Le devoir, 11 juillet 2013, Cahier A
[" ¦fm J.Le Tour de France devient le tour de Froome Page B 6 La série Un nom, un lieu s\u2019intéresse à Lachine.et à son pâté Page A 6 Égypte : la justice a ordonné mercredi l\u2019arrestation du guide suprême des Frères musulmans Page B 7 www.ledevoir.corn ^ Le Devoir Vol.C I V NM 5 3 LE DEVOIR, LE JEUDI II JUILLET 2013 1,13 + TAXES =\t1,30 Lac-Mégantic : le patron de la MMA attise la colère La SQ considère désormais les 60 personnes disparues comme « vraisemblablement décédées » ; JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans une rencontre plutôt houleuse avec les journalistes, Ed Burkhardt, dont la visite était attendue de pied ferme à Lac-Mégantic, s\u2019est affirmé « dévasté » par les événements.MARCO BELAIR-CIRINO à Lac-Mégantic La sortie de Tombre du grand patron de la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA), Ed Burkhardt, n\u2019a pas apaisé la douleur des résidants de Lac-Mégantic.«Nous présentons nos plus humbles excuses aux personnes de cette municipalité.[.] Je me sens terriblement mal Je suis dévasté par ce qui s\u2019est passé», a déclaré M.Burkhardt lors de sa première sortie publique dans la communauté éplorée par la disparition de 50 des siens.La Sûreté du Québec a en effet affirmé mercredi que les 50 personnes encore portées disparues sont désormais considérées comme «vraisemblablement décédées».Les dépouilles de 20 d\u2019entre elles ont été retirées des décom-brçs jusqu\u2019à maintenant.A un jet de pierre de la «zone rouge», le président de Rail World a assuré que les ressources financières de son groupe seront consacrées à l\u2019aide à la population endeuillée.«C\u2019est la priorité», a-t-il dit à la presse, précisant du même souffle que sa compagnie bénéficie d\u2019une couverture d\u2019assurance adéquate dans ce genre de situation.Ces propos n\u2019ont toutefois pas calmé la colère des résidants, qui l\u2019attendaient de pied ferme.«Je suis venu voir l\u2019assassin de mes fils», a dit Raymond Lafontaine quelques minutes après le vif échange entre M.Burkhardt et un groupe com- VOIR PAGE A 10 : MÉGANTIC Lire aussi > Québec débioque 60 miiiions pour ies sinistrés.Le fédéral promet une aide financière dont le montant reste à déterminer.Page A 3 La MMA a bénéficié de i\u2019aide des gouvernements.L\u2019entreprise a reçu plusieurs dizaines de millions en prêts et subventions.Page A 3 Vide d\u2019expertise.Gérard Bérubé souligne le danger de laisser des entreprises dicter leur façon de faire aux autorités publiques.Page B 1 Le tourisme victime de la grève des diplomates canadiens Les délais pour le traitement des demandes de visa s\u2019allongent et découragent les visiteurs MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Le gouvernement répète, depuis deux mois, que la grève de ses diplomates ne perturbe pas ses activités à l\u2019étranger.Au pays, toutefois, l\u2019industrie touristique déplore des impacts «catastrophiques» qui lui causeront des pertes de revenus de centaines de millions de dollars.D\u2019autant plus que les agents d\u2019immigration canadiens \u2014 débordés puisque à effectifs réduits \u2014 semblent eux-mêmes recommander aux touristes d\u2019éviter le Canada.Conséquence de la grève tournante des agents du service extérieur, les demandes de visa s\u2019accumulent dans les ambassades et les délais de traitement s\u2019allongent.En Amérique du Sud, ceux qui souhaitent découvrir le Canada doivent parfois patienter de quatre à six semaines avant de savoir s\u2019ils pourront ou non entrer sur le territoire.Des délais qui inquiètent les acteurs du secteur touristique, qui constatent VOIR PAGE A 10 : TOURISME «Nous nous inquiétons de la réputation du Canada, pour l\u2019avenir» >r-t - m / JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gaétan Soucy avait connu la notoriété grâce à son roman La petite fille qui aimait trop les allumettes, publié en 1998, qui a été traduit dans une vingtaine de langues.Gaétan Soucy 1958-2013 Disparition subite d\u2019un écrivain étonnant JEAN-FRANÇOIS NADEAU Follement baroque, styliste, il était l\u2019un des écrivains les plus étonnants que le Québec ait connus ces dernières années.Auteur de L\u2019acquittement (1997) et de La petite fille qui aimait trop les allumettes (1998), Gaétan Soucy est décédé chez lui à Montréal d\u2019une crise cardiaque le mardi 9 juillet.Il avait 54 ans.Né en 1958 dans une famille de sept enfants du quartier po- pulaire Hochelaga-Maison-neuve, Gaétan Soucy sera diplômé de philosophie, passionné par les jeux d\u2019échecs, le cinéma et, bien sûr, par la littérature.Tout à fait fasciné par le Japon, il vivra dans ce pays dont il parlait la langue et appréciait la culture en connaisseur.En 1994, son premier livre, L\u2019Immaculée Conception, est lancé à l\u2019enseigne de Laterna Magica, une maison d\u2019édition naissante dirigée par Rolf Puis, le responsable de Gallimard pour l\u2019Amérique du Nord.L\u2019essentiel de son œu- vre est rassemblé ensuite aux éditions du Boréal.Publié en Prance aux éditions du Seuil, Soucy y avait pour éditeur Bertrand Visage, le même qui s\u2019occupait de Nelly Arcan.Paraissent sous sa plume L\u2019acquittement (1997), La petite fille qui aimait trop les allumettes (1998) ei Music-Hall ! (2002).On lui doit aussi une pièce de théâtre, Catoblépas, mise en scène par Denis Mar-leau.La pièce sera créée en 2001 et jouée à Montréal VOIR PAGE A 10 : SOUCY Aujourd\u2019hui Culture > Collusion sur le prix des iivres éiectroniques.Jugé coupable et menacé d\u2019une lourde amende, Apple annonce qu\u2019il fera appel.Page B10 Économie > Des économies grâce aux médicaments ies pius coûteux?Une étude du Conference Board soutient que payer cher pour des médicaments efficaces rapporte.Page B1 Avis légaux.Décès., Météo., Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.,B5 B4 B8 B8 B4 B6 77831303445528 A 2 LE DEVOIR LE JEUDI II JUILLET 20IS ACTUALITES llransCanada en campagne de sédnction Le projet de pipeline Énergie Est a été présenté aux élus et aux citoyens du Témiscouata ALEXANDRE SHIELDS TransCanada a tenu une première rencontre mercredi avec des élus et des citoyens de neuf municipalités de la MRC du Témiscouata afin de leur présenter son projet de pipeline Energie Est.L\u2019entreprise compte convertir un gazoduc du Québec en oléoduc et construire un nouveau tronçon afin de faire couler 850000 barils de brut albertain par jour vers les raffineries d\u2019ici et du Nouveau-Brunswick.Aucun communiqué n\u2019a été publié à la suite de la rencontre.Un porte-parole de l\u2019entreprise a toutefois signifié aux médias que l\u2019entreprise \u2014 qui pilote aussi le controversé projet Keystone XL \u2014 souhaitait discuter de cet important projet de transport de pétrole de l\u2019Ouest canadien avec les gens qui seraient concernés par le passage du pipeline.En entrevue à Radio-Canada, le préfet de la MRC du Témiscouata, Serge Eortin, s\u2019est d\u2019ailleurs dit ouvert au projet.«Le pipeline traverserait des terres forestières et non pas des centres-villes.Je pense que ça pourrait être plus sécuritaire, d\u2019autant plus qu\u2019on parle d\u2019un équipement complètement neuf, f imagine qu\u2019on devrait être à la fine pointe de la technologie», a-t-il affirmé.Alimenter le Québec L\u2019idée est de convertir un gazoduc en oléoduc sur une distance de 3000 kilomètres, de l\u2019Alberta jusqu\u2019à la région de Québec.De là, TransCanada construirait un nouvel oléoduc de plusieurs centaines de kilomètres en sol québécois.Le tracé préliminaire indique que cette infrastructure longerait la ERIC HYLDEN ASSOCIATED PRESS Milton, Dakota du Nord.TransCanada pilote également le controversé projet Keystone XL.route 185, en direction du Nouveau-Brunswick et de la raffinerie de Saint-Jean.Sur un site Web mis en ligne pour promouvoir son projet, la pétrolière précise que les raffineries de Montréal et de Lévis pourraient aussi être alimentées avec ce pétrole, dont une partie proviendrait des sables bitumineux.TransCanada souhaite également construire un nouveau terminal de réservoirs dans la région de Québec.Celui-ci comprendrait même «des installations destinées au chargement des navires-citernes», selon ce qui est écrit sur son site Web.L\u2019entreprise doit décider au cours des prochaines semaines si le projet ira bel et bien de l\u2019avant.Cela dépendra notam- ment de la demande qui pourrait venir des deux raffineries implantées en sol québécois.Toutes deux ont montré un intérêt certain pour s\u2019approvisionner en pétrole provenant de l\u2019Quest canadien.Elles songent d\u2019ailleurs à utiliser bientôt des trains pour le faiye.S\u2019il est lancé, le pipeline Energie Est serait mis en service au Québec en 2017.Chose certaine, le gouvernement albertain croit en ce projet.La semaine dernière, il a annoncé un engagement financier de pas moins de cinq milliards de dollars afin de faciliter sa réalisation.L\u2019Alberta souhaite ainsi s\u2019assurer que la pro-duction pétrolière en pleine croissance dans la province puisse trouver des débouchés.ce qui permettrait notamment d\u2019obtenir un meilleur prix sur les marchés.Le gouvernement Marois a lui aussi déjà démontré une ouverture certaine pour cet oléoduc.Reste à voir quelle forme pourrait prendre une éventuelle évaluation environnementale du projet.Rien n\u2019a jusqu\u2019ici été annoncé.Selon ce qu\u2019a déjà fait savoir la ministre des Ressources naturelles, Martine Quellet, il faudrait tenir compte des émissions supplémentaires de gaz à effet de serre engendrées par un tel projet.Surtout qu\u2019il s\u2019agit de pétrole des sables bitumineux, réputé plus polluant que l\u2019or noir conventionnel.Le Devoir SECURITE CIVILE Une grande quantité de produits chimiques transite par voie ferrée ROSS MAROWITS La catastrophe ferroviaire de samedi à Lac-Mégantic a attiré l\u2019attention sur le transport croissant de pétrole brut, mais des marchandises beaucoup plus dangereuses, incluant des composés chimiques, sont régulièrement transportées à proximité de collectivités canadiennes.Les sociétés de chemins de fer canadiennes ont transporté 86000 wagons complets de produits pétroliers au deuxième trimestre, en hausse de 18% comparativement à la même période il y a un an et de 62% par rapport à celle de 2011.Toutefois, les entreprises ferroviaires ont aussi transporté 154 000 wagons complets de produits chimiques durant la plus récente période de trois mois, soit 79% de plus que le pétrole qui a transformé à tout jamais la petite ville de l\u2019Estrie.Plus dangereux L\u2019analyste Cameron Doerk-sen, de la Einancière Banque Nationale, a affirmé que certains des produits chimiques transportés étaient encore plus dangereux que le pétrole brut.Toute mesure prise afin de limiter le transport de brut affecterait également l\u2019acheminement de substances chimiques.«Nous ne pouvons pas voir cela comme une amélioration en matière de sécurité, compte tenu du fait que l\u2019alternative est de transporter certaines de ces matières dangereuses par camion», a écrit M.Doerksen.L\u2019analyste a aussi indiqué que le transport de matières dangereuses par train n\u2019était pas parfait, mais qu\u2019il était généralement sûr.Selon les premières informations ayant circulé, le système de freinage du train aurait été en cause, ce qui laisse croire à un problème général de sécurité ferroviaire, indépendant du transport de brut.«En effet, le train aurait tout aussi bien pu transporter d\u2019autres matières dangereuses ou des marchandises générales inoffensives», a dit M.Doerksen.Taux d\u2019accident L\u2019American Association of Railroads affirme que 99,9977% de toutes les expéditions ferroviaires de marchandises dangereuses arrivent à destination sans incident.Le taux d\u2019accident a chuté de 91% depuis 1980 et on estime à 0,38% le taux de déversement de brut transporté en train, contre 0,88 % en ce qui concerne le brut acheminé par pipeline.Le taux mesure le pourcentage de pa-lonniers déversés par million de barils-miles acheminés.La catastrophe de Lac-Mégantic pourrait se traduire par l\u2019adoption de nouvelles mesures de sécurité, incluant des règles afin de moderniser les wagons pour qu\u2019ils répondent aux normes actuelles.Les wagons-citernes servant au transport de brut appartiennent généralement aux producteurs de pétrole et aux entreprises de raffinage, et non aux transporterus ferroviaires.La Presse eanadienne MEGA VENTE ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ JUSQU'À DE RABAIS % + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + EN BOUTIQUE SEULEMENT Pour connaître la boutique la plus près de chez vous, visitez chlorophylle.com Chlorophylle 1567 rue St-Denis Promenades Saint-Bruno, entrée 2 Place Rosemère Laval - 2280, Aut.13, Méga Centre Notre-Dame chloro phqll\u20ac chlorophylle.com Conditions Uniquement dans les boutiques Chlorophylle participantes Ne peut être jumelée à aucune autre offre ou promotion A l'achat de marchandise à prix régulier avant taxes Excluant les mises de côté, les chèques-cadeaux, offre de tierce parties, taxes et achats effectués antérieurement Non monnayable Trouvez nous sur LE DEVOIR, LE JEUDI II JUILLET 20IS A 3 LAC-MEGANTIC La MMA n\u2019est plus la bienvenue à Farnham La municipalité adopte une résolution pour interdire la circulation de ses convois JESSICA NADEAU Pour rassurer ses citoyens, le conseil de ville de Farnham a entériné une résolution visant à interdire le passage des trains de la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) sur son territoire tant et aussi longtemps qu\u2019il n\u2019aura pas les preuves que tout est sécuritaire.Fortement ébranlés par la tragédie qui a secoué Lac-Mégantic, les élus de la ville de Farnham en Montérégie se sont réunis en séance extraordinaire lundi soir afin de faire le point.