Le devoir, 16 février 2013, Cahier E
[" Les deux printemps d\u2019Olivier Kemeid Page E 3 Roche papier ciseaux ou le Mal avec un grand M PageE10 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 EÊVRIER 2013 René\tet Sarah Pe\u201ei\u201e\t\u201c™n< nouvel espace dans le Vie,^-MÔÛS Parce que c\u2019était lui, parce que c\u2019était elle L\u2019influent galeriste René Blouin passe à la relève en inaugurant un nouvel espace en duo avec son alter ego Pour moi, dit René Blouin, ce qui est le plus excitant, c\u2019est de faire découvrir puis de mettre en selle des jeunes artistes avec des jeunes collectionneurs, de faire que ça s\u2019arrime ensemble.C\u2019est arrivé sans prévenir.Le principal intéressé, René Blouin, n\u2019avait même pas imaginé une suite pour sa galerie, le jour où il s\u2019arrêterait.Tout a commencé lorsque Sarah Pepin est entrée pour la première fois dans son bureau.L\u2019entretien serré qu\u2019il avait préparé n\u2019a jamais eu lieu.Plutôt, un échange spontané et, depuis, une complicité rare entre eux s\u2019est installée.Il constate, encore étonné : « C\u2019est moi qui me suis cloné en une belle jeune fille.» MARIE-EVE CHARRON Dans le nouvel espace du Vieux-Montréal qui leur servira de galerie, le duo ne cesse de sourire.René Blouin et Sarah Pepin inaugureront dans les prochaines semaines ce lieu, qui signifie aussi pour la galerie un autre départ.Dans le milieu des arts visuels, la galerie René Blouin est une véritable institution dont la notoriété et le caractère sont indissociables de son propriétaire.Après 26 ans d\u2019existence, contre toute attente, l\u2019aventure de la galerie se poursuivra désormais à deux, avec le projet d\u2019une relève à l\u2019horizon.Il a fallu cette rencontre décisive de René Blouin avec Sarah Pepin pour repenser l\u2019avenir de la galerie.La jeune femme de 25 ans lui a été recommandée par Stéphane Aquin, conservateur en art contemporain du Musée des beaux-arts de Montréal, pour qui elle a travaillé quelque temps, à la suite de ses études en histoire de l\u2019art à l\u2019Université du Québec à Montréal.Dans son rôle d\u2019assistante à la galerie depuis janvier 2011, elle a séduit René Blouin, pour qui lui confier plus de responsabilités est venu de soi: « Sarah, elle, part avec le ballon.Le ballon lève et puis on suit.» «C\u2019est quand j\u2019ai vu son œil, raconte-t-il.Elle fait des accrochages [d\u2019œuvres] qui sont mieux que les miens, et j\u2019accroche pas comme un pied.On regarde des dossiers sans se parler et on sort la même œuvre, exactement!» De connivence, ils sont aussi pour la vision qu\u2019ils ont de la galerie, un «lieu contemplatif» où, bien qu\u2019il soit consacré à la vente d\u2019œuvres d\u2019art, ils refusent de faire pres- sion sur les acheteurs.«[.] Les clients sont habitués à une certaine douceur et à une subtilité dans le travail», précise Sarah.D\u2019un lieu à l\u2019autre C\u2019est pour continuer à mettre l\u2019art au-devant de tout que René Blouin a quitté en décembre L\u2019Arsenal, où il s\u2019était établi il y a un peu plus d\u2019un an.C\u2019était le premier déménagement (;lans l\u2019histoire de la galerie.A l\u2019invitation du propriétaire qu\u2019il connaissait déjà, l\u2019homme d\u2019affaires et collectionneur Pierre Trahan, René Blouin a levé les pattes du Belgo qu\u2019il occupait depuis ses débuts, en 1986, et où il a été le premier à ouvrir une galerie.«Le cinquième étage était un seul grand espace.C\u2019était une manufacture de vêtements où il se faisait des chemises de policier [.] Je suis arrivé, j\u2019ai pris l\u2019espace que j\u2019avais et j\u2019ai bâti les murs; après ça, ils ont fait le corridor.» Le passage à L\u2019Arsenal constituait donc déjà une étape pour la galerie, «un beau défi», mais la lune de miel a été de courte durée.Le projet de L\u2019Arsenal a pris une tournure dans laquelle René Blouin ne se reconnaissait plus.A ses yeux, «c\u2019est un lieu d\u2019événements où il y a de l\u2019art contemporain».Le galeriste reste malgré tout ad-miratif de l\u2019initiative des mécènes pour l\u2019art contemporain : «S\u2019il y avait trois ou quatre Pierre [Trahan] et Anne-Marie [sa conjointe] à Montréal, Montréal s\u2019en porterait mieux.Ce sont des fous merveilleux.» Il s\u2019imposait toutefois pour lui de partir, et de devoir recommencer.Sans le désir de Sarah de poursuivre pour «le reste de sa vie» \u2014 ce qu\u2019elle a su dès leur première rencontre \u2014 ou d\u2019avoir la certitude de vouloir être là avec lui, René Blouin, qui approche 65 ans, aurait sans doute mis fin à ses activités.Au lieu de ça, la galerie déménage et rebondit de plus belle, l\u2019épisode de L\u2019Arsenal ayant consolidé l\u2019alliance des deux partenaires, qui entrevoient maintenant le futur avec une nouvelle ardeur.«On va faire un retour du balancier.Je vais voyager davantage pour aller chercher des jeunes artistes d\u2019ailleurs», explique Sarah, qui souhaite redonner à la galerie cette présence de l\u2019international que René Blouin avait instaurée à l\u2019époque avec des figures telles que Daniel Buren et Thierry Kuntzel.Quant à d\u2019au- tres artistes majeurs de l\u2019étranger, comme Mona Ha-toum et Kiki Smith, avec lesquelles la galerie a fait sa renommée, il est question d\u2019en exposer à nouveau le travail, des œuvres toutefois propices pour le marché d\u2019ici de celles qui, quasi inaccessibles, sont désormais rattachées aux plus prestigieuses galeries et exposent à travers le monde.«Pour moi, dit René Blouin, ce qui est le plus excitant, c\u2019est de faire découvrir puis de mettre en selle des jeunes artistes avec des jeunes collectionneurs, de faire que ça s\u2019arrime ensemble.» Il ose depuis ses débuts, dès lors touchés par le succès.Sa première exposition va aux œuvres de Betty Goodwin, alors sans galerie; tout a été vendu.Il a été le premier à exposer ici Kiki Smith et à représenter des artistes qui sont devenus des références: Geneviève Cadieux, Jana Sterbak, Rober Racine et Melvin Char-ney, par exemple.D\u2019autres ont suivi : Patrick Coutu, Pascal Grandmaison, Chris Kline.et ça continue.Les couleurs propres à la maison sont indéniables, sa signature, forte, loin des compromis.VOIR PAGE E 4 : BLOUIN E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 EEVRIER 2013 CULTURE Et chiffrez-moi tout ça i t Odile Tremblay Cette semaine, j\u2019ai décroché dans ma bibliothèque Vol à voile de Biaise Cendrars, un de mes écrivains préférés, le relisant pour la beauté de sa plume et sa vitalité de bourlingueur.Il parlait à la fin de cinéma: «Sa seule justification est de nous arracher la peau et nous montrer nus, écorchés, dépouillés dans une lumière bleue plus réfrigérante que celle qui tombe de l\u2019étoile d\u2019Absinthe», écrivait-il en 1927, donnant envie de courir à sa suite se noyer dans l\u2019écran.L\u2019auteur de la Prose du Transsibérien racontait aussi comment il s\u2019étaif enfui à 15 ans de l\u2019Ecole de commerce de Lauzanne où son père l\u2019avait inscrit.Pas doué pour ça, mais pour l\u2019art et la vie, un vrai champion ! Son langage consolait de celui des chiffres, plus froid et déprimant, autant le reconnaître, qui domine \u2014 hélas! \u2014 notre monde de la culture.Nous voici aspirés par une spirale de chiffres à pleins médias.Par ici les graphiques en courbes ascendantes et descendantes, garantes des succès et des échecs artistiques, à offrir au lecteur pour sa gouverne.Candides au départ, on avait cru se débarrasser à jamais du calcul différentiel et intégral en s\u2019offrant à la place un bain permanent de culture.Erreur! Cancres en maths, on tente alors le grand recyclage, jonglant avec les additions et les soustractions, perdant pied, le souffle court, oubliant dans nos textes un zéro, qui fait la Et si [les chiffres] ne disaient pas toute la vérité sur les mérites littéraires de Marc Levy, en dehors de ses vertus sonnantes et trébuchantes?différence entre 100000 et un million, piteux après publication.Quelque chose manque et cherchez l\u2019erreur.Où se situe dans la loi des nombres, qui régit désormais le royaume des arts et des lettres, le sens et l\u2019émoi artistique, aimants de toute création?Cendrars, es-tu là?Pas fous, on le sait bien, allez, que l\u2019œuvre artistique réclame d,es budgets, que ses aides d\u2019Etat sont réduites, anémiques.L\u2019inspiration doit rejoindre ses cibles.Certes! Et que je te recompte le nombre de pattes des spectateurs en divisant par deux; d\u2019où nos contorsions arithmétiques.Hep! Oui, mais les œuvres.Elles sont, il est vrai, critiquées à la pièce après publication des entrevues, mais à l\u2019heure d\u2019aborder un secteur culturel dans son ensemble, chacun reprend sa calculatrice de plus belle.Tout est question de tops et de flops, pourcentages à l\u2019appui.Les films ne sont plus là pour nous arracher la peau mais pour se voir jugés à l\u2019aune de leurs budgets versus les recettes aux guichets québécois.Des œuvres comme Rebelle, qui nous représente aux Oscar, et Laurence Anyways, qui valut à Suzanne Clément un prix d\u2019interprétation à Cannes, se voient renvoyées à l\u2019indignité de leur piètre rendement en salle.Recalés, les cinéastes! Et si ce n\u2019était pas vrai.