palestiniens Cette fois sera-t-elle la bonne ?ELIANE BRISEBOIS Les négociations en vue d\u2019un accord de paix entre Israël et la Palestine ont été lancées lundi soir à Washington, après quelques années de paralysie, par qn repas de rupture du jeûne du ramadan.Les Etats-Unis, qui parrainent les pourparlers, ont exhorté Israéliens et Palestiniens à négocier de «bonne foi» afin de trouver un «compromis raisonnable ».Après plus de six décennies de conflit et de multiples échecs de relance du processus de paix, la diplomatie américaine a annoncé que les premières réunions de lundi et de mardi ouvrent une période de négociations devant durer «au moins neuf mois», selon un calendrier ne dictant pas de «date butoir».Dans la journée, le président américain Barack Ol^ama a souligné le travail de son secrétaire d\u2019Etat, John Kerry, qui a réussi à convaincre les deux parties de reprendre les négociations il y a 10 jours, après six voyages au Proche-Orient en quatre mois.Ce dernier a annoncé lundi qu\u2019il avait choisi un ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Martin Indyk, pour guider les pourparlers.Dans un salon d\u2019apparat du département d\u2019Etat, la ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, ODED BALILTY ASSOCIATED PRESS Un jeune garçon brandissant le drapeau palestinien lors d\u2019une manifestation tenue en 2005 contre l\u2019érection d\u2019une barrière de séparation non loin de la colonie juive d\u2019Ariel, en Cisjordanie.était assise à côté du négociateur en chef palestinien, Saëb Erakat, autour d\u2019une table de neuf personnes dressée pour le dîner offert par John Kerry.En accueillant ses hôtes, certains souriants, le patron de la diplomatie américaine a salué un moment «très, très par- ticulier» et a même plaisanté en lançant qu\u2019«î7 n\u2019y avait pas grand-chose à en dire».Avant d\u2019arriver à Washington, Mme Livni avait prédit des pourparlers «très difficiles et probléma- VOIR PAGE A 8 : POURPARLERS Lac-Mégantic Ultimatum de Québec La MMA et deux pétrolières ont 24 heures pour accepter de payer la décontamination et la restauration des lieux dévastés ALEXANDRE SHIELDS Trois semaines après la tragédie de Lac-Mégantic, Québec somme les entreprises jugées responsables du déversement de 5,7 millions de litres de pétrole de procéder aux importants travaux de décontamination.En cas de refus, le gouvernement les réalisera et exigera par la suite d\u2019être remboursé, quitte à entamer des poursuites.Et la facture promet d\u2019être salée.Le texte de l\u2019ordonnance rendue publique lundi précise que la Montreal Maine and Atlantic Railway (MMA), qui transportait le pétrole, ainsi que les entreprises Western Petroleum Company et World Euel Services, à qui appartenait le brut, sont tenues d\u2019assumer les coûts de la décontamination et de la restauration des lieux.Le tout doit être entamé «dans les plus brejs délais».Or, jusqu\u2019à présent, ces entreprises n\u2019ont jamais manifesté leur intention d\u2019effectuer ses importants travaux et de les payer, a souligné le ministre de l\u2019Environnement, Yves-Erançois Blanchet, en entrevue au Devoir.«Le niveau de confiance envers ces entreprises est très bas, mais on leur donne encore la chance de se manifester.Mais elles auraient dû le faire dès le début», a souligné le ministre.Pour le moment, la MMA ne s\u2019est toujours pas engagée à rembourser à Lac-Mégantic les quatre millions de dollars que la Ville a dû débourser pour payer les entrepreneurs chargés de faire les travaux de nettoyage.L\u2019entreprise doit en théorie répondre mardi à la mise en demeure envoyée par la Ville.Quant à la Western Petroleum Company et à World Euel Services, VOIR page a 8 : ULTIMATUM Lire aussi > Sécurité ferroviaire: les villes font pression sur Ottawa.Page A 2 Le ministre Yves-François Blanchet Un Cœur de maman qui bat de nouveau Aujourd\u2019hui .V y \\ Economie > La Compagnie de ia Baie d\u2019Hudson met la main sur le détaillant américain Saks pour 2,9 milliards.Page B1 Actuaiités > À Montréai, l\u2019Équipe Coderre recrute le maire par intérim de Côte-des-Neiges-Notre-Dame de-Grâce, un proche d\u2019Applebaum.Page A 3 Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.B6 .B4 .B2 A4 Petites annonces.B 4 7\t.W-TT- , Après 60 ans d\u2019obscurité forcée, un succès populaire oublié du cinéma québécois reverra la lumière du jour ERANÇOIS LEVESQUE L% organisme Eléphant: la mémoire / du cinéma québécois complète ces jours-ci la restauration du film M Cœur de maman.Jamais entendu ' parler?Normal: le négatif dormait dans une chambre forte depuis sa sortie il y a 60 ans, et ce, en dépit de son succès populaire d\u2019alors.Il n\u2019en fallait pas plus pour attiser la curiosité du Devoir, qui s\u2019est penché sur l\u2019histoire étonnante de ce long métrage et celle, plus étonnante encore, de l\u2019une de ses vedettes.Cœur de maman prit l\u2019affiche au théâtre Saint-Denis le 25 septembre 1953.La critique ne trouva guère à se pâmer devant ce mélodrame relatant le calvaire d\u2019une gentille vieille dame maltraitée par sa belle-fille.Le public, en revanche, accourut comme il l\u2019avait fait l\u2019année précédente pour La petite Aurore, l\u2019enfant martyre, qui racontait à l\u2019inverse le cauchemar d\u2019une enfant torturée par sa belle-mère.Inepte à tous égards, ce dernier film n\u2019en a pas moins marqué les mémoires et passe régulièrement à la télévision.Cœur de maman a connu un destin bien différent.«Cœur de maman a été produit par France Film, que J.A.DeSève avait racheté après avoir fondé Renaissance Films,, explique Marie-José Raymond, directrice d\u2019Éléphant.Le projet lui avait été proposé par Rosanna Seaborn, qui vou- VOIR page a 8 : CŒUR S ELEPHANT LA MEMOIRE DU CINEMA QUEBECOIS/ERANCE EILM Rosanna Seaborn dans le rôle de la méchante Celeste du film Cœur de maman, une production dans laquelle elle avait investi et qui connut beaucoup de succès en 1953.77831303443131 A 2 LE DEVOIR LE MARDI SO JUILLET 2013 ACTUALITES Les Torontois outrés par la mort d\u2019un jeune aux mains de la police DIANA MEHTA à Toronto Des centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Toronto, lundi soir, pour réclamer justice après la mort d\u2019un jeune homme abattu par la police à bord d\u2019un tramway de la métropole.La mère et la sœur de Sammy Yatim, âgé de 18 ans, se sont jointes aux manifestants alors que ceux-ci se rassemblaient à un carrefour du centre-ville avant de se diriger vers l\u2019intersection, dans l\u2019ouest de la ville, où M.Yatim est mort tôt samedi matin.Pouvant à peine parler, la mère ne faisait que répéter le prénom de son fils.Les manifestants ont occupé la rue d\u2019un trottoir à l\u2019autre, criant «Honte!» aux policiers surveillant l\u2019événement, et ont effectué un bref arrêt devant un poste de pobce.«Il y a quelque chose qui ne fonctionne dans la formation qu\u2019a reçue cet agent» Une manifestante, Annette Shaffer, qui demeure dans le quartier où s\u2019est déroulé l\u2019incident, a mis en doute la façon dont les policiers apprennent à maîtriser des situations difficiles.«Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans la formation qu\u2019a reçue cet agent.» Policier suspendu Plus tôt, lundi, la police de Toronto a annoncé qu\u2019un agent impliqué dans la fusillade avait été suspendu.En conférence de presse, le directeur du Service de pobce de Toronto a soutenu qu\u2019il fera tout en son pouvoir pour tenter de déterminer les raisons menant à la mort par babes de Sammy Yatim.Bill Blair a dit comprendre que la population se pose des questions sur le comportement de ses pobciers, dont l\u2019intervention a été filmée et publiée en ligne, et a affirmé que cette «mort tragique» était prise très au sérieux.Il a en outre assuré que ses policiers collaboreraient étroitement avec l\u2019Unité des enquêtes spéciales GdES) de l\u2019Ontario, qui sera responsable de l\u2019enquête sur la mort de Sammy Yatim.M.Blab a aussi dit qu\u2019il mènerait une enquête distincte pour déterminer si les procédures et la formation des pob- ciers avaient été respectées.«Le rapport complet de mon enquête, avec actions et recommandations, sera soumis à la police de Toronto dans les 30 jours suivant la transmission des résultats de VUES au procureur général», a-t-il dit.Un représentant du syndicat des policiers a fait savoir que fagent impliqué dans faffabe était «effondré» et renversé par l\u2019ampleur de ce qui s\u2019est passé.Usage de la force L\u2019UES \u2014 la «police des polices» \u2014 a signalé que les policiers «menaient une enquête» sur M.Yatim alors qu\u2019U se bouvait à bord du bamway, lorsqu\u2019une altercation a éclaté enbe lui et les agents.Il y a eu «interaction» enbe Sammy Yatim et les forces de l\u2019ordre, qui ont tiré plusieurs coups de feu avant d\u2019avoir recours à un pistolet à bnpulsions électriques, selon LUES.Le jeune homme a été bansporté à l\u2019hôpital, où U a succombé à ses blessures.L\u2019incident, qui s\u2019est produit dans la nuit du vendredi au samedi, a suscité une vive conboverse sur les réseaux sociaux.Certabis bi-ternautes ont reproché aux pobciers de la métropole canadienne d\u2019avob fait usage d\u2019une force excessive.De son côté, la première ministre ontarienne Kathleen Wynne a parlé de la mort du jeune Sammy Yatim et des cb-constances entourant son décès comme d\u2019une «situation tragique».«Mes pensées vont à la famille», a-felle déclaré, ajoutant qu\u2019ebe ne pouvait commenter l\u2019incident, puisque l\u2019enquête était en corus.L\u2019ombudsman de la province s\u2019est également prononcé sur cette affabe, affirmant que son bureau examinerait mardi l\u2019incident pour déterminer si cela pourrait déclencher une enquête plus vaste.«Il est important que je regarde le tout sous un angle provincial, et c\u2019est ce que nous envisageons en ce moment», a dit André Marin.Il a toutefois mis en garde copbe un jugement hâtif.À l\u2019endroit où le jeune homme a été abattu, ü est désormais possible d\u2019apercevob un mémorial de fortune.Un poteau entouré de chandelles a été décoré de roses blanches et de marguerites jaunes.La Presse eanadienne LAVAL Deux femmes accusées d\u2019extorsion Deux femmes ont été accusées en ben avec l\u2019affabe de services sexuels dans laquebe aruait bempé l\u2019ex-maire de Laval Alexandre Duplessis.Quabe chefs d\u2019accusation ont été déposés vendredi dernier conbe Jubé Cadieux, 32 ans, et Nathalie Faquin, 44 ans.Trois accusations communes d\u2019extorsion, d\u2019inboduction par efbaction et de complot ont été déposées.Les accusées conservent leru b-berté sous promesse de compa-raîbe le 14 août.M.Duplessis a démissionné de son poste le 28 juin, après qu\u2019ü eut été révélé qu\u2019ü avait déposé une plainte d\u2019extorsion à la Sûreté du Québec.Les accusées aruaient demandé de l\u2019argent au mabe en le menaçant de dévoüer publiquement qu\u2019ü avait sobicité les services d\u2019escortes.M.Duplessis avait nié avob reçu ou sobicité des services sexuels.La Presse eanadienne VANCOUVER L\u2019agent ne s\u2019est pas parjnré, dit la conr Un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui était accompagné de bois de ses coUègues à l\u2019aéroport de Vancouver, un sob d\u2019octobre 2007 où Robert Dziekanski a été at-tebit par des tirs de pistolet électrique avant de mourir, a été déclaré non coupable d\u2019avob menti lors de l\u2019enquête sru la mort de l\u2019immigrant polonais.Bül Ben-Üey était le premier à subb son procès polu parjure en ben avec son témoignage lors de l\u2019enquête menée en 2009 poru tenter d\u2019expbquer ce qui s\u2019est passé après que les agents eruent répondu à un appel concernant un homme en débesse lançant des meubles.La Coruonne arguait que Benüey et ses coüègues s\u2019étalent consultés poru harmoniser les témoignages bvrés aux enquêterus, avant de mentir lors de l\u2019enquête poru camoufler cebe coüusion.La Presse eanadienne Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Monbéal 514.845.5545 JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Un convoi ferroviaire du Canadien Pacifique comptant sept wagons-citernes qui bansportaient du péboie a déraiiié vendredi dernier à Lioydminster, une municipaiité chevauchant ia Saskatchewan et i\u2019Alherta.Aucun hydrocarbure n\u2019a toutefois été déversé.Unies pour améliorer la sécurité ferroviaire Les villes du Canada se regroupent pour faire pression sur Ottawa et les compagnies PIERRE SAINT-ARNAUD Le monde municipal canadien se regroupe sous le parapluie de la Eédération canadienne des municipalités (ECM) pour fabe pression sur Ottawa afin d\u2019améliorer la sécurité ferroviaire à la suite de la catasbophe de Lac-Mégantic.Un groupe de travail sur la sécurité ferroviabe a été créé lundi par la ECM lors d\u2019une conférence téléphonique avec la plupart des bistances provbi-ciales.