Le devoir, 22 avril 2013, Cahier A
[" Chantal Hébert et l\u2019état des forces en présence à Ottawa Page A 3 Québec penche pour la fluoration de Teau Page A 3 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C I V N» 8 7 LE DEVOIR, LE LUNDI 22 AVRIL 2013 1,09 $ + TAXES = 1,25 Le baiser du jour de la Terre r, À PEDRO RUIZ LE DEVOIR Un couple maquillé en vert se trouvait parmi les milliers de personnes qui ont pris part, dans le calme, à la Marche de de la Terre, dimanche, à Montréal.Une grande marche verte sans les carrés rouges BAHADOR ZABIHIYAN Même si plusieurs milliers de personnes s\u2019étaient réunies dimanche pour marcher en prévision du jour de la Terre au centre-ville de Montréal, leur nombre était loin de dépasser celui du rassemblement de l\u2019année dernière.Le point de départ de la manifestation était la place des Festivals.Difficile de dire avec précision combien de personnes ont participé au rassemblement.Une bonne partie de la place était occupée par les manifestants.Le cortège débordait aussi rue Jeanne-Mance, ainsi que rue Sainte-Catherine jusqu\u2019à l\u2019intersection avec Saint-Urbain.Les participants ont quitté la place des Festivals pour se diriger vers le boulevard René-Levesque.Une fois la foule arrivée sur la place du Canada, les organisateurs ont avancé le chiffre de 50000 manifestants.La Marche de la Terre a lieu tous les ans, une journée avant le jour de la Terre.Les deux événements sont organisés par des groupes écologistes dans plusieurs villes du monde.A Montréal, l\u2019ambiance était festive et bon enfant, même si les marcheurs étaient moins nombreux que lors de l\u2019édition 2012, qui avait réuni près de 250000 personnes en plein printemps érable.Mais qu\u2019importe, Riel Huaorani est fier d\u2019avoir fait le chemin depuis la Gaspésie, à douze heures de route de Montréal, pour être présent.«Aujourd\u2019hui, c\u2019est un peu décevant de voir qu\u2019on a été si peu, mais peut-être que c\u2019est les vrais, les purs et durs qui protègent notre environnement qui sont là », explique ce membre de la Première Nation micmaque de Gespapegiag.« On a beaucoup de menaces là-bas, des menaces pétrolières, beaucoup de compagnies qui VOIR PAGE A 8 : CONTRASTE Assurance-emploi Ottawa se méfie des travailleurs saisonniers Un document révèle la liste de ceux qui présenteraient un « risque élevé de fraude » GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Selon Service Canada, tous les travailleurs saisonniers, les prestataires fréquents de l\u2019assurance-emploi et ceux qui utilisent plus de prestations que la moyenne nationale doivent être considérés comme présentant un «risque élevé de fraude», indique un document interne obtenu par Le Devoir.Ces prestataires risquent donc davantage de subir une enquête de vérification, et ce, même sans preuve de malversation.Le document révèle en filigrane que Service Canada se méfie d\u2019une grande partie des prestataires d\u2019assurance-emploi.La vingtaine de pages présente le chapitre 19 du Guide des opérations d\u2019intégrité, qui est remis aux enquêteurs chargés de débusquer les fraudes.La page d\u2019accueil indique que le guide est «protégé et pour usage interne seulement».Il a été fourni au Devoir alors que l\u2019Unité des enquêtes spéciales du service de l\u2019intégrité interne de Service Canada mène depuis un mois une enquête administrative «concernant la divulgation non autorisée de documents auprès des médias canadiens».Le chapitre obtenu détaille le fonctionnement et les objectifs des «enquêtes sélectives» qui peuvent être menées.Par enquête sélective, on entend des vérifications aléatoires.Service Canada reconnaît que «les enquêtes sélectives peuvent constituer un défi parce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019allégation VOIR PAGE A 8 : TRAVAILLEURS Aujourd\u2019hui Actualités > Attentat de Boston : Dzhokhar Tsarnaev communiquerait par écrit avec la police, selon ABC et NBC.Page A 4 Le Monde > La chronique de François Brousseau : Folie à Boston.Page B1 Avis légaux.B\t6 Décès\tB\t4 Mété( )\tB\t5 Mots croisés\tB\t5 Petites aiiiioiicos.B 4 Sudoku.B\t8 P*INT CHAUD « Le climat n\u2019est pas à la résolution des conflits » Une réflexion s\u2019impose sur les événements du printemps 2012, dit l\u2019avocate Sibel Ataogul, aux premières loges de la contestation du règlement P-6 limitant le droit de manifester LISA-MARIE GERVAIS Il a changé le modus operandi et la face même des manifestations en prohibant les masques.Et a fini par avoir la tête d\u2019Anarchopanda.Visant à garantir la sécurité de tout citoyen, rappelle la première ministre Pauline Marois, le règlement P-6, qui fait l\u2019objet d\u2019une contestation en Cour supérieure, est de plus en plus décrié sur la place publique.Aux premiers rangs de ce mouvement d\u2019opposition: l\u2019avocate Sibel Ataogul, cofondatrice de l\u2019Association des juristes progressistes (AJP), qui lutte pour la justice sociale.«Pour nous, c\u2019est un règlement complètement loufoque, critique-t-elle sévèrement.À certains égards, ce règlement contient des dispositions pires que la loi 12 [ou projet de loi 78].» L\u2019AJP est derrière la mise sur pied d\u2019une vaste coalition de plus d\u2019une soixantaine de membres, dont plusieurs syndicats et associations étudiantes, pour demander l\u2019abrogation de P-6.Elle a aussi voir page a 8 : CONLLITS PEDRO RUIZ LE DEVOIR Uavocate Sibel Ataogul, cofondatrice de UAssociation des juristes progressistes CONÇUS POUR INSPIRER.r^OIMDO ai^TIIVIA.2013 SOREI\\IT0 20 4 Chez Kia, nous concevons nos véhiculés a partir de ce qui nous inspire Qu'il s'agisse d'un complet italien a la coupe impeccable pour l'Optima, de la technologie dernier cri pour la toute nouvelle Forte, du confort luxueux pour le nouveau Sorento ou du mode de vie des familles d'aujourd'hui pour le tout nouveau Rondo Pourquoi cela\"^ C'est bien simple Pour que nos voitures vous inspirent vous aussi Explorez les nouveaux modèles Kia sur kia ca Kia est une marque de commerce de Kia Motors Corporation Le pouvoir de surprendre 77831302829417 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 22 AVRIL 2013 ACTUALITES Cpthia Vanier est de retour au Canada Elle est soupçonnée d\u2019avoir tenté de faire entrer Saadi Kadhafi en fraude au Mexique Une Canadienne qui a passé 18 mois en prison au Mexique sous raccusation d\u2019avoir tenté de faire entrer en fraude dans ce pays un fils de Tancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, a regagné son pays, ont rapporté dimanche les médias canadiens.Cynthia Vanier et une de ses complices présumées, la Mexicaine Gabriela de Cueto, avaient été libérées vendredi, la Cour suprême du Mexique ayant soutenu leur appel, fondé sur des vices de procédure.M\u201c® Vanier, soupçonnée d\u2019avoir préparé l\u2019entrée de Saadi Kadhafi pour le compte du grand groupe d\u2019ingénierie canadien SNC-Lavalin, est arrivée par avion samedi soir à Toronto, où elle a été accueillie par sa famille et ses amis.Elle n\u2019a fait aucune déclaration aux médias.La décision de la Cour suprême mexicaine sur sa mise en liberté provisoire ne vaut pas un acquittement et l\u2019on ignore si les poursuites contre les deux femmes doivent être abandonnées.Aucune procédure n\u2019est engagée contre M\u201c® Vanier au Canada.L\u2019un de leurs deux complices présumés également détenu au Mexique, le Danois Pierre Llensborg, pourrait être renvoyé dimanche dans son pays, selon des médias mexicains.Le quatrième membre du groupe, le Mexicain José Luis Kenney Prieto, reste en prison.Selon la police fédérale canadienne, SNC-Lavalin, qui q Saadi Kadhafi employait Cynthia Vanier comme consultante et l\u2019avait notamment envoyée en mission en Libye pendant la montée de l\u2019opposition armée au régime Kadhafi, avait versé 160 millions de dollars à Saadi Kadhafi pour obtenir d\u2019importants contrats sous le règne de son père.Après la chute de ce dernier, des dirigeants de SNC-Lavalin auraient participé à un complot en vue de faire entrer Saadi Kadhafi et ses proches au Mexique sous une fausse identité.Mais l\u2019opération avait finalement échoué avec l\u2019arrestation de plusieurs participants, et Saadi Kadhafi reste toujours réfugié au Niger.Démenti Dans une interview accordée depuis sa prison mexicaine il y a un an à la chaîne publique canadienne CBC, M\u201c® Vanier avait démenti toute participation à un tel plan.La même chaîne canadienne a diffusé récemment une émission d\u2019enquête citant trois témoins à charge, deux Mexicains et un ancien garde du corps d\u2019origine australienne de Saadi Kadhafi.Selon la CBC, M\u201c® Vanier a rejeté leurs accusations, affirmant