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Titre :
La Tribune : journal hebdomadaire
Catholique et libérale, La Tribune oeuvre au développement de sa région.
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :[s.n.],1888-1922
Contenu spécifique :
vendredi 28 décembre 1894
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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La Tribune : journal hebdomadaire, 1894-12-28, Collections de BAnQ.

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[" The a A Dey a i Are, ane \u201cll qu sYol.Z.Yendredi 28 Decembre 139.FEUILLETON MARCELLE I Pas un médecin du vieux \u2018 pays de Bretagne ne comprenait mienx que Conan Ploël la grandeur de sa mission A une science profonde, il joignait une extrême générosité d'âme.Il éprouvait, à la vue de toute peine, ce brisement qui est la pitié, ce brisement par lequel le cœur s'épanche et se donne tout entier à la douleur d\u2019autrui.Il connaissait cetle souffrance sympathique et fraternelle, ce sublime élan de charité qni porte l'homme généreux à secourir celui que le malheur atteint.Non sevlement il donnait sa science, ses veilles, son temps, mais encore tout son argent.Sa fortune prrsonnelle lui edt assure une large aisance, et, toujours, c\u2019était le vide au fond de s1 bourse.ll aimait surtout sa clientèle pauvre; \u201cDieu paie ponr les malheureux \u2018\u2019, disait-il.Les gens riches frappaient aussi à sa porte, car sa luyaaté ecrupuleuse son entente accomplie des questions s:ientiliques les p.us ardues, son succès dans des guérisons difficiles, lui avaient assuré une place a part.Daus tout le pays, on ne voulait que les soins du doctenr Conan Ploéi ; et, saus cesse, fon petit ti:sbury roulait sur les routes eablon neus: 8 Si I'Ame de Conan n\u2019avait pas gon égule en beauté morale, il .était moins bien partagé du côté physique.Le graud corps musculeux du jeune médecin manquait totalement de grâce ; son teint, halé par le vent de mer, ciit désespéré un élégant ; ses cheveux poussaient dru comme unc bronssaille ; à vingt- huit ans, il portait plus que son âge.Et pourtant, Conan Ploël était-il laid?On n\u2019est jamais laid quend une intelligence puissante allume ses éclairs dans de grands yeux limpides.Si, parfois, ce regard lançait des flammes sous l'impulsion d'une idée nouvelle, ou d'une géné reuse indignation contre la méchanceté de certaine hommes, il y avait, à d'autres heures, une sérénité daus cet œil, qui savait aussi devenir doux et rêveur.la sérénité de l'homme qui s\u2019est endormi chagne soir et se réveille chaque matin sur une idée de dévonement.Non, le docteur Ploël n'était pas laid ; et s\u2019il manquait de grâce dans ses gestes, il avait du moins cette exquise simplicité qui ajoute un charme si réel à l\u2019accomplissement des grandes actions.En ce moment, le jeune médecin se tenait debout au milieu de son cabinet de consultation.C'était une pièce très vaste ; Conan aimait l'espace et voulait une abondant provision d'oxy- gèue.D'ailleurs, il lui fallait de la place, et même beaucoup de place, pour renfermer tout ce que contenail cet appartement aux dimensions d'un autre âge.Quatre hautes fenêtres ouvrant sur le jardin éclairaient, avec une prodigahté presque fâvheu- se, le rustique mobilier.Pas l'ombre d'une tenture ou d'une draperie n'adouciesait les rayons eneoleillés, On voyait donc une rangée de chaises de paille à l\u2019usage de la clientèle pauvre.comme de la clientèle riche.Le médecin ne connaissait que l'é- galiié devant la souffrance.Quand on lui£reprochait cette tendance à la démocratie, il se mettait à rire et répondait : \u2014Je ne veux mortifier personne, Di faire de catégories en tre mes clients.Ma salle et propre.spacieuse, bien aérée Que voulez-vous de plas?Jai étudié pour me consacrer aux paurres,\u2018c\u2019est par tolérance qne je reçois les autres.\u201c Les autres\u201d, c'était la fine fleur des baigneurs de Saint- Malo, de Saint-Servan, de Di- nard: Mais Conan no mettait aucune malice dans l\u2019emploi de cette expression peu révérencieuse.Un panvre, soumis à ses devoirs, saus envie et sans amer- lume daus l\u2019Ame, servant Dieu et le bénissant, malgré la misère et les privations, lui semblait bien plus élevé dans l'échelle sociale que les jeunes gommeux faisant la roue sur les plages ou perdant, sur le tapis vert, des lambeaux de patrimoine.Il était tenace dans ses .uces et incorrigible, ce bon et fervent chré - tien, ce liseur, cel admirateur passionné, de ce livre incomparable, qui se nomme Evangile.La grande pièce avait pour ornement une étagère en bois blanc, où étaiont rangés des fioles de toutes dimensions, des animaux empaillés et quelques moulsges anatomiques; puis, encore, une longue série de rayons de sapin.Dans cette ruati- que bibliothèque s'eatassaient les estimables traités relatifs à la science d\u2019Hippocrate.Conan conmaissait à fond ces graves encyclopédies.Il avait tout lu et tout retenu.Cependant il ne dédaignait pas les livres de lecture plus attrayante, et ce petit volume de Joseph Serre, ouvert eur le bureau, prouvait que le jeune médecin aimait et goûtait la poésie délicate, pénétrante et chrétienne.Oonan, à cet instant, se tenait debout devant la table marsive.C'était sa distillerie : car il était aussi le pharmacien de ses clients pauvres, et, tout en chantonnant sur vn air à lui, une stance harmonieuse, il était en train de préparer du vin de quinquina de première qualité.Bien rou- vent un barillet de vin d\u2019un clos supérieur arrivait à l\u2019habitation du médecin.Uet original de Conan n'\u2019acceptait pour honoraires de ses riches clients que Malaga ou Frontignan Ovni, c'était un original que ce grand garçon aux mouvements brusques et à l'âme tendre.Il voulait du Malaga, lui qui préférait à toutes les ambroi-ies du monde un verre d\u2019ean limpide, pris à la source voisine Son quinquina achevé, Conan venait de s'approcher du calendrier suspendu au-dessus du bureau Le docteur Ploël igno- Tait le plus souvent à quel jour il vivait, tant con existence, vide de grands évènemente, était pleine de jours ei pareils les uns aux autres, si occapés par le travail, si remplis par.la charité.