«La ville va devoir rendre des comptes à la population, explique le directeur général de la Ville, François Giasson, en entrevue au Devoir.Même si ce n\u2019est pas notre devoir à nous de nous occuper de la MMA, on a un devoir collectif.C\u2019est pour cela que le conseil municipal s\u2019est empressé de passer une résolution pour demander à la MMA et à Transports Canada d\u2019arrêter le transport de marchandises jusqu\u2019à ce qu\u2019on soit rassuré.» Plus précisément, il veut que Transports Canada «ou toute autre autorité compétente» puisse procéder à des vérifications d\u2019usage sur l\u2019état des rails, des wagons et des locomotives qui circulent sur son territoire.Il aimerait une inspection «sur-le-champ», mais se contenterait des derniers rapports d\u2019inspection officiels.«On ne demande pas un rapport de 80 pages avec des spécialistes, on veut juste s\u2019assurer que si ça recommence à circuler un jour de façon importante, on ait quelque chose à répondre aux citoyens.» Optimiste, il espère pouvoir régler le tout dans le prochain mois, mais se dit prêt à attendre le temps qu\u2019il faudra, bien qu\u2019il sache que ses chances sont assez minces, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une compétence fédérale.« On veut avoir des moyens de contrôle, on veut qu\u2019il y ait des gens qui se penchent sur la situation ici, on ne veut pas un deuxième Mégantic.» Profitant du momentum, le conseil municipal a également voté une résolution visant à réclamer le déménagement de la gare de triage à l\u2019extérieur du centre-ville, une demande qui date de plus de dix ans et qui n\u2019a jamais abouti.«On n\u2019est jamais complètement à l\u2019abri, car l\u2019erreur est humaine, mais on peut se protéger davantage», conclut François Giasson.Le Devoir Rapport: un parc de wagons est désuet à 70% Ottawa \u2014 Le déraillement de Lac-Mégantic a braqué les projecteurs sur le phénomène du transport du pétrole par wagons-citernes.Les autorités américaines soutiennent qu\u2019environ 10000 nouveaux wagons-citernes ont été commandés au Canada et dans le nord-est des Etats-Unis, parce que les oléoducs sont utilisés à leur pleine capacité.Cependant, un rapport publié l\u2019an dernier par le Bureau américain de la sécurité des transports révélait que les wagons désuets et non sécuritaires composaient environ 70% du parc ferroviaire nord-américain, et que ces wagons rouleront encore durant plusieurs décennies.Il y a près de deux ans, des fabricants de wagons-citernes ont adopté des normes volontaires plus élevées, qui comprennent notamment des coques plus épaisses et un blindage qui préviendrait les perforations.Mais les autorités américaines chargées de la réglementation ont réalisé que si on alterne des vieux wagons avec des modèles plus récents dans un convoi, on n\u2019augmente pas la sécurité globale.Les wagons-citernes ont une durée de vie de 30 à 40 ans.L\u2019industrie rechigne à l\u2019idée de modifier les vieux wagons, des améliorations qui coûteraient un milliard de dollars selon leurs estimations.La Presse eanadienne Paillé veut une commission parlementaire immédiatement Le chef du Bloc québécois Daniel Paillé demande la tenue d\u2019une commission parlementaire immédiatement pour prendre les décisions qui s\u2019imposent à la suite du déraillement ferroviaire mortel de Lac-Mégantic.M.Paillé estime que les parlementaires ne doivent pas attendre les résultats des diverses enquêtes qui sont en cours avant d\u2019agir.Car certains aspects régis par le Code du travail et le ministère des Transports peuvent et doivent être amendés dans les plus brefs délais, a plaidé le bloquiste, qui a rendu visite mercredi aux sinistrés de la catastrophe qui ont trouvé refuge à la poljwa-lente Montignac.Même s\u2019il a soutenu que ce n\u2019était pas le temps de «tirer des cailloux» en direction du gouvernement conservateur, il a décoché une flèche à l\u2019endroit du ministre fédéral des Transports Denis Lebel.«Au lieu de dire qu\u2019il y avait eu moins de déraillements, je pense qu\u2019il aurait dû se garder une petite gêne», a-t-il suggéré.La Presse eanadienne LAC MEGANTIC 13 MAINE 44 i W W % JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les inspecteurs fédéraux poursuivent leur enquête sur la cause du déraillement ferroviaire.Québec débloque 60 millions pour les sinistrés Le fédéral promet une aide financière dont le montant reste à être déterminé JESSICA NADEAU Le gouvernement Marois débloque un fonds spécial de 60 millions pour aider les sinistrés de Lac-Mégantic.De son côté, Ottawa se dit prêt à délier les cordons de sa bourse, n\u2019attendant que les évaluations et demandes officielles de Québec pour intervenir à son tour.D\u2019une voix qui se voulait rassurante, la première ministre Paubne Marois s\u2019est adressée directement aux victimes de Lac-Mégantic.«Je vais m\u2019assurer que tout ce que nous pouvons faire maintenant puisse être fait sans attendre.Et je dis aux citoyens de Lac-Mégantic: vous pouvez compter sur nous.» Dès lundi, les familles évacuées de Lac-Mégantic pourront bénéficier d\u2019une aide forfaitaire de premier recours de 1000$, a annoncé M\u201c® Marois à l\u2019issue du Conseil des ministres de mercredi qui a été consacré, dans sa presque totabté, à la tragédie.Cet argent fait partie d\u2019une première enveloppe de 25 millions destinée à l\u2019aide d\u2019urgence pour les citoyens, les entrepreneurs et la municipabté.« Mince consolation » Une seconde tranche de 25 millions sera rendue disponible afin d\u2019aider la municipalité à planifier la reconstruction du centre-ville et de ses infrastructures.«C\u2019est une mince consolation, nous le savons très bien, mais nous allons aider Lac-Mégantic à rebâtir un centre-ville moderne, beau et attractif Ce que j\u2019espère, c\u2019est que cette reconstruction devienne un projet mobilisateur tant pour la municipalité que pour ses citoyens.» Tous les frais engagés par la municipalité pour répondre aux sinistrés seront «remboursés à 100%», a assuré Pauline Marois, qui se rendra de nouveau à Lac-Mégantic jeudi pour faire le point avec «la courageuse mairesse».Enfin, le Conseil des ministres a entériné la création d\u2019un fonds spécial de 10 millions pour amoindrir les «répercussions sérieuses» que la tragédie a eues sur l\u2019économie.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dès lundi, les familles évacuées de Lac-Mégantic pourront bénéficier d\u2019une aide forfaitaire de premier recours de 1000$.«En plus de notre profonde tristesse, nous éprouvons un sentiment de colère bien légitime, a affirmé la première ministre.En temps et lieu, aussi bien l\u2019entreprise que les autorités concernées devront rendre des comptes.Jamais un tel événement n\u2019aurait dû se produire.» Ottawa prêt à aider Malgré ses critiques, Pauline Marois a soutenu qu\u2019elle comptait sur l\u2019aide d\u2019Ottawa pour «partager les coûts», sans toutefois quantifier les sommes qui seraient nécessaires.«On va faire un bilan pour savoir les coûts encourus et c\u2019est évident qu\u2019on va avoir une demande au fédéral, soit à travers des programmes réguliers ou à travers une intervention spéciale.» Le député conservateur de Mégantic-L\u2019Era-ble, Christian Paradis, a rapidement répondu à l\u2019appel de Québec.«La communauté de Lac-Mé-gantic peut compter sur le gouvernement du Canada en ces temps difficiles, a soutenu le ministre de l\u2019Industrie par voie de communiqué en fin de journée.Nous sommes présentement en attente de l\u2019évaluation du gouvernement du Québec identifiant les besoins les plus urgents.Lorsque nous l\u2019aurons reçue, nous agirons rapidement et efficacement afin de nous assurer que les gens reçoivent l\u2019aide dont ils ont besoin.» A Québec comme à Ottawa, les drapeaux seront en berne pour une semaine en mémoire des victimes du tragique déraillement de train.rVAC et sécurité civile Questionnée par les journalistes, Pauline Marois a refusé de prendre position sur la pertinence d\u2019avoir les gens de la Direction de l\u2019indemnisation des victimes d\u2019actes criminels 0VAC) à Lac-Mégantic, comme le recommandait l\u2019ancien ministre de la Justice, Marc Belle-mare, dans les pages du Devoir mercredi.«Actuellement, nous offrons de l\u2019aide directe aux citoyens et cette question de l\u2019IVAC sera évaluée [.] On indiquera [en temps et lieu] aux citoyens si c\u2019est une avenue à exploiter pour qu\u2019ils puissent le faire.Rien ne sera épargné et tous les programmes gouvernementaux pourront être utilisés, mais dans un premier temps, pour s\u2019assurer qu\u2019on prend soin de notre monde correctement, il y a des mesures d\u2019urgence qui sont disponibles et c\u2019est ce à quoi je vais m\u2019attarder.» Aux autres municipalités qui souhaitent savoir ce que les compagnies ferroviaires transportent sur leur territoire, la première ministre demande un peu de patience, laissant entendre que Québec pourrait adopter la réglementation permettant de rendre opérante la Loi sur la sécurité civile, qui date de 2001 et qui oblige les générateurs de risques de sinistres majeurs à informer les municipalités de ces risques.«Nous allons prendre le temps de faire une réflexion correcte et, éventuellement, s\u2019il y a des mesures à prendre, s\u2019il y a des règlements à adopter, s\u2019il y a des gestes à poser [.] je peux vous dire que nous ne nous en laverons pas les mains.» Le Devoir La MMA a bénéficié de l\u2019aide des gouvernements ERANÇOIS DESJARDINS Les 1200 kilomètres de chemin de fer qui allaient devenir la Montreal, Maine and Atlantic en 2003 ont été achetés pour 50 millions, après quoi l\u2019entreprise a reçu plusieurs dizaines de millions de dollars en prêts et subventions découlant de programmes d\u2019infrastructures initiés par les gouvernements.La catastrophe de Lac-Mégantic a eu pour ef fet de braquer les projecteurs sur l\u2019avenir de la MMA, mais aussi sur son historique financier, y compris une enveloppe de 15 millions qu\u2019elle a reçue conjointement de la part de Québec et d\u2019Qttawa en 2007.