\u2014 Parlez-nous aussi de littérature, demande l\u2019assoiffé de sens qui, décidément, n\u2019a rien compris.Certains événements sont là pour me nourrir, songe-t-il, soulagé.Pensez-vous?C\u2019est bel et bien au Erançais Marc Levy V/ CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE Des œuvres comme Laurence Anyways, qui valut à l\u2019actrice Suzanne Clément un prix d\u2019interprétation à Cannes (notre photo), se voient renvoyées à l\u2019indignité de leur piètre rendement en salle.Recalés, les cinéastes ! LA VEILLÉE DU 26 FEVRIER AU 23 MARS * TARIF SPECIAL JUSQU'AU 28 FEVRIER SEULEMENT « Achat par téléphone, code promotionnel \u201cLA VEILLÉE\u201d pour les représentations du 26 février au 9 mars 2013.Qfes^ COUTEAUX DANS/^ POULES De David NARROWER Mise en scène Catherine VIDAL Traduction Jérôme HANKINS que le Salon du livre du Québec a demandé d\u2019être son président d\u2019honneur en avril prochain.Eaut dire qu\u2019il en vend, le bougre, de ses romans de gare écrits à la va comme je te pousse, mais chiffrez-moi ça et place au vertige ! 22 millions d\u2019exemplaires écoulés de ses douze premiers livres traduits en 41 langues.Du volume pour le volume.Allez vous rhabiller, les écrivains québécois.Ou apprenez à lancer et à compter comme lui, avant de vouloir présider la grande tribune des mots devant des jeunes en soif d\u2019apprentissage.Les chiffres ne mentent pas, paraît-il.Oui, mais s\u2019ils mentaient quand même ?S\u2019ils ne disaient pas toute la vérité sur les mérites littéraires de Marc Levy, en dehors de ses vertus sonnantes et trébuchantes.Remplaçons le titre de son premier roman.Et si c\u2019était vrai, par la négative.Et si ce n\u2019était pas vrai.que le meilleur vendeur est le créateur phare ?Si la qualité artistique n\u2019avait tout simplement pas de prix.Pour l\u2019heure, le livre, fier compagnon des grands périples intérieurs, fait surtout causer pour le débat entourant son prix unique.«Une loi qui interdirait les rabais aurait pour résultat d\u2019augmenter le prix des livres les plus populaires», protestent les uns.«Eliminer la concurrence en fixant les prix permettrait à l\u2019industrie d\u2019augmenter ses profits et de sauver les petites libraires», décrètent les autres.Oui, oui, mais encore.La lecture, les grands textes, la qualité des textes.C\u2019est qu\u2019on est restés romantiques, que voulez-vous ?Parlez-en aussi.FESTIVAL INTERNATIONAL DE THÉÂTRE DE MARIONNETTES POUR ADULTES ET ENFANTS 7-10 mars 2013 PAYS-BAS FRANCE LITUANIE ÉCOSSE ONTARIO QUÉBEC Partenaire de production Hydro Québec Jean-François Cosabonne, Stéphane Jacques ef Isabelle Roy Concepteurs Geneviève Lizolle, Alexandre Pilon-Guay, Francis Rossignol, Elen Ewing THÉÂTRE PROSPERO BILLETTERIE 514.526.6582 RÉSEAU ADMISSION 1855.790.1245 WWW.THEATREPROSPERO.COM Québec B B festivai.casteliers.ca BILLETTERIE/514.495.9944 RÉSEAU ADMISSION/514.790.1245 CHMllèMAra ansèlCMindI |A|\tP«n»4«n evOnse*\tfortlwArtt\tHwlsa* ujKvoiR\tOSOI^ Québecaa y Montréal# © «nsa,.m d SSË! À quoi ça sert, tout ça?Cette semaine, dans Le Journal de Montréal \u2014 ce n\u2019est pas qu\u2019on veuille l\u2019accabler, mais des fois, il fait fort \u2014, différents grands musées à Québec, à Montréal, n\u2019étaient évalués qu\u2019à travers les salaires et les notes de frais de leurs dirigeants.La directrice du Musée d\u2019art contemporain de Montréal était sur ce plan la plus prodigue.Oui, il faut justifier les dépenses de ceux qui administrent les fonds publics.L\u2019argent est le nerf de la guerre, oui, vous l\u2019avez dit, on le répète.Mais enfin, pourquoi les notions de qualité des expos sont-elles le premier élément qui prend le clos, quand on cause d\u2019art dans nos gazettes et sur les ondes?La télé s\u2019est s\u2019enfargée la première dans sa colonne de chiffres.Sauf que la course aux BBM de Radio-Canada a surtout conduit la société d\u2019Etat à concurrencer les chaînes privées en abaissant sa densité culturelle.L\u2019expéri-mentation, l\u2019audace, le contenu pédagogique s\u2019effacent dans cette course à la performance, qui occupe une place démesurée et aurait dû être remise en cause.Le tout.à la grande joie des conservateurs à Ottawa, qui sabrent ces activités artistiques en brandissant des arguments économiques.Allez vous étonner si, dans les chaumières, mille voix s\u2019élèvent pour vilipender les artistes bons à rien qui se la coulent douce à même Iq sueur des contribuables.A force de se faire servir tous ces discours arithmétiques, les gens voient l\u2019art comme un commerce en pure perte de rendement.Et pourtant.Impossible à mesurer, l\u2019impact d\u2019un tableau de Mqtisse, d\u2019un film de Bernard Emond, d\u2019un livre de Victor-Lévy Beaulieu sur un esprit humain.Et comment quantifier la valeur de la culture générale (si suspecte) qui permet de tisser des liens, d\u2019aiguiser son jugement, d\u2019ouvrir un champ de conscience, de naviguer en des mers inconnues ?A quoi ça sert au juste?Et veuillez me chiffrer tout ça! Une richesse, allons donc ! \u2014 Cendrars, au secours! «Sa seule justification est de nous arracher la peau», disiez-vous ?otremblay@ledevoir.com LE NIE PRESENTE L\u2019HISTOIRE BÉVÉLÉE DU CANADA FRANÇAIS 1608 ^1998 /jj VOLET g ifipstiisæ HEMINS QUI , MARCHENT te AltXISNAim* *e en scène MKiamiiij «¦ÎSKiïï, FRANÇOIS PAPINEAU, D0MINI(!l)fPfnN \u2019 CARI POtlOUlN et MARIE-ÈlfE TRUDEl 2C FEVRIER» 28 HARS 2013 BsjMu, lÀn, 45 rue Fullum, Réservations : 514 521-4191 intréul\twww.nte.qc.ca I Frontenac\tTarifs en prévente : 20$, 22$, 24$ montrEm.CN LUMIERE LE DEVOIR LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 EEVRIER 2013 E 3 CULTURE.THEATRE Les deux printemps d\u2019Olivier Kemeid L\u2019auteur et metteur en scène puise dans son arbre généalogique pour relier les révolutions d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui CHRISTIAN SAINT-PIERRE En 2007, dans son adaptation de VÉnéide de Virgile, Olivier Kemeid évoquait avec beaucoup de pudeur Thi^toire de son grand-père, un Egyptien d\u2019origine libanaise, chrétien et francophone, ayant quitté Le Caire pour le Québec en 1952, juste après la révolution qui a mis fin à la domination anglaise.Pour écrire Furieux et désespérés, la pièce qu\u2019il met en scène ces jours-ci au Théâtre d\u2019Au-jourd\u2019hui, le créateur dans la trentaine s\u2019est décidé à explorer sans détour les tenants et les aboutissants de cet exil qui, en fin de compte \u2014 et qu\u2019il le veuille ou non \u2014, le constitue.En 200,8, Olivier Kemeid est allé en Egypte pour la première fois.Il a pu rencontrer les très rares membres de sa famille qui y sont restés.Ce voyage, même son père, qui avait six ans à son arrivée au Québec, n\u2019a jqmais osé l\u2019entre-prendre.A son retour, l\u2019homme de théâtre commence â écrire Furieux et désespérés.«C\u2019est de loin ma pièce la plus personnelle, lance-t-il.J\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est un peu le troisième volet d\u2019une tri- logie de l\u2019exil amorcée avec /Enéide et Moi dans les ruines rouges du siècle.Dans le premier chapitre, j\u2019avais l\u2019aide de Virgile.Dans le deuxième, j\u2019avais le prétexte, mais aussi la responsabilité de rendre justice à l\u2019extraordinaire histoire de Sasha Samar.Cette fois, il n\u2019y a plus d\u2019intermédiaire, c\u2019est à moi de m\u2019investir, intimement et pour de bon.Il y a longtemps que je voulais écrire franchement sur le sujet.J\u2019ai repoussé ça, remis à plus tard; mais après le voyage, ce n\u2019était plus possible.» Le voyage comme déclencheur Au Caire, Olivier Kemeid a rencontré Béatrice, sa tante, qui a vécu la transition d\u2019un ancien monde aristocratique, dominé par les forces impériales européennes, â un nouvel ordre nationaliste, autonomiste, détaché de l\u2019Europe.Dans la pièce, Olivier est devenu Mathieu, le personnage incarné par Maxim Gaudette.«Le voyage est un déclencheur, précise l\u2019auteur.H y a une large part de fiction dans la pièce.Dieu merci, je n\u2019ai pas vécu tout ça! J\u2019ai vécu certaines choses.Parfois de près.Parfois à distance.Il y a aussi des événements que f aurais souhaité vivre.Concrètement, j\u2019ai procédé à la jonction de mon voyage en 2008 et des événements de 2011, ULYSSE DEL-DRAGO D\u2019une cuisine à l\u2019autre Depuis une quinzaine d\u2019années, d\u2019abord grâce â Wajdi Mouawad {Littoral, Incendies, Forêts), puis â des auteurs comme Olivier Kemeid, Mireille Tawfik {Marche comme une Egyptienne!) etMani Soleymanlou {Ufi), on commence â voir apparaître ce qu\u2019on pourrait appeler une dramaturgie de l\u2019exil indirect, un théâtre québécois franchement ouvert sur le monde qui est le fruit d\u2019une immigration de deuxième génération.Les personnages de ces pièces, fils et filles d\u2019exilés, ressentent un jour le besoin de faire leurs valises pour renouer avec leurs origines.