Le devoir, 20 avril 2013, Cahier E
[" Un adieu, au cas où, pour le groupe rap lAM Page E 7 Citoyens et professionnels, la difficile collaboration médiatique Page e 9 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2 0\"^ Le pari gagné GALERIE JOYCE YAHOUDA Michel Niquette.Clinique C.r.J.K.0.2, 2013.Avec l\u2019aimable autorisation de l\u2019artiste et de la galerie Joyce Yahouda.La foire montréalaise prend de l\u2019expansion et met le cap sur le raffinement et le haut de gamme Papier, la grande foire de l\u2019Association des galeries d\u2019art contemporain, gagne en visibilité et en taille.Toujours au cœur du Quartier des spectacles, son chapiteau déménage sur le terrain jadis occupé par le Spectrum.Avec 42 galeries d\u2019ici, de l\u2019Ontario et de l\u2019Ouest canadien, Pa-pierlS se veut toujours un événement fédérateur, ouvert tant aux VIP qu\u2019au grand public.PARISIAN LAUNDRY Jaime Angelopoulos, A Stack of Triumph, 2013, papier mâché, plâtre, peinture, polystyrène.« C\u2019est une grosse fête, un événement fédérateur, collégial même.Il y a un esprit de collégialité entre les marchands vraiment intéressant.» ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Collectionneiu et conseiller en acquisition d\u2019œuvres d\u2019art, Matthieu Gauvin a monté la première foire Papier en 2007.Le gotha de PapierlS A la galerie Joyce Yahouda : une mosaïque d\u2019œuvres d\u2019artistes de la galerie parmi lesquels Sarah Bertrand-Hamel, qui fabrique elle-même ses papiers, puis les coupe, les cabosse, les coud.«Le dessin apparaît dans le découpage et la couture», dit celle qui voit dans la détérioration du papier une richesse.A la Parisian Laundry: des sculptures en papier mâché de Cynthia Girard et de Jaime Angelopoulos, ainsi que des encres sur papier d\u2019Alexandre David, dessins de sculptures jamais réalisées.« Ce sont des sculptures virtuelles.Je m\u2019engage à ne jamais les réaliser, mais celui qui achète les dessins est libre de les fabriquer», dit l\u2019artiste.A la galerie Donald Browne : une bonne diversité de travaux, parmi lesquels des dessins de Jim Holyoak, des photos de Raymonde April, des dessins du photographe Gabriel Coutu-Dumont et une dérision signée Valérie Kolakis, une punaise en or qui épingle la note «Back in 5 minutes».«Une œuvre très drôle, dit le galeriste, qui met en question la valeur et la temporalité de l\u2019art.» À la galerie Simon Blais : des photos de Michel Campeau, qui poursuit ses explorations autour de la disparition annoncée des chambres noires, ainsi qu\u2019une sérigraphie sur plexiglas d\u2019Edmund Alleyn jamais exposée et datant des années 1970.JEROME DELGADO Le collectionneur et conseiller en acquisition Matthieu Gauvin raffole des œuvres sur papier.Sa collection, entamée il y a une dizaine d\u2019années, est composée en grande partie de dessins et de photographies, de quelques estampes aussi.C\u2019est lui qui a monté la première foire Papier en 2007, qui marquait le retour à la vie (active) de l\u2019Association des galeries d\u2019art contemporain (AGAC).Jeudi, PapierlS, sixième foire du genre organisée par l\u2019AGAC, ouvrira ses portes.Pour un collectionneur passionné, voire compulsif, comme Matthieu Gauvin, cette «occasion de faire du magasinage en un seul lieu » marque l\u2019un des moments forts de l\u2019année en art contemporain.«C\u2019est une grosse fête, un événement fédérateur, collégial même.Il y a un esprit de collégialité entre les marchands vraiment intéressant», résume-t-il.Matthieu Gauvin n\u2019est plus dans l\u2019organisation de la foire depuis longtemps.Il en demeure un fervent allié, lui qui clame avoir toujours aimé le papier, son côté fragile \u2014 «il faut en prendre soin, l\u2019encadrer, ne pas l\u2019exposer n\u2019importe où dans un appartement».Dès le début, il a cru dans le potentiel d\u2019un tel événement, même s\u2019il a fallu inventer tout avec rien, sinon une AGAC surendettée.«C\u2019était très dur de lancer une foire avec aussi peu de budget, alors que j\u2019imaginais ce qu\u2019elle est [devenue] aujourd\u2019hui.Il fallait passer par là, persévérer.Personne n\u2019y croyait, j\u2019obligeais les galeries à y participer.Le pari est gagné», croit-il.En progression Avec 42 galeries inscrites, soit trois fois plus que la quinzaine de 2007, un budget de 400000$ et des promesses d\u2019achat de 70000$ et plus de la part d\u2019entreprises, PapierlS a les reins solides.La foire montréalaise, deuxième au pays derrière l\u2019intouchable Toronto International Art Pair (TIAF), est même devenue pancanadienne.Depuis deux ans, Toronto envoie une délégation.Cette année, des galeries de Calgary (Trépanier Baer), d\u2019Edmonton (D(J3 Art Projects) et de Vancouver (Republic Gallery) s\u2019ajoutent.En tout, douze kiosques seront tenus par des marchands établis hors du Québec, tel que les réputés Torontois Paul Petro et Clint Roenish.Du côté local, c\u2019est le retour de René Blouin qui fait jaser dans les corridors du Belgo.Comme le dit la directrice de l\u2019AGAC, Julie Lacroix, Papier a «le vent dans les voiles».«Il y a plein de galeries qui veulent participer, dit celle qui continuait à recevoir des demandes une fois la période d\u2019inscription terminée.Bien que la foire prenne de l\u2019expansion, la croissance n\u2019est pas l\u2019objectif mais le raffinement, le haut de gamme.» Entre popularité et raffinement, entre le désir d\u2019attirer toujours plus d\u2019amateurs \u2014 on vise 12 000 visiteurs, 2000 de plus qu\u2019en 2012 \u2014 et le souhait de ne pas copier la TIAF, trop grosse pour plusieurs.Papier se retrouve, en 2013, à la croisée des chemins.Littéralement: le chapiteau blanc, devenu son trait identitaire, s\u2019élève cette fois à l\u2019angle des rues Sainte-Catherine et De Bleury \u2014 et non plus à l\u2019ombre du Wilder, le bâtiment hors d\u2019usage devant le cinéma Impérial.«Il faut aller vers la création de pointe pour ne pas faire comme à la TIAF, insiste Matthieu Gauvin.C\u2019est l\u2019enfer, la TIAF: le contemporain d\u2019un bord, le marché secondaire de l\u2019autre et, dans le fond, des pots de fleurs en masse.Le plaisir à Papier, c\u2019est aussi de pouvoir en faire le tour en deux heures.» Séduire le curieux et l\u2019amateur L\u2019AGAC a fondé sa foire sur deux principes: le caractère intime, propre aux œuvres sur papier, et la démocratisation de l\u2019art.Julie Lacroix croit qu\u2019avec une dizaine d\u2019autres galeries, VOIR PAGE E 10 : PAPIER aDOQDT lOQODli mnimnr^^innnnnnni Il ILUJ 1 'EAUDEPARFÜh - -U, DAVID BRANDT ET PARISIAN LAUNDRY Cynthia Girard, J'adore, 2012, papier mâché, gouache sJ GALERIE YAHOUDA Daniel Horowitz, Drawing of the Day 27, 2011. E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2013 CULTURE Terre outragée Odile Tremblay Lundi: Jour de la Terre.J\u2019entends déjà des voix jovialistes répéter que le cerveau de l\u2019homme sécrète son pharma-kon (délicieux mot grec signifiant à la fois remède et poison) et qu\u2019il saura bien faire refleurir les habitats par ses soins asséchés.« Cessez, disent ces voix, de déprimer les gens avec vos scénarios apocalyptiques.» Cet argument, feu vert pour l\u2019aveuglement, est le pire de tous.Rejeté ! On est nombreux à croire \u2014 les scientifiques nous donnent raison \u2014 qu\u2019on fonce vers des désastres environnementaux tête baissée, en se gelant d\u2019alcool, de dope, de travail, d\u2019écrans multiples ou de tout ce qui traîne, pour pousser l\u2019évidence vers son angle mort.Remarquez, les thèmes à cocher au calendrier semblent toujours dérisoires.On a une Journée des femmes, c\u2019est dire! Belle excuse pour se laver les mains sur le sujet le reste du temps.Mais il faut bien commencer quelque part.Une date.Ce lundi.Après des années d\u2019angoisse, faut dire.Un jour, mon père m\u2019a mis un livre entre les mains: «Tu devrais lire ça!» L\u2019essai s\u2019intitulait L\u2019utopie ou la mort de l\u2019agronome français René Dumont.Ce traité écologiste, pacifiste et tiers-mondiste publié en 1974, hautement visionnaire (avec quelques excès maoïstes), montrait du doigt, avant tout le monde, le capitalisme sauvage, l\u2019urbanisation galopante, les écosystèmes en péril, la pollution des pays riches.Quarante ans plus tard, le livre constitue un classique du genre.René Dumont, l\u2019homme-siècle, tel était le titre du documentaire que Richard D.Lavoie lui a consacré en 2001.A visionner sur le site de l\u2019Office national du film.«Si on prolonge les erreurs du XX\u2018' siècle au XXL siècle, c\u2019est la mort au bout», prévient-il.René Dumont cria longtemps dans le désert, prophètç raillé par ses illustres confrères, les chefs d\u2019Etat, les gens d\u2019affaires.Il mourut en 2001, désespéré de n\u2019avoir su convaincre les humains de l\u2019urgence d\u2019agir pour sauver la Terre, leur peau et celle des générations à venir, mais il ne criait plus seul.L\u2019écologiste agronome avait eu le temps de .Jt% BARUCH RAFIC La Terre outragée (Land of Oblivion), présenté le 21 avril au Cinéma du Parc, se concentre sur l\u2019accident à la centrale nucléaire de Tchernobyl à travers la vie d\u2019habitants de Pripiat, la ville voisine.voir ses prédictions se concrétiser, ses détracteurs trembler et des milliers de vok se joindre à la sienne.J\u2019ai pensé à lui souvent en parcourant des contrées lointaines, là où le cœur vous serre.Il y a quelques années, dans la province du Sabah, sur l\u2019île de Bornéo, par exemple.On visitait une bande de terre en bordure d\u2019une ri- René Dumont mourut en 2001, désespéré de n\u2019avoir su convaincre les humains de l\u2019urgence d\u2019agir pour sauver la Terre et la peau des générations à venir, mais il ne criait plus seul vière, vraie arche de Noé tant se bousculaient des espèces animales à vue de pirogue.Par ici les singes nasiques, les orangs-outangs, les crocodiles jaunes, les myriades d\u2019oiseaux multicolores et autres bêtes exotiques volantes, grimpantes ou rampantes ! C\u2019est que, tout autour de cette langue de terre, la déforestation avait chassé la faune, dont les survivants cohabi- taient tant bien que mal sur ces quelques kilomètres de rives transformées en zoo par la force des chos^es.Un désastre écologique parmi d\u2019autres.A hurler ! Jour de la Terre, donc, avec corvées de nettoyage et de compostage, manifestations, cris d\u2019alarme répercutés aux quatre coins du monde.Deux cents millions de personnes dans 141 pays y participent.Les réseaux sociaux sont mis à contribution et le plus grand espoir de lendemains meilleurs repose sur les générations montantes élevées avec la menace écologique, qui peuvent se mobiliser sur un clic, et changer le monde.Qui sait?Faut rêver.En ce jour consacré, autant se taper des films sur la question, un coup parti.Le documentaire de Mathieu Roy et Harold Crooks Survivre au progrès sera présenté sur les ondes d\u2019Explora lundi soir.Il embrasse large dans plusieurs pays du monde, recueille les vok de bien des bonzes écologistes, montre l\u2019étendue des dégâts planétaires.Un message identique à celui de René Dumont à quatre dé- cepnies d\u2019intervalle.Reste à l\u2019écouter.A voir aussi, au Cinéma du Parc le 21 avril, dans le cadre du Festival des films sur l\u2019environnement de Montréal, un bon film : La Terre outragée {Land of Oblivion).Il est repris le 26 avril avec discussion de Nicolas Mainville, le directeur de Greenpeace Québec.Réalisée par la Franco-Israélienne Michale Boganim, lancée d\u2019abord à la Mostra de Venise, cette fiction n\u2019ausculte pas la planète entière.Elle se concentre plutôt sur l\u2019accident catastrophique à la centrale nucléaire de Tchernobyl en avril 1986, à travers la vie d\u2019habitants de Pripiat, la ville voisine.Sous la pluie jaune et noire radioactive, voici ces Ukrainiens en fuite, sans emporter leurs biens.Et dk ans plus tard, Anya (Olga Kurylenko), rendue veuve le jour de son mariage par cette explosion nucléaire, sert de guide à des touristes en mal de sensations fortes.Ils viennent visiter la terre empoisonnée, hantée par ses fantômes.