«Nous voulons mettre en place un canal de communication unique avec le fédéral, qui est la ECM.Il faut éviter de multiplier les lieux de communication », a expliqué le président de la Eédération québécoise des municipabtés (FQM), Bernard Généreux, à l\u2019issue de la conférence téléphonique.Transparence L\u2019objectif du groupe de bavaü est d\u2019obtenir en tout premier lieu une transparence accrue des compagnies de chemin de fer du Canada relativement aux produits qui transitent sur les territoires des municipalités.«Si on doit être les premiers intervenants en matière de sinistre, il faut savoir à quoi se préparer.La connaissance de ce qui transite dans nos municipalités est essentielle », a fait valoir M.Généreux, ajoutant qu\u2019il est dbficile de préparer des plans d\u2019urgence en cas d\u2019accident quand on n\u2019a aucune idée des produits qui se trouvent dans un convoi.Les municipalités, qui ont exprimé à maintes reprises leur busbation devant le refus des bansporteurs de leur dbe quelles sont les matières dangereuses qui traversent leurs villes, estiment que cette époque est maintenant révolue.«Nous sommes dans une culture du silence sur cette question et c\u2019est complètement inacceptable », a déploré M.Généreux, tout en avertis- États-Unis: opposition des industries pétrolière et ferroviaire Washington \u2014 L\u2019indusbie pé-bolière et les bansporteurs ferroviabes américains résistent aux efforts de l\u2019adminis-bation Obama visant à ac-croîbe les normes de sécurité pour les wagons comme ceux qui ont été impliqués dans la catasbophe de Lac-Mégantic, justifiant leur position par une question de coûts et de défis techniques.Des groupes de l\u2019bidusbie affirment qu\u2019ü n\u2019est pas réaliste de voulob modifier des di-zabies de mübers de wagons servant au bansport de péboie \u2014 ü en coûterait au mobis un milliard $ US, selon eux \u2014 alors qu\u2019üs viennent d\u2019adopter des normes devant assurer que les wagons commandés après octobre 2011 répondent aux exigences formulées par des spéciabstes fédéraux du bansport.La régle- sant que les municipalités ne se laisseront pas attirer dans le piège de la responsabilité.«La connaissance n\u2019induit pas la responsabilité.Ce n\u2019est pas à la municipalité d\u2019être responsable de ce qui transite sur son territoire.La responsabilité est à l\u2019entreprise, mais nous, notre responsabilité, c\u2019est d\u2019être capables d\u2019intervenir en cas de sinistre.» Le fédéral complice?Le président de la EQM lance au passage une première flèche au gouvernement fédéral, qu\u2019il juge complice de cette situation.«Même l\u2019appareil politique a intégré des éléments de concurrence, de secret d\u2019industrie, et on invoque régulièrement des éléments de compétitivité, de concurrence pour justifier le mentation finale visant à amé-borer la sécruité des wagons n\u2019est toutefois pas abendue avant l\u2019année prochabie.Les autorités cherchent à corriger un défaut de conception des wagons utibsés afin de bansporter du péboie et d\u2019aubes liquides dangereux d\u2019une côte à l\u2019aube.Les véhicules en forme de canebe de boisson gazeuse connus sous le nom de DOT-111 \u2014 et bnpbqués dans le drame de Lac-Mégantic \u2014 ont tendance à se fendre en deux lors de déraiüements et d\u2019aubes accidents.Ce problème de conception est connu depuis 1991.De plus, le poids supplémen-tabe qui résulterait de modifications apportées aux wagons existants pourrait même rendre ceux-ci plus dangereux, a soutenu le regroupement.Associated Press fait que des informations doivent être traitées confidentiellement», a-t-il dit.La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, qui copréside le groupe de travail, précise que les municipalités ne demandent pas de savob en tout temps quelles sont les matières dangereuses qui se trouvent dans chaque convoi qui baverse leur territoire.Il s\u2019agit plutôt d\u2019avoir un inven-tabe général des matières dangereuses qui passent régulièrement dans une région et un regisbe qui permette d\u2019inter-venb rapidement et avec précision en cas d\u2019urgence.«Les instances régionales \u2014 par exemple les MRC \u2014 pourraient être en lien avec les compagnies ferroviaires et [il faudrait] qu\u2019on puisse immédiatement nous dire, lorsqu\u2019il y a un accident: voici les produits qui transitent dans ce convoi», dit-eüe.Lois et règlements Par aülerus, le groupe de ba-vail entend se pencher sur les lois et règlements qui régissent le secteur du rail et le rôle du gouvernement fédéral.«Est-ce que les lois sont encore appropriées?Est-ce qu\u2019on a fait évoluer le volet législatif au fil des ans?Quel est le droit de regard que le gouvernement fédéral doit exercer sur ces entreprises ?», s\u2019biterroge à voix haute M\u201c® Qumlan.Son collègue Bernard Généreux se monbe beaucoup plus dru à l\u2019endroit d\u2019Qttawa.«Il y a une culture de déréglementation qui est en train de percoler dans l\u2019appareil politique et bureaucratique qu\u2019il faut absolument renverser, dit-il.On voit jusqu\u2019où peut nous mener l\u2019autorégulation.Il faut remettre en question cette façon de faire qui consiste à confier à l\u2019entreprise la responsabilité de gérer ses risques.» Les leaders municipaux rappellent malgré tout qu\u2019on ne peut pas tourner la page sur le raü.«On s\u2019entend tous pour dire qu\u2019il est essentiel qu\u2019on soit desservis par le rail, notre économie en dépend, mais il faut s\u2019assurer que tout ça se fait en grande sécurité», indique M\u201c® Qubilan.Le président de la ECM, Claude Dauphin, a donc appelé le gouvernement Harper à prendre la balle au bond puisque le moment est propice.«Le gouvernement fédéral doit s\u2019associer étroitement aux municipalités afin d\u2019intervenir efficacement en matière de sécurité ferroviaire, a-t-ü dit.Assurer la sécurité du système ferroviaire canadien est incontestablement une responsabilité fédérale, mais cela exige également une coordination minutieuse avec les autres ordres de gouvernement » Le groupe de travail doit faire rapport à la ECM en novembre prochain.La Presse eanadienne Espionnage : le CSTC partagera ses données malgré les risques de torture JIM BRONSKILL à Ottawa Le gouvernement Harper a discrètement donné à l\u2019agence canadienne de surveü-lance électronique l\u2019autorisation d\u2019échanger des informations avec des partenaires ébangers, et ce, même lorsque cela pourrait exposer des individus à la torture.Le Cenbe de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC) respecte une politique sur les risques de mauvais bai-tement lorsqu\u2019elle partage des informations avec d\u2019autres pays, soutient Ryan Eoreman, un porte-parole de l\u2019agence de renseignement.Cette politique doit guider les agences de sécurité lorsque la recherche ou le partage de données peuvent entraîner une augmentation du risque de torture de personnes détenues à l\u2019ébanger.Des défenseurs des droits de la personne et des députés de l\u2019opposition ont vertement critiqué ladite politique, affirmant qu\u2019elle autorisait de fait la torture et violait les engagements biternationaux du Canada.Des renseignements divulgués en vertu de la Loi sru l\u2019accès à l\u2019information ont révélé que plusieurs agences \u2014 notamment le Service canadien de renseignements de sécurité, la Gendarmerie royale du Canada et les services bontabers \u2014 devaient suivre cebe pobtique.H n\u2019existait cependant, jusqu\u2019à maintenant, aucune confirmation explicite que la politique s\u2019appliquait également à l\u2019agence de surveillance élecbonique.Le réseau Five Eyes Le CSTC, au budget annuel d\u2019environ 400 millions, surveille les communications à l\u2019ébanger, y compris en bgne.Selon M.Eoreman, le CSTC dispose de «rigoureux processus internes» pour s\u2019assurer que la pobtique est respectée.L\u2019agence fait partie du réseau Eive Eyes, qui comprend également les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l\u2019Australie et la Nouvelle-Zélande; une grande quantité d\u2019informations cbcule enbe les membres.La Sécurité publique a commencé à travailler sur la politique de partage d\u2019information en 2009, menant à une série de directives secrètes au bénéfice des agences de sécurité fédérales.Ces révélations surviennent dans la foulée du scandale touchant la révélation de l\u2019existence d\u2019importants programmes de surveillance de la National Security Agency amé-ricaipe, le partenabe du CSTC aux Etats-Unis.La Presse eanadienne LE DEVOIR, LE MARDI SO JUILLET 2013 A 3 ACTUALITES ELECTIONS MTTNTCTPAT.es Coderre recrute un élu proche d\u2019Applebaum MARCO FORTIER Un proche de Michael Ap-plebaum, élu sous la bannière de l\u2019ancien parti de Gérard Tremblay, joint les rangs d\u2019Equipe Coderre.Lionel Perez, maire intérimaire de l\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG), doit annoncer ce mardi qu\u2019il se porte candidat pour Denis Coderre, a appris Le Devoir.L\u2019avocat de 37 ans, élu pour la première fois en 2009, sera responsable de la gouvernance et cjes infrastructures au sein d\u2019Equipe Coderre, indiquent nos sources.L\u2019aspirant-maire de Montréal doit présenter son candidat ce mardi matin dans l\u2019arrondissement de CDN-NDG.«Denis Coderre est un franc parleur qui peut rassembler tous les Montréalais, de l\u2019est comme de l\u2019ouest, anglophones et francophones », a dit Lionel Perez, joint par Le Devoir II a confirmé qu\u2019il sera candidat comme conseiller dans le district de Darbngton.Ep coulisse, on note qu\u2019Equipe Coderre tarde à annoncer un candidat à la mairie de l\u2019arrondissement pour faire face à la candidature probable de Russell Copeman, vice-recteur de l\u2019Université Concordia et ancien député libéral.Ce poids lourd de la communauté juive se lancerait avec la coalition formée par Louise Harel et Marcel Côté.Une arrestation «choquante» Né à Montréal en 1970, Lionel Perez appartient lui aussi à la communauté juive \u2014 séfarade \u2014 et se décrit comme pratiquant.Il a déjà émis des doutes au sujet de la future charte de la laïcité du gouvernement Marois.M.Perez a L ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Lionel Perez est le maire par intérim de l\u2019arrondissement montréalais de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.toutefois été recruté pour son expertise comme président de la Commission d\u2019examen des contrats de la Ville de Montréal, qui scrutait à la loupe l\u2019intégrité des firmes soumissionnaires.Lionel Perez dit avoir été «choqué» par l\u2019arrestation récente de Michael Applebaum, qu\u2019il considère comme un «collègue et ami».«Il est présumé innocent.Il faut faire confiance au système judi- ciaire», dit Lionel Perez, dont l\u2019intégrité n\u2019a jamais été remise en question, dans la tourmente éthique qui secoue l\u2019Hôtel de yUle.Arrêté à la mi-juin, Michael Applebaum fait face à 14 chefs d\u2019accusation, dont complot, fraude envers le gouvernement, abus de confiance et acte de corruption dans les affaires municipales, pour des projets im-mobibers situés dans l\u2019arrondissement de CDN-NDG.