\u2014Je ne me trompe pas, fit il, se parlant à lui même, nous sommes an 28 du mois de juin, veille de la saint Pierre.Ah! mon vieil ami, mon plus cher ami, ce n'est pas moi qui manquerai à ce devoir de l'amitié.Vous m'avez convoqué à prendre place à votre table; mais, avais-je besoin de cette invita- tion-pour vous porter mes go\u2019 haits affectueux, avec un pot do fleurs.le plus beau de mon jardin ?Il consulta la pendule, comme il venait d'interroger le calendrier.L'aiguille marquait quatre heures, Conan n\u2019avait que juste le temps de faire un bout de toilette.Sa tenue, d'ordinaire No 36 lui causait peu de souci; mais le vieil ami avait une fille, une jolie Marcelle de dix huit ans La belle et candide enfant passait très pres du cœur du jeune médrcin : et, de tout temps, l\u2019amour a inspiré le goût de lu parure, même aux moins coquets.Il endossa sa redingote sa redingote de drap fiu, noua, avec tout l\u2019art dont il était capable, sa cravate, donna un coup de brosse sur ses cheveux rebelles, et, débouchant un flacon d\u2019odeur, il en versa avec une généreuse abondance eur un mouchoir de batiste.Lui, le doctenr Ploël, avait eu cette faiblesse! il était entré la vei\u201d\\e chez un coiffeur et avait demandé une essençe japonaise du parfum le plus suave! Parfamé d'une manière intolérable, à donner la migraine à ses voisins, Conan pénétra dans la chambre de Mme Ploël.Elle était assise pres de la fenêtre, un tricot de laine blanche en mains, et ses doigts agiles et fluets fuisaient avancer, avec rapidité, une petite brassière destinée à l'enfant d\u2019une pauvre femme, Elle passait ainsi Jes longues heures de sa vie à travailler, tout en considérant des images, invisibles à d'autres Yeux que les siens, faisant revivre un être cher qui lui rappelait les années heureuses.C'est qu'elle avait eu pour mari le plus noble des hommes, un mari ou souvenir duquel son cœur battait encore Il y a des morts qui restent vivants.Depuis 20 années, le colonel Ploël reposait sous un tertre fleuri, et jamais sa veuve n\u2019avait quitté le deuil.Son visage, encadré dans une petite coiffare de crêpe, avait une blancheur transparente : son corps s'était comme spiritualist à force de devenir diaphane ; elle était a1 fréle qu'elle était comme perdue dans sa robe aux plis lourds.Toute sa vie semblait être réfugiée dans ses yeux, des yeux bruns, superbes, dont avait hérité Conan.Sa vie était un exemple vivant Eile avait tout à Ia fois l\u2019esprit ferme et le cœur clément ; sa vertu n'exclucit pas l\u2019iudulgence, et elle savait compatir parce qu\u2019elle savait comprendre.Depuis le mort du colonel, elle vivait \u2018retirée, ignorée excopté des pauvres.Souvent le docteur lui disait en souriant : Mère, vous me faites concurrence.Et vous n'avez pas de diplôme ! \u2018 De fait, elle guériesaitret surtout réconfoztait les blessés avec une bonté d'ange et une adresse de fée.Pour les entailles dans les chairs vives, elle avait un ouguent merveilleux, et pour les fiévreux, une liqueur sans pareille.De plus, elle était écrivain public et sa clientèle d'ignorants était nombreuse, car elle fournissait le timbre, demandant pour honoraire, un simple Ave Muria.La mère et le fils g'aimaient prolondément.Leur intérieur était un idéal de dignité, de courage, de tendresre.Avec quelle sollicitude la veuve avait élevé son fils.Conan avait êté suivi par ser yeux vigilants, de journée en journée, d'heure en heure.Il était le fils d\u2019une sainte Mme Ploël venait de poser sur le guéridon son tricot de laine blanche : un moment, elle arrêta, sur le jeune médecin, son regard à la fois limpide et calme, profond et triste; puis, de sa voix si douce : \u2014Tu vas au Prieuré, chez notre ami Pierre Brnc?Quelle brillante parure, Conan! et quel partum pénétrant ! Le j-une homme rougit sous son hâle ; sa chère mère devinait ses impressions, devinait jreqa'au plus petite faiblesse de son amour.\u2014Oni, je vais chez notre ami ; c\u2019est demain ea féte, Il parlait du vieil ami Pierre Bruce ; mais il voyait, subitement évoqué, l'image d'une jeune fills blonde, au visage rosé, éclairé pur deux yeux d'an bleu céleste; et comme à certains moments, on éprouve impérieusement le besoin d'épancher le trop plein de son cœur, Conan s\u2019approcha vivement de £a mère ; \u2014Mère, si douce que soit votre raillerie, ne vous moquez pas de moi.Oui, j'ai fait une brillante parure\u2026 Je l\u2019aime tant j'aime tant Marcelle ! Elle est a1 jolie, si blanche, si fine avec ses yeux blens si pure, avec cette délicatesse de tout son être.Et- moi je suis +i anguleux, si gauche, si laid ! Ah ! ma laidear me désespère.Autrefois, j'etais le premier à rire de mon manque d'élégance ; avjourd\u2019hui je don- manières raffinées et un visage agréable.J'ai peur de ne pas être aimé.Je auis bien laid, n'est-ce pas ?\u2019 La veuve regarda- lougnemént son fils.