«Tchernobyl signifie absinthe, l\u2019herbe de l\u2019oubli», précise Anya.Mais le film parle de mémoire et fait écho aux reportages sur la centrale de Fukushima, en cette terre vraiment très outragée qui n\u2019a pas trop le cœur à la fête.Le noir est de mise.Pour la suite du monde Dans un tout autre ordre d\u2019idées, un mot sur les protestations nombreuses suivant la composition du groupe de travail penché sur les enjeux du cinéma québécois, patronné par François Macerola de la SODEC et Rachel Laper-rière, sous-ministre de la Culture.Le Devoir a laissé la parole aux uns comme aux unes et bien de justes arguments sont sortis du chapeau: c\u2019est vrai que des noms manquent et qu\u2019on est déçus.Il y a des nominations politiques là-dedans, on le voit bien, mais d\u2019autres sont légitimes.Le comité n\u2019a fait siéger à son groupe aucune association, sauf que, le cas échéaqt, les exclues auraient hurlé encore plus fort.A cette étape des choses, on leur conseille de livrer des rapports de haute qualité aux membres du groupe venus recueillir leurs témoignages et de pousser ensuite leurs pions.Sinon, autant saborder le rapport avant qu\u2019il ne soit écrit.Parfois, malgré les défauts du véhicule, faut rouler aussi pour la suite du monde.otremblay@ledevoir.corn DVoir aussi > René Dumont, l\u2019homme-siècle, le documentaire que Richard D.Lavoie a consacré à René Dumont en 2001.ledevoir.com/culture yLVS \\J\\Cy£^ 4 SPECTACLES POUR AUSSI PEU QUE 116$ ! FORFAITS DISPONIBLES POUR LES ADULTES ET POUR LES ENFANTS Abonnez-vous en ligne d\u2019ici le 26 avril et épargnez 5 % de plus THEATRE FRANÇAIS Redessiné par ^4^(^2013/2014 ŒUVRE DE RICHARD MORIN ilDESIGN DE T-BONE A/TF AL DES ARTS TS CENTRE f JMMIBUS Le corps du théâtre S\t\t\"V\t Une vidéo de l\u2019atelier Alors, on danse, ledevoir.com/culture/danse Détails : www.2013.quebecdanse.org.Création bicéphale 4.% AiNiNlJX Mfl UL UAKUPLL LL JJLVUIK Dernier spectacle de la saison régulière de l\u2019Agora de la danse.When We Were Old met en scène le chorégraphç et danseur québécois Emmanuel Jouthe et l\u2019artiste italienne Chiara Erigo, du 24 au 26 avril.A partir d\u2019un récit de transformation \u2014 une forêt devenue ville, une station d\u2019essence qui fait place à un parc public \u2014, les deux danseurs dialoguent sur le passage du temps, le nouveau qui remplace l\u2019ancien.Entre nature et culture.Le Devoir OU Hydro Québec GRAND PARTENAIRE AB0NNE2VDLB TIMM.Q.C.CA L£S AIGUIU^ ET ÜOPIUM CVRANO DE BERGERAC alberune, en aNOTEivps L£ MURMUFC DUCOODEUCOT LEBALCCN/I 1 Théâtre du Nouveau Monde l y ROBERT LEPAGE, EX MACHINA/EDMOND ROSTAND, SERGE DENONCOURT/ MICHEL TREMBLAY, LORRAINE PINTAL/SÉBASTIEN SOLDEVILA-É SHANA CARROLL, LES 7 DOIGTS DE LA MAIN/JEAN GENET, RENÉ RICHARD CYR/ OLIVIER KEMEID, MICHEL LEMIEUX + VICTOR PILON, 4D ART ETRE ABONNE, UN PRIVILEGE! TNM.QC.CA 514.866.8668 Q O O JUSQU\u2019A 200/0 DE RÉDUCTION l'équivalent d'un spectacle gratuit LES MEILLEURES PLACES MODIFICATION DES DATES DE SPECTACLES À 24 H D\u2019AVIS STATIONNEMENT À DEUX PAS ET À PETITS FRAIS E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 201 CULTURE>MUSIO.UE DU MONDE h 7\\ Vous reliez toutes les villes du monde.Vous passez par tous les jardins.Vous longez la mer.Vous traversez la jungle des oiseaux exotiques.Jusqu\u2019à ce carrousel.Un bijou de lumière déposé au bord du boulevard.Mes Ms.Saison 2013-2014 Abonnez-vous 20U Informations Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis Montréal (Québec) 514 282-3900 www.theatredaujourdhui.qc.ca/abonnement creation Théâtre d'Aujourd'hui 9 avril au 4 mai 2013 Salle principale Y texte Sarah Berthiaume mise en scène Martin Faucher avec Sophie Desmarais Vincent Fafard Gérald Gagnon Cynthia Wu-Maheux collaborateurs Emmanuelle Kirouac-Sanche Max-Otto Fauteux Denis Lavoie Etienne Boucher Alexandre Macsween ' Angelo Barsetti / Jean Gaudreau Joséphine Bacon « Une pièce qu\u2019il faut absolument aller voir.» Journal Métro « Un magnifique voyage au pays des longues fuites.» Voir « Une distribution en tous points impeccable.» Sage Gamin « Yukonstyle vaut le détour.» montheatre.qc.ca « Une création dramatique rigoureuse, subtile et puissante [.] À voir absolument.» Le Quatrième « Une réflexion puissante.» Artichaut Mag « Une œuvre d\u2019une grande beauté [.] À voir absolument.» Pieuvre.ca Dans le sillage de Ravi Shankar Vishwa Mohan Bhatt et Subhen Chatterjee sont à Montréal pour livrer leur hommage au grand disparu CENTRE CULTUREL KABIR Grand maître de la musique classique de Flnde du Nord, Vishwa Mohan Bhatt est également Pun des joueurs de guitare slide parmi les plus délicatement électrisants de la planète.YVES BERNARD De tous les disciples de Pandit (maître) Ravi Shankar, Pandit Vishwa Mohan Bhatt est le plus connu sur la scène internationale avec Anoushka Shankar.Samedi soir, il s\u2019amène à l\u2019auditorium de la Grande Bibliothèque pour livrer son hommage au grand disparu, accompagné par Pandit Subhen Chatterjee, un brillant tabliste de l\u2019actuelle génération de la musique hindoustanie.En première partie de la soirée : Adi-tya Verma, excellent sarodiste et seul disciple montréalais connu du grand inspirateur.Il lancera d\u2019ailleurs un disque à sa mémoire.Grand maître de la musique classique de l\u2019Inde du Nord, Vishwa Mohan Bhatt est également l\u2019un des joueurs de guitare slide parmi les plus délicatement électrisants de la planète.C\u2019est le musicien d\u2019une grande ouverture, ce qui l\u2019a mené vers des collaborations avec les Taj Mahal, Béla Fleck et Ry Cooder, avec qui il a remporté un Grammy pour le disque A Meeting by the River.Il y a aussi la tête chercheuse puisque V.M.Bhatt a inventé le mohan veena, l\u2019instrument hybride qu\u2019il a enseigné à Harry Manx.«J\u2019ai indianisé la guitare hawaïenne en amalgamant des techniques de jeu du sitar, du sarod et de la vina.J\u2019ai également ajouté des cordes sympathiques pour la résonance et d\u2019autres cordes pour le bourdon», explique-t-il.Il vient du Rajasthan et vit à Jaipur: «Je suis très influencé par les musiques traditionnelles et classiques de ma région.J\u2019ai commencé avec mon père qui était V.M.Bhatt a inventé le mohan veena, Tinstrument hybride qu\u2019il a enseigné à Harry Manx responsable d\u2019une école de musique \\gharana] à Jaipur.Dans ce style, nous avons une façon particulière d\u2019interpréter la partie la plus rapide, le taan, ou de faire trembler les notes en nous inspirant du dhrupad.» Ce serait le chant le plus ancien de l\u2019Inde du Nord et ça vibre dans le plus profond de l\u2019âme.V.M.Bhatt donne aussi dans le gayaki ang, autre technique qui permet de rappeler la voix humaine avec son mohan veena.Dans ses ragas, il peut se faire très subtil, pénétrer les alaaps très méditatifs du début, se promener entre les notes, respirer longtemps, triturer les notes en les rythmant avec le bourdon, jouer tout doucement sur les rythmes frénétiques du tabla, augmenter progressivement la cadence jusqu\u2019à l\u2019élan final qui devient spectaculaire à souhait.Son collègue Pandit Subhen Chatterjee vient d\u2019une grande lignée spirituelle et musicale du Bengale.Il se présente: «Ma première identité est indienne et ma deuxième est bengalie.J\u2019ai commencé à la gha-rana de Lucknow, l\u2019une des six grandes écoles de tabla en Inde.Puis je me suis inspiré des beautés des cinq autres, avant d\u2019écouter les plus fantastiques batteurs et percussionnistes du reste de la planète.J\u2019incorpore tout cela dans ma musique.Je collabore avec Pandit Bhatt depuis 30 ans.Tu peux imaginer l\u2019harmonie entre nous deux.» Collaborateur Le Devoir LA MAGIE DE LA GUITARE INDIENNE À l\u2019auditorium de la Grande Bibliothèque, samedi 20 avril à 19h30.En première partie: Aditya Verma.Renseignements: www.centrekabir.com, 514 620-4182.DE RETOUR À LA DEMANDE GÉNÉRALE « Une incroyable poesie II me vient tant de mots pour parler de cette experience (\t) On est stupéfait par le propos et abasourdi par la performance de Sebastien Ricard » - Melanye Boissonnault, Radio-Canada « C'est la un tour de force (\t) C'est un grand, grand moment de théâtre » Christian Samt-Pierre.Tele-Quebec 15.T\\ui x .1\tauarix 10s +\u2019 or^x DE BERNRRD-MRRIE KOLTE EBRSTIEN RICRR IS EN SCENE PRR BRIGITTE HRENTJEN iNE PRODUCTION DE SIBYLLINES .\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 A COMPTER DU 23 AVRIL 2813 SIBYLLINES THEATRE DE CREATION LES mTELIEPS JEPrt BPILLMttT 661, PUE POSE-DE-LIMPi M ont r e 31 * Met r o Lione1\u201dGr ou1~ * Billetterie rirticulee 514 844«2i7\u20192 e 1 by 111 nee.c oi-i PHOTOGRAPHIE / ANGELO BARSETTI + DESIGN / STUDIO T BONE H «C'est un long souffle.une tornade de mots exprimant des émotions brutes, violentes et puissantes [.] Vous risquez d'en ressortir le souffle coupé.» -Luc Boulanger, la Presse ^\u201e^l.\t.n .cp.« » v»x d.\ti.ax\t- de miroir.» \u2014 Alexandre Cadieux, Le Devoir JUSQU'AU 27 AVRIL 1 Ce samedi il pleuvait Texte ANNICK LEFEBVRE / Mise en scène MARC BEAUPRÉ Avec MAXIME DAVID, SÉBASTIEN DAVID, ALEXANDRE FORTIN et MARIE-ÈVE MILOT Une production Le Crachoir Québec HH LE DEVOIR Dernière semaine de représentations AUX^ECURIES 7285, rue Chabot, Montréal ® Fabre 514 328-7437 auxecuries.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2013 E 5 CULTURE >THEATRE Éric Jean explore les hauts et les bas de la vie de bureau Créée en tandem avec Olivier Kemeid, Survivre propose un portrait de société truffé d\u2019humour noir CHRISTIAN SAINT-PIERRE Après Les mains (2004), un spectacle notamment inspiré par l\u2019univers de l\u2019écrivain espagnol Federico Garcia Lorca, et Une ardente patience (2005É adaptation d\u2019un roman à propos de la vie du poète chilien Pablo Neruda, Eric Jean retrouve Olivier Kemeid, dont on vient tout juste de découvrir Furieux et désespérés, pour une nouvelle création intitulée Survivre.Avec ce portrait de société, aussi contemporain que nord-américain, où pas un seul grand nom des lettres ne rôde, on peut dire que le tandem s\u2019aventure sur des territoires moins familiers.«J\u2019avais envie de travailler sur une comédie qui se dérçule dans un bureau, lance Eric Jean.C\u2019est certain qu\u2019en faisant appel à Olivier, je ne m\u2019attendais pas à ce que ce soit une pièce où on se tape sur les cuisses.Je voulais une comédie fine, grinçante, truffée d\u2019humour noir.» Que peut-il bien se passer dans les tours à bureaux du centre-ville de Montréal?Quel jeu de société peut bien prendre place dans ces édifices si hauts qu\u2019on les aperçoit depuis la baie vitrée de la salle de répétitions du Quat\u2019Souç?«Ça m\u2019intrigue, explique Eric Jean.Qu\u2019est-ce qui s\u2019y raconte?Qu\u2019est-ce qui s\u2019y vit ?J\u2019ai le sentiment que les ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Eric Jean avait envie de travailler sur une comédie fine et grinçante qui se déroule dans un bureau.individus y jouent des rôles, que quelque chose se cache sous la surface, qu\u2019il y a toute une vie intérieure à laquelle on ne donne pas libre cours.» Sur scène, ils sont six à s\u2019activer sans relâche.On ne sait pas très bien ce qu\u2019ils font, mais leur travail paraît crucial.« On se rend vite compte que cet environnement et ce qu\u2019ils y accomplissent ne les passionnent pas du tout, explique le metteur en scène.Leur aliénation apparaît dans le frottement entre leur identité profonde, intime, personnelle,^ et celle qu\u2019ils sont forcés de maintenir au sein du groupe.Le travail semble avoir pris toute la place.On finit même par se demander s\u2019ils ont une vie à l\u2019extérieur du bureau, s\u2019ils ont d\u2019autres relations que celles qu\u2019ils entretiennent avec leurs collègues.» Entre les écrans, les claviers et les téléphones, un combat sans merci ne tardera pas à se déployer.Après la chute des masques, les couteaux vont voler aussi bas que les instincts.Les désirs, souvent irrépressibles, vont surgir et tout balayer sur leur passage.On ne peut s\u2019empêcher de remarquer que la distribution du spectacle est quelque peu hétéroclite.«Quand on choisit des comédiens, explique Jean, on ne sait jamais si la chimie va opérer.Certaines personnes m\u2019ont dit qu\u2019elles trouvaient mon mélange étonnant.Je peux le comprendre.Je reconnais qu\u2019il y a dans ce parti pris une forme de risque.Mais la synergie qui s\u2019est produite dès la première répétition m\u2019a confirmé que f avais fait les bons choix.» Ainsi, une actrice chevronnée comme Sylvie Drapeau côtoie deux comédiens qu\u2019on a plutôt l\u2019habitude de voir à la télévision, Anne Casabonne et André Robitaille, mais aussi trois nouveaux venus, Laurie Gagné, Martine-Marie Lalande et Olivia Palacci.Pour incarner le jeune homme qui vient troubler l\u2019ordre établi, l\u2019étranger, celui qui va bouleverser à jamais la vie des employés, le metteur en scène a fait appel à Renaud Lacelle-Bourdon.Agent provocateur Le mystérieux visiteur, un agent provocateur qui vient révéler les protagonistes à eux-mêmes en les contraignant à affronter leurs soifs les plus profondes, évoque bien entendu le personnage qui est au cœur de Théorème, le film et le roman de Pasolini.