«Si j\u2019avais vu quoi que ce soit, je l\u2019aurais dénoncé à la [Sûreté du Québec] », dit Lionel Perez.La filière Union Montréal Ce dernjer viendra rejoindre au sein d\u2019Equipe Coderre une dizaine d\u2019anciens élus d\u2019Union Montréal, l\u2019ex-parti de Gérald Tremblay, dissous dans la controverse plus tôt cette année.Des témoins ont raconté à la commission Charbonneau qu\u2019Union Montréal a fait cam- pagne avec de l\u2019argent sale issu de firmes de génie et de construction qui obtenaient des contrats de la Ville.Denis Coderre a aussi recruté d\u2019anciens élus de Vision Montréal, le parti de Louise Harel, dont les maires d\u2019arrondissement Anie Samson et Chantal Rouleau.L\u2019ex-journaliste Philippe Schnobb, de Ra-cjio-Canada, a aussi rejoint Equipe Coderre, tout comme quatre représentants des milieux syndical et communautaire, Ruth Rosenfield, Claudine Campeau, Richard Guay et Derek Robertson.Selon nos sources, la coalition Harel-Côté doit confirmer de nouvelles recrues dans l\u2019est de Montréal dans les prochains jours, après l\u2019annonce de la candidature de Michel Taylor, bien connu dans son mibeu, contre la mairesse Chantal Rouleau.Le Devoir MAIRIE DE MONTREAL Bilinguisme : une « erreur de débutant», selon Marcel Côté ÉLIANE BRISEBOIS AU premier jour de son retour de vacances, Marcel Côté, candidat à la mairie, a dû rectifier le tir après avoir commis, de son propre aveu, une «erreur de débutant» qui aurait pu ramener à l\u2019avant-plan la délicate question de la langue dans la métropole.N on, la langue ne deviendra pas un enjeu de campagne électorale dans la course à la mairie de Montréal \u2014 quoi qu\u2019une réponse spontanée lancée par M.Côté ait pu laisser présager \u2014, affirme le principal intéressé.Interrogé lundi en matinée à la radio CJAD, à savoir si la métropole était une ville bibngue, le candidat à la mairie a répondu «oui» avant de se corriger rapidement et d\u2019affirmer que Montréal est une ville francophone.«J\u2019ai répété que le français est la langue commune, mais que les anglophones ont le droit fondamental d\u2019être servis dans leur langue», a-t-il expliqué au Devoir.Du côté de Vision Montréal, qui se joindra à Marcel Côté dans la coalition qu\u2019il compte mettre sur pied pour diriger la ville, la question linguistique est «non négociable ».«Pas question de rouvrir le débat de la langue», a insisté en entrevue Caroline Bourgeois, conseillère municipale dans Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et responsable du développement social et communautaire au comité exécutif ajoutant qu\u2019à l\u2019article 1 de la Charte de la ville, il est écrit que «Montréal est une ville de langue française ».« Je pense que Marcel Côté voulait souligner la contribution de la communauté anglophone à la vie montréalaise», a-t-elle avancé pour expliquer «l\u2019erreur» commise par M.Côté.«Les anglophones peuvent réclamer certains services en anglais», mais la ville est francophone, a continué M\u201c® Bourgeois.S\u2019il revendique le respect du droit des anglophones à travailler et à être servis dans leur langue, Marcel Côté veut encourager le bilinguisme, voire le trilinguisme, chez tous les Montréalais.Sur le plan politique, il croit qu\u2019il importe de «bien gérer notre spécificité linguistique».«Le défi est de bien gérer le fait qu\u2019il y ait principalement deux communautés linguistiques qui se côtoient dans notre ville.Montréal le fait relativement bien.On le constate quand on se compare à d\u2019autres villes qui doivent composer avec plusieurs langues comme Bruxelles, par exemple.» Francisation Il espère que prochainement, le point sera fait de façon impartiale sur les résultats du dernier recensement.«Il n\u2019y a pas de recul du français à Montréal.Il y a peut-être moins de gens dont c\u2019est la langue maternelle, mais il y a des progrès pour le français en tant que langue d\u2019usage», a précisé M.Côté.Et la Ville de Montréal a un rôle à jouer dans la francisation des nouveaux arrivants qui choisissent de s\u2019y établir.« Tout le monde doit apprendre le français, à commencer par les jeunes.Allophones et anglophones doivent s\u2019y mettre.» Depuis quelques semaines, le Mouvement Montréal français fait circuler sa «plateforme municipale» dans laquelle il rappelle le «rôle crucial à jouer dans l\u2019accueil et la francisation des nouveaux arrivants» des citoyens montréalais.Dans cette optique, le mouvement veuf entre autres, mettre en place un plan d\u2019action pour renforcer l\u2019usage du français comme «langue commune et officielle» à Montréal et développer son image de «métropole de langue française des Amériques ».Le Devoir ËùnTrri 1.iri PHOTOS JUSTIN CANNING Des manifestants ont raconté s'être fait bouscuier par des poiiciers sans aucun avertissement Une série de photos, captées par un photographe amateur, montre un poiicier qui pousse Féiix-Antoine Trembiay par terre (photo du haut) et i'écrase sur son véio tombé au soi.On voit ensuite ie cyciiste se reiever et ie poiicier sortir sa matraque (photo du bas).MANIEESTATION DE CYCLISTES Montréal défend le travail de ses policiers L\u2019affrontement entre les policiers et les manifestants s\u2019est soldé par 23 arrestations MARCO FORTIER La Ville de Montréal défend le travail de ses policiers après l\u2019intervention musclée de vendredi lors d\u2019une manifestation de cyclistes, qui a donné lieu à 23 arrestations.Dans une scène qui rappelait le printemps érable de 2012, policiers et manifestants ont joué du coude lors d\u2019un rassemblement appelé «masse critique».Le but de la centaine de militants: former un groupe serré de vélos qui prend possession de la voie publique, quitte à ralentir les automobilistes.Des manifestants ont raconté au Devoir s\u2019être fait bousculer par des policiers, sans aucun avertissement et sans savoir pourquoi.Des manifestations comme celle-là se tiennent pourtant dans le calme, depuis plusieurs années, à Montréal et ailleurs dans le monde.«Il y a eu deux tentatives d\u2019aller sur le pont Jacques-Cartier, puis des manifestants ont zigzagué entre les véhicules, brûlé des feux rouges et roulé à contresens dans la rue Ontario.Les gens ont le droit de manifester, mais il faut que ça se déroule dans l\u2019ordre», a indiqué le commandant lan Lafrenière, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).«Avec l\u2019information qu\u2019on a eue du SPVM, on trouve que leur intervention a été correcte», a ajouté Darren Becker, directeur des commu- nications du comité exécutif de la Ville de Montréal.Aucun élu n\u2019était disponible, lundi, pour commenter les événements.Tout à coup, boum ! Lélix-Antoipe Tremblay, 22 ans, étudiant en ingénierie à l\u2019École de technologie supérieure, a été arrêté de façon brutale au cours de la manifestation.Une série de photos, captées par un photographe amateur, montre un policier qui pousse le cycliste par terre et l\u2019écrase sur son vélo tombé au sol.La bicyclette a subi des dommages de 300 à 400$.Et le manifestant a eu droit à une contravention de 500$ pour avoir contrevenu à l\u2019article 500.1 du Code la sécurité routière, qui interdit d\u2019entraver la circulation.«En haut de la côte du Beaver Hall, boum ! La police arrive en faisant crisser ses pneus et nous saute dessus», raconte le manifestant.Croyant qu\u2019il fallait se disperser, il dit avoir tenté de s\u2019éloigner en roulant sur le trottoir, mais un pobcier l\u2019a sobdement agrippé.Lélix-Antoine Tremblay a eu l\u2019impression de revenir un an en arrière, pendant les manifestations du printemps étudianf auxquelles il avait pris part de façon assidue.Selon nos sources, plusieurs des participants à la «masse critique» de vendredi étaient des «carrés rouges», militants pacifiques contre la hausse des droits de scolarité et contre le fa- meux règlement P-6.«La police a perdu les pédales en reconnaissant certains carrés rouges», dit un manifestant qui a réclamé l\u2019anonymat.Un groupe d\u2019une vingtaine de manifestants était toutefois formé d\u2019agitateurs qui cherchaient clairement l\u2019affrontement avec la police, selon nos sources.Ces militants anarchistes insultaient les policiers, faisaient du slalom entre les voitures et brûlaient systématiquement les feux rouges.«Ce sont eux, les agitateurs, que la police aurait dû arrêter! Ils méritaient de se faire arrêter.Mais la police a fait une souricière et en a profité pour arrêter tout le monde», dit Philippe Raymond, gestionnaire en relations pubbques de 42 ans.Ce mibtant cycliste a créé la carte Google de ce qu\u2019il appelle les «pièges à tickets du SPVM».Après un début d\u2019été mouvementé dans les relations entre cyclistes et policiers, le SPVM évite désormais de commenter les cas individuels d\u2019adeptes du vélo qui se disent victimes d\u2019une injustice, a indiqué le commandant lan Lafrenière.Il a rappelé les propos du chef Marc Parent en entrevue au Devoir: «Il n\u2019y a pas de chasse aux vélos.» D Le Devoir Voir aussi > Notre gaierie photos de l\u2019événement.LeDevoir.eom A 4 LE DEVOIR LE MARDI SO JUILLET 2013 ACTUALITES « Qui sui»-je pour juger » les homosexuels ?Le pape parle autrement de l\u2019homosexualité sans toutefois dévier du discours traditionnel de l\u2019Église catholique.JEAN-LOUIS DE LA VAISSIERE Cité du Vatican Qui suis-je pour juger» les homosexuels?Comme jamais auparavant dans l\u2019histoire du catholicisme, le pape François a ouvertement abordé, avec des journalistes, la question de l\u2019homosexualité, tout en condamnaqt tout «lobby gai» et sans infléchir la doctrine de l\u2019Église.Parlant dans l\u2019avion qui le ramenait du Brésil, le pape argentin a répondu avec une grande franchise aux questions sur la présence d\u2019homosexuels dans l\u2019Église et dans son gouvernement central.Au Vatican, «ils disent qu\u2019il devrait y en avoir», a-t-il dit.Tout le monde le, sait, mais personne ne le dit: il y a dans le petit État, comme ailleurs, des prélats et des laïcs gais, compétents, professionnels.«Le problème n\u2019est pas d\u2019avoir cette tendance, c\u2019est de faire du lobbying.Lobbying politique, lobbying maçonnique, quel qu\u2019il soit On écrit tant sur ce lobby gai.Faire du lobbying, c\u2019est le problème le plus grave selon moi.Et je vous remercie beaucoup d\u2019avoir posé la question», a lancé François.«Si une personne est gaie et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger?, a-t-il demandé.Le catéchisme de l\u2019Eglise catholique explique si bien cela.On ne doit pas marginaliser ces personnes qui doivent être intégrées à la société.» Pour la première fois, un pape parle de ce sujet très chaud, avec simplicité, en public.Il reconnaît qu\u2019il soulève des questions : c\u2019est la nouveauté.Ces propos ont été applaudis par des associations homosexuelles, qui y décèlent une évolution.Mais s\u2019il y a une évolution, ce n\u2019est pas dans la doctrine \u2014 l\u2019homosexualité reste un acte «désordonné» \u2014, c\u2019est dans le regard porté par les prêtres et les évêques.Moins un regard de juge qu\u2019un regard qui ouvre sur l\u2019espérance et l\u2019avenir.«On ne doit pas marginaliser ces personnes qui doivent être intégrées à la société» Péchés de jeunesse Dans la réponse à la même question, le pape a encore souligné que «tant de fois dans l\u2019Eglise, on va chercher des péchés de jeunesse», en examinant le passé des gens.Ces «péchés de jeunesse» sont totalement à distinguer «des délits» comme «les sévices sur mineurs», a-t-il précisé.Une distinction appréciée par des militants homosexuels qui y ont vu la fin d\u2019un amalgame homosexualité-pédophilie, parfois fait dans les hautes sphères du Vatican.«Des laïcs.des prêtres, des soeurs ont commis des péchés, se sont confessés et se sont convertis.Or, quand le Seigneur pardonne, il oublie tout.» C\u2019est pour cela que «nous n\u2019avons pas le droit de ne pas oublier», a ajouté le pape.Le catéchisme de l\u2019Église catholique auquel se réfère Jorge Mario Bergoglio exprime le respect pour les personnes mais le rejet des actes, dans une dichotomie difficilement tenable.Il propose un modèle de chasteté tout en sachant tçès bien qu\u2019il est un idéal.Pom l\u2019Église, donc, l\u2019homosexualité reste «intrinsèquement désordonnée» et ses actes «ne sauraient recevoir d\u2019approbation en aucun cas».Les gais et les lesbiennes «doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse, sans discrimination », mais ils «sont appelés à la chasteté».«Rien de nouveau sous la coupole», a souligné Aurelio Mancuso, militant homosexuel et catholique, président d\u2019Equality Italia.