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Titre :
La Minerve
Éditeur :
  • Montréal :Compagnie d'imprimerie de La Minerve,[1857-1872]
Contenu spécifique :
vendredi 16 avril 1869
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Semaine agricole (1869)
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La Minerve, 1869-04-16, Collections de BAnQ.

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[" LA MINERVE ÉDITION HEBDOMADAIRE.Revue Politique, Littéraire, Agricole et Industrielle de la Semaine.JOURNAL A BON MARCHÉ POUR LA LECTURE DU SOIR.\u2014 La question du à dépréciation de l'argent, mise à l'étude sur tous les sens n\u2019a encore trouvé de solution.A la dernière session fédérale, le gouvernement fédéral a imposé un droit très élevé sur l'argent monnayé venant des Etats-Unis.C'était sans doute, fermer la porte à l\u2019inondation des trente sous ; mais l'on ne prenait pas de mesures pour chasser du pays ceux qui y étaient et qui, s\u2019y trouvant bien, y sont restés.On a vainement essayé d\u2019exporter l'argent monnayé.Les entreprises privées n\u2019ont pu réussir et les effets de la loi se sont fait bien peu sentir.Il reste, à cette session-ci, de égislater sur l'exportation, et la question demande une étude considérable.Le Conseil Municipal du comté de Ver- chères, réuni en session spéciale, a cru devoir adopter certaines résolutions, demandant au gouvernement de la uissance, cette utile intervention dans l\u2019affaire.Sur motion de-M.le Conseiller Dansereau Maire de Contrecœur, secondé par M.le Conseiller Archambeault, Maire de St, Antoine, il a été résolu : 10.Que ce Conseil chargé de promouvoir les intérêts généreux de ce comté, croit devoir exprimer publiquement les droits qu'ont acquis à la reconnaissance de la population agricole du pays, ceux qui n\u2019on cessé de faire des efforts pour rétablir l'équilibre dans la circulation de l\u2019argent monnayé, et quil y a lieu de croire que leurs efforts avant longtemps seront couronnés d'un plein succès.20.Qu\u2019en vue de faire disparaître cette cause de pertes et d'embarra de toute espèce, pour le plus grand nombre des habitants de ce pays, empêchera la spéculation et faciliter le progrès, il conviendrait que le gouvernement de la Puissance mit la dernière main à cette œuvre si bien commencée, Nos dépêches d'hier nous apprennent que les noces d\u2019or de Pie IX ont été célébrées Dimanche soir avec beaucoup d\u2019enthousiasme à Rome ; ces fêtes se sont continuées hier ; mais nous n\u2019avions pas besoin de cette dépêche pour savoir que la joie la plus pure et la plus vive avait rgnd 4 Rome, \u2018ous les catholiques de Montréal n'avaient qu\u2019à interroger leur propre cœur et en écouter les secrètes voix, pour en être assurés, Montréal a bien fait les choses, en cette circonstance.Au jour tombant, vers 64 heures, un long cordon d'êtres animés reliant Notre-Dame à tous les points reculés de la ville s\u2019agitait sur chaque côté des rues Craig et Notre-Dame, C\u2019étaient les fidèles qui se rendaient en colonnes serrées vers la vaste basilique.La foule entrait, entrait toujours, comme si une source intarissable eut sans cesse produit de nouvelles formes humaines à mesure que Notre-Dame les absorbait, À sept heures, l\u2019immense aire de la nef.les longs amphithéâtres d\u2019un double jubé avaient disparn complètement sous les tètes Pressées d\u2019une assistance de 10,010 à 15,000 tr \u2014\u2014 \u2014 cours monétaire, et de la âmes, diva MONTRÉAL, VENDREDI, j - LoL Notre-Dame d'épousailles.L'on avait ouvert les écrins les plus riches de M.Chanteloup,et des colliers de feux, des rivières éblouissantes enlaçaient l'autel dans d'innombrables scintillations.Cette adaptation du gaz aux décors est une merveille de l\u2019art.Le réseau enflammé qui enveloppait l\u2019autel semblait correspondre à cette étreinte brulante des cœurs catholiques que In foi pressait eur le cœur de l'Eglise.En ariière de l\u2019autel, au.delà de 50 drapeaux représentant ceux de toutes les nations, étaient disposés en trophée au-dessous ses insignes pontificales pour signitier que l'empire du pape s'étend sur l'univers entier, Nous n'avons guère besoin de parler du chant.Lechœur dela paroisse a depuis longtemps sa réputation faite et s\u2019il ne l\u2019avait pas eue, la présence du Rév.M.Barba- rin comme chef de chœur et d'orchestre et le succès de dimanche soir eussent suffi pour la lui faire solide et durable.Deux cents voix ont pris part à l'exécution des morceaux du salut ; le chœur du Collége de Montréal et le chœur de la Paroisse s'étant unis dans ce but.Voici la liste des morceaux chantés : Hymne à Pie IX.Tues Petrus.Terra tremuit et quievit, Regina Celi de Cherubini.L'imagination se qui ouvrait les portes cle la méditation et qui semblait lui ouvrir celles du ciel.La fête du jour ne se bornait pas pour le chœur au salut.A la messe, le chœur orinaire, composé de 150 voix avait chanté Tu es Petrus, la 2nd messe de Haydn, Uoffertoire du Jour de Pâques, Terra tremuit el quievit et l'hymne à Pie IX, Aux vêpres, Psaumes et Magnificat à faux bourdon, Regina Celi et hymne à Pie LX, Comme on le voit, c'était une journée bien remplie pour ces jeunes gens dévoués dont le mérite est si considérable, Le Te Deum a été chanté par toute l'assistance.Quelle était forte cette voix de tout un peuple remerciant le Seigneur pour les bienfaits accordés à son serviteur et que cœtte prière à dû monter vite aux pieds de l'éternel ! Le sermon de circonstance a été fait par M.l\u2019abbé Colin, de la maison de St.Su pi- ce.Ruoique gené par une forte irritation de gorge, M.Fuhbé Colin a eu son éloquence ordinaire.C'était cette profondeur de Pensées, cette vivacité d'images, cette pureté de diction, ce charme de la voix, cette fascination de langage qui a fait du savant abbé l'orateur populaire, aimé, couru de toute la ville.Son sermon est une magnifique démonstration de la majesté et de l'autorité pontificales.Il brille de logique, de force et de foi et quelque soit notre impuissance à pourvoir en répéter les principaux traits, nous tâcherons d'en exposer le cadre et l\u2019idée dominante : L'orateur prit pour texte ces paroles d\u2019I.saie: «Ego suscilavi eum : C'est mol-méme qui l'ai suscité » et pour thèmo de son sermon : Pie 1X l\u2019homme du 19ème siècle.Quand Dieu veut se revèler au monde dans sa colère ou dans son amour, il suscite des hommes \u2014 16 AVRIL 1869.avait pris une toilette + Bonen on Rialto Pet Re 2 éipar No, 16, spéciaux, qui sont ses instruments.Quand il veut châtier, l'Ecriture appelle ces hommes : Verges de colère.Quand il veut faire miséricorde, ce sont des hommes de sa droite, de sa puissance, de son choix.Or, Pie IX est unde ces derniers.Ego suscilavi eum.Après avoir rappelé le moment solennel de l\u2019ordination de Pie IX, le 10 Avril 1869, l\u2019orateur l\u2019a présenté comme l\u2019homme de la Providence, l\u2019homme du ! 9ème siècle, parce que : fo.Il résume toutes les gloires de son siècle ; 20, Il en domine tous les évènements.1.Le prédicateur a d\u2019abord demandé ce qu'est le gloire, soit aux pouvoirs humains, soit à la science, soit à l\u2019industrie matérialis- le; mais de nulle part il n\u2019a reçu une réponse qui reproduisit véritablement l\u2019idée de la gloire.Il a ensuite cherché une réponse dans les divines écritures, et c'est dans l'œuvre de Dieu qu'il a découvert ce qu'est la véritable gloire.Il en à découvert trois caractères.lo.La grandeur des pensées; 20 la grandeur des dévouements ; 30 la grandeur des triomphes.Chacun de ces caractères est essentiel à la vraie gloire.Il les a montrés se réunissant tous les trois dans Pie IX, qui devient ainsi comme l'effigie et la statue vivante expriment la grandeur de son siècle.Grandeur dans les pensées \u2014C'est on lu que se concentrent tous les principes et toutes les convictions du siècle, Tai seul se trou ve la vraie notion de la dignité et de la perfection humaine.C\u2019est le pilote montrant le point noir qui s'élève à l\u2019horizon pour ap) orter la tempête ; c\u2019est le gardien fidèle des droits, des traditions, des mœurs de l\u2019humanité ; c'est l\u2019infatigable travailleur qui arrache au torrent des passions les seules idées qui puissent sauver le monde (Ecyclique) ; c\u2019est le docteur admirable dont le regard pénètre à travers les âges jusqu'aux profondeurs des cieux pour y découvrir des dogmes jusque là cachés dans la tradition.C\u2019est en lui seul, en un moment, ue se résument et se réflètent toutes les gran- dors du 19ème siècle.Grandeur dans les dévouements.\u2014L orateur a montré les rois détrônés, les peuples asservis ou opprimés, la Pologne écrasée sous le pouvoir de l\u2019autocrate russe, accourant auprès du seul prince qui leur ouvre ses bras et son cœur : et ce prince, c\u2019est Pie IX.Lui seula le courage de rappeler aux Puissants de la terre, les devoirs que la justice et la liberté humaines imposent : c'est lui qui a défendu la cause des princes malheureux et des peuples tyrannisés auprès des rois de la terre; c'est lui, qui quittant les hauteurs de son siége immortel est venu dans les prisons consoler ses propres ennemis et bénir paternellement ceux-là même qui l\u2019avaient,follement persécuté.Quelle bonté ! quel dévouement, quel incomparable héroïsme ! Grandeur duns les triomphes \u2014Après avoir montré l'unité liturgique reconslituée en France, la hiérarchie ecclésiastique rétablie en Angleterre et en Hollande; la création de plus de 30 sièges épiscopaux dans les Etats d'Amérique et d'un grand nombre d'autres dans d\u2019autres provinces, il a représenté cet homme \u2018le prodiges définissant le dogme de l'Immaculée Conception par l'autorité infaillible de l'E- glise, dressant des autels à la Sainteté par la canonisation des martyrs japonais, rempor- tant la plus étonnante des victoires à Mentana 242 avec les plus faibles des ressources, et ce qui est plus incomparable encore, remuant deux fois le monde entier et faisant accourir au bruit de sa parole tous les évêques des derniers confins de l\u2019univers.Ne sonl-ce pas là les plus éclatants des triomphes ?Cherchant donc la raison de tant de grandeurs, l'orateur l'a trouvée dans cette parole de l\u2019Ecriture: Æcce ego vobiscum sum.SiPie IX résume toutes les grandes pensées, tous les grands dévouements, tous les grands triome phes du siècle, c'est qu'il est le tabernacle vivant de la vérité et que le verbe éternel et infaillible, vivant et parlant en lui, se concentre et se personnitie en lui.Et, en effet, suivant l'admirable doctrine de St.Augustin, la vérité a deux rayons ; l\u2019un qui tombe dans le cœur du juste el qui engendre l'amour ; l\u2019autre qui tombe dans le cœur de l'impie et engendre la haine.Or, que se passe-t-il dans le monde ?Tous les hommes de bien, toutes les consciences droites, même parmi ceux que la réforme a séparés de l\u2019unité, concentrent leur umour et leur admiration sur la personne de Pie IX.C'est donc que de Pie s'échappe lerayon bienfaisant de la vérité.Au contraire, les impies, les révolutionnaires, les titopistes politiques concentrent leur haine et leur vengeance sur l'auguste pontife, C'est donc qu'eux aussi, reconnaissent que de lui seul jaillit le rayon terrible de la vérité.Et ainsi, justes ou impies, par leur amour ou leur haine, prouvent que la vérité éternelle et infaillible repose comme en son trône et tabernacle en la personne du pontife romain, en la personne de Pie IX.L'orateur a représenté deux statues que le siècle élèvera pour transmettre sa mémoire à la postérité, l'une en l'honneur de Voltaire, l'autre à celle de Pie IX.Mais quand les générations viendront, ne voyant aux pieds de I'ignoble effigie du fourbs philosophe que les crimes qu'il à causés, sur son cœur que le signe de la haine et sur son front le mensonge, elles proclameront la statue de I'infimie.Mais contemplant, au contraire, autour du wmarbre auguste du Saint Pontife tous les bienfaits qu'il a produits, toutes les consciences qu\u2019il a calmées, les âmes qu'il a sauvées, les esprits qu'il a éclairés, sur son cœur, le signe de l'amour et du dévouement, et à son front, la vérité, elles la déclareront avec enthousiasme la statue, la figure, le symbole de la grandeur.Et maintenant à quelle efligie faut-il rattacher cette gloire dont il n'a pas encore été parlé, la gloire du progrès de la civilisation moderne, la gloire des arts, la gloire des sciences, la gloire de l\u2019insdustrie.Que ferons- nous de toutes ces grandeurs ?Dirons-nous que ces arts, cette industrie, cette science sont les enfants de l'infamie ou les enfants de la grandeur, les enfants du mensonge ou les enfants de la vérité?Ah ! non, n\u2019hésitons pas.Nous en couvrirons avec bonheur l'immortelle statue de Pie IX.C'est qu'en effet, suivant encore la pensée de St.Augustin, la vérité a un troisième rayon, le rayon de la beauté, et Pie 1X en conservant en lui l'infaillible dépot de toutes les vérités, devient par là même le centre de touts les splendeurs du progrès, de tout l'éclat de la civilisation moderne.Pie 1X résume donc en lui toutes les grandeurs du 19ème siècle.11.L'orateur considère ensuite Pie IX comme dominant tous les évenements de son siècle.Il regarde l\u2019empire romain comme le type de la souveraineté du pouvoir parmi les hommes et il cherche comment cette souveraineté s\u2019exprimait dans toute sa splendeur.Il à suivi le vol des aigles romaines à travers les Gaules, la Germanie, l'Afrique, l\u2019Asie et jusqu'au fond de l'Occident, parmi les brumes et les frimas de la Bretagne.Il a rentré pour contempler le triomphe des conquérants ; mais ni les victoires ni les triomphes ne lui ont donné l'expression de la plus haute souveraineté.Il la trouve dans ce trait de l'histoire, où Popilius Lœnas, sans armes, sans corlégn, traçant du bout de sa verge un cercie autour d'Antiochus, ennivré de victoire et faisant siége le d'Alexandrie avec l'armée la plus forminable, oblige le filer conquérant à renoncer à ses desseins sur Alexandrie avant d'avoir LA MINERVE HEBDOMADAIRE.franchi les limites du cercle.Il fallait assurément que le peuple romain fut bien maltre du monde pour qu'au seul nom de la majesté de l'empire prononcé par un seul hombme sans puissauce el sans armée, le plus audacieux des tyrans renonçât en tremblant à tout les projets d'ambition.Mais Dieu a des moyens plus prodigieux encore d'exprimer sa puissance.Sans parler du prodige de la mer qui se fend en deux à sa arole, des murs de Jericho qui tombent au ruit des trompettes de guarre, du Jourdain, qui recule devant une arche be bois, là ou Dieu est plus sublime dans la manifestation de sa souveraineté, c\u2019est quant, permettant aux flots de se déchainer, il se joue lui-même au fond d'une barque, dans le milieu de la tempête et en dompte toutes les fureurs en sommeillant.Ce n'est pas là seulement du sublime, mais du divin.\u2018Ipse vere dormiebal.Or, c\u2019est ainsi que Jésus-Christ domine les évènements du siôcle en reposant par son autorité suprême dans un vieillard pacifique et declinant de I'incomparable Pie IX.L'orateur a resumé tous les évènements et les mouvements du 19me siècle en trois révolution.10.La révolution dans les i lées ; 2o.La révolution dans les sociétés ; Je.La révolution qui, finalement semble résumer jes deux autres, la révolution ltalienne.Les souverains de la terre avec leurs masses imposantes et formidables de baionnetles et de canons et six ou sept millions d'hommes sous les armes n'ont rien fait d'efficace contre cette triple révolution.Les princes ont tremblé et ont mieux aim é courir avec le torrent qu'affronter son impétuosité.Un seul prince a resté le plus faible, le plus pauvre, le plus désarmé de tous : ce prince, c'est Pie IX.Lui seul retient le monde suspendu au-dessus de l\u2019abi- me.L'orateur dans une magnifique figure a montré les trois révolutions venant frapper successivement aux portes du Vatican pour demander des concessions et le pontife répon- daut à chacune d'elles : Non possumus.Par ce seul mot il entraîna tous les flots montants de la tempête aux portes de Romo.Chaque flot mugit, bat le rocher de Pierre avec fureur, mais sa rage n'a pour effet que de le polir il retombe sur lui-même écumant d'impuissance et il se retire confondu.Le rocher immobile domine toujours le monde, L'orateur explique alors cette indicible puissance par l'image du prophète Ezéchiel qui voit à travers les cieux tous les empires du monde et au-dessus des empires, les princes et au-dessus des princes un trône éclatant, et sur ce trône de majesté et de gloire un homme divin.C'est l'image de l\u2019Église reposant son trône eur la téte des empires de la terre ; \u20ac est Jésus-Christ vivant en Pie IX sur le trône de Pierre et par son autorité suprême gouvernant le monde.En effet, de plusieurs membres ayant un même chef, le père, se forme la première societé du monde, la famille.De plusieurs familles soumises à un même pouvoir humain le prince, se forme une société plus vaste : la nation ; el de toutes ces nations di- vorses soumises à un même homme divin, à unc mêir : autorité infaillible et divine,le pape, g+ frrme une société plus vasto encore, la so- ciét.qui embrasse toutes les autres, l'Eglise : at le tone du pape est sur le sommet de l\u2019E- grise, ct 1e pouvoir du pape s'étend sur l'univers entier.Princes, peuples, familles, individus, ne touchez pas l'autorité de Pie IX qui est l'autorité même de Dieu.Toute la sève et toute la vie a coule dans vos veines prend sa source 13.Tous nos droits, toutes nos sécurités sont appuyées sur les siens, comme les nerfs d\u2019une voute sur la clef qui les tient suspendus dans les airs.Ne touchez pas à cette clef de voute de l'édifice social ; si vous l\u2019enlevez, tremblez pour vous-mêmes, la voute s'écroulera sur vos tôles et vous ensevelira sous ses débris.Puis le prédicateur termine sa péroraison en donnant l\u2019image de cette théorie du pouvoir pontifical dans le futur concile où tous lesévé- ques, les patriarches, accourus des quatre vents du monde, représenteront toutes les nations de l\u2019univers ; el l'on verre le pontife romain, au sein de ce glorieux cortége, marchant < comme sur la tête des nations ; c\u2019est l'autorité même de Dieu planant sur les empires de l\u2019univers.L'orateur a terminé en montrant le symbole de ce Concile et son autorité dans les drapeaux réunis parant l'autel richement orné de la basilique sacrée.Ces drapeaux de toutes les nations unis aux drapeaux de toutes les sociétés de Montréal en s'inclinant devant l'étendard de Pie 1X expriment l'obéissance des peuples s'inclinant devant l'autorité suprème de l'immortel successeur de Pierre.Ainsi, conclut l'illustre prédicaleur, Pie IX domine par sa souveraineté tous les événe- ments du 19me siècle, comme il en résume par sa vérité toutes les grandeurs.Donc Pie IX est vraiment l\u2019homme du 19me siècle.Le salut à été chanté par le Rév.M.Bay- le, V.!G., Supérieur du Séminaire.\u2018Au sortir de l'Eglise, un spectacle superbe attendait les fidèles.Des feux du Ben- alo verts allumés aux coins du jardin de a Place d\u2019Armes et eur les murs du séminaire, projetaient une vive et joyeuse lu mière.Lo foule n'avait pas été moins considérable à l\u2019Evêché, où le sermon fut fait par Sa Grandeur Mgr.Pinsonneault, dont l\u2019éloquence heureuse et entraînante n'avait pas té un moindre sujet d'attraction- Nous regrettons de ne pas avoir de notes pour faire une analyse de ce remarquable discours.Au Gésu, c'est le Rév.P.Langeake qui fit le discours en anglais.A St.Pierre, l'auditoire a été vivement impressionné par le sermon de l'éloquent Père Bournigale, U.M.J.La décoration et l'illumination de l'église était merveilleuse.Il nous reste 4 parler de illumination publique, qui ne manquait pas de pittoresque.Le Séminaire avait de grands prépa ratifs et sur toute la longueur du mur, l'on avait fait dresser de longs poteaux surmontés de larges lettres arrangées de manière à recevoir d'innombrables lampions qui rediraient la lettre en traits de feux, On lisait : Vive Pie LX, des étoiles et des Marta.Chaque lettre était reliée l\u2019une l\u2019autre par une guirlande dans le même genre.1- heureusement, le vent ne laisea pas longtemps cette illumination compléte.Les fenêtres du S:minaire étaient aussi illuminées.L'aspect de l'Evêché était magnifique.Des lanternes vénitiennes couvraient toutes les fenêtres et elles y étaient disposées avec beaucoup de goût.Au dessus du portique, le portrait de Pie IX sur transparent y était exposé, ainsi que les insignes pontiticaux avec ces mots : Tu es Petrus\u2014Claves Cælo- rum.Rien n'était aussi charmant que l'aspect de la maison des RR.PP.Oblats et de la Maitrise, où l\u2019on a dû déployer beaucoup d'art et de patience pour obtenir un aussi beau résultat.Les milliers de feux du Collège Ste.Marie étaient admirés d\u2019une extrémité de la ville à l\u2019autre.La silhouette de l\u2019Hôtel Dieu se dessinait au pied de la montagne en traces enflammées et ressemblait à une couronne de diamants déposée sur le front de la pieuse cité.L'Ecole Normale ne manquait pas de pittoresque et l\u2019une des fenêtres de M.l'Abbé Verreau était d'un goùt réellement exquis, qui arrêtait tous les passants.Nous ne pouvons oublier l\u2019Asile de la Providence.