«En effet, explique le metteur en scène, le personnage endossé par Renaud, comme celui imaginé par Pasolini, dévoile les pulsions et les instincts de ceux qui l\u2019entourent.Il fait surgir leur part d\u2019animalité, autrement dit tout ce qui loge dans l\u2019hémisphère droit de leur cerveau.Il crée des courts-circuits chez cer- tains et une forme d\u2019apaisement chez d\u2019autres.J\u2019aime l\u2019ambiguïté qui l\u2019accompagne.Sa présence nous entraîne de l\u2019humour à l\u2019absurde, puis du suspense au tragique.Je tenais à ce changement de ton.» La fable permet à Eric Jean et Olivier Kemeid d\u2019aborder la question du refoulement des désirs sexuels, le besoin d\u2019amour et de romantisme, mais aussi de régler des comptes avec une société capitaliste où la notion d\u2019élimination, si chère à la téléréalité, fait de terribles ravages dans toutes les sphères de nos vies.Reste que le metteur en scène ne peut aborder ces questions sans lorgner du côté de la psychanalyse, de l\u2019onirisme et de l\u2019imaginaire.« On dirait que je suis incapable de contourner cette dimension, avoue-t-il.Ce réalisme qui se désagrège peu à peu, cette réalité qui se tord à vue d\u2019œil, je ne peux pas y échapper.Ça finit toujours par me rattraper.» Collaborateur Le Devoir SURVIVRE Texte: Olivier Kemeid en collaboration avec Eric Jean.Mise en scène: Eric Jean.Au Théâtre de Quat\u2019Sous du 23 avril au 18 mai.Cleaning, une courte pièce de Simon Lacroix sera présentée en lever de rideau les vendredis à 19 h et les samedis à 16 h.Geneviève L.Blais sert le réel sur un plateau mec Empreintes CHRISTIAN SAINT-PIERRE Cy est en 2008, en montant Blanc, une pièce d\u2019Emmanuelle Marie, que Geneviève L.Blais a expérimenté pour la première fois la force inouïe du témoignage au théâtre.Pour mettre des mots sur la situation jouée par les comédiennes, la metteure en scène avait constitué un chœur de douze femmes ayant plus ou moins récemment perdu leurs mères.Ces jours-ci, la créatrice œuvre à un spectacle sur le thème de l\u2019avortement où la parole d\u2019une auteure, en l\u2019occurrence Annie Emaux, tient un rôle fondamental, mais où le récit de vie occupe aussi une place de choix.«J\u2019ai toujours l\u2019impression de travailler sur une théâtralisation du réel, explique celle qui dirige le Théâtre A corps perdus depuis bientôt dk ans./J; arrive en empruntant la voie de la création in situ, en m\u2019inspirant d\u2019un lieu qui n\u2019est pas à proprement parler théâtral, comme je l\u2019ai fait avec Quelques éclats de verre [dans un bar] ou Judith [dans PEDRO RUIZ LE DEVOIR Geneviève L.Blais œuvre à un spectacle sur le thème de l\u2019avortement où la parole d\u2019Annie Emaux tient un rôle fondamental.un stationnement souterrain], ou alors par le biais du témoignage, comme je l\u2019ai fait avec Blanc et comme je l\u2019effectue de manière encore plus marquée avec Empreintes.» Le 28 janvier 2008, en lisant un article sur les 20 ans de la légalisation de l\u2019avortement au Canada, la jeune trentenaire réalise qu\u2019il n\u2019y a pas si longtemps que les femmes du pays ont accès à la contraception et à l\u2019interruption volontaire de grossesse.«On peut dire qu\u2019on est conscients des luttes qui ont été menées avant notre arrivée au monde, mais ça reste tout de même un peu abstrait, estime-t-elle.On a l\u2019impression que les histoires de cintres et d\u2019eau de Javel se sont déroulées il y a des lustres.Or ce sont des femmes de la génération de ma mère qui les ont vécues.C\u2019est ce qui m\u2019a décidée à placer ici et là des petites annonces pour recruter des femmes qui accepteraient de me parler de leurs expériences liées à l\u2019avortement.J\u2019avais très envie de les entendre.» Les réponses furent nombreuses et les témoignages recueillis, d\u2019une richesse et d\u2019une diversité bien plus grande que tout ce que la créatrice avait espéré.«Le thème de l\u2019avortement a été un déclencheur extraordinaire, révèle Blais.C\u2019est-à-dire que ça m\u2019a permis d\u2019entrer très rapidement dans l\u2019intimité de ces femmes de différents âges et de plusieurs origines, mais aussi d\u2019aborder une foule de sujets connexes à propos de la sexualité, du corps et du couple.Dans cet espace de liberté, elles se sont confiées comme s\u2019il n\u2019y avait plus de barrières.Je tiens à préciser que je n\u2019ai aucune prétention scientifique, que je ne fais pas du docu- mentaire et que je n\u2019avais aucune envie de consacrer un spectacle aux questions éthiques entourant l\u2019avortement.En somme, je tenais à faire entendre autre chose que ce qu\u2019on entend très souvent sur le sujet » Un théâtre de l\u2019intime Pour s\u2019assurer de transformer son matériau en théâtre, Geneviève L.Blais a écarté l\u2019idée de faire monter sur scène les femmes qu\u2019elle avait rencontrées, préférant faire appel à des comédiennes professionnelles, en l\u2019occurrence Paule Baillargeon, Kathleen Aubert, Eugénie Beaudry, Isabelle Guérard, Nico Lagarde et Estelle Richard, ainsi qu\u2019à une danseuse, Victoria Diamond.Il faut aussi préciser que L\u2019événement, un roman autobiographique d\u2019Annie Er-naux paru en 2000, sert en quelque sorte de colonne vertébrale à la représentation et qu\u2019une sculpture originale de Jean Brillant, notamment faite de métal et de roche, fera office de scénographie.«J\u2019ai choisi une structure musicale avec beaucoup d\u2019entre- croisements des voix, explique Blais.J\u2019aime travailler avec des discours de natures différentes: un qui est plus brut et un autre qui est plus littéraire.On sent chez Emaux toute l\u2019importance de dire.Sa quête, pleine de résonances intimes et sociales, est assez forte pour sous-tendre tout le spectacle.Avec les témoignages de femmes, ça crée forcément un choc, un jeu d\u2019échos et de contrastes qui me semble essentiel.En me servant du mouvement, de l\u2019espace et peut-être même d\u2019une tortue laissant son empreinte dans le sable, je m\u2019assure que l\u2019expérience concrète, réelle, soit évoquée, traduite en poésie scénique.» Collaborateur Le Devoir EMPREINTES Texte: témoignages de femmes, Annie Emaux (extraits de L\u2019évé-nementj.Luis de Miranda et Hélène Delmotte (extraits d\u2019Expulsion).Adaptation et mise en scène: Geneviève L.Blais.Une production du Théâtre A corps perdus, au théâtre La Chapelle du 23 avril au 4 mai 2013.FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES DANSE + THÉÂTRE 22 MAI - 08 JUIN 12013 UNE CREATION MONDIALE ENVOÛTANTE TRIESTE MARIE BRASSARD, MONTREAL BORIS CHARMATZ DE RETOUR AVEC 24 DANSEURS i 25, 26, 27 MAI / USINE C CORPS SURVOLTES DANS UNE DANSE DECHAINEE LEVEE DES CONFLITS BORIS CHARMATZ, RENNES 30, 31 MAI / PDA - THEATRE JEAN-DUCEPPE KHAOS GINETTE LAURIN.MONTREAL 4, 5 JUIN / USINE C UNE ŒUVRE D\u2019UNE BEAUTE EXCEPTIONNELLE D\u2019UNE RARE INTENSITE PUISSANT ET BOULEVERSANT LOUISE LECAVALIER CHOREGRAPHE : UN COUP DE MAÎTRE BIRDS WITH SKYMIRRORS LEMI PONIFASIO, ÎLES SAMOA 29, 30 MAI X PDA - THÉÂTRE MAISONNEUVE GANESH VERSUS THE THIRD REICH BACK TO BACK THEATRE, MELBOURNE 30, 31 MAI, 1, 2 JUIN / USINE C BILLETS ET FORFAITS EN VENTE AU FTA.OC.CA FAITES VITE! 4 spectacles\t125 $\tINFO-FESTIVAL\tPLACE DES ARTS\t 8 spectacles\t225 $\t514-844-3822 1-866-984-3822\t514-842-2112 1-866-842-2112\tLA VITRINE .COM 12 spectacles\t300 $\tFTA.QC.CA\t1 API ACFDFSARTS.COM\t so BLUE LOUISE LECAVALIER, MONTRÉAL 6, 7 JUIN / PDA - THÉÂTRE MAISONNEUVE E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2013 CULTURE.MUSIQUE Xavier Cafeïne, le retour du loup Le vétéran du punk-rock se dévoile comme jamais dans son nouveau disque baptisé New Love PHILIPPE PAPINEAU T > ai rien à perdre et tout à gagner.» Installé en plein soleil dans un sofa, les coudes sur les cuisses, Xavier Caféine se raconte sans gêne, dévoilant jusqu\u2019aux récents déboires de son nouveau disque, intitulé New Love.Le vétéran du punk-rock québécois sort d\u2019une très mauvaise passe, mais les cicatrices sont assez refermées pour qu\u2019il les dévoile la tête haute.La suture a tenu le coup, voilà Caféine reparti pour une nouvelle ronde.Xavier Caféine, 37 ans, roule sa bosse depuis une quinzaine d\u2019années dans le rock à sauce punk et le punk à sauce rock.Le costaud chanteur est un grand amateur d\u2019arts martiaux doublé d\u2019un passionné d\u2019histoire, de géopolitique, de philosophie.Un étonnant équilibre de force et de tendresse.Mais sur son tout nouveau disque, New Love, Caféine baisse ses défenses et se dévoile vulnérable, déchiré, en guérison.«J\u2019ai vécu une rupture amoureuse très, très dure qui a fait que j\u2019ai eu à tout repenser qui j\u2019étais.La musique me sert beaucoup à ça, à exorciser.Et s\u2019il y a quelque chose de bon qui a pu sortir de tout ça, c\u2019est bien le disque.» New Love, son sixième disque principalement chanté en anglais, parle sans cesse d\u2019amour, de tristesse, de solitude.«500 jours de larmes et de malheurs», comme il le chante sur Lettres EMMANUEL JOUTHE DANSE CARPE DIEM WHEN WE WERE OLD 24-25-26 AVRIL 20 H CHOREGRAPHES ET INTERPRÈTES ] CHIARA FRIGO EMMANUEL JOUTHE CONSEILLER À LA DRAMATURGIE ] GUY COOLS CONSEILLÈRE ARTISTIQUE ET RÉPÉTITRICE ] CHRISTINE CHARLES CONCEPTION SONORE ] LAURENT MASLÉ ÉCLAIRAGES ] PHILIPPE DUPEYROUX AGORA DE LA DANSE UNE PRESENTATION DE L\u2019AGORA DE LA DANSE ET DE TANGENTE TANGENTE Laboratoire de mouvements contemporains BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL WWW.AGORADANSE.COM CHIARO FRIGO + EMHARUEL JOUTHE PHOTO ] VAHESSA FORGET ITSINE 0 514 521 4493 USINE-C.COM MICHELE ANNE DE MEY & JACO VAN DORMAEL PARTENAIRE PRIVILÉGIÉ ISQH QUÉBECOB H d\u2019amour.Dans le livret, il a même fait ressortir chaque récurrence du mot « love ».Dans le processus de création \u2014 et de guérison \u2014, Caféine est retourné un temps en Outaouais chez ses parents, comme il l\u2019a déjà fait dans le passé.«J\u2019allais pas ben! Il fallait que je finisse mon album et je n\u2019en étais pas capable, il fallait que je sorte de Montréal.Et f avais plus d\u2019argent, plus de spectacles, explique-t-il sans vouloir faire pitié.Je me sentais comme un chien sur le bord de la route, qui venait de se faire frapper.Je pensais mourir, mourir d\u2019amour.J\u2019ai réussi à ramper, à m\u2019accrocher, j\u2019ai rampé en forêt, j\u2019ai mangé des mulots morts, c\u2019est ça que fai fait! Pis je boitais, mais fai recommencé à chasser et je suis redevenu le loup que fêtais.Parce que fêtais devenu un chien domestique.» Un son acéré Et le loup revient avec un disque plus acéré que ses derniers efforts, Bushido et Gisèle \u2014 l\u2019album qui l\u2019a davantage fait connaître avec la pièce éponyme ot Montréal (cette ville).New Love, réalisé par Gus Van Go et Werner F, est une bête hybride entre le goût de la révolte des Clash, le son synthétique de claviers à la Joy Divison et l\u2019agressivité du rock-électro de We Are Wolves.Le tout doublé de mélodies simples et très efficaces, paradoxalement assez joyeuses.«Je suis arrivé à New York [chez Gus Van Go] avec un album pas préparé, j\u2019avais quelques tounes mais pas plus.Et c\u2019est la meilleure affaire que fai faite.Parce qu\u2019on a pu travailler sur la musique.Ça FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Xavier Caféine sent qu\u2019il vieillit mais qu\u2019il est encore temps pour lui de jouer im peu partout dans le monde.ne faisait pas mal de couper dans les choses, alors que, quand tout est surfait, c\u2019est plus dur à faire.» Caféine, qui joue tous les instruments sur le disque, avait envie d\u2019entendre davantage de claviers sur ses compositions.«Je trouve ça naturel, le synthétique.Je trouve ça plus organique que les guitares et que la batterie.Un son, c\u2019est un son.Alors je me suis laissé aller, et fy ai mis mon amour de la musique alternative des années 1980 avec la musique Des centaines d\u2019histoires d\u2019immigrants sont comme celle-ci mais elles auraient besoin du talent de David Yip pour être révélées.- RevkwVancouver Une histoire de dépossession en même temps que de rédemption dans un mélange de conte et d\u2019images, d\u2019intime et de politique - Le Devoir (Montréal) La mise en scène pleine d\u2019imagination confère une dimension quasi mythique au propos.- The Gazette (Montréal) L\u2019inventivité du multimédia est une pure joie pour les yeux et les oreilles.- Norran (Skellefteâ, Suède) t % LES DEUX MONDES (Montréal) et UNITY THEATRE (Liverpool) présentent GOLD^^MOUNTAIN LA MONTAGNE D\u2019OR THÉÂTRE, MUSIQUE ET MULTIMÉDIA Textes : DAVID YIP et KEVIN WONG Mise en scène : DANIEL MEILLEUR Multimédia : YVES DUBÉ / Musique : MICHEL ROBIDOUX Avec DAVID YIP et EUGENE SALLEH Jusqu\u2019au 27 avril 2013 EN ANGLAIS AVEC SURTITRES FRANÇAIS AUX^ECURIES 7285, rue Chabot, Montréal 514 328-7437 auxecuries.com \"ïf-0|™- X LE DEVOIR (ÿébecE punk que faime, et fai fait ma sculpture, mon petit portrait » Le temps d\u2019aller plus loin Sur les douze titres de New Love, neuf sont chantés en anglais.Un choix artistique qui se double d\u2019un désir de faire voyager sa musique en dehors du Québec.