«En 2008, quand je suis allé en Egypte pour la première fois, toute ma québécitude est remontée à la surface, avoue Olivier Kemeid.Je me suis senti plus Québécois que jamais.» Ainsi, le fils ou la fille d\u2019immigrant, ou encore celui ou celle qui serait arrivé au Québec en bas âge, aurait l\u2019occasion de donner un sens nouveau â l\u2019identité québécoise.Soyons clairs, la dramaturgie qui en découle n\u2019a rien d\u2019exotique.Pour Olivier Kemeid, ce n\u2019est pas tant une façon de sortir de nos cuisines qu\u2019une façon de rendre justice â tout ce qui se passe vraiment dans les cuisines du Québec en 2013.«La porte, c\u2019est encore et toujours Michel Tremblay qui l\u2019a ouverte.Je continue d\u2019avoir le sentiment de me servir de la permission qu\u2019il nous a donnée quand je décris ce qui se passe dans ma cuisine, une cuisine où on trouve du pain pita et du taboulé, où on entend les mots de Germaine et ceux de Mohammed.» ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR En 2008, Olivier Kemeid est allé en Egypte pour la première fois.Il a pu rencontrer les rares membres de sa famille qui y sont restés.Mani Soleymanlou et Maxim Gaudette en répétition pour la pièce Furieux et désespérés.une révolution que j\u2019ai suivie de très près et qui m\u2019a remué profondément, plus que je ne l\u2019aurais cru possible.Cela dit, bien que je ne cache pas mes sources ou mes origines, on ne nomme jamais la ville ou le pays où est campée l\u2019action.Je serais vraiment très heureux qu\u2019on puisse avoir le sentiment que la pièce se déroule à Tunis ou à Sarajevo.» Ce qui ajoute au caractère universel de la pièce, c\u2019est sa manière de s\u2019écarter du réel, de s\u2019en affranchir ici et lâ, notamment en faisant intervenir des personnages improbables, des hommes et des femmes qui paraissent tout droit sortis d\u2019une tragédie grecque.«C\u2019était important pour moi de créer une réalité théâtrale, mythologique, explique Kemeid.La présence du Chauffeur de taxi et du Concierge, et c\u2019est encore plus vrai dans le cas de La Pythie, ça correspond sans doute à ma façon arabe de raconter une histoire.Quand je relate mon séjour en Egypte, j\u2019ai naturellement tendance à accentuer ici et là.C\u2019est mon côté «conte des mille et une nuits», contre lequel, d\u2019ailleurs, j\u2019ai un peu cessé de lutter.» Mourir pour des idées Jusqu\u2019où faut-il aller pour défendre ses idées?Pour faire respecter ses droits?Pour vivre dans une société où chacun a une chance égale ?Ces questions hantent Furieux et désespérés, et tout particulièrement les personnages de Nora, et Eryan, interprétés par Emilie Bibeau et Mani Soleymanlou, des amoureux qui partagent un seul et même combat, et ce, malgré le fait qu\u2019ils appartiennent â deux clans opposés.Olivier Kemeid regrette amèrement d\u2019avoir été hors du Québec pendant toute cette période que l\u2019on appelle maintenant le printemps érable.«J\u2019ai tout raté.Tout vécu à distance.Et ça m\u2019a fait capoter.Un moment donné, j\u2019ai même failli quitter ma résidence d\u2019écriture en France pour revenir.J\u2019avais l\u2019impression d\u2019un Québec en mouvement, à la croisée des chemins, où la poésie reprenait ses droits.J\u2019ai tout de même pris parti dans le débat, j\u2019ai écrit sur le sujet, mais je me sentais souvent gêné d\u2019intervenir alors que je ne marchais pas dans la rue, que je n\u2019étais pas en train de me battre ou de risquer de me faire arrêter.Je dois dire que beaucoup de Français étaient très émus par le combat mené ici.J\u2019ai même en- tendu des gens de droite avouer leur admiration pour ces Québécois qui réclamaient une autre société, qui soit clairement distincte des Etats-Unis.» Sans tracer de rapports directs entre les événepients qui se sont déroulés en Egypte en 2011 et ceux qui ont agité le Québec en 2012, la pièce laissera le spectateur établir des rapprochements.«Il y a des liens, lance Kemeid.Des liens qu\u2019il ne faut pas trop pousser, parce qu\u2019il y a des comparaisons qui sont boiteuses, mais il y a assurément des liens entre le printemps arabe et le printemps érable.Chaque fois, il y a une jeunesse habitée en même temps par la fureur et le désespoir.Chaque fois, il y a cette idée qu\u2019une autre vie est possible.Chaque fois, il y a une génération qui rappelle à une autre qu\u2019elle s\u2019est jadis battue pour des idéaux qu\u2019elle semble avoir oubliés.» Collaborateur Le Devoir FURIpUX , , ET DESESPERES Texte et mise en scène: Olivier Kemeid.Une coproduction du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui et des Trois Tristes Tigres présentée au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 19 février au 16 mars 2013.DVoir aussi > La pièce Furieux et désespérés d\u2019Olivier Kemeid vue par quatre de ses comédiens.ledevoir.com/culture/ theatre DU 26 FEVRIER AU 23 MARS 2013 CINQVISAGES ^ POUR CAMILLE BRUNELLE Al) TEXTE NKB en 7CÈNE Com BILLETTERIE > ESPACE GO 514 845-4890 I espacego.com QuébecSS\t^ TRADITION a vie conjügaig mommy CHANGÉ enfants mommy LE DEVOIR Centalldeiattt Canada.duCanada fartheA Québec' LA NOUVELLE CREATION MUSICALE D'OLIVIER CHOINIERE UNE EXTRAVAGANCE HIP HOP SUR FOND D'HISTOIRE DU QUÉBEC 19 FÉVRIER AU 9 MARS 2013 AUXgECURIES 7285, rue Chabot, Montréal ® Fabre 514 328-7437 auxecuries.com E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 EEVRIER 2013 CULTURE.THEATRE BLOUIN SUITE DE LA PAGE E 1 Regard rétrospectif Tout prospectif qu\u2019il soit, ce déménagement est également une invitation à regarder en arrière, de retracer le chemin parcouru.L\u2019idée d\u2019ouvrir une galerie est venue à René Blouin avec le désir de «faire quelque chose pour les artistes de Montréal» et d\u2019être maître de ses décisions.Ces considérations se sont imposées après qu\u2019il eut œuvré ailleurs et autrement dans le milieu.Le centre d\u2019artistes Véhicule Art a été pour lui un tremplin au début des années 1970, alors qu\u2019il n\u2019avait pas terminé ses études en histoire de l\u2019art à rUQAM.L\u2019époque en était une d\u2019ébullition pour l\u2019art d\u2019ici en-train-de-se-faire, dont la diffusion et le soutien étaient lacunaires, voire inexistants.C\u2019est en défenseur de cet art aussi que René Blouin a travaillé ensuite pour le Conseil des arts du Canada.Que ce soit en mettant sur pied des programmes adaptés pour les créations actuelles ou en favorisant le décloisonnement entre les disciplines, il y a été actif dans un contexte où il voyait «qu\u2019il y avait des choses à faire, que c\u2019était possible.[.] C\u2019était formidable», se rappelle celui qui en 1983, après sept ans de service, a préféré regarder d\u2019autres horizons.Après un bref séjour en tant que conservateur au Musée d\u2019art contemporain de Montréal \u2014 qu\u2019il a quitté avec fracas à cause d\u2019un différend avec le directeur André Ménard \u2014, l\u2019autre étape marquante de son parcours fut Aurora Boréalis en 1985, cet événement majeur d\u2019envergure internationale lancé par Claude Gosselin, pour lequel il a été commissaire avec Normand Thériault.Réussie, mais trop éprouvante, l\u2019expérience est celle qui a poussé René Blouin à ouvrir sa galerie.«J\u2019avais envie de travailler à plus long terme avec les artistes.» C\u2019est encore cela qui anime René Blouin aujourd\u2019hui, dans une galerie réincarnée et avec le renfort de la relève.«Maintenant, ça va être à Sarah de faire ça.Ça va être une autre affaire, mais avec une continuité dans la sensibilité.» Collaboratrice Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR René Blouin et Sarah Pepin partagent cette idée que la galerie, bien que consacrée à la vente, est d\u2019abord un lieu contemplatif.En famille comme en société Martine Beaulne se mesure wcaMuses orphelines de Michel Marc Bouchard CHRISTIAN SAINT-PIERRE AU cours des 20 dernières années, parallèlement à upe carrière de professeure à l\u2019École supérieure de théâtre de rUQAM, Martine Beaulne a mis en scène les auteurs les plus divers, de Molière à Mi-shima en passant par Shakespeare et Lorca.Sur sa feuille de route figurent assez peu d\u2019œuvres contemporaines et encore moins de textes québécois.Elle s\u2019apprête pourtant ces jours-ci à mettre en scène pour la première fois une pièce de Michel Marc Bouchard, et non la moindre : Les muses orphelines.