Le devoir, 13 avril 2013, Cahier E
[" U /^\u2019 T Traits de génies d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui au MBAM Page E 3 'T '&\t\u2018S 1; >,^1^ Kent Nagano: retour sur un succès qui dérange Page E 9 CULTDEE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 PHOTOS SEVILLE Kristin Scott Thomas (l\u2019épouse) et Fabrice Luchini (prof de français).Ci-dessous, Ernst Umhauer (l\u2019étudiant et feuilletoniste surdoué), en compagnie de son professeur.Dans la maison aborde le choc du réel et de la création, avec le triomphe de cette dernière I ODILE à Paris TREMBLAY On ne présente pas le cinéaste François Ozon, un des phares français de la nouvelle Nouvelle Vague.Depuis son premier long-métrage Sitcom en 1998, aux couleurs pasoli-niennes à la Teorema (un rat blanc faisait basculer les destins familiaux), il a fait montre d\u2019une audace, d\u2019un éclectisme, d\u2019un art de jongler avec les dimensions, tâtant du merveilleux et du grotesque, osant les anges et les fantômes.Avec Dans la maison, autobiographie fantasmée, François Ozon nous entraîne à travers le regard de Claude, un jeune garçon, qui agit comme révélateur pour ceux qui croisent sa vie, façon Teorema là François Ozon aussi.En espionnant puis en pénétrant dans l\u2019intimité familiale d\u2019un de ses camarades d\u2019école, le jeune Raffa, il en écrit le feuilleton quotidien, lu par un enseignant qui participe à cette vie de famille par ricochet et le pousse à en dévier le cours.Mise en abyme, donc.Le cinéaste de 45 ans est une vieille âme, doublée d\u2019un esprit cartésien qui décortique ses intentions, prépare minutieusement ses plans, ses climats.Il est précis à l\u2019heure d\u2019en témoigner, s\u2019avoue espion voyeur dans son rôle d\u2019écrivain.Son œil est un œil de mouche, aux mille facettes.Son envoûtant Sous le sable en 2001, avec regard profond sur le deuil et le vieillissement, ses ludiques et complexes 8 femmes et Potiche, l\u2019ont entraîné à tous les confins.Il aime faire basculer l\u2019esprit de la narration, ériger des barrages en laissant dévier les cours d\u2019eau de ses histoires.Le temps qui reste, en 2005, abordait la mort sur fond de mélancolie, 5X2, en 2004, la géographie d\u2019une vie de couple.Les rapports humains, oui, mais hors du cliché.Dés 2000, Gouttes d\u2019eau sur pierres brûlantes faisait exploser les cadres des rôles sexuels.Porte ouverte sur la création Pour Dans la maison, «tout a commencé par une pièce de théâtre espagnole, explique François Ozon.Un ami m\u2019avait invité à y assister.Or cette pièce semblait m\u2019être destinée.» Il s\u2019agissait du Garçon du dernier rang de Juan Mayorga.Le cinéaste y a vu une passionnante joute entre un professeur et son éléve, avec rôles alternés et porte ouverte sur le processus créatif en pur vertige.« Un prof est-il un héros civil?Grave question.Certains font face à la violence, mais j\u2019aimais mieux montrer un enseignant dépressif, qui a perdu la flamme et découvre ce jeune garçon doué et manipulateur, capable de réveiller ses ardeurs assoupies.Je voulais établir un lien dans les deux sens.On a trop tendance à montrer le prof en haut et l\u2019élève en bas.Ici, ils sont à égalité.» Les parents de François Ozon étaient des enseignants.«Je n\u2019ai pas aimé l\u2019école avant de commencer mes cours de cinéma, mais je connais le quotidien du métier, les devoirs à corriger, les favoritismes.» Le cinéaste goûte les jeux de miroir et de ping-pong, les points de vue qui basculent.Dans la maison met en scène Fabrice Luchini (en Germain, prof de français), le jeune Ernst Umhauer (en (Jlaude, étudiant et feuilletoniste surdoué), Kristin Scott Thomas, en épouse qui tient une galerie d\u2019art, etc.« Comme scénariste, fai l\u2019oc- casion et la chance d\u2019aborder mon propre travail, dit-il.Je l\u2019avais déjà fait avec Swimming Pool.[Il traitait alors d\u2019une femme écrivain, à la plume perturbée par une jeune fille fantasque].Dans la maison constitue avant tout une œuvre sur la création.Il est important pour un artiste dlnterroger la frontière entre réalité et fiction.Je suis à la fois proche de Germain et de Claude.Chaque événement devient ici possibilité de fiction.D\u2019ailleurs, on ne peut pas faire confiance au narrateur.Au début, les contrastes entre réalité et fiction sont plus clairs.Ensuite, ils se brouillent.Ma mise en scène devait se transformer en conséquence.C\u2019est elle qui porte la réalité.» Conscience fantomatique Ozon a mis la pièce à sa main, surtout à l\u2019heure du dénouement, complètement modifié, VOIR PAGE E 4 : OZON PEROU ROYAUMES DU SOLEIL ET DE LA LUME Avril est caliente au MBAM avec LatinArte ! Les mercredis soirs, visitez l'exposition à 1/2 prix et imprégnez-vous de la culture péruvienne à travers la musique et la danse.Tous les détails et plus d'activités sur mbam.qc.ca/perou MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Une présentation de S Banque Scotia\" BARRICK (C prom Une exposition conçue, produite et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal.Mochica, côte nord, peut-être La Mina, Ornement frontal en forme de tête de félin et tentacules de pieuvre se terminant en têtes de poisson-chat (détail), 100-800 apr.J.-C.Lima, Museo de la Naciôn.Photo Daniel Giannoni E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 201 CULTURE Nelly, sous la morsure du serpent Odile Tremblay Le titre d\u2019une biographie de Henry Scott-Stokes, Mort et vie de Mishima, m\u2019avait frappée en 1985 par son terrible pouvoir évocateur.Le suicide par seppuku (hara-kiri) le 25 novembre 1970 du célèbre écrivain japonais, presque en direct à la télé nippone, avait tant marqué les esprits qu\u2019il faisait écran à l\u2019œuvre et à la vie de Yu-kio Mishima, pâlies sous l\u2019ombre du sabre.D\u2019où le titre de la bio, démarrant sur cette mort à la samouraï, pour remonter ensuite le cours de l\u2019existence et de la création de l\u2019auteur de Confession d\u2019un masque.L\u2019œuvre et la vie de l\u2019auteur japonais, réactionnaire exalté, poète endeuillé par la médiocrité du monde, étaient liées à la guerre, à l\u2019atomisation d\u2019Hiroshima et de Nagasaki, à son pays aux codes millénaires de douleurs sacrificielles et de hiérarchies sacrées, brisées par la reddition de l\u2019empereur en 1945.Sous tous les deux, on le voit bien, une mort volontaire d\u2019artiste enveloppe celui-ci d\u2019une aura trouble venue colorer tout son héritage.Difficile d\u2019éviter ce piège-là.Tout y pousse.Chez nous, après l\u2019étonnant seppuku de Dédé Fortin, on n\u2019écoutait plus ses chansons de la même manière, y cherchant, et y trouvant, des accents crépusculaires prémonitoires, presque du sang séché collé aux rimes.Les racines québécoises sont plus fragiles que celles du Japon, mais nos artistes témoignent d\u2019elles sans arrêt, au point parfois de s\u2019immoler aussi sur leur héritage social mal digéré.Mort et vie de Nelly Arcan.On pourrait titrer de la même manière une bio de cette tragédienne québécoise.La romancière de Putain et de Folky suffoquant sous le mal de vivre d\u2019une féminité affolée, pendue en 2009, fascine la galerie davantage par les péripéties de sa vie et de son suicide que par une œuvre qu\u2019on aurait intérêt à mieux revisiter.Car ses livres volent au-dessus des clichés posés sur elle, plus révélateurs, autrement inspirés.A Nelly le grand plongeon dans la psyché féminine.Toute tragédie doit être poussée à ses dernières extrémités pour trouver sa portée.Elle aura écrit à sa manière, celle des femmes, à coups de sexualité spectacle, de corps instrumentalisés pour mieux les offrir en sacrifice.Objet pour autrui, poupée cassée, femme hurlante et voilée sous sa beauté entretenue, son sexe longtemps livré aux clients contre argent sonnant.Morte vraiment, Nelly Arcan, alias Isabelle Fortier?Elle revit et revivra longtemps par sa parole qui porte.Anne Emond (derrière Nuit # ï) planche sur un scénario de film consacré à l\u2019écrivaine, déposé auprès des institutions l\u2019an prochain.Et puis.Et puis, jusqu\u2019au 4 mai, le théâtre lui donne ce merveilleux coup de chapeau, à l\u2019Espace Go, en plusieurs femmes (six actrices, une danseuse) et autant de chambres d\u2019un hôtel de passe.Un peu comme Albertine en cinq temps, cette Nelly en sept voix, en sept costumes, en sept cubi-cules, en sept visages, lance un unique hurlement en écho répercuté.L\u2019Espace Go demeure l\u2019un des seuls lieux culturels de Montréal où la parole des femmes, les regards posés sur elles demeurent sacralisés, sans préjugés, sans paternalisme ni ricane- SIBYLLINES THEATRE DE CREATION LEE mTELIEFE JEî-ir^ EFILLî-irU EEl, FiJE FOEE-DE-LIMm M ont r e 31 * Me+ r o Lione1-Gr ou1\t* Eli letter le î-irticulee 514 E44.Ei\u2018' e 1 by 111 nee.c or i PHOTOGRAPHIE ANGELO BARSETTI + DESIGN STUDIO T BONE ESPACE GO I MUU' DU 9 AVRIL AU 4 MAI 2\t0\t1\t3 Ai ¦\t, IDÉATION 8\\ N E LLY ¦\t¦ DEVELOPPEMENT ARCAN\tSOPHIE CADIEUX ADAPTATION & MISE EN SCENE MARIE BRASSARD LA JR AVE(\\ CHRISTINE BEAULIEU SOPHIE CADIEUX \\\tMONIACHOKRI EVELYNE DE LA CHENELIÈRE JOHANNE HABERLIN JULIE LE BRETON ANNETHÉRIAULT UNE PRODUCTION D\u2019ESPACE GO DE CE OUE JE PENSE THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE : 514 845-4890 ESPACEGO.COM DE RETOUR À LA DEMANDE GÉNÉRALE « Une incroyable poesie II me vient tant de mots pour parler de cette experience (\t) On est stupéfait par le propos et abasourdi par la performance de Sebastien Ricard » Melanye Boissonnault Radio Canada « C est la un tour de force (\t) C est un grand grand moment de theatre » Christian Saint Pierre Tele Quebec 15.riu 1 x .1\tauarix 10s +\u2019 or^x DE BERNRRD-MRRIE KOLTE EBRSTIEN RICRR IS EN SCENE PRR BRIGITTE HRENTJEN iNE PRODUCTION DE SIBYLLINES .\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 A COMPTER DU 23 AVRIL 2813 CAROLINE LABERGE Sophie Cadieux dans La fureur de ce que je pense à UEspace Go.ments machos.On y respire.Nelly Arcan devrait s\u2019y plaire.On félicite Sophie Cadieux, artiste en résidence à l\u2019Espace Go, d\u2019avoir porté à bout de bras ce spectacle arcanien, La fureur de ce que je pense, comme Marie Brassard pour l\u2019avoir mis en scène.Les actrices aussi, facettes d\u2019une même femme aspirée par le vide, noyée comme Narcisse dans son reflet brillant sur les eaux de sa névrose.L\u2019intimité de la blonde iconique revit ici à travers des choix de textes très judicieux, loin de la quête des passages sulfureux, cherchant plutôt à éclairer ses démons venus de sa so- ciété et de sa famille.Le mépris de son propre sexe venait de loin : de ses parents qui attendaient un garçon, de sa sœur morte un an avant sa naissance, du catholicisme étroit de son éducation, si sexiste.Ses mutineries littéraires rappellent étrangement \u2014 sans considération de qualité \u2014 les accents révoltés d\u2019Anne Hébert dans Le torrent, cinquante ans plus tôt.Même métaphore de la plus terrible dépossession.Tout semble avoir changé chez nous entre ces deux prises de parole féminine.Pas si simple, pas partout! Et voyez l\u2019inconscient collectif tramer toujours son vieux baluchon.Nelly Arcan a porté le fardeau de son corps comme une croix en plusieurs stations.D\u2019autant plus collée à l\u2019imagerie chrétienne que cette romancière née en 1973 fut bizarrement enfantée, après l\u2019heure, par un Québec de la Grande Noirceur.Anachronisme?Oui et non.Née hors des grands centres, là où les traditions vivent plus longtemps qu\u2019en ville, à Lac-Mégantic, au sein d\u2019une famille très catholique, c\u2019est la peur de l\u2019enfer et le mépris de la sexualité brandis par le père qui ont fêlé son miroir, autant que la pression millénaire pour museler les femmes.Tant de facteurs sont à l\u2019origine de ses cris et du dernier silence.Des extraits de son autofiction Putain, publié en 2001, sont parmi d\u2019autres incarnés sur scène.Et arrachés au roman, ils mettent en pleine lumière, au chapitre des blessures incurables, celles des grandes peurs liées aux enseignements religieux en outils menaçants.On a l\u2019impression de voir soudain Nelly Arcan déchirer son masque de modernité, pour porter à son tour les castrations, les excisions de notre histoire ancienne, jamais guéries.«Mais papa, ai-je demandé [à l\u2019écoute du récit biblique de Sodome et Gomorrhe], est-ce que je serai changée en statue de sel à mon tour, est-ce que Dieu me mettra aussi à l\u2019épreuve?» «Je ne le sais pas, ma fille, mais tu dois rester gentille et demander pardon, toujours, pardon à ceux que tu auras offensés, pardon pour avoir menti, volé, tué, pardon pour avoir en toi une tache indélébile, la morsure du serpent.» Expiant plus tard les legs du passé, à corps perdu.Elle en avait vraiment long à dire, Nelly.otremblay@ledevoir.com SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE UNE FAMILLE DES JUMEAUX QUI REVENT DE DEFUSION UN CHIEN UN SECRET COMME UNE BOMBE À RETARDEMENT Ce samedi il pleuvait Foj dation Cole 1 MX xXXXn xXXXn Avec MAXIME DAVID, SEBASTIEN DAVID, ALEXANDRE FORTIN et MARIE-ÈVE MILOT Texte ANNICK LEFEBVRE Mise en scène MARC BEAUPRÉ Une production Le Crachoir JUSQU'AU 27 AVRIL 2013 AUX2ËCURIES 514 328-7437 7285 rue Chabot Montreal ® Fabre auxecuries.com Québec ! LE DEVOIR TEXTE : : DAVID PAQUET ® X 8 g\u201c * 8 *xx* x8x ^xxxxxxi XXXXX ^XXXm *\"x w \u2019xxn «fw MISE EN SCENE ET DRAMATURGIE : BENOÎT VERMEULEN ^transat avec: CATHERINE LAROCHELLE, CATHERINE LE GRE5LEY ET JONATHAN MORIER CONCEPTEURS Julie Vallee-Leger, Larsen Lupin, Alexandre Pilon-Guay iDu 16 au 20 avril |6 représentations seulement! 4559, avenue Papineau, Montréal billetterie 514 523-2246 theatrelalicorne.com «théâtre*\tf le clou! Présente en collaboration avec la Financière Sun Life Québec Ê y LE DEVOIR LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 E 3 CULTURE.EXPOSITION ' r '?¦ r JM xuwi 1 DON DE ROY LACAUD HEENAN AU MBAM PHOTO: MBAM Betty Goodwin, Black Arms, 1985.Pastel, huile, fusain.George Segal, Sophie VI, 1996 Pastel, fusain.