«Les chemins de fer d\u2019intérêt local (CEIL) exploitent plus de 38 % du réseau ferroviaire québécois, ont indiqué les deux paliers de gouvernement lors de l\u2019annonce il y a six ans.Plus de 80 % des produits expédiés par les CEIL ont pour destination finale les Etats-Unis.C\u2019est principalement le bois, le papier, la pulpe, les panneaux particules, le minerai et l\u2019aluminium.» Les wagons-citernes qui ont explosé à Lac-Mé-gantic contenaient, eux, un produit dangereux, c\u2019est à dire du pétrole de schiste à destination de la raffinerie d\u2019Irving au Nouveau-Brunswick.Le programme conjoint prévoyait notamment la réfection de certaines voies et des structures, la hausse de capacité portante (de 263000 à 286000 bvres, la norme américaine) et l\u2019ajout de voies d\u2019évitement.De façon spécifique, les 15 millions promis à la MMA étaient répartis comme suit: 6 millions d\u2019Qttawa, 4 millions du Québec et 5 milbons du programme des CEIL La première ministre Pauline Marois a indiqué mercredi que le gouvernement vérifie des informations véhiculées la veille par LCN selon lesquelles, une partie de l\u2019argent aurait été investi aux Etats-Unis.Dix-huit investisseurs Selon la publication juridique Lexpert, qui se spécialise dans le droit des affaires, la transaction de 2003 s\u2019est chiffrée à 50 millions.Dans l\u2019avis public de MMA publié peu après la transaction, on compte 18 in- L entreprise a vestisseurs, dont LaSalle Bank, Bank\t,\t.Austria et Earlston Associates, le plusieurs principal actionnaire, qui est en fait le aiyainps holding personnel d\u2019Ed Burkhardt.C\u2019est l\u2019homme d\u2019affaires qui s\u2019est pré- de millions senté mercredi à Lac-Mégantic.La Caisse de dépôt et placement a de dollars indiqué mardi qu\u2019elle a investi\ta, 14,7 millions au départ, un investisse- prêts ment qu\u2019elle évalue aujourd\u2019hui à subventions À peine deux ans plus tard, en 2005, la MMA reçoit de la Federal Railroad Administration (FRA) un prêt de 34 millions remboursable sur 25 ans.Cette année-là, cinq compagnies ont eu un appui financier en vertu du Raiboad Rehabilitation & Improvement Financing (RRIF), les montants promis oscillant entre 5,5 millions et 50 millions.Ce programme a une capacité maximale de 35 milliards.En reconnaissant son implication, la Caisse a révélé que la MMA s\u2019est mise en vente en 2011 \u2014 dans le cadre d\u2019un appel de soumis- sions formel \u2014 et qu\u2019une transaction a carrément avorté en raison du fait que la MMA tramait un prêt non transférable d\u2019une agence américaine.Fonds dédiés à la sécurité Quelques années plus tard, en 2009, Transports Canada promet à la Montreal, Maine and Atlantic une somme de 80500$ pour «l\u2019installation de lumières de sécurité à plusieurs passages à niveau».L\u2019avis mentionne que les travaux se feront dans huit villes, dont Nantes et Lac-Mégantic.En 2010, le ministère fédéral octroie 104000$, cette fois pour «améliorer les feux clignotants à plusieurs passages à niveau à travers le Québec».En février 2010, la compagnie MMA avise le Maine qu\u2019elle n\u2019est plus capable d\u2019exploiter, le tronçon qui dessert le nord de l\u2019État, où elle dit perdre jusqu\u2019à 5 millions par année.C\u2019est le fief des compagnies forestières, pour lesquelles l\u2019idée de fermer le chemin de fer est une question de vie ou de mort.Huit mois plus tard, l\u2019État consent à racheter les 375 kilomètres au prix de 20,1 millions en argent comptant.Ce rachat du Maine équivaut à 53 600 S/kilomètre.En ^ise de comparaison, la transaction initiale qui a donné naissance à la Montreal, Maine and Atlantic a coûté aux investisseurs initiaux seulement 41800$/kilomètre.Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE JEUDI II JUILLET 2013 ACTUALITES AUSTRALIE La Grande Barrière de corail est dans un état « médiocre » ALEXANDRE SHIELDS Considérée comme un joyau de la biodiversité mondiale, la Grande Barrière de corail souffre de plus en plus des conséquences de ractivité humaine.La situation est à ce point critique que l\u2019Australie qualifie maintenant son état de «médiocre».Les écosystèmes du récif présentent «une tendance à la dégradation de leur état en raison d\u2019une qualité de l\u2019eau qui reste mauvaise et des effets cumulatif du changement climatique et d\u2019une augmentation, en fréquence et en intensité, des événements [météorologiques] extrêmes», indique un rapport publié mercredi par Canberra.Le ministre de l\u2019Environnement Mark Butler a rendu public ce document attestant l\u2019altération régulière du récif corallien depuis 2009, une dégradation qui s\u2019est notamment produite sous l\u2019effet de cyclones et d\u2019inondations.«Les épisodes climatiques extrêmes ont un impact significatif sur l\u2019état général de l\u2019environnement marin [de la Grande Barrière], lequel a décliné de moyen à médiocre», souligne ainsi le rapport.« Une régénération complète prendra des décennies», poursuit-il.Mais d\u2019autres menaces risquent fort de nuire au retour des coraux.Toute la zone maritime souffre de plus en plus des impacts des changements climatiques et de l\u2019acidification des océans.Selon les résultats d\u2019une étude américaine publiée l\u2019automne dernier, la Grande Barrière de corail a perdu la moitié de ses coraux en à peine trois décennies.Dragage nuisible Qui plus est, la Grande Barrière souffre de plus en plus des effets néfastes d\u2019opérations de dragage lancées pour permettre la construction ou l\u2019agrandissement d\u2019infrastructures portuaires.Ces travaux sont surtout menés pour répondre aux besoins de l\u2019industrie minière.Le pays produit d\u2019importantes quantités de minerais destinés aux marchés asiatiques.D\u2019autres projets industriels menaçant l\u2019écosystème marin australien sont pilotés par des entreprises gazières.Un projet est en construe- m m AUSTRALIAN INSTITUTE OF MARINE SCIENCE/AGENCE FRANCE PRESSE Inscrite au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO en 1981, elle s\u2019étend sur environ 345 000 km^ le long de la côte est australienne et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde.Certaines parties du récif se meurent.tion sur l\u2019île de Curtis, au large de la ville de Gladstone, dans le Queensland.L\u2019idée est d\u2019y acheminer, par gazoduc, du gaz naturel exploité grâce à la fracturation hydraulique.Il y sera liquéfié avant d\u2019être exporté par bateau vers les marchés asiatiques.Mais le passage des navires nécessite un important agrandissement du port et le dragage du secteur.Les groupes écologistes s\u2019inquiètent des impacts des travaux en cours, mais aussi de l\u2019accroissement significatif de la circulation de navires chargés d\u2019hydrocarbures dans ce secteur Commission sur les enjeux énergétiques du Québec CONSULTATION PUBLIQUE De la réduction des gaz à effet de serre à l'indépendance énergétique du Québec Lanaudière\tJoliette\t4 septembre Chaudières-Appalaches\tThetford Mmes\t5 septembre Nord-du-Québec\tLebel sur Quevillon\t10 septembre Abitibi-Témiscamingue\tRouyn\t11 septembre Outaouais\tGatineau\t13 septembre Montérégie\tSaint Hyacinthe\t17 septembre Montréal\tMontreal\t18 et 19 septembre Laurentides\tSaint Jerôme\t20 septembre Gaspésie-îles-de-la-Madeleine\tGaspe\t24 septembre Bas-Saint-Laurent\tRimouski\t25 septembre Côte-Nord\tSept îles\t27 septembre Capitale-Nationale\tQuebec\t30 septembre et 1 octobre Saguenay-Lac-Saint-Jean\tSaguenay\t3 octobre Mauricie\tShawinigan\t8 octobre Estrie\tSherbrooke\t9 octobre Les personnes et les groupes desireux de fournir un témoignage ou de déposer un mémoire doivent s inscrire auprès de la Commission a I adresse suivante CONSULTATIONENERGIE.GOUV.QC.CA Ce calendrier pourrait être modifie Nous vous invitons a visiter le site Internet UN , QUEBEC Québec E9 ES ES ES maritime déjà soumis à une intense activité humaine.D\u2019autant que plusieurs espèces en péril fréquentent les eaux ceinturant l\u2019île de Curtis et que la Grande Barrière de corail est située non loin de là.Inscrite au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO en 1981, la Grande Barrière s\u2019étend sur environ 345 000 km^ le long de la côte est australienne et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde.Elle abrite 400 espèces de coraux, 1500 espèces de poissons, 4000 espèces de mollusques et de nom- PEW ENVIRONMENT GROUP/AFP La section nord-est de la Grande Barrière de corail présente une faune et une flore marines très diversifiées.breuses espèces en danger, comme le dugong et la grande tortue verte.L\u2019UNESCO a menacé de placer la Grande Barrière au nombre des sites en danger en 2014 si aucune mesure n\u2019est prise pour limiter le développement de l\u2019industrie sur le littoral.Ses recommandations, si elles ne sont pas suivies par les Etats, peuvent entraîner à terme un retrait de la Liste du patrimoine.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir Pluies diluviennes sur la Chine » h] U I, \" w at la II î F\t¦' Un glissement de terrain a enseveli 17 personnes mercredi dans la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine, alors que des pluies torrentielles ont détruit des maisons et des ponts dans la région, a annoncé la télévision d\u2019État CCTV.Un précédent bilan diffusé par l\u2019agence Chine Nouvelle avait fait état de 30 à 40 personnes ensevelies.Une grande partie de la Chine, Pékin compris, a été touchée par d\u2019importantes précipitations ces derniers jours, souvent accompagnées d\u2019orages.Depuis lundi, les pluies torrentielles qui se sont abattues au Sichuan ont provoqué des crues sur plusieurs rivières, emportant trois ponts, et déclenchant l\u2019évacuation de 36800 personnes, selon les autorités, photo agence frange presse CHANGEMENTS CLIMATIQUES Les vertébrés devront s\u2019adapter à vitesse grand V pour survivre ALEXANDRE SHIELDS adapter ou disparaître.En raison de la vitesse à laquelle le climat de la planète se détraque, plusieurs espèces de vertébrés devront évoluer 10000 fois plus rapidement que par le passé si elles veulent survivre.Des chercheurs de l\u2019Université d\u2019Arizona ont analysé le rythme d\u2019adaptation de différentes espèces dans le passé en le comparant avec le rythme qu\u2019elles devraient avoir au cours du présent siècle pour s\u2019adapter à la nouvelle donne climatique.Pour cette étude, la première du genre, ils ont utilisé des données provenant de quelque 570 espèces vivantes de vertébrés terrestres.Leurs travaux comprenaient des espèces d\u2019amphibiens, de reptiles, d\u2019oiseaux et de mammifères.«Nous avons découvert qu\u2019en moyenne, les espèces s\u2019adaptent aux conditions climatiques à un taux d\u2019à peine un degré Celsius par million d\u2019années, explique le professeur John Wiens, du Département d\u2019écologie et d\u2019évolution biologique de l\u2019Université d\u2019Arizona.Mais si les températures augmentent de quatre degrés, comme le prédit le Groupe d\u2019experts intergouvememental sur l\u2019évolution du climat, c\u2019est une différence immense.Cela veut dire que la capacité d\u2019évoluer pour s\u2019adapter à cette hausse ne sera pas une option pour plusieurs ^espèces.» L\u2019objectif des Etats engagés dans la lutte contre les changements climatiques est de freiner la hausse du climat à 2 °C.Mais de plus en plus d\u2019organisations, dont la Banque mondiale, prédisent que l\u2019inaction internationale nous conduit vers une hausse qui pourrait atteindre 4°C dès 2060.L\u2019Agence internationale de l\u2019énergie évoque même une hausse de 5,3 ° C d\u2019ici la fin du siècle.Menace d\u2019extinction Cela veut dire que les changements climatiques provoqués par l\u2019activité humaine menacent d\u2019extinction plusieurs espèces de vertébrés.Une étude publiée en mai dernier par des chercheurs de l\u2019université britannique d\u2019East Anglia concluait que plus de la moitié des espèces végétales et un tiers des espèces animales les plus communes devraient voir l\u2019espace propice à leur existence réduit de moitié d\u2019ici 2080, à cause du réchauffement climatique.Selon la chercheuse Rachel Warren, qui a participé à cette étude, ces estimations se situent «probablement dans la fourchette basse» dans la mesure où elles ne prennent en compte que l\u2019impact de la hausse des températures et pas les événements extrêmes induits par le changement climatique, comme les cyclones ou les inondations.«Les populations d\u2019animaux en particulier pourraient disparaître plus que nous ne l\u2019estimons, avec moins de plantes disponibles pour les nourrir, expliquait-elle dans un communiqué présentant l\u2019étude.Il y aura aussi des retombées sur les hommes, car il y a des espèces qui sont importantes pour la purification de l\u2019eau et de l\u2019air, pour limiter les inondations et le cycle de l\u2019alimentation.» Le Devoir porter raffinée sur toute la ligne Économiser avec Porter, c\u2019est du vrai bonbon ! 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A 6 LE DEVOIR, LE JEUDI II JUILLET 2013 ACTUALITES Un nom, un lieu Lachine et son pâté On passe devant, on roule dessus, on s\u2019y rend tous les jours : ces places, ces rues, ces villages ont des noms parfois charmants qui cachent une histoire souvent insoupçonnée.Tout l\u2019été, nous partons à la découverte non pas des lieux, mais de leur toponymie.CAROLINE MONTPETIT Elle s\u2019appelait autrefois Coste Saint-Sulpice, bordant les fougueux rapides du Sault-Saint-Louis, qui bouillonnent toujours, plus de trois siècles plus tard, à l\u2019extrémité ouest de l\u2019ile de Montréal.Mais en 1669, René-Robert Cavelier de La Salle, à qui ces terres avaient été cédées par le seigneur, n\u2019avait que faire, semble-t-il, de ce joli coin d\u2019Amérique.Son rêve, voire son obsession, c\u2019était de trouver à l\u2019ouest le passage vers Vermeille, comme il appelait l\u2019océan Pacifique, pour aller jusqu\u2019en Chine.Deux Amérindiens, parait-il, lui avaient parlé de ce passage, et il aimait rappeler son projet à quiconque voulait l\u2019entendre.Il ne voulait laisser à aucun autre «l\u2019honneur de trouver le chemin de la mer du Sud et par elle celui de la Chine».Vendant ses terres de la région de Montréal, il partit donc en tête d\u2019une flottille de 14 hommes et de quelques canots.Mais Cavelier de La Salle n\u2019est pas à la hauteur de ses propres ambitions.Contrairement à ce qu\u2019il avait avancé, il ne parle pas la langue des Iroquois ni celle des Algonquins.Il est incapable de se servir d\u2019une boussole et ne possède % / » H ARCHIVES LE DEVOIR René-Robert Cavelier de La Salle Bâtiments situés sur les terres ayant appartenu à Cavelier de La Salle, à Lachine aucune connaissance de la survie en forêt.