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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-04-27, Collections de BAnQ.

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[" ^ Les Mountain Daisies gravent les plaisirs de rOpen Country Page e 3 Un Molière en Ré majeur pour le cinéaste Phiiippe Le Quay Page e 14 EVOIR.LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 im lAlOU OBfi*' annik MHDECARüFELLE devoir Carmen grande icône solaire René Richard Cyr et Daniel Bélanger revisitent Tremblay avec Mande Guérin dans la peau d\u2019une chanteuse messianique Sur la page, la proposition semble aller de soi.Pourtant, René Richard Cyr et Daniel Bélanger ont d\u2019abord cherché leur muse ailleurs que dans l\u2019univers de Michel Tremblay, histoire de ne pas se répéter après le succès retentissant de Belles-sœurs.En vain.Pour autant.Le chant de sainte Carmen de la Main ne s\u2019inscrit pas sous le signe de la redite, loin s\u2019en faut.« Quand a s\u2019approche de toé.fas l\u2019impression d\u2019être rien» FRANÇOIS LEVESQUE Montréal, 1976.L\u2019année des Jeux, l\u2019année de Nadia.Et l\u2019année de Carmen.Sirène du country à la langue bien pendue, Carmen rentre d\u2019un stage à Nashville et s\u2019apprête à donner «le plus beau récital western » qui soit dans le bar miteux de son amant, Maurice.Or Carmen ne s\u2019est pas contentée de perfectionner ses yodels; elle s\u2019est aussi découvert une conscience sociale.Aux laissés-pour-compte de la «Main» venus l\u2019acclamer, elle chante l\u2019espoir, elle chante le courage.Voilà qui n\u2019est pas pour plaire à Maïuice, qui trône sur le quar- tier paumé comme «un rat sur un corps à vidanges».Carmen doit se taire.Le chant de sainte Carmen de la Main, qui prend l\u2019affiche au Théâtre du Nouveau Monde le 30 avril, s\u2019ouvre sur un lever de soleil «rouge sang» qui porte en lui tout l\u2019argument de l\u2019œuvre, c\u2019est-à-dire que Carmen est attendue comme un messie, mais un messie voué à la crucifixion.Réunis dans une petite salle de conférence du TNM chauffée par leur passion communicative, René Richard Cyr, Daniel Bélanger et, un peu plus tard, Maude Guérin, qui prête ses traits à leur Carmen incendiaire, remontent le fil de cette création commune qu\u2019ils jugent plus risquée encore que la première.Il est parfois dans ce métier des rencontres mémorables.Celle-là en fut une.«Y paraît que c\u2019est toutes des chansons neuves » «La première chose que j\u2019ai entendue en lisant le texte, confie Daniel Bélanger, c\u2019est un chœur a cappella aux accents presque liturgiques.L\u2019influence country est diffuse; il y a des rappels.De la façon qu\u2019on travaille, je compose de mon côté, à partir du texte, et je soumets ça à René Richard.Ça lui arrive de faire le saut», ajoute-t-il en rigolant.«Ben oui, je réagis tout de suite! reconnaît l\u2019interprète 6!Hosanna.Tremblay, je connais son œuvre par cœur; elle m\u2019accompagne depuis tellement d\u2019années.J\u2019ai ma propre musique qui est associée à ses mots.Alors, c\u2019est certain que des fois, avec celle de Daniel, j\u2019ai un choc.Là, je l\u2019appelle.» «Et il me dit qu\u2019il va me rappeler le lendemain, complète Daniel Bélanger.Et le lendemain, c\u2019est correct, ça a fait son chemin.On construit là-dessus et on avance.J\u2019aime l\u2019approche de René Richard, parce qu\u2019avec lui, les chansons poursuivent la narration, la complètent.» «C\u2019est pas de la comédie musicale, précise son acoljde.C\u2019est du théâtre musical.Les chansons dévoilent quelque chose, un secret.C\u2019est le contraire d\u2019un numéro chanté qui stoppe l\u2019action en répétant une idée qui vient d\u2019être exprimée.Avec Sainte Carmen de la Main, on partait avec une bonne base parce que la pièce est en elle-même très musicale.Au-delà de l\u2019anecdote country, il y a les monologues, le rythme, les chœurs.» Ces derniers mots, les monologues, le rythme et les chœurs, justement, René Richard Cyr et Daniel Bélanger les prononcent en même temps.On est chez Tremblay ou on n\u2019y est pas ! « Ce soir va être un grand soir» La pièce originale relève de la tragédie, la truculence jouale en sus.«Belles-sœurs, je compare ça à un magasin de bonbons à une cenne: y\u2019a la rouge, la jaune, la grosse, la p\u2019tite.Avec Sainte Carmen, on est ail- leurs, insiste René Richard Cju.Ça reste du Tremblay, évidemment, mais c\u2019est une proposition plus risquée.C\u2019est noir.» Pour mémoire.Sainte Carmen de la Main fut créée chez Duceppe en 1976 dans le cadre d\u2019un festival artistique monté en parallèle avec les Jeux olympiques.La pièce fut retirée après trois représentations.S\u2019en trouva-t-il pour s\u2019offusquer de ce que l\u2019on montre à la visite le Montréal des prostituées et des travestis?«La pièce s\u2019inscrivait dans une période d\u2019affirmation nationale, rappelle René Richard Cyr.La population était en ébullition.Je regardais les jeunes, pendant le printemps érable, et je retrouvais un peu de ça.Et on a vu comment cette tentative d\u2019envol collectif a été accueillie! Il y a des échos de ça avec Carmen, je trouve.» Ajoutez le personnage de Maurice, mi-entrepreneur, mi-càid.En voilà un qui serait fort probablement convoqué à la commission Charbonneau si l\u2019action se VOIR PAGE E 6 : CARMEN E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 201 CULTURE Mémoire de tableau Détail 6*Enfants rentrant de Vécole, 1836, de Ferdinand Georg Waldmüller (1793-1865), huile sur papier marouflé sur bois.En cours d\u2019acquisition par le Musée des beaux-arts de Montréal.Odile Tremblay a Grande Histoire est aussi un legs transmis et porté.Dans l\u2019esprit d\u2019Edith Jorisch, par exemple.La jeune femme a étudié à l\u2019Université du Québec à Montréal, réalisé des courts-métrages.Elle coécrit désormais le scénario d\u2019un documentaire sur son grand-père, qui a vécu l\u2019Anschluss en un autre temps, un autre monde.Il s\u2019appelait Georges Jorisch, octogénaire disparu en décembre dernier, si vivant dans l\u2019amour de ses proches.Sans la curiosité de sa petite-fille, sans le temps qu\u2019il sentait compté aussi par l\u2019âge et la maladie, il aurait laissé dans l\u2019ombre des pans de son passé.Mais il s\u2019est ouvert à elle : confidences auxquelles ses enfants n\u2019avaient pas eu droit.Pudeur, me dit-on, code d\u2019honneur d\u2019un fils jadis privilégié de la Vienne culturelle, qui jugeait indécent d\u2019étaler ses misères.Georges a vécu sa petite enfance dans une vieille famille juive agnostique et intellectuelle.Son grand-oncle, Viktor Zuckerkandl, magnat de l\u2019acier et grand collectionneur, avait un domaine avec maison de santé dans la banlieue vien- SUPPLÉMENTAIRES DU 7 AU 11 MAI SIBYLLINES THEATRE DE CREATION LEE mTELIEFE JEî-ir^ EFILLî-irU EEi, FiJE FOEE-DE-LIMm M ont r e 31 * Me+ r o Lione1-Gr ou 1\t* Eli letter le î-irticulee 514 E44.Ei7 e 1 by 111 nee.c or i PHOTOGRAPHIE ANGELO BARSETTI + DESIGN STUDIO T BONE TEXTE DAVID GRE1G MUSIQUE GORDON MCINTYRE TRADUCTION OLIVIER CHOINIËRE MISE EN SCÈNE PHILIPPE LAMBERT ASSISTANCE A LA MISE EN SCÈNE JEAN GAUDREAU COSTUMES ET ACCESSOIRES JOSÉE BERGERON-PITOUIX ÉCLAIRAGES ANDRÉ RIQUX ARRANGEMENTS MUSICAUX PIERRE-LUC MILLAHT DU 29 AVRIL AU 17 MAI 2013 ù\\ A gi bn collaboration avec  ;::^TELUS 1 0{ MONTIttAL C«iiu1l nt Arts\tCauruJI iluCüfiaiia\tlarthaArtj Québec LK DF VOIR Télé^üétwc noise de Purkersdorf.L\u2019élite culturelle, du compositeur Gustav Mahler à l\u2019écrivain Arthur Schnitzler en passant par le peintre Gustav Klimt, fréquentait les lieux pour ses cures thermales et la bonne compagnie.A la mort de Viktor, qui n\u2019avait pas d\u2019enfants, la propriété et les biens passèrent à la fratrie, dont sa sœur Amalie Redlich et la fille de celle-ci, Mathilde, mère de Georges.Mais le nazisme grondait.Lu 1938, Georges avait 10 ans quand son père s\u2019est enfui avec lui.Amalie et Mathilde, faute d\u2019avoir compris l\u2019ampleur du danger, sont mortes en 1941 dans le train qui les l\u2019illustrateur Stéphane Jorisch et sa fille Edith.«Tant de familles ont souffert et n\u2019ont rien récupéré des biens spoliés, disait Stéphane, fils de Georges.Certaines ont été anéanties dans toute leur lignée, sans descendants pour réclamer des œuvres.» Plus grande est la portée d\u2019une restitution lorsque des survivants ont connu les œuvres dans leur vie antérieure, pour ainsi dire.Georges Jorisch, qui s\u2019était tant démené pour récupérer chez un collectionneur autrichien ce tableau jadis aimé, mourut avant de le retrouver.On m\u2019a emmenée voir Enfants rentrant de l\u2019école Ces aventures de restitution d\u2019œuvres d\u2019art spoliées par les nazis sont fascinantes.Par-delà leur valeur financière souvent considérable, la charge symbolique jette à terre.MAINTENANT OU JAMAIS ! FlLÜt .1 ijsx0 a.uaxix DE BERMFiRD\u201dMFiRIE KOLTES / AVEC SEBi UNE PRODUCTION DE SIBYLLINE Fi COMPTER DU 23 AVRIL 2813 emportait vers le ghetto polonais de Lodz, où les nazis parquaient des Juifs.Domaine et collections tombèrent aux mains de l\u2019Etat, tandis que père et fils se terraient à Bruxelles.Mort en 1949, le père de Georges n\u2019aura pas savouré longtemps sa liberté.En 1957, Georges, apatride, vint s\u2019établir à Montréal avec son épouse belge, ses enfants, prenant racine ici, vendant des appareils photo.Une troisième vie.Sa dernière.11 a été beaucoup question de Georges Jorisch cette semaine.Le Musée des beaux-arts de Montréal avait organisé une cérémonie mardi dernier pour restituer un tableau.Le duo de Gerrit van Honthorst, à la famille Spiro, dont les ancêtres avaient été spoliés par le régime nazi.Le musée acquérait d\u2019un même souffle des descendants Jorisch la toile Enfants sortant de l\u2019école du peintre autrichien Lerdinand Georg Waldmüller, reliquat des biens spoliés à Amalie Redlich.Georges avait déjà récupéré et vendu deux œuvres de Klimt admirées aussi chez sa ^and-mère.J\u2019avais raté la cérémonie, d\u2019où, dans l\u2019après-midi, ce bond vers le musée pour rencontrer une des familles, dont au Musée des beaux-arts.J\u2019admirais la composition de la toile, les deux enfants du tableau, la petite fille aux pieds nus, le garçon aux godasses usées, et les Alpes derrière, tâchant de me mettre dans la peau du Georges Jorisch de 10 ans qui tisse un lien avec ces enfants peints.Comme dans celle du même homme âgé en quête d\u2019un univers englouti.L\u2019art possède une fonction thérapeutique.A travers les cas extrêmes encore plus.Ces aventures de restitution d\u2019œuvres d\u2019art spoliées par les nazis sont fascinantes.Par-delà leur valeur financière souvent considérable, la charge symbolique jette à terre.Tardive demande de pardon, si mince pourtant, réactivée en nos temps virtuels.L\u2019accord international de Washington entériné en 1998 encourage à retourner aux ayants droit les œuvres d\u2019art volées par les nazis.Ajoutez qu\u2019un marché privé de quête de provenance des œuvres a émergé et qu\u2019internet joue en ces matières un rôle capital d\u2019accélérateur.Etablie en 1991, la plus grande base de données du genre.Art Loss Register, basée à Londres, répertorie les œuvres perdues ou volées.Les grandes maisons d\u2019encan-teurs comme Christie\u2019s et Sotheby\u2019s poussent à la roue pour déterminer l\u2019origine des pièces qui transitent entre leurs mains.Depuis 1998, l\u2019Autriche a restitué environ 10000 œuvres volées sous le Troisième Reich, dont en 2011 un tableau de Klimt à Georges Jorisch, qui trônait au Musée d\u2019art moderne de Salzbourg.Selon les pays, les règlements varient, mais en général, celui ou celle qui a acquis de bonne foi une œuvre dans une galerie d\u2019art n\u2019est pas tenu de la rendre aux héritiers, seulement incité à le faire.Et rien n\u2019est simple.En Lrance, après la Seconde Guerre mondiale, 75% des objets d\u2019art pillés aux Juifs furent restitués.Des familles étaient englouties, d\u2019autres disséminées allez savoir où.Mille tableaux au passé flou demeurent dans les coffres des musées français en attente de propriétaires légitimes.Avec la numérisation des archives, ça rebondit, là comme ailleurs.Avec les disputes d\u2019usage, entre autres pour la succession du célèbre marchand d\u2019art français Paul Rosenberg, qui compte Anne Sinclair dans sa lignée.Il y a litige avec un musée norvégien pour un Matisse volé par les nazis, mais l\u2019établissement plaide la bonne foi.Les demandes sont nombreuses, certaines justifiées, d\u2019autres moins.Tant de regis-tres se sont perdus.Les preuves sont difficiles à établir et le temps passe.Rares sont ceux qui ont admiré de leurs yeux les œuvres dérobées par les nazis.Georges Jorisch s\u2019est effacé après tant d\u2019autres.A Montréal, on espère que sa petite-fille Edith mènera à terme son projet de documentaire.Pour la chaîne des générations Jorisch marquée par l\u2019histoire, pour la mémoire du monde et des tableaux qui parlent aussi.otremblay@ledevoir.com QC Hydro Québec GRAND PARTENAIRE ABONNQWLB TNMjQC-CA LES AIGUILLES ET LWIUM CyRANO DE BERGERAC ALBERTINE, EN CINQTEIVPS LE MUFaVüŒ DUCX^^COr lEBALOC3N/r 1 M Théâxre du Nouveau ^Monde ROBERT LEPAGE, EX MACHINA/EDMOND ROSTAND, SERGE DENONCOURT/ MICHEL TREMBLAY, LORRAINE PINTAL/SÉBASTIEN SOLDEVILA + SHANA CARROLL, LES 7 DOIGTS DE LA MAIN/JEAN GENET, RENÉ RICHARD CYR/ OLIVIER KEMEID, MICHEL LEMIEUX + VICTOR PILON, 4D ART ETRE ABONNE, UN PRIVILEGE! TNM.QC.CA 514.866.8668 # Q O O JUSQU\u2019A 20% DE RÉDUCTION I equivalent d un spectacle gratuit LES MEILLEURES PLACES MODIFICATION DES DATES DE SPECTACLES À 24 H D\u2019AVIS STATIONNEMENT À DEUX PAS ET À PETITS FRAIS LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2013 E 3 CULTURE »MÜSIQUE La floraison des Mountain Daisies Un album live en studio, fort de 13 chansons pour autant d\u2019invités, pour mieux prolonger le plaisir de l\u2019Open Country SYLVAIN CORMIER Il y a de tout à l\u2019Open Country des Mountain Daisies au Verre Bouteille.Du boire, de la joie, du country: les éléments constituants de la vie.On est toute une bande de réguliers à s\u2019en abreuver le deuxième mardi du mois, Mario-Luigi Leblanc, Michel Rivard, mon amie Do, quelques centaines d\u2019inscrits sur la page Facebook des Daisies.D\u2019où goulot d\u2019étranglement, forcément: l\u2019Open ne reste plus ouvert longtemps, ça débarque à 17 h pour le show de 20 h, on refuse des gens.Le soir où les Daisies recevaient Louis-Jean Cormier et Michel Rivard, une foule de Métropolis s\u2019agglutinait sur l\u2019avenue du Mont-Royal : il a fallu improviser une supplémentaire.Et ce n\u2019était pas encore assez.«Je pense qu\u2019il y a quelque chose qui lève», constate Cari Prévost, modeste mais ravi.