© THE GEORGE AND HELEN SEGAL EOUNDATION / SODRAC (2013) PHOTO: MBAM, BRIAN MERRETT Traits de génies Le MBAM met en lumière les pièces clés de sa collection de dessins québécois, canadiens et étrangers ISABELLE PARE Le crayon prend du galon.Longtemps considéré comme un embryon d\u2019oeuvre, un geste préparatoire, l\u2019esquisse d\u2019un projet en devenir, le dessin aspire de nouveau au titre d\u2019oeuvre aboutie.De plus en plus d\u2019artistes contemporains explorent les mille et une formes du trait de crayon, renouant avec la spontanéité de la ligne, l\u2019extrême dépouillement du geste tracé à la mine, au fusain ou à l\u2019encre.Avec Le printemps du dessin, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) tend l\u2019oreille au regain d\u2019intérêt porté par le milieu de l\u2019art à ces traits de génie, griffonnés ou brossés par les artistes actuels.Attentif aux mêmes échos, le Minneapolis Art Museum propose lui aussi jusqu\u2019en juin l\u2019exposition Graphite, un coup de coeur absolu pour les différentes déclinaisons de ce matériau utilisé depuis les Grecs pour tracer et écrire.Au Connecticut, l\u2019Aldrich Com-temporary Art Museum déploie lui aussi pour six mois Extreme Drawing, un plongeon dans le monde du dessin, explorant autant l\u2019oeuvre crayonnée au populaire stylo-bille que des installations complexes inspirées par la trace, la ligne, le gribouillis.«Il y a un regain d\u2019intérêt pour le dessin et bon nombre d\u2019artistes l\u2019utilisent comme outil artistique premier.Il y a aussi un regain d\u2019intérêt chez les collectionneurs.Si des musées consacrent des expositions d\u2019envergure à ce sujet, c\u2019est le signe qu\u2019il y a une reconsidération de l\u2019importance accordée à cette forme», estime Stéphane Aquin, conservateur de l\u2019art contemporain au MBAM.Un printemps en trois temps C\u2019est dans ce contexte que s\u2019ouvre à Montréal Le printemps du dessin, trois expositions survolant sur cinq siècles l\u2019évolution du dessin dans l\u2019art, depuis les fusains, crayons gras et autres lavis choyés par les maîtres anciens jusqu\u2019aux explorations récentes de créateurs contemporains.Remontant aux sources de cet art du croquis, ce printemps s\u2019ouvre d\u2019abord ; ©?- ' .VA COLLECTION PARTICULIÈRE PHOTO: MBAM, CHRISTINE GUEST Giovanni Battista Tiepolo, Tête de jeune homme s.d.Sanguine avec rehauts de hlanc.sur Mains de maître, un échantillon unique de 70 dessins de maîtres, tirés de la plus importante collection privée au Canada.Prêté par un collectionneur montréalais anonyme, l\u2019incroyable ensemble réunit des esquisses de la Renaissance et du Baroque italiens signées notamment par les Tiepolo, Le Bernin et Piranèse qui tracent, à la sanguine, au fusain ou à l\u2019encre, paysages, compositions et personnages.On y retrouve aussi des pièces choisies de Fragonard, de De la Fosse, de Boucher et d\u2019artistes des écoles flamandes, hollandaises et anglaises, dont un délicat paysage de Jan Brueghel l\u2019Ancien (1568-1625).A cet ancien écho des maîtres du crayon, le Carré d\u2019art contemporain répond avec Dans ces dessins mes mains rêvent., un concentré d\u2019oeuvres récentes qui illustrent, le plus souvent noir sur blanc, la richesse du langage exploité par le dessin dans l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui, un langage polymorphe qui embrasse autant la forme classique du croquis que la performance spontanée ou rinstallation.«C\u2019est un regroupement qui met en scène le geste, l\u2019instantanéité et la connexion première avec l\u2019œuvre», explique le conservateur, qui fait se côtoyer pour l\u2019occasion des oeuvres de Joan Mitchell, de Mark Tansey, de Robert Longo, de Torn Wesselman, d\u2019Alice Aycock et de 25 autres artistes.Ce crayon contemporain revisite le portrait, notamment dans la tignasse ébouriffée de Sophie, vue par la loupe déformante de George Segal, dans les silhouettes fantomatiques de Betty Goodwin, dans le geste performatif de Joan Jouas, immortalisé dans Double Lunar Dogs, ou encore dans un fusain furtif réalisé par Joan Mitchell pour Jean-Paul Riopelle.Autant d\u2019oeuvres tirées de la collection d\u2019art graphique du MBAM comptant quelque 10 000 pièces.Le paysage esquissé se présente dans cette salle sous divers traits modernes, dont ceux, hyperréalistes, de Marc Tansey, dans l\u2019étude réalisée pour Action Painting II, ou architecturaux, dans les plans tracés par Christo lors de la réalisation du projet d\u2019empaquetage du pont Neuf (1985).Le dessin se fait presque documentaire dans le croquis d\u2019un essai d\u2019explosion atomique, immortalisé par la mine charbonneuse de Robert Longo.Trônant au coeur de ce carré, le dessin devient installation aérienne dans Délices terrestres d\u2019Ed Pieu, monumentale lanterne de papier japonais porteuse d\u2019Adam et Eve, griffonnés à l\u2019encre de Chine.Un dernier volet de ce regard printanier sur le dessin rend lui aussi hommage au croquis, cette fois dans De Schaungauer à Picasso, une cinquantaine d\u2019oeuvres puisées dans la collection d\u2019estampes européennes du musée, du XV® siècle jusqu\u2019au milieu du XX® siècle.Ce troisième arrêt complète ce voyage toutes époques confondues à travers l\u2019histoire du dessin, qui persiste et signe même à l\u2019ère des pixels et des bombes aérosols.Le Devoir PRINTEMPS DU DESSIN Trois expositions au Musée des beaux-arts de Montréal.De main de maître et Dans ces mains mes mains rêvent.sont présentées jusqu\u2019au 30 juin 2013.De Schongauer à Picasso, jusqu\u2019au 25 août 2013.DVoir aussi > Une galerie photo de dessins choisis parmi la collection du MBAM.ledevoir.com/culture/artsvisuels PHOTO MBAM.CHRISTINE GUEST Charles-Joseph Natoire, Pielà aux anges.«Il y a un regain d\u2019intérêt pour le dessin et bon nombre d\u2019artistes l\u2019utilisent comme outil artistique premier», estime Stéphane Aquin, conservateur de l\u2019art contemporain au MBAM 1751-1757.Pierre noire et lavis.f JMMIBUS 1H corps H théâtre 1^ Ü'KPRES HENRY VI (1^ 2*\u2019 ET 3^ PARTIES) DE WILLIAM SHAKESPEARE ADAPTATION, TRADUCTION ET MISE EN SCÈNE Jean Asselin BlLLEnEWE DISTRIBUTION Paul Ahmarani, Pascal Contamine, Marie Lefebvre, Sylvie Moreau, Bryan Morneau, Gaétan Nadeau, Maxime René de Cotret,Anne Sabourin COSTUMES Judy Jonker LUMIÈRES Mathieu Mardi ENVIRONNEMENT SONORE Éric Forget ™imeomnibus.qc.omnibus E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 CULTURE»JAZZ Le bines cristallin de Dnke Robillard Independently Blue propose un je-ne-sais-quoi d\u2019intemporel qui vieillira fort bien STONY PLAIN Duke Robillard est le petit-fils de fi'ancophones ayant émigré aux Etats dans les années 30 pour joindre les deux bouts.SERGE TRUEEAUT Cela faisait une paye, et une grosse, une corsée, qu\u2019un album de blues n\u2019avait régalé l\u2019assemblée des honnêtes citoyens tétanisés par la crise.Oui, oui, il y avait matière à tracer la diagonale écono-blues, car, comme chacun sait, les cycles du blues collent à ceux du chômage et vice-versa.Bon.Cela souligné, on donne la langue au petit chat?Le disque dont il est question aujourd\u2019hui s\u2019intitule Independently Blue, par l\u2019au^ste, le saint-bernard, le guitariste aux 24 doigts, pas un de plus, pas un de moins.On parle évidemment de Duke Robillard, petit-fds de «francos» ayant émigré aux Etats dans les années 1930 pour pouvoir joindre les deux bouts qu\u2019ils n\u2019arrivaient plus à joindre de ce côté-ci.Cet aspect de son histoire oblige, dans le bon sens du terme, un rappel avant qu\u2019on ne décline les belles et joyeuses saillies musicales de son nouvel a\" Hydro Québec GRAND PARTENAIRE /IBONIEZWU5 TMVUQÇmA LES AIGUILLES^ L\u2019OPIUM cg/RAN AŒERnNE-ENa LE MURMUrâE DUO l£ BALCON lEMPS Eucor Théâtre du Nouveau NIonde ROBERT LEPAGE / EX MACHINA EDMOND ROSTAND / SERGE DENONCOURT MICHEL TREMBLAY / LORRAINE PINTAL SÉBASTIEN SOLDEVILA -L SHANA CARROLL LES 7 DOIGTS DE LA MAIN JEAN GENET / RENÉ RICHARD CYR OLIVIER KEMEID MICHEL LEMIEUX -L VICTOR PILON / 4D ART ETRE ABONNE, UN PRIVILEGE! TNM.QC.CA 514.866.8668 Q O O JUSQU\u2019A 20o/o DE RÉDUCTION l'équivalent d'un spectacle gratuit LES MEILLEURES PLACES MODIFICATION DES DATES DE SPECTACLES À 24 H D\u2019AVIS STATIONNEMENT À DEUX PAS ET À PETITS FRAIS Opus.Mais encore?En 1967, le guitariste né à Rochester au Rhode Island avait fondé le Roomful of Blues, qui tourne encore et toujours.Et alors?Les noms, les propres, des membres présents et anciens sont les suivants : Bataille, Dufresne, Vachon et autres fils de francos de la génération des Kerouac qui sont partis travailler, surtout dans les qsines de textile, dans les Etats de la Nouvelle-Angle-terre.C\u2019est dit.Cette production a ceci de très, très recommandable qu\u2019elle est le fait d\u2019un groupe parvenu à une certaine perfection.Rarement ses musiciens ont-ils joué de façon aussi serrée, de manière aussi convaincante.De façon aussi personnelle, de manière aussi simple.Le pianiste Bruce Bears, le bassiste Brad Hallen et le batteur Mark Teixeira ont ceci qui les range dans la catégorie des virtuoses authentiques : ils n\u2019en rajoutent jamais.Histoire d\u2019ajouter de l\u2019épaisseur, Robillard a invité l\u2019excellent et bien nommé Monster Mike Welch.Nos deux bonshommes déploient un jeu aussi délicieux que le fut celui de Jimmy Reed, de T-Bone Walker, de Hubert Sumlin.Autrement dit, ils ne se pressent jamais.Le programme ?Là également, Robillard se démarque de la grande majorité de ses confrères en déclinant des originaux, dont trois instrumentaux.La plupart des pièces ont été écrites par son ami le cor-nettiste et poète Al Basile, d\u2019au- tres par Welch ou par Robillard.Publié par l\u2019étiquette alber-taine Stony Plain, Independently Blue propose un je-ne-sais-quoi d\u2019intemporel.11 vieillira fort bien.C\u2019est garanti sur mesure.Ce soir, le Diese Onze propose une belle affiche : Yannick Rieu au saxophone ténor, le vétéran Guy Boisvert à la contrebasse et le tout aussi vétéran John Lraboni à la batterie.De l\u2019affiche, on disait qu\u2019elle était comme on l\u2019a dit parce qu\u2019il y a deux ans maintenant, Rieu avait enregistré live à Paris un disque magnifique.Un disque à trois.Au Upstairs, le saxophoniste alto Dave Turner sera flanqué de ses étudiants qu\u2019il juge très prometteurs, soit Julien Standford à la guitare, Samuel Rémillard à la contrebasse et Lilian Wu à la batterie.Le programme?Une combinaison de pièces originales et de standards.En couverture du dernier Down Beat, la pianiste japonaise Hiromi, qui évidemment est le sujet d\u2019un long article.Plus passionnant est l\u2019article consacré au virtuose du vibraphone Bobby Hutcherson.Le trompettiste Paolo Lresu et le contrebassiste Michale Lormanek sont également au sommaire.Le Devoir 1' FRANÇOIS LO PRESTI AGENCE FRANCE-PRESSE À 45 ans, François Ozon est une vieille âme, doublée d\u2019un esprit cartésien qui décortique ses intentions.OZON SUITE DE LA PAGE E 1 découvrant des horizons fic-tionnels.«Lorsqu\u2019on fait une adaptation à partir de huis clos, tout s\u2019ouvre aussi.Au théâtre, les lieux s\u2019entremêlent, alors que le film crée des cadres précis: l\u2019école, la galerie d\u2019art, la maison des Raffa.» 11 a emprunté à Bergman et à Woody Allen ce procédé qui consiste à matérialiser le prof comme une conscience fantomatique dans les réalités réelles ou fan-tasmées par l\u2019élève.Dans plusieurs films, Lu-chini cabotine.«Il n\u2019a pas été assez bien dirigé ailleurs, estime Ozon, qui l\u2019avait mis en scène dans Potiche.Il faut l\u2019encadrer, même s\u2019il se révèle très discipliné en fin de compte.Mais lui donner un rôle d\u2019enseignant relevait de l\u2019évidence et lui permettait d\u2019aborder son amour de la littérature.Les tirades sur Flaubert, La Fontaine sont inspirées de lui.En outre, favais envie depuis longtemps de travailler avec Kristin Scott Thomas.L\u2019accent anglais, c\u2019est si sexy pour une femme.Et puis, les actrices anglaises \u2014 il l\u2019avait compris auprès de Charlotte Rampling \u2014 ne pensent pas qu\u2019à leur beauté.Kristin a beaucoup d\u2019humour, possède un background en théâtre comme Eabrice, et la chimie de couple entre eux a tout de suite fonctionné, comme entre Emmanuelle Seigner et Denis Mé-nochet dans la peau des parents Raffa.» Lejeune ErnstUmhauer (lauréat pour ce rôle du prix Lumière du meilleur espoir masculin) s\u2019est carrément imposé pour le personnage de Claude.«J\u2019avais rencontré plusieurs garçons de 16 ans, trop enfantins, et ça n\u2019allait pas.Ernst avait 21 ans mais en paraissait 15 ou 16.Du coup, il pouvait donner la réplique à Eabrice.» Ozon est déjà ailleurs.Son film Jeune et jolie, sur la sexualité d\u2019une adolescente, nouvelle adaptation d\u2019une pièce de Juan Mayorga, avec Marine Vacth, Géraldine Pailhas et Charlotte Rampling, sera bientôt en salle.Le Devoir Cette entrevue a été effectuée à Paris dans le cadre des Rendez-vous d\u2019Unifrance. LE DEVOIR LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 E 5 CULTURE'THEATRE La vengeance en guise d\u2019héritage Louis-Karl Tremblay entraîne les Atrides entre les murs de l\u2019église Saint-Jean-Baptiste à Montréal É ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019ambitieux projet de Louis-Karl Tremblay dure 3 heures 30 ; la représentation est composée de cinq épisodes et d\u2019un épilogue.CHRISTIAN SAINT-PIERRE Après avoir monté Les Troyennes revues et corrigées par Sartre au Bain Saint-Michel et fait un détour du côté du Prospero pour s\u2019approprier un texte de Gombrowicz, Yvonne, princesse de Bourgogne, le jeune Louis-Karl Tremblay s\u2019attaque à une pièce de résistance.Avec Les Atrides, un spectacle inspiré des écrits d\u2019Eschyle, Euripide, Sénèque et Sophocle, le directeur du Théâtre Point d\u2019orbe, amateur de grandes distributions et de projets ambitieux, s\u2019apprête à déployer, entre les murs de l\u2019imposante église Saint-Jean-Baptiste, une saga familiale où la vengeance se perpétue sur plus de trois générations.«J\u2019aime Vidée de me faire les dents sur des oeuvres costaudes, avoue celui qui a reçu son diplôme de l\u2019Ecole supérieure de théâtre de l\u2019UQAM en 2008.Pour savoir où on s\u2019en va, c\u2019est fondamental de savoir d\u2019où on vient.Si je m\u2019intéresse à la tragédie grecque, c\u2019est pour des raisons historiques et dra-maturgiques.C\u2019est une source inépuisable.On n\u2019en sortira jamais et c\u2019est très bien comme ça.Mais ce sont surtout les thèmes qui me passionnent, des enjeux que je considère comme actuels, contemporains.Même si je n\u2019aime pas particulièrement ce mot, je dirais qu\u2019il y a dans ce théâtre une intemporalité avec laquelle je souhaite ardemment communier.» On ne choisit pas sa famille C\u2019est en creusant le,s personnages d\u2019Oreste et d\u2019Electre pour une autre création que le metteur en scène a découvert l\u2019ampleur et la complexité de l\u2019arbre généalogique des Atrides.