«Les membres de l\u2019équipage atteignent difficilement le lac Ontario», lit-on dans une courte biographie de Cavelier de La Salle, publiée par la Commission scolaire des Affluents.Adrien, le frère de Louis Jolliet, leur parle d\u2019une nation amérindienne, les Po-téouatamis, qui n\u2019a pas encore été évangélisée.Prétention Mais Cavelier de La Salle prétexte une fièvre et rentre à Ville-Marie, où il prétendra avoir exploré l\u2019Ohio et découvert le Mississippi.À la Coste Saint-Sulpice, les gens voient donc revenir, à peine quelques semaines après son départ, cette équipée partie pourtant pour de longs mois.«Bon nombre se demandèrent alors si «La Chine» ne s\u2019était pas considérablement rapprochée de Montréal pour se situer désormais dans cette contrée jusque-là connue sous le nom de Coste Saint-Sulpice, écrit Normand Moussette dans son livre En ces lieux que l\u2019on nomma La Chine.Et si l\u2019on peut dire, la pointe fit mouche, tant et si bien qu\u2019on prit bientôt l\u2019habitude d\u2019appeler «La Chine» ces lieux-dits de «La côte Saint-Sulpice», d\u2019où était partie l\u2019expédition sans lendemain.» Cuisine québécoise Dans sa Genèse de la cuisine québécoise, publiée aux éditions Fides, Jean-Marie Francœur va plus loin.Il avance en effet que la fameuse appellation «pâté chinois», dont l\u2019origine demeure obscure malgré la popularité du plat, pourrait être liée à cette expédition manquée.D\u2019abord, on avait ironiquement surnommé «Chinois» les membres de l\u2019expédition de Cavelier de La Salle, qui avaient apporté dans leurs bagages des costumes d\u2019apparat «chinois», au cas où ils ren- contreraient quelques dignitaires de l\u2019Orient.Les hommes de Cavelier de La Salle avaient par ailleurs mangé du mais durant toute leur expédition.Et selon Francœur, le nom ironique de «pâté chinois» pourrait avoir été une invention de Dollier de Casson, qui se moquait de l\u2019expédition manquée de Cavelier de La Salle.Portant le mystère de son nom, le pâté chinois passera à la postérité.Quant à Cavelier de La Salle, dont Francœur souligne le caractère «émotif et imaginatif, de même que faraude, autoritaire et colérique», il repartira en expédition.MARTIN VIAU d\u2019abord dans la région des Grands Lacs, en 1673, puis au Mississippi, en 1682, 10 ans après le père Marquette et Louis Jolliet.Il fonde la Louisiane.En 1684, une de ses expéditions, comptant quatre navires, le Saint-Erançois, XAimable, la Belle et le Joly, se termine par une attaque de pirates espagnols et un naufrage.Cavelier de La Salle est abandonné sur le rivage.Sans bateau, il se retrouve au Texas, où il est attaqué par des Amérindiens, puis assassiné par balle, en 1687, par ces compagnons révoltés par sa conduite brutale.Le Devoir POUR LES PETITS PANDAS Nouveau cet ete! Nouvel habitat das patits pandas - une véritable immersion dans un décor exotique inspiré de Tarchitecture traditionnelle chinoise! La Jardin d'Océania - une nouvelle volière pour les loriquets qui pourront profiter du soleil et de Vair frais! Jardin zoologique \u2022\t1000 animaux de près de 225 espèces exotiques \u2022\tPlus de 20 animations par jour \u2022\t4 continents (Afrique, Amérique du Sud, Asie et Océanie) \u2022\tPavillon Odyssée Pacifique Sud et le spectacle Kaïla Parc aquatique Amazoo iôgo \u2022Aventure Hurakan \u2022\tBassin Booshikë \u2022\tBateau tamponneur \u2022\tRivière Cunucunoma \u2022\tPiscine à vagues chauffée Parc des manèges \u2022\tPirogue Kimbunga \u2022Train aérien Orient Express \u2022\tMontagne russe Anaconda z6d 'GRANBY aquatiaue AMAZOO lOCO C\u2019est parfois essouflant d\u2019être parent! Mais avec quelques trucs, c\u2019est plus facile! ^ MAMANPOURLAVIE .com Ma famille Ma réalité Ma communauté ¥ B CINQ VIES TRANSFORMEES À JAMAIS.MEILLEURE SERIE FRANÇAISE FESTIVAL SERIES MANIA 2012 AINSI SOIENT-ILS PREMIERE CE S01R>21H LE DEVOIR, LE JEUDI II JUILLET 2013 A 7 ACTUALITES Neuf candidats briguent la mairie de Montréal JEANNE CORRIVEAU La liste des candidats à la mairie de Montréal s\u2019allonge un peu plus chaque semaine.Jusqu\u2019à maintenant, au moins neuf candidats ont signifié leur intention de briguer le poste de maire lors du scrutin du 3 novembre prochain.Même s\u2019ils n\u2019ont pas la notoriété des candidats «vedettes» ni la même attention médiatique, plusieurs Montréalais ont décidé de se lancer dans la course à la mairie.C\u2019est le cas notamment de l\u2019éditeur Michel Brûlé, de Clément Sau-riol, un travailleur autonome, et de Michel Bédard, ancien chef du parti Eléphant blanc et candidat lors des élections de 20Q5 et de 2009.A l\u2019heure actuelle, 11 candidats indépendants ont été autorisés par le Directeur général des élections (DGE), mais certains d\u2019entre eux sollicitent un poste de conseiller.Parmi ceux qui convoitent la mairie figurent le fondateur de Secor, Marcel Côté \u2014 qui s\u2019est allié à Louise Harel la semaine dernière \u2014, Mélanie Joly, Michel Brûlé et Clément Sauriol.Ayant reçu la bénédiction du DGE, ils peuvent désormais engager des dépenses en vue des élections.De leur côté, Denis Coderre et Richard Bergeron, de Projet Montréal, sont inscrits auprès du DGE à titre de chefs de parti politique.Pour tous les goûts Travaillant pour un OSBL (la Corporation des premières assises mondiales sur la condition humaine Rallye 2000), Clément Sauriol affirme faire campagne sans slogan.Sur son site Internet, il présente son «programme simplifié» comprenant 32 engagements, dont ceux de récupérer les «sommes volées» à la Ville de Montréal, d\u2019abolir la taxe de mutation (taxe de Bienvenue) et de combattre la «circulation parasite».Expert en aéronautique et impliqué dans la lutte contre le décrochage scolaire.Kofi So-nokpon a annoncé son intention de briguer la mairie via les médias sociaux.Comme il ne porte pas les partis politiques dans son cœur, il suggère de regrouper des candidats indépendants au sein de l\u2019ACIDE (Alliance des candidats indépendants pour déloger les élus).D\u2019origine togolaise, M.Sonokpon dit vouloir faire de Montréal la «Perle des Amériques».Il n\u2019est toujours pas officiellement inscrit comme candidat auprès du DGE.Michel Brûlé est plus connu du public, ayant fondé en 1993 les éditions des Intouchables.Il évoque la nécessité de réduire le nombre d\u2019élus montréalais et se dit partisan des carrés rouges.En 2009, il avait annoncé son intention de briguer la mairie, mais avait finalement retiré sa candidature.Quant à Michel Bédard, c\u2019est un habitué des élections municipales.Dans les années 1980, il fut membre du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), puis fonda le parti Eléphant blanc et fut candidat à la mairie lors de plusieurs élections municipales 4ans les années 1990 et 2000.A la tête du parti Eierté Montréal, il obtint 1,26% des voix lors du scrutin de l\u2019automne 2009.Mardi, c\u2019était au tour du blo-gueur et producteur de documentaires Denis McCready d\u2019annoncer sa candidature en faisant de la démocratie directe son cheval de bataille.Il a fait savoir qu\u2019il serait au parc Jeanne-Mance samedi prochain pour recueillir les 200 signatures nécessaires à sa demande de candidature.La liste des candidats pourrait encore s\u2019allonger d\u2019ici les élections du 3 novembre, puisque les aspirants maires ont jusqu\u2019au 4 octobre à 16 h 30 pour se manifester.Le Devoir LAVAL La cause de Vaillancourt est reportée au 1\u201c octobre PIERRE SAINT-ARNAUD à Laval La cause judiciaire de l\u2019ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt, et de 36 autres suspects arrêtés il y a deux mois par des agents de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC), a été reportée au 1®\u2019\u2019 octobre prochain, mercredi, au palais de justice de Laval.Seulement trois des accusés étaient présents en salle d\u2019audience, dont l\u2019ex-directeur général de la Ville, Claude De-guise, qui fait face, avec Gilles Vaillancourt et l\u2019ex-directeur de l\u2019ingénierie Claude Asselin, à des accusations de gangstérisme en plus des multiples chefs de complot, fraude et corruption, notamment, qui visent l\u2019ensemble des suspects.Divulgation de la preuve Les entrepreneurs Tony Ac-curso et Mike Mergl, de même que l\u2019ingénieur Rosaire Sauriol, figurent aussi parmi les accusés.D\u2019ici le l®\u2019\u2019 octobre, la préparation de la divulgation de la preuve devra être complétée afin qu\u2019elle soit présentée à ce moment.Les accusés seront alors appelés à enregistrer leur plaidoyer et annoncer s\u2019ils choisiront de subir un procès devant juge et jury ou devant un juge seul.Cependant, Gilles Vaillancourt et ses présumés com- J- Gilles Vaillancourt a été arrêté par l\u2019UPAC le 9 mai dernier.plices ne pourront éviter le tribunal lors de cette prochaine étape.«Le juge a ordonné que tous les accusés \u2014 et les avocats les représentant \u2014 soient présents à la prochaine date, qui est le premier octobre, et il n\u2019y a pas d\u2019exception, le juge étant formel à ce sujet», a expliqué le procureur de la Couronne, M® Claude Dussault.Le juge Garneau, qui a été saisi de requêtes de certains accusés pour obtenir leur passeport afin de pouvoir aller en voyage, a acquiescé, mais non sans lancer l\u2019avertissement suivant au premier qui en a fait la demande: «Qu\u2019il en profite, parce qu\u2019il m\u2019apparaît douteux qu\u2019il puisse aller sous d\u2019autres deux une fois les procédures commencées», a Imssé tomber le magistrat.La directive est à prendre au sérieux: à l\u2019avocat d\u2019un des accusés qui demandait une exception parce qu\u2019il avait prévu un voyage en octobre et que ses billets étaient déjà achetés, la réponse du juge Garneau a été immédiate et sans appel: «Idon.Qu\u2019il devance son voyage.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le procureur de la Couronne, M® Claude Dussault, n\u2019a pas voulu dire s\u2019il entendait utiliser la procédure d\u2019acte d\u2019accusation privilégié, ce qui permettrait de passer outre à l\u2019étape de l\u2019enquête préliminaire, mais il a clairement annoncé son intention de traduire les 37 accusés devant la justice ensemble dans un mégaprocès.«Ils sont accusés dans un même dossier, alors on pourra tenir pour acquis pour l\u2019instant que tout va procéder en même temps.» Si une enquête préliminaire devait avoir lieu, le juge Garneau n\u2019a pas l\u2019intention de laisser traîner les choses.«Il est urgent et prioritaire que l\u2019enquête préliminaire se tienne», a-t-il déclaré.A un avocat qui lui demandait s\u2019il avait une idée des dates qui devraient être retenues ou à tout le moins d\u2019un horizon, le juge s\u2019est contenté de répondre : «Je peux vous dire que ça ne prendra pas trois ans.» Pas avant fin 2013 ?M® Dussault, pour sa part, a dit douter qu\u2019une enquête préliminaire puisse s\u2019amorcer avant la fin de 2013, puisque la défense devrait prendre le temps d\u2019analyser les éléments de preuve qui s\u2019ajouteront d\u2019ici le premier octobre.Après avoir été visé par des allégations devant la commission Charbonneau et ciblé par l\u2019UPAC, Gilles Vaillancourt a démissionné de son poste de maire le 9 novembre dernier à l\u2019issue d\u2019un règne incontesté à Laval pendant 23 ans.Alexandre Duplessis a été choisi par les conseillers municipaux pour le remplacer, le 23 novembre.M.Duplessis a toutefois démissionné à son tour le mois dernier après avoir été mêlé à une affaire de prostitution.La Presse canadienne m.>¦ 1 S'APPROCHER DES FILS ELECTRIQUES C'EST METTRE SA VIE EN DANGER Hydro-Quebec assure l entretien régulier de la vegetation a proximité de ses lignes.Il se peut toutefois qu'un arbre doive être coupé ou élagué Dans ce cas, consultez hydroquebec.com/arbres. A 8 LE DEVOIR LE JEUDI II JUILLET 20IS EDITORIAL RALENTISSEMENT ECONOMIQUE EN CHINE La zone des ombres Ce n\u2019est pas la première fois ni évidemment la dernière que l\u2019économie chinoise est rythmée par des évolutions qui, une fois confondues, annoncent un ralentissement.