«On atteint un seuil, renchérit Ariane Ouellet, tout sourire.Barrer la porte, pas trop souvent!» C\u2019est d\u2019abord eux.Cari et Ariane, les Mountain Daisies, lui le guitariste au centre de gravité bas comme Springsteen, elle la choriste-violoniste à la chevelure folle, qui rappelle Scarlet Rivera au temps du Desire de Dylan.Autour d\u2019eux, un house hand incroyablement solide et souple que Nashville finira par nous envier: Vincent Carré à la batterie, Yves Labonté à la basse, Audrey-Michèle Simard aux harmonies, et le plus souvent l\u2019as Rick Haworth au pedal steel et l\u2019irrépressible Antoine Gratton au piano droit Et leurs invités.Tout un tas d\u2019artistes qui frémissent de bas en haut de l\u2019échine à l\u2019idée de s\u2019ouvrir à l\u2019Open: «coun-tryser» leurs chansons, sauter dans la marmite d\u2019ameri-cana et oser tout, de Paul Bru-nelle à.Shania Twain.Un mardi, Daran a chanté du Bas-hung et deux fois du Springsteen.Patrice Michaud, lui, a osé Lonesome Cowboy, le thème des Lucky Luke.Un autre mardi, Louis-Jean Cormier a fait du Randy Newman et Schefferville, le dernier train, et Michel Rivard l\u2019a rejoint sur scène (après avoir lui-même repris du Arlo Guthrie).Un autre mardi encore, Michel Faubert s\u2019est payé le Big Bad John de Jimmy Dean façon FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Sur scène, Cari Prévost et Ariane Ouellet, des Mountain Daisies, s\u2019entourent d\u2019un house band incroyablement solide et souple.Réal Giguère, «Gros jam-boooooon-on, gros jamhon»\\\\\\ Dan Boucher, déchaîné, a creusé creux le corpus wester neux québécois Sandra, par Paul Beaulieu, quelqu\u2019un?).Je revois Pierre Flynn, magnifique, jouissant de la permission d\u2019être Hank Williams juste pour le plaisir et juste pour un soir.Et Catherine Durand avec Rick Haworth, hilares et radieux, s\u2019autorisant Islands in The Stream, tels Dolly et Kenny.Un disque de l\u2019Open pour ouvrir les chemins Z\u2019étiez pas là?Refoulé à la porte?Soyez heureux: vqici VOpen Country, l\u2019album.A la demande générale.«Après chaque show, témoigne Ariane, c\u2019était pareil, les gens voulaient notre version de telle ou telle chanson, ils voulaient repartir avec quelque chose de plus que l\u2019expérience et le souvenir.» Etre là ou rien, c\u2019est la beauté de l\u2019affaire, c\u2019est ce qui a fini La CHEVAUCHÉE FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Cari : «Le vieux western, j\u2019ai entendu ça toute ma jeunesse, mais je savais pas c\u2019était quoi.» Ariane: «Le country, c\u2019était loin dans ma vie jusqu\u2019à ce que j\u2019embarque dans le projet de Cari.J\u2019ai appris le violon à sept ans, étudié en chant.Je suis choriste par définition, quelqu\u2019un qui écoute beaucoup, crée des harmonies.» Cari : «Au départ, je voulais un hand genre Dixie Chicks.Country moderne, chanté par des filles.» Ariane: «On chantait de l\u2019anglophone.On pouvait pas s\u2019appeler Les Belles de l\u2019Ouest.» Cari: «Accompagner Stephen Faulkner pendant quatre ans [on voit les Daisies dans le documentaire J\u2019m\u2019en vas reviendre de Sarah Fortin] a été passionnant.et drainant.Une mission impossible.et possible en même temps: il est sur le disque de l\u2019Open!» Ariane: «On a commencé l\u2019Open Country à L\u2019Inspecteur Epingle le 12 décembre 2010, avec Myelle et Fred Fortin.» Cari : «L\u2019idée, c\u2019était de redonner une place au country à Montréal.Comme au temps des bars country où jouaient les Daraîche.» Ariane: «On a fait trois saisons à l\u2019Épingle.Le bouche à oreille s\u2019est fait peu à peu, des artistes sont venus nous voir.et participer.» Cari : «C\u2019est au Verre Bouteille que l\u2019Open est devenu viable, un rendez-vous, un événement.» Ariane: «De là, tout est possible.Il y a l\u2019album.Cet été, on fait L\u2019Open Country sur la route.Et après ?On sait pas.Nous, on continue.» par frustrer, aussi : «Le show de l\u2019Open, décrit Cari, on le répète le jour même.On reçoit les chansons une semaine avant, chacun fait ses devoirs, on pratique une fois ensemble, on s\u2019ajuste, et le soir tu joues, et c\u2019est fini.C\u2019est bien, t\u2019es complètement au service de la chanson, tu penses pas performance, tu penses à jouer ensemble: ça passe ou ça passe pas.Quand ça passe, wow! C\u2019est exactement ce qu\u2019on a essayé de garder sur l\u2019album.» Même sorte de pari fou, l\u2019album.Cinq jours de novembre 2012 chez Piccolo à Té-treaultville, 13 chansons, 13 invités, deux heures et demie par chanson, tout le monde en même temps, les voix, les harmonies, les instruments, pas d\u2019ajouts et advienne que pourra.Ariane: «Ily en avait que ça insécurisait, on a géré du gros stress.D\u2019autres, comme Michel Rivard [qui a refait Maudit bonheur avec un sain surcroît d\u2019agressivité], sont arrivés tout relaxes et ça nous rassurait, nous.Louis-Jean, c\u2019était complètement à l\u2019instinct, il a feelé sa chanson [La cassette, encore toute fraîche], et à un certain moment on s\u2019est joints à lui, tout simplement.» Album à la manière des Daisies, 13 expériences distinctes où la «countrysation» des chansons choisies (dans le répertoire des invités, toutes) supposait chaque fois un équilibre à trouver.«Heureusement qu\u2019on a, eu Éric.», lâche Ariane.Eric Goulet a coréalisé le disque sans qu\u2019il y paraisse.âme bienveillante au compas sùr.«Ya jamais de problèmes avec Éric, jamais, résume Cari.C\u2019est clair, pour lui: quand ça n\u2019allait pas avec une chanson, il arrivait tout doucement avec une suggestion et c\u2019était toujours LA solution.» Ariane: «Sa chanson à lui.Debout, j\u2019avais même pas entendu l\u2019originale avant d\u2019enregistrer.Il est arrivé, il a dit: «C\u2019est pas compliqué», et on l\u2019a jouée.L\u2019Open Country à sa plus simple expression.» Les réussites abondent.Toutes les chances, par Mara Tremblay, n\u2019a jamais été aussi Le show de VOpen on le répète le jour même.On reçoit les chansons une semaine avant [.] le soir tu joues, et c\u2019estfini, yy Cari Prévost, guitariste des Mountain Daisies harmonieuse : l\u2019originale était limite punk-trash, avec un changement d\u2019accords volontairement dissonant.Cari commente: «Avec le pedal steel et le violon, ce passage-là s\u2019est adouci, mais on n\u2019a pas dénaturé la chanson.» Les filles, par Amylie, ça roule rockabilly Sun Records que c\u2019en est une joie; On est né nu, par Damien Robitaille, marche résolument country moderne {«d\u2019inspiration Terri Clark», précise Cari, pas mécontent) ; Fred Fortin fait son Chaouin à la Fred Fortin et les Daisies s\u2019adaptent à lui, pareil pour Richard Séguin, Et tu marches demeure Et tu marches, la marque du style est trop forte ; la Doris de Stephen Faulkner est magnifique, on dirait The Band avec lui {«on a beaucoup regardé The Last Waltz en DVD», avoue Cari).Vous avez dit défi ?« Coun-tryser» Un homme à la mer de Stefie Shock relevait presque du bluff.Cari : « Une version, c\u2019est comme un élastique.Si tu l\u2019étires trop, il te pète dans la face et dans la face de l\u2019artiste.Pour Stefie, je pense qu\u2019on a été au maximum de l\u2019élasticité.» Il a fallu changer de chanson in extremis pour Antoine Gratton.J\u2019en témoigne, présent lors de la session: Carole à gogo, supersonique boogie, n\u2019était pas jouable.«Ça marchait tellement pas, se souvient Ariane, on voyait le temps passer.J\u2019arrivais juste pas à jouer ce qu\u2019ü demandait.Une chance qu\u2019Éric était là.» Cool et calme.Goulet a proposé un autre titre.Let Go Let Go, en valse, était parfaite.Cari soupire : « Une seule bonne prise.Ouf!» Ils seront au moins 10 des 13 avec les Daisies au lancement du 30 avril.Au théâtre Olympia, il y aura de la place.L\u2019album paraît en licence chez MP3, l\u2019étiquette de Mario Pelchat, Cari tient à ce que ça se sache.«Il a pris l\u2019alhum tel qu\u2019on l\u2019a fait.» Et promet de le faire rayonner.Le temps est en effet venu pour l\u2019Open Country de s\u2019ouvrir au plus grand nombre.En auto, un mois d\u2019écoute de l\u2019album en fait foi, le potentiel est à largeur d\u2019horizon.Collaborateur Le Devoir L\u2019OPEN COUNTRY Mountain Daisies et invités DeVizu/MP3 D Voir aussi > Quatre vidéos dans les coulisses de l\u2019Open Country, ledevoir.com/culture/musique EN PREMIERE CANADIENNE JOHN MALKOVICH * f L- VARIATIONS La parfaite liaison théâtre/musique.Ce spectacle étonnant, érotique, drôle et dramatique met en vedette le plus célèbre amant de tous les temps.Mozart a une place d'honneur avec des extraits de ses joyaux opératiques.Comédienne, chanteurs et un orchestre viennois de 35 musiciens complètent la distribution.ihoLuone ShowOneProductions.ca laplacedesa 514 8422112/1 : 4, 5 juin 20h Salle Wilfrid-Pelletier E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2013 CULTURE >MÜSIQÜE Alexi Murdoch, dans les lumières du 56^ parallèle Le Britannique est de passage au Québec avec ses pièces folk aux tendances douces-amères PHILIPPE PAPINEAU On a entendu sa chanson Orange Sky dans un nombre impressionnant de films et de séries télé.Il a même signé la bande originale d\u2019Away We Go de Sam Mendes en 2009.Mais l\u2019auteur-compositeur-interpréte britannique Alexi Murdoch reste mal connu ici, menant doucement sa carrière à un rythme qui fait peut-être bien son affaire.Artiste indépendant, un peu ermite, il vient bientôt faire quatre concerts au Québec, et en profitera pour commencer l\u2019enregistrement de son prochain disque en sol montréalais.Alexi pas de «s» Murdoch, 39 ans, parle comme sa musique.Avec calme, douceur, le ton un peu granuleux mais rassurant.Il est au téléphone ,à des milliers de kilomètres d\u2019ici, au nord de l\u2019Ecosse, et même si le temps d\u2019entrevue est compté, on l\u2019entend quasiment se gratter la barbe en donnant des réponses complètes, livrées sans hâte mais avec esprit.De bon cœur, il décrypte avec nous ses pièces folk aux tendances douces-amères, que plusieurs ont comparées à celles de Nick Drake.Il y a déjà un moment que ce musicien qui a eu une vie de globe-trotter n\u2019a pas livré de nouvelles chansons.Son plus récent disque.To- wards the Sun, date de 2011, mais ses chansons étaient déjà en vie deux ans auparavant.Son premier disque, Time Without Consequence, a été lancé en 2006.C\u2019est de ce disque qu\u2019est tirée Orange Sky, entendue dans les séries The O.C., House, Prison Break, et même dans une annonce d\u2019Honda.De ce même disque, le titre AU My Days a été entendu dans les émissions Grey\u2019s Anatomy et Scrubs.N\u2019est-ce pas étrange pour un musicien de se faire découvrir à rebond?«Ces choses se sont produites de manière très organique, pour utiliser un mot assez surutilisé ces temps-ci, explique Murdoch.Mais surtout, elles ne sont venues d\u2019aucune stratégie ou de plan visant à faire connaître ma musique de cette façon-là.La télé et le cinéma semblent être arrivés comme ça, et m\u2019ont permis de rester indépendant de l\u2019industrie musicale, parce que fai pu me faire entendre partout dans le monde sans faire de compromis dans d\u2019autres zones de ma création.Quoique, tout est un peu dans le compromis.» Silence, respiration et possible grattage de barbe.«Au début, je me suis inquiété.Comment les gens pourraient découvrir ma musique à travers un autre média, tout resterait associé et ils ne pourraient pas la recevoir dans une forme, disons, pure.Mais je crois que ma perspective a changé.Et ça vient de l\u2019époque dans laquelle on CES 6EÜS-LÀ, rONT EXISTÉ, VEXlSIENT PEUT-ÊTRE ENCOü.Si Je Jette ctauhim-là, cest comme si Je us effaçais.DES Fois Je me Dis que peut-être qu'on connaît pas LE PLUS GRAND COMPOSITEUR DE L'HUMANITÉ JUSTE PARCE QUE SES PARTITIONS ONT DÎIPARU DANS UN INCENDIE.MAIS ON LE CONNAIT PAS, ON LE SAIT MÊME PAS QU'ON LE CONNAIT PAS.Saison 2013-2014 Abonnez-vous vit.Le cerveau des gens, la chimie de notre perception des choses a changé, radicalement, car on est bombardés de stimuli.J\u2019ai remarqué que les gens qui m\u2019écoutent, pour la plupart, tendent à avoir une habileté à absorber la musique à travers, disons, une publicité, sans lier les deux ensemble.On a développé la capacité d\u2019extraire ce que l\u2019on veut de ce bruyant et incessant mur multimédia devant nous.» Isolement et lumière Ce mur, Alexi Murdoch s\u2019en sauve en cherchant de l\u2019espace, attiré qu\u2019il est par les endroits les plus au sud et au nord du globe.Lui-m,ême s\u2019est trouvé un repère dans le nord de l\u2019Ecosse.Sur sa page Facebook ou sur son compte Twitter, pas beaucoup de géolocalisation, et davantage de photographies.Et si on scrute les textes de Towards the Sun, on remarque que la lumière et la noirceur sont omniprésentes.«En fait, de plus en plus, je trouve que je suis très affecté, obsédé par les latitudes élevées, au nord ou au sud, où la lumière est différente.La lumière joue un rôle-clé pour moi.Je ne suis pas certain de quelle façon, dans la façon qu\u2019elle illumine l\u2019espace autour de nous peut-être.D\u2019où je vous parle, je suis au 56^ parallèle.Peut-être que c\u2019est pour me sauver un peu, ou parce que ce sont les derniers espaces sauvages qui restent.Je suis très intéressé par ce que les grands espaces font aux personnes, en ce qui concerne la perception des choses.» Jouer et enregistrer Le Québec a ses grands espaces, mais lors de son passage ici, Murdoch restera autour du 45® parallèle, alors qu\u2019il jouera quatre fois en quatre soirs.D\u2019abord à Sherbrooke mercredi, avant de se rendre à Québec, à Montréal et à Wakefield, un peu à l\u2019extérieur de Gatineau.S\u2019il vient faire ces concerts ici, c\u2019est beaucoup grâce aux Barr Brothers, formation montréalaise avec qui Murdoch s\u2019est acoquiné lors du dernier Festival de jazz de Montréal, alors qu\u2019il avait fait leur première partie.«C\u2019était une super expérience.J\u2019étais passé une seule fois au Canada avant, et jamais au Québec, et j\u2019ai trouvé que Montréal était très excitante.Il y avait quelque chose dans la fraternité des musiciens.En cinq minutes en coulisse, f avais trouvé deux musiciens jouant des cuivres qui sont montés sur scène avec moi, et ça m\u2019a impressionné, cette qualité et cette énergie artistique.» Pour ses concerts au Québec, le chanteur des Barr Brothers, Brad Barr, réchauffera les salles, alors que son frérot, Andrew, accompa- JT-' '¦M ïfyf .ï\u2019 FOURNIE PAR ALEXI MURDOCH Si Alexi Murdoch se produit en spectacle au Québec, c\u2019est beaucoup grâce aux Barr Brothers, formation montréalaise avec qui il s\u2019est acoquiné.gnera Murdoch à la batterie.Et tant qu\u2019à y être, le musicien a prévu de prendre quelques jours après cette mini-tournée pour se poser en studio.«Andrew et moi, et peut-être quelques musiciens, on va voir ce qu\u2019on peut faire.Ça pourrait être le début d\u2019un nouveau disque.» Il a déjà plusieurs chansons en tête, qu\u2019il transportera dans ses bagages.Pas de révolution en vue, mais une progression, dit-il.«Elles vont un peu plus vers les extrêmes, avec un peu plus d\u2019expérimentation.Moi qui ai toujours été intéressé par les moods circulaires, je me suis un peu plus intéressé aux idées fragmentaires.» Intrigant, cet Alexi Murdoch.Le Devoir ALEXI MURDOCH EN TOURNÉE Le H mai au théâtre Granada, le 2 mai au théâtre du Petit-Champlain, le 3 mai au Cabaret du Mile-End et le 4 mai au Black Sheep Inn.D Écouter aussi > La chanson Towards the Sun d\u2019Alexi Murcoch à ledevoir.com/culture/musique 201^ Informations Théâtre d'Aujourd\u2019hui 3900, rue Saint-Denis Montréal (Québec) 514 282-3900 www.theatredaujourdhui.qc.ca/abonnement creation Théâtre d'Aujourd'hui 9 avril au 4 mai 2013 Salle principale Y texte Sarah Berthiaume mise en scene Martin Faucher avec Sophie Desmarais Vincent Fafard Gérald Gagnon Cynthia Wu-Maheux collaborateurs Emmanuelle Kirouac-Sanche Max-Otto Fauteux Denis Lavoie Etienne Boucher Alexandre Macsween Angelo Barsetti Jean Gaudreau Joséphine Bacon atredaujou \" \\qcxa/yu4«rfTstyle Informations et réservations 3900, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) T 514 282-3900 Bdl\tLË DEVOIR ÛMViÎBUS li^lcorps H*\u2019®®*™ / J D\u2019APRES (V, 2^ ET 3^ PARTIES) DE WILLIAM SHAKESPEARE ADAPTATION, TRADUCTION ET MISE EN SCÈNE Jean Asselin DISTRIBUTION Paul Ahmarani, Pascal Contamine, Marie Lefebvre, Sylvie Moreau, Bryan Morneau, Gaétan Nadeau, Maxime René de Cotret, Anne Sabourin COSTUMES Judy Jonker LUMIÈRES Mathieu Mardi ENVIRONNEMENT SONORE Éric Forget LEDEVOIR Québec 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2013 E 5 CULTURE>MUSIO,ÜE Cargo Culte en altitude La formation offre un hip-hop tombé du ciel au son aussi acide que ses mots PHILIPPE PAPINEAU Elle est comme tombée du ciel, la formation Cargo Culte.Alex McMahon, Jean-François Lemieux et Eric Brousseau, trois bonnes têtes de musique du Québec, ont eu envie de se lancer dans un projet hip-hop ap son aussi acide que ses mots.A peine un an plus tard, nous parvient le disque Les temps modernes, créé dans la simplicité et le plaisir.