«J\u2019ai ce qu\u2019il faut avec cet album-là pour aller jouer plus loin.J\u2019aurais eu ce qu\u2019il faut avec les deux derniers disques, mais étant donné la langue, ça m\u2019en empêchait C\u2019est un fait On se le faisait dire carrément, même par les Français! Je ne vais jamais arrêter de faire des disques en français, mais là, ce n\u2019était pas le temps de faire ça.» L\u2019équation que fait Caféine est que, comme sa proposition musicale est un peu marginale, il lui faut un bassin de fans plus grand pour arriver à en vivre.«Il faut que failles jouer plus loin et ailleurs, sinon tu vas retourner chez tes parents! Et ça, c\u2019est pas drôle pour personne.» Le musicien sent aussi qu\u2019il vieillit \u2014 il en a même fait une chanson, Fuckin Time \u2014 mais qu\u2019il est encore temps pour lui de jouer un peu partout dans le monde.«Ù\u2019estle temps pour moi de partir, j\u2019ai encore la fougue, la jeunesse pour ça.Parce qu\u2019il n\u2019y a rien de facile là-dedans, c\u2019est fatigant, et on ne commence pas ça à 45 ans.Et je suis encore un vagabond.Je n\u2019ai que deux sacs, un gros sac Adidas et un gros sac noir.Je suis chambreur, et s\u2019il faut que je reparte, j\u2019ai mes deux sacs.Le Japon demain ?Je suis parti J\u2019ai pas de guitares, j\u2019ai pas d\u2019auto, j\u2019ai pas de maison.Je suis encore libre.» Il n\u2019a rien à perdre et tout à gagner, et c\u2019est bien parti pour lui.Le Devoir NEW LOVE Xavier Caféine En magasin mardi lA Écouter > La pièce titre \u201d de l\u2019album New Love de Xavier Caféine, ledevoir.com/culture/musique SURVIVRE 23 avril au 18 mai 2013 Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous Texte Olivier Kemeid en collaboration avec Eric Jean Mise en scène Eric Jean Avec Anne Casabonne, Sylvie Drapeau, Laurie Gagné, Renaud Lacelle-Bourdon, Martine-Marie Lalande, Olivia Palacci et André Robitaille Concepteurs Stéphanie Raymond, Pierre-Étienne Locas, Cynthia St-Gelais, Martin Sirois, Vincent Letellier et Florence Cornet BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM QuébecR LEDEVOIR I pTiiti*» EN LEVER DE RIDEAU La micropièce Cleaning.de Simon Lacroix, le vendredi à 19h et le samedi à 16h. LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2013 E 7 CULTURE.MUSIQUE lAM : un adieu, au cas où Le groupe rap français lance martiens, un disque aux allures de synthèse PHILIPPE PAPINEAU On vous l\u2019avait annoncé dans ces pages non sans enthousiasme, le vétéran groupe rap français lAM nous préparait un album très spécial, unique, taillé dans les musiques d\u2019En-nio Morricone.Les manieurs de samouraïs qui allaient rencontrer les tireurs sans remords du Far West?On s\u2019emballait.Mais ce qui nous parvient est tout autre.Empêtré dans les dédales légaux, lAM a décidé de changer de direction et a construit Arts martiens, un disque aux allures de synthèse qui pourrait être.un adieu.Au bout du fil, c\u2019est le très attentionné Akhenaton qui, avec son accent du Sud, laisse tomber les mots.Lourds, les mots.«Cet album-là, il sonne sur certains aspects, je le reconnais, comme une forme d\u2019au revoir.Mais vu qu\u2019on ne sait pas ce que demain nous réserve, on préfère dire au revoir que de ne pas dire au revoir du tout!» Un adieu, au cas où.De l\u2019autre côté de l\u2019appel conférence, Akhenaton et Kheops notent cpxArts martiens \u2014 une référence à Marseille, qui a vu naître lAM \u2014 est le dernier album prévu à leur contrat avec la major Def Jam France et que la suite dépend soit de leur volonté à poursuivre comme indépendant \u2014 ce qui n\u2019est pas une mince tâche \u2014, soit du possible succès de ce disque.«Ce qu\u2019il faut vous avouer, c\u2019est qu\u2019on s\u2019est détachés de beaucoup d\u2019enjeux avec le temps, explique Akhenaton.Et qu\u2019on fait des albums de manière très détachée, décontractée.On fait le maximum pour en vendre le plus possible avec nos arguments, qui sont des arguments artistiques.Maintenant, on n\u2019est ni prêts à faire du marketing tordu, ni prêts à faire du buzz inutile, ni prêts à courber l\u2019échine pour sortir des albums.Si malheureusement, à l\u2019avenir, notre passion ne devient plus notre métier, ce sera comme ça.» Revenons sur le projet Morricone, que traîne Akhenaton depuis son album solo Métèque et mat (1995), et que le groupe avait déjà mis de côté pour enregistrer L\u2019école du mi- cro d\u2019argent, disque phare de la formation.L\u2019an dernier, croyant avoir eu l\u2019aval des bons interlocuteurs pour mener à bien son album concept avec les airs du maître de la musique de film, LAM avait redémarré le projet.«Mais les interlocuteurs se sont avérés ne pas être les bons, parce qu\u2019on a eu quelques mois plus tard des précisions sur les exigences de la collaboration, qui étaient tout simplement inacceptables pour nous.Et on a décidé d\u2019abandonner.» Coup dur.Entre autres parce que le studio de mixage new-yorkais était déjà réservé, comme l\u2019appartement où loger.Et surtout, LAM voulait confier ses pièces au réputé ingénieur du son Prince Charles Alexander, un homme fort occupé et seulement disponible pendant les vacances de janvier.Et nous sommes le 20 septembre.«Ça été un mal pour un bien, parce que ça nous a permis de repousser nos limites et de voir si on était capables de faire un album entre ce moment-là et le 1\" janvier! lance Akhenaton.Ça été très intense, mais on s\u2019est vraiment bien amusés.» Pour des gars pressés.Arts martiens est étonnamment riche.Ses 17 titres s\u2019étirent sur plus d\u2019une heure et dix minutes, et les deux rappeurs Akhenaton et Shurik\u2019N n\u2019ont pas lésiné sur les couplets.«Si on n\u2019avait pas eu de date butoir, je pense qu\u2019on aurait reporté un peu, dit Kheops, le DJ.Là, on avait des barrières, un cadre autour de nous, et il ne fallait pas qu\u2019on dépasse.Et c\u2019est là qu\u2019on est le meilleur, je pense.» «Voici nos valeurs» Au lieu de travailler dans un seul studio, lAM a pris le contrôle de cinq cabines, où tout le groupe travaillait en parallèle.Une vraie usine, à les entendre.«On a fait plus de 40 morceaux», se surprend Kheops.Le résultat est assez proche de ce qu\u2019on imagine être l\u2019essence d\u2019IAM : une production rythmique classique avec un peu de scratchs, une inspiration asiatique et arabe, et des textes d\u2019où émane fortement la notion d\u2019intégrité \u2014 sociale, artistique, politique.«Arts martiens, c\u2019est: voici DIDIER D.DAARWIN Au lieu de travailler dans un seul studio, pour cet album, lAM a pris le contrôle de cinq cabines, où tout le groupe travaillait en parallèle.lAM, voici nos valeurs.Ça s\u2019entend sur la première pièce Spartiate Spirit, et sur la dernière.Dernier coup d\u2019éclat Dans les très bons moments, quand on a vendu beaucoup de disques, et dans les moments compliqués de nos vies personnelles ou professionnelles, on s\u2019est fait un point d\u2019honneur de toujours tenir le cap.» Ce nouveau disque les mènera sur les scènes d\u2019un peu partout dans le monde, et entre autres aux FrancoFolies de Montréal, le L8 juin au Métro-polis.«Après, si cet au revoir n\u2019en est pas un définitif, ce sera un au revoir temporaire, ajoute Akhenaton.Si on arrive à avoir du succès sur cet album-là, pourquoi pas un prochain album dans le futur?Et pourquoi pas un Morricone ?Mais là, j\u2019évite de faire des prévisions!» Parce que demain, c\u2019est loin.Le Devoir O^^^Québec\t_______________ p.\u201e.e\t(Saison2013-2014 Présenté en collaboration avec ©CRoesus FINflNSOFT Série PIERRE-ROLLAND Maison symphonique JEAN-GUIHEN QUEYRAS (violoncelle) ALEXANDRE MELNIKOV (piano) QUATUOR ARTEMIS (cordes) LARS VOGT/CHRISTIAN TETZLAFF (piano/violon) ORCHESTRE SYMPHONIQUE GE^'Î OE MONTRÉAL Série LES RÉCITALS Maison symphonique LOUIS LORTIE (piano) NATHALIE DESSAY (soprano) YO-YO MA (violoncelle) HILARY HANN (violon) Présenté en collaboration avec BANQUE NATIONALE Série DOMINICA Salle Bourgie MARIKA BOURNAKI (piano) VALERIE Mil OT (harpe) ÉTIENNE DUPUIS, QUATUOR CLAUDEL (baryton/cordes) ERICABRAMOVITZ (clarinette) Les abonnés 2012-13 conserveront leurs sièges jusqu\u2019au 15 juin 2013 Pour renseignements : Pro 514845 0532 Constil éts arts -class;.CONSEILDESARTS\tttdes^tres DE MONTRÉAL\tQuébeC B H EVENEMENT qu:rec danse 22 - 29 m/ril 2013 quebecdan 150 ACTIVITES POUR TOUS jlVlUSiCâ www.promusica.qc.ca\t^aScena Salle Bourgie saison 2012-2013 La Fondation Arte Musica présente Mercredi 24 avril ¦ 19h 30 Jeudi 25 avril -Mb Les Violons du Roy Bataclan ! Mercredi mai 19 h 30 Série Jeunes et Pros Aimez-vous Brahms?Musique de chambre de Brahms et Schubert Jeudi 2 mai 18h 5 à 7 en musique Musiciens de l'Orchestre Métropolitain La musique américaine pour quintette à vent Vendredi 3 mai ¦ 18h 30 Tableaux en musique Vents du soleil couchant Musique de Bolivie, de l'Équateur, du Chili et du Pérou Jeudi 16 mai ¦ 19 h 30 Mélisande McNabney, clavecin et pianoforte Sonate, que me veux-tu ?Œuvres de C.P.E.Bach, Haydn et Scarlatti Dimanche 26 mai - 14h Les Dimanches-familles en musique Tsuki, conte musical japonais (4 ans et +) Avec la participation de Claude Lafortune, découpages de papier Jeudi 6juin 18h 5 à 7 en musique Ensorcellement sonore Musique du Brésil Dimanche 9 juin ¦ 14h Les Dimanches-familles en musique La Cigale et les violons (à partir de 6 ans) Catherine Perrin, conception, narration et clavecin Musiciens des Violons du Roy IT »B lADAnSB LE DEVOIR ENTENTE SUR LE DÉVEIOPPEMENT CULTUREL DE MONTRÉAL Billets et programmation complète sur sallebourgie.ca - 514-285-2000 (option 4) Ubre de penser 9tConKmuUetiaon$ Montréal @ Québec a ?M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présenté par 937129 E 8 LE DEVOIR,, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2013 CULTURE) JAZZ Étonnantes réincarnations SERGE TRUEEAUT Il y a amplement matière à pester, à maugréer, à râler, mais bon.on va se retenir, voire changer le braquet des humeurs, car il y a aussi amplement matière à saluer, à remercier, à se contenter dans le sens le plus content du terme.Le moteur de ce paradoxe?Une deuxième vague de disques distribués par Universal et vendus à «p\u2019tit» prix, 10$ pour deux albums réunis en un compact, vient d\u2019aborder nos côtes.Celles des disquaires, évidemment.Toujours est-il que cette vague numéro 2 permet de raconter à nouveau une histoire extraordinaire à tous égards, car elle combine la réincarnation avec la réhabilitation.En deux mots.Universal remet sur le marché des enregistrements qui avaient disparu pendant 50 ans.En plus de deux mots, voici de quoi il s\u2019agit.La filiale alle-mande d\u2019Universal, aujourd\u2019hui le plus important propriétaire de labels de jazz \u2014 des labels, il faut le préciser, qui ont fait l\u2019histoire du jazz \u2014, a nettoyé les rubans réalisés, tenez-vous bien, par Oscar Peterson, Dizzy Gillespie, Clark Terry, Shirley Horn, Bob Brookmeyer, Quincy Jones, Gerry Mulligan, Bobby Timmons, Art Earmer, Benny Golson, Gene Ammons, Buddy Rich, Gene Krupa, Jimmy Smith, Johnny Hodges, Ella Fitzgerald, Mel Torme, Kai Winding, Georges Russell, Bill Evans, Shelly Manne et bien d\u2019autres.On a fait exprès de citer les noms d\u2019une ribambelle de musiciens pour mieux souligner ceci : cette avalanche de réédi-tions de disques conservés dans les coffres des compagnies pendant 50 ans (!) aura pour écho une inflexion du regard que l\u2019on porte sur l\u2019histoire du genre en général et celle des jazzmen en particulier.Pour les amateurs de trios, ce double est un cadeau des dieux.Tous les dieux.^\\Simple|Matter of Conviction ÿ,, i l Bill Evans, PIANO \\ Shelly Manne, DRUMS ^\t\\ EiMe Gomez, .ASS P Le compact retenu pour illustrer le sujet du jour est l\u2019exemple par excellence du ressort historique évoqué : Empathy par Shelly Manne, Bill Evans et Mont Budwig à la contrebasse, auquel Universal a joint A Simple Matter of Conviction par Evans, Manne et Eddie Gomez à la contrebasse.Aucun livre ou dictionnaire, dont celui publié par Robert Laffont, ne mentionne le copinage du pianiste avec le très, très fin batteur Shelly Manne et le solide Budwig.Aucun! Prenons Laffont.L\u2019auteur de la fiche consacrée à Evans raconte qu\u2019après la mort de Scott LaFaro, Chuck Israels et Gary Peacock se sont succédé, mais pas Budwig.Idem avec Manne.Ainsi, pendant des années et des années, nous avons été privés de musiques qui régalent de par leur finesse, leur délicatesse, qui se distinguent aussi par l\u2019inclination de Manne et ses complices pour la cohésion.Pour les amateurs de trios, ce double est un cadeau des dieux.Tous les dieux.?