«Après tant d\u2019insultes reçues de la hiérarchie catholique, les paroles sont très importantes», concède-t-il, critiquant toutefois la référence au catéchisme, selon lequel l\u2019homosexualité est «contraire à la loi naturelle».Pour les associations progressistes américaines, ces paroles sont un «pas dans la bonne direction, même symbolique» qui doit aller plus loin, a estimé dans un communiqué Catholics United, une association américaine catholique progressiste, très critique de la hiérarchie.Et le mariage?Une partie de l\u2019Église espère une évolution sur la question homosexuelle.Non seulement les mouvements progressistes de gauche et les associations chrétiennes homosexuelles, mais plusieurs évêques et cardinaux, qui ont pris position ces dernières années pour davantage de respect à l\u2019égard des homosexuels.L\u2019ancien cardinal conservateur Bergoglio, dans ses propos mesurés, semble s\u2019inscrire dans cette ligne : pragmatisme, respect, ce qui ne signifie pas approbation de cette forme de sexualité.Et encore moins approbation du mariage homosexuel :,« Vous connaissez parfaitement la position de l\u2019Eglise», a-t-il sèchement répondu à ce propos, refusant même d\u2019entrer dans le débat.Un refus aussi catégorique que lorsqu\u2019il était cardinal à Buenos Aires.Agence France-Presse SUISSE Collision ferroviaire : un mort et des dizaines de blessés MARIE-NOELLE BLESSIG à Granges-près-Marnand Une collision frontale entre deux trains régionaux a fait un mort, le conducteur de l\u2019un des trains, et 35 blessés, dont cinq grièvement, lundi à Granges-près-Marnand, en Suisse romande.La collision est survenue vers 19 h heure locale (13 h HAE) entre un train qui circulait en direction de Lausanne et un autre train en provenance de cette même ville.Les parties avant des deux motrices ont été défoncées par la violence du choc et se sont partiellement encastrées l\u2019une dans l\u2019autre.L\u2019accident est survenu sur la ligne reliant les villes de Payerne et de Palé-zieux, non loin de la gare.Le premier bilan de la police cantonale fait état de 35 blessés, dont cinq grièvement atteints, qui ont été transportés par hélicoptère ou par ambulance vers l\u2019hôpital de Payerne ou le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) de Lausanne.Le corps du conducteur de l\u2019une des deux motrices, retrouvé dans l\u2019habitacle, a été désincarcéré à 1 h 30 du matin mardi (19 h 30 HAE, lundi) par les pompiers.Une autopsie a été ordonnée par le procureur.Du matériel lomd a été acheminé pom tenter de le désincar-cérer, a indiqué Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale, qui a précisé que les autorités n\u2019avaient eu aucun contact avec ce conducteur durant l\u2019opération.L\u2019autre conducteur est en vie et a été pris en charge par les secoms.Vingt-trois personnes au total ont été hospitalisées, les blessés légers ayant été pris en charge sur place.Les causes de la collision sont encore inconnues.La porte-parole des Chemin de fer fédéraux a indiqué que les deux trains amaient dû se rencontrer au niveau de la gare, où se trouve un point de croisement.Environ 45 personnes, dont les deux conducteurs, se trouvaient à bord des deux convois, a-t-elle précisé.Agence France-Presse MOTS CROISES 1\t23456789 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1.\tPrénom - Ruminant qui brame.2.\tMammifère - Plante vivace riche en protéines.3.\tSe dit d'une dose mortelle - Hameaux des Antilles.4.\tDistinction entre deux groupes selon un certain critère - Du verbe être.5.\t(Se) donner de la peine -\tAdministré.6.\tNéon - Sert à couper le gazon.7.\tPetite pièce pour deux voix ou deux instruments - Ville d'Italie.8.\tAdresse internet - En état d'ébriété.9.\tQui contient du salpêtre -\tNos voisins.10.\tPréfixe qui multiplie -Mince couche de glace.11.\tÉcorchées - Obtenue.12.\tChargée - Dehors I.VERTICALEMENT 1.Prénom - Quelqu'un.2.\tAnimal - Terrain planté de thuyas.3.\tLutte libre - Ils professent des opinions extrêmes.4.\tVertu - Descente sportive.Passereau - Article défini.Éduquent - L'iris en fait partie.Connu - Grise foncée.Mec - Dos.Mandater.10.\t100 mètres carrés -Solitaires.11.\tAgrément - Bond.12.\tCérémonie - Bien ouverte.1 23456789 101112 AN ÉDSÛW'IÎHWE™ CARLO HERMANN AGENCE ERANCE-PRESSE S\tH\tA\thIBc\tE R\tT\tA\t1\tN L\tA\tC\tElRl 1\teHr\t\t1\tT\tE 1\tL\tO\tTH^\tSiP\tA\tD\tO\tN P\tE\tN\tsIeIrHa\t\tL\tE\tN\tE 2314 SOLUTION DU DERNIER Uautobus accidenté a été retiré des lieux de la tragédie lundi.ITALIE Une enquête pour « homicides involontaires » est ouverte Une journée de deuil national a été décrétée en hommage aux 38 vicitmes de l\u2019accident d\u2019autobus ELLA IDE SONIA LOGRE à Avellino Une journée de deuil national a été décrétée pour la journée de mardi après le décès dimanche soir d\u2019au moins 38 personnes dans le spectaculaire accident d\u2019un autocar transportant des pèlerins près d\u2019Avellino, dans la région de Naples.Selon le bilan officiel de la police, le bilan s\u2019élève pour le moment à 38 morts et 10 blessés parmi les passagers, auxquels viennent s\u2019ajouter neuf blessés légers parmi les occupants de véhicules percutés par le car avant sa chute mortelle.L\u2019autocar, qui a effectué un vol plané de trente mètres depuis un pont routier, transportait 48 passagers dont de nombreux enfants, tous originaires de la province de Naples.Ils revenaient d\u2019un pèlerinage à Pietrelcina, la ville natale de Padre Pio, un prêtre italien canonisé en 2002 et vénéré dans le sud de l\u2019Italie.Il s\u2019agit d\u2019un des accidents de car les plus meurtriers en Europe ces dernières années.Le dernier, en mars 2012 en Suisse, avait fait 28 morts, dont 22 enfants.Spectacle de désolation Là où le car s\u2019est écrasé régnait lundi un spectacle de désolation : une dizaine de sièges jaunes à motifs bleus maculés de sang, une tong, un chapeau, des chaussures, une peluche.Quelqu\u2019un a déjà installé une petite croix entourée de fleurs sur le lieu du drame.Une chapelle ardente a été organisée dans une école et une messe improvisée.Puis un cortège de corbillards a transféré les cercueils vers Pozzuoli, où se dérouleront les funérailles mardi, en présence du premier ministre italien Enrico Letta.28 des 38 personnes tuées résidaient dans cette petite localité balnéaire proche de Naples.C\u2019est un «moment très triste pour l\u2019Italie», a réagi M.Letta.Dans le même temps, les blessés, tous des enfants parfois très jeunes \u2014 plusieurs n\u2019ont que 3 ans \u2014 et souvent grièvement atteints ont été hospitalisés à Naples.Détail poignant, révélé par l\u2019agence Ansa : aucun n\u2019a reçu la visite de ses parents laissant craindre que ces derniers ont perdu la vie dans la tragédie.Le président Giorgio Napolitano a dénoncé de son côté «une tragédie inacceptable», qui incite «tous, institutions comme citoyens, à un engagement plus tenace en faveur de la sécurité routière».Enquête policière Le parquet d\u2019Avellino a ouvert une enquête pour «homicides involontaires».Selon l\u2019agence de presse italienne Ansa, l\u2019enquête portera non seulement sur l\u2019éventuelle responsabilité du chauffeur du véhicule, mort dans l\u2019accident, mais aussi sur l\u2019état du véhicule et la qualité de la barrière de protection défoncée par l\u2019autocar pendant sa course folle.«Nous ferons tout ce que nous pourrons et nous ferons en sorte que tout le monde obtienne justice, c\u2019est vraiment une affaire grave», a promis sur place le procureur chargé de l\u2019enquête, Rosario Cantelmo, précisant que plusieurs personnes font déjà l\u2019objet d\u2019une enquête, sans en révéler ni le nombre ni l\u2019identité.La police routière a déjà saisi les documents du véhicule au siège de la société de transport, Mondotravel, à laquelle appartenait l\u2019autocar.Descente dangereuse Parallèlement, une autopsie sera réalisée sur le corps du chauffeur pour vérifier si ce dernier avait pris des drogues ou de l\u2019alcool, ou encore s\u2019il a été pris d\u2019un malaise.L\u2019autocar \u2014 un gros car de tourisme \u2014 est arrivé à vive allure sur une zone en descente, en dépit de nombreux panneaux de limitation de vitesse, et a percuté les véhicules qui se trouvaient devant lui, provoquant un énorme carambolage.Puis l\u2019autocar a défoncé le rail de sécurité du viaduc sur plusieurs mètres et plongé dans des broussailles quelque 30 mètres plus bas.Plusieurs passagers ont été éjectés du véhicule.Cette portion d\u2019autoroute en descente est particulièrement dangereuse et plusieurs accidents graves s\u2019y sont produits par le passé.En hommage aux victimes, la fête prévue lundi soir pour la présentation de l\u2019équipe de football de Naples a été annulée, et une minute de silence a été observée en début de soirée avant le match amical au stade San Paolo contre le club turc de Galatasaray.Agence France-Presse ESPAGNE Espoir dans le contenu de la boîte noire du train Saint-Jacques-de-Compos-telle \u2014 Ées enquêteurs espagnols commenceront sous peu à examiner le contenu de îa boîte noire du train qui a déraillé la semaine dernière, faisant 79 morts, ce qui pourrait permettre de comprendre pourquoi le conducteur n\u2019a pas freiné avant de s\u2019engager dans une courbe dangereuse.Francisco José Garzôn Amo fait l\u2019objet de 79 accusations d\u2019homicide par imprudence.L\u2019examen de la boîte noire pourrait permettre de déterminer si le train a été victime d\u2019une défaillance mécanique ou technique.Le juge Alaez a libéré Garzôn sans cautionnement dimanche, mais lui a ordonné de se présenter au tribunal une fois par semaine.Il lui a aussi interdit de quitter l\u2019Espagne.Plusieurs quotidiens espagnols, dont le prestigieux El Pais, rapportent lundi que le conducteur a admis au juge que le train circulait trop rapidement et qu\u2019il a eu un moment de «distraction» lors de l\u2019accident.Une porte-parole du tribunal a révélé, sous le couvert de l\u2019anonymat, que le téléphone portable du conducteur a été examiné.L\u2019homme de 52 ans, un cheminot expérimenté, est soupçonné d\u2019avoir roulé beaucoup trop vite en arrivanfi le 24 juillet au soir, dans un dangereux virage où le train doifi sur une distance très courte, réduire sa vitesse à 80km/h.De l\u2019aveu même de Garzôn, le train filait à 190 km/h lors du déraillement.Cérémonie solennelle S aint-Jacques-de-Compostelle a rendu hommage lundi aux 79 victimes au cours d\u2019une cérémonie solennelle dans la cathédrale de cette ville du nord de l\u2019Espagne, un lieu de pèlerinage mondialement célèbre.Les familles des victimes ont pris place dans la cathédrale pendant que des centaines de fidèles suivaient la cérémonie sur un écran depuis la place de Quintana.Pendant que les cloches sonnaient le tocsin, le prince héritier Felipe et son épouse Letizia ont remonté la nef, prenant place avec l\u2019infante Elena, la fille aînée du roi Juan Carlos, devant le grand autel central, aux riches dorures.Le premier ministre Mariano Rajoy, natif de cette ville de Galice, et de nombreux officiels assistaient à la cérémonie.D\u2019autres fidèles attendaient sur la grande place de l\u2019Qbra-doiro, face à la cathédrale, point d\u2019arrivée du chemin de Saint-Jacques, où depuis jeudi les pèlerins déposaient des bouquets de fleurs multicolores, des offrandes et des messages de compassion, accrochés aux grilles d\u2019entrée de l\u2019église.Avec l\u2019Agence France-Presse Associated Press porter raffinée sur toute la ligne Dernière journée pour savourer la crème des rabais.Offrez-vous un dernier cornet de rabais.Notre solde se termine ce soir à minuit.Réservez vite ! ; SOLDE : I EXQUIS f I ATTENTION AUX RABAIS Vols au départ de Montréal.Réservez d\u2019ici le 30 juillet 2013.Voyagez d\u2019ici le 15 décembre 2013.Le rabais est compris dans les tarifs.Porter peut exiger un achat 21 jours à l'avance.Tarifs aller simple incluant les taxes, surcharges et frais obligatoires.Un supplément peut être facturé pour les bagages enregistrés et d\u2019autres services optionnels.