Ça commence au club viçléo.Au comptoir se trouve Eric Brousseau, alias Séba, connu et reconnu pour son travail avec le groupe rap Gatineau, en ce moment sur la voie d\u2019accotement.Arrive au magasin Jean-François Lemieux, vétéran réalisateur et multi-instrumen-tiste à la houppette unique.On imagine une poignée de main, quelques mots d\u2019usage, avant qu\u2019Eric ne convainque Jean-François d\u2019embarquer avec lui dans un projet de hip-hop fait d\u2019un rappeur, d\u2019un bassiste et d\u2019un batteur.Lemieux dit oui.Ne manque plus que le batteur.Il arrivera, un peu tombé du ciel lui aussi.En entrevue, à ce moment de l\u2019histoire, Séba et Jean-François se retournent vers Alex McMahon, qu\u2019on a récemment vu avec Yann Perreau mais aussi avec Plaster, son groupe rock-électro.«Ma blonde a trouvé dans mon agenda une liste de choses à faire avant mes 30 ans.Et il y avait là-dedans de faire un album de hip-hop.Elle me de- Entre guillemets Eric Brousseau a toujours multiplié les références et les citations dans ses textes.Les dix pièces de ce premier disque de Cargo Culte ne font pas exception, même si le parolier a tenté d\u2019éviter les citations obscures.« Quand t\u2019écoutes un disque de rap et que ça te prend un dictionnaire et Wikipédia ouverts en même temps, ça devient moins intéressant.» mande avec qui je ferais ça.J\u2019ai dit avec Séba.Eaque, le soir même, je l\u2019ai appelé pis.il m\u2019a dit qu\u2019il cherchait un batteur avec JE.» Pif paf pouf.Cargo Culte naissait.En résulte un album intense, agressif mais mélodique, entre les Beastie Boys, Rage Against The Machine, Ratatat et le Plaster de McMahon.«On a mis nos backgrounds musicaux en commun et ç\u2019a donné beaucoup d\u2019influences des années 1990, sans qu\u2019on y pense, explique McMahon.Mais s\u2019il y avait une direction, c\u2019est qu\u2019on voulait que ça cogne.» Même si Lemieux et McMahon ne sont pas à proprement parler issus du rap.Cargo Culte \u2014 un clin d\u2019œil à Gains-bourg \u2014 fait bien dans le genre, mais tout en en sortant, en le traversant à coups de claviers triturés, de tambours battus et de lignes de basses dansantes.«Moi, j\u2019ai toujours aimé le hip-hop, raconte Jean-François Lemieux, qui a travaillé avec Ariane Moffatt, Daniel Bélanger, Jean Leloup et des dizaines d\u2019autres.Alors, pour moi, c\u2019est un beau laboratoire.Et j\u2019aime d\u2019où le hip-hop vient, les ghettos de New York, le rôle social que ça a eu.C\u2019est un fantasme accompli!» Dans la lumière Les trois acolytes se sont rassemblés en studio et, à leur grand étonnement, la création s\u2019est faite avec une facilité désarmante.Même que le tout premier jam de Cargo Culte a trouvé son chemin jusque sur Les temps modernes.«Les trois.Crack de cinéma, Brousseau a écrit le morceau éponyme Les temps modernes, puis une pièce intitulée There Will Be Blood, cite ailleurs Taxi Driver ou même Yes Sir! Madame.II y a aussi d\u2019abondants clins d\u2019œil à la musique.D\u2019abord, La bandaison est une référence directe à Georges Brassens : il y cite même Eernande.Plus loin sur le disque, Brousseau nommera un Hector, mais on ignore s\u2019il a une femme.On entend quelques mots du Bon gars de Desjardins, le titre d\u2019un album de Karkwa, Jay-Z et Ginette Reno se côtoient le temps d\u2019un couplet.Et on en passe.PRIN- ^ TEMPS l^OWRIL^BJUINM^ AUTOCHTONE ^ MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC ^ DART THÉÂTRE I LECTURE | CABARET | EXPOSITION | CINÉMA | CONFÉRENCE 2550, RUE ONTARIO EST, MONTREAL 1514.872.7082 DÉTAILS ONDINNOK.ORG À NE PAS MANQUER! CABARET 111 MAI 120 H BILLETTERIE 514.692.3304 on se connaît depuis très longtemps quand même, analyse Lemieux.On avait une expression en studio: ça s\u2019est fait dans la lumière.» Peut-être de nature plus nerveuse que ses collègues, Séba s\u2019est souvent répété «il faut que je commence à écrire des textes, il faut que je commence à écrire des textes!», avant de se rendre compte que tout était déjà terminé.«J\u2019avais pas l\u2019impression d\u2019avoir travaillé!» Pour Alex McMahon, le tout s\u2019explique par le fait que les trois allaient dans la même direction.«Des fois, dans un groupe, comme Blaster pour ne pas le nommer, t\u2019as trois têtes pensantes; c\u2019est un triangle, alors tout le monde pointe dans son sens, et tu finis par arriver quelque part avec la somme de tout ça.Sauf que je trouve que dans le making of de Cargo Culte, on avait le vent dans le dos.Il n\u2019y avait pas vraiment de prises de décisions.Comme si on faisait notre épicerie sans se casser la tête.» Question de mots Et si tout allait si bien avec la musique, c\u2019est que les textes étaient au rendez-vous, et bien organisés, structurés.«Éric, c\u2019est un songwriter, lance McMahon en le désignant du doigt.Il écrit des couplets des refrains, le piétage est tout fait, c\u2019est du IKEA ! Sans dire que c\u2019est machiné, t\u2019as tous les morceaux.C\u2019était tellement bien construit que, pour composer, on avait juste à l\u2019écouter et les choses s\u2019imposaient.» «Souvent les rappeurs vont juste faire des couplets, mais je tripe musique, alors je sais que ça prend un bridge, je veux qu\u2019il y ait une passe instrumentale dans une toune, explique Brousseau.Avant je faisais des gros blocs de textes de 24 barres; là, c\u2019était composé par petits blocs.» On reconnaît les mots de Brousseau, sa plume ancrée dans le réel, bourrée de citations culturelles (voir encadré).Mais il a raffiné sa manière et sa livraison, en délaissant en grande partie Séba, son alias flamboyant et maniéré.«Je voulais arriver et ^m\u2019exprimer un peu plus à la Éric, même si ça me gêne un peu de dire ça.Je voulais être plus clair, retravailler le flot, faire moins d\u2019allitérations, de jeux de mots.C\u2019est pas ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le trio Cargo Culte offre un album intense, agressif mais mélodique, entre les Beastie Boys, Rage Against The Machine, Ratatat et le Plaster de McMahon.pour rien que la première du disque, c\u2019est La bandaison, parce que ça dit qu\u2019à partir de maintenant, les choses vont changer.Les choses que je faisais accroire qu\u2019elles me plaisaient, ben ça ne me plaît plus, et je vais être vrai.Cette chanson, c\u2019est une démarcation, c\u2019est une coupure.» On verra Cargo Culte sur scène dans les prochains mois, toujours en version voix-basse-batterie.«On n\u2019aura pas tant de pirouettes à faire pour la scène, dit McMahon./e ne voulais plus avoir de laptop sur scène, et avoir à penser à tout en même temps.Se compliquer la vie, ça n\u2019aide pas la musique, et ça n\u2019aide pas non plus notre fun sur la scène.» Le Devoir D Écouter aussi > La chanson La bandaison.lede-voir.com/culture/musique THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI Salle Jean-Claude-Germain Du 7 au 25 mai 2013 TENTE.I11ISE Eli SIIÈIIE ET IIITEHPHÉTIÏÏIIlll Dany Boudreault IIITEIIPIIÉTIÏÏIIlll Robin-Joel Cool, Marie-Pier Labrecque ÉllDIPE Jeremie Boucher, Catherine La Freniere, Patrice Charbonneau-Brunelle Erwann Bernard, Philippe Brault, Melanie Demers et Alice Ronfard S THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUi Informations et réservations 3900, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2 T 514 282-39001 theatredaujourdhui qc ca/e J sa: SS SS SURVIVRE 23 avril au 18 mai 2013 Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous Texte Olivier Kemeid en collaboration avec Eric Jean Mise en scène Eric Jean Avec Anne Casabonne, Sylvie Drapeau, Laurie Gagné, Renaud Lacelle-Bourdon, Martine-Marie Lalande, Olivia Palacci et André Robitaille Concepteurs Stéphanie Raymond, Pierre-Étienne Locas, Cynthia St-Gelais, Martin Sirois, Vincent Letellier et Florence Cornet BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM ¦IDubo Québec S 5 Conseil des arts Canada Council duCanada fortheArts LE DEVOIR I SICi*s La micropièce Cleaning de Simon Lacroix, vendredi à 19h et samedi à 16h.\tDiscussion animée par Marie-Louise Arsenault avec des invités ayant un point de vue particulier sur le spectacle.2 mai après la représentation, entrée libre.\tAvec Myriame Larose, marionnettiste.Activité gratuite pour les enfants (5-9 ans) des spectateurs.5 mai Réservation requise.v^, PREMIER OFFREZ-VOUS L\u2019ABONNEMENT LE PLUS SOUPLE EN VILLE! Information et abonnement 418.694.9656 THÉÂTRE ÉMERGENT\t870 De Salaberry Quebec SOLEDADAUHASARD 24 AU 28 SEPTEMBRE 2013 PAR SINGULIER PLURIEL | EN ASSOCIATION AVEC SAMSARA CORONADO 15 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 2013 DE DENNIS LEHANE | PAR DES MIETTES DANS LA CABOCHE ABOÎTE 19 AU 30 NOVEMBRE 2013 PAR LE COLLECTIF DU CHAPEAU APRES UN INCENDIE ENTREVOUSETMOI, ILN\u2019YAQU\u2019UNMUR 3 AU 7 DECEMBRE 2013 DE JOCELYN PELLETIER | PAR SUSHI (PO ISS E/S O N/M O RT) VENTRE 21 JANVIER AU EEVRIER 2014 PAR LE THEATRE JESUS SHAKESPEARE ET CAROLINE DE DANIEL DANIS | PAR LE THEATRE MIMESIS 4 AU 8 EEVRIER 2014 LECHANTDUDIRE-DIRE DETOURDECHANT 11 FÉVRIER AU r MARS 2014 DAPRES REJEAN DUCHARME | PAR CAMPE 11 AU 29 MARS 2014 PAR PORTRAIT ROBOT TRICKORTREAT EMMENON-RÉÉDUCABLE/ANNA P.DU 8 AU 26 AVRIL 2014 DE JEAN-MARC DALPE | PAR LA BETE NOIRE U R EGARD Ql^ydro^ Québec PREMIERACTE.CA NEUF SAISON 2013-2014 Québec B n 1*1 Patrimoina Canadian\t«jfti Caisse populaire de Québec PlEUIIESSE SêBEC * Qÿfl)«:BR LE DEVOIR http://bit.ly/fpt8tH?r=qr E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 20IS CULTURE'THEATRE 3AU 0MA^2 FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Pour cette 12e édition, piacée sous ie thème de ce qui nous iie à i\u2019autre, Marceiie Dubois a demandé au metteur en scène et comédien Geoffrey Gaquère de i\u2019assister à ia direction artistique.SAISON 2013 2014 'fl,Ml, ;j)i ' .fllüüifl Mil !\\i îl « \u2022 ABONNEMENTS TOUJOURS DISPONIBLES BILLETS A L^UNITE EN VENTE DÈS LE l^i^ MAI THEATRE MAISONNEUVE COMPAGNIE MAGUY MARIN » FRANCE // COMPAGNIE MARIE CHOUINARD » QUÉBEC WAYNE McGREGOR | RANDOM DANCE » ROYAUME-UNI //ABRAHAM.IN.MOTION » ÉTATS-UNIS CLOUD GATE DANCE THEATRE OF TAIWAN » TAÏWAN // COMPAGNIE OLIVIER DUBOIS » FRANCE CINQUIÈME SALLE LUCY GUERIN INC.» AUSTRALIE // GROUPE RUBBERBANDANCE » QUÉBEC HELENA WALDMANN » ALLEMAGNE // THE DIETRICH GROUP » CANADA DANSEDANSE.CA Lies par la parole La 12® édition du Festival du Jamais lu est sur le point de prendre son envol CHRISTIAN SAINT-PIERRE Tout en restant fidèle à l\u2019impulsion de départ (intéresser le public et le milieu aux textes dramatiques de la relève), l\u2019équipe du Jamais lu souhaite maintenant créer une semaine où l\u2019écriture théâtrale «explose, explore, fouille, cherche et rallie».Pour cette 12® édition, sur le thème de ce qui nous lie à l\u2019autre, Marcelle Dubois a demandé au metteur en scène et comédien Geoffrey Gaquère de l\u2019assister dans sa tâche.«J\u2019estime qu\u2019une direction artistique doit être assez ouverte pour partager son terrain de jeu, dit-elle.Cest une façon de demeurer vivant, actuel et surtout à l\u2019écoute de son temps.» Cette année, 11 événements réunissent 44 auteurs.«Je crois au caractère festif de ce rassemblement, lance Gaquère.Je crois à la liberté totale qui est offerte aux créateurs.Je crois à la pertinence d\u2019un festival qui, en plus d\u2019avoir trouvé son public au fil des années, a été capable, avec d\u2019autres fous de son espèce, de se doter d\u2019un lieu qui lui appartient.Cette 12\u201d édition sera plus que jamais l\u2019occasion d\u2019aller vers l\u2019autre, de courir à lui en se délestant du poids des différences, autrement dit de débattre avec l\u2019autre et de l\u2019aimer.» Vivre en société La programmation est en effet marquée par le désir d\u2019entrer en communication avec l\u2019autre, la soif de mettre en relief les similitudes et les contrastes qui donnent un sens à notre vie en société.Ainsi, Lisa L\u2019Heureux fait entendre Rêvé pour l\u2019hiver, «un chassé-croisé de trois vies à différentes époques».Olivier Sylvestre nous entraîne dans un monde où tout est à reconstruire avec Les étoiles apparaissent.Mathieu Handfield donne «une fable absurde et hi- larante sur l\u2019apathie ambiante» intitulée Le voleur de membres.Sébastien Harrisson traite de la relation qui unit l\u2019artiste et le public dans La cantate intérieure.Finalement, Benoit Drouin-Germain et Emmanuel Schwartz abordent avec The Weight, et non sans puiser dans les codes du genre fantastique, la délicate question des deux solitudes.Dans le volet du festival consacré aux jeunes publics, Marilyn Perreault fera entendre Entre A et C il y a B, une histoire de famille recomposée dans laquelle les dinosaures du défunt Madrid font une apparition remarquée.Avec Le «Je crois à la liberté totale qui est offerte aux créateurs» -Geoffrey Gaquère quartier, les élèves de 6® année de l\u2019école Saint-Grégoire-Le-Grand, dans Villeray, souhaitent rendre compte d\u2019une ville en pleine mutation culturelle.Dans un texte intitulé Le jeu, Cqdryck Lessard, lauréat de L\u2019Egrégore, un concours organisé par le RIASQ, «embrasse une large quête identitaire propre aux jeunes adultes».Quatre soirées hors normes Cette 12® édition est riche en événements spéciaux.En effet, quatre soirées sortent pour ainsi dire du cadre traditionnel de la lecture publique.La soirée d\u2019ouverture, confiée à Olivier Choinière, est intitulée 26 lettres: l\u2019abécédaire des mots en perte de sens.«Durant le printemps érable, explique fauteur et polémiste, le pouvoir en place a eu tendance à utiliser les mots à contresens, à les galvauder presque systématiquement.C\u2019est ce qui m\u2019a donné l\u2019idée d\u2019inviter 26 auteurs à livrer sous la forme d\u2019une lettre le fruit de leurs ré- flexions à partir d\u2019un mot, mais surtout à restaurer ce mot, à le refonder, ou encore, pourquoi pas, à le tuer.» Parmi ceux qui ont accepté de se prêter à l\u2019exercice, nommons Rébecca Deraspe, Christian Lapointe, Anne-Marie Olivier et Larry Tremblay.Pour Le dénominateur commun, Geoffrey Gaquère a fait appel à François Archambault, Emanuelle Jimenez et Isabelle Leblanc.Afin de trouver des réponses aux questions existentielles (qui sommes-nous, d\u2019où venons-nous et où allons-nous?), le quatuor a rencontré une théologienne, un physicien, un psychologue et un généticien.On parle ici d\u2019un franc croisement entre l\u2019art et l\u2019humanisme.Pascal Brullemans et Talia Hallmona préparent quant à eux une lecture-méchoui.Autour de l\u2019agneau fumant, mais aussi des feuilles de vigne farcies et du houmous, on lira Moi et l\u2019autre, une pièce sur la cohabitation pas toujours aisée des identités égyptienne, canadienne et québécoise.Tout un menu ! Pour clore le festival, on a choisi d\u2019inviter La Coopérative d\u2019écriture, un collectif français dont font notamment partie Marion Aubert, Rémi de Vos et Pauline Sales, à tenir son Bal littéraire.La soirée franco-québécoise, à laquelle Simon Boulerice et Evelyne de la Chenelière prendront également part, offrira des mots neufs, des airs connus et des déhanchements bien sentis.Collaborateur Le Devoir 12\" FESTIVAL DU JAMAIS LU Aux Ecuries, du 3 au 10 mai 2013.Restauration surplace à partir de 18 h 30.www.jamaislu.com, 514 328-7437 CARMEN SUITE DE LA PAGE E I déroulait de nos jours.