À la une du prochain Down Beat: le saxophoniste Charles Lloyd.Enfin ! Cela faisait des lunes indiennes que ce géant du saxo ténor n\u2019avait pas été le sujet principal de la bible américaine du jazz alors qu\u2019il aligne, chez ECM, des albums admirables.Outre Lloyd, il est aussi question de Frank Zappa.?A ceux qui ne seraient pas abonnés au club Smalls, situé à New York, on tient à signaler ceci: depuis quelques semaines, les animateurs du lieu proposent régulièrement la retransmission gratuite, tant audio que visuelle, de certains shows.?Les membres du groupe Scandinave The Thing ont invité le guitariste Thurston Moore à se produire avec eux lors de leur show du 19 mai prochain dans le cadre du Festival international de musique actuelle de Victoriaville.Le Devoir Écouter aussi > La pièce The Washington Twist tirée de l\u2019album A Simple Matter of Conviction.ledevoir.com/culture/musique D rORCHESTRE MÉTROPOLITAIN Desjardins 25 AVRIL 19h30 2013 MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Airs de jeunesse 2.0 SCHUMANN BIZET/ WAXMAN , ,\tÉ.CHAMPAGNE DVORAK\tCOLLECTIF DE PIERRE LAPORTE sisné Nicolas Gilbert CHEF\tPIANO JEAN-MICHAËL LAVOIE MARIKA BOURNAKI VIOLON KERSON LEONG AVEC LE CHŒUR DE L\u2019ECCLE SECCNDAIRE JCSEPH-FRANÇCIS-PERRAULT orchestremetropolitain.com Billets à partir de 31.29 s + taxes Québec 5 5\tU Montreal© LE DEVOIR iaplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 CLASSIQUE RADIAL SEBASTIAN BOLESCH L\u2019image du Berlin de 2013 est symbolisée par Radioalsystem, une usine désaffectée devenue centre de création.Berlin renoue avec son passé créateur bouillonnant CHRISTOPHE HUSS à Berlin Centre de la créativité artistique et musicale, véritable terreau des nouvelles tendances musicales il y a près d\u2019un siècle, Berlin, réuni, se reconstruit une image de métropole créatrice bouillonnante.Le portrait est aussi celui d\u2019une création musicale européenne en pleine mutation.Impossible de ne pas regarder en arrière.Juste pour savoir ce qu\u2019était la création à Berlin et en Allemagne avant la décapitation idéologique des années brunes.L\u2019opéra puisant dans le quotidien et les sujets de société, cela vous dit quelque chose?Jake Heggie, John Adams, Mark Anthony Turnage ?Non : bien avant.Au temps, déjà, de la «nouvelle objectivité» des années 1920 et sa déclinaison : la Zeitoper (Opéra du temps présent) , avec Kurt Weil {Opéra de quafsous) et Paul Hindemith.Le terreau berlinois était également fertile à toutes les influences, dont le jazz avec Jonny spielt auf opéra de Krenek créé en 1927 à Leipzig, qui inspira ensuite Erwin Schulhoff, Karl Rathaus, Franz Schrecker.Troisième point, parmi tant 4\u2019autres : la multidisciplinarité.A Berlin, la grande métropole mondiale du cinéma dès 1917, Eisler, Hindemith, Dessau ou Max Deutsch furent les premiers à composer pour le cinéma.Et quel symbole emblématique que ce Berlin, symphonie d\u2019une grande ville de Wal-ther Ruttmann (images) et Edmund Meisel (musique) en 1927.Berlin était alors le carrefour des arts.L\u2019image du Berlin de 2013, bouillonnante métropole musicale, est symbolisée par Radioalsystem, une usine désaf- fectée devenue centre de création.Au festival MarzMusik (Musique en mars), des concerts débutent à 22 h au très couru Berhain, temple européen de la techno.Oubliez l\u2019idée qu\u2019il y a ici un ex-Berlin-Est et un ex-Berlin-Ouest.Le Mur est abattu dans tous les sens du terme, et les anciens « Ossies » (habitants de la République démocratique allemande) semblent les plus azi-mutés, à l\u2019image d\u2019Erwin Stache, de Leipzig, concepteur d\u2019installations sonores dans les musées, les parcs et les rues.Métissages culturels Il y a 25 ans, Stache œuvrait en musique électroacoustique «de l\u2019autre côté du Mur».Objecteur de conscience et suspect aux yeux de ceux qui donnaient les permissions de voyager, il n\u2019avait pas accès aux œu-vres des maîtres de son art comme Pierre Henry ou Pierre Schaeffer.Aujourd\u2019hui, ses installations commencent à faire le tour du monde.«Est-ce donc de la musique?.Est-ce du théâtre ?.Est-ce de Part visuel ?.Au fait, peut-on rire?.Que si- La Nef Tke Maid ofNe\\ifoundla.nel Chansons de Terre-Neuve Meredith Hall, soprano Tina Bergmann, dulcimer a marteaux Marie-Nathalie Lacoursière et Steven Player, danseurs invites La rayonnante soprano Meredith Hall offre les plus beaux chants du coin de pays qui l\u2019a vu naître, sur des arrangements de Sylvain Bergeron Une tradition musicale extrêmement riche et variée aux accents de musique baroque et de musique traditionnelle Direction musicale Sylvain Bergeron, luth Patrick Graham, percussions Robin Grenon, harpes Élise Guay, flûtes, cornemuse Betsy MacMillan, viole de gambe Ellie Nimeroski, violon et alto baroque Production La Nef Samedi 27 avril 2013, 20 h Salle Bourgie Musee des beaux-arts de Montreal 1339, rue Sherbrooke Ouest, Montreal Billetterie : 514.285.2000 option 4 www.la-nef.com 514.523.3095 jj.ESPACE MUSIOUE 1007™ a C\u2019est vraiment la première fois dans l\u2019histoire de la musique qu\u2019on voit une telle vraie liberté.[.] l\u2019histoire de la musique démarre vraiment! )) STADT BONN PRESSEAMT Les installations d\u2019Erwin Stache voyagent autour du monde.gnifie tout cela ?», se demande-t-il sur son site Internet.L\u2019Allemagne, patrie de Darmstadt, Fribourg et Do-naueschingen, centres de l\u2019avant-garde musicale européenne, n\u2019a pas totalement abandonné la recherche musicale, mais elle tourne la page.Il n\u2019est désormais plus question de «progrès en musique», mais de métissages.Outre l\u2019interdisciplinarité, une quête assez universelle, deux courants forts sont très perceptibles: l\u2019intégration de l\u2019acoustique et de l\u2019électronique (la tendance de l\u2019heure) et le métissage culturel.De ce dernier, nous vous avons donné un exemple il y a deux semaines en vous parlant de Saed Haddad, compositeur jordanien, Berlinois d\u2019adoption, dont quelques compositions ont été publiées en CD par l\u2019étiquette Wergo.Markus Kritzo-kat, du Conseil allemand de la musique, responsable de cette collection, est frappé par cette ébullition : «Lorsque nous nous sommes ouverts aux compositeurs non seulement nés mais aussi vivant en Allemagne, nous avons été surpris du nombre et de la qualité des créateurs venus ici rejoindre \u201cle pays des musiques nouvelles\u201d tout en apportant leur propre héritage culturel.Le Moyen-Orient et VAsie sont des viviers particulièrement intéressants.» La collision entre l\u2019héritage culturel propre aux créateurs et le langage qu\u2019ils découvrent et digèrent, ainsi que, d\u2019autre part, le travail de plus en plus poussé sur l\u2019électronique marginalisent aux yeux de Markus Kritzokat «le courant académique des années 80 et 90».L\u2019histoire ici et maintenant Rainer Rubbert, sorte de Walter Boudreau local en version colosse, organise depuis 24 ans, chaque semaine, des concerts de création dans le cadre de sa série Unerhorte Mu-sik (Musique inouïe).Après 700 concerts et 1000 créations, au rythme, désormais, de 40 concerts par saison, il sait de quoi il en retourne.«Les compositeurs de 40 à 50 ans se sont détachés de Vavant-garde de l\u2019après-guerre, de Boulez ou Stockhausen ou Xenakis, de tout style cloisonné et obligé.» «Moi, j\u2019en ai encore souffert, avoue Rubbert, 56 ans, mais la génération qui me suit s\u2019en moque royalement.De cette liberté re- Rainer Rubbert trouvée naît une diversité telle qu\u2019on ne l\u2019a jamais connue.» Rubbert résume ces 10 ou 15 dernières années d\u2019affranchissement des codes et normes: «Est-ce qu\u2019une direction se dessine ?Je n\u2019en sais rien, mais c\u2019est vraiment la première fois dans l\u2019histoire de la musique qu\u2019on voit une telle vraie liberté.Je suis optimiste: tout a été essayé, maintenant l\u2019histoire de la musique démarre vraiment!» Alors qu\u2019à Paris s\u2019est déclenchée, ces dernières semaines, autour des positions qui ont désormais droit de cité au Collège de France, une de ces querelles dont la France a le secret et où des néo-tonaux se font traiter de «Goebbel» (sic'!) par des bouléziens enragés sur les réseaux sociaux, l\u2019Allemagne et Berlin ont tourné la page sans invectives ou revirements à 180 degrés.Aux querelles de clans et de chapelles, aux catalogages, Berlin oppose le bonheur de la diversité.Rubbert le relève bien: «A Berlin, de l\u2019improvisation aux compositions écrites en passant par les installations sonores et la musique électroacoustique, il y a trois ou quatre événements par jour.» Parmi les compositeurs sur lesquels le spécialiste de l\u2019inouï désire attirer notre attention, il y a Charlotte Seither (47 ans), Sarah Nemtsov (32 ans), Sebastian Elikowski Winkler (35 ans) et Sergej Newski, un Russe de 40 ans.Le métissage est entretenu par le programme d\u2019accueil DAAD-Artistes à Berlin, qui permet à de jeunes compositeurs internationaux de passer un an dans la capitale allemande.«Et c\u2019est immanquable: quand un nouveau compositeur arrive au DAAD, six mois après nous proposons l\u2019une de ses œuvres», observe Rubbert.La boucle est bouclée.Du bouillonnement sortira forcément quelque chose.A voir le marigot dans lequel s\u2019enlise à nouveau l\u2019intelligentsia musicale parisienne, on se doute que cet avenir musical européen émergera plutôt à Berlin ! Le Devoir Christophe Huss était l\u2019invité du ministère des Affaires étrangères allemand et de son agence Initiative Musik dans le cadre d\u2019une semaine de rencontres internationales sur le thème «L\u2019héritage de Wagner et Weill ». LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2013 E 9 CULTURE.ME DI A s Journalisme 2.0 La collaboration médiatique citoyenne et professionnelle s\u2019amplifie.Pour le meilleur et pour le pire.STEPHANE BAILLARGEON Pendant que Gesca, le bras médiatique de l\u2019empire Power Corporation, lançait La Presse + au Québec cette semaine, The Guardian innovait encore une fois de manière exemplaire en dévoilant Witness.L\u2019application permet de partager des photos et des vidéos captées par le public, mais aussi des textes et même des scoops, s\u2019il vous plaît.La nouvelle plateforme a vite été mise à l\u2019épreuve avec les funérailles de la baronne Margaret Thatcher.Une des plus belles prises d\u2019amateur, intitulée The Queen Arrives, ne montrait pas la souveraine, mais des dizaines de téléphones intelligents tenus à bout de bras pour croquer Her Majesty.D\u2019autres portfolios déjà sur witness.guardian.co.uk montrent les effets du printemps tardif dans le royaume et des commerces de disques vinyles d\u2019occasion.Le site fait aussi appel aux lecteurs pour des suggestions de thèmes à traiter en communauté.Il s\u2019inspire de ce que font déjà CNN iReport et le volet Get Involved de ProPu-blica.Ici, TVA nouvelles relaie les productions du public avec l\u2019outil « Mon topo ».Bref, les amateurs se retrouvent toujours plus au centre de l\u2019actualité en tant que sources ou témoins.Le journalisme « citoyen » a la cote.Mais est-ce seulement le bon terme ?«Cest un phénomène multi-facette et polysémique», commente Marc-Olivier Goyette-Côté.Doctorant en communication de l\u2019Université du Québec à Montréal, il s\u2019intéresse particulièrement aux intermédiaires de l\u2019information, les google.news et autres.«La participation du public peut être encouragée par les sites d\u2019informations eux-mêmes.C\u2019est un modèle populaire en France avec Agoravox, Média-part ou Rue89 d\u2019une certaine manière.Le public peut aussi être utilisé pour la collecte d\u2019informations, comme le fait Mon topo ou Guardian Witness.» Les plus cyniques y verront du contenu non rémunéré.Les plus naïfs mettront plutôt l\u2019accent sur l\u2019idéologie participative du Web.Le spécialiste note surtout que, dans tous les cas, les contributeurs sont utilisés pour mobiliser leurs réseaux de pairs afin de stimuler le trafic vers les sites Web.«L\u2019aspect idéologique veut que les citoyens soient extrêmement importants pour les sites de presse, surtout dans le contexte difficile de la critique de l\u2019opacité réelle ou imaginaire des médias, ajoute le doctorant.L\u2019ouverture au public donne l\u2019impression que tous les sujets sont possibles.[.] Je me suis amusé à relire les conditions d\u2019utilisation des différentes plateformes.L\u2019accent est mis sur l\u2019orientation des sujets à traiter par la salle de la collection d\u2019informations.Le deuxième élément encourage la diffusion des contenus sur les réseaux.Dans les faits, c\u2019est une machine à clics.» La vitesse tue L\u2019utopie participative repose sur un autre paradoxe concernant les rapports entre le pro et l\u2019amateur.Dans les faits, le premier l\u2019emporte encore largement sur le second.M.Goyette-Côté parle même d\u2019un vox pop élargi.