À la différence des contractions constatées ici et là dans le monde depuis l\u2019éclatement de la crise en 2008, celui qui a cours en Chine a ceci de très particulier et d\u2019inquiétant: une somme imposante d\u2019inconnues.A Serge Truffaut vant de s\u2019attarder aux méandres industriels et financiers de la dynamo économique du monde, il faut s\u2019arrêter aux tentatives politiques conçues récemment par les nouveaux membres, sept en tout, du politburo chinois.C\u2019est tout simple, le premier ministre Li Ke-qiang en tête, détenteur d\u2019un doctorat en économie comme deux autres membres de ce clan, ainsi que le président Xi Jinping et leurs confrères ont voulu réformer tout l\u2019appareil économique sous l\u2019emprise de l\u2019État.Ils envisageaient de briser les monopoles et les oligopoles qui, selon leur analyse, nuisent à l\u2019efficience de biens des secteurs d\u2019activités.Ils ont.Ils ont échoué.Ils n\u2019ont pas atteint un objectif fondé pour la bonne et antique raison que, ce faisant, ils ont heurté des intérêts aussi particuliers que très puissants.Et d\u2019une.Et de deux, les nouveaux mandarins du régime ont prévenu que même si l\u2019inflation est faible et l\u2019activité économique atone, il n\u2019est pas question que l\u2019État fasse aujourd\u2019hui ce qu\u2019il a fait au lendemain de la dépression de 2008, W-\tV\tsoit investir massivement, par banques pu- bliques interposées, afin de doper l\u2019activité ^\t'\téconomique.Le gouvernement en a décidé ainsi à cause principalement de la santé financière des banques d\u2019État.Si elles sont réputées profitables, elles le sont également pour la faiblesse de leur capitalisation.Qui plus est, parallèlement à ce réseau existe un système de prêteurs de l\u2019ombre si ample qu\u2019on estime qu\u2019ils accaparent, bon an mal an, 45% des besoins financiers des entreprises privées.Bref, la part de marché de la banque de l\u2019ombre est presque égale à celle de la banque officielle.À ce hiatus bancaire, il faut maintenant greffer le problème des problèmes, soit la dette publique du pays et surtout des collectivités locales.Sur le papier, l\u2019État avance qu\u2019il est dans le rouge à hauteur de 17% du PIB.Quant aux villes et villages, jusqu\u2019à la semaine dernière, on pensait que leur endettement avoisinait les 35% du PIB jusqu\u2019à ce que les autorités admettent qu\u2019elles n\u2019avaient absolument aucune idée, plus ou moins précise, de la réalité.Elles sont allées jusqu\u2019à confier que la dette en question est certainement plus corsée que la chiffre brandi jusqu\u2019à présent, soit le 35%.À ce tableau peu reluisant, on doit ajouter les maux des mots et des gestes.On s\u2019explique.Cela fait des années maintenant que tout un chacun sait que la fonction publique jongle quotidiennement avec la corruption, que des mandarins du régime sont versés en fraude en tout genre, que bien des entreprises inscrites à la Bourse ont une inclination prononcée pour la comptabilité « créative », que la plupart des administrations sont devenues expertes dans l\u2019édification de paravents chiffrés afin de voiler évidemment la réalité, etc.Bref, l\u2019Empire du Milieu voue un culte pour les chiffres chers au faussaire.Cela, tout cela, est connu.De Wall Street à Erancfort en passant par Londres, Bombay ou Brasilia, on sait que le royaume du capitalisme sauvage se moque de ce que nous considérons comme des conventions.Mais voilà, aujourd\u2019hui, à la différence des soubresauts antérieurs, les effets d\u2019un « moment Lehman », du nom de la banque américaine qui symbolise mieux que tout autre la déchéance de 2008, d\u2019un moment made in China, les effets donc auront des répercussions autrement plus graves pour le monde.Tout le monde.Si l\u2019économie, c\u2019est faire la guerre autrement, que fait-on quand on ne peut plus la faire autrement?COMMANDITES DANS LES FESTIVALS Malaise de « bon gars » n franc-tireur qu\u2019il est, Richard Desjardins a rompu un certain silence du milieu de la chanson quant à l\u2019omniprésence des commandites et de la publicité dans les festivals.«Le bon gars» d\u2019Abitibi a confié au Soleil être «mal à l\u2019aise» par rapport à l\u2019omniprésence du logo de Loto-Québec dans la scène où il se produira ce soir, au Eestival d\u2019été de Québec.Ce qui le fâche, a-t-il expliqué, c\u2019est le fond de scène «beurré».Eaut-il désormais que les artistes conçoivent l\u2019éclairage pour mettre en valeur des logos ?Devraient-ils composer une chanson sur le dernier gratteux?Ce n\u2019est pas la première fois que l\u2019auteur-compositeur-interprète s\u2019insurge à ce sujet.En mai, dans une lettre au Devoir, il expliquait s\u2019être souvent produit dans des festivals commandités par de grosses entreprises.Il préci-A ^ ~ / sait toutefois avoir «toujours refusé que leurs bannières ou leurs logos apparaissent» sur la scène au moment où il se produisait.«Le son et l\u2019image que je soumets aux spectateurs doivent refléter sans interférence l\u2019état de mon âme.C\u2019est la raison pour laquelle les gens viennent me voir et m\u2019écouter.» Desjardins dénonçait alors le président de la Chambre de commerce de Rouyn-Noranda, Jean-Claude Lo-ranger, qui avait incité les organismes culturels commandités par des minières à « approuver sans discernement le point de vue de l\u2019industrie».Cela relevait du «chantage, une des formes que peut prendre la corruption», pestait-il.Des propos durs, certes, il y a cependant déjà eu, sur le même sujet, sortie encore plus véhémente ! Souvenons-nous du dramaturge Wajdi Mouawad qui, en 1999, avait dénoncé la présence du logo d\u2019Hydro-Québec sur la scène du TNM, où il présentait Don Quichotte.Dans un texte, il avait confié fantasmer à l\u2019idée de «pisser et chier» sur les «cartons de commanditaires», mais aussi de «balancer allègrement pisse et merde aux visages des pétasses argentées, des connards assurés et des gros tas cellularisés » qui traitent le théâtre comme pur «divertissement».Aïe.Qutre l\u2019outrance excessive,,ces révoltes posent des questions importantes.Nos sociétés d\u2019État, qui sont des monopoles, font beaucoup pour les arts.Et c\u2019est bien ainsi.Mais ont-elles besoin d\u2019appliquer une logique de visibilité identique à celle des entreprises privées en situation de concurrence ?L\u2019aide publique qui permet aux événements de se tenir ne devient-elle pas un coup de pouce indirect aux commanditaires privés pour se faire valoir?Réfiéchissons-y ce soir lorsque Desjardins entonnera Eh oui, c\u2019est ça la vie.I Antoine Robitaille ¦s !r îtî.^ LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directeur de Tinformation ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de Pinformation PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET J r \u2018 w J Vf REPRISE LETTRES J\u2019ai pleuré et je pleure encore J\u2019ai pleuré et je pleure encore les morts de Lac-Mégantic.Mon fils y est né.J\u2019ai vécu sept ans dans cette région, proche de cette ville, à Val-Racine, puis à Milan, où j\u2019avais construit ma maison.J\u2019ai un souvenir impérissable des richesses humaines des gens du Méganticois, comme je qualifiais notre région alors.Il faut comprendre que la région de Mégantic, sur le plan géographique comme sur le plan humain, est différente.Ce n\u2019est pas la Beauce et ce n\u2019est pas l\u2019Estrie.Les hivers y sont nettement plus rudes, et les étés, surtout dans la partie sud-ouest de la région, nettement plus «piquants» avec les légions de mouches noires, de «frappabords» (des taons) et de maringouins.Cela a façonné un peuple fort devant l\u2019adversité, tenace et donc résilient, et surtout très solidaire; de la solidarité concrète, pas de façade.Qu le voit ces jours-ci.Ces gens savent s\u2019aider.Lace à l\u2019adversité, chez eux, il n\u2019y a pas de riches et pauvres, il n\u2019y a que des voisins et des amis qu\u2019il faut sauver.J\u2019ai pleuré et je pleure encore quand j\u2019ai vu et que je revois les images et les vidéos de la destruction du cœur de ce qui était pour moi notre capitale régionale.Moi qui suis européen de naissance, je ne l\u2019ai jamais trouvée belle siu le plan architectural; dans la rue principale, celle qui a été pulvérisée par cette monstruosité, peu d\u2019édifices étaient remarquables, à part l\u2019église anglicane qui fut transformée en restaurant et qui a été «volatilisée» en quelques secondes durant cette nuit abominable.Mais cette ville avait un charme particulier.Je l\u2019ai- mais et je l\u2019aimerai toujours; pas pour ses immeubles, poiu les personnes qui y vivent.J\u2019ai une énorme dette personnelle pour les gens de Milan et de Val-Racine qui m\u2019ont aidé spontanément en des moments très difficiles dans ma vie.Ces gens aujourd\u2019hui pleurent la destruction du cœur de leur capitale et, bien que j\u2019espère que non, la mort d\u2019amis.Mon cœur est avec eux et avec les parents et amis des disparus.J\u2019ai pleuré et je pleure encore.Alain Bridault Québec, le 9 juillet 2013 Des leçons du désastre La tragédie de Lac-Mégantic constitue une synthèse très puissante des trois problématiques essentielles auxquelles le Québec \u2014 et le monde \u2014 a à faire face actuellement et qui sont à l\u2019origine du désastre.La crise environnementale : nous avons une fois de plus la démonstration que l\u2019exploitation intensive et sauvage des ressources naturelles conduit inévitablement à des désastres écologiques et humanitaires à long mais aussi à très coiut terme.La crise sociale et économique : les déréglementations, privatisations et restructurations, apanages par excellence des délires néolibéraux et austéritaires, laissent libre jeu aux entreprises qui n\u2019hésitent pas à mettre la hache dans les mesiues de sécurité les plus élémentaires si cela permet d\u2019augmenter leiu marge de profit.La question de l\u2019indépendance : le Québec reste pris dans l\u2019étau des intérêts (pétroliers et autres) des gouvernements canadiens et américains, ce que le trajet mortel du train de la Montreal, Maine and At- lantic Railway illustre de manière tra^que.A la suite de l\u2019hécatombe, la compacte publie d\u2019ailleurs un premier communiqué en anglais, rappelant de ce fait le spectre du Speak White d\u2019une autre époque.Se pencher uniquement sur les quelques faits et acteurs entoiuant la catastrophe ne permettra pas d\u2019empêcher que des événements du genre se reproduisent.Les véritables causes sont plus profondes et appellent à des réponses qui le sont tout autant.A voir les déclarations on ne peut plus vagues des dirigeants et dirigeantes, ce n\u2019est certes pas eux et elles qui entameront cette démarche.Ce sera au peuple du Québec de le faire lui-même un joiu ou l\u2019autre, sans quoi la catastrophe de Lac-Mégantic est appelée à devenir un «incident» parmi d\u2019autres.Bâlint Demers Le 9 juillet 2013 Pour la mémoire Au sujet de la tragédie de Lac-Mégantic.Sans vouloir être macabre, il faut dès maintenant que l\u2019on prenne la décision de conserver des vestiges de ce qui s\u2019est passé parce que tout sera bientôt rasé et il ne restera que de la terre aplatie à l\u2019endroit où tout s\u2019est passé.Il faut conserver, pour la mémoire de tous, des artefacts, par exemple le petit bout de façade de la maison de brique, tout juste le restant de la structure de sa baie vitrée ou bien une cheminée qui est restée debout malgré tout, ou encore ces arbres noirs, avec plus rien dessus, qui se retrouvent comme des poteaux sans fil à soutenir.Stéphane Laporte Québec, le 10 juillet 2013 LIBRE OPINION Contrer la carie autrement EVE-MARIE ARCAND Dentiste En tant que dentiste, je m\u2019intéresse au sujet de la fluoration depuis plusieurs années.Lorsque j\u2019étudiais, la fluoration nous a été dépeinte comme une des meilleures mesures de santé publique de l\u2019histoire permettant à faible coût d\u2019avoir un impact majeur sur la carie, particulièrement chez les plus démunis.Après analyse du sujet, je constate que la science est interprétée différemment selon notre orientation et que la position des opposants repose sur de nombreux arguments scientifiques valables.Pour qu\u2019une carie se forme, il faut la combinaison de bactéries cariogènes et de sucres.Les bienfaits du fluor sont principalement topiques (par application sur la surface des dents).Puisque l\u2019eau que nous buvons ne touche que très peu la surface des dents, cet effet est discutable en comparaison de celui d\u2019un dentifrice qui est appliqué sur les dents plus longtemps pour ensuite être craché.Est-il vraiment nécessaire d\u2019avaler un produit dont un des mécanismes d\u2019action est de neutraliser ou tuer les bactéries de la plaque dentaire ?Les tenants de la fluoration estiment qu\u2019il est bon d\u2019avaler une petite quantité de fluorure durant la formation des dents (entre 0 et 8 ans princi- palement) pour favoriser l\u2019incorporation de fluor afin de les rendre plus résistantes à la carie.Mais attention, un excès durant cette période critique occasionnera une fluorose dentaire, défaut caractérisé principalement par des taches blanches.Bien que la majorité des fluoroses qui sont rencontrées soient des formes légères qui peuvent occasionner un problème esthétique à certains patients, il y a des cas plus importants où non