«A propos de Maurice, signale Daniel Bélanger, la fameuse chanson composée par Carmen qui lui fait craindre que ses clients se prennent en main, on ne l\u2019entend pas.C\u2019est brillant.» De fait, tout ce qui en est rapporté au spectateur tient à la réplique émue de Bec-de-Lièvre, la sœur lesbienne de Maurice.«Carmen a dit des affaires dans ses chansons qui venaient de ma vie, à moé! A l\u2019a conté mon histoire avec Hélène.pis a l\u2019a dit que c\u2019était pas laid! A l\u2019a même dit que c\u2019était beau!», s\u2019exclame-t-elle avant que le chœur reprenne ses paroles.En France, aux Etats-Unis, on parle mariage gai.Bref, à plus d\u2019un égard, l\u2019âge n\u2019a pas altéré la pertinence de l\u2019œuvre.«Le soleil, c\u2019est Carmen ! » Maude Guérin incarne Carmen.Difficile d\u2019imaginer meilleur choix.Voir l\u2019affiche, c\u2019est contempler une évidence: ceintrée dans sa robe moirée, une vipère glissant hors de son corsage, la comédienne défie l\u2019univers du regard.Elle est Carmen.«Quand a s\u2019approche de toé.t\u2019as l\u2019impression d\u2019être rien.T\u2019as juste envie de l\u2019adorer», s\u2019extasie Bec-de-Lièvre.Difficile, d\u2019incarner une icône?«Carmen est un personnage intimidant, admet Maude Guérin.Ça m\u2019a fait angoisser.En apparence, elle imat MONTREAL, ARTS INTERCULTURELS ÉCLATS - Vitrine Festival CanAsian Tomomi Morimoto, Meena Murugesan et William Yong 2 au 5 mai // , / h laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 En codiffusion avec Montréal TANGENTE LitoiitolK ü mouvtntnlt conUmporilns iMllAsAfk\tI riuCinate\t1 En collaboration avec le ^Qu^ecSS\tQuébec H S\tLE DEVOIR 514 982-3386 m-a-i.qc.ca est tellement solide, tellement déterminée, sans faille.La perfection, c\u2019est pas ce qu\u2019il y a de plus facile à jouer.Et puis, fai compris que Carmen doute, et que tout ce que Maurice lui dit, elle l\u2019encaisse, mais ça l\u2019atteint, même si elle continue, même si elle refuse de se laisser abattre.C\u2019est drôle, mais c\u2019est comme ça: le doute m\u2019a rassurée.Je suis pleine de paradoxes», conclut-elle dans un grand éclat de rire.Maude Guérin retrouve en René Richard Cyr un complice aimé, en témoigne l\u2019œil brillant avec lequel elle le couve.Ensemble, ils ont créé Motel Hélène, de Serge Boucher, entre autres grands moments de théâtre.Et il y a eu, bien sûr, Pierrette dans Belles-sœurs, femme libre, femme déchue, un rôle dans lequel l\u2019actrice brûlait les planches et dont certaines nuances colorent Carmen.Abandonnée par Johnny, Pierrette contemple l\u2019indigence à la fin de Belles-sœurs.Trahie par Maurice, Carmen connaît un sort pîre encore.Dans les pièces de Michel Tremblay, 11 est rarement aisé d\u2019être femme.En cela, Carmen demeure l\u2019une des figures les plus dramatiques de son répertoire.Peut-être parce qu\u2019elle brille d\u2019un feu fugitif mais Intense, 11 s\u2019agit aussi de l\u2019une de ses plus mémorables.Le Devoir LE CHANT DE SAINTE CARMEN DE LA MAIN D\u2019après Sainte Carmen de la Main de Michel Tremblay.Livret, paroles et mise en scène : René Richard Cyr.Musique : Daniel Bélanger.Du 30 avril au 8 juin et du 13 au 22 juin, au TNM.En tournée au Québec en janvier, février et mars 2014.D Écouter aussi > La pièce Au coin d\u2019ia Main pis d\u2019ia Catherine tirée du théâtre musical Le chant de sainte Carmen de la Main, ledevoir.com/culture/théâtre 2714 http://www.m-a-i.qc.ca/ LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 20IS E 7 CULTURE>DAISE Accès Asie : des ponts de corps et d\u2019esprits FRÉDÉRIQUE DOYON La danse mène le festival Accès Asie cette année, en grande partie grâce à la collaboration avec les diffuseurs Tangente-Laboratoire de mouvements contemporains et MAI [Montréal Arts interculturels].L\u2019art du mouvement serait-il une forme privilégiée pour faire le pont entre les cultures?La danse, oui, mais aussi les arts visuels, répond sur une note personnelle Khosro Berah-mandi, directeur artistique d\u2019Accès Asie.«Parce que l\u2019obstacle de la langue n\u2019y est pas présent, que c\u2019est un langage universel», précise celui qui a d\u2019ailleurs embrassé la peinture quand il a perdu le contact avec sa langue.Mais tous les arts y contribuent, selon lui.«Ce pont entre deux cultures est négocié dans nos corps et dans nos esprits», ajoute Dena Da-vida, codirectrice générale et artistique (et fondatrice),de Tangente, qui a,elle-même immigré des Etats-Unis en 1977.A l\u2019occasion du festival, elle propose deux approches pour faire dialoguer les danses de l\u2019Est et de l\u2019Ouest.Danse X (17-19 mai) juxtapose des œuvres issues des deux cultures, tandis cpi\u2019Éclats met en relation un artiste de la scène canado-asiatique avec un mentor de la scène nord-américaine «pure laine».Danse X est le fruit d\u2019une collaboration à trois, avec des diffuseurs japonais et coréens qui souhaitent faire circuler la chorégraphie émergente de leur pays.En découle un programme mixte qui met trois œuvres distinctes à l\u2019honneur: Hétéro des Japonais Teita iwabuchi et Kaori Seki, Kairos de la Coréenne Su Hyun Kim et Flight Distance III: Chain Suite de la Québécoise installée aux Etats-Unis Helen Simoneau.Les trois pièces font la tournée de leur ville d\u2019origine, soit Montréal, Tokyo et Busan.Autre soirée mixte pour Éclats, vitrine sur le festival torontois CauAsian (qui s\u2019ouvre di- AMAR KHODAY Arrêt sur Split/Focus de Meena Murugesan.manche), coprogrammée avec d\u2019autres diffuseurs canadiens.«Ce sont des artistes qui veulent se renouveler.On les aide à faire évoluer leur esthétique en leur demandant de courtes pièces [solo] guidées par le mentorat», explique Dena Davida, qui aborde ce travail de programmation comme un exercice de commissariat: «Il y a un fil conducteur autour duquel gravitent plusieurs esthétiques.» Une occasion excitante de (re) travailler avec des artistes qu\u2019elle suit depuis longtemps.Tous signent et dansent des solos, forme autobiographique par excellence et lieu privilégié d\u2019une renaissance esthétique.Le Torontois d\u2019origine hongkongaise William Yong crée Grist, inspiré de songes sous les auspices de Tedd Robinson d\u2019Ottawa.Meena Murugesan plonge dans ses racines indiennes avec les conseils de Janet O\u2019Shea de Los Angeles, dans Split/Focus.Tandis que Inhabitation de la Mont-réalo-Japonaise Tomomi Morimoto revisite le folklore traditionnel des histoires de fantômes japonais, avec le soutien d\u2019Elizabeth Langley.Danser ses racines Ce genre d\u2019affiliations permet-il une plus riche interpénétration des cultures d\u2019accueil et d\u2019attache?«Ah, la posture de l\u2019interculturalisme ! répond Dena Davida, sur un ton de fascination autant que d\u2019exaspération.Ces questions STEVE DAVIS Un extrait de Flight Distance III: Chain Suite de la Québécoise Helen Simoneau.sont discutées énormément aujourd\u2019hui», dit celle qui a elle-même immigré de la Californie en 1977 et qui enseigne l\u2019anthropologie et l\u2019esthétique de la danse à titre de chargée de cours à l\u2019Université du Québec à Montréal.Elle constate que les artistes japonais et coréens qui nous rendent visite «sont influencés par plusieurs courants esthétiques» bien loin d\u2019incarner «une identité nationale».Alors que les Canado-Asiatiques, surtout quand ils sont nés dans leur pays d\u2019origine, sentent le besoin de se retrouver culturellement.Plus on s\u2019éloigne de ses racines, plus on y revient?En guise de réponse, elle cite l\u2019anthropologue canadien Andriy Nahachewsky, qui s\u2019est surtout penché sur les artistes d\u2019immigration ukrainienne, chez qui il a identifié trois phases d\u2019intégration.«Quand on est fraîchement arrivé, on danse pour se souvenir.Puis, pour partager notre culture avec la culture d\u2019accueil et se révéler à elle.Enfin, on monte sur scène pour inventer de nouvelles danses à partir de ses racines.» Le Devoir ÉCLATS Du 2 au 5 mai, au MAI DANSE X Du 17 au 19 mai au Studio Hydro-Québec du Monument-National Accès Asie en cinq notes Fondé en 1995, le festival est le plus ancien du pays à souligner le Mois du patrimoine asiatique, célébré en mai à travers tout le pays.L\u2019édition 2013 porte le thème «Geste de partage» et se déroule du 2 au 19 mai.Les artistes invités sont originaires d\u2019une vingtaine de pays du continent, de l\u2019Asie de l\u2019Est à l\u2019Asie du Moyen-Orient.«L\u2019Asie est un continent beaucoup plus vaste que ce qu\u2019on est porté à croire, dit son directeur artistique Khosro Berahmandi.Il y a une grande diversité artistique qu\u2019on veut mettre en valeur.» Le festival mise d\u2019abord sur l\u2019expression contemporaine de la poésie, des arts visuels, de la danse, des nouveaux médias, du cinéma, et cherche à faciliter l\u2019intégration des artistes fraîchement arrivés d\u2019Asie.Le festival propose aussi quelques rendez-vous pius foikioriques, comme son spectacle de clôture, à l\u2019extérieur, mettant en scène la aile.oureie sallebourgie.ca Découvrez la programmation 2013-2014 de la Fondation Arte Musioa Plus de 70 concerts ! Billets en vente maintenant M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présenté par FESTIVAL MUSIQUE DE CHAMBRE MO/jTRÉAL DU 9 MAI AU JUIN EMERSON STRING QUARTET*FINE ARTS QUARTET JEAN-PHILIPPE COLU\\RD*RACHEL BARTON PINE SWINGLE SINGERS*ELIZABETH WALLFISCH BOSTON CHAMBER MUSIC SOCIETY*ELDAR DJANGIROV OLIVER JONES*BRANDI DISTERHEFT*CHICO PINHEIRO LES FRÈRES ASSAD*PAQUITO 0\u2019RIVERA*C0LIN CARR CONCERTOS BRAN0EB0URGE0IS*H0MMAGE À SAINT-SAËNS .ET PLUS ENCORE ! 514.489.7444 FESTIVALMONTREAL.ORG E 8 LE DEVOIR.LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2013 CULTURE>MEDIAS Radios Radios Le dur à cuire des médias traditionnels Tous les médias sont en crise.Tous?Non! La radio résiste et se porte assez bien merci.La preuve : Marie-France Bazzo revient à la Première chaîne de Radio-Canada, et par la grande porte s\u2019il vous plaît.STEPHANE BAILLARGEON Si la santé d\u2019un secteur se mesure à sa capacité à attirer des collaborateurs de qualité, la radio a encore donné des signes d\u2019une enviable vitalité cette semaine, une réussite encore plus étonnante dans le contexte de la crise généralisée des médias.Le roi René Homier-Roy a annoncé mercredi qu\u2019il quitterait prochainement l\u2019émission Cest bien meilleur le matin sur laquelle il trône depuis la fin du siècle dernier.Quelques heures plus tard, Radio-Canada confirmait que l\u2019überani-matrice Marie-France Bazzo lui succéderait sur ce trône convoité.A son toiir de pouvoir dire : la radio d\u2019Etat, c\u2019est moi.Le lendemain de la nomination, un journal titrait d\u2019ailleurs: «Ici, Bazzo-Canada».«Il faut voir la radio comme une sorte de secteur à part dans ces temps médiatiques difficiles, commente le professeur Pierre Barrette, de l\u2019Université d\u2019Ottawa, spécialiste des télécommunications canadiennes.Si tu joins les cotes d'écoute de Puisqu\u2019il faut se lever du 98,5 à celles de C\u2019est bien meilleur le matin de la Première chaîne, tu arrives à peu près à 50% des parts de marché le matin.Cest à peu près semblable le soir pour le retour à la maison.Cest énorme!» Le valium du peuple Et ça rapporte pour tout le monde en conséquence, y compris pour les animateurs-vedettes, parmi les plus payés du bottin de l\u2019Union des artistes.En France, les données dévoilées la veille du grand branle-bas radio-canadien affichent des taux de rentabilité de 16 à 34% pour trois des quatre grands groupes radiophoniques du pays.Le cadet, Nex-tRadioTV, engrange des profits de 25 millions sur un chiffre d\u2019affaires de 73 millions d\u2019euros.«À part le trafic de drogue, je ne connais pas de métier plus rentable que la radio!», a déjà franchement avoué Jean-Paul Baudecroux, patron-fondateur de NRJ, mégamachine à distiller le valium du peuple jusqu\u2019à obtenir une marge de 24% pour 48 millions d\u2019euros de bénéfices en 2012.Ici, la gigacompagnie Bell va payer 3,38 milliards pour environ 70 stations de radio d\u2019As-tral liées à une vingtaine de chaînes de télé spécialisées et des panneaux publicitaires.Les audiences sur l\u2019offre d\u2019achat modifiée reprennent le 6 mai devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), l\u2019organisme de contrôle fédéral.L\u2019an dernier.Astral a généré des profits de 24% sur des revenus de 1 milliard de dollars, une quinzième augmentation annuelle de suite.Peu de chaînes de journaux du continent vaudraient autant que cette compagnie, et de toute façon à peu près personne n\u2019en voudrait.The Boston Globe a été payé 1,1 milliard il y a dix ans et cherche maintenant un acheteur en coupant ce prix par dix.«Bell connaît la chanson et est prête à payer plus de 3 milliards pour cette machine qui semble encore très profitable, dit le professeur Barrette.L'avantage de la radio par rapport aux journaux, aux magazines, aux médias traditionnels, quoi, c'est le direct.La radio, c'est le média d'accompagnement par excellence.On peut le fréquenter en conduisant ou en faisant la vaisselle, tandis que la télé demeure engageante: il faut s'asseoir et la regarder.Cette caractéristique demeure surtout vraie pour les grosses locomotives dans le marché, les talk-radios, par opposition aux stations musicales.» La hausse par le recul Tout va donc pour le mieux radiophonique dans le plus menaçant des mondes médiatiques ?Le professeur Sylvain Lafrance, tête codirigeante du nouveau Pôle Média de HEC Montréal, nuance les succès en les contextualisant.«La radio, c'est un média encore très puissant et très présent dans le quotidien d'à peu près LA PRESSE CANADIENNE La concurrence des offres Web fait en plus diminuer la fréquence et la durée de l\u2019écoute globale.La chute semble inquiétante avec les jeunes qui vont de plus en plus sur le Net pour écouter (ou regarder) les tubes de l\u2019heure.KK L\u2019avantage de la radio par rapport aux Journaux, aux magazines, aux médias traditionnels, quoi, c\u2019est le direct La radio, c\u2019est le média d\u2019accompagnement par excellence, yy Pierre Barrette, spécialiste des télécommunications canadiennes tout le monde», dit l\u2019ex-vice-président de la radio française de Radio-Canada (1998-2011).M.Lafrance est membre du conseil d\u2019administration du Devoir.