À part les feux qui brillaient à toutes les fenêtres, on remarquait l'aile de de leur maison qui regarde rue Ste.Catherine étincelante sous mille couleurs.On distinguait parfaitement dans les fenêtres les armes du Pape, la Tiare et les clefs, et des écoles en papier colorié ; l\u2019effet en était parfaitement réussi.i LA MINERVE HEBDOMADAIRE.243 Il faudrait encore citer, l\u2019Ecole de l\u2019Evé- ché, la Chapelle St.Joseph I'Ecole des Fréres de St.Denis, Ste.Pélagie, 1'Asile Nazareth, l\u2019Académie St.Denis, le Bon Pasteur, etc.Il serait beaucoup trop long d'énumérer l'illumination dans les maisons privées.Dans le centre de la ville, en commençant par la rue Notre-Dame on trouvait la résidence de Sir G.E.Cartier richement illuminée et plusieurs autres jusqu'à la Paroisse.A Place d'Armes, il y avait les résidences de l\u2019Hon.M.Starnes et de M.Gianelli.La résidence de M.Jos.Hudon, en face de la rue St.Vincent était étincelante ; la résidence des MM.Duvernay était aussi illuminée.Nous citons au hasard : MM.C, A.Leblanc, Ls.Beaudry, J.B.Rol- tnd, Gauthier et Vervais, Beauchemin, Berthelet, Larocque, Dubord, D.Masson, Labelle, Fabre, Gravel, Dessaulles, W.Do- rion, Cherrier, Senécal, John Pratt, Trudel, H.J.Clarke, Loranger, Gélinas, S.Rivard, Perrault, Barsalou, facroix, etc, dont les résidences étaient illuminées.DINER A L'HOSPICE.Dimanche soir avait lieu dans lus salles de l\u2019Hospice St.Vincent-de-Paul un spectacle non moins beau que les autres.On sait que Pie IX a toujours été animé de la charité la plus vive pour les pauvres et les orphelins.eune prétre il les servait à table ; chef de 200 millions de catholiques, il continue de donner au monde ce spectacle de grandeur dans l'humilité.Les élèves de la classe de philosophie du Collége Ste.Marie ont pensé qu\u2019i's ne pouvaient mieux célébrer les noces d'or de ce grand pontife, qu\u2019en l'imitant.C'est pourquoi ayant fait préparer un diner succulent pour les élèves des frères de la charité, ils ont voulu servir eux-mêmes ia table et associer à la joie universelle ces pauvres orphelins, M.le Chanoine Fabre présidait, ayant & ses côlés M.l'abbé Mercier, curè de St.Jacques, MM.les abbés Chabot, Barnabé, Grevier, chapelain de l'hospice; les RR.PP.Lopinto et Grenier, de la Compagnie de Jésus, M.O.Ber- thelet, bienfriteur de l'institution.Le repas fut des plus gais.De jeunes orphelins exécutèrent avec goût des morceaux de chant, et vers la fin l\u2019un des élèves de l\u2019institution lut l'adresse suivante : Révérends pères, Messieurs les élèves du collége Ste.Marie, Qu'il me soit permis d'exprimer au nom de mes chers compagnons, les sentiments de la plus vive reconnaissance.Comme elle est belle la religion catholique ! Comme elle est admirable! Quoique petits, nous comprenons déjà ce qu\u2019elle est, nous qui jouissons de ses douces faveurs sous le toit de St.Vincent de Paul, dont la charité anime nos chers et bien-aimés frères.Oui, chers messieurs, nous comprenons qu\u2019elle est belle noire religion qui, à la fête de son chef, notre Saint Père le Pape, inspire à la jeunesse haut placée les moyens de récréer ceux qui autrefois étaient si malheureux, mais qui, grâce à sa sollicitude maternelle, çe disent vraiment contents.Car, ol sont nos haillons ?oll sont nos larmes d\u2019autrefois ?Tout a disparu et cela grâce a la sollicitude de notre mère la Sainte Eglise Catholique.Oui, messieurs, oui, au nom de mes chers compagnons, surtout en ce beau jour de fête que nous n\u2019oublierons jamais, je promets de correspondre par une conduite irrépro- chæble à l'affection de nos jeunes protecteurs, ainsi qu'à celle de tous ceux qui n\u2019ont qu\u2019un désir, celui de nous rendre heureux cn nous comblant de bienfaits, Groyez-nous, chers et bien-aimés messieurs, Vos reconnaissants protégés, ENFANTS DES RÉVERENDS FRÈRES DE LA CHARITÉ.M.le Chanoine Fabre répondit à cette adres- e avec son bonheur accoulumé.Pour cou- onner la fête, il accorda un grand congé aux élèves de l\u2019Hospice.INFORMATIONS., Le Pape à envoyé sa bénédiction apostolique au Prince Impérial, à l'occasion de l'anniversaire du 16 mars.L'Empereur à remercié affectueusement le Saint-Pére, La santé du Pape est exceilente.Il se confirme que le Pape donnera le 10 avril prochain une large amnistie.Un nombre considérable d'étrangers arrivent pour assister aux fêtes des ll et 12 avril.Le 11 avril, le Saint-Père dira sa messe à 74 heures du matin.\u2014Le dimanche, 8 mars, c'étaient aussi les Noces d\u2019or du Révérendissime Père Beckx, Jréposs général de la Compagnie de Jésus.Révérence a célébré la messe solennellement dans l\u2019Eglise du Gésu ; le 9, il l\u2019a dite 4 Saint-Pierre, le 10 4 Saint-Igna- ce.: \u2014On écrit de Rome que le général Kan.zler, pro-ministre des armes du Saint-Pére, vient d'adresser aux familles de la noblesse romaine une sorte de circulaire dans laquelle il les exhorte à donner une preuve de leur dévouement à la cause du saint-siége, en faisant entrer leurs fils dans un bataillon de volontaires dont on médite la formation, et qui serait chargé spécialement de garder la personne du Saint-Pére, \u2014Un bataillon de volontaires allemands vient d\u2019être formé pour la protection du Suint-Siége.Ce bataillon sera commandé par le prince de Liechtenstein.\u2014Sa Sainteté a reçu du Nonce apostolique de France des sommes considérables pour le Denier de Saint-Pierre, Les Anglais lui ont envoyé un pupitre d\u2019or, enrichi de diamants et de pierres précieuses, ainsi qu\u2019un riche missel, à l'occasion de ses Noces d\u2019or.On sait que l'hôpital du Saint-Esprit, qui a de si grandes dettes de reconnaissance envers Pie IX, doit lui offrir le 11 avril un présent semblabla.Les élèves de la Sapience, ceux de l\u2019Université romaine, les principaux personnages de Rome préparent aussi leurs dons.\u2014 Le témoignage de Mgr.de Montréal.La lettre suivante de Su Grandeur Mgr.de Montréal sur les zouaves sera lue par tout le pays avec le plus profond intérêt et la plus vive satisfaction, Elle a été communiquée hier soir au comité des zouaves de Montréal et sur la proposition de l\u2019un de ces messieurs qu\u2019elle fut livrée à la publicité, M.l'Administrateur, le Rév.M.Truteau, V.G., y donna son entier consentement.Rome, le 20 mars 1869.M.I'Administrateur, Nous sommes à Rome depuis le 13 février, comme vous l'avez appris par nos lettres précédentes ; et, je puis,vous l\u2019ussurer, nous n\u2019avons pas perdu de temps, quoiqu\u2019ici il ne soit pas possible de travailler comme à Montréal.e temps passe vite tout de même, et à la fin, l\u2019on se trouve peu avancéen besogne, quand on a fini sa journée, Je puis toutefois vous parler, avec connaissance de cause, de nos chers zouaves canadiens qui, en Canada, sont l\u2019objet de tant de préoccupalions, parcequ\u2019ils remplissent à Rome une mission qui, plus que jamais, me parait providentielle, par les résultats qui peuvent s\u2019en suivre pour le St.Siège, comme pour \\ eux-mêmes et pour notre patrie.Je viens donc vous en dire quelque chose aujourd\u2019hui et je puis assurer que ja parle d'après ce que j'ai vu de mas yeux et entendu de mes oreilles.Car depuis cinq semaines que nous sommes arrivés dans cette ville, nous avons eu, mes compagnons de voyage et moi, de continuels rapports avec ces bons enfants Nous nous snmmes vus presque tous les jours, soit & leur cercle, soit dans nos chambres.Nous avons assisté fréquemment à leurs réunions du soir, et bion souvent nous les avons rencontrés le jour.Nous avons pris plaisir à leur faire raconter toutes les aventures de leur vie de soldat, et nous avons pu apprécier, à leur juste valeur, les bons sentiments qui les animent.Nous nous sommes associés de bon cœur à leurs jouissances de famille, quand on leur a délivré les lettres et les cadeaux dont nous étions si heureusement les porteurs.En vous adressant la présente, c'est à tous ceux qui s'intéressent à ces jeunes compatrio- Les que j'écris, à leurs parents surtout qui ont si généreusement sacrifié leurs enfants pour la défense du pire commun, et au Comité des zouaves si vivement intéressé à ce que ces enfants du sol canadien fassent, par leur bonne conduite, honneur à leur patrie.Au reste, en leur donnant les détails contenus dans la présente, je ne fais qu\u2019accomplir un devoir bien légitime.Car en élevant la voix, pour les inviter à se mettre à contribution pour une œu- vre qui, dès son début, paraissait hérissée de difficultés, j'assumais évidemment une très- grande responsabilité, aux yeux de la religion et de la patrie.Aussi,était-cs pour moi,comme c\u2019est encore aujourd'hui, un sujet de préoceu- pations bien naturelles.Je soulage donc mon cœur d'un lourd fardeau, en leur donnaut des renseignements qui seront pour tous de bonnes et joyeuses nouvelles.Je ne serai d'ailleurs que l'écho de beaucoup de voix qui déjà ont proclamé, dans tout le Canada et dans beaucoup d'autres pays, ce que j'ai à dire ici.- lo, Leur bonne conduite.\u2014Il n\u2019y a là-dessus qu\u2019une voix, et tous ceux que j'ai vus jusqu'ici ont été unanimesà me fuire l\u2019éloge des zouaves canadiens.On admire l'esprit de foi, de iété, de religion, d'obéissance qui les anime.On les trouve bons, honnêtes et bien élevés, Leur tenue, leur propreté, leur dextérité a quelque chose qui les distingue.Cette bonne conduite les met en honnzur partout et leur mérite l\u2019estime dont ils jouissent généralement.À l'audience qu'il nous donna quelques jours après notre arrivée à Rome, le St.Père nous parla de nos zouaves en termes bien flatteurs et qui exprimaient l\u2019affection qu\u2019il leur portait.Lorsque je voulus, au nom des parents et du pays tout entier, le remercier des bontés et des faveurs dont il comblait ces jeunes Canadiens, il répondit agréablement que les «faveurs étaient pour lui» S'adressant à M.Moreau, il lui dit: « Ayez bien soin de vos soldats» puis se reprenant à l'instant, « de mes soldats; car co sont mes soldats,» ajouta-t-il d\u2019une manière fort aimable.Il se fit aussi un plaisir de nous dire, comment, dans la belle promenade qu'il leur avait fait faire dans son jardin,les avail fait arroser, disant,avec un sourire aimable : « Je les ai baptisés, vos Canadiens» Or, comme chez ce grand pontife, tout est significatif, il est à espérer que cette innocente récréation portera son fruit, en excitant ces jeunes soldats du Pape à toujours mener une vie pure et chaste, et répandre, ainsi dans la ville sainte la bonne odeur des vertus patriarcales que nous ont léguées nos pères.Le lendemain de notre arrivée à Rome (15 février) nous nous présentêmes chez le cardinal Antonelli qui, comme tout le monde le sait, a la tête remplie de tant de choses qui intéressent le monde entier.Cette fois,il ne nous parla guére que de nos zouaves.À l\u2019entendre, non seulement ils étaient bons, mais les meilleurs de tous.Il nous rapports qu'à l'époque de la promotion de M.Taillefer au grade de sous-licutenant on l'avait fuit passer avant un prince, qui avait plus de service et dont la conduite était très-satisfaisante.Car cette promotion a été en même une récompense des mérites personnels du nouveau gradé, et la reconnaissance de la bonue conduite du corps des Canadiens.Le genéral Kanzler, le Colonel Allet, le Colonel d\u2019Argis, le Lt-Colonel Charet et plusieurs autres officiers de l'armée pontificale, que j'ai vus tour à tour n\u2019ont eu que des éloges faire de nos compatriotes ; et tous m'ont témoigné leur désir «le grossir leurs bataillons mr a 244 respectifs de nouvelles recrues faites au Canada.On voudrait les enrôler dans l'artillerie, dans le légion, dans le corps des carabiniers, mais les officiers zouaves prétendent avoir droit d\u2019enrégistrer dans leur corps tous ceux qui seront de nouveau envoyés, comme ren- ort à l\u2019armée pontificale, qui en a grand besoin, comme tout le monde en convient.20.Leur piété.\u2014Elle est vraiment édifiante, je dois le dire pour la consolation de tous, mais principalement des mères chrétiennes et religieuses, comme sont celles qui ont sacrifié si courageusement leurs enfants, 'ponr le service de la religion et la défense de son Auguste Chef.On se rappelle avec quel entrain ils firent l\u2019an dernier le) mois de Marie, qui leur a obtenu tant de grâces, qui les ont soutenues au milieu de leurs dangers, de leurs peines et de leurs travaux.On se prépare à la faire cette année avec encore plus de solennité et de piété.Il en sera de même de la St.Jean-Baptiste qui fut si belle à Rome l\u2019année dernière, pour ces vrais enfants du Canada ; et qui le sera encore plus cette année, il faut l'espérer, Un excellent livre « Notre-Dame des soldats, dont j'ai doñné à chacun d'eux un exemplaire, nourrira, je l\u2019espère, la vraie dévotion à Marie, qu'ils ont sucée au sein de leurs mères, et la «Neuvaine à St.Jean-Baptiste dont j'ai tout exprès apporté avec moi quelques exemplaires nous servira à célébrer, en Canadiens pieux et religienx, notre grande et belle fête nationale.L'an dernier, comme c\u2019est toujours l'usage dans l\u2019armée pontificale, ils se préparaient à faire leurs pâques, par une retraite de trois jours.Ils en ont fait autant cette année ; et je me suis fait un bonheur de leur donner moi-même les exercices de cette retraite, afin de pouvoir leur parler en père et de leur rap: ler les enseignements qu'ils reçurent, d\u2019a- ord, dans leur famille, puis dans leur paroisses.Ils se sont montrés très-assidus et m'ont paru pénétrés des saintes vérités do la foi qui, Rome, plus qu'ailleurs, sont plus saisissantes et font de plus vives impressions.Son Em.le Cardinal Barnabo s\u2019est fait comme un honneur de venir couronner, à Ste.Brigitte, cette belle retraite, en y venant dire la messe, et leur donner la sainte communion.Le révd.préfet leur a adressé, au moment de la communion, une assez longue allocution, qui lesa fort impressionnés, parcequ'en effet elle était bien émouvante et tout-à-fait paternelle.Car le Canada relevant de la S.Congrégation de la Propagande, l\u2019Eminont Cardinal, qui en est le Président, paraissait bien ému en présence des enfants de ce pays lointain, à qui il se pré- it à distribuer le pain des forts, afin qu\u2019ils ssent vaillants soldats, au service du Christ et de sa divine religion.On m'a assuré que, dans le corps des zouaves Canadiens, il en est de très pieux et qui ne se contentent pas de faire leurs pâques, mais qui ont apporté à Rome la bonne habitude qu\u2019ils avaient en Canada de communier souvent, C'est ce qu\u2019ils font en allant recevoir la sainte communion, tantôt dans une église et tantôt dans un autre, tantôt pour leurs pères et tantôt pour leurs mères et autres parents et amis qui portent les noms des saints auxquels sont dédiées les églisos qu'ils aiment pour cela à fréquenter, afin de s\u2019exciter de plus en plus à la ferveur.Il en doit être ainsi à en juger par la pieté et le recueillement qu\u2019ils font pa- raitre, chaque fois que nous les réunissons dans l'Eglise de Ste.Brigitte qu\u2019ils ont adoptée, pour leurs examens de piété.Ainsi, ils y célébraient le 19 Février, l'anniversaire de leur glorieux départ de Montréal, en y écoutant bien attentivement une petite allocution que je leur adressai, pour leur mettre sous les eux tant de grâces dont ils avaient été com- lés, depuis ce jour fortuné, et en I recevant la bénédiction de Notre Seigneur, dans I'adorable sacrement de ses autels, qui confirmait ainsi tout ce qu\u2019il avait daigné faire pour ces chers enfants.lls I étaient encore hier réunis, ur se consacrer St.Joseph, en entendant es bonnes paroles que leur adressait le Père Gerlache, Jésuite, qui leur porte une affection singulière et leur est tout dévoué.Tous les prêtres Canadiens se trouvaient à cette fête de amille ; et Mgr.Désautels honorait son saint LA MINERVE HEBDOMADAIRE.Patron, en donnant la bénédiction du Saint Bacrement, assisté de M.Gravel et de M.Lus- sier.M.Godin s'y trouvait avec votre humble serviteur, mais M.Moreau était absent, parce qu\u2019à l'heure qu\u2019il ost, il visite ses zouaves qui sont en garnison.Nos zouæwes ont, d\u2019ailleurs, un excellent moyen de s\u2019entretenir dans la piété, en visitant les belles églises de Rome, qui les attirent par leur somptuosité el par les monuments de tous genres, qui s\u2019y trouvent concentrés.Ils y vont prier, pour satisfaire leur dévotion ; et en même temps plusieurs, qui on ont le goût, étudient ces chefs-d'œuvres des beaux arts qui, à chaque pas, se présentent à | lours regards.Ils trouvent moyen de pénétrer partout et de se faire expliquer par les prêtres, et autres qu'ils rencontrent, tout ce qui peut satisfaire leur humble curiosité.D'ailleurs, il y a, au cercle et à la caserne, des livres qui sont à leur disposition, et qu\u2019ils consultent pour acquérir des connaissances sur Rome et sur ses monuments.Au reste, cette ville, étant comme un immense reliquaire, il, leur est facile do satisfaire leur piété, en visitant de corps saints, qui y sont vénérés, tous les jours de l'année, tantôt dans une église- et tantôt dans une autre.Aussi, auront-ils, à leur retour dans la patrie, beaucoup de'ctroset édiflantes et intéressantes à raconter i \u2018lefts parents et amis, et ces choses se transtieHretit- sans doute, par tradition, jusqu\u2019à la dernibré postérité.v 30.Leur piélé filiale.\u2014Rien de plus touchant, chez nos zouaves que leur affection tendre et filiale ponr leurs pères et mères et pour toute leur famille.Le jour de notre arrivée, il faisait beau les voir se jelur à genoux lorsque je leur annonçai que je leur apportais les bénédictions de la- nouvelle année qu'ils n\u2019avaient pu recevoir à la maison paternelle.Ce fut un moment saisissant pour nous ; et je ne puis encore y penser, sans me sentir ému jus- u\u2019aux larmes.En leur donnant cette béné- iction, jo ne faisais en eflet que remplir la commission dont m\u2019avaient chargé les pères et les mères que j'avais vûs, avant mon départ.Lorsqu'on leur adresse la parole, on est toujours sûr de captiver leur attention, quand on les ramène à leurs premières années, quand on leur rappelle les jouissances de famille, dans la maison paternelle, quand on leur fait voir que c'est en union avec lous leurs proches que l\u2019on fait tel exercice, par exemple, le mois de St.Joseph qui se fait à Rome dans beaucoup d'églises.Enfin, il ne faut pas parler longtemps ni frapper bien fort, pour arriver à leur cœur, quand 11 s\u2019agit de leurs bons parents.Comme nous avions apporté beaucoup de lettres pour eux, l'on voulait remettre au lendemain de notre arrivée à les leur délivrer.Mais il fallut céder à leurs instances, el les leur donner sans délai, tant ils avaient hâte de savoir comment toul allait chez eux.Grande joie donc pour ceux qui avaient à lire une ou plusieurs lettres, mais profonde tristesse pour ceux qui n\u2019en avaient pas.Les jours de poste sont ardemment désirés pour Lous, parce que, tantôt par les uns et tantôt par les autres, il leur arrive des nouvelles qui les tiennent au courant de ce qui se passe dans levrs familles respectives.Car on comprend qu'ici tout est commun, et ce qui intéresse l\u2019un d\u2019entr\u2019eux intéresse tous les autres.On a déjà pu remarquer, au pays, que le Pape ajoutail Loujours une bénédiction particulicre pourles péres et mères, quand il bénissait nos zonaves.Eclairé d'en haut, comme il l\u2019est toujours,dans tout ce qu\u2019il dit et dans tout cequ\u2019il fait, il ne pouvait manquer d'aller par cetle voie, jusqu\u2019au fond de leur âme.Je continuerai ce sujet une autre fois ; et je ne sais si je pourrai l'épuiser, tant il me resle encore de choses à dire là-dessus.En attendant, prions, pour que cette hello mission qu'accomplissent nos zouaves tourne a I'honneur de la religion, qu\u2019ils sont venus défendre, et au bien de notre cher pays, que l'on aime de loin comme de proche.