«C\u2019est un autre effet de discours.On a l\u2019impression d\u2019ouvrir sur un nouveau vivier de créateurs d\u2019information journalistiques alors que, dans les faits, les reporters et les chroniqueurs traditionnels conservent la position dominante.Souvent, d\u2019ailleurs, les journalistes participatifs réagissent à des contenus des journalistes professionnels.» L\u2019alliance entre ces deux mondes peut générer du meil- \\\\ On a l\u2019impression d\u2019ouvrir sur un nouveau vivier de créateurs d\u2019information journalistiques alors que, dans les faits, les reporters et les chroniqueurs traditionnels conservent la position dominante )) Marc-Olivier Goyette-Côté, doctorant en communication CONCERTS LMMC TOKYO STRING QUARTET CONCERT D\u2019ADIEU Beethoven, Bartok, Ravel Vendredi le 26 avril 2013, à 19 h 30 Salle Pollack - 555, rue Sherbrooke Ouest 514 932-6796 \u2022 lmmc@qc.aibn.com \u2022 www.lmmc.ca Billets: 40 $ / Étudiants (26 ans): 20 $ VIVAéOŒ Peter Schubert, directeur artistique Shannon Claudio Shannon Mercer, soprano canadienne dont la réputation n'est plus à faire, se joint à VivaVoce pour vous présenter des madrigaux de Claudio Monteverdi.Avec Pallade Musica, un nouvel ensemble baroque exceptionnel.% Le samedi 27 avril 2013 à 19 h 30 Salle de concert Redpath 3461, rue McTavish 514 398-4547 \u2022 vivavoce-montreal.com Québec Cl n LE DEVOIR Conseil des Arts du Canada STAN HONDA AGENCE ERANCE-PRESSE La couverture des attentats de Boston a été la preuve cette semaine de la portée de la collaboration entre journalistes et citoyens.leur et du pire, parfois en même temps.La couverture des attentats de Boston en a encore fait la troublante preuve cette semaine.La vitesse de traitement a fait des victimes de tous bords sur les inforoutes.Le carambolage le plus important a été généré mercredi après-midi par une dépêche en ligne de l\u2019Associated Press annonçant l\u2019arrestation d\u2019un suspect et sa mise en accusation imminente.Le compte Twitter de CNN précisait que la police ferait bientôt le point sur l\u2019enquête.La télé ajoutait que la personne arrêtée avait «la peau foncée».Des sites réputés sérieux ont suivi, dont The Boston Globe, qui a donné le lieu précis où un juge allait recevoir le «suspect».Les réseaux sociaux se sont évidemment emballés.La rumeur filait, encouragée par les reporters à l\u2019ancienne et les journalistes à la postmoderne, les vieux comme les nouveaux médias.Heureusement, CBS et NBC News ont complètement renversé la tendance en niant la nouvelle d\u2019une arrestation.Finalement, la police judiciaire fédérale chargée de l\u2019enquête s\u2019est sentie obligée de démentir publiquement l\u2019information.Dans un rare communiqué laconique, le FBI s\u2019est même permis de rappeler aux médias qu\u2019il ne s\u2019agissait pas de la première rumeur lancée depuis la tra- gédie par des sources anonymes, pour finalement demander aux journalistes de «faire preuve de prudence en tentant de vérifier l\u2019information auprès des sources appropriées avant de la diffuser».Un piège En même temps, la police a demandé aux témoins de l\u2019attentat de fournir leurs images du site.Des petits malins ont alors poussé l\u2019audace jusqu\u2019à analyser les milliers de photos disponibles sur le Net pour y identifier des personnages louches vite dénoncés sur 4Chan ou Reddit.Une de ces images s\u2019est retrouvée à la une du New York Post.L\u2019homme innocent visé par la chasse médiatique, un honnête enseignant, a évidemment paniqué.Le journal populiste s\u2019est fait vertement critiquer sur les médias sociaux et par les concurrents.L\u2019humoriste Jon Stewart a parfaitement saisi le problème où tout s\u2019entremêle : c\u2019est facile d\u2019avoir des nouvelles exclusives quand elles sont fichtrement fausses ! Les réseaux sociaux ressemblent à des fours autonettoyants qui se débarrassent de leurs impuretés en surchauffant.Au fond, les journalistes y sont attirés par le même piège brûlant.«Je constate aujourd\u2019hui à quel point Twitter est devenu un des grands outils et une des grandes menaces pour le vrai journalisme», a twitté Geoff Grammer, Concert des quatre nations Carte blanche à Natalie Michaud et Francis Colpron DIMANCHE 28 AVRIL À 15 h Concert précédé d'une conférence à 14 h par Georges Leroux musique .\t100,7™ Salle de concert ^ Bourgie du MBAM 1339, rue Sherbrooke Ouest 514 285 2000 option 4 www.ideesheureuses.ca j m-'.www.boreades.com journaliste de VAlbuquerque News de New Mexico, dès lundi, quelques heures après l\u2019attentat.«Le succès des sites Web participatifs, notamment en France, vient du fait que ces médias ont tous été fondés par des journalistes réputés qui occupaient des postes importants au Monde ou à Libération, par exemple, commente finalement M.Goyette-Côté.Dans ce cas, la légitimité vient du parcours professionnel des auteurs.Là encore, il y a un paradoxe: des sites Web se développent en adoptant un discours contre le journalisme dans ses formes actuelles alors que ce sont des journalistes qui vont s\u2019implanter dans ces sites pour les crédibiliser.A la longue, les techniques de travail redeviennent de plus en plus proches de la forme traditionnelle.» Le danger rend d\u2019autant plus nécessaires la prudence et le doute, mais aussi le contrôle par des patrons de salle qui devraient devenir encore plus obsédés par l\u2019éthique et la pratique de la vérification.Mettons que beaucoup de monde, y compris les boss, les journalistes de grands médias et les reporters citoyens, a « dormi au gaz» cette semaine.Le Devoir ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉ6UIN I Desjardins ACCUEILLIR ABONNEZ-VOUS A PARTIR DE 1245 orchestremetropolitain.com 514 598-0870 Québec! COTO 1^1 canadien Heritage Montréal® LE DEVOIR 70 E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 20IS IDE VISD 4 O n/ GALERIE DONALD BROWN Jim Holyoak, Snowshoe Hare, encre de chine sur papier.PAPIER SUITE DE LA PAGE E 1 Papier serait encore de dimension humaine.Elle pense éventuellement à attirer des galeries étrangères.Elle tient aussi à garder l\u2019entrée libre, qui correspond au mandat de vulgarisation de l\u2019association qu\u2019elle dirige.Or plusieurs galeristes estiment qu\u2019un prix d\u2019entrée, même bas, permettrait de décourager les faux amateius.«Dans toutes les grandes foires du monde, il faut payer 30$, 25$.Ici, c\u2019est gratuit.Quelques ajustements sont nécessaires si on veut faire une foire de collectionneurs et non pas une foire de grand public», commente Donald Browne, qui a siégé au comité d\u2019organisation de PapierlS.Pour 2014, on pense à une formule mixte, avec journées gratuites et journées payantes.«Il faut arriver à jouer entre les deux clientèles, soutient Jubé Lacroix.' séduire le curieux et le vrai amateur.» Pait à noter, si Papier est en croissance, la TIAE est devenue à ce point énorme qu\u2019eUe serait en décHn.Plusieurs galeries qué- bécoises sont revenues de Toronto en 2012 avec si peu de ventes qu\u2019elles s\u2019absenteront lors de l\u2019édition de 2013.Parmi elles, des enseignes de premier plan: Roger Bellemare, Simon Blais, Donald Browne, Joyce Yahouda.Il n\u2019est plus question de convaincre de la pertinence d\u2019une foire consacrée aux œuvres sur papier.Matthieu Gau-vin, qui conseibe aujoiud\u2019hui les collectionneurs, est rassuré.Il n\u2019a plus à justifier leur valeur.«Un mode d\u2019expression préparatoire?Le dessin n\u2019est plus ça», dit-ü.Ce changement de menta-bté, ü le perçoit notamment dans les ventes records dans le monde, comme celle de Tête d\u2019un jeune apôtre, une œuvre sur papier de fephaël qui a trouvé preneur en décembre pour 48 millions de dobars.Collaborateur Le Devoir PAPIER13 Du 25 au 28 avril.À l\u2019angle des rues Sainte-Catherine et De Bleury.papiermontreal.com DVoir > D\u2019autres œuvres à PapierlS.ledevoir.eom/ eulture/artsvisuels TV& EARS GALERIE JOYCE YAHOUDA Adrian Norvid, Jug ears.Galerie de personnages De retour de Berlin, David Armstrong Six inscrit sa nouvelle production dans la tradition du statuaire BROWN STAR PLUS ONE David Armstrong Six A la Parisian Laundry, 3550, Saint-Antoine Ouest Jusqu\u2019au 4 mai MARIE-ÈVE CHARRON Dans le parcours d\u2019un artiste, l\u2019expérience d\u2019une résidence à l\u2019étranger a souvent pour effet de relancer la production.C\u2019est le cas de David Armstrong Six, de retour de Berlin où il a passé un an en 2012.Le séjour lui a sûrement été bénéfique puisque la Parisian Laundry expose actuellement un ensemble complet de nouvelles sculptures, qui opèrent certains changements en regard du travail précédent.La plus évidente transformation se situe dans la manière d\u2019occuper l\u2019espace, qui de l\u2019horizontalité est passée à une franche verticalité.Les derniers travaux, présentés notamment à la Biennale de Montréal en 2011, empruntaient des formes tubulaues et rampaient souvent au sol.Par assemblage, ces sculptures élaboraient des séquences dans l\u2019espace ponctuées par des joints entre des composantes organiques et d\u2019autres plus rectilignes dont les surfaces étaient dynamisées par des couleurs toniques.La récente production n\u2019a pas délaissé les procédés d\u2019assemblage ni les structures rectilignes et encore moins sa vague allégeance surréaliste.Les nouvelles sculptures, par contre, s\u2019organisent autour de l\u2019axe vertical, s\u2019inscrivant ainsi très clairement dans la tradition du statuaue que les titres confirment d\u2019ailleurs.The Tailor, The Solicitor, The Janitor.à l\u2019appel de ces titres, une galerie de personnages, des travailleurs pour la plupart, se dresse dans l\u2019espace.Les monolithes se départa- GUY L\u2019HEUREUX La plus évidente transformation de David Armstrong Six se situe dans ia manière d\u2019occuper i\u2019espace, qui de i\u2019horizontaiité est passée à une franche verticaiité.gent en deux groupes principaux, tandis que trois plus petites œuvres en verre soufflé s\u2019immiscent au travers \u2014 et s\u2019intégrent difficilement.Le premier groupe se compose Une galerie de personnages, des travailleurs pour la plupart, se dresse dans l\u2019espace d\u2019éléments colorés, lustrés, tubulaires et rectilignes dans l\u2019esprit d\u2019un répertoire plastique déjà connu à l\u2019artiste.Les pigments créent un liant chromatique entre des éléments disparates ou, au contraire, introduisent une rupture sur la surface d\u2019une même matière.Les jonc- 25 mai -THÉÂTRE ET ART à Saint-Camille Festival international du masque 6 juin - EXPOSITIONS à Québec Art inuit et Maori debout 22-23 juin - HISTOIRE ET MUSIQUE au Vermont Domaine de la Famille Trapp The Green Mountain Opera Festival Quelques places disponibles! 5 mai - deuxième CONFÉRENCE à Montréal pour préparer le beau détour d\u2019octobre LA FLANDRE BELGE : HISTOIRE ET ART Détails du voyage sur demande www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulare d\u2019un permis du Quebec _aux detours JAURAN (Rodolphe de Repentigny) huiles, gouaches et photographies 21 avril au 12 mai Galerie Michel Guimont 273 rue St-Paul, Québec, Qc \u2014 418-692-1188 info@galeriemichelguimont.com \u2014vwvw.galeriemichelguimont.com tions/disjonctions engendrées par la couleur sont ainsi superposées au jeu d\u2019assemblage de la matière qui se compose pour l\u2019essentiel de bois, de plâtre et de cuivre.La « personnalité » de ces structures abstraites n\u2019est pas seulement suggérée par la posture rectiligne, debout, des sculptures, mais aussi par l\u2019introduction de petits éléments disparates, soit par leur couleur, soit par leur forme.Ceux-ci viennent caractériser, mais sans vraiment expliciter, les personnages.L\u2019empreinte en négatif d\u2019un demi-avocat, dans une matière colorée rappelant beaucoup celui du fruit, fait partie de ces détails greffés aux structures qui agissent tels des attributs, quoique très allusifs, des portraits.Le second ensemble de sculpture se définit surtout par la blancheur des éléments et s\u2019avère la portion la plus réussie de l\u2019exposition.Il y a quelque chose de plus brut et de rustique dans ces assemblages qui présentent des formes parfois massives et asymétriques défiant certains principes d\u2019équilibre.Par leur blancheur, ces œuvres font allusion à un certain modernisme, mais s\u2019en écartent à la fois par l\u2019irrégularité des éléments, qui, on dirait, ont été prélevés du réel, dans une matière rocheuse brutalement fragmentée ou dans les ruines d\u2019un bâtiment.Ces sculptures se drapent d\u2019une connotation urbaine et architecturale qui fait resurgir le thème de la (dé) construction déjà exploré par l\u2019artiste.La capacité à unifier dans la sculpture l\u2019exhibition d\u2019un faire en processus et la pérennité du statuaire classique (revisité) résulte d\u2019un fragile dosage que les séries de photographies de chacune des sculptures ajoutées au mur ne parviennent toutefois pas à préserver.Voulant peut-être ironiser sur la documentation de ces sculptures, ou souligner qu\u2019il s\u2019agit de portraits, ces photos, en un sens, sont superflues.Collaboratrice Le Devoir lA Voir aussi > Une galerie \" photo des œuvres exposées à la Parisian Laundry.ledevoir.eom/eulture/ artsvisuels GALERIE BERNARD FERNAND TOUPiN INÉDITS L\u2019exposition se poursuit Jusqu\u2019au 11 mai 2013 3926, rue Saint-Denis, Montreal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard.ca