seulement le patient est presque toujours préoccupé par l\u2019aspect de ses dents, mais ces dernières peuvent être plus poreuses et plus susceptibles à la carie.Il faut donc être extrêmement prudent avec le fluor ingéré.Les instructions sur les tubes de dentifrice avisent de ne pas avaler ce produit.La grosseiu d\u2019un pois de dentifrice contient la même quantité de fluor qu\u2019un verre d\u2019eau fluorée.Dans les villes à l\u2019eau non fluorée, la fluorose existe déjà (comme quoi on peut être en surdosage sans même boire de l\u2019eau fluorée), mais, sans surprise, elle est nettement plus fréquente dans les villes fluorées.Il tient de la pensée magique de croire que la fluoration va opérer des miracles sur les enfants les plus touchés par la carie.S\u2019ils ne se brossent pas bien les dents et qu\u2019ils consomment trop de sucre, ils souffriront de carie dentaire, fluor ou pas.Voici des propositions pour réduire la carie que j\u2019ai présentées à la commission parlementaire : Inclure les scellants de puits et fissures dans la couverture de la RAMQ Ces parties des dents sont les plus vulnérables à la carie.Certains patients les laissent non scellées, car ils n\u2019ont pas les moyens d\u2019agir en prévention.Offrir un remboursement RAMQ pour les obturations en composite Pour les dents postérieures, les restaurations couvertes par la RAMQ sont les amalgames contenant environ 50% de mercure.Un nombre croissant de dentistes le délaissent par précaution.Identifier les enfants les plus affectés par la carie et offrir des programmes d\u2019éducation ciblés Contrôler la qualité de nourriture servie dans les écoles Le ministère pourrait exiger des menus moins cariogènes.Promotion de la saine alimentation Plutôt que de promouvoir la fluoration, poiuquoi ne pas promouvoir de saines habitudes qui contribuent à une bonne santé générale?Le ministère a évoqué la possibilité de fluorer les aliments.Cela est tout aussi discutable, car on traite sans discernement et sans maximiser l\u2019effet topique.Il revient aux professionnels de la santé de prescrire des suppléments à usage topique, en présentant les avantages et les inconvénients. LE DEVOIR LE JEUDI II JUILLET 20IS A 9 IDEES Se sortir la tête des sables Les tragédies locales comme celle de Lac-Mégantic ne doivent pas nous empêcher de prendre la mesure de la tragédie globale dans laquelle nous sommes en train de sombrer.Texte collectif* est en tant que témoins que Cfj nous écrivons cette lettre.Té-/ moins d\u2019une catastrophe écologique et sociale que les mots décrivent bien mal: nous revenons de Fort McMurray en Alberta, centre névralgique de la production des sables bitumineux.Ac-cueillis par la communauté autochtone locale et accompagnés de centaines de citoyens de partout en Amérique du Nord, nous avons marché au cœur du plus grand projet industriel de la planète.Plusieurs d\u2019entre nous ont également visité les installations de la pétrolière Suncor sous l\u2019invitation de cette dernière.Ce que nous avons vu et entendu nous a marqués à jamais.Nous revenons profondément attristés et en colère.L\u2019ampleur de la dévastation provoquée par cette industrie saute aux yeux de quiconque se rend sur place et les chiffres confirment ce sentiment.Chaque jour, la production des sables bitumineux provoque le déversement dans la nature de 11 millions de litres d\u2019eau toxique \u2014 soit 4 milliards de litres par année \u2014 et émet en gaz à effet de serre équivalant à ceux de 15 millions de voitures.C\u2019est sans compter les effroyables effets sociaux sur les populations locales.Dans certaines communautés autochtones de la région, les taux de cancer explosent, dépassant aujourd\u2019hui de 30% la moyenne canadienne.Le développement de l\u2019industrie se fait dans le mépris le plus complet des Premières Nations: la communauté crie du lac Beaver a comptabilisé pas moins de 20 000 violations à ses traités territoriaux.Dans plusieurs cas, c\u2019est 80% du territoire des communautés autochtones qui leur est inaccessible à un moment ou l\u2019autre de l\u2019année en raison du développement des sables bitumineux.Ici comme là-bas, les autochtones sont les grands oubliés de ces projets de développement.Des pipelines nécessaires à l\u2019expansion de la production Ce n\u2019est toutefois pas assez pour satisfaire la soif de profits des pétrolières et du gouvernement Harper, qui entendent doubler la production de sables bitumineux d\u2019ici 2020 et la tripler d\u2019ici 2030.Il y a cependant un obstacle majeur sur la route de ce projet mégalomane : pour produire tout ce pétrole \u2014 l\u2019objectif est de cinq millions de barils par jour \u2014, il faut être en mesure de le transporter.Et pour le transporter, il faut des pipelines: sans pipelines, pas d\u2019expansion.D\u2019où les nombreux projets qui surgissent un peu partout depuis les A MARIO JEAN Installation pétrolière à Fort McMurray, en Alberta, comme observée par la délégation québécoise.dernières années.Heureusement, la mobilisation citoyenne, particulièrement au sein des communautés autochtones, réussit à ralentir ou à bloquer ces développements destructeurs.À l\u2019ouest, le projet de Northern Gateway a été bloqué \u2014 à tout le moins pour le moment \u2014 à la suite des mobilisations des Britanno-Colombiens, et au sud.Keystone XL sera probablement rejeté par l\u2019administration Obama en raison de son impact sur le climat.Les regards cupides des entreprises pétrolières se tournent donc vers nous, car elles veulent débloquer un corridor pour acheminer le pétrole lourd des sables bitumineux vers l\u2019est.D\u2019où la pression mise sur le gouvernement du Québec pour qu\u2019il donne son feu vert au projet d\u2019inversion et d\u2019augmentation du flux de la ligne 9 d\u2019Enbridge, qui relie Sarnia et Montréal.La semaine dernière, le gouvernement albertain annonçait d\u2019ailleurs un chèque de cinq milliards de dollars pour encourager un autre projet de pipeline vers le Québec.Cela donne une idée de leur détermination.L\u2019équation est simple.Plus de pipelines, c\u2019est plus de sables bitumineux.Plus de sables bitumineux, c\u2019est plus de gaz à effet de serre : le pé- trole produit à Fort McMurray en émet entre trois et cinq fois plus que le pétrole conventionnel.Il est urgent que le public québécois se questionne.Voulons-nous encourager le développement des sables bitumineux en donnant le feu vert au projet d\u2019inversion du pipeline 9 d\u2019Enbridge ?La consultation promise sur le projet par le gouvernement Marois doit impérativement tenir compte de ces faits reconnus.D\u2019ici là, un moratoire s\u2019impose.Réchauffement planétaire Depuis la catastrophe de Mégantic, les lob-bys pétroliers et leurs alliés chantent les mérites des pipelines.Rien n\u2019est plus faux.Depuis 1975, les pipelines albertains ont généré 28666 déversements de pétrole.C\u2019est deux déversements par jour en moyenne.Nous devons refuser de choisir entre deux catastrophes.Les tragédies locales comme celle de Lac-Mégantic ne doivent pas nous empêcher de prendre la mesure de la tragédie globale dans laquelle nous sommes en train de sombrer.Il n\u2019y aura jamais de pétrole propre.Plus nous tardons à prendre le virage écologique, plus les conséquences seront graves et les coûts élevés.Les autochtones devront évidemment être au cœur de ce processus de transition, eux qui sont si souvent les premières victimes de l\u2019exploitation effrénée des ressources énergétiques.Il y a quelques semaines, on apprenait que le taux de CQ2 dans l\u2019air atteignait son plus haut niveau depuis 2 à 5 millions d\u2019années : 400 parties par million (ppm).Selon l\u2019Agence internationale de l\u2019énergie, nous nous dirigeons vers un réchauffement planétaire de 3 à 5 ° C, soit davantage que le seuil critique de 2 °C fixé par la communauté scientifique.Les réserves des entreprises et des pays producteurs de pétrole contiennent déjà cinq fois plus de combustibles fossiles que ce qui est nécessaire à l\u2019atteinte de cette limite.Nous allons devoir accepter de laisser du pétrole dans le sol.Nous revenons de ce voyage avec un constat clair et unanime et la catastrophe de Lac-Mégantic vient le confirmer.Il est impératif qu\u2019un débat de société ait lieu rapidement, non seulement sur le projet d\u2019inversion de la ligne 9 d\u2019Enbridge et les règles de transport des produits pétroliers, mais, plus largement, sur l\u2019élaboration d\u2019une réelle stratégie de transition énergétique visant à rapidement sortir de manière rationnelle et efficace du modèle énergivore qui est le nôtre depuis trop longtemps.Un échéancier sérieux, un plan clair qui ne passe pas par la culpabilisation individuelle, mais par la mobilisation de nos institutions collectives, notamment Hydro-Québec.Nous sommes devenus collectivement dépendants du pétrole et nous avons d\u2019urgence besoin d\u2019une cure de désintoxication.Rompre avec cette dépendance sera salutaire à court, moyen et long terme.N\u2019attendons pas que les circonstances imposent un choc encore plus brutal à nos sociétés.Commençons dès aujourd\u2019hui, alors que nous avons les moyens de le faire progressivement et démocratiquement.*Les membres de la délégation québécoise à Fort McMurray: Michel Lambert, Alternatives Dominic Champagne, metteur en scène Gabriel Nadeau-Dubois, étudiant Çatrick Bonin, Greenpeace Eric Pineault, professeur Widia Larivière et Melissa Mollen Dupuis, Idle No More Québec , Geneviève Puskas, Equiterre Julie Marquis, CSN Marie-Josée Béliveau, Coalition vigilance oléoduc (CoVo) Ethan Cox, chef de bureau au Québec pour rabble, ca Arij Riahi, journaliste indépendante Tim McSorley, Coop-média Mario Jean, photographe Nydia Dauphin La réplique > Option nationale Le défaitisme, notre principal adversaire Nous avons entre les mains un parti qui est encore plein de ces gens intelligents et inspirants qui se reconnaissaient en Jean-Martin S CATHERINE HORION Auteure, ex-candidate d\u2019Option nationale dans Taschereau et membre du Conseil national elon Yannick Cormier, président de Laurier-Dorion de mai à septembre 2012, Option nationale fut une étoile filante qui n\u2019aurait jamais éclairé le ciel s\u2019il n\u2019y avait pas eu un mouvement social favorable en 2012 et un Jean-Martin Aussant qui pogne.La question vaut la peine d\u2019être posée: c\u2019est qui ce parti-là, à part Jean-Martin Aussant?N\u2019en déplaise à ceux qui ont besoin de repères.Option nationale n\u2019est pas l\u2019entreprise d\u2019un groupe de politiciens de carrière capables d\u2019avoir leru face en première page des journaux une fois par semaine.Jean-Martin n\u2019était pas connu avant sa démission du PQ.La majorité de ceux qui l\u2019ont suivi l\u2019ont fait parce qu\u2019ils étaient touchés par l\u2019homme et le message et non parce que ça représentait poru eux, en plus d\u2019une occasion de faire avancer leurs idées, une possibilité d\u2019atteinte de leurs ambitions individuelles en politique.Cette frange particulière de la société québécoise qui a suivi ON est jeune, active, éduquée et très bien organisée sur les réseaux sociaux; clairement, c\u2019est elle qui occupera le plancher quand la marche naturelle des générations lui cédera la place.D\u2019autant plus qu\u2019à cette jeunesse se sont joints des milliers de gens d\u2019autres générations qui, contents d\u2019avoir une bonne raison de rechuter dans l\u2019espoir, sont venus ajouter à cette fougue leru nécessaire recul historique et leru expérience.Quand j\u2019ai commencé à militer poru l\u2019indépendance du Québec, il y a cinq ans, il n\u2019y avait pas grand-monde de cette frange-là parmi les militants qui avaient tenu le fort contre vents et marées depuis 1995.Et puis ça a changé.Des gens de plusierus horizons, qui auparavant aruaient été gênés de s\u2019afficher comme souverainistes tellement c\u2019était démodé, se sont mis à joindre les rangs en se disant: «Ça va faire, la honte: je suis souverainiste, je vais m\u2019assumer.» Toutes les Le déclencheur «Je me sens floué.Le fait est qu\u2019Option nationale ne te survivra pas.Fruit de ta défection du PQ, le parti a été poussé par une parenthèse historique.La crise du souverainisme [.], puis Occupy, le printemps érable et leurs sursauts de militantisme ont gonflé les effectifs, mais pas la qualité de l\u2019organisation.Se sont ainsi regroupés d\u2019admirables déterminés autour d\u2019une figure charismatique [.].Le problème était que le message véhiculé était personnalisé: Aussant, le vertueux démissionnaire.» Yanick Cormier, Le Devoir, 28 juin 2013.modes passent: celle du cynisme et du découragement, qui avait la cote en 2010, commence à passer date.La force du ressac s\u2019est évanouie, la nouvelle vague prend forme et se met à gonfler.C\u2019est la