+ Ic., Evôque de Montréal.NOUVELLES TELEGRAPHIQUES.SEHUTICN PRIVI#.Québec.9\u2014Le Juge des Sessions de la Paix a été commissionné par le gouvernement pour s'enquérir de-la fraude dont on se serait sorvie dans la pétition contre la Corporation de ' Québec.Le dernier steamer a déchargé une importation de marchandises sèches plus considérable que d'ordinaire.L'Hon.M.Chauveau a prononcé ce soir à l\u2019Université Laval un discours plein d'éloquence à l\u2019occusion de la célébration du 50me anniversaire de l\u2019ordination à la prêtrise de Sa Sainteté.La salle était remplie par une foule nombreuse.Québec, 10.\u2014La gazette officielle publie une proclamation qui ordonne-la tenue d\u2019un lerme extraordinaire de la Cour d\u2019Erreur et d'Appel à Montréal, devant commencer le 25 de mai prochain et finir le 31 du même mois.Sont gazettés commissaires d'écoles dans Terrebonne et Ste.Marguerite de Wexford, \u2018Isidore Legault, et François Cloutier en remplacement de Isidore Legault et Isidore Mi- quero.Dans Terrebonne: Joseph Filion, uis Grenne, Pierre Valiquet, Joachim Lapointe ct Joseph Gadbois.Les bills de la colonisation et des écoles sont publiés en entier.Ce matin, devant la Cour, on a pris les témoignages dans une action intentée contre le juge Bossé, en sa qualité d'exéculeur testamentaire de feu M.Hamel.Ce dernier est mort il y a deux ans, laissant $40,000.Il com- mencça faire son testamentaire la veille de sa mort, mais son état s'aggravant, il lui fut impossible de lo terminer.La conséquence en est que sa fortune retourne à son frère.Celui- ci est protestant.\u2018 A la réunion du Conseil de Ville, hier soir, on a présentd un rapport suggérant la nomination d\u2019un'avocat de là Corporation avec un salaire de $2,0G0 par an.\u201d , .M.Baillargé, qui en est le solliciteur actuel, retient la préférence.Québoc, 12.\u2014Ces deux jours passés, le temps à été beau, mais assez froid ; le dégel avance lentement à cause de cela.La glace descend devant la ville depuis Lotbinière.En bas le fleuve est tout à fait libre, un premier détachement de pilotes sont partis pour la station du Bic.i Les agents des bâteaux à vapeur de Montreal pensent d'ouvrir la navigation entre cette ville et Montréal, dans le courant de le semaine prochaine.\u2019 La Brigantine Victoire qui avait quitté le port de cette ville pour Marseille, l'autonne passé, et avait du relâcher en hivernement à Metis est arrivée cette après-midi.L'Hon.M.Chauveau a adressé une circulaire à ses électeurs du comté de Québec, pour les invités à se réunir dans le but de former une société de colonisation pour le comté, sous les dispositions de l'acte passé à la dernière session.Le projet du chemin à lisses de Levis, Kennebec fait des progrès.Les différentes municipalités l'approuvent et y concourent avec empressement.Un monceau enorme de glace s'est détaché du quai lu marché Findlay et a entrainé avec lui sous j'eau 6 hommes dont 2 ont failli se noyer.e Président du Sénat est Jarti pour Ollawa, M.Tremblay député du Sagueuay est parti ce soir; et M.Huot, député de Québec est parti mercredi.L'action intentée par Benton, vs.Young et al, qu\u2019en a rapporice ces jours passés a été renvoyée aujourd'hui.Lo juge en chef alléguant quelque les défendeurs, étaient les manufacturiers bona fide du bois, el conséquemment étaient tenus de payer les colleurs.On fera appel de ce jugement.L'inspectear de for pour la division des Chaudières fait ra ort qne l'or a cireulé dans la seigneurie de Rigaud pour une valeur de 447 onces dans le quartier qui a fini le 31 du mois dernier. LA MINEREVE HEBDOMADAIRE, Le Président de la Bangne de Québec est très malade.Un joune homme a été arrêté aujourd'hui et amené devant le Recorder pour avoir monté un velocipède et s\u2019en être servi dans la rue St.Jean.Comme c'était la première poursuite qui se faisait depuis que la manie du veloci- pède existe, le Recorder s\u2019est contenté de l'ad- monéler sévèrement et de lui faire payer une amende d\u2019un chelin et les frais.Ilyadéjà une douzaine d'applications de faites pour remplir la place du député greflier du Recorder, rendue vacante par la mort de ce dernier.On a souscrit $600 pour organiser une bande d'instruments de cuivre pour la société Hiber- nienne de bienveillance.Nous apprenons que M.A.S.MeBean, l\u2019habile surintendant des sections du chemin de fer de Québec, Richmond et la Rivière-du- Loup, de la ligne du Grand-Tronc depuis les 6 dernières années, se propose, maintenant qu'il à résigné sa charge, de se fuire agricul- eur Plusieurs courses intéressantes en vélocipède ont eu lieu cette après-midi pour des prix de $15, $l0et I.Les entrées ont été nombreuses.La première d'un demi mille à grande vitesse a été gagnée par M.Duquet, éditeur du Progrès de Lévis en 1 minute et 19 secondes ; la seconde et la troisième de même longueur par deux autres en t minute 27 secondes et ! minute 31 secondes respectivement.Ottawa, 9.\u2014Une dépêche du câble reçue ici aujourd'hui annonce que les actionnaires de la Compagnie de la Baie d'Hudson ont sanctionné par une forte majorité les conditions du règlement avec le Canuda proposées par le comte Granville, Les Commissaires du Chemin de Fer Inter- colonial attendent le résultat des recherches qu'on fait à propos des soumissions les plus basses qui ont été données pour les sections six et sept, avant d'accorder d'autres contrats.L'Hon.M.McDougall est attendu ici demain., On apprend que les commissaires du chemin intercolonial ont règlé aujourd'hui, de concert avec les membres du Conseil Privé, qu\u2019il ne serait plus donné de nouvelles sections du chemin d'ici & plusicurs mois, Ottawa, 10.\u2014L'état de la Banque d'Epar- gnes du Bureau de Poste pour mars dernier se divise comme suit: aux mains du Receveur- Général ainsi qu\u2019il appose par le compte ren- dernier.$628,884.82; montants reçus des déposants dans le cours de mars, $85,875 ; intérêt payé sur les comptes clos, $283.26 ; chè- faits sur la banque payés durant le mois, $38,659.68 ; aux mains du Receveur-Général, $676,383.40, Ottawa, 10.\u2014L'Hon.M.Shea vient de terminer les arrangements financiers qui doivent servir de bâse à l'entrée de Turrenenve dans l'Union el il a quitté la ville aujourd'hui en route pour sa demeure.L'Hon, M.Carter sera ici dans deux ou trois semaines pour compléter les négociations lorsque le bill qui renferme les conditions, sera mis devant le Parlement.Les Hons, MM.Rose, Mitchell ot Brydges sont partis aujourd\u2019hui pour Montréal.M.Brydges sera de retour mercredi pour assister à l'assemblée des commissaires du chemin intercolonial.On y présentera une résolution finale au su- Jet des offres les plus basses pour les sections et 7.Il est probable que ces offres seront rejetées faute d'être accompagnées do garanties suffisantes.Lady Young et son entourage sont revenus aujourd\u2019hui des chûtes Niagara._ Ottawa, 12.\u2014La ville commence à se remplir de voyageurs qui se rendent pour l'ouverture du Parlement.L'Hon, M.Cauchon est arrivé cette apres midi el a pris ses quartiers duns la chambre dn , Sénat.L'Hon.M.Dickie et M.Conneti et Caldwell, M.P., sont aussi arrivés.Des trains extra laissent maintenant Prescott à 6 heures et Otlawa à 10 heures du soir.La Cour d\u2019Assises s'ouvre demain.Le procès des complices de Whelan doit passer pendant ce terme.L'Hon.M.McDougall se trouvait à son bureau aujourd'hui.Wyoming,Ont.,12.\u2014Un incendie considérable a détruit dimanche dernier au matin, l\u2019établissement «de Geo.Taylor.On y raffinait de l'huile.3,800 barils d'huile raffinée ainsi que 700 autres d'huile non raffinée ont été consumés.On évalue la porte & $10,000.Ottawa, 13.\u2014Le Conseil Privé s'est réuni aujourd\u2019hui.Etaient présents : Sir John McDonaid, les Hons.Rose, Campbell, McDougall, Langevin, Kenny, Tilley, Mitchell et Chapais.Un grand nombre de députés sont arrivés aujourd'hui parmi lesquels se trouvent le sénateur Archibald, l\u2019Hon.J.H.Cameron et M.Bolton, M.P.Voici le liste des nouveaux faillis : Ronald McDonald, Ailsa Craig, Thos.Mc- Cormick, Barrie, Duncan McNaughton, Lindsay; J.B Lecomte, la Baie du Febvre; A et E.Amos Montréal , L.et I.Lindop, St.Thomas ; Jas, Bradshaw, Ilamilton; Owen Mec- Nully, Dixons Corners; Township Matilda; Joseph Manning, B.Head, W.Elliott, Township Wilherforce; Edouard Grenier, Montréal ; E.A.Ward, Eastern, Porter et Dolesderniers, Montréal ; Harry Joselyn, Toronto; W.Weir, Montréal ; J.Ketchum, Toronto; Chs.Peg- nem, Montréal; Ilenry Trent, Newmarket ; R 8.Aikman, Norwich ; John Turner, Blaer- ton, Peterhoro; W, Mellish, Brantford; E.Perrault, Montréal ; Wm.Dunn, Hamilton , C.T.Wilson et Cie, Montréal; Wm, Campbell, Clinton ; Wellington Loucks, Port Bruce ; Thos.Wade, Ottawa ; Frs.Kettle, London; Jno.Curry, Jno.Fulford, Walkerton.Un writ de contrainte pur corps a été émis par le shérif Jarvis de Toronto, Gee.A.McVi- car, contre C.8.Withers, N.C.Morce, R.B.Wilson, J.J.Moore, John Grey, B.Young ot Hezechiah Young.La cour d'assises s'est ouverte aujourd\u2019hui.Les cas ne sont pas d'importance, Thamesville, Ont., 12.\u2014Samedi dernier au soir, un individu du nom d'Oxford en se rendant chez lui snr le chemin qui conduit de Florence au township de Dawn, tomba de sa voiture et mourut bientôt après.On a commencé une enquête sur son corps.Toronto, 8.\u2014~Gaston, dont l\u2019affaire était renvoyée depuis environ une semaine, à vu commencer son procès aujourd\u2019hui.Il est accusé d'avoir commis un vol dans « Osgoode Hall» au mois de février dernier.On a arrêté plusieurs individus soupçonnés d\u2019avoir trempé dans le vol commis sur le chemin de Kingston.L'assemblée annuelle de la Société de Pro- pagando du Ilaut-Canada s\u2019est tenue hier soir.\u20ac rapport montre que l\u2019on a distribué ou vendu durant l'année 356,000 bibles et brochures périodiques.Le prospectus de la compagnie du chemin à lisses du Nipissing a été publié aujourd'hui.Il offre des parts en vente.1l annonce que la ligne du Nord a déjà payé des dividendes équivalant à 124 par cent sur le coût de sa construction, $15,000 par mille, et qu\u2019on s'attend que la ligne du Nipissing sera terminée pour ce prix, el qu\u2019elle paicra de même un dividende égal à celui de la ligne du Nord.Toronto, 9.\u2014Les banques ici sc tiennent sur leurs gardes parce qu\u2019on a reçu avis de Montréal que plusieurs bandes de voleurs se dirigeaient vers cette ville.Dans la Cour d'Assises aujourd'hui un verdict a été rendu par le jury qui condamne la Cie du chemin de fer du Nord à payer $1,000 de dommages pour avoir saisi illégalement des marchandises.Foronto, 12.\u2014Le 50ème anniversaire de l\u2019ordination du Pape à la Prêtrise a éte célébré, hier, dans la Cathédrale St.Michel, comme une grande fête.L'office a étè plus imposant que de coutume à cause de la présence d\u2019un chœur de 100 voix.L\u2019Evêque de cette ville a prêché le soir duvant une assemblée immense 245 rotestants.On composée en grande Jartie de ons of ait.voyait déployés des drapeaux ricains.Le Telegraph d'aujourd'hui annonce qu\u2019en conséquence du retard qu'il a éprouvé dans l'envoi de nouveaux matériaux qu\u2019on avait promis à l'établissement, l'agrandissement de son format est remis à jeudi.Le Leader annonce de son côté que le même jour son édition du soir sera présentée sous un format de la même dimension que celle de l\u2019édition du matin.Elle se vendra un centin et les annonces y seront iinsérées sans frais extra.Un homme de police nommé Hormidge est allé hier matin, en quête d'aventures, près de l'embouchure du Don.Comme il se tenait sur le pont du chemin de fer, il vit venir un convoi dont le dernier wagon avait déraillé.Il courut en toute hâte pour sortir du pont avant l'arrivée de ce dernier wagon : mais il fut frappé parce dernier, laucé en l'air et il retomba avec un bras cassé.Une seconde plus tard, et il trouvait une mort inévitable.La chambre de commerce a tenu une assemblée cette après midi pour considérer le rapport du comité sur l\u2019acte concernant la faillite.Ce rapport est long et rédigé avec soin, il va être imprimé et distribué aux membres de cette chambre qui se réuniront lundi prochain pour le prendre en considération.Toronto.13.\u2014 Il s'est passé hier soir au Conseil de ville une scène quelque peu propre à jeter du discrédit sur les auteurs.\u2018échevin Boxter ayant fait la remarque ue M.Henderson était enfin sortido son état \u2018oisivelé et avait fait un discours, celui-ci répondit que pour son propre discours à lui M, Boxter, il se chargeait de le punir à moins qu'il ne se comportät d'une manière plus digne à l'avenir.Sur la motion qu'on fit de laisser entrer les rapporteurs des journaux aux assemblées du comité, ces deux messieurs en vinrent à une telle violence de language w\u2019ils furent contraints de se lever et de sortir e la chambre.La victoire obtenue par la cie du chemin de fer de Toronto, Grey et Bruce, daus Mono a été suivie d\u2019une défaite dans Mélanchton où le règlement municipal qui accordait $10000 de bonus a été rejeté samedi.Les principales dispositions recommandées par le comité d\u2019incorporation de la Chambre de Commerce sur l'acte concernant la faillite rendent toute cession impossible sans le consentement des créanciers, donnant à ces derniers le pouvair du nommer un gardien des biens pendant les.procédés de la cession et de nommer tn | seq sour pour agir conjointement avec lo \u2018symli officiel dans l'administration des biens de la faillite.St.Jean, N.B., 12.\u2014M.Necdham député du comté de York, a introduit un bill pour 'abolition de l\u2019emprisonnement pour dette.La chambre semble I'approuver, el i! est probable qu\u2019il passera.Le SS Dorian est parti aujourd'hui & 1h, p.m, PH Glasgow.Le H.M.S.Sloop royaliste est entré hier matin dans le port de cette ville.Les nouvelles de v'lle du Prince Edouard nous apprennent que l\u2019exécutiou qui a eu lieu à Charlottetown, du marin Dorvey, pour le meurtre qu\u2019il avait commis dans une querelle d'hommes ivres, a été l\u2019un des spectacles les plus dégoutants et les plus inhumains dont on eût jamais été témoin.Au moment où le malheureux condamné disparut par l'ouverture de la trappe, la corde se rompit et il tomba lourdement sur la terre.Bien que grièvement blessé et souffrant de sa chûte, il eut assez de force pour marcher jusqu'à la prison ; d\u2019où on le ramena au bout d'une heure sur l\u2019écha- aud, L'appareil manqua une seconde fois; à la fin, on se servit d\u2019une poule mouflée pour finir les jours de cet infortuné.La foule était grandement excitée; et sans la présence des volontaires, on eût tiré le condamné des mains de l'exécuteur.Partout on exprime la plus haute indignation au souvenir de cetto abominable scène ; et la conduite digne el résignée du supplicié lui-même ajoute encore à l'horreur dont on est saisi.~ wv re EE ES 216 St.Jean N.B.13\u2014Un grand nombre de Sénateurs et de Membres de la Chambre appartenant à cette province et à la Nouvelle- cosse sont partis par le vapeur de Portland, hier, en route pour Ottawa.Le temps est très beau, suivant les apparences actuelles, la glace ne tardera pas à se rompre.Halifax, 13.\u2014Ce matin un nombre considérable de voyageurs ont pris la route de Windsor (comté de Hants).On remarquait au milieu d'eux trois membres du gouvernement local, plusieurs partisans du rappel et un fort parti d'unionistes.A onze heures et demie, le shérif a ouvert la cour par la lecture du writ.M.Howe a été nommé par James Putnam, de Maitland, secondé par Erra Churchill, de Hants Port.M.Goudge par le Capitaine Fred.Curry, de Avondale.L'assemblée se passa très bien.On applaudit beaucoup les candidats.Et les discours ont été remis jusqu\u2019à deux heures, en face du Clifton House.La foule était compacte.Les orateurs commencèrent à parler à deux heures et un quart.M.Custos McHefrey ayant été nommé président.M.Howe entra en matière au milieu d\u2019un bruit confus assez considérable où les marques d'approbation se croisaient avec les marques de désapprobation.Il parla environ 45 minutes, et fut plusieurs fois fortement applaudi.Il fit allusion à Ja délégation de Québoc, traça l'histoire de la confédération jusqu\u2019à l\u2019époque actuelle ; en faisant remarquer les différentes phases qu\u2019elle avait subies.Il dit qu'il avait entendu une foule de discours durant ce mois ; mais qu\u2019aucun ne lui avait paru indiquer l'époque du rappel ni le moyen «de l\u2019obtenir.I ajouta qu\u2019il avait grande conflance dans le résultat de ses démarches et qu'il n'avait jamais paru sur un husting avec une espérance de succès aussi ferme.I termina en faisant un appel au sens commun et au patriotisme de ses électeurs pour les engager à mettre un terme à l'agitation qui régnait \u2018ans le pays.Goudge vint ensuite et parla pendant près d\u2019une demi-heure.I! dit qu\u2019il esperait que Hants se montrereit fidèle et combattrail bravement jusqu'à la fin; ajoutant que s\u2019il avait cru que ce fût une lutte de partis, il ne serait jamais devenu candidat.Son discours a été vague et sans issue, mais prononcé d\u2019une manière pressante.M.Goudge a encore la parole, On s'attend qne MM.McLellan et Jones viendront ensuite.Le plus grand nombre des électeurs qui étaient présents à celte assemblée étaient des partisans de M.Howe.Les jeunes gens tapageurs qui s\u2019y trouvaient également appartenaient au parti de M.Goud- ge.Les amis de M.Rowe espèrent, à Arichat, dans le comté de Richmond, aujourd\u2019hui.Isaac Levisconte a été proposé par M.G.Flynn secondé par M.D.N.Shaw.Flynn à pu être écouté, grâce à la prière des amis de M.Henry.M.Levisconte se leva À son tour; mais ce qu'il dit ne fit aucune impression sur los gens.M, Henry a été proposé par M.Wm.Levis- conte secondé par M.John Proctor.M.Henry monta alors à la tribune et parla ndant deux heures.On essaya en vain de \u2019interrompre.Plus de la moitié de l'assemblée était pour lui.Son succès est assuré.L'hon.M, Miller vint ensuite.MM.Flynn et Levisconte parlèrent à leur tour pendant dix minutes chacun.Il n\u2019y eut un mot d'attaque de la part de l\u2019un ou de \u2019autre.M.Henry répondit dans un discours de trois heures, épuisant toutes les questions.MM.Flynn et Levisconte n'ont pas repris la|q parole.Les partisans du rappel sont dégoù- és Jo l'incapacité et de la couardise des chefs.L'assemblée était en grande partie compo- sèe d'unionistes à l'exception des jeunes gens.L'élection de M, Henry est assurée.LA MINERVE HEBDOMADAIRE.SERVICE DE LA PRESSE ASSOCIEE.AVERIQUE.- Chicago, 7\u2014La réunion de tous les membres, tant laïques que du clergé de l'Eglise épiscopale protestante qui ne souscrivent pas aux tendances ritualistes de l'Evêque de ce diocèse est fixée au 17 de Juin en cetle ville.St Paul\u2018 7.\u2014L'eau monte rapidement.Deux piles en pierre du nouveau pont du chemin de fer de Milwaukee et St.Paul ont été emportées par la glace.Un homme atteint d'aliénation mentale du nom de Gurey, et qui a son d-+micile sur le chemia de Stillwater, a tué la nuit dernière sa femme et 4 enfants.Philadelphie, 88 \u2014Twitchell qui devait être pendu aujourd'hui, a été trouvé mort ce matin.On suppose qu\u2019il a avalé du poison que lui avait procuré ses amis.L'exécution d\u2019Eaton pour le meurtre de Timothy Heenan a eu lieu à { heure aujour- \u2018hui.New-York, 7.\u2014Une dépèche spéciale de la Havane au Herald dit que dix cannonnières sont attendues ici d'Espagne, et que l\u2019on a commandé la construction de trente autres dans les Etats-Unis.Havane, 7.\u2014On rapporte que l'incondie qui a eu lieu dans certains établissements de l\u2019intérieur, est encore mis en œuvre par les rebelles.* New-York, 8.\u2014La Tribune rapporte que le Président a envoyé une dépêche par le câble, demandant le résignation de M.Reverdy Johnson.San Francisco, 8.\u2014Un feu a éclaté hier dans les mines de Kentuck, Nevada, et s\u2019est étendu aux mines de Gold Hill Yellow Jacket et Crown Point.A 8 heures, hier soir, on apprenait que 36 mineurs avaient péri dans les flammes.Aux dernières nouvelles, le feu durait encore avec violence, mais sans pouvoir s'étendre.Le bureau des cqurtiers, ici, a envoyé mille piastres par communication télégraphique pour Jo soulagement immédiat des familles des affligés.Cette catastrophe est une dus plus terribles que l\u2019on ait encore éprouvées sur cette côte, San Francisco, 7.\u2014L\u2019actrice allemande, Mde Olga Van Plittendorfl, s\u2019est suicidée aujour- d\u2019hui en cette ville ; son mari est mort récemment et on prétend que la douleur que lui a causée cetle perte l\u2019a poussée à commettre cet acte de désespoir.Havane, 8.\u2014Le Trésorier de l'Université Royale s'est enfui aux Etats-Unis avec l\u2019argent de cet établissement.Washington, 12\u2014La nomination suivante a été envoyée au Sénat aujourd'hui : J.Lathrop Motley Ministre pour l'Angleterre.New-York, 12.\u2014Le steamer Ausiralasian, d\u2019Europe, est arrivé.New-York, 11.