Le devoir, 22 mai 2013, Cahier C
[" AfiRlCDlTÜRE ; ; SOCIALE ^ Uéconomie sociale S obtient une juste ^ reconnaissance Pages OFICiNA ÜE EMPLEO La coopération pour assurer ralimentation de rhumanité Page 5 Pour une agriculture écoiogiquement intensive Page 6 CAHIER THEMATIQUE C > LE DEVOIR, LE MERCREDI 22 MAI 20IS i I / DIBYANGSHU SARKAR AGENCE ERANCE-PRESSE La Food and Agriculture Organization (FAO) de PONU estime à plus d\u2019un milliard le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde.Assurer la sécurité alimentaire de la planète 2014 a été déclarée Année internationale de l\u2019agriculture familiale Le jeudi 23 mai, dans le cadre de l\u2019ouverture de l\u2019Université d\u2019été du Groupe d\u2019économie solidaire du Québec (GESQ), laquelle aura pour thème Transformer l\u2019agroalimentaire pour nourrir la planète, Nora Ourabah Haddad, représentante de la Food and Agriculture Organization (FAO) de l\u2019ONU, présentera une conférence portant sur l\u2019agriculture familiale.2014 étant l\u2019Année internationale de l\u2019agriculture familiale (AIAF), M\u201c® Ourabah Haddad profitera de l\u2019occasion pour en faire la promotion et rencontrer divers ministères et organismes québécois.EMILIE CORRIVEAU L a FAO la définit comme un type d\u2019exploitation incluant toutes les activités agricoles entreprises par la famille et comme un mode d\u2019organisation des productions agricoles et forestières, de la pêche et de l\u2019aquaculture.Mais pour l\u2019organisation internationale, l\u2019agriculture familiale n\u2019est pas qu\u2019une question de taille.A ses yeux, les notions de famille et d\u2019exploitation sont intimement liées, ces entités évoluant de concert et remplissant des fonctions à la fois économiques, environnementales, sociales et culturelles.Autres pays, autres fermes agricoles «L\u2019agriculture familiale, c\u2019est un concept qui est à la fois très complexe et variable en fonction des pays, note Ourabah Haddad.Une exploitation familiale en Amérique latine n\u2019a pas du tout les mêmes ca- ractéristiques qu\u2019une exploitation familiale en Europe.C\u2019est pour cette raison qu\u2019on s\u2019appuie sur certains principes communs pour la décrire.La caractéristique principale, c\u2019est le fait que la prise de décisions se fait au niveau de la famille.» Constituant d\u2019après la FAO un pan essentiel des solutions au problème de la sécurité alimentaire, l\u2019organisation se réjouit qu\u2019on consacre enfin une année à l\u2019agriculture familiale.Il faut dire que bien qu\u2019initiée en 2008 par le Forum rural mondial en collaboration avec plus de 350 organisations, ce n\u2019est qu\u2019en décembre 2011 que la proclamation de 2014 comme AIAF a été officialisée.Cela ne se fit pas sans mal, l\u2019Union européenne souhaitant que l\u2019on opte plutôt pour 2016.«Le thème vient à point nommé, parce qu\u2019il répond à un besoin urgent de l\u2019agriculture de se repositionner, non pas comme une activité qui se limite à la production, mais comme une activité qui répond à plusieurs défis.Le mo- a.L\u2019agriculture familiale s\u2019inscrit dans une logique de développement durable )) Nora Ourabah Haddad, représentante de la FAO dèle productiviste, qui est assez en vogue, est limitant parce qu\u2019il ne rend pas justice aux nombreuses fonctions remplies par ce secteur.L\u2019agriculture familiale, à rebours de la logique financière du modèle productiviste, s\u2019inscrit dans une logique de développement durable», souligne la représentante de la FAO.Objectifs pour 2014 Dans le cadre de l\u2019AIAF, la FAO ne ménagera pas ses efforts pour sensibiliser la population à l\u2019agriculture familiale et la petite agriculture et pour mieux les faire connaître.«Je vois cette année-là comme un levier intéressant pour promouvoir le modèle de l\u2019agriculture familiale comme solution de rechange fructueuse au modèle productiviste.Nous tenterons d\u2019attirer l\u2019attention de la communauté internationale en insistant sur le rôle essentiel de l\u2019agriculture familiale en matière de réduction de la faim et de la pau- vreté, mais aussi pour sa contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l\u2019environnement, etc.», précise Ourabah Haddad.Faisant office de plateforme de facilitation des échanges et des discussions parce qu\u2019elle a la capacité d\u2019asseoir autour de la table plusieurs acteurs, à l\u2019occasion de l\u2019AIAF, la FAO entend bien mobiliser plusieurs intervenants autour de la question de l\u2019agriculture familiale dans le but de dégager des positions communes.«Nous soumettrons des données, des expériences, susciterons des échanges de connaissances», dit la représentante de l\u2019organisation.S\u2019appuyant sur son importante expertise technique, la FAO veillera à soutenir les gouvernements mondiaux dans le développement de cadres porteurs incitatifs, c\u2019est-à-dire un ensemble de mesures mises en place par les autori- tés dans le but de contribuer à la création de conditions favorables à l\u2019agriculture familiale, mesures pouvant prendre la forme d\u2019une législation ou de politiques permettant aux petits agriculteurs de vivre de leur activité.Dans le même esprit, la FAO mettra divers outils méthodologiques à la disposition des agriculteurs et de leurs organisations afin qu\u2019ils puissent développer leurs capacités à oeuvrer de façon durable.«Par exemple, on proposera des formations sur le renforcement de certaines filières de production.Ça permettra de faire en sorte que les agriculteurs qui sont souvent le maillon faible de la chaîne puissent jouer un rôle important dans celle-ci et que leur production ne soit pas complètement dévalorisée.Ça leur permettra notamment de comprendre comment avoir accès aux marchés et comment répondre à certaines normes environnementales», explique Ourabah Haddad.Tournée québécoise Lors de son passage au Québec, M\u201d® Ourabah Haddad profitera de la tribune que lui offre le Groupe d'économie solidaire du Québec (GESQ) pour faire la promotion du modèle de l\u2019agriculture durable et insistera sur la nécessité d\u2019investir dans celle-ci.Elle partagera également la vision de la FAO quant aux changements climatiques et aux nouveaux objectifs mondiaux en matière de sécurité alimentaire et de réduction de la pauvreté.«J\u2019espère que cette conférence sera l\u2019occasion pour les autorités publiques et la société de faire une prise de conscience.Le message que je souhaite faire passer, c\u2019est qu\u2019il faut effectivement produire plus, mais mieux», confie la représentante de la FAO.Dans les jours qui suivront la tenue de l\u2019Université d\u2019été du GESQ, M\u201d® Ourabah Haddad parcourra la province, de Montréal à Québec en passant par Shawinigan, pour rencontrer des membres de l\u2019Union des producteurs agricoles (UFA) et de l\u2019Union des producteurs agricoles Développement international (UPADI), ainsi que des représentants de Desjardins.En compagnie de rUPADI, elle rencontrera également l\u2019Agence canadienne de développement international à Ottawa afin de discuter d\u2019un programme visant le renforcement des capacités des organisations de producteurs et de productrices en Afrique subsaharienne.«Ces organisations et la FAO ont des approches très similaires, souligne Nora Ourabah Haddad.Ce sera certes l\u2019occasion pour moi de partager les connaissances et les expériences de la FAO, mais également de m\u2019inspirer de l\u2019expertise québécoise, qui est très innovante.» Collaboratrice Le Devoir Le choiii de Laure UJaridel Targent provient des syndicats, des organisations et des individus et sert à financer des associations et des coopératives : -\tCoopérative La Mauve (Bellechasse) -\tCoopérative Les Grands rangs (Québec)\t' -\tCoop de solidarité du rang 13 (Saint-Camille) -\tCoalition pour la souveraineté alimentaire -\tÉquiterre J ¦\" ir M Desjardins Caisse d'économie solidaire Québec Montréal iJoliettei 1 877 647-1527 1 877 598-2122 |866 753-7055 ujujuj.placeiiient.cWP A22B C 2 LE DEVOIR LE MERCREDI 22 MAI 20IS AGRICULTURE PROJET DE LOI 27 L\u2019importance de la dimension internationale ETIENNE PLAMONDON EMOND Après le dévoilement du projet de loi sur l\u2019économie sociale, le Groupe d\u2019économie solidaire du Québec (GESQ) a tôt fait de déplorer publiquement l\u2019absence de toute allusion à une question qui lui est chère : celle de la solidarité internationale.C\u2019est le 2 avril dernier, quelques jours après le dépôt du projet de loi sur l\u2019économie sociale par le gouvernement Marois, que le Groupe d\u2019économie solidaire du Québec (GESQ) a envoyé et diffusé son mémoire sur le sujet.Cet organisme déplore que le texte actuel passe sous silence la dimension internationale de l\u2019économie sociale et solidaire québécoise, plus particulièrement dans sa solidarité avec les pays en développement.