même chose aillerus dans le monde : des avant-gardistes foncent dans le tas des idées reçues et pratiquent des brèches.D\u2019autres s\u2019y engouffrent.Voyant cela, d\u2019autres encore emboîtent le pas.Plus tard, les grégaires qui pressentent le balayage s\u2019y joignent également.C\u2019est ça, un mouvement social.Paysage politique extrêmement morne Dans notre monde où croire en quoi que ce soit était considéré comme un acte de fanatisme, quelques courageux se sont avancés.Qption nationale compte parmi ses membres et ses sympathisants plusieurs de ces courageux, dont le seul désavantage pour l\u2019instant est de ne pas être connus du grand public (seulement du petit !).Qui, Aussant a été un phare dans cette nouvelle vague qui vient.Qn aimait l\u2019écouter parce que ses mots ne sourdaient pas du travail désincarné de relationnistes publics fa-çonneurs d\u2019image.Il ne préparait pas ses dis- cours, il était drôle, pince-sans-rire, il expliquait les choses en prenant les gens pour du monde intelligent.Dans le paysage politique actuel, c\u2019était révolutionnaire.Mais si Jean-Martin a pogné, c\u2019est justement parce qu\u2019il y a au Québec à la fois ce paysage politique extrêmement morne au milieu duquel la sincérité ne peut que briller très fortement par contraste, et à la fois, cette nouvelle vague qui débarque à la recherche de cette sincérité-là précisément, à la recherche d\u2019un sens qui ne découle pas d\u2019un économisme aveugle ou d\u2019un individualisme indéfectible, dogmes de notre temps.Ce paysage social là est toujorus là, comme un feu qui couve et qui attend que l\u2019actualité lui donne des raisons de se rassembler poru se nourrir, pour grossir et continuer sa gestation.Si la page du printemps érable est torunée, on est loin d\u2019être à la fin du livre.Pendant la Révolution tranquille, il y a eu des à-coups, des moments de repos, des relais à l\u2019international, des srusauts populaires pour différentes causes qui n\u2019avaient pas l\u2019air, de prime abord, d\u2019avoir de parenté entre elles, mais qui, avec le recul de l\u2019Histoire, se sont finalement toutes retrouvées mariées ensemble.Le Québec avait une envie profonde de se sortir de la Grande Noirceur \u2014 coljusion, corruption, contrôle des esprits par l\u2019Eglise \u2014, comme quelqu\u2019un qui, un beau matin, secoue sa déprime de plusieurs mois, tire les rideaux, ouvre grand les fenêtres, met la musique dans le piton poru se lancer dans le ménage, puis se dit tout haut à lui-même avant d\u2019appeler des amis: «Ça va faire.Je me suis assez morfondu dans mon lit que ma vie n\u2019était pas ce qu\u2019elle devrait être.» Jean-Martin s\u2019est déchargé du poids d\u2019une responsabilité qu\u2019il portait depuis deux ans.Il a dit aux autres: «Vous qui étiez contents que je porte cette responsabilité, voulez-vous la porter à votre tour?Je suis fatigué.» Si nous détalons pour ne pas qu\u2019échoue sur nous la moindre fraction de cette responsabilité, nous trahissons le fait que nous étions des resquilleurs qui aimions voir changer les choses grâce au sacri- fice des autres sans mouiller notre chemise.Aucun mouvement social ne pourra se déployer sans responsabilité partagée, si largement partagée que le désir de sortir de la Grande Noirceur deviendra plus fort que tout et que le grand ménage sera inévitable \u2014 non pas uniquement dans les finances publiques, mais dans notre psyché collective immobilisée depuis trop longtemps par le doute.Confiance Jean-Mardn a eu le courage incompréhensible {«Non mais, était-il fou ?», me dis-je parfois) de fonder un parti (qui d\u2019autre l\u2019aurait fait?) et de rassembler une foule de gens qui lui ressemblent.Il nous a fait cadeau, sinon de son endurance, du moins d\u2019un coruage inespéré de la part d\u2019un homme dans sa position.Nous avons ça entre les mains.Nous avons entre les mains un parti qui, s\u2019il merut, renaîtra inévitablement sous une autre forme dans quelques années parce que le vide politique qu\u2019QN a rempli est manifeste, prégnant.Nous avons entre les mains un parti qui ose affirmer sans ambages ni hésitation que le Québec doit être indépendant, et qui croit au potentiel de l\u2019authenticité dans un monde où le citoyen-consommateru est plus qu\u2019écoerué de se faire bullshiter pour son vote ou poru son argent.Nous avons entre les mains un parti qui est encore plein de ces gens intelligents et inspirants qui se reconnaissaient en Jean-Martin.Nous n\u2019avons aucune idée de ce qu\u2019QN sera dans cinq ans: ça peut aller de pétard mouillé à succès fulgurant.Mais parce que nous avons déjà tout ça, moi, j\u2019ai envie d\u2019essayer.Le défaitisme, celui de Yannick et de tant d\u2019autres, est notre principal adversaire dans cette bataille d\u2019idées qui se joue tous les jorus sur le terrain de nos esprits.C\u2019est contre ce défaitisme que les humains se battent depuis toujorus dans leur lutte pour l\u2019émancipadon, pour la justice et poru tout ce qui ne peut s\u2019obtenir que par l\u2019acdon collective.Bref, en politique comme en amoru, la confiance est tout.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) , information générale : Mane-Andree Chouinard {chef de division), Dominique Reny (adjointe au directeur de linformation), Caroline Montpetit (affaires sociales), Dsa-Marie Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Paukne Gravel (sciences), Fabien DeghseésoceefeJ et Jean Dion (sports) , information politique Marco Fortier (chef de division), Michel Damd(chroniqueur), Helene Buzzetti et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Robert Dutnsac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau et Bnan Myles (affaires municipales, JNIontreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter) , information culturelle Louise-Maude RiouxSoucy (chef de division), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters), Jubé Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l information), Marco Belair Cirmo, François Desjardins et Enc Desrosiers {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'TaiWeier (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editonale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emihe Eohe-Boivm et Louis Gagne (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Erappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier, Karl Rettmo-ParazeUi et Genevieve Tremblay (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Chnstme Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Elorence Eerrans (commis) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur) ÇbAeaxoxv Derome (JVIontreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBLICITE Elyes Ben M'rad, Claire Breton {superviseur) de BiUy, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Nathahe Jobin (par interim), Claire Paquet, Catherine Pelletier, Chantal RainviUe, Suzanne Rooke, (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais, {coordonnatrice), Ehse (j\\x?ixd.(secretaire) PRODUCTION Ohvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Carohne Guimond, Yannick Monn, Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Jean-Robert Divers (responsable de la promotion) ,ls/iaxiYsi-0\\iYier Leclerc (responsable duservice a la clientele), Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables) ,C\\aMdet!i'S: Behveau (adjointe administrative) , Claudine Chevner, Elorentina Draghici, Cehne Euroy, Ghislaine Lafleur et Véronique Page A 10 LE DEVOIR LE JEUDI II JUILLET 20IS ACTUALITES MÉGAMIC SUITE DE LA PAGE 1 pact de journalistes.«Il a fait sauter notre centre-ville, puis a volé nos enfants.» Le fils et les deux belles-filles du natif de Lac-Mégantic comptent parmi les 50 victimes de la catastrophe.«Quand quelqu\u2019un ne se présente pas le nez tout de suite, il a des choses à cacher», a-t-il ajouté d\u2019un ton calme.En plus de son arrivée tardive à Lac-Mégantic, plusieurs n\u2019ont pas digéré qu\u2019il s\u2019en prenne publiquement à l\u2019opérateur du train, Torn Harding.M.Burkhardt a en effet complètement lâché son opérateur de train après qu\u2019il ait apparemment modifié son témoignage à propos des événements précédant l\u2019explosion de wagons-citernes au cœur de la municipalité.M.Harding n\u2019aurait pas serré correctement les freins manuels du convoi comme il l\u2019avait pourtant juré précédemment, selon le président du conseil d\u2019administration de la MMA.«Il ne travaillera plus pour nous», a spécifié M.Burkhardt.«Il accuse le petit qui, lui, suit les ordres de la compagnie.Je trouve cela de valeur pour ce monsieur», a dit Alyssia Bolduc.Dès qu\u2019elle a aperçu M.Burkhardt dans son téléviseur, sans réfléchir, elle a accouru sur les lieux de la conférence de presse.Elle devait le voir de visu.Çon conjoint et sa mère l\u2019ont suivie.À ses yeux, l\u2019homme d\u2019affaires américain a pris une série de «décisions toutes croches» dans le seul but de générer des économies d\u2019échelle au prix de la sécurité des riverains de ses chemins de fer.«Ça nous met encore plus en colère qu\u2019il soit ici, parce que je le trouve effronté», a ajouté M\u201c® Bolduc.«C\u2019est toujours la même affaire.Ce n\u2019est pas de sa faute, ce n\u2019est pas de sa faute.Il n\u2019a aucun remords», a poursuivi sa mère, Johanne Orichefqui.Persona non grata A l\u2019occasion du point de presse, Ed Burkhardt a dû hausser le ton à plusieurs reprises afin que ses réponses éclipsent les quolibets fusant aux alentours.La MMA refuse toujours de participer au financement d\u2019un nouveau tracé de la voie ferroviaire afin que les trains contournent le centre-ville.En revanche, elle entend continuer bon gré mal gré à faire transiter ses trains dans la région.La Sûreté du Québec a mis fin au point de presse \u2014 en anglais seulement \u2014, puis a enjoint à l\u2019homme d\u2019affaires de s\u2019engouffrer dans un véhicule balisé.Cinq jours après la série d\u2019explosions meurtrières qui ont rasé le cœur de Lac-Mégantic dimanche, le président du conseil d\u2019administration de la MMA a été interrogé pendant près de quatre heures par les enquêteurs de la Sûreté du Québec.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le patron de la MMA a été confronté à la grogne populaire depuis qu\u2019il a posé le pied à Lac-Mégantic.M.Burkhardt souhaitait rencontrer les familles de Lac-Mégantic dont la vie a été bouleversée par le déraillement du convoi de wagons-citernes.La mairesse Colette Roy-Laroche l\u2019avait toutefois dissuadé de se rendre à la poljwalente Montignac, oû ont trouvé refuge la plupart des 600 personnes évacuées, a-t-il fait remarquer.«Elle veut tout contrôler.» S\u2019il tente d\u2019accéder aux espaces reserves aux personnes évacuées, il se cognera le nez à des portes closes, a souligné l\u2019inspecteur Michel Eorget.«Il ne sera pas accrédité pour la zone jaune», a-t-il affirmé.Le chef d\u2019entreprise a été confronté à la grogne populaire depuis qu\u2019il a posé le pied dans la municipalité.Ses faits et gestes sont épiés.Rassemblement à la mémoire des victimes Le drame qui frappe la municipalité de Lac-Mégantic touche tout le Québec.En signe de solidarité, une veillée aux chandelles sera organisée, vendredi soir, dans une trentaine de villes de la province.Les citoyens sont invités à se rassembler à la mémoire des victimes et des familles éprouvées par la tragédie.Le lieu de rendez-vous est la place d\u2019Armes à Montréal, la terrasse Dufferin à Québec, le parc Jacques-Cartier à Gatineau, le parc Camirand à Sherbrooke ou encore, le parc Christ-Roy à Longueuil.La liste des lieux de rassemblement est disponible sur la page Eacebook «Vendredi une pensée à la chandelle pour Lac-Mégantic.» Des rassemblements sont prévus dans la plupart des grandes villes du Québec dont Chicoudmi, Rimouski, Val-d\u2019Qr et Trois-Rivières.Les personnes intéressées à organiser des veillées dans leur municipalité peuvent aussi s\u2019y inscrire.Les heures varient, mais la plupart des veillées sont prévues à 20 h.H demeurera à Lac-Mégantic également jeudi, a-t-il indiqué.11 a promis d\u2019être accompagné d\u2019un interprète afin d\u2019interagir avec des locuteurs francophones.M.Lafontaine a qualifié le magnat du ferroviaire de « danger public ».«Pourquoi endurons-nous cela?[.] Oui, il y a des choses qui peuvent arriver! Mais ne transportons pas [de wagons-citernes remplis de pétrole léger] sur une voie faite pour transporter du bois, de la nourriture, un peu de pétrole, mais pas juste du pétrole!», s\u2019est-il exclamé.11 appelle Qttawa et Québec à «mettre leurs chaussures».«Oui, il y a eu un accident.Oui, on va se relever.Oui, on va continuer à vivre et à bâtir.Mais, il n\u2019y aura plus un câlisse de train noir qui va passer près de nos maisons.