«Je me suis rendu compte que, ce qui explique que le frère et la sœur sont si torturés, en tout cas en bonne partie, c\u2019est ce qu\u2019ils ont reçu en héritage, ce que leurs ancêtres leur ont légué.Ce sont des questions que je trouve captivantes.Qu\u2019est-ce qui me vient de ma mère ?Qu\u2019est-ce qui me vient de mon père?Qu\u2019est-ce qui m\u2019appartient en propre?Qui suis-je intrinsèquement?» Depuis 2010, c\u2019est-à-dire depuis qu\u2019il a réalisé que la question du legs était au cœur du cycle des Atrides, Louis-Karl Tremblay souhaite raconter l\u2019histoire de cette famille que l\u2019on qualifierait aujourd\u2019hui de dysfonctionnelle, «une lignée portée par un enchaînement de crimes barbares issus d\u2019une soif de pouvoir et commis au nom de la justice».«Il y a partout dans l\u2019actualité des échos de ces pièces écrites au V'- siècle avant Jésus-Christ, fait remarquer le metteur en scène.Des crimes d\u2019honneur jusqu\u2019aux abus de pouvoir de nos gouvernements.Le sacrifice d\u2019Iphigénie n\u2019est pas si loin de celui des trois sœurs Shafia, assassinées en Ontario parce qu\u2019elles déshonoraient leur père en fréquentant des garçons et en portant des jupes courtes et des chandails décolletés.Qui en aurait voulu à Isabelle Gaston de tuer Guy Turcotte, autrement dit de s\u2019inspirer de Clytemnestre pour vey\\ger la mort de ses enfants ?» À qui appartiennent le pou- a.Qui en aurait voulu à Isabelle Gaston de tuer Guy Turcotte, autrement dit de s\u2019inspirer de Clytemnestre pour venger la mort de ses enfants?)) Louis-Karl Tremblay f JEREMIE BATTAGLIA Emilie Cormier et Benoît Drouin-Germain, 2 des 26 comédiens sur scène dans la pièce Les Atrides.voir, le pardon et la justice?Aux dirigeants ?Au peuple ?À Dieu?Voilà les questions qui traversent les aventures sanguinolentes des Atrides tout autant qu\u2019elles sont au cœur de notre époque trouble.Quels individus et quelles idéologies président vraiment à nos luttes intimes et sociales ?«Je considère un peu les personnages comme nos contemporains, révèle le metteur en scène.Ce qui ne veut pas dire que je donne dans l\u2019actualisation à tout prix.Rassurez-vous, vous ne verrez pas apparaître des soldats américains.Tout ce que je souhaite, c\u2019est enlever la couche de poussière qui recouvre souvent les protagonistes, éliminer la distance qui pourrait exister entre eux et nous.Le lieu apporte déjà un caractère sacré à la représentation.On n\u2019a pas besoin d\u2019en ajouter.Ça nous permet d\u2019aller ailleurs en ce qui concerne le jeu.» Épouser la démesure L\u2019adaptation, que le metteur en scène signe avec le comédien et auteur Mathieu Leroux, donne lieu à une représentation en cinq épisodes et un épilogue.Amateur de téléséries historiques comme Les Tudors ou Rome, Tremblay promet que pas une seule réplique de ses Atrides n\u2019est superflue et que les 3 heures 30 que dure l\u2019aventure passent sans qu on s en aperçoive.Aux quatre coins d\u2019une église monumentale et au son d\u2019un orgue dont Michel Smith jouera en direct, le spectateur marchera dans les traces des protagonistes et des choreutes incarnés par 26 comédiens au nombre desquels figurent notamment Erédéric Blanchette, Véronique Pascal, Annie Da-risse et Benoit Drouin-Germain.« Ce lieu de pouvoir et de religion s\u2019est imposé, affirme Tremblay.Après avoir réfléchi sur le chemin de croix et les stations, mais aussi sur les mystères de la Passion, autrement dit sur certaines traditions, certains rituels, j\u2019ai choisi d\u2019utiliser plusieurs endroits dans l\u2019église et donc d\u2019amener le public à se déplacer.Pas question pour moi de faire du théâtre à l\u2019italienne dans un espace pareil.Il fallait que je tire profit au maximum de cet immense terrain de jeu!» Collaborateur Le Devoir LES ATRIDES Texte: Eschyle, Euripide, Sénèque et Sophocle.Adaptation : Mathieu Leroux et Louis-Karl Tremblay.Mise en scène: Louis-Karl Tremblay.Une production du Théâtre Point d\u2019orgue présentée à l\u2019église Saint-Jean-Baptiste (309, rue Rachel Est) du 18 au 28 avril 2013.création Théâtre d'Aujourd'hui 9 avril au 4 mai 2013 Salle principale Y U texte Sarah Berthiaume mise en scène Martin Faucher avec Sophie Desmarais Vincent Fafard Gérald Gagnon Cynthia Wu-Maheux collaborateurs Emmanuelle Kirouac-Sanche ^ Max-Otto Fauteux Denis Lavoie\t^ Etienne Boucher Alexandre Macsween Angelo Barsetti i JeanGaudreau Joséphine Bacon i N i-'\"' theatredaujourdhui.qc.ca/yukonsty Informations et réservations 3900, rue Saint-Denis, Montréai (Québec) T 514 282-3900 Bell\tLÈ DEVOIR^T^^^ CQNSQLDESl \u2022triwMta\tContélldMArt! CanadaCouncH ^\\**~ ' QuébecSS\tducanada\tforthaArk\t| MAUVAISE NOUVELLE : DANS LE VRAI MONDE, ON VIT AVEC DES CARNIVORES.Saison 2013-2014 Abonnez-vous 2D)i Informations Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis Montréal (Québec) 514 282-3900\twww.theatredaujourdhui.qc.ca/abonnement E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 CULTURE.THEATRE Moi dans la fureur du monde David Paquet et Benoît Vermeulen se demandent comment cultiver notre intimité sans se couper du monde\tAppels entrants illimités LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY ^ esprit de Feydeau 5\tplane sur la der- I\tnière création de I\tJ\tDavid Paquet, Ap- pels entrants illimités.A l\u2019invitation du Théâtre Le Clou qui fait ici son entrée à La Grande Licorne, le jeune dramaturge du caustique Porc-épic revient avec une comédie baroque et existentielle travaillée à quatre mains avec le metteur en scène Benoit Vermeulen.Un objet scénique édifié par «contamination positive», qui nous plonge au cœur de l\u2019intimité moderne.Anna, Louis et Charlotte cher-chent désespérément leurs marques dans un monde qui les martèle jusqu\u2019à la saturation.Réfugiés en eux-mêmes, ils ne sont pas en rupture pour autant.Ils tentent seulement de retrouver leur contenance avant de replonger dans le tumulte qui menace de les broyer.«Avant, on allait dehors; maintenant, c\u2019est dehors qui vient chez nous, et même à l\u2019intérieur de nous, explique l\u2019auteur David Paquet, joint en France en début de semaine.La question que l\u2019on pose avec ce texte, c\u2019est de quelle façon on peut encore arriver à cultiver notre intimité sans pour autant se couper d\u2019un monde qui nous tatoue malgré notre volonté.» Joint à Montréal, le metteur en scène Benoit Vermeulen raconte avoir été conquis d\u2019emblée par la rythmique et les couleurs de la langue de Paquet, qu\u2019il a pu faire chanter au fil d\u2019échanges nourris avec l\u2019auteur.«De mon côté, j\u2019ai beaucoup travaillé sur la notion d\u2019amincissement de la membrane qui protège notre jardin intérieur des assauts venant de l\u2019extérieur.Ça a beau- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le metteur en scène Benoît Vermeulen a été conquis d\u2019emblée par la rythmique et les couleurs de la langue de Paquet, qu\u2019il a pu faire chanter au fil d\u2019échanges nourris avec l\u2019auteur.coup influencé l\u2019écriture comme le déploiement scénique.» Objet scénique En écho, le dramaturge insiste sur le caractère toujours mobile de sa pièce.«Appels entrants illimités, pour moi, n\u2019est pas un objet littéraire, mais bien un objet scénique vivant que l\u2019on pourrait continuer à explorer indéfiniment.» L\u2019expérience a nécessité un réel lâcher prise de sa part.«Se faire réécrire dessus est vraiment déstabilisant, mais quand c\u2019est fait par un créateur comme Benoît, capable de soulever autant de couches de sens, c\u2019est aussi très exaltant.» C\u2019est ainsi que, pendant leur création à quatre mains, les esprits de Feydeau et de Boris Vian, mais aussi de Dali et de Sol et Gobelet ont été convoqués pour donner corps au surréalisme acidulé du texte de Paquet.«La porte est une image qui s\u2019est imposée rapidement de même que les objets qui prennent ici une importance particulière, avec des dé- tournements de sens très ludiques», explique le metteur en scène.Malgré leur repli, leurs doutes et leurs refus, les trois «respirodactyles», comme les qualifie gentiment l\u2019auteur en référence à la fragilité archaïque de leur carapace, ne sont pas complètement hors du monde.«Mes personnages sont dans une sorte de refuge, ils sont allés reprendre leur souffle devant l\u2019énormité du chaos du monde dans lequel ils existent.Mais ils sont aussi déterminés à y retour- YANICK CORRIVEAU Pour l\u2019auteur David Paquet, Appels entrants illimités est un objet scénique vivant qu\u2019il aurait pu continuer à explorer indéfiniment.ner», raconte David Paquet.«Depuis leurs barricades, les trois personnages restent dans l\u2019action, pas du tout dans l\u2019abdication.Ils ont des désirs qui les portent et ils s\u2019entraident», renchérit Benoit Vermeulen en soulignant la lumière et l\u2019espoir du texte de Paquet.Tout n\u2019est pas noir, loin de là, confirme l\u2019auteur, qui, au pessimisme ambiant, préfère encore opposer la beauté du monde.Une posture naturelle pour Le Clou, qui voit aussi beaucoup de force dans ce texte transgénérationnel faisant naturellement le pont avec son mandat privilégiant le public adolescent.Le Devoir APPELS ENTRANTS ILLIMITES Texte: David Paquet.Mise en scène et dramaturgie: Benoît Vermeulen.Une production du Clou, créée en résidence au Théâtre La Licorne et à la maison de la culture Mercier.À La Licorne du 16 au 20 avril.Des centaines d\u2019histoires d\u2019immigrants sont comme celle-ci mais elles auraient besoin du talent de David Yip pour être révélées.- ReviewVancouveï L\u2019inventivité du multimédia est une pure joie pour les yeux et les oreilles.- Norran (Skellefteâ, Suède) Une histoire émouvante livrée avec une grande précision et traversée de moments de poésie visuelle.- Liverpool Echo ¦I LES DEUX MONDES (Montréal) et UNITY THEATRE (Liverpool) présentent GOLD^^MOUNTAIN LA MONTAGNE D\u2019OR THÉÂTRE, MUSIQUE ET MULTIMÉDIA Textes : DAVID YIP et KEVIN WONG Mise en scène : DANIEL MEILLEUR Multimédia : YVES DURÉ / Musique : MICHEL ROBIDOUX Avec DAVID YIP et EUGENE SALLEH 16 au 27 avril 2013 EN ANGLAIS AVEC SURTITIŒS ERANÇAIS AUX^ECURIES 7285, rue Chabot, Montréal ® Fabre 514 328-7437 Cluxecuries.corn \u201c\u201c\"^ébecii\t\u2022\u2022couNcil i|\tLE DEVOIR Sur les rails TRAINSPOTTING Texte original: Irvine Welsh.Traduction et adaptation: Wajdi Mouawad et Martin Bowman.Mise en scène: Marie-Hélène Gendreau.Avec Lucien Ratio, Claude Breton-Potvin, Jean-Pierre Cloutier et Charles Étienne Beaulne.Une production du collectif FIX, présentée chez Premier Acte jusqu\u2019au 27 avril 2013.SYLVIE NICOLAS à Québec Paru en 1993, le roman de l\u2019Écossais Irvine Welsh a marqué le paysage cinématographique et connu quelques adaptations théâtrales, dont celle de Wajdi Mouawad et Martin Bowman qui prend l\u2019affiche chez Premier Acte.Mis en scène par Marie-Hélène Gendreau, ce Trainspotting que présente le collectif FIX percute la scène avec la puissance des grands déraillements.Peu importe le pays, la grande locomotive écono- mique accouche de ces mal-aimés qui se retrouvent sans autre ticket que celui de l\u2019assistance sociale et de ses dérives.Les Mark Renton, Begbie, Sick Boy, Alisson et June d\u2019ici et d\u2019ailleurs trouvent dans cette distribution d\u2019acteurs tout ce qui, de la souffrance et de l\u2019impuissance, du désir, de la colère, de la révolte et du rêve occulté par la réalité, les en-chaine à la dépendance et à la décadence.La mise en scène de Gendreau est vive, précise, jamais convenue et d\u2019une terrible efficacité.Les interprétations sont solides dans l\u2019égarement autant que dans l\u2019affirmation, et ce qui les magnifie est certes dû à l\u2019équilibre entre leur jeu physique et le rendu du texte qui, loin de sombrer dans un hurlement univoque, trouve dans le ton de chacun ses temps de murmures, de relâchement, d\u2019espoir, de détresse et d\u2019abandon.Tous offrent de ces moments de théâtre qui glissent en soi dans le silence que nous portons.Certaines scènes ne nous quittent plus.GABRIEL TALBOT-LACHANCE Le roman Transpotting de l\u2019Écossais Irvine Welsh a connu plusieurs interprétations théâtrales.Ratio près de la tombe, plaqué contre le matelas, l\u2019épisode de la moufette, celui de la serveuse qui dessert les Anglais, ou celle, finale, du dernier fix.En fait, il devient indécent de n\u2019en nommer que quelques-unes tant elles sont toutes es- sentielles à la mise en lumière du propos.Ratio, Cloutier, Beaulne et Breton-Potvin font de ces écorchés des êtres qui répondent au souhait qu\u2019avait Jean Genet de voir s\u2019incarner l\u2019acte poétique plutôt que le spectacle.L\u2019habillement sonore de Philip Larouche, les projections (judicieuses et parcimonieuses) de Jean-Philippe Côté, sont de la même eau.Le plateau conçu par Jean-François Labbé sert parfaitement les déplacements et le passage d\u2019un tableau à l\u2019autre ; on est là où nous devons être, en eux, avec eux, hors d\u2019eux.Ses éclairages se hissent à un niveau de lecture qui dépasse largement le joli coloriage.On retient ici la qualité de ce qui les anime, l\u2019effleurement des corps et la pénétration des sens.Le Trainspotting du collectif FIX nous rappelle que le théâtre est plus qu\u2019un train de marchandises.Collaboratrice Le Devoir mor PETIT MONDE SMYTCHKOV\tALPIN DE PIERRE-YVES LEMIEUX MISE EN SCÈNE DE LUCE PELLETIER AVEC DIEGO DALLA VIA Diego Dalla Via possédé la candeur et l\u2019expressivite necessaires pour porter ce récit allume par un romantisme plus grand que nature » - Marie Labrecque Le Devoir LE T H E I T n E DE L 4 ) ¦# DE DIEGO ET MARTA^LLAVIA ¦\tï \\m MISE EN SCÈNE D^M^TA D^LA V^\tÇ AVEC KIM DESPAT!s^|®^*MicHE^GARON, OLIVIER MORIN, VICTOR ANDRÉS t\u201clES TURGEON P S I S BS fenres Québec E3C3 Avec la participation de Ministère de la Culture et des Communications Ministère des relations internationales DERNIERES REPRESENTATIONS SAMEDI ET DIMANCHE 13-14 AVRIL, 15H ET 16H30 CASA D'ITALIA / 505 JEAN-TALON E./ (514) 271-2524 / THEATREOPSIS.ORG CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL Conseil des arts Canada Council du Canada for the Arts LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 E 7 CULTURE>DANSË Les mondes réconciliés Sunya a les oreilles et le cœur tendus vers l\u2019Orient, le corps bien campé dans l\u2019Occident FREDERIQUE DOYON Sunya, c\u2019est le chiffre zéro, point de départ et de renouveau, en sanscrit.C\u2019est aussi la pièce née de la rencontre entre le chorégraphe Roger Sinha et le compositeur et musicien Kiya Tabassian de l\u2019ensemble Constantinople.Chaque création artistique n\u2019est-elle pas un degré zéro à sa manière ?