notamment qu\u2019un courriel évoquant la fabrication d\u2019un passeport pour Saadi Kadhafi était un faux et que le faux passeport mexicain trouvé en sa possession avait été glissé exprès dans ses affaires.Agence France-Presse RICK BOWMER ASSOCIATED PRESS Des cartels de fixation du prix de l\u2019essence ont été mis au jour ces dernières années au Québec et dans d\u2019autres provinces canadiennes.Les enquêtes sur les cartels pourraient coûter plus cher STÉPHANIE MARIN à Ottawa E n raison de mesures mises en place par le gouvernement conservateur, les enquêtes sur les cartels de fixation de prix pourraient être plus difficiles et coûter plus cher aux citoyens, selon le commissaire par intérim du Bureau de la concurrence, John Pecman.Il a livré ces commentaires lors d\u2019une conférence donnée à des avocats montréalais en janvier dernier.Selon M.Pecman, 80 à 90 % des enquêtes sur les cartels entreprises par son Bureau sur- vous PENSEZ CONNAÎTRE viennent après des dénonciations de la part de gens qui veulent bénéficier de programmes d\u2019immunité et de clémence.Le programme d\u2019immunité permet à celui qui dénonce en premier un cartel d\u2019obtenir une forme de protection: il ne sera pas poursuivi pour ses activités illicites.Les dénonciateurs suivants peuvent quant à eux demander la clémence.C\u2019est-à-dire que s\u2019ils plaident coupable aux accusations, le Bureau va recommander une peine réduite \u2014 à la fois pour l\u2019amende et la durée de l\u2019emprisonnement.De telles dénonciations sont extrêmement précieuses, car le Bureau n\u2019a pas les ressources pour mettre au jour par lui-même les différents cartels.Elles pourraient toutefois devenir beaucoup plus rares, en raison de deux gestes faits par le gouvernement fédéral.14 ans de prison D\u2019une part, le projet de loi omnibus C-10 pour durcir la justice criminelle a augmenté les peines de façon considérable et a éliminé la possibilité de purger la peine dans la communauté \u2014 ou de faire des travaux communautaires \u2014 pour les membres de cartels.Ils peuvent ainsi risquer jusqu\u2019à 14 ans derrière les barreaux.On pourrait ainsi voir moins de reconnaissances de culpabilité, avance M.Pecman.Il pourrait y avoir plus de cas contestés, qui iront devant les tribunaux, ce qui aura pour ef fet de faire croître les coûts pour la Couronne et la société.«C-10 fait de la participation à un cartel un crime similaire à la fraude, un crime très sérieux, explique M.Pecman.Les individus ne voudront pas aller en prison.En conséquence de quoi on pourrait voir moins de plaidoyers de culpabilité.Il pourrait y avoir plus de cas contestés, qui iront devant les tribunaux.» D\u2019autre part, une décision du ministère des Travaux publics pourrait avoir un effet similaire.En novembre 2012, Travaux publics Canada a annoncé des modifications au «Code de conduite pour l\u2019approvisionnement» qui interdiraient aux demandeurs de clémence condamnés en vertu de la Loi sur la concurrence pour des infractions liées à des cartels ou à du truquage d\u2019offres de faire affaire avec l\u2019état.«Ces entreprises pourraient être réticentes à plaider coupable et à collaborer avec nous en raison des conséquences avec les agences gouvernementales», prévient le commissaire qui souligne que le fédéral octroie des contrats pour des milliards de dollars chaque année.«On est en train de surveiller pour voir si cela aura un effet réel et si nécessaire, on reverra cela avec eux», dit M.Pecman.Impacts inconnus Sans dénonciations et sans collaboration de personnes qui serviront de témoin et apporteront la preuve nécessaire, les enquêtes seront plus longues.Tout comme les procès.Et au bout du compte, ce sont les contribuables qui ramasseront la facture.«On pourrait voir moins de personnes se prévaloir du programme de clémence en conséquence de cela, en partie dans les dossiers de fixation de prix», dit M.Pecman.Mais si les craintes sont présentes, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions fermes.«On va voir.C'est un changement récent.Mais cela a été discuté que nous pourrions voir plus de procès, plus de cas contestés», dit M.Pecman.Contacté la semaine dernière, le Bureau de la Concurrence a réitéré qu\u2019il était encore trop tôt pour déterminer quel sera l\u2019impact, si impact il y a, de ces récents changements sur les programmes d\u2019immunité et de clémence.Des personnes s\u2019étant livrées à un comportement anticoncurrentiel ont continué à demander l\u2019immunité et la clémence, a indiqué le Bureau, sans toutefois préciser leur nombre.Pas moyen non plus de savoir s\u2019il s\u2019agit d\u2019une diminution ou d\u2019une augmentation par rapport aux années précédentes.La Presse canadienne Résultats des tirages du : 2013-04-20 Q1 10 U 19 21 41 06 OZ 14 36 45 48 compl.compl.Prochain gros lot (approx ) 12 000 000 $ 9485764 Résultats des tirages du : 2013-04-19 u coMP @ Prochain gros lot (approx ) 30 000 000 $ En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Quebec cette derniere a priorité W m Congédié?François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Bouclier antimissile : le Canada courtisé Ottawa \u2014 La question du rôle que devrait jouer le Canada pour protéger l\u2019Amérique du Nord d\u2019éventuelles attaques de missiles pourrait faire l\u2019objet de nouveaux débats à Ottawa.Le gouvernement aurait été invité par Washington à participer aux efforts de déploiement d\u2019un bouclier antimissile balistique.Cette requête survient alors que les Etats-Unis renforcent leurs systèmes de défense en réponse aux déclarations belliqueuses en provenance de la Corée du Nord et de l\u2019Iran.Un porte-parole du ministre fédéral de la Défense, Peter MacKay, n\u2019a pas souhaité discuter de la requête américaine.Il a précisé que le Canada «a refusé de participer aux systèmes de défense antimissile balistique dans le passé».La Presse canadienne Oléoduc: des nonnes de sécurité revues Edmonton \u2014 L\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) dit avoir renforcé les normes pour les oléoducs et les gazoducs régis par la réglementation fédérale pour les rendre plus sécuritaires pour l\u2019environnement.Ces normes entrées en vigueur plus tôt ce mois-ci obligent les entreprises à en faire davantage en matière de sécurité, d\u2019intégrité des oléoducs et gazoducs et de gestion des urgences.Certaines des modifications visent à ce que les hauts responsables des entreprises rendent des comptes.Elles les obligent à nommer des «responsables de Vimputabilité», qui devront s\u2019assurer que les objectifs en matière de sécurité et d\u2019environnement soient atteints par tous.Les entreprises doivent aussi avoir des politiques qui encouragent les employés à rapporter, sans craindre de représailles, les dangers et incidents environnementaux ainsi que les catastrophes évitées.L\u2019ONE a précisé que ces changements n\u2019ont pas été motivés par les récents déversements pétroliers ou les craintes du public à propos des projets comme le Northern Gateway d\u2019Enbridge.La Presse canadienne Charlevoix: feu vert au nouvel hôpital Baie-Saint-Paul \u2014 Québec donne le feu vert à la construction du nouvel hôpital de Baie-Saint-Paul, dans la région de Charlevoix, au coût de 376 millions.La première ministre, Pauline Marois, en a fait l\u2019annonce samedi, accompagnée de son ministre de la Santé, Réjean Hébert.L\u2019établissement est maintenant autorisé à procéder à la sélection du personnel.M\u201c® Marois a expliqué que le projet était devenu prioritaire en raison des risques sismiques qui planent sur l\u2019actuel hôpital de la région, qui sera démoli.La quasi-totalité de l\u2019enveloppe a été puisée dans les budgets du ministère de la Santé, en vertu du prochain Plan québécois des infrastructures.Une contribution de 20 millions provient des instances régionales.L\u2019hôpital possédera une urgence, un bloc opératoire, 28 lits de soins de courte durée et 103 lits en hébergement de longue durée.La Presse canadienne Des rivières sous surveillance Plusieurs rivières situées sur la rive nord du Saint-Laurent ont des niveaux d\u2019eau particulièrement élevés et menacent de sortir de leur lit.L\u2019arrivée des températures plus clémentes a créé des situations critiques de la vallée de l\u2019Outaouais jusqu\u2019à la Mauricie.Les cours d\u2019eau les plus à risque de déborder au cours des prochaines heures sont les rivières Mastigouche et Batiscan en Mauricie, L\u2019Assomption et Ouareau dans La-naudière, du Lièvre et Rouge dans l\u2019Outaouais et la Rivière-du-Nord dans les Laurentides.Des inondations mineures ont déjà été observées dans plusieurs secteurs, indique Pierre Corbin, directeur des opérations pour Hydro-Météo.Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, un embâcle s\u2019est créé sur la rivière Métabetchouane et un aufre s\u2019est formé sur la rivière Saint-Jean.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 22 AVRIL 20IS A 3 ACTUALITES L'état des lieux Chantal Hébert Il aura fallu deux ans, à quelques jours près, pour reconstituer une Chambre des communes à l\u2019image des résultats du dernier scrutin fédéral.Avec l\u2019arrivée de Justin Trudeau comme chef libéral, les protagonistes de la campagne de 2015 sont en place \u2014 sous réserve de ce que Stephen Harper confirme sa volonté de solliciter un quatrième mandat.En présumant, comme la majorité de ses troupes, que le premier ministre est partant pour une autre campagne, rien n\u2019est acquis pour le Parti conservateur.C\u2019est tout aussi vrai pour l\u2019autre grand gagnant du scrutin du 2 mai 2011.Deux ans après la victoire majoritaire de Stephen Harper et le balayage québécois du NPI), conservateurs et néodémocrates sont en nettement moins bonne posture que le soir du dernier vote.Sans grands espoirs au Québec, Stephen Harper ne peut pas gagner au Canada sans triompher en Ontario.Or l\u2019arrivée de Justin Trudeau à la tête du PLC a inversé la tendance dans le plus gros marché électoral au Canada.Si le Parti conservateur est monté au front aussi rapidement dans la foulée de la fin de la course au leadership libéral, c\u2019est donc, à premier titre, pour refaire ses forces ontariennes.L\u2019électorat de l\u2019Ontario est le public cible par excellence de ses publicités anti-Trudeau.Depuis la semaine dernière, elles tournent en boucle dans certaines régions de la province.Mais cette agitation conservatrice au sujet de Justin Trudeau occulte un problème de fond potentiellement plus préoccupant.Bon nombre d\u2019indicateurs montrent que le glissement du parti dans les intentions de vote tient autant sinon davantage à sa propre gouvernance qu\u2019à l\u2019effet Trudeau.D\u2019un sondage à l\u2019autre depuis plusieurs mois, environ sept électeurs sur dix disent aux sondeurs qu\u2019ils n\u2019appuieront pas les conservateurs au prochain scrutin.La satisfaction à l\u2019égard du gouvernement est à la baisse tout comme la cote du premier ministre.Le style autoritaire de Stephen Harper passe de moins en moins la rampe aussi bien dans son caucus que dans l\u2019opinion publique.Le fait que ce style ne soit au service d\u2019aucun grand chantier particulièrement mobilisateur contribue au malaise.Pour l\u2019essentiel, l\u2019arrivée de Justin Trudeau comme chef a transformé le PLC en réceptacle principal d\u2019un vote anti-conservateur en pleine croissance au Canada.C\u2019est le déplacement du vote d\u2019opposition existant qui a propulsé les libéraux en tête du peloton fédéral dans certains sondages récents plutôt qu\u2019une hémorragie soudaine de votes conservateurs.Il est possible que les stratèges de M.Harper, à force de tirer à boulets rouges sur les libéraux, arrivent à leurs fins, mais dans l\u2019état actuel des choses, le NPD a au moins autant de chqnces d\u2019en tirer parti que les conservateurs.À moins de donner un nouvel élan convaincant à son gouvernement au cours des prochains mois, Stephen Harper file actuellement, dans le meilleur scénario, vers un gouvernement minoritaire.Pour un premier ministre dont la courbe électorale comme chef de parti a toujours été ascendante, ce serait un recul sans précédent.L\u2019arrivée de Justin Trudeau à la tête du PLC tombe mal pour le NPD Comme les conservateurs, les néodémocrates subissent les contrecoups de l\u2019effet Trudeau.Si la tendance se maintient, le parti risque d\u2019être rétrogradé en troisième place aux Communes au prochain scrutin.Mais comme Stephen Harper, Thomas Mulcair aurait tort de voir dans l\u2019ombrage que lui fait le nouveau chef libéral le seul gros nuage à l\u2019horizon de la mi-mandat.Dans la mesure où elle a eu pour effet de fidéliser la clientèle libérale, l\u2019arrivée de Justin Trudeau à la tête du PLC tombe mal pour le NPD.Mais en rétrospective, la plus grosse tuile à s\u2019être abattue sur les néodémocrates depuis que Thomas Mulcair est devenu leur chef aura été l\u2019arrivée au pouvoir du Parti québécois l\u2019automne dernier.Dans sa foulée, le NPD a perdu un député au Bloc québécois et il pourrait perdre une partie de ses acquis à la formation souverainiste à la faveur d\u2019une plus grande division du vote fédéraliste au prochain scrutin.Cela dit, le fragile second souffle du Bloc est sans doute le cadet de§ soucis actuels de Thomas Mulcair.À tout prendre, l\u2019effet le plus dévastateur de la victoire péquiste du 4 septembre aura en effet été d\u2019enlever à la souveraineté son caractère abstrait dans le reste du Canada et de faire de l\u2019ouverture du NPD à reconnaître un Oui référendaire sur la foi d\u2019une majorité simple un sujet d\u2019actualité.Dans le match qui oppose Thomas Mulcair à Justin Trudeau dans le ROC, cette position \u2014 impopulaire même dans certains milieux néodémocrates \u2014 est un des boulets que traîne le chef néodémocrate.Dans un monde idéal pour le NPD, neutraliser l\u2019effet Trudeau passerait par le retour du PQ dans l\u2019opposition à l\u2019Assemblée nationale bien avant le scrutin fédéral de 2015.Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.chebert@thestar.ca COMMISSION PARLEMENTAIRE Fluoration de l\u2019eau : Québec a un préjugé favorable Le Parti québécois avait pourtant promis de l\u2019interdire JESSICA NADEAU Correspondante parlementaire à Québec Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, se dit clairement en faveur de la fluoration de l\u2019eau.«En fonction des données scientifiques démontrées, la fluoration de Veau est considérée comme une bonne mesure de santé publique selon le ministre, notamment pour la prévention de la carie dentaire», affirme son attachée de presse, Arianne Lareau.«Toutefois, conscient qu\u2019il y a des divergences d\u2019opinion à ce sujet, le ministre était ouvert à l\u2019idée que la Commission de la santé se penche sur ce sujet», précise-t-elle à la demande du Devoir, à la veille des travaux qui s\u2019ouvriront à Québec lundi.Cette position va clairement à l\u2019encontre du programme électoral du Parti québécois, dans lequel on pouvait lire qu\u2019un gouvernement péquiste «modifiera la loi pour interdire la fluoration de l\u2019eau potable ».Fort de cette promesse, les opposants à la fluoration ont interpellé le gouvernement ces dernières semaines afin qu\u2019il respecte son engagement, plus de sept mois après son élection.Question d\u2019éthique Le mois dernier, la députée libérale de Richmond, Karine Vallières, a déposé à l\u2019Assemblée nationale une pétition signée par un regroupement de citoyens de sa circonscription réclamant une commission parlementaire pour «faire la lumière sur les aspects scientifiques, sanitaires, économiques et légaux» de la fluoration de l\u2019eau potable.Les signataires demandent aux parlementaires de «statuer sur la nécessité d\u2019abolir le programme de fluoration de l\u2019eau potable».Les opposants ont réussi à imposer leur agenda et pourront exprimer leur point de vue lundi et mardi dans le cadre d\u2019une commission parlementaire.«Le gouvernement doit prendre ses responsabilités en déposant une loi claire et interdire la fluoration de l\u2019eau potable pour éviter les conflits locaux, sources de tensions inutiles dans les municipalités du Québec», écrit la Coalition Eau Secours dans son mémoire, dont Le Devoir a obtenu copie.L\u2019organisme, qui milite depuis plusieurs années pour sensibiliser les citoyens et élus municipaux aux risques de la fluoration, estime que «de nombreux arguments scientifiques contredisent la thèse selon laquelle les fluorures dans l\u2019eau potable sont bénéfiques pour la santé publique et sans effet observable pour l\u2019environnement».En entrevue, la présidente de l\u2019organisme, Martine Châtelain, affirme que c\u2019est d\u2019abord et avant tout une question d\u2019éthique puisqu\u2019un citoyen vivant dans une ville où l\u2019eau est fluorée n\u2019a pas le choix d\u2019en ingérer.