«Le mémoire du GESQ, on Va sorti vite en réaction à une lacune, qui découle du fait que les organisations n\u2019ont pas assez planté le clou de la présence du Québec dans la promotion et le soutien de l\u2019économie sociale et solidaire d\u2019autres pays, particulièrement ceux du Sud», explique Louis Eavreau, vice-président du GESQ.Comme plusieurs entreprises collectives sont déjà engagées dans de telles démarches et partagent leur expertise avec le reste du monde, le GESQ propose que soit ajouté à la loi 27 un énoncé indiquant «que les politiques de solidarité internationale de l\u2019Etat québécois soutiennent les initiatives qui privilégient une entrée de solidarité internationale par l\u2019économie sociale dans les communautés du Sud».Fonds dédié De plus, le GESQ propose que dans le plan d\u2019action, prévu dans le projet de loi après son adoption, on mette sur pied un fonds pour soutenir les initiatives de coopération Nord-Sud mises de l\u2019avant par les coopératives, associations et mutuelles québécoises, à l\u2019image des fonds de travailleurs ou du fonds Alliance coopération, créé en 2012 par le gouvernement du Québec, et d\u2019autres partenaires pour stimuler la création et l\u2019expansion de coopératives au Québec.Selon M.Eavreau, une telle démarche viendrait «donner un nouvel élan» au milieu de la solidarité internationale québécoise, dont plusieurs organismes font en ce moment les frais des réformes entreprises par le gouvernement Harper dans le domaine de l\u2019aide internationale.«On a fonctionné depuis 30 ou 40 ans sur le mode du don du public et du financement par le gouvernement.Ce qui viendrait s\u2019ajouter, c\u2019est la création d\u2019outils financiers qui peuvent fournir des prêts et des garanties de prêt à de petites entreprises dans les pays du Sud», explique M.Eavreau.Négociation Le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) souscrit à cette idée d\u2019intégrer la dimension internationale à la loi ou dans des programmes «à l\u2019intérieur de certaines limites», explique son directeur général intérimaire Gaston Bédard.«Si demain matin on nous demande de mettre sur pied un fonds annuel récurrent de 75 millions, peut-être qu\u2019on déborderait un peu de notre capacité ou de notre champ de responsabilité.Mais je pense qu\u2019on peut trouver un équilibre.» M.Bédard souligne que, pour l\u2019instant, le CQCM n\u2019envisage pas d\u2019aborder la question internationale dans son mémoire, «parce qu\u2019on ne veut pas mêler les choses alors qu\u2019on représente surtout les organisations du Québec».En revanche, le CQ()M mettra l\u2019idée de l\u2019avant par la bouche du Centre interdisciplinaire de recherche et d\u2019information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Ca-nada), dont il est membre.«La dimension internationale est importante, insiste M.Bédard.Le Québec est plus qu\u2019une pépinière.On est avant-gardiste et innovateur dans nos approches en matière d\u2019économie sociale, et plus particulièrement en matière de coopérative et de mutuelle.On dit qu\u2019il faut aussi faire profiter, à l\u2019international, de notre savoir et de nos modèles d\u2019organisation.» Nancy Neamtan, présidente-directrice générale du Chantier de l\u2019économie sociale, se dit ouverte à ce genre de suggestion, mais elle souligne que cela pourrait aussi faire l\u2019objet d\u2019une négociation avec le ministère des Relations internationales du Québec après l\u2019adoption de la loi.«L\u2019enjeu, c\u2019est un peu jusqu\u2019où l\u2019on va dans une loi.Est-ce qu\u2019on traite chaque section, chaque intervention gouvernementale pour la mettre dans la loi ?Est-ce qu\u2019on devrait davantage l\u2019intégrer dans le plan d\u2019action qui viendrait après?» Collaborateur Le Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR Des changements importants doivent être apportés en agroalimentaire pour subvenir aux besoins de tous.UNIVERSITÉ D\u2019ÉTÉ DU GESQ L\u2019agroalimentaire, certes, mais la santé aussi ! Le Groupe d\u2019économie solidaire du Québec (GESQ) tiendra la septième édition de son Université d\u2019été les 23 et 24 mai au collège de Shawinigan.Le thème retenu cette année est Transformer l\u2019agroalimentaire pour nourrir la planète.PIERRE VALLEE Bien que nous produisions suffisamment de nourriture pour alimenter 9 milliards d\u2019êtres humains, donc davantage que la population du globe, il y a toujours plus de 800 millions d\u2019humains qui sont mal nourris dans le monde.Cela devrait suffire à nous interpeller et à nous faire remettre en question le présent modèle de production libéral», rappelle René Lachapelle, président du GESQ L\u2019Université d\u2019été du GESQ s\u2019ouvrira par une allocution de Nora Qurabah Haddad, coordonnatrice du bureau des communications, des partenariats et des activités de plaidoyer de la Eood and Agriculture Qrganization (EAQ) de l\u2019QNU.M® Geneviève Parent, une spécialiste en droit agroalimentaire de l\u2019Université Laval, y fera ensuite une présentation.Le sujet de ces deux participantes est l\u2019alimentation et la santé dans le modèle pro-ductiviste libéral actuel.Les activités suivantes seront axées autour de deux sous-thèmes, d\u2019une part, les fdières agroalimentaires en économie sociale et solidaire, d\u2019autre part, l\u2019alimentation et la santé: choisir la santé et réduire les inégalités.Des participants d\u2019Amérique latine et du Sud, d\u2019Afrique et du Québec viendront partager leurs expériences et connaissances.L\u2019allocution de clôture sera prononcée par l\u2019ex-prési-dent de la GSN, Gérald Larose.Si le but de l\u2019agroalimentaire est de nourrir convenablement les personnes, René Lachapelle croit qu\u2019il faut d\u2019abord revoir l\u2019organisation actuelle de la production agricole.«Cela ne veut pas dire que nous devons éliminer la grande culture industrielle, mais que l\u2019on doit s\u2019en éloigner au profit des fermes familiales.Cela vaut pour certains pays du Sud, mais aussi pour des fermes paysannes.C\u2019est ce type d\u2019agriculture qui peut le mieux assurer la souveraineté alimentaire.» Problème supplémentaire, certains pays du Sud ont perdu «Il faut arrêter de concevoir les aliments uniquement comme des marchandises.Ils sont essentiels à la vie» le contrôle de leur propre production alimentaire.«Ces pays doivent maintenant importer leur nourriture et ils sont donc esclaves du prix des autres.» Relations Nord-Sud 11 s\u2019interroge aussi sur la pertinence de la spéculation en agroalimentaire.«Il y a tellement de spéculation, par exemple, sur le marché des grains à Chicago que le prix de ces derniers, comme le riz, devient inabordable pour des pays où c\u2019est pourtant une denrée de base.La production industrielle de maïs, afin de produire de l\u2019éthanol, a fait grimper le prix de cette denrée.Est-ce normal?Il faut arrêter de concevoir les aliments uniquement comme des marchan- dises.Ils sont essentiels à la vie.» Voilà le genre de sujets qui seront abordés lors de cette Université d\u2019été.Le gouvernement du Québec s\u2019apprête à déposer un projet de loi sur l\u2019économie sociale.Le GESQ a présenté un mémoire enjoignant au gouvernement d\u2019y inclure un volet Nord-Sud reconnaissant l\u2019apport de l\u2019entrepreneuriat collectif québécois en matière de solidarité internationale.C\u2019est que le GESQ, au fd des ans, a acquis une bonne connaissance des relations Nord-Sud dans le domaine de l\u2019économie sociale et solidaire.Le GESQ a été créé en 1999 dans le but d\u2019organiser la 2® Rencontre internationale sur la globalisation de la solidarité après la P® Rencontre tenue à Lima, au Pérou, en 1997.«C\u2019est à cause de cette deuxième rencontre que le Brésil nous a invités à participer au Eorum social mondial à Porto Alegre en 2002, explique René Lachapelle.Depuis ce temps, nous avons tissé de nombreux liens avec des organisations d\u2019économie sociale et solidaire autant en Afrique qu\u2019en Amérique latine et du Sud.Nous avons aussi participé à la mise en place du Réseau intercontinental de promotion de l\u2019économie sociale et solidaire, le RI-PESS.Aujourd\u2019hui, nos liens sont si bien tissés que je reçois chaque jour une quinzaine de courriels en provenance de différentes organisations solidaires m\u2019informant de leurs projets et de leurs activités.» De plus, le GESQ a participé à un nombre considérable de rencontres internationales.«Nous étions récemment à Rio+20 et l\u2019une des activités que nous avons organisées fut l\u2019un des événements les plus courus parmi les événements parallèles.Ces grands rassemblements internationaux nous permettent d\u2019abord de nous rencontrer, d\u2019échanger et de tisser des liens.Les actions concrètes découlent de ses contacts et viennent après.» Retombées concrètes Et des retombées concrètes, il y en a.«Par exemple, les cultivateurs d\u2019oignons du Sénégal avaient un problème particulier.Comme toute la récolte arrive à maturité au même moment, ils se trouvaient avec une offre en surplus, ce qui faisait chuter les prix.Ce sont des agriculteurs québécois qui les ont aidés à mettre en place une méthode de conservation, de sorte qu\u2019aujourd\u2019hui, la mise en marché a lieu toute l\u2019année.» Et il ne faudrait pas croire que ce type de collaboration est à sens unique.«Les cuisines collectives québécoises se sont grandement inspirées de ce qui se faisait de semblable au Pérou.» D\u2019où la nécessité, croit René Lachapelle, de renforcer les liens internationaux en matière d\u2019économie sociale et solidaire.