«Il y a plusieurs zéros dans une vie, indique Roger Sinha.C\u2019est un départ, mais pas nécessairement un début, ça peut commencer au milieu de quelque chose.Il y a toujours un nouveau départ quand on déménage d\u2019une culture à l\u2019autre.» Oreilles et cœurs tendus vers l\u2019Orient de leurs origines, corps bien campés dans l\u2019Occident de leur présent, les deux artistes ont tissé une pièce qui traite de voyage et de recommencement, à l\u2019instar de leur vie d\u2019immigrant, dont l\u2019art a bourgeonné en terre d\u2019accueil.Né à Londres d\u2019un père indien et d\u2019une mère arménienne, Roger Sinha est arrivé à Saskatoon à l\u2019âge de huit ans, puis a déménagé à Québec en 1986 et à Montréal quelques années plus tard.Il a remonté le fil de ses origines tardivement, à l\u2019âge de 31 ans, ce qu\u2019évoque furtivement sa danse teintée de motifs du bharata natyam.Kiya Tabassian est arrivé d\u2019Iran â 14 ans dans le dénuement, alors que toutes ses affaires et ses papiers avaient été volés.Il parle le sanscrit et continue de vivre sa culture d\u2019origine â travers le prisme du présent, de sa famille et de sa musique, qui mélange sonorités médiévales, orientales et baroques.Pour Sunya, «la musique a été créée en croisement avec la danse, explique celui qui a été formé d\u2019abord en Iran auprès de maîtres musiciens et ensuite en autodidacte, ici.Pour un musicien, le plus grand plaisir est de jouer pour la danse, parce que tu vois ton œuvre, tu vois le son interprété par les gestes du corps humain.Donc, c\u2019est sûr que la gestuelle de Roger et ce que les danseurs dégagent ont beaucoup injluencé la musique qui a été composée».Techno et calligraphie La pièce met en scène quatre danseurs (Torn Casey, Tanya Crowder, Ghislaine Doté et François Richard) et les trois musiciens de Constantinople.Outre Kiya au sétar, instrument Constantinople, aux sources musicales du Moyen Âge Fondé en 2001 par Kiya (sétar) et Ziya Tabassian (tom-bak), auxquels s\u2019est joint plus tard Pierre-Yves Martel (viole de gambe), Constantinople remontent les sources musicales du Moyen Âge, des traditions orales de la Méditerranée et de l\u2019Orient, jusqu\u2019aux airs baroques de l\u2019Europe.L\u2019ensemble a enregistré 10 albums sous étiquette Atma.Son dernier titre.Premiers songes, paru en mars 2012, marquait le début d\u2019une alliance avec Ana-lekta.Il a également reçu le prix du meilleur concert de l\u2019année pour El grito, el si-lencio et Premiers songes au Gala Opus 2010.de musique persan â cordes pincées, qui ressemble â un luth au long manche, son frère Ziya Tabassian joue le tombak (percussions) et Pierre-Yves Martel, la viole de gambe.Les deux frères Tabassian, qui manient des instruments plus petits, circulent même â travers la chorégraphie.Roger Sinha y ajoute un solo en guise de prologue qui renvoie â son premier contact avec la musique de Constantinople, avant même d\u2019avoir rencontré Kiya, il y a deux ans et demi.«Mon degré zéro dans ma relation avec Kiya, ma première réponse à sa musique a été du Si le passé et les traditions sont évoqués dans Sunya, l\u2019œuvre demeure bien ancrée dans la contemporanéité mouvement.Une improvisation dansée que je reprends ici intégralement», confie le chorégraphe, qui n\u2019avait pas foulé la scène depuis sa tournée en Inde en 2009.Si sa danse intègre certains éléments du bharata natyam, il s\u2019en distance dans Sunya et insiste sur le fait qu\u2019il est loin d\u2019être un expert de cette forme de danse indienne, qu\u2019on devine surtout dans le détail des mains et le travail des pieds.Si le passé et les traditions sont évoqués dans Sunya, l\u2019œu- La pièce met en scène quatre danseurs et trois musiciens.vre demeure bien ancrée dans la contemporanéité.Le chorégraphe, qui a les nouvelles technologies â cœur et se fait réalisateur â ses heures, intègre â nouveau des projections vidéo interactives, comme dans sa pièce précédente Question de souffle, signée en partie par l\u2019artiste Jérôme Delapierre.Ces projections prennent souvent la forme de calligraphies lumineuses, une esthétique qu\u2019il a développée dans Apricot Trees Exist en 2004 et qui habille ici tout l\u2019espace scénique.«La calligraphie ressemble beaucoup à la chorégraphie, très détaillée avec des rondeurs et une complexité, ça reflète le type de mouvement que je fais», indique Sinha.«Les lettres, ça vient des langues, et les langues c\u2019est l\u2019identité de chaque culture.Et on sait que les langues ont voyagé longtemps dans toute l\u2019histoire de l\u2019humanité, d\u2019un pays à l\u2019autre, d\u2019une culture à l\u2019autre.On voulait un clin d\u2019œil à la parole», enchaîne le musicien, qui chante aussi quelques poèmes aussi dans la pièce.LE THEATRE DU TRIDENT e theatre de la capitale L'^^anoc.P-^\"\u2019 418 643 - 8131 LETRIDENT.COM iiiiltppiininl ciltiril '\u201colîSâcSS Grand Théâtre de Québec Direction artistique ANNE-MARIE OLIVIER Fil rouge Pour trouver le fil rouge â travers toute cette matière, les artistes ont travaillé avec la dramaturge Jo Leslie.«Il y a ce concept, qui traverse la pièce, qu\u2019il faut se perdre pour se retrouver quelque part, dit Kiya Tabassian.Quand tu arrives quelque part, tu t\u2019y perds parce que tu donnes tout ce que tu as, mais tu t\u2019y retrouves parce que tu fais partie d\u2019un nouvel espace et du groupe qui l\u2019occupe.Pour moi, c\u2019est ça, le fil rouge.» On peut l\u2019appeler voyage, migration.Ou simple tournant de la vie.Le Devoir FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR SUNYA Une coprésentation de Danse Danse et de la Place des Arts.Du 17 au 27 avril à la Cinquième Salle de la Place des Arts.DVoir aussi > Des extraits de Sunya et un court entretien avec ses deux créateurs.ledevoir.com/ culture/danse s*;.Billets .en vente Mlourd'hui à i G1I3ftII22JUIN20f13 k'Jruicofèlfes.coiii LES GRANDS SPECTACLES en collaboration avec | 'ANS Spectacle d'ouverture Its minis OWÛIJIIOt EÉLIX % LA TOURNÉE ANNIVERSAIRE SERGE LAMA Mes plus belles chensons (France) SÛsnsI avec GILUESIV.IGNE'AUÜT SEGUIN L'OUIS?JE'AN BUOSIEURSIAUIRESIINVITÉS orsceneTde DOMINIC CHAMPAGNE jeudi 13 juin ISABELLE BOULA/, MARC HERVIEUX, IA BRUNO PELLETIER, ^ DIANE TELL, MARIE-JO THÉRIO LUC DE LAROCHELLIÈRE ROBERT If charKbois DUMAS LES TROIS ACCORDS ARIANE MOFFATT PIERRE LAPOINTE et AUTRES INVITÉS samedi 15 juin Ne me quitte pes : UN HOMMAGE À JACQUES BREL MISE EN SCÈNE DE LUC DE LAROCHELLIÈRE mercredi 19 Juin ¦ Théâtre Maisonneuve -y ^ T Nieorfl ^CICCONI jeudi 20 Juin ¦ Théâtre Maisonneuve avec MARIO PELCHAT MARIE-DENISE PELLETIER JEAN-PIERRE FERLAND et AUTRES INVITÉS L'ÉVÉNEMENT SAIUTA CLAUDE LEVEILLEE L£ CHANT DE LE NOUVEAU THÉÂTRE MUSICAL DE RENÉ RICHARD CYR ET DANIEL BÉLANGER D'APRÈS L'ŒUVRE DE MICHEL TREMBLAY Avec MAUDE GUÉRIN, FRANCE CASTEL, NORMAND D'AMOUR, ÉVELINE GÉLINAS, BENOÎT McGINNIS et 16 COMEDIENS et MUSICIENS SUR SCÈNE! samedi 22 juin-Salle Uilfrid-Pelletier, PdA Théâtre du Nouveau Monde \u2022 2ok du 13 au 22 juin (relâche du 16 au 19 j ?_ PLACE DES ARTS\tTHEATRE 514 842-2112 \u2022 1 866 842-2112 DU NOUVEAU MONDE laplacedesarts.com\t514 866-8668 \u2022 tnm.qc.ca Bdl B SAQ Hydro DRY g 614 876-8968 1 866 Francos (((SklinXllf)| CanadS ^tnaEot lEATNNIMKALE Montréal @ QMébecoriglnal PSPKIH 2 E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 CULTURE.MEDIAS Cendrillon au Far-Web Comment les nouvelles technologies transforment le documentaire (et la fiction) STEPHANE BAILLARGEON ^ intro résumé l\u2019inten- tion: «La 389, pis la 500.La route pour .le Labrador.Une 1 grosse ride de pick-up pour aller voir le monde.» Le narrateur prononce «raïde de picope», comme au Lac-Saint-Jean.Les belles images du documentaire défdent.L\u2019aventure commence à Fairmont avec le portrait de Sylvain, «un vrai gars du Nord, un natif».Sylvain ne vit pas à l\u2019intérieur du «mur» d\u2019enceinte de béton qui protège le campement des travailleurs de la mine, mais dans un bungalow un peu à l\u2019écart.Il souffle dans son harmonica et souffre de la solitude, un peu.Il rêve que «300000filles à marier» montent les rejoindre, lui et les autres ouvriers du chantier.La série Pick-up.A la rencontre d\u2019un bout du monde se poursuit à Churchill Falls, à Goose Bay, à Labrador City et à Cartwright, avec cinq reportages d\u2019une trentaine de minutes au total diffusés sur le site du producteur TVS.ca.Le «road trip» filmé sur 1834 kilomètres a remporté un prix Gémeau 2012 dans la catégorie de la meilleure production originale pour les nouveaux médias.Tout ça avec un budget d\u2019environ 20000$ pour 21 jours de tournage.Aussi bien dire presque rien pour donner beaucoup.« On a économisé partout où on pouvait», explique Jean-Marc E.Roy, coréalisateur de Pick-up avec Philippe David Gagné.«On a déniché les sujets au fur et à mesure.On couchait dans les petits motels et on économisait sur la bouffe.De toute façon, au Labrador, pour devenir un restaurant il suffit de posséder un microonde et une friteuse.» M.Roy habite à Saguenay, où il travaille comme coordinateur artistique du centre de production et de diffusion multidisciplinaire Le Lobe.«Je viens du créneau du documen-teur et falterne maintenant entre la fiction et le documentaire», explique le cinéaste, qui a touché à tous les genres avec ses quelque 150 productions, une moyenne d\u2019une douzaine de films par année, les derniers le plus souvent en partenariat avec M.Gagné.Une Japonaise, un Catalan Les «serial shooters» savent improviser des tournages quand il le faut.La dernière production du duo Anata O Ko- ü Michel Brault parlait des technologies comme des capteurs du réel Nos productions actuelles conçoivent les technologies de la même manière, )} Hugues Sweeney, producteur exécutif du studio de productions interactives de i\u2019ONF rosu a été imaginée et tournée en quelques heures en Espagne, en novembre 2011, là encore en exploitant à l\u2019extrême la légèreté et la mobilité du nouveau monde médiatique.«On était invités au 37\u2019\u2019Fil-mets de Baladona, qui est un peu le Verdun de Barcelone, pour y présenter notre film Life and Death of Yul Brenner, explique le cinéaste.J\u2019avais ma caméra.Sur place, on a croisé une comédienne japonaise [Eriko Takeda] qui vit à Paris et un acteur catalan [Ramon Canals] qui fait beaucoup de doublage.On s\u2019est dit qu\u2019on allait faire un film ensemble.On a écrit le scénario en une soirée et on a tourné le lendemain en quatre ou cinq heures, en caméra subjective, avec la voix hors champ de Ramon.On a ensuite reçu l\u2019invitation pour ouvrir le 38\u2019\u2019 Filmets en novembre dernier.On a eu un peu de pression, mettons.» Le petit bijou de cinq minutes a tellement impressionné qu\u2019il est diffusé sur les vols d\u2019Air Canada après avoir été sélectionné au dernier Festival de Cannes et dans deux douzaines d\u2019autres rendez-vous cinématographiques d\u2019autant de pays.«Le film, en catalan et en japonais, tourné par deux Québécois, a représenté le Canada partout», dit fièrement M.Roy, qui travaille maintenant sur Dashe, décrit comme un conte rural chanté sur un mode country western.La fiction sera tournée en octobre.La révolution numérique multiplie ainsi les petits miracles.Les films se tournent et se diffusent bien plus facile- If» JEAN-MARC E.ROY ET PHILIPPE DAVID GAGNÉ Jean-Marc E.Roy et Philippe David Gagné savent improviser et tournent en quelques heures.Ensemble, ils comptent quelque 150 productions, en moyenne une douzaine par année.ment qu\u2019au moment où les pionniers inventaient le cinéma vérité, ici comme ailleurs, avec des équipes et de l\u2019équipement qui remplissaient un ou deux pick-up.«Ce monde, mon monde, a été bouleversé par la technologie, qui permet maintenant de tourner, de monter et de diffuser des \u201cproduits\u201d, entre guillemets, dignes d\u2019Holywood avec 2000$ d\u2019équipement.Comme chacun peut tourner, il faut se démarquer avec des histoires originales tournées par des équipes ultralégères.Cette révolution nous ramène aux sources de cet art, aux films de l\u2019ONF tournés par Pierre Perrault, Gilles Proulx ou Denys Arcand.» En avant comme avant L\u2019Office national du film (ONF) alimente et enrichit sa propre tradition.« On doit encore se demander comment les technologies servent à raconter des histoires, poursuit Hugues Sweeney, producteur exécutif du studio de productions interactives de l\u2019ONF.A la fin des années 1950, de nouveaux appareils permettant de synchroniser la prise d\u2019image et de son ont favorisé le développement du ci- néma direct.Je vois la souris et la webcam comme on voyait les magnétophones Nagra à l\u2019époque.Michel Brault parlait des technologies comme des capteurs du réel.Nos productions actuelles conçoivent les technologies de la même manière.» L\u2019ONF parle donc de «productions interactives» pour décrire certains de ses webdocs, ses applications mobiles, ses installations et mêmes ses performances.Cette approche multiplateforme pour raconter des histoires va aboutir la semaine prochaine à la présentation du Journal d\u2019une insomnie collective au Festival de film de Tribeca, à New York.Le projet, imaginé par M.Sweeney une nuit sans sommeil, après la naissance de sa fille, permet de cumuler et de partager en ligne des informations auprès d\u2019insomniaques, en tapant du texte, en dessinant à l\u2019aide de la souris ou en enregistrant une réponse vidéo.«J\u2019essaie de plus en plus de réfléchir aux manières de sortir de l\u2019écran, explique le directeur.Ce qui est en train de se passer de plus intéressant concerne la rencontre entre l\u2019art et la technologie.L\u2019ONF a toujours été un lieu d\u2019innovation.IMAX a été inventé ici comme un des premiers films d\u2019animation créés par ordinateur.Maintenant, ça se poursuit sur le Web.» Seulement, pour bien faire, il faut penser autrement.L\u2019ONF ne conçoit pas ses productions en ligne, l\u2019application ou le site Web, comme de simples produits dérivés d\u2019une matrice centrale, un documentaire par exemple.