\u2014Les steamers City of Brooklyn et Nebraska venant de Liverpool sont arrivés aujourd\u2019hui.On à calculé que la population de New- York s'élève à 1,118,767 êmes.San Francisco, 10.\u2014La Compagnie du Chemin de Fer du Pacifique Central a commencé anjourd'hui à transporter les malles jusqu\u2019au poste distant de Gl5 milles, Il ne reste plus que 52 milles de chemin à poser pour complè- ter la ligne.Havane, 10.\u2014Hier soir de nouveaux désordres se sont élevés dans les rues de la Havane, et plusieurs persoanes ont été tuées.Tuut est tranquille ce soir.San Francisco, 11.\u2014L'injection de la vapeur u\u2019on a pratiquée dans les puits des mines de old Hill a réussi à éteindre l\u2019incendie.New-York, 12.\u2014On rapporte qu\u2019un propulseur rapide a laissé le port de celte ville il y a nelques jours avec des canons et des munitions de guerre pour les porter aux cubains.Le steamer Cily of Brooklyn, qui est arrivé aujourd\u2019hui de Liverpool apporte au-dessus d\u2019un million de piastres en cephoos.Le bateau appartenant au steamer Thames perdu & la hauteur de Rattaras qu'on croyait disparu avec cinq hommes d\u2019équipage qu'il renfermait à été rencontré par un vaisseau en pleine mer el les hommes ont été amenés en cette villo.Cincinnati, 12-\u2014L'Inguirerde ce matin rapporte que M.Bucker, le surintendant du chemin de fer de I'Allantic et Great Weslern ell\u2019un des officiers de la Cie du chemin de l'Erié ont offert une garantie d\u2019un demi million et leur acceptation du bail du chemin de fer de Cincinnati, Hamilton et Dayton ; à la Cie de chemin.Mais elle & refusé d'accomplir ce bail, donnant pour raison que l'acte de la législature de l'Ohio rendait leur chemin responsable des detles encourues par la Cie de *Erié sur sa ligue.La Cie du chemin de Cincinnati, Hamilton et Dayton à refusé de reconnaître le contrat passé avec celle de l'Erié et a demandé un prorata sur le freighl el à retenu l'argent des dépôts sur lerefus qu'a fait cette dernière de yer.En conséquence, venasedi, la Cie de 'Erié a terminé des arrangements avec les lignes de Little, Meanie & Cleveland, Columbus et Cincinnati pour transporter tout son freight ; et hier leurs convois ont parcouru les lignes.Memphis, 12.\u2014Le steamer « G.A.Thomn- son» venant de Cincinnati a coulé bas dans la rivière de Kansas près de Pine Bluif vendredi dernier; on rapporte que tout l'équipage a péri ; et l\u2019on mentionne en outre particulièrement dix-sept personnes.New-York, 12.\u2014La session extraordinaire du Sénat va durer encore une quinzaine de jours ; il y a encore outre les nominations à faire, 13 traités étrangers à considérer au nombre desquels se trouve celui de l'Alabama et d'autres traités de réclamations : le traité pour l'achat des Iles Danoises, St.Thomas et St.Jean, celui de I'Isthme de Darien, celui de la natura.isation anglaise, des Iles Sandwich, de reciprocité et de la marque de commerce de: Belgique.Quelques uns de ces traités devront être ratifiés à cette session du Sénat ; ou ils seront annullés ; tel est le traité Danois.qui expire le 18 Octobre 1869 à moins qu\u2019il soit ratifié plutôt.On s'attend que les débats sur ce traité traineront en longueur parce que M.Sumner se propose de combattre la ratification d'aucun traité avant que l'Angleterre ait fait apologie pour avoir eu le lort de reconnaître aux rebelles le droit de belligérants.Il a déclaré que son opinion était que si ce traité êtait présenté au Sénat dans sa forme actuelle, il n\u2019obtiendrail pas un seul vote.Key West, 12.\u2014Une lettre privée venant de.source digne de foi à la Havane, reçue ici, nous apprend que le gouvernement de l'Ile se propose de confisquer toutes les propriétés des gens suspects, L'auteur de cette letire presse les Cubains qui sont dans les Etats-Unis de se häter de mettre leurs propriétés entre les mains d\u2019è- trangers.Havane, 12\u2014Le Diario rapporte que les e.5olles à Si rnaro ont décapité une jeune fille et en ont fusillé deux autres.Le Brigadier-Général Felonia de l'armée es- pagno\u2019e est arrivé en cette ville.Le Diario dit que l'on a mis le feu aux bois qui entourent à Puerto Principe et il ajoute que les troupes vont biontôt purger les environs des rebelles.San Francisco, 12.\u2014Les mines de Gold Hill ont été découverts aujourd\u2019hui et on n'a découvert aucune trace de fumée.Les lumières qu'on y a introduites ont été éteintes par l'air vicié qni y était renfermé.On a employé les souflleurs de mines et les courants d'eau pour en faire disparaître l'atmosphère et absorber les gaz.On fait des préparatifs afin d\u2019enlever les corps des victimes aussitôt que possible, Washington, 13.\u2014Deux nominations seulement ont élé confirmées aujourd'hui par le Sénat: celle de J.8.Motiey.comme ministro en Angleterre, et celle de John Jay, comme ministre en Autriche.New-York, 13.\u2014La Banque de l\u2019Elat de New-York, en cette ville, a été volée hier d'une somme de $26,000 par un chèque forgé pour de l'or, sur la maison de Jay, Cooke et Cie, al Jor as re Wenn Re HBUTROFIN.Service du Cable Transatlantique Liverpool 10 Avril, minuit-\u2014Le banquet en l'honneur de Charles Dickensa eu lieu ce soir, en cette ville, au St, Georgés Flall.Environ sept cent Messieurs ont pris place autour da la table du festin : et l\u2019on comptait en outre un grand nombre de spectatateurs.Lu salle était gracieusement décorée avec des drapeaux et des bannières.Le meilleur entrain possible et beaucuup d'enthousiasme ont caractérisé cette fête.Sir Henry Houghton et Hep- worth Dixon Ecuier, présidaient.Après qu'on eùt porté les santés d'usage, Lord Dufferin fit un discours très plaisant.Il exprima lo regret que M, Dickens n'eùt pas choisi d'entrer dans le champ de la politique ; car 1l fût devenu une puissance dans la Chambre des Communes et cùt été l\u2019égal de Macaulay.Lord Lytton propose en dee termes flatteurs, la santé de l\u2019hôte de la fête.M.Dickens se lève et répond avec beaucoup d'émotion «Je sens, dit-il que je ne puis rendre justice à mes impressions.Après Londres, c'est Liverpool uia la plus grande part dans mon estime.a main de ses citoyens s'ouvre toujours grande, spontar \u2018meut et laisse tomber avec munificence un secours réclamé en faveur de l'art et de la literature.Pour ce qui concernant les remarques faites par Lord Dufferin, M.Dickens dit qu'après y avoir murement réfléchi, il avait préféré adopter la carrière littéraire et ne pas entrer dans le champ de la politique «Jusqu'ici «a-t-il ajouté, «jo n\u2019ai pas eu licu de regretler ma décision.Authony Trollope s'est pour faire l'éloge de Washington Irwing, de .Molley et du peuple américain.Il dit que ne peuple était toujours prêt à reconnaitre ubliquement l'honneur qui était Æ aux ommes lettrés.1] termina en exprimant l'opinion pue la nomination de M.Churles Dickens comme ministre à Washington serait d\u2019un avantage commun aux deux pays.Maulrid, (1 Avril \u2014Les nouvelles de la frontière font connaitre qu'une bande de carlistes forte de six cents hommes, a attaqué la ville de Seo de Urgel dans les Pyrénées ; mais a élé repoussée avec une perte considérable, et s\u2019est enfuiv vers les montages, Londres, 12\u2014Les dernières nouvelles de Itio Janeiro rapportent que les alliés se préparaient à envoyer d'Asuneion dans l'intérieur du Paraguay une expédition de (200 hommes à la recherche du président Lopez.Londres, 12.\u2014Uue assemblée des membres conservateurs du Parlement a eu lieu ce soir.Plus de deux cents membres y assistaient, M.d\u2019Isaëli a annoncé la politique que l\u2019opposition entendait tenir désormais sur la question de l'Eglise d'Irlande et en même temps que les amendements qu\u2019il proposerait à la chambre et qui consistaient en ceci; à savoir que les octrois faits à | Eglise d\u2019Ivlande depuis la réforme resteraient intactls ; que les propriétaires do glèbes les retiendruient sans achat préliminaire et que l'union des deux Eglises d'Angleterre et d\u2019Irlan:e ne devrait cesser qu'en 1872.On suggère aussi de capitaliser certaines sommes de deniers pour le soutien du clergé au lieu de lui payer des redevances annuelles, d'appliquer une grande partie des revenus do l'Eglise à l'entretien du culte public et au dé- fraiment des dépenses pour l'administration de l\u2019Eglise.Finalement, on tentera un effort pour faire rayer toutes les lauses qui ont trait à l'octroi du Collége de Mcynooth et au \u201c Regium Do- num.\u201d Le plun de M.d\u2019Isruëli a été bien reçu et l'enthousiasme a régné durant tout le temps des procédés de la séance.Londres, 12.\u2014A l'occasion du Jubilé pour la célébration du 50me anniversaire de son ordination à la prêtrise, le Pape a accorlé le pardon à un grand nombre de personnes, y compris des coupables de délits politiques.Madrid, 13.\u2014Les autorités du gouvernement continuent de faire des arrestations de Carlistes dans la province de Grenade.levé à son tour LA MINERVE HEBDOMADAIRE.Chronique d'Ottawa.Le Pays prend ses comparaisons dans là ac- ture.Ea scla, il imite Shakespeare, et je ne doute pas que Shakespeare lui en seche gré.Ce n\u2019est pas Luus les jours que pareil honneur arrive aux grands poëtus, car dune © monde de nos journalistes On ne s'amuse guère à recueillir les perles échappées ça et là de l\u2019écrin des muses.L'autre: jour, notre confrère de Montréal, en véritable baron Brisse de lu polémique, fosait revenir dans le mêrne platct sur la même braise un fait judiciaireet une hypothèse politique.Le mut promettait d'être piquant, car il n\u2019y manquait point de poivre.Mais à tout met de haute cuisine démocratique il faut une sauce, et lo Pays la met, vous allez voir, Il n\u2019y a que quelques semaines, dit-il, la Minerve avait fait avec M.Chapleau un pe- Lit complot qui ressemble à celui que nous vinons de raconter comme \u2026 deux fluques de boue se ressemblent.Messieurs, fuites vous servir\u2014la sauce y est.\u2026 .Dans la saison de l'année que nous traversons, les écrivains no dovraient pas chercher les agréments de leur style ailleurs que dans les deux pieds de matière jJaunâtre que l\u2019on trouve dans les rues, les carrefours, et sur les quais.Une personne qui voudrait s\u2019en donner la peine n\u2019aurait qu'à brusser un peu tous ies jours ce que le printemps sème sous nos pas après la fonte des neiges, pour se créer un style de maitre qui ferait palir celui de Victor Hugo.Si le aus persévère dans la culture de ce louable procde, il aura mérité, dans peu d\u2019années, le titre de régén-rateur de la littera- ture canadienne.Au temps où j'habitais Montréal, l\u2019emplacement du marché à foin, et celui du marché aux animaux, dans le faubourg de Québec, auraient pu offrir, tous les jours, des motifs de métaphores, dans le genre gigantesque que le Pays vient de s'assimiler.Lorsque les flagues de boue auront vivilli,\u2014car lout passe en ce monde, mêmes les roses et la détrempe des rues, \u2014notre confrère pourra se ravitailler aux deux postes ci-dessus indiqués.Vous verrez qu'un jour viendra où ceci, qui est le marché à foin, tucra cela, qui est la rus Craig au mois d'avril.Et plus tard ceci, qui est le marché aux animanx, tuera cela, qui est le marché à foin.Il faut être logique, et de pittoresque cn pittoresque, on en arriver là.Jusqu'où Victor Hugo n'a-t-il pus pénetré, dans son son récit de la bataille de Waterloo, à l\u2019article des prouesses de Cnmbronne ?Bien loin, n'est-ce pas ?Il a, je cruis, dépassé Shakspeare, et d'une bonne semelle ; d\u2019une semellu où la doublure en caoutrhouc n'eut pas cté de trop; au contraire.Et pourtant, François Victor Hego, son fils, qui a traduit Shakspeare dans notre langue, et admirablement encore, sait que Shakspeare n'était pas serupuleux, tant s'en faut.Il mé- lait le calembour et la gaudriole aux plus terribles effets du drame : mais comme il n'avait pas touché à tout, Viclor Ilugo a pris ce qui restait.Si Shakspeare et Victor Hugo, qui sont deux puissants créateurs, et deux genies sublimes, n'ont pas dédaigné de mêler la prose ds mots vulgaires ct mal sonnants i la plus crande poësie, il n'est pas défendu à nos polémistes de tremper de temps en temps le bout de leurs phrases dans les flagues de boue et autres souillures de nos rues ct do nos places publiques, Il ne faut pas.la mémoire d\u2019une longueur lémésuréo pou.se rappeler l'emerveil- lement produit dans le siair de la iittrature romancière-diplomatique por le livre des Mesé- rables, autant ct plus encore peut-être par le mot de l'uudacieux Cambronue que par l\u2019en- sembls du beautés éclalantes semees d\u2019un bout à l'autre de l'ouvrage.Pour ma part, je n'ai pas oublié qu'un des admirateurs passionnés 247 du maitre, ne sachant plus à quels accents so vouer pour exprimer son incommensurable enthousiasme, et désespérant de recruter as- ' sez de tropes pour figurer l'émotion de ses pensées, s'est écrié dans son délire : \u2014Le vainqueur de Waterloo, c'est Victor Hugo! Lorsque j'ai ln ce jugement historique, je ne cache pas qu'il m'a fallu une grande force de caractère pour ne pas tomber à la renverso.Mais après un moment de réflexion, je me suis dit qu\u2019après tout c'étaient peut-être mes professeurs d'histoire qui avaient eu tort; qu\u2019il se pouvait très bien quo les Anglais el les Prussiens eussent été rossés par Victor Hugo : \u2014et alors j'avoue qu\u2019il m'a fait singuhèrement Maisir de penser que cette grande victoire était restée dans la fumille.81 le Pays continue à puiser ses figures de rhétorique sur le tracé de votre chemin do fer urbain et dans tous les lieux humides de la métropole commerciale, je parie que dans un avenirassez rapproché, il surgira des écrivains bien intentionnés qui s'écrieront : \u2014Le soleil qui amène le dégel, et creuse des flaques de boue, c'est le Pays! Seulement, quand ce profond jugement aura élé porté, je ne conseille pas aux petits porteurs de ce journal à aller demander dus étrennes dans le Griflintown ; ils y perdront leur complainte et leur temps.Rien de tel pour les surprises que le stylo pittoresque ; mais il faut savoir bien sou mé- Lier, pour frapper juste à la fois le regard el l'imagination.Si le Puys avait dit : « La Minerve avait fait avec M.Chapleau un petit complot qui ressemble À celui que nous venons de raconter comme deux pipes en lerre cuite se ressemblent ; » vous auriez ri de l'écrivain à gorge déployée, en sougeant qu'une pipe en terre cuite pout-être cernse ou ne pas l'être.To be or nol to be, comme disait Shakespeare sus-nomuné, tandis qu\u2019une flaque de boue vous saisit tout de suite par sa malpropreté, sans vous donner la moindre envio de vous désopi-e lor la rate.Dans les Travailleurs de la Mer, je trouve un autre exumple qui vient justement à l\u2019appui de ce que je tâche d\u2019établir en ce moment.\u2014Gilliatt, après avoir lutté contre des tempé- Les et des pieuvres déchainées tout ex près pour lui faire la vie dure, assiste enfin à la retraite des nuages, qui s'opère en bon ordre, et à l'entrée en scène de cet excellent soleil, qui arrive paré comme pour le bal.Gilliatt n'est pas flché de respirer un peu, car, on a beau être Travailleur de la Mer, on n'en est pas moins homme, mais une pensée le préoccupe.Il regarde d\u2019un œil fier ce dôme élevé d'où partaient, il n'y a qu'un instant, les torrents d\u2019eau qui venaient l\u2019humecter au :ni- licu de ses opérations maritimes, et tout radieux de son triomphe, il cherche à humilier les nues par un de scs mots à l\u2019emporte-pièce dont ;Cambronne a découvert le secret, sous les canons des anglais et des prussiens.Tout à coup l'inspiration lui vient ; il sent boul- lonner en lui des flots de dédaus pour ces pauvres gros nuages, et alors n'y tenant plus, t1 se mel sur son séant, jette au firmament un regard de mépris, et lance en l'air celte superbe injure : \u2014Cruche.Voyons, là, franchement, cette cruche n\u2019estelle pas d\u2019un pittoresque achovè?En effet, pour M.Gilliatt, le ciel venait de s'assimiler à une cruche pleine qu\u2019on tient l\u2019orifice en bas.Tout le contenu s\u2019en était évasé sur lui, ce qui l'avait vexé.En tombant eur cette cruche, tombée elle- même de la plume de Victor, vous vous dites immédiatement : \u2014Commne c'est bien cela, en effat.Cruche ! eh! oui, Gilliatt, qui est trompé depuis le sommet de la nuque jusqu'à la bâse des pieds, se venge noblement du firmament, en lui disant ses vérités. v ey 248 S'il eut dit, par exemple : \u2014Bouteille pe P Ou bien : \u2014Verre à patte ! Ou encore : \u2014Aqueduc ! L'etfet eut été raté complètement.Bouteille et verre À patte, \u2014c\u2019eût été trop tit ; aqueduc,\u2014c'\u2019eût été trop noble.Dans © premier cas, la vengeance de Gillialt se füt amoindrie ; dans le second, elle eût donné au dôme céleste un cachet de noblesse que Gilliatt, imbibé jusqu'aux os, n'était certainement pas d'humeur à lui reconnaître.Mais, cruche ! Vous donne à une fraction près la juste mesure de la colère de Gilliatt d'abord, puis de son profond détain pour ces Messieurs des régions supérieures qui s\u2019amusent à mouiller les chemises des gens au lieu de lutter contre des pieuvres.En distribuant toujours à propos ces documents de style dont le Pays de tous les jours commence à faire usage, les écrivdins de la presse périodique dépasseront d'une multitude de crans les modèles classiques qu'on nous a donnés en pâture jusqu\u2019à présent.Bossuet lui- même ne tiendra pas; et c\u2019en est fait de la belle comparaison dans laquelle il peint la reine d'Angleterre, seule debout au milieu d\u2019une révolution qui avait renversé la monarchie : « Comme une colonne dont la masse solide parait le plus ferme appui d\u2019un peuple ruineux, lorsque ce grand édifice qu\u2019elle soutenait fond sur elle sans l'abattre ; ainsi la Reine se montre le ferme soutien de l'Etat, lorsqu\u2019après en avoir porté le faix elle n\u2019est pas mème courbée sous sa chute.Cela est trop noble pour notre temps ; il faut à nos mets une sauce plus épicée.Fluques de boue, cruche, etc, paraissez, votre heure est sonnée.Carre Ton, Cour du Banc de la Reine.MATIÈRES CRIMINELLES.7 avril.Présent : L'Honorable Juge Mackay.Edouard C.Fraser subit son procès.MM.Perkims et Dorion pour la poursuite.MM.Devlin et Cassidy pour la défense.Edouard C.Fraser est accusé d'avoir le 18 avril 1868 obtenu d\u2019un certain David Robertson une certaine quantité d'effets au montant de cent trente-six dollars et cinquante centins dans le but de frauder.M.Devlin souleva I'objection que le consentement qui se trouvait sur l'acte d'accusation n'étalt pas £16 par le Procureur-Général lui- môme, et que le Conseil de la Reine, poursuivant pour la Couronne, n\u2019avait pas le droit de signer tel consentement au nom du Procureur Général.Son Honneur le Juge MacKay décida que dans une cause du genre de celle-ci le consentement expres du Procureur-Général n\u2019était pas nécessaire et que lo statut ne s'appliquait pas à cette sorte de cause.Robertson vendit des marchandises à Fraser le 18 Avril 1868 au montant de $475.72 ces efels furent livrés à Fraser le jour même de la vente.Fraser paya Robærtson par un billet, daté du 20 Avril 1868 et payable à quatre mois de sa date; le billet ne fut jamais payé ni en tout ni en partie.Robertson demanda des références à Fraser, ce dernier le renvoya à MM.Jeffrey Frères & Cie., et M.Chaton & Cie.Robertson dit à Fraser qu'il n\u2019était très satisfait des recommandations qu'il avait prises sur lui et qu\u2019il désirait en avoir de meilleurs.Fraser lui répondit, qu'il avait fait plusieurs achats à Montréal, qu'il les avait toujours pa és, qu\u2019il n'avait jamais laissé protester ses illets et qu\u2019il était en état de payer ses dettes.M.Devlin s\u2019objecta à ce que cette conversation soit admise en preuve, sur le principe qu'elle avait eu lieu après l'achat des elfets, et LA MINERVE HEBDOMADAIRE.après que le billet avait été donné, et que par conséquent elle ne peut pas faire preuve de l'intention qu'aurait eu Fraser en achetant les effets.La Cour rejette l\u2019objection.Robertson n'a pas donné ordre à ses commis de ne pas livrer les effets à Fraser.Les effets furent livrés par un nommé Bowie, le commis de Robertson; ce commis avait eu connaissance des références données par Fraser.Robertson, en transquestion, dit qu\u2019il ne sait qui doit payer les frais de cette poursuite rivée.Il dit qu'il n\u2019a jamais donné M.Per- ins instruction d'intenter cette poursuite criminelle.En ré-examen, Robertson dit qu\u2019il a donné ses instructions pour la poursuite civile, mais qu\u2019il n'a pas donné d'instructions pour la poursuite criminelle.M.Rimmer cst appelé comme témoin.M.Perkins veut établir par ce témoin, qu'à l'époque de l\u2019achat chez Robertson, Fraser s'était endetté chez Rimmer.M.Devlin s'objrcta à celte preuve, le savant avocat prét \u2018nd quo cette preuvo est inadmissible, qu\u2019elle est entièrement étrangère à la cause et qu'elle ne se rapporte en rien à la transaction du 18 avril 1868.Le juge MacKay permit la preuve, mais réserva l'objection.Le 18 avril, Fraser devait à Rimmer une somme de $150, en vertu d'une transaction en date du 23 février.Rimmer prit le billet de Fraser payable à trois mois.Transquestionné.