* Tarifs à partir de : \t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t CHICAGO\tMYRTLE BEACH NEW YORK\tWASHINGTON À partir du 3 octobre\tDulles 242 $ 265 $ 221 $ 227 $ Taxes et frais compris Taxes et frais compris l Taxes et frais compris 1 Taxes et frais compris PRIX TOUT [COMPRIS Réservez en ligne ou contactez votre agent de voyages.flyporter.com 'Réservez d\u2019ici 23 h 59 heure de l'Est ie 30 juillet 2013.Voyagez d'ici ie 15 décembre 2013.Porter peut exiger un achat 21 jours à l'avance.Les tarifs annoncés sont fonction de la disponibilité et peuvent ne pas être disponibles 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en provenance des É.-U., des frais de 20 $ pour l\u2019enregistrement d\u2019un deuxième bagage sur les vols au Canada et des frais pour bagages excédentaires et/ou trop lourds) peuvent être modifiées sans préavis et ne sont garanties qu\u2019à l\u2019émission du billet.Pour en savoir plus, allez à flyporter.com.En cas de divergence entre le tarif de nos annonces et le tarif affiché sur notre site Internet au moment de la réservation, ce dernier prévaudra. A 6 LE DEVOIR LE MARDI SO JUILLET 2013 EDITORIAL TELECOMMUNICATIONS Place à la concurrence Chose rare dans le monde des affaires, depuis une semaine, les présidents de Bell, Telus et Rogers sont sur toutes les tribunes pour implorer Ottawa de modifier les termes de la prochaine vente aux enchères de fréquences favorisant la venue de géants étrangers comme l\u2019américaine Verizon.Ottawa doit résister à ces pressions protectionnistes du Canada inc.J Jean-Robert Sansfaçon ors des précédentes mises aux enchères de blocs de fréquences, en 2008, Ottawa avait réservé 45% des ondes offertes à de nouveaux joueius dans le but d\u2019accroître la conciurence dans le secteiu de la téléphonie sans fil.Malheureusement, à l\u2019exception de quelques entreprises déjà bien implantées dans leur région respective comme Vidéotron et SaskTel, aucun des nouveaux venus n\u2019a réussi à se tailler une place au soleil.Quatre ans plus tard, Mobilicity, Wind Mobile et Public Mobile sont à vendre, et Bell, Telus et Rogers contrôlent toujours plus de 90% du marché.Le mois dernier, Ottawa a rejeté l\u2019offre d\u2019achat de Mobilicity par Telus, qui aiuait ainsi mis la main siu les fréquences acquises en 2008.Depuis ce temps, on prête au gouvernement Harper l\u2019intention de favoriser en coulisse la venue d\u2019un joueiu de taille mondiale, l\u2019américaine Verizon, poiu porter de trois à quatre le nombre de foiunisseius de services sans fil partout au pays.11 va sans dire que cette politique déplaît royalement au trio cana-dien et à leurs actionnaires, qui craignent comme la peste que la venue de Verizon donne lieu à une guerre de prix et une baisse des profits.En l\u2019espace de quelques jours, la valeiu en bourse de Bell, Rogers et Telus a plongé de 15 milliards et la plupart des analystes s\u2019attendent à ce que la situation s\u2019aggrave si Verizon confirme ses intentions d\u2019acquérir Wind ou Mobilicity, ou les deux, en plus de participer aux prochaines enchères.Voilà d\u2019ailleurs ce qui choque le plus notre trio canadien: voir Verizon profiter des règles concoctées par Ottawa poiu de nouveaux petits fournisseius afin de mettre la main sur les deux blocs de fréquences qui leur seront réservés lors de la prochaine mise aux enchères, en janvier.En effet, si on ne modifie les règles, les nouveaux venus, dont Verizon, poiuront acquérir deux des quatre blocs de fréquences pendant que le trio Bell-Rogers-Telus sera soumis à une limite d\u2019un bloc chacun des deux restants.Inutile d\u2019être fort en math poiu concliue que l\u2019un des trois se retrouvera le bec à l\u2019eau ! La situation devient encore plus frustrante poiu ces entreprises habituées à s\u2019entendre comme larrons en foire poiu contrôler le marché quand on sait que les fréquences en question \u2014 celles de 700MHz libérées par le passage à la télé numérique \u2014 sont les plus intéressantes du spectre poiu le transport de grandes quantités de données et qu\u2019en plus, Ottawa a prévu d\u2019autoriser les nouveaux arrivants à louer les toius de transmission existantes, comme en 2008.Admettons que ces règles imaginées poiu faciliter l\u2019implantation de petits fournisseius sont fortes en café si elles sont appliquées à une société quatre fois plus importante que le trio canadien réuni! Cela dit, il ne fait pas de doute que l\u2019arrivée de Verizon au Canada créerait une onde de choc à l\u2019avantage des consommateius qui attendent ce joiu depuis longtemps.En échange, Ottawa devrait forcer le géant américain à offrir progressivement le service partouL y compris hors des grands centres déjà bien desservis.En toute équité poiu les entreprises canadiennes, qui, rappelons-le, ont tout de même obtenu gratuitement l\u2019usage de la plus grande partie des ondes publiques déjà fréquentées en plus de la protection des lois sur la propriété étrangère, Ottawa poiurait les autoriser à jouer au plus offrant siu au moins trois des quatre blocs disponibles afin de maximiser les recettes poiu le trésor public, une affaire de plusieius milliards.Certains, comme le président de Telus, Darren EntwisÜe, s\u2019opposent carrément à la venue de Verizon en affirmant que le Canada ne peut pas faire vivre quatre réseaux conciurents.Ce qui est faux.On poiurait s\u2019inquiéter s\u2019il était question d\u2019acquérir Bell ou Rogers et de réduire encore la concurrence, mais ajouter un joueur important en lui donnant la chance de réussir dans un secteur qui doit beaucoup trop au protectionnisme, voilà une bonne nouvelle pour les consommateurs.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directeur de Tinformation ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de Pinformation PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET UNE JdUIÎon Pour Tc>;t p» ftADE: tA Ct>U£CTIon pe CKAPfAux Pt ik REPRISE LETTRES Laïcité à deux vitesses ?La commémoration des défunts de la tragédie de Lac-Mégantic requiert-elle vraiment une messe?Une veillée à la chandelle, d\u2019accord.Un spectacle ou simplement un rassemblement, oui ! Mais une messe ?C\u2019est pourtant le réflexe naturel d\u2019une société qui crie au scandale lorsqu\u2019un joueur de soccer veut porter le turban, mais qui accepte sans broncher que d\u2019emblée, le processus de deuil puisse être facilité sous l\u2019égide de Dieu.Pourquoi devons-nous toujours nous en remettre à Dieu pour penser nos blessures?Et surtout à une Eglise, qui, bien qu\u2019elle prône un message d\u2019espoir et d\u2019entraide, est aussi une Eglise corrompue, foncièrement sexiste, hjqiocrite et homophobe?Une tempête médiatique pour un turban, et pas un mot au sujet d\u2019une célébration religieuse retransmise à l\u2019échelle nationale.Personne n\u2019est monté aux barricades devant cet accès de religiosité.Peut-être parce que les habitants de Lac-Mégantic semblent tous être des « Québécois de souche».11 semble que la laïcité au Québec soit plutôt motivée par une peur de l\u2019autre, une peur d\u2019être envahie par l\u2019étranger que par souci de respect ou d\u2019égalité.Geneviève Lavoie-Mathieu Sainte-Foy, le 27juillet 2013 Le nom de Champlain doit rester snr le pont Depuis l\u2019annonce d\u2019un nouveau pont Champlain, les autorités du gouvernement d\u2019Ottawa précisent que le pont portera peut-être un nouveau nom.Curieux, n\u2019est-ce pas?Pourquoi voudraient-ils retirer le nom du fondateur de la Nouvelle-Prance au profit d\u2019un autre?Champlain était un grand homme, un homme dont nous pouvons être fiers, un homme qui rallie les Québécois, qui a laissé une empreinte indélébile sur l\u2019Amérique.Mais c\u2019est le gouvernement canadien qui décidera, pas le gouvernement du Québec.Que nous préparent-ils?Connaissant le militarisme du gouvernement Harper, son entichement pour la monarchie et l\u2019Empire britannique ainsi que sa répugnance pour la Erance, on peut raisonnablement présumer qu\u2019ils aimeraient commémorer quelqu\u2019un qui partageait ces sentiments et qui rappellera durablement le lien colonial entre le Canada et le Royaume-Uni.En même temps, il ne peut heurter de front les sensibilités québécoises.Ce sera donc quelqu\u2019un avec un nom d\u2019origine française, mais qui a montré patte blanche à l\u2019Empire et qu\u2019on peut essayer de décrire comme un personnage ayant marqué l\u2019histoire du Canada.Trudeau étant attribué à un aéroport, les choix sont limités.Est-ce Salaberry qu\u2019on se prépare à célébrer?Si c\u2019est le cas, l\u2019annonce se fera bientôt pour marquer le 200® anniversaire de l\u2019escarmouche de Châteauguay, le 26 octobre 2013.Stephen Harper fera ainsi d\u2019une pierre deux coups : nous éloigner de nouveau de l\u2019épopée de la Nouvelle-Erance, dont Champlain est le héros, et nous imposer un héros \u2014 d\u2019aucuns pourraient dire un pantin \u2014 de l\u2019Empire britannique.Car la guerre que le Canada dit de « 1812 » est connue plus largement sous les noms de seconde guerre d\u2019indépendance ou guerre anglo-américaine.Et Isaac Brock, celui que le gouvernement Harper célèbre tant, n\u2019a pas caché qu\u2019il se battait pour la Couronne britannique et contre un éventuel retour de la Erance en Amérique.Si c\u2019est Salaberry, un NQN assourdissant doit surgir de ces contrées que Champlain a visitées, cartographies et laissées en héritage.Robin Philpot Le 27 juillet 2013 LIBRE OPINION Nous ne sommes pas des « ennemis » Lettre à Stephen Flarper Monsieur le Premier Ministre, Nous vous écrivons au nom de Voices-Voix, une coalition canadienne regroupant plus de 200 organisations de la société civile opérant tant à l\u2019échelle communautaire que canadienne.Par la présente, nous tenons à exprimer notre vive inquiétude à la suite d\u2019échos récents selon lesquels votre cabinet a mandaté des représentants gouvernementaux pour dresser des listes d\u2019intervenants «amis et ennemis», listes qui feront partie des documents d\u2019information qui seront remis aux nouveaux ministres.Monsieur le Premier Ministre, nous sommes particulièrement ébranlés par le recours au terme «ennemis», qui semble ici décrire les individus ou les organisations qui critiquent les politiques et initiatives de votre gouvernement ou s\u2019y opposent.C\u2019est pourquoi nous vous demandons de confirmer urgemment que de telles listes, si elles existent déjà, ne seront pas utilisées, qu\u2019aucune autre ne sera dressée et qu\u2019il est inacceptable d\u2019accoler une telle terminologie aux critiques du Parti conservateur.Les Canadiens doivent vous entendre déclarer sans équivoque que votre gouvernement accepte les voix contraires et qu\u2019il voit dans le désaccord l\u2019un des catalyseurs de politiques publiques fortes et d\u2019une démocratie vigoureuse.C\u2019est en 2010 que la coalition Voices-Voix a vu le jour en mobilisant des acteurs autour d\u2019une inquiétude grandissante : au cours des années précédentes, une série de décisions et d\u2019initiatives du gouvernement avait considérablement réduit la place laissée à la société civile pour exprimer son désaccord et revendiquer, directement ou indirectement, au sujet d\u2019enjeux sociaux et politiques fondamentaux \u2014 notamment l\u2019égalité des femmes, l\u2019environnement et les droits de la personne.Nous avons documenté de nombreux exemples d\u2019individus ou de groupes devant aujourd\u2019hui composer avec de graves problèmes financiers, organisationnels et professionnels parce qu\u2019ils ont exprimé leur dissension par rapport à votre gouvernement.Nous avons aussi tenté de nouer un dialogue avec ce gouvernement, les parlementaires et le grand public afin de sensibiliser tout un chacun à ce dossier capital: les personnes, communautés ou organisations porteuses d\u2019opinions divergentes doivent être en mesure de s\u2019exprimer sur la place publique sans craindre de représailles, voire en sachant que le gouvernement les épaulera au besoin.Puisque Voices-Voix s\u2019est donné pour mission de consolider et d\u2019accroître la place dont dispose la société civile canadienne pour exprimer son désaccord et revendiquer, cette liste d\u2019intervenants «ennemis» est on ne peut plus alarmante.En ces temps où plusieurs personnes et organisations craignent déjà d\u2019exprimer publiquement une divergence avec le gouvernemenfi nul doute que le risque d\u2019être classés parmi les «ennemis» s\u2019ils osent se mouiller les inhibera encore plus.Tout ceci a d\u2019ailleurs des répercussions concrètes sur les droits fondamentaux protégés en vertu de la législation internationale en matière de droits de la personne et de la Charte canadienne des droits et libertés, notamment la liberté d\u2019expression, d\u2019association et de réunion pacifique.La situation n\u2019a rien de rassurant à l\u2019heure où il est essentiel de dialoguer et de débattre d\u2019enjeux qui touchent entre autres à l\u2019environnement et aux droits de la personne.Elle renvoie en outre une image peu reluisante de l\u2019état de la démocratie canadienne : dans une démocratie bien portante, le gouvernement ne qualifie pas publiquement d\u2019ennemis ses critiques et détracteurs.Monsieur le Premier Ministre, les organisations de la société civile de partout au pays s\u2019attendent à ce que vous fassiez preuve de leadership sans ambages ni délai.Ces listes noires créent des remous; il est temps pour vous de reconnaître publiquement la nature et la valeur de notre travail.C\u2019est pourquoi nous vous demandons : 1.