\u2014Toi aid, \"avec: des; fe \\ k nerais beancoup pour avoir des CF DL AR ECO ES LA TREÉEBUNE ae comme les\u2019 tiens, un front si intelligent, un adorable sourire.Ta es absolument fou.L'amour te tourne la tête.Ta ressembles À ton père Et, comme ju I'a1 aimé, ton père ! Tiens, il me semble que c'est d'hier notre bonheur passé et voilà bi ntôt vingt ans que tout est fini.Toi laid ! Mon pauvre enfant.Tu ne te connais pas.Tu n'es pas Un petit maître, c'est vrai; tu n\u2019es pas un jeune fat, un beau des \u2018beaux, mais tu es mon cher fils, à moi, dont je suis fière.Il s\u2019était mis à genoux, près du fauteuil de sa mère, comme il le fai-ait parfois, loisqu'ils étaient seuls, parce qu'il savait que cette pose lui rappe'ait le temps où il était tout petit, et où ils étarent Irois.Elle lisait, de ça main Auette, l\u2019épaisse et rebelle chevelure ; et lui, presque bas, confiait son secret.Quand je la quitte, je compte les heures qui me séparent du moment où je lareverrai.Elle est mon souci et wa j.ie, mon .idée fixe, le battement de mon cour! (est une nature si attachante, s1 sincère ! \u201c \u2014Une tête un peu romanesque, interrompit doucement \u2018Mme Ploël.Et lui avec feu : \u2014Mais un cœur sain et pur, toujours prêt au dévouement.Elle est simple, elle est vraie, elle est générouse.La veuve posa un doigt sur les lèvres de son fils : \u2014Du calme, Conan, tu t'exaltes.\u2014Non, je ne m'exalte pas, je ne dis que la vérité.Ah ! mère, vivre avec Marcelle comme vous avez vécu avec mon père, dans cette union profonde, dans cette \u2018parfaite harmonie de deux âmes voilà mon ambition suprême.Qu'est-ce que l'amour, s\u2019il ne s'élève pas à la dignité d\u2019une de ces belles tendresses conjugales faites d\u2019estime, de confiance, de résprot mutuel ?Mme Ploél approurait son fils \u2018d\u2019an léger mouvement de tête.\u2014Je pense comme toi.J'ai ta manière de voir, ou plutôt, tu as pris la mienne.Seulement si tu ne me Vois pas partager ton en- -thousiasme, c'est que je crains un peu Marcelle.Est-elle vraiment la femme sage et raisonnable, capable de rendre parfaitement heureux un mari ?=\u2014Je l'aime, balbutia Conan.Puis, s'approchant de sa mère : \u2014Je seras si malheureux ei ma vie devait s\u2019évouler loin \u2018delle Pauvre prtite Marcelle! elle n\u2019a jamais connu sa mare.\u2018Eh bien! quand elle sera votre fille, vous deviendrez son guide.Ak! si elle m'sime un peu, si, un jour, \u2018comme je l'espère, elle -Consent à mettre son bonheur! sous ma garde, vous métamorphoserez peu à peu cette enfant.Avec la sûreté de votre jugement, votre bienveillante sagesse, votre doucenr ferme, vo- \".tye tact, vous en ferez un idéal de perfection.Mme Ploël donna un léger .\u2018coup sur la joue de son fils, une - sorte de-car sse.- \u2014Enjsleur ! fitselle, quelle *éloquence, quand tu parles de ton amour.Ah ! tout ce que désire ta mère, c'est que tu sois _ heureux! Allons, embrasse-moi, ta n'es que le - l'heure s'avance ; -femps de te rendrè au Prieuré.Rappelle-moi au souvenir de notre vieil ami et offre lui, de ma part, cette rose thé.Elle coupa, au rosier engoir- landaut le bilcon, une rote superbe.*\u2014Pourquoi ne m\u2019sccompa- gnez-vous pas ma bonne mare ?Elle montia, avec un pâle sourire, le crêpe de sa co ffure.\u2014Depuis vingt aus je n\u2019ai à la table de personue, Quand on a eu daus le «œur un amour profond, on vit avec son souvenir.Elle s'était levée ;- et, s\u2019approchant da médecin, elle lui sou- risit en refaisant le nœud de sa cravate.\u2014Je vais {'accompaguer jusqu'au\u2019 bout de l\u2019ailée.Ils sortirent de la chambra et longérent un jardin à l'ancionr.e mode, avec des churmilles, des arbres fruitiers en quenouillrs, et des bordur s de buis.Arrivés au portail elle mit Un long baiser sur le front ds tou fils, et elle le survit d\u2019un regard ei doux et si tendre qu\u2019il revint sur ses pas.\u2014Comme je vous aime aussi, ma bonnes mère ! Elle eut va bon sourire.\u2014Grand eufant ! n'aie pas de remords ; dis-moi toujours les secrets de ton cœur.Les mêres qui aiment sans égsi-ine, comme je crois que je t'aime, ne eout pas jalouses.Elle prit la rout- de l\u2019église, entourée du cimetière.Elle allait faire en prière quotidienne au Saint-Sacrement devaat lequel, seule, veillait la petite lampe, et mettre un bouquet sur le tertre, où dormait qului dont'la mort n\u2019a at pu la séparer.Pendant ce temps, Conan suivait un chemin ombreux, à l\u2019extrémité duquel blenissait Ja m r.Il atteignit la fala'se, À un quart de lieue à peine se trouvait le Prieuré, où hubitait le riche armateur, Pierre Bruc.Il y avait dans l'air un bruissement d'insectes, et l'on sentait un bon parfam d'horbes aromatiques, se mélunt à l'odeur loiu- taine des godmons.Conan aspirait avec délice cet air salubre que l'on respire sur la dune quand la brise Ye mer, chargte de sel, souffle en plein visage.Le jeune homme était heureux.Il allait la revoir; il se plaisait tant près d'«lle, même saus lui parler! il passait des heures entières à écouter les hietoires maritimes de l'armateur, rien que pour avoir le plaisir de regarder la jeune fille, travaillant sous lu berceau de rosiers, les yeux bars.sés sur son ouvrage.ll resseu- tait à vivre dans \u2018le même air qu\u2019elle, un plaisir si doux, ei puissant.Il l\u2019aimuit bicn, et, depuis le jour où il avait donné son cœur, il trouvait à la nature une b'auté qui le pénétrait da- vantege.It y a un charme tout particulier à parcourir cette campagné des environs de Dinard.La mer élargiesait au loin ss nappe szu- tée ; ls Rance, aux flots tranquilles, venait se perdre dans cet infini ; des bateaux de toutes les dimeneions et des yoles de toutes sortes dansaient sur les vagues