«Si l\u2019on veut que l\u2019économie sociale progresse et qu\u2019elle vienne à représenter une solution de rechange à l\u2019économie libérale, il faut d\u2019abord fédérer les initiatives et les organisations.C\u2019est la seule manière de se faire reconnaître par les autorités et de faire reconnaître du même coup l\u2019importance du rôle que les entreprises d\u2019économie sociale et solidaire jouent et peuvent jouer dans l\u2019économie mondiale.» Collaborateur Le Devoir GOs Coalition pour un modèle agricole équitable, la gestion de l\u2019offre ?nnnn POUR UNE AGRICULTURE, DES EMPLOIS ET DES ALIMENTS D'ICI La gestion de l\u2019offre : un modèle agricole durable Notre modèle offre aux Québécois une production locale d\u2019œufs, de volailles et de produits laitiers de grande qualité et aux agriculteurs un revenu équitable du marché, sans subventions.La gestion de l\u2019offre contribue au développement duiêlble des régions: \u2022\t7 200 fermes familiales laitières et avicoles \u2022\t82 000 emplois directs et indirects \u2022\t7|2 milliards de dollars au PIB du Québec GO5 Coalition souhaite au Groupe d\u2019économie solidaire du Québec une fructueuse T édition de son Université d\u2019été.WWW.g05quebeC.Ca LE DEVOIR LE MERCREDI 22 MAI 2013 C 3 AGRICULTURE QUEBEC L\u2019économie sociale obtient une juste reconnaissance La présente loi à l\u2019étude devrait rendre compte de toutes les composantes de ce secteur économique fort important Le gouvernement Marois a déposé le projet de loi sur l\u2019économie sociale le 19 mars dernier.Cette première ébauche a été extrêmement bien accueillie et soulève l\u2019enthousiasme des entreprises collectives, qui y voient enfin une reconnaissance à leur juste mesure.Quelques précisions, ajouts et corrections sont tout de même su^érés par les organismes concernés.ETIENNE PLAMONDON D?emblée, le titre de la loi sur l\u2019économie sociale en fait légèrement tiquer quelques-uns.Dés l\u2019annonce du projet de loi, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) a plaidé pour qu\u2019on retouche le nom de la loi 27 afin qu\u2019il soit manifeste que cette législation concerne directement les coopératives et les mutuelles.«C\u2019est plus qu\u2019une simple question de sémantique», explique Gaston Bédard, directeur général intérimaire du CQCM.Il ajoute que cette modification permettrait de dissiper une certaine confusion.Certes, le projet de loi reconnaît la pluralité des entreprises d\u2019économie sociale et de ses trois grandes familles, soit les coopératives, les mutuelles et les organismes sans but lucratif (OSBL).Mais pour M.Bédard, ce n\u2019est pas suffisant.«Appeler ça une loi sur l\u2019économie sociale ne nous paraît pas représentatif des acteurs, même s\u2019il y a une reconnaissance des coopératives et des mu-tuelles aux termes de la loi», dit-il.Au Québec, le terme économie sociale est souvent associé au Chantier de l\u2019économie sociale, dont la plupart des membres sont de petits OSBL.«Si on parle d\u2019une loi sur l\u2019économie sociale, automatiquement, les coopératives et les mutuelles, qui représentent les forces vives de l\u2019économie sociale, ne se sentent pas vraiment reconnues dans le titre.Or l\u2019appellation de la loi a son importance, puisqu\u2019elle vise à reconnaître les organisations qui la composent.» Louis Favreau, vice-président du Groupe d\u2019économie solidaire du Québec (GESQ), abonde dans le même sens.Selon lui, l\u2019institutionnalisation du Chantier de l\u2019économie sociale fait en sorte que l\u2019expression dénote, aux yeux de la plupart des Québécois, une catégorie d\u2019organisations nette- ment plus restreinte.«Quand EMOND tu dis économie sociale en France, tu dis automatiquement coopérative, mutuelle, association et fondation.Ici, tu dis Chantier et OSBL.Le gros de l\u2019économie sociale est occulté, parce que c\u2019est le mouvement coopératif et mutualiste qui occupe le plus de place dans l\u2019économie sociale réelle.» Nouvel intitulé Dans un mémoire rendu public, le GESQ reprend la suggestion de la Caisse d\u2019économie solidaire de renommer la loi 27 pour l\u2019intituler la Loi sur l\u2019économie sociale soutenant l\u2019entrepreneuriat coopératif, associatif et mutualiste.« Ce titre est assez génial, estime Louis Favreau.E énonce clairement les trois composantes: coopératif, associatif, mutualiste.» Il ajoute que ce nom rallierait les groupes communautaires, souvent mal à l\u2019aise devant la confusion entretenue entre leur action et celle de l\u2019économie sociale.Le mot entrepreneuriat tracerait ainsi clairement la distinction entre ces deux activités.D\u2019ailleurs, une autre des revendications formulées par le CQCM demande au gouvernement de préciser la définition de l\u2019économie sociale à l\u2019intérieur du projet de loi.Selon M.Bérubé, «il faut avoir une définition qui reflète vraiment ces entreprises, soit des entreprises qui cherchent leur viabilité et leur autonomie économique et financière à long terme.Pour nous, ce n\u2019est pas assez bien défini jusqu\u2019à maintenant dans le projet de loi».Une précision qui offrirait une fois de plus l\u2019avantage de bien distinguer l\u2019économie sociale de l\u2019action communautaire.«On ne veut pas que cette loi concerne des organisations qui vivent et survivent avec le soutien continu de dons ou de subventions de l\u2019Etat.Ce qui n\u2019empêche pas les dons et les subventions de l\u2019Etat pour aider ces organisations à aller plus « On ne veut pas que cette loi concerne des organisations qui vivent et survivent avec le soutien continu de dons ou de subventions de l\u2019État» JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le gouvernement de Pauline Marois a déposé le projet de loi sur l\u2019économie sociale le 19 mars dernier.C\u2019est le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, qui sera chargé du dossier.loin dans leur contribution socio-économique du Québec», dit M.Bérubé.Tant au Chantier de l\u2019économie sociale qu\u2019au CQCM, on se réjouit d\u2019être désigné dans la loi comme des «interlocuteurs privilégiés du gouvernement».Mais, selon ces deux organismes, cette discussion ne devrait pas se limiter à eux.Présence des régions Le CQCM souhaite recommander en commission parlementaire que «dans toutes les régions il y ait des tables de concertation pour s\u2019assurer que l\u2019on peut se développer en fonction des réalités et des besoins de différentes régions».Nancy Neamtan, présidente-directrice générale du Chantier de l\u2019économie sociale, rappelle que l\u2019enjeu pour une organisation comme la sienne consiste à ne pas se substituer à ses membres: «On regroupe toutes sortes d\u2019organisations, de mouvements sociaux et d\u2019entreprises coopératives.Les pôles régionaux d\u2019économie sociale font la même chose au niveau de la région.On pense que c\u2019est im- portant de reconnaître ces ac-teurs-là aussi, parce qu\u2019il y a beaucoup de politiques, de planification et de stratégies au niveau des régions.» Même constat devant la variété des secteurs touchés.«Dans le dossier de l\u2019habitation, il y a des réseaux de coopératives d\u2019habitation qui discutent avec la Société d\u2019habitation du Québec.Ce n\u2019est pas le Chantier qui va le faire à leur place.Les acteurs de l\u2019économie sociale, selon leur domaine, je pense que c\u2019est important qu\u2019il soit reconnu par les ministères», dit-elle.Le CQCM se réjouit que le projet de loi prévoie une table des partenaires pour conseiller le ministre.«Cela dit, cette table-là doit être le reflet de la proportionnalité de la représentation des entreprises d\u2019économie sociale, prévient M.Bédard.Si les coopératives et les mutuelles représentent une force importante, il faut aussi qu\u2019à cette table-là, ils soient reconnus pour mieux faire valoir leurs points de vue, leurs attentes, leurs besoins, leurs préoccupations, tout comme les autres organisations de l\u2019économie sociale selon la proportion qu\u2019ils occupent.» Il précise qu\u2019il ne se voit pas comme un rival du Chantier de l\u2019économie sociale, «bien au contraire».«Ce qu\u2019on souhaite, c\u2019est que le gouvernement encourage cette concertation, pas seulement avec le Chantier, mais avec l\u2019ensemble des acteurs de l\u2019économie sociale, dont le Chantier».Pour des consortiums Le CQCM aimerait que la concertation ou l\u2019élaboration de programmes poursuivant cet objectif soient encouragées noir sur blanc dans la loi, afin que les acteurs de l\u2019économie sociale et solidaire puissent «faire partie d\u2019une même famille qui avance».Selon lui, cette retouche pourrait pousser toutes les entreprises collectives, quelle que soit leur nature, à cesser de travailler en silo et à éventuellement créer ensemble des consortiums.Au-delà des modifications, certains organismes proposent des ajouts.C\u2019est le cas du GESQ, qui a rapidement suggéré d\u2019intégrer la question internationale dans cette loi (voir page 2).Du côté du Chantier de l\u2019économie sociale, Nancy Neamtan signale que la loi devrait s\u2019inspirer de mesures implantées ou en voie de l\u2019être à l\u2019étranger, celles qui «facilitent ou qui font la promotion de la coopération en milieu de travail comme solution à la relève.Par exemple, les Français vont mettre dans leur loi-cadre [sur l\u2019économie sociale et solidaire] un droit de préemption qui va permettre aux travailleurs, lorsqu\u2019il y a une délocalisation, d\u2019avoir un certain temps pour faire une offre d\u2019achat de l\u2019entreprise» et de la transformer en entreprise collective., Elle rappelle que, même aux Etats-Unis, des mesures fiscales favorisent déjà le rachat et la reprise par ses travailleurs d\u2019une entreprise sur le point de fermer.M\u201c® Neamtan croit que le Québec, avec son expertise éprouvée du côté des Fonds de travailleurs, serait bien placé pour adopter une telle mesure.Collaborateur Le Devoir i PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les entreprises d\u2019économie sociale œuvrent dans divers secteurs d\u2019activité, allant de l\u2019agriculture à l\u2019habitation en passant par le textile et l\u2019alimentation.DONNER DU