\tde rendre publiques les listes déjà établies le cas échéanf de confirmer qu\u2019elles ne seront pas utilisées par votre gouvernement et de vous engager sans équivoque à cesser pareille pratique; 2.\tde déclarer publiquement que le gouvernement comprend et salue le rôle essentiel que joue la société civile canadienne à bien des égards, notamment la prestation de services, la recherche et la défense des droits; 3.\tde profiter de toutes les occasions pour affirmer clairement que le gouvernement ne perçoit pas comme des ennemis les groupes de la société civile qui critiquent ses politiques ou ses initiatives, mais les voit plutôt comme des partenaires importants qui contribuent à la création et à la mise en œuvre de politiques et de programmes publics éclairés; 4.\tde mettre sur pied une table ronde multisectorielle réunissant des représentants du gouvernement et de la société civile mandatés pour cibler des mesures qui renforceront l\u2019indépendance des groupes de la société canadienne tout en leur fournissant le soutien dont ils ont besoin.Apprendre que certains membres du gouvernement considèrent comme des ennemis ceux qui osent le critiquer a fait souffler un vent d\u2019inquiétude et de consternation sur la société civile.Maintenanf le gouvernement a la chance de rétablir un lien de confiance en épaulant les organisations qui contribuent à mettre en lumière des besoins sociaux pressants à l\u2019échelle locale et canadienne, et à apporter des solutions à ceux-ci.Nous souhaiterions nous entretenir avec vous et d\u2019autres représentants de votre gouvernement pour discuter plus avant des inquiétudes et re- commandations de Voices-Voix.Au nom du comité directeur de la coalition Voices-Voix, nous vous prions d\u2019agréer.Monsieur le Premier Ministre, l\u2019expression de nos sentiments les plus distingués.Les signataires de cette lettre sont: ALEX NEVE Secrétaire général Amnistie internationale, section canadienne BÉATRICE VAUGRANTE Directrice générale Amnistie internationale, Canada francophone ROBERT FOX Directeur général Oxfam Canada LEILANI FARHA Directrice générale Canada sans pauvreté PEARL EUADIS Avocate et conseillère juridique Chargée de cours.Faculté de droit.Université McGill CHARIS KAMPHUIS Responsable Research Network on Dissent, Democracy and the Law JULIA SÂNCHEZ Présidente-directrice générale Conseil canadien pour la coopération internationale MICHEL LAMBERT Directeur général Alternatives LE DEVOIR, LE MARDI 30 JUILLET 2013 A 7 IDEES THEATRE Le flou artistique GILBERT DAVID Collaborateur de Spirale Dirige et participe au dossier Horizon incertain du théâtre québécois a crise que traverse le théâtre au Québec \u2014 et, au premier chef, celui de la métropole \u2014 n\u2019a rien d\u2019éton-nant, mais au train où vont les choses, elle ira en s\u2019aggravant.Il est de bonne méthode de formuler d\u2019abord un diagnostic.Commençons par les créateurs et leurs prolongements naturels, les «compagnies à but non lucratif» \u2014 les théâtres commerciaux ont aussi leurs problèmes, mais passons.La situation de blocage actuel découle du sous-fman-cement généralisé de la part des conseils des arts (fédéral, provincial et municipal), dont les budgets sont gelés depuis dix ans, mais aussi du fait de l\u2019afflux constant de nouveaux joueurs dans le champ de production théâtrale \u2014 sans oublier le fait que les (trop) nom-breuses écoles professionnelles lancent chaque année, dans un marché d\u2019emploi déjà saturé, entre 50 et 70 nouveaux aspirants â la carrière d\u2019acteur.Or, plutôt que de renforcer les critères d\u2019accès aux programmes de subvention, on a préféré adopter une approche laxiste en termes d\u2019évaluation artistique, si bien que tout ou presque trouve grâce auprès des comités de pairs, retranchés derrière un souci d\u2019équité envers tous les types de création.Un créateur est un créateur est un créateur, et voilà tout! Le résultat est qu\u2019â partir des années 2000, ce sont des considérations essentiellement managériales et de « ren-tabilisation » (revenus de vente, commandites, collectes de fonds) qui ont pris le pas sur les objectifs â poursuivre dans le développement de l\u2019art théâtral.Est-ce en multipliant le nombre de compagnies soutenues par des fonds publics, même si cela contribue â affamer tout le monde, que la vie théâtrale s\u2019en est trouvée consolidée?Poser la,question, c\u2019est y répondre.A force de ne réclamer qu\u2019une hausse des fonds consacrés au théâtre par les gouvernements, sans s\u2019interroger vraiment sur l\u2019écologie du système, sur ses faux-fuyants, ses petites complaisances et autres copinages, le monde du théâtre, dominé par une inculture crasse et un antiintellectualisme â vomir, s\u2019est pour ainsi dire tiré dans le pied.Statut juridique Mais il y a pire encore.Le statut juridique des théâtres les plus subventionnés au Québec les met â la merci de la gouvernance d\u2019un conseil d\u2019administration de particuliers bien-pensants, où les artistes ont la part congrue.Que l\u2019on cesse de nous rebattre les oreilles avec l\u2019existence de «théâtres institutionnels», quand ce n\u2019est qu\u2019en raison du Des Idées en revues Chaque mardi.Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019une revue d\u2019idées afin qu\u2019ils présentent leur perspective sur un sujet qui les préoccupe ou qu\u2019ils traitent dans les pages du dernier numéro de leur publication.Cette semaine, la crise que traverse le théâtre d\u2019ici vue par le magazine Spirale, qui porte, quatre fois l\u2019an, un regard critique sur les récentes productions culturelles (arts plastiques, cinéma, histoire, littérature, philosophie, psychanalyse, théâtre, etc.).nombre d\u2019employés et de ses budgets de publicité qu\u2019ils se distinguent d\u2019une compagnie dite intermédiaire.Allons donc, la seule institution théâtrale au pays est â Qttawa! Cela se voit bien â l\u2019excellence des directions artistiques successives au Théâtre français depuis André Brassard jusqu\u2019à Brigitte Haentjens, en passant par Robert Lepage, Denis Marleau et Wajdi Mouawad, dont les mandats, en passant, n\u2019ont jamais dépassé six ou sept ans.Est-ce que les Lorraine Pin-tal, Michel Dumont, Denise Ei-liatrault, Pierre Rousseau et Eric Jean de ce monde sont capables de la même conscience civique envers la collectivité et de la même hauteur de vue face au milieu théâtral en particulier?Que répondraient-ils 5pirale je GiLbenDA'.iijclYvei Horizon incertain du théâtre québécois Jean-Pierre Morin Louis Hamelin en choeur?Que l\u2019État nous donne les moyens d\u2019être de grandes compagnies et nous nous plierons alors de bon gré â l\u2019exigence d\u2019avoir des cahiers des charges et un protocole où figure la durée d\u2019un mandat â la direction artistique.Autant en conclure qu\u2019ils seront lâ â dem,eure, car le financement de l\u2019État n\u2019est pas près d\u2019augmenter.Qn peut le déplorer, mais il faut se résoudre â accepter le principe de réalité selon lequel il y a des limites â la capacité de l\u2019État â soutenir l\u2019ensemble des créateurs, toutes disciplines confondues \u2014 on ne déshabillera quand même pas Pierre pour habiller Paul : le théâtre est déjà la discipline qui reçoit le plus de fonds publics, parlez-en aux compagnies de danse.Que faire alors?Surtout pas des 3®® États généraux \u2014 les derniers, en 2007, n\u2019ont accouché que de vœux pieux ! De lâ â penser que le Conseil québécois du théâtre est paralysé par son mode «démocratique» \u2014 comme si on pouvait quitter ses petits intérêts quand il est question de politiques culturelles et de distribution de fonds publics.Cela ne peut conduire qu\u2019â des choix sans conséquence.Vivement un regroupement des théâtres qui se reconnaissent des objectifs communs en termes socioesthétiques! La politique de l\u2019esthétique Tout un chacun est â même de constater jusqu\u2019à quel point le sens critique, indissociable d\u2019une politique de l\u2019esthétique, est mis â mal dans la société administrée \u2014 Radio-Canada en tête avec ses chroniqueurs pâmés devant les comédiens qui remplissent les pages à\u2019Echos Vedettes dont le slogan d\u2019anniversaire est, ça ne s\u2019invente pas: «Cinquante ans d\u2019émotions»\\ Du moment qu\u2019«f/ y a un public pour ça», les conseils des arts s\u2019en tiennent donc â des critères flous et il se trouve même des universitaires pour défendre sans rire ce qu\u2019ils appellent la «modernité populaire» au nom de l\u2019égalitarisme des goûts et des couleurs.Autrement dit, la Poune et Gauvreau, même combat! Ce populisme triomphant entraîne des conséquences: des spectateurs se rebiffent devant des spectacles qu\u2019ils qualifient de «songes» pour mieux les disqualifier et réclament de «bonnes pièces» plutôt que des chefs-d\u2019œuvre (entendre les œuvres reconnues du répertoire classique, moderne et contemporain).Reconnaissons qu\u2019â force de raboter les esprits avec de la camelote télévisuelle et des sous-produits américanisés, la scène artistique se porte assez mal, merci.[.] Essayons quand même de préciser les enjeux d\u2019une éventuelle réforme \u2014 on peut rêver \u2014 du système d\u2019aide publique au théâtre.Cette démarche ne pourra pas faire l\u2019économie d\u2019une réflexion en profondeur sur l\u2019acte créateur et ses présupposés esthétiques.Voudra-t-on enfin se demander â quelles conditions un théâtre d\u2019art et de création est envisageable et ce qui le distingue alors d\u2019un spectacle de divertissement \u2014 qui, â ce titre, ne le rend pas admissible aux fonds publics, fût-il associé â une «compagnie â but non lucratif»?[.] Trop souvent au Québec les créations théâtrales ne se contentent-elles pas d\u2019une dramaturgie sommaire qui reproduit des faits sociaux et en restent â leur description primaire ?Combien d\u2019auteurs se proclament « engagés » et ne font qu\u2019un théâtre bêtement idéologique, sans fouiller le matériau langagier qui devrait être leur première responsabilité artistique?