«Sur le plan économique, par contre, je suis plus prudent.On a tendance à oublier que les résultats des vingt dernières années se sont réalisés avec l'abolition des salles de nouvelles ou la fermeture de stations régionales.On a beaucoup réduit les coûts.J'hésite donc à me réjouir que ce média aille bien.» Il donne l\u2019exemple de grands événements des dernières décennies: la radio était le média privilégié de la Crise d\u2019octobre 1970, les attentats de septembre 2001 ont abouti à la télé, tandis que les révolutions arabes ou l\u2019attentat de Boston sont plus associés aux médias sociaux.«Je donne ces exemples pour rappe- BILLETS A PARTIR DE FAURE & DURUFLÉ DEUX REQUIEM CHŒUR DE CHAMBRE DE L\u2019OSM ANDREW MEGILL, chef de chœur de l\u2019OSM FRANCOIS ZEITOUNI, orgue JANAMILLER, soprano (Fauré) CLAYTON KENNEDY, baryton (Fauré) STEPHANIE POTHIER, mezzo-soprano (Duruflé) MARC-ANTOINE D\u2019ARAGON, baryton (Duruflé) DURUFLÉ, Requ/em FAURÉ, Requ/em CAUSERIE PRE-CONCERT, 13 H30 Partenaires publics * Le Grand Orgue Pierre Béique, généreusement offert à l\u2019OSM par Jacqueline Desmarais, sera inauguré en mai 2014.**taxesensus Loto-Québec appuie fièrement l'OSM 1er que la santé économique de la radio a été acquise au prix de transformations majeures de ses fonctions, dit le professeur Lafrance.Elle informe encore, mais elle ne domine pas la production d'informations.» Son collègue Pierre Barrette reconnaît cette progression par la compression.Il parle de machines maigres et aigres {«mean and lean»), des médias «coupés jusqu'à Vos».«Depuis deux ans, la mariée d'Astral a été amincie, dégraissée et recoiffée», dit-il.Il ajoute la «syndication» comme facteur d\u2019explication de la profitabilité du secteur, les mêmes émissions étant saupoudrées de chaînes en chaînes, sur tout le territoire.«Le mot d'ordre en communication, c'est de produire une fois pour distribuer plusieurs fois, note le professeur, joint au Luxembourg où il enseigne aussi.Pour l'information, c'est un drame.On le voit bien dans ce qui reste de salles de nouvelles des radios: le travail se fait beaucoup à partir des quotidiens et des médias en ligne.La radio relaie les jour- naux.Ce n'est pas très heureux.On vit une abondance de la redondance.» L\u2019observateur ajoute que les propositions de la bande FM se divisent facilement en deux ordres: la musique ou la parole, deux offres visant deux classes démographiques, les plus jeunes dans un cas, les plus vieux dans l\u2019autre.«Ce sont deux bêtes complètement différentes.D'un côté il y a un juke-box, de l'autre, de l'information et du commentaire.» Les défis numériques Le numérique ébranle tout de même ce bon vieux média, dématérialisé depuis ses origines.Internet permet de diffuser sans se soumettre aux règles contraignantes du CRTC.D\u2019où le foisonnement de propositions, certaines hy-perspécialisées, notamment pour élargir au maximum le champ musical maintenant couvert dans les moindres recoins.La révolution numérique assouplit aussi les habitudes d\u2019écoute.Un téléphone cellulaire suffit pour se connecter aux ondes du monde entier.La concurrence des offres Web fait en plus diminuer la fréquence et la durée de l\u2019écoute globale.La chute semble inquiétante avec les jeunes qui vont de plus en plus sur le Net pour écouter (ou regarder) les tubes de l\u2019heure.I^ professeur Lafrance prépare un examen savant de cette question du «média radio face au numérique» (c\u2019est le titre du colloque) avec des collègues de la Chaire Innova- tion & régulation des services numériques Polytechnique de Paris, le 6 juin prochain, à Paris.«On répète que le numérique crée des communautés, mais la radio a été un média social bien avant le numérique, dit-il.Elle a rassemblé les foules, pour le meilleur et pour le pire.C'est un réseau qui créé des communautés encore aujourd'hui.C'est encore vrai dans les régions chez nous.» Internet prépare aussi des améliorations techniques, ne serait-ce que pour offrir des valeurs ajoutées au contenu naturel : des informations sur h.playlist, la circulation géolocalisée pour les automobilistes, etc.Toutes ces bébelles, si merveilleuses et si utiles soient-elles, ne remplaceront pourtant jamais l\u2019avantage indéniable du vieux média, qui repose sur la plus formidable forme et la plus universelle des communications : la voix humaine.«Le cœur de l'affaire, finalement très simple, c'est quelqu'un qui parle à quelqu'un, dit M.Lafrance.Le système repose sur un humain intéressant qui parle à d'autres humains intéressés.Les gens se réveillent depuis quinze ans avec René Homier-Roy à la Première chaîne.Ils vont se réveiller pendant des années en écoutant Marie-Erance Bazzo.Ce genre de relations d'intimité ne se retrouve pas à la télévision ou dans n'importe quel autre média.Pour moi, l'explication de la force de la radio est là.» Le Devoir ORCHESTRE Ml ^Centre national des Arts CMH ! U Deux orchestres de renommée mondiale réunis dans un programme canon! YANNICK dirige STRAUSS Orchestre du CNA | Orchestre Métropolitain 8-9 MAI 20 h Centre national des Arts, Ottawa partir de S22 10 MAI 19 h 30 Maison symphonique de Montréal COMPLET Yannick Nézet-Séguin Œuvres de Strauss chef d'orchestre CENTRE NATIONAL DES ARTS NATIONAL ARTS CENTRE COMMANDITAIRE DU PROGRAMME Diamond Schmitt Architects cna-nacca BILLETTERIE DU CNA lundi-samedi 10 h à 21 h GROUPES 10-1- 613 947-7000 x634 | grp@nac-cna.ca m- D- ticketmaster.ca 1-888-991-2787 (ARTS) LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 20IS E 9 CULTURE»MÜSI01IE CLASSIQUE Andrew Megill, celui qui nous a greffé un chœur La perle rare trouvée par Kent Nagano a permis de doter Montréal d\u2019un choeur de top niveau Voici quelqu\u2019un dont la venue à Montréal ne passe pas inaperçue.En deux ans de présence, Andrew Megill a façonné un vrai chœur symphonique de niveau international.Analyse d\u2019un phénomène.CHRISTOPHE HUSS Habemus chorum!, titrait Le Devoir le 14 mars dernier, au lendemain de l\u2019élection du nouveau pape et de la présentation, par le Chœur et l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, du Requiem allemand de Brahms.Il n\u2019y a pas cinquante explications au phénomène.Il s\u2019incarne en une personne: Andrew Megill, chef de chœur, la perle rare enfin trouvée par Kent Nagano.Dans le Requiem de Brahms, tout repose sur une pulsation dont le ressort prend racine dans les consonnes des mots.Par rapport à la précédente exécution, en 2009, pourtant préparée par un chef de chœur germanophone, Megill a transformé ce que nous avions appelé alors un «charabia de diatomées» en des phrases intelligibles et signifiantes.Une nouvelle ambition Ce n\u2019est pas faire insulte au travail d\u2019Iwan Edwards, chef du chœur à Montréal pendant plus de trente ans, que de constater que nous sommes passés d\u2019un ensemble à l\u2019engagement enthousiaste à un véritable chœur de top niveau.Il est vrai que les profils des directeurs musicaux avec lesquels Edwards, d\u2019un côté, et Megill, de l\u2019autre, travaillent ou ont travaillé n\u2019est pas du tout comparable.Dutoit, chef symphonique, laissait Edwards maître de tout, allant jusqu\u2019à ne pas requérir de répétition avec piano, chose à peu près aussi étonnante que de vouloir grimper l\u2019Himalaya en espadrilles.Par opposition, l\u2019univers de Nagano, chef d\u2019opéra, est littéralement peuplé de voix et ci,\u2019al-liances musique et verbe.Evidemment, pour lui, la répétition chœur et piano est un moment clé du processus de préparation d\u2019une œuvre chorale avec orchestre.Andrew Megill a été repéré sur les recommandations de deux membres d\u2019un comité de recherche.Il préparait La Création de Haydn en Californie quand il a eu un appel de Kent PIERRE ETIENNE BERGERON/ OSM «Montréal avait de magnifiques chanteurs ne chantant pas magnifiquement ensemble», résume le chef de chœur Andrew Megill.Nagano en personne.Ce dernier l\u2019a invité à mener les répétitions en vue du Messie en décembre 2010.Megill s\u2019est vu of-Irir le poste dans la foulée.Chanter ensemble L\u2019état des lieux était clair aux yeux de Megill: «Montréal avait de magnifiques chanteurs ne chantant pas magnifiquement ensemble.Il fal- lait restaurer avant tout une discipline d\u2019ensemble afin de gagner une liberté dans l\u2019approche de la musique.» Sans critiquer personne, Megill constate que, «depuis le départ d\u2019Iwan Edwards, plusieurs personnes se sont succédé.Il n\u2019y avait donc pas de ligne directrice, pas de parti pris pour chanter avec imagination, pour comprendre pour- quoi une phrase diffère d\u2019une autre ou pourquoi les dynamiques varient.» Bref, pour transformer une partition en quelque chose de signifiant.Parmi les dimensions à travailler, il y avait aussi le rythme.«Les chanteurs comprennent vite les dimensions de phrases et de lignes, qu\u2019il faut parfois enseigner plus longuement à des instrumen- Y Le contrat syndical spécifie que les 50 premiers choristes de chaque production doivent être des professionnels.Lorsque nous chantons Brahms, à 100, ou Honegger, à 150, nous puisons dans un vivier d\u2019excelknts chanteurs amateurs, yy Andrew Megill, chef de chœur tistes.Par contre, les chanteurs n\u2019ont pas naturellement la même discipline rythmique que des instrumentistes.» Enfin, sur le plan de la prononciation, Megill considère que le bilinguisme aide beaucoup, car il fait coïncider deux approches des voyelles.«La manière de prononcer influe le son.A Montréal, il est donc plus difficile de tout fondre.Mais, a contrario, c\u2019est probablement le choeur le plus flexible avec lequel fai travaillé; il est très souple et assimile vite les langues.» Sur mesure Il y a deux ensembles chantant avec l\u2019OSM : un grand chœur et un chœur de chanteurs professionnels, membres de fUnion des artistes.C\u2019est ce chœur de chambre qui chantera le dimanche 5 mai les Requiem de Eauré et de Duruflé.«Le contrat syndical spécifie que les 50 premiers choristes de chaque production doivent être des professionnels, précise Andrew Megill en en- trevue.Lorsque nous chantons Brahms, à 100, ou Honegger, à 150, nous puisons dans un vivier d\u2019excellents chanteurs amateurs.» Andrew Megill a auditionné tous les professionnels dès son engagement.«Kent Nagano m\u2019a demandé mon avis sur l\u2019édification du choeur et, en ne programmant que des oeuvres ne demandant pas beaucoup de choristes, il a permis que, lors de la saison 2011-2012, nous ne travaillions qu\u2019avec les professionnels.J\u2019ai ainsi oeuvré plusieurs fois de suite avec le même noyau de chanteurs et j\u2019ai pu inculquer une discipline.» Chaque concert implique une allocation de répétitions très soupesée.« Pour Brahms, nous avons eu sept répétitions avec les amateurs, une avec les professionnels, puis cinq avec amateurs et professionnels ensemble.» Pour optimiser ce processus d\u2019édification à Montréal, Andrew Megill a pu bénéficier d\u2019une année sabbatique d\u2019enseignement (il enseigne à la Rider University, près de New York) et a vécu ici pendant toute la saison.Il organisera ensuite des venues par plages de deux semaines.A ses yeux aussi, le Requiem de Brahms a été un tournant.«J\u2019étais heureux et fier; nous avons eu la première fois un pupitre de ténors brillant et souple et ce fut un vrai postulat artistique.» Pour le concert des Requiem de Eauré et de Duruflé \u2014 avec accompagnement d\u2019orgue \u2014 qui s\u2019annonce, Megill insistera sur les différences plutôt que sur les convergences entre les deux œuvres.Il voit le Eauré comme une œuvre plus «douce» alors que le Duruflé serait plus «intense».La différence la plus audible sera néanmoins la prononciation latine, puisqu\u2019il n\u2019a pas échappé au chef que l\u2019œuvre de Eauré précède l\u2019abolition, par le pape Pie X, en 1904, de l\u2019utilisation du latin gallican.La prononciation latine sera donc différente dans les deux œuvres.Le Devoir CHŒUR DE CHAMBRE DE UOSM Dimanche 5 mai à 14h30.Requiem de Fauré et de Duruflé.Andrew Megill, direction.François Zeitouni (orgue).Solistes: Jana Miller et Clayton Kennedy (Fauré); Stéphanie Pothier et Marc-Antoine d\u2019Aragon (Duruflé).514 842-2112 Salle BourRie s saison 2012-2013 UÆJEÆiÆHk La Fondation Arte Musica présente Mercredi 1®'' mai ¦ 19 h 30 Sérié Jeunes et Pros Aimez-vous Brahms?Musique de chambre de Brahms et Schubert Jeudi 2 mai - 18 h 5 à 7 en musique Musiciens de l\u2019Orchestre Métropolitain La musique américaine pour quintette à vent Vendredi 3 mai 18 h 30 Tableaux en musique Vents du soleil couchant Musique de Bolivie, de l'Équateur, du Chili et du Pérou Jeudi 16 mai 19 h 30 Sene Jacques Dansereau Méllsande McNabney, clavecin et pianoforte Sonate, que me veux-tu ?Œuvres de C, P, E, Baoh, Haydn et Soarlatti Dimanche 26 mai 14 h Les Dimanches familles en musique Tsuki, conte musical japonais (4 ans et +) Avec la participation de Claude Lafortune, découpages de papier Jeudi 6 juin 18h 5 à 7 en musique Ensorcellement sonore Musique du Brésil Dimanche9 juin ¦ 14h Les Dimanches familles en musique La Cigale et les violons (à partir de 6 ans) Catherine Perrin, conception, narration et clavecin Les Violons du Roy Mathieu Lussier, chef Mercredi 12 juin ¦ 19h 30 Trio Gryphon Œuvres de Beethoven, Dvorak et Piazzolla Un des meilleurs trios au Canada ' Billets et programmation complète sur sallebourgie.ca - 514-285-2000 (option 4) M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présente par me -^Qr5ienne OffENBACti DE QUEBEC Direction générale et artistique Grégoire Legendre 11 (19 h) 14, 16 et 18 (20 h) IVIAI 2013 Jean-François RIVEST Chef d\u2019orchestre BEAUDIN THERIAUL e Québec ue de Québec .1^ ughes Judith ST-GELAIS BOUCHARD E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2013 CULTURE) JAZZ Oliver Jones, le maître de la constance Just for My Lady est un album joyeux de bout en bout SERGE TRUEEAUT Si toutes les qualités sont grandes, certaines sont plus belles que d\u2019autres, non ?Alors, passons.Passons pour mieux rappeler et souligner qu\u2019Oliver Jones est habité par une qualité belle et grande, et vice-versa.Il est maître de la constance.Constance dans le jeu pia-nistique.Constance dans le choix de ses complices en jazz classique, donc intemporel.Constance dans le choix des pièces jouées et souvent enregistrées.Constance pour cette inclination « blousée » qu\u2019il injecte dans ses compositions.C\u2019est en tout cas ce que l\u2019on s\u2019est murmuré à l\u2019écoute de son nouveau et excellent album intitulé Just for My Lady et que publie l\u2019étiquette montréalaise Justin Time.Ce disque.Jones l\u2019a enregistré avec une violoniste qui s\u2019appelle Josée Aidans.La formation rythmique ?Elle est celle qui soutient Jones depuis des lunes, soit Eric Lagacé à la contrebasse et Jim Doxas à la batterie.Bon.Pour vous dire les choses telles qu\u2019on les a entendues, on n\u2019ose pas dire telles qu\u2019elles sont, cette production nous a rappelé, dès les premières notes de Josée\u2019s Blues, le style d\u2019enregistrement, l\u2019esthétique musicale, la facture de l\u2019ensemble, défendus bec et ongles par l\u2019immense producteur Norman Granz alors qu\u2019il dirigeait Pablo, qui reste le meilleur label jazz des années 1970 et 1980.Oui ! Bien meilleur qu\u2019ECM et autres abonnés au « chic-des-ign-branché-repassé ».Au début de ce blues, on a eu la berlue.Oui, mille fois FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Oliver Jones a enregistré ce disque avec la violoniste Josée Aidans.oui ! Eigurez-vous qu\u2019on a entendu le pas-assez-vénéré pianiste Count Basie.Oui, à la faveur de cette composition.Jones s\u2019est transformé en alchimiste des