«On devait le faire il y a deux ans, explique la met-teure en scène.Chez Du-ceppe, ils voulaient fêter la 100^ production de la pièce.Mais, pour des raisons d\u2019horaire, je ne pouvais pas le faire à ce moment-là.Ils ont accepté d\u2019attendre que je sois disponible, et là on va pouvoir célébrer la 120^ production! C\u2019est un privilège pour moi de monter ce texte qui n\u2019a pas pris une ride, qui n\u2019a rien perdu de sa pertinence.C\u2019est comme quand on m\u2019a demandé de me mesurer à Al-bertine, en cinq temps de Michel Tremblay.Mettre en scène une pièce qui appartient au répertoire québécois, c\u2019est nécessairement une expérience chargée de souvenirs, de références et d\u2019émotions, mais c\u2019est aussi étonnant de voir à quel point le texte trouve ses résonances au moment où tu le lis.Je ne peux pas, en me l\u2019appropriant, en construisant ma vision, faire fi du monde dans lequel je vis, de la société québécoise d\u2019aujourd\u2019hui.Je dois avouer que ça me donne une formidable liberté comme met-teure en scène!» Un classique Rappelons que Les muses orphelines ont été créées par André Brassard en 1988, puis mises en scène par Gill Champagne à Québec en 1990 et par René Richard Cyr, avec beaucoup de succès, en création Théâtre d'Aujourd'hui et Trois Tristes Tigres 19 février au 16 mars 2013 I PEDRO RUIZ LE DEVOIR Au cours des 20 dernières années, Martine Beaulne a mis en scène les auteurs les plus divers, de Molière à Mishima en passant par Shakespeare et Lorca.1994.En 2000, Robert Ea-vreau en faisait un long-métrage.Pour Martine Beaulne, s\u2019attaquer à ce « classique » de notre théâtre, un drame familial qui se déroule dans le Québec rural du début des années 60, constitue donc une étape importante.«J\u2019ai fait beaucoup de détours avant d\u2019en arriver à monter du théâtre québécois, lance celle qui a passé une bonne partie des années 80 à perfectionner son art en Italie, au Japon et au Danemark.En ce moment, j\u2019ai le sentiment d\u2019être enfin revenue chez nous, d\u2019être dans un rapport plus identitaire aux textes que je choisis.J\u2019avais peut-être jusqu\u2019à tout récemment quelque chose comme une crainte, une hésitation à me replonger dans ma propre société, à l\u2019analyser, à la fouiller, à m\u2019engager dans des zones qui font mal.» Isabelle Tanguay (Léane Labrèche-Dor), jeune déficiente intellectuelle, réunit son frère (Maxime Dénommée) et ses deux sœurs (Ma-cha Limonchik et Nathalie Mallette) à la maison familiale en leur faisant croire que leur mère, qui a quitté le nid il y a de nombreuses années, a annoncé son retour.Ce sera l\u2019occasion pour les membres du clan Tanguay de se vider le cœur et de faire un tant soit peu la paix avec \\\\ La pièce donne à voir le Québec dans toute sa mutation, elle permet de mesurer le chemin parcouru // Martine Beaulne le passé.Bien plus qu\u2019à un drame, c\u2019est à une tragédie qu\u2019on a affaire.«J\u2019avais 13 ans en 1965, précise Martine Beaulne.Mes souvenirs du Québec de cette époque sont gris, au propre comme au figuré.Je revois ma mère mener mille et un combats.C\u2019est une période qu\u2019on aimerait mieux oublier, mais qu\u2019il est en même temps crucial de garder en mémoire, ne serait-ce que pour s\u2019assurer de ne pas y revenir.Heureusement qu\u2019il y a eu la Révolution tranquille pour nous sortir de cet obscurantisme.Ça demandait tellement de courage de vivre à cette époque.Imaginez quand on s\u2019écartait ne serait-ce qu\u2019un tout petit peu de la norme et des conventions.» Chemin parcouru Avec ce spectacle, Martine Beaulne souhaite apporter de l\u2019espoir, démontrer qu\u2019il est possible de développer une certaine sérénité devant le deuil, l\u2019abandon et le trauma- tisme, qu\u2019il soit familial ou social.«La pièce donne à voir le Québec dans toute sa mutation, elle permet de mesurer le chemin parcouru.Les drames individuels des personnages ont tellement de résonances collectives.A une époque comme la nôtre, où le conservatisme ne cesse de gagner du terrain ici et là, où les valeurs du passé sont à nouveau portées aux nues, où il y a sérieusement lieu de s\u2019inquiéter, la pièce redit toute l\u2019importance de ne pas retourner dans cette misère intellectuelle et émotive, ce culte du mensonge et cette incertitude identitaire d\u2019où l\u2019on vient.» Collaborateur Le Devoir LES MUSES ORPHELINES Texte: Michel Marc Bouchard.Mise en scène: Martine Beaulne.Au théâtre Jean-Duceppe du 20 février au 30 mars 2013 et en tournée à travers le Québec du 5 avril au 18 mai 2013.«Une pièce captivante avec des dialogues criants de vérité »\t_\t/ Nathalie Petrowski, La Presse «Pervers (.) aborde de manière percutante * la problématique actuelle de la vie privée ^ Idans notre ère hyper ^^ediatique\t^ «Un portrait férocement contemporain (.) bril-\u2018-lamment défendu par de\tcomed'ens ^ grâce à une mise en scene rythmee de Philippe Lambert.» Lucie Renaud, Jeu « C\u2019est au tour de l\u2019irlandaise Stacey Gr^g de nous secouer les puces.(.) parfaitement ^ traduit par Catherine Léger.» Jean Stag, La Presse «Une pièce très moderne, ultra actuelle» .:\t- Catherine Pogonat, Samedi et rien d autre ^fe«La pièce déploie une tension croissante qui fi - nous rive à nos sièges.» '\tMarie Labrecque, Le Devoir «L\u2019interprétation est absolument saiassante.» Wes Rousseau, Le Quatrième DERNIERE SEMAINE DU 15 JANVIER AU 23 FÉVRIER Texte STACEY GREGG I g 4559, avenue Papineau, Montreal / Billetterie : 514 523-2246 / www.theatrelalicorne.com , Coflseï/des * et des lettres ' ^ Québec b sa ' > \u2022 LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 EEVRIER 20IS E 5 CULTURE>IIANSE Ballet classique, facture chiuoise, regard filmique La lanterne rouge porte l\u2019empreinte du cinéaste aux couleurs saisissantes Zhang Yimou FREDERIQUE DOYON Le Ballet national de Chine (BNC) foulera le sol canadien pour la première fois, à l\u2019invitation des Grands Ballets canadiens (QBC).La troupe officielle de l\u2019État communiste livrera La lanterne rouge, adaptation du film Epouses et concubines du réputé cinéaste Zhang Yimou, qui en signe d\u2019ailleurs le livret, les éclairages et la direction scénique.Avec à sa tête l\u2019ancienne ballerine et maîtresse de ballet Feng Ying, la compagnie chinoise, fondée en 1959, compte 70 danseurs, qui croisent ballet classique et opéra de Pékin pour raconter la tragédie déclenchée par la jalousie et la traîtrise des femmes et concubines d\u2019un puissant seigneur de guerre, dans les années 1920.«Beaucoup de mouvements sont tirés du folklore et de formes venues de l\u2019opéra de Pékin», qui mêle arts martiaux, mime, jeux d\u2019ombres, indique Xin Peng Wang, cochorégraphe de la pièce avec Wang Yuanjman.La musique signée Chen-Qigang fait résonner les percussions chinoises.L\u2019histoire est aussi truffée de références à cette culture : des relations conflictuelles entre concubines et épouses aux parties de mah-jong qui ponctuent le récit.«En voyant le BNC, on se rend compte à quel point l\u2019opéra chinois est vraiment leur tradition, comment cette tradition s\u2019est maintenue malgré tout ce qui s\u2019est passé politiquement», affirme Alain Dancyger, directeur général des GBC, qui ont engagé des relations de réciprocité avec le pays rouge depuis plusieurs années.La lanterne rouge est un microcosme de la Chine des années 1920, alors dépourvue de pouvoir central et soumise aux diktats et combats des seigneurs de guerre.Leurs concubines étaient d\u2019ailleurs un sjunbole de leur richesse et de leur statut.La pièce révèle les luttes de pouvoir qui définissaient les relations hommes-femmes à l\u2019époque.Deux esthétiques Le ballet en trois actes a tourné dans une dizaine de pays depuis sa création.Il a connu une première mouture en 2000, plus axée sur la musique.Mais c\u2019est la seconde version, créée l\u2019année suivante, qui tourne à travers le monde.«Pour les chorégraphes, cette BALLET NATIONAL DE CHINE La lanterne rouge condense l\u2019histoire de cette troupe, enracinée dans la tradition du ballet russe, mais destinée aussi à incarner l\u2019âme de la culture chinoise à travers tous ses bouleversements politiques.version est vraiment plus intéressante, l\u2019histoire est mieux servie, plus claire», dit M.Wang.Un peu plus chinoise aussi, même si l\u2019œuvre reste ancrée dans les deux esthétiques, occidentale et orientale.«Les pieds et les jambes, c\u2019est du ballet classique.Les bras et le haut du corps, c\u2019est chinois, résume M.Wang, dans un anglais accentué d\u2019allemand et de chi- nois.Ça fonctionne très bien ensemble, même si ça semble difficile de coller ces deux univers.» L\u2019artiste, formé en Chine et en Allemagne, où il dirige maintenant le Dortmund Ballet, parle des différences entre les manières européenne et chinoise de créer.«En Europe, on veut créer toujours de nouvelles choses, on est tendu vers l\u2019avenir.En Chine, surtout par le passé, il y a cette idée de créer le ballet parfait.La puissance et la clarté de l\u2019image sont importantes.» C\u2019est avec ce souci de grande clarté et d\u2019imagerie puissante que la troupe a choisi de confier le ballet au réputé cinéaste Zhang Zimou.Loin de lui l\u2019idée de « transposer » sur scène son œuvre cinématographique de 1991, Épouses et concubines, ou le roman de Su Tong qui l\u2019a inspiré.