SENS À L\u2019ARGENT It 4 0 Rapport de développement durableA*^ -^ .fONDACTION /'CM POUR LA COOPÉRATION V 31^ £r Z.EMPLOI C 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 22 MAI 2013 AGR,ICÜLTUR,E GEORGES GOBET AGENCE ERANCE PRESSE Environ 70 % de la population du Sénégal vit de l\u2019agriculture.COMMERCE INTERNATIONAL La solution passe par les exploitations familiales Depuis des décennies, on tente par tous les moyens de porter secours aux populations des pays d\u2019Afrique, sans grand succès.La raison de nos échecs pourrait bien être tout bonnement le fait que nos programmes d\u2019aide et de coopération sont souvent réduits à néant par nos politiques de commerce international ! C\u2019est du moins ce qu\u2019observe sur le terrain Nathalie McSween, candidate au doctorat en sciences sociales appliquées à l\u2019Université du Québec en Outaouais.CLAUDE LAFLEUR XJ ous avons des program-mes de coopération et d\u2019aide internationales qui visent à aider les agriculteurs d\u2019Afrique à développer et à améliorer leur productivité, explique Nathalie McSween.Par exemple, on fait de la recherche sur les semences, on développe de meilleurs produits et on aide les agriculteurs africains à développer leur marché, mais d\u2019un autre côté, on exige d\u2019eux qu\u2019ils appliquent les règles internationales du commerce.» Or, le plus souvent, ces règles de libre concurrence imposent les prix les plus bas possible, l\u2019absence de toute barrière de protection tarifaire, etc., favorisant de la sorte les économies les plus fortes.«Les mécanismes régissant les prix internationaux agricoles font en sorte que ce sont ceux qui vendent le moins cher qui déterminent souvent les prix sur les marchés, rappelle M™® McSween.Or, la productivité agricole n\u2019est pas la même partout.On produit par exemple dix tonnes de céréales par hectare au Brésil, alors qu\u2019on n\u2019obtient peut-être qu\u2019une tonne par hectare en Afrique de l\u2019Ouest.Difficile d\u2019avoir des prix compétitifs!» Les Africains sont incapables de concurrencer les producteurs étrangers non seulement sur les marchés internationaux, mais même sur leur propre marché.C\u2019est ainsi que la chercheuse observe que les riziculteurs du Sénégal ne sont pas en mesure de concurrencer les produits importés de Thaïlande, par exemple.Le cas du coton est pire encore, puisque les subventions que les Américains accordent à leurs producteurs font en sorte que les producteurs africains, qui ont pourtant les coûts de production les plus bas (avant subventions), ne sont pas concurrentiels sur les marchés internationaux ! On se retrouve donc avec une situation pour le moins étonnante, alors que 75% des personnes les plus pauvres du globe sont les producteurs agricoles, rapporte M™® McSween.«Ce sont les paysans agricoles d\u2019Afrique qui souffrent de sous-alimentation, ce qui est tout un paradoxe!» Le plus ironique, peut-être, c\u2019est qu\u2019on ne se rend pas compte de la contradiction qu\u2019on impose aux Africains avec, d\u2019une part, nos programmes d\u2019aide et, d\u2019autre part, nos politiques de commerce.«C\u2019est l\u2019incohérence des politiques; on fait une chose d\u2019un côté sans regarder de l\u2019autre côté, dit-elle, et j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on ne s\u2019en rend même pas compte!» Étonnant parcours Au départ, M\"^® McSween était infirmière et œuvrait en coopération internationale.«À un moment donné, je travaillais en Suisse, alors que celui qui allait devenir mon mari travaillait pour la Croix-Rouge.Il était alors posté en ex-Yougoslavie, à Belgrade, durant la guerre du Kosovo.Pendant qu\u2019on se parlait [au telephone], j\u2019entendais les bombes éclater autour de lui!», se rappelle-t-elle.Par la suite, elle est allée travailler avec son conjoint en Albanie.Là aussi, elle a eu l\u2019occasion d\u2019observer l\u2019incohérence qui marque l\u2019aide internationale en pays défavorisés, «le free for ail comme on l\u2019observe à Haiti», laisse-t-elle filer.«De retour au Canada, comme je ne comprenais pas grand-chose aux pays communistes ni à la coopération internationale, j\u2019ai entrepris des études en sciences politiques, poursuit-elle.Puis, petit à petit, fai commencé à m\u2019intéresser à l\u2019économie sociale; j\u2019ai fait une recherche en Afrique sur le commerce équitable et fai observé les mouvements paysans sur place.C\u2019est donc à partir des sciences politiques et de l\u2019étude des mouvements sociaux que j\u2019ai commencé à m\u2019intéresser aux mouvements paysans.» Sa thèse de doctorat porte justement sur la construction d\u2019un mouvement paysan à l\u2019échelle de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et la façon dont celui-ci remet en question le modèle de développement agricole implanté depuis que les pays africains ont obtenu leur indépendance.«J\u2019ai donc poursuivi mes recherches au Sénégal et au Ghana, comme étude de cas sur la construction du mouvement paysan, dit-elle.Je m\u2019intéresse donc à l\u2019agriculture et au développement durable, mais par la bande, car c\u2019est le mouvement paysan qui m\u2019intéresse.En effet, cela constitue une belle fenêtre pour comprendre tout le reste.» La solution est simple Plus de 40% de la population d\u2019Afrique de l\u2019Ouest vit de l\u2019agriculture, observe M\"^® McSween, soit quelque 135 millions de personnes sur 317.«Et dans certains pays, au Burkina Easo notamment, cette proportion va même jusqu \u2019à 92 % ! note la « C\u2019est l\u2019incohérence des politiques: on fait une chose d\u2019un côté sans regarder de l\u2019autre côté» chercheuse.Au Sénégal, c\u2019est 70%, au Ghana, c\u2019est plus de 50 %, et ainsi de suite.» (En comparaison, au Québec, cette proportion ne représente guère plus de 2% de la population.) Par conséquent, le type d\u2019exploitations agricoles dominant dans cette région d\u2019Afrique est la petite exploitation familiale.Or, curieusement, l\u2019essentiel des politiques et des investissements faits en agriculture vise plutôt le développement des grandes entreprises agricoles, «ce qui a plus ou moins fonctionné», constate-t-elle.Parallèlement, depuis les années 1990, les petits producteurs agricoles s\u2019organisent afin de prendre part aux débats publics.«Que demandent-ils ?Que désormais les investissements soient dirigés vers les exploitations familiales.qui constituent 95% des exploitations agricoles de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest! Ce que nous disent les paysans est pourtant simple : \u201cSi vous voulez soutenir l\u2019agriculture et qu\u2019on soit plus productif, soutenez les exploitations familiales au lieu de l\u2019agro-industrie!\u201d» Collaborateur Le Devoir % \" i» ¦ f.¦¦¦¦>¦ ISSOUE SANOGO AGENCE ERANCE PRESSE Les producteurs de coton africains, comme ici en Côte d\u2019ivoire, ne sont pas concurrentiels sur les marchés internationaux.UPADI Compter sur les productions de proximité «Notre conviction profonde, c\u2019est que, si on veut assurer la sécurité alimentaire dans le monde, il faut compter sur l\u2019agriculture locale.Malheureusement, le système économique dans lequel nous évoluons est centré sur le commerce international et non sur les circuits locaux.» Voilà le constat que dresse André Beaudoin, secrétaire général d\u2019UPA DI, l\u2019organe voué au développement international de l\u2019Union des producteurs agricoles du Québec.CLAUDE LAFLEUR André Beaudoin est formel : il est vraiment plus facile d\u2019acheminer une tonne de blé du Québec jusqu\u2019à Bamako, au Mali, qu\u2019à partir de Diré, une ville pourtant située à seulement 600km de cette dernière.La raison est simple : les routes commerciales sont souvent internationales et non locales.«Partout, on a des infrastructures qui permettent le commerce entre les grandes villes du monde, dit-il, mais dans les pays en développement, il y en a souvent peu qui permettent d\u2019acheminer des aliments à l\u2019intérieur même du pays.» UPA Développement international ne se consacre pourtant pas à la confection d\u2019infrastructures, mais tente plutôt d\u2019organiser la mise en marché des produits agricoles de manière à ce que les petits producteurs locaux aient accès à leur marché.«Essentiellement, nous cherchons à renforcer la capacité des organisations paysannes avec lesquelles nous travaillons pour qu\u2019elles positionnent leurs produits sur le territoire qu\u2019elles occupent», indique M.Beaudoin.Réussite au Burkina Faso Par exemple, il y a vingt ans au Burkina Faso, UPADI a soutenu la naissance d\u2019une organisation de petits paysans qui n\u2019avait aucune notion de mise en marché ni de commerce : « Or, aujourd\u2019hui, cette organisation commercialise bon an mal an de deux à trois mille tonnes de céréales.» De surcroit, la qualité de cette production correspond aux normes internationales, de sorte que ces paysans peuvent répondre aux appels de la Croix-Rouge internationale, du Programme alimentaire mondial (PAM) ou du Commissariat de la sécurité alimentaire du Burkina, aussi bien que vendre au détail dans les marchés locaux.«C\u2019est dire qu\u2019ils jouent à présent un rôle majeur dans la sécurité alimentaire de leur pays», résume M.Beaudoin.UPA DI assiste ainsi des organisations paysannes au Mali, au Sénégal, en Guinée-Cona-kry, au Burkina Faso, etc.Une première C\u2019est ainsi que le travail accompli sur le terrain par cet organisme a attiré l\u2019attention de l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO), si bien que, l\u2019automne dernier, il a signé un mémorandum avec elle.