«Des commentaires ?Des suggestions pour Les idées en revue ?Ecrivez à arobitaille@ledevoir.com » COLOMBIE Les FARC, la gauche et les réformes électorales JOEL PARE-JULIEN Consultant professionnel junior auprès du PNUD à Bogota, en Colombie ^^=1 ai atterri dans cette capitale grâce au Programme de placement professionnel des Nations unies financé par l\u2019Agence canadienne de développement international, alors que s\u2019étaient amorcées les négociations ^^=1 de paix de «La Havane» entre les EARC (Eorces armées révolutionnaires de Colombie) et le gouvernement de Juan Manuel Santos, cherchant â mettre fin â plus d\u2019un demi-siècle de guerre civile.Parallèlement, une évolution historique tout aussi intrigante, quoique moins médiatisée, est en cours : celle du paysage électoral.Je travaille avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l\u2019un de nos mandats consiste â appuyer et promouvoir ces changements politiques majeurs et nécessaires.La cause principale de cette transformation : l\u2019entrée en vigueur de la loi 1475 de 2011 favorisant la réforme des partis.Elle introduit une panoplie de nouveaux règlements électoraux visant â niveler le terrain politique, â diminuer l\u2019étourdissante corruption et â rendre perméable l\u2019arène politique.Parmi les mesures les plus importantes, on retrouve un quota minimum de 30% de femmes candidates au sein des partis politiques, un régime de sanctions disciplinaires imposées â la haute direction des partis visant â diminuer la corruption et la participation de membres â la réputation entachée et l\u2019augmentation du minimum de votes nécessaire, de 2 â 3 %, afin de conserver l\u2019identité de parti politique ou personeria.Bien que cette réforme suppose la perméabilité du jeu politique, plusieurs lacunes persistent, enracinées dans la culture politique du pays.Prenons l\u2019exemple du quota d\u2019inclusion de femmes candidates.Il représente, â n\u2019en pas douter, un grand pas vers l\u2019avant en termes d\u2019équité entre les sexes, mais il ne garantit en rien l\u2019élection de ces dernières.Cela est en partie dû au fait que le vote est préférentiel, c\u2019est-â-dire que pour chaque siège, l\u2019électeur choisit parmi la liste des candidats du parti celui qu\u2019il préfère voir â ce poste.Malheureusement, les femmes sont souvent perçues comme inaptes ou peu instruites en politique et plusieurs partis sont même allés jusqu\u2019à attribuer leur récente défaite â cette inclusion forcée.Cependant, c\u2019est probablement dans l\u2019augmentation du seuil minimum que l\u2019on sent le plus de réticence de la part des partis.Ce seuil équivaudrait â un minimum de 420000 votes si le niveau de participation espéré de 14 millions LUIS ROBAYO AGENCE ERANCE-PRESSE Les FARC contrôlent certaines régions de la Colombie, notamment celle de Caloto.En cinquante ans, le conflit a fait quelque 600 000 morts et 15 000 disparus, selon des chiffres officiels.d\u2019électçurs est atteint lors des prochaines élections.A titre de comparaison, un parti fédéral canadien ne doit obtenir qu\u2019un minimum de 250 membres électeurs pour être enregistré.Cinq des 12 partis possédant la personeria sont en péril en 2014, et ce, même s\u2019ils s\u2019appuient sur plusieurs élus municipaux et nationaux.Ces derniers protestent d\u2019autant plus fort, sachant qu\u2019un nouveau joueur, affilié aux EARC et ne faisant pas le quota, s\u2019est vu offrir la personeria tout récemment.L\u2019Union patriotique (UP) Les négociations de paix ne sont pas une nouveauté dans cette guerre civile vieille de cinquante ans.C\u2019est en 1985, lors des pourparlers de paix dits « de La Uribe » entre les EARC et le gouvernement de Belisario Betancur, que se créa l\u2019Union patriotique (Union patriotica).Ce stratagème diplomatique permit l\u2019inclusion et la participation légale en politique de différents groupes armés démobilisés réunis sous une même bannière et jouissant de l\u2019appui du Parti communiste.Alors même qu\u2019il tentait de s\u2019éloigner des mouvements révolutionnaires et de s\u2019identifier comme un mouvement d\u2019intellectuels, tout en conservant l\u2019extrême gauche du spectre politique colombien, l\u2019UP fut victime d\u2019un politicide de grande envergure.Le massacre fut d\u2019une telle ampleur (les sources estiment entre 2000 et 5000 assassinats de militants, dont 7 congressistes, 13 députés, 69 conseillers et 13 maires), qu\u2019en 2002, l\u2019UP perdit Xz.personeria, faute d\u2019avoir satisfait au standard minimum.Le 1®\"^ juillet dernier, les négociations de paix de «La Havane» entrèrent dans leur 10® phase, abordant l\u2019inclusion des PARC dans l\u2019arène politique.Bien que le résultat des négociations ne soit pas rendu public, aux yeux de plusieurs observateurs, on constate d\u2019étranges coïncidences.Par exemple, â peine une semaine suivant le début de cette phase, le Conseil d\u2019État (Consejo de Estado) a reconnu que le Conseil national électoral (CNE) avait outrepassé ses fonctions en 2002 en retirant l\u2019UP du jeu, lui redonnant ainsi la personeria, sans préavis, juste â temps pour lui permettre de participer aux élections de 2014, dont les inscriptions auront lieu dans moins de quatre mois.Onde de choc Cette nouvelle crée une onde de choc sur la scène politique.Quelques partis menacés de disparaître trouvent cette décîsîon înjuste et certaîns sont même doublement menacés.C\u2019est le cas du parti Qptlon citoyenne (Qpclôn cludadana), cl-devant Parti d\u2019intégration nationale, qui s\u2019efforce tant bien que mal de se réformer et de se détacher de ses racines paramilitaires, exemple parfait de ce que l\u2019on appelle Ici la parapolltlque.C\u2019est aussi le cas du Pôle démocratique alternatif, ou Polo, qui bénéficiait jusqu\u2019à présent d\u2019une niche propre et était pratiquement le seul parti de gauche, les Verts se logeant plutôt au centre.Qu\u2019advlendra-t-11 de ces partis ?Unlront-lls leurs forces pour survivre ?Allons-nous assister â une fusion des partis de gauche dont le noyau sera une entité associée â la guérilla?Les améliorations qu\u2019apporte la loi 1475 sont fondamentales, mais 11 est nécessaire qu\u2019elles s\u2019accompagnent â la fols de changements dans la culture politique et qu\u2019elles tiennent compte de la conjoncture, que l\u2019on sait présentement très fragile.La disparition d\u2019une portion de l\u2019opposition est Inquiétante et va â l\u2019encontre de î\u2019idée générale de cette réforme.De plus, les rumeurs veulent que suite â des tensions au sein du mouvement «urlblste», l\u2019ex-présldent Urlbe et ses partisans cherchent â défaire le président Santos aux prochaines élections.SI tel est le cas, l\u2019alliance Union nationale pourrait être en péril.Cette alliance, regroupant cinq partis et représentant plus de 90% des congressistes, est cruciale pour l\u2019exécutif, car elle permet une coalition d\u2019appui des partis d\u2019opposition envers la présidence et son programme, principalement concentré sur les thèmes de paix.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) ; information générale : Marie-Andrée Chouinard (chef de division), Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien T)egX\\se(société) et Jean Dion (sports) ; information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel T)3}7\\à.(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Robert Dutrisac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter) ; information culturelle : Louise-Maude Rioux Soucy (chef de division), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), Marco Bélair Cirino, François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters'), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Da.\\WeieY(reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Folie-Boivin et Louis Gagné (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier, Karl Rettino-Parazelli et Geneviève Tremblay (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire) ; Florence Ferraris (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur) fsAecHow.Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Elyes Ben M'rad, Claire Breton (superviseur), jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Nathalie Jobin (par intérim), Claire Paquet, Catherine Pelletier, Chantal Rainville, Suzanne Rooke, (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais, (coordonnatrice), Elise Girardésecrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Caroline Guimond, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Jean-Robert Divers (responsable de la\tMaxim-Olivier Leclerc (responsable duservice à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables),Q\\a.\\xAeLXQ Béliveau (adjointe admi- nistrative), Claudine Chevrier, Florentina Draghici, Céline Furoy, Ghislaine Lafleur et Véronique Pagé. A 8 LE DEVOIR, LE MARDI 30 JUILLET 2013 ACTUALITES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Travaux de nettoyage à la rivière Chaudière, à Lac-Mégantic.«Il est hors de question que ce soit les contribuables québécois qui paient», dit le ministre de l\u2019Environnement, Yves-François Blanchet.ULTIMATUM SUITE DE LA PAGE 1 ils ont seulement signifié leur intention de récupérer leur pétrole qui n\u2019a pas été déversé.Exigences de Québec Québec exige maintenant que ces entreprises nettoient le pétrole ainsi que tous les autres contaminants dans l\u2019eau et dans le sol.Elles devront également procéder à une caractérisation environnementale afin de déterminer «ce qui est susceptible d\u2019avoir été affecté par le pétrole et les autres contaminants».Cela pourrait inclure d\u2019autres secteurs de la région où s\u2019est propagé le panache de fumée toxique émanant du violent incendie qui a consumé une bonne partie du pétrole déversé.Un plan d\u2019action devra être soumis et approuvé par le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) d\u2019ici une semaine.Celui-ci devra notamment préciser les mesures de nettoyage et de décontamination prévues.Selon ce qu\u2019a réitéré M.Blanchet, des travaux majeurs devront être menés dans la zone rouge, lieu du déraillement du convoi de 72 wagons-citernes.Ce secteur est «lourdement contaminé », selon le ministre.Le gouvernement exige aussi que les entreprises prévoient des mesures de suivi environnemental pendant au moins les 10 prochaines années.Elles ont 24 heures pour répondre qu\u2019elles se conformeront à l\u2019ordonnance décrétée en vertu de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement.Mais qu\u2019adviendra-t-il si la réponse ne parvient pas dans les délais prescrits?«Le gouvernement garantit l\u2019exécution des travaux jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient complétés, a répondu Yves-François Blanchet.[.] Il n\u2019y aura plus d\u2019interruption des travaux jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient complé- Pour le moment, on en sait très peu sur la capacité de payer des entreprises visées par l\u2019ordonnance de Québec tés.Il y aura des factures qui vont arriver.Nous, on va prendre les factures et on va les envoyer aux entreprises interpellées par l\u2019ordonnance en leur disant: \u2018Yous devez payer ça, sinon nous allons entreprendre des recours.\u201d» «Il n\u2019y aura aucune hésitation à entreprendre des poursuites si jamais les entreprises ne paient pas les montants qui vont être réclamés», a poursuivi M.Blanchet.«Il est hors de question que ce soit les contribuables québécois qui paient le coût de cette restauration», a-t-il aussi affirmé au cours d\u2019un point de presse lundi à Lac-Mégantic.Cela inclut, selon lui, les montants dépensés par les municipalités qui ont dû cesser de s\u2019approvi- sionner en eau potable dans la rivière Chaudière.Irving épargnée M.Blanchet dit avoir bon espoir de pouvoir récupérer les sommes déboursées pour redonner à Lac-Mégantic et à la rivière Chaudière leur aspect d\u2019avant le 6 juillet 2013.«Nous irons chercher l\u2019argent là où il sera, parmi les entreprises responsables.» Pour le moment, on en sait très peu sur la capacité de payer des entreprises visées par l\u2019ordonnance de Québec.On ignore par exemple à quel montant s\u2019élèvent les assurances de la MMA, et il n\u2019a pas été possible de parler à un porte-parole de l\u2019entreprise lundi.Québec a en outre décidé de ne pas viser Irving dans son ordonnance.C\u2019est à sa raffinerie de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, que le pétrole était destiné.Yves-François Blanchet a expliqué que selon l\u2019analyse juridique effectuée au cours des derniers jours, «nous ne sommes pas certains de pouvoir les mettre en cause, puisqu\u2019ils n\u2019ont pas pris possession du pétrole».Facture salée Ce qu\u2019on sait, cependant, c\u2019est que la facture sera énorme.Selon Emilien Pelletier, spécialiste en écotoxicolo-gie à l\u2019Université du Québec à Rimouski, la catastrophe de Lac-Mégantic se conclura avec une facture qui devrait se chiffrer en centaines de millions de dollars.