Lt h Voici votre horaire des prochaines semaines Cinéma Du 16 au 24 avril CARTE BLANCHE À STÉPHANE LAFLEUR 5 films choisis par ce réalisateur Du 18 au 26 avril YOU GIVE LOVE A BAD NAME 5 films que vous aimerez revoir 6,25$ chaque film (taxes et frais inclus) 23 avril à 19 h THE WE AND THE I de Michel Gondry (Royaume-Uni, États-Unis, France, 2012) Version originale anglaise, sous-titres français Première canadienne Tous les films sont à 11,25$ (taxes et frais inclus), sauf indication contraire Programmation sujette a changement sans préavis Consultez notre site Internet pour les dernieres mises a jour 25 avril à 17h30 RÉTROSPECTIVE JEAN-GABRIEL PÉRIOT Tournée nord-américaine intitulée IVe are winning, don't forget Courts métrages En collaboration avec le consulat général de France à Québec GRATUIT 26, 27, 29 et 30 avril UPSTREAM COLOR de Shane Carruth (États-Unis, 2013) Version originale anglaise Première québécoise Spectacles À venir - Du Ÿ' au 3 juin WHATWE ARE SAYING d'Ame Henderson/Public Recordings Danse + performance Une présentation du Festival TransAmériques Centre Phi-407, rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul), Vieux-Montréal-centre-phi.corn Conférences 22 avril à 19 h NOT IN THE AGE OF PHARAOHS Conférence en anglais de Bruce Ferguson Une présentation de DHC/ART, du MACM et du Centre Phi GRATUIT 27 avril à 14 h HYBRID BODIES Table ronde en anglais autour d'un projet d'art sur la condition des gens qui ont reçu un nouveau coeur.Avec Ingrid Bachmann, Amelia Jones, Kim Sawchuck et autres.Une présentation de Concordia et du Centre Phi GRATUIT Expositions Du 25 février au 27 avril KANAVAL de Leah Gordon GRATUIT Du 4 au 18 mai CEREUS : REINE DE LA NUIT de Philoméne Longpré Exposition présentée dans le cadre du Festival Elektra GRATUIT Du 4 au 25 mai WONDERS OF A TRANSIENT UNIVERSE de Gabriel Coutu-Dumont GRATUIT phi ¦ TOUS LES I TOUS LES LIEUX DE L'ART LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 20IS E 11 CULTURE» CI N EM A La folle journée d\u2019Emilie EMILIE Réalisation : Guillaume Lonergan.Scénario : Francis Delfour Avec Emilie Bibeau, Guillaume Perreault, Jean-François Nadeau, Patrick Hivon, Patrick Drolet, Pascale Bussières, Maude Guérin, Robert Lalonde, Jacques L\u2019Heureux, Josée Deschénes, Didier Lucien.FRANÇOIS LÉVESQUE r Emilie : un titre court pour un film exigeant de longues présentations, en l\u2019occurrence une «comédie romantique d\u2019action transmédia», excusez du peu.Laquelle a été précédée dans les derniers mois d\u2019une campagne virtuelle novatrice invitant les internautes à «échanger» avec les personnages par le truchement de quatre courts-métrages interactifs.Au tour maintenant du long-métrage de prendre l\u2019affiche, faisant ainsi évoluer l\u2019aventure du petit écran d\u2019un téléphone intelligent au grand écran d\u2019un cinéma près de chez vous.Emilie est sur le point de se marier et de s\u2019envoler pour le Maroc avec son futur conjoint, Bruno, un ingénieur hio équitable.Mais voilà que, la veille du départ, elle festoie de son côté et se réveille dans le lit de son ex, Jeff, un acteur qui monte.Mais voilà encore que Mathieu, le confident d\u2019Emilie qui en est également épris, s\u2019ingénie dans les coulisses à ruiner le couple déjà mal en point de la jeune femme.Mais voilà aussi, jamais deux sans trois, que Patrick, l\u2019amoureux du temps de la petite école, quitte sa banlieue et s\u2019en mêle à son tour.Pendant que tout ce beau monde se rate à force de se courir après, les parents de l\u2019un et de l\u2019autre fiancés perdent patience à l\u2019hôtel de ville.Eruit peut-être de ce que tout fut filmé en même temps, les capsules Internet et le film, la réalisation semble souvent destinée au petit écran avec sa multiplication de plans serrés.L\u2019image, au demeurant soignée, ne respire pas beaucoup.Le scénario, pour sa part, se réclame ouvertement de la farce.Procéder à l\u2019énumération des invraisemblances qui plombent le récit serait donc un exercice futile, en cela que les prétentions minimales d\u2019Émilie ne se situent pas de ce côté-là.On veut faire rire, gras si possible, ce qui se défend.Pensez à un théâtre d\u2019été qui aurait pris les rues d\u2019assaut et vous aurez une bonne idée du ton.Au diapason, les interprètes amplifient leur RADIO-CANADA Emilie Bibeau, l\u2019Emilie d\u2019Émilie jeu afin de flirter avec la caricature requise.Mande Guérin, en mère hyperventilée, et Pascale Bussières, en coiffeuse avec accent, se révèlent à ce chapitre très drôles.Autre histoire de mariage contrarié.Nuit de noces, d\u2019Emile Gaudreault, constitue un bon exemple de film similaire.Si le genre vous plaît.Le Devoir Visionnés à Vnes d\u2019Afriqne Gérard Le Chêne, président au long cours Virgin Margarida Du Mozambique, le film de Lucinio Azevedo est inspiré d\u2019une histoire vraie, alors qu\u2019en 1975, le gouvernement révolutionnaire du pays entreprit de rééduquer des prostituées dans des camps de travail en pleine brousse.Ici, une rafle inclut par erreur une jeune vierge, et les prostituées se battent pour sa libération.Le film estintéressanf tragicomique, rebondissant Capitaine Thomas Sankara Le documentaire du Suisse Christophe Cu-pelin est instructif, nourri de documents d\u2019archives quoique présenté de manière trop didactique.Retour sur la vie et la carrière de celui qui fut l\u2019espoir révolutionnaire africain, dit le Che Guevara burjdnabé.Porté au pouvoir par le coup d\u2019Etat de 1983 au Burkina Easo, instaurant de grands changements dans son pays si pauvre, Thomas Sankara allait être renversé et tué en 1987, sans doute sur ordre de son meilleur ami, toujours au pouvoir.Les documents d\u2019archives sont passionnants.Les mécréants Le film de Mohcine Besri est plus lourd, mais très révélateur du climat trouble qui s\u2019instaure au Maroc.Le film, en grande partie huis clos, place nez à nez des jeunes barbus fondamentalistes et leurs otages, une troupe de quatre comédiens, aussi jeunes qu\u2019eux, avec choc et rapprochement des deux mondes, moins éloignés l\u2019un de l\u2019autre qu\u2019il ne le semblait au départ.ODILE TREMBLAY Montréal compte son lot de festivals de cinéma de niche.Trop d\u2019ailleurs.Certains naissent et meurenf mais Vues d\u2019Afrique impressionne par sa longévité.Contre vents et marées, son président-fondateur Gérard Le Chêne et, depuis plusieurs années, sa fille Géraldine Le Chêne à la direction poussent à sa roue.Du 26 avril au 5 mai, ce festival célèbre sa 29® édition.Le film d\u2019ouverture, Kinshasa Kids du Belge Marc-Henri Wajnberg, malgré quelques naïvetés et des coins tournés rond, séduit par sa caméra vivante, inspirante même, et sa truculente galerie de portraits.Place aux enfants des rues de Kinshasa avec leurs mentors, des musiciens ambulants remplis de charisme.Le cinéaste les a recrutés dans les rues en adaptant leur quotidien en fiction.La jeune Rachel Mwanza, actrice plusieurs fois primée du Rebelle de Kim Nguyen, y tient là un premier rôle.Gérard Le Chêne précise que sa clientèle est composée d\u2019un noyau de fidèles auquel s\u2019ajoute le recrutement au sein de communautés culturelles.Un rally d\u2019expositions, auprès d\u2019une vingtaine d\u2019organismes culturels et musées permettant de gagner un voyage (cette année en Algérie), fait aussi la promo du festival.Le président de Vues d\u2019Afrique, rendez-vous depuis ses débuts jumelé avec le Eespaco de Ouagadougou, affirme que le choix de films est beaucoup plus grand qu\u2019autrefois.«On pourrait en retenir bien davantage, mais il faut se limiter.La programmation se concentre dans deux salles d\u2019Excentris, alors on mise sur la qualité.Mais notre quartier général.Le Bao- bar, en face du cinéma, est idéal pour les rencontres, l\u2019atmosphère.» Gérard Le Chêne aime montrer des films sur l\u2019Afrique réalisés dans divers pays, posant des regards divers sur le continent noir.«Mais nous croyons surtout beaucoup à la section Afrique Connexion: des œuvres à petit budget, souvent des séries humoristiques, faites pour un public africain, dont on sent l\u2019authenticité.Auparavant, les films de Nollywood (au Nigeria) avaient la cote, mais ils étaient basés sur une recette trop exploitée : violence, sexe et sorcellerie.Ils ont décliné au profit de ces productions du Burkina Faso, entre autres, réalisées fréquemment par des femmes, avec un caractère social.» Le président de Vues d\u2019Afrique se dit particulièrement ravi par sq soirée malienne du 2 mai avec la cinéaste Erica Pomerance, très préoccupée du rôle des femmes.Celles du Sud sont solidaires de celles du Nord, en territoire occupé sous la guerre civile, et elle viendra en témoigner.Le président apprécie aussi l\u2019hommage du 27 avril rendu à la cinéaste franco-camerounaise Rachèle Ma-gloire.Son film Land Rush aborde la colonisation économique de plusieurs pays de l\u2019Afrique subsaharienne.Chose certaine, il navigue vers le 30® anniversaire, et voudrait mettre en lumière, à travers le jumelage Eespaco/Vues d\u2019Afrique qui dure aussi depuis trois décennies, les nombreux Québécois qui travaillent au Burkina Paso, à travers des ONG ou ailleurs.Le Devoir Douloureux fragments d\u2019Arménie FIGURE D\u2019ARMEN Réalisation : Marlene Edoyan.Image: Ashot Movsesian.Musique: Stephen de Oliveira.Montage: Jonathan Durand.74 min.ODILE TREMBLAY Ce premier documentaire fort prometteur de Marlene Edoyan, Montréalaise d\u2019origine arménienne, porte une poésie de grande mélancolie.Périple en road-movie à travers l\u2019Arménie et le Caucase, c\u2019est à travers une série de témoignages que le pays s\u2019offre en fragments douloureux.L\u2019ombre du génocide de 1915 par les Turcs ottomans (qui en nient toujours l\u2019existence) plane partout.On pense à Calendar, le film du retour aux sources en Arménie d\u2019Atom Egoyan, réalisé en 1993, dans cette quête pour définir le peuple arménien par sa blessure, à travers des personnes restées là-bas, qui se cherchent un héritage et se heurtent au trou noir.Dans Figure d\u2019Armen, c\u2019est l\u2019extrême pauvreté de l\u2019Armémie, comme de ses voisins du Caucase, le Haut-Karabakh et la Géorgie, qui désole au premier chef.Certains gardent la nostalgie de l\u2019Union soviétique, où régnait une forme d\u2019ordre avec des possibilités de travail.Les Arméniens interviewés, mis à part des propriétaires terriens \u2014 et encore, ils en arrachent \u2014, se sentent livrés au chaos.Les aînés attendent en vaîn leur pension de l\u2019État, les enfants du pays s\u2019exilent en Russie ou ailleurs pour travailler.Dans les pays limitrophes, en Géorgie notamment, les communautés arméniennes sont malmenées.Tous ces témoignages, dont celui d\u2019une aînée qui partage des souvenirs épars du génocide, sont captés à travers les magnifiques Images d\u2019Ashot Movsesian, qui donne leur pleine lumière au paysage montueux, aux maisons délabrées, aux sourires édentés, au vieux d\u2019un village poussant un terrible lamento, ailleurs à un vieil homme digne et courageux qui veille sur son âne.Des silences prennent le relais des mots et d\u2019une belle musique lancinante.Cette Arménie en suspension, qui évoque sans cesse sa diaspora, qui crève de misère et d\u2019identité bafouée par la négation de son génocide, devient le symbole douloureux des pertes Immenses, mais aussi du refus têtu et admirable de disparaître.Les projections de Figure d\u2019Armen, à Ex-centrls dès le 19 avril, puis les 27 et 28 avril au Cinéma du Parc, se feront en présence de la cinéaste et d\u2019Invltés qui aborderont les enjeux du film en ce 98® anniversaire du génocide arménien.Le Devoir «D\u2019un charme bucolique enivrant! Renoir enchante! » Manon Dumais, Voir «C\u2019est un film magnifique! Michel Bouquet est formidable! » Marc-André Lussier, La Presse « Un film chargé d\u2019une formidable sensualité! » Eric Moreault, Le Soleil LA COMEDIE SURPRISE DE L'ANNEE !!! ir '^RIX DU PUBLIC If .\t\u2022!\ty PRIX DU JURY Festival du fil outaouals \u2022 mars zoia ¦gai c É FN » ¦ ni STARCITË MONTRÉAL PRESENTEMENT A LAFF CHE etropolef ilms.co w> A CÛNTJtE-COUIlANT UN F LM DE USA SFR SO a[CFILUIt9ISEIM.VIE ANIKKHADIR.IHEllKERVRIEAII FHUItlISSAILLANI.ERItlillRIIII SIHCNIIIEWlA'r-rEFIN.I>UNi)NHASSE.HARIA«MlERE PtEHDIIUIIREl.AIIOIlEBÈLAIKER.FlUNÇOtSCIII JCSEFF IA UHCIE.RUSA CRVAL IIKA[)BiLIJRIF»-PAIlUFIILJJLIFIARCSF.IilEUtl)IIUi[ll.FRANC CllSIAKl!iLIIIHIiHU:IIClUF.tUnMIIFEFljLN(IFR.AKTKUIISJillDElllH.AIC(AIIDIIFWAItlER,AKTUURSAIIDBlRH,AIEXAIIDREWAItl1ARCIMAIUVI[;iUS.