leurs voiles étendues.Dinard dressait en pleine lu- midre ses jardins en terrasses, ses maisous blanches aux toits rouges, étagées parmi des bouquets de figuiers et des buissons d- roses.En face, c\u2019était le ro- ch- r de Saint-Malo avec sa vaste grève, au bas des remparts, et son clocher en flèche, qu\u2019on aperçoit de loin en mer, et qui déjarse, comme un mât de navire, les antiques maisons, les hauts et vieux hôtels d\u2019armateurs adossés et serrés les uns contre les autres, car l'espace est restreint sur ce rocher, sur ce nid d'invincibles corsaires et de hardis matelots.Saint-Servan s'Glevait - sur la rive opposée.Tout ce paysage était vraiment beau, éclairé par le soleil de cing h urs.Les rochors avaient de riches teintes dorées, et les mouettes blauches passaieut en rasant le flut.Conan avait atteint les hauteurs dominaut la baie de I'li- cluse De cette purlie de la falaise il embrassait, dans son en- remble, la plage mondaine de Dinard Il s'arréta quelques instants pour regarder, comme un curieux *peuiacle, le tableau qui se detonlait à ses pieds C'était comme un ruban aux mille couleurs qui lestonnait le sab'e fauve, et se profilait sur l\u2019azur de la mer.Ce ruban était un esemble de femines en gracieuses toilettus.C'était l'heure du brin, l'heure le plus pi torezque.Les ombr.lles rouges ou bleus, parfois eutremêlées de larg: 8 pa- raplui:s bourgroi-, abritaienl ks viags Âs:is sur des phants cu sar des chaises, lus belles mondaines et les jeuns gomimeux se divertisssient de la vue des baigneuses qui s\u2019élan- gaivmt as ec grâce où eftroi, avec simplivité ou prétention, daus l'oude amère.ll y avait là, à deux pas de l'uccan infini une agglomération de potinières, se- lou le mot du jour.Pitite, bien petite chose que ce bavardage medisant «1 mondais.Les bébés, les jambes nues, élevaient des forteresses, creusaient des ca naux ; de graudes fil ettes jouait au croque t eur le ab e ; des ca- binea roulautes soitaient de jeu: nes ba 'gneuses alertes, de bun- D'8 gros-es mamans à l'air épa- now ; puis des bsigveurs bar: bus fa sunt des effers de torse dans le peignuir-buruous, drapant son homme comme le pe- plum romain, Coua : avait pris sa lorgnette de poche et s'amusait à suivre les mouvements d'un noble étranger, dont la réputation d\u2019é- legance (tail venue jurqu'a lui Il était inscrit sur le registr- de l'Hôtel d'Angleterre, sou- ce : ou : Prince Wladimir Zin-eko.En ce moment il ne re baignait pas, il exécntnit ses efels de pluge, et tout le monde se 16'ournaut lorsqu'il-pasea:t Les gens qu'il saluait, ceux auxquels il donvait la main cemblaie t heureux et fiers d'un tel honneur.Il é at si céduisant, si dictingué avec son profil fin et reill-ur, ses beaux y-ux bleus, ses longues moustaches bloudrs; 1l était si admirablement vêtu duns son costume sorti de la première maison de Londrs, qu'on\u2019 s\u2019expliquait ai éôment l'accueil em- prersé de tous.Ou priuce esoti- que était, cette année-là, ls lion de Dinard.Tons evs mou ements étaient d'une rare élégance, avec un melange de vivacité, de grâce facile-e* légère; eon porler était doux; de ses lèvres ne sortaient que des compliments eaquis.Il ne g'arrétuit pas longtemps auprès de la même personne ; mais partout où il stationnait, il devenait le centre de tous les sou- rites.Conan haussa ses robustes \u2018épaules.\u2014Poscur! murmura-t-il.Et il continua son chemin.Très jeune, il avait appris à penser, à ne pas se payer de luxe de mots, à ne pas s'arrêter à la surface des choses, et, lui, n'admirait guère une vie\u2019 toute d'appurat Il s\u2019éloignuit énervé par cette vue d'une plage mondaine; ces prétentions et ces vanilés lui prenaient sur les nerfs, Non, il n'enviait pps l\u2019ex- \u2018is\u2018ence de ces désœuvrés, qui meénent la vie à grande guides, qui rempliss-nt les petits jour- nanx du récit de leur folies, qui se retrouvent partout.où Puris s\u2019é; apillent, à Trouvi:le, à Biar- ritz, à Dinard, sous les orangers de Nice, autour des tables de jeu de Monaco, selon la saison, le moment et la mode ll ne les | enviait ps, Jui, l'humble méde- «in de campagne, el dans sa vie labotivuse et utile, il puisait ds joivs qui seraient toujours igno- Tees des futiles «t des oi-ifs Loin de les envier, il les plaignait.\u2014l\u2019auvres gens ! disait-il souvent, ils ne voyagent qu: pour chauger d'ennui en changeaut de pays.Qu'esi-il ce prince Wiladimir Zinesko.cet arbitre de toutes les é.gances?Sans toute P'orsueil en personne.Que tout-elles ces femmes qui, au premier abo:id, parai-sent si délicats, si aristoeratiques ?Quand on l.s connait, elles ne sont en général que de vaniteuses jou pas habir ées par d'habilvs tail- eues.Si on Jes di séq ait on ue (ruuverait, a la pac: du cœur, que la rage d\u2019éclipser velle-ci où celle-là Ah! que ces gous sout peti s, potits\u2026 Ses yeux avaent quitté la plage et te portai.nt plus loin sur la mer, la mur si vaste, si vaste songeait-il, que toutes nos iuégalités micro.opiques s'effacent devanr elle, comme devant la muit Ele parte si haut par la voix dv ses vagues que le nom d un puissant de la terre, que le n m d'un prince Wiladi- mir Z ne:ko, harmonieusement muimure psr es moudaines, et le nom d'un pê hear, hélé par ses camarad: 8, se perdent égale- mnt dans le tamulte des bri- sante.Conan avait repris sa marche, heurux de s'eloigner du décor wondsiu.Lu falaire se faisait nbrupte.Parfois le do:teur rencontrait quelques passants, gens de mer qu\u2019on v«yait à longne di-tance, re dessinant, comme agrandis, sur la hig ie lointaine diseanx.Pilot-s ou pêcheurs, ils avaient touj us