«Dans un ballet, c\u2019est le langage du corps qui raconte l\u2019histoire et la rend intéressante.B ne voulait pas que ça ressemble au film.U voulait créer une oeuvre pour la scène.» Même si sa vision de cinéaste, amoureux d\u2019images léchées aux couleurs saisissantes, aura finalement dicté la création.Zhang Yimou, âme de la production ALEXANDER E YUAN ASSOCIATED PRESS Réalisateur de Hero et de Vivre, Zhang Yimou a aussi réalisé une version de l\u2019opéra Tu-randot de Puccini en compagnie du maestro Zubin Mehta ainsi qu\u2019une comédie musicale populaire intitulée Troisième sœur Liu, et Le premier empereur, dont la première a eu lieu au Metropolitan Opera de New York en 2006.Il a enfin conçu et dirigé le spectacle d\u2019ouverture des Jeux olympiques de Pékin en 2008.Le magazine Time l\u2019avait d\u2019ailleurs sacré personnalité de l\u2019année pour cet exploit artistique planétaire.Épouses et concubines est son œuvre cinématographique phare, inspirée du roman du même nom de Su Tong.En 2001, dix ans après la sortie du film, le cinéaste est appelé à l\u2019adapter pour la scène.Il rédige le livret du ballet en trois qctes et signe les éclairages.A l\u2019occasion de l\u2019ouverture des salles d\u2019art asiatique et islamique du Musée des beaux-arts de Montréal, le film Épouses et concubines sera projeté ce samedi à l\u2019auditorium Maxwell-Cummings, à 14 h.En mandarin, avec sous-titres anglais.«U avait une idée claire de l\u2019image qu\u2019il voulait rendre.B nous restait à trouver comment mettre cette image en scène.Nous avons chorégraphié pour lui.» Influence russe La grande production condense l\u2019histoire de cette troupe, enracinée dans la tradition du ballet russe, mais destinée aussi à incarner l\u2019âme de la culture chinoise à travers tous ses bouleversements politiques.La troupe est née en 1959 sous le nom de Compa-gpie de ballet expérimental de l\u2019École de danse de Pékin.Plusieurs danseurs russes ont participé à son éclosion dès 1954 et 1963, dont le maître de ballet Pyotr Gusev, en intégrant la formation tjqiique de l\u2019école de ballet russe au programme d\u2019entraînement traditionnel.Russes et Chinois ont ainsi bâti un répertoire hybride, composé de plusieurs ballets classiques, comme Le lac des cygnes.Le corsaire et Giselle, et d\u2019œuvres plus typiquement chinoises, comme Le détachement des femmes de l\u2019Armée rouge, qui a connu un vif succès en Europe.«C\u2019est intéressant de voir comment la plus vieille troupe de Chine a réussi à s\u2019adapter et à garder une légitimité.Peu de troupes ont passé à travers des événements aussi bouleversants.A l\u2019époque de Mao, ils ont transformé l\u2019art du ballet, qui est plutôt aristocratique, à des fins révolutionnaires», explique M.Dancyger.Les contacts des GBC avec la Chine remontent à plusieurs années.Ils y ont présenté leur travail, dont Minus One en 2011.Un danseur de la troupe a même donné une leçon de maître aux interprètes du BNC à cette occasion.C\u2019est dans ce même esprit de réciprocité qu\u2019ils ont reçu le Ballet de Guangzhou en 2010.Mais les relations avec l\u2019Orient prennent beaucoup de temps à mûrir et ce n\u2019est qu\u2019en 2013 que la compagnie montréalaise peut enfin accueillir et diffuser (grâce au partenariat de Teck) une œuvre du BNC, qui forme l\u2019étape québécoise de la première tournée pancana-dienne de la troupe chinoise.Après Montréal, cap sur Vancouver avec Le lac des cygnes.Le Devoir LA LANTERNE ROUGE Du Ballet national de Chine.Du 21 au 24 février 2013, à la salle Wilfrid-Pelletier à 20 h, et le samedi à 14 h et à 20 h.HAROLD RHEAUME LE FILS D'ADRIEN DANSE - QUÉBEC FLUIDE 20, 21, 22 FÉVRIER 20 H «ONTRtM EH LUMIÈRE.CHORÉGRAPHE ] HAROLD RHÉAUME INTERPRÈTES ] MARILOU CASTONGUAY, ALAN LAKE, BRICE NOESER ALEXANDRE PARENTEAU, ESTHER ROUSSEAU-MORIN GEORGES-NICOLAS TREMBLAY, ARIELLE WARNKE ST-PIERRE MUSIQUE ] SIMON ELMALEH AGORA DE LA DANSE BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL WWW.AGORADANSE.COM PHOTO ] DAVID CANNON CARTE BLANCHE La compagnie nationale de danse contemporaine de Norvège CORPS DE WALK Sharon Eyal + Gai Bachar 28 FÉV.1.2 MARS 2013 Théâtre Maisonneuve É dansedanse.net laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 EEVRIER 2013 CULTURE>MÜSI0ÜE 3ALZ Donald Byrd, sans l\u2019ombre d\u2019une ride SERGE TRUFFAUT Le trompettiste Donald Byrd n\u2019est plus.En fait, on devrait écrire, pour parler jazz, que le collectionneur de diplômes universitaires a rejoint ces jours-ci le big band que Duke Ellington dirige dans l\u2019au-delà.Il avait 80 ans, l\u2019homme né dans la ville qui a «fourni» le plus grand nombre de grands musiciens de toutes les villes.Laquelle?Detroit.Depuis sa mise entre parenthèses, un peu partout dans le monde on a consacré des articles parfois longs à celui qui a composé Tanya et qui fit, ainsi, le bonheur de Dexter Gordon.On évoque cela, plus exactement les articles, pour mieux marteler ceci : Donald-son Toussaint L\u2019Ouverture Byrd était un champion de la catégorie des mi-moyens.Oui, il était un champion de cette assemblée d\u2019hommes qui, lorsqu\u2019ils étaient jeunes, avaient traduit leur colère découlant du sort réservé aux Noirs en forgeant ce qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui le hard-bop.Le bop, on insiste, dans sa version dure.Auprès d\u2019Art Blakey, Sonny Rollins, Hank Mobley, Thelo-nious Monk, Max Roach et John Coltrane il déclina ses notes bien enveloppées et enjouées.Ses notes conçues à l\u2019enseigne de l\u2019harmonie qu\u2019il alla étudier à Paris, où officiait Nadia Boulanger, très réputée pour ses talents de pédagogue.Parmi ses faits d\u2019armes, ses faits datés dans les années 50 et 60, celui qu\u2019on retient, mis à part son alliance avec Gordon, est cette association avec Pepper Adams.L\u2019architecture instrumentale couplant une trompette et un saxophone baryton étonna énormément et passionna tout autant.Pour l\u2019étiquette Blue Note, ses deux compères ont enregistré une série d\u2019albums qui n\u2019ont pas pris l\u2019ombre d\u2019une ride, d\u2019une petite ride.Dit autrement comme à l\u2019envers.Royal Flush, The Cat Walk, Byrd in Hand et d\u2019autres demeurent d\u2019actualité.D\u2019autant que l\u2019ingénieur Rudy Van Gel-der qui avait gravé les originaux a gommé au cours des dernières années toutes les aspérités.Bref, ces albums, c\u2019est du gros calibre.Notre homme avait aussi comme talent celui de repérer les jeunes talents, de les guider, de les former.Dans les pages du Globe and Mail, Herbie Hancock raconte très bien ce qu\u2019il doit à l\u2019auteur de Jorgie\u2019s.Ce qu\u2019il doit à un homme qui fut aussi un très grand professeur.Ce docteur en musique, qui était également diplômé en droit et un crack en mathématiques, fut en effet le premier doyen de la première faculté de jazz.Pour ses accomplissements musicaux et son travail de professeur, le National Enowment for the Arts lui accorda, en l\u2019an 2000, la plus haute récompense qui soit: le Jazz Master.Et nous, on lui accorde tous les remerciements possibles comme imaginables.?Une date à retenir : le 28 février, au soir évidemment.Mais encore ?Le saxophoniste ténor Rémi Bolduc, le saxophoniste costaud dans le sens le plus noble du terme, et Lrançois Bourassa, le pianiste des subtilités, occuperont la scène de la salle Bourgie située à l\u2019ombre du Musée des beaux-arts.On insiste : ils se produiront sans aucun autre soutien.Ils vont poursuivre l\u2019aventure que Bolduc amorça il y a quelques années avec Kenny Werner sur l\u2019étiquette Justin Time.Le dernier numéro de Down Beat est consacré, comme il fallait s\u2019y attendre, à Dave Brubeck.Le Devoir ICA ARTISTS Riccardo Chailly incarne rautorité musicale des festivités du bicentenaire de Verdi, en Italie.CLASSIQUE Un coffret de référence pour le bicentenaire Verdi CHRISTOPHE HUSS intégrale Verdi publiée par 1 Decca est le luxueux objet discographique de référence que l\u2019on était en droit d\u2019attendre de la part du leader d\u2019un marché.L\u2019année 2013 est celle du trop plein de commémorations.Lorsqu\u2019on célèbre à la fois le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner et de Giuseppe Verdi, il reste peu de place pour Alkan (200 ans), Pierné et Mascagni (150 ans), Lutoslawski et Britten (100 ans), ou pour les 50 ans de la mort de Poulenc, Hindemith ou Hartmann.Sur les scènes du monde entier, il est clair que la fascina- tion pour Wagner l\u2019emporte nettement sur la programmation d\u2019opéras de Verdi cette saison.Nombre de grandes maisons accouchent d\u2019une nou- Sur les scènes du monde entier, la fascination pour Wagner l\u2019emporte sur la programmation d\u2019opéras de Verdi cette saison velle tétralogie et les autres opéras du compositeur allemand sont tout aussi bien lotis.Au moment où le Metropolitan Opera étrenne son nouveau Parsifal décrypté par Lrançois 2012-20'^ SAISON L9 CLUB POUR L\u2019amOLioRBTion DC LA CULTURC MuSS La musique dans toute son intimité i Hydro L Québec Beatrice '.Rana SALLE BOURGIE 26 février 2013 Programme ; Chopin, les 24 préludes Ravel, Gaspard de la nuit et la valse I Premier Prix du Concours musical international de Montreal 20111 émmm TCKTCS DC KllRT5IIHUJSrT = R5 coLUGC-moriTabc «T mise «n scCnc: philippe Savard 870, avenue de salaberry Québec na 418-643-8131 Mlmni r\\Hïdro Quebec d AUSSI,________ LES MÉLODINE5 | STUblO-THÊÂTRE ET PIANO NOBILE, 12H10 PM Thursdays Febuary 7, 14, 21,28, March 14, 21, 28 and April 4.www.promusica.qc.ca ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 EB6 842 2112 NATIONALE STAND^DLFE Québe BB ^ Desjardin S'IL Y A UN SPECTACLE A VOIR, C'EST CELUI-LA.Le Devoir A WELCOME DRAFT OF FRESH AIR.Opera News, USA LENFANT DES GLACES 28 FÉVRIER, ET 2 MARS 2013, 20H | AU GESÙ 1200, rue de Bleury, Montréal | Billetterie : 514-861-4036 | admission.com UN ÉLECTR'OPÉRA DE ZACK SETTEL ET PAULINE VAILLANCOURT INTERPRÈTES: GHISLAINE DESCHAMBAULT ET JEAN MAHEUX \u2022ii^HANTS'\u2019 LIBRES Québec\u2018 hexagram N \u2018WlER MONTRtM EN LUMltRt Girard, le tandem de metteurs en scène québécois formé par André Barbe et Renaud Doucet se retrouve à Leipzig pour Les fées, le premier opéra du jeune Wagner.A contrario, peu de métropoles affichent Oberto ou Les Lombards de Verdi.Mais le compositeur italien est plus largement dans le répertoire des saisons régulières.Un grand Wagner, pour une institution, représente sans doute un défi jugé plus valeureux.Au disque, c\u2019est un peu l\u2019inverse.Seul Marek Janowski «refait Wagner» pour l\u2019étiquette Pentatone.Les grandes maisons ont balancé juste avant Noël des coffrets intégraux à peine promus.On ne croule pas non plus sous les DVD, même si Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg en provenance de Glynde-bourne sont à ne pas manquer.Ln ce qui concerne Verdi, on observe la constitution d\u2019une intégrale vidéo «Tutto Verdi» chez CMajor, initiative louable, glanée dans diverses maisons d\u2019opéra italiennes, mais d\u2019une qualité peu constante.Au disque, nous avons reçu en fin d\u2019année un coffret de tous les enregistrements de Georg Solti, dont on retrouve Un bal masqué et Don Carlo dans la présente intégrale, en plus du Requiem et des Quatre pièces sacrées.Une vraie intégrale Ln 75 CD, Decca (478 4916), pour boucler son parcours, n\u2019utilise pas pleinement les possibilités de synergie, désormais imaginable, des catalogues Universal et LMI.Il s\u2019agit peut-être là d\u2019une saine prudence, puisqu\u2019aux dernières nouvelles, datant de cette semaine, LMI et Virgin Classics auraient été intégrés dans un certain «Parlo-phone Label Grou» revendu par Universal à Warner, c\u2019est-à-dire à une maison qui a pulvérisé sa propre division classique il y a treize ans déjà.Deux grands enregistrements LMI, le Giovanna d\u2019Arco du jeune James Levine et Les vêpres siciliennes dans l\u2019enregistrement de référence de Riccardo Muti sont davantage présents ici pour palier des trous dans la collection Universal que pour leur avantage esthétique concurrentiel.Ainsi, à l\u2019image du Don Carlo de Solti qui aurait pu être supplanté par celui de Giulini (LMI), Universal n\u2019a jamais mis en balance ici un grand enregistrement de son catalogue avec une référence éditée par son supposé nouveau partenaire.Le coffret est, en tout cas, très complet.Il comprend la Messa solenne et les autres œuvres sacrées révélées par Riccardo Chailly, le Quatuor à cordes, la musique de ballet et deux disques de mélodies et d\u2019airs rares.Pour le centenaire de 2001, Decca avait publié les trois plus rares des opéras, Alzira, Aroldo et Jérusalem, sous la direction de Labio Luisi, repris ici.Ln matière d\u2019opéras de jeunesse, il était facile de puiser dans la collection exhaustive gravée par Lamberto Gardelli, à son meilleur dans I due Foscari, avec Cappuccilli, Ricciarelli, Carreras et Ramey en 1977, c\u2019est-à-dire au zénith vocal de cette sacrée brochette.Deux exceptions notables au recours à Gardelli: VOberto de Neville Marriner (Ur-mana et Guleghina ensemble en studio.) et VErnani de Bo-nynge avec Pavarotti et Joan Sutherland.On remercie l\u2019éditeur d\u2019avoir pensé à ces deux joyaux! Cela dit, A Oberto à Stiffelio = seize opéras tout de même \u2014, Gardelli dirige sept ouvrages.Dans cette période 1839-1850, les opéras les plus connus, Macbeth et Luisa Miller, sont dirigés respectivement par Claudio Abbado et Peter Maag (Pavarotti, Caballé, Milnes), ce dernier ayant donc été préféré à Lorin Maazel (Domingo, Ricciarelli, Bruson).Dès que le nom de Giulini apparaît, il rafle la mise: Rigoletto, Le trouvère et même le triste Falstaff Mais le chef italien a été oublié pour ses Quatre pièces sacrées sublimes, gravées à Berlin.C\u2019est la petite erreur de détail artistique: il y avait au moins quatre versions des Quattro Pezzi (Lricsay, Mehta, Giulini, Gardiner) à choisir avant celle de Solti.Pour en revenir aux grands opéras.Don Carlos (en français par Abbado) et Don Carlo (en italien, dirigé par Solti) y figurent côte à côte, de même que la version originale (par Gergiev) et la version révisée (par Sino-poli) de La force du destin.ùi traviata est celle de l\u2019incontournable Kleiber, le Bocca-negra celui de référence d\u2019Ab-bado.VowY Aïda, Karajan a été préféré à Solti, mais les deux enregistrements sont transcendants.La principale ombre au tableau est donc Otello, où l\u2019on attendait autre chose que la version Chung avec un Domingo capté un peu trop tard.L\u2019un dans l\u2019autre, cette intégrale Verdi, joliment présentée dans des déclinaisons de beige, est donc presque un sans-faute, édité avec sérieux.A défaut de fournir les livrets intégraux, les notices proposent de bons résumés, détaillés plage par plage, avec un texte français.Collaborateur Le Devoir E R D I DVoir aussi > Un aperçu vidéo de l\u2019intégrale Verdi de Decca.ledevoir.com/ culture/musique LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 EEVRIER 2013 E 7 CULTURE>CIRQUE FESTIVAL MONDIAL DU CIRQUE DE DEMAIN La performance au service du sens Les jeunes artistes font souffler un vent de changement sur le cirque ISABELLE PARE Le cirque change et c\u2019est tant mieux.Jongleurs mécaniques, contorsionnistes formatés et voltigeurs sans peur mais sans âme n\u2019émeuvent plus guère les foules.La toute dernière cuvée du Festival mondial du cirque de demain à Paris témoigne du vent de changement qui souffle sur les pistes, même celles des grandes compétitions internationales abonnées depuis des lustres à la performance pure et dure.Soyons francs, plusieurs de ces grands concours internationaux, souvent destinés à la rediffusion au petit écran, ont longtemps été le théâtre du cirque convenu, traditionnel et sans grande surprise.Mais la donne est en train de changer.Formés dans les écoles de cirque reconnues, et de moins en moins au sein de familles d\u2019acrobates de génération en génération, de plus en plus de jeunes artistes mettent la performance au service du sens et d\u2019une vision artistique qui dépasse le strict esthétisme.On l\u2019a vu depuis longtemps au Québec avec l\u2019émergence des cirques contemporains que sont Les 7 ,doigts de la main, le Cirque Eloize et plus récemment avec le Cirque Al-fonse.Mais c\u2019est le cas aussi en France, où la cohabitation de quelque 400 microtroupes de cirque soutenues par l\u2019Etat dans leurs processus de création favorise la naissance d\u2019une multitude de visions artistiques très singulières.Circassiens en quête de contenu On pourra voir un peu de ce nouveau cru lors de la prochaine édition montréalaise du Festival mondial du cirque de demain, qui braquera ses projecteurs sur une poignée de ces jeunes circassiens en quête de contenu.«Il y a toujours la notion de compétition dans notre festival, mais aussi de la rencontre des genres.On ne fait plus simplement un équilibre pour ce qu\u2019il est.Aujourd\u2019hui, ce qui compte, c\u2019est le sens qu\u2019on donne à la prouesse.Un saut périlleux, c\u2019est bien, mais quand il se met au service du sens, c\u2019est encore mieux», explique Pascal Jacob, directeur artistique du Festival mondial du cirque de demain et historien du cirque.Au fil des ans, les choix des jurés ont évolué, dit-il, et à la On ne fait plus simplement un équilibre pour ce qu\u2019il est.Aujourd\u2019hui, ce qui compte, c\u2019est le sens qu\u2019on donne à la prouesse.)) Pascal Jacob maîtrise extrême et sans faille d\u2019un voltigeur russe ou chinois on préférera peut-être maintenant l\u2019artiste qui se pointe en piste avec un style singulier ou un personnage étonnant, quitte à ce que tout l\u2019accent ne soit plus mis sur la perfection de l\u2019exécution.«Avant, on comptait beaucoup de techniciens ou d\u2019interprètes; il y a maintenant cette intuition qu\u2019on peut faire autre chose avec le langage corporel», soutient Jacob, qui juge que, dès leur formation, plusieurs jeunes artistes arrivent avec une vision très précise de ce qu\u2019ils entendent présenter au public.Un jeune jongleur français appelé Morgan est la parfaite incarnation de ce nouveau courant qui cherche à s\u2019imposer.Technicien incroyable, le crack des balles rivalise d\u2019adresse pour simuler les chutes et les ratés, et s\u2019amuse à confondre le public.Sorte de maître du « contre-jonglage», Morgan Intègre totalement les ratés dans son numéro et fait mîne de s\u2019évanouir à chaque erreur.