«C\u2019est une médication sans l\u2019accord de la personne.C\u2019est comme si on disait: on va ajouter du fluorure pour la carie dentaire, mais on trouve aussi que les gens ne sont pas assez de bonne humeur, on va leur mettre un peu de Prozac et pour le cancer, il y a tel produit.on va arriver à quoi ?C\u2019est de l\u2019eau potable, de l\u2019eau pour boire, pas de l\u2019eau pour soigner les gens ! » Stratégie nationale Plusieurs tenants de la fluoration viendront également partager leur avis sur la question.Les parlementaires entendront notamment l\u2019Ordre des dentistes du Québec, de même que l\u2019Institut «C\u2019est de l\u2019eau potable, de l\u2019eau pour boire, pas de l\u2019eau pour soigner les gens ! » national de santé publique du Québec QNSPQ), dont la stratégie nationale prévoyait de «mobiliser un vaste ensemble des partenaires» afin de rejoindre, par cette mesure préventive, plus de 50% de la population du Québec.Depuis 2005, l\u2019INSPQ fait la promotion de la fluoration auprès des municipalités de plus de 5000 habitants, qui sont libres de choisir si elles acceptent pu non de fiuorer l\u2019eau aux frais de l\u2019État.Dans plusieurs villes, comme à Mont-Joli, où le débat sera tranché par référendum lors des prochaines élections municipales, les représentants de l\u2019INSPQ se heurtent à la résistance des opposants sur le terrain.«Plus les gens sont informés, plus ils sont contre», estime Martine Châtelain de la Coalition Eau secours.Il y a quelques années à peine, la ministre des Ressources naturelles, Martine Quellet, tenait le même discours.Car avant de se lancer en politique, c\u2019est elle qui menait la bataille contre la fluoration de l\u2019eau à titre de présidente de la Coalition Eau Secours.Mais son collègue de la Santé et des Services sociaux, le docteur Réjean Hébert, penche plutôt du côté de l\u2019INSPQ.Il en va de même pour le critique de l\u2019opposition officielle, Yves Bolduc.«La position du Parti libéral, c\u2019est de respecter l\u2019opinion des experts et les Aperts, présentement, recommandent la fluoration de l\u2019eau, répond l\u2019ancien ministre de la Santé en entrevue.Mais quand on arrive en commission parlementaire, on arrive avec l\u2019esprit d\u2019écouter.Probablement que mardi soir, après avoir entendu tous les groupes, ça va nous permettre de nous faire une meilleure tête sur le sujet » Le Devoir JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR Daniel Paillé assure que le parti se porte bien, tant du point de vue du financement que de Feffectif.CONSEIL DU BLOC QUEBECOIS Paillé promet un retour en force en 2015 RITA DEVLIN MARIER Le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, a réitéré samedi que sa formation était la seule à faire valoir les intérêts du Québec «sans aucun compromis», alors que les autres partis fédéraux privilégient, selon lui, toujours les intérêts du Canada.Après deux ans à rebâtir la formation politique souverainiste, qui a essuyé une cuisante défaite aux élections du 2 mai 2011, M.Paillé est ainsi revenu au message clé du parti, samedi, lors du Conseil général du parti, à Montréal.Le chef bloquiste souligne que les efforts de financement ont été fructueux et que l\u2019effectif a repris des couleurs.M.Paillé a estimé avoir «roulé» plus de 40000 kilomètres à travers le Québec pour aller à la rencontre des militants.Il a ajouté que l\u2019opération avait été très utile pour préparer le plan d\u2019action.Par ailleurs, M.Paillé assure que le parti va très bien, que les finances vont bien, et que les «membres sont là».«Donc, 2013, on consolide le tout; 2014, c\u2019est le congrès; 2015, on gagne», a-t-il lancé en entrevue à La Presse canadienne, samedi soir.150 militants Selon le chef, en poste depuis décembre 2011, les électeurs ont commencé à déchanter et constatent maintenant que les autres partis fédéraux n\u2019ont pas seulement la défense des intérêts du Québec à cœur.« C\u2019est ça qu\u2019on va refaire va- loir, tout en faisant la promotion de la souveraineté du Québec», a-t-il souligné.Il a donné en exemple à ses militants le fait qu\u2019aucun député des autres partis fédéraux n\u2019avait demandé que l\u2019on fasse la lumière sur le rapatriement de la Constitution, ainsi que le soutien fédéral au projet hydroélectrique Churchill Falls.«Nous voyons leur vrai visage lorsque MM.Trudeau, Mulcair et Harper se cachent sous les robes des juges de la Cour suprême afin de ne pas demander d\u2019enquête indépendante», a mentionné M.Paillé lors de son discours, en matinée.La stratégie du Bloc sera de démontrer que le NPD ne défend pas que les intérêts du Québec «Nous voyons leur vrai visage lorsque tous les libéraux et les néodémocrates votent avec les conservateurs pour financer à même nos taxes le projet de Churchill Falls et concurrencer déloyalement l\u2019Hydro-Québec de René Lévesque», a renchéri le chef bloquiste.Deux militants de chaque circonscription ont participé au conseil, pour un total de 150 militants, en plus des observateurs, a indiqué M.Paillé, soulignant qu\u2019il y avait dans la salle plusieurs nouveaux visages.Il a aussi fait valoir à ses militants qu\u2019il y avait dans leurs rangs des membres de Québec solidaire, de la CAQ, et du Parti québécois.ainsi que des gens qui ne soutenaient aucune formation politique provinciale, tout en donnant leur appui au Bloc.Lutte électorale à trois M.Paillé a aussi prédit que les élections fédérales de 2015 allaient faire l\u2019objet d\u2019une lutte à trois, au Québec, entre les libéraux, les néodémocrates et les bloquistes.Questionné sur le succès du NPD aux dernières élections, M.Paillé est d\u2019avis que les électeurs ont été séduits par son charismatique défunt chef Jack Lay-ton, et que la stratégie du Bloc sera de démontrer que le NPD ne défend pas que les intérêts du Québec.«Notre approche, c\u2019est de dire, écoutez, le NPD, par ses gestes, ses politiques et ses votes, c\u2019est manifestement un parti fédéraliste, et il prend, comme les libéraux et les conservateurs, pour les intérêts du Canada d\u2019abord et avant tout», a résumé M.Paillé.En ce qui concerne la popularité de la souveraineté, Daniel Paillé a soutenu que les dernières élections québécoises ont démontré qu\u2019il y avait «40 à 42%» de souverainistes.Faisant allusion aux sondages qui montrent une hausse de popularité du Parti libéral du Canada, au Québec, depuis l\u2019élection de Justin Trudeau à la tête du parti dimanche dernier, M.Paillé a souligné que la situation peut changer très rapidement.La Presse eanadienne Le PQ lance une campagne pour promouvoir l\u2019indépendance MATHIEU SIMARD Le Parti québécois (PQ) donne le coup d\u2019envoi à une nouvelle campagne de promotion de la souveraineté.Dans des vidéos d\u2019environ une minute, la première ministre énumère les avantages qu\u2019offrirait l\u2019indépendance aux Québécois.Pauline Marois, qui s\u2019adresse directement à la caméra, insiste notamment sur la lourdeur de la bureaucratie qu\u2019imposent les ordres de gouvernement fédéral et provincial.Les deux vidéos qui ont été mises en ligne jusqu\u2019à présent utilisent les slogans « La souveraineté, c\u2019est payant! » et «La souveraineté, une question de fierté ! ».Selon le président de l\u2019exécutif national du parti, Raymond Archambault il s\u2019agit de la première fois dans son histoire que le PQ se paie ime publicité alors qu\u2019il n\u2019est pas en campagne électorale ou référendaire.La campagne s\u2019appuie essentiellement sur le nouveau site Web de la formation politique, «qui a été remanié et qui est beaucoup plus convivial».«La demande est venue de nos jeunes militants, qui nous ont demandé d\u2019investir l\u2019espace virtuel avec des publicités», a souligné M.Archambault.Constitution Les vidéos seront également diffusées sur Facebook, Twitter et sur YouTube.«Nous entendons procéder de manière à ce que tous les militants et les sympathisants du parti deviennent des antennes et qu\u2019ils diffusent notre message de promotion de la souveraineté», a-t-iî ajouté Cette offensive publicitaire fait partie du plan d\u2019action du parti, voté au début de l\u2019année 2013.Elle est lancée quelques jours après l\u2019Assemblée nationale eut adopté une motion unanime, exhortant le gouvernement fédéral à faire la lumière sur les révélations contenues dans le livre de l\u2019historien Frédéric Bastien, au sujet du rapatriement de la Constitution.H ne s\u2019agirait pourtant «que d\u2019une coïncidence», selon M.Archambault.