l'air de veal- ler sui le large.En croisant le imédeuin, ces figures brunies et mâls s'épanousesarent Pilotes et pêcheurs por-aieut la main à P leur beiet marin, en accompa Quant ce salnt d'un mot amical «t d\u2019un sourire recor.naissant.Meiunteuant, le docteur traversait le vilrage.Les femmes rac- comuudaient les filets au seuil de leur porte; que:ques vieillards, v8-s aux latigaes do la pêche, a:sis eur dvs bancs de pierre, fumaient la pipe courte en ca -saut, et lorsque le mede- oin paseait devant ces braves gens, toujours et toujours, com- \u2018| par de profondes ornières.me avec les marins, comme avec les pilotes rencontrés sur la falaise, il échangeait un salut et un amical bonjour.Que de fois Conan Ploël s'était assis dévant ces maisonnettes, prenant intérêt aux mille détails de la vie de ces pêcheurs, vie laborieuse et pleine de dangers, finissant souvent par un drame, \u2018par une tempête où sombre la barque qui fait vivre Non, il n'avait pas une luxueuse clientèle, le docteur Conan Ploël.Avec sa science il eût pu se fixer à Paris, y devenir fort et riche, mais, aux hôtels princiers, aux escaliers chargés de fleurs, aux lits somptueusement drapés, où la maladie revêt une sorte d\u2019élégance, il préférait les maisons couvertes de chanme et les lits rustiques, ou ceux qui cessent de travailler ne s'étendent que pour mourir.e \u2014Bonjour, monsieur Conan.Que Dieu vous bénisse ! \u2014 Monsieur Ploël, que Dieu vous récompense ! \u2014 Mon bon ducteur, venez chez noue, ma mère est malade \u2014Entrez dans notre maison ; men pauvre homme a pris une mauvaise fièvre.Mais comme il savait que les cas n\u2019était pas pressants, il répondait : \u2014Demain, j'irai à la première heure.Et, poursuivi par les demandes et les remerciements, il tourna à l'angle du chemin Sur la gauche de laroute s\u2019ouvrait une avenue plautée de vieux chènes tordus par le vent de la mer, ta- pi-sée, sur les côtés d\u2019une herbe épaisse, et creusée au milieu Au bout de cette avenue, sur une petite éminence, s'élevait le vivux domaine qui s'appelait le Prieuré.lAcontinucr.\u201d Le sénatear américain Gallin- ger a proposé au Congrés la résolution suivante: Les Etats- Unis invitent le Canada à se dohner au continent et le continent lui donnera tout ce qu\u2019il pourra lui donner.Les Etats - Unis respecteroat la liberté d\u2019ac« tion du Canada et le recevront avec plaisir quand il le désirera au milieu d\u2019ane même et honorable nation.C'est une proposition d\u2019annexion tout crue.MAISON A VENDRE Située à quelques pas de l\u2019extrémité nord de la Place du Marché.Cette propriété jusqu\u2019à ces derniers temps occupée par la pharmacie du Dr Eugène St Jacques, située au centre du commerce, offre à l\u2019acheteur\u2018l'avantage de l'utiliser comme magasin ou bureau d\u2019affaires.le logement privé, au deuxième, a subi au printemps dernier, toutes les réparations exigées pour le plus grand comfort possible.Une cour de 25 pieds par 50 avec dépandunces.complèlent cette pro- riété.Conditions libérales.S\u2019adresser au Dr EUGÈNE ST Jacques, Coin des rues Cascades et Mondor.St Hyacinthe, 14 Déc.1894.Mercerie Immense assortiment de chemises, cols, collets, gants, chez M.O, David & Cie, place du Marché.L'abbe Enetpp Dépôt général à St Hyacinthe, des remèdes recommandés dans \u201c Ma cure d'eau,\u2019 à la pharmacie du Dr Sr GERMAIN.es LA TRIBUNE.Magasin Bazar Un seul prix.Le p'us grand magasin de St Hyacinthe.$50,000 de marchandises, étoffes, sOITies, etc, vendnes à grand s .cri- fice.Spécealité : Manteaux pour Dames.Départemeut du gros: EusÈnE Monin.Département du détail : HENns SICOTTE.Une cu'anutée detonurnee UN ACCIDENT A SAINTE MARIE AUX CONSÉQUENCES PRESQUE FATALES La victime souffrit pendant des mois et fut forcée de resler ass se pendant tout ce lemps.\u2014Son cus finalement décluré sans espoir.\u2014 Comment tl obtint son relour d la santé.Du St Mary Argus : Quelle différence de sentiments n'existe t-il pas en nous quand nous lisons les détails de quelque grand désastre de chemin de fer ou de vapeur occasionnant des pertes de vie de quantité de personnes que nous ne connaissons pas et, d'autre côté, quand nous lisons les détails d\u2019un accident de voiture entraînée par deux chevaux à l\u2019épouvante occasionnant la chute et la mort d\u2019une de nos con- Naissances.Dans le premier cas, bien que la perte des vies ait été considérable, vous ditcs : \u201cN'est-ce pas terrible ?mais dans quelques jours vous n\u2019y penserez probablement plue, pendant que dans le dernier cas des mois après vous vous son- viendrez encore des moindres détails de cel.accident de voiture.Ainei il en est quand nous lisons les détails de guérisons vraiment remarquables, mais, à cause du peu d'intérêt que nous portons à Ja personne restaurée, l'on oublie bientôt les faits.Mais quand on peut donner un cas qui existe chez soi-même, avec laquel sont familiers bon nombre de lecteurs, ce sevs, nous sommes sûrs.d\u2019un intérêt spécial et propre à amener la conviction.Nos lecteurs se rappelleront qu\u2019il y a plus de deux ans, alors que M.Gédéon Elliott, rue Ste-Marie, était a charrier des cendres, il fut jeté en bas de sa Toiture et reçut des blessures à l'épine dorsale si sérieuses qu\u2019il devint incapable de marcher ou de se coucher dans un lit.IL sonffrait de grandes douleurs aux reins.Pendant de longs| mois il demeura jour et nuit cloué à une chaise, sans pouvoir faire le muindre mouvement.Et n\u2019esp rant plus en des jours meilleurs, il commença à être fatigué de la vie et la considéra comme un fardeau pour lui Il se mit sous les soins de deux médecins, mois après avoir épuisé toutes leurs re:sources, ils durent avouer à M.Elliott \u201c que s'il avait quelque chose à arranger, il ferait bien d\u2019y voir de suite;'\u201d\u201d mème le dernier docteur lui disant qu\u2019il ne psuvait être guéri.