\u2014Rimmer sait qu'une demi-douzaine de marchands se sont associés dans le but de poursuivre Fraser.On a demandé à Rimmer de contribuer aux frais de cette poursuite, et il a dit qu\u2019il contribuerait avec plaisir; mais il ne sait pas au juste quel montant il sera appellé à dunner.J.O.Bureau est appelé pour prouver l\u2019authenticité d'un acte de cession, fait ct passé devant M.Normandeau.M.Bureau prouve la signature de M.Normandeau, mais ne prouve pas les autres signatures.La défense s'objecte à la production de ce document, sur le principe que l'authenticité de ce document devrait être prouvé par M.Normandeau lui-mème, La Cour a maintenu l\u2019objection et a décidé que l'authenticité de l\u2019acte devait être prouvé par le notaire qui avait instrumenté et non par un autre notaire.Plusieurs témoins sont amenés pour établir ue lors de l\u2019achat du t8 Avril par Fraser chez obertson, Fraser était endotté ailleurs pour différents montants.Et la Cour s'ajourne, 8 avril.La poursuite fit entendre plusieurs autres témoins pour prouver, que lors de l'achat du 18 Avril 4868, Fraser s'était endetté chez ditfé- rents marchands.La poursuite ayant déclaré sa cause close, M.Devlin demanda que son client ne fût pas tenu d'entrer en défense.La prétention de M.Devlin était celle-ci : Fraser paya Robertson par un billet promissoi- re, payable à quatre mois de sa date au bureau d'une certaine banque, savoir : The Bank of British North America, Or, M.Devlin prétendit qu\u2019il n'avait pas été prouvé que le billet en question avait été présenté au lieu où il avait été fait payable et que paiement en avait été refusé, et qu\u2019il aurait élé nécessaire d'établir que les fonds n'avaient jamais été déposés pour le paiement du dit billet.Puis le savant avocat concluaiten disant que la poursuite n'avait pas prouvé que l'argent pour le montant du billet en question n'avait pas été déposé là où le billet était payable et que le non paiement du billet étant la principale présomption de fraude, il était du devoir de la Couronne de prouver clairement le non-paiement.M.Cassidy au soutien de la prélention de son collègue, dit qe la poursuite aurait da prouver que le billet avait été présenté là où il était fait payable et que ce fait aurait pu être prouvé par l\u2019un des commis de la Ban- que.M.Cassidy partage l'opinion de M.Devlin el maintien qu'il aurait dù être prouvé par la poursuite que le billet n'avait pas été, et n'aurait pas pu être payé là où il était fait payable.La Cour renvoya l'objection, décidant que la question en était une de fait, et que le jury devait en décider.La défense prétendit que l'intention de frauder n'avait pas été prouvée, et que Fraser n\u2019a- veit jamais eu l'intention de frauder Robertson.Quatre témoins furent appelés en faveur de Fraser.Il fut prouvé que Fraser avait employé ses fonds à payer des créances légitimes.; Il fut aussi prouvé que Fraser possédait une propriété qui pouvait lui rapporter une centaine de louis par année.M.Cassidy, en s'adressant aux jurés, leur fit remarquer que cette poursuite n'était pas une poursuite ordinaire, intentée au nom de la Couronne, mais qu\u2019elle n'était qu'une poursu:- te privée, intentée par certains individus, dans le Pat de traduire le défendeur er Cour Crimi- neile.Le savant avocat se demande si oette poursuite a bien été intentée dans lo but do faire punir une fraude, ou bien si elle n\u2019était pas plutôt un procédé pour réussir à se faire payer per Fraser une somme qu'en réalité il ne posait pas payer.Cassirly nie qu\u2019il y ait eu de fausses représentations de la part de Fraser, et main tient que l'intention de frauder n\u2019a pas été prouvée; puis il conclut, en réclamant pour son client le bénéfice de tout doute qui pouvait résulter de la preuve.M.Devlin s'adressa aux jurés, parlant la langue anglaise.Le savant avocat s'élèva contre ce qu'il appellait une conspiration tramée par certains marchands pour réussir à se fuire payer leurs dettes.1 prétend qu'à moins qu\u2019il soit établi, qu'il n'y avait pas de fonds pour payer le billet, là où ifétait fait payable, il n'y a pas de cause faite contre l'accusé, et sur ce point seul l\u2019accusé devait être déclaré non coupable.M.Devlin commenta brièvement la preuve offerte par la poursuite; il en dérmontra les côtés faibles et conclut à l\u2019acquitlement de son client.Et la Cour s'ajourna à demain.\u2014 9 avril.Les avocats de la poursuite adressèrent les urés, puis Son Honneur le Juge MacKay fit le résumé de toute la cause, laissant les jurés seuls juges des faits.Verdict; Coupable, mais recommandé à la clémence de la Cour.Cette cause est réservée pour la décision de la Cour d'Appel.Charles Landerville, accusé de recel, est traduit à la barre.Un jury mixte est assermenté.MM.Piché et Ritchie conduisent la cause de la couronne.MM.Valois el Bothwell sont au banc de la défense.; Le 8 décembre l\u2019entrepôt de la douane a été défoncé et neuf montres y furent volées, l'une de ces montres fut donne au prisonnier, qui fit passer la montre de main en main, et qui finit par la mettre en gage pour la somme de $9.Ces montres furent volées par un nommé Dunkin, qui plaida coupable à l'accusation.Et la Cour s'ajourne.10 avril.Jean Valentini est traduit à la barre, accusé d\u2019avoir mis en circulation de la monnais de faux aloi.Un jury français est assermenté., M.Piché, C.R., conduit la cause de la Cou- ronns.; M.Charles Ouimet est au banc de la défense.Le prisonnier est accusé d'avoir le 19 octobre dernier, donné à une certaine Madame Scott, et ce dans le but de la frauder, une pièce de monnaie contrefaite, savoir: une \u2018 pièce de vingt-cinq centins, ayant cours aux tats-Unis.Le prisonnier était dans l'habitude de mettre ainsi de la fausse monnaie en circulation.On trouva sur lui une certaine quantité de monnaie contrefaite, et il fut prouvé que le ou vers le 19 octobre dernier, il avait donné de fausses pièces à différentes personnes.La iéfense admettait que la pièce de monnaie en question était contrefaite et qu'elle avait 616 mise en circulation, mais la défense niait qu\u2019il eût élé Prouvé que le prisonnier connaissait alors que la pièce était ainsi contrefaite.La prétention de M.Charles Ouimet était celle-ci : la preuve de la connaissance du fait que la pièce est fausse, est essentielle au sou- lien d'une accusation dans le genre de celle- ci ; c\u2019est la connaissance de ce fait qui consti- tu6 l'intention de frauder, si le prisonnier ignorait que la pièce en question était fausse, H n'avait pas l'intention de frauder, et par conséquent il n'a pas commis de crime.La Cour fut d'opinion que l'intention de frauder avait élé prouvée.Verdict : Coupable.Francis Harris est traduit à la barre.Un jury anglais est assermenté.M.Ritahie, C.R., conduit Ja cause de la couronne.Le prisonnier est accusé d\u2019avoir, le 5 décembre dernier, volé, de M.Jaunes Morrison, des marchandises, Le prisonnier, n'ayant pas d\u2019avocat, Son Honneur le Juge Monck pressa M.William Drummond à se charger de la défense.Verdict : non-coupable.Francis Ilarris subit son procès sur une sc conde accusation portée contre lui pour vol avec elfraction, et il est Lrouvé coupable.La Cour s'ajourne.12 avril.Thomas Alexander, Alphonse Lemieux, Joseph Moquin, sone traduits à la barre.L'accusation contre les prisonniers est d\u2019avoir le treize Mars derniers, tué et mis à mort, un nommé Paul Couture, mais cela\u2019sans prémedi- tation.MM.Piché et Kitchie représentent la couronne, MM.F.Cassidy, C.R.et Charles Ouimet sont au banc de la défense.M.Piché ouvre la cause en exposant aux jurés la nature de l\u2019offense, dont on accuse les prisonniers, et en donnant les différentes instructions reçues par la Couronne relativement ii cette cause, Le 13 de Mars dernier, les trois accusés et le défunt Couture étaient ensemble à l'auberge de Brault, au village de Laprairie.Le prisonnier Moquin était à .converser avec le nommé Paul Couture, lors qu'Alexander s'avanca vers Couture et lui demanda s'il voulait se joindre à lui pour payer à boire, Couture refusa ; alors Alexander lui demanda s\u2019il voulait se battre.Couture lui répondit : tu dois dire cela pour rire, tu sais bien que je ne suis pas assez homme pour toi.La dessus Couture se leva et Alexander le frappa.Coulure ota son habit pour se battre.On voulut I'apaiser mais il répondit, je n'ai jamais permis à un homme de me frapper sans m'en venger.Moquin voulut alors intervenir, une lutte s'en gagea entre lui et Couture, et tous deux furent loussés dehors ; là, on vit que Couture et oquin se battaient et Jue Couture avait I'avantage de son côté.11 fut mis on preuve que Thomas Alexander aurait ôlé ses habits pour se battre avec Couture, qui, pendant ce temps l\u2019attendait sur le trottoir.Alexander frappa Couture de plusieurs coups de poing et surtout de plusieurs coups de pieds.La querelle ent lieu le 13 Mars, et Couture mourut le 24 Mars.Les médecins constatèrent que Couture était msrt d\u2019une plemo-pneumonie.Ily avait sur le cadavre des marques de violences qui auraient pu cause la maladie on question; mais cette maladie \u201cpourrait aussi être attribuée à d'autres causes.La Couronne déclare qu\u2019elle ferat entendre encore deux témoins, demain matin, ét a cour s'ajourna.LA MINERVE HEBDOMADAIRE, Montréal, 13 Avril 1869.Alexander, Lemieux et Moquin sont à la barre, La Couronne déclare sa cause clause à onze heures.Il fut prétendu par la défense que la preuve médicale n\u2019établissait pes que la maladie dont le défunt élait mort avait Le causée par les coups reçus par lui le 13 mars dernier.Clé- tait 12 le point principal de la cause et la couronne aurait dû prouver que le défunt Couture n'avait pas pu mourir d\u2019une autre maladie que de celle causée par des violences qui lui avaient été infligées par les accusés.Les médecins avaient bien dit que Couture était mort d'une maladie qui aurait pu être causée par lu violence, mais ils avaient ajouté qu'il n\u2019aurait pas été impossible que celte maladie aurait eu une autre cause.Son Honneur le juge dans sa charge aux jurés fit une juste appréciation de l\u2019attitude rise par la défense, et et fit voir au jurés \u2018importance qu\u2019il y avait pour eux d'avoir la preuve certaine que Couture était mort des suites des coups qu\u2019il avait reçus le 13 Mars dernier.L'Honorable Juge fit observer aux jurés que dans le cas ou la preuve ne serait pus aussi forte pour soutenir l'accusation pour Tomicide, ils pourraient rendre contre les accusés un verdict d'assauc.Verdict : Contra Thomas Alexander coupable d'assaut.Contre Alphonse Lemieux.Coupable d'assaut.Cpntre Joseph Moquin.Non-coupabla.Sur motion de M.Charles Ouimet Joseph Moquin est remis en liberté.EL la Cour s\u2019ajourne.\u2014> ps SCKNES VRAIES.LE MATELOT MANIE-DÉSIRÉ.Par ce même temps de brouillard et de ciel gris, par ce même vent dur, l'an passé, un soir da novembre, les femmes des pêcheurs du Po- let couraient sur les galets, au pied des falaises de Dieppe.La petite flottille des pécheuz, partie le matin, n\u2019était pas encore rentrée, la mer menaçait.et le brouillard tombait, tant qu\u2019il perdit dans sa nuit grise le phare de lu jetée.! Chaque fois qu'un bateau accostait, c\u2019étaient des cris de joie, des embrassements d no pas finir, des gros baisers qui sonnaient bien fort dans la nuit.Une à une, les barques rentraient, une à une les familles entralnaient au logis le pè- cheur humide des baisers de l\u2019Océan.Lorsque neuf heures sonnèrent à Saint-Jacques, il ne restait sur la grève qu\u2019une femme qui criait en courant : \u2014Eh ! Mathurin ! C'est la grosse voix du flot, roulant les galets, qui répondait.Faisant un auvent de ses mains, cherchant à percer les ténèvres de son regard flévreux, la malheureuse criait tou- ours : ! \u2014Eh Mathurin ! mon homme ! Mathurin ! Rien, la mer grondait, montant, ropoussant a chaque pas I'impudente qui osait lui réclamer un homme.Toute la nuit, Jeanne courut ainsi sur les galets ; au matin seulement, sur les roches qui sont au-dessous de la batterie, elle retrouva la barque de son homme, éventrée, sans mât, sans toile, sans fllets, sans cadavre ! La veuve avait trop pleuré toute la nuit pour avoir encore des larmes, ells se mit à gonoux.le front sur la levée du bateau.Pendant une grande heure elle resta ainsi ! Quand elle se leva, elleappuyait sur ses lèvres le bonnet de son homme qu\u2019elle avait retrouvé dans un coin de lu barque.Elle se dirigea vers sa demeure, marchant sens voir, sombre, lu bouche crispée ; en la voyant passer pâle, les yeux caves, ses che- \u2018ecxroux devenus bruns sous la pluie, les femmes se signaient et les hommes Otaient lsurs bérets.Quand elle rentra chez elle, la panvre ven.ve, ses deux pelils coururont et Liraul ses jupes crièrent : 249 \u2014 Mére Jeannie.Qusqu'est pape ?Alors les yeux de la pauvre brillèrent com- mé cuux d'un fauve, sa bouche crispée se contracta et son poing fermé montrait la mer et le ciel, elle hurla : \u2014 C'est elle qui nous l'a volé! Est-ce qu'il y a un Dieu pour les pauvres gens là-haut ! Ah! ah! .Elle rit dix secondes, puis tombant anéan- Lie, toute en larmes et serrunt dans ses bras ses petits qui criaient, la veuve supplia : \u2014Ah ! mes pauvres petiots, qu'est-ce que nous allons devenir ; mais, notre bon Dieu ! qui fera manger les pelils maintenant; vous nous avez pris notre gagne-pain.Oh! mon panvre Mathurin.il n'avait jamais fait de mal à personne, mon pauvre cher homme! et puis il avait des petits à élever.mais fallait nous prendre tous ensemble, notre se «1: ur Dieu, Que de cris, que de larmes ! Toute la journée, les femmes faisaient un détour pour ne point passer devant lu maison de la veuve, tant ca leur arrachait l'âme d'entendre les plaintes de la mire et les cris des enfants.Pendant un mois l'on pleura.deux mois l'on pensa\u2026 puis\u2014non I'oubli,\u2014mais l'habitude vint.Une seule chose augmenta plus dpre, plus dure ; la misère.Jeannie d\u2019abord vendit les outils de son homme.Les pécheurs ont bon cœur, pardi ! mais ils n'en sont pas moins normands.( Ir, comme la veuve avait besoin, elle tira peu d'argent des grands {Hols à flotles el des belles voiles neuves que Mathurin avait consues lui- mêmes, Aussi il fut des soirs où les pelits sa seraient couchés sans souper, \u2014Pauvres gas ! \u2014s'ils n'avaient rencontré un ami du père: Marie-Désiré, qui leur donnait la moitié du ain qu\u2019il allait tous les jours acheter à cette heure-lit.Marie-Désiré no passait jamais devant la demeure do Jeannie sans su dire, en changeant su chique de côté : \u2014de te demande quel besoin qu\u2019ifs avaient li-haut de prendre celw-ld.Quel métier de chien\u2026 on crève, et puis voilà ce qu\u2019on laisse : une cubire sans biscuit.des mioches qu! mangeraient trois mois de vivres.une femme «u\u2019est comme uno éponge, sitôt qu'on y parle il sort de l\u2019cau\u2026 des peliots comme des chats «jui courent les tas d\u2019ordure pour avoir leur vie.Misire !.aie pas peur, mon vieux Ma- Uhurin\u2026 on est là! espère, espère !.Une année s'ecoula et, Il y à trois jours, c'était la Saint-Mathurin : ce jour-là, Jeannie et su marmaille, après avoir ête brûler un cierge à Saint-Jacques, {it une longue prière au pied de la croix de la jetée, ¢t rentra pensive, Ce jour-là, Marie-Désiré mit loules voiles dehors.Marie-Désiré n'est pos un ange! non ; c\u2019est un matulot, muis un vrai, Il a le noz on trompette, l'œil bleu et à Meur de tête, la bouche grande à grosses lèvres, ses cheveux d\u2019une nuance sans nom ne sont peignés que lorsqu\u2019on les coupe; ses oreilles superbes font l'uifet de voiles en ciseaux ; par los grands temps 1l rabat son bonnet dessus pour ne pas donner prise au vont; il est petit, räblu, les epaules sont larges, les mains sont dignes des épaules et les piels sont rminensos.Marie-Désiré n\u2019est le jAus souvent débarbouillé que par la pluie; son costume est des plus simples : un tricot, une vareuss, Une col- te, un bonnet.et pieds nus.Ce jour-là, disons-nous, l\u2019ami de feu Mathu- rinr metlait le grand gréement.II était débarbouillé, el au savon, s'il vous plait.du beau savon vert «qui sent le poisson.Il s'était mis de lu pommade et il avait cassé son peigne neuf pour se faire Une raie ! rasé de frais! à preuve deux entailles sous le menton.Marie Désiré étrennait ses vêtements neufs, et Dieu snit de quels jurons il lus sacrait : \u2014Ah ! ça, le galeux de pique-puce m'a encore fourre un buuton là.allons bon, encore une boucle !\u2026 on voilà une carcasse!\u2026 Qu'\u2019est- cu que c\u2019est encore ! Tonnerre! il me fait pren- \u2018re des ris à ma culotte.Mais il est fou ce 0m 250 tailleur-là\u2026 C\u2019est un tablier qu\u2019il m'a mis devant\u2026 Chien galeux, va ! Et de fuit, le matelot qui était perdu dans sa culotle à grand-pont se cassail les ongles sur les boutons.\u2026 .Après deux heures d'un travail laborieux, Marie Dé +n vareuse, le cou perdu dans un col en tuilu à voile, étranglé par une crava- le à ancre, lu tête encadrée par deux grandes mèches en otoilles de chien ; chaussé d'immenses brodequins traversés sur le cou-de- pie parun pli féroce.un pli à couper les doigts\u2014se rendit chez la veuve à Mathurin.Quand il entra chez Jcannie, le vent criait dans la cheminée sans feu, le buffet ouvert était vide, la huche creuse\u2026 Le matelot sentit ses moëlles se geler.\u2014Mame Jeannie\u2026 c\u2019esl la fête à notre pauvre Mathurin aujourd'hui.\u2014Vous y avez pensé, Désiré.\u2014Pardi ! et faut qu'on la fasse comme s'il élait-là.Jeannie comprit et lui répondit par un sourire.\u2014Et les petiots, venez.Je vais vous payer des gâleaux.Et il sortil emmonant les deux enfants et grognant tout bas : \u2014Oh ! misère ! Si on n\u2019était pas là, tout ça gèlerait avec des ventres creux ! Espère ! espère, mon vieux Mathurin ; on chassera la famine d'ici.Les friandises de Désiré n'étaient pas des feuilletés : il acheta deux petits pains et glissa dans le ventre de chaque une saucisse brûlante.C'est ce que le matelot nommait des gâteaux ; cus brioches étaient du goût des enfants.8 Quand le feu flamba chez la veuve, que la maisonnée quitta la table, quand on eut un peu parlé de l'absent, Désiré commença à Lourner maladroitement son bonnet dans ses mains.il essaya dix fois de parler, changea sa chique de côté, enfin, faisant un suprême effort : \u2014 Dites donc, m'\u2019ame Jeannie, j'ai un con- scil à vous demander.\u2014 Demandez.\u2014 Je m'ennuie seul\u2026comme ça\u2026 toujours forcé de me parler à mui-même\u2026de ne m'amuse pas.\u2014 Eh bien ?\u2014 J'ai.j'ai envie de me marier.\u2014 Vous avez raison, et vous ferez une heureuse, Désiré\u2026car vous êtes un brave home me, vous.dont une jeunesse n'aura qu\u2019à se louer, i \u2014 Oh! une jounesse, je vas vous dire.je ne suis pas tout à fait un jeune homme.\u2014 \u20ace n\u2019est pas une raison ! \u2014Je sais bien.Mais c\u2019est que je veux des enfants, moi\u2026 Si je me maris et que je n\u2019au pas des petits\u2026 non !\u2026 Certainement que ça se peut.le douanier en a bien !.\u2026.J3 vas vous dire, si c'est une jeunesse elle me fera tourner, elle m\u2019appellera : Vieux requin!.Et puis, si jai des enfanis ils seront lout petits, et je ne les aimo pas tout ptits.Je les aime gentils comme ceux-là.et dame ! une jeunesse, une femme.Tenez, ça svrait une veuve qu\u2019a de la famille\u2026 ça m'irait\u2026 Le matelot s\u2019arréta un instant, tout rouge.Deux larmes coulaicnt dans le sourire de Jeannie.\u2014Une veuve.comme cal.vous, par exemple cannie embrassa le matelot qui, tout confus perdant contenance, cria pour cacher son émotion : \u2014Eh ! los petits, allons, embrassez-moi.\u2026.\u2026 aye donc, moulards, appelez-moi votre pére.Quand Marie-Désiré partit le soir pour re gagner sa demeure, il dit, clignant de l'œil en regardant le ciel : \u2014Espère ! espère ! mon vieux, j'ai chassé la amine de chez ta veuve el tes petits.Auexis BouVIER.LA MINERVE HEBDOMADAIRE.Dires et Choses.PORTRAIT DE NAPOLÉON N1\u2014Le Constitulion- nel publie, en feuilleton, un portrait de l'Em- reur où se trouvent les détails suivants,dont e bon goût ct la délicatesse peuvent être contestés : « Le front est élevé el large, soigireusement modelé: comme dans un palais, c'est le fron ton qui est le plus étudié et ls plus significatif.