«Nos projets sont des prototypes d\u2019une manière holistique de créer, conclut l\u2019explorateur du Web.Je regarde encore beaucoup de films et je lis encore.Tout ne va pas devenir fragmenté et multiplateforme.Mais les trois quarts des projets dits transmédias que l\u2019on voit sont souvent ordinaires parce qu\u2019ils sont toujours l\u2019enfant pauvre d\u2019une émission de télé ou d\u2019un film.Quand il y a la nécessité de raconter une histoire sur plusieurs plateformes, soit à cause du sujet, soit à cause du public ou des fonds, la seule façon de faire quelque chose d\u2019intéressant, c\u2019est maintenant dans cette perspective holistique.» Le Devoir D Écouter aussi > Les cinq épisodes de Pick-up.À la rencontre du bout du monde.ledevoir.com/culture/ médias - # ¦ Une présentation de la Troupe du Panache en codifïusion avec le Théâtre Denise-Pelletier usine: 0 514 521 4493 USINE-C.COM LE P\u2019TIT JOURDAIN Texte et mise en scène de Hubert Fielden Du 3 au 20 avril 2013 à la Salle Fred-Barry du Théâtre D e n i s e - P e 11 e t i e r Avec Louis-Philippe Berthiaume - Vicky Bertrand -Marie-Anick Blais - Jérémie Francoeur - Gabrielle Lessard - Jonathan Morin - Émilie Sigouin ^ Philippe Thibault-Denis - Marie-Noëlle Voisin 4353, me Ste-Catherine Est - 514 253-8974 i www.denise-peUetier.qc.ca Swww denise-pelletier qc ca ,.T .'it- Conservatoire de musique et d'art dramatique /-v > I\tEa sa Quebec rara ^ FON.-rl' 23 ^ 28 AVRi MICHÈLE ANNE DE MEY] & JACO VAN DORMAELf EMMANUEL JOUTHE DANSE CARPE DIEM WHEN WE WERE OLD 24-25-26 AVRIL 20 H '\u201c^îâiecSS y PARTENAIRE PRIVILÉGIÉ pyioj-OTHPW\tQUÉBÉCOR CHOREGRAPHES ET INTERPRÈTES ] CHIARA FRIGO EMMANUEL JOUTHE CONSEILLER À LA DRAMATURGIE ] GUY COOLS CONSEILLÈRE ARTISTIQUE ET RÉPÉTITRICE ] CHRISTINE CHARLES CONCEPTION SONORE ] LAURENT MASLÉ ÉCLAIRAGES ] PHILIPPE DUPEYROUX AGORA DE LA DANSE UNE PRESENTATION DE L\u2019AGORA DE LA DANSE ET DE TANGENTE TANGENTE Laboratoire de mouvements contemporains BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL WWW.AGORADANSE.COM CHIARO FRIGO + EHHAHUEL JOUTHE PHOTO ] VANESSA FORGET LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 E 9 CULTURE>MIISIQIIE CLASSIQUE Kent Nagano, ce succès qui dérange La machine à rumeurs a causé des dommages à l\u2019image de l\u2019OSM et de son chef à l\u2019international Kent Nagano, directeur musical de rOrchestre symphonique de Montréal (OSM), a vu, en octobre 2012, son contrat prolongé jusqu\u2019en 2016.Des rumeurs insistantes veulent que l\u2019OSM soit en train de lui chercher un \\ successeur.A la vitesse d\u2019Internet, les potins sont devenus «informations» et les démentis formels n\u2019y font rien.Les dommages au niveau international causés à l\u2019image de Montréal, de l\u2019OSM et de son chef sont indéniables.Analyse.CHRISTOPHE HUSS Si l\u2019OSM a retenu les services de Zarin Mehta, retraité du New York Philharmonie, ce n\u2019est pas pour trouver un successeur à Kent Nagano, comme le veulent les rumeurs, mais bien pour travailler à la percée du chef aux Etats-Unis.«M.Zarin Mehta agit à titre de consultant auprès de l\u2019équipe artistique de l\u2019OSM depuis la fin de l\u2019année 2012», précise la directrice des relations publiques de l\u2019OSM, Véronique Boileau.Plus précisément, l\u2019ancien directeur général de l\u2019orchestre, bien connu à Montréal, a été engagé par la chef de la direction Madeleine Careau, un choix avalisé par le comité exécutif du conseil d\u2019administration.Et cet engagement ne se serait pas fait dans le dos du directeur musical.«Kent Nagano s\u2019est engagé très activement en faveur de l\u2019emhauche de Zarin Mehta comme consultant », nous confirme son attachée de presse, Gabriele Schiller.Selon nos sources, le mandat particulier de Zarin Mehta est de combler le déficit d\u2019image de l\u2019OSM et de Kent Nagano aux Etats-Unis avec, possiblement, une tournée à la clé en 2016.Ceci corrobore la réponse de l\u2019OSM au Devoir affirmant que les conseils de Zarin Mehta n\u2019auront d\u2019effet que sur «la programmation à l\u2019international».L\u2019orchestre confirme que Kent Nagano garde le pouvoir total et intégral sur le choix des chefs invités.L\u2019administration consulte Zarin Mehta est connu pour faire partie de comités de recherche.Ce profil a assurément alimenté les rumeurs.Mehta, jadis membre d\u2019un comité fantoche pour la recherche du directeur musical de l\u2019OSQ, est beaucoup plus actif actuellement dans la recherche du successeur de Pinchas Zuker-man à Ottawa.Même job à l\u2019OSM?La situation serait éthiquement intenable.Mais l\u2019association Mehta-Nagano reste cocasse, puisque Zarin Mehta n\u2019a jamais rien fait en douze ans à New York pour accueillir ou favoriser Kent Nagano, dont la carrière aux Etats-Unis est quasi inexistante.S\u2019allier pour demain les ennemis d\u2019hier est une vieille tactique éprouvée.Dans les bureaux de l\u2019OSM, on peut s\u2019étonner des qualifications de cette administration fort nombreuse qui nécessite pourtant de multiples expertises externes.Selon ses propres termes, «l\u2019OSM a toujours pu compter, au besoin, sur l\u2019appui de consultants de niveau international pour l\u2019épauler dans différents champs d\u2019expertise: Jean-Pierre Brossmann (surtout dans le domaine vocal).Dicter Rexroth (aspects musicologiques de la programmation à Montréal), ou encore Evans Mirageas (conseil en ce qui a trait au lien avec les agents, la négociation de contrats etc.) », explique dans un courriel M™*\" Boileau.La nouvelle étrangeté est le recoupement des expertises de Mirageas, ancien patron chez Decca, et Zarin Mehta, deux hommes aux carnets d\u2019adresses bien remplis.A ce titre, M™*' Boileau précise qu\u2019Evans Mirageas est là pour le multimédia, le streaming, le downloading, etc.«Il est donc devenu consultant i ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR En sept ans, Kent Nagano a déjà marqué l\u2019histoire de la musique à Montréal, d\u2019une part en obtenant la construction d\u2019une salle de concert, toujours refusée à Dutoit précédemment, et en remplissant cette salle à chacune de ses apparitions.\\\\ Nous ne sommes pas tombés sur la tête : voyez tout ce que nous faisons grâce à lui : des tournées, des disques, des concerts remplis.)) Un musicien de i\u2019Orchestre symphonique de Montréai / PEDRO RUIZ LE DEVOIR Kent Nagano l\u2019intello, ici vêtu de son chandail du Canadien, a réussi à apparaître comme un personnage populaire.pour nous dans ce secteur et, petit à petit, il nous a conseillés aussi sur le marché américain, les agents, la négociation de contrats d\u2019artistes, etc.» Quand bien même l\u2019OSM se chercherait un chef pour un hypothétique après-Nagano, la présente période est stratégiquement mauvaise : dans l\u2019année qui vient, le Symphonique de Boston se choisira un directeur musical.11 y a quatre «candidats», ce qui veut dire trois futurs déçus, probablement rassurés de trouver une oreille compréhensive pour atténuer leur peine.Du côté de Kent Nagano, rien ne saurait l\u2019inciter à partir, à moins que le poste de Michael Tilson-Thomas se libère à San Eran-cisco et s\u2019offre à lui.Ce n\u2019est pas le cas pour l\u2019heure.Ceci explique que l\u2019OSM et son chef insistent lourdement sur une phrase du communiqué : «Après 2016, le mandat de Kent Nagano pourra faire l\u2019objet d\u2019un renouvellement à la convenance des deux parties.» Les musiciens pour Nagano L\u2019orchestre n\u2019a pas été consulté, ni en grand comité ni en petit, sur l\u2019après-2016.Tout au plus, les musiciens remplissent des fiches d\u2019évaluation de tous les chefs invités, et celle de Vasily Petrenko, successeur potentiel évoqué par La Presse, est impressionnante.C\u2019est tout.« Trois ans à se tirer dans le pied, je trouve ça vraiment bizarre», nous dit un musicien.De ceux qui apprécient Kent Nagano aux « Nagano sceptiques », tous les musiciens interrogés par Le Devoir s\u2019accordent à dire que, s\u2019il y avait un vote à bulletins secrets sur le renouvellement de leur chef, un «oui» l\u2019emporterait assurément, probablement aux deux tiers.«Nous ne sommes pas tombés sur la tête: voyez tout ce que nous faisons grâce à lui: des tournées, des disques, des concerts remplis.» Même les sceptiques, adeptes d\u2019une approche plus dionysiaque, plus intensément «chantée» de la musique, reconnaissent que le chef «prêche par l\u2019exemple» et admirent en lui le «bourreau de travail, qui donne l\u2019exemple», et celui «qui respecte la musique, le public et les musiciens».«L\u2019atmosphère de travail est agréable; il est à la fois très exigeant et convivial», dit l\u2019un de nos interlocuteurs.«Je ne connais pas un musicien qui parle négativement de Kent Nagano à l\u2019extérieur depuis quatre ou cinq ans», dit un autre.«On ne parle pas de ça, il n\u2019y a pas d\u2019écœurantite aiguë comme à la fin de l\u2019ère Dutoit.» C\u2019est peut-être pour cela que nous n\u2019avons pas réussi à rencontrer ces supposés nombreux musiciens prêts à déclarer: «On s\u2019ennuie tellement de Charly».Qui en veut à Kent Nagano?En sept ans, Kent Nagano a déjà marqué de manière pérenne l\u2019histoire musicale à Montréal en obtenant la construction d\u2019une salle de concert, toujours refusée à Dutoit précédemment; en amenant dans cette salle un orgue symphonique ; en remplissant ladite salle à chacune de ses apparitions ; en reconnectant l\u2019orchestre avec le marché des tournées \u2014 en pleine dépression ; en faisant enregistrer l\u2019OSM et en le crédibilisant dans des répertoires où on ne l\u2019attendait pas du tout (Beethoven, Mahler) ; en rebranchant l\u2019OSM dans la cité, grâce à de nombreux projets populaires (certes plus ou moins heureux) ; en remettant l\u2019OSM à l\u2019antenne de la télévision de Radio-Canada (au prix, hélas, de compromissions musicales) ; et en ayant des idées, des idées et encore des idées.Nagano a réussi à apparaître comme un personnage populaire, lui l\u2019intello.En tout cas \u2014 tout comme Yannick Nézet-Séguin au Métropolitain \u2014, il a cassé une image hautaine de la musique classique.Certes, tout n\u2019est pas rose.Il y a cette arrogance de rOSM, soutenue par des privilèges quasi iniques quant à l\u2019utilisation de la salle; ces programmes parfois abscons; ce quasi-divorce avec la musique française pendant cinq ans ; cette méconnaissance ou ce désintérêt de ce qui bouge en musique classique, avec une différence abyssale entre Toronto et Montréal au chapitre des artistes invités.On ne se défera jamais de l\u2019association OSM-Dutoit gravée en 25 ans sur des dizaines de disques.Mais Kent Nagano est tout simplement et naturellement en train de le supplanter dans l\u2019éminence des directeurs musicaux de l\u2019OSM.Si cela dérange certains nostalgiques au point de vouloir défaire son association avec l\u2019orchestre, à en voir les conséquences on se dit que la nostalgie n\u2019est plus ce qu\u2019elle était.Le Devoir ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN I Desjardins ACCUEILLIR ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1245 orchestremetropolitain.com 514 598-0870 CONSBLDESAim Québec ¦ SSr \u201c Montréal® LE DEVOIR 70 E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 CULTURE»DE VISU 1 1 SEBASTIEN LAPOINTE Cette maison, livrée à une interminable descente, s\u2019inscrit d\u2019abord dans la foulée des projets antérieurs de l\u2019artiste Gwenaël Bélanger, dont plusieurs séries ont exploré le motif de la chute d\u2019objets.De la maison à la multitude La pratique de l\u2019image prend des voies opposées chez Gwenaël Bélanger et Yan Giguère VISITES LIBRES Yan Giguère BREAKDOWN Gwenaël Bélanger Le Centre d\u2019art et de diffusion Clark, 5455, rue de Gaspé, local 114.Jusqu\u2019au 20 avril MARIE-ÈVE CHARRON Dans chacune des solides expositions en cours chez Clark, le thème de la maison est abordé, mais rien de plus toutefois ne saurait rapprocher le travail de Gwenaël Bélanger et celui de Yan Giguère, dont la pratique de l\u2019image prend des voies opposées.Celle de Bélanger épouse les technologies les plus récentes de la modélisation, tandis que Giguère demeure fidèle à ses appareils analogiques.Or la technique, pour î\u2019un et pour l\u2019autre, n\u2019est heureusement pas la finalité poursuivie.C\u2019était là sans doute le principal défi à relever pour Bélanger qui, avec l\u2019œuvre Break-down, s\u2019est attaqué à un projet dont l\u2019envergure se situe a priori dans la complexité technique de sa réalisation.Le court film donne à voir la chute improbable d\u2019une maison et sa progressive désintégration, action générée par modélisation et animation 3D.Bien que la technologie numérique du 3D ait considérablement évolué au cours des dernières années, son application reste exigeante et ne peut pas résulter du travail d\u2019une seule personne.L\u2019artiste a donc su s\u2019entourer d\u2019une équipe de production experte en la matière, tout en en déviant les savoirs du domaine des effets spéciaux et des jeux vidéo où elle s\u2019accomplit habituellement.Le résultat, tout en reposant sur une réalisation techniquement impressionnante, refuse de verser dans le spectaculaire, constituant en cela même une critique de ce phénomène.Effets spéciaux Pas d\u2019esbroufe, donc pour Bélanger, qui tient son travail L SEBASTIEN LAPOINTE Visites libres, de Yan Giguère, s\u2019intéresse aux habitats de toutes sortes.loin du simple gadget technologique.Cette maison, livrée à une interminable descente, s\u2019inscrit d\u2019abord dans la foulée des projets antérieurs de l\u2019artiste, dont plusieurs séries ont exploré le motif de la chute d\u2019objets.Plus précisément, le modèle de la maison découle d\u2019une œuvre réalisée à Sainte-Thérèse, 100, rue Blainville ouest (2009), pour la façade extérieure du centre Praxis.Bélanger a choisi de photographier une des maisons de la ville, son territoire d\u2019intervention.La maison a ensuite été isolée dans un moment suspendu de sa dégringolade, sur fond de ciel bleu.Le film, lui, imagine la chute en mouvement, mais sans révéler la situation initiale ni le hors-champ de la scène resserrée autour de la maison dont les fragments envolés, mobilier et matériaux, disparaissent vers le haut.La bande sonore appuie le phénomène de friction de l\u2019air sur la bâtisse qui se dépouille et dévoile sa structure au fur et à mesure.Cette envolée de la maison n\u2019est pas sans faire penser à celle du Magicien d\u2019Oz, qui est emportée et déplacée au pays d\u2019Oz par la tornade.La nature fantastique de l\u2019événement est en partie compatible avec l\u2019esprit du travail de Bélanger, qui ne fait pas dans le drame.Ce qui pourrait en effet être de l\u2019ordre du désastre ne l\u2019est pas, la dimension ludique du film s\u2019imposant plutôt, notamment pas le point de vue du tournage, qui simule une caméra subjective.Des effets de mises au point et de déplacements sont les indices de ce regard technique qui ne pourrait cependant avoir été opéré que par un humain, lui aussi en chute, comme le voudrait un sport extrême bien en vogue.L\u2019absurde de la situation désamorce ainsi le drame potentiel \u2014 la destruction d\u2019un foyer familial \u2014, tout en contrecarrant par un long plan-séquence l\u2019action recherchée dans les films cinématographiques qui carburent d\u2019ordinaire à ce genre d\u2019effets spéciaux.Yan Giguère en constellation Parmi les mosaïques de photographies de Yan Giguère, une première image montre la pancarte «À vendre» d\u2019un terrain ou d\u2019un immeuble, amorçant ainsi l\u2019exposition Visites libres, qui s\u2019intéresse aux habitats de toutes sortes.Le thème s\u2019incarne dans une constellation d\u2019images dont la variété, des dimensions et du tirage, est le maître mot, à l\u2019exemple des deux précédentes expositions de Giguère pour lesquelles il avait aussi adopté ce tjqje d\u2019accrochage.