À un représentant de l\u2019Argus M.Elliott donna les faits ci-dessus et dit qu'après avoir souffert beoucoup de douleurs, et bien qu'on lui ait dit qu\u2019il était incurable, il résolut d'essayer le traitement\u2019 des Pilules \u2018Roses, et acheta une douzaine des célèbres Pilules Roses du Dr Williams pour les Personnes Pâles.Avant trois semaines, 1l commenga a ressentir les effets d-s pilules et il déclare aujour- d'hai sans hésiter que ce sont ellee qui l\u2019ont rendu aujourd\u2019hui aissi bien portant qu'il est.Quand il commença à en prendre il ne pouvuit rien faire du tout, wals, l\u2019automn - dernier, c\u2019est lui qui a fuit la récolie des patutes dans son jardin et peut accomp! r tons les Ouvrag-s an- tour de ea marson.C'est un bien merveilleux changement vn homme qui a passé des mois dans une chaise saus pouvoir se remuer ou même re coucher et dont les médecius dé :laraient le cas incurable, et c'est un autre trophée à ajouter aux nombreuses victoires des Pilules Roses du Dr Williams sur la maladie.Les Pilules Roses du Dr Williams contiennent tous les éléments nécessaires pour donner uné nouvelle vie et de la richesse au sang, et tonifier les nerfs ébranlés.Elles sont un spécifique infaillible pour les maladies telles que ataxie locomotrice, paralysie partielle, danse Saint- Guy, sciatique, névralgie, rhumatisme, mal de tête nerveux, suite de la grippe, palpitation de cœur, prostration nerveuse, Lou- \u2018tes les maladies résultant d\u2019humeurs viciées dans le sang, telles que scrofule, érysipèle chronique, etc.Elles sont aussi un spécifique pour les maladies parti- calières des femmes, telles que suppresions, irrégularités.et toutes sortes de faiblesse.Elles redonnent un nouveau sang et rendent les couleurs de la santé aux joues pâles et creuses.Chez les hommes, elles opèrent une guérison radicale pour toutes les maladies résultant de dépression mentale, excès de travail, ou excès d'aucan genre.Les Pilules Roses du Dr Williams sont manafacturées par la Dr Williams Medecine Company, Brockville, Ont., et Schenectady, N.Y.et ne sont vendues qu\u2019en boîtes portant la marque de commerce et l'enveloppe imprimée en encre rouge, à 50 cents la boîte on six boîtes pour $2.60 et on peut se les procurez chez tous les pharmaciens ou directement par la malle dela Dr Williams Medecine Company ou de l'ane ou l'autre adresse.GD Le Baume Nasal donne un soulagement immédiat pour le rhume de cerveau ; il guérit rapidement.Il ne manque jamais son effet.ie ror gies a - Washington, 21.\u2014La cessation temporaire des hostilités est regardée ici dans les cercles diplomatiques comme le prélude d'une paix définitive en Extrême Orient.Miel Miel 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Unan.81.00 6 mots.50 ANNONOES 1re Insertion\u2026.la ligne Insertion subs.\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.| Annonces alougtorme à prix modérée, A.DENIS Directeur-Fropriétaire.150.Tie.Sr-HvACINTHE, 28 Déc.18094 1894-1895 Encore quelques jours, quelques heures, et au beffroi des siècles, l\u2019horloge du temps sonnera le glas de l\u2019an qui s\u2019en va: 1894 ira re joindre ses devanciers et le siècle vieilli d\u2019un an marchera d\u2019un pas plus rapide, il nous semble, vers l\u2019inconnu.Qu\u2019 emporte'avec elle l\u2019année qui «dispa- Trait?Un peu de bonheur dont le cœur garde précieusem-nt le souvenir, beaucoup d'illusions envolées, d\u2019espérunces dégues, de douleurs éprouvées : une page de la vie, en un mot.Nous croyons que la grande majorité des lecteurs de La Tninune ont été d'heureux convives au banquet de la vie; mais nous savons aussi que\u2014hélas !\u2014le spictre de la douleur s\u2019est assis à quelques foyers et que la terrible moissonneust\u2014ÿ créé des vides cruels.Espérons que Vannée qui nous arrive conservera aux\u2018premiers leur bonne fortune et aurä pour les derniers, ceux qui souffrent et pleurent, un baume pour ci- éatriser les plaies du cœur, un rayon de soleil pour sécher les larmes des Yeux \u2018Et.comme c'est le moment opportun pour nous de remplir la tâche bien agréable cle faire part des vœux -du nouvel an, nous prions Dieu que cetle espérance se réalise.Puisse 1895 n\u2019apporter à tous et chacun de vous, lecteurs de La Tar- .B By que joies et succès! Que la \u2018fpaix promise par le Très-Haut aux i hommes de bonne volonté soit l\u2019hôte béni de.vos foyers! Puisse, en un \u2018\u2019miot, la bonne et\u2018 douce fée qu\u2019on nomme Providence et qui préside - aux destinées humaines, verser dans 1a coupe de votre vie.charmante lec- \u201crice et aimable lecteur, une goutte J: de son nectar qui a nom Somhenr, .une perle.de son'trésor qui a nom sJortunelit : ° 34 ! Le Députe de Bellechasse sar UEmprant Parlant du discours de M.Turgéou, M.Ohicoyne, député de Richmond et Wolfe, dit dans.le Pionnier de Sherbrooke : L'un des meilleurs discours prononcés du côté de l'opposition est, sans contredit, c-lui de M.Turgeon, le jeune et brillant député de Belle- chasse.Le las gage modéré et strictement corre ct dont il sait faire usage est propre à rehausser le ton des luttes parlementaires.\u2019\u201d oy Ke L'Evènement : \u201c M.Turgeon, le député de Belle- chasse, est un jeune homme de talent et d\u2019avenir.Belle voix, beau geste, beau physique, il possède les qualités que \u2018ont les orateurs.Il étudie ses dizcours, al les soigne, 1l les travaille et son travail l\u2019a porté au premier rang.