« Sous son apparence unie, les facultés en sont aussi nombreuses et aussi inexplicables pour l'ignorance que les rouages et les cylindres à l\u2019intérieur d'un chronomètre.«Il n\u2019a pas de hâte avec les évènements qu\u2019un peuple impatient voudrait précipiter.C\u2019est à ceux qui auendent le Mussie d'êlre pressés : le Messie élait calme et radieux.Il voit les célébrités depliées à ses pieds et n\u2019en choisit aucune qui pourrait lui faire envie.« L'œil est petit et grand à la fois; c\u2019est à n'y rien comprendre.Le regard n'y est pas, c\u2019est comme le jour sans soleil des belles matinées d'hiver.t œil est le puits de science, qui sail tout et ne dit rien, de cette grande ligure diplomatique.« Le nez a la courbure d\u2019un bec d\u2019aigle, il est un peu long, comme il devrait être chez tous ceux qui doivent se méler des affaires les autres.» PRESSE MONSTRE.\u2014On vient d'essayer dans les ateliers du Times une nouvelle presse qui dépasse tout ce qui a été inventé jusqu'à cu jour.Le papier destiné à l'impression est placé, sans solution de continuit, sur Un rouleau ui le débite au fur el à mesure des besoins.a machine peut imprimer 46,000 feuilles, soit 23,000 numéros complets à l'heure.C'est le chiffre le plus élevé qui ait jamais été obtenu.La même machine coupe le papier à la dimension, le plie et le livre avec son numéro d'ordre.CULTURE DES POMMES DE TERRES.\u2014L'Académie des ciences a reçu d'un habitant de la Seine-Inférieure une communication tendant à démontrer que si l\u2019on pouvait fournir aux terres cultivées en pommes de terre une quantité suffisante de cendres de bois ou de végétaux, on augmenterait la production du précieux tubercule dans des proportions qu'on ose à peine indiquer ; on obtiendrait ainsi, dit-il, le quintuple et même le centuple de ce qu'on ré- colle ordinairement.Dire le cenfuple, c\u2019est beaucoup, mais il est certain qu\u2019on peut recommander les cendres végétales cumme engrais.\u2014Nous pouvons dire qu\u2019on devrait toujours ajouter de la cendre aux engrais employés (chaux ou fumier, ou mieux chaux et fum'er mélangés) pour la culture des pommes de ter re.On sème une ou deux poignées de cendres ou seulement de charrée sur chaque tu bercule que l\u2019on plante ct autour.Si l\u2019on peut au moment de butler, semer de nouveau des cendres à la surface du sol, mais cette fois au pied de chaque touffe, on obtient des résultels encore mvilleurs.À défaut de cendres de bois ou de charrée (cendres lessivées), on peut parfaitement employer, des cendres provenant de fourneaux de mauvaises herbes.La terre brûlée qu\u2019elles contiennent produit également un très bon effet, VÉLOCIPÈDE A UNE ROUE.\u2014Aller vile el simplifier, telle est la devise du siècle, De là, l\u2019origine du vélocipède, et du vélocipède à une roue.Dans I'avenue des Champs-Elysées, on a vu circuler très facilement et très rapidement un vélocipède n'ayant que la seule roue motrice.Mais pour équilibrer le poids de l'homme, qui se trouve bien au-dessus du centre de gravité, on avait mis deux contrepoids, l\u2019un sur chaque bout du moyeu de la roue.Ce système peut sans doute s'adapter aux voitures trainces par des chevaux, Il est dvjà appliqué.C'est M.Courbet qui a inventé le monocycle, la voiture se tenant en équilibre sur une seule roue.Le monocycle fera son apparition à Paris ndant les jours de Longchamps, et M.Cour- el s\u2019est réservé la foie de le conduire le pre- micr au milieu des somptueux équipages.L'INFLUENCE DU RHUME SUR LA LITTÉRATURE.\u2014Les relations qui existent entre les rédacteurs de quelques colonies anglaises el leurs abonnes nous paraissent des plus amicales, ct elles peuvent ètre données en exemple.Voici ce que nous lisons en tête du Barba- does Times : «Nous réclamons l\u2019indulgence du nos lecteurs pour ne pas leur donner aujourd'hui des nouvelles d'Amérique et d'Europe, mais depuis trois jours nos deux rédacteurs souffrent d\u2019un fort rhume de cerveau.» \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 A» > Les Riens du Jour.\u2014L'Internalional rapporte aind) le dialogue Et s'est établi entre un témoin ot le juge du inchester : \u2014Mon brave homme, lui dit le baron Martin, dites-moi exactement ce qui est arrivé.\u2014Oui, mylord, certainement.Je dis que jo ne voulais pas avoir le porc.\u2014Qu\u2019a-t-il répondu ?\u2014 Il a dit qu\u2019il avait gardé le porc pour moi et qu'il.\u2014 Non, non, il n\u2019a pas dit cela ; il ne pouvait pas dire cela ; il n\u2019a pas parlé à la troisième personne.\u2014 J'étais la première personne à laquelle il en avait parlé, mylord.\u2014 Vous ne me comprenez pas, mon ami ; jo veux dire : N'introduisez pas la Lroisième personne.Répétez ses propres paroles, mot puur mot.\u2014 Il n'y avait pas de troisième personne, mylord ; il n\u2019y avait que moi et lui.\u2014 Voyons, mon ami, c\u2019est absurde ce que vous dites là.Il n'a pas pu dire qu'il avail gardé le porc, mais il s\u2019est exprimé ainsi: «Je l'ai gardé.» \u2014 Je vous assure, mylord, qu'il n'a pas étà du tout question de Votre Seigneurie.Si on avait parlé de vous, je l'aurais su.La cour pouffe de rireet passe à un autre témoin.Le mot de la fin, entendu à la porte du club de la Redoute ; il est topique, comme on dit aujourd'hui.\u2014 Dis dpne, Bancié, toi qui es dans une scierie, qu'est-ce que c\u2019est que le socialisme ?\u2014 T'es béte ! Tiens, ce :sémeut, nous ene trons chez un marchand de vin.T\u2019offres une tournée et tu payes; j'en oflre une et.tu payes.\u2014 Oui, mais si je suis socialiste aussi ?\u2014 Alors, c\u2019est le marchand de vin qui paye.\u2014 Et suppogilion qu\u2019il est socialiste lui ?\u2014 Alors on se buche.\u2014 Dialogue surpris entre un agent électora el un electeur champenois : LL.\u2014 Voyons, mon ami, voulez-vous que j'écrive votre bulletin ?\u2014 Non, m'siru, je l'écrirai ben tout seul.\u2014 Hô bien, voyons, vous allez voler pour M.Gaudissart ?\u2014 Ah ! non, m\u2019siou, J'peux pas.\u2014 Comment ! vous ne pouvez pas! pourtant M, Gaudissart est un brave homme qui rend beaucoup de services.\u2014 J'dis pas non, mais j'peux pas voter pour lui, \u2014 Pourquoi donc, enfin ?\u2014 J'sais pas faire les G. te i FEUILLETON 08 * LA MINERTE\" UN AMOUR ORAGEUX PAR BEMILE CARREY.DEUXIEME PARTIE.Le Cabanage ou Jes Révoltés du Para.(Suite.) XXv LA REVUE-\u2014LE MUCAMBO ET LA VENGEANCE D'UN NÈGRE.\u2014LE BAL BRESILIEN, Ainsi que avait prévu M.Merry, M.Sharp avait l'espoir d\u2019être prêt à \u2018partir avant quinze jours ; son fret de retour l\u2019at tendait à Maranhao, il devait séjourner quelques semaines au moins devant cette ville, et, de là, partir pour France.Mme Cerny aimait M, Sharp, et même sa brusquerie obligeante ; à part le mal de mer, elle s\u2019était trouvée à bord de la Curoline aussi com- inodément qu'on peut l'être sur un navire.Les projets du capitaine cadraient avec son désir de voir son beau-frère à Maranhao, Là l\u2019aul pourrait épouser sa fille et attendre des Jours meilleurs pour rentrer en Europe.Dès lors, libre d'elle-même, elle resterait auprès de l\u2019oncle d\u2019Ilenriette ou retourne- nerait en France, au gré de Montfort, et l'avenir s\u2019offrait riant À ses espoirs de mère et d'épouse.; Avant la nuit me Cerny était installée dans sa nouvelle et passagère demeure.Le soir même, grâce à cette merveilleuse apt- tude qu'ont les femmes pour s'assimiler toute chose, le luxe comme les privations, elle offrait le thé aux officiers du brick, et recevait quelques Brésiliens amenés par M.Merry.Les officiers anglais furent, objet des attentions soutenues des principaux bitants, et le chef de la douane les pris même, ainsi que les Français, d'honorer de leur présence un grand bal qu\u2019il devait donner le lendemain soir.Le commandant s\u2019excusa sur les nécessités du service, les embarras d\u2019un prochain départ, etc, mais le senhor Alfandega insistant avec toute l'obstination d\u2019un maitre de maison qui veut faire ses frais de vanité, sir Nobleness se tourna vers Montfort et lui dit en anglais : \u201c Si je pensais qu'un bal, ici, pût amuser Mme Cerny et sa fille, j'accepterais, et entre deux robbs de whist, nous irions y passer quelques minutes.\u2014dJe ne pense pas, reprit Montfort.Mme Cerny aime peu le monde.Je sais qu\u2019elle y allait rarement à Paris, \u2014Alors, dit le commandant, je refuse Pour vous et pour moi, ** Il 8e tourna vers le chef de la dounne : \u201c Je suis désolé, monsieur, lui dit-il en français.Mais d'autres soins nous retiennent.M.le comte de Montfort et moi, nous vous remercions.\u2018* Ët, sans s\u2019ocouper davantage de sa sei.gneutie désappointée, il donna le bras à Henri et s'éloigna.Mais les paroles dites à Montfort n\u2019avaient pas été perdues pour tous.L'un des aides de camp du président les entendit, et une heure après Mme Cerny recevait une mulâtresse qui venait do la part de la senhora Alfandega, savoir si Ia \u2018ranceza daignerait recevoir sa maîtresse avant la fin du jour.Clémence, étonnée, y consenlit, et vers cinq heures elle vit arriver à sa porte un hamac garni de plumes, porté par quatre nègres, oscillant au fil d'un long bâton orné de fleurs et d'oiseaux peints de couleurs éclatantes, LA MINERVE HEBDOMADAIRE.Uun petite jeune femme, blanche, mignonne, gracieuse, avec de grands beaux Jeux sans pensée, coiflée de ses cheveux noirs, chagée de bracelets, descendit du hamac et entra chez la veuve.L'air tristensent candide de la jeune Brésilienne touchu Mme Cerny, quila fit asseoir et lui dit: \u201cJe parle mal votre langue, senhora; mas je ferai de mon mieux pour vous en: tendre et vous rendre le service que vous réclamez de moi, Montfort, Paul et le commandant se re- tirérent discrétement dans la pièce voisine, afin de laisser sur le champ libre à la jeune femme, dont ils ignoraient les désirs.Clémence resta.\u201c Minha senhora, dit la Brésilienne, il dépend de vous de rendre un grand service à mon mari et surtout 4 moi.Le senhor Al- fandega donne demain un grand bal, où toute la ville est conviée.Il désire beaucoup avoir à cette fête les officiers anglais et les Français.Le senhorsait qu\u2019ils viendront si vous voulez venir.Je viens vous inviter, ne me refusez pas.Mme Cerny déclina sa puissance sur le commandant, et ajouta que, quant à elle, vêtue de deuil, elle ne pouvait accepter.Mais la Brésilienne insista vivement, et lui raconta les paroles du commandant à Montfort ; puis, comme Clémence persistait dans son refus : « Minha senhora, lui dit-elle, je vous «Up- plie.Si je ne réu' sis pas, je serai malheureuse.Le senhor m\u2019a dit : \u201c Faites en sorte de décider cette dame, ou, après le bal, vousirez passez quinze jours, seule, au sitio.\u201d Clémence demeurait silencieuse.La Brésilienne reprit : \u2018 Vous, Française, qui êtes heureuse, vous ne savez pas, comme les Jours et les nuits sont longues pour nous.Oh ! si je pouvais jumais aller vivre en France, voir votre Paris, vos spectaces, vos fêtes, où les femmes peuvent causer et rire.Tenez, minha senhora, venez demain, vous verrez comme tout est triste pour nous.Venez ! je vous aimerai tant.Venez! demain à l'église je dirai en votre nom mon chapelet tout entier ; puis quand vous serez repartie, toujours je me souviendrai de vous, \u201d Et la jeune femme pressait la main de Clémence, et sa voix se faisait touchante comme la plainte d\u2019une enfunt à sa sœur ainée.Il y a, dans les yeux et la voix d\u2019une femme qui prie, plus d\u2019éloquence que dans tous les gestes prônés par Cicéron lui-même.Mme Cerny murmura à demi-voix : \u201c Pauvre petite ! cela est si peu de chose qu\u2019une heure, et je la rendrai si heureuse ! Puis se levant, elle ouvrit une porte et appela Montfort.« Henri, lui dit-elle, la femme du directeur de la douane me supplie si vivement d'aller à son bal, que je n\u2019ai pas Ia force de refuser.Si vous ne voulez pas y aller, venez refuser pour moi.Si vous cunsentez, faites, mon ami, que M.Nobleness y vienne avec nous; il me semble que nous ferons une bonne action.\u2014Vous savez bien, madame, reprit Mont.fort, que vos désirs sont desordres, J'ignore Vos motifs, mais je vais raconter votre décision au commandant.\u2019 Et rentrant dans la pièce voisine, il redit 4 I' Anglais les paroles de la veuve.+ Du moment oi Mme Cerny le désire, dit ce dernier, j'irai, et pour que Mme Montfort et sa fille aient des danseurs européens, ajouta-t-il en souriant, je donnerai permission à mes officiers, ?Clémence entendit ces paroles, et un 1é.ger sourire d\u2019orgueil féminin pwut un instant sur ses lèvres.Puis revenant à la Brésilienne qui l\u2019attendait en silence : + Nous irons tous, chère dame, luidit-clle et vous pouvez de ma part dire votre man que nous irons pour l'amour de vous, 251 \u2014Vous êtes bonne comme nossa senho l'a, \u201d reprit la jeune femme, et dans l'expansion méridionale de sa joie, elle se leva et embrassa Mme Cerny.Le commandant présenta Montfort à lu femme du consul.C'était une nièce du grand Irlandais : de cet homme dont le nom symbole de patriotisme religieux et pnciti- que, traversa les âges, à l'honneur de la justice anglaise.\u201c Madame, dit-il, permettez-moi do présenter à la nièce d'U'Connell un gentleman catholique et français, \" Montfort s\u2019inclina trés.bas, il était do ceux que l'envie ne trouble point et qui aiment saluer la gloire des pères sur le front des enfants.Le diner fut français parles mots et In gaieté amicale, anglais par les vins.Les Brésiliens du Para mènent une vie misérable par leur faute ; car, là comme partout, avec un peu d'argent et d'habitudes do Bentlemen, on peut vivre.Après le repas, dans le fumoir, le consul dit ses hôtes: # & je n\u2019avais pas eu l'honneur de vous avoir 4 diner, j'aurais été, par curiosité passer une nuit étrange.Vous avez oui parler des mucumbos de nègres.C'est ce qu'on nomme, dans nos colonies, des asiles de nègres marrons.lls sont tds.nombreux dans les solitucles amazoniennes.J'ai été informé ce matin, par un major brésilien que je connais pour venir m'emprunter de fois à autres cing pinatres qu\u2019il ne me rend jamais, que cette nuit même une expédition devait partir pour aller détruire ce mucambo, Le plus grand setret a été gardé, parce que, si le bruitavait transpiré los nègres marrons auraient été prévenus par les escluves de la ville et surtout par les Portugais.\u2014Pardieu! ditle commandant, si vous savez la route et voulez y venir, In nuit est belle, Nous prendrons ma baleinière, Ello peut tenir vingt personnes.Nous sommes six, j\u2019embarquerai douze matelots.Nous serons partis dans une heure, et quand los Brésiliens iraient comme le vent, nous les rejoindrons avant le suc du mucambo.Est- ce luin ?\u2014A cinq heures à peine, «it le consul.Mnis ces dames ?\u2014Ah ! voilà bien les hommes mariés | reprit le commandant; toujours enchninés, sh bien, vous leur direz que nous partons ue demain\u2019 faire une partie de chasse et illes passe- matin nous serons de retour, ront ici la nuit ensemble, Le consul, marié depuis une année à peine, avait pour sa femme un culte véritable, Mais, ennuyé de In vie monotome du Para, il était avide d'émotions et de spectacle.dl\u2019aul et Montfort, l'esprit encore empreint des émotions de Marajo, eussent préféré veut-être rester près de leurs financées ; mais L.Merry et les Anglais insistérent ; la course nocturne fut décidée, Le commandant envoys le midshipman qui l\u2019accompagnait faire armer la Laleinière et prévenir le lieutenant du brick, En sa qualité de célibutaire, M.Merry se chargea du mensonge, et, entrant dans le salon des dames : \u201c Vous savez senhoras, dit-il, que les vieux garçons ont de tout temps été des trouble-ménages ;\u2014j'emmène ces messieurs à la chasse à ln passée.C'estle moment des bécasses.La nuit est sunerhe, le commandant nous prête sa baleinière, et demain matin nous vous rapporterons autant de gibier qu'il y en a dans toute la Province.\u2014C'est-à-dire rien | dit Montfort en riant.Un n\u2019est pas plus Marseillais que vous, mon cher Merry, \u201d Le fleuve coulait à quelques pas de la maison du consul.Les Kuropéens trouve.rent dans I'embareation les armes nécossai- res.Îls partirent.La marée les portait ; les ae AE ar Er mr EST 7X.mme 252 LA MINERVE HEBDOMADAIRE.hommes courbés sur les avirons faisaient marcher comme une flèche le léger canot.Au bout de dit minutes, ils entrèrent dans le Guama, et une heure à peine après avoir quitté la demeure consulaire, le matelot qui tenait la barre signala par l'avant six embarcations qui, comme eux, remontaient le fleuve à la rame.C'étaient les Brési'iens.La baleinière anglaise passa rapidement contre les premie canots, qui étaient remplis de soldats : u n ou deux voix les hélèrent en passant ; mais le commandant ne daigna pas répondre et rejoignit la montarie de tête, où devait se trouver le chef de l'expédition.Il y était en effet, et le consul, reconnaissant son emprunteur, l'interpella d\u2019un nom de baptême.« Mais c'est le major Algoz, dit M.Me en regardant avec attention le Brésilien, qui, à la voix du consul, faisait ralentir les pagaies de ses hommes.\u2014Lui-même, reprit une voix enrouée, mais forte.Et par quel hasard M.Merry vient il à la chasse aux nègres ?car je présume que le senhor consul vous æ prévenus de ce que nous allons faire.\u2014Par curiosité, comme moi, major, répondit l'Anglais ; et j'ai pris la liberté de vous amener quelques amis.\u2014T'ant mieux ! d'après votre refus, je ne vous espérais pas, mais vous êtes les bienvenus.J'aide bons renscignements.Le mucambo est au complet.Quelques-uns des fugitifs sont venus avant-hier en ville ; comme ils ont emporté beaucoup de tafis, nous les trouverons tous.En attendant, messieurs leurs canots peuvent rôder dans le fleuve.La nuit, et sur l\u2019eau, les voix s'entendent de loin.Suivez ma montarie, et parlez le moins possible.Pour ma part d\u2019éternité, Je ne voudrais pas manquer les nègres.\u201d Le silence recommença.Un entra enfin dans la rivière sur les bords de laquelle était situé le mucambo.Les Indiens, épars sur les canots, descendiwent à terra pour tourner à pied, par le bois, le repaire des fugitifs.Paul et Montfort distinguèrent les tatonages des Mundurucus, et crurent mé- me reconnaître le vieil Antonio.Mais l\u2019ombre des arbres couvrait le fleuve, et à peine débarqués, les Indiens disparurent dans la forét.Les barques poursuivirent leur course, Seulement le major donna l\u2019ordre à ses hommes d'observer un silence profond et de pagayer lentement pour troubler le moins possible le silence des flots Le commandant anglais fit les mêmes recommandations à ses hommes, et les sept canots, se suivant à se toucher et rasant la rive pour ne pas être en vue sous les rayons de la lune, continuèrent à remonter la rivière.Après deux ou trois heures d\u2019une marche assez lente, on entendit au lointain un cri ressemblant, à s\u2019y méprendre, à celui d\u2019une rigrette qui s'envole.Le Brésilien monta sur le toit de son canot, et se penchant vers la baleinière anglaise qui le suivait presque bord à bord, il dit à voix basse : \u201c Les Indiens sont postés.C\u2019est le cri de leur chef.Le mucambo est & cing minutes à peine.Les nègres ne se défendront probablement pas; cependant préparez vos armes, Vous savez qu'on les tue le moins possible.Un esclave vaut un conto.\u201d Bientôt la barque du major heurta la rive.Îl sauta à terre ainsi que ses hommes.C'est là, \u2018\u2019 dit-il à voix basse.Mais à ce moment, hasard ou connivence, un coup de feu retentit sur l'un des bateaux où se trouvaient les soldats.« Canalha ! s'écria le Brésilien, et se tournant vers la suite : \u2014\u2014À terre, À terre, messieurs, tout le mu- cambo est debout maintenant, \u201d La plage cependant semblait dormir.On n\u2019entendait que le bruit des soldats qui débarquaient à travers de hautes herbes, sur un sol boueux et détrempé.Les Européens les imitèrent.Le commandant donna l'ordre à deux matelots de rester sur la baleinière, et faisant signe aux autres de le suivre, il rejoi- gut le major avec eux et les Français.Trois des canots de suite conti uèrent à remonter le fleuve pour débarquer plus haut les soldats qui les montaient.Une partie des Brésiliens s\u2019échelonna en silence sur la rive, tandis que l'autre se groupait derrière le major.Lai à ce moment, on entendit une clameur d'effroi qui partait des profondeurs de la forêt, puis des cris de toute nature, et deux ou trois coups de feu.: \u201c Ils se sauvent et ont trouvé les Indiens, cria le major.Sus! sus!\u201d Se tournant vers les Anglais : \u201c Suivez-moi, leur dit-il rapidement, et surtout ne tirez pas.