«J\u2019y vois là la réapparition normale de la question nationale, que certains auraient voulu voir enterrée depuis des années», a commenté M.Archambault à ce sujet.La campagne du Parti québécois doit s\u2019échelonner sur une période de six mois.La Presse eanadienne A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 22 AVRIL 20IS ACTUALITES Étudiants étrangers; la France veut faire conune ie Québec Première destination universitaire non anglophone du monde, la France veut attirer plus d\u2019étudiants d\u2019ailleurs CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris Afin d\u2019attirer plus d\u2019étudiants étrangers, le gouvernement de François Hollande est sur le point de réviser les lois concernant leur accueil en France.Plusieurs de ces mesures se comparent à ce qui se fait déjà au Québec : création de guichets uniques, incitation à demeurer sur place une fois le diplôme obtenu, obtention de visas et de permis de travail facilitée.Malgré une vieille tradition d\u2019accueil, et même si elle demeure la première destination universitaire non anglophone du monde, la France est passée depuis quelques années du troisième au quatrième rang des pays qui accueillent le plus d\u2019étudiants étrangers.Avec 260000 étudiants étrangers, elle est aujourd\u2019hui à égalité avec l\u2019Allemagne, derrière les Etats-Unis (685000), le Royaume-Uni (400000) et l\u2019Australie (271000).Contrairement à la tendance observée dans la plupart des pays développés, le précédent gouvernement avait resserré les conditions d\u2019admission des étudiants.La circulaire Guéanf du nom de l\u2019ancien ministre de l\u2019Intérieur, avait notamment compliqué le renouvellement des visas et des permis de travail.Certains étudiants québécois en avaient d\u2019ailleurs été victimes.Non contents d\u2019avoir abrogé cette circulaire, la ministre de l\u2019Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, et son collègue de l\u2019Intérieur, Manuel Valls, ont annoncé la généralisation d\u2019un visa pluriannuel ainsi qu\u2019un accès plus facile aux permis de travail.Fini donc, les longues heures d\u2019attente en préfecture.Un document de travail destiné au débat parlementaire propose de cibler tout particulièrement les pays émergents, comme la (îhine, le Brésil et la Corée.11 s\u2019agif dit-on, de «renforcer cette relation privilégiée entre les nouvelles élites et la France».Le document propose aussi d\u2019aider les diplômés à demeurer en France une fois leurs études terminées.Des droits plus élevés?Contrairement à ce qui se fait aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Canada (Québec inclus), en France, les droits de scolarité (pourtant déjà très bas) ne sont pas majorés pour les étrangers.Cette exception coûterait près de 4 milliards de dollars chaque année.La Conférence des grandes écoles estime qu\u2019en faisant payer plus aux étudiants étrangers, la France aurait «les moyens d\u2019accueillir 50000 étudiants de plus et de mener une politique ambitieuse».La ministre (Geneviève Fioraso a cependant rejeté une telle augmentation, qui ne toucherait qu\u2019une minorité d\u2019étudiants étrangers.Les traités européens interdisent en effet de traiter les étudiants européens différemment des étudiants français.Les Québécois en auraient aussi été exclus puisqu\u2019ils sont l\u2019objet d\u2019un traité spécifique.Au Danemark, l\u2019augmentation des droits des étudiants étrangers a réduit leur nombre de moitié en trois ans seulement.Alors que la question est rarement soulevée dans les pays anglophones (et au Québec), le gouvernement français s\u2019inquiète de l\u2019exode des cerveaux des pays pauvres que pourrait favoriser sa politique.C\u2019est pourquoi il est question de décerner des bourses d\u2019excellence aux étudiants des pays les plus défavorisés à la condition que ceux-ci s\u2019engagent à revenir s\u2019installer dans leur pays d\u2019origine.Qn songe aussi à un programme destiné aux jeunes Africaines, toujours sous-représentées parmi les étudiants africains.« Bourrage d\u2019amphis» Cette volonté manifeste d\u2019attirer plus d\u2019étudiants étrangers à déjà entraîné certaines dérives.L\u2019ancien président de l\u2019Université de Tou- La France s\u2019inquiète de l\u2019exode des cerveaux des pays pauvres que pourrait favoriser sa politique Ion, soupçonné de trafic de diplômes avec des étudiants chinois, a été mis en examen en 2010.Le Conseil national de l\u2019enseignement supérieur lui reproche d\u2019avoir admis des étudiants chinois qui ne maîtrisaient pas le français.Certains de ces étudiants auraient ensuite tenté de corrompre leurs professeurs afin d\u2019obtenir leur diplôme.D\u2019autres universités sont aussi soupçonnées d\u2019avoir assoupli leurs critères d\u2019admission afin d\u2019attirer des étudiants chinois, dont le nombre a été décuplé depuis dix ans.Parmi les mesures les plus controversées de la réforme proposée par Geneviève Fioraso, il est d\u2019ailleurs proposé d\u2019autoriser plus de cours en anglais dans les universités.Un rapport du sénat s\u2019inquiète du «bourrage d\u2019amphis».Certaines universités recruteraient des étudiants étrangers maîtrisant mal le français à la seule fin de compenser la réduction des effectifs de certaines facultés et de maintenir leiu financement.«Il est désormais indispensable de redresser la barre, de passer du recrutement quantitatif au recrutement qualitatif», conclut le rapport.Le Devoir Attentat de Boston : Dzhokhar Tsarnaev communiquerait par écrit avec la police Plusieurs courses à la mémoire des victimes Boston \u2014 Le deuxième suspect des attentats meurtriers de Boston serait éveillé et communiquerait avec des enquêteurs par écrit, selon les réseaux ABC et NBC, alors que les autorités tentent toujours de déterminer s\u2019il planifiait d\u2019autres attaques avec la complicité de son frère décédé.Les deux chaînes télévisées américaines ont rapporté que Dzhokhar Tsarnaev, qui a subi une importante blessure à la nuque après avoir vraisemblablement tenté de s\u2019enlever la vie à l\u2019aide d\u2019une arme à feu, était conscient et répondait aux enquêteurs par écrit de façon sporadique.Les enquêteurs pensent que les deux frères soupçonnés d\u2019avoir commis l\u2019attentat lors du marathon de Boston planifiaient d\u2019autres attaques en raison de la découverte d\u2019une cache d\u2019armes, a affirmé le commissaire de la police de la métropole du Massachusetts, dimanche.Pendant l\u2019émission Face the Nation du réseau CBS, le commissaire de la police de Boston, Edward Davis, a déclaré que les autorités avaient découvert un arsenal d\u2019explosifs artisanaux après la fusillade de vendredi entre la police et les deux suspects.«Nous avons des raisons de croire, en raison des preuves découvertes sur les lieux \u2014 les ex- plosions, les engins explosijs non utilisés et la puissance de feu dont ils disposaient \u2014 qu\u2019ils allaient attaquer d\u2019autres personnes», a-t-il dit.«Toutes les informations dont je dispose laissent entendre qu\u2019ils ont agi seuls», a déclaré pour sa part le maire de Boston, Thomas Menino, pendant l\u2019émission This Week du réseau ABC.Alors que les résidants de la ville se rassemblaient pour prier et réfléchir après une semaine mouvementée, le seul suspect survivant des attaques était toujours hospitalisé sous forte garde.Apparemment, il n\u2019était toujours pas en état d\u2019être interrogé.Dzhokhar Tsarnaev, âgé de 19 ans, reposait toujoius dimanche dans un état critique, deux joius après avoir été retiré, blessé, d\u2019un bateau stationné dans une coiu de Watertown, en banlieue de Boston.Cette capture est siu-venue à la fin d\u2019une journée de vendredi très tendue, qui a débuté par la mort de son frère âgé de 26 ans, Tamerlan, lors d\u2019une fusillade avec la police.Le dénouement est survenu quatre jours après les explosions et au lendemain de la publication, par le FBI, de photos de deux jeunes hommes captées par des caméras de surveillance.Ils étaient soupçonnés d\u2019avoir dissimulé les explosifs dans des autocuiseurs, tuant trois personnes et en JULIO CORTEZ ASSOCIATED PRESS Un service interconfessionnel s\u2019est tenu dimanche, rue Boylston, non loin du fil d\u2019arrivée du marathon de Boston, lieu de l\u2019attentat qui a coûté la vie à trois personnes lundi dernier.blessant plus de 180 autres près de la ligne d\u2019arrivée de la fameuse course de 42,2 km.Peine de mort?11 n\u2019y a encore aucune information sur le moment où Dzhokhar pourrait être accusé, ni sur la nature de ces accusations.L\u2019accusation la plus grave que pourraient utiliser les procureurs fédéraux serait l\u2019utilisation d\u2019une arme de destruction massive en vue de tuer, ce qui entraîne unç possible peine de mort.L\u2019Etat du Massachusetts a pour sa part aboli la peine capitale.Des responsables ont mentionné qu\u2019une équipe d\u2019interrogateurs spécialisés questionneraient le suspect sans lui lire ses droits, qui permettent par exemple de garder le silence et de recourir aux services d\u2019un avocat.Une telle exception \u2014 appelée droits Miranda \u2014 est permise lorsque la population est en danger, par exemple lorsque des bombes risquent d\u2019exploser.Associated Press Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche au pied du mont Royal, à Montréal, poiu grimper la montagne en groupe.11 s\u2019agissait de l\u2019une des nombreuses courses organisées aux quatre coins du pays en mémoire des victimes des attentats du marathon de Boston.Qdette Beaudry, qui a participé à l\u2019épreuve de Boston cette année, s\u2019estime très chanceuse d\u2019avoir échappé aux explosions, qui sont survenues après qu\u2019elle eut terminé le parcoius.