À la différence ici que les volumes sur lesquels sont montées les photos sont également diversifiés, affirmant encore davantage leur qualité d\u2019objet, dimension chère à l\u2019artiste, pour qui le développement des images passe toujours par le faire artisanal, son faire.Dans le contexte de cette exposition, cette volumétrie vient aussi évoquer le statut de la photographie lorsqu\u2019elle se trouve pratiquée par les amateurs dans la collecte de souvenirs, pratique liée aux albums photo de famille que la culture actuelle du numérique tend toutefois à dématérialiser sous forme de fichiers dans des banques d\u2019images innombrables.Les photos se présentent aussi comme des tablettes pour accueillir d\u2019autres photos, plus petites et plus minces, autre allusion à la domesticité, univers que dépei- gnent plusieurs des images.Des photos de famille datées de 1930 proviennent d\u2019ailleurs de la grand-mère de l\u2019artiste, qui intègre ainsi pour la première fois une production qui n\u2019est pas de sa main.Le reste, bien que disparate et issu de plusieurs années, est de lui, généré par des appareils amateurs et professionnels de différentes époques brouillant les pistes.La séquence étoilée fait fi de la chronologie, l\u2019artiste ayant puisé dans un ensemble d\u2019images qu\u2019il glane sans relâche.Les vues de cabanes, de maisons de banlieue, de dômes et de sphères s\u2019agglutinent, truffées de portraits de personnes pensives ou souriantes.Sur un autre pan de mur, des habitations urbaines semblent plutôt dominer, des vestibules d\u2019édifice à logements, des cours intérieures, des devantures de commerces ou d\u2019architecture industrielle.D\u2019autres visages s\u2019inscrivent dans cette myriade de motifs qui déclinent finalement la vie en collectivité, dont une des expressions les plus vives, quoique jouée discrètement, s\u2019avère ici les manifestations du printemps érable, reconnaissables à leurs affiches et à la tête, immanquable, d\u2019Anarchopanda.Dans les alvéoles de ruches captés en détail également de la partie, il faudrait ainsi voir une métaphore de la famille, de la communauté, puis de la société, motifs de rassemblement dès le départ donné par le type d\u2019accrochage.Là, dans les associations libres et fic-tionnelles qu\u2019il permet de tisser entre les images, le dispositif relance avec finesse, et à plusieurs égards, la question cruciale du bien commun.Les deux artistes feront une présentation de leur travail le samedi 20 avril à 15 h 30.Collaboratrice Le Devoir DVoir aussi > Des photos tirées de Breakdown et Visites iibres.ledevoir.eom/ eulture/artsvisuels Le meilleur d'avril au Centre Phi.Cinéma 15\tavril à 19 h 30 BELLA MARIPOSAS de Salvatore Mereu (Italie, 2012) Version originale italienne, sous-titres anglais Du 16 au 24 avril CARTE BLANCHE À STÉPHANE LAFLEUR 5 films choisis par ce réalisateur 11,25$ chaque film ou Carte privilège à 41,25$ pour les 5 films (taxes et frais inclus) 17 avril à 19 h 30 SOMEBODY UP THERE LIKES ME de Bob Byington (États-Unis, 2012) Version originale anglaise Du 18 au 26 avril YOU GIVE LOVE A BAD NAME 5 films que vous aimerez revoir 6,25$ chaque film ou Carte privilège à 21,25$ pour les 5 films (taxes et frais inclus) Tous les films sont à 11,25$ (taxes et frais inclus), sauf indication contraire.Conférences 16\tavril à 19 h ÉCHANGE SUR HAÏTI Conférence avec l'artiste britannique Leah Gordon et la très honorable Michaëlle Jean GRATUIT 17\tavril à 19 h DISSECTIONS : THOMAS DEMAND Table ronde BILINGUE autour de l'exposition de Thomas Demand, avec Suzanne Paquet, Michael Blum et Thomas-Bernard Kenniff GRATUIT Une présentation de DHC/ART et du Centre Phi 22 avril à 19 h NOT IN THE AGE OF PHARAOHS Conférence en anglais de Bruce Ferguson GRATUIT Une présentation de DHC/ART, du MACM et du Centre Phi Centre Phi-407, rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul), Vieux-Montréal-centre-phi.corn Spectacles 13 avril à 21 h Dans le cadre de dlFa@Phi BOOGAT avec High Klassified et DJ Chuck scénographie numérique de Congotron 11,25$ à l'avance 13,25$ à la porte (taxes et frais inclus) Finaliste aux prix Juno avec le Roberto Lopez Project À venir du 1®'^ au 3 juin WHATWE ARE SAYING d'Ame Henderson/Public Recordings Danse + performance Une présentation du Festival TransAmériques et du Centre Phi Exposition Du 25 février au 27 avril KANAVAL de Leah Gordon GRATUIT Du 6 au 18 mai CEREUS/Système vidéo interactif de Philomène Longpré GRATUIT Exposition présentée dans le cadre du Festival Elektra Programmation sujette à changement sans préavis.Consultez notre site Internet pour les dernières mises à jour.phL ¦ TOUS LES LIEUX DE L'ART LE DEVOIR LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 E 11 IDE VISU De souvenirs et de fragments Raymond Lavoie et Vivian Gottheim, deux artistes qui mettent la réalité virtuelle au diapason de la matière DATA Raymond Lavoie Galerie Graff, 963, rue Rachel Est, jusqu\u2019au 20 avril DIA Vivian Gottheim Occurrence, 5277, avenue du Parc, jusqu\u2019au 24 avril JÉRÔME DELGADO Raymond Lavoie et Vivian Gottheim sont tous deux un peu peintres et un peu photographes.Si leurs pratiques semblent avoir peu de chose en commun \u2014 le premier est plus proche de la rigidité formaliste, la seconde, d\u2019une exubérance gestuelle \u2014, leurs solos simultanés trahissent des intérêts similaires.L\u2019idée de la représentation, ou de la visibilité, la question de la mémoire et la recherche de la trace sont au cœur des deux expositions, l\u2019une à la galerie Graff, l\u2019autre au centre Occurrence.Plasticien à ses heures, auteur notamment de grands tableaux monochromes, Raymond Lavoie travaille aussi l\u2019image, comme photographe ou comme collecteur de photos trouvées dans les brocantes ou dans les livres.Chez lui, l\u2019essentiel, ce degré zéro de la peinture mis en place par Malevitch, et la trace documentaire propre à la photo s\u2019y donnent rendez-vous.Cette fois, plus que jamais probable- Raymond Lavoie, DATA - 1 [détail], 2012, Matériaux divers sur toile, verre, bois.ment, la rencontre invite à la confrontation.Fidèle à Graff depuis des décennies, Raymond Lavoie propose pour ce quatrième solo rue Rachel en huit ans un ensemble écartelé entre l\u2019accumu- OCCURRENCE Vivian Gottheim, Gnou, 2010, Acrylique sur canevas.EN BREF Passage à l\u2019art Les éditions du Passage proposent de découvrir ou redécouvrir des artistes à petits prix.Leur nouvelle collection, baptisée «Autour de l\u2019art! », rassemble des paroles et des écrits d\u2019artistes, des entretiens, des correspondances et des analyses.Chaque titre comprend aussi un cahier couleur.La collection sera lancée le 17 avril avec trois titres.Le Devoir lation de données et l\u2019absence de celles-ci, leur effacement.L\u2019expo, qui regroupe huit œuvres, s\u2019intitule justement Data.A l\u2019instar de nos ordinateurs qui accumulent données sur données, les pièces de Lavoie finissent par n\u2019en montrer que des fragments.La série de collages Data, trois immenses panneaux que dynamise une pléthore de documents (photos, cartons d\u2019invitation, croquis), est garnie de ces détails du passé qui forment une mémoire, une vie.Autobiographiques, ces œuvres ont leur intérêt ailleurs, notamment dans l\u2019exploitation formelle de ces papiers, dans la manière de les présenter aussi.Lavoie joue sur la superposition, la transparence et même la coloration de certains éléments pour tenter de mettre un semblant d\u2019ordre à cette masse d\u2019information.Même les punaises qui servent à épingler les documents contribuent à animer la composition.Le travail de Raymond Lavoie repose sur la manipulation.Les encres sur photographie Missing Data et les peintures monochromes sur aluminium homonymes évoquent, à différents niveaux, la réalité immatérielle de l\u2019informatique.Des petites retouches rectangulaires, qui brouillent l\u2019image d\u2019une part ou créent des vides d\u2019autre part, nous confrontent à la perte de mémoire et rendent ces ensembles très concrets.Missing Data (gris) et Missing Data (jaune), qui se composent de plusieurs panneaux, sont particulièrement présents dans l\u2019espace physique de la galerie, d\u2019autant plus en comparaison avec les très touffues Data.Si elles peuvent être très musicales à la manière des compositions du plasticien Yves Gaucher, ces Missing Data imposent à celui qui les regarde son propre reflet.Or ce sont les trouées rectangulaires sur la surface que l\u2019on retient.Les pertes, les ah- l-ï Louise Bombardier £i Gérard DuBo is RÉVÉLATIONS PHOTOGRAPHIQUES 14 avril - 5 mai - 8 septembre trois CONFÉRENCES solidement documentées pour apprécier l\u2019histoire et l\u2019art de LA FLANDRE BELGE ET DES PAYS-BAS AMSTERDAM, BRUGES, ANVERS, BRUXELLES Une judicieuse préparation au voyage d\u2019octobre Documentation détaillée sur demande Le; ,%\u20acaux detours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulare d\u2019un permis du Quebec i 9 I GALERIE GRAEE sences, les disparus seront toujours davantage perceptibles que les images encore présentes.Photos dépeintes La mémoire visuelle, chez Vivian Gottheim, est intrinsèque aux œuvres qu\u2019elle expose à Occurrence.Les trois grandes acryliques au cœur de l\u2019expo D IA fonctionnent comme des il- lusions d\u2019optique.À la manière de Raymond Lavoie, Gottheim procède par extraction, par effacement.Si les fins sont fort distinctes \u2014 ce sont des figures ou des paysages qui surgissent sur la surface \u2014, l\u2019artiste montréalaise travaille aussi autour de la mémoire et, dans ce cas en particulier, du souvenir de voyage.Gnou, Direction Montmorency, Mégantic, les titres des œuvres pointent le sujet représenté.Ces peintures, éclatantes par leur traitement bicolore surnaturel \u2014 un jaune et rose pour l\u2019animal qui broute l\u2019herbe, par exemple \u2014, découlent néanmoins de photographies très réalistes.Elles accentuent ainsi les effets de contraste et la profondeur de champ et s\u2019accordent avec la nature bipolaire de notre vision.Plusieurs étapes précèdent le rendu final.Vivian Gottheim recouvre son image entièrement d\u2019acrylique pour ensuite en retirer, minutieusement, des éléments qui font réapparaître son sujet.Voilà un travail physique, engageant pour l\u2019artiste et dépendant autant de son doigté que de sa patience.Paradoxalement, le résultat est proche de l\u2019image en pixels, d\u2019un art actuel très porté par la fragmentation.L\u2019expo est complétée par d\u2019autres œuvres, dont une animation vidéo et sonore, rythmé du son de percussions, qui pousse dans une autre sphère le gnou dépeint en peinture.Collaborateur Le Devoir Le Nouvel Observateur ?« Michel Bouquet est tout simplement admirable! » Lacroix « Des décors idylliques et une palette éclatante, le film ravit les yeux! Le Monde UN CERTAIN HEQAHD G PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! metro pol^fîlms.com SIDNEY MENKES LA SÉRIE JEUX D'ENFANTS DANS LA NATURE Exposition du 13 au 27 avril 2013 Catalogue en ligne : www.galerievalentin.conn Galerie VtLENTiN 1490, RUE SHERBROOKE OUEST \u2022 MONTRÉAL, QC \u2022 514 939-0500 [Friendly Duck» huile diam.38 cm E 12 LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 CULTURE>CINEMA BURBURY FILMS Chris Overing doit construire un mur de 300 mètres, or il ne connaît pas grand-chose dans l\u2019art d\u2019aligner et de superposer les pierres.Le bonheur des pierres LE TRIOMPHE DU MUR Réalisation, scénario et image: Bill Stone.Montage: Cari Freed, Bill Stone.Musique: Julie Thériault, Mikael Tobias, Eric Harding Trio.Canada, 2012, 102 min.Version originale anglaise avec sous-titres français.ANDRÉ LAVOIE Le processus est-il plus important que le résultat?La question n\u2019est jamais posée aussi clairement dans Le triomphe du mur, de BiU Stone.Pourtant, elle hante plus d\u2019une fois les pensées du documenta-riste québécois, confus parfois devant le tempérament fuyant, énigmatique et souvent séduisant de son sujet.Ce n\u2019est pas tous les jours que l\u2019on fait la connaissance d\u2019un homme dont la tâche principale est de construire un mur de pierre sèche d\u2019une longueur de 300 mètres pour un patron dont on ne connaîtra ni le nom ni les intentions véritables pour soutenir une telle initiative.En revanche, son artisan, Chris Overing, accepte de bonne grâce la présence du cinéaste, déterminé à capter en images cette petite aventure qui devait durer quelques semaines, amorcée par un beau jour de fin d\u2019été, un certain 11 septembre 2001.Fils de bonne famille, citoyen du monde, longtemps un éternel étudiant, en architecture par exemple, Chris Overing ne connaît pas grand-chose dans l\u2019art d\u2019aligner et de superposer les pierres.Cette connaissance, 11 compte l\u2019acquérir à la sueur de son front et avec un soin méticuleux, une tâche plus complexe que prévu.Sa perplexité, exprimée à voix haute et dans