trois notes qui distinguaient tant Basie.Ces notes que ce dernier aimait jouer simultanément.Ces Desjardins METROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉ6UIN orchestremetropolitain.com 514 598-0870 \" ms canadien Heritage Montréal® LE DEVOIR notes qui étaient synonymes de simplicité, dans le sens le plus noble du terme.On a eu la berlue parce qu\u2019à la contrebasse, c\u2019est pas des blagues, on a entendu Ray Brown davantage que Lagacé, parce qu\u2019à la batterie Doxas brossait des déhanchements identiques à ceux sculptés par Joe Jones.Enfin, on l\u2019a eu, la « chose-binette», parce qu\u2019entre le swing déployé par Aidans et Jones, on a revécu un des belles heures du jazz des trente dernières années.Soit celle signée par le pianiste Jay McShann et le violoniste Claude Williams au bénéfice de l\u2019excellente étiquette toron-toise Sackville.Dit en peu de mots.Just for My Lady a ceci d\u2019exemplaire : c\u2019est joyeux de bout en bout.Le numéro courant du mensuel Jazz Magazine propose la deuxième partie de l\u2019entrevue très longue et passionnante accordée par le contrebassiste Henri Texier, musicien d\u2019exception, compositeur flam- boyant, leader exemplaire.De ce dialogue, on a retenu ceci: «Ma certitude aujourd\u2019hui, c\u2019est que le secret du jazz se situe dans le \u201cjouage\u201d, dans cette alchimie très particulière que génèrent les musiciens de jazz lorsqu\u2019ils décident de s\u2019exprimer collectivement.» Texier mis à part.Jazz Mag, comme l\u2019appellent les tontons flingueurs, propose un dossier intéressant sur le Jazztet de Benny Golson et Art Earmer.Au menu du 19'\" numéro de Jazz News, autre mensuel français, il est question du pianiste Eric Legnini, de Bill Withers, du chanteur José James, etc.Il est surtout question de Wayne Shorter.De son entretien avec la rédaction du magazine, il est à souligner les propos suivants : «Il y a dans ce groupe [NDLR: son groupe actuel] une pratique de l\u2019égalité.Ce groupe n\u2019est pas une bande dirigée par un leader.C\u2019est une assemblée où l\u2019on utilise la musique pour dialoguer à propos de la vie et de nos désirs.» À tous les amateurs des musiques \u2014 oui ! des musiques \u2014 de Erank Zappa, on conseille vivement l\u2019achat du dernier Down Beat.Car vous serez heureux d\u2019apprendre que Gail Zappa, sa veuve, a fait ce que Sue Mingus a fait avec l\u2019œuvre de son mari.Soit racheter toutes les bandes des disques produits de son vivant plus les bandes non distribuées.Cela accompli, elle va entreprendre prochainement la remise en marché du tout.Outre Zappa, Down Beat propose une entrevue très intéressante avec un de nos héros: le saxophoniste Charles Lloyd.Le Devoir VF P D Ecouter aussi > La pièce Josée\u2019s Blues, tirée de l\u2019album Just for My Lady, ledevoir.com/culture/ musique DE VISU 4^.MASSIMO GUERRERA AVEC AUTORISATION DE LA GALERIE JOYCE YAHOUDA Vue sur l\u2019exposition, ou plutôt son montage, qui, à une semaine de la fin, est bien avancé, mais ne sera jamais terminé.En chantier Massimo Guerrera poursuit son exploration du terrain complexe des relations humaines UNE INSTALLATION AU RALENTI Massimo Guerrera Galerie Joyce Yahouda, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, espace 516 Jusqu\u2019au 4 mai MARIE-ÈVE CHARRON un cycle à l\u2019autre, le travail de Massimo Guerrera explore avec la même conviction le terrain complexe des relations humaines.C\u2019était le cas pour Porus et pour Dar-boral, deux cycles à la durée longue de plusieurs années au cours desquels installations et rencontres constituaient la pratique multiforme de l\u2019artiste.Avec La réunion des pratiques, le plus récent cycle amorcé depuis 2007 déjà, le leitmotiv est le même.Et c\u2019est bien là l\u2019élément qui rend le reste si intéressant.En persistant dans cette veine aux paramètres semble-t-il restreints, l\u2019artiste réussit néanmoins à redéfinir sa pratique, comme avec cette exposition en cours chez Joyce Yahouda, la galerie qui le représente.Le visiteur aura sans doute encore à l\u2019esprit le précédent opus de ce cycle \u2014 La réunion des pratiques \u2014, montré au Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MACM) dans le cadre de la Triennale en 2011.Des carnets de notes s\u2019ouvraient sur des tablettes plus ou moins probables tandis que différentes allusions au travail en atelier affleuraient parmi les toiles et les dessins au fini perçu davantage comme achevé.Cette escale au MACM est rappelée dans l\u2019actuelle expo- sition, Une installation au ralenti, qui se compose entre autres de caisses de transport d\u2019œuvres d\u2019art arborant le logo du musée de la rue Sainte-Catherine et la mise en garde «Manipuler avec soin».Avec elles, du matériel d\u2019emballage, des outils et du travail manuel en cours.L\u2019exposition, c\u2019est celle de son montage, qui, à une semaine de la fin, est bien avancé, mais ne sera jamais terminé.Même la gale-riste ignorera jusqu\u2019à la fermeture l\u2019intégralité de ce qui sera montré.Matériel d\u2019embaUage Sans être le premier à faire de l\u2019espace d\u2019exposition un chantier, Guerrera conçoit cet aspect comme un nouvel ingrédient qui entre dans la composition de ses œuvres.Nul fatras ici toutefois ; à l\u2019exemple de ses autres installations, une mise en place ordonnée préside l\u2019ensemble, véhiculant ainsi avec brio dans l\u2019espace une certaine vision des identités et des interrelations entre les êtres et les choses.Aussi, bien que les expositions de l\u2019artiste soient d\u2019ordinaire pro-cessuelles, jamais l\u2019évolution de son résultat n\u2019aura été aussi marquée que celle ayant eu cours à la galerie.L\u2019artiste a déballé d\u2019anciennes et de nouvelles œuvres \u2014 des lavis gris remarquables \u2014, les a en partie déployées dans l\u2019espace pour n\u2019en accrocher que quelques-unes.Il a surtout pris le matériel d\u2019emballage pour s\u2019atteler à sa transformation, par assemblage, taillage et peinture.VOIR PAGE E 5 : CHANTIER CETTE JEUNE FEMME EST UNE VIOLONISTE CLASSIQUE\t^ A \\ VENEZ rENTENDRE A CONCOURS MUSICAL INTERNATIONAL DE MONTRÉAL -1^ RICHARD L existoire Album contemporain Spectacle de l'année ADISQ 2012 DU 7 AU 17 MAI MARJOLAINE BEAUCHAMP CONCOURS MUSICAL INTERNATIONAL DE MONTRÉAL VIOLON Québec! BILLETS EN VENTE DÈS MAINTENANT! 101 BOURGÎl 514 285-2000, option 4 laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 WWW.CONCOURSMONTREAL.CA SUPPLÉMENTAIRES 3 et 4 mai 2013 à 20h Billets : 46$ (taxes incluses, frais de service en sus) Formule cabaret à sièges réservés 1 855 790-1245 Q Mi 59, STE-CATHERIHE ESI (5I4)»44-3S00 WWWMETROr>ÛLlSMONTREAL.CA www.richarddesjardins.com foukinic /rvskefl.coin 2129^2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2013 E 11 IDE ÏISII Les supercheries de lumière de Pavitra Wickramasinghe TIME MACHINE Pavitra Wickramasinghe FOFA Gallery, 1455, boulevard de Maisonneuve Ouest Jusqu\u2019au 24 mai JÉRÔME DELGADO hypothétique pyramide t de plats de service en verre et en cristal qui ouvre Texposition Time Machine de Pavitra Wickramasinghe ne donne pas nécessairement une bonne idée de ce qui a été réuni à la galerie FOFA de rUniversité Concordia.Uuni-vers dans lequel on est convié n\u2019est pas celui de la collecte d\u2019objets, des ready-mades.Les projections d\u2019images, les séries de papiers découpés et de dessins qui suivront proviennent davantage d\u2019un esprit animé par la fabrication artisanale et par une fantaisie somme toute très personnelle.Or cette vaisselle trouvée, assemblée et soigneusement placée tête à l\u2019envers exprime, à bien y penser, ce qui préoccupe vraiment l\u2019artiste.Détails des formes, fragilité des objets, instabilité des images et, surtout, effets de lumière et, leur corollaire, jeux d\u2019ombre composent Time Machine.La suite immédiate de l\u2019expo, des abstractions sur des piles de papier finement découpées \u2014 la série Line Poem.Alchemy of Light (2012-2013) \u2014, réunit tous ces éléments.C\u2019est de l\u2019op art bonifié de textures et de compositions déséquilibrées, exemptes de la rigidité symétrique.Vidéaste, artisane de la lumière et du mouvement \u2014 «je tente de donner une forme concrète à la lumière, à l\u2019ombre et aux projections», écrit-elle pour expliquer sa démarche \u2014, Pavitra Wickramasinghe fonde sa pratique sur les illusions.L\u2019installation cinétique Take Hold Lightly, Let Go GUY L\u2019HEUREUX Vidéaste, artisane de la lumière et du mouvement, Pavitra Wickramasinghe fonde sa pratique sur les illusions.Lightly, œuvre féerique par excellence, correspond bien à la machine à voyager dans le temps évoquée par l\u2019intitulé de Uartiste met en évidence le fait que la lumière n\u2019est pas source de réalisme, mais, au contraire, de fantaisie, de «supercherie» l\u2019expo.Trois avions en papier, éclairés chacun par leur propre néon, tournent autour d\u2019un même axe.Projetées sans in- terruption, leurs trois ombres se suivent, se superposent et varient en taille selon l\u2019endroit où elles apparaissent.Il n\u2019y a rien de sophistiqué, tout est dans la simplicité de la proposition.C\u2019est ce qui étonne, comme si les avancées tech-nologiques nous avaient rendus aveugles.On est toujours fascinés par l\u2019efficacité d\u2019une machine aussi rudimentaire que celle-ci, qui repose sur le même principe que le cinéma- tographe.Or, petit détail, ici, c\u2019est le support qui se déplace.L\u2019objet éclairé, lui, est toujours le même.Originaire du Sri Lanka, di-plômée de l\u2019Université Concordia où elle a terminé ses études de maîtrise en 2010, lauréate en 2011 de la bourse de fin d\u2019études supérieures Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain, Pavitra Wickramasinghe s\u2019est souvent exprimée par la vidéo.Elle allie avec fréquence l\u2019objet, concept en soi inanimé, et l\u2019image en mouvement.C\u2019est l\u2019entrechoc des deux qui crée sensation et multiplie les illusions.L\u2019autre installation de l\u2019expo, vidéo celle-là, mais tout aussi cinétique et même cinématographique, est de cette nature.Bien que la salle «boîte noîre» dans laquelle elle est exposée semble sous-exploîtée \u2014 l\u2019œuvre peut facilement devenir Immersive \u2014, Silence of Thoughts, Music of Sight (2012) juxtapose un objet réel, son ombre et un écran d\u2019images vidéo.L\u2019objet réel est néanmoins une construction, une machination en verre et en cristal comme celle à l\u2019entrée de la salle.Et c\u2019est seulement par son ombre que l\u2019on découvre sa forme Imaginée, celle d\u2019un voilier aux prises, à l\u2019écran, avec une mer agitée.Autant 11 y a d\u2019illusions, autant 11 y a de niveaux de lecture.Pavitra Wickramasinghe fait de la lumière l\u2019enjeu de sa réflexion.L\u2019artiste met en évidence le fait que la lumière, contrairement à la perception générale, n\u2019est pas source de réalisme, mais, au contraire, de fantaisie, de «supercherie».Celle-ci, la supercherie lumineuse, est nécessaire à la compréhension, mais en partie seulement.«La lumière, écrit-elle, ne peut ni créer ni révéler la totalité du sens [et] le sens ne peut être fixe.» La lumière est fluide et fugace, tout comme les objets et les lieux qu\u2019elle éclaire et qu\u2019elle anime.C\u2019est particulièrement le cas devant les avions qui virevoltent en rond.L\u2019objet de projection et l\u2019espace de projection ne sont jamais Identiques.Artiste de la lumière et de l\u2019ombre, Wickramasinghe l\u2019est aussi dans ses œuvres de type deux-dimensions \u2014 en apparence seulement.Ses Line Poem.Alchemy of Light, et même ses avions de Take Hold Lightly, Let Go Lightly, ont été coupés, dessinés au laser.Le résultat, similaire à celui de la dentelle, permet à la lumière de traverser et de créer des motifs plutôt Inattendus.Collaborateur Le Devoir T\\ Voir aussi > Des photos Lf tirées de l\u2019exposition de Pavitra Wickramasinghe.ledevoir.com/culture/ artsvisuels C\u2019est cette photo qui coiffe les mémoires d\u2019Agatiie Gaillard chez Gallimard.La galerie Agathe Gaillard ferme Longtemps un centre incontournable de la photographie, la galerie Agathe Gaillard, ouverte en 1975, ferme ses portes.Quiconque s\u2019intéresse aux beaux tirages originaux et aux artistes qui les produisent n\u2019a pas manqué de s\u2019y rendre au moins une fois lors d\u2019un séjour parisien.Les plus grands s\u2019y trouvaient, en images autant qu\u2019en chair et en os : Cartier-Bresson, Kertesz, Hervé Gui-bert, Doisneau, Jean-Philippe Charbonnier, Edouard Boubat, Manuel Alvarez Bravo, Ralph Gibson, Jeanlou Sieff.Mais Agathe Gaillard s\u2019est intéressée à un corpus bien plus large, avec un regard très sûr et une constance étonnante.Elle écrit à raison : «l\u2019art se glisse partout, ou s\u2019échappe, il n\u2019y a pas de catégories garanties.Je ne crois pas que l\u2019intention soit plus importante que l\u2019action.L\u2019art est un miracle».La fermeture de sa galerie toute rouge, lancée en 1975, est l\u2019occasion pour son animatrice de publier ses mémoires.Sans prétention aucune, Agathe Gaillard offre à travers le récit de l\u2019histoire de son travail un regard unique sur un large pan de la photographie des dernières années.Mémoires d\u2019une galerie est publié chez Gallimard.Une lecture incontournable, si on se passionne ne serait-ce qu\u2019un peu pour la photographie.Jean-François Nadeau La Vitrine LIVRE D\u2019ART SILLAGES Charles-Frédérick Ouellet Publié à compte d\u2019auteur avec le soutien de la galerie Lacerte Québec, 2013, non paginé L\u2019Inde est le pays de tous les clichés pour un photographe, souvent dans le plus mauvais sens du terme.Combien partent pour l\u2019Inde, ou pour d\u2019autres Cuba du même genre, convaincus de pouvoir ramener de là quelque chose de vraiment différent des autres ?Charles-Frédérick Ouellet, du collectif KAHEM, vient de présenter Sillages à la galerie Lacerte de Québec.Un peu par miracle et beaucoup grâce à son talent, il échappe au convenu.Ses photos de Mumbai en Inde parlent de son monde à lui, avec un lot d\u2019oiseaux noirs et de jeux d\u2019ombres bougées, dans une suite d\u2019images de différents formats, toutes servies par un sens du cadrage intelligent dans une visée à très haut contraste.De cette exposition hélas déjà terminée, on conservera le livre, ouvrage très soigné, imprimé sur un beau papier au ton chaud et contenu sous une couverture au subtil fini velouté.Alors que l\u2019édition québécoise ne produit presque plus de livres de photographies, celui-ci, publié à compte d\u2019auteur, avec l\u2019appui notamment de la galerie Lacerte, est une exception notable.www.charlesouellet.corn Jean-François Nadeau CHANTIER SUITE DE LA PAGE E 10 La stratégie, qui n\u2019en est pas seulement une de recyclage, en vient à valoriser le contenant, le fait changer de catégorie, suivant un principe cher à Massimo Guerrera, pour qui les objets et les personnes ne sont pas réductibles à un seul état, fixe.L\u2019artiste fait ainsi entrer dans son monde les traces de l\u2019institution muséale et des activités propres à la galerie, l\u2019éloignant ainsi subtilement de la tendance inverse qui prévalait jusqu\u2019ici alors que c\u2019étaient surtout les choses secrétées en atelier qui se voyaient transposées dans l\u2019espace d\u2019exposition où, là, leur élaboration se poursuivait.Mais même le travail, disons, plus brut du montage (préparer les murs, déballer, accrocher), encore perceptible dès l\u2019entrée de l\u2019exposition, finit par s\u2019estomper au contact des opérations livrées par l\u2019artiste.Un pot de peinture «blanc-vert» devient ainsi «antidépresseur» par la seule suggestion de ces mots inscrits méthodiquement dessus.