«C\u2019est vraiment une question de solidarité, a-t-elle dit en parlant de sa décision d\u2019aller courir dimanche.Le marathon est un événement totalement apolitique et paisible qui rassemble les gens.» Une course similaire a été organisée à Québec.A l\u2019autre bout du pays, en Colombie-Britannique, plus de 48000 coureurs ont enfilé leurs chaussures de sport pour participer à la Sun Run, selon les organisateurs.La Sun Run, plus importante course sur bitume au Canada, était déjà prévue avant les événements meurtriers de Boston.Le nombre d\u2019inscriptions a cependant bondi après les attentats de lundi dernier.Steve Bermann, 49 ans, s\u2019est assuré de porter du jaune et du bleu, les couleurs officielles du marathon de Bos- ton, lors de sa première participation à l\u2019événement.Avant la course de Vancouver, un moment de silence a été observé en mémoire des trois victimes et des quelque 180 personnes blessées dans les explosions de Boston.La première ministre sortante de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a elle aussi pris part à la course, elle qui est en plein marathon électord.Marathon de Londres En Angleterre, des centaines de milliers de spectateurs ont encouragé dimanche avec une ferveur redoublée les participants au marathon de Londres dans un contexte de sécurité renforcée.La prestigieuse épreuve a attiré, selon les organisateurs, quelque 700000 spectateurs dans les rues de la capitale.La course, à laquelle participaient quelque 35000 coureurs, s\u2019est déroulée par un temps ensoleillé et dans une ambiance festive.Son départ a toutefois été empreint de solennité quand les participants, arborant pour la plupart un ruban noir accroché à leur maillot, ont observé 30 secondes de silence en hommage aux victimes de l\u2019attentat du marathon de Boston Avec l\u2019Associated Press La Presse canadienne \u201e ÛOMNOHS «H ^OUVEHa ^ U PLANtTt 2, Jour de la Terre® QUÉBEC ei»NPSPAI8T6M>IR6S Es] /ÆI7 appeKàjrecyder' ^geep iabchaihaulti eÂTON\tHum-anit ¦m.iJJ.'u sidlee *stm\ttact înibo Çvidéotrqn MontrS®\t^ LEDEvoir CESŒ\treperatv 1V5 porter raffinée sur toute la ligne Nos rabais poussent au voyage.Porter taille ses tarifs et cultive 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Évasions Porter est une entreprise agréée par TICO. A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 22 AVRIL 20IS EDITORIAL L\u2019ERREUR ECONOMIQUE Le chiffre du mal Un mois après que l\u2019économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, a eu le courage de reconnaître qu\u2019un vice méthodologique avait pollué les recommandations de cet organisme, voilà qu\u2019on apprend que l\u2019étude ayant convaincu les Angela Merkel de ce monde de transformer l\u2019austérité en veau d\u2019or de la politique reposait sur une perversité mathématique.Effarant! E Serge Truffaut n 2010, Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart, deux économistes alors réputés, ont publié une analyse intitulée Growth in a Time of Debt dans laquelle ils soutiennent avec force la thèse suivante : lorsque le niveau de la dette publique dépasse le seuil des 90% du PIB, il s\u2019ensuit obligatoirement un étranglement de la croissance.Quelques semaines plus tard, les coups de butoir qui tétanisent encore l\u2019économie de la Grèce commençaient à se faire entendre.Dans la foulée de ces derniers, on se souviendra que les officiers de la punition portant les étendards du FMI, de la Commission européenne, des entreprises étrangères et de certains gouvernements ont brandi les travaux du duo Rogoff-Reinhart pour mieux introduire la cure d\u2019austérité.Dans cet exercice indigne du discours de la méthode, Angela Merkel s\u2019est particulièrement dé-marquée en campant le rôle de l\u2019égérie en chef 10\tde l\u2019expiation.De l\u2019expiation évidemment impo- sée à la population grecque.1\t, / En moins de temps qu\u2019il ne faut poiu le dire, T\tles 90% sont devenus le pivot par excellence des politiques infligées à une ribambelle de pays, l\u2019argument imparable des inféodés à la déesse austérité.Plus grave, beaucoup plus grave, cette étude a servi de faire-valoir pour bien des dirigeants politiques lorsque ceux-ci étaient appelés à justifier leur abandon de la lutte contre le chômage au profit du combat contre la dette qui passait, et passe tou-joius, par l\u2019usage des forceps siu les programmes sociaux.Il n\u2019est pas innocent de rappeler que le refus des dirigeants européens de composer des plans de croissance, à l\u2019inverse de ce qu\u2019a fait l\u2019administration Obama, a contribué à l\u2019explosion du chômage dans le Vieux Continent.Ils sont 26 millions dans l\u2019Union européenne, 19 millions dans la zone euro et 6 millions «produits» par l\u2019austérité.Chez les jeunes, le nombre de sans-emploi est si élevé qu\u2019on parle déjà d\u2019une génération sacrifiée.A moins d\u2019être un militant fanatique du jansénisme économique, il faut bien souligner que les travaux de Rogoff-Reinhart ont imprimé une influence maléfique.On sait fort bien qu\u2019il est impossible de dire combien les travaux en question ont «fabriqué » de chômeurs.Reste que la question ayant leur responsabilité comme sujet est bel et bien fondée.D\u2019autant.D\u2019autant que le trio d\u2019économistes de l\u2019Université du Massachusetts qui s\u2019est penché sur l\u2019étude de Rogoff-Reinhart a découvert que ces derniers avaient omis certaines données, et d\u2019une.Et de deux, ils ont fait une consommation «particulière» de mécanismes statistiques.Et de trois, ils ont mal utilisé le logiciel.Excel ! Cette histoire, comme celle du EMI il y a un mois, a un mérite : elle confirme que la science économique reste et demeure confinée à la faculté des sciences humaines.Autrement dit, on tient à insister, qu\u2019elle n\u2019est pas une science exacte, contrairement à ce que des commentateurs essayent de nous faire croire à mots, évidemment, couverts.Et pourquoi couverts?Pour mieux camoufler leur malhonnêteté intellectuelle.Prenons ces fameux 90% du PIB.Un, le PIB est la lecture ponctuelle de l\u2019activité économique sur un an.Deux, la dette, elle, s\u2019étale sur plusieurs années qui n\u2019affichent pas un PIB identique année après année.De fait, comment peut-on fixer avec certitude dans un chiffre et un seul le corollaire entre le PIB et la dette à long terme?Au fond, la réponse appartient à John Kenneth Galbraith : «Il y a trop d\u2019astrologues dans notre profession.» COMMISSION CHARBONNEAU Du sphinx au pharaon Josée Boileau e témoignage de Prank Zampino reprendra ce lundi à la commission Charbonneau.On n\u2019en attend pas plus de révélations que la semaine dernière et, pourtant, ses passes d\u2019armes avec la procmeme et la présidente de la J\tcommission sont riches d\u2019enseignement.Ce que l\u2019on voit, c\u2019est un homme que rien n\u2019impressionne.D\u2019autres témoins ont usé de charme, de déni, d\u2019amnésie, de faux-fuyants face aux questions qui les rebutaient.M.Zampino, lui, joue au plus fin.Et il est extrêmement habile en la matière: même Prance Charbonneau, pourtant fine mouche, n\u2019arrive pas à le faire ne serait-ce qu\u2019hésiter.Les réponses de Prank Zampino défient pourtant la logique au regard des témoignages déjà rendus et de la preuve dévoilée (il faudrait trouver normal que l\u2019homme qui déteste les mondanités se soit joint à la noce de rejetons de familles mafieuses?Pranchement.).Cela agace suprêmement la procmeme en chef de la commission, Sonia Lebel, qui n\u2019a pas encore compris que l\u2019ironie, les somires narquois et les insinuations n\u2019ont aucun effet sur l\u2019homme sans états d\u2019âme qu\u2019est Prank Zampino.Et que c\u2019est en cela qu\u2019il est redoutable.La djmamique à l\u2019œuvre à la Commission nous renvoie dès lors à celle qui devait avoir coms à l\u2019hôtel de ville quand le tandem Trem-blay-Zampino dirigeait Montréal.Si une Prance Charbonneau, qui cumule autorité natmelle et celle due à son poste, plus un immense capital de sjunpathie populaire, n\u2019arrive pas à faire perdre de sa superbe à M.Zampino, comment le maire Gérald Tremblay pouvait-il arriver à lui en imposer?Dès le jom où M.Tremblay, pressé semble-t-il par les autres maires de banlieue, a décidé de s\u2019associer à lui pour gagner la mairie de Montréal fusionnée, il venait de perdre le contrôle.Il est clair maintenant aux yeux de tous qu\u2019on ne prend pas un Prank Zampino en dé-fauL on ne se mêle pas facilement de ses affaires et on ne s\u2019en débarrasse pas comme on veut.L\u2019élection est remportée, mais à quel prix.Mais peut-être que c\u2019est un prix que Gérald Tremblay était prêt à payer quand il a recruté M.Zampino pom qu\u2019il devienne, en cas de victoire, son président du comité exécutif.Après touL il n\u2019était pas un néophjtie en politique.Au regard de la hautem avec laquelle M.Zampino traite la commission, il serait par ailleurs plausible que le maire ait pu se sentir dépossédé, pris au piège.Mais alors, comment comprendre qu\u2019il ait ravalé ses larmes en mai 2008, lorsque M.Zampino a, dans une froide déclaration à la presse, annoncé qu\u2019il quitterait son poste sous peu, en quête de «nouveaux défis» dans le privé?M.Tremblay, ému, le salua en le couvrant d\u2019éloges.La machine à collusion et corruption battait alors son plein.Si le sphinx Zampino n\u2019a pas grand-chose à nous apprendre, le pharaon Tremblay, qui devrait le suivre, aura décidément bien des choses à nous expliquer.