\u2014En avez-vous envie?dit le commandant à Montfort.\u2014Certes, non, reprit le jeune homme.J'aime trop ma liberté pour troubler celle d\u2019autrui.Je n'ai que de la pitié pour les malheureux que nous chassons.Ils firent ainsi une centaine \u2018lo pas sous bois, à travers un sol détrempé, couvert «le branches et de troncs d'arbres pounis.Montfort , encore faible de ses blessures, suivait difficilement à l\u2019aide d'une canne que le consul lui avait prêtée.Il allait cependant.Tout à coup un large espace de terre sans forêt se découvrit aux regards.À la clarté de la lune, on distingunit des troncs d'arbres encore debout, brûlés à tri; pieds de terre environ, puis des mais, des un nas, des maniocs, et dans le milieu, =ur une sorte de monticule, dix ou douze toits «e feuilles: les restes d'un feu mal éteint jetuient dans le champ une lueur rougeâtre et indécise.Les cris s'étaient rapprochés, et bientôt on vit déboucher sur la clairière quatre formes noires qui hurlaient en courant.Elles parurent Lésiter un instant dans leur fuite ; mais presque aussitôt, reprenant leur course précipitée, elles s'enfoncèrent dans la forêt, du côté où se trouvaient les Européens, mais à l'autre extr*mité du champ découvert.Les cris augmentaient, et de nouveaux nègres, parmi lesquels on distinguait des enfants et des femmes, arrivaient, suivant les premiers, à pas inégaux.Les Européens restaient à leur poste, ensevelis dans l'ombre de la forêt, sur le bord de la prairie.Le major, sur toutes closes, leur avait recommandé le silence et l'immobilité, De nouveaux cris, plus violents encore que les premiers, retentirent du côté par le quel avaient disparu les fugitifs ; la clairière qui pendant un instant était restée déserte, se remplit de nouveau.Les esclaves arrivaient en droite ligne aux Anglais et à Montfort.À dix pas d\u2019eux environ, un grand nègre aux formes athlétiques, qui courait comme s\u2019il avait eu des ailes, aperçut ces nouveaux ennemis, Il changea encore une fois de route, et repartit dans la direction des cabanes.Tous ceux qui le sui- vaint firent volte-fuce comme lui.Mais alors du fond de la clairière partirent des cris sauvages et gutturaux qu'il était facile de reconnaitre.C\u2019étaient los Indiens qui avançaient.Aussitôt le major, donnant l'exemple à ses soldats, se précipita à la poursuite des fuyards, en criant aux Européens ; \u201c En avant, en avant! il y a cinquante mille reis à gagner par nègre pris.\u2014Que personne ne bouge !\u201d dit le commandant anglais à ses hommes.Et se tournant vers ses amis: « Nous regardons, n'est-ce pas, messiours ?Nous ne sommes pas des négriers.\u2014Pardieu ! dit Montfort, et au besoin, moi j'aide à fuir.\u201d Cependant les soldats échelonués le long de la rivière, en entendant le cri de leur chef, avaient traversé la forêt et arrivaient de tous côtés sur la campine, resserrant le cercle fatal dans lequel les malheureux fugitifs étaient enveloppés.Le silence alors se fit parmi les esclaves, et, hormus quelques cris d'enfants, on eût dit que ious ces pauvres effrayés avaient été subitement frappés de mutisme.Réunis en groupe au milieu du champ en avant de leurs cabanes, ils n'essayaient même plus de fuir.En une minute les Indiens et les soldats furent sur eux.Un entendit alors des imprécations et des coups qui tombaient de tous côtés sur les nègres impassibles.Mais le silence se rétablit peu à peu; les vainqueurs garottaient leurs prissonniers.4 Puieque nous sommes venus, dit le commandant, voulez-vous voir de plus près?\u2014Allons ! \u201d dit M.Merry.Et les Européens arrivèrent près des nègres qu\u2019on achevait de lier.Ily en avait trente environ, plus des femmes et trois ou quatre enfants.Chaque esclave avait autour e lui cinq ou six soldats qui lui attachaient les mains.Le major, cependant, avait allumé une torche de résine au feu qui brûlait dans lu clairière, et, prenant tour à tour chaque nègre par sa tête laineuse, il lui portait la torche au visage à lui brûler la face, et le regardait d'un œil attentif et scrutateur.4 Voila le major qui fait son inspection, dit M.Merry.Mais silence ! c\u2019est une horrible histoire qu\u2019il n'est pas prudent de conter tout haut.\u201d Tout à coup on vit le Brésilien promener vivement sa torche le long du corps de l\u2019un des captifs, puis la ramener précipitamment à son visage, tout en regardant sa victime d'un œil inquisiteur, et qui, peu à peu, semblait se dilater de colère.Entin, le blanc pousss comme un rugissement de bête fauve, et plaçant la torche sous le menton du nègre pour lui faire lever la tête : \u201c Tu es le frère de José, lui dit-il.Où est ton frère ?\u201d L'esclave poussa un cri de douleur et fit deux en arrière ; mais d'une main le Brésilien saisit ses cheveux crépus et replaça de nouveau sa torche à toucher son visage.On voyait rougir et brûler la peau de la victime.\u201c* O bourreau ! cris le commandant, qui était placé contre le Brésilien à le toucher, c\u2019est trop fort!\u201d Et saisissant la torche aux mains du_major, il la jeta à dix pas de là.Qui touche à ma vengeance ?hurla le blanc en portugais.\u2014Parbleu ! Je crois que vous me voyez bien ! dit l'Anglais en sa langue.\u2014Je n\u2019entends pas ta langue damnée, sans quoi je te corrigerais comme tule mérites.\u201d Puis se tournant vers un de ses soldats : # l'apuyo, lui dit-il, va chercher la torche.Je vais recommencer ; et s'il recommence, malheur à eux ! \u2014Que dit-il ?murmure l\u2019Anglais.\u2014 II dit, reprit M.Merry, que s1 vous ne vous calmez pas, cela va se gâter.Laissons ces sauvages entre eux ; esclaves et maitres, ils se valent; et regagnons la buleinière.Nous sommes quinze, ils sont trois cents.\u2014Non, par Dieu! jamais il ne sera dit qu'un homme en aura torturé un autre sous mes yeux sans que j'aie fait ce que je devais pour l'empêcher.N'est-ce pas votre avis, messieurs ?dit-il en se tournant vers les autre Européens, \u2014Certainement, reprirent Paul et Mont- fort d\u2019une seule voix.\u2014Laissez-moi lui parler alors, \u201d dit M.Meny, et il s\u2019avança vers le Brésilien.Mais, sans s'occuper de lui, ce dernier avait repris la torche des mains des soldats et l'approchait déjà du supplicié, lorsque Montfort, qui pendant ce colloque s'était = LA MINERVE HEBDOMADAIRE.rapproché du nègre, donna un coup sur la torche, qui de nouveau tomba par terre.6\u2018 Ahl cette fois, tu payeras pour tous, toi, \u201d dit le major et, saisissant un poignard à longue lame aigue qui pendait à sa ceinture, il essaya de le lever ; mais il n\u2019en eut pas le temps; la canne du jeune homme tomba sur son poignet, comme une balle, et le poignard s'échappa de la main meurtrie.blessé porta son corps en arrière pour se ruer sur son ennemi, mais aussitôt la canne rapide lui arriva en plein visage; il rugit de douleur et porta sa main valide à sa figure.\u2018Toute cette scène s\u2019était passée si soudaine, que les autres Européens ni les officiers brésiliens sous les ordres du major, n'avaient eu le temps d'intervenir.Une minute presque entière s\u2019écoula ninsi silencieuse de part et d'autre.Le major tenant son visage qui saignait.Les soldats avançaient pas à pas, regardant tout d\u2019un air indifférent; les Indiens et les nègres étaient impassibles.\u201c* Le Français connait la canne, murmura à demi-voix l'un des matelots anglais.\u2014Silence ! dit le commandant.Rangez- vous derrière moi et soyez parés.Cependant le Brésilien, revenu de sa première douleur, roulait sur toute la clairière ses yeux égarés de fureur.Enfin il aperçut l\u2019un de ses officiers qui le regardait en montrant les Européens, \u201c Faites entourer les étrangers, cria-t-il: qu\u2019on les attache comme les nègres.Et il se prit à rire par saccades en disant à M.Merry : \u201c\u2018 Vous savez bien cependant que le major se venge.\u2014Que dit-il ?reprit le commandant.\u2014 IL donne l\u2019ordre de nous garrotter comme les nègres, \u201d L'Anglais se tourna vers ses matelots : \u201c* Soyez prêts, dit-il.Le premier soldat qui vous touchera ou l\u2019un de nous, jetez-le terre.\u201d Le major, cependant, répêta son ordre.Peu à peu, sur les instances des officiers, les soldats se formèrent en rangs.Le commandant arma froidement un de ses pistolets: et le dirigeant sur le major: \u201c\u2018 Monsieur Merry, dites-lui que si les soldats touchent à l\u2019un de nous, je le tue comme un chien.\u201d M.Merry répéta les paroles.« C'est bon, c\u2019est bon, dit le major, nous allons voir, Mais, tout en parlant, il fut se ranger au milieu de ses hommes, hors de vue du pistolet.Les soldats avaient peu à peu formé leurs rangs, et leur officiers, prenant courage en leur nombre, les engageaient à entourer les Européens.Une lutte semblait imminente, et comme les Brésiliens se sentaient trois cents contre quinze avec des fusils et surtout une forêt pour les protéger au besoin, leur audace croissait d'instant en instant, et on les entendait s\u2019exciter l'un l'autre.\u201cIl faut en finir, dit I\u2019 Anglais, le plus tôt sera le meilleur, Marchons au canot, \u201d Et se tournant vers ses hommes, 1l leur commanda d'ouvrir la route à travers les sol- ats, Les matelots s'ebranlèrent, les piques en en avant, tandis que le commandant et les Européens suivaient, le pistolet au oing.Les rangs des soldats s\u2019ouvrirent.Mais, par derrière, un coup de feu, parti des rangs brésiliens, atteignit l'un des matelots à l'épaule, \u201cA la forêt, et vite!\u201d cria le commandant.En une minute les Européens eurent ga gné le bord du bois.Là, ils s\u2019arrêtèrent.Ce n'était point par cette partie du bois qu\u2019ils avaient pénétré par la clairière, et ils ne se r600i ent plus.Cependant le danger croissait d'instant en instant.Les Brésiliens nvaient déjà tiré quatre ou cing covps de feu sans atteindre personne.Mais s'ils s\u2019engageaient dans le bois À la ppursuite des Européens, les ténèbres dou- leraient leur audace, Or le commandant, ne sachant quelle route prendre, hésitait à détacher un homme ou deux en éclaireurs, Quelques secondes se passérent, silencieuses, menagantes de part et d'autre ; l\u2019aube d\u2019une lutte sans merci.Tout à coup un cri bien connu de Paul et de Montfort retentit au milieu de la campi- ne ; c'était celui du vieux chef, d\u2019Antonio ; et en quelques bonds une cinquantaine d'Indiens arrivèrent près des Européens.Le commandant, croyant avoir affaire à de nouveaux ennemis, avait déjà donné l'ordre à ses hommes de serrer leurs rangs et de recevoir les agresseurs sur les piques.Mais Montfort lui cria : \u2018 Laissez, laissez, commandant; ce sont des amis.J'en suis sûr,\u2019 Et, sortant de la clniridre, il alla au-devant des Indiens.\u201c Pourquoi le blane défend.il cet Urubu ?Pourquoi n'a-t-il pas appelé Antonio?Antonio est un chef ici comme sur la grande ile.\u2014Je ne t'ai pas vu, mon vieil ami, dit Montfort, \u2014C'est bien, ta nation et toi vous êtes amis des Mundurucus.Antonio te donnera \u2018esclave.Attends, le chef parlera.\u2018\u2019 Il rentra sur la clairière afin d\u2019être mieux enter.le mouvement des Indiens avait effrayé les roldats, qui, pour la plupart métis ou muliitres, tremblaient devant leurs belliqueux alliés les Mundurucus.Ils étaient retournés autour des nègres, laissant faire les Indiens, ne sachant pas s'ils marchaient pour ou contre les Européens, et de toute manière, sentant qu'il n\u2019y avait à gagner que d:s blessures au milieu de cette lutte.Ma's leurs officiers avaient compris le mouvement des Mundurucus, sans en savoir la cause, et leur ardeur à poursuivre les bl@nes tombuit pou À peu.Seul, le major avait gardé sa colère, et on l\u2019entendeit exciter vivement ses timides soldats.La voix d'Antunio s\u2019éleva, dominant le tumulte : \u201c Les blancs sont amis des Mundurucus.Pour un blanc tué, Antonio tuera trois soldats.Le major hurla un juron portugais, et se jeta à la rencontre du chef, qui, après avoir dit ces paroles, se dirigeait vers les nègres toujours prisonniers.Îl accabla l'Indien de menaces et d'invectives.Antonio resta calme comme une statue; sans répondre, il s'avança vers le nègre brûlé par le major, et, mettant un doigt sur l\u2019épaule du captif : \u201c Antonio et ses hommes ont pris cet esclave; Antonio I'emméne.\u201d Et poussant le nègre par les épaules, il le fit marcher devant lui du côté des Européens.Mais le major, ivre de colère, se rua sur l\u2019esclave, et, l® snisissaut aux cheveux, le jeta à terre en disant : ¢ Je suis chef ici.Je prends ce nègre; et si tu désobéis encore, je te ferai esclave toi et les tiens.\u2014Antonio n\u2019est pas noir\u2014il rit de ta co- lère\u2014il veut I'Urubu pour le donner aux blancs.Lo nègre est à lui.\u2014Tu le veux, Eh bien, prends le; \u201d et, se baissant sur l'esclave; il lui déchargea son pistolet à bout portant.Le nègre se renversa.La balle lui avait travorsé la poitrine.Aux convulsions perdues de son corps on pouvait juger la mort imminente.L'Indien se taissa, le regarda une seconde, puis relevant la tête.major est un voleur, dit-il froidement.\u2014Ah! je suis un voleur, sauvage, chien 203 sans baptéme.Oui, quand tous les Mundu- rucus seraient ici, toi aussi tu mourras.Et se jetant sur le fusil de l'un des soldats ui l\u2019entouraient, il se recula d'un pas alin ajuster le chef; mais la hache d\u2019Antonio vint tomber, par le dos, sur le canon du fusil qui s\u2019inolina à ce point que la baionnette toucha le sol.Puis, l'arme, sillonnant l'air, s'enfonça dans la tête du major, d'un coup de bicheron.Le Brésilien leva vers son front deux mains mortes déjà, puis sans un cri il s\u2019affaissa sous lui, maintenu seulement par l\u2019Indien qui n\u2019avait pas lâché, sa hache.Antonio ne retira son arme que lorsque le corps de son ennemi fut tout à fait gisunt sur lo sol.Alors, sans s'occuper plus des nègres ni des soklats, il retourna vers les blancs ui l\u2019attendaient toujours sur la lisière de In orêt Les Indiens restèrent confondus avec les Brésiliens autour des prisonniers.\u201c Antonio conduira les blancs au canot, dit le chef.L'esclave est mort.Les Européens, cepenclant, n'avaient ns- sisté qu'imparfaitement à cette scène.Ils avaient bien entendu la fureur du major, et à la clarté de la lune ils avaiont démêlé vz- uement sa lutte avec le Mundurucu.Mais il n'y avait pas temps pour des questions.Montfort dit aux Anglais de suivre leur nouveau guide, et quelques minutes après tous arrivèrent sur les bords du fleuve, à quelques pas de l\u2019endroit où se trouvait ln baleinière.\u2018 Voilà un sauvage qui nous tirés d'un bourbier fatal.J'aimerais mieux être aux griffes d\u2019un tigre qu\u2019aux mains du major, \u201d dit Merry en montant dans le canot.Au mot de major, le chef releva la tête avec orgueil en disant : \u201cIl estmort! La hacho d'Antonio est forte.Avant la lune prochaine, bien des cadavres portugais dormiront sur la terre.Le major est le premier.Son sang a rajouni le fer d\u2019 Antonio, Et levant en l'air sa hache encore sanglante, il entra sous la forêt, suns écouter les remerciments de Montfort et des Européens.«\u2018 Embarquons, embarquons, messieurs ! dit le commandant.Je crois que M.Merry à raison.Nous ne sommes pas ici à Lord du Law, et, sans avoir peur, il est inutile de s'exporer aux balles do ces mécréants.\u2014Oh! si le major est tué, il n'y a plus de danger, \u201d roprit le Marscillais, Cependant, la baleinière fut mise à flot ; et tous les matelots, comprenant la nécessité d'un prompt départ, eurent bientôt gagné le large du fleuve et_repris le chemin u Para.Enfin, Bélem apparut.Les matelots avaient nagé comme des tigres.A quatre heures du matin, les voyageurs frappuient à la maison consulaire, et trouvaient encore les dumes qui se berçaient au hamac, à In brésilienne, en \u2018parlant de modes, do romans, d\u2019amour, de tout et de rien, XXV1 LE BAL BRÉSILIEN, Le soir vint l'heure du bal promis à lu senhora Alfandega.Rien n'est facile aux aresseux comme de promettre d'aller au 1; quand le moment arrive, rien n'est plus dur pour eux.Le soir venu, Montfort et Paul conjuraient donc les deux dumes d'oublier le bal.Mais Clémence avait promis, Henriette avait à montrer ses parures françaises! 1! fallut partir.Certes, le bal fut de tout temps, pour quiconque ne l'aime pas, l\u2019antipode du plaisir; mais un bal là-haut ?Dieu vous en garde.Soyez juge.Conduits par leur cicerone ordinaire, M.Merry, Anglais et Français arrivèrent devant le rez-de-chaussée d\u2019une maison de belle ap- parence.Il était neuf heures.La casa lu- 254 mineuse résonnait à grande musique.A la porte et aux fenêtres ouvertes donnant sur rue, deux cents tapuyas, nègres, inulâ- tres de tout sexe et de tout âge, plongeaint leurs regards dans la salle.lls entrèrent.Trente esclaves de la maison obstruaient la porte de la salle.Lasen- teur était si forte, qu'en dépit de leurs intentions polies, les Européens étouffèrent un premier regret dans leurs mouchoirs.Un aveugle eûtreconnu des nègres.Ardents à regarder et à entendre, les esclaves se dérangèrent à peine.Les officiers anglais pas.sérent les premiers pour faire une trouée comme des municipaux dans une foule, un soir de feu d'artifice.Ils pénétrèrent.La contredanse était dans toute sa splendeur.Les musiciens façonnaient des bruits à rendre jaloux l\u2019orchestre d'un cirque, Flûte, violon, hautbois, cor sans harmonie, etc, rien ne manquait.Deux quidamse, vêtus à la dernière mode de France, crinient les figures avec des éclats de voix et des battements de mains qui dominaient le bruit des orchestrants.C'étaient les deux lions de la salle ; deux juifs portugais, récemment débarqués de Lisbonne, imposant la danse à leur façon, réglant l'ordre et la marche du plaisir général : comme dans un cotillon d'Europe, l\u2019élégant de l\u2019année, le jeune homme ciré, verni et lionceau, guide les ignorants du haut de ses prétentions dansantes.Personne ne se parlait : hommes et femmes, tous avaient cet air géné d\u2019un récent collégien qui craint de fatiguer ses premiers vêtements bourgeois.Aux portes, duns les embrasures, les maris jetaient sur leurs moitiés dansantes des regards fixes et juloux ; les danseuses regarduient les pointes de leurs pleds; les danseurs regardaient leurs bottes ou le plafond.Ces messiours étaient vêtus mieux qu\u2019à Paris; faux-cols en carreau, cravates car- tonnantes, gilets à transparents rouges, chemises brodées et surbrodées, dinmants, chaines, breloques, bottes vernies À tiges rouges, habits et pantalons noirs, mais peu de gants ; les dumez, en robes de velours ou de soie, dentelles, volants et toujours din- mants, chaines, bracelets, bagues, à ne voir que de l\u2019or.En général, les femmes étaient jolies.La chaleur variait entre trente-cing et quarante degrés ; comme rafraichissements, de la bière, du porto et de l'acachns, c\u2019est-à-dire du mauvais rhum, cireulnient, portés par des messieurs complaisants.Cependant le maître de la maison, le seigneur Alfandega, vint au-devant de ses conviés, et les promena dans la salle comme un entrepreneur de baraques de fêtes promènes sous ses toiles le phénomène vivant qu\u2019il va montrer en exercice.Bon gré, mal gré, les étrangers furent contraints de prendre des billets de danse ; c\u2019est une invention particulière de la province, espèce de bouclier du hasard à l\u2019usa ge des jaloux contre les galants.Sur de petits papiers pliés en billets doux sont inscrits les nums des danseuses: un monsieur quelconque promène les «its billets au fond d\u2019un chapeuu, et en fait prendre à chaque danseur ; aussitôt il faut, de par le nom, trouver sa danseuse duns le bal, Jusqu'à ce que contredanse s'ensuive.Cependant le commandant et Montfort réussirent à s'excuser et restèrent auprès de Mme Cerny, qui s'obstina à ne pas danser, Les officiers anglais ne manquaient ni une contredanse ni une figure.Déjà ils avaient épuisé trois contredanses entières, lorsque, contre toute règle, un escluve annonça d\u2019une voix vibrante : Jeurs scigneurles la baronne de Phryné- Milliner et Ie major Abutre.La marchande avait une toilette à faire ressusciter de dépit les incroyables de tous les temps.Elie portait cheveux sur cheveux LA MINERVE HEBDOMADAIRE, avec un océan de perles très-fausses, une chaine sans fin, des bagues par-dessus les gants à tous les doigts; un faux crêpe de Chine jaune sur une robe ponceau plus éclatante qu\u2019un coucher desoleil.Sa figure était ornée comme pour la rampe d'un théâtre.Le major la suivait, ainsi que suivent ces maris aides de camp de leurs femmes: radieux, souriant à tout venant : érigé en point perpétuel d'admiration matrimoniale.L'entrée fut triomphale.L\u2019orchestre fit silence.Le bal fut interrompu, et la foule se précipita vers l\u2019astre du jour, la belle Parisienne.La dame accueillit tous ces hommages comme une reine ceux de son peuple, daigna venir s'asseoir près de Clémence et même causer quelques instants avec elle : \u201c Vous ne m'avez pas reconnue, chère dame, dit-elle en grasseyant.C\u2019est que j'ai repris le titre d'une de mes aïeules; je ne portait à bord que le nom de mon dernier mari.