«Une première pour la EAO!», dit-il fièrement.Ce mémorandum comporte deux volets.D\u2019une part, la FAO et rUPA proclament l\u2019une et l\u2019autre qu\u2019elles partagent les mêmes valeurs, à savoir le soutien de l\u2019agriculture familiale partout dans le monde.D\u2019autre part, elles s\u2019entendent pour travailler conjointement sur des projets concrets.«Le mémorandum reconnaît que pour faire émerger l\u2019agriculture familiale, il faut disposer d\u2019organisations agricoles qui jouent le rôle de consolidation, qui offrent des services aux pro- ducteurs, aussi bien au niveau de la mise en marché que des services-conseils, précise M.Beaudoin.Et la FAO reconnaît en cela notre expertise.» Il constate aussi que «maintenant, lorsque nous nous présentons aux côtés de la FAO pour discuter avec un gouvernement, on a une tout autre écoute! C\u2019est quelque chose de fort intéressant et de fort stimulant».De multiples obstacles Le secrétaire général d\u2019UPADI ajoute que l\u2019assistance qu\u2019apporte son organisme aux pays en développement se bute à plusieurs obstacles.Il y a d\u2019abord le fait que le secteur agricole des pays en développement est souvent très peu développé, alors même que les politiques commerciales ne favorisent nullement l\u2019émergence d\u2019une agriculture locale.En fait, déplore-t-il, les efforts des 25 dernières années ont plutôt porté sur le développement de l\u2019agriculture d\u2019exportation, notamment pour la production d\u2019ananas, de bananes, de pois mange-tout, etc.« Quant à s\u2019assurer que les locaux puissent manger trois fois par jour des produits de leur pays, il y a eu très peu d\u2019effort, lance M.Beaudoin.C\u2019est dire que l\u2019organisation du commerce est un problème réel.» En outre, il dénonce le fait que les pays industrialisés subventionnent allègrement leur agriculture.«Les pays riches financent leurs agriculteurs quelque 360 à 370 milliards par année, dit-il, alors que les efforts pour soutenir l\u2019agriculture des pays en développement avoisinent les 20-25 milliards.On ne parle vraiment pas de la même chose! Or, cela empêche l\u2019agriculture locale d\u2019émerger.» M.Beaudoin n\u2019en est pas moins optimiste.modérément.«Je pense que nous observons une légère amélioration de la situation, dit-il, puisqu\u2019il y a eu une prise de conscience depuis la crise de 2008.» Cette année-là, des spéculateurs ont fait gonfler le prix des denrées de base, créant une grave crise alimentaire dans les pays en développement.André Beaudoin constate que ces derniers «ont [enfin] réalisé que ce n\u2019est pas le commerce qui leur permettra de nourrir leur population, mais plutôt leur agriculture locale qui assurera la sécurité alimentaire de leur population.» Notamment, le gouvernement du Niger a pris conscience qu\u2019il ne peut se fier au commerce pour régler son problème structurel d\u2019alimentation et vient par conséquent de lancer l\u2019initiative des trois «N» \u2014 les Nigériens nourrissent les Nigériens \u2014, que soutiennent justement la FAOetl\u2019UPA «Il y a donc une volonté de faire les efforts nécessaires pour structurer l\u2019agriculture locale, déclare avec satisfaction André Beaudoin.C\u2019est un phénomène récent et on sent que ça fait bouger les choses.Et ça consolide justement ce que nous faisons !» Collaborateur Le Devoir QUEBEC SOMMET O ni/ INTERNATIONAL ZU IH- DES COOPERATIVES Un rendez-vous incontournable pour discuter des solutions aux enjeux reliés notamment à la sécurité alimentaire dans une perspective de développement durable.6 AU 9 OCTOBRE L\u2019ETONNANT POUVOIR DES COOPÉRATIVES www.sonnnnetinter.coop w y aci Desjardins LE DEVOIR, LE MERCREDI 22 MAI 2013 C 5 AGRICULTURE OFICINA DE EMPLEO O No 05lT pcrmitido L\u2019Espagne est rongée par un taux de chômage touchant le quart de sa population active, mais les coopératives espagnoles créent des emplois par milliers.VERS UN SOMMET INTERNATIONAL DES COOPÉRATIVES EN 2014 La coopération pour nourrir l\u2019humanité DOMINIQUE FACET AGENCE FRANCE-PRESSE Si l\u2019humanité veut nourrir convenablement tout son monde au cours des prochaines décennies, dans une perspective de sécurité alimentaire mondiale, elle devra nécessairement s\u2019appuyer sur le savoir-faire et la philosophie des entreprises coopératives, croit Stéphane Bertrand, directeur exécutif du Sommet international des coopératives.qui ont le plus fait preuve de résilience.D\u2019ailleurs, aucune coopérative financière dans le monde n\u2019a reçu d\u2019argent des gouvernements pour être sauvée, et aucune n\u2019a fait faillite.» Le cas de l\u2019Espagne illustre très bien cette résilience : alors que le pays est rongé par un taux de chômage atteignant désormais 27%, voire 57% chez les jeunes de moins de 25 ans, les coopératives espagnoles créent des emplois par milliers (8000 au cours du premier semestre de 2012).On comprend donc sans peine pourquoi le ministère de l\u2019Emploi et de la Sécurité sociale incite les jeunes à créer leur propre entreprise sociale ou coopérative.Pourquoi ces entreprises tirent-elles si bien leur épingle du jeu ?«Elles ont une vision à long terme, rappelle M.Bertrand.Dans leur essence même, dans leur philosophie, les coopératives croient au développement durable.Elles ont intégré cette notion-là depuis longtemps.Elles BENOIT ROSE Ily a des choses que les gens n\u2019acceptent plus, comme la spéculation à outrance et les mises à pied massives», observe Stéphane Bertrand, directeur exécutif du premier Sommet international des coopératives de 2012 et du prochain, en préparation pour 2014.En effet, les indignés se font nombreux sur cette planète mondialisée, dont la grisaille politico-économique ne cesse de faire des exclus et des malheureux.Mesures d\u2019austérité, crise de l\u2019emploi, éthique douteuse en hauts lieux et inquiétudes environnementales forment un cocktail de plus en plus imbuvable.«Les gens cherchent un nouveau modèle de développement économique durable, et ce modèle existe: c\u2019est le modèle coopératif» La conjoncture est excellente pour ce modèle, affirme-t-il.«Pendant la crise financière et économique de 2008 à 2009, ce sont les entreprises coopératives ont été inventées pour répondre aux besoins des individus dans les communautés locales et sont ancrées dans leur milieu.» On constate que les coopératives et les mutuelles sont très présentes dans des secteurs d\u2019activités liés aux besoins fondamentaux et à l\u2019économie réelle comme l\u2019agriculture, l\u2019alimentation et l\u2019électricité.Mais elles se veulent aussi des écoles de solidarité et d\u2019entrepreneuriat.«Les coopératives ont été capables de mettre le capital humain devant le capital financier», résume M.Bertrand.Un atout Le premier Sommet international des coopératives, tenu à Québec à l\u2019automne 2012 à l\u2019initiative du Mouvement Desjardins et de l\u2019Alliance coopérative internationale (AGI), se voulait l\u2019occasion de démontrer l\u2019envergure et la pertinence du mouvement coopératif dans le monde.Plus de 2800 représentants en provenance de 91 pays sont venus partager leurs réflexions sur les enjeux actuels du modèle coopératif, et une déclaration officielle du sommet a été remise aux Nations unies en novembre dernier.« C\u2019est une aventure qui a connu un succès foudroyant, bien au-delà de nos espérances.de dire M.Bertrand.On est en train de créer quelque chose de très fort.» Après avoir ainsi mis la table en favorisant l\u2019intercoopération et une meilleure reconnaissance du mouvement, M.Bertrand annonce que l\u2019objectif au cœur du prochain sommet sera de «démontrer comment les coopératives peuvent jouer un rôle accru face aux défis que l\u2019humanité doit relever, comme celui de la sécurité alimentaire.Les coopératives jouent présentement des rôles clés dans beaucoup de pays au niveau de toute la chaîne agroalimentaire, et on ne sera pas capables de remplir la commande de la sécurité alimentaire sans passer par elles.Nous voulons exposer ce qui se fait de mieux dans le monde sur toute la chaîne, pour essayer de donner aux participants des outils afin que les meilleures façons de faire s\u2019implantent partout sur la planète.» L\u2019équipe du Sommet fait à nouveau appel à quelques firmes et instituts de recherche pour obtenir et partager des études éclairantes sur le mouvement.«Nous aurons aussi des discussions plus spécialisées, par exemple sur le thème de l\u2019acquisition des terres, promet le directeur exécutif.En ce mo- ment,^ il y a de grands fonds souverains qui achètent des terres pour ensuite les spécialiser, par exemple dans la production de l\u2019huile de palme.Mais l\u2019huile de palme, ça ne nourrit pas grand monde.Et la monoculture draine les éléments de la terre et l\u2019épuise, en plus de faire un usage intensif des pesticides.Les coopératives, elles, cherchent plutôt à acquérir des terres à perpétuité et à assurer le maintien d\u2019une diversité alimentaire, par la rotation et la polyculture, qui ont de grands bienfaits pour les sols.Aucune coopérative ne va détruire le milieu où elle est implantée.» Sécuriser l\u2019accès à l\u2019eau Dans un document de mars 2012 intitulé L\u2019eau et la sécurité alimentaire, l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (PAO) suggère que pour arriver à nourrir tout le monde, il s\u2019agit en premier lieu de sécuriser l\u2019accès à l\u2019eau de bonne qualité et en quantité suffisante.Il faudrait ensuite produire plus avec moins d\u2019eau, réduire les pertes et le gaspillage de nourriture et adopter des régimes alimentaires durables ayant des impacts moindres sur l\u2019environnement.Celui qui a assuré la direction du Congrès mondial de l\u2019énergie 2010 est aussi d\u2019avis qu\u2019il faut se doter une vision globale qui tienne compte de la terre, de l\u2019eau, mais aussi de l\u2019énergie.