Ça, je t\u2019en passe un papier», a lancé M.Lafontaine, se disant «massacré à l\u2019intérieur».«Mais je ne suis pas fâché.» 11 dit «rester debout en attendant que les autres reviennent».«Je vais pleurer plus tard.» Ses propos ont trouvé écho à Québec.Le gouvernement du Québec gardera à l\u2019œil la MMA.«En plus de notre profonde tristesse, nous éprouvons un sentiment de colère bien légitime», a déclaré la première ministre Pauline Marois.«En temps et lieu, aussi bien l\u2019entreprise que les autorités concernées devront rendre des comptes», a-t-elle averti, en marge de la présentation d\u2019un premier plan d\u2019aide de 60 millions de dollars, dont 25 millions sont destinés à l\u2019aide d\u2019urgence.Selon elle, «jamais un tel événement n\u2019aurait dû se produire».La chef du gouvernement doit effectuer une nouvelle visite à Lac-Mégantic ce jeudi.Par ailleurs, une première dépouille a été formellement identifiée par l\u2019équipe du Bureau du coroner mercredi parmi les 20 retirées à ce jour des décombres.Son corps n\u2019aurait pas été trouvé sur le site de l\u2019ancien Musi-Café.«Cette identification-là, quelques jours à peine après le début des recherches, je pense, atteste le fait que les travaux progressent bien.Ce sont des travaux qui sont longs, qui sont ardus, et qui déjà donnent des résultats positijs.Je pense que c\u2019est encourageant pour la suite», a dit la porte-parole du Bureau du coroner, Geneviève Gqilbault.À ces dépouilles retrouvées s\u2019ajoutent les 30 personnes manquant toujours à l\u2019appel.Les familles de ces cinquante victimes ont reçu durant la journée de mercredi la visite d\u2019agents de police, du Bureau de la sécurité dans les transports (B^, d\u2019intervenants psychosociaux, ainsi que de membres de la Chambre des notaires, afin de se préparer au pire.« [Ils étaient présents] pour appuyer ces familles éplorées», a fait savoir l\u2019inspecteur Michel Eorget, de la Sûreté du Québec.Le Devoir TOURISME SUITE DE LA PAGE 1 déjà que le nombre de visiteurs en provenance de la région est à la baisse.«Le tourisme est l\u2019une des industries croissantes les plus concurrentielles dans le monde», souligne Rob Taylor, porte-parole de l\u2019Association de l\u2019industrie touristique du Canada (AITC).Cette année seulement, l\u2019AITC prévoit que la grève des diplomates fera perdre 280 millions de dollars à l\u2019industrie du voyage et du tourisme.Ses membres rapportent que le tiers de leurs revenus tirés des voyageurs des pays de l\u2019Amérique latine est en péril.Découragés à l\u2019idée de devoir patienter des semaines avant de pouvoir confirmer leur séjour, les touristes sud-américains vont abandonner, prédit M.Taylor.Dans certains cas, croit-il, c\u2019est tout un groupe qui devait partir en voyage organisé qui devra renoncer au Canada, la compagnie étant forcée d\u2019annuler faute d\u2019avoir pu combler toutes les places prévues.Et il n\u2019est pas dit que les touristes renoueront avec le Canada de sitôt.«Nous nous inquiétons de la réputation du Canada, pour l\u2019avenir, en ce qui a trait à l\u2019obtention de visas.C\u2019est déjà un processus très rigoureux, lorsque l\u2019on se compare à d\u2019autres pays», explique M.Taylor.D\u2019autant plus qu\u2019en Colombie, l\u2019ambassade canadienne a carrément suggéré d\u2019éviter de venir au pays.Une note de la section de l\u2019immigration \u2014 rédigée en espagnol et mise au jour par le Globe and Mail \u2014 explique que «le service extérieur canadien est présentement en grève», que les bureaux des visas sont au ralenti partout dans le monde et que le temps de traitement des demandes est ainsi «incertain pour le moment».«De sorte, nous vous recommandons d\u2019envisager d\u2019autres options pour votre voyage, qui n\u2019incluent pas un arrêt au Canada», a recommandé l\u2019agent canadien à une compagnie touristique colombienne dont l\u2019itinéraire prévoyait de faire escale à Toronto.Au bureau du ministre de l\u2019Immigration, Jason Kenney, on a affirmé hier qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un «incident isolé», d\u2019un message envoyé non pas à des touristes mais à des gens qui voulaient transiter au Canada.Qu a ajouté que ce message «inapproprié [.] a été utilisé sans autorisation » et qu\u2019il «a été retiré».Une porte-parole de M.Kenney a en outre souligné que tous les bureaux de visas restent ouverts, avec «un certain nombre d\u2019employés qui ont été jugés « essentiels » ».Mais si l\u2019industrie touristique s\u2019inquiétait déjà, une telle recommandation la préoccupe d\u2019autant plus.Au Québec aussi, oû l\u2019Association québécoise de l\u2019industrie touristique (AQIT) avoue qu\u2019elle suit la situation «de très près».À peine en sont-ils à la mi-saison touristique que quatre grossistes québécois \u2014 qui vendent des voyages au Canada à des voyagistes étrangers \u2014 parlent de pertes combinées pouvant atteindre jusqu\u2019à 4 millions de dollars, rapporte la poçte-parole Rachel Rousseau.À lui seul, Christophe Gorlier, président de Global Tourisme, craint de perdre 750000$ en chiffre d\u2019affaires cet été.«Et le montant continuera de grimper», déplore-t-il, notant que «ce n\u2019est pas à la veille de s\u2019arranger puisque le gouvernement fédéral estime que son offre [salariale aux diplomates] est bonne».Aux revenus en moins pour les agents de voyage s\u2019ajoutent les pertes qu\u2019encaisseront les restaurants, les hôtels et les compagnies aé- riennes, a par ailleurs ajouté M.Gorlier en entretien téléphonique avec Le Devoir.Négociations au point mort Les agents du service extérieur canadien sont en grève depuis la mi-mai et sans contrat de travail depuis l\u2019été 2011.Les négociations ont repris à la fin-mai, mais elles ont achoppé presque immédiatement.Qttawa martèle que son offre est «équitable pour les employés et équitable pour les contribuables».Est-ce à dire que le fédéral ne la modifiera pas, après que celle-ci eut été rejetée par le syndicat?«Nous continuerons à négocier de bonne foi», a simplement réitéré par courriel un porte-parole du président du Conseil du trésor, le ministre Tony Clement.Les diplomates réclament des augmentations salariales, arguant qu\u2019ils veulent un salaire égal à ceux d\u2019autres fonctionnaires aux tâches similaires.M.Gorlier implore les deux parties de mettre fin au différend au plus vite.«Il faut absolument que ce conflit se règle.[.] Je n\u2019ai jamais vu ça, des gens tenir en otages les vacances des gens dans un pays comme le Canada», a-t-il dit.En imposant des visas aux visiteurs mexicains en 2009, le Canada y avait déjà hypothéqué sa popularité comme destination voyage, a indiqué M.Gorlier.Les voyagistes du Mexique envisageraient maintenant, selon lui, de ne même plus offrir un séjour en sol canadien, à cause des embûches rencontrées lors de l\u2019organisation de ces voyages.Le Canada reçoit chaque année 700000 vacanciers et toiuistes du monde des affaires, issus de pays nécessitant un visa pour entrer au pays (Brésil, Mexique, Chine, Inde, notamment).En moyenne, un toiuiste dépense 1200$ lors de son séjoiu en sol canadien, selon l\u2019AITC.Le Devoir SOUCY SUITE DE LA PAGE 1 comme à Paris avec un vif succès.«Un premier essai dramatique dense et prometteur », écrivait alors Le Devoir, tout en évoquant en parallèle la force d\u2019une tragédie de Racine.L\u2019éditeur du Boréal, Pascal Assathiany, dit avoir «vécu un moment spécial de l\u2019histoire littéraire» avec La petite fille qui aimait trop les allumettes.«Ce texte extraordinaire a explosé mondialement.C\u2019est très rare.Il a été traduit dans vingt langues et s\u2019est trouvé diffusé dans trente pays.» Soucy doit être considéré comme l\u2019auteiu québécois le plus traduit dans le monde, comme le rappelait à juste titre le magazine Nouveau Projet dans sa plus récente édition.La plupart des grands journaux du monde ont parlé de ce livre et lui ont assiué une reconnaissance littéraire internationale.Le Times, El Pais, Die Welt et Le Monde saluèrent tous par un concert d\u2019éloges l\u2019immense talent de son auteiu.Le soir de la première de Catoblépas à Paris, Soucy était à la une du principal quotidien en Pinlande.Qn ne s\u2019étonnait plus de ses succès tant ils se multipliaient.Un nouveau roman?Ces dernières années, Gaétan Soucy se faisait pourtant rare, même s\u2019il continuait semble-t-il à écrire.Pourquoi ne publiait-il plus ou presque ?Pascal Assathiany pose seulement une hypothèse: «Je crois qu\u2019il n\u2019arrivait pas à nous donner le texte qu\u2019il souhaitait.Mais je ne crois pas qu\u2019il avait renoncé.Chaque fois que je le voyais, il me disait qu\u2019il allait nous remettre quelque chose.» L\u2019homme avait son lot de tourments.11 affichait un air d\u2019éternel timide.Ses regards allaient volontiers au plancher lors des entretiens.«On ne choisit pas la vie qu\u2019on va mener.Il y avait chez Soucy un mal de vivre terrible, mais c\u2019était foncièrement un être bon et gentil», conclut l\u2019éditeur de chez Boréal.Des proches confirment que Soucy travaillait bel et bien sérieusement à l\u2019écriture d\u2019un autre roman.Music-Hall!, publié en 2002, sera son dernier titre majeur.11 avait plusieurs fois abandonné puis repris ce texte antérieur à ses autres livres.Perrine Leblanc, une des écrivaines les plus prometteuses de sa génération, était complètement sous le choc à l\u2019annonce de ce décès.«J\u2019ai rencontré Gaétan en 2004.Je l\u2019ai tout de suite trouvé lumineux; je l\u2019ai aimé sur-le-champ.Nous avons voyagé ensemble, nous avons vécu ensemble pendant deux ans et nous nous sommes aimés très fort.Le Québec perd un auteur majeur, une voix littéraire puissante, singulière, incomparable.Moi, je perds aussi un homme qui a compté.» Homme à la fois simple et complexe, Soucy pouvait citer sans affectation Beckett, Montherlant ou Descartes au cours d\u2019un même échange.Sa Petite fille aux allumettes, son œuvre la plus saluée, est à situer quelque part entre la finesse délicieuse d\u2019un Jacques Perron, la logique d\u2019un Ludwig Wittgenstein, cité d\u2019ailleurs en ouverture, et le fantastique de l\u2019univers A\u2019Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll.Les critiques ne s\u2019y sont pas trompés en voyant dans ce livre un véritable chef-d\u2019œuvre.Le passé y est tout proche, mais dans un décor de bout du monde qui pourrait être tout près, dans le poids d\u2019un climat qui peut parfois faire songer à certains textes tourmentés d\u2019Anne Hébert.L\u2019histoire?Deux enfants qui doivent enterrer leur père, un être à la fois craint et ridiculisé.Ce livre étonnant par sa force annonce avec une grande légèreté qu\u2019il a été écrit en moins d\u2019un mois, soit du 27 janvier au 24 février 1998.Mais on sait depuis qu\u2019il s\u2019agit là aussi de littérature, puisque l\u2019auteur avait donné à lire antérieurement divers fragments de ce manuscrit remarquable.En 1996, dans une «autobiographie approximative», Gaétan Soucy évoquait, sur deux courtes pages, des moments forts de sa vie.11 fut, dit-il, un enfant sensible et toiumenté ayant appris brutalement, ,à l\u2019âge de quatre ans, que les êtres sont mortels.A12 ans, il lit Edgar Poe et Camus, puis bientôt Sartre.La nausée le subjugue et il traverse L\u2019être et le néant le cœur battant.Puis, il plonge dans l\u2019œuvre de Beckett, et expérimente «comme tout le monde la drogue, le sexe, le rock\u2019n\u2019roll, les sentiments, le mépris des sentiments, les conceptions subversives et le snobisme».L\u2019importance de son œuvre a été soulignée non seulement par la critique, mais aussi par plusieius prix.11 s\u2019est vu décerner entre autres le Grand Prix du livre de Montréal, le Prix des libraires du Québec, le grand prix du public du Salon du livre de Montréal, le prix Prance-Québec-Jean-Hame-lin, le prix Ringuet de l\u2019Académie des lettres du Québec et le grand prix de littérature française de l\u2019Académie royale de Belgique.11 s\u2019est trouvé en lice au prix Renaudot.Peu d\u2019écrivains ont atteint ce niveau de notoriété chez nous.Sa mort tout à fait inattendue laisse notamment dans le deuil une fille, née d\u2019une union avec une Japonaise, et une immense famille de lecteurs.Le Devoir Rectificatif Une citation tronquée dans notre article Une œuvre miroir paru le mercredi 9 juillet a changé l\u2019in-tenfion prêtée à l\u2019ardste Nicolas Baier.11 aiuait fallu lire que «la plupart [des représentants des propriétaires, dans les projets de 1%] voient l\u2019intégration d\u2019une œuvre d\u2019art dans leur bâtiment comme un passage obligé, une plaie ou une perte de temps et d\u2019argent».Nos excuses.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Eacebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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