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Uf Jom?h uAtfpRE £n MS ?.(lECHAwffflwEMT m LETTRES Les deux Trudeau et la Constitution de 1982 Il y a quelque chose de profondément exaspérant à voir le nouveau chef du Parti libéral du Canada (PLCÇ Justin Trudeau, défendre la Constitution de son père, Pierre Elliott Trudeau, en utilisant le poncif archi-usé des «vieilles chicanes».Premièrement, la Constitution de 1982 a été imposée à la province de Québec sans le consentement de son gouvernement et sans qu\u2019aucun droit de veto ait pu être utilisé ; il ne s\u2019agit pas d\u2019un fantasme paranoïaque, mais d\u2019un fait historique réel.D\u2019ailleurs, vous remarquerez que pour la Constitution de 1982, ce n\u2019était pas nécessaire que tout le monde soit d\u2019accord, alors que ça concernait tout le Canada.tandis que pour l\u2019accord du lac Meech, c\u2019était absolument nécessaire, alors que ça ne concernait que le Québec.Quel bel esprit démocratique ! Depuis ce temps, l\u2019attitude du fédéral envers le Québec se résume à peu près à ceci: «On vous a fait un coup bas, mais on ne l\u2019admettra jamais, et si vous venez nous le reprocher on vous accusera de vouloir \u201cchercher la chicane\u201d ».Dans ce contexte, qui cherche «la chicane», selon vous?Deuxièmement, dans l\u2019expression «vieilles chicanes», l\u2019adjectif «vieilles» laisse entendre que le rapatriement de la Constitution ferait partie du passé et qu\u2019on serait mieux de passer à autre chose.Qn appelle ça un non-argument.Si le rapatriement est en effet un événement du passé, la Constitution, elle, fait toujours partie du présent et d\u2019une certaine façon régularise la vie des Québécois.En d\u2019autres mots, imaginez que je casse la fenêtre de mon voisin, qu\u2019on finisse par s\u2019apercevoir que je suis le coupable et que je dise: «C\u2019est arrivé la semaine passée, faudrait peut-être passer à autre chose ! » Troisièmement, la critique de la Constitution de 1982 n\u2019est pas seulement une lubie de «séparatistes»: la Constitution a été imposée à l\u2019ensemble des Québécois, séparatistes ou non.D\u2019ailleurs, si on est fédéraliste, si on aime le Canada, il me semble qu\u2019on devrait vouloir vivre dans un pays qui a la maturité et le courage nécessaires pour admettre ses torts et poqr régler ses problèmes internes, non?A moins bien sûr que l\u2019on considère l\u2019unité canadienne comme plus importante que le respect et la justice.Et quand bien même il y aurait des affaires plus « urgentes » à régler, ce n\u2019est pas une raison pour prendre les gens pour des valises.Patrick Béland Le 18 avril 2013 L\u2019impossible bilinguisme Après un long voyage en automobile, j\u2019arrivp au poste-frontière ontarien des Mille-Îles.Les écriteaux sont bilingues, mais pour le douanier, c\u2019est autre chose.Après la présentation des passeports, il me lance: «Where do you live?».Je lui réponds en français.La seconde question se fait en anglais : « Where are you from ?».Je constate que je suis devant un redneck et, fatigué et ne voulant pas être fouillé pendant une heure, je lui réponds pour le reste en anglais.Je me suis donc soumis.Une fois quitté le poste-frontière, je deviens fu-rax devant pareille imbécillité et sans aucun doute aussi en maudit contre moi.Moi, fédéraliste invétéré, je suis maintenant prêt à devenir « séparatiste » ! Ma conjointe essaye de me calmer.Je ne comprends pas qu\u2019après tant d\u2019années nous en soyons encore rendus là.Que c\u2019est difficile de faire entrer dans la tête de certaines gens que le fédéralisme multinational est une affaire très exigeante, qui demande beaucoup d\u2019efforts et de respect de l\u2019autre ! Je me rappelle encore les graves lacunes en matière de bilinguisme pour les Jeux olympiques de Vancouver de 2010.Eaute de devenir souverainiste devant la stupidité et la mauvaise foi de certains an- glophones, je me dis qu\u2019il faudrait adopter pour le Québec (comme pour les autres provinces) le régime linguistique à la belge, soit l\u2019unilinguisme territorial généralisé, ce qui inclut évidemment aussi les services fédéraux qui s\u2019y trouvent.Je garderais des exceptions pour les écoles de la minorité anglaise et pour les petites municipalités qui historiquement comportent des communautés de langue française et anglaise.Ce qui exclut évidemment Montréal.C\u2019est ainsi que mon douanier des Thousand Islands donnerait ses services uniquement en anglais et celui de l\u2019aéroport Trudeau seulement en français.La farce du faux bilinguisme a assez duré.Michel Lebel Entrelacs, le 15 avril 2013 Élargir la notion de maltraitance Le gouvernement péquiste poursuit la campagne contre la maltraitance lancée par l\u2019ancien gouvernement.Qr bien que réaliste, cette campagne dénonce uniquement la maltraitance dont sont victimes nos aînés par leurs proches et leur entourage.Ne croyez-vous pas que le fait de se voir littéralement forcé à se lever et se coucher à des heures prédéterminées, de ne recevoir qu\u2019un seul bain.par semaine, de manger de la nourriture préparée la veille et de partager, dans certains cas, sa chambre avec un inconnu ne constitue pas aussi une forme de maltraitance ?C\u2019est pourtant ce que sont obligés de vivre des milliers de nos personnes âgées vivant dans certains CHSLD ainsi que certaines résidences privées.Le gouvernement se donne donc bonne conscience en investissant massivement notre argent dans des publicités, mais n\u2019a que faire de ses propres agissements dans ces institutions.Aberrant! Jean Bottari Montréal, le 16 avril 2013 LIBRE OPINION L\u2019envol d\u2019une grenouille ROBERT JASMIN Neuville Ces jours derniers, le patron de l\u2019aéroport de Québec, M.Gaétan Gagné, a plaidé, devant les membres de la Chambre de commerce, en faveur de la création d\u2019une « aérotropole » {Le Devoir, 17 avril 2013).Il voudrait attirer les gens à Québec en transformant «son» aéroport en gigantesque parc d\u2019attractions touristiques, d\u2019hôtels, d\u2019établissements d\u2019enseignements, de soins de santé, d\u2019usines, de centres de distribution, et, précise-t-il, «j\u2019en passe».Qu\u2019est-ce qu\u2019il lui manque?Un Parlement peut-être.M.Gagné voudrait en somme une ville dans la ville ! J\u2019imagine le touriste américain disant qu\u2019il va passer ses vacances à.Jean-Lesage Airport! M.Gagné a peut-être trop volé ces derniers temps, il lui faudrait revenir sur terre.Nous sommes à Québec, monsieur Gagné, et non pas à Atlanta, une plaque tournante aéroportuaire ! Vous rêvez à un développement comme celui qu\u2019on retrouve à Hong Kong ou à Singapour où des millions de personnes qu\u2019une économie en folie a concentrées dans un petit territoire, à un développement qui ne sert qu\u2019au divertissement des très riches de la planète.Et vous avez eu l\u2019outrecuidance de dire que ces pôles d\u2019attraction aéroportuaires constituaient «des reflets de la valeur des aspirations d\u2019une société» ! J\u2019ose croire que la société québécoise n\u2019est pas tombée si bas ! Un service public Pour avoir un aperçu de ces valeurs que vous défendez du haut de votre salaire dont vous dites qu\u2019une partie ne doit pas être connue du public, nous n\u2019avons qu\u2019à nous référer à vos propos sur un éventuel train rapide.Vous dites qu\u2019il faut oublier ce rêve et nous tourner