«C\u2019est un tout, et nous aurons des ateliers spécialisés sur ces différents volets», et ce, lors du prochain Sommet, dont la programmation sera dévoilée en juin.Stéphane Bertrand se réjouit de voir que dans de nombreux pays, les gouvernements mettent en place des programmes et opèrent des modifications dans les législations pour favoriser l\u2019essor des coopératives.Leur nombre est d\u2019ailleurs en progression.Même à Cul^a, dit-il, où les entreprises d\u2019Etat sont en pleine mutation, le régime se montre enclin à emprunter notamment la voie coopérative pour son ouverture économique.«Les populations recherchent un meilleur équilibre.Sans dire que les coopératives sont la solution à tous les problèmes, je pense qu\u2019en leur accordant une place accrue, tous secteurs confondus, on peut parvenir à cet équilibre.» Collaborateur Le Devoir MONDIALISATION ET SOLIDARITE Économie et société Pistes de sortie de erise y iD J ECONOMIE ET SOCIETE PISTES DE SORTIE DE CRISE Louis Favreau et Ernesto Molina Collection Initiatives Ce livre se veut une contribution pour une meilleure connaissance des enjeux actuels du Québec et de la planète, une proposition sur les visées stratégiques de renouvellement de notre « modèle » de développement Bref une réflexion sociale, scientifique et critique liée à l'avancement d'une mondialisation équitable 170 pages 978 2 7605 3230 4 ITJ IMgg.'în ÆÊk p,,|cnE 1400 LIVRES PUBUÉSETÀFEUILETERAU PUO.CA Mouvements sociaux démocratie et développement Les défis d'une mondialisation solidaire POUR UNE ÉCOALIMENTAT^I^, MOUVEMENTS SOCIAUX, DÉMOCRATIE ET DÉVELOPPEMENT LES DÉFIS D'UNE MDNDIALISATIDN SDLIDAIRE Louis Favreau, Lucie Fréchette et René Lachapelle Collection Initiatives Même si la mondialisation néolibérale représente une tendance forte et durable, la conjoncture internationale a notamment favorisé l'émergence de mouvements citoyens internationaux Les auteurs dégagent les principales lignes de force de ces mouvements engagés 172 pages | 978 2 7605 2559 7 ITg PDUR UNE ECDALIMENTATIDN DIX BELLES HISTOIRES Lucie Sauvé, Nayla NaoufaI et Eva Auzou Les auteurs mettent en évidence la dimension éducative de dix initiatives québécoises d'écoalimentation, célébrant la créativité et le courage de ces artisans qui contribuent à réinventer le rapport au monde du jardin à l'assiette 232 pages 978 2 7605 3703 3 RCT IEUepub \"f Presses de TUniversité du Québec La transition écologique de l'économie La contribution des cooperatives et de 1 économie solidaire yjijL «ir LATRANSITIDNECDLDGIQUE DE LÉCDNDMIE LA CONTRIBUTION DES COOPÉRATIVES ET DE L'ÉCONOMIE SOLIDAIRE Louis Favreau et Mario Hébert Collection Initiatives De plus en plus de mouvements prennent acte de l'urgence écologique au Québec et ailleurs dans le monde, l'économie peut être au service de la société Les auteurs présentent des analyses, mais également des propositions de conversion écologique de l'économie 160 pages | 978 2 7605 3545 9 ITg 1^13 C 6 LE DEVOIR, LE MERCREDI 22 MAI 2013 AGRICULTURE ENTREVUE AVEC MICHEL GRIEEON Pour une agriculture écologiquement intensive Pourra-t-on longtemps utiliser cinq kilos de céréales et d\u2019oléagineux pour produire un seul kilo de viande ?Uagricultxire écologique est un type de production qui exige patience, intelligence et connaissances.Mais les efforts qu\u2019on mettra à la réaliser permettront de nourrir la planète tout en la gardant en bon état.Michel Griffon dénonce les ravages opérés par l\u2019agriculture productiviste et propose, donc, une solution de rechange : l\u2019agriculture écologiquement intensive.HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Dans son livre intitulé Nourrir la planète.Pour une révolution doublement verte (Paris, Odile Jacob, 2006), Michel Griffon, économiste, agronome et directeur général adjoint de l\u2019Agence nationale de la recherche (ANR), en France, prône une transition de Tagricul-ture productiviste à Tagriculture écologiquement intensive.Une production moins coûteuse, moins polluante, consommatrice de moins de carburant, tout en ne rognant pas les rendements.En quoi l\u2019agriculture productiviste a-t-elle failli?Je ne dirais pas qu\u2019elle a failli, mais plutôt qu\u2019elle a atteint ses limites.En termes de rendement, elle a atteint un plafonnement.Ensuite, elle s\u2019avère très coûteuse, en intrants, en énergie, notamment le pétrole, et on sait que ça va encore augmenter dans les prochaines années, notamment en engrais et en produits phytosanitaires.Enfin, d\u2019un point de vue environnemental, la pollution en nitrates est devenue importante.Elle contribue également à l\u2019effet de serre parce qu\u2019elle dépense beaucoup de carburants et parce qu\u2019elle est basée sur le labour en profondeur, qui favorise les émissions de dioxyde de carbone et de méthane.C\u2019est donc une agriculture d\u2019une autre époque?Elle est encore de notre époque ! Elle s\u2019est constituée progressivement après la Seconde Guerre mondiale, à une époque oû l\u2019énergie n\u2019était pas chère et oû nous ne connaissions pas les phénomènes de pollution.Elle est allée de plus en plus vers la monoculture, en limitant le nombre de variétés sur un même sol, ce qui a eu pour conséquence directe la réduction de la biodiversité.Quant à l\u2019élevage, qui se fait à partir de grain, il est très coûteux en sol.Pensez qu\u2019il faut cinq kilos de céréales et d\u2019oléagineux pour produire un kilo de viande ! D\u2019oû l\u2019utilisation de plus en plus grande de l\u2019espace forestier, en particulier l\u2019Amazonie.Sans compter que les ruminants sont des animaux dont les émissions de gaz à effet de serre sont importantes.Voilà juste quelques-unes des limites de cette agriculture.Quelles sont les solutions de rechange à cette agriculture productiviste?Elles sont de plusieurs sortes.Vous avez par exemple l\u2019agriculture raisonnée, qui consiste à réduire les doses d\u2019engrais et de produits phytosanitaires sans trop réduire les rendements et en maintenant les revenus, en les augmentant même, puisqu\u2019il y a un certain gaspillage au niveau de l\u2019agriculture productiviste.Le problème, c\u2019est qu\u2019elle réduit la production.Elle ne répond donc pas aux besoins croissants en matière d\u2019alimentation à l\u2019échelle mondiale.A l\u2019autre bout du spectre, vous avez l\u2019agriculture biologique, qui répond à des cahiers des charges précis conçus en réaction à l\u2019agriculture intensive.Zéro engrais et zéro produit phytosanitaire.Ça rassure les consommateurs, mais, même s\u2019il y a eu des améliorations technologiques ces dernières années, ça réduit de manière marquée les rendements.Comment peut-on améliorer ces rendements?En utilisant mieux les fonctionnalités des écosystèmes.Il faut exploiter les processus biologiques et écologiques à des fins productives.Par exemple, en utilisant des insectes auxiliaires qui vont être des prédateurs de ravageurs et se substituer aux insecticides.Le maïs, dans le sud-ouest de la France, est attaqué par un papillon, la pyrale.Les chenilles de ce papillon sont attaquées par des miniguêpes, qui les tuent et qui limitent ainsi l\u2019emploi de pesticides.Quand c\u2019est bien mené, ça a Il faut faire aujourd\u2019hui ce que tout le monde fera demain - Cocteau JFL Consultants est l'entreprise qui vous accompagne dans vos démarches d'évaluation, de recherche et de planification stratégique.L\u2019évaluation de projets et de programmes favorise la résilienee des organisations.G onsu Itants une efficacité équivalente, d\u2019oû des rendements relativement équivalents.C\u2019est donc également le principe de l\u2019agriculture écologiquement Intensive que vous défendez.Il s\u2019agit d\u2019une intensification qui ne se fait pas à partir d\u2019intrants chimiques, mais de processus çcologiques et biologiques.A la différence de l\u2019agriculture biologique, on ne renonce pas complètement aux produits chimiques et aux antibiotiques dans l\u2019élevage, mais on les utilise de manière subsidiaire, quand c\u2019est nécessaire et que l\u2019on n\u2019a pas de solution de rechange naturelle.Ça passe par exemple par le fait de renoncer au labour parce que celui-ci est onéreux, qu\u2019il émet des gaz à effet de serre et qu\u2019il détruit la vie des sols, donc leur fertilité organique.Mais on ne peut pas y renoncer du jour au lendemain.Il faut commencer par apprendre à tuer les mauvaises herbes autrement que par le labour.C\u2019est une remise en cause de toutes les pratiques conventionnelles.Chaque geste posé doit être réfléchi.Le producteur doit toujours se demander s\u2019il n\u2019y a pas une solution biologique.Ça demande de la patience, de l\u2019intelligence et des connaissances.C\u2019est beaucoup plus facile de sortir un pulvérisateur quand on rencontre un insecte ravageur ! Est-ce que les agriculteurs commencent à faire cet effort?