\u201d\u2019 #4 + Le Moniteur de Lévis : Ce débat a fourni à plusieurs députés l\u2019occasion de fnire de forts jolis discours.La discussion a été tres intéressante des deux côtés de la Chambre.Du côté de l'opposition MM.Shehyn et Turgeon sont ceux qui ont discuté la question de In manière la plus sérieuse et qui ont fait les meilleurs dicours.*\u201d oy Le correspondant parlementaire du Tri/luvien écrivait : \u201cLe débat a été une révélation pour moi sous un autre rapport.Il a crevé une légende qui avait cours depuis longtemps, celle du l\u2019incompétence des Cunadiens-fiangais dans les questions de ch five et de finance.Non seulement nous parlons com merce.industrie, finance, économie politique, comptubilité, mais nous en parlons mieux que les Anglais, en ce sens que nous y apportons la facilité, l\u2019élégance et le raffinement qui tiennent à notre éducation comu.e à nos habitudes.; Nous avons de plus sur lui la supériorité des points de vue.Nous uvons vite fuit, dans les questions de chiflre et de finance comme dans les autres, d'élargir le débat, de le faire remonter aux principes et aux causes, On l\u2019a bien vu dans le dernier débat.J'ai rarement entendu un morceau plus \u2018classique que le discours de M Turgeon, de Bellechasse.Jolie \u2018très jolie conférence, ai-je dit alors, et je répète le mot, car il est vrai.Il a été aul comme effet.Er était-il moins beau?La langue de la finance n\u2019y étuit-elle pas supérieurement maniée.*\u2019 a Le Globe discute, dans un excellent article, le mérite du nouveau ministère, dit L'Electeur Jamais, dit en substance le grand o1gane libéral, le Canada n'a eu, depuis Ja Confédération, gouvernement plus faible Il ne reste guère que M.Foster de ce gronpe d'hommes d\u2019élite qui \u2018ont conduit pendant tant d'années le pati conservatew : sir Juhn A.Macdonald, sir Charles Tupper, sit Léonard Tilley, Thomas White et sir John Thompson.« Le nouveau Premier-ministre est un homme sans valeur, qui n\u2019a dà d\u2019abord son entrée au ministère qu\u2019à son titre d\u2019orangiste et qui ne doit maintenant son avancement qu\u2019à l\u2019influence des loges.* On peut juger \u2018de ses-scrupules- en songeant que c\u2019est lui qui a été l\u2019imstigateur du morcéllement des comtés.d Ontario, \u201cOn aura également une idée de sa vertu farouche en se rappelant que c\u2019est lui qui a proposé aux Communes d\u2019exonérer sir Adolphe Caron loraqu\u2019il venait d'être constaté que celui ci avait touché $15,000 des ar gents qu'il venait de voter comme ministre pour aider à'la\u2018construction d'un chemin de fer\u201d ' Le Canada et sa Souveruine Da Progrès de l'Est : Sir John Thompson que le destin vient de foudroyer prématurément, dans les circonstances dramatiques que l'on sait, aura été, jusque dans la morl, utile à son pays.Les circonstances qui ont entouré sa fin tragique, le lieu où elle est arrivée, l'intérêt plus qu'ordinaire porté par la Reine aux delails se rapportant à cet évènement, tout a contribué à attirer sur ses restes mortele, sur la position qu'il occupait avantsa mort et partant sur le Dominion, I'attention des habitants du Royau wme-Uni.Il y a une foule de gens en Angleterre qui sont indiffé- vents à l'endroit de la colonie canadienne, qui nous considè rent comme de parfaits étran - gers et qui tiendraient autant à se débarrasser de nous qu'à nous conserver comme partie de l'emn- pire.Cet homme dont on ne s'occupait pas hier, s\u2019en vient expirer au pied du trône et se fait ainsi connaître dans les coins Lies plus obscurs de l'empire ; l'on sait maivtenant qu\u2019il était jeune, qu\u2019il était venu à Wiud- sor, mandé pur sa Souveraine pour se faire admettre parmi ses conseillers privés, qu\u2019il était à la tête des offuires au Canada, qu'il promettait une brillante carrière ; qu'il s'était élevé à de hautes, très hautes positions par la seule force de fon talent Lt puis cette Reine, dont les faits et gestes sont observés et com mentés par son peuple qui l\u2019aime et la respecte quoiqu\u2019on en dise, qui, par toutes sortes d\u2019attentions délicates, marque le grand estime qu'elle avait pour le défunt et pour la colonie qu\u2019il représentait.L'on apprend qu'elle traite ce mort comme un membre de sa famille ; elle ordonne des cérémonies funèbres officielles, elle descend elle- même malgré son Âge, malgré ses infirmitée, placer sur sa tombe une couronne de fleurs avec une inscription écrite de sa propre main ; elle fait venir la fille du defunt, I'embrasse affoctueu- sement, lui prodigue les consolations ; elle veut qu'un de ses Vaisseaux de guerre transporte au Canada la dépouille mortelle ; elle télégraphie à la veuve.au peuple du Canada des paroles de regrets.Tout cela fait onvrir au bon peuple anglais des yeux étonnés qu'il reporte naturellement ensuite vers le pays d\u2019où sort cet homme pour qui, avant et après son décès, l'on a ex, en haut lieu, tant d\u2019égards.L'on peut dire que la mort de sir John Thompson ouvre de nouveaux horizons à l\u2019industrie et au commerce canadien et fait plus pour faire connaître notre pays parmi la bourgeoisie anglaise que les efforts des exportateurs.CABINET FEDERAL Le Monde, conservateur, publiait vendr di l\u2019énergique protestation que voici : \u201cLe Roi est mort; vive le Roi! Voila le cri de ralliement de beaucoup de partisans politiques trop enclins à accepter de gaieté de cœur toutes les situations, même les plus anormaies faites au pays; pourva que les chan- gementr ne dérangent pas leurs petites affaires personnelles.rangs du parti conservateur lorsqu\u2019on acclame, sans y regarder d'assez près, la composition.du nouveau ministère fédéral ?Demandons au premier con- servatenr venu ce qu'il pense de la présence dans un même conseil de MM.Bowell et Wal- Ince ; nous entendons d'ici la ré- pouse : \u201c Il n\u2019y a pas moyen de mieux faire dans le moment \u201d Et comment!