\" Prenant le bras de M.Merry, qui était à eôté d'elle, Clémence le pria de lui faire voir le bal tout entier, tandis que sa fille dansait avec Paul, qui avait fini par se passer de billet.Montfort et le commandant anglais suivirent Clémence.En revenant dans la salle, ils aperçurent le chef de police qui avait quitté le jeu et se romenait, allant et venant avec affection evant Mme Cerny et sa fille.I] donnait le bras à un demi-muldtre.Tous deux regardaient les deux Françaises avec une telle fixité, que Montfort et le commandant s\u2019en aperçurent.\u201cCe drôle est par trop insolent! dit Montfort, qui était assis sur un fauteuil en canne, à quelques pas-des dames.\u2014Oui, reprit l'Anglais ; mais que voulez- vous?Ils sont chez eux.Et puis, laissez donc cet homme, il est venimeux.On s\u2019empoisonne à toucher certains reptiles.\u2014C'est vrai.Cependant s'il repasse et regarde encore Mme Cerny avec ses airs insolents, je le corrige.\u2014Que ferez-vous?Voulez-vous le frapper?Une scène ne mènerait à rien ; et si des coups de poing :sont dans nos mœurs de Londres, ils ne sont pas dans les vôtres.\u2014Non! Mais avez-vous quelques fois vu des enfants pendre un chat par-la peau du dos et le jeter en l'air pour voir s'il retombera sur les pattes ?Eh bien! vrai Dieu! la fenêtre est proche ; il ne pèse pas cent livres; je verrai st ce docteur est un chat.\u2018\u2019 Et les yeux brillants du jeune homme, sa bouche contractée, sa figure pâlissante annonçaient sa colère contenue.L\u2019Anglais dit flegmatiquement : \u2018 Comme cela, c'est autre chose: et puis, si vous le voulez, mon ami, faites.Je vous aiderai au besoin ; mais prevenez-le d'abord.\u201d Le docteur repassa encere, et cette fois il s'arrêta devant les deux femmes et jeta sur elles des regurds plus insolents que jamais.Il semblait désigner Clémence à son interlocuteur, qui riait en l\u2019examinant.Montfort se leva et lentement s'approcha du chef de police, Le commandant Le suivit.Sans saluer, le jeune homme appuys sa main gantée sur le bras du docteur.« Senhor, lui ditil à voix basse, dans mon pays, je vous aurais déjà mis mon gant à la figure pour la façon dont vous regardez ces dames ; ici, je vous préviens que si vous con tinuez je vous jetterai par la fenêtre.\u2014Senhor .reprit le docteur en cherchant une réponse qu'il ne trouvait pas., je.Mais, au même moment, Clémence arriva.Elle avait deviné, et, prenant le bras de Montfort : « Je suis fatiguée d\u2019êtro as-iso, Henri,lui dit-elle, promenes-moi.\u2014Permettes, madame, je suis à vous; j'attends une réponse de monsieur.\u2014Et moi j'ai besoin de votre bras tout de suite; je vous emmène.*\u2019 Elle saisit le bras de Montfort et se placa entre lui et le docteur en disant : Est-ce vous, commandant, qui me le fnites si peu gracieux ?On nous croirait mariés depuis des années.\u201d Le commandant s\u2019excuss.Montfort ne répondit pas.Le docteur profita de ce colloque pour se perdre au milieu des danseurs.\u2014Vous ne vous corrigerez donc jamais, Henri?dit Mme Cerny.\u2014Non, reprit le jeune homme.Jamais, Quand un homme, quel qu'il soit regarde insolemment une f-mme que j'aime, je corrige cet homme \u2014Alors, je vous emmène, dit-elle; \u201d et, appelant sn fille qui se reposait assise auprès de Paul, elle quitta le bal.Quant au docteur, il rentra dans In salle de jeu, toujours suivi du chasseur d\u2019osclaves.En se remettant, & jouer, il se pencha a l'oreille de son acolyte en disant : « Je compte sur vous.Cette dernière insolence me décide.Deux contos de reis pour les deux blanches.\u2014C\u2019est entendu, reprit le négrier.Je commence dès demnin.Le brick anglais sera parti.\u201d\u201d surlendemain, en effet, à la quatrième page du journal O Diario do gram Para, parmi les annonces et sous la rubrique : Esclaves fugitifs : on lisait : Deux esclaves blanches, filles d'un maitre blanc, Domingo, et d'une muidtresse également blanche, Maximuiana, esclaves du couvent de Sar- Antonio, ont disparu de la fizenda de Cupim.\u2014Désignati- on : l\u2019une est blanche, avec des cheveux noirs; l\u2019autre, blanche aussi, mais les cheveux blonds : mêre et fille : se disant Européennes.Cent mille reis de récompense à qui les rameners aux mol- ues de Suan-Antonio, leurs légitimes propriétaires.( A Continuer.) COMMERCE.MARCHÉS MON ÉTAIRES, Greenhacks achetés 74 à 74j Vendus à 7} Pour «rent achetés 76 À 78} Change sur New-York, vendu à 75} Traites d'or, fa } d'escpte Billets de la Banque du Haut Cauadla acheté à 60 Argent acheté à 4} vendu 4 à 44 Change sterling, à 8 Or ouvert à 189$ formé à 182} L MARCHAND à FILS, Courtiers, coin des rues St, Jacques et SL, François-Xavier.BOB mem MARCHE BONSECOURS.Corrigé expressément pour la \u201c Minerve \u201d par le ¥ P Clerc du Marché.pa Montréal, 15 Avril.\u2014 : D FARINE\u2014De Blé P quin.\u2026\u2026.\u2026.12 60 d\u2019Avoine mts.Blé-«l'Inde Sarrasin GRAINS\u2014BIé ¥ minot.Pols .\u2014 SOSC\u2014-CSSONUSOXOX ASE \u2014 Cd os Mil .e Hlé-d'Inde \u2014 - Léaumks\u2014Fatates, poche.- Fèves minot.Olgnons ¥ tresse.sufs fruls ¥ doz.Beurre frais # Ib.Beurre salé Diværs\u2014Suere d\u2019érable | Miel Balndoux ve Lard frais # 100 ib.Bouf .\u2026.Lièvres # couple.VOLAILLES\u2014Dindes P coup! Dindes jeunes.Ules \u2014_\u2014 Canards Poules Poulets Grarens\u2014Canurds sauvages Pleuviers ## couple.Bécassines_ \u2014\u2014.{i0as de bruyêres igeons Perdrix .Tourtes # dus.NESHOELASNSCSOoH \u2014 \u2014 LAITERI Le conssecosanoeatE-REScc-neconmamenunencEonne ESXESOSOOSOOEMOROPAHNSCOUCASAOROSSOE StSOS6SCOSSSSSSSOHLEDESSSSHOSHSOSESS comcccnnnaans EE SaccOoensecooscæxoccuavaxe MARCHÉ AUX BESTIAUX Montréal, 15 Avril, Bœuf, lère qualité.+» $2.00 A 10.00 « Ze et de qua! 7.00 à 9.00 Vaches à lait.\u201c oxtra.Veaux, lére qualité.\u201c Ze qualité.# Bequalité.Moutons, lère qualité.neaux, lôre qualité 4008 6.00 neau re qu avc0s X Asp 2e qualité.cess sarcuseuss 3.008 4.00 Cochons, lére qualité.9.00 4 12.00 \u201c 2 qualitd.7.004 9.00 Foin, 1ère qualité 15.00 à $16.00 iS aud Ri Paille, 1ère quali pb, \u2018 2m q 7.00 à 9.00 \u2014 NAISSANCE.A Montréal, vendredi, le 3 avril, Madame A.J.Boucher, un fils.En cette ville, le 8 du courant, la Dame de M.Césalire Morache, Carossier, une flile, .MARIAGE.\u2014A Ottawa, le 8 du courant, par le Révd.Père Paliier, O.M.1, P.J.U, Beaudry, £er, Protono- taire de Beuuhurnois, à Madame Veuve Félixine Jasgrain.A \u2014\u2014_\u2014_\u2014\u2014_\u2014 DECES.En cette ville, le 5 du courant, 4 I'Age de 4 ans et 6 mois, Marle- Anne-Alexandrine.enfant de Mr.U.KE.Archambault, Principal de l\u2019Académie Commerciale Catholique de Montréal.En cette ville, le 5 du courant, Dame Jane Amélie Perry, épouse de P.8.Murphy, Ecr.\u2014Aux Trois-Rivières, le 30 mars dernier, Ma Woolrych, épouse de feu l\u2019Hon.Juge Mondelet, âgée de 69 ans.\u2014A Rigaud, le 2 avril courant, à l\u2019âge de 72 ans, Amable Leduc, Ecr., ancien Capitaine de Milice, après une longue et douloureuse maladie soufferte avec la résignation du parfuit chrétien.NOUVELLE MAISON MARCHANDISES SÈCHES.M.BERTRAND & Cie 129 \u2014- Rue Notre - Dame - 120 VIS-A-VIS LA RUE CLAUDE, EN FACE DU MARCHE BONSECOURS, Mre E.M.DUPUIS, de Ia maison DuPUIs & LABELLE, à l'honneur d'informer ses amis, ses conualssances et le public en général qu'il a dissous sa soriété avec M.Labelle etyen à contracté une nouvelle avec M.BERTRANS, sous la raison socialede BERTRAND &CIE, Rue Notre=Dame, No.129, en face de la Rue JClaude, vis-a-vis le Murché Bonsecours, 0d {ls tf ndron 1un assortiment de MARCHANDISESNOUVELLES ET DES MIEUX CHUISIES, qu vendront & des prix tres modérés.11 espère que l'encouragement dont il a toujours êté houoré jusqu'à présent ne lui feru pas défaut pour l\u2019avenir, et il sollicite dans sa nouvelle posi- lon le patronage de ses amis et connaissances ainsi que du publio en général pour la nouvelle maison dont il fait partie.5avril.114+\u2014dm ACk Acte concernant la Falllite 1864 Dans l'affaire de EUSÈBE PROULX de Ste Geneviève, District de Montréal, FAILLI, Avis est par le présent donné que le failli ausdit à déposé à mon Bureau un acte de composition et décharge, exécuté par ses créanciers, tel que requis par la loi, et à moins qu'opposition ne soit faite au it acte de composition et décharge, dans les six jours juridiques après la dernière Insertion de cet avis, les six Jours expirant Mardi, le onsième jour de Mai prochain, j'agirai d'après les clauses et conditions du dit acte.T.SAUVAGEAU, Syndic Offloiel, Na 18 Rue St.Sacrement Moutréal, 14 avril 1809\u2014ds C LA MINERVE HEBDOMADAIRE.AVIS SPECIAL.SIROP COMPOSE ps JAMES I.FELLOWS 8ST.JEAN, No=B, Pour la débilité nervouse et générale, provenant d\u2019une vie sédentaire, d'une o:cupation contraire à la santé ou d\u2019un climat tropical ou autre cause.Pour la consomption pulmonaire, les brunchites, l'épuisement d\u2019Intestins our la dyspesie ou l\u2019indigestion.Pour le rachitisme, la faiblesse des articulations et des muscies, la perte d\u2019appétit, la faiblesse de l\u2019esprit, l\u2019im pureté du sang.Le magnifique sirop composé de Fellows est mis en boutetlles d\u2019 ine peinte avec son nom dessus placé et vendu à $L.50 par bouteille ou 8 bou.tellles pour $7.50.Préparé seulement par Follows, Chimiste de St, Jean, N.-B., qui est le seul propriétaire et manu- factureur.M.FELLOWS: MONSIEUR, \u2014 Je désire vous faire part du bien que m\u2019a causé I' e d\u2019une bouteille de votre s1- rop Composé.J'ai souffert depuis plusieurs années des Bronchites Chroniques et me suis servi de tous les remèdes dont j'ai entendu parler et obtenu les melileurs consells médicaux, et je n\u2019ai pu en avoir qu\u2019un soulagement temporaire.Une bouteille de votre Sirop m'a reconforté beaucoup et ja suis heureux de dire queJe n'ai paseu un seutsymp- tôme de maladie depuis que Je men suis servL Bien respectueusement, Votre tout dévoué, ELIZA DEAN.St.Jean, N, B., 2 Novembre 1847, .Vendu par tous les Apothicaires, Prix, $1.50 1a +outeille ou 8 pour $7.00.JAMES 1, FELLOWS, Ghimiste, eau, N.-B FRANCIS OUNDILL & Crm, Agents en Gros, W\u2014ako Ede 31, Rue Lemoine, Montreel Des SOUMISSIONS en duplicata, (marquées sur Penveloppe * Tenders for the Purchare of Accoutrements \u201d ) Soumissions pour l\u2019Achât d\u2019Accoutrements seront reçues par l'Officier Senior du Commissariat à Montréal Jusqu'à Midi, VEN.DRED], le 3 courant, pour l\u2019achât des accoutrements sous-mentionnés, savoir : CUIR NOIR.CUIR JAUNE.0 VIEUX CEINTURONS.PATRON, err, ee, 3 8 1 18H41 8 2 ; 8 4 : 3 Fâ } 8 \u20ac : ARE fi IS 9 3 ; Bl 2 3 i 3 ê EZ heh 11 LR ii isting EEL 10/812, 151509021 10,38] 84417759) 505| 848 [10] 5620 (75, 800 Ces accoutrements sont vendus parcequ'ils sont d\u2019un ancien patron.On n'en ajamals fait usage et on peut les voir dans les Magasins Militaires, Kingston On peut obtenir d'autres informations aux Bureaux des Magosins Militaires & Kingston ou a Montréal.COMMISSARIAT, CANADA.Montréal 12 Avril 1500, dai\u2014c 16 DOCTEUR H.A.LABADIK No.8, Perite Rux ST.Jacquus, Au second étage, 3 orte de la Rue St Gabrie ntréal.PAL] 0 265 VENTE PAR ENCAN.PAR JOHN J.ARNTON.VENTE IMPORTANTE DE 594 CHEVAUX Par Ordre du Gouvernement Anglais.POUR ETRE VENDUS EN CANADA.Le DÉPARTEMENT du COMMISSARIAT vendra per eucan public aux Stations Militaires suivantes, durant les jours ci-après annoncés, su- voir: A la CARERNE de l\u2019ARTILLERIE, LoNDON, VENDREDI, ie 7 Mai prochain.A la CASERNE de la CAVALERIE, ToRONTO, MARDI, le 11 Mal prochain, A la CASERNE de la PORTE QUEBEC, MoNT- RÉAL, MARDI, le 18 Mal prochain.En tout 594 Chevaux de Cavalerie et d\u2019Artillerie Appartenant aux Troupes qui partent pour l\u2019Angleterre.A London, 70 CHEVAUX D'ARTILLERIE.A Toronto, 338 CHEVAUX de CAVALERIE et 85 D\u2019ARTILLERIK.A Montréal, 80 CHEVAUX de CAVALERIE et 130 D'ARTILLERIE, Tous ces chevaux sont bien dressés et très propres au travail; il y à parmi eux plusieurs JUMENTS IMPURTÉES L\u2019ANGLETERRE et d'une grande valeur pour le haras, Les acheteurs ne devront pas perdre de vue qu\u2019on vendra aussi PUSITIVEMENT un nombre considérable de BONS CHEVAUX pour les pro priétaires de harus et autres.On exigera absolument un dépôt sur chaque cheval de chaque acheteur, On pourra examiner les chevaux deux jours avant la vente aux casernes ci-haut mentionnées, Con litions: Argent comptant, payable en or ou en papier\u2014monnale banquable\u2014avant la livraison des chevaux, Pour les autres détails, adressez-vous aux Bureaux du Commissariat, à Montréal, Toronto et London.La vente commencera chaque Jour à DIX heures COMMISSARIAT, 31, Rue Notre-Dame, | Montréal, 20 mars 1560, 18-C Paz ordre du plus ancien )fficier du Commissa- rlat, JOHN J.ARNTON, Encanteur pour la vente à Montréal.GRAND ASSORTIMENT TAPISSERIE BON MARCHÉ CHEE E A MARTINEAU 206, Rue St.Joseph.Montréal, ler avril 1360, Nl-mckk ME TIGRE TM me oe ne ER ten tte \u2014 256 Acte concernant la Faillite 1864 Dans l\u2019affaire de HENRY PORTER et JUHN HOBART DELES- DERNIERS, Tanneurs et Marchands de Cuir, faisant affaires en la cité de Montréal sous les nom et raison sociale de Porter et Deles- derniers, FAILLIS.Les créanciers du failli sont par le présent notifiés qu\u2019il à fait une cession de ses biens et effets, en vertu de l'acte cl-dessus, & mol, syndic soussigné, et ils sont requis de me fournir, sous deux mois de cette date, des états de leurs réclamations, spécifiant les garanties qu\u2019ils possèdont, #ils en ont, et leur valeur, et s'ils n\u2019en ont pas, mentionnant le fait, le tout attesté sous serment, avec les plèces Justificatives à l'appui de ces réclamations, T.8, BROWN, Syndic Officiel.Montréal, 7 avril 1869\u201416 ds C Province de Qué District de nero } Acte concernant la Faillite 1864 DANS LA COUR SUPKRIEURE.Dans l'affaire de : GEORGE STAN WAY, FAILLI Avis eat par le présent donné que JEUDI, le DIX-BEPTIEME jour de JUIN prochain 4 DIX heures de l\u2019avant-mldi, ou aussitôt que Conseil pourra être entendu, le soussigné demandera à la Cour sa décharge en vertu du dit acte.GEORGE STANWAY, par CARTER & HATTON, son procureur ¢ ad litem.\" Montréal, 10 avril 1889,\u201416 dm C Acte concernant la Faillite 1364 Dans l'affaire de AUGUSTE AMOS, de la cité de Montréal, marchand et EUGENE AMOS de Btrasbour, en France, aussi marchand, et faisant affaires ensemble comme marchand de cuir en la dite cité de Montréal, sous les noms et ral- sons sociales de A & E Amos.FAILLI.Les créanciers du failli sont par le présent noti- flés qu\u2019il à fait une cession de ses biens et effets en vertu de l'Acte ci-dessus & moi, syndic soussigné, et ilu sont rer:uis le me fournir sous deux mois de cette date, dus Ciats de leurs réclamations apéci- flant les garanties qu\u2019ils possèdent, s'ils en ont, et leur valeur, s\u2019il n\u2019en ont pas, mentionnant le fait te tout attesté sous serment, avec les plèces Justificatives à l\u2019appul de Ces réclamations.T.SAUVAGEAU, Syndic Officiel.No.18, rue St, Sacrement.Montréal, 7 Avril 1860.\u201416 C Province de Québec, District de Montréal.} Acte concernant la Faillite 1864 COUR SUPERIEURE.Dans l\u2019affhire de GLOBENSKY FILS & Cik, FAILLIS, Le dix-septième jour de juin prochain, les soussignés demanderont.à la dite Cour Lys décharge en vertu du dit Acte, tant individuellement que comme membres de la sociéte * Globensky, fils & Cle.\u201d BENJAMIN GLOBENSKY, BENJANIN J.A.GLOBENBKY, PRIME LEMOYNE de MARTIGNY, Par N, H.BOURGOIN, Procureur * ad litem, \u201d 16-0 LA MINERVE HEBDOMADAIRE.Acte concernant la Faillite 1864 Dans l\u2019affaire de THÉODORE SAUCIER, ci-devant de la cité de Montréal, et actuellement résidant à Ogdens- burg, dans l\u2019Etat de New-York, Etats-Unis d'Amérique, tant individuellement que com - me ayant fait affuires en société à Montréal avec Léon Larue et François-Xavier Saucler, sous les nom et raison de Saucler, Larue & Cie, comme macchands de provisions et produits, FAILLIL Les créanciers du failli, sont par le présent noti- és qu'il a fait une cession de ses biens et effets en vertu de l'Acte ci-dessus à mol, syndic soussigné, et ils sont requis de me fournir sous deux mois de cette date, des états de leurs réclamations apéoi- flant les garanties qu\u2019ils possèdent, s\u2019il en ont.et leur valeur, s'ils en n'ont pas, mentionnant le fait, le tout attesté sous serment, avec les plèces Justificatives à l\u2019appui de ces réclamations.T.SAUVAGEAU, Syndic OMclel.No.18 ,Rue St, Bacrement.Montréal, 7 avril 1860~16C Acte concernant la Faillite 1864 Dans l\u2019affuire de AUGUSTE AMOS, de la cité de Montréal, mal- chand et négociant, aussi bien individuellement que comine fesant partie de la société commerciale de A.& E.Amos, composée de lui-même et d'Eugône Amos, sussi marchand de Strasbourg en France, fesant affaires à Montréal! susdit, sous les dits nom et raison oomme marchands de cuir en gros, FAILLE Les créanciers du failli sont par le présent notifiés qu\u2019il a fait une cession de ses biens et effats, en vertu de l'acte ci-dessus, 4 mol, syndic soussi- £né et ils sont requis de me fournir, d'ici à deux mois de cette date, des états de leurs réclamations spécifiant les garadties qu'ils possèdent, #ils en ont, et leur valeur, et s'ils n\u2019en ont pas, mentionnant le fait, le tout attesté sous serment, avec les pièces justificatives à l'appui de ces réclamations.T.S.BROWN, Syndic Officiel.Montréal, 14 avril 1860\u201416 de C Province de Québec, | District de Montréal.Acte concernant la Faïllite 1364 COUR SUPERIEURE.Dans l\u2019affulre de LOUIS TESSIER, Avis est par le présent do donné que MERCREDI, le DIX-NEUVIÈME jour de MAI prochain, à DIX heures de l\u2019avant-midi, où aussitôt que conseil pourra être entendu, le soussigné fera application à la dite Cour, afin d'obtenir sa décharge en verti du dit acte.LOUIS TESSIER.Par DOUTRE, DOUTRE & DOUTRE.Procureurs ad litem.Montréal, 9 Mars 1889.11 dm C FAILLI, Province de Qué District de Santry ! Acte concernant la Faillite 1364 Cour Supérieure.Dans l\u2019affhire de J.C.DAGENAIS, Samedi, le vingt-deuxième jour de mai prochain, le soussigné demandera à la dite Cour sa décharge en vertu du dit acte, J.C, DAGENAIS, Par NAPOLÉON BEAUDRY, Son procureur ad litem, FAILLI.Montréal, 15 mars 1880.\u201412 dm C Provinoe du Canada, District de Montréal, Acte concernant la Faillite 1864 Dans l'attaire de WILLIAM HILTON & CIK, (composée de William Hilton, David Brown et Thomas Watson, tous de la Cité de Montréal) BROWN & WATSON (composée des dits David Brown & Thomas Watson,) et les dits William Hilton, David Brown et Thomas Watson, indl- viduellement, KF'AILLIS.Avis est par les présentes donné que le soussigné afléau Bureau de cette Cour une Acte de composition et de décharge exécuté par les créanciers des dits William Hilton à Compagnie, avec le soussigné, et que JEUDI, le DIX-SEPTIÈME Jour de JUIN prochain, à DIX heures de l'avant- midi où aussitôt que Conseil pourra être entendu, 11 s\u2019adressera à la dite Cour pour une confirmatfon de la décharge qui sera par lé effectuée en sa faveur d\u2019après le dit acte.WILLIAM HILTON, Par son procureur ad lien, J.J.C.ABBUTT.Montréal, 1er Avril 1869.\u201415 C dm Province de Qué District de Montreal } Acte concernant la Faillite 1864 COUR SUPERIEURE.Dans l'affaire de PIERRE BLONDIN, Avis est par le présent donné que JEUDI, le VINGTIÈME jour de MAI prochain, à DIX heures de 'avant-mid}, ou aussitôt que Conseil pourra être entendu, le soussigné fera application à In dite Cour, afin d\u2019obtenir ua décharge en vertu du dit acte.PIERRE BLONDIN, Par DUHAMEL & DROLET, Procureurs ad litem.Montréal, 9 Mars 1869.\u201411 dm C FAILLI.Province de Québec, District de Terrebonne.Acte concernant la Faillite 1864 COUR SUPERIEURE.Dans l\u2019atfaire de LOUIS L.J.LORANGER, JEUDI, le TREIZIÈME jour de MAI prochain, 1e soussigné demandera à la dite Cour sa décharge en vertu du dit acte.FAILLI.LOUIS L.J.LORANGER ar ses procureurs ad litem, LORANGER à LORANGER.Montréal, 23 février 1860.\u20149 dm C ! LA MINERVE JOURNAL POLITIQUE, COMMERCIAL & LITTERAIRE PUBLIÉ ET IMPRIXÉ PAR DUVERNAY, FRERE#, MONTRÉAL, \u2019 NUMERO 16, RUB ST.VINCENT, TROIS ÉDITIONS : Quotidienne, Semi-Quot.& Hebdomadaire CONDITIONS D'ABONNEMENT : ÉDITION QUOTIDIENNE.$6.00 \u201c SEMI ¢ o ow.4.00 \u201c HEBDOMADAIRE.1.00 s#Payable Avance sk "]
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