Ça ne va pas se faire du jour au lendemain.En France, 20% des agriculteurs ont amorcé la transition, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils ont adopté au moins une solution écologique.Si je prends le cas de la miniguêpe pour lutter contre la pyrale dans les champs de maïs, ils sont 60% à utiliser cette technique.Ils sont également de plus en plus nombreux à éviter le labour en profondeur et à opter pour un labour superficiel.C\u2019est un premier pas.Sur le plan mondial, il y a de nombreux pays oû la transition n\u2019a pas démarré.Mais le Brésil, par exemple, est un très bon élève.Quant à l\u2019Amérique du Nord, le non-labour est une tradition aussi bien aux Etats-Unis que dans les %- '1 \\ 1 % t MYCHELE DANIAU AGENCE ERANCE PRESSE En France, 20% des agriculteurs ont amorcé la transition de l\u2019agriculture productiviste vers une agriculture écologiquement intensive.grandes plaines céréalières du Canada.Comment l\u2019agriculture écologique peut-elle nourrir les 9 milliards de personnes censées peupler la terre d\u2019IcI 2050?Sous nos latitudes, il y a au départ une perte de rendement, qui se stabilise par la suite.Sous les tropiques humides, il y a même un accrois- sement des rendements tant les écosystèmes sont propices.Il n\u2019y a que dans les régions plus sèches que ce type d\u2019agriculture souffrirait d\u2019un manque d\u2019efficacité.Nous avons fait des calculs et, oui, nous pouvons affirmer que nous pourrions nourrir la planète avec l\u2019agriculture écologiquement intensive, tout en préservant des forêts.Mais c\u2019est certain que le suc- cès serait encore plus assuré si les Occidentaux changeaient leurs habitudes alimentaires, notamment en réduisant la quantité de viande qu\u2019ils consomment.ce qui aurait aussi des répercussions favorables sur leur état de santé par ailleurs.Collaboratrice Le Devoir NOTRE VISION de l'agriculture de demain, c'est Produire Plus -\tPlus de monde à nourrir -\tPlus de produits de chez nous sur nos tablettes d'épicerie -\tPlus de jeunes en agriculture Produire Meilleur -\tDes aliments sains et de qualité -\tUn système de traçabilité efficace -\tDes produits bien identifiés Produire Mieux Recherche\tÉvaluation\tFormation www.jflconsultants.ca \u2022 lnfo@Jflconsultants.ca \u2022 514.570.6409 -\tPréserver notre territoire agricole -\tProtéger nos ressources -\tTransférer le patrimoine agricole aux générations futures -\tRespecter l'environnement L'Union des producteurs agricoles L LE DEVOIR LE MERCREDI 22 MAI 20IS C 7 AGRICULTURE ENTREVUE AVEC GERALD lAROSE Il faut opposer à l\u2019économie néolibérale un modèle venu de la solidarité Pour les ardents défenseurs de l\u2019économie sociale et solidaire (ESS), il ne fait pas de doute que le temps est venu de mettre un frein à un système économique qui encourage une surconsommation effrénée, laquelle contribue largement au déséquilibre social, conduit à l\u2019impasse économique et met la planète en péril.Le modèle actuel ne tient plus la route et il convient de trouver la façon et les moyens de le remplacer.Entretien avec Gérald Larose, ex-cbef syndicaliste notoire et militant convaincu de l\u2019économie sociale.REGINALD HARVEY Pour celui qui a dirigé la destinée de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) pendant 16 ans (1983 à 1999) avant de Revenir professeur invité à l\u2019École de travail social de l\u2019UQAM, cela ne fait aucun doute : le modèle économique actuel doit être revu et la mondialisation doit se faire autrement.«Il faut bien se rendre compte qu\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est la cupidité qui impose le rythme et c\u2019est la corruption qui balise la gouvernance.De surcroît, il existe des paradis fiscaux pour recevoir les gens qui cherchent à échapper à toutes leurs responsabilités sociales.On vit dans un régime économique productiviste et consumériste qui n\u2019a rien à voir avec les besoins réels des personnes», affirme celui qui préside la Caisse d\u2019économie solidaire en plus d\u2019être l\u2019un des membres de la direction du Forum international des dirigeants de l\u2019ESS.«Les politiques néolibérales dépouillent les territoires et les nations de leurs capacités de répondre à leurs besoins et de prendre les décisions qu\u2019elles souhaitent, poursuit-il.On va reconnaître que, socialement, la montée en puissance de tous les intégrismes, en présence du « On vit dans un régime économique productiviste et consumériste qui n\u2019a rien avec les besoins réels des personnes» phénomène corollaire du terrorisme, déstabilise de plus en plus des régions entières.Politiquement parlant, on doit admettre que les Etats nationaux ont été petit à petit réduits à l\u2019impuissance par les politiques néolibérales au cours des 30 dernières années.» Le portrait n\u2019est pas plus rose sur le sort qui attend la planète.«Il y a sur le plan écologique ou climatique une conjonction de phénomènes qui sont susceptibles de mettre en péril la vie elle-même.Je ne suis pas catastrophiste de nature, mais on doit bien se rendre compte que les océans s\u2019acidifient, que les forêts se dégradent, qu\u2019il existe une diminution importante des terres cultivables, que l\u2019eau potable est inaccessible à 1,8 milliard de personnes, que les mal nourris sont au nombre de 1,8 milliard et que les inondations ont fait 300 millions de déplacés», affirme-t-il.Gérald Larose parle carrément d\u2019une crise de civilisation.Ainsi, «l\u2019heure du réveil a sonné: si on ne veut pas foncer dans le mur, on doit changer effectivement de cap».Économie imprévisible «Le volet déterminant de toute cette réflexion est le suivant: est-ce que l\u2019économie, dans ses pratiques actuelles, est à la remorque du volet démocratique ou de l\u2019actionnariat?Présentement, ce ne sont pas les éléments les plus stables de l\u2019entreprise qui prennent les décisions, soit les gens qui sont aux opérations ou à la production, mais l\u2019élément le plus volatil, c\u2019est-à-dire les actionnaires.On est donc assis sur une économie qui est totalement imprévisible et qui peut se dérégler à n\u2019importe quel moment, ce qui est en effet le cas: les cycles se multiplient, ils sont imprévisibles, et surtout, leur cadence s\u2019est beaucoup accélérée.» Que faire pour sortir de cette impasse ?Selon Gérald Larose, cela passe par trois champs d\u2019action.D\u2019une part, il faut favoriser le renforcement systématique de la société civile dans la conduite des affaires économiques.«Cette économie-là est conduite par les communautés, par les groupes, et elle est démocratique et solidaire.C\u2019est une économie qui est régionale ou locale et qui est pilotée par des collectivités.» D\u2019aufre part, il faut redonner à l\u2019État ses responsabilités en matière de régulation.« On l\u2019a systématiquement discrédité, à tort, sous prétexte que l\u2019économie appartient au secteur privé.Au contraire, il incombe à l\u2019Etat de veiller au bien commun et, en ce sens, il a voix au chapitre.» Enfin, il faut agir au niveau international.« On doit, sur le plan international, muscler les organisations de cet ordre dans leurs responsabilités de concertation et de convention de manière à recréer la régulation et la réglementation à cet échelon.C\u2019est difficile à réaliser, mais on fl\u2019a pas le choix.» A cet égard, la lutte contre les paradis fiscaux lui apparaît comme une priorité.L\u2019odieux de la gouvernance Gérald Larose considère que le bilan est mitigé au chapitre du traitement réservé à l\u2019économie sociale et solidaire par les différents paliers de gouvernement.«Il est vrai qu\u2019ici au Québec, ,\t.\tmais aussi dans un avoir\tcertain nombre de pays, particulièrement en Erance, dans 11 pays de l\u2019Amérique latine et dans certains Etats africains, se manifeste une plus grande ouverture par rapport à cette économie en matière de reconnaissance et de mise à contribution.» Il existe toutefois une lacune à combler.«L\u2019ESS occupe certes un espace important dans nos sociétés, mais sa notoriété est bien supérieure à l\u2019espace qu\u2019elle occupe sur le plan économique.Surtout, elle n\u2019est pas suffisamment mise à contribution pour le développement et, en ce sens, elle n\u2019est pas traitée à sa juste valeur, ce qui est vrai tant sur la scène nationale qu\u2019internationale.» Il s\u2019en prend avec virulence au mauvais sort réservé à la société civile au cours des dernières années ; un tel comportement a mis des bâtons dans les roues à l\u2019émergence d\u2019une autre économie: «On sort à peine de cycles politiques qui ont systématiquement saccagé les lieux du dialogue social.Le gouvernement Charest a sorti du trafic cette société, notamment lorsqu\u2019il a \u201cscrapé\" les conseils régionaux de développement pour les remplacer par les conférences régionales des élus.» Il va plus loin : « On récolte aujourd\u2019hui les fruits du saccage de l\u2019institution politique.Voyez toute la magouille dans les partis et le discrédit qu\u2019elle a jeté sur toute la chose politique.La contribution à l\u2019affaiblissement de l\u2019Etat et tout cela mis ensemble favorisent une économie qui est contrôlée par de moins en moins de personnes, par ceux qui en empochent de plus en plus, qui se livrent à toutes les magouilles par cupidité.» Il y a péril en la demeure, juge M.Larose, et des travaux majeurs s\u2019imposent: «On a un gros travail de reconstruction de la démocratie institutionnelle à accomplir pour permettre à la société civile, à travers l\u2019économie sociale et solidaire, de rayonner de tous ses feux.» Collaborateur Le Devoir J Gérald Larose est Pun des membres de la direction du Forum international des dirigeants de LESS.JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ECONOMIE SOCIALE : UN MODÈLE DE SOLIDARITÉ DURABLE Les 23 et 24 mai prochains, le Groupe d'économie solidaire du Québec (GESQ) tiendra, à Shawinigan, son