une foule de gestes trahissant sa maladresse, Bill Stone en est le témoin privilégié, une posture habituelle pour un documenta-riste.Dans son cas, elle s\u2019avère d\u2019abord inconfortable.et rapidement insoutenable.Le bâtisseur improvisé va-t-il un jour achever son œuvre ?A voir la lenteur des travaux, la succession d\u2019assistants qui ne tiennent jamais plus qu\u2019une saison, et l\u2019indiscipline d\u2019un travailleur incapable de justifier ses absences et ses retards, ce mur commence drôlement à ressembler à une version païenne de la célèbre Sagrada Familia de Barcelone.Au grand désespoir de Bill Stone qui, chaque année, revient sur les lieux de ce chantier paisible, d\u2019une lenteur pour lui désespérante.Le cinéaste aurait-il, littéralement, heurté un mur?Plus d\u2019une fois il s\u2019interroge sur la validité d\u2019un projet en apparence anecdotique, remettant même en question l\u2019honnêteté de sa vedette improbable, jaloux de sa vie privée tout en étant parfaitement à l\u2019aise devant la caméra.Le charme discret de cette figure atypique et anachronique représente d\u2019ailleurs un élément important de ce documentaire, véritable tour de force lorsque l\u2019on considère toutes les années de compagnonnage du réalisateur avec sa principale vedette.On se demande bien si ce fameux mur deviendra réalité.La question apparaît peu à peu dérisoire en regard du processus psychologique et philosophique qui s\u2019opère d\u2019un côté comme de l\u2019autre de la caméra.Comme si cette aventure en apparence absurde, décalée, élaborée en pleine campagne à moins d\u2019une heure de route de Montréal mais en marge de toute logique marchande, opérait surtout une transformation du paysage intérieur de ceux qui la façonnent.Bill Stone, le bien nommé, croyait voir s\u2019ériger son mur des lamentations.11 ne pensait jamais trouver là son bonheur de cinéaste.Collaborateur Le Devoir rORCHESTRE .MÉTROPOLITAIN] Dannick nézet-séguin I Desjardins // J MAISON SYMPHONIQUE Dé; MONTRÉAL Airs de jeunesse 2.0 SCHUMANN BIZET/ WAXMAN , ,\tÉ.CHAMPAGNE DVORAK\tCOLLECTIF DE PIERRE-LAPORTE signé Nicolas Gilbert CHEF\tPIANO JEAN-MICHAËL LAVOIE MARIKA BOURNAKI KERSON LEONG AVEC LE CHŒUR DE L'ECCLESECCNDAIRE JCSEPH-FRANÇCIS-PERRAULT orchestremetropolitain.com Billets à partir de 31-23 $ + taxes CMEILDES/Uni Québec.Cb y Montréal^ LE DEVOIR laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 C\u2019est plus que du bonbon PAULETTE Réalisation : Jérôme Enrico.Scénario : Laurie Aubanel, Jérôme Enrico, Bianca Olsen, Cyril Rambour.Avec Bernadette Lafont, Carmen Maura, Dominique Lavanant, Françoise Bertin.Image: Bruno Privât.Montage: Antoine Vareille.Musique: Michel Ochowiak.France, 2012, 85 min.ANDRÉ LAVOIE Certains films tiennent la route en s\u2019appuyant sur bien peu de chose: un sujet original, un ton décapant, une esthétique aguichante.D\u2019autres doivent beaucoup, sinon tout, à la star qui accepte de se prêter au jeu du cinéaste, cautionnant son univers ou sa petite musique.Paulette, du cinéaste français Jérôme Enrico, repose sur cette carte, celle de la présence d\u2019une icône de la Nouvelle Vague, Bernadette Lafont, dont chaque performance à l\u2019écran affiche des allures de fête.Depuis ses premiers pas dans les films de François Truffaut {Les Mis-tons) et de Claude Chabrol {Le beau Serge), elle a su s\u2019imposer, en apparence sans effort, usant avec habileté de sa beauté singulière et de sa voix de plus en plus éraillée.Tout cela sert habilement le personnage central de cette comédie plus ou moins grinçante, pimentée de réalités sociales qui tapissent les téléjournaux : pauvreté galopante, trafic de drogue, logements sociaux en ruine, gens du troisième âge marginalisés, etc.Ces grandes et petites tragédies se cristallisent autour de la figure de Paulette, veuve depuis le 11 septembre 2001, AZ FILMS À l\u2019écran, chaque performance de l\u2019actrice Bernadette Lafont affiche des allures de fête.une date fatidique qui lui rappelle chaque année que son univers s\u2019est écroulé à la mort de son conjoint rongé par l\u2019alcool, et à l\u2019ombre de la tour Eiffel.Cette ancienne propriétaire de restaurant a tout pour plaire : acariâtre, raciste, misanthrope, opportuniste et égoïste.Heureusement qu\u2019elle fréquente régulièrement le confessionnal ! Pour survivre, cette mère ingrate doublée d\u2019une grand-mère détestable (elle en veut à sa fille d\u2019être mariée à un policier de race noire et à son petit-fils d\u2019avoir la peau trop foncée) fouille dans les poubelles et espionne ses voisins.Sa vie va pourtant changer de façon radi- cale le jour où elle va devenir «dealeuse», vendant d\u2019abord du cannabis dans des endroits mal famés pour ensuite se faire pâtissière particulière, offrant gâteaux et biscuits d\u2019un goût exquis, et aux effets surprenants.Paulette serait-elle la digne héritière de Tarie Danielle?Plusieurs le disent, et aimeraient sûrement le croire.Dans le film de Jérôme, Enrico comme dans celui d\u2019Etienne Chatillez, le trait est volontairement grossi, l\u2019approche désinvolte permettant d\u2019illustrer les pires atrocités morales et d\u2019entendre les répliques les plus salaces.Or ce petit jeu de massacre de la bonne conscience atteint souvent ses limites lorsque la dénonciation ne se réduit qu\u2019à la caricature, celle qui égratigne sans vraiment écorcher.De plus, ce ton très «comédie à l\u2019italienne», donnant à la pauvreté une image rarement vertueuse, s\u2019adoucit peu à peu, faisant basculer le personnage d\u2019un extrême à l\u2019autre.Même l\u2019esthétique du film se transforme, épousant l\u2019image rassurante des petites douceurs de la rebelle devenue femme d\u2019affaires.Comme quoi une véritable révolution, c\u2019est beaucoup plus que du bonbon.Collaborateur Le Devoir Une Terre qui ne tourne pas rond REVOLUTIONARY FILMS Revolution visite près d\u2019une quinzaine de pays et explore les fonds marins des coins les plus reculés de la planète pour illustrer son état de dégradation avancée.CONCERTS LMMC TOKYO STRING QUARTET CONCERT D\u2019ADIEU Beethoven, Bartok, Ravel Vendredi le 26 avril 2013, à 19 h 30 Salle Pollack - 555, rue Sherbrooke Ouest 514 932-6796 \u2022 lmmc(^qc.aibn.com \u2022 www.lmmc.ca Billets: 40 $ / Étudiants (26 ans): 20 $ VIVAAOCE Peter Schubert, directeur artistique Shannon Claudio Shannon Mercer, soprano canadienne dont la réputation n\u2019est plus à faire, se joint à VivaVoce pour vous présenter des madrigaux de Claudio Monteverdi.Avec Pallade Musica, un nouvel ensemble baroque exceptionnel.Le samedi 27 avril 2013 à 19h30 Salle de concert Redpath 3461, rue McTavish 514 398-4547 \u2022 vivavoce-montreal.com OMuait ((M erti McfMMOw U LE DEVOIR REVOLUTION (v.F.: Révolution) Réalisation, scénario et image: Rob Stewart.Montage: Eammon O\u2019Connor, Becky Hunter.Canada, 2012, 86 min.ANDRÉ LAVOIE Après l\u2019immense succès planétaire de son premier documentaire au croisement du film animalier et du pamphlet politique, Sharkwater (2007), le Canadien Rob Stewart a sillonné le monde pour porter son message, à la fois optimiste et pessimiste : le destin de la faune et de la flore est intimement lié au nôtre; le saccage de nos ressources et de notre habitat ne peut plus durer.Sharkwater se concentrait surtout sur la réalité des requins et son caractère sanglanfi mais pas tant celui de l\u2019animal que de son principal prédateur, l\u2019être humain.Rob Stewart embrasse cette fois beaucoup plus large dans Revolution, visitant près d\u2019une quinzaine de pays et explorant les fonds marins des coins les plus reculés de la planète pour illustrer son état de dégradation avancée.Vous connaissez le phénomène de l\u2019acidification des océans?La vue d\u2019immenses récifs de corail dépouillés de leurs charmes, de leurs couleurs, de toute forme de vie, suffira à vous le faire comprendre.Rob Stewart nous implore de modifier nos comportements, de retirer nos lunettes roses pour amorcer ce bouleversement des consciences qu\u2019il appelle sur tous les tons, et surtout en direction des jeunes.C\u2019est sans doute pourquoi son discours se fait parfois simpliste, optant pour une approche spectaculaire et séduisante, se mettant le plus souvent en scène, une posture agaçante, comme si le cinéaste confondait mission et promotion.Un peu plus et on pourrait même le confondre avec Al Gore, celui qui répand la bonne nouvelle environnementale aux quatre coins du monde en jet privé et tel que vu dans An Inconvenient Truth.Loin de renouveler le genre, celui du film catastrophe version écolo.Revolution s\u2019inscrit dans le sillage de ce cinéma de conscientisation globale assorti d\u2019images d\u2019une beauté envoûtante \u2014 esthétique quelque peu paradoxale étant donné l\u2019état de la situation.Rob Stewart, narrateur de son film, devient aussi le commentateur de ses pérégrinations mondiales dans la foulée du succès de Sharkwater, bien mises en évidence dans son dernier film.Son engagement apparaît Indiscutable, mais sa démarche de cinéaste, franchement peu révolutionnaire.Collaborateur Le Devoir Hhambré negra larnoer 32^ saison clarinette classique Simon Aldrich violon classique Geneviève Beaudry violon classique Valérie Beizile alto classique Jennifer Thiessen violoncelle classique Catherine Perron Oeuvres de Reicha, Krommer, Beethoven & Mozart jeudi 18 avril, 20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre www.allegrachambermusic.com Alternatives CONSTRUIRE ENSEMBLE un monde différent Pour nous appuyer : www.alternatives.ca 514.982.6606 LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 E 13 CULTURE.CINEMA De l\u2019ombre à la lumière RENOIR Réalisation : Gilles Bourdos.Scénario : Gilles Bourdos, Michel Spinosa, Jérôme Tonnerre.Avec Michel Bouquet, Christa Theret, Vincent Bottiers, Thomas Doret, Romane Bohrin-ger.Image: Ping Bin Lee.Montage: Yannick Kergoat.Musique: Alexandre Desplat.101min.ODILE TREMBLAY Ce film axé sur une illustre filiation, Auguste Renoir, immense peintre impressionniste de la sensualité, et Jean Renoir, un des plus grands cinéastes que la France ait enfantés, repose beaucoup sur sa lumière et son arrière-plan visuel et humain.Michel Bouquet est merveilleux dans la peau du vieux maître malade et tyrannique, entouré de femmes aimées ou consommées jadis, harem bourdonnant de rivalités larvées.Entre Auguste, au bout de sa course, fasciné par son nouveau et joli modèle impétueux, Andrée (Christa Theret, lumineuse et énergique), et son fils Jean (Vincent Rottiers, plus falot) blessé au combat (nous sommes en 1915), c\u2019est la valse du pouvoir de l\u2019un à perdre et du talent de l\u2019autre à éclore qui se joue, dans un Michel Bouquet est merveilleux dans la peau du vieux maître malade et tyrannique moment charnière encore dans le brouillard de ses limbes.Le film n\u2019a pas la force du Van Gogh de Pialat, parangon du genre, mais Renoir est un ravissement visuel, dans ce repaire de la Côte d\u2019Azur où les fleurs, les fruits, les jeunes filles, les tissus joyeux des robes, la rivière et le soleil opposent la beauté du monde à la guerre qui gronde au loin.Le rôle de la modèle Andrée Heuschling, qui deviendra l\u2019épouse de Jean Renoir et le poussera à faire du cinéma en la prenant comme actrice, est ici abordé avec certains flottements scénaristiques, compensés par un savoir-faire pictural \u2014 la facture du film ressemble à des tableaux de Renoir \u2014 et un art de capter des frustrations, des peurs, des révoltes, des sensibilités qui gravissent autour d\u2019Auguste dans son royaume où tous se préparent à vivre sans lui.Vincent Rottiers n\u2019incarne pas le futur cinéaste de La grande illusion (il est alors sans ambition), mais a déjà puisé à la guerre des sources d\u2019inspiration, qu\u2019on sait devoir plus tard éclore.Bourdos, très documenté, ne verse jamais dans l\u2019hagiographie de l\u2019un ou te» ¦¦\t'f.\t3^ MÉTROPOLE FILMS Renoir est un ravissement visuel, dans ce repaire de la Côte d\u2019Azur où les fleurs, les fruits, les jeunes filles, les tissus joyeux des robes, la rivière et le soleil opposent la beauté du monde à la guerre qui gronde au loin.l\u2019autre Renoir, encore moins du troisième, (Claude (Thomas Doret), encore enfant, fds négligé du peintre des Baigneuses, qui pousse tant bien que mal dans son ombre.Le film est une peinture d\u2019états d\u2019âme : impuissance enjouée ou envieuse des servantes.Surtout obstination du pa- triarche, incertitude de Jean, émoi de Claude, tous éblouis par un rayon de soleil féminin en un désir qui transformera les rapports de force et inven- tera d\u2019autres demains artistiques, dont on connaît hors champ les rayonnements.Le Devoir Lejeune garçon et la mort LA CICATRICE Ecrit et réalisé par Jimmy Larouche.Avec Marc Béland, Patrick Goyette, Loeik Bernier, Dany Bouchard, Normand DAmour, Joëlle Morin.Image: Glauco Bermudez.Montage: Mathieu Demers.Musique: Jorane.Québec, 2013, 80 minutes.MARTIN BILODEAU Autrefois, à l\u2019école, Richard a été persécuté par Paul.Lequel était lui-même écrasé par son père.A partir de ce cas de figure exploité récemment dans Les Pee-Wee: l\u2019hiver qui a changé ma vie, le Québécois Jimmy farouche formule dans La cicatrice une plaidoirie masculiniste qui, au-delà de sa sincérité évidente, déboule comme une tonne de briques.De fait, tout ce qui nous est donné à voir dans cette variation sur le thème de Im jeune fille et la mort de Roman Polanski (plus marginalement de Collaborator, de Martin Donovan) semble subordonné à la mission thérapeutique dont s\u2019est investi le scénariste et cinéaste.Prenant pour point de départ les douleurs subies durant sa propre enfance, celui-ci raconte le kidnapping de Paul (Patrick Goyette, l\u2019air baveux qui convient) par Richard (Marc Béland, investi et intense), au terme d\u2019une partie de hockey amateur où le premier, fidèle à lui-même, s\u2019est montré odieux avec tout le monde.Ligoté dans une grange qui a autrefois été le théâtre de la terrible humiliation de Richard, l\u2019ex-bourreau remonte le passé en compagnie de sa victime, à travers des flash-back qui meublent la moitié du film.Signalons que le montage de Mathieu Demers est si bien articulé qu\u2019on ne sait plus si le centre de gravité du film se situe dans le passé (qui nous éclaire sur les motivations de Paul) ou dans le présent (qui nous révèle l\u2019homme brisé que Richard est devenu).Les tentatives de mêler