^ Une des plus vieilles galeries du Québec Du 5 au 26 mai 2013 ' Plus de 50 artistes renommés incluant M.A.Fortin Joseph Franchère Armand Côté Carlos Zauny Alex Colville Richard Hétu Roger Langevin René Richard Miyuki Tanobé Tex Lecor John Little Geneviève Jost Denis Jacques Patricia Bellerose et plusieurs autres \u2014 Bruno Côté Jean-Paul Riopelle Normand Hudon Roger Cantin André Philibert Philippe Surrey Daniel Sarazin 1303 Notre-Dame, Lavaltrie (450) 586-2202 www.galeriearchambault.com L\u2019installation fluctue aussi au rythme des rencontres que l\u2019artiste réalise, sur rendez-vous, avec une ou jusqu\u2019à trois personnes à la fois, dans l\u2019autre salle de la galerie, qui, simplement habitée d\u2019un tapis au départ, s\u2019est depuis grandement garnie, entre autres d\u2019œuvres à l\u2019iconographie connue (compénétration de corpç et circulation d\u2019énergies).A celles et ceux seulement qui ont participé revient sans doute la possibilité de voir dans cette par- tie de l\u2019exposition plus qu\u2019un terrain de jeu à la mise en scène étudiée où les indices d\u2019une démarche de croissance personnelle prennent légèrement le pas sur le reste.Collaboratrice Le Devoir Voir aussi > D\u2019autres V photos tirées de l\u2019exposition de Massimo Guerrera.ledevoir.com/culture/ artsvisuels MAUDE BLAIS, CERAMISTE AUX LOINTAINS ALENTOURS JUSQU\u2019AU 11 MAI 2013 PHOTO DAVID CHOOUETTE O GUILDE CANADIENNE DES METIERS D\u2019ART 1460-B, SHERBROOKE OUEST 514.849.6091 www.guildecanadiennedesmetiersdart.com Dimanche 5 mai Deuxième de trois CONFÉRENCES à Montréal LA FLANDRE BELGE : HISTOIRE ET ART Des primitifs fiamands à Vincent Van Gogh, Deift, Otterio, Bruges, Anvers.Pour le beau détour d\u2019automne aux Pays-Bas et en Flandre belge du 12 au 28 octobre Détails et inscriptions au voyage, sur place Le %eaux detours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d un permis du Quebec E 12 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2013 CULTURE>CINEMA Petite boum DU VENT DANS MES MOLLETS De Carme Tardieu.Avec Agnès Jaoui, Juliette Gombert, Denis Podalydès, Isabelle Carré, Anna Lemarchand, Isabella Rossellini.Scénario : Carine Tardieu, Raphaële Moussafir, d\u2019après son roman.Image: Antoine Monod.Montage: Reynald Bertrand, Nathalie Hubert, Sylvie Landra.Musique: Eric Slabiak.France, 2012, 89 minutes.MARTIN BILODEAU DU vent dans mes mollets compte deux héroïnes au miroir, d\u2019égale importance dans le récit.D\u2019abord Rachel, une enfant singulière et solitaire, qui dort avec son cartable sur le dos, campée avec un naturel sidérant par la petite Juliette Gombert.Puis Colette, sa mère d\u2019origine tunisienne (Agnès Jaoui, toujours juste), enveloppée et oppressante, négligée par son mari (Denis Po- dalydès) et qui fait voir sa fille à une psychologue (Isabella Rossellini) dont elle-même aurait besoin pour soigner ses blessures d\u2019enfance ravivées par la présence chez elle de sa propre mère Gudith Magre).Film sur l\u2019enfance \u2014 celle qu\u2019on vit et celle qu\u2019on garde en nous durant toute notre vie \u2014 ainsi que sur les névroses transmises par les parents à leur progéniture.Du vent dans mes mollets tient par moments de l\u2019exercice freudien.S\u2019inspirant de la bande dessinée et du roman de la coscénariste Raphaële Moussafir, Carine Tardieu {La tête de maman) n\u2019a pas d\u2019entrée de jeu la main légère.La représentation, qui se veut bédéesque et fantaisiste, frôle par moments la caricature et le livre à colorier.Le film trouve son équilibre, ainsi que son ton doux-amer un brin hyperréaliste, lorsque son récit s\u2019ouvre sur l\u2019extérieur: Rachel se lie à l\u2019école avec une en- FUN FILMS Du vent dans mes mollets est un film sur l\u2019enfance ainsi que sur les névroses transmises par les parents à leur progéniture.fant espiègle (Anna Lemarchand) qui lui ouvre les yeux sur les réalités de la vie et la mère se brise en voyant son mari attiré par une maman plus jeune et jolie (Isabelle Carré).Les enjeux ainsi démultipliés produisent des appels d\u2019air et inscrivent les personnages dans un contexte plus large, qui les nuance et les humanise.La cinéaste nous reporte au début des années 1980.La toile de fond, presque accessoire, n\u2019est pas très marquée sur le plan de l\u2019image, et c\u2019est heureux.Du vent dans mes mollets n\u2019est pas tant un musée qu\u2019un état d\u2019esprit.Le devoir de mémoire passe par le climat, et surtout par la musique : Une femme avec toi de Nicole Croisille, Babooshka de Kate Bush et, plus à propos.Reality, mégatube de Richard Sanderson tiré de La boum.Cette dernière référence est d\u2019autant plus importante que le film de Tardieu tient lui aussi du rite de passage.Et qu\u2019on imagine bien la petite Rachel idéaliser la Sophie Marceau de la comédie sentimentale de Claude Pinoteau.Autre élément liant les deux films : comme dans La boum et les contes de fées, les conflits et les enjeux, dans Du vent dans mes mollets, se règlent d\u2019un coup de baguette magique.Ou quelques coups de marteau, dans le cas présent.Je ne vous en dis pas plus.Collaborateur Le Devoir Les idéaux égarés FILMS SEVILLE Susan Sarandon, l\u2019une des têtes d\u2019affiche de The Company You Keep.THE COMPANY YOU KEEP Réalisation : Robert Redford.Scénario : Lem Dobbs, d\u2019après le roman de Neil Gordon.Avec Robert Redford, Shia LaBeouf Julie Christie, Susan Sarandon, Nick Nolte, Chris Cooper, Richard Jenkins, Anna Kendrick, Brendan Gleeson.Image : Adriano Goldman.Montage: Mark Day.Musique: Cliff Martinez.125 minutes.ODILE TREMBLAY Parfois, c\u2019est la volonté d\u2019un acteur cinéaste de s\u2019offrir le premier rôle dans son film qui cause problème, et le reste s\u2019enchaîne en cascade.En adaptant le roman de Neil Gordon, Redford aurait dû diriger des acteurs de 55 ans environ, 60 au plus, puisque les héros se retrouvent 30 ans après leurs faits d\u2019armes au sein des Weathermen durant la guerre au Vietnam.Ici, le gros de son action se situe au cours des années 80 (mais l\u2019époque n\u2019est pas claire).De toute façon, Redford, septuagénaire, s\u2019est dirigé avec des interprètes de sa génération ou à peine plus jeunes: Nick Nolte, Julie Christie, Brendan Gleeson, Susan Sarandon, Chris Cooper, Sam Elliott, etc.Ce qui enlève toute crédibilité au film dès le départ.D\u2019autant plus que le personnage de Redford a une jeune enfant.Une autre qu\u2019il a conçue dans sa jeunesse a dans la ving- taine.Ça ne tient pas.The Company You Keep, en plus, manque de dents.L\u2019idée de départ est excellente : une ex-militante terroriste des années 60 (Sarandon), recherchée pour cambriolage et meurtre d\u2019otage, décide de se rendre 30 ans après le crime.Ce qui met dans le trouble ses anciens complices, dont un avocat joué par Redford.Surtout qu\u2019un jeune journaliste aux dents longues et qui ne lâche pas prise (Shia LaBeouf), énervant au possible et bien-pensant, traque les fuyards.Sur une note de nostalgie, car il est beaucoup question des idéaux égarés au fil des décennies, The Company You Keep réveille des blessures réelles chez les anciens combattants de l\u2019ombre, mais la caméra est bien sage, la musique, poussive et la vraie colère des vétérans militants, étouffée sous des accents romanesques, car d\u2019anciennes amours se ravivent.Redford est mieux inspiré à l\u2019heure d\u2019aborder comme cinéaste des sujets écologiques, dans A River Runs Through It, par exemple.Dans The Company You Keep, il ne semble pas croire à son sujet, Julie Christie en ancienne flamme non plus, et rien ne tient debout.Le film sur ce sujet des militants d\u2019antan en panne 4\u2019idéal reste à faire aux Etats-Unis.Le Devoir Le pire en big THE BIG WEDDING (UN GRAND MARIAGE) Ecrit et réalisé par Justin Zack-ham.Avec Diane Keaton, Robert De Niro, Katherine Heigl, Ben Barnes, Susan Sarandon, Topher Grace.Image : Jonathan Brown.Montage: Jon Corn.Musique: Nathan Barr.Etats-Unis, 2012, 84 minutes.MARTIN BILODEAU Pour justifier, et peut-être même excuser, la participation de Diane Keaton, Robert De Niro et Susan Sarandon à cette comédie bigénéra-tionnelle d\u2019une abyssale sottise, on recourt immédiatement aux explications les plus vraisemblables: chantage, ruine financière, dégénérescence du cerveau.Supposer que les interprètes A\u2019Annie Hall, de Raging Bull et de Dead Man Walking aient pu FILMS SÉVILLE The Big Wedding réunit à son tour une ribambelle de grands acteurs sur un scénario insipide.trouver matière à rire et à se dégourdir les jambes dans cette resucée d\u2019une comédie franco-suisse inédite au Québec impliquerait de ma part un sacrifice d\u2019affection que je suis incapable de fournir.Je préfère imaginer le pire.Au banc des accusés: un scé- nario insipide faisant converger les membres d\u2019une famille dysfonctionnelle le temps d\u2019un week-end à la campagne où le benjamin (Ben Barnes) de parents adoptifs divorcés (Keaton et De Niro) va épouser la fille d\u2019un couple de riches parvenus jouée par une Amanda Seyfried ECA1+ Ensemble contemporain de Montréal Véronique Lacroix | Directrice artistique * En résidence au Conservatoire de musique de Montréal VERTIGES Jean-Sébastien Roy VIOLON Jimmy Briêre PIANO Jean Marchand NARRATION rotant Mamma Mia! en mode figuration.Autre hic?La maman naturelle du marié (Patricia Rae), Colombienne dévote, ignore que le couple à qui elle a confié son précieux enfant a divorcé.Et n\u2019approuverait pas.Exit h.nouvelle conjointe (Sarandon) et bonjour les masques, l\u2019espace de 48 heures durant lesquelles vieux et jeunes (un frère puceau, une sœur enceinte, alouette) vont régler leurs comptes, faire la paix et manger du gâteau.Les meilleurs auteurs de sitcom sont capables d\u2019encapsuler une intrigue identique dans un feu d\u2019artifices de 22 minutes.Pareillement, les comptes à rebours de La bosse des noces à Canal Vie généraient plus de tension que ce que le nouveau venu Justin Zackham (scénariste de The Bucket List) est en mesure de produire avec ses trois accords de guitare.Au final, on se demande comment cette comédie, morte sur la ligne de départ et momifiée à l\u2019arrivée, a pu se frayer un chemin jusqu\u2019au grand écran.Serait-ce que Keaton, De Niro et Sarandon ont encore du potentiel?Si tel est le cas, ne méritent-üs pas mieux que cette production ringarde qui n\u2019a de ôîgquele nom?Collaborateur Le Devoir QURTRERCROBRTES SOUS LA DIRECTION DE Sarah Beauséjour MFRCRFO 1ER MA ROIR SALLE PIERRE-MERCURE: VÉRONIQUE Lacroix, direction | Alban Berg, Concerto de chambre Nicolas Gilbert, Vertiges 300.MAISONNEUVE E.MONTREAE ECM-f 14 Musiciens WWW.VERTIGESECM.CA socAtJ LE DEVOIR piano Dorothy Fieldman Fraiberg clarinette Simon Aldrich violon Alexander Lozowski alto Pierre Tourville violoncelle Sheila Hannigan contrebasse Reuven Rothman Œuvres de Ireland, Pfitzner & Schubert jeudi 2 mai, 20 heures Saiie Redpath, Université McGiii Entrée iibre www.aiiegrachambermusic.com IdhtJri CINEMA DU PARC Il émane de From Up On Poppy Hill une grande nostalgie pour un passé à préserver.Mignonneries japonaises U use 32^ saison FROM UP ON POPPY HILL (V.F.: LA COLLINE AUX COQUELICOTS) Réalisation : Goro Miyazaki.Scénario : Hayao Miyazaki, Keiko Niwa.Image: Atsuhi Okui.Musique: Satoshi Takebe.Japon, 2011, 91 min.ANDRÉ LAVOIE Tel père, tel fils?Goro Miyazaki a longtemps résisté à l\u2019idée d\u2019investir le territoire du cinéma d\u2019animation ; avec un paternel portant un nom aussi prestigieux que Hayao Miyazaki {Princess Mo-nonoke.Spirited Away), on peut comprendre ses doutes.La deuxième incursion animée du fils après Taies from Earth-sea témoigne du même savoir-faire, mais aussi d\u2019une propension à la « mignonnerie » qui contamine autant son univers (calqué sur celui en prises de vue réelles) que ses personnages (pour la plupart gentils et propres de leur personne).Il émane de From Up On Poppy Hill une grande nostalgie pour un passé à préserver, aussi bien architectural qu\u2019his-torique, soulignant le courage des héros de la guerre de Corée.Celui-ci se dissipe dans les brumes des années 1960, peu de temps avant les Jeux olympiques de Tokyo en 1964.Dans la petite ville côtière de Yokohama, Umi, une fillette au comportement exemplaire témoigne chaque matin de son affection pour son père mort à la guerre.Auprès de Shun, un adolescent au tempérament volontaire, elle s\u2019engage dans un combat pour préserver le club social des garçons du quartier, un édifice au bord de la ruine.Leur solidarité se transformera en affection profonde, mais de petits malentendus viendront refroidir leurs ardeurs.L\u2019esthétique de cette célébration des valeurs familiales et des souvenirs héroïques porte la marque des studios Ghibli, même si le souci de réalisme de Goro Miyazaki nous fait souvent regretter l\u2019imagination foudroyante et débridée de son père.Et que dire du profil angélique de ses personnages dont la perfection irrite au plus haut point, anesthésiant tout conflit potentiel?Même des révélations dignes d\u2019une tragédie grecque ne parviennent pas à donner un peu de tonus à ce récit aux allures de manuel de bonne conduite.Collaborateur Le Devoir http://www.vertigesecm.ca LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 28 AVRIL 2013 E 13 CULTURE >CII!ËMA r CINEMA DU PARC The We and the I constitue une leçon sur les jugements hâtifs.Bande à part THE WE AND THE I Scénario et réalisation: Michel Gondry.Avec Michael Brodie, Teresa Lynn, Raymond Delgado, Jonathan Ortiz, Jonathan Scott Worrell Photo : Alex Di-senhof Montage: Jeff Buchanan.Musique: Young MC.