université d'été 2013, qui portera sur l'agriculture et le développement durable.G'est le 7® rendez-vous de cette université au service de l'économie sociale et solidaire, qui propose un lieu d'analyse, d'exploration et d'échanges en vue de promouvoir ce nouveau modèle de développement économique.L'économie sociale et solidaire joue un rôle crucial et souvent irremplaçable dans notre société.Ancrée dans la collectivité, elle a d'abord une incidence sociale avant d'offrir un rendement économique.G'est ce qui fait sa force et sa durabilité.Pour cette raison même, elle mérite le soutien de l'État.Afin de tenir compte des besoins propres à ce modèle et de favoriser son essor dans tous les domaines, y compris la transformation alimentaire, une vice-présidence à l'économie sociale sera créée au sein de la Banque de développement économique du Québec, qui sera bientôt mise sur pied.L'économie sociale s'inscrit dans les orientations fondamentales de notre gouvernement : intégrité, prospérité, solidarité et identité.G'est un modèle riche et inspirant.Il mérite tout notre soutien.As Elaine Zakaïb La ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, UN , QUEBEC POUR TOUS Québecii C 8 LE DEVOIR LE MERCREDI 22 MAI 2013 AGRICULTURE HAITI Labrousse, un exemple de développement signé FODES-5 À Haïti, de petits miracles ont lieu tous les jours, même s\u2019il est parfois difficile de les apercevoir.Les organismes qui œuvrent dans le développement économique et social y sont pour quelque chose, et parmi eux, FODES-5 est un grand faiseur de miracles.MARIE-HELENE ALARIE Lors de sa création, en 1998, l\u2019organisme FODES-5 (Fondation pour le développement économique et social) s\u2019est donné pour mission d\u2019aider les populations locales à développer des stratégies économiques et des services sociaux de base visant à améliorer leur qualité de vie.Quinze ans plus tard, on peut voir le fruit de plusieurs années d\u2019efforts soutenus de la part d\u2019une communauté unie.Alfred Etienne est le coordonnateur général de la FODES5 et François Merisma, son président du conseil d\u2019administration.Ce dernier est aussi directeur de la programmation.Tous deux ont bien voulu répondre à nos questions pour mieux connaître les actions de la FODES5.«FODES-5, c\u2019est d\u2019abord une initiative communautaire pour répondrç à un besoin», lance d\u2019emblée Alfred Etienne, qui faisait partie de la première génération à quitter la zone pour étudier à l\u2019étranger.Aujourd\u2019hui, il revient monter une structure visant à améliorer les conditions de vie des habitants de cettç zone.Cette zone dont parle M.Etienne est une région enclavée et assez isolée qui se situe entre Jac-mel et Les Cayes et dont le plus important village est Labrousse.«Le défi actuel est de trouver un équilibre agroenvironnemental afin de produire suffisamment pour nourrir la population» Secteurs d\u2019intervention Au départ, on a vite ciblé quatre secteurs d\u2019intervention, là où les besoins étaient les plus criants: l\u2019agriculture, la santé, l\u2019éducation et les ressources naturelles : «Nous avons vite compris que le processus de développement ne peut être vertical, mais qu\u2019il doit être de préférence horizontal.C\u2019est pourquoi nous avons travaillé directement sur le terrain avec les paysans.Pendant les cinq premières années d\u2019existence de la fondation, nous avons mis sur pied l\u2019organisation de base en créant des structures organisationnelles communautaires, démocratiques et décentralisées ppur pouvoir répondre aux besoins», explique M.Etienne.Aujourd\u2019hui, FODES-5 compte plus de 7000 membres.Ces premières années ont aussi été mises à profit pour cerner les ressources naturelles et humaines présentes dans la zone.Après cette phase consacrée à des études de terrain, «nous avons attiré l\u2019attention de l\u2019ACDI [Agence canadienne de développement international] et du MRI [ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur du gouvernement du Québec] qui ont commencé à financer des projets porteurs (ie changements dans notre région», ajoute Alfred Etienne.Créer des revenus Comme on le voit, aux yeux de la FODES-5, l\u2019agriculture apparaît comme l\u2019un des secteurs importants de l\u2019économie locale.«L\u2019agriculture est considérée comme un des éléments de l\u2019ensemble des activités génératrices de revenus, affirme François Merisma.Notre mission est d\u2019amener les gens à réfléchir et à les accompagner afin de créer des conditions favorables à la création de richesse à partir des ressources naturelles et humaines.C\u2019est un processus long et qui demande de l\u2019énergie.» Depuis plusieurs années, Haïti subit un grave déclin environnemental, la production agricole a largement baissé dans la région.Depuis 2009, nous travaillons sur cet aspect.C\u2019est long et difficile, mais nous sommes sur la bonne voie.Les façons de faire de la population et les us et coutumes des producteurs agricoles commencent à changer», nous explique François Merisma.On a mis sur pied un système de distribution de la nourriture, et parfois, on arrive même à vendre des surplus sur les marchés locaux.Au niveau des services de santé depuis 2007, la FODES-5 a travaillé avec l\u2019ACDl et la CSI (Collaboration santé internationale) pour construire un centre de santé.«Dans la région, on rencontre des maladies comme l\u2019hypertension artérielle, des maladies de la peau et des problèmes d\u2019infestations parasitaires et de malnutrition chez les enfants», raconte M.Merisma.L\u2019école pour tous L\u2019un des secteurs où la fondation est la plus active et très présente sur le terrain est celui de l\u2019éducation.«Ici, en matière d\u2019éducation, notre mission n\u2019est pas seulement de construire des écoles, mais, de manière beaucoup plus globale, de contribuer à assurer la disponibilité d\u2019une éducation de qualité aux enfants de la région.C\u2019est-à-dire fournir aux enfants les compétences nécessaires pour devenir des citoyens engagés et utiles au processus de développement de leur famille, de leur communauté et de leur pays en général», explique M.Merisma.Dans la région, depuis 2003, on obtient un ratio de fréquentation des écoles de plus de 90% parmi les enfants en âge d\u2019aller à l\u2019école.C\u2019est pourquoi aujourd\u2019hui la FODES-5 oriente ses efforts vers l\u2019amélioration des services afin d\u2019offrir une éducation de meilleure qualité.En 2010, la FODES-5 a lancé un programme de formation professionnelle pour les jeunes de 15 à 25 ans peu ou pas alphabétisés.«C\u2019est le programme qui me rend le plus fier de participer à l\u2019organisation FODES», nous dit, ému, M.Merisma.Cette formation consiste en des stages pratiques de 14 mois où les jeunes apprennent auprès de maîtres-artisans expérimentés.Des animateurs sont quant à eux chargés du volet théorique.On offre aussi un cours d\u2019entrepre-neuriat qui est basé sur la citoyenneté et le savoir-faire et où on apprend à gérer une entreprise.François Merisma ajoute qu\u2019«DM a pu négocier avec une coopérative pour octroyer les crédits nécessaires pour démarrer leur entreprise».Ces stages sont offerts dans plusieurs secteurs, dont le travail du fer et du bois, l\u2019agroforesterie, l\u2019apiculture et la mécanique automobile.Engagement communautaire En 1998, lors de la fondation de FODES-5, le petit village de Labrousse était complètement désolé et laissé à lui-même.11 existait une école, mais avec une toiture de chaume et un sol de terre battue, il n\u2019y avait pas de sanitaires, pas de centre de santé, pas d\u2019eau potable et tout l\u2019environnement était dégradé.«C\u2019est depuis 2003, depuis le financement de l\u2019ACDl pour la construction d\u2019un complexe scolaire que le visage de Labrousse a commencé à changer.Aujourd\u2019hui, c\u2019est toute la région qui profite des activités de FODES-5», nous dit M.Etienne.Tout n\u2019est cependant pas parfait, même si un changement significatif est en,branle dans la région.Pour conclure, Alfred Etienne souligne que «même si on est encore loin du compte, on peut être fier des progrès qu\u2019on a réalisés au chapitre de l\u2019éducation.Un secteur où on doit investir encore beaucoup d\u2019énergie est celui des activités génératrices de revenus, où on doit amener les gens à produire suffisamment de revenus pour que les gens puissent combler leurs besoins fondamentaux».Collaboratrice Le Devoir JAIME RAZURI AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019éducation est l\u2019un des champs d\u2019intervention de la FODES-5, une organisation haïtienne privée philanthropique, laïque et apolitique.I 1^ iS'' '' v 'Ù* THONY BELIZAIRE AGENCE ERANCE-PRESï Haïti a subi ces dernières années un grave déclin environnemental et la production agricole largement baissé.Misons sur un développement économique.Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable^ Social Solidaire! Durab Équitq Social Solidai^ Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable SOL DUR ÉQU SOC( SOL DURi ÉQU SOC SOL DUR ÉQU 1000 SOC 1000 SOL 1000 DUR 1000 ÉQU 1000 SOC 1000 SOL 1000 DUR 1000 ÉQU 1000 SOC 1000 SOL 1000 DUR 1000 ÉQU 1000 SOC sol SOCIAL 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 I^rable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable ci^ wdaire irable litable fil iidaire durable Suitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable ^¦¦R 1000 ^^^^^1000 ^^^^PlOOO ^^^^^1000 ^^^^nooo 1000 1000 ^^QU 1000 P»SOC 1000 ! 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