l\u2019un et l\u2019autre, avec intrusion dans le présent de Richard enfant (Dany Bouchard) et adolescent (Sébastien Leblanc), sont à l\u2019inverse plutôt maladroites.Maladresse est du reste le maître mot de La cicatrice.Par manque évident de confiance en ses propres moyens artistiques (ils sont pourtant évidents, l\u2019avenir le prouvera), le cinéaste épelle presque les mots dans la bouche de ses interprètes et se regarde faire à chaque étape.En témoigne la forme, élégante mais très appliquée, où chaque plan, chaque mouvement d\u2019appareil, veut imprimer un supplément de sens au récit.C\u2019est sa fonction, mais ici c\u2019est trop voyant, trop prosaïque.Par exemple, afin de bien communiquer au spectateur le thème central (comment voir clair dans sa vie ?), Larouche multiplie les flous artistiques, créés par la profondeur de champ, un reflet dans un pare-brise, un rideau de douche translucide, une fenêtre embuée, etc.Le scénario, trop dilaté pour la somme d\u2019informations qu\u2019il véhicule, aurait eu plus d\u2019impact en format court ou moyen métrage.Les allers-retours dans le temps, aussi fluides soient-ils à l\u2019écran, entretiennent artificiellement le mystère quant à la faute commise autrefois par Paul.Une fois dévoilée, celle-ci semble disproportionnée par rapport au dispositif de vengeance mis en place par Richard.La cicatrice, dans son ensemble, produit le même effet.Collaborateur Le Devoir Dans le regard du père THE PLACE BEYOND THE PINES (v.F.Au-delà des pins) De Derek Cianfrance.Avec Ryan Gosling, Bradley Cooper, Eva Mendes, Ben Mendelsohn, Dane DeHaan, Emory Cohen, Rose Byrne.Scénario : Derek Cianfrance, Ben Coccio, Darius Marder.Image: Sean Bobbitt.Montage: Jim Helton, Ron Paterne.Musique: Mike Patton.Etats-Unis, 2012, 140 minutes.MARTIN BILODEAU On se croirait devant une minisérie comprimée, comme au temps où la tendance mondiale (de Eanny et Alexandre de Bergman aux Plouffe de Carie) était de miser sur les deux fronts : une version abrégée pour le ci-noche, une longue, ventilée en quatre à six épisodes, pour la téloche.Celle-ci expliquait ce que l\u2019autre évoquait, développait ce sur quoi l\u2019autre enchaînait.Les deux formules autonomes devenaient, pour peu qu\u2019on s\u2019éprenne du fdm ou de la série, interdépendantes.La parenté «minisérielle» de The Place Beyond the Pines provient de sa construction en trois volets distincts, dont chacun aurait gagné à être développé davantage, malgré les deux heures vingt au compteur.Ce qui à l\u2019inverse distingue le film de Derek Cianfrance {Blue Valentine) du modèle : l\u2019enchaînement desdits volets, à la manière d\u2019un cadavre exquis ou de La ronde de Max Ophüls.Plus précisément, on quitte un personnage pour s\u2019attacher à un autre, par trois fois, tout en demeurant dans le même milieu Qa ville de Schenectady, dans l\u2019État de New York) et sans perdre le fil de la même histoire motivée, à tous les chapitres, par le désir ALLIANCE FILMS Le personnage de Ryan Gosling braque des banques pour reconquérir la mère de son fils.de reconnaissance paternelle.Employant pour développer son thème les mécanismes du cinéma de genre façon Cape Pear (le passé ressurgi qui réactive la mauvaise conscience du héros), Cianfrance brosse sur 15 ans (faction des deux premiers volets se déroule dans les années 80) un tableau à la truelle, d\u2019une élégance certaine et très sophistiqué dans ses compositions \u2014 on note l\u2019usage inspiré de la caméra numérique dans les scènes de poursuites, avec ses saccades en jump-cuts.Trois hommes et une femme sont au cœur du récit s\u2019ouvrant sur les chapeaux de roues au moyen d\u2019un épatant plan-séquence à la De Palma (bonjour Snake Eyes) qui nous fait traverser à pied une foire ambulante à la suite du cascadeur à moto attendu sur la ligne de départ (Ryan Gosling).Les cinquante premières minutes sont focalisées sur ce personnage, notamment sur sa découverte de paternité qui l\u2019incite à quitter son emploi et à braquer des banques pour re- PIPINGO FILMS ET ALMA FILMS Richard (Marc Béland) victime d\u2019intimidation pendant son enfance, décide de se venger, des années plus tard.« FRANÇOIS CLUZET, MAGISTRAL » ' ÉRIC MOREAULT, LE SOLEIL ?ÎR 11.6 UN FILM DE PHILIPPE GODEAU D\u2019APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE G RemstarFilms CRemstan conquérir la mère (la toujours excellente Eva Mendes), établie avec un autre, et subvenir à ses besoins.Le récit bifurque ensuite vers le policier héroïque (Bradley Cooper) qui a croisé sa route et qui, faisant face à un terrible dilemme moral lié à sa propre culpabilité, va dénoncer la corruption au sein du service de police et ainsi favoriser son ascension politique souhaitée par son père.Quinze ans plus tard, la rencontre des fils adolescents du cascadeur et du flic donne un tour de plus à la roue du destin illustrée symboliquement dans la scène inaugurale du,film.A tous égards, nous avons affaire ici à une œuvre réfléchie, très en contrôle.Paradoxalement, le film, trop lisse et trop intelligent pour son bien, glisse sur la conscience sans s\u2019y poser.Qn admire la mécanique, sans toutefois s\u2019investir dans son récit, dont seuls Eva Mendes et Ray Liotta, en flic pourri avec la tête de l\u2019emploi, accélèrent le pouls.Par-dessus tout, on sent que Derek Cianfrance a voulu arpenter le territoire de James Gray (The Yards, We Own the Night).Par politesse, pense-t-on, il a omis de laisser sa propre empreinte dessus.Collaborateur Le Devoir PRESENTEMENT AU CINEMA QUARTIER LATIN I I\tCWÉII*\tI ^MËOArPLEX'aUZZO^ pa»LEXUn«ll5!UJilB(rn I\tOINËMA\tI I CINËMAPap\tI I\teiNËMAI\tI ^kWaONDUCaâilA^ IBEAUBIENI rPOWT-VlAU lël rBOUCHERVILLEl I BELOEIL I rSTE-ADËLEl IgATINEAUI IsHERBROOKEI CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS i L Y A TOUJOURS UN MOYEN D'ENTRER _ DÆNS .LA MAISON KRISriNSCOniHOMAS EMMANUELLESEIGNER DENISMENOŒEf ERNSfUMHAUER gg- w DANSLAMA SON-LEF LM.CA ® A L'AFFICHE DES LE VENDREDI 19 AVRIL YoufiQ.^Ii LesFIImsSevIlle E 14 LE DEVOIR LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 ICINEMA Voyage psychédélique jusqu\u2019au maelstrom mental TRANCE Réalisation : Danny Boyle.Scénario : Joe Ahearne et John Hodge.Avec James McAvoy, Rosario Dawson, Vincent Cassel.Image : Anthony Dod Mantle.Musique: Rick Smith.Montage: Jon Harris.101 min.ODILE TREMBLAY Se rapprochant de sa veine Trainspotting avant de lui donner une suite à l\u2019écran, jonglant aussi avec un labyrinthe scénaristique à la Inception de Christopher Nolan \u2014 dont l\u2019ancêtre illustre demeure le Vertigo d\u2019Hitchcock \u2014, le Britannique Danny Boyle s\u2019est écarté des rives plus naturalistes où l\u2019avaient conduit l\u2019os-carisé Slumdog Millionaire et 127 Hours, sans remiser leurs jeux de miroirs.Tourné avant sa mise en scène de la cérémonie d\u2019ouverture des Jeux olympiques de Londres, monté après cet épisode, le film indique quelle voie il entend creuser à cette étape de sa carrière.Usant d\u2019écrans dans les écrans à travers ceux des nouvelles technologies \u2014 téléphones intelligents ou tablettes numériques \u2014, mais aussi reflets multiples de caméra, histoire de répondre à la complexité de l\u2019intrigue en poupées gigognes, le cinéaste de toutes les branchitudes s\u2019est offert un voyage psychédélique (attention, effets spéciaux en délire!) avec ce Trance, semé de trappes en tous genres, jusqu\u2019au maelstrom mental.Ce thriller psychologique jette un doute sur les inten- Danny Boyle sait ficeler une action et la scène du braquage rebondit à une vitesse folle dons du héros.Victime ?Manipulateur?C\u2019est dans un chic encan d\u2019art qu\u2019un commissaire-priseur, Simon Games McAvoy), dérobe avec la complicité d\u2019alliés malfaiteurs l\u2019inestimable tableau Vol des sorcières de Francisco Goya (dans la vraie vie, propriété du Musée du Prado à Madrid).Assommé par le chef de gang (Vincent Cassel, à son meilleur) d\u2019un vigoureux coup-de-poing, il devient (ou pas) amnésique et n\u2019avoue pas (ou ignore), même sous la torture, où l\u2019œuvre est cachée.Que faire ?Une sublime thérapeute hypnotiseuse (Rosario Dawson) se mettra sur le coup, histoire de l\u2019aider ou de lui nuire.C\u2019est selon.Ici, tout le monde ment.La belle soigne et aime à sa guise, le subconscient parle et se fait manipuler, le passé refait surface en brassant encore davantage la donne.Trance démarre en trombe et met en appétit.Danny Boyle sait ficeler une action et la scène du braquage rebondit à une vitesse folle : mise en scène impeccable et violente pour cette ouverture à la Tarantino.Trance se démultiplie ensuite en segments, dotés de leurs structures propres, de leurs logiques aussi.Le cinéaste expérimente avec une liberté jubi-latoire, alors que son directeur photo Anthony Dod Mantle multiple les cadrages décadrés au milieu d\u2019envolées stylistiques.La musique de Rick Smith apporte un liant supplémentaire et le monteur Jon Harris confère un rythme dingue à cet univers à tiroirs.On est dans le film noir.A - FOX SEARCHLIGHT Trance est un film noir, avec femme fatale et triangle amoureux, qui a une dimension supplémentaire de manipulation kaléidoscopique.femme fatale comprise et triangle amoureux, avec une dimension supplémentaire de manipulation kaléidoscopique.Rapidement les questions d\u2019argent deviennent accessoires, pour ouvrir sur les rivalités et les blocages intimes.En ce sens, le rôle de Si- mon en confusion d\u2019identité, joué par James McAvoy (très remarqué dans Atonement), par le flou qu\u2019il implique, le pousse à l\u2019ombre de ses partenaires aux personnages mieux découpés.Le Français Vincent Cassel, dont le puissant charisme sert à merveille les profils de mauvais garçon à la sexualité triomphante, crève l\u2019écran aux côtés de la brune et sensuelle Rosario Dawson, à la perversité d\u2019une lady Macbeth.On peut reprocher à Trance de s\u2019enfoncer avec excès dans la complexité de sa trame en dernière partie, avant un nouveau coup de volant vers la fa- cilité narrative pour sa finale décevante.Reste que Danny Boyle a joué d\u2019audace et de puissance dans le gros du film avec une rage et un esthétisme agonique, témoins de sa haute forme pour tous les avenirs.Le Devoir Affaire de chœur THE SAPPHIRES (Les Saphirs) Réalisation : Wayne Blair.Scénario: Tony Briggs, Keith Thompson.Avec Chris ODowd, Deborah Mailman, Jessica Mauboy, Deborah Mailman, Shari Sebbens, Miranda Tapsell.Image: Warwick Thornton.Musique: Cezary Skubiszewski.Montage: Dany Cooper.103 min.ODILE TREMBLAY Présenté hors compétition an dernier Festival de Cannes, le gentil The Sapphires de l\u2019Australien Wayne Blair, adapté d\u2019une pièce à succès sur Broadway, ne prétend aucunement faire dans la dentelle et réinventer l\u2019esthétique du septième art.Production populaire affichée comme telle, ce film (qui semble une version australienne de Dreamgirls), inspiré de la carrière d\u2019un groupe de chanteuses aborigènes d\u2019Australie, appuie l\u2019émotion tout en abordant (en surfant) des questions plus graves : le racisme, la guerre, le problème d\u2019identité des mulâtres, les courants contestataires des années 60, etc.Trois jeunes sœurs aborigènes, Gail, Cynthia, Julie, choristes de country, rencontrent un pianiste blanc (Chris FILMS SEVILLE The Sapphires de l\u2019Australien Wayne Blair est adapté d\u2019une pièce à succès sur Broadway.O\u2019Dowd, très convaincant) en 1968, qui les prend sous son aile, devient leur gérant, les convertit à la soul.Avec leur cousine métissée, elles s\u2019embarquent à ses côtés pour le Vietnam en guerre afin de divertir les soldats américains, sans trop comprendre ce qui se passe là-bas.Ici, la musique est charmante et facile, les rapports humains sont décrits avec plus de bonhomie que d\u2019analyse psychologique.Et ce, même quand le manager remet à sa place Gail (Deborah Mailman, très attachante) , la leader du groupe, parce que sa voix a moins de puissance que celle des autres (tout en l\u2019aimant) ou quand les filles se battent entre elles.Plus intéressant est le chaos de la guerre qui les rattrape, les images d\u2019archives de l\u2019assassinat de Martin Luther King, le retour à l\u2019histoire des pensionnats blancs où les enfants aborigènes étaient en-vqyés après kidnapping par l\u2019État australien.Ces veines, quoiqu\u2019effleurées, apportent une plus-value à la trame d\u2019un scénario plutôt médiocre sur une réalisation quelconque, avec humour, de bons sentiments et une joie de vivre parfois communicative.Le Devoir EXC3NTRIS A CONTRE-COURANT LISA SFRISO, 86 MIN - V.O.FRANÇAISE sOunesoup un nouveau comptoir T ^\t^ SOUPESOUPÀEXCENTRIS y\tTOUSLES JOURS! BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: AU-DELA DES PINS (THE PLACE BEYOND THE PINES) DEREK CIANFRANCE 051 LE TRIOMPHE DU MUR BILL STONE\tEN ATTENTE DE VISA NO PABLO LARRAIN\tB*»! EN ATTENDANT LE PRINTEMPS\tEN ATTENTE MARIE-GENEVIÈVE CHABOT\t LEVIATHAN LUCIEN CASTAING-TAYLOR ET VERENA PARAVEL\tB-»! ERNEST ETCÉLESTINE DIMANCHE À11H - DÈS 3 ANS\t s'sm LA COMEDIE SURPRISE DE L'ANNEE !!! PRIX DU PUBLIC PRIX DU JURY\t9 Festival du film de\tlUr l\u2019Outaouais - mars 2013 iXSAUMON LAFONT CARMEN DOMINIQUE MAURA LAVANANT FRANÇOISE ANDRE\tAXELLE BERTIN, PENVERN LAFFONT m UN FILM DE JEROME ENR CO www.azfilms.ca PRÉSENTEMENT \\ciuèma A L\u2019AFF CHE Uméga-plex-guzzo-^- CINÉMA\t7^ I\t1 I- 2396.B««ubien E.721-soso\tDRUMMONDVILLE ST-EUSTACHE\tSTE-ADÈLE - MÉGA-PLEX'\u201c GUZZO \u2014 PONT-VIAU 16 \u2014 CINÉMA- BELOEIL.\u2022CINEPLEX DIVERTISSEMENT- STARCITÉ MONTRÉAL Ml.ll-I.l.l.l\t¦ IJBI?¦HKSIOSIEI VERSION ORiCINAlE FRANÇAISE ciNÊPLEx divertissement- quartier LATIN LEX DIVERTISSEMENT « Poignant.Odile Tremblay - Le De ?! CINOCHE.COM ?-M AFFAIRESDEGARS^M^^yPP LE PARISIEN .1|^^EXPRES^ ^ PRIX DU ! PUBLIC 2012 I (L\tCinémania\t^ Sr PRIX TFO ij.!\t2012\tI i\tCinémania\tJe MENTION SPECIALE DU JURY DU PRIX DE LA CRITIQUE Festival du Film de l'Outaouais Mars 2013 PARIS MATCF XPRES^^ lÉTRO LE NOUVEL ^ OBSERVATEUR Gagnante d'un César comme Tvleilleur Espoir Féminin MÉLANIE THIERRY Ombline PRESENTEMENT VERSION ORIGINALE FRANÇAISE I pCINEPL FX DIVERTISSEMENT^ .VERSION ORIGINALE FRANÇAISE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS I\tCINEPLEX\tI [ www.ozfilms.ca ]\tA L\u2019AFFICHE! I le clap 11 quartier latin 11 2398.8\u2014ubifl e.72i-*0*0 J Ile forum 221 c "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.