\u2014 La discipline de parti doit-elle être telle qu\u2019el- Je porte au suicide ?Voudrait-on nous faire ac: croire que l'ornngisme de MM Bowell et Wallace s\u2019est mitigé depuis la mort ds sir John Thompson ?Pense-t-on que ces braves gens vont se montrer plus sympathiques à la province de Québec ?Mais, au contraire, leur antipathie envers cette province, qui ne pouvait se montrer qu'indirectement, n'ayant plus le prestige de feu sir John Thompson, comme entrave, .éciatera désormais avre d'autant plus de forces qu'elle n'aura plus auean cou- rôle.M Bowell, premier ministre, Un orangiste, est maitre tout puissant a Ottawa et M.Clarke Wa.ace, le grand chef de l\u2019oran- gisme en Canada, est son prophète.I n\u2019y à certainement pas dans cette alliauce des éléments de paix intérieure pour le pays.Les journaux à la dévotion du nouveau cabinet auront beau vanter l'esprit de libéralité du nouveau premier ministre ils ne réussiront pas à convaincre l\u2019électorat qu'il n'aura pas, malgré tont, & subir influence de M.Wallace et des loges auxquelles il commande.Les ministres canadiens-fran- gus à notre avis, ont manqué d'énergie dans cette occasion.S'ils avaient été mieux renseignés sur l\u2019état de l'opinion publique, ils auraient exigé au moins que Wallace ne fit pas partie du cabinet ; ils auraient dû imposer cette condition à M.Bowell, avant d\u2019accepter d\u2019être css collègues.Ils ne l\u2019ont pas fait malheureusement, et l\u2019électorat de la province de Québec qui redoute à bon droit le fanatisme des partisans de M.Wallace leur demandera un compte sévère de cette faiblesse, L'occasion de faire disparaître une grande cause de désordre parmi les citoyens catnoliques et protestants du Canada était pourtant bien belle, mais nos représentants canadieus français dans le cabinet ont laissé passer cette Occasion sans en profiter.C'est à penser qu'ils n\u2019ont son« gé qu'à leurs interêts immédiats.Ils ont encore une chance cependant de se faire valoir ; mais, pour Dieu ! qu'ils agissent sans trop tarder.Au reste, le cabinet Bowell ne fera pas vieux os, c\u2019est entendu + Les Etats-Unis projettent d'acheter l'île de Cuba, tont simplement.Ils ont déjà \u201c fait la conquête\u201d de la Louisiane et de I'A- lasks, dans ces conditions-là.L'Espagne est hélas dans un aussi pressact bvsoin d'argent qu'autrefois Napoleon, et plus récemment ls Russie.J Est-ou bien sincére dans les| Fityrennes aux Enfants Pauvres L'idée de donner des Etrennes aux Enfants pauvres renconte l'approbation générale.Un excellent chroniqueur daus Ln Croix du Canada donne d'excellentes raisons en faveur de cette œuvre Nous reproduisons quelques uus des principaux motifs qui l'engagént à recommander cett* pratiqua si ancienne et toujours si nouv}ls, \u201c On ne doit détraira ni les bonnes traditions ni les illusions consolantes.Les enfants, les pauvres surtou*, n'apprennent que trop tôt à connaitre les souËf- frances et les déceptions ; ne les vieillissons pas avant l\u2019âge ! A Tapproche du grand jour, tous les petits cœmrs sont dans l\u2019émoi.On va regarder aux vitrines l'exposition des belles chos:s qu'aa cowup de minuit juste le petit Jésus déposera dans les corbeilles ou glissèra das les bas.On fa't son choix, on dit tout bas ce quo l'on désire, puis on passs la nuit à rêver.Et, le lendemain, quand on se voit oublié, que dit-on, que pense-t on ?Oh ! ne nous y trompons pas, les petits cœurs sont capables de spulfrir, les jeunes cerveaux (ra- vaillent, les jeunes intelligences raisonnent.Commini, disent les enfants pauvres, on nous dit que le petit Jésus est né dans l\u2019étable du Bethléem pour le salut et le bonheur de tout le monde , ou nous dit qu\u2019il est mort pour tout le monde et qu'il aime tout le monde ; on tous assure même qu les pauvres sont ses metl- leurs amis.Pourquoi alors nous oublie-t-il aujourd'hui?Fey Ke Et les parents pauvres, croyez- vous qu'ils ne rouffrent pas, lorsqu'ils voient briller dans les yeux de leurs enfants les larmes qué leur arrache le chagrin et même uu pen l'envie ?Pendant une de ces grèves sanglantes qui so produisent si touvent daus la vieille Europe, un homme charitable demandait à un ouvrier pourquoi lui, toujours si modéré, avait pu se laisser\u2018eniraîner à commettre des actes de violence, \u2014Je sonffrais depuis longtemps, répoudit-il, car l'ouvrage mauquait et le boulanger nous refusait le moindre crédit.J'ai enduré tout cela siuon avec résignation, du moins sans rien faire paraître de ce que j'éprouvais.Mais le jourlde la Sant Nicolas, lorsque j'ai va pleurer mes enfants devant leura paniers vides, je n'ai pu y tenir plus lungtemps.Je me rentais capable de faire un malheur.\u201d Je souhaite que, dans toutes les familles pauvres, chaque mère et chaqu£t père voient sur la figure de leurs enfants bien aimés un doux seurrre, qui soit pour eux un rayon d'espérance, une consolation dans leurs\u2018 peines.Parie, Z1-\u2014Le Sénat, après une petite discussion, a sanctionné le traité da commerce entre la France et le Canada qui avait été adopté par les membres du- Paleis Bourbon. 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