vers le potentiel d\u2019un aéroport.Qublions donc les investissements dans les moyens de transport de masse au bénéfice de la majorité pour privilégier ceux qui favorisent la minorité.Je suppose qu\u2019à vos yeux, la masse pourra se contenter d\u2019aller s\u2019amuser localement dans votre parc d\u2019attractions ! Il semble nécessaire de rappeler à M.Gagné qu\u2019il dirige un service public et que ce qu\u2019on lui demande, c\u2019est d\u2019assurer un bon fonctionnement de ce service et de faire en sorte que des infrastructures adéquates puissent permettre aux gens de voyager aisément et aux pilotes de faire leur travail en sécurité.Pour le reste, si M.Gagné veut diriger une ville et tout ce qui vient avec, je lui suggère la ville de Québec située pas très loin de l\u2019aéroport.Quant aux divertissements, il en trouvera plus que le client en demande.Pour ce faire, comme on est encore en démocratie, qu\u2019il se fasse élire à la place d\u2019un certain M.Labeaume.Enfin, si je peux me permettre un conseil d\u2019ordre culturel, M.Gagné gagnerait beaucoup à se plonger dans la lecture des œuvres de Jean de La Eontaine, notamment dans la fable de la grenouille qui voulait.etc., etc. LE DEVOIR LE LUNDI 22 AVRIL 20IS A 7 IDEES Rapport D\u2019Amours sur les retraites Espoir et déception.La réflexion ne doit pas s\u2019arrêter là LOUIS ROY Ex-président de la CSN près dix-huit mois de travail, Aïe Comité d\u2019experts sur l\u2019avenir du système de retraite québécois, présidé par Alban D\u2019Amours, a enfin remis son rapport! Pendant que nous aurions dû travailler à mettre en place des solutions depuis plus de trois ans, le gouvernement du Québec nous a en-tramés dans une longue ré-lexion alors que les constats de base étaient déjà connus.De plus, on nous propose une commission parlementaire pour l\u2019automne 2013, ce qui nous amène à l\u2019hiver 2014 pour un autre rapport et un éventuel projet de loi qui serait adopté en juin 2014.Sans parler du fait qu\u2019il y aura sans doute une élection d\u2019ici là.On comprend mal qu\u2019une urgence vieille de trois ans déclenche un tel processus d\u2019escargot ! Les cent premières pages de ce rapport nous tracent un portrait honnête de la situation des régimes de retraite au Québec.Quant aux objectifs, principes et valeurs proposés ensuite pour soutenir une nécessaire réforme des régimes de retraite, ils feront assez rapidement consensus puisque la vertu est rarement contestée.L\u2019équité, la transparence et la responsabilisation ne devraient pas déclencher de guerre sémantique parmi les ténors de l\u2019opinion publique, souvent trop avides d\u2019effets de toge.Au secours des prestations déterminées Véritable point positif du rapport, la volonté du comité de protéger les régimes à prestations déterminées est tout à son honneur et apporte un vent de fraîcheur dans le discours constant de la droite qui voudrait les voir disparaître au profit de régimes où l\u2019employeur n\u2019a plus aucune responsabilité et où tous les risques sont pris par les travailleuses et les travailleurs.Cette volonté est toutefois assombrie par l\u2019idée de laisser aux seuls patrons le loisir de modifier le régime si aucune entente n\u2019intervient entre eux et les employés dans un délai de cinq ans.Faut-il rappeler que les régimes sont constitués des fonds versés conjointement par les parties?Qn a beau parler de «dernier recours» permettant à l\u2019employeur de sauver le régime, il n\u2019en demeure pas moins que négocier avec cette menace en bout de piste laisse un goût amer.Qn sent déjà un préjugé favorable aux entreprises qui n\u2019ont pourtant pas démontré jusqu\u2019à présent qu\u2019elles en méritaient autant.Là où la déception est vive, c\u2019est dans la partie des recommandations pour construire un système de retraite qui atteindrait les objectifs dictés plus avant.Ici, peu d\u2019audace, pas de proposition transcendante et encore moins de volonté de brasser la cage ! La rente de longévité, proposée pour soutenir les gens à partir de 75 ans, n\u2019est qu\u2019une forme de RRQ-DEUX qui vient combler en partie l\u2019iniquité intergénérationnelle générée par le régime actuel.Sans rejeter tota- (fcpit JACQUES NADEAU LE DEVOIR La volonté de protéger les régimes de retraite à prestations déterminées est i\u2019un des points forts du rapport D\u2019Amours.Mais ii manque d\u2019audace dans ies mécanismes.lement cette proposition, je crois que le comité aurait pu être plus audacieux et proposer, comme on le voit dans certains pays cités dans son étude, la mise en place d\u2019un régime obligatoire pour tous les employeurs et travailleurs, et ce, dès leur arrivée sur le marché du travail.Patrons et syndicats à la même table L\u2019incapacité du comité d\u2019experts à proposer un véritable pacte social vient renforcer l\u2019idée qu\u2019il faut mettre à contribution les patrons, les syndicats et le gouvernement dans un ^oupe de travail pour y arriver.J\u2019aurais aimé que le comité pose au moins des questions fondamentales dont les réponses auraient pu servir de fondation à une réforme permettant la sécurité financière des futurs retraités.Combien d\u2019années de vie veut-on «assurer» par nos rentes?20 ans, 30 ans ?Qui assumerait alors la responsabilité des années subséquentes?Quelle doit être la part des régimes privés et publics ?Qn aurait pu proposer, par exemple, que nos régimes actuels soient consolidés pour assurer 20-25 ans de retraite avec un revenu suffisant, 65% du revenu moyen du travail par exemple, et ensuite mettre en place Je prône [.] la mise en place rapide d\u2019un groupe de travail représentatif des acteurs impliqués un RRQ-DEUX pour nos années de fin de vie.La rente de longévité s\u2019appliquerait alors vers 80-85 ans, et serait donc moins coûteuse.Et que dire de la nécessité d\u2019assurer des soins de santé gratuits et accessibles surtout dans cette période de vie ! Pourquoi ne pas proposer dès maintenant des mesures facilitant le maintien à domicile et le logement ou même l\u2019accès à une saine alimentation en parallèle aux mesures pour assurer les revenus à la retraite ?Il faut implanter simultanément les notions d\u2019une qualité de vie et d\u2019un revenu suffisants à la retraite.Si on veut s\u2019en assurer collectivement, et dans le respect des générations futures, il faut réfléchir globalement à la question et dépasser la « simple » mécanique de l\u2019épargne personnelle et du salaire différé.Bien sûr, ce n\u2019était pas là le mandat du comité D\u2019Amours.C\u2019est pourquoi je prône toujours la mise en place rapide d\u2019un groupe de travail représentatif des acteurs impliqués pour compléter le travail du comité d\u2019experts et arriver à l\u2019automne avec un projet de loi et une vision à long terme pour nos retraites.Il est encore temps de remédier à la situation, mais le temps presse ! L\u2019occasion de bâtir une société plus équitable L JONATHAN PLAMONDON Candidat à la maîtrise européenne en sciences du travail Université catholique de Louvain Président de Force Jeunesse de 2008 à 2011 a pubbcation du rapport D\u2019Amours représente une bouffée d\u2019oxygène dans le débat portant sur le système de retraite.Il donne enfin une occasion aux jeunes de rétablir l\u2019équilibre dans le financement de nos retraites et de corriger certaines erreurs du passé.Auparavant, cet enjeu intéressa peu de gens et, peut-être à cause de cela, la gestion de nos outils d\u2019épargnes n\u2019est pas irréprochable.Le comité d\u2019e^qierts montre bien dans son rapport que nos régimes complémentaires de retraites (RCR) sont précaires et qu\u2019une tangente d\u2019insolyabilité s\u2019est installée depuis une décennie.À cela, s\u2019ajoute le gel de cotisation du Régime des rentes du Québec (RRQ) qui dura une vingtaine d\u2019années (1966-1986), forçant ainsi les générations post-baby-boom à contribuer davantage pour une rente similaire à celle de leurs parents.Cette réa-bté du «paie plus et obtiens moins» est devenue un consensus politique dû à notre démographie défavorable aux jeunes.Ce contexte explique que l\u2019iniquité ne se limite pas au RRQ puisque le redressement des RCR s\u2019est fait surtout grâce amj sacrifices des jeunes travailleurs.À cela s\u2019ajoutent les nouvelles réalités du marché du travail, où les jeunes sont davantage en situation de travail atypique n\u2019ayant pas accès à un RCR et devant se replier sur des REER moins profitables.Bref, peu de gens semblaient vouloir changer cette spirale négative de l\u2019épar^e chez les jeunes travailleurs jusqu\u2019à la pubbcation de ce
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