«Les coûts de cette décontamination seront faramineux, a-t-il affirmé la semaine dernière au Devoir.Dès qu\u2019on parle de produits toxiques et dangereux, la facture grimpe très rapidement.On peut parler de 500 millions de dollars, peut-être même plus.Et ce montant ne comprend pas la reconstruction du cœur de la ville de Lac-Mégan-tic.On parle simplement de rendre le secteur \u201cpropre\u201d.» Québec n\u2019est pas en mesure, pour le moment, d\u2019évaluer ce qu\u2019il en coûtera pour mener l\u2019ensemble des travaux à terme.Chose certaine, le nettoyage des déversements pétroliers peut s\u2019avérer très onéreux.En 2010, un oléoduc exploité par la pétrolière En-bridge a laissé fuir plus de quatre millions de litres de brut lourd dans la rivière Kalamazoo, au Michigan.Trois ans et un milliard de dollars plus tard, le nettoyage n\u2019est toujours pas terminé.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019Agence de proteçtion environnementale des Etats-Unis qui a dû forcer Enbridge à reprendre les opérations de nettoyage en mars.Enbridge souhaite maintenant faire couler par pipeline plus de 300000 barils de pétrole brut de l\u2019Ouest canadien jusqu\u2019à Montréal avec l\u2019inversion de la ligne 9B.Le gouvernement Marois s\u2019est montré ouvert au projet et en discute activement avec le gouvernement albertain.Le Devoir POURPARLERS SUITE DE LA PAGE 1 tiques», mais nécessaires.«Il s\u2019agit d\u2019une étape importante et [nous] espérons pouvoir saisir l\u2019opportunité offerte par les efforts de l\u2019administration américaine pour parvenir à un accord de paix durable et juste», a dit à l\u2019AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat Selon Houchang Hassan-Yari, professeur de politique au Collège royal militaire du Canada et membre externe de l\u2019Observatoire sur le Moyen-Orient de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, plusieurs facteurs, outre l\u2019intervention américaine, expliquent que le climat soit favorable à la réunion d\u2019Israël et de la Palestine à la table des négociations.Si la question reste toujours «préoccupante» pour les pays du Moyen-Orient, elle l\u2019est qussi pour les relations entre les Etats-Unis et les pays arabes.Et dans un contexte où Israël est de plus en plus isolé sur la scène ré-gionale et internationale par son «état de guerre permanent», le règlement de cette question d^ vient un enjeu pour lequel le pr^ mier ministre israélien Benya-min Nétanyahou «veut manifester une bonne volonté», explique le professeur.Pour prouver cette volonté, le gouvernement israélien a ap-prouvé la libération de 104 prisonniers palestiniens arrêtés avant les accords d\u2019Oslo en 1993, décision qui a été saluée par l\u2019Autorité palestinienne et par Washington.«C\u2019est un geste symbolique, de la poudre aux yeux pour la communauté internationale», estime pour sa part Houchang Hassan-Yari.« C\u2019est une tactique d\u2019Israël qui n\u2019en est pas à sa première.Ces gens qui ont été emprisonnés, qui sont-ils ?Ce sont des gens qui ont protesté contre l\u2019occupation et l\u2019ingérence des colonisateurs.D\u2019ici au règlement, Israël emprisonnera d\u2019autres Palestiniens qui protesteront, car ils n\u2019ont aucun autre recours [judiciaires, par exemple] pour contester, et on comptera le même nombre de prisonniers dans les prisons israéliennes.» Opposition en Palestine Les négociations de paix directes israélo-palestiniennes doivent redémarrer pour la première fois depuis qu\u2019elles ont achoppé en septembre 2010, au bout de trois semaines, en raison de la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.Même si cela n\u2019est pas dans l\u2019intérêt de Nétanyahou, qui veut faire bonne figure, une telle situation pourrait se reproduire, pense M.Hassan-Yari.Les Palestiniens ne voient pas tous d\u2019un bon œil la reprise des discussions avec Israël.A Gaza, il y a une dizaine de jours, le Hamas s\u2019était opposé à la reprise des négociations, faisant valoir que le président Mahmoud Abbas «n\u2019a aucune légitimité pour négocier au nom du peuple palestinien sur des questions fondamentales».Lundi, une importante faction au sein de l\u2019Organisation pour la libération de la Palestine (OLP) a rejeté elle aussi les négociations de paix avec Israël quelques heures avant leur reprise à Washington.Le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), un parti de gauche, a affirmé que la décision de reprendre les négociations avec Israël n\u2019avait pas reçu le soutien de l\u2019OLP dans son ensemble.«Ces discussions se tiennent sous les auspices des Etats-Unis, exactement comme il y a 20 ans lors des accords d\u2019Oslo», a déclaré une des dirigeantes du parti, Khaleda Ja-rar, qui aurait voulu que les pourparlers soient menés en collaboration avec rONU.«C\u2019est une demande légitime, confirme Houchang Hassan-Yari, parce que l\u2019ONU a donné naissance à l\u2019Etat d\u2019Israël et qu\u2019elle doit, en ce sens, assumer ces responsabilités.» Le spécialiste rappelle qu\u2019à ce sujet, deux résolutions ont été votées par l\u2019ONU pour le retour des réfugiés palestiniens dans leur territoire.Malgré tout, il convient que seule l\u2019intervention des Américains peut permettre de mener à bien les négociations de paix.Les Etats-Unis sont les seuls à pouvoir forcer Israël à négocier sur des questions comme le retrait des territoires occupés, explique-t-il.A ce sujet, plusieurs scénarios circulent.On parle d\u2019échange de territoire, de regroupement des colonies et de parcelles de territoire du sud qui reviendrait aux Palestiniens, par exemple.Mais Israël cherchera à avoir la Cisjordanie et Jérusalem.Tous les enjeux, que ce soient la question des frontières, celle des réfugiés ou du statut de la ville de Jérusalem, seront sur la table, et tous «seront des enjeux difficiles à négocier».«Tout est dans les livres de l\u2019ONU», assure Houchang Hassan-Yari, qui persiste à dire qu\u2019il faut imposer la mise en œuvre des résolutions pensées au cours des ans et inscrites dans le droit international.«Si la volonté politique existe, tous les ingrédients sont là» pour arriver à un règlement, conclut-il.Avec l\u2019Agence Erance-Presse et Associated Press Le Devoir CŒUR SUITE DE LA PAGE 1 lait produire le film et jouer dedans.La production était une chasse gardée masculine, à l\u2019époque, mais Rosanna Seaborn avait de l\u2019argent.Elle a donc investi dans Cœur de maman et le film a obtenu beaucoup de succès.Evidemment, elle a réclamé sa part de profits.M.DeSève a refusé.Elle l\u2019a poursuivi.Il était tellement fâché qu\u2019il a entreposé le négatif et n\u2019a plus voulu montrer le film.Même lorsqu\u2019il a fondé Télé-Métropole, à ma connaissance, il ne l\u2019a pas passé.» J.A.DeSève mourut en 1968, mais au cours des décennies suivantes, sa volonté fut respectée telle une malédiction.«J\u2019ai été tenace.Le film était dans ma mire depuis la fondation d\u2019Éléphant, en 2008.Le problème n\u2019était pas de trouver le négatif, comme c\u2019est souvent le cas.Je savais qu\u2019il se trouvait chez Erance Eilm.Mais pour restaurer et numériser un film, on a besoin de la permission des détenteurs des droits de l\u2019œuvre.Il y a quelques mois, je me suis faite.plus pressante, laisse entendre Marie-José Raymond en riant.Mais la relation avec Erance Eilm est très bonne, je le précise.Cœur de maman, c\u2019était vraiment un cas particulier.J\u2019ai argué que monsieur DeSève aurait sûrement décoléré à ce stade-ci!» Une œuvre représentative Visionnées dans les locaux d\u2019Éléphant lors de l\u2019étape de l\u2019approbation finale durant laquelle d\u2019infimes défauts de l\u2019image sont corrigés in situ, les 20 premières minutes du film attestent qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un chef-d\u2019œuvre perdu.Ce n\u2019est donc pas une question de valeur artistique, mais bien de valeur patrimoniale.Et celle de Cœur de maman ne fait aucun doute.«Au début du processus de restauration, on s\u2019est aperçu que Raymond Lévesque a écrit la chanson thçme», révèle la directrice d\u2019Éléphant entre autres exemples.Dans l\u2019une des scènes, ladite ritournelle est interprétée par la jeune Yvonne Laflamme, vedette de La petite Aurore, l\u2019enfant martyre.La distribution bigarrée comprend également Jeanne Demons, Paul Guèvre-mont, Françoise Faucher et.Ro^e Ouellette ! Ecrit par Henry Deyglun (1903-1971), époux de Janine Sutto et père de Mireille Deyglun, le scénario de Cœur de ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Marie-José Raymond, directrice d\u2019Éléphant: la mémoire du cinéma québécois.maman est basé sur la toute première pièce du comédien et dramaturge.Une mère abandonnée.«Henry en avait tiré un radioroman en 1936, se rappelle Janine Sutto.Evidemment, je me souviens surtout du film ! Rosanna Seaborn était venue nous voir à Vaudreuil.C\u2019était un personnage.Mon Dieu! Ça me ramène loin! Henry a écrit les deux films qu\u2019elle s\u2019est payés.L\u2019autre s\u2019intitulait L\u2019esprit du mal.» Dans Cœur de maman, on suit les malheurs de Marie Paradis qui, après la mort de son mari alcoolique et l\u2019arrestation de son cadet Jacques, doit aller vivre chez son aîné François (un clin d\u2019œil à Maria Chapdelaine) et l\u2019épouse de celui-ci, Celeste, une femme odieuse et «Anglaise» de surcroît.Pendant que Marie gagne son ciel.Celeste s\u2019assure une place en enfer à la mode canadienne-française catholique du temps.Ce qui étonne d\u2019emblée, c\u2019est que Rosanna Seaborn, une Montréalaise anglophone, ait financé cette production dans laquelle elle s\u2019est donné le rôle très typé de la méchante Canadienne anglaise qui écrase la bonne Canadienne française, la première, pingre et hypocrite, face à la seconde, pauvre et charitable.Mais qui donc était Rosanna Seaborn ?La femme du Ritz Née à Montréal en 1912 au sein d\u2019un foyer aisé, Rosanna Todd a pour grand-père maternel Sir Edward Seaborn Clous-ton, directeur général de la Banque de Montréal, dont le propre père fut directeur de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson.La famille passe l\u2019été dans sa résidence du lac des Deux Montagnes, à Senneville, et l\u2019hiver, dans sa demeure de Caroline du Sud.Eduquée à la maison par une gouvernante, Rosanna Todd part étudier le théâtre à l\u2019Académie royale d\u2019art dramatique à Lon4res, où elle vit jusqu\u2019en 1947.A Pat Donnelly, du journal The Gazette, elle confie en 1999: «J\u2019ai eu des aventures avec plusieurs hommes, mais aucun que je n\u2019ai voulu épouser.» De retour à Montréal, elle fonde rOpen Air Playhouse, au lac aux Castors sur le mont Royal (Christopher Plummer y fera ses débuts), et prend le nom dç scène Rosanna Seaborn.A la même époque, elle s\u2019intéresse au cinéma et coproduit L\u2019esprit du mal et Cœur de maman, dans lesquels elle tient des rôles importants.Puis des ennuis de santé la forcent à déménager à Nassau, aux Bahamas.Elle conserve toutefois un pied-à-terre à Montréal, au Ritz, où elle séjourne plusieurs mois par année.Rosanna Seaborn ne renonce pas pour autant à la pro-duction ni au jeu.Avec sa boîte de production Deux Montagnes, qu\u2019elle cofonde avec l\u2019actrice Suzanne Cloutier (la Desdémone d\u2019Orson Welles dans Othello), Rosanna Seaborn espère en effet tour- ner le film The Great Burning, la saga historico-amoureuse d\u2019une fille de seigneur et d\u2019un officier britannique pendant la Rébellion de 1837.Ce faisant, l\u2019actrice et productrice accumule au fil des ans «la plus importante collection privée de documents sur cette période centrale de l\u2019histoire québécoise, plus de 1200 objets, dont beaucoup de livres», comme le signalait Le Devoir du 23 janvier 2004, soit quelques jours avant la vente de ladite collection à l\u2019Hôtel des encans de Montréal.«The Great Burning est le projet de ma vie.Comme vous le savez, l\u2019histoire est différente selon la perspective française ou anglaise.Je voulais comprendre ce qui était vraiment arrivé», précise alors Rosanna Seaborn.Lorsqu\u2019elle décède en 2009, sa nièce confie au Globe and Mail: «Ma tante était sympathique aux deux camps.» D\u2019où l\u2019abandon avec lequel Rosanna Seaborn s\u2019est glissée dans la peau de la tortionnaire canadienne-anglaise de Cœur de maman'! On peut supputer.Le Devoir http .\u2018//elephant, canoe, ca/fïlms/ cœur-de-maman_6128#! pretty-Photo LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GQ sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n\u201c 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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