«Il a développé l\u2019antithèse du jonglage», explique Jacob.Même esprit pour le numéro très attendu produit par Ix Boustrophédon, une prestation d\u2019équilibre sur verres présentée par cette troupe française qui fait beaucoup parler d\u2019elle.Dans un numéro Intitulé Camélia, une jeune femme et son personnage, chaussés de pointes, gravissent de délicats verres de cristal, toujours plus minuscules.Flldeférlste à l\u2019origine, l\u2019acrobate a mis son art au profit d\u2019une chorégraphie et d\u2019une marionnette, pour accoucher d\u2019une prestation complètement Inusitée.Le numéro, qui a remporté le coup de cœur du jury à Paris en janvier dernier, est tiré d\u2019une production normalement destinée à tourner dans les maisons du troisième âge de l\u2019Hexagone.«Cette artiste a réussi à transcender sa discipline par une poétisation de la performance en y ajoutant un sens.La performance s\u2019en trouve magnifiée, transcendée», croit Pascal Jacob.Un esprit théâtral enveloppera aussi la prestation du couple belge Bert & Fred, au trapèze Washington.Armé de couteaux, de fouets et de marteaux, le drôle de tandem se rit, avec beaucoup d\u2019humour, de l\u2019improbable relation sadomasochiste qui lie un homme et une femme.Amour, pouvoir, risque et mise en danger sont servis au public avec un sourire au coin de l\u2019œil.Dans le duo de main à main des Allemands Chris et Iris, c\u2019est le silence qui rend la performance Inopinée.Chez ce couple bancal, lui costaud, elle miniature, ce sont les mots qui donnent la cadence et le plus fort du couple n\u2019est pas toujours celui qu\u2019on pense.Llsa Rinne, dans un numéro d\u2019échelle-tra-pèze, réinvente à sa manière le trapèze en multipliant les acrobaties sur l\u2019échelle qui mène à son gréement Dans un style plus attendu, on verra aussi la championne de tv^lrllng (manipulation du bâton), Nathalie Enterllne, qui trône sur sa discipline depuis près de 30 ans, et un autodidacte chinois de la toupie, repéré dans la rue par un ex-mé-dalllé du festival mondial.Accompagné par une joueuse de pipa, sorte de luth chinois, le jeune Ba Jlanguo fait valser sa toupie sur tous les supports, offrant une vision remaniée d\u2019un art ancestral chinois.Plus qu\u2019un virtuose Dans un tout autre registre, la part exotique de cette troisième édition sera portée par les hommes-caoutchoucs tanzanlens Robert & Ablllah, contorsionnistes et équlll-brjstes à la fols, formés à l\u2019Ecole de Dar es Salaam.Une porte ouverte sur le rare cirque africain, rempli d\u2019authenticité et de rythmes ensoleillés.Mélange de hlp-hop et d\u2019hu- mour, le trio suisse des Star-bugs amène avec lui sa trame sonore déjantée et déboulonne le rôle attendu du clovm avec une prestation plus rythmique que théâtrale.Quatre gagnants de la dernière édition du Festival mondial du cirque de demain, dont Eric Bates des 7 doigts de la main, prodige de jonglerie avec ses boîtes à cigare, se joindront à cette mosaïque de numéros, à l\u2019Image de la diversité qui traverse le cirque actuel.«C\u2019est difficile de dire pourquoi un jury choisit un artiste.Aujourd\u2019hui, il faut être plus qu\u2019un virtuose.En fait, la performance est ailleurs», pense le directeur artistique du Festival mondial du cirque de demain.L\u2019humour risque d\u2019ailleurs d\u2019être un des fils conducteurs de ce bouquet disparate qui sera, comme d\u2019habitude, mené de main de maître par le prolixe et dandy maître de cérémonie Callxte de Nlgre-mont.Avis aux spectateurs : votre entrée dans le théâtre pourrait n\u2019avolr rien à envier à celle de duchesses aux noms télescopiques et vos gestes seront épiés et commentés en direct, dans un style à nul autre pareil.Le Devoir FESTIVAL MONDIAL DU CIRQUE DE DEMAIN A La Tohu, du 19 février au 3 mars.Voir aussi > Des extraits D vidéo des numéros de trois jeunes recrues: Lisa Rinne, Morgan et Starbugs.ledevoir.com/culture/cirqtæ YAN FORHAN Sorte de maître du «contrejonglage», Morgan intègre les ratés dans son numéro et fait mine de s\u2019évanouir à chaque erreur.Montréal/ Nouvelles Musiques Festival international - 21 février au 3 mars 2013 - festivaimnm.ca Jne production SMCQ présente AfONTRtM EN LUMIERE ILE FESTIVAL .______JEUDI Qomz de la/êle ! édition EO En collaboration avec Didier Morissonneau L\u2019auteur-compositeur interprète d\u2019exception présente son nouvel album £n oiiverture.lë}2liievriei SSsTjna présente en collaboration avec Avec tous leurs grands succès dont Time of the Season et She\u2019s Not There fremUrepartie: DAVIDjGIGUERE VENDREDI MARS Métropolis \u2022 20h EN SUPPLEMENTAIRE LE 22 FEVRIER COPRES DENT D\u2019HONNEUR La pétillante soprano nous présente les plus belles mélodies espagnoles, latines et portugaises de Granada à Bésame Mucho Les meilleurs danseurs et musiciens de tango de Buenos Aires avec des artistes de cirque JEUDI 21 FEVRIER Théâtre Maisonneuve, PdA \u2022 20h chÿueei JJLL^ ERIC BIBB (wec HABIB KOITÉ Dans le cadre du JAZZÀL\u2019ANNÉETD PREM ERE MONTREAL SE y En résidence à l\u2019Univarsité de M ilUllG DE^LARQGHEIIIERE ifANDREAllilNE^Y Sous la cfirectEW de Lorraine Vaillancourt présente en ccFttaJDoratlon avec ataitar/ i\tjp\t^|cKmustc.ci VENDREDI L' MARS LAstrai .19het22h JEUDI 21 FEVRIER ciub seda ¦ 20/.Site extérieur gratÿl Québec SUR LA PLACE DES FESTIVALS, L\u2019ESPLANADE DE LA PLACE DESARr^ET LA PROMENADE DES ARTISTES SPECTACLES GRATUITS | ESCALES GOURMANDES | ILLUMINATIONS | GLISSADE URBAINE | VJ / DJ | ANIMATION | MUSIQUE NUITii** BLANCHE À mONTRÉAL 3 «SOIRÉE D\u2019OUVERTURE LE JEUDI 21 FÉVRIER\t^ Lop, Lokk ÿg Linjar (2001 -02) Lasse Thores^ Soliste ; Berit Q^heim, mezzo-soprano ARTVISUELDCIN CONTES DANSEIIEWSmONS FANTAISIESII HUMOUR ILLUMINATIONS MUSIOUEII_______ IITHEATRE ROUX SOUNDSYSTEM aPyiVIASî) DOME RBC frcjecâonfilm.En continu jusqu\u2019à 21 h PLACE DES FESTIVALS \u2022MegaprÿecUoti'Bea 18h30-19h-21h SCENE RBC 20 h DJ ET VJ BELL 21 h 15 ACT V TES GRATU TES TOUS LES SO RS DU FEST VAL DU 21 FEVR ER AU 3 MARS i Q # q; BAIN MATHIEU 2915, rae Ontario Est, Montréal - Métro Frontenac Billetterie : Réseau admission - 514-790-1245 DësjàrîIÏL O PUVCE DES ARTS 514 842 2112/ 1866 842 2112 laplacedesarts.com METROPOLIS 1 855 790 1245 admission.com / ticketmaster.ca L\u2019ASTRAL, MA SON DU FEST VAL CLUB SODA 514 286 1010/clubsoda.ca ROTNTOALCAN » LEDEVOIR 1 855 790 1245 mUSIIQUE 100,7 admission.com / ti DOMAINE ^^IVIFR Uorversité ViVICIV de Montréal PRESENTE 25 FEVRIER 2013A19H Financière © Sun Life P S \u2018te\t«nas ® Ç «i Wl îffi Quebec Q El I Montréal\tMontréal @\tCanada I\tte M»:.HH 514 288-9955 lÿimere mj i sslumieres ÊnonlrecUentunüere.corn E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 FEVRIER 20IS IDE VISD Paysages personnels et cartographies imaginaires Art mûr propose trois solos qui explorent notre vision déformée des lieux GRAND CANYON: UNSEEN Holly King ROAD PAINTINGS Eric Lamontagne Art mûr Jusqu\u2019au 2 mars JÉRÔME DELGADO Le paysage imaginaire, et jusqu\u2019à un certain point loufoque, est en vedette à Art mûr.Tout le rez-de-chaussée de la galerie de la rue Saint-Hubert est en effet envahi par des herbes les plus vertes, des lagunes les plus miroitantes et des routes les plus longues.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une de ces expositions thématiques de groupe auxquelles Art mûr aime bien s\u2019adonner, mais de trois solos.Trois solos de trois artistes établis \u2014 Judith Berry, Holly King et Eric Lamontagne, dans l\u2019ordre que les visiteurs les découvriront à la galerie \u2014, bien distincts par leurs visions du paysage et la manière de le dépeindre.On ne s\u2019attardera pas ici à la peinture de Judith Berry, qui expose régulièrement à cette enseigne depuis plusieurs années.Le choix de ne se pencher que sur les propositions de Holly King et d\u2019Eric Lamontagne ne s\u2019explique pas uniquement parce qu\u2019ils ont été (à peine) plus rares.Leurs pratiques semblent aussi davantage conjuguer les techniques et conjurer les limites d\u2019un cadre restreint.Leurs imaginaires n\u2019en sont que plus illusoires.La réputation de Holly King n\u2019est plus à faire.Rappelons seulement qu\u2019elle a été une des premières à fabriquer ses images à partir de photographies de maquettes.En 1999, une importante rétrospective du Musée des beaux-arts de Montréal l\u2019avait consacrée comme l\u2019une des photographes les plus singulières de sa génération.Holly King se considère pourtant comme une peintre, et c\u2019est dans m SOURCE ART MUR SOURCE ART MUR Holly King, Reflections Tantalize, 2011.Vue sur Road Paintings, d\u2019Eric Lamontagne, qui invite à prendre la position d\u2019un voyageur en voiture.le Département de peinture et de dessin qu\u2019elle enseigne à l\u2019Université Concordia.Ses paysages sont fabriqués de toutes pièces, notamment par des décors peints.Ce monde lilliputien en 3D, habité même par un éclairage digne des scènes de théâtre, devient en image 2D un sublime site naturel, magnifié par le grand format que privilégie l\u2019artiste.Après plus de 30 ans de carrière, HoUy King cherche