États-Unis, 2012, 103 min.FRANÇOIS LEVESQUE Cy est le dernier jour des classes à New York.Dans le Bronx, un quartier particulièrement chamarré, un autobus (Je la ville entame son circuit.A proximité d\u2019une école, des adolescents mon- tent à bord.Ils sont bruyants, ils sont baveux.D\u2019emblée, on leur flanquerait volontiers une paire de claques ; c\u2019est le but de la démonstration.A force de les côtoyer toutefois, on revient à de meilleurs sentiments vis-à-vis d\u2019eux; ça aussi, c\u2019est voulu.Au fil des arrêts, les histoires de ces jeunes un peu perdus sont révélées par bouts épars.A mesure que le véhicule se rapproche de sa destination, chacun est contraint de descendre et de retourner dans le vrai monde.Exception faite d\u2019une poignée de retours en arrière et d\u2019apartés fantaisistes.presque toute l\u2019action de The We and the I est cantonnée à l\u2019habitacle de l\u2019autobus.Très à l\u2019aise dans cet espace confiné, le cinéaste Michel Gondry {Eternal Sunshine of the Spotless Mind) propose un exercice aussi sincère que convaincant.Fruit de séances d\u2019improvisation avec de vrais élèves du Bronx, le scénario primesautier séduit par son apparente spontanéité.En filigrane, une structure invisible assure la cohésion de l\u2019ensemble.Deux éléments suggèrent une distance par rapport au réel: un trajet fictif anormalement long et une musique ren- voyant aux années 1990.Comme la salle de retenue du Breakfast Club de John Hughes où s\u2019affrontaient puis s\u2019apprivoisaient jadis un in-tello, une princesse, un sportif, un bum et une rejet, l\u2019autobus de The We and the I est à prendre comme un espace mythique à l\u2019intérieur duquel le micro devient une métaphore du macro.Qu\u2019ils soient seuls, ensemble ou regroupés dans leur isolement, ces jeunes-là sont tous les jeunes, ceux du présent comme ceux du passé.D\u2019où l\u2019importance de revoir ses jugements initiaux.Le Devoir Un air de famille THE DAY I WAS NOT BORN (v.F.: Une Chanson en moi) Réalisation : Florian Cossen.Scénario: Florian Cossen, Elena von Saucken.Avec Jessica Schwarz, Michael Gwisdek, Rafael Ferro, Beatriz Spelzini.Image: Matthias Fleischer.Montage: Philipp Thomas.Musique: Matthias Klein.Allemagne-Argentine, 2010, 92 minutes.ANDRÉ LAVOIE Le bruit des bottes et les coups de matraque ne se font jamais entendre dans Une chanson en moi.Pourtant, il est bien question de la dictature militaire en Argentine, mais ce sont surtout ses résonances actuelles, au cœur même de l\u2019intimité des personnages, qui intéressent le cinéaste allemand Florian Cossen dans ce premier long-métrage de fiction.Tout démarre justement par une chanson, entendue dans le hall de l\u2019aéroport de Buenos Aires.Maria (émouvante Jessica Schwarz), une nageuse allemande en route pour une compétition à Santiago, est troublée de reconnaître cet air, elle qui ne maîtrise pas l\u2019espagnol.Un arrêt prolongé en Argentine sera l\u2019occasion d\u2019une véritable plongée en elle-même, surtout après l\u2019arrivée précipitée de son père (solide Michael Gwisdek), qui lui révèle sur un ton éploré ses véritables origines, celles d\u2019une enfant de ce pays dont les parents ont brusquement disparu il y a 30 ans.C\u2019est l\u2019occasion pour Maria de renouer CINEMA DU PARC Une chanson en moi illustre le désarroi d\u2019une femme dont les certitudes s\u2019écroulent brutalement.avec les membres de sa famille latino, mais aussi de découvrir quelques pans moins glorieux de cette histoire.Quête des origines, mais aussi de sens.Une chanson en moi illustre le désarroi d\u2019une femme dont les certitudes s\u2019écroulent brutalement, déambulant dans une ville qui lui semble à la fois étrangère et familière.Tout cela est capté dans un style délicat, toujours conjugué au présent, même si le passé imprègne sa marque sur les rapports entre les personnages.On y retrouve aussi la délicatesse d\u2019un cinéaste émerveillé par les charmes singuliers de Buenos Aires, évitant autant que possible la pose touristique pour mieux scruter l\u2019âme d\u2019une ville encore meurtrie par cette longue parenthèse de plomb.Collaborateur Le Devoir EXC3NTRIS DANS LA MAISON FRANÇOIS OZON, 105 MIN - V O FRANÇAISE S -T A BILLETTERIE : 5H 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OO CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: AU-DELA DES PINS (THE PLACE BEYOND THE PINES) DEREK CIANFRANCE NO PABLO LARRAIN FESTIVAL VUES D\u2019AFRIQUE DU 27 AVRIL AU 5 MAI sOupesoun un nouveau comptoir T ^\t^ SOUPESOUPÀEXCENTRIS TOUS LESJOURS! Vues vlmm DU26AVRIL*5MAI 20I3 AU CINÉMA EXCENTRIS 27\tavril Au-delà de la peine Kinshasa Kids Land Rush 28\tavril Expulsés Capitaine Thomas Sankara Moïse Katumbi 29\tavril Peur, colère et politique Winter of discontent Virgin Margarida Pour plus d'informations sur la programmation, visitez vuesdafrique.org Post-Apocalypse à la canadienne THE COLONY Réalisation: JeffRenfroe.Scénario: JeffRenfroe, Patrick Tarr, Pascal Trottier.Avec Laurence Fishburne, Kevin Zegers, Bill Paxton, Charlotte Sullivan.Image: Pierre GUI Montage: Aaron Marshall Musique: JeffDanna.Canada, 2013, 94 minutes.ANDRÉ LAVOIE AU milieu d\u2019un hiver sans fin et sur un pont aussi délabré que ceux qui relient Montréal au reste du monde, la musique de Jeff Danna retentit pendant quelques mesures, pastiche de celle d\u2019En-nio Morricone dans The Thing, le drame d\u2019horreur frigorifique de John Carpenter.Ce martèlement saccadé sur un synthétiseur s\u2019avère une ritournelle aussi reconnaissable que les violons de Bernard Herrmann dans Psycho.Ce n\u2019est pas la seule référence, assumée ou pas, qui tapisse The Colony, un conte post-apocalyptique du Canadien Jeff Renfroe, pétri dans le même moule que tant d\u2019autres avant lui.Une planète Terre sous un éternel froid polaire, des humains vivant dans des bunkers inhospitaliers, une perpétuelle lutte pour la survie menacée par le manque de ressources et des ennemis ta- pis dans l\u2019ombre avant de surgir en pleine lumière : admettez avec moi qu\u2019on a vu ça au moins cent fois.The Colony ressemble à une synthèse de ces visions cauchemardesques, avec tout de même une touche canadienne, la plus visible étant ces installations militaires vétustes situées à North Bay, en Ontario.Elles semblent d\u2019ailleurs plus locales que la distribution, dominée par Laurence Fishburne en chef de colonie aux allures de vieux sage et Bill Paxton en fou furieux prêt à éliminer les plus faibles pour la survie de son petit royaume souterrain.Quant à Kevin Zegers, son passeport arbore une feuille d\u2019érable, mais sa carrière est surtout américaine {Transamerica).Il joue ici au jeune idéaliste déterminé à sauver ses semblables, affrontant des humains transformés en vedettes d\u2019un film de George A.Romero, monstres à l\u2019origine incertaine mais à la dent carnassière.Même si cette chose à la canadienne affiche un degré certain de maîtrise technique et comporte quelques scènes à donner froid dans le dos, l\u2019originalité semble figée dans les glaces des formules éprouvées.Collaborateur Le Devoir 'T W: ALLIANCE FILMS Une scène tirée du film The Colony, FABRICE LUCHINI LAMBERT WILSON ?«Une comedie legere, jubilatoire et attachante'» Le Parisien à bicycJelle | PHILIPPE LE GUAY métropole A LAFFICHE DES LE VENDREDI 3 MAI! metropoletilms com LA COMEDIE SURPRISE DE L'ANNEE !!! CINÉMA-1 I CINÉMA CAPITOL 1 i- CINÉMAS -1 LE CLAP DRUMMONDVILLE GATINEAU E 14 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2013 ÎCinMA La source asséchée TO THE WONDER Réalisation et scénario : Terrence Malick.Avec Olga Kurylenko, Ben Affleck, Rachel McAdams, Javier Bardem, Romina Mondello.Image: Emmanuel Lubezki.Musique: Hanan Townshend.Montage: A.J.Edwards, Keith Eraase, Shane Hazen, Christopher Roldan, Mark Yoshikawa.113 min.ODILE TREMBLAY Terrence Malick, le cinéaste philosophe américain habituellement si inspiré, si rare aussi, qui a livré des œuvres où la beauté, la tragédie et la transcendance se répondaient, le mystérieux maître d\u2019œuvre de Days of Heaven, de The Thin Red Line et du très ambitieux Tree of Life palmé d\u2019or à Cannes, tourne ici à vide.Il le fait avec les mêmes ingrédients qui ont façonné son style : voix hors champ, fascination pour la beauté de la nature à travers des herbes ensoleillées sous le vent, quête existentielle, mise en scène impressionniste.Mais la poé sic et la profondeur manquent à l\u2019appel.Au point où il semble s\u2019être parodié lui-même, sa source asséchée ou si loin de son sujet que le dérisoire destin des hommes n\u2019y intéresse plus personne.Dans cette histoire sim-plissime d\u2019un amour qui croît, s\u2019effiloche, rompt, se rabiboche et se dissout, un Américain à Paris (Ben Affleck), sa flamme (le mannequin français d\u2019origine russe Olga Kurylenko) et la fille qu\u2019elle eut dans sa prime jeunesse (Tatiana Chiline) dansent une valse à trois, bientôt à deux avec départ impromptu de l\u2019adolescente, vite oubliée.Malgré la présence d\u2019une autre amante (Rachel McAdams), en quelques scènes moins artificielles que celles qui unissent le couple officiel.Ce sont vraiment les yeux que le cinéaste pose sur ses La poésie et la profondeur manquent à rappel.Au point où Malick semble s\u2019être parodié lui-même.personnages qui causent problème.La technique n\u2019est pas en cause, même si la caméra de Lubezki s\u2019envole dans la pluie, le ciel et les rideaux flottant au vent sans éviter les autocitations à The Tree of Life, mais souvent magnifiques.Inspirée, aussi, la musique de Hannan Townshende.Tout s\u2019est joué et perdu au montage à plusieurs mains.Dans ce qui est resté du tournage sans fin, Olga Kurylenko se voit réduite à des puérils jeux d\u2019agaceries, à de petits sauts de chaton, ou est filmée pour sa seule joliesse, sans traquer son intériorité.Malick, qui avait su capter l\u2019âme de Jessica Chastain dans The Tree of Life, de Sissy Spacek dans Badlands, de Brooke Adams dans Days of Heaven, lance sa ligne en surface.Quant au pauvre Ben Affleck, qui n\u2019a pas dix répliques, filmé de dos, de menton, ou de carrure, sa prestation glacée tient du cauchemar de l\u2019acteur en distanciation figée.Malick oppose deux mondes: le charme européen, avec Paris joliment filmé et le mont Saint-Michel réduit à une image de carte postale, à la banlieue américaine d\u2019Oklahoma où de grosses maisons sans âme font face à des surfaces encore vierges (à la Days of Heaven).Oui, il y a des moments de grâce, quand la nature parle, mais on voit les ficelles.Les élans retombent.Dans The Tree of Life, Malick se plaçait à hauteur d\u2019univers.Ici, sa spiritualité tient du cri de détresse à une divinité aveugle, à travers la présence d\u2019un prêtre hanté par le doute Qavier Bardem, oscillant entre le ridicule et le sublime).La ligne scéna-ristique s\u2019est égarée en route, avec les nuages qui passent en haut, fugitifs, eux qui s\u2019étaient voulus témoins d\u2019éternité.Le Devoir Ben Affleck et Rachel McAdams dans To the Wonder % Î .METROPOLE EILMS Le fllm a été tourné à file de Ré, cadre idéal battu par les vents pour le misanthrope mal rasé joué par Fabrice Luchini, à droite.Molière en Ré majeur Le cinéaste Philippe Le Guay livre un duel amical et féroce entre deux acteurs qui répètent Le misanthrope ODILE TREMBLAY Un moment, des images sont à la base de tant de scénarios qui n\u2019auraient jamais été rêvés si ce jour-là, à cette heure, dans ce lieu, sous cette lumière particulière, l\u2019inspiration n\u2019avait pas mis le nez dehors.Ainsi en fut-il à l\u2019île de Ré, où Luchini possède une maison.Venu le rejoindre, le cinéaste Philippe Le Guay entendait lui redonner pour la énième fois le scénario de son film Les femmes du 6^ étage dont l\u2019acteur avait déjà égaré maints exemplaires.Les deux hommes, à vélo, se cherchaient.«Fabrice est venu me rejoindre au milieu du marais, évoque Philippe Le Guay.Je Tai comparé au misanthrope de Molière et il m\u2019a récité la scène de l\u2019acteur entre Alceste et Philinte, en alternant leurs deux voix.Et j\u2019ai vu la scène dans ma tête: deux acteurs sur l\u2019île de Ré.Cela rejoignait un des projets de jeunesse de Fabrice d\u2019alterner les deux rôles.Réaliser le film lui-même, il y avait songé, puis avait laissé tomber.Après notre tournage des Femmes du 6® étage, j\u2019ai repris la balle au bond.» Précisons cw\u2019Alceste à bicyclette (en salle vendredi), titré en Amérique du Nord Molière à bicyclette pour cause d\u2019ignorance réelle et présumée de notre public, est un duel amical et parfois Philippe Le Guay féroce entre deux acteurs qui répètent Le misanthrope et commentent les intentions de Molière.Lambert Wilson en Gauthier Valence, bellâtre parisien, héros de romans savons, coqueluche de ces dames mais désireux de se refaire une virginité, tente de convaincre Luchini, en Serge Tanneur, comédien émérite devenu ermite sur l\u2019île de Ré, de reprendre du service pour monter avec lui Le misanthrope.Les deux hommes sont aux antipodes l\u2019un de l\u2019autre.Le film sera un hommage au théâtre, aux comédiens surtout, ces bêtes attachantes et curieuses.Dans Le misanthrope de Molière, Alceste, qui hait le genre humain, avec pourtant un faible pour la jeune Célimène, a pour ami Philinte, un homme posé qui défend des positions moins extrêmes.Pas question de tourner le film ailleurs qu\u2019à l\u2019île de Ré, cadre idéal battu par les vents pour le misanthrope mal rasé que Luchini incarne avec un débraillé collé aux profils d\u2019écrivains de Céline et de Léautaud.Le cinéaste connaît l\u2019endroit depuis 30 ans, Luchini y a pilon sur rue.«Le misanthrope est un des personnages de Molière les plus difficiles à jouer, précise le cinéaste.Louis Jouvet disait que Tartuffe est un rôle de composition, mais qu\u2019on doit engager quelque chose de plus intime dans Alceste, entre colère, douleur extrême et attente d\u2019être aimé.» Philippe Le Guay voit Lambert Wilson comme une bête de cinéma capable de traverser des expériences différentes avec la grâce d\u2019un chat.«La complexité de son rôle s\u2019équilibre.Quant à Luchini, il doit jouer un comédien qui a renoncé, qui vit dans la souffrance et la manipulation, mais accepte de s\u2019ouvrir.Fabrice est un cheval fou, mais il sait très vite où se trouve son personnage.J\u2019adore les acteurs et je les vois comme ils sont: capricieux, angoissés, avec des rivalités atroces dont ils s\u2019accusent mutuellement, mais une complicité aussi.Les acteurs jouent comme le font les enfants.Dans le film.Gauthier Valence et Serge Tanneur ne voient pas les personnages de Molière de la même façon.Ils tâtonnent d\u2019abord, se critiquent, s\u2019affrontent, s\u2019irritent.J\u2019ai pensé aux duels dans le Barry Lindon de Kubrick.» Le cinéaste compare son film au documentaire Le mystère Picasso de Clouzot, où le spectateur peut entrer dans l\u2019atelier.«J\u2019avais envie de proposer au spectateur qui ne connaît pas cette chîmîe de l\u2019art dramatique de venir également dans la cuîsîne.Mon souhait était d\u2019apporter ce côté documentaire sur le travail des comédiens, tout en créant une tension dramatique.» Il s\u2019est amusé à créer des personnages secondaires féminins pleins de sève ; en fausse Célimène, la belle Italienne (Maya Sensa), blessée par l\u2019amour, avec des scènes de bicyclette à la Jules et Jim, aussi la jeune Zoé, serveuse à ses heures, qui joue dans des films pornos pour arrondir ses fins de mois.«Elle le fait sans aucune considération morale, dés-Inhlbée, à l\u2019américaine, en dehors d\u2019elle-même.Son entrée en scène montre ainsi le choc culturel des générations.Car les deux acteurs plus vieux sont scandalisés au fond.Zoé serait pourtant capable de jouer dans Le\tpeut-être mieux qu\u2019eux.De tous ces jeux de miroirs, chacun ressortira plus fort, davantage en accord avec ses choix.» Le Devoir Cette entrevue a été effectuée à Paris dans le cadre des Rendez-vous d\u2019Unlfrance.ws Il-1 ^\trCINEMA BEAUBIENl I\u2014maison du cinéma\u2014ii\u2014cinema galeries\u2014.A AFF rUFI tOUARTIER LATInI [2396 Beaubien E 514 721 6Q60I ISHERBROOKEn \\ aylmerH I ÿtâÿ l\\ LMrriUrlL*\tconsultez les guides horaires des CINEMAS i NOMINATION AUX OSCARS* MEILLEUR EILM EN LANGUE ETRANGERE II «UN CAPTIVANT THRILLER POLITKQUE ET UNE TRAGKQUE HISTOIRE D'AMOUR.» Manon Dumais, Voir «TRANSCENDE EE ROMANTISME D'UNE HISTOIRE D'AMOUR INTERDITE.» odile Tremblay, Le Devoir MADS\t\u2022\u2022 ALICIA\tMIKKEL MIKKELSEN VIKANDER BOE F0LSGAARD LIAISON ROYALE métrologie MAINTENANT DISPONIBLE EN DVD, BLU-RAY ET VIDÉO SUR DEMANDE lAMHAiiBiMUTl Renaud Bray gUp\t#iTunes (gSiCOGI CO Bdl ;::^TELUS\u2018 metropolefilms ^ VIDEOTRON Œ JOURNAL DE MONIRÉAL «ft f'iÎBl JSâil ____^ .IL Y A TOUJOURS UN MOYEN D'ENTRER dJns .- LA MAISON DANSLAMA SON-LEF LM.CA PRESENTEMENT A L'AFFICHE ! 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