[3UILAUHEFIlAHEUr MOMIAGE IlUeEAEOIIIONIIELFRANCCPILOtl.lEASFIUSD IIALDIWKEHAIKaDlSE GRAPHISME ETDWEBIIN^ENJ PBDIAIEllONIISASFiySC «PETIT CHEF-D'ŒUVRE TROUBLANT ET SUBTIL.UN FILM QUI CHARME, QUI ÉTONNE, QUI EXCITE.» TÉLÉRAMA «FRANÇOIS OZON EST À SON MEILLEUR.» «UNE REUSSITE!» ¦XL \u2022H-\t\u2022 \u2022 \\¥PRIX DE LA CRITIQUEV», f INTERNATIONALE fi DE TORONTO ¦TÉ r ¦2 \u2019 IL Y A TOUJOURS UN MOYEN D'ENTRER DÂUS LA MAISON UnfÜmde FRANCOIS OZON JEAN-FRANCOISBAIMR BASTIEN UGHEiïO I DANSLAMAISON-LEFILM.CA PRESENTEMENT A L'AFFICHE ! CONSULTEZ LES I GUIDES-HORAIRES I DES CINÉMAS I VDuQEQ.SP'Ij LesFilmsSeville DU26AVRIL\u20185MAI 2013 AU CINÉMA EXCENTRIS Profitez d'un rabais de 25% en prévente '\t.'au 25 avril BILLETS EN VENTE AU CINÉMA EXCENTRIS Pour plus d'informations sur la programmation, visitez www.vuesdafrique.org Visitez le Baobar de Vues d'Afrique, situé en face du cinéma Excentris.Entrée libre PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE 4 E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 201 CULTURE >CINEMA L\u2019art d\u2019écouter sa petite musique intérieure Le réalisateur allemand Florian Cossen aborde le thème de l\u2019identité avec Une chanson en moi ANDRE LAVOIE AU téléphone en provenance de Munich, Tillu-sion était presque parfaite.Même si le cinéaste allemand Florian Cossen possède des origines russes, qu\u2019il est né en Israël, a séjourné en Espagne, au Costa Rica, et n\u2019avait jamais vécu en Allemagne avant l\u2019âge de 16 ans, son français est typiquement.québécois.De 1983 à 1988, ce fils de diplomate a passé une partie de son adolescence à Montréal, un séjour marquant, et pas seulement pour cet accent «que les Français trouvent étrange».Il revient ici régulièrement, collabore avec un ami d\u2019enfance devenu lui aussi cinéaste, Antonin Monmart, et était au comble du bonheur lorsque son premier long-métrage de fiction.Une chanson en moi, fut présenté en première mondiale au Festival des films du monde en 2010.En plus, loin de repartir les mains vides, il a remporté trois distinctions prestigieuses, dont le prix œcuménique et le prix de la critique internationale.Et après trois ans dans les limbes de la distribution, le film sera finalement visible sur nos écrans dès la semaine prochaine.Bien qu\u2019il ait posé ses pénates à Munich depuis environ quatre ans {«Ma blonde voulait retourner vivre là-bas et j\u2019avais le goût d\u2019essayer»), Florian Cossen V\"- '' PEDRO RUIZ LE DEVOIR Florian Cossen a passé une partie de son adolescence à Montréal et revient ici régulièrement.continue d\u2019être un infatigable globe-trotter.Car c\u2019est à Buenos Aires qu\u2019il a tourné Une chanson en moi, une autre ville qu\u2019il connaît bien pour y avoir séjourné plusieurs mois en 2006 à l\u2019occasion d\u2019un voyage d\u2019études en cinéma.Son passage coïnci- dait avec une triste commémoration, celle de l\u2019instauration de la dictature militaire 30 ans plus tôt.Même si l\u2019armée n\u2019est plus au pouvoir et que le pays tente de regarder vers l\u2019avenir, il a constaté à quel point c\u2019était à la fois «très émotif et très actuel».Certains faits sont implacables: environ 30000 personnes ont disparu sous la dictature militaire.Florian Cossen a toutefois pris connaissance d\u2019une autre réalité tout aussi tragique : «Il y a plus de 500 cas de bébés et de jeunes enfants qui ont été enlevés et placés dans d\u2019autres familles.Au cours des années 1980, ces enfants-là ont commencé à recevoir des informations sur leur véritable identité.J\u2019ai même découvert l\u2019histoire d\u2019un enfant qui a été amené en Angleterre.Pour mon film, j\u2019ai transposé ce lieu avec l\u2019Allemagne.» Son subterfuge narratif se nomme Maria, une nageuse allemande en transit à Buenos Aires et qui décide d\u2019y passer quelques jours pour des raisons qu\u2019elle-même n\u2019arrive pas à définir de façon rationnelle.Lorsque son père apprend cette escale, il quitte le confort de l\u2019Allemagne pour la retrouver vite fait, une apparition qui devient rapidement un aveu.Florian Cossen admet que plusieurs aspects ne sont guère abordés, si ce n\u2019est de manière allusive.«Avant l\u2019écriture du scénario avec Elena [von Saucken, sa «blonde»], nous avions tout précisé mais, à un certain moment, il faut décider ce que tu veux raconter mais aussi ce que tu ne veux pas raconter.Etant Allemand, je n\u2019avais aucune intention de raconter aux Argentins leur histoire.Je voulais décrire ce qui se passe dans la tête de quelqu\u2019un qui découvre ses véritables origines.C\u2019est un thème universel.» Cela explique pourquoi Une chanson en moi n\u2019a rien d\u2019un film historique et ressemble à peine à un brûlot politique.«Je voulais moins mettre la lumière sur les causes de la disparition des parents de Maria qu\u2019axer le film sur le moment présent et raconter l\u2019intrigue d\u2019une manière extrêmement subjective.Sur le plan cinématographique, je ne voulais surtout pas de flash-back de militaires qui entrent dans les maisons.» Toujours avec son bel accent québécois, et quelques mois avant la production de son second long-métrage, une comédie noire tournée en anglais et dans le nord de l\u2019Ontario (on est citoyen du monde ou on ne l\u2019est pas!), Florian Cossen illustre dans ce premier film le fil d\u2019Ariane de sa propre d\u2019existence.«Ce qui m\u2019intéresse depuis longtemps, c\u2019est le thème de l\u2019identité, surtout en tant qu\u2019Allemand ayant passé près de la moitié de sa vie hors de l\u2019Allemagne.À travers ce film, je mets en question l\u2019héritage d\u2019un pays et d\u2019une langue pour quelqu\u2019un qui ne connaît ni l\u2019un ni l\u2019autre.» Collaborateur Le Devoir UNE CHANSON EN MOI Présenté au Cinéma du Parc à partir du vendredi 26 avril, en version originale allemande avec sous-titres français à 19 h 15 et avec sous-titres anglais à 21 h 15.Il n\u2019a rien oublié OBLIVION (V.F.: UOUBLI) Réalisation: Joseph Kosinski.Scénario: Joseph Kosinski, Karl Gajdusek, Michael Arndt.Avec Torn Cruise, Olga Kurylenko, Andrea Riseborough, Morgan Freeman, Melissa Leo.Image: Claudio Miranda.Montage: Richard Francis-Bruce.Musique : Anthony Gonzalez, M.8.3.États-Unis, 2013, 124 min.ANDRÉ LAVOIE Amateurs boulimiques de science-fiction, vous aurez à boire, à manger, et peut-être même à réfléchir devant Oblivion, de Joseph Kosinski.A défaut de renouveler le genre, d\u2019en repousser les limites ou de résister aux clichés, le réalisateur de Tron: Legacy préfère piger dans un gigantesque catalogue de références, démarche assumée d\u2019un bout à l\u2019autre de ce film visuellement éblouissant.Il faut d\u2019ailleurs s\u2019incliner devant le savoir-faire méticuleux du directeur photo, Claudio Miranda, qui a plus d\u2019une fois prouvé à quel point il a bon œil {Life of Pi, The Curious Case of Benjamin Button).En 2077, devant la Terre transformée en vaste champ de ruines, ratissée par des drones d\u2019une blancheur immaculée supervisés par un héros à la mémoire erratique pour éliminer des rebelles du désert, vous pourrez briller dans les salons à énumérer tous les emprunts qui tapissent Oblivion.De WALL-E à Total Recall en passant par Star Wars et Solaris, sans compter le 2001 de Kubrick, il n\u2019en manque pour ainsi dire aucun.Au centre de tout cela, on retrouve l\u2019impérial Torn Cruise, devenu au fil des ans une citation de lui-même, gardien des dernières ressources disponibles pour que les humains puissent s\u2019envoler vers une planète plus hospitalière.C\u2019est du moins la version officielle à laquelle il a adhéré.UNIVERSAL PICTURES Tom Cruise dans Oblivion mais ses visions répétitives et obsessionnelles d\u2019un New York d\u2019une autre époque, la nôtre, lui font douter du but exact de sa mission.Sa rencontre brutale et spectaculaire avec Julia (Olga Kurylenko en beauté diaphane), la femme de ses rêves \u2014 la formule n\u2019a ici rien de métaphorique \u2014, le pousse à défier l\u2019ordre établi, provoquant un chaos destiné à départager les faux alliés des véritables ennemis.Cette magnifique tapisserie futuriste comblera tous les regards, mais sa facture soignée à l\u2019excès ne camoufle jamais un scénario lourd en justifications symboliques, en dialogues livrés à la manière de sermons sentencieux.Ce n\u2019est guère étonnant lorsque l\u2019on traverse l\u2019univers de Torn Cruise, qui se donne ici un rôle d\u2019allure messianique, peu importe qu\u2019il soit en selle sur sa moto ou les mains derrière le volant de son bolide spatial, posture d\u2019une sévérité très étudiée, celle d\u2019un acteur au service de son image bien plus que de son personnage.De là à expédier Oblivion aux oubliettes de l\u2019histoire du cinéma, c\u2019est aller vite en besogne.Le temps s\u2019en chargera, de même que ce tyran nommé box-office, aussi impitoyable que le plus sanguinaire des méchants de science-fiction.Collaborateur Le Devoir Piéger le réel pour faire triompher la fiction DANS LA MAISON Réalisation et scénario: François Ozon, librement adapté de la pièce El chico de la ultima fila de Juan Mayorga.Avec Fabrice Luchini, Érnst Umhauer, Kristin Scott Thomas, Emmanuelle Seigner, Denis Ménochet, Bastien Ughetto, Yolande Moreau.Image: Jérôme Aimeras.Musique: Philippe Rombi.Montage: Laure Gardette.105 min.ODILE TREMBLAY François Ozon signe sans doute son meilleur film depuis dix ans et, tout en adaptant une pièce de théâtre espagnole, un de ses plus personnels.Car ce jeu de miroirs entre réalité et fiction, à la base de toute création, se voit révélé au spectateur par la voix hors champ du deus ex machina et par une joute professeur/étudiant perverse et jouissive qui expose les ressorts du voyeurisme.Ozon, expert à brouiller les frontières sexuelles, s\u2019en donne ici à cœur joie avec Claude (Ernst Umhauer, tout en finesse moqueuse), un personnage au profil angélique pasolinien, à la Teorema, qui manipule et séduit les autres avec une grâce sibylline, autant la famille du camarade de classe sur qui il écrit un feuilleton que l\u2019enseignant à qui il confie chaque jour des feuillets de sa prose.Le cinéaste de Sitcom et de Swimming Pool aime le jeu et montrer ses ficelles.Il s\u2019amuse à égarer le spectateur à travers les méandres de ce fascinant labyrinthe scénaristique, dont la mécanique s\u2019étale sans pudeur.Fabrice Luchini n\u2019est jamais meilleur que tenu en bride.Ozon, qui l\u2019avait dirigé dans Potiche en mari trop moliéresque, le confine cette fois aux demi-tons.Et dans la peau de Germain, prof de français amoureux de Céline et de La Fontaine, désespéré par la nullité ',K EILMS SEVILLE Fabrice Luchini (à gauche) n\u2019est jamais meilleur que tenu en bride.François Ozon le confine aux demi-tons pour Dans la maison.des devoirs qu\u2019il corrige, qui tout à coup découvre une perle, il joue parfois son propre rôle et nage comme un poisson dans l\u2019eau.On voit même percer ses zones de fragilité, gage de ses grands jours.Kristin Scott Thomas, qui joue son épouse à la tête d\u2019une galerie d\u2019art au bord du gouffre financier, apporte une dimension hautement comique et très woody-allenienne à son person- nage snob, intelligent et déjanté.Elle forme avec Luchini un couple en feu d\u2019étincelles, pivot qui s\u2019oppose à celui de Germain avec son élève.L\u2019art contemporain est l\u2019objet de savoureuses moqueries, avec en sus le dédoublement de Yolande Moreau en jumelles propriétaires de vaudeville.Quant à la famille Rapha, dont la demeure petite-bourgeoise est l\u2019inspiration de l\u2019ap- prenti écrivain de 16 ans, elle se révèle ici un personnage à part entière ouvrant sur l\u2019intimité de la famille, thème cher à Ozon.Il s\u2019agit presque d\u2019une maison de poupée, du moins filmée comme telle, frontale-ment, avec le banc du voyeur, puis violée de l\u2019intérieur en affolant ses habitants, dont la mère de famille, dite «femme de la classe moyenne» (Emmanuelle Seigner, subtile figure de l\u2019ennui domestique).L\u2019école se voit au contraire saisie comme une ruche peuplée d\u2019abeilles sans cervelles et l\u2019appartement de Germain et de sa femme, comme un rempart contre la bêtise.Ozon adapte pour chaque lieu ses rythmes et les pinceaux de ses couleurs.Et pièges et manipulations se referment sur une mise en scène sophistiquée qui entremêle les fils de la réalité et de la fiction de façon de plus en plus échevelée, troublant le spectateur dans ce théâtre d\u2019illusions où la littérature, en ricanant, prend son pied.Le Devoir EXC3NTRIS DANS LA MAISON FRANÇOIS OZON, 105 MIN - V.O.FRANÇAISE S.-T.A.soupesoup UN NOUVEAU COMPTOIR [\t^\t^ SOUPESOUP À EXCENTRIS i\tTOUS LESJOURS! BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: AU-DELA DES PINS (THE PLACE BEYOND THE PINES) DEREK CIANFRANCE FIGURE D\u2019ARMEN MARLENE EDOYAN\tEN ATTENTE DE VISA LE TRIOMPHE DU MUR BILL STONE\tEN ATTENTE DE VISA NO PABLO LARRAIN\tBi'l À CONTRE-COURANT LISASFRISO\tEN ATTENTE DE VISA LEVIATHAN LUCIEN CASTAING-TAYLOR ET VERENA PARAVEL\tH*l ERNEST ETCÉLESTINE DIMANCHE À11H DÈS 3 ANS\tÆ CINÉ-CLUB-CAMION RAFAEL OUELLET - JEUDI 25 AVRIL À13H -\t http://cinemaexcentris.com "]
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