encore à renouveler sa signature, sans pour autant la dénaturer.Une photo de King demeure reconnaissable entre toutes.Pour cette seconde exposition en quatre ans à Art mûr, elle a laissé de MICHELE LAPOINTE Contes muets et non-dits sous verre 14.02.2013-10.05.2013 Ouvert le 2 mars de 20 h à 3 h pour la Nuit blanche à Montréal côté les couleurs chromées si siennes.Toutes en noir et blanc, les six oeuvres de Grand Canyon: Unseen possèdent un élément encore plus inusité à sa pratique.L\u2019arrière-plan n\u2019est plus une toile de fond, mais une image du réel.Une photo d\u2019un «vrai» paysage.Ce rapport entre véracité et illusion de vérité, que Holly King a toujours exploité, prend ici une dimension nouvelle.D\u2019autant plus que ce vrai paysage du fond ne montre, pour ainsi dire, pas grand-chose.Le « unseen» du titre évoque la brume ou la neige abondante qui s\u2019est présentée devant l\u2019artiste lors de sa visite du célèbre canyon de l\u2019Arizona.Le choix du noir et blanc magnifie, ou décrie, ce rendez-vous manqué.Sur la route Dix ajis plus jeune que Holly King, Eric Lamontagne n\u2019est pas, lui, un paysagiste consacré.C\u2019est plutôt par ses œuvres en trompe-l\u2019œil, souvent en peinture, qu\u2019il s\u2019est fait un nom.Or, qui dit tromperie dit fabrication et, en toute logique, son solo.Road Paintings, suit celui de King.A la peinture en photo de l\u2019une succède la peinture-installation de Lamontagne, réalisée, elle, d\u2019après photographies.Celui qui est également prof \u2014 à l\u2019Université du Québec, lui \u2014 est doté d\u2019un humour fort bienvenu dans les circonstances, après les ténèbres tirées du Grand Canyon.Loufoque, le paysage d\u2019Eric Lamontagne.Il surgit à travers notamment une longue et étroite toile au sol, couleur bitume, qui figure une route en campagne située quelque part entre Percé et Sorel \u2014 selon les titres des tableaux accrochés de part et d\u2019autre E^fiace 1200, rue Mill M\tP Montréal, Québec, H3K 2B3 W CImImE www.espaceverre.qc.ca Dimanche 3 mars 2013 Pour tout savoir sur notre été : Conférence - Réflexion sur le voyage et lancement de la saison Dimanches 14 avrii et 5 mai Conférences - L\u2019eau, l\u2019air, le feu et l\u2019artI à propos du voyage d\u2019octobre en Flandre belge et aux Pays-Bas Les, peaux ^détours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Québec de l\u2019huile posée par terre.L\u2019ensemble des Road Paintings, soit huit tableaux de formats variés, est une installation en soi, devant laquelle il convient de se laisser absorber.Le spectateur est appelé à prendre la position d\u2019un voyageur en voiture.L\u2019application gestuelle de la matière \u2014 des couches de dripping \u2014 mime ce que la rétine conserve du paysage qui défile autour de lui.Le tableau central, relié à la bande posée au sol \u2014 l\u2019œuvre s\u2019intitule Faire pousser l\u2019asphalte \u2014, représente le paysage vers lequel mène la route.Un cul-de-sac annonce un petit panneau.Ou un mur, dans le cadre de la galerie.Cp n\u2019est pas la première fois qu\u2019Eric Lamontagne simule cette situation.En 2007, à Art mûr aussi, il avait déjà instauré un similaire jeu d\u2019illusions avec Train de mémoire.À surveiller.une série qui prenait ancrage sur un chemin de fer.Lamontagne se répète peut-être.Sauf que sa manière de peindre en référence à des lieux réels prend vraiment son sens, de trompe-l\u2019œil, dans le contexte présent d\u2019expos qui revisitent le genre paysage.Il suit le chemin inverse de Holly King, qui photographie d\u2019après peintures, mais il est tout aussi créatif, en désaccord avec le réalisme objectif de la photographie.Chacun à sa manière déforme un paysage et illustre un échec, celui de dépeindre un lieu tel qu\u2019il est.Collaborateur Le Devoir DVoir aussi > Notre galerie photos des œuvres de Holly King et d\u2019Éric Lamontagne.ledevoir.com/culture/ arts visuels La publication Frapper l\u2019image de Martin Boisseau, aux éditions du Noroît, dont le lancement aura lieq lors du vernissage de la nouvelle exposition de l\u2019artiste.A la galerie Graff, aujourd\u2019hui, à 14 h.Le symposium De la nature, «un rendez-vçus public consacré au dynamisme de la transdisciplinarité ».K\\a SAT, mardi 19 février, de 13 h à 18 h.A noter qu\u2019une expo homonyme se poursuit aussi aux Territoires.La projection d\u2019And Europe WHI Be Stunned, une trilogie de hlms déstabilisants de Yael Bartana sur les activités du groupe politique polonais Jewish Renaissance Movement.A SBC, galerie d\u2019art contemporain, mardi 19 février à 17 h 30.Février se poursuit au Centre Phi.Cinéma 18\tfévrier à 19 h 30 THE COLOR WHEEL d'Alex Ross Perry (États-Unis, 2011) Une présentation de 24 images et du Centre Phi 19\tfévrier à 19 h 30 LES CRIMINELLES de Jean-Claude Lord (Canada, 2012) Première montréaiaise en présence du réaiisateur et de i'équipe du fiim 20\tfévrier à 19 h 30 BLACKBIRD de Jason Buxton (Canada, 2012) Stéphanie Weber-Biron, ia directrice photo, sera sur piace pour présenter ie fiim.28 février à 19 h 30 LES MANÈGES HUMAINS de Martin Laroche (Canada, 2012) En présence du réaiisateur et de i'équipe du fiim Tous ies fiims sont à 11,25 $ (taxes et frais indus) Programmation sujette à changement sans préavis.Consultez notre site Internet pour les dernières mises à jour.Spectacles Il février à 21 h THUS: OWLS Première partie: Joe Grass 16,25 $ (taxes et frais Inclus) Dans ie cadre du Festivai Montréai en iumière 23 février à 20 h KANAVAL KANPE Grande soirée au profit d'Haïti avec des membres d'Arcade Pire et des Invités spéciaux.En coiiaboration avec Pop Montréai et ie Centre Phi Billets en vente sur popmontreal.com Nuit Blanche 2013 au Centre Phi Du 2 au 3 mars de 20 h à 3 h LIKE/COMMENT/SUSCRIBE Un spectacle Interactif sur les meilleures archives de YouTube Gratuit Du 2 au 3 mars à 21 h, 23 h et 1 h LES SIESTES ACOUSTIQUES de Bastlen Lallemant Concerts acoustiques pendant que vous faites la sieste.Avec JP Nataf, Albin de la Simone, Jérôme Minière, Camélia Jordana, Joseph Marchand, Émille Laforest et Bastlen Lallemant.Gratuit Une présentation du générai de France à Québec et du Centre Phi Expositions Du 24 janvier au 16 février LE VOLEUR DE TITRES de Carie Coppens Gratuit Du 25 février au 27 avril KANAVAL de Leah Gordon Gratuit Centre Phi-407, rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul), VIeux-Montréal-centre-phi.com phi I TOUS LES LIE TOUS LES LIEUX DE L'ART LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 EEVRIER 2013 E 9 CULTURE.CINEMA Astérix et Obélix de l\u2019autre côté de la Manche t A I / Au tour de Laurent Tirard d\u2019adapter les aventures des fiers Gaulois ODILE TREMBLAY à Paris Il se pose un tas de questions, du type: «Dans quel état est la licence d\u2019Astérix?» Laurent Tirard vous parle d\u2019Hachette qui a la mine d\u2019or des bédés, d\u2019Albert Uderzo et d\u2019Anne Goscinny qui ont également droit de regard sur les adaptations au cinéma.«Il y a des discussions avec tout le monde sur le respect et la transgression de l\u2019œuvre.» Tout est là.Jusqu\u2019où peut-on transformer cet univers ?Laurent Tirard avait adapté en 2010 avec grand succès Le Petit Nicolas des bandes dessinées cultes de René Goscinny.«A moi, alors, les clés du royaume !», dit-il en rigolant.Le royaume en question étant cette invitation à réaliser la quatrième adaptation cinématographique avec acteurs des aventures des intrépides Gaulois.A chaque film sa nouvelle équipe, balayée ensuite, comme feuille au vent.Tourné en partie à Malte, Astérix et Obélix au service de Sa Majesté met en scène dans leur village d\u2019irréductibles les deux amis gaulois forcés de prendre en charge un jeune Lutécien paresseux et branché, Goudurix (Vincent Lacoste) .Les Britishs sont attaqués par les Romains et la reine britannique (Catherine Deneuve) finit par accepter d\u2019envoyer le loyal Jolitorax (Guillaume Galienne) chez les vulgaires Gaulois pour qu\u2019ils viennent chasser l\u2019envahisseur grâce à leur potion magique.Amours et combats seront au programme dans un Londres aux couleurs parfois des années 60.Tirard trouvait compliqué de faire jouer des acteurs anglais dans une comédie française, alors il a rameuté des Gaulois pour tous les rôles en leur faisant pratiquer l\u2019accent.Deux albums se mêlent au \t\t SEVILLE Tourné en partie à Malte, Astérix et Obélix au service de Sa Majesté met en scène dans leur village d\u2019irréductibles les deux amis gaulois forcés de prendre en charge un jeune Lutécien paresseux et branché.scénario : Astérix chez les Bretons, avec traversée de la Manche chez les Britanniques, et Astérix et les Normands, dans lequel des Barbares sans crainte veulent affronter la peur.Avec son coscénariste Grégoire Vigneron, Tirard voulait montrer que chaque société barba-rise l\u2019autre: les Anglais, les Romains